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Voyage dans les États-Unis d'Amérique, fait en 1795, 1796 et 1797. Tome huitième La Rochefoucauld-Liancourt, François-Alexandre-Frédéric, duc de, 1747-1827 1799

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Array     VOYAGE
DANS
LES   fiTAT S-U N I S
D'AMERIQUE,,
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DANS
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LES
ETATS-UN I S
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'AMERIQUE
IS
FAIT   EN    1795,   1796 ET
1797-
Par   LA
ROCHEFOUCAULD -LIANCOURT.
TOME     HUITIEM
E..
A    PARIS,
fDuP
3NT, Imprimeur-Libraire, rue delaL
oi,N.°»a3i«
Chez < Bui.
(Char
son,  Libraire , rue Haute - feuil
e.
jm Pougens , Libraire, rue St-Thom
as du Louvre,    .
LAN
VII   Dfi   LA   REPUBLIQ
UE. L3
Wjar' TABLE
DU HUITlfeME VOLUME.
SUITE DES OBSERVATIONS GENERALES
SUR  LES  ETATS-UNIS.
(commerce   des  Etats-Unis. Exportation,
£onnage , etc. Pages 1
Commerce des terres , 41
Etablissement militaire des Etats-Unis,  62
Relations avec les Indiens , <5o
Naturalisation, 102
Denombrerhent et Population, 106
Monnaie des Etats-Unis, 112
Appergu succint sur le climat et les mceurs
des Etats-Unis, 117
Tableaux de   la   Constitution  des Etats-
Unis , 172
N°. Ier.  Corps legislatif.
II.   Table abregee du Corps legislatif.
III. Pouvoir executif.
IV. Table abrege des Pouvoirs exe-
cutifs.
V.   Ordre ludiciaire.
VI. Maniere d'Slire les Membres du
. Congres dans chaque Etat. Tarif des droits que payent les marchandises importees dans les Etats - Unis ,
depuis le premier juillet 1797, 173
Table des matieres des troisieme et
qtjatrieme   parties, l88
yOYAGE V O Y A G E
DANS
LES    ETATS-UN I S
D'AMERIQ UE.
SUITE   DES
OBSERVATIONS   GENERALES
SUR  LES  ETATS-UNIS.
Commerce des Etats-Unis. Exportation, tonnage , etc.
On a pu prendre dans Farticle precedent une
idee du commerce des Etats-Unis, considere
d'apres tes notices qu'en donnent les registres
des douanes.
Une autre maniere de juger Favantage des
operations commerciales entre deux Etats, est
le prix des lettres-de-change. Celles des Etats-
Unis sur Londres a soixante jours de vue, ont
ete toujours au moins de deux pour cent au-
TomVIH. A (2)
dessus du pair, a la seule exception du mois
de novembre 1792 , ou elles furent au pair;
et depuis dies ont ete a six et jusqu'a neuf
pour cent au-dessus.
Le commerce des Etats-Unis peut avoir
quelques avantages de balance avec d'autres
nations , mais ils ne sauraient approcher du
desavantage qu'il eprouve avec FAngleterre f
et cela seulement en raison des objets ma*
nufactures que FAngleterre fournit.
Ce systeme ruineux pour les facultes du
peuple americain , est encore plus nuisible a
ses rnceurs. Le negociant des ports d'Amerique , qui tire des marchandises manufac-
turees chez Fetranger , cherche naturellement
a en accroitre la consommation, puisqu'elle
accroit ses profits ; il les repand dans Finte-
rieur , et aussi loin qu'il peut en esperer la
vente; le gout pour les marchandises etrangeres penetre dans les terres eloignees avec
leur introduction.
11 n'est pas de point si recule dans les Etats-
Unis , et jusques dans les bois , ou Fon ne
trouve un , et souvent plusieurs stores , ma-
gasins etabiis de marchandises etrangeres,
qui se vuident et se remplissent de nouveau
deux fois l'annee, et dont les proprtetajres
font une prompte fortune. ( 3 )
Les manufactures domestiques ne sufiisent
plu seules au gout du luxe qu'antene la vue
de ces objets, plus jolis , plus brillans , plus-
a la mode dans tes grandes villes.
Une femme , un jeune garcon ne parai-
traient pas le dimanche a l'eglise sans etre
pares d'une robe, d'une veste, d'un chapeau,
fabriques en Europe , et qu'ils payent jusqu'a,
soixante pour cent plus cher que dans tea
boutiques de Philadelphie ou de New-Yorck.
Le gout du luxe entralne celui de la de-
pense , et avec elle Fimpre>oyance ; il est
ainsi un obstacle au bonheur complet dontca
peuple est appde a jouir. On pent comparer
Fintroduction de ces marchandises etrangeres dans Finterieur des terres , a Fintroduction du rhum et du vriskey parmi les Indiens;
elle a le meme motif, et produit les ntemes
effets.
Cette abondante introduction dattsles Etats-
Unis des marchandises manufactures en
Angleterre , a son origine tres-naturelle dans
j Fhabitudequ'avaient tes memes Etats , quand
ils etaient colonies anglaises , de tes recevoir
de leur metropole , dont Finteret etait d'entretenir ainii Factivite de ses manufactures ,
et qui en sa qualite de metropole avait tous
les moyens de forcer cette introduction.
A a ( 4)
On sent qu'apres la revolution , tes habitans aises des villes americaines ont du con-
server Fhabitude et le gout des etoffes et
des meubles anglais ; et que 1'interet des com-
mercans d'Angleterre a ete d'entretenir cette
habitude : ce qui leur etait d'autant plus fa-:
cite, que les anciennes maisons americaines
ayant presque toutes ete dispersees par la revolution , les negocians americains n'etaient
presque tous k cette epoque que des agens des
maisons anglaises. Cet etat des choses est done
ce qu'il devait etre , puisque la legislation n'a
mis a cet egard aucun obstacle au cours des
habitudes et des interets particuliers.
Avec plus de sagesse et de prevoyance , il
semble que le gouvernement des Etats - Unis
aurait interdit toutes marchandises etrangeres de luxe , manufactures , ou au moins
les aurait taxees tres-cherement , aussi haut
que Fauraient permis les circonstances, sans
trop encourager la contrebande.
Elles ont bien ete interdites pendant la revolution, et chacun etait vetu, quoique beaucoup
de bras fussent alors distraits du travail par le
service de Faratee, par les inquietudes et tes
malheursquiaccompagnent toujours la guerre,
et la population est presque doublee depuis
cette epoque. LebesoineutaFinstantetendules (5)
manufactures domestiques , et en eut promp-
tement etabli de nationales; elles auraient dans
le principe donne des produits grossiers ; les
gens trop difficiles pour s'en contenter, auraient alors pu se procurer des marchandises
etrangeres , en les payant le double ou le
triple de leur valeur reelle, mais les quatre-
vingt-dix-neuviemes des habitans se seraient
fort bien accoutumes aux fabriques du pays ,
puisqu'ils n'auraient pas pu se procurer ai-
sement le travail des autres , les manufactures domestiques se seraient done assez
promptement perfectionnees.
La navigation occupant moins de bras,
Fagriculture en eut eu plus a sa disposition.
L'augmentation des troupeaux , aujourd'hui
tres-rares en Amerique , eut ete une des consequences de l'entretien des manufactures nationales ,  domestiques et autres.
Les ouvriers anglais , francais, etc. , tra-
vaillant aujourd'hui en Europe pour les marchandises exportees en Amerique^aUraient
apporte dans les Etats-Unis leur industrie ,
qui la tes aurait mieux fait vivre.
Les Etats-Unis ne pouvaient pas craindre,
que par cette  prohibition des  manufactures
etrangeres  dans  leurs  ports, leurs propres
produits ne trouvassent pas de debouche. Les
A 3 (6)
produits des Etats-Unis sont de premiere necessite ,   et plusieurs de   ces produits ne se
trouvent que dans leur territoire.
Quant a leur navigation , la pedierie seule
eut entretenu plus de matelots qu'ils n'en
auront de long-tems besoin , a ce qu'il faut
esperer, pour armer leurs batimens de guerre ,
et teur commerce n'en aurait pas ete eteinr.
Sans dome, il eut ete moins brillant, qu'on
ne Fa vu depuis quelques annees ; mais il eut
ete plus solide.
L'Amerique aurait eu moins de credit a
Fetranger, mais ce credit est sa ruine ; elle
aurnit eu moins de richesses flctives, mais
elle en aurait eu plus de belles; elle aurait
recu moins d'immigrans a pretention de fortune , et plus a resolution de travail. Ces fortunes , qui eblouissent, ne se font qu'aux
depens de FAmerique ; dies en emportent
Fargent, et n'y laissent que tes habitudes eu-
ropeennes , j'ai pens£ dire des vices.
La balance redle du commerce aurait ete
a son avantage , et on a vu combien elle lui
a ete desavantageuse. Elle aurait eu moins de
speculations , et de speculateurs , mais plus
de mceurs ; moins de luxe brillant, mais plus
destitutions republicaines. Ses relations avec
1'etranger eussent ete moins etendues 'f mais (7)
trouvant dans son enceinte de quoFse saris-
^laire, l'Amerique eut ete reellement indepen-
dante; enfin , elle se serait accrue chaque
annee d'un embonpoint substantiel, tandis
que tout celui dont elle se vante, et dont on
la complimente , n'est qu'apparent, n'est que
bouffissure.
Sans doute les douanes auraient moins rap-
porte au tresor national; mais des taxes di*
rectes y eussent aisement supplete ; et si les
Etats-Unis eussent suivi ce systeme depuis
leur revolution, leur propre industrie sufhrait
deja presque entierement a leurs besoins ;
tandis qu'aujourd'hui , a la fabrication pr6s
des chapeaux, et des cuirs , dont les ma-
tieres premieres naissent dans leur territoire ,
ils ne peuvent se  passer   de Fetranger.
Ils sont dependans , et cette dependance
de besoins , qui s'accroitra toujours a mesure
que le gout du luxe, deja ti-es-actif en Amerique, deviendra plus fort encore , peutinuuer
sur les determinations politiques des Etats-
Unis , et des-lors les entralner a de grandes
erreurs, a des demarches totou tard nuisiblea
a leurs interets.
Quelques manufactures detoiles a voile sont
etablies dans les Etats-Unis avec assez de sue-
ces, mais en petite quantite.  Chaque annee
A 4 (8)
aussi, on rente quelque etablissement de filatures, et meme de fabriques de coton ; mais
1'ann.ve suivante , ces etablissemens tombent,
et sans autre raison que lacherte,de la main-
d'ceuvre , qui est elle-meme une consequence
du systeme general des impositions.     i^^B^.
J'ai parte des exportations des differens
Etats de FUnion, a mesure que mes voyages
m'ont conduit dans ces differens Etats , et
avec plus ou moins de detail, selon la nature
des renseignemens que je pouvais m'en procurer. Les exportations du commerce general
des Etats-Unis sont les resultats de celles des
Etats particuliers ; en void les totaux tels
qu'ils ont ete presentes annuellement au con;
gres par le secretaire de la tresorerie.
Ce n'est que du ier. septembre 1789, que
le compte exact en a ete tenu ; celui des
annees precedentes n'etant que partiel. Les
annees , pour cette sorte de comptes , cojgjui
mencent au ier. octobre, et finissent au^.^
septembre suivant.
Valeurs des exportations des Etats-UnwS^
1791...-..-:.!.;.'.  19,012,040 dollars.     I
1792 2o,753,o97. :ff&§W\
7,064,097. (9)
Ce tableau offre une augmentation progressive , telle peut-etre qu'il n'en a jamais exist&
en aucun pays dans un intervalle aussi court.
Mais c'est ici le cas de repeter, ce que j'ai
dit presque toutes les fois que j'ai eu ocqasiob.
de parler des exportations des differens Etats,
que Fon se tromperait fortement, si Fon jugeait
de Faccroissement des produits et des ressour-
ces des Etats-Unis, par cette enorme augmen-.
tation dans leurs exportations.
Les exportations sont composees,
i°. Des denrees du pays , qui quoiqu'aug-
tjnentees a certains egards en quantite , le sont
beaucoup plus en valeur, et quelques-unes de
quarante pour cent , d'autres de cent, de
deux cents , et de plus encore pour cent ;
et cela par les besoins de FEwope, combines
avec l'etat de guerre ou elle etait ; ainsd le
tableau de ces valeurs n'est pas a beaucoup
pr~es , le tableau exact de la veritable richsaasfe
>du pays qui n'est le resultat que de Faugmen-
tation dans la quantite des produits ;
20. Ltetat de guerre ou sont plus ou-nibtfns
aiepuis cinq annees toutes les puissances com-
mercantes de l'Europe , tient leur commerce
dans une inertie presque totale. Les Etats-
Unis sont une espece de depot temporaire des
produits de tous les pays , et de beaucoup de • leurs colonies , ou avant la guerre les batimens americains n'avaient pas une liberte de
commercer, a beaucoup pres aussi etendue;
les produit8tetrfcngers sont done amenes dans
les ports des Etats-Unis en beaucoup plus
grande quantite que leurs besoins de consom-
mation ne le demandent, et beaucoup plus
grande aussi qu'ils n'y arriveraient, si FEuropef
etait en paix.
Les denrees excedant la consomwiation des
Etats-Unis sont reexportees, et pourvoyent
ou les Etats d'Europe, ou leurs colonies.
Cette augmentation d'exporsation est done
dans ce rapport un indice encore moins certain de l'accroissement red de la richesse des
Etats-Unis , puisqu'elle est etrangere aux produits de leur tertfitoire , et qu'encore elle n'est,
ni ne peut etre, que passagere. La comparai)-
son des quantites des produits du territoire des
Etats-Unis , expertes chaque annee depuis
six ans , ajoutera une preuve indubitable aux
observations precedentes.
C'est encore sur les etats presentes au congres .par le secretaire de la tresorerie , que je
,fais cesreleves.
Relevi "Releve llnis , pour les annees  1791, .1792,
N
|   ES
'  §j|
x795.
1       179.6.
j    PotOSSO CI
7,191-
4,99°
5,084.
j    Poissons,
4> 8,907.
; 400,818.
377.713-
— sole..,
36,8o9.
55,999
87,558.
H.lede.    •
970,628.
810,524
i,i76,65o.
Huile de •
82,493.
8o,856
164,045.
1 Cotes de i
3i3,467.
410,664
j       3o8,3i4.
!| Bougie d{
5,162.
5.997
4.438.
!    Tabac eu.
80,158.
6i,o5o
69.0.8.
j   Tabac m[
56,785.
149,699
296,227.
|   Grained!
38,620.
5i,ioo.
Bled ... 4
696,797.
>4i,273
3l,226.
Graiue d'j.
1,7^7.648.
2,i87,83,
1,329,216.
Rh
828,405.
6S7,369
725,194.
53,782.
,08,191
90,807.
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68,479-
w&
181,o65.
I.'       	
40,9.6.
5?,tf*
• ,   TT
de leur population , et aussi dans certaines
parties plus recutees des Etats ou le defaut r~
Relevi (I)
En examinant cet etat avec attention, on
i°. Que la qaggatite de F exportation du bled
est diminuee dans tes Etats-Unis , er que Faug-
mentation de Fexportation des farines, qui re-
sulte de la grande quantite de moulins qui
successivement s'etablissent, et celle des biscuits de mer, ne balance pas a beaucoup pres
cette diminution de Fexportation du bled.
Celle-ci, dont je n'ai trouve personne qui put
me donner une raison compiettement satis-
faisante, est due en partie au ravag©?qu'a fait
dans plusieurs Etats la mouche foessoise, qui
a fait abandonner cette culture, et a la plus
grande quantite de terres cultivees en prairies.
Mais encore une fois, la difference dans Fexportation du bled est trop graaide pour etre
ainsi suffisamment expliquee , d'autant que
dans beaucoup de nouveaux settlemens le
bled se cultive au moins les premie&ess annees,
et qu'en beaucoup de parties de la "Virginie,
des Carolines et du Maryland , la culture du
bled a remplace assez generalement celle du
tabac et de Findigo.
La consommation peut en etre augmentee
dans les grandes villes, par Faccroissement
de leur population , et aussi dans certaines
parties plus recutees des Etats ou le defaut C   12)
de moulins a bled rendait l'usage de la farine de froment presque nul. Mais cette augmentation de consommation ne peut pas etre
bien grande ; car dans presque toutes les parties des Etats-Unis ou le froment se cultive ,
les habitans vivent de pain de seigle, et encore plus de mais.
20. Que la quantite de Fexportation des
grains, autres que le froment, c'est-a-dire le
seigle , orge , est aussi diminuee , ce qui est
du a Faugmentatien des distilleries , qui quoique contrartee ces dernteres annees par le
haut prix des grains, n'en est pas moins redle
et tres-considerable depuis six ans.
3°. On verra que Fexportation du tabac en
feuilles est tres-diminuee, et que cette diminution n'est pas compensee par la grande
augmentation des tabacs manufactures ; parce
qu'il est vrai, ainsi que je Fai dit dans mon
journal des Etats du Sud, que la culture du
tabac est extremement diminuee.
4°. Que Faugmentation de la culture s'est
portee sur celle des legumes, oignons , et
pommes de terre, et est considerable; mais
qu'elle s'est particulterement tournee vers les
prairies artificielles, et sur ce qu'on appelle
en Angleterre et en Ameriqnegi-azingfarms ,
.(ferme destinee a elever des   bestiaux) ; la ( i3 )
difference enorme entre tes exportations progressives depuis 1791 jusqu'a 1796, des froma-
ges , beurre, suif et chandelles, et des souliers
Manufactures , en est la preuve ; quoiqu'il
soit vrai que les tanneries des Etats-Unis tirent
une assez grande quantite de peaux de bceuf
de la partie ci - devant espagnole de Saint-
Domingue.
5°. On remarquera encore que tes produits
de la pedie sont fort augmentes dans les six
dernteres annees. Mais la plupart de ces produits si considerablement accrus en quantite ,
sont par eux-memes , a ceux de la pedie de
la baleine pres, d'une valeur peu elevee ; et
bien que la somme de toute leur vateur ex-
cede celle des valeurs des produits diminues
en quantites, cette augmentation peut a peine
etre comptee dans la progression immense des
valeurs generates des expottations-esthnees a
dix-neuf millions douze mille quarante dollars
en 1791, et a soixante-sept millions soixante-
quatre mille quatrevingt- dix-sept dollars en
1796.
L'etat ci-joint des exportations des produits
etrangers prouvera combien grand est le roi©
que joue cette branche de commerce dans
Fexportation accrue des Etats-Unis.
1 ( i4)
Cafi Livres.
|   Cacao Ziviw.
Piments et poivre Livres.
nom de  drygoods ,   etoffes  de
toute espece, bas , papiers , etc.
Nankins Pieces.
O
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£§      flfi
m
il       •&§ I;
| ( i5)
Je joins ici le tableau des drawbacks pour
la reexportation des produits etangers im-
port.es dans les Etats-Unis pendant les annees
1793, i794» 179^; je n'ai pu me les procurer
pour les deux annees precedentes., ni pour
l'annee 1796.
Je ne pretends pas donner par cet etat une
idee precise de la consommation de ces produits etrangers dans les Etats-Unis , parce que
Te droit de drawback etant accorde aux mar=
chandises pour Fannee entiere apres leur inscription dans les livres des douanes, il arrive
que des objets qui ont paye des droits dans
une annee , et qu; restent comme tels dans
les recettes, ne sont reexportes que Fannee,
suivante.
Cependant on peut se former , d'apres ce
tableau j une idee generalement vraie de la
consommation de c«s produits ; et Fon y verra
que la consommatictn des denrees coloniales
est peu augmentee dans les .Etats-Unis, tandis
que celle des objets manufactures en Angleterre Fest considerablement.
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Sans ( i7 )
Sans doute cet accroissement dans les exportations donne une grande augmentation
d'activite au commerce; sans doute encore
le haussement de la valeur des denrees est
une autre augmentation de richesse, mais elle
ne doit etre regardee que comme temporaire :
et c'est peut-etre ici le lieu de dire quelques
mots sur la nature et la position du commerce des Etats-Unis.
Tant que les Etats-Unis ont ete" colonies
anglaises , leur commerce etait regie par
les interets et Fambition de la metropole ,
et ne pouvait etre consider que comme un
commerce absolument anglais. C'est a-peu-
pres le m.eme cas ou se trouve l'Irlande.
Le tableau presente au parlement d'Angle-
terre, et que je joins ici, des importations et
exportations des Etats de l'Amerique, pendant-
les onze dernteres annees qu'elles ont ete colonies anglaises , prouvera combien est grande
Ktepuis cette epoque Faugmentation du commerce des Etats-Unis.
Mais s'il est compare avec les tableaux du
commerce fait entre les Etats-Unis et FAn-
terre , de 1792 a 1795, places page 365 et
366 du volume precedent , il prouvera aussi
combien /es importations des manufactures
anglaises dans les Etats-Unis sont augmentees
Tome VIII. *    B .depuis" que ceux-ci sont devenus indejpendans..
Ainsi Faugmeni alion du commerce des Etats.-
Unis , et par consequent leur independance
qu'on en doit regarder comme la principale
cause, ont ete d'un extreme avantage a FAngleterre , qui ne leur en conserve pas moins un
ressentiment dont elle aura toujours le desir
de leur faire eprouver Feffet.
Loindemoil'ideequela France doive, ens'ap,-
percevant de cette verite , regretter un instant
les efforts quelle a faits pour aider FAnterique
du Nord a faire reconnaitre sonindependancC.
Ces efforts, fussent-ils meme generalement
mcconnus aujourd'hui des Etats-Unis, n'en
seraient pas moins un des traits les plus glo-
rieux pour la generosite franchise. D'ailleurs, la
France a eu, dans le commerce des Etats-Unis,
une part quelle n'auraitjamais eue s'ils fussent
restes sounds a FAngleterre ; une part-qu'avec
plus de conduite elle eut pu rendre beaucoup
plus grande encore , et qu'avec des principes
raisonnables, elle pourra sans doute accroitre
par la suite. Enfin ces grands services rendus par
la France doivent, tani qu il y aura de la morale
dans tes Etats-Unis, y laisser dans les esprits une
disposition a Famitteet a Falliance avec les Francais , que toutes tes intrigues de FAngleterre ne
pourront jamais suspendre que passagerement.
Em 'JEtai de    onze ans, tel qu'il a ete presente ,
1   1770.
177..
177a.
m
Nouvelle^.
P St.
154,398.
a
Kv. st.
132,082.
W
j Kew-Yoip6.
69,882.
95,875.
82,707.
76,246.
1 Pensjlxni*1-
28,109.
3i,6i5.
29,i33.
36,652.
j  Virginie^-
435,094.
577,848.
528,404.
589,8o3.
1 Caroline iU-
278,907.
420,5,,.
425,923.
456,5i3.
T,7i.
966,590.
1,283,867.
1,198,249.
i,287,217.
!                —, , __
Ife*———
J	
 , :	
pour .les memes onze annees.
1770.   !   1771.       1772.        i773.
furent autorises a porter du. poisson sale, efi
B 2  C 19)
Ctest a la paix par laquelle leur indepen-
dance a ete reconnue de FAngleterre, que
les Etats-Unis ont commence a commercer
sous leur propre pavilion. Mais la grande de-
tresseou les laissait la guerre, et la faiblesse
de leur confederation , rendaient encore leur
commerce tres-precaire.
Chaque Etat avait ses loix , ses prohibitions
ses regulations particulieres.
Les uns defendaient Fentree dans leurs ports
a certaines marchandises etrangeres , aux-
quelles les autres ouvraient les leurs.
Les loix , les tarifs changeaient toutes tes
annees, d'apres des considerations du moment , et le resultat le plus positif de cet ordre
de choses etait une rivalite et une jalousie active entre tes differens Etats.
C'est done , a proprement parler, depuis
Fadoption de la. constitution nouvelle, que
Fon peut donner au commerce des differens
Etats de l'Amerique septentrionale^:le nom
de commerce des Etats-Unis.
Cependant on peut compter le principe de
l'extension du commerce des Etats-Unis de la
fin de Fannee 1784. Alors un arret du conseil
du rot de France ouvrit a leurs vaisseaux trois
ports d'entrepot a Saint-Domingue, ou ils
furent autorises a porter du poisson sale, eji
B I
m
i (  20   )
payant un teger droit; cet arret laissait aux
administrateurs de File la faculte de leur per-
mettre Fintroduction des farines, quand les
besoins le requerreraient.
Les batimens antericaius n'avaient eu jus-
qu'alors que la permission d'apporter a Saint-
Domingue des bois et des animaux vivans, et
encore dans un seul port. Ils etaient restreints
par le nouvel arret, comme precedemment,
a ne prendre en retour que des syrops et des
meiasses ; ainsi leur retour ne pouvait etre ,
en suivant la lettre de l'edit, que d'une petite
valeur ; mais l'admission des batimens americains dans trois ports de Saint-Domingue,
leur rendait la contrebande plus facile, et ils
en profiterent.
Les Anglais apportaient bien dans les ports
des Etats-Unis des sucres et des cafes de la
Jamaique , mais ils etaient sans concurrent,
et ils les vendaient a haut prix. Les besoins
des Etats-Unis en exigeaient une plus grande
quantite , que celle qu'ils recevaient par FAngleterre , et leur interet les stimulait a se tes
procurer directement.
Les farines , les marchandises sedies furent
introduites frauduleusement dans File. Les
sucres bruts et les cafes en furent frauduleusement exportes, et les retours commencerent a devenir de quelqu'importance, quoique toujours fort restreints dans leur quantite par la
fraude qu'il fallait employer pour les obtenir.
Mais bient6t ce commerce cessa d'etre il-
licite. Les secousses viotentes que donna la
revolution francaise aux manufactures et au
commerce de France , forca cette puissance
a ouvrir les ports de ses colonies aux batimens des puissances neutres.
Des lors les Americains se sont empares
de tout le commerce des colonies franchises,
qu'ils etaient tant a portee d'alimenter , et
qui leur promettait un si grand profit.
Les autres puissances d'Europe , qui avaient
aussi des colonies dans les Antilles , presque
toutes successivement engagees dans la guerre,
ont pareillement ouvert aux Americains les
ports de leurs colonies , ou en ont au moins
dimimte beaucoup les prohibitions.
Ainsi le commerce des Etats-Unis a eu a
la fois l'approvisionnement de toutes les colonies des Antilles et le commerce exclusif
des colonies. francaises et hollandaises , non
seulement en provisions mais aussi en marchandises de toute espece. Leurs batimens se
sont trouves charges de porter dans les differens marches de FEurope les denrees colo-
niales et d'en rapporter en retour les objets
B 3 (22)
necessaires, et aux besoins des Etats-Unis ef
a ceux de ces memes colonies.
La nouvelle constitution des Etats-Unis s'est
etablie a ltepoque du commencement de la
revolution francaise, et peu apres l'etablissement de cette constitution s'est forme le nouveau sys"teme des finances americaines par le>
quel la creation des fonds de difterentes especes , la mise en vente des terres, et 1'erec-
tion des banques, ont ouvert un vaste champ
aux speculations et aux entreprises comraer-
ciales. L'etat de l'Europe a favorise ces entreprises , elles se sont etendues, et le commerce des Etats - Unis a bientot atteint les
Indes orientates, la Chine, toutes les parties
du monde connu; il y a fait des gains considerables.
Tel est en peu de mots le precis hisfbrique
de Faggrandissement prompt et enorme du
commerce des Etats-Unis ; mais c'est preci-
sement dans la promptitude de cet immense
aggrandissement qu'on trouve le pronostic de
son   peu de duree.
La prosperite du commerce d'une nation ne
peut etre durable, si elle n'est pas fondee sur
des bases solides ; et les bases solidesdu commerce dune nation, sont les produits de son
sol, de ses manufactures et de ses colonies, (23   )
quand die en a. Ce sont la seulement ses ri-
chesses permanentes, celles dont elle peut disposer seule; ses produits et leurs edianges sont
les bornes naturelles de son commerce.
Si une nation , par des chconstances ex-
traordinaires, etrangeres a sa prosperite interieure , telles par exemple que celles occa-
siomtees par des troubles , des malheurs pas-
sagers des autres nations, prend un essor fort
au-dela de ses moyens personnels, fort au-
dessus de la situation ou elle est par ses propres
ressources, sa prosperite ne peut pas etre de
longue duree; un changement dans les cir-
constances exterieures, doit laramenerpromp-
tement aletat naturel que lui assigne Fetendue
ou la mediocrite de ses propres richesses.
Telle est la situation du commerce des Etats-
Unis de l'Amerique , que les troubles de FEu-
rope ont rendu florissante, mais que la tran-
quillite de cette meme Europe doit ramener
a son premier etat.
Si les puissances europeennes , dechirees
par une guerre terrible, forcees d'y appliquer ;
tous leurs moyens, incapables d'aller chercher
eltes-ntemes leurs besoins dans les ports etran-
gers, incapables meme d'approvisionner leurs
colonies, et den retirer directement tes produits , se sont vues obligees de laisser aux
B4 (24)
pavilions neutres le commerce qu'elles ne pou;
vaient pas faire, peut-on croire qu'elles le
leur ayent abatement abandonne ? N'est-il
pas certain qu'elles se hateront de reprendre
aussi-tot qu'elles le pourront, la part qu'elles
avaient dans le commerce general, et qui
leur appartient reellement, puisqu'elles ont
tous les moyens personnels de Fahmenter.
En fait de commerce , une nation ne cede
aux autres que ce qu'elle ne peut pas faire
elle meme, et en supposant meme qu'elle leur
accorde passagerement des avantages, ce n'est
que parce qu'elle y voit son propre interet;
elle tes leur retirera promptement shot qu'elle
reconnaitra que son interet est blesse par
cette cession ; des considerations politiques
ou d'amicale alliance peuvent seules la faire
agir autrement.
Nous ne sommes pas encore arrives au tems
ou les nations reconnaissant dans une plus
grande generosite de principes leur interet
red , abandonneront peut-etre par un com-
mun accord le commerce a une liberte ab-
solue. Cette epoque, si elle doit arriver, n'est
pas prochaine encore; il n'est done pas dou-
teux que tes puissances europeennes, suivant
le systeme accoutume, reviendront aux restrictions prohibitives pour le commerce qui (25)
ne sera pas le leur, et reduiront ainsi les
Etats-Unis d'Anterique au seul commerce qu'ils
faisaient avant Fagitation de FEurope.
Je ne pretends pas dire cependant que tes
Etats - Unis ne soient pas susceptibles d'ac-
croissement dans leur commerce ; je suis loin
de le penser; l'etendue de leur territoire, la
richesse de leur sol , l'industrie de leurs habitans , leur caractere hardi et entreprenant,
leur population rapidement croissante , les
grandes bates qui penetrent dans leur pays,
les belles et nombreuses rivieres qui Farrosent,
la facilite d'ouvrir des canaux pour les faire
communiquer entr'elles, et par elle des grands
lacs a la mer atlantique et au golf e du Mexique,
les appellent a un degre de prosperite qui
doit, dans les siedes futures , rendre cette
partie dumonde rivale, etpeut-etre rivale heu-
reuse de FEurope.
Mais alors les Etats-Unis auront de riches
produits de leur sol, des manufactures eten-
dues, une grande abondance de ressources
personnelles ; et tout cela ne peut avoir lieu
que par une succession progressive de ces
ressources , qu'apres une longue suite d'an-
nees de paix , de tranquiilite interieure, enfin que par le tems et par gradation. Mais
c'est du tems present, des circonstances ac- (26)
tuelles des Etats - Unis que je m'occupe *
quand j'applique au subit aggrandissement de
leur commerce cette incontestable verite politique , que toute prosperite qui n'est pas le
resultat de ressources personnelles , et qui
ne tient qu'a des causes extraordinaires et
etrangeres, ne peut etre consideree que comme
passagere, e& est plutot nuisible que favorable
k Fenrichissement du pays qui Feprouve.
Cette verite redle pour toutes les nations
a quelque chose de plus positif encore pour
les nations absolument nouvelles et dont les
anaisons de commerce sont a peine etabties ,
quand ces circonstances extraordinairement
favorables se presentent a une extension considerable de leurs entreprises. Le malheur des
individus commercans auquel ils ne pourraient
ediapper que par une sagesse presque surna-
turelle, ajoute beaucoup alors au danger que
court la nation elle-meme de la bouffissure
temporaire de son commerce.
Avant la revolution franchise, les capita'ux
qui faisaient mouvoir le commerce des Etats-
Unis etaient peu considerables, leur commerce
etant tres - borne; une partie meme de ces
capitaux etait propriete anglaise, soit directe-
ment, soit comme creance , soit enfin comme
credit accorde aux maisons americaines par (27)
les maisons anglaises. Si les negocians americains eussent ete assez prudens pour ne prendre
dans Fenorme masse d'affaires que tes circons-
tances subites leur offraient, que la part pro-
portiomtee a leurs capitaux et au credit rai-
sonnable que ces capitaux devaient leur ob-
tenir, leurs entreprises eussent ete beaucoup
moins etendues , l'apparence de leur prosperite moins brillante,' mais leurs succes eussent
ete plus solides et plus certains.
Ils n'ont au contraire vu aucune borne a
leur ambition , et n'ont envisage tes affaires
que dans le .rapport des benefices enormes
qu'elles presentaient; les speculations sur les
terres offraient alors un- nouveau moyen a
leur avjdite , et independamment des gains
qu'ils s'en promettaient par des reventes gran-
dement avantageuses , ils y trouvaient encore un moyen de credit, parce qu'ils n'avaient rien k payer de longiems pour leur
acquisition , et qu'ils esperaient recevoir
promptement quelque argent comptant des
nouveaux acquereurs , que l'etat de FEurope
leur faisait esperer qu'ils emigreraient en foule
vers les Etats-Unis , et charges de capitaux.
Enfin l'etablissement des banques, la multitude des effets publics leur offrait encore
de grands moyens de credit; et confians dans (28)
toutes ces esperances , ils se sont lances sans
reserve dans toutes les affaires qui leur don-
naientla perspective de quelque gain. L'ardeur
entreprendre et la hardiesse qui, en entre-
prenant, ne considere ancun danger, est un
des caracteres remarquables du peuple americain , dans presque toutes les situations de
a vie; c'est sans doute un principe de grandes qualites , et le moyen de-grands succes ;
mais si la prudence dirigeait cette ardeur , et
ce courage , elle les conduirait a des resul-
tats plus surs, tandis que sans elle ces dispositions ntenent a une ruine d'autant plus grande
et d'autant plus inevitable, qu'elle n'a pas ete
prevue.
Qu'est-il arrive aux negocians americains?
i°. Des deiais naturels dans leurs expeditions; desrentrees souvent tardives, qui nenui-
sant pas au commerce en general, nuisent
beaucoup aux commercans, lorsque loin de
les calculer, ils ont pense qu'elles n'auraient
pas lieu, et ont pris des engagemens en consequence de cette flatteuse opinion.
2°. La prise d'un grand nombre de leurs
vaisseaux; d'abord par FAngleterre, qui inde-
pendamment de ses vues hostiles pour la
France, satisfaisait, en s'en emparant, la jalousie que lui donnait la prosperite du com* (29)
xnerce d'une nation, qu'elle n'a pas cesse encore de considerer comme une reunion de
sujets rebelles ; et depuis par la France, qui
voulant ainsi avant tout nuire au commerce
anglais , exprimait son mecontentement de
Favantage donne sur elle a FAngleterre par
son ancienne alltee l'Amerique.
3°. Les speculations sur les terres se sont trou-
vees erronnees. Le nombre de ceux quis'of-
fraient pour tes acheter n'etait dans aucune proportion avec le nombre de ceux qui voulaient
en vendre , et qui etaient presses de ce besoin.
4°. Les banques toutes multiphees qu'elles
devenaient, ne pouvaient suffire auxdemandes
d'escomptes qui leur etaient faites de toute
part; par - consequent elles n'escomptaient
pas tomes les notes qui leur etaient presentees,
et le plus long terme des notes qu'elles ad-
mettent ne surpasse pas soixante jours.
5°. Enfin les prix ont promptement baisse
en Europe , fort au dessous de celui que les
negocians americains speculateurs avaient paye
eux-memes pour les memes objets dans le territoire des Etats-Unis ; et cependant le terme
des engagemens contractes pour mettre les
batimens a la mer , n'en arrivait pas moins;
ltepoque de ceux pris pour la solde des terres,
qui quelquefois pouvait recevoir quelque de- (3o)
lai, ne finissait pas moins aussi par arriver \
le payement des marcHandises que les bas
prix d'Europe empediaient d'y envoyer, devait aussi etre fait, et si quelque negociant
avait recu des sommes en consignation qui
Favaient mis en etat d'agrandir ses operations
avec un peu plus de solidite , il fallait remettre
les consignations quand elles etaient deman-;
dees , et l'etat dangereux ou seulement pre-
caire du commerce devait acceterer ce rappel
des sommes  consignees.
Tel est cependant le tableau de la situation
ou se sont trouves et ou se trouvent tous les
jours plus encore les negocians americains,
qui dans leurs entreprises se sont plutot lais-
ses entralner par leur avidite , que guider par
une prevoyante reflexion; et ceux-la sont en
grand nombre.
Pour sortir de ces embarras , ou au moins
pour essayer d'en sortir , on sent que les
moyens doivent etre tres-difficiles , qu'ils exigent de grands sacrifices.
Void en general ceux que Fon emploie.
D'abord la demande faite a quelque ami de
son  create pour trente ou  soixante jours.
Mais il n'est pas commun a un negociant
americain qui fait cette demande , de ne point
trouver dans son ami le meme besoin; alors mi se fait reciproquement des notes a soixante
jours de vue; on essaye de les faire escompter
^quelque banque, qui souvent est hors d'etat
de le faire par la grande disproportion de la
quantite des demandes pareilles avec ses
moyens.
On met done ces notes chez Fagent de
change qui , selon le besoin de la place et
le nom de Fendosseur , tes vend a deux et
trois , et quelquefois quatre et cinq pour cent
par mois d'escompte.
Ces notes sont ensuite de^mAes a la banque
par Facheteur; et il faut. bien alors les payer
a leur edieance : car plus de credit, plus de
possibilite d'escompte pour le negociant dont
un billet depose a la banque serait proteste.
On essaye encore d'en obtenir d'autres dont
on tire le parti que Fon a tire des premiers.
Mais il ne faut pas trop multiplier les notes
leur renouveliement-trop repete peut infiuer
sur le credit qu'il est important de ne pas
laisser echapper tout-a-fait: alors on achette
des lettres-de-change sur Londres a terme ,
et on tes vend comptant au-dessous du pairj
c'est un moyen de se procurer de Fargent.
On achette des denrees au plus long terme
que Fon peut obtenir; on tes charge pour
Fetranger.; et  dans ce cas , on   tire dess.us ( 32 I
suivant les besoins, les negocians de LondreS
autorisant les consignateurs a se prevaloir sur
eux des deux tiers du montant des consignations , en leur remettant les connaissemens,
et leur oommettant Fassurance.
Si ces moyens manquent , le negociant
presse envoye ses marchandises, lorsqu'il en a,
k des encans publics , ou bien il se procure
a haut prix des marchandises seches a un
terme de cinq a six mois, et les fait vendre
a la yente publique, souvent a la perte de
vingt-cinq ou trente pour cent.
Quelquefois ilcherche, enbatissant des maisons ou en faisant quelqu'autre grande depense
d'edat, a en imposer au credit sur l'etat de
ses affaires qui s'en trouvent tres-empirees.'
Tels sont en partie les moyens onereux que
prend le negociant troitipe dans ses specula*-
tions, pour prolonger son existence commer-
ciale. Mais ces moyens ne font qu'assiarer
plus inevitablement sa ruine; il finit par ne
pouvoir plus s'en defendre, et souvent la
maison que la veille on croyait riche de trois
a quatre cents mille dollars , ne presenter*
peut-etre pas le lendemain quatre schellings
pour livre, ou vingt pour cent k ses creanciers.
II est vrai que Fexemple n'est pas bien rare
de negocians qui avant de declarer leur ban-
queroute (33)
queroute, soustralent a leurs creanciers una
grande partie de leurs fonds par des cessions
faites a leurs femmes, a leurs enfans, par dea
fonds gardes en portefeuille ; et de ceux aussi
qui , discredited dans les affaires, font acheter
secretement sur la place , et avec leur argent
en reserve, leurs propres billets qui perdent
cinquante ou soixante pour cent.
Ces derniers , en faisant une banqueroute
reelle , et meme frauduleuse, en evitent le
nom, et reparaissent le lendemain dans tes
affaires , avec un credit d'autant plus certain ,
que leur operation est plus connue ; car, alors
on leur suppose une fortune^
Quant a celui qui a declare sa banqueroute,
des qu'il a livre les restes de sa fortune a ses
creanciers , il est libre par la loi, et quoique
dans quelques Etats la loi donne k ses creanciers droit sur sa fortune future , jusqu'a la
valeur de ce qu'ils ont perdu sur leurs creances , il ediappe facilement a cette disposition ,
en ne mettant pas au jour les profits qu'il peut
faire avec les sommes qu'il a conservees , ou
en faisant, sous un autre nom , ses nouvelles
operations. iii|Sy§^
Toutes ces  funestes   et honteuses  operations sont  des consequences naturelles  des
speculations   temerairement  entreprises,   et
Tome VIII. C (34)
faites sans un capital proportionne , et ce ne
sont pas les seules. L'inexactitude des paye-
mens d'un negociant en Amerique, inspire
sans doute de la defiance a ceux qui auraient
a traiter avec lui; mais elle ne lui inspire k
lui meme aucune honte, et altere peu sa
reputation , si meme elle Faltere.
Le negociant qui a suspendu ses payemens,
celui dont les billets sont protestes , n'en est
pas moins recu k la Bourse , dans les societes ,
dans les emplois publics , meme les plus dis-
tingues ; il est generalement consider comme
un homme qui a mal joue , qui a joue mal-
heureusement.
La frequence de ces exemples , 1'interet
commun , l'opinion generate ou Fon est en
Amerique, que chacun n'a rien de plus necessaire a faire que de chercher a gagner de
1'argent, donnent , je ne dirai pas cette tolerance , mais cette indifference dans le jugement".
Ainsi, quand le negociant en Europe a
pour guide dans sa conduite commerciale sa
probite personnelle et la conservation def
Fhonneur, du credit, de la reputation de son*
nom , le negociant americain n'a pour frein
que sa propre honnetete , que Festime de lui-
-ta&me,  que sa conscience ;   et quoique ce (35 )
Frein soit sans doute le plus puissant, quand
il existe, il faut malheureusement convenir
qu'il n'est pas le plus commun.
Aussi peut-on dire que les negocians d'A-
nterique , qui, prudens et prevoyans dans
leurs operations , models dans l'usage de
■leur credit, ont constamment maintenu l'exac-
titude dans leurs pay emens, et Fhonneur dans
leurs transactions , sont, par cette raison ,
dignes d'une estime particultere, puisqu'ils
sont en exception aux mceurs generates.
Ii ne faut pas croire cependant que cette
exception soit tres-rare. II y a en Amerique
un grand nombre de maisons , soit americaines , soit anglaises ou franchises y dont la
solidite , la sagesse, la ponctualite , la deii-
catesse dans les transactions , ne le cedent a
aucune des maisons justement famees d'Eu-
rope. Si dans ce nombre je nomme celle de
M. Philippe Niklyn , je ne pretends pas lui
donner une superiorite sur les autres, dont
•la modestie de ce negociant, et celle de M.
Griffith , son assocte , seraient embarrassees;
mais on me pardonnera de satisfaire , en pro-
noncant leur nom , un sentiment d'affection
et de reconnoissance pour les temoignages
constans d'amitie et d'obligeance , que j'en
ai recu pendant mon sejour en Amerique,
C a
I ( 36 )
et aucuns de ceux qui connaitront Philadelphie ,  ne   me   reprocheront  d'avoir satisfait
mon sentiment aux dcpens de l'exacte verite.
Encore une fois , il est beaucoup de maisons de cette espece. dans tes Etats-Unis;
mais ce n'est pas le plus grand nombre , et
c'est le plus grand nombre que je dois con-
siderer quand je parte de I'Etat du commerce
en Amerique. Ces bonnes et scrupuleuses
maisons s'affiigent de cette situation du commerce americain , dont leur propre interet
souffre souvent beaucoup , malgre leur sage
conduite. Leur deiicatesse autant que leur
interet ne peuvent s'en accommoder ; mais
elles se bornent a se tenir en defiance avec
tes maisons suspectcs , et dans une activite
continuelle de vigilance pour toutes les autres;
et les negocians les plus deiicats ne sont pas
moins obliges de rencontrer a la Bourse , dans
presque toutes les maisons, et de voir souvent
dans des emplois de confiance, des hommes
que 1'interet et Fhonneur public devraient
faire marquer du sceau de la reprobation.
Ce deplorable etat de choses ne serait pas
nature! ; mais il faut le repeter , il est le resultat
necessaire des entreprises tenterairement ha-
zardees , qui sont elles-meme* le r.'sultat de
la multiplicite des affaires de toute espece, (37)
que la guerre d'Europe  et des Antilles ont
presences ,   et  des  faeilites   dangereuses   et
trompeuses qu'une multitude de banques ont
procutees.
Dans presque toutes les grandes villes des
Etats-Unis , et partie^ierement dans celles
des Etats du Nord , depuis Baltimore , tout
le monde est negociant , c'est-a-dire tout le
monde specule , trafique , agiote; le juge ,
Favocat, le medecin , le ministre du culte ,
tous ou presque tous sont plus ou moins in-
teresses-idans les ventes de terres , dans Fachat
des marchandises , dans celui des lettres de
change, dans tes prets a deux ou trois pour
cent par mois ; peu d'entre eux se contentent
de ce qu'ils ont.
La valeur de l'homme est un peu trop esti-
ntee en Amerique , par la fortune qu'on lui
suppose , et personne n'aborde dans ce nouveau monde, sans le- projet d'y faire une
ample et prompte fortune ; les exemples de
succes sont si frequens , qu'ils encouragent
ces projets. Les moyens ont ete long-te'ms
grands aussi, mais ils le sont moins a present,
au moins dans ce genre , et Favidite n'en di-
minue pas de proportion.
Voila bien des ecueils a la deiicatesse , bien
des raisons qui expliquent l'etat du commerce
C 3 (58)
des Etats-Unis; et Fexpose iidelle que je viens
d'en faire ne laissera pas douter de la verite
que'j'ai avancee , que l'apparence brillante du
commerce des Etats-Unis, Faccroissement de
son activite et de ses exportations , n'est
qu'une ombre passagere de prosperite, plus
nuisible qu'utile a la richesse , a la veritable
prosperite nationale.
Sans doute au milieu de tous ces malheurs ,
il s'est eleve des fortunes considerables ; la
prevoyance sage et active en a fait faire quel-
ques-unes ; le bonheur en a fornte quelques
autres. Les villes se sont extremement agran-
dies , ce qui, dans mon opinion, est deja un
grand mal; elles sont embellies , mais le luxe
est entre de toute part dans tes Etats-Unis; et
quand le commerce de FEurope reprendra son
niveau , quand la paix aura remis chaque puissance dans l'usage de ses droits , il est plus
qua craindre, qu'il ne reste aux Etats-Unis ,
de l'etonnante et momentanee augmentation
de leur activite commerciale que Famour du
luxe , et Fimpossibilite de le satisfaire.
Cette epoque en sera probablement une de
nouveaux malheurs pour quelques maisons
americaines ; mais qu'il soit permis de le dire
a un ami de l'Amerique , cette epoque peut
etre aussi, si die profile de Fexperience > celle ( 39)
de ses progres certains , de sa teeUe prospe-
rite , de Faccroissement solide de son commerce ; elle est appetee par la nature a un
etat de force et de grandeur , auquel rien ne
peut Fempedier d'atteindre , qu'une marche
precipitee , qui tenterait de Fy conduire sans
une progressive gradation.
Avant de terminer cet article du commerce
americain, il me reste a dire que toutes tes
causes relatives au commerce sont soumises,
dans les Etats-Unis, au jugement des tribunaux
ordinaires , par consequent a une -procedure ,
.que Favocat le moins habile en chicane peut
faire durer dix-huit mois , et qu'avec un peu
plus d'habilete encore, il peut conduire a.
.deux ou trois ans. Cet inconvenient est grand
en matteres commerciales , ou un homme de
mauvaise foi peut, en vertu de ce delai, re-
tenir en ses mains pour un long tems le capital , la proprtete redle d'un autre, dont pendant ce tems toute operation est suspendue ,
et dont les pertes qui en resultent ne seront
ijamais compensees par les dedommagemens
qui peuvent lui etre accorxtes.
Cet inconvenient, grand pour les negocians
etablis en Amerique, est bien plus grand encore pour les negocians etrangers, qui y en-
voyent ou y apportent des cargaisons , ou y
C4 n
(4o)
font des consignations. L'alternative, de res-*
ter plusieurs annees en Amerique pour suivre
k grands frais ses reclamations , et de se tenir
ainsi eioignes du centre de.ses affaires, ou
de confier a la surveillance d'un autre , la
poursuite de'sa cause, ajoute gravement encore
au malheur de se voir, pendant cette longue
procedure , prive de la jouissance de ses
fonds , malgre Fevidence de ses droits. C'est
alors qu'un negociaut sent amerement la privation des tribunaux de commerce , de ces
jurisdictions consulaires, si sagement etabiies
en France ; ou les negocians les plus ins-
truits , tes plus integres, sont annuellement
eius pour juges ; ou la procedure est denuee-
de tous les moyens de la chicane , et ne
Coute pas plus de six dollars de frais ; ou les
Causes les plus compliquees en apparence ,
sont jugees dans Fespace de trois semaines ;
ou il n'y a , je n'oserai pas dire aucun , mais
au moins que bien peu d'exemples de ju^efc
accuses de partialite dans leurs jugemens \ ou
d'indifference dans la recherche du droit; et
ou enfin , en cas «d'appel aux cours superieu-
res, la partie pour laquelle un jugement favorable a ete prononce , peut obtenir la remise
de la somme, ou des effets qu'elle reclame-,
gur le cautionnement qu'elle donne de les re- (4i )
mettre en cas de jugement contraire prononce
par la cour d'appel.
Co.
mrnerce
des ter
res.
En parlant de Fensemble du commerce des
Etats-Unis, j'ai nomnte celui des terres comme
un de ses etemens. Ce genre de commerce
est trop partasjnier a l'Amerique septentrionale , pour ne pas le faire connaitre au moins
succinctement.
Le commerce des terres est fonde et sur la
masse considerable de ces. tare's, dans le territoire des Etats-Unis', en comparaison avec
leur population presente , et sur la probabilite
de Faugmentation de cette population , soit
par sa propre reproduction , soit par les emigrations etrangeres ; cecommerce est comme
tous les autres , et plus qu'aucun autre^aaa ■
commerce de speculation.
Les terres incultes , et c'etaient beaucoup
plus que les huit dixiemes de l'Amerique se
sont tromtees a la fin de la revolution appar-
tenir aux difterens Etats , qui comme souve-
rains ont succede dans cette propriete a la
souverainete de la couronne d'Angleterre.
Beaucoup de ces terres etaient encore occu-
Jtees par les nations indiennes; mais une par-
	 (   42   )
tie de ces nations s'etaient jointes pendant la
guerre aux troupes anglaises contre les Etats-
Unis ; il fallait done les eloigner, ou plutot
il fallait eloigner tous les Indiens , dont les
Etats-Unis se voyaient impatiemment entou-
res. Et il est a remarquer que les nationsfin-
diennes, jadis proprietaires uniques de tout
le continent americain , et.a Fhos|>italite.desi*
quelles l'etablissement des Europeens est sete*
lement du-, sont regardees par les descendans
de ces premiers colons , comme usurpateurs
du terrein dont ils jouissent encore, et comme
n'en jouissant, pour ainsi dire , quesous leur
bon plaisir.
Les terres conoedees par les rois cFAngleterre avant 1776 , sont, a quelques restrictions pres , restees dans la possession de ceux
qui en avaient recu la patente;. iBjBais cette
quantite n'etait qu'une infiniment petite proportion dans la masse des terres incultes. La
proportion des quantites de ces terres n'eifcit
pas meme en raison de Fetendute du territoire
de chaque Etar. Lesj^etits Etats , ceux sur-
tout plus rapprodtes de la mer , plus aneien-
B&i&ent habites, n'en avaient qu'une petite
quantite ;. quelquesr»©s n'en avaient point da *•
tout , tandis que tes grands Etats-, <eeux sur*
tout dont le territoire penetr^ifefort avant dans ( 43 )
Finterieur des terres, tels que la Georgie, les
deux Carolines , la Virginie , la Pensylvanie ,
I'Etat de New-Yorck , le Massachusetts , et
le New-Hampshire, en possedaient d'immenses
quantites. II etait necessaire a ces Etats de
vendre ces terres incultes, et pour faciliter
des moyens de propriete a la population crois-
sante , et pour en presenter a Immigration
etrangere qui pussent Fattirer et la fixer.
Enfin les Etats avaient des dettes de la guerre
qu'il fallait payer, sans charger le peuple de
nouvelles taxes ; car d'abord il etait peu en
etat de les supporter, et il etait meme de 1'interet de ces Etats d'attenuer autant que possibles les taxes existarites, pour donner a Fha-
bitation dans leur territoire plus d'attrait et
de faveur. W$t--
Dans ces terres a vendre etaient comprises
celles confisquees aux torys qui avaient servi
les Anglais pendant la revolution; et Fon ne
peut pas accuser les Etats d'avoir manque de
douceur dans Fexecution de cette loi de confiscation.
Pour mettre ces terres en vente, les Etats
ont ouvert des land-offices, ou bureaux pour
la vente des terres , ou les pretendans aux
achats, recevant des warrants ou permissions
de faire arpenter par Farpenteur 'deTEtat les ( m y
terres qu'ils designaient, n'en etaient mis en
possession que quand il paraissait que ces
terres n'avaient encore ete concedees a personne, et n'en devaient recevoir les titres de
propriete que quand ils avaient paye les prix
convenus, et satisfait aux conditions imposees
par la loi.
L?s terres occupies par les Indiens n'etaient
pas immediatement vendues, mais I'Etat ven-
dait le droit de preemption, c'est-a-dire , le
privilege exclusif d'acheter ces terres quand
les Indiens consentirate.nt a les vendre, et
I'Etat se chargeait de la rtegociation lorsqu'il
jugerait possible de la faire.
Ii n'est pas de mon sujet cl'entrer dans le
detail des alterations frequentes faites par les
Etats a leurs loix sur la vente des terres ; et
des contraventions plus frequentes encore qui
y ont ete faites par les bureaux des terres eux-
memes ; de leur negligence ftequente dans
Fexamen de Farpentage et de la plus ou moins
grande validite des titres; enfin des abus considerables et de toute nature qui ont eu lieu
dans cette branche d'administration : il faudrait
faire Fhistoire particuliere des loix et des bureaux des terres de chaque Etat. II me suffira
de dire qu'il en est peu qui ayent eu l'exacti-
tude necessaire , qui ayent respecte la bonne (45 )
foi, qui ayent exerce la surveillance qu'on a
droit d'exiger  de  toute   administration  publique.
Les terres ont ete proposees en vente a qui
les voulait acquerir.
Une certaine quantite a ete donnee aux
troupes employees pendant la guerre.
Plusieurs autres grandes parties ont ete mises
en vente par tes commissionnaires.
Des families, soit etrangeres, soit americaines , en ont achete des petites portions
pour s'y etablir.
Mais les Etats occupes plutot du desir d'avoir
de Fargent dont ils avaient besoin, que de
celui d'installer avec promptitude des cultiva-
teurs sur ces terres, et pensant encore que
de grands proprtetaires excites par leur interet
les detailleraient plus promptement qu'un Etat
ne le peut faire, se'sont facilement pretes k
les vendre en grandes masses, en opposition
a la loi qui dans beaucoup d'Etats limitent a
quatre ou six cents acres le nombre qui pouvait etre vendu a la meme personne.
Cette disposition de la loi a ete eludee
dans tes Etats ou die existait en vendant
sous des noms differens de grandes quantite3
de terres aux memes personnes , et en faisant autant de contrats de yente  sous ces m
(46)
noms supposes , que la quantite des   terres
vendues contenait de lots de l'etendue   que
la loi permettait d'acquerir.
Presque tous ces contrats de ventes con-
tenaient aussi la clause que Facquereur met-
trait ou ferait mettre en valeur une certain©
quantite d'acresparlot dansun tems donne, et
la peine dtevincement etait annoncee contre
celui qui ne 6atisferait pas k cette condition. Ii est aise de penser que cette condition difficile a remplir pour les grands marches , a ete frequemment eludee.
C'est alors qu'ont commence les grandes
speculations 5 tes terres pouvaient s'acquerira
ttes-bas prix des Etats. Les Etats etaient rem-
plis de papiers-monnaies qui leurs etaient particuliers et tous en depredation. Les epoques
de payement n'etaient pas rapprochees. L'ac-
croissement de la population , des emigrations,
et des defrichemens promettait une grande
et prompte elevation dans la valeur de ces
terres f Fesprit speculateur s'emparait alors de
toutes les classes des habitans de l'Amerique ;
e'etait l'epoque du nouveau systeme des finances , celle ou tant de fortunes considerables avaient ete faites dans Fagiotage des
certificats de la dette americaine. Les legislatures des Etats, quelques-unes au moins, ont (4? )
encore plus specialement favorise la vente de
leurs terres , en ordonnant que certains de
leurs papiers deprectes , seraient pris en payement de leur achat; et c'est a cet egard qu'il
y a eu des malversations considerables. On a
souvent vti les membres qui composaient les
legislatures , s'entendre entre eux dans ces
operations.
Alors, comme je viens de le dire, les Etats
etaient encombres de papiers-monnaies de
differentes especes , fruit des malheurs de la
guerre et de la detresse qui en avait ete la consequence , et tous avilis. Un jour , par exem-
ple, la legislature dedarait qu'apres un certain delai, ordinairement tres-court, tels papiers ne seraient pas recus en payement; et
quelque tems apres , peu avant l'expiration
de ce delai , elle dedarait telle quantite des
terres a vendre, au payement desquelles le
papier proscrit aurait le droit d'etre presente.
Les membres dans la confidence de Fintrigue ,
ou leurs amis, achetaient ces papiers dans le
tems de leur proscription , c'est-a-dire de leur
plus bas prix ; ils se presentaient a la vente ,
des qu'elle etait ouverte , et souvent en vingt-
quatre heures les achats etaient complettes.
Par ce moyen beaucoup de speculateurs
ont acquis des terres avec une valeur redle 1 48 I
de deux ou trois cents ou centiemes de dollar l'acre , payables en six ou huit annees
avec escompte par le tresor de I'Etat, au taux
de la valeur a laquelle les terres etaient por-
tees par la loi , si les payemens etaient faits
avant l'epoque de rigueur.
Ces malversations n'ont pas eu lieu dans
tous les Etats ; mais , dans tous , les achats des
terres et celles des preemptions ont ete faits
a tres-bas prix des les premiers momens de
Fouverture des bureaux de ventes.
Alors ces terres sont devenues un effet de
commerce. Des agens ont ete - envoyes en
Europe pour en proposer la vente , et FEurope s'est trouvee remplie de descriptions les
plus pompeuses, de cartes meme les plus detainees de terres, que souvent leur proprte-
taire , ni meme aucun autre ne connaissait.
Quelques grandes ventes heureusement
effectuees en Europe , ont fait hausser le
prix de ces terres , augmente la confiance des
speculateurs , aggrandi leur nombre et etendu
les speculations. L'opinion d'une immense
emigration que donnait la revolution de
France, et la situation de FEurope , a con-
couru a la confiance de ces speculateurs ; chacun se livrait d'autant plus aisement a ce genre
de speculation , que les terraes de payemens (49)
a faire aux Etats etaient toujours longs ; que
de plus longs delais encore s'obtenaient sans
beaucoup de difficulte ; et que ces terres n'avaient ete encore soumises a aucune imposition.
Les seconds vendeurs donnaient souvent
aussi des conditions avantageuses de payement,
et vendaient encore a un assez has prix.
Dans I'Etat de Pensylvanie et dans celui de
Maryland tout etranger pouvait acheter et pos-
seder des terres comme un citoyen.
Dans quelques autres, ou la loi ne donnait
pas ce privilege aux etrangers, elle laissait aux
legislatures le droit d'en accorder la permission , et cette permission s'obtenait faci-
lement.
Dans tous , un etranger pouvait posseder
sous le nom d'un habitant, et le grand interet
que les Etats avaient de vendre , et d'attirer
dans leur territoire des capitaux etrangers ,
donnait une grande securite a cette mantere
empruntee de posseder.
Les Etats - Unis jouissaient d'une grande
prosperite dans leur commerce , rien ne semblait pouvoir troubler leur tranquilhte , et un
grand nombre d'Europeens, seduits par le
prompt accroissement de valeur, que pre-
naient les terres americaines , voyaient dans
Tom   VIII. D ( 5o)
le sacrifice qu'ils faisaient de quelques mil-
liers de dollars , pour acheter de ces terres ,
une augmentation quadruple , ou decuple, de
leurs capitaux , dans un tres - petit nombre
d'annees.
Les speculateurs en terres, qui en ont une
grande quantite dans leurs mains , ont differens moyens pour en tirer avantage.
1°. De les vendre par grandes parties a des
hommes aises d'Anterique ou d'Europe.
2°. De les vendre par petites parties a des
' families qui s'y etabhssent.
3°. Enfin de les conserver dans leur propriete , attendant pour les mettre en vente
que le tems et la moins grande abondance
de cette espece de marchandises en ait porte
la valeur a un prix qui teponde a leurs es-
perances.
Le premier de ces moyens est le plus gene-
ralement desire. C'est celui pour lequel tant
d'agens ont ete envoyes en Europe , tant
d'interets promis a ceux qui procureraierit des
acquereurs , tant de romans fabriques. Une
grande quantite de terres ont ete vendues de
cette maniere. Dans ce marche comme dans
toiis les autres , le vendeur et Facquereur
ont cherche a faire les conditions les plus
■ avantageuses ; les epoques de payement sont in)
generalement courtes;.au moins une bonne
portion du prix de la vente est - die donnee a la conclusion du marche. Les conditions imposees dans les contrats de ventes
faites par les Etats, deviennent Fobligation du
nouvel acquereur, mais Fancien en reste souvent responsabte , si elles n'etaient pas rem-
plies par le nouveam Les nouveaux acquereurs
deviennent speculateurs eux - memes et ont
recours , pour tirer parti de leur nouvelle propriete , aux moyens qu'avaient ceux dont ils
la   tiennent*
La vente par petites parties se fait de dif-
ferentes manieres.
Ou a forfait pour de Fargent comptant;
ce n'est pas le plus grand nombre, quoique
beaucoup de ventes soient faites de cette maniere ;
Ou a forfait avec des termes de payement,
auquel cas le vendeur ne deiivre les titres
qu'apres la solde complette du marche , et
conserve le droit d'evincer de ses terres le
nouvel etabli, si les conditions du payement
et toutes les autres du marche, ( qui sont generalement Fobligation de defricher un certain nombre d'acres ) ne sont pas remplies.
Quelquefois le vendeur n'exige qu'une te-
gere partie du prix de la terre au comptant,
D 2 (52)
et la terre reste chargee d'une rente perpe-
tuelle, payable en argent ou en denrees, que
l'acquereurn'apas toujours lafacuhed'eteindre.
Quelquefois il ne vend ou plut6t il n'altene
que pour un certain nombre d'annees, par
exemple douze a quinze ans, pendant lequel
tems il regoit une rente annuelle \ et dans
la plupart de ces marches; Facquereur s'oblige
a quelques jours de son travail personnel au
service et a la demande du vendeur, a defri-
cher annuellement un certain nombre d'acres
a construire des habitations ; et toutes ces
ameliorations retournent au profit du vendeur
quand le terme du marche est expire. Je
ferai remarquer en passant que ce genre de
ventes a terme ou a rente peut donner de
Finfluence dans les elections des legislatures
aux grands proprietaires , dans un pays peu
riche encore et ou tout le monde est eiec-
teur. Aussi est-il reconnu qu'elle en donne ,
et Fon sait que telle ou telle personne nomme
tant de places dans la legislature de son Etat.
Ces exemples ne sont cependant pas encore multiplies. Presque tous les grands proprietaires de terres cherchent a placer sur
leurs terres quelques petits acquereurs, parce
que le reste des terres acquiert plus de valeur par-ces petits defrichemens. (53)
Le troisieme moyen, celui d'attendre du
tems l'eievation du prix des terres , est la
ressource des grands proprtetaires qui n'ont
pas pu trouver les deux autres. Chez quelques-
uns cependant c'est calcul: mais calcul d'autant plus dangereux que Fambition du pro-
prtetaire s'accroit avec le haussement du prix
quand celui-ci a lieu ; que ce haussement du
prix est'loin d'etre certain,et qu'il y a deja
beaucoup d'exemples de tels possesseurs qui
ont regrette Fannee suivante de n'avoir pas
vendu au prix qu'ils ont refuse l'annee d'aupa-
ravant. Ils n'en prennent cependant pas plus
alors le prix qui leur est offert, parce qu'il
est moindre encore. Ils voudraient atteindre
le prix qu'ils ont refuse. Cette marche est la
marche ordinaire de toute speculation. Un
grand gain ne suffit pas quand on se flatte
den pouvoir obtenir un plus grand encore.
On se flatte aisement et par fois on finit par
ne rien obtenir du tout.
Les speculations sur les terres ont fait faire
de grandes fortunes en Amerique, mais aussi
dies ont occasiomte plus qu'aucune autre de
grands derangemens, des mines totales, de
grandes et dtesastreuses banqueroutes. II en
est des exemples remarquables parmi une infinite d'autres moins sailians, mais non moins
D 3 (56 )
positifs, car la prudence n'a pas plus guide
cette espece de speculation que les autres.
Il n'en est pas non plus qui ayent ete plus
. generalement embrassees, ni qui ayent ete
une plus grande source de deceptions. Les
terres sont aussi en Amerique la branche qui
fournit le plus aux proces: tant pour les
titres que pour les limites, et pour l'execution
des conditions des marches.
Le moyen le plus s$r comme le plus avan«
tageux de tirer profit d'une grande etendue
de nouvelles terres en Amerique , est d'en
commencer soi-nteme le defrichement ; d'y
appeler promptement des settlers (habitans)
en leur donnant a bas prix, et meme pour
rien s'il est necessaire , un nombre d'acres
suffisant pour l'etablissement et Faisance de
leurs families; d'etablir a ses frais des moulins , dea pants, des chemins ; de batir meme
des maisons , d'encourager de toutes. les ma-*
nteresles efforts des nouveaux arrives ; de faire
enfin des premiers  sacrifices  considerables.
11 n'est pas d'exemple que ces premiers sa--
crifices faits avec intelligence et dans Feten-i
due convenable, n'ayent augmente rapidement
la valeur des terres que le proprietaire reserve , et ne Payent promptement enrichi en
ntti.rajn.1 vers elles les grandes immigrations (55)
11 y a beaucoup de ces brillans succes a.
citer et parmi eux ceux de la compagnie
hollandaise, habilement dirigee par M. Case-
nove, mais aucun qui ait ete plus complet
que celui du capitaine Williamson dans le
Genessee.
Cette maniere honorable et sure de tirer
un parti avantageux d'une grande possession
de nouvelles terres, exige a la verite des fonds
disponibles, et il est peu de speculateurs en
terres qui en ayent. Ceux qui eft ont se refusent
a les retirer de Fagiotage , qui les represente
cinq ou six fois par an avec de gros profits ;
mais plus communement ils n'en ont pas,
et souvent ces speculations se font sans le
moindre capital, ou se font encore par des
negocians, des marchands , des ouvriers qui
ont besoin de leurs fonds dans leur commerce;
car comme je Fai dit , tout le monde s'en
mele.
Ce moyen devient cependant plus necessaire encore qu'il ne Fetait jusqu'ich La mode
des achats de terre n'est plus si grande , et
la denree en abonde dans les marches, d'autant plus que les operations de commerce
ont moins de succes% et que les fortunes
particulieres se derangent. Les tromperies
multipltees qu'ont eprouve les Europeens dans
,   D 4 (56)
1'achat des terres d'Anterique, ont fortemennt
discredite ces terres en Europe. La France
marche beaucoup plus rapidement que Fon
ne le croyait possible vers letat de tranquil-
lite entiere qui doit en faire cherir le se~
jour. Le derangement de beaucoup de fortunes franchises par la revolution, y mettra
en vente un grand nombre de terres ; le
commerce et les manufactures y offriront
aussi une grande et avantageuse place aux
capitaux etrangers ; il en sera de meme suc-
cessivement des autres Etats Europeens, s'ils
sont destines aux troubles d'une revolution;
et si quelques capitalistes y pensaient qu'une
partie de leur fortuue serait placee avec plus
de surete au-dela des mers qu'ailleurs, ils
prefereraient probablement de les employer
dans les fonds americains , plutot que dans
1'aehat de terres eioignees; car chacun doit
etre averti aujourd'hui en Europe qu'il faut
au moins avoir vu par soi-meme ou par ses
amis bien pariiculiers, des terres en Ame-.
rique avant de les acheter,
Le nombre des terres en vente dans les
Etats-Unis est immenjp. La tranquillite n'y
est pas si eomptettemem; assume qu'elle l'etait
meme il y a deux ans. Elle est menacee de
plus d'un cote. L'esprit democratique y fait, (57)
autant et d'aussi rapides progres dans les
campagnes que Fesprit aristocratique en fait
dans les villes. Quoique la proportion des
proprietaires y soit sans aucune comparaison
plus considerable que dans aucune partie de
FEurope, il existe un certain nombre de non-
proprtetaires, et tout le monde en Amerique
se croit le droit d'avoir une propriete. Les
murmures contre les possesseurs d'une grande
quantite d'acres de terre qu'ils gardent dans
leurs mains, jusqu'a ce qu'ils puissent en obtenir un prix considerable, et qui en mettent
ainsi l'achat hors des moyens de ces non-
proprtetaires , commencent a etre deja de
quelque force, car tout le monde connait
le bas prix que les possesseurs de ces grandes
masses de terres en ont originairement paye.
Beaucoup de families s etablissent sans titres
dans ces grandes proprietes, et leur nombre
rend quelquefois difficile de les en evincer.
Les jugemens des tribunaux qui les en chassent
ne peuvent souvent pas etre mis en execution , parce que l'opinion publique commence
a etre forte contre cette maniere de posseder, que deja Fon appelle monopole. J'en pour-
rais citer plusieurs exemples , mais je ne dois
pas ici m'occuper des details. Quoique beaucoup de membres des legislatures soient eux- (58)
memes de grands possesseurs de terres, les
legislatures ne peuvent deja plus prolonger
le delai des payemens et alterer les conditions des ventes. Dans beaucoup d'Etats, les
terres incultes commencent a etre une matiere
imposable; dies sont jusqu'ici taxees tres-
bas, mais le tems approche ou ces taxes
augmenteront, et ou les legislatures recon-
naissant que 1'interet de leur Etat est d'ap-
peller dans son territoire une plus grande population , trouveront peuttetre qu'il est d'une
sage politique d'eiever beaucoup ces taxes ,
peut-etre meme plus haut que celles des terres
cultivees, jusqu'a ce qu'elles soient au moins
defrichees dans une certaine proportion de
leur etendue, afin de rendre la possession de ces
terres a charge a ceux qui en garderaient dans
leurs mains une grande quantite , et de les engager ainsi par leur propre interet a les diviser
promptement. Toutes ces circonstances ren-
dentdonc aujourd'hui plus necessaire que jamais pour ces grands possesseurs de terres de
prendre les moyens les plus prompts pour en
tirer avantage, et doivent par consequent jet-
ter de la defaveur sur ce genre de speculation.
Cet etat des choses en est un malheureux
sans doute pour les speculateurs en terres ,
pour ceux qui en possedent de grandes masses; (59)
il doit probablement en resulter pour eux
beaucoup de ntecomptes , et beaucoup de
derangement de fortunes ; mais ce n'est rien
en comparaison de la prosperite nationale ,
qui resultera du defrichement, de 1'habitation
des terres incultes et desertes , soit que les
settlers les aient achetees des proprtetaires ,
soit qu'ils s'y etablissent par usurpation.
Les terres sont generalement bonnes en
Amerique; elles n'attendent qu'a etre labou-
rees pour donner de grands produits. La population croit, comme on Fa vu, dans une
proportion presque incroyable , et le peuple
americain n'est arrete , dans Fentreprise de
defricher des terres incultes , ni par lattache-
ment a son sol natal, ni par les grandes distances , ni enfin par aucune difficulte.
Le gouvernement federal des Etats-Unis ,
ou a plus proprement parler, FUnion, possede
aussi dans le territoire de l'Ouest au Nord de
l'Ohio, une quantite de terres que 1'on suppose etre de dix a onze millions d'acres.
Le congres , en" mai 1796 , a ordonne Far-
pentagie de ces terres , et leur division en
townships de six miiles quartes chaque. La
moitte de ces townships doit etre subdivisee
alternativement en seotions, contenant cha-
eune environ six cents quarante  acres ,   et ( 6o )
mises en vente par townships, ou par sections.
Cette vente doit etre faite par le gouverneur,
et le secretaire du territoire de FOuest.
Septrangees de townships, k peu de distance
de Pittsburg , dans le meme territoire, avaient
ete arpentees par Fordre de Fancien congres,
qui en avait aussi ordonne la vente , mais elle
n'avait ete faite qu'en partie. Le congres, par la
meme loi de 1796, a ordonne aussi cette vente,
dont il a charge le secretaire de la tresorerie. II a fixe a deux dollars au moins le prix
de chaque acre; la vente devait en etre faite
a. Fenchere, et la moitie du prix du marche
payee trente jours apres Facquisition ; Fautre
un an apres , sous peine pour Fadjudicataire,
- qui ne remplirait pas ces conditions, d'etre
depossede. En exigeant un payement aussi
prompt pour Facquisition de ces terres , et
en les tenant a un prix aussi eleve , Finten-
tion du congres etait de rendre les grandes
speculations plus difficiles ; mais par un rapport du secretaire de la tresorerie , fait au
congres a la fin de Janvier dernier, il parait
que cette condition , et le prix fixe par le
congr6s , ont ecarte beaucoup d'acquereurs ,
puisque quarante-neuf mille acres seulement
sur environ six cents quatrevingt mille ,
avaient ete vendus dans les sept rangees de (6i )
townships , de la vente desquelles il etait
charge. Le congres neanmoins n'a change la
loi de l'annee precedente , qu'en permettant
que les fonds publics fussent admis au payement de ces terres , a leur valeur courante aii
tems de Fachat. Mais il n'a pas dimimte les
prix fixes , ni eloigne les termes de payement,
et il a fait sagement. La beaute , la bonte de
ces terres , la douceur du climat, Fabondance
des debouches , ne laissent aucun doute ,
qu'elles ne soient etablies dans un tems qui
ne peut pas etre bien long. Ltemigration na-
turelle des Etats du Nord , les plus peuples
de tous , prennent constamment la direction
de FOuest; il n'est pas possible de constater
quel est le montant annuel des emigrations,
qui passent les Alleghanys; il a ete , dans
quelques annees , de trente mille personnes ;
j'ai entendu Festimer annuellement , par un
terme moyen , a quinze mille ,-mais sans aucune base certaine ; quoiqu'il en soit, il est
considerable, et le deviendra plus encore, a
mesure que la population des Etats-Unis s'ac-.
croitra.
La plus grande partie de ces emigrations
se sont jusqu'ici portees dans le Kentuky et
dans le Tennessee; mais il en reste toujours
dai.is la Pensylvanie , et il  en passe beau- (  62  )
coup deja dans le territoire de FOuest, dont
la quantite des terres augmentera d'ailleurs a,
mesure que les Indiens seront par l'approche
des Blancs obliges d'abandonner les territoires
qu'ils occupent encore , et que les Etats-Unis
ne manqueront pas d'acheter.
Peuttetre et probablement meme le congres sera oblige de donner aux acquereurs
de ces terres plus de tems pour payer ; mais
la vente en est certaine ; die sera une res-
source d'une grande importance pour la diminution de la dette nationale , a laquelle
elle est irrevocablement destinee , et peut-
ejre dans un terme assez rapprodte, le territoire de FOuest sera-t-il un des plus peuptes ,
des plus cultives , un des plus importans Etats
de FUnion.
Etablissement militaire des Etats-
Unis.
La constitutiou qui donne au President des
Etats-Unis le commandement en chef des
armees de terre et de mer, et celui de la milice des differens Etats , quand elle est employee au service des Etats-Unis , remet au,
congtes le pouvoir de faire des loix pour
Fadministration et la discipline des forces de ( 65)
terre et de mer; celui d'employer les moyens
necessaires & la convocation de la milice , a
1'effet de mettre en execution les loix de FUnion , de faire cesser les insurrections , de re-
pousser les incursions ; celui de regler For-
ganisation , Farmement et la discipline de la
milice, et la conduite de telle partie de La
milice employee au service des Etats-Unis:
laissant a chacun des Etats la nomination des
officiers , et le soin de Finstruction de cette
milice , conforntement a la discipline pres-
crite par le congres.
Une loi du i3 mai 1796 a fixe l'etablissement militaire des Etats-Unis, et a revoqite
toutes celles precedemment faites pour le
meme objet.
II est compose d'un corps d'artilleurs et
d'ingenieurs, de deux compagnies de dragons-
tegers , qui doivent servir a pied ou a cheval
a la volonte du President, et de quatre regimens d'infanterie.
Le corps d'artilleurs et d'ingenieurs de sept
cent soixante - quatre soldats est divise en
quatre bataillons, chaque bataillon en quatre
compagnies. Chaque compagnie est commando e par un capitaine, deux lieutenans etdeux
cadets; chaque bataillon Fest par un major,
et le corps entier par un lieutenant-colonel m
(64)
qui a un adjudant general sous ses ordres.
Chaque compagnie de dragons est composed de cinquante-deux dragons , onze sergens ,
csaporaux, selliers , marechaux et trompettes,
et est commandee par un capitaine , deux
lieutenans et un cornette.
L'etat-major de chaque regiment d'infante-
rie est compose d'un lieutenant-colonel, de
deux majors , d'un adjudant, d'un caissier ,
d'un quartier-maitre , d'un chirurgien-major,
et de deux aides-chirurgiens. Chaque compa-
qgnie est commandee par un capitaine , un
lieutenant, un enseigne, et est composee de
soixante-deux sergens , caporaux , soldats et
musiciens. *"^«.
L'arntee est ainsi formee de deux mille sept
cent soixante-quatorze , sergens , musiciens ,
soldats, dragons et artilleurs.
Suivant cette loi l'etat-major de cette ar-
mee etait compose d'un major general, avec
deux aides-de-camp , d'un brigadier general
et d'un major de brigade ; mais cette partie
de la loi a ete rappeltee le 3 mai 1797 ; et
l'etat-major est reduit a un brigadier general,
k un major de brigade et inspecteur, que le
brigadier general choisit parmi les capitaines,
ou officiers subalternes de Faratee , a un juge-
avocat, k un quartier-maitre et un tresorier
general (65)
general choisi aussi, ainsi que les aides-de-
camp tentre les officiers de farmee par le bri-^
gadier general. .
La paye de Farmee consiste en solde ec
subsistance.
Le brigadier general re roit par mois cent
quatre dollars et douze rations par jour.
Le major general , l'inspecteur, le juge-1
avocat, le quartier-maitre et le tresorier, les
aides-de-camp , vingt-quatre dollars et quatre
rations , independamment de leur traitement
comme officiers de ligne.
Les lieutenans-colonels-commandans , soi--
xante-quinze dollars et cinq rations.
Les majors d'artillerie et de dragons , cin-
quante-cinq dollars etcinq  rations.
Ceux d'infanterie , cinquante dollars et cinq
rations
Les capitaines quarante dollars et trois
rations.
Les lieutenans, trente dollars ; les enseignes
et cornettes vingt-cinq dollars et chacun trois
rations.
Les chirurgiens-rriajors , quarante-cinq dollars et trois rations.
Lesaides-chirurgiens, trente dollars et deux
rations.
Les tresoriers-quartier-maltres et adjudans
Pome VIII* £ (66)
de regiment, qui peuvent aussi etre pris dansr
la ligne, recoivent, independamment de leur
paye comme officiers de ligne, dix dollars par
mois.
Le brigadier general, quand il est commandant en chef, et tous les officiers particuliers detaches pour commander, recoivent le
double des rations qui sont accordees a leur
grade lorsqu'ils ne commandent pas.
Le sergent-major et sergent-quartier-maltre
recoivent huit dollars par mois.
Le musicien-major et les autres sergens ,
sept dollars.
Les caporaux , six.
Les musiciens, cinq.
Les soldats , quatre.
Les ouvriers attaches au regiment, neuf.
Les gardes-malades a l'hopital, huit.
Tous ne regoivent qu'une ration.
La ration est composee d'une livre de bceuf
ou trois quarterons de pore, d'une livre de
pain ou de farine , d'un demi gill de [rum,
eau-de-vie ou whiskey , et d'un quarter de
sel, deux pintes de vinaigre ; deux livres de
savon et une livre de chandelle a partager
entre chaque centaine de rations.
Les rations sont ou fournies en nature,
©u payees en argent au taux commun des
denrees du pays ou sont les troupes., (67 )
Les foutrages sont aussi payes en argent
auk officiers a qui la loi enaCcorde i mais a un
prix constant qui est de seize dollars par
mois pour le brigadier general; douze pour le
quartier-maitre , l'inspecteur , le tresorier,
les lieutenans-colonels ; dix pour les majors
et aides-de-camp ; huit pour les capitaines de
dragons; six pour les lieutenans et les cor-
nettes ; dix pour le chirurgien-major ; six
pour les aides-chirurgiens , les adjudans et
quartier-maitre du regiment.
Les sergens, caporaux, musiciens et soldats
doivent, independamment de leur solde et de
leur ration, etre fournis par an chacun d'un
chapeau , d'un habit, d'une veste , de quatre
paires de pantalons ( deux de laine , deux de
loile) de quatre paires de souliers , quatre
chemises , quatre paires de demi bas, d'une
couverture, d'un col avec une agraffe de col
et d'une paire de boucles de souliers.
Leur engagement est pour cinq annees , et
ils recoivent pour leur engagement seize dollars , dont quatre ne leur sont payes que
quand ils sont arrives au corps.
Les officiers charges de recruter regoivent
deux dollars pour chacun des hommes qu'ils
engagent.
Les deserteurs sont punis de vingt dollars,
Ea IP,
(68)
d'amende, et condamnes a servir un nouvel
engagement complet du jour de leur sentence.
Les personnes qui les cacheraient ou les aide-
raient dans leur desertion, sont punissables
de trente dollars d'amende, et leur proces est
fait devant les cours de justice ordinaires.
Les militaires sont juges par des cours mar-
tiales dont le jugement doit etre vise par le
President des Etats-Unis.
Tout officier ou soldat en entrant au service prete et signe le serment de fidelite aux
Etats-Unis , d'obeissance au President, et k
ses chefs d'apres les loix et ordonnances de
guerre.
La loi qui a pour objet d'etablir une milice
uiiiforme dans toute 1'etendue des Etats-Unis;
est du mois >de mai 1792. Elle declare mili-
ciable tout habitant male et libre des Etats-
Unis depuis Fage de dix-huit ans jusqu'a celui
de quarante cinq : exceptant de ce service
tout officier public , tous les hommes employes au service de la poste , a celui des bateaux pour traverser les rivieres , les matelots
en activite de service , et tous ceux qui en
seront exemptes par les loix des Etats particuliers.
Cette meme loi ordonne 1'organisation de Ijf
milice en divisions ,   brigades ,   regimens , '( '69 |
fconipagnies; elle regie le nombre d'offi'cieri
pour chacune de ces divisions ; elle prescrit
la formation d'une compagnie de grenadiers
par bataillon , d'une d'artillerie et d'une
d'hommes a cheval par division. Ces deux compagnies doivent etre formees de volontaires
habilies et montes a leurs depens. Chaque mili-
ciable doit aussi etre arme a ses fraix.
Un adjudant general par Etat doit tenir les
roles de cette milice , et de la situation de son
armement.
Un inspecteur par brigade est charge de
1msauction de cette milice .aux epoques de
son r ass emblement; mais le tout est subor-
donne au gouverneur de I'Etat.
Une loi de Janvier 1795 fixe la paye de la
milice appetee pour le service des Etats-Unis.
Cette paye comprend les fraix de Fhabillement
dont les miliciens ont eux-memes du se pourvoir. Elle est de neuf dollars par mois pour
chaque sergent - major; huit dollars trente-
trois cents pour chaque caporal, musicienou
tambour; huit dollars a chaque ouvrier, et
six dollars soixante-six cents a chaque sol-
dat. Les officiers , sergens et cavaliers de la
troupe a cheval regoivent en outre quarante
cents par jour pour la remonte de leur cheval ,  et vingt-cinq cents pour sa nourriture.
Tome Fill *     E  3 ( 7« )
D'ailleurs les rations sont les memes que cellesi
de la troupe de ligne. Les officiers de milice en
regoivent la meme quantite, ils regoivent
aussi le meme traitement que les officiers des
troupes  de ligne.
' Enfin une autre loi du 28 fevrier de la meme
annee 1795, autorise le President des Etats-
Unis , dans le cas du danger d'une invasion par
quelque puissance etrangere , ou par les Indiens ; dans celui d'une insurrection sur le territoire des Etats-Unis, ou d'une desobeissance
combinee aux loix de FUnion , a convoquer
les milices d'un ou de plusieurs Etats , dans la
proportion et le nombre qu'il jugera necessaire.
Pour le premier de ces cas, le President fait
donner ses ordres directement aux officiers superieurs ou particuliers, commandant les corps
de milice qu'il veut faire marcher ; dans les
autres , il doit s'adresser aux legislatures des
Etats , si elles sont assemblees, sinon a leur
pouvoir executif.
Les milices en activite de service pour les
Etats-Unis , sont soumises aux ordonnances
rendues pour Farmee; mais chaque individu
ne peut etre oblige a un service plus long
que trois mois au-dela du jour ou il s'est pte-
sente au lieu d'assembtee.
Les cours martiales, pour juger les officiers yg)
bu soldats de milice, doivent etre composees
d'officiers de milice. Parmi les deiits dont les
miliciens peuvent etre coupables, la.desobeissance aux ordres du President est punie d'une
amende , qui ne peut exceder une annee , ni
etre au-dessous d'un mois de la paye du deiin-
quant. L'emprisonnement est la puni tion du
non-payement des amendes, qui sont elles-me-
mes les seules peines des fautes de discipline.
Quoique tous les miliciables doivent par la
loi se pourvoir d'armes a leurs fraix , et qu'il y
ait peine d'amende pour eux, s'ils n'en sont pas
pourvus , le plus grand nombre ne Fest pas
quand la milice doit etre assembtee, et sur-tout
quand elle est appetee pour un service actif.
Aussi les difterens Etats ont-ils, ou s'occupent-
ils d'avoir des armes en magasin pour les hommes qui en manquent, au moment ou le besoin
de I'Etat exige qu'ils en soient pourvus ; mais
ces approvisionnemens sont a peine commences dans plusieurs Etats; dans tous ils se font
avec une grande lenteur , et dans aucun ils ne
sont complets. L'Union a aussi des magasins
d'armes pour suppteer a Finsuffisance de ceux
des Etats , quand elle appelle les milices a son
service; ces magasins doivent contenir cent
mille armes ; ils n'en contiennent pas quinze
mille en etat. Chaque annee on en achette d
E 4 (?3   )
jiouvelles; mais chaque fois aussi que ces armes
sont donnees aux miliciens , qui doivent les
rendre apres leur service expire, ainsi que les
autres parties d'equipement, sous peine d'une
amende equivalente a la valeur de Farme, ou
de ce qui aurait ete perdu, il n'en rentre pas un
tiers au magasin.
Les fortifications sont une autre branche du
departement de la guerre , c'est-a-dire celles
faites par FUnion; mais elle n'en fait qu'aux
places, dont le terrein lui est entierement aban-
donne par I'Etat auquelil appartient- Beaucoup.
d'Etats , comme on Fa vu , repugnent a cette
cession; alors, s'ils veulent construire des for-"
tifications , il faut que ce soit a leurs propres
depens. Celles que fait et entretient FUnion,
sont en tres-petit nombre , et presque toutes
incomplettes. Les bons ingenieurs manquent;
il faut employer ceux que Fon trouve : ce sont
des etrangers qui, dans leur demi-savoir, sont
encore plus occupes de leur interet que de celui
des Etats-Unis. On fait de grands plans, les travaux se commencent a grands fraix, les fonds
mauquent Fannee suivante , etles fortifications
sont ou entierement abandonees, ou tellement
restreintes, qu'elles sont mauvaises ou insuffi-
santes , et.qu'ainsi Fargent depense les anrteesj
precedences Fa e$e sans utilite. (73)
Portland , daris la province de Main; Ports**
mouth , dans le New - Hampshire ; Glocester ,
Salem, Marblehead , dans le Massachusetts;
Newport, dans Rhode-island ; New-Yorck ,
dans I'Etat de New-Yorck; Mud-island; pres
de Philadelphie; Baltimore, en Maryland; Nor-,
folk, en Virginie ; Oecacock et Wilmington,
dans la Caroline du Nord; George-town , dans
la Caroline du Sud ; Savannah et St.-Mary en
Georgie , sont les seules places que Fon trouve
sur l'etat des fortifications des Etats-Unis; .et
celui qui les a vu toutes de ses yeux , sait
que bien peu d'elles devraient y rester.
L'ile du gouverneur a New-Yorck ; celle de
Sullivan a Charles-town; celle du Chateau, ou
Castel-island a Boston , devraient etre fortiftees
par FUnion; mais les Etats auxquels elles ap-
partiennent se refusent a lui abandonner la
souverainete du terrein ; d'ou il arrive que des
places importantes a fortifier ne le sont pas,
ou ne le sont qu'incomplettement. II en
resulte un danger non-seulement pour I'Etat
qui se refuse a la cession de son terrein, mais
aussi pour FUnion en general; puisque Fen-
tree d'un point principal n'etant pas complet-
tement defendue , ouvre son territoire , et
que personne n'ignore qu'il n'est de defenses
sures pour un pays, que celles qui sont le ( 74 I
resultat d'un systeme entier, combine dans
son ensemble comme dans ses parties sepa-
rees; or un tel 'system© n'existe pas encore
dans les Etats-Unis.
La marine est aussi chez eux une depen-
dance du departement de la guerre. Cette
marine n'existe point encore. En 1794 1 ^e
• commerce des Etats-Unis etant fortement
attaque par les Algeriens , le congres passa une
loi pour autoriser le President a acheter ou
■ faire construire quatre fregates de quarante-
quatre canons , et deux de trente-six. II regla
le nombre d'officiers , de matelots et de soldats , dont ces fregates devaient etre monies, et la paye des equipages. Celle des matelots , dit la loi, ne doit pas exceder vingt-
sept dollars par mois, independamment de la
ration , et cette solde considerable etait neces-
sitee par les gages plus considerables encore
que le commerce donnait alors aux matelots
qu'il employait. Le congres mit a la disposition du President six cents quatrevingt-huit
mille huit cents quatrevingt-huit dollars pour
les depenses de ces constructions ou de ces
achats. La meme loi portait que si les Etats-
Unis faisaient la paix avec Alger, les arme-
mens cesseraient a Fins^ant.
En 1796 , la paix  etant faite avec cette (7$T
puissance de pirates, une autre loi du congres
a autorise le President a faire achever la construction seulement de deux fregates de qua-
rante-qualre canons, et dune de trente-six ,
ordonnant que les materiaux en magasin , qui
etaient destines a la construction des trois
autres , fusseht conserves, s'ils pouvaient letre
sans crainte de deperissement, ou vendus,
dans Fautre cas.
Elle appliquait a Fachevement de ces trois
fregates, la par tie des six cents quatrevingt-huit
mille huit cents qnatrevingt-huit dollars votes
pour la construction des six , et qui n'avaient
pas encore ete depenses , et quatrevingt mille
autres dollars, votes aussi en 1796, dans le
moment oil l'Amerique craignait la guerre
avec FAngleterre, afin d'acheter et d'armer dix
petits batimens, pour la defense des cotes
des Etats-Unis.
A F avant- derniere session, et au commencement de 1797, le congres a encore accorde
pour ce meme objet cent soixante-douze mille
dollars, et dix mille autres dollars pour les
salaires,  etc. des capitaines.
A la derniere session en mai 1797, cent
quatrevingt-dix-sept mille six cents trente-six
dollars ont ete demandes de plus , et accor-
des, pour completter cet armement. (76)
L'estimation du secretaire de la guerre poiN
tait a cent trente-cinq mille huit cents soixante-
quatorze, dollars , la valeur , soit des mate-
riaux conserves des fregates commencees, et
contremandees, soit de ceux en magasin: ce
qui porte le prix jjtotal de la construction ,
armement et equipement de ces trois fregates , a un million douze mille six cents
cinqnante dollars , ou a huit mille cent
soixante six dollars par canon.
Ce prix enorme est du :
A Feloignement des bois qu'il a fallu alter
couper en Georgie , et pour lesquels le gou -
vernement a cru necessaire d'envoyer des
charpentiers des Etats du Nord.
A la lenteur avec laquelle les approvision«
nemens ont ete faits : tellement que les fregates commencees , les materiaux manquaient
pour les continuer. Ils etaient attendus de
jour en jour , et il fallait souvent payer le3
ouvriers.pendant des mois entiers , sans qu'ils
eussent du travail; car il eut ete difficile de
s'en procurer   d'autres , si on les  eut con-
Et sur - tout , au defaut d'economie dans
Femploi des materiaux , au defaut de surveillance et de prevoyance, qui se trouve
par - tout dans les depenses du departement t<77)
de la guerre des Etats-Unis; car il est evident
qu'avec plus d'inteiligence, desoinet d'ordre,
les fregates auraient pu etre construites pour
un grand tiers de depenses de moins. Les
soldes , subsistances , et reparations annuelles
de ces trois fregates sont estimies a trois cents
cinquante mille dollars. On conviendra que
c'est une parade bien chere. Car qu'est-ce
qu'une marine de FUnion de seize Etats qui
n'est composee que de trois fregates ?
Dans cette depense enorme de plus d'un
million de dollars pour la construction de
ces trois fregates, la depense occasionnee
par celle que les Etats-Unis donnent au dey
d'Alger, par une condition secrette du traite,
n'est pas comprise. Elle coutera environ cent
mille dollars, n'etant que de trente-deux canons , n'etant pas construite en cedre et en
chene verd comme les trois autres , et ayant
ete plus surveiliee pendant sa construction.
Le departement des Indiens est aussi une
des dependances du departement de la guerre.
C'est avec le secretaire de la guerre, que
correspondent les agens employes aupres des
Indiens , et c'est par lui que leur parviennent
les subsides en vertu du traite fait avec eux
par les Etats-Unis , ou les ptesens que leur
fait FUnion. Ces depenses s'etevent annuellement a cent mille dollars.. (7»)
Les depenses du departement de la guerre
se font sur des sommes que le congres vote
tous les ans a cet effet, d'apres l'appergu qui
lui est ptesente par le secretaire de la tresorerie , qui le regoit lui-nteme du secretaire
de la guerre.
Quelquefois les assignations de fonds pour
les depenses de la guerre, sont faites par un
acte particulier; plus souvent elles sont comprises dans le meme acte qui designe toutes
les sommes jugees necessaires pour la depense
totale du gouvernement. Mais toujours les
«ommes appropriees au departement de la
guerre , sont distinctement spedftees pour
tous les articles dont elles sont composees:
paye des troupes, subsistances, fourrages ,
habillement, equipement pour la cavalerie,
achat des chevaux , h6pitaux , artillerie ,
comptabilite, Indiens, depense des frontteres,
salaires , pensions militaires, entretien des
magasins , achat de munitions , armement
naval, etc. etc.
Les sommes destinees a ce departement
ont ete en 1789, de 137,000 dollars; en 1790,
de 194,144; en 1791, de 615,421; en 1792,
de 1,117,526; en 1793, de 1,168,375; en
1794, de 2,362,io3; en 1795, de 2,635,68o;
en 1796, de 1,437,100; et en 1797, de
a,637,932 dollars.
^       """l (79)
La grande augmentation des ddpenses de la
guerre pour les annees .1794 et 1795, resulte
de l'expedition de Pittsburg, dont je dirai un
mot, et qui a coute pr6s de douze cents mille
dollars.
Dans cette application de quinze cents
trente-sept mille neuf cents trente-un dollars
aux depenses du departement de la guerre
en 1797 1 P^uS ^'un million ont pour objet les
depenses propres de Farmee ; c'est-a-dire ,
solde , subsistance, fourrage , achat des chevaux , hopital. Les fortifications n'y sont que
pour vingt-quatre mille dollars ; et cependant
Farmee n'est composee que de deux mille
sept cent soixante et quatorze hommes. Il n'y
a pas d'assemblee de milice a entretenir ; car
les sommes votees a la derniere session de
mai, d'apres les craintes de la guerre, ne
sont point comprises dans cet etat; ni meme
les appointemens du secretaire de la guerre
et de ses commis , qui sont toujours places
parmi les depenses de la liste civile.
Le caractere de probite reconnue de ceux
qui ont ete a la tete de ce departement, rend
impossible tout soupcon contre leur fideiite;
et de plus, la maniere dont se font les depenses , la forme par laquelle le tresor public
fournit Fargent dont on ne peut jamais faire
8 (85)
usage que sur des traites motivees, 6teraient
tout moyen de prevarication, au moins considerable. Mais en comparant les depenses
excessives, faites pour le departement de la
guerre , avec l'exiguite de Farmee, le mauvais etat des fortifications r le modique resultat de ces grandes depenses , on ne peut etre
etonne d'entendre souvent imputer a ce departement un grand defaut d'intelligence et
d'ordre.
On a souvent, dans le congres , reproclte
aux secretaires de la guerre, de considerer
les fonds assignes k leur departement comme
un total dont ils pouvaient disposer pour les
differens objets de depense , sans s'assujettir.
k borner la depense pour chacun d'eux , aux
sommes partieulierement votees a leur intention : ainsi, de depenser , par exemple , plus
ou moins pour les fortifications que la somme
nominativement destinee pour leur construction ou leur entretien, en versant aux hopi-
taux , a Fhabillement, a la spbsistance, ou a
tels autres articles de ce departement, le surplus opete par Feconomie faite sur les fortifications , ou retranchant a ces divers articles
la somme que Fon aurait mise aux fortifications au-dela de celles prescrites par la loi.
Ce reproche a ete partie uherement fait a
l'egard (8i )
regard des depenses de Fexpedition de Pittsburg , pour laquelle le secretaire de la guerre
a fourni les fonds accordes par le congres aux
difterentes depenses de son departement ,<
sans avoir.pu le faire autrement qu'en suspen-
dant les divers payemens que les sommes votees
avaient pour objet.
II semble que ce reproche, quoique fonde
en droit dans sa se verite, est toutefois injuste.
Si Fexpedition de Pittsburg etait necessaire ,-
s'il etait indispensable de la faire avec la ceterite
et Fetendue qu'on lui a donnee , s'il y avait
reellement danger a la suspendre, la depense la
plus nrgente de FUnion etait done celle qui
donnait le moyen de Foperer, puisque d'elle
dependait le retablissement de Fordre public.1,
Tout delai aurait ete un plus grand mal; aucun
autre moyen de trouver des fonds rt'aurait ete
alors plus legal, ni meme possible. D'ailleurs,
la responsabifite du secretaire de la guerre,
et nteme celle du President restaient toutes
entteres , si le parti qu'ils jesgeaient alors indispensable tetait desapprouve par le congress
Je suis amene naturellement ici a parler
de cette expedition sur laquelle les opinions
etaient et continuent d'etre fort partagees.
Je n'etais pas encore en a^pterique quand elle
a ete determinee, et mes voyages ne m'ont
Tome VUL *    F (82)
jamais mene dans la partie de la Pensylvanie , ou Finsurrection a eu lieu. Je ne puis
done avoir d'autres renseignemens a cet egard
que ceux que je me suis procure en conversant avec les deux partis, et en lisant tout
ce qui a ete imprime a ce sujet.
Personne ne peut revoquer en doute qu'il n'y
eut alors dans les comtes de Westmoreland, de
la Fayette, de Washington et des Alleghanys ,
une opposition formelle a la leyee de Fimpot
sur les distilleries; Opposition qui avait deja,
tine .ftneijenne origine, opposition k main ar-
ntee ; combinaison et conspiration pour s'op-
poser a la perception de ce droit d'excise ;
resolution connue d'.employer la force contre
tous ceux qui voudraient ou demander cette
taxe, ou meme s'y soumettre; enfin, tout
ce qui caracterise une insurrection.
,%€teta dit queM. Hamilton, alors secretaire
de ,La tresorerie , aurait pu prevenir cette in-
esraeotimiy sanscomproruettrfe lelldorojts, en ne
maintenant pas ew place , contre le vceu du
pa^^tes officiers d'exdse , dont le caractere ,
la durete et la conduite etaient rejrrehen-
srbies^ten faisant poursuivre de bonne heura
par le moyen de la loi, les ojlposans a la per-
icSption de cette ta"afe. Ses ennemis attribuent
ce tort au desir de provoquer une^eesistance ( 83 )
assez prononcee pour que sa repression donhafe
plus de force a cet impot , dont il avait ete
le promoteur, qui n'avait ete consenti par le
congres qu'avec une grande resistance , et
qui etait generalement mal vu : ils lui attri-
buent meme Fintention de satisfaire ses
haines particulieres contre quelques - uhs de
ses ennemis personnels.
Connaissant le caractere de M. Hamilton
comme je crois le connaitre , je ne puis ad-
mettre la probabilite d'un tel reproche; mais
quand il serait fonde, il n'aurait pas ete une
raison suffisante contre Fexpedition , au moment ou elle a ete ordbnnee , lorsque Fin-
surrection etait formee ; etait etendue, pouvait devenir redoutable ; et ce n'est que de
sa necessite, ou:de son inutihte a cette epoque t
qu'il est ici question.
Quelques annees ,plut6t, une insurrection
qui avait aussi pour cause le non-payemenfc
des taxes , avait eu lieu, en Massachussetts.
Il etait important de ne pas laisser etablir
cet esprit de resistance funeste pour le tresor
public, plus funeste encore pour le maintien
de la constitution, et pour tous les biens qui,
dans un gouvernement regie, derivent de Fob >
nervation exacte des loix. II etait done necessaire d'agir contre cette insurrection, d'agir
F 2 (84)
avec assez de moyens pour que sa repression
ne fut pas douteuse , et d'agir promptement;
car le cours de la justice commengait a etre
suspendu dans ces cantons ; la chaleur des
esprits s'accrois>sait journellement, le nombre
des insurgens s'augmentait, les commissaires
envoyes vers eux par le President, etaient
revenus sans avoir opete Feffet desirable, et
c'etaient des hommes d'un caractere estinte.
Si le desordre n'eut done pas ete arrete dans
son principe, il y avait danger probable qu'il
n'eut des imitateurs dans d'autres points des
Etats-Unis ; et que Finsurrection de Pittsburg
elle-meme devenant plus formidable ne fut par
la suite le germe de serieuses dissentions inte-
rieures, qui auraient peuttetre entrante une
grande effusion de sang avant que Fon eut
pu les terminer.
A quel point M. Hamilton , car tout le
monde s'accorde a convenir qu'il a dirige
cette operation, a quel point, dis-je, a-t il
proportionne les moyens a la necessite ? C'est
sur quoi je h'entreprendrai pas de prononcer;
car la necessite etait, dans cette circonstance,
composee de differens etemens.
II fallait d'abord appaiser Finsurrection :
mais il fallait interesser l'opinion publique a,
Faneantissement de ce desordre] et par elle ( 85 )
pourvoir a ce qu'il ne se reproduisit pas a
Favenir. Cet important objet ne pouvait etre
mieux atteint que par la convocation de la
milice de plusieurs Etats. Les milices des
differens comtes de Pensylvanie , environnant
les lieux de Finsurrection eussent - elles ete
toutes unanimement disposees a servir dans
cette c9use, ce dont il etait permis de douter,
les employer seules eut ete risquer de semer
des germes profonds de discorde et de haine
dans cet Etat; ce danger etait sauve en appelant a ce service des milices des autres Etats.
C'etait d'ailleurs une occasion favorable
d'essayer la partie de la constitution qui met
au pouvoir du President des Etats - Unis la
convocation des milices des Etats particuliers , et d'eprouver l'attachement du peuple
americain pour cette constitution ; un tel
essai ne pouvait etre tente sous de meilleurs
auspices que sous la presidence de George
Washington, qui jouissait alors d'une popu-
larite  immense.
Qu'il s'y soit mete de Fanimosite particu-
liere de M. Hamilton , comme il en a ete
accuse, c'est ce que je repugnerai toujours a
croire ; son caractere s'oppose a cette opinion , et les raisons capitales qui motivaient
cette expedition j suffisaient seules pour en
£aire reconnaitre la necessite.       F 3 (86).
II se peut, et je suis porte a le penser, que
cette expedition , a laquelle quinze mille
hommes ont ete employes , n'aurait pas eu
moins de succes dans tous ses rapports , avec
une force des deux tiers moins considerable;
et que par consequent, la depense immense
qui a resulte de la marche de cette arntee
a travers un pays peu habite , et des appro-
visionnemens qu'il fallait tirer de Philadelphie,
aurait pu etre considerablement economisee.
L'exces de depenses au-dela de l'exacte necessite est sans doute un grand mal dans tout
gouvernement. Mais encore pourrait-on dire
que la demonstration de cette grande force,
que Fordre donne aux milices qui ne mar-
chaient pas de se tenir pretes a marcher au
nombre de quatrevingt mille hommes , ont
rendu lasoumission des insurgensplusprompte
et plus entiere.
Quoiqu'il en soit, ou de l'exces dans les depenses , ou des vues cacltees des hommes in-
fluens, Fexpedition a eu un effet desirable
pour tous les bons citoyens; Fadltesion aux
mesures du gouvernement, et Fattachement a
la constitution ont ete generalement expri-
ntes; ils ont ete manifestes, sincerement et
fortement par les tederalistes et par tes anti-
federalistes ; et quoique le parti oppose accu-
&at quelques-uns de ceux-ci d'etre les-pro,-* (87 )
moteurs de Finsurrection, aucun d'entr'eux
n'a pu seulement y etre trouve compromis.
Des hommes de difterentes opinions poli-
tiques, ont marche volontaires dans les milices de leur Etat', ont abandonne leurs
affaires, leurs families, pour servir la chose-
publique. Tous ont prouve que le maintien
de Fordre et le respect pour les loix etaient
unanimement regardes comme le devoir ,
comme Finteret de tout bon citoyen. Une
seule goute de sang n'a pas ete tepandue,
et le voeu general des difterentes parties
des Etats - Unis , a suivi cette expedition
dans toute sa duree, qui a ete de quatre
mois.
J'etais a Philadelphie depuis peu de jours,
quand la milice de cette ville est rentree de
cette expedition , et je trouve dans un journal que je tenais alors des impressions que
je recevais de tous les objets nouveaux dont
j'etais frappe , celle que me causa Farrivee
de cette milice; je la consigne ici.
« Les bataillons ne sont revenus de cette
33 expedition qu'au commencement de decem-
33 bre ; leur retour a vralment ete une fete
33 publique pour la ville ; non de ces teles
» que nous avons vu souvent ordonner en
» Europe par les gouvernemens , dont la
F 4
J ( 88)
grande depense, le tumulte et le desordre
etaient les resultats les plus certains; mais
de celles que Fesprit public seul peut donner et recevoir , et peut - etre seulement
dans une semblable occasion, dont le bien
public est Fobjet.
33 Le jour de leur arrivee etait annonce;
leurs freres d'armes restes a Philadelphie,
ou deja partiellement revenus de Fexpedition, se sont portes en corps a leur rencontre , a trois miiles en avant de la ville;
presque tous les habitans sont sortis de
leurs demeures , ou pour alter au - devant
de la troupe, ou pour se trouver sur son
passage ; la plupart avaient a y revoir un
fils, un frere, un cousin, un ami, un ob-
jet quelconque d'interet : tous y voyaient
les defenseurs de la loi, Fobjet de la reconnaissance publique. Les milices sorties
de la ville, ont, en rencontrant les autres,
forme leur avant-garde et leur arriere-garde;
celles qui revenaient ont. continue leur
marche. La foule qui les pressait n'en trou-
blait pas Fordre; leurs bataillons marchaient
en colonne par rangs a cinq ou six pas de
distance. Les hommes qui les composaient,
jeunes pour la plupart, avaient bon air,
marchaient bien: ils etaient vetus unifornte- (Sg)
' ment, et portaient un gros havresac, dont
i aucun ne paraissait fatigue. Leurs regards
» cherchaient et recevaient avec satisfaction
i ceux que Faffection et la joie leur en-
' voyaient de toutes parts ; mais ils ne sor-
l latent pas de leurs rangs ,  et   la tegula-
> rite de leur marche n'en etait pas infer-
rompue. C'est ainsi qu'ils ont traverse
la  ville au milieu   des   acclamations pu-
■ bliques.
33 Le   President , dont   la maison est  sur
> leur passage ,  en est sorti , a regu leurs
> saluts , a joint son applaudissement a celui
i de tous les autres citoyens ; et cet applau-
> disseinent a , pour les bataillons , surpasse
> a lui seul la valeur de tous les autres. Ar-
> rives devant la maison de 1'Etat, ils y ont
> remis  leurs   drapeaux   et   ont   ete licen-
> ctes.
33 Alors les parens, les amis, les amies,
> se  sont empares  de ces  soldats qui leur
> etaient rendus.   Le souvenir  de la crainte
> qu'on avait a leur depart des dangers qu'ils
f allaient  courir ,  augmentait  le plaisir  de
> les revoir , quoiqu'ils n'en eussent couru
i aucun; ils etaient serres, embrasses, con-
i duits chez eux ; chacun avait autour de
i lui un petit groupe ,  compose des objets (90 )
» auxquels il etait le plus cher ; et les d-
33 toyens, qu'aucun sentiment particulier n'y
» faisait reunir, applaudissaient avec atten-
33 drissement au repos et au bonheur que
33 ces enfans de la patrie allaient retrouver
33 dans leurs families. Hommes d'Europe ou
33 d'Amerique, personne n'etait etranger a ce
33 spectacle a-la-fois touchant et elevant. Les
33 larmes coulaient de bien des yeux. .
33 Tel est le redt exact de cette fete, ou
33 ceux qui y ont pris part ont ressenti plus
33 de bonheur que de gaite , et ou la chose
33 publique a du recueillir Fassurance de re-
33 trouver, toutes les fois qu'elle en aurait
33 besoin , le meme devouement que celui
33 qui venait d'etre ainsi couronne 33.
Relations avec les Indiens.
La loi qui a pour objet de regler les rapports des citoyens des Etats - Unis avec les
peuples Indiens dont ils sont enviromtes , est
de mai 1796. Elle n'a d'effet que pour deux
ans , ainsi que celles precedemment faites
a cet egard; mais elle contient des dispositions plus liberates, plus justes-, et sur tout
plus positivement expliquees que les prece«
denies. ( 90
Par cette loi, le President doit faire ddter-i
miner et marquer, aussi clairement qu'il sera
possible, les limites entre le territoire des Etats-
Unis et ceux occupes par les difterentes tribus
d'lndiens qui les avoisinent.
Il est defendu a tous les habitans des Etats-
Unis d'aller chasser, ou enlever des bestiaux ^
dans aucune partie des territoires reconnus,
par le traite etre la propriete ou la jouis-
sance des Indiens , sous peine d'une amende ,
de cent dollars et d'un emprisonnement de
six  mois.
II est defendu , sous peine d'une amendee
de cinquante dollars, et d'un emprisonnement
de trois mois, d'entrer dans le territoire des
Indiens au Sud de FOhio, sans le passeport
du gouverneur d'un des Etats , ou des com-
mandans militaires des postes voisins de ces
territoires.
Tout vol, escroquerie et deiit quelconque
commis contre les Indiens par un habitant
des Etats-Unis, et dans le territoire des Etats:
Unis , est puni d'une amende de cent dollars
et d'un emprisonnement de douze mois , inT
dependamment de la restitution des objets
votes ,  ou detruits, ou de leur valeur.
Si le deiinquant n'est pas en etat de payer
cette valeur , les Etats Unis en repondent, (92  )
pourvu toutefois que Flndien offense ne se
soit pas venge lui-nteme, auquel cas la restitution n'a pas lieu.
Tout habitant des Etats-Unis qui s'etablit
ou tente de s etablir dans le territoire des
Indiens, doit en etre rappele par le President des Etats - Unis , payer mille dollars
d'amende et etre emprisonne douze  mois.
Tout habitant qui tuerait, dans le territoire
des Indiens, un Indienappartenant a une tribu
en amitie avec les Etats-Unis , serait puni de
mort.
Tout commerce avec les Indiens est defendu sans une permission de Fagent principal des Etats - Unis sur les frontteres des
Indiens ou ce commerce/ doit avoir lieu; et
ceux qui Ont cette permission ne peuvent
acheter des Indiens aucun des ustensiles
utiles au menage, a la chasse , ou a Fagricul-
ture.
lis ne peuvent acheter , ni des Indiens, ni
des Blancs tesidaris parmi eux, aucun cheval
sans une permission expresse de Fagent principal.
Cette loi soumet les Indiens aux memes
defenses respectives que les Blancs^
L'Indien coupable peut etre arrete dans le
territoire des Etats-Unis. ttg
)M
'S'i
ne 1
est
pas
, Fh
abitant qui
2n- a-reed
douu
nage
loit
adresser
ses
plaintes
mo threes -
a Fagent d
2S E
tats
- Unis;  celui-ci
demande
satisf
action
a Ii
i na
ion
ou
tribu,
k laquelle
cet I
ndien
appartient, et en
rend compte au
Presi
dent.
Si la satisfaction n'est pas rendue, le tresor
des Etats-Unis dedommage l'habitant qui a
souffert de ces pertes , et cette somme est
prise sur les subsides accordes par les Etats-
Unis a cette tribu.
Les cours des Etats-Unis , et aussi les cours
des Etats particuliers , quand il n'y a pas peine
de mort a prononcer , connaissent de tous ces
deiits , meme quand ils ont eu lieu dans le
territoire appartenant aux Indiens.
Les troupes des Etats - Unis etablies sur la
ligne des frontieres des Indiens , doivent arreter les dehnquans Blancs, meme sur le territoire des Indiens , et ils doivent l'etre dans
toutes les parties des Etats - Unis ou ils seraient trouves.
Cette loi , sage et juste dans ses dispositions , est loin d'etre ponetuellement executee.
Les limites des Etats-Unis, voisines deslndieils,
sont habites par une espece de peuples ,
toujours en hostilite avec eux. L'avidite , le
desir et le projet de les piller , sont tes motifs (94)
du choix qu'ils ont fait de ces frontieres pour
leur etablissement, et la cause de la haine
constante qu'ils portent a ces Indiens.
Cette classe d'habitans est, au dire de tout
ce qui n'est pas elle, la plus mauvaise espece
de toute l'Amerique et a peu-pres du monde
entier. Les sentimens, et jusques a Fidee de
Fhonnetete et de Fhumanite lui sont inconnus.
Ce sont touS des hommes pillards etteroces;
et de bien tegeres nuances mettent quelque
distinction entr'eux a cet egard : aussi ne se
trouve-t-il le plus souvent, ni denonciateurs,
ni temoins , ni jurys ponr le proces qui de-
vrait etre fait a l'habitant quicommet un delit,
ou un crime, contre un Indien.
L'Antericain , sur-tout celui des frontteres ,
ne croit pas plus que l'Indien est un homme,
que certains colons des Antilles ne croyent
qu'un negre appartient a Fespece humaine.
Les vexations, les usurpations et les crimes
des Blancs contre les Indiens ne sont done
jamais punis, au moins les cas en sont - ils
tellement rares qu'on en pourrait a peine
citer un.
L'Indien de son cote, vexe , pilte, prend
l'habitude du vol et du pillage , dont il a
Fexemple , et dont il est la vietime; et comme
il etend, a la maniere sauvage, sa vengeance (9$)
sur tous les individus de la couleur de celui
qui Fa offense , les Blancs, s'il s'en trouvait
de moins disposes que les autres au vol et
a la haine contre les Indiens , prendraient
encore cette disposition par crainte, ou par
surete. Les Indiens disent aussi que ceux qui
se tiennent habitudlement aupres des frontieres, sont la plus mauvaise espece de leurs
tribus.
Le gouvernement des Etats-Unis manque
de force pour arreter ces desordres; les gou-
vernemens des Etats particuliers ne s'en oc-
cupent pas : chacun parte de cet horrible etat
des choses , comme d'un malheur dont les
principales, et sur-tout les premieres causes
et les premiers torts appartiennent aux
Blancs; mais- comme le mal est habituel, et
si ancien que Fon n'y voit pas le reutede facile, chacun en parte sans horreur.
Ainsi, il n'est pas possible de prevoir que
les cruelles et avides vexations commises
contre les Indiens par les Americains habitans des frontieres ayent jamais de fin. II faut
ajouter aussi' qu'il est peu d'Americains qui
n'ayent le desir, et meme le projet, s'ils pouvaient Fexecuter , de pousser les Indiens au-;
deli du Mississipi, et meme jusques dans la
mer du Sud, qui dans Fambilion peu refle^ IP'
(98)
chie de beaucoup d'entr'eux, est la seule li-:
mite que doivent avoir les Etats-Unis.
Une autre loi du mois d'avril de la meme
' annee 1796 , et dont la duree n'est egalement
que pour  deux  ans,  etablit  un  commerce
avec les Indiens, voisins des Etats-Unis , sous
Fautorite du President.
Cent cinquante mille dollars sont destines
a ce commerce, qui a pour objet de fournir
les Indiens de toutes les provisions et usten-
siles dont ils ont besoin , et d'acheter d'eux
des peaux et des fourrures.
La loi veut que les prix des objets vendus
aux Indiens soient regies de facon seulement
que les Etats-Unis n'y perdent rien de leurs
capitaux. Elle defend aux agens employes
dans ce commerce, d'en faire aucun pour
leur propre compte directement ou indirec-
tement., et de tromper les Indiens ; elle les
soumet a des amendes plus ou moins fortes,
< selon la nature de leurs contraventions a ces
dispositions. Les cours de district de I'Etat
ou les magasins pour ce commerce sont eta-
blis, ont connaissance de ces deiits.
Quand on connait Fesprit de ceux qui trai-
tent avec les Indiens , on est assnte que les
dispositions liberates de cette loi ne sont pas
. ponctuellement executees.
C'est <97)
C'est ici le lieu de dire un mot sur la question de la civilisation des Indiens.
Que la civilisation soit un bien ou un mal
pour ceux qui vivent dans Fimmensite des
bois necessaires a leur subsistence , c'est une
question toute metaphysique que je n'ai pas
l'intention de traiter.
Mais que les Indiens depouiltes des dix-
neuf vingtiemes de leur territoire, et resser-
res au milieu des Blancs dans un terrein qui
ne peut pourvoir a leur vie sauvage , doivent
etre civilises, c'est une verite incontestable:
car dans une telle situation il faut ou tra-
vailler a leur civilisation , ou las detruire;
et ce dernier parti ne peut etre encore hau-
tement avoue.
On trouye l'opinion etablie en Amerique ,
parmi ceux m6me qui paraissent les plus
exempts de prejuges, ,que les Indiens ne peuvent jamais etre civilises ; que l'education la
plus suivie , les soins les plus prolonges ne
• peuvent rompre leurs habitudes sauvages ,
auxquelles ils recourent avec passion dusein
de Faisance et des mceurs de la societe blan-,
che , et on cite une infinite d'exemples
d'Indiens , qui eleves a Philadelphie , a New-
Yorck , et meme en Europe , n'ont cesse d'y
soupirer apr6s leur tribu , et ont tout quiijg;
Tome VIII G (98)
pour alter la rejoindre des qu'ils en ont ett
la facilite. Ainsi cette assertion appuyee de
tant d'exemples devient une verite regue.
Cependant il n'est aucun raisonnement qui
puisse permettre de croire a cette ptetendue
verite ; et les preuves de faits que 1'on met
en avant pour la soutenir , ne sont pas de
nature a forcer le raisonnement a se taire.
Les Indiens, dont Feducation a ete tentee,
ou que Fon dit Favoir ete, avaient deja passe
quelques annees de leur vie dans la tribu k
laquelle ils appartenaient , transportes seuls
de leur espece au milieu des Blancs , differens
de langage of iginaire, d'habitudes premieres et
de couleur, meme souvent de vetement, ils y
etaient comme isotes, ils etaient vus par les
Blancs comme des hommes d'une espece difte-
rente; on ne tentait meme pas de leur faire
oublier qu'ils etaient d'une nation existante,
dont les mceurs , les habitudes avaient fixe
leur premiere' attention , et avaient ainsi fait
sur eux une impression profonde ; si arrives 1
a Fage d'hommes ils eprouvaient pour une
blanche Faffection qui les portait au desir de
s'unir a elle , la difference de couleur e"tait
un obstacle insurmontable. Peut-on s'etonner
que ces Indiens s'empressassent a recourir a
leur tribu , dont le souvenir n'etait pas eteint (99)
en eux, et ou seulement ils pouvaient trou*
ver des semblables ,  et tous'les plaisirs qui
attachent l'homme a la vie ?
De ces exemples tant cites il resulte done
qu'un Indien eleve a trois cents miiles de sa
nation dans un college americain, peut dif-
ficilement oublier ses habitudes originates ,
et cesser de les preterer ; voila tout ce qu'on
peut en dedulre. Encore voit-on dans le Connecticut , dans I'Etat de New-Yorck, un nombre assez considerable d'Indiens , hommes et
femmes attaches comme domestiques a des
families blanches europeennes ou devenues
americaines, et y servant aussi bien , aussi
constamment que ceux d'une autre espece.
Mais cela ne signifie rien quand a la civilisation des' nations entteres, qui est le seul
objet dont on puisse se promettre , et pour
elles-memes et pour la societe en general, une
utilite redle. La pdiible difficulte avec laquelle se reforment les plus petites habitudes
d'un peuple police , d'une famille , meme d'un
individu , montre assez de quels obstacles
doit etre accompagnes la civilisation d'un
peuple sauvage ; et cependant au milieu de
nos grandes societes , les lumteres environ-
nantes les peuples, les families , les individus
polices offrent un puissant secours a la te-
G 9 (   100  )
forme. Ce ne seront done que des soins con-
tinuels donnes " selon le3 progres et les cir-
constances , et prolonges aupr6s de plusieurs
generations successives , qui pourront operer
cette civilisation entiere , laquelle , encore
une fois , ne saurait l'etre que graduellement.
La conviction de Futilite de cette fia peut
seule faire triompher des obstacles qui s'y
opposeraient , et en triomphera avec certitude. II n'est, ni de mon sujet , ni de
Fetendue de cet ouvrage d'en indiquer la
marche. Les hommes , a^iis de l'humanite ,
les trouveront facilement dans leur intelligence et dans leur courage; mais des individus , des societes meme n'opereront jamais
cet utile changement, si les gouvernemens
dans le territoire desquels se trouvent les
tribus indiennes n'y concourent de toute leur"
volonte. Or celle-ci ne pourrait etre que le
resultat de leur conviction intime des avantages de cette tentative ; et jusqu'ici aucuns
des gouvernemens americaips ne paraissent
etre penetres de cette conviction; tous en-
visagent au contraire la parcelle de terre laissee a ces pauvres Indiens comme Fapanage
de leur propre souverainete , comme une
sorte de ptet que leur bienveiilance veut bien
faire a ces malheureux ; ce sont a leurs yeux ( »oi )
des h6tes passagers qui ne doivent   pas  de-
meurer longtems dans leur territoire.
De telles idees, plus ou moins avouees,
nourries par la cupidite, rejettent bien loin
celle d'un projet de civilisation , et donnent bien plus de consistance aux ptejuges
qui font croire cette civilisation impossible.
Cependant quelques tribus, les Oneydas,
par exemple , dans I'Etat de New - Yorck ,
quelques autres dans le Canada , sont assez
avancees vers ltetat de civilisation ; elles
travaillent, cultivent , trafiquent , et sentent
meme la itecessite d'une civilisation enttere.
Les Quakers, les Moraves en portent les
principes dans des tribus plus eioignees ;
mais leurs respectables efforts ne peuvent rien
produire d'utile , ou du moins de complet
sans Finfluence et la direction des gouvernemens. La civilisation de ces peuples doit etre
une ceuvre de legislation , d'adm inistration
generate , elle est au-dessus des efforts de
Fesprit de charite ou d'assistance particuhere.
Les soctetes bienfaisantes dont je viens de
parler pourraient y etre employees avec uti-
lite ; elles sont de generation en generation
susceptibles de la longue patience, du courage
.inalterable, qui en assurera les succes ; mais
encore une fois, elles ne peuyent etre a cet
G 3
Tl (   102)
ggard que les" instrumens d'un gouvernement
edaire, qui , convaincu que la civilisation
des Indiens vivans vers ces frontieres , est
un bienfait pour Fhumanite, un moyen d'aug-
mentation de debit pour les productions de
son territoire, une augmentation de richesse
pour ses citoyens et de puissance pour son
Etat et pour FUnion , concevra et suivra sans
relache les moyens d'y parvenir.
C'est cette revolution.dans les esprits des
gouvernemens americains qu'il faut desirer
sans en concevoir trop Fesperance. Elle cheque trop d'interets particuliers , qui bien que
tres-contraires k 1'interet general, n'en par-
lent pas moins haut , et n'en sont pas moins
ecoutes.
Naturalisation.
Le droit de citoyen , ou la naturalisation,
que les Etats bontes dans leurs limites et txes1-
populeux , peuvent trouver politique d'accor-
der avec difficulte , doivent etre rendus plus
faciles a. obtenir dans un pays d'une immense etendue , d'une population tres-dispro-
portionnee , et ou les capitaux et l'industrie
etrangere sont necessaires.
En 1790 le congres fixa a deux annees de ( io5 )
residence dans le territoire des Etats-Unis,
dont une dans le meme Etat de FUnion , la
condition suffisante pour etre naturalise citoyen des Etats-Unis. Le serment fait devant
quelque cour que ce fut , d'etre fidele a la
constitution , et de la defendre etait la seule
formalite exigee , et cette naturalisation du
pere entrainait de droit celle de ses enfans,
dont Fage etait au-dessous de vingt-un ans
lors de son serment, fussent-ils nes dans une
terre etrangere.
En 1793 les conditions furent rendues plus
difficiles. L'insurrection de Pittsburg venait
d'avoir lieu. Le gouvernement Fattribuait aux
etrangers recemment arrives d'Irlande, qui
formaient , assurait-il, le plus grand nombre
des insurges, et qui faciles a egarer par les
factieux presentaient le danger certain de
porter aux places les gens qui abusaient aussi
dangereusement du credit qu'ils savaient
prendre sur eux. II fallait eviter ce mal pour
Tavenir, en rendant plus difficile le droit de
voter aux elections, ce qui ne se pouvait
qu'en diminuantla facilite accordee jusqu'alors
a la naturalisation. Ainsi raisonnajt le parti du
gouvernement.
Le parti de l'opposition se pretait a la
meme mesure, mais par des motifs differens.
G4 Ii
( p 5
Le sort de la revolution francaise ntetait pas'
encore fixe. II semblait probable q\ie plus
d'un Etat en Europe etait destine a eprouver
des revolutions. Les classes les plus riches ,
celles qu'on appelle en Europe les plus dis-
tinguees , devaient encore, suivant la vrai-
semblance, etre victimes de ces revolutions ;
un grand nombre de ces individus devaient
done venir chercher asyle en Amerique , et y
apporter ce qu'ils pourraient sauver de leurs
fortunes : ils devaient y apporter aussi leurs
habitudes et leurs ptejuges, absolument con-
traires a Fesprit republicain que ce parti voulait entretenir et ranimer , et fort analogue a
Fesprit aristocr.atique qu'il accusait Fautre
parti de vouloir introduire. Une plus grande
difficulte , mise a Facquisition du droit de
citoyen, eloignait ce danger , et diminuait
probablement meme le nombre des emigrans
de cette classe.
C'est k cette combinaison des calculs des
deux partis , quest due la nouvelle loi de naturalisation, qui , ayant eprouve de longs et
vifs debats dans ses details, etait, dans son
intention capitate , desitee de.s deux cotes.
Par cette loi , le tems exige pour etre citoyen des Etats-Unis est porte a cinq annees
-de residence dans leur territoire, dont Fune (m)
dans I'Etat ou le nouvel arrive fait son serment. Trois ans au moins avant qu'il soit
admis a ce serment definitif, il doit se presenter devant une des cours federates , et y
declarer, sous serment , que son intention
sincere est de devenir citoyen des Etats-Unis ,
et de renoncer a toute dependance et fideiite
pour aucun Prince , Potentat, Etat, ou Souverainete quelconque , en spedfiant particu-
lterement le Prince, I'Etat, ou la Souverainete
dont il est actuellement sujet. Son serment
definitif, fait aussi devant une cour federate ,
doit exprimer la meme position , renoncia-
tion , et celle de ses titres de noblesse, s'il
appartenait a. cette classe dans le pays ou il
est n6 , ou dont il arrive ;. il y doit joindrele
serment de fideiite a la constitution des Etats-
Unis. Ces deux sermens sont enregistres dans
les cours ou ils sont faits.
Les dispositions de la loi, pour le titre que
donne aux enfans au-dessous de vingt-un ans ,
la naturalisation de leurs peres , sont les
memes que dans la loi precedente.
La condition de cinq annees de residence,
exigee par cette loi pour etre naturalise citoyen des Etats - Unis , n'est pas exigee de
ceux qui etaient arrives en Amerique avant sa
promulgation;  ils peuvent l'etre apres deux m
(106)
anS; mais le serment prescrit par cette nouvelle loi est indispensablement exige.
Denombrement et population.
"Lb. constitution, en prescrivant que le denombrement general de tous les habitans des
Etats-Unis fut fait dans les trois annees qui
suivraient son acceptation , ordonnait, que ,
par la suite , le meme denombrement serait
renouvete tous les dix ans ; et laissait au. congres a en regler le mode par une loi. Cette
loi a ete passee le ier. mars 1790.
Le marechal de chaque district (*) est
charge en chef du denombrement de I'Etat
ou ii exerce ses fonctions. Il peut se faire
aider , dans ce travail, par autant d'assistans
qu'il le juge a propos. II doit en adresser
le resultat au President des Etats - Unis ;
distinguant, dansle tableau de la population ,
la population male et fibre au-dessous et au-.
(*) Cet office est le meme aupres des cours de justice des
Etats-Unis, que celui de sheriff aupres de celles des Etats
particuliers; le district n'etant autre chose qu'un Etat,;
consid^re seulement sous le rapport de Fordre judiciaire ^
c'est l'etendue du ressort d'un juge de district, et on a
vu a l'artiole de l'ordre judiciaire qu'il y en a un par Etatjg ( io7 )
dessus de seize ans, les femmes et filles libres
de tout age , et les esclaves.
Les Indiens , qui peuvent habiter les districts , ne doivent pas etre compris dans tes
etats de population.
Chaque assistant doit , avant d'envoyer son
travail au maredial, Fafficher dans deux ou
trois des lieux d'assembtees les plus ftequen-
tes de son arrondissement, pour y recevoir
les corrections que les habitans jugeront, aveo
connaissance de causes , devoir y etre faites.
Chaque chef de famille , qui se refuser ait
a donner a Fassistant, lors de son travail, le
denombrement de sa famille, ou le lui don-
nerait incorrect, encourrait la peine d'une
amende de vingt dollars. L'assistant en encourrait lui meme une de deux cents dollars,
si son travail etait incorrect, ou s'il n'etait
pas envoye au marechal du district a l'epoque
prescrite. Le maredial serait lui-meme puni
d'une amende de huit cents dollars, s'il alte-
rait le travail de ses assistans , ou s'il n'en-
voyait pas le sien au President des Etats-Unis
dans le tems ordonne.
Chaque marechal regoit, pour salaire de ce
travail, depuis deux, cents jusqu'a cinq cents
dollars , selon Fetendue de son district. L'as-<
sistant pour son travail particulier, regoit aut ( io8)
tant de dollars qu'il a den ombre de fois cent
cinquante personnes dans les campagnes , ou
trois cents personnes dans les villes , dont les
habitations sont contigues.
Quelquefois il regoit le meme salaire, en
raison de chaque fois cinquante personnes ,
quand son travail doit se faire dans les lieux
ou le* habitations s.ont tr6s-eparses.
Les juges de district reglent i'application de
ces proportions d'apres 1'avis, et a la demande
du marechal.   *
Chacune des copies que Fassistant fait affi-
fcher de son travail lui est paye deux dollars.
Tout ce travail du denombrement doit etre
fait en neuf mois. La depense totale en est
estimee a quarante mille dollars chaque fois
qu'il a lieu.
Le denombrement fait en 1791 , en vertu
de cette loi, a donne pour resultat une population de trois millions neuf cent vingt-neuf
mille trois cent vingt-six habitans , dont trois
millions deux cent trente-un mille six cent
vingt-neuf libres, parmi lesquels cinquante-
sept mille sept cent sept negres ou personnes
de couleur, et six cent quatrevingt-dix-sept
mille six cent quatrevingt-onze esclaves.
Dans ce nombre, les habitans du territoire
de FOue6t ne sont pas compris ; mais la po-.
L_ ( *og )
pulation y est si peu considerable, que sort
addigon n'ajouterait aucune difference im-
portante au nombre total.
On croit, et sur une suite d'observations
partielles qui ptesentent quelque vraisem-
blance, que la population se double tous lefi
quinze ans dans les Etats - Unis , et Fon ne
compte pour rien dans ce calcul Immigration
d'Europe, qui varie plus ou moins annuellement, qui est aujourd'hui moins forte qu'elle
ne l'etait il y a quelques annees, et dont le
nombre exact ne peut jamais se connaitre »
parce qu'aucun registre n'en st tenu dans les
difterentes. parties oh arrive cette emigration,
principalement composee d'Irlandais. Mais
pour ne pas faire un calcul trop avantageux
sur Faccroissement de la population des Etats-
Unis, je ne la suppose doubtee qu'en vingE
ans, c'est-^-dire de cinq pour cent par annee,-
Elle etait en 1791 de quatre millions ; elle
sera en vingt ans portee k huit millions; en
quarante ans a seize; en soixante a trente deux;,
en quatrevingt k soixante-quatre; et en quatrevingt cinq ans a quatrevingt millions : alors
le territoire des Etats-Unis sera peupte dans
la meme proportion que Fetait la France avant
la revolution.
Car Fetendue du territoire poss6de ou ord* m
( no )
tendu par les Etats-Unis etait apres la guerre,
de six cent quarante millions d'acres*
Dont il fallait deduire pour les lacs et rivieres cinquante-un millions ; restait cinq
cent quatrevingt-neuf millions d'acres.
Sur quoi les Etats-Unis en ont cede aux
Indiens dont ils ont recpnnu les droits , deux
cent vingt millions.
Ce qui teduisait la possession a trois cent
soixante-neuf millions.
Mais par le traite avec FAngleterre en 1795,
leur territoire a ete accru dewngt-trois millions d'acres.
Letendue actttelle est done de trois cent
quatrevingt-deux millions d'acres.
Dans ces calculs j'ai neglige tes appoints ;
les geographes et les arpenteurs americains
portent l'etendue du territoire a trois cent
quatrevingt-deux millions quatre cent vingt-
un mille sept cent cinquante acres.
La France, lors du denombrement fait par
1'assembiee constituante, avait vingt-sept millions cent soixante-neuf mille habitans , et
son etendue etait a la meme epoque ante-
rieure a ses conquetes, de -vingt-six mille
neuf cent soixante lieues quartees de deux
mille deux cent quatrevingt toises a la lieue,
dont le total egal cent trente-un millions < m >
'deux cent -vingt-deux mille deux cent qua*
trevingt-quinze acres ; elle etait avec les Etats-
Unis, quant a l'etendue du territoire, comme
neuf a vingt-six ou a peu-ptes.
II fault done aux Etats-Unis une population
de quatrevingt millions d'habitans on. a-peu-
pres, pour etre peuptes dans la meme proportion que la France, et on a yu que d'apres
. les calculs les moins favorables, ils devaient
y etre parvenus en 1876.
Voila sans doute un fonds enorme, une
grande et immanquable source de prosperite,
quand sur-tout une telle population est desti-
nee a etre repandue sur des terres faciles a
rendre fertiles , sur un pays arrose des plus
belles rivieres , avec les moyens d'une navigation interieure presque dans tous ses points.
II est vrai que cette progression croissante
de population peut-etre diminuee par plusieurs
circonstances; que meme il n'est pas douteux
que cette progression deviendra moins forte ,
a mesure que la population arrivera a un plus
grand nombre. Car alors les mariages seront
moins fitequens, moins hatifs, et probablement
moins feconds. Mais il n'est pas necessaire
aux Etats-Unis d'arriver a ce haut terme de
population pour mettre a profit Fabondance
£t la richesse de leur sol, pour entretsnir une < !■
Industrie active, et alimenier de ses produits
un commerce solide et riche-; et dussent-ils
n'arriver jamais qu'aux deux tiers ou a la moi-
. tie de la population , a laquelle les calculs in-
diquent qu'ils pourraient parvenir en quatre-
vingt-cinq annees, ils en auront plus qu'il n'en
sera necessaire pour etre une nation riche,
heureuse, et respectable. De mauvaises loix,
des principes illiberaux ou irrefiechis dans les
legislatures ou dans le gouvernement, peuvent
seuls s'opposer a la prosperite et a la grandeur
qui est leur destinee.
Monnaie des Etats - U;
ms.
Les Etats-Unis ont un hotel des monnaies.
La loi qui en ordonne l'etablissement est du
mois d'avril. 1792. Elle regie la division, les
, valeurs, et le titre de la monnaie des Etats-
Unis.
La division de ces monnaies et leur valeur
sont:
Monnaie d'or.
L'aigle, valant dix dollars.
Le demi aigle, valant cinq dollars.
Le quart d'aigle, deux dollars etdemi.
Monnaie ( »3 )
Monnaie d'argent.
Le dollar, valant cent cents.
Le demi- dollar, valant cinquante cents.
Le quart de dollar, valant vingt-cinq cents\
La dixrne, valant douze cents et demi.
La demi-dixme, valant six cents et un quart.;
Monnaie de cuivre.
Le cent, valant un centteme de dollar.
Le demi-cera£, valant un cinquantieme de
dollar.
Le titre de ces monnaies est:
L'aigle doit contenir 247. grains et demi
d'or pur, ou 270 grains dor au titre, qui est
ainsi regie ; 11 parties d'or pur dans douze,
et un douzieme.en alliage dont la moitie a-
peu-pres doit etre en argent.
Le demi-aigle doit contenir 123 grains et
trois quarts de grain d'or pur, ou i35 grains
d'or au titre.
Le quart d'aigle doit coriteftir 61 grains d'of
pur, ou 67 grains et demi d'or au titre.
Le dollar doit contenir 371 grains et un
quart d'argent pur, ou 416 grains d'argent au
titre.
Le titre de Fargent est mille quatre cent
quatrevingt-cinq parties d'argent pur, contre
Tome VIII H ( ».4 )
cent soixante-dix-neuf parties d'alliage , qui
est du cuivre pur.
Le demi - dollar doit contenir cent quatre-
vingt-cinq grains et cinq huitiemes de grain
d'argent pur , ou deux cent huit grains d'argent au titre.     '^.■-<Ssl
Le quart de dollar doit contenir quatre-
vingt-douze grains et treize seiziemes de grain
d'argent pur , ou cent quatre grains d'argent au  titre.
La dixme doit contenir trente-sept grains et?
un huitieme de grain d'argent pur , ou cin-
quante-deux grains d'argent au titre.
La demi-dixme doit contenir dix-huit grains
et un seizieme de grain d'argent pur , ou
yingt-six grains d'argent au titre.
Le cent doit contenir onze deniers de poids
de cuivre.
Le demi-cent doit en contenir cinq et demi.
Les monnaies d'or ou d'argent, doivent selon la loi , porter sur une de leurs faces une
figure embtematique de la liberte , et Fins-
crip tion du mot liberte, et sur Fautre face Fai-
gle des Etats-Unis, avec les mots Etats-Unis.
Les monnaies de cuivre doivent, a la place
de Faigle americain, porter comme inscription la denomination de leur valeur.
La valeur proportionnelle de For et de Far- ( »5)
gnt monnoye , au coin des Etats-Unis, est
determinee d'un a quinze en poids d'or et
d'argent pur ; c'est-a-dire qu'une livre d'or
^quivaut a. quinze  livres d'argent.
Cette loi contient d'ailleurs toutes les dispositions reglementaires necessaires a cet etablissement , et charge le President d'ordonner et
de surveiller les depenses des batimens , machines , etc.
Tous les comptes des Etats-Unis doivent
se faire en cette denomination de monnaie.
Le dollar d'Espagne est la seule piece de
monnaie etrangere qui ait cours dans les
Etats-Unis comme monnaie , toutes les autres
qui avaient regu une evaluation par la loi,
ne sont depuis 1795 , regues qu'au poids.
Un rapport du comite de la chambre des
representans a rendu compte au commencement de 1795 , que la Monnaie, depuis son
etablissement, n'avait frappe en monnaie de
cuivre, que 1,087,500 cents, egaux en valeur a 10,875 dollars ; et en monnaie d'argent
que 34,i65 dollars. II attribue l'exiguite de
ce produit aux differens embarras et retar-
demens que la Monnaie a trouves dans le
complettement de son etablissement, dont
les depenses etaient alors elevees a 58^3g4
dollars.
H a
v& 1116)
Le directeur de la Monnaie, entrant en
office a la fin de Fannee 1795, en exposant
la situation de la Monnaie, au jour du commencement de son administration , etablit
d'apres les releves des registres , que les pieces
de monnaie deja fabriquees depuis le principe
de l'etablissement et remises au tresor des
Etats-Unis, etaient au premier decembre 1796:
Aigles. ...  8,875.
Demi-aigles.  12,106.
Quarts d'aigles  66.
Dollars  272,941.
Demi-dollars  323, i44»
Quarts de dollars  5,8g4.
Dixmes  22,135.
Demi-dixmes  q6,646.
Cents t  2,140,732.
Demi-cents  268,014.
Valeur totale, 4i4»i75 dollars 70 cents.
La plus grande partie de cette monnaie a
ete frappee dans Fannee 1796. Cet etablissement est jusques ici plus a charge qu'utile
aux finances des Etats-Unis*. En cteduisant la
valeur des monnaies frappees remises au tresor,
il avait coute a la fin de 1796 plus de cent
vingt mille dollars, et le secretaire de la tresorerie , dans son estimation des depenses de ( H7 )
l'annee 1797,   porte a quatorze mille celles
attribuees a la Monnaie.
Onestimea huit millions de dollars la valeur
de la monnaie en circulation dans les Etats-
Unis.
Appercu succinct sur le climat et les
mceurs des Etats - Unis.
Le territoire des Etats-Unis est coupe dans
toute sa longueur par une chaine de montagnes qui est la meme sous differens noms.
Quelques autres montagnes s'embranchent a
cette chaine dans differens points de son eten-
due, mais n'en ont elles-memes qu'une ttes-
borttee. La longue chaine qui fait la division
des Etats-Unis, court du Nord-est au Sud-
oues*t. Les plaines laissees entr'elles et la mer
sont tres-(etroites dans les provinces du Nord,
et le terrein y est generalement pierreux,
quoiqu'assez productif dans plusieurs points.
De la Pensylvanie a la Caroline du Nord,
les plaines s'eiargissent et le terrein est d'un
sable gras , argileux et fertile; mais elles
stetendent bien plus encore de la Caroline
du Sud a la Floride; le terrein alors est bas,
plat, couvert d'eau , et semble un delaisse-
. ment de mer peu anciem
K I 5 I
A 1'Ouest de cette longue chaine de montagnes , le vaste pays qui stetend jusqu'au Mis-
sissipi est de la plus grande fertilite et arrose
des plus belles rivieres qui. se jettent dans ce
grand fleuve ou dans FOhio qui, apres un
cours de quinze cents miiles , s'y jette lui-
merae.
C'est cette longue chaine de montagnes
qui fait la division des eaux qui viennent
rejoindre FAtlantique, et de celles qui, se
jetant dans le Mississipi et dans les rivieres
qui s'y dechargent, vont gagner le golfe du
Mexique; comme il semble que les montagnes
Jaunes, a huit cents ou neuf cents miiles au-
dela du Mississipi , divisent les eaux qui se
jettent dans ce fleuve d'avec celles qui se
jettent dans la mer du Sud.
La grande difference de latitude en produit
une proportionnee dans les climats des differens Etats. La neige couvre le Vermont et
la province de Main pendant cinq ou six
mois de Fannee , et Fhiver y en dure sept ,
tandis que Fhiver n'existe presque pas dans la
Caroline duSud, et moins encore en Georgie,
et que quand par hasard la neige y tombe ,
elle ne reste pas deux jours sur terre.
La variation subite dans la temperature,
est un caractere comrmun au climat des differ < "9)
rej^s, Etats. II n'est pas rare de voir le ther-
montefcre descendre ou s'eiever en vingt-quatre
heures de 25 degres , selon la graduation de
Farenheit, equivalant 11 degres 1 neuvieme
de la graduation de Reaumur. Je Fai vu plusieurs fois , et particuherement en avril 1796,
descendre en douze heures , du vingtteme degre de Reaumur , egal au soixante et dix-
septieme de Farenheit, a cinq de Reaumur,
egal a quarante-quatre et demi de Farenheit,
et cette meme observation a ete faite a Wilmington en Delaware , et a Baltimore.
Le froid est d'ailleurs incomparablement
plus fort et plus durable en Amerique qu'en
Europe, dans les memes latitudes , et la cha-
leur plus briilante, plus oppressive, et plus
insupportable. ■%■.&&$
II est meme a remarquer que dans les difterentes latitudes du continent de l'Amerique
septentrionale , la chaleur diftere plus par
sa duree que par sa force ; en 1795, j'ai vu
dans le Haut-Canada le thermometre de Farenheit eieve en juillet au quatrevingt-douzteme
degre ; dans le mois d'aout de la meme annee,
je Fai vu- a quatrevingt-seize a Albany. A
Savannah en Georgie, il n'est pas commun
qu'il s'eteve au-dela; et de Newark en Haut-
Canada , ou Albany dans I'Etat de New-Yorck,
H 4 (   120)
k Savannah , il y a une difference de qua-
torze degres de Jatitudef^nmais le thermometre
.reste un ou deux mois a Savannah a cette ele
vation , et rareme
les Etats du Norc
Cette grande vs
sensibiement la s;
Unis. On devient
deux jouis de suite dans
abilite du climat affecte
le des habitans des Etats-
n Amerique plutot vieux
qu'en Europe, et les vieiflards dun age avance
y sont beaucoup plus rares , sur-tout dans les
Etats plus Sud que la Nouvelle Angleterre.
L'influence du climat est encore plus sensible sur les femmes. Jeunes , elles sont ge~
neralement jolies , et le sont plus particuhe--
rement encore a Philadelphie ; mais des vingt
ans elles commencent souvent a perdre de
leur fraicheur; a vingt-cinq beaucoup d'entre
elles seraient prises pour des Europeennes de
quarante ; leurs couleurs sont passees , leurs
formes s'alterent deja.
Si elles ont ete plut6t meres , leur change-
ment a ete plus premature encore; cependant,
ni les veilles, ni Fabus des liqueurs chaudes ,
ni le defaut d'exercice, ni un exercice iramo-
dere , ne peuvent servir de pretexte a cette
precoce altera;ion. Si dans les Etats de l'Est
leur eclat est d'une duree plus longue, ca
n'est que de peu. (   121   )
Le nombre des enfans qui perissent en bas
age, est encore dans une proportion beaucoup
plus grande qu'en Europe. Les rhumes, les
coqueluches , les maux de gorge , en entevent
une grande quantite.
Les maladies les plus communes dans tous
les Etats sont les fluxions de poitrine , les
consomptions, les ftevres bilieuses etputrides;
je ne parte pas des fievres intermittentes, les
plus frequentes de toutes , parce qu'elles ne
sont pas mortelles, quoiqu'elles degenerent
quelquefois en fievres bilieuses.
Une maladie epidemique a fait depuis quelques annees des ravages considerables dans
les Etats-Unis. A Boston pres , il n'est pas
une ville maritime qui depuis cinq a six ans
n'en ait eprouve les desastres. Philadelphie ,
en 1793 , a perdu par elle un dixteme de sa
population. Au moment que je quitte l'Amerique , cette ville est encore desolee par ce
fleau ; et si le nombre de ses victimes est
moins considerable qu'il ne Fa ete il y a
quatre ans, c'est que les neuf dixiemes des
habitans ont fui predpitamment a la pre-
•miere apparence de cette maladie ; car parmi
ceux qui sont restes , la proportion des morts
parait plus forte encore. Cette maladie ne se
declare que vers la fin de Fete, et ne cesse Ill
IP
(   122  )
que quand le froid commence k s'etablir. Je
n'entreprendrai point de parler de ses carac-
teres, qui semblent tres-varies , ni de son
traitement, sur lequel different les opinions
de presque tous les medecins des Etats-Unis.
Depuis 1793, un grand nombre d'ecrits ont
paru suf cette maladie , que quelques medecins croient importee des Antilles, que
d»'autres assurent etre indigene, que les uns
disent etre de Finfection la plus communicative , que les autres soutiennent n'etre pas
meme epidemique , et que quelques-uns encore disent n'etre qu'une fievre maligne d'un
caractere grave.
Quoi qu'il en soit, Feffroi de cette maladie
est tel, qu'il est a croire que souvent on la
voit ou elle n'est pas , et que bien des fievres
putrides simples regoivent le nom et le traitement de la fievre jaune.
II est a remarquer toutefois, que cette maladie ne s'est pas encore declare dans aucune
ville de Finterieur des terres; que dans les
villes maritimes ou elle a ete si cruelle, elle
ne s'est presque jamais etendue au-dela des
memes quartiers , et qu'enfin de tous les habitans de ces villes malheureuses , les Frangais
sont ceux qui en ont ete le moins attaques.
Un seul en est mort a Philadelphie en 1793, ( 1^3)
et quatre seulement cette annee , ou aucun
Frangais n'a quitte la ville. L'ftsage plus cir-
conspect qu'ils font generalement des liqueurs
spiritueuses, est la raison que 1'on donne du
bonheur qu'ils ont d'echapper a ce danger,
d'ailleurs universel.
On lit presque par-tout, que les especes
indigenes , hommes et animaux , sont plus
petits en Amerique que dans Fancien continent. II faudrait avoir vu beaucoup plus d'ani-
maux que je n'ai eu occasion d'en voir, et
avoir multiplte ses observations personnelles,
pour se former une opinion bien arretee dans
ce*te grande question. Ce que j'ai vu d'ani-
maux indigenes , ours , loups , pantlteres ,
renards , etc., m'ont effectivement paru moins
grands que ceux de la meme espece de Fancien monde; il est aussi reconnu qu'ils
ont moins de ferocite chacun dans leur espece, Cependant on trouve, comme j'ai eu
occasion de le dire , des ossemens qui n'ont
pu appartenir qu'a des animaux d'une dimension beaucoup plus grande qu'aucun animal
existant connu.
Les animaux domestiques importes d'Eu-»
rope ne perdent rien de leurs dimensions ,
par leur habitation en Amerique, quand ils
y trouvent la meme nourriture ,   les memes (   134)
soins qu'ils recevaient dans leur pays natal;
J'ai vu des vacr&s dans la Nouvelle-Angleterre
etdans plusieurs autres parties des Etats-Unis,
aussi belles qu'en aucune autre partie du
monde; mais elles sont rares , parce que les
bons soins donnes aux difterentes branches de
Fagriculture ne sont pas communs ; et toute-
fois est-il vrai que le lait donne par ces vaches
en quantite a-peu-ptes egale a celle qu'elles
donnent en Europe , produit un quart moins
de beurre , et que la viande du bceuf, aussi
belle qu'en Europe , est en Amerique moins
substantielle; cette verite incontestable s'etend
jusques sur les productions vegetates; et il est
reconnu, par exemple , que la meilleure farine d'Anterique , faite dans les meilleurs
moulins, avec le meilleur bled , negate ni
en poids , ni en substance , les farines d'Eu-
rope , particulierement celles connues dans le
commerce sous le nom de farines de Mois-
sac, qui , par cette raison , toujours plus
crteres que les farines americaines, leur sont
toujours prefeitees dans les Antilles.
Quant aux Indiens , ceux que j'ai vus , sans
etre d'une stature remarquablement elevee,
sont d'une taille ordinaire , et semblent forts
et bien constitues. L'usage du rhum les affai^-
blit, les enerve , les fait yieillir vite, et mou* (   125)
rlr assez tot; mais ce n'est pas a la nature,
ni au climat, que ce tort peut etre reproche.
Des voyageurs, qui ont vu beaucoup plus
d'Indiens que moi, et sur-tout des Indiens
moins rapprocltes des habitations des blancs ,
m'ont assure qu'ils avaient trouve des tribus
d'hommes fort grands , et toujours, comme
le reste des hommes , plus forts en raison de
leur plus grande sobrtete.
Le regne vegetal est, en Amerique, d'une
abondance , dune richesse admirable; et plus
encore dans les Etats du Sud , ou les plantes
multiphees ont une croissance vive , forte, et
ou celles qui n'ont pas, ou qui n'ont que
ttes-peu d'odeur dans les parties plus septen-
trionales , en exhalent une forte , et genera-
lement agteable. M. de Castiglioni, voya-
geur italien , qui parait avoir bien vu l'Amerique , et avoir particulterement porte ses plus
profondes recherches sur le regne vegetal,
dit que les vegetaux qui croissent dans tes
Etats-Unis ont une grande correspondanca
avec ceux qui croissent sous les memes latitudes dans Fancien continent. Au demeurant,
tout ce que Fon peut juger des diverses natures
de terre, des climats differens , et des prc-
duits vegetaux dans les Etats-Unis, prouve
evidemment qu'il n'est aucune production ,
au sucre pres, dont le territrire des Etats- (   126)
Unis ne soit susceptible avec une culture
approprtee. Peut-etre , pour quelques-unes
d'elles, le climat n'est-il pas encore assez fait;
mais le nombre de celles-la, est, je crois,
peu considerable.
La vartete des oiseaux est grande en Amerique, et la plupart ont le plumage le plus
riche, et le plus brillant. II en est peu d'en-
tierement semblables a ceux de la meme espece en Europe, si meme il en existe une seule
espece absolument pareille. Au mocking-bird
pres ( Foiseau moqueur ) qui contrefait les cris
de tous les autres oiseaux, il en est peu qui
ayent un chant varte , ou meme un joli chant;
et la promenade des bois est, sous ce rapport , bien moins agteable qu'en Europe.
La difference frappante , et presque totale
des produits animaux et vegetaux des deux
hemispheres , est loin d'etre la meme dans le
r6gne mineral. La forme des montagnes , des
rochers et des couches, ne diftere pas, dans
l'Amerique septentrionale , de celle du vieux
monde. On y trouve des especes difterentes
de granit, combine et varte comme dans les
montagnes d'Europe; des schistes innombra-
bles ; des pierres a chaux plus ou moins par-
faites, plus ou moins belles ; et des minerais
de presque toutes les especes. Sur la cote Est
de  FAtlantique , depuis la baie de Penob- (   127)
scot, jusqu'en Georgie, et, m'a-t-on assure ,
de-la jusqu'a Fembouchure du Mississipi, on
ne trouve point de pierres d'une espece secon-
daire, ou telles que Fon puisse y decouvrir
des traces du mode de leur formation ; elles
sont toutes de Fespece des granits , contenant dans leurs veines des quartz , des spaths
calcaires , du marbre , et des minerais de
difterentes sortes ; mais aucune ne montre
des traces de productions vegetates ou animates enveloppees dans leurs couches.
A Fexception des montagnes du Canada , de
celles des lacs George et Champlain, et des
Alteghanys, les sommets de toutes les autres
sont plats , et semblent evidemment avoir ete
formes sur le meme niveau horisontal. Tout
enfin , dans le regne mineral, indique un pays
bien plus recemment sorti des eaux que les
trois autres parties du monde.
Les caracteres des habitans des differens
Etats doivent avoir entr'eux autant de dissemblance que les climats des pays qu'ils habi-
tent. Le climat lui-meme, la formation originate de ces colonies , leurs anciens gouvernemens, les peuples de nations diverses dont
est composee la population des Etats-Unis ,
doivent imprimer , et impriment reellement
pette difference entr'eux,   La possession  et
\M I
III
(128)
Fhabitude des esclaves , doivent a elles scutes
apporter une grande diversite dans leurs
mceurs. J'ai tache de donner une esquisse de
ces differences , en parcourant les differens
Etats. II est cependant des traits generalement
communs a tous les habitans des Etats-Unis ;
et Fon pourra trouvef la cause de cette pa-
rite dans Forigine tecente de tous ces peuples ,
dans les difficultes de toute nature qu'ont
eprouvees leurs etablissemens , enfin dans la
constitution actuelle des Etats-Unis.
Les traits de caractere communs a tous, sont
Fardeur a entreprendre , le courage, Favidite,
et l'opinion avantageuse d'eux-memes. Le
titre de la nation la plus eclair ee du monde
en tier, qu'a donne au peuple des Etats-Unis
le comite de la chambre des representans ,
charge de proposer la reponse de la chambre"
a Fadresse du President, en decembre 1796,
serait a lui seul la preuve de cette exagera-
tion de bonne opinion d'eux-ntemes, que je'
donne comme un caractere commun ; sur-
tout si Fon sait avec quelle peine , et apres
quelles longues discussions la chambre s'est
determinee a faire le sacrifice de ce superla-
tif, dont la modestie de la grande majorite
des Etats-Unis n'aurait point ete embarassee.
Je cite cet exemple comme le plus frappant ( i29 I
ct le plus national ; mais a vrai dire, presque
tous les livres imprintes en Amerique , et tea
conversations individuelles des Americains,
en fournissent de journaliers. Ce caractere
qu'aucuns'de ceux qui ont vu l'Amerique ne
nieront pas , je crois, etre celui des habitans
des Etats-Unis, est une exageration de jeu-
nesse, et passera avec elle. Leur courage sera
moins irrecusable encore a tous ceux qui ont
la plus tegere notion des evenemens de la
guerre de l'independance. Habitues a la fatigue des leur enfance, ayant pour la plupart
fait leur fortune par leur travail et leur indus-
trie, la fatigue et le travail ne repugnent encore a presqu'aucun de ceux qui sont les plus
aises ; aimant a jouir de Faisance et des douceurs de la vie, elles ne sont pas un besoin
pour eux ; ils savent s'en passer ; ils savent
les quitter pour voyager dans les bois, quand
leur interet Fexige; ils savent les oublier quand
un revers de fortune les en prive; ils savent
recourir apres la fortune quand die leur
ediappe ; car, comme je Fai dit bien des fois
deja, le desir de s'enrichir est leur passion
dominante, et a vrai dire leur seule passion.
La ridicule assertion avancee par quelques
ecrivains, que le nouveau monde ne pouvait
pas produire le genie et. les talens comme
Tome VIII. I c m |
Fancien, a tellement ete demontree absurde,'
par la seule citation du nom de quelques habitans des Etats - Unis , dont le genie et les
lumieres iionoreraient quelque pays que ce
fut, qu'il n'est pas a supposer qu'elle se re-
produise dotenavant. II y a plus ; le peuple
americain est intelligent, investigatif, dispose
a Finstruction, et Fexemple des hommes sans
education qui ont in vente, particuherement en
nteeanique , et qui ont fait des ouvrages di-
gnes des meilleurs ouvriers d'Europe, se poiir-
rait citer plus d'une fois. Cependant comme
il est certain que les hommes distingues en
science et en litterature y sont dans une proportion beaucoup moins forte que dans les
Etats Europeens , quoiqu'en dise M. Morse,
dans sa geographie, il doit exister une raison
de cette difference : on la cherchera dans les
moyens d'instruction moins oompiets, moins
etendus , et sans doute e'en est une ; mais il
me semble qu'elle n'est que secondaire, et
que cet etat d'imperfection de Feducation
publique n'est lui-nteme que la consequence
dome cause plus generalement influente, je
veuxdire, cette occupation continuelle de ga-
gner de Fargent, commune a tous les etats,
a toutes les professions. L'etude des sciences
et des lettres, exige surtout pour etre por- ( iSi )
tee un peu loin , que Fesprit soit degage de
toute autre occupation dominante ; elle demande Femploi de toutes nos facultes, et
Fon sail que la passion de Fargent est celle de
toutes qui occupe le plus constamment la
pensee de cdui qui en est atteint , celle
meme qui rend Fesprit le moins susceptible
de toute distraction, au moins de tout autre
travail suivi.
En Europe , ou la culture des sciences et
des lettres est Foccupation principale de ceux
qui s'y distinguent, et est, pour ainsi dire,
Un etat particulier , on trouvera qu'aucune
profession' de la soctete n'a moins fourni de
savans et de litterateurs , que celles qui em-
plo.ent assiduement Fesprit a des calculs et des
combinaisons de fortune; et en Amerique on
trouvera encore que ceux qui ont pu et qui
pourraient aujourd'hui etre comptes comme
savans ou lettres, etaient ou sont par caractere ou par situation les plus exempts de cette
disposition commune a leurs concitoyens.
Un svsteme d'instruction plus complet ,
meilleur que celui qui est suivi generalement
dans les colleges des Etats-Unis , n'augmen-
terait meme que de peu le nombre des hommes
qui se livrent aux sciences et aux lettres, tant
que les mceurs continueront de diriger prin-:
I a ( i32)
cipalement vers la fortune , les vceux et les
pensees. Le tems de l'education en Amerique
est trop court; un jeune homme est a peine
arrive a Fage de seize ans , que ses parens
sont empresses de le placer dans un comptoir
de negociant, ou dans un bureau d'homme
de loi. II n'a pu acquerir encore dans le college le degre d'instruction qui lui donnerait
le moyen de se livrer aux sciences et aux
lettres, s'il en avait le gout. II perd promptement toute autre idee que celles qui peuvent
preparer et acceterer sa fortune ; il n'en voit
pas d'autres autour de lui; il n'en voit pas
d'autres dans la societe ; il voit ses profits ,
sa consideration attachee a ses succes dans ce
genre ; comment pourrait-il en conserver
d'autses? C'est done cette disposition gene-
rale qui s'oppose au perfectionnement de
l'instruction publique, qui, telle qu'elle fut,
ne ptevaudrait pas sur 1'impatience ou sont
les parens de mettre leurs enfans dans le che-
min de la richesse, et sur la passion exclusive
de suivre cette carrtere, que ceux-ci sucent
pour ainsi dire avec le lait.
On se plaint dans les Etats-Unis, et avec
beaucoup de raison sans doute , de ce qu'un
assez grand nombre de citoyens americains
oubliant la patrie a laquelle ils appartiennent, '(. i33 )
arment aujourd'hui en France des corsaires
pour courir sur les batimens americains que
le gouvernement frangais juge de bonne prise;
et certes ces plaintes /sont fondees , puisqu'il
y a peu de crimes plus grands dont un citoyen puisse se rendre coupable. Mais ou ce
crime horrible a-t-il ses principes , si ce n'est
dans cette passion hautement avouee en Amerique de gagner del'argent, de devenir riche,
passion qui conduit a lindifterence sur les
moyens , quand elle est aussi generate ? C'est
elle qui rend la soctete indulgente surl'inexac-
titude des payemens, sur les banqueroutes de
mauvaise foi, et qui encourage les prets a interet exhorbitant, que la loi condamne.
Cette disposition est naturelle a un peuple
nouveau, place d'ailleurs dans un territoire
et dans des circonstances qui ont tant offert
de moyens a Favidite ; mais elle n'en a pas
moins les plus pernicieux effets ; elle n'a pas
moins le danger imminent d'engourdir sur
Famour de la liberie. Le tems la reduira dans
ses justes bornes, et les Etats-Unis prendront
sans doute parmi les anciennes nations leur
rang en lumteres et dans les sdences, comme
ils le prendront en force. Mais il est indubitable que la rapidite de ces progtes impor-
tans et certains tient toutefois a celle avec
I 5 I p)
laquelle se fera une revolution dans cette par-
tie des mceurs nationales.
J'ai parte de Finsuffisance de Finstructlon
publique dans les Etats-Unis , peur former
des hommes aux sciences, et quoiquej'aye
indique la cause de cette insuffisance dans
les mceurs qui la necessitent, il n'est pas hors
de propos d'en faire connaltre l'etat.
Sous le rapport physique , Feducation des
Americains est excdlente ; livtes a eux-
memes des leur plus bas age; ils sont exposes
sans precaution a la rigueur de la chaleur et
du froid; pieds nuds, jambes nues, peu vetus,
Les enfans des riches ne sont pas eleves beaucoup plus moilement que ceux des moins
aises ; souvent dans les campagnes ils vont
deux fois par jour a des ecoles distantes de
deux a trois miiles de la maison paternelle,
et' y vont seuls. II est peu d'enfans anteri->
cains qui ne nagent avec hardiesse; qui a dix
ans ne manient un fusil , ne chassent , sans
qu'il en resulte aucun accident; pas un qui
ne monte a cheval avec temerite; pas un qui
craigne la fatigue ; et les enfans des villes ne
sont pas eleves avec plus de deiicatesse. Cette
liberte donnee aux enfans leur apprend a se
veiller eux-memes ; aussi, tout hardis qu'ils -
sont, ne manquent-ils pas de la prudence ( i35 )
necessaire pour eviter des dangers que n'evi-
teraient pas des enfans plus exactement soi-
gnes. Ils deviennent des hommes forts, en-
treprenans, qu'aucune difficulte ne rebute;
et forment une generation croissante, aussi
invincible dans son territoire que se Fest mon-
tree celle qui les a precedes.
L'education de Finstruction n'atteint pas la
meme perfection. J'ai dit que dans la Nouvelle-Angleterre des ecoles gratuites etaient
ouvertes a tous les enfans , et que les loix
ainsi que les mceurs du pays faisaient aux parens un devoir presqu'indispensable de les
faire profiter du benefice de cette institution
publique. La Nouvelle-Angleterre est encore
la seule partie des Etats-Unis ou ces ptecieux
etablissemens ayent lieu. Mais les obstacles
qui se sont opposes jusqu'ici et qui s'opposent
encore a depareils etablissemens dans les autres
Etats, disparaitront. Toutes les legislatures
sont deja plus ou moins frappees de cette necessite ; elles sentent que la liberte de la presse
qui ne peut avoir pour objet que Finstruction
publique, perd de ses avantages, en raison que
moins d'hommes sont en etat d'en profiter, et
que le meme esprit qui Fa fait reconnaitre
comme un droit sacte pour les habitans des
Etats-Unis, impose aux gouvernemens le de-
m ( i36)
voir dtetendre autant que possible le nombre
de ceux a qui elle peut etre utile. On ensei-
gne dans ces ecoles gratuites , la lecture ,
Fecriture et Farithntetique, ainsi que les prin-
cipes de religion, et quelques-uns de moralite.
Des academies et des colleges sont d'ail-
leurs repandus dans les differens Etats. Les
academies sont ce que nous entendons en
France par pensions ou petits colleges , et
les colleges sont ce que nous appelons , ou
plutet ce qu'on appelle en Angleterre les uni-
versitcs. Ils sont le dernier terme de l'educa-
tion ; c'est dans ces colleges que ce qui s'ap-
prend en Amerique des hautes sciences est
enseigrte, ou les degres se conterent, etc.
L'education de la jeunesse est en Amerique
modelee sur celle de FAngleterre, et j'ai en-
tendu dire a des Anglais instruils , que c'est
une mauvaise copie d'un mauvais original.
Dans les ecoles americaines , Finstruction
du latin est rarement pousseel plus loin que
les premiers auteurs classiques ; Cordery ,
Erasme, Ovide , et quelques oraisons de Ci-
ceron, sont a peu-pres les seuls livres qui s'y
lisent. On lit aussi Virgile dans les colleges,
et Horace , mais tres-peu. Les historiens ro-
mains , comme Tite-Live et Tacite , y sont
presqu'inusites. On leur ptefere Suetone, Eu- c mm
trope, et Cornelius Nepos, et ce dernier est
undesmeilleursauteurs mis dans les mains des
jeunes gens. Le grec y est peu enseigne, et dans
cette langue le nouveau testament est gene-
ralement le nee plus ultra de Finstruction,
si Fon en excepte toutefois Homere , qui se
lit dans les hautes classes de quelques colleges.
Mais les tragedies grecques, et les comedies
du cetebre auteur latin Terence , meme les
poetes plus faciles, et presqu'aussi fameux,
Pin dare, Anacreon, Hesiode, Tlteocrite ne:
s'y lisent pas. Quant aux auteurs plus mo-
dernes, tels que Plutarque, Lucien, etc. les
etudians' n'en s^ent que ce qu'une curiosite
et un amour de Finstruction peu ordinaires
parmi eux peuvent leur en faire connaitre,
par les traductions qu'ils sen procurent. Les
oraisons sont le seul ouvrage de Cteeron enseigne dans les academies ou colleges , au
moins dans leur entier, et dans leur langue
originate. Ses offices, ses tusculanes, ses dialogues , ses traites sur les loix, sur la vieillesse,
sur Famitte, et sur Fart oratoire, ne le sont
point, ou lesont du moins rarement, autrement que par extraits ou traductions.
Les etemens d'Euclide et les premiers prin-
dpes des sections coniques, sont le complement de Finstruction mathematique.
I ( p)
Lamecanique, Fhydrostatique, Fhydrauli-
que, sont enseignees dans les ouvrages de
Nicholson, plus souvent dans ceux de Fer-
giisson, et plus souvent encore dans ceux
d'Enfielci. Le nom de Newton est revere en
Amerique, et ou pourrait-il ne pas l'etre?
Mais ses ouvrages sont peu enseignes, et sur-
tout le sont trop peu de tems, pour pouvoir
etre generalement compris.
A quelques instructions pratiques pres , qui
se donnent dans certaines ecoles sur la maniere de mesurer la hauteur du soldi pour
connaitre la longitude, il n'en est donne aucune autre dans aucun coitegeSdes Etats-Unis ;
et le tres-petit nombre de marins qui desirent
connaitre meme seulement la pratique d&s
observations de longitude, n'en trouvent aucun moyen en Amerique, et sont reduits a
alter chercher cette instruction en Angleterre.
Cependant le tonnage des vaisseaux americains
navigant dans toutes les mers du monde peut
etre depuis quelques annees evalue a. sept cent
mille tonneaux annuellement, et le perfec-
tionnement de la navigation est un moyen
certain d'augmenter les profits du commerce
de mer.
II y a dans la plupart des colleges quelques instrumens de physique plus ou moins < i39)
parfaits, et les jeunes gens sont plus instruits en
physique experimentale que dans les sciences
plus exactes. Je ne crois pas qu'il y ait da
professeur particulier pour la chimie dans
d'autres colleges que ceux de New-Yorck ,
Prince-town en Jersey, et Cambridge en Massachusetts ; ailleurs, le peu qui s'enseigne
de cette science , Fest par des professeurs
qui enseignent a - la - fois la physique et les
mathematiques.
Je ne me donnerai pas pour juge de Finstruction en ntedecine, mais j'ai oui dire que
dans plusieurs colleges Finstruction a cet egard
est tres-bonne; il n'est pas douteux je crois
qu'elle ne se pertectionne par toute l'Amerique , et si Fon veut reflechir que dans un
pays ou Famour de Fargent prevaut autant ,
la profession qui en procure par l'extension
des connaissances, qui captive le plus sans distraction Fesprit a Fetude, doit former plus
d'hommes instruits , on trouvera pourquoi la
classe des ntedecins produit generalement en
Amerique plus d'hommes savans a-peu-ptes
dans tous les genres que toutes les autres, et
pourquoi la science de la medecine est mieux,
plus longuement et plus compiettement en-
seignee.
L'etude de la theologie est tr£s -bornee dans ( i4o)
les colteges d'Amerique, et je ne pretends pas
donner Fabsence de cette instruction comme
un tort.
Mais l'etude de droit commun , des loix
municipales , de celles des Etats particuliers
ou des Etats-Unis ne fait pas non plus par-
tie de Finstruction regue dans les colleges; on
ne peut assez s'en etonner dans une repu-
blique ou chaque individu peut aspirer a devenir tegislateur , et ou chacun, comme eiec-
teur, doit etre mis a portee de juger par lui-
meme les qualites et la conduite des candidats , les actes et les ordonnances du gouvernement , et ou avant tout, il doit connaitre ses devoirs pour les remplir.
II n'est pas moins extraordinaire que Fhis-
toire des Etats-Unis ,. de leur revolution, des
evenemens qui Font ptecedee et comme for-
cee; des obstacles de toute nature qu'ils ont
eu a vaincre; des sacrifices d'aisance , d'argent et de sang que leurs citoyens ont eu a
faire; du secours mutuel que se sont donnes
les differens Etats dans ces importantes et
perilleuses circonstances, ne soit pas ensei-
gnee dans les colleges ou academies d'Arrte-
rique, ou l'histoire d'Angleterre est la seule
moderne que la jeunesse lise. La liberte est
plus   chere a qui sait combien il en a coute ( 141 )
pour Fobtenir; et dans un pays libre, Famour
de la liberte, Fobeissance aux loix , le respect a. la constitution, sont la base de la morale publique. L'histoire de tous les peuples
qui ont combattu pour leur liberte abonde
de traits de devouement, de courage et de
desinteressement, et celle de la guerre d'Ante-
rique en est riche. La transmission des noms
de ceux qui ont hpnore la revolution americaine , non pas seulement dans les premieres
fonctions , mais aussi dans les postes infe-
rieurs , et jusques dans les rangs des batail-
lons , est un devoir sacre des gouvernemens,
et il ne peut se remplir surement que par
l'enseignement dans les ecoles publiques. Crain-
drait-on que ce genre d'instruction n'eut Fef-
fet d'eterniser Fantipathie ou la preference
de la nation americaine pour telle  ou telle
nation europeenne ? Non ; elle ne fe-
rait que prolonger les souvenirs de la con-
quete de la liberte, et ces souvenirs sont Fap-
panage de la jeunesse et des stecles futurs.
lis sont l'histoire des Etats-Unis ; leurs citoyens
ne peuvent negliger de se rendre familiers
ces grands evenemens sans avoir le tort ,
et je dirai plus , la honte d'ignorer ce qu'il est
le plus du devoir de tout homme appartenant
k un peuple libre de connaitre. Mais ces souve- ( i4a )
nirs ne les engageront dans aucune demarche contraire aux devoirs d'une politique morale et sage; ils les confirmeront dans la
ferme resolution de se tenir a jamais inde~
pendans d'aucune nation etrangere; et ils
laisseront dans les ames americaines des impressions de satisfaction et de fierte , qui,
quand elles sont unies a une morale saine
et edairee, sont les germes des vertus pri-
vees et publiques.
J'ai eu occasion, dans le cours de mon
journal, de parler des societes savantes. Elles
sont assez multiphees en Amerique ; mais
comme je Fai dit, dies n'ont pas la direction
qui pourrait leur donner le degre d'utilite dont
elles seraient susceptibles, et dont l'Amerique
aurait tant besoin. Elles sont meme peu as-
siduement frequentees par leurs membres ,
et cet inconvenient tient a la meme cause ,
a Foccupation constante d'un interet plus
cher , qui ne laisse point de loisir pour aucune autre. Quelques soctetes de ntedecine ,
aussi etabliesen Amerique , sont plus suivies ,
et font des observations, moins assidues peut-
etre, moins complettes qu'il ne serait a desirer/
mais elles en font. La societe de ntedecine de
New-Yorck parait etre celle qui s'occupe avec
plus de suite de la propagation des connais- 1143)
sances analogues a son institution. Depuis peu
de tems, cette societe publie tous les mois
une sorte de journal rempli de morceaux utiles
et interessans.
D'ailleurs, il ne s'imprime en amerique aucun
journal utile, aucun ouvrage periodique de
quelqu'importance. On en a pubhe un pendant
quatre annees a Philadelphie, sous le nom dA-
7nericain-Museum,Yraim.ent interessant par la
nature des pieces qu'il contenaiten politique,
en litterature , en bons extraits d'ouvrages anglais, en comptes rendus des principaux tesul-
tats du commerce de la navigation, et de Fad-
ministration des Etats-Unis. Ce journal a cesse
de parattre en 1792 , parce que les souscrip-
tions ont cesse d'etre assez abondantes pour
dedommager l'editeur de ses fraix. C'etait cer-
tainement pour FAnteriqueun des ouvrages les
plus interessans a soutenir ; mais la lecture
est jusqu'ici Foccupation de peu d'Americains,
et celle des pamphlets politiques ou plutot
des pamphlets de partis est la seule a laquelle
se livre le plus grand nombre d'entr'eux. Aussi
quand il y a dans les villes et meme dans
les villages des Etats-Unis , plus d'imprimeries
en proportion que dans aucune ville d'Europe,
les presses n'y sont employees que pour quelques livres de religion, quelques sermons, quel- ( 144 )
ques livres elassiques, quelques dictionnaires
geographiques, les reimpressions de quelques
ouvrages  anglais, et sur-tout beaucoup de
gazettes. Plusieurs ouvrages de merite doivent
cependant le jour k l'Amerique, tels que l'histoire de la revolution des Etats-Unis et celle
de la Caroline du Sud , par le docteur Ramsay de Charles-town; les histoires de certains
Etats, parmi lesquelles celle du New-Hampshire par le docteur Belknap de Boston tient
tin rang distingue; FEncyclopedie americaine,
qui, quoiqu'extraite en partie de FEncyclopedie anglaise , a un grand nombre d'articles
originaux , et est un  ouvrage d'une grande
utilite; enfin quelques autres traites generaux
ou particuliers sur les Etats-Unis, et plusieurs
sans doute encore, auxquels, en ne les nom-
mant pas, je ne pretends pas donner Fexclu-
sion, mais que je ne connais point, ou qui,
peuttetre sont sortis de ma ntemoire. Si je ne
comprends pas dans cette liste la defense des
constitutions americaines par John-Adams, tes
notes sur la Virginie par M. Jefferson,  les
lettres   du   general  Washington pendant  la
guerre, c'est que je ne parte que de Femploi
des presses americaines , et que ces ouvrages
celebres ont ete originairement imprintes en
Angleterre.
Les ( 145 )-
Les gazettes, quelques, multipliees qu'elles
soient en Ameriq-ue p n'y suppleent pas au defaut des journaux. Peu d'articles, etranpers
a la politique du moment y. trouvent place ■
elles ne sont a vrai dire« au moins dans les
grandes vilies, que le chamv-clo^s ou les partis s'attaquent, et trop souvent s'invectivent;
et comme il arrive toujours, quand les partis r
sont a. un certain point d'exaltation , les plus
venimeuses sont celles qui trouvent le plus
de souscripteurs , meme souvent parmi les
hommes qui  les  blarnent..
Dans les rdebats du congites on en tend
souvent des discpurs plgins de raison, tires
du fends des cboses, et remarquables par une
bonne logique; pext d'hommes meme y par-
lent des mattejes dont ils ne sont pas inaitr^^.
On dit aussi , et je ne suis pas en etat d'en
juger , que tous s'exprimerit dans le meil-
leur langage. Mais la prq-lixite est un peu le
defaut commun des orateurs americains , qui,
comme les. ecriyains de ce nouveau monde,
ne veulent rien laisser deviner.jil;-mi^lj^nceT>
est Fi
de leurs auditeurs , ni
Le vice le plus coi
rieure du  peuple   aim
L'usage  qu'il fait des liqueurs  spirit
prefi're a celui  de la biere , du cidr<
Tome VIII. £
fi ( i46 )
vin, aide beaucoup cette disposition. D'ailleurs
il se commet , sans aucun doute , moins de
crimes en Amerique que parmi une egale population en Europe ; et la cause s'en trouve
dans Faisance du peuple , la premiere source
de moralite des nations. Les assassinats n'y
sont pas inconnus , mais ils sont rares ; et les
vols, dans les campagnes sur-tout, n'y sont pas
frequens, quoique les proprietes n'ayent point
d'autre sauve-garde que la confiance publique.
lis sont comme en Europe plus frequens dans
tes villes, et par la meme raison.
Un crime assez commun et qui le devient
chaque annee davantage , est la contrefac-
tion des billets de banque. C'en est Un toujours
assez multiplte dans les pays dont la monnaie courante est de cette espece; c'est aussi
sans doute le plus dangereux pour la confiance '
publique. Aussi trouve-t-on en Amerique des
hommes humains d'ailleurs , qui voudraient
que la mort fut prononcee contre les crimi-
nels qui sont juges coupables de contrefac-
tion. Mais independamment de toute consideration sur la convenance, et meme le droit,
d'infliger la peine de mort, il y a dans cette
opinion plus de ressentiment politique qua
de justice exacte. Des loix severes et rigou-
reusement   executees   qui   s'opposeraient  a ( i4? )
ce que les transactions de mauvaise foi ne
devinssent pas souvent le principe d'une fortune grande et assmtee, et qui influeraient
assez sur les mceurs pour 6ter a la fortune
le privilege de la consideration 5 diminue-
raient plus certainement le nombre de ces
crimes que Feffroi de la mort, dont Fexperience prouve a cet egard le peu d'effet.
Si j'ai ete severement exact, en presentant
Fexcessive avidite de fortune comme un des
caracteres communs au peuple americain , et
sur-tout aux habitans des villes, je ne serai pas moins exactement vrai en ajoutant
que cette disposition ne les conduit pas a Fa-
varice. Sans etre prodigues , sans oublier 1'interet de leurs families, ils savent depenser, souvent meme avec ostentation , et ne se refu-
sent pas a soulager Finfortune , quand Foc-
casion leur en est offerte. Les incendies de
Savannah, et de Charles-town , tes malheurs
qu'ont occasiomtes les maladies desastreuses
de Philadelphie et de New-Yorck, etc. , etc.
ont ete soulages par des souscriptions abon-
dantes des citoyens de presque toutes les .
villes d'Amerique qui n'avaient pas soutiert;
et certes , il est du devoir d'un Frangais de
rendre hommage a cette generosite qui s'est
exercee si liberalement sur les colons infor-
K a
m If
ml
m
( i48 )'
tunes des lies francaises , que Fincendie et la
menace de la mort ont jettes depourvus de
ressources sur les rivages americains. Quelque
peine soigneuse que j'aie prise pour me proom-
rer des details sur Fetendue des secours donnes
par presque toutes les villes americaines a ces
infortunes , je n'ai pules obtenir qu'en petite
partie , et je  les ai consigns aux articles des
villes ou j'ai pu les recueillir , j'eusse ainte
a pouvoir en presenter l'etat a la reconnaissance de mes  concitoyens. Je ne doute pas \
qu'il n'eut montre un total de plus de cent
mille dollars, et je ne comprends point dans
cette somme les secours   multiplies donnes
d'individu a individu, et offerts avec sincerite ,
delicatesse, sensibilitepourle malheur, j'ajou-
terai meme avec affection fraternelle. Les besoins de ces colons frangais expatri.es, depouil-
les par la barbarie  ,  ont ete plutot  sentis ,
plutot secourus dans les villes des Etats-Unis
ou abordaient  ces  malheureuses   victimes ,
qu'exprintes par eux ; et ces secours n'ont
gueres   eu  d'autre  terme que  les  besoins ;
ils durent encore dans quelques villes , et du-
rent depuis quatre ans. Je connais des exem-
ples ate families entieres admises pendant deux
ans a partager Fintimite   et Faisance des families americaines.  J'en  connais a  qui  des ( i49 )
maisons ont ete ptetees , dont les depenses
ont ete defrayees, et qui recevraient encore
la meme hospitalite si elles ne s'etaient pas
elles-memes refusees a en profiter plus long-
terns. Je connais des maitres de pensions americaines qui instruits que leurs hotes frangais
quittaient leur maison, parce que les modiques
sommes qu'ils avaient pu sauver dans leur
fuite , ne pouvaient plus suffire a cette depense , les ont si cordialement sollicites de
rester avec eux comme leurs amis , qu'ils ont
force leur deiicatesse a se soumettre a ce
bienfait. Je connais des Francais qui ayant a
parcourir de grandes distances pour arriver au
port d'ou ils esperaient se rendre dans notre
patrie , ont ete eux et leurs families nourris
et loges gratuitement parce qu'ils etaient Frangais , et Frangais malheureux. Les exemples
de pareils traits abondent , et certes la reunion de ces faits est grandement honorable
pour la nation et les individus auxquels ils
appartiennent.
La liberte de conscience est entiere pour
les simples particuliers dans tous les Etats-
Unis d'Amerique. Aussi a peu-pres toutes
les religions connues en Europe y ont-elles des
se^ctaires. Mais il est quelques Etats ou la
constitution  exige  de tout citoyen   entrant
M Hi
( i5o )
en fonction legislative ou executive le serment
« qu'il croit en un seul Dieu , aux punitions
jj et recompenses de Fautre vie, dans la sain-
:» tete de Fancien et du nouveau testament,
jj et qu'il professe la religion protestante. » En
tout, a quelques individus , et aussi a quelques societes vres , la religion est un des
articles qui occupe le moins le peuple americain , et Fon assure que dans les Etats ou le
presbyterisme a conserve le plus d'apparence
d'influence et de rieidite, il ne l'exerce ge-.
neralement que par et pour la forme.
11 y aussi dans presque toutes les villes de
l'Amerique, ou au moins dans les principales
villes des Etats-Unis , des soctetes d'agricul-
ture, des soctetes pour Fencouragement des
arts , pour la formation ou l'entretien de bi-
bliotheques publiques ; a l'exception de ces
dernieres , peu d'entr'elles atteignent au but
qu'elles se proposent, et peu ont peut - etre
la possibilite de Fatteindre dans la situation
actuelle de l'Amerique. Mais les prix qu'elles
donnent, les petites brochures qu'elles impri-
ment, sont le fruit de souscriptions volontai-
res, auxquelles les habitans aises des Etats-
Unis se refusent toujours moins quand le bien
public en est Fobjet, qu'a y comacrer qual-^
q,ues momens de leur tems. -   "II est aussi
lire  por
C i5i )
un assez grand nombre de so*
mtes. Les unes sont des societes
le but est dans quelques villes
bsistance des femmes et des en-
iues, ou maitres , morts a la mer;
es secours aux equipages de tout
age sur les c6tes. D'autres sont
ur secourir les immigrans , c'est-
ssister d'avis et de secours les
etrangers arrivant d'Europe dans Fintention de
s'etablir en Amerique. D'autres souscrivent
pour entreienir des hopitaux ou des ecoles ,
ou pour operer des distributions de remedes;
d'autres se consacrentaFameiioration du sort
des prisonniers; d'autres a la civilisation des
Indiens; d'autres enfin se reunissent pour ac-
ceterer en Anterique lepoque de la destruction de l'esclavage. Dans ces difterentes soctetes bjenfaisantes, composees d'hommes de
toutes les classes, de toutes les professions
et de toutes les religions, il n'y en a point ou
il ne se trouve des Quakers; il en est beaucoup
dont ils sont les agens; il en est dont ils sont
tes promoteurs , et presque les seuls membres : telles sont celles qui ont Faffranchis-
•sement des negres pour objet.
Sans etre, pour c'ela , enthoUsiaste exag^te
des Quakers, il est impossible de ne pas remar-
Tome VIII *    K 4 que
(m)
que par-tout ou il y a du bien a faire k
Fhumanite, non-seulement ils se trouvent, mais
ils se presentent. Ils sont peut-etre , comme
©n les en accuse, autant occupes de leur fortune
que les hommes qui n'appartiennent pas a
leur soctete ; mais s'il en est ainsi, cette occupation ne les empedie pas de se livrer a
tous les emplois , a tous les soins de bienveil-
lance et de bienfaisance. Leur doctrine, leurs
principes, leurs loix leur prescrivent rigou-
reusement ce devoir ; Finspection toujours
eveiltee de leur societe les y maintient. Et
quand il y aurait quelques hypocrites parmi
eux , ce qu'il est indecent de supposer , cette
pretendue hypocrisie qui serait un vice pour
les individus qu'elle determinerait, devrait
encore etre respectee , puisque le bien qui
en resulterait la ferait tourner a Favantage public ; elle ferait meme ainsi 1 eloge de leur soctete. Sans doute il doit, dans le grand nombre
de membres de cette communion, se trouyer
aussi des hommes mauvais ; mais ils ne
pourraient pas l'etre avec une grande publi-
cite sans en etre exclus. Si Fon compte quelques Quakers parmi les citoyens americains
que des speculations fausses, ou trop hasar-
dees , ont entraines a des procedes que la
deiicatesse et Fequite condamnent, il en est ( i55)
bien peu ; et la quantite des Quakers inte-
resses dans le commerce, est presque egale
a celle des hommes dont est composee leur
societe entiere. Leurs mceurs priveessont regu-
lieres , pures , et le luxe de ceux qui s'y
livrent le plus est bien peu au-dessus de Fai-
sance et de la commodite de la vie. Jamais
les tribunaux de justice ne sont occupes du
jugement de leurs differens entre eux, et la
proportion des proces avec d'autres citoyens
ou les Quakers sont parties est petite en com-
paraison de leur multitude et de leurs proprietes. Soumis aux loix des pays qu'ils habitent,
aucun Etat , quelque constitution qu'il ait ,'n'a
des sujets moins turbulens et plus fideies.
Leurs voeux pour Faffranchissement des
esclaves , et leurs efforts pour en hater
Fepoque , leur a donne des ennemis violens
et irreconciliables dans toutes les parties du
Monde. Il se peut que le zele exalte de
quelques-uns, les alt entrantes hors des bornes
de la juste convenance , et sur-tout de la prudence reflechie ; et ceux-la sont sans doute
blamables. Mais ont-ils jamais ete meme accuses d'avoir excite les negres a la rebellion ?
C'est en plaidant, en petitionnant pour eux,
comme etres malheureux et comme hommes;
c'est en s'eleyant contre l'esclavage, qu'ils se I p)
sont montres leurs amis ; ils ne sont pas lei
premiers hommes, a qui le desir de dissiper
des erreurs et de procurer le redressement
des torts, ait valu des haines et meme des
persecutions.
La question de l'esclavage des negres est
peut etre delicate k traiter a une epoque ou
tant de crimes , tant d'atrocites inouies , ont
ete commis sous le ptetexte de leur affranchissement ; ou tant de malheurs, sinon irrente-
diables, au moins difficiles a reparer , en sont
resultes pour I'Etat, pour les proprtetaires,
et pour les negres eux-ntemes. Cette question
est d'ailleurs hors de mon sujet actuel. Mais
les Quakers n'ont contribue pour rien a ces
malheurs. Et leur devouement a la cause de
Fhumanite souffrante, les honore dans leurs
reclamations repetees en faveur des negres;
dans leur vigilance, comme citoyens, a Fexecu-
tion des loix qui sont favorables a cette classe
d'hommes: de meme qu'il leur est honorable
dans les soins ininterrompus qu'ils donnent
aux hopitaux, aux prisons ; dans les dangers
auxquels ils s'exposent d'eprouver lcpidemie
tant redoutee de la fievre jaune, des qu'elle
parait; et dans tousles cas ou ils peuvent le
deployer. C'est comme citoyens que je les
considere, sans m'occuperni de leurs dogmes, ( i55 )
ni de leurs regies , ni de Fausterite de leurs
formes ; et comme tels , je crois qu'une nation qui aurait reellement a coeur le bien de
1 humanite, ne pourrait en avoir de meilleurs ,
ni de   plus utiles. -
Les ouvriers des classes inferieures , jusqu'a
ceux qui travaillent dans les ports , me sem-
blent en Amerique moins rustres , que gene-
ralement ils ne le sont dans Fancien monde.
La raison en est sans doute qu'ils sont traites
plus civilement, et considers par ceux qui
les emploient comme des hommes libres avec
lesquels on fait un marche, plutot que comme
des manoeuvres qu'on fait travailler. lis sont,
ainsi que les ouvriers de toutes les classes , a
la ville et dans les campagnes , payes beaucoup plus cher qu'en Europe, aussi vivent-
ils bien. Il n'y a point de famille , qui, meme
dans la plus miserable hutte d'ecorce au fond
des bois, ne mange 'de la viande deux fois
au moins par jour, qui ne prenne du the ,
du cate, du chocolat, et pas une qui boive
de l'eau pure , le vceu de la poule au pot.
se trouve plus qu'accompli en Amerique. Le
boutiquier , Fartisan , y vit aussi beaucoup
mieux qu'en Europe , et la table d'une famille
aisee et vivant de ses rentes , n'est pas mieux
gervie en France et en Angleterre , que beau* (i56)
coup de celles des tailleurs, des perruquiers,
etc. , de Philadelphie, de New-Yorck , ou de
toutes les autres grandes villes d'Anterique.
Quoiqu'il n'y ait dans les Etats-Unis aucune
distinction reconnue par la loi , la fortune et
la nature des professions forment des classes
prononcees. Les negocians , les hommes de
loi, les proprtetaires de terres qui ne cultivent
pas eux - memes ( et. le nombre , qui en est
petit depuis I'Etat de Delaware jusques dans
le Nord , en est grand dans les Etats du Sud )
les ntedecins, les ministres de l'eglise, forment a peu-pres la premiere classe. Les mar-
' chands moins riches , les fermiers ,- les artisans , peuvent etre compris dans la seconde ;
et la troisteme est composee des ouvriers qui
se louent a la journee, au mois , etc.
Dans les bals , les concerts, F s amuse-
in ens publics , ces classes ne se ntelent pas ;
et cependant', a l'exception peuttetre de Fou-
vrier du port, et du matelot commun , tout
le monde en Amerique s'appelle, et est appete,
gentleman ; un peu de fortune acquise fait
prendre ce titre a ceux-ci, comme die reporte
les hommes d'une classe a une autre. On se
tromperait fortement si Fon pensait que les
mceurs republicaines, dans quelque genre que
ce soit, prevalent en Amerique. (m)
L'Americain blanc , par une fierte que Fon
ne peut blamer , et qui tient autant a Femploi
commun des negres pour le service , qu a leur
propre aisance, a horreur et honte de l'etat
de domesticite; aussi ne compterait-om peut-
etre pas dans toute letendue des Etats-Unis ,
vingt Americains nes qui soient domestiques ,
c'est-a-dire , servant dans les maisons. Quelques Allemands ou Irlandais arrivant pauvres
d'Europe , et des negres ou des mulatres,
voila la classe des domestiques en Amerique;
et des que les premiers ont pu amasser quel-
qu'argent, ils quittent cet etat, vu avec une
sorte de ntepris , et s'etablissent ou sur des
terres qu'ils defrichent, ou dans un petit commerce ; enfin, ils se rendent independan3
dun maitre. On peut concevoir, d'apres cela,
que les bons domestiques ne se trouvent pas
facilement en Amerique.
Le ptejuge qui fait repugner avec tant de
violence les hommes Americains a l'etat de
domesticite , n'agit pas de^ meme pour les
femmes ; rien n'est plus commun que de voir
des filles appartenant a des families aisees et
honnetes , se faire servante3 pendant les premieres annees de leur jeunesse. C'est un parti
meme auquel leurs parens les engagent, et
qui ne choque aucune idee.  J'ai oui dire a lit
( i58)l
Mi de Fauhonne, (Frangais , jadis capitaine
au regiment d'Auvergne , et a qui la fierte de
l'independance a fait embrasser le metier de
jardinier pour soutenir sa famille , quoiqu'age
de quarante-six ans ) qu'il avait eu a son service, et comme simple servante , la,niece du
maire de la ville de New-Yorck , fille extre-
mement bien eievee et honnete, et les exem-
ples pareils sont communs.
Dans un pays qui a long-tems appartenu a
FAngleterre, dont les relations les plus multiphees sont encore aujourd'hui avec FAngleterre , dont le commerce se fait presqu'uni-
quement avec FAngleterre , les mceurs doivent
tenir beaucoup de celles de FAngleterre. Aussi
les mceurs Americaines, particulterement celles
relatives a la maniere de vivre , sont elles
les mceurs anglaises , les mceurs des provinces
d'Angleterre. En fait d'habillement, ce sont
les modes anglaises, aussi fideiement coptees
que Fenvoi des marchandises d'Angleterre,
et la tradition des tailleurs et des marchands
de mode peuvent le permettre. Les distributions des maisons sont comme celles d'Angle-
terre, les ameublement sont anglais, les voitures de ville , sur-tout | sont anglaises , ou
dans le gout anglais, et ce n'est pas un petit
merite parmi le monde a la mode, que d'avoir ( gwpj
un carosse recemment arrive de Londres, et
du plus nouveau gout.
La cuisine est anglaise, et comme en Angleterre , apres des diners assez courts , les
dames se retirent, et font place a une longue
boisson de vin , plaisir le plus saillant de la
journee , et qu'il est par consequent naturel
de prolonger autant qu'il est possible.
De grands diners, denombreusesassembtees
de the , invitees long-tems a Favance , et point
de societes. Aussi ces tltes sont-ils un grand
amusement pour les dames sur-tout. Les spectacles , les bals sont fort courus. On comprend
que ces differentes especes de dissipation n'ap-
partiennent qu'aux villes , et particulierement
aux grandes villes. Le luxe y est tres-anime ,
sur-tout a New-Yorck et a Philadelphie , et
il y fait annuellement des progres effrayans,
mais faciles a concevoir, puisque le luxe est
la representation plus ou moins vraie de la
richesse , et que la richesse y est la seule
distinction.
II est qnelques personnes qui surpassent en
luxe, te luxe deja trop considerable des autres.
Ils choquent les mceurs du pays , on s'en
moque, mais on court apres elles; et la con-
, sideration des somptueux et frequens diners ,
est aussi grande dans le nouveau monde que ( i6o )
dans Fancien; souvent meme elle nest pas sans
ntilite. On a vu cette consideration porter a
la place de president temporaire elu senat des
Etats-Unis, un homme dont aucuns de ceux.
qui Fy ont elu , et aucun autre, ne prisaient
ni les talens, ni les qualites , ni le caractere ,
mais chez qui Fon dinait tres-bien.
Dans les autres villes , et sur-tout dans Fin- .
terieur des Etats, le luxe est beaucoup moins
grand, mais il augmente toujours, et souvent
hors de proportion avec la richesse.
Par-tout les femmes ont au premier degre.
les vertus domestiques; et de meme que par-
tout ailleurs, elles ont plus de douceur, plus de
bonte, au moins autant de courage, mais sur-
tout plus de sensibilite que les hommes. Bonnes
femmes, bonnes meres, c'est sur leurs maris et
sur leurs enfans qu'elles portent uniquement
cette sensibilite, comme elles portent vers leur
menage tous leurs soins et toute leur occupation. Desthtees paries mceurs du pays a cette
vie domestique, leur education dansle rapport
de Finstruction est trop negligee. Elles sont
aimables par leurs qualites et leur esprit nature!, mais peu d'entr'elles le sont par aucun
acquis. Ce qu'on appelle vertu pour les femmes
est la vertu de toutes; et si dans les Etats-.
Unis la malice jelte des doutes sur la conduite ( iSi )
duite d'une vingtalne , il n'y en a surement pas
dix qui puissent etre accusees avec justice ,
et le reste de la societe les traite avec rigueur.
J'ai entendu quelques maris se plaindre que
l'exigeance de leurs femmes leur faisait payer
un peu cher cette irreprochable vertu. Mais
ou, dans ce monde, le mal ne se trouve-t-il
pas a cote du bien ?
Les jeunes filles jouissent ici d'une liberte
•qui, dans les mceurs frangaises, paraitrait de-
sordonnee; elles sortent seules , se prominent
avec les jeunes gens, se separent avec eux
du reste de la compagnie dans les grandes
assembtees ; enfin elles jouissent de la liberie
qu'ont en France les femmes martees, et que
les femmes martees ne prennent pas ici. Mais
elles sont loin d'en ntesuser ; elles cherchent
a plaire, dies desirent toutes trouver un mari
et savent qu'elles ne trouveraient pas ce mari,
si leur conduite etait attaquee. Quelquefois
elles sont abusees par des hommes qui les
trompent, mais alors elles n'ajoutent pas au
malheur d'avoir aussi cruellement engage leur
cceur, le regret que pourraient leur donner
quelques remords. D6s qu'elles trouvent un
mari, elles Faiment parce qu'il est leur mari,
parce qu'elles n'ont pas Fidee de pouvoir faire
autrement; elles Faiment d'habitude, et par
Tome VIII L Eli
( iSa)
une espece de religion d'etat-, qui ne se dement jamais.
Je ne sais pas s'il y a beaucoup de mauvais ntenages en Amerique ; mais aucun ne
parait tel, quoique tous a la verite ne portent
pas l'image du bonheur le plus desirable. Dans
les classes inferieures de la societe , ou les
mceurs des femmes sont aussi exemptes de
reproche que dans les classes plus elevees ,
.on assure que celles des filles sont plus faciles.
Cependant, d'apres tout ce que j'ai pu re-
Cueillir,A G^est encore Fillusion d'un mariage,
qu'elles croyent decide , qui les engage a se
compromettre au-dela de ce qu'elles feraient
sans cette fausse esperance. Le tort en est
done entierement aux hommes qui les trom-
pent, sans qu'il puisse etre juste d'accuser de
libertinage celles qui n ont pas la prudence
de s'en garantir.
Il existait jadis dans la Nouvelle-Angleterre,
et particuherement dans le Connecticut, un
usage, que j'ai vu, difterentes relations de
voyages en Anterique, attribueraux mauvaises
mceurs; mais qui, je Favouerai, dut-on m'ac-
cuser d'ineptie, ne m'a jamais paru, au contraire, quel'effetdes mceurs les plus pures et
les plus innocentes, Un voyageur, un ami arrival dans une maison, et les lits de la famille, I m)
Etaient occupes. On le mettait coucher avec la
famille, avec les gargons quand il y en avait,
avec les filles quand il n'y avait pas de gargons. On congoit qu'il est plus facile a des
Europeens de faire , sur cet usage, de jolis
contes, et d'en tirer des consequences gail-
lardes , que de Fexaminer dans la simplicite,
dans la bienfaisance de son intention.
L'hospitalite , parmi ce peuple nouveau ,
tetait une des vertus le plus regardee comme
un devoir, et la plus religieusement observee.'
Les maisons etaient aussi rares que petites. Un
voyageur a qui Fentree de Fune aurait ete re-
fusee a la fin de sa journee, n'eut pu trouvec
prochainement un autre gite ; des mceurs aussi
hospitalteres ne peuvent pas s'allier avec la
defiance ; et Fktee du desordre n'entrait pas
plus dans la tete des parens, que dans celle
des filles, et de l'hote admis k l'hospitalite ;
aussi ne remarquait-on point qu'il en arrival
d'inconvenient. Quelque partie de vetement
consentee, etait plut6t un hommage rendu a
la difference des sexes, qu'un moyen desecu-
rite cru necessaire ; et le lendemain le voyageur repartait, pour trouver encore le soir un
gite hospitalier. Cet usage , connu sous le nom
de bondelage , a cesse a mesure que les maisons sont devenues plus grandes , les routes
L 2 ( i64 )
plus frequentees, les tavernes etablies; mais
le jour ou Fid e de la pudeur est entree pour
quelque chose dans cette reforme , les mceurs
avaient, par cela meme , perdu de leur uwo?
cence.
J'ai entendu dire a des hommes qui avaienfc
ete adm is a cette espece d'hospitalite, et dont
les mceurs n'etaient assutement pas scrupu-
leuses, que la phis tegere tentative, qu'ils
aya'ient faite pour abuser de cette reception,
avait ete accueillie avec de violens repousse-
mens, et leur avait valu quelquefois d'etre
chasses du lit, quelquefois meme de la maison ; et aucun ne m'a dit en avoir tire jamais
Favantage , que leur deiicatesse ne les avails'
pas empeehe* de desirer , et ne les aurait pas
empeches d'avouer.
Probablement, sans doute , il a pu exister
des exemples contraires ; mais alors ce n'a
ete que par exception , et par une exception
trop rare, pour avoir autorise les voyageurs
ecrivains a s'egayer sur cet usage, qui, en
considerant Fepoque ou il avait lieu , et Fin-
tention qui Favait etabli , fait l'eioge des
mceurs du pays , et des tems eu il etait pratique. Quoi qu'il en soit, il n'existe plus depuis long-tems; ainsi il n'v a pas plus de verite dans le rapport des ecrivains qui le pre* (i65 )
eentent comme existant, que de justesse etde
bonte dans leur jugement, quand ils en atta-
quent la moralite ,   ou en  denaturent Fin-
tention.
Mais ce qui existe encore , et ce qui doit
choquer les moeurs europeennes , c'est d'etre
admis a coucher sur des matelats , sur des
eouvertures , dans les memes chambres ou
le mari et la femme sont couches dans leur
lit, et les enfans de la famille, gargons et
filles , couchent dans le leur. C'est encore la
rarete des maisons , et leur exiguite teduite
generalement a une chambre , qui necessitG
cette pratique dans les parties peu habitees
des Etats-Unis , an elle a lieu. Je me suis
trouve plus d'une fois dans pared gite , ou
seul voyageur, ou avec des compagnons de
voyage, ou avec d'autres voyageurs , qui m'e»
taient etrangers : les chambres sont tres-
petites, et souvent on se trouve couclte contre
le lit de jeunes et jolies filles , dont la sim-
plicite n'est pas assez effarouchee pour rien
changer a leur toilette ordinaire de nuit. Si
Fetranger ainsi Iteberge a son sommeil retarde
ou interrompu par des idees appartenant a
une situation qui lui e9t si peu commune , ce
n'est ni la faute ni Fintention de ses hAtes
simples es bons. ( x66)
Quant aux grandes villes, et plus particu-*
lierement aux villes de commerce > les moyens
de libertinage y sont peuttetre plus multiplies
qu'en Europe , et j'entends meme dire que
beaucoup de maris font usage de ces moyens.
Comme en Europe , la pauvrete et la vanite
de la parure sont le motif determinant, qui
dans les grandes villes d'Amerique font prendre
a plusieurs filles le parti du libertinage; et
parmi les femmes mariees, celles que Fabsence
trop prolongee, et l'imprevoyance de leurs
maris, laissent sans subsistence assuree , parti-
cuherement les femmes des gens de mer, sont
sinon absolument les seules, au moins celles
qui sont le plus souvent accusees de faire ce
calcul.
Je dois ajouter encore que l'etat des filles
qui habitent les maisons de debauche, est vu
par le bas peuple d'Amerique, avec des preventions moins fortes qu'en Europe , et n'est
presque pas regarde autrement que tout autre
metier; Fexemple n'est point rare de cette
espece de filles , qui en sortant de ces lieux,
trouvent a se placer servantes, ou meme a
se marier , et font de bonnes domestiques ,
pu des femmes honnetes. La police municipale
ferme les yeux sur ces sortes de maisons ;
mais si des voisins se plaignent de quelque ( i67)
Scandale exterieur,   elles sont a Finstant fer-
ntees , et les habitantes conduites a la maison
de travail.
On se marie jeune en Amerique , sur-tout
dans les campagnes. Le besoin qu'ont les jeunes
gens, qui generalement s'etablissent de bonne
heure , soit dans de nouvelles terres, soit dans
une profession quelconque , d'une femme
pour les aider dans leurs travaux, y ajoute,
pour ces mariages prompts , un motif puissant
a celui de la purete des mceurs.
Dans les villes, les mariages sOnt moins
ftequens et moins hatifs, sur-tout depuis que
Fintroduction du luxe rend la fortune acquise
plus necessaire ; et les jeunes gens n'y sentent
gueres le besoin d'aimer avec le projet de
mariage, que quand ils ont deja satisfait, ou
sont dans la vote de satisfaire le besoin plus
imperieux de gagner de Fargent^
Mais quelque bons que puissent etre les
ntenages , la femme qui meurt est promptement remplacee par une autre. Dans les
Campagnes , elle est , comme en Europe ,
une amie necessaire aux travaux , elle est
Fame du menage. Dans les villes, elle Fest
encore. Elle est , pour Fhomme occupe
d'affaires, et tout le monde Fest en Amerique , une ressource indispensable pour les ( i68)
Soins domestiques ; elle est une compagne
assidue , une societe qui se retrouve toujours
dans un pays ou il n'y en a pas d'autres que
celle de la famille, et ou les enfans quit tent
promptement la maison paternelle.
A Fesquisse que je viens de presenter des
mceurs des habitans des Etats Unis, je pour-
rais reunir quelques traits encore , mais qui
ajouteraient peu a la connaissance que j'ai
cherche a donner de leur ensemble; d'ailleurs
je suis presse de finir cat article qui me
semble deja bien long.
Un Europeen qui en venant dans ce nouveau monde apporte le besoin des usages des
agremens de celui qu'il quitte; celui sur-tout
qui apporte le besoin de ce que nous appelons
en France le charme de la societe, que nous
savons si bien appteder , dont nous savons si
bien jouir, qui nous vaut une suite si longue
de momens heureux, celui-la ne trouvera pas
en Amerique a se satisfaire, et ses souvenirs
jetteront toujours quelque melancolie sur sa
vie. H ne pent pas , si son cceur a besoin
d'amis , esperer encore y trouver la douceur
d'une amitte constante et ddvouee. Les habitans des Etats-Unis sont jusqu'ici trop predo-1
mines par Foccupation des affaires pour que
les attraits d'une societe suivie puisse les en (i6g)
distraire; ils n'ont pas de tems a consacrer $
. l'amitie.
Un tel Europeen devra encore longtems
©ublier FEurope pour vivre tout-a-fait heureux
en Amerique. Mais s'il en peut perdre promptement le souvenir, ou s'il y conduit avec lui
les objets les plus chers de son affection , il
ntenera en Amearique une vie heureuse et
tranquille. Il y jouira du bienfait de la liberie
dans la plus grande etendue qu'il soit possible
de la desirer, et de la gouter en aucun pays
police. II s'y verra entoure d'un peuple actif,
aise , heureux. Chaque jour lui fera oberver
un nouveau progres de sa nouvelle patrie. II
la verra chaaue jour faire un pas vers la force ,
la grandeur a laquelle elle est appdee ; yers sa
redle independance , qui n'est pour une nation que le resultat des moyens de se suffire a
elle-meme.
D'ailleurs tout homme qui apportera en
Amerique quelque talent , tout ouvrier habile,
et tout homme meme qui sans talent particu-
lier y apportera du courage et la resolution de
Ipkvailler, est sur d'y trouver en peu de tems
les moyens de se rendre independant , pro-
prtetaire , et bientot d'y acquerir une aisance
honnete.
Il se pourra que   Fon  accuse de se verite
% ( 170 >
qnelques-unes des reflexions dont j'ai accortt*
gne le compte que je rends dans cette derniere
partie de mon journal, de la constitution, du
gouvernement , des loix , du commerce et
des mceurs des Etats-Unis. Que repondre a
ce reproche s'il m'estfait? J'ai du dire ce
que je voyais , ce que je pensais. Je n'ai
epargne aucun soin pour connaitre la verite
et pour tenir mon jugement hors de Finfluence
de tout ptejuge , de tout esprit de parti; j'en
ai la conscience intime. Rien sans doute ne
m'obligeait d'ecrireun journal, mais rien ne
pourrait me faire consentir en Fecrivant a de-
guiser ou meme a affaiblir mes opinions.
Je serai plus probablement encore accuses
d'avoir juge  la   politique   actuelle  du   partif
gouvernant en Amerique avec une partialif^l
toute frangaise. Je ne me disculperai pas d'un
fort attachement pour mon pays , pour tous
ses interets ; je crois ne ceder a personnedans
ce sentiment bien general parmi les Frangais ;
il est en moi independant de tous les gouvernemens que ma nation aurait pu se donner ,
comme de tous les malheurs dont j'ai pu et
dont je pourrais encore etre la victime. Mais
je me serais reproche de m'etre laisse guider,
dans mes jugemens par des sentimens dont je
m'honpre; j'aurais couru alors le risque de ne pas ( 17*)
Voir la verite , et c'est la verite que j'ai cherchel
a voir, et que j'ai voulu ecrire. Je pense done
m'etre preserve aussi de Finfluence du ptejuge
national, et j'espere que le plus grand nombre
de mes lecteurs en jugeront de meme.
Puisse!' Amerique forte de tous les avantages
dont elle a ete combtee par la nature , deceux
que tant d'heureuses circonstancesyontajoute,
riche deja de sa propre experience, jouir
d'une prosperite durable 1 Puisse le peuple
Americain employer sans relache, pour con-
server sa liberte et son independance , la vigilance , la fermete qui les lui ont si glorieu-
sement acquises ! Aucun de ses citoyens n'en
forme le voeu plus sincerement que moi. Puis-
sent enfin la France et tes Etats-Unis resserrer
l'alliance et Famitte qu'il est d'un si grand interet pour les deux nations de ne pas laisser
affaiblir ! Puisse la gerterosite et la bonne foi
etre les liens qui les resserrent! En politique
comme dans la vie privee ce sont les plus
utiles et tes plus honorables.
F I N. f
( 172 3
le joins ici Vexposition rapprochee de la
ressemblande et des differences des constitutions des Etats- Unis de l'Amerique septentrionale , tant de celle de V Union que de
celles des differens Etats qui la composenb.
Ces tableaux sont la traduction litterale
de ceux qua puhlie l'annee derniere M.
William Smith, alors membre du congres
pour la Caroline du Sud, aujourd'hui ministre des  Etats-Unis. La
chambre
des-
pour les revenu
, et
juge 1
faccus
e soft de
lesoffi
nets now
mes
La
nonr 1
chambre
ever les r
des j
;ois fois a trois jours diffen
Les daue chambre, Un bill rejette ne peut el
representans propa qu'apres avoir averti dix jours d'avanc
venus. tmis^ion. Clerge exclu.
Emprispnnementbclu. Le nombre du senat ne  sera ,
sation. Les  bills peps d'un tiers, et jamais plus dune moitie
D'adopter les lo}
- 1 ORDRE     DE     SORTIE
des      Senateurs.
iSi* L, ,„„,„..„»,
v.««.».. \
\ Par moitie tous les deux
Caroline du Sud. J
Delaware.    Par tiers tous les ans.
Maryland. jj
Kentucky ..\ Point de rotation.   1   Barques.
euvent etre diminues pendar
s par la loi. Conseille le gouvt
econdukrables pendant la duree deTemploi.
. ReeligiblUrablej pendant la duree de l'emploi
• les temoignages, et de-
r le congres. A quelques pou-  ES  fJE  ETAT.
LEUR      Dp OUR      LEUR      ELECTION
utant de dist*ats qui
reunissant le'plus
devoix.
Sept membr
,ar le peuple. tIechc
ixulterieuralaj
luralite".
DJajorite
,t necessaire.
Deux membie pour
e premier essai,
la pluralite  pour • * TARIP DES DROITS
Que payent les Marchandises importees
dans les Etats- Unis, depuis le premier
juillet 1797.
MARCHANDISES
A R mes a feu et armes blanches ,
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Tome VIII.
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8ce««p.gallon.
10 p. fdelavaleu:
L   (apres. les Tableau*,
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MARCHANDISES
Boutons de
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mrdons de fer (spikes),.
us par livr. ( 175;
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1
MARCHANDISES
des  Batimens
Americains.
Capres	
Cannes , badines et fouets	
Canelle , cloux de gerofle , groseille ,
10 idem....
«■     1
Chintzco , callicoes , mousseline , et
toutes marchandises de coton  et
i5....idem	
de laine en couleur	
Cacao	
2 cents pour livre.
„  x
Chocolat	
3 idem	
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Cosmetics	
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Charbons	
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Cuivre travailleV.	
i5....idem	
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— en feuilles, saumons et barres.. .
libre	
Hbre.
Compositions pour les dents et gen-
15 p. ^de la valeur.
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Cafe	
Coton	
on couleur	
Coutelas et couteaux de chasse,  en-
tiers ou par piece.. *.	
5 cents par livre..
10 p. °de la valeur.
n.
i6i.
Chanvre	
Cuir tanne ou battu , et toutes ma-
,oo cents par quint.
no..
l    aufactures de cuir, on dont le cuir
!
;     autrenisnt specifie	
iSp.vdelavaleur.
lS ';.   jj iff-1
(176)
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MARCHANDISES .
10 p. I de la
10.... ider
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Drogues   (d'apothicaire),   ext
Demelle et linon..
Eventails entieri
Etaim fabrique.
i5.... idem..
L...idem.,
MAaCHAM)ISES ^77 )
MARCHANDISES
tifkielles, plumes
us pour les dames
Promaee.. •..
Fruits de tou
te espece..
i
G
Girandoles e
Gands et mi
Galons d'or*
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i pieces. . .
te espece. .
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Habits faits..
-livres,  fou
Tome VIII.
ts par livre..
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jf    MARCHANDISES
Sur
'des Batimens
1
|                      IMPORTEES.
Americains.
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libre	
libre.
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j   Isdioo	
Scents par livre.
vi-
|   Jouaillerie et pierres flusses	
15 p. jdela valeur
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1   Iivres blancs	
io.... idem....
11.
|    Liqueurs distillees a l'etranger , sa-
voir . de grains:
j   - premiere epreuve	
28 cents par gall
So'.
29.... idem....
3i.... idem....
34.... idem.,..
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55.
D'autres matieres.
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Ii —- troisiime	
28.... idem....   j
3o£   j
J i distillees dans les E
raisseau dans lequel elles
;xportees des Etats-Unis,
De meh
— quatnem,
— sixieme..
i3.
..... idem	
i5.
....idem	
M
....idem.....
21.
.... idem	
28.
- cinquieme. •
idem  8
idem  9
idem  11
idem  i3
idem  -iS
Ma ( 180 )
MARCHANDISES
Sur
fe
importees.
f 1
Laine non manufacturee	
m?.-
Laine filee degraissee	
325 cents par quint.
M7h
M
Montp.es et lioiloges entires ou en
P1'^8	
,5 p.: dela valeur.
i6|.
de la Chine ou des Indes daas des
vaisseaux n'appartenant pas  aux
Etats-Unis, ( excepte  le the ,  la
pqrcelaine et tous les autres ar
ticles sujets a des droits plus ele-
dela
valeur.
— qui    seront  reexported  dans le
meme vaisseau  clans  lequet elles
dans ce tarif	
id p. 1 dela valeur.
ii.
2o....idem.v...
22.
Manufactures d'etaim , composition
l6{.
— de fer , d'acier ou laiton ,   non
— de cuir, idem	
i6\... idem	
16 |-
— deplomb, idem	
i cent par livre.. j
N?r   1 ( i8i )
MARCHANDISES
Manufactu
esde coton ou laine en
teinture,
raies ou couleurs	
13|p
5 de la val..
— D.°san
s teinture , etc. etc.	
10...
idem '
Marbre,   a
rdoise  et  autre  pierre,
i    briques ,
ardoise,
ustensiles de marbre ou
et en general tout  ou-
vrage en
pierre ou potene	
i5...
. idem.....
i5...
• idem	
. idem	
Marchandi
ses de mode	
Melassa. .
4 cent
rpar gallon.
Mousquets
etarmesafeuavecbaion-
nettes , e
ntiers ou en pieces	
i5V.
dela valeur.
— sans ba'
onnettes , idem	
i5...
. idem	
en poudre	
r
ide
Mousseline
. idem	
. idem	
. idem  ....
Muscade..
M 5 ( i8a )
[MARCHANDISES
Sur
des Batimens
Americains.
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1                           P
i5 p. ? dela valeur.
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i5....idem	
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16 §   J
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libre.   j
16 i
libre.
Pou ees   our les enfans
Poudrea canon	
— acheveux	
Pierre calaminaire	
Plomb et balles a fusil	
Papier peint pour tapisseries	
15 p. | de la valeur.
i5....idem	
libre	
— fort	
Platrc de Paris	
Poivre	
Pistolets entiers ou en pieces	
!
i5 p. ° dela valeur.
1:6 J    j
Piment	
4 cents par livre..;   45.    i
Pruneaux	
libres.
I
Raisins	
i5 p. 5 de la valeur.
16 1
•
1        If (iB3)
MARCHANDISES
Salpetre	
Selles eiuieres ou en parties	
Satin et autres etoffes de soie	
Souliers ,   escarpins   de  soie   pou
femmes	
femmes	
_ en poudre (powdered) '.. 3 ider,
— tout autre -rafme et en poudre ..if.... iden
— ( Linnpeugas) 6f... . iden
— ^ Pains ' b ideD
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MARCHANDISES
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Tabac en poudre	
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MARCHANDISES
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Batimens
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Verre.
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| dela valeur.
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— toutes   autres   manufacture   de
verre	
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Velours	
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11.
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vaisseaux..
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— de Londres ,  Madere,   de pre-
niierequalite 56c*
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|   Les -droits sur tous les autres virisj
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II      par gallon ,   dans des vaisseaux
1 { i86)
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MARCHANDISES
des Batimens
Americains.
* 1
Americains , et 33 cents dans des
vaisseaux etrangers, ni etre moins
de   10 cents dans  des  vaisseaux
Sur la valeur des bouteilles	
Toutes  sortes de fruits   confits au
10.... idem	
i5....idem	
44-
ii.
i6f. j
ii.
Toutes autres marchandises non au-
Noia. Ce Tarif ayant ete traduit de l'anglais , on y a conserve
|'ordre des articles qui peut aider a les retrouver sur 1'original „■
quoiqu'il en soit resulte dans le francais quelques legeres interver- .
sions de l'ordre alphabetique. T   A    B   L   E
DES     MATIERES
DES  III*.   ET   IV*.  PARTIES,
Comprenant les VIe. Vlh.etVUh. Tomes.
Adams (M. John), appele k la presidence des
Etats-Unis , Tome VII , page 25o ; — ses titres
"& cette place , z5i; — son election a une voix seulement au-dessus de la majorite requise , 25a; —
se proclame lui-m£me ; son embarras ; — il prie
le senat de nommer un presidenttemporaire , 270,;
— sa prestation de serment, 281; — ceremonie de
Installation , 282 , —■ son livre intitule la defense
des constitutions amdricaines, VIII, 144* (Voyez
aussi la table de la premiere partie, a la fin du
tome III. )
Administration generale de I'Etat de Pensylvanie/ VI, 276 a 280 ; — des prisons, dans le mdme
Etat,  sa  perfection , 261.
Tome VII. Administration temporelle des freres
Moraves, 19;-—de la milice a New-Yorck, ng.
Alexandrie , son agreable position, VI, i65;
c'est une des plus jolies villes de la Virginie , 167.
r— son commerce   avec les Antilles  et l'Europe; ( i88 ) •
fea" population , ses exportations, 169; — capital d&
sa banque, ibid.
Amboy- , port de I'Etat de New-Jersey, VII, 17.
Ann-Arundel , comte du  Maryland , VI,  96.
Annapolis , capitale de I'Etat de Maryland , sa
position, sa depopulation , VI, 92; — maison de
I'Etat , son college, g3 ; —'nombre de ses habitans,
96.
Arkwright , m^canicien anglais ; systeme de ses
machines pour carder , filer, etc. VI, z5.
Attorney (ou procureur general) des Etats-
Unis , ses fonctions , VII, 283; — doit suivre et
dinger les causes ou 1'Union est interessee , 287.
Baltimore , grande ville du Maryland, et la
quatrieme des Etats-Unis , son commerce, VI, 173;
— ses exportations, ses banques, 174; —elle doit
perdre quelques-unes des branches de son commerce , pourquoi, 176; — sa position d^savanta-
geuse , 177 ; — observatoire , bibliotheque publique,
178 ; —-population du comte ou elle est situee, 180;
— elle est la residence d'un eveque catholique ,
so6;—'ses habitans sont accuses d'egoisme, 207.
Baldwin (M. Abraham) , membre de la convention qui a fait la constitution americaine, VII, 183.
Banqueroute , maniere commode de la faire %
VIII , 53: — n'altere pas en Amerique la reputation de celui qui Va faite , 34. ( i8g)
Banques. Celle etabli© a George-town sous le'
nom de Columbia, son capital, VI, i58 ;—celle
d'Alexandrie , son capital , 169; —^ il y en a deux
a Baltimore, 174; — celle de I'Etat de Pensylvanie , son capital, 284; —- celle de l'Amerique du
Nord , 5og ; — son capital, 511.
Tome VII , banque de New-Yorck', son capital , 145. ( Voyez aussi la table de la premiere
. partie , a la fin du tome III, et celle de la seconde,
a la fin du tome V.)
Baset (M. Richard J, membre de la convention qui a fait la constitution des Etats-Unis, VII, i83.
Bedfort (M. Gunning) , autre membre de la
convention americaine , VII ,   i83.
Belvedere , village du New-Jersey sur la Delaware ; sa situation , sa population , valeur de ses
terres, VII , 53 et 54.
Bethleem , ville de I'Etat de Pensylvanie habi-
tee par les freres Moraves, VII, i5; — sa population , 22 ; — taxe imposee aux habitans, 23.
Bills doivent en general etre approuves par le
president des Etats-Unis , apres avoir passe au con?
gres pour devenir loix , VII , i65 ; —ils le deviennent encore si le president est dix jours sans s'ex-
pliquer a leur sujet, 166; — si le president les
refuse , ils doivent etre remis en deliberation , et
ne peuvent devenir loix que par une majorite des
deux tiers dans chaque chambre, ibid.
Bladensburg ,  village du Maryland  assez bien ( 190 )
bati, tout pres de Fe'de'ral-City ; il y a une aca-
d^mieou maison d'education assez eslimee, VI, 171.
Blair (M. John) , membre de la convention
americaine ,  VII , i83.
Bleds , plus chers dans l'Amerique en 1795 qu'ils
ne Vont jamais ete ,17; — leur qualite comparee
dans differens Etats, VI, 18;— leur culture et
leurs maladies dans le Maryland, 59 , 77.
Blodget (M.) , grand et intelligent spdculateur
de Philadelphie; loteries qu'il a imagine pour faire
yaloir ses terreins dans Federal-City , VI,  i35.
Blount (M. William), membre de la conven-:
tion americaine , \'II,  i83.
Bois , leur diminution dans toute l'Amerique,
VI , 88 ; . , leur prix a German-town , 8; — cou-
verts d'eau dans I'Etat de Delaware , 39; — leur
exploitation vicieuso, 40; —leur prix a New-Castle,
54; — leur differentes especes dans I'Etat de Delaware et de Maryland , 2i3 ; —tres-hauts tulipiers
ct beaux kalmia latiflora entre Federal-City et Baltimore ,   utilite de leur bois, 214.
Bradford (M. William) , attorney general de
Pensylvanie, puis des Etats-Unis; soneloge : soins
qu'il a pris de concert avec Caleb-Lownes, pour
perfectionner l'administration des prisons , VI, 263.
Brandywine, bourgde I'Etat de Delaware, prend
son nom du creek qui le traverse , VI , 11 3—ses
moulins a farine tres-ingenieux, 12; —leur me-
canisme servant aussi a l'impression destoiles, 20;
situation charmante de ce lieu, 34. (m)
Brearley ( M. David) , membre de la convention americaine ,  VII ,  i83.
Bridge-town, port dans I'Etat de New-Jersey,
VII,  87.
Broadway , rue de New - Yorck; il n'y en 9.
peut-etre pas de plus belle dans aucune ville du
monde, VII,   i32.
Broown ( M. Jacob) , membre de la convention americaine ,  VII, i83.
Burlington , port de I'Etat de New-Jersey, VII, 87.
Burr (le colonel), son caractere, son esprit,
ses lumieres, VII, i5o.
Bush-town, ville du Maryland, VI, 178; —
Valeur des terres de ce pays, i83.
Buttler (M. Pierre ) , membre de la convention  americaine , VII,  i83.
c
Calvert (le capitaine), tenant auberge et bao
dans l'lle de Kent , en Maryland , tome VI, page 91.
Campbell (M.), avocat de Virginie, seconde
M. Ingolson dans le proces devant la cour supreme,
contre le droit du congres d'imposer les voitures.
La cour juge en favour du congres , VII, 349 , 35o.
Campell (M.), associe de M. Roberdeau pour
la forge d'Oxford, dans le New-Jersey, VII,  57.
Canal projette de la Delaware a la Chesapeak,
VI, 8g.— Acheve pour eviter une partie des chutes
delaPotowmack , 161.— Projetie et cwjk commence
dela Susquehannah au 5kuylkill. Son objet, 186. ( *92 )
-^-Quatre autres projette\s, iq5. >— CommislairSS
liommes pour faciliter la navigation des rivieres, 276.
Tome VII. Communication projettee entre le lac
Ontario et le port de New-Yorck , et jonction des
eaux du lac Champlain avec celles de la riviere du
nord , 124. -—Autres projets, 126. ( Voyez aussi
la table de la premiere partie , a la fin du tome
' III, et de la seconde a celle du tome V.
Canvasbackduck , espece de canards sauvages,
Leur abondance , VI , ig5.
Carpenter (M. Samuel), un des six premiers
propri^taires de I'Etat de Delaware , VI, 42-
Caroener (M. Richard), distributeur des secours donnes pat les habitans de New-Yorck aux
colons de Saint-Domingue; il meiite une reconnaissance particuliere de tout Francais , VII, 142.
Caroline (comte" de), dans I'Etat de Maryland,
sitae entre le comte de Talbot et I'Etat de Delaware ; sa sterilite", VI, 89.
Carroll (3f. Daniel) , un des plus riches particuliers des Etats-Unis , habitant tres-estime d'An-
napolis en Maryland , VI, g5. — Tente sans succev
la culture de la vigne a Ellicot's mill, 97. — II a ete
membre de la convention americaine, VII, i83.
Castiglioni (M. de) , voyageur italien qui a bien
vu l'Amerique ;
,son opinion su
r le n
gne vegetal,
qu'il a pj
rticuli
erement etudie,
VIII
,  125.
Cecil ,
coint^
dans le Maryh
nd, -\
a, 59.
mm'
Centreville
chef-lieu du cor
ntede
Queen-Ann,
If
dans l'Et
it de I
Maryland, VI, I
1
Chambrs, ( *93)
Chambre des representans des Etats-Unis. —-
Comment elle est composee , VII , i5g. A seule
le pouvoir d'accusation nationale , 161. —Doit proposer tous les bills relatifs a la levee des revenus , i65.
■—Serment pret£ par ses membres , 182.—Nombre
de representans a raison de la population, 216 -
Debats a l'occasion de la situation des Etats-Unis
avec 1'Angleterre , 241. — Ceux plus vifs , relative-
ment a la position des Etats-Unis avec la France, 253.
— Elle cesse ses fonctions le 3 de mars de sa seconde
annee, 280. — Eloge exagere donne par elle au
peuple des Etats-Unis , VUI, 128.
Chaptank: , riviere de Maryland, VI, 89.
Chatam , villageduNew-Jeisey, ses terres, leurs
productions, VII , 66, 67,
Chesnut-Hill , joli village dans le comte de Philadelphia , VI, 8.
Chester, chef lieu du comte de ce nom , celebre
dans les annales de la Pensylvanie j VI , 5. — Sa
population , son etendue , ses productions , 7.
Chester , autre chef-lieu de comte , dans I'Etat
de Maryland. Sa position. Son college , VI, 63. —
Ses etablissemens publics, 65. — On y rend la justice avec plus de decence qu'a Philadelphie , 67, 68.
— Cimetiere au milieu de la ville , 73. —Maison des
pauvres, 74.
Chew (M. Benjamin) , de Philadelphie, respec.
table ami de l'auteur ; une maison qu'il .a dans
Germantown ; celebre par le combat donne en 1777
pour
cha
r les Anglais, VII, 5. — Voyez aus;
Tome VIII.
N Ii
c m >
au sujet de Chew, la table de la premiere partie,'
tome III; et celle dela seconde, tome V.
Chew (M. Samuel) , juge a Chester, dans I'Etat
de Maryland , frere de Benjamin , VI , 66. — Ses
procedes'obligeans envers l'auteur , 90.
Christiana , riviere qui se jette dans la Delaware,
VI, 24 et 209.
Christian - Brown , ferme pres de Bethlehem ,
appartenante aux freres Moraves; ses productions ,
VII, 45.
Church-Hill, peiit village du comte de Queen-
Ann , en Maryland, compose d'une douzaine de
vieilles maisons et de deux vieilles petites eglises,
VI, 81.
Clements-Tavern , dans le comte de Montgomery , Etat de Pensylvanie , VH, 8. — Valeur
des terres , des bestiaux et des bois dans ses environs ,9. — Singulier titre de noblesse du tavernier ,
Clinton (le general) , ancien gouverneur da
I'Etat de New - Yorck; son amour de la liberte ,
VII, i5o.
Climat. Appereu sur celui des Etats-Unis, VIII,
117. —La grande difference de latitude en produit
une proportionnee dans la temperature des differens etats, 118.— Variation subite; froid plus fort
et plus durable qu'en Europe, ng. —La sanle des.
habitans, et sur-tout des femmes, affected par la
grande variability du climat , 120, — Nombre d'en*
fens perissant en has age; maladies epidemiques | ( ig5)
121. —-Fievre jaune, 122. — Especes indigenes plus
petites que dans l'ancien continent, 123.—Animaux et vegetaux moins substantias, 124.—-Regne
vegetal d'une abondance, d'une richesse admirable,
125. — Grande variete des oiseaux; le regne mineral differe peu de celui de l'ancien hemisphere ,
126. — Montagnes du Canada, 127.
Commerce particulier de George-Town, en Maryland ,  attenant Federal-City. II a ete considerable , VI,  157. —Causes de sa diminution, i58.
Commerce general et particulier de la Pensylvanie, VI, 2g5. — Etats des principaux articles des
produits des Etats-Unis, exporte.s du port de Philadelphie dans l'annee 1796, p. 3oo.—Leurs valeurs en
dollars, 3oi. — Tableau du prix des assurances,
pour les annees 1795, 1796, 1797, p. 3o5. — Son
augmentation ,  3o6.
Commerce du New - Jersey. Ses exportations ,•
VR, 87.
Commerce de New-Yorck , VII,  123.
Commerce gendral des Etats - Unis. Maniere de
juger l'avantage des operations commerciales entre
deux Etats, VIII, u—Celui des Etats-Unis eprouve
du desavantage avec l'Angleterre , 2. — L'inlroduc-
tion abondante de marchandises etrangeres est un
obstacle au bonheur , 3. — Interet des commercans
anelais, 4. —'Comment le commerce etran-ernuk
k l'agriculture d'un pays, 5. — Manufactures de
toile a voile etablies en Amerique, 7. — Valeur des
exportations des Etats-Unis en differentes annees ,8^ (m >
-— Leur augmentation progressive, 9. Elle n'est pas
un indice d'un accroissement reel de richesse dans
les Etats-Unis , 30. — La consommation des denrees
coloniales peu augmentee, celle des objets manufactures en Angleterre fort accrue , i5. Augmentation du commerce des Etats-Unis depuis l'epoque
de leur independaDce , 17. — Avantage pourl'An-
gleterre , 18. — A quelle epoque commence reellement le commerce des Etats -Unis, 19. — II fait
exclusivement l'apprpvisionnement des colonies
francaises et hollandaises, 21. — Vaste champ ouvert
aux speculations commerciales , 22. — Facheux
pronostic, 23. — Etat du commerce des Etats-Unis
avant la revolution francaise, 26. — Changement
qu'elle y a apporte , 27. —Ce qui en est resuhe , 28
et 29. — Moyens employes pour sortir d'embarras,
3o , 3i. — Combien onereux et peu efficaces, 32.
Honnetes negocians , 35. — Apparence brillantedu
commerce des Etats - Unis , ombre passagere de
prosperite , 38. — Toutes les causes relatives au
commerce, soumises aux jugemens des tribunaux
ordinaires , proces interminables , 3g. Les terres
devenues un effet de commerce, 48.
Confederation. Ses articles adoptees en 1781 ,
VII, i56. — Les dettes contractees par elle sont
obligatoires pour les Etats-Unis, 181.
Congres. Reunion des deputes de chacun des
Etats, VII , i56. — Sa force est insuffisante , 157.
— Tous les pouvoirs legislatifs resident en lui, i5g.
— II est compose d'un senat et d'une chambre da C *97 )
representans, ibid.— Ourre ses seances a jour fixe;
chaque chambre juge de la validite des elections, 163.
— Tient un journal de ses sessions, et le publie; rs-
coit une indemnite de ses servioes ; ses membres ne
peuvent etre arretes , hors le cas de trahison, 164.
— Ne peuvent etre nommes a aucun emploi civil,
pendant le temps pour lequel ils sontelus, i65.—
Pouvoirs du congres , 166 , 167, 168 et 169. — II
dispose des territoires ou proprietes appartenans
aux Etats-Unis, 180. — II peut proposer des amendemens a la constitution, 181. — Ses loixengagent
et lient tous les peuples de 1'Union, 2o5. ■—II a propose douze articles additionnels a la constitution,
dont dix ont et4 acceptes , 215. —II ne peut faire
aucune loi relative a l'etablissement d'aucune religion , 217. —Son assembiee extraordinaire a l'oc-
cs^sion de la France, 252. — II rend une loi relative a l'eiection du president et du vice-president
des Etats - Unis, 268. — Belle loi qu'il a pbrtee
contre l'esclavage, 2g3. — Plan de finance qui lui est
presente, 3o5 , — et qu'il accepte apres une longue
Tome VIII. Le congres fait des loix pour 1'ad-
ministration et la discipline des armees de terre et
de mer , 62. — II vote tous les ans les fonds neces-
saires au departement de la guerre ,  78.
Connogecheque , ou Eascerh-Branch, qui se joint
avec la Potomack a Federal-City, VI, 124.
Constitution de I'Etat de Delaware , VI, ft.
— Du Marvland , 101. — Etablie d'abord "par
N 5 ( '93)
William Penn, en Pensylvanie, 220. — Change-
mens qu'elle a eprouves en 1701, et qui ont dure
jusqu'a la revolution, 222. — Premiere constitution
de la Pensylvanie , apres la' revolution . 224. —
Constitution actuelle de la Pensylvanie, 227. —
Celle du New-Jersey , VII, 71, —Celle de New-
Yorck , g4- —Voyez pour les autres Etats et pour
le Canada, les tables de la premiere et de la seconde
partie , tome RI et tome V, au nom de chacun de
ces etats.
Constitutiongenerale des Etats-Unis,VII, i5g a
'182 Motifs de son etablissement et debats qu'elle
occasionne, 184 k i8g. —Oppsition qu'elle eprouve,
igo a 192. — Quelques chefs de parti veulent former une monarchie pareille a celle d'Angleterre,
ig3. —Premier plan presente, ig4- —Rapprochement des partis, ig5.—'Amendemens proposes , ig6.
-— Inconvenient du peu de precision dans la redaction, ig7« — Debats dans les conventions des Etats
particuliers pour son adoption, 2o3. — Pamphlets
repandus pour l'empecher ; discussion a ce sujet,
2o4- — Objection contre elle, 2o5 a 211. —La
grande majorite du peuple americain , alors contraire a la constitution , 212. — Les Etats de la Delaware , New-Jersey et de Georgie l'adoptent a l'u-
licut, Maryland et Pensylvanie; mais elle est acceptee : elle l'est aus:,i dans ceux de la Caroline du
sud, de Virginie , de New-Yorck et de Massachusetts , 2i3. — Tableau de la majorite dans cha- ( ^99)
tune des conventions des differens Etats, 214. —
Articles additionnels, 215.
Convention , assemblee a Annapolis. Son but,
VII, 188.-Cellede Philadelphie luisuccede, 189.
Cooke (M.) , fameux  avocat;  son caractere
VI, g5. -
Corsica, creek du comte de Queen-Ann , en
Maryland, VI , 81.
Crantikoxe, riviere de Maryland , VI, 8g.
Ciiristian-Broown , ferme des Moraves, entre
Bethieem et Nazareth ' VII, 45.
C ulte. Sa liberte entiere dans I'Etat de Delaware,
VI, 35. ■— Diversite des seetes dans le Maryland,
206. — Aucun homme n'est dans les Etats - Unis ,
force a suivre aucun culte ,271. — Vingt huit maisons de seetes differentes a Philadelphie, 353.
Tome VII Culte des freres Moraves, 41. — Le
culte est paye par souscriptions volontaires en Jersey et en Pensylvanie, 63.
Culture. Tres-negligee dans le comte de Chester , en Pensylvanie,' VI, 7. — Espoir d'ameliora-
tion , 3o. — Trop variee sur la meme terre , par
• vanite et mauvais calcul, 32. — Sous quel rapport
ses details ont de 1'interet, 34. — Ne peut etre bonne
quand les champs-oat trop dVtendue, 87. — Celle
-de lavigne, tente© sans succes dans le Maryland , 97.
Culture des bleds diminuee ; pourqtioi, VIII ,11.
— On se porte aujourd'hui sur les legumes et les
prairies artificielles, 12.
Cunow (M.), membre du directoire general! dp
N 4 ( 200  )
l'Unite, et secretaire du college general dela societe1
des freres Moraves , VII, 4$-
D.
Dayton (M. Jonathan) , membre de Ta conven-
*vention, qui a fait la constitution des Etats-Unis,
tome VII, page i83.
Delaware (Etat de). Son etendue , son origine,
vi, 4
3. — No
bre de papeteries qui y sont eta-
blies , 26. -rf- Sa position avantageuse pour le commerce , la culture et les manufactures , 39; — sa
population, 46. — Les presbyteriens sont la secte la
plus nombreuse , 46. —Ses exportations, ibid. —
Son commerce, 47. — II n'a point de dettes ; ses
finances, 4g- — Siege de son gouvernement, 5z.
Departemens executifs du gouvernement des
Etats-Unis. Sont au nombre de trois; celui de l'etat,
celui des finances, et celui de la guerre, VII, 283.—
Le departement de l'etat est aussi celui des relations
exterieures, 294. — Ses depenses ,.2g5. — Celui de
la guerre a la marine dans sa dependance, VIII, 74.
Dhunson (le gendral ) , ancien gouverneur de
, l'Etat_de.Pensylvanie , habitant a. Wilmington , dans
I'Etat de la Delaware. Sa. generosite envers les £u-
gitifs de Saint Domingue, VI, 36,37.
Divorce. Dans quels cas il a lieu, VI , 237.
Dixes (M.) , catholique', pretre et jesuite e'tabh'
a Upper-Marlborough , en Maryland , VI, 111.—- C   201   )
Comment il voit la revolution franotW, n3. —■ A!
quelle cause il l'attribue, n5.
Dobspaight (M. Richard) , membre de la convention americaine , VII,  i83.
Dorchester , comte du Maryland , VI, 89.
E.
Eastern-Branch , riviere du Maryland , qui se
jette dans la Potomack, a Federal-city , VI, 120.—
Difficuke de son passage, 121.
Eastern Shore. C6te de Test du Maryland. Ses
bois sont remplis d'epines,  VI, 57.
Easton , capitale du comte de Northampton, en
Pensylvanie. Sa situation , sa population , son eten-
due, son commerce, valeurs de ses terres, de ses
denrees, VII, 47, 48 et 4g-
Education litteraire peu soignee en Amerique;
pourquoi , VIII, i32. — Excellente sous le rapport
physique, i3^.—Modeleesur celled'Angleterre, i36.
Elk-Town , capitale du comte de Cecil, en Maryland, VI , ig4- — Son commerce , ig5.
Ellicot's mill. Grande et belle plantation de M.
Caroll, en Maryland, 011 il a infructueusement
. rente la culture de la vigne , VI, g7-
Elymer (M. George) , membre de la convention   americaine ,   VII,  i83.
Etat militaire. Le president des Etats-Unis a
le commandement en chef des armees de terre
et de mer, VIII, 62; —loi qui fixe l'etablissement ( 202 )
militaire d>& Etats - Unis; 4sa composition , 63; —?
nombre dJrommes dont l'armee est formee; etat-
major, 64 ; — solde et subsistance , 65; —de quoi
est composee la ration , comment elle est fournie,
66; —- fourrages, habillemens, duree et prix de
l'engagement, punitions des deserteurs, 67; — jugement des militaires, serment prete , loi etablis-
sant une milice uniforme dans toute 1'etendue des
Etats-Unis, 68; — par qui sont tenus ses r6les,
instruction , solde , 6q ; — convocation de la milice ,'70;—elle doit se fournir d'armes, 71; —
fortifications, noms des villes fortifiees , 72, 73;—
montant des sommes destinees pendant neuf ans
au departement de la guerre , 78 ; — depenses excessives, reproche fait au secretaire de la guerre,
80 ; — recit interessant du retour de la milice des
Etats-Unis a Philadelphie, apres l'expedition de
Pittsburg , 87 , go.
Etats-Unis , leur situation avant 1787 , VII, i5G;
— leur constitution actuelle votee par la convention de Philadelphie, i58;—texte de cette constitution , i5g a 183; — etat politique en 1787; a
1'epoque ou 1'auteur ecrit relativement a la France
et a l'Angleterre, p. 184;—situation des partis 254;
— sentimens honorables du peuple americain , 263;
'— nombre des Etats au moment de l'adoption de
la constitution ; trois nouveaux Etats se sont formes depuis, 264; — moyen de rendre les Etats-
Unis une nation puissante , 3oi ; — ne peuvent
parvenir que par la paix a la prosperite et a la wa*k
(203)
grandeur , 3o3 ; — leurs revenus actuels, 332 , —>
. ^tat du tonnage employe dans leurs differens ports
durant  les sept  dernieres   annees , 333 , 335; —
Tome VIII. Etendue du territoire des Etats-
Unis, no; — tous les Europeens allant habiter
l'Amerique ne peuvent pas y trouver le bonheur,
168;—quels sont ceux qui peuvent se flatter d'en
jouir , 169; — vceiix de I'auteur pour la prosperite
des Etats-Unis et pour une alliance durable de
cette nation avec la France, 171.
Esclavage. Observations a son sujet, VI, 6g ; —"
plus nuisible qu'utile , 85 ; —projet pour l'abolir ,
5i ; — douceur des- loix pour les esclaves dans la
plupart des Etats, 5i ; — valeur d'un bon negre ,
52. — Quelques planteurs preferent des ouvriers
blancs et des negres fibres aux esclaves , 79. — Belle
conduite des methodistes relativement aux esclaves ,
181. — Desavantage pour les pays ou il y a beaucoup d'esclaves , 199. —Moyens raisonnables da-
bolir l'esclavage , 204 , VII. — Loix rigoureuses
de I'Etat de New -Yorck sur l'esclavage, n5. —
But.de l'affrancbissement , xi8.
Essex , comte du New-Jersey ;   sa population ,
VII , 67.
Evans (M.) , mecanisme qu'il a invente pour
les moulins , VI,  14.
Exportations.  Leurs valeurs pendant six ans ,
VIII ,8. —Leur augmentation progressive, de quoi
elles sont composees, 9. — Celles de bled diminuent,
n ; — celles des autres grains et du tabac diminuent .        (   204  )
aussi, 12. — Releve de celles des principaux articles des produits etrangers, 14. — Droits payes
pour leur reexportation, 16.
F.
Faubonne (M. de), capitaine frangais, jardinier
pres de New-Yorck , tome VIII,  i58.
Fayette (M. de la) , sentimens des Americains
pour lui, VI, 119, voyez aussi la table de la premiere partie , Tome III, et celle de la seconde,
Tome V.
Fecondite extraordinaire d'une fille , VI, 9.
Federal-City, ou Washington-City , ville desti"
nee a etre la capitale des Etats-Unis , VI, 122. —
Motifs de cette determination , 123. — Dispositions
relatives 4 son etablissement , ibid ; — sa position
bien choisie , 126; — emprunt fait pour la realisation de ce grand projet, 127; —etendue de son
emplacement, i3o; — son plan gigantesque ne
pourra pas etre execute de long-tems , et pourquoi ,
i36. —Reflexions a ce sujet, 141. — Sommes de-
pensees pour commencer le capitole et la maison
du president; — depense qui reste a faire pour les
finir, i5o. — Nombre peu considerable de ses habitans actuels , ils sont mal approvisionnes.
Eeer (M. William), membre de la convention
americaine,   VII, i83.
Finances particulieres de I'Etat de Pensylvanie,
assiette et le?ee des taxes , VI, 280 ; — tresoriers
des comtes; estimation des fraix de lasseyemerit mm*
{ 205)
generale des taxes , commission des collecteurs eC
tresoriers , 283 ; — depense annuelle de I'Etat de
Pensylvanie , 284 ; — arrerages d'impositions non
payes , 285 ; — creances a exercer par I'Etat de
Pensylvanie, 286;—ses dettes, ibid. — produit
des droits de douane , 3o2 ; — fixation de 1'interet
de l'argent dans  la Pensylvanie, VII , 26.
Finances particulieres de I'Etat de New-Yorck,
taxes de I'Etat de New-Yorck , leur repartition,
VII, gg ;—tresoriers de comtes , 101;—quotite des
taxes, io3 ;—revenus et depenses de I'Etat de
New-Yorck, 122. (Voyez pour celles des autres
Etats, leur article dans les tables de la premiere
partie , tome III , et de la seconde tome V. )
Finances genirales des Etats-Unis, expose de
leur histoire, leur situation; impots , revenus ,
VII, 3o4 ;—effrayante abondance de papier-mon-
naie ; plan presente pour assurer le credit public,
3o5 ; — montant de la dette etrangere et domestique , son capital fonde a un inter£t de six pour
cent , 3o6—mode et epoque de payement, emprunt, 307; — ses conditions; acceptation du systeme de finance apres une longue discussion , 3o8;
■ —details de cette discussion, 3og a 3i6; — fonds
d'amortissement pour eteindre la dette nationale,
320, 32i; — banque des Etats-Unis incorporee ;
elle prete a l'Union ; augmentation de la dette ,
322; — moyens de I'eteindre , epoque ou elle doit
etre entierement'amortie , 323; •—conditions principals de l'etablissement de la banque des Etats- Unis , 324 , 326 ; — sa situation au 3i decembre'
i7g6 , p. 33i;-—sondividende , prix des fonds pu*
blics , revenus actuels, 532; — droits stir les marchandises etrangeres importees darls les Etats-Unis,
336; — droits payes pour 1'importation des vins et
liqueurs , 344 ; — ne sont decretes que jusqu'au
mois d'aout 1801 , 35o ;—revenus de la poste aux
lettres, 351; — nombre des actions de la banque
appartenant a 1'Union, 3.52; — total de la recette
de l'annee 1796 , p. 353; — deficit , 354-
Fits-Simons (M. Thomas) , membre de la convention qui a fait la constitution des Etats -Unis ,
VII,  i83.
Franklin (Benjamin) , chef de l'opposition dans
la convention qui a fait la constitution des Etats-
Unis, Vll , i83 ; — son beau discours pour l'ac-
cepter , quand elle eut passe contre son avis , igg ;
— reflexions de l'auteur a ce sujet, 201 , 202.
G.
Gallatin (M.) , senateur des Etats-Unis , son
opinion sur le systdme de finance adopte pour les
Etats-Unis , VII , 318 a 32o.
Genet (M.), a nui aux interets de la France
dans les Etats-Unis , en cherchant a y semer le
jacobinisms , VII , 236 , 242.
George-town , chef- lieu du comte de Mont-
gommery , dans le Maryland , VI, i56; — sa situation ,  ses exportations et importations par an- (207)
nees , 1.57;—tirera un grand'avantage de 1'achl-
vement des deux canaux de la petite et grande chute
de la Potowmack, i58; — a un petit college cah
tholique,  160.
German-town . village de deux miiles et demi
de long dans le comte de Philadelphie, VII , 3 \
—-ses maisons, 4; — ses fabriques, ses tanneries,
ses eglises, ses academies ou maisons d'education,
ses ecoles, 5 ;—prix et nourriture des ouvriers, 7.
Gilman (M. Nicolas) , membre de la conven-   .
tion qui a fait la constitution americaine,-VII, i83.
Gilpin (M.) , son moulin a papier sur le creek
de Brandy wine , VI, 23; — situation de sa maison , 24;—produit de sa papeterie , 25; —sa maniere de debiter son papier , 27. -
\ Gnaden-thal, ferme pres de Bethlehem, appar-
tenant aux freres Moraves; son etendue, ses productions , vu, 45.
Gorham (M. Nathaniel) , membre de la convention americaine , VII,   i83.
Gouvernement federal des Etats-Unis, incon-
veniens qui en resultent, VII , 222; — exemples
frappans dans le payement des dettes et la fortification des places , 225 a. 227; — les elections s'y
font sous l'influence des partis, 262.
Grammar - school , proposition d'en etablir une
x fraix publics , dans I'Etat de Ma-
par con
ryland ,
11,64;— pourqn
1 point
CrayVferry , sur le Skuylkill, pris de Phila- I   208  )
Helphie, offre un joli point de vue , VI , 5;—lieu
de rendez-vous de beaucoup de parties de plaisir
en ete et en hyver, 4.
Grazing-farms , fermes destinees a elever des
bestiaux; cette espece de fermes se multiplie beaucoup dans les Etats-Unis, VIII , 12.
Great-Eggharbour , port dans I'Etat de New-
Jersey , VII, 37.
Griffith (M. ) , negociant de Philadelphia,
associe de M. Philippes Nikiin, leur eioge, VIII, 35.
H.
Habeas corpus (facte) ne peut etre suspendu
dens les Etats-Unis que dans le cas de rebellion
ou d'invasion, VII,   i6g.
Hackets-town , petit village peu habite dans
I'Etat de New-Jersey, VII, 56 ; — sa situation ,
valeur de ses terres , ses productions, son commerce , VII ,  58.
Hamilion (William), sa maison , ses proprietes,
ses jardins , sa serre chaude; il laisse ses terres
sans  culture , VI, 3.
Hamilton (M.), secretaire de la tresorerie ,
son caractere , son influence et' son desinteresse-
ment, VII, i4g;—presente un plan de finances ,
3o5 ; — plaide , seconde de M. Lee , devant la
cour supreme, pour le droit du congres d'imposer
les voitures, et gagne le proces,  34g, 55o.
Tome VIII. Reproches que 1'on fait a M. Hamilton , ( s°9 )
knikon , relativement a 1'insurrection de Pittsburg
&2 ; — il est peu fonde , 83.
Harengs , leur peche , VI, 188, details a ce
sujet , i8g ; —prix du barril de harengs sales, igo;
■—ils sont  abondans dans la riviere d'Elk ,  197.
Hartford (comtd de) \ dans le Maryland , sa
' population , VI,   182.
Havre-de-Orace , nom donne a quelques maisons reunies sur les bords et vers l'embouchurn
de la Susque,hannah , projet pour en faire un
ville, VI, i85;— moyens employes pour son execution par la compagnie qui en est proprietaire ;
son  succes  est douteux ,  187.
Head of-sa$safras , petit creek entre Warwick
et Georgetown dans le Maryland, VI, 62 ; — ses
moulins pour fendre le fer , 63.
Hope (le major), habitant de Belvedere en New-
Jersey ; ses proprietes , son caractere obligeant ',
VII , 55.
H6pitaux. Ceux de Philadelphie, VI, 3i4 ; —
celui de Pensylvanie n'est pas bien tenu , 3i5 ; —
ce qu'y coute la jounce d'un malade , 5i6;—■
ceux de NeW-Yorck , Vil .   i36.
Ho-field (M.), maitre de poste, homme d'esprit  con^idere chez  les Moraves  de   Bethlehem,
VII .  43.
HospiTalite ; comment exercee dans toute l'Ame-
riq e , VI    111.
Hud-on (Henry) decouvre le premier l'lle-longue^
Tome VUl. O (21
o)
remonte la grande
rivier
e du
Nord
et
lui
donna
son no
n,  VII
q2
Hun
dred ,   subdi
vision
des
comtes
d
ans
I'Etat
de Del
aware et
da
ns  qu
elques autres
le
I'Ame-
rique,
VI, 10.
I
Impeachment, Accusation nationale formee dans
les Etats-Unis par la chambre des representans ,
Tome VII , page  161 ;—jugee par le senat , 162.
Importations des differens Etats-Unis dans les
ports de 1*Angleterre , VII, 355, —de FAngleterre  dans les  differens Etats-Unis , 366.
Impositions mal reparties dans Witek de Delaware, VI, 47;—elles y varienfpeu, 49!—I
elles sont arbitrairement assises dans I'Etat de
New-Yorck, VII,   100.        $&£
Imprimeries , plus multiphees dans les Etats-
Unis  qu'en  Europe;   a  quoi  les  presses y sonf
Indiens, habitans les plus nombreux du territoire , au Nord-ouest de l'Ohio , VII , 265 ; — ja-
dis proprietaires uniques du continent americain,
aujourd'hui reiiardes comme usurpateurs par les
descendans de ceux a qui ils ont donne l'hospitalite , 42 ; — droit de preemption, vendu sur les
terres occupees par eux , 44 5 — obliges d'aban-
douner a 1 approche des blancs les terres qu'ils
occupent  encore , 62 ; — agens   employes aupre* ?2H   )
wes Indiens, 77; — relations avec eux, go; —fixation des limites , loix pour la repression'des deiits commis envers eux, 91; — commerce interdit
avec eux , 92 : — vexations impunies , g3, 94 ;
■— prix des objets vendus aux Indiens , 96 ;—leur
civilisation devenue necessaire , 97 ; — ne peut se
faire que par le concours des gouvernemens leurs
Voisins , 100; — quelques tribus ont un etat de
civilisation commence , 101 ; — ils sont d'une taille
Ordinaire,  forts et bien constitues , 124.
Injersoll ( M. Jared) > membre de la convention americaine , VII ,  i83.
Ingolson (M.) , attorney general de I'Etat de
Pensylvanie , plaide devant la cour supreme contre
le droit du congres de taxer les voitures , eu sou-
"tenant que c'est une taxe directe; il est seconde
par M. Campbell, avocat de Virginie, Vil, 349;
-— ils perdent ce proces , 349, 35o;
Instruction^ n'est pas tres-savante en Amerique;
ecoles gratuites ouverres a tous les enfans, VIII,
235; — academies, colleges -, langue latine peu cul-
tivee , i36;—le grec peu enseigne ; jusqu'ou va
'^instruction mathematique , i3y ; — la mecanique ,
l'astronomie ■, la physique sont negligees , 1S8; —
la chimie, la melecine le sont moins , i3g ; —
l'etude du droit commun , celle de l'histoire ne
fait pas partie de l'instruction publique , 140 ; —
societes savantes a.sez multiphees mais peu fre-
qnentees par leurs membres -, 142 ;—■ ouvrages
"periodiques peu interessans, pourquoi, 143; ^
O a t  212}
plusieurs ouvrages de merite , 144 ; —~ gazettes' \
i45; —societes d'agriculture et autres, i5o.
Insurrection de Pittsburg , VIII, 82; — autre*
dans I'Etat de Massachusetts , 83; — moyens employes pour l'appaiser , 84 ; — expedition de la
milice a ce  sujet, 85 ; — son retour , 87.
Irwine (M. William), un des trois commis-i
saires charges de la repartition des dettes et des '
creances publiques, entre 1'Union et les differens
Etats-Unis ,   VII , 225.
Jay (M.), envoye en Angleterre, pourquoi;
n'a pas suivi les instructions qui lui avoient &t6
donnees ; ses prejuges, tome VII, page 243. ( Voyea
aussi son article a la table de la premiere partie,
tome III. )
Jefferson (M.) donne sa demission de la place
de secretaire d'etat , VII, 241. — Quelle en est la
cause, 242. — Porte a la presidence des Etats-Unis
par le parti anti-federaliste ; ses droits a cette place,-
s5i. — Son election a celle de vice-president , 252.
•— II est proc'ame par John Adams, 279.—Inslruit
de sa nomination , il se rend a Philadelphie et entre
en fonction, 280. — Prestation de son serment, 283,
Ses notes sur la Vmginie, VIII, 144. (Voyez son
article a la-table de la seconde partie, tome V. )
Jersey (Etat de) , son histoire, VII, 69. — Sa
constitution, ses loix, 71. —Son codecriminel, 76. ■nwrw
(   2l3)
i— Ses chemins , 77. — Observation rigoureuse du
dimanche dans cet etar, 78. — Ses impositions , ses
taxes, 81.—Ses dettes, 83. — Sa population , qu'elle
y est reducation, 84> 85. — Commerce, exportations, 86, 87.
Johnson (M. William Samuel), membre de la
Convention, qui a fait la constitution federale cles
Etats-Unis, VII, i83.
Jurisprudence civile. La reforme des loix civiles
serait un grand bienfait pour le peuple americain ,
sa difficulte , VR , 2gi. — Loi remarquable relative
a l'esclavage, 2g2. — Autre loi qui defend a tous negocians americains de s'interesser dans le commerce
de la traite des noirs; comment elle est eiudee , 2g3.
Jurisprudence criminelle. Division des crimes
et deiits en deux classes, VII, 288. — Comment ils
sont punis, 289. — Quelques inconsequences dans
la graduation des peines, 290, 291.
Jury. Son etablissement en matiere criminelle et
au civil , VII, 2ig. — Comment il est choisi pour
les tribunaux, 287.
Justice. Maniere dont elle est rendue dans les
Etats-Unis en general et particulierement a Chester ,
en Maryland, VI, 67, 68.
K.
Kean (M. John) , un des trois commissaires
charges de la repartition des dettes et des creances
publiques entre 1'Union et les differens Etats-Unis
VII , 225.
O 3 (m)
Kent, comte de I'Etat de Delaware, VI , 42*
Kent (He de) , en Maryland, n'a que des maisons misera-b'les et de pauvre   habitans, VI , gi.
Kentucky , nouvel etat formS depuis fadoption
de la constitution , VII , 264. — L'en}%ration s'y
porte , VIL , 61.
King (M. Rubem ) , membre de la convention
qui a fait la constitution des Etats Unis , VII, i83«
Kosciusko, (le general) Sou sejour en amerique ,
son caractere , elevation de soUSfiae, Vil, i52, i53.
L.
Langdon (M. Woodburg), l'un des trois com-
ces publiques entre 1'Union et les differens Etats-
Unis ,  tome VIL,  page 225.
Langdon (M. John) , membre de la convention, '
qui   a fait la   con filution   americaine , VI! ,   i85.
Law (M.) , habitant  de Federal - city,  Son ai-
rilfeM§ 'femme. II n'est pas aussi-heureux' dans ses '
speculations.  VI,  164. — Son caractere , i65.
Lea ( M. Thomas) , diiigeant a Brandywine les
mQjuTjnsyde M. Turnall son beau-pere ; caractere
de cet habile meunier, son indjustrie , VI,   i5o.
Lee (M.) , attorney general des Etats - Unis ,
seconde M. Hamilton, secretaire de la tresorerie
de'siiEtats-Unis dans le-proces devant la ccir supreme, sur la question de savoir si le cbngres a le
droit de taxer les voitures. La cour juge en faveur-
du congres, VII,349, 35o, (2l5)
Liberties , division de territoire, espece de banl
'lieue autour des grandes villes, VI, 10.
Little-gun-powder , creek qui separe le comte
de Baltimore de celui de Hartford dans le Maryland , VI ,  180.
Livingston (M. Edward ) , un des membres
les plus eioquens et les plus eclairs du congres y
sa belle conduite relativement a Lafayette, VII, i5i.
Liwingston (M. William) , membre de la
convention americaine,  VII ,  i83.
Loix de la Pensylvanie , VI, 227 a 2g5 ; —
contitutionnelles , 227 a 233; — de simples cqu-
tumes , 233 a 235 ; — civiles , 235 a 238 ; — relatives a la liberte des Negres, 23g,a 241 ; — sur
les dettes , 241 a 244; — criminelles , 244 a 268 ;
— de police , 269 , a 272 ; — militaires , 273 a
275 ; — d'administration , 276 a 280; —j de finance ,
280 a 287; — sur la vente des terres , 287 a 2g5. j
Long-island , valeur de ses terres , leur culture , sa population , VII,   147 >   l4&-
Lownes (Caleb) , excellent quaker a qui 1'on
doit principaleme-nt 1'utile et .admirable regime
des prisons de Philadelphie , VI , 262, 263.
M.
Mac-Henry (M. James) , membre de la convention qui a fait la constitution des Etats-Unis,
VII,  188.
O 4 (if)
Maddison (M. James) , autre membre de la
convention   americaine, VII ,   i83.
Munt (piovince de) deman.h; a former un nouvel E'at independant, VII, 264.
Mais , sa farine , ia seule dont on fabrique le
pain dans d fferens E-fats, VI , 18 —recomman-
dee comme  plus saine , son prix, 19; — man ere
plante;
29 ;
feu;lies,   bonne
ture pour les betes, 3i ;-~-sa farine engraisse.
promptement It s bcenfs, 33.
Manhattan , ile a I'exfremiti de laquelle New-
Yorck est   batie,  VII, i3o.
"Marches. Celui d'Aanapr.lis , VI, 97; — celui
de Chester , ses approvisiounemens , 79; — < elui
de Philadelphie est nn des oTqets qui frnppe le
plus un etranger ,3i8 ;—-ses approvisionne.me.ns,
3;g ;—il n'est pas aussi ben fourth en pois-
son qu'en autres denies , 3 2 1 ; — ie New-Yorck ,
inferieur a celui de Philadelphie, mais mieux fourni
en poissous, VII, i35.
Marine, est dans' les Etats Unis une dependance'
du departement de la guerre , loi a son sujet, en
quel etat elle est, VIII , 74 j — fonds aocordes "
pour elle , y5 ;—• depenses enormes et totalement
disproportionnees a Ier produit \ pourquoi, 76 • 77,
Maryland , son histoire , VI , 98 , position de
ses villes , raison qui l'ont defermin°e , 121;—I
somme donnee par e-t Etat pour l'etablissement
de Federal-City , 126. — L'Eiat de Maryland prend
des actions dans la compagnie formee pour rendre (217)
navigable la Potowmack , 129; —observations generates sur  cet  Etat,   198;—pourquoi les terres
en sont peu  f-rtiles , igg; — sa population , ao5 ;
— mauvais  eta'   de ses chemin^, ibid.
Maryland (Bas) , la population y diminue , et
par quelle cause , VI , 84 ; — les habitans de la
partie Est, sont polis et hospitaliers ; ils s'occu-
pent 1 Ins  He culture que de po':tiq>ie ,   go.
Miflin (M. Thomas ) , membre de la convention am ricaine, VII,  i83.
Midleton , dernier village de I'Etat de Delaware , du cote du Maryland ; il est compose d'une
Ving'aine de maisons, VI,  58.
Mineralogie; eaux minerales ferrugineuses
d'Hackeen-town , VI, 5g ; — observations generates
sur la mineralogie des environs de Philadelphie,
des Etats de .Delaware et de Maryland , et do la
Basse- Vir_-inie , 2<>g a 2i3.
Tome VII. Pierres de Quakers - town , 11; —
Pierres  des bords du Passaik, 8g.
Moeurs ordinairement pures chez les cultiva-
teurs et sur-tout en Amerique , VI, i52 ; — douces
dans le Maryland, 207; — moins hospitalieres a.
Philadelphie que dans les autres viiles des Etats-
Unis , 326,— vanite du luxe , etat de la societe
dans cetse vile, 327;—la richesse y fait la dis.
tinction des  clas es , 33i.
Tome Vil. Moeurs a New - Yorck ; elles tiennent
le m lieu entre celles de Philadelphie et celles de
Boston,   148. ( Voyez pour celles de Boston, les (  218)
tables dela premiere partie , a la fin du tome HI,;
et de la seconde partie, tome V.
Tome VIII. Les moeurs et le caractere des
habitans des differens Etats sont fort dissemblables,
VIII, 127 ; — traits communs a tous , 128; — peu
d'hommes se livz'ent aux sciences et a la littera-r
ture , pourquoi , i3o; — la passion du gain est
generalement dominante , i33 ;—• l'ivrognerie est
le vice le plus commun de la classe inferieure du
peuple , 145 ; — les grands crimes sont moins
frequens qu'en Europe ; celui de contrefaction des
billets de banque est assez commun, 146, — l'avi-
dile pour, la fortune n'y conduit pas a l'avarice,
147; —! exemples de generosite, 147, 148; — liberie de conscience entiere, i4g; — societes de
bienfaisance , i5i ; — mceurs des quakers, i52 ,
t54 ;—ouvriers moins rustres que dans l'ancien
monde ; voeu de la poule au pot accompli, i55 .
>— la fortune et la nature des professions forment
une distinction de classe, i56 ; — repugnance des
hommes pour l'etat de domesticite; elle n'existe
pas pour les femmes, iS'j; — mceurs et modes
americaines tiennent beaucoup de c6lles d'Angleterre , i58 ;-!-le luxe fait des progres effrayans ,
i5g; — les femmes americaines sont bonnes epouses ,
bonnes meres,-et ont au premier de.re les vertus
domestiques , 160 ;—les jeunes filles jouiVent d'une'
grande liberte sans en mesuser, 161; bons menage's, ibid. ;— usa e de la Nouvelle-Ang'leterre ,
qui  marque   une   grande  simpiicite   de   moeurs 9. (219^
162 , i63 ;—dans les grandes villes, les moyens
de libertinage sont plus multiplies qu'en Europe,
exemples de filles habitant les maisons de debauche,
qui trouyent a se marier et deviennent des femmes
honnetes , 166 ; — mariages frequens et hatifs ,
ibid.; — ressources qu'un homme occupe trouve
dans  sa femme ,  167.
Monnaies. Etablissement d'un h6tel des monnaies pour les Etats-Unis , leur division , leur valeur , VI.I , 112 ; — leur titre, n5; — leur em-
preiute, 114 ; — peu de fabrication, n5; — situation ou etait en i7g5 la monnaie des Etats-Unis,
116; — valeur de celle qui etait en circulation un
an  et deux ans apres,  117.
Montgommery , comte du Maryland , sa population , VI, i63; — tout le terrein destine a l'em-
placement de la ville federale appartient k ce
comte    161.
Moraves (les freres) , leur societe , VII , i5;
'.— leur etablissement a Bethieem, son origine , son
acoroissement, 10;—leur systeme de communautea
change en 1762 , 18:—administration temporelle ao
de leurs fermes, 21; — leurs
derables , 24; — leur societe
est une republique oligarchique , 26 ; — college
de treize membres charges de l'administration generate, seant a une Iieue de Hernhutt, en Haute-
Ltisace ; ses   fonctions ,  27 ; — directoire general
tueile, 19;—ic
revenius sont p<
de   1'Ameriqn
div
de   la societe en
pinq  departemens \   29 ; — mceurs   des freres  et (  220  )
ties sceurs , 3o ; — leurs ecoles, leur religion, 52
33 et 34 ; — comment se font leurs mariages , 56
— purete des moeurs, se verite, sagesse, 37 et 38
•—admission des etrangers, a quelle condition,
'40;—pratique de leur culte, 4l? — leurs divers
Etablissemens en Amerique , 4a»
Morris (M. Robert) , ses speculations; achete
line grande partie du territoire de Federal-City >
iVl , i3o; — conditions de son marche, i3i ; —
revend une grande quantite de ses terres , et a
qui, i33;—il a ete membre de la convention
americaine, VII, i83.
Morris-town ," capitale du comte de Morris ,
joli village , ses maisons, ses eglises, son academie ,
culture de ses environs , VII , 64 , 65; — on y a
etabli une* societe d'agriculture et une bibliotheque , 66.
Morris (M. Governor), membre de la convention americaine,  VII, • i83.
Muskingunk , creek pres de Hackets - town ,
Etat de New-Jersey, VII, 61.
Mi
Naturalisation. Besidence exigee pour 1'obto-
nir , touie VIII, page 102.—A quelles conditions,
,io3. — Elles sont rendues plus difficiles par une
nouvelle loi,  104.
Nazareth , village de Pensylvanie, habite par les (   221   ^
freres Moraves ; sa population > son academle |
VII, 43.
Newarck , village du Jersey, un des plus jolis
d'Amerique , VII, 68.
Newcartle , comte et ville de ce nom, dans
I'Etat de Delaware , ou 1'on avait etabli une societe democratique, VI, 35. — Sa position, son
etendue , 53. — Son histoire , 54.— On a fait une
loterie pour y construire des quais, ibid.
New-Yorck. (Etat de). Son histoire , VII, 91.
Les Hollandais s'emparent de ce pays en 1614, et
lni donnent le nom de la Nouvelle Hollande, g2.
— Charles II les en chasse , donne la partie de l'ouest
au due d'Yorck , son frere , et la Nouvelle Hollande
prend le nom de province de New-Yorck; son etendue , g3.— Sa constitution actuelle, g4a g8. — Ses
taxes , g8 a 104. — Ses loix civiles, 104a. 108.—
Maniere d'y faire et d'y entretenir les chemins , 104
et io5. — Loix contre les debiteursinsolvables, 106.
— Leurs vices, 107. — Ses loix criminelles moins
dures qu'autrefois , 108. a 111. — Ecoles gratuites ,
111 et 112. — Ses loix sur l'esclavage, 114,   i)5;
— ce qui empedie son abolition, 116.—Absurde
consequence thee d'un bon principe, 117.— Milices, leurs divisions, leur administration , 1 iga 122.,
— Revenu de I'Etat, ses depenses , ses dettes , 12a
et 123. -—Son commerce , 123 a 126. — Ses exportations , 127. — Leur valeur, 128. — Pris exorbitant des terres de Pile de New-Yorck, dont le sol est
eeneralement mauvais, 146 et 147- {222 )
* New-Yorck (ville de), d'abord appele Nouvelle**
Amsterdam, VII, g3. —C'est la plus grande et la
plus belle ville des Etats-Unis apres Philadelphie. Sa
population, son embellissement, i2g.— Sa position , i3o. — Ses commencemens , la plus belle par-
tie de la ville a eie brulee en 1775.—Elle est re-
batie, i3i. — Sa beaute, i3a. —- Promenade publique, sa position; fortifications, i33.—-Edifices
publics, monument a la memoire du generalMont-
gommery, i34- — Marches inferieurs a ceux de
Philadelphie, mauvaises eaux, i35. —- Hopitaux f
i36 , 137. — Maison des pauvres, i38. — Societe
pourvoyant par souscription au besoin des pauvres
malades, i3g.—Prisonniers pour dettes, nombreux,
140. — Secours donnes aux malheureux colons de
Saint-Domingue, 141- — Sa banque , 142. — Son
capital, sa gestion, son dividende , 143. — Ses prisons , leur regime , 144 > i45-' — Maison de correction des femmes, mal tenue, debauche publique dans
toute son horreur , 146.—Environs de New-Yorck ,
146 , 147- — Tout est plus cher a New-Yorck qu'a
Philadelphie; mceurs , opinions politiques, 148 , i4g«
Nicklin (M.) , Anglais tres estimable, etabli en
Amerique , geudre de M. Chew; sa maison pres de
'Philadelphie, VII, 1 et 2. (Voyez aussi a son sujet
la table,de la premiere paitie,  tome  III.      .^£m§
Niemcewicz , ami du general Kosciusko, blesse
avec lui, l'a suivi en Amerique ; son eloge ; est un
des meilleurs poe'tes polonais, VU, i53. (223)
NiKtnsr (Philippe-), estimable negociant de Philadelphie , associe de M. Griffith, VIII, 35.
o.
Observations generales sur les Etats-Unis, depuis la page i55 du tome VII, jusqu'a la fin du
tome VIII.
Situation des Etats-Unis avant 1787 , tome VII,
i56 a i58 ; —leur constitution act nolle, i5ga iS3;
■— disposition des esprits avant que la nouvelle
constitution fut proposee et a son epoque, 184 a
clauses et l'esprit de la constitution , ig5 a 2o3 • —
debats dans les conventions particulieres des differens etats pour son acceptation, 200 a 2i3; — leur
resultat, 214; — articles additionnels a la constitution, 214 a 220; — observations g.'nerales sur
cette constitution, 221 a 232;—la loi pour la repartition des dettes entre les divers Etats , n'est point et
ne peut pas etre execuiee ,
des Etats - Unis sont peu «
peuvent que difficilement le
fortifiees, et ne
Unis , 236 ; — couve
yictoires, 257 , 238 •
i conduite de l'An-, r 224)
gleterre , 238 ; — animosire.s qui ont des deux core**
des pretextes plausibles et qui resultent enlr ■ les
deux partis des torts des deux puissances eiranf,eru9
et rivales , comme du juste amour de l'indep n-
dance , 23g a 243 ; —- choix de- M Jay pour ambas-
sadeur a Londres, surprenant et n^me dangereux,
243, 244; — insurrection  de Pitt bug, im uta-
: pt
1 fondees s
xquel
> elle donne li
fr , e.ffei
l'Ansle
qu'elle produit, 244..^45; — traite
terre . blame par la majorite de la nation, desa-
greable aux deux chambres, sur-tout a celle des representans , desapprouve du president meme , et
adopte de peur de la guerre , 2^5 a 247 ; — il exas-
pere les deux partis , 247, — le j ste mecomente-
ment dela France ajoute a leur acrimonie , 248,
249 ;—conduite etrange du ministere americain ,
249 ; —divisions a l'occasion de la nomination du
president, 260 a 252;—chaque parti change de
role et de discours lorsque la France refuse d'ad-
mettre M. Pinckney comme ministre ; celui qui
etait pacifique dcvient guerrier , celui qui erait
guerrier devient pacifique , 252 a 254 ; — objet
reel des deux partis dans les Etais-Unis, 254;
— observations a ce sujet, 255 ;—a propr ment
parler, il n'y a ni parti anglais, ni parti frangais ,
255 a 258 ; — celui qu'on appelle parti frangais,
c'est-a-dire le parti de l'opposition est moins puis-
jmt que l'autre., 258, 259; — il n'est pas determine par attachement pour la France , mais par
interet pour l'Amerique, j59 ; — ce n'est pas un
mal { 225  )
mal pour la France; le bonheur des nations serait
augmeate si les diverses puissances renoncaient k
entretenir les unes ch. z les autres des partis, 261,
262 ; — la grande majorite de la nation americaine
n'est d'aucun parti; elle veut sa liberte , son in-
dependance, elle conserve un souvenir reconnais-
sant des services de la France , et quelque res-
sentiment des maux causes par l'Angleterre; mais
elle ne s'occupe que de son travail et de son
commerce , et n'aurait de haine que contre ceux
qui la troubleraient, 261 a 263,—discussion sur
le mode de nomination du president et du vice-
president des Etats-Unis , 266 a 275 ; — loi relative a. cette election , 268 a 274; — ce qu'il y a
d'incomplet dans cette loi, 274, 275; — il est dan-
gereux pour les Etats-Unis de recevoir des ministres
etrangers et d'ea envoyer chez les autres puissances,
297 a 3o2 ; —observations sur les finances des Etats-
Unis et sur la distribution de leurs dettes, 3o4
a 32i ; —sur les banques , 3aa a 35a; — le parti
populaire ou de l'opposition prefere la taxe fuar-
les terres, comme etant d'une comptabd te plus
claire et opposant plus d'obstacles aux depenses
excessives du gouvernement. Le parti federaliste
ou gouvernemental prefere les taxes indirectes,
comme levant de plus fortes sommes avec moins
d'evidence et de murmures , 36o a 56a;-^observations sur les douanes , 562 a 364>
Tome  VIII. Observations sur le commerce des
Etats-Unis en general,  1  a 41; — ^augmentation
de valeur  des exportations n'est pas un indice.as-
Tome VIII P (   221?  )i
sure de l'accroissement reel des richesses dans lei
Etats Unis , g a 14; — il n'y a personne qui ne
fasse quelque commerce dans les grandes villes
des Etats-Unis , 37; — sur le commerce des terres ,
41 a 62 ;—sur farmee et le systeme militaire
des Etats-Unis , 62 a 71 ;-— sur les fortifications ,
71 a 74 ; — sur la marine militaire et l'enorme
depense qu'elle a coute pour n'etre que de trois
fregates , 71 a 77 ;—sur l'appropriation des fonds,
80, 81;—sur l'imp6t des distilleries et finsurrection de Pittsburg, 81 a 87; — sur les relations
avec les Indiens , go a g7 ; — sur le projet de ci-
viliser les Indiens , peu sincere si ce n'est de la
part des Moraves et des Quakers; serait-il avanta-
geux aux Indiens? g7 a 102;—sur la naturalisation, 102 a 106;—sur I'etendue du territoire et
les denombremens dela population, 106 a 112; —
sur la monnaie , 112 a 117; — sur le climat , n3
k i2§ ; — sur les vegetaux , les animaux et les
mineraux , 123 a 127; — sur les mceurs , 128 a i6g.
Ohio (territoire au Nord-ouest de V), encore trop
peu peuple pour former un Etat : son gouvernement temporaire , son etendue , VII, 265 , 266.
'** Olive (M.) j negociant francais etabli a New-
Yorck , sa maison, VII, 146; — vie patriarchate
et hospitaliere qu'il y mene ; sa femme , sa famille, 147.
Opossum , rencontr4 par l'auteur dans un bois;
VII, 5g, 60.
Ordre  judiciaire   dans  les  Etats-Unis ,   VII ,
»84, 287. (227)
Owen (Griffith) , un des six premiers propri
taires de I'Etat de Delaware, VI, 42.
Parker (M.) i commissaire de la chambre des
representans pour verifier les votes et les signa*
tures des electeurs lors de la nomination du president des Etats-Uuis , tome VII, page 378.
Passaik. , riviere du New-Jersey ; beaute de sa
chute , au bas de laquelle est batie la ville de
Patterson, Vll, 88.
Patapsko , riviere sur laquelle est batie Baltimore , VI , 172 ; —-kalmia a fleurs d'un joli rouge
pale, pres de ses  bords, 214.
Patterson , ville du New-Jersey, ses usines
.VII, 88 , 8g. Ifi^S?
Patterson ( M. William), juge de la cour
supreme des Etats-Unis, ancien gouverneur de
I'Etat de New-Yorck, charge de la revision des
loix du New-Jersey , avec pouvoir d'en reformer
le code penal, digne de cette honorable fonction.
C'est de son nom que la ville dont il est parb£
a l'article precedent tire le sien , VII, 8g ; —
il avait ete membre de la convention qui a fait la
constitution des Etats-Unis ,  i83.
Pembelton ( Phinens) , un des six premiers
proprietaires   de I'Etat  de Delaware, VI, 42-
Penn  (William) , son arrivee sur les bords de
la Delaware ,   sa conduite avec les habitans sau-
vages  de l'Amerique;  VI, 218;—jette les  fon-
demens de Philadelphie, 2ig;—son discours dans
P  2 (228)
iftie assemblee generate, 22l; —il passe en An<
gleterre , son- retour , 22a ;—territoires par lui
cedes ; il achete des Indiens , des terres jusqu'a
la Susquehannah , sa mort , discensions qui la
stiivent , 223.
Pensylvanie, commencement de cet Etat, VI,
2i5;—terreins concedes par Charles II a William
Penn ; pourquoi , et a quelles conditions, 217; —
nombre de ses habitans , 2ig; — comment il s'aug-
mente, 220; <— jouit d'un grand degre de prosperite , 233; — et de l'entiere liberte de conscience,
271;—nombre des comtes de I'Etat, sa milice, 275;—
ses dettes actives et passives , 286 ; — siirete de
la propriete de ses terres , 287; — son commerce
en general et en  particulier , 2g5.
Perrier (les freres) ; difference des moulins
par eux etablis pres de Paris, avec ceux de Bran-
dywine ,  VI ,  12.
Philadelphie ; ses fondemens en i683, VI, 2ig;
— son commerce , ses exportations compares pendant six ans, 2g7; — prix des farines en differens
tems, 2g8 ;—nombre de barrils exportes depuis
vingt-deux ans, 2gg; — montant des droits regus
a sa douane , 3o2 ; — batimens entres dans son
port, 3o3 ;—prix de construction de ses batimens,
307; -—elle est le premier port de commerce des
Etats-Unis,' 3o8 ; — trois banques y sont etablies ,
3og; — cette ville une des plus belles du monde,
3i2 ; — causes d'insalubrite qui s'y trouvent, 3i3^
— hopitaux, bibliotbeques, colleges, 3i4; — ses
prisons , 245 a 264; — sa maison des pauvres, 318;'' ( a29 )
-son marche,
319;
-revenu de la ville, 3ar ;
—produit des taxes, 322;—tout y est plus cher
qu'en Europe , 323; — etat de la societe a Philadelphie , 327.
Pickering ( M. Timothy) , ministre des Etats-
Unis , auteur de depeches insultantes pour la France,
VII, 256; — pourquoi il est entre en place, et comment il y reste, 357.
PinkNey (M. Thomas) , porte a la piace de
president des Etats-Unis par le parti federaliste ,
VII , 25o ; — intention des chefs de ce parti, en la
destinant a la presidence , a5i.
Pinkney (le general Charles Cotesworth) , membre de la convention qui a fait la constitution de
l'Amerique , VII, i83; — nomme deux fois ministr
et commissaire pour trailer avec la France, n'
point ete agree par le directoire ,252. ( Voyez sur les
services qu'il a rendu a la Caroline du Sud , la
table de la seconde partie, tome V. )
Pinkney (M. Charles ) , membre de la convention qui a fait la constitution americaine , VII, i83.
Pocomeko , riviere du Maryland, VII, 8g.
Police ( loix de ) en Pensylvanie , VI, 26g a
272 ; — observation du dimanche prescrite et sui-
vie , defense des jeux de hazards , combats de
coqs, 272.
Population. De quelle maniere on procede au
denombrement prescrit par la constitution , V11I,
106 ; — en quel tems il doit etre acheve, la depense qu'il occasionne ; —resultat de celui fait en
P 3 *79*
( 23o )
, p. 108; — la population double tous les quins©
ans ; a quelle epoque le territoire desTEtats-Unis
sera peuple dans la meme proportion que la France,
log; — quelle doit etre alors la  population ,111,
Potowmack ( riviere de), limite entre la Virginie et le Maryland ; embarras de sa navigation,
VI , 128;—-canaux commences par une compagnie, et tres - avances , pour rendre cette navigation facile, ia8, lag ; — grande utilite resultante
du succes, iag ;—>carrieres de beaux marbres sur
ses bords, i56;-— ses chutes qui seront tournees
par les canaux, 161; —sa largeur , 162 ;-~- la reunion de ses eaux et de celles de la branche de
l'Est, est une des plus belles vues de riviere qu'on
puisse rencontrer , 166 ; — projet pour joindre la
Potowmack avec une des branches de la Monon-
gahela ,  175.
Pouvoir executif (le ) des Etats Unis reside
dans le president, VII , 171 ; — duree de son office , son election , 172, 173; — age requis et
autres conditions d'eiigibilite ; remplace par le
vice-president en cas de mort, resignation ou inba-
bilete , 174 ;-— serment par lui prete , ses fonctions, 175; — cas de destitution, 176;—election
d'un nouveau president a la fin de la seconde
presidence de Washington, et lorsqu'il a eu declare ne vouloir plus de cette place, 25o; — intrigues ace sujet, 252; — details sur l'eiection
du president et du vice-president des Etats-Unis ,
266; — loi relative a Cette' election , 268 a 27a;
—-terme de leurs fonctions, 273; — tableau des (23l   )
"Etats ou les electeurs sont nommes par le peuple
et de ceux ou ils le sont par la legislature , 374 ;
— ceregionie de l'installation du president , 382 ;
il a le commandement en chef des armees de terre
et de mer , et celui de la milice des differens
Etats,   VIII, 62.
Pouvoir judiciaire ; son etablissement, son eten-
due, VII , 177, 178; — sa composition , 284; —
toutes les causes jugees par jurys , 285.
Pratical farmer, nom d'une auberge , substi-
tue a une enseigne infame qu'elle avait aupara-
vant, VI , g.
Presbyteriens , secte la plus nombreuse dans
I'Etat de Delaware , VI, 35.
Principio J petit creek dans I'Etat de Maryland , son etendue , VI , ig2.
Prisons , a quelle fin etablies dans la Pensylvanie, VI , 245; — differentes suivant les cas , 246,
347;—soins de leurs inspecteurs , 248, 249; —
comment y sont traites les prisonniers , a5o a a54;
attention pour leur same et leur moraine , a55 ,
256 ; — punitions , 257; — geoliers , porte-clefs ,
258; — travail des femmes , 25g;—les maladies
y sont rares ; quels y sont les actes de religion ,
260 ; — a qui leur administration superieure est
cohfiee , a6i ; —c'est particnlierement aux quakers qu'on est redevable du bon regime des prisons, 362; — sous quelle surveillance elles sont,
a63;-^-quand la grace des eoupables se trouve
meritee par leur bonne conduite, elle est deman-
P 4 (232   )
dee et obtenue, 264;—tableau du nombre et de
l'espece de coupables pendant huit ans, 266.
Prisons de New Yorck, leur regime, Y0., i43,
144; — la maison de correction des femmes est
mal tenue, 146.
Puisey (Caleb), un des six premiers proprie-
taires  de I'Etat de Delaware, VI , 43-
Q-
Quakers-town , petit village dans le comte de
Milford en Pensylvanie ; ses habitans s'occupent
moinsde religion que de culture , tomeVH,page n.
i—lis portent leurs denrees a Philadelphie , distante
de 40 miiles, 12;—- innocence de learsifilles, va-
Jeur des terres, genre   de leur culture, i3.
Queen-Ann, comte du Maryland , ses productions ,  VI , 80.
Quefntown, chetif village de six a sept maisons dans i'Etat de Maryland , VII, 91.
R.
Raleigh (sir Walter). Patente que lui a donnee
la reine Elisabeth en i584 , pour posseder tous les
pays de l'Amerique septentrionale, VII, gi.
Bariton, riviere du New.Jersey, par laquelle sa
fait la navigation de Brunswick a New-Yorck,
VU, 61.
Red lion , auberge faisant le point de division de,
la route qui de Wilmington passe par Newcastle ,
yi, 57. (233 )
Reed (M. George), membre de la convention
americaine, VII,  i83.
Reinhard (M.) , proprietaire tenant taverne et
store a Flanders , dans le New-Jersey ; sa bonte ,
son industrie, VII, 6a et 63.
Roberdeau ( M.), associe avec M. Camped pour
la forge d'Oxford-Furnace, dans le New-Jersey,
VII, 57.
Rochefowcauld (M. de la) , assassine en France;
respect que son nom inspire en Amerique , VI, 335.
Route de Philadelphie a Chester et Wilmington.
VI, i a 36. — De Wilmington a Newcastle , 5z , 53,
— De Newcastle a Warwick , par Red-Lion et Mid-
letori , 55 a 58. — De Warwick a Chester, par
George-tewn , 6a , 63. — De Chester a Centerville ,
8o , 8i. — De Centerville a Annapolis , par file de
Kent et la baie de Chesapeak , gi , g2. — D'Annapolis a Federal-City, par Upper-Marlborough, 107 a,
12a. —De Federal-City a Alexandrie , par eau, i65.
— De Federal-City a Baltimore, par Bladensburg,
170, 171 De Baltimore a Bush-town , par Wester house et Abington , 178 a 182 De Bush-town
au H4vre-de-Grace , 182 a 184. — Du Havre-de-
Grace a Elk-town , igo a ig4- — D'Elk-town a Wilmington , par Christiana-bridge et Newport, 208,
30g. — De Philadelphie a German-town , VII, 1 a 3.
— De German-town a Clements-Tavtrn, par Ches-
Hut-Hill et Springhouse, 8, g. — De ClementV
Tavern a Bethlehem , par Quaker's-town , 10 a 14.
— De Bethlehem a Nazareth , par Christian-brown
01 Gcadenthal, 43 a 45.—De NazarethaEaston, 47. "1
.( a34)
— D'Easton a Belvedere, 5b k 5a. i—De Belvedere a'
Hacket's-town, par Oxford-Furnace et Mmts'miflhj.
£6 a 58. — De Hacquet's-town a Morris-town , par
Flanders , 6i k 64. — De Morris-town a Newark et
Jersey, par Chatam et Springfield, 65 , 67. —De
Newark a New-Yorck, par Patterston, 88 a go.
Rush (le docteur), ceiebre medecin de Philadelphie , a observe qu'en Pensylvanie la moitie des
fous le deviennent par l'abus des liqueurs spiritueuses , un quart par devotion , un peu moins d'un quart
par amour , le surplus par diverses causes, VI, 316 ,
317; on lui attribue ; dans sa pratique , trop de penchant pour la saignee , 317; — son courageux denouement pendant la fievre jaune> 3i8.—II est au-
teur de plusieurs ecrits estimes sur la medecine, et
sur quelques questions importantes d'economie politique , entr'autres , d'un memoire contre la peine
de mort, ibid.
Rutledge (M. John) , membre de la convention
americaine, VII, i83.
s.
Saint-Thomas Jonifer (M. Daniel of), membre
de la convention americaine , tome VII, page i83.
Sedgwick (M.), commissaire du senat pour
verifier les votes et la signature des electeurs lors'
de l'eiection du president des Etats-Unis, VII, 378.
Senat des Etats-Unis. Sa composition, VII ,161.
— Conditions pour en etre membre, 162. — Peut
proposer des amendemens a tous les bills relatifs a
la levee des revenus presented paj; la chambre de* ( 235 )
f representans , i65. — Serment pi?ete par ses membres , 182.— Violens debats a l'occasion du traite
fait avec l'Angleterre , 245. — Cette discussion en-
venime l'aigreur des deux partis , 247.
Settler. Ce que c'est; il fait son bien en faisant
celui des autres, VI, i5i, i52.—Combien il dif-
fere de celui qui veut fonder une ville , i53.
Severn , riviere de Maryland, VI, g2.
Sherman (M. Roger) , membre de la convention
americaine , VII, i83.
Shippen (Edouard). Guillaume Penn lui ceda en
170X et a ses associes Phineas Pembelton, Samuel
Carpenter, Griff th Owen, Caleb Puisey , et Thomas
Story , tout le pays qui forme aujourd'hui l'etat de
Delaware , VI , 42-
Sitgreave (M.), commissaire da la chambre
des representans pour verifier les votes et les signatures des electeurs, lors de la nomination du president des Etats-Unis , VII, 278.
Skuylkil , riviere de Pensylvanie , qui tombe
dans la Delaware , au - dessous de Philadelphie ,
projet de Guillaume Penn pour en deriver un
canal  qui traverserait la ville, VI, 2.
Sommerset , comte du Maryland , VI, 8g.
Stab. Maladie des bleds, qui rougit une partie
de l'epi et en ronge les. grains, VI, 60.
Stores. Magasins de marchandises etrangeres;
combien ils sont communs en Amerique, VIII, 3.
Story (Thomas) , un des six premiers ' pro-
prietaires de I'Etat de Delaware, VI, 42.
SuSO_UEHANNAH ,
riviere da la Pensylya- ( 256 )
nie; difficultds de la navigation , VI,  187, 188.—
Projets pour les vaincre et pour 1'unir au Skuylkill, 1
188 , i8g.—Beaute de ses bords , igo. ( Voyez aussi, |
a son sujet, la table de la premiere partie , tome III, |
et celle de la seconde, tome V.
Sussex , comte de I'Etat de Delaware , VII, 42. -1- :
Sa population, 6a.
T.
Tabac. Se cultive en grande quantite daus le
comte de Prince-George , en Maryland. Sa qualhe ,
tome VI, page lai. — Espece connue sous le nom
de kite-foot , ao6. (Voyez aussi sur le tabac et la
diminution de sa culture, la table de la seconde
partie , tome V.
Talbot , comte du Maryland; sa fertilite, sa culture , VI, 8g.
T atnall , quaker proprietaire d'un moulin in-
genieux a Brandywine. Description de ce moulin,
VI,i5ai8.
Taxes uniformes dans tous les Etats-Unis, VII,
1167.—Ne peuvent etreetablies qu'en proportion du
cens ou denombrement, VII, i6g. — Ne peuvent
etreimposees sur des articles exportes de quelqu'un
des Etats , 170.
Tennessee. Nouvel Etat forme depuis Fadoption
de la constitution , VII, 264. — L'emigration s'y
porte, VIII, 61.
Terres. A quelles conditions louees dans I'Etat
de Delaware, VI, 3a. — Leurs qualites et leur prix
pres do Wilmington, 33. -*■ Leurs limites sont un
mmtr- (237)
sujet intarrissable de proces, 38. — Leur valeur
dans le Maryland , 60. — Comment elles s'epuisent
par la culture , 110.— Sablonneuses et mediocres
pres de la Susquehanah, i83. — Leurs prix en Pensylvanie , lorsque 1'on a fait les grandes alienations,
a8g. —A quelle condition se vendent, ago. —Pro-
prietaires evinces, 2g2. — Leurs qualites aux environs de Philadelphie, 324.
Tome VIII. Sur quoi est fonde lSur commerce;
etendue de celles qui sont encore incultes , 41. i—
Celles concedees avant 1776 , restees dans la possession de ceux qui en avaient recu la patente, 42.
— Immense quantite possedee par les Etats de l'in-
teYieur ; bureau ouvert pour leur vente, 43.—Alteration frequente faite aux loix sur la vente , 44- —
Loix qui limitent, dans quelques Etats , le nombre
qui peut etre vendu a la m^me personne , 45. —
Speculations , 46 , 4&- — Droit donne aux etrangers
de posseder des terres , 49- — Moyens des speculateurs pour tirer avantage de leurs terres, 5o, 52,
— Grandes fortunes et ruines totales resultantes
des speculations sur* les terres , 53. — Moyen le
plus avantageux de tirer profit d'une grande etendue de nouvelles terres, 56. — La mode des achats
de terres se passe , 55. — Le nombre des terres en
vente est immense, 56. — U-urpation soutenue par
l'opinion publique, 57. — Les terres generalement
bonnes en Amerique. Quantite considerable au nord-
ouest de I'Ohio ; le congres en ordonne 1'arpentage,
5g.—Elles sont mises en vente; a quelles conditions , 60. — Cette vente sera une ressource impor-
tante pour la diminution de la dette nationale, 6a. C 238 )
Thomas (M. Philip) , riche proprietaire dans le
Comte de Cecil, etat de Maryland, l'un des membres
de la compagnie formee pour l'etablissement du
Havre-de-Grace,   VI,  191.
Thousard (M,), charge par le general Dikinson
et par d'autres Americains^genereux , de distribuer
les secours accordes dans I'Etat de Delaware aux
fugitifs de Saint-Domingue , et s'acquittant parfai-
tement de cette^fonction bienfaisante , VI, 36 , 37.
Thylmann (le colonel) , eta'bli pres de Centerville , en Maryland. Sa propriete, VI, 83. — Son
caractere ,91.
Torys. S'opposent, de tous leurs moyens , a la
revolution d'Amerique, VII, i85.
u.
Upper - Marlborough , chef- lieu du comte de
Prince-George,en Maryland. Sapopulation, VI, 121.
V.
Vermont , nouvel Etat forme depuis l'adoption
de la constitution, tome VII4,  page 264.
Vining (M.) , senateur des Etats-Unis, fait aveo
l'auteur le voyage de Wilmington , VI, 21. — Sa
place au senat lui fait perdre trois mille dollars par
an que lui procuroit son cabinet d homme de loi, 3g.
Voyageurs. Obligeans et communicatifs dans
toute l'Amerique , VI , 7. — Toujours bien recus
011 ils se presentent, 207.
M
Warrant 'mandat darrdt). Dans quel cas seu- ( 239 )
lement il peut etre lance et a quelles conditions,
tome VII, page 218.
Warton (le docteur). Son education, VI , 27.
1— Son caractere, sa ferme , 28. — Sa maniere de
planter le mai's , ag.
Warwick , village de cinq a six maisons, di
Maryland, comte de Cecil, VI, 5g.
Washington (leginiral George ), president de la
convention, qui a fait la constitution des Etats-Unis,
VII, i83.—Le premier president elu des Etats-Unis
en i78g , VII, S67 et a68.1— Elu une seconde fois
en 1793 , il fait connaitre en i7g6 sa resolution de
quitter les»affaires , 276. — Ses lettres pendant la
guerre , VIII, j44- (Voyez a son sujet et sur le respect et la reconnaissance qu',il inspire a tous
Americains , la table de la premiere partie, tome
III;  celle de la seconde ,  tome V.
Webster (M.) , tenant taverne entre Baltimore
et Bush-town. Sa culture, ses moutons, VI, i7g.
Well (M.) , membre de la legislature de I'Etat
de Delaware , proprietaire  de vingt mille acres de
bois, dont moitie en cedres , et qu il administre mediocre ment , VI , 4°'
Wicomiko , riviere du Maryland, VI,
W idles, espece de mouches qui attaquent les
bleds en Virginie et dans le Maryland, VI, 77.
Williamson  (le capitaine).   Ses brillans succes
dans la speculation des nouvelles terres , VIII, 55.
(Voyez sur cet article la table de la premiere partie,
tome III.
i
3>, (  240  )
Williamson (M. Hugh), membfe de la conveti*
Sion americaine, VII, i83.
Wilmington , ville la plus peupiee de I'Etat de
Delaware, VI, 11. — Sa manufacture d'etcffes de
coton , 21. — Ses etoffes de soie , 23.■—Son port sur
la Christiana , son marche, 35. — Bienfaisance
qu'on y exerce envers les colons fugitifs de Saint-
Domingue, 36. — La vie y est moins chere qu'4
Philadelphie, 37. — Espece de bestiaux de ses environs , ibid. Sa maison des pauvres , 38.'-— Sa banque.
Quel en est le capital. Quel en sera l'effet, 41 •
Wilson (M. James) , membre de la convention
americaine , VII, i83.
"Winchester , comte du Maryland, VI , 8g.
Wolcott (M.) secretaire de la tresorerie de
I'Etat de New-Yorck, homme peu obligeant, VII,
127 et 128.
Y.
Yorck (due d'). Projet de le faire roi des Etats*
Unis ,  VII, ig3.
Youth (le colonel). Sa fonderie de canons a la
chute du creek de Principio , entre le Havre-de-
Grace et Elktown, en Maryland, VI, ig2 y ig3.
Zinzendorff (le comtede) , fondateur de l'etablissement des freres Moraves, a achate de Guillaume Penn le territoire de Bethieem , ou est leur
principal etablissement en Amerique , VI , i5 et 16,
Fin de la Table de la derniere partie. < 24»   )
AVIS.
On reman
[elle
au Lecteur .la
bien corriger
a la
main les faut,
sur-tout celh
55 de
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Page 77, ligne 5, et le; mettez quoiqu'il ne soit
pasle.
Page 98, ligne derniere, exetieure; mettezextdrieuret
Page io3, ligne 11 , villles,; mettez villes.
Page io5, ligne 22, ministre; mettez ministere.:
Page i53, lighe 9, Howard; mettez Stuard.
Page i5i, ligne 14, prises; mettez placees.
Page 10^yligne premiere> le creek de Rock- hall';
mettez le Rock-creek.
Page ig3, lignes penulti6me et  derniere , wiaSt;
mettez est.
Page 197, ligne antepenuliicnza, on; mettez ont.^
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un point et une virgule; et apres session ; mette&
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'Page 125 , ligne antepultieme, apres qu'ils, aioUtez
seront.
%>a pagd 137 est par erreur marquee 227, et la i54,
I'a dtd 2,54; cela est a rectifier.
Page a5i , ligne 5, rayez neuf.
Page 264 , ligne 5, apres 1789; au lieu du point,
mettez une simple virgule; et commencez le mot
suivant par une petite 1,
Page 2Qj, ligne 4 \ force toujours le droit a plier 5
/ mettez tient leplus souvent lieu de droit.
'e 3i2, ligne 9,  plus etait; mettez etait plus.
Tome    huitie me.
ligne 22, elles ont bien pre interdites, mettez.
l'esprit public les avait bien fait interdire.
page 6 , ligne 17, et plus a resolution de travail ;
mettez mais un plus grand rtomhre de la classe
laborieuse.
Page 7, ligne 18, apres ils ; ajoutez en.
Pvge 12, ligne 24, apres et, ajoutez qu'elle.
page 25 , ligne 3, l'agitation ; mettez les troubles.
Page 27, ligne 24, qu'ils ; mettez qui.
Page 53 , //gne 17 , apres loi; aw //eu de la virgule,
■mettez un point et une virgule.
Page 3q ,   ligne premiere,  la  guerre  d'Europe ,
mettez la situation de l'Europe.
Meme page, ligne 2 et 3, rayez et trompeuses.
Meme page, ligne 24 , apres aussi; au lieu de la vir*
gule , mettez, un point et une virgule.
Page 41; ligne 2.0, apres Amerique j mettez une
yirgule,, 'Page 42, ligne 11
( a43 )
, usurpateurs, mettez usurpa-
Et a la I'gne suivante, ils ; mettez elles.
Page 45, ligne i3, d'avoir; mettez d'obtenir.
Mime page , ligne ai ; apres qui, mettez une virgule; — apres E'ats, mettez une autre virgule ;
et au lieu de limitent, mettez limite.
Page 46, ligne i5 et 16, remplis, mettez charges.
Page 5o, Ugnes i3 et 14; rayez dans leur propriete.
jPdg-e 53, /fgvze 20, par fois ; mettez quelquefois.
La page suivante est maha-propos nnmerotee 56,
mettez 54.
Page 60, lignes 21 et 32, rayezr'su congres.'
Page64fd'g'iepenultieme; apresoix, ajoutez autres;
et apres officiers , rayez subalternes.
Page 66, ligne 23 ; apres Wiskey, mettez un point
et une virgule ; et ligne 24 , apres vinaigre, mettez
une simple virgule.
Page 67, ligne 22, au lieude pour leur engagement;
mettez en le contractant,
Pflg-e 77, //gvze 26 , 27 et 28 ; au lieu de les subsides,
en vertu du traite fait par eux avec les Etats-
Unis , ou les presens que leur fait 1'Union; mettez
les presens que leur fait FUnion , ou les subsides
qui leur sont dus en vertu du traite fait avec eux
par les Etats-Unis.
Page 79 , ligne 12 , hApital; mettez h6pitaux.
Page 80, ligne antepenultieme, mise ; mettez employee.
Page gg, ligne 16, quand; mettez quant; et ligne
24 , au lieu de accompagnes, mettez accompagnee,'
Page too , ligne 9 ; apres et , mettez elle ; et au lieu^
de triomphera, mettez triompherait.
Page 101, ligne pdmddeme assurera; mettez assu-
reroat,. . ( ^44 )
Page io3,  ligne 12, i7g3; mcticz 1795.
Page io5, ligne i3; au lieu do position, mettez\
intention , la meme.
Page in , ligne 21 , au lieu de que cetle progression, mettez qu'elle.
Page n3 , ligne g; cinquantieme, mettez deux
centieme. .
Page 145, ligne derniere, prefeie; mettez prefera*
blement.
Page 148, ligne 22, aux ;  nieitcz elles.
Pt?ge i5o , ligne 10 . presbherisme; mettez pre^bite-
. rianisme. Ligne 11,  I'exerce; mettez les ■•■xt^rce;
Ou bien dans cette ligne et la suivante, au lieu de
il ne I'exerce que par et.pour la forme , metteis
les croyans ne sont pas plus multiplies qu'ailleurs.
Page i55 , ligne 17 , apres Europe , mettez un point
et une virgule; et ligne 2,3, apres pure, mettez
deux points.
Page i5j, ligne 3, leur, mettez sa; el ligne 7,
Americains nes , mettez natifs Americains.
Page \5o , ligne 2.5 , Ils; mettez Elles; et ligne 26 ,
apres
mettez chez.
i lieu de tres-bie
1 , mettez bien
et apres Ame*
Page 160, ligne 7;
et souvent.
Page 162, Ugnes 22 et 2,3, apres
rique , dtez les virgules.
Page 163 , Z/g/ze 11, la, mettez le.
Page 164, Z/g/ze 25, eu; mettez ou.
Page 172, a la fin del'annonce des Tableaux, apr&s
"ministre des Etats-Unis, ajoutez en Portugal.   WM^&m^ESB^Mmsaa^M^  Releve des   exportations des principaux articles  des produits des Etats-Unis> pour les annies  1791 -1792,
i793> 1794» *795 et 1796-
MA RCHANDISES.
Potasse et Pearlasse   Tonneaux.
Poisson sec et fume Barrils.
— sale Barrils , de So a 60 livres.
Huile de baleine et autres poissons Gallons a 4 pintes.
Huile de Spermaceti    Gallons.
Coles de baleine. Livres.
Bougie de spermaceti Bootes de 3o a 60 livres.
Tabac en feuilles Bariques de loco a 1200livres.
Tabac manufacture  Livres.
Graine de I'm Tonneaux.
Bled Boisseaux de 64 livres.
Graiae d'autres especes  .... Barrils de 180 livres.
Farine Barrils de 196 livres.
D°. de seigle , mais et sarrazin. Barrils de 180 livres.
Biscuit de mer. . . Barrils.
^    v . Cagues.
Ris Tierces de 600 livres.
Bceuf , pore , lard. Barrils de 1 80 livres.
-Beurre , Firkins de 5o a 100 livres.
Froraage . Quintaux.
Oignons et pommes de terre Barrils.
Betail a corne Quantiles.
Chevaux et mules , . , Quantiles.
Cochons et montons    Quantites.
Peaux de beeufs, veaux et moutons	
Cuir  ' Livres.
Souliers et bottes   Paires.
Snif j « , Livres . f
Cbandelies .- Bones de 5o a 60 livres
Provisions navales :  Poix , terebemine , re sine ,  brai , goudioa
de 000 livres
Ba
Fe
Lonneuux a
V 2
C) -
i Cot*
o. . .
on. .,
,200 livres
Livres
Livres.
L793
6,354.
385,237.
67,424.
447.323.
134,596.
124,829.
4,56o.
96,811.
68,492.
1,018,339.
2,046,419.
619,687.
101,3i3.
100,279.
16,346.
94,621.
64,680.
4,627.
7,419.
27,180.
704.
5,424.
7,628.
3i 7, io5.
2,745.
4,553.
189,316.
^>SX>^^..,.:V^I
l792.
7,824.
364,899.
48,277.
406,423.
63,385.
164,407.
3,938.
112,428.
127,916.
52,38i.
853,790.
2,291,465.
824,464.
73,262.
80,986.
37,645.
14^762.
120,017.
11,761.
1,269.
i51,841.
4,55i.
6,657.
53,444-
1,602.
19,506.
9,264.
162,622.
3>997-
146,909.
3,653.
.   868,996.
i53,328.
ANNEES
l79o.
6,117.
372,825.
45,44°
512,780,
140,066.
202,620.
5,875.
609,947.
173,343.
61,708.
1,450,676.
1,5545670.
1,074,639.
97,816.
76,653.
43,3o6.
134,611.
120,066.
9,190.
1,462.
289,747.
3,728.
5,718.
21,998.
16,269.
309,366.
9,867.
114,971.
2,879.
690,299.
1,706,600.
^VA-
77191'
418,907.
36,809.
970,628.
82,493.
313,467.
5,162.
80,158.
56,785.
38,620.
696,797.
1,727,648.
828,406.
53,782.
68,479.
40,916.
102,026.
156,072.
36,932.
5,769.
786,192.
3,495.
3,445.
14,990.
55,i46.
746,853.
99,009.
l5o,012.
2o,38i.
J2,552.
2,926.
591»997-
6,066,400.
liiiwyii'iiiiiiiiiiii—^'
17Q5.
4,990.
,   400,818.
55,999.
810,624.
8o,856.
410,664.
5>997-
6i,o5o..
149>699>
58,552.
141,273.
2,187,831.
687,569.
108,191.
71,031.
37,462.
138,626.
201,i33.
28,089.
23,431.
696,669.
2,5 10.
4,025.
11,416.
26,866.
1,819,224.
160,527.
49 5 515.
28,696.
132,876.
3,572.
771,776.
10,111,921.
1796.
5,084.
377,713.
87,668.
1,176,650.
164,045.
5o8,3i4.
4,438.
69,018.
296,227.
5i,ioo.
3l,226.
1,329,216.
726,194.
90,807.
181,066.
27,102.
i3i,o39.
167,626.
34,o65.
17,552.
657,000.
4,625.
7,001.
12,993.
16,064.
127,044.
320,724.
i87,4°3.
66,679.
i38,346.
3,5oi.
9i5,635.
6,106,729.
qu
ir, d'arec
z celle  d
rs artic
les sont aussi depuis la guerre importel en grande quantire
lies qui sont le r.esuhat des produits etrangers. On sait seulement que la
colons y est iort auementce.
Les comptes   de   la  douane  ne   distinguent pas les   quainites   des   produits  d<*s Etat.*-
callure dei'indigo est aujourd'hui presque reduite a rien en  Caroline et en Geoigie, eC
Tome VIIL Page 10. [Etat de la valeur des   importations de l'Amerique en  Angleterre, pour  onze ans, tel quil a ete presents
au parlement   d' Angleterre.
COLONIES.
Nouvelle-Angleterre.
New-Yorck.	
Pens} 1\ aide	
Virginie et Maryland
Caroline	
T O T A U X. . . .
L763.
liv. st.
71,253.
53,988.
38,228.
642,294.
082,066.
1764.
liv. st.
92,693.
55,697.
36,258.
669,408.
341,727.
1,188,729.I   i,o85,685.
i765.
liv. st.
160,690.
54,959.
26,148,
605,671.
585,9i8.
1,122,386.
1766.
liv. st.
I46,3l8.
67,020.
26,85i.
460,764.
291,619,
992,462.
ANNEES
1767.       17G8.        3-769
liv. st.
152,694.
61,422,
37,641
457,926.
396,027,
1,710.
liv. st.
160,898.
87,116.
69,406.
406,048.
608,108.
1,211,676
liv. st.
155,788.
70,466.
26,111.
361,892.
387,114.
979'5/1
BsaafflgEasiJS
1770.
liv. st.
164,598.
69,882.
28,109.
435,094.
278,907.
I771.
3iv. st.
168,218.
95,876.
3i,6i5.
677,848.
420,0x1.'
1772.
liv. sf.
i52,o82.
82,707.
29,133.
628,404.
426,923.
966,590.1 1,285,867.; 1,198,249.
"T\
i773.
liv. st.
128,oo5.
76,246. J
36,652. '
589,803.
456,5i3.
1,287,
Etat de la valeur des exportations de VAngleterre en Amerique pour les memes onze annees.
I
j   COLONIES.
Nouvelle-Angleterre. . .
New-Yorck	
Pensylvanie	
Virginie et Maryland . .
Caroline	
T O T A TJ X	
ANNEES
i763.
liv. st.
258,854.
208,56o.
284,162.
655,391.
a5o,i32.
764..       i765.
■7UL\
/L
1766.
liv. st.
462,673.
5i 5,416.
455,191.
515,192.
3o5,8o8,
1,687,089.)  2,234,180.
liv. st.
455,526.
382,349.
365,368.
583,224.
334,709,
1,919,176.
liv. st.
424,727,
33o,829
527,3l4.
372,548.
296,732.
i767.
liv. st.
421,067.
417,967.
37i,83o.
457,628.
244'°9^'
52,i5o.
1,892,676.
1768.
liv. st.
426,549.
482,950.
452,107.
475,954.
289,868.
1769.
liv. st.
214,676.
74>9l8-
199'9°9-
488,562.
3o6,6oo.
2,107,408.
1,284,464.
1770.
1771.
liv. st.
400,51 !.
476,991.
l34,88l.
717,782.
146,273.
liv. St.
1,420,119.
653,621.
728,744.
920,326.
409,169.
1,875,438.   4,i3i,979.
1772,
liv. st.
826,394
343,970,
607,909
793,910
449,6iO
2,921,793
liv. st.
629,184.
289,214.
426,448.
328,904.
544,169.
1,917,912.
Total des importations pour onze ans., .   12,291,039.liv. st.
Fret, assurance et benefice a. 12 p. |.....     1,474,924.
Terme moyen pour un an <
Tome VllL   Page 18.
13,766,963.
Total des exportations   23,734,164. liv, st.
Fret, assurance et benefice a 12 p. £» ♦ • •«    2,848,099.
26,682,265.
T#rj»e moyen nour un an *......*     3,416,669. z=z 10,74,306 $ dol»j ^—
CORPS       LEGISLATIF.
.
EPOQUE
© * A   C   C   E   P  T   A  T   I   O SS.
NOMBRE
*b (E s     Branches.
MODE
D' E   L   E   C   T   I   O   N.
DUREE
CONDITIONS
pour etre Membre.
CONDITIONS
POUR      ETRE      ELEC
T   E   X   R
&   T   AT-S-UniS.
Un convention le   17 septembre
1787.   Mis   en activite" -le 4 mars
1.789.
New -H a mp sua re.
i79a.
Deux chambres : senat et chambre de representans , appeles Congres. Le premier, trente-deux
membres ^ la derniere , cent cinq.
Deux branches : senat et chambre des representans , appeles Cour generate. Le premier douze
membres ,1a derniere de cent-vingt a cent-trente.
M AS SAC H US SETTS,
2 mars 1780.
Connecticut.
Ancienne charte coloniale de
•Charles II, conservee en son entier:
aux changemens pres , necessavres
pour l'adapter a lmdependance des
Etats-Unis.
Deux branches : senat et chambre des representans , appeles Cour generate. Le premier, irente-
un membres ; la derniere, trois cent cinquante-six.
Rh'odi-islasd.
Ancienne   charte    coloniale   de
Charles IL
Vermont.
4 juillet 1786. Revue depuis.
New-Yorck..
20 avril 1777-
New-Jersey.
2 juillet 1776.
Deux branches: cour generale; gouverneur ,
lieutenant-gouverneur et douze assistans, formant
la chambre haute ou le conseil. Les representans ou
chambre basse consistent en cent soixante-diXrueuf
membres.
Deux branches: assemblee generale; gouverneur,
depute-gouvernenr, et dix assistans; representans,
soixante-dix membres.
Unebranche : representans des hommes libres :
appelee Assemblefe generate,- cent quarante - cinq
membres ; mais le gouverneur et le conseil des douze
peuvent suspendre une loi jusqu'a la session suivante.
Pensylvanie.
3 septembre 1790.
Delaware.
i79o.
Maryland.
14 aout 1776.
Ken rjp k y.
1792.
Deux branches : senat, vingt-quatre membres :
Lieutenant - gouverneur , president. Assemblee ,
soixante-dix membres.
Deux branches : conseillegislatif, treize membres
assemblee , treme-neuf membres.
Deux branches : senat, vingt-trois membres ; et
chambre des representans , soixante - dix - neuf
membres.
Deux branches , appelees AssembUe ge'ne'rale :
senat, neuf membres ; chambre des representing,
vingt-un membres.
Deux branches , appelees AssembUe generate :
senat, quinze membres; chambre des delegues,
quatre-vingt membres.
Deux branches: senat, onze membres; chambre
des representans , quarante membres.
Y   I   R  G   X   N   I
5 jnillet 1776.
Caroline   du  Nord.
12 decembre 1776.
Caroline   du   Sud.
3 juin 1790.
Georgie.
Mai   1796.
Tennessee.
6 fevrier 1796.
Deux branches , appelees Assemblee generate ;
senat, vingt-quatre membres ; chambre des representans, de cent cinquante a cent soixante membres.
Deux branches; senat et chambre des communes, appeles Assemblee generate. Le premier,
soixante membres ; la seconde , cent vinst.
Deux branches , appelees Assemblee generate 1
senat, trente-sept membres; chambre des representans , cent vingt-quatre.
Deux branches , appeh'es Assemblee ge'ne'rale .
senat, vingt trois membres; chambre des representans , cinquante-un.
Le senat par les legislatures des Etats ; les representans par le peuple.
Le peuple.
Le peuple.
JVIaisles-vacancesdu senat
peuvent etre lemplies par le
senat; et dans la chambre
des representans , parmi
ceux qui etaient desi^nes
par les voeux du peuple a
l'eiection precedente.
Senat, six ans. Sortant
toutes les deux annees par
tiers. Representans, deux
ans.
Une annee.
Une annee.
Le peuple.
Senat : etre citoyen depuis neuf ans ; 3o ans d'age.
Representans : eire citoyen depuis sept ans ; %$ ans
d'age. Point de qualification pecuniaire.
Hommes  libres, possedant un bien-fonds libre ,
ou une fortune personnelle.
Gouverneur , depnte-
gouverneur, et conseil ou
assistans , une annee. Representans , six mois.
Le peuple.
Conseil ,    une   annee.
Representans, six mois.
Le peuple.
Le peuple.
Le peuple.
Le peuple.
Le peuple.
Senat par des electeurs.
choisis par le peuple. Les
delegues parle peuple. Le
senat remplit les vacances
par scrutin fait dans sa
propre chambre.
Senat par des electeurs
choisis par le peuple. Les
represent, par le peuple.
Une annee.
Senateurs , bien - fonds libre de 3oo livres , ou
fortune personnelle de 600 livres; habitant depuis
cinq ans. Representans, bien-fonds libre de 100 liv. ,
ou autre propriete de 200 livres.
Pour les representans , les  m£mes  que
bramche la plus nombreuse des legislatures des
pour
POUVOIRS
PARTICULIERS*
OBSER VA TIONS   GENERALES.
la
J itats.
Yingt-un ans d'age , et payant des taxes.
Franc-tenancier , 3 livres derevenu , ou un bien
quelconque de 60 livres.
La chambre des'representans propose les bills
pour les revenus, et vote les accusations. Le senat
juge les accusations; il faut deux tiers pour que
Taccuse soit declare coupable. Le senat appointe
les officiers nommes par le president.
La chambre des representans propose les bills
pour lever les revenus, et vote les accusations. Le
Senat les juge.
La chambre des representans emet les bills pour
1'argent, et vote les accusations. Le senat les
juge. •
Hommes libres.
Bien libre de 40 livres, ou rente de 40 schell.
Senat, quatre ans ; un
quart en sort tous les ans.
L'assemblee, une annee.
Une annee.
Senat, quatre ans ; un
quart en sort tous les ans.
Representans, une annee.
Senat, trois ans; un tiers
en sort tous les ans. Representans , une annee.
Hommes libres , bien - fonds libre de 40 schell,
ou 4° livres de fortune.
Hommes libres, bien libre de 40 livres , ou rente
de 4° schell.
Electeurs du' senat , bien libre de loo livres.
Electeurs des representans , bien libre de 20 livres
ou rente de 4° schell.
Conseiller , 1000 livres en biens-meubles  et im-
meubles. Representans , 5oo livres idem.
Iilecteurs ,  5o livres en  biens-meubles   ou im-
meubles.
Residence d'un an dans le listrict ou comte\
Senateurs, etre citoyen depuis quure ans et 25 ans
d'age. Representans, etre citoyendepuis trois ans ,
et 21 ans d'age.
Senateurs, 27 ans d'age ; bienjlibrede200 acres,
ou fortune de 1000 livres. Rejjresentans, 24 ans
d'age ; bien libre. Les uns et lea* autres , ttois ans
de residence.
Le peuple.
Le peuple.
Territoire nord - ouest
de    l'Ohio,
i3 juillet 1787.
Deux branches, appelees Assemblee generate
senat, onze membres ; chambre des representans
vin«t-deux.
Le peuple.
Le peuple^
Le peuple.
Senat elu pour cinq ans,
sans rotation. Delegues ,
une annee.
Senat, quatre ans. Representans , une annee.
Senat, quatre ans; un
quart sort tous les ans.
Delegues, une annee.
Une annee.
Senat, quatre ans; une
moitie en sort tous les
deux ans. Representans ,
deux ans.
Une annee.
Le gouverneur et les juges font la loi.
Le president et le senat
des Etats-Unis nomment
le gouverneur et les juges.
Senat et representans
deux ans.
Senateurs, residence de 3 ans; fortune mobiliaire
ou immobiliaire de 1000 livres. Delegues , meme
residence,  fortune de 5oo livres.
Vingt-un ans d'age ; ayant reside deux ans dans
I'Etat avant l'eiection, et pendant ce tems paye une
taxe de I'Etat ou du comte, assise au moins six mois
avant l'eiection. Les fils des personnes qualifiers
comme dessus, entre 21 et 22 ans d'age , peuvent
voter quoique n'ayant pas paye de taxes.
La legislature ecoute  et juge certaines causes,
accorde des repits et des pardons.
Le gouverneur , comme president du conseil,
et 1'orateur de la chambre, ont chacun une voix
en outre de celle pour departager.
Les causes nouvelles sont jugees dans les cours
de justice.
Accusations. Pour lever une taxe il faut la presence des deux tiers des membres.
Deux tiers  de l'assemblee votent une accusation.
Deux tiers du senat peuvent declarer convaincu.
Le senat ne doit jamais exceder cent ; les representans jamais trois cent. Le gouverneur etle conseil
de revision peuvent suspendre une loi. Le clerge
est exclu.
Le conseil ne peut preparer ni changer aucun
bill pour argent.
Residence depuis deux ans,et payant taxes assises
au moins six mois avant l'eiection.
Electeurs pour les delegues et pour les electeurs ,
un bien libre de 5o acres, ou hommes libres ayant
une propriete de 3o livres, et ayant reside dans le
comte toute l'annee avant l'eiection.
Senateurs , 27 ans d age. Representans , 24 ans,
Les uns et les autres, deux ansde residence.
Aucune condition pecuniaire ; mais les senateurs
et delegues doivent etre resideas et francs-tenan-
ciers dans le district ou le comte.
Senat, bien libre de 3oo   acres.  Communes ,
bien libre de 100 acres.
Habitant de THtat deux ans , ou un an dans le
comte.
Electeurs francs-ten anciers.
Les bills, pour revenus,doivent prendrenaissance
dans la chambre des representans. Les accusations ,
par une majorite des representans , jugees par le
senat. La conviction, par deux tiers des membres
presens. Le jugement ne peut prononcer que la
depossession de la place , et l'inaptitude d'en posseder d'autres.
Les bills pour argent, prennent naissance dans
l'assemblee. Accusations par deux tiers des representans. Convictions par deux tiers du senat.
Le senat ne sera jamais moins d'un quart, et
jamais plus d'un tiers des representans. Les representans jamais moins de soixante , et jamais plus da
cent.
Les bills pour argent originent dans la chambre
des delegues, qui ne doivent point y joindre d'autres
matieres. Les deux chambres peuvent faire arr&er
pour crime ou manque de respect. La chambre des
delegues nomme les tresoriers pour autant de tems
qu'il lui convient.
Les bills pour argent ne peuvent etrelproposes
que par les representans. Le senat peut proposer
des amendemens. Les representans ont seujs le droit
d'accusation. Le senat juge. Deux tiers necessaires
dans r;es deux cas.
Senateurs, So ans d'age. Citoyens et residens
dans I'Etat, cinq ans. S'ils resident dans le district,
un bien libre de 5oo livres, sinon un bien libre,
dans le district, de 1000 livres. Representans,
citoyens et residens depuis trois ans. S'ils resident,
une propriete de 3oo acres et dix negres , ou une
fortune de i5o livres, sinon un bien libre, dans
le district, de 5oo livres.
Senateurs, 28 ans d'age, habitant les Etats-Unis
depuis 9 ans. Citoyens depuis 3 ans en Georgie.
Residens dans le comte six mois. Bien libre de 25o
acres, ou propriete de 25(> livres. Representans ,
2i ans d'age. Citoyens des Etats-Unis , 7 ans. Deux
ans habitant en Georgie. Residens dans le comte
3 mois. Bien libre de 200 acres , ou i5o livres.
Electeurs du senat, bien libre de 5o acres.
Electeurs des communes , payement des taxes et
une annee de residence dans le comte.
Electeurs , citoyens et residens deux ans, bien
libre de5o acres, ou un lot en ville, ou taxe de 3 sch.
Residence de six mois dans le district avant l'eiection.
Toutes les loix opiginent dans la chambre des
dengues. Le senat ne peut rien changer aux bills
pour argent. Les delegues votent les accusations
qui sont jugees par la cour generale, 0u par la
cour d'appel.
Les deux chambres reunies s'ajournent au scrutin
a. un lieu et un jour quelconque. Accusation par les
communes , jugee par la cour supreme; et si les juges
sont accuses, ils sont juges par un tribunal special.
Les delegues et electeurs sont choisis a haute
voix ; mais les electeurs votent au scrutin et font
un serment. Reglemens particuliers pour les
hommes libres de Baltimore et d'AnnapoIis. Clerge
exclu.
Le senat sera compose de maniere que le nombre
excede d'un le quart de celui.des representans.
Les bills doivent etre lus trois fois dans chaque
Electeurs ,  payement  des taxes, et six mois de
residence dans le comte.
Le gouverneur trois ans.
Peut &tre deplace par le
president des Etats-Unis.
Les juges ne peuvent l'etre
tant qu'ils se conduisent
bien.
Residence , trois ans dans I'Etat, ouun an dans le
comte ; bien libre de 200 acres dans le comte-
Electeurs , bien libre dans le comte.
Emprisonnement pour manque de respect. Accusation par les deux tiers de la chambre des representans. Les deux tiers du senat jugent. Les
representans proposent les bills pour lever les re-
Accusations : un tiers forme un nombre suffi-
sant dans chaque branche pour deliberer.
chambre. Le clerge exclu.
Les bills sont lus trois fois a trois jours differens
dans chaque chambre. Un bill rejette ne peut etre
represente qu'apres avoir averti dix jours d'avance,
et avec permission. Clerge exclu.
Clerge exclu. Une convention pour reviser la
constitution sera elue en novembre 1797 , elle con-
sistera en trois membres de chaque comte, et
s'assemblera en mai 1798.
Emprisonnement pour manque de respect. Accusation. Les bills peuvent prendre naissance dans
les deux chambres.
D'adopter les loix existantes dans les differens
Eiats , qui peuvent s'appliquer au territoire, su-
jettes a la revision du congres.
MUifliK.IIMl   I  ■":
.Tome VIII, page 172. N°. I,
——
Clerge exclu. Le nombre du senat ne sera jamais moins d'un tiers, et jamais plus d'une moitie
des representans : ceux-ci ne seront jamais plus de
quarante. TABLE, ABRfiG^E   DU   CORPS   L^GISLATIlf.
TEMPS     DE     LA     DUREE     DES     FONCTIONS
d u      Senat.
Etats-Unis.......   six ans.
Maryland    cinq ans.
New-Yorck.
Pensylvanie.
K e n t u c k y ; % quatre ans.
Virginie I
Caroline   du   Sud.  j
i
Delaware.    trois ans.
Tennessee...-. ......   deux ans.
New-Hampshibe...
Massachussetts...
c o n n e ct i c u t.
Rhode-islahd.'   5^
'   un anr
Vermont	
New-Jersey ...
Caroline du Nord...
Georgie	
des      Representans.
A T S - U N I S 1
roline du Su»...J> deux a
Et
Ca
Tennessee
Ne w-Hampshire,.."")
m a s s a c ii v s s e t t s . .
VEB  MONT..........
New-Yorck	
New-Jersey	
Pensylvanie....
Delaware	
Maryland «.
Kentucky .. ■
Virginie	
Caroline du Nord
Georgie. .........
un an?
ONNECTICTJT }
% Si
HODE-ISLAWD....J
six mois,
CONDITIONS
pour    etre   Membre.
Rhode-island.
New-Jersey....
Delaware. .....
VlRGT  HIE	
Caroline du Nord..|
{Caroline du Sud.
Tennessee	
Propriete   fonciere
necessaire*
ew-Hampshire
Massachussetts.
Maryland	
Qr E O R GlE  , . .
Propriete fonciere. Fortune d'une autre espece necessaire.
Etats-Unis....
Connecticut..
V e r mont f   Aucune condition de
New-Yorck.......f     propriete requise.
F|ensylvanie...
Kentucky	
CONDITIONS
pour   etre    Electeur.
**>&
f De   meme   que   dans
Etats-Unis <j I'Etat    dans   lequel
' l'electeur reside.
Rhode-island — ~\
New-Yorck f Propriete fonciere ne-
Virginie ( cessaire.
Caroline du Nord.-)
Massa chussetts.")
Connecticut f   Propriete fonciere, iou
New-Jersey... \     fortune  dune autre
Maryland I      espece , requise.
Caroline  du Sud.J
New-Hampshire
Vermont	
Pensylvanie y    .
Aucune   condition   de
Delaware   	
propriete requise.
Kentucky.
Georgie...
Tennessee,
————I — iimii Mp———)—W
ORDRE     DE     SORTIE
DES SeNATEURS,
\  Par tiers tous les deux
Eta ts-Unis < ^
i ans. *■
New-Yo r ck 1
Pensylvanie. > Par quart tous les ans.
VlROINIE J
\ Par moitie tous les deux
Caroline du Sud../
) ans.
Delaware ..*..   Par tiers tous les ans.
Maryland. ~)
Kentucky ...fcA Point de rotation.
Tennessee ^
Tome Villi page 172.    JK   J I. ■IWWW
-    —   .,    -
POUVOIR       EXfiCUTI F.
ETATS.
PAR QUI MOMME.
DUREE.
IL EST   REELIBICLE.
S' il   y   a   un  Conseil,
POUVOIR DE  NOMMER
A     CERTAINES      PLACES.
AUTRES   POUVOIRS.
CONDITIONS   REQUISES.
S'il y  a un   Lieutenant-
gouverneur   ou   non.
E   T    A   T   S - U   N   I   S.
Par des electeurs.
New-Hampshire-
Massachussetts.
Par le peuple.
Quatre ans.
Un an.
Par le peuple.
Connecticut.
Par le peuple-
Reeligible.
Reeligible.
Un
Reeligible.
Point de conseil.
Nornme.   Le senat approuve.  Remplit
les vacances pendant l'absence du senat.
Conseil  de  c.iuc[  membres elus
par le peuple.
Conseil.
Un an.
R   II   O   D   E - I    S   L   A   N   D.
Vermont.
New-Yorck.
Par le peuple.
Un an.
Par ie peuple
Par les francs-tenanciers
de 100 liv. sC-
N E W - J e r s e y.
Par la legislature.
Nomme presque tous les officiers , avec
i'avis du senat.
Nomme avec quelques exceptions.
Pardonne. A la negative conditionnelle,
et regoit les ministres etrangers.
Pardonne. A la negative conditionnelle.
Pardonne. A la negative conditionnelle.
Reeligible.
Reeligible.
Point de conseil executif,
Point de conseil executif.
Un an.
Reeligible.
Trois ans.
Un an.
Re eligible.
Depute-gouverneur et conseil.
Point d* autre conseil executif que
celui de nomination et de revision.
Nomme avec les assistansset seulement
les sberifs.
Point de nomination importante.
Nomme quelques officier;
Reeligible.
Le conseil legislatif agit comme
conseil executif.
pEtfSyi-YANlE.
Delaware.
Par le peuple.
Trois ans.
Reeligible neuf ans dans
douza.
Par le peuple.
f      Maryland.
Kentucky.
Par la legislature.
Par des electeurs.
Trois ans.
Un an.
Quatre ans.
Reeligible trois ans dans
six.
Point de conseil;
Nomme. Le conseil de nomination con-
firme celle de toutes les places, a peu
d'exceptions pres.
Citoyen.'Resident quatorze ans ; 55 ans
Hab
Est president du  conseil et  departage
les voix.
Preside Ie conseil.
Le gouverneur et le conseil peuvent suspendre les loix jusqu'a la session suivante.
Pardonne et jug£ les accusations.
itant, sept ans,
Vice-president des   fit as-Unis , president du senat.
Point de lieutenant-gouverneur.
Lieutenant - gouverneur , qui d'office est
membre et president du conseiil.
Lieutenant - gouverneur ,   membre   dt
conseil.
Franc-tenancier et homme libre d'une
ville incorporee.
Fait toutes l^s nominations : excepte les
sberifs et coroners, qui sont nommes par
Ie peuple , et Ie tresorier deVJitat par la
legislature ; les officiers dd milice , regimens et compagnies par les regimens et les
compagnies.
Pardonne. A la negative conditionnelle
avec le conseil de revision.
Lieutenant-gouverneur,
Lieutenant-gouverneur, appele dans la
charte : depute-gouverneur..
Lieutenant-gouverneur, qui est president
du senat.
Preside le conseil , est chancelier. Le
Gouverneur et le conseil sont cour d'appel.
Pardonne.
Vice-president.
Point de conseil.
Reeligible trois ans dans
sept.
Conseil.
Reeligible.
V   IRGINIE.
Par la legislature.
Caroline    d u    Nord,
Caroline    du    Sud.
Un an.
Par la legislature.
Georgie.
Tennessee.
Par la legislature.
Par la I/igislature.
Un an.
Reeligible trois ans dans
sept.
Nomme, excepte les sheriffs, les coroners
et les tresoriers.
Nomina avec le cqnseil,  excepte   les
sberifs et tresoriers.
Point de conseil.
Conseil d'Etat.
Reeligible trois ans dans
six.
DeuK ans.
Deux  ans.
Par Ie peuple.
Territoire   nord-ouest
d e   l'Ohio,
Par le president et le senat
des Etats-Unis.
Ne peut etre reelu que
quatre ans apres.
Conseil d'etat.
Pardonne, excepte dans les cas d'aecu-
sation pour crime d'Etat ou prevarication.
A la negative conditionnelle,
/
Citoyen j et habitant sept ans ;  3o ans
d'age.
remplie dans l'intema par l'orateur du senat.
Pardonne, excepte dans les cas d'accu-
sation de crime d'Jitat ou prevarication.
Pardonne. Met les embargos. Deplace
et suspend les officiers , excepte ceux qui
doivent rester en place pendant leur bonne
conduite.
Trente ans  d'age.   Citoyen des  Etats-
Unis depuis douze ans, et de I'Etat, six
Cinq ans de residence r et une propritete
de 5,ooo liv. st-
Nomme avec Pavis du. senat.
Pardonne, excepte pour les cas de trahison ou d  e pearication.
Trente  ans  d'age.  Residence de deux
ans dans I'Etat avant l'eiection.
Nomme avec  le conseil .seulement les
juges de paix.
P«int de nomination par interim, jus-
la session de la legislature.
Point de conseil.
Point de lieutenant-gouverneur.
Pardonne.
Pardonne et met embargo.
Trente ans d'age.
Cinq ans de residence , et un bien libre
de 1,000 liv, st.
Le president du conseil agit comme
lieutenant-gouverneur en cas de vacanee
du gouverneur.
Point de lieutenant-gouverneur.
Nomme quelques officiers inferieurs.
Reeligible.
Deux ans.
Trois ans; mais revocable a la volonte' des
Etats-Unis.
Reeligible six ans dans huii
Point de conseil.
Nomme quelques officiers civils, et tous
ceux militaires.
Pardonne et met embargo.
Pardonne. A la negative conditionnelle.
Point de conseil.
Reeligible.
Point de conseil.
Point de nomination, si ce n'est dans
l'absence de ia legislature , excepte l'adju-
dant general de la milice.
Citoyen et   residence de dix ans ; propriete de  i,flpo liv. st.
Douze ans citoyen; residence de six ans
5oo acres ou autre propriete1 de i,oool. st.
Nomme tons les magistrats et autres
officiers civils , excepte les juges ; et tous
les officiers de la milice, excepte les officiers generaux.
Pardonne. Assemble la legislature dans
les occasions extraordinaires.
Lieutenant-gouverneur.
Point de lieutenant-gouverneur.
Citoyen ou habitant depuis quatre ans ;
propriete de 5oo acres ; z5 ans d'age.
Le gouverneur et les juges font les loix
pour le territoire.
Resident dans le territoire, et une propriete de 1,000 acres.
L'orateur  du senat, lieutenant-gouverneur comme en Pensylvanie.
Le secretaire du territoire , nomme
comme Ie gouverneur , le remplace en
cas d* absence.
Tome VIII, page 172. N°. IIL
■^.^^.,»..,r..~^.—i&mwmmmlmi*nmm*mmmmmmf*m -•-■■■■■ ■■■—mmmmi '"■ ■■ ■ i twnnaw ■    \mammMwamwmmmmwmmmmmmmm—pt¥Ti~*~"T"~r'rwiniru.uMjji-ifrinrTfT'-wr,i i. umim uuwi.i. ■ hj. i m TrwiwiiiniiiMiu i ■■■!■ 11 mi - m -m i •-   •• - mm TABLE    ABREGfiE
MANIERE
DE      LES      NOMME   R.
DUREE.
DES    POUVOIRS    EXfiCUTIFS.
REELIGIIILITE.
C O N S E I L S
CONSTITUTIONNELS.
POUVOIRS
DE    NOMMER    AUX    PLACES.
DROIT
DE NEGATIVE.
E T ATS-U HIS..
Par des Electeurs.
Kentucky.*	
New-Hampshire.. .
Massachussetts
Connecticut. ...
Rhode-island..
Vermont ) Par le Peuple,
New-Yorck	
Pensylvanie. ...
Delaware	
Tennessee	
New- Jersey...
Maryland	
Virginie........
Par la Legislature
Caroline du Nord.
Caroline du Sud...
Georgie..-*	
Etats-Usjs..
Quatre ans.
Kentucky.
New-Yorck J
Pensylvanie.. ..). Trois ans.
Delaw are j
Caroline luSud...]
Georgie... J> Deux ans.
Tennessee )
New-Hampshire..
Massachussetts.
Connecticut...
Rhode-i sla nd..
Vermont.. \ tj
New-Jersey....
Maryland	
Virginie	
Caroline du Sud,.
Tome VIII, page 172.    N°.    I V.
Etats-Unis....
New-Hampshire.
Massachussetts, .
Connecticut. ...
Rhode -island. .
Vermont ,
N e w-Yo r c k	
New-Jersey...,
Kentucky	
Georgie	
Illimitee,;
Pensylvanie...
Delaware.......
Caroline du Nord.
j Teufans sur douze.
Trois ans sur six.
Maryland
Virginie
Trois ans sur sept,
Caroline du Sud..     Deux ans sur six.
Tennessee.,      Six ans sur hint.
Etats-Unis...
Connecticut...
Rhode-island.
New-Yorck ...
Pensylvanie I    Point
Delaware f   constitutionnel.
Kentucky	
Caroline du Sud.
Georgie	
Ten ne ssee	
New-Ham phsire
Massachussetts..
Vermont	
New-Jersey \ Conseil,
Maryland	
Virginie	
Caroline du Nord-
Etats-Unis......
New-Hampshire
Massachussetts.!
Vermont f   (
New-Yorck > lesaPPoi:
Pensylvanie. ..[
Del a warre I  lesi
Maryland    '
Kentucky	
Connecticut ...
Rhode-island..
New-Jersey f    Point de droit
Vi rginie 1   d'accorder aucun
Caroline du Nord./      appointement
Caroline du Sud ..I       important
Georgie	
Tennessee....
Etats-Unis...
New-Hampshire.
Massachussetts....I Pouvoirnegatif
Vermont { avec les
New-Yorck f      modifications
Pensylvanie...I
Kentucky	
Georgie	
Connecticut•.,
Rhode-island...
New-Jersey	
Delaware	
Maryland ^Point de negative.
Virginie	
Caroline du Nord.!
Caroline du Sud.
Tennessee	
\y ORDRE      JUDICIAIRE.
ETATS.
MODE
de     Nomination,
DUREE   DES   FONCTIONS.
REVOCARLES.
REMARQUE S,
Etats-Unis.
Par le president, avec l'approbation du
senat.
New-Hamp shire.
Massachussetts.
Connecticut.
Par le gouverneur et le conseil.
Par le gouverneur et le conseil.
Par la legislature.
Rhode-island.
Par la legislature.
Aussi long-tems  que les  juges se conduisent bien.
Les juges superieurs tant qu'ils se conduisent bien. Les
juges de paix pour cinq ans.
Les juges superieurs tsnt qu'ils se conduisent bien. Les
juges de paix pomr sept ans.
Une annee.
Par accusation   de la chambre des representans devani
le senat.
Par accusation de la chambre des representans , et sui
l'adresse de la legislature au gouverneur.
Par accusation de la chambre des representans, fit par If:
gouverneuretle conseil, sur la demande des deux chambres.
Renomme'  en general tant qu'il peut servir , a moins de
mauvaise conduite.
Une annee.
Vermont.
New-Yorck.
Nevy-J ersey.
Pensylvanie.
Delaware,
Par le conseil et l'assemblee.
Par le gouverneur et le conseil de nomination.
Par le conseil et l'assemblee.
Par le gouverneur*;
Par le gouverneur.
Ma ryland.
Kentuc k y.
V   IRGINIE.
Caroline    du    Nord.
Caroline    du    Sud.
Par le gouverneur et le conseil.
Par le gouverneur et le senat.
Par la legislature.
Par la  legislature; mais recoivent leuj
commission du gouverneur.
Par la  legislature.
G   E   0   R   G   1
Tennessee.
Par la legislature.
Par la legislature.
Territoire   nord-ouest
d e   l'Ohio.
■Par ie president et le senat des Etats-
Unis.
Une annee,  et moins s'il est necessaire.
Renomme en general tant qu il peut servir, a. moins de
mauvaise conduite.
Accusation de l'assemblee, jugee par le gouverneur et le
conseil.
Tant qu'ils se conduisent bien.
Ne peut Atre nomme au-dessus de Page de soixante ans.
Cour superieure, sept ans
— inferieure
ire, sept ans ,  ~)
, cinq ans ,      \
reeligibles.
Tant que les juges se conduisent bieu^
■
Tant que les juges se conduisent bien.
Tant que les juges se conduisent bien.
Tant que les juges se conduisent bien.
Taat que les juges se conduisent bien.
Tant que les juges se conduisent bien.
Tant que les juges se conduisent bien.
Trois ans. Reeligibles.
Accusation de l'assemblee , jugee par Ie conseil.
Le gouverneur peut revoquer sur la   demande   des  deux
tiers de chaque chambre, meme quand il riy a pas lieu a
accusation.
Les appointemens ne peuvent etre diminues pendant la
uuree des fonctions.
Appointemens fixes par la loi. Conseille le gouverneur.
Donne son opinion au gouverneur et au consul dans
les occasions solemnelles , et a la legislature dans Vtt questions de loi. Prononce sur les divorces.
Les cour? prononcent sur les divorces.
Les cours jugent les divorces
T es appointemens des ju;ies  ne peuvenr  etre diminues
tant q" sis restenf <?r> p].ice.  Ne pout pas recevoir d'ei-ices ,
ni occnper aucune autre place luoame. La cour supreme
prend (Connaissance des divorces et des pensions des veuves.
Peut suppleer aux defuuts dans les litres, occasionnes par
des actes perdus ou distraits. Point de chancellerie.
Par accusation de la chambre des representans., pro-
noncee a la majorite des deux tiers. Le gouverneur peut
revoquer sur la demande des deux tiers des membres de
chaque chambre, dans les cas mime ou il n'y a pas motif
suffisant d'accusation.
Pour mauvaise conduite sur preuve acquise devant un
tribunal, et par le gouverneur sur la demande de l'assemblee, a. la majorite des deux tiers de chaque chambre.
Accusation ,    ou   demande   reunie   des   deux   tiers   de
chaque chambre de la legislature.
Accusation par la   chambre des delegues.  La cour des
appels juge les officiers de la cour generale, et -vice 'versa.
Par accusation de Fassemblee ou grand jure, jugee p;
un tribunal special.
Par accusation de l'assemblee , jugee par le senat.
Par accusation de l'assemblee, jugee par le senat.
Tant que les juges se conduisent bien.
Tant que les juges se conduisent bien,
Par accusation de fassemblee, jugee par le senat.
Par accusation de la chambre dps representans des Etats-
Unis , jugee par le senat des Etats-Unis.
nfamuMWmitil
az.ii w;-*,a-m,mr-
Tome VIII, page ij<z. N°. V.
I es appointemens ne peuvent £tre diminues pendant la
duree de femploi.
Les appointemens ne peuvent etre diminues pendant la
dur^e de 1'emploi.
. '
Appointemens inalterables pendant la duree de 1'emploi.
Appointemens inalterable* pendant la duree de Temploi.
Ne peuveut pas avertir les jurys en xn a tie re de fait, mais
peuvent appeler leur attention sur les temoignages , et declarer la loi.
Appointemens regies par Ie congres. A quelques pouvoirs legislatifs conjointement avec le gouverneur. Doit
posseder un b'en de 5oo acres. A
■
MANIERE  DELIRE  LES   MEMBRES  DU  CONGRES  DANS  CHAQUE  ETAT.
ETATS.
SENATEURS.
REPRESENTANS.
r"
leur    Distribution    et    leur    Nombre.
Conditions    pour    leur    Election.
New-Hampshire.
M
A
s
5
A
3
H   U
5 s
E   T
T   S.
c
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2
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M
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Y
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R
C   K.
New-Jersey.
Pensylyanie,
Delaware.
Maryland-
Kentucky.
V  irginie.
Caroline    du    Nord.
Caroline    du    Sud.
Par resolution separee des deux chambres; les votes pris au scrutin.
Par resolution separee des deux chambres , chaque chambre ayant la
negative sur la proposition de l'autre.  Les votes pris au scrutin.
Par vote distinct de chaque chambre pris au scrutin.
Par le scrutin des deux chambres reuni.
D'abord par suffrage separe des deux chambres ; si elles ne peuvent
pas etre d'accord , par votes reunis: et par scrutin dans les deux cas.
D'abord par   suffrages  separes ;  s'ils ne sont point   d'accord , par
scrutin   reuni.
Suffrages reunis ; quelquefois au scrutin , et quelquefois a haute voix.
La maniere n'est pas encore determinee par la loi. Les elections se
sont faites jusqu'k present par resolution ssparee, et par suffrage reuni
a, haute voix. Par la constitution de Pensylvanie, ces elections doivent
etre faites toujours a haute voix.
Scrutin reuni.
Quatre membres.  Choisis dans I'Etat en general.
Par district. Dans lesquels ils doivent resider. L'Etat est divi'se en
autant de districts que de membres , et doit en fournir quatorze.
Sept membres pris dans une nomination preliminaire du double faite
par le peuple.
Deux membres pris dans la totalite de PLtat,
II faut en premier lieu majorite absolue, sinon Pon fait une liste de
ceux qui ont reuni Ie plus de voix, a un nombre double des membres
a nommer; et pour Ie choix dans cette liste la pluralite sufnt. Si deux
ont un nombre egal de voix, ie gouverneur decide par la voie du sort.
La majorite est necessaire , et apres un essai,  les' electeurs doivent
choisir dans les deux candidats qui reunissem le plus devoix.
La nomination, et le choix ulterieur k la pluralite.
La majorite est necessaire.
Deux membres choisis chacun dans un district ou ils doivent avoir La majorite est necessaire pour le  premier essai,  la pluralite  pour
residence. les autres.
Dfx membres pris dans autant de districts, sans faire attention au lieu
de residence.
Cinq membres choisis dans la totalite de I'Etat.
Treize membres pour autant de districts , sans faire attention au lieu
de residence. La premiere election s'est faite sur tout I'Etat; la seconde
par district; la troisieme sur tout I'Etat; la quatrieme par district;
la cinquieme de meme.
Un membre.
Scrutin reuni. L'un des senateurs doit etre de la partie de l'Est,   et
Pautre de celle de 1'Ouest.
Scrutin reuni; mais les votes pris et examines dans chaque chambre.
La pluralite de leur reunion decide.
Scrutin reuni.
Huit membres pour autant de districts.
Deux membres choisis dans deux districts, oil ils doivent avoir residence.
Dix-neuf membres choisis dans autant de districts , od ils doivent
avoir residence.
tcrutm reuni,
Scmtin reuni.
Dix membres choisis  dans autant de districts, oil ils doivent avoir
residence,
Six membres pour autant de districts , sans attention au lieu de residence,
Georgie,
Tennessee.
Scrutin reuni.
Scrutin reuni.
Deux membres dans la totalite de I'Etat.
Un membre.
{Tome VIII> page 172. N°. VI.
La pluralite sufnt.
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite,
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite.
Pluralite.
a

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