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Pour une nouvelle rhétorique : l’idiotie romanesque chez Breton, Faulkner, Beckett et Cortázar Berne, Marie

Abstract

Le terme idiotie est créé au début du XIXème siècle pour remplacer celui d'idiotisme qui désignait à la fois l'absence de culture et la stupidité au sens médical. L'individu désigné comme idiot peut souffrir d'une grave aberration mentale ou, plus largement, du regard des autres qui le jugent simple, dégénéré ou crétin. Pourtant l'origine grecque du terme introduit une nuance : idios signifie ce qui est spécial, propre ou spécifique. De là, dire que l'idiot, celui de Dostoïevski notamment, appartient à la catégorie des mélancoliques, êtres exceptionnels et artistes selon Aristote dans le Problème XXX, apporte une dimension nouvelle à la signification du mot idiotie. Sous le titre «Pour une nouvelle rhétorique : l'idiotie chez Breton, Faulkner, Beckett et Cortâzar », la présente étude observe le phénomène de l'idiotie romanesque en Occident et à travers le XXème siècle. A la différence du XIXème siècle, la mise en scène du personnage idiot ne transmet pas seulement un thème mais davantage une nouvelle façon de s'exprimer et d'écrire, autrement dit une rhétorique, à partir du moment où les auteurs font parler l'idiot. Dans cette perspective, il s'agit de proposer une lecture particulière de quatre oeuvres exemplaires des continents européen et américain : Nadja (1928 et 1963) d'André Breton, The Sound and the Fury (1929) de William Faulkner, L'Innommable (1953) de Samuel Beckett et Rayuela (1963) de Julio Cortâzar. Présentés tour à tour individuellement, les quatre idiots, Nadja, Benjy, l'Innommable et la Maga - deux femmes et deux hommes -, manifestent une ignorance et une singularité qui contaminent l'écriture. D'abord personnage de l'histoire, l'idiot marginal se trouve persécuté par les autres du fait de sa perception « anormale » de la réalité. Cependant, lorsqu'il se met à parler, ses propos étranges deviennent des métaphores qui se mêlent au discours du livre dans lequel il apparaît. Dans ce sens enfin, l'écrivain présente de multiples affinités avec son personnage, lequel est à son tour métaphore de la rhétorique mise en place, propre à remettre en question toute prétendue intelligence ou raison au profit de l'éloge d'une forme de naïveté, une éthique de l'idiotie.

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