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Voyages de la Chine à la côte nord-ouest d'Amérique, faits dans les années 1788 et 1789 : précédés… Meares, John, 1756?-1809 1794

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Array     j ojsr A GE s
DUfCAPITAINE
M- mi r e §
TOME   TROISI^ME.   I
n
H  V OYAGES
DE LA CHINE
A LA  C6TE  NORD-OUEST
D'AMERIQUE,
FAITS DANS LES ANNEES" 1788 ET 17895
Precedes de la relation d'un autre Voyage execute en
1786 sur le vaisseau le Nootka > parti du Bengale 5
D'un Recueil d'Observations sur ia Probabilite d'ua
Passage Nord - Ouest 5
Et d'un Traite abrege du Commerce entre la C6te Nord-
Ouest et la Chine , etc. etc.
Fjr le Capitaine J. MEARES , Commandant
le Vaisseau la Felice.
Traduits   de  l'Angiois
Par J. B. L. J. BILLECOCQ, Citoyen Frangais.
Arec une Collection de Cartes geographiques, Vues , Marines,
Plans   et   Portraits ,   graves   en    taille - douce.
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TOME   TROISIEME.
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A    PARIS,
Ckez F. Bxjisson, Libraire,   rue   Hautefeuille • n°. 2,0.
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tv^ieTeexeJ ■ji#ii    ■■■ ii tm'Dm     '■!  ■   ■'
— I | -■■■-*:■       *--^-h—
V O YlA G E S
DU   CAPITAINE
J.    Mil A  R E  m
CHAPITKE   XXIII.
Description des habitans de Nootka. — ^
Prdcaution bizarre qii'ils prennent pour c«DtemKr
leurs enfans en bas^- dge*—Leur aversion pour la barbe* — Habillemens des
hommes et des femmes.—*Leurs diverse*
espdces. — Masques ; usages qu'ils en
font.—Caractdre et inclinations des naturels* — Horrible coutume de titer tous
les mois un esclave pour le manger.—*
Cdremonies usitdes en cette occasion. —'
Circonstance a laquelle nous dilutes la.
ddcouverte de cet usage barbare, et€*>
X-iss habitans de Nootka sont, en general,
robustes et bien proportionnes. lis ont le
Tome III. A %m
1788.. yisage plein et assez grand, les joues halites
septcmbr; et saillantes, de petits yeux noirs , le nez
large et plat,, de grosses levres, et, presque
tous,  des dents fort belles et de la plus
eclatante blancheur.
Les enfans en bas - age eprouyent a
Noetka un traitement qui n'est pas seulement extraordinaire par sa bizarrerie , et
autant qu'il m'a semble, par sa parfaite inu-
tilite , mais qui le paroit plus encore par sa
Con^3^nite ayec les usages des Chinois et
des Tatars (1), dont les habitans de Nootka
se^approchent singulierement par la cou-
tume §ue je vais citer. La mere serre for-
tement la t£te. de i'-etijant jusqu'au dessus
des yeux ayec une espece de filet de plusieurs plis, pour lui donner une forme par-
ticuli£r« qu'elle peut re^evoir encore dans
un age si tendre. On croiroit qu'une liga-
||| ture aussi etroite doit causer de cruel les
s^iouleurs i l'enfant; mais je n'ai jamais re-
^^rque qu'aucun de ceux dont on prepa-
Qi ) Improprement appelles  Tartares , comme  P*.
observe le savant auteur de VHistoire de la Russie.
Note du Xraducteun (3) I
roit ainsi la tete k prendre la forme d'ujt.    178&
pain  de   sucre ,  laissat   apperoeyjpir q%k9H Seotembr.
souffroit quelque mal ou meme quelqu'in-
coinrnodite.
Quoique la co^utume adop^e par ces naturels de comprimer ainsi la t|£e de leurs
enfans, leur donne un air peu agm&ajftle, ea
ce qu'elle fait monter les sourcijs yers le
front, et produit chez quelques-uns vox tres*
facheux effete celui de les rendre touches*
ai^isi que de leur applatir le nez et de l#ur;
elargir les nari|tes ; Ms sont cependai^fc exxr
core une race d'hommes   d'as^ez   hep-no
mine. Ils ont aussi un autre usage, pratique , comme 1'on salt, par un grand nombre de peuples de l'Inde, savoir, des'arra-
ch#r la barbe jusqu'a la raciiie, d£s qu'ejje
commence a paroitre, et^ lorsqu'elle continue a pousser, de Pen exxypecher par la
m£me precaution.  C'est une  des occupations  domesiicmes   assignees  aux femmes
X ZJ
d'epier Finstant ou cette marque de virilit©
commence a se n^ontrer, et d'arracher les
-|pjG$is a mesure qu'ils poussent; ce qu'elles
foi^t de la maitre la plus aclroite , #vec les
i*ta£$f3 settlement. et sans causer la moindre
1
, #u'
&
#
U
tee ;>
le^v*
" *3lx® n.im
WW
C 4
*;88, douleur a celui qui subit l'operaticm. Quel-
Septembr. ques-uns cependant ( il est vrai que nous
n'en vimes pas beaucoup de ce nombre) lais-
sent croitre tout-a-fait leur barbe lorsqu'ils
avancent en &ge, ou qu'ils deviennent in-
firmes. Mais, quoiqu'ils aiment si peu le
poil de leur men ton, en revanche leurs cheveux sont l'objet de tous leurs soins et de
toute leur vanite. Ils sont forts, noirs et
lustres : ils croissent trds - longs. Ces natu-.
rels les attachent en nceud sur le sommet
de la tete , ou les laissent Hotter n^gligem-
ment sur leurs epaules.
Leurs formes exterieures n'ont ni la proportion ni' l'elegance qu'on trouve chez
plusieurs autres peuples Indiens. Leurs mem*
bres, quoique robustes et pleins de-yigueur,
sont tortus et mai conformes. Quant a leur
peau , lorsqu'ils l'ont neitoyee , et qu'elle
n'est plus barbouillee d'ocre, elle paroit
tr£s - blanche. J'ai vu parmi eux quelques
femmes qui, non-seulement avoient le teint
de nos plus belles femmes d'Europe, mais
encore dont les traits etoient si gracieux
et si delicats, qu'ils eussent attire tous lei
regards dans les contrees de la terre ou Ton
est le plus sensible aux agremens naturels (5)
et aux charmes de la physionomie. ^"Jl est    ^Sfc
vrai qu'alors elles Etoient, contre leur or-Septembr.
dinaire, debarrassees de cette mal-proprete
qui leur est habittielle y.et dont nous ne par-
venions qu'avec beaucoup de peine a leur
inspirer le degout. Au reste, ces exemples
de .beaute ne sont pas communs chez les
femmes de Nootka^ pour lesquelles il paroit
probable qu'un Europeen  eprouvera plus
de repugnance que de sentiment. Leur che-
velure est noire comme celle des hommes ;
elles ont les yeux de m&me couleur. Par
1'exterieur, on ne les distingueroit pas sur
le champ des hommes. Leur caractere est
modeste et reserve : on cite peu d'exem-   ,|pP
pies de femmes libertines et sans pudeur    4,r
parmi elles. A Yentrde de Saint - George ^
il y eut des femmes que toutes les offreS
jjmsginablesnepurent determiner a se pros-
tituer. |p
L'habillement principal des hommes consiste en une peau de loutre, ou bien c'est
une espece de vetement de lin fait par les
femmes avec de 1'ecorce d'arbre et des fila-
mens d'ortie , prepares d'une maniere qui
Jeur est particuliere. Ils portent aussi, selon
cure leur caprice leur en donne le gout, ou
A3
: I , (<J) I
178S;    que la  temperature  de l'air Fexige , une
Septembr. peau d'oiirs, de raton , ou de quelqu'autre
animal.
Leur vetement de peau de loutre est
compose de deux fourrures cousues d'un
c6te j et qui forment comme une couver-
ture depuis le cou jusqu'a la cheville. II
'j$asse sous le bras gauche , et es: attache
par dessus le bras droit par une courroie
qui tient aux peaux meme, de sorte qu'ils
©at les deux bras entierement libres et 3.6-
gages. Ce vetement, par sa forme et par sei
- . plis, n'est pas, a beaucoup pres j. sans agr?>
ment; et lorsqu'ii est releye par le riche
eclat de la fourrure , il ne manque plus a
§elui qui le poite que la proprete naturelie^
pour que ce soit l'habillement le plus nuble
et le plus gracieux.
lis out encore un. autre vetement, fa^t de
1'ecorce interieure du pin et des filament
de 1'ortie qu'ils laissent tremper pendant
quelques jours dans Purine. Quand ils ont
bien battu ces hlamens et cette ecorce, ils
les separent en fils, ce qui ne demande pas
une grande habilete. Une certaine quantrS
de ces fils joints ensemble forme la plti%
forte courroie qu'on puisse voir, lis en pre- ' J" l(7>
parent un certain nombre pour faire deux    1788.
fois la longueur de l'habMlement^ et 1'atta- Seftembr.
client double au travers d'un long baton ;
alors , ils l'ont bientot applati en forme de
nattes ; et c'est avec ces matieres ainsi prepares (ju'ils se font un vetement. Les feim-.
mes sont tres-adroites a cette besogne. Elle
est une de leurs principales occupations.
Le tissu serre de ce v&temen^le rend tres-
ehaud. Lorsqu'il est tout neuf, et par consequent encore propre, il a beaucoup d'ele-
gance, sur-toutslp&and les bords em sont
gariiis   d'une  frange  etroite   de peau  de
teitre. Mais la mal-proprete de leurs maisons , et celle qu'on remarque continuelle-
ment sir eux^inemes, a bientot souille, et,
par consequent, detruit cet eclat. Les na-
tmfiek :#ppollent ce veteicient un cotsack >
et le portent de la meme maniere que leurs
habillemens de pe#ux ou de fourrures.
Le bonnet dont ils se couvrent la te^e^
est de forme coniqua, Ils le font en nattes,
et le tissu en est si serre: que jKean nieme
pourroit y tenir. II est orne de pej^feures
<|ui representent des oiseaux ou d'autres
animaux, et attach&f>ar une courroie fixee
sous le meaton. Cette partie de leur hafe^l- l (8) -v       •-   '
iy$$m    lement est, sans doute , tres - commode %
Septembr. mais il s'en faut beaucoup qu'elle ajoute a
la grace ou a la noblesse farouche de leur
physionomie.^
Ils se peignent generalement le visage
avec de l'ocre rouge. Ils en ont le corps
tout barbouille dans leurs visites de ceremonie , ce qui leur donne une couleur rou-
geatre et desagr^able. Mais lorsqu'ils m&lent
l'ocre avec de l'huile de baleine dont Ms
commencent toujours par s'oindre le corps,
ils en contractent une odeur de ranee insupportable. Ayant ainsi adopte la mode
de se peindre, ite y procedent de differentes
manieres. lis sont regies sur ce point, du
moins a ce qu'il nous parut, par les ch>
Constances ou par quelques occasions par-
ticulieres. Lorsqu'ils partent pour une expedition guerriere , le noir est la principals
couleur. Ils l'etendent par raies sur un fond
blanc. Nous les avons souvent vus se peindre tout de blanc ; d'autres fois, d'un rouge
e*clatant, par dessus lequel ils parsemoient
cette poudre brillante dont j'ai deja parle.
Mais de quelque couleur qu'ils jugeassent
a propos de se barbouiller, ils nous sein-*
bloient toujours egajement degoutans. C'e* I  ( 9 ) f' jf
toit, si Ton veut me permettre 1'expression,    178&
dans leur deshabille qu'ils paroissoient dvec Septembr.
le plus d'avantage.
Les hommes ont generalement les oreilles
percees. Quelques - uns s'y font plusieurs
trous dans lesquels ils passoient de petites
courroies , garnies tantot de piquans de
pore - epic | tantot de petits morceaux de
cuiyre, ou de quelqu'autre ornement qu'ils
.avoient recu de nous. Mais lorsqu'ils etoient
parvenus a se procurer des boutons , ils en
faisoient leur parurefavorite ; et je les ai vus
quelquefois en attacher une si grande quantite a leurs oreilles , que le poids seul les
leur alongeoit pitesque jusqu'aux epaules.
Souvent aussi ils se percent le septum ,
c'est - a - dire , la partie du nez qui separe
les narines(i). Ils y suspendent des raor-
—m~i 1 11    ir    11   iiiiimiwiiiiwwiiM«m«iwM^—wmimwwnTM—wi      ._
(i) Le septum est ce que j'ai deja. exprime par la
doison du nez , en parlant des naturels de Ventres; du
Prince Guillaume qui ont le meme usage. Voyez les
details donnes sur ces naturels par le capitaine Meares,
dans la relation de son Voyage de Calcutta a la Cdte
Nord-Ouest sur le vaisseau le Nootka, qui sert d'in-
troduction au recit de ses Voyages des annees 1783
et 1789.
Note du Traducteur*
I (   10)
tjBSi deaux de cuivre , de fer ou d'etain, de dif-
Septembr;^rentes formes. lis portent encore , autonr
du poignet, une espece de bracelet, fait
de metal ou de cuir, auquel ils attachent
des coquilles , et quelquefois seulement un
Certain nombre de cordons de cuir. Ils or-
nent leurs chevilles de la m£me parure ,
mais ils y mettent un plus grand nombre
de cordons , et choisissent des grains cu
d'autres ornemens d'une grosseur propor*
tionnee.
L'habillement des femmes diffefe essen-
tiellement de celui des hommes. La plus
severe modestie y preside. On y evite zvec
sfoin i'inconvenient de l'habit des hommes
qui laisse'une partie du corps a decouvert.
II leur est interdit de porter jamais , autant
que j'ai pu le remarquer, la peau de loutre
de mer ou des fourrures de quelqu'autfe
animal. Leur vetement est fait de nattes.
Elles le fabriquent elles-mftrhes. II a la forme
d'une chemise sans manche, et leur tombe
jusqu'a la chevilie. Une espece de mante ,
avec un trou dans le milieu, leur passe sur
' X
la tete, et leur couvre les bras sans gener
les mouvemeias. II est tres-rare, en effet,
que, dans aucune de leurs occupations do^ mestiques, elles laissent appercevoir plus de J78^-
la moitie du bras. Un bonnet de la meme Septembr.
forme que celui des hommes complete leur
habilleiaent. De longs cheveux noirs$|leur
pendent sur le dos. Mais il ne leur est per-
Ibis de faire usage pour se peindre le corps
que de la couleur rouge : aussi ne la me-
nagent-eMes pas. Nous en avons vu trefcpeu
porter quelques ornemens au nez ou aux
oreilles.
Tout l'habillement dont je viens de par-?
ler est pour la paix. Les naturels de Nootka
en ont -un autre Jour la guerre ; et ii est
fait *1$ maniere a repoudre nrtrveilleuse-
ment a Pobjet de sa destination. Ii consiste
en un manteau ou pourpoint de cuir tr£s-
epais , fait de peau d'&an, taille en frange
aux deux cotes et sur le cou , et orne par-
tout ailleurs de glands de cuir*Jtl descend
depuis le cou jusqu'aux talons. Differentes
devises y sont peintes. Ce vetement est assez fort pour resisl&r aux fleches et meme
aux javelots lances par l'ennemi. En effet,
comme il iiotte mollement sur le corps, il
cede a la violence du trait., et, par coitse*
quent, il amortit le coup. On peut done le
regarder comme une veritable armure de-
■ It
■4
(lz)       -k
i7$8; fensive. Cet habillement est accbmpagn^
Septembr. dim masque qui represente la t£te de quel-
qu'animal. Ii est fait en bois, avec des yeux ,
des dents, etc. C'est uaj ouvrage travaille
avec une adresse extreme! Nous'leur avons
yu une grande quantite de ces masques de
figures diverses., et dont ils font usage en
certaines circonstances ou occasions parti-
culieres. Par exemple, ils ne se servent de
ceux qui representent la tete de la loutre
ou de quelqu'autre animal marin , que lorsqu'ils vont a la chasse de ces memes animaux. Dans leurs expeditions guerrieres ,
mais jamais en d'autres temps, ils jettent
par dessus leur habillement complet de
grand es peaux d'ours. lis ornent aussi leur
tete de plumes et de duvet d'oiseaux. C'est
un usage qu'ils observent tres-exactement
k l'approche des etrangers.
La premiere fois que nous les vimes ainsi
habilles, Pair farouche et sauvage repandu-
sur toute leur personne nous inspira de
l'effroi. Mais nos communications intimes
$t familieres avec ce peuple, et les occa-
eions que nous avions sans cesse d'observer
son caractere naturellement doux, firent
III     que nous nous accoutumames peu-a-peu a ( l3 IL^      ..      ^   M ^    j
ce bizarre travestissement. Lorsqu'assis dans i-»g$.
leurs maisons , ils ^entretenoient avec leur Septembr,
famille, ils perdoient tout-a-fait cette appa*
rence de ferocite que leur donnoit Phabil-
4ement dont je viens de faire la description. Ils etoient, en general, tres-polis avec
nous,, et tres-affabies , les unia l'egard des
autres. Ils sembloient avoir des notions assez exactes du bien et du mal. On pouvoit
en juger par la coniiance qu'ils temoi-
gnoient quand ils suivoient les principes
de la droiture naturelle, et par Pair de defiance et d'inquietude qu'on remarquoit ea
eux lorsqu'ils agissoient contre les regies
de la justice. En effet, je ne me rappelle
pas une seule circonstance ou ils n'aient
donne les preuves les moins equivoques de
leur sensibiiite auat reproches que nous leur
faisions a Poccasion de quelque faute que
nous avions deeouverte. Ce ne seroit peut*
fitrepas, au reste 9 le meilleur moyen de les
juger, que de se fo|mer une idee de leur
veritable caractere d'apres la conduite qu'ils
tenoient avec nous. Car, la crainte de nos
forces, ou Pespoir de nos faveurs , pouvoit &tre le principe de leurs bons precedes. Mais, dans les gelations qu'ils avoient ■; m. (H)    e
1788. 'etitr'eux, nous remarqitames souvent ces
Septembfi attentions delicates , nous decouvrimes ces
dispositions bienveiilantes qui ne laissent
pas douter qu#ls ne possedassent reellement
tP excellences qualites.D'un autre cotd, leurs
inclinations s&nguinaires, leurs g©uts can-
nibaies n'etoient que trop evidens ; de sorte
que nous nous trouyions partages entre le
^enAant affectueux q$ti nous entrain ok
vers ces naturels , et le seafiment d%iifreur
q^^&ous en etetgnoit.
Callicum et Hanapa nousdecl&g&rent tous
S deux le)ur extreme aversion pour^ldsage de
manger de la chair fe&maine. Ils^ne pouvoient ^ en meme temps , aissimuler qui!
n'exis^aP^parmi eux. Ife- nous avouerent de
plus que ces execrables repas plaisoient tefc-
lement a Maquilla, qu'a eh#que lune, ii fai-
soit tiifir un esclave pour satisfaire son ap-
pefit barbare. Ces deux chefs nous donne-
rent Sur cette sanglante ceremonie les details
qu'on ya fire ; mais ils s'exprimeregu en des
termes qui marquoient eombien elle leur
etoit odieuse.
Maquilla possedoit un nombre considerable d'esclaves, non-seulement a Nootka,
mais encore en d'autres parties &e ses-4%- •fnaines. Lorsque le jour fatal, marque p#$||i 1788.
Je sacrifice d'ui^e victin^ ihumaine, etoit Sspt*jafe&
arrive, on §assembloit dans la maison du
chef^ouverain>%n cert&Jfa nojribre^'escla-
yes. II en ojipisi^soit aj#§$ uapour etre
mange par lui et par ses conviyes. Voici {a
maniere dont ce choix se faisoit. Elle e$t
curieuse a ccf^oitre. Les^^efs d'un ran-g
inferieur , invites a prendre leur part du
festi^qui se preparoit, e:$4cj#£oient les di-
veqses ceremonies qui devoient le prece-
der. Elles eonsistoient a chanter la chanson
*1§ gue$£e, k danger autour du feu , et a en
entretenir la flamipe en y jettggt 4e Penile*
On attachoil; alors un bandeau su^les yeux
^e M,aquilla, et les yeux ainsi cou^^ftk^l
devoit chercher k se saisir d'un esclave.
L'actiyite qu'il mettoit dans ses poursuites ,
et les mouveine^s m#Ms de t@£*eur que fei-
Potent ces malneuretix pour lui echapper,
formoient ixrie autre partie de cette scene
d'inhuraai^t^Jty. Mais ij Jtoitj-are que ce
(1) On recftnnqit^an* p^ine; dans xet af&eujK pr<|U-
mmaire du sacrifice celebre a chaque lune par Maquilla, un jeu tres. - commun parmi nous. Ainsi un
exercise qui, dans nos idees , peut egayer quelques V788. jeu cruel durat long-temps. Le chdf avoJt
Sepumbr* bientot attrape un des esclaves. On l'egor-
geoit a. Pinstant. La victime etoit aussitot
coupee en morceaux, et l'on en distribuoit
aux convives les.parties encore fumantes.
D'un autre cote , ceux qui avoient ediappe
a la mort, temoignoient par des cris uni-
versels la joie qu'ils ressentoient de leur
heureuse delivrance.
Nous nations pas du tout disposes k
croire' d'abord un recit aussi revoltant*
Nous imaginions plutot que Callicum et
Hanapa avoient inyente ces horribles details pour feire tort a Maquilla dans notre
esprit. Et lorsque nous nous rappelliftns que
Callicum se servoit d'un oreiller rempli de
tnstans de loisir, etoit chez ces peuples le prelude d'un
acte de la plus revoltante cruaute. Cette etrange precaution prouve au moins que le chef anthropophage ,
et presse du desir de se repaitre de cbair humaine *
vouloit laisser au sort le soin de lui designer sa victime. La maniere dont il la choisissoit, ressemble assez
a ce que d'anciens poetes nous disent des coups de la
destinee et des jeux de la fortune qu'ils nous repre>
sentent toutes deux aveugles.
Note du Traducteun
cranes ( i7 )
cr&nes d'hommes, nous avions tout lieu de     1788.
presumer que si Maquilla etoit un  canni- Septembr.
baley ce dernier n'avoit pas des inclinations
moins feroces et moins sanguinaires. Mais
les renseigneinens que nous parvinmes depuis a. nous procurer , cdnfirmerent la verite de tout ce que Callicum nous avoit dit;
et plusieurs  des naturels nous assurerent
que ce chef formoit une honorable exception  dans ce gout general pour la chair
burnable, comrnun  a tous les habitans de
Nootka* Les cranes sur lesqnels il reposoit
sa tete pouvoient etre , en effet, les restes
de ses peres ; ou, ce qui est plus probable,
les trophees de ses exploits qu'il conservoit
comme un monument de  sa valeur guer-
riere. Ainsi, chez les nations policees qui
remportent des victoires, on suspend dans
les places publiques des metropoles les eten-
dards pris sur Pennemi, comme autant de
temoignages de leurs glorieux succe3.
Au reste, peu de temps apres que nous
eumes appris ces details particuliers sur
Maquilla , un evenement lui donna occasion de nous confirmer lui-m^me cette af-
freuse relation, et de nous faire conno&re
la derniere epoque ou il ayoit joue la san«
Tome III* B
mm ;; Li
;^7.S.8.   glante tragedie dont 1'objet etoit d'assouvlr
$$g§pbi* cette faiin de chair humaine.
II aasriya qu'un jour ce chef rec^ii un
-coup .violent a la jam be en montant a bord
-du vaisseau. Je^*donnai ordre sur le champ
^u chirurgien de fajre tout ce que la circonstance exigemt. Mais pendant qu'il s'oc-
-cupoit a preparer une empl&tre pour la
ptaie> Maquilla ne vouiut pas absolument
-souffrir qu'on la J|ii appliqu&t, et se rait a
sucer le sang' qui couloit de sa blessure.
tLorstme nous lui teinoign&ines eombien cet
1 CD
acte deaoutant nous etonnoil et nous revol-
toit tout a la fois, il ne nous repondit qu'en
*e lechant les levres, en se passant la main
sur Je ventre., et en criaut avec un air de
satisfaction : cloosh , cloosh I c'est- a- dire f
hQn, bon. II nous avoua ensuite sans hesi-
£er: qu'il inangeoit de la chair humaine, et
"Shausr entretint du plaisir  qu'il trouvoit a
faire un repas de celle de ses esclaves. Enfin., non-seulement il convint avec nous^de
1'habitude dont nous SI soupgonnions, mais
encore, il nous apprit, comme nous fremis-
sions a cet horrible aveu, que, tres^peu de
temps  auparavant,  ii  avoit  celebre$tdans
PI ansa des Amis\e> sacrifice ci'usage en egor- ('9)      .      :|     ,  e
geant un esclave et en le mangeant ensuite 1788*
dans un festin. Nous reussimes alors par Septembr.
de terribles menaces , a obtenir de lui la
promesse que desormais un pareil acte de
barbarie ne seroit plus commis ni par lui,
ni par aucun des naturels soiimis a sa domination; et nous Ins dcnnames a entendre,
en usant du ton le plus ferine et le plus
determine , que iui-meme ne survivroit pas
long-temps au jour ou un crime de cette
nature auroit ete renouyelle. *m
11
7
!
1! Occupations des hommes a Nootka. —
Elles consistent, en general, dans la
chasse de diffdrens animaux marins ,
ceux qui habitent les bois. —
Description de la maniere dont ils tuent
la baleine , etc. —^Chasse de la loutre
de mer , du veau marin , etc. — Leurs
^occupations domestiques plus
Hires. —Prdparatfs qu'ils font pour la
peche et pour leurs exp
liires.—Description de leurs canots.—**
Manidre de pec her le poisson , particu*
Pi ire a ces peuples. — Occupations des
femmes. — Maniere de recueillir et de
conserver les xufs de poisson. — Inclinations guerrieres de ces naturels. —
Cou turn e adoptde parmi eux d'dchanger^
les femmes. —Leur religion , etc.
Jljes occupations des hommes sur cette
cote sont eelles qu'exige la situation par- (31  )
ticuliere ou ils se trouvent. La peche , la |
chasse des animaux marins et de ceux qui September
yiventsur terre, et qu'ils recherchent, soit
pour leurs fourrures, soit pour en faire leur
nourriture, forment les principales. Le soin
d'aller a la peche pour la subsistance jour-
Haliere est confie a des esclaves, ou a la
plus basse classe du peuple. Les chefs et les
guerriers se reservent pour eux seuls les
travaux plus nobles de la peche de la baleine , et de la chasse de la loutre de mer.
II n'est pas facile de se former une idee
de leur adresse a tuer la baleine. Celle avec
laquelle ils parviennent a transporter ce
monstrueux animal jusqu'a leurs habitations, n'est pas moins digne de remarque.
Lorsqu'on a arrete une peche de la baleine,
et j'observe que le temps le plus orageux
n'est point un obstacle, le chef se prepare
a. ce noble divertissement avec des ceremonies extraordinaires. II se revet, en cette
circonstance, d'une peau de loutre de mer;
tout son corps est frotte d'huile et bar-
bouilie d'ocre rouge. II se fait accompa-
giier dans cette expedition de ses sujets les
plus braves , les plus actifs et les plus yi-
•S
ft--
goureux.
B 3 17$$. Les canots dont ils se servent en cette
Septembr. occasion sont d'une grandeur qui tient le
milieu entre leurs canots de guerre et ceux
qu'ils emploient ordinairement. lis les cons-
truisent d'une forme qui repond parfaite-
ment k Pobjet qu'ils se proposent. Dix-huit
ou vingt hommes peuvent y tenir a Paise.
Les harpons dont ils font usage pour
frapper la baleine ou tout au':re animal ma-
rin , sont faits avec une habilete merveii-
leuse. La perche a dix - huit k vin^'t - huit
x O
pieds de long. Au bout est un grand morceau d'os, coupe par entailles, lequel etant
comme darde dans la perche | n'en est que
plus propre a recevoir surement le harpon
qui y est assujetti avec des courroies. Le
harpon est de forme ovale, et tres - affile
des deux cotes ainsi qir'a la pointe. On le
fait d'une grosse coquille de moule, et on
le fixe dans un autre morceau d'os, d'environ trois pouces de long , auquel on attache une li<nie faite avec les nerfs de cer-
ZD
tains animaux, et qui a plusieurs brasses
"de Ictagueur. Cet autre morceau | 011 Pat-
tache encore a la perche j de sorte que ,
lorsque le poisson est perce , la perche flotte
sur Peau par le moyen de peaux de veau j£ggg f '     |
xnarin remplies de vent, ou de vessies de    i7$$f;
poisson dont on Pa garnie d'une maniere Septembre
tres-siire et tres-solide.
Le chef lui - meme est le principal har-
ponneur, et le premier qui frappe la baleine. II se fait" accompagner de plusieurs
canots de la meme grandeur que le sien ,.
OX w
rempiis d'hommes armes de harpons , et
tout prets a employer, si le cas Pexige*
Lorsque le raonstrueux animal sent la pointe
du premier crochet, il plonge a Pinstant
sous Peau, et emporte avec lui la perche
avec toutes les vessies qui y tiennent. Les
canots le suivent a. mesure qu'il sillonne
Peau, et chaque fois qu'il reparoit a la surface , les homines qui sont dedans coiili-
nuent de lui eufoncer leurs crochets dans
le corps , jusqu'a ce qu'enfin le nombre de
boudes flottantes (1) qui y sont alors attaches , le mette dans Pimpuissance de re-
pionger sous Peau, La baleine expire bien-
|H
(i) Par bouee on entencl, eh.general , une marque
ou enseigne qu'on laisse Hotter sur i'eau pour indiquer
i'endroit ou I'ancre est mouillee.
Note du Traducteur.
" -     f''  ' ' US? 4 Jl   ' J ( M )
fi$S, tot, et est trainee sur le rivage avec fracas f
Septembr. et au milieu des cris de joie des assaillans.
On la coupe sur le champ en morceaux :
une partie est destinee pour le repas qui
termine ce jour de triomphe , et le reste se
distribue entre ceux qui en ont partage la
gloire et les dangers.
La chasse de la loutre de mer est beaucoup plus fatigante et plus perilleuse. On
prepare d'abord deux canots tres - petits ,
dans chacun desquels se placent deux chasseurs d'une habilete reconnue. Les instru-
mens employes en cette occasion sont des
arcs, des Heches et un petit harpon. Cette
derniere arme  differe, jusqu'a un certain
point, de celle de m£me espece dont ils se
servent dans la peche de la baleine. La perche  est absolument la meme; c'est aussi
un os qui en forme la pointe ; mais le harpon a beaucoup plus de longueur; en outre,
les coches sont si bien affiles, et la pointe
est^teilement recourbee, qu'une fois entre
dans la chair, il est impossible de Peri re-
tirer. Ce harpon tient a la perche par plusieurs brasses de ligne assez forte pour qu'on
puisse tirer la loutre jusqu'au canot.  Les
fleches sont petites ; un os en fait egalement (*5)    .
la pointe; mais elles n'en ont qu'une seule. 17SS.
Ainsi armes, les chasseurs s*avancent a la Septembr.
recherche de leur groie , au milieu des rochers* Quelquefois ils surprennent la loutre
endormie sur le dos , a. la surface de Peau.
Dans ce cas, s'ils reussissent a. approcher
de Panimal sans le reveiller , ce qui exige
les plus grandes precautions , ils le harpon-
nent aisement et le trainent jusques dans
le canot. II se livre alors ui> terrible combat entre les chasseurs et la loutre qui leur
fait souvent de cruelles btfcssures avec ses
griffes et ses dents. Le moyen le plus ordinaire de la prendre, est d'aller a sa pour-
suite, ce qui dure souvent plusieurs heures.
Comme cet animal ne peut rester sous Peau
que tres-peu de temps, l'adresse, dans cette
chasse, consiste k diriger les canots sur la
ligne qu'il trace en sillonnant les Hots.
J'observe qu'il nage en ce moment, avec
une agilite capable de lasser bientot les
chasseurs qui le poursuivent. Ils se sepa-
feot done, pour pouvoir le blesser plus su-
rement avec leurs fleches a Pinstant oil il
mettra la tete hors de Peau ; et il arrive
souvent, malgre tant de precautions, que f 26) 1
i7#fc   cet animal intelligent et £n echappe aux
Sepreir.b'. perils dont il est enyironne.
Lorsque la loutre est attaquee par les
chasseurs dans un moment ou ses petits sont
a^es mammelles , ie sentiment de la nature ,
eomme je Pai deja fa^t remarquer dans les
details que j'ai donnes plus haut sur cet
animal , 1'emporte sur la crainte de toute
espece de dangers. Le mile et la femelle
defendent leur progenltufe avec tout le courage que donne la fureur. Souvent lis arra-
client avec les dents les .filches et les har-
pons ettfonces dans leur chair ; quelquefois
meme ils vont attaquer les as-saillans jus-
ques dans leurs canots. Lorsqu'ils se portent
a cet exces de rage, eux et leurs petits de-
viennent infaillihlement la proie des chasseurs. En refiediissant eombien la loutre
est difficile a prendre., on pourroit etre sur-
pris , jusqu'a un certain point, de voir le
nombre prodigieux de fourrures de cet ani-
m il, dont les naturtls de Nootka paroissent
, fajre un usage tres-coramun ^ et un principal article de trafic. Mais cela s'explique
facilement quand on songe aussi qu'ils font
de cet exercice leur constante occupation , < *7 > 1
et <j(&*ilne se p^sse guere de jour sans qu'un  ■ *|8£.
grand nombre d'entr'eux n'aille chasser cet Septembr.'
teimal.
Le veau marin est egalement tres*difficile
a prendre, la nature.Payant forme de maniere a pouvoir rester sous Peau. Aussi les
chasseurs ont-ils recours a Partifice pour
Pattirer jusqu'a la portee du canot. Celui
nu'ils emploient le plus or din air amen t est
it i
un masque de bois, ou le yeau marin est
represente si fort an naturel, qu'il prend ce
masque pour un animal de son espece, et
tombe ainsi dans le piege. Solvent, dans
cette chasse, qnelqi^&s-uns des naturels se
couvrent ic  visage du meme masque , et
O X -'
cachant le reste de leur corps dans les branches d'arhres dont les rochers sent rernplis,
ils attirent ainsi les veaux marins assez pres
du lieu d'ou ils les euettent, pour pouvoir
O 'J 1
les perccr plus surement de leurs Heches,
lis usent du in£me stratag£me pour prendre
la vache marine, etc.  Enfin , ils attrapent -
quelquefois ainsi les loutres, et plusieurs des
Itnimaux qui yivent dans les bois.
Le soin de preparer tous les objets ne-
eessaires pour la chasse et pour la p£che ,
n'est pas la moindre partie de leurs occu
lt *■ 1
jpHf pations domestiques. Ils doivent employer*
Sepi^mbr. un temps considerable a fabriquer le.urs har-
pons , leurs lignes , leurs hamegons, leurs
arcs et leurs fleches , et tous les articles
dont ils font usage dans les differens travaux de la paix et de la guerre. Ajoutez
qu'ils sont parvenus a donner aux metaux
qu'ils ont regus de nous, la forme de divers
ornemens dont ils font hommage a leurs
femmes bien aimees, ou a. leurs maitresses.
Nous vimes toujours les jeunes gargons
pret.er le secours de leur travail dans ces
operations domestiques ; c'est ainsi qu'ils
apprenoient k fabriquer les instrumens a
l'aide desquels ils devoient un jour se procurer leur subsistance et acquerir de la
gioire.
L'adresse de ces naturels dans tous les
arts necessaires au soutien et a. Pagrement
de la vie, sera un juste sujet d'admiration
pour les peuples les plus polices du globe.
La nature, cette mere tendre et genereuse
pour ses enfans de tous les climats, n'a
refuse a aucun d'eux les moyens par les-
quels ils peuvent se procurer, relativement
parlant, le bonheur qu'elle leur destine.
Mais le travail le plus penibie, et en m£me g 29 ) I;       I
temps , le plus eurieux dont nous ayons vu og
les naturels de Nootka occupes ( car nous Septembr.
n'avons jamais eu Poccasion de les voir
bdtir une de leurs enormes maisons) etoit
la construction de leurs canots, ouvrage
dans leqmel ils deployoient une adresse et
des talens extraordinaires. Ces canots sont,
la plupart, assez grands pour contenir de
quinze k trente hommes , bien commode-
ment et fort a Paise. La forme en est elegante , et d'un fmi vraiment remarquable,
lis ne se servent pour faire cet ouvrdge curieux que d'instrumens de pierres arranges
-par eux-mehnes.
Quelquefois m&xne , ils reussissoient a se
fabriquer des outiis avec le fer que nous
deur avions donne. Nous les deter mini ons
rarement a se servir de quelques - uns des
notres, de preference aux leurs, excepte
4le. la scie dont ils s'empressoient de faire
usage , depuis qu'ils avoient reconnu qu'elle
offroit un moven sur d'abreger leurs tra-
yaux. Ils avoient imagine de forger avec
le fer qu'ils s'etoient procure par la voie
des ec^anges, une espece d'outil qui leur
servoit a creuser de eros arbres , et beau-
coup mieux. qu'aucun  de  ceux que nous
Ha
*-«a
N-< ti.1
**£*§&•.   aurlons pa leur fburnir. Cette besogne de*
sepremar. rnandoit des bras tres-vigoureux. lis pre-
noient une pierre plate dont ils se servoient
comme d'enclurne; nne autre pierre toute
ronde faisoit Poffice de marteau ; et avec
ces instrumens', ils forgeoient un outil de
fer qui ressembloit assez a une herifidnette
de tonnelier. Ils attachoient cet outil a ua
manche de  bois par le moyen de cordkes
"faites de nerfs de quelqu'animal; et en Pafr
-filant vers le  bout,  ils le rendoient tif»-
propre a Pusage auquel ils le destinoienC
Ils achevoient ordinairement leurs grands
canots de guerre sur le lieu meme ou croi^-
sent les arbres dont ils coupoient le bois
pour les construire; ils les transportoierit
ensuite au bord de Peau en les tramanr.
Nous avons vu quelques-uns de ces canots
qui avoient cinquante - trois pieds de longueur et huit de iargeur. Le milieu est la
partie la plus large ; ils se retrecissent in-
sensiblement en forme de pointe a chaque
extrehnite ; mais PavaSfct ou la proue est,
en general, beaucoup plus- haute que Ia
pouppe. - *f   %"-^^/-
Comme le fond en est arroiidd , et que
les xotes sent saiilans, ils ont 1 'equilibre necessaire , et yos.uent sur Peau d'une ma- ij®$.
niere tresassuree. Il.n'y a point de sieges : Septembr.
mais on y place en travers^ plusieurs morceaux de bois, d'environ trois pouces de
diaaaetre, pour soutenir les cotes, et les eni-
pecher de dejetter ( 1 ). Les rameurs s'as-
seyent ordinairement sur leurs j arrets.
Quelqfllefois at^si ils se servent d'une espece de petit tabouret qui leur est tres-
^c^mmodesflls sont extriinement attentifs a
tout en s'embarquan&: chacun prend son
poste accoutume. Quelques-uns de ces canots sont polis et ornes de peintures , ou
^lirnis avec beaucoup de recherche de dents
d?homme, sur - tout a la pouppe et a la
proue. Sur les cotes , on yoit quelquefois
la figure d'un dragon avec une longue
que&e , et de la mem& forme «qiie ceux que
nous remarquons sur la porcelaine de Chine,
et dans les grotesques peintures qui se font
en Angleterre. Nous en eprouvames une
grande  surprise,  et primes   beaucoup  de
V-4
»"-r<a
(1) Une piece de bois de construction est dejettee ,
<[uand elle est couiire dans le sens de sa Iargeur.
Note du  Traductear. I (3a)
i?88. peine pour les amener a nous donner quel-
Septembr. ques details a ce sujet : mais , entre plusieurs autres questions du meme genre ,
celle - ci en fut une sur laquelle nous ne
pumes obtenir d'eux une reponse satisfai-
sante.
Lorsque nous eumes passe quelque temps
dans Ventrde du Roi George , les naturels
commencerent a faire usage de voiles faites
de nattes, k Pimitation des n6tres. Nous
avions eu la complaisance de garnir de
* manoeuvres un des grands canots de Hanna*;
on y avoit place une flamme, etc. etc. II
est difficile de s'imaginer eombien ce chef
en etoit vain ; jamais il n'appro.choit du
vaisseau sans bisser son pavilion ; ce qui
diyertissoit beaucoup nos matelots.   §"p
Leurs pagayes sont prop?eraent taillees et
polies avec de la peau d'animal marin. Elles
ont a-peu-pres cinq pieds six pouces.de
long ; le palme (x) est long d'envire^a deux
pieds, pointu comme une feuille, La pointe
elle-meme est alongee de plusieurs pouces ;
( 1 ) Ou   le  plat   de   la  rame.
Note du  Traducteur.
;lle (33 )
feUe n'eri a guere qu'un de Iargeur. Au boiifc t;
du manche est un morceau de bois place Sej
#n travers comme le dessiis d'une bequille;
Les naturels manient ces pagayes avec un
talent merveilleux, et imprjmerit au canot,
par Padresse avec laquelle ils s'en servent,
un mouvement dont la rapidite ne peut se
concevoin
La p&che est de toutes les occupations
des naturels de Nootka celle ou ils deploient
le plus de dexterite. Ils preferoient toujours a nos hamegons les leurs faits de co-
quilles , ou d'ar&tes de poisson. Nous n'au-
rions m£me jamais^ pu les determiner a se
servir des notres. Mais ils trouvoient nos
lignes bien superieures a celles^qtriese fai-
soient chez eux. Pour fabriquer les leurs ,
ils employoient le nerf de baleine i qui leuf
fournit, en general, la matiere pour leurs
differens cordages , ou de Palgue  marine
W%M Zj       ' Zj
qui croit sur la cdte en abondance* lis l'ar-<
rachent, la font bouiilir et secher ensuite :
elle forme alors une ligne tres-forte et tres-
solide^
Mais outre Pusage ordinaire de pe^cher k
la ligne, ils ont une maniere particuliere
d'attaquer le hareng , la sardine , etc. IU
Tome III* C t7&8. prennent un b&ton ou une perche d'a-peu-
Septembr, pres dix-huit pieds de long , terminee par
un palme de douze a. quatdrze pouces de>
large sur six pieds de longueur environ. Ils
V attachent des deux cotes un certain nom-
bre de morceaux ou pointes d'os tres-affi-
les de la longueur d'a-peu pres trois pouces.
Lorsque le poisson commence a se montrer
en grande quantite , ils plongent cet instrument dans Peau, et manquent rarement de
retirer a chaque coup trois ou quatre poissons. J'ai souvent vu un de leurs petits canots se remplir en tres -peu de temps de
harengs, etc. par le moyen de ce genre de
p&che si simple et si facile.
Ces peuples si adroits dans leurs travaux ,
si actifs dans leurs divers exercices, sont
cependant indoiens par caractere , et na-
turellemqnt portes a la paresse. II seroit
plus dans leur gout de rester oisifs au milieu de leurs sales et degoutantes habitations , que de se livrer a Poccupation non
moins utile qu'bonorable de comba^ttre la
baleine et de chasser la loutre. Nous avons
vu plus d'une fois Pinfatigable Callicum
oblige d'employer toute son autorite pour
les arracher a leur iache repos, et pour les (35)
determiner k jetter le harpon ou a deco-    i7gg.
cher la Heche; Septembfc
Les femmes ont aussi leurs occupations
marquees. C'est a elles qu'est devolu le soin
de nettoyer les peaux de loutres de mer,
et de les etendre sur des formes, ce qu'elles
font avec une adresse qui  leur est habi-
tuelle. Tousles details de la cuisine et ceux
de l'economie domestiqtie sont pareillement
de leur ressort. C'est encore un devoir pour
elles de faire sen tin elle la nuit afin de donner Palarme aux hommes livres au som-
ineil dans les maisons, en  cas  d'inrasiori
isoudaine de la part de Pennemi. Non-seu!e*|
ment elles preparent la nourriture de chaque jour; elles doivent encore^masser des
provisions pour Phiver., Tous les habille-
mens faits d'ecorce *d'arbre , et  dont j'ai
donne plus haut la description , sont 1'ou-
vrage des femmes; Elles cueillent aussi dans
les bois les fruits  sauvages et les plantes
• bonnes a manger qu'on y trouve ; elles ra-
massent le poisson a coquiile qui abonde
dans ies rochers , ou sur le bord de la mer.
Lorsque les canots revienneht de leurs petites expeditions, ce sont elles qui les de:-
chargent de leurs cargaisons: elles les trans-
C i
a imr
(36    ^^
178S. portent a terre , et les couvrent de bran-
Septembr. ches de pin, pour les mettre a Pabri des injures du temps. Dans toutes ces occasions,
les esclaves du meme sexe font une partie
de la besogne. Les femmes ont aussi a rem-
plir les devoirs qu'impose le lien conjugal p
et les soins de la maternite ; et je m'em-
presse de rendre justice ici aux femmes de
Nootka en declarant qu'elles sont aussi
bonnes meres que tendres epous^g. Les
preuves que je leur ai vu donner de leur
amour pour leurs enfans, les attentions de*
licates qu'elles prodiguoient a leurs maris,
ne permettent pas de douter que la nature
ne les ait douees de cette sensibilite exquise
qui forme la premiere et la plus noble qua-
lite des femmes chez les nations les plus
policees.
On doit regarder la mer comme le principal point de rendez-vous pour ces peu-
ples. Elle est, ainsi qu'on a deja pu le voir,
1111 inarche ou ils ache tent a force de travail une quantite prodigieuse de poissons
de diyerses especes. II resulte des renseignemens les plus positifs que nous soyons
parvenus a nous procurer, que la glace, sur
ce|te partie de la cdte, ne fernie jamais g.ux naturels Papproche de la mer. La precau- 1788.
tion qu'ils prennent d'amasser des p^bvi-Septembr.
sions pour Phiver, et le recit que fait M.
Maccay de l'affreuse detresse qu'ils endu-
rerent pendant son sejour parmi eux, sont
pourtant des ,preuyes ineontestables que
le manque de provisions les reduit a de
cruelles extr^mites dans la saison des grands
froids. Ils ne negligent jamais de res^rver
pour ces temps rigoureux tout ce qn\xl est
possible de garder de subsistances.'-Le frai
de poisson est me/he considere commepros
vision d'hiver. Voici la maniere dont ils le
*
recueillent. Dans les premiers jours de Pete,
ils eparpillent sur le haut des/baies et des
entrees , tme grande quantite^de branches
d'arbresi Le frai de poisson s'y depose na-
turellement: ils viennent, a un temps marque , Pen detjacher, et le serrent avec beaucoup de soin dans des vessies de poisson.
Les naturels regardent cette espece de ca-
viaire (1) comme un manger tres - delicat,
(i), C'est le frai d'un poisson appelle par les Russea
bellenguina. On entend aussi par ce mot les oeufs
d'une espece d'es'tUrgeon prepares a. la moscovite.
Note du Traducteur*.
ca *}.J
(38)      .j-
^8. soi^quand on Pa fait secher, soit dans Petal
Ifptembr. meme ou le poisson le depose. Ils emploient
un semblable moyen pour s'approvisionner
d'ceufs de saumon^mais ils les retirent du
poisson meme qu'on voit , pour ainsi dire f
en regorger pendant l'automne, et qui leur
fournit pour l'hiver un mets dont ils sont
tres *e£riands. lis les mangent^ Phuile ,
e^tfftne tout le poisson qu'ils ont fait secher, et sans aucune autre preparation,
Comme j'ai juge a propos de faire con-
iwaitre, en d'autres endroits de cet ouvrage,
les divers animaux dont ces^'peuples se
nourrysent, (car ils mangent, a-peu-pres,
tous |eux qu'ils prennent) je me dispense-
raid'ajouter ici des details qu'on pourroit
regarder avec raison comme autant de repetitions inutiles. \
Ii est generalement reconnu que la vie
s D e1 #<
sauvage est par-tout uh etat d'hostilites per-i
peruelles. Aussi les nations de Nootka sont-
eiles souventen guerre,non-seulement avec
les tribus les plus eloignees, mais encqre
entr'elles, sur-tout eelles qui reconnoissent
Wicananish et Tatootche pour chefs. La
surprise et la ruse forment le systeme.of^
|ien§if <Je leur art militaire ; quant a leur§ ' ■' (39) I
moyens de defense, ils n'en connoissent I78$.
point d'autres que la precaution et la vigi- Septembr,
lance. Ils choisissent, en general, pour b&-
tir leurs villages, et pour fixer leur habitation, des positions ou il n'est guere facile
de les attaquer sans danger. Mais aucune
ne leur inspire assez de confiance et de
securite. Car, en paix comme en guerre ,
les femmes font constamment sentinelle
pendant la nuit. Elles restent assises autour
des feux , se tiennent sans cesse eveiliees
les unes les autres, en se faisant le recit des
combats soutenus par leur nation , ou eri
racontant les traits de bravoure et les nobles exploits de leurs maris et de leurs enfans. Un homme seulement esfc&ussi en sentinelle a Pexterieur de la maison ; il s'y
poste de maniere a pouvoir entendre le
moindre bruit qui se feroit dans les bois ,
ou sur Peau. Cette vigilance continnelle est
la partie la plus importante de leur gou-
vernement, d'autant que , chez ces peuples
sauvages , une occasion favorable de rem-
porter quelqu'avantages suffit souvent pour
devenir le signal de la guerre. Aussi, peut-
on dire qu7ils ne sont jamais en paix. Sans
cesse occupes de Pidee de yoir arriver Pen-
m
..--rtj
pi
•*fi ^
Sept^mb
nemi, ils ne relachent rien de leur vigi*
r* lance, et se tiennent continuellement en
garde contre ces attaques et ces incursions
ou le vaincu n'a d'autre partage a esperer
que Pesclavage ou la mort.
Les chefs de Nootka ont une coutume
particuliere qui semble tirer son origin©
des guerres que leurs differens Etats ont a
soutenir les uns contre les autres, et dont,
par cette raison merne , il *ne sera pas de-
place de parler ici. Cette coutume consiste
a se ceder reciproqueme*nt leurs femmes,
ou a en faire Pechange de part et d'autre.
Une beaute occasionnera souvent une suerre
dans les deserts de Nootka , comme jadis
elle en alluma une dans, les champs de
Troye : une femme y devient quelquefois
necessaire pour calmer la fureur d'un con-
querant , ou pour conclure un traite avan-
tageux. Aussi,'est • ce peut-etre a Pexpe-
rience que ces peuples ont faite des avantages politiques qu'on peut retirer des
charnies d'une femnae, en paix comme en,
guerre , que les chefs doivent le privilege
dont ils jouissent, celui d'avoir autant de
femmes qu'il leur plait.
Nou§ remarquames facilement que d$H§ f@ute Petendue du district de Nootka , le X7S&
nombre des femmes n'etoit pas proportionne Septerabr;
a celui des homines. Vers le nord , au con-
traire, celui des femmes est de beaucoup
superieur. Cette particularite merite. quei>
qu'attfmtion. II en sera parie ci-apres ayec
plus de details dans Pun des chapitres oil
se trouve la relation du voyage de YIphigdnie de Samboingan a Pentree de Nootka*
Les ceremonies du mariage chez ces peoples consistent tout simplement en un rer
pas que donnent les amis des deux epoux.
Quant aux formaiites ou ritesareligieug:
qu'ils observent pour deposer les morts dans
leur dernier sejour, nous n'avdn^ pas eu l'oo>
casion a en etre les temoms*h#e^tne sour
viens d'avoir vu suspendues aux branches
des arbres, de petotes boites de forme oblon-
gue , qui renfermoient les corps de quel?
ques enfans morts. J'ai compri^ qu^au bout
d'un certain temps,'ils enlevent ces corps
et les enterrent : mais je crois que Pusagef&l
dont il s'agit est parriculier pour les en*
(ans ; Gar je n'ai jamais remarque qu'ils
employassent les memes preliminaires pour
rendre les honneurs funebres aux personnel fe
.17^8.    parvenues au dernier periode de la crois-
"Septembr. sance.
Nous n'avons point d'idees bien exactes
de la religion de ces peuples. Je mef con-
ten terai de publier ici ce que j'ai pu savoir
de  leurs   principes   sur   les   rapports   de
1'homme avec la Diyinite, et sur ceux de
la vie presente avec une vie future. Ils ont
dans la plupart de leurs -maisons , comme
^e  Pai  deja observe, quelques idoles ou
images de forme monstrueuse , auxquelles
nous ne les v£mes jamais apporter les plus
^simples marques de leur hommage , encore
xnoins rendre un culte religieux, ou payer
le tribut de leurs adorations.  Ces bizarres
et grotesques figures occupoient, a. ce qu'il
nous paftit, une sorte de place de distinction , et qui leur etoit comme exclusive-
ment destinee : c'etoit  celle  ou nous les
^imes.  Mais   rien   n'annoncoit   d'ailleurs
qu'elles eussent quelqu'autre privilege personnel , et elles partageoient la degoutante
mal-proprete de ceux qui habitoient sous
le meme toit qu'elles. Ainsi, nous eumes,
pendant quelque temps , tout lieu de pre-,
sumer que  ces  peuples n'ayoient aucune (43) V?
idee de' la Divinite. Nous rest&mes dans *78&
cette opinion jusqu'au jour ou nous leur SeptemK
expliquames par quel motif nous suspen-
dions tous nos travaux le dimanche ; et
nousaurions quitte la cote d'Amerique dans
Pignorance la plus absolue de leurs prin-
cipes en matiere de croyance,, si le fils de
Hanapa , jeune garcon d'une sagacite extraordinaire dans un nature! de Nootka,
ne nous eut raconte le tres - court histori-
que de Petablissement de leur religion, tel
qu'on va le lire. II suffira pour prouver que
ces peuples partageiit avec presque tous
ceux qui habitant le globe , la consolante
esperance d'une vie a venir et/d'une existence plus heureujse.
Ce fut en prenant des informations sur
un article d'une nature toute difference |
que nous fimes cette deeouverte. Comme
nous leur temoignions un jour le desir
d'etre instruits par quel rnoyen ils etoient
parvenus a. connoitre le cuivre , et pour-
quoi ils en faisoient Pobjet de leur admiration particuliere, ce jeune homme intelligent nous apprit tout ce qu'il savoit, et,
je le presume , tout ce que sa nation elle-*1
mjhne sait a cet egard. Lorsque les terjiies I ", . (44)      1|,;   .
\?§B. lui manquoient, ou qu'il s'appercevoit que
Septembr. nous ne le comprenions pas, ce qui arri-
voit souvent dans le cours de sa narration,
il suppleoit au defaut d'expression par ces
gestes si denionstratifs par lesquels la nature ou la necessite semble avoir dedom-
mage les peuples dont Ia langue est pauvre
et bornee; et ce jeune habitant de Nootka
entendoit si bien Part de nous communi-
quer ses idees par signes et par figures,
qu'il nous rendoit son recit parfaitement
intelligible , toutes les fois qu'il jugeoit a
propos de recourir a ces utiles ressources.
Voici comment il nous conta son histoire :
II posa- d'abord a terre un certain nombre de batons , a. peu de distance les uns
des autres, et donna un nom a. chacun
$'eux s^parement. Ainsi , par exempie, il
appella le premier, son pere , et le suivant,
son aieul. II prit ensuite ce qui restoit, et
les m£la tous ensemble, autant qu'il falloit
pour nous faire entendre que c'etoit Pal-
legorie de tous ses ancelres qu'il ne pouvoit pas ranger individuellement par ordre.
ops montrant alors ce faisceau , il nous
<|it qu'au temps ou ses peres vivoient, un
yi^illard parut dans Yentrde , porte sur xxxx t
, -'    ■ "1.'■   (45) ..;   • ■■
canot de cuivre qu'il gouvernoit avec des lyWi
pagayes aussi de cuivre, et que tout ce§&fi®0!&
qu'il avoit etoit de meme metal. II ajouta
que ce vieillard suiyit, en ramant, le long
de la cote sur laquelle tous les habitans se
rassembloient pour contempler un spectacle
aussi etrange , et qu'apres avoir jette sur
le rivage une de ses pagayes de cuivre, il
descendit lui - meme a terre. Cet homme
extraordinaire dit alors aux naturels , qu'il
venoit du ciel (et ici le jeune. homme nous
montra le ciel avec sa main ), qu'un jour
yiendroit ou leur pays seroit detruit, qu'ils
periroient tous , et qu'ils recevroient une
nouvelle vie dans le lieu . d'ou il arri^oit
vers eux. Notre jeune interpSlte nous ex-
pliqua cette partie de son recit en se cou-
chant par terre , comme s'il eut ete mort;
et se levant ensuite tout-a-coup , il imita
Paction et les mouvemens d'un homme qui
prendroit son essor* a travers les airs.
II continua son histoire en nous appre*
nant que les habitans avoient tue ce vieillard , et pris le canot. II ajouta que telle
etoit Pbrigine de leur amour particulier
pour le cuivre. 11 nous donna aussi a entendre   que  les imaged que nous yoyions
■ ;<
■
ii m
I (46) f||
1788. dans leurs maisons etoient destines a re-'
Septegibr. presenter la figure du vieillard descendu
du ciel, et a perpetuer le souvenir de sat
mission.
Telle est la tradition tres-imparfaite qui
nous fut transmise par ces peuples de ce
qu'on peut appeller Phistoire sacree de leur
pays. C'est sur elle uniquement qu'ils fon*
dent cet espoir qui leur est commun avec
tous les hommes, de quelque condition
qu'ils soient, et quelque forme que leur
ait donne la nature , savoir qu'a notre
existence passagere en succedera uiie autre
oil nous n'aurons plus rien a redouter des
peines d'ici-bas.
Je termine ici ces details sur les naturels de Nootka , sur leur pays, sur leurs
jnoeurs. J'ai publie tout ce qui s'est pre-*
sente a mes observations. Je n'aurois pas
eu le temps de m'y livrer aux recherches
du philosophe et du naturaliste , quand
meme j'eiisse ete doue des talens neces-
saires pour le faire ayec succes. J'avois
d'autres objets en vue, et c'est, pour ainsi
dire , par occasion , et en cultivant habi-
tuellement ces peuples, que j'ai appris tout
ce que je sais d'eux. Du'reste, nous n'eumes (47)   ,  §   ' I
point a nous plaindre de ce pays, et nous    1788,
quittames Yentrde de Nootka, emportantSeptembr,
avec nous les sentimens de Pestime pro-
fonde que les habitans  nous avoient ins-
piree, |1J
•
I (48)
M
Septembr.
CHAPITRE   XlL V.
«SS*
La Felice   continue son  vQyage.
d'
eau
da
atarme a
-Elle
cette
-Necessite d'alldger le vais
fait une voie
occasion, r-
seau. — Nous arrivons it la hauteur
d' Owhyhee , I'une des iles Sandwich.
—Nous mettons en panne dans la baie
de Toe-yah-yah.—-Nous recevons une
grande quantite de provisions. 'Etat
actuel de cette ile. Prdsent fait au
chef qui la gouverne, de la part  de
Tianna.  La Felice quitte Owhyhee.
*—Salaison de nos provisions. — Passage
pres des iles Mowee, Ranai , Morotoi et
Woahoo. Arrivee & Atooi ; situation
politique de cette ile.—Nous continuous
noire route jusqu'a Oneeheow ; reception
amicale qui nous est faite dans cette
ile. — Quantite considerable d'ignames
dont nous nous approvisionnons.—Nous
laissons it un naturel de confiance dans
Vile une lettre pour le capitaine Douglas. Continuation du voyage. —* Isle
de >de Rogoi- Tobago - Xima. — Nous tour-    *7"*S* J
nons les rochers de Ville-Rete. — Nous^ "        *
ddcouwons la cote de Chine* Nous
mettonsL^a   I'ancre  dans   la   rade%de
Macao. \ 111
JLlIvekons mairitenant a la continuation;
du voyage. Pendant la nuit qui suivit notre
depart de Yentrde du Roi George, le vent
souffla avec une terrible violej&ee : la mer
etoit tres - grosse et s'eievoit a une prodi-
gieuse hauteur. Le vaisseau fatiguoit. ex*
traordinairement. Le iS, a quatre heures
du matin, on vint m'avertir qu'il y avoit
quatre pieds d'eau dans la cale : Palarme
se repandit par tout le vaisseau. A huit
heures, iion-seulement Peau commenga a
nous gainer, mais encore elle monta par
dessus la rangee de tonneaux. Je craignis
alprs que les mouvemens du vaisseau et le
roulis continuel n'eussent ouyert le passage
a une voie d'eau , ce qui nous exposoit k
un grand danger. Nous n'avions cesse de
faire jouer les pompes ; mais, au bout de
quelque temps,, les ressorts s<~ trouyerent*
Tome III* SID (S6)    '
1788,   tenement embarrasses par la quantite  df
^p|Mttbr, petit lest qui s'y etoit glisse , qu'elles furent
bientot hors d'etat de rejetter Peau. Tandis
que les charpentiers etoient occupes a les
ieparer, le reste de l'equipage travailloit kr
vuider Peau de toutes les ecoutilles. Nous
hasard&mes pour tant  de continuer notre
route vers le midi. Les huniers et la mi-
ysaine avoient tous leurs ris pris. Le vent
etoit de nord-ouest. II souffloit alors par
grosses bouffees, et  le vaisseau n'avan-
coit en mer que tres - pesamment et avec
beaucoup de*lenteur, a cause de la grande
quantite d'eau qui remplissoit la carene.
Vers dix heures, nos alarmes devinrent
bien plus viyes, lorsque nous decouvrimes
que Peau faisoit des progres inqmetans malgre tous-nos efforts. Dans cette situation
critique . ie donnai l'ordre de mettre en
trnmrr  4o3|  tr/.    |
panne. II fut execute sur le champ. Le grand
hunier eut «tous ses xis pris ; et le taisseau
avoit les amures de babord* J'etois assez
4:assure quant a la force du navire et a la
solidite de sa construction. J'ordonnai de
jetter sans deiai par dessus le bord toutes
les esparre| et tous les mats qui se trqu-
jroient sur le cote du pont de dessous le If. -. (5l)
Vent. Ce n'etoit pas une besogne facile en 1788,
ce moment, attendu leur enorme gran- Septembr;
deur, et le roulis continue! du vaisseau.
Cependant, avec le secours des haches et
des coignees, on paryint a dcbarrasser enfin
cette partie du pont. A Pinstant m£me,
nous vir&mes vent arri^re , et amurames
l'autre voile. Nous repetames la mSme operation de l'autre c6te, ce qui dura jusqu'a
trois heures que toutes les esparres furent
enfin lancees par dessus le bord. Nous res-
sentimes bientdt les heureux effets de ce
travail; Peau diminua considerablement, et
nous en eumes beaucoup moins a vuider,
J'observe que les pompes ne pouvoient pas
e*tre reparees sur le champ.        Qg.
Nous reconnumes alors la veritable cause
du danger auquel nous avions echappe.
Elle provenoit d'abord du poids excessif
des pieces de bois de construction placees
sur le pont. Ensuite, Pagitation viol en te des
flots, en imprimant de fortes secousses au
vaisseau , avoit ouvert les coutures qui sont
entre les bordages, et donne passage a une
aussi grande quantite d'eau. Quoi qu'il eri
soit, d£s que cette operation fut achevee t
D a 1788.'   le navire , devenu plus leger'JIvogui sans
'Ocrobre. obstacle*!'et,hous"poursuivimes notre route
t.ai
avec i^ne ehtiere "confiance et un nouveau
ccurasre.
MercredtF   Nous la  continuames ainsi, sans aucun
2S*      even e ment di^ne d'etre rapporte , jusqu'au
-i5 dirmbi's d'octobre, qui nous avoit amene
mm uij tr£s%eau temps. A cette epoque , comme
nous nous trouyions dans la latitude de
Pextremite oriental e de Pile & Owhyhee %
nous souyernames a i ouest pour toucher
^a cette ile dans, la latitude parallele. Nous
etions , en ce moment , par les 265 degres
'65 minutes de longitude Est de Greenwich
de notre estime , tandis que les observations du sojeii et de la lune ne donnoient
que 209 degres 20 minutes. Dans 1 mcerti-
ti^fe^ du  nous  mettoit   une* difference   si
grave, ie m'en tins de preference a c£ der-
§L tf&ted      e ■ cjfi
nier calcul.
Le 16, d'apres dePnouvelles observations
$eudi
tf*
sur les distances' du soleil et de la lune , et
de la lune et des etoiles , noijs nous, trouvames par les 207  degres 44 minutes de
longitude Lst
et  une   autre  observation
faite a midi rapporta 20 degres 11 minutes '      (53) , 4     '-i..
de latitude^ nord. Nous nations gu&ce e$L    J^8&
ce moment qu'a trente lieues de Pile d'Or J©ctol^&
Le 17, yers cinq heures du matin:^*(»c|fcr^ Vendredi
grands satisfaction, npus decouyrini^s^Ja 17*.
Jerre* Elle couroit d'est-sud-est a Pouest-narfl-
ouest, a six lieues de distance. Mais la»brume
etoit si epaisse que nous ne pouvions^cjj^stifif
guer Pile que bien iniparfaitei^ntwiParTun
J^eau temps, on appergoit a vingt-JIfceu^s-de
distance la partie elevee di Owhyfhee.
Ce n'etoit pas sans raison que. nous nous
rejouissions a la vue de cette.lie ; cagLnows*
commenc|pns a eprouver une grande rdi-
sette.de provisions, Ulpliigdnie. avoit enr-
porte i*p,e grande garjfLe^ des notres-^ et
cpnoime noma n'etions pas. arrives aux fles
Sandwich aussi proinptement quee nous
1'av.iAn^.espere^iPidee seu,^||e[ Pabondance
etrdes secours-qui nous,att^doienfc^pour
ainsjod^e-, a notre £ebar,quemen3tI.<^ijs $$$'.
heuijeux climats , remplissoit tous les^o^ug^
dej consolation et, de /joie,J^gpjj^j§§^f
A mesi^re -q^inou^^pj^pchionf, cYDwhy-
nee~y. nous ne voyion^j^e^ qui eut ptf raix$
croire, a celui qui n'euiroit jamais visite
cette-^ej^gi'elle fntlej^ige dela plu^rich^
D 3
*?i
m
1
Si
"ft:*"
31
m
im I 4\f (54)    1   I
17^8. abondance. La terre paroissoit elevee et
Qctebre, couverte1 de montagnes : Pobscurite pro-
fbhde dont le brouillard et les vapeurs l'e»-
veloppoient, repandoit sur 1'ensemble de la
scene une sombreur universelle qui detruS-
soit tout espoir de trouver des habitans hos-
pitaliers . et des terres fecondees par la
culture.
II etoit trop tard pour approcher de la
terre. Nous mimes done en panne pendant
la nuit, a. quatre lieues environ de la c6te,
et attendimes le lendemain matin avec une
extreme impatience.
Le 18 , a la pointe du jour, nous fimes
de la voile, et,favorises d'une jolie brise,
* nqiis nous approchames de la terre. Vers
neuf heares, nous arrivatnes pr£s de la
c6te. A Paspect sauvage que ce pays nous
avoit offert d'abord, succ^da une scene en-
cMnteresse qui retragoit a notre0 souvenir
t£s fictions des romans et les descriptions
fefeuleuses des poetes. Le brouillard du
matin ne deroboit point a nos yeux le$
paysages varies qui embellissoient la con*
tree. Hi grande montagne ou Mouna Kaah
qui est situee sur la partie nord-est de Pile,
etoit enveldppee de nuages qui serabloient,
5amedi
18. pour ainsi diregdescendre en ^^fe^
sa ieclivite, tandis que le sommet s^evM Ota**
au dessus des vapeurs , et presentoit^un des
plus beaux spectacles de la nature enti^ ■ jjj
Les villages   et les plantations qui' occi*- gj
poient toute Petendue de cette montagne
depuis sa base jusqu'a la mer forrnoient un     ||
superbe amphitheatre, D'un autre cote, le
rivage etoit cduvert de naturels qui, pour
se garantir de la fratclieur de la matinee,
portoient tous leurs habillemens de diverse*
couleurs. Nous mimes alors en panne a Pen-
tree de la baie de Toe-yah-yah ,qui est     Jp
situee sur le c6le occidental de Pile, et par
consequent a Pabri de la violence des vents
alizes. En moins de quelques instans , nous
vfmes arriver pr& du vaisseau un nombre
considerable de canots charges de pores p
de jeunes cochons, de racine de tarmw#%    §g
oe fruits du plane, de la canne a *ucret |
et un petit nombre dKokeaux de mer,
'".   Mon intention etoit de m'approvmonncfr   ;f|-
de pore dans cette tie, et d'avancer de \*\ \
a Oneeheow j ox\ j'esperois me procurer la
quantite d'ignames necessaire pour le restjp
du voyage. En consequence de cette determination , nous comraengames avec les na* m
ys0>> JureIs u° tra% infiniment avantageux ; et,
pctobre* avant la chute du jourjf nous avions deja
achete plus de quatre cents cochonsf Le&
ponts etoient charges , et les chaloupes rem-
plies de ces animaux, .comme aussTde di-
verses productions ve^etales que nous re!
eumes egalement de ces naturels par la voie
de Pechange. 'EnBu, teHe etoit la quantite
des provisions quf^ilous furent apportees ,
que plusieurs de letirs canots s'en retour-
. 3& *iilk^i£s£     .*. - fill*- i  siiS
nerent sans avoir pu disposer de leurs ear-*
gallons, ;« |jy
Dans le grand nombre d'irijulaires qui
vmrent nous rendre visite en cette circons-
tance, je ne remarquai qu un seul homme
d'un rang plus distingjue que les autres. II
arriva jusqu'a nous dans deux canots diri-
ges le long de la cote par douze rameurs.
*Sa femme et deux jeunes filies Paccompa-
Vnoient, H commenca par envoyer ;a bord
Mu vaisseau des cochons* monstrueux, et une
provision considerable de rioix xB& eocos.
jH. suivit bientot lui-meme ses prdsens qu'il
nous pria d'accepter avec les expressions de
la plus sincere bienveillance, et en nous
Oifrant ses services pour tout ce qui rious
Seroit^agreabie, Je m einpressai de recon- ft $7 )
npitre des procedes ,aussi obligeans ettJes 1788.
payant de retour d'une maniere digne de Octobre.
lui. Ayant ainsi gagne sa confiance, je pris
de lui des informations sur Petat^actuel de
I'll.ef e par intexet pour Tianna. II m'apprit
aussitot que le vieux Tereeobeo avoit ete
empoisonne, et qu'un oncle de Tianna etoit
son successeur. Ii ajouta que, par suite de
cette revolution*, une guerre terrible s'etoit
allumee entre leA* habitans d'Owhyhee et
ceux de l'ile Mowee ou Titeeree regnoit en
Isoiiverain.
PourN repondre a sa confiance, je crus
devoir lui donner avis que sous peu Tianna
seroit de retour a Atooi dans un vaisseau
comme le mien. J'aioutai qu'il ln'avoit
charge d'un present pour . le souverain
& Owhyhee , et que je desirois qu'il/youlut
bien PofFrir lui meme a ce prince, comme
une preuve de Pattachement de Tianna
pour son oncle. Par une attention placee
si a propos, j'esperois rendre un bon office
a mon ami ; et j'ar^pri^^epais^qu'il avoit
?produit un effet aussi heureux queje pou-
cvois le souhaiter. Mais pour donner plus
-d'authenticite a ma mission, j'adressai ma
requete a ce .chef, et lui rerhis le present
;«r<*
■2p
'04
m
'i*U
"■ay w _*M   (***>    i       I
1788. devant un grand nombre de naturels; il fut
Octobre. aussi tnboi /publiquement(i). Je pris cette
precaution dans le dessein d'emp#cher qu'il
lie gardSt le present pour lui - meme, ou
qu'il n'y en substituat un autre de bien
moindre valeur*
/ta coucher du soleil, nous efimes achete
une quantite de nouvelles provisions suffi-
sante pour nous couduire jusqu'a la Chine.
^Nous nous disposames done a remettre a
la voile pour gagner Atooi et Oneeheow.
Mais les naturels, et sur-tout les femmes,
afflu oient en si grand nombre sur le vais-r
seau , que nous fumes obliges de leur pro-
diguer des presens de toute espece pour
obtenir d 'elles qu'elles se determinassent
a partir. Non-seulement les ponts en etoient
couverts et toutes les chambres remplies ,
mais elles s'attachoient encore aux manoeuvres du vaisseau. Enfin elles nous quitte-
rent. Quelques unes descendirent dans leurs
(rj Cest-a-dire , qu'on assujettrt ce present a unt
espece d'interdiction ou embargo. On va voir plus baa
dans une note ce que c'est que le taboo chez ces insu-
laires , et comment se fait cette ceremonie.
Note du Traducteur. 1   • . I gig m i y||
cafciots i mais la plus grande partie plongea 1788.
dans la mer, et gagna le bord a la nage. Octobre*
Nous ne fumes pas plutot debarrasses de
ces visiteurs importuns , que le vent frai-
cMt; les voiles de hune furent alors risees f
et nous portdnjes sans aucun obstacle vers
l'ile Mowee.
Nous nous occupames sur le champ de
tuer les pores, et de saier les viandes des*
tinees a e*tre notre ressource en mer. Nous
suivimes la methode prescrite par le capitaine Cook, qui meriteroit deja la recon-
noissance de son pays , de tous les peuples
maritimes et de Phumanite en general,
quand m&me ses decouvertes se borneroient
aux ameliorations qu'il a etftblies dans Pad*
ministration interieure des vaisseaux et des
equipages. Conformement k ses instruc*
tions , nous remplimes plusieurs tonneaux
de pores, les plus gras et les plus beaux
du monde, et les sal dines de maniere qu'ils
se seroient conserves pour les besoins d'uit
vaisseau aussi long-temps que les circons-
tances Peussent exige. Nous imaginames
aussi un moyen de plus  d'assurer notre t|
subsistence : ce fut de conserver le pore de
moyenne grosseur avec les os. Cette pre- :e   .jM Mm
ijgS.   caption ne nQns reussit pas aussijbien pour
Qctobre. les cochons plus fbrts^J|Qf squ'oxL^yeut faire
ayec.quelque,succes une preparation sem-
blable, il faut que les os soient envgrande
partie segares de la chair, sans cependant-
J'£tre tout-a~fait, de maniere que les parties
de  la chair qui restent attachees aux   oj-
puissent etre bien impregnees^de seLNous
nous, sommes  convaincus. par experience
que le sel, tout seul, etendu par couches ,
vaut beaucoup mieux que la marinade ; e&
nous avons reinarque , none- seulement qu#
la chaleur du soleil n'etoit pa&jfavorableu a
cette preparation, mais que la June mehne
a aussi une influence propre a cerrompre
et a pu trefiej^to viandes.
Jeudi        Les vent%,trop legers ji^m&^pplcherent
2;>*      de gagner Atooi&ya.n% le '*%'$ ,k midi.  Ce
JApj, nousyinmes mouiller dans la baie de
IVymoa..t&  mesure que nouse,passions le
lone des autres-^les^ les
*urelse venoient
Cjontinuellement vers nous dans des cano^,
charges de jeunes cochons etr^de Cannes JL
ducre , ce qui nous fournit^l'occasion ^e>
eouipleter^notiTe appro visiqn^ement de ce
(Jgrnier article. Ce fut un grand?j*onheur
pour nous djay.Qir>^rouvgpdes ^provisions
-) :M|: C 6i )    j 7
8*aiches eriiabdntjafece a~Owhyhee; car, en 1788.
passant pres dtS ties Mow^e'yIlanm%Merd>± Octobre.
toij^lVoahoo ^^on ne nous apporta pas un
seul eros cochon. La raison est. selon toute
apparence, que les,.naturels n'eurent pas le
temps de venir jusqu'a nous pendant le*
court interval!©' du passage du vaisseau. En
outre,  nous   apprimes  qua   Vftoahoo   les
g|£CS etoient en ce-moment sous Ig taboo,
espece d'interdictuon religieuse. Nous ne
pumes en savoir7le motif (1).
. •
Af) Voici les details que je trouve sur cette ceremonie dans le Voyage a la cdte nor¥t~mtest d'Amerique en 1785, 1786, 1787 et i78o**p£r les c^|»itain'es"
Portlock et Eixon\ les memes qucrfe capitaine Meares
rencontra dans Ventree dw Prince4' GiiiMiume , et ans?
reproehes desquels il a cru devdlr^oppOser le recit de
§es relations avec eux a la suite de cette rencontre.*
a Des le matin du 27 > est-il dit dans la lettre XIII
» du premier volume^ <£crite des ties Sandwich %
77 nous noui'^repaf^tmes a remplir nos futailies^ nous
» proposant   d'y mettre^kftite KL* diligence posstole £
» mais le capitaine Dixon  s'etajiiv rendu" a  oord du
rrjK.ing George ( Roi George JTraT lntdrine'  que les
»*nabitans   co:tttfrencoient  a   deVenir  impdrtans :,   et
30 quails avoient tabbe ^nhs'efnuafgo SurjMufs sources'"
p d'eau doiiceS Gettf*'n^ti,velle notis' confraria infiiii-
im
V*J
y 3788.       A peine eumes - nous jette I'ancre dans
Octobre. la baie de JVymoa^ que le vent commenga
» ment. La ceremonie de taboer se fait par leurs pretres
so et de la maniere saivante : ils plantent une quantite
ti de petites baguettes surmontee d'une touffe de che-
-» yeux blancs autour des endrOits qu'ils veulent faire
t» regarder comme sacres : des - lors , personne n'ose
» en approcher dans*la crainte du chatiment qui,.a. ce
# que je crois , n'est pas moins que la mort du sacri-
39 lege. Nous craignions d'abord que cela ne pro vint
» du souvenir des pertes qu'ils avoient essuyees apres la
» mort malheureuse du capitaine Cook, car c'est dans
v ce meme port qu'il a ete tue : mais nous nous from-'
» pions.: la raison qu'ils nous en donnerent fut que,
99 leurs chefs etant ahsens et engages dans une guerre
t> contre les naturels d'une ile voisine , ils n'osoient,,
n sous aucun pretexte , permettre a des etrangers de
» debarquer dans la leur ».   fg
Et, dans la lettre XXII du meme  volume , il est
dit : - ##fe?
«c Les naturels nous apporterent en outre des pores,
91 des patates et du tarrow; mais la quantite ne suffi-
3> soit pas pour notre consommation journalidre. En
)> ayant demande la raison, on nous fit entendre que
j> les* pores et le| y^g^taux etoient taboues jusqu'a ce
99 que le roi qui se proposoit de nous faire une visite
» sous peu , fut venu a bord de^nos batiniens. Si j'ai
99 bonne memoire,. j& t'ai dit ee que c'etoit que le
» taboo y lors de notre dernier sejour dans cette ile. 7 1 (63) '■ . I" e
a souffler ayec assez de violence pour em- 1788,
pScher les naturels d'approcher du vaisseau Octokre,
dans leurs canots. Je n'avois eu d'autre
intention, en m'arr£tant dans cette baie_,
que d'informer Taheo, souverain du pays,
que son fr^re Tianna seroit bientdt de re*
tottr. Je m'etois propose aussi de lui faire
des presens, et de prendre toutes les lne-
sures qui pouvoient etre utiles a ce chef,
notre ami, lorsqu'ii arriveroit dans sa pa-
trie que la domination tyrannique du chejt
qui la gouvernoit alors avoit remplie, pendant quelque temps, de desolation et de
troubles.
Pendant toute cette journee , nous ne yendredi
vimes pas un seul canot. Mais le 2.4 , sur      24.
,»^Fe me contenterai d'pbserver que cet embargo est
93 souvent tres - etendu , et qu'on ie met, non-seule-
"» ment sur des endroits d£signes, mais encore sur
» toutes les choses necessaires a la vie n.
Voyage autour du monde ^ et principalement a la
C6te Nord-Ouest d'Amerique, fait en 1785 , 1786,
. 8787 et 1788, a bord du King George et de la Queefi
Charlotte r i&r les cani|aines Porlloc&set Diar&j^^
traduit de l'angiois de George'Dixon ,^gfl£i.le citoyen^
leBas, Lett/res XIII, page i5o et suiv, et JCJCII^
gages ,a£3 kit %5y.  Note du Traducteur.
z?
'*m
PS
'
9m
I
ri
tf.T
;1
j * .-_r
pi
>.
At**
%
t-*> (U)
tee
Agy
17^., le matm , quoique le vent c.Qntinuat a souf*
Octobre. tier avec torce, un c^not arriva lusquau
Vaisseau, portant deux hommes etune jeune
fille. Ils nous apporterent un petit cochon
et quelques noix de cocps* Mais je, ^e fus
pas peu.surprjs lorsqu'en entrant dans Je*
canot , ces,deux hommes commencerent A
enibrasser mes genoux et a crier: Noota^
Noota, nom sous lequel, ainsi que je^ai
observe plus, haut, j'etois connu dans cea
{les , comnie sur toute la cote d'Amerique.
Ils fondirent alors en larmes , et me degt
nianderent des nouyelles de Tianna. }|P
J'appris de ces naturels que .Taheo, de-
venant iniirme, se laissoit gouyerner abso-
fument par Abinui, dont il a deja ete parle
dans la relation de notre premier voyage ,
et qui etoit Pennemi morsel de Tiannar
Namaate*HavV,'autre fretfS'de Tianna, e?
qui pal&oit ^^res lui , pour leeplus brave
guerrier $e$J£les Sandwich , avoit mi^a^ec
la femme et les enfans de son frere^usque^
dans la p^tie-Japlus reorder de Pile pour
echapper eau Gruel poiivcififf de Taheo. Cette
petite parities rde 4'ile etoit' alors sous'Ws
armes , ^rete it ie defendre. La prudence
prescrrvOxtr t &%  *• IPS
brescrivoit done natu.rellement k Talijo i ,;-&&
comme une mesure sage, a empecher toute r\„Uu-^
espece,de cQinmunication ent$e ses s,ujefs
et nous. Persuade « comme il> Petoit, que.
nous ra.menipnS; une seconae rois lianna,
il avoit fait publier la plus barbare proscription contre lui. Sa mort etoit certain©
s'lErnettoit le pied dans Pile. Mais, malgre
le taboo j£es fideles et genereux insulaires
avoient ose venir nous trou'ver, pour don-
m. ■-. $^mmg§ -.-     jBB8i*W*M MM %&£g}*
Tier avis a .lianna qu ils presumoient e|re
a bord du vaisseau, des dangers qui 1§. ijue-
nacoientE Outre  le ton  dririgenuite ayec
'■ffiPi   , ,   >mro%%$gti^zi%*W P laTnib,
lequei les deux naturels nous raconterent
ces details ^d'autres circonstances parti^u^
lieres nous convainquirent deJa fidelite de
.:.     .: ^*'S5Wfg i-:t|-   SfgpPp a-j.   '•
leur recit. Aucuns canots neryinrent nous
visiter, et nous entendimes de dessus les
montagnes, eioignees les conques qui leur
servoient de trompettes, prelude certain de
la guerre* i|?
Dans cette situation , et n'ayant d'autre
connoissance de ce qui se passoit dan$ Pile
que celle que les deux hommes s'etoient
exposes a venir nous donner, determines
iiniquelment par leur zeleet par un sentimeni
id'affection pour nous, toutes nos ressources
*ti*mmr
vS*
mm
:.Zt
v.-»%
«
Tome III*
£ I     'I       I (66)  7 n m
..t9KJ|&    Se1 bornerent a informer par leur eritf e'mise 1&
Pciefere; feliime et le frerS de Tianna, que Parrivee
ae ce cnei etoit ^Jrochaine , et qu "a son retour, ft seroit en etat de les defendre eux
et xtti-m&me coriffe les barbares projets du
tyrah, leur frere, et de son cruel ministre.
"Les deux naturels se chargerent de porter
a Sfamaate-Haw, et a la fern me de TlannftC
avec quelques presens, cet avis consol^nt,
et si pfopre a relever leur courage. Ayant
36nc fe^u ce qiie nous leur destinions pour
eux-nt^ines, its prirent conge de nous, et
***   f% -r-*r   CV-"^?^^ —     S     »    • W
r'amerent ve$s Id rivage ayec une legerete
admirable.
Nous pass^aies le temps a atteridre quef?
5|ues nouYelles de Tile Jusqu'au aaf a midi.
We voyant fdors 4ucun canot en mouve-
mept, nous appear eillames et , avahcames
vers ^neeheowfp^oxxs y mimes k Ivahere vers
Six heures du sdijva^pere-pres sur le mehne
mouillage que nous avions occupe Pannee
pret&derite.
En^trivant a la hauteur de cettiile, nous
lie nous appeTc%mes pas qu'il y eut auctin^
proscription pronoricee contre nous. New
iumes ,  au cohtraire , bientot ^virbniles
onne fouie
nature! 9 parmiiesc^uels etoient i
plusieurs de nos andens amis. Nous les re- i t&&
connumes parfaitement. Le vaisseau ne Octbtht*
tarda pas a se remphr de naturels de tout
age et de tout sexe qui s'empr^ssoient de
venir nous visiter. Mais parmi ceux qui
nous temoignoient leur joie die nous vc4rr
et qui se rappelloieot les marques de Men-
veiilance et d'amiti© qu'ils avoient regues
de nous, etoit ce bon efc seusibfe insulaire
auquel plusieurs de nos officiers avoient
autrefois ^©n«e le ncmx si coimu, et }'os#
ajoutef>si honorable de Vendredi (x). Si
«|i*elq&'un; des c^iiipagnens de mon premfef
voyage lit ces lignes, il &e rappellera, je
isuis sAr, avec un sentiment de reoonnois*
sance, les obligeans services de Pfed*iH&&
Vendredi. II s'emp-ressa alors de nous en
rendre de nouveaux. D&s qu'il apper^uf le
navire , il se jetta a la nage, et vint au <$e*
Vant de nous pour nous offrir ses bons ef-
£we8 -qoe nous aceept^mes , et qui noun
farent d'u**e extreme wtilite^.
Nous n'avions, a cette epoque, ni pain,
.■
K.
M
m
■fji
(i) Ce nom est. comme Ion sait, celui de l'int^res*
sant et fidele corapagnon de Robinson Crusoee
tfme du Ttadac&ut*
E 2 §7 (68)
iy%%. ni farine dans le vaisseau. II falloit, pour
Qctbbre. assurer notre subsistance a venir, que nous
reussissions a nous procurer la quantite
d'ignames suffisante pour le reste du voyage.
Mais comme nous n'efions pas dans la sai-
son de ces plantes , et qu'elles etoient trop
jeunes encore pour qu'on les arrachat de
terre, il nous eut ete singuherement difficile de nous en approvisionner autant que
nos besoins l'exigeoient, si notre ami Vendredi ne se fut charge pour nous d'une
negociation bien importante. Nous lui re-
mimes, en consequence, tous les articles
que nous jugeames les plus propres a ac-
ceierer le succes de son entreprise; et bientot, a force de perseverance, et au moyen
des presens que nous lui avions confies , il
eut le credit de determiner plusieurs de ses
amis a cueillir les plus gros ignames qu'ils
pourroient trouyer, et a nous les apporter
pour les acheter; de sorte que, le matin du
27 , nous fumes enfin possesseurs de plusieurs tonneaux de ces provisions si neces-
saires ; vers midi , nous nous disposames a
remettre a la voile. Wn-
J'eprOuye un veritable embarras a de^
crire la douleur marquee que temoignerent
gjfay-j 1        SSgKl     i   ~^r-& 4
*m
(69)  I &   ,
les habitans de cett§ ile, autant par des !7g&
paroles que par Pafeattement plus expressif Octobre
encore de leurs physionomies , lorsqu'ils
furent avertis de .notre prochain depart.
Vendredi resta avec nous jusqu'au dernier
moment. Je lui confiai une lettre pour le
capitaine Douglas, en lui recommandant
expressement de la lui remettre en main
propre, a quelqu'epoque qu'il arriyat. II
s'empressa d'accepter la commission, et s'en
acquitta avec la plus grande exactitude , ijk
comme on le verra dans la partie du voyage
de YIphigdnie qui concerne les iles Sandwich. Cette lettre avoit pour objet d'infor-
mer le capitaine Douglas de la situation
politique de Pile d'^00z,etjde lui pres-
crire , au sujet de Tianna , toutes les metres qui pouvoient contribuer a le retablir
dans ses droits , ou <lu moins a le mettre
a Pabri des persecutions qu'il avoit a craindre de la part d'un frere denature. Je nV
oubliois pas non plus Vendredi dont le
capitaine Douglas, qui etoit officier sur mon
bord pendant toute la duree de notre pre^
mier voyage, connoissoit deja le zele et
Pattachement. Je fis ensuite present a ce
%|ave insulaire de tous les articles dont je
E3 'M lift
1 I: i        (7°} k
$$$$. savois que la possession devoit lui caused
Q&obre. toute la satisfaction qu'il meritoit. Alors,
apres les avoir serres dans son marrow^ espece de ceinture que ces naturels portent
autour dn corps, il se plongea dans la mer;
-0Z tout; en nageant pour gagner le rivage ,
il tournoit la t£te vers nous de temps a
entEe, et seitoit une main en sisne dPa-
joieu*,tandis €pe,d*e l'autre, ii repoussoit
les vagues. j
Au moment ©u nous levames Pancre , le
^rent fraichit d'est^norfl-est; et nous eftmes
tient6t perdu de vue Pile d!Oneeheow*
Norembr. Nous poursui^mes alors notre route, jus-
Dimanche qu'au 16 novemfer>e. II ne nous arriva rien
d'aseea icemarcfuabie pour merfeer la peine
d'etre rapporte. Ce jour, d'apres plusieurs
observations d« soleil et de la bane, et de
la lune et des etoiles, nous etions pa^^les
§46 degres 54 minuses de longitude Est de
Greenwich. Une observation de la lamude
nord donna 21 degres 4 minutes. Nous fat*
sions rareraent, a cette epoqi*e , moins de
f^nquante Heues par jour, et nous avSens
bh temps tres-doux et tres-agceable.
Notre ^premier soin etoit d^efeserver san#
*ees$e, etayec beaucoup d'attentioBj comme la prudence le demandoit de nous, la route    jt^8S.
du vaisseau. Mais ensuite, nous nous oc-Novembr2
cupions de faire secher nos pelleteries  et
de Les mettre a Pair. Chaque jour, on en *'|§
Tetiroit des tonneaux un  certain  nombre
pour les etendre au soleil, et on les y repla-   ,
qoit ensuite en paquets. En executant cette
operation necessaire , nous ehmes la satisfaction de  nous conieaincre qu'al y avoit
tres | peu de nos fourrures endommagees $
nous attribuames ce bonheur au grand.sola
qu e nous avions pris de les embailer dans
des toaneaux sees, et de les tenir a-Pabri
de toute humidite.
Le 19 novembre, nous eprjouvames, :pour Mercredi
la premiere fois, un leger changement dans x 9•
le vent. II souffla de 1'ouest avec force. A
ia werifce , il ne resta pas long - temps a ce
point, et il fit tout le tour du compas. Enfin ,, il se fixa tout - a -fait dans le rhumb
d'ouest,, et souffla avec tant de violence
Mfixp nous fumes obliges de mettre en panne.
Ce vent si impetneiix biisa notre grand
hunier , et ne s'appaisa que le lendemain
qu'il refcourna a Pest. Nous continuames
done notoe voyage.
'^§#1 fitllut alors s'occuper des dispositions
«T.eudi
20. S -.   I   §(72)    -1
^^1788. necessaires poua|eviter les dangers des meris
Novembr. tempetueuses dans§;lesquelles nous etions
suri le point d'entrer. En consequence, on
detendit les vieiiles voiles. Les vergues furent garnies d'un assortimagjsde voiles neufr
ves. Tous ceux a qui la navigation des mers
de Chine est familiere , s£*yex%p tres bien que
le passage a Canton depend souvent d'un
hunier ou d'une basse voile^:dl est vrai que
nous avions passe le* temps du changement
des inoussons7: mais on a eprouve que, meme
ajlres cette dangereuse epot|tae, des vents
violens desolent encore ces \ mers ; et la
mousson de nord-est qui regnoit alo^s n'ac-
quiert point, avant le mois de decembre ,
cette stabilite qui pourroit seule preserver
de tous les accidens.
Le vent ne se fixa pas  d'une maniere
%u     oertaine dans le rhumb d'est jiiSquau 21
du mois. J'attribuai-ce contretemps au voi-
sinage des iles Ladrone , dont nous etions
tres-pres, et qu'on sait changer, par fois, la
direction des vents aljzes.
Pecembr.      Nous poursinvimes notre route* sans au*
Lundi    cun evenement remarquable jusqu'au pre-
**       mier decembre. Le soir de ce jour, nous
^^^onvrimesWs $le§ de RotoUTobagbrXima* HI
(73)
Le temps etoit obscur, brumeux et triste. ijt$:
Nous ne pumes , pour ainsi dire , qu'entre- Decembr;
voir ces iles ; mais nous les appercumes
cependant assez pour pouvoir en determiner ave*e certitude le gisement. Au moyen
des observations de la lune que nous nous
erapressames de faire sur le champ , nous
nous trouv&mes a six lieues a Pest au moment ou nous reconnumes ces iles.
J'ai parle de la necessite de reconnoitre
ices iles dans la partie de mon Voyage ou
j'ai donne le detail des diyerses routes par
lesquelles on arriye de la mer Pacifique dans
les mers de Chine. II nous suffisoit de les
avoir appercues pour etre coit^aincus que
nous ne risquions rien a wtrcrde la voil^
pendant la nuit ; et comme, a Pest de ces
iles , il nyj en a pas d'autre que celle con-
nue sous le nom de Petit Rotol$nous fumes
tres-satisfaits d'avoir constate Pidentite. En
consequence, nous portiimes enimer pour
eviter les dangereux rochers de Ville-Retey
que nous^estimames courir sud-ouest-quartl»
ouest , a trente lieues detsBette ile. Les
nuages etoient extraordinairement noirs ,
et tout annoncoit que la nuit apportoit ayec
elle Porage et la tenipete.^ (7*3       i:
fyiBm Vejrs huit beures, nos craintes se neali-
"Deesanfer* serent. Le vent fiommenga a sonffler avee>
nne terrible violence du »©rd~esfc. La fjjnie
tomba par fcoxrems. Nons continuames cependant notre route, gouvternant su&ouesf-f
qui est xxn point plus meridional que celui
0U les rochers nous restoient. Je crois fer-
inement que., dans cette position , nn vaisseau n'a point d'autre alternative que de
faire d# la rvoile* Car s'il met en -panne, les
courans iropetueux et rapides Pentrainent si
loin 'yens le midi qu'il deviendroit infiaDLi-
me®& dangereaix pour Ltd d'enfcrer dans les
f&er$ de Chine >^et que, par consequent, il
seroit tres-incertain qu'il put effectuer son
passage a Canton. Ajoutess qu'iridependam-
naent de ces couraaas ^ le souffle des vents
et ia groase truer le pousseroiefit avec force
t^ers ce meme point. Qaioiqu'on ne doive
jpas regarder , a beasucaup pr&s , coname
quoique chose de fort agreable de iraveraer
cet eJteoit canal par une nait obsciore <et
tfisiEipetuease, rje ne balancerois cependant
pas aconseiller aux navigateurs de s'y dev
tera»i«jer., s'Hs'a^oieiuaeapperca jane seule
fois ies&es de Bi&i&l'T^bao-O'Xima dans la
soiree du jour precedes^. La tempete con^d^u d'agiter la mer avec *?$&
!a inehne violeiK5<** jQ^u'a midi. Pendant Decembr.
qu'elle dura, nous pojirsutvlmes notre route
au sud - ouest. Le^buniers et la misaine
avoient tons leurs ris pris. Nous serrdmes
le vent a l*ouest - nerd-ouest, ayant soin
d'en conserver autant qu'il etoit neeessaire
pour que le vaisseau pertat bien ses basses
voiles. {Jar nous crc*j£ons fermement 4kre
arrives dans les mers de Chine. Vers une
heure , la violence du yent redoubla k tel
point que le vaisseau portoit tres - mai la
voile amuree. Mais quelque dussent §tre
les suites d'une aussi fadheuse position, il
fallut se resoudre a avancer^ en cet etat
pour passer surement a Canton, le vent
sur«tout portent aussi fort au nord.
A minuit, nous nous trouvames par les
ai degres 3o minutes de latitude nord de
notre estime. TCette position etoit celle ou
nous pouvions tourner de plus pres , avec
quelque prudence, les dangereux rochers
de Ville-Rete* A une heure, lorsque nous
boulinames les voiles, nous eumes une si
grosse mer qu'il nous devint impossible de
mettre le cap en route au nord plus haut
que dans le point d'ouest-quart-nord, quoi- (7*)     I "
%78&   que le vent |5t au nord-r jrd-e st. A u moins g
P&ggmbr. est-il certaj& quej^auf**   <fee route que nous
aurions pu pren^ v/empeohe le vais
seau de tgfiverser f. De plus, comme
nou:4avions quelq^j raison de craindre un
cOurant contraire, nous n'etions pas tres-
rassures sur notre passage a Can|on.
Le 2 decembre, a la pointe du jour, rietfi
Mardi   n-aftnoncoit le voisuMige de la terre. Nous
z'      avions done tout lieu de croire que nous
etions  considerablement avances dans  la
mer de Chine.  Mais notre crainte d'etre
pousses sous le vent de Canton ne se dis-
sip%^|tierernent quelle 3. Ce jour, le temps
Mercredi ^evint plus doux, et le vent sauta au herds'      est.  Une observation faite a inidi  donna
22 degres ^§g minutes de latitude nord , ce
,qui prouvoit evidemment que nous n'avions
point eprouve un seul courant contraire.
Nous serrames alors le vent au nord-ouest-
quart-ouest, dans le dessein de decouvrir
la cote- de Chine. |
Le >£ , nons vimes e.nfin cette terre de
jChine (Je^iree depuis si long - temps. Un
spectacle  d'une  nouyeaute   bien. agitable
5M"? ZD
^.'offrit daqs»,Je. m|me moment a nos yenx.
.La meg,.etoit couyerte d'une quantite in* I   » I    j^.le
nombrable de clmTdftipes quiValldfenfa 3£e 19%?
peche. Nous passames pres de queltWe^6lle§ I*eefixnbi3
d'elled^mais•l'habitude^Sft Ton list &$8s ces
mers de voiiPdes vaisseaux eurbpe%ns de
la plus enorme grandeur, fit qu'un b&traient
aussi petit que Is^Pelice ne fixa pafc un-seul
instant leur attention. Ifj        W0
Comme la cote de Chine est deja^parfai-p
tement connue, je ne retarderai par aucune
observation la conclusion de mon voyage.
Je me hate d'ajouter que nous poursuiyimes
jiotre route pendant toute la journee du 4>
*et que le soir, nous decouvrimes les iles
Lema a la distance d'environ quatre lieues.
Comme j'etois deja familiarise avec cette
navigation , nous continuames notre route
pendant la nuit au milieu de ces iles. Elles
sont, sans contredit, le passage le meilleur
et le plus sur. Dans la soiree du jour suivant , nous yinmes mettre a I'ancre sans yen^re^
aucun obstacle dans la rade de Macao. La 5*
ville nous restoit au nord-nord-est a trois
lieues de distance. Nous depechames sur
le champ un expres a Canton pour informer
nos amis de Pheureuse arrivee de la Felice.
Ici, je dois prendre conge du lecteur qui
a bien youlu m'accompagner dans le cours
«8Sj
*rf
ui
Z4 ef      - (?a>
i?$S. ^e ce voyage long, penible et fecond e&
Decembr. evenemens divers. Les deux vaisseaux (i)
s'etant separea a Samboingan , je puis dire
n'en avoir reeliement execute qu'une par-
tie. On ya lire dans tes chapitres suivans
celle dont a ete charge le capitaine Douglas.
(1} Savoh* li' Petite eT Yrlphigenie. ( 79 )
7'    V OfY A. G|E.e
DU VAISSEAU L'IPHIGENIE,
UcAPlTAINE DOUGLAS,
-ns, Samboingan a la. cote h-okd-quest- D-'Aac £kequv;
PI'THE    XXVI.
i
Xa Felice quitte Samboingan. — Conduite    ..*><?
2 m .#< j 178s.
tenue par le gouverneur de la place F6vrier«
avec le capitaine Douglas apres le dA*
part de ce^ vaisseau. — Une partie de
Vdquipage est emprisonnde par ses or*
dres , et le vaisseau retenu dans le port*
—Le droit des gens outrage* par de tels
prdcddds, pi Z/"*Iphxgenie part de Sam*
boingani^i^- Elle aurrm^'m & haute)ur
d'unsi pzetite Urn?, i*\mn4Hde^.}-mijmtd^ui
He de Johnston. — CommnttA^dttiWt dvselk
les fi&turel&fleur description. jSl itaw-
nee , habitant des iles Sandwich , em* I (80II
barque it bord de Z'lphigenie', tomo&
malade et meuft. — Maladie dans Vd-
quipage.—Passage du vaisseau au tra*
vers des iles Peleyv. Cojnniunication
avec les naturels. —* Circonstance affli-
Tgeantej-ignoree du capitaine Douglas.
Mardi
12%
JUfN a vu dans la-relation du Voyage pre*
cedent que, le 12 fevrier, la Felice partit
de ^Samboingan (1 |§ lalSSant ^Y'fpnigdnie
occupee de re.tablir son mat de misaine (2)
pour contiriuer ensuite son voyage. Il a ete
egalement parle des motifs de la separation
de ces deux vaisseaux, et"les instructions
cfllivrees eh'cette circonstance au capitaine
S&uglas sont inserees dans YAppendiib \p)*
La Suite de ce volume cohtie'nf done le
recit du vdyage de 1 Ipnigenier du moment
ou. j® vaisseau*,, qui jusqu'alors avoit fait
M
(1) Premier volumevy'cbap. V, page 32Q>;_
(a) Ibid. chap. II, pages 239 et 2405 et chap. IV,
pages 479 et 280. feSiS
(3}~Voyez  le n°r--Il7.de  VAppe^u^c—du premier
volume. ||g
route m
Vbute.de conserve, avec elle , Peut quittee.    178?;
Nous avons tout lieu de presumer qu'on y fevrier;
"trouvera des eclaircissemens impbrtans sur
la geographie et le commerce de la cote
nord. ouest d'Amdrique.
La Felice ne (se fut pas piiitot eloigned
de Samboingan, que le gouverneur de celte*
place prit un ton tres - deplace, et tint la
Conduite la plus deloyale a Pegard du vaisseau qui restoit. II y a toute apparence que^
Voyant   iios   forces   diyisees, il avoit   cru
pouvoir butrager impiinement le ,droit des
^ens par des precedes  qui se terminerent
des deux cotes par une rupture oiiverte ,
d'oii il resulta un tort considerable pour les
proprietaireSi ^
lllphigdnie avoit retaBIi sbn mat, et se
trouva en etat de mettre a la voile le 19.
Elie etoit aussi parvemie a obtenir du gouverneur plusieurs sacs de riz, une provision
de vegetaux et quelques bestiaux.
Comme on nous avoit assure que le present le plus agreable qiie nous pussions fairs
au gouverneur en reconnoissance de ses
honn^tetes et de ses attentions pour nous
etoit de lui donner quelques barres de fer,
j'eus soin d'en laisser six an capitaine Dou-
Tome III. ml-.      F
Mardt
*9-
«
*$*]
ifA *. 1       ~(83) Il    :
1788. J^laS, et le priai d'en ajouter quelques une?
Fevrier. de plus pour former ie present que nous
nous proposions de lui offrir. Je l'autori-
sai egalement a tirer des lettres de change
sur Canton , pour acquitter le montant des
III depenses qu'il auroit pu etre oblige de faire
pour Pentretien du vaisseau ou pour les
besoms de l'equipage. M
Le  capitaine   Douglas  s'empressa  done
d'aller rendre visite au couverneur. et l'in-
^SS k*%& '" Wit-        *^
vita a venir diner a bord de YIphigdnie ^
avant le depart de ce vaisseau. Le gouverneur accepta ; et tout se passa* du moins
en appkrence, a la grande satisfaction de
tous les convives. Le gouverneur , a son
I tour, engagea la compagnie a se rendre a
terre le soir meme pour assister a un bal
qu'il devoit donner. Mais sous les dehors
de la poiitesse et de Phospitalite , cet astu-
cieux Espagnol cachoit le projet de tirer
le plus d'avantage qu'il lui seroit possible
de notre situation. Ayant decouvert que ia
principale partie de notre cargaisori con-
sistoit en fer , il tourna toutes ses pensees
vers Pacquisition de ce predeux metal. Je
dis precieux, et c'est avec raison , puisqu'il
sert a acheter de Por a Magindanao. Le roi
O *r ^'Espagne a defehdu rigoureusernen*t la
Vente de ce metal dans les Philippines par
toute autre personne que par ses cemmisr
sionriaiSs, qui ont soin de le mettre a un
tresr-hairV-prix. Le gotrverneur avoit done fu7
solu de saisir Poccasion qui s'offroit de s'en
procurer, et a des Conditions d'autant pliis
avantageuses qu'il sentoit Men qu'il seroit
le maitre de les faire lui-menie. En consS*
quence , A Parrivee de 1'officier que ie ca^
pitaine Douglas envoya le jour suivan^pour
etablir le compte qui ne mbritoit pas , je*
crois, a plus de deux cent cinquante dollars (i)yle gouverneur levaLi!e masque, et
dedara, ttBiSseulement qtt'il entend^ifc'qu^
tout ce qu'il1 %voit a: repeter^fcflit paye en
fer, mais encore qft'iPse' reservoit de'-'fixer
le prix, et de reader les^dids suivaflt ^c^S
bon plaisir. jgjg
Telle etoit la reponfel^e' Poffioier nous(
MefCr'edt
20.
-J
SB
•_ (i) Ce compte etoit, sa^,4$ftite., celui de la somme
que devoijfe? le capitaine Douglas au gouverneur d<|
Samboingan pour les sacs de'rijjij les differentes productions,du pays , et le betail dont ce dernier venoit
d'approvisionner son vaisseau.
Note du  1'rdikfcteur^
F 2 i        I   ■   (84) j|
1788. rapportoit, lorsque lui et l'equipage de si
Fevrier. chaloupe furent arretes par une troupe de
soldats,, et conduits dans un donjon. Le
capitaine Douglas etonne du long retard
que cet officier mettoit a revenir, se deter-
mina a. envoyer une autre chaloupe pour
connoitre les causes qui le retenoient k
terre. Mais le second detachement eut le
sort du premier. Au meme instant, le gouverneur envoya unProa considerable, monte
par cinquante hommes, pour s'emparer du
vaisseau. Le capitaine Douglas auroit cer-
tainement coule a fond ce batiment (comme
il pouvoit le faire, sans beaucoup d'efibrts,)
s'il n'eut craint les suites fachguses qui ea
seroient resultees, non-seulement pour ceux
de ses gens qui etoient a terx^^uiais encore pour quelques :.uns d'entr'eux que le
gouverneur avoit eu soin de faire placer
dans la partie la plus apparente de la chaloupe. II prefera done laisser approcher
sans obstacle cette force armee, et he fit
pas le moindre mouvement pour enipScher
les soldats espagnols de venir a. bord , et
de se rendre maitres du vaisseau.
Choque  de  procedes aussi etranges, le
capitaine Douglas se decida a venir lui- tneme a terre pour s'informer du moti^. Le    ,78$.
gouverneur lui declara qu'il n'avoit pas eu Fevrier;
d'autre objet que d@ s'assurer que le mon-
tant de son memoire lui seroit paye en fer;
et il ajouta qu'il ne laisseroit pas partir le
vaisseau que le fer n'eut ete porte a terre.
En vain le capitaine Douglas lui representa-
t-il qu'il s'etoit lui-me'me engage, au moment de son arrivee , a prendre des billets
en paiement de tout ce qu'on jugeroit convenable d'acheter pour les besoins du vaisseau. En vain lui remontra-t-il tout ce qu'il
y auroit d'injustice et de cruaute  a s'em-
parer de  la  cargaison  d'un  vaisseau  qui
n'etoit entre dans son port que, sur des assurances reiterees de sa bienVeillance et de
ses dispositions amicales, et a lui faire per-
dre ainsi les principaux avantages de son
voyage : cet homme avide tenoit trop a ses
vues basses et interessees pour se rendre a
de pareilles raisons. Le capitaine Douglas
fut done oblige de retourner a bord, et de
faire porter a terre soixante-dix-huit barres
de fer ( c'etoit presque la moitie de sa cargaison) et cent vingt dollars qu'il recueillit
par  tout le vaisseau.  Mais i'affaire ne  se
termina pas la ; le gouverneur persista  k
F3
*j& 1788. declarer qu'il ne vcojlpit .etre absolumenl
Fevrier, paye qu'en fer. Le capitaine Douglas refusa
de se spumettre a une taxe atussi exorbi-.
tante, et du ton le plus ferme et le plus
decide. menaca le gouverneur de faire
sauter le vaisseau, s'il persistoit dans des
pretentions aussi delayales. Cette vigoureuse
resolution mit PEspagnoi a la raison. II con-
sentit enfin a recevoir le fer et les dollars,
et donna ordre que les soldats sortissenjS
I du vaisseau. II ne s'obstina pas moins a
retarder le depart du capitaine Douglas jus*
qu'a ce que ce dernier eut envoye du via
qu'il lui avoit promis auparavant ; et ce ne
fut qu'apres.-avoir recu ce present de peu
d importance qu'ii rendit la liberte aux personnes de l'equipage qu'il avoit fait empri-
sonner.
Telle fut la conduite du gouverneur de
Samboingan. On ne devoit pas | au reste ,
en.attendre un autre traitement. II est bien
reconnu chez tous les peuples comme rcai|f*
que les sujets de sa majeste catholique re-
pandus dans l'Inde, sont le rebut de^Pes^
pece humaine. Nous etions done deja arrives
Veajlredi au 2a fevrier, lorsque YIphigdnie partit. Ce
*-1     jour *njme , elle leva I'ancre ,et reurit k la, ■    m      (87)    ••   -t   ■' ' I
Voile sans bruler un grain de poudre pbur     l7gg#
*r32ndre honneur a un peuple si deloyal et    Mars,
qui en etoit si peu digne.
A Pepoqne du premier mars, YIphigdnie Samedi
n'etoit presquefl point avancee dans son
voyage. Des vents legers et variables Pa-
voient retenue. D'un autre cote, le grand
nombre d'iles qu'elle voyoit, et dont elle
se trouvoit tres - pres a chaque moment ,
rendoit sa navigation, non-seulement pe-
nible, mais encore fort ennuyeuse par ia
necessite ou elle etoit de n'avaricer qu'avec
Beaucoup de prudence et de precautions.
Le s^mars , ene tomba dans une chaine Dimanch*
de rochers tres - dangereux ,eet qui s'eten-
dent a pr£s de dix Milles , tai^a Pest qu'a
Pouest. Ces rochers n'ont point de gisement
determine sur aucu/ie des cartes que nous
avions entre les mains. lis s'elevent hors
de Peau a-peu-pres a la hauteur d'un grand
corps'de navire. Leur centre git par les 4
degres 10 niinutes de latitude nord, et ,
d'apres plusieurs observations de la lune ,
par les 126 degres 3^ minutes de longitude
Est de Greenwich. Dans la position qu'oc-
eupoit alors le vaisseau , il y avoit un fort
courant qui portoit au sud est.
m
2.
1 <»■>
S7?8.
Mars.
Jeudi
6.
Ulphigdnie continua sa route au milieu
de cet Archipel de petites iles de rochers,
jusqu'au 6. Ce jour, a midi, fa latitude nor (J
etoit de 3 degres ^5 minutes, et la longitude Est de  129 degres 7-minutes. La variation du compas. etoit de 2 degres x5 mir
nutes ouest.
Dimanche     Le 9 mars , en ayan^ant au nord et k,
®*       Pest, on appercut une petite ile qui couroit
est-rninord, a la. distance d'environ dix ou
douze lieues. On  continua de  gouverner
sur cette ile jusqu'a neuf heures du soir
que, remarquant un grand nombre de feux
j sur la cote, le capitaine Douglas imagina
qu'on les tenoit ailumes pour engager le
yaisseau a s'arreter. -A onze  heures ,  on
pensa qu'il ne seroit pas prudent de faire
de la voile pendant la nuit qui etoit tres-
- obscure, et Yon se determina k mettre en
panne. Mais cinquante brasses de ligne ne
ruppprterent point de fond. Le 10, a la;
pointe   du jour, on serra la cote le plus
pres possible, et Pon yit bientot approcher
plusieurs canots.  On mit done  en panne
une seconds fois, afin de laisser aux aatu-
rels de Pile ia facilite de venir a bord. U^
§e tinrent pendant quelque temps & une;
|iU/idi ge'fpl
certaine distance, nous montrant dans leurs ij$&
mains des noix de cocos. Mais ils n'eurent Mar^
pas plutot appergu les petites baches qu'on,
exposoit a leurs yeux pour leur faire entendre qu'on les leur donneroit en retour j
que YIphigdnie fut, a Pinstant meme, ho-
noree de leur yisjte. D'apres leur conduite
avec l'equipage, il est aise de se convaincre
qu'ils n'a.voient jamais vu un objet sembla-
ble a celui qui frappoit en ce moment leurs
Yegardf* Car ils paroissoient saisis d'eton**
nement^ et a Pindifference parfaite avec
laquelle ils recevoient cdnfusement; tout ce
qu'on leur offroit, ii sembloit que le yais*
Seau seul fut l'objet de leur attention..
II fut decide que YIphigdnie resteroit h.
la hauteur de cette Jle pendant une jour*
nee , ^fin (\e s'approvisionner d'eau dont
on avoit appris par les naturels qu'il y avoit
une grande abotndance dan$ Pile. Les canots revinrent dans Pap.res - midi •, charges
4'une plus, forte quantite de np.ix de cocos et
de racine detarrow. Les habitans nous paru-
rentayoir appris, depuis leur derniere visite,
le prix du fer. En effet, ils ne vouloient jjj
plus re ce voir que Owasheey Owashee (c'est
le. noin qu'ils donnent a ce metal*) Les armes
f^^B
\w xyW*
Mars,
a
:eti
I   M 9°)   "I      ;
eerit entierement inconnues,
I/un d'euYS^St temoigne le desir d'avoft
tin pisrolet-, le capitaine Douglas le dechar-
gea a Pinstant ; il en fut tellement effraye
que pendant que cet officier le tenoit dirig6
vers lui, il en embrassoit le canon ; mais
on ne put le determiner a lacher prise.
Cette ile, qui fut nominee alors ile de
Johnston , git par les 3 degres 11 minutfes
de latitude nord, et par les i3i degres 12
minutes de longitude Est. C'est par-'tout
une terre basse, couverte de verdure et de
cocotiers. Elle a environ une lieue de cir-
conference. Elle est remarquable par un
arbre qui s'eieve tout seul au dessus des
autres, et qui paroit, de loin , comme un
vaisseau sous voiles. Quant aux productions
de Pile, on ne put connoitre que les noix
de cocos et la racine de tarrow> les habitans n'ayant apporte pour leurs echanges
avec nous que ces seuls vegetaux. Le nombre
des naturels ne parut pas monter a plus de
deux cents. Ce sont des hommes robustes
et vigoureux. Leurs canots qui en portoient
douze ou quatorze , avoient absolument la
meme forme que ceux des iles Sandwich j
et. non seuisment les habitans depioyoien.t en mer la meme activite que les naturels
de ces iles, mais encore ils se servoient de
plusieurs expressions que Tianna compre-
noit sans peine. Le vent soufflant par jolies
brises, le capitaine Douglas abandonna son
pro jet de faire de Peaji dans cette tie , et
poursuivit sa route, a Pest.
LPphigdnie continua son voyage sans
eprouver des" changemens de temps bien £v,j$tnCiiA
considerables, jusqu'au x6 du mois. A cette $6,
epoque, Tawnee, naturel des iles Sandwich , qui avoit prodigue tous ses soins a
Tianna pendant sa maladie , etoit tombp
malade lui-mdme des peines et des inquietudes qu'elle lui avoit causees. Plusieurs
personnes de l'equipage^eprouvoient le
meme mal-aise, et le premier officier qui
avoit ete tres-indispose pendant plus d'un
mois 3 ne se trouvoit pas encore parfaite-
ment retablie, ii y avoit tout lieu de craindre qu'une epideinie ne se declarat dans '*
le vaisseau. Quant a Tianna , il avoit en-
tierement reeouvre la sante ;*ii devoit sa
guerison a Pecorce du Perou , remede qui
produisit chez* lui les plus heureux effets.
Ce jour, ujie observation donna 2 degres
I
ara
m
.-A (92)   I
jy2S.    ° uiiuute de latitude nprd, et i36* degres
Mars.    48 minutes de longitude Est.
Tous les soins que nous primes de ce
pauvre insulaire devinrent a la fin inutiles ,
et ne purent nous le conserver. Un saigne-
ment de nez continuel fut le premier syrnp-
tome de son mal ; et lorsqu'il s'arreta, la
fievre le  prit.  Elle   parut ceder   pendant-
quelque temps   au  remede  employe   avec
tant de succes par Tianna, c'est-a-dire k
Pecorce. Mais la maladie augmenta, et devint bientot si violente que Tawnee suc-
Dimanche comba. Le 23, vers une heure, il expira.
Nous lui rendimes les derniers devoirs au
milieu des regrets et des gemissernens de
tout l'equipage ; les flots lui seryirent de
tombeau.
Les vents continuant d'etre lexers et va-
Zj
riables, et le temps etant par fois tres-
calme, YIphigdnie ne faisoit que tres - peu
de progres dans son voyage. On resolut
Vendredi done le 28, sur-tout en voyant que le mal
qui menagoit l'equipage augmentoit de jour
en jour, de prohter, autant qu'il etoit pos-
sible , de la direction que le* vaisseau pre-
noit vers Le nord. On le fit done virer de I W )|.      f. .
bord, et quoiqu'il ne put tenjr une meil-
leure route que la route nord-ouest-, et
quelquefois nord-ouest-quart-ouest, il valoit
encore mieux suivre cette direction que de
conserver celle ou le vaisseau avoit essuye
tant de contre-temps propres a y repandre
un decourageirient universel. ■'•kSl   jjm&
Le 29 , les vents furent iegers et le temps   Sanfedi
calme ; la pluie  tomba par frequentes gi-      29*
boulees. R|
Le 3o, le vent souffla du nord e$. de Pest Dimanche
par jolies brises. II fut egalement accorn-      3°*
pagne de pluies. Ce temps continua pendant plusieurs jours de suite.
Le 3i , les vents varierent du nord-est ^
Pest-nord-est : quelquefois meme ils furent
du nord-nord-est. Comme le vaisseau ap-
prochoit d'un grouppe d'iles appellees les
Carolines , le capitaine Douglas donna or-
dre d'etalinguer le second cable et le cable
de touee, et de se tenir Le, plus possible en
observation, attendu que, par un temps
raffaleux et convert, et a une epoque du
chansement de   la   lune ,   on   couroit   de
ZD ■/-
grands dangers, au milieu d'un grouppe
d'iles tres-basses qui n'avoient jamais eiir
core ete reconnues ayec beaucoup de cer-
Lundi
H
• -
f&
•v*
I : |.jT
f7$8.    titude. On jugea qu'il etoit indispensable dg
Avril*   tout risquer pour arriver au nord^S C'etoit
le seul moven d'obtenir des  vents varia-
Wes, de  nous   derober le   plutot possible
a Pardeur  d'un soleil vertical, et d'avoir
enfin un temps plus doux*
Metered!      Le 2 avril, le vent fraichit du nord et de
\%      Pest. II souffla par raftaies et fut accompa^
gne d'une grosse pluie. Mais , vers les dix
heures du matin , les nuages se dissiperent,
ct^-au moyen de plusieurs bonnes observations sur les distances du soleil et de la lune,
le vaisseau fe trouva pat les i34 degres 36
minutes de longitude Est  de  Greenwich;
ZD    &.»• 3
;?|l^       une autre observation rapporta 7 degres s.5
IpS        minutes de latitude nord*
Jeudi Le 3 , le vaisseau fut fa.vorise d une jolie
ft£ brise et d'un beau temps. A quatre heures
et demie passees > «bn decouvrit ia terre; et
au coucher du soleil , ses extremites cou*
roient d'ouest-'sud - ouest en ouest-quart-
nord , a la distance d'environ-sept ou huit
lieues. Comme YIphigdnie commeneoit a
manquer de bois, et que, d'aiileurs , on es-
peroit se procurer sur terre des racines, de
quelqu'espece qu'elles fussent, ainsi que des
iJoix de coedS'-', le capitaine J&ouglas se de* 7     |gf . Mi > '..■
term in a a saisir cette occasion qui se presentoit . d'approvisionner le vaisseau ; en
consequence , a huit heures , Pordre fut
donne de diminuer de .voiles, et cle hisser
le.grand hunier jusqu'au mat.
he 4 9 k la pointe du jour, on vit deux YenimB
iles  basses , couvertes  d'arbres. Elles  gi-      **
soient nord - ouest - quart - ouest, a sept ou
huit lieues de distance. La terre qu'on avoit'
appergue dans la soiree du jour precedent ,
couroit alors ouest-sud-ouestf, a la distance
de dix ou douze iieues^Cbinme elle parois-
soit etre une terre elevee et d'une etendue
considerable, on estima d'abor.d qu'elle seroit plus propre k offrir un stir abri. Mais
en   approchant   plus   pres,  on   decouvrit
qu'elle consistoit en   un grouppe d'iles
alors on serra le vent, et on porta sur les
deux iles basses.
A sept heures du soir, on vit venir plusieurs canots de ces iles verple vaisseau,
Lorsqu'ils furent arrives bord a bord, on
presenta aux, naturels qui etoient dedans
111 %&'
xme petite liaclie et deux ou troiacputeauz;.
lis les* prirent, et donnerent en retour toute
''leur cargaison qui consistoit seulement en.
deux ou trois morceaux de rttcine de tar- Avril.
I     ,   (98ef    '     '
f'ow et en quelques noix de cocos. Lprs^
qu'ils adresserent la parole aux personnel
de l'equipage , on remarqua qu'ils repe1-
toient souvent les tnots Anglois et Moore vi).
On supposa, avec assez de raisdn , qu'en les
pronongant, ils vouloient faire allusion k
moi : on se persuada effectivement alofs
que j'avois traverse ces iles, et que dans
mon passage , j'etois parvenu a me procurer quelque communication avec les naturels (2).
Comme il etoit. impossible d'approcheT
de la partie sud-est de l'une Ou de l'autre
de ces iles , on porta au nord afin de tour-
ner un rescif de rochers, et d'examiner le
f 1) Ou proba"blement Mora mey qui, dans le langage des iles Pelew ^ signilie : venez d moi.
Note de I Auteur.
(2) Il est inutile , saris doute., de faire remarquer
au lecteur que c'est le capitaine Meares,qui parle iei.
Dans la relation qu'il nous donne du voyage de Vlphi-
ger7iie , il n'est plus qu Listorien. Mais eh Cet endroit
ou il a occasion de nous entr'etenir Un moment lui-
meme , on ne doit point etre surpris de l'entendre
parler k la premiere personne.
Note du Traducteuri.
cote (97 )
Cote nord ouest de la plus grande des deux.
Mais en avangant vers celle-ci, on ne vit
que rescif sur rescif, et Pon decouvrit du
mat de l'avant une chaihe de rochers /pii
s'etendoient au nord et a Pouest aussi loin
que Peeil pouvoit atteindre. Le rocher qu'on
tdchoit de doubler etoit en ce moment a
une lieue environ sous le vent du vaisseau*
On serra/donc le vent au nord.
Plusieurs canots suivirent le vaisseau de
pres; et en retour de quelques clous qu'on
jetta par dessus la pouppe dans une cor*
beille , les naturels donnerent une  petite
quantite de noix de cocos. Ceux  qui  se
trouvoient dans Pun de ces canots parurent
un moment vouloir plaisanre^; et lorsqu'ils
se virent maitres des clous, ils refuserent
de donner ce  qu'on attendoit d'eux   en
echange. Le capitaine Douglas tira sur le
champ un coup de mousquet par  dessus
leurs t&tes. Chacun d'eux saura a Pinstant
k Peau et festa sous le vent du canot; tan-,
dis que ceux qui etoient dans les autres
canots  ne  laisserent  appercevoir  aucune
marque de frayeur, comme s'ils eussent et^
rassures par le sentiment de leur innocence.
Wome III. 6
•#
r'A ■'■ 'I  (98)     I      ~!
TJn de ces canots continua de suivre
YIphigdnie assez long-temps. Un des naturels crioit d'instant a autre avec force ,
Eeboo , EeboOy et s'epuisoit en efforts pour
engager les personnes du vaisseau par ses
signes a revenir de son cote. Enfin , quancl
il vit que toutes ses invitations etoient inu-
tiles, ii commenca a faire des gestes qui
-annonc^oient un homme tombe dans une
douleur vraiment frenetique. Au bout de
quelques momens, on appergut un autre
canot, charge d'environ vingt hommes, et
-qui avangoit, a force de rames, du cote du
vaisseau. On crut d'abord sur YIphigdnie
cpi'il portoit quelques Europeens ; en consequence, on mit en panne. Mais lorsqu'on
decouvrit qu'il n'y avoit que. des Indiens,
on fit de la voile a Pinstant meme, attendu
qu'on commencoit a deriver rapidement
vers les rochers places sous le vent du vaisseau; Le canot ne mit pas morns d'actiyite
a le suivre, et les naturels qui etoient dedans montrerent la meme impatience que
les autres naturels de voir le vaisseau revenir vers eux. Mais comme il se trouvoit,
<en ce moment, dans une situation tres-cri-
tique , on fit peu d'attention aux cris et V
'ML I   ^" ^
aux continuelles invitations de ces insu-
iaires.
Le capitaine Douglas etoit alors au milieu des iles Pelewj dont nous devons une
description infiaiment curieuse et la connoissance particuliere que nous en avons
aujoijrd'hui, aux talens et a la ssnsibilite
de M. Keate. Tout le morale en a lu la relation, composee par ce citoyen estimable
d'apres les journaux du capitaine Wilson
et d'autres personnes de l'equipage du pa-
quebot YAntelope y qui fit naufrage sur les
rochers dont ces iles sont environnees (1).
Je puis done parler des circonstances de
cette relation qui se trouvent avoir quelque rapport avec la situation presente de
YIphigdnie, comme  d'un  sujet generale-
(1) "Relation des ties Pelew. situees dans la partie
occidentale de la mer Pacifique , composee sur les
journaux et les communications du capitaine Henri
fyilson , et de quelques-uns de ses officiers, qui , en
aout 1783 , y ont fait naufrage sur VAntelope , pa-
quebot de la compagnie des Indes orientales 5 traduitp
de l'anglois de George Keate , e\cuy6r, meinbre de la
seei^te royale } etc.
Nets du Tr*%ducteur. 17*S-
Avril.
:Mrf     v      (   lot)  )
ment connu. Le capitaine Douglas ne sa-
voit pas que YAntelope eut echoue dans ces
parages (1) ; etque l'equipage eut construit
dans Pune des iles PeleW un vaisseau (2)
sur lequel il etoit retourne en Chine (3).
Cet officier devoit done necessairement
ignorer que ses compatriotes avoient reca
de la part des hommes hospitallers qui les
habitent, toutes sortes de secours , de con-
eolations et de marques de bienveillance et
d'amitie (4); et que le souverain de ces iles
avoit confie son propre fils aux soins du;
capitaine "Wilson pour Pemmener avec lui
en Angle terre , et Py instruire des mceurs
et des arts de notre pays (5). Si le capitaine Doualas &i\t ete informe de ces inte-
(1) Relation des iles Pelew , premier volume, cha*
pitre II , page 34 et suiv.
(a) Ibid. .cbap. VII, page 117 et suiv.
/3) Ibid, second volume , cbap.  XXII , page  n3
et suiv.
(4) Ibid, premier volume, cbap. V et VI , page 77
-etrsuiv.
(5) Ibid,  second volume , chap. XX , page 73 et
6UIY.
Notes du Traducteur. ( roi )
ressantes particularites, un sentiment natu-
rel d'humanite et de reconnoissance Peut
certainement pocte k faire tous ses efforts
pour se procurer quelque communication
avec ces insulaires. Car qui pourroit douter
actuellement que les canots dont YIphigdnie etoit suivie alors, fussent enyoyes pour
recevoir Lee Boo (x), ou, du moins r pour
en apprendre quelque nouvelle ; qui doute
que celui de ces naturels qu'on vient de
representer jettant des cris vers le vaisseau,
et se portant aux exces les plus freaetiques,
lorsqu'il vit que ses cris etoient inutiles ,
fut autre qu'Abba Thulle lui-nieme , pere
de ce jeune prince, et qu'agitoient cruelle-
ment alors la plus vive douleur et le plus
affreux desespoir ? |p
Comme la compagnie des Indes orientates n'avoit donne a. Abba Thulle aucune
preuve de sa reconnoissance pour les ge«
nereux traitemens que l'equipage de son
paquebot YAntelope avoit recus de lui, on
1782.
Avr*lfj
(1) C'est le nom du second fils d'Abba Tbulle , roi
de Pelew, et le meme que ce prince avoit envoye en
Angleterre sous la garde du capitaine Wilson.
Note du Traductmr.
G 3fi ■■
3R1
Ayn£
(  102 )
eroira sans peine que ce prince fut long*
temps partage entre l'esperance et la crainte.
On peut done se faire une idee des mou-
vemens qui Pagiterent lorsqu'il appercut
pour la premiere fois les voiles de YIphigdnie , briilantes des rayons du soleil. II
est egalement facile de s'imaginer avec
quelle precipitation il fit lancer a la mer
le canot qui devoit le porter jusqu'au vaisseau, avec quelle legerete il fendit les flots
pour aller (cpmme il Pesperoit) recevoir un
fils qui revenoit enrichir et eclairer son
pays deslumieres et des connoissances qu'il
avoit puisees en Europe. Mais ce qui ne
pourroit ni se concevoir, ni se decrire, ce
sont les sentimens qui dechirerent son coeur
lorsqu'il vit YIphigdnie continuer sa route,
et l'equipage occupe enfierement d'eviter
les dangers qui Penvironnoient, ne donner
aucune attention a. sa douleur dont la cause
lui etoit absolument inconnue. Nous nous
contenterons de compatir a Paffliction qu'e-
prouva ce gencreux et infortune chef en
retournant dans son ile, le coeur plein de
tristesse etde douleur, et nous reprendrons
la suite du voyage de YIphigdnie.
A midi, on fit une tres-bonne observa- (ro3)     I    I '
tion qui rapporta 8 degres 20 minutes de
latitude nord. Les gisemens des differentes
iles etoient tels qu'c% va les rapporter. La
plus grande des deux iles que le capitaine
Douglas nomina iles de Moore , en Phori-
'neur.de son ami M. Hugh Moore, couroit
sud-quart-est-mi-est, a la distance d'environ cinq ou six lieues. D eux autres qui
etoient basses et sablonneuses, et aux-
quelles il donna le nom d'iles Good Look-x
Out ( 1 ) , restoient a Pouest-sud ouest-mi-
sud, a trois ou quatre lieues.de distance*
De la premiere a la derni^re, il y a una
chain e de rochers qui prennent une direction de nord-ouest, et s'etendent a cinq
lieues au nord des deux autres.
A une heure d'apres - midi, on jetta la
sonde , et Pon se trou^a sur huit brasses
d'eau. Comme le courant portoit a Pouest,
on mit le cap en route, de crainte qu'en
virant de bord , on ne s'expos&ta etre pousse
sur'le rescif qui se trouvoit, en ce moment,
-droit par le travers du vaisseau. On jetta
done le plomb de sonde ; et comme Peau?
(1) C'est - a - dire , de  bonne observation.
Note du  Traducteur.
e  .■■'•.'■   .?.  G4   H •
17&& - etoit assez claire pour qu'on en vit le fond^
Avril* l'ordre fut donne a quelques matelots de se
tenir sur* le mat de %vant pour avertir du
danger sur le champ, parce qu'alors il seroit facile de l'eviterr attendu que la mer
presentoit une surface tres-unie, et que le
jour donnoit la plus vive clarte.
A deux heures et demie passees, Yile de
Moore gisoit sud-quart-est, a la distance de
quinze lieues; et jusqu'a six heures du soir,
la sonde rapporta de huit a. vingt brasses
d'eau, sur un fond de grosses roches. On
tint le plomb de sonde en mouyement a chaque demi-heure pendant toute la nuit, sans
pouvoir trouver de fond, et dans la matinee , il venta bon frais. On etoit enfin sorti
de tous les rochers et bas-fonds qu'on rencontre dans ces mers inconnues. Comme
on avoit fait plusieurs bonnes observations
sur les distances du soleil et de la lune
avant de decouvrir la terre, on etoit en etat
de determiner la latitude et la longitude de
Yile de Moore, ainsi que des rescifs et bas-
fonds qui s'etendoient au nord de cette ile,
Le 3, a midi, une observation donna 8 degres 20 minutes de latitude nord : Yile de
JUoore couroit alors sud quart-est-mi-est , (io5)
A^pinq lieues die distance. Les Hes.de Good 178&
JLook - Out portoient au meme moment Avrik
ouest-sud-ouest-mi-sud, a la distance de
.trois lieues ; d'ou il resulte guela premiere
git par les 8 degres 6 minuses.- de latitude
nord, et les:i34i^eg'res 6 minutes de longitude Est, rednite#.u moyen duloch; et que
ces dernieres sont .situees parries\ 8 degres
i3 minutes de latitude nord, et les i33 degres 58 minutes de longitude. Le grand bas-
fond s'etencl au nord jusques par les 8 degres 45 minutes , et a Pest par les i34 de-
gres i3 minutes. Quant,a Petendue .que
cette eau remplie de bas-fonds occupe dans
la direction de Pouest, elle se prolongeoit
aussi loin que Pceil pouvoit atteindre en
Pobservant du haut du m&t de Pavant; c'est-
a-dire , selon toute probabilite , jusques par
les 133 degres 3o minutes de longitude Est.
Pendant la nuit, on ne put trouver de Samedl
fond avec cinquante brasses de ligne. Le 5, $•
a huit heures du matin, etant dans la latitude de Los Marlines, on monta de deux
points, afin, s'il etoit possible, de paryenir
a voir cette terre verstmidi : mais rien n'an-
nongant qu'elle fut tres-pres, le capitaine
Douglas serra le vent, et prefera s'exposer ii
(ic6) '  |
1788.   ^ tous les inconveniens qui pouvoient re^-
Avril,    suiter du manque de bois au danger d'ar-
river sur la c6te d'Amerique trop avant dans-
*la saison. II ne songea dona plus a chercher un hayre au milieu d'un grouppe d'iles
ou, peut-e'tre, on n'auroit jamais reussi k
trouyer un port assez avantageusement situe
'pour offrir un sur abri. ( lc7 >
C HAPI THE   X
Vue de Vile d'Amluk.— Vue d&une terre
• ^~y-~- ;7> \7*.        V^SsS^f syj^fi1
qu'on prend par erreur^pour Vile de
la Trinitd. —-Terrible bouirasque. —
Description de la terre. — Vue de Vile
le Kodiak.^--.Vue dehPile de la Tri~
<r#itd.—Arrivee du vaisseau a la hauteur
de cette deimiire.—Deux canots viennent
lui rendre *<m§ij;e. -*rr%L^e capitaine, envoie
un officier a terre sin: Viole pour chercher du poissonM il re}men£ avec une
petite provision que lu^qnt donnee les
-naturels.;-—- Vue du cap .Greville. —-—
passage le long des iles Stdriles. ——
Visite d'un Russe et 1$& quelques chas*
seurs de^l'ile de Kodiak.——Le vaisseau
remonte la riviere de^fyloh^i-r- Communication avee^eg natur&ls .-r-La chaloupe
est envoy de au haut de&&e&£e riviere.—
Instructions donnees a^&ffi&mr charge*
de la commander. — R etoztr de la cha*
loupe.**~L'lohigen\e live^Van&e et des
cend la riviere*
Elle gouverne sur
I78&
*"?S
AvriK -
■ {/ -
•. '
Upi
- ..
1 -
I I'extremite meridionale de   Vile Mon-
-Elle porte sur la baie de Snug
tagu
Corner.   **—* Plusieurs canots   viennent
Jusqu^a^^^^eau^—-0/2 ddcouvre que
le vaisseau le 9^it<c^^ie  Galles   avoit
quittd la baie dice jours auparavant, etc*
Mai.
Vendredi
30.
Samedi
fe
E vaisseau suivit naturellement sa route,,
sans eprouver aucun eyenemeift remarqua-
ble, jusqu'au) 3© du mois de mai qu'il se
trouva arrive par les 5o degrees 29 minutes
de latitude nord, et les r88 degres 26 minutes de longitude EsfT^de Greenwich. A
cette epoque , le temps etoit doux et cou-
vert;\le vent paroissoit fixe-aru nord - est.
Le matin me>SfB**de ce jour, on appereut de
bonne heure Yile d'Amluk. Elle couroit
nord - quart—est, a la d&tance*^ d'environ
vingt-quatre lieues. A neuf heures, on vira
vent arriere , et Pon courut sur la terrex. &%
-midi , le temps ^edairc^ et Pon decou~
vrit la terre gftant nord-nord-est, a vingt
:ou vingt-trois lieues de distance.
Le 31,4es ven$S furent maniables , et le
temps tres-calme. A dix heures au matin. I.
Jli (*°9 * - il
les nuages se dissiperent, et il fit tr^s-clair
pendant une demi - heure. On profita de
1'occasion favorable pout calculer les dis-
tances du soleil et de la lune ; et au moyen
des observations, on.trouva 190, degres 19
minutes de longitude Est de Greenwich ,
et 5o degres 58 minutes de latitude nord.
Dans la matinee du jour suivant, le temps Juin.
fut clair et modere. Mais , Papres-midi , il Dimanche
se couyrit de nuages , et le vent fraichit.
&es gens de l'equipage furent alors occupes
a raccommoder les voiles et a les faire se-
cher. La latitude nord etohrde 5x degres
49 minutes , et la longitude Est de Greenwich de 193 degres 32 minutes.
Pendant toute la journee du 2 juin , le
vent souffla avec force d* Pouest, et le
temps continua d'etre tres-embrum.e. Le 3,
on changea la route de nord-est au nord-
est - quart - nord. Ce jour, on nettoya leS
armes; on transporta la caisse d'armes du
pont dans la chambre de Pofficier pour les
mettre a cou vert des entreprises des matelots
et des sauvages. Comme on approchoit de
la terre , on avoit tout lieu de^ s'attendre
k quelque visite de la part de ces derniers.
Le 5 , k la pointe du jour, on decouyrit   'Jetidi
5*
Lundi
2.
Mardi
II
I
: m 1788.
Juin.
Vendredi
6.
Ssmedi
,( Wi '-ifl
l'zfe afe.Zz Trinite ^ gisant nord-nord-ouest,
a. sept ou huit lieues de distance. A neuf
heures, elle couroit sud-mi-est, a la distance de six ou sept lieues ; et, sur le midi ,
le vent qui avoit souffle pendant toute la
matinee au nord-est, commenga a devenir
tres -fort. A ce moment, une observation
peu importante donna 56 degres 29 minutes
de latitude nord , et 204 degres 64 minutes
de longitude Est.
A midi,, la violence du vent redoubla au
point que Pon fut oblige de ferler la misaine. Le grand hunier eut tous ses ris pris.
A huit heures du soir, l'extreinite de la
terre depuis le cap de la Trinite, couroit
d'est-nord-est en nord-ouest quart-ouest, a
six lieues de distance de la terre la plus
proche. A onze heures, on vira vent ar-
riere, et Pon porta au sud et a Pest. A six
heures du matin , le cap de la Trinite gisoit nord-mord-est, a la distance d'environ
douze ou treize lieues. La violence du vent
augmenta de plus en plus , et, a six heures
du soir, on vira vent arriere , et Pon porta
au nord. Ce jour, il n'y eut aucune observation de faite.
Le 7, a quatre heures du matin, un ter- '/ ^. ■      • :||- t&m )       (  •'   '. ■'
Tible ouragan se dedara. La grande, voile
fut risee et feriee a Pinstant : on capeya
sous une voile de senau balancee ( 1 ), et
Ton plaga trois palans sur le pic pour la
soutenir, A cinq heures, on decouvrit la
terre dont les extremit.es depuis le port de
la Trinitd couroient de nord-nord-est en
1788.
Juin.
(1) Je citerai pour justilier cette expression qui
parott n'etre pas generalement adoptee par les marins ,
la note suivante que les traducteurs des voyages de
Cook ont placee en tete du premier volume i
cc Nous avons employe souvent cette expression,
» une voile balancee. Quelques officiers de marine
*j nous ont dit que cette expression n'etoit pas connue
•n dans la marine francoise 5 mais nous, avons suivi le
» dictionnaire de Falconer , le meilleur de tous ceux
53 qui existent, et ou l'on trouve ces mots anglois a.
» sail balanced, traduits litteralement par une voile
91 balancee. II dit qu'on dispose ainsfcla voile lorsque ,_
» dans une tempete^ on la resserre enjiin petit espace ,..
j> et qu'on en roule une partie par un coin, II ajoute
jo qu'on emploie cette manoeuvre par opposition a celle
» de riser qui est commune a toutes les principales
» voiles, au lieu qu'on n'en balance que quelques-
» unes , telles que la misaine , etc. ».
Voyez le premier volume des Voyages de Cook ,
Edition in-8°. page X2vv.
Note du Traducteur. 1788.
Juin,
ouest-sud-ouest ; la Pointe it deux TeteS
gisoit ouest-nord-ouest, a douze ou qua*
torze lieues de distance du corps de la terre.
A six heures, on vira vent arriere , et on
mit a la cape avec les amures a babord.
Ce fut en ce moment, que se dechaina sur
la mer la plus affreuse tempete qu'aucune
des personnes a bord se souvint d'avoir
jamais vue. A quatre heures de Papres-
midi, comme le vent souffloit toujours avec
une egale violence, on jetta sur le pont les
mats de perroquet, et Pon mit en panne,
Pavant du vaisseau tourne au sud et a Pest.
Vers cinq heures, le vent commenca k
tomber, mais la mer restoit encore dans
une agitation effrayante. A neuf heures ,
on fit de la voile, et Pon retablit les mats
Dimanche de perroquet et les vergues. Le 8, le vent
• continua de s«*ffler au nord et a Pest, ou
plutot il fut variable. On appergut la terre
gisant au nord-ouest, a cinq ou six lieues
de distance. Une observation rapporta 56
m degres 26 minutes de latitude nord, et 2o5
degres 36 minutes de longitude Est.
Le 9 , on eut un beau temps. II fit tres-
doux; le vent souffla par brises legeres de
PesU :- >     |r  i;- ( iiS ) |L' ;        '2$.  '
1'esti L'ile que le capitaine Douglas prit pour
Vile de la. Trinitd, parce qu'elle estsituee
dans  la mejihe latitude et dans la m§me
longitude que celle ou se trouve cette der-
hiefp* siW les cartes ^ git a la hauteur !de
rembotfchure d'une grande baie , environ-
nee de tenceS' basses. Les ihontagnes etoiehi*
couvertes de neige, tandis que la plus eda-
tante verdure paroit la surface de ces terresf*
mais oh ne voyoit 3'arlJres ni sur Sa terre
ni sur les montagnes. Cette baie .nitre ujt
excellent abri contre les vents de nord*ouest>
Si le capitaine Douglalr en eut en connpfer
sance,~ iiphigdnie y auroit certainemerit
trttipre un refuge dans fe'dernier ouragan
qu'elle venoit d'essuy&pfceTO^rife fcfrme
unepartie <le la cote entre Vile Foggy (i)f
et Vile de la Trinite dont a parle le capitaine Cook ', et ne presentepas , a beaucoup
pr£s , Paspect sauvageVMe celle qu'en volt1
au nordWl'fe de let Trinitd, et au sud
du cd^fGf%^itle. Comme le vent'etoit tou-
jour^de Pest, on qrientaJes voiles au plus
Vjtti.
Juin«
» (i) C'est - a - dire , de brume ,  ou  brumeuse.
Note du  Traducteur^
Tfime III* H i?88.
Juin.
Mardi
io.
gresdu vent, et on fit route sur huit brasses
d'eau ay£c un fond de sable.
Le i©,: le temps fut doux , mais tres-em-
brume. A six heures d'apres-midi, on de-
couvrit la terre. Elle portoit est-nord-est,
a la distance d'environ dix lieues. Cette
terre forme un cap qui ayance dans la baie.
On lui donna le nom de cap Soilings. Il
git par les 5j degres 12 minutes de latitude
nord, et les 207 degres 3 minutes de longitude Est. Pendant la nuit, on ne put trou-
ver de fond avec soixante - dix brasses de
Aiercredi lime* Le jour suivant, a. midi, les extre-
mites de la terre couroient d'ouest - nord-
Quest en egt - quart-sud. L ile de Kodiak
giscftt^ l'e$$. Lja latitude nord etoit alors de
$6 degres 56 minutes, e^ une observation
de la lune donna 2o5 degres 1 minute 36
secondes de longitude Est de Greenwich.
Le temps^tvoit ete a§sez calme pendant la
fepfuSoi mais, sur les cinq heures de Pa-
presiiriii^^le yent souffla avec violence dx%
sud et de Pest, et tpurna continuellement
a Pest. On serra la c6te, et on porta la
Bottee" k terre sufneiif brasses d'eau, fond
de vase molle , attendu que le courant etoit
alors treV^ contraire. Le ia, a midi, Vile
11. -tW laz'Trinitd gisoit est-mi-sud : life extfce*
mites du continent cOuroient d'esi:- nord-
est-mi-est en nord *mi-ouesti Le,J$6isseau
faisbis route en ce moment a sept lieue«?'de
distance de la terre la plus prochiS.K&ii"4bp>%i
par 56" degres 48 minutes de latitude ftord^J
et au;moyen de hub? observations stalest
distances du soleil efwae la lune falter£?er&
midi trois quarts, on troufa 2o5 degres 5
minutes de longitude Est de Qfreenw'ichX>
A s^p^^feettres du soir, oil eut nM^r^o\i0
brise de nord-nord-euest» On gouv4rfl&tt
alors au travers du passage qui $epare*P^fe
de la Trinitd du con$&nentfc La sonde rap-
portoit regulierememY de dix - sept a sept
brasses d'eau, sur un fond de tr£s - beau
sable4
Vers la partie n&id de Pile du cote de la
mer , est une baie d'une vaste etendue ou
les vaisseaux peuvent naviguer avec toilfe"
surete. L'eau descendoit par torrens des
montagnes; et une grande quantite de bois
fiottoit le long de lacote.'Vers huit heufes ,
un nature! arriva pres du vaisseau dans un
petit canot, et <kant une tete de veau
marin qu'il portoit sur ia sienne, il fit une
talutatipn aux gens* de l'equipage, et leur
Ha Vendredi
ii
-'     (%i6)       "!-.' "
dernanda, en langue russe, comment ils
se portoient. Ayant ensuite examine le
vaisseau, il regagna le rivage a force de
rames. Bientdt apres, un autre canot dans
lequel il n'y avoit egalement qu'un senl
homme, vint rendre visite au vaisseau. En
retour de quelques grains de verre qui pa-
rurent lui etre extremement agreables, il
offrit la peau d'un renard gris. Mais se
trouyant hors d'etat de la remettre sur le
vaisseau qui, en ce moment, venoit de faire
beaucoup de chemin , il la remporta avec
lui. La langue que parloit cet homme n'etoit ni celle des habitans de \wwivtdre de
Cook , ni celle des naturels de Ventrde de
Nootka*
Le matin du i3, les vents furent legers
et le temps calme. A dix heures, on etoit
sorti du passage. A midi, unej observation
donna 56 degrees ^5 minutes de latitude
nord ; et, dans Papres - midi, Poji en fit
successivement plusieurs autres, d'ou il re-
sulta qu'on etoit par les 206 degres 6 minutes de longitude Est. Les extr&mites de
Vile de la Trinite couroient de sud est-
quart-est en sud-ouest; et eelles de la cote,
d'ouest - sud - ouest en nord - nord - est, k Si' - ■'   (n7 ^ i-     -
quatre ou cinq lieues de distance. La variation du compas etoit de 24 degres 5x minutes Est. A huit heures du soir, les extre4-
xnites du continent restoient de sud ouest-
mi-sud au nord-nord est. A neuf heures ,
on essaya le courant, et Pon trouva qu'il
parcouroit quatre brasses d'eau par heure.
Ce jour, comme le temps etoit calme ,
que rien ne faisoit craindre un vent violent , et que le vaisseau , eioigne alors de
quatre lieues de la terre, ne trouvoit plus
de fond avec la ligne de sonde, le capitaine
Douglas se determina a envoyer Piole jusqu'au rivage pour se procurer du poisson.
A midi, les extr&mites de la cote portoient
de sud -ouest au cap Greville nord-nord-
"est, et Vile de la Trinitd gisoit sud-ouest-
quart-sud, a dix lieues de distance. A cette
heure, une observation rapporta 56 degres
£y minutes de latitude nord , et 206 degres
3 minutes de longitude Est. Vers une heure
d'apres midi, le vent commengant a. frai-
chir, le vaisseau gouverna sur la cote , et
Pon tira un coup de canon pour en donner
avis a Piole. A quatre heures , elle re vint
avec une petite provision de halibut. M.
Adamson ( c'est le nom de Pofficier qui la
H3
1788.
Juin.
Samedi
14. (xi8)
commandoit) informa le capitaine Douglas
qu'il avoit rencontre quelques canots pe-
cheurs, et que les hommes qui les dirigeoient
s'etoient empresses de ceder tout leur poisson, mais qu'en retour, ils avoient demande
du tabac, presentant leurs boites pour qu'on
les leur remplit. On presuma d'abord que
c'etoient des Russes (1) ; mais a leur habillement , et sur I tout a Pincision qu'on re-
nlarquoit sous leur levre Inferieure ,, il etoit
impossible de ne pas les reconnoitre ou
pour des chasseurs de Kodiak, ou pour
queiques«uns des naturels de la riviire de
Cook. Ce n'est pas que, deux ans seulement
auparavant, ces derniers ne montrassent
une extreme aversion pour le tabac.
Pimanche Le x5 , le vent fut du nord et de Pest,
*>• Une brume epaisse etoit repandue dans
Pathmosphere. A quatre heures de P apres*
(1) Ce qui avoit pu donner a l'officier commandant
Piole cette idee des hommes qm'il venoit de voir , es.t
le goAt particulier que les Russes ont pour le tabac,
Voyez le premier voyage du capitaine Meares, fait
en 1786 sur le vaisseau le Nootka , premier vdlume ,
Note du Traducteur*. e    w 7 m .'
midi, le vent fraichit, mais le temp&ieeW-
tinua d'etre tres - convert pendant tout 18
jour. Le 16, vers les cinq heures du nraiSfi/
le temps s'edaircit; on distingua le cap
Greville droit par le topers du vaisseatPf
ii gisoit a Pouest, a neuf lieues de dis&rice&
On changea alors la route au nord - nordfc
ouest, avec une jolie brise. A midx^ le cap
White Sunday couroit ouest-mi-sud. Leg
extretnites de la terre depuis Vile Sainti
Hermogenes couroient de nord-onest-qttart-
iiord , a dix lieues de distance, en sud-
ouest - quart - ouest. On vit en ce ^moment
plufeieurs loutres de mer qui se jouoient
dans Peau et un grahd nombre de bafxeMes.
La latitude etoit alors de 58 degres o MB?
nute nord, et la longitude de * 207 tPegres
33 minutes Est de Greenwich. A minuit,
il Vent a bon frais du sud'V le vaisseau pas-
sbit a cette heure le long des iles Stdriles.
Le 17, a six heures du matin, deux canots
partis de'ila Pointe Rede arriverent bord
a bord ;-ils furent suivis bientot apres d'un
Russe-^xje .:J§r pa^me place , et de quelques
chasseurs de Madiak. i$!l*t\?.Q.ooorlhren\: en
present a l'equipage une douzaine de sat&
mons-frajS^et recurent en retour une pe-
' - %        4  I'"   '*.'■     H4   M
Mardi
*7- 1788.
Juin.
( 120 )
tite quantite d'eau -de-yie et du tabac. A
midi-les extrSmites de la terre de babord
couroient de £ud-mi*ouest en nord-ouest-
quartanord, et eelles de tribord, de sud-
sud-est en nord -jpi - ouest; lg. cap Dou-
glasgisoxt ouest-mi-sud ; le Mont-Saint-
Augustin, nord-ouest-mi-ouest.; la Pointe
JBede > sud^ est-mi-est, et la Pointe Ancre ,
jaord-mi-ouest, a la distance d'environ six
ou sept lieues de la terre de tribord qui
etoit la plus voisine. .
A midi , on se trouva par les 5$ degres
41 minutes de latitude nord. Les vents furent maniables pendant le temps qu'on mjt
k monger la riviire de Cook; et, vers deux
heures de l'apres-midi, sept ou huit canots
arriverent bord a bord du vaisseau. Ils ve-
noient de quelques cabanesqu'on appereeyoit
a peu de distance en avant du vaisseau.Tous
les naturels de cette place etoient porteurs
d'un ticket (1), et chacun d'eux produisit
sur le champ le sien, comme le passe^pprt
(i) Ce mot signifie en anglois un billet ou ecrit.
L'autetir va nous expliquer iui-meme dans quel sens
M faut l'entendre ici. j||
Nete du TraduCteur* 1 I jlpf >        ,7    M
qui devoit kd assurer de bpns traitemens (x).
Mais ils etoient si pauvres qu'ils ne pbsse-
doient pas entr'eux tous un pouce de fourrure. Vers trois heures de l'apres-midi, la
maree porta avec tant de force contre le
navire aussi bien que sur la cote , qu'on
fut oblige de jetter Pancre sur cinq brasses
et demie d'eau, a deux milles environ du
rivage. Les extr&mites de la terre gisoient
ainsi qu'il suit: la terre de tribord courok
de sud-quart-est en nord-mi-d#est ; celle de
babord^ de sud-sud-ouest en iford-ouest-
( i ) Ces tickets ( ou billets ) sont vendus excess!*.!
vement cher aux Indiens par les trafiquans russes ,
sous pretexte qu'ils les mettront a l'abri de tout mau-
vais traitement de la part des etrangers qui pourroient
visiter1 la cAte ; et comme les trafiquans ne manquent
point* d'exercer de grandes cruautes contre ceux des
naturels qui -ne sont point munis d'une parellle sauve-
garde1, ces paurres gens se trouvent ^trop heureux de
les acheter, a quelque prix que ce soi|, Tel est le
degre d'avilissement ou le systeme de commerce adopts
en Russie reduit les hommes dans ces parages : il forme
un contraste bien frappant avec les principes d'humanite et de gene^osite^ quF president a toutes les opera-
tions ,de commerce-en Angleterre.
Note de VAuteur* a
m
(   122  )
quart-ouest; le cap Douglas portoit ouest-
quart-sud ; le Mont-Saint-Augustin gisoit
ouest ; la.Pointe Ancre, sud-quart-est-ini*
est, a dix ou douze milles de distance.
Le capitaine EJouglas ordonna alors de
preparer la chaloupe pour aller a terre cher*
cher une aiguade , et observer la» conduite
des naturels. En prenant terre, on trouva
une petite riviere qui couloit pres des ca-
banes. Les naturels parurent fort reserves*
Environ cincuiante ou soixante d'entr'eux
456 tenoient. assis au. soleil sur l'autre bord
de la riviere. Aucun d'eux ne temoigna le
moindre empressement pour faire connoissance avec Pequipage de la chaloupe.
Comme YIphigdnie avoit le plus grand be-
soin de bois et d'eau , ii devenoit absoTu-
ment necessaire pour elle de rester 4^na
la position ou elle etoit alors , jusqu'atiee
quon eut reussi a amasser une provision?
suffisante de ces articles si essentiels. Ajou-
tez qu'il ri^- avoit prlus a bord que deux
bariques de boeuf et une de pore pour
nourrir l'equipage le reste de Pete. II pouvoit meme arriver qu'on n'ej^icpas d'autreSt
comestibles jusqu'aux;a&5-Sandwich. "Hfb&*
loit done indfepensablement faire provision ( «3) | | -
de poisson pour tee en etat de gagner le
midi en descendant la cote. Une fois arrives, on esperoit recneillir une grande quan?
tite de fourrures. On se flattoit aussi d'at-
traper beaucoup de saumons dans cette riviere, et Pon se proposoit de les saler pour
le reste du voyage. j|jj |$|i
Le ,matin du 18, on resokfcfcde mon ten Mercredi
plus haut, afin de se trouver en face de
1'embouchure de cette ris^ere. Mais avaitt
que la maree devint favorable t le vaisseau
toucha le fond. L'ancre de touee fut done
portee avec toute la celeri^e possible 1 on
vira dessus a Pinstant, et y@n fMa le gre-
lin. On fit ensuite de la voile , et |'on trout va
un banc de sable sur le cote exterieur , k
deux brasses et demie d'eau- seubement. La
mer etant en ce moment tres - basse,/p&
envoya la chaloupe en avant pour sonder.
On parcourut alors environ dixrhuit milles
en remontant la riviere, et Pon vint melltre
a l'ancre, avec le secours du courant, sur
un fond de sable, a la distance d'envirpn
un mille et demi de la cote qui presentoit
un fort escarpement. On envoya alors la
fhalpgpe chercher un lieu commode pouj?
faire de Peau. i#88.
Juia.
I. (iM )
Bient6t apres qu'on eut yMte I'ancre, plusieurs canots se rendirent au vaisseau.ells
venoient de ces memes cabanes qu'on avoit
vues la veille; et quoique les naturels n'eus-
sent rien a vendre, ils resterent pres du
Ijaisseau jusqu'au soir. Quelques-uns d'eux,
pourtant, attraperent des saumons qu'on
leur paya^ en grains de verre. On auroit dit
que ces naturels tfe ten oient ainsi en sen-
tinelle pour qu'aucun des habitans de la
rividre de Cook n'approch&t du vaisseau. Le
jour suivant fiit employe tout entier a faire
de Peau, a couper du bois, a debarras&er
la cale, et a brasser de la biere de spruce*
Le 20, les vents furent mahiables, et Pon
eut assez beau temps. Dans la matinee, on
affourcha le vaisseau, et tout l'equipage fut
occupe a faire du bois et de Peau. On jetta
aussi la senne a Pembouchure de la riviere
pour attraper du saumon , mais sans succes.
Le lendemain, m&me temps, memes travaux. Vers trois heures de Papres -midi ,
cinq canots descendirent la riviere , et les
naturels qui yenoient dedans crioient de
toutes leurs forces : Noota, Noota, a mesure qu'ils arrivoient bord a bord. On afiheta
de ces sauvages cinq peaux de loutres ; mais v 178&
Juin.
e>;] i
ils ne voulurent accepter en paiement qui©
de grosses barres de fer; on leur en donna
deux pieds pour chaque pelleterie.
Ii y avoit tout lieu de presumer que ces
naturels se trouvoient alors en guerre avec
les chasseurs Russes et Kodiaks, en ce que
chacun d'eux etoit arme de deux poignards,
Ils engagerent avec beaucoup d'instances le
capitaine Douglas a monter plus haut dans
la riviere, et luijjj&nnerent a entendre que
c'etoit par les coups de canon tires matin
et soir par son ordre, qu'ils avoient ete ins-
truits de son arrivee. Enfin, ils Pinforme-
rent encore qu'ils ptoient possesseurs d'une
quantite considerable de N^unichucks ou
peaux de loutres-de mer, mais qu'ils n'a-
voient pas ose les apportera^vec eux , de
Crainte de rencq#tre.r les Ptusses.
Le matin du 22 , il venta bon frais ; la Dimanche
lame grossissoit sur la c6te a tel point qu/H[    2ft*
devint impossible d'apporter de Peau ou duo
bois au vaisseau. Tous les tonneaux pleins
ayant ete places sur la berge ,  on prit le      111
parti  de laisser a  terre pendant toute !*%[
nuit quatre hommes avec le second officie^r
pour les garder. Vers minuit, le vent saut%{ 1788.
juin*
Lundi
*3-
f'C'X
Mardi
;   1    ^Kl'e 1
du sud-ouest a Pest, et amen a avec lui ijffl
tres-beau temps;
Le 23, on eut un temps cou vert; le vent
souffla par brises legeres-du sud et de Pest.
On porta alors a. bord Peau dont on avoit
fa% provision , et Pon roua les cables par
en ba^JfComme la chaloupe se trouvoit
aussi un peu endommagee, on la hala
sur le rivuge, ou les charpentiers et les caP
fets travaillerent a la radouber* lis se rnirenfc
egalement a Pouvrage pour preparer urr
couple de mits et de vergues dont elle
avoit besoin; attendu qu'on se proposoSt de
^envoyer t^emoniter l&'^iviere jusqu'a^la
kauteur d$h la Poihte^/Polkession, pour y
prendre connoissance dfesNaturels qui ha-
bkent ©e£ parage slp^
^ Des qu'o&^^fc'l: acheVe^ la chaloupe , elle0
Mat mise enPiner le matin dtt 24; et a dix
heures et demie passees , au moment meme
ou la maree redescendoit|felle partit bien
armee et bien equipee pour Pexpedition kP
laquelle OU la destinoit. Le premier officier
la commandoit. Les instructions qu'il avoi£f
regues du capitaine Douglas rouloient sur
)$5 points suivaiiifc : , ^cc II lui eto't ordonne de monter la riviere,
jusqu'a la Pointe Possession f&de chercher
ave&soin dalles plus petites baies^u sur
les terres les plus basses les naturels "qui les
babitaientT., et d'ebhanger son fer ou ses
graiuside verrejiabritise des peaux de loutres
de mer, des peaux de renards n^irs^ietdA
saunipn* S'ii rencontroit. quekmossf Russes/
ilelujie^eit r&CjOjmmande defies tinker aveo
beauooiup d'egaxds^jtnais., enmetne temps £
de-$% tenir sur?sbs. gardes, et de ne pas
permettre qu-auoujiJdr'eux ou des naturelfc
elitrSl.^an^^a chaloupe. En cas. deanaauvais
temps*, ou de que'tqu'accident impresu qui
le ^tiendyoit quatre iou cinqxfeursri, le capitaine Douglas lerpcevint dec 1'intention ou
il etoit de le su/s^e, au bmxt de-.ce temps^
en faisant remonter le vaisseau jusqu'i la
Pointe- Possessiojt t£il Paveriit d e plus qu'il
tiyeeroit du canon pour lui&donner a con-
nofere qu?il approeboit. Dans tousdes cas ,
P officier devoit faire^tous ses efforts pour
etre de retouriaoi vaisseau dansj^paee de
cinq jours ».
Igriie charpentier et le calfat - ayant regu
Pordre de se rendre a terre pour chercher
des   esparres  propres  a former   des  avi- rohs dont on avoit le plus grand besom ^
furent obliges de suivre les bords de la ri-
Tiere Jusqu'a une distanpe assez consMera*
ble |jaTant de pouvoir trouver du bois qui
put servir a Pusage qu'ils se proposoient
d'en faire. De retour a bord, ces ouvriers
dedarereht qu'au moment jou la chaloupe
tournoit la pointe, ils; avoient entendu une
dechargende onze coups de canon tres-fortsv-
Le capitaine Douglas fut alarme jusqu'k-un
certain point en recevant cet avis : cependant , comme il tenoit dhm Russe tjui etoit
venu a. bord de YIphigdnie a la Pointe Rede
qu'aucuns degres compatriotes n'habitoient
a cette hauteur de la riviere ; et comme 3a
chaloupe, en cas d'attatgiei, n'eut pas manque de1 revenir au vaisseau, le vent etant
sur-tout: tiqes-favorable pour son retour, on
en conclut, comme Pevenement le prouva
depuis, que ces terribles canons n'etoient
autre chose que des coups de mousquet
tires par les gens de la chaloupe sur quelques canards, et dontle bruit avoit ete ap*
porte par le vent qui souffloit avec force
dans Pendroit ou les charpentiers etoient
a Pouvrage. e
i§ Le *        ■( 129 )
Le i5, vers trois hettfes de lkpres-rnidi ,    \*j%&
deux canots descendirent la riviere i et ap-     rujni
porterent une loutre marine , dont le corps Mercredi
etoit coupe par le milieu et dechire e#i raor-      2**
ceaux. II parut que ces naturels croyoient
que c'etoit la chair et non la peau de Pani-        ||i
mal qu'on recherchoit: mais on n'en pu&$£«
rer d'explicati^n satisfaisante, attendu qu'ils
ne comprenoient aucune des paroles qu'on
leur adressoit, Gn ne retmarqua rien en eux
qui laissat presumer qu'ils  eussentr* jamais
trafique avec des Europeens.  Ils n'avoient
pas un seul grain de* v^rre en leur posses-
sion , et le peu qu'on leur en donnatSans
cette rencontre sembla tsxciter parmi eux
cette espece d'admirafcion et de surprise que
reveillent  toujours en nous les objets que Q
nous n'ayonV jamais vus , ou , dttfanoins *
qui ont rarement frappe nos regards. Q&
conjectura que ces naturels etoient quet-
ques-UH^' de ceux de Pinterieur des tefires
qui habitent le pays pendant Phiverl^ret
qu'ils avoient desieendu une des rivieres q^4
se decharge dans   la b*pie Smoajcy^i }fj
a&h?
(i) C'est-a-dire. baie Wumei^W^W^SP¥a'PmnSii^
N^9^^Wrudttctew^
\   ■ Us/*.! i
Tome III. I I
I
Jeudi
a6.
Yen dre da
Cetoit^en .effet, de ce cote qu'ils parois-
^Hent tfenir. Comme il ventoit bon frais ,
^pque 4a maree le^evoit de grosses houlles,
ils quitterent le vaisseau , et s'avancerent
JvW^e^'Iri v a ee.
O
"Le 26 , on eut un temps doux et agrea-
tieibVeiss neuf heures du^hiatin , il arriva
dtuijndideux canots, dont Pun amenoit le
fl&isse qui etoit venu de la Pointe Rede
IF&ndre une visite a YIphigdnie. 11 apportoit
eifs present du saumon ; on lui donna en
ir?iftoiir nane petitelprovision de tabac, Dans
Parj@^ --maai , a sept Tieures , deux canots
doubles approcherent bord a bord du vais-
seatli Lis venoient du midi. Les hommes
qs&i les conduisoient etoient des chasseurs
Kodial^l^>mais ils n'avoient ni pelleteries,
initttoisson , quoiqu'ils eussent promis le
niatisBd'apporter une provision de ce der-
-SSer> afoticfeMti     |8ife
Otoayv a une heure du matin , on apper-
27* ^ufcla^&aloupe qui descendoit avec la ma-
repvcA'*&eux heures,jeJile arriva bord a bord
de YIphigdnie, n'ayant trouve qu'une seule
peau de loutre de mer de tres-peu de valeur ,.etdeuxdouzaines environ de saumons
fej^xj&biA>ffi.Cier, M. Adamson , rapporta Juin,
IP     -   ''    JM > '  §
'qua la hauteur de la riviere qui git par -]&&
^60 degres 42 minutes de latitude nord, ii
avoit rencontre des chasseurs Russes et
ICodiaks qui le suivirent de village en village, et qui avoient pris possession de toute
la riviere. La chaloupe etant de retour a
six heures, on desaffourcha le vaisseau , et
au moment du retour de la maree, on ap-
pareilla-, et Pen fit voiles en descendant la,
riviere. A midi, la latitude obserscee etoit
de 59 degres 58 minutes nord.
Vers trois heures de Papres-midi, comme
la maree montoit # on laissa tomber l'ancre£.
precisement au dessous de la Pointe AncreJ,>
par soixante - dix brasses d'eau jgLes extre-
mites de la cote occidentale couroient de
nord-ouest-quart-nord en ouest-quart-sud ;
le cop Douglas gisoit ouest; le Mont-Saint-
Augustin , ouest - nord-ouest-mi - nord , et
la Pointe Rede , sud - sud - est, a trois ou
quatre lieues de distance. A neuf heures
du soir, a. la maree descendante , on leva
l'ancre, et on fit de la voile par une jolie
brise du sud et de Pouest*
Le 28 ,\a midi , le cap Elisabeth portoit   Samedi
est - sud - est , et la plus orientale des iles      2$*
Stdriles, egalement est - sud - est. A cinq
I %
> $788.
Lundi
i 6°»
'   -'      :|"     '   f   ( l32 )
milles environ de la cote , on ne trouvoit
JTiun."*    point de fond avec soixante brasses de ligne.
?i: 0n n'observa point la latitude ; la lpngitude
etoit de 207 degres 46 minutes Est.
Dimanche Le 2^ , a onze heures du matin , la plus
z9* orientale des iles Ste^rlles gisoit sud-sud-est,
et le cap Elisabeth , nord - nord - est, a la
distance d'environ cinq lieues. Le temps
etoit brumeux ; on ne put done faire une
seufe observation1.^
On fit route au udrd et a. Pest jusqu'i
quEfre heures du matin du 3o , par une brise
moderee du nord et de Pest, accompagnee
de bronillards et de ]iluie. A'llix heures ,
¥fle Saint'Hermogenes restoit au/Sud-puest,
a. sept lieues de distance. II n'y eut aucune
observation de faite.
Le premier juillet, on eut des vents ie«
gers et calme tout plat. Un fort courant
portoit au sud et a Pouest. A la pointe du
jour , les extr£mrte¥du continent couroient
de nord-ouest en nord- est-mi-nord , a la
distance d'environ douze lieues. A huit
heures, le grouppe des iles Stdriles gisoit
nord-ouest-quart-ouest, a quatorze lieues
de distance. *fiS*
Vet*
Juillet.
Mardi
»._ /
>omme on ayoit ete'tramps 178&
Juillet;
•    :''i •'.    ''••( l33)      ,- -I'.'
poir qu'on avoit congu de trouvar une i
vision de saumon dans la riviere de Cook,
et qu'il ne restoit pas plus de trois toij|
neaux pour toute ressource, le capitaine
Douglas se vit dans la necessite de se re-
duire lui-naeme , ainsi que les officiers et\
les matelots, a une tres - modique ration.
La latitude etoit de 5y degres 2  minutes
Jjbrd.
Le vent continuoit de souffler au nord- Mercredi
est et a Pest-nord-est, c'est-a-dire , preci-       2-
sement dans la direction qu'on cherchoit a
tenir ; la mer, en grossissant, elevoit des
houlles,-prodigieuses ; le vaisseau fatigupit   f
excessiven&ent, et n'avancoit qu'avec beau-
coup de Jenteur le long de la cote. Vers
six heures clxi matin , on courut sur laterre-
fernie,  a une lieue de distance. $. neuf
heures, cn detacha la voile du grand hu-
nier pour la raccommjoder, et Pon en enver*
gua une viejtlle. La voilje d'etai du grand ma\t
de hune avoit aussi considerablement souf-
fert des raffales successives qu'on ven^it d'es*
suyer; ajoutez qu'on s'etoit vu oblige de forcer de voiles pour eviter quele vaisseau ne
fut pousse par le courant au milieu des iles
I 3
.' £j*.. -. . -i<>34).j,.       ' -._  g/
178S.    Steriles. Le temps etoit brumeux et couvert I
Juillet.   de sorte qu'on ne put faire une seule observation , ni parvenir k appercevoir la terre.
Jeudi        ^e ^, a cinq heures du matin, le vent
%•       passa au sud-est; le temps fut assez doux.
A midi , les extrSmites du continent cou-
roietgt de nord-nord-ouest en ouest-quart-
sud , a dix lieues de distance. La latitude
observee  etoit  de 5<)   degres  18   minutes
nord.
yendredji      Le ^, k quatre heures du matin, on se
P       trouva a dix ou douze lieues du continent.
A midi , les extremites de la terre restoient
de nord-est en sud-ouest-mi-ouest, a quatre
lieues de distance de la cote. La latitude
etoit de 5o degres 4j minutes nord. Dans
l'apres-midi, le vent fraichit de nord-est,
et souffla par raffales, accompagfiees  de
pluie.  Dans la soiree , les extremites du
continent couroient de. nord-nord-est-mi-
est en ouest - mi ^ sud, a. ia distance de dix
ou onze lieues.
Samedi      Le 5, a midi , les extremites de la terre
S-       portoient de nord-mi-est k Pouest-mi-sud y
a dix ou onze lieues de distance^Une ob-
aervation donna 59 degres 17 minutes do (wm. '.. ■  •■#.'
latitude nord. Dans la soiree , il v'enta grand    178&
frais ; on eut de gros grains jet une  pluie   Juillet^
abondante.
Le 6, a midi, les extremites de Vile Mon- E)imanche
tagu couroient de nord-quart-est en nord- g|6»
quart-ouest. L'intention du capitaine Douglas etoit d'eviter Vile Montagu , a cause
du grand nombre de rochers caches sins
les eaux dans le passage interieu^r Mais
lorsqu'il vit que le vent fraichissoit si fort,
et lui souffloit droit dans le visage ,:rP fut
contraint de renoncer a son* projet.WJne
observation laite en ce rrilbment rapporta
5\) degres 36 minutes de latitude^ord. Oti
eut alors un beau temps. Le veift fraichit
7fifc   Bj*«fc,-  ■"iSfe^
de Pest; et a trois%eures de Pap^rePmMi,
ayant jette la sonde , on trouva ^Rmd' a
vingt - cinq brasses d'eau. A six^bteures ,
comme la maree portoit contre le vaisafeaSi,
on laissa tomber l'ancre de touee par huit
brasses d'eau, a trois milles environ du bord
de Vile Montagu^ dont les extremes ¥es-
toient d'est quart-sud-mi-sud en nbrd-mi-
est: eelles du continent couroient de sud-
gOuest-quart-sud en ndrA-nord-est. A- huit
^jeures et demie passees, on appareilla, et
en tourna par ce passage. -jf e   ( x36 )     ,
1^8$.        Le 7^ a une heure du matin, on J.eftfc
Juillet.   l'ancre par vingt-sept brasses d'eau , a huit
Lundi    milles environ vers le nord , et a six milles
eX de la cote. A neuf heures , on remit a la
voile, et on courut sur le continent a la
distance d'un mille. On ne trouva point de
fond avec trente - six brasses de ligne de
sonde. A midi, on fut envirorlne de terres,.
excepte du cote du passage par lequel on
etoit entre, et qui gisoit au sud. Une observation rapport%fl6o degree o minute <Je
latitude nord. On eut des vents legers et
un  fort beau temps  au   motneiij; ou Pon:
tourna entre Yile Montagu et le continent.
A&bfi heures di^rsoir,. on laissaTjtomber
I'aiVcre^de touee par treize brasses d'eau ,
jenyircfi a un  mille  et dgmi du* bord  de
Vile Mpnfagu. A dix heures , on appareilla.
Le vent squffloit alors par brises legeres a
Pest-sud-est.
Le jour suivant, a. huit heures du matin , on
:Sejtrouva au milieu du canal, entre Yile Montagu et les, zles Veffes^ A midi,.les extremites de la premiere couroient d'ouest-mi-
sud en nord-nord-est,, et le grouppe des
autres iles gisoit sud- quart-ouest3 Le cap
Hinchinbroke restoit a Pest - nord - est ; et
March"
S. 7 i     (>37)     §-
une ile situee a la hauteur de Snug, Corner
Cove (1), portoit nord-quart-est, a trois ou
quatre lieues de distance des iles Montagu.
On tira alors plusieurs coups de canon pour
donner avis aux naturels de Parrivee du
vaisseau. La latitude observee etoit de 60
degres 2$ minutes nord. A quatre heures
d'apres-midi , on courut sur la cote occidentale ; les vents etoient legers, et le temps
tres-beau et tres-agreable. A huit heures
du soir , on vira vent arriere, et Pon courut sur Yanse ,• on eut des souffles legers
et calme tout plat. Le 9, a neuf heures , on
laissa tomber l'ancre par cinq brasses d'eau,
dans Yanse fermde. Le reste du jour fut
employe a detacher les voiles J a equiper
les chaloupes , et a d'autres travaux non
moins essentiels.
Le  10, six canots diriges par des natu*
rels de la tribu des Chenouways ¥2.) arri-
178?.
Juillet.
Mereredi
9-
Jeudt
10.
'
(1) Ou Vanse fermee. Voyez la relation du voyage
fait en T786 sur le vaisseau le Nootka, par le capitaine Meares , premieFvoIume , note de la page 52.
Note   du  Traducteur.
(2) Ainsi nommes , sans doute , de leur roi Sheno-
Vfay. Voyez le premier voyage du capitaine Meares $>•
1788. verent bord a bord. II ne se trouva parmi
Juillet. eux qu'une seule peau de loutre. On la leur
acheta , de meme que cinq ou six peaux de
yeaux marins necessaires pour les manoeuvres. Kennoonock (1) informa le capitaine
Douglas que, dix jours seulement aupara-
vant, il y avoit un vaisseau dans ces parages ,
qu'il etoit parti charge d'une provision considerable de pelleteries , et qu'il paroissoit
faire route vers la riviere de Cook. Cet avis
lui fut bientot confirme par le detachement
qu'on avoit envoye a terre pour faire du
bois , et qui avoit lu ces mots graves sur
deux arbres : J. Etches > du vaisseau le
Prince de GalleSj g mai iy88 , et J. Hut-
chins.
jt*-*j ■■ — • j ■
sur le vaisseau  le  Nootka^^en 1786 , premier  volume , pages 5o ,   72   et   y3.
0. Note  du   Traducteur.
(1) C'etoit probablement le chef de ces naturels.
Note du  Traducteur. ( i39 )
CHAPITRE   XXVII i:5||
L'lphigeniejfe/* voiles de la baie de Snug
Corner. Elle passe Vile de Kaye.—£*
Elle serre de pres le cap Suckling.—Les
vents d'est ne lui permettent d'avancer
que tris-lentement le long de la cote, -^r-
On envoie la chaloupe dans la baie de
Peering ,• elle revient apres avoir ete
poussde avec violence en mer. — On voit
des iles de glace.—On achete une grande
quantitdde-veaux de Imttres de mer^ etc J
des naturels du cap la Croix.—Exemple
singulier du pouvoir desfengmes parmi
ces naturels. -— Le vaisseau fait route
dans la baie de la Loutre de Mer.—S-
II passe Vile Douglas. Il entre dans
une baie it laquelle on donne le nom
de Port Meares. —*- Il passe la Point®
Rose.   Observations sur la cote. -—«
lleji^Iphigenie rejoint la Felice dans Ventrde de Nootka.
1788,
Juillet.
J_j'equipage de YIphigdnie fut occupe jus?    Lundi
quuu 14 acouper du bois , a faire de Poau^      J4- *-. . . % "I 24° ) ' M
17SS. et a raccommoder les voiles. Pendant cet
Juliet, intervalle, on regut la visite de quelques
canots qui apporterent du poisson , deux
peaux de loutres de riviere , et quelques
peaux de veaux marins. Parmi les naturels
qui vinrent dans ces canots, ii y en avoit
un de la tribu Tanglekamute, qui informa
le capitaine Douglas qu'on trouveroit une
grande quantite de pelleteries dans le district qu'il habitoit, et qui lui promit de
ievenir le lendemain matin pour y con-
nuire le vaisseau. A trois heures d'apres-
inidi, il s'eieva une brise leg^re" de Pouest;
on leva l'ancre, et Pon sortit de Panse. A
dix heures du soir, le cap Hinchinbroke
gisoit sud-est-quart-sud mi~sud , et l'extre-
mite nord de Yile Montagu ^sud-mi est, a
quatre ou cinq milles de distance de la terre
la plus proche.
Le x5, a huit heures du matin, des naturels de la tribu des Chenouways arrfve-
rent bord a bord dans deux canots , appor-
tant quelques pelleteries, et particulierement
des peaux de jeuhes loutres. Le capitaine
Douglas leur observa en cette occasion
qu'ils avoient tort de detruire ces animaux.
A midi, le temps etoit calme et couvert de 0m
nuages. Le cap Hinchinbroke portoit sud-
sud - est, et l'extremite nord - est de Vile
Montagu gisoit sud, a la distance de trois?
ou quatre lieues. A huit heures du soir, le
cap Hinchinbroke restoit au sud-est-mi-sud ,
et Yile Montagu portoit sud, a quatre Ou
5 cinq milles de distance  du continent.
Le 18, a midi, l'extremite sud de Yile Vendredi
de Kaye gisoit nord-est-quart-est-mi-est, a
dix lieues de distance. Les extremites du
continent couroient de nord nord-est-mi-
est en ouest-quart-nord , et Yile Montagu,
d'ouest-mi-nord en ouest-sud ouest. D'apres
une observation, la latitude etoit de 5g de*
gres 5a minutes nord, et la longitude de
214 degres a minutes Est de Greenwich. A
une heure de Papres rmidi , il s'eleva une
brise du sud et de Pouest. On deploya done
toutes les voiles , et Pon courut sur Pextre1-
xnite sud de Vile Kaye. On savoit par experience qu'il n'y avoit point de passage
pour un vaisseau au travers de la baie des
ContrSleurs.
Le 19 , a six heures du matin, On serr:6it:   SamefH
de xxrhs le cap. On trouva fond argilleux1      }
de dix a vingt brasses. A midi, le vent fut
Variable ^ et ie cap Suvklihg couroit ouest- ( *4a )
*7*h quart-nord, a la distance de trois ou quatre
Juillet. lieues. La latitude observee etoit de 69 de-*
gres 5j minutes nord, et la longitude de
2i5 desres 5x minutes Est. On eut une brise
legere du sud et de Pest jusqu'a trois heures
et demie passees de Papres - midi. A ce
moment, le vent prit le vaisseau en pouppe,
et souffla de Pest-nord-est par gros grains
accompagnes de pluies. Comme on serroit
alors de pres la terre basse qui est a. la
hauteur du cap Suckling, et que le courant poussoit le  vaisseau  sur Yile Kaye .
• x *s     *
on forga de voiles pour s'eioigner de Pex-
tremite sud de cette ile.
Dimanche    Le 20, a deux heures du matin , le temps
i0*      fut  doux, et le  vent souffloit  a Pest.  A
midi, Yile de Kaye eisoit sud - ouest ; les
. ' XS ZJ
extremites du continent depuis le cap Suckling couroient d'ouest-quart sud en nord-
est mi-est, a huit lieues de distance. D'apres
les observations, la latitude etoit de 59 degres 5j minutes nord , et la longitude de
216 de&res \A minutes Est. Le vent souffla
o * _,
par brises legeres de Pest jusqu'a six heures
de Papres - midi, qu'il tourna au nord. A
huit heures , il sauta au nord-est.
I  lundi       Le 21 , au  leyer   du   soleil, Vile Kaye
21.
**T Mardl
22.
( 143 )     ;|'
gisoit ouest-mi'-nord , a quatorze lieues de ][iy$$.
distance. A onze heures , il venta bon frais, Juillet.
ct Pon vit la terre. A midi , une observation rapporta 69 degres 18 minutes de latitude nord . et 216 degres 23 minutes de
longitude Est. A cinq heures de Papres-
rnidi, on mit a la cape sous la grande
voile : le vent souffloit avec force du nord-
est, et il faisoit un froid.  excessif.
Le matin du 22 , on vit la terre.  Elle
couroit nord - nord - est, a la distance de,
quinze ou seize lieues. A huit heures, le
Vent tomba. On courut alors sur la terre ,
dans Pintention ou Pon etoit de ne passer
sans  la reconnoitre   aucune   partie  de  la
cote que Pon pouvoit presumer habitea. A
midi, le temps devint plus doux, et, d'apres
les observations, la latitude etoit de 5a degres 5 minutes nord, et la longitude   de
217 degres  10  minutes Est. A six heures
de l'apres-midi, le vent fraichit de Pest,.et
de Pest - quart - nord. La pluie tomba par
torrens. A onze   heures  du soir, le  vent
souffla avec tant de violence qu'on fut oblige
de virer vent arriere, et de porter au midi
avec les basses voiles. On avoit pris dens.
xis au grand hunier. 5°
Ui
Wkw (l44)     '   '
17&E Ce fut de cette maniere, et par un temps
Jmmt. toujours variable, que YIphigdnie ctmtinua
Mercredi jusqu'au 3o a faire voiles dans une direction parallele avec la cote. Quelquefois on
decouvroit la terre ; souvent aussi, on en
etoit a. une trop grande distance pour Pap-
percevoir, ou bien , une brume epaisse re-
pandue dans toute Pathmosphere la dero-
boit entierement a la vue. Le 3o , a quatre
heures du matin, on distingua la terre dont
les extremites couroient de nord-ouest-mi-
nord en nord-est, a la distance de six ou
huit lieues. Depuis six heures jusqu'a dix, on
eut une brise leg^re de sud-sud-ouest avec
laquelle on fit route dans la baie* A midi,
temps convert et calme tout plat. Une observation peu essentielle , la . seule qu'on
put faire, rapporta 5o degres 27 minutes
de latitude nOrd, et 219 degres 42 minutes
de longitude Est.
A midi et demi passe, il s'eieva une brise
legere de Pouest avec laquelle on gouverna
nord jusqu'a six heures du soir qu'on eut
calme tout plat. Comme on etoit, en ce
moment, a quelques lieues de la terre basse,
et sur la partie orientale de, la baie , on
apfer^ut
III T
'#'
f (   M5  )
appergut une espece de fumee , et en con-    17g^
sequence, on porta vers le cote.d'ou elle   Juillet.
sembloit sortir. Le vent etant tombe alors,
et la maree comraencant a. descendre , on
tint la chaloupe toute prete a huit heures
pour Penvoyer au haut de la baie. Mais la
crainte du mauvais temps dont on etoit
menace, determina le capitaine Douglas a      |J?
ne la faire partir que le lendemain matin.
A neuf heures , on cargua les huniers , et
on laissa tomber l'ancre de touee par vingt-
huit   brasses   d'eau ,  fond   de  roche.   A
minuit, Pon   s'appergut   que   le  vaisseau
avoit derive en s'eloignant du banc , et se
trouvoit sur une eau beaucoup plus pro-
fonde. On fiia done du cable, et avec d'au-
tant  plus d'empressement qu'on avoit un
mauvais mouillage. Mais comme le vent et
le flot etoient egalement contraires, on tint
I'ancre dans Peau jusqu'aupres de la morte
mer (1).
1   -■ - --   -~ 1    mi—iiiiii     mi       -   "r       '       1 -ii-*
(1) Morte mer ou morte eau , est l'intervalle entre
le flux et le reflux , ou entre le reflux et le flux. Pen-   ft|
• dant cet intervalle, l'§au n'a aucun mouvement. Voyex
le Vocabulaire de Marine du citoyen Lescallier, par-
tie angloise et francoise, au, mot Slack Water^ p. 68.
Note   du   TraducteurK
Tome III. K
/ ■I
Ww-      '   §  ■■'    (l46)      ;       e'Ji
1788.        Le 3i, a trois heures du matin , on vira
Juillet.   dessus, et^'on gouverna vers la terre basse
Jeudi    ou Pon avoit appergu de la fumee. A quatre
heures,  comme  ii  faisoit tres-doux,   et
qu'aucuns nuages n'obscurcissoient le jour,,
la chaloupe partit, bien arniee et bien equi-
pee, sous le  cpmmandement du  premier
officier  qui  regut Pordre   d'avancer  vers
l'extremite de la baie, de Pexaminer avec
autant de soinnqu'il lui^seroit possible, et
de parvenir a une communication assez fa-
miliere ayec les habitans qu'il y rencontre-
roit, pour se procurer par. eux des fourrures, des provisions,  etc.  A Pentree de
cette baie , on avoit quinze , dix  et  onze
brasses d'eau, sur un fond de roche : mais
plus haut, cinquante brasses de ligne  de
sonde, ne rapportoient point  de fond.   A
midi, Pon etoit, par estime, au 5oe degre
41 minutes   de latitude nord, et au 219s
degre 47 minutes de longitude Est. A trois
heures de l'apres-midi, on eut perdu de
vue   la   chaloupe.   Quand   on   s'appercut
qu'elle etoit emportee tres-loin en mer, on
vira vent arriere, et Pon* courut sur elle*
A quatre heures et demie passees , on la
revit, et au bout d'une heure , on arriva i7$B«
Aout.~
Vendredi
i.
I   % I  (*4?)    .
botd k bord ; on la trouva dans une situation tres-critique *a cause de la grosse mer.
On ia retablit ;ae Pinstant, et Pon gouyerna
sud et est. ||p
Le premier' aout, a trois heures du matin , le* vent souffla avec force du nord-est.
II tomba une pluie abondante* A midi^ la
latitude nord etoit de 59 degres 10 minutes,
et de2i9 degres 33 minutes de longitude Es&
par estime* A trois heures de Papres^mixM,
le temps s'adoucit f on vira vent devant,
et Pon porta' au nord eteaeJl'est.
Le 2,eau lever du soleil , on vit la terre $amec[i
dont les extremites couroient de nord-est- 2*
mi - est a Pouest ■, a six ou sept 10ues de
distance. A midi, les extremites de Ik tqrre-
restoient de nord-ouest a Pest-sud-est, k
la distance de dix lieues. La latitude ob-
servee etoit de 5q degres 16 minutes nord,
et la longitude de 220 degres liouiinutes
Est. Dans l'apres-midi, les nuages en s'eie-
yant de dessus la terre, permirent de dis-
tinguer le Mont-SaintElie. II gisoit nord*
ouest-quart-ouest, a la distance d'environ
vingt lieues. En ce moment, on vit quelque
:4hose Hotter sur Peau, sans pouvoir 4eter-
miner ce que c'etoit. Comme le -vent souf-
£2
!■ |l|; ; .  (148)
17 floit tres-legerement, on envoya Piole pourf
1'examiner de pres. On ne tarda pas- a re-,
connoitre que c'etoit un gros oiseau mort*;
Le Capitaine Douglas n'a pas juge qu'it
meritat Phonneur d'une description.
Dimanche ke .matin du 3 , Piole partit avec* ordre
3- d'avancer jusqu'& la distancejl'un mille de
la c6te pour reconnoitre si elle etoit habi-
ree. Vers midi, elle revint avec un grand
qanot charge d'environ trente Indiens. On
laissa alors tornber la seconde ancre par
vingt-sept brasses.d'eau, et Pon acheta des
naturels plusieurs cotsacks, ou habillemens
de peaux de loutres de mer, et une paire
de gants de meme fourrure. Pendant qu'on
eto\t a l'ancre , les extremites de la terre
couroient d'ouest-nord-ouest a Pest-quart-
sud - mi • sud , a quatre ou cinq milles de
distance. Une observation donna 5o degres
io minutes de latitude nord , et 221 degres
27 minutes de longitude Est.
Mardi Le lendemain matin, de bonne heure, les
*• naturels revinrent, vetus, ainsi que le re-
marquerent nos matelots , de tous leurs
vieux habillemens. En effet f les cotsacks
qu'il§ proposerent de vendre en ce moment
avoient deja beaucoup servi. Quoi qu'il ert soit, on les leur acheta , ainsi qu'une assez
grande quantite de saumons. A neuf heures,
on appareilla, et Pon fit route le long de
la cote. A midi, les extremites de la terre
restoient d'ouest-quart-nord a Pest. D'apres
une observation, la latitude nord etoit de
5o degres 1 minute, et la longitude Est de
221 degres 33 minutes. L'endroit ou le vaisseau avoit mis en panne, regut le nom de
Rade de Tianna en Phonneur de ce chef.
Le climat oh Pon se trouvoit alors deplai^
soit beaucoup a cet Indien, qui ne pouvoit
se garantir de Pextreme rigueur du froid ,
quoique vetu de tous les habillemens qu'il
pouvoit *porter. II tardoit beaucoup a son
impatience de revenir a Owhyhee.
Le 6, au lever du soleil, il fit calme tout Mercredi
plat. Ce temps dura jusqu'a onze heures &
que le vent commenga a souffler par brises
lege res du sud-ouest. A midi , le cap Reau-
temps gisoit nord-est-quart-nord, et le cap
la Croix restoit au sud - est % quart - est, a
quatre milles de distance de la terre la plus
procjie. On courut alors sur Yentrde de la
Croix. La latitude nord etoit de 58 degres
io minutes , et la l<¥&g|nde Est de 223 degres x5 minutes, par fs^ime. A trois heures
K 3 1788.
Aout.
. "&.       . (l5°)  ..      I   e
de l'apres-midi, on se trouva tout au haut
de Yentrde. On appergut alors ctamme des
iles dont on etoit environne de toutes parts^
aussi loin que la vue pouvoit atteindre.
L'iole fut envoyee sur le champ a la deeouverte pour s'assurer si c'ptoient des rochers
ou des iles de glace. A son retour, l'offi-
- *       ZD *
cier rapporta que Pile ou il avoit touche
etoit toute ae glace, de meme que-deux
ou trois autres plus petites pres desquelles
il avoit passe. On en conclut avec assez de
fondement que les iles qu'on decouvroit de
l'autre cote pourroient bien ckre aussi des
iles de glace ; en consequence, on serra
de pres la cote, et Pon envoya la chaloupe
en avant pour sonder.
A six heures du soir, un canot parti du
cap la Croix arriva bord a bord du vaisseau. II ne portoit qu'un seul homme qui
entra dans le vaisseau, presque nud. II recut avec toutes les marques d'une extreme
satisfaction le tpresent qu'on lui fit d'une
iaquette -, d'une paire de culottes et d'un
chapeau. II demanda avec instance que le
-v.aisseau le suivit jusqu'a ce qu'il put mon-
trer-le village q^^^habi'oit, II descendit
done dans son caiidrPet' se porta en avant
•
-¥-*B?jari (l5l) 11     '  m
du vaisseau qu'il conduisit au milieu d'un
grouppe de rochers oil Pon avoifctout au
plus trois ou quatre brasses d'eau. Dans
une situation aussi critique, le capitaine
Douglas crut devoir se charger de piloter
Xixx - meme le navire ; et comme le temps
etoit obscur et brumeux-, ce ne fut pas sans
beaucoup de peine qu'il parvint a se tirer
du danger auquel il se trouvoit expose.
Enfin, a dix heures et demie du soir , on
yint mettre a l'ancre par dix-sept brasses
d'eau , sur un fond de roche.
Le 7 , de tres-grand matin /cinq canots
arriverent bord a bord. lis apportoient des
pea'ux de loutres. On leur en acheta quarante , ainsi que plusieurs cotsacks. Mais
les naturels avec lesqujels on trditoit alors
parurent connoitre la valeur de leur mar-
jchandise, et le capitaine Douglas fut oblige
de leur donner^le prix qu'ils en deman-
doient. Vers hujjjfc heures f ils avoient deja
quitte le. vaisseau. Mais, avant de prendre
£$gsge d'eux, ii est a propos d'instruire le
lecteur d'une circonstance particuliere qu'on
ne remarque , a ce qu'il paroit , que chez
les Indiens de cette tribu. Les femmes y
dominent absolument, et joui^sent d'une
K 4   I supenorite que les nommes ne
diffieulte de reconnoitre. On en eut en cette
rencontre un exemple bien frappant.
Un des chefs ayant, par megardeet sans
intention, empeche un canot dans lequel
se trouvoit une  fern me d'arriver pres du
vaisseatt, elle saisit a 1'instant une pagaye,
et le frappa avec tant de violence  sur la
t£te , qu'elle le mit presqiie hors d'etat de
se servir d'un instrument semblable pour
se garantir des coups qu'elle continuoit de
lui donner. Le combat dura ainsi pres d'une
demi-heure , la femme ne cessant de frap-
per, et Phomme occupe uniquement de se
defendre. Enfin, le capitaine Douglas vou-
lant terminer la rixe, tira un coup de mousquet par dessus leurs tetes, et accompagna
cet acte de rigueur de signes qui marquoient
son mecontentement. Mais ce fut sans succes ; car la femme sauta alors dans le canot de cet homme qui par^issoit e'tre dans
Petat de Phumiliation la plus complete, et
tirant un couteau de dessous ses habits, elle
lui adressa quelques paroles, et lui plongea
ensuite le fer meurtrier au  travers de la
cuisse. Quoique le sang ruisselat de la bles-
sure, elle alloit recommencer deplus belle , -I-   .        (l53 >      :.leel 7'
lorsque le capitaine Douglas s'iriterposa
entr'eux d'un ton assez vigoureux pour que
cette.furie fiat obligee de retourner dans
json canot, et de laisser au malheureux tout
couvert du sang qu'elle venoit de verser
pour assouvir sa vengeance, le temps de
gagner le rivage a fo*ce de rames. Pendant;
toute la duree de Paction, si Pon peut s'ex-
primer ainsi, aucun des hommes presens
au combat n'osa se meler de la querelle.
Ii parut, ai% Contraire , qu'ils etoient dans
une telle dependance des femmes qu'ils
n'auroient pu disposer d'une seule pellete-
rie sans qu'elles leur en eussent accorde la
permission.
Comme ces naturels avoient dispose de
toutes leurs fourrures , le capitaine Douglas
partit a midi, et fit voiles vers le sud - est
avec le vent de nord - ouest. La latitude
observee etoit a 58 degres 2 minutesgaord,
et la longitude a 223 degres 26 minutes Est.
II faisoit un temps tres-doux et tres-agrea-
bie. On se tenoit sans cesse en vigie sur
le mat de Pavant.pour t&cher de decouvrir
des canots ou d'appercevoir de la'fumee.
A sept heures du soir, on vit un canot qui
approchoit du vaisseau. II arriva bientdt
I7$8.
Ao&t*
1       ; 17*
AoSt.
e^
ia
-■'    ;.;      '- (^4)   -    ; -"    |§
apres avec deux grandes loutres et une plus
petite. Elles venoient d'etre tuees tout ire-
cemment. On les acheta. L'homme qui gou-
vernoit le canot donna a entendre aux gens
de l'equipage que , le lendemain, dans la
matinee, il leur seroit apporte une plus
grande quantite de pelleteries. En consequence , a huit heures, on laissa tomber
la seconde an ere par vingt - trois brasses
d*eau, fond de sable et de coquillages.
Vendredi Le 8 , au lever du soleil, huit canots ar-
• riyerent bord a bord. On acheta des naturels cinquante-six peaux de loutres de mer,
dont quelques - unes avoient deja regu la
forme des habillemens du pays. A onze
heures, on leva I'ancre et Pon gouverna sud-
est en suivant le longde la cote. Les extr&mi»
tes de la terre couroient d'ouest-sud-ouest
en sud-est-quart-sud, a trois ou quatre milles
Un rivage. A midi , une observation rap-
porta 5j degres 38 minutes de latitude
nord, et 224 degres x5 minutes de longitude
Est. Le temps continua d'etre tres - doux.
Le vent souffloit du nord - ouest. A deux
heures de l'apres-midi, on vit une grande
. baie : mais comme x>n se trouvoit tres^pres
de la terre, et qu'on n'y appercevjoit au- ,|( iss y \
cunes traces d'habitation , on vira vent de-    178&
vant, etd'on porta au large. A dix heures,    Aout;
Pon eut .calme tout plat; et ce temps dura
jusqu'au lendemain a midi qu'il tomba une   Samedi
brume si epaisse qu'on fut dans Pimpossi-        •
bilite de faire une seule observation exacte.
La baie qu'on avoit vue dans la soiree du
jour precedent gisoit nord - est,  k deux
lieues environ de la cote. A trois heures
d'apres - midi , le vent fraichit de P ouest.
On appergut, en ce moment, une baie qui
restoit a Pest du vaisseau. On porta vers
cette baie pour s'assurer si elle etoit habi-
tee. Mais ne decouvrant rien qui annong&t
qu'elle le fut, on s'en eioigna egalemerit,
et Pon diniinua de voiles a cause de Ja nuit
pendant laquelle on ne desiroit pas avan-
cer de peuf de passer quelques parties de |
la cote qui pourroient etre habitees , et de
perdre ainsi ,Pavantage de trafiquer avec les
naturels. .e
Le matin du 10 , on fit de la voile , et ,».       ,
' 9       Dimanche
Pon apporta tout le pain sur le pont pour le       10.
faire secher. A. midi , le Mont - Edgecombe
gisoit nord» ouest - quart-ouest-mi - ouest.
Les *extremites de la tj$rre couroient aussi
de nord-quftt-mi^pue;st a Pest-sud-est, a quatre i7$8.
Abut*
Lundi
11.
milles de distance de la cote. La latitude
observee etoit de 56 degres 19 minutes nord.
Au moyen deplusieurs observations sur leS
distances du soleil etde la lune, la longitude
etoit de 224 degres*5o minutes Est de Green •
vrich. A huit heures du soir, le vent frai-
chissant, on risa les huniers et Pon dimi-
nua de voiles pour la nuit. Deux petites
ties restoient au sud-quart-est-mi-est dtt
vaisseau. Les extremites de la terre couroient de nord-ouest-quart-ouest-mi-ouest en
sudrest-quart-est, a cinq lieues de la cote.
Le 11 , de grand matin, on courut sur
la terre, et a midi , elle n'etoit qu'a huit
ou neuf lieues de distance. Une observation
donna 55 degres 21 minutes de latitude
nord, et it.5 degres 5j minutes de longitude Est. Un vent frais coin men gant a souf-
fler du nord et de Pouest, on fit voiles ,
vers trois heures de l'apres-midi, au travers
d'une vaste baie qui forme deux caps. L'un ,
situe au midi, fut nonxnxele cap A damson.
C'est une pointe de terre inontagneuse et
saiilante. Elle git par les 55 degres 28 minutes-de latitude nord, et les 226 degres
21 minutes de longitude Est. L'autre , qui
est au nor J , recut le nom de cap RarnetU II baisse insensiblement du cote de la mer ;
mais, a mesure qu il s'en eloigne, il s'eleve
par degres a une hauteur prodigieuseS II
est situe au 55e degre 39 minutes de latitude nord, et au 226s degre 4 minutes de
longitude Est.
Apres avoir fait ur^etrajet considerable en
remontant la baie , on arriva en gouvernant
nord a Pembouchure d'un passage tellemeitt
etroit qu'un rivage n'etoit pas separe de
l'autre par une distance deeplus d'un demi-
mille. Au grand nombre de baleines dont
le souffle laissoit de lonmies traces dans le
ZJ
passage , il fut aise de se convaincre qu'on
y trouveroit de Peau en abondance pour
le vaisseau. A huit heures du soir, on jetM
la seconde ancre par dix-sej& brasses, fond
de sable , a un demi-mille de la cote. Le
vaisseau etoit alors ferine de toutes parts
entre les terres, excepte a Pentree. L'ejfc-
droit ou il mouiloit en ce moment fcpgt
nomme Havre de la Loutre de Ater, a
cause du grand nombre de ces animates
qu'on decouvrit dans1 Peau , et qui sem-
bloient une troupe de canards. Le matelot
qui faisoit la vigie au haut^du mat les prit
pour des rochers j et ayant en consequence
178$.
Ao&t.
m
74 Epl
i
! ^■■-" ^788.
Aout.
1    M       ■" Mardi
12.
assl
I  '. ci58)    ' - #    -
donne Peveil, il occasionna un retard considerable dans la route du vaisseau.
Le 12 de grand matin, on envoya Piole
pour sonder, et la   chaloupe partit pour
chercher une aiguade. A neuf heures , cette
derniere revint sans avoir rien decouvert.
Bientot apres, cependant, le ca'pitaine Douglas trouya sur l'autre partie de la c6te un
courant d'eau egalement profont&et commode. II vit aussi plusieurs places ou il y
avoit eu des feux allumes, mais n'apper^ut
aucunes traces d'habitation. En montant la
baie, il decouvrit un passage qui condui-
soit a la mer. C'etoit une ile. Le vaisseau
y mit en panne. Son opinion est aussi que
la terre qui formoit les d&i'oits au nord doit
con sister en un grouppe d$les.~ Tous  les
gens de l'equipage furent alors occupes a
coUper du bois, a faire de l^au, et a ins^
-pecter les manoeuvres. Le capitaine Douglas
saisit cette occasion de cbnduire Piol# jusqu'au haut des detroits pouriles^eximiiner.
Apr£s avoir rrrbnte pendant trois ou quatre
heures, il vit deux bras dorit Pun s'etendoit au nor4 , et l'autre a-peu-pres a Pest-
sud-est. La quantite de baleines qui agitoit
Peau dans ces diyerses branches, lui donna g; (i59)  > ■-, eejr ■-
lieu de conclure qu'il devoit se trouver un
passage vers la mer a travers Pun et l'autre
de ces deux bras. II prit terre en
rentes places, et vit des endroits ou il y
avoit eu des feux allumes, et ou Pon avoit
taille des planches pour des canots. Mais
il n'y decouvrit aucune autre trace d'habi-
tans. A sept heures du soir, il revint au
vaisseau, et donna l'ordre de remettre sous
voiles. A huit heures, on fit route k travers
Pembouchure des detroits. Le. cap Barnett
gisoit sud ouest-quart-ouest-mi-ouest, et le
cap Adamsojig.com:oit sud-quart-ouest-mi-
ouest.
Le i3, on eut des soufflesjegers du nord
jusqu'a neuf heures du matin que. le vent
commenga a fraichir, A midi, le premier
des deux caps restoit au nord-ouestquart-
ouest, et le second au nord-ouest. Une
vaste etendue d'eau qui sembioit une grande
baie couroit nord -quart- ouest ?$xxx- ouest:
une petite ile'gni a deux milles environ de
circonference portoit sud sud-est, a la distance de sept ou huit milles. Elle fut nom-
mee ile Douglas. Deux ou trois autres iles
egalement petites , basses etgejuplie^s de rochers , gisent a la hauteur de ses extremites §1    'li   W   H    *     M^  ■'■'■■    ( t6° )   ' '        ^  -ft if§
I        it 178&    nord et sud. Elle est tres-eievee, et couverte
Aout. de verdure. On peut Pappercevoir de seize
ou dix - sept lieues de distance. Elle est
situee a dix lieues de la terre-ferme , par
les 54 degres 58 minutes de latitude nord ,
et les 226 degres 4^ minutes de longitude
& Est. Entre cette ile et le continent, on en
remarque une autre de moindre etendue.
Elle se compose toute de rochers , off re
Faspect le plus sauvage, et git presqu'a
fleur d'eau. \JIphigdnie fit route entre ces
deux iles, gouvernant a. Pest - sud - est du
compas ; mais on ne put trouver de fond
avec cinquante brasses de ligne. A trois
111 heures de Papres - midi, on eut une forte
brise de Pouest et uh beau temps. Ce fut a.
ce moment  qu'on crepassa Vile Douglas.
m Mais en courant sur une baie qui restoit au
nord-est-quart-nord, on arriva sous un ciel
enveloppe d'une brume ties - epaisse. A
quatre heures et demie passees , on regut
la visite de deux canots qui paroissoient etre
sortis de la! baie vers laquelle le vaisseau
faisoit voiles. On acheta des naturels vingt-
six peaux de loutres de mer, deja prepa-
rees pour habillemens, et quelques oiseaux.
hfcS Comme fe! .   IIM1611       '■■§'.■■ ;
iComme^ils-recheihrfhoiBTitjay ec passion lee
fer et9fes grafes de verre, la quantite qu'on
leur'en proposa siiffitepOur les satisfaire.
Le 14, a une hetire dvx%matin , on eut
ven£ grand frais arjcornpagrie d'une brume
impenetrable.   On   gouverha sud-sud-ouest;
jusqu'a quatre heuresfqu'on mit a la cape.
Vers neuf heures, le brouillard diminua ,
erM'oa courut sur la  cot ex A dix heures^
on vit Yile Douglas, restant a Pouest^uart*
nord - mi'- nord. A midi \ la terre - ferme
s'etendoit d'est-quart-nord  en  nord-6uest^
quart-nord, a quatre lieues de la cote. Une
observation faite alors rapporta 5q. degres
43 minutes de latitude nord. La longitude,
reduite  d*apfes les derhiSms* observation's-
de la lune , etoit de 227 degres 37 minutes
Est.  On continua de porter vers §la baie
qu'on avoit vue dan*¥la soiree du'|pur pre
cedent, et, sur les deux heures de l'apres-
midi y on atteignit une1 petite ile qui git a
un quart de mille  du  continent.  On  eut
alors calme tout plat. Bientot apr£s , deux
grands canots , contehant chacun trente ou
quarante naturels commandes par un chef,
arriverent bord a bord du  vaisseau.  Ces
sauvages' chantoient tous en chceur , et for
Tome III. I* 1788. njgient un concert ,gui n'etoit pas du tout
Ao(U.£ desagreable* Comme la mareejportoit contre
le vaisseau, il deriva considerablement vers
S Pile situee sous le vent^On pria en consequence le c}ie£ de prendre une corde*ietr
de^reinprquer le vaisseau pour qu'il arrivat
au^haut ide la baie ^ce^mi'il fit a Pinstant.
Les naturels qui etoient dans les canQts.^
continuoient de chanter tout en avancant.
A, trois heures , onJaissa tomber l'ancre par
vnmtT trois brasses d'eau, sur un fond de
sable et de, cpquillages.
La pointe ocei^gnjfcale de la terre qui
ferine la baie gisoit est - sud - esc , et la
pointe orientale , est-nord - est; de sorte
qu'un vaisseau qui mejtroit en pajane dans
cet^endroit, seroit expos§ aux quatre points
d& dompas , c'estr^rdire, entre l'esl>»sud-est
e%4'eStt-nord-esjjj Par tcvu|e autre rcgrte , il
sefa feifm^ de terres, a la distance d'environ un mille de la cote occidentale. La
jpointejdont il es$ question recut le nom
de Port^Ieares. D'apres plusieurs observations^ la latitude t du yaisseau a l'ancre
etoit^de 5a degres 51 minutes noi-d ; et -
atrfyant le r4sultat de diffecentes observations sur les distances du soleil et de la Samedi
i6»
-   f   i c i63)    .-  -' ■ I-'
lune, il se trouvoit par les 227 degres 54    iy$S.
minutes de longitude Est de Greenwich. Acut.
Dans le Port Meares, il y a deux bras
ou branches considerables de la mer, L'une
tourne nord-nord-est, et l'autre, a-peu-pres
nord - nord-ouest. Le capitaine Douglas
presume que celle-ci a quelque communication avec Yentrde de la Loutre de Mer.
Pendant cette journee et ifs denx. suivantes, Venfjredt
on acheta des naturels plusieurs peaux de 15.
loutres de mer ou nickees (c'est ainsi qu'ils
les appelloient). On obtint plus de soixante
cotsacks de cette tribu d'Indiens, que le
capitaine Douglas nous peint comme les
plus genereux, les plus conBjUTS'et les plus
delicats qu il ait jamais conn us.
Le 17, on eut des souffles legers de Pouest, Dimanche
et un temps tres -agreable. Dans la soiree l7*
de ce jour, les naturels qui habitent le bras
de mer situe au nord, ou au nord- nord-
est , aliumerent un grand feu pour donner
avis de leur approche. Le 18, a une heure
du matin, ils arriverent bord a bord, chan-
tant comme k leur ordinaire, k mesure
qu'ils approchoient du, vaisseau. On leur
acheta cinquante ou soixante habillemens
La m§ i7§3.
Aout.
Mercredi
20.
Si
m :   r      j| i«4)
de peaux de loutres , les plus beljes qu'on
eut encore vues.
Le 20 , le capitaipe Douglas ayant invite
trois des chefs a diner, ils lui donnerent k
entendre qu'ils avoient dispose de tous leurs
nickees ; mais que s'il vouloit revenir avec
une bonne provision de fer ejtcle grains de
Verre, ils se chargeroient de lui ea procurer
line quantite suffisante pour ses besoins. lis
le conduisirent ensuite sur le pont, et lui
montrant la mer, ils lui firent comprehdre
par leurs signes que les  nickees venoient
de la.  Quoiqu'il n'y eiit point*de terre a.
decouvrir, attendu que la cote preiioit une
direction d'est depuis le Port Meares , a
trois heures de l'apres-midi , oh leva l'ancre, et Pon fit de la voile. On porta en mer
au sud-est, par une brise fraiche de PouesJ.
Apres avoir parcouru six lieues , on vit la
terre. Elle couroit d'est - sud - est en sud-
ouest, a la distance d'environ douze lieues.
A neuf heures, on eut une brume epaisse.
On mit alors en panne , Pavant du vaisseau
tourne au nord et a Pouest. Pendant la nuit,
la * sonde rapporta de  soixante a quatre-
yihgts brasses d'eau, fond de sable. ' W       ";ii( l65 )    '■-'■-'•-' '; '   ill
Le^ai , a huit heures du matin , le temps
s'edaircit sur la partie opposee de la cote ,
de sorte qu'on distingua la terre qui forme
le Port Meares. Elle ^soit hord-nord-ouest,
a neuf ou dix lieues de distance. On vira
alors vent arriere, et Pon fit voiles en gou-
vernant sud-est. A mi^i, on se trouva tres-
pres de la terre. Elle s'etendoit d'est-quart-
nord-mi-nord en ouest-quart-sud. La latitude etoit, par observation , de 54 degres
6  minutes   nord , et la longitude  de  228
degres 4 minutes Est. On courut alors le
long de la cote par une bonne brise  de
Pouest, en portant sur la baie qu,e les naturels avoient montree. Vers deux heures,
on appergut une fumee epaisSe>allextreinite
de cette baie ; on etoit en ce moment entre
onze et neuf brasses d'eau. A deux heures
et demie passees, il tomba de la brume.
Comme on venoit de decouvrir la terre du
m&t de Pavant, et qu'elle s'etendoit direc-
tement dans le nord, on resolut de chercher s'il y avoit quelque passage, ou si la
terre qu'on avoit appergue joignoit au continent.   A  trois  heures moins  un  quart,
comme on ne voyoit point arriver de canots , on forga de voiles, et Pon gouverna
L3
Jeudi
21,
!  £1 Aout.
Same
23,
di
vers la terre elevee, et saillante qui couroiH
nord. A cinq heures, la brume se dissipa ,
de maniene qu'on distingua parfaitement
les deux cotes, ainsi qu'une pointe de terre
sablonneuse, a fleur d'eau, et qui s'etendoit au nord, aussi loin que la vue pouvoit at teindre du mat de Pavant. A sept
heures, il venta grand frais, et Pon vit
l'extremite de la langue de terre basse et
Zj
$abionneuse. A huit heures, on tourna la
pointe en la serrant de pres, et Pon s'as-
sura que la terre ne joignoit pas au continent , mais qu'elle formoit une grande ile
qui prenbit  une direction  de  sud. Apres
avoir tourne la langue de terre sableuse a
fleur d'eau, on vint mettre a. l'ancre dans
un mouillage ou la sonde rapportoit regu-
lierement dix, huit et sept brasses d'eau,
a trois ou quatre milles de Pile , dont les
extremites couroient de nord-quart-ouest
en sud est-quart-est^mi-est.
Le 20, a six heures du matin, comme
611 ne decouyroit aucunes traces d'habita-
tion , on leva Pancre, et Pon remit a la
voile. On gouvernolt sud-est, et Pon avoit
la terre des deux cdtes. La pointe sablonneuse qu'on avoit depassee dans la soiree I    jj|       >fitif)   . I    1 JJ
du  jour precedent ^St nommee Pointe
'Rose. Elle git par les 54 degres 18 minutes
de latitude nord, et les 228 degres 39 minutes de longitude Est. On decouyrit alors
zj v
que c'etoit un detroit considerable-;' et une
ile d'une vaste etendue ou le niouillage £st
bon, etqal, selon toute apparence , pourroit offrir plusieurs ports aux vaisseaux tant
au nord qu'a Pest. On est sur de troiiver
des habitans dans la c6ie nord ; et m£me
il y a lieu de presumerlju dn pourroit s'y
procurer une grande quantite de fourrures.
Le centre de Pile"* est situe au 5$r degre
58 minutes de latitude nord, et au 228s
degre 54 minutes de longitude Est.
A midi 3.'on eu* ctes''sdumes--'4egers et
Calme tout plat. Le temps fut beau. Les
extremites de Pile couroient de nord-iiord-
ouest ien s'udmi-est, et eelles du continent,
d'est-quart-sud en nord-%ord-este^a neuf
lieues de distance qe ia cote, et environ a
huit ou rfeuf de l'ile.JUhe observation qbnna
§3 de^r^s 55 minutes-de latitude nord. et
229 degres So trtihutes de longitude E&t. La
variation du compas , au inoyenlfle six azimuths, etoit de 17 degres 4^ minutes Est,
et par amplitude, ds 17 degres 59 minutes*.
1788.
Acut.
'-v3
I
'-^M
71
1
1 ]
*^m
' '-si %4*
^*\s
1788. ^-v;Le24, a neuf heures du mat&,4i^moyen
Aout.    de plusieurs observations sur les distances
Dimanche du soleil et de la lune, on eut,23o degres
i6ejninutes de longitude Est de Greenwich.
Depuis neuf heures jusqu'a midi, le temps
fut calme et tres-beau. Les gasemens de la
terre etoient ainsi qu'il suit : les extremites
du continent restoient de nord-ouest-quart*
. nord-mi*nord a Pest-quart-sud ; une petite
ile sail)ante,,situee a la hauteur du continent, couroit nord-quart-ouest, a dix lieues
de distance, et leslextremites de Vile Char*
lotte couroient de Pouest au sud.
Je saisirai cette occasion de prevenir les
navigateurs que des vaisseaux qui arrivent
de bonne heure sur la cote, et qui doivent
s'y attendre a essuyer de violentes bourras-
ques, trouveront un grand avantage a reconnoitre l'extremite sud deVcette ile , et a
entrer dans les detroits situes par les 52 de-
gres de latitude , et les 229 degres 3o minutes de longitude, et qui leur offriront un
l-*fe»;so" SB'VJI.e*:Wtjjgle continent.
J*ajouterai encore une observation : comme
les yaisseaux qui reviennent du nord dans la
saison deja avancee, sont exposes a se voir
cjias6es loin de la cote,il seroit peut-etre i   ■    . Wm)      -m |-
;M|ident de reconnoitre Vile Douglas , et    17$$*
d'entrer dans les detroits qui gisent au 54e    Aout.
degre 3o minutes de latitude , et au 226e
degre 3o minutes de longitude. Ils seront
certains de trouver sur la cote septentrionale
de Pile un bon mouillage et des habitans.
Sur le continent, ils auront aussi Pavantage
du Port Meares et de Yentrde de la Loutre
de Mer, outre plusieurs autres baies  qui | j|i&
n'ont point encore ete reconnues, entre le   *f|§
56e et le 54e degres de latitude nord.
Le matin du 20 , on vit la terre, et comme
on approchoit du changement de lune ,
epoque oil Pon devoit s'attendre a des vents
frais qui forceroient peut - etre le vaisseau
k gagner sans deiai les iles sandwich pour
y recueillir de nouvelles provisions, on re-
solut de gouverner en meme temps vers
Yentrde de Nootka, sans chercher une se-
conde fois la terre, afin d'y augmenter le
magasin de fourrures.
Le 26 , a neuf heures et demie passees,
au moyen de plusieurs observations sur les
distances du soleil et de la lune, la longitude etoit de i32 degres 38 minutes Est de
Greenwich. II vent oit grand frais, et Pon
gouyernoit est-nord-est. Une observation
Mardx
i 26. laite a
I *7° ) I '
porta 49 degres 4^ minutes
-ae.:iittimttev?iorei. ^h
Le   JPqe^fbur, a huit heures du soir^
on se Wouva pres de l'entree*flu canal de
Ndotkd. EaIce monientt'on eut calme tout
\ plat,, et co in roe la maree iuontoit, on jetta
la seconde ancre  par vinsrt - trois  brasses
*'\Ireaa.
Le2*8, a sept heures du mai in, il s'eieva
"uhe bmfe leE^'re de PouestA: on en profita
pour contiruer la route, et Pon porta vers
l*entree. Avant midi, YIphigdnie tint re-
* joindre la Felice dans Yanse des Amis.
Tous les gens de l'equipage jouissoient
d'une tres-bonne sante, et etoient dans les
meiileures dispositions. ( m )
CHAPITRE    XXIX,
17S8.
Octcbre*
X'Iphigenie quitte Ventrde de Nootka 9
de conserve avec la g&elette la Cote
Nord - Ouest d'Amerique* —- Ces deux
vaisseaux n'ont it bord qu'une modi-
que quantite de provisions. —lis arrivent
- a la hauteur de Mowee , Vune des iles
Sandwich, —■- Ils y trouvent des provisions en abondance.   Tianna  recoil
o'
son fre re a bord; cordialitd qui regne
dans cette entrevue. On arrive a  la
hauteur d'Owhyhee.—Visite du roi ; sa
joie en revoyant Tianna.   On met a
I'ancre dans la baie de Karakakooa.—
Grande quantite de rafraichissemens
envoy ds it bord.—Cdrdmonies avec les-
quelles le capitaine Douglas est recu it
terre. -—Le roi et la reine d'Owhyhee
passent la nuit sur /''Iphigenie. — La
Cote Nord - Ouest d'Amerique va en
ddrive-ySOn cable dtant rdmpu.---Tia.nna.
se rend it terre pour obtenir que les
plongeurs du roi Vaident it ret row er le
•fr. 17S8.        cable.—Cdrdmonies prdliminaires avant
Ocipb/e.      de se fetter dans V'eau.-*-Long espace
de temps  qu'ils  re stent sous les flots.
— Le cable de /'Iphigenie est pareil-
lement rompu. — Les naturels soupcon-
nes de cette trahison.  Les plongeurs
se iettent une seconde fois k Veau , et
retrouvent le rappi -—Tianna quitte le
vaisseau avec tous ses tresors pour s'dta-
blir it Owhyhee. Ddtails sur les changemens rdcens survenus dans le gouver-
nement de cette ile, etc. .:M
jfxpRES le depart de la Felice, YIphigdnie
resta dans Yanse des Amis , jusqu'au 2,7
octobre. Cet inter vail e&de temps fut employe a equiper la Cote Nord-Ouest d'Amdrique pour mettre ce navire en etat de
partir , et a faire tous les autres preparatifs
que Papproche de 1'epoque marquee pour
le voyage des; deux vaisseaux rendoit ne-
cessaires. Gee jour, a midi, ils quitterent
Ventree de Nootka, et avancerent vers les
iles Sandwich. Comme il ne leur arriya
rien de remarquable dans la route , si ce r>
Im |
?&m@^.®^^0&:-■ m :&   ~QMi$^x$mm   3Ma$efc
n'est que la modicite des provisions qu'i's    1758!
WjtC1       *filb$M& A >gi|   01 G   ef;i ;.;;n-?ce:.ek.
avoient a bord causa  un  moment de  de-■uecemor.
tm       mp Mm 7-   ;%^i
tresse , nous supp&serons  que   1 Ipnigenie
et, le vaisseau qui faisoit voiles de conserve1
avec elle se trouvent tout d uu-coup a la
vue d Owhyhee. Cette lie si desiree soilrit
en effet aux regards des personnes qui com;
posoient Pun et^l'autre equipage , le matin
du 6 decembre. L'extremite occidentale de   Samedi
cette lie gisoit alors sud - sud - ouest trois
quarts oue^t^aneuf ou dix lieues de distance , et Pile de Mowee couroit ouest, S
la distance de sept lieues. Le vent ayant
tourne au sud - sud - ouest, forca les vais-
seaux de  porter vers le^^pte* sud - est de
Mowee.
Depuis que YIphigdnie etoit partie de
Samboingan £ Tianna avoit. eprouve une
impatience qui degeneroit quelquefois en
une violente colere. On auroit pu croire
qu'a mesure qu'il approcheroit de son pays,
cette impatience feroit place aux transports
de la jdie la plus vive. Cependant, il devint
grave et pensif; et si, de temps a. autre,",
pendant les progres du voyage?vers les,z/<?.y
Sandwich ^eon remarquoit quelqu'iriquie4-
tude , soit dans ses regards^' soit dans ses f- . C»74)
178^.   actions , elle annongoit plutot le tourment
E^cembr. de Pattente que les sensations du plaisir. II
connoissoit assez Yetat present de son pays
pour que son coeur restat partage entre, la
crainte et Pesperance ; et le sentiment du
danger qu'il pouvoit avoir a redbuter, ce
sentiment qui ne Pavoit pas occupe un seul
instant tant qu'il faisoit voiles sur des mers
eloignees de son pays, ce sentiment, dis-je,
paroissoit Poppresser jusqu'a certain point,
dans ce moment ou ii alloit y^entrer. On
peut regarder, en effet, comme une situation tres - critique celle ou il se trouvoit ,
incertain, comme il l'etoit|Jsi les tresors
qu'il possedoit lui serviroient a. s'eiever a
un rang illustre , ou seulement a achetef
sa surete; s'il lui seroit peripis de conseryef
ces richesses , ou si d'autres les lui1 ravi-
roient pour s'en faire un moyen de puissance. La paix regnoit dans son ile natale
au moment ou il Pavoit quittee ; mais tout
le portoit a croire qu'il la trouyereit deso-
lee par les horreurs de la guerre, ou cln'"
moins soumise  aux  loix  d'un usurpateur
dont il ne pouvoit guere attendre des dispositions amicales. Telles etoient Jes pen>
*$ee$ dont Pesprit de Tianna sembloit agite (    l-75)       7 : -
en  arrivant dans les  lies  au milieu des-    17S&.
queiles il avoit pris naisfauce. DeceiiMft.}
"■ **Hr*' ■'*^W:*-' ' if?'*'1     ''JL
A peine les deux vaisseaux parurent-ils.
a la hauteur de Mowee9 qu'un grand nombre de canots vint a leur rencontre a char-
ges de pores , d'ignames, et de plantains. fjpi
II y a une grande ville sur cette partie
de Pile. C'est la residence de Titeeree,
souverain de Mowee. Ce prince etoit alie.
rendre une visite a Taheo, roi d*Atooi^, et
avoit confie le soin de gouverner PEtat pendant son absence a Harwallenee, beau-frere
de Tianna. Celui - ci ne fut pas plutot in^
forme de Parrivee de notre amiable Indien
qu'il donna Pordre de porter sur le champ
des cochons au vaisseau comrapin present
de sa part. Mais avant que ses intention^
fussent executees, Tianna qui avoit appercu
son frere sur le rivage, s'etoit vetu de ses
p u§ riches habillemens, et avoit prie qu'oji
lui expediat un expres pour Pinviter a se
rendre a bord. Lorsqu'il y fut arrive , ils
se traiterent comme des freres ont ordinal-
reraent coutume de faire apices une longue
separation. Tout se passa de part et d'autre
ayec ia plus cordiale et la plus sincere 2U>
fection   dails cette   entre vue. Tous   deux Eli
'M "i-    iW  l ■ 7i7
i~,g§# fondireut en larmes, et ces temoignages de
£>ecembr. ieur satisfaction reciproque en^rlreht egaie-
meht couler des~yeux des temoins de cette
scene vraiment touchanse. Lorsque les premiers mouyemens de leur commune ten-
dresse furent un peu calmes,'le chef pria
le capitaine Douglas de passer quelques
jours avec lui, et s'engagea a lui procurer
tout ce qu'il pourroit demander de provisions ; mais cet officier ne voyant pas d'en-
droit on il put mettre surement a I'ancre
(la lame se brisoit alors avec une terrible
violence contre le rivage, i ie vent qui
souffloit sur la cote eievoit des houlles ef-
frayantes ) se trouva dans la necessite de
ne point accepter cette obligeante invitation.
Comme il tardoit beaucoup a. Tianna de
revoir Owhyhee, on vira vent arriere, et
vers midi,. Pon porta sur la pointe nord-
ouest de cette ile.
Dimanche Le 7, a midi , un canot parti zVOwhyhee
vint bord a bord. II amenoit un ami de
Tianna qui, "Sans le courant de la nuit ,
avoit appris son arrivee par des nouvelles
venues de  Mowee.  Dans   Papres - midi,
™ plusieurs
7- Lundi
8.
( 177 ^ ^ 'leii
plusieurs parens d'Abinui se rendirent  a    178&.
bord, et sur le soir, Tianna  dep^cha un Deccrnbr,
ami vers Tome-homy-haw pour lui donner
avis de son approche.
Le matin du jour suiyant, il arriva de la
baie de Toe-yah-yah un grand nombre
de canots charges de pores , d'oiseaux de
mer et de racine de tarrow. Les vents etoient
legers et variables. On se trouvoit alors ,
au moyen d'une observation , par les 20
degres 11 minutes de latitude nord. Au
coucher du soleil, les extr&mites de Pile
di Owhyhee couroient de nord en sud-
quart-nord, a troislieues de distance de la
cote. 51 &A    5f
e 9 , a deux heures du matin , il tomba
une grosse pluie, accompagnee de tonnerre
et d'edairs. A la pointe du iour , on eut
perdu de vue la Cote Nord-Ouest d'Amdrique ; mais, vers neuf heures, on Papper-
cut pres du rivage. A Onze heures, on mit
eh panne jusqu'a ce que ce vaisseau eut
monte. A midi ,  on   n'etoit   qu'a   quatre
milles de la cote. Une observation donna
19 degres 44 minutes de latitude nord. Dans
1'apres - midi , plusieurs parens de Tianna
vinrent a bord. Ce bon Indien etoit telle-
Tome III. M §§ e     (i78)
1788. ment dispose k se montrer liberal envers
Decembr. eux tous , que si Pon n'avoit pas' pris soin
de mettre des bornes a sa generosite , ii
auroit partage entr'eux tout ce qu'il posse-
doit de tresors. Le roi envoya aussi un present au capitaine Douglas , et lui fit dire
par l'expres, charge de le lui porter de sa
part, qu'il se proposoit d'aller lui rendre
visite aussitot qu'il seroit venu mettre a
l'ancre dans la baie.
Mercredi Comme le courant avoit pousse VIphi*
10. genie tres-avant vers le nord, on fit de la
voile le 10 des la pointe du jour , et Pon
porta sur la baie. A midi, on observa la
latitude ; elle se trouva etre de 19 degres
35 minutes nord. Tianna envoya alors vers
le roi un des chefs qui etoient vehus lui
faire accueil a son arrivee , pour Pinviter
a se rendre a bord. Spv les deux heures
de l'apres-midi, ce prince avanga vers le
vaisseau, monte dans un grand canot double , et accompagne de douze autres canots
de meme grandeur, et magnifiquement or-
nes de plumes de diverses couleurs. Aussitot qu'il arriva a bord , le capitaine Don*
glas le salua de sept coups de canon. Apres
avoir pousse des cris de joie pendant un ( i»9 )
temps considerable a la vue de Tianna, le 178$.
roi offrit en present*au capitaine Douglas Deceaabr.
un tres-bel eveiiiail, et deux mauteaux gar-
nisde longues plumes.Les vents trop Wgers
et le grand nombre de canots dont le vais-
seau etoit environne , ne permirent pas
qu'il avangaP sur les flots. On fut done
oblige de prier sa majeste de tabouer le
navire, a quoi eiie conreentit avec beaucoup
d'empres^ement; De son c6te, elle demanda
pourMxle et pour plusieurs des> chefs la permission de passer la nuit a/fcord.
On continua de manceuvrer le vaisseau
dans la baie jusqu'a deux heures du matin
du 11 qu'on laissa tomber Pancre par vingt-
une brasses d'eau, a |reisuquarts de mille
de la c6te. Le roi donna les preuves de la
plus tendre amifie au capitaine de Vxphi-
gdnie. Il lui deelara que Pile -leroit son a3~
niaine pendant tout le temps qu^if y se*
journeroit; et pour ne laisser aucun doute
sur la sincerite des sentiriiens qtrtl teihoi-
gncit ,^^oulutj^irelPech^nge de son uom
ayec celui du capitaine Douglas. Mais,
maTgre^tfoill^ce qu'il y ayoit de Hafteur et
d^ofclfgeaixit datts d$s attentions multipliees,
ie capitaine Douglas pensa qu il n'etoit j&&
F'     I"' , Ma '4k ■■%■ ■&7^,|ia^ I j^V-...^.- ~ M "
178*8;.   impossible qu'on entreprit de s'emparer de
-HI '       *P*i
Deceinbr. }a goelette (1 ), qui ne paroissbit pas en
etat de fair^^nne longue defense, et dont
..l'equipage etoit peu considerable. En con-
pig; sequence, le soir meme de ce jour, il con-
duisit le roi a bord de la Cote Nord-Ouest
d'Amerique , et la , Payant same de toute
son artillerie , et etant entre avec lui dans I
differens details sur les moyens qu'on avoit
_de3efendre le vaisseau en cas d'attaque en
se retirant; sur Parriere , il dut conyaincre
Son roval h6te des obstacles qu'il auroit k
vaincre , s'il tentoit de s'en rendre maitre.
Lorsque Tianna lui. eut explique de son
Ae. de quelle maniere, et en eombien de
temps le nayire aypit ete construit, il demanda avec instance qu'on laissat un char-
pentier a Owhy %ee pour^aider Tianna a en
batir un autre ; jet $bus deux solliciterent j
si vivement cette fkyeur qu'on fut oblige
de leur faire une< espece de promesse con-
(i.)h|G'est-a-dire, du ^aisseau la Cdte No^d-Okest
d'Amerique, qui avoitJi-peu-gice&> la forme et la gran*
deur. de ce batiment. ||||p
i*^ N^oieftlu Tradmteur* ditionnelle, au moins pour les contenter    1788.
dans le moment. Deeembr.
--•rife . _    »# Ttifeji^r^f
Le matin du 12 , les capitames des deux VenSfedi *
vaisseaux se rendirent a terre dans Piole, I2-
accompagnes du roi et de Tianna, Ils furent
rencontres sur le rivage par trois pretres
qui chantoient une espece de chanson, et
qui leur presentment un petit cochon et des
noix de cocos. Le roi offrit sur le champ
le cochon au capitaine Douglas. La ceremonie de Pentrevue dura a-peu-pres dix
minutes au bout desquelles ils furent in-
troduits dans une grande maison toute ta-
pissee de nattes , et M jk espece' de drap
de diverses couleurs* lis premieres cere- e*
monies ayant ete-aloi^renouvellees, et le
pr£tre ayant chante une troisieme chanson,
on apporta deux cochons tout^cuits. Les
Anglois seuls en'mangerent. Apres ce repas , ils allerent faire un tour de promenade.
Ils n'y furent troubles par personne , les
naturels ayant ete tabouds en cette circonstance, et, par suite de ^interdiction, con-
signes dans leurs maisSns.
On ne remarqua rien dans cette petite
excursion qui merite d'etre rapporte , si ce
n'est quelques morceaux informes de coco-
m
ni :M
1788. tiers dont les troncs avoient ete cribies de
Decejnbr. halles par les equipages de la Resolution et
de la Deeouverte. Comme il faisoit une
chajeur excessive, on revint de la promenade, et Pon dina avec le roi. Du poisson
frais et des patates composerent tout le repas. Pendant le diner, les autres chefs assis
q une cercaine distance mangerent de la
chair de chien r6tie , de la racine de tar-
row et des patates. Car, a cette epoque de
Pannee,il est expressement interdit, meme
aux chefs , de se nourrir de cochons ou
doiseaux de mejUg fcrsonne, en un mot,
depuis le roi lui-S   We jusqu'aux Frees (1)
(1) Le capitaine Meares n'a pas pris la peine d$
nous expliquer ce qu'il faut entendre par ce mot.
D'apres ce qualest-dit des Erees dans les lettres XXV
et XXVI du voyage du capitaine Dixon , ou Pon
trouve, ainsi ;^ue dans les gfecedentes , des details
tres-interessans sur les iles Sandytieh , on pent croirg
que ce nom est celui des chefs de toutes les classes.
Ce qu'il y a de bien certain , c'e£fc qu'ils occupent un
rang tres-^leve au dessus du peuple. « Pendant que
» plusieurs de nous , dit Pauteifr de ces Voyages dans
» ia XXVIe lettre, etoient occupes a la porte d'tA
»? de ces hcmietes insulaires , j*entendis un bruit sern^
» blable,a celui de pierres lancees avec violence , et I I ( i83)   3      ,<;| ,
de la derniere classe , n'a cette permission. 1788.
Dans la soiree , le roi et la reine revinrent Decembr,
k bord de YIphigdnie avec le capitaine Douglas. Ils regardoient Pun et l'autre Gomme
un honneur inexprimable Pa vantage de
passer la nuit dans son hamac.
Ce jour fut employe  en grande partie  Samedi
a tuer des pores et a les saler ; mais comme      R
ii n'y avoit a bord qu'un tres-petit nombre
de chaudieres pour faire chauffer Peau, on
ne put pas avancer beaucoup dans cette
occupation si importante.
Le 14 , a trois heures du matin, la goe- Dimanche
lette arriva sous Parriere de YIphigdnie, et      x4»
» au meme instant tous les naturels s'enfuirent avec
» precipitation. En me retoifrnant j'appercus Ryheira
n qui venoit vers nous. Craignant que la foule qui
j© nous entouroit ne nous incommodat , il avoit pris
i ce moyen pour la dissiper. Cette circonstance est
» une preuve bien forte du pouvoir des Frees sur les
» gens du peuple. II n'yN a voit pas une des pierres
2b jettees par Ryheira qui ne fut au moins suffisanfee
» pour estropier un homme. Les najiurels le souffrirent
P cependant avec patience ». Voyage autour du
monde > par le capitaine George  Dixon , prem. vol.
1 "XT "XT T T T ^W<&&:-
lettre Mvlj pages 037 et $28.
Note du  Traducteur.
. '      :W&-     M 4 I (i§4)    |    .   ; j§
1788. le capitaine Funter donna la fdcheuse notfc-
DicQmbr. velle que son cable s etoit rompu. On s'oc-
cupa d'abord de Pamarrer a YIphigdnie.
On pria ensuite Tianna de se rendre a
terre , et d'engager le roi a envoyer ses
plongeurs pour retrouver le cable. Sur les
huit heures, il revint avec eux. Comme la
goelette etoit restee sur trente brasses d'eau,
et qu'elle n'avoit pas perdu plus de trois
ou quatre brasses de cable , ii fall oit que
ces naturels plongeassent a une profondeur
considerable pour reussir dans cette recherche. Au reste, avant de la commencer, ils
eurent k executer la ceremonie suivante :
lorsque les canots furent arrives a Pendroit
ou le vaisseau etoit a I'ancre, un chef pre-
senta plusieurs cale basses et de la racine
de tarrow a six hommes qui mirent a peu-
pres une demi - heure a. faire leur repas.
Ouand iis Peurent fini , un des chefs qui
les accompagnoit jetta trois cris terribles,
et agita un morceau de drap blanc par des-
sSns sa t£te. A ce signal, les six hommes
se jetterent a la mer, et disparurent enfin
instant. Quatre d 'entr'eux resterent sous les
flots environ cinq minutes ; le cinquieme
y demeura une minute de plus, §t lorsqu'il
IHH9R9
HBi Decembr*
-      S       il851 -   ' iS-*
re parut a la Surface, il etoit presqu'epuise; 17^
deux'hommes le saisirent au moment meme,
et le trainerent jusqu'au canot. Comme on
ne revoyoit pas du tout le sixieme , on corn-
men goit a le croire perdu , lorsque, tout4-
a coup, il se montra au dessus de Peau ,
mais replongea sur le champ. Trois de ses
camarades se precipiterent aussitot a Peau
pour le reprendre, et le rapporterent en
effet, mais prive de sentiment, et jettant
des torrens de sang par la bouche et par
les narines. Ii se passa quelque temps avant
qu'il fut assez revenu a lui pour instruire
les spectateurs jpie, non-seulement il avoit
tenu le cable, mais que m&me il Pavoit
nettoye. D'apres le rapport du capitaine
Funter , maitre de la CSte Nord - Ouest
'd'Amerique, cet homme passa sous Peau
environ sept minutes et demie. II parut,
au reste, que le cable etoit a une profon-
deur trop considerable pour qu'on put es-
perer de le recouvrer. Ces courageux naturels furent amplement recompenses de
leurs efforts.
Le capitaine Douglas ayant donne Pordre
de relever l'ancre, pensa qu'il seroit prudent de s'eloigner jusques vers le village
#* Lundi
ML. f - '- ...'|;    ,       -   ( i8<f )'   ^
1788.    de Kowrowa, et  vint jetter  Pancre  par
Decembr. yingt brasses d'eau, environ a un quart de
mille de la cote; mais n'y trouyant qu'un
mauvais mouillage, on porta une touee en
dehors du vaisseau, et Pon amena le na-
vire sur qnatorze brasses d'eau.
Le i5i a la pointe du jour, on envoya
Piole sonder p'us loin. Elle decouvrit que
le fond consistoit pr in ci pal emen t en roches
de corail sur le cote de Kowrowa. En consequence-, on leva Pancre, et Pon remorqua
le vaisseau en face de la Raie Sablonneuse
sur le cote de Karakakooa, ou on laissa
tomber Pancre par vingt brasses d'eau, fond
de sable gris. Les deux pointes qui forment
la baie couroient d'ouest-mi-nord en sud
un rhumb ouest, a ia distance d'environ
Un mille de la cote. Toute la soiree fut
employee a p&cher du poisson et a le Saler.
Tianna etoit alors decide a se fixer dans
Pile cV Owhyhee. Tome-homy-haw lui avoit
donne une portion de terres considerable.
II pouvoit y couler une vie honorable et
tranquille que les troubles et les dissensions qui desoioient Atooi ne lui permet-
toient pas d'esperer sous le ^ouvernement
de cette ile. Mais ce n'etoit pas une chose ig.
facile que d'en tirer sa femme et le reste    178&
de sa faraille pour les etablir avec lui dans Decembx,1
cette nouvelle demeure.
Comme, depuis quelques jours, on avoit Vendredi
a Pouest un temps accompagne de grains ,
le capitaine Douglas craignit un vent frais
de ia mer. II resolut done de continuer sa
route, et de chercher, parmi les autres iles,
quelqu'endroit ou les vaisseaux pusseut
rester en panne avec quelque surete. En
consequence, dans la matinee de ce jour,
on desaffourcha son vaisseau ; mais en levant I'ancre d'affourche, on s'appergut que
le cable etoit rompu. A Pinstant m£ine oh.
Ton fit cette deeouverte , le roi et les chefs
quitterent le vaisseau sans bruit, et s'era-
presserent de gagner la cote a force de
rames. Comme Petalingure avoit ete , selon
toute apparence , coupee a dessein , il n'etoit pas difficile de conjecturer sur qui devoit tomber le soupcoti de cette trahison.
Le capitaine Douglas envoya done Tianna
vers le roi pour Pinforna#r du fait, et lui
communiquer les soupcons qu'on avoit con-
gus. II le chargea d'ajouter que, si Pancre
he se retrouvoit pas , sa vilie s.eroit mise
en cen dres* Cette pienace produisit Peffet
i ( *88 )
178?. qu'on en attendoit; car, au bout de quelques
Decembr. instans, Tianna revint avec une troupe de
plongeurs qui, apr£s avoir recommence les
T ceremonies dont on a deja donne le detail , sauterent dans Peau , et disparurent.
Le plus long espace de temps qu'auCun
d'eux passa sous les flots ne fut que de
quatre minutes, mais ils ne trouverent point
Pancre. Ils se replongerent une seconde fois
a Peau, sans avoir plus de succes. Enfin <,
on accrocha Porin de Pancre avec un petit
grapin , de sorte que les plongeurs n'eurent
plus a. alieguer pour excuse qu'ils n'etoient
pas bien surs de Pendroit ou etoit l'ancre.
Deux d'entr'eux se jetterent done encore
une fois a la mer avec un cable de trois
pouces et demi, et Petalinguerent k vingt
brasses d'eau avec la meme aisanee que
s'ils eussent ete a terre. Ce fut ainsi qu'on
recouvra cet artigle si important ; et Pon
s'en felicita d'autant plus ape la perte en
eut ete tres-facheus^, en ce qu'il ne restoit qu'une ancre de poste, et une maitresse
ancre ti es -1 oura&w mais sans cables assez
forts pour pouvoir transporter cette derniere
jusqu'a Pavant du vaisseau.
S^medi      ke matin du 2o,ion eut des brises le- . '   ■    #e (l89>,     ,      e \
gSres de terite, et au moment ou on levoit 1789.
l'ancre pour gagner le large, le vent souffla Decembr,
de l'ouest par grosses raffales, et fit craindre un srain. Le roi se rendit a bord ,
accompagne de Tianna et de plusieurs
chefs. Mais lorsqu'il s'appercut que le vaisseau s'etoit eioigne de la baie, il crut que
c'etoit le moment de partir, e{, en consequence, il quitta le vaisseau, suivi de plus
de cent canots.
Aussitot qu'on eut gagne le large , on mit
a la cape, et le temps Iretant eclairciL, le
capitaine Douglas donna Pordre d'apporter
sur le pont tous les tresors w/r^anna. lis
consistoient en differentes especes de scies ,
en pergoirs, haches , herminettes, couteaux
et couperets; en draps de diverses fabriques,
--•ie.a ■$%*&& M&& . M
tapis, de plusieurs coulcurs , en une quanr
the considerable de porcelaines , et en dix
barres de fer. Tant de .richesses ( c'est le/
nompon peut donner a ces objets, quand
on considere quel en etoit le proprietaire)
etoient trop precieuses pour qu'on les conf
fiat a des canots qui n'eussent qu'un seul
fond ; et comme il restoit amour du vaisseau plusieurs canots (lobbies dont chaeiin
pouvoit contend de quarante a cinquante
•L#c $0.0
l7gg#    hommes , le coffre fut place dans Pun , les
Decerabr.£>arre$ de fer dans Pautre, et ainsi du reste,
de sorte qu'il n'y eut pas moins de  cinq
canots charges de ces tresors ; ils etoient
trop solidement constrnits pour que Tianna
put concevoir la moindre inquietude. Apres
avoir prie le capitaine Douglas  avec des
instances reiterees de conduire sa ^kmille
d'Atooi a  Owhyhee , ce cher Indien  prit
conge de lui et de tous les gens de Pequi-
ZD ZD>. •&
Wage , en qui il avoit constamment trouve
d'aimables cornpagnons et de sinceres amis.
De leur cote , ces derniers ne virent pas
arriver, sans la plus yive emotion, Pins-
tant ou ce chef, dont les qualites aimables
et le caractere senereux avoient sfisne leur
ZJ CD'   CD
estime dans les rapports d'un long et peril-
leux voyage, alloit se separer d'eux. Lors-
que Iianna quitta ie vaisseau, accompagne
d'un grand nombre de ses parens qui lui
form oient un cortege dans leurs canots res-
pectifs', le capitaine Douglas le salua de
\    sent coups de canon pour rendre honneUr
i. X x
a cet estimable chef, et fit voiles sur le
champ eU gouvernant nord-ouest.
x zd ii^jg rrj^v^   ^j?t
Plusieurs batinieiis europeens sont arrives I la hauteur de cette ile. ttais comme ( 191 )
aucun autre vaisseau que  YIphigdnie n'a     1788.
mouiiie dans la 'baie de Karakakooa (1) ; Decemfer.
(1) Voici la description de cette baie, telle qu'on
\& trouve dans le troisi^me volume du troisieme voyage
de Cook t
u. La baie de Karakakooa est situee au cdte occi-
5? dental de'Pite <VOwhyhee, dans un district appelle
7> Akona ,* elle a eftYiron un mille de prfcfondeifcr , *tt
» elle se trouve bornee par deux pointes de terres
» basses . eioignees Pune de l'autre d'une lieue et de-
» inie au sud-sud-est et au nord-nord-ouest. Le vii-
i5.J.age de Kowrowq .occupe la pointe septenlrionale
s& qui est plale et"sterile, et il y a au fond de ia baie,
si pres d'un bocage de grands coco tiers , uke Autre
53 bourgade| d'une etendue plus considerable, ajpj?eii.<£e
» Kakoa. L'intervalle qui les separe est rejnpii p|x
» une baute montagne de roche \ inaccessible du cote
m de la mer. La cote de la bande sud paroit tfes-ine-
» gaie jjisqu'a un mille dans i'interie^ur des terres : par
» deia,le sol s'eleve peu-4-peu jet il est seme de
» champs cultives et enclos , et de bocages de coco-
?? tiers, parini iesquefe les habitations des insulaires
r> sont repandues en grand nombre. Le rivage oui
v environne la baie est mi roclier de corail noir | et
53 le debarquement est tres - dangereux par un gros
» temps ; j'excepte neanmoins le village de Kakooa ,
n ou il y a une belle greve de sable qui offre , a Pune.
v de ses extremites I un moral ou un cimetiere | et a i7§£.' comme le capitaine Douglas et les gens de
-Decembr. son equipage sont les seuls Europeens qui
aient ose prendre terre dans Vile d'Owhyhee depuis la mort malheureuse du capitaine Cook,1 les changemens survenus dans
Pile depuis ce deplorable ^venement, du
moins tout ce qui en est parvenu a la connoissance du capitaine Douglas, doit tkre,
regarde comme d'un assez grand interet.
pour justifier les details succincts qu'on en
va donner ici.
Plusieurs des chefs dont le capifaine King
a juge a propos de parler , n'existent plus
aujourd'hui. De ce nombre sont Pami Kai-
reekeea et le perfide Koah (1): mais Eappo ,
le fidele Eappo qu'on se rappelle avoir ete
•1
» l'autre , un petit puits d'eau douce ». Troisiime
Voyage du capitaine Cook , troisieme vol. , livre V,
chap. I , pages 38a et 383.
Note du -Tradueteur.
(i) Voyez , au sujet de ces deux insulates de ca-
racteres si differens , le chapitre I du livre V du troi-
sieine volume du troisieme Voyage.de Cook , page 386
et suiv. ? et le chapitre IV du me'me livre , page 458
et suiv.
Note du Traducteur*
celui i I .     (19^) 'if    .  7
■fcfelui qui apporta les !os  de Pill'ustre navi-     17SS*
gafefur au capitaine Clerke (1) , et qui ay oit DeeefiiBfi
j !(i_Y u Un 'chef nomme' Eappo , qili noils avoit fai»
j> peu de visites , mais que nous connoissions pour un
» personnage de la premiere importance , vint le soir
jj nous ddmander la paix de la part de Terreeoboo § et!
rfxil nous apporta des pfeWns. Nous reciimes ses pre-6
» sens , et nous lui repondimes, comme nous Pavions
» deja fait tant de fois, qu'il n'obtiendroit la paix
a qu'apres nous avoir rendu les restes du capitaine
5? Cook. 11 nous dit que la chair de nos soldats de. ma-
a rine * et les os de la poitrine et de Pestomac ayoient
x> ete bruies 7 mais que ceux des bras , des mains j des
j» jambes et des cuisses avoient ete partages entre les
j> chefs inferieurs 5 qu'on avoiu dispose^intrement du
n corps du capitaine Gook 5 qu'on avoit doling ia teto
» a un grand chef appeile Kahoo-opeou , la chair k
» Maiha-Maiha $ et les cuisses, les jambes et les bras
a a Terreeoboo i  .... c ... *
5> Entre dix et onze heures, une multitude d'iristi-s
>i laires descendit la Colline qu'i domine la greve* lis
* fbrmoierit Une espece de procession 5 ils portoienfc
» une canne ou deux de sucre sur leurs epaiiles , et
>i iis avoient dans leurs mains du fruit a. pain j du
» taro et des bananes. lis etoient precedes de deux
n tambours qui , arrives au bord de la mer > s'asJ
v sirent au pied du pavilion blanc , et se mirent h>
xs frapper sur leurs iitstrumens. Leuts eompafrriotes qui-
Tome III* N e ' I   ( »94 )    f
178S.    epouse^Ia soeur de Tianna ; Eappo, dis-je ,
Decembr. etoit alors a bord de YIphigdnie. Ii n'avoit
3» l£s suivoient a la file, s'avarfcerent Pun apre^s Pautre,
» et apres avoir depos£ les presens qu'ils apportoient ,
« ils se retirerent dans le meme ordre. Nous ne tar-
* dames pas a appercevoir Eappo revetu d2un loug^
» manteau de' plumes 5 il tenoit quelque chose avec
» beaucoup de soin , et s'^tant place sur un rocher,
>* il  nous fit signe de lui envoyer un canot.
» Le capitaine Clefrtte peiisa qu'EappO nous appor-
» toit les restes de M. Cook, et sa conjecture se trouva
» juste. II prit la pinasse , il alia feti-ineme les rece-
xi voir , et il m'ordonna de le suivre avec la cliaioupe.
>a Lorsque nous fumes au rivage , Eappo entra dans la
39 pinasse, et il remit les restes de M. Cook, envelop-
y> pes dans une quantite considerable d'une tres-belle
» etaSe* neuve , et converts d'un manteau seme de
ti plumes -noires et blanches. II s'embarqua avec nous 5
» mais nous ne pumes le determiner a montcr a bord
» de la Resolution. Il est vraisemblable qu'il n'avoit
v pas voutu par decence assister a Pouverture du pa-
si quet. Noiis y trouvames les mains de M. Cook bien
5) entieres 5 nous les reeonnumes aise.inent a une large
r> cicatrice qui separoit le pouce de Pavant-doigt 5 nous
» y trouvames de plus Pos du metacarpe , et la tete
» depouiHee de la chair 5 ( la cheyelure avoit ete
* cDupee , et elle etoit separee du crane , et jointe aux
•*? oreilles 5 les os de la face  manquoient. )  Nous y ■■ i ^i95 *        h •' •■■ ■-•-
pM  quitte ce  vaisseau depiuis le moment    178S.
ou i^s'etoit arreke a la  hauteur de l'ile. Decembr,1
Quant a la revolution qui avoit change la
>> trouvames aussi ceux des bras auxquels pendoit la
33 peau <ies avant - bras > les os des jambes et des
j? cuisses reunis ^ mais sans pied. Les li gam ens des
» jointures etoient en bon etat ; le tout sembloit avoir
■& ete au feu, si j'en excepte les mains qui conser-
33 vaient leur chair , mais qui etoient decpupees eu
» plusieurs endroits et remplies de sel, selon toute
* apparenCe, afin qu'elles se gard'assent plus long-
33 temps. La partie du derriere de la cheveiure offroit
nellne ettaiilade, mais on ne voyoit point de fracture
j? au crane. Eappo nous dit que quelque^- uns des
j? chefs s etoient empare's de la mandibu|e infei^eure
» et des pieds , et que Terreeoboo mettoit en usage
is tous ses moyens pour les ravoir.
»> Eappo et le fils du roi vinrent a bord le 21 au
*> matin. Ils apporterent le r^ ste des ossemens du capi-
33 taine Cook , les deux canons de son fusil, ses sou-
si liers et quelques autres choses x>. Troisieme Voyage
du capitaine Cook . troisieme volume , livre V, chapitre IV, page 378 et suiv.
Je  n'ai  pas   balance  a.  recueillir  dans  le  dernier
voyage  de Cook) et a donner icj. les details touchans
tjftt'on vient de lire . certain qu'ils ne pouvoient Qu!i©Ac
teresser le lecteur.
Note du Traducteur.
rtf
>A
■ p
c196)
17SB.    face du gouvernement, Phisto-rique le i plus
Dfccenibr, exact  et le  plus yrai, dans Popinion  da
capitaine Douglas, est celui qui suit^
Environ trois ans apres la mort du capi-
, taine Cook, Maiha-Maiha (x) ( c'etoit le
nom que portoit alors Tome-homy-haw )
eut occasion d'expedier un message au roi
Terreeoboo, Celui - ci, pousse par quelque
motif dont on n'a point eu connoissance ,
Se permit de faire mourir Penvoye. Maiha-
Maiha, chef puissant et redoutable, que la
i*lie , A
nature avoit dou-e d'un caractere actif et
enireprenant, parvint a determiner la'plus
grande partie des chefs d'un rang egal au
sien a se joindre a lui pour venger son
0rTense. II alia done sur le champ trouper
le roi. Ce prince fut irrite a tel point des
sanglans reproches de Maiha-Maiha., qu'il
lui donna un soufflet.   On doit presume^
(ij 11 n'avoit pas ete  tue par .Partillerie du  capitaine Clerke , comme le  trai^re Koah Pavoit assured*
Le capitaine Jacques King apprit depuis que ce chef
iPetoit que legerement blesse au visage d'un eclat de.
jSlerre , e'nleve par les boulets. Voy. le mSme Voyage^
meme1 volume , etc. page 47°•
Note du  Pmducteur*
.'VVS - " M\ tI97 * •     ..    , ,,   .."V
\jue cette voie de fait fut consider ee comme    17&I?.
un  crime capital  dans le  roi lui - meme. DecemlrJ
Aussi les chefs de Pile. s'assemhlerent - ils
pourle jugef. lis delibererent pendant trois
jours y au bout desquels il fut decide que-
Terreeoboo mourroit. On prepara1 a Pins-
t?ant une coupe de poison qu'on  donna a
Maiha-Maiha ; il la presenta alors au rot
qui la refusa paipdetrx fois. Mais apprenant
qu'un autre genre de mort plus deshono-
sajpLtTui etok reserve, et remarquant que
l'ekecuteur se tenoit a ses cotes, tout pret
a luff^ire sauter la cervelle , le malheu-
renx prince, dians les agonies d'u dej^bspoir,
9£iaj^fl&jg(iaJe boisson , et, au bout de queF^        \
que$^#sjtans ^toraba de son siege et expira.
Par un effet de la mehne puissance qui
ajoit ote la vie at Terreeoboo , son fils se
yitj .{$iriva- de la succession  au   trone ,  et
MaiharMaiha full proelame roi, sous le nom*
de Tome-hon&vJiaw. Telle est Phistoire la
. plus   yraisemblable   de   cette   revolution j.
malgre toute la peine que prit le roi lui-
meme pour persuader au capitaine Douglas
que Terreeoboo n'avoit ete empoisonne que
pour avoir encourage les naturels a mas*
sacrer le capitaine Cook.
.. •-
t .V-3 iisa»
-'    ( 198)   •,       :    ':-§       ;
Quoi qu'il en soit, Tome - homy ^ hayj|f
Decembr. ^paroissoit etre plurot un objet de crainte'
que d'amour parmi ses sujets. Autant qu'il
est possible d'en juger sur ce "qu'on a pu
observer de son caractere, il etoit natureN
lement pprte a la tyrannic, et possedoit
bien peu de ces qualites (jrui meiitent a un
roi le premier de tous les titres, celui de
pere de son peuple. Le capif^hie Douglas
rapporte une circonstance qui prouve au
moins que si un soufflet ou une blessiuS?
faite ayec une arme quelconque est regar-
dee comme une offense capitnle dans le roi
lui-meine , une semblable violence, com-
mise avec le pied , n'emporte pas du tout
l'idee de crime. Quelques-uns deSi'Hiefs ,
voyant le capitaine Douglas se tasWt, pro-
posefent que le roi se fit la meine operation. Sa* majeste jngea a propos de les
ch'asser tous Pun apres l'autre a coups de
pied , non - seulement sans craintle1, ihais
encore sans misericorde.
Dimanche Le 2.1, les vaisseaux firent voiles vers
Mowee; le vent etoit de sud. A midi, on
observa la latitude ; elle se trouva de 20
degres 36* minutes nord. On etoit a quatre
milles de distance de Mowee* Le vent ayant ( *99^
fraichi du .sud, on courut sur le haut de    1788.
la baie. La  sonde rapporta reguiierement Decembr;
de treize ja cinq brasses d'eau slxr jan fond
de roches de corail. En quelques endroits,
•on avoit**iu sable ; les vaisseaux auroient
■mn y mouiller avec toute surete  pour les
gables, s'il n'eut pas vente  si grand frais
-sjirela cote. On sortit done de la.baie, et
Ton gouverna vers la pointe occidentale de
sKile. A six heures du soir, <ui lais$a tomber
l'ancre d'affourehe par cinq brasses et demie d'eau, fonde.de sable et de coquillages,
,et Pon porta l'ancre de touee , a la  longueur d'un demi-cable de chaque «&te.
- ***■'.^ (   2.00 )
i§c.§mh~<
CHAPITRE   XXX. >
(in arrive a la hauteur de Woahoo. ——*
Reception faite au capitaine Douglas
parWneeree , roi de cette ile. •*--— Les
artcres des deux vaisseaux sont enle-
v des par les naturels.—Ndgociation avec
le: roi pour leur restitution.^On-xquiite
JVoahoo , et Von cirfgle vers Atooi.-^-L
On met a Vancre dans la baie dkjSff^.-
. *
nioa. -w- Taheo, prince souveraixedu pay&x
cone oit de vives. alarums it Voccasion
du retour de Tianna, et se retire dans.
i<g partie la plus elevee de Vile.   Il
p&vient, et ses craintes se dissipent.	
// visile /'Iphigenie. —-~Chertd des provisions, m Causes prdsumdes de leur prix
excess if.-r^r-Le capitaine Douglas reco it
avis de quelques complols tramds contre
lui. —Sa conduite en cette circonstance.
««* On radpube le vaisseau, et Von rd-
pare les manoeuvres. -—On avance vers
Qneefceaw^ *--— Les vents contraires ran
fienent les vaisseaux a JVoafroo. —11$ (  201   )
arrivent dans la baie de Tiro way, dans    *tJ&»
Vile d%whyhee. Procddds obilgeanst^^^
de Tianna el du roi.-—Alliance forme e
entr% les princes des iles voisines , en
faveur du fis de Terreeoboo. — Secours
donne par le capitaine Douglas au roW
d* Owhyhee et a Tianna. — Description
de la baie de Tiroway. —■ Quantitd
considdrable de provisions envoy des aux
vaisseaux par or dre de. Tome-homy-
haw.—On quitte Owhyhee. — Qiterelle
entre les matelots dans la baie de Wy-
moai •  On fait route vers  Oneeheow
pour^y recueillir des ignames. —Ddvart
JT *s CD .      I
des iles Sandwich pour retourner a la
CQte nord-ouest a Amerique.
•-m.
J_ L n'arriva rien de bien remarquable depuis le Wm si ce n'est que les naturels ten-
terent de coiiper le cable de Ylphigdnid^
tandis que ce vaisseau etoit a Pancre a la
hauteur d% Pile Mowee. L'un d'eux recjut,
pour p^tk^de cette audacieuse entreprise,
line correction tres severe. Oh avoit continue, pendant plusieurs jours, k manoeuvrer ( 202 )
t?2$.    beaucoup pour trouver un bon mouillage %
Deeembr. et le 3o, on tourna l'extremite sud-est de
Alardi    pf{e je ppoahoo, A huit heures  du soir •
Alercredi OB arr*va Pr^s d'une vaste baie. Le jour
31. suivant, a midi, comme le courant pous-
soit le vaisseau vers un bas - fond , ccrfitre
lequel la mer venoit se briser avec une terrible violence, on fit de la voile, et Pon
s'eloigna de terre. On avoit alors cinq >
quatre et trois brasses et demie d'eau , k
la distance d'environ quatre milles de la
cote. Vers quatre heures de Papres - midi y
on vira vent devant, et Pon courut sur la
cpte pour sonder et choisir un mouillage;
mais comme il ventoitgrand frais sur terre^
et qu'il se trouvoit un nombre considerable
de bas-fonds et de bancs de sable sous le
vent dn vaisseau, on fut oblige de virer de
bord.. ii|
1780. ®n continua d'avoir le cap au large jua-
Janvier. qu'a quatre heures du matin du premier
Jeudli Janvier 1789. Le vent tourna alors a Pest,
et amena un temps calme et tr£s-beau. On
fut bient6t informe par les naturels que
Titeeree, roi du pays , demeurok sur le
cdte oriental de fa baie. On envoya done
I'iole pour sonder  vis - a - vis  une   baie ( 2.o3 )
sablonneuse ; pendant cette expedition y *7$9*
YIphigdnie porta au large, favorisee d'un Janvier.
bon vent. A midi, Piole fit signe qu'elle
avoit trouve un mouiilage. En consequence,
on courut de son cote, et on laissa tomber
Pancre de touee par onze brasses d'eau, sur
un fo$d"de sable et de coquillages, k trois
hidles environ d'un village, et a deux seulement d'une terre elevee et^fliante situee
sur le tfote oriental de la baie. Les deux
extremites qui forment cette vaste baie couroient d'ouest-mi-nord a Pest-sud-est. 1$%
naturels lui donnent le noin de Witetee.
C'est le Seul bon mouiilage qufon decouvre
stir le c6te oriental. Lorsque le vent alike
souffle , un vaisseau peut y mettre a l'ancre
en toute surete. Mais si le vent varie au
sud-est ou a Pouest, elle de vient alorSefort
dangereuse , a cause du grand nombre de
bas-fonds et de bancs de sable qu'elieYren-
ferme. S»
Apres qu'on eut jette Pancre , le capitaine Douglas envoya au roi un present.
IP le fit inviter , en meme temps , a venir
sur son bord. Vers quatre heures de l'apres-
midi, ce prince rendit sa visite a Yiphigd-
MF 1
ii i
ggSX Janvier.
(204)
nie. Lorscpi'il arriva a. bord, il fut same
d'une decharge de cinq coups de canon ,
et on lui oftrit un second present qui consistoit en herminettes, couperets et couteaux : il pronait alors avec beaucoup de
grace et d'empressement au capitaine Dou*
glas de faire lever le taboo mis sur les pores,
autant qu'il pourroit etre necessaire pour
I'approvisionnement du vaisseau , et de
ppurvoir a ce qu'il lui en fut fourni une
grande quantite des iles Mowee * Ranai %
Mbrotoi et FVoahoo*
iXe lendemain matin, le roi vint mndre
une nouvelle visite au vaisseau. II appor-
Joit avec lui un present compose de pores,
de racine de tarrow , de patates , d'une
Mrtue et de quelques poissons de Pespece
de la ,truite. IP retourna a terre de bonne
J^ure dans PapreSvUiidi, et, bientot apres ,
le, capitaine Douglas le suivit sur Piole. II
fut recu avec beaucoup de cordialite par
Titeeree qui le conduisit autour du village ,
lui fit voirplu$ieurs^plantetions , et le mena
jusqu'a de vastes etangs qui paroissoient
abondamment empoissonnes. II lui parla
aussi de quelques autres lacs ou il y avoit I
V
3«
( io5 )
aes tortues en quantite, et lui promit de 1789*.
lui en apporter une a bord , le jour sui*- lanviefj
vant. Saiitedi
En effet, des le* lendemain matin, Ti*
teeree re vint au vaisseau, avec un nouveau
present de tortues et de cochons. Vers dix
heures , un canot double , ecjMpe  comme
une goelette, tourna la pointe orientale de
la baie. Les naturels furent ^irompes, aussi
bien que les gens du vaisseanJ^Car les uns
et les autres imaginerent que c'etoit la Cot&
Nord - Ouest d'Amdrique que Pon n'avoit
pas vue depuis  plusieurs jours.  Enfin, le
eanot arriva a une petite distaneljp. II n'etoic
pas etonnant qu'on s'y fut m^Wis : ii avoit
un grand foe, une grande voile et une voile
de misaine semblables a eelles de la goelette.
Le 10 , le capitaine Fumter vint rejoindre
le capitaine Douglas. Son vaisseau avoit
considerablement souffert plusieurs jours
de suite , a la hauteur de la pointe occidentale de Pile, sans pouvoir se rapprocher
de YIphigdnie.
Pendant le temps que les vaisseaux res*
terent a FVoahoo , ii n'arriva rien-de bien*
digue d'etre rapporte, si ce n'est 4la perte qq'on fit de leurs deux ancres. Titeeree qui
s'etoit cpnduit, d'ailieurs, de la maniere la
plus armable et la plus honnete, imagina
de les enlever et de les faire porter a terre
avec leurs cables, malgre que le vent souf-
fiat avec violence. Comme cette perte etoit
de la plus grande consequence pour les vaisseaux , et que, dans la situation ou ils se
trouvoient, elle les eut empeches de conti-
nuer leur voyage > il devint absolument x\44
cessaire de faire tous les efforts iraaaina-
bles pour l&s recouvrer. Le roi ne prit pas
meme la peine de dissimuler le vol : car les
personnes que le capitaine Douglas envoys
vers lui  pour  solliciter  la  restitutio!!' des
ancres et des cables , les appercurent dans
sa maison. Ii paroit, en effet, qu il n'avoit
eu d'autre vue en les derobant que de forcer le capitaine Douglas a laisser a Woahoo
quelques uns de ses armuriers, et que c'etoit a cette condition seule quel! se  seroit
determine a les rendre. Quoi qu'il en soit,
on recouvra  les ancres , au moyen   d'un
present qu'on fit au roi d'un pi.tblet, d'un
mousquet, et'd'une petite provision de munition. On y joignit toutefois quelques menaces que  la circonstance rendoft* iieces* saires ; et on declara a ce prince que, s'il    1789.
ne s'empressoit de  restituer les divers ar-  Jauvkr.
tides qu'on avoit  enieves , sa  ville seroit
reduite en cendres.
A pres s'etre fourni de provisions en aussi Dimanciie
grande abondance qu'il leur flit possible de *%•
le faire, et avoir rempli d'eau plusieurs
tonnes , les capitaines Douglas et Footer
remirent a la voile le i5 , a cinq heures et
demie de Papres - midi , et sortirent de la
baie. Le jour suivant, a midi, une observation donna 21  desres  2.6 minutes de ia- >
Cj
titude nord. Les extremites de Woahoo
couroient d'est- quart - sud en nord-ouest-
quart-nord, a quatre miiies environ de distance du rivage.
CD
Le meme jour, a deux he 1 ires de l'apres-
midi , on yit Pile dAtooi, restante a Pouest-
quart-nord-rni-nord : pendant la nuit , uu
fort courant porta contre les vaisseaux , et
le vent fut de Pouest. Le 29 , a midi , on
laissa tomber Pancre dans la baie de IVy-
moa, par vingt-trois brasses d'eau , sur un
.fond de vase mo lie. Les d&hx. pointes des
extremites qui forme nc la'baie, couroient
d'est - sud - est  a Pouest - nord -
Lundi
2.6.
**5 ffi      "   , "  '   -$' .•'    (208 )    r M[
t7§^f    morai (1 ) sur la cote, gisoit nord-est-mi-
Janvier,   nord.
Des le moment que YIphigdnie et la Cote*
Nord-Ouest d'Amdrique avoient paru a. la
hauteur d!Atooi, Taheo, roi du pays , et
tous les chefs s'etoient eloignes a une distance considerable dans la partie ia plus
elevee de Pile, craignant les effets de la
colere de Tianna. Ils avoient appris que
Ce chef etoit a bord d'un des vaLseaux,
et qu'il avoit mis le taboo sur tout ce qui
etoit a terre. 'Mais ils ne tarderent pas a
apprendre que ce meme chef dont ils re-
doutoient si fort la vengeance avoit ete de-
pose a Owhyhee. On expedia done sur le
champ des couriers vers Taheo qui , eii
consequence de cet avis , fut de retour en
trois jours a Wymoa. Des son arrivee , il
envoya aux vaisseaux des cochons , des
ignames et des patates pour lesquels on
demanda un prix exorbitant. On n'exiceoit
f 1) Ainsi se nomme le lieu sacre ou les habitans des
il>?s Sandwich deposent les morts. Voyez le troisieme
Voyage de Cook, troisidme et quatrieme volumes.
Note du Traducteur.
pas (   203   )
t>as moins de< deux haches ou de^cU^Jiuit
pouces de fer en barre pour undejQchoit
de moyenne grqfseur. Jpette cherte exceV
siye de leyrs divers articles etoit le resultat
4es suggestions d'un certain homme*^ de*
*OCJ %¥%■'
serteur du vaisseau du capitaine Colnett*
ILse nommoit Samuel Hitchcock, et il etoit
devenu le principal favori de Taheo lui*
inem6;^Tel etoit, en effet , son ascendant
sur Pesprit du roi qu'un des naturels lui
ayant derobe un petit morceau de drap
qu'il portoit a la ceinture, Taheo avoit fait
poursuiyre Paccuse jusques dans les mon*
Jtagnes ou ii s'etoit enfui ; et lorsque le malheureux fut attrape, on lui arracha les
.deux ye#x, on lui enfonca unp^^(i)
au travers du cceur, et on depouilla ses os
.mM.m,~n*r**m<>*rlm
(1) Ou pa-ha-we. C'est une arme qui a la forritf*
<r un poignard , et dont les naturels des iles Sandwich
se servent dans leurs combats corps a. corps. Ge fut
d'un coup de ce poignard, pionge avec force entre ses
epaules par un des insulaires, que perit le capitaine
Cook , dans Paction qui eut lieu entre les soldats de
son equipage et ces barbares. Voyez le journal du troi^
sieme Voyage de Cook*, pages 409 et 41$\
Note du Traducteur.
Tome III* 0
Javier.
>' m
1 -:fe" •     ( 210 )    --
1780.   Se ie^&^dhair d6nt on fi££fine fenorce pour
•* $^SE*:J
Janvier,   les "goulus de mer.
Mais Quoique Taheti fut revenu a Wy*
moa, ii s'en falloit fefeaucoup qu'il eut cesse
de craindre pour sa surete. II ne vouhjfc
point d'abord se rendre a Pinvitation que
lui avoit faite le capitaine Douglas de venir
sur YIphigdnie , et donna pour excuse que ,
quelque f&mps auparav&nt, il avoit ete mal-
traite par l'equipage d'un vaisseau qui avoit
visite ces'parages. Ceperidant, ses alarmes
finirent bientot par se dissaber. Ii Vint, de
KE       IS*
temps a autre, ail vaisseau , et il se forma
entre ces naturels et les Europeens qui se~
journoient parmi eUx des relations d'amitie
qu'ort etoit fonde a regarder comitie sin-
ceres , si Pon en crOyoit les  apparences.
Dans le meme temps , le capitaine Douglas fut averti de se tenir en garde contre
iSs desseins du r&i du d'Abinui son mi-
nistre(i). On le prevint aussi qu'il avoit
beaucoup a craindre d'une certaine racine
A
(1 jrCe chef est sans doute le meme que celui dont
il est parle dans le voyage du capitaine Dixon , sous
le* noiri d^rJt>e*S66e, et qu'il vit k Oneeheow en jum
& emgpisonnee, , connue particulierement des tffa
habitans des iles Sandwich , laquelle, re- Janvier,
duite en poudre, pouvoit etre facilement
repandue par tout le vaisseau ou jettee sur
les habits des gens de l'equipage sans qu'on
s'en appengut : on ajouta que les effets de
ce poison sont si terribles, que la plus petite quantite, respiree par la bouche ou par
'^^^•^^**^mm*m*mtm*mkw*^*mkwekimmmmmkim*^mmmK^^
1786 , et en fevrier  1787* Void le portrait qu'il eA
fait:
« Abbenooe est d'une taille moyenne , et parott
» avoir environ cinquante ans. Quand nous le vimes
>> pour la premiere fois a Oneeheow, son corps etoit
9 presque couvert d'une lepre blanche , et ses yeux
i> paroissoient affbiblis, ce qui etoit occasionne pa*
j> Pusage immodere qu'il faisoit de V&va$ mais il cessa
j> d'en boire quand nous lui en eumes fait sentir les
>3 consequences. On peut reconnoitre avec certitude
33 les bons effets de Ce regime ; sa peau avoit com-
*> mence a. reprendre sa couleur naturelle , ses yeux
Tr -paroissoient sains et pleins de vivacity , er il avoit
» Pair d'etre en parfaite sante' et dans toute sa vigueur.
» II a un fils nomme Tyheira , etc. 33. Voyez le
Voyage fait autour du monde en 1785, 86 , 87 et 88
par le capitaine Dixon , traduit de Pangiois par 1©
citoyen le Bas , premier volume, lett. XV et XXIV*
pages 161 et 310.
Note du Traducteur.
Oi
?1 (  2i2  )
1789. les narines , suffisoit pour causer une mort
mvier. prompte (x). Quoique le capitaine Douglas
ne soupconn&t point des intentions aussi
criminelles a Taheo, ni aux naturels ses
sujets ; ii crut que , dans tous les cas, il
etoit de la prudence de declarer hautemeni;
que si Pon faisoit la moindre tentative pour
empoisonner aucune des provisions ache-
tees dans Pile, il ne laisseroit pas en vi&
un seul des insulaires qu'on pourroit at-
traper.
Quoique le nombre des cochons et la
-quantite de racines qu'on avoit recueillis
Jt Atooi, fussent loin de repondre a ce
qu'on avoit espere y trouver ; quoiqu'on ne
reussit meme pas toujours a se procurer les
articles d'une necessite indispensable , on
saisit cette occasion pour faire sur le vaisseau les reparations les plus importantes :
on raccommoda les voiles, les cordages et
*i) Le lecteur peut se rappellen ce qu'il a lu a. ce
sujet dans le n°. V de PAppendix du second volume,
qui contient les instructions donnees par le capitaine
Meares au capitaine Douglas en quittant la c6t«
d'Amerique , page 359 et suiv; 7|||
Note du Traducteur% »
'
les manoeuvres. On resoiut ensuite de faire     17%.
j-??S^fe;- S^B#3ej t*%.i ''■**l»www*j!^!w-»!| --S91*f§^j^y'      **v   *- ■
voiles vers Oneeheow ; et comme Nanuta-   Janvier.
haw; (1) , six de ses parens, et quatre tem-
mes . maniiesterent le desir d aceomp.agner
la femme et Uenfant de Tianna a  Owhy-
ae".
/T<?^ , rlecapitaiiie Douglas les prit tous "sur
son bord. se flattant qu ils lui seroient d une
:.e,ltt: S ' - % ■    *i&P8&   .-- '       Steffi   rwgftinui
grande utilite en lui facilitant les.moyens
l^—v . e '-■■■• w7«-- '"ij>---^e #^*>
de s appro visionner de tout ce dont il avoit
fil 12r*£^ IT ffOFjgfejpl §uQ      ' mMm ft*
besom dans  1 ile qu il alloit visiter avec
eux.
sous voiles. f'Au coucher du]lolMl .la baie
 ^pris
couroit
<te jHjgte gisoitnord-est. f&^jgl
Eextr&mite sua fouest d' Oneeheow c
ouest, a la distance d'un mille seulement*.
^b7i£
y-tii
/GD
^ ^i\t^ est nomme Namaitaliaite dans la relatjpa ^3ri
"Vpyage du capitaine Dixon. C'etoit a ce meme chef
que les gens de son equipage avoient donne le^urnoifi
ae~ Long-Shanks ^^c'est-a-dire, longues jambes , parce
qu'il etoit extremement ^rand et nrififee ^ ^t|l|ue ses
€ulsses et ses jkbibes paroissaient be^ucoug^tfop longues paw son cofps. Voyage du captiain« Dixon , etc*
page 3 n   et  suiv.
Note du Traducteur.
O 3
r ^j|     (214 \
1789.    Maj&le vent commencant  a. souffler pa*T
FeySier.  vlc^hfes raffales du nord-ouest, et le ca-«
pitaine Douglas s'appercevant quelMsfivais-
iir
.*
Lund!
%l*
m.
seaux avoient derive considerablemen|r?au
sud^f/a Pest d* Oneeheow et d'Atooi Wet
jugeant que , selon tpute appareiice, letveiSr
continueroit d'etre M Pouesi^ on se deter*
mina a courir sur Woahoo, pour y prendre
des rafraichissemens , et y faire de noiiP
velles provisions. Car on venoit de tuer le
dernier pore. En consequence , le samedi
21 , a quatre heures de Papres - midi ^le
vent fraichissant du nord -nord - ouest^on
portxtsur Woahoo. Le jour suivant- a midi,
on^depassa la pointe occidentale de la^baie
de Witetee. Let sonde rapportoit al(ps ds
quatorze k trois brasses d'eau ; on etdftm
.ifiSxnsIrSa      .„   -mi  w& j    ,     \?m
cinq pu six milles de distance de la cote.
liSJQapitaine Douglas ohsfiuve que ce^Jb&Ss
fond a beaucoup plus d'etendue qu'aucun
fle^ux qTfi'il a rencontres dans ces iles J-elf
qu*il gif par les 21  degres 22 minutes de
latitude nord, et les 202 degres x5 minute*
de longitude Est de Greenwich.
Le matin du 23 , on vint jetter Pancre
dans le m6me endroit ou Pon avoit mouille
la premiere fois. A neuf heures , Titeeree '     ■ j    $mfr)   ..    '1      :'■■ ■ -
l&rendit a:h£jrd .jp&t q^elque^ « uns des'ger^'178$
sonnes  de  lequipagefs^avajit inform^, £rty  Fivrrer,
§3 .,. S 'Me"'     I        lf|5#'
prix excessii auquel 01*/avoit porters cJtr
yer$es provisions achete.es.a-^fcocz, ii trpuy-a.
tout na|ure3Lde se montrer aussi ex^sm^
qu'j&ai Vjhy0t ete dans cette ile yoisineVj et i
pour un seul pore, il demand a une quantify
assez considerable de poudre et de munition^
car ctes articles etoient ,ceqx qu'ils jlephert
choien&alors de preference a tousautres *.
On fut done oblige de recpjirja? a des moyeBif
tres-puissans et tres-effica^e's pour .se pro-?
curer les rafraicl^seme#s necessaires./fe^rf
yLe;£24 jf^Jiid^ le capitaine Douglas-crut
devoir proliter d'une brise fraiche qui s'ele-
voit[de Pouest, pour cingler vers Owhyhee ^esperant  trouver dans  cette Ale une
plus  grande  quantite de   provisions, et a
des^conditions plus raisonnables.
Stt&Jje 2 mars, a midi, Pile diOwhyhee conceit de nord-mi-duest en §ud-est-quart-sud 1
#, deux lieues environ jde la cote.  Tianna
^arriva bientot a bord. Ii venoit d'une partie
$e Pile nominee Toee -Hiye.  Apres avoiy
satisfait aux mouyemens de la nature qui
parloit fortement  a son coeur au moikent
ou il reyit sa femme et son enfant, et s'etre
W -le 7   V' HP   o [
Mardi
24.
Mars*
Lundi
*:« •ISIars.
lrvre!% tous les*Ttrar^ports^de la jo^xe^jfif
Poppressofi*, il conduct le vaisseau iians
une baie appellee Tjfiroway pai*4e%naturels.
A quatre heures -deTapre^ midi^o rtJ^nt
mettre* a Fancrej* pai*%gi#e brasses d'eatt j
sal* un foiid de beau'sable. Les deux e^arS*
mites gisoient sud-sud-est-mi4?st , a^ra dis-
iSFnW^'environ un mille et demi de la* e<$&*
Daii#^& soiree, on recut des ra^^lbSSSse-
mens en abondance^^aces aux%<fV'M£ca?t:i
tentifs de Tianna. Le 3 , de gra^^^lliatin^
on envoya Piofle^pour sonder la1^§&iei-l?lle
trouva tdlit au tracersehn fond rde-bonne
tenue^ par quatorze a vin<gt^feuxfbrasses
x#
d'eau, sur un beau sable brun.
Le roi ayant ere a la peche$&&&ii?i$.e re±
tour j^n'a>equatre heures de l'^res-rrridi. II
arriva alors, accompagne^^ la vi*eine ison
epouse, et de sa file*; ils etoien%:sortisede;
leurs lourds canots, avoient cons^edie^eur
nombreuse suite , et montoient d&ix pir®*
gues legeres. II pamt tres-satisfait de reybit
le capitaine Douglas ; lui dit qu'il esperoft
que Tianna avoit eu, pendant son absence,
toutes les attentions possibles pour l'equipage ; et Passura qu'il etoit le maitre absol^L
de disposer de toute sa puissance dans Yile, Mars.
llihsi^he^pe^fotii: 'ce qia II y posl^oit. Lat,
qufflmte oe raii^ichisserneris dorrtTe _yais:
seau fut apprOvisionne par ses soins, et le
zeiei touctiaait avec iequ£l il s erior^oit de
liWenS* If^capitaine Douglas jiisques dans
se^lffirocxTC en effet
aucun1 douxe sur la'SinCeriteae ses "prates-
rations;* gp
^fee jotrr* sutfilnt jfde bonne heure/*T8m^ Mercredi
homy hav^~TiannaIe>t pKtlieurs autres cnefs1
T%frr%nt a'^bordfide '\Pphi^dniej^ht bientot
aprssjple °rW"Jeifybya* toiite la compagnie,
a 1*^x^6^:1 on de Tianna. Ayant ensuite*jette
Wt& les ^rfraules ^Htf^S^iitain^^ol^xls[%c&
manjeaujle pj urn ejr, atj*xtt)fif. duvsou ve rain,
de 1 aie& et  au ?*sien. personnellement~ ii
'sj^p.tioappoli'cique des^l&g^ Sandwich.
tfi^Iiifeapprit que Taheo ^roi d'^tooijite*
IRteeree , souverainvd^3 $&''Moweef?%to$*
fiid j Morotoi et WoahbWxkyo\entlbTpx^
up fraire ayec Terre^moweereeij* ce tn% o%
^erre^iODpOj qui survi^^a. son pere^et
qui demeuroit sur le cote ,<^yent del'iie ;
i|He le but de- ce - traite;] etmt de detroner
Tome-homy-haw et de hne ravir saV^puis-*
sance^pour le puniPd'avoir permis a Tianna ( aiB )     ;
17^   de se |£xer a Owhyhee. II ajouta que le$
™»,   capitaines Portlock et Dixon avoien^fourni
a Taheo une grande quantite d'arrnes et de
munition, sous la condition exprfesse qu'il
ne donneroit aucuns secours. de quelaue
0ft, 1   ^EJl Tf . •     -Z
mature qu ils fussent j au capitaine Meares}
e£ pour prouver la verite de c&au'il lui
cfisoit _, il lui cita la reception qui avoif; ete
faite dernidrement a ce marin dans Vile
-■*■'•» «?y i.; ills
d*Atooi > oi^il ne put trouver aucune espece
cle rafraichissemens (1). Tianna lui declara
alors , les yeux mouilles de larrnes, et dans
les termes les plus affectueux, qojmbien il
exaignoit que  le  canitaine Meares  et son
jr • nt    - *Tv$ ' '*• *^f1»x   #'&*"
|i]'On trouvera reunik a la fin de ce troisieme volume quelques morceaux extraits du Voyage des capitaines Portlock et Dixon^ Wes fragmetfe. qu&CQntien-
Sient les details de la rencontre de ces officietis avec le
capitaine Meares dans Ventree du Prince Guillaume ,
et de la conduite qu'ils crurent devoir teitijr a son
eaard, mettront'le lecteur a portee de prononcer entre
lesreproches faits par eux au capitaine Meares. et m
iustification de ce dernier, inseree dans la'relation de
son premier Voyage, en 1786, sur le vaisseau'le
Na&tka. Voy. d£iis le premier volume de ces Voyages
la note de ia ppge 5 2 et $»iv.
*t$jU      Note du   Ti&duct&ur. .   ' •■  -e    ,,    -jM  219  )     :. -">.'
equipage n'eussent cruellement souffert de
la disetfe de provisions avant de gagner
Macao ,^ si , toutefois, il etoit parvenu a
achever son voyage a la "Chine. L'entretien
qui dura^res ~Ipng-f emps se termina par la
priere qu'ils firent au capitaine Douglas d.©
leur laisser deux cie ses gens lusqu a son
retour d'Amerique, un pierrier, son fusil
de chasse, et toutes les autres armes qu'il
pourroit se dispenser d'emporter, ainai que
de la munition.
Les preparatifs que le capitaine Douglas
avoit remarques dans les autres iles, et les
instances  reiterees  qu'on   lui  avoit   faites
X
-•-X-i ■'W ii 3t» l*.X>X *>  XWi .i--'vf-'■■*
pour obtenir des mousquets, de la poudre
et toute espece de munitions, le porterent
aaccorder quelque confiance au projet dont
Tianna venoit de Pentretenir. II accptiesga
done a la partie de leur demande qui con-
oernoit les armes a feu , et ordomia sur le
champ au charpentier qui etoit a terre , de
dresser sur Pun des plus grants canots doubles un affut pour recevoir le pierrier $.)+
b^ihsi^
m
\:4
1
(j) Le pierrier est une espece de  petite piece d'ar-
tillerie 3 une sorte de petit canon monte sur un chande- Tl
Mars.
Jtudi
5-
220 )
£**?]
e iour,suivaiit^dans Papres - midi , le
charpintier ayant acheve cette besogne^on
amena la pirogue bord  a  bord de VIphi*
genie
on monta alor
s le canon : maisce
txje fut qu'avec la plus grande peine que fe
roi par vint  a accoutumer  ses naturels  k
jtenir  la  pagaye? en  main pendant qu'on
qechargedit la piece.
VendrediJ   *te   6, a  six  heures du matin , le vent
*•-   ietant. du sud efexle Pest yon fit signal aii
roi de venir a bord, Quand il y tut arnye ,
on^mit a la voile , et 1 on porta %ur*la baie
^ewToee - Hye^Le roi ejSnt.\accompagne
'delta reine, de Tianna , et "d autres princi-
„paux chefs.«.'-'tandis  que   ceux   d'un   rang
moins distingue suiybient leFvaisseau, dans
tne notte composee de trente pirogues. La
baie de Tiroway qu'on venqit de quitter,,
Her au lieu d'aff&t, et qui' sert partie ulierement dans
les vaisseaux pour tiret a i'abbrdage, des pierres ,
cailloux , balles et ferremens empa<|uete^ij et bien stimk
res dans des sacquets ou cartouches. Voyez , sur ce
mot~, le Vocai)1ltetre de Marine duTcitoyen Lescaltier,
et la figure 49 de la planche 6 de la seconde partis de
ce Vocabulaire.
Note du Traducteur.
J I( »2i )
est iniiniment .superieure, sous beaucoup
de rapports, a celle de Karakakooa (i)v
Le fond est de bien meilleure temie ; on
n'y rencontr^ pas un seul morceaujjle roche
de corail.'Ajoutez que  les vaisseaux peu-
vent mettre en panne a une distance de la
cote telle que , si fe vent vient a souffler ,
ii leur est facile de s'eloigner de terre en
toute surete. La latitude du vaisseau a. Pan-
ere etoit de 19 degres^1 minutes nord. A
quatre heures et demie passees de l'apres-
midi ,  on laissa tomber la seconde ancre
par dix brasses d'eau ,  en face du village
de Toee-Hye. Les deux extremites de cette
xs :1&£«
vaste baie couroient de sud - ouest-q*iart-
sud en nord-ouest-quart-nord, a trois milles
de distance de la cote.
§7^9*
Mars.
(i) Cette baie n'avoit pas paru un meilleur mouiilage au capitaine Dixon. « Comme nous avions trouve,
j> est-il dit dans la lettre XX de ses Voyages , que la
>3 baie de Karakakooa etoit , a plusieurs egards , un
» mauvais mouiilage, nous resorumes de chercher une
n~ autre baie-qui git au sud-ouest. Cette baie avoit ete
» visitee par le capitaine Cook lorsqu'il vint dans cette
53 ile ». Voyage autour du monde, etc. par le capitaine Dixon ? prem- vol., lettre XX, page 240.
fis* Note du  Traducteur.
. (   222   )
'1789.        Dans la soiree, le roi se rendit k terre
Mars,    avec sa compagnie, et, le matin du jour
Samedi   suivantiril envoya a bord un present qui
consistoit en trente cochons , une grande
quantite de salaisons, des noix de cocos ,
des  patates   et  de  la   racine   de   tarrow.
Comme le vent alize souffloit alors grand
frais, le capitaine Douglas pria qu'on vou-
lui bien, s'il etoit possible , avoir la complaisance de lui procurer, sans deiai , les
diverses provisions qui  lui etoient neces-
saires ,  attendu  qu'il   lui tardoit de   faire
voiles vers PAmeriqW. En consequence ,
Tome - homy - haw  depecba  des  couriers
dans la partie la plus elevee du pays avec
des ordres qui enjoignoient a chaque natu-
rel , possesseur d'un cochon , de Papporter
sur le  champ au   village ,   sous peine  de
Dimanche naort; et le lendemain matin, sur les dix
"•       heures , il arriva lui-m&me avec un present
de  cinquante pores,  dont quelques - uns
pesoient quinze stones (1). Dans le courant
(i) Le stone est du poids de huit livres a. Londres ^
et de douze a Hereford. Ainsi, en s'en tenant .au poids
de Londres ,   ces cochons  devoient peser cent vingt-
livres,   Note du Traducteur* e- \ .       .   * % 223 .)      ; ' ; ..•"■'
de la journee, ii envoya a bord d'autres
obiets esalement n^ecessafres, et | entr au-
tres articles*,-dorize oies. Une* cireonstlnce
digne de rei&arque, c'est que, vers le^neme
temps, 4i arriva dans la baie uri canot qui
appoitoit un coq et une pofcle. Ces 'M&M
volatiles alloient dans les environs cfu village de Wipeeo pour engendrer. On assura
au capitaine Dougla^* que lai ppute avoit
.deja couve deux fois en difi^rentes' parties
de Pile , et qu'elle avoit el^ye vingt pous-
sins ; d'ou Pon peut conclure que, sous
quelques anhees, les oiseaux de cette espece abonderont dans ces ijes.
Le soir du meme jour, le capitaine Douglas , apres avoir fait present a& roi et a
Tianna de quelques' amines a feu et d'un pin
de munition , prit conge de ces insulaires*
A minuit, on fut sous voiles. Le jour suivant, a midi, la latitude etoit de 20 degres
21   minute's   nord'2? On  avaUCa alors  vers
Up
Woahoo. On se procura , dans cette ile ,
une quantite considerable de bois, et Pon
y augmenta, jusqu'a certain point , la
provision^ de tarrow et <de canne a sucre ;
on  continua ensuite de*iaire route pour
Lundi
m 17%.
Mars.
Jeudi
gagner Atooi. Dans la soiree 4n 12 j; on
vin%mettre a Pancre a deu.x injUles environ
a Pest du mouiilage. Le ioV^jifiJa pointe du
jour , on detacha les chaloupes , et Pon re--
Vendredi morqua le vaisseau dans Pen droit ou il avoit
mouilie ia premiere fois. Taheo et les aur
tres principaux chefs etoieat alle%a Punna.
Jl ne restoit en ce moment a Wymoa de
personnage important qu'Abinui, qui envoya un cochon au vaisseau , mais qui ne
TJ^ugea pas a propos d'accompagner sou present.
Le matin du x4, la chaloupe fut envoy ee a terre pour faire de Peau. Ce jour,
il s'eleva entre les gens qui etoient de service, une querelle si yioiente qu'ils tirere^^
le couteau les uns contre les autres ; et
M. Viana s'etant mis en devoir de les se-
parer, un matelot, nomme Jones , le me-
naga de l'assorainer. Comme un pareil de~
sordre, s'il n'eut pas ete reprime a temps,
pouvoit avoir des suites qui seroient infail-
liblement devenues tres-funestes, le capitaine
Douglas ordonna que Jones fu£ puni sur
le champ. Ce mauvais sujet voulut se sous-
traire au chatiment qu'il avoit hxerite , et
courut, 1
( 225  )
courut, en proferant les plus horribles imprecations, vers la hune de misaine, dans    MarJ«
1'espoir de renaantrer sur son passage les
•mousquetons qu'on tenoit ordinairement
itout charges et tout amorces, en cas d'at-
itaque de la part des naturels. Mais le c%pi-
taine Douglas PempScha de reussir dana
son criminel preset, en tirant un coup de p
pistolet par dessus sa tete, et en le mena-
Ǥant  d'une seconde  decharge  s'il faisoit
encore un pas. Cependant, comm# i| ne §8
pouvoit douter que plusieurs personnes de
l'equipage ne foi§&ej&t disposees a le sou-
dfenir, ii lui ordonna, ou de se soumettre
de boiiigre a la peine qu'il avoit encourue ,
ou de qiikter le vaisseau^ ce qu'il fit sans
hesiter, et la tranquiilite fut a Pinstant re-
tablie. fe
i Lorsqu'on eut fait-de Peau ^ comme les
besoins du vaisseau Pexigeoient, le meme
jour, sub Jes cinq heures de l'apres-midi,
on  remit  a  la  voile pour gagner  Onee*
heow ou Pon esperoit se procurer une nouvelle provision d'ignames.  Mais les vents
contraires, et  un   fort  courant  du   nord
s'opposant   a ce   qu'on  reconnut  la   baie
Tome III. P
WM ■        .        |C"6) ' g.      .    -
1789.   -dPYcm ( 1 ),   on  fut force , pour eviter
Mars,    d'etre pousses sous le vent, de porter sur
_. l'autre baie. Le jour suwant, dans Papres-
15.      midi, on laissa1*bomber Pancre par treize
brasses d'eau; les deuxJextr&mites couroient
de%ud - quart - est au nord - quart - est : au
m^me moment, la petite ile de   Tahoora
gisoit sud-sud-ouest-mi-ouest, a  un mille
et demi  de distance de la c6te. Daii£*4p3.
soiree, le capitaine Douglas ayant ete ins-
truit du complot forme par plusieurs des
matelots de deserter sur Piole, donna ordre
-aux officiers^ de faire faire une sentinelle
tres - exacte. Malgre  ces  precautions , lee
quartier-maitre et deux matelots trouvWent,
pendant la nuit, le moment de se rendne a
terre dans quelijues -unes des pirogues qui
elongeoient le yaiUseau. lis avoient concu
le projet de partir avec la chaloupe,ceide
faire feu sur le vaisseau au meme momenti;
mais une fois qu'ils avoient el»e convaincus
(1) On des Ignames, ainsi nominee , sans doute ,
de la grande quantite de plantes de cette espece qui.
U-roissent dans son voisinage. \3Jjm
Note du Traducteur. ^•llmpoyftUiitej'dfld reussir dans cette in -
female entreprj®e_v ils 's'etoient deteriinnes
a saisir PinstaiiSfavorable de ^'eloigner ;<de
l'ile. Deux d'entr'eux, cependapitlj[ nertar-
derknt pas a etre ramenes au^&isseau pas^
Ursnsoins et le zele vraiment actef ile Vhonm^
tiete Vendrea\i;> ce nature}! xVDneeheow tjF
dont ii a deja\16tee>p.arie 7daus3cetfi ouvrage
avecj^onte&ies expressions de Pesi3ine>;due
a ses aimables qualit^s eiv ui|lbn ^excellent
caractere ( i }.* Maisila violejtepadu ressac
ne permit pas que le quartier-rnaitre, qui
etoit le principal ihstigateur de cette in-
fame trahison, put rejoindre le vaisseau; on
Pabandonna done a son malheureux sort.
Xa situation des "deux navires etoit tr^s-cri-
tique en ce moment: le besoin de divers
articles indispensables s'y faisoit imperieu-
sementsentir. De plus, la Cote Nord-Ouest
d'Amdrique avoit perdu son ancre, de sorte
que le capitaine Douglas qui , d'apres ses
instructions , devoit avancer au nord, se
vit force de ne point les suivre, et de faire
—' '   '    i"    -  ' '"   * ■                *r
(i) Voyez dans ce volume le chap. XXV, page 67
- #t suiv. f$ %0- :i§FJ&
Note du Traducteur,
V 2k
1789.
P
':  ■*.
*%
i
-*«'
'.'*?
f Mars.
voiles1 $ans cPelai vers la c&i& d'Amerique $
ou il ayoit toute raison «ri'fcsperer qu'il rei$»
contreroitteun vaisseau de Chines
Pr^s de quatre mcgis s'e&oient eeoules depuis que YIphigdnie et la goelette etoient
a.us besiiljas; et il faut rendre ici une grande
justicel auOc^)itaine Donglai^ c'est^u'il sly
conduisit avec une telle ciroenspection dans
toutes ses relations avec les naturelsoqui les
habitent, qu&l reussit cot|stamment a ev»
ter toute espece de dispute ayec eux.
es 75)
:>?*«
*Uk% j( $29 )
CHAPITRE XXXI  et dernier,
i7$9<
Mars;
JS^s vaisseaux quiltent Vile d'Oneeheowy
et se mettent en route pour regagner la
cdte nord ouest d'Amdrique. Passage
a Vile des Oiseaux.—Circonstance purlieu lie re concernant le compas. — Arrivee de I'lohi^enie fV de la Cote Nord-
Ouest d'Amerique it Ventrde de Nootka.
*——Le dernier de ces deux navires part
pour aller faire un voyage de trafic ;
motifs qui donnent lieu it ce voyage.
I— Arrivee d'un vaisseau espagnol. —•
Conduite du commandant. Il s'empare
de I'lijhigenie. — Ce vaisseau est oblige
de quitter Ventrde de Nootka , et de
faire route au nord. — Trafic avec les
naturels de la cote. — On mouille it
la hauteur d'un village nomme le fort
Pitt. — Description de Ventrde de Ruc-
clugh. — Mouill&ge dans   Vanse   de
Zs Zj
Haines.   La guerre est sur le point
de s'allumer entre deux tribus de naturels. **-*—Moyens mis en asm re pour
mf.. pal   « Mars.
1 (  ^3a  I
la prdvenir. — Ddtails sur la baie da
Mac-lntire. Le canal de Cox, examine. — Projet formd par les naturels
de s entparer du vaisseau. —Leurs femmes   viennent  le   reveler au   capitaine
Douglas.   Conduite bienveillante  et
gdndreuse d'un chef nomme Blakow.——
  Tout le fer en barre est distribud
chez ces naturels. — Traversde du canal
de Cox. — Trafic avec les naturels de
Tartanee.—Depart de la coie d'Amdrique. — Retour aux iles Sandwich. —
Le capitaine Douglas et son equipage
ont le bonheuf d'dchapper it un corn-
plot tramd contr'eux par le  roi et les
chefs d'Owhyhee.  77 reldche dans
diffdrentes iles pour y pi'endre de nou-
velles provisions. —// continue sa route
vers la Chine , et arrive dans la rade
de M&cao , etc.
pres  avoir fait  provision  d'ignames
pour environ un mois , les deux vaisseaux
Merc   di mirent a la voile , et, le 18 , ayant perdu
18.     de vue i'fie di Oneeheow > ils aVancerent de ( e,3i )
conserve au nord - ouest, avec le vent de
-nord - nord - est. Le jour suivant, a trois
heures du matin, on vit la terre de Pavant,
et a quatre heures, comme on la serroit
de tres - pres, on mit en panne jusqu'a la
pointe du jour.
Cette ile ou rocher a la forme d'une selle^
etant elevee a chaque extremite, et tres-
basse dans le milieu. La partie sud est couverte de verdure ; mais sur les cotes nord,
ouest et est, ce n'est qu'une roche sterile ,
perpendiculairement escarpee , et qui ne
paroit guere accessible qu'a la gent eniplu-
mee qui y abonde de toutes parts. Aussi
fut-elle nommee Yile des Oiseaux. Elle git
par 23 degres 7 minutes de latitude nord,
et 198 degres 10 minutes de longitude Est,
au moyen de plusieurs observations sur les
distances du soleil et de la lune.
II n'arriya, pendant le retour de YIphigdnie et de la Cdte Nord - Ouest d'Amd-
jique a Ventrde de Nootka, aucun evene-
ment qui soit digne d'etre rapporte. Ces
deux vaisseaux eprouverent Pun et l'autre
tous les maux qu'entraine ordinairement
avec soi, comme on pent le presume^% le
manque ^bsolu  de   diyers articles mtift&z
■el7   W ?4 Im
■       I - ( 232   y      ,'.
'1789. saires pour la navigation du vaisseau , et
Avrii. pour Pentretien des personnes de l'equipage. I! ne sera cependant pas inutile d observer ici qu'au commencement d'avril, on
se trouva pendant deux ou trois jours de
suite dans Pimpossibilite de regler la route
des vaisseaux , attendu que, sur chacun
d'eux, les compas avangoient de quatre ou
cinq points en un moment. Le capitaine
Douglas remarque qu'il eprouva Pannee
derniere le mchne phenomene a.-peu-pres
dans la m&me latitude. La latitude etoit ,
cn ce moment, de 3f5 degres 19 minutes k
36 degres 10 minutes nord, et la longitude,
de 208 degres i5 minutes a 210 degres i3
minutes (1).
Les details de tout ce qui concerne YIphigdnie , depuis son retour a Ventrde de
Nootka , ainsi que de la conduite du com-
- \\) Le capitaine Meares, en rapportant ici la latitude et la longitude1 de VIphigenie et de l'autre vaisseau, ne parle que de eelles qu'on put determiner par
approximation* et par 1'estime. Le derangement instan-
tane des compas ne permit pas de parvenir alors a de*
resuhats posjjifs. §
Note du Traducltmr* ( s33 )
roandant espagnol qui est devenue Pocca-
sion d'une querelle elevee eiitre PAng\e-
terre et PEspagne, sont rappbrtes tout au
long dans le Memoire presente par moi a
la chambre des communis. Je me conten-
terai done ici de renyoyer le lecteur a
1'Appendix de ce volume, ou il trouvera le
Memoire en question avec d'autres pieces
diverses qui renferment le developpement
des plans et des operations de la compagnie dont les associes ont eu pour but Peta-
blissement d'un commerce entre la Chine
et la cdte nord-ouest d>Amerique (1).
17*9.
Avril*
(*i) Ce Memoire > presente a. la chambre des communes , le 13 mai 1790 , et dont la copie forme , dans
le volumineux appendix de l'ouvrage du capitaine
Meares , le N°. I" des pieces relatives a la capture
des vaisseaux VIphiginie et la Cdte Nord - Ouest
d'Amdrique dans Ventree de Nootka , contient, en
effet, tous le.s details de cet evenement. II y est dit
que cc le 2.4 avril 1789 , VIphigenie fut de retour a
» Ventree de Nootka, et que la Cdte Nord-Ouest
3> *d*Amerique y arriva peu de jours apres 5 que ces
j? deux vaisseaux trouverent, en entrant dans ce port,
y> deux batimens americains qui y avoient hiverne 5
33 1'un nomme la Columbia | l'autre le Washington ;
w que , le 39 du meme mpis^ la  Cdte Nord-Ouest
:4s 'IS   7 (*M) 7
17&9.        XJIphigdnie ayant re§u du commandant
Juin.    esgagnol la permission de partir (2), quitta
Mercredi
•n d'Anlerique partit pour alier trafiquer au nord, et
33 aussi pour reconnoitre VArchipel de Saint-Lazare ;
39 que, le 6 mai , VIphigenie etant a l'ancre dans
» Ventree de Nootka , un vaisseau de guerre espa-
rr gnol de vingt-six canons, nomme la Princ&ese, com-
v> xnande par Don loseph - Etienne Martinet , qui
53 avoit fait voiles du port San Bias, dans la pro-
y* vince du Mexique , vint mouiller dans Ventree de
» Nootka , et y fut rejoin t le i3 du meme mois par
»3 un senau espagnol, de seize canons , appelie le San
33 Carlos , leqiiel etoit parti aussi de San Bias, charge
j; d'artillerie , et d'autres munitions de guerre; que ,
» 4Auis 1'epoque de l'arrivee de la Princesse jusqulau
x> i4 mai , le capitaine Douglas et les officiers espa-
» gnols se traiterent avec des egards reciproques et
» toutes les marques de la politesse qu'ils devoienfe
» at tend re les uns des autres ; que , meme , on obtinfc
33 de Don Martinez differentes provisions pour les
:» besoins du vaisseau ; mais que, ce jour meme, le
33 capitaine Douglas recut ordre de se rendre a bord
w de la Princesse, et qu'il ne fut pas mediocremenfc
>7 surpris d'entendre Don Martinez £ui declarer qu'il
» avoit des ordres de spn roiilde s'emparer de tous
37 les vaisseaux et batimens qu'il pourroit trouver sur
33 la c6te , et que lui , commandant de VIphigenie ,
» etoit ? des ce luomerrt meme , son prisonnier j qu'eaa ( ^35)
Yansje des Amis , comme on peut le voir
dans le Memoire , et continua sa route en
17%
Juin.
—*\
33 consequence , Don Martinez ordonna a. ses offi-
ji ciers de prendre possession de VIphigenie, au nom
» de sa majeste catholique; ce qu'ils firent sur le
}3 champ, et que les officiers et l'equipage'du vaisseau
3» furent trans portes sahs delai a bord des vaisseaux
33 espagnols, comme prisonniers , employes , a I'ins-
» tant m£me, aux forges, ou accafeles des plus mau-
» vais traitemens 5 et qu'au retour de la Cdte Nord-
3> Ouest d* Amerique dans le port de Nootka , le 9
j) juin , ce vaisseau fut egalement saisi par des chart loupes de Don Martinez ,* que cet officier espagnol,
v apres s^etre- ainsi rendu maitre de la Cdte Nord-
3> Ouest d'Amerique y l'employa a un voyage de tra-
33 fie, d'ou ce vaisseau revint an bout d'environ vingt
» jours avec soixante-quinze pelleteries, etc. *.
Teiles sont les particularites les plus inte-ressantes
qu'on trouve dans ce Memoire 5 relativement aux deux
vaisseaux commandes par le capitaine Douglas. Je les
ai rapportees ici parce qu'elles sont necessaires k con-
noltre , quand on a suivi la marche du capitaine Douglas jusqu'a son retour a Ventree de Nootka. Elles
rerapliront , en effet, pour le lecteur , la, lacune qui
existe dans la relation de l'expedition. de cet officier
depuis le commencement d'avrii jusqu'aux premiers
jours de juin 5 intervaixtf yendani lequel se sont passes
les evenemens dont le Memoire a pour objet de rendre
** t
v
jsil
>1 'I C &* )
portant au nord , avec le yeilt au sucbest.
Le 4 j au coucher du soleil, l'extrdmite me*
compte. Le reste m'a paru d'un inter et moins general
en ce qu'il ne s'y agit que de la conduite du commandant espagnol, -tlont la revoltante deloyaute merite
it'ailleurs le plus souverain mepris.
Les autres pieced qui suivent sont, i°. la copie
d'une lettre du capitaine Meares au capitaine Colnett,-
commandant du vaisseau VArgonaute, qui eprouva de
la part de Don loseph Martinez la m£me tranison
que le capitaine Douglas, ladite lettre datee du 17
avril 1789 : 20. des extraits d'une lettre du capitainS
Sdeares au meme, datee de Macao, le 2.5 avril 1789 :
5°. une obligation souscrite le 26 mai 1789, a. bord de
la fregate espagnole Notre-Dame du Rosaire , autre-
anent la Princesse, par le capitaine Douglas , au nom
«t comme fonde de pouvoirs de lean Ca-walho , habitant et trafiquant de Macao , de rendrp le vaisseau
Vlphigenie a sa majeste catholique le roi d'Espagtte ,
«'il est estime de bonne prise : 4°« l'extrait d'une lettre
du capitaine Meares au capitaine Douglas , comman-
.'dant Vlphigenie , datee en mer du 2 fevrier 1788 t
5°. l'extrait d'une lettre du capitaine Meares a R*
Funter, second officier de ia Felice , commandant le
t
Vaisseau la Cdte Nord-Ouest d'Amdrique, datee de
Vanse des Amis. entrde de Nootka, le 10 septembre
1788 : 6°. la deposition de Guillaume Graham, matelot a bord de la Cdte Nord-Ouest d'Amdrique, r&7)   |       M
ridionalerles iles Charlotte couroit d'oue^t-
nord-ouest en ouest - quart - sud, a deux
Juin,
II
laite le 5 mai 1790 pardevant Sampson Wright, chevalier ,   l'un des juges de paix du comte de Middle-\
sex ; ladite deposition contenant le recit des fails avan-
ces  dans le Memoire ,  et dont ce matelot a ete   le
temoin oculaire : 70. le recu de deux cent trois peaux
de loutres, donne a it. Funter par T. Hudson le a
juillet 1789, dans Vanse des Amis, entree de Nootka :
"S°. un certificat de 1'embarquement de  quatre-vingt-*
seize pelleteries a bord de la Columbia , par permission d?Etienne -Joseph Martinez, (il convient d'ob-
server ici que , par suite des arrangemens regies pat
ce perfide Espagnol, et auxquels une force beaucoup
superieure forca les Anglois de ke soumettre, 1'equl-
jpage de la Cdte Nord - Ouest d'Amerique partit de
Ventrde de Nootka sur la Columbia ) ledit certificat
date du portSaint^Laurent, dans Ventrde de Nootka *>
le i4 juillet 1789 : 90. la deposition des officiers et des
matelots a bord de la goelette la Cdte Nord - Oues6
d'Amerique, faite a. Canton, en Chine, le 5 decembre
1789 , et recue par /. Harrison le  jeune , principal
subrecargue : 1 o°. un recu de diverses provisions transporters du senau V Argonaute sur le vaisseau americain
la Columbia:-,'ledit recu delivre par  J.  Kendrick le
T^v.juillet 1789 1 110. un extrait du journal de Vlphigenie , contenant des observations meteorologiques. et
ziautiques fakes? en mer , ainsi que le detail des cc- (238)
^7^» -"Katies de distance. Le jour suivan't, a midfr,
,Juin.    ]e temps se chargea d'une brume epaisse i
Vendredi ]a latitude etoit, par estiine, de 52 degres
cUpations de l'equipage de Ce vaisseau , depuis le 20
.avril 1789 jusqu'au 2 juin de Ia meme annee, c'est-
a-dire , jusqu'au jour ou il repartit de Ventree de
Nootka^ avec i'autorisation du commandant espagnol :
12°. des copies de. lettres de R. Duffin au capitaine-
Meares, ecrites de Ventrde de Nootka, en date du
12 juillet 1789, et des reponses de R. Dujfn : i3s, un
etat des pertes actuellement connues, et des pertes
presamee9 qu'ont eu a supporter 4es marchands de
JLondres et^e l'Inde, associes,nar' la capture des deux
vaisseaux : i4°- enfin , l'inventaire du navare. apparte-
nant a Jean Cawalho et compagnie, de Macao , et
pris par ordr.e de Don JStienne - loseph Martinez ,
commandant espagnol 5 toutes pieces ju&fcificatives deS
faits enonces dans le grand Memoire presente par te
capitaine Meares k la chambre des communes , mam
que j'ai cm pouvoir me dispenser de ,pubiier tout au
long, parce qu'elles n'offireni rien de plus interes-
sant pour le commerce entre la c6te nord-ouest d'Amerique et la Chine, que les cinq numeros places, comme
Appendix ^ a la fin. de chacun des deux premiers vo-
luiaes de cette traduction, les seuls qui m'aient paru
«lignes d'etre presentes en entier a la curiqsite publique.
Note du Traducteur.
(2) Elle partit seule, ainsi qu'on l'a vaplu§ hau& • V
33 minutes nord; la longitude, de 228 de-    17^9*
gres 27 minutes Est. •lW.
Dans la matinee du 6, la brume se d\&*   Samedi
bipa, ; on vit un grand nombre de loutres
de mer se jouer autour du vaisseau. A osaje
heures, ojf.decouvrit une petite ile ste£ilev ,'
A Hiidil||4a latitude etoit, par estiine, de
54 degres 7 minutes nord; la longitude , de
229 degres 9 minutes Est. A trois heures
de l'apres-midi, le couran&ayant pousse le
vaisseau sous le vent& et hors de la vue de
Pile, comme on se trbuva alors enyironne
d'un grandcdaombre ,de<i petites iles  et cfe
rochers, on avanga pour chercher quelqu'a-
bri sur avant la suit*. A cinq heures, on.
passa entre une ile basse etjla terre-feif^e*
A.dix heures , on eut-.calme:-tout platelet
le courant fit descendre lei vaisseau vers nnfe
petite ile. En ce moment, quatre -iVingts
brasseslfie ligne de sonde ne rappartoleut
poMt de fond^jOn niit donifc les chaloupes
■g-M
$3
L'e^ua|>age de la Gdte NordMuest d'Amerlqtte quitta
cetf4 meme entree , monte sui^gjj'un  des, deux  va.|N,
seaux americains. 0ft
Note du Traducteurf. -    04°) |      ■  m
Hlgm    a la mer, et, comme on voulofe s'eloigner*
Juin.    de Pile > elles remorquerent le vaisseau a
vingt-sst braised cPeau de profondeur : on
y laissa tomber l'ancre de touee sur un fond
*<Je vase molle.
Dimanche "^e lendemain, a*la pointe du jour, on
7, 'ge trouva sur une eau basse , et Pon de-
couvrit une chaine de rochers a fleur d'eau,
a moins d'uae encablure du vaisseau. Une
brise s'etant alors elevee, on leva Pancre f
et Pon lit de la voile pour sortir du canal.
A onze heures, le vent tomba ; on jetta
y ancre de touee par cinquante-cinq brasses
i&'ean , a Pentree meme du< canal. A midi,
le vent souffla de sud-est; on leva l'ancre
a. 1'instant, et Pon gouverna sud-o&est. Une
I *j@hservation donna 54 degres 45 minutes de
dbuitnde nord, et 229 degres 15minutes de
elbngitude Est. ,Jp|
&■■ Le temps etoitIdevenu alors ties - doux
set tres -agrdableJ^Daus Papres-midi de ce
jour, on appercut de bonne heure-un canot qui avancoit vers le vaisseau a. force
de rauaefcv On diiniaua done de voiles pour
^fui lallfeer le temps d'^rrfver^et Ton acheta
trois cotsacks de peau de fciutre de mer.
m* Les. < . -'-I    ( *4l I
tes naturels donncrent a entendre au capitaine Douglas qu'il y avoit beaucoup plus
de nickees dans un village qu'ils lui mon-
trerent. II vira done vent arriere, et porta
au nord-est, de conserve avec le canot.
A six heures , on laissa tomber Pancre de
touee par trente - cinq brasses d'eau, en
face d'un village situe sur un rocher eleye,
et qui semble un fort. Cette place qui git
par 54 degres 58 minutes de latitude nord,
et 229 degres 4^ minutes de longitude Est ,
recut du capitaine Douglas le nom de Port
■A 1 Z? ■
Pitt. On acheta des naturels plusieurs peaux
de loutres; mais le lendemain, des le ma>
tin , comme  il n'y avoit pas J^'apparence
qu'on put trafiquer davantage dans ces parages , cn  appareilla, et Pon  lit  route,  a
Pouest. A midi , Pon obserya la latitude :
elle se trouva etre de 04 degres 46 minutes,
et la longitude , de 229 degres 12 minutes.
Dans ce vaste canal, auquel ori donna
alors le nom de canal ou dientree de Ruc-
clugh, il y a  plusieurs  bras  ou branches
.dont quelques-unes prennent une direction
d'est, et se prolongent aussi loin que 1'oeil
. peut atteindre.  Une ou deux  autres  pre-
noient une direction de nord.  L'opinion
Tome III. Q
17S9;
Juin.
Lund!
8.
m
m 17%. du capitairie Douglas est qu'elles commit*
Juin. niquent avec le Port Meares et avec Yentrde de la Loutre de Mer. Les^xleux caps
qui forment le canal de Rucclugh furent
nommes, Pun le cap Farmer, l'autre le cap
Murray. Le premier qui est le plus meridional , git par les 54 degres 35 minutes de
latitude nord, et par les 229 degres 16 minutes de longitude Est; le second est situe
au 54e degre 43 minutes de latitude nord,
et au 228s degre 10 minutes de longitude
Est. Une ile basse qu'on avoit depassee la
0 veille , couverte d'arbres , qui a trois lieues
environ en circonference, et qui git a la
hauteur du cap Farmer, fut nominee ile
de Pdtrie. Elle est situee par les 54 degres
42 minutes de latitude, et par les 229 de-
ares 20 minutes de longitude. Une mon-
tagne elevee sur le cote occidental de Yen-
tree, et ou Pon crut distinguer un village
avec les lunettes d'approche, re§ut le nom
de Mont-Saint-Lazare* 11 git par 54 degres 5a minutes de latitude nord, et par
228 degres 56 minutes de longitude Est. A
onze heures du soir, on fit de la voile pour
eviter une petite ile qui est situee a la hauteur du cap*Murray. .|( m)    .; .    [jmA
Le joUr suivant, a rnidi, Peniree du Port
Meares couroit ouest - quart - nord ; -mais
comme on n'avoit que  le   cable  de neuf
pouces  qu'on etoit parvenu a obtenir de^
Espagnols, le capitaine Douglas pensa qu'il
ne seroit pas prudent de mettre en panne
en cet endroit, a cause des vents de sud-
est auxquels on se trouyeroit ainsi expose^
Mais , se trouvant favorise , au meme moment , d'une bonne brise, il fit route droit
vers le haut de Ventrde, et passa pres de
sept ou huit iles pfecees dans le milieu.
Dans Papres - midi, un officier fut envoye
sur la chaloupe pour aller a la deeouverte
de quelque mouiilage bien abrite contre la
violence des vents. Au bout d'environ trois
heures , il fut de retour ; il avoit trouve
Une belle anse, a quatre mil les environ plus
haut vers le commencement de Ventrde. A
sept heures du soir, on laissa tomber Pancre de poste par quinze brasses d'eau, sur
un fond de sable et de coquillages , k la
distance d'a-peu-pr^s un demi-inilie de la
terre de babord, et environ a un mille de
9a terre de tribord.
Le capitaine Douglas parle de ce liavre
*COmme du meilleur port qu'il kit rencontre
m I  Wm lQ*  I-
1789;
Juin.
Mardi
9- I
Juin.
M j *44 )    |
sur la cote d'Amerique. A Pentree , il fl'y
a pas plus d'un demi-mille d'un rivage a.
l'autre ; une ile est situee a la hauteur de
la cA|« ; elle a environ un mille de circon-
ierence , de sorte qu'un vaisseau peut y
mettre en panne , et y trouver un sjar abri
contre tous les vents. Au bout de cette
anse , c'est-a-dire, a deux milles environ
de Pentree, est une tres-belle pointe de
terre : dans le milieu, on distingue une
petite ile baignee tout autour par les Hots
Samedi de la mer. On lui donna le nom d'anse
% de Haines. Elle git par 54 degres 57 minutes de latitude nord , et par 228 degres
3 minutes de longitude Est.
On employa plusieurs jours de suite a
acheter des fourrures, a s'approvisionner
de poisson, d'huile, et a faire sur le vaisseau et dans les manoeuvres quelques reparations de venues necessaires. II n'arriva
rien de bien remarquable jusqu'au 17 dans
l'apres-midi, que les chefs des deux villages
situes sur les deux cotes de Panse , ayant
eu ensemble quelqu'alterca'tion , se dispo-
serent au combat. Une action qui, selon
toutes les apparences , auroit ete tres-san*
glante^ etoit sur le point d'avoir lieu. Maj£ !7%i
Juin.
'     {MS) |
lesr/emmes parvinrent a. retablfr la paix.
Apres une contestation tres - vlve et treljf
bruyante , qu4|dura plus d'une heure, elles
reussirent.a reconcilier les deux partis. L'un
des chefs fit le tour d@: VIphigdnTe en ra** x
manJt4 accompagne de ses cane^s^%t^n?*ix-
lant une chanson par laquelle il- vouloit
donneitia entendre au capitaine Douglas
qu&lene s'qtoit point nleie de la querelle ,
tandis que l'autre parti fut re^u. au vlflS^e
qu'habitoit sa tribu par les fenlmes et les
enfans avec des3cris de joie et*de# e^Ssrnts
de iciomphe. l!j$
Le 19, klhuit heures du matin, il s'eleva Vendradi
une brise de sud-^uest; on appareilla , et      l9*
Hon sortit de Panse. A midi, le^extremi-
tes de la terre*^ depuis le cap Murray, qui
forme le Port Meares^cour oient nord-est-
' quart-est.jusqu'a une pointe elevee et saii-
lante qui re^ut- alors le nom de cap Irving.
II git par les 54 degres 4.9 minutes de latitude nord, et par les 227 degres 4'5 m^
nutes de longitude Est. Les deux caps res-
tent a-peu-pres a.n?est et a Pouest Pun de
1'autre.T^Lia pointe nord-ouest des Mes Charlotte gisoit aussi sud quart-ouest-hii-ouest,,
a douze ou ejuatorze lieues de distance. I
Juin.
Samedi
20.
Li
(H6)  •    \|        •    -p
Le temps etoit doux et convert ;. le vent
souffloit du sud-ouest. Au coucher du sp4
leil, on crut appercevoir une entrd&  qui
couroit sud-sud-ouest. On fit de la voile
au travers d'une baie 'profonde, ou la sonde
rapportoit inegalement de vingt-six a onze
brasses d'eau, a deux lieues de distance:de*
la cote. Le vent commeawjant a tomber, on
jetta Pancre de touee. Les deux pbintesiit^Bjt
formentlabaie , restoient d'oueit un rhumb
^prd au nord-est -mi -est, a la distance de
quatre milles de la cote. Elle fut nominee
alors baie de Mac-Intire| Elle est situee au
53e (Jigre 58 minutes de latitude nord, et
au 228e desre 6 minutes de lonekufde 3&tt
Le matin du 20, la chaloupe fuifc envoyee
vers le haut de la baie pour decouvrir s'il
y avoit quelque passage pour monter a Yentrde. L'ofiicier qui la cornimandoit, rapporta
a son retour que, vers le haupxle la baie,
il y av$it mi amas de sable qui s'etendoSi;
en travers, et sur lequel la chailoupe avoit
,eehoue ; qu'au reste, tout portoit a cr#if*e
que Yentrde en question etoit trerj-consM^
rable. Plusieurs canots vinrent alors  bord
a bord.   Le capitaine Douglas acheta   ce
qu'ils avoient apporte de fourrures , et re*
_J I ("47)
mit a la yoSe pour chercher une entree
qu'il avoit reconnue Pannee precedente. A
mMi , le tempg* etoit excessivement cou-
veft ; aussi n'y eut-il aucune observation
de faite.
^ftans l'apres-midi, on envoya de bonne
heure la chaloupe bien armee et bien equi-
pee , pour examiner Yentrde et pour trou-
ver queldiie bon mouiilage avec le secours
de la sonde. Bientot apres son depart, on
a^pet^ut douze canots qui venoient ver$
elle , tUhdis que plusieurs autres arrivoi^nt
jusqtf*au vaisseau. Le capit#ine Douglas fit
alors forcfc de vtriles pour atteindre la^eha-
loupe qui avoit de|a donne signal$e mou^
lage. A cinq heures, on lMfs&^omber Itei*
ere de poste par vingt-cinq br^feses d'eau,
a quatre milles environ de la cote , et a
deux milles seulement d'une petite^fle sterile, et couverte de rochers. On ne tarda
phs a a^prenrjl'e qu'eH% etoit le lieu de la
fesidenceWun cheF nomme Blakow-Conec-
haw, que le capitaine Douglas avoit vu sur
ia cSte dans son dernier voyage. Ce chef
se rendit sur le champ a bord ; et accueiiiit
le vaisseau a son arrive© avec une chanson. Deux cents de ses naturels, chantant
m Q4
r7*9.
Juin*
*.*
?.^e
1
>:a ■
(248)       I  l ;
en ehoeur avec lui, formoient le conce]r% le
plus harmonieux et le plus agreable du
monde. Quand il fut termine , Blakow-
(Joneehaw fit au capitaine Douglas la po-
litesse d'echanger son nom contre le sien >
suivant 4%s^ge adop^e par les chefs des iles
San dwich. - $g
A sept heures du s^oir, on porta vers le
haut de Ventre, et a neuf# on vint mettre
a l'ancre par dix - huit brasses d'eau* On
amarra alors le vaisseau avec Pancre de
touee. Au travers de ce canal, forme par
les ileSfidetla Reine Charlotte, et une ij^
situee a la hauteur de son extreimite oues,%
on trouvaf^e Hot tr£s - rapide. Le passage
prend sai^ouJi^esi et ouest pendant Pespace
d'environ dix ou douze mi^es , et forme
une communication avec la pleine mer. Oig
lui donna alors le nom de canal de Cox.
Peuple temps apres qu'on eut amarre le
vaisseau, la chaloupe partit pour aller son-
der le milieu du canal. Mais quatre-vingts
brasses de ligng ne rapporterent point de
fond , tandis que pres des rochers, sur la
cote de tribord, on avoit cle yingt a trente
brasses d'eau.
pans la nuit precedente, deux canots ' I   l249) e"
s'etoient approches du vaisseau. Ils se tin-
rent long-temps sous rames, et descendi-
rent avec le flot, dans Pintention , sans
doute, de trouver l'equipage igndormi. On
pria les naturels qui etoient dedans de se-:
loigner : des qu'ils se virent decouverts >
ils s'empresserent de gagner laycote J^force
de rames. Connie on n'avoit point donjaj^
d'ordres de tirer sur aucun canot, quelque
suspect qu'il put pa^oitre, on laissa ces naturels se retires sans les troubler. II arriva
par boijJ§eur qu£Jj cette mug-la, on avoit
a bord plusjgurs fffflmes. Elles parvinresj
^fajhe entendre au capitaine Douglas que.
si lui ou les gens de Peq^ipage^ajfoient
Pimpuidence^^de se liyj$r au somuieil, ils
servient infa^liiblement egq§g§&,;, attendu
que le complot etoit form,4j£W $n nombre con siderablende nature^ de s'empargn
du vaisseau|^|U&sit6t que les feux seroient
eteints. I^i consequence de cet avis, i^
canonnier re^in des instructions convena^
bles , et d|s q»e les feux fuggnt eteints ,
a^ant appercu une pi^guef qui avangoit
parmi les rochets, il doniM, Paiarme, et
tira sur elle un coup^de canom^ui fut ac~
compagne a PinsUnt  d'tme   decharge d@ {
«v
•1|8S>.
Juin.
Lundi
22.
(' 25o )
plusieurs nioiisque^s. EllefS^^ ddrac for-
cee de 'reofousser cheiriii^r^ve&^a |#us
grande pre^piration.
Le lendeniain niatin ,He vieux cftef Bia-
febw - Coneelffiyy fit un long' discours del
ciessus, le rivage ; et qUelques-uns de% gens
de^Pequipag#r#erf&ft; mis *%n route sur la
clialoupe rjfJWtfi:§ll'8p*a terre f&i*}*e de Peau,
if %fortitPbien r$t de^"9e^riere un roeli&r plus
<l*ahe quarantine d'hcmimes quI-|inontre-
jfent un dd^a^c^idre , et ^uelque^aufcfesJ
Bagatelles semMkble^ qutife avofSlf defcd?
Bees sur le vaisseau. Maiis lordfrjfils virenfe
que le detachement qui ap^o^feoit dans la
e&tloupe n'avoit pas l^n^&ttSob' de leur
faire du mal, ifi* pr&erent leur secour^oe
BrJifije'^rae^ et'lvee beaucoup d'enipresse-
filfftat j&mr aider nos gens lE^couper du
Bois , et aD-deseendre les torikes pleix!*!*
d?e%tu jusqu'au vaisseau. Quelque temj*fc
apres , le chef vMt a bord dans ses jihis
tfrrillans atours ^ui formoient , cornttie oi#
pourra le e¥oire, une parure tres -bizarre
"%t tres-extraordin^ire. Quatre peaux-d'her-
mine pendoient*de chacune ae ses oreilles,
etf%ne seuleiftent de "-fcon rie¥i. Lorsque le
capitaine Douglas lui eut expose le motif ■     \       I |M|        I j
qui l^v^fe^etermine a faiife tirer sur? la
piroguej^ans la nuft precederftS§ril adressa
uneV longue harangue a ses^haturels > et
apres < avoir assure aucapitafne Dougla?
que Patten tat projette etoSt le c%fye de
qu^Jue^ftaturtffe de la tribu qui habitoit
sur la (fote5'iq)po§ee $il lui conseilla, s'ils
bsoient renouveller cetHe' visile noctuMfJ-
de les tuer comme ils le nieritoient. H
ajouta qu'il ii%voit quftte sa demeure 'oyth
pour venir .vivre y^d a lfeord ati vaisseaii
sous la protection di&jfuel il vduloW se
meftre $e% que c'etdit lui qui' avoitj&re*
commande aEii-biai d^lui dbhner l'afis
salurMiW^^41 en atfoJt re^u. Ce bon v^eir-
larcl rendit au^capitaine Doug'H'S^tet cK la
maniere %t plus obli*J*eante, tous l'Ss sisfi1-
vicesf8^i deperidirent de lui. II exercdjj
Sur tous les "naturels .de s&rtribu une aW*
torite sh^erieure de x$ea*$feoup ae*§elle Se
toUs les aix^res chefs qu-^nu^ifc eneoreHrus
a»  r
sui* la cote  d'Amerique.
r<lfe#ts l^pr^mitfi, le capitaine DouglSi
desceix^d^iDdkris 11^'ehalotl^e , e#Vourut au
travers du canal sur une ife iHtiee entre
le vaisseau et le i$llage de Wartanee , et
invita le chef k etre de la^ffartie; Gelui-ci
■ *7*9*
Juin.
Algrcfi
ayanfjvu le capjd&ine Dowlas arracher du
pe*sil sauvage ^iJe manger, eut Pattention
^ordorjmer qu'on en pojfjit t£us les matins
une q«antite|con^id#^|e^^^, (ainsi
crgune petite   provision de S^nm^j^^^^
iljfp j|3, k> §ix heures 4u, initio, ayant
^puve;(quefI}e, fond n'e|e^ir pasC: de  bomS§.
tenue, on cingla, au travers du canal , vers
W1 PeWbfcl"¥M > tioxxxme havrQ de Real, sur
le.;■ c6te {^{Tarttft^e. A dix heures ,  on
laissa tomber Pancre pa* dix-neufkbrass^
cl'eau , environ &. ?une demi-encablure du
jlvase. On etoikjfe*tae de testes de toutes
parts; les grandes figures enfjbois de^Targ
ianee gisoient est un rhumb nord^g^ village situe §ar la cote opposee £ouroi| sud-
nii-oue^t. Ce havre est situe par 54 degres 18
minutjj§ de latitude nord ,jet 227 degres 6
minutes, de hppigitude Est. Dans le passage
dfe ce jour au jo^r suivan$, Peau fgit tres-
haute en cet ^n elegit, vingt minutes apres
minuit; la maree vient de Pouest ; elle a
jusqu'%seize pieds de hauteur perpendicu-
laire. jQelJes de nuit s'elevent a deux pieds
de plus que eelles de jour.
On  employ a  les trois jours   suiyans JJL
aejieter de$: pelleteries^ et a tout preparer
< pour le  depart ; mais comme la provision    17%.
de fer etoit entierement consommee, on se    W«u
trouva force de couper les barres d'ecou-
tille et les chairves de* galaubans*
Lerjmatin du 27, ausfib&t que le chef fe  $afflejK
de retour,  ( il  etoit alle a terre dans la      27.
soiree du jour precedent pour chercher des
provisions fraiches )  le capitaine Douglas
donna Pordre de demarrer. Une jolie brise
s'etant alors elevee , onsfut sous voiles  a
neuf heures et demie passees ;  et i'on fit
route au travers du canal de Cox, avec plu- £
sieu^ canots a la remorque. A onze heures,
on parvint a surmonter la violence de la
maree qui etoit tres-rapide ; on mit alors
en panne , et Pon commemja unHrafic trils-
avantageux avec les naturels qui s'empres-
serent d'erfianger leurs pelleteries contre
des jaquettes, des chemises, despantalons,
des pots, des chaudieres, des poeles k frire,
des .cuvettes , et d'autres articles sembla-
bles qu'ils purent se procurer , soit des officiers, soilrdes- matelots. Mais ils refuse-
rent d'accepter une plus  grande quantite"
de fer des chaines de galaubans, attendu
qu'il etoit si frele qu'il se brisoit entre leurs
mains lorsqu'ils commeneoient k le forger.
1 m *
xySoi Ce fut alors qu'on sentit vivement la perte
Juia. du fer et d'autres^ articles d#^frafic que
les Espagnols avoient pris sal? le vaisseau#
car les naturels remparterent avec eiix une
quantite considerable de fourrures que le
eapitaifpe Douglas n'avoit pas le moyen
d'acheter.
Cette trifeu est tres - nombrense. Le village de Tartanee occupe une belie portion
de terre autour de laquelle on decouvroit
quelqu'apparence de culture ; on remar*-
quoit, en particulier , une place ou Pon
avfoit tout recemment seme du grain. II est
^Tpresumer que le capitaine Grey, maitre
du sloup le Washington (1), avoit comma*
(i) II en a ete deja parle dans le cours de eef
Voyages. Ce batiment, equipe par les ordres du Con-
gres , devoit aller reconnoitre la c6te d'Amerique , et
ouvrir un commerce de fourrures entre la Nouvelle-
Angleterre , et cette partie du continent americain.
II avoit mis a la v^ile, en aout 1787^ de conserve avec
la Columbia , cet autre vaisseau sur lequel s'embar-
qu.a depuis l'equijiage de la Cdte Nord-Ouest d'Amifr
rique apres la capture faite de ce vaisseau par le commandant espagnol. Voyez le second volume des
Voyages du capitaine Meares, cl^ap. XXL .epaae 280
et suiv.
;f Note du Traducteur. niqueavec cette tribu de naturels, e| pro*
lite des marqueSide bienveiMance et de con*
sideration qu'il. en avoit re§ues pour y
'4rbpai.er cet agreable jar din. Mais c§ n est
de ma part qu'une pure conjecture; c4r
4a©us ne pumes obtenir des naturels aucun
edaircissement suEece fait. Le m£me esprit, Les memes vuep d'utilile avoient porte
le capitaine Douglas a planter aussi quej-
ques feves , et k en donner une certaine
quantite aux naturels pour le meme usage;
et je ne doute point que ce bon et salu-
taire vegetal'ne forme aujourd'hui une ex-
cellente nourriture pour les habitans du
village de Tartanee. Au reste, la cuisine
du vaisseau plaisoit tellement a ces naturels , que souvent ils refusoient do traiter
de leurs pelleteries , jusqu'a ce qu'on les
eut conduits dans la chambre de Pofficig^,
et qu'on les eut prealablement regales d'un
bon repas.
dSfepuis le jour oil Pon etoit parti de Yen-
tree de Nootka, le temps, avoit ete si convert et si embrume que le capitaine Douglas s'etoit vu dans Pimpo&ibilite de fi$i§e
aucune observation, n'ayajfct pas appe^fp,
^ine seule fois la lune et les etoiles. II fut
m
m
.--*. { 256 )A-
1789.   '^oiic reduit a la necessite^Mio ealcnler la
feiUet.   longitude des divers parages qu'il visita ,
d'apres le% observations qu'il avoit faites
Pannee precedente pendant le corns de sou
SK voyage. $&m
Ulphigdnie continua alors sa route vers
les iles Sandwich, sans aucun evenement
#amedi  qui merite de trouver place ici. Le 18 juil-
•**•     let, au moyen de plusieurs observations
success!ves , on se trouva par 206 degres
** Lundi    20 minutes de longitude. Le 20, au#lever
du soleil , les extr^mjtes de ^IJile d'Owhyhee couroient de nord-est-quart-nord au sud-
ribi - est, a deux lieues de distance de la
20.
cote.
La seconde visite du capitaine Douglas
aux iles Sandwich a mm le comble aux
infortunes de son voyage. Les chefs d' Owhy-
L*jt&&-avoient forme Phorrible pro jet de le-
gorger lui et son equipage , et ensuite de
piller le vaisseau et de le mettre en pieces.
On peut dire que si ce projet echoua >
malgre qu'il eut ete medite avec sangfroid et prepare avec beaucoup d'intellicence, c'est, en grande partie, a sa prue
dence et a "sa fermete que   le   capitaine
Douglas H f257)i. 77
£>6uglas e$ fut redeyable, Le complot devoit s'executer a bord de YIphigdnie ,* et
lea perlides chefs qui devoieilt conduire la
* x
trame etoient deja parvenus a s'intrqduire
clans le vaisseaUu L'un d'eux avoit un pis-*
tolet; d'autres tei^pient des poignards; tous,
comme on peut, le presumer sans peine ,
^jpient armes secretement, de maniere ou
d'autre , attendu que chacun d'eux , ainsi
gft'on en fut instruit depuis, avoit son role
a remplir dans Paffretix massacre projette.
Le fr£re aine du roi et Aropee s'etoient
charges de tuer le capitaine Douglas; Pa-
reeonow devoit poignarder M. Adamson f
premier officier du vaisseau; Terreametee f
le plus jeune des freres du rqi , avoit ete
designe pour immoler avec la mehne barr
barie le contre - maitre ; en un mot, les
autres chefs etoient nommes J chacun, ppu#
l'honneur d'un assa^inaL Le massacre ache-
ve , on devoit donner apx naturels restes
dans leurs canots le signal de se rendre
a kprd , et de jetter impitoyabiement a la
mer tous qeux qui, sur le vaisseau, conger-
veroient encqxp un souffle de vie. Qn au-
gQxt mis alors le nav^re en pieces , et ern-
porte Igs debris jdans les montagnes pour
Tome III*, R
JuiUetW
Si
1
I
;ti r
■m'\
wf ii
ill ■,: Jji.' . < *58}        •
^789.    ecarter tout soup<jon de ce deplorable eve*
Juillet.   nement dont la connoissance auroit'effraye
les etrangers qui, par la suite, auroient pu
visiter cette ile.
Tel fut, dans tous ses detail's, le recit
que Tianna fit au cariftaine Douglas de la
scene tragique que projeftoient des barbares. Ce fideie ami n'eut point assez de
credit pour s'opposer a Pexecution ; mais
ii refusa constaininent d'y participer. 11 se
servit d'un esclave sur et devoue a sa personne pourf donner connofssance du corn-
plot au capitaine Douglas. Mais cet homme
^ avoit ete sans cesse observe de si pres psrr|
quelques autres chefs, qu'il n'avoit pas
trouve le moment favorable pour commu-
niquer Pavis dont on Pavoit charge.
Quoi qu'il en soit, lorsque fe capitaine
Douglas vit les chefs armes, et s'appergut
que la reine avoit ete secreteraent eiHevee
du vaisseau , il coinmenoa a soupgonner
quelque trahisOn, et se conduisit' en consequence. D'abord^ii prit la plus grande
attention a ne point deceler ses soupgons
par quelqu'apparence d'inquietude ou^de
crainte. II pensa avec beaucoup de sagesse
que, s'il appelloit tout son monde pour t %$y )
Venir Palder k prevenir les dangers, qu'il    1-g9#
redoutoit, il pourroit determiner ces per-   Jtftllet.
fides  naturels a quelqu'acte  de  desespoic
dont les suites finiroient par devenir tres-
•funestes au vaisseau. II prefera dorug une
conduite plus tranquille . et plus  discrete.
Sous pretexte de divers besoins , il se fit
donner un pistolet par un des cneis , -jjux
poignard par un autre£ et s'etant. arnu^^lui-
meme . il attendit avec impatience Parrivee
| fj# |l$t'« f    if? \ .*'     I
de Tianna qui etoit aloijs^ai.terre,*pour re-
poudre definitivement quel parti  il3 pren-
droit dans une situation si critiquee Dans
Un-tres-court espace de temps , ce chef fut
de retour a bord. Le capitaine Douglas le
conduisit alors dans sa chambre, ferma la
^§ih      -lip. '   r       '" >        -
porte au verrou , et la., se trouvant te*te a
t^te ayec lui , il le pressa de lui declarer
quelles etoient les intentions du roi^et des
chefs. Tianna se jetta alors. sur,le plan-
Cher^ ayec toutes les marques de fla plus
violente douleur, lui depouvrit tor)^ le com-
plot, tel qu'il a ete rapporte ci-dessns, en
rejettant tout le blame sur le roi , et lui
recommanda de le tuer sans perdre de
temps. lie capitaine Douglas sauta ,#a l'ins-
tant, sur le pont, tenant un pistolet charge 1789.
Juillet.
( 26*6 )
clans -jbhaque main. Cet acte imprevu &%
yigueur produisit un tel effet sur les chefs
qw.y etoient assembles alors , qu ils quit-
terent le vaisseau dans le moment meme,
et ayant mfe leur canot en mer, gagnerent
3a cote ~k force de rames.
On s'attend nature]lenient que des pro-
jets aussi hostiles, et une trahison aussi ma-*
nifeste que celle dont nous venons de donner les details vont rompre pour jamais les
communications entre l'equipage de YIphigdnie et les naturels de cette ile : mais ii
etoit absolument necessaire de  Faire  des
provisions pour la suite du voyage. Le capitaine Douglas consentit done a recevoir
de Tome-homy-haw des excuses humiliantes
pour ce qui sretoit passe.' Celui-ci en rejetta
tout Podieux sur les chefs. On renbua en-
tierement avec les naturels. lis s'empres-
serent de nous fournir des cochons et du
fruit en grande quantite , ainsi que de la
corde dont nous eumes soin de faire bonne
provision, attendu que les cordages   que
nous avioris  a   bord etoient dans le plus
mauvais etat.
Le 27^ le capitaine Douglas quitta Owhy-
%&£', apres aVoir laisse des lettres pour le (   20*1   )
capitaine Funt^r et pour moi dans le cas
ou Puji de nous viendroit toucher a cette   MJet.
lie. Tojoie-homy-haw ne cessa de  lui  de-
mander pardon et d'exprimer les plus vifs
regrets pour les aiarmes que lui et ses chefs
lui avoient  causes. Quant a Tianna, il
continua de verser des larmes, et a deployer
toute la sensibilite qui caracterise un boa
coeur. Enfin , telle fut leur conduite a Pap-
proche clu moment marque pour le depart
de YIphigdnie qu'il n'est pas penmis de dou-
ter que des vaisseaux anglois ne trouvent
par la .suite, dans cette lie , tous les secours,
toute la protection, toutes les preuyes d'a-
mitie qu'il sera au pouvoir de Tome-hoio^fc.
haw et de Tia^ina de leur donner (i).
m
(i) J'avouerai ici que je ne partagerois point la
confiance du capitaine Meares , si jamais le eiel me
destinoit a. parcourir ces mers eloigners , et a. "v^rter
les iles Sandwich. La mort deplorable de l'illustre
Cook , laehetaent assassine dans ces menies f&rages ,
la nouvelle trahisoft dont le capitaine Douglas faillit
dfetre victime, trabison qui .n'est pas moins atroce ,
quoiqu'elle n'ait point eu le succes ^q^ils sfen etdiei&
yromis, sont de terribles lecons qui doiv&at rester pro-
fondement gravees dans l'£me de tous les navigateurs*
Qu'ils se  rappellent > sans  cesse qu'une salutaire de-
R3l
m
aai
iatM i7^9-
Juillet.
Mardi
,28. ,
Aout.
Luridi
io.
' ( 262 )
Le jour suivant, on vint mettre a Pancr«
dans la baie de Witetee , ile de Woahoo,
Mais comme tous les articles de trafic se
trouvoient epuises, les armuriers recurent
Fordre de couper les chaines de gouver-
nail pour acheter les provisions dont etoient
charges plusieurs canots qui arrivoient de
la cote*
Apres avoir relaehe dans les autres iles
pour y faire de Peau, recueillir des igna-
mes, etc. on quitta les iles Sandwich le 10
aout, et Pon gouverna a Pouest.
Pendant la route, on^ne fit aucune rencontre qui merite d'etre rapportee ici, on
^tiessuya point de facheux accident, on ne
fut favorise non plus d'aucun evenement
heureux.
Le 4 octobre , on arriva a la vue de la
cote de Chine ; et, le jour suivant, Ylphi-
$ance peut seule les garantir des exces feroces aux-
quels une basse cupidite porte trop souvent ces naturels envers les Europeens. Le genereux Tianna;, dont
le caractere. noble et sensible ne s'est jamais dementi ,
doit cependant etre regard^ comme un ami sincere, et
digue d'uxi&iiestime universelle.
jj&    Note du  Traducteur. ( a63 )
gdnie, apr£s tant d'obstacles et de fatigues,    1789;
atteignit enfin le terine de ses longs et pe- Octobre,1
rilleux voyages , en venant mouiller heu-
reusement dans la rade de Macao*
FIN.
R4 A P'P-E N D I X
DE CE TROISIEME VOLUME.
Extraits des divers passages de la
relation des Voyages autour du Monde ,
et principalement a la Cote Nord-Ouest
d'Amerique , fails en 1785 , ij86, ij8j
0t i j88 it bord des vaisseaux le Roi
George et la Reine Charlotte, par les
capitaines Portlock et Dixon , publids
par ce dernier, et dans lesquels il est
parld de la premiere expddition du
capitaine Mjs a r e s > en ij86 A sur le
vaisseau le Nootka*
•■■   .|:     -   -      ]VJo#    jer   |gj -|P|    .'   *
f< AU  printemps de l'annee   1786 , on  equip*  au
bengale deux vaisseaux , le Nootka, de deux cents
(1) Tire de I'introduction placee par le capitaine Ceprm
V**m* en tete de ses Voyages.
Nqu du Traiucttux. tonneaux , capitaine Meares , et le Sea Otter (i),
de cent tomreaxrs , capitaine Tipping»,
» Le capitaine Me a iles partit du Bengale au mois
de mars : nous parlerons de ses opdrations dans le
*cours de Get ouvrage , l'ayant rencontre a Ventrde du
Prince Guillaume ".
.» Le Sea Otter quitta Calcutta quelques jours apres
le Nootka y il etoit destine a se rendre a Ventrde du
Prince Guillaume, ou il arriva en septembre, pendant
que le Capitaine Cook et VExperiment^p.) y etoien*
encore : il repartit de cette entree le lendemain , selon
teutes les -apparenees, pour remonter jusqu'a la rivi&re
de Cook ,• mais comme on *n'a plus entendu parler de*
puis de ce b&timent, il est a presumer qu'il s*el&
perdu (3) ». f|§|   .
■ '•'■• .....
'(T)^C'est-a-dirfe, la JLoutfe Marine, ce meme vaisseau que
nous avons vu dans la relation du premier Voyage du capitaine Meares , partir poUr Malacca charge d'opium, et qui
devoit rejoindre le Nootka a la cote nord - ouest d'Amerique.
Voyez le premier volume des Voyages du capitaine Meares,
pages 2, *3 et 4.      |||
Note du Traducteur.
(2) Deux senauts qui furent equipes a Bombay, en partirent
au commencement de la meme annee 1786, et revinrent en
bon etat a Macao ; mais sans avoir reussi ( du moins.c'est
l'opinion la plus commune) a se procurer une grande quantite
de fourrures. Voyez dans le premier volume des Voyages du
capitaine Meares, ses observations sur.la Prvbabiliie d'un Passage Nord-Ouest , pages 11S et 129 >. ainsi que le chap, j]^
de la relation de son second Voyage^.page 313.
Note  du. Traducteur.
■ &) ke lecteur doit se souvenir que cette ©pinion est aussi
It- «H
*:<3i '( 266")
N
JO
11 (l).
« Le io , le capitaine Dixon re vint avec les bateaux et chaloupes. Comme cette excursion a ete ac—
cdnmagnee de circonstanees interessantes, je t'en ferai
le recit dans les propres termes du capitaine que j'ai
tires de son journal : »
celle du capitaine Meares. Voyez le -premier volume de ses
r^«|«, page ioo.
Note  du Traducteur*
Cil Tire de la lettre XXIX du premier volume des Voyages
du. capitaine Dixon. Cette lettre est ecrite de l'ile Montagu +
en date du 13 mai 17S7.
Je ne me permettrai aucune discussion des faits rapportes
contre le capitaine Meares par le capitaine Dixon dans le
recit qu'on va lire , ainsi qu'en d'autres endroits de ses
Voyages. Je les presente nus au lecteur^ : c'est a lui qu'il
appartient de les app^ecier. IL les comparera avec les details
donnes par notre voyageur de ses relations avec les capi-
tmaes Portlock et Dixon a Ventree du Prince Guillaume , des.
precedes de ces derniers a son egard, et de la maniere dont
ils se sepaferenr. J'ajoute que le lecteur, apres avoir accom-
p?gne le capitaine Meares dans le cours de trois annees d'une
navigation difficile et perilleuse, doit connoitre assez son
catcrctere , pour savoir a quoi s'en tenir sur les reproches
et sur les tioutes du capitaine Dixon qui n'a pas hesite a
presenter les recits quHI lui fit, lors de leur rencontre , comme
peu digues de coniianqs.^
Note du Itaducuur* I 267)
» Le 5, au matin, je partis  avec les deux ena*3
toaipes , et la grande  barque  du King George (1) >
pour aller en quete des Indiens , et en obtenir , s'il
etoit possible   ,   quelques   fourrures.: Mon  intention
etoit, d'aborck, d'aller a la crique d1Hinchinbraoke (2) ,
et de passer ensuite a celle de Snug-Corner (3) , sa-
cbant que je devois plus probablement m'attendre a
rencontrer des habitans dans ces deux endroits. A buit
heures , il survint du mauvais temps , et nous rela-
chames dans la crique de Vile Montagu ; mais vers les
neuf heures , le temps s'etant eclairci^ je redoublai la
pointe nord - est de  cette  ile ,  et j'entrai dans  une
grande baie : j'y trouvai une bande de chasseurs indiens qui me firent entendre qu'ils habitoient le cap
■ffinchinbrooke. Comme l'apres-midi etoit fort avancee^
je jettai l'ancre, et passai la -nuit dans le bateau &vl
King George, et fe fis amarrer de  chaque cote les
deux cbaloupes ».
x> Le soleil etoit couclie , et les insulaires ne nous
quittant pas encore , j'ordonnai a six de mes gens de
faire sentineile , et aux autres de  tenir leurs armes
(1) C'est - a - dire v du Roi George. C'etoit le vaisseau que
eommandoit le capitaine Portlock.
Note du Traducteur.
(a) Ou Michinbrohe. 'zMr
s
(3) C'est celle dont il est parle dans le premier Voyage
du capitaine Meares sousle nom $ anse fermee du-Prmce Guillaume. Elle est nominee iJaie du ri&uh ferme dans le troisieme
Voyage. de-Cook* livre HI, chap. IV, page 139. &m
Note du Traducteur. 7(268)    ;7|| 7
l^petes , pour obeir -,au moindre signalji^Les Indiens:
reste rent caches dans les environs jusqu'a pres de deuii
heures, epiant, sans doute , l'occasion de s'emparer
.de nos bateaux 5 mais voyant que nous etions attentifs
a tous leurs mouvemens , ils se retirerenjfc cn.
» Le 6 , vers les quatre heures du matin , je lis lever l'ancre, et je gourernai sur le cap Hinchinhrooke,,
©u je mouiilai a >clix heures et demie. Je trouvai dans
.qet endroit plusieurs Indiens , de qui j'achetai quelques peaux de loutres. Les Indiens et£ndoient tres-
sousrent le bras du c&te de la crique de Snug-Corner,
> et taehoient de me faire entendre qu'il y avoit dans
cet endroit u?i vaisseau d Pancre. Quoique cela ex-
citat ma ctgfip&ite , et que je desir&sse vivement de
jn'assurer de la verite du fait, la journee etant fort
ayancee , je me detejfeminai a rester ,&k j'etois pendant
la,nuit ; le temps paro|ssoit d'ailleurs-,mal dispose , et
nous aurions pu nous exposer a quelques dangers, en
^entantde no$sfrendr.ejdans la crique de Snug-Corner »..
» Nous troiivames qu'il etoit necessaire de veiller
frvec encore plus d^ten^^on G€$te nuit que les prece-
dentes. Les Indiens ayec lesquels j'avois trafique" pendant l'apres-midi pour des fourrures _, etoient d'une
tribu difl^rente de ceux que i'avois rencontres dans la
baie , a l'extremite nord - est de VHe de Montagu. Ils
se comporterent tres-insolemment , et d/une maniere
fort audacieuse , quoiqu'ils ne nous aient pas attaques
ouvertement, ei^jqiitilfs soient restes dans les bateaux
jusqu'au lendemain a la pointe du jour 5 mais je ne
doute nullement que la vue des marchandises diffe-
rentes que nous avions prises avec nous pour les echange* T
I- S    (269)   '
fcvec ces insulaires , ne leur eilif^ait prendre la resolution de nous cerner pendant la nuit , dans l'espoir de
piller. Trompes dans leurs vues , ils s'en retournerent
en temoignant beaucoup de mecontentement».
» Le 7, des le matin, je me rendis a. la crique do
Snug-Corner ,• mai^ le vent etant tr»s-leger pendant le
cpurs de la jauBn^e , le bateau ne put faire que tres-
peu de chemin } et il falrttt que les chaloupes le pris-
sent a la remorque.  Ceci retarda teflement mon passage , que je n'arrivai dans la crique qu'a onze heures
du soir.  Contre mon attente , je ne trouvai point d$
vaisseau dans cette anse, et je n'y vis aucun des habi-;
I tans. Je  donnai  ordre  n^anmoins  de  faire la  garde
aussi  exactement   que les   autres jours , n'ayant  pas
oublie que la Deeouverte avoit ete environnee par les
naturels en plein jour dans cette meme anse , lors du
dernier voyage qu'y fit le capitaine Cook (1) ».
;..
•m»»
( j ) « Quand les naturels eurent passe trois ou quatra
heures a la hartche de la Resolution , ils nous quitterent tous f
ct ils se rendirent aupres de la Deeouverte. Aucun d'eux n'y
avoit etc jusqu'alors, si fen excepte un homme qui arriva
au moment ou ils s'eloignoient de nous, et qui les y ra-
mena, Je pensai qu'il avoit remarque sur le vaisseau des
choses qu'il savoit §tre pfuS du gout de ses compatriotes ,
que ce qu'il avoit appercu sttt la Resolution : je me trom-
jfeis , comme on le verra bientot».
» Des qu'ils furent partis, un de mes canots alia sender,
le fond de la baie. Comme le vent etoit modere, je SiJA-e
geois a echouer la Resolution, si je venois a bout de trou-
ver un endroit propre a arreter notre voie d'eau. Les sau^
vages ne tarderent pas a s'eloigner ds la Dkouverte, et au
%$ I
Si     «'        '      (27° )       1; *
» Pendant la nuit, aucuns des habitans ne nous ap-
procherent ; mais le 8 , a la pointe du jour , nous
vimes deux Indiens dans une pirogue, aupres de notre
i
lieu de revenir pres de nous, ils marcherent Vers ,Ie canot
occupe a prendre les sondes. L'officier qui le commandoit,
observant leur manoeuvre, revint a bord, et il fut suiyi;de
toutes les pirogues. Le detachement fut a peine rentre sur
la Resolution, que quelques-uns des Americains sauterent dans
le cafiot, malgre les deux hommes de garde  que  nous y
avions laisses. Les uns presenterent leurs piques a nos deux
seatiaeHes , d'autres s'empare*fe%it de la corde qui attachoit
le canot a la Resolution , ei* le reste entreprit de Tenimjener
a la remorque. Mais ils le relacherent, des qu'ils nous virent
disposes a le defendre par la  force •, ils en sor^rent pour
remonter  sur   leur embarcation. lis  nous  nrent siene de
meiue bas* les armes, et ils sembloient aussi tranquilles'que*
s'ils n'avoient rien fait de malhonnete. lis avoient forme a
la hanche de la Deeouverte une autre efitreprise , peut-etre
ehcore^plus  auoacieuse. L'homme qui  etoit venu pres de
nous , et quj avoit mene ses compatriotes vers l'autre vaisseau , avojte examine toutes les ecoutilles de la Deeouverte ,
et n'appercevant  que 1'offieier  de  garde, et un   ou   deux
matelots, il crut, sans doute, qu'a l'aide de ses camarades ,
il.pourroit aisement piller le vaisseau du capitaine Clerke.
Ce proiet lui parut d'liiutant plus facile que la Resolution se
trouvoit a quelque distance ; c'est statement dans cette intention qu'ils s'y rendireat tous. Plusieurs d'entr'eux mon-
terent a bord  sans  aucune   ceremonie ; i!s   tir.e^eht leurs
couteaux j ils firent signe a 1'ofHcier et a Tun des matelots
qui etoient sur le pont, de se tenir a i'ecart, et ils prome-
nerent leurs regards de cote et d'autre, afin  de  voler  ce
quHfeur conviendroit. Ils s'emparerent d'abord^du gouver-
pail d'un des canots, et ils le jetterent a ceux d'entr'eux
# ( a7* )  '    '     .   ,.|.   / -•;
bord. Ils me firent entendre qu'il y avoit un vaisseau.
qui n'etoit pas fort eloigne , et- que , si ]e voulois leur,
donner un chapelet de grains de verre , ils me condui-
roient au lieu de son; mouiilage. Enchante de cette
proposition 5 j'acceptai leur offre avec grand plaisir j
et ayant laisse a l'ancre le grand bateau qui ne pouvoit que retarder mon voyage , je suivis mes xleux
guides dans les chaloupes, fort inquiet de savolr s'il
se trouvoit reellement un vaisseau dans ces parages ^
ou si ces Indiens cherchoient seulement a m'amuser
par un faux recit ».
*> Je n'avois pas ete loin que le temps deyenanf.
mauvais , mes guides m'abandonn^rent. Malgre ce
petit accident, je continual mes recherches le long d.eA
c6tes jusqu'a. midi. Je me trouvai alors par "le travers,
qui se tenoient dans les pirogues. jQsn'avoient, pas eu jfe
temps de decouvrir un autre objet qui plut^leur imagination, lorsque l'equipage de ia Deeouverte-grit Talarme, erse
montra arme de coutelas. A cet aspect, les voleurs se re*
tirerent avec autant d'assurance et de saftg-froid qu'ils avoient
abandonneie canot de la Risolution. Selon 1'observation du
capitaine Gierke, ils raconterent a ceux qaii:n-a.voient pas
ete a bord, de eombien les couteaux du vaisseau 4toient
plus longs que les leurs. Mon canot prenoit des sondes sur
ces entrefaites : ils I'appercurent, et, ainsi que je l'ai deja
dit, ils raborderent apres avoir vu echouer leur projet
contre la Deeouverte. Je suis' persuade que , s'ils vinrent nous
voir de si grand matin,tis comptoient rious irouver endor-
mis , et nous voier a Jour aise-». Voyez \e.iroid*)me Voyage
lu,capitaine Cooh\ livre III, chap. IV, page 135 et suiv.
Note du Traducteur. .' iif (^2)' |;        :; - .
de I'entree d'une large baie ; mais , accueilli d*urie!
chute considerable de neige , de pliiie neigeuse et de
raffales , je fugeai plus prudent de retourner vers le
bateau , et j'y arrival sur les trois heures >?.
» A six heures et demie , six pirogues remplies
d'Indiens vinrent dans Vanse ou nous etions mouilles^/
et me dirent qu'il y avoit un vaisseau, qui n'etoot pas
bien eloigne , vers lequel ils allc^ent. Ils offrirent de
m'y conduire : le temps etoit alors fort mauvais ; mais
comme ils n'alloient que vers le golfe , et non pas au
large , ainsi qu'avoient fait mes autres guides , je me
mis dans ma chaloupe , laissant l'autre dans Vanse
avec le bateau , et je les suivis».
» A dix heures du soir, nous arrivames dans Ia
..Cricjue, ou le vaisseau que je desirois tant de voir
etoit a l'ancre. C'etoit un senau, nomme le Nootka $
venant du Bengale , commande par le capitaine
Meares , et  portant pavilion anglois #*
» Le capitaine m'apprit qu'il etoit parti du Bengale en mars 1786 , et avoit touche a Oonalaska dans
Je mois d'aout (1) 5 que , de cet endroit, ii avoit continue sa marche vers la riviere de Cook, oil il avoit
dessein de pen^trer par ia route des iles Stdriles $
mais que , le temps etant tres-brumeux , il etoit entre
dans la baie de la Pentecdte , et qu'il avoit trouvd
dans cette baie un passage pour se rendre a ia riviere
(1) Voyages du capitaine Meares sur le No oik a , en V7864
premier vohfche ds ses .J5^*^,-pages 6, 13 et suiv.
Note du Traducteur*
de 1   ' i#i   ;V
de Cook. II avdft rencontre plusieurs colons 'russes
qui l'informerelit que la terre qui se trouvoit a Ves%L
etoit nominee par eux Kodlak , et qu'ils y avoient
une colonic. Les Russes lui apprirent encore qu'il y
avoit deux vaisseaux europeens a i'ancre a Kodiak ,
et qu'ils avoient vu deux autres vaisseaux dans la riviere
de Cook. Cette nohivelle Pavoit engage a gouverner sur
Ventrde du Prince William ( Guillaume^ , ou il etoit
arrive vers la fin de sfeptembre (i) ».
» Il avoit hiverne dans la crique ou je le trouvois ,
et son vaisseau etoit encore embarrasse dans les glaces.
Le scorbtit avoit fait les pigs  grands ravages parmi
son equipage , et ii avoit perdu psar cette maladie ter*
rible son second et son troisi^me lieutenans , le chirtir-
gien , le charpentier, le tonnelier , le voilier , et un.
grand nombre de gens qui^faisoient le service au m^l*4
de misaine.   Tout le  reste de son equipage se trouvoit   tellement   affoibli   a   la   fo^| que   le   capitaine j
Meares etoit le seul qui fut capable de se promener
siu' le pont ».
v II fut extremement satisiait d'apprendre qu'il se
trouvoit si pres de lui deux vaisseaux qui pourroient
peut-etre i'aider dans la detresse , et je n'en eus pas
moins a l'assurer que nous lui iburnirions tous le»
secours et toutes les provisions dont il seroit en notre
pouvoir de disposer. Comme les gens de son equi-*
page commencoient a   se  retablir ,  il  me  dit de  ne .
(I) Voyages du capitaine Meares, premier volume, pages
22 , 23, 24 et 25.
Note du Traducteur.
Tome III. $ i
point me donner la peine de lui envoyer des rafrai^
chissemens , et qu'il se rendroit bient6t lui - meme si
notre bord dans sa chaloupe ».
33 Je quiitai le Nootka le 9 a trois heures du matin, et je rejoignis les chaloupes vers les huit heures.
A dix heures, je levai I'ancre , et ie marchai vers nos
Vaisseaux, convaincu qu'il n'y avoilf pas beaucoup
a cean|)ter sur les fourrures de prix dans ces parages.
Vers midi, le vent tomba presqu'entierement, et nous
f&mes obliges de faire remorquer le bateau par les
deux chaloupes ». j^p
» Pendant que nous' traversions Pentree de cette
maniere, plusieurs pirogues vinrent a notre rencontre.
Un des naturels of&it de nous vendre quelques peaux
de. loutres, et ayant |ett£ par hasard les yeux sur
une poele a frnre dont nos gens se servoient dans le
bateau pour preparer leur repas , il demanda qu'elle
lui fut donnee en echange 5 je la lui oflrls au m&me
moment, mais il refusa absolument de la prendre en
entier, et me pria d'en detacher le manche, qu'il parut
regarder comme un tresor inestimable , tandis qu'il
rejetta le fond avec dedain •».
ff^Vers les six heures , le vent fraichlssant, le bateau se trouva en etat de marcher sans avoir besoin
d'etre remorque. Peu de rnomens apres , le temps devint tres-mauvais ; nous eumes beaucoup de neige et
dcjjluie neigeuse, ce qui fut cause que les chaloupes
se se"parerent ».
; S> La nuit fut tres - orageuse, et je ne pus arriver
a bord de mon vaisseau que le   10 a quatre heures (a75)
du matin.  La chaloupe1 et le bateau du King Georgt
revinrent a-peu-pres vers le meme temps 33,
33 Le 10 , suiv les onze heures du matin , le capitaine Meares vint a bord du King George, accom-
pagne de M. Itoss son premier lieutenant. lis appor-
terent avec eux plusieurs sacs de riz poUr les echan-
ger contre d'autres cteurees dont ils avoient le plus
grand besoin in
n C'est d'eux que nous avons appris que, depuis
quelques annees , on venoit de differentes parties des
Indegj - orientales f^are sur ces cotes le commerce des
ipurrures jg§
s^ft Ils nous nrent diffdrBfit&es histoires s&f leurs sue*
ces dans le commerce ,* mais nous ne7'|mmes pas don*
ner un*grand degrd de)&j$u/zdnce d leurs rdcits , d'au-
tant plus que le capitaine et son lieutenant racon-
toient les memes choses d'une maniere toute differente.
Tantot ils avoient achete deux mille peaux de loutres j dans un autre moment, il n'etoit question que
de sept cents. II est cependant certain qu'ils s'dtoient
procure une bonne quantite de fourrures precieuses,
*$&. cela pHncipalement et peut - etre meme entidre*
.ment dans Pentree du Prince   William x>.
» L'intention du capitaine Meares avoit ete de
completer son voyage dans l'espace d'une annee 5 mais
la gelee l'ayant surpris plut6t qu'il ne pensoit, il
avoflrete forcement detenu dans Ventrde pendant tout
Phiver. J'ai de;'a. parle des ravages que le scorbut
avoit farts parmi l'equipage : c'etoit malheureusemenC
dans le moment meme ou tous ceux qui montoient
ce vaisseau etoient attaques de cette cruelie maladie ,
Sal ( 27^ )
«t que le bois de cnauffage leur manqua absolumeiit^
et ce ne lut qu'avec la plus grande peine qu'ils purent
*n porter a bord en quantite suffisante pour leur consommation Journaliere »-
» IVous  etant  informes   s'il   etoit po jible . que   le
scorhut , sans: e-tre accompagn^d'aucune autre maladie, eiit joccasionne des maux:au§sfciimestes que ceux
cju'avoit eprouveTre Nootka ,• on nous avoua qu'ayant
permis   aux gens  de 4.'eqmipage  de   boire  la quantite
-de liqueurs fortes qti'ils jugeroient a. pr<lpOs \ pendant
la. saison la plus rigoureuse-., vers-JNTteiel 7 *ls en;avoient
bu avec tant d'exces,*que plusieurs d'eiitr'eu^&voient
4.te obliges de rester dans leurs bamacs pendant quifize
jours. La Jiqu^ur dont ils* firent usage etoit en outre
=d'un ;genre pepiicieux 5 il n'est pas etonnant  que ces
■deux caus;e^aient eutfes effijts plus dangereux encorte*
■que Le scorbut lui^meme. II est certain que, si  ma
sUjpBOsition  est  vraie , le capitaine Meare»±& eu le
plus grand tort de, permettre de sembtabies de^aUohes
a ses-^ens , et ,^'e crains que., n'ayant d'abord qu'une'
tres - petite provision des differens anti - scorbutiques
neces^xires pour un tel voyage , il ne se trouve dans
I'imnossibilite  d'arreter  ce mal  que les gens de mer
pnt tant a redouter (1) »-.
» Le ■!«-, dans la matinee, le capitaine  MearM&:
(1) Voyez, au sujet de cette allegation, la fin de la note
insiree par le capitaine Meares datis la relation de son premier Voyage., page £5 du premier volume. mm
Note du Traducteur. et M. Ross nous~-quitterent 5 nous leur donnames <hx-
sucre , de la farine , de la inelasse et de Peau-de-vie f
et enfin tout ce que- nous pumes prendre sur notre
provision yet le capitaine Portlock deiacha deux matelots de son equipage, pour aiderle capitaine Meares
a conduire son vaisseau aux iles Sandwich , ou il se
proposoit de relaeher aussitot que le temps le lui per-
mettroit 33.
33 Nous-ne ftimes plus* embarrasses de savoir ce que
vouloient nous dire les Indiens; en nous montrant
toujours du doigt Ventrde du Prince William , et en
repetant ee mot Nootka j cel'a nous expliquoit ega-
lement pourquoi ils avoient caresse nos chiens et parle
anglois 5 ils out une prononciation assez nette 5 et
Pun d'eux ayant passe' plusieurs semaines a. bord du
Nootk,a , il n'est pas surprenant qu'ils aient retenu
quelques mots anglois. Mais revenons a. ce qmTnous
ficcupa d'abord (1) »i.
^
•'   n°.   in (2). '#■■■-■ "ii?/
* Peu de  temps apres, Tyheira vint  a.  bord \ et
pour  r^pondre aux  questions   que   nous   lui   faisions
- .''..•I
■■   ***^
■ ** m
(I) Voyager, etc. par le capitaine Dixon, premier volume,,
lettre XXIX, page 3S5 et suiv.
'y0    Note du Traducteur~       W&i
(2)Tire"de la lettre XL des  Voyages du capitaine Dixon {
S3 f>78)|
d'Abbenooe -, il nous  raconta   une histoire qui noit<?
causa  beaucoup  de  peine ,   et  dont   voici   l'abrege.
Depuis notre depart d'Attoui ( i )  un  vaisseau avoit
mouille* dans ces parages. Le capitaine avoit fort mal-
traite les habitans, et meme en  avoit tue quelques-
uns 5 cet evenement avoit empeche son pere c|e  venir
a. notre rencontre , n'ayant pas pu  reconnoitre noire
vaisseau a une aussi  grande i distance. Le  capitaine
Dixon lui dit que nous ne commencerions aucun trafic quelconque , qu'Abbenooe ne   fut venu   a  bord,
Tyheira  envoya   en   consequence une  pirogue pour
chercher son pere, et donna le signal convenu pour
lui faire connoitre qu'il pouvoit venir en surete. JNTous
eftmes le plaisir de voir venir a bord , en moins d'un
quart-d'heure , notre bon ami Abbenooe , et il parut
enchante de revoir ses anciennes connoissances , quoique feche de ce que le capitaine Portlock ( ou Po-
pote . comme il le  nommoit) n*etoit pas avec nous,
D'apres la description que Tyheira nous lit du vaisseau en question, nous conclumes que ce 7ie pouvoit
etre  que le   capitaine Meares , qui avoit eu   que-
relle  avec  les   naturels.   IVous  etions   d'autant  plus
portes a le  croire, que notre capitaine lui avoit  re-
commaride de  relacher a Attoui , de presence aux
autres iles. Nous demand&mes   a Abbenooe quelques
***
second volume, ladite Jertre ecrite d'Atooi, 1'une des iles
$tvid\vich , page 55 et su:v.
Note du Traducteur..
(1) Qu Atooi, '       ( 279 ) .  ^.  *   •
tBclaircissemens* snr cet objet , et il nous informa
que le Nootka "etoit parti d'Attoui vingt jours au-
paravant 5 que le capitaine etoit Enou ( mediant
homme) , et qu'il n'avoit pas daigne faire le moindre present, quoiqu'il eut ete pourvu abondamment
de toutes les productions de Pile 37.
N<
I V.
u Le senau le Nootka , capitaine Meares , fut
frete au Bengale par un certain nombre de capita-
listes, qui prirent le nom de Compagnie du commerce de fourrures dans le Bengale. Jl partit du
Bengale en mars 1786. Je t'ai deja parle de la destination de ce batiment et de son arrivee a Macao.
La cargaison du Nootka fut vendue a. Canton le
4 du mois dernier. Elle etoit composee des fourrures
suivarites :
Savoir : So peaux de loutres de premiere qualite , a
70 piastres chaque    .p..    ....      35oo piastres
52 de seconde qualite , a 5o    .     .      2600
58 de troisieme , a.  2.5 ...     .       i4-5o
31  de   quatrieme   qualite , grandes
et a moitie   usees , a. 20    .     .     .    .        620
5o de cinquieme qualite ,   grandes
et usees, a.  i5     .1      75o
26 vieiiles et tres-mauvaises , a 5
piastres  chaque    .    .     .
12 grands morceaux  et bandes  de
peaux de loutres , a 10    ...    .
l3o (^Bo )
37 plus petites, a. 5 . . .- . ;
S7 queues de loutres, a. 2
31 de qualite inferieure ....
48 peaux de loutres de terre bonnes
et mauvaises, a. 6 piastres chaque .
i4 tres-mauvaises peaux de castor,
3 . . . . 1 , .' ^. . .
27 peaux de martres, au prix de
Total I . M . . .
Outre les articles ci-dessus mention-
nes , le capitaine ^VIeares vendit a
Canton 5o peaux de loutres de premiere qualite , a. raison de 91 piastres
chacune , ci    .    .    .    .    .    .    •  ' ~
S5 piastres
3*l|l|5
288
42
14
■*
9712 piastre*
455o
Total du montant de la cargaison    i4j26a
Le   total  des  peaux   de* loutres,
outre eelles de rebut, peut etre re-
garde comme montant a
357
■M-
Pin de I' Appendix du troisieme et dernier Volume* TABLE
DES   CHAPITRES
CONTENUS
DANS CE TROISIefeME VOLUME
Chap. XXIII. JLJ esc rift ion   des
habitans   de   Nootka.       Precaution
bizarre  qu'ils prennent pour leurs  enfans   eu   bas k age. — Leur   aversion,
pour la barbe.—Habillemens des horn.',
mes et des femmes. — Leurs  diverses
esp
es. -
- Masques ; usages quails en
font.—Caractere et inclinations des naturels. — Horrible coutume de tuer tous
les mois un esclave pour le manger.—
Ceremonies usitdes en cette occasion. —
Circonstance it laquelle nous dilmes Id
deeouverte de cet usage barb are, ete.
page l
*   **"**■
si st&a -      Table
Chap. XXIV. Occupations des hommes h
Nootka. -—Elles consistent, en general>.
dans la chasse de diffdrens animaux marins , et de ceux qui habitenl les bois.—
Description, de la maniere dont ils tuent
la baleine , etc. —— Chasse de la loutre
de mer, du veau marin, etc. — Leurs
occupations domestiques 'plus particu-
Hires. —Prdparatfs qu'ils font pour la
peche et pour leurs expeditions guer-
Hires.—Description de leurs canots.-—
Manidre de pecher Ie poisson $ particu-
Hire a ces peuples. — Occupations des
femmes. ■—• Maniere de recueillir et de
con server les osufs de poisson. — Inclinations guerridres de ces naturels. —•
Coutume adoptee parmi eux d'dchan-
ger les femmes. — Leur j^eligion, etc*
page 20
Chap. XXV. La Felice continue son voyage.
—Elle fait une voie d'eau ,• alarm e it cette
occasion..—Necessite d'alldger le vais*
seau.   Nous   arrivons it la. hauteur
d' Owhyhee , I'une des iles Sandwich.
—Nous mettons en panne dans la baie
de Toe-yah-yah. Nous recevonsune
grande quantitd de provisions. — Etat
—w des    Chapitre s.       a83
actuel de cette ile. Prdsent fait au
chef qui  la gouverne, de la part  de
Tianna.  La Felice quitte Owhyhee.
—Salaison de nos provisions. — Passage
pres des iles Mowee, Ranai , Morotoi et
Wo ah oo. Arrivee it Atooi ; situation
politique de cette ile.—Nous continuous,
notre route jusqu'a Oneeheow ; reception
amicale qui nous est faite dans cette
ile. — Quantitd considerable d'ignames
dont nous nous approvisionnons.—Nous
laissons it un naturel de confiance dans
l'ile une lettre pour le capitaine Douglas. Continuation du voyage. —Isle
de Bo to I- Tobago - Xima. — Nous tour-
nons les rochers de Ville-Rete. — Nous
ddcouvrons la cote de Chine. Nous
mettons it l'ancre dans la rade de
Macao , Page 4^
m
*>---
Voyage du vaisseau YIphigdnie , capitaine
Douglas, de Samboingan a la Cote
Nord - Ouest d'Amerique.
Chap. XXVI. La Felice quitte Samboingan.
—Conduite tenue par le gouverneur de*la
place avec le capitaine Douglas apres le pM T   A   B   X   ff
depart de ce vaisseau. —- Une partie de
/ equipage est emprisonnee par ses or*
dres , et le vaisseau retenu dans le port.
—Le droit des gens outrage par de tels
precedes. — Z/Iphigeme part de Sam*
bohigan..^— Elle arrive a la hauteur
d'une petite ile, nommee aujourd'hui
ile de Johnston. — Communication avec
les naturels i leur description. — Taw-
nee , habitant des iles Sandwich , em-
barque a bord de /Tphjg^nie , tombe
malade et meurt. — Maladie dans l'equipage.—Passage du vaisseau au tra~
vers des iles Pelew. — Communication
avec les naturels. — Circonstance affli-
geante , ignoree du capitaine Douglas,
page 79
Chap. XXVII. Vue de l'ile d'Amluk.—Vue
d'une terre qu'onprendpar erreurpour
l'ile de la Trinitd.—Terrible bourrasque.
—Description de la ten^e*— Vue de Viler
de Kodiak. Vue de l'ile de la*Trinitd Arrivde du vaisseau a la hauteur
de cette derniere.—Deux canots vienneht
lui rendre visite. — Le capitaine envoie
un officier a terre sur I'iole pour chercher du poisson ,• il revient avec  une DBS      ChAPITMES.
b85
petite provision que  mi d%t\ donnde les
naturel&S-— Vue du cap Greville. —
Passage  le  long des   iles Sterries. —~
Visite d'un Russe et de quelques chas*
seurs de l'$&lzle Kodiak.——Le vaisseau
remonte %a . rw%^re de Cook\Jl— Communication avec les naturels.—>La chaloupe
est envoy ee au haut de cette' riviere. —
Instructions donnees a rujnficier chargd
de la commander. —- Retour de la cha*
S*sfcF*' i*^ ^jjjgj^se'jfc >
ioupe.—Z/Iphigenie live I'ancre et descend la riviire.  Elle gouverne sur
^ Vextrdmite^ meridionale ■ de Tile Mon-
tagu.—Elle porte sur la baie^ap Snug
-Corner.   *— Plusieurs cahom   viennent
jusqu au vaisseau. Un aecouvre que
le vaisseau   le  Prince  de  Galles   avoit
quitte la baie dix jours aupajravant^ etc,
page 107
^Chap. XXVIII. Z/'Iprlig^niey«z/ vdtlds de la
baie de Snug Corner—Elle passe l'ile de
Kaye—Elles erre de pres le cap Suckling.
—Les vents d'est ne lui permettent d'avancer que trds - lenternent le long de la
cote.— On envdiela chaloupe dans la baie
d& Beering ,* elle revient apres avoir dtd
moussde avec violence eit mer. —On voit H%6 Table
des iles de glace.—On achete une grande
quantite de peaux de loutres de mer, etc.
des naturels du cap la Qfipix.—Exemple
singulier du pouvoir des femmes pafrni
j* •
ces naturels. -— Le vai&seau J ait roMte
dans la baie de la Loutre de tyler.	
11 passe l'ile Douglas. II entre dans
une baie it laquelle on donne le nom
de Port Meares. —***- II passe la Pointe
Hose*   Observations sur la cote. —»
£/Tphigenie re joint la Felice dans /%#-
tree de Nootka, p2ge%39
Chap. XXIX^-LTphigenie quitte I'entree de
Nootka , de conserve avec la goelette la
Cote Nord-Ouest d'Amerique.—Ces deux
vaisseaux n'ont a bord qu'une modi-
que quantite de provisions. —lis arrif&jgnt
a la hauteur de Mowee , I'une des ile&
Sandwich. — Ils y trouvent des provisions en abondance. —• Tiana&r reeot&
son frire a bord; cordialite qui regne
dans cette entrevue. — On arrive a la
hauteur d'Owhyhee.—Visite du roi : sa
joie en revoyant Tianna,  On met it
I'ancre dans la baie de J^ard^akooa.-—
Grande quantite de rafraichissemtejis
envoy ds a bord.—Ceremonies aveMJes- B   E   S      C   H   A   P   I   T   R   E   S« 20^2
quelles le capitaine Douglas est recu it
terre.—-$Le roi et la reine d'Owhyhee
passenf la.Muit sur Vlphigenie. — La
Ccke  Nord - Ouest   d'Amerique   va   en
ddriye^son cable etant rompu.—Tianna
se   rend it   terre pour obtenir que  les
plongeurs du roi I'aident it retrouver le
cable.—Ceremonies prdliminaires avant
de se jetter dans I'eau.—Long espace
de temps   qu'ils  res tent  sous les fots*
— Le cable de /Tphigenie  est pareil-
lement rompu. — Lesgnalurels soupcpu-
nds de&cette trahison. -—Les plongeurs
se jettent une seconde fois a I'eau j^et
re trouvent le cable. Tianna quitte le
vaisseau avec tous ses trdsors pour s'dta.
blir a Owhyhee.—Details sur les changemens rdcens survenus dans le gouver-
nement -de cette ile , etc. Page 171
ChAp. XXX. On arrive it la hauteur de Woa*
hoo.—P.dceptionfaite au capitaine Douglas z?<2rTiteeree , roi de Getteile. Les
ancres des deux vaisseaux sont enle*
v des par les naturels.—Negociation avec
le roi pour leur restitution.— On quitte
Woahoo , et Von cingle vers Atooi.—-
On met it.I'ancre dans la baie de "W^v 288 Table
nioa.— Taheo, prince souverain du pays,
^eoncoit de   vives  alarmes it  I'occasion
du retour de Tianna, et se retire dans
la partie la plus elevee de l'ile.   Tl
^Tsvient*, et ses craintes se disMpent.	
II visite /Tphigenie. — Chertd des provisions. — Causes prdsumdes de leur prix
\sexcessif—'Le capitaine Douglas recoit
avis de quelques complots tramds contre
lui. —Sa conduite en cette circonstance.
»\*—On radoube le vaisseau , et I'on rd-
pare les manoeuvres. ——On avance vers
^Dneeheow. —§1 Les vents contraires ra-
'r.wienent les y&aiss&aux a   PVoahoo. —Ils
•arrivent dans la baie de Tiro way, da ns
l'ile d'Owhyhee.-—Pro cedes obligeans
de Tianna et du roi.—Alliance formde
- entre les princes des   iles voisines,  en
faveur du fis de Terreeoboo. — Secours
-sdonnd par le capitaine Douglas au roi
d' Owhyhee et it Tianna. —» Description
vide la   baie  de   Tiroway.  —  Quantite
considerable de provisions envoy des aux
vaisseaux par  ordre   de   Tome-homy-
vMaw.—On quitte Owhyhee. — Querelle
entre les matelots dans la baie de ffly-
moa, — Ou fait rouie vers Oneeheow
pour &   1   S      C   H   A   P   t   p   R   £   S. '20^*
pour y recuetMir des ighdmes. StDepart
des ties' Sandwich pour retourner a la
cSte ndrd-oudsi d'Amdrique, pkge 200
Chap* XXXI et BERTCiEk. Les vaisseaux
qilittent I'ite d' Oneeh&ow y et se met-
tent  en   route pour re gagner   Va   cdte
— Passage it
ndfd - ouest d'Amdrique. —
i'ile des  Olsedux~~^- Circonstance par-*
ticLiildre coticernant le COmpas.4-— Jlt-
ti&de i^^Tphig^nie <el de la C8ie Nofd-
0#eW d'Amerique a Ventrde de Nootka*
jTjte     7-7.7- 7 SK^Sfe
—Ire derhier ae c&S deux navtres part
pour allerfatre urt voyage de irdjtc ;
-^noiifs qui donnent tveu a ce voyage.
«— Arrivde d'un Vaisseau espagnol. ——
y4joridhi$e du commandant. 11 s ehipdre
de /Tphige'nie. — Ce vaisseau dsl obugd
de quitter Venice dc Nootka , ei de
faire ri>nte au nord. ip Tfapc^ avec les
naturels de la cote. — On mouille a
Id hauteur d'un village nomhid le fbrt
Pitt.—Description de Ventrde de Bue~
ctugh. ■" Mouiilage dans Vanse de
Haines* -— La guerre est sitr le point
de s'allumef' entre deux irib'Ms de na-
turel£. $ Moyens mis^dri asuvre pour
la prdvenir. ®p Ddtails siir la bate de
Tome III. T &9° T A B L e|$|
Ma&lntire. —— Le canal de Cox, exa-
nund. — Projet forme par les naturels
de s'emparer du vaisseau. —Leurs femmes   viennent  le   reveler au   capitaine
Douglas. '-  Conduite bienveillante et
gdndreuse d'un chef nomme Blakow.-—
- -—-Tout le fer en barre est distribud
chez ces naturels. — Traversde du canal
.did Cox. — Trafic avec les natggelsfle
Tartanee. —Depart de la cote d'Af»4-
ri&ue. —— Retour ay.x iles Sandygypf: —
Le ecmijkaine Douglas ef son* equipage
out le honheur d'dchapper it ujixc$&i-
plot frame contr'eux par le  roi eg les
chefs d'Owhyhee.   I I reldche dans
diffdrentes iles pour y prendre de nou-
velles provisions. —II continue sa route
."vers la^^Chine , et airive ,dans  la rade
de Macao , etc. Page 229
Ap pen nix de ce troisieme Volume.
Ex traits des divers passages de la
relation des Voyages autour du Monde ,
et principalement a la Cote Nord-Ouest
d'Amerique , fails en ij8$ , iy86, ij8y
€t iy88 & bord des vaisseaux le Roi 3D   £   8      UHAPITRES. 20l
George et la Reine Charlotte, par les
capitaines Portlock et Dixon , publics
par ce dernier, et dans lesquels il est
parld de la premiire expedition du
^capitaine Me are s , en zy86 , sur le
vaisseau le NootJca , page 264
fin <k la Table des Chapitres du troisieme
et dernier Volume.
m
T 2432
ii •<•» '>. j.\
iif Tiaifc
m
PiBLl
GENERALE   ET   RAISONN£e
DES    MATIERES
Contekues dans les trois Volumes des
Voyages du_ Capitaine J. Meares et
dans les Notes*
Note. Le chiffre romain indique le tome ; le .ckiffre arahe,
la page du volume.
A.
iAbba Tifuzi-E, roi de Pelew. II envoya Lee Boo ,
son second fils, en Angleterre, sous la garde du capitaine Wilson, III, 101. Son desespoir en voyant
Vlphigenie continuer sa route, sans s'arr&ter dans
son iie , ibid. 102•
Abinui. 1'un des principaux chefs d'Atooi. II etoit le
ininistre et le faYori de Taheo ? roi de cette ile, sous Table bes Matieres.      h<)%
le^Oxn dirquei il gouV^rSe^'^veC un pouvoir ab*-
solu , III , 64. C'est. le-meme clief que 1'Abbenoos
&di& il est pa'tfle* da'n's' les" voyages da capitaine
Dixon , ibid. 210.
| Abregcres, bafc^bnd. On^b re'C8niitt qtf'ri est pl^ee sitr
la route des vaisseaux qui entrent de la mer F%ci-
fique dans "fees men* de Chine entre Formose et Luconie 11, 3 16. Brest ext^psident dangereux:, .Midi
Acca&tiUkge* (lisses d' )v Elles so^t emport^es dan£ uii-
ouragan , II r 13 .-
A damson, officii h be#& de VIplii^eMe. II  est eiit-
voye! sur la cfraktfipe jus^ft'a 1& PSinte Pbssevtft&n ,
tlir 126- et 127. Ii 0$kefci& I son rapped, /#/#. r30>
et 13.1.
Adfcmgdtefcs&p. C'est une pointe d& terre'nfoiita^rieuse
et saillante ,• ssfu^e au sSidi. £U& git par <j 5 de^gtes-,
28 minutes cfe l&trt%$e '##?& , et 2*26 degres 2r mi--
nii*es-ds*'loftg'itude-£^t, IOf-1, 156.
Aigle IntpfsrMi ( ~P)7 Ce vaisseau partit cPEurope au]
conimenceM^Ht && vj%*f, arriva' k No'otka ,. visita'efc
decouvrit une grande partie de la c6te, juscni'a.;
Quee&lkjjme'.' Quelques? persctenea de l'equipage ru^
rent viGtf^nes-dupiiis cruel asecident, 1i 130 et 131.
Voyfez Barclay e*S Millar.
Albion ( c$te de la Nouvelle ). I>e but du voyage du-
capitaine Co.olfe etc*i$ de decouvrir un> pffissfcge eiltre
les deux mers, et de co;itia.«ncer ses rec^erches sur
cette cote, I , 103. 11 y arrive | ibid. 105. On peut
cultiver-toutes ies especes de gVaiics dans son vo4ii*
nage , ibid. 167.
T 3
■•^%j *94
T A
B   L  B
Alias. Detroits qui , ainsi que ceux de Sally, ofFrent
aux vaisseaux un passage sur , quand ils n'ont
point>gagne les hauteurs de Java vers le ia octobre ,
I, 312.
Amerique ( cote nord-ouest d'). Les nations commer-
cantes de l'Europe ont dirige long-temps toute leur
attention vers cette c6te> I, 101. Ulpkigenie a re-
connu des routes de cette c&£e que n'avoient visiteea
ni le capitaine Cook | ni d'autres navigateurs , ibid.
, 109. C'est au capitaine Cook que nous devons le*
commerce de la c6te nord-ouest d'Amerique , et la
facilite de le transporter utilemenf jusqu'en Chine ,
ibid. 15^. L'importation des fourrures de la cdte
nord-ouest d'Amerique k Canton a protcure de grands
. avantages, ibid. 192. Le capitaine Meares commence a approcher de cette c&te en avril 1788 , II ,
33. II la decduvre le n mai de la meme annee , ih.
3.8. Les naturels de cette cote sont excessivement
sales, degoutans et voraces. Ils sont cannibales,
ibid. 262. Le capitaine Maares quitte cette cote ,
ibid. 292. Details des diverges nations qu'il y a
vues, ibid % 295 et suiv.
Amerique ( C6te Nord - Ouejst d' ). Vaisseau ainsi"
nomme. comme le premier qui eut ete eonstruit dans
cette rartie du globe , II , 283. II est lance a la mer',,
ibid. 5S5. Il perd son ancre , III , 227. II arrive k
Nootka avec Vlphigenie, ibid.   233. II part le 251
e|< avril 1 -89 pour aller trafiquer au nord , et reconnoitre VApcRipel de Saint-lazave , ibid.   234.   I*.
revient le o juin, ibid. 235. L'equipage de ce vai$<* BBS
M
A   T   I   E   R   E   S.
seau £art de Ventree de Nootka sur^ta 'Columbia ,
ibid. 237.
Aml&k) ile. On la reconnoit a. travers les .terres de
brume ,1,8. Le capitaine Douglas eii a connoissance le 30 mai 1788 , III , 108.
Amouchta , ile. Le capitaine Meares se trduve dans
son voisinage , I , 10.
Amuo-Skett. L'undes villages du district de'NoOtka ,
situes au sud de Queenhythe , Il\>g'io6.
Anambas. On est dans une grande erreur sur le gise-
ment des Anambas et des Natumas , tant pour la
latitude que pour la longitude ,1 , 311.      I^lli
Ancre ( la Pointe ). Ulphigenie vient mouillergiu'e-
cisement au dessous , III , 131,
Andrades. Brisans tres-dangereux, I, 307.
Aidan. Le voyageur Thomas Peche rapuorte qu'il
monta ce detroit en 1676 , et qu'il avoit cent vingt
lieues d'etendue , I , 150.
Animaux marins. On en vit une grande quantite de
forme monstrueuse , dans le passage du cap Look
Out au port Effingham , II , 182.
Angleterre. Son commerce avec l'empire de la Chine
est de la plus grande importance ,1, it)8. Un traite
avec cet Empire seroit la source des plus precieux
avantages pour elle , ibid,  170. Elle est considerablement grevee par les taxes imposees en Chine sur
ses marchandises , I , 177*
Anglois. Ils sont en possession de la plus grande par-
.   tie du commerce d'importation a Canton, I, 170.
Anse fermee de Pentree du  Prince   Guillaume.   Le
capitaine Meares y arrive vers le 20 septembre 1786,.
11
111 H
; 11
s^
^''^1 T  A   E E   B
danj^fton premier voyage, sur le NooikiL, 1,2^
Anse des Amis, entree du Roi George. La F&Hce-
"£|.vient y njouiller he.ucgusement le  13   mai 1788 ^
L gpf^s un ^rajg|4e tr©is mois et vingt-trois jours depuis son depart de Chine ^ II9 42. Sa situation est
; |j;es-jluft$j?euse nHOd" 5Q»-
Anson. L'un des plus illustres nayigateurs anglois. It-
a reconnu J3$ie de Botol-Tobago-Xima , I , 3 19.
Antelope ( i¥)» Paquebot de la compagnie des Indes
orientales* Le capitaine Douglas ignoroit qu'il eut
echou$ dans les iles Pelew , II"! , 100 et 101.
Appendix. DJMerses? instructions, details, etc* et au-
K ' tres pieces jUstificatives forment celui de chacun des
volumes , I , 367 | II, 343 5 III , 264.
Arathapescow (lac). Rien ne prouve que sa siaiathMt
ait ete determinee d'apres des observations astrono-
miques.. Le lac de Fonte peut bien etre la meme
chose , I r 1 ^ j .
Archibald Campbell. Il arriva a. Madras, le 7 avril
1786 , pour prendre le gouvernement de cet.e ile,
I, 4.
Ajchipel difi Nord. Dans J.'espjace reconnu p$r Vlphigenie ^ on trouve l'ancien A.rchipei du IVord. Il occupe une position conforme a celle que lui donnent
les plus anciens voyageuis % 1, 109.. Les canaux de
cet Archipel sont vastes et d'une etendue considera*
bie , ibid.  111.
Archipel de S'aint-Lazare. La verite- de tout ce qui a
ete dit anciennement de sou ex^tence, estprou^ee,
13 1.44* II
B   E   S      M   A   T   I   $   R   E   S. ^tj^
Arek. Les habitans de Magindanao en macbent pres?--
que tous , ainsi que du bejfcel ,. I , 293.
Argonaute (1'). Vaisseau equipe par les agens asso*
eies des marchands anglois et.de l'Inde. Le coalman-
dement en fut confie au capitaine Colnett ,, II , 44,
et 4?. Il etoit charge de plusieurs presens pour les,
chefs de Nootka lorsqu'il fut pris par les Espagnols ,
ibid. 278.
Argyllshire | V ). Fort vaisseau de guerre , charge.d^t
Bengale pour   la  Chine , I , 306.   ISIphigenie le
trouve a l'ancre a deux milles au-deia de ia rade de
Macao , ibid. 233.  On presume ^au^il a peri mal—
heureusement dans  son  passage  du  Bengale a ht
Chine, ibid. 2^33 et 306.
Aropee,  l'un.des chefs de Pile Owhydiee , qui s'etpit
charge ,  ainsi que le ijreie aine du roi , de tuer le
capitaine Douglas _, III , 257.
Arrowsmith ( M. ). Ii a publie une carte d'apres les
cartes et les journaux de M. Tuener, I , 111..
Atcha. Isle que le capitaine Meares, distingua y a. tra.-v
vers une brume epaisse , I , 8.
Atlantique (mer ). C'est entr'elle et la mer Pacifique
du Nord qu'on a concu I'espoir de decouvrir le fa-
meux Passage Nord-Ouest , I , roi.
Atooi , Pune des ties' Sandwich , 1, 97. Changemens
survenus dans le gouvernenien^ de cette ile , III j.
64.
Avril est un des deux mois de printem.p^a Nootfca ^
II , 309.
Augustin (Mont-Saint-). Ses divers gisemens > III j 2.()S
T A   3  E   ft
B.
'Babuyanes (les). Les eaux qui se precipitent a travers les detroits formant le passage entre Formose T
luconie et les Babuyanes^ arretent un fort couiant
de nord qui porte le long de la cole de Luconie ,
I , 246.
Baffin ( baie de ). Elle est encore a. reconnoitre y I ,
lOj. US
Balam-Bangan. Lieu de Ia residence du sultan de
Banee , dans Pile He Sumatra, 1, 208.
Baleine. Par quelle mer et suivant -quelle direction
arrive -1- elle dans la mer de M. Hearne ?T , 1 3c/.
La peche de ia baleine est la branclie de commerce
la plus avantageuse qu'offre Ia cdte nord - ouest
d'Amerique , ibid. 163. Comment elle se fait par les
naturels de Nootka, III , 21 et suiv.
Bally ( detroits de ).  Voyez Alias.
Banee. Le sultan de ce pays reside a Ba/am-Bangan ,
I, 208.
Banks (Joseph). Le capitaine Meares tronva entre les
mains de Callicum trois pieces de metal d'airain, ou
Pon decouvroit encore les restes du nom et des armes
de cet estimable philosophe, avec la date de Pannee
1775 , II , 102. Le capitaine Dixon a donne son
nom a un port ,1, 12.9.
Barclay (capitaine). II commandoit VAigte Imperial,
(voyez ce mot ), I , 130 et 131. II est un d^s navigateurs a. la c6te d'Amerique dont le voyage a
ete le plus heureux , ibid. 266. B  E   g
M  A
T  I
R X a
2»99
iB^rc/^je^mistriss). Elle accompagna son epoux ,,et
partagea avec lui tous les dangers et toutes les fatigues de la route , I ,  26^.
Burnett (cap ). II est situe au nord , s'abaisse insensi-
blement du c6te de la mer , mais , a mesure qu'il
s'en eloigne , s'el'eve a. une hauteur prodigieuse_r. II
git par 55 degres 39 minutes de latitude nord, et 2.26*
degres 4 minutes de longitude Est. Ill , 1^6 et i%7»
Basliee ( les iles ). Le capitaine Meares en a connoissance le 22 juin 1786 , dans son premier voyage sur
le Nootka ,1,6. Dampier les a vues, ibid. 319*
Bashee. Liqueur que boivent les habitans de Pile de
Grafton. EJle est distillee du riz et de la canne a
Sucre. C'est , sans doute , de cette liqueur qu'on a
appelle iles Bashee eelles que les navigateurs desi-
gnent sous ce nom , 1, 327. %£&$*
Basilan , ile. Quand on prefere le passage a Pouest de
Magi7bdanao , il n'y a pas de danger a entrer dans
le canal de Basilan , I , 316.
Batavia. Les Anglois avoient , en 1789 , un vaisseau
parti du Bengale pour cette ile, I , 196. La compagnie des Indes orientales hollandoise fait charger sur
de petits natimens Petain que lui fournit le sultan
de Banee, pour Batavia, d'ou ses vaisseaux le trans-
porfent en Chine , ibid.  208 et 209. |^yj
Beat ( havre de). II est situe sur le cote du village de
Tartanee , et n'a pas beaucoup de Iargeur , III ,
252.
B.eale (cap). II est le cap le plus oriental de la grande
entree i.\yu. se trouve pres du Port Cox , I , 179.
Beale ( Daniel). II est Pagent en titre des affaires des A   B   E   X
commettans;  du  capitaine  Meares  a Canton ,  I f
Beautemps (cap). Son gisemenf , III, 149.
Bede (la pointe). Un Russe vient de cette pointe
rendre rfsfte k VIphigi'nie , III , 13W Ses divers
gisemens, ibid. 120, 131, etc.
Behring ( detroit de ). On n'<est pas certain si la barriere de glace que vit le capitaine Cook dans ce
detroit , reste continuellement immobile , I , 113.
Behring { baie de ). Partie de la cote , ainsi nominee
par le capitaine Cook , 1, 129.
BeH>edere ( le ). Ce vaisseau est arrive en Chine ait
mois de novembre 1787 , I , 311.
Bengale. Plusieurs personnes distinguees du Bengale
contribuent a Fequipement du Nootka et ^Je la-
loutre Marine, en 1786 , I , 2. II sera en etat^
par ia suite , de prendre une quantity tres-conside-
* *
rable de Petain anglois, aun prix satisfaisant, ibidf
BStet. Les habitans de Ntagindanao en machent pres-
que tous , ainsi que de Parek , I , 293.
Bfakow-Coneehaw, chef d'une des tribus de naturels
de la c6te d'Ameriijue. C'est un des plus puissans
et   des  plus  reveres que   ie capitaine Douglas   ait
jamais vus, III 5251.
Bocca-Tigris. Les ricbes vaisseaux de la compagnie
des Indes orientaies y mettoient a J "ancre en arri-
vant en Chine , I , 17
y
Bolmou ( cap ). Pendant le temps de, Ia rnOusson de
nord-est, des courans portent au nord a la hauteur de
ce  cap,   et souvent  meme  a la  hauteur du   cap BBS    Mati£re
s.
3q*
fuxadore^jJL,  3x7. Ses divefcs aisenieajfcjy ibid. 236
et 237.
Bombay. Les Anglois y  avoi«at tobssifjjrs vaisseaux
en 1789 , 1, 196.
'•Borneo. La cote oecidentale de Borneo offre beaucot^
moins d'avantages que le  passage de Manilla   a la
Chine , I , 318.
Botol-Tobago-Xima. Cette ile u ete reconnue n/tf le
lord Anson. Lqriiqu'on commence a l'apperjleveu' \
on peut, sans la moindre crainte , et meme par la
nuit la plus obscure, gouverner sud-ouest pendant
quatorze lieues , 1, 319. Le capitaine Meares la
decouvre le premier decembre 1788 , III , 72.
Botoi (petit^f, fte qui git a Pest des precedentes. Le
capitaine Meares en constate Pilxeiuite , III , 73.
Boucs (ile des) ou du Bone. On Pappercoit le 31
janvler 1788. Elle a une el^ation ihediocre, et est
bien boisee ,. 1, 249.
Boucs. L'eqj^pagedi* Nootka est dblige' de ttt#', pour
subsister , deux de cesaajiimaufe. qui lui restoient,
male e^lenielle, $& meme age 'f 1^46.
Jipyd ( M. ). U est jp* des hommes qrui a le fftas me-*
rite la reconnoissance du capitaine Meares ,1,4.
Brebis de montagnes. Ce §©#t les seul® raiidm&iftst de.
terre que le -ca^itJainet Meaijes- ait vus chea less naturels de*.\!en£re'$ du Prince, Guiltdunie y I , ^6.
Brisant ( la pointe &•*> )*.J^e forme la cdte orkntale
de Pen$r£e da canal d& R&i &&&#ge- ,,11 , to^.
Britannee. C'est ainsi que/ les naturels des il&&. SaAd-
yviph nommoiient PAn^ete^e , I): 96- Ti&nnfc don-
soit aux Anekus. le nom d'hommes de B&fcmnee | 3oi T   A   B   E ;fc
et aux vaisseaux , celtrJ d'iles de Britannee, ibid.
124 et 225.
Buettvgh (entree de }. Elle est d'une vaSte etendue,
III ,241.
Burke ( M. )', £ayeur general des forces du roi d'An*
gleterre dans?«i'Inde. Le capitaine Meares le recoit
a bord du Nootka pour le transporter a Madras ,
Buxadortii(\e cap). Voyez Bolinou.
c.
Calamines. ,Ces iles, ainsi que celle de Mindoro, son!
* 7~3t  :"
environnees de bas-fonds et de rochers qui reiidgn^
la navigation tres-dangereus^, 1, 236.;
Calcutta. Le Nootka part de Calcutta pour se rendr©
a la cdte nord-ouest d'Amerique , 1, 1.
■Caldera (le fort)i*;(I*es deux vaisseau^ appjxfeiileTrefit^
et vinrent mettre a Pancre- vk-^jvis de ee^sfort dans
les premiers jours de fevrier 1788 | I 5*276.
CaUfoTiiie. Le voyageur Thomas Peche cotoya lat
California , la Noueplle - Fspd^ne et le Pe'rou , et
arriva en 1677, dansJa mer du Nord par les d^t/oitsr
de Magellan. Il trouva que, depuis le cap Mendocino en Califbrrwe , le courant portoit au nord-
est a plus de vingt lieues dans le canal , I , i<jo.
Callicum , Pun des chefs de Ventle'e du Pol George.
II etoit parent de' Maquilla , et oecupiott. le premie^
rang apres ce prince souverain, II, 5 i\P II fut tue ,
dans le mois de juin 1789 5 par un ofHcier a bord B   E   S
M
A   T   I   E   R   E   S,
3o3
tPun des vaisseaux   commandes   par Don   Joseph-,*
Etienne Martinez , qui lui tira.un coup. de.fusil au
travers du corps, ibid. 70. Details de ce lache as-
sas'sinat, ibid.
Calypso. Cette fregate francoise commandee par le
comte de Kergarieu procura au capitaine Meares
tous les sec9iirs qui lui etoient necessaires* Par une
brise de vent tres-violente, e!le«,e»t beaucoup de
peine a conserver sa position , malgre ses cinq ancres , I ,  99. ||
Canadiens (trafiquans ).  lis placent dans leurs cartes
la mer Polaire au 68e degre 1 <j minutes de latitude]
nord, I,  116-   Quelques - uns   d'eux  possedent da
grandes   connoissances en matiere  de   navigation ,
IDl
bid.
Cajinellier. II est -la plus utile et la plus precieiisa
production de Pile Magindanao. II s'y trouve eu
abondance", et ne le cede en rien pour ia qualite a celui de Pile de Ceylaii, I , 289. Le reli-
gieux de Samboingan eut la bonte de .procurer quarante jeunes plants du veritable cannellier an. cap|-^\
taine Meares qui les reserva pour les?iles Sand-
%vich , ibid.
Canots. Forme de ceux des Russes d''Qunalasclika 9
d^Ochotsk , etc. I, 20 et 21. Celle des canots des
iles   Tatee , ibid. 3 57. ;j^
Canton. Les fourrures -que divers navigateurs parve-
noient a se procurer a  ia cote nord-ouest d'Amerique etoient portees au marche  de.cette ville o^
elles se vendoient a un prix enorme, I, 168. Toutes
les marchandises qui entrent a Canton u^ent d'abord
?-ii
& "*•-3 ^
T
A
E   E
mi droit exorbitant, ibid. 174. Aucun Europeen
ne peut entrer a Canton , ibid. 176. L'excliision
«ctifelle des nations europeenneV de tous les ports
de la Chine , excepte de Canton,' est un desavan-
tage sensible pour PAngleterfe , ibid. 183. Il est
prouve que les vaisseaux anglois employes a Canton y occuperent, en 1789 , pres de deux mille horn*
mes , tant officiers que matelots -, ibid. 197 et
19S.
Vapuca. C'est le nom que les  naturels   de. la   cote
d'Amerique donnerit a. Ia loutre de riviere, I, 161.
Carolines (les ). Elles Foraient un gfouppe d'iles tres*-
- "dasgereuses , au nombre desqiielles il Faut placer les
ties Pel&w , 1, 319.
Carteret (le capitaine). C'est lui qui, clans son voyage.
1 f ,   t. ... ...  ..*- ■.~ .e-'
autour du monde, decouvrit origuaairement ie grouppe
<Piies- coniiues sous le nom
:i 1*
ur
riies igret
Bonna ce nom pour consacrer le souvenir du carac-
fere franc et genefeilx de ses habitans. tin des insu-
isires Paccbnrpagna stir Ie Swd/Iqw, I, \ 62.
Cartes. H y en a plusieurs dont la cemipasnie de la
bale d'Hudson est en possession , et qui sont tres-
curieuses, I, 118. %)uelqnes-unes ont ete esduissee^
par des Indiens, ibid. Elles Out Beaucoup da res*
semblance avec les caries dressees par les trafiquans
du Canada , ibid. 119. Les cartes du navigateur
espagnol Don Antonio Francisco "Maurelle ne meri-
tent aucune espece der confiance, iBia't 142.
Castor. Le trafiquant J. Long rapporie, sur cet animal si inaifiirfdtfx jp^tielques parriculafites dont Je*
autres sctrteiirs ix'lttt point parle ? II, 3 20.
Catherine M A T  I
Catherine*, imperatrice de Russie.   Elle encourage lea
ssavigateurs par tous les moyens possibles.  Elle assure protection jaux matchands qui font le commerce
.entre la ChiHcgtet ses domaines ,1, 192*
Cawalho ( JeanJ&, habitant et commercsmtde Macao*
II etoit proprietaireede Vlphigdnie. Joseph Viaha ,
le capitaine Douglas et JtavSecond suhtreeargue de ce
vaisseau^obligerent , au nom de Jean CaWalho , a
restituer Vlphigenie ,%u, roi d'Espagne dans le cas
ou ce vaisseau seroit declare de bonne prise^III, 236.
Cecil, Pun des mihistres de la reine Elisabeth qui re-
fuserent Poffre faite par Jean de Fuca , I, 147.
Celebes. Tom Freewill , cet insulaire qui accompagna'
le capitaine Carteret sur le Swallow , mourut dans
le passage aux Celebes , I , 362.
Cdleri sauvage. C'est la seule production ve^tale des
iles Russes , Oun&laschka , Ochotsk, etc. Les na-
-turels le mangent aussit6t qu'il est arrache de terre 9
j, 17.       •' - ' itf .
Centurion (le.). Le lord Anson montoit ce vaisseau j
|| 324.
Ceylan ( ile de ). Voyez Cannellier.
Chaisset. L'un des villages appartenans a Wicananish ,
-■II >3°3« ■■      % . (   .
Chanutt* L'un des/villages situes au midi de Queenhythe $ II , 306.
Charriot d voiles. C'est une machine fort curieuse et
fort utile su* les terres basses et marecageuses par pil
Pon se rend a. la mer de Coree, I , i88kf
Charlotte (la reine ). Ce vaisseau commande par le
capitaine Dixon arr/va le-io- mai 1786 dans Ventre"*
Tome III. V. H
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MO—
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I I
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T jb s %- §i
du Prince Guillaume ah il trouva Je capitaine I
Meares:, I, fa&. Ii fut equips, ainsi que le M&i
George, capitaine Portlock , par les citoyens* lap-
ches, de Londres. Cell' deux vaisseaux quit torrent
•MAxtgleterre en septembre 1785 * ibid. 127.
€h%arlo£te (lies de la reine ). Lesevaissea^^ple Capitaine Cook et VExperiment «fceco%|i4rent d'une -maniere positive cette terre a laquelle le capitaine
Dixon donna le nom duties de' la Peine Charlotte ,
I , 12& •       '--=: -'■■-■■ --jfp:   it   -*■•'■■
Ckee- mee - sett. IL'un des villages situes au- midi de
Queenhythe , II , 306. fcyF
Chee-sqtt, idem, ibid.
Chenouways. Le 10 jurl]#l 1788 , six eano& diriges
|$ar des naturels de cette tribu arriverent Jiord a
bord de ^IpM^feie, III , 137« Us sont jStesi nom-
mes, sins doute, de leur roi Shemftwiy, ibid.
Chesterfield (entree de ). II est probable q[ue la comJ-
munication entre la baie d'Hudson et la cote occidentale d'Amdrique pourroit avoir plus $ulilement
Heu dans un plus haut degre de latitude par Je
moyen de Ventrde de- Chesterfield, ou de quelques-
uns des canaux ou rivieres qui se joignent de la baie
d'Hudson avec les lacs Arathapescow , Dobaunt, et
auttes, I , 153.
Chiaw* ( golfe 'de). II est profond et rempli de bas-
fonds. La mousson y souffle sans cesse , 1^ 344.
Chin , chin. Au lever du soleil , a certaines heures du
four , et a la nuit fermee, oh voit les Chinois faire
ce qu'ils appellent chin , chin, c?est«*av«dire , rendre
hommage a leurs Dieux ou Josses, en brulant des
% BBS     M-  A  T  I  jg R  S  8.
Carton^, et en se pigsternant vers PGrielit, |, 3Q5
Chine ( la ). Sa population ne nous est point; -cannue ,
le^id?. So3ftf^ommei?ce exanalne sous trois rappor^ffc
prhtcipaux , ibid. 169. Voyez AngletorM. Canton,
jggj&AiMois.
Ctiihe ( mers de ). Le Nootka entre dans les-mers de
Chine, I, 6. Dangers de la navigation dans ce»
mers, tbid. 301.
Chinois. Ce seroit letir faire une grande IlKjttltice que
de se former une opinion de leur caractere en general d'apres ceux qui habitent les bancs de la riviere
de Canton, I,   170 et 171. Si Pon s'en forme^tlne
idee d'apres les rapports de ceux qui ont eu occasion
de visiter  les parties  interieures  de ia Chine , on
croira sans peine qu'ils sont un peuple civilise , ge-
nereux., eclaire , ibid.  171. Les Cbinois appeilbnt
un Europeen un Fanqui, ibid. 176.  Le nofii Anglois ne jouit pas chez le^ Chinois d'une grande consideration, ibid. 178. lis font le trafic entre les iles
Philippines et le Japon , ibid. 190. Les Chinois de
l'equipage du capitaine Meares furent !tres-attaques
du mal de mer , ibid. 238.
Chirurgien du Nootka.   Ii   lui arriva un accident le
soir meme du debarquement , I , i<.
Chu -a-na-skett.  L'un des villages situes   au midi de
• Queenhythe , II , 306.
Churchill ( le capitaine ). II commandoit le Ff^alnole ,
vaisseau de la compggiirar des Indes Qjfientaleg , I ,
217. jaa
Churchill ( le fort).   Sa   longitude   prouv.ee est  de  94
Va 3o8# »- ^f|p T A b i x    *• ^ -:    7:
- degres 12 minutes 30 seSondes owSst de Greenwich j
I > *>4-   «$jj #' ■-epW^^i,
Clanamutt. L'un des villages situes au midi de Queep-
i^hythe, 1$$ 306.    :$■       iflj
Classet (village de ). II est situe sur un rocher tres-
haut et^feges-escarpe , au bord de la mer , II | I.52.
Clerke (le capitainfj. Ce fut a lui que le ^dele Eappo
apporta religieusement les os  du  capitaine Cook ,
^in, 193. .,    f. ;<M  WM       M   .. ■ .,
Clioquatt. Lieu de la residence de Wicananish pendant Phiver , II , 247. Description de ce village ,
ibid.
Cochons. Lorsque la Felice passa aux iles Ranai,
Mowee, J\for°toi et Woahoo , les naturels n'en
apporterent pas un seul, III ,61. On apprit bient6t
qu'a Woahoo, les pores etoient sous le taboo , ibid.
Voyez Taboo.
Cbchon ( ile du ) ou du Pore. Elle est situee dans le
havre de Vanse des Amis , entree du Roi George >
11 > 342-   . jlllii"
Cocotier. II se trouve en abondance dans l'ile Magindanao , I , 291.
Cod. Il est un des, poissons qu'on peut se procurer
dans le district de Nootka , II, 332.
Code des loix. II seroit necessaire d'en faire un nouveau et plus rigoureux pour les gens de mer , I,
262.
Colnett (le capitaine ). Voyez Argonaute.
Columbia (la). Voyez Washington.
Comekala, naturel de Ventree du Roi George , I f
281. Sa^fcosduite avec le cajifeaiae Meares , II, j& B  E   S     £& A   T   I   E   R   E   S. 3o^
et s$y. II est fait .chef par le credit de cet officier ,
ibid. Son Ingratitude > II, j 279 et 280.
f^mme%ce. Voyez Amerique , Angleterre ,  Canton*.
.tscChine, Coree, ete.        IPTlli ^PI^^P
^&mmW$aires'. Ceux qufcetbieafcecharges .des prepara-
kfifs du voyage du Nototka et de la Loutre Mgjsijie
811 refu|te>^ deux propositions , I ^i&K
1l?S^^&-Ma-w«-c^^a.:Lieu oil M. Hearne a fait
Cs *Z?
des observations f'I , 116.
Contrdleurs (baie dej£j.  On sait par experience-^jju'il
tn^ a pomrWe p^tesage7pour un vaisseau au travel
Coo5t1pe capitaine). Guerre terrible engagee dans les
iles Sandwich a. l'occasion d'un portrait de ce grand
I homme , 1, 228. Regrets profonds aes naturels de
xes ties sur sa niort, ibid. Details de la ceremonie
qui eut lieu lorsqu'ils apporterent ses tristes restes
au capitaine Clerke , III, 193.
Cook (riviere de ). Le capitaine Cook Pavoit laissee
en blanc sur son uranuscrit. On a trouve tout simple de lui donner son nom j I, 23,
Corail. Sur le c6te  de Kowrowa , le fond consistoit
prjseipalement en roches de corail, III ,186.
jCpffl^llpyaume de ). II est peu connu jusqu'ici ; mais
il n'en est pas moins puissant et civilise. II recevroit
avec empressement les ouvrages des manufactures
angloises. Ce pays produit les plus belles especes de
thes ^, 187 et 188.
iCoree ( iles de). Si Pon paryenoit a former un eta-
blissement sur Pune des pluj* nieridionales des lies
V3 a*
A   B   E   B
* tie4?&/i^^on fec«^i4%%ea^€^dp les relations entre
PAngleterre***^ ces parties dti&!glbbe^*I,  l^.%s
CdMb^miilles ( comte de ). Jiviest le^^ays de PJSdibpe
qui produise la plus belle espece,. d'etain..,sESjJfSoo.
^C'^rfjafesJaMsain imomehfc^ciitique pour le comte de
Cornouailles qu'on reussit a .buvrir pour la vente de
son etain, un mtuyea^ftdebbuqhe sur le quel- -on. ne
xiiilDomptfiifelfa§|^ ^^s^^.-^^lfS^^Ji^ -H£(bs$$&^
qu'on suppose aux  Chigoes cpntre 1'etain rda^lCor-
i'ffi^7Aailletsiie&t nxaLfojpudee .dbid. aoo. M*    ^§£sfi$  <-*
Cornwallis (leJ}. Cewaisseau commande par le capi-
\     . v#x. UiraO  [ £  VTil
taine William Counsill des.cendit^es mers de Chine
"*«!«-»   t ill. jr^w Jjd tJoJtJD  'Mi ■
rdans  son^yoyagfe au  Bengale f en  mai  17&Q ^ L j
.Q^ta^nord-ouest d'AmSrique. ^"Toyez AmSrtque. ,
Cotsack. Vetement iait de I'ecorce interieurey.au pin
'■"*  ' * ***vve*s**.*****   ***»*i*>**w-l     • \*W|% tf:.^P VHH   Js« *   o^JjLx   2    3
etjle filamens d'ortie. Les naturels le portent, de la
m^me maniere que leufs( habillemens de peaux: et de
■^fourrures, II , 6 et 7.'.^ m%^
Counsill (le capitaine.A.^oyez Cornwatlisi
Cox (port). Ainsi nomme en Pnonneur de Jean-Henri
Cox , ami du capitaine Meares. Wicananisn y cibn-
duit la Peace , JI , 122.
CtOx ( M. ) , commereant etaw^ eh Chine. 11 etoit un
des homines pour quietianna resfcentoit le^us^u'es-
time , I , 221. IIJ he si bbriia point  a, trait$£jr*cet
Indien avec distinction^: il mit a. sa' iHspdsitibn une
somrneT d'argent pour etre  employee par lufdSeioii
son idee et suivant ses desirs""j ibid, iit €T2?22.
Coxe (M. ) , auteur des DecbuvefteryRfasses. ©'parle
"ues traces de destruction que jdtasteuraNitek naviga- DES     M  A  T   I  E  R  E  S. Oil
)io4emrs Rasses ©ht remarquees e'ntre le^fle^BllP-Sopka
et le K^st>hutk&*$fil ,9. II prouve q%£ Pifeftjiera-
ttibe Catherine .encourage les nl^4^ateurs, et assure
;.&$tfrolbectjdn aux marchands qui -^oftt^e^&oinmerc*
entre ia Cbine et ses domaines par la vois de Kias-
ckt$$ibid.$&?Q.. wr7
Cresselman ou'CrisBeuian ( M.*). Il fut char^&par le
^afflatain%^Bdr^fe»ck -de remettre ati capitaine Mela^es
plusieurs a$tid4s que celui-ci r fusa, I , 84.
•h€^&^F^Sb^.p la). Son gisement , III , 149.
Croix ( entree de la ). Elle paroit etre d'une  importance   majeure ,  II ,   3^6.   Le  capitaine   Douglas
court sur cette entree , III , 14Q.
: Cuivre (Pile.de) otiAlednoi. Le capitaine   Meares
recommande au capitaine Douglas dans ses instructions , d'avancer , en toute diligence , vers cette ile
ou il espepe qu'il sera arrive vers le 10 septembre
*^I7$8', xl/368. ' .|7,'.'.'.
Cuivre ( riviere.mine de ). On sait , a n'en pas doufeer,
^qUe tes Indiens de Ve'ntree du Prince Guillaume
* tjrent leur cuivre de cette riviere 4 II ^369.
D.
j^*
Dames BarringtOJ* ( M. ). II commurffqua au public
les details du voyage execute", en 1-775 > Par ^e lldLr"
vigateur espagnol Don Francisco Antonio Maurelle,
details que la cour d'Espagne avoit tenus jusqu'alors
tres-secrets , I ,  141.
JSalrymple (JVL). Son ecrit sur le commerce des four-
i
m
k-.«S
8L
1 1   A  B   E   X
rures a servi au capitaine Meares pour corroborer
son opinion s#r le commerce avec la Chine ? I >
xxiij. Son autorite en tout ce qui concerne la geographic et la navigation est d'un grand poids, ibid*
114.
Dumpier. Il a reconnu les iles Bashee , I , 319.
Danse. Celle de Samboingan, I , 297 et &uiv&*
Davidson (le gouverneur ). Le capitaine Meares sa
loue beaucoup de ses;procedes ,1,4.
Deception ( baie de ) , c'est-a-dire , baie Trompeuse.
Son gisement, II, 172. -
Deeouverte (la ). L'un des vaisseaux commandes par
le capitaine Cook. La. Felice a traverse deux fois les
routes suivies par elle , ainsi que par la Resolution,
II , 36. Danger qu'elle eourut dans le voisinage de
Ventree du Prince Guillaume, lit, 26.
^Destruction ( ile de la ). Le capitaine Meares en ap-
"percoit la pointe la plus meridionale , le premie*
juillet 1788 , II, 16*0.
Detootcke. Ce jeune nature! reunissoit des formes
tres-gracieuses a la beaute de la figure , II , 108.
Disappointement ( cap ). Le capitaine Meares donna
<;e nom a un promontoire , II , 171 et 172.
Dixon (|pcapitaine). Il commandoit la Reine Charlotte. ( Voyez ce mot. Voyez egalement iles Charlotte. ) Extraits de divers passages de la relation de
ses voyages ou il est parle du capitaine Meares,
III , 264 et suiv.
Dobaunt (lelac), Voyez Arathapescow et Chesterfield.
Robbs ( M, ), II a determine le parlemeat a accorder D -X   S    M AT  II  R  X  9.
3i3
une recompense aux navigateurs qui decouvriroient
le Passage Nord-Ouest. $ I , 102.
Donnithorne ( M.) , agent public du comte. de Cornouailles , 1,212. '^^^j^^i^^^." * *
Douglas ( capitaine ). Son veyage sur ^Jphiginit
forme le complement de celui du capitaine Meares ,
I, ix. II arrive a Samboingan autec le capitaine
Meares.. ibid. 272 etfsuiv. Relation de son voyage
de Samboingan, a la c6te nord-ouest d'Amerique ,
MPT    Ife ?i ,^&^fe'''
Douglas (cap)* Jje capitaine Meare£yient mettre-a
Pancre sous ce cap, I , 23.. WiM
Douglas (ile ). Son gisement ,111 , 161.
Drake (Francois). Ce navigateur a decouvert en i<79>
une partie de la c6te nord-ouest d'Ajnerique , 1g
367. ^pE   '%    F*S r^^^^^^^^J
Dragon de mer. Le capitaine Meares en eprouve nil
terrible dans le mois d'avril 1^88 ,*fc, 15. Sa yid-
lence ne parol tra pas a ceux qui ant lu* 1 histoit€ du
Japon de Kempfer, une circonstance qui tienns&'chi
phenomene , ibid. id.
Duffin (Robert). Premier officier dela Felice, charge,
d'aller reconnoitre les detroits de Jea% de Wuca.
Instructions que  lui donne le  capitaine Meares ,
II, 343. Copie de son journal , Ibid. 346.
Duncan ( capitaine ). II est alle sur le dernier vaisseau de la compagnie de la baie d'Hudson, reconnoitre la baie d'Hudson et celle de Baffin , 1> 120.
Dupree-Porcher ( M.). Le capitaine Meares se loue
beaucoup de sa bienveillance, et des encouragement
qu'il a recus de.lui 3 I ; 3 et 4. &*%
fflA   BEX
3B.
Aupo. Vovez  Clerke.
*JBdj^b^mI/e Tie £5D^?^e^eian,<roioi^5 nature^a^'-f^.*
t^*^^mm^¥ml(l^t&a^nt a^-fhri§**jWj§i de*rro|t& des deux
Om
j^s^'anf1
o
mgeMmbe^i^-ia-:1
~J^-2?0aPtJn desnatnrielsprononcoit Wmot, en criant
Jt4^cror^, a^t mdaSnteou Llphiglmie  passa  pres
des lies Pelew , III, 98. zS|
^pkgnam\^K^p^\jis nom lui fat donne en  Phon»
neur du lord decore de CeHTtr^, Ai". ,180.
Elesait. L^iin des villages appartenans a Wicananish,
g   3O3,,  _
JE*7e (l"vl®nt-Saint-). Songisement, III? 147.
JZlisabetA^ le cap Y*Son giseinei^t^ IJL^ 131.
J^olth-itr'L?'^xL $fes vyjlages  du district de Wicana-
uh WfedPi>xJ5°3§ gp
Endeavour ^ detroits d' )< La. Felice se voyoit reduit*
a la necessity de suivre la cote occidentale  de la
s iSteW^v^^71^ 9 ou de gagner la mer du Sud pi^r
ij&ces d^roitsv I , ^t.
tEntrecJZsteamasi^e Q. $ji C'estrdfe «8 septembre fafc^i
qu'il a appateSle dn port dj&pBrest, ayant sous ses
ordres les fre'ga es ia Recherche et VEspe'ranee.,
-<fftl , xv.;-'aB^i       &&&
•JEquorlett. Village du district de   Wicanani$H j  II ,
303. '^i^Kw       •^^^^t'"*v'e*:'
'Birees. sf^Hb/ni 4ih grand pouvoir sur les gens du peu-
pie, III ,  182 et fc8^.
•».. T)   E   S     M' A   T  I   E B.  £   S.
$#
Escallier (le C. P )> 11 est Pauteur d'un excellent
Vocabulaire de Marine' ,* I , xvij.
$Zsp%gnols. Environ quatre, ans avant ^'arrivee de la
Felice xres des^fles.^B^w^ee , les lEspagnols avoient
pVls p\>ss£ssion"de des lies ,'Vattendant £ y trouver
les entrailles de. la.terre enrichies de metaiix pre-
cieux ,1,7, Avidite avec laquelle lis s'emparerent
des arjicles .destines aux pauvres ij.alur.els d^ Nddikg^
11, 279. . HP   :
H
^sa^»L^u^^0&Ye^. Rm£&iwmrine] de Cxuixre- . -■
MtttmJ ^yxtf e9Fp»r«
I&cfces (Ml\p\.,ifis equipereht les "yaisseaux le floi
M
^^B^mf^ix^^^^^^^^3ea^- h^^A^SI1®. M*i'typl~
tain^^^kj^M^O^vAP3^ l^\^l^,r%rRf-TA4r§^tt >
<MxpDrl%t£on. Les -marchandises d'exportation d'Anae-
rique- scotesistent. -dans- les fourrures des n»ima^ixxx|ui-
vans :4a loutre-de mer, le castor, la ma'rtre, la inattre
.gtoirJexin^la loutre deiaja&re, l'hermine, etc^Ij *6i.
II se fait de la Chine au Japon quelques expofta-
.   tiOns.de, drap- large , de soi.es , co tons , sucres,, clin-
ixijiailleTdesijpfbujrTires , st; d'et^ifL&jen .lingots qu'on y
tstinre ipresqu'a. Pegal de Par gent, ibid. 189.
Ui
fc!SilSR$*V-
m 3f5
SiisUb
T A  BEE
tF.
"3Ja "S J 3-        S •  fil'i     IO ?\vj
Fandango, danse de Sampoingan. Les naturels Pexe-
rgCutoient avec  une grande, perfection, I, 297 et
Fanqui. Les Chinois donnent ce nom aux Europeens j
farmer ( cap J. L7un des deux caps qui torment Ven-
trie de Bucclugh , HI, 242.
Felice ( la).*^|fese^rva.itt:-port dh'^o tonneaux^fp.
215. Cihquanfe lwraunes,oomposcuent'P^uipageYX@
capitaine Meares en reeffl^I&CQininan<^ement , ibid.
• iy,2i8. II se.manifeste   des. nipuv.enaens-^editienx a\
bord 4e ce vaisseau • ipidLAtoi.. Ellervient mettre le
as$£s •-     -\£* t fhvP»F> i'r^wE j^.% $*ffc> i
l'ancre vis-a-vis le fort Caldera, ibid.  276.  Ell*
part de Samboingan, ibid.  329. Son mat  de mi-
'Saine consent'*1*-!!*, 4. Elle' vient nran^OT^"neureu-»
Isemeht dans Vanse des Am^len^eVrihr3*^W^rgep
x<*9&idl 4ii*l6iJe-fait unetyioie'*cl^.u^PlII JpK'Elle^ar-'
rive a la vue de la c6te de Chine, ibid. 7©?*
• Femmes. Chez les Indiens d'une tribu voisine du cap
-1 via Croix , les femmes dominent absolument, et
c~ jouissent d'une superiorite .que les hommes ne font
• r^*^15e difficult^ "ife reconnoitre, III, 151 et 152.
-jJlExJemple frappant, ibid. f£|!
~F&mm&s ( ftateaux de#^<£es naturels de Ventries du
%. Prince Guillaumeenomment ainsi les canots qui leur
servent pour transporter leurs vieillards , leurs femmes et leurs enfans , 1, 33.
Femme de Loth. Enorme rocher place seul au milieu DES     M  A T  I  &  R E  6*
des eaux , auquel on donna ce nom , II, 26 et 27!
FerK II pavoit un grand attrait pour les naturels de
Ventrde du Prince Guillatlme dans tout ce qui pre-
noit la forme de ce metal favori, 1, 33.
Figures.   Les solives  de  la  maison  de Wicanamshs
O P9»t; %% r\\Y\*3 *\
etoient soutenues a chaque extremite et dans le mi-
liem par des figures gigantesques , taillees dans d'in-
fOrmes morceaux de bois de charpente , II, iia»,
Gisement des grandes figures en bois de Tartanee ,
IH j 252.
Fitzhugh ( entree de ). Le capitaine Hanna ayant
avance vers le nord en quittant les naturels de Ventrde du Prince Guillaume, decouvrit plusieurs entrees, iles et ports, qu'il nomma entree de FitzhugJt£
iles de Lance , et plusieurs autres parties auxquelles
il donna le nom de Henri Lane, ecuyer, 1, 125.
Flattery ( cap ). II a ete ainsi nomme par le capitain*
Cook lorsqu'il le vit pour la premiere fois , II, 151»
Son gisement, ibid.
Foggy ( He ) , c'est - a. - dire , brumeuse ou de brume*
Elle est separee de Vile de la Trinite par une partie
de la c&te, III,113.
Fonte ou Fonta ( Pamiral de (1)). II fait de Pendroit
meme ou quelques navigateurs de nos jours ont
trouve un Archipel d'iles , et les plus forts indices
d'une  grande rif iere , une description conforme a.
(1) 11 est connu par tous les navigateurs sous le nom
g'Amiral de Fuentes.
Note du Traducteur. *%S T  A X  X   E
Irarcdecoutaartej I, 1446*145. L'Arj**ypeladu Nord
est a la meme place que celui de c?e Fonta. ibid.
146. Voyea Arathapescow, Arekipel du Nord9
Dalrymple, Witspn , etc.
Fbtmose. II egt necessaire que les vaisseaux se pro-
~^Jttrent un bon mouiilage entre les lies Bashee ei
"'c'ette ile, I , 328.
Fourrures. Voyez Castor, Loutre de mer, Loutre de
riviere , Mart re, Renard, etc.
jFoa; ( iles ) ©U <£es Renards. Les na.^rels de ces ijes
sont une ^ace d'hommsa de.njj^fife^taille , mais rem-
rijisde couragcl, 1, 18. Voyez Renards.
France. Le temps n'est pas loin> peut - etre , ou elle
etonnera Punivers par le noble but de ^ses entre-
prises , I, xiij.
tFriewill (les fles). La Felice arrive a la vue de ce«
' iles, I, 359-  Voyez Carteiet.
Freewill (Tom). Ainsi se nommoit le nature! de cef
iles que le capitaine Carteret avoit embarque avec
lui sur le Swallow, I, 362. Voyez Celebes. Insen-
sibilite de ses conipatriotes a sa perte , 1, 363.
Fuca (J^an de). Au rapport de M. Hacluit, c'etoit
un pilote Grec qu^j en 1592, fit voiles dans un
passage d'une Iargeur considerable entre les 47* et
48s degres de latitude , 1, 146. II parol t qu'il com-
muniqua ses esperances de deeouverte a M. Lock ,
pendant que ce gentilhomme etoit a Venise , et qu'il
offrit de faire le voyage pour 6o*gpo ducats , ibid.
147.  Vovea Cecii*
/ DES     M I ^ t ^ R
Fuca ( detroits de Jean de). La chaloupe de VAigle
Imperial, capitaine Barclay, parvint a les reconnoitre, I, 131. Le Washington , capitaine Grey ,
y arriva , d*apVes la cditnoiss"ance que rtir'-en avoit
dotmee !e eapftaine Meares, ibid.x 33. Notts avotfb f
dans Haduit, IStrehll^et Harris '/u'anclens !r&cK§* ,
de vieili£s traditrans sur I1ArdkHpel' def^Be Fonte et
les detroits de Fuca , ibid. 145. Ce qui u ete1 publij&
au sujet de ces dolrenits estfWi^e^raord^aaire, ai&5i£)
146. H a eie transnxis quelquesiodataHsnsur *cesdie-
troits par des autorites respectables et blent dignes
|fc ^o^ance , II , 1^?Ai^ke c^Lpptaiae .Meares s'e$£3
assur^ de leut^xj^tence par ses propr4?$ y^x, ibid.
Jl en pi'gnd pcqgession au noiu;du roi d^ngletejjre ,
djh&k i8a? La chaloupe de la Felice est envoyee a
la reconnoissance de ces detroijg , ibid. 185; Combat avec les naturels qui les habitent , ifaid.   192^
Fumge. Celle am, sortoit d'un pd$le c^nstruit. pour les
besoins du mcmxent, jbors de Pun^J^s fifjrges, in-
commoda beaucoup I^^f^js^nnes de l^iaj^ipage du
Nootka , I , 39.
Fumee ( baie de ia) ou  Fumeuse. Vd^fez Smoaky-
Ffatten £M. ), mlftre de la Cxfle^Nord-Ouest d'Amerique, III , iS^^tPdonne la faCneuse nouvelle que
#on cable est rompftt, ibid. 184. II vient rejoindre
le capitaine Douglas , le 10 Janvier 1789 , ibid. 205.
Jl remet a la voil&avec lui le 25 , ibid. 207.
K
>!
*?m
W Taiii
G.
(ratiotes. Les Russes d1'Ounalaschka et des iles vol-*
sines venoient d^Ochots^et du Kamschatka dans
une galiote d'environ <o tonneaux. Chacune de ces
galiotes peut contenir de soixante a quatre-vingts
hommes ,1, 13.
Guiles ( fe Prince de ). Ce vaisseau etoit un de ceux
qui se* trouvoient sur la cdte d'AmSHque, en 17S8 ,
I,    I3I.       p    -"   •■■     '     :   ■ • .    <-       ft-:_
George (le Roi). II fut equipe, ainsi que la Reine
• Charlotte, par MM. Etches, de Londres, qui en
donnerent le commandement a M. Portlock, lieutenant de la marine royale, 1, 127. Voyez Reine
Charlotte et Dixon.
Ginseng. On trouve cette production, ainsi que la
racine de serpent, a Ventrde du Prince Guillaume ,
1, 80. L,es naturels en ont toujours avec eux pour
s'en servir comme d'un remdde, ibid. Cette production pourroit devenir un article d'une valeur consir
derabJe dans les marchandises qu'on export© d'Amerique, ibid. 162. Le capitaine Meares est charge
par les proprietaires de son vaisseau d'en rapporter
autant qu'il lui sera possible, ibid. 372.
Glace. Le 17 mai 1787, une fonte generate des glacea
eut lieu dans toute l'etendue de. Vanse fermde de
Pentree du Prince Guillaume, I , 63. Dans quel-
ques-uns des canaux de PArchipel du Nord, il y a
des iles de glace, ibid. in. Comment ont-elles ete
formees ? DES     MlAdT  t S   R  X  S, 3«
Byrmie^Xibid. Lef c£^$t.ainfe.Douglas dr&it at£/perfce-'
voir des iles de glace i Piole est envo^ee a la re*
^crtfa^p^anceif.-K^jpa fo.
Goetette. Le yajisseau la' C6te Nord-^Cfkest d'Ame-
,$%&& avoit ^ $j|&ffie de ce bati&ieft#^ III^ r^'i,
Qeng. Unr-goB^{xdifladis refelembl^^&sez a un crible>,
Gkiifr'pn sert bomme de soflflettes dans less jonques
ch
moises..
m *j$<
^Qadd Lookout ( U*M de Jf, c'est - Sr^Sirte, tig Htlhne
observation. Le capitaine Douglas doima c£ Soih a
deux iles  basses - et sa^lbnneustes, III,  lo^.^eirr
£g gisejneflt , ibid.
Gf&ftdtiX He de J. Le Nbotxa vient y monille? le 26
t^fai&jjfc ijo6 ,1,6. Les Espagnols ontHah gouverneur
^^Saj^r Cetre^ lite , ibid. 322. Dam pier est le nayigateur
qui Pa  nominee ile  de Grafton.  Mle est la plus
t-^dnslaetame des-meS Bdskee, ibid. 323*
Graharrf. Matelot   a  bom de  la* Co^e Nord-Ouest
de Amdrique. Sa deposition £n. date <|u j mai 1790 ,
. in,. 236. '\wSkm '  \f*J   ': ::'t.:   &\".&a
Grampus (iles). Elles furent ainsi nominees d'u^a
grampuse d*une grosseur considerable que Pon. .ap-
percnt sautant hors de Peau tout pres du rivage ,
n, 23. *mM^^w^
Greenwich. La longitude et la latitude sont prises de
cet observatoire dans les voyages du oapitain^
Meares, I , 19 , etc.
Greer ( le capitaine )* II commandcit le .ig&iftytr&a le
Belvedere , I , 312. gpe
Gteville (le cap ). On le distingue droit par le traver3
Tome III. X 323S        ijliwM T Atb E-x
du vaisseau, fell6 juin 1788 , IH , 119. Son gise*
ment , ibid.^fg. "wlp^ ^$*
Grey ( M§|L Maitre du sloup americaitt fe Washikg-
^/o/s^Details qu'il donne de son voyage au capitaine
Meares, I , 280 et suiv. II protege le contre-makre
de la Feljce destitue, et lui cSSve asyle sur son bora^
ibid. 203. Ii est a presumer -.true c'est-lui qui avoit
mis en culture un terrein voisin du village de Tar-
tanee oil Pon remarqua des semailles de grains tres**
recentes , III, 25^ jjH
Guerre ( chant de,). II e&t ete a desirer que fe capitaine Meares connut assez la langue des peupleaa de
Nootka pour nous transmetfcre leur chant guerrier ,
II, 233. Chant de guerre dear'sauvages Cherokees
rapporte par le lieutenant Henri Timberlake dans
ses Memoirs , ibid.
Guerre £ canots de ). Ceux de Maquilla portoient,
chacun, trente hommes tres-robustes , II, 233*
Guerriers. Ils doivent porter, meme au combafN des
sentimens* d'humanite , II, 232.
Guillaume ( entree du Prince),  ( Prince William'*
Sound'). Le Nootka y arrive vers le 20 septembr*
1786 , I",1 25* Sejour dans cette entree , 28 et suiv.
Guinee ( ]$6uvelle ). Son gisement, 1, 351. Diffiqulte
de la do^ubler sans un changement de vents, ibid.
**\ v
Guise (le capitaine). II Commandoit le vaisseau VExperiment , et mit a la  voile au commencement" d*
ij%6 3 1, 127.      H ^facltes. Les tresors de Tianna cbnsistoient eh diffef*
Rentes especes de scies, en percoirs, baches, hermi-
nettes , couteaux et couperets , etc. Ill-, 189"..
Hacluit (M.) oU Hakluit. Details qu'il a donnes sur
Jean de Fuca, et sur les propositions que ce pilot*
Grec fit aux ministres de la reine Elisabeth-,.|, 1.46
et 147. 'h£
Haines ( ahse de). Au bout de cette anse:, est une
tres-belle pointe de terre : dans le milieu, on dis*
tihgue une petite ile baignee tqut autour par led
Hots de la mer. Le capitaine Douglas lui dOnna le
itiom d^ahse de Haines, III, 244. Son 'gisementy
ibid.
Halibut. C'est le noni qu'on donne eh anglois A un
poisson qui apprOcbe beaucoup de la plie , I, 16.C;
Hanapa. EriiVl'absence des deux premiers chefs, Maquilla et Callicum , il avoit le commandement supreme a Nootka , II, 51'. -
Handel. Quelques-unes des pieces choisies de ce mu-
sicieri etoient assez bien executees a Samboingan |:
el» 297- ■£$& u   -^^Wt '  ";       y|S
Hanna (le capitaine). Ce xaarin partit ) en 1785 >
pour aller reconnoitre le continent eloign^ d'Amerique, I, 123. Details de son voyage , ibid. 124 et
suiv. II a soumis son journal a i'examen du capitaine Meares , ibid. 12J.   -^|
Hanna. II residoit dans le meme village que le chef
Detootche > H? 108, Ses regards pleins de charmes
8B2P A   B   E   E
324   .   -wA T
et de douceur annoncoient le caractere, le plus ai-
mable et le plus heureux, ibid.
Hanovre ( Nouvelle ). Elle est separee de la Nou-
velle~Bretagne par les detroits qu'a decouverts le
"^lapitaftie (Carteret, III,^3.
Harpok. Celui dont les naturels de Nootka font usage
Spur frapper la balejne ou tout autre animal marin ,
^sst fait avec une habile!*1 nierveiUeuse , III, 22. Sa
description , ibid:
Harris. Il est un des anciens ecrivains sur la navigation, dans lesquels on trouve de vieiiles traditions
$ur V Archipel de de Fonte et sur les detroits de
Fuca , I ,  145.
Harrison le jeune ( M. ) , principal subrecarguN^J II
recut, le 5 decembre 1789, la1 d^pbsrtion dl^Bffi-
ciers et des matelots a bord de la goeiette la"TFote
Nord-Ouest d'Amerique , III, 237.
Harwallenee. C'etoit Ace chef /beau-frere de Tianna.
que Titeeree, roi de Mowee , avoit corifie le soin
de gouverner pendant son absence , IIP, 175.
Hawkesbury (le lord). II possedede grandes iu-midres
et des connoissances tres - etendues en matiere d*
commerce , I', 165. II a clmrement etablf les moyens
d'administration pour la peche de la baleine , ibid.
Hearne (M. ). II y a quelque difference entre i'offe-
nion de ce navigateur et celle du capitaine Meares ,
I , 109. H assure ne sr£tre pas trompe de vingt
minutes dans la latitude qu'il a assignee a ia mer qui
porte son nom , ibid. 116. - •"
Hermiwe. Elle est un de#*animaux dont la fourrure
est une des marchandises qu'on expdrte d'Amerafcjue • iktj , v^f iJ^Qtiatre peaux $e cet animal pM&oient|ale
n
.jC^acu^-^feoreillesrj&i vieux. chef Blakew-Conee-
viawtj.^t une seulement de son nez , HI, 250.
Herminette. Outil a Pusage ,dfes charpentauersaiSfoyezt
Haches. ^Ml
Hermogenes (ile Saint- ). Son; gisement , III, 11 oej>.
132. I^ftttti! t &iffe
Hichinbroke ( cap). Son gisement , HI , 136.   ^ sdbii
Hilloonas. Naturels  tres - sauvagea qniiiliahitefifejle
bord des lacs qu'on voit au milieu de Pile i^^gin-
..ydanaa -,-I , p.86 ehja&y. Hs<JSont contisuellement^ien
guerre avec les Mahometans /ibid. \lsmkp. professidntj
point^sirljseligion de Mahomet , comme   les autre^j
ehabitaxis! de Pile , ibid2 288.
Hitefycpck {^ Samuel ). Deserteur du vaisseau du capi-
Jajae Coinett £111, 20£. Son ascehdaH&tsur Pesprifi
de Taheo dont il etoit devenu le principal fajflifi 9
ibidmr0*:^i$f$ 8Hf«># ssmsR.
Hollande. ...C'est   la seule nation europeenne qui ait
1 $*2&irapports de eommercefa^v»c le~<3apon , 1, 189.
JfQU&ndoML' Ilsiisfentent. £rap . lei1 avantages   de slpur
Aft&&c pes^tiBQFtpaslen derober, le plus possible , la
jxhDQ^i^a^asice a PEurope f. il^oi 90.  Ila tavolent, *en
•   i-7^9 , cinq vaisseaux  qui faisoient le commerce a
"h&iGikh&ft ?> l&flkqi^vlils n'Ont.point import e der-
nierement.%p4Msain? du Japon, a cause de Penorurits
du prix , ibid. 200. |jgf^
Hollandoisi: ( compagnie des Indes orientales.). Doaee
de ct3ttft4H8ureruse intelligence '4ui distingue les mar•*
chands de sa nation ,. elfe Jbroie^e le moyen ^e tirer
-de l^aah ufkieyeiwa considerable , 1, 208.
X3 A   B   h   B
Jftollingsj^M.y II fut charge par le capitaine Meai*£4
de se rendre a bord.adu vaisseau, du capitaiff^ Po^trr.
lock ppur. tacher de le determiner a satisfaire aux
conditions arretees , I, &&. i "*(^
swv^s^t
•X"*
Jjtpllings (cap ). Son gisement , III , 1,14.
J^qppCH. C'est le nom qu'on«<|onne au vice-rot^ de Can*
ton , I , 172.
Hdrn ( cap). La pechec^de, la baleine e^brafee un&
i telle   etendue  de pays.,  depuis ce cap   jufc^p^A la
s^rgne , qu'en j\ joignant celle de la cc&k ndt>d-ou$st<
d'Ame&ique , <e$&eipouiiHoit employei.spVisi^urs S11 *I-
: Piers de tonneaux , 1, 163. e*f ur§
^bornby (l')«   Ce vaisseau  de Canton, charge  pojur.
Bombay, en decembre 178& , eourut les pkis grands
-  dangers dans les mers de Chine, ayant jeffe poussUp
ji-par imeivbrise de vent contre Pile Bula Sapata , I ^
305
x»uj;
mmt
Houang ( les ) ou. Hung,  Ils   forment un  corps  de
jnarchands a la jurisdiction duquiel toute affaife dfe
commerce est soumi&e,!, 172. Abus dans.l'auforlt©
•'fiii'&fc exercent, ibid.   173.ills sont, a -leur tour 9
imposes a de fortes taxes par les  mandarins , ibid*
173,  Le H&uang est la seule personne  aupres d*.
; laquelle un Efttropeeh ait acce» , ibid{nj6< I$idee
.que les Houangi&oxit une surefdpotables tleux marchands , esJ une erreuj&coxnpleije , ibid.
Hpw-schuc-selett.  L'un des villages appartenaus k
WCiananish , IL, 30.3.
Hudson (baie d' )» M.  Duncan, avoit mission de la
-reconnoitre et de la decrine, I , taw--
Hudson ( couip*£ttie de la baie d' ), Une hain* vio* dxs   Matieres:
\iy
-jajlente se-declara contr'elle Tors de Pexpadition  de
Middleton, I ,  104.   Le capitaine  Meares   est du
noiubr* de ceux qui ajoutent une conusance entiere
aux renseignemeiis communiques par cette compagnie , ibid. i©9> Elle est en possession*^ plusilurs
^cartes marines tres nfiuaieuser, doth huelques --Mies
ont ete eStjuissees par des Indiens , ibid. 118. Elle
a une maison, par le 53* degreo nalxiute 32 Secondes
%^de latitude nord, et le io6e degre-27 mintftes  20
j£ secondes de longitude ouest, mid. 152.
Hudson (T.). II donna , le 2 juillet 1789, a R. Fun-
>*ter , dans Vanse des Amis , entree de Nootka , un
*|gt recu de 203 pehilxdeloutres qui fait partie des pieces
justificatives inse#ees par le capitaine Meares dans
PAppendix de son ouvrage , a la suite du Memoirs
qu'il a presente a-, la chambre des ed*rtimunef4e 13
.   mai 1790, III j 237! |«f
Hwhre- perle.  On la trbuve dans Pile d' Oneeheovj ,
II , 36r. ; ,Si^^^:      ; J 1£V. *
Hutchins ( J. ).  Le nom de  cet Anglois , ainsi que
•    celui de J. Etches , du vaisseau Ye Prince de Galles,^
etoient graves sur deux arbres dans le, voisinage do
j^eV entree du Prince Guillaume ? III , 138.
\a
I.
Jacques (cap Saint- ). Depuis le cap Saint-Jacques
jusqu'a Queenhythe, on ne voit que des chutes
immenses de montagnes ou d'imp^netrables forets ,
JI    307. La temperature du  cliraat  depuis le sap
A- 4 £e.
Q2>
B
Vs a r, ¥- .ArXAxIi
^i^<d^fnJacaues jusqu'au; midi y est < {wen- plus douc*
<!#& cfli^^,!l§^^e Ofisilala,^^ 308.
if upon. .Jfe, 4p$t. 1 iiecfiasaipe«*de pene trer1 <$ates> §4* provinces, septenja^onales ,^       --Chine ,   ainsi   qu'au
ffitiBOpti**'* pour etendre  le commence /^y iS'lV'i.e*
*i^^S!§^Sfiife^ Jii»^ommerD»T*BU- Sud- satires Ph^fcip-
pings j* t^&Japom , ibid&i 90. V**jH*4? ffibUanefcik.
*j[4v&* <fl seroit beaucoup plus pirilddnt pdiir le^-vSis-
c^seaux de prefere^* uifi|<a8sageJ& l'*^* sUj*4©tftJqtran(l
*     e*^fHJ w&Sr - :   -^bji.T **
ils n'ont point gaghe^es^hauJetV^^e^i^^fl^fe^le ICI
_  o^to^-e, L^3^2. r^^^^S^
j/^/o/&^J^^^e&.j^versa;j«.«T|n %€&nal^ ehtee.'^^r/o • et
rJIf^e^? ^Mj^r1!lt4tli& 3 * JbcMfc t&jw&rraejri 1788^9^ on
appereoit le sommet des hautes- montagnes de Jelolo,
£l^Y$&fgg} , .   j&ranif iff]
Ign&m.G§,''-•-Cette. plante est la meme. dont il a ete parle
sous le nam. dVa/w^ dans JLer ^prfaifec voyage du
capitaine.Mfarps » ^ SOjrfj^a ^ef^pM^»i&^
JnaW ( V). Elle est, en quel<|iie sorte , rapprpchee
de PEuropeV par les proeres des?m«dm*ne& dana-Jk
marine/et la Wvi^tiQnj^!iri02..
Zsfiue?^.. .jGeux-'®re« vi_t M.;Hearne etoient..Esquimaux ,
I, "^40. {*£$ - Iqdiens ^&^arg[^e^c|}aa..4 pjgendi*
beaucoup de goiit pour les laines , I , ? 50.
Intire ( baie de Mac-}. Sop gisement, III , 246'.
Johnston ( iie de ). Son gisement , I , co.
Pole ( P ).   Le   capitaine Douglas   1'envoie  jusqu'au
•    ■   *w      •*_•        00'   ^M.   f ^mft'-aeij i*fcft&
rifvageMe 14 jum r7#o pour sfrpi^urer du-'poisaon ,
EI, \ i-». Elle revient avec une petite'"provision de
halibut, /£££ Rapport de Pofficier qui la commau*
doit, ibid. 118. DSSiYlATIERES. O^JE
Jones. Ce matelot rebel!*- menaca d'assommer M.
Viana comme il se mettoit en devoir de separer des
homme3 du vaisseau qui tiroient le couteau les un*
■"^feonrre les- atrrres ,*xll , 224T II eSt forcible quitted,
Jonques. Sorte de batimens'chiriofs , I'j'2'69.
f&sseS? xDieuxues CniiKuSi   y'oyez'Chih-fhih,
fphigenie (Vp Ce^ia^eau, au'porta* 260 tonneaux f
avoit ete equipe , ainsi que la* Felice ,tpar lejcacp^
tame*Meares , a^sticieT, a cet eiiet, avec plusieurs
mardbalius an^cus etablis dans ^t^^j^h^Mi'j^et
2^7**fie eoWnandement en Je1pj'conJieveau^ can^arn*
Douglas, ibid. 2ij. Elle  appareiile  le  22, Janvier
d\SXSil
* jjZo'fBsm^' 234^ Elle se'trouve c^^derablenient
"fen^rrf^re de Ta Feh&e , ibid. ^^^^tOia^p^m^de
we,   ibiat^TpKigmiie  etoit mauy^is/, voillerj^B
ffc^^fparaisoifde In Felice.'zz8^2? 7.VBlIe "fait signal
d mcommomte , z#/a. 239. lJelaprement.de ses m^
tuxes*, *&#. 240. Kile arrive dvec I a Felicp rk,Sam-
i^r^'fti  ^§fi^i«*      'fl^SftS&SttT $tj$&iiii(j3f~\jn £ lift 6 *T8<T«
bbtrigdn ,  /om/.   276.   Ridajtran de son ^Pyage fde
Samboingan a la cdte nord-ouest\d\Anwj2que, III ?
*7qr fe£ suiv.  VonrezrijQuklas (' capitain* ).
Irlande (Nouvelle). j a situationj|riftttue-de la Fe^x
//ce fit dourer^ qu'il'fut possible* ae* doutuW les iles
moiis*Wi       B^U      "#*P IN* X'&T'^ . e cigifoaEJ p*£*.ee\
de la NouveUe-Irlafyde ou.<|e,la Nouvcll$-Hanoyre *
II > 7- ii&Silt;
Irving ;cap). Pointe e|ev^e et ^aiilante, a, laga^e!**
cajpftaine Douglas donna, ge nem^ttl;. 2j)j.(i
••'••a
H 33a
M
T A  B E X
K.
ii
Kaireekeea.^qt habitant de 4^le d'Owj£tfJree n'exjs-
toit plus lors du dermer voyage ^, capitaine Douglas dans cette ile , UPt 192. j£m&;
KahoQ-opequ. Grand chef auquel etoit feline la tete
jdu^capitaine Cook dans 1* partage des restes de c*
grand homnu5 , 13 vlW-l f*£|
Kamschattt.IJaul&urdes Decouvertes Russes parle des
traces "de destruction que plusieurs des navigateurs
Russes ont remarquees entre les,.^es Pat-Sopka et
le Kamschatka , 1, 9. jjiy
Kamstchadales. Le citayen Lesseps a chxane dans son
jJil.*-'        j liClX) ivJ>>ic*x^ j   jp i ^^^ •&$£. t&    »* >   C7^      i •
, Voyage sau JKamscaathi les memes  details sur les
--**^ -l^^n^alffO TfyiRifre   s^v f. <>^m*^ *■ „3aj*
Kamstchadales. et sur les Lappons que le professeur
Pallas s^fflr^^^J^A^ , et le.cahilaine Meares^ur
"".Tea naturelsTdi% village de Nootka ,JJ, 57,
Karakakoo.a'GSa^e de). Sa description , telle qu'pjpL la
Jrouve dans le troisieme volume du troisieme Voyage
de "Cobk , III« 191. EUe esVsituee, au c6te occiden-
c tal^de^lile a! Owhyhee , daps un. district appelie
Akona ,' Hotd. eyl
Kaye (lie)^>oh giseinent, III, .141 et 142.
Keate ( Gebrge }• :JC'est a lui qu'on doit la relatioa
I j»arficuliere.^es iles Pelew, HI , 99.
Kempfer. Voyez Dragon de mer.
Jtendr£cW§T.J.JW'a. delivre, le 13 juiljet'£789 , un
recu*3.% diverses provisions transporters du senau
VArgonnute sur le batiment americain ia Columbia
III
.37. jfeennoon^ihl^e^d chfirTxYrorlfflrlSr Ca^taind woiigfas *,_
lDK^*f^Tphigenid*4fcoit a l'ancre a^awMJa ^a^e^d*'
**^a«g*-4 Corne?\ que* ^ d^pJ>urs sed^emenr autolura-t
^^SSity il y avoit ttnr'WssWaW^^ *
^1^38.^1 etoS^obablenieht3re^3aeFide:ii natlffife/'l!&Ixa
tribu des Chenouways , ibid.
Beenoumahasdt. L'un des villages appartenans. a "Wici-.
^•Uaaa n ish ,. II, -363.  ^^P^^^I^^^^^^f^^^PP^'
JfLergafieu ( le. G. );. JL eommandoit un:vaisseau  arme
en flute que le Nootka rencontra dans la Typ^i,tl,
^ 09.* jl^mmage. .repdu^t^. lafrgenero$£jfcg deploy ee., par
lu^kejL]^ Jle§ ^Francoi^ sous, ses.pr.dres dans <«^^
JCiascha. ILes marchands de Pekin et de la partie s*p%-
j tentrionale de la Chine gurent *e procurer dans 1*
port de Canton les memes^speces de fourrures qu'i'fe,
avoient coutume d'acheter a K.ias.chq,J% a. bien meil-
xeu-r njkrcher que daW^we*trernrere jirace^,1l%0T5^
Ila^ri^eveieifirdes la*ne*^|^t<^t*1espece jHtr la v&i*.
\cpo /v tascita , T&Qiti/Z' -
King (le capitaine). ■Plusieu^desxch^^&nT^l^jnge
v ^l propose de parler dans la relation du dernier voyage-
de Cook qu'il a continue*, n'existent plus aujour-
' d'hui , III, lQ^Pi^k^M^MrWt^ S&H&JSBl
Kiscachewan* Sur une des cartes trace es par -deux In-
i^S*18 »<^'^pi*k<^tSiJriyiererJ85 rendre,de ce lac dans
la mer Pacifique dans une direction de nord-ouest *
•   •''I— III'    1   " >*M^^&)fr%2&&t
Koah. Ce perfide <jhef ne vivint plus lors du dernier
voyage :€m capitaine Douglas <ians Pile '$Owhyhef,
m I
5$*
T   A,S" X :X
ff
%$$0o$ fei ife ^ffifafoS^* V*. 4*$£&jb £$&K
' *B^x^^nJ&lx5sei-ill>firit f^^^^^s^^f^^ftW^i?!*^
J^cpis g^jo&s^. y eto^en^en: station , e^. qu'fl Y}09&
kl^felfifl*'3 *^ ^e w^e;iifiPm j 1^ lOJ3g ^ rt* J?^te t
ibid. 22. *it3
#ai##A7(afihasaeri»s^de<|£j^ 17 juiii'i7&8s$q«elqnes-
uns de ces chasseurs vinrent trouver le capitaine Douglas u* *t 7luiiiappoit£erenfe :;duUsaumfe]»-: frais ^ HI ^
■ ilflOtt-;''*5 ^imlM^B^a^.- *iTp-*J/fliiJ^
^ll~e**fexeYer i'aj^^^pln^ ^il seroirtruu^nl^dd^'e-
loigner jusqUes vers le village' de MSvn^^^fS^^ ^S-
si
*sr*
■HBSItX
■d £ * iiAa^^, ^A 71^ {1_
..genie portent^ ,yersTJle,,gx;and Ladr&nei &:I ,^23.4.: La
Feuce se trouve dans le voisinas,e4"ides,i/&x Jjadmns
*3x^%*pi5iSte|7^B§||ailfi .7.:e.1^^.Gf):-^;,Jq
IL&^Mep ^3|leS'.}> rjl^e 5 .cMj&llai&e ;Manna Jes l#a^€fsa^ 19
Lance ( lies de ). Voyejfc Fitzhugh.^^j
EdnlB^Meffifi jy;. VoyeSi Fitzffi^jwSP
Bilb^ef'a^ 9
Aj^r.'c (,Ie }. Ce fVaisseau qu'on avo^eogiipe pour .ailer
laue^le commerce a la., cdte d*Arne5iqu&**Te\oi2JiiZ
c&ftak m*&mM .•juta'p&fy$&~°-
la Loutre Marine, Ij 126. lie;
,-.x V  E  S
\kscars. II s'en trouvoik
%Uvoif/pris a Madras, I , C&7
JLatitude.  Voyez  Greenwicn.
Xtuule, lauld, ou amis' , amis. Les Indiens oceitlse-s a
prendre sur le rivage les baches des gens du Nootka,
jetterent de cn a plusieurs Reprises en e'tendant les
hras , lorsquTis' virent tj^§e msposi'tibns vigoureuses
qui se faisoierit sur le vaisseau «^ ll, «£i,
JLazu^j^^^digeX de-"Saint-^'lvl7 Jpalrympte prouve
la veritS d«? rout'ce qui* a. ete dit anciennement de
son^existence , f,  144.
JLazare ( Mbn&Saint- ). Une niqntagne* elevee sur le
c^te^accidenliLx/-de Ventrde We Bupcuegh , et ou l'on
crut distinguer un village avec les lunettes drappro-
che , recut le horn de Mont - Saint - Laz'are , III,
242. Son gisement, ibid.
Lee-Boo , "fils d'Abba- Thulle , roi de Petew. Voyez
Abba- Thulle et Wilson.
Lee-chd-etNXi'uu des villages appartenans a Wicananish , II, 303.
Lema (iles)l De Pedro Blanco .par les lies Lema , on
jifeut passer'" en toute surete a Canton, I, 321. Le
tapitaine Meares les decouvre le 4 decembre 1788 ,
111,77•        WL--W^  **■
Lincoln (bas-fond de ). Le vaisseau le LizArd, charg£
de Bombay pour Canton , en 1780 ,. echoua sur ce
has- fond*, $.^305. g£/
Iftino •&•quoit. L'un des villages.^ situes,, au nxiql ^e
Queenhythe, II, 306.
mj.zard ( le). " v oyez Lincolnt$g&
Lock.  Voyez Cecil et. /4?c« <iV Fuca.
SI I
334
1* X.B.J. B
**4*M
Long (3.). II a voyage parmi les sauvages de PAnie£
riqiie septentrionale , III, 233. Voyez Cas£Qr\
Cnant de Guefte , Serpent, etc.
Longitude. Voyez  Greenwich.
Loup gris. II est uri des animaux dont la fourrure est
tine marchandise exportee d'Amerique , I , 162.
Eoutre de mer. On en trouvera la description parti-
culiere, ainsi que celle des differentes especes , dans
le voyage de la Felicf, 1, 161. Sa fourrure est une
des marchandises e^portees d'Amerique , ibid. Les
jeuiies loutres sont plus laides que les vieiiles , ibid.
378. Elle habite toutfes les parties de la c6te nord*
ouest. d'Amerique depuis le 36* jusqu'au 6oe degre
de latitude nord , n , 524. Sa foH^are est la plus
eriche qu'il y ait dans le monde , ibla\ La loutre de
mer n'est pas fixee exclusivement sur POcean qui
baigne la cote d'Amerique , ibid. 32^. La loutre de
mer est amphibie par sa nature , comme. la loutre
de riviere , ibid. Details sur les diverscs especes de
Fourrures de cet animal, ibid. 3 26 et suiv. Elle es*
. d*p beaucoup superieure par sa forme , sa giosseur
et sa fourrure k la loutre de riviere, ibid. 33 ii
Chasse de la loutre de mer, III, 24. Elle est tres-
perilieuse , ibid.
Loutre de riviere. Voyez Capuca."
LoUtre Marine. Le commandement de ce vaisseau est
donne a William Tipping, lieutenant de la marine!
royale ,1,2. On s'occupe sans delai de hater son1
depart, ibid. 3. II -f a. toute apparence que ce vais«*»
seau et les gens de l'equipage ont et* ensevelis sou*
let Hots} ibid. 100. * *>-B   S
A   T   I   E   R   E   S.
'33£
JLoi&£e ( le capitaine").   II commandoit le Capitaidk-
Cook, et mSt-a la voile de conserve avec ^Experiment , I , 127. Voyez Experiment, Gi&ipe.
Luban ( ties). JElles etoient de veritalles montagnes^
couvertes de bois , I, 249*
Lucdnie ( ile de). Oiagla distingue le 28 Janvier 1788 ,
I ,  245.  Son gisement, ibid. II y a un courant d*
• nord le long de la'cote de Lucom&^scpi'a.u Cap Bo*
linou. Son gisement le 31 Janvier 1788. ibid. 240.
Lussan (Raveneau de). Ce ilibustier traversa en 1688
VisthmC de Panama, en revenant de la mer du Sud ,
II, 338. Ce qu'il dit des mouches dont les Indiens
du cap Gracias a Dios sont tourmentes, ibid.
M.
Macao , ville des Portugais. il est tres - ordinaire de
voir les employes de la compagnie des Indes empri-
sonnes , et aCCables d'autres mauvais tfaitemens dans
cette ville sous les pretextes lesjplus legers j Ij 179.
La Felice vient mouiller heureusement dans la rade ,
le 5 decembre 1788 , et Vlphigenie , le < octobre
1789,111,77*1263. &&!
Macassar (detroits de). On peut passer entre le haut
de Ces detroits et l'extremite sud de. Magindanao $
sans s'exposer a. de grands perils, 1, 314.
Maccay {M.). II avoit sejourne plus de quatorze mois
parmi les naturels de Nootka, II, 98. II y resta ,
de son propre consentement, sous la protection d*
Maquilla , ibid. 99. Son histoire , ib&
2&T
^Sf^rae 9*x
OOO
T
ABLE
I*
Ma$lesfLe*W. ( le ). Dans un trajet  depuis la Chin*.
e |«gqn'4 Malacca en 1789. on ne put' decouvrir ni le
Macclesfield, ni Pula Sapata , I , 3 07.
$£acpherson {^bfean ). Des Espagnols lui avoient fait
part au   cap de Bonne - Espirance   de  renseigne-*
mensffcecieux qd'ii comn>tmiqua a M'. Greville j I,
146.
Madras. Le Nopgka y arrive le 27 mars 1786) 1, 3*
L'Angleterre  avoit , en   1789 , trois vaisseaux  de
Madras a Bombay, z'^zV/. 196 et 197*
Magindanao ( lie de ). Son etendue est considerable.
Elle a environ 120 milles de Iargeur , e% i 60 de longueur, I, 284 et 2S5. Le souverg-in de Magindanao
est un prince puissant , ibidTiSS. La ville de Magindanao est situee sur le cdte sud-est de  Pile, ib.
L'air passe pour tres-salubre  a. Magindanao, sur-
tout dans le voisinage de la mer 7 ibid. 289.
Mahomet. Les habitans de Tile Magindanao profes-
sent la religion de Mahomet, except* les Hilloonas,
1,^7. f '    ~||je       !™Wr
^Mahometans. Pendant les treizieme et quatorzi&me
sieeles., ils se repandirent, comme des nuees de sau-
terelles, sur l'Arfcnipel oriental, I, 288.
Maiha-Maiha. Ainsi se nommoit Tome-homy-haw .
avant d'etre proclame roi d''Owhyhee , IH , 196. Ce1
fut a lui'qu'echut la chair du capitaine Cook, ibid.
193. II n'avoit pas ete tue par Partillerie du capitaine Clerke , comme le traitre Koah Pavoit assure ,
i&id. 196. Ce chef puissant et redoutable avoit
recu de la nature un caractere actif et entrepre-
nant, ibi3.  Son envoye^est mis A mort par ordre
d* D1S    M*A T 1 ^ a 1.9. 337
de T^reeohoQfcll demar^ satisfaotion. Affront qu'il
recoit, et vengeance qu'il en tire yibid&iy&3eftt 197.
, . V&yez   TomesihomgrJiaw.
Malacca.   En arrivant  dans  cette   ile, le <3$pita$|*
^Meares apprit qa*^Je capitaine Tipping avoit fait
voiles -vers PAmerique, apres y avoir termine ses
affaires-,'J., p. Extrait d'une lettre date* dePcette ile ,
ibid. 307*
Malais. Ils ne travailient pas eux-memes a leurs mi-
n*»n»:I,, 208* On pretend que les Chinois ne trouvent pas P&tpam .Ue Cornouailles aussi malleable que
celui qu'ils tiijeot (fes Malais ribid. 209. M. Unwin
fit plusieurs experiences successives pour comparer
^Jt^jjfonte de Pefcalnid'Aajgleterre avec celle de 1'etaiii
des Malaitou^zfl?. IMe chaloupe portant pavilion
blanc, et servie pafcquatre.Malais ,'vient a bord de
la Felice, ibid. 273. Les resultats ordinwres de leurs
expeditions vagabondesr. sont Pefrhsioni^du sang, le
caMiage , et la captivite des habitans des Villes et
, des' villages * ibid. I193. Les Malais, comme beaucoup d'autres nations sauvages , sont extremement
sensibles aux*charmes de la musique; ils peuvent ,
meme avec du travail, exceller dans cet art enchan-
teur , ibid. 2971
Mumatlee. C'est le nom qua les naturels de Nootka,
donnoient au vaisseau. Ils Pappelloient Tighee ma-
matlee , ou le grand vaisseau, II, 96.
Mandarins* Ceux de la premiere classe, comme ceux
d'une classe mferieluRk , imposent les - marchands
Houang a de'fortes taxes , I, 174. Voyez Houang.
Ils sont devenus de plus en plusavides, en proper-
Tamer III. If
*.« 5S&
A ;x .%im
tio.nd* ce "que- Paugmentation des droits produit cell®
de leurs rettert&s, ibid. .fB'%. kail
Mangoustier. On  le trouve dan^^fie Magindanao >
M 29*- E^g
j^a/?4^f4»Q?tfiifl}ies-uns des j officiers de la millfi^de
Samb<^ngam..etoiefit natifs, de  Manilla ,   I ,  27b.
Apres le mois d'octobre , le passage a Manilla , ct
de Manilla a la Chine, est toujours sur ,1, 318.
Maquilla. Chef de Ventree du Roif&eoige , H, 51.
II entre dans Pause avec Callicum , accompagne-de
plusieurs canots de gnerre, ibid. 57. Magnifique
. present de ce chef, ibid. 78. II confirme , avec les
plus fortes assurances d'une sincere fidelite , le traite
d'alliance qui avoit ete deja cqnclu entre lui et le
i.^toiisaine Meares , ibid. 97. Horrilxie goftt de ce chef
poujr la chair humaine, III, 14. Maniere dont se
faisoit le/dhoix de-sa vietime , ibid. 15 et suiv.
Marees. Henri Ellis observat avee etonnement dans-
son voyage a ia baie d'Hudsots,. en 1746 et 1 ffif ,
que les .marees y venolent. du' herd , et qu'elles
avancolent au-lieu de. retarder , a mesurfc qu'il s3*Ifc-
Voit en latitude, Ir, xj. M. Hearne ne remarqua
point de glaces%dans la mer qu&l a vue , si ce n'est
sur le bord des rivieres ou elle a pu s"amonceler par
le coiiiluent des hautes niareeaf ibid^ 1^7.
Marmotte. Xa fourrure de cet animal est une mar-
chandise exportee d'Amerique ', I , 162.
Maroona ( le ). Gisement du bas-iond ineridi<saals,(^i!ii\.
porte ce nom, I, 237. La,posstion du Maroona septentrional est fort incertaine, suivant M.  Dalrymple} ibid, 239. *£% - &$%^j0$$k m\
» X 3    M a 1? i i a s s.
Marsoiiin. II est except*, ainsi que la grariipuse, de la
destruction generale'fcrUe les naturels de Nootka font
des animaux qui habitent leur con tree , III , 324.
Martines ( Ios). Le f avril 1788 , Vlphigenie se trouvoit dans la latitude de Ios Martines , III^ iof."
Martinez (Joseph-Etienne). Cet officier espagnol com-
mandoit le Vaisseau la Princesse , de ^^r^&nons ,
parti 4U port San Bias, dans la province du Mexi-
que. Son vaisseau vint mettre a. Pancre dans Ventrde
de Nootka le 6 mai 1789 ^ et y fut re joint le 13 du
meiae mois par un senau espagnol de 16 canons,
ap^elle le San Carlos, III, 234. Sa conduite de-
Ibyale envers le3 deux vaisseaux ¥ IpfiidiHie et' la
Cdte Nord-Ouest d*Amerzqite, ibid. 234 et suiv.
Aiartre. Sa fourrure est une marchandise exporte©
FAmerique, I, 161. Celle de Nootka a la plus
parmite ressemblance avec ia martre du Canada ,
sur-tout par la grosseftr et par la forme } II , 318*
Elle n%st point aussi noire, et sa fourrure n'est pas
aussi precieuse que" ^elle des martres du Canada , ib.
319. II y a egalement a Nootka une autre espece d*
martres dont le poil est si rude que les naturels font
tres-peu de cas de leur fourrure ,  ibid. 320*
Mdts. Dans une bourrasque tres-violente , Vlphigenie
eut sur son pont son petit mat de hune et son mat
de perroquet. Le mlit de misaine etoit entierement
degree , 1, 240. Le mat de misaine de la Felice consent dattgereusement au dessous des jottereaux ,
II \ 4.
•Aiaurm/e ( Francisco Antonio). On a pretendu qu*v
ce' imvigateur visita , en  1775 , M partie du conti*
Y2 S4p
T  A  B   E   X
nent d'Amerique que le caj#aine Cook n'avoit pa*
Vue dans sa route vers le nord ,1, 141. Les carte*
de M. Maurelle ne mefitent aucune espece de con-
liance, ibid. 142.
May ( le ). Ce vaisseau, du port de 300 tonneaux et
de 30 pieces de canon , fut pris et saccage par lea
Malais, I, 250.
Meares ( capitaine ). Son riom est digne de trouver
place a c6te de ceux des illustres navigateurs qui
Pont precede , I, ij. H recoit le commandemerj^du
Nootka , ibid. 2. Il met a la voile le 2 mars 1786 ,
ibid. 3. II arrive a Malacca vers la fin de mai > z'3.
t. Dans son passage a Ounalaschka, il est chass*
vers cinq iles oil de grands dangers Penvirpnnent de
|§ toutes parts , ibid. 8. II part d' Ounalaschka le 20
aoftt , ibid. 19. II arrive , vers la fin de septembre ,
dans Vansefermeede Ventrde du Prince Guillaume,
ibid. 25. Son sejour dans cette entree, ibid. 28 et
suiv. H y est joint par les capitaines Djxon et Port-
lock , ibid. 51. Details sur son entrevue avec eux ,
ibid. 52 etsuiv. II quitte Ventrde du Printe Guil-
, laume le 21 juin 1787 , ibid. 93. II arrive aux ties
Sandwich ou il passe un mois, ibid. 96. H les quitte
le 2 septembre, et vient mouiller le 20 octobre de
la meme annee dans le Typa,oovt voisin de Macao,
ib. 97. II essuie une violente bourrasque, ibid. 99.
Au mois de Janvier 1788 , il s'associ* avec plusieurs
marchands anglois etablis dans l'Inde, fait acquisition de deux vaisseaux et les equipe , ibid. 215. II
recoit le commandement de la Fel#$e , fhid. 218.
Details de *on voyage, ibid* 234 et suiv* II arriva 1ft X  *     M  A T  %  E   R  X  S. 34l
a. Samboingan, ibid. 276. Aecueil hospitaller qu'il
recoit du gouverneur, ibid. 277. H quitte Samboingan , continue son voyage, et vient mettre a. l'ancre
le 13 mai I788~~dans Vanse des Amis, entree du
Roi George , II, 42 et suiv. II remet a la voile ,
ibid. JO3. II s'arrete chez Wicananish, ibid, in
et suiv. Apres un court sejour dans le district de ce.
chef, il prend conge de lui , et poursuit sa route ,
ibid. 139 et suiv. II prend possession des detroits
de Jean de Fuca au nom du roi d'Angleterre, ibid.
184. II appercoit en mer la Princesse Royale, com-
mandee par le capitaine Duncan, ibid. 229. II
quitte une seconde fois Ventrde du Roi George , ib.
240. Il joint le capitaine Duncan , ibid. II arrive le
10 aout par le travers du Port Cox, ibid. 245. II
envoie la chaloupe vers le lieu de la residence de
Wicananish, ibid. 246. II est rejoint dans Vanse
des Amis, le 27 , par lq capitaine Douglas , ibid.
255. II quitte Ventrde du Roi George pour gagner
les iles Sandwich , et se separe des capitaines Douglas et Funter , ibid. 292 et suiv. II arriye a la
hauteur des iles Sandwich le 18 octobre 1788 , III,
54. II se dispose a remettre a la voile le 27 du meme
mois , ibid. 68. II decouvre la cote 'de Chine le 4
decembre de la meme annee, et vient mettre a l'ancre le 5 dans la rade de' Macao , ibid. j6 et 77.
Voyez Felice.
Meares ( port ). Dans ce port, il y a  deux  bras   ou
branches considerables de la mer, dont Pune tourne
,   nord-nord-est ,   et l'autre , A-peu-pres  nord-nord-
ouest, Le capitaine Douglas presume que celle-ci a
13
>73 f
34s I*  A  X  E   X
quelque communication avec Ventrde de la Loutre
de Mer , III ,163.
Mendocino ( cap ). Voyez Californie.
Middleton. Son expedition fut- le fruit des solicitations de M. Dobbs -: mais son voyage ne parut pas
avoir jette un grand jour sur la question du Passage
ISFord-Ouest, I, 104.
Millar ( M. ). II y a lieu de presumer que cet officier
de VAigle Imperial fut massacre1 par les naturels de
Queenhythe, II, 83. Des babitans de ce pays ap-
porterent a bord de la Felice une main d'homme
que les matelots soupconnerent etre Pune de eelles
de M. Millar, ibid. On reconnut un cachet qui lui
avoit appa'rtenu , ibid. 82.
Mindoro ( ile de ). Elle est, ainsi que les Calamines ,
environnee de bas-fonds , de rochers et' de portions
d'iles qui rendent la navigation extremement dange-
reuSe , 1, 236. On la decouvre le 31 Janvier 1788 ,
au cou cher du soleil, ibid. 252. Les deux vaisseaux
aVrivent heureusement sous l'ile de Mindoro vers
minuit, ibid. 253. Son gisement, ibid. 254.
Missionnaires. Les missionnaires catholiques-romains
que leur zele si connu pour la conversion des infi-
d&les'a portes a aller precher  le christianisme  aux
/Hilloonas, ont ete bient6t pris et massacres par eux,
i, 288 et 289. ; "J*
Moluques (les iles ). Elles forment un grouppe d'ilei
tres-dangereux  qui est  regarde  comme Pecueil re
plus perifleux pour les navigateurs dans les mers de
l'Inde fl , 336.
Monmouth ( ile de ). Elle est la plus apparent* des iles
Bashee apres Pile de Grafton , I, 323. 1   II      M   A   T   I   E   R   B   S.
Mdntagu (iles ). Le caj&taine Dixoh, en venant trou-
ver le capitaine Meares dans Vanse fermde de x-en-
trde du Prince Guillaume, avoit laiss4 le Roi George
aux iles Montagu, 1, 51. L'intention du capitaine
Douglas etoit d'eviter Pile Montagu, a cause du
grand nombre de rochers cacbes sous les eaux dans
le passage interieur , III, 435- Le 7 juillet 1788 ,
il laisse tomber l'ancre de touee par treize brasses
d'eau, environ a un mille et denii du bord de cette
ile, ibid. 136.
Moore ( iles de). Le capitaine Douglas nomma ainsi
deux iles, en 1'honneur de M. Hugh Moore , son
ami, III , 103, Gisement de la plus grande des
deux, ibid.
• Moore ou Mora-mey. Ce mot signifie, dans le langage
des iles Pelew, venez d moi, III , 96* Lorsque les
naturels de ces iles adresserent la parole aux personnes de l'equipage du capitaine Douglas , on re-
marqua qu'ils repetoient souvent les mots Anglois
et Moore. On supposa avec assez de raison qu'en les
prononcant, ils vouloient faire allusion au capitaine
Meares , ibid. 96.
Moral. Ainsi se nomme le lieu sacre ou les habitans
des iles Sandwich deposent les morts, III , 208.
Morotay ( ile ) ou Morintay. Les deux vaisseaux
Vlphigenie et la Felice traverserent un canal entre
Jelolo et cett* ile, 1, 3 14. Gisement du cap septentrional de cette ile, ibid. 335. Les vaisseaux se
trouvent tres-pres d'elle le 18 fevrier 1788 , ibid.
342   et  343-   L^le   M&r&Uay   occupoit   beaucoup T  A  X  E  X
plus d'etendue au sud que ne lui en donnoit aucun*
des cartes , ibid. 346. Sa latitude exactement deter-
minee , ibid. 349 et 350.
Morotoi (He). L'une des iles Sandwich, III, 6 £1^204
et 217.
Morte mer ou Morte eau , est Pintervalle entre le flux
ct le reflux , ou entre le reflux et le flux. Pendant
cet intervalle , Peau n'a  aucun -mouvement, III ,
145.
Mouna - kaah ( le) , ou grande montagne, situe sur
la partie nord-est de l'ile d'Owhyhee , III, ^4.
Moussons. L'epoque de leur changement dans les mers
de Chine et dans la mer Pacifique du Nord est tres-
redoutable pour les vaisseaqx, II, 17V Ties changemens ont lieu, en -general , vers les mois d'avrii et
d'octobre , ibid. Ils arrivent cependant quelquefois
beaucoup plutot ou beaucoup plus tard , ibid. C'est
sur-tout a. la c6te du Japon que les changemens de
moussons se font sentir d'une maniere effrayante ,
ibid. Le desordre qu'elles occasionnent est presqu'in-
crovable , ibid.
Mowee (He). L'une des iles Sandwich, III, 61, 204 ,
217 , etc.
Mulgrave ( port ). Lorsque le Roi George et la Reine
Charlotte se furent separes , la Reine Charlotte
avanca au midi de Ventrde du Prince Guillaume . et
continuant sa route jusqu'a cette partie de la c6te
nominee par le capitaine Cook bale de Behring, elle
entra dans un port qui recut alors. le nom de Port
Mulgrave, 1, 11^
Murray (cap ), L'un des deux caps qui forment Pe;z« ms   MiTiii s a:       345
trie de Bucclugh , III, 242.  II git par 54 degre*
43 minutes  de latitude nord, et 228 degres 10 mi-t
nutes de longitude Est, ibid.
Myty-myty. Mot le plus expressif dans la langue des
ties Sandwich pour exprimer tout a la fois Padmira-
tion , Papprobation et la joie , II, 286.
N.
Namitahaw ou Nawmity-Haw, frere de^Tianna , II,'
360; III, 213. II est nomme Namaitahaite dans la
relation du Voyage du capitaine Dixon , III , 213.
C'etoit a. ce meme chef que les gens de son equipage
avoient donne le nom de long-shanks, c'est-a-dire,
longues jambes, parce qu'il ^toit extre'mement grand
et mince , et que ses cuisses et ses jambes parois-
soient beaucoup trop longues pour son" corps ,
ibid.
Na-nunc-chett. L'un des villages  situes  au midi de
Queenhythe ,  II, 306.
Nasso _( point de ).  C'est l'extremite meridionale de
I'll* de Panay , I , 269.
Nattes. Le capitaine Douglas fut introduit avec le roi
d1Owhyhee et Tianna dans une maison toute tapis**
see de nattes , III, 181.
Natumas. Voyez Anambas.
Natunichucks. C'est le nom que donnoient aux peaux
de loutres , des sauvages qui vinrent trouver le capitaine Douglas dans leurs canots , III, 125.
Naturels. Details sur ceux de Ventrde du Prince Guil-
urn 346
T  A   B   L  X
laume, I, Sj et suiv. lis sont parfaitement coii-
formes a ceux donnes sur le meme^ peuple par le
capitaine Cook, ibid. 89. Description des naturels
de Nootka , III , 1 et suiv.
Negros del Monte, ou Negres de la Montague. Ainsi
sont nommes les Hilloonas par les Espagnols , a
cause de leur ressemblance, tant physique que morale, avec les noirs d'Afrique, I, 287.
Negros ( isla de) , ou Vile des Negres. Elle est entie-
rement peuplee d'Hilloonas, I, 288.
Neige. Elle couvroit la surface de la terre a une telle
hauteur qu'on ne pouvoit y penetrer , 1, 38.
Nickees. Les naturels voisinauu Port Meares nom-
niqient ainsi les peaux de loutres de mer , I , 163.
Ils conduisirent le capitaine Douglas sur le pont, et
lui montrant la mer , ils lui £rent comprendre par
leurs signes que les nickees venoient de la , ibid.
164.
Nittanatt. L'un des villages faisant partie des do-
maines de Wicananish, II, 303.
Nookrmy-gemat. L'un des villages situes au midi d*
Queenhythe , II, 306.
Noota , Noota. Nom sous lequel le capitaine Meares
etoit connu dans les ties Sandwich comme sur toute
la cdte d'Amerique, III, 64.
Nootka ( entree de ) ou du Roi George. Elle prend
son nom du village de Nootka , II, 42. Les quatre
nations du pays de Nootka. Leur situation. Noms
-de leurs villages, etat de leur jpopula'jion, ibid. 295 DES     M  A  T  I  &  R  X  8. %£/*
et suiv. Suite des details sur le district de Nootka.
Vesetaux. Prodigieuse abondance de fruits sau-
vages. Racines. Quadrupedes. Cecfs. Renards. Martres. Hermines. Ecureuiis. Animaux marins. Baleines. Enipergurs. Veaux marins. Oiseaux. Insectes. Mineraux , ibid. 313 et suiv. •Description
des habitans de Nootka, IIJ , I. Occupations des
hommes et des femmes a Nootka. Religion du pays,
ibid. 20 et suiv. Voyez Felice , Meares , Naturels , etc. 8;7
Nootka (le ). Vaisseau du port de 200 tonneaux. L*
commandement en fut confie au capitaine Meares ,
1,2. Voyez Meares.
Nord ( cap ). Une suite de contretemps facheux ne
laissoit pas esperer au capitaine Meares de pouvoir
le doubler , I , 336. II en vient a bout, II , 2.
Nuisset- tuc ~fank. L'un des villages situes au midi
. de Queenhythe , II ,  306.
e   e
O.
s
Ochotsk. Voyez G alio tes.
Ocre. Les naturels de Nootka se peignent generale-
ment le visage avec de Pocre rouge. Ils en ont le
corps tout barbouille dans leurs visites de ceremo*.
nies,III, 8. Mais lorsqu'ils me lent Pocre avec d©
Phuile de baleine , ils en contractent une odeur de
ranee insupportable , ibid.
Cfie ( pied d' ) , espece d'herbe. Le capitaine Meares
fa
...
3
^
'£k S48 T A X E X
en decouvrit beaucoup sur les bords de la mer dans
le voisinage de Nootka , II , 317,
Oies. II y en avoit une grande quantite dans le voisinage de Ventrde du Prince Guillaume, ainsi que ds
divers autres oiseaux de Pespece aquatique, I ,
90.
Oiseaux. Les diverses especes d'oiseaux qui frequefc-
tent la c6te d'Amerique ne sont pas tres-multipliees.
On y voit la corneille , la pie , la grive, le grimpe-
reau , te roitelet, le martin-pecheur , Palouette de.
terre ordinaire , le pluvier , le faucon, et Paigle a.
tete blanche. On y appercoit quelquefois, mais tres-
rarement , le pigeon ramier ,11 , 331.
Oiseaux ( de mer ou aquatiques ). lis se trouvent en_
plus grand nombre sur la c6te d'Amerique que les
oiseaux des bois. On y voit la mouette, le shag ordinaire (1) , plusieurs especes differentes de canards
et de plongeons, le perroquet de mer et beaucoup
d'autres., H, 331c/332.
Oiseaux   ( ile des ). Ainsi nominee du grand nombre
(I) Je me suis assure que cet oiseau dont j'ignorois le
nom francois a 1'epoque ou je m'occupois de la partie his~
toire naturelle de ma traduction, est celui que nous connois-
. sons sous le nom de nigaud. «Les Francois, dit Forster dans
»» le second Voyage de Cook, tome IV, page 30, ont &p-
*» pelle ces oiseaux nigauds, a cause de leur stupidite 7 qui
m paroit si grande qu'ils ne peuvent pas meme apprendre a
» eviter la mort *>. Voyez les Observations de Forster a la
suite du second Voyajje de Cook, page 34.
Note du Traducteur. D  X   S    M  ATT  I  X   R  X  6.
<Poiseaux qui y abondent, IH, 231. Son gisement,
ibid.
Omai. .§ojl exemple suffit pour ^.pigguver eombien 4a
fortune est perfide dans ses faveurs , meme chez ,les
nations sauvages , II, 361. Sf&O
Oneeheow ( ile d'). On y trouve Phuitre de perle, II ,
36X,..La Felice y vient mettre, a l'ancre le 24 octOT
bre 1788, III ,66. Ce fut dans cette ile que le capitaine Dixon vit pour la premiere fois Abbenooe/(ou
Abimii ) , ibid. 211. Gisement de l'extremite sud-
ouest de cette ile, ibid. 213. ^|v
Qpium. La Loutre Marine fut fretee pour porter de
Vopium a Malacca , 1, 2 , 3. Les habitans d^ Mu-
gindanao font un usage plus modere de Vopium
qu'aucuns dea^iasulaires des mers de POrient , ibid.
293- '   - ■ J||f
Orange ( ile d') , l'une des iles Bashee. Elle git ^oiy|
et sud , et paroit presqu'inaccessible de tous les c6-
tes , 1, 323. Elle est entieremeut applatie vers^la
pointe, ibid. Un vaisseau d'une grandeur considerable pourroit raser des deux edtes l'ile d'Orange ,
ibid. 324.  y&a jfte
Oranger. Cet arbre est un de ceux qu'on cultive dans
la plus grande perfection a Magindanao , I , 261.
Orient. Les vaisseaux commandes par le capitaine
Meares furent equipes dans les ports de POrient ,
I » xx»
Orin ( P ) de l'ancre. On Paccrocha avec un petit gra-
pin , de sorte que les plongeurs n'eurant plus a alie-
guer pour excuse qu'ils n'etoient pas  bien *4rs de
l'endroit ou etoit Pancre, III, 188.
m
W!7
77^11 S&* *•'■  A;  -    TXA   B   t,   X     !>"'
Ornemens. Description de ceux eSes homntgii et des
Jemines de Nootka, III, 8 et suiv. Peu de femmes
portent quelques oraemens au nez ou dux oreilles £*
ibid. it.
Ounalaschka. Voyez Meares , Ochotsk , Una-
mah , etc.
Ours. La fourrure de cet animal est une marchandise
exportee d'Amdrique , I , 162. Les naturels d*
Noptka parloient souvent des ours de leur pays. lis
donnoient k entendre qu'il y en avoit un grand nombre dans les fSrets, qu'ils etoient d'une nature tres**
feroce, et qu'ils leur livroient quelquefois de terribles combats : mais on n'en vit jamais sortir un
seul , II , 321.
Owashee. Les naturels de Vile de Johnston nommolent
ainsi le fer , III ,89.
Owhyhee (ile d') , Pune des iles Sandwich. Le capi-
v*Pfaine Meares la decontfvre, 1, 95 et 96. II s'en troiiv©
^& 3d lieues le   16 octobre  1788,  III,  53. Par un
;~#*feeau temps , on appercoit a vingt lieues de distance
:|p|£ partie elevee d'Owhyhee , ibid. Une guerre terrible s'etoit elevee entre les habitans de cette ile et
ceux de Pile Mowee, ibid. ^7. Le capitaine Meares
-•f trouVe une grande abondance de provisions , Ibid.
60 et 61. Ulphigdnie et la Cdte Nord-Ouest d'A-
^^merique arrivent a la vue d'Owhyhee le 6 decembre  1788 ,  III ,   173.   II tardoit   beaucoup  k
^■"^ Tianna de la revoir , ibid.  176. Gisement de cette
ile , ibid. 177. Le capitaine Douglas et les gens de
#* son equipage sont les seuls Europeens qui aient os*
prendre terre dans Pile '& Owhyhee depuis la mort DES     M  A  T  I  i  R  X  s. 35£
.malheureuae du capitalize Gook ,' ibidltfe 192. j^es
chefs de cette ile forment le projet de P*gorger lni
et son equip^e, §b?d. 2\$.
Bacjftque ( mer) du Nord. On n'est jamais arrete par'
des barrieres de glace dans cette idler', I, 112.Voyez
Atlantique ( mer).
Padres. Voyez Religieux.
Pagayes. Ce sont les rames avec lesquelles l*s naturels
de la cdte nord-ouest d'Amfriape gouvernent leurs
canots, IJJ,. 32 et 45.
Pahoo ou Pa-ha-we. Arme qui a la forme d'un poi-
.  gnard, et dont les naturels des   lies   Sandwich  se-
servent  dans   leurs  combats corps  a corps ,  III ?
^209.
Palme , ©u pfe§ de la rame, III , 32.
Panay ( ile de). Les vaisseaux la decouvrent le  3 feV
k*yfier ifSB^yTplifS. lis la c6toient le jour suivant-
<ibid. 259. II ny a aucun danger' a. serrer de preA
- l'ile de Panay dont Ia c6te est tres - sure > jusqu'a
ce qu'on  ait gagne   la  pointe   occidentale  de l'U*-
Mindoro , z'&z'o?. 3 17.
Panton ( le capitaine ). II ne fut pas-accueilli par les
Chinois ayec les memes egards qu^le^lord ^nson ,
1, 177. II possedoit toutes les^quajy^es ■ necessaires
pour donner  de 1'importance a sa mission , ibid. B^
ne fut point  soutenu comme il convehoit, ni  ac-
:em *--A;:mm        . ?**■ campagne delfeppareil de dignite' qu'exigeoit son
Papous. Les naturels des tl*§iTatee parifissoient etre
de la meme race que ces peuples , I , 357.
Fareeonow. Ce chef, l'un des conjures de Pile d'O-
whyhee qui avoient forme le complot d'egorger le
capitaine Douglas et les personnesMx* son equipage ,
devoit poignarder M. Adamson , premier officier du
vaisseau , III , 257.
Passage Nord-Ouest. Observations sur la probabilite
d'un Passage Nord- Ouest, 1, 1 o 1 et suiv. II a ete
entrepris un grand nombre de voyages dans Pinten-
tion de decbuvrir ce Passagei#**rbid. 102. Cette deeouverte  produiroit   d'immenses~  ava4ta|(e§ ,. ibid.
<jjj|> 103.
Patate douce. On la cultive dans la plus grande perfection kcMagiudanaa ^E $ 291.
Pat Sopka. L'auteur des Decouvertes Russes donne
ce nom a cinq iles on le Nootka s'etoit trouve dan*
un grand embarras ,1,9.
Fiche. Elle ejst, de toutes les occupations des naturels de Nootka , celle ou ils deploient le plus de
dexterite , 111,33. Voyez Baleine, Hawkesbury ,
Horn, Nootka , etc. llyl
Pdcul. On peut se procurer un pecul ou 133 livres de
riz pour un dollar d'Espagne , I , 290.
Fedro Blanco. C'est aux environs de Pedro Blanco ,
ou Roche Blanche, que Pon prend terre ordinaire-
ment sur la cdte de Chine ,1,321.
Pekin. Les marchands Russes envoient a Pekin des
fourrures sur des voitures qui font par terre un long
circuity BBS     MATIERX8.
circuit, I, 169. Les draps  de France arrivent de
Russie chez les Coreens par la route de Pekin , ib.
Felawan. La route la plus courte pour gagner la cdte
nord-ouest d'Amdrique est d'avancer vers le sud au
travers des mers de Chine, entre Mindoro et Pela-
wan , et au siid de Magindanao , 1,  368.
Felew (iles). La* relation de ces iles situees dans la
partie occidentale de la mer Pacifique , a ete composee sur les journaux et communication du capitaine Henri Wilson, et de quelques autres  de ses
I officiers, III, 99.  Le capitaine Douglas se trouve
au   milieu   d'elies, ibid. Voyez  Abba -Thulle ,
Keate , etc.
Pelleteries. Les Chinois doivent £tre regardes comme
les meilleurs juges de pelleteries , II , 329.
Perou ( ecorce du ). Tianna dut sa guerison a ce remede , III ,91.
Perroquet ( mat de ).  Voyez Mats.
Perroquet de mer. Voyez Oiseaux de mer.
Petersbourg. Les disputes entre les cours de Pekin et
de Petersbourg n'ont jamais ete terminees , 1, 181.
Les  articles mortis des  manufactures angloises sont
envoyes a travers Pempire de Russie par la voie de
Petersbourg. ibid.
Pdtrie (detroits de). Ils ont ete nommes ainsi en Phon-
neur de Guillaume Petrie , 1, 23.
Pdtrie (lie de). On donna ce  nom a une He basse,
couverte d'arbres , qui a trois  lieues   en  circonfe-
rence , et qui git a la hauteur du cap Farmer , III,
242. Elle es't situee par 54 degres 42  minutes de
Tome III. 7*
it
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'IP 3M-
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latitude,et par 229 degres 20 minutes de longitude>
ibid. j^|
Philippines (les iles). Passage des deux vaisseaux 1*7
long;" 4* CCS lies, I, 234^'vS
Pickgfsgill.  Voyez J^oung.
Pitt ( d^trpits de ). On pentrrentrer dans la met Pacifique du Nord par ces d^roits, 1, 34a. Vovefc
Wagiew. p-
Pitt ( ibrt ). II fut ainsi nommd par le eapilatne Douglas , III, 241.
Plane , fruits du plage 5 plantains (1), I,  291 $ etc.
Poeles a frire j poelons. Com.efc.ala avpit Jmaguie d©
suspendre a ses c^eyeux qui .^tohjijS: arranges en
queue un si grand nombre de manches de. poelons
que le poids entrainoit sa ^kte ep arri§re.^5^r-,53.
Pointe d'd moitid che^iin. Une pointe p^i s'etendoit
au sud dp la Pointe q\ Brisqnt, fut ainsi nomme*.
parce qu'elle se trouve placee environ au milieu de
la route entre le canal du Roi George\M le pays oil
residoit Wicananish , II ,  105.
Poissons. On peut s'en procurer a Nootka, tijfet sur
(1) le me suis trompe avec les traducteurs des Voyages
de Cook, du capitaine Dixon , et presque tous les autres ,
sur le veritable sens clu mot plantain-tree, par lequel les Anglois entendent le bananier dont le fruit est la banane. Je
dois cette connoissance a un homme extremement instruit %
et jejn'empresse ici de corriger une erreur. Le lecteur vou-
dra done bien lire bananier et banane par-tout ou les mots
plane et plantains s'ofrriront a lui.
Note du Traducteur. t> e s   Ma t i i xx e s* %SS
1a cote que dans les entrees otf havres, une quantite
prodigieuse, et entr'aiBbres, le halibut , le hareng ,
la sardine , le br£me argente, le saumon, la truite ,
le cod , le poisson a trompe , le goulu, le chien de
mer , la seche , et beaucoup de poissons de rochers,
II, 332. Chasse et preparation du poisson a Noptka,
ibid, 333 et suiv.
polaire (mer). !Le$ trafiquans du Canada la placent
dans leurs cartes au 68e degre icjnainutes d* latitude nord, c'est-a^dire, au dessous des observations
faites par M. Hearne a Conge-ca-tha-wha-chaga ,
I, 116. En supposant que la latitude dans laqueila
ces trafiquans placent lamer Polaire soit exacte , il
deyient alors iufiniment probable que la riviere de
Cook peut avoir communication avec cette mer par
le 6$* degre  15 minutes , ibid. 117.
Pond (Pierre). II place la mer vue par M. Hearne au
65e degre, I, i39^ Si la realite de ses decouvertes
etoit ewidemment demontree , on en pourroit tirer
des consequences iavorabies a Popinion de l'existence du Passage Nord - Ouest, ibid. 143. Le capitaine Meares conserve quelques doutes sur ce qu'a-
vance Pierre Pond , ibid. 1^4.
Poone. L'un des arbres dont Pespece abonde le plus
dans Pile de Magindanao , I , 289.
Pores. Voyez  Cochons.        sp|
Porreaux sauvages. II en croit k Nootka une prodigieuse quantite , II , 316.
Portlock ( le canitaine ). II s'est represente dans*!*
recit de son voyage comme possedant toutes les ver-
tus du Samaritain et les ayant Qxercees a I'egard du
rj %
356     ;   7p      T a b x\ s      --
capitaine Meares, I, 52. Ses procedes avec ce dernier , ibid, et suiv. Voyez Dixon , Meares , etc.
Portugais. Ils se permettent, dans leur etablissement
a Macao , de prendre un ton de superiorite avec le*
sujets de PAngleterre , et de tenir a leur egard une
conduite dont il est difficile de se rendre raison ,
lorsqu'on compare ensemble la force , la puissance
et la grandeur respectives des   deux nations , I ,
I79'      If!        -'1   0 :   ~: 'lipl
Prata (bas-fond de). Gisement de sa partie sud-ouest ^
I , 236. Un vaisseau hollandois perit sur ce bas->
fond en 1788, ibid. 305.
Pritres. Voyez Religieux.
Princesse Royale. Voyez Duncan^^Meares , etc.
Productions vegetates. Le sol de Magindanao est tres-^
fertile, et propre a. la culture de toutes les families
de vegetaux, I, .290. Les productions vegetales du
district de Nootka dont le capitaine Meares est parvenu a se procurer la connoissance , ne sont pas en
grand nombre , ibid. ^13. Details sur eelles qu'il y
a vues , ibid, et suiv.
Pros ou Proas. Ce sont de petits batimens monte* par
des corsaires, et qui inquietent continuellement les
^Vaisseaux dans les mers de Sooloo , etc. 1, 250. lis
sortent eh- si grand nombre de Magindanao et de
Sooloo qu'il devient dangereux pour un vaisseau
trop foible de faire voiles dans ces mers, ibid. lis
portent cent, et quelquefois cent cinquante hommes
bien armes , ibid, et 251.^
Providence (ile de la).   Le capitaine Meares donna
ce nom a une ile pres de laquelle il venoit de courir des    M a t i £ r x II ZSj
les plus grands dangers, pour eterniser sa reconnoissance en vers la Providence qui Pavoit si heureuse-
ment delivre, 1, 311.
Fula Sapata. Isle dans les mers de Chine, contre laquelle VHornby, vaisseau de Canton , fut pousse
par une brise de vent dans le mois de decembre
1788, 1, 305. Voyez Hornby et Macclesfield.
Pumble-nose. On trouve cet arbre dans l'ile Magin-
pg danao, I , 291.
Purchas. L'un desanciens ecrivains dont on a quelques
details sur PArebipel de de Fonte et sur les detroits
■*#flfe Jean de Fuca , I , 145, 147. ipl
e.'M
-**:!
Q-
Quadrupedes. On n'eut occasion d'en voir qu'un petit
nombre 5 c'etoient des daims , des ratons , des martres, des ecureuils et des renards, II, 317.
Queenhythe. C'est dans ce district meme que M. Millar fut massacre par les naturels , ainsi que ses com-
pagnons , II, 84.
Queenuitett. Grand village pres de Queenhythe , II,
304 et 305. f^
Quicksand ( baie de). II n'y a point d'ouverture entre
le cap Look Out et cette baie, II, 175.
Quoit-see-noit. L'un des villages situes au midi de
„ Queenhythe , II , 306.
Qu - quaet. L'un des villages formant partie des do-
maines de Wicananish, II, 303.
m z-3
#»_i
m
m 358
Table
Rdce - Horse ( le ). Le capitaine Panton fut envoye1 a
Canton sur ce vaisseau , 1, 176.
Rdcines. On en trouve beaucoup a. Nootka , de difxe-
rentes espe"ces, et ttes-bonnes a manger, II, 316.
Quelques - unes ont 1* gout d'e^inards de m$r %
ibid.
Ranai. L'une des iles Sandwich , III ,61.
Ratons. lis sont du nombre des animaux' dont les fourrures font partie des marchandises exportees d'Amerique , I, 162.
Recherche ( la ) , fregate frahcoise. Voyez Entrecas-*
teaux,
Refus ( baie de ). Elle n'a pas et4 parfaitement exam*-*
nee , I , 119.
Religieux'. Trois pretres ou religieux accompaensient
le gouverneur de Samboingan lorsqu'il aGCueillit
l'equipage de la Felice , I , 278. Le plus vieux de
ces Padres etoit tres-aimable , ibid. 2c,8.
Religion de Nootka. Son origine presumee , III , 46.
Renards. Les iles Fox sont ainsi nominees du, grand
nombre de ces animaux qu'on y trouve , I, 18.
Renne-loup. La fourrure de Cet animal est une inaiV
chandise exportee d'Amerique, I, 162.
Resolution (la). L'un des vaisseaux commandes par I*
capitaine Cook. Lorsque ce vaisseau et la Deeouverte arriverent pour la premiere ibis dans Ventrde
du Roi George, Wicananish s'y trouva 5 II-• 128. DES     M  A' T  I  B   R  X   S.       ,   ' D$%*
Riou ( Pile). La Felice continue sa route le long de
cette c&te , 1, 345.
Riz. Le sol de Mamndanao en produit en abondance,
I, 290.
Roch ( cap Saim- ). On assure que les Espagnols ont
trouve un bon port pres de ce cap, II, 170. II
n'eSiste point de riviere ts»lle que celle qui se trouve
piacee sous le nom de Saint-Roch sur les cartes espagnoles , ibid. 172.
Roches d'Anson. Ce sont quatre iles remplies de rochers ,»et situees au nord de Pile   de  Grafton, I ,
324-   ' .  "     :   / :, :'■    ■ x \ el .7
Rosaire ( Notre-Dame du ) , fregate espagnole , autre-
ment nommee la Princesse , a bord de laquelle le
capitaine Douglas souscrivit, le 26 mai 1789, une
obligation de restituer Vlphigenie au roi d'Espagne ,
si ce vaisseau etoit estime de bonne prise , III , 236.
Rose (pointe). Ce nom fut donne a. une pointe sablon-
neuse-que Vlphigenie avoit depassee dans la soiree
du 22 aout 1788 , III , 166 et 167. Son gisement ,
ibid. 167.
Russes. Passion de ceux d?Ochotsk et d1 Ounalaschka
pour le tabac, 1, 14. Construction de leurs maisohs ,
ibid. Ils n'ont iiitroduit aucun genre de culture dans
ces iles , ibid. 17. Quelque part qu'ils soient eta.-
blis , ils empechent les naturels du pays d'avoir des
canots qui puissent porter plus d'une Seule personne , ibid. 20.
Ryheira. II etoit un des Erees ou chefs de l'une des
iles Sandwich, III, 182 et 183•
.'if   -I    I    w ■ :l 36*0 T a
BEX
S.
Salaison. Details sur la methode prescrite par le capitaine Cook pour saler les viandes et les conserver ,
HI. 59- 'M f
Salatrass ( Pierre ). Cet Italien fut blesse d'un coup
•de Heche dans le combat qui s'engagea entre les
Anglois commandes par Robert Duffin et des naturels, sujets de Tatootche, II, 353.
Samboingan. Cette place est la Botany-Bay des Philippines , 1, 296.
San - Bias ( port ). Dans la province du Mexique*
Voyez Martinez.
San - Carlos ( le ) , vaisseau espagnol. Voyez Mar-
V ■ 7.
tinez.
Sandwich ( lies ). Elles offrent au milieu des fatigues
un lieu de repos our Pair le plus pur apporte la,
sante, et ou Pon trouve toutes sortes de rafraichis-
semens. Voyez Atooi, Morotoi, Mowee , Oneeheow , Owhyhee, Ranai, Woahoo , Felice, Iphi-
^  genie, Douglas ,•Meares , etc.
Sanguir ( ile ). La terre que virent les capitaine*
Meares et Douglas le 16 fevrier 1788, devoit etre,
selon leurs conjectures , les lies Talour et Sanguir,
I , 350. Elle est bien peuplee , ibid. 314.
Saumon. Maniere dont les personnes de l'equipage du
Nootka parvenoient a Pattraper, 1, 35.
Schaboompochooine ( lac ). Dans PAmerique septen-
trionale. Ses bords  sont infestes de serpens « II ,
S3 6- ss$   Mat i'i r x s.        36i
Scott ('M.. )^-C'*st par les soin§7 patriotiques de ce$
habitant de Bombay que furent equipes en 1786 les
deux vaisseaux le Capitaine Cook et VExperiment,
I , 128 5 II, 99.
Sdbastien (resc$£de). II faillit etre un terrible ecueil
pour la Felice ,1,311.
Selle ( montagne de la M Elle fut ainsi nominee pare©
qu'elle avoit effectivement la forme d'une selle , ce
qui la rendoit fort remarquable , II , 160.
Serpent. Les reptiles , dans toute P etendue du district
de Nootka, se reduisent a un petit serpent de <|§>u-
leur brune, long d'environ dix-huit.pouces , et qui
fuit des qu'il entend le moindre bruit, II , 3 3 5 •
Quelques details sur les serpens qui habitent I'Ame-
rique septentrionale , le serpent pOule-d'eau , le serpent d'eau noir , le serpehfe a sonnettes , ibid, et
suiv.
Serpent (racine de). .On la trouve dans le pays habit©
par les naturels de Ventrde du Prince Guillaume ,
I , 89. Elle est, ainsLjgue \eginseng, une des productions de la cdte nord-ouest d'Amerique , ibid.
372*fe lie ' ;^e
Sibdrie , province de Russie ,1, 180.
Shenoway. Ainsi se nommoit le roi des naturels de
Ventrde du Prince Guillaume ,1 , 72. C'etoit un
vieillard presqu'aveugle, ibid. Voyez Chenowways.
Shoal-Water (baie de ) , c'est-a-dire , d'eau pleine
de bas-fonds. Le voyageur a eu Pintention de donner a cette baie un nom qui rappellat aux navigateurs la nature des dangers qu'ils auroient a y courir, II , 163. t
A   BrX  E
Shoal-Water (cap). Il est eleve et saillant, II, 163.
i^Son gisement, ibid, i 6y.'%*? "W^
S/noaky ( baie ) ou baie de la Fume'e. Des naturels
avoient descendu une  des rivieres qui s'y dechar-
gent, pour venir trouver le capitaine Douglas ^ III,
129.
Sooloo. Ce sont, en general, les eaux de la mer Pacifique et de PAischipel de Sooloo qui, se trouvant
resserrees dans les detroits' de Macassar, y forment
un courahfc , I, 313. II regne par fois des vents
d'ouest sur Pile de Sooloo, sur-tout dans I*s mois
de novembre et de decembre , ibjd. II ne seroit pas
avantageux de porter vers^Sooldo, en ce que les
courans et les vents rendroient tres - difficile pour
les vaisseaux de monter a Magindanao , ibid. 314.
Spoilum. Ce cefebre artiste Chinois, le se'iftpeut-etre
de son genre" dans toute Petendue de ce vaste Empire, fit le portrait de Tianna , I, 228. II avoit
fide'lement exprime tous les traits de sa physionomie ,
et s'e'toit sur^asse lui-ineme dans le talent avec le-
quel ii avoit rendu les graces repandues sufc la figure
de l'aimable Indien , ibid.
Steriles (iles). Ulphigdnie y passe le 16 juitt 1788 a
minuit , III , 119.
Strange ( M. ). Un des employes de la Compagnie des
Im|e* orientales angloise , I, 127* H trouva le premier la baie appellee Vanse des Amis qui a recu de
lui le nom qu'elle porte actuellenient, ibid. 128. II
p<§n*a qu'il resulteroit de tres-grands avant&ges pOur
le Commerce, de laisser M. Maccay parmi les naturels de Ventrde du Roi George, II, 99. PES
M   A   T  I  X   R  X  S. 36S
%M%tng (cap). Son gisemexff, 11^ 141.    ■*$
Sumatra ( ile de ). La residence du sultan de Bane*
est a Balam-BangiMmx tette ile, 1, 208. Jfe'
Surate. Les Anglois^ avoient,, en   1789 /grois vai*-
seaux de Bombay qui commercoient en eette place ,
I , 196.JI
Swallow m • Aillsi se no"11110^ ^e vaisseau monte par   j
fe capitaine Carteret, 1, 362,
Systdme. La haine violente qui s'etoit dt^claree contro
k compagnie de la baie d'Hudson , augmenta en
proportion des prOgres que faisoit dans le peuple 1*
systeme d'un Passage Nord-Ouest , et Pesperance
de le  voir decouvrir , I ,   104.
. ^ -^ .    T. ^gp^ "  "
Tabac. Les Russes  d'Ochotsk et d'Ounalaschka Pai-
ment a Pexces , I , 14 ; HI, 118.
Taboo. Espece d'interdiction religieuse , III, 61. Details sur cette ceremonie particuliere  aux habitans
des lies Sandwich , extraits du Voyage du capitaine
2g|   Dixon , ibid.
Taheo, roi de Pile d" Atooi , I , 232 et 383 gSlI, ^3-
Le capitaine Meares se dispose a Phnfomier du retour de Tianna son frere , ibid. Devenu infirme , il
se laissoit gouveriier par Abinui, son ministre , #Vz\
Tahoora ( He de ). Son gisement, III, 226.
Talour ( ile ). Voyez Sanguir.
Tanglekamute (tribu). Uri des naturels de cette tribu
vint informer le capitaine Douglas qu'ott trouveroit
une arande quantite de pelleteries dans 1* district
qu'il habitoit, III ? 140.
m 354 T A  B L X
Taro ou tarrow (racine de). Elle est une production
de Pile de Johnston, III, 06'..%
Tartanee. Gisement des grandes figures en bois de ce
village, III , 250.
Tatars.   Ils sont  improprement   appelles   Tart ares ,
comme Pa observe le savant auteur de l'histoire de
la Russie , III, 2.
Tatee (ties). On les nomma ainsi , parce que les naturals qui les habitent n'avoient cesse de prononcer
ce mot avec les plus grandes vociferations, lorsqu'ils
etoient venus a la portee du vaisseau, 1, 356. Leur
gisement, ibid. 358.
Tatootche. II est .compris d^ans/les*Voyages du capitaine Meares au nombre des princes de Nootka , I ,
149. Ce chef rend une visite au capitaine Meares ,
XL , 143. On n'avoit jamais vu un homme si glorieux
et si insolent, ibid.
Tawnee, naturel des iles Sandwich. II avoit prodigue
tous ses soins a Tianna pendant sa maladie , III,
pff* 91. H tombe malade lui-meme , et meurt, ibid. 92.
Teake. Cet arbre est un de ceux qu'on trouve en plus
grande quantity dans Pile de Magindanao , I, 289.
Tempetes. Elles sont tres-redoutables pendant Phiver
dans la mer Pacifique du Nord ,1, 216. Le 7 juin
178$, Vlphigenie essuie la plus violente tempete
qu'aucune des personnes a bord se souvlnt d'avoir
jamais vue, III,  112.
Terreametee. Le plus jeune des freres du roi d1 Owhyhee , III, 257. II avoit ete designe pour massacrer
ele contre-maitre de Vlphigenie , ibid.
Terreemoweeree. fils'de Terreeoboo , et qui survivoit to x s   Ma t i k r x s. 365
a son pere, III, 217. Taheo , roi d1Atooi , et 'fi-
teeree , souverain des ties Mowee, Ranai, Morotoi
et Woahoo, avoient forme avec lui un traite dont
le but etoit de defroner Tome-homy-haw, ibid1.'
Terreeoboo , roi de Pile dHOwhyhee. Sa cruaute en-
vers Penvoyi de M#ha-Maiha, IIIj- 196. II m*irt
empoisonzie , ibid. 197.;
TSte. Cojfftuirie bizarre  adoptee  par les habitans de
Nootka, a Pexemple des Chinois et des Tatars , de
comprimer la tete de leurs enfans , et de lui donner
la forme d'un pain d^'sucre , 1, 149 ; III, 2 et 3.
TStes ( pointe a deux). Son gisement, III^ 112.
Thee-wick-c-rett. L'un des villages situes au midi d*
V^iQueenhythe, II , 306.
The. L'usage de cefte plante a prevalu chez toutes les
classes  du peuple   anglois, I, 183.  C'est dans les
provinces septentrionales de la Chine que croissent
les meilleures et les plus belles especes de thes, ibid*
187. Le royaume de Coree en produit aussi d'ex-
cellent, ibid.
Tianna. Ce chef d'Atooi, frere du roi de  cette ile ,
fut le seul que le capitaine Meares consentit a re-
cevoir avbord du Nootka en quittant les iles Sandwich dans  son premier voyageL, I ,  96 et 97. Le
capitaine Meares  se dispose  a  le  reconduire dans
son pays , ibid. 220. Details sur cet Indien , ibid.
221 et suiv. Son portrait, ibid. 226.   Son  projet,
comme son inclination , etoit d'arriver jusqu'en An-
gleterre , ibid. 227.   Dans ses soins assidus aupres
de Winee, il  gagne une grosse fievre, ibid. 264.
II est vivement affecte de sa mort, ibid. 265. II est 355
Ta
BEX
confie aux soins du capitaine Douglas v Ibid. 281*1
Jl rejoii\t; Jlquipgge 4* la Fel$ei api&s. une separation de plusieurs mois , II, 257. Ses .precedes , ih.
Son h^rreur pr^fonde, pour le^eannibaftisme des naturels de J$Q°tka yijfud. 20,11 se trouve a bord
. <le la fdte Nord-Quest d' Amerique au moment ou
ce vaisseau est lance a la mer, ibid. 285. jSa surprise extreme,ibid. 286. Jl s'embarque une secende
fois a bord de VIphigpnfc qui devoit 1* conduire
aux ifes "^n^wich , ibid' 289. Precautions neces-
a^ires pour sa' sure£e , ibid. 29Q. Vive sensibiBter
qu'il laissa eclater au inomeut ou il fallut de nouveau qulffer le capitaine Mjgaf^if > ihl4. 291. Tomb*
xnalade , il dut %a gueri&on a l^fcorce du Perou ,
III. oi. II arrive sur.PIphisejiie h la hauteur de
MLowee , et se r§vet Id* ses plus riches habillemens
pour recevpir sou f*ere a bord-* ibid. 175. II quitte
le vaisseau pour se fixer dans Pile d? Owhyhee, ih.
190. II communique au capitaine Douglas les details du cqmplot forme contre lui , ibid. 258. Son
caractere nocble et sensible ne s'est jamais dementi,
ibid. 262. Voyez Dquglas , Meares, etc. m0
Ticket. Billejt ou ecrit qneles trafiquans Russes vendent exce§sivement cher aux Indiens ,*sous pretexte
qu'il les mettra a Pabri de tout mauvais traite-
ment de la part 4§S Strangers qui pourroient visiter
la cote , III , 129 et 121.
Tipping ( le capitaine ). Voyez Loutre Marine ,
Meares , Nootka^'fM
Tifoway ( baie de ), Tianna y conduit VIphigdnie,
III ,216^. £Jle gst jy&J&uiment supiSrieure, sous beaja- DBS     Ma T 't...^  RES. ^%tf
coup de rapports , a celle de Karakakooa, ibid. 221*
TUeeree , roi de IFbahoa , Pun* des zYes Sandwich ^
III, 2051. Ii demeuroit sur le c6te oriental de^la
baie, z'5/cf. AccueU arnica! qu'il fait au capitaine
Douglas , ibid. 2Gf4 e£ szzzi#|7Il se ren^& be^.d 4*
Vlphigenie le 23* juin 1785^ ? ibid. 214. Voyez IV-
reewpweez-e&z'
Toee - 4-y^* Ainsi se nommpit \j$ village qui formoit
une partie d* J'ile d'Owhyhee ,  III , 215  et   2%J£-
"^jA bail's' portoit angsi ce nom , ^^ffetei?0*
Toe yah-yah ( baie de ). La Felice y i$e$ gin panne
le 18 pe^to^re 1788 , IH, 55. Le matin du $ 4*^£
cembre de la meme annee ^il agr^va de cet|e baie
un grand nombre de canots charges de pores, d'oi-
seaux de mer et de racine de tarrow , ibid. 177.
Tome-homy-haw. "Horn sous lequel Maiha-Majl^S
fut proclame roi de Pile Owhyhee, III , iq($, H
paroissoit etre plutot un objeL-^ecmi^e que d'a-
mour parmi ses sujets , ibid. 19$. HfSe r&hd a bord
de Vlphigenie , ibid. llj. Ses expusps au capitaine
Douglas au nom de tous les chefs dej^ile po^^lea
alarmes qu'on  lui avoit causees, i&d. 261.
Trinitd ( He de la ). On la decouvre le 5-^iiin 178$,
a la pointe du jour , III, iig. Son gisement, ibifl\
Meprise du capitaine Douglas au s^jet de cette ile ,
ibid.   in.
A
Trois-Freres (les). On donna cenom a trois g$9f
rochers tres-remarquables par la ressemblance sin-
guliere qui exist* dans la forme d^ chaqun d'eux •
II, 174 et 175. Leur description , ibid.
Turner (M.). II est auteur de plusieurs journaux et
cartes . I,  no* Voyez Arrowsmith. Tabu
\Furquie. Dans ces derniers temps,  on  a vu  Petain
* de Cornouailles qui avoit ete transports d'Angle-
' terre en Turquie , yendu a un encan des cara^vanes
publiques comme une marchandise d'un excellent
debit, malgre les droits enormes.|iq[u'il avoit payes
en passant par les Etats du grand-seigneur, 1, 207.
Tktenage. Metal blanc, fabrique par les Chinois -,
et exporte sur des batimens marchands du pays dans
toutes les parties de l'Inde, 1, 206. Les Chinois
emploient Petain de Cornouailles a la fabrication
de ce metal, ibid.
Typa (le). Port voisin de Macao , I , 97. Le Nootka
y mouille le 20 octobre 1787 , ibid.
JFeaux marins. II s'en trouve une quantite prodi-
gieuse dans le district de* Nootka , II , 323. Les
naturels regardent leur chair comme une nourritur©
delicieuse, ibid. Ils ont la peau de couleur argen-
tee , tachetee de noir, et le poil en est tres-rude , ib.
Fendredi. Ce nom avoit ete donne a un bon insu-
iaire d'Oneeheow, par allusion au fidele compa,-
gnon de Robinson Crusoe , III, 6j.
Fertes ( iles ). Le capitaine Douglas se trouva, le 8
juillet 1788 > am milieu du canal, entre l'ile Montagu et ces iles , III , 136.
Fiana ( M. ). II essay a de separer les matelots qui
tiroient le couteau les uns contre les autres, III, 25.
Fille-Rete ( rochers de ). Ils sont tres - dangereux ,
,   ^forment une espece de grouppe , et sont environnes
de brisans, I, 320 j III, 75.
Unamah. S> E   S     M  A T  t  iA  X   6. 3<f^
tfnamah. Un fort vent du nord mit le Nootka en etat
de passer entre tlnamhh et Ounalaschka, 1, 13.
ifnwin ( M. ) entreprjt d'approfondir les differentes
objections elevees conpe Pexportation de Petain a
la Chine, I, 209. Ses connoissances en matjere de
commerce, et ses spins inia igables ont ete d'une
utilite partipuiiere au comte de Cornouailles, ih. 213*
Flth-u-wil-Jrt' C'est le nom d'un des villages appar-
tenans a Wicananish , II, 5034
7#    "      w<    " ■""'•■'.   ■ ■   '■
Wacush. Les naturels de Nootka prononcoient $ en
criant avec force , ce mot qui , dans leur langue -j
signifie amis , II , 60.
Wager ( detroit de ). II a une etendue considerable ^
ainsi que celui de Chesterfield , 1, 114.
Wagiew (ile de ). Elle forme la partie la plus septen-
trionale des detroits de Pitt, I, 352. Ses divers
gisemens , ibid. 352 et 353*
Walpole (le). Vaisseau de la compagnie des Indes
orientales. II arriva en Chine dans le mois de no-
irembre 1^87 avec le Belvedere et le Walsingham $
vaisseaux de la meme compagnie, I $ 311.
Walsingham (le). Voyez le mot precedent.
Wampod. Les vaisseaux de la compagnie des Indes
orientales y mettoient a l'ancre , 1, 179.
Washington (ie ), slotip americain. Il venoit d* Boston, d'ou il etoit parti dans le mois d'aoAt 1787, d*
conserve avec la Columbia. La chaloupe de la Fe~
lice Pamena dans Ventrde de Nootka le 17 §eptem>
bre 1788 , II , 280 et 281*
Tome III. &t A a 370
7
f "I
BEE
White Sunday (le cap ). Son gisement, III , ndj
Wicananish. L'un des principaux chefs du district d&
Nootka. Son pays n'est pas tres-eloigne de Ventre*?
du Roi George , II , 109. Le village est situe sur
un banc eleve pres de la mer , ibid. 'in. Les naturels de son district sont moins civilises que ceux de
Nootka, ibid. 124. II se conduit avec beaucoiip de
generosite avec le capitaine Meares yibid. 127.
Willis ( George ), II etoit un des deux hommes que le
capitaine Portlock devoit c6der au capitaine Meares
pour Paider dans la navigation du Nootka vers la
Chine , I , 61.
Wilson ( le capitaine").TVoyez Abba Thulle.
Winee , naturelle des iles Sandwich. Elle meurt des
suites d'une fi£vre qu'elle avoit gagriie en donnant
des soins a Tianna pendant sa maladie, I , 265 et
266. Son testament, ibid. 267.
Winipig ou Winnepeek. II, n'y a pas une seule chute
ou rapide apres qu'on a passe la riviere d'Hudson,
pres de ce lac , 1, 153.
Wipeeo ( le village  de ).  Un coq et une poule ga-
• gnoient les environs de ce village pour.y engendrer ,
III, 223.
Witetee (la baie de). Elle ofFre un bon mouiilage ?
111 ' 24' ' -JL'      & '-">-v
Witson ( 1 )  ( le bourgmestre ). II mt , dans la se-
conde edition de son ouvrage publiee en 1705 , avoir
1 eu en sa possession le manuscrit original du recit du
(I) Son nom hPllandois est \(itsen.   Note du Traducteur* S     M  A T t  X  &  B  S.
«*lebre navigateur de Fonta , et non de Fonte 4 I,
j 145. Il est cite par M.  Dalrymple , ibid.
Woahoo , l'une des iles Sandwich. Au moment ou la
Felice y toucha, les pores y etoient sous le taboo,
espece d'intenhction religieuse , III, 61.
Wright ( Sampan ) , jiige de paix du comte de Middlesex.  11/ recoit le   ^  mai   1790   la  deposition  d*
Guillaume   Graham,   matelot   a  bord d*  la   Cdte,
Nord-Ouest d'Amdrique, III, 237.
Wymoa ou Wymeo ( baie de ). La Felice y mouille
le 23 octobre 1788 , III , Co.
Jx..
I
JCima. Voyez Botol- Tobago-Xixia.
\ .      '      . ..'    -      '^V ^      •     '-••■'-",-:"'■      '^
"z <zzw (baie d'). Les vents contraires empechent VIpM-*
genie d'ehi avoir connoissance , III , 23. Elle est
ainsi nominee de la quantite d'ignames qui croissenf
dans son voisinage , ibid.
Young. II fut envoye, et Pickersgill apres lui, a la
baie de Baffin, I , 104. Leurs voyages n'ont jamais
ete publies, ibid, io<.
- ...: ': ,fZ-    ;     •   '      .     '-        "    \     '
Zoologie. On trouverOit dans le district de Nootka,
une collection d'animaux suffisante pour augmerrter
Considerablement cette science , II, 313  et 314.
■YfJ
Fin de la   Table des Matieres. »*s.
Errata des Tomes I et III.
Nota. Les corrections indiquees dans cet Errata sont d'autant
plus interessantes a con suiter, que la plupart ont pour
objet de retablir des termes techniques consacres dans la
langue des marins. ^M
TOME I, Preface da Traducteur,page xij, tigne 8,pOurra r**
tirer, llsei retirera*
•-—Page 6 s ligne i$ , a six brasses d'eau, lise{ sur six brasses.
d'eau.
•——Page io, ligne 8 , du cote du nord, llse^ au nord de notre
estime.
——Page 12, ligne 16, si nous eussions ete portes jusqu'a
Cette pointe , lise[ si nous eussions porte vers ce dernier.
——Page 19 , ligne 13 , 6te{ comme.
——Page 22, ligne 3, et vers laquelle , Use^ et'sur laquelle*
Page 23, lignt 6, nommes^ lhe\ qui furent nommes.
■   - Page 59, ligne 3  de  la note, fait, le tour de Fextremite
orientate , lise[ tourne l'extremite orientale.
*—— Meme page , ligne  13 de la note ,  a tous les ports, lise^
dans tous les ports.
Page 80, ligne 17, le fond de la rangee, lise\ la rangee
du fond.
——Page 179, ligne 20, la puissance et la grandeur des deutf
nations respectiyes , Use^ la puissance et la grandeur res-
pectives des deux nations.
•      'Page 257, ligne 22, supprimc{ en fermentation.
— '-Page 276 , ligne 8 , au nord un quart-est-mi-est, lise\ au
nord-quart-est-mi-est; et par-tout ou se rencontrent nord un
quart, sud un quart, etc. lise\ nord-quart, sud-quart,etc.
«-»mlbid. ligne n, d'est-nord-est a nord-nord-ouest, lise^ d'est-
nord-est au nord-nord-ouest; et deux lignes-plus has, an
lieu de a sud-ouest un quart - ouest, lise{ au sud - ouest-
quart-ouest.
■—— Page 291, ligne 3, le plane, /«q le bananier ; et par-
tout oil se trouvent les mots plane, plantains et fruits du
plane , lisc^ bananier et bananes.
Tome III, page 50, ligne 19, de mettre en panne, lise^ de
mettre a la cape. jj|§|
— Page 112, ligne 12 > et Ton mit en panne , Use\ et Ton mi*
a la cape.     |ip
m fin.   FTT'tt^I^Bb*7?y
I 

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