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La jeune fille dans la poesie symboliste Hickman, Grace Mary

Abstract

La jeune fille fournit un thème important et fréquent aux poètes symbolistes. Cette étude se propose de le prouver par des analyses de textes et des citations. Introduction Nous nous limitons à une esquisse de l'évolution de l'ingénue sous son aspect le plus virginal, innocent et idéalisé, telle qu'elle apparaît dans la poésie symboliste. On constate que les héroïnes romantiques de Lamartine et de Victor Hugo ont cédé la place a des êtres déjà plus mystérieux chez Gérard de Nerval et chez Sully Prudhomme. C'est en effet ce côté éphémère de la jeune fille qui se developpera vers la fin du siècle. Chapitre I La Jeune Fille chez les précurseurs du Symbolisme La jeune vierge, qui n'existe pas chez Baudelaire, ne paraît guère davantage chez Rimbaud. Chez Verlaine, ce n'est que dans la Bonne Chanson qu'elle gardera sa pureté et son innocence. En effet, la jeune fille dans toute sa simplicité va disparaître à peu près de la littérature jusqu'à ce que Francis Jammes la ressuscite. Chez les Symbolistes elle deviendra princesse lointaine ou déesse classique, n'appartenant guère à la réalité. Les seules évocations à la fois légendaires et concrètes sont celles de Jules Laforgue. Dans ses poèmes, la jeune fille est un être pieux et innocent qui sort en promenade dominicale et joue d'un éternel piano. Dans les Moralités légendaires de Laforgue, c'est un être plus mystérieux tel qu'Ophélie, héroïne nordique qui présage les jeunes filles médiévales de Merrill et de Vielé-Griffin. Chapitre II La Jeune Fille d'inspiration médiévale Stuart Merrill et Francis Vielé-Griffin nous présentent des princesses languissant dans des châteaux féodaux ou dans des forêts ténébreuses. Ce sont des créations littéraires très loin de la jeune fille réelle. Vielé-Griffin s'inspire du christianisme autant que de la légende. Si les héroïnes de l'Amour sacré sont franchement chrétiennes, celles qui sortent de la légende grecque le sont tout autant. De plus, la jeune fille chez Vielé-Griffin symbolise parfois la poésie pure; la belle Yeldis en témoigne. Tristan Klingsor tire son inspiration des contes médiévaux et orientaux ainsi que Jean Moréas dont le Pèlerin passionné abonde en jeunes filles aux noms archaïques. Le décor "wagnérien" a servi non seulement aux poètes ci-mentionnés, mais aussi aux dramaturges poétiques comme Maeterlinck et Claudel. La Mélisande de Maeterlinck est le type par excellence de la princesse du temps jadis, tandis que la douce Violaine de l'Annonce faite à Marie incarne la pureté, la piété et la dévotion d'un miracle du moyen âge. D'autres poètes qui s'inspirent du même thème sont Jean Lorrain, Louis Le Cardonnel, Charles Guérin. Chapitre III La Jeune Fille d'inspiration grecque A ces Symbolistes épris de légendes s'oppose un groupe de poètes hellénistes, - Jean Moréas, Pierre Louÿs, Henri de Régnier, Albert Samain, qui, tous, ont évoqué la jeune fille à travers la mythologie grecque. Avec Régnier, qui considère l'amour idéal irréalisable, la femme est réduite à un symbole. Dans les contes de Samain, comme dans ses poèmes, se trouvent des êtres séduisants: Divine Bontemps, Nyza, Xanthis, Angisèle. Ajoutons que Pierre Quillard, Ephraïm Mikhail, et Paul Fort se sont inspirés de l'antiquité classique. Les adolescentes qui figurent dans l'oeuvre de ces poètes ne sont grecques que d'apparence. C'est surtout Samain qui a excellé à peindre la jeune fille hellénique de nom, moderne d' évocation. Chapitre IV La Jeune Fille simple Vers 1900 la jeune fille, devenue symbole désincarné, redevient toute simple. Quelle satisfaction de rencontrer la fraîche simplicité des jeunes filles de Francis Jammes telles que Clara d'Ellébeuse, Almaïde d'Etremont, Pomme d'Anis. Cette charmante Française figurera aussi chez Bataille, Magre et Camille Mauclair. Conclusion Pour les Symbolistes, la jeune fille, surgie du passé légendaire ou hellénique, n'est qu'un des symboles d'un idéal fugitif et inaccessible. A force d'incarner un idéal, elle devient allégorique, abstraite. Au contraire, dans l'oeuvre de Jammes, elle revit dans toute sa naïveté pieuse et vraie. Cet essai s'arrête avant d'étudier le rôle de la jeune fille dans la poésie moderne.

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