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Voyage autour du monde ; et principalement a la côte nord-ouest de l'Amérique ; fait en 1785, 1786, 1787… Beresford, William, active 1788 1789

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Array     V O Y A G E
AUTOUR  Du|mONOE,
Fait en 1785, 1786, 1787 et 1788
PAR
LE CAPITAINE GEORGE DIXOIST.
TOME   SECOND.
I  V O Y A G E
AUTOUR  Dit  MONDE,
ETPRINCIPALEMENT
A LA COTE NORD-OUEST DE LAM&UQUE,
Fait en 1785, 1786, 1787 et 1788,
A bord du King-George *et de la Queen*
Charlotte, par les Capitaines Portlock
et Dixon.
Dedie, par permission, a Sir JOSEPH
BANKS, Baronet ;g J|
Par le Capitaine George Dixow.
Traduit de VAnglois, par fil. Lebats.
TOME   SECOND.       *
£$r%
A   PARIS,
Chez Mar ad an , Libraire, H6tel de Chateau*
Vieux, rue Saint-Andre-des-Arcs.
*——■  ' ■■■' ■■   - -1 ■; I1,,..a
1 7 89. lisp-
/7df ^ Cette partie de   la cote de Focean
Tome II, A
if
pUUJlWll HMJiJ.liagWft'aiR.WM'aLialllJMrJUt
V O Y A G
AUTOUR DU MONDE.
LETTRE   XXXVIII.      Aout^
(jomme nous allons prendre pour
tout-a-fait conge d'Amerique, je te ferai
part de quelques remarques pour a j outer
a celles que je t'ai deja. communiquees
dans Foccasion , relativement k cette
partie du globe : j'espere qu'elles ne te
paroitront pas indifferentes. m<<%
Aout 2787.
2 Voyagealac6te,
pacifique etoit peu connue avant le
dernier voyage du capitaine Cook. Le
ceiebre Buring , navigateur russe , de«
couvrit terre par les 58 degres 28 minutes
de latitude nord, et jetta Fancre par les
5g degres 18 minutes ; mais la relation
de son voyage est tres - imparfaite et
•tres-inexacte.
Les Espagnols probablement con-
noissent aussi la c6te qui est un peu au
sud de' Fentree du Roi-George , et les
environs du cap Edgecombe; ils ont re--
lache dans ces deux endroits en irjrj5;
-mais j'ai lieu de croire que c'est tout
ce qu'ils ont vu de cette partie du continent.
Tu reconnoitras, par ce que je t'ai
dit , que les positions les plus exacte-
ment determinees par le capitaine Cook,
sont celles des entrees du  Roi-George NORD-OUEST,   DE l'A.MEBIQUE 3
et du prince William, ainsi que celle de -=
'.,'     .  ., . i       Aout 1787.
la riviere qui porte son nom ;   et cest
sans doute la quantite de fourrures qu'il
.trouva   dans   ces   differens   havres.  qui
Fengagea a etablir le premier trafic dans
. ces parages. Nos rivaux des Indes  ont
tire leurs informations de la mime source;
et c'est a quelques  egards une circons-
tance qui nous a ete avantageuse, car
les navigateurs ne comptant pas trouver
de fourrures ailleurs que dans les lieux
j indiques par le capitaine Cook, se con-
■ tenterent de ce qu'ils purent y recueillir,
I et  nous  n'eumes   pas   en  consequence
: d'autre parti a prendre que de pousser
plus loin nos recherches , ou de retour-
. ner en Angleterre les mains vides. Nous
abordames en consequence aux iles Charlotte ( comme je Fai dit plus haut) ou nos
jgucces surpasserent  nos esperances, et
;,pu   nous   nous   procurames   une    plus
grande quantite de fourrures , quew n en
A 2 4 Voyage a la cote,
A7it~~S    a f°urn^ jusqua present aucune place
On ne peut nier que nous avons con-
siderablement etendu les connoissances
geographiques de ces c6tes; il reste ce-
pendant encore beaucoup a faire, nous
sommes si peu instruits a. cet egard, qu on
peut en quelque facon douter si nous
avons redlement vu la terre ferme. II est
certain qu'il existe une grande quantite
d'lles sur ces cotes; je laisse a decider,
a ceux qui navigueront par la suite dans
ces parages, si les terres que nous avons
rangees, font ou ne font pas partie du
continent ; mais je puis me permettre
dassurer (ce qui est de la premiere importance pour ceux qui iront sur ces
c6tes dans les mimes vues que nous ) que
les fourrures sont inepuisables par - tout
ou il y a des habitans. Uexperience nous
a appris qu'on ne pcuvoit'j&&$ determiner NORD-OUEST , DE L'AMiRIQUE. S
au juste quel est Fendreit qu'habitent plus
particulierement les naturels ; mais ils
forment differentes tribus eparses ga et
la, le long de la c6te , qui , sauf les
additions que pourront y faire les na-
vigateurs futurs, s'etend du 4oe- au 60e*
degre de latitude nord, et du i26e- au
i55e- degre de longitude ouest.
Aout 2787
Cette vaste contree a , a tres-peu
de chose pres , Fapparence d'une fbrit
sans limites; elle est couverte de pins de
differentes especes, entremiles d'aunes ,
de bouleaux, de noisettiers; il s'y trouve
aussi diverses sortes d'arbrisseaux, etlea
values et les terreins bas qui sont exposes au soleil et a Fabri des vents %
abondent en groseilliers sauvages de plusieurs espices , en framboisiers et en
differentes sortes d'arbustes a fleurs. La
superficie du sol est un compose de
mousse et de vieux arbres pourris que la
A 3 Aout 2787.
6 . Voyage a la cote,        |pj
fonte subite des neiges entraine dans les
valiees. Ce melange s'incorpore avec un
sable leger , et forme un terreau sur
lequel on pourroit cultiver avec succes
laplupart des productions de nos jardins.
Le climat, comme on peut s'y atten-
dre, n'est pas par-tout egal; je doute qu'il
soit (mime dans Fentree du Roi-George)
aussi tempere qu'en Angleterre; car les
>-$&
montagnes   de  hauteur  mediocre   sont
coiifinuellement couvertes.de neigS.1
Je tr'ai deja fait Fenumeration des
aiverse's especes de poissons et de testacies que nous avons. vus : quant aux
<|uadrupedes , tu peux en j tiger par ce
que je t'ai dit des differentes pemix'cjue
nous avons achetees. Les seuls que notisj
ayons vus parmi ces Indiens , sont des
especes de cjiiens-loiips rort gros, et qui
iioiis parurent tres-dociles. II est' presque nord-ouest, de l'Amerique.      7
certain quil y a sur cette cote plusieurs     :
ii*. j •    i t    j.1   • Aout 1787.
sortes de metaux et de mmeraux. J e t ai J *
deja fait remarquer que nous avions
trouve une veine de charbon de terre
dans la riviere de Cook. Les couleurs dont
les naturels se barbouilient le visage et
le corps , semblent itre principalement
de la mine de plomb et de Focre rouge;
et nous avons vu frequemment, tant a
Fentree de Norfolk , qu'aux iles de la
Reine-Charlotte des cercles composes de
fiis de laiton entrelasses , qui ne nous
parurent pas itre de manufacture itran-
gere, mais faits par les naturels, qui les
portent au cou, en guise d'ornement.
II ne m'est pas aise de determiner
au juste la population de cette c6te ,
mais on peut sans exageration la faire
monter a dix mille , quoique les appa-
rences semblent autoriser a croire quelle
est encore plus considerable. Les femmes
A 4
/ Aout 1787
8 Vo YAGE   A   LA   C 6 T E ,
y paroissent tres-fecondes, chaque tribu
que nous vimes ayant parmi elles beaucoup de jeunes enfans, et ces peuplades
ne sont pas sujettes aux maladies que le
luxe et F intemperance ont introduites
chez les nations plus civilisees. Mais il
lie faut pas oublier que les tribus voisines
sont presque toujours en guerre l'une
contre Fautre , et que ces commotions
ont des suites fatales, tant a cause de la
nature de leurs amies qu'a cause de leur
cruaute. On a lieu d'ailleurs de croire
qu'il perit en mer beaucoup de ces Indiens ; car ils s'eioignent considerablement
de la c6te, quand ils vont a la piche; et
sils sont surpris par le mauvais tems,
leurs pirogues ne sont pas de nature a pou-
voir resister contre la fureur des Hots. Ces
circonstances contribuent certainement
beaucoup a. depeupler cette contree, et
expliquent en quelque facon les causes du
petit nombre de naturels que Fon y trouve. NORD-OUEST, DE L AMERIQUE.
Ces Indiens sont en general de taille Aout 2^87.
moyenne , droits et assez bien faits. Les
personnes agees sont la plupart maigres;
mais je n'ai jamais vu sur cette c6te
qui que ce soit qui eut de Fembon-
point: les personnes des deux sexes ont
les machoires extrimement elevees , les
yeux petits, et se plaisent dans la mal-
proprete. Quant a leur teint, il est fort
difficile d'en determiner la couleur; mais
si je puis en juger par plusieurs d'en-
tr'eux qui etoient moins sales que les
autres, ces Indiens ne sont gueres plus
brims que les Europeens en general.
Les cheveux des indfvidus des deuxt
sexes sont longs , noirs, et seroient pour
eux une belle parure, s'ils ne les onmoient
d'une grande quantite de graisse et d'ocre
rouge ; ce qui fournit a la vermine un
asyle assure. Quelquefois cependant les
femmes arrangent leurs  cheveux asse* ^r
Aout 1787.
10 Voyage  a la c6te ,
bien, en les separant depuis le front
jusqu'au derriere de la tite , et en les
liant par derriere en forme de catogan.
Les jeunes hommes 11'ont pas de barbe,
ce qui me fit d'abord croire que e'etoit
un defaut naturel a ces peuples; mais je
fus bientot detrompe a cet egard; car
tous les Indiens avances en age que je fus
a portee de voir, avoient le menton entierement garni de barbe, et plusieurs d'en-
tr'eux portoient une moustache de chaque
cote de la levre superieure.
Comme ce defaut de barbe, que Fon
suppose aux naturels de FAmerique, a
occasion^ bien des recherches parmi les
savans ; je saisis toutes les occasions
possibles qui purent me faire connoltre
\lgs causes de cette difference entre les
jeunes etles vieux Indiens, et Fon m'ap-
jgrit queues jeunes hommes s'arrachoient NORD-OUEST, DE l'AmeRIQUE.        11
les  poils de la barbe pour sen debar- "'
Aout 2707*1
rass^r, et qu'ils lefclaissoient croitre quand
ils avancoient en age.
II y a tres-peu de variete-sdans leur
parure; les hommes portent des habits
faits comme ceux que je t'ai d$jk de-
peints, avec les peaux qui leur plaisent
le plus, ou qu'ils peuvent se procurer a
la chjasse. Il§ y ajoutent quelquefois un
- manteau fort lafge , pose nl^gennnent:
sur leurs epaules , et attache avec un
pern c&don de cfilr. ©utre ces habille-
mens , quelques - uUS de#plus: civilises,
pWfi&ilierement ceux qui habiteiit les
bords de la riviere de Cook , ont tine
petite foxirrure-qu'ijs' se ceignentj autou*
des reins, et dont ils font usage,~qinind
la chaleur de la saison les oblige de quitter
leur habit, ou que 1'occasion d&de vMidre
se: ;presente. L'habirletfi^nt des femmesi
differe a qudques "egards de cduLjdBffi J*
Aout 2787.
12 Voyage   a   la   c6te
hommes ; leurs vitemens de dessous sont
faits d'une belle peau tannee, qui leur
couvre le corps depuis le cou jusqu'a la
cheville du pied, et qui est attache en
plusieurs endroits pour le faire serrer. Par-
dessus elles ont une sorte de tablier de
peau tannee, et qui ne monte pas plus
haut que la ceinture. L'habillement de
dessus est a-peu-pres semblable a Fhabit
des hommes , et generalement de peau
tannee; les femmes ne se soucient pas
de porter de fourrures , c'est le moyen
de ne jamais se depouiller de leurs ha-
billemens; ce que leurs maris ne manque-
roient pas d'exiger, s'ils etoient de nature
a itre vendus. On peut dire qu'en general la conduite des femmes est mo-
deste et deceate.
On pourroit s'imaginer que les enfans
de ces sauvages jouissent, des leur nais-
sance, de la libertd de tous leurs membres; NORD-OUEST, DE lAmeRIQUE.       l3
cependant cela n'est pas exactement vrai: -       -i *
ils font avec trois pieces d'ecorce qu'ils
attachent ensemble, une sorte de chaise;
ils enveloppent Fenfant dans des fourrures , le mettent sur cette chaise, et le
lient si etroitement , qu'avec les plus
grands efforts, il ne peut pas parvenir k
changer de position, la chaise est faite de
faeon que la mere n'a pas besoin de de*
prisonner Fenfant pour lui donner le seijffe
ou toute autre nourriture. Les Indiennes
nettoient leur nourrisson avec de la
mousse; mais elles ne sont pas fort at*
tentives a cet egard, les pauvres petites
creatures sont souvent terriblement ex-
coriees, et j'ai vu frequemment des gar-
cons de six ou sept ans qui portoient des
marques evidentes du peu de soin que
Fon avoit ou d'eux dans leur enfance.
II y a sur la c6te plus de difference
dans les parures que dans les habdlemens:
i il'
»4
Voyage  a  la c6tb,
'£.OUt 2787.
~ par exemple, il semble que Fouverture,
ou seconde bouche, un peu au-dessus du
menton, ne soit de mode que pour les
hommes , sur les bords de la riviere de
Cook et dans Fentree du prince William;
tandis qu'il n'y a que les femmes settlement qui portent la parure de bo^s
passe dans la levre inferieure , dans la
partie de la c6te , depuis le port Mulgrave jusqu'aux iles dela Reine-Charlotte.
Nous avons observe qu'on fait beaucoup plus de cas des grains de verre dans
ces premiers ports, que dans aucun autre
endroit; ce sont sans doute les Russes qui
les leur ont fait connoitre, qui trafiquent
constamment avec ce peuple, depuis plusieurs annees; les grains de verre sont ce
que les Russes ont presque toujours donne
en ediange; de sorte que si nous jugeons
par-la jusqu'ou ils. ont etendu leurgfrafic
sur cette cdte., nous aureus lieu de croise NORD-OUEST, DE l'AmEAIQUE.        l5
qu'ils n'ont pas ete k Fest du cap Hin-  ~r   T*
chinbrook. Je crois cette conjecture bien
fondee.
On parle sur cette c6te deux ou trois
langues differentes ; il est cependant probable que les Indiens qui l'habitent, s'en-
tendent generalement ; quoique , si je>
peux me fier au rapport du vieux chef des
iles de la Reine-Charlotte, ceux qui lui
sont soumis n'entendent nullement les
Indiens de la partie orientale du cap
Hinchinbrook, que nous primes pour le
continent. Ces Indiens ont presque tous
la prononciation rude et difficile; ils ont
cependant beaucoup de consonnes dans
leurs mots, et ils parlent plut6t des levres
et des dents que de la gorge.
Je mettrai sous tes yeux les differens
termes employes pour exprimer les nom-
bres  par les   naturels   des entrees   du Aout 1787.
16 Voyage a la cote,
Prince - William, de Norfolk et du Roi-
George. lis te donneront une idee plus
juste de leurs differentes langues, que
tous les details dans lesquels je pourrois
entrer a ce sujet. Ceux qui sont usites
parmi les habitans de Fentree du Roi-
George m'ont ete communiques par un
de mes amis que j'ai trouve a bord du
Prince de Galles. Je fais cette observation
pour que Xu ne sois pas surpris que je
t'entretienne de la langue dun pays ou
je n ai jamais ete.
, -• -i
'L'entree du
prince "William,
jet la riviere de
Cook,
X entrie de      IJentre'e dit
Norfolk, Roi-George.
Tin, Asthlenach . Tlaascli,
Zte/AZjMalchnacli, Taasch ,
jTrois, Pinglulin, Nfoosch,
Quatre, Staachman, Tackoon ,
Cinq, Talcliman, Keichein ,
Six, Jirglulin, Ctletuscliush,
Sorwock,
Atlilach.
Catsa..
Moo.
Soutcha^
Noctpoo.
Septf NORD-OUEST, DE   L'AMiiRIQUE.      17
j JJentree du Prince- ' ——
miliam,etlariviere Ueritreede L'entrde du Roi-       •     ^ '*
de Cook. Norfolk. George.
Sept,   \  Onn'apas  Takatuschush,      Atlapoo.
Huit,   > pus'enas-   Nooschatuschush, Athlaquell.
Neuf, )  surer. Kooschush , Sarvacquell.
Dix, Coolin ,' -Chiiioait, Higti&foo.
Ces mots sont ecrits aussi conform6-
ment a la prononciation qu'il m'a ete possible ; et cependant je suis totalement incapable de les prononcer comme les
Indiens. Je a'ai jamais vu personne. qui
■articulat plus aisement; jQue les habitant
de la riviere de Cook. lis rgpetent sans
difficulte les mots anglois les plus dif-
ficiles , sur-tout ceux qui commencent ou
finissent par th ; ce que les europeens
sont en general incapables de faire.
Comme je suis deja entre dans quel-
ques detajjs siu^ les pirogues des Indiens,
i'aiouterai settlement que les petites pi-
Tome IL B 18        Voyage  a  la cote,
......   . r0p-ues des habitans de la riviere de Cook
Aout 1787.     b
ont environ dix-huit a dix-neuf pigds de
longueur; les deux extremites sont recour-
bees a-peu-pres comme le manche d'un
violon. Ces pirogues sont faites de c6tes
tres-minces , et couvertes  de peaux de
veaux marins. Les instrumens de chasse
et de piche sont attaches avec des la-
nieres en-dehors du canot, de maniere
a pouvoir itre saisis promptement, quand
on en a besoin. Les Indiens rament avec
de petites pagayes applatics par les deux
bouts en forme de pelle d'aviron, et par
leur moyen ils dirigent  leurs  pirogues
avec beaucoup d'adresse.
Outre  les  ornemens  dont j'ai deja
parie, les Indiens se plaisent a. porter des
masques et des bonnets de differentes es-
'peces, sur lesquels sontpeints des oiseaux,
*aes quadrupedes , des poissons , et quelquefois des'figitrti liunmineswPlu^ieurs de NORD-OUEST, DS l'Am&UQUE.       1)(J
ees devises sont egaleirient sculptees en ■—~—-~
a . ., i        ■ . A0Ut   27$7S
bois ; efcril en est quelqtiesaines qui sonM
superieturement executes.
Les Indiens' paroissent attariber uflf
grand prix^a ces ornemens, qui son1i~%m£>
paquei^s avec soin^lans des boites. quar-
rees, pour ifere partes sailsi^inba^rasii'ua>
lieu k un autre.
Quand une tribu d'JLndiens vi^^r^l
de nous pour trafiquer, leurpre^ftiiritood^
vemfent est d'etale^ ceb tresori ,'-&Pile&
; printirpaux personnages.ie  revitent cfe
leurs plus beaux liabilsx?nav^amt*q|ie les
ehant&uie comimennento &j&lcl$&&?' ( qui
touj€»tr3fdi2%e le GcwfeexfrSikmais) &£&{§&&
un habit lanrge fait dejjeauid'-eian tannee.
Autour de .Festjr^mdte ixtferfeu^^^e3%l§#
baMbse troupe une eteqaelqu^^ dg#2
Hangers de grainailles&ik&ies ou cfcfiees
d'oiseaux «,r qui. occa\sion>nentittn '^^&eil§
B 2 Aout 2787.
■t -ji'iip
Mr'-.
20 Voyage a la c6te,
a chaque pas qu'il fait. II porte a la main
Un hochet, ou plutot une machine des-
tinee au mime usage: elle est d'une forme
circulaire , et son diarnetre est d'environ
neuf pouces. Trois petits batons courbcs,
de forme ronde , a distances inegales,
sent tout ce qui compose cet instrument
curieux , auquel est attache>un grand
nombre de bees d'oiseaux et ^dtegriines
seches , que le chef met en mouvement
par d^ferentes" secousses , "tpers^ate que
ce/J^ruit ajouife beaucoup ffKarmonieidii?
concert, Leurs Hansons consistent en
plusieurs couplets^dkbnt chacun est ter-
mine par un chpauiS Le xhef chante d'a^l
bord seul, les honimes et les femmes se
j^oignent efeSiite a lui et chantMnt.gliloO'i'
taVQ, en battant:s%ulierenieKtt lataieli*re
^£C leurs witeins tdu ave^de^fepagayes.
Bfsndant ce tems ;lechef secoue sonohoefeetf
et fait mille contor^ns n^klal©^, en
glfant&nt par Jatervalle sur un^ton ftif-
. afc A.
I—  I •87..
I — rr 1 r
J'ignore s'ils font usage d'hierogly-
B Ac
itiKt mile WntoifliaHteidM
gbant&nt par iMervall^^uJt^n^eiN NORD-OUEST,  DE  l'Am^RIQUE.       21
ferent de celui des autres. Ce concert dure
ordinairement pres d'une demi-heuj^sans
interruption.
Aout 2787..
Je me propose de t'envoyer notee une
chanson que j'ai souvent entendue, lors-
que nous etions a Fancre dans Fentree de
Norfolk. Mes connoissances en ft#t de
musique sont si superficielles que je ne
peux pas absolument reponcke dfevoir
itendu exactement la valeur des sons.
Mais ce que j'en ai fait ne laissera pas
de donner une idee plus juste de la musique en usage parmi les habitans de
cette c6te, que toutes les descriptions et
tous les argumensquej'auroispu imaginer
a ce sujet. II est k remarquer qu'ils ont
une grande variete d'airs ; mais que la
maniere de les rendre est universelleraen^
la mime.
J'ignore s'ils font usage d'hierogly-
■   Sm    ' b 3 Aoutt 1787.
22 Vo YAGE   A  LA   C 6 T E ,
phes pour perpetuer le souvenir des eve-
nemens. Cependant leur collection nom-
breuse d'oiseaux et de poissons peiftts,
de figures humaines et d'animaux scul-
pte$ j pourroient en rendre la supposition
vraisemblable. Plusieurs de ces sculptures
sont bien proportionnees et executees avec
un degre d'intdligence et d'adresse ex-
traordinaire de la part d'un peuple si
-eioigne de posseder les arts des nations
civilisees. Nous devons observer que cet
art n'est point chez eux dans son enfance.
Le capitaine Cook a vu des preuves du
gout qu'ife avoient pour la sculpture et
pour la ciselure: les otrtils de fer y etoient
aussi em usage des-lors. La lame de leurs
comteaux est si nrmce qu'ils la plient en
une mlmkt6 de formes, au moyen des-
qudles ifes^cutent tout ce qu'ils veulent
presqu'aussi bien que s'ils avoient recours
aux differens instrumens d'un charpen-
tier. H n'est gueres possible de fixer Fe-
la.-rrgrrwr
=- NORD-OUEST, DE l'AmISRIQUE.       23
poque a laquelle le fer a ete introduit :	
.     . . Aout ^787.
dans ces iles ; maislil est certain que
cette epoque est tris-recuiee. Je crois pou-
voir assurer que leurs outils ne sont pas
de manufacture angloise; qu'il est pres-
qu'evident qu'ils leur ont ete fournis par
les Russes. Le seul instrument que j'aie
vu qui ne fiit pas de fer , etoit un toe fait
de jaspe, pareil a ceux dont se servent
les habitans de la Nouvdle-Zeiande.
L'industrie de ces Indiens ne se b$g-f
ne pas a des sculptures en bois, eg| a
des peintures sur lecorce des arbres. Ils
fabriquent une espece de couverture ou j
manteau barioie de diverges couleurs, et
assez ressemblant a la housse de nos che-
yaux. 11 ne paroit pas tisiu, mais travaille
a la i$§aiu d'une maniere tres - adroite.
J'imagine que ces manteaux sont %its
avec une laine qu'ils enlevent des peaux,
des anijaaux qu'ils tuent a la chasse;(ils Voyage   a   la   cote,
~        »■ y attachent un  grand prix ,  et  ne les
Aout 1787.
p@Tt.ent que dans des occasions extraor*
dmaires.
':'"',
Outre les habits de peaux et les man<
teaux dont ils sont communement converts , ils ont des habits tres-larges dont
ils ne se servent qu'en tems de guerre,
qui sont faits de peaux d'eian tannees,
doublees et quelquefois sur-doubiees de
la mime peau. Leurs amies sont des
lances fixees a un pieu de six ou huit
pieds de longueur, et une espece de perils
poignard qu'ils portent a la ceinture dans
un fourreau de cuir. A ce poignard, est
attachee une bande de cuir, a Fextre*-
mite de laquelle se trouve un trou pour
y inserer le doigt du milieu. La bande
de cu4r est ensuite entrdassee autour du
poignet, de maniere a fixer le poignard
dans la main. Aussi le combatant ne
peut perdre ses armes qu'enperdaiit la vie.
Sfs. 8
NORD-OUEST, DE  l'Am^RIQUS.     25
Pendant l'hiver , ils se nourrissent
principalement de poissons sees ; mais,
dans la saison de la chasse, ils ont mie
grande variete de mets, parmi lesqufels
la chair de veau marin semble itre pour
eux le plus exquis. lis nous en offroient
quelquefois, et, sur notre refus, ils nous
regardoient dun air d'etonnement et de
mepris. Au printems , ou plut6t dans
Fete, il croit dans ces iles beaucoup d'he^
bes d'especes differentes dont les naturels se nourrissent, et qu'ils paroissent
aimer beaucoup. L'entree de Norfolk produit en abondance le lys des valiees.
Quoique ces pauvres Indiens soient-^lans
un veritable etat de barbarie, ils ^euveift£
neannioins se flatter d'egafer sous un rapport le^ nations civilisees. Je veux parler
du jeu qui est porte ksi (en proportion de
la difference des usages ) a un aussi grand
degre de perfection que dans nos clubs
a la mode. Je les ai vus j oner avec tin-
Aout 2787^ Aout 2787.
26 Voyage   a   la  c6te;
quante ttrdeux perits morceaux de bois
ronds, longs a-peu-pres comme le d,oigt
du milieu , et marques de points rouges
diversement disposes. Ce jeu consiste a
placer ces morceaux de bois dans un grand
nombre de positions differentes, et il paroit ne pouvoir itre joue que par deux
personnes; mais il ne m'est pas possible
d'en donner une description exacte. L'ln-
dien que nous avions a bord au port
Mulgrave, perdit a ce jeu un couteau,
une |ance et plusieurs toes en moins
d'une heure. Quoique cette perte egalat
au moins celle qu'auroit faite un joueur
anglois a qui un coup m#lheureux auroit
ravi toute sa fortune, il supporta cet
echec avec une patienc^et un sang-froid
dignes g|e servir d'exemple a tous les
joueurs d^FEurope.
LeS:||ndien$ comptent le  tems par
iune, et on a lieu de douter si le sou- NORD-OUEST, DE l'AmE^RIQUE.       27
venir.des grands evenemens se perpetue Hj
parmi eux au-dela d'une generation.
Aout 2787*:
Le commerce des fourrures roule prin-
cipalement sur les peaux de loutres. M.
Etches m'a appris que dans Fentree du
Roi-George, Fon trouve autant d'especes
dafferentes de peaux que dans la riviere
de Cook. J'ai eu occasion de remarquer
les articles que les Indiens acceptoient
plus volonti^rs en ediange ; et j'ai observe que le cuivre est presque la seule
chose qui soit recherchee pasdes habitans
de Fentree du Roi-George. Quoique les
sties fussent ce que les Indiens pouvoient
se procurer de plus utile, ils y attachofent
$i peu de valeur , qu'ils consentoient hi
peine a donner une peau de veau marin
pour une scie. Le tems et F usage leur
apprendront sans doute a apprecier .,
comme ils le doivent-, Futilite des divers
outils que nous leur avons porte«.
i?*sf. ^"^^. ' Aout 1787.
28        Voyage a la c6te,
Je t'ai communique, mon ami, toutes
les observations que j'ai ete a mime de
faire, relativement a ces peuples. J'aurois
pu les etendre davantage, et remplir un
volume d'assertions purement hasardees,
sur leur origine, sur la maniere dont ils
se sont etablis dans ces iles, sur#epoque
de leur emigration, sur le pays qu'ils ha-
bitoient anterieurement, etc. etc. Mais
comme les coiijectures sont quelquefois
partielles; comme elles sont toujoursrdn-
&ertaines, et que consequemment on n'en
peut rien conclure de satisfaisant, je suis
persuade que tu approuveras le parti que
j'ai pris de n'en former aucune. Peut-
etre, en ne parlant que du ^esultat de
mes observation^, ai-je eu neanmoins le
jftilent de t'ennuyer. Je crois en consequence n'avoir rien de mieux a faire que
de terminer au plut6t ma lettre ;ien t'aps-
eurant de la sincerite des sentimens que
je t'ai voues, et<0i W. B, HORD-O0EST, DE l/AMiR.IQTJK.     29
LETTRE   XXXIX.
Whahoo , le i5 septembre 2787.
Aout 2787.
Je t'ai donne sur la c6te nord-ouest
de FAmerique tous les renSeignemens.
qu'il a ete en mon pouvoir de mo procurer , et je reviens aux details de notre
marche. Je t'atf deja dit que nous nous
etions separes des batimens que nous
avions rencontres dans la matinee du 9
aout. lis porterent sur les iles de la Reine-
Charlotte^et nous, nous flni^-voile vers
tesJfes Sandwich, avec beaucoa|> plus de>
satisfaction que quand nous qijfG^ames'
la c6te Fannee derniere. A dix heures^la
pointe Boisee ( JVoody-Point) nous restoit
au nord un quart-nord-est a s^pt lieues
de distancei^Notre latitude a midi etoit
de 49  degres . 3o|&minuteSL;   et<ffiotre Www
3o
Voyage a la c6te ,
Aout 2787
: longitude   de   128   degres   10   minutes
ouest.
m
•
$r.*
WW
Depuis lors jusqu'au 12, une brise frai-
che souffla du nord ouest et le tems fut
modeic. Le 12 a midi, la hauteur ob-
$ervee ifgeus donna 44 degres 22 minutes
de latitude nord, et i3i degres 59 minutes de longitude ouest.
Du 12 au i5 , nous-jeunles en gek
^neral des vents legers e^ variables, avec
des calppos par intervalles. Dans la ma-^
tinee du 16, ufte brise fraiche s'eieva encore au nord-nord-ouest. Notre latitude
4 midi etoi&'de 41 degres I\\ minutes^
et notre longitude, selon Jes observations
lunaires, de lSigdegres.
Depuis qudque te*0^j nous avions yj&
une qua^tiiedi^onibimbliaMdaiiie espied
d'itres .tenaist des regofes anunal et v^j
f>.]":
«	 NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.       3l
getal qui flottoient sur la surface de la r=f==zr
AOIU 2707*
mer, et que les marins appellent, vaisseaux de guerre portugais. L'extremite inferieure en est ovale et d'une couleur de
pourpre, et il a environ deux pouces de
longueur. Sa partie superieure s'applatifc
et s'etend a-peu-pre§ comme un even-
tail. La dedinaison du compas elfeit
de 16 degres 16 minutes vers Fest. Le
17, a midi, nous etions par les 4° degres 8 minutes de latitude nord , et par
les i33 degres 26 minutes de longitude
ouest.
Le vent jDassoit insensiblemenlrau
nord et. a Fest, et le 21 , nous pourrions
dire que nous avidHs mi vent alise regu-
lier qui soufiioit du nord-est. Notre latr-
%ide, a tf£d&, etoit de 34 degrigs 28 nii-
'tiutes nord , et notre longitude , d'apres
nos obser¥«Li[ons lunaires, de i36 degres
-20 minutes- oue#. Le vent continuoit k Aout 178$)
52 Voyage a la cote,
souffler du nord-est, et le tems etoit en
general modere et beau.
Le 2 septembre, nous trouvant par
les 20 degres 1 minute de latitude nord,
et par les i5o degre*§ 3 niinutes de longi-
.tude ouest , nous gouvernames tout-a**
fait a Fouest, afin de tomber sur Ovyybitfe,
la principale des lies Sandwich.
Le 3, k midi, notre latitude fltoit de
19 degres 55 minutes nord, et notre longitude , oapres le resultat de plusie»urs
observations lunaires, de i5a degres 9 mill utes ouest.
Le 5, k six heures du matin, ftous
decouvrimes Owhyhee qui nous restoit
du sud-sud-ouest k Fouest demi-quaiC
nord-ouest, a environ quatorze li#ues.
Notre latitude, a midi. etoit de 20 degres
4 minutes, et notre longitude r|$Fapr&&
une NORD-OUEST, DE l'Am^RIQUE.        33
une suite d'observatioms lunaires, etoit ' ■■
Septembre
de i54 degres 41 minutes ouest. La brise 2787,
devenant legere, nous ne pumes pas es-
perer de gagner la terre a la favetir du
jour. En consequence, nous serrames le
vent au nord a six heures du soir , et
nous courumes de petites bordecs pendant la nuit.
Cette traversee, de la c6te d'Amerique a Owhyhee, a.ete sans contredit plus
heureuse que toutes celles que nous avons
faites depuis le commencement de notre
voyage. Nous nous attendions a mettre
au moins cinq semaines , avant de nous
trouver a la vue de cette ile, et il ne nous
a pas fallu un mois pour y arriver. Nous
avions de nouveaux sujets d'admirer la
bonte de la Providence qui nous avoit
surveilies dans tout le cours de notre
voyage , mais qui , dans cetto circons-
tance, nous avoit donne des preuves paju
Tome IL C Mm
34        Voyage a  la  c6te,
'* - ticulieres de sa protection.  Le scorbut
Septembre
2787. avoit deja fait des progres rapides parmi
1'equipage; a peine y avoit-il une seule
personne a bord qui ne fut infectee de
cette contagion , et quelques-uns de nos
gens etoient mime hors de service. Un
voyage plus long etit done ete indubi-
blement fatal k plusieurs d'entre nous,
malgre les anti-scorbutiques que Fon dis-
tribuoit genereusement a tout lemonde.
L'espoir de trouver bientut des legumes et des provisions fralehes ranima
noire vigueur, etparut nous rappeller a la
Je dois observer ici que nos gens
avoient sale une grande quantite de
plies , pendant que nous etions sur la
c6te ; qu'ils les mangeoient de preference au boeuf et au pore sale , peut-
etre leur aviditd a devorer cette salaison,
sans moderation-, a-1-elle contribue au NORD-OUEST , DE l'Am^RIQUE.      35
progres qu'a fait le  scorbut; c'est une	
. , . -r-t      Septembre
question que je laisse a decider a la Fa-     1787.
culte.
Revenons a. mon journal. — Le 6, a
sept heures du matin , nous marchAmes
vent arriire vers Fouest; mais voyant un
grand nombre de pirpgues qui venoient
de terre , nous mimes a la cape pour
trafiquer avec elles. Les naturels nous
apportoient beaucoup de petits cochons et
de patates , nous trouvames qu'ils atta-
choient toujours le mime prix au fer,
quoique nous eussions craint d'abord que
F Aigle imperial et plusieurs vaisseaux du
Bengale qui y avoient relaches, n'eus-
sent porte prejudice a ce genre de commerce.
II etoit a peine dix heures , que nous
avions sous bord un gra%d nombre de
pirogues; les   Indiens trafiquoient avec
C 2 36
Voyage a la c6 t
e
- le plus vif empressement; plusieurs d'en-
Septembre
1787. tr'eux grimpoient sur les cotes du vaisseau, a dessein d'acceierer leurs marches;
mais un plus grand nombre encore ve-
noit a bord pour contenter leur curiosite,
et pour chercher s'il ne seroit pas possible de voler quelque chose. Un de ces
voleurs choisissantFinstant oii chacun de
nous etoit occupe de F affaire des echan-
ges , prit un fourgon de fer qui etoit
dans la forge de Farrniirier, et sauta dans
Feau avec sa prise. Nous eiimes beau
crier apres lui , pour qu'il la rapportat,
il n'en nagea qu'avec plus de vigueur.
II paroissoit trop charme de son acquisition pour priter Foreille a nos cris et a
nos menaces. Une pirogue s'etoit avancee
pour le prendre ; et , se mettant en
devoir de porter le voleur sur le rivage,
notre capitaine se determina a faire un
exemple de ce malheureux, se trouvant
oblige d'en agir ainsi pour empicher que r)
NORD-OUEST, DE l'AmeRIQUE.       Zj
de semblables depredations n'arrivassent ;	
cohtinuellement. Trafiquarit avec un aussi     17H7.
grand nombre de personnes, une telle
action impunie auroit  pu  detruire la
confiance, si necessaire dans nos e%han-
ges. On fit en consequence feu de plusieurs mousquets sur fe^fcoupable 10 et
nous appergumes qu'il etoit blesse" par le
sang que nou^ivimes ceusfcer, nou^paiC.
vlnmes un instant (apresi^u persuadelP'k
ses compagnons de lesramenif^ etrnous
le primes a bord. Uno-balle Favoifssiftf
tgint k la machoire inferieure; iliaBsoit
une autre blessuiie a la Ihme sup^rieBLre*
Le chirurgien pansa ses plaies avec toute
toute Fattention possible , et nous ren-'
voyames le pauvre ^iabj^<$^aMiMra^t d^
nous quitter, il pria le capitaine de lui faire
present dun: tqcK et sa dejtajg$e ltjL&*fc£
accordeev |gjg
Les Lidiens ne furent pas intimitis 3S Voyage a la   c6te ,
- "par cette aventure,  et ils   conrjnuerent
Seo^euibre
12787.    leur trafic comme s'il n'etoit rien arrive.
Notre capitaine n'avoit pas eu Finten-
tion de mouiller pres de cette ile, mais
settlement de serrer le vent, en louvoyant
et courant des bordees plus ou moins
tongues, suivant les circonstances, pour
se procurer >mne bonne provision de co-
ChjOjIis, et dfe?ie,gumes , et toutes les lignes
gju^nous^pourrians trouver dans cette
partie d'Owhf^hee.^Mexperiehce nous avoit
onsiagfie que ces lignes etoient tres-bonnes
a faire des cordis, lp6ur tousles differens
"Cftr^age'sisli^i^ji
A midi, noiis decouvrimes Mowee ,
dddtJl'exfcr^iiMl^rientale nous restoit au
moid 56 degres ouest, a la distance d'en-
ft-   w
viron 12 lieues; les extremites d'Owhyh'Ife
s'etendoient du sud y6 ouest, au nord
^Socst, a la distance d'environ 8rmilles, nord^oVest, de l'Ar^e'rique.    3q
et ffctre latitude eiloit de 20 dele's Ql^
minutes nord.
Septembre
•2787.
tlfijs? '7 , le tems elant modere3J*$&u!s
louvoyames de maniere a donner %!$x.
naturds la facilite deiious approclier\®s
Wntinuerenx^a noiis a^jpoiter deslbcUfes
et des le^niiies, et, avant le soir , notis
eumes un bon magastiiTfe provisionsi,f9t
Lo1©*,It? six heu$f£$*9ii%iatfn, "aidsfe
d'un^bri^ fraiche de'Feia, et d'un tfes-
^^^teMs^nous rangeames les cotes vers
^Pj^fete la^lus oe«d^i™3l^le £et£e*$t&,
qu?Va midi , nous reS'tortr a la ~d%Banel&
d'environ. cinq lieues, et nou§ 4^00^k
pres de^SpSitre milles^de distanb#*8iicr|-'
vage. Un graiM*i¥6%LBre de pliogufes^ious
suivoieitt: ; ^ffilSs -etat*¥*^fevorises dkme
briseS&afiche et constkihte, nous les Ms-
sames bient6t en arri^eriftl^ers une heure
de^apres - midi f^ayarit deja atteite 1H
I  1    C4   .
tali /
4o        Voyage a lac6te,
-■'■ poigte sud - est, nous mimes  en panne
Septembre
j 787.    pour fatiliter aux naturels les moyens de
nous approcher, le capitaine leur ayant
[permfe de nous vendre des curiosites. Un
granii nombre d%g^oguej§ide cette partie
de File vinrent a^a la^hajfi|phe de notre
j b$%iguent, et nous leur achetames un
r^ori nombre $&T Jignes. A trois heures,
nous remimos a % voile, et nou|» portames
sur Whahoo, qui etoit File oil le capi-
^jii^e Dix($a se jaroposoit de faire  provision de bois eg^|'eau. A six heures,
,1a petite tie cle Tahoura nous restoit au
.nord 60 degres §yjpuest, a la distance
'.&$& >N|i£ lieues. "^rs Je soir, la brise de-
i^^nant plus fraiche , nous primes un
.double ris au huniei; et a la grande voile;
^ d^:^eu^ps, nous serrames le vent au
Sud, la p^denc^exigeaq|. cette precaution, pendant la nuit. Le 9, a cinq
heures du matin, nous revirames et for-
cdmes de voile ; le tems etoit tres-beau; nord-ouest, de lAm^rique.     4l
nous etions favori^s d'une brise fraiche I jj—
Septembre
-de Fest, qui continua a soufiier toute * *787.--
la matinee; nous eumes ensuite des vents
legers, de fausses brises et souvent des
calmes. A midi, l'extremite occidentale de
'l^enai nous restoit au nord 10 degres
ouest, a la distance de dix milles. Pendant
Fapres-midi, plusieurs pirogues vinrent de
File de Ranai, et les naturels nous apporterent une bonne quantite delignes, mais
e'etoit presque da seijle chose dont il^
Metoient charges. Nous les primes en,
echange de petits toes*
A six heures dusoir, une terre avancee
a Fouesfc de Renai , et qui ressembloit
beaucoup a. la baie de Beftchy^ nous
restoit au nord 6 degres est, a la distance de cinq milles; dans la soiree, notifc
essuyames plusieurs raffales qui nous
forcerent de prendre tous les ris aux hitlers , et de n'en laisser qu'un k la granda «e=ate
42 fVo Y A% E   A   LA   C 6 T E ,
Septembre vo^e> vers mmuit T ^e vent s'appaisa, et
*7r7-    le 1 o, a la pointe du jour, nous deploy&-
mes toutes nos voiles, ayant Whahoo
directement en proue. Nous etions aides
d'une bonne brise de Fest, et nous nous
trouvames, a%nze heures, dans la baie
l5u nous avions deja mouilie , nous jettames    la    seconde    ancre    par   hdfe
"brasses et demie fond   de s$ble   et de
rocher. Les extremites do la baie s'eten-
doient du sud 80   degres est^bau  sud
68 degres ouest, a la di|Hance de deux
milles.
Notre intention etoit;; de^tae rester ici
^u'autant«de tems qu'il seroit necessaire
*pd&r nous appro^isionner de bois et d'eau,
•sachahit par experience qu'il etoit impossible de rester plus longtems a Fancre
dans cette bale sans endommager nos
cables , qui auroient a souffrir non-seul^r
ment par rapport au mauvais mnd, mais nord-ouest, de l'Amerique.     4^
encore par la houle continuelle qui sub-
sistoit au sud-est de la baie.
Plusieurs pirogues vinrent pres de
nouW, et nous en envoyames quelques-
unes pour nous chercher de Feau douce;
mais les naturels n'en apporterent qu'une
tres-petite quantite,nous disant que toutes
les provisions de File etoient taboees.
Septembre
2787...
Dans Fapres-midi nos gens furent erri^
ployes a etendre et a. reparer les  manoeuvres. Vers le soir, un grand nombre
-de naturels vinrent nous faire des visites,
mais la plupart etoient des femmes qui
•venoient a rdessein de trouver des mar%
pour la nuit: quoique dans ce moment
nous manquasslons de plusieurs provisions tres-necessaires, ceux qui voulurent
oublier leurs maux aupres des semillantes
Siymphes de Wahoo , n'ement pas a'se
plaindre. Le i¥ , dans la matinee, notre 44 Voyage a la cote,
■*&■'        - - ancien ami le pritre vint nous voir, ac-
Septembre t
1787. compagne de sa suite ordinaire; il nous
informa que le roi se proposoit de nous
faire une visite, avant de permettre a ses
jsujets de nous apporter de Feau eP des
•provisions. En consequence de cette pro-
messe, Tecretecre vint a bord, suivi d'un
grand nombre de chefs et de son neveu
Myaro, dont .nous avions tant admire la
figure et la taille, lors de notre derniere
..excursion dans cette ile, Il^avoit acquis
xin peu d'embonpoint, mais sa peau etoit
^puverte par place de pustules blanches:
je m'etois imagine d'abord que cette ma-
j|adie de peau n'etoit occasionnee jque
,-parce qu'il avoit bu de Fava avec exces.
Lui ayant fait part de cesoupcon, il me
dit que e'etoit une maladie fort connue
parmi eux, et que Fava 11 avoit pas pu Foc-
casionner , puisqu'un jeune homme de
.son kge ne pouyoit point boire de cette
Hqueur sans commettre un crime*.
t\
i%> NORD-OUEST,   DE   l'Am;ERIQUE.     45
Le roi nous fit present d'un tris-beau
Septembre
cochon , et de quelques noix de cocos ; ^s^,
mais on voyoit qu'il avoit dessein de re-
gler sa conduite dapres la reception que
nous lui ferions , et qu'il ne nous feroit
tenir de provisions qu'en consequence desf
presens qu'il recevroit de nous. 11 fit beaucoup de questions touchant le capitaine
Portlock, et temoigna beaucoup de desir
de le voir; Myaro, et plusieurs des chefs
demandirent des nouvelles de Piapa, et
parurent chamies de savoir qu'il etoit k
Attoui.
Lorsque Tecretecre eut satisfait sa
curiosite, et que le capitaine Dixon lui
eut fait present de plusieurs toes et de
quelques autres bagatelles , il s'en re-.
tourna. Nous ne tardames pas k nous ap-
percevoir que nos presens avoient fait
un bon effet; car un grand nombre d'ln-
diens vinrent nous apporter de Feau en
mm 46
Voyage a la cot
e
|—m— si grande abondance que nous en rem-
Septembre
2787.    plimes quatorze pipes avant le coucher
du soleil.
Le 12, des 1'aube du jour, nous fumes
^environnes de pirogues. Les naturels
nous apporterent tant d'eau douce que
nous eumes bient6t acheve notre provision.
Les Indiens voyant alors que nous
n'en avions plus besoin , viderent leurs
gourdes dans la mer. C'etoit du bois dont
il nous restoit a nous occuper; les insu-
laires Fayant appris , retournerent tout
de suite vers le rivage , et dans moins
d'une heure ils eommencerent a nous en
apporter une bonne quantite; ils avoient
aussi avec eux en abondance d'un fruit
qui ressemble beaucoup au pavis, et dont,
le gout est tres-agreable. Ce fruit est pleiri
de jus et tres-raffra^hissajit : je n'avois NORD-OUEST,   DE   l'Am^RIQUE.      47
pas remarque cette production lors de == =
notre dernier voyage. Les naturels ne nous ^J^ re
apporterent que peu de cochoiis et de
vegetaux; mais heureusement nous pou-
yions nous en passer, puisque les denrees.
que nous nous etions procures a Owhyhee
n'etoient pas a beaucoup pres consonant ees. '   < S&k
Vers midif Tecretecre et sa suite nous
rendirent une seconde visite , et nous
firent present de deux cochons et de noix
de cocos. L'armurier etant occupe a forger , le capitaine Dixon lui Jfrdonna de
faire un pahoit, lance du pays , pour.le
roi, ce qui lui caiisa tant de satisfaction,
qu'il nous temoigna son amitie sans
aucune reserve. II promit que lorsque
Popole reviendroit dans ces parages il
lui enverroit en abondance de toutes
les denrees qui se trouvoient dans son
ile. 48       Voyage a la c6te,
A 3 heures de Fapres-midi, ayant Sl
Septembre
1787. bord une provision sufiisante de toutes les
choses qui nous etoient necessaires, et'
notre capitaine etant determine k quitter
cette ile aussi-t6t qu'il seroit possible, nos
gens furent occupes a nettoyer les ponts, >
et a tout preparer pour le depart. Je me
propose de t'ecrire encore d'Attoui, et en
attendant, adieu.
■W0$-    i>---.-. .-..    w. b.   /
LETTRE JfORD-OUEST,  DE L'AMERIQUE.     49
LETTRE   X.3&-
DAttoui, le 28 septembre 1787*:
Aides d'une brise fraiche de Fest {
nous levames Fancre le 13 a 5 heures du
matin, et fimes voile sur Attoui. Pendant notre sejour a Wahoo, le vent etoit
reste constamment a Fest-nord-est, et le
tems avoit ete tres - modere ; le terme
moyen du thermometre fut de 79 degres,
et la latitude de notre premier mouillage
21 degres 16 minutes nord.
Depuis le 12, le vieux pritre et sa suite?
nous avoient fait la grace de rester a
bord, et aucun canot ne venoit pour les
prendre;nouscourumesplusieurs bordees
dans la baie, n'ayant pas envie de nous
Tome IL D
rsss
Septembre
J787.
f
V 5o       Voyage a la cote,
§1 charger du vieillard jusqu'a Attoui, si
2787.    nous pouvions faire autrement.
Septembre
Vers les sept heures le canot du pritre
vint pres de nous , et un moment apris
nous vimes s'avancer celui du roi avec
toute la vitesse possible, en consequence
nous coeffames les voiles du grand hu-
nier, et nous reconnumes bientdt quo
C etoit Tecretecre et sa suite.
Lorsque le roi fut a bord , il nous
temoigna le regret de nous voir quitted
Wahoo aussi promptement, et il tacha
de nous persuader que le seul motif de sa
visite etoit de nous faire ses adieux: mais
nous n'avions pas besoin d'itre douis
d'une grande penetration pour nous ap-
percevoir que l'interet seul F avoit amene
a bord, et qu'il auroit ete fache que nous
quittassions File sans lui faire un nou-
veau present, ayant ete pourvus en si NORD-OUEST, DE l'Am^RIQUE.      5l
peu de tems de toutes les choses qui nous ■
/ r • •    i    • j   *      ~~  ~ j   „^ Septembre
etoient necessaires : je lui dois cependant r g
la justice de dire qu'il ne nous demanda
rien; il se contenta de nous insinuer tres-
adroitement que la ceierite avec laquelle*
nous avions ete fburnis d'eau douce et j^
de bois, n'avoient ete qu'une suite de ses
ordres expres; et il nous promit que lors-
que Popote viendroit mouiller dans cette
baie, on auroit les mimes attentions pour
lui. Tecretecre s'itendit si fortement sur
Ce dernier article, que notre capitaine lui
fit present de plusieurs haches et sties ,
dontiFparut extrimement satisfait.
1
Notre route nous conduisit pres de la !
partie de File, ou le roi faisoit sa residence
ordinaire; il resta a bord quelque tems,
et prit beaucoup de plaisir a voir le
vaisseau a la voile: comme nous gouver-
nions presque vent devant, le capitaine
Dixon ordonna au timonier d'aller tantot
D  2
Jgft^y 52
Voyage a la c6tr,
•— au plus pres , tant6t vent arriire,  ma-
Septembre . .        , .       .
1787.    nceuvre qui excita 1 admiration et la surprise de Tecretecre.
An heures, etant presque par le tra-
Vers de la baie de Whititte, ou le roi
faisoit sa residence, il nous quitta, apres
nous avoir fait mille protestations d'a-
fhitie; il repetasouventlemotyproAa, qui
isignifie je vous souhaite un bon vent et
bon voyage.
•'.
m
Toute Fapris-dinee, et la nuit nous
eumes des vents legers et variables, et
une chaleur etouffante; dans la matinee
du 14, il se leva une brise moderee du
nord-nord-ouest; k midi, la pointe sud-
ouest de Wahoo nous restoit sud 75 degres est ; et la pointe nord-ouest-nord
S3 degres est, a la distance de 8 lieues.
Pendant Fapres-midi et td&te la nuit NORD OUEST,  DE l'AmeRIQUE.      53
suivante nous eumes des vents legers et =====
Septembre
de fausses brises, et frequemment du 1787.
calme. Le 15, a 8 heures du matin ,
nous decouvrimes le mont du roi a Attoui , qui nous restoit au nord-ouest-quart*
ouest un denai-rurnb ouest, a la distance
de neuf milles. A midi, nous eumes une
brise legere de Fest, et un ciel serein. La
hauteur prise k midi nous donna 21 degres
43 minutes, de latitude nord. A 6 heures
du soir, les extremities d'Attouicouroient
du nord 20 degres ouest au sud 85 degrees ouest, a 4 °u 5 lieues de distance*
La soiree etant fort obscure, et le ciel
couvert de nuages, a 7 heures nous mail*
chames au plus pres du vent vers le sud ,
revirant de tems en tems pendant la nuit.
Le 16, a 5 heures du matin., nouspor-
tames sur File, et forgames de voile, £
Faide d'une brise legere de Fest. A 9 heu*
jres du matin, nous ne nous trouvames
D 3 54        Voyage a la c6te,
- qua deux milles du rivage d'Attoui, qui
Septembre .    ,   ,, T1 . ■ A
2787. nous restoit a 1 est. 11 vint aussi-tot un
grand nombre des naturels sous notre
bord, qui nous apporterent des patates et
du tarrow, nous leur donnames des clous
en ediange. Notre latitude etoit a midi
de 21 degres 52 minutes nord. Nous con-
tinuames a gouverner sur la baie de Wy-
moa; mafs le vent etant leger et variable,
nous n'etions pas sans crainte de voir
echouer notre projet. Un grand nombre
de naturels vint a notre bord, et parut fort
aise de nous revoir; plusieurs d'entr'eux
demanderent des nouvelles de Popote, et
parurent faches de ne pas le voir avec
nous. Nous leur parlames d'Abbenoue et
de%pn fils Tyheira , et ils nous apprirent
qu'ils etoient tous les deux a Oneehow.
Vers les 5 heures, notre ancien ami,
'Long-shanks, vint a bord; il etoit tenement
enchante de nous revoir, que les larmes NORD-OUEST, DE lAm^RIQUE.      55
coulerent le long de  ses joues , et il fut n-
Septembre
mime assez long-tems a calmer son emo-     i787-
tion. Nous apprimes de lui qu'Abbenoue
$;oit k Attoui, et non pas a Oneehow,
comme on nous en avoit d'abord informe.
La petite brise que nous avions eu
pendant Fapris-midi, s'etant eteinte , a
6 heures nous jettames Fancre d'affourche
par 19 brasses fond de sable, a deux milles
a Fest de notre ancienne position.
Peu de tems apres Tyheira vint a bord;
et pour repondre aux questions que nous
lui faisions d'Abbenoue, il nous -raconta
une histoire qui nous causa beaucoup
de peine , et dont voici Fabrege. Depuis
notre depart d'Attoui un vaisseau avoit
mouilie dans ces parages , le capitaine
avoit fort maltraite les habitans, et mime
en avoit tue quelqu'uns , cet evenement
avoit empiche son pere de venir a notre
Wi  i> 4 ,
56
Voyage a la c6te,
: .. , - rencontre , n ayant pas pu reconnoitre
^787. notre vaisseau a. une aussi grande distance.
Le capitaine Dixon lui dit que nous ne
commencerions aucun trafic quelconque,
qu'Abbenoue ne fiit venu a bord. Tyheira
envoya en consequence une pirogue pour
chercher son pere, et donna le signal
con venu pour lui faire connoitre qu'il pou-
voit venir en surete. Nous eumes le plaisir
de voir venir a. bord, en moins d'un quart-
d'heure notre bon ami Abbenoue , et il
parut enchante de reyoir ses anciennes
connoissances, quoique fache de ce que
le capitaine Portlock ( ou Popote, comme
il le nommoit ) n'etoit pas avec nous.
D'apres la description que Tyheira nous
fit du vaisseau en question, nous cbnclu-
mes que ce ne pouvoit itre que le capitaine
Meares , qui avoit eu querelle avec les
naturels : nous etions d'autant plus
portes a le croire , que notre capitaine
lui avoit recommande de relacher a At-
KS, NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.      67
toui, de preference aux autres iles. Nous "
17 Septembra
demandames a Abbenoue quelques eclair- 1787.
cissemens sur cet objet, et il nous informa
que le Nootka etoit parti d'Attoui vingt
jours auparavant ; que le capitaine etoit
Enou ( mediant homme,) et qu'il n'avoit
pas daigne faire le moindre present, quoi-
qu'il eut ete pourvu abondamment de
toutes les productions de File,
L'intention de notre capitaine etoit de
ne rester ici qu'autant de tems qu'il seroit
necessaire pour nous fournir de cochons
et de vegetaux a Fusage du vaisseau, et de
nes'en pourvoir qu'en quantite suffisante
pour la garde. Cet objet ne parut pas devoir
nous retenir bien du tems, car des le
lendemain matin ,17, nous fumes envi-
ronnes de pirogues pleines de tarrow, de
palates, de noix de cocos et de Cannes a
Sucre. Plusieurs des Indiens avoient des
cochons qui etoient tres-gros  : ceux qui 58 Voyage a la c6te,
:  avoient apporte  les   meilleurs , etoient
Septembre
2787. Abbenoue , Tyheira , Long-shanks, et le
vieux Toetoe, ce chef qui autrefois nous
fournissoit une si grande quantite de tarrow. Nous eumes bientdt achete plus de
cochons qu'il ne nous en falloit pour les
emporter vivans. Le capitaine Dixon
voyant l'impossibilite de les conserver,
ordonna a F equipage d'en tuer et d'en
saler une quantite suffisante pour en
remplir deux tonneaux.
Le 18 , des le matin nos ponts furent
couverts d'Indiens : jusqu'a present notre
coutume avoit ete de n'en admettre que
tres-peu a bord ; mais cette fois nous ne
pumes eviter de les recevoir, d'autant plus
que le capitaine Portlock etant absent,
nous etions bien aises de temoigner notre
reconnoissance a tous ceux qui avoient
rendu le moindre service aux deux vaisseaux. NORD-OUEST, DE l'Am^RIQUE.       5q
Parmi nos nouveaux h6tes se trouve-
,    n i       j *.v Septembr«
rent la femme et les deux petits garcpns 2787,
de Tyheira, qu'il nous avoit amenes :
Faine des deux etoit fort eveilie , et age
d'environ quatre ans , le plus jeune etoit
encore dans les bras de sa mere ; elle
paroissoit aimer beaucoup ses enfans,
elle etoit modeste et assez jolie: Tyheira,
pour flatter nos capitaines, avoit nomme
son aine Popote, en l'honneur du capitaine
Portlock, et le plus jeune Ditteuna , en
celui du capitaine Dixon.
Abbenoue nous inform a que le roi se
proposoit de venir a bord dans la matinee.
Effectivement, vers les 1 o heures, nous
vimes Tyheira s'avancer dans une grande
double pirogue , suivie dune autre ou
etoient sa fille et ses deux nieces : la suite
de ces personnages import ans etoit tres-
nombreuse, et en venant a bord ils chan-
toienttous ensemble un heera, ou chan- 60 Voyage a la cAte,
■j "    ' • ■• son , meilleure qu'aucune de celles que
•Septembre - .
3787.    nous avions entendues chanter dans ces
iles.
Le roi temoigna beaucoup de satisfaction de nous revoir, et il s'informa de
Popote avec tout Finterit possible. Lors-
qu'il eut appris que nous ne resterions
que le tems necessaire pour nous procurer
des provisions , il parut tres-empresse da
nous faire fournir toutes celles que son
He produisoit.
Tous les chefs se montrerent egale-
ment jaloux de nous obliger; il semble
mime qu'ils ne songeoient plus k leurs
interits, tant ils etoient ardens a nous
donner des temoignages d'amitie, et a
nous rendre les services qui dependoient
d'eux.
En te parlant des attentions et dfe NORD-OUEST, DE  l'AmeRIQUE.     6l
Famitie dont tous les chefs nous   ont  -=»
Septembre*
donne des preuves, je ne dois pas omettre     *p§|
un trait qui te fera mieux connoitre Long-
shanks , et qui honoreroit Fhomme leplua
civilise et le plus sensible.       |Jp
Long-shanks s'etoit souvent rendu U
bord, lors de notre derniere relache k
Attoui ; il connoissoit par consequent
toutes les personnes qui composoient
notre equipage. Naturellement curieux,
il saisit avec empressement Foccasion qui
se presentoit de se miler parmi eux , et
de leur faire une infinite de questions •
relativement a leur voyage. En descendant entre les deux ponts il rencontra le
charpentier, qui etoit.k peine convalescent d'une maladie de langueur qui
1'avoit extenue pendant un tems considerable ; il etoit encore foible et pouvoit a
peine se trainer. Sa paleur, et son visage
decharne affectirent singulierement Long- 6a       Voyage a la cJte,
• shanks; les larmesroulerent dans ses yeux,
Septembre       ]     fl
2787. et il s'inform a avec tendresse et avec compassion de sa maladie , et de sa situation
actuelle. Le trouvant tres-foible , il lui
frotta doucement les cuisses et les jambes,
en pressant ses nerfs et ses muscles, et
chercha a le consoler du mieux qu'il put.
11 monta aussi-t6t sur le pont, rentra
dans sa pirogue , et rama avec Vitesse
vers le rivage , sans avoir pris conge,
selon sa coutume ordinaire , d'aucun
de ceux qui etoient sur le gaillard d'ar-
riere; mais il revint bient6t apres avec
une belle volaille qu'il apporta au char-
pen tier , lui disant de la faire cuire, et
ajoutant qu'il esperoit que cela hateroit
sa guerison, et qu'il seroit mieux dans
un jour ou deux.
Cette action prouve, que ces Indiens
Sont bien loin d'itre prives de tous les
sentimens de bienveillance; on peut aussi
liL NORD-OUEST, DE  l\A.MERIQUE.        63
en conclure que les maladies ne sont pas -===
Septembre
tres-rares parmi eux. 1?$7a
A midi une brise fraiche s'itant eie-
vee du nord, le capitaine Dixon auroit
desire lever Fancre; mais en examinant
notre provision de vegetaux , il jugea ne-
cessaire de Faugmenter : outre Fequipage
nous avions maintenant k nourrir pres de
80 cochons grands et petits que nous
avions a bord. Le roi ne fut pas plut6t
informe de nos besoins qu'il alia a terre
avec Abbenoue, Toetoe, Tyheira et Long-
shanks , et tous promirent de revenir
bient6t avec arou arou, e'est-a-dire une
grande abondance de tarrow. Pendant
ce tems nous demarrames et tinmes
toutes choses prites pour le depart.
Vers les 3 heures, le roi et les chefs
revinrent, chacun dans une double pirogue chargee de tarrow et de Cannes a 64       Voyage a la c6te,
1   '     — sucre ; de maniere que nous nous trouva-
iSeptembre , -.
2787. mes complettement pourvus de toutes les
denrees quil etoit possible de se procurer
dans File.
La promptitude avec laquelle tout cela
flit fait , et la maniere genereuse dont
toutes ces provisions nous furent appor-
tees, rious surprirent et nous charmerent
en mime tems ; notre capitaine , curieux
de se montrer aussi empresse de temoi-
gner sa reconnoissance , que les Indiens
1'avoient ete de nous prouver leur zile
obligeant, fit present au roi d'un pahou,
d'un grand manteau de reviche borde de
xubans, et d'un tres-grand toe , qui lui
firent tant de plaisir qu'il se crut des-lors
le plus grand monarque de Funivers. Les
autres chefs eurent des presens de toes ,
- de baches, et de sties , qui furent recus
avec une egale satisfaction. Nous n'ou-
bliames pas les dames, dont nous avions
a
Eaafi NORD-OUEST,  DE l'AmiIrIQUE.      65
a bord tfti> assez grand luombre et dippre- ^   !
° *-        oeptembre
mierrang; nous leur donnames des bou-     ^fy*
tons et des grains de verre pour se parer|
en tin mot tout le mondeparuf content,
et s'e'mpi%ssa de nous faire des protestations d'amitie et de reconnoissance.
Avant de quitter definitivemeat ces
iles , tu t'attends sans doute queqe te
donnerai des details , en forme de sup-
pienlgSt*, a ce que je t'&£ deja dit, selon
Foeila-sion , du pays et des gens qui
Fhabitent. Le peu de remarquft qaie jai
fa^teS'4ont tres a tonKser vice.'til
Ces iles furent decouvertes par le feu
capitaine Cook, dafis le!dernier voyage
qu'il fit dans FOcean pacifique : il let
nomma iles Sandwich, en l'honneur du
comte de Sandwich, son protecteur, et
qui etoit alors premier) lord de tF ami-
raute.
Tome IL E 66 Voyage a la c&te,
2. Cette decouverte ( 1), qui, seule au>
Septembre «p . -,.
2787. roit sum pour immortaiiser son nom ,
fut la cause malheureuse de sa mort
prematuree , puisqu'il perdit la vie a
Owhyhee, par les suites d'une dispute
qu'il eut avec les naturels.
Ces iles s'etendent du i8e- degre i5
minutes au 22e- degre 15 minutes de latitude nord, et du 154e degre 56 minutes
au i6oe- degre 24 minutes de longitude
ouest. Elles sont au nombre de onze :
savoir , Owhyhee, Mowee,, Ranai, Mo-
rokinne, Tahoaroa, Moretoy, Whahoo ,
Attoui, Oneehoura, NehcAv, ou Oneehow
et Tahoura. Je ne puis te dire quelle est
1'etendue de chacunede ces lies en par-
ticulier; tu dois voir par mes lettres an-
(2) Le capitaine Cook en eut la premiere vue le
a 8 Janvier 1778.
aaaaaa r?
NORD-OtFEST , DJ3 l'AMEEIQUE.     67
terietires, que nous n'en avons %tf;une r===r==f!==*
connoissanceassez superficielle: Owhyhee *787-
est celle qui se trouve situee la plus an
sud et a Fest, sa pointe meridionale gis-
sant par le 18 degre 54 minutes de latitude nord, et sa pointe orientale par
les i54 degres 56 minutes de longitude
ouest. Les autres lies courent au nord-*
ouest, et se trouvent dans Fordre ci-
dessus mentionne; la pointe septentrio-;
nale d'Attoui git par les 22 degres i5
minutes de latitude nord; et l'extremite
occidentale deTahouraparles 160 degr.e&
^4 minutes de longitude ouest.
Mowee est placee apres Owhyhee, ej
paroit avoir 20 milles de longueur , selon
la description que nous a donnee le feu
capitaine Cook;HI doit se trouver a lest
de cette fie une baie exceEente , nous
nous etions proposes d'y relacher dans
le mois de novembre 4ernier; ifpajs nous
•&       J        I   E2 -:1:   ' •§:, septembre
69 V O Y A G E    A   L A   C 6 T E ,
ne pftmes executer ce projet , ayant ete
^"pj^r sans cesse contiaries par les vents. Les
Stes Tahoaroa et Morokinne sont situees
entre Mowee et Ranai; dies ressentblent
a deux jarditts ; j'ignore si elles sont ha-
biteesl; -Ranai est innniment plus petite
^fue Mow^e; les productions en sont a-
peu-presdesrmimes que celles de toutes
les autces iles. More toy suit immediate-
ment File; de Mowee , par rapport k laquelle elle reste au nord et a Fouest; son
etendue paroit itre a-peu-pres la mime
que celle de Mowee.
Je crois que Whahoo est la plus
grande lie apres Owhyhee ; elle a plus
de3o milles de long et au moins cinquante
dans sa pfe&s grande iargeur; la latitude
de la baie daas laquelle #ious jettames
F&ncre esttde 21 degres 15 minutes nord**
file d'Attoui est a un petii plus d'uri NORD-OUEST, DE' l'AmER$Q$e-        %
degre de distance au:nord^ouest;de Whife~ „_,
hoo; sa longueur est d.'enfoonjf>o rniltealri $fai
et dans 5a pltts^aadeilargeuri^te #*£*»
environ 4*5. -Celle d'Gneehdkra est tr/is$
petite , elle e$tefsitueet£&ntre Attouiqet
Oneehow , etiDprodiaiJte^ principkleniei^f
des ign'ames. L'ile d'QneenOrVsI eat bean«l
coup plus grandeiaaGayaiili} ensirbn ^dix
milles de latgeur; enfmy adie de TAoural
est la plus OGcidentatedu-.-grauppe, e^ei
ne la crWis pas habiteetti
Ces iles sont en general montueusesv
et qiielques-unes des >|p?e^atioiis soritltres-
considerables.- YM eapltMl£e King (i ) ffft
s impute que Mdiiak.aah et Monaroa ( deux
montagnes qui sohtswFile dOwhyhMo^
sont beaucoup^lus hafiites que le fameiifeE
pic de Teneriffe , et laififetaMie stir Ffi<
te
m^
(i) Yoyez le dernier Voyage du capitaine Cook/
vol. HI, page 104.
E 3
L 70        Voyage a la c6te,
: '      "—' de Mowee paroit itre peu inferieure en
Septembre
1787.    hauteur aux deux autres. J'ai deja observe que les sommets des deiix premieres
soiat eternellement couverts de neige ;
cependant les plantations nombreuses et
bien cultivees qui sont  autour de leurs
bases, et les feuillages verds et touffus
des   arbres  quiq£croissent   et   couvrent
leurs flancs, detruisent absolument toute
idee d'hiver. JL,'a$pect que presente  ces^
iles est egalement varie et agreable ; le
voisinage de la mer est presque par-tout
coiaWert%de villages abrites des rayons du
soleil par Fomhsage des branches bien
feuiliees des cocos , des palniiers ,  des
Jjjijuriers, des gerofligrs, des poivrierSj^tc.
Plus Foeil s'egare dans Finterieur des pays,
plus il decouvre de nouvdlesjbeautes. On
appercoit a Finfini des plantations bien
regulieres , et toutes plus belles les lines
que les autres. Ce paysage est couronne
par des  montagnes qui sont cpuvertes NORD-OUEST, BE E.'Ame'riQUB.      f.t*
jusqu'a leur sommet de la verdure d'un
eternd printems.
Septembre
1787.
"QdSique ces iles soient sittiees entre
les tropiques, F experience nous a cepen-^
dant fait connoitre que les vents alises
nersouffloient pas constarament dans ces
parages , sur-tout a ftrnest de Whahoo.
Le tems y est aussi tres-variablfe. Un tres-
grand inconvenient de ces iles , c'est
qu'elles n'offrent pas un seul bon havre.
Je ne doute cependant pas que dans les
tn&is d'ete , les vaisseaux ne puissent
mouiller avec surete dans la baie de
Karakkakoa, a Owhyhee , ou dans celle
de Wymoa a Attoui.
Le climat est a-peu-pres le mime que
celui de toutes les iles qui se trouvent
sous les tropiques. Le terme moyen du
thermometre pendant notre sijour dans
ces parages fut de 80 degres.
E 4 j2 Voyage  a   la   g6#e
M Owhyhee.est la  plus fertile de ces
i>eptern ore J x
i7%7* iles, nous pouvons en attribiier lal'cause
a son etendue ; elle est la plus considerable de toutes , et sa populatajp^est pro-
portionnee a.sa grandeur; elle est ansjj.
beaucoup mieux cultivee que les autres
iles. II n'est par consequent pas surgj^nant
que^lon puisse y trouver i$jie si grande
qaiantite de vegetaux, etc^<
Dans ma prochaine lettre j ete rendrai,
compte^de quelques „particiuarites relatives a ces iles, eta|u peux compter que
je ne te cominujftiquerai que celles dont
je serai bien sur j et que j'aurai observees
moi-mime. Je suis , etc.
W. B.
*^x^»
£jp
! NORD-OUEST,   DE L'AlVli&IQUE      7$
•'"*p^6k..-' " l~'J
uM TiT R E k, X L I.
f-^ - -"     - *
PI&Afct&ri, le 28 septembre 1787.
Septembrej
<.cr
Ce qui rend Owhyhee uri excellent
endroit de relache, c'est le grand nombre
de cochons qu'on y trouve; ils y sont tres-
beaux; la volaille y est erfoutre tresKj
abondante. Quant aux vegetaux, le fruit ■
a pain , les patates et les bananes sy
trouvent a profusion ; le tarrow y est
plus rare , et n est pas tres-bon ; il n y
a que peu d'ignames.
Attoui est certaine'merit la -second©
lie pour les provisions , et elle est a quelques egards preferable' a Owhyhee. Les
cochons y sont tres-beaux; on y trouve
une tres-grande quantite dexcellent tar- y4       Voyage a la c6teg
e======== row, despatates et des bananes. Ceite ile
Septembre
a.781^ produit peut-itre plus de noix de coco
que toutes les autres ensemble. On y
trouve du sel en abondance; il est beau
et d'une qualite excellente pour saler le
pore que Fon destine a Fapprovisionne-
ment. Ajoutez k cela que Feau y e&fc
de la meilleure qualite, que les sources
y sont tres-nombreuses , et qu'or* peut
s'y procurer du bois au moins pour uncertain tems. Les chefs s'attachent aisement aux intcrits de ceux avec lesquels
fls trafiquent, et par ce moyen toutes les
affaires se font avec la plus grande^regu-
larite.
Quoique Whahoo ne fournisse pas a
beaucoup pres autant de cochons et de
vegetaux que les deux iles que je viens
de nommer, il faut neanmoins avouer
que c'est F endroit ou Fon peut aisement
«e procurer les articles les plus neces- N0R©-§*|EST,   DE l'Aj^EAVQUE.     7&
saires, tels que le bois et Fea^yEtjjai lieu =3
i • j*»  _~.   i n-   Septembre
de croire que sous   peu  dannees  eliej   1787tr
egalera par sa fertilite Ffle d'Attoui. Se&
habitans semblent preno}r*e>§ coeur Fame-,
^ration  d%*leurs terreg) ,l^et plusieurs
parties de \%.e ont totalernejft cfe.ang4
de face depths que nous y^ypns mouill^i
pour \a premiere fois. Labile, <^ nou%
sommes et celle de Whitite sont couvertes
de plantations nouvelles ,   tres-bien en-
tendues, e£■■■elles semblent cn^^es avec
le fins grand succes.   c*.:r||§|p-   tn#
|| Oneehow est remarquable par la grande
quantite d'ignames qu' die produit; on y
trouve aussi des racines douces, appellees,.
tee ou tea; elles sont ordinairernent de la
grosseiuVdu poignet, ma^aJr ty&u a de
beaucoup plus grosses, et les habitans de
cette ile ont eeutume de les cuire au
four, avant de les edianger. Ces racines
sont humides, p&teuses, et quand elfes yB Voyage a la c6te,
^^sontemployees apropos, on en fait une
Sjepteinbre    #s x     J L     ±
*?&** biere excellente. Les autres iles produiseHfB
line quantite de cochons ,^de's patates,
des fruits a pais-, du tarrow"^ des ba-
nanes et du sel. Cette derniere^production
rend ces iles sup^rieures a Otahiti, et k
toutes les aurJes superbes il&s de Fd£§an
jgacifique , dont aucune ne fournit cet;
#$icle si
Les cochons et les chiens son tidies
seuls quadrupedes que Fon trouve&jcl^
Les chiens sont de F espece de nos chiens
de ferme ; ils sont tristes et pesans ; leurs
oreilles sont pointues, et s'avancent vers
le nez. W&
II n'y a pas ici une grande variete daUt^
les oiseaux : Foiseau-bourdon duquel j'ai
deja parie, y est beaucoup plus commuac
que tous les autres ; il y en aftleux sortes :
Fun est rouge, c'est celui que j'ai decrit; NORD-OUEST, DE L'AMi^t%JE..     77
Fautre a la gorge d'un verd pale, le dos ■      ■       ■■
00 x Septembre
et les ailes d'un brun clair. On.y trouve     2787.
aussi des canards, des terns , des chouet-
tes, etc.
L'ile de Tahoura qui est inhabitee,
renferme une grande quantise d'oiseaux
du tropique, et les Indiens* ts'y rendent
souvent pour en attraper. Les poissons
les pfets communs sont les dauphins, les
cavallies , les requins, et on fait beaucoup
de cas de ces derniers , probablement a
cause de leurs dents , et parce qu'ils
servent d'aliment aux domestiques a qui
Fon ne permet pas de manger les meil-
leurs poissons.
Les montagnes de ces iles sont toutes
couvertes de bois; on y trouve des arbres
de differentes especes, mais deux plus pars
ticulierement, dtot un assez semblable an
mahogony au acajou, ot Fautre k l'ebene* 78 Voyage a la cote,
i: II m'est impossible de determiner le
Septembre x
*7%7* nombre des habitans de ces iles. Le capitaine King le fait monter a quatre cens
mille ; mais, malgre ma deference pour
une autorite aussi respectable, je ne puis
m'empicher de croire ce calcul tres-
exagere ; ce qui paroit assez evident
d'apris les meprises de ce genre que j'ai
remarquees dans le mime voyage. Le
capitaine Cook etant a Attoui, conjec-
tura qu'il y avoit trente mille habitans
dans cette ile, et il se fdndoit sur le calcul
de soixante villages, contenant chacun
cinq cens personnes. Ce calcul est certai-
nement trop fort; mads celui du capitaine
King Fest bien davantage. II pretend qu'il
y a cinquante-quatre mille habitans a
'Attoui; il se trompe au moins de moitie.
Si, du total de ces calculs, on fait une
soustraction proportionnee a cette erreur,
on trouvera deux cens mille habitans. Je
suis persuade que ce compte approche plus i
NORD-OUEST, DE l'AMERIQUE.        79
du nombre red, que les calculs du capi- -—
Septembre
taine King , qui semblent plut6t faits    ^7.
d' apres  de   simples  speculations , que
dapres des observations exactes.
Ces Indiens sont naturellement doux^
incapables de chercher a faire du mal, et
ils sont susceptibles d'attachement. Ils ne
se mettent pas aisement en colire. Leur
air est vif et gai; ils sont toujours prits
a rendre aux etrangers les petits services
qui dependent d'eux, et ils poursuivent
tout ce qu'ils entreprennfent avec une
diligence et une application constantes.
S'ils s'attachent k quelqu'un, ils lui de-
meurent fiddes , et on ne les engage
pas facilement a negliger les interits de
ceux qu'ils ont une fois pris en amitie. J'ai
decrit leurs bonnes qualites, mais je dois
avouer leurs defauts avec la mime franchise. Rs sont enclins au vol, et ne se
font aucun scrupule de piller toutes les So Voyage  a la c6te ,
i fois quils en trouvent Foccasion. Ce sont
Septembre
r$$7-     sur-tout les Tow tows qui cominettent
Ol
le plus de vols; mais n'ayant qu'un
connoissance imparfaite de leurs mceurs,
il m'est impossible de dire jusqu'a quel
point ils regardent le vol comme un crime.
Malgre cette inclination au larcin, ils ne
se sont jamais rendus cgupables de
bassegse , quand nous leur avons confie
quelque chose, de quelque valeur qu'elle
ait pu itre pour eux.
AM
Leurlangue est douce. II y a beaucoup
de consonnes dans leurs mots , et il
semble qu'elle soit fort abondante; quand
ils s'entretiennent ensemble , ils parlent
extrimement vite; mais, quand ils con-
Versent avec nous, Us n'emploient que
les mots les plus expressifs, et ont sojft
d'omettre cette quantite d'articles et de
eonjonctions dont ils font usage entr'eux.
Un vdcabulaire etant plus capable de te
donner ?TQRD-0UEST,DE l'Am^RIQUE.       8l.
donner une idee de  leur langue , que  ■   ■ —-
Septembre
toutes les  descriptions que ]e pourrois     1787.
en faire, j'ai joint ici une Iiste des mots
dont j'ai appris la signification pendant
mon sejour en cet endroit.
«•
Tame* epoux.
Colialieene , epouse ou femme,} ^
Madooa tanie , pere.
Madooa whaheene, mere,
Titu nanie , frere.
Titu whaheene, soeun
Titu ,  enfant.
Myre , roi.
Azec, chef.
Tow tow, esclave ou Datet.
Tata , homme ou monsieur^
Boay un cochon.
Manu, volaille.
Ei ha , du poisson en genir&fe
Whaxra, patates.
Neehu, noix de coco,,
To , canne h Sucre,
Wy , eau.
Tarro , tarrow , grosse racine de ce no#a.:
Poe, gateau de farrow*
%Tome IL F Voyage a la c6tE|
Maia, bananes,
Mano , requin,
Patai , sel.
Oofe ou Ooughe ,  igname*
Malarma , le soleil.
Maheina, la lune.
Booboo, un bouton,
Porema, une auantite de boutons enfiUs*
Hou, un clou.
Mattou, un hamecon.
Araia, un collier de plumes.
Taheidey, 6ventail ou c7iassemouc7ies.
Pahou , lance.
Tooheihe, bois,
Ava, racine enyvrants*
Matano, prisent.
Avaha , pirogue.
Toa, pagaie.
Tibo , gourde ou calebasse.
Hi dirro, descended,
Tabaou, un seau.
Taboo, embargo.
Touro , corde ou ficelle de quelqu espece
qu'elle soit.
Toe , une pierre de la forme d'une 7ier-
minette, ou un morceau de fer plat.
Pooninne , malade. NORD-OUEST, DE l'A MER I QUE.       83*
'-■'Mklf'd&v maro , hqfcilleknent des h&mtnes.     •-- ' -~=ss*
7    Septembre
Ahou, espece de cemtftre que portent Les      l7g7i
femmes.
Enou, mauvais.     w||
Myry , bon, joli, beau, droit.
Areca ,   dans Vinstane^Jrouz ar'Wneure.
Pe   emy ,  veftez  ici'J upportez cela ici,:
Mere mere , montrez-moi.
Arre ,  allez-voiis-en^fpartez+fyici*
Areuta , sur la cote.
Abbobo, demain.
Heeva, chanson en clioeurjg?
Ete, petit.
Nooe , grand. rfiW3:=U •
Oyvous.
Moe , dormir.
Porore , qui a faith.
Meme , Idcher de Veariyr
Tooli , faire se&besoinsj     'tip
Hone hone, saluer.-^M
Paha, peut-Stre.
rou arou, grande abondance.
Emotoo, vieux, casse,fort u$6,
'Matte matte , mort, tuer,
Oure, un refus, de quelqu espece qu'ilsoit<\
Owhytoenoa ,   quel est votre ?iom ?
Poota poota, un'trou,
F   2 Septembr^
8^      .    1V0YAGE   A   LA   cdTE^
Poonepoone, un menteur, une personne
artificieuse,
Tihi, un. une,
Carna, deux.
Toro , trois.
$ Hah, quatre.
gfe«    Areema, cinq,
Ahons, six.
Aheto, sept.
Ahanou, liuit*
IJeeva , neuf,
Hoome,. dix.
Je me suis'efforce, autant qu'il ma
&e possible , en eerivant les mots , de
me conformer a la prononciation ( 1 ) ;
et cependant il est probable qu'il y en a
plusieurs qui pourroient affecter bien
differemment Foreille d'une autre per-
sonne : on peut sur-tout faire cette ob-
<i) n faut observer que ces mots se trouvent ici
guivant la prononciation angloise. WNORD-OUEST, Dfi  lAM^RIQUE.       85
servation  relativement   aux noms   des
chefs.
Septembre
2787..
Ces Indiens sont pour la plupart do
taille moyenne, assez elances, et ils ont
les membres droits et bien proportion-
nes; quelques-uns des chefs ont de F embonpoint, mais leurs femmes en ont encore plus, et leur peau est plus douce et
plus unie que celles des femmes du com-
mun, ce qui est du au pen d'exercice
qu'elles prennent, et aux* exces qu'elles
se permettent sur le manger. Ceswjn-
diens ont en general un teint couleur de
noisette, mais celui des femmes est moin^
brun ; leurs mains sont petites et leurs
doigts d'une deiicatesse extrime..
Les naturels des deux sexes sont pres*
que nus ; les hommes n'ont pour tout
vitement qu'une espece de ceinture ap-»
peliee marrow , qui suffit a peine pour
E 3 86 Voyage a la c6te,
■■• couvrir les parties:natjurelles; mais Vdfaou
Septembre
2787.     ou ceinture de femmes est un peu plus
large, et descend ordinairement jusqu'au
iiiilieu des euisses.
,      s
Les hommes conservent leur barbe,
ct se coupent les cheveux tres-courts de
chaque cote de la tite, mais ils les lais-
sent croitre depuis le front jusqu'a la
mique du cou, de sorte que leur cheve-
lure ressemble a une sorte de casque; les
cheveux des femmes sont coupes de tres-
pres au derriere de la tite et sur le sommet mais leur toupet ressemble a. celui de
nos petits-maitres, et elles le garnissent
^requemment d'huile de coco et de chaux
faite avec des coquillages , ce qui fait
souvent paroitre leur cheVelure d'une
-vilaine couleur de sable. Elles portent
comme ornemens des guirlandes de fleurs
qu'elles s'arrangent sur la tite suivant
leur fantaisie : pour bracelet elles ont line
hm' NORD-OUEST, DE l'AmE*RIQUE.      87
coquille attacbie au poignet, et c'est le n
*■ \ Septembre
gotit qu'elles ont pour cette parure, qui 2787.
a donne tant de valeur aux boutons parmi
ces Indiennes enjouees; elles portent aussi
une sorte de collier , compose de differentes especes de coquillages qu'elles at>
tachent a un cordon; mais leur plus ma-
gnifique ornement est un collier, ou arai§
fait des plumes de Foiseau bourdon, et si
artistement fixees sur un ruban, que la
surface en est aussi unie que celle du
velours : ces plumes, dont les couleurs
sont si riches et si variees, donnent a
cette parure un air tout-a-la-fois distingue
et elegant.
Les bonnets et les manteaux des hommes sont encore plus beaux et pl#s r^
dies; ils sont a-peupres de la grandeur
de ceux que portent?*1 les Espagnols. Les
plumes sont attachees sur un reseau, et
forment des carres ou des triangles rouges m-
88
Voyage a la c6tb *
•r '     •— et jaunes^ ce qui leur donne beaucoup
Septembre      I
ij$j. a eclat. Les bonnets sont d osier et de la
forme d'un casque; la partie eievee, qui
prend du front et descend jusqu'au derriere du cou est ordinairement couverte
de plumepjaunes, et les c6tc*s le sont de
plumes rouges. Ces bonnets et ces man-
teaux ont un air de magnificence qui
ne le cede ni a For ni a la pourpre.
De telles parures sont vraiment ele-
"gantes, mais elles sont rares ■; il n'y a que
jfes chefs les plus distingues par leur rang,
qui en aient, et ils lesreservent pour les
occasions extraordinaires. Ils ont des
manteaux moins riches, qui n'ont qu'une
;%i      bordure de plumes rouges et i amies, et
ST O J '
le veste est couvert de plumes d'oiseaux
du tropique et de fregates.
Ce n'est pas seulement dans ces^man-*
ieaux et dans pes bonnets que Fon oeut NORD-OUEST, DE lAm^RIQUE.      89
semarquer Fadresse et le genie inventif ■■       ,   i
* Septembre
de ce peuple, en fait d'ornement; leurs *pf|
nattes sont aussi joliment travailiees
qu'aucune qui se fabrique en Europe ;
elles sont orates de differentes figures
faites avec une teinture rouge: celles sur
lesquelles ils couchent sont unies et plus
communes, mais travailiees avec le mime
soin et la mime regularite.
La toile est un article dans lequel
ils deployent egalement leur gout et leur
invention. Ils la font avec le murier K
papier des CKinois , ( morus. papifera ):
comme c'est une substance tendre et
malleable, en Fetendant avec de petits
morceaux de bois, ils lui donnen#jusqu'a
douze et dix-huit pouces de large, et apres
cela ils y impriment differentes sortes de
dessins et mettent beaucoup de varies
dans les couleurs qu'ils y employent. La
proprete et Felegance de ces ouvrages ne go Voyage a la c6te*
depareroient pas la boutique d'un de nos
Septembre
2787.    marchands de toiles de Londres.
Je ne pus jamais apprendre comment
ils impriment cette toile. lis extraient leurs
couleurs de differentes plantes qu'ils trou-
yent dans les bois. lis ont encore une
autre sorte de toile beaucoup plus fine
que Fautre, et a laquelle ils donnent plus
de largeur : elle est blanche ; les femmes
4es chefs en font une draperie qu'elles
ajoutent frequemment a leur hahou, Les
personnes des deux sexes font usage de-
ventails et de chasse-mouches.
Les eventails sont carres, assez ordi-
nairement fairs - de c6tes de noix de
coco, et le manche en est orne de cheveux. Les chasse - mouches sont tres-
eurieux, ils les font avec des plumes de
frigates, leurs manches sont decores-de
morceaux de bois et d'os, de sorte qua NORD-OUEST, DE l'Am^RIQUE.      qi,
une certaine distance on les prendroit    ■
Septembre
pour des ouvrages de marquetene. 1787,
Les hamecons sont faits des ecailles
de l'huitre k perle, et sont formes de
maniere a servir en mime tems diiame-
con et d'appat. Ceux qui sont destines a
prendre des requins sont faits de bois, et
infiniment plus grands. H
:~*
Outre les differentes especes de lignes
a pecher, dont j'ai deja parie , ils ont
plusieurs autres sortes de cordages faits
de clifferens materiaux: ceux de la moins
bonne qualite nous servoient a arrondir
»>s cables, les meilleurs Etoient employes
a d'autres usages, et les lignes a pieher
faisoient de bons garans de palau, d'ex-
cellentes cordes pour les vergues de per-
roquet, etc. J'ai deja fait mention des
corbeilles que nqus vimes a Owhyhee. II
S y trouve aussi quelques oreiilers quarres
V -
E
92       Voyage a t.A c6t
'   I faits des mimes materiaux que les nattes,
Septembre
1787.     et qui , a ce que Fon m'assure, ressern-
blent a ceux dont se servent les Chinois.
Les filets sont tres-Iarges et faits avec
beaucoup d'adresse. Je ne puis vous ins-
truire de Fusage auquel les Indiens les
employent; mais il est certain qu'ils ne
sont pas uniquement destines k servir
dornement.
La forme de leurs gourdes ou cale-
basses , est si differente que cela me fait
croire qu'ils ont quelques moyens indus-
trieux ,  qui nous sont inconnus , pour
la varier de tant de manieres. Les unes
sont contournees en globe avec un long
cou etroit comme i|ne boiiteille ; d'autres
sont de forme circulaire et d'une egale
largeur d'un bout a Fautre :  quelques-
unes, quoiqu'elles seretrecissent versrfou-
yerture,  sont encore neanmoias asseii
.m KORD-OUE8T, DE  L^Ml^RIQUE.     g3
larges k cet endroit pour qu'on puisse y *
Septembre
passer la main; plusieurs d'entr'elles sont     2787..
tachetees en lignes ondoyantes, qui k
une certaine distance , font Feffet de la;
peinture.
Je t'ai dit relativement a leurs plantations tout ce qu'il m'a ete possible
d'apprendre a ce sujet, et je n'ai pas eu
Foccasion d'en voir d'autres que celles 011
etoit cultive le tarrow; mais je ne doute
pas qu'ils n'apportent - un soin egal a la
culture des autres productions du pays*
Leurs maisons qui ressemblent, pour
la forme, k des meules de foin , sont
couvertes de joncs ou de glayeul ; Fentree est si basse que Fon ne peut presque
y penetrer qu'en rampant: quelques planches posees contre Fouverture de cette
hutte y tiennent lieu de porte. L'ordre et
la proprete regnent dans Finterieur de g4 Voyage  a la  c6tu,
*?-*<"■     : ces maisons, oii une natte grossiire est
^epteinbre
'2787.     etendue  par terre en forme de tapis :
comme elles ne sont pas divisees en plusieurs appartemens, Fendroit destine pour
reposer est  un peu  plus   eieve que   le
reste, et couvert de nattes plus fines. Ils
placent sur un  banc de bois leurs tts-
tenciles, tels que des gourdes, des jattes
et des plats de bois, en quoi consiste en
general tout leur ameublement. Ceux qui
possedent des cochons ou de la volaille
les gardentdans de petits reduits destines
a cet usage ,  en dehors de  leurs mai-
sons.
C'est une coutume universellerafent
usitee parmi les Indiens de faire cuire
leurs viandes de la maniere suivante. Ils
ereusent dans la terre un trou assez pro-
fond pour tenir lieu de four. lis placent
au fond un grand nombre de -pierres
brulantes qu'ils couvrent de feuilles, et Jtord-ouest, de l'Ami^rique.    q5
posent sur ces feuilles la viande qu'ils ont     '-*
*■ Septembre
dessein de faire cuire; cette viaStde est 2787.
recouverte d'une nouvelle couche de
feuilles , et par-dessus un autre lit de
pierres brulantes z cela fait, ils bouchent
le four. S'ils font cuire un cochon, ils lui
remplissent encore le ventre de ces pierres brulantes. L'habitude leur a rendu si /
familiire cette facon d'appriter leurs
viandes, qu'ils sont capables de determiner avec exactitude le tems auquel elles
sont suffis'amment cuites; nos gens ne
pouvoient les egaler dans leur maniere
de preparer le tarrow ou les ignames. Ils
font aussi des jeunes tites de tarrow un
mets qui nous a paru aussi agreable que
les plus excellens legumes , mais il ne
nous a jamais ete possible de les manger
quand 9/a ete nos gens qui les ont fait
bouillir.
Les viandes les plus estimees, telles   !
a 96        Voyage  a  la  c&te*
g -a que la chair de cochon et la volaille
Septembre ., , , •,
5 2787. sont entierement reservees pour les arees.
La chair de chien est regardee comme un
mets des plus deiicats.
Les tow tows et les femmes se nour-
rissent en general de poissons et de legumes. Leur principal mets consiste en une
lespice de gateau fait avec du tarrow. Le
dauphin est le poisson qu'ils preferent a
tous les autres ; et l'apprit particulier
iqu'ils lui donnent le met en etat d'itre
conserve aussi longtems qu'ils le jugent a
propos. Je n'ai jamais pu savoir pour
quelle raison la viande etoit interditeiaux
femmes. Cette coutume neprovient sure-
ment pas de la rarete des animaux ,
puisqu'ils sont en assez grand nombre
dans ces lies pour suffire aux besoins de
tons leurs habitans : les femmes des arees
ont cependant quelquefois la permission
d'en manger.
Les NORD-OUEST , DE l'AmERIQUE.      97
Les  couteaux que les Indiens  em-
*w*s?w»TOa!sswy «       .aw      ■ s.    Septembre
ploient pour tuer et appriter les cochons,     2787.
sont faits de dents de requin a tellement
arrangees, qu'ils sen servent pour couper
leurs viandes avec autant de promptitude que de dexterite.
Leurs pirogues ne son^pas seulement
adroitement construite^-; elles sont en
mime tems des preuves de Findustrie et
de la patience de ces insulaires. lis les
font d'un seul arbre, et on en voit depuis douze jusqu'a quarante et cinquante
pieds de longueur. II faut sans doute aux
Indiens un long espace de tems et une
Constance infatigable pour creuser ces
arbres, et pour donner a leurs extremites
la forme qu'elles ont , puisqu'ils nont^;
pour surmonter des diflicukes immenses,
qu'un petit nombre d'outils grossiers et
insuffisans. Ces pirogues ont ordinaire-
ment un pouce d'epaisseur. Leurs c6tes
Tome II, G 98 V of Y AGE   A   LA     c6tE,
& sont efeves par des planches fixees tout
Septembre , u    1 x
2787.    autour avec beaucoup d adresse. Les pirogues simples n'ont qu'un  rebord qui
^-eiargiSKorizontalement des deux cotes;
et assure leur equilibre. Les doubles pirogues sont composeeg de deux pirogues
simples sans rebord, qui tiennent Fune a
Fautre, altfjmoyen de plusieurs perches
courbees en demi-cercle, efitqui sont for-
tement attachee^ aux differentes parties
de ces deux pirogues. Au-dessus de ces
perches, eT paralillement a. la double pi-
' rogue^s^uli^e^ece de plate-forme qu^|
sert a transporter d'un lifeu a un autre des
cochons, des legumes, etc., et qui est en
mime tems un siege commode pour les
personnes distinguees  des  deux  sexes I
tandis que les Towtows qui pagayent sont
jjtoujours assis dans la pirogue. Leurs pa-
gaies ou rames ont environ quatre ou
cinq pieds de longueur, et ressepablent
beaucoup a la pelle des boulangers. NORD-OUEST, DE l'Ame'rIQUE.      99
Ces insulaires sont tris-adroits a la •
Septembre
piche. Je vais vous citer a ce sujet deux 2787*
faits dont j'ai ete temoin. Un jour un
grand nombre d'Indiens r6dant autour de
notre vaisseau dans leurs pirogues, un de
nos messieurs qui pichoit avec une ligne
et un petit hamecon, vit l'appat qu'il y
avoit mis emporte par un gros poisson.
Ne voulant pas perdre sa ligne, qui etoit
une de celles dont se servent les habitans
des lies Sandwich , que Fon regardoit
comme une chose curieuse, il la tira de
Feau, et n'osoit pas la jetter une seconde
fois. Un Indien Fayant prie de la lui
laisser diriger, il la lui confia; le poisson
re vint a F amorce; l'Indien Famusa pendant quelque tems, et ne tarda pas a
Fattirer dans sa pirogue. Ce poisson etoit
un large cavally, et pesoit cent livres. Une^
autre fois, un gros requin ayant saisi une
petite ligne qu'on venoitde confier a un
Indien qui se trouvoit alors pres de notre
G 2 ioo     Vo yage a la c 6 t e ,
■■■ ,.   —l_ vaisseau, il suivit le requin a la distance
Septembre   ■, \    i     i 'M j
2787.     de pres de deux mines, sans endommager
la ligne, et le saisit enfin en tirant l'hamecon aussi perpendiculairement qu'il etoit
Impossible.
|g|
Leur maniere de sculpter est encore
une preuve de FIndustrie et de Fadresse
de ces Indiens. lis ont un grand nombre
d'images de bois qui representent des
figures humaines , et qu'ils honorent
comme leurs dieux. Je doute cependant
que la religion soit fort respectee parmi
ces insulaires , puisque je pouvois me
procurer tous leurs dieux pour quelques
toes. II arrive quelquefois que les plats
dans lesquels leur ava est servi sont supposes par trois de ces petites figures que
je regarde comme des-chefs-d'ceuvres. Les
jattes et les plats sont faits d'une espece
de bois ressemblant a l'ebene; la perfection et le poli de Fouvrage sont sinon su-
— laaa1 NORD   OUEST,  DE l'AmEIRIQUE.     lOl
perieurs, au moins egaux a tout ce qui —
sort des mains de nos tourneurfr.w
Septembre
2787.
Les naturels de ces iles ne paroissent
sujets qu'k un tres-petit nombre de
maladies; et quoique leu*rs liaisons avec
les europeens leur en aient fait con-
tracter une qui leur etoit '&inconnue ,
leur genre de vie est si simple, qu'ils paroissent itre totalement indiffirens a ce
sujet.
Je suis porte a croire que la plupart
de leurs maladies proviennent de Fusage
immodere qu'ils font de Yava, Cette Ij*
queur affoiblitla vue; elle couvrele corps
d'une espice de lepre; elle altere la constitution ; enfin elle occasionne des para-
lysies, une decrepitude premature, et
•abrege leiirs jours.
Je t'ai deja donne une idee du taboo,
G 3 •m
X
102      Voyage a la c6te,
■-■ ■■' ■   • ■ il est ordinairement impose par les pri-
Septembre .
2787. tres, et quelquefois par une personne qui
en est chargee, et qu'on designe sous le
nom de tonata, ou Fhomme a tabo&Quand
un espace de terrein est taboe, les batons
dont on se sert pour en marquer les li-
mites , :%essemblent a nos baguettes de
fusil, eton les entortille d'une touffe de
poil de chien.
Les heevas, ( chansons des Indiens ) ne
peu vent pas itre nbties, parce qu'elles
ressemblent moins a. un chant musical
qu'a. une maniere de parler prompte et
energique, et les musiciens paroissent
priter plus d'attention aux mouvemens
du corps qu'aux modulations de la voix.
Ce sont assez gineralement les femmes
qui executent ces concerts. Elles com-
mencent d'abord par suivre dans leurs
chants une marche lente et reguliire. Le
ton devient insensiblement plus vif et NORD-OUEST,  DE   L'Al^RfQUE.    lo3
plus-anime, et se termine enfin par des
eclats de rire et par des contorsions.
II est evident que ces j&diens n'ont
pas la moindre idee de la melodic, les
sons et les modulations de leurs airs etant
invariablement les mimes. Cependant il
paroit y avoir un degre d'invention (je di-
rois presque de poesie) dans la composition de leurs chants qui sont souvent
inpromptu, Les feequens eclats de rire par
lesquels ils sont interrompus, sont sans
doute excites par quelqu'allusion inge-
nieuse ou plaisante que les virtuoses ont
Fart-de placer dans ces chansons.
Les armes de ces Indiens sont des
lances, des frondes, des arcs et des fleches.
Les lances sont des batons d'un bois
sembiable a F acajou, qui ont environ six
pieds de longueur, et dont Fune des ex-
sf ■.        ! .   G 4    -3 io4 Voyage a la c6te,
k—-   ,    tremites est barbeiee, et Fautie presque
Septembre
l787- pointue. Ils se jettent ces lane espies uns
aux autres, et ceux qui sont adroits bles-
sent souvent leurs ennemis % une distance considerable. Ils manient aussi la
fronde avec beaucoup de dexterite et
d'avantage. Les arcs et les fleches sont
faits de roseaux si minces que j'ai peine
a concevoir comment ils peuvent leur
itre utiles. Mais, n'ayant pas eu occasion
de les voir combattre , et n'ayant requ
des Indiens que des informations impar-
faites, je ne pourrois avancer sur ce point
que des conjectures.
Ils ont des tambours qu'ils battent
pour accompagner leurs heevas, et dont
la hauteur est d'environ douze a seize
pouces. Les c6tes sont perces de plusieurs
trous, et une peau de chien est etendue
sur 1'une des extremites: ces tambours ne
rendent qu'un son triste et sourd.,n
\ NORD-OUEST,   DE  l'Ame'riQUE.    1o5
Les individus des deux sexes ont le
,      Septembre
corps tatoue; mais cette coutume est plus pn
generalement en usage parmi les hommes,.
qui le sont souvent d'une maniire tres-
ctirieuse. Je n'ai jamais pu savoir si e'etoit une marque de distinction ou un
simple ornement. Leur facpn de se sa-*
luer respectivement est de joindre leurs
nez ensemble : cette jonction est re-
gardee comme le gage et Fassurance de
Famitie.
Les hommes et les femmes nagent
avec une adresse surprenante ; ce quiKne
paroit vraiment extraordinaire, c'est qu'ils
ne sont nullement intimides a. Fapproche
d'un requin. J'ai souvent vu des Indiens
s'eiancer de leurs pirogues dans la mer
pour en retirer des entrailles de cochons
que nos matelots y avoient jettces, au
moment mime ou un requin cherchoit a
sen
emparer. io6 Voyage a la c6te,
L On ne peut pas douter que ces peu-
iSeptembre l % ^
1787. pies n'aient quelqu'idee d'un etre su*
pr/me, ou plut6t qu'ils ne croient a l'exis-
tence de plusieurs itres d'une nature su-
perieure k la leur. Les fonctions des
pritres consistent principalement a diriger,
et a veiller au culte; a regler les ceremonies des funerailles, et probablement
a reciter les priires d'usage dans ces sortes
d'occasions. Mais le peu de tems que
nous avons passe dans ces iles ne nous
ayant pas mis a portee d'itre temoins
d'aucune de ces ceremonies , je n'entre-
p|endrai point de t'en donner des details
qui seroient tout au moins vagues et in-
certain s.
M Je t'ai deja dit que les sacrifices hu-
mains n'etoient pas inconnus dans ces
lies; nous sommes parfaitement surs que
cette horrible coutume existe encore
parmi ces peuples, quoiqu'ils aient le ca- NORD-OUEST, DE L AmERIQUE.    IO7
ractere bon, amical et humain, et qu'ils
^ Septembre
soient beaucoup plus pres de 1 etat de ci- 2787^
vilisation que les malheureux habitans
des c6tes sauvages de F Amerique. Je
m'abstiendrai de faire des observations
sur ce chapitre, te laissant le soin de tirer
les observations qui doivent naturelle-
ment suivre de ce court expose. Je finirai
ma lettre en ouvrant^un champ encore
plus vaste a tes rechercb^^
Le capitaine Cook, dans son dernier
voyage a Focean pacifique, a demontre,
par la plus incontestable de toutes les
preuves, (l'affinite du langage) que les
habitans des iles Sandwich descendoient
des Malaies, et qu'ils sont d'une mime
tribu que les peuples qui habitent la nou-
velle Zeiande, les nouvelles Hebrides et
les Marquises, etc., qui s'etendent du 20
degre de latitude nord, au 176 degre de
longitude ouest, 47 degres de latitude •Septembre
1787,    ouest.
108   *    Voyage a la c 6 t e    "        *
sud ,   et du   iooe. degre  de longitude
Combien de gens, parmi les peuples
civilises , ont employe une partie considerable de leur vie a former des hypotheses plus ou moins ingenieuses, pour
prouver de quelle maniere les extremites
cloignees du globe s'etoient peupiees ! Le
continent de F-Am^ique a fixe, depuis sa
decouverte, Fattention des hommes les
plus savans, qui ont cherche a. deviner le
secret   de  sa population.  Aujourd'hui ,
que cette partie   du globe est si exac-
tement   connue, il sera plus facile  de
parvenir  a. connoitre  Forigine   des differentes peuplades   qui Fhabitent, que
celle  des habitans  de   cette multitude
d'iles dont je viens de parler , et qui
sont eparses sur la surface des mers , a
une   distance   immense  les   unes des
autres.
■ %1
NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.       IO9
Peut-on se livrer k ces reflexions sans
Septembre>
s'eerier : O altltudol : | l7%7^
W. B.
5,       LETTRE   XLII. \ '||
A Macao, le 9 novembre 1787.
Je t'ai dit, dans ma lettre precedente,
quenosbons amis les naturels d'Attoui
nous avoient fourai ,en abondance, dans
Fapres-midi du 18 septembre, des cochons, |j|
du tarrow et des cannes k sucre. Tout
etant prit pour notre depart, nous leva-
mes Fancre et nous fimes force de voiles
pour sortir de la baie de Wymoa. Les
insulairesparurent alors desirer de prendre
conge de nous, et nous mimes en panne
pour leur donner la facilite d'approcher
dans leurs pirogues. Rs nous firent leurs
1 no      Voyage a lac6te,
: — adieux avec un pro ha universel, c'est-a
Septembre '
1787. dire, en nous souhaitant un bon voyage,
et en nous prodiguant les marques de la
sincerite de Fattachement qu'ils avoient
pour nous.
A 6 heures du matin, le m'6nt du Roi
nous restoit au nord 66 degres est , a. la
distance de 8 lieues, et la pointe meri-
dionale d'Oneehow a Fouest. Pendant la
nuit nous gouvernames au sud-quart-
sud-est, favorises d'une brise fraiche de
Fest-nord-est. Le 19, a 6 heures du matin,
nous revirames et portames ausud-sud-
ouest.
La Chine etoit alors le but vers lequel
nous tendions , et nous trouvant dans
la mime latitude, il ne nous restoit qu'a.
parcourir les longitudes ; mais notre
capitaine jugea qu'il seroit plus prudent
de gouverner  au sud jusques   vers le NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.      Ill
i3e ou i4e degre de latitude nord ,  et —	
I Septembre
ensuite de faire Fouest. Ce trajet nous 2787.
promettoit plus sfrrement la rencontre
d'un bon vent alise. Le capitaine Cook
avoit reconnu , dans son dernier voyage,
que vers le 20 et le 2ie degre de latitude,
sous le vent de ces lies , les meilleurs
vents etoient au moins legers , et tres-
souvent variables.
1
Le 19 et le 20 , nous eumes une belle
brise constante de Fest ; pendant la
nuit, nous serrames le vent au sud, et a
la pointe du jour, nous gouvernames au
sud-sud-ouest.
Le 20, pendant la nuit, nous eumes   .. ~  JfS
des raffales, accompagnees de pluie ; le
21, des brises legeres et tems nebuleux.
Notre latitude , observee a midi , etoit j9
de 18 degres 23 minutes nord, et notre   '
longitude   de   r6i   degres   i3   minutes 3fi2     Voyage  ala c6te,
—~  ouest; la dedinaison du compas est ici
jSeptembre   -,     0   -.        ,    \  £l
1787.     de o degres a 1 est.
Du2i au 25, nous eumes une brise
fraiche de lest. Le 25 , notre latitude,
observe k midi, etoit de i3 degres 22
lii minutes, fomme nous n'avions pas in
tention de porter plus loin au sud, nous
changeames de route et gouvernames a
Fouest-quart-sud-ouest; la dedinaison du
compas etoit de pres de 12 degres a Fest.
Octobre
1787.
Depuis ce jour jusqu'au 8 octobre,
nous eumes a-peu-pres le mime tems ;
la chaleur fut extrime, le thermometre
se tenant entre 88 et 91 degris. Nous
avions des bourasques frequentes et fortes,
principalement pendant la nuit, et elles
etoient accompagnees de pluie et dNclairs.
Le 8, nous etions par les 13 degres 24 minutes de latitude, et par les 187 degres
37 minutes de longitude ouest. A 9 heures
■i        I   du NORD-OUEST , DE  L^Ame'rIQUE.    Il3
du soir, nous essuyames une forte bou- :
rasque, accompagnee d'une grosse pluie;     ctODr&
nous ferlames toutes les voiles , et por-
tames sous le vent; mais sur les 11 heures j
le tems devint plus modere.
i7&/.
Comme cette partie de F Ocean est
fort sujette aux raffales, sur-tout pendant
la nuit, nous avions tous les soirs, au
coucher du soleil, la precaution de prendre
les ris aux huniers ^et de tenlr tout en
etat, aim de ne point craindre les tour-
billons inattendus, et d'eviter en mime-
tems que rien ne fut emporte par les
coups de mer.
Le 22 , pendant la nuit, nous essuyames encore deux bourasques violentes ,
mais heureusement elles ne nous cause-
rent aucun dommage ; elles furent ac-
compagnees d'une grosse pluie, de ton-
nerre et d'edairs.
Tome IL H
«ii ii4     Vo yage a la c3 te.
■■      >"■■      Je ne puis m'empicher d'appliquer a
Octobre . .
2787. ces sortes de eirconstances ,^1 allusion que
fait Addisson, dans son poeme intitule
Campagne, Des coups de vents aussi
impetueux et aussi subits., sont au-dessus
des foibles efforts que pourroient faire
les hommes pour se garantir de leurs
effets funestes, s'ils n'etoient proteges
par une puissance surnaturelle; et nous ,
pouvons dire avec certitude de Fange exe«
cuteur des volontes celestes :
IS
Calme et serein , il repousse les vents furieux;
Et fier d'executer les ordres du Tout-Puissant f
H vole au milieu des tourbillons, et dirige le cours
de la temp ete.
Du 12 au 20, nous eumes une brise
constante de Fest et un tems nebuleux;
jqous avions presque toutes les nuits des
.raffales , mais elles etoient moins fortes
que les precedentes. Le 20, notre latitude
etoit a midi, de 114 degres  1   minute
SaUaal NORD-OUEST, DE  l'AmJSRIQUE.      Il5
nord , et notre longitude  de 210 degres w^ :■ ■•-
70 ° Octobre
24niinutes ouest; la dedinaison du com-     ^Z-
pas etoit de 7 degres a Fest.
Le 21 a midi, notre latitude etoit de
i"4 degres 11 minutes nord, et notre longitude de 212 degres 16 minutes ouest.
Nous mimes en panne pendant la nuit,
et portames le cap au nord, nous attenr
dant a. chaque instant a decouvrir quel-
ques-unes des iles des Larons; et il etoit
necessaire de prendre toutes les precautions possibles pour nous garantir des dangers que Fon court dans ce voisinage.
Le 22, a la pointe du jour, nous vira-
mes vent arriere, et forcames de voile en
gouvernant a Fouestquart-nord-ouesr, et
nous continuames a avoir une brise cons-
tante de Fest, et un beau tems. A 10
heures et demie , nous vimes terre qui
nous restoit au  nord 58 degres ouest.
H'2 Octobre
mm
116        Voyage a la c6te,
Pendant la matinee, nous vimes autour
du vaisseau une grande quantite depetites
bonites; nos gens en attraperent plusieurs
k la ligne; nous vimes aussi beaucoup
de ganetts qui voloient pres des terres, et
ce furent les seuls oiseaux qui se presentment a. nos yeux. Ces oiseaux se nour-
rissent des petites bonites dont je viens
de parler; nous les voyions frequemment
s'eiancer dans la mer avec une rapidite
surprenante pour se saisir de leur proie,
qu'ils devoroient sur la surface des eaux,
avant de reprendre leur vol. A midi, nous
decouvrimes deux iles, dont Fune nous
restoit au nord 55 degres ouest, et Fautre
au nord 80 degres ouest , a la distance
de quatre milles ; notre latitude etoit do
ii4 degres 47 minutes nord.
En avancant pres des terres, nous ap-
perctimes trois iles que nous primes pour
Tinian, Aguigan et Saypan, d'apres la Nord-ouest, de l'Amerique.  117
description qu'en a faite Famiral Anson. ■    -
A 4 heures, la pointe orientale de Tinian 1787.
portoit nord 3o degres est, a la distance
de. 4 lieues , le pic de Paypan nord-nord-
est, et l'extrimite occidentale d'Aguigan
nord - ouest-quart- de - nord, a la distance
de quatre milles.
A Fextrimite occidentale d'Aguigan
se trouve une tres-petite ile, ou plurAt un
grand rocher, qui n'en est eioigne que de
la longueur d'un cable.
D'apres nos observations, Tinian,git
par les i5 degres de latitude nord, etpar
les 214 degres 3o minutes de longitude
occidentale.
Une chose qui rend ces lies remar-
quables, est qu'on n'y trouve point de
rochers ni de bas-fonds, de sorte que les
vaisseaux peuvent les ranger pendant la
H 3        .       :1
<**«i n8      Voyage a la c6te,
===  nu^ sans avoir rien a redouter, pourvu
Octobre
2787. que le tems soit modere. Tinian est la
plus grande de ces iles; elles courent presque du sud-est au nord-ouest; Saypan est
la plus considerable apres Tinian; mais,
comme elle se trouvoit plus eioignee de
notre route, je ne puis t'en donner la plus
legere idee. Aguigan ne paroit pas avoir
plus de six milles de longueur, et sa largeur
est peu considerable. Le sol de toutes ces
iles est en general assez plat, excepte le II
pic de Saypan dont  je t'ai deja parie.       ™
L'auteur du Voyage autour du Monde,
de Famiral Anson, donne la description
la plus riantede Tinian, non-seulement
ten consequence du magnifique paisage
true cette ile offre a la vue , mais encore
de la variete et de la quantite des rafrai-
chissemens qu'elle produit. II est possible
I que ce retit ait ete exagere. Ces naviga-
teurs  se trouvant dans la plus grande a
NORD-OUEST, DE L'AM^RIQUE.     119
detresse, faute de vivres , lorsqu'ils rda-===
chirent dans une lie ou ils trouvirent a 17s7.
se pourvoir de tout ce qui leur etoit rie-
cessaire, il n'est pas surprenant que cet
endroit leur ait paru un paradis terrestre.
Que cette ile soit, ou non, telle qu'on Fa
depeinte, nous n'eumes pas, grace a Dieu,
besoin d'y rdacher; ilnous restoit encore
a. bord plus de trente cochons vivans ;
tous les gens de F equipage jouissoient
d'une sante parfaite , et tout s'accordoit
a nous promettre une prompte traversee
a la Chine.
A six heures de Fapres-midi, le centre
d'Aguigan nous restoit au nord 83 degres
est, a la distance d'environ cinq lieues,
et le tems etant tres-beau, nous continua-
mes notre route pendant la nuit, ayant le
cap a Fouest-quart-nord-ouest.
Depuis ce jour jusqu'au 3i , le tems
v        k^H4-       .1 Octobre
.787.
120     Voyage a la c6te,
fut a peu pres le mime; un vent alise souf-
flant constamment de Fest, occasionna
une forte houle a Fest-nord-est : nous
avions de frequentes raffales , accom-
pagnees d'une grosse pluie. Le 3i, a midi,
notre latitude etoit de 1 q degres 52 mi-
nutes, et notre longitude , suivant des
observations lunaires, de 233 degres ; la
dedinaison du compas etoit presque im-
■ perceptible.
f§8 .   Le premier novembre, nous  eumes
.Novembre L
1787- une brise moderee et un tres-beau tems ;
notre latitude etoit, a. midi, de 20 degres
18 minutes, et notre longitude de 233
degres 12 minutes ouest; la dedinaison
du compas etoit d'environ un degre a
Fouest.
"e soir , nous commencames a
essuyer quelques coiaps de vent; nous
primes en consequence deux ris aux hu-
^ NORD-OUEST, DE  l'AmeRIQUE.   121
niers et un ris a la grande voile; il s'eieva   -—-    "  j-
Novembrer
.une tres-forte houle au nord, et nous 2787..
eumes des eclairs de tous les points de
l'horison. La nuit, le vent fraichit consi-
derablement, et continua k souffler avec
force, pendant toute la journee du 2 ,
excepte dans quelques momens. Nous
etions a midi par les 21 degres 2 minutes
de latitude nord, c'est-a-dire, pris de la
latitude des iles Bashee. A 8 heures, nous
marchames au plus pres a Fouest , ne
jugeant pas prudent de courir sur la terre
pendant la nuit. A minuit, nous mimes
le cap au nord-nord-ouests, et le 3 , a la
pointe du jour, le tems etant assez mo-
dere, nous forc&mes de voiles, et porta-
mes vers Fouest; notre latitude etoit , a!
midi, de 21 degres 5. minutes nord, et
notre longitude de 237 degres 24 minutes*
ouest.L'apres-midi, nous eumes une forte
brise de Fest, et quelques-uns de nos
gens crurent decouvrir terre vers le nord- aaaaWttaMa*>Ma«
122 Voyage a la c6te,
ouest; mais il est tres-douteux qu'ils la
Jvbvembre
2787. vissent redlement. A 9 heures du soir,
nous diminuames de voiles: nous serrames
le vent au nord, et cour times des bordees
pendant la nuit. Le4> des la pointe du
jour, nous remlmes toutes les voiles aii
vent, et portames a Fouest. Pendant la
matinee, le vent fut modere, le t^ms
brumeux, et nous avions une forte houle
du nord-nord-est.
A deux heures, nous decouvrimes une
petite lie qui portoit nord 40 degres ouest,
a la distance d'environ 5 lieues. Nous ne
Feumes pas plut6t appercue que nous vimes une terre plus eievee, qui etoit der-
riere, et que nous reconmimes bient6t
pour une ile infiniment plus grande que
la premiere : comme nous n'avionspas fait
d'observations a midi pour determiner
notre latitude, nous ne pumes que former differentes conjectures sur ces terres, NORD OUEST,  DE L^Ame'riQUE.    123
les uns croyant que la grande lie etoit la —
Novembre
pointe meridionale de File Formose, et    1787*
que la petite devoit itre Villa-Rite : nous
les reconnumes peu apres pour Botel -
Tobago - Xima.
A 6 heures, la terre nous restoit au
nord 24 degres ouest a la distance de 12
milles. Le tems etoit encore epais et brumeux ; vers les 9 heures, nous serrames
le vent au sud, et nous courumes des
bordees pendant toute la nuit. Comme
nous jugions que Villa-Reteotoit a Fouest,
il n'auroit pas ete prudent de courir dans
ce rumb.
Dans la matinee du 5 , nous eumes
de frequentes raffales , accompagnees de
pluie et d'une forte houle au nord. Notre
latitude etoit k midi de 21 degres 55
minutes nord ; et notre longitude de
"aSg degres 37 minutes ouest. Vers le soir, a787.
124     Voyage a la cote,
» m ,     ^e vent soufflant grand frais, nous primes
J"Novembre ° x
tous les ris aux huniers, et nous sachant
a. Fabri de tout danger , nous forgames
de voiles pendant la nuit, en gouvernant
a Fouest-nord-ouest, aides dun vent frais
de nord-nord-est.
Le 6, a. la pointe du jour , nous dd-
ployames toutes nos voiles; le tems etoit
assez modere,etle vent toujours au nord.
Notre latitude, a midi, etoit de 21 degres
37 minutes ,  et notre longitude de 241
degres 55 minutes ouest; pendant Fapres-
midi , nous eumes  une forte brise, un
tems nebuleux et une grosse houle au
nord. Les nuits etoient obscures, et nous
avions presque toujours des raffales ; en
consequence, tous les soirs ,nousprenions
tous les ris au grand hunier, et un ris a
la grande voile.
Lie 7 , a huit heures du matin , nous %' '
c
NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    125
decouvrimes la terre, portant nord-ouest ~- -■■«--
iXovembrei""
a la distance de 4 ou 5 lieues, La sonde 2787.
nous rapporta 25 brasses, fond de sable
gris. Dans la matinee nous depassames
six bateaux de picheurs Chinois; notre
latitude etoit k midi de 22 degres 22 minutes nord. Dans Fapris-midi, nous vimes
un grand nombre de barques de picheurs
Chinois. A 5 heures , nous appercumes
Pedro bianco, grand rocher qui ressemble
/ par sa forme a une meule de foin. Ce rocher nous restoit a Fouest, a la distance de
1 o milles. Dans la soiree nous diminuames
de voiles, et nous serrames le vent au
sud, en courant des bordees pendant
toute la nuit. tp
Le 8 , a 6 heures du matin , nous
fimes force de voiles, la terre que nous
avions decouverte se trouva itre les iles
Lema, dont les extrimites s'etendoient ft      1
du nord-est a Fouest-nord-ouest,  a  la n
-426      Voyage a la c6te,
.'- distance d environ 5 lieues. Nous jettames
Novembre
2787. la sonde qui rapporta 24 brasses, fond
de sable. Quoiqu'il y eut un grand nombre
de barques Chinoises, a. peu de distance
de Fendroit ou nous etions, il ne venoit
cependant aucun pilote a bord. Sur les
in heures , nous donnames signal pour
les avertir d'arriver. Un vieux Chinois
parut bient6t; il nous montra des certifi-
cats d'un grand nombre de capitaines
qu'il avoit conduits a Macao , nous fai-
sant entendre qu'il ne pouvoit conduire
le vaisseau plus loin que cet endroit. II
mit d'abord ses services au prix de
einquante piastres; mais il finit par se
contenter de trente que nous convmmes
de lui payer. Notre latitude etoit a midi
de 22 degres 7 minutes nord. Nous nous:
trouvions alors par le travers de Fentree
des iles Lema, qui sont en tris-grand
nombre, et presentent un aspect desa-
a<
greable et sterile. 3NORD-OUEST,  DE l'AmERIQUE.   127
Pendant Fapris-midi , il vint k bord
govern bref
plusieurs pilotes, et dans le nombre il s'en Ifsp
trouvoit un qui parloit Anglois. II nous
dit que nous serions obliges de jetter
Fancre k Macao, et qu'alors il nous falloit
faire demander un choppe, ou permis de
la douane de cette ville, avant de conti-
nuer notre route vers Canton. Quoique
le vent devint alors leger et variable,
nous continuames notre marche, et vers
minuit nous jettames Fancre dans la rade
de Macao , par 6 brasses d'eau, fond de
vase. Les sondes entre les iles de Lema
nous rapportoient depuis i5 jusqu'a §
brasses, fond de peu de tenue.
Dans ma prochaine lettre, je te don-
nerai les details relatifs a notre arrivee a
Canton, et aux affaires que nous y aurons
faites. Adieu, mon ami.
m        w. b. 12$     Voyage a la c6te*
^Tovembre
a 787^
tETTRE   XLIII.
De Wampu , le 28 decembre 2787.
Le lieu de notre mouillage dans la
fade de Macao, gissoit par les 22 degres
9 minutes de latitude nord, Macao nous
restoit a Fouest un demi rumb au sud,,
a njiit milles de distance; la grande ile
des Ladrons au sud-quart-sud-est, et le
pie de Lintin presqu'a Fest.
Le 9 , a la pointe du jour, nous vimes
un gros batiment a Fancre , a environ
trois milles de distance, a Farriere. Nous
■hissames pavilion; il en fit de mime; et
nous vimes que c' etoit un vaisseau Anglois
que nous jugeames appartenir a la Com-
pagnie des Indes, et qui etoit nouvelle-
ment NORD-OUEST,  DE l'A&Ie'rIQUE.    12Cj
ment arrive. A huit heures, notre capi* Jgf=="~
A      iNovembre
taine partit dans la-chaloupe pour Macao, ^87.
afin de se procurer un passe-pprt pou% -
aller a Canton , et s'informer des^meil^
leurs moyens a prendre po^. expe4i%§ nq$>
affaires. L'apres-midi, le vent soufiiavavec
fjprce du nord-nord-est et du nord-est, et
le soir il devint si fjurieux, que nous |ej@
tames notre seconde ancre.
Pendant la nuit et une partie de la
matinee du 1 o, le vent continua a souffler
grand frais du mime point, et nous euijaes
beaucoup de tangage , mais il s'appaisa
Fapres-midi^ et nous levames notre seconde ancre. .  j$M
A dix heures du soir ,. une barque
Chinoise nous amena a bord M. Folger,
ci-devant premier Lieutenant du batiment
que nous voyions dans la rade, ( F Aigle-
Imperiale, commandee par le capitaine
Tome IL I tW&       Vor%Gi  A-LA   G^lVt E
• '^^BelMey, ) et que le capitaine Colihett,
Novembre   Ji,...._-  ■. ,, . i *, ,
1787; si te te le rappell&s, avoit vu dans 1 entree
du Roi-George. A la suite d'une querelle
qu^av^it eue avec M. Berkley, ilf'avoit
quitte, et s'etoit rendu a Macao, ou ayant
rcii^bntre le capitaine Dixon $1 en avoit
*3btenu la liberte de venir avec nous k
Canton. jig
M. Folger nous apprit que FAigle-
Imperiale avoit quitte Ostende le 23 novembre i 786 , et qu'il n'avoit pas ete plus
15m que Fentree du Roi-George , au nord
de la c6te. II s'etoit procure une grande
quantite de fourrures pretieuses, a un
degre ou deux au sud de ce canal; sa
cargaison consistoit en pres de sept cent
peaux de premiere qualite ,. et beatucoup
d'autres de moindre valeur. Pendant qu'il
trafiquoit dans cette entree, il arriva un
accident facheux. Le capitaine Berkley
envoyoit souvent  la   chaloupe avec le NQRDirtoE$££ D£ L^m4R* V">IfE.      13 J
second fieutsnanJ;', M. Mackie, et dix on _T ...   r=
^Wi '■" Novembre,
douze hommes' pour faire des ediaiige§ 1787*
avec les Indiehiijuda^^leiiie^droits de la
tbte ou le,vaisseau ne poigvoit pas aller.
Dans une de ces excursions , M. Miller^
second lieutenant, M. Beale, ecrivain-
muni tionnaire, et deux autres personnes
de 1'equipage, quitterent la chaloupfvet %
se rendirent sur la c6te dans une pirogue
Indienne, pour trafiquer, emportant a cqf
effet une planche de cuivre^mais on ne
les a plus revus de ce moment. Plusieurs
hommes de Fequipage del'AigleiAmperiaie
allerent le lendemai-asur lerivage, etstrou*
verent deslambeaux de leurs vitemens eti
pieces et ensanglantes. II n'y <a pas de>
doute qu'ils n'aient ete tues, et leurs corp^
manges ou bruies. &&■
Cet evenement tragique ne demontre
que trop quelle est la cruaute de ces Indiens, et elle servira en mime tems de
•1    ri  '   • •*  12 i32     Voyage   a   la   c6te,
-*:   ■  u- lecon a ceux qui navigueroE^pa^Jfesuite
Novembre . ,
2787. dans ces parages , et qui sauront qu on
ne doit pas se fier beaucoup a ces sauvages;
quelques marques d'amiti& qu'ils puissent
donner. 'M
Le 11 , vers midi , notre capitaine*
re vint de Macao, amenant avec lui ui*
pilote pour nous conduire a Canton , et
il renvoya sur le champ celui qui nouC
avoit amenes dans-cette rade. Nous avions
ete assez inquiets de la longue absence
du capitaine Dixon; mais il paroit que lesi
Chinois ne sont pas tres-expeditifs dans
leurs affaires : aux deiais que leur lenteur
occasionne, il n'y a pas d'autre remede
*|iie la patience. Notre capitaine amena*
de Macao M. Ross, premier lieutenant d«c
Nootka, ( batiment qui etoit arrive ici
quelque tems avant nous; ) M. Moore,
eciivain du mime navire , et Tjana, uncles chefs des iles Sandwich, que le capi| i
NORUfOUEST,_DE ^A-M^V^UE.      l3f
taihe Meares avoifcamene _<d Attojii   a I
A mou'tie chemin, il y a un passage
etroit, nomme Bocca-Tigris, *et les deux
rivieres sont defendues par un mauvais
fort.   . ■ .. -. . w'w
V ' **   V       13     '' '
"Novembre
Canton. 2787,
II paroit que le Noofka a eMi consifje-
rablement endommage par une bouras-
que, a son arrivee dans la rade de Ma-
'"&S\, et que- sSs-cfourriires jtirent ecfeorg
sequence envoy ees a San ton par un|
autre voieMii SIBi I
•ijj Ayant la maree pour nous , nous
levames Fancre a une heure, et fimes
force de voiles , avec-un venti^ieger et
variable , et un beau tems. Wampu ,
lieu de notre destination , reste presque
au nord-nord-ouest de Macao, dont il
ejst eloigne d'environ vingt - trois lieues*: i34||     Voyage  a L&ra'toEtlffC
-—--"--;       Du 11 au S:4rinou$ 'um.es oMupes a.
Novembr& j
1787. remonter ce passage ; le vent nbtiSRtltoit
constamment contraire, et nous etions
obliges dWjetter I'affltSre a chaqr^en. maree.
Le i4)&pres midi , ndus.depassdm^
Baeca^Tigrls^,1 et pen apres l&fflajpelset ant
basse^4 nous'iJ^tMrnes Fancre par ciriq
brasses et demie. En remontant la. riviere
depuis Macao, on trouve de huit a quatre
brasses d'eau ,Tond de rrYau^aisS-tenue.
Une chaloupe MandariiW' vint alors
a la hanche de notro'vaiSscau , et nous
amena une personne, charged par le gou-
Vernement, de rester sur notre bord. II
avoit assez Fair d'un de Ifos commis dW
la douane , et Fon nous inform a qu'il
etoit venu pour empicher la contrebande.
Le i5, a une heure du matin, nous
levamesFancre et mimes a la voile; f le NQROrdU^Tj* DE  feA^EA^UE-      V3"5
yeat^fenj^ieger et varjajbfe'*£i$s ch&lqupe,sj
* Ko^embrei
fitre^^mises Mftau^i&t £<&ifc1ali&ine& &     27S7.
la reM^q&ei^
v —' . -  -    •-, ^     *     -|'p
m-
Pendan$tfo«sSe laj^t$rneeifejr|iu gous,
JlrM^ft^^ la ri^i'ere^
etle>6^ a sixr lieuT^siiu^a^in nmQim.
jgtt&me&r Fa&jejfe f?a^^riS^ei;lt%^mde:<de
WamptAiyrpaKquat^a^feasses et demie^
pejjt ,apjg&$jjt@s pa"ssager^now^i:|quitterenllf
et a midi, ayant dojij3fejg^#jfei^n(l]Hirei
le batiment a la titePfle la flotte, le capitaine ©^ lunenbarqfier Chinoise
pouriffiga^L Cantiqn ^s'infi^BitiKr au bureaus
dela. Gonipagsie djg&fcdes.^dtes moyerW
l#s plus propres a tejrjtf neg psoi^i|ttenieBtr
nos afi^ires.^iSiiii im mm
A onze heures , nous levames Fancre et
nous halames notire varsseaui^remontant
la riviere et passant a travers la flotte. A
trois heures del'apres-niidi, nous jettames
I 4 i36 Voyage a  la^&V^v
—- Fancre d'affourche § par quafee tjrasses
Novembre
2787; et demie, foftd de vasfe:-, et nous ai^HarameS
avec Fancre de tonie.Le village d^W'S^^ptf
nous restoit a. Fouest-nord-ouest: Canton
est a quat<kz^JTOi'll^lp4uSOh^tt^v^ttr la
riviere; mai^il§^^sisseaftix des-di^rentes
nations* q^ffivoiat trafiqiieig& la'Chine
n'oaferpas^Q^b^fl^lss*i(^Jd^ter plus loin
que WampUvfeiiGa'i^iest^ai-, que la
riviere iliffipeutnpiorig^B^les egranctej vais-
seaux jusqu'a Canton.*k
-ro®omm%4^t4tebtlon dia capitaine Dixon,
etoit de procurelu^le prto^t possible a
1'equipage des provisionsifeiches , il ne
perdit pas un moment, et prit'^dus les
renseignemens necessaires pour remplir
cet objet. Nous apprlmes bientot que
malgre toutes les precautions dont il
s'armeroit, il lui seroit impossible d'eviter
d'itre trompi dans bien des choses : que
tous les vaisseaux etoient approvisionnes
Jfi NORD-OUEST , DE l'AmERIQUE.   lZj
de ce dont ils avoient besoin , par un of- • T       _ -
I Novembr©/.
ficier appelie comprador , qui demandoit     lj§jp
toujours un cumshau, ou gratification de
trois cent piastres, independamment des
benefices qu'il pouvoit faire sur les mar*
chandises • Jburnies.
Une extorsion de cette nature nous
parut exorbitante , et nous resolumes
de nous y soustraire , s'il etoit possible.
Le capitaine Tas&fer, arrive de Bombay,
dont le MtipLent etoit a Fancre pres du
n6tre, eut la bonte de nous offrir du boeuf
firais pour nos hesoins pressans. II fallut
cependant usea&de beaucoup de precautions pour en introduire dans notre vai^*
seau; car nous avions a chaque c6te un
Jioppo ou chaloupe de la douane a bord
desquelles il y avoit des eommis qui em-
pichoient qu'on ne nous apportat du
boeufii a moins qu'il jtie fut fourni par un
cpmprador. ri58       Voya<|e a la c6t%^
— "g -fr Pendant ce temsgcnos gens furent enih
3fovembre
J7^7*    ployes a detacher les voiles, les manoeuvrf^
courantes et a faire les reparations^les
plus urgentes.'|||
Le 17 an matin, notre ca|ii?ia^ei^airit>
de Canton ; les subrecargues de la Com-
pagnie Favoient inforrnei^uiijfny^ afeoit
pas riioyen de disposer de nsbd fourrure$<j
que le sur-intendant dejjpp>?douane de
Canton n'eut mesure notre bilfimenfc.\
et que comme le King-George- .etdit" at-'
tendu sous peu de temsgil ne se|$endrbip
pas a notre bor4 qu'il ne ;pnt faire en
nieme tems la visite dece dernier baiilj
ment. 'tm^sa^m     &H
Le hoppo, nafai que Fon donne ordi->
nairementk cet officier, a^Lijetres-grande
autoiiti, et occupe le premier rang a
Canton, apses le vice-*pi. Le capitksne
Tasker nous ayant fourni du- bcetif, et NORD-OUEST,   DE  l'AmEIUQUE.   l3g
llfomme qui etoit dans la chaloupe de ~
la douaii§ faiSant- tout ce qu'il pouvoit   ^S.1^
pour "t^o^^pro^li^r les legumes dont nous
anions besoi^rP7t$& accbftto^a^haque per>
^nned^l'equipagedeu5C>livres de viander,
par jour , e% des legumes en proportion. ^
^SKSS
TbSte* ] fi^re  provisi©8"'de liqulfcbi
fortes ei?bte^onsom^o^r>^;te 19, nous
aelietlimelj^ tonneaa
d5al$Seirpip!& &8uS payai*^s-^mquantei
iBfhcf piasWe^^Efe^ Fapr%s-niS&r, ii$>us
levames Fancre de tonee ,%t nous amaH
rames avec les deux ancres de poste , et
Fancre d'affourche , a laquelle-nous atta-
chanies 'tin vieux cable. Le hoppo ayamr
appf is que le capitaine Tasker nous avolc
envoye du boeuf, y mit ordre , et nou¥
fumes encore obliges de manger des provisions saiees , ou de payer a un compra-
t&r un cumshau extravagant. Sur ce4 en-
trifaites , M. Moore, premieV lieutenant J-7°7'
l4o ^JoYAGE  A  LA  c6tE,
-;   ' ^ - du navire le royal amira!; cbmmande par
.Novembre J /^BP 1m
le capitaine Huddart, vint nous rendre
visite, et niforme de notre embarras , iji
<eut la bonte d'entreprendre de nous four-
nir de boeuf, a condition que nou$ Firio^j
chercher tous les matins aveG^uch^loupeiJ
et que nous prendrions soin de ne pas le
-laisser appercevoir* Nous acceptamefp^ses
j&ffres detout notre coeur, et nous envovift
jtnes regulierememt, tous lfr&joucs, prendre,
notre provision a bord du I^yal-Am^ia|^|
Nous eumes assez dg bonl^eur pour ne
pas itre decouverts.
Le 23, notr% capitaine se rendit ig
Canton , et ayant appris que le King-
George etoit arrive a Macao, ilrevint le
mime soir pour nous faire part de cette
agreable nouvelle.
Le 24, le capitaine Dixon pri% la chaloupe ,|§t sept  hommes dejlequipage , NOR'D-OUEST*, DE L^Afl^ERIQUE.     l4l
pour aller a la rencontre du King-George, —
*• Novembrei.
et Faider a remorquer en cas que le vent     2787^
lui fut contraire pour remonter la riviere.
En visitant nos provisions, nous vimes
que nous pouvions disposer d'une pard^
et dans Fapris-midi nous vendimes trois
tierces de boeuf a un vaisseau de Livourne y
qui etoit a Fan^e dans la rMire, a raisort
de vingt-quatre piastres la E%rce.T
Le 25 , a midi, le King-George arriva'
dans la riviere ; il jetta Fancre aupris de>
nous , et nous eumes la satisfaction de
voir que tout l'equipage etoit en bonne?
sante.
Les succes du capitaine Portlock , sur
la c6te, depuis notre separation , n'ont
rien ete en comparaison des notres. II
ne?devoit pas esperer de trouver beau-
COupSSfourrures dans Fentree du Prince- e*»
i4a     Voyage a la c6te,
;■■-. William ; cependant il employa tous les
Novembre
1787. moyens possibles de sen procurer : ses
chaloupes etoient conttpuellementi dans
les criques et dans les entrees voisines,
et qudquefois mime assez eloignees du
yaisseau.
La grande barque avoit ete plus lieu-
reuse dans la riviere de Cook , et elle,
s'etoit vue dans la necessite de reyenir
prendre un second assortiment de merchandises , ayant debite tout cf| qu'elle
avoit emporte lors de sa premiere excufj|
sion,
Apres avoir quitte Fentree du Rgince-
iWilliam, le capitaine Portlock etoit arrive
a la vue d'un havre situe entre Fentree de
la croix et la baie des iles. Le passage qij|
y conduit*est assez ;jlangereux, et comme
il ne fournit pas une grande quantite dg
fourrures, ceux qui navigi^et^nt dans c&jfc NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.     l43
parages peuvent se dispenser d'y entrer.     -
r I Novembre
Le grand bateau avoit decouvert un pas^     2787.
sage pour se rendre de cet endroit dans
L'-entree de Norfolk, et les Indiens mon-
Cerent aux gens de F equipage des bouite
loires de fer-blanc et des bassies d'etaii^r
que ceux-ci reconnurent aussi-tbt  pour
des marchandisesque nous avions troquees
avec ces sauvages. Ml
De-la, le capitaine Portlock porta sur
les iles Sandwich, ou il arriva environ
une semaine apris que nous les eumes
quittees ; il est done tre^feeureux poutf
nous que nous ayons rencohtre le navire*
le Prince-de-Galles , par le travers de
Fentree du Roi-George; car nbus aurions'
[perdu beaucoup de tems a attendre le
[capitaine Portlock dans cet endroit.
Le 26 au matin, les deux capitaines se
?endirent k Canton, et ne re vinrent k bord i|44        Voyage a la c6te,
r: que dans Fapres-midi du 27. M. Browne,
JJovembre
A787. president des subrecargues, assura que le
surintendant de la douane , ou John
Tuck, ( comme l'appellent ordinairement
les Chinois ) mesureroit nos deux batimens sous peu de tems , et qu'aussit6t
apres, nos affaires seroient expediees sans?
delai. Pendant ce tems, nos gens s'occu-
pirent a visiter les manoeuvres , et a faire
toutes les reparations necessaires.
Le 29 , vers les trois heures de Fapres-
midi, M. William Macleod, premier lieutenant du King-George, rendit le dernier
soupir. Sa mort n'a point ete occasionnee
par une maladie contractee dans le cours
de notre voyage, mais par un mal dans le
canal de Furetre, dont il etoit afflige depuis
bien long-tems, cequi lui occasionna une
retention d'urine et d'autres symptomes
alarm ans vers la fin de notre voyage. A
F epoque ou^l tomba malade ( qui fut le
,. S   !% -   c ; !;•' 28) NQftprOUEST 7 W lAm^riQUe.   $&!p
28 )  il  s'etoit $eendu a bord <^ ,Lock^- =a
• $*Tovembre
vaisseau de la{Compagni(e,^^.^jjlespour 17S7.
y faire une visj^^il y b*"$ l#i|N$6" mid^ij|
la bifi§£: viedle.pSoi^4499®|nbiite^4
reprit aussi - t$t! j avec tant de violea^
qu'on regard.e ce^ leger^^^ coa|in^^|
cause immediate de Sj%agci^^^j^g^iiD,g-
versellement regrettj^ife* #g^ffii& etffde
ses connoissances, e^^nj^^nt^r%jiiarji§
Fapres-mMi du 3o, dans FH& des &anQ^^
Le 2 decembre, sur les dix heures du
Decembre
matin, nous eumesriihionnei^r de reefcvoir 1787.
a bord lohn Twc^^on?;rcart^ge/dfoit
nojabreux ; on luL joejliitki lefe^^mes
honneurs qua un princfe^fci %@h a^riii^e
sur le post, tbusiljea^l^ujiy^
gnoient kfsaluerent, en>ipLi^tt«n1rieaigeBiOu
en terre. r^tWM^itl
p    Cette   vis^il^' semble?^ni^&re s^'iune
pure formaliti, carj0^5^|psa^si*ra qp^ldii
Tome IL K Hj6        Voyage a la c6te,
: j^fi&at de misaine au couronnement, et la
Decembre *
1/7S7: largeur du vaisseau pris du passe-avant;
il ne pouvoit avoir par-la qu'une idee
tre#iinparfaite du port de notre batiment.
Apr-is cette momerie, il demanda mille
]SvTe§%terlings^-comme un dr#it de port.
SdU Excellence nous fit present de deux
^fefrles de huit j aires de samshu, (liqueur
si mauvaisoque nous la jettames dans la
riviere$| et>de huit sacs de ris moulu,
pesant environ quarante livres chacun.
*^ ww wm:i. *-.;•- ww.1 mi •■ :w=w  ;. w  .
Quand &£tte formalite necessaire fut
Mchev^fnaus ne songeames plus quk
faire passer nos fotirrures a Canton. Nous
primes les rehseignemens necessaires , et
-*0gifioi^informa qtf'il falloit nous pour-
i^^^ui^c^og^ou bateau de la douane,
pour porter la cargaison de chaque vaisseau a Canton, et que cela nous couteroit
aquinze piastres -par   chaque batiment.
iMais, GGmz&&l&€afgaisondu King-George NORD^UEST, DE l'AmISRIQUE.    l47
etoit fort inferieure a la n6f j^^iousjugeab ■
* 'D^censbr©
mes qu'en prenant ses fourrures sur notre     1787^
bord, nous pourrions epargner la depense
d'un second bateau. Le c^itaa^ePqEfiock
nous envoya en consequeja^essept barrildjgfc
deuxc&pres.pieins de?|f^i^»ig§|'<|^
J^g ^v Jes^iiiJM^^I^ixon &£ rendxft
a Canton pour, faire preparer toutes choses
dai^ nc^re^ A%(^^fri^^uri§^^evoiiL nxai'
£ourrurpji,.jp$^oH^ u& ha team de*
i^nspcgg^J^e /. 5 au ^^feilb^in i choppd
vint grsendre^motr^jf^i^
^^^|lg^kv,^voya encore jk:£®igi un petit
coffee et unr ballot detfouri^e^riixeoosT
.Nou^^nypjaTiiJi^ %. Qafrtc^viRgt-iBoas
barri^?7 JLleux rCpffre^e^^eji^scai^esa^
contenoie^J^Jg^i^^^i^
et sept barrils. trois coffres et uiij ballot
x -
qu^v, agpar^e^jgg^ ajq ]j^|^jQ^Qrge..^ j&
serai, (proba-ble.ment, e», etat de  tew don^
K 2 Decembre
1787.    tancie.
^$& i'0O Y A G E  US lBI^T E ,
idbr  plus^tard un .det^^pliii circonit
sJDepuisI notre a&Svee j^^^wiPibe moment , nos genW' avoient ete oceu^^l|
reprendre les npalans, et a faire touteWes
reparations necessaires. Notre grande ver-
pie ayant etef* condamnee^, on lui en
substitua une d#^echange^nbiM: eumes
encore plusieurs^>J^rations mollis' inrj^or-
tantes, mais eg&lement nJfessaires. Le
(k£[«ous cominen^amesJ a^etto^er les
cafes, et nous envoyames ft terre%o*s tofflf
neaux vides pour iti^relies. Les~-voilierB
raccommoderent^les vleilles vofle^^ 'eri
firent faire de neuves. Ces differens soins
nbus prirent pres d'uii%ioS^^Ks lious
aT^ons du tems de reMiv car J£lictfjfefill
pas fouritufes n'#t|fent vendil^^et'^fi^
tpfe<4e que nous nous ehlSssibns dSfifits-,
aous?ne pouvions pasp^fitii^ffiSSfivenS
cargaison pou^4a^^mpap#ll^&d^P NORD-OUEST, DEjal^AM^RIgUE.   ^9
Le 26, les charpentiers commencerent
D.e&embre
a calfater entre les ponts. Le capitaine     1787*
Portlockaehetaunbonnombre de Cannes
pour le fardage de la calle. Cette apres-
lA'^aSaaaBa?^   l 5 J ^ I
dinee , nous avons recu du navire la
Roze $Q7 bo^es^ejGa^iegj. et: le 27, un
§upplei^entjle 563.
j^j, Nous.esperjLji^aycjpbien^tdebonnes
^ouvelleswde tjantiji, et nos, preparatifs
pour ip^ypjEr a bord la cargaison de tb^
que nous attentions, son^*jr]pssq^eacheve|fe
^^u.Jesuis ton ami.
§iy w. b.
t*%
K 3 Voyage7a la?J6tB;*
De Macao, le 10 fevrier 27B8.,,
U4JVAU
W^.''4ir4«
.Hi Desiraztt vivement 5esv*ffi^i^i^e ^fi#
seau prit a recevoir la caTga%38&f^^&&
attendons, et le tems n'etant pas bien
fissure , n'b&l lou4mes deux calfats1 du
fiugthoii^jjvaisseau de fe cofn^pa^fe de§
lildes pou^^der^abs bharpeiitiel^Il %%6ri
afcsolum eWt n ee£s%a5re qtL&ii&thW]$0Mh^^
fut parfaitement clos f^^Siit? '3e^"nbi#
hasarder a prendre a bord aucune caisse
de the.     £*£
Le 29 , FAlliance , navire americain ,
commande par le capitaine Read , vint
jets|er Fancre dans la riviere. Ce batiment
etoit primitivement une fregate, et, dans
notre malheureuse querelle avec les Ame-
ricains fertile avoit ete employee contre NORD-OUEST, DE L Am4riQJET.S*     l&'l?
nous avec quelque succes; mais Ttmn^^Z^/^
1 De*Jmor«
tenant il semble que les lances de cette    1787,
nation se soient changees en outils de jar-
dinage , et leurs fregates ^ien vaisseaux
manehands.
Depuis quelques jours , la provision
de boeuf qu©; nous foapnissoitxJe Royafe-
Amiral, ne nous etoit point regulieremenk
envoye%T et plusieurs fois |eous avions.
ete obliges de faire usage de nos salaisons;
cettegpegligence nous for<Qgo5de recburir
at
au capitaine Portlock (quisLJors de son
arrivee dan%;;la riviere , s'etoit arrange
avec un comprador) ;-etiei-3i ,nouscom-
menc^mes a recevoir notre boeuf, par lo
moyen du King-George.qjk p
La cale de Farfiere se trouvoit alors
nettoyee, etnos futailles pretesaitre rem-
plies. La grande chaloupe fut en consequence envoy ee a Canton, comme etant
■ :wf "    '*f •'■■   K 4 i$£     Voyage  a la c6te,
Fencfeoit le plus- voisin ou Fon put se pro:
Decaumte
27874    curer de Feau douce.
Pendant que nous faisions toutewdili-
gence a bord pour itre en etat de recevoir
une cargaison, si le conseil des subreaar-
gues de la compagnie jugeoi| a propos de
nous en envoyer une; nos affaires a Canton
nestoient toujours dans le mime etat, et
nos fourrures nefi se vendoient point.
yBowr te donner quelqu'idee de$#aisons
plus vraisemblabl^s-de ce delai, il est ne-
eessaire que je te dise quelques 'mots sur
In destination de nos peaux, sur lesmoyens
employes par les personnes qui etoient
chargees d'en disposer, enfin sur les diffe-
rens obstacles que les Chinois firent naitre,
pour empicher que la vente n'en fut avan-
lageuse.
Des Finstant ou le plan de notre voyage NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.     l53
fut arrite , il fut decide   que tojites lesl- ——^=
Decembre
fourrures quelconques que nous aurionsj    *7&fT'
pu nous procurer seroient vendues a la
Chine.  On jugea  en mime-tems   qu'il
ejapit tres-avantageux que nous  rappor-
tdssions  un   no.ufeau  chaxgement.   En
consequence de cet arrite, oriavoit fail*
une^convention avec la eoEp.pagnie  des
Indes; nos fourrures devoient itre ven*i
dues a un prix raisonnable a ses subre*-
cargues, ou itre laissees entre.leurs mains
pbur qu'ils s'en deflssent dans un autre
moment : et on etoit convenu'.^e leur*"
accorder tant pour cent sur la somiriei
totale de nos fourrures, quand ils s'ofe*
seroient debarrasses.      ysjii m
cwj   . ,   .    -.   ;ww .     • .- c,c:W..;-.w   ::. -   r*||/
Ces fourrures ne - fure*e$g pas plut6t:
transporters dans notre ■ cornptoir, que
des negocians attaches ada douane , en
prirentun etat exact. Ces g£ng;jf>ni'a~t-on
dit, donnent caution a Fempereur po^pt i54       Voyage  a  la c6te,
Decemb    ^e paienlent des droits; des gens employes
v^7*    par M. Brown, en prirent un second etat.
Nos peaux etoient convenablement
assorties ; la quantite reconnue par
M. Browne, et dont il devoit itre dispose i
etoit de 2552 peaux de loutres de mer,
* -*-£aaaaia(t
434 peaux  d'oursons , et 34 peaux de
renards.
Lereste de notre cargaison consistoit
en 1080 queues de castors, beaucoup de;
morceaux et de manteaux de peaux de:
castors , 110 peaux de veaux marins 1
environ i5o de castors de terre, 60 beaux:
manteaux de marmotte sans oreilles, et
un bon nombre de peaux de lapins des
Indes, de renards et de lynx, etc. On laissa
tous les objets a nos capitaines pour les
vendre de la maniere qu'ils jugeroientb
la plus avantageuse. Probablement ils
n'eurent pas d'autre raison pour en ag£& nok8-"&uest, de l'A^rique.   io3
ainsi, qpe de leur procurer de Farge^^^
vi, «i »*il*   Decembrd
pouries depenses courantes, et ils savoienl**
que ce qui leur restoit seroit akpeine suw
fisant Jbur fairefece a ces mimes depensesP
Qtfa.ttt-a kPti-vente de nos fourr#ffe8Aa>
jr'observerai d'abtlrd qu'il y>a&a Cantoib
ane compagrii®" de rienes neg6#Edte,' quo
$on nomme .tes Mong$^&axec lesquelfe
notre compa^TfedesIndesnegotie toutes;
ses affaires. C'est d'eux qufeFdfcachetd
tout lep the^Btrfies porcgferine^equeiFoiii
enfbye dans la Grande^Bre^agHB^et c'e&ij
a ces minxes riegocians que^nos foi&jrisqteb
furent proposees. On se croyoit sut- qu'ils
nous en debarrasserqif^t a-un prix avail*
tageux i maii nous nou# ttouvamtofiisalb
heur4iisemeiit trompe^dans notre :-$k{
tente, el: nous vigies troptaid lapfeprise?
l|u'avoienit"Kfaite nd& ^fop£ie%aires? y^on
laissant atlx sut^ecarsuesde la%omoa£nie!
le soin de disposer des ma*§iandises que
L i5§      VbrlfAGE ala c6te^c
I        — nous devibns rapporter. D^sqpe les nego>-
j) ecembre
2;S^. cians du hong eu^ent fi^e un prix a nos
fourrures ., apres les avoir examineeap
aucun autre negotiant n'auroit ose se presenter pour les acheter. II est encore bon
deiifemarquerqueles ordres etant donnes
de ne point diviseiirles fourrures pil se
trouvoit tres-peu de personnes capables
d'acheter une semblable quantite, et d'en
payer Ja valeur argent cofllptant, except
le&imembres^du hong. En outre, les droits
surjles marchandises ^dansgSe port do
Canton, ne paroissent pas itife percus
d'apres un tarif certain , m^filrf)lut6l^
suivant les caprices de ceux quit sonil
nommis par le hoppo pour les irnposer,-
et qui les fixent tantbt phis haut, tantbt
|fcis bas. Les membra^ du h^tgontheau-
coiip d'aujtorite sur ces gens; de maniere
igue quand mime il se^eroit present^
quelqu'autre personne qufe Auroit puw
acheter nos fourrures, et nous ej£don»<i"§ NORD-OUEST,  DE l'Am^RIQUE.    l5y
un prix avantageux, la crainte de payer •   ■«
r Decembre
un droit exorbitant auroit seul suffi pour     2787.
les empicher d'en faireFacquisition. Nous
avons vu plus d'une'#)is cette assertion
prouviede M maniere la plus evidente.
Nous restames dans cet embarras ,
^elativement a la vente de nos ^fourrures,
pendant le ^aaois de decembre et la plus
grande partie de janv^^ Nous n'avions
pas d'autre alternative qtte celle de nous
contenter d^bAes desavantageuses que
les>*iiegocians^du hong avoient faites aux
cffipfi^de la compagniejipu d'itre dans
la'^iieess^e de laisser nostlourrures, sans
itre vendue^fentre les mains des subr^
$argues£fes negotians du hong savoient
parfaitement que nous ne choisirions pas
ce dernier parti, s'il nous etoit possible
de F#£t3er. Pendant leiagime tems, nous
fious dittoes &es-avantage«sement d'une
partie des mardiandises ijdont on nous
"% i58        Voyage   a   la   cbi^E,
"" avoit laisse4Ja liberte de disposer;  le§
Pecembre S5g ^ft    i W^'l
2^7,     1080 queues furent payees deux piastro§
la price; les peaux de veanx marins > se
vendirent chacune 5 piastres, et on nous
en$lonna 55d?&n petit ballotde morceaj^
de fourrures.
Janvier
2788.
Le 7.Janvier 178,8.,,nofi^ejtvoyamesJa
Canton i3o pecules  de pierres a fusi|^
&n  ballpt   &$£* couvejG|ures et plusieurs
grosses del&on&Ies. cUn bate&u de F|jpppq
fut egale^enla%charge de pjejgrggia InsiJ
que lui ceda le KingrQ^prge. Les coj|£
ygrturesiSftless |)^icles avoient ete appoa>»
&§es pouriicommercerala^ec les ^merM
cains, et on ^©^Sj^vote^^^enque^e^
marchancttses sereieiiifcr. egaleiw^iibieii
^endues a lawChine. M
tfMm£
Le i4, noj^e* gailla^jiaffiiiire ;etanS
entierement cai&te ,^noiis^enduisimes
d'une aoucJie d'ht^tjfelet de^damar/et nous NORD-OUEST, DE   l' AmiIriQUE.   l5q
fimes la mime operation  aux mats de "*
hune et de misaine. ify
Le 20, deux capitaines de lacompagoie
des Indes vinrent examiner notre vaisr*
seau, par ordre des subrecargues, avan£
qu'ils envoy assent le the a bord. Ils trou-
verent plusieurs- defectuosites dans notre
dernier pont, nous donn^ent des avj$,
.pour les reparer convenablement, et nou£
envoyerentun charpentier et un calfat pour
aider nos gens, et pour%cceiere^'ou^*raget
Janvier
278|.
Dansii'apres-midi, un bateau nous
apporta 100 caissss de the-bouy; aw. 11
heures du soir, un vieux cable qui nous
tenoitlieu de cable d'affourche, serompib,
et nous nous servimes de Fancre a en>
peneler, et du cable de:. tonee pour assurer
le vaisseau.
Lies inspecteurs ayant ordonn4 que n
160      Voyage a  lax6te,
-: - ■;;-— notre dernier pont fut mis a flot, le 23,
Janvier
27H8. les charpentiers appriterent les bondes
pour cet effet; a 11 heures, les inspecteurs
vinrent encore; a bord^ct trouverent le
vaisseau mainrtenant susceptible de rece-
#oir une nargajisoh.
^; Le £rf$%kic3£s eumes Je bonheur de
ifecouvrer notre ancre d'affourche, et 9
brasses dis.tsrieux cable. |      ;,
Le 26 ,ltnos fourrures principales ;
savoir, les  2552 peaux de loutres , les
2)^4 d'oursons V& les &4 d^reriards furent
yenduesret reiaftises aux ^subrecargues de
iaoeompagnie des dndes pour la somme
^fe|5o,oo0tpia6iire^ : il sembloit dans ce
mardie; que Ton n&kt point d'avis a re-
x^voird^rnqsi^^ mais voyant qu'il
etoit impossible d'pbtenir  irti prix plufc
avantageux, et qu'il etoit plus que tems
de>pfenser ajmettre a la voile, ils furent
111 MIS forces
•*-i N
0RD-0UEST , DE L'AMERIQUE.    l6l
forces de se con tenter de cette offre, quoi- :===
Janvier
que fort inferieure a ce que nous avions 1788.
lieu d'esperer. Plusieurs raisons nous
obligerent de conclurece marche, et parmi
ces raisons il y en avoit de bien essentidles,
les fourrures apportees par le Nootka
avoient ete nouvellement vendues pour
la somme de 9750 piastres , 700 belles
peaux de loutres de mer ( provenant de
lacargaison de FAigle-Imperiale , capi-
taine Berkley) etoient entre les mains de
M. Beale , un des principaux proprietaires
residant a Canton .... 1000 peaux de
loutres avoient ete envoyees par les mis-
sjpnnaires Espagnols repandus dans la
Galifornie , et sur la partie de la cbte qui
avoisine Fentree du Roi-George , a Ma-
nille; et de cette ile on venoit de les
jenvoyer a Canton. Deux vaisseaux Francois revenant des cbtes d'Amerique, ou
ils avoient ete pour faire des decouvertes,
ct arrives depuis peu a Macao, s'etoient
-'-■>-■ ^. ^
Tome IL L i62 Voyage  a la c6te,
T aussi procure 200 belles fourrures de lou-
Janvier r
x7^7'    tres de mer. Qu'on ajoute k cette quantite
de pelleteries, un grand nombre de peaux
de lapins noirs et de veaux marins, qui
sont assez estimes a la Chine, et que Fon
venoitd'apporter d'Angleterre, on ne sera
plus etonne qu'une quantite si considerable de la mime espece de marchandises,
ait occasionni une baisse dont les nbtres
se sont   ressenties. Les Chinois avoient
une si grande abondance de   fourrures
qu'ils ne se soucioient plus d'en acheter.
Nos capitaines ,  apres  avoir murement
refiedii sur toutes ces entraves , jugirent
qu'il seroit plus prudent de terminer avec
les subrecargues , vu que par ce moyen,
( sans parler l$es autres raisons que j'ai
donnees) nous pourrions remettre a nos
proprietaires des lettres-de-change , et
faciliter notre depart.
Le 3o, nous recumes a bord le reste Janvi
NORD-OUEST,   DE   L'AMERIQUE.    l63
de,notre cargaisonde the. J'ai deja observe
que nous avions plusieurs ballots de four- '.^Vs!
rures de qualite inferieure, et des manteaux de peaux de marmottes que Fon
nous avoit permis de vendre , nous ne
nous etions defaits que d'une legere partie;
mais il falloit songer a vendre celle qui
nous restoit. Comme e'etoit la seule chose
qui nous retenoit encore a la Chine, nous
vendimes le tout a un Chinois nomme"
Chichinqua, ainsi que nos pierres k fusil,
nos boucles et nos couvertures, pour la
somme de 1 ooo piastres. Ce vieillard nous
assurant que son seul motif, en faisant
cette emplette etoit de nous debarrasser
de nos marchandises, et de hater notre
depart, etant facheux, disoit-il, que deux
vaisseaux aussi petits que les nbtres fus-
sent detenus dans un port, et exposes a
faire tant de depenses pour une semblable
bagatelle. Je suis dispose a croire que le
vieux Chichinqua etoit de bonne foi dans
L 2
ft Janvier
2
j64     Voyage  a la c6te,
ses protestations, car lorsque les fourrures
788. furent exposees en vente parmi ses ^ens ,
ils parurent n'en point faire le moindre
cas, quoiqu'il est certain qu'un mois
plutbt elles auroient ete vendues pour une
somme quatre fois plus considerable.
Nous n'avions alors la liberte de disposer d aucune chose.
JFevrier
a;88.
Notre cargaison fut ensuite arrangee
I dans le batiment, nos futallies remplies f
et tout ne tarda pas a itre prit pour
mettre a la voile. Le 5 fevrier , a 10
heures du.matin, noiis demarames , et a
midi nous mimes a la voileflaides d'une
brise du nord-nord-est. A 3 heures de
Fapres-midi , nous posames sur Fancre
d'affourche, au-dessous de la flotte mar-
chande, par six brasses : dans la soiree
nos capitaines revinrent de Canton, apres
avoir paye leurs facteurs et acheve toutes
leurs affaires dans cette ville. ■
NORO   OUEST,   DE l'AmERIQUE.     l65
Le 6 , le King-George leva Fancre;
mais n'ayant que tris-peu de vent, il se
fit remorquer jusqu'a ce qu'il eut depasse
la flotte. R vint nous rejoindre a quatre
heures. Comme nous avions vent contraire
nous etions obliges de jetter Fancre a
toutes les marees , et nous n'arrivames a
la vue de Macao que le lendemain a neuf
heures du matin , que nous jettames
Fancre dans la rade. Cette ville nous restoit
a Fouest-sud-ouest, et la pointe de Lintirs
a Fest , a la distance d'environ quatre
lieues. 9Sn
Notre grand objet etant maintenant
rempli , tu peux imaginer avec quelle
ardeur nous desirons une prompte et
heureuse traversee pour regagner la vieille
Albion ; mais personne ne le souhaite
plus vivement que ton ami, ^
"- : ,   ■ w. r.   ':
•    i 3
Fevrier
2-^88*
^J) Voyage a ia co te ,
LETTRE   XLV.
En rade , devant Macao, le 16 fevrier.
La Chine est si frequentee par les
Anglois, et tellement connue par le commerce immense qu'y fait notre compagnie
des Indes , que je me donnerois peut-itre
un ridicule , en te faisant part de mes
remarques sur cette contrie. Comme je
sais cependant que tu aimes les nouveau-
tes, et quepeut-itre ne connois-tula Chine
que par la description que nous en a faite
Duhalde, j'ai era te faire plaisir, en te
communiquant mes observations sur ce
pays et sur ses habitans.
Si nous jugeons la Chine au premier
coup-d'ceil, nous en aurons une idie tres- NORD-OUEST, DE lAm^RIQUE.       167
desavantageuse. Je ne crois pas qu'il y ait
sur le globe un pays dont F aspect soit aussi 1788-
sterile et aussi pauvre en apparence que
les iles de Lima, ou les campagnes que
nous vimes apres notre arrivee a Macao;
mais , quand on a depasse le Bocca-
Tigris, la scene commence a deyenir plus? -
riante. Dela a Canton , la riviere court
en serpentant, et, a chaque detour qu'elle
fait, on voit plusieurs branches qui s'eten-
dent au loin dans des directions differentes, dont les unes sont Fouvrage de la
nature, et les autres celui de Fart. Dans
ces divers points de vue, on appercoit une
grande quantite de villages; le paisage est
deiicieux et agreablement diversifie par J|i
des plaines et de jolies monticules. Sur la
time des cbteaux , 11 y a des.pagodes fort
eievees, qui en font Fornement. Les emi-»
nences sont couvertes d'arbres de toutes
especes; ils sont toujours verds , et of-
frent F image d'un printems eternel: les
I L 4 f. IBM i68     Voyage a la cote,
plaines produisent une grande quantite
Fevrier I j*
1788.     de Cannes a sucre et de nz,
Malgre* tous ces avantages combine's
de la nature et de Fart, ce coup-d'ceil qui
enchante a. une certaine distance, perd
beaucoup de son effet , quand on en
approche de plus pres. Le sol offre un
fonds sabloneux et de mauvaise qualite,
et il s'en- faut de beaucoup que la terre
soit couverte de cette verdure agreable
qui fait Fornement des campagnes d^f
l'Angleterre ; elle paroit peu propre au
paturage et en general a la culture des
rains.
Les villages , quoique nombreux et
fort peupies, n'offrent pour la plupart
que Fimage dune misere extreme, et je
ne crois pas que la grande quantite de
ris que Fon recolteici soit suffisante pour
les habitans, puisque tous les ans on en
1 NORD-OUEST, DE  L'AmERIQUE.    169
apporte beaucoup de Manille et des Indes
orientales.
Fevriei;
2788^
Le climat est extrimement malsain a
Wampu, et la variation dans la temperature de Fair est si grande et si subite
que j'ai souvent vu passer le thermometre
du 41e* degre au 86e- en vingt-quatre heures. La partie du nord est basse et mare-
cageuse , et il s'en eieve des brouillards
epais et humides qui causent des fievres
et des dyssenteries. II est cependant probable que la grande quantite d'arrak que
boivent les matelots contribue beaucoup
a cette derniere maladie,
Wampu, comme je Fai deja dit, est
le rendez-vous de tous les vaisseaux qui
commercent a la Chine. On y voit des
batimens anglois , francois, hollandois,
danois , suedois, italiens et prussiens ;
les Americains semblent aussi avoir sur- Fevrier
2788.
170      Voyage a la cote,
monte leur degout pour le the , et ils
trafiquent avec les Chinois pour s'en
procurer. L'Allemagne avoit, il y a peu
d'anne'es, une factorie a Canton , mais la
compagnie imperiale etant devenue insol-
vable, elle n'ose pas envoyer de vaisseaux
a la Chine, de peur qu'ils ne soient saisis
et retenus jusqu'a concurrence de la dette
qu'elle y a contractee.
Je crois fermement que le commerce
de notre compagnie des Indes, a la Chine,
est plus considerable a lui seul que celui
de toutes les autres nations ensemble , si
nous en exceptons le commerce que font
les negocians chinois avec Manille et Ba-
tavia, qui est tres-considerable.
Les capitaines de vaisseaux, pendant
le sejour qu'ils font en cet endroit, louent
des magasins sur le bord de la riviere;
ils y transportent leurs provisions et leur NORD-OUEST, DE l'Am^RIQUE.    171
cargaison , pendant qu'on radoube le
batiment; c'est encore dans cet endroit
que se font les operations que Fon nef
peut executor a bord. Les Francois ont
a cet egard beaucoup plus d'avantages
que nous ; leurs magasins sont situes
dans une ile dont le terrein est sec, et
ou ils ont non-seulement toutes les com-
modites requises pour les differens tra-
vaux, mais encore un hbpital pour les
malades. Les magasins anglois sont au
1 — -'   ■  -
contraire places pour la plupart sur le
terrein marecageux dont j'ai deja parie,
et par consequent bien eloigns de jouir
des mimes commoditis. ?$£
Fevrier
1788.,
Canton est situe sur le Tigris , a environ quatre lieues de Wampu. Les differentes nations qui trafiquent avec les
Chinois, y ont leurs comptoirs ou resident
les consuls ou subrecargues. Ces comptoirs
forment une assez belle file de batimens Fevrier
2788.
172      Voyage a la c6te$
duri quart de mille de longueur, et place'e
sur une espece de quai, pres de la riviere;
mais Fhbtel de la compagnie angloise
Femporte infiniment sur tous les autres
en commodite et en elegance. Aucun agent
des differentes compagnies n'a la liberte
de rester a. Canton apres le depart des
vaisseaux ; ils doivent toujours quitter
cette ville avec le dernier batiment pour
se rendre a Macao, lieu ordinaire de leur
sejour, et ils y restent jusqu'a ce que de
nouveaux navires arrivent dans ces parages.
Pres de ces comptoirs publics, il y a
line certaine quantite de factories parti-
culieres occupees par les capitaines des
differens vaisseaux; ils les Ibiient de la
compagnie du hong pour le tems de leur
sejour, residant ordinairement a Canton,
afiri d'itre plus a portie de terminer
leurs affaires avec les subrecargues * ou NORD-OUEST, DE lAm^RIQUE.      173
toutes autres qui peuvent les amener a la
Chine.
Fevrier
1788..
PL
La ville et les fauxbourgs de Canton
sont situes derriere ces comptoirs. Je ne
puis te donner qu'une idee bien impar-
faite de la ville ou aucun etranger n'a la
liberte d'entrer. Les rues des fauxbourgs
sont etroites, incommodes , mais assez
propres , et pavees de larges pierres de
taille; les boutiques et magasins des ne-*
gocians et manufacturiers de Canton,
occupent la plus grande partie des fauxbourgs; parmi ces batimens , il y en ade
tres-vasres, et le plus grand nombre n'a
qu'un seul etage.
Canton est extrimement peuple*, mais
rien ne fait mieux voir la difficulte qu'il
y a de se former une idee juste du nombre
de ses habitans, que la diversite d'opinions
de tant d'auteurs qui ont ecrit sir ce 174 Voyage a la c6te,
. sujet. Les uns font monter la population
FeVrier
2788^ de cette ville a un million d'ames , les
autres k quatre-vingt mille seulement.
Sans avoir egard a une disproportion si
absurde, je prendrai la liberte de dire
que je regarde le sentiment de M. King
comme le plus raisonnable : il reconnoit
cent cinquante mille habitans a Canton ,
et certainement son calcul n'est pas exa-
gere.
II y a en outre des gens qui vivent
en famille sur Feau, dans des bateaux
qu'ils nomment sampanes, et on en fait
monter le nombre au moins a quarante
mille: la plupart sont pauvres; ils vivent
de la piche , ou s'occupent a differens
ouvrages sur les bords de la riviere, quand
ils en trouvent Foccasion j ce qui ne leur
fournit qu'une subsistance extrimement
pricaire. II y en a d'autres qui, comme
nos bateliers, sont toujours prits a vous NORD-OUEST,  DE   l'Am;ERIQUE.    1^5
conduire d'un lieu a un autre. Pour deux
piastres, vous pouvez louer un superbe
sampane qui vous porte de Wampu k
Canton, et vous y trouvez tout ce qui est
necessaire pour huit ou dix personnes.
Ces bateaux sont meubies comme un
petit salon, avec des tables et des chaises
pour les passagers , il y a des jalousies
ornees de perles , et ces batimens sont
couverts de bambous , qui forment une
Voute joliment travailiee.
Le bas-peuple ne vit que de riz et
quelquefois il mange du poisson, mais en
si petite quantitS qu'a peine en peut-il
sentir le gout. Les mandarins et les Chinois , qui ont de la fortune , jouissent
au contraire de tous les plaisirs imagi-
nables; leurs tables sont couvertes des
mets les plus deiicats , et ils sont sur-
tout grands imateurs de sauces tres-
rdevees. Hi Fevrier
176        Voyage a la   c6te,
H y a ici une grande quantite de 16-
2788.,    gumes, tels que choux, carottes, patates,
herbes, etc. et cependant la basse classe
du peuple est si pauvre qu'elle peut a
peine s'en procurer,
Les ouvriers j employes dans les dif-
Ferentes manufactures sont extrimement
,adroits; mais je necrois pas devoir parler
de la porcdaine qui s'y fabrique, car il
n'y a pas de femmes en Angleterre, qui
ne puisse discourir une heure entiire sur
la propreti et F elegance du dernier service
dont elle a fait emplette, quoiqu'assure-
ment il ne lui ait pas coute aussi cher
que ceux de ses voisines : elle finit par
s'etonner comment quelques personnes
peu vent avoir si mauvais gout.
Les soieries et les velours sont remar-
quables par la variete et le bon gotit qui
rignent dans les dessins: ils ne sont cependant NORD-OUEST, DE   L'AMERIQUE.    177
pendant pas a comparer a ceux que Fon-       —
r r Fevrier
fabrique dans Spitalfields ( 1) ; les etoffes     2788.
etant moins solides et perdant bien plutbt
leur lustre.
(1)  Spitalfields est une espece de'fauxbourg de?
Londres qui touche maintenant a la cite. II est prin-
cipalement habite par des families franchises qui s'y
sont refugiees pour cause de religion, et qui y ont
etabli des manufactures de soieries r qui ne le cedent
point a celles de France.  Cette emigration fatale a
port£ un coup funeste au commerce de notre pays.
L'£dit qui accorde aux protestans francois une liberty
civile dont ils avoient ete si long-tems prives , cette
preuve de la sagesse d'un roi aussi juste qu'eclair <§,
ne reparera pas peut-etre le mal que des siecles de
persecution ont occasionne , mais il empechera qu'il
ne se perpetue. Les Francois n'iront plus cbercher
dans d'autres pays une liberty qu'ils trouveront dans
leurs foyers. Les etrangers , au contraire, attires par
l'influence d'un climat plus beau ,  s'y rendront en
foule,  et nous  verrons bientd.t en France les arts
acquerir un nouveau degre* de perfection , et toutes
les nations s'empresser d'y verser leur Industrie et
leurs richesses. Note du traducteur.
Tome IL M Fevrier
178      Voyage a la c6te,
Les artisans sont en general extrime-
2788. ment admits, et prmcipalement ceux qui
travaillent en marquetterie et en lacs: il
faut cependant observer que leurs ouvrages
ne sont que de fantaisie et peu calculis
pour une utilite redle.
Les Chinois se rasent la tite et ne
laissent qu'une touffe de cheveux sur le
sommet, comme dans leur enfance on
a soin de leur couper souvent les cheveux
ils viennent extrimement longs dans Fen-
drqit ou on les laisse croitre , et ils en
forment une triple tresse; cette coutume
est assez singuliere; mais je la crois gi-
nerale dans tout F orient.
Les femmes laissent croitre leurs cheveux et les arrangent en plusieurs cercles
formant un cbne sur le sommet de la tite.
Les Chinoises qui ont de la fortune , placent entre ces cercles une grande quantite Fevrier
NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    179
de diverses sortes d'ornemens, elles regar-
dent les petits pieds comme une perlec- 88^
tion; on les leur tient etroitement serres
des leur enfance , et par ce moyen elles
sont presque toutes dans l'impossibilite de
marcher.
Je ne puis dire que peu de chose sur
le gouvernement des Chinois. L'empereur
est d'origine tartare, et ce monarque peut
itre considere comme despote; au moins,
d'apres notre propre experience, sommes-
nous en etat d'assurer que la douane et
les autres bureaux' dont le pouvoir emane
de lui , exercent une autorite absolue.
Nous avons cependant, a plusieurs egards,
des preuves incontestables de la superio-
rite de leur police sur tous les pays du
monde; car les subrecargues anglois laissent souvent a Canton, lorsqu'ils en par-
tent pour se rendre a Macao, une somme
d'au moins cent mille livres sterlings , et
M 2, 11^3"
Fevrier
2788.
180      Voyage a la  cote,
n'ont d'autres suretcs que le cachet des
membres du honer et des mandarins. Les
capitaines qui ont des factories particu-
lieres, laissent, sans la moindre inquietude , leurs marchandises et leur argent a
la garde des domestiques chinois, et je
ne crois pas que Fon cite un exemple qu'ils
aient jamais manque de fidelite,
Je t'ai dit plus haut que les Chinois
aimoient beaucoup les epices; cependant
ils ne sont pas tres - gourmands, et ne
font que deux repas par jour ; le premier,
vers les dix heures du matin, et le second,
a. cinq heures de Fapres-midi. Ceux qui
ne sont pas dans le commerce, emploient
le reste du tems a ftimer, a. prendre du
the, et k rendre visite a leurs voisins.
La langne chinoise est extrimement
difficile, non qu'elle soit tres-riche, mais,
au contraire, parce qu'elle manque d'ex- nord-ouest, de lAmerique.   181
pressions. Un seul mot a plusieurs signi- —,——
fications, suivant le ton dont il est pro- pf|*
nonce; de sorte qu'en parlant, les Chinois
ont Fair de chanter. Je crois que plusieurs
Chinois reunis et obliges de parler bas,
ne pourroient s'entendre que bien diffi-
cilement.
II n'y a pas d'apparence que Fon puisse
jamais remidier a ce defaut essentiel de
leur langue. Les mandarins affectent d'e-
crire en caracteres qui ne sont connus que
d'eux, afin de n'itre pas his par le bas-
peuple. Cette manie empichera toujours
la langue chinoise de parvenir au point
d'itre entendue de tout le monde en general.
Ils ecrivent en colonne du haut j en
bas, et de la mime maniere que nous
posons nos chiffres pour additionner
par livres , sols  et deniers , commen- 182        Voyage a la cote,
cant toujours  a droite ,  et  finissant a
yuu.       g.
Fevrier
2788.    gauche.
Leur arithmetique est detimale, et
ils comptent toutes choses par dixaine i
ils n'ont aucune idee de chiffres pour faire
leurs calculs, et cependant ils sont tres-
habiles a additionner leurs comptes que{s
qu'ils soient, par des boules de bois qu'ils
font couler sur des fuseaux, dans une
espece de boite ouverte.
La piastre d'Espagne est la principale
ynonnoie qui soit ici en circulation ; la
seule piece que Fon batte dans ce vaste
empire, est d'un mauvais cuivre; on
1'appelle cash, et quatre-.vingt equivalent
a huit deniers sterlings (ou 16 sols de
France).
Les Chinois sont pa'iens, car chaque
famille a son dieu tttteiaire. Cest une .     NORD-OUEST,DE l'AmERIQUE.     l83
image qu'ils placent ordirtairement dans
F endroit le plus apparent de la maison,
et qui est decode selon leur caprice. lis
conservent pendant la nuit une lampe qui
brule constamment devant cette image.
II y a dans tous les bateaux qui couvrent
la riviere , un endroit a Farriere , destine
a recevoir Ios (nom qu'ils donnent a cette
image ou a ce dieu ), et on a grand soin
de tenir la demeure de la divinite bien
edairee pendant la nuit. Cependant plusieurs, meme parmi les gens du commun*
ont assez de dispernement pour reconnoitre la faussete de divinites si ridicules**
et ils admettent un Etre supreme invisible*
et qui existe de toute eternite.
La polygamic est ici permise dans toute
son etendue, et les gens de distinction
eittretiennent ordinairement beaucoup de
femmes: Cette permission est cependant
tres-souvent insuffisante pour satisfaire
. H       "f -  . '■' M 4
>-aft. 184      Voyage a la c 6 t £,
leurs desirs effrenes. Ils prennent le plus
J-   O V J. J.OJL I
2788. grand soin d'empicher les itrangers d a-
voir aucun commerce avec leurs femmes,
et si on en prend quelqu'un sur le fait,
il est sur d'itre condamni a la prison ou
a une amende tres-forte.
II paroit assez singulier qu'un peuple
qui fait un commerce si etendu avec les
nations civilisees, et dont les progres dans
les arts de la peinture, de Farchitecture,
etc. sont si surprenans, il paroit singulier,
dis-je, qu'il n'ait aucune idee de la mu-
sique. La troupe qui accompagnoit son
excellence le hoppo, quand il vint prendre
la mesure de nos batimens, et qui etoit
sans doute composee des plus habiles
maitres dans Fart, consistoit en deux
hommes portant chacun une timballe de
cuivre sur laquelle ils frappoient comme
sur un tambour, et trois ou quatre autres,
qui avoient des fluttes assez semblables a i
NORD-OUEST,   DE l'AmISRIQUE. Wf85
nos cornemuses. On'pouvoit comparer
Fharmonie des sons qui sortoient de ces
instrumens, au bruit de la corne d'un
chatreur de cochons qui se joindroit au
gloussement d'une bande d'oies. Railler^
a part, il est certain qu'ils ne connois-
sent pas ce que c'est que meiodie, et
que suiF ce point les sauvages que
nous avons vus le long des cbtes de
FAmerique leur sont infiniment supe ~
rieurs.
La Chine fournit assez abondamment
du boeuf, du mouton, du pore, des chi-
vres, des oies , des canards, des poules,
etc. Les boeufs y sont bons, mais fort pe-
tits, et le quartier ne pese gueres que de
5o a 70 livres. Les cochons sont bien
nourris , et singulierement gras , leur
ventre Iranian t presque toujours a terre.
La volaille est de beaucoup inferieure a
la volaille d'Angletesre*?:
Fevrier
1788, 186     Voyage a la cote^
Tout a. la chine se vend au poids. Les
788. poids sont le catty et le pecule. Le pecule
est compose de cent cattys, et le catty
repond a peu pres a vingt onces et un
quart poids d'Angleterre. Les compradors
qui, comme je Fai deja observe, four-
nissent ici les differens vaisseaux des
choses dont ils ont besoin, pesent tous
les animaux en vie, et emploient toutes
. les ruses possibles pour augmenter leur
poids. Ils leur font souvent avaler des
pierres, ou bien ils leur donnent du sel
et de Feau pour les alterer; en un mot,
ils ne negligent rien de ce qui peut les
aider a tromper ceux qui les emploient.
Je finirai ces details tres-succints sur ce
qui a rapport aux Chinois, en disant qu'un
tres-petit nombre excepte, tous les indi-
vidus sont de mauvaise foi, et ne songent
qu'a tromper.
■,t|| On vient de me donner un detail par- NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.     187
ticulier sur le commerce des fourrures;
je ten ferai part dans ma prochaine lettre.   L |||
En attendant, crois-moi bien sincerement
Fevrier
a
ton ami,
W. B.
LETTRE   X L V I.
De Macao, le 20 fevrier 1788.
Pendant que le capitaine Dixon etoit
a Canton, un particulier qui yl reside,
voulut bien lui communiquer un detail
circonstancie de tout ce qui avoit rapport
au commerce de fourrures, depuis son
commencement. Comme tu es toi-mime
un homme de commerce, tout ce que je
pourrai te dire a cet egard sera fait pour
t'interesser. Ce que tu trouveras ci-apres
est tire des minutes communiquees au
capitaine. ijpt 188 Voyage a la  cote,
- — ----—=-       L'entree du Roi-George ayant ete de>
Fevrier
1788. signee par le feu capitaine Cook, comme
le lieu le plus propre a rassembler un
chargement de fourrures pretieiises, le
premier batiment qui partit pour faire ce
commerce, fut destine pour ces parages,
e'etoit un brigantin de 60 tonneaux, et
- de trente hommes d'equipage, commande
par James Hanna. Le capitaine Hanna
quitta le Typa en avril 1785, et arriva
dans Fentree du Roi-George au mois d' aout
suivant. Pendant l'espace d'environ cinq
semaines, il s'y procura 56o peaux de lou-
tres de mer. Ayant quitte la cbte au mois
de septembre, dans celui de decembre de
la mime annie, il arriva a Macao.
Ces peaux furent vendues a Canton
Je 21 mars 1786, aux prix suivans ;
S a v o 1 r :
i4o peaux de premiere qualite, NORD OUEST,   DE l'AmERIQUE.    189
a raison de 60 piastres.. 8400 piastres.
i75 id. a . ,  45 7875    -'
80 id. a ,  . 3o 2400
55 id. a . . i5 . . . . . 826
5o id. a ,  . 10 5oo
5oo peaux entiires.
t
Fevrier
240 bandes et pieces
estimees a,
60 peaux vendues pour   600
56o peaux de loutres.
Total de la valeur des bbjets. 20600
Encourages par des commencemens
si heureux, les particuliers qui avoient fait
cette entreprise, d|jpicherent une seconde
fois le capitaine Hanna. Ilpartit de Macao
en mai 1786, sur le senaut le Sea-Otter,
de cent vingt tonneaux, et de 3o hommes 190      Voyage a la c6te,
d'equipage. Ses instructions etoient de se
Fevrier 220
2788. porter dans Fentree du Roi-George, ou il
avoit eu tant de succes, et dy poursuivre
le commerce comme il avoit commence.
Ily arriva au mois d'aout, mais les choses
etoient bien changees. Cumakeela, chef
indien, avec lequel il avoit fait connois-
sance, lors de son premier sejour dans cet
endroit, Finforma que deux vaisseau^ M
avoient touche depuis peu, et qu'ils en
avoient emporte toutes les fourrures.
Johnm'key, dont j'ai deja. parie , et qu'il
y trouva, lui confirma le rapport du vieux
chef. Desirant cependant faire raffraichir
son equipage, parmi lequel il se trouvoit
plusieurs personnes attaquees du scorbut,,
il resta, a Fancre dans cette entree, pendant environ quinze jours, et y acheta
line cinquantaine de ]|§aux de loutres de
||| premiere qualite qui lui furent apposes
par les naturels des contrees1 plus eioi-
gnees.Le capitaine Hanna rangea ensuite NORD-OUEST, DE  L'AMERIQUE.      iqi
la cbte, en la remontant, jusques pres du
53e- degre de latitude nord. II jetta Fancre
dans la baie de Saint-Patrick par le 5q
degres 42 minutes de latitude nord, et
eut des conferences avec les indiens; mais
il en obtint peu de fourrures qui eussenj:
quelque valeur. II quitta la cbte le l01"-
octobre, et arriva a Macao le 8 fevrier,
1788.
Fevrier
Les fourrures que le capitaine Hanna
rapporta de cette expedition furent vendues a Canton le 12 mars 1787 , et ne,
consistoient qu'en
100 peaux de loutres
vendues au prix de 5o
piastres    .    .    ,    .    ^  5,ooo pi&stres,
Et 3oo bandes et
morceaux de differentes
grandeurs,
De peaux de loutres* m n
192       Voyage  a la  c^te,
* IP?
'   '    ' ' De Vautre part,    .    5,000 piastres.
Fevrier m HP
2788. dont plusieurs assez
mauvaises, a raison de
1 o piastres, chacune    .    3,ooo
Total .
8,000 piastres.
Le senaut le capitaine Cook, capitaine
Lorie, du poids de 3oo tonneaux, et le
senaut FExperiment, capitaine Guise, de
ii 00 tonneaux, furent equippes a Bombay, et mirent a la voile au commencement de 1786. Ils arriverent en Juin dans
Fentree du Roi - George, et y acheterent
pres de 600 peaux de loutres. Apres avoir
quitte cette entree, ils rangerent la cbte
en la remontant, et trouverent une autre
entree tres-vaste, vers le 5ie- degre de
latitude nord, a laquelle ils donnerent
le nom d'entree de la Reine - Charlotte.
De-la ils poursuivirent leur route vers
Fentree du Prince-William. NORjPtQUEST,  de l'AmiSriQUE.    J97
II ne m'est pas possible de dife quand
ils quitterent la cbte; mais les cargaisons
I des deux navires furent vendues a Canton, le 4 avril 1787. Elles etoient com-
posees aes fourrures suivantes:    rf
Peaux deloutres,
de premiere qualite,
Idem, de seconde
qualite    .    .
ibidem , de troisie-
Fevrier
1788.
55
134
me
m
Idem, de quatrie-
Hae    .     .   &if
En     moitie
de
peaux     ....
En plus pe tits morceaux  .   . iffllp .
Pieces de fourrures jaunes et de qua-
lites inferieures,    .
63
46
33
i3i;
Total. ™ .    . 604 peaux deloutres.'
Tome IL
N
I J&8      Voyage  a la c6te,
S^.^&v"        Vendues en bloc, a raison de 4o pias-
2788.    tres ^a piece , elles rapporterent un total
de 24,boo piastres. Les quatre en sus des
600 furent donnees par dessus le marche.
D'apres ce detail, (qui cadre avec celui
donne par M. Key ) il paroit que eel
batimens se procurement toutes les fourrures qu'ils rapportirent , dans Fentree
du Roi-George, et qu'ils n'en trouverent
sur aucune autre partie de la cbte.
Le senaut le Nootka, capitaine Meares, fut frette au Bengale, par un certain
nombre de capitalitstes qui prirent le nom
de Compagnie du commerce de fourrures
dans le Bengale. 11 partit du Bengale en
mars 1786. Je t'ai deja parie de la destination de ce batiment et de son arrivee
a Macao. La cargais6n du Nootka'fut vendue a Canton, le 4 du mois dernier. Elle j
etoit composee des fourrures suivantes : .NORD-OUEST, DE
S   A V  O
5o peaux de
l'Amerique.
1 r :
*99
Fevrier
2788.
loutres, de
premiere
quality 7o t££
3,5oo Piast-
52 de secon-
de   quali
te , a . . 5o . . .
2,600
58 de troisie
"W-fi
me , a . . 35 . . .
2,o3o
3i   de qua-
trieme
qualite ,
grandes et
a    moitie
usees, a . 20 . . .
620
5o de    cin-
quieme
qualite   ,
grandes et
usees, a . i5 . . .
750
1
26 vieilleset
Ss
9,5oo       N 2 mmmm
Fevrier
2788.
200       V O Y A Gffc  a  LA   C 6 T E ,
DeT autre part , .... 9,5oo, ci, g,5oo
tres- mau-
^ r   piastres
VaiSeS , a   .      O    chaque
3o
267
\
12 grands
miorceaux
et bandes
de   peaux
deloutres,
a    .    .    .
10 . . .
17 plus   pe-
tits , a . .
5
\j , , ,
oy queues de
loutres,a.
*£*      ,      ,      m
3i  de quali
te inferieu.
9,63o, ci, g,63o
120
85
2o5 , ci,  2o5
74
59   w
n3, ci,  n3
■'it; '.   9^948 NORD-OUEST, DE lAm^RIQUE.    201
Ci-contre. . . . . . .%     9»94^
48 peaux de
loutres de
terre, bonnes   et
mauvai-
piastres
14 tres-mau-
vaises
peaux  de
castor, a .    3 . .
27 peaux de.
martre,au
prix de	
42
14
56, ci,
Outre les articles ci - dessus
mentionnes, le capitaine Meares
vendit a Canton 5o peaux de
loutre de premiere qualite, a rai^
Fevrier
2788.
ses , a . .    6 , chaque   288 , ci ,      288
56
10,292
* 3 202       Voyage a la c6te,
D'autre part  .    .    ...    10,292
Fevrier
1788.    son de  91   piastres ,  chacune ,
ci    4>55o
Total du montant de la car-
gaison 14,842
||tLe total des peatux de loutres,
outre celles de rebut , peut itre
regardexomme montant a ....    357.
J'ai deja rapporte tout ce qui etoit
relatif aux operations du capitaine Berkley; il est par consequent inutile de le
repeter ici. Sa cargaison consistoit en
800 peaux, la plupart de premiere qualite. Elles n'etoient pas vendues qtiand
nos capitaines quitterent Canton , mais
le prix qui y avoit ete fixe etoit de
00,000 piastres.
Les Espagnols , depuis deux ans ,
importent leurs peaux de loutres a la NORD-OUEST, DE  L'AfMiRIQUE.
Chine. lis se les procurent  aupres  (Je; «==
Fev.
evrier
Montrery et de San-Francisco,, et$\e$     %7^
sont toutes d'une qualite fort inferieur^,
Ce sont principalement les Padres qui font
ce commerce.
En 1787, ils importerent environ 20b
peaux, et au commencement de ce|t$
annee pres de i5oo. Ces fougf§pe§ n'e-
toient pas vendues lorsque nous ay^§
quitte Canton. Ils ont coutume ^e les
envoyer des etablissemens dont je vien$
de parler , a Acapulco, et ensuite parf Jes
gallions qu'ils font gartir tous les ans, a \
Manille; mais ils n'ont pas encore tent$
de freter des batimens pour aucun de
leurs etablissemens au nord.
L'Astrolabe et la Boussole, deux batimens francois, commandes par MM. de
la Peyrouse et de Langle, partirent de
.France en 1785. lis pretendeat avoir rallie
• i    - '    * $ 4     . :
*
L Fevrier
2788.
204 Voyage a la' c6te ,
la cbte d&FAmerique depuis l'etablisse-
ment Espagnol de Montrery jusqu'au 6oe*
degre de latitude nord. Cette assertion
ne paroit pas vraisemblable. Quoique ces
vaisseaux aient ete fire tes pour faire des
decouvertes, les capitaines n'ont cependant pas oublie que les fourrures etoient
un article precieux, et tandisqu'ils etoient
sur la cbte de FAmerique, ils se procure-
reot environ 600 peaux de loutres , la
plupart en pieces et d'une qualite tres*
mediocre. Ce sont absolument les mimes
qu'importent les Espagnols. Si MM. de
la Peyrouse et de Langle se fussent red-
lenient avances au 6oe- degre de latitude
nord, il n'y a point de doute qu'ils ne se
fussent procure des peaux d'une qualite
bien superieure.
Ces vaisseaux arriverent a Macao en
Janvier 1787, et leurs fourrures furent
vendues a Canton par les subrdcargues de
1 i
%>
NORD-OUEST,   DE  l'Am^RIQUE.   2o5
la compagnie des Indes Suedoises, pour:
10,000 piastres. Sjw
Je t'ai deja rapporte la plus grande
partie des details relatifs a la vente de
nos fourrures , et je t'ai dit dans quels
endroits nous nous les etions procurees.
H ne me reste qu'a t'observer que le total
de la vente s'est monte a 54,857 piastres.
En comparant la vente de nos fourrures avec celle des autres fourrures dont
je t'ai parie avant, tu appercevras aisement combien le prix de cette marchan-
dise varie dans- les marches de la Chine.
Sur les 2562 peaux de loutres de mer que
nous apportames a Canton, il y en avoit
au moins 2000 dont nous aurions du tirer
5o piastres, et le reste auroit pu itre vendu
en proportion.
Fevrier
-178&
II est impossible de determiner quel so6 Voyage a la c6tb>
est le genre de fourrures que les Russes
se procurent sur la c6te de FAmejraque,
parce qu'ils ne les apportent point au
marche de Canton.* Nous avons presque
la certitude qu'ils ne s'etendent que tres-
peu au-dela de la riviire de Cook, et
cet endroit ne fournit assnrement pas
tant de peaux de loutres que Fentree du
Roi-George. Je n'imagine pas qu'ils ras-
semblent annuellement plus de 5oo four-*
rures.
D'apres Fidee succinte que je t'ai don-
nee de cette branche de commerce, tu
dois juger que Fon pourroit en tirer un
avantage considerable, si die etoit mise
sur un bon pied. Le moyen d'y parvenir
seroit, je crois , d'etablir une factorie sur
Ja cbte, et la pointe septentrionale des
iles de la Reine-Charlotte me paroit itre
Fendroit le plus convenable. Sa situation
est presqu'a moitie chemin de la riviere NORD-OUEST , DE l' Am^RIQUE.   207
de Cook et de Fentree du Roi - George. •=^7=t==s
0        Fevrier
Toute la cbte au sud ne fournit, comme je *78&
Fai deja observe > que des fourrures de
qualite inferieure. Deux petits batimens
suffiroient , non - seulemeht pour reunir
toutes les peaux que Fon peut trouver
dans leshavres deja connus, mais encore
pour re.§onnor£re les differentes parties do
la cbte que Fon n'a pas encore visitees. H
y a en outre d'autres articles pretieux que
Fon peut s'y procurer, tels que du ginseng,
du cuivre, de Fhuile , des esparres, etc.
et une grande quantite de saumons. Je
soumets ces idees a des gens plus, ins-
truits que moi , quoique je 'sois ttes-
persuade qu'on peut etablir sur cette cbte
une branche de commerce qui dedom-
mageroit amplement les entrepreneurs,
des peines qu'ils prendroient. Adieu. Tout
a toi, |p
# w. b#. - i 2o8        Voyage a la cbTE,
Fevrier
1788.
LETTRE   XLVII.
En travers de la pointe de Java, le 27 marsf^SS.
Le 9 fevrier, a une heure apres-midi,
nous levames Fancre, et redescendlmes la
rade de MacaO, en cinglant au sud. Le
vent etoit leger et accompagne de fausses
brises. A cinq heures, nous renvoyames
notre pilote. Au coucher du soleil , le
Typa portoit nord 65 degres ouest, a environ trois lieues de distance; la grande
He Larrone sud 35 degres a Fest, et le pic
delintin nord 55 degres est. A sept heures et demie, la maree s'etant retiree, nous
jettames Fancre d'affourche par six brasses
d'eau sur un fond de vase.
Je t'observerai que Macao est soumis
aux Portugais ; mais, comme ils recoi-
vent des Chinois toutes les choses ne- NORD-OUEST, DE l'Am]ERIQUE.     2%%
cessaires a la vie , ils  n'osent rien faire —
Fevries
qui soit coritraire aux vues du viceroi de 2788
Canton. II en resulte que quoique n'etant
pas sujets des Chinois, ils n'en sont pas
moins obliges dobeir au viceroi, et de
se so timet tre a tous les impbts qu'il leur
plait d'exiger d'eux, quelqu'injustes qu'iJi
puissent itre.
Le 10 , a quatre heures du matin,
nous levames Fancre, et mimes a la voile
avec une bonne brise du nord-ouest et
un tems clair, gouvernant au sud^t un
peu a Fest. A dix heures, le pic de la
grande ile Larrone portoit nord 40 degres
est; a. sept lieues de (Mstance. A midi,
nous etions paries 21 degres 35.mMutes
nord, et par les 246 degres 4 minutes de
longitude ouest.
Du 10 au i3, nous eumes une brise
moderce et constamment a Fest, avec Fevrier
210     Voyage   a   la   c6te,
un beau tems. Dans la matinee du i3,
1788. une voile etrangere se montra au nord-
ouest. Notre latitude etoit, a. midi, de 18
degres 1 minute nord. L'apres-midi, le
batiment que nous avions appercu le matin, passa tout pres du King-George, et
nous apprlmes du capitaine Portlock que
e'etoit FAigle-Imperiale, capitaine Berkley, qui etoit destine pour Mauritins.
Du 17 au 20, nous eumes un bon
mat alise, et tres-beau tems. Le 20, sm^
les onze heures du matin, nous decou-
Tstimes File de Pulo-Sapata, portant sud*
ouest, a environ quatre lieues de distance. Cette ile, vue dans l'eioignement,
a la forme d'un Soulier chinois.
A midi, File portoit sud, 60 degres
ouest, a trois milles de distance, et un
petit rocher a Fouest de cette lie, sud 85
degres ouest. Notre latitude observe fut *»
NORD-OUEST, DE l'Am&RIQUE.     211
de 10 degres 4 minutes nord, et notre
. Fevrier
longitude de 25o degres 36 minutes ouest.    2788.
Le 21, etant par les 8 degres 44 mi~
nutes de latitude nord, nous trouvames
un courant violent qui nous portoit vers
le sud-ouest. Dans Fapris-midi du 23,
nous serrames le vent au slid-sud-est.
Notre latitude etoit de £ degres 31 minutes
nord, et 254 degres 56 minutes de Ion-,
gitude ouest.
A six heures du maiffei, le s5, nous
vimes k la distance d'environ quatre
lieues, une rangee d'iles, connues sous
le nom d'Anamba, qui couroient de Fest-
nord-est, au sud-est-quart-de-sud ; et
bientbt apris une petite ile de roche,
appellee PuloDomar, portanltsud. Amidi,
Pulo-Dbmar nous restoit au nord 37 de-
gres k Fest, a la distance de quatre ou
cinqlieues. Notre latitude etoit de 2 de*
I ♦ffeVr*
512       Voyage a la cote,
- ores 36 minutes nord, et notre longitude
1788^    de 255 degres 3 minutes ouesfc; ilfaisoit
une chaleur etouffante, et nous trouvames
«h courant qui nous portoit avec force
aufc&ud-ouest.
$8jjjt Le 26I3 a. onze heures du matin, la
"terre portoi&sud 4° degres ouest, a environ sept lieues de distance. A midi,
notre latitude etoit d'un degre 11 minutes
nord. A six heures de Fapres-midi, File
de Pansang portoit nord-ouest-quart-ouest,
a cinq lieues de cBstftnce. Pendant la nuit,
sous vimes de forts eclairs dans tous les
points de Fhorison.fi*
Dans la matinee du 27, nous apper-
^umeVFlle Dominis , portant sud-ouest.
Notre latitude, k midi, etoit de o degre
8 minutes.sud. Les vents etoient legers, et
le ciel serein. A six heures, File de Pula-
Taya fut decouver Je portant sud 49 degres
ouest, NORD-OUEST , DE L'AMERIQUE.    2l3
ouest, et le pic de Linging, nord 64 degres
ouest. Les sondes rapportoient 14 brasses.
A sept heures, npus diminuames de voiles;
a dix heures, nous amenames les huniers;
et ayant jette la sonde, elle rapporta de
8 a 16 brasses, fond de sable.
FeVrier
1780.
Pendant la nuit, nous courumes des
bordees plu&ou moins longues, et le 28,
a cinq heures du matin, nous for^ames
de voiles au sud, avec une brise moderee
de Fest. A huit heures, Pula-Taya nous
restoit au nord 5o degres ouest.
A onze heures, nous perdimes notre
chirurgien, M. William Launder. II etoit
tornbe malade quelque tems avant notre
depart de Wampu. Nous avions conserve
long-tems F espoir de le fauver, cbmptant
sur sa jeunesse , sur la force de son temperament , et sur ce qu'il n'etoit epuise par
aucun genre d'exces. II entretint les mimes
Tome II, O Fevrier
1788.
2l4        V O Y AGE    A   LA   cbTE,
esperances jusqu'au dernier moment;
mais tous Igs efforts de la medecine ne
purent detruire la cause de son .mal.
Voyant qu'il n'y avoit plus de ressource,
il se soumit aux decrets de la Providence,
et attendit son dernier moment avec la
plus parfaite resignation.
A midi, nous decouvrimes une rangee
diles qui s'etendoient du sud-quart-sud*
est, a Fest-nord-est, et dont la plus pres
de nous etoit a environ trois milles de
distance. Pula-Taya nous restoit au nord
3o degres ouest, a la distance deseptlieues.
Notre latitude etoit a midi d'un degre 13f
minutes.sud. A quatre heures de Fapres-
midi, la montagne de Monopin , sur le
rivage deBanca, nous restoit au sud 5o
degres a Fest. A six heures, les sondes
nous rapporterent de 11 a 16 brasses sur
un fond de vase, et bientbt apres nous
vimes un batiment etranger au  nord-
ouest. NORD   OUEST,  DE l'AmERIQUE.    2*5.
A sept heures, nous diminuames de
voiles et nous serrames le vent en courant
quelques bordees pendant la nuit. Les
sondes nous rapportoien&de 16 a 23 brasses
d'eau.Le 29, a 5 heures du matin, nous
forcames de voiles: a huit heures la mon*
tagne de Monopin portoit est a la distance
de six lieues. '$tk
Fevrier
1788.
Ce fut dans cette mime apres-dinee
que nous lanc&mes le corps de M. Launder
a la mer. C'est le premier que nous ayons
perdu dans notre voyage.
A midi, File de Monopin nous restoit
au nord 10 degres a Fouest, a environ 5
lieues de distance. Notre latitude etoit de
deux degres 14 minutes^aud. A une heure,
nous vimes plusieurs.rochers al'est-sud-
est a quatre milles de distance. Nous mar*
chimes en consequence au plus pres a
Fest. Le batiment que nous avions en.vue
H '   02 Fevrier
1788.
216      Voyage a la c6te,
nous restoit au nord-nord-ouest. Les sondes
nous rapporterent successivement de huit
a quatorze brasses sur un fond de vase. A
trois heures, nous vimes le rivage de File
Sumatra portant sud 40 degres est. Le
tems etoit assez bon, charge de brume,
et nous avions de frequentes ondees de
pluie. A sept heures, nous jettames Fancre
par onze brasses d'eau sur un fond de vase,
et pendant la nuit nous eumes des eclairs
violens de tous les points de Fhorison.
Nous reconnumes dans cet endroit que
la maree nous faisoit deriver a raison de
trois noeuds a Fheure.
Mars 2788.
Le premier mars, a cinq heures du
matin, nous levames Fancre et? mimes
a la voile. Pendant toute cette matinee,
nous eumes beaucoup de raffales, du ton-
' nerre, des eclairs et une grosse pluie. A
midi, le navire que nous avions toujours
en vue etoit au nord-quart-nord-est a NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.   217
environ trois   milles de  distance, et la —	
Mars 1788.
sonde nous rapporta I2r brasses d'eau. Le
tems fut dans Fapres-midi a-peu-pres ce
qu'il avoit ete le matin. |§|
%
A trois heures , nous diminuames de
voiles, et nous depassames un vaisseau
de guerre Hollandois qui etoit a Fancre'.
A cinq heures j le batiment que nous
avions en vue depuis plusieurs jours nous
approcha, et nous le reconnrtmes pour le
Lansdown, navire de la Compagnie, capitaine Storey. A six heures et demie,
nous jettames Fancre par neuf brasses^
demie sur un fond de vase , le rivage de
Sumatra, portant sud-sud-ouest a la distance d£ quatre milles. Pendant la flliit,
nous eumes des eclairs et une chaleur,
etouffante.
Le 2, a 5 heures du matin, nous le-
vames Fancre et fhnes voile de conserve
~       O 3
"IW 2l8
Voyage  A  la    c b t e ,
I av^c le Lansdown. La donnee des sondes
Mars 2788, .      t        ♦    1    »      L t     1 • m
I vana depuis huit et dix brasses jusqu a
trois brasses d'eau^eulement, sur un fond
de vase et de sable. Le vent etant leger
et variable, nous marcharnes au plus pres
au nord, et gouvernames sur Sumatra:
** Nous evitames par ce moyen les bas-fonds.
A six heures, le Lansdown donna signal
de detresse.Nous jettames en consequence
ikncre par six brasses et demie d'eau, et
nous mimes la.chaloupe a la mer pour
aller porter du secours au capitaine Storey;
mais la chaloupe fut a peine descendue
jjafu'elle se trouva remplie d'eau. On la re-
monta aussitbt a bord, et on mit les chaiv
•pentiers a Fouvrage pour la reparer. A
septireures, le capitaine Dixon §e rendit
dans sa grande chaloupe aupres du Lana:
down.
Le 3 , a trois heures du matin, le
capitaine revint k bord. Le Lansdown NORD-OUEST, DE l'AmISRIQUE.      219
avoit touche sur les bas - fonds j par le
travers de Lusepara; mais il fut bientbt
remis k Hot sans avoir eprouve aucun
Mars 1788.
dommage.
1
A cinq heures , nous virames a pic,
aim d'itre prits si le capitaine Portlock
donnoit signal de lever Fancre; mais pendant toute Fapres-dinie nous n'eumes
que des souffles legers et du calme par
intervalles. Notre latitude etoit a midi de
3 degres neuf minutes sud, et la^ointe
de terre la plus proche nous restoit au
nord 20 desres ouest, a la distance de
trois lieues. Peu apres midi, nous levames
Fancre et mimes a. la voile. Les sondes
rapportoient de quatre a six brasses et
demie. A quatre heures, File de Lusepara
portoit nord 88 degres est, a la distance
de six milles, et les extremites de la terre
au sud nous restoient sud 65 degres ouest
A huit heures, nous avions Lusepara au
% Mars 1788.
220      Voyage  a la cote,
nord 14 degres ouest, efla sonde nous
rapportoit vingt-quatre brasses, fond de
vase. ifi       I
Ayant depasse le detroit de Banca, nous
fimes force de voiles pendant la nuit.Le
tems etoit convert, et nous avions toujours
des eclairs.
Dans la matinee du 4, les sondes in-
diquerent de 6 a. 9 brasses d'eau sur un
fond de vase. Du 4 an 6, il n'y eut que
peu de variation dans le tems; Fair etoit
extrimement chaud, et le thermometre
le plus souvent a 92 degres. Des souffles
legers, de fausses brises , et du calme,
qui se succedpient rapidement, nous obli-
geoient de jetter Faiicre frequemmeiit. A
midi, nous nous trouvions par les 4 degres
17 minutes sud.
Le 7, a six heures du matin, nous NORD-OUEST,   DE   l'AmERIQUE.    221
decouvrlmes les Soeurs, portant sud-ouest-
\ - -,. t     v Mars 1788.
quart-d ouest a quatre lieues de distance.
La sonde nous rapporta 11 brasses sur
un fond de sable. Le 8 , a midi, les Scaurs
■'portoient sud /{o degres ouest, a six milles
de distance ; et la terre eievee sur File de
Sumatra, sud 4i degres ouest. Notre latitude etoit alors de 4 degres 55 minutes
sud; la sonde indiqua de 11 a i3 brasses,
fond devase. §&
A six heures de Fapres-midi, nouS
jettames Fancre d'affourche , par dix
brasses d'eau sur un fond de vase , les
Soeurs nous restant au sud 17 degres
ouest. Pendant la nuit, nous eprouvames
quelques raffales violentes qui venoient
du sud-sud-ouest ;le tonnerreetlesedairs
se, succedoient sans discontihuer, et la
mer etoit tres-agitee. Le 9, a 4 heures du
matin, nous nous apperqumes que le
vaisseau chassoit sur son ancre, ce qui 222
Voyage a la c6te,
jg gS nous engagea a la retirer et a mettre a
la voile. A huit heures , le tems etoit
modere, et a. dix heures, nous nous trouvames presque dans un calme parfait.
* Nous jettames alors la seconde ancre par
onze irasses d'eau : les Scaurs nous res-
toient au sud 25 degres ouest, et notre
latitude etoit de 4 degres 57 minutes sud:
De ce jour au 12 , nous n'eumes
gueres que des vents legers et de fausses
brises entremiies de calmes, ce qui nous
obligeoit frequemment de fetter Fancre:
nous fimes en consequence tres-peu de
progres dans notre marche.
Le 12 a. midi, notre latitude etoit de
5 degres 22 minutes sud; les extremities
de la terre que nous avions en vue sepro-
Iongeoient du sud 20 degres est au nord
20 degres ouest, et nous etions a. la distance d'environ trois milles du rivage de N
ORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.      22J>
Sumatra. Dans la matinee du 12, nous ~===
Mars 2788,
eumes la satisfaction de depasser les
Soeurs, qui sont deux iles tres-petites que
nous n'avions pas perdues de vue depuis
le 7. A deuk heures , nous jettames la
seconde ancre par onze brasses d'eau.:
Dans Fapres-midi, et pendant la plus
grande partie de la nuit, nous essuyames
dc frequentes raffales et une pluie con-
4anuelle.     'iM M
Le i3 au matin, nous levames Fancre
.et fimes force de voiles. Le vent devenant
-leger, et le tems etant presque calme, la
petite chaloupe fut raise a la mer a dix
heures , et envoyee a Favant du vaisseau
a/
-pour le remorquer: File duNord, ou nous
nous proposions de mouiller, a dessein
d'y faire de Feau, etant precisement en
face de nous et a la distance d'environ
huit milled § iei 224       Voyage a la c6tj=s ,
A onze heures, le vent tomba et nous
avions la maree contre nous ; cette cn>
constance nous obligea de mouiller presque vis-a-vis de File du Nord. Notre latitude etoit, a midi, de 5 degres 35 minutes.
Une brise fralche s'etant eievee a une
heure, nous levames Fancre et mimes le
x:ap sur File. Vers les trois heures, etant
entres assez avant dans la rade, nous
jettames la seconde ancre , par neuj|
brasses, fond de vase, et nous assurames
»
le vaisseau avec le cable de tonee : File du
Nord nous restoit au nord-est quart de
nord, a la distance de trois milles.
|g/ Trois vaisseaux Hollandois, de Bata-
via, etoient a Fancre dans cette rade.
Le 14 , k cinq heures du matin, la
grande chaloupe fut envoyee a terre pour NORD-OUEST,  DE  l'AmERIQUE.    225
v faire de Feau. Nos gens trouverent une       '   ■
J ° .. Mars 2788,
aiguade abondante sur le rivage de Sumatra , a environ cinq cents pas du rivage ;<
de sorte que le 15 a midi toutes nos f u-
tailles etoient remplies.Nous avions besoin
dime petite augmentation dans I notre
provision de bois; mais comme nous ap-
percevions sur la cbte un grand nombre
de naturels, nousUcraignimes qu'il ne fut
difficile d'y couper le bois dont nous avions
besbin. Nous envoyames en consequence
dans Fapres-midi du 15, des detachemens
des deux vaisseaux dans File du Nord ,
etant surs de ne pas y rencontrer d'habi-
tans ni aucun obstacle qui put enlpicher
nos travailleurs de couper la quantite de
bois qui nous etoit necessaire. Wers les six
heures, ils revinrent a bord, apres avoir
parfaitement rempli Fob jet de%eur mission. .       til ii$ .-:
L'ile du Nord est tres-petite, et n't% $"*
.Wars 278!
226      Voyage a la  cote,
: peut-itre pas plus de deux milles de tour.
Elle est entierement couverte d'arbres de
differentes especes, et dont je crois que
plusieurs croissent dans nos iles des Indes
occidentales. La belle verdure qui regne
eternellement dans cette ile y attire une
multitude iiifmie d'oiseaux de mille especes differentes. Je crbis que Fon n'y
trouve point d'eau, et par consequent le
bois est le seul article que peuvent en tire®
les batimens qui sont a Fancre dans la
rade adjacerite.
Les habitatis de Sumatra sont Malais^
et plusieurs se sont fix^s sur ces cbtes,
pour s'emparer, autant quil leur seroit
possible, des debris des vaisseaux qui y
font nauffrage, pour secourfe a prix d'ar-
gent ceux qui se trouvent dans quelque
danger, et enfin pour trafiquer avec les
batimens qui mouillent par hasard de ce
c6te. NORD-OUEST, DE l'AmeRIQUE.    227
J'ai deja observe que les habitans des
iles Sandwich tiroient tres-vraisemblable-
hient leur origine de ce peuple; et il existe
entr'eux, a mon avis, une ressemblance
frappante, relativement a la forme exte-
rieure et aux traits du visage : les Malais
ont, a la verite , la peau d'une couleujs
plus rembrunie; mais cette difference peut
itre attribuee a la chaleur extrime du cli-»
mat qu'ils habitent. &£
Mars 1788*
Nous achetames d'une barque Malaise
quelques tortues pour mettre au nombre
de nos provisions. Les Malais vendent
aussi de Feau-de-vie demgenievre , de
Farrack, de la volaille, des, bananes, des
pumpkins, etc. Ils donnent douze poules
chetives pour une piastre, et les autreJP
articles en proportion : les Hollandoia
sont souventassociesdans ce commerce,
et il y avoit sur le bateau avec lequel
nous trafiquames un hormne de cette, 228
Voyage a la cote,
2VLars2788.
nation, qui paroissoit en  itre le   pro-
prietaire.
Nos provisions de bois et d'eau etant
achevees , le 16, a six heures du matin,
nous demarrames, et ayant leve Fancre
a sept heures, nous fimes force de voiles,
en portant sur le detroit de la Sonde, a la
favour d'une brise fraiche de Fouest-nord-
ouest : le tems etoit nebuleux. Vers midi,
nous essuyames de frequentes   raffales
, accompagnees d'une grosse pluie; le vent
devint leger et variable, et vers une heure
nous jettames Fancre par vingt brasses;
les vaisseaux qui etoient dans la rade de
File du Nord nous restant au nord, a la
distance d'environ six milles, et File du
Milieu au sud 7 degres est. Dans Fapres-
midi , le terns fut modere et nebuleux;
mais pendant la  nuit, nous eumes de
frequentes raffales et une grosse pluie,
accompagnees de tonnerr^t d'etiairs.
Le NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    229
Le 17 , a sept heures du matin, nous
1 ' n '.'I* \ ,    * Mars 1788,
levames 1 ancre et rimes voile a la lave^ur
d'une brise moderee qui souffloit de Ffst.
A midi, le pic de Cracatoa nous restoit a
l'ouest-sud-ouest, a neuf milles environ
de distance. Notre latitude etoit de 5 de**-
I gres 5g minutes sud.
Vers le soir, le vent portant au sud |
nous mouillames a six Jbeures, par trente-
deux brasses, sur un fond de vase^.le
centre de File du Milieu nous restant au
nord 58 degres est; le pic de Cracatoa,
a Fouest, un demi-rumb au sud f et I'll
du Princeji an sud, 42 degres ouest.
a.
Du 17 au 21, nous marchames au plus
pres du vent dans le detroit , sans faire
beaucoun de chemin, tous les matins nous
avions des calmes ou des vents legers du
sud-ouest. A midi, une brise assez forte
s'eievoit au nord-ouest, et vers le soir elle
Tome IL P 23o
Voyage  a  la c6.ce,>
i sautoit toujours au sud. Pendant la nuit,
Mars 2788. I
il survenoit le plus souvent des raffales
accompagnees d'une grosse pluie, de ton-
nerre et d'edairs^- et nous avions un courant rapide qui portoit presque toujours
au nord-est.
Le 20, a six heures de Fapres-midi,
apres avoir ^uVerne quelque tems au
Iford-ouest, nous mouillames par trente-
deux brasses, fond de vase molle. Les ex-
tremites de Cracatoa se prolongeoient du
sud 65 degres ouest au nord 65 degres
ouest, a. la distance de six mffles'.Clomme
nous avions de frequentes raffales, nous
jugeames prudent d'amener les vergues
de perroquerP
Pendant toute la journee du 21 , nous
eumes des vents legers et contraires. Dans
la matinee, Fequipage fut occupe a EaiM
$edier les agres du petit mat de hune. Un NORD-OUEST, DE l'Am!5RIQUE.    23l
senau Hollandois ayanfe'jette Fancre a un
mille de distance de notre vaisseau, dans
la soireedii 20, le capitaine Dixon songea
a en prof iter pour se procurer un peu de
riz, et les choses dont nous avions besoin
! pour reparer nos manoeuvres. Le 21, apres3
midi, il fit mettre a la mer la petite chaloupe , et M. Careu , notre premier lieu-
i tenant se rendit a bord du senau^pour
voir si les Hollandois* pouvoient nous
fournir del qui nous etoi^rrecessairef". mal-
heure&sement ils n'etoient pas siiireet
article mieux approvisionnes que noust*'
Le 22, a cinq heures du matin, nous
levames Fancre; mais le vent etant clevenu
leger et variable, et le courant portant
contre nous*,1 un peu avant midi nous
jettames Fancre d'affourche, partrerite six
brasses, fond de vase; 'ISpic de (SScMtoa
nous restoit a1 Fouest-qiriSrt-sud-ouest, a la
distance dfenviron ciiiq milles. Le f$iiis-
P 2 f ■■■■
Mars 1788.
II Mars 2788.
23a      Voyage a la c6te,
etant beau et calme, le capitaine Dixon
profita de Foccasion pour remplacer Feau
que nous avions consommee. A une heure,
la petite chaloupe et le bateau partirent,
monies de dix hommes, et se rendirent
a terre. lis re vinrent a six heures , et rapport erent trois pipes remplies d'eau : e'etoit tout ce dont nous avions besoin. Nos
gens avoient acliete une bonne quantite
de noix de coco et de pumpkins; on leur
avoit donne 4° noix de coco pour une
piastre, et quinze pumpkins pour le mime
Quoique la temperature de;Fair a. Cracatoa soit indubitablement plus saine que
celle de toutes les iles situees a-peu-pres
dans la mime latitude , je ne trouve pas
que la population y soit bien considerable;
les naturels paroissent itre Malais. Ce qui
fait sans doute que si peu de personnes
y fixent leur residence, c est que les vais- NORD-OUEST, DE  l'Ame'riQUE.   233
seaux ne s^arretent gueres pres de cette ile —
Ar   . Mars 2788.
pour y prendre des raffraichissemens; ils
mouillent presque toujours devant File
du Prince, ou ils peuvent se procurer
en egale abondance tout ce que produit*
Cracatoa, et ou Faiguade est beaucoup
plus commode*.
Les productions de cette ilesomt a-peu*
pres les mimes que celles de/Sumatra, et
consistent en noix de coco, en volaille,
pumpkins, etc. Nous y achetames unj**
assez grande quantite de tortues nout,
la consommation do Feipiipage.
Le 23, pendant toute la journee, des
vents du sud nous empicherent de lever
Fancre. Le capitaine Portlock en passa lai
plus grande partie a bord de notre vaisseau..
Le 24, a. quatre heures du matin, nous
repondimes au signal que donna le Kin
■*mk
!S3 H
Mars 1788
234 H Voyage a la c6te ?
George de lever Fancre, et a cinq heures,
nous fimes voile, portant lecap au sud,
a la faveur dime brise fraiche du sud-ouest.
Jusqu'alors nous avions cherche a sortir
du detroit par le passage qui se trouve
entre Cracatoa et File du Prince; mais
nous y renongames, et primes le parti de
gouverner sur le passage entre File du
Prince et la pointe de Java.
A midi, le pic de Cracatoa nous restoit
au nord 18 degres ouest; les extremites
de File du Prince se prolongeoient du sud
5o degres ouest a Fouest-sud-ouest, et
nous avions une pointe elevee sur le rivage de File Java au sud; notre distance
de la terre la plus voisine etoit d'environ
cinq lieues. La hauteur prise a. midi nous
donna 6 degres 21 minutes sud, et Fapres-
midi nous courumes des bordees entre
File du Prince et celle de Java, ayant une
forte houlle a Fouest. La sonde indiquoit
il NORD-OUEST,  DE  l'AmERIQUE.    235
de 43 a 36 brasses, fond de vase. A neuf
heures du soir, nous jettames Fancre par
42 brasses ; la partie eievee de File du
Prince nous restant au sud 76 degre§
ouest.
Mars 1788.
Le 25, a quatre heures du matin,
nous levames Fancre , et^ fimes voile k
Faide d'une brise fralche de Fouest ; le
tems etoit nebuleux. A midi, les extre-
mites de File du Prince s'etendoient de
Fouest-nord-ouest au sud 65 degres Quest*
Un moudrain sur File Java nous restoit au
sud-ouest un quart de sud, a environ
quatre lieues de distance, et notre latitude etoit de 6 degres 35 minutes. Dans
Fapres-niidLijle vent passa au sud; nous
nous appercunies que nous perdions du
terrein, et en consequence nous jettames
Fancre a six heures, par quarjinte brasses^
fond de vase.
VIS,    .&.£.     :      M.,.   . P    4 -     ■" Mars 178S.
236        Voyage  a la  c6te,   ||
Le 26 , a neuf heures du matin, nous
appareillames et fimes force de voile,
pousses par une forte brise de Fouest, a
Faide de laquelle nous esperions nous
porter en pleine mer.
Toute la matinee fut employee a
manoauvrer pour passer entre File du
Prince et la pointe de Java. A midi, les
extremites de File du Prince nous res-
toient du sud 65 degres ouest au nord;
et la pointe de Java, au sud-ouest un quart
de sud, a la distance de quatre milles.
Notre latitude etoit de 6 degres 36 wtM
nutes sud.
A deux heures , au moment ou nous
portions directement sur le passage, entre
la gointe de Java ot les Coblers (Savetiers,)
amas de ro&fcers qui gissent par le travers
de File du Prince , la brise s'eteignit, ol
le courant nous poussa ve^ la cbte de I
* ["-mjfjOJii ■>   • ■ . i&s"' n"M
NORD-OUEST, DE l'AmE*RI<">UE.   237
Java. Comme il nous etoit impossible de ■*
. x n Mars 27884J
virer vent am ere, notre situation fut pendant quelques instans des plus alarmantes:
ce qui ajoutoit au danger que nous cour- I
rions, c'est que la sonde, pres des cbtes,
n'indiquoit pas moins decinquante brasses , fond de rochers tres-aigus, de sorte
que nos ancres ne pouvoient nous itre
d'une bien grande utiliti ; cependant,
en moins d'une demi-heure, la brise frai-
chit, au grand contentement de tout!
l'equipage, et a quatre heures de 1 apres-
midi nous etions entierement hors de danger , les rochers qui sont en face de la
pointe de Java portant nord 85 degres est,
et la pointe de File du Prince , nord 5
degi^s est; le rivage de Java nous restoit
a cinq milles de distance. A six heures,
la pointe de Java portoit nord-est i quart
de nord, a la distance de six lieues.
Ayant heureusement evite la terre, Mars 2788.
238       Voyage a la c6te.,
nous amenames nos ancres et les mimes
sur lapreceinte basse pour qu'elles fussent
plus en stirete.
Pendant la nuit, nous eumes un tems
pluvieux, accompagne de raffales ; dans
la matinee du 27, le tems fut nebuleux ,
et le vent souffloit frais du nord-ouest.
Notre latitude a~ midi etoit de 7 degres
4g minutes sud.
Tous nos desirs ont pour but de nous
rendre promptement al'ile Sainte-Hdene,
et de-la en Angleterre. Adieu, tout a toi,
~.HfcB,
^
fy NORD-OUEST, DE  l'AmJERIQUE.    239
=3
Mars 2788.;
LETTRE   XLVIII.
En mer , le §1 mai 1788.
Jamais , depuis notre sortie d'Angle-
terre, nous n'avons eu une traversee si
ennuyeuse et si malsaine que pendant le
mois de mars, sur-tout en depassant le
detroit de Banca. Les cbtes de Banca et
de Sumatra sont basses, plates et mare-*
cageuses ; et comme nous n'avions sans
cesse que des vents legers, nous eprou-
vibns une chaleur etouffante : une sorte
d'epuisement et de foiblesse s'empara de
tout l'equipage ; les plus robustes mime
ressentirent les effets de la chaleur excessive de ce climat. Nous avions heureu-
sement a bord une abondante provision
de quinquina du Pirou qu'on adaninistroit
aux malades, et dont les effets furent si 1
240       Voyage a  la  c6te,
Mars 2788.
'- efficaces et si prompts qu'il ne parut parmi
nous aucun sympt6me de scorbuta
Depuis notre depart de la Chine, le
capitaine Portlock avoit perdu deux de
ses gens, morts de la dyssenterie, et beaucoup d'autres etoient attaques de la mime
maladie. Malgre' cela, le plaisir de nous
revoir en mer a ranime notre courage, et
semble nous avoir donne de nouvelles
forces.
Le 28 mars, nous eumes vent frais
jdu nord-ouest avec de frequentes raffales
et de la pluie : a. cinq heures de l'apres-
niidi, nous vimes un batiment au nord.
Dans la nuit, et pendant la matinee du
139, le vent souffla avec moins de force*|f
a dix heures, le vaisseau etoit assez preVde
nous, et nous reconnumes que e'etoit la
Queen, vaisseau de la cbmpagnie des In-
des, commande par te capitaine Douglas. NORD-OUEST, DE   l'AmiSrIQUE.   24t
A midi, notre latitude etoit de i o degres
17 minutes sud, et notre longitude de
255 degres 8 minutes ouest. Pendant
Fapris-midi, et toute la journee du 3o,
nous eumes des vents legers et variables,
et souvent presque du calme. A onze
heures du matin, la chaloupe du capitaine
Portlock vint prendre le capitaine Dixon ,
qui se rendit a bora du King-George. Le
tems etoit beau et serein; le thermometre
indiquoit 89 degres une minute, et notie
latitude etoit a midi de 11 degres 13 minutes.
Mars 2788..
A six heures du soir, le capitaine
Dixon re vint a bord, et nous fit part de
la resolution prise de faire marcher les
vaisseaux separement, pour se rendre^
chacun de leur cbte a Sainte-Helene, aussi
vlte qu'il seroit possible. L'equipage se tint,
en consequence prit a faire le sailed1 adieu
a nos compagnons de voyage; mais des Mars 2788.
242       Voyage a la c6te,
vents ligers et de fausses brises nous em-
picherent d'approcher d'assez pres pour*
pouvoir remplir nos intentions.
Avril 278
Le 3i , le vent souffla grand frais , du
sud-est et de Fest-sud-est, et nous cin-
glames vers le nord-ouest. Dans Fapres-
midi du premier avril, nous avions tota-^
lenient perdu de vue le King-George; notre
latitude etoit a. midi, de 12 degres 44
minutes sud, et notre longitude de 257'
degres 48 minutes ouest.
Du premier au g, nous eumes une
brise fraiche, et de tems en tems des
raffales et de la pluie. Le 8, la hauteur
observee nous donna 17 degres 5o minutes-
sud , et 271 degres 16 minutes ouest/
Depuis plusieurs jours nous gouvernions:
alternativement a Fouest-sud-ouest et a/
Fouest-quart-sud-ouest : nous eumes ce
mime jour une forte houle au sud. NORD-OUEST, DE l'AmE*RIQUE.    243
Du 9 au 16, le vent souffla bon frais
de Fest; nous eumes de tems en tems des
raffales et de la pluie; le tems fut cependant assez gineralement agreable ; notre
observation, a midi, nous donna 20 degres
48 minutes de latitude sud, et 284 degres
33 minutes de longitude ouest.
Le soir, il etiairoit beaucoup au sud;
pendant la nuit, nous eumes un grain
tres-vif, de la pluie et un vent de sud..
Vers le matin, il s'appaisa, mais resta dans
le mime rumb. Le 17, a. midi, nous etions
par les 21 degres 14 minutes sud, et par
les 286 degres 41 minutes de longitude
ouest.
Avril 2788.
Jusqu'au 21, le tems fut a-peu-pres le
mime; mais , a deux heures de Fapres-
midi , nous essuyames une violente bou-
rasque et une grosse pluie. Le vent sauta
nord, et foiblissoit quelquefois, au point 244 VbYAGE    A    LA   COTE?
r"   '       ■: de nous donner du calme : dans Fapres-
Avril2788.     I   j m r
midi du 22 , il repassa an sud % le tems
fut modere et nebuleux. Notre latitude
etoit, a midi de 23 degres 9 minutes sud,
et notre longitude de 298 degres 20 minutes ouest.
Le 23, a cinq heures de Fapres-midi,
ayant le cap a Fouest, et le vent etant au
sud-quart-sud-ouest, nous vimes deux batimens qui gouvernoient au sud-est, et
nous restoient au nord-est.
Le 24, on reduisit la portion d'eau a
quatre pintesparj our pour chaque homme,
sans compter ce que la cuisson des pois
en employoit. La hauteur observcc a midi,
nous donna 23 degres 2j minutes de latitude sud, et 3oo degres 22 minutes de
longitude ouest. La mer etoit tres-houleuse au sud. :M
Du NORD-OUEST, DE   L'AMiRIQUE.   245
Du 24 au 3o, il ne nous arriva rien de
particulier; nous continuames notre route
a. la faveur d'une jolie brise de Fest, et le
tems fut assez beau. Le 3o a midi, nous
; etions par les 28 degres 9 minutes de lati-
' tude sud, et par les 3io degres 3o minutes
de longitude ouest. La dedinaison du
compas etoit de 21 degres a Fouest.
Avril 1788.
Le premier mai, le vent sauta succes-
sivement du nord a Fouest; nous etions
par les 28 degres 55 minutes de latitude
sud, et nous devions par consequent nous
attendre a voir cesser les vents alises, la
saison etant sur-tout avancee.
Mai 2788.
Le 4 mai au matin, nous vimes beaucoup de bonites aupris de notre vaisseau.
j Nous tendimes des lignes, et nous fimes
une assez bonne piche. Ce poisson venoit
tres a propos : e'etoit pour nous unchan-
gement d'autant plus agreable, que nos
Tome IL J     f ' ;f Q       % Mai 1788.
246      Voyage a la c 6th,
provisions saiees commencoient a vieillir,
et etoient par consequent fort mal-saines.
Malgre tant de desavantages, nous n'avions pas d'apparence de scorbut parmi
lious, et je crois qu'on peut en assigner
la cause k F usage du quinquina peru-
vien dont j'ai deja parie plus haut , et
que Fon n avoit pas entierement discontinue.
Nous avions aussi un grand nombre
de pies de mer, d'oiseaux d'ceufs autour
4e notre vaisseau. Je pense que ces oiseaux
et le poisson sont attires par une espece de
sardine dont nous vimes une grande quantite dans Feau; nous en trouvames mime
plusieurs dans Festomach des poissons que
nous primes. II est vraisemblable que c'est
le tems de leur passage. La hauteur ob-
servee a midi nous donna 28 degres 8
minutes de latitude sud, et 316 degres
44 minuter de longitude ouest. NORD-OUEST, DE   L'AMERIQUE.    247
Jusqu'au 7, nous eumes des vents du T~    ~W=
1 I Mai 178S.
sud et un tems passable. Le 7 , a midi,
nous etions par les 3o degres 11 minutes
de latitude sud, et par les 321 degres 58
minutes ouest. Dans Fapres-midi, il s'eieva
tme brise fraiche de Fest, et, au commencement de la nuit, nous essuyames
des raffales accompagnees de tonnerre,
d'edairs, et d'une grosse pluie, ce qui nous
obligea a prendre un double ris aux hii-
niers, et un ris a la grande voile; nous
nous croyions bien en surete pour la nuit,
apres avoir pris cette precaution; mais,
le 8, a deux heures du matin, nous sup-
portames un coup de vent violent, venant
du sud-ouest. Nous amenames prompte-
ment les mats de hune , et heure usemen t
nous   n'eprouvames   aucun   dommage :
quand le jour fut venu, le vent s'appaisa,
mais il resta dans le mime rumb. A midi,
nous "etions par les 3o degres 54 minutes
de latitude sud. f|§
•f '■       f - '    .'1       O 2 =55
Mai 2788*
248      Voyage a la c6te,
Dans Fapres-midi du 9, nous eumes
une forte brise du nord-est; vers le soir,
le vent sauta au nord, et souffla grand
frais ; le soir, il edairoit beaucoup au
sud-ouest, ce qui nous engagea a ferler
les huniers pour eviter le danger que nous
avions.couru lors du dernier orage. Heu-
reusement, le vent s'appaisa pendant la
nuit, et le 1 o et le 11, nous n'eumes que
des souffles legers et un beau tems : le 111
a midi, nous etions, suivantl'observation,
par les 32 degres 45 minutes de latitude
sud, et par les 327 degres 6 minutes de
longitude ouest.
Le 12 et le i3, le vent souffla bonfrafs
du nord-est; le tems fut assez beau, et le
i3, nous nous trouvions par les 34 degres
22 minutes sud.
Le 14, $t pendant la plus grande partie
du i5, nous eumes peu de variation dans NORD OUEST, *DE l'AmerIQUE.   24q
le tems; le vent resta presque toujours
dans le mime rumb, et nous avions une
forte houle a Fouest. Dans la matinee du
15, le tems se chargea de brume; le vent
devint variable; les nuages s'abaisserent f
et tout sembloit nous menacer d'unetero-
pite. A sept heures, le vent passa au nord-
ouest, et souffla grand frais. Nous fer-
lames les huniers; nous primes un ris a la
grande voile, et nous amenames les ver-
gues de perroquets. A nuit heures, nous
virames vent arriere, et nous gouvernames
a Fest; pendant la premiere partie de la
nuit, il itiaira beaucoup au nord. Le 16,
a deux heures du matin, nous revirames,,
et mimes le cap a Fouest. Le vent aug-
mentoit toujours; a sixheures, nous primes
un ris a la misaine, et nous serrames les
huniers. Dans lamatinde^'dn abattit les
mats de perroquets, et Fon amena le baton
de foe. Notrehauteur observee a midi, nous
donna 36 degres 10 minutes sud; le vent
"Spf . J Q*   ■ '
Mai 1788.
; 25o
^^^^ Voyage  a la  cote,
• • continua a souffler avec la mime fureur;
Mai 1788^ fpf"
nous eumes de frequentes raffales, et une
houle terrible a Fouest.
A quatre heures, nous trouvames nos
pompes   engorgees ; cet   accident etoit
d'autant plus facheux, dans la malheu-
reuse situation ou nous nous trouvions,
que notre bdtiment avoit pris beaucoup
d'eau, quand nous avions revire. On hissa
aussi-tbt la pompe de tribord; mais, en
Fexaminant, on vit qu'elle avoit pris beaucoup du sable qui seryoit de lit aux caisses
de the, et qui sans doute avoit traverse
les joints du plancher, par les secousses
que le batiment avoit e promts dans la
tourmente. Cettg, pompe ayant ete net?
toyee, o|i en cpupa un l^out de neuf pouces,
et on la remit aussi-t6t»en place.
L'eqmyage.a comme je vous Fai deja;
"j**T"jEaa •     ■"£«•" jL-M. JL   * J   /^7      S     *      «*■
llit, avoit ete mis, a la portion $e quatre,
U NORD-OUEST,  DE L AmERIQUE.   a5l
pintes d'eau par jour par chaque homme;      .     ~~
mais, pendant cette tempite, chacun en
eut a discretion, comme auparavant.
Pendant la nuit, le vent continua a
souffler sans discontinuer, avec la mime
fureur. Les ecoutes de la grande von%
* ayant cede, elle fut mise en pieces en
un instant. A sept heures, la pompe de
tribord se trouva encore engorgee; on ne
perdit pas de tems a la retirer, a la net*
toyer et a la remettre en place.
Nous avions tout lieu de croire que
les pompes n'avoient pas eu assez de \eu
pour enlever toute Feau qui etoit entree
dans le batiment. Npus regardions coming
certain que le sable Farritoit dans la cale
d avant. Le capitaine Dixon consulta avec
les officiers pour savoir si Fon ne devoit;
pas visiter cette partie du vaisseau. A huit
heures, on enfonca Fecoutille de Favant,
H 4 252 Voyage a la  c6te,
et on retira de la cale quarante caisses
de the; ces marchandises n'avoient point
ete niouiliees ; elles etoient en bon etat;
et, a notre grande satisfaction, nous re-
connumes qu'il n'y avoit pas la moindre
apparence que Feau se fut fixee dans cette
partie du vaisseau.
A onze heures , nous enlevameS la
pompe de basbord, etnous la nettoyames,
mais nous ne la remimes pas en place;
car nous etions obliges d'avoir constam-
ment un homme a Farchi-pompe pour en
bter le sable qui Fengorgeoit, et que Fon
montoit a la main dans des seaux; sans
cette attention, elle eut ete bientbt em-
barrassee de nouveau.
Pendant Fapres-midi, le vent continua
a souffler avec la mime violence. Leroulis
etoit tres-fort, et notre batiment faisoit
beaucoup d'eau ; de sorte qu'on etoit sans NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    253
cesse occupe a empicher Farchi-pompe c
de s'engorger. Jusqu'a ce moment, il n'y Mai *7 -
avoit eu qu' un tiers de Fiquipage employe;
mais le gros tems et le malheur de voir
nos pompes se charger a. tous momens de
sable , engagerent le capitaine Dixon a
mettre la moitie de nos gens a Fouvrage.
Dans la nuit, le vent s'appaisa un peu;
et le .18, a sept heures du matin , le tems1
devint plus modere. Nous eumes de legeres
brises et beaucoup de houles , qui "nous
venoient du sud. Nous repla<;ames alors
les huniers, en gardant tous les ris pris.^..
Vers les huit heures, nous decouvrimes
line voie d'eau sous la voute. Nous mon-
tames aussi-tbt sur le pont beaucoup de
choses qui nous etoient a peu^pres ihu~
tiles, et ne faisoient que charger les ex-
tremites de la cale , et nous les jettames
a la mer. L'observation faite a midi, nous 254
Voyage a la c6te,
Mai 2788.
donna 36 degres 3o minutes de latitude
sud. L'apres-midi, nous eumes des souffles
legers qui s'eteignoient de tems en tems;
la mer continuoit a itre tres-agitee; elle
chassoit avec violence notre batiment, et
occasionnoit un roulis aussi fort qu'il etoit
desagreable. A huit heures du soir, il
s'eieva une brise fraiche du nord ; et,
pendant la nuit, elle devint tres-forte. La
mer continuoit a itre tres-houleuse au
sud.
Le 19 au matin, nous eumes vent grand
frais, du nord-ouest, accompagne de frequentes raffales. On etoit oblige d'itre
tl^stanpnent a Farchi-pompe, vu quele
roulis du, vaisseatfffaisoit continuellementj
tomber le sable a travers les jointures du
plancher, et qu'il etoit de la plus grande
consequence de tenir la pompe en bon,
etat. C'etoit le seul moyen d'empicher
Feau de se loger dans^aucune autre particj Pk:
NORD-OUEST, DE L'AlVliRIQUE.   255
du 'Mtiment. Nous etipns alors par les 37 -
degres 36 minutes de latitude, sud, etpar Mai1?   I
les 336 degres 5o minutes de longitude
ouest. Nous ne pouvons pi|§ repondre cependant que la lopgitude ait et^jBlse bien
exactement. IS
II etoit evident, 4.apres notre latitude
observee, que nqus  avions,  un courant
violent qui i^us portoit au sud, mais il
nous etoit impossible de de^ermifier s'il
ne nous aypit pas ep i^|me terns port4
a Fgsj. Le capi^ae Lfepri §e dete?mina
%tout ^asa^ a m^ejttrQ le cap an nord ,>
ajant un bon ven^ do norji   oa£§ftt. Nous
nous apperc^Lmesdans, F a.priis-midi que not*?
gou/lres a^oien$^te mojiiJieea, et qu'elles
etoient g&tees; nous en jettames quatre
barrils a la mer, ne reservant que ce qui
ppuyoit ij^e n^cessaire pf*gtjr> Jjopner des
siggaux, et aut^fs eircpn^|^Q^|s accide.1^
telles. t I      256        Vo YAG E   A   LA   C6TE,
" '   '.■-       Du 19 au 20 a midi, nous eumes a
"AY   S        00
peu pres le mime tems ; le vent souffloit
du nord-ouest, et etoit accompagne de
frequentes raffales. La hauteur prise k
midi, nous indiqua 36 degres 5j minutes
de latitude sud. Pendant vingt-quatre
heures, nous avions gouverne presqu'au
nord.J et cette observation nous confirma
dans Fidee que nous avionsf un courant
qui nous portoit au sud. Sans itre en
etat de determiner plus positivement s'il
portoit a Fest ou a Fouest, nous avions cependant lieu de croire que e'etoit au sud-
$ud-est qu'il nous faisoit deriver. Dans
w#l'apris-mMi, le vent passa a fouest, et
pendant la nuit, au sud et au sud-est;
lorsqu'il sauta au sud, il commencaa itre
moins fort.     If
|K'< Dans la matinee du 21 j nous eumes
wae brise fraiche de Fest-nbrd-est; nous
deploydmes alors autant de voiles qiie* NORD-OUEST, DE  L'AMERIQUE.     2.5j
nous pAmes , saisissant avec empresse-
ment F occasion d'avancer vers le nord et
vers Fouest. Nous etions k midi par les
36 degres 4° minutes de latitude sud, et
par les 337 deg^s 20 minutes de longitude ouest. Dans Fapres-midi, le vent
fralchit, et le soir il se porta au nord ;
il souffla avec beaucoup de force. Nous
essuyames de frequentes raffales, ce qui
nous obligea de serrer les huniers, et de
prendre des ris aux basses voiles. Vers le
matin du 22, le vent devint plus maniable,
eta la pointe du jour, nous fimes force
de voiles , continuant a gouverner au
nord. Le tems etoit charge de brume et
pluvieux; notre latitude observee a midi
etoit de 36 degres sud.
Mai 2788^.
Dans la matinee du 23, nous essuyames
de frequentes raffales, accompagnees de
pluie. Nous serrames en consequence les
huniers, et nous amenames le mat de
perroquet. Mai 27£8.
2b8     Voyage a Lx\ c6te,
Vers les dix heures, nous eumes une
bourasque violente; mais, comme nous
avions ferie les voiles fort a. propos, nous
n'eprouvames point d'autre dommage
qu'une dediirure a 1'etai de misaine. La
latitude observe a midi etoit de 35 degres 48 minutes de latitude sud.
Dans Fapres-midi, le tems parut moins
incertain, et le vent etoit toujours nord-
ouest. Notre archi-pompe nous donnoit
beaucoup d'occupation , parce qu'il s'y
introduisoit a tous momens une grande
quantite de sable.
Le 24, a trois heures du matin, la
sonde nous rapporta 70 brasses, fond de
peu de tenue, ce qui nous fit connoitre
que nous etions sur les bancs de Lagul-
lus. En consequence, nous revirames par
un vent leger et variable. Des que le jour
parut, le tems etant assez bon, nous foretimes de voile.  Vers les sept heures, NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    25g
nous appercnmes tin grand vaisseau qui =a=
i .  o ' Mai 178$.
nous restoit au nord-est, et qui laisoit        %
voile vers le nord; notre latitude etoit k
midi de 35 degres 36 minutes sud.
Je dois observer que, depuis que le
mavais tems s'etoit etabli, nous avions
presque toujours eu vent de nord-ouest f
et que toutes les fois qu'il passoit au sud
ou a. Fest, il devenoit leger et tres-variable,
cela nous obligeoit de changer souvent de
bbrdees pour pouvoir avancer vers Fouest,
et il est en mime tems tres-probable que
le courant dont j'ai deja parie fut ce qui
retarda printipalement notre marche.
m
Pendant toute Fapres-midi, et la nuit
suivante, nous eumes une forte brise du
nord-ouest, accompagnee de raffales, et
nous fumes par-la obliges de diminuer de
voiles, et de louvoyer Selon que les cir-
constances sembloient l'exiger. 260      Voyage a la c6te,
~ . ~ '•"•      Le 25, a la pointe du jour, le tems
Mai 2788. L I
etant modere, nous fimes force de voiles;
le vent n'avoit pas cesse de se tenir dans
le mime rumb.
Vers les huit heures , le vaisseau que
nous avions appercu le 24, arriva a la
portee de la voix, et nous parla. C'itoit
le Lansdowne , capitaine Storey, qui,
comme je Fai deja. dit, avoit eu le malheur
d'ediouer dans le detroit de Banca, mais
qui etoit parvenu a debouquer du detroit
de la Sonde une semaine avant nous.
|Comme ce vaisseau passe pour un excellent voilier, il est naturel de croire que
nous fiimes bien aise de le rencontrer
dans cet endroit, cela ranimoit notre
courage, sur-tout quand nous conside-
rions que, quoique notre batiment ne
marchat pas tris-bien, et malgre la s}0
periorite si vantee du Lansdowne , et
l'avance qu'il avoit prise sur nous, nous
avions
; NORD-OUEST,  DE l'AmiIriQUE.    26i
avions fait tout autant de chemin que
lui.:
Mai 1788.
Cette circonstance me rappelle un
proverbe de Salomon :'ce• n'est pas toujours
le plus alerte qui arrfye au but le premier.
Nous avions alors une preuve incontestable que le tems et le hasard exercent
egalement leur droit sur tous les individus.
Le capitaine Storey nous dit qu'il n'a-
voit pas cesse de courir des bordees, par
le travers du cap, depuis le i5, jour au-
quel nous avions essuye une bourasque;
mais il ne nous informa pas pourquoi il
n'etoit pas parvenu plutbt dans ce%en-
droit. A midi, nous etions, suivant Fob-
servation, par les 35 degres 32 minutes
de latitude sud, et par les 337 degrek 4&
minutes de longitude occidentale.
Le 26, le vent restant au nord-ouest,
Tome II.
R JMai 2788.
262     Voyage a la c6tf^,
notre capitaine se determina a porter le
cap au sud-ouest,  esperant que nous
rencontrerions enfin un vent moins con-
traire Le tems etant devenu modere, et
assez constant, nos gens furent remis ce
jour-la a la portion d'eau accoutumee.
Notre latitude etoit, k midi, de 36 degres
17 minutes sud. Pendant la nuit, le vent
se porta au nord-noi d-est, et, dans la matinee du 27, il fralchit, et commenca a
Bouffler en jolie brise. Nous mimes en
consequence toutes les voiles au vent| et?
nous gouvernames au nord-ouest-quart-
ouest. Notre latitude etoit, a midi, de 36
degres 12 minutes sud, et notre longitude
339 degres 3q minutes ouest; mais nous
ne devions jouir de cette brise favorablo
que pendant un espace de tems trgs-court.
Dans Fapres-midi, le vent se remit au
nord-ouest, et souffla avec force. Vers le
soir, il fraichit considerablement, et pendant toute la nuit, il souffla avec violence, '
NORD-OUEST, DE l'AmERIQUE.    263
et fut accompagne de   fortes raffales,       ■   - -
, . Mai 1788.
d'edairs et d'une grosse pluie. Nous etions
obliges alors de refouler une mer extrimement forte, et le roulis etoit des plus
incommodes.
Avant d'essuyer cette tourmente, nous
avions ete plusieurs j ours pendant lesquels -
Farchi-pompe etoit presque libre de toute
espece d'encombreirient, et la pompe etoit
restee tranquillement Rx6e dans le mime
endroit; mais le roulis nous forca de la
remonter, etnous y trouvames presqu'autant de sable que lorsqu'elles'etoit trouvee
engorgee pour la premiere fois; notre latitude etoit, a midi, de 37 degres 11 minutes sud. Le terns pluvieux et accompagne
de raffales, et le vent touj ours dans le mime
rumb. Sur les huit heures du soir, nous
vimes avec plaisir s'eiever une brise fraiche
du sud-ouest, et pendant la nuit, elle
souffla avec assez de violence. La pluie
R 2 m
264 Voyage a la c6te,
tomba sans discontinuer; elle etoit ac-
compagnee d'edairs.et de frequentes raffales. Nous laissanies au vent autant de
voiles que la prudence nous permettoit
d'en porter, desirant avec ardeur de par-
yenir a doubler le cap. Le 29, le vent resta
dans le mime rumb, et nous portames
tantbt au nord-ouest, tantbt au nord-
ouest-quart-de-nord, selon les circons-
^fances, ne variant gueres notre marche
que de deux degris vers Fouest.
p.Le 3o, le vent nous etoit tout aussi
favorable. Le 3i au matin, il sauta au sud-
est, et continua a souffler en jolie brise,
le tems etant assez beau. Notre latitude
observe etoit, k midi, de 33 degres 44
minutes sud, et notre longitude, suivant
une suite d'observations lunaires, de 347
degres 5o minutes ouest; de sorte que nous
nvions alors double ce cap jusqu'alors si
redoute, et dont les cartes placent l'extre- NORD-OUEST, DE l'A MER I QUE.     265
mite sud-ouest par les 34 degres 26 mi-        	
nutesde latitude sud, et par les 541 degres Mail788'
37 minutes de longitude occidentale.
Je terminerai ici ma lettre y mais sois
assure que si j'en ai la possibilite*., tu re-
cevras encore de mes nouvelles. Adieu. Je
suis toujours ton ami,
■ *&..      . ,S     >. . W. B.    ,:Mi
LETTRE   X L I X.
A Douvres, le 27 septembre 27.8^
Ayant lieu de crtire^guil se trouvo^
un courai&t tres-¥§plent vers FouestSdans^
Fap^s-midi du 3i mai, nous marchames-
au^j$ns pi^s, ea gouvernant du nord aj^
nojrdquart-nord-est., Juin 2788.
Mr
266        Voyage a la cbxE,
brise de Fest, et un ciel clair et serein;
notre latitude etoit, a midi, de 3a degres
4 minutes sud.
Depuis quelque tems, Farchi-pompe
etoit presque debarrassee de sable, et on
remit la pompe de tribord a. sa place,
ayant soin de la fixer de maniere a
pouvoir Fenlever facilement, lorsqu'on-
jugeroit a propos d'en mettre une de re-
change.
Pendant tout le tems que nous mimes
a doubler le promontoire du sud, nous
ne ressentimes pas ce froid extrime dont
on nous avoit menace; le terme moyen
atejj&ermometre fut d'environ 54 degres,
mais il 'e$$: vrai fque Fori peut|^attritoer
cme^fi^riTperature a' ce que lewven-cjne
souffloit que rarement du sud, eflors-
qu'il etoit dans ce rumb,il ne s'y tenoit
^8^eWji'i3kkMts9^^ '<$& NORD-OUEST,   DE  L'AMERIQUE.   267
Du premier au 3 juin, nous^eumesune	
r 41*1121788.
bonne brise de Fest et du sud.
Le 3, a. midi, nous nous trouvions par
les 29 degres 54 minutes sud; dansl'apres^
midi, le vent passa au nord-nord-ouest^
et souffla bon frais, accompagne de frequentes rafMes; comme noiispnbus at-
tendions encore a trouver un courant a
l*ouest, nous gouvernames au nord-est ,*
et a Fest-nord-est, autant'^ne le vent nousi
I^permettoife Dans la matinee du 6, lef
vent se porta insensiblemei^a Fouest et
au sud : ce fut pour nous une circons-
tance heureuse; c^ar, dapres une suite
^observations lunaires faites le 6, (notre*
latitude etoil&lors de 27 de|^es 17 minutes
sudj%ous rjfe nous trouvions^^u'au 34&>
degres 24 miiStes de Bongitiide buesE II
n'y avoit plus de doute que la crainte oil
nous etions de trouver un courant a Fouest
ne fat mal fondee y et nous ne rencon-
flf R 4 Juin 1788.
268 Voyage a la cote,
trames ri^n   qui put en*$8gix Fappa-
rence.
Le tgms etpt devenu mode^ et constant, et le venf soufipoit en jolie brise dit
sud-sud-est^
Quoique le vaisseau nieprouvat alors
que tres-peu de roulis, nous etions cependant assez spuvent obliges de remonter la
poinpe de tribord, et nous tjquyions tou-
f||urs une grande quantite ^e sable dans
l^rchi-ponme^,! iiiii
Le 9, no^re portion d'eau fut pojrte'e
a  cinq pin tes par jour, ,e|w on divjjgjclde
nouveau Feqtn]page en trois; gardes^sTotre
l^^ude etoit,va midi, de 25 degpe«j44
minutes sud, et notrej|oiigitude d&M^
♦degres 5 minutes ouest^p
Du 9 au i-4^il ne ncms arriva rieiii de nord-ouest, del'Amerique.   269
reiriarquable. Le 14, ami8K,nous etions
par les 17 degres 6 minutes de latitude
sud, et notre longitude etoit d'un peu
plus de 36o degres ouest. Nous avions
alors entierement parcouru la cireonfe-
rence du globe ; et, comme nous aviorrf
perdu un jour dans nos calculs, nous en
laissames un en arriere, donnant a celui
qui etoit par rapport a nous le samedi 14,
le nom de dimanche i5 de juin.
Juin 1788*
II ne nous arriva rien d'extraordinaire
depuis 065014 jusqu'au 18. Nous poursui-'
vimes notre marche vers File Sainte-
Heiene, a Faide d'une brise fraiche du
sui-est, efcd'un tre%-beau tems. Cette ile
est placee sin? les cartes par les 15 degre^
S^minutes de latitude sud, et 5 degres
49 miiiutes de longitude ouest. Le 18, a
ttrois heures et demie du matin, nous de^
Coty^niest^nte^Hel^lrEe^ qui nous restoit
ainosiird-ouest, a la distanced environ six 270
Voyage a la   cote,
Juin 2788. ■
lieues. A six heures, la chaloupe fut mise
a la mer, et on depicha a terre M. White,
avec des lettres pour le gouverneur.
En courant dans la rade, nous jettames
la sonde^a differentes reprises, et elle rapporta de 29 a 19 brasses d'eau, fond de
vase.
Vers les onze heures du matin, nous
jettames la seconde ancre par 19 brasses
d'eau; les extremes defl'lle s^endoient
du nord 71 degres est, au su4r65 ouest, et
leglise nous restoit aii sud 6 degres ouest*
Nous eumes le plaisir de retrouvaldans
<^tte rade le King-George, et toutes les-
personnes de s^n equipage jouissoient
d'une parfaite saute. Plusieurs des gens du
capitaine Portlock avoienfe cependant ete
t|ttaqp^(fedu scorbut depuis que nous nous
&io@£ quire's; xam&y jE&^ennaut »n X&* nord-ouest, de l'Amerique.    271
gime sui vi, et un usage bien entendu d'anti- j .        '-
scorbutiques, ils etoient presqu'entiire->
ment retabUs avant leur arrivee a Sainte-
Helene. #|
En doublant le cap de Bonne4£sperancer
le capitaine Portlock avoit rallie la cbte de
plus pres que nous, et il eut assez de
bonheur pour ne point essuyer de mauvais
tems aussi continuous que nous. C'est a
cela qu'il doit d'itre arrive six jours avant
bous k Sainter Helene. Ayant acheve de
pemplir ses futaiUes, etc. il se proposoiu
d'appareiBer ce mime jour, mais notre
arrivee lui fitrremettre son depart au len-
demain. 9JM
Nous trouvames encore a Saint?©!
Helene, outre le King-George, le Lansdowne, capii%ine Storey, la Keen, capitaine Duglas, trbis b&tiiiiens de la c<(fcn-
pagrife^s-lQdes, et un batiment toscaii? Juin 1788.
272 Voyage a la c6te,
Notre objet principal, en relachant,
dans cette ile, etoit de rfniplir nos futail-
les; nous ne perdimes pas de tems a nous
procurer toute Feau qui nous etoit neces-
saire; nous avions aussi tres-grand besoin
de raffnrichissemens. Mais on nous avertit
aue dans cette ile, on ne nous donneroit
des provisions fraiches qu'en petite quantity, vu qu'un grand nombre de vaisseaux
y relachoient habituellement.
Le 19, nous reclines trois quartieia
de bceufs frais, ce fut tout ce que Fon
put nous fournir; mais on s'efforca de
nous en dedommager, en nous vendant
du riz, des patates et des citrouilles. II
sen distribua une tres-grande quantite
parmi les gens de l'equipage.
Du 19 au a3, nos gens furent employes afaire de Feau, a haler les manoeu-
yxes, et a faire toutes les reparationsner NORD  OUEST,  DE L'AMliRIQUE.    273
cessaires. On envoy bit tous les jours quel-
qu'un a terre pour cueillir du cresson, du
celery et de la manthe, qui croissent en
abondance dans cette ile.
Le 24, a cinq heures de Fapres-midi,
nous demarames; a sept heures, noug
levames Fancre, et mimes k la voile; nous
debouquames de la rade , a Faide d'une
brise legere de Fest et dun beau tems. Le
25 , a midi, le fort James nous restoit au
sud 40 degres est, a la distance de dix
lieues. Notre traversee depuis Sainte-
Heiene jusqu'ici, a ete a-peu-pres urn-
forme , excepte que, vers les 6 degres de
latitude nord , nous eumes des vents
legers et variables, et un tems tres-plu-
vieux, accompagne d'une chaleur etouf-
fante. Notre longitude etoit alors d'environ 25 degres ouest. ^
Le pilote qui vient d'arriver a bord,
I 274 Voyage a la cote de l'Ame*rique.
— nous apprend que le capitaine Portlock
Juin 27884
est arrive dans la Tamise, il y a environ
quinze jours, et que tout son equipage est
en parfaite sante. Comme je me propose
d'avoir la satisfaction de te voir sous peu
de jours, je terminerai ici ma relation.
En rendant grace a 1 Etre supreme qui a
permis que je rejoignisse mes penates,
apris m'avoir garanti de tous dangers,
pendant un voyage long et penible.
*#e' aaaaaa
■
 :_" -	
i
# ■
JP&znc/iejS APPENDIX.
' ■ .N°.    I.
HISTOIRE NATURELLE.
Il y a une grande variete de cancres et
d'ecrevisses dans les iles Sandwich. Les»
premiers sont dune forme si singuliere,
que j'ai fait dessiner celui que j'ai apportd
en Europe, sous differentes faces, et c'est
d'apres ce dessin que les Planches ci-
jointes sont gravees.
II est d'un brun pale, mais sa couleur
etoit plus foncee quand il etoit vivant;
son dos est rempli de petites protuberances coniques qui s'inclinent vers la
tite. R a quatre pieds et quatre nageoiresv
L 276      APPENDIX. N°. I.
ou bras, garnis de membranes. Les bases
de celles-ci 212 sont pas sur une mime
ligne avec celles des pieds, mais placies,
deux sur le cdto* de la queue, et deux dans
la queue mime. Les pieds, les nageoires,
la queue et les deux cbtes du corps sont
hordes de poil; les yeux sont places sur
des tubes, et peuvent se mouvoir dans
tous les sens. C'est d'un male dont on
donne ici le dessin, et je crois que c'est le
cancer raninus de Linne, page 1 o3g de son
Systerna Naturae, n°. 2. II est dans la collection du sieur Isaac Swainson, de Londres,
II y a dans les.mimes iles une grande
quantite de belles coquilles, telles que la
jCyptaea tigrinafla maurhtiana, la Mlpa et
autres de la mime eSpice, et une infinite
de differens coquillages tres-petits dont
Jes naturels se font des colliers, des bracelets et d'autresornemens: un des colliers
nous  run
£.
APPT? ivrnTv  _C[?_JL APPENDIX. N\ L.     277
nous en presenta une espice particaliere,
du genre de Y helix de Linne, que Fon m'a
dit itre un coquillage d eau douce. II est
lisse a Fexterieur, et a sept contours en
yirole : sa couleur est d'un brim fonce,
excepte la pointe qui est d'un jaune pale#
Le dedans est poli et blanc, et la bouche
est marginee. Interieurement elle est re-'
marquable par une tuberosite saillante
aupillier,mais qui ne tourne pas k Fen-
tour. II n'est par consequent pas du genre
de la volute de linne, dans la: classe de
laquelle on croiroit d'abord devoir le placer. Comme je le crois dune espece qui
n'a pas encore ete decrite, j'ai pris la libertS
de lui donner le nom vulgaire d'apexfuha
ou de pointe jaune, U y en a un dessin sous
deux faces dans une des Planches suW
tantes.
Use trouve plusieurs coquilles de cette
espece dansle IJverian Museum,
Tome IL S II     APPENDIX. N5. I. i
II y a, a Fembouchure de la riviere
Cook, plusieurs especes de poissons a co-
guille, dont je presume que la plupart
»bnt pas ete decrits, et dont j'aurois
cherche a me procurer des ecbantillons,
si les circpnstanees me Favoient permis.
Parmi les bivalves, nous en observames.
quelques-uns d'une large espece, du genre
du cordium ou cceur, dont une demit
douzaine auroit suffi pour le souper d'unii
gersonnje; mais nos gens preferoient, pour
^ire un tjpn repas, une espece de co-
quillages du genre des solen ou coute$erf
qu'ils prenoient en abondance, et que Fon
^ecouvre aisement, parce qu'ils font jailing
Feau, quand on marche sur le sable ojM
•j^S se tiennent. Croyant que e'etoit une
espece nouvelle, j'en ai donne un dessia?
dans la Planche ti-jointe. La coquille est
mince et fragile , lisse en dedans et en
dehors. Un des battags es^ garni de deux
dents de fro^ et det«^^, ajutres ktexalea? ■-  A P P E N D I X. N . L     279
Fautre a uibe dent de front et une de
cbte, qui tdutes deux s'insinuent entre
les autres du battant oppose. Des dents
de chaque battant, sort urie grosse cbte
qui s'etend a plus de moitie du travers de*
la coquille, et qui se perd insensiblenS&nt
vers le bord qui est lisse et tranchant. Cette
coquille est blanche au dehors , et ma***
quee foiblement de zones circulaires vie*1
lettes^ elle est couverte d'une epiderme
dont la couleur est une douce teinte brune-*
jaunatre, mais qui paroit devenir fort
sombredans les endroits oii sont les zoneSj
le dedans est blanc, legerement marque
de zones circulaires violettes, et d'un jaune
rougeatre. tfanimal que cette coquille
renferme, amsr que tous ceux du mime
genre, est pluswgrand que la coquille qu'il
deborde de beaucoup, ex^it un tris-bon
manger.       Wjjk
II y a une belle coquille de cette espece
S 2 280     APPENDIX. N°. I.
dans la collection du sieur Jo)|ui Swainson,
off icier de la douane a Londres.
Nous yimes encore sur cette cote une
espece de moules, qui ressemblent beaucoup par leur couleur et par leur forme,
aux moules ordinaires que Fon mange en
Europe ; mais qui en different, en ce
qu'elles sont marquees de rides circulaires,
et beaucoup plus grosses. J'ai vu dans les
iles de la Reine-Charlotte le battant d'une
de ces moules, lequel avoit plus de 9
pouces (1) et demi anglois de long.
Les Indiens arment leurs lignes, et les
autres instrumens dont ils font usage pour
la piche, avec des piices de ces moules
bien effiiees, qu'ils fixent moyennant une
substance resineuse.
(1) Le pied anglois est un peu plus court que
Jfe. pied-de-roi fran§ois. APPENDIX. N°. I.     281
Nous avons trouve dans les iles de
Falkland une espece curieuse de coquilles,
du genre des anomies, ou extraordinaires ;
de Linne*, quoique Fon en trouve un grand
nombre dans F etat de fossilles, sur presque
toutes les parties du globe. On en a peu
decouvert qui portent un caractere de nou-
veaute, et qui soient fraichement sorties
de la mer. On n'en avoit encore connu
qu'une seule espece en Europe, dont mbn
ancien et digue commandant, le capitaine
Cook, cet homme si regrette, avoit apporte
une coquille, lors de son premier Voyage
autour du Monde. Elle etoit dans le musee
de Portland, et avoit ete nommee par feu
le ceiebre docteur Solander, dans sa description manuscrite des coquilles de ce
magmfique cabinet, anomie veinee; cette
coquille est actudlemeht dans la magni-
fique collection de M. de Calonne a Londres.
;.,    :.j    -..!...: ':-•    .  ' /     H  3   >    - A P P E N D I X. N°. H
Cette espece , ainsi que toutes celles
^P^me genre, s'attache aux rochers de
cggfjyFpar uftwl^am^ent qui tient a Fani-
•JnaJ, etijpasse par le txQm du pliis grand
battant. nW
II La structure interieure de cet animal,
et qui est particuliere aux coquiUages de
cette classe , est tres-singulfere, et con- ,»
s&$te en deux lignes testacees, quircom-
inencent pfeSnde la charaiere, dans le |
lliiStodre des de|96;^battBns oti elles adherent : dela se di&ackantode la cqqniHe,
dle^savancentpres du bord, se replient
su$\ ejyies-mimesr vers Fautre battant ^et
ret^i^ent jusqu'auleur origine oii elles
sa ^Janis^ant. JGette partisinterieure est
t^s^iejtcate, e£ se jrompt pour yeuq^pn
la tou^ej^maiielle est plus epaisse dans
la partie quijajfoSsihe le grand battant£ILa
coquille prend son nom de certaines parties de F&nimal, qui  s'etendent - en se A P1 E NLD IX. N*\U. sS5
xamifiant le long d& Finberiemride la' -€$»
quille*, et lorsqu' on presente cettp partiif
interne a une lurni^e forte , ou devant
une cfrandeJie^ on la voitisuperbement
yeine*?. L'^x^rieur est uiiA et d'un bruit
pale. ||
L' original d'apres; lequel ce coquillage
a ete gravi, appartient k M. George Humphrey , negotiant en curiosites naturelles,
dans Albion Street, pres du pont des Black
ffiriars, a Londres.
Ayant apprise, lorsque je fus de ret&ur,
que plusieurs des oiseaux que yavoisajP
portis avec moi, n'avoient pas ete graves ]
quoiqu'ils aient ete decrits par plusieurs4
au$€nrs , et principalement les especes
Bouvellement coffnues, dont M. Latham
a parle dans son Abregi d'ESstoirte Natu-
relle ; et croyant que des Planelfys faites
cjapres des dessins corrects, pourroienti 284     A P P E N D I X. N°. I.
contribuer a Fembeffissement de cet Ou-
vrage, j'ai donne les figures de quatre des
plus curienx: j'y ai mime ajouto, avec la
permission de M. Latham, leur description, telle quT4Ue est irnprimee dans son
Synopsis of birds, ou Abrege des Oiseaux.
Theyllow tufted BEb eater, le Guipier
jaune hupe, Latham's Syn, vol, II.
cell est de la grosseur de la; gran da al-
Iouette de mer; sa longueur, du bee a la
queue, est de 14 pouces; son bee a un
pouce et demi de longueur, et il est assez
courlj^ et tres-pointu ; ses narines sont
couvertes d'une membrane; sa langue est
divisee en filets a la pointe. La plus grande
partie de son plumage est dun beau noir#
Les, plumes qui lui couvrentla tite et la
gorge sont courtes et pbintues. Au-dessous
de chaque aile, il y,a une grosse touffe de
plumes j jaunes qui ,ne paroissent pas , n TIT?   TVT  T\  T  V      TvTa     T ^84      APPlLJ£r>TY   tvto   T APPENDIX. ^. I.     285
quand l'aile est appliquee sur le corps.
On voit a l'anus une autre toiiffe de la
mime couleur. Sa queue affecte beaucoup
la forme d'un coing. Les deux plumes du
milieu ont sept pouces de long, et celles
qui sont en dehors n'en ont que deux. Les
exterieures sont blanches a leur partie
poilue externe et a la pointe; les autres
plumes sont noires; toutes se terminent
en pointes. Ses jambes sont noires; les
doigts, tant du milieu que les externes,
sont unis jusqu'au bout de la premiere
phalange ».
cc On trouve de ces oiseaux en abondance
a Owhyhee, et dans les lleSSandwich, ou
les naturels les prennent vivans. Apres les
avoir depouilies de leurs plumes jaunes, ils
leur rendent la liberte ; ils se servent de
ces plumes dans leurs differentes parures,
et les emploient sur leurs vitemens. On en
peut voir de beaux echantillons dans le
Liverian Museum ». s86     APPENDIX. N\ L
Telle est* la description que donne
M.^Latham. Je prendrai la liberte d'y
aljouter que Foiseau d'apris lequel la gra-
%mxe"^fointe a ete faite , differe de celui
que ce naturaliste a decrite, en ce que
toutes les pfapries de la queue sont mou-
chetecs de hlanc vers leurs extremites :
probablement celui qu'il avoit sous les
yeux, en le decrivant, etoit unefemeUe,
ou un jeune oiseau. On a un peu re<|nit>
$a grandeur, en le gravant, pour pouvoir
le placer dansia Planche.
White  winged   cross  bill;  (Le Bee
€t$&$e(i} auxi ailes blanches). Lathams
j^yi!iop. vol. III.
« II est de la gresseur d'iin chardon-
3§eretIf' son bee est eouleur de co¥he noi-
($> Autrement, Hkfafel Pl.iQ
I ■ i;  APPENDIX. N'JI.     287^.
feitre. Ses narines sont couvert.es dime
espece de poil rode et long, de couleur
orange pale; a la ratine du bee, il a une
rktife bmne qui passe dim ceils. Fautre.
Les plumes de la tite, du con, du dos,
?4u venire, sont hlanchatres et bordeesr>
dun beau ^ramj^isi ; mais-fl se trouvel
'      7
quelques plumes blanches de cet oiseau,"
Iqjii ne paroissent pas entierement bordees^
de cramoisi comme les autres : ce qui l&t>
donne Fair tout bigarre; le croupion est
d'un rouge pale/€lFanus est d%n -Wane-
sale. II a les ailes noires, marquees d'une
raie blanche depuis Tepaule , etiqui paslc?
obliquement a la partie Ipspsterieure, ct
d'unesecondeligne ou plutbts dune tache
de la mime couleur, au-dessous del'autre,
cpii Hoexiste, q&e vers le milieu. Ces seconues
plumes sont blanches v&rs la pointe; cet
oiseau a la quelle noire   et   les pattes-
brtkies ».
i W *88     APPENDIX, §f 1
cc J'ai recu de ces oiseaux de la baie
d'Hudson et de New-York >a.
Lpiseau que j'ai dessine differe de celui
de M. Latham, en ce qu'il lui manque la
couleur cramoisie, et la ligne brune entre
tes yeux. II est certain, d'apres cette re-
marque, que c'est une femelle qui differe
du male, exaotement de la mime maniere
que dans Fespece du bee croise ordinaire.
Le m|en a ete rue dans File Montagu, sur
la c6te nord-ouest de FAmerique.
JThe Patagoniam Warbled. (LeChan*
teurPatagon), Latham's Synopsis vol. VI,
fag. 4°3, xi°. 20.
Celui qui est ici repre*sente, est de la
grande espece; il a neuf pouces anglois de
long; son bee a quinze lignes, et est un
peu recourbe vers la pointe; il est noir,
et vers les bords, dune couleur cendree IV. ao.
%'%*
1  APPENDIX. N. I.     289
la partie superieure du corps et la queue
sont aussi couleur de cendre, et le ventre
est plus pale, marque de raies blanches.
Le dessous du bee et la gorge sont blancs;
il a au-dessus de Foeil une raie de la mime
couleur. Ses ailes sont gris&tres, marquees
de brun pale, et une raie de la mime couleur en travers. Ses plumes sont bordees
de brun, et celle du dessus de la queue,
blanches : il a les partes noires, les doigta
anterieurs longs; leposterieur et Fongle
longs et forts; la femelle, ou ce que Fon
suppose itre la femelle, a beaucoup moins
de raies blanches sur la poitrine. Cet oiseau
habite la terre de feu; il a ete pris sur les
bords de la mer,et on croit qu'il vit de
coquillages ou de vers de mer.
R s'en trouve de plusieurs grosseurs j
et dont le bee est plus ou moins long.
M. Latham croit que lomseau dont>j'ai zao     APPENDIX. N°. I.
donne la description, est la femelle. Il
chffere de celui qu'il a decrit, en ce ipFi!
est touti-feit de couleur cendree, excepte*
& la gorgef qui est d'un blanc sale, et
tacheteo de marques cendrees, et encore
en ce qu'il,est origmahre des iles Falkland,
The Jocose Shricke. (Le Canier basin).
Latham's Synopsis, viiL 1 , pag, 1 j6,
Lanius Jocosus. Ldnnaei Systema Naturae I,pag, i38, ou T. I, Aves accipilm
a   §. 45, n. |$|iw. ;   ■< r.'- ---■'•■ '• '    <^1
cc II est de M grosseur d'une allouette,
etlong de sept pouces et demi; son bee
est noiMtre, plus droit quo la plupart
des oiseaux de c#tte dafsse, et garni seu^
lement d'une belle echancrure vers le bout.
Le sommet de la tite est noir, excepte
quelques longues- plumes qui forrnent sa
hupe, et sont d'un brun sombre. Les cbtes
de la tite, la gorge et la partie superieure
I   If        A P P E N D I X. N°. I.     s9*
du cou sont blancs. De chaque com dtt
bee, il sort une ligne blanche qui se pro-
longe par-derriire; et sous chaque ospl., il
a une petite tache d'un rouge tris-yif: les
parties superieures de son corps sons
brunes, et les parties inferieures, d'un
blanc sale : Fanus est rouge. A la partie
inferieure du cou et de la poitrine, il y a
une espece de bande brune. Les tuyaux
des plumes sont bruns; sa queue est cunei-
forme, et de couleur brune; mais les
quatre plumes exterieures de chaque cbte^,
ont les pointes blanches; ses pattes et ses
serres sont noires ».
cc Cet oiseau est chinois, et appelie
dans certains endroits, Kowkaicon ».
J'avois une couple de ces oiseaux que
j'avois achete k Canton, et je les ai conserves vivans jusqu'a la hauteur du cap
de Bonne-Esperance. Rs mangeoient du X.    N °.   I I.
Continuee.
tux iles Falkland.
IVents, Ciel et Remarques.
E   Raffaleux ,   tonnere ,   eclairs   et
pluie.
{VE. S. E.   Brises fraiches ,  tems Sou-
vert.
(Variable, raffales, pluie.
j Ditto.  Sombre avec de la pluie.
/Variable, des raffales, des iclairs et de~
\   'Qk pftiie.
Ditto. Vent frais, tems couvert.
S. E. Ditto. On vit des canards sau-
vages.
S. E. Vent frais, tems couvert.
S.  E. ~r S.   Dtt"t6s-~
S. Jfe. I S. Modere et couvert.
S. E. Vent frais, tems couvert.
Ditto. Modere -et couvert.
S. E. Vent frais, tems couvert.
S. E. j E. Pareil tems.,
EL .Sbfe |Vent fraijs , un Mtiment di-j
|j    cota-vertr a FEst. 'j&m
EL-f^.^E. PareiJ tin#jc> ^
E[ Mbderi et nuageux.
E. "57 E. VeiiT*Tr^s^, "cielherein.
Ditto. Dittb. '«l ma ■    i
ipoque*
Latitude
Sud.
178&
3icemb.  5
7
8
25 2$
2tS 16
27 43
29 3c)
3i 33
I,
Lemarques.
0 rents , tems ne-
3-greable.
4(lard.
s et brouillard,
% YE. S. E.
4it beau tems.
AA
1
«« L
) I X   N?.   II
-*wf
I.   Continuee.
aux  lies   Falkland.
H
CD
r7
5o
45
48
5o
5a
52
Vents , Ciel et Remarques.
De FO. au S. Tems ipais et raffaleux.
Variable, brises fraiches, tems nuageux,;
1      vu des oiseaux de mer.
Ditto. Raffaleux, tems couvert.
Variable, de fortes raffales et la grele.
(Ditto. Brises fraiches , tems epais et
/ brumeux; vu un grand nombre de
pinguins autour du vaisseau.
Vu la terre a 3 heures apres midi, portant du S. Ball S. au S. 1 S. O.
Brises. fraiches , vent variable ,
brume.
< Variable, vents ligers, tems nebuleux
et de de la pluie.
Ditto. Brises fraiches, tems sombre.
Ce jour, a n heures, mouille dans le
port Egmont.
N. B. — Terme moyen du thermos
metre pendant notre si jour parmi
ces ues, 54 degres. •sonbxBraG'y; "P
/ o
*
*PJ0M
opmpB'j
era —
•Qnbodg;
sao;
9
o4
. S. E. Brises fraiches
fraiches ,  tems nebu-
i
s , accompagne de raf-
pie.
S. O. £ O. Vents forts,
li     i v
use a 1 ouest.
2 frais, tems couvert.
ises fraiches   et  beau
o;
Pluie, et la mer hou>
t raffales accompagnees
fraiches et la mer hou-
■ lift, j       NWl'l/- j >  :^^^^j
, Du S.  au O.   S.   O.  Brises  fortes et
I
Fe
neige.
Vents forts, grile^.
Du S. S. O. au O. N. O. Brises fraiches
et tems sombre.
N. O. Brises fraiches et raffales. Pluie.
S. O. Modire et nebuleux.
O. N. O. Ditto. Ditto. Vu des veaux
marins.
O. i S. O. Vents legers , tems nebuleux.
De FO. au S. O. | S. Ditto. Ditto.
De FO. au O. \H. O. Raffales accom-
pagnees de pluie.
O. Brises fraicnes, tems nebuleux et
pluie.
variable, vents forts et raffales.
O. Ditto. Ditto.
Ditto. Brises fraiches et tems clair.
Ditto. Ditto. Ditto.
O. N. O. Vent frais et brumeux.
N. O. Vent fort et brumeux.
O. Grosse mer et raffales.
N". O. Vent fort et tems sombre.
Ditto. Brises fraiches.et clair.
'1ST. N. O. Raffales et nebuleux.
0. N. O. Ditto. Grele.
0. Raffales accompagnees de pluie.
0. N, O, Vents frais et brumeux, ac-
compagnes de pluie.
0. Frais et clair.
•U. S. O. Brises legeres et brumeux.
Ditto. Ditto. Ditto.
D. N. O. Brises fraiches et nebuleux,
et la.mer houleuse au N. O. +
I*
"«t     T J   I       *PnS
•sanbxBma-a Vopnritnrr
: TIlHUlaWI. I
x^ v—
•anbod';
•*>a
il
jgi).jii   ^
9
1
->a$4ito et beau tems.
:sers ,   tems  nebu-
12&       '
10  Ditto. Ditto.
o8itto.
Modire, nebuleux,
bluie.
nebuleux.   Vu   un
Q.~ sans le  recon-
25
'OH
48
21
02
o.8
2.8
clair,
e brise et claire.
tems sombre,
plies, tems clair.
ems sombre.
Lidies, tems nebu- 3C:
) t -r     W     r:T.
E. N. E. Ditto. Ditto. Pluie.
Ditto. Beau tems.
N. E. Ditto. Ditto.
E. ~ N. E.  Brises   fraiches   et   tems
||    clair.
N. N. E. Ditto et tems nebuleux.
Ditto. Vents legers et ciel serein.
JN. E. Ditto. Vu des dauphins  et oi-
\      seaux de mer.
(Ditto. Vents legers , tems nebuleux et
1[      la mer houleuse au S. O.
IN. E. Vents legers et beau tems.
(Variable. Ditto. Vu des oiseaux de mer
et des requins.
E. S. E. Brises fraiches, tems clair.
E. i N. E. Ditto. Ditto.
S. E. Brises fraiches et tems sombre.
Variable. Ditto et tems clair.
E. N. E. Brises fraiches ; vu des pois-
\      sons et oiseaux de mer.
IE. Ditto. Vu des tortues,
[S. E. Raffales accompagnees de pluie.
/ Varianle , tems nebuleux ; vu des tor-
l     tues.
Ditto. Vents legers, tems sombre; vu
plusieurs requins  atitour du  vais
seau, ii
| S. S. E. Vents ligers, tems clair.
Ditto.  Ditto. Tems sombre ; vu   une
grande quantite d'oiseaux autour du
vaisseau.
fVariable. Raffales ,  accompagnees  de
*)      pluie.
Variable. Brises fraiches et brumeux.
Du S. O. a FO. Vent leger et pluie.
C        V Epoque.
H&a.
L^™3iel et Remarques
Nord
. .!..j>JJ •-
'
u
-Jav j^-« IFTj'r jJF? !lo    X.   N°.   II.
f.    Continuee.
lux iles Sandwich.
Er        Vents, Ciel et Remarques.
«rr-3"
£. 1 N. E. Ditto et brumeux. A midi
Mai      la pointe N. E. d'Owhyhee au N. ~
N. O. a 3 ou 4 lieues.
E. N. E. Modere et tems nibuieux. La
pointe S. d'Owhyhee E. ^ S. E. a
o milles.
Vent variable efeliger pres du rivage.
O. S. O. Brises ligeres et tems nebuleux. A une heure apres-midi,mouilie
dans la baie de Karakkakooa , ile
d'Owhyhee, Divers tf Sandwich.
-»
Epoque.
178S.
Latitude L]_ et Remarques.
Nord.  I
•9urtKrq 19 sw
[-OUIlUq 39 SJ9§9[ SJH9jy T
'ortijd ap S99u§Bdrao71 6z
•pa^nmc^i Lz
•ornnjq^i
gu§i?duiooo*e snuj luap1
-JOTH UTl J9MOTJ; TlA 4 Igj
uA t pjBpjnojq 19 S9tj
•Spd9 STO9J CST£t1Z,£
•OMipi9 saqgi i£
'O *Nn^ J9xa 9SSOjO #<9x \6V.
■—■ffrf _r^TnjTJBL JQ. ^ t 1 -h T ia    X.   N°.   IL
!saM)H)Mi
E   I V.
a riviere de Cook.
i
|E. N. E. Brises legeres, tems sombre;
Jui/ la pohite elevee sur la partie S.
|      d'Oneehow au S. E.
E. N. E. Brises fraiches, tems nebuleux.
Ditto. Brises moderees, beau tems.
{Ditto. Ditto, et pluie.
E. ^ N. E. Brises moderees et tems nebuleux.
E. Ditto. Ditto. Pluie.
E. | N. E. Brises moderees et tems clair.
Variable. Ditto. Ditto.
S. S. E. Brises moderies et pluie.
(S. S. O. Brises frjaiches et raffales; la
\     mer houleuse a FO.
(Variable.flRaffales   accompagnies   de
i      pluie.
(Q. Vents forts , raffales accompagnees
{      de pluie.
/ O. N. O. Ditto. Ditto. La mer houleuse
{      k FO. N. O.
Lg.    _l"1A£%'u*%.MA
**l** »-*>*
ll>«i
"• "*-vt^>0 ■aP
'Sg^no'j
•pug
9pniiM£j
^rrsr
•anbodjj
ad.' V&^Vi     t?      "KT,
•qoiAvpo^ ap ojatATi uj qq
^.—- <— #
*r
s fraiches accompagneesj
Fancre devant le havre'
a ,  dans la4 riviere de
tie moyen du thermo-
iimte de Cook 58 I de
8|
11
oil
n ble. Souffles legers. Le pain de
ere sur Fi|n.e des iles steriles ,
irtantj S. O. a la distance de trois
sues. Le cap Elisabeth a FO. | de
imb au N. a 7 ou 8 milles.
O. au O. ^ N. |0. Brisks moderees
tems epais^- |j|
ble, vents legers, tems brumeux
epai$i)6
I N. a FO. (5. O. Vents legers
brunie^ 42 brasses <pefau, fond de
erre et de cogjiillage. :f^i
ble, tents Megars ; vuj la terre au
I irt\$> i^fw %m Ila dis-
ice de 3 a 4 milles.
O. [Yentsdegers $t|J)rume ; a
ncre devaht la pointe S. O. de
e de Montagu, parquarante-trois
asses.
>le, vents legers, a 617 heure ap-
reilie; la terrje au N| E. | N. a,
ju 8 imilles. m£
N. E. Raffales accompagnees de
lie.
Brisjes fraiches, tems epais, plu-
mx. j
Dhjto. Raffales et grosse mer.
Grcjs vent, tpms sombre accom-
gne de pluie.
ms modere; vu File Montagu au
O. un demi rumb a FO., a 5
6 lieues.
)le, brises ligeres et brouillard.
E. Vents legers, tems sombre.
)le, modere. Ditto. *s9Ioq
•png
OpUJUBq
•anbodg;
•qOIA^)   Op  0I9TAU T3\   8Q
1*
"reTrtenre cnptu-o.
siais ; vu la   terre  N.
§J|       bmpagne de pluie.
:hes et tems sombre;
Jmbe au N. 60 degres
jisjtance de  13L   *■   12
©ftitj et brume.
Relies St   tems  bru-
•     r 4
iM-BIO f./rrj. La|V   . fjgXia
if Jitto.. Et t4fns sombre,
jhes, tems clair ;*vu la
ajbes et brume.
Ifcw m-1*
i. Brisea fraiches , tems nebuleux.
>. Vents ligers et ciel serein; vu deux
les qui portoient N. 53 degres E.
L O. Brises moderees et tems som-
>re; la terre en vue.
). Brises fraiches et brume; la pointe
>oisee au N. 60 degres O.
able, raffales accompagnees de pluie;
'entree du Roi-George portant N. E.
l 3 ou 4 lieues.
able, souffle leger, tems nebuleux;
a pointe N.  de Fentree au N. 63
legres E. a o ou 10 milles.
able, vent fort, accompagne de ton-
lerre et eclairs, et de pluie; vu la
;erre du N. O. a YE.
able, raffales avec de fortes ondees
le grele et de pluie; les extremites
ie la t<pre de FO. N. O. a FE. Mer
houleuse au S. S. O.
iable, rafiales accompagnees de pluie
et de grere, la pointe de¥ Fentree au
N. 6*5 degres. E. a 7 ou 8 milles.
N. O. Brises fraiches et beau tems;
le commencement de Fentrie au N.
40 degres E. an lieues.
>oufHe leger, grosse houle du N. O.
O. Brises fraicjiea et brume; grosse
mer a Favant.
S. O. Brises moderees, tems clair.
0. Brises fraiches, tems nebuleux.
O. Brises moderees accompagnees
de pluie et brouillard.
7#u S. S. O. Vents legers et tems
sombre; mer houleuse a FO, *t
A LTP E N,
■ "        I'^r'A BLE
De la riviere de Cook en ranges
j
»
Epoque.
Latitude 1
Nord.
Longitude
Ouest.
Declin.
du
compas
S Kst^
•    1786.
Octobre 3i
!Nov.       ,4*
29'So5!
28    17
- 0,   ..   ■/
147 69
148 42
0       *
9      27.
2
27    18
149    o3
•-
.
4
5
6
7
;   8
z6^o6
24156
2^32
24||fo3
23    i5
23    01
22IP54
149    28
i5o    00
iW>o     27
i5o    35
i5i     18
i5i     i3
i5i    24
1
I
10
22W35
i5i     00
11
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1    V.    Continuee.
»..- ■
int la cote, et dela ata: iles Sandwich.
i
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CD
►"J
{3
Vents, Ciel et Remarques.
72
P
7a
76
75
77
75
75J
Ditto. Ditto. Et raffales.
E. Modere, tems sombre et pluie.
E. S. - E. Brises fraiches et tems som-
|      bre.
E. Ditto. Ditto.
E. IN. E. Brises fraiches et beau tems.
E. S. E. Vents legersjet tems sombre.
Variable, brises fraiches et pluie.
S. E. Modere et tems sombre.
S. Souffles legers et pluie.
J Variable, vents forts et raffales ; pris
des dauphins.
{Ditto. Grosses raffales , accompagnees
d'eclairs et de pluie.
(Variable, brisks fraiches et raffales, ac-
)      compagnees de pluie.
{Ditto. Brises modere.es, grosse mer du
S. E.    pip |p
|N. N. E.j Ditto. Ditto. Et beau tems.
E. Brises moderees; pris un grds re
{
quin.
V.   AT    TT
s
■il. .a. ^ii'u... ^
jO      i-vUCMat 3
£0
AP PE NDIX   N".   II.
BLE   VI.
a Fentree du Prince - WilHam*
801-
77
m
75
70
69
71t
681-
67
61!-
1
65
63
59
6b
<fel
[E. S. E. Brises moderees et tems agrea-
ble; les bandes d'Attoui du N. au
N. 35 degres O.
[S. S. E. Brises fraiches et beau tems.
jDu S. a FO. N.  O. Brises fraiches et
{      tems sombre accompagnes de pluie.
/Variable , gros vent et raffdes accom-
<      pagnees de pluie.
, S. S. O. Brises fraiches et raffales.
JS. O. Modere, tems sombre accompa-j
gne de pluie.
N. N. E. Vents legers et tems sombre.
N. J N. O. Ditto. Ditto.
IN. E. Vents legers,iaemsagreable.
'E. N. E. Vents forts, raffales et brouillard. V
S. Ditto. Ditto.
S \ S. O. Brises fraiches et tems brumeux.
S. S. O. Ditto. Ditto.
pktto. Brises fraidies et beau tems.
S. S. O. Ditto. Ditto. Ditto.
T7
J_2L
*>__..  .'MUSI
lP^
m
matin variable ; ensuite S. O. vent
!§ leger et tems clair. Le cap Hinchin-
brook N. 65 degres O. Vu un grand
nombre de baleines.
S. O. Vents legers. L'ile de Kaye au
N. | N. E. 5o brasses d'eau.
riable, modere et tems sombre. Vu
plusieurs bdeines.
au S. E. Ditto et brume.
N. E. Vents legers et tems brumeux.
tto. Brises fraiches et tems sombre,
accompagnees de pluie.
riable , brises fraiches et tems brumeux.
S. O. Vents legers ; vu la terre de
IN. N. O. al'E.^N. E. I rumb au nord.
Vent leger et variable; toue le vaisseau dans le havre.
1 Fancre dans le port de Mulgrave.
T. B. D'ici au 4 Juin, terme moyen
du thermometre, 4$ degres.
i  JSLtL!
m
X. ^ISl^
O. Brises fraiches et tems nebuleux;
cap Edgecombe N. i5 degres O. le
Juiplus pres de terre 3 a 4 milles, a
six heures a Fancre  dans le port
Banks.
N, O. Brises fraiches et&ems sombre;
a Fancre.
|S. O. Meme tems; a Fancre.
piable, vents legers et brouillard de
tems en tems, Fentree du port Banks
N. E. a la distance de cinq ou six
lieues.
N. O. Brises fralche^ettems sombre,
brume; iles au N. un demi rumb
a YE.
riable.   Raffdes   accompagnees   de
brouillard; le rivage a quatre ou cinq
milles.
tto.   Brises   fraiches  et tems   brumeux.
1 S. au S. O. Vents legers; un^pe-
tite entree au N. 58 degres E.
au O. S. O. Brises fraiches, tems
r .i 'clair; une grande baie a FE. et une
terre a FE. dans cette baie a i5 ou
20 Heues de distance,
iriable, brises fraiches; vu un grand
nombre de pirogues a la hanche du
vaisseau.
iriable, vents legers pres du rivage.
itto. Ditto. Ditto. Trafic avec les Indiens.
, O. au O. S. O. Vents legers et pluie;
a trois ou quatre lieues de distance
du rivage.
mffgfUJS^g^^^^^t derees et tenis soni-
■■■■■■■ll I IWTil fcfr   fln 11.
ontmuee.
Re de Norfolk, le long de la c6te, et
ndwich.
I    Vents, Ciel et Remarques.
N. O. Brises legeres et tems som-
^ bre; a quatre ou cinq milles du rivage.
N. O. Brises legeres et brume, a
trois ou quatre milles.
riable, vents legers; vu la terre a FE.
vu des pirogues a la hanche du vaisseau ; a huit ou dix milles du rivage.
riable, vents legers; les courans portant vers le sud; des pieces de bois,
des herbes marines et des passes-
pierres passant a la vue du vaisseau.
iriable , modere et clair ; vu la terre
a quatre heures de Fapres-midi, au
N. N. O. a 18 ou 20 lieues ; c'est
la meme terre vue de FextTe"mite sep-
tentrionale ; 14 a 25 brasses d'eau
fond de sable, et de petites pierres
noires ;   plusieurs  pirogues   a   1
i
■"~*™?a7!!**^"a^| m
aee.
Route de Wtk long de lac6te> et
Epoque.
1787.
Laiel et Remarques.
N
legers et brume; a. onze'
;s-midi les rochers  en
92x10 noxrp "b M
•§ ne ijDisai sn
-U9IJO 91Ulod "BT]
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■mnai'iri Imfiiinai. la.tianaiaaa'jaaeaaa
Conti
/
inuee.
P de Norfolk, le longlde la c6te, et
mdwich.
Vents ,  Ciel et Remarques.
Variable, vents legers et brume.
. E.  au N. Brises fraiches et  tems
sombre.
". O. au N. Ditto et beau tems.
". N. E. Modere et tems sombre,
too. Ditto et ditto.
\ E. Brises fraiches , terns sombre.
[ F._ _E. Ditto. Ditto.
titto. Brises fraiches, accompagnees de
.   pluie.
. N. E. Ditto. Ditto et tems sombre.
f. E. Brises fraiches et tems sombre;
mer AouJeuse au N. E,
I E. au E. N. E. Ditto et ditto.
j. N. E. au E, Brises moderees et tems
sombre.
I E. au E. Modere , accompagne de
pluie.
r. E. Brises moderees et beau tems.
[, E. au E. Raffales, accompagnees de*
pluie. j
J. E. M6dere et beau tems. 11 '4& 'X i a s seduioo
■*   ztzxzl. lA^Gr-cfZ^t^hean teins.
up
•uipoorj
opnif^ucj
•snbodjj
jopeq;} . saanj) uj|9p o^no^j
1 ff V il
■"■"■ i   mm
MW
't ■ ■'
[Jdjy
m
dans la baie au 5, de Walianoo par
fiiiit brasses.
L E. Brises fortes et tems sombre,
fait de Feau.
:o. Brises fortes ]f acheve de faire de
['eau , aciiete du bois.
H E. Vent frais jet temlsjsombre. A
fa voile pourdAttoui a cinq Retires
ipres-midi.
$.' E. Br^es legeres et tems sombre.
N". O. La pointe N. O. de Wahahoo
NT. 83 E. a la distance de huit lieues.
ables, brises legeres. La Montagne
lu Roi, Isles d'Attoui, au N. O. I
3. un I rumb a Fouest, a huit ou
neuf lieues.
EPS
H. np
•uipaa
'IsonQ
apujjSuoq
•pjo^
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JSl.
•anbodg;
vl 1 WopmrQ- U98n5 ^ ^p 9;noH
i a v x "    I
Jm°>*'--iri
■"■■■ttssaaEaHia.
!3ddT
~*JTaaV •KW'W^* —— ■
)re.
L Brises fraiches et raffales accom-
agn£es de pluie.
p. Brises fortes et des eclairs.
N".   E.   Raffales  accompagnees de
[hue.
N. E. Ditto. Ditto. La mer hou-
[use au nord-est.
! E. Tems modere et clair, vu
tusieurs oiseaux et des poissons
jitour du vaisseau.
E. Brises fraiches et tems clair,
k la terre portant N. 8o degres O.
cinq ou six lieues. A six heures!
>res-midi, le centre d'Aguigan porta: N. 83 degres E. a cinq lieues.
■*pp
as****
ifcTi tt , larrreiTa pTtiyiaifes n.
-SSLX"
-;1787ra
Octobre 23
24
25
26
27
28
Nov.
m
3o
3i
i5
ses fraiches,  tems som-
I
rflaHales accompagnees de
^Lclies et tems sombre.
^;to. Ditto.
fraiche accompagnee de
affales  accompagnees   de
18 '
(fraiches et beau tems.
Arises  moderees   et   beau
Vu un grand nombre d'oi-
^e poissons autour du vais-
2(ses moderees et beau tems.
ses fraiches accompagnees
' 3S, de tonnerre, d'eclairs
re.
fort. La mer houleuse au
2st.
dches, tems ohscur et ne~
A deux heures apres-midi
e isle portant N. 40 O. a..
> Lu cinq lieues ; et bient6t||
e autre isle au nord de la
. A huit heures apres-midi
ip au sud.
'affdes accompagnees de
deux heures apres-midi, vu
^ isles Bashu, portant S. 37
I a six ou sept lieues.
Vent fort et tems sombre,
.ouleuse au nord.
6  34    • ^£
Charlotte , de la Chine.
»
Epnts, Ciel et Remarques.
«a-
,j brises fraiches et beau tems.
p^dx heures du niatin, le Pic de la
ide Ladrone N. 4° degres E. a
ou sept lieues.
FE. Brises fraiches et beau tems.
Brises moderees et tems clair.
. l'E. Brises fraiches et ditto,
irises fraiches et tems sombre.
E. Ditto. Ditto.
Brises moderees, teins clair.
3. Jolie bri$e, et^ms agreable.i
Ditto. Ditto.
N. Brises fraiches et beau tems.j
NT. E. Brises fraiches. Pulo Sa-
a S. 6o degres O. a quatre milles.
Brises fraidies et tems agreable.
Tems modere et brume.
I
i
to.: Tems $ombre accompagne
lairs.
Sterns m rwi pre accomj
^r
m
» 35
S9HKSE3!*SHSS£3>a«ar
nasftsMKsasa
■ .* '*3f"C5w** '^^.■* "*#"'.
uiee.
•n >tte, de la Chine.
-/»        fciel et Remarques.
Epoqu u.
1788,,  , »vi,, i .
'     ere, accompagne a e&lairs
I A olaze heures, mort de
nder kiotre Chirurgien; a
Pi
jueijod I
pouej d
Y *S9SSi?i
snjd 1U9]
9p   S99Uj,
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98 -^ BJJ#;
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OA9T * IPli    '4;^
60
•t
0
wr?* t' f "r '
Mi
III
■■ WE
Hattk
Continuee.
Motto, de la Chine, jusqu'a la
pointe de Java.
Vents,  Ciel et Remarques.
ile, [eclairs, tdnnerre accompagne
pluie ; a cinq heures apres-midi,
! .us l^vame^^ancre; a neuf heures,
te Fancre de nouveau.  L'ile de
separa portant N. 43 degres E.
iix ou huit milles; et la premiere
inte avancee de File Sumatra N.
A une heure et demie apres-midi,
! Lansdown trouve fond , gagnd
is au sud, et jette Fancre par six
issejs I. L'ile de Lusepara reste au
49 degres a FE.  a cinq ou six
lies. La premiere pointe de Su-
itra N. O. | N. Mis la chdoupe
!a mer, et envoye sept hommes a
rd du Lansdown pour Faider a se
barrasser.
)le , vents legers, accompagnes
idairs , de tonnerre et de pluie ?
trois heures apres-midi, remis le
nsdown allot, sans qu'il ait eprouv^  noT
sfKmtm
uoo
p
id
•2S021Q
OptlllSuO'J
•pjo^j
opnipu^
•9nhodg;
red uoq^redes v\
>p }o o&ioor) - §ui^; np oinoy
I ff V X
ddV
K-
mies. .a. six netrres txp!i,,iS?»iiiiitii^ jcttw
ancre par dix brasses d'eau. Les
oeurs S. 17 degres O.
ible , raffdes , accompagnees de
»luie. A quatre heures du matin,
lous appercevant que le vaisseau
hassoit sur ses ancres, nous la le-
ames et mimes a la voile. A dix
leures , des vents legers ; jette la
econde ancre par onze brasses; les
>oeurs portant S. 25 degres O a
leuf milles de distance. A midi, mis
la voile; a six heures apres-midi,
ette Fancre par onze brasses. Les
3ceurs portant S. £ S. E. a quatre on
iinq milles.
K.
■6  ^67°.% f t
tt0sano
p   duioo
—.cH°?a
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d ? «J d V
«*
un
UL±. CI*—taj^rx x^~
an<>* ^5 degres o. -a. oia. *rer
oe^idi, jette Fancre par quarante bras4
es, fond de sable et de vase. L'ex-j
iDl,remite de File du Prince duN. N. O.
ilupi S. O. y rumb a FO.
LOT1.able, brises fraiches et raffales. A
. ^euf heures du matin, leve Fancre
airit mis a la voile. A quatre heures
leuLpres-midi, les rochers de la pointe
fccle Java portoient N. 85 degres E^
)0e\ la  distance de  quatre   ou cind
1€;unilles.
la
ett<^ O. Brises fraiches et tems som-
Joe^re.
;in(
»m- 4*
Route de la QuKing-George, k File
Epoque.
1788.
M
iirp
JQ^
Latitu
Sud^ et Bemarques.
<*-
es   accompagnees  de
1irt'<aai.iiWayrl,tTi|
»#
•9mniqi9 ^tpre.T^
•S9p9JJ^i: 19 S^r
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9?   8^ W
JLVJL |§£J s». ir„
ran
L    Continuee* fl
psa separation du King
Helene.
George a
Vents, Ciel et Remarques.
Variable , raffales accompagnees de
pluie.
Ditto. Brises fraiches et tems sombre;
a cinq heures apres-midi, vu deux
voiles au S. E. portant N. E.'
Variable, brises fraiches et tems sombre;
la mer houleuse.
S. ^ S. E. au N. E. Brises fraiches et
tems sombre. M
S. E. Ditto. Tems clair.
Ditto. Brises fraiches et beau tems; vu
des oiseaux de mer et des poissons
autour du vaisseau.
E. S. E. Brises fraiches et beau tems.
E. Ditto. Ditto et des eclairs au S. O.
Ditto. Brises fraiches et raffales.
. E. S. E. au N. E. Ditto. Ditto, accompagne de tonnerre et d'eclairs.
"N. ^ N. O. a FO. Brises fraiches et tems
j      clair.
fS.jO. au S. S. E. Ditto, accompagnees
!§Lde_ nluie.
I  wfr
II.
ontinuee.
Route de l(on du King-George a File
9
Epoque.
s , Ciel et Remarques.
1788.
Mai
22 i grosse mer, vent, grand fra is;
grand, vtisseau faisant FE.
N.  Gros vent; les ris pris,[j
; la voile cFetd du second foe.
23
24
25
in fort coup de vent la voile
du second foe s'est decliiree;}
te de rechange.
au O. Brises fortes et tems
1; grosse mer : trouve fond a
sses; a sept heures du matin,
vaisseau ayant le cap au N.
. au O. i S. O. Brises fraiches
m sombre;  a huit heures du
:, parie au Lansdown, navire
compagnie ;  tous en bonne
*7
28
n^
ra^i-OZXi
26l£modere et terns clair; la mer
Lse au O. S. O.
s. au N. j N. E. Brises fraiches
ales de tems en tems.
•30. Brises fraiches et raffales.
^Ditto. Ditto. La mer houleuse
"1 i*^r
jrasqo
99si9Auri *e-[ auepugd
'sjuoI sin9isntdpd ^ 1 S9ireunI suoiiua
-jgsqo sox s?ad? U0I S9l ej*u* 801tI8J9JJia
9t
J
a
to. Ditto.
j E. Modere et beau tems.
leures et demie du matin,
ainte-Helene portant N. O.
~|heures, mouille dans la
dix-neiif brasses; trouv£
tig - George et autres vais-|| JUL
Epoc
mll'll iTTT't
Remarque.
178
Dec.:
Nov. rant reconnu que la montre eprouvoit
des variations suivant les differens,1
degres de chdeur ou de froid, avant
de quitter Saint - Jago J je fis une
petite table de ces variations ; et
i|' c'.est d'apres die que l'on a toujours
calcuie pendant notre traversee aux
lies Sandwich.
rsque nous quittames Saint-Jago , la
montre perdoit sur le tems moyen
1781 o,h 00.m 02.s par jour.
Janviei fO- 881
quittant les iles Falkland, la montre
Fevrier perdoit  sur  le   tems   moyen   o.*1
oo.m o5s par jour.
Mars
Avril
I.'Mai
24 mai a midi^i la pointe N. E. dej.
Owhyhee porttuit N. un | rumb a
FO. a trois ou quatre lieues de distance , je recon&us que Foscillation
en longitude etoit de 38 milles.
,11.111.
SMH  -.   PlancA&Jfir
Indian. Song as generalv Sung "by die Natives   o£
NORFOLK SOUM)
previous to coiinneiicnig trade
CWi oftke .trite
\ f riii» fTn^
oli   licrli lioli
rr r^r rr^^F^
JjiJijjji.i j.i m
EaisE
V..   'H
gh. liai^ ia liaig wlta Eaigli       Eaigh      liaigli
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bzzm&
, LaniasJocosas.^ ^^Z^-Pff'^
J APPENDIX.    N°.    II
>~*
TABLES de la Route du KING-GEORGE et de ia
QUEEN-CHARLOTTE, de la ^clinaison du Compas
et des Observations Meteorologiques.
,-■>■'
N. B. On parle , en general , dans ces Tables , de la position des Vaisseaux
a midi; et la Dedinaison a toujours 6t6 observe© dans le cours de la mem®
journee.
rfiuta-ipmmjiimum'Xmn'mim
T A B L |   I.
De Saint-Jago, aux iles Falkland.
o  ■   w
epoque.
1785.
Octobre s§
3o
3i
Nov.     1
Latitude
Nord.
i3    20
34
11
10    06"
6   7
46
00
42
38
i4
Longitude
Ouest.
23
22
22
22
22
21
22
22
06
40
i5
U
05
5'2
02
OO
Declin. j
du
compas
Ouest.
9   so
10    i(5
11    02
Vents ,   Ciel et Remarques'.
80
81
83   I
82
83
84
82
iN".  E. Vent mod^j  terns convert.
E \ S. E. Modere et clair.
R et E \ N. E. Ditto.
EJ. beau tems , des eclairs pendant la
nuit. ;
E. S. E. Modere et couvert, des eclairs
pendant la nuit
Variables et raffales.
Ditto. Tdnnerre, eclairs et pluie.
Tems variable, avec pluie et raffales.
Ditto. Tonnerre 5 eclairs et pluie.
WpBWi 1 ■ II ■ ■» —HP ■■ IPIIHH II
A APPENDIX.    N°.   II.
APPENDIX    N°.    i I.
TABLE   I.   Continuee
aux lies Falkland.
=1
Vents, Ciel et Remarques.
K   Raffaleux ,   tonnere ,   Eclairs   et
pluie.
E. S. E.   Brises fraiches •  tems couvert.
Variable, raffales, pluie.
I Ditto.  Sombre avec de la pluie.
Variable, des raffales, des eclairs et de
la pluie.
Ditto. Vent frais, tems couvert.
(S. E.  Ditto. On vit des canards sau-
vages.
S. E. Vent frais, tems convert*
S. E. % S. Ditto.
S./E.
S. E.
Ditto
S. E.
t
~ S. Modere et couvert.
Vent frais , tems couvert.
,  Modere et couvert.
Vent frais, tems couvert.
E. J E. Pareil tems.
§. ,E. Vent frais , un BaSment cle~
couvert a TEst.  : ' v ,
E, :7 :S.-;E. Pareil tems*
E, Modere et nuageux.
E. S. E. Vent frais, ciel serein.
•Ditto. Ditto.
IH IS". E. Vent frais, tems clair.
I-Ditto. Ditto, et couvert.  :
/Variable, bon frais, on pro un douMe
\      ris Uii grand:lmnier,;    !:
Variable, vent frais, ciel clair.
Ditto. Vent leger, tems couvert.
jVariahie, vent leger. beau tems.
N. N. E.1 Souffles legers, beau tems.
Variable.,   brises   fraiches   et  brouil^
lards.
Ditto. Ditto, et brume.
TABLE   I.   Continue
F*
De Saint - Jago , aux iles Falkland.
-poqua
1786.
Decemb.   5
6
7
8
Latitude
Sud.
.9
10
11
12
i3
14
i5
16
*7
18
*9
20
21
22
23
24
25
2.6
27
25 2,6
26 16
27 46*
3i 33
32 56
33 16
34 36
35 09
36 36
[37 43'
38 35
39 53
40 26'J
Longitude
Ouest.
38      40
4i 01
42 3o
44 00
45 28
4S 24
47 02
48 14
49 10
48 35
39
40
42
44
45
44
45
4<?
47
48
48
So
5i
5z
53
54
53
53
53
5a
33
02
27
35
11
14
36
09
21
00
07J
49
o3
20
07
16'
27
36
Declin.
du
compas
Est.
2£>
Vents ,  Ciel et iemarques
11
16
1.4    oi
53      36
42
40
55
26U9    ?$
72
75
781
71
72
70
^7
75
70
72
7l
7*1
74
63
66
63
57
57
(S
ents ,  tems ne-
greable.
lard.
N.
O.
S. E. Souffles dej
buleux,
;S. E. Modere et tems:i
Ditto. Ditto, et broni
.E. S. E. Brises fraicJits et brouillard,
\      beaucoup de houleA 1'E. S. E
Ditto. Brises fraiches | it beau tems.
Variable, meme tems.
Ditto. Vents forts. '
(Variable, modere" et beau tems.   Une
I      mer forte du S. S, W.
O. Brises fortes et beau tems.
N.   O. Vents lege:*s ,   tems nebuleux.
E. Ditto et beau tems.
N. E. Modere et brume, un grand
nombre de baleines autour du vaisseau.
[■Variable, brises fraiches et tems lourd.
Ditto. Ditto. Et une n.er forte du S. E.
Modere et beau tems ;  nous avons vu
des oiseaux de mer.
0. N. O. Brises fraicljes et beau tems.
Variable, gros vent, mer forte.
mu S.   O.  k l'O.  Yenta ibrts,  tems ne-
|      buleux , des baleines.
^Variable ,   gros vents , mer forte ; vu
{      un veau marin.
/S. O. Vents forts et brume, tems hu-
43z- <      mide et une petite pluie.
qx    [Variable, vents frais, tems sombre.
j 0. S. O. Brises fraiches et pluies de tems
%i }      en tems.
I Variable , vent frais et brouillard ; vu
47   )      des baleines.
1 / appendix, m i r.
p—■
APPENDIX,   n*.   I I
■TlWl lllllillilwiii
TABLE   I.   C
onnnuee.
De Saint - Jago ,   aux   iles   Falkland,
1785.
Decern.   28
%9
3o
3i
x78&
Janvier      1
Latitude
Sud.
Longitude
Ouest.
Declin.
du
compas
Est.
0
0
1
0.      '
48 37
54
42
49   *8
55
52
5o   3i
5o   04
55
56
55
5o
5o
34
57
10
5o   40
5Q
00
5i   02
58
45
5i
10
59
40
5i
12
59
54
-
47
5o
r
9
>0
52
5'2'
Vents ,  Ciel et Remarques
De I'O. au S. Tems epais et raffaleux.
(Variable, brises fraiches, tems nuageux;
vu des oiseaux de mer.
Ditto. Raffaleux, tems couvert.
Variable, de fortes raffales et la grel
{Ditto. Brises fraiches , tems epais et
brumeux; vu un grand nombre de
pinguins autour du vaisseau.
!Vu la terre a 3 heures apres midi, portant du S. E.,~ S. au S. { S. O.
Brises fraiches , vent variable ,
brume.
Variable, vents legers, tems nebuleux
et de de la pluie.
i Ditto. Brises fraiches , tems sombre.
Ce jour, an heures, mouille dans le
port Egmont.
N. B. — Terme moyen du thermo-
rn^tre pendant notre sejour parmi
ces iles j 54 degres.
table   11.
'     -  Haaaaaaaaaaaaal
Des  lies  de Falkland aux lies Sandwich,
Epoque.
178&
(Janvier   23
Midi.
24
25
26
Fevrier
Mid:
Latitude
Sud.
27
28
;
*9
3o
3i
5i 35
5a o3
52 40
53 3o
54 St
Longitude
Ouest.
55 28
56    00
56    48
60
62
63
64
63
63
62
62
1
2
3
4
5
6
7
8
58.   7
58 00
59 24
60 14
5q 21
60 o5
60 15
59 44
59 09
63
64
66
67
69
73
Declin.
du
compa?
Est.
54
%
$9
29
40
Vents, Ciel et Remarques.
54
25    06
19
39
57    52162      20
4o
55
i3
3o
18
35
3o
5q
i3
5i
5o
25   36
S. Vents legers et beau tems. Une nou-
/      velle ile en -*ue au sud-est, a trois
\      lieues de distance.
fN.  O. Brises frdches , ciel nebuleux.
1      Point de tern en vue.
(Ditto. Brises legeres et brouillard.
SO. S. O. Brises fraiches et brouillard,
veaux marina et pinguins autour du
vaisseau.
{Variable , vent f )rt et raffales , accompagne cTeclairs au S. O. La terre de
Staten O. S. ID. a 6 ou 8 milles.
rS. S. O. Vents £kts et raffales, grosse
<       mer.
'Variable. Ditto. Ditto.
O. Vent frais, et brume.
S. O. au N. O. Modere et brumeux;
grosse mer.
O. N. O. au S
et brume,     _^^^^^^^^^^m
fraiches ,  tems nebu-
S. E. Brises fraiches
2,6    10
("Variable, brises
\      leux. ^^^^^^^^^^^^^
/Ditto. Vents frail, accompagne de raf
\      fales et cle pliiie.
fDu N. N. O. au 5. O. i O. Vents fort's,
y      la mer houleuse a Touest.
(Variable, vents feus, tems couvert.
rO. t N.   O.   Brises fraiches   et  beau
.
4
tems,
27
^Variable, Ditto. Pluie, et la mer liou-
i      leuse au S. OK
/Brises fraiches3 e;raffales accompagnees
{      de pluie.
.Variable, brises iraiches et lamerfiou-
<      leuse au S. Q 8
APPENDIX.    N°.   I I.
TABLE   II.   Continuee.
Des iles  de  Falkland   aux lies Sandwich,
Epoque-
ijQ6.
Fevrier
Mars
Midi.
10
11
12
i3
14
i5
x6
x7
;i8
i9
20
21
22
23
24
25
26
27
28
1
2
3
Latitude
Nord.
58 02
56 32
56 37
56 46
55 44
56 lo
55 11
55 56
55 3i
00
55
54
53
52
52
52
51
5o
48
28
26
4o
o5
.15
12
l7
4o
14
14
56
16
3i
4^ 18
45 36
45 09
44 i3
44 17
Longitude
Ouest.
73
44
75
09
75
37
77
79
52
47
80
5i
81
10
82
*9
82     3o
82 49
83 18
81
8*
81
82
83
84
82
84
84
83
82
80
81
81
54
4o
52
12
34
5o
43
34
4a
4i
39
82      43
54
3i
4o
81     43
Declin.
du
commas
Ouest.
28     35
26     20
02
Vei.ts, Ciel et Remarques.
4o
42
43
4i
Ui
46
45
45
Ml
N.
S.
o.
o.
46
46
45
Ul
45
46
47
4.7,
47!
48
47
46
48
5o
5i
52
53
551
(
jDu S.  au O.   S.   O.   Brises   fortes  et
1      neige.
Vents forts, grele.
Du S. S. O. au O. N. O. Brises fraiches
et tems sombre.
O. Brises fraiches et raffales. Pluie.
O. Modere et nebuleux.
N.  O. Ditto. Ditto. Vu des veaux
marins.
I S.  O.  Vents legers ,  tems nebuleux.
De TO. au S. O. | S. Ditto. Ditto.
De PO. au O. ~ N. O. Raffales accompagnees de pluie.
O. Brises fraiches, tems nebuleux et
pluie.
Variable, vents forts et raffales.
O. Ditto. Ditto.
Ditto. Brises fraiches et tems clair.
Ditto. Ditto. Ditto.
O. N. O. Vent frais et brumeux.
N. O. Vent fort et brumeux.
O. Grosse mer et raffales.
N. O. Vent fort et tems sombre.
Ditto. Brises fraiches.et clair.
N. N. O. Raffales et nebuleux.
O. N. O. Ditto. Grele.
O. Raffales accompagnees de pluie.
O. N. O. Vents frais et brumeux , ac-
compagnes de pluie.
O. Frais et clair.
O. S.  O. Brises legeres et brumeux.
Ditto. Ditto. Ditto.
fO. N.  O. Brises fraiches et nebuleux,
et la mer houleuse au N. O.
PPENDIX.   N°.   IL
TABLE   IL   Continuee.
■      !•     '
Des iles de Falkland aux iles  Sandwich.
Latitude Longitude
Epoque.        Sud.        Ouest.
1786.
jMars
11
17 82
2482
10 83
Declin.
du
compas
Est.
l3     50
37 53
36 5i
36 34
36 12 J89
35 1089
34 <
25
3o
9   V
32'   27 9%      4o
.    48 94      1C
5<t     O. S. O. Fortes r
TO. N. O. Brises
5$   \      leux.
jO. S. O. Modere,
^7   I    ■ eclairs.
<--*t  Variable, brumeux
N. N. O. Ditto. D
Variable ,   brouill
pluie.
00    .Ditto. Vents frais
fS. S. O. Ditto. Dit
% \      au S. O.
57    j O. Brises fraiches
'      Variable. Ditto. Dit
60   {      au S. O.
-.  >S. S. O. au S. S.
$9i I      .tems-sombre.
61\    S. S. O   Ditto. Di
O.   S.   O.   Vents 1
leux.
O. -1- S. O. Modere
S. fS. O. Ditto. D|
Du S. S. au S. S. E.
accompagne de
O. Vents legers  et
Vents, Cielet Remarques
62
65
\
67
3o
28 102
vaisseau au N.
noitre.
E. S. E. Modere et
Du S. E. au E. Bell
E. Brises fraiches e
E. N. F. Brises fral,
E. Brises fraiches, t
.Ditto. Beau tems.
S. E. Brises fr
leux
Lies.
i§hes,  tems nebu
s nebuleux, des
pluie.
accompagne   de
orumeux.
I La mer houleuse
tems sombre.
Lamer houleuse
Brises legeres et!
et beau tems.
irs ,   tems   nebu-
lino. Ditto.
tto. .  r1   ,
bdere, nebuleux,
.uie.
Ebuleux.   Vu   un
:,.. sans le   recon-
0air. .
d brise et claire.
Items sombre.^
Les, tems clair.
Is sombre.
■clies, tems M Jfepoque-
'''^"^""'TZ^l   Continue.
\TAB " iles Sandwich
\Laurud ^   cues,    ^   ^t>
L-.    46l°3     /ft
3r°   \iio5   oo
\ a   o^°6
X*V 92^       °9I,
l3lft°    44^   *4\*
l5\7      , u4   A5
iix5    38'
.9\°°    ° \
l^ori.
Vents ,  v
r4--7T^r^lttie*
(Ditto- Ne^\0uleuse au
75l:\^.^s? tems clair.
1 74   {      etdesreq-a   $#&*-, ten
79M      sons etX deftot^ de ?luie,,
81 IfeaSaWe.^^
74\ tues- ^We^srsJ
'APPEND Is-   N'-   1*1
0
TABLE   I I-    Continfiee,
Des  lies  de FaiMand aux lies  Sa^i*.
Avn
Mai
■Jiidi
HiVtto Vents teB^6'    aUtour du I
w.l. •   \» VtZ&s&A
\     31V-16    * \ \ Wiab\e. *w ^tru**50*   '
J \ 78 ' \     ^ e* Brises M^g * *>     lu*.
Declin.
Nord. 1   Ouest.    \ compas
26j 6   36lii7
00I117
20I118
43 119
3o| 8    20120    %f
53 121
44 122
45 124
12 is5
14 126
25 127
50I128
o4|l29
•i5 U3o
3o U3i
55 U33
Vents
iiel et Remarques.
73
5o
ia a°
231
3V^7
3&-H7
noWi'
7^8.0.*
i3\ao    09
i36     17
ao
15^20
16W9
17120
1819
19 19
20)20
21U9
22 19
23 19
0911'3§
08140
59U42
02U44
57U45
57 U46
o5 U48
44i49
18 i5i
iou53
•vr n nittoettems sombre.
N* 5uie ; tu £s dauphin* et oiseauX|
N. E. Joliestnses e^ .
N. N. E. Dittfl. ^X-^et raffales.
§, E. 1a n. Fraiches brises
Ditto. Ditto. c^air.
^J  E. > N. Modere et tems
1     tortues. raffales.
U. E. Brises feches^^
\ Ditto. Dxtto;- ^e        n6buleux. Nous
E. Belles ^^^ les Majos , m au-
naTe STlles indiquees dans
Se position par les Espagnols.    |
EJr£sPfrfaesPettenrssor^^^
Ditto. Raffales accompagnees ae p
w MST E  Ditto. Ditto. .
5* 7NE ' Jones brises, tems clair
5" ?N E Moddreet tems nebuleux.
DVto  Brises legeres, tems clair.
l^rBrtfl^res^luie.
n'irto Modere, tems couYert.^
g^B. Brises fraiches et pluie.
71 110
{APPENDIX   K°.   I I.
TABLE   It.    Continuee.
Des iles de Falkland aux iles Sandwich.
Epoque.
1786.
Mai 24
25
26
27
Latitude
Sud.
19     26
i3    56
Longitude
Ouest.
154     16
Devlin,
du
compas
Est.
:
■ •-    ...
■:
■ 11      '":
Vents,  Ciel et Remarques.
76
74
75
77
E. - N. E. Ditto et brumeux. A midi
la pointe N, E. d'Owhyheeau N. \
N. O. a 3 ou 4 lieues.
E. N. E. Modere et tems nebuleux. La
pointe S. d'Owhyhee E. | S. E. a
9 milles.
Vent variable et l^ger pres du riyage.
O. S. O. Brises legeres et tems nebuleux. A une heure apres-midi.mouille^
dans la baie de Karakkakooa , lie
d'Owhyhee.
'APPENDIX    Nd.   II
TABLE    III.
Divers mouvemens dans les parages des ilel
Epoque.
1786.
Mai 29
3o
Juin
Latitude
Nord.
8
Lougitude
Ouest.
i56    06
166    41
157    45
20 45
21 14
21 16
21 i5
2i 33
21 45
2i    57 160    i5
Declin.
du
compas
Est.
8      00
80
78
7^r
Vents, C
|1 et Remarques
/Variable, brise*
|      La baie de Kpakakooa au N. E. \ E.
Du S. O. au N.
P2 I Tancre deva
J--E. Ditto. Ditto
I de Whahoo
' Ditto. Brises fr
La pointe S
78
77
79
78
{
tems" sombre
Vent leger. Le mon
drain de Eillde Ranai N. \ N. O. a
3 milles de tfcance.
Variable ,   bris<4flegeres ,   tems nebu
leux. La pape S. E. de  "Whahoo
portant O. X O.
E. N. E. Brisesfrafches, tems clair, a
^ Whahoo.
La pointe meridionalej
jtieues a 1'Est.
Iches et tems sombre.
de Whahoo au N. O.
a 9 ou 10 lijies.
)E. N. E. Vents Igers, tems nebuleux,
la pointe   nlridionale  d'Oneehow
'      E. , N. E. ijbnb au N.
iE. S. E. Brises iaiches et ciel serein. Aj
Fancre  danf la   baie  d'Yam ,   ile!
d'Oneehow.i*' 12
4. P
?EN
DIX
W°.
II.
 ___^ 'a »h de Cool.
M^/*»4*Jti«
45 l.
02
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18 58    3
compas
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04.  "%^edeCoi^e°|
*7   20
56
%
56
5o
49
5o
541
1 /£:: o. Ditto. Ditto r     ^^
r? 00'Ditto enis ^ais-
Pitto.DiS0^tfer«Ine.
'■   '
n j4
APPENDIX.   N°.    II.
■■
TABLE    V.
De la riviere de Cook en rangeant la c6te, et dela aux iles Sandwich.
Epoque.
178S.
Aout   i3
i5
16
18
J9
20
21
22
23
24
25
26
27
Latitude
Sud.
58 5g
5g    06
59 23
5g   27
59:; 48
%  42
59 r. ££
5'9  00
59  IO
5p " 1%
58 57
59 47
§§ 12
58 26"
69    00
Longitude
Ouest.
i5o 11
i49 59
J49 19
■ ■
i|f 3o
148 24
Declin.
du
compas
Est.
24   3o
148' 24
14U "00
148   00
i43 20
147 3i
146 3,9
i45 43
28    10
Vents, Ciel et Remarques,
57
54
58
37.
54
5$!
5p L
5fl
55
5$;
5&
53
64'
Variable. Souffles legers. Le pain de
sucre sur l'une des iles steriles ,
portant S. O. a la distance de trois
lieues. Le cap Elisabeth a TO. | de
rumb au N. a 7 ou 8 milles.
CO. S. O. au O. ~ N. O. Brises moderees
V      et| tems, ^pais.
/Variable , vents legers, tems brumeux
\     jetl epais. •* *
[N.p   t N. a TO. S.  O. Vents legers
< i     et;brume, 42 brasses d'eau, fond de
*      pierre et de coquillage. ;
jVariaple, vents 'legers ; tu la terre au
\     IN, i NL E. ~ rumb a^l'!E. a la dis-
! ta;ice de 3 a 4 milles.
S.   S.   O.   Vents legers et brume ;   a
I Pa acre devaht la pointe  S.   O.   de
- ■ l'i.e de Montagu, par quarante-trois
brasses.
/Variable, vents legers, a 6:\ heure ap
I     \ pareille; la terre au Ni E. ~ N. a
x   j 7 ®u 8 milles. \Q
<E.'au N. E. Raffales accompagnees de
v    ] pluie.  :
/N.; E.:Brises fraiches, tems epais, plu-
l      vi^ux. \
(Ditto.j Diijto. Raffajes et grosse mer.
JDjitto.i Grqs vent, t^ems sombre accom-
\      pagne de pluie.
!E. Tems modern; vu l'ile Montagu au
N. O.  un demi rumb a l'O.,  a 5
ou! 6 lieues.
Variable, brises legeres et brouillard.
E. N. E. Vents 16gers, tems sombre.
Variable, modere. Ditto.
a
I.
^|a»««^^a^B^Ba^B^B.^B^»^^a^a^^^ APPENDIX   N°.   II.
15
TABLE   V.   Continuee.
De la riviere de Cook en rangeant la cdte, et dela aux iles Sandwich.
'poque.
i786.
Latitude
Nord.
Aout
Sept.
28
29
3o
3i
1
10
11
12
i3
14
58
58
58
58
58
57
i5
*7
18
19
57.
56.
56
56
JL
Longitude
Ouest.
59 09
58 13
58 28
58 27
58 54
58 49
32
i5
2S
o5
35
145
57   53
42
-46
5o
5o.
57 06
57 . i3
56 . 5o
55 i5
53 46
5i , 56
139
i3g
i38
i38
i37
i37
i38
i37
i37
i3<?
i36
i36
7
145 47
144 42
i43 49
142 10
140 44
Declin.
du
compas
Ouest.
08
o3
44
36
48
12
00
42
07
39
4i
09
4m 23
i36 iq
i36 14
i33 53
i33 17
Vents, Ciel et Remarques,
58
N.  E.  Brises  fralclies et raffales :  vu la
terre a
12 milles.
l'O. \ rumb au N,
a 11  ou
55
54
53
54
JE. N. E. Brises fraiches et brume, grosse
\      mer de 1'avant.
ac-
24    00
■ {
53)
54
53 J
53
53
54
54
53,}
531
52
b2
58
01
24    18,
5o2-
5i
55
Variable. Brises fraiches et pluie
Ditto. Vents legers et tems sombre.
S. E. Brises fraiches et tems sombre.
Variable. Brises fraiches ,   raffales ac
\      compagnees de pluie.
N. au S.  O. I Sj Ditto. Ditto.  Houle
tres-forte a TE.
Variable, modere et tems nebuleux.
Ditto. Ditto. Accompagne de pluie.
E. ~ S. Vents legers et pluie.
Variable, vent frais et raffales.
Ditto. Ditto. Dit^o.
S. £ S. O. Brises fraiches et brume; vu
la terre qui p0rtoit N. N. E.
Variable, vent fort et raffales.
Ditto. Gros vent et tems epais.
E. IN.  E. Vent fiais \  vu la   terre  N.
E. ±Ej
S. Vent fort, accompagne de pluie.
Ditto. Brises fraiches et tems sombre;
j   )      le cap Edgecombe au N. 60 degres
1   j      a l'E.   a la distance  de  11   a   12
.'    I milles.
j Variable, gros vent et brume. |
j Ditto.   Brises   fraiches   et   tems   bru-
\    > meux. , ■
j O. S. O. Ditto. Ditto. Et tems sombre.
/N. O. Brises fraiches, tems clair; "vula
\       terre.
|N. O. Brises fraiches et brume. Iff
APPENDIX.   N?.   I I.
TABLE   V.   Continue
De la riviere de Cook en rangeant la c6te, et dela aux lies Sandwich.
Epoque.
1786.
Sept.        20
Octob.
Latitude
Sud.
21
22
23
24
25
26
27
28
29
3o
1
2
3
4
5
Longitude
Ouest.
5i 66
5o 45
5o o3
49 5i
49 28
49 S4
49 29
49 20
i3i
129
128
49 i5
47 53
47 53
46 5o
45 41
44 56
44 06
127
128
129
i3o
i3o
i3o
i3i
25
5o
3o
127    52
Declin.
du
compas
Est.
35
3o
44
to
02
46
04
20 yoo
19   27
Vents, Ciel et Remarques.
55
56
IDitti. Brises fraich.es , tems nebuleux.
i N. 0. Vents legers et ciel serein; vu deux
V iles qui portoient N. 53 degres E.
JN. N, O. Brises moderees et tems som-
\ bre; la terre en vue.
|N. 0. Brises fraiches et brume', lapointe
\     boisee au N. 60 degres O.
{Variable, raffales accompagnees depluie;
Fentree du Roi-George portant N. E.
a 3 ou 4 lieues.
{Variable, souffle leger, tems nebuleux;
la pointe N. de 1'entree au N. 63
degres E. a 9 ou 10 milles.
{Variable, vent fort, accompagne de ton-
nerre et eclairs, et de pluie; vu la
terre du N. O, a YE:
{Variable, raffales avec de fortes ondees
de grele et de pluie ; les extremites
de la terre de TO. N. O. k TE. Mer
\       houleuse au S. S. O.
{Variable, raffales accompagnees depluie
et de grele, la pointe de 1 fentree au
N. 65 degres E. a 7 ou 8 milles.
!0. N. O. Brises fraiches et beau tems;
le commencement de Fentree auN.
40 degres E. an lieues.
\ S, Souffle leger, grosse houle du N. O.
x  |S. O. Brises fraicb^ et brume; grosse
7s \     mer a l1 avant.
561   S. S. O. Brises moderees, tems clair.
5g     S. O. Brises fraich.es, tems nebuleux.
N, O. Brises moderees accompagnees
de pluie et brouillard.
"N'Jau S. S,   O. Vents 16gers et tems
sombre; mer lrouleuse a TO.
I
56
57
53
53
57
62
mi
61
59
j APPENDIX   N".    II.
m
TABLE  V. Continuee.
* -
De la riviere de Cook en rangeant la c.6te, dela aux   iles  Sandwich.
.poque.
1786'.
Octobre    6
7
8
10
n
Latitude
Sud.
12
14
£B
16
x7
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
20
3o
43 07
43 08
42 34
41 58
4o
39
38
37
35
36
35
34
34
34
34
34
33
33
33
3a
32
32
3i
33
26
43
02
36   32
57
04
54
4°
28
23
13
00
42
21
00
39
27
o3
o5
29   48
i36
i38
14X
141
142
i43
143
i43
145
i44
146
146
Longitude
Ouest.
Declin.
du
compas
Est.
0
'.
0       '
i3o
52
i3i
59
i3i
22
i3i
06
i3i
14
i3i
22
i3i
00
i34
47
i33
52
i33
20
i33
45
i35
14
i3<S    06
5i
25
00
06
12
02
36
5o
27
58
04
06
11
46
Vents , Ciel et Remarques.
62I
67l
69
68
67
68
71
72
N
71
71
i\
)k\
74
72
7*1
Brises   fraiches   accompagnees   de
pluie.
ariable, brises fortes et brouillard.
O. \ S. Raffales accompagnees d'e-
i     clairs et de pluie.
fi>. S. O. Ditto et pluie; mer houleuse
I a ro.      ^    \
pitto. Brises fraiches et raffales.
"ariable, brises fraiches ettems sombre.
S. O. Brises fraiches accompagnees
de pluie.
N. O. Ditto. Ditto. Grosse mer de
ro. s. o.
f). N. O. Brises fraiches; plusieurs r
quins autour du vaisseau.
|. S. E. Vents lagers.
6. Brises moderees et tems sombre.
(Variable, vents legers et pluie.
N. Modere, tems brumeux accompagne
de pluie.
l/ariable, brises fraiches et tems clair.
B. E. \ Ditto. Ditto. Et tems sombre.
0.   BriseS fraiclaes et raffales.
Ditto. Ditto. Ditto.
S. S. E. Brises fraiches, tems sombre
accompagne de pluie.
S. E. Modere et brouillard.
S. S. E. Jolie brise , tems sombre et
pluie.
Ditto. Ditto. Ditto.
S. S. E. Brises fraiches et tres-beau tems.
S. E. Modere et tems sombre.
E. S. E. Belles brises et Ditto.
S. E. Brises fraiches accompagnees d'e-
clairs.
\
E APPENDIX.   N*.   II.
T A B L ll    V.    Continuee.
De la *&. de Cook eu rangeint la cote, et de!a a» ilea Saudwion.
3
1
Epoque
Declin.
j L atitudel Lon gimde I     cLu
Nord.  j   Ouest.    1 compas
1786. u • Jv
Octobre 3iU    o5 i47    59\9      »7g
kr™ .J-oft      1^7  1A8       42 VF
Vents, Ciel et Remarques.
Ditto. Ditto. Et raffales.
E. Modere, tems sombre et pluie.
<E. S. ~ E. Brises fraiches et tems sombre.
E. Ditto. Ditto.
73      E. x N. E. Brises fraiches et beau tems.
73      E. S. E. Vents legers et tems sombre.
71I    Variable, brises fraiches et pluie.
feo^    S, E. Modere et tems sombre*
172      S. Souffles legers et pluie.
fi    J Variable , vents forts et raffales ; pris
7      \      des dauphins.
~<   (Ditto. Grosses raffales , accompagnees
7  * Y      cVeclairs et de pluie.
;;   -    (Variable, brises fraiches et raffales, ac-
'      Y      compagnees de pluie.
{Ditto. Brises moderees • grosse mer du!
75    fN. N. E. Ditto. Ditto. Et beau tems. !
ri_ <E. Brises moderees;  pris un gr6s re-
7  a <       quiii.
I      heures de 1'apres-midi, vu une terre
79 \      portant O. S. O. a douze ou treize
lieues.
80 E. S. E. Modere pres du rivage.
^Variable , souffles legers a trois milles |
I      \       du rivage. I
o      jDu S. E. au S. C
I      -wee au nord.
VVaxiable, vent fort et tems sombre; la |
84    )      pointe S. O, d'Owhyhee S. ~ S. O. 1
\      tonnerre, eclairs et pluie. f
•    pu O. S. O. au IN  O. Brises fraiches et
7°    /      raffales; des Eclairs de tous les cotes. APPENDIX.   N*.   u
De la riviere de
De'clin.
Longitude       du
Ouest.      compas
Ouest.
tr
CD
TABLE    V.   Continue.      ■
Cook en rangeant la c6te, et delk fux iles Sandwich.
Vents,   Ciel et Remarques,
v,
O. S. O. Brises fortes et raffales ; les
bandes de Mowee du S. i5 degres
au S. 60 degres O.
invariable.    Raffales   accompagnees   de
j pluie; la pointe O. de Mowee por
■   ! tant S. 65 degres.
E.jN. E. Vents legers, tems pluyieux;
Ha pointe S. de Morotoy portant S.
6 degres E. a 5 a 6 lieues.
/S.-S. O. Brises fraiches et tems sombre:
)     la pointe E. de Mowee S.   25  de
J    . gres E.
^Variable , vents legers , 1 tems clair; la
) i pointe E. de Mowee S. E. a cinq
\      lieues.
JS. S. O. Modere* et brume; la pointe
/ E. de Mowee S. 20 degres E. a 8
\     ou 10 lieues.
S. 0. Raffales accompagnees d'eclairs
et depluie; la pointe S. E. de, Mo-'
rotoy S. ^4 degres O.
(Varitibie. Brises moderees etbeau tems.
\     Le mondrain de Morotoy S. O. - O
\'m a ,i3 ou 14 milles.
E, Vents legers et tems nebuleux; "la
pointe occidentale de Whahoo O. S
(j. a la distance de 9 ou 10 lieues.
Variable, La pointe occidentale de Morotoy S. 45 degres E. A cinq heures!
de Tapres - midi a l'ancre  devantj
Whahoo.
NJ B   De cette epoque au 15 raars
£787 , j™ moy4en du  therZ
metre 75 degres. 20
APPENDIX.   N°.   II.
TABLE    VI.
Des  iles  Sandwich \k Tentrde du Prince-William.
Epoque.
787.
Mars
Avril
16
x7
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
2£>
3o
3i
1
2
Latitude
Sud.
21     29
22
24
26
27
28
28
29
29
3r
33
34
36
&
38
$9
39
4o
42
44
46
46
47
47
4o
25
06
24
46
59
10
26
x7
59
02
18
^
23
12
21
04
o5
5o
23
21
Longitude
Ouest.
159
i58
158
158
i58
i58
i58
i58
159
159
160
159
159
i58
i56
104
i54
i53
l52
i5o
i49
148
00
26
11
18
x7
22
53
27
38
20
*7
3o
01
48
58
02
25
53
34
i5i    59
10
20
57
39
Decliiii.
du
compi
Est.
18    10
Vents,  Ciel et Remarques.
dpi
77
7(]i
75
70
69
71?
68}
67
611
65
63
59
64
65l
02
45
ki
54
52^
55l£
431
48
39
{E. S. E. Brises moderees et tems agrea-
ble ; les bandes d'Attoui du N. au
N. 35 degres O.
|S. S. E. Brises fraiches et beau tems.
|Du S. a TO.  N.  O. Brises fraiches et
{      tems sombre accompagnes de pluie.
Variable , gros vent et raffales accompagnees de pluie.
S. S. O. Brises fraiches et raffales.
S. O. Modere, tems sombre accompagne de pluie.
N. N. E. Vents legers et tems sombre.
N. % N. O. Ditto. Ditto.
N. E. Vents legers , tems agreable.
E. N. E. Vents forts, raffales et brouillard,
S. Ditto. Ditto.
S~S. O. Brises fraiches et tems brumeux.
S. S. O. Ditto. Ditto.
Ditto. Brises fraiches et beau tems.
S. S. O. Ditto. Ditto. Ditto.
Variaoie, vent rorc et iMflAlwau
N. O. Ditto. Ditto. Vu un veau rnarin
et des oiseaux de mer.
S. S. E. Vent fort et tems sombre.
S. Brises fraiches et raffales accompa-
\      glides de pluie. j
{S. S. O. Vent fort, pluie let tems brumeux.
IS. S. O. Brises fraiches et tems sombre.
/Variable ,   brises fraiches ,  raffales et
I       gresil.
j-Variable, gros vent et tems lourd.
IN. N. E. Modere et brume, gresil; vu
/       des mbuettes et autres oiseaux. /
K
APPENDIX.   N\   II.
21
TABLE    VI.    Continue
nee.
Des lies Sandwich a P entree du Prince-William.
Epoque.
Latitude
Nord.
Longitude
Ouest.
Devlin.
du
compas
Est.
17O7.
**
*■
,
0 '   f
Avril         8
47   38
147
23
9
48   35
147
20
10
11
12
5o    02
5%    23
52    46
147
147
146
08
16
00
i3
54      02
147
00
i4
i5
55   3j
5b    xb
146
146
34
28
19    34
16
58    09
146
36
19   °o
*7
28
58    08
5g   o3
146
146
27
5o
**9
57   41
146
i4
20
58   43
148
06
1
21
59   o3
148
42
22
59   01
i49
06
23
59   09
147
55
24
59   47
148
40
25
. j
!
Vents, Gel et Remarques.
37
42J
4il
40):
37
42
35i
33
25
32^
36
351
39
35
34
351-
m
36
{
rN. O. Brises fraiches et tems sombre,
\      accompagn^ de neige.
Du S. au N. Brises fraiches et brume
accompagn^e de pluie.
S. S. O. Brises fortes et tems lourd.
I Variable, tems epais et brouillard.
Ditto. Brises fraiches et beau tems.
(Variable, brises fraiches accompagnees
)      de neige.    flj
O. Brises fraiclies et beau tems.
O. S. O. Ditto. Ditto. Et tems sombre.
N. N. O. Gros vent e£ raffales, accom-
pagn^e de neige.
N. ~ N. O. Brises fraiches et raffales,
Variables, brises fraiches et neige.
y Du S. au O. Gros vent accompagne" de
I     neige.
/Variable. Brises fraiches accompagnees
\      de neige.    |
j E. Vent fort a(fcompagne de neige.
|E„ N.   E.  Rafales  accompagnees  de
}     neige.
j Variable. Ditty. Ditto.
f Ditto. Brises fraiches et brume; vu la
{ terre de NJ £ N. O. au O. \ N. O.
/S. O. Al'ancr^ dans Fentree du Prince-
) William depuis cette epoque jusqu'au x5 jiai.
N.  B.  Terme  moyen   du  thermo-
metre, 5| degres.
» •!
F APPENDIX.   F.   II.
tmmmmmmmaaamtmtamf*
TABLE   VII.
Route de la Queeix - Charlotte apr£s la separation , de Fentree du Prince-
William, au port de Mulgrave.
Latitude
Sud.
Mai
i5
at?
*7
18
J9
20
21
22
23
24
59 48
59 a3
58 52
59 09
5g 34
59 09
5g 21
5g 22
Longitude
0*st.
D4cMn.
du
compas
Est.
145 20
i45 56
144 08
i43 38
i43 34
141 34
139 5o
29   38
Vents, Ciel et Remarques.
431
43
47
4i
41
42
43
42
43
42
i
Le matin variable; ensuite S. O. vent
ieger et tems clair. Le cap Hmchin
brook N. 65 degres O. Vu un grand
nombre de baleines
S. S. O. Vents legers. L'ile de Kaye au
N. ~ N; E. 5o brasses d'eau.
Variable, modere et tems sombre. Vu
plusieurs baleines.
E. [au S. E. Ditto et brume
£. [N. E. Vents legers et tems brumeux.
Ditto. Brises fraiches et tems sombre,
! accompagnees de pluie.
/Variable, brises fraiches et tems bru-
J     fmeux.
O. )S. O. Vents lagers ; vu la terre de
N. N. O. aPE.^N. E. £rumbaunord.
E. Vent leger et variable \ tone le vaisseau dans Je havre.
E. A 1'ancre dans le port de Mulgrave,
iff. B. D'ici au 4 Juin, terme moyen
du thermometre, 46 degres.
wxmmmmm
■a.,-    ■■
 * APPENDIX.   N\   II.
23
T A BiL E    VIII
Route de la Queen-Charlotte dh port de Mulgrave a Fentree de Norfolk.
epoque.
1797.
Juin
Latitude
Nord.
Longitude
Ouest.
Devlin.
du
compas
Est.
6 59    x3
58
57
05
59
67    09
20'56    40
11
12
57
57
i3
o3
140
141
141
142
140
36
i35
40
06
25
12
11
26
36
27    5g
Vents, Ciel et Remarques,
46
43
47
44
42
45
!S. E. Modere, tems nebuleux; la pointe
N. du port de Mulgrave N. 85 degres O. a 5 ou 6 milles.
'Variable, vents le-gers; la terre d'E. N.I
S      E. au O. I N. 6. a la distance de 5
\      a 6 lieues; tu autour du vaisseau un
\      grand nombre de baleines.
JE. N. E. Vents1 legers et tems sombre;
I      la terre duN. a l'O. N. O.
/E. auE. N. E. Brises fraiches et brume,
\      accompagnees de pluie.
j E. S. E. Souffles legers et brume.
(E. Modere et Ijrume, accompagnee de
y      pluie.
44 ^Variable , brises fraiches et tems bru-
1      meux.
/Du N.  O. a FO. Ditto et tems nebu-
45 ) leux.; vu a deux heures de Fapres-
J midi le cap] Edgecombe, :
/ O. N. O. Modere et brume; a Fancre
*^   <      dans Fentre> de Norfolk.
N. B. Term^moyenduthermometre
pendant nQtre sejour dans cette en
tree, 48 degres.
aWMUHHaaaN 24
APPENDIX.   N°.    It
TABLE    IX.
Route de la Queen-Charlotte, de Fentree de Norfolk le long de la cote, et
delk aux iles Sandwich.
Epoque.
1787.
Juin
Juillet
Latitude
Nord.
Longitude
Ouest.
23
24
25
26
56   48
56   35
56   3o
55   52
28
29
3o
i35 35
i36 00
55 18
55 12
54 22
54 14
54 19
54 14
53 4$
HaaaMMaWMaaKI
i35    12
Declin.
du
compas
Ouest.
o        j
Vents, Ciel et Remarques.
i34 3o
i34 23
134 00
i33 12
i33 23
24   27
24   28
5o
49
5o
50;
49
47
47^
5o
5o
5x
49'-
5a
5o!
N. O. Brises fraiches et tems nebuleux;
cap Edgecombe N. i5 degres O. le
plus pres de terre 3 a 4 milles, a
six heures a Fancre dans le port
Banks.
i(0. N. O. Brises fraiches et tems sombre
\      a Fancre.
S. S. O. Memetems; a Fancre.
Variable, vents legers et brouillard de
tems en tems, Fentree du port Banks
N. E. a la distance de cinq ou six
I      lieues.
!0. N. O. Brises fraiches ettems sombre,
brume; iles au N. un demi rumb
al'E.
iVariable.   Raffales   accompagnees    de
brouillard; le rivage a quatre ou cinq
milles.
/Ditto.   Brises   fraiches  et tems   bru-
l      meux.
>Du S. au S. O. Vents lagers; une pe-
l      tite entree au N. 58 degres E.
j.O. au O. S. O. Brises fraiches, tems
I     'clair ; une grande baie a FE. et une
\      terre al'E. dans cette baie a i5 ou
v      20 lieues de distance.
I Variable, brises fraiches ; vu un grand
\    j nombre de pirogues k la hanche du
vaisseau.
Variable, vents legers pres du rivage.
Ditto. Ditto. Ditto. Trafic avec les In-
\      diens.
!\N. O. au O. S. O. Vents lexers et pluie;
a trois ou quatre lieues de distance
du rivage.
I APPENDIX.   N°.   II.
mmmaamimm*
TABLE    IX.    Continue.
Route de la Queen-Charlotte, de Fentree de Norfolk jle long de la cote, el
dela aux iles Sandwich.
Epoqu
1787.
Juillet       6
7
8
9
10
ii
12
14
i5
16
x7
18
19
20
21
22
23
24
Latitude
Sud.
0
/
53
34
53
28
53
02
52
54
52
48
52
52
52
o3
52
x7
51
48
5i
52
47
02
Longitude
Ouest.
i33
3i
*9
32
l32      20
i3i     16'
Declin.
du
compas
Est.
Vents
et Remarques.
02 r
01
O0 N. O. Brisfeioderees et tems sombre ; trafic Ivec les naturels,
N0 O. Brises ifcich.es, tems sombre.
i3:
12
5i 46
5i 5 j
02 01
5x 54
fa xo
Is i3
N.
5%\
Da
So
52.
53
5ol
54
53
54
5i]
56
5i
53
53!-
5i
hi
aiches et tems sombre;
a la hanche du vais-
O. Brise
des pirogu
seau
N. O. Brises fj|ches, a trois ou quatre
age-
N. O. Ditto e frame. Vu des baleines
\      a dix ou ope lieues du rivage.
i j O. N. O. Bris Jfraiches; a deux ou trois
2" \      milles du ivage.
T     O. N. O. Veils frais et raffales.
N. O. Moderept terns brumeux; a deux
milles du rivage; plusieurs pirogues
a la hanche du vaisseau.
O. N. O. Brises fraiches et brouillard;
plusieurs pirogues.
O. N. O. Vents et brouillard.
,N. O. ~ O. Ditto et ditto.
Ditto. Brises fraiches et brouillard ; a
deux miljp du rivage.
JN. O. Meme tems ; a trois ou quatre
I      milles de la terre.
(N. O. Vents frais et brouillard ; a trois
\      ou quatre lieues du rivage.
fN. O. Vent frais, raffales ; a trois lieues
\      du rivage.
j Ditto. Ditto. Grosse mer.
!N. O. Brises fraiches et brume ;- plusieurs pirogues a la hanche du vaisseau.
|N. O. Modere, a trois ou quatre lieues
{      de la cote.
■ N. 00 Mod. ettemsclair;vudespirogues.. &s
APPENDIX.   N°.   II.
TABLE   IX.    C
onnnuee,
Route de la Queen-Charlotte , de Fentre'e de Norfolk, le lo*ag de la c6te, et
deh\ auxx iles Sandwich.
Epoque.
Latitude
Nord.
1787.
Juillet
Aout
25
26
s7
28
29
53
02
02
47
Longitude
Ouest.
129   5o
52    18
Declin.
du
compas
Est.
00
52   3o
36
10
129   42
Vents , Ciel et Remarques.
O.
53
55
58.
$j\
Brises legeres et tems som-
9!i
57
54
53^
57
/    I bre; a. quatre ou cinq milles du ri
(      vage.
iO. N. O. Brises legeres et brume, a
\      trois ou quatre milles.
K Variable, vents lagers; vu la terre a FE.
I      vu des pirogues a la hanche du vais-
\      seau ; a huit ou dix milles du ri-
f      vage.
/Variable, vents legers; les courans por-
I      tant vers le sud; des pieces de bois,
<      des herbes marines et  des passes-
i      pierres passant a la vue du vais-
\      seau
Variable , modere et clair ; vu la terre
a quatre heures de Fapres-midi, au
N. N. O. a 18 ou 20 lieues ; c'est
la m&ne terre vue de Fextremite sep_-
tentrionale ; 14 a 2$ brasses d'eau
fond de sable, et de petites pierres
j noires ; plusieurs pirogues a la
Iianclie.
VS. O. Vents legers et brume; une grande
1      quantite de bois d'algues marines
\      aupres du vaisseau; distance du bord
I      trois ou quatre lieues.
j Variable, vents legers; a douze ou treize
\      milles du bord
!N. au N. O. Vents legers et brume; a
deux ou trois lieues de distance, cap
Saint-James S. | O.
J-Variable, vents legers et brouillard; la
/ mer houleuse au sud; le cap Saint-
J James S. S. O. a trois ou quatre
1       lieues.   .  .
J APPENDIX.     N°.    I I.
,27,
TABLE    IX.     Contin
Route de la Queen Charlotte, de Fentre'e de Norfolk,
dela aux iles Sandwich.
pee.
%>oq
ue.
1787.
Aout        3
Latitude
Nord.
5l    5o
5i    09
9
14
Longitude
Ouest.
49   48
49   39
49    35
49    3o
10; 47   ■   50
II
12
i3|43   33
45    55
44   22
43   02
42   3o
129    10
128    06
128
10
120
29
i3o
58
i3i
%
i3i
59
l32
©6
l32
16
Declin.
du
compas
Ouest.
le long de lac6te, et
Vents ,   Ciel et Remarques.
55
551
561
561
57
62I
60
p7,
56
59
64
65
^Variable, vents ^gers et brume; a onze
heures aprt [- midi les rochers enj
\ face du cap Saint-James O. | S. O.
.'      a quatre ou inq milles.
!Du S. au S. C Modere et tems sombre ; vu la t jre restant au S. 40 de-|
gres E.
{0. S. O. Brises f arches, accompagnees
de brouilla 1;■ une forte houle aj
Fouest.
<N. N. O. Bries fraiches et brouih
\       lard.
^Variable , souffles lagers ; la pointe
J boisee au |f. a six lieues de clis-
1      tance.
Ditto.  Ditto. L'entree du Roi-George]
N. 77 degres E. a 14 ou i5 milles;!
rencontre en bon etat le Prince de
Galles ,' capitaine  Colinett ,   et la
Princesse-Royale, capitaine Duncan,
deux navires a nos proprietaires.
S. S. E. Brises fraiches et tems sombre;
informations recues du peu de suc-j
ces qu'il yak attendre dans Fentree
du Roi-George ;  que le capitaine
Portlock n'y  etoit pas.  Ils partentj
pour les iles de la Reine-Charlotte,
et nous pour FEurope,'par la Chine.
N. O. Brises fraiches et tems sombre.
O. N. O. Ditto. Tems agreable.
N. O. Brises fraiches et tems agreable.
Variable, modere et beau tems.
Ditto. Ditto et tems sombre; la mer!
houleuse a FO.
O. Modere et tems sombre.
ipniunTilpI 28
APPENDIX.   N°.   I I.
TABLE    IX.    C
onnnuee.
Route de la Queen-Charlotte, de Fentre'e de Norfolk, le long de la c6te, et
dela aux iles Sandwich.
Epoque.
Sept?
Latitude
Sud.
1787.
Aout       16
x7
18
' !9
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
3o
3i
1
2
3
i
5
41 40
40 08
38 53
37 35
36 07
34 28
33 09
3i 39
29 35
27 ■ 37
H ■ 57
H 04
23 ai
zz 26
21 44
20 04
20 01
19 55
19 56
20 04
Longitude
Ouest.
Declin.
du
compas
Est.
i3i 00
i3J 26
i3l 10
i36 5o
i35 49
i36 20
107 20
i38 28
i3g 27
140 08
141 08
141 55
i43 06
i44 06
145 09
14S i3
141 36
i-5o o3
^. j"   OQ
i.5V 43
i5# 41'
16    16
9
8   37
6   06
'•:
Vents, Ciel et Remarques.
64lr
65
66
%
67^
69
69}
68
67I
68
70
70
71
73
751-
75
74W\
76
Variable, vents legers et brume.
N. E.  au N.  Brises fraiches et  tems
sombre.
N. O. au N. Ditto et beau tems.
in. N. E. Modere et tems sombre.
Ditto. Ditto et ditto.
N. E. Brises fraiches , tems sombre.
N. E. Ditto. Ditto,
itto. Brises fraiches, accompagnees de
pluie.
E. N. E. Ditto. Ditto et tems sombre.
IN. E. Brises fraiches et tems sombre;
\  :   mer houleuse au N. E3
IN. E. au E. N. E. Ditto et ditto.
J E. N. E. au E. Brises moderees et tems
\      sombre.
N. E. au E. Modere , accompagne de
pluie.
N. E. Brises moderees et beau tems.
'N. E. auE. Raffales, accompagnees de
pluie.:
N. E. Modere et beau tems.
Ditto. Brises fraiches et tems agreable.
N. N. E. Raffales et pluie de tems en
tems.
(E.   ~  N. E.  Brises   fraiches   et  beau
tems,
N. E. Brises moderees et tems sombre.
Variable, Ditto. Ditto.
! N. B. A cinq heures apres-midi, vu
Owhyhee; a midi. la pointe orien-
tale de cette ile nous restoit au S.
un J rumb a Fouest, a dix ou onze
lieues.
J APPENDIX.   N«.   II
m
TABLE   X.
Route de la Queen^Charlotte dans les parages des iles Sandwich.
^poque,
1787.
Sept. 6
Latitude
Sud.
9
10
li
12
i3
14
Longitude
Ouest.
10  17
20  l3
20 • 15
20 3o
21 16
21 21
21 34
21 43
I
■
Declin.
4
du
J3-
compas
I
Est.
Vents , Ciel et Remarques.
81
82
80
81
81I
80
81
83
77:
81
E,
)le, raffales et pluie parfinterValles.
deux heures apres midi, plusieurs
>uee pres  de nous ; elles nous
tuumireiit  des pores et du fruit a
>ain.  Distance du rivage de sept ou
mit milles.
[odere et tems sombre. En panne,
^ Jxafic avec les naturels. La pointe
I      prientale d'Owyhe'e S. 5o degres E.
{Ditto.   Brises fraiches et  tems   clair-;
nous louvoyons.   La   pointe  meri-
dionale d'jOwyhee Sr a deux ou trois
I      milles.
!E. ST. E. D'abord brises fraiches , en-
suite vents legers. La pointe orientate de FIsle de Ranoy N. 10 degres
I 0. a. quatorze ou quinze milles.
/N. E. Brises moderees, et tems som-
/ bre. An heures apres-midi, mouille
J #ans la baie au S. de Wahahoo par
}     huit brasses.
/E. If. E. Brises fortes et tems sombre,
\     fait de Feau.
fDittjo, Brises fortes , acheve de faire de
I      feau , achete du bois.
(E. mf E. Vent frais et tems sombre. A
la voile pour Attoui a cinq heures
apres-midi.
Waj—I
-N. SV E. Brises legeres et tems sombre
O. La pointe N. O* de Wahahoo
y N. 83 E. a. la distance de huit lieues.
{Variables, brises legeres. La Montagne
{ $u Roi, Isles d'Attoui, au N. O. -4
h. un t rumb a Fouest, a huit ou
ieuf lieues.
H 3o
APPENDIX,   N*..   II-
S2S
TABLE    X.   Conti
inuee,
Route de la Queen - Charlotte dans les parages des lies Sandwich,
Epoque.
1787.
Sept.
Octob.
16
*7
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
3o
Latitude
Sud.
21 52
21 55
20 55
19 11
18 23
17 i3
i5 28
i3 56
i3 22
i3 35
i3 37
i3 41
i3 36
Longitude
Ouest.
i3
43
i3
40
i3
36
i3
44
i3
i3
47
47
i3
49
Declin.
du
compas
Est.
00
10
l5g 5g
160 3o
161 i3
161 25
162 57
164 02
166 14
167 48
168 20
r7i 35
173 28
175 28
176 20
177 44
179 32
181 16
182 23 1
i83 5i
a   43
Vents, Ciel et Remarques.
8ii
82I-
83
82
77
79
7f
77
80
79l
82
8x1
80
81I
/
82
83:
83
82!
84
81*-
N, N. E. Velts lagers et beau tems.
Plusieurs lirogues pres   du   batiment.
E. N. E. Venl legers, k Fancre dans la
baie de T( proa , isle d'Attoui.
S.   E.   Brises fraiches   et   tems   sombre. Le R i et sa suite a bord.
JE, N. E. Ditt 1. Ditto. Depart pour la
\      Chine.
|"E. Brises frai les et tems clair. La mer
\      houleuse  Fest.
| E. Raffales a :ompagnees de pluie
(N.  E.
ble.
Brise
E.
fraiches et tems agrea-
E. Brises fra :hes et raffales accompagnees de luie.
Ditto.  Gros  ent et tems clair.
E.  Brises fra dies et tems agreable.
Ditto. Raffal s accompagnees de pluie.
N. E. au E.   S. E. Ditto. Ditto.
E. N. E. Ve : fort; et raffales.
Ditto. Ditto. Lccompagne d'une grosse
pluie.
N. E.  auE. S. E.   Brises  fraiches
accompaj Lees d'eclairs et de pluie
S.  E. auE.   J  N.   E. Vents legers
et tems   nubre. La mer houleuse
:E.
au N.
E. N. E. Bri
Ditto. Brise
compagn
Brises fr
E.
S. Vents leg rs, des eclairs au N. E.
E. S. R R£
grosse pi .re
es legeres et beau tems.
fraiches , et  raffales aces d'eclairs.
ches et tems sombre.
tales accompagnees d'une PPENDIX   N°.   II.
i3
TABLE    X.    Continue.
Route de la Queen-Chalrlotte autour des iles Sandwich, ot dela k la Chine.
moque.
Latitude
Nord.
1787.
Octobre    7
8
9
10
n
12
i3    41
i3    24
Longitude
Ouest.
t85   oj
187   3-
183   3j
Declin.
du
compas
Est.
i3    12
i3    18)190 $36
IO        Of:
i3    08
i3ji3    04
14
15
16
*9
18
*9
20
21
2,2
192     06
194     22
196     20
12  5l
198 %n
i3 09
200 02
i3 04
202 02
i3 22
203  f^J
r3 22
206 04
i3 26
208 10
14 01
210  32
14 11
212  l6
14 47
214  a
~
Vents, Ciel et Remarques.
84
82
10
21
13
E. Brises fraiches et beau tems.
E. N. E.  Brises fraiches et raffales ac
compagnees de pluie.
o     jDitto. Ditto. Fortes raffales accompa-,
1      gnees de pluie.
iS. 8. E. au E. - N. E. Vents legers etj
I      ferns sombre.   Une forte houle duf
83
E.
81
83
83
jE. IN. E.   Raffales, la mer houleuse!
\ au nord.
E. Brises fraiches et beau tems.
E. iN. E.  Gros vent accompagne* de
'-{
77
82:
80
82
80
83
JIuie, de tonnerre et d'eclairs , h
ier houleuse a Fest.
!E. IjJ* E.    Raffales   accompagnees   de
pluie, d'eclairs et de tonnerre , la)
mer houleuse.
]S. E. Raffales accompagnees depluie.
(Variable, brises fraiches et tems soxn-j
\      lire 	
fN. E. Brises fraiches et raffales accom-i
\      pagnees de pluie.
I Ditto. Brises fortes et des eclairs
iYL.  jjj.   E.   Raffales  accompagnees de]
(      pluie.
82- /E< r^' E*  Ditto- Ditto. Lamerhou
z  1      lekse au nord-est.
lB. M E.   Tems  modere et clair, vu]
<      piisieurs oiseaux   et des  poissons
[      atitour du vaisseau. /  '
E. N]E.  Brises fraiches et tems clair,
vlla terre portant N. 80 degres O.
a cinq ou six lieues.  A six heures!
ajjres-midi, le centre d'Aguigan por '
toit N. 83 degres E. a cinq lieues.
84
fja3»ai.a)ra«T«l oa
APPENDIX.   N «i     II.
TABLE    X.    Continue
IIWJMMni.llTJgll^lflttl.'Ma^^
Poiite de la Qneen - Charlotte autour   des iles  Sandwich ,   et  dela a la
Chine.
Epoque.
Octobre 23
24
25
26
27
28
3o
Nov.
Latitude
Nord.
Longitude
Ouest.
3i
2
i5 25
16 10
16 34
16 57
17 26
18 24
19 02
19 19
19 52
20 18
21 02
D6clin.
du
compas
Ouest.
3 21 06
21 * 24
216 27
218 34
220 28
222 36
225 19
227 44
229 44
23i 27
233 o,o
233 12
236 00
237 24
238 5o
5 21 35
21
37
289 37
241 55
34
25
Vents, Ciel et Remarques.
83
831
84
83!
t E. N.  E. Brises fraiches ,   tems som-
\      bre.
{N. E. i E.   Raffales accompagnees de
pluie.
IE.. Brises fraiches et tems sombre.
IE. N, E. Ditto. Ditto.
/N. E.   Brise fraiche accompagn^e de
t      pluie.
o  i |E.   S.   E.   Raffales  accompagnees   de
1 \      pluie.
82  . I Ditto. Brises fraiches et beau tems.
0,1 |E.   N.   E.   Irises  moderees   et   beau
\      tems.
{Ditto. Ditto. Vu un grand nombre d'oi-
seaux et c e poissons autour du vaisseau.
j E. N. E. Brikes moderees et beau tems.
(Variable , brises fraiches accompagnees
<       de raffales, de tonnerre , d'eclairs
84
85
78 f
et de pluie.
80
79
76
E. Vent fort.  La mer houleuse au
nord-ouest.
Brises friiches, tems obscur et nebuleux.   A. deux heures apres-midi
une petite isle portant N. 40 O. a
quatre 01 cinq lieues ; et bientot
apres una autre isle au nord de la
premiere  A huit heures apres-midi
mis le c;p au sud.
Variable ,   1 affiles   accompagnees   de
j      pluie. A leux heures apres-midi, vu
\      deux de; isles Bashu, portant S. 37
.'      degres £. a six ou sept lieues.
iN. E. au N. Vent fort et tems sombre ,
1      la mer houleuse au nord. APPENDIX.   N°.   it
33
mum
TABLE    X.    ContWe.
Route  de la Queen - Charlotte autour des iles Sandwich ,  et   dela   a k
Chine.
Epoque.
1787.
Latitude
Nord.
Longitude
Ouest.
Nov.
22   22
244    56
Declin.
du
compas
.Est.
8 22    07
Vents, Ciel et Remarques.
75
79.
N. N. E. Brises fraiches et brume. A
huit heures du matin, vu la terre portant N. O. a quatre ou cinq lieues de
distance ; la sonde rapporte vingt-
cinq brasses d'eau fond de sable gris
tachete de noir. A une heure apres
midi, vu plusieurs barques de pe-
cheurs chinoises.
N. E. Brises fraiches. Pris un Pilote a
Macao, et entrd dans la rade a onze
heures du soir, par six brasses ; le
Pic deLintin N. 79 degres E. la ville
de Macao O. un i de rumb S.. 34
APPEND IX,   N°.   I I.
TABLE   X) I.
Route du King-George et de la Queen-bharlotte , de la Chine.
Epoque.
Latitude
Nord.
1788.
Feyrier 10
n
1a
13
14
i5
16
*7
18
■*$
20
21
22
23
24
25
26
a7
21 35
20
18
18
i?
16
i5
14
i3
n
10
8
7,
5
02
54
01
44
33
33
24
01
4a
04
44
04
11
36
1  11
0  08
Longitude
Ouest.
246 00
246 o5
246 02
246 3o
246 13
246 04
247 10
247 49
248 3o
25o 36
252 4a
253 55
254    56
2.55    00
255
00
a54   3i
254    10
Declin.
du
compas
Ouest.
o '
>7
22
■ ■ ■ 1.11
Vfnts, Ciel et Remarques.
65
67l
71,
7*i
74
75
76
m
77
77
78
79i
79
80
8a
85
Variable, brises fraiches et beau tems.
A dix heures du matin, le Pic de la
\ grande Ladrone N. 40 degres E. a
six ou sept lieues.
N. E. al'E. Brises fraiches et beau tems.
E. S. E. Brises moderees et tems clair.
S. E. a FE. Brises fraiches et ditto.
S. E. Brises fraiches et tems sombre.
E. i W E. Ditto. Ditto.
N. E. Brises moderees, tems clair.
E. N. E. Jolie brise, et terns agreable.
N. E. Ditto. Ditto.
N, E. ~JN. Brises fraiches etbeau tems.
"N, au N. E. Brises fraiches. Pulo Sa-
\      paw S, 60 degres O. a quatre milles.
N. £. Brises fraiches et tems agreable.
Ditto. Terns modere et brume.
E.   Ditto.  Tems Sombre accompagne
d'eclairs.
8ii
\n E.
.. an E. N. E. Tems modere accompagne d'eclairs et de pluie.
E. N. E. ka N. N. E. Moderd ditto.
Pulo d'OmarN. 37 degres E. a quatre lieues.
N. N. E. Brises moderees. La terre du
S. 38 degi^s O. au S. 65 degres O.
I      a sept ou huit lieues de distance.
JN. au N. N. E. Modere et tems sombre
L'isle Dominis O. ~ S. O. a sept ou|
huit lieues.
/ APPENDIX.
N°.
T A B L E ■ X I     n     ■   ,
A *•     Contuse.
Route du King- George^ de la <J
ueen-Charlotte, delacin
une.
epoque.
1788.
Las^ude longitude
Sud-    *    Ouest.
Declin.
du
COttlUcIS
Ouest.
■
Fevrier
13 254    3i
82
292   . 44,
I
W
-
s r.rj
.j
.1
Vents ,  Giel et Remarks,
1
: N. N. E. Modere, accompagne d'eclairs
et depluie. A onze heures, mort de
M. W. Lander notre Chirurgien; a
midi, les trois isles du S. ~ S. E. a
FE. N. E, a environ trois ou quatre
milles.
. N. E.  Tems modere et sombre. A
dix heures, lance a la merle corps
de M. Lander ; a midi, la montagne
de Monopin au N. 10 degres O. a
cinq ou six lieues. A une heure apres-
midi , vu un banc de sable et de rochers a sec. A une heure et demie,
le milieu du banc portoit S. E. ~ S.
I de millet Huit et neuf brasses de
profondeur. La montagne de Monopin au rninie moment portant N.,
O. \ N. Depasse le banc a J'est. et
a sept heures du soir, jette Fancre
par onze brasses, sur un fond de
vase.
Jx
Variable ; a Cinq heures du matin, leve^
Fancre. le tems raffaleux, tonnerre,.
eclairs , pluie. Le mont Permasang
E. ~ N. £•, un cap de rivage de Sumatra 5. 4 S. O. a trois ou quatrej
milles de distance.   A trois heures!
apres-midi, depasse un vaisseau d
fuerre qui etoit a 1'ancre. A ciA
eures et demie, le Lansdown , navire de la Compagnie des Indes, se
joint *a nous. A sept heures, jette
1'ancre par neuf brasses et demie, sur
un forid de vase. 38                                     APPEND IX.   KV It
TABLE    XL    Continue.
Route du King-George et de la Queen-Charlotte, de la Chine, jusqu'a la
separation par le travers de la pointe de Java.
-
:
Declin.
H
Epoque.
Latitude
Sud.
Longitude
Ouest.
du
compas
Est.
tr*
3
Vents,  Ciel et Remarques*
;
!
1788.
0       f
0          *
0      .'
0   '  1
Variable, eclairs, tonnerre accompagne
-
deipluie; a cinq heures apres-midi,
I       nouslevames Fancre; a neuf heures,
1      jette Fancre de nouveau.   L'ile  de
S
1
1      Lusepara portant N. 43 degres E.
1      a s|ix ou huit milles ; et la premiere
pointe avancee de File Sumatra N.
/      O. A une heure et demie apres-midi,
Mars         2
3   08
iJSm
79    I      le Lansdown trouve  fond, gagne
"fla-a-B             ^
.
\      plus au sud, et jette Fancre par six
brasses lz. L'ile de Lusepara reste au
j      S.   49 degres a FE.   a  cinq ou six
,
J      milles. La premiere pointe de Su-
I      matra N. O. ~ N. Mis la chaloupe
f       a la mer, et envoye sept hommes a
bord du Lansdown pour Faider a se
V      debarrasser.
■
/Variable , vents legers, accompagnes
d'eclairs ,  de tonnerre et de pluie ;
a trois heures apres-midi, remis le
-
3
'
Lansdownaflot,sans qu'il aiteprouve
le i22ui22iiic u.wii2ijj.agc. jx xniO.1, leve
3      09
82^ <      Fancre, et mis a la voile de con-
serve. Les sondes rapportent de six
.
-
a quatre brasses. A quatre heures
apres-midi, les iles Lusepara N. 88
degres E. a la distance de six ou sept
/
milles.
'
r Variable ,   raffales ,  accompagnees de
1      pluie. A midi, le fond devient plus
4
85    /      p^ofond, et jusqu'a huit brasses. A
\      trois heures apres-midi, jette Fancre
par onze brasses. La maree portant
-
" at.
I      E. S. E. un mille par heure.
- APPENDIX.   H°.   II.
37
je
Ti
TAlLE    XL   Continue.
Route du Kins; - George et de la Queen - Charlotte, de la Clime, jusqua la
separation par le travers de la pointe de Java.
epoque.
Latitude
Sud.
8
3   56
4   17
Longitude
Ouest.
_—
4 53
9
Declin.
du
compas
Ouesu
Tents, Ciel et Remarques.
87
90
4   57
87
851
83'
S. Brises legeres , accompagnees d'£-
cliirs, de tonnerre et de pluie. Jette
Fitcre plusieurs fois pendant ces
vingt-quatre heures.
Variable, modere et tems sombre. A
sept heures apres-midi, level Fancre.
Ajlix heures £ jette Fancre par huit
brasses.
>le, modere, accompagne de pluie
d'eclairs. Mis a la voile a trois
heures \ du matin.   A une   heure
apres - midi ,  jette Fancre par onze
brasses , fond de sable.
.Variable , soufie leger. Mis a la voile a
une heure I. A midi, les Soeurs por-
toient S. 40 degres O. a six ou sept
milles. A six heures apres-midi, jette
fancre par dix brasses d'eau. Les
Soeurs S. 17 degr£s O.
Variable > raffales , accompagnees de
pluie. A quatre heures du matin,
nous appercevant que le vaisseau
chassoit sur ses ancres, nous la le-
yames et mimes a la voile. A dix
heures , des vents legers ; jette la
seconde ancre par onze brasses; les
Soeurs portant S. a5 degres O a
neuf milles de distance. A midi, mis
ijla voile; a six heures apres-midi,
jette Fancre par onze brasses. Les
jlceurs portant S. ~ S. E. a quatre ou
V     cinq milles.
K. 38
APPENDIX.   N*.   II.
TABLE    XI.    C
ontinuee.
Route du King-George et de la Queen - Charlotte, de Ia Chine, msqub
la separation par le travers de la pomte de Java.
Epoque.
Latitude
Nord.
1788.
Mars
10
5    04
11
12
5   06
22
Longitude
Ouest.
Declin.
du
compas
Ouest.
Vents, Ciel et Remarques.
1
Variable. J. trois heures apres-midi
leve Faicre et mis a la voile.;
/      cinq he ires,  jette Fancre par dix
brasses. La partie plus septentrio-
nale  d^s Soeurs portant S. 40 degres E.
Du S. E. J S. au S. S. O. Brises legeres et terns sombre; a sept heures
du matin, leve Fancre et mis a la
85   I      vo^e5 a dix heures du matin, jette
Fancre par douze brasses. La partie
la plus septentrionale des Soeurs S.
5o degres E. a quatre milles de distance.
Variable , raffales , accompagnees  de
pluie ,  d'eclairs et de tonnerre. A
cinq heures du matin, leve Fancre
et remis a la voile. A midi , vent
modere, tems nebuleux.   A deux
heures apres-midi, jette Fancre par
onze brasses.
I   '■
N. O. Raffales, accompagnees de pluie
A quatre heures du matin, levd
Fancre et mis; a la voile. A onze
heures , mouille par cinq brasses,
A midi, leve Fkncre et cingle entre
87 ^ l'ile du nord et le rivage de Sumatra;
jette Fancre par neuf brasses, fond
de vatse; File du nord portant N.
E. - N. a;la distance de trois milles;
1'aiguadej S. O. a quatre milles ; vu
plusieurs vaisseaux Hollandois. APPENDI X. -N5.    I h
TABLE    X La Qonntmee;
Route du King-Geo%e. et de la Queen - Charlotte,. de la Chine.
epoque.
1788.
Mars        16
24
25
Latitude
Sud.
Longitude
Ouest.
Declin.
du
©mpas
Duest.
Vents
Ciel .et Remarques.
*
■
6   33
26
27
6   36
7   49
;54      40
8.4
moyen.
82
83
841
83
84
H
Variible, et tems nebuleux, accompagne
de beaucoup d'eclairs. A sept heures
apres-midi, leve Fancre et mis a la
voile , de conserve avec le King-
George. De ce jour au 23, gagne
Cracatoa ou nous fimes de Feau.
Variable et pluie. A quatre heures apres-
midi, leve Fancre et mis a la voile,
de conserve avec le King - George.
A midi, le pic de Cracatoa portoit
li 18 degres O. A neuf heures
apres - midi , jette Fancre par 42
brasses , fond de sable, Le pic de
File du Prince S. soixante-seize degres O.
O. Ij. O. an N. O. Brises fraiches. A
quatre heures du matin, leve Fancre
etfait voile. A midi, les extremites
de File du Prince de FO. N. O. ad
S. 65 degres O. A six heures apres*]
midi, jette Fancre par quarante brasses, fond de sable et de vase. L'ex-
tr&nite de File du Prince du N. N. O.
au S. O. y rumb a FO.
Variable, brises fraiches et raffales. A
neuf heures du matin, leve Fancre
et mis a la voile. A quatre heures
apres-midi, les rochers de la pointe
de Java portoient N. 85 degres E.
a la distance de quatre ou cinq
rrulles.
O. JST. O. Brises fraiches et tems sombre. APPENDIX.    N".    I I.
TABLE    XL    Continue.
. A* 1* Oueefl- Charlotte, de la Chine.
Route du King - George et de la Queen     ^^_________
3o 11     l3
|>  $ Vents, Ciel et Remarques,
B
l
8,    |N. N. O. ^.u O. N. O. Raffales, accorm
4   \      pagnees de pluie.
iN. O. auN. E. Ditto. Ditto. Vupassei
la Queen, vaisseau de la compagnie. !
Variable , modere et tems sombre. Ge
jour, wonvenu de se separer d'avec
le Kin*-George. La Queen toujours
en vuq.
. ■
.
■   • APPENDIX.   N'
4i
Route de
X A BLE    XII.
Epoque.
Latitude
Sud.
Longitude
Ouest.
1788.
Mars
Avril
Declin,
du-
compas
Ouest.
16    3o 263    14
5116    54 265    01
a3l
Vents, Gleet Remarques,
,  /Variable  ,   raffalj
Bi V    pluie; vule*
(N. E. au S. E. -
82 ^      vlxe le King-'
83        	
E.  Er
ik N.  E.  Brises
{      compagnees
accompagu^es  de|
lg-George. j
| legeres'; perdu de
f Iches , raffales ac-
)luie. ,
fraiches   et  terns;
Dhti
BristJ-moderees  et  beau
jE.  au S.
79   ^       clair.
79!- ]S. E. Ditto. Ditt
81" V ~~    " '
„        E.   S.   E.   Raffalte   accompagnees   de!
00    < 1   .       ■
^      pluie.
fS. E. Brises fraickes; la mer houleuse
79   {      au S. E. I
78!  }E. S. E. Ditto. Ditto.
8   IE. au E. N. E. TJems modere, accom
\      pague de pluii.
81    IE, "~ S. E. Ditto.Ipitto.
E. S. E. Brises fraiches et raffales, ac-
l      compagnees tie pluie.
ofi    IS. E. Ditto. "Dbwet toms clair.
E. S. E. Brises ffaiches et beau tems.
,E. S. E. Ditto. Ditto.
TBI \E. \ S. E. Brises haiches etbeau tems.
p      [Ditto. Brises moderees et beau tems;1
1    \      la mer houleuse au S. O.
77    IS. au S. E. Grds vent et raffales.
;S. ~ S. E. Brises fortes et tems clair;1
7      V     tourmente,
ei |E. S. E. au E. ft. E. Brises moderees]
'•z V    et tems sombre.
JE. N. E. Modern et tems sombre ; h
77    y      mer houleuse au S.
■IN. N. E.Brisesfraichesettems clair. te
'APPENDS.   N°.   It
fa=5
MM
TABLE    XL    Continue.
Route de la Queen- Charlotte,  aprisa separation dn King - George a
File SaintHelene.
Vents, Ciel et Remarques.
iVariable , raffales   accompagnees   de
2      pluie.
Ditto. Brises fraiches et tems sombre;
73       a cinq heures apres-midi, vu deux
voiles au S. E. portant N. E.
Variable, brises fraiches et tems sombre
la mer houleuse.
S. \ S. E.  au N. E.  Brises fraiches et
tems sombre.
S. E. Ditto. Tems clair.
Ditto. Brises fraiches et beau tems; vu
des oiseaux de mer et des poissons
"_      autour du vaisseau.
74r E. S. E. Brises fraiches et beau tems.
74    E. Ditto. Ditto et des eclairs au S. O.
Ditto. Brises fraiches et raffales.
E. S. E. au N. E. Ditto. Ditto, accompagne de tonnerre et d'eclairs.
N. ;■ N. O. a FO. Brises fraiches et tems
clair.
O. au S. S. E. Ditto, accompagnees
fid      ■pLlaiirt
Ditto. Ditto. Brises fraiches ; vu une
grande quantite de bonites autour
du vaisseau; nous en pechons plusieurs a la ligne.
Brises fraiches; vu un grand nombre
d'oiseaux et de poissons autour du
vaisseau.
q x_  iS. au S. E. Brises et terns sombre; vu
\      des oiseaux et des poissons.
/E.   S.  E. au E. N.  E.  Ditto.  Ditto.
Ditto.
*S, S. O. Brises fraiches et raffales.
E. au N. N, E. Brises fraiches et brume.
il^lJLKIJi
APPENDIX.   Ni   II.
43
TABLE    XII.    Comiiiuee.
Route de la Queen-Charlotte, apres sa separation du King-George a File
Sainte - Helene. §
Epoque.
1788.
Mai 10
11
•  12
i4
i5
16
■7
16
19
20
SI
Latitude
Sud.
32 08
32 45
33 26
34 22
35 26
36*    07
36 10
35    24
36    3o
Longitude
Ouest.
325 i3
327 06
32Q 08
331 23
334    40
336    21
336    53
336    53
36   57
Declin.
du
compas
Ouest.
24  12
336     40
37   36 336    5o
336 40
36 40 337 20
71
69
68
72
71
IPs
70
62}
60
Vents , Ciel et Remarques*
(N.
N.
58
60
E. N.i.E. au S.   O. | S.  Raffales  accompagnees d'eclairs et de pluie.
S« au SL S. O. Vents legers et tems clair.
S. S. j& au N. N. Ditto. Ditto.
E. Brises fraiches ; la mer houleuse
an S. O.
N. E. Ditto. Ditto. A onze heures
da matin, vu passer  un tonneau
vide.
EJ: Modere et tems sombre.
J Variable, grosse mer, vent fort; vu un
y grind vaisseau au S. E.
Variable, vent fort; trouve deux pom-
pejs engorgeesparle sable. Nous les
avms nettoyees. Decouvert la cale
de Favant pour voir s'il y avoit de
l'eiu;trouvee seche; remis les thes
en place et referme la cale.
ai: S. O. Grand frais; oblige de
temr une pompe sur le pont. Un
m itelot dans le puirs pour empecher
lefeable de boucherle tuyau. Trouve
ure voie d'eau a Farriere ; ote differentes choses des ailes do la cale,
ethisse sur bord pour alieger Farriere du vaisseau.
fN. E. au N.   O.  ~ N.   Grosse
y      grand frais.
IN. O. au O. j N. O. Vent frais et tems
j      sombre; hisse quatre barils de poudre
\      sur le pont. Vu un grand vaisseau
I      gouvernant a FE.
{Variable, vent frais et tems sombre avec
une grosse mer; tenu la pompe sur
le pont.
O.
mer APPENDIX.   N°.   I I,
45
r44
APPENDIX.   N°.
II.
TABLE    XII.    Continue.
Route de la Queen - Charlotte , apres sa separation du King-George a File
Sainte - Helene.
Epoque.
Latitude
Nord.
1788.
Mai
22i36  00
Juin
23
24
25
26
27
28
3o
3i
1
2
3
35 48
35 36
35 32
35 17
36 12
37 12
35 57+
34 5o
33 44'
32 04
3o 48
29 54
Longitude
Ouest.
0
/
338
10
338
09
338
19
337
48
339
00
339
3S
340
o3
340
tG
Declin.
du
compas
Ouest.
Vents ,  Ciel et Remarques.
29
18
345 32
347 5o
348 n
348 18
348 27
347 3o|
21
60
53
5oI
59
5o]
56
4>
£91
54
59
60
6l
61I
61
I Variable, jrosse mer, vent, grand frais;
\      Vu un grand vaisseau faisant FE.
N. O. au N.  Gros rent; les ris pris,
et sous la voile d'etai du second foe.
Dans iln fort coup de vent la voile
d'etai du second foe s'est decliiree;j
mis une de rechange.
O. N. O. au O. Brises fortes et tems
sombre; grosse mer : trouve fond a
70 brabses; a. sept heures du matin,
vu un vaisseau ayant le cap au N.
O. I N. Oi au O. I S. O. Brises fraiches
et tenis sombre; a huit heures du
matin \ parie au Lansdown, navire
de la icompagnie ; tous en bonne
sante.
{Variable, modere et tem^ clair; la mer
houlerse au O. S. O.
fN. O. ^N; auN. iN. E. Brises fraiches
y       et rafiiles de tems en tems.
J-N. au N. 0. Brises fraiches et raffales.
< Variable. Ditto. Ditto. La mer houleuse
Y au S. O.
/S. S. O. au S. \ S. E. Vent frais, ac-
V compagnees de raffales.
I Variable, brises fraiches et tems sombre;
1      vu un navire.
" f S. S. E. au E. S. E. Brises moderees et
.\      tems clair.
fE*. au S. E.  Brises moderees et tems
y       clair; redescendu les deux pompes.
j Variable , vents legers , tems clair; vu
\       un veau mar in.
i Ditto." Brises fraiches ,   accompagnees
{      de raffales; vu une baleine.
<mmmmmmmmmmk
TABLE    XII.    Continuee.
^
Route dela Queen - Charlotte, apres
Sainte -
sa separation du King- George a File
Helene.
Epoque.
1700.
Juin
5
6
7
' 8
9
40
11
12
13
i5
16
*7
18
Latitude
Nord.
28 26
27 17
9,6 19
24 5i
23 44
22 27
20 58
19 34
18 23
17 06
16 18
16 04
Longitude
Ouest.
346 36
346* 24
347 27
35o 04
352 o5
354 19
356 40
358 47
00 3o
a i3
3 58
4 3o
Declin.
du-
compas
Est.
Vents, Ciel et Remarques.
H
62I
62
iS
66}
67
68
681
68
71*
72
I        ~—-—	
/Variable, vent frais et tems sombre, ac-
\      compagnl de pluie.
^Ditto.' Brisesifraiches; lamer houleuse
au N. Oc,
S. O. au S. p. E. Vents legers; grosse
mer.
S. S. E. au S, S. O. Vent fort et brume.
S. E. Brises fraiches et tems sombre.
S. E. | S. Ditto. Ditto et brume; eau
. a courir. I
Ditto.^Brises,fraiches, tems nebuleux.
S. E. ~ S. Vent frais et ditto.
Variable, briies fraiches et tems sombre.
i-S. E. jolie br|e et tems sombre. Ayant
it 36o flegres a Fouest et. perdu
, nous appellons celui-ci
fait
un jour,
le i5. 	
S. E. ~ S. Mbtfere" et tems sombre.
S. S. E. Ditjo. Ditto.
S. au E. S. E. Modere et beau tems.
A trois ljeures et demie du matin,
vu File sSnte-Helene portant N. O.
et a onzrheures, mouille dans la
rade pariuix-neiif brasses ; trouve
ici le Kijjg- George et autres vais
seaux. 46
APPENDIX.   N«.   I U
i A B L E   XIII.
Difference entre les longitudes, prises d'apres la montre, d1 apres les observations lunaires, et par approximation a midi, observee sur plusieurs jours,
pendant la traversee de Saint-Jago aux iles Sandwich.
N. B. La montre est un petit garde-tems de poche de M. Arnold.
Epoque.
1785.
"ov.        18
21
28
4
8
i3
Dec.
1786.
Janvier
Fevrier
Mars
Avril
Mai
22
25
1
26
3o
7
i5
18
22
27
6
i5
20
25
11
19
26
4
19
22
23
2k
JViontre
Ouest.
Observa- U-ijt- —
_ ™^T"        mation
lunaxres      Quest
Ouest.
28 o3
3o 45
34 25
37 46
42 35
46 21
53 40
54 42
57
64
62
7i
80
82
81
82
8i
85
89
92
110
116
117
125
146
i5i
153
i54
10
29
*9
3o
5i
3o
4o
43
3i
16
00
40
00
00
4o
32
44
4o
15
x6
28
3o
33
38
42
00
36
10
21
37
pas dobs
53      36
pas d'olis.
Ditto.
64 S7
pas d'ob.
Ditto,
Ditto.
82      fo
82 .     25
pas d'ob.
81 33
pas d'obi.
89 2D
02      04
109      20
n5 4o
pas d'ofo*
124 3o
146 4i
i5i    34
pas d'obs.
Ditto.'
24 54
26 3o
29 34
33 56
38 41
43 43
5i 58
5i 35
54 25
63 18
63 3o
74 59
86 11
87 01
85 3o
87 26
83 25
qo o3
94 44
99 }7
112 24
118 i3
120 55
127 58
147 32
i5i 3g
i53 33
154 10
o
Remarque.
Ayant re*connu que la montre eprouvoit
des variations suivant les differens
degres de chaleur ou de froid, avant
de quitter Saint-Jago, je ils une
petite table de ces variations ; et
c'est d'apres elle que Fon a toujours
\ calcuie pendant notre traversee aux
iles Sandwich.
Lotsque nous quittames Saint-Jago , la
montre perdoit sur le tems inoyen
o.k  00.m 02.s par iour
En quittant les iles Falkland, la montre
perdoit sur le tems inoyen 0.h
00.m o5s par jour.
Le
par y
?4 mai a midi, la pointe N. E. de]
Dvrhyhee portant N. un \ rumb a
'O. a trois ou quatre lieues de distance , je recoimus que Foscillation
?n longitude etoit de 38 milles.
***mm
mww*m*
mm

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