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Voyage de découvertes dans la partie septentrionale de l'océan Pacifique, fair par le capitaine W.… Broughton, William Robert, 1762-1821 1807

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Array g8fflMgro«npqggHH^CKwff^^ tJÂe' ^T. /r. àltoaww's&'/itl\As.^Z'.\yYeul  I  i
Sa£8888888B8S!8 VOYAGE
DE DECOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE L'OCEAN PACIFIQUE.
IL
m iJ
I
IM-
m*
ggggggggggggg^ggg^ggglSgggglS! VOYAGE
DE DECOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE
L'OCÉAN PACIFIQUE,
FAIT PAR LE CAPITAINE W. R. BROUGHTON,
Commandant la corvette de- S. M. B. la Providence et sa conserve,
VENDANT LES ANNÉES 179,5, I 796, 1797 ET 179$}
Dans lequel il a parcouru et visité la côte d'Asie, depuis
le 55.c degré' nord, jusqu'au 52.e; l'île d'Insu, ordinairement appelée Jesso ; les côtes Nord, Est et Sud du
Japon; les îles de Likeujo et autres îles voisines , ainsi
que la côte de Corée.
TRADUIT FAR ORDRE DE S. E. LE MlNISTRE DE LA MARINE
ET DES COLONIES ,
PAR   J. B. B. E * * * |
TOME    DEUXIÈME,
PARIS,
DENTU, Imprim.-Lib.", rue du Pont-de-Lody, n.a 3.
M.  d.  ccc. VII. /5V  tïf
.. ». -...   .....     . .t ^ «
\/-  2- m  VOYAGE
DE DÉCOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE L'OCÉAN PACIFIQUE.
LIVRE   SECOND.
Contenant le détail de notre second
voyage au nord, en passant par la
détroit de Sangaar, et de notre
retour à Madras , en passant le
long de la côte de Corée, et devant
ta mer Jaune.
CHAPITRE PREMIER.
Notre navigation est retardée par la continuité
des vents d'est. —Ile de Lamay. — Nous passons devant Formose. — Nous abordons à
l'île de Pachusan. — Le bâtiment fait naufrage
sur un banc de corail près de l'île de Typinsan.
JLiE 19, de petits vents d'ouest nous portèrent en vue de l'île Poo-Torj ; à la
fin du jour, le calme nous obligea de
mouiller par 14 brasses.
n. 1
1797.
Avril.
19.
mmmm^mm 233
21.
25.
<   §
Le 20, vents modérés de la partie de
l'est, accompagnés d'un brouillard très-
épais. Je fis lever l'ancre un peu après-
midi. Nous louvoyâmes pour doubler;
les îles Lima, et nous virâmes de bord
très-près des îles les plus en - dehors.
Nous vînmes mouiller avant la nuit près>
de l'île Poo-Tory, par i3 brasses.
Le 21, les vents furent encore contraires j et le brouillard fut si épais, que.
nous ne pûmes apercevoir les pointes^
formant l'extrémité de la passe qui est
entre Poo-Tory et le grand Lima. Je
fus extrêmement fâché du relard que
le tems nous causait; car nous n'avions
pas l'espérance de le voir changer de
sitôt.
Cependant le 23, le brouillard étant
dissipé, nous pûmes mettre à la voile.
La première bordée nous porta sur la
pointe la plus E^.du grand Lima, et
nous virâmes de bord près de terre vis-
à-vis d'une petite baie qui est à l'O. de
cette pointe, et au fond de laquelle on (3)
aperçoit plusieurs petites maisons. Lorsque nous eûmes le cap sur Poo-Tory ^
le vent passa au N. E., le tems devint
brumeux et par grains, et nous fûmes
obligés de renoncer à sortir le même
jour. En conséquence, nous mouillâmes
par i5 brasses. L'extrémité de Poo-Tory
nous restait au N. 8o° E., a un mille de
distance, et la pointe du grand Lima au
S. 45° E. Le vent fut très-fort pendant la
nuit, ainsi que la houle, qui continua à
se faire sentir le lendemain, quoique lé
vent eût beaucoup diminué. Comme
j'étais décidé à rester au mouillage, j'envoyai les embarcations faire de l'eau à
la côte occidentale de Poo-Torv, dans
J   *
le fond d'une petite baie située en-dedans
d'un îlot formé par un grand rocher.
Un grand nombre de bateaux pêcheurs
étaient venus se réfugier dans celte
baie, où ils étaient en sûreté et à l'abri
des vents d'est. Les canots trouvèrent
dans celte baie depuis 5 brasses jusqu'à
2 brasses d'eau.
1191-
Avrils
^
4 (4)
Le 26, le tems étant devenu clair, et
le vent étant au N. N. E., je me décidai
à appareiller, quoique la houle qui venait du large fût très-forte. Nous louvoyâmes pendant toute l'après - midi j
mais voyant que nous ne pouvions pas
doubler le grand Lima avant la nuit, et
qu'à l'endroit où nouis étions le mouillage était dangereux pour la goélette,
nous fûmes forcés de retourner au lieu
dont nous étions partis, et où nous laissâmes tomber l'ancre par 12 brasses ; la
pointe de Poo - Tory nous restait à l'E.
S. E., à 3 ou 4 milles de distance. Nous;
vîmes pendant toute la nuit des éclairs
dans l'ouest.   Dans la   matinée, nous
eûmes du calme. Un peu après-midi, le
vent s'éleva au S. O. ; nous levâmes l'ancre , et fîmes routé à l'E. avec le jusant,
qui nous favorisait. La goélette n'ayant
pu doubler Poo - Tory au vent, passa
entre cette île et celle de Way-Loang ,
dans un canal  très - sain , où elle ne
trouva pas fond en filant 12 et i3 bras-r
Wf*W8S68!5S?S?95 .
(5)
ses. Elle nous rejoignit avant la  nuit. 	
L'opinion générale est que , dans ces I797*
parages, le renversement de la mousson Avnl*
de l'E. a lieu au mois d'avril, ou qu'au
moins à cette époque les venls doivent
être très-variables. Mais rien ne nous a
prouvé la vérité de ce fait ; car pendant
tout ce mois, les vents d'ouest ont été
constans, et n'ont éprouvé aucune variation. Leur durée , qui d'abord retarda
beaucoup notre départ, nous causa un
genre de désagrément bien plus grand
encore. Pendant que ces venls de la
partie de l'est soufflaient, le soleil ne
parut point ; la brume fut très-épaisse,
et l'atmosphère était chargée d'une humidité qui, à la longue, affecta la santé
de notre équipage. La dyssenterie était
presque générale, et quelques personnes en étaient attaquées d'une manière
très-violente. Cette maladie fut cependant attribuée, par plusieurs d'entre
nous, à l'eau que nous avions prise à
Macao. Je ne sais si ce motif est fondé 5 Avril.
(6)
maïs au reste, je puis assurer que j'avais-,
1797* fait prendre toutes les précautions possibles à nous la procurer, et que de ma
vie je n'avais vu de meilleure eau. Les.
animaux en vie que nous avions embar-.
qués, éprouvèrent aussi des maladies •.
mais ne pouvant en imaginer t$s causes,
il nous fut impossible de les sauver.
Tous nos cochons, moururent, et nous
regrettâmes beaucoup la perle de ces
animaux, dont la chair avait fait notre
principale nourriture depuis notre dé-,
part de Taïti.
Le 28, nous étions au large vis-à-vis
le canal qui est  entre Poo-Tory et le
grand Lima. A 4 h. 3o', la pointe E. du
grand Lima nous restait au S., à 3 ou A.
milles de distance, et nous gouvernâmes à l'E. pour passer dans le sud de
Pedro - Bîanco. A 6 heures du matin,
nous vîmes Pedro-Blanco qui nous restait au N. 180 E., à la distance de 3 ou
4 milles. Nous avions fait 3g milles depuis que nous avions relevé le grand
sS,
«iii<uiiiijiUI»ffi!M)°l)»|8M!g r
I797'
f 7 )
Lima au sud. Terres embrumé, couvert
•et par grains. Le vent sauta toul-à-coup
à l'est. A îo h. du -matin, nous virâmes
vent devant, et gouvernâmes au nord.
Le 29, à 2 heures , nous aperçûmes
Pedro - Blanco qui nous restait au N.
i5° O. A 4 heures, nous en passâmes à
«moins d'un demi-mille dans l'est. Nous
y trouvâmes 22 brasses, fond de sable
fin et gris. Nous fîmes trois lieues pour
nous rapprocher de la côtej mais l'obscurité du tems nous empêcha de la voir.
A 6 heures, nous 'virâmes vent devant,
et trouvâmes 14 brasses. A 7 heures,
Pedro-Blanco nous restait au S., à 4 ou
ô; tnilles de distance. A minuit, tems
par grains et variable, et la pi ni s fat
très-fréquente. A 8 h. du matin, nous virâmes Vent devant, et fîmes route au N.
A 24 h. tems couvert ; Pedro - Blanco
nous restait au N. 5a* O., à 3 ou 4 lieues
de distance. '.
Le 3o, à une heure 5o', nous vîmes au
N. O. la côte de la Chine. A 2 h. Pedro- Mai.
, er
  Blanco nous restait à l'O., à 3 ou 4 lieues
ï797- de distance. A 6 heures, la terre s'éten-
AvriL dait du N. 33° O. à l'E. N. E., à 4 ou 5
lieues de distance. Nous trouvâmes i3
brasses. A 11 h. du matin, le tems fraîchit, et le tems s'obscurcit. A îo h. 3o'
du rafttin, nous virâmes de bord, ayant
36 brasses fond de sable. Nous ne vîmes
pas le soleil de toute la matinée.
Le i.er, vent frais, teins très brumeux.
Le fond dimipnait par degrés à mesure;
que nous approchions de terre. La cofcg
de la Chine s'étendait du ^4°° % À
l'O. On voyvait à l'extçé'mjté occidentale une petite île. A mjdi et demi, nous
virâmes de bord, à 4 ou 5 lieues de la
côte, par 14 brasses. A 5h. du matin ,
nous virâmes de nouveau; et à 8 heures,
nous vîmes confusément la terre à travers la brume. A midi, nous virâmes
encore par, 10 brasses, dans le milieu
d'une grande b?ie dont la côte était bordée de sable. Les pointes qui la formaient, nous resjtaieitt au N. 72,^ib,^ ( 9 ;
au S. 720 O. L'entrée d'une petite ri- 	
viere ou d une ouverture qui ne nous   ,. .
1 Mai
parut navigable que pour les canots,
nous restait au N. 55° E. Nous vîmes
deux chaînes de rochers au-dessus de
l'eau, dont l'une s'étendaiUau, large des
terres les plus à l'E., et l'autre au large
des terres les plus à l'O. La mer était
couverte d'une quantité innombrable de
bateaux pêcheurs qui sortaient de la baie à
l'ouvert de laquelle nous nous trouvions.
Le tems fut très-brumeux jusqu'au 3. 3.
A 6 heures,il s'éclaircit un permet nous
aperçûmes la terre dans le N.,à 5 ou,4
lieues de distance. Pendant tout le, reste,
de la journée, le tems fut trës-mauvaj^
Nous eûmes un orage très-fort. Le leoai\
demain, à 16 heures, le vent sauta au
S., et fut trqsfvyjdent. Vers middle vent
s'appaisa, le tems s'éclaircit, et nous permit d'observer la latitude, pour la première fois depuis notre départ de Macao. Nous trouvâmes a5 brasses fond
de sable fin. O)
l Le 5,1e vent tomba tout-à-coup; et
I797- à o heures, un joli frais du S. O. nous
permit de faire route à l'est. Nous eûmes
26 brasses fond de sable et de coquilles
brisées. Pendant toute la nuit il fit de
l'orage. Au point du jour, nous fîmes de
la voile, avec un vent modéré; mais le
tems était sombre et pluvieux. La sonde
nous donna 24 brasses. A 22 heures,
nous traversâmes un endroit où la mer
était très - clapoteuse, et où toutes les
apparences semblaient indiquer qu'il y
avait peu d'eau. En effet, ayant jeté la
Sonde pour le vérifier, le brassiage diminua jusqu'à i5 et 10 brasses, et nous
trouvâmes fond de gros gravier et de
coquilles brisées. Nous virâmes de bord
pour attendre la go'ëlette. Je lui donnai ordre de se tenir de l'avant, et de
nous indiquer le brassiage qu'elle trouverait. Alors nous la suivîmes à petites
voiles jusqu'environ à midi. Dans tout
Pespace que nous avons parcouru, le
brassiage était inégal ; car chaque fois.
1	 ( " )
que nous jetions la sonde, il différait d
5 ou 6 brasses.
Le 6,tems variable,pluie continuelle.
Le brassiage continua à être très-irrégu-i
lier ; nous trouvions quelquefois i8et 17
brasses fond de gravier. La goélette qui
éclairait notre marche, mit un feu à
l'entrée de la nuit. A 20 heures et demie,
nous ne trouvâmes pas fonda 3obrasses»
A 24 heures, la sonde rapporta dusa^
blé noirr
Le 7 , noua eûmes de 55 a 59 brasses
fond de sable fin. Ce brassiage fut assea
régulier jusqu'à 7 heures passées. Alors
nous nous trouvâmes par 60 brasses fond
de sable noir. Mais ensuite nous n'eûmes
pas de fond à 100. brasses. Au point du
jour, nous vîmes la terre qui s'étendait
du S. E. au N. E. A 19 heures, le vent
•cessa; le tems fut calme. A midi, 1 es parti es élevées de l'île : Formose étaient
cachées par le brouillard j mais, les ex-r
trémités étaient visibles, et nous refir
taient au S. 68° % et au N. 48° E., à 4 1797 •
Mai.
8.
(   12)
ou 5 lieues de distance. Dans cette position, nous trouvâmes 114 brasses fond
de gravier.
Le 8, tems calme et vents faibles.
A 5 heures, nous étions à moins de deux
lieues de terre ; nous virâmes de bord
par 23 brasses fond de vase. La côte
était boisée et bordée par une plage de.
sable. Nous y aperçûmes plusieurs habitations. Au commencement de la nuit
le tems s'éclaircit; il fit un beauidair
de lune:, ce qui nous donna occasion
d'observer la latitude par la hauteur méridienne de cet astre. A 6 heures du
matin, nous gouvernâmes sur la côte,
et nous nous trouvâmes à-peu-près dans
la même position où nous étions la
veille lorsque nous avions viré de bord,
làesextrémités s'étendaient du N. 3o° E.,
au S. 45° E. Le vent s'étant de nouveau
fixé au N. E., et ne nous permettant pas
de passer entre la côte de Chine et l'île
Pormose, je jugeai qu'il était inutile de
tenter ce passage, et je fis route au sud. ( i3)
Depuis long - tems nous n'avions pas
joui d'un vent aussi doux, ni d'un tems
aussi agréable. En faisant route le long
de la côte de Formose, nous vîmes beaucoup de petits bateaux pêcheurs. Quelques-uns vinrent le long -du bord, ce
qui nous fournit l'occasion de les examiner. Ces bateaux, qui ne portaient
que trois hommes, avaient 20 pieds de
long sur 6 de large, et n'étaient composés que de bambous liés les uns contre
les autres. Le mât était fixé au milieu
de la longueur , dans une carlingue ou
morloise pratiquée dans un bloc de
bois. Ils avaient Pair très-légers, et de
pouvoir acquérir une grande vitesse.
Nous avons oublié de prendre la hauteur du soleil à midi, et nous avons été
obligés de nous servir de la latitude
observée par la goélette, qui se trouvant alors à portée de la voix, était par
conséquent dans la même position que
nous. Les extrémités de Formose nous
restaient au N. 120 E. et au S. 46° E., et
•'797'
Mai. ( »
t }
une terre élevée et très^hachéé s'éten»
dait du N. 35° E. au N. 750 E., à 4 ou
5 milles de distance.
Nous vîmes plusieurs jonques à l'an*
cre près de terre. Le pays paraissait très^
peuplé. L'île appelée Lamay dans les
cartes, nous restait au S. 35° E., à la
distance de 4 ou 5 lieues.
Le 9, à 4 heures 3o', la pointe S. de
l'île de Lamay nous restait à l'E. Celte
île est médiocrement élevée, et n'a pas
plus de 5 à 6 milles de circonférencei
Elle est à 3 ou 4 lieues de Formose, et
paraît habitée et bien cultivée, car nous
y vîmes beaucoup de maisons, et nous
y aperçûmes paître des bestiaux. Je fixai
sa latitude d'après celle de midi et la
route que nous avions faite. Elle se
trouva par 220 22' N., et elle git au N.
180 O. et au S. 180 E., avec la terre relevée à midi, qui est près le fort de
Zélande.
Au coucher du soleil, nous ne trouvâmes pas fond. Les extrémités de For- ( *5)
fnose nous restaient au N. i6° O. et au	
S. 5o° E, L'île de Lamay s'étendait du *797'
N. io° O. au N. 70 E., à 4 ou 5 lieues
de distance. La nuit fut très-claire : nous
eûmes de petits vents et du calme ;
nous ne trouvâmes pas fond à 120 brasses. Au point du jour, Formose s'étendait du N. 20° 0. au S. 700 E., à
la distance de 5 ou 6 lieues. Je fis
prendre la route plus à l'E., pour me
diriger sur la pointe sud de Formose ,
que j'atteignis sans pouvoir trouver
fond. A 9 heures 3o' du matin, nous
vîmes , du haut du mât, les roches de
Vele-Rete. A midi, nous nous trouvions entre ces roches et la partie sud
de Formose. Le tems était serein, et
le vent était à l'O. Une bonne observation nous donna la latitude de 210 5o' N,
les roches de Vele-Rete nous restant
au S. 54° E., à 8 milles de distance,
la pointe S. E. de Formose au N. 63° E.,
- et la pointe S. O. au N. 35° O. Nous
&e trouvâmes pas fond à 75 brasses. Ces ( i6)
deux pointes sont sur une ligne S. 85*
12' E., et N. 85° 12' O. La côte qui
est entre ces deux pointes est fort basse |
et bordée de sable. On aperçoit, le
lonsr de celte côte, de grands rochers
noirs , placés à des distances inégales
les uns des autres. Au bord de la mer,
le terrain commence à s'élever , et
paraissait très-fertile , quoiqu'il fût parsemé de grands rochers, dont un ressemblait au capuchon d'un moine. Les
roches de Vele-Rete sont au S. 120 O.,
à 12 milles de la pointe S. E., et au
S. 34e* E., à i5 milles de la pointe S. O.
Il est très-heureux que nous ayons pu
déterminer la position en latitude de ces
écueils ; car ils sont très-mal placés Sur
les cartes. Lorsque nous étions entre
Vele-Rete et la côte de Formose , nous
éprouvâmes un courant très-fort, qui
portait à l'est, et la mer y était agitée.
Le 10, nous eûmes connaissance de
l'île de Botol-Tobago-Xima. Peu de
tems après midi, nous l'aperçûmes se ( >7)
détacher de la pointe S. E. de Formose.
Ces deux objets, vus l'un par l'autre ,
nous restaient au N. 760 E. A une heure
et demie , la pointe de Formose fut doublée , et nous restait à l'O. Je fis diriger
la route au N. N. E. A 4 heures après
midi, le vent cessa , et   nous eûmes
de petits vents du nord. Au coucher
du soleil , la  pointe  S.  de Formose
nous restait au S. 460 O. Botol-Tobago-
Xima s'étendait du S. 480 E. au S. 53° E.
On voyait une île basse dans le N. 35° E.
3Nous étions à la distance de 4 ou 5
milles  des hautes montagnes de Formose , qui restaient auN. 620 O. Nous
eûmes du calme pendant presque toute
la nuit, et nous éprouvâmes les effets
d'un courant rapide qui portait au N. ;
car, malgré le peu de vent, nous nous
étions   beaucoup  rapprochés   dé  l'île
basse , qui la veille  avait été relevée
au N. 35° E. Au jour, l'île de Botol-
Tobago-Xima s'étendait du S. 40 O.
au S. ilr^ O. A 6 h. du matin, l'extrér
n. 2
*797-
Mai. HSSSSEiSŒi^g
( 18)
 mité N. de l'île basse nous restait à l'O.,
1797- à 4 ou 5 milles de distance. Nous avons
Mai. , w    , ..
aperçu une roche au JN. de cette extrémité. Cette île, qui est de peu d'étendue , était couverte de verdure.
A midi , elle nous restait au S. 2i° O ,
et l'extrémité des terres de Formose ,
qui étaient en vue , restaient au N. , à
3 ou 4 lieues de distance. Avant de
nous éloigner de Formose , nous sondâmes sans trouve? fond. Depuis que
nous avions doublé la pointe naérfa
dionale de Formose, des courons assez
violens nous avaient portés 'au N. i,
et le îo à midi, nous nous trouvions,
par l'observation de la latitude , de 3o'
plus au N. que par;nbtre estime.
Depuis la pointe méridionale de l'îte
Formose, la côtefcontinue à-êlre. basse
jusqu'à 8 ou îo lieues plus chi anorcL
A 2 ou trois lieues dans le nord de
cette pointe , l'on peut raoûSHef' par
20 et 15 brasses d'eau , à un dem**Hyiîè
de la côle , qui est d'un abord facile ? ( «9)
et  sur laquelle   on   trouve   plusieurs ——«
sources d'eau. Par 220 5or de latitude, *797-
les terres commencent à s'élever, et   Mai"
la côte est formée par des montagnes
très-hautes et à pic, et dont le sommet
est couvert de bois. Cette chaîne  de
montagnes s'étend dans la direction du
S. au N.
lat.
21» 53' So"
o
o
o
o
o
Pointe S. E. de Formose.
Rochers de Vele-Retè 21   ^5
t,     , m i       -xr-      > Pointe N. 22     5
Botol«Tobago-Xima.<
i Pointe S.  22     Ô
ne basse. . 22   4°
Petit Botol-Tobago-Xima.  .  .  21   54
Le 11, nous ridâmes nos haubans. A
4 he.u'fes, le vent étant au N. E., nous
continuâmes la bordée de terre jusques
après 6 heures. Alors nous virâmes de
bord à un demi-mille de la côte ; nous
ne trouvâmes pas fond à 100 brasses.
Les extréeàités de Formose , que le
brouillard empêchait de voir distinctement, nous restaient au N. 8° E. Nous
relevâmes au S. 180 O., un petit ruis-
long.
120° 47' o"
Ï20 44 12
121. 55 o
121 41 o
121  52 O
i2i 47 5a (20)
seau qui coulait dans une vallée remar-
I797* quable. La latitude estimée était de 23°
i a' N. Mais comme le courant devait
continuer à se faire sentir, nous devions^
certainement être par une latitude plus
nord.
On dit que le comte Benyouski a
trouvé un port dans cette partie de la
côte de Formose ; mais nous n'en avons
point aperçu. Nous sommes restés en
travers jusqu'à îo h. Alors la goélette
nous rejoignit, et nous fîmes route au
N. E. avec un vent de N. N. O. Le tems
était sombre et pluvieux. Vers midi,
nous vîmes un instant le soleil; mais
nous ne pûmes pas être certains d'avoir
observé la hauteur méridienne.
Le 12, nous eûmes le chagrin de découvrir que l'intérieur du mât de mi-r
saine était pourri dans toute sa longueur. Ce mât n'avait pu résister à l'effort que nous avions fait la veille en
ridant les haubans, et il se fendit aut
dessous des coins de son étambrai. La (21   )
fente était large et profonde, et l'on ~
pouvait voir que tout l'intérieur était
gâté,et qu'il n'y avait qu'une enveloppe
de 6 pouces d'épaisseur dont le bois fût
sain. Nous travaillâmes à le renforcer
par des jumelles, et à le mettre en état
de durer pendant le reste de la campagne. Notre maître charpentier croyait
qu'avec nos jumelles, qui étaient de la
longueur du mât, il pourrait continuer
à nous servir. En attendant que ces réparations fussent faites , nous ne lui
avons fait porter que très-peu de voiles,
et nous avons amené le petit mât de
perroquet. A g heures, nous virâmes de
bord. Le tems fut assez doux pendant
toute la nuit. A 9 h. du matin,nous vîmes
une île dans le nord. A midi, nous en
étions à-peu-près à 2 ou 3 lieues. Elle
s'étendait du N. au N. 23° E. Nous n'eûmes pas d'observation.
Le 13, à 4 heures après midi, l'île
s'étendait du N. 55° E., au N. 740 E.
Nous virâmes de bord, dans l'espoir de
797-
Mai.
IO. 1797
Mali
(22)
nous en approcher avant la nuit ; mais;
nous ne pûmes y réussir. A 7 heures,
nous en étions à la même distance. Elle
s'étendait du N. 180 O., au N. 200 E,
Dès qu'il fut nuit, nous vîmes de la lumière en plusieurs endroits, Nous ne
trouvâmes pas fonda 100 brasses. Artl«
huit,nous virâmes de bord. A 5 heures
du matin, la même île s'étendait du N..
38° O. au N. 53° O., à 5 ou 6 lieues de
distance, et nous vimes d'autres îles à
l'est. Dans la matinée, nous eûmes des
petits vents faibles, et nous fîmes roule
au nord. Notre observation,à midi, nous
fit reconnaître que nous avions éprouvé
un fort coursât qui nous avait porté de
88 milles au N. 45° E. Depuis l'instant
où nous avions quitté la côte de l'île
Formose, la goélette avait vu dans la
matinée du 11, l'île que nous apercevions près de nous. Elle s'étend du S. O.
au N. E. Elle- a environ 5 à 6 milles de
longueur; elle est d'une hauteur médiocre. Ses extrémités sont très-escarpées * (25)
et l'on voit an milieu une montagne qui  '
s'élève en forme de pic. A midi, elle I797*
s'étendait du S. 86° O. au S. 76° O., à Mai*
environ îo milles de distance. Deux
îles dont nous avions eu connaissance
l'année dernière, étaient en vue. L'une
d'elles, qui avait l'aspect d'une petite
montagne, restait au S. 460 E. ; et l'autre , qui était plus grande, fut relevée
du S. 65° E. au S. 85° E., à la distance
d'environ 6 ou 7 lieues.
Le 14, le vent fut faible jusqu'au cqu-
eher du soleil ; et pendant toute la nuit,
le tems fut beau et très-chaud. A 6 h.
10', l'île de l'ouest s'étendait du S. 82*
O. à l'O. La petite île en forme de montagne nous restait au S. 41 ° E.; et l'autre
île plus étendue et à l'est de celle-ci,
fut relevée du S. 640 E. au S. 88° E. Au
jour, nous f%nes route vers les îles avec
un vent faible. A 1 o h. du matin, l'île en
forme de montagne nous restait au S., à
8 ou jo milles de distance. Elle paraissait composée de rochers très-hachés, et
14. !■■*■■!■ iwuBonacffiBEOgoHgBasaaasgg
E3B2
m
V
Mai.
CM)
nous vîmes de la grande hune une île
ï797" de sable dont nous avions eu connaissance l'année passée, et qui fut relevée
au S. 3o° E., dans l'alignement de la
pointe occidentale de l'île située à l'est
de celle qui formait une petite montagne. A midi, nous étions à moins de
3 milles de celle-ci, qui nous parut couverte d'arbres, et devoir être très-fertile. Nous ne trouvâmes pas fond à ioo
brasses. Nous voyions toutes ces îles
séparées par des canaux, s'étendre du
S. au N. 6o° E. L'île en forme de montagne nous restait au S. 220 O., et nous
relevions l'entrée d'une petite baie au
S. 45° E. La pointe sud de l'île la plus
proche était à 4 ou 5 milles de distance.
Nous aperçûmes des canots le long de
terre. Je me décidai à prolonger là côte
à une lieue de distance, et je fis signal à
la goélette de se tenir entre la terre et
nous.
Le i5, à 4 heures,nous avions par le
travers une petite île située près de la
i5. (25)
côte N. E. de l'île que nous prolongions.
Cette petite île est basse, et nous n'y
avons vu que des broussailles et des herbes grossières. Chaque extrémité S. E.
et N. O., dans le sens de sa longueur,
était terminée par un ressif qui s'avançait fort au large, et dont une partie
était hors de l'eau.
Après avoir dépassé la côte N. E. de
l'île que nous prolongions, nous avons
fait route à l'est pour nous rendre à une
autre île dont nous avions reconnu la
partie orientale l'année précédente. Peu
après, nous découvrîmes une rangée
d'îles basses unies entr'elles par des res-
sifs qui semblaient boucher le passage
que l'on apercevait entre les deux plus
grandes îles. Cependant nous sondâmes
sans trouver fond. A 7 heures, la petite
île s'étendait du S. 53° O. au S. 65° O., à
4 ou 5 milles de distance, et dans la direction de l'extrémité nord de la grande
île près de laquelle elle est située. L'extrémité orientale de la grande île que
-797«
Mai. w
'797'
Mai.
(26)
nous prolongions, nous restait au S. i8a
E. Une petite île vue au milieu des res-
sifs et terminée en pointe, restait au S.
25° E. ; l'extrémité de l'autre grande île
près de laquelle on apercevait un village , fut relevée au S. 55° E. Les terres
de cette île s'étendaient jusqu'au N. 74°
E., à 5 ou 6 lieues de distance. A 11 h.
nous vînmes au vent, et nous passâmes
la nuit à louvoyer, Les extrémités de la
grande île que nous avions dépassée dans
l'après-midi, nous restaient au S. 5oG O.
et au S. 6o° O., et les extrémités de l'autre grande île nous restaient au N. 8o°
E. et au S. io° O., à 3 ou 4 lieues de distance. Dans la matinée, la chaleur fut
étouffante, et le peu de vent nous empêcha d'approcher de terre. J'envoyai
un canot pour aller visiter les habitans,
que nous apercevions très-distinctement
avec nos lunettes. Le mauvais tems
m'avait empêché, l'année précédente ,
d'avoir communication avec eux , et
celle-ci il nous était impossible de nous ( 27 )
arrêter pour reconnaîtré'leurs mœurs et
leurs usages, parce que nous ne pûmes
trouver de mouillage au milieu des res-
sifs qui environnaient la partie où nous
étions, et près desquels on trouve un
très-grand brassiage,
A midi,nous étions à moins de 4 milles
de terre, vis-à-vis une baie remplie de
ressifs. La sonde rapporta 125 brasses,
fond très - dur. Les extrémités de l'île
nous restaient au N. 56° E., et au S. 480
O. En cet endroit elle nous parut très-
ïéirécie, et semblait former Une espèce
d'i6thme. On voyait dans la partie sud de
ia même île une haute montagne en
forme de pain de sucre.
Le 16, le canot dont la goélette avait
protégé le débarquement, revint dans
la soirée. Il eut de la peine à trouver
un passage à travers les bancs de corail
qui s'étendent à près d'un demi-mille au
large de la côte. Lorsqu'il les eut dépassés, il fut bien à l'abri. En-dehors du
banc il trouva des sondes très-irrégu-
*797;
Mai.
16.
B| (28)
"""""" lières, qui variaient depuis 5o jusqu'à
.. .    b brasses.
Mai.
Lorsque l'officier du canot eut débarqué , il suivit un sentier qui le conduisit
à un petit village composé d'environ
trente maisons. Il entra avec quelques
personnes, dans l'une d'elles , où il fut
reçu très-amicalement par un vieillard
qui lui offrit des rafraîchissemens qu'ils
acceptèrent. Les autres habitans avaient:
tous pris la fuite. Cependant il paraît
que la conduite de M. Cbapman, lien»
tenant, qui commandait le canot, leur
avait inspiré de la confiance ; car à l'instant où il s'embarquait pour revenir à
bord, ces habitans s'approchèrent du
canot ; il n'y eut que les femmes qui restèrent à une certaine distance.
Ces insulaires différent, à quelques
égards , des Japonais et des Chinois.
Leurs cheveux sont roulés sur le sommet de la tête, où ils sont attachés avec
deux épingles de métal. Ils portent des
robes de toile très-larges, et des culottes ( 29 )
longues. Ils saluèrent nos officiers, en
t rjQn (
élevant lentement au-dessus de leur tête,   ,i.
.   . Mai.
leurs mains qu'ils tenaient jointes. Leurs
maisons sont   carrées  et n'ont  qu'un
étage ; le toit, qui se termine en pointe,
est couvert en roseaux. L'intérieur de
leurs habitations est garni de nattes sur
lesquelles ils dorment, et nous a paru
d'une grande propreté. J.ls donnent à leur
île le nom de Patchusan, et à la grande
île qui en est le plus proche à l'ouest,
celui de Rocho-o-Ko-Ko. Ces deux îles,
d'après ce qu'ils ont dit, produisent en
abondance du riz, du millet, des patates,
des gouets-manihots, des pêches et des
citrons. On y a aussi vu du gros bétail
et des chevaux. Il y a lieu de penser que
les productions de ces îles ne se bornent
pas à celles que nous venons de nommer; mais on y resta si peu de tems
qu'il fut impossible de s'en assurer. Il
paraît   que les moeurs  de  ces   insulaires sont très - pacifiques ; car on n'a
remarqué   chez   eux   aucune-  espèce (3o)
d'armes, soit offensives ou défensives.
Le 16, les vents furent favorables ,
mais faibles. A 5 heures, le canot revint; le vent ayant fraîchi, nous fîmes
roule au N. O. A 7 heures,les extrémités de Patchusan nous restaient à l'E. et
au S. 20° E. ; et celles de Rocho-o-Ro*
Ko, au S. io° 0. et au S. 420 O. Au
jour, l'extrémité N. de Patchusan nous
restait au S. 65° E. A midi, elle fut relevée au S. 140 O., à 6 lieues de distance ;
et la montagne en forme de Pic, située
à la partie méridionale, au S. 3o° O.
Nous ne vîmes pas d'autre terre. Dans
la journée,les charpentiers travaillèrent
à mettre des cercles au mât de misaine ,
pour fixer les jumelles dont il avait été
renforcé. Lessmâtçlots' firent des rous*
tures qui consolidèrent cet ouvrage.
Alors il nous fut possible de porter la
misaine avec Un ris pris, et notre petit
hunier avec tous les ris.
Le 17 , nous finies route à l'est, dans
le dessein de visiter Ja partie nord des
mëmmm ( 5t )
UéÊ Su sud desquelles nous avions passé
l'année précédente. Nous fîmes signal à
la goélette de gouverner E.^ S. E. A 2 In
après midi, nous aperçûmes de dessus
le pont, une petite île de sable qui nous
restait au S. 15° E., à 5 lieues de dis*»
tance. A 3 heures, nous découvrîmes
une autre île à l'est; alors nous vînmes
jusqu'à l'E. N. E. A 4heures,nousfîmeâ
signal à la goélette de serrer le vient et
de courir bâbord amurres. A 5 heures et
demie, nous tînmes le Vent en dimi**
nuant  de Voiles , afin de donner à Iar
goélette le tems de nous rejoindre. A
7 heures, une des extrémités de l'île qui
avait été relevée à l'est, restaitau S. io°
0.,à 5 lieues âë distance; et nous découvrîmes au S. 6o° E., Une troisième
île assez élevée. L'officier maîrimèr de
quart, qui monta au haut des mâts à
l'instant de ce relèvement, me .rendit
compte qu'il ne voyait pas de tefcre à
l'est ni au nord 'de l'île nou'çsellement
découverte. Il me dit aussi qu'il n'aper-
Ï797' (32)
 cevait de dangers ou de terre qu'au S. E. ;
'97* ou par notre bossoir de bas-bord. En
Mai. r, . .
conséquence, je continuai ma route,me
proposant de virer de bord à 8 heures ,
et de passer la nuit à louvoyer. La lune
devait se lever à minuit, et j'espérais
que le tems serait assez beau pour apercevoir les dangers avant d'y être arrivés.
Le bâtiment faisait route au N. E. 5° N.,
et filait 4 nœuds et demi avec sa grande
voile. La goélette ne nous avait pas encore rejoint. Je descendis dans la chambre pour pointer sur la carte la position
dans laquelle nous plaçaient les relève-
xnens indiqués ci-dessus. Je trouvai que
nous étions dans le N. de l'île que nous
avions dépassée le 3 décembre 1796,
avec un vent forcé qui nous avait empêché d'y aborder.
Environ à 7 heures et demie, on s'aperçut que la mer blanchissait de l'avant
du bâtiment ; sur-le-champ on en instruisit le lieutenant Vashon, qui commandait le quart, et presque au même ins-
mni» ( 33)
tant la corvette toucha sur un banc de —   ■ ■
corail. Je sentis dans la chambre la se- ï797*
cousse, qui ne me parut pas très-forte.
En montant sur le pont, je rencontrai
M. Vashon,qui venait me rendre compte
de l'échouage. Les officiers et les matelots furent en un instant sur le pont. Je
fis brasser toutes les voiles à culer. Il
me parut que le gouvernail avait encore
son jeu, que le navire avait le cap à l'E.
N. E., et que toutes les voiles portaient. Si
l'on eût mis la barre sous le vent à l'instant où la corvette avait touché, je crois
que l'on aurait pu échapper le danger.
Je fis connaître ma position à la goélette par un signal; j'envoyai îe masler
lui donner ordre de venir mouiller aussi
près de nous qu'elle le pourrait sansVex-
poser, et je fis porter un grelin à son
bord, afin de relever la corvette  en
virant au cabestan. Un insfêrnt après, le
bâtiment abattit à l'est ; nous cargtfânies
la grande voile, et nous mîmes toutes les
autres voiles en ralingue, pour qu'il pût
ii. 3 pp
. , .. faire le tour du compas sans prendre
*797- d'aire; mais avant que le cap fût dirigé
al* au sud, il toucha une seconde fois de
l'avant et de l'arrière. Pour cette fois il
n'eut plus de mouvement, et l'avant
resta fixement au sud. On voyait des
brisans par les deux bossoirs. On sonda
des porte-haubans du grand mât, et on
trouva à tribord de 5 à i5 brasses d'eau,
tandis que l'on ne trouvait que 2 brasses
et demie de l'avant et de l'arrière. Après
avoir amarré la barre du gouvernail ,
nous avons calé les mâts de hune et nous
avons mis les canots à la mer. Le bâtiment n'éprouvait pas des chocs très-
violens, et ne faisait que 19 pouces d'eau
par heure ; mais malheureusement le
vent vint à fraîchir du N. N. O., et la
mer brisa avec beaucoup de violence;
le gouvernail ne tarda pas à être enlevé.
Nous fûmes obligés d'y envoyer frapper
des haussières pour ne le pas perdre. Il
était alors9 heures, et nous n'attendîmes
plus que la goélette pour travailler à (35)
nous relever. Nous mîmes cependant le
grand canot à la mer. Pendant ce tems,.
les chocs violens que le bâtiment éprouvait, nous faisaient craindre de perdre
nos mâts. L'eau montait si vite dans la
cale, qu'il y eut 7 pieds d'eau avant que
le grand canot fût entièrement dehors.
La goélette était venue mouiller auprès
de nous par a5 brasses d'eau, et le mas-*
ter que j'y avais envoyé revint à bord ;
alors la corvette changea tout-à-coup de
position, tourna du sud au nord en passant par l'est, et toucha avec plus ,de
violence qu'auparavant. Avant d'avoir
pu envoyer un grelin à bord de la goélette , les charpentiers m'annoncèrent
que l'eau commençait à gagner jusqu'au
faux-pont, et que le bâtiment était ouvert de l'avant. Je perdis tout espoir de
le sauver. Je voulus cependant employer
notre dernière ressource, et je fis placer
les pompes de rechange aux écoutilles
de la fosse aux cables; mais malgré ce
secours, l'eau augmenta   continuelle'" (36)
.—-— ment, et rendit tous nos efforts inutiles.
I797* Je recueillis l'opinion de tous les offi-
ai' ciers; et leur avis, ainsi que le mien
propre, fut qu'il ne nous restait aucun
moyen de sauver la corvette, et que l'on
ne pouvait même plus la soulager en
coupant ses mâts; car l'avant commençait à s'enfoncer. Il n'y avait pas de tems
à perdre, et il fallait songer à nous sauver du naufrage. Je fis préparer les canots, et je fis prendre des armes et des
munitions, ainsi que les outils du charpentier et de l'armurier. Le bâtiment
était alors presque entièrement couche
sur le côté, la batterie était remplie
d'eau,et nous ne punies sauver que très-
peu d'objets. Il y avait 6 pieds d'eau d'un
côté du bâtiment, tandis que de l'autre
on en trouvait trois brasses et demie.
L'avant'était entièrement plongé daris
l'eau, et la lame venait briser sur les
gaillards. Je fis embarquer l'équipage
dans les canots, ce qui s'exécuta sans
l&b'didènt. Les canots arrivèrent à n h, (37)
passées à bord de la goélette. Il n'y eut  |
nas un homme de noyé ; mais tous avaient    '97*
Mai.
perdu leurs effets. Le grand canot revint pour me prendre, ainsi que les officiers qui étaient restés à bord, et à minuit et demi nous quittâmes la Providence ^ qui était entièrement naufragée
et livrée à la fureur des flots.
La lune se leva à-peu-près à minuit,
et le vent augmenta. Les deux ancres
de la goélette étant mouillées sur un
mauvais fond, nous jugeâmes qu'il était
prudent d'en lever une. A 4 heures du
matin, le cable de la seconde rompit, et
nous fûmes contraints de mettre à la
voile. Nous eûmes le bonheur d'éviter
un second naufrage, qui aurait été plus
funeste que le premier. Quelque triste
que nous parût notre avenir, notre situation présente fut adoucie par le souvenir du danger auquel nous venions
d'échapper. Nous* étions coutens et re-
connaissans d'avoir été sauvés deux fois
des périls dont nous avions été menacés. (38)
CHAPITRE    IL
Humanité   des   habitans   de Typînsan à notre-
e'gard, dans notre malheur. — Description de
■   cette île. -— Groupe des îles de Madjicosemàh-,
Axe
rinvee an
tributaires- dfe belles de Liheujo
Typa. — Une partie de l'équipage s'embarque
sur le vaisseau le Swift. — Départ de la
Chine, pour aller reconnaître les côtçs de
la Tartarie et de la Core'e^
*  Lie 17, nous eûmes les vents fiais  de
^97 * W N. O., le tems brumeux. Au point du
Mai.    . .,   '        . _ f 1 a
jour, i envoyai le master avec le grand
canot à l'endroit où le bâtiment avait
fait naufrage,pour découvrir si l'on ne
pourrait pas en retirer des vivres ou des
objets propres à l'équipement de la
goélette. En même tems nous louvoyâmes pour nous éloigner du ressif. A
midi, nous prîmes lahauteur méridienne,
qui nous plaça par 25° 2' de latitude N.
I?îié élevée nous restait au S, 35° E^sL-^ la distance de 4 lieues ; l'extrémité de la _____
grande île au S. io° O., et la partie du *797
ressif qui était le plus au large, restait       x"
au N. 4°° E. Nous n'étions qu'à deux
encablures des débris de notre corvette,
et nous trouvâmes 56 brasses fond de
roche.
Le 18 dans l'après midi, le master revint avec le grand canot rempli de cordages et de voiles, et avec une haus-
sière de 7 pouces, et une ancre à jet
dont nous avions un grand besoin.
On trouva le côté de bâbord de la
corvette submergé jusqu'aux écoutilles ;
la mer venait s'y briser avec violence.
Les ponts étaient enfoncés ; les cloisons
de Pavant et de l'arrière avaient été emportées. Tout ce qui ne faisait pas partie
de la coque du bâtiment avait disparu ,
et, à mon grand regret, ou ne put sauver ni livres ni instrumens de navigation.
Les officiers et les matelots de la
Providence furent également malheu- (40
—  reux ;  tout ce  qu'ils possédaient était
I797* détruit lorsque   l'on   arriva ,   ou bien
Mai. . 11, <    •*
restait encore dans 1 entrepont,  ou il
était impossible de pénétrer. Cependant
on trouva dans la chambre , des armes ,
des sabres , etc.,  qui pouvaient nous
devenir d'une grande utilité.
La quantité d'eau qu'il y avait à bord
de la goélette étant très-petite, il devenait urgent de songer à nous en
procurer dans quelques-unes des îles
voisines. D'ailleurs, comme nous n'avions pu sauver du naufrage aucune
espèce de vivres, nos moyens d'existence dépendaient de ceux que nous,
aurions pu nous procurer dans ces
mêmes îles. Heureusement nous avions
remarqué l'anuée dernière que la.grande
île que nous avjions prolongée était habitée. Nous pensions que cette île,
ainsi que celles qui l'environnent, de-?
vaient être productives , et pouvaient
fournir à nos plus pressans besoins).
Après avoir débarqué tous les effets
1 Ma
(4* )
qui étaient dans nos canots, nous fîmes  —
route au S. O., et je leur donnai or- *797"
dre de nous suivre. A 6 heures après
midi, je fis gouverner au S. E. Nous
passâmes le long d'une petite île d'une
médiocre hauteur , qui est environ à
12 milles de dislance dans l'E. N. E.
de la pointe occidentale de l'île élevée.
Il y a une passe entre çe&te nouvelle
pelile île et celle aie nous voulions
aller, qui, d'après ce que nous avons
appris depuis, est appelée Typjf&san.
Mais cette 'passe ne nie parut pas, entièrement l^îre, et je me décidai à
mettre en^ travers pendant la nuit. Nous
étions à moins d'un miU§ de la côte ,
et nousj^rouvâmes 5o brasses.
Au point du jour nous étions i à
3 ou 4 lieues de Typinsan , cl nOMs
(fîmes route au N. E. pour passer entre
cette île et une a$tre île plus petite ,
dans l'espoir de trouver un mouillage»
JîîjB;; approchant de la côîe , nous entrâmes  au milieu de bancs donc plu- C40
 sieurs, étaient à sec , et parmi lesquels
'97* nous trouvâmes des brassiages très-iné-
Mai- j    r ku
gaux, qui variaient de 2 à id brasses.
Nous fûmes forcés de louvoyer pour
sortir de ces écueils , et nous vînmes
mouiller par 13 brasses d'eau très-près
de la partie S. E. de la petite île , où
il nous parut que nous pourrions nous
procurer de l'eau, du bois et d'autres
objets. A peine avions-nous laissé tomber l'ancre , que nous vîmes un canot
partant de l'île , qui venait à nous.
Aussitôt nous fîmes des signes aux
insulaires qui étaient venus , pour leur
exprimer nos besoins. Il parut qu'ils
nous avaient compris ; car ils nous quittèrent à l'instant, et ne tardèrent pas
à revenir avec de l'eau. J'expédiai deux
canots, avec un officier dans chacun ,
pour aller à deux villages que nous
apercevions sur la côle. Les équipages
des canots y furent reçus de la manière la plus amicale , et nos embarcations revinrent à bord aveo un char-. C 4| )
gement complet d'eau. L'après-midi, 	
les insulaires  m'apportèrent une plus I797-
•   <•   i. Mai.
grande quantité d eau , avec  un   peu
de bois, de grands sacs de millet ,
des poules et des cochons. Ils ne nous
demandèrent rien pour tous ces objets , et ne parurent même pas s'attendre à recevoir de paiement. Ils nous
engagèrent de la manière la plus pressante à nous rendre au village qui
était le plus à l'est, et où ils nous firent
entendre qu'il leur serait plus facile de
pourvoir à nos besoins. Comme le tems
continuait à être beau , j'envoyai le
grand canot et un autre canot pour aller
encore visiter les débris de la corvette,
et pour tâcher d'en sauver quelques
provisions. Nous appareillâmes à 21 heures , avec le vent d'E. et nous fûmes
obligés de louvoyer pour gagner le
village qui était à l'E., à 2 ou 3 lieues
de distance.
En courant des bordées , nous rencontrâmes  sur notre route  plusieurs SES
J797-
Mai.
(44)
ressifs entre lesquels l'eau avait beaucoup de profondeur. La goélette toucha une fois sur un banc de corail,
et nous eûmes beaucoup de peine à
nous dégager de ces écueils. Cependant nous vînmes mouiller par 3 brasses
et demie vis-à-vis le village , et près
d'un grand nombre de petites jonques.
Les insulaires qui étajçnt devenus nos
amis, nous donnèrent à notre arrivée
la charge d'un bateau rempHide4x)is ,
et trois grands cochon* L'aprèi-midi
il plujï, et le tems fut désagréable ; le
vent souffla avec force du sud , et
nous ne pûmes pas communiquer avec
la terre. Le lendemain , aprçs, déjeûner, nou&.allanies visiter cesf insulaires
qui avaient montré tant d'empresse-
sement à nous obliger. Ils nous reçurent avec beaucoup d'égards dans
une des plus grandes matons et des
plus commodes du village. Le plancher en etaijt couvert de nattes , et
tous les meubles étaient extrêmement
î (45)
propres. On  nous  fit asseoir  sur ces ■ J
natles comme les Orientaux , ensuite *797'
on nous offrit du thé, du tabac et des
pipes, que nous acceptâmes. Nous étions
entourés d'un cercle de vieillards vêtus avec de grandes robes de soie
très-amples, peintes de diverses couleurs , qui formaient des dessins variés , et d'un tissu extrêmement fin.
Ces vêtemeris flottans étaient noués
avec une ceinture. Tous les insulaires
avaient des culottes longues et des
sandales. Le dessus de leur tête était
rasé; les cheveux de derrière étaient
réunis et noués le plus haut qu'il était
possible , et fixés avec une épingle de
métal, comme les Malais ont coutume
d'attacher leurs cheveux. Tous avaient
des éventails , et quelques - uns portaient des chapeaûx'de paille bien travaillés , qu'ils nouaient avec des cordons sous lé menton. Les vieillaros
avaient des barbes longues et touffues
qui nous inspiraient du respect pour eux. B~g-*rMnnni-.t 11 jum >-wnM.nmj'i jn^^^tflL
t£
(40)
       La maison où nous étions paraissait
797' appartenir au personnage le plus distingué. Elle était à quelque distance
de la mer, sur un terrain élevé. L'enceinte de cette maison était carrée ,
et formée par un mur de 12 pieds de
haut, construit en pierre. Au-dessus
de la porte d'entrée, il y avait un
petit bâtiment qui pouvait servir de
vedette. Les appartemèns étaient vastes; et les ouvertures pratiquées dans
les murailles , et qui servaient de fenêtres , avaient des balcons très-sail-
lans. Il nous fut très - facile de faire
comprendre à ces insulaires les choses
dont nous avions besoin ; et notre satisfaction fut très-grande , lorsque nous
vîmes qu'ils avaient, non-seulement le
désir de nous secourir , mais qu'ils en
avaient aussi les moyens.
Après avoir pris congé de nos hôtes,
nous avons témoigné le désir d'aller
nous promener dans la ville ; mais ils s'y
opposèrent fortement, et toutes nosre- (47)
présentations ne purent les y faire con- ———
sentir. Ne voulant pas leur donner le   ,„ 7'
i • j Mai.
moindre sujet de se plaindre de nous ,
nous avons cédé, et nous sommes allés
avec le canot à Paiguade qui était à quelque distance de l'endroit où nous nous
étions embarqués. Les habitans nous
aidaient de la meilleure grâce à tirer de
l'eau d'un puits garni en pierre, qui avait,
été construit pour arroser les champs
voisins. Ils nous assurèrent que cette
eau n'était bonne que pour laver; mais
qu'ils nous en enverraient de meilleure
pour boire.
Le 20 dans l'après midi, le tems fut 20.
très-beau ; les insulaires nous envoyèrent
du ris, du bois et de l'eau. Pendant la
nuit il plut, le tems fut inconstant. Nous
eûmes vent.de S. O. dans la matinée,
avec apparence de si beau tems, que
j'expédiai un canot avec un détachement de soldats de marine, pour longer
la côte de l'île située vis-à-vis l'endroit
où la corvette avait  fait naufrage, et (48)
"  pour tâcher de découvrir si la mer n'y
'"' ' aurait pas jeté quelques débris. Le déta-
Mai.      'i v   U     . L      | ,
chement devait aussi donner du secours
aux autres canots que j'avais expédiés
précédemment,si cela était nécessaire.
Une forte raffale les empêcha de partir,
et nous obligea dé mouiller une seconde
ancre. Le gros tems continua, et j'eus
des inquiétudes sur le sort des canots
envoyés au lieu du naufrage. Cependant
ils arrivèrent le soir, sans avoir éprouvé
d'accident. Ils avaient visité les débris
du bâtiment; mais ils n'avaient pu rien
en retirer, et n'avaient trouvé aucuns
débris le long de la côte sur laquelle il
était naturel de penser que la mer aurait dû en jeter quelques-uns. Le bâti-*
ment n'avait plus que son côté de bâbord au-dessus de l'eau ; le master avait
fait couper les mâts, dans l'espérance
qu'ils seraient portés à terré'par lâ'lâme,
et que nous pourrions les sauver. Ensaîtèf
il était allé reconnaître l'île élevée que
nous avons souvent relevée avant de (49)
nous perdre, et qui n'était pas à une -——
grande distance. Il ne put aborder qu'à 797*
un seul endroit, et il fut très - surpris de
la trouver habitée. Ou y cultivait des
pommes de terre, etc. ïPremarqua que
les habitans de cette petite île avaient
employé dans la construction de leurs
maisons, des pièces de charpente provenant de débris de navires; et en faisant
le tour de l'île,il aperçut dans les cavernes formées par les rochers , des crânes
d'hommes, qui probablement étaient les
restes de quelques navigateurs qui, dans
leur naufrage, avaient été plus malheureux que nous.
Les habitans ayant connu notre malheur avant que les canots eussent abordé
à leur île, vinrent apporter à nos gens
de l'eau et des pommes de terre. Pendant tout le tems que les canots furent,
absens de la goélette et qu'ils se trouvèrent dans le voîjsinage de Pile j les
équipages en reçurent, les mêmes marques d'attention. Ces hommes humains
ii. 4 797-
(5o)
.paraissaient être très-sensibles à notre
\fsiiC• malheureuse position, et voyant que ce
dont nous avions le plus de besoin était
des vivres, ils nous en donnèrent de la
manière la plus amicale.
Le rapport du master m'ayant convaincu qu'il était désormais impossible
de rien retirer des débris du navijRe, il
devenait dangereux de rester plus long-
tems où nous étions ; car nous man-i
qujons de vibres, et en réduisant au plus
bas la ration pour chaque individu, la
quantité que nous en a^fàons n'était pas
sufËsànj^e pçfàr que nous pusgifêp§: nous
rendre à la Chine pendant la. mousson
du sud-ouest qui régnait alors, et qui
nous était contraire. Nous étions cent
douze ho mines, à boaîd delaigo.ëifètte, et
ce nombreux équipage faisait qu'elle
ne pouvait contenir q\jè,ppu>a jtarois semaines d'eau, quantité bien insuffisante
pour une traversée qui. devait êtrôiaussi
longue. Comme il n'y avadtque le quart
de l'équipage qui pût se placer àila-fois
.n (Si )
dans l'intérieur du bâtiment pour se  ■
s v i. • - i 1191-
mettre a 1 abri, nous avions encore à re-   Jv'
,., .    , .     Mai.-
douter, s il nous survenait du mauvais
tems , que des maladies de toute espèce
ne vinssent à éclater parmi des gens
aussi entassés, qui ^n'avaient poênt de
vêtemens, et qui étaient privés de toute
ressource. Si j'avais pu sauver une quantité suffisante degrvïvres, mon projet eût
été de continuer l&voyage sur la go:ë*j;
lette, avec 42 htanmes d'équipage, et
d'en laisser 70 dans l'île. Aparès âv.èirl
archevé la reconnaissance que je devais
faire dans le nord, je serais véneries
reprendre; et favorisé par la mousson,
du N. Ë. , je les aurais conduits en nies**
peu de tems à Macao. Cependant? il eût
été'impossible dfexécutér ce projet sans
le consentement dé&b^jitans de Pfiej«etl
j'arpais lieu de craindre>pd'après la répugnance qu'ils avaient eue à nous laisser
voir leur pays, qu'ils n'eussent pas voûte
mte-ipaccorder. Alors j^SjOrais été Ofefiïjé
de me désister? éfar sans leur arniroba- *797
Mai.
23.
(52)
tion, il n'aurait pas été prudent de laisser la plus grande partie de mOn équipage à leur merci.
Le 23 dans la matinée, les insulaires
nous envoyèrent le reste des présens
qu'ils avaient à nous faire ; ils nous donr.
nèrent 5o sacs de froment, 20 sacs de
riz et 3 sacs de patates. Chaque sac pesait un quintal. Ils y joignirent un bœuf
pesant trois quintaux , six grands cochons, et des poules en grande quantité. Ils nous ont toujours envoyé avec
empressement tout ce que nous leur-,
avons demandé. Mais notre  bâtiment
était si petit, qu'il ne pouvait rien con-:
tenir de plus. Celui de tous leurs présens qui nous donna le plus de satisfaction, est celui qu'ils nous firent de toutes -
leurs jarres pleines d'eau, dont chacune
contenait six gallons. Elles furent rangées sur le pont , qui n'en pouvait pas
recevoir davantage.
Dans le couraftt de la journée, nous
vîmes la carlingue de notre mât de mi- (53)
saineyetbeaucoup de bordages de notre ——
corvette emportés par le courant. Nous   JP?'
• i i       •   • •>        ^al"
vîmes aussi le mat de misaine, que j envoyai prendre par un canot, avec ordre
de le remorquera terre.Nous en ôtâmes
les cercles de fer que nous y avions
placés depuis peu , et nous pûmes voir
que le mât était entièrement pourri.
Lorsque la goélette fut prête à partir, je fis avec mes officiers une dernière visite aux vieillards qui nous
avaientreçu ; je leur fis présent d'objets ,
de peu de valeur à la vérité, mais qui,
à ce que je croyais, pourraient leur être
le plus agréables. Nos fîmes nos efforts
pour leur témoigner l'étendue de noire
reconnaissance. La satisfaction qu'ils-
montrèrent en recevant nos présens, et
sur-tout un dessin du bâtiment et un
télescope, nous firent espérer que nous
avions réussi. Us nous invitèrent à prendre quelques rafraîchissemens avec eux ;
et lorsque ce léger repas fut fini, ces
respectables vieillards nous accompa- (54)
  gnèrent jusqu'au  bord  du rivage  où
1797* nous avions fait mouiller notre grand
canot, tout gréé et garni de ses voiles ,
dont je leur fis présent. Us le reçurent
avec de grandes marques de joie, et en
prirent aussitôt possession. Nous nous
séparâmes de,ces hommes hospitaliers,
qui avaient pris une si grande part à
notre malheur, le cœur pénétré de reconnaissance pour les bienfaits dont ils
nous avaient comblé.
On voyait au N. O. de l'endroit où
nous étions mouillés, une petite île appelée Corumah. Entre cette île et celle
d'Eraboo, qui est la première où nous
avons mouillé, il y a une passe pour
aller au large; mais le master qui était
allé la visiter, m'ayant représenté que
cette passe était un peu difficile, je me
décidai à sortir en suivant la même passe
par laquelle nous étions entrés ; et le
matin, en quittant le mouillage, j'envoyai deux canots de l'avant pour songer et nous avertir des dangers. A midi (55)
;îa pointe sud des rochers d'Eraboo nous	
restait au N., à 2 ou 3 milles de dis- *797'
tance. L'île d'Ashumah, situé à l'O. de     aL"
la partie S. de Typinsan, nous restait
au S. 20° E., à la distance de 3 ou 4 milles ; et l'extrémité O. d'Eraboo, au N.
700 O. Une observation dont le résultat
est incertain, nous plaça par la latitude
de 240 42' $°" N. Le tems était beau et
le vent au S. E. Nos sondes varièrent de
3 à 12 brasses. La mer était si limpide ,
que nous apercevions les endroits les
moins profonds. Lorsque nous vîmes la
pointe occidentale d'Eraboo, dans l'alignement de l'île d'Ashumah, c'est-à-dire
lorsque ces deux objets furent sur une
même ligne N. O. et S. E., nous nous
trouvâmes en - dehors des bas - fonds.
Nous'fîmes revenir nos canots à bord,
et je fis diriger la route au N. O., en
'prolongeant la côte d'Eraboo à la distance de 3 milles.
Le 24, après avoir doublé la pointe    34.
O. d'Eraboo, nous vînmes auvent jus- (56)
qu'au N. N. E. A 4 heures après-midi,
-/. . nous aperçûmes les débris de notre corvette, et nous rencontrâmes des borda*
ges et une barrique de houblon que nos
canots ramassèrent. Avant de voir ces
débris, nous aperçûmes distinctement
la mer briser avec violence sur les res-
sifs. Cependant le vent n'était pas plus
fort qu'à l'époque où la corvette s'était
perdue; mais il venait d'un autre côté.
Ainsi il doit paraître inconcevable que
nous n'ayons vu les brisans que très-
peu d'instans avant d'avoir touché. Tel
fut le malheur de notre destinée, que
nous nous perdîmes dans un moment
où les apparences ne nous offraient pas
le moindre danger à redouter, et où ma
prévoyance ne pouvait pas m'en faire
soupçonner ; car j'avais donné l'ordre
par écrit tous les jours, et j'avais recommandé que le jour et la nuit il y eût
des vigies pour regarder autour du bâtiment. Depuis 4 heures jusqu'à 6 heures
après midi, nous fîmes route au N. E. -3 (*7 )
nous étions à 2 ou 3 milles de distance
des brisans qui nous restaient au S. i5°
E.,et dans la même direction que la
petite île élevée qui a été visitée par le
master. Nous n'aperçûmes pas de terre
à l'est de celte île. Eu-dedans des brisans , il y avait des roches au-dessus de
l'eau. Nous sondâmes dans cette position sans trouyer fond, avec une ligne
de 100 brasses. Notre estime nous plaça
par 25° i3' 5o" de latitude boréale, et
125° 12' de longitude orientale. Nous
pouvions à peine apercevoir le corps de
la corvette, contre lequel la lamé venait
sans cesse briser avec fureur.
Le groupe près duquel nous nous
perdîmes, est composé de dix-sept îles
de différentes grandeurs. Plusieurs sont
extrêmement petites et inhabitées. Ce
groupe s'étend depuis le 240 10' de latit.
boréale, jusqu'au 240 52' 3o"; et depuis
le 123° 2' de longitude orientale, jusqu'au 125° 37' E. Les habitans, autant
que nous pûmes les comprendre, leur
1797*
Mai. m^5^œEffiiKœaa5^M5M5»BSssi!a®Sffi55KœS^^Ea^a^£_S^^SÉ__îa?
(58)
donnent le nom de Madjïcosemah. Us
sont tributaires des îles de Likeujo.
Vent frais, tems couvert. A une h.
étant dehors de tous les dangers, nous
nous mîmes en route ; les canots nous
suivaient à la voile. A 5 heures, les débris de la Providence nous restaient au
S. 3i°E., à la distance de 3 à 4 milles.
Au coucher du soleil, nous diminuâmes
de voiles, et prîmes les canots à la remorque pour la nuit. L'île élevée nous
restait au S. i5° E., dans la direction de
la partie extérieure du ressif, dont nous
étions à 2 ou 3 milles de distance. Nous
ne trouvâmes pas fond à ioo brasses.
L'estime nous plaça par 25° i3r; de lat.
N., et i25° 12' de longit; E. Pendant la
nuit, nous fîmes route à l'ouest avec petites voiles. Il tomba de la pluie et il y
eut de l'orage. La mer était clapoteuse.
Le 25, vent frais, tems par grains ,
chaleur étouffante et pluie continuelle.
Le vent, après avoir été variable, se
fixa au N., et nous fîmes route au S. O- *797-
Mai.
(59)
La pluie continua dans la soirée. A loh.
et demie du soir, nous vîmes la terre qui
s'étendait du S. E. au S. O. I S. Nous ne
trouvâmes pas fond à 70 brasses.
Au point du jour, nous reconnûmes
que la terre vue pendant la nuit, était
celle de l'île Patchusan, dont les extrémités restaient a l'E. et au S. S. O., à 6
ou 8 lieues de distance. A 1 o h. 3o' du
matin, nous vîmes une petite île à l'ouest.
A midi, elle nous restait au N. 570 O. ;
et l'extrémité S. de Rocho-o-Ko-Ro,au
S. i5° E., à la distance de 3 ou 4 milles.
L'autre extrémité nous restait au N.
730E.
Le 26, le canot visita une petite baie 26.
située à la côte N. O. de Rocho-o-Ro-
Ro, qui offrait un bon mouillage. Un
canot du pays, qui nous apporta de l'eau
et des pommes de terre, nous donna
lieu de penser que les habitans de ces
îles avaient été instruits de notre malheur. A 6 heures , les extrémités de
Rocho-o-Ro-Ko s'étendaient du N. 65° (6o)
 E., au S. 85° E., à 5 ou 6 lieues de dis*
*797' tance. Une île élevée nous restait au S.
55° E., à la distance de 8 ou 9 milles. A
11 heures, nous virâmes vent arrière.
Petits venls et ondées de pluie. Au
point du jour, nous virâmes de bord.
L'île élevée  nous restait au S. 730 Ev
Rocho-o-Ro-Ro s'étendait du N. 49° E.,
au N. 730 E. ; et la petite île que nous!
avions relevée la veille avant midi, res--
tait au N. 56° O. Tems très-sombre. A
midi, le vent augmenta.  L'île élevé©
nous restait au N. 65° E., à 6 ou 7 lieues,
de distance.
Le 27, la pluie continuelle et l'orage
rendirent notre position extrêmement
pénible. La grande quantité de matelots que la petitesse du bâtiment forçait
à rester sur le pont, se trouvait exposé©
au mauvais tems, et le petit nombre de
ceux qui pouvaient se mettre à l'abri
dans l'entrepont, était étouffé par laj
chaleur.
Le 28, la pluie redoubla j le vent
27.
28. C 61 )
tourna à l'ouest, et nous fîmes route au
S. S. O. Dans la nuit, le tems s'éclaircit.
A 22 heures, nous vîmes la petite île de
Botol-Tobago-Xima ; elle nous restait
au N. 75° O. A a3 heures 3o',nous eûmes
connaissance de Botol -Tobàgo - Xima,
qui nous restait au S. 34° O. A midi, la
première s'étendait du N. 65° O., au N.
75° O., et la dernière, du S. 25° O., au
S. 3o° O, à 10 ou 12 lieues de distance.
Le 29, à 4 h., Botol - Tobago - Xima 29.
nous restait au S. E , et la pointe S. de
Formose, au S. O. 5° O., environ à 10
lieues de distance. A 10 heures, notre
estime nous plaça sous la latitude de la
pointe méridionale de Formose, et nous
fîmes route au sud, ne voulant pas passer entre cette pointe et les rochers de
Vele-Rete. La nuit fut pluvieuse. Au
point du jour, nous avions fait 25 milles;
et à notre grande surprise, la pointe sud
de l'île de Formose ne nous restait qu'au
S. O. | O., à 4 ou 5 lieues de distance.
A midi, après avoir couru 21 milles au. (62)
S. O., elle nous restait encore à la dis-
'*'' tairce de 3 lieues dans le S. A&° O. Vers
Mai.       ,   . ,
midi, le vent s appaisa, et nous ne pûmes
pas faire route contre le courant, qui
portait au nord, et qui, étant opposé au
vent, oecasiona-it un grand clapotage.
Botol-Tobago-Xima s'éteâdait du N.
84° E., au S. 88° E., et l'extrémité N. de
Formose restait au N. io° E. Nous ne
trouvâmes pas fond à 3 milles de la côte.
Le 3o, des venls faibles nous permirent d'approcher de terre, où nous trouvâmes un contre-courâét qui nous était
favorable, et qui nous porta au sud, suivant la dirédtiott de la côte. Le canot se
tkart très-près de te*re, afin de pouvoir
l'examiner [de plus près ; à* l'endroit où
nous Pavons acostée^élle est un peu dentelée. Le canot trouva un bon mouilla^èV
par^iô et 20 brasses d'eau, environ* à un
demi-milfe du rivage. On y aperçut plusieurs ruisseaux et des troupeaux qui
paissaient; mais on n'y découvrit ni mar?
sons,ni traêede ouîSure. Au coucher"- (65)
du soleil, les extrémités de Formose
nous restaient au S. 25° O., et au N. 5°
E. ,etle milieu de Botol-Tobago-Xima
fut relevé au N. 8o° E. La pointe S. de
cette île est basse et bordée de rochers
du côté de l'île Formose. A 8 heures,
lorsqu'elle nous restait à l'0:. à 2 milles
de distance , nous ne trouvâmes pas
fond. A 10 heures, le vent vint du nord
et souffla bon frais. Nous tînmes le vent
pour passer près de la côte de Formose,
et au N. des rochers de Vêle - Rete.
Après minuit, le vent s'appaisa; mais il
passa au N. E. A midi, les terres hautes
de la partie S. de Formose s'étendaient
jusqu'au N. 65° E., à 10 ou 12 lieues de
distance.
Le 3i, le vent diminua insensiblement. A 2 heures, nous perdîmes de
vue les terres de Formose. Nous rencontrâmes souvent des endroits où la
mer clapoteuse indiquait un fort couinait qui devait porter à l'ouest. j
Le i.er,les longitudes obtenues par
*797>
Mai.
3i,
Juin,
er.
2. (64)
  la montre furent corrigées lors de notre
Jr'*  attéraee sur l'île de Formose; elles pla-
Jmn. ~ W,^5| ..'■ SB
çaient cette île de r 5o trop a 1 est. Depuis le commencement de notre voyage
son mouvement n'avait jamais été bien
régulier.
2. Le 2, petits vents, presque  calmes.
Dans l'après-midi, nous trouvâmes que
le courant portait à l'ouest. A 4 heures,
nous vîmes un bateau de pêche chinois.
A 6 heures, la sonde nous donna 5 2 bras^
ses fond de petit gravier et de sable.-
Nous avions en vue plusieurs bateaux
pêcheurs.
5. Le 3, à 4 heures, nous trouvâmes 46
brasses fond de vase ; à 7 heures 52 et
à minuit 5o, même fond. A 11 heures
du matin, nous vîmes les îles de Lima
dans l'O. N. O., et nous changeâmes de
route. A midi, le grand Lima nous restait au N. 47° O., à 4 ou 5 lieues de distance.
4- Le 4> bon frais, tems très-brumeux^
A 2 heures et demie, le grand Lima 7.
(65)
nous restait à l'ouest ; et d'après sa Ion- !
gitude , qui est de  1140 26' E., nous I797
/. ' . '       o      f »   i)^~v    1 . Juin.
avons ete portes r 20 a IO. de notre
estime depuis notre départ de Formose.
D'après notre route, la latitude du grand
Lima doit être de 220 4' N. A 8 heures
et demie, nous passâmes en serrant le
vent entre Lasfammu et la pointe de
Lanlao, et nous mouillâmes par 12 brasses. La pointe nous restait au S. E., à 4
millesde distance. Au pointdu jour nous
appareillâmes avec un joli vent, et à 20 h.
nous étions par le travers de Linting.
J'envoyai un canot à Macao avec un officier , pour informer le gouverneur de
mon retour, et demander des provisions.
Nous fîmes route au N. y N. E., vers
l'île de Lankeet, et nous trouvâmes 10 ,
8 et 7 brasses d'eau, jusqu'à ce que nous
fussions en vue de Sampanchow, où
nous n'eûmes plus que 5 brasses. A 2 ou
3 milles de Lankeet, nous virâmes de
bord pour nous élever dans l'est de Sampanchow. Pendant cette bordée, le fond
11. 5 *797
Juin.
(66)
l augmenta jusqu'à îo brasses. A midi,
Sampanchow nous restait à l'ouest, à un
mille de distance.
Nous entrâmes dans le Tigre avec le
flot de la mer montante, et nous aperçûmes i3 grands bâtimens mouillës_.dans
la rivière. A 5 heures, plusieurs de leurs
canots étant venus à notre bord, nous
apprîmes que c'étaient des bâtimens de
la Compagnie des Indes, qui retournaient en Angleterre. Ils nous offrirent
leurs services de la manière la plus obligeante ; mais'comme ils ne nous étaient
pas nécessaires pour le moment, nous
continuâmes à remonter la rivière. A 8 h.
après avoir passé le second coude, nous
touchâmes , ' parée que nous serrions
trop la côte de bâbord, et nous résumés'
échoués jusqu'à îo heures. Alors nous
nous sommes relevés, et nous avonsgagné
le chenal, où nous sommes restés à l'an-1
cre jusqu'au point du jour , que noua
partimespour aller mouiller à Wampoo,
où nous avons.laissé tomber l'ancre par (67)
4 brasses, à 8 heures du matin. Nous - =
y trouvâmes deux bâtimens de Port- J 797*
Jackson , qui  avaient  chargé  du thé       n'
pour le compte de la Compagnie des
Indes, et les deux bâtimens de la Compagnie , \'Alfred et le  Crescent j qui
descendaient la rivière.
Je me rendis dans le grand canot à
Canton , afin de me concerter avec les
supercargues de la Compagnie des
Indes sur les moyens de me procurer
des vivres et dçs munitions pour continuer mon voyage, et les prier de
distribuer mon équipage à bord des
bâtimens de la Compagnie qui étaient
alors dans la rivière. A midi, j'arrivai
chez M. Hall, chef de la factorerie anglaise ; et y ayant trouvé les capitaines
des vaisseaux, je fus bientôt en état
de décider le parti que j'avais à prendre sur ces deux objets. Dans l'après-
midi , la goélette quitta Wampoo , et
vint mouiller à la seconde barre pour
y attendre mon retour. (68)
' Le 6, de grand matin , le premier
V .      lieutenant  de  la   Gorvette   du   roi le
Juin. _ ,
Swift, apporta des dépêches adressées
par le contre-amiral Rainier aux chefs
de la factorerie , pour leur apprendre
que nous étions en guerre avec l'Espagne.
Dans la matinée du 6, j'eus une conférence avec un des principaux né-
gocians de la Compagnie des marchands chinois. Il avait été envoyé par
la ville de Canton , pour s'informer
des particularités relatives à mon arrivée , et des motifs qui m'avaient amené
à Wampoo. Je lui donnai mes raisons
en présence de M. Hall, et je profitai
de l'occasion pour faire demander au
Gouvernement chinois de prendre tout
ce dont j'aurais besoin avant de descendre la rivière. Ce Chinois s'en alla
après m'avoir promis de rendre compte
au Gouvernement de ce que je lui
avais dit, et de lui faire part de mes
demandes. J797-
Juin.
C69)
Ne jugeant pas nécessaire de rester
à attendre les vivres qu'on m'avait promis, parce que M. Hall voulut bien
se charger de les recevoir, je pris
congé le lendemain des membres de
la factorerie , qui m'avaient comblé
d'honnêtetés, et en quatre heures et
demie j'arrivai à la goélette.
Le 8 et le 9, nous avons embarqué 8.
les salaisons que les bâtimens de la
Compagnie des Indes nous avait envoyés , et je fis repartir à bord de
ces bâtimens les officiers et les matelots pour retourner en Angleterre. Dans
la matinée, nous reçûmes un manda-
rin du premier rang , qui témoigna
avoir le plus grand désir de voir notre
bâtiment , et nous y consentîmes. Il
nous assura qu'on ne tarderait pas à
pourvoir à nos besoins , d'après les
renseignemens qu'il était venu prendre
lui-même, et qui lui avaient prouvé
qui nous étions. Le rapport du marchand qui était venu   à bord , ayant J
17
/97-
Juin.
10.
(   70)
donné lieu à quelques soupçons , il
avait été obligé de venir les éclaircir
lui-même, pour que l'on pût nous accorder nos demandes. Au reste , ces
dispositions favorables ne pouvaient pas
nous être d'une grande utilité, car
mon projet était de me rendre à Macao aussitôt que j'aurais reçu ce que
j'avais demandé aux bâtimens de la
Compagnie des Indes.
Le lieutenant de la corvette le Swifi
emmena nos soldats de la marine lorsqu'il retourna à son bord, et se chargea d'une lettre que j'écrivis au capitaine Hayward , pour lui annoncer
le parti que j'avais pris de les lui
envoyer.
Le 10, dans la matinée , quelques
bâtimens de la Compagnie des Indes
descendirent la rivière, et dans l'après-
midi , j'appareillai pour me rendre à
l'embouchure du Tigre, afin d'y attendre
notre canot, qui était à Macao. Il était
parti depuis si loug-tems , que je com- ( 7* )
mençais à en être inquiet. Le lende- --■■,■■■
main, comme je suivais la goélette en x797
canot , je  le   rencontrai  à  la   passe    um
étroite appelée Gueule du Tigre. L'officier me dit que la force du vent du nord
l'avait empêché de revenir plutôt. Cette
raison ne  me parut pas satisfaisante ;
néanmoins je fus très - content de le
voir arriver sans avoir éprouvé d'accidents
Le ii ,à 2 heures après midi, le ir.
vent ayant tourné au S. E., nous fîmes
route pour la rade de Macao. A 8 heures et demie du matin, nous mouillâmes
par 5 brasses. La ville nous restait à
l'O. 5° N., et la pointe de Cabrita au
S. S. O. io° S. Un instant après , la corvette le Swift vint mouiller auprès de
nous.
Nous fûmes obligés de rester à ce
mouillage jusqu'au 14. Les vents, qui
avaient soufflé constamment du sud,
y avaient aussi retenu les bâtimens de
la Compagnie des Indes. HH
(70
Le 14, nous mîmes à la voile avec
la flotte. A midi, le courant étant étale,
nous laissâmes tomber l'ancre. La pointe
de ' Cabri ta nous restait au N. O. , à
3 milles de distance. Je fis conduire à
bord du Swift 4 bas - officiers , 24 matelots et 15 soldats de la marine, que
je laissais à la disposition de l'amiral
Rainier. Je gardai à bord de la goélette
35 hommes, en comptant les officiers.
Dans l'après-midi du i5, la corvette
le Swift 3 le paquebot le Crescent ,
14 bâtimens de la Compagnie des
Indes, et les deux bâtimens de Port-
Jackson mirent à la voile pour retourner en Europe. Nous nous en séparâmes,
et fîmes route pour la rade du Typa.
Avant de me séparer de la flotte , je
témoignai ma reconnaissance à plusieurs des capitaines qui avaient si obligeamment consenti à donner passage
à mes officiers , et qui avaient mis
beaucoup d'empressement pour nous
fournir tout ce dont nous manquions» ( 73)
Le 16, nous mouillâmes dans la rade
du Typa , vis-à-vis de l'aiguade. Les
neuf îles nous restaient au N. E. f- N.
Nous étions à  2 milles  du port   de
Macao j qui nous restait au N. i N. 0.5° O.
En arrivant avec la flotte, nous trouvâmes dans la rade un navire espagnol
destiné pour Manille. Lorsqu'il aperçut
la corvette le Swift, il alla se mettre
sous la protection des forts , et vint
mouiller en-dedans de l'entrée du port.
Nous restâmes   au mouillage jusqu'au
26 , pour compléter nos vivres , notre
bois et notre eau. Nous ne pouvions
prendre que pour cinq mois de vivres ;
mais   j'en fis mettre   par-tout  où l'on
put en placer , afin d'être en état de
tenir la mer plus long-tems, et de pouvoir achever les reconnaissances que je
devais faire   au nord.   Pendant notre
séjour, les vents furent très-variables ,
et quelquefois très-Yiolens de la partie
du S. E. Le tems fut pluvieux, et accompagné  d'orages.   Les vents  passèrent
*797<
Juin.
16. -797
Juin.
20.
(74)
■ rarement à l'O. ; et j'appris que depuis
le mois d'avril dernier, le tems avait
toujours été de la même nature que celui que nous avions éprouvé. La chaleur était excessive à terre , et aurait
été insupportable , si l'atmosphère
n'avait pas été rafraîchie par les pluies.
Le 26, nous nous mîmes en route pour
la seconde fois, afin de continuer notre
voyage de découvertes. Nous n'osions
pas nous flatter de réussir ; car la saison
était déjà très-avancée, et notre bâtiment était peu propre pour une pareille expédition. Cependant nous espérions pouvoir reconnaître une partie
des côtes de Tartarie et de Corée. Malgré le peu de moyens qui me restaient , j
je voulais employer tous ceux qui 1
étaient en mon pouvoir pour recon- I
naître quelques parlées inconnues du I
globe, et contribuer encore par-là aux
progrès de la géographie et des sciences.
Tous les officiers restés avec moi, et
l'équipage , étaient dans les mêmes dis-
J» (7M
positions que moi, et prêts à remplir
leur devoir. Nous partîmes , jouissant,
tous d'une bonne santé.
Le 14 juin, la longitude du Typa,
parlamontren.°45, était de n5° 19'E.,
ou de ie 47' trop à l'E. Cette erreur
avait lieu après 67 jours écoulés de-r
puis que la montre avait été réglée.
D'après les observations faites depuis
le 14 juin jusqu*au 25 , son mouvement
est assez régulier. Le 26 , à midi , son
relard absolu sur le tems moyen , était
de 7 h. 4°' 36", et elle retardait en
24 heures de 6" 65 sur le tems moyen.
-797«
Juin. (76)
-797
Juin.
27.
CHAPITRE   III.
Hes de Pescadores. — Nous entrons dans le port
de Napachan , de la grande île de Likeujo.
— De'tails sur les habitans. — De'part de ce
port pour aller au Japon.
JL e 27, à 2 heures après midi , nous
partîmes avec le jusant. A 5 heures,
nous passâmes à environ un demi-mille
de l'île de Potoe, ayant 6 brasses et demie d'eau.
En passant à 2 ou 3 milles à l'ouest de
la grande Ladrone, le fond augmenta
jusqu'à 12 brasses. L'extrémité sud de
cette île nous restait alors au S. 8o° E. ,
et dans la direction des oreilles d'âne.
A l'entrée de la nuit, nous parlâmes à.
un paquebot de la Compagnie des Indes,
appelé \ Amazone ; il était parti de Fal-
mouth depuis quatre mois et dix jours-
U avait passé le détroit de la Sonde sans
rencontrer de croiseurs ennemis. (77.)
A 8 heures, la grande Ladrone nous
restait au N. 55° E., Potoe au N. 55° O.,
et l'extrémité des îles situées au large
des îles de Ladrone, fut relevée à l'E. 5*
S. ,à la distance de 3 à 4 milles. A 21 h.
la grande Ladrone nous restait au N.
32° O.; et l'extrémité d'autres îles, au
N. 68° O. J'ai pris mon point de départ
sur la grande Ladrone, qui est par 220
2' de latit. boréale, et 113° 56' de long,
orientale.
Le 28, vent frais et beau tems. A6h.
nous vîmes de l'avant une flotte composée de 9 grands bâtimens qui couraient au plus près du vent. Comme ce
pouvait être une escadre espagnole venue de Manille au-devant de notre convoi de l'Inde, je me dirigeai à 7 heures
sur la terre pour les éviter. A midi et
demi.nous passâmes au vent d'un navire
qui parut ne pas s'en inquiéter. A 13 h.
nous le perdîmes de vue, el nous fîmes
route plus au nord.
Au point du jour, nous nous trouva- (.78)
mes environ à 3 ou 4 lieues de la côte
1797. **e Chine, et ayant par le travers l'entrée
Juin, de Pissoang ou la grande baie. Les extrémités de la côte s'étendaient de l'O.
au N. 8o° E. Nous ne vîmes pas la flotte
dont nous avions eu connaissance la
veille. A 8 heures du matin, nous gouvernâmes en suivant à-peu-près la dired-
tion de la côte. Nous avons dépassé plusieurs baies, et nous avons remarqué
que la côle est bordée de rochers et|
d'îlots placés de dislance en distance.!
A midi, les extrémités de la côte s'étendaient du N. 85° O., au N. 420 E. Alors
nous en étions à 2 ou 3 lieues, et nous
trouvâmes i5 brasses d'eau. Le tems
était beau, mais embrumé.
Le 29 , vent frais, beau tems, belle
mer. A 6 heures, l'extrémité des terres
trèsHélevées qu'on voyait dans le nord,
nous restait au N. 140 E., à 7 ou 8 lieues
de distance. A 8 heures, nous avons filé
20 brasses sans trouver fond. A 10 b.
nous trouvâmes 24 brasses d'eau sur un ( 79 )
fond de sable fin. Au coucher de la lune,
nous sommes venus au vent,.dans l'intention de louvoyer pendant le reste de
la nuit. A 14 heures, la sonde rapporta
35 brasses sur un fond de sable. Au jour,
nous avons continué notre route sans
voir la terre. A 22 heures, nous avons
trouvé 19 brasses fond de sable ; et à
20 heures , 20 brasses. A midi, quoique le tems fût beau, nous ne pûmes pas
voir la hauteur méridienne du soleil.
Le 3o dans l'après midi, nous passâmes au milieu de plusieurs raz de marée.
Les sondes varièrent de 13 à 20 brasses
sur un fond dur. A minuit, nous eûmes
3 brasses fond de roche. A minuit et
demi, nous vîmes les îles Pescadores.
Alors nous sommes venus au plus près
pour louvoyer jusqu'au jour ; les sondes
donnèrent de 22 à 26 brasses. A i7*h.
ces îles s'étendaient de l'E. au N. I N.
O. Nous étions à environ 4 milles de l'île
la plus orientale. Elle paraissait rftrès-
basse. Nous passâmes à l'O. de toutes
3ov mm
(80)
ces îles avec un vent assez frais; et à
-797- 22 heures 5o', nous trouvâmes 25 brasses
mn* d'eau. Nous étions alors à 2 milles de
distance d'une île dont la côte nous a
paru en grande partie formée par des
rochers. Cette île est jointe par des res-
sifs à deux autres petites îles qui sont
entourées de brisans. A midi, l'île la plus
occidentale des Pescadores, s'étendait
du N. 76° E., au N. 86° E. Nous en
étions à 4 ou 5 milles de distance, et la
sonde rapporta 27 brasses. Cette dernière' île est d'une élévation médiocre ,
a peu d'étendue, et n'offre à la vue que
' des roches arides. Elle nous parut inhabitable. Cependant nous aperçûmes des
bateaux pêcheurs au milieu des brisans.
L'île la plus élevée, vue dans l'alignement de l'île que nous avions aperçue
au jour,nous restait alors au S. 480 E.
Le i,erà 3 heures, nous avions par le
travers l'île Fisher. Nous vîmes sur l'extrémité occidentale de cette île, un obélisque de pierres. Je suppose que c'est
Juillet,
er (8i I
un objet de remarque d'après lequel se __-_»"
dirigent les jonques qui naviguent au *797s
milieu de Ces îles : dans le courant de la Juillet-
journée, nous en vîmes plusieurs. L'île
Fisher est assez étendue ; elle est habitée , et paraît être bien cultivée- En la
doublant, nous avons vu des bestiaux
paître dans l'intérieur de l'îlè$,et nous
avons remarqué sur la côte un grand
nombre de canots. A l'extrémité N. E.
de la même île, la côte rentre et forme
Une baie, à l'ouvert de laquelle il y a une
roche noire placée à un mille au large
de l'entrée , et qui paraît être jointe par
des ressifs avec les brisans qui sont au
nord. Nous avons vu dans cette partie
un grand nombre de rochers et de bancs
de sable, et je crois qu'il doit être très^-
difficile de trouver passage au milieu de
tous ces écueils. Le tems était très-em-
brumé, et nous étions à une dislance
trop considérable de la grande île, ap--
pelée Petroe, pour l'avoir vue distinct
tement. A 5 heures 3o',nous vîmes des
n. 6 Ï797:
Juillet.
(82)
brisans de l'avant et nous changeâmes
de route. Nous eûmes 15 brasses d'eau,
fond de roche, à 7 ou 8 milles de distance de l'extrémité nord de l'île Fisher,
qui nousi rssstait au S. E. | S. A 6 heures
et demie, l'île Bird, qui est la plus septentrionale de toutes les Pesèadores,
nous restait au S. 58° E., et la pointe de
l'obéHsque au S. 170 O. Ces îles, appelées Conghou ou Petroe par les Chinois
et Pescadores par les Anglais, s'éten-i
dent, d'après notre estime, du 23° 10'
au 23° 40' de latitude boréale : la plus
occideutîjle est par 1190 27' de longit.
orientale. Parmi ces îles, il y a un grand
nombre de rochers, dont les uns sont
toujours découverts et les autres sont a
fleur d'eau; mais ils ne sont pas dangereux etiî*èst facile de les éviter , car ils
sont «fous tr«s*visibles ; on peut même*
mouiller au milieu dans un cas pressant.
Ces îles sont à environ 8 lieues de l'île"
Formose.
A 17 heure's13o',nous vîmes Formose. stîawwt-
(83)
A 22 heures 3o', nous ne trouvâmes que -
7 brasses d'eau. Nous étions à moins de *7°7.
3 milles de la côte de cette île, dont la
partie que nous voyions le plus au sud
était terminée par une pointe de sable
basse qui nous restait au S. 6° E. U y
avait plusieurs jonques mouillées près
de terre. A midi, les extrémités de Formose s'étendaient du N- 4^° E., au S.
7° E., à la distance de 3 ou 4 milles; et
nous eûmes 11 brasses. La côte était formée par des dunes de sable, couverte^
en certaines parties d'herbes très-gros-
Isieres, et offrait l'apparence d'une grande
stérilité. Derrière les dunes on voyait
quelques arbres épars; mais les montagnes de l'intérieur de Pile en sont couvertes; et plus én)avant dans l'intérieur,
les montagnes s?eîevent à une hauteur
considérable.
*73Le,2,nous continuâmes à prolonger     2.
la côte de Formose ; un fort coûtant nous
portait au nord. A 7 heures, les 'extrémités de la côte s'éiendaient du N. 45* (84)
E., au S. i4° O. Nous vîmes plusieurs
I797* jonques à l'ancre, au large de l'entrée
Juillet, d'une baie qui nous restait au S. 4°° M
Nous eûmes 3i brasses. A 17 heures,
petit vent. Les extrémités de la terre
s'étendaient du N. 58° E., au S. 180 O.,
à 7 ou 8 milles de distance. La côte
commence dans cet endroit à diminuer
de hauteur, à mesure qu'elle s'étend
dans le nord. A midi, la terre la plus
éloignée nous restait à l'est, à 6 ou 7
lieues de distance.
Le 3 à 1 heure, nous prîmes la bordée
de terre;mais une demi-heure après,la
brume nous empêcha de voir la côte,et
nous fûmes obligés de courir au large..
A 6 heures et demie, nous aperçûmes
la terre à la distance de 3 ou 4.^eues
dans le S. 4o° E. La force du vent nous
obligea de diminuer de voiles. Pendant
toute la matinée le vent fut très-fort, et
presque toutes nos voiles furent déchirées. La mer était très - grosse ; nous
étions^obligés  de pomper  toutes   les (85)
heures, et la pluie tombait par torrens.
Le 4, le mauvais tems continua. A 2 b.
et demie , nous vîmes confusément, à
travers la hrume, la côte de Chine qui
nous restait à l'O. N. O. ; un instant après
nous virâmes vent arrière. Le vent
augmentant toujours, nous mîmes a la
cape sous la grande voile, avec tous les
ris pris. A peine avions-nous exécuté
cette manœuvre, qu'il se déclara une
voie d'eau dans la hanche de tribord;
la chambre fut remplie en un instant, et
tout l'équipage ne fut occupé qu'à pomper. Pendant la nuit, le vent tourna à
l'ouest et devint encore plus violent.
Les lames étaient courtes et n'avaient
pas de direction déterminée; mais notre
petit bâtiment se comportait très-bien ,
et n'embarquait pas beaucoup d'eau.
Dans la matinée, le vent se fixa au S. O.,
et s'appaisa à 8 heures. La mer étant
plus tranquille , nous fîmes.route.
Le 5, vent frais, tems couvert à 3 h.
Nous restâmes en travers pendant que
-797*
Juillet.
5.
' (86)
les charpentiers travaillaient à boucher
'97' la voie d'eau, qui fut découverte dans la
hanche de tribord ,un peu au dessu^ de
la flottaison.
A 5 heures et demie, nous aperçûmes
les terres élevées de Formose, qui no^*:
résfeï«nt auîSe'3o0 E. A 6 heures et demie,
ces-terres s'étendaient du S. 38°E.,mi
S. 23° O.,à 5 ou 6 lieues de distance.
A 8 heures, le vent devint moins fort j
Ct à minuit, nous vîmes une petite île
qui nous restait au S. E. | S. Nous ne
trouvâmes pas fond à 25 brasses. Nous
louvoyâmes en attendant le jour; alors
l'île de Roches , que nous avions vue à
minuit, nous restait au S. 5o° E. La partie nord de Formose s'étendait du S. 5o*
O., au S. io° E., et deux autres îles res--
taient au N. 64° E., et S. 840 E. Nous
passâmes entre l'île de Roches et la côte
de Fxnrmose, avec un veut favorable et
beau tems. A midi, la pointe N. O. de
Formose nous restait au S. 88° O.; la
pointe N. E., au S. 480 O.; et on voyait.
__J m
(87)
d'autres terres qui paraissaient détâchées	
de celles-ci, et qui furent relevées au S- I797*
220 O., à 4 ou 5 lieues de distance. L'île JailIet*
Quelong, située au large de l'entrée d'un
port que je crois être dans cette partie
de la côte, nous restait au S. 720 O., et
les trois îles qui sont encore plus au
large que l'île Quelong, furent relevées;
la première au N. io° O., la seconde
au N. i3° O., et la troisième au N. 55°
O. Nous ne trouvâmes pas fond à 60
brasses. Nous n'avions pas éprouvé de
courant depuis notre dernière observation.
Le 6, la partie de l'île Formose qui 6.
se trouvait dans fe .direction de l'île de
Quelong, nous parut très-haute. Il y a
une montagne de forme Conique et lrès-<
remarquable à la côle de bâbord de Pejft
trée du port. Depuis cette montagne,
ta terre diminue de hauteur à mesfcw^t
qu'elle se prolonge au sud. On vit aussi
quelques terres basses en avant de, la
partie N. O. qui est en général très-éle- '^^^^^^^^^^^^^^^SjSSSSmSS^S^^^^SSSSi
im
à
-797-
Juillet.
(88)
vée. La latitude de la pointe nord de
l'île de Formose peut n'être pas très--
exacte, parce que nous ne pouvions
apercevoir la pointe où se terminent les
terres basses dont nous venons de parler..
A 6 heures, la partie N. E. de Formose
nous restait au S. 670 O. Les vents 'fu-.
rent faibles pendant la nuit; et dans la,
matinée, ils se fixèrent au sud. A midi ,
nous crûmes voir des brisans, et nous
virâmes de bord aussitôt ; mais n'ayants
pas trouvé fond une demi-heure après,
nous reprîmes notre route. A 15 heures,,
nous tînmes en travers pendant une
heure, en sondant, et nous ne trouvâmes,
pas fond à go brasses. A 22 h. 3o', nous. ',
vîmes une île dans l'E. N. E. A midi %
elle était dans la même position, à 5 ou
6 lieues de distance.
Le 7 à 1 heure, nous vîmes quelques,
rochers pointus détachés de l'extrémité*
orientale de l'île vue dans la matinée.
A 1 heure et demie,nous arrivâmes vent
arrière, et passâmes sous le vent de cettC (89)
île,en longeant la côte à moins de deux *-■ I ■
milles de distanoe ; nous ne trouvâmes    797*
pas de fond à 5o brasses. La terre était *
élevée, et l'on voyait dans l'intérieur
deux montagnes en forme de pic, Cette
île, couverte d'arbres jusque sur les parties les plus élevées, n'a que 3 ou 4 milles
d'étendue dans la direotion de l'est à
l'ouest. U y a une chaîne de roches, dont
une partie est au - dessus de l'eau et
l'autre partie au-dessous, qui s'étend à
5 ou 4 milles dans le N. E. de l'île, et
qui paraît se joindre aux roches pointues situées à un mille dans l'est de la
même île. Cette île est par 25° 4°r de
latitude boréale, et i23° 27" de longit,
orientale.
A 3heures, nous vîmes une autre île
qui nous restait au N. 6o° E. A 5 b. 3o%
ellet nous restait au N., à 2 ou 3 milles
de distance. Cette île, peu étendue et
peu élevée, était ainsi que l'autre couverte de bois et entourée de roches.
Nous la plaçons, d'après nos observa-. (90)
tions, par 25° 48' de latitude boréale,et
^.^ i23° 35' de longitude orientale. A 7 h.,
la première île nous restait au S. 690 O.,
et la seconde, au N. 8o° O. Comme il
faisait un beau clair de lune, nous continuâmes notre route à l'est, et nous
sondâmes de tems en tems sans trouver
fond. A minuit 3o', nous vîmes un rocher éle^é qui nous restait à l'E. 5° S.
A 1 heure, nous faisions route à l'E. N.
E., en passant à environ 3 milles au N.
Nous n'eûmes pas de lopd en filant 5o
brasses. A 2 heures, cette roche nous restait au S. ; et à 18 heures, au S. 870 O. ;
nous commencions alors à la perdre de
vue. Elle ressemble à la roche appelée
Pula Sapula j qui est située dans les
mers de Chine. L'observation de la hauteur méridienne nous fit connaître que
le courant nous avait porté de l\% milles
au N. E. depuis 24 heures. Nous avons
eu égard à ce courant en déterminant
la position de cette roche, et nous la
plaçons par  35° 57' de   latitude bo- ;
8.
H )
réale, et 1210 3o' de longit. orientale. —	
Le8à 11 heures, nous vîmes une île *797*
qui nous restait à l'E. 5° S. A 17 heures, Juillel-
elle s'étendait du S. 49° E.,au S. 770 E.
Le terrain était bas au milieu de Pile ;
mais la partie  méridionale était assez
élevée. En passant à moins de 3 milles
de distance de cette île, nous ne trouvâmes pas fond en filant 5o brasses, On
voyait à chaque extrémité une longue
pointe de sable qui semblait terminée
par un rocher isolé. Le pays nous parut
bien cultivé, et nous vîmes plusieurs
habitations. Dans la matinée, les habitans vinrent à bord. Ils sont de la même?
race que les naturels de Typinsan, et
nous ont paru être d'un caractère aussi:.
doux et aussi sociable qu'eux. A 8 h. du
matin, nous vîmes d'autre§|le$,dont les-;
insulaires qui étaient abord nous donnèrent les noms. Ils nous demandèrent
souvent si nous ne venions pas de Hol-
landia. Leurîle,qu'ils appellent Koomi-
Sang, est cultivée jusque sur le flanc (90
——— des montagnes, dont le sommet est cou-
I797« vePt de bois. A midi, Pile Roomi-'Sang
JuilIeU s'étendait du S. 3i° O., au S. 64° O., à
4 lieues de distance, et l'île de Tunatchi
restait au S. 44° E. La forme de celle-ci,
qui ressemble à un coin de mire, nous
avait  frappé   pendant  notre   premier'
voyage, et nous l'avait fait remarquer
parmi les îles de Madji, lorsque nous
eûmes doublé et que nous fûmes dans
l'ouest des  îles de  Likeujo.  L'île de
Karumah nous restait au S. 690 E. ; l'île-:
d'Agenhu au N. 64°E. Il y avait encore
une cinquième île très-petite, qu'ils appelaient Tu-Si^Mah $ elle était alors à
3 à 4 lieues. Nous trouvâmes , d'après
nos observations, que le courant portait
toujours au N. E., mais qu'il avait dînai-1
nué de vitesse.
q. Le 9, à l'aide de ce courant, nous
nous approchâmes très - promptement •
des îles qu'on voyait à l'est. A 3 heures,
nous serrâmes le vent. A 3 heures 5o', la
pointe O. de Rarumah, vue dans Pâli-» Juillet.
(93)
gnementde Tunatchi,restait au S. 8°E. ■
Nous trouvant à environ 3 milles dans , (97'
Pouest de Rarumah, nous doublâmes
une petite île. A 4 heures 5o\ Rarumah
et Agenhu nous restaient l'une par l'autre sur une ligne N. 3° E., et S. 3° O.
Nous passâmes entre ces deux îles, qui
sont à 5 lieues des autres. A 7 heures, le
groupe appelé  îles de Matchi, nous
restait du S. 160 E.,au S. 24°0.; Tunatchi , au S. 6o° O. ; Agenhu, au N. 58° O.,
et nous relevâmes les extrémités de la
grande île de Likeujo,au S. E., et au
N. E. | E., à 7 ou 8 lieues de distance.
A 9 heures, nous avons louvoyé toute
la nuit avec un vent de S. O. bon frais.:
Au jour, nous trouvant à 4 ou 5 lieues'
de l'île de Likeujo, nous serrâmes le
vent pour nous approcher de celte île.
A 21 heures, nous aperçûmes le port,
de Napachan, qui nous restait au S. 25°
E., à 4 ou 5 milles de distance. On
voyait des brisans entre le port et nous.
Nous prîmes la bordée du sud;'et à (94)
..-,,   , midi, nous eûmes la hauteur méridienne
-797* du soleil. A 7 ou 8 milles au large de la
Juillet. rade de Napachan, et dans le N. 570 O.
de cette rade, il y a une île de sab$i
entre cette île et l'extrémité de Likeujo 1
qui restait au nord. Nous trouvâmes 28
et 3o brasses d'eau sur un fond de corail. Celte extrémité git N. 14° O., par
rapport à l'extrémité S. de la même île.;
On voit sur cette extrémité une monta-1
gne, et l'on aperçoit un ressif qui s'étend à une certaine distance dans l'ouest
de la pofote. A midi, la partie la plus:
au large du réssîf nous restait au S. 14°*
O. ; la pointe du ressif qui forme l'entrée de la rade à tribord, au S. 14° E. ;
le port de Napachan, au S. 640 E., à 3-
ou 4 mitifes de dislance. Le groupe des
îles de Matchi s'étendait du S. 56° O.,
auN. 81 ° O.; l'île de Sable, du N. 45°
O., au IS. 63° O., à la distance de 3 à 4
milles. L'extrénfrité de Likeujo, relevée1
précédemment au N., restait au N. 25°
E. Depuis la veille à midi, le courant -797-
Juillet.
(95)
nous avait porté de 28' à l'est.  Vent
frais du S. O. et tems fort agréable.
Le 10, nous fîmes route pour la rade,
en serrant la côte de tribord. Nous
eûmes des sondes irrégulières depuis
i5 jusqu'à 2 brasses et demie. Ayant
aperçu des roches sous le bâtiment,
nous avons mis en travers , et nous y
sommes restés jusqu'à ce qu'un grand
nombre d'hâbitans qui venaient dans un
canot fussent arrivés. Ils consentirent
volontiters à nous servir de pilotesrtJj'un
d'eux s'empara du timon , et gouverna
le bâtiment, d'aprèsla route que lui indiqua un autre insulaire qui était moulé
au haut du mât. Nous passantes très-près
et au sud d'un ressif qui est à un mille
et demi dans le S. 200 O. de la pointe
des ressifs qu$i|e*me l'entrée de la rade>,
et nous ne trouvâmes pas fond ^5 hrasj
ses. EnsuHé nous gouvernâmes Ef^ E.
vers un édifice construit sur des rochers
iaoirs et élevés, qui ressemblait à un
fort. L'entrée du port nous restait au (96)
S. E. I S. Nous tînmes le vent pour venir
I797* mouiller par 12 brasses,fond de Vase, à
un mille de distance de la côte. Le port
nous restait au S. 35° E., la pointe dé,
l'entrée au S. 700 O., l'île basse au N.
570 O.;.lè'sressifs s'étendaient duN. i5°
O., au N. 400 O. ; les îles de Matchi, du
N. 6o° O., au N. 770 O., à 6 ou 7 lieues
de distance. L'extrémité de Likeujo ,
d'abord relevée au N», restait au N.
i8°E. Les. insulaires qui nous avaient si
obligeamment conduit, nous quittèrent
l'après-midi, et nous assurèrent que le
lendemain matin ils nous apporteraient
de l'eau, du bois et des vivres ; mais ils
nous prièrent de ne pas aller à terre*
Pendant toute la matinée, le vent souffla
avec force du S. O., et fut accompagné
de violentes raffales ; mais nous étions
parfait-e^ôent à l'abri et sans aucune inquiétude. Dans le courant de la journée
on nous apporta de Peau dans des ba-
teaux du pays. Le soir, le vent ayant
diminué, le master prit les sondes de la (97)
rade. Le lendemain de très-grand ma- ——-
tin, les insulaires nous envoyèrent un -797*
bœuf, des cochons, des poules et des
pommes de terre, avec beaucoup de
bois et d'eau, et nous prièrent instamment de quitter leur île.
Dans la matinée une jonque deTypin-
san arriva au mouillage , et une jonque
japonaise en partit pour se rendre à l'île
de Niphon; cette dernière sortit en passant au milieu des ressifs que nous
voyions au nord.
Le vent continua à souffler du sud, bon
frais. La lame fut si forte sur le rivage,
que les canots ne pouvaient aborder que
dans le port, qui nous était interdit. La
défense qui nous fut faite d'y entrer,
m'empêcha de satisfaire le désir que
j'avais de connaître les mœurs et les
usages de ce peuple. Voyant que par
mes prières je ne pouvais engager les
habitans à conduire à terre quelques-
uns de mes officiers dans leurs propres
canots, je me décidai à les y envoyer
ii. 7
L (98)
dans le canot de la goélette. Le princi-
I797* pal personnage, parmi les insulaires qui.
U1 e * étaient à bord lors du départ de ces
officiers, ne voulut pas les accompar
gner, et parut très - mécontent de les'
voir aller à terre. Cependant ils débarquèrent sans obstacle dans le port, et.
renvoyèrent le canot à bord. Les insulaires qui n'avaient pas voulu les accompagner , les suivaient de très-près.
Environ une heure après, les officiers
revinrent escortés par les insulaires; et
lorsqu'ils furent arrivés, ils me firent le
récit de ce qui leur était survenu. En
abordant à l'extrémité d'une jetée, ils
furent reçus par plusieurs des principaux personnages, qui les menèrent le
long d'une chaussée qui conduisait à la
ville. Mais après quelques pourparlers,
on les fit entrer dans une grande maison , où on leur offrit du thé et du tabac.
Us furent forcés d'y rester, et rien ne
put engager les personnes qui étaient
avec eux à les  laisser pénétrer plus (99)
avant. Voyant qu'il serait inutile d'insister, ils prirent le parti de revenir à
bord.
L'entrée du port est très étroite. Il
n'y avait que 2 brasses et demie dans la
passe,'de basse mer. Ils trouvèrent 7 brasses d'eau dans le port, qui s'élargissait
dans le sud-ouest,et qui était très-vaste,
et ils y comptèrent 20 grandes jonques
à l'ancre. La plupart étaient du Japon,
et du port de 2 à 3oo tonneaux.
A chaque côté de l'entrée il y avait
une espèce de fort en pierre, de forme
carrée, avec des ouvertures semblables
à des meurtrières. La chaussée qui menait à la ville avait de i5o à 200 toises
de long. Elle était soutenue par des
arches sous lesquelles l'eau pouvait s-'é-
couler. Cette précaution était nécessaire, car la marée portait l'eau de la
mer jusqu'à la ville, en passant pardessus des bancs de corail qui s'étendaient depuis ses murailles jusqu'à l'extrémité de la jetée. La ville est bâtie le
-797-
Juillet. Juillet.
( 100 )
  long du rivage au nord de la jetée. Je
ï||§| la crois très-peuplée, à en juger par le
grand nombre d'habitans que nous vîmes
à différentes reprises. Les maisons sont
à un étage, et couvertes en tuiles.Il nous
parut qu'il y avait beaucoup d'arbres
dans la ^ ille. Le terrain que nous voyions
au-delà de la ville était peu élevé et
bien cultivé. Les bouquets d'arbres qui
se trouvaient plantés de distance en dis-'
tance, variaient le paysage et lui donnaient un aspect fort agréable.
A l'extrémité nord de la ville, nous
avons aperçu un cimetière. Les pierres
sépulcrales étaient blanches , et il sera--,
blait que le sens de leur longueur était
dirigé de l'orient à l'occident. En en:-,
trant dans la rade, ces tombeaux frappent d'abord la vue.
Ces insulaires avaient appris que nous
avions été à Typinsan; mais ne pouvant
comprendre que depuis nous étions
allés en Chine, ils ne concevaient pas ce
que nous avions fait du reste de notre ( ÏOÏ )
équipage. Je suppose qu'il leur fut éga- -	
iement impossible de comprendre Com- * 797-
■ment, après si peu de tèms,nous pou- Juillet
viofis éprouver une seconde disette; et
par cette supposition , je crois dérriêler
une raison de la défense qui nous fut
faite d'aller à terre. En effet, je n'alléguai le manque de provisions que comme
un prétexte pour communiquer avec
ces insulaires. Au reste,ils sont au moins
très-généreux, et la relâche que nous
avons faite dans leur île peut servira
prouver que des Vaisseaux dans la détresse peuvent y trouver tous les secours -
qu'il est permis d'espérer d'un peuple
généreux et désintéressé. Ils nous ont
comblé dé bienfaits ; et autant que j'en
pus juger, sans compter sur aucun dédommagement de notre part. Us refusèrent à la vérité de.bous laisser aller à
terre; mais sur tous les autres points,
ils se montrèrent obligeans, polis, et
susceptibles d'attentions et de prévenances. Ils nous apportèrent des légumes Juillet.
(  109 )
et du saki, qui est la liqueur fermentée
*797* dont ils font usage. Leurs manières
aisées et ouvertes, ainsi que la politesse
avec laquelle ils se sont toujours conduits , nous rendirent leur société très-
agréable. Nous avons à regretter d'avoir
ignoré leur langage, et de n'avoir «pu
prendre des renseîgnemens sur la forme
de leur gouvernement. Us venaient probablement à bord pour satisfaire leur
curiosité ; car chaque canot amenait des
personnes que nous n'avions pas encore
vues. La manière dont nous prenions nos
repas attira beaucoup leur attention.
Lorsqu'ils crurent avoir fourni à tous
nos besoins, ils parurent désirer vivement notre départ. Nous prîmes congé
d'eux le 12 dans l'après-midi ; et en les
quittant, nous leur donnâmes une lunette, qui était le seul objet qu'ils eussent
paru désirer. Nous y joignîmes un dessin de notre bâtiment, avec une note
qui indiquait notre nation et l'époque
de notre arrivée. (-03)
Celte île est appelée par les habitans
Likeujo ou Loo -Choo. Elle est située I797-
entre le 26°4'etle26° 5Q' de latitude JuilIet
boréale, et entre le 1280 12' et le 1280
45 de longit. orientale. Sa plus grande
étendue est de 21 lieues dans la direction du N. E. au S. O. Le port de Nâpa-
chan est dans la partie S. O. de l'île, par
260 11' de latitude N., et 1280 i3' H
de longitude orientale. La ville qui est
auprès de ce port, est la principale de
l'île, et nous crûmes comprendre qu'elle
est le siège du gouvernement. Ce port
est très - commode, et semble être le
centre des relations commerciales qui
ont lieu entre le Japon et les îles situées
plus au sud. Les habitans de Likeujo-
font aussi le commerce avec la Chine
et l'île de Formose. Us ne diffèrent pas
des habitans de Typinsan  pour la figure , les mœurs et les usages. Us ressemblent plus aux Japonais qu'aux Chinois. Il nous a semblé qu'ils parlent,
à quelque différence près , la même (io4)
langue que les Japonais, et qu'ils ont
*797* la même manière d'écrire. Us connais-
Juillet. sent jjjgjj ja Chine ; et ils nous montrèrent plusieurs pbjets qui venaient
de ce pays , entr'autres du drap anglais , dont ils paraissaient faire grandi
■ Le père  Gâubil ,   missionnaire   je'suite à
Pékin, a composé un Mémoire  sur ces îles ,.
que les Chinois appellent Ltevw-Kieou. Voiei|
ce  qu'il  en dit  dans lea Lettres   édifiantes,
tom. xxiii , p. 182 î
« Ces îles , placées entre la Corée , l'île For-^
mose et le Japon , sont au nombre de trente-six.
L'île capitale est la grande île qui s'appelle
Lieou-Kieou. Les autres ont chacune un nomv
particulier. Nos anciens missionnaires de la
Chine et du Japon en ont parlé sous le nom
de Lequeo et Leaueyo. La grande île a du sud
au nord près de 44° H > e* iaQ ou i^o li de
l'ouest à l'est. Du côté du sud , cette distance
à l'est ne va pas à 100 h. Le U dont il est ici
question , est la mesure des chemins usitée à
la Chine. Deux cents li font 20 lieues marines , ou un degré d'un grand cercle. La cour
du roi réside dans la partie occidentale et «nstrale (-o5)
Leurs jonques sont de la même cons
truction que celles des Chinois, ou, s'il -797*
Juillet,
de l'île. Le territoire  qu'elle occupe s'appelle
Cheouli. C'est là qu'est la ville royale nommée
King-Ching. Près de là est le paUns du roi, place
sur une montagne. Il y a quatre grandes portes , qui font face aux quatre points cardinaux.
A iq li de la porte de l'ouest, qui est la principale, est un bon port de mer nommé Napa-*
Mang. L'espace entre ce port et le palais, n'est
presque qa'une ville continuelle. On trouve au
nordetausud une levée très-bien construite,
appelée Pao - Tay , e'est-à-dire batteries de
canon du palais. On a une vue charmante y
qui s'étend sur le port , sur la ville de King-
Ching , sur un grand nombre de villes, bourgs ».
Villages , palais, bonzeries , jardins et maisons
de plaisance. La longitude de ce palais est de
146° 26 à 27', et sa latitude de 26° 2'.
A l'égard des trente-six îles qui composentles.
Etats du roi de Lieou-Kieou , on en compte,
huit au N. E, de la grande île , cinq au N. O.
de Cheouli, quatre à l'E, , trois à l'O. , sept
au S. , et neuf au S. O.
LefP sept îles au S. de Cheouli, sont Tai-
Ping-Chan ( c'est auprès de cette. île que la
Providence fit naufrage ) , Ykima x Y-Leang- ■ ' - y a quelque différence , elle est k
I797- peine sensible. Leurs voiles sont faites
Juillet. jje -Q^tes j et sont manœuvré es de la
même manière. Les bateaux dans les-?
quels ils nous apportaient l'eau, étaient
Pa, Koulima , Tatama, Mieuna et Oukoumib,
Les neuf îles au S. O. sont : Pat-Chong-
Chan ( c'est l'île appelée Patchusan dans ce!
Voyage ) , Pâma , Palouma, Yeouna-Kouni I
Koumi ( c'est la plus grande des neuf îles ) £.
Ta-Ki-Tou-Nou, Kou-La-Chi-Ma, Ola-Kou*
Se-Kou et Pa-Tou-Li-Ma. »
On peut consulter le Mémoire entier pour
avoir de plus amples détails sur ces îles.
Dans la relation de l'ambassade de lord Ma-
cartney à la Chine , publiée par sir G. Staunton V-
il est fait mention du désir qu'eut cet envoyé;
de visiter le Japon, et des raisons qui l'en em*
péchèrent. On trouve aussi dans cet ouvragé
des observations sur les îles de Likeujo et sur
la forme de leur gouvernement. Les Anglais
rencontrèrent des ambassadeurs de ces îles qui
allaient en Chine , dont elles sont tributaires.
L'auteur fait des réflexions sur l'avantage qui
résulterait pour l'Angleterre , d'envoyer un*
ambassade dans ces îles. (  *07 )
larges et à fond plat : ils se servaient 	
d'avirons et de pagaies pour les ramer. *797*
Les autres embarcations n'étaient que Juiuet;
des pirogues creusées dans des troncs
d'arbres. Us en faisaient usage pour
aller pêcher au large. Les voiles de
ces pirogues étaient des nattes , et
leur donnaient une grande vitesse.
Les habitans de Likeujo fabriquent
eux-mêmes leurs habillemens. Leurs
toiles de lin nous parurent aussi bonnes
que les nôtres. Us augmentent ou diminuent leurs vêtemens , d'après la saison ou d'après la température qu'ils
éprouvent. De même que les Japonais , ils portent un éventail, une pipe
et une boîte de tabac.
Il ne nous fut pas permis de visiter
le pays , et nous ne pouvons parler
d'aucune de ses productions, excepté
de celles qu'on nous a apportées à
bord. U paraît qu'il y a une grande
abondance de froment, de millet, de
maïs , de riz et de patates. On y trouve
■ ( io8)
      aussi des chevaux , du bétail, des co-
I797* chons d'une espèce fort grande, mais
Juillet, différens de ceux de la Chine , et des
poules très-grosses.  Nous   n'y   vîmes
pas d'oies, et nous leur en laissâmes
deux couples.
La longitude du port Napachan ,
d'après la montre n.° 45, est de 1270 25'
3o", à l'orient de Greenwich. Nous en
avons conclu la longitude de la partie^
sud de l'île de Likeujo, qui avait été
assez bien déterminée l'année dernière.
La différence qui existe entre les déterminations de ces deux années ^ nous a
fait craindre que le mouvement de notre
montre n'ait éprouvé des irrégularités,
depuis l'époque où elle avait été réglée
à Macao, en juin 1797. Quatre jours
après notre départ de Napachan, nous
eûmes l'occasion de vérifier notre position d'après un point de la côte de l'île
de Ximo, qui avait été placé en longitude d'après la montre n.° 45, à la fin de
novembre 1796.  La longitude  de ce
n ( 109 )
point obtenue avec la même montre et	
par de nouvelles observations, fut com- I797'
parée à celle de l'année  1796.  Cette   m e '
comparaison nous a fait connaître que
la longitude de cette année était plus
faible que l'autre de 47' ^5". Nous nous
sommes servis de cette quantité pour»
corriger la longitude que nous avions
trouvée à Napachan, et nous  avons
trouvé pour la longitude de ce port,
1280   i3'   à Pest   de   Greenvvich.  Je)
crois que cette détermination ne doit
pas s'écarter beaucoup de la véritable,
parce que le mouvement de la montre
ne doit pas avoir changé d'une quantités-
dont l'effet pût être sensible pendant
les trois jours qui se sont écoulés depuis notre départ. Je crois que la longitude de Napachan, conclue de celle de
Macao, doit être en erreur, parée que
le mouvement de la montre n.° 45 doit
avoir été altéré pendant le mauvaistems
que nous avons éprouvé près de l'île de*
Formose, 12.
(UO)
Nous partîmes le 12 à 4 h. et demie ;
T .„      et à 5 heures 22', le port de Napachan
Juillet. .        0   ~ , ...
nous restait au S. 00 L., a 2 ou 3 mules
de distance. A 7 heures 3o', la pointe de
l'entrée du port, au large de laquelle il y
a des brisans, nous restait au N. 6o° E.
Depuis celte pointe, la côte s'étend vers
l'est, et forme une baie profonde. A 2 ou
3 milles de la côte, nous ne trouvâmes
pas fond à go brasses. Pendant la nuit,
nous louvoyâmes à petites voiles. Au
point du jour, l'extrémité S. de la côte
qui était en vue, nous restait au S. 260 O.
La baie profonde située au N. de l'île,
nous restait à l'E., et nous avons relevé
au N.  35° O. , une île au milieu de
laquelle on voyait une  montagne en
pain de sucre.  Nous avons gouverné
vers la baie jusqu'au moment où nous
avons aperçu les roches qui, la veille,
nous restaient au S.  6o° O., et nous
avons remarqué que nous avions été
entraînés par un fort courant portant
au N. E. Lorsque nous fûmes à 4 ou 5
J ( III )
milles du fond de cette baie, nous dé-  j
couvrîmes un grand nombre de brisans * 797 f
11       a.     i j      i c* 1.1 •    '    Juillet.
a la cote du sud, et nous fumes obliges
de virer de bord et de faire route à PO.
N. O. Nous avons vu entre l'île sur laquelle est la montagne en pain de sucre
et la côte de Likeujo, deux petites îles
à l'extrémité desquelles il y a des ressifs
d'une grande étendue.
J'avais le désir de passer entre ces
îles et la côte de Likeujo ; mais le vent
soufflait avec force et par raffales, et la
tems était si embrumé,que je ne voulus
pas me hasarder dans ce passage. A 20 h.
3o', après avoir doublé l'île du pain de
sucre, nous serrâmes le vent. A 21 h.,
nous découvrîmes d'autres îles dans le
N. E. Nous continuâmes la même route,
afin de passer entre ces îles et Likeujo.
A 25 heures elles étaient par notre travers. Une demi-heure après nous mîmes
en panne, afin d'observer la latitude; le
vent soufflait bon frais, et la mer était
assez grosse. A midi, nous relevâmes la (   112)
pointé nord de Likeujo, au S, 8o° E.,
ï797'- à 3 lieues de distance ; et l'île ( Sugar-
Jmllet. jjQqf) du'pain de sucre, qui était à peine
visible à travers la brume, au S. 58° O.;
l'extrémité S. de la côte de Likeujo, qui
était en vue, fut relevée au S.45° O. Une
petite île qui paraissait être près de
terre, restait au sud. Les extrémités
d'une île élevée et hachée, s'étendaient
du N. io° O., au N. 460 O., à 5 ou 6
lieues de distance. Une île basse restait
au N. 570 O., et les extrémités d'une
autre île d'une hauteur médiocre, s'étendaient duN. 670 O., auN. 8i° O.,
à la distance d'environ 4 lieues. Je
crois que l'île la plus au nord est celle
qui porte sur les cartes le nom d'île*,
Brimstone, et qui est placée par Van-.
Reulen, à l'est de l'île de Likeujo.
Le 13, à i heure 45', la pointe N. de
Likeujo nous restant au S. environ à
4 milles de distance, nous vîmes une
île basse dans le N. E. A 3 heures 3o',
les   extrémités N. de Likeujo furent (u3)
relevées au S. 25° O., et au S. 670 O. ; et 	
l'île basse s'étendait du N. 200 O., au 1797 •
N. 25° E., à la distance de 5 ou 6 milles.
Nous fîmes route au N. Ê. A 4 b. i5';
l'extrémité S. de l'île basse nous restait
à l'ouest, à environ 3 lieues de dislance.
On voyait des brisans au large de chacune des deux extrémités de cette île,
qui était fort basse, et le milieu était un
peu plus élevé. Cette île, de même que
toutes celles que nous avons vues au N.
de Likeujo, nous ont semblé devoir être
très-fertiles.
A 5 heures i5f, nous vîmes une île
plus grande que les autres, qui nous restait au N. i N. O. A 7 heures, elle s'étendait du N. au N. O. 5° O. ; mais nous ne
pûmes pas la voir bien distinctement à
cause du brouillard. Cependant nous
pûmes juger que nous en étions éloignés de 3 ou 4 lieues. Une demi - heure-
après , nous mîmes en travers , et
nous y sommes restés toute la nuit.
Le lendemain matin, à notre grande
n. 8 -797-
Juillet.
i4.
( "4)
surprise , nous ne vîmes plus aucune
terre.
Le 14, à 4 heures, nous aperçûmes
une île au N. N. E. A 7 heures 3o', elle
s'étendait dirN- au N. 5o° O., a 2 ou 3
lieues de distance. A 8 heures, nous tînmes le vent et courûmes des bords pendant toute la nuit. Au point du jour,
nous nous trouvâmes dans la même position par rapport à l'île qui avait été
relevée la veille. A 18 heures 3o', sa
pointe N. nous restait à l'O., et nous
eûmes connaissance d'une autre île dans
le N. 8o° O. La première île a 3 ou 4
lieues d'étendue du N. E. au S. E. Les
extrémités en sont basses; mais la côte
orientale, qui présente des rochers arides , s'élève à pic jusqu'à une hauteur
considérable. Nous vîmes plusieurs petits villages le long de la côte occidentale, et un petit enfoncement dans lequel plusieurs jonques étaient à l'abri.
L'intérieur de l'île nous a paru bien
cultivé. A 20 heures, la seconde île s'é-
t ( ifi
tendait de l'O, au S. 6§° Q..„^ la dj^ -
tance de 3 à 4 Jî^lf^- *-*es •IWniaSPf? •"S®?*
qui paraissent nues, son t peu élevées et ***"*'»
de hauteurs inégales. A 22 heures îo',
nous aperçûmes du grand ma t une roche
à 4 ou 5 lieues de distance, dans le S.
8o° O. A 23 heures, nous avons relevé
la seconde île avant de la perdre de vue.
Elle nous restait au S. 220 O., à la distance de 7 lieues. Toutes ces îles nous
ont paru dépouillées d'arbres.
Le i5, nous rendîmes les derniers
devoirs à Thomas""Horne, matelot que
nous avions perdu la veille. Ce jeune
homme actif et de bonne conduite, était
un de nos meilleurs marins. U fut emporté en cinq jours par une dyssenterie
compliquée d'une fièvre bilieuse.
Le vent frais et le tems obscur. A 7 h.,
nous vîmes deux îles très-élevées qui
nous restaient au N. 470 Éte et au N. 730
O., à 10 ou 12 lieues de distance. Nous
aperçûmes une terre qui s'étendait du
N. a5° O., au S. 780 O. ; et à 23 h. 20',
i5. ( »6).
.—- son extrémité N. nous restait au N. 73*
J797- 0.,à 7 ou 8 lieues de distance. D'après
Juillet. pODServation de la hauteur méridienne
du soleil, nous avions été portés de 53
milles dans la direction du N. 5g0 E,
t$i
1
T*» ( "7 )
CHAPITRE   IV.
uillel.
16.
Navigation le long des côtes méridionales et
occidentales du Japon. — Nous prenons connaissance de ^White-Point. — Nous arrivons
pour la  seconde  fois au  port d'Endermo,
- situé dans l'île d'Insu. — Conduite défiante
des Japonais établis dans cet endroit.
Le 16, vent frais, tems Irès-brumeux. 	
Nous ne vîmes pas de terres dans l'est. ]
A 4 heures après midi, nous serrâmes
le vent. Une demi-heure après,nous virâmes de bord et nous fîmes route au
N. O. ; parce que nous étions persuadés
que la terre que nous avions vue dans la
matinée, était la partie méridionale de
Ximo, une des îles du Japon. Au point
du jour, la terre s'étendait du N. io° O.,
au S. 640 O., et une baie fut relevée au
N. 8o° O. Durant la matinée, il fil.calme
et nous sondâmes sans trouver fond.
A 20 heures,nous vîmes la terre au N. E., ( **|
——- direction dans laquelle le courant nous
1797# portait avec beaucoup de vitesse. A midi
Juillet- ]a côle de Ximo s>élenda;{ du N. 46° E.,
au S. 770 O. La baie que nous apercevions nous restait au S. 6o° O., à 6 ou 7
lieues de distance.
Nous étions, à l'époque de ces relève-
mens, à-peu-près dans la position où
nous nous étions trouvés le 22 novembre
1796. Alors la longitude du bâtiment
par la montre n.° 1,
2aE,tait; i52°.;£s£j
LongjtÇude d'après les distances observées i32    17
Aujourd'hui, lamontre n.°45
onhna la longitude de.     .     .     .   i3i    42
Longitude   d'après   les   dis
tances obséxyées i52
J
Ces différences qui .existent entre les
^TOgnudes observée!, cette année, et
ceîies de l'année dernière, expliquent
la raison qui nous empêcha d'avoir connaissance de la terre, àrépoque où nous
nous y attendions; car nous n'avions pas ( "9)
eu occasion de vérifier notre position
par des obçeHations de distance de la
lune au soleil ou aux étoiles. Pendàttt
ces 24 heures, le courant nous^pôrta de
47 milles au N. 34° E.
Le 17, tems très-brumeux ; venls faibles. A 22 heures, la terre s'étendait du
N. 220 O., au S. 670 O., à 4 ou 5 lieues dé
distance. Dans les 24 heures,le cOurant
nous avait porté de 31 milles au N. 5o°Ê.
Le 18, au coucher du soleil, nous
étions à moins de 2 lieues de la côte, et
nous trouvâmes 38 brasses-, fond de^àa-
ble. Les extrémités des Wffes détendaient du N. 6° E., au S. 5&° O. Le ter-
rain était assez uni près du rivage ; mai?
dans l'intérieur du paya on apercevait
des montagnes. Pendant là nuit et la ma"
tinée, nous eûmes du calme et de petits
venls. Nous trouvâmes 21 brasses d'eau
à 5 milles de terre ; et à mesure que nous
nous en éloignions,le brassiage augmentait. A 12 milles de la' côte, la sonde ra p -
porta 60 brasses d'eau. Dans la matinée,
-797*
Juillet.
18. (   120  )
nous fîmes route avec quatre grandes
T •„ jonques qui ne parurent pas faire la
moindre attention à nous. Vers midi le
tems fut très.-brumeux. A midi, nous
trouvâmes 36 brasses d'eau. Les extrémités visibles des terres nous restaient
au N. i N. O., et au S. S. O., à 4 milles '
de distance. Dans les 24 heures, le courant nous avait porté de 16 milles et
demi au N. 570 E.
Longitude d'après des observations- .
de distance du soleil à la lune.    .    .  i32° 5'E.
Le 19, à 2 heures, nous mouillâmes
par 28 brasses, fond de sable,à 3 milles
de la côte, dont les extrémités s'étendaient du N. i5°E., au S. i5° 0. Un
bateau pêcheur qu'on faisait marcher
avec des pagaies, vint à bord et nous
donna du poisson.
Le 20 à midi,les extrémités des terres
en vue nous restaient du S. 3o° O., au
N. 5° O., à 3 ou 4 lieues de distance.
Pendant les 24 heures, le courant nous
porta de 18 milles au N. E. SSPSBsS
(   121   )
Le 21 à midi, les extrémités des terres s'étendaient du N.5°O.,au S. 7Oo0.,
à 3 ou 4 lieues de distance. Depuis la
veille, le courant nous avait porté de
25 milles au N. f N. E.
Le.22, nous nous trouvâmes à 20 milles au N. de notre estime. Nous étions
à-peu-près dans la position de la veille,
et nos relèvemens furent presque les
mêmes. Nous portâmes sur la terre avec
un vent faible. A 7 heures, nous virâmes
de bord près d'une côte basse , par i5
brasses d'eau. La terre élevée au S. nous
restait au S. 4° E., à 3 lieues de distance.
Nous relevâmes à l'O. % S. O., une ouverture qui nous a paru devoir être l'entrée d'un bras de mer, dans lequel nous
crûmes remarquer plusieurs jonques à
l'ancre. En approchant nous avons reconnu notre erreur, et nous avons vu
que les deux caps élevés qui nous avaient
paru en former l'entrée, étaient joints
par des terres très-basses qui ne nous
ont plus présenté qu'une côte droite
-797-
Juillel.
21.
22. !fc
24.
(   122  )
  sur laquelle la mer venait se briser avec
1797* violence. 11 fit calme dans la matinée,
Juillet. ej. un brouillard épais  nous  cacha la
terre. Nous trouvâmes 80 brasses d'eau'.
Aujourd'hui nous n'avons ressenti l'effet d'aucun courant.
Le 24, calme jusqu'à 2 heures. Alors
il s'éleva une brise du sud, et le tems
s'éclaircit. A 3 heures,les terres élevées
qui avaient été vues la veille, nous restaient au S. | O., à 2 lieues de distance.
Je fis virer de bord et gouverner à l'E.
'Il nous aurait été impossible de nous
élever dans ie S., parce que le vent qui
venait de cette partie, ainsi que les cou- i
rans qui nous avaient porté avec violence au N. les jours précédens, s'y seraient opposés. Vers midi le vent tourna
à l'ouest, et le tems fut très-embrumé.
D'après nos observations, le courant
doit nous avoir porté de 67 milles dans 1
le N. 640 E. Ce courant, qui nous entraînait d'environ 3 milles   par heure j
pendant la nuit, nous a éloigné de terre Juillet.
25.
(   125   )
et nous a empêché de voir la terre. La
partie de la côte dont nous comptions "79
avoir connaissance au joUf, est située
sous le parallèle de 32° 3o' de latitude
boréale; et sans l'effet du courant, nous
aurions dû la relever au N. O., à la distance d'environ 5 lieues. Je pense que
nous avions dépassé, sans le savoir, l'extrémité orientale de l'île de Ximo.
Le 25, nous fîmes route vers la Côte
de Niphon. Notre vue s'étendait jusqu'à
5 ou 6 lieues. Notre latitude estimée
était de 52° 34' N. Nous vîmes trois
jonques qui allaient à l'est ; mais nous
n'eûmes pas connaissance de terre. Nous
eûmes du calme et du brouillard , et
nous traversâmes de fréquens raz de
marée, au milieu desquels nous ne trouvâmes pas de fond. Le courant nous
porta dans les 24 heures, de 28 milles
auN. 8i°E.
Le 26, à 5 heures, nous vîmes la terre
qui nous restait au N. A 7 heures, elle
s'étendait du N. 140 O., au N. i5° E., à
26.
t_ SS85S
C 124 )
5 ou 7 lieues de distance. A 1 heure et
demie après minuit, nous mîmes en travers et y restâmes jusqu'au jour. Alors
la terre s'étendait du N. 35° O., au N.
Ço° E.,à 2 ou 3 lieues de dislance. Nous
ne trouvâmes pas fond à 90 brasses. Au
lever du soleil, nous vîmes plusieurs canots et des jonques à la voile, le long de
la côte. Après avoir doublé une presqu'île que nous avions prise pour une
île , nous aperçûmes la terre dans l'éloi-
gnement et dans la direction du N. 54° E.
Sur l'extrémité N. E.de la presqu'île,
dont le terrain est par-tout de la même
hauteur, il y a quatre arbres très-remarquables , à l'est desquels on voit quelques rochers détachés de terre. Au N.
3o° O., nous avons aperçu un petit port
dans lequel nous avons vu plusieurs jonques qui étaient à l'ancre devant une
ville. On apercevait sur la presqu'île et
au fond des baies que forme la côte,
plusieurs villages et des maisons. Le
pays était très-bien cultivé; la mer était (125)
couverte de bateaux pêcheurs, et on
voyait une multitude de canots de toutes , .„
ë .Tmllaf
grandeurs qui voguaient le long de la
côte, les uns faisant route à l'est, et les
autres à l'ouest.
L'intérieur du pays est assez élevé et
très-haché. On y voit plusieurs chaînes
de montagnes dont les sommets  sont
terminés en-pointe. Ces chaînes de montagnes sont  dirigées parallèlement du
N. E. au S. O. On apercevait beaucoup
d'arbres dans les vallons. Le rivage n'est
qu'une plage de sable, coupée par des
rochers placés de distance en distance.
Dans le courant de la journée, plusieurs pêcheurs vinrent à bord par curiosité. Leurs bateaux étaient bien construits , l'arrière était très-saillant, avec
des ornemens peints en différentes couleurs sur un fond noir. Chaque bateau
portait treize hommes et avait cinq avirons  de  chaque côté ; ils marchaient
très-v\te. Us avaient 39 pieds de long et
6 et demi de large. *797-
Juillet.
(   126 )
A midi, petits vents et belle mer;
L'extrémité septentrionale des terres
nous restait au N. 290 E. ; et la presqu'île qui'formait l'extrémité méridionale,s'étendait du S. 70°0.,au S.88° O.,
à 3 ou 4 lieues de distance. Nous étions
éloignés de 4 à 5 milles d@ la côjte. Le
port nous restait au N. 820 O. Nçfiis ne
trouvâmes pas fpjpd à 90 fejrasses.
Le 17 novembre 1796, nous étions à-
peu-près dans cette position, lorsque,
pendant un fort coup de vent du S. Qfsl
nous eûmes connaissance de la pointe
méridionale de l'île de Niphon.  Cette
pointe est située par 35° 20' de fôfêflude 1
boréale, et i55° 47' de long, orientale.
La presqu'île est facile à recppnaîtpça'
parce qu'elle paraît détachée de la çôjte;|
Le 27, la pointe S. ($£ .Miphon nottP
restait au S. 54° O., à 6 fteu£&$,çt l'#g]*
trémfié des tenues vues dans le noj?d;,
au N. 29° p., à 2 §$$ ljeues de distance.
Les extrémités de la terre j|ui ét&iTj
toujours élevée et bâchée , nous j?e$- j
N mm
(-37)
taient au S. 690 O., et au N. 200 E. A
midi, nous relevâmes au N. 54° O., une
ouverture au milieu de laquelle il y
avait une île. Les extrémités de la côte
de Niphon s'étendaient du N. 13° E.,
au S. 65° O., à la distance de 4 lieues.
Le 28, le courant fut très-peu sensible ; nous vîmes plusieurs pointes saillantes sur la côte. A 4 heures, l'extrémité N. qui ressemblait à une île, nous
restait au N. 210 E. La terre s'abaissait
beaucoup dans le nord. A 7 heures, ce
qui nous paraissait une île, nous restait
au N. 3o° O. Une pointe basse fut relevée au N. 200 E., à 3 lieues de distance •
et l'extrémité S. de la côte, au S. 640 O.,
à 5 ou 4 lieues de distance. A 9 heures,
nous étions assez près de la pointe basse
qui avait été relevée à'7 heures, et nous
vîmes beaucoup de lumières sur Je rivage. Après avoir couru encore 8 raii-^
les, nous mîmes en travers et nous y
restâjmes toute la nuit. Apflèjs&re venus
au vent, nous sondâmes sans trouver
-797-
Juillet*
28. (128)
—— fond à 75 brasses. Au jour,le tems fut
797* calme et si fort embrumé, que nous ne
Juillet. . .   . ,
pouvions pas distinguer la terre. Aon.
du matin, le vent s'étant élevé, je fis
gouverner sur la côte. A 21 heures, nous
la voyions à peine s'étendre de l'O. 5°
N., au N. O. Le vent ayant changé, nous
fîmes route au N. E. A midi, les extrémités des terres en vue s'étendaient de
l'O- 5° N., au N. E. Une terre basse nous
restait au N., à 3 ou 4 lieues de distance.
Le courant nous avait porté de 35 milles
au N. 75° E.
Le 29, nous fîmes route le long de la
côte qui était basse et bordée de sable ;
mais la brume nous empêcha de distinguer l'intérieur du pays. A 7 heures, les
extrémités que nous pouvions apercevoir , nous restaient au N. 65° E., et au
N. 700 O. Nous en étions éloignés de
3 à 4 lieues, et nous ne trouvâmes pas
fond à 80 brasses. Nous vîmes plusieurs
jonques qui naviguaient lé long de terre.
A midi,,une extrémité de la côte nous t I29 )
restait au N. 4o° O., à 4 ou 5 milles de
distance ; l'autre extrémité nous restait
au N. 32° E., et nous parut être bordée
de sable comme la côte que nous avons
déjà vue. Depuis le point qui forme cette
extrémité, la côte rentre beaucoup et
fuit dans le nord, où elle paraît former
Un enfoncement dans lequel nous vîmes entrer des bateaux qui venaient du'
large. ^^
Le 5o, vents faibles et tems très-em-
brumé. A 1 heure et demie , l'extrémité
que nous avions relevée à midi, nous
restait au N», à la distance de 4 à 5 milles. La terre qui semblait en être détachée-, s'étendait à une grande distance
au N. E. A 4 heures et demie, nous passâmes devant une terre élevée dont là
côte est, terminée par des falaises de
craie. A 6 heures, elle nous restait au
N-. 5o° E., environ à 3 lieues de dis*
tance.
Au point du jour, nous étions âsseis
près des îles situées au sud de la baie
n. 9 *797-
Juillet.
il.
(i3o)
de Jeddo, que l'on voyait s'étendre du
N. E. au S. E. | S. Une des extrémités
de la côte de Niphon nous restait au N.
6o° O. A 5 heures du matin, après avoir
viré de bord, nous fîmes route au nord.
Dans la matinée, nous eûmes une brume
très-épaisse et du calme, et nous ne pûmes pas voir à une grande distance. A
'midi, nous relevâmes au S. 5o° E., et
l'une par l'autre, deux îles élevées. La
plus proche était à 7 ou 8 milles de distance. L'île Volcano s'étendait du N-
32° E., au N. 83° E. ;' et les extrémités
de la côte de Niphon, du N. io° 0.,au
S. 8o° O. Nous ne trouvâmes pas fond;
Pendant la nuit nous eûmes de l'orage,
et la chaleur fut excessive. Le courant
nous avait porté de 15 milles au N. 720 Et
Le 3i, le courant qui fut très - fort,
nous porta au nord, entre les îles les plus
au nord et la côte occidentale de l'entrée de la baie de Jeddo. A 4 heures, la
partie septentrionale de l'île la plus N.
nous restait à l'est, à 2 ou 3 milles de t *** )
distance. Nous vîmes un grand village -—
sur la côte occidentale de cette île, au ''-7-*^
.,..-    ,i        n      i'i< i Juillet,
milieu de  laquelle s eleve  une haute
montagne. Nous avons vu à plusieurs
reprises une colonne de fumée noira
et épaisse, sortir de la partie orientale
du sommet de cette montagne. A 7 h.^
l'île s'étendait du S. 5° E., au S. 4o° E. y
à 3 milles de distance. Le matin à 17 h.,
la côte orientale de l'entrée de la baie
de Jeddo fut relevée du N. 5° Oi, au Ni
200 O. Le tems fut calme et variable
jusqu'à midi. Alors Une des pointes qui
fôrment l'entrée de la baie nous restait
au S. 8o° O., à 3 lieues de distance. Plusieurs pêcheurs vinrent à bord, et nous
donnèrent du poisson en échange de
quelques bagatelles.
Le 1 .er nous fîmes route pour TVhite- Août.
Pointy qui, à 4 heures, nous restait ad   *' y£
N. 20"' O. A 7 heures , elle était par le
travers, à la distance de 5 à4 milles, et
se  trouvait   dans  la   même direction
qu'une montagne ronde que l'on rele-
»■■ i
-797'
Août.
(   l32   )
vait au N. 87°0. Nous trouvâmes alofs
9 brasses d'eau. White - Point est très-
remarquable et facile à reconnaître ,
parce qu'elle est plus haute que toutes
les terres qui l'environnent, et qu'elle
est taillée à pic du côté de la mer, où
elle est terminée par des falaises de couleur blanche, sur lesquelles on voit beaucoup d'arbres. La terre au S. et au N. de
cette pointe forme deux baies. En nous
éloignant de terre, notre brassiage augmentait depuis 20 jusqu'à 3o brasses.
Les extrémités des terres basses vues
au N., nous restaient au N. N. E., et
l'jéxtrémité S. O. nous restait au S. 43° Q-
La nuit fut assez belle. Le matin à 17 h.*,
les extrémités de la côte furent relevées
au N. 3° E., et au N. 3o° O., à 5 ou 6
lieues de distance. L'extrémité septentrionale paraissait détachée de la côte à
laquelle cependant elle' doit tenir par
des terres basses. Je crois que ce doit
être la pointe Sand-Down. La côte
comprise entre cette pointe et lfrhite- ( ttp
Point} est très-basse. Nous n'aperçûmes
pas ce que le capitaine Ring appelle île
Hummock, dans la relation du troisième,
voyage de Cook, et je suppose qu'il à
donné ce nom à la partie haute de la
pointe de Sand-Down ; car, à une certaine distance, cette pointe ressemble à
une île.
Dans la matinée, un grand nombre
de bateaux pêcheurs, plus petits que
ceux que nous avions vus devant Jeddo,
vinrent à bord. Leurs voiles étaient
faites de nattes très-fines, et il y avait
un morceau de toile de coton au milieu. Chaque bateau avait un réservoir
pour conseryer le poisson. A midi, la
pointe de Sand-Down nous restait au S.
i5° O., à 5 ou 6 milles; et l'extréinité>/
nord, au N. 5o° O., à 4 ou 5 milles i de
distance. A 3 heures après midi , ayant
relevé TVhite-Point au nord, nousrfïr
mes des observations d'angles horaires,
pour avoir la longitude par notre montre. Elle indiqua 1390 46' îo" de Iqr.-
-797-
Août. Août*
%,
( «54 )
gîtude orientale , d'après la variation;
*.?.' diurne observée à Macao. White-Poinp.
est par 1400 4°' de longitude orientale.
Suivant le capitaine Ring , sa latitude
est de 35° 13' N. Je pense que cette
pointe a été placée avec exactitude parle capitaine Ring-, et je me suis servi
de sa détermination pour rectifier la
longitude de notre montre , et pour
prendre un nouveau point de départ..
Le 2, nous fîmes route eu prolongeant la côte à 5 ou 6 milles, de diSg|
tance. A 3 heures , nous vîmes au nord
des terres élevées, vers lesquelles nous
nous sommes dirigés. A 7 heures , nous.
étions vis-à-vis de l'extrémité de la terr«
basse, qui alors nous restait au N. 7-0° O.,
à 3 lieues de distance. Nous voyions la
terre s'élever insensiblement en allant
vers le nord* A 8 heures, l'extrémité
nord de celte terre fut relevée au N.
i8° O. Notre latitude estimée était de
36° 21' N., et nous plaçait sous le parallèle de Low-Point. A 12 heures,
—J" ( i55)
nous trouvâmes 5o   brasses.  Dans la
matinée
nous eûmes un brouillard *797
très-épais ; à 19 heures , il y eut un
éclairci , et ,nous vîmes la terre, qui
s'étendait du S. O. f S. au N. O. | N. La
partie la moins éloignée était à 3 ou
4 milles 4e distance. A 20 heures 45',
le brouillard se dissipa entièrement, et
nous fîmes route le long de la côte,,
qui était très-escarpée. Nous avons passé
dans la matinée au nord du cap de
Heunis ; mais le brouillard nous empêcha de le voir. A midi , les extrémités de la terre nous restaient au
N. O. et au S. O. \ O. 5° O. La côte la
plus proche était à 5 ou 6 milles.
Le 3, à 2 heures 35', nous vîmes la
terre qui s'étendait du N. 5$° E. au
N. 55° E., à 7 ou 8 lieues de distance. A 3 heures, nous relevâmes au
N. i5° E., une terre ârèsrbasse qui semblait détaohée de la côte de l'île de
Niphon ; mais l'angle sous lequel on
voyait l'ouverture ,  était si petit que (i36)
~——— je  fus- incertain   qu'il y eût un  pas-*
-797* gage. En conséquence ,   nous sommes
Août.. ,
^revenus au vent pour passer au large
de cette terre détachée, que je croial
être une des îles de Matzima. Les terres,
élevées de Niphon nous restaient à
l'ouest. A 7 beufres et demie , la partie
septentrionale d'une île qui a la forme
•d?un pic , et qui est au nord de celle
dont nous venons de parler, restait à
l'ouest, à 3 ou 4 milles de distance.
Notre latitude était alors de 58° i5' N,
Cette île était peu oonsidérable , et séparée de l'autre par un canal étroit*
Les côtes étaient bordées par des rochers; mais l'intérieur était boisé jusqu'au sommet du pic. Nous avons vu
au N. 4° E. de l'île du Pic , quelques
autres petites îles basses qui n'en sont
pas éloignées.' A 5 milles à l'ouest , il
y a deux autres îles basses d'une assez
grande étendue. Elles sont séparées par
un canal d'une autre terre qui est dans
le N. 4o° O., par rapport à elles. Ce ( i57 )
canal nous a paru très-sain. Lorsque la  —
pointe sud de l'île du Pic nous restait à I797-
, ,„.   . .        .      . , .     Août.
1 ouest, lue basse qui est la plus méridionale, nous restait au S. 77°0., et
l'île la plus septentrionale au N. i5° O:
Dans cette position, nous ne trouvâmes
pas fond à 90 brasses. A 8 heures , nous
mîmes en travers, et nous y restâmes
toute la nuit. Dans la matinée , le tems
fut assez doux.  L'île du Pic nous restait au S. -35°  O.,  et l'extrémité des
terres vues le plus au N., au N. 3o° O-
Nous gouvernâmes vers la terre. A 8 heures , la pointe sud de l'entrée d'un enfoncement vis-à-vis duquel on apercevait deux ou trois roches très-élevées ,
nous restait à l'O. , à 3 ou 4 milles de
'distance. L'île du Pic, au S.  io° O. y
et les îles basses ,   étaient vues plus auf
large. A 10 heures, nous avons relevé
au S. 65° O. l'entrée de l'enfoncement
dont nous venons de parler , et où nous
avons remarqué qu'il n'y a aucun danger apparent. Nous avons vu des ro-
—■ ( i38)
; cbes détachées au large des deux pointes
'. , .de l'entrée. Ce canal nous a paru très-
étroit et nous a semblé former un coude
en s'avançant dans les terres. Au nord
de cet enfoncement, on voyait une pe-?
tite baie hordée d'îlots et de rochers
isolés sur lesquels la mer brisait avec
force. La pointe-septentrionale de cette
petite baie était très - bien cultivée, et
on y voyait une ville considérable bâtie
sur le bord de la mer. A midi,lWe du
Pic nous restait au S. io° O. Les roches
situées près de la pointe sud de l'enfoui-
■cernent dont nous avons parlé, nous res^
taient au S. 280 O., et l'extrémité des
terres le plus au nord, auN. 3o° E. Nous
étions à 3 ou 4 milles de distance de la
côte la plus proche.
4. Le 4 à 1 heure, nous étions vis^k-vis
d'une baie qui s'enfonçait dans le N. O.
On voyait sur le côté sud de cette-baie,
deux montagnes. Il n'y avait sur celle
-qui est le plus au sud, qu'un seul bouquet  d'arbres.   L'autre montagne est
-+ «as.
( i59)
bien boisée, et s'étend jusque la pointe 	
de la baie, qui est terminée par des ro- 1^J'
. m'/-i Août,
chers, et peu élevée. Cette montagne ,
lorsqu'on la voit du nord, ressemble à
un pain de sucre. On voit sur la pointe
nord de la baie un groupe d'arbres très-
remarquable. Au large de cette pointe
il y a deux rochers de forme conique,
qu'on n'aperçoit pas lorsqu'on est au sud
de l'entrée,. Le pays est très-bien cultivé. On voyait sur le rivage des maisons , de distance en distance et au large,
beaucoup de bateaux pêcheurs. Je pense
que ce port doit offrir un bon abri, et
que l'entrée n'en doit pas être difficile.
Nous ne trouvâmes pas fond à 70 brasses. Le terrain qui est au nord du port,
s'élève à une hauteur considérable; les
montagnes forment des caps escarpés et
très-avancés, entre lesquels on voit d'immenses baies qui toutes sont ouvertes
au S. E. Lorsque nous doublions ejfes
caps^élevés, le vent nous manquait, et
nous ne trouvions pas de fond. emfilant (i4o)
 ■ toute notr% ligne. A 8 h., nous avions
79' • par notre travers une haute montagne
dont le sommet est plat, et qui alors fut
relevée à l'ouest. Notre latitude estimée
était 590 16' N. Les extrémités de la
côte nous restaient au N. et au S. 53°,
à 4 ou 5 milles de distance. Au point
du jour nous relevâmes les extrémités
de la terre au N. 3o° O., et au S. 420 O.,
à 2 ou 3 lieues de distance. Nous continuâmes notre route ; et à 20 heures, nous
vîmes une ouverture profonde dont les
pointes, vues l'une par l'autre , nous
restaient au S. 750 O., à 4 milles de
distance; et la passe orientale du port
Nambu nous restait au N. 55° O., à 2 ou
3 lieues de distance. Un canot qui en sortait vint à bord, et les Japonais qui le
montaient nous pressèrent vivement 1
d'entrer dans le port. Vers midi, le vent
tomba, et nous restâmes à 5 ou 6 milles
de terre. L'ouverture située au S. de
Nambu, nous restait au S. 4^° O. ; la
pointe basse du port Nambu, au N. 87° | ('4- )
6/ O., et les extrémités de la terre s'étendaient du N. 280 O., au S. 220 O. Les,
Japonais   voyant   qu'ils ne  pouvaient
nous engager à entrer, dans le port de
Nambu, retournèrent à terre.
Le 5, comme le courant portait au
sud, nous restâmes à-peu-près dans la
même position. Nous vîmes que l'ouverture située au S. de Nambu était;
ouverte au N. E.,et qu'elle paraissait
I offrir un bon abri. La pointe S. E. de
l'entrée est élevée, très-escarpée et couverte d'arbres jusquau sommet. Cette
pointe est aisée  à reconnaître, parcef
qu'elle est beaucoup plus élevée que la
côte, qui est plus au sud. On voit quel-.,
ques roches au large de la pointe N. E.,'
qui présente une montagne très-avancée
dans la mer. Dans la matinée, le tems fut
beau et calme. Mais à notre grande surprise , nous ne vîmes pas de bateaux
! pêcheurs ni de jonques naviguer le long
de la côte, comme nous en avions toujours aperçu lorsque nous étions plus
-797'
Août/
5. ( U*)
au sud. La pointe du port de Nambu
1797* nouS restait au S. 840 O., à 4 ou 5 milles ;
l'ouverture qui est au sud, au S. 38° O.,
à g milles de distance ; et les extrémités
de la terre nous restaient au N. 32° O.,
'et au S. 240 O. Nous sondâmes souvent
sans trouver fond.
Le 6, nous vîmes très-distinctement
l'entrée du port Nambu, Elle nous restait au S. 5g0 O.; et l'ouverture qui est
au S. et n'en est éloignée que de 5'lieues,
nous restait au S. 280 O.
A midi, celle ouverture restait au S,
3i° O. ;et l'entrée du port de Nambu
au S. 280 O., à 7 ou 8 mille#âe distance.
Je passai la revue de mon équipage et
je fis lire l'ordonnance.
Le 7 , petits Vents variables. Pendant
la nuit, le brouillard fut trèff-épais ; mais
il se dissipa dans la matinée. A midi, le ,
port de Nambu reslait au S. io° O. ,'f!v|
se trouvait dans l'alignement des terres j
les plus basses ; l'extrémité méridionale
de la terre restait au S. 3° O., et l'extré- |
-r ( i43)
mité septentrionale auN. 5i-° O. Nous
étions à 5 ou ô milles de distance de la
côte. Nous aperçûmes une» ouverture
dans l'ouest.
Le 8, des vents faibles et des calmes
rendirent notre navigation le long delà
côte très-longue. A 7 heures, l'ouverture aperçue à midi nous restait au S.
35ft O., à la distance de 2 lieues. Nous
trouvâmes 55 brasses,fond de sable noir,
et nous vîmes une île près de la pointe
septentrionale. L'extrémité nord des
terres qui étaient fort basses, nous restait au N. 55° O.; et les terrés élevées
situées dans les environs de Nambu,
restaient au S. 3° E. Une jonque sortit
du port de Nambu, et nous parla pendant la nuit; mais nous ne pûmes comprendre ce qu'on nous disait. La mati-
, née fut très-belle, et nous vîmes distinctement la terre, qui était très-basse, et
se prolongeait vers P-O. N. O. Des terres
l hautes s'étendaient du S. 5o° O., au
S. 8o° O. C'est la seule partie élevée qui
-797-
Août. ( 44)
i  se trouve entre Nambu e.t la pointe la
-797- plus septentrionale de la côte, tracée
*" sur la carte du capitaine Ring. Tout le
pays était cultivé et avait un aspect trèsB
agréable. A midi, une brume épaisse
couvrit les terres. L'extrémité nord de
la côte restait au N. 75'" O. La pointe la
plus proche, qui faisait partie des terres
élevées, nous restait au S. 8i° O.; un
rocher blanc situé très-près de la côte,
au S. 68° O. ,à 2 ou 3 lieues de distance.
Nous trouvâmes 4^ brasses, fond de
sable et de coquilles.
Le 9, le brouillard s'étant dissipé,"
nous aperçûmes la terre qui se prolon»
geai&dans l'O. N. O. A une heure , nous
vîmes des terres hautes qui s'étendaient
du N. 240 O., au N. 34° O., et qui paraissaient être la continuation de l'île
de Niphon. La côte au nord de la pointe .
qui fut relevée au S. 81 ° O. à midi, commençait à tourner à l'ouest, et formait i
une grande baie ou un port.  Mais le
peu de hauteur de la côte me fit croire" j ( t4S)
que cette apparence de baie était Pem-
bouchure d'une rivière. La jonque qui
nous avait joint la veille et nous avait
accompagné toute la journée, se dirigea
vers cette baie. Nous gouvernâmes sur
la terre éloignée. A 7 heures, elle nous
restait au N. 25° O., et les terres élevées
s'étendaient du N. 570 O., au N. 6o° O.
Le tems embrumé nous empêcha d'en
voir de plus éloignées. L'extrémité S.
de la côte nous restait au S. 5o° O. Dans
la soirée le vent tomba. Pendant la nuit
et la matinée, nous eûmes un brouillard
épais. Il y eut cependant quelques éclair-»
cis qui nous permirent de voir des terres élevées dans le N. O. A midi, le
brouillard se dissipa. L'extrémité des
terres le plus au N. restait au N. 2Ô°0.,
à 9 ou 1 o milles de distance. Cette extré*
mité formait un cap très-élevé et escarpé»
Au sud de ce cap, la côte était dépoujh-
lée et plus basse. Elle ne commençait
à s'élever qu'à une certaine distance.
L'extrémité des terres les plus élevées
11. 10 Août.
( 46)
restait au S. O., et l'on voyait les terres
I797- basses se prolonger dans le S., aussi loin
que la vue pouvait s'étendre. Nous aperçûmes un grand village à l'O. S. O. Tout
le terrain qui l'environnait était cultivé
jusqu'au sommet des montagnes, dont
les flancs étalent disposés en terrasses.
La côte était bordée par une plage de
sable dont nous étions éloignés de quatre
milles. Nous éprouvâmes un courant
qui nous porta de 14 milles au sud. Pendant la soirée et la matinée, et pendant
que le brouillard dura, nous entendîmes
les cris d'une multitude de pétrels bruns,
dont le dessous des ailes était taché de
blanc.
Le io,à 7 heures, nous nous trouvâmes vis-à-vis de la pointe la plus
avancée qui avait été relevée à midi, et
qui alors nous restait au N. 65° O. On
apercevait quelques roches isolées à l'extrémité d'une pointe basse qui était vue ;
dans un plus grand éloignement. Ces
roches nous restaient au N. 400 0.,a5
xo. mmwmmammasmsm
( 47 )
ou 6 milles de distance. Nous vîmes à
l'O. N. O. des terres élevées et très-loin
de nous. La nuit nous eûmes un brouillard épais qui,dans la matinée, le fut
encore davantage. Le vent était au S. E.
Mais à midi le brouillard se dissipa. Le
courant nous avait porté de 27 milles
au sud. A 18 heures, nous aperçûmes
les roches qui nous restaient à l'ouest, à
5 ou6 milles de distance ; mais le brouillard s'étant élevé de nouveau, nous ne
pûmes pas voir la terre. Nous avons
continué notre route pour aller à Vol-
cano-Bay. A 22 heures, nous vîmes la
pointe Esarme à l'O. N. O. A midi, elle
restait au N. 8o° O. Nous relevâmes un
cap escarpé formant la pointe N. E. de
l'île de Niphon, au S. 5o° O.; une montagne élevée au S. 47° 8' O., et l'extrémité de Niphon qui était très-élevée, au
S. 670 O.
Le 11 un peu après - midi, le vent
tourna à l'ouest. La pointe Esarme restait au S. 07° O. Depuis dette pointe
x797<
Août.
XX. &
( 48)
dont nous étions éloignés de 3 à 4 lieues »
la côte qui est en-dehors de Volcano-
Bayy court au S. O.f O. A midi, la
pointe Esarme restait au S. i5° O.,et se
trouvait dans l'alignement de la partie
de la côte de Niphon qui était en vue.
La pointe nord de Volcano-Bay restait
au N. 63° O., à la distance de 4 lieues ;
la côte d'Insu qui est en-dehors de la
baie, s'étendait du N. 15° E., au N. 8o°
E. La pointe sud de Volcano-Bay restait au S. 780 O. Une montagne située
dans l'île de Niphon, fut relevée au S.
io° O. A 6 heures 3o', cette montagne
et la pointe Esarme furent vues l'une
par l'autre au S. 8° O. Les vents étaient
variables , et nous cherchions à nous
avancer dans Volcano-Bay. A 7 heures
3o', la pointe Esarme nous restant au S.
et le vent étant devenu favorable, je fis
gouverner vers l'entrée du port d'Endermo. A 3 heures du matin, nous mouillâmes à l'entrée du port, par 9 brasses
d'eau fond de vase. L'île de Haus-Odson (49)
nous restait au S. 770 O., à 2 milles de
- distance.
Dans la matinée, notre canot fut expédié pour aller c lie relier dans le port un
endroit commode pour y faire de l'eau
et du bois, et pour y placer notre observatoire. Le tems fut beau et nous permit
dès le même jour d'observer à terre la
hauteur méridienne. Dans l'après-midi
nous levâmes l'ancre et nous nous rendîmes dans le port, où nous nous sommes affourchés par 3 brasses d'eau , à
moins de deux encablures de la côte.,
dans un endroit qui est à l'abri de tous
les vents, et vis-à-vis d'un ruisseau. Les
habitans d'Endermo, qui nous avaient si
bien reçu à notre premier voyage, ne
tardèrent pas à nous rendre visite. -<■
Nous commençâmes aussi tôt nos opérations; mais nous fûmes con Ira ries par
le mauvais tems qui sur\ iut bientôt
après. Les vents soufflaient en général
de la partie du S. E., et ils étaient accompagnés de pluie. Le 14, ils lurent
-797-
Août- %
-797-
Août.
( i5o)
très-forts. Le tems fut si couvert, que
nous ne pûmes pas faire d'observations
pour régler nos montres. Nous étions
cependant toujours prêts à profiter du
moindre écfairci pour prendre des hauteurs correspondantes.
Deux jours après notre arrivée, nous
reçûmes la visite de quelques Japonais
qui, d'après ce que nous avons compris,
venaient exprès de la ville de Matsmai
pour s'informer de quelle nation nous
étions, et des motifs qui nous avaient
amené à Endermo.
Le 18, nous vîmes arriver plusieurs
des Japonais que nous avions vus l'année précédente, et dont j'ai déjà eu occasion de faire remarquer la politesse.
Ils parurent très - surpris de nous voir
dans un si petit bâtiment, et ne pouvaient pas concevoir la cause de notre
retour. Comme ils étaient sans doute
venus pour nous surveiller et nous empêcher de communiquer avec les naturels , ils restèrent constamment   avec SpOTaS
( i5x )
nous; une partie était à bord,et l'autre
dans la demeure qu'ils avaient établie à
terre vis-à-vis de notre bâtiment. Ils
montraient un tel désir de nous voir
partir, qu'ils nous pressaient tous les
jours de quitter leur fie ; mais ils y mettaient la plus grande politesse. Je regrette beaucoup que nous n'ayons pas
pu parler la même langue*-par un de
ces Japonais qui me parut très-intelligent et très- commun i cati f, a u rai t p u m e
donner des renseigne m en.s f rès-curieux
et très - utiles. Il me lit présent d'une
carte très-complète des îles du Japon,
en me recommandant fortement de
ne pas dire d'où je la .tenais, il me
fit entendre qu'il tomberait en dis»-
grâce, et serait même puni,si l'on apprenait qu'il eût donné cette carte à des
étrangers. ' •
des Japonais nous apprirent que l'ile
où -nous nous trouvions était appelée
Insu<4w Insoo par les habit ans. Ils nous
dirent aussi que le nom de Mats mai ne
I7<
97
Août.
il
i
ui *&.
(   É| )
i désigne que la ville principale de cette
J]9J' île et le district habité par les Japonais,
A°Ût- -,! 1J'--'T
et situe dans le détroit qui sépare lnstt-
de l'île de Niphon. Ils ajoutèrent que
les Russes venaient faire le commerce
à Agodaddy , port d'Insu situé au N.E.
de Matsmai. Ils nous dépeignirent ce
port comme étant très-sûr et beaucoup
meilleur qu'Endermo. Il y a sur la côte
du même détroit une autre ville appar- \
tenant aux Japonais; mais je ne pus pas
en apprendre le nom.
La presqu'île près de laquelle se
trouve Endermo, est peu habitée. Les
insulaires qui demeurent aux environs
de ce port, ne me parurent pas avoir
d'autre occupation que celle de la pêche,
qui fournit à leur subsistance. Ceux qui
habitent la côte orientale de l'isthme qui
fait face à la mer, ramassent une espèce
de varec ( Jucus saccharinus ) qu'ils
font sécher au soleil et qu'ils lient en
bottes. On voit une grande quantité
de ce varec étendue sur le rivage de
____J mmmmssasmmam
C i53)
Volcano - Bay,   C'est   une   branche
considérable   de   commerce   pour  la -797*
ville de Matsmai, d'où il est exporté au
Japon.
Août. ( 1*4 )
CHAPITRE   V.
Nous   passons devant la ville de Matsmai. —
Passage dans le de'troit de Sangaar. — Navigation le long de la côte occidentale dlnsu.
Ile du Pic ou Timo-Sbee. — Nous avançons
jusqu'au 52.me degré' de latitude borealfe.
-797'
Août.
21.
23.
JLie 2i, nous avions complété notre eau.
Notre goëlette-était-radoubée et se trouvait en état de prendre la mer. Le lendemain matin nous prîmes congé des
Japonais ; et à leur grande satisfaction ,
nous quittâmes le port. Le vent soufflait,
bon frais du S. E. ; le tems était embrumé. Nous mouillâmes par 9 brasses
d'eau vis-à-vis l'entrée du port. L'île de
Haus-Odson nous restait au S. 5° E., à
un mille de dislance.
Le 23, la matinée fut belle. Nous
eûmes des vents d'est. A 8 heures, nous
appareillâmes et fîmes   route ,vers la (i55)
pointe Esarme. A midi, le port nous restait au N. 570 E., à 9 ou îo milles de distance. La hauteur méridienne fut de
58° 56' 3o", et la latit. de 420 12' 7" N.
Nous ne pûmes pas observer la longitude du port d'Endermo. Il fallut nous
contenter du résultat des observations
qui avaient été faites l'année précédente dans VolcanoBay3 et qui fixent
sa latitude à 42° 19' 29" N., et sa longitude à i4i°7' 36" E.
D'après les hauteurs correspondantes
que nous avions prises à terre depuis le
i3 août jusqu'au 3i, le mouvement de
la montre n.° 45 me parut avoir beaucoup varié.
Le 21 août à midi, son retard absolu
sur le tems moyen -"de Greenwich ,
était de 7' 10" 5g, et elle avançait par
jour de 1' 26" 6ui* le tems moyen.
A notre arrivée, la longitude du port
d'Endermo a été trouvée par la montre
n.° 45, de 1400 5'. Ainsi elle était en
erreur de 1° 2' 3" après 46 jours. Le
*797-
Août. ï197-
Août.
m
25.
( i56)
thermomètre se soutint de 65° à 800.
Le 24, à 2 heures 3o', nous virâmes
de bord tout près du volcan le plus méridional, par 7 brasses d'eau. Ensuite
nous trouvâmes 48 brasses, fond de sable
et de roches. A midi, le volcan le plus
méridional nous restait au N. 58° O. ;
l'extrémité des terres du côté de Mats-
mai , au S. 690 O., et l'île de Niphon s'étendait du S. i5° E., au S. 34° O. Nous
ne trouvâmes pas fond à 5o brasses.
Le 25 au point du jour, le volcan
nous restait à l'ouest, et la pointe Esarme
au S. 160 E. A midi elle nous restait à
l'O. à la distance de 2 ou 3 milles. Celte
pointe est arrondie et remarquable ; sa
parlie la plus élevée est couverte de
laves, et plus bas on voit des parties
bien boisées séparées par des espaces
où la lave a coulé. Nous vîmes la fumée
s'élever du côté N. O. du volcan.
Les vents favorables et le beau tems
nous permirent de traverser le détroit
et de faire route vers l'île de Niphon. ^^^^^KB
is^.«u
( -57 )
A 5 heures, nous virâmes de bord par
70 brasses. La pointe N. E. de Niphon
ou le cap Nambu nous restait au S. 4o°
E., à 2 lieues de distance, et l'autre extrémité à l'O. 5° N. ; des terres élevées
nous restaient au S. 4°° O. Entre ces
terres et le cap Nambu, nous avons
aperçu une baie dont l'ouverture est
très-étendue, mais qui est peu profonde ;
les côtes en sont très-basses. Nous avons
couru la bordée de l'est pendant la nuit.
Le matin nous nous sommes aperçu que
nous avions perdu fond. A 11 heures 40'*
nous trouvâmes 40 brasses, fond de corail et de cailloux. A 2 heures, nous
trouvâmes 48 brasses, même fond ; et à
4 heures, 60 brasses, fond de sable et
de cailloux. La pointe Esarme nous restait à l'ouest, à 2 lieues de distance. Nous
ne trouvâmes pas fond à 80 brasses.
Nous avons vu près de cette pointe en-dehors de Volcano-Bay, une petite anse
Sur le rivage de laquelle nous avons
aperçu un grand nombre de maisons.
-797'
Août.
I
T J797'
Août.
26.
(i58 )
Le 26, nous eûmes du calme jusqu'à
~4 heures; alors le vent s'éleva, et nous
en avons profité pour faire route vers
Niphon. A 7 heures ,1e cap Nambu nous
restait au S. 10° O., et la pointe Esarme,
au N. O. Un instant après, nous virâmes
de bord. Suivant les observations d'angles horaires prises le soir, la longitude
de la montre était trop grande de 9' 1 o"'
D'après la position de la pointe Esarme
reconnue l'année précédente, la véritable latitude de cette pointe doit être
de 41 ° 4gf 20" N., et sa longitude 14.1°
20' E. Si l'on calcule la longitude de la
même pointe avec la variation diurne
observée à Macao, on obtiendra un résultat qui ne diffère de cette détermination que de 1/ 3o"de degré. Au point
du jour nous éprouvâmes un fort courant portant à l'est, qui nous empêcha
d'avancer vers l'ouest. A midi, la pointe
Esarme nous restait au N. 140 O. ,àun
mille de distance. Nous ne trouvâmes
pas fond à 90 brasses. Le cap Nambu (-59)
est à 9 lieues dans le S. 220 E. de la
pointé EsarrHe.
Le 27, nous nous sommes tenus, en
courant des bordées, à l'entrée de l'anse
située près de la pointe Esarme. Nous
avons vu plusieurs  jonques à l'ancre
dans cette baie, où l'on peut mouiller
très-près de terre à l'abri des vents
d'ouest. Ces jonques étaient chargées de
varec et attendaient un bon vent pout
partir. Les habitans vinrent nous rendre
visite. Les hommes seuls montèrent à
bord, et les femmes restèrent dans les
canots. On peut aisément faire de l'eau
à un ruisseau que nous avons aperçu
derrière la plage. Le volcan jetait de la
fumée , et sa partie occidentale   était
entièrement couverte de pierres-ponces
qui nous parurent très-blanches. Lors*
que nous nous sommes trouvés sous le
vent du volcan, nous avons senti une
odeur de soufre très-forte» Dans la soi*
rée nous fîmes route sur Niphon. Au
point du jour le cap Nambu nous' res-
-797,
Août.
2*7. ( i6o)
tait au S., et à midi, au S. 56° E.; la
797- pointe Esarme au N. 5° E.,et l'extrémité de Niphon, qui se terminait p»
une pointé très - basse, à l'O. Lorsque
nous fûmes dans cette position, les cou-
rans nous parurent très-peu rapides.
Le 28, un peu après midi, les venls
nous permirent de nous approcher de
la côte de Niphon et de nous tenir entre
les deux pointes d'une baie très-spacieuse située à l'extrémité septentrionale de cette île, afin de nous mettre à
l'abri du courant que nous apercevions
courir plus   au large avec une  très-
grande vitesse. Avant d'arriver vis-à-vis
des terres élevées que nous avions rele- j
vées étant à l'entrée de Volcano-Bay,
nous passâmes devant deux grandes vil- s
les, près desquelles nous vîmes plusieurs
jonqUes à l'ancre. La ville qui est le plus
à l'E. est située à l'endroit où les terres
basses commencent, et se trouve à l'O. S.
O. du cap Nambu. Toute cette partie de
la côte parut bien cultivée. A midi,nous
¥ SWËSzj
( m )
relevâmes au S. 870E.,le cap Namou, ■—--»
que nous apercevions à peine -, quoiqu'il    797*
/•a.   m   •      ' j    <z «   /   r r       Aoûu
ne fut éloigne que de 5 a 4 lieues. La
pointe orientale du port d'Agodaddy
nous restait au N. 170 E., environ à 4
lieues de distance, et la pointe occident
taie de la baie dans laquelle nous nous
trouvions, au S. 20 O., à 5 lieues de distance. La brume nous empêcha de Voir
des terres qui étaient plus  éloignées;
A 6 heures , le vent nous manqua, et
nous mouillâmes par 11 brasses, fond de
roches. Une petite île située près de la
pointe occidentale de la baie nous restait au S. 400 O., à un veuille de distance,*
le cap Nambu, au S. 66° E\ ; la pointe
Esarme au N. E.; l'extrémité d'Insu du
côté de Matsmai, au S. 75° O., et celle
de la côte de Niphon, au S. 56° O. A 18 h.,
nous mîmes sous voiles, et nous passâ«ÉI
mes très-près de Niphon, sur 4 brasses
d'eau, afin d'éviter le courant, qui alors
devait être très-fort au large où la mer
était très - clapoteuse ; parce que la di»
11» it (   *62)
;  rection du vent qui était à l'est, se trou-
-797- vait opposée à celle du courant.
Août.      Le 2g j petits vents et tems embrumé.
29*    La pointe le plus nord de Niphon , qui
est très-basse, est située sous le paraL
lète de 4l0 5i' de lathude boréaleSmÊ
par les 1400 5o' de longitude orientale.
Elle'-est de 10 à 11 lieues dans le N. 700
O. du cap Nambu. A cette pointe,la
côte commence à se diriger vers le S.O.
Pendant la nuïtfnous eûmes de petits
vents et du calme ; et au point du- jour,
•nous nous aperçûmes que le  courant
nous avait porté  au  nord. La pointe
orientale du port d'Agodaddy, qui est
très-'escarpée, nous restait au N. 120 E.,
à 2 ou 3 lieues de distance. Le brassiage ;
varia •pendant la nuit de 42 à 24 brasses,
fond de sable et de cailloux.
3o.       Le 3o, le tems qui avait été très-pluvieux au commencement de la journée,
s'écîâfircit à 5 heures, et devint calme et
serein. Nous trouvâmes   i5 brasses à
moins de 2 milles de la côte. L'entrée
—* BgSïïms
-
t >6S)
d'Agodaddy nous restait au N. E. Nous __«—
aperçûmes à l'O. plusieurs villages si- I797'
tués dans les vallées. Le pays était bien
boisé vers la pointe occidentale de l'entrée d'Agodaddy. Nous pûmes parvenir
avec des vents très-faibles, jusqu'à des
àei-'estrès-éievees et très-hachées, près
desquelles le calme nous obligea de
mouiller par 56 brasses, afin de ne pas
être entraînés par le courant, Ces terres
nous restaieat.au S»>78° O., à 3 milles de
distance. Une pointe haute de l'île de
Niphon, qui paraissait taillée a pic, restait au S. 22° O. Nous levâmes l'ancre
avec un tems très-obscur, et nous finies
route en nous tenant le plus près possible de la côte d'Insu, qui était terminée par des falaises argileuses t résiliâmes et dont le sommet létait couvert
d'arbres. Un grand nombre de rUk*
seaux qui se précipitaient en cascades
dans la mer, présentaient un tableau
mouvant que nous ne pouvions pas cesser de regarder. A 22 heures., nous pas---. t^XfflHfl^WPfflWI "' IWWa»aimga«OiyiouMaim-m..J^jg
( *64)
sâmes devant un village considérable,
auprès duquel il y avait plusieurs jonques à l'ancre. Quelques canots se mirent en mer pour venir à bord de notre
bâtiment; mais comme le vent était favorable, je  ne voulus pas perdre du
tems aies attendre. Ce village est dans
une baie dont la pointe occidentale se
termine par des roches.   On a aperçu
une île qui fut relevée au S. 85° O. et
dans l'alignement de  cette pointe, et
peu après nous découvrîmes la^arille de
Matsmai. La pointe de roches dont nous
venons de parler, forme la pointe orientale de la baie de Matsmai. On vit une
seconde île située plus  au large que
celle qui venait d'être relevée. La baie
de Matsmai a environ 4 milles d'ouverture. Les deux pointes qui la ferment
gisent, l'une par rapport à l'autre, N. 700
O., et S. 7001E; Près de l'extrémité occidentale , il y a une petite île qui tient à
la côte par une chaîne de rochers, et
sur laquelle se trouve un petit édifice (i65)
qui sert de vigie pendant le jour, et de
phare pendant la nuit. Nous eûmes régulièrement 6 brasses près de la côte.
Nous vîmes près du rivage une grande
quantité de jonques mouillées les unes
à côté des autres. Nous aperçûmes que
l'on en construisait et que l'on en radoubait d'autres à terre. A midi, la latitude observée fut de 4x° 22' N. Nous
relevâmes les pointes de la baie de
Matsmai, à l'E. 5° N., et au N. 65° O. ;
le milieu de la ville restait au N. N. O.,
à 2 milles de distance, et les extrémités
de Niphon s'étendaient du S. 15° E., au
S. 6i° E. Nous étions à 5 lieues de cette
île. Le tems fut si embrumé pendant la
matinée, que nous ne pûmes pas voir
la côte de Niphon.
Le 3i ,nous fîmes route en suivant la
côte vers la ville de Matsmai. Nous
aperçûmes, à une petite distance, des
cavaliers richement habillés , qui gagnaient la ville au grand galop. Le rivage était couvert d'habitans, et ilsem-
-797'
Août.
01
-
1 i
ï
• Août.
(166)
blait qu'ils fussent tous sortis pour venir
17971 nous regarder. Un corps de soldats rangés en ordre avec les enseignes déployées, étaient postés près du centre de
la ville, à un endroit où l'on pouvait débarquer, comme s'ils eussent cru que
nous voulions y aborder. La ville est
considérable ; elle s'étend le long de la
plage, et s'élève en amphithéâtre sur les
coteaux. Les maisons, qui sonl séparées
par des arbres et'des jardins, nous ont
paru construites en bois, et avoir des
toits recouverts en pierre \ Nous avons
vu les étages supérieurs ornés de longues pièces d'étoffes étendues dans leur
longueur, et dont les dessins, de couleur foncée, ressortarent d'une manière
agréable sur le fond, qui était en général blanc. Les temples ou les édifices
publics étaient décorés de la même manière ; on voyait pa^-tout des d-papeaux
déployés, et il semblait qu'on eût voulu
1 Cette pierre est probablement de la mêmej
espèce que nos ardoises. ( Note du traducteur )■ ( -67 )
parer la ville. Les montagnes s'élevaient •——
à une assez grande hauteur ; derrière la    'J ' '
. i, !   • i i Août.
ville, et a 1 exception de quelques endroits qui étaient cultivés en jardins,
tout le reste paraissait nu et aride.
Le vent d'est amena dans la baie un
grand nombre de jonques et de canots ;
ils se tenaient très-près de la côte, afin
de se mettre à l'abri du courant, qui
alors paraissait porter avec force dans
l'ouest. A 3 heures, nous fîmes route au
sud. Après avoir fait îo milles,la pointe-
N. O. de Niphon nous restait au S. 34°
E., à 3 lieues de distance. La pointe de
l'île de Niphon, que les Japonais appeJt-
lent Sangaroo, est foriàaée;par des terres d'une certaine hauteur, qui s~aj\Tan>i'
cent dans la mer, et dont l'extrémité,
qui est la partie la plus élevée , est taillée
à pic. La pointe de Sangaroo est à environ 6 lieues dans le S. S. E. de- Matsmai.
A 7 heures du soir, le phare de la pointe
occidentale de la baie de Matsmai, nous
restait au N. 54° O., à 3 milles de dis-
■: (i68)
tance. Nous trouvâmes 20 brasses. À cet.
endroit, la côte d'Insu prend sa direction au N. N. O. Au point du jour, nous
sondâmes sans trouver fond, à 4 ou 5
milles de la côte. L'extrémité S. O.
d'Insu nous restait au S. 56° E. ; à peine
pouvions-nous apercevoir les terres de
Niphon. L'extrémité de la côte d'Insu
qui était en vue, nous restait au nord.
Une île fut relevée au N. N. O., et une
autre au S. 4° O. On voyait une petite
roche à PO. de cette dernière Une troisième île nous restait au S. 700 O. Ces
deux dernières îles sont élevées, mais-
fort peu étendues.
Le i.er,un peu après 1 heure,le vent
tourna à l'est, et souffla grand-frais; le
tems était très-sombre. La côte d'Insu
formait une baie assez grande, vis-à-vis
de laquelle nous étions à midi. Mais la
côte était tellement embrumée, que
nous ne pouvions pas distinguer les
objets. Le pays était en général élevé,
et le bord de la mer paraissait très-aride. ®m
(169)
Nous fîmes route pour passer entre l'île
qui à midi nous restait au N. N. O., et '797
la pointe nord de la baie dont nous ve- p
nons de parler. Le canal a 3 ou 4 lieues
de largeur, et nous a paru très-sain.
L'île, dont les extrémités étaient très-
basses , avait cependant une assez grande
élévation dans les autres parties. Elle a
de 2 à 3 lieues de longueur, dans le sens
du N. E. au S. O. A 7 heures, elle s'étendait du S. 5o° O., au N.670 O., et la
pointe nord de la baie nous restait au
N. i5° E., à 3 lieues de distance. Pendant la nuit, le tems fut par grains et
menaçant. A minuit, nous mîmes en
travers, et nous y sommes restés toute
la nuit. Au point du jour ,les extrémités
d'Insu s'étendaient du N. 480 E., au S.
i8°E. Les terres qu'on voyait dans le
nord, s'enfonçaient beaucoup à l'est.
L'île que nous avions doublée, restait au
S. 8° O., et les terres d'Insu les plus proches étaient à 4 ou 5 milles de distance.
Nous fîmes route au N. E. Le vent va-
7.
1 1^
pi
s.
I
s
-797
Sept.
( -70)
riable finit par se fixer à l'est. Nous
rencontrâmes une jonque qui suivait la
même route que nous, et qui prolongeait la côte. A midi, la pointe nord de
la baie devant laquelle nous avions passé
la? veille, nous restait au sud ; l'extrémité
des terres les plus aunord,au N. 52° O. ;
la terre la plus proche , au S. io° E., à
2 ou 3 lieues de distance ; et l'île que
nous allions perdre de. vue, au S. 5o° O.
Le courant nous avait, porté dans la
journée, de 22 milles dans le nord.
Le 2, vents forts et tems par grains.
L'atmosphère était si sombre , que nous i
ne poumons pas voir distinctement la 1
côte. Le pays paraissait entrecoupé dej
montagnes et de vallées ; mais avant \
4 heures de l'après midi, nous ne pûmes
pas apercevoir d'anse qui offrît, un abri.
A 7 heures ,. nous étions éloignés   de
2 lieues des terres que nous avions re- j
levées a naâdi^ aw N. 5a° E. Elles étaient
très - hautes y et descendaient en pente
douce jusq_'à.lameir, oit eHes formaient (-7- )
une pointe basse près de laquelle il y
avait une petite ite et un rocher au-dessus de l'eau. Au nord de celte pointe,
la côte d'Insu se prolonge dans le N.
6o° E. A 8 heures,la même pointe aperçue à midi, restait au S. E., à 2 milles de
distance. A 9 heures, îe vent fraîchit de
la partie de l'est et le tems s'obscurcit.
Dans la matinée, le vent passa au N. E.
grand frais et par grains, et nous fîmes
route au N. O. sans voir la terre. D'aprèi
la carte japonaise qui nous avait été
donnée par les Japonais, il doit y avoir
une' rivière assez considérable dansTa
baie que nous avions traversée hier au
soir. A 4 heures, on a relevé au S. 5° E.,
une anse située près d'une pointe élevée.
A frheures, elle -fut? relevée une seconde
fois au S. 3o° Ç. --mais le tems était si
obscur, que je ne pourrais pas assurer
si le relèvement est exact. Le vent qui
soufflait avec force de l'est, nous empêcha de nous approcher assez de la
côte pour bien voir les objets.
-797*
Sept. (   I72  )
Du 3 au 4, les vents furent variables
et le tems fut très - inconstant. Nous
éprouvâmes une forte houle du nord.
Le 4 » une île sur laquelle on voyait
un pic, restait au N. 8° E., à 6 lieues de
distance. Deux autres îles basses restaient au S. 700 E., et au S. 87°^ E., à
2 lieues de distance, et les extrémités
d'Insu s'étendaient duS.E. au N. 6o° E.,
à la distance d'environ 7 lieues. Nous
vîmes une île à l'est, et peu après une
autre île avec Un pic au milieu, qui nous
restait au N. | N. E. A 22 h., nous aperçûmes les terres d'Insu, qui s'étendaient
dfl'E.auS.E.
Le 5, nous fîmes route vers l'extrémité nord d'Insu, en passant à l'ouest de
deux îles basses qui nous parurent très-
arides et inhabitées. La côte d'Insu, qui
était toujours élevée et hachée, com- \
mençait à s'abaisser vers l'extrémité ;
nord, qui paraissait être très-basse et
bien boisée. A 7 heures, le vent tomba,
et nous restâmes en calme jusqu'à 11 h. msm
( 173)
Alors les extrémités d'Insu nous res- -..-_
taient au N. 370 E., et au S. 140 E. Nous -797'
étions à 4 lieues de distance des terres ePtj
les moins éloignées. L'île basse s'étendait du S. i2° O., au S. 34° O. ,et l'île
du Pic restaitwau N. 15° O. Vers minuit,
le vent souffla de l'est, et nous fîmes
route au nord. Au point du jour, l'extrémité septentrionale de la côte d'Insu,
qui était en vue , nous restait au N. E.
Nous avons gouverné vers Pile du Pic ;
maisief vent ayant tourné à l'E. N. E.,
nous ne pûmes pas y parvenir. A 22 b. ",
noustfïmes route à l'ouest, et nous pas>»
sâmes à un mille et demi de cette île ,
par 45brasses, fond de roche. Peu après,
nous aperçûmes au N. 3o° O., uUe autre
île située environ à 2 lieues de la pointe
S. O. de l'île du Pic. A.midi,nous eûmes
[très-beau tems. L'île du Pic s'étendait
I duN. io°E., au S. 690 E. Le pic nous
: restait au N. 620 E., à 2 milles de dû*-;
tance; l'autre île s'étendait du N. 20,
au N. 20° 0.; l'extrémité méridionale ( §jjj )
»—— d'Insu restait au S. 370 E. Nous ne pou-
^97' vions pas voir l'extrémité septentrionale
Sept.       . ,   .        , î -,
qui-était cachée par le pic-
6. Le 6, un peu après midi, un canot
de Plie du Pic vint à notre bord. Les
nal urels "qui le conduisaient, ressemblaient à ceux que nous avions vus dans
la baietxles Volcans. Ils donnaient à l'île
du Pic le nom de Timo-Shee,e\. aY&utrz
'5ïe,*e<hai de Tee*Shee. Timo-Shee a 6à
7 lieues de tour, et sléèève depuis les
Lords de la mer jusqu'à: une hauteur
considérable. Elle a la forme d'umeone,
dont le 6ommet émoussé «ressemble au
.cratère d'un volcan. Les flancs de la
montagne sqnt parsemés d'un grand j
înombre de rochers pointus, et ils sont
aœmplis de crevasses dans'lesquelles on
apercevait des tSKres-de différentes-coa-
issirs, des cendres, des pierres-ponces
pet du soufre. L'île est bordée de ro-
-ehers, maïs d'intérieur est bien . ibdHséi j
Les. ffifïerentes iteintes de verdure dpn-
nent à la partie boisée un coup-d'œil jj ISP.SgfJ
! *75 )
agréable ; la partie aride qui est la plus 	
élevée, est en général cachée dans les *797
nuages. Lorsque le canal qui sépare ces e" '
îles fut ouvert, nous aperçûmes qu'elles
contenaient quelques maisons vers lesquelles retournèrent- les naturels qui
étaient venus à bord. Nous fîmes route
pour aller à Tee-Shee ; mais il fil calme
pendant la nuit, et nous ne pûmes pas
en approcher. Dans la matinée, il plut
beaucoup, et le vent de N. E. fut très*
fort. A midi, Tee-Shee s'étendait du N.
63° E., au "S. 760 E., et Timo-Shee restait au S. 55° E., à 3 lieues de distance.
Le 7, nous virâmes de bord, dans l'es-
j pérance de passer au vent de l'îie de
I Tee-Shee, qui à 7 heures s'étendait du
S. 5o° E. à l'est. Elle a une étendue d'environ 4 lieues, dans 44 direction du N.-1
N. E., et S. 2 S. O. Mie est d'une hatrt;
Iteur médiocre en comparaison de Timo-
Shee , et est bordée de rochers très-
escarpés. Nous fcvîmes quelques habi-
tations sur la partie, méridionale. I Le
7- à
(i76)
! passage qui sépare Tee-Shee de Timo-
-797- Shee, paraît être entièrement libre ; sa
ept* direction est N. E. et S. O. A minuit,
Tee-Shee nous restait au sud , environ
à 2 lieues de distance. Peu après, le vent
nous manqua, et nous ne pûmes nous
approcher d'Insu. A 5 heures du matin,
nous vîmes une île qui restait au N. £ N.
E. ; l'extrémité nord de la côte d'Insu
qui était en vue, restait au S. 72"E., à
7 ou 8 lieues de distance. A midi,le vent
augmenta et le tems se couvrit. Le pic
de Timo-Shee nous restait au S. 8° E., à
12 lieues de distance. Tee-Shee s'étendait du S. 20 O., au S. i2° O. ; l'extrémité nord de la côte d'Insu, que nous
pouvions à peine apercevoir, fut relevée au S. 5o° E. Nous vîmes d'autres
terres dans le N. 6o° E., et une île qui
restait au N. i3° E. La latitude de la
pointe nord-ouest d'Insu est, d'après mes
observations, de 45° 25' N., et sa longitude i4i° 27' E. Je pense qu'il y a entre
Insu et les terres vues au N. 6o° E., un
-P S5OT8ÉÏ
( *77 )
détroit très-large, dans lequel le Vent 	
contraire ne nous permit pas d'entrer.     1797*
Nous ne pûmes pas voir des terres Sept*
entre le 45° | et le 45° i5' de latitude
boréale, c'est-à-dire au sud de ce que je
suppose être la pointe N. O. d'Insu. Au
reste, ce que j'appelle la pointe N» O.
d'Insu, n'est peut-être qu'une île située
sur la côte, ainsi que les cartes japonaises semblent l'indiquer. Le vent contraire m'empêcha de visiter cette partie.
Je n'ai fait cette remarque qu'après
avoir été plus avant dans le nord.
Le 8 , à midi et demi, les terres qui     o
avaient été aperçues à midi, s'étendaient
du N. 38° E. au S. 85° E.; le centre
d'une île vue dans le nord , restait au N.
20° O. ; Timo-Shee , au S. 8° O., et Tee-
Shee , au S. 200 O. , environ à 12 lieues
Ide distance. Nous eûmes dans la nui%;
lun beau tems, et nous la passâmes en
îtravers. Au jour, les extrémités des nouvelles terres s'étendaient du N. 200 E»
fauS. 690 E., à6 lieues de distance; l'île
u. 12 ( 178 )
  vue dans le nord, nous restait au N. O.,
-797* à la distance de 4 lieues. A midi, nous
1 ' nous trouvâmes à moins de 3 milles des
terres qui s'étendaient du N. 25° E.
au S. 20° E. Nous élions éloignés de 8 à
îo lieues de leur extrémité sud. L'île
s'étendait du S. 640 O. au S. 700 O. , à
6 ou 7 lieues de distance. Nous eûmes
très-beau tems. Les Japonais avaient
placé sur leur carte une île très étendue
au nord de l'île d'Insu , et je supposai
que les terres que nous venions d'apercevoir appartenaient à cette île. Sa
partie méridionale est assez haute,
mais en général elle est d'une élévation médiocre. L'extrémité méridionale
est par 460 de latitude boréale , et
1410 37' de longitude orientale. L'île
que nous voyions au large de cette
partie de la côte , était haute et boisée,
!na$S'':peu considérable. Elle est par
46° 17' de latitude boréale , et à 5 ou
6 lieues dans le S. 5o° O. de la pointe sur
laquelle on voit un village qui , à midi, .BflBKSIig
( -79 )
nous restait au N. 25° E. Leventnousem- M
pécha de passer à l'est de cette île , in- -797*
diquée dans la carte japonaise au nord l'1'
d'Insu, et de traverser le détroit que
je suppose devoir séparer ces deux
îles. Nous fûmes obligés de longer la
partie occidentale de cette île. A midi,
je fis continuer de gouverner au N. E.
Le 9 , à 6 heures et demie , les ex- o.
trémités des terres restaient au S. i5° E.
et au N. 15° E. Une montagne de forme
ronde fut relevée au N. 36° E., et une île
au S. 32° O. Nous étions à 4 ou 5 milles de
la côte. A 17 heures et demie nous virâmes de bord. La terre s'étendait du N.
260 E. au S. 20 E. Nous revirâmes. La
montagne arrondie nous restait au S.
45° E., à 4 ou 5 milles de distance. Un
peu après, elle nous restait au S. 280 E.
Les relèvemens des extrémités des terres en vue furent les mêmes*: nous étions
j à 2 ou 5 milles de la côte. A midi
passé, nous doublâmes la pointe relevée au  N. 260 E. A 17   heures et
l_- ( i8o)
demie, nous avons vu à la partie sud
de cette pointe, des maisons séparées
les unes des autres. La terre courait
au nord , et était bordée par une falaise escarpée, d'une hauteur médiocre ;
l'intérieur du pays était élevé et bien
boisé, la côte paraissait droite et uniforme ; il n'y avait d'autre objet remarquable que la montagne arrondie
dont j'ai parlé.
Le îo, nous fîmes route au nord, à
la faveur d'un vent frais venant de
terre. A 6 heures , l'extrémité septentrionale en vue était fort basse , et nous
restait au N. 4°° E., et la montagne
arrondie qui formait l'extrémité méridionale , au N. 260 E., à 3 ou 4 lieues,
de distance. La nuit, le tems fut par
grains , et nous commençâmes à ressentir le froid. Au jour, la côte s'étendait du N. i5° E. au S. i5° E. Une
haute montagne très-remarquable nous
restait au N. 370 E. Nous étions à 4 ou
5 lieues de distance de la terre que
^■i
-K Bsœs
(181 )
nous avions par notre travers, et qui ■■■■   ■'
paraissait être très - basse. Dans cer- *797*
tains endroits , nous apercevions des      ** '
lacunes de   dislance en   distance.   Je
fis gouverner vers la côte , jusqu'à ce
que nous pûmes apercevoir les terres
basses et  bien  boisées dont   elle est
formée, et nous ne vîmes aucune ouverture. A 20 heures, nous fîmes routé
pour doubler la pointe basse des terres les plus au nord. A midi, elles restaient au N. 20° E., à 5 ou 4 lieues
de distance. L'autre extrémité nous restait au S.  55°  E. Les terres les plus
éloignées étaient entièrement cachées
par le brouillard. Une montagne nous
restait  au N. 5i° E. La  côte devant
laquelle nous passâmes dans la nuit,
était moins droite que celles que nous
avions vues jusqu'alors; mais elle ne
semblait pas faire espérer d'y trouver
une anse pour se mettre à l'abri.
Le ii , à 2 heures, nous doublâmes    xi.
la pointe basse qui à midi avait été re-
1 tt"^tm*flnrffîiitiM_ittng
( ,8a)
levée au N. 200 E. comme une des ex«
trémités des terres en vue. C'était le.
seul point de la côle qui nous parût
saillant : les terres élevées qui sont dans
l'intérieur, s'abaissent par degrés jusqu'à*
cette pointe. Elle est située sous le
480 46' de latitude boréale , et le
i4i° 32' de longitude orientale. A 7 h.,
nous nous éloignâmes de terre. A minuit , le vent fut très-fort, et le tems
embrumé : nous mîmes en travers. Au
jour, nous nous aperçûmes que notre
position avait peu changé. Les extrémU
tés de la côte nous restaient au S. 5° E,
et au N. E. A 20 heures, une mon-
tagne.en pain de sucre restait au S. 840 E.'
La côte continuait à courir au nord ;
mais la brume nous empêchait de voir
à une grande distance. A midi, la. montagne en pain de sucre qui formait
l'extrémité sud , restait au S. ., et
l'extrémité nord restait N. 90. E. Nous
étions à. 2 ou 3 milles du rivage, La
haute montagne arrondie qui   est  au ggSSiaSÈ
( i83 )
S. E. de la pointe basse que nous avions 	
doublée la veille dans l'après - midi , -797
est un point de reconnaissance très- e^ '
remarquable. Au sud de cette montagne , les terres ne sont pas très-élevées ; mais au nord , les montagnes
sont très - hautes , très - escarpées , et
commencent au bord de la mer. Les
montagnes de l'intérieur du pays étaient
encore plus hautes que celles - ci ; et
nous en avons vu quelques-unes qui
étaient boisées jusqu'à leur sommet. La
côte était toujours escarpée, et sans
aucun écueil. Nous n'apercevions aucune ouverture, et rien ne nous annonçait que cette partie fût habitée.
Le 12, les extrémités de la côte s'é- 12.
tendaient du N. 3o° E., au S. E. Nous
étions à 2 lieues de la terre, qui était
élevée et inégale. A 9 heures et demie ,
nous portâmes au large. Le tems était
très-sombre et la pluie très-forte. Peu
après, nous mîmes en travers sous nos
basses voiles. Le lendemain à 17 heures (i84)
et demie, les terres s'étendaient du N.
22° E., au S. i8° E., à 5 ou 6 lieues de
distance. En même tems, nous vîmes
de dessus le pont, d'autres. terres qui
nous restaient au N. 780 O. Je supposai
qu'elles faisaient partie de la côte de
Tartarie. Dans la matinée, le tems fut
beau et serein, et nous pûmes, pour la
première fois de cette lunaison, observer des distances. La terre qui avait été
aperçue dans l'ouest, conservait à-peu-
près la même apparence ; l'extrémité
nord des terres que nous suivions et qui
étaient basses près du rivage, nous restait au N. 240 E., à 5 ou 6 lieues de distance. A midi, l'extrémité méridionale
de ces mêmes terres nous restait au S.
i4° E. Un pic très - remarquable situé
près de la mer, fut relevé au S. 640 E.,
et une coupure dans les terres au S. 4o°
E. La côte de Tartarie s'étendait du N.
710 O., au S. 8o°0., à 12 ou i5 lieues
de distance. Nous n'avions pas encore
éprouvé de courant
l if
( *85)
Je ne pouvais pas faire cadrer sur la
carte japonaise qui m'avait été donnée, *797*
l'étendue de la côte que nous parcou- Sept,
rions, avec l'étendue de l'île qui est placée sur cette carte au N. de l'île d'Insu ;
car je n'avais aperçu dans aucun point
qu'elle prît sa direction à l'est, comme il
"est indiqué dans la même carte. Je n'avais, d'autre parti à prendre pour éclair-
cir mes incertitudes à cet égard, qu'à,
continuer à prolonger de très-près la
côte, en faisant route au nord. Il était
facile de conclure que la côte que nous
avions découverte dans l'ouest, devait
être celle de Tartarie ; mais il était impossible de concevoir à quelle terre ou
à quelle île devait appartenir les der<-
nières côtes que nous venions de pro-
[longer dans l'espace^de 90 lieues, qui
font 4° » en latitude. Nous n'avions pas
à bord d'autres livres ni d'autres cartes
que le troisième voyage de Cook, et les
cartes qui l'accompagnent; mais loin
jd'éclairer nos incertitudes, ils ne ser* 33S3S32B2S£KaS3Z3S
J797-
Sept.
(  186 )
vaient qu'à augmenter la confusion de
nos idées à cet égard. Je ne veux cependant parler que de ce qui a rapport
au voyage des vaisseaux lé Castricom
et le Breskes. En effet, le capitaine King j
pense que ces vaisseaux ont parcouru
une partie de la côte orientale de Tar- j
tarie, tandis que de Vries croyait avoir j
suivi la côte de l'île de Jesso, jusqu'au
49° de latitude boréale. Cependant nos
doutes commencèrent en partie à être -;
dissipés à midi ; et l'aspect des terres
qui s'étaient abaissées, ainsi que le bras.
siage qui avait diminué à mesure que f
nous faisions des progrès dans le nord, i
nous firent soupçonner que cette côte
-pouvait bien être jointe plus au nord à j
celle de Tartarie. Il me parut alors probable que nous étions dans un golfe,et
que nous ne pouvions gagner la pleine i
mer sans être obligés de faire route i
au Sud.
Sa® ftgjPiSKt*-
(187 )
CHAPITRE   VI.
Sept.
i5.
H est impossible d'arriver à la pleine-mer en
faisant route au nord. — On prend le parti
de retourner au sud. — Brumes extraordinai-
rement e'paisses.
JLe i3, à 4 heures, les extrémités de la    	
côte de Tartarie nous restaient au N. - 797
55° O., et au S. 8o° O. La pointe qui, à
midi, terminait la terre au nord que
nous prolongions, nous restait au N. 35°
E., et l'extrémité méridionale au S. i6°E.
Pendant la nuit, nous eûmes un beau
clair de lune. Comme je croyais approcher de l'extrémité de la côte de l'est,
je me tins en travers pendant la nuit,
afin de ne pas dépasser cette extrémité
i sans en avoir connaissance, et afin de
vérifier si elle appartient réellement à
•une île | comme je continuais à le penser. Le pic nous restait au S, 27° E. La ( i88 >
côte de l'est continuait à se prolonger
vers le nord. Nous en étions à 5 ou 4
lieues. Le matin, le vent augmenta, et
nous eûmes un tems par grains.
A mesure que nous avancions vers le ;
nord, la côte s'abaissait de plus en plus»
Les pointes qui s'avançaient dans la mer \
étaient extrêmement basses. L'intérieur j
du pays était dépouillé d'arbres. Nous
n'apercevions derrière ces terres basses ;
aucune autre terre plus élevée, et nous j
nous flattions d'être très-près de l'extré- ;
mité de la côte de l'est. La carte japo- i
naise nous confirmait dans celte opinion ; car l'étendue de  côte que nous i
avions parcourue était déjà  beaucoup
plus considérable que la côte orientale
de l'île qui est placée dans cette carte au
nord d'Insu. Nos sondes ayant diminué
par degrés jusqu'à 11 brasses, je fis diriger la roule vers la côte dePouest A midi,
une pointe de sable fort basse nous restait au N. i5° E.; l'extrémité nord de là
côte de Tartarie, au N. 3o° O.; Pextré- ( -89)
mîié sud, à l'O. S. O., et une montagne —•
déforme ronde à l'ouest. Nous étions à T797*'
2 ou 3 lieues de la côte de l'est.
Le i4, dans le trajet que nous fîmes    14.
pour nous rendre à la côte de l'ouest-, le
brassiage fut régulier, et diminua à mesure que nous approchions de terre. Le
vent ayant tourné à l'O., nous mouillâmes par 9 brasses, à 4 lieues de la côte.
La montagne ronde était à une des extrémités , et restait au S. 640 O. L'extrémité de la côté de l'est nous restait au
S. 23° E. Nous aperçûmes la mer à travers une ouverture formée  par deux
pointes fort basses, qui furent relevées
au N. et au N, 3o° E.
Au point du jour, nous fîmes route
au nord, jusqu'à ce que nous ne trouvâmes plus que trois brasses. Alors nous
fumes obligés de virer de bord; peu
après, nous laissâmes tomber l'ancre par
4 brasses, fond de sable dur. On voyait
dans le nord des terres très-basses qui
se prolongeaient à fleur d'eau jusqu'au
. A
1
i
( -90 )
m  N. i5° E. Depuis le N. i5° E. jusqu'au
-797* N. 53° E., il nous fut impossible de voir
eP * la terre ; cependant nous avions connaissance de la côte de l'est et de la côte
de l'ouest. L'extrémité la plus sud de la
côte de l'ouest fut relevée au S. 48° O.,
et l'extrémité sud de la côte de l'est, au
S. 3o° E. Nous étions à environ 3 milles
de distance des terres les plus proches.
qui furent relevées à l'O. io°S. La montagne ronde nous restait au S. 58° O.,
et une montagne conique au N. 5o° 0.
La côte vue par notre travers, était bordée par des rochers escarpés et arides 5
les hauteurs étaient boisées en partie
jusqu'à leur sommet, ainsi que la montagne conique que nous avions déjà relevée plusieurs fois.
Dans la matinée, nous eûmes beau
tems. Dès que nous eûmes jeté l'ancre,
j'envoyai le màster pour examiner la
dote près de la montagne conique, où il
paraissait que nous pourrions trouver
un abri. aJsSawSi
(191 )
Le ii ,1e 12 et le 14septembre, notre —"■•
797-
Sept*
longitude par le milieu de 27 distances
de la lune au soleil et aux étoiles, observées par M. Chapinan, dont les résultats
ont été rapportés par la montre à notre
mouillage, était
Par les distances tant orientales qu'occidentales de la
lune au soleil et aux e'toiles. 1410 14   17
Par la montre.     .    .     . 14*    47   20   V E,
Par la montre , en employant la variation diurne
observe'e à Macao.    .    .    . 141      1     5
Le master revint à la chute du jour j
il me rendit compte qu'après avoir contourné et doublé la pointe qui nous restait au N. io° E.,il était entré dans une
baie qui s'enfonçait à l'ouest derrière la
montagne conique, à 3 ou 4 milles dans
les terres. Il avait trouvé 5 brasses d'eau
à l'entrée de cette baie ; mais comme le
vent était très-fort, il n'avait pu visiter
le fond. Elle était entièrement ouverte
à l'est. La pointe sud et toutes les terres .,
( *93 )
qui bordent cette baie, étaient composées de rochers de couleur  rouge et
blanche, et si escarpés qu'il fut impossible de débarquer. Les terres du fond
de la baie étaient basses et paraissaient
très-arides. On n'apercevait sur les hauteurs que quelques pins très-chétifs, et
rien n'annonçait que le pays fut habité.
On ne remarqua pas que la marée fît
monter et descendre la mer sur le rivage. Le canot, en conlinuant sa route
pour s'avancer , passa sur un banc ou il
n'y avait que 3 brasses d'eau ; ensuite lé
brassiage augmenta de 4 jusqu'à 8 brasses, ce qui  donna lieu au master de
croire  qu'il y avait  effectivement un
'passage pour aller au nord. Je ne partageai pas cette opinion ; et pour dissiper les doutes que j'avais sur l'existence
de ce passage, je fis mettre sous voile
au point du jour. Après avoir couru
une bordée , je fis diriger la route au
nord. A midi, la pointe sud de la baie
nous restait au N. 6° O., à 6 ou 7 milles
•m» ( *95 )
de distance, et la montagne conique au
N. N. O. De 23 heures à midi, les. sondes ne donnèrent que 3 brasses et 3 brasses et demie. Le vent était modéré et la
mer unie.
Le 16, en continuant à nous avancer
verd le nord, le brassiage diminua jusqu'à moins de deux brasses ; je fus obligé
de virer de bord. Nous aperçûmes alors
ntès - distinctement une terre basse qui
se prolongeait dans le N. E., et au-delà
de l'endroit où le raaster avait jugé
qu'il pourrait y avoir un passage de
communication avec la mer. La partie
la plus proche de cette terre nous restait au N. E. | E., à 3 ou 4 milles de
distance. Depuis le N. E. | E. jusqu'au?
N., et en-dedans de la pointe S. de la
baie,que j'appelai baie de Chapman ,
du nom du master, on voyait des bancs
de sable dont les uns étaient à sec, et
d'aatiîes sur lesquels la mer était clapo-
tèuse, et qui s'étendajent à une grande
distancei^Je fus alors pleinement con-'
m i5
-797-
Sept.
16.
ws,
_«P i
( -94)
_—-n. vaincu qu'on ne trouverait pas de pas-
1797* sage pour arriver à la mer en suivant
pt'   cette direction. Toutes lès parties éloignées que  nous pouvions découvrir,
étaient fermées par des terres basses que
8i   nous distinguions très-bien de distance
en distance. Au-delà de ces terres basses , nous vîmes des terres très-élevées
dans le JSJk'E. , mais à une distance cônsjfc
dérable, Si quelque rivière a son embouchure dans cette partie de la côte que je
crois être le fond d'un golfe , je suppose qu'elle n'est pas très-grande, car
nous ne nous sommes pas âpejfçus que
la marée se fît seo&r près déterre, et
nous n'avons eu aucun indice qui not^
ait fait soupçonner P^xisfengg cUune rivière. Lye: màster m'avait dit que nous
ne serions pas bié&jjjt l'abri dans la baie
qu'il avait décou^grle,  en supposant
même que nous pussions yofmtrer, ce
qui me paraissmtû%e^s**!d:iffiQile, ,paf0>
que, d'après leopeuïdfèauiiffu'il avait
trouvée , je ne croyais ,-pâs pouvoir le ( *95 )
faire sans compromettre la sûreté dé
notre bâtiment. Comme je n'avais pas
l'espoir de rencontrer d'habitans qui
auraient pu me donner des renseign'èf-*
mens sur le pays, et qûè l'équinoxe approchait, je me décidai à ne pas perdre"
de lems, et à faire routé au sud le long
de la côte occidentale de ce golfe, avant
le mauvais tems, qui a liftait pu causer
de grandes avaries à notre bâtiment. En
conséquence, à 2 heures et dëhSîe'j jfe-fBà
tenir le vent pour retourner à notre
ancien mouillage, où nous arrivâmes
après avoir fait 6 milles. A mesure que
nous avancions au Sud, le fond augmenta
de 2 à 4 brasses. Nous virâmes de bord
à 2 ou 3 lieues de la ''côte, qui,°SnHc!éf
endroit, forme plusieurs!(Ien'fêncemérfsf
et près de laquelle ridus avons vu une petite île de roches.' Le vent ^ânt tourné*
à l'est, nous nons^êftrhrhw éloignés dé
ferré. La nuit 1er vent sou'ffla par ratra*
les.: Nous eûmes 'tie^'orage et dé^a*
pluie ; mais heureusement le vent tour-1
1797 •
Sept. ,_.
-797
Sept.
*7-
( -96)
*nait au nord à mesure qnHl prenait de
la force. A 14heures, nous mîmes en
travers; et au jour, nous continuâmes
notre route par un vent frais accompagné de pluie. Dans la matinée , nous
vîmes les terres de l'est. Environ à midi,
nous perdîmes de vue le pic lorsqu'il
nous restait à l'est, et l'on commença à
voir la côte de l'ouest qui, à midi, s'étendait du S. 6o°0., auN. 8o° 0.,à 3
ou 4 lieues de distance.
Le 17, nous continuâmes notre route
au sud. A 6 heures et demie, le brassiage augmenta jusqu'à i5 brasses,fond
de sable dur. La montagne conique nous
restait au N. 8° E., et la montagne ronde
au S. 700 O., à 3 ou 4 lieues de distance.
La nuit, le vent fut assez modéré, et le
matin il tourna au sud. A 18 heures, nous j
trouvâmes 25 brasses, fond de sable. La
montagne ronde nous restait au N. 720
O. Depuis   cette montagne, la terre
court à l'est T et est bordée par des ror
chers escarpés. Au nord et au sud de ( -97 )
cette montagne, le, terrain est par-tout-——
de la même hauteur, et forme beaucoup * 797 ■
d'enfoncemeris j mais nous ne vîmes rien    e^*'
qui annonçât l'entrée d'une rivière ou
d'un port. A midi, la côte de l'est s'étendait du N. 86° E., au S. 4o° E., à îo
ou 12 lieues de distance. Les terres qui
étaient près de notre mouillage, nous
restaient au N. 6° E. La montagne ronde
nous restait au N. 53° O. ; l'extrémité
sud de la côte de l'ouest, au S. 2çf E., à
3 ou 4 lieues de distance. Nous trouvâmes 27 brasses, fond d'argile.
Le 18, le vent fut très-fort,le tems 18.
très - embrumé, et la mer très - grosse.
A 1 heure, nous mîmes en travers sous
nos basses voiles, parce que nous ne
pouvions plus voir la terre. A 5 heures,
il y eut un éclairci, et nous aperçûmes
la terre qui s'étendait du N. au S. O. \ S. i
à 4 ou 5 lieues de distance. Un instant
après , nous fîmes route vers la côte.
A l'entrée de la nuit, nous en étions
éloignés de deux lieues. Nous mime.
*-~ ( -98 1
 —» en travers. Le vent était moins violent
-797* et commençait à diminuer. A.nt.inuit,il
pt"   vint de la partie de l'est, et nous fîmes,
voile pour nous élever de la côte. A 17 h»
5o', nous l'aperçûmes qui s'étendait depuis le N. jusqu'au S. O. La partie la
plus proche nous restait à l'ouest, à la
distance de deux-;ifleues. La côte était 1
haute el hachée. Dans la matinée, le vent
fraîchit beaucoup, et le tems devint froid •
et humide.  Nous pouvions distinguer
par intervalles , mais imparfaitement,
des terres très - élevées sur la côte de
l'ouest. A 22 heures, le tems était si
obscur, que je fis mettre en travers.
A 23 heures, il y eut un éclairci, et je :
fis route au sud. A midi, vent grand j
frais, tems pluvieux , embrumé et me- ■■
naçant. A peine pouvions - nous aper- j
cevoir la terre qui restait à l'O. S. O., à
la distance de 4 à 5 lieues. N ous vîmes
des Albatros.
Le 19,1e vent avait augmenté et souffla avec  violence ; le   tems était par
19. ( T99)
grains et la mer très-grosse. Nous mîmes
à la cape sous une de nos basses voiles*.
A 5 heures, nous aperçûmes à traders
la brume, la terre qui s'étendait depuis
le N. jusqu'au S. O. I S. Le mauvais
tems s'étant un peu appaisé , nous fîmes
route parallèlement à la côte de l'ouest.
A 6 heures, son extrémité sud nous réS1
tait au S. 48p O. Une terre haute vue par
notre travers, nous restait à l'ouest, à
5 ou 6 lieues de distance. A 8 heures,
nous mîmes en travers. Le vent cessa
après le coucher du soleil. A 16heures,
le tems fut très-beau, et nous eûmes du
calme avec une forte houle. A 17 h.,
les extrémités de la côte que nous avions
vues dans la soirée, s'étendaient du N.
j 5° O., au S. 56° O., à 4 ou 5 lieues de
distance. Nous aperçûmes aussi la haute
montagne située sur la côte de  l'est.
A midi, la côte de l'ouest s'étendait du
N. 420 0.,au S. 64° O. La montagne
jsituée sur la côte de l'est,nous restait au
|N. 820 E., à 14 lieues de dislance. Je fis
-797-
Sept» »797-
Sept.
21.
( 200  )
tenir du feu dans le bâtiment pour purifier Pair. r%jk
Le 21, à i heure, après avoir reconnu
la côte de l'est vers laquelle j'avais fait
route dans la matinée, je fis mettre le
cap à l'ouest. A 6 heures, l'extrémité S.
de la côte de l'O. qui se terminait par
une montagne en forme conique, nous
restait au S. 68° O. ; l'extrémité nord
nous restait au N. 28° O., à 4 ou 5 lieues
de distance. Les côtes qui étaient par
notre travers semblaient ne devoir pas j
être plus habitables que celles que nous j
avions vues dans la partie nord du golfe, j
Pendant la nuit, nous éprouvâmes de
la houle de la partie S. E., et nous eu- ;
mes un tems sombre et menaçant. Le 1
matin le vent augmenta, et il tomba de i
la pluie. Nous virâmes de bord à 16 b.
A 17 heures ,1e vent ayant tourné à l'est,
nous nous mîmes en route.  La haute
montagne située sur la côte de l'est,i
nous restait à l'E. A 20 heures, les terres
de l'ouest nous restaient au N. 0. Le
J ( 201 )
vent s'approchant du nord, il fut accompagné de raffales et de pluie, et l'obscurité nous empêcha de   voir   la  terre.
L'apparence du tems faisait  présager
un coup de vent ; en conséquence, je
fis diminuer de voiles, et je fis diriger
la route pour nous éloigner de la côte
de l'ouest, que nous n'avions vue qu'imparfaitement dans la matinée. Pendant
la journée, nous ne trouvâmes pas fond.
Le 21,1e vent fut violent et accompagné de pluie. Jugeant que nous étions
assez éloignés de la terre, je crus qu'il
était prudent de mettre en travers le
cap à l'est. Au coucher du soleil, nous
éprouvâmes une raffale très-viol ente, il
pleuvait sans  discontinuer, et la mer
était très-grosse. Nous restâmes à la cape
sous notre grande voile avec tous les
ris pris. Pendant la nuit, le vent semblait augmenter de force à chaque instant; il soufflait avec une violence extraordinaire. Le tems était en outre si
obscur, que nous ne pouvions pas voir
-797-
Sept. (   202   )
plus loin que la longueur du bâtiment/
Nous n'aurions pas pu porter nos voiles
pour nous relever de la côte , dans le
cas où elle aurait pris sa direction plus
vers le S. que le S. S. O. ; ainsi le seul
espoir qui nous restait, était qu'elle se
prolongeât au S. O., comme nous avions
cru le remarquer avant de l'avoir perdu
de vue. Pendant le mauvais tems, les
lames déferlaient sans cesse sur le pont;
cependant notre bâtiment se comportait très-bien. A 14 heures, le vent diminua; et à 16 heures,nous pûmes mettre quelques voiles dehors. Le vent
ayant tourné au S. S. E., les lames s'en-
treohoquèrent en tous sens. Au point
du jour, nous vîmes la terre du N. à
l'O. 5° S. , à environ 5 lieues de distance. Dans la matinée, le vent tourna au
S. S. O., et nous éprouvâmes des grains
violens qui déchirèrent la plupart de
nos voiles. Le vent étant venu à se calmer bientôt après, nous fûmes balottés
par une mer agitée dont les lames nous (2o3 )
frappaient dans toutes les   directions. , -
La terre était obscurcie par la brume. I797"
A midi, nous eûmes de petits vents ep *
du N. E.
Le 22, les vents se fixèrent au N.O., 22.
et soufflèrent bon frais. A 17 heures 3o',
la terre s'étendait du N. O. au S. 8o° O.
A 20 heures,nous la vîmes au S. O. I S.
La côte du nord était élevée et hachée,
et nous y aperçûmes des pointes de
roches très - avancées. Les parties les
plus unies de la côte étaient d'une couleur brunâtre et couvertes de pins. A
midi, nous eûmes de petits vents. La
côte s'étendait du N. 120 O., au S. 65°
O., à environ 5 lieues de distance. Au
N. O. ,nous aperçûmes une petite ouverture. Comme la côte nous avait paru
former plusieurs enfonoemens, cette
ouverture pourrait bien être l'entrée
d'une .baie; mais nous en étions si éloignés sous le vent, qu'il nous fut impossible de nous en assurer. Nous sondâmes sans trouver fond.
•r*" -797'
Sept.
23.
24.
(204)
Le 23, nous éprouvâmes "un courant
qui portait au sud. Nous fîmes route en
suivant la direction de la côte; mais
l'atmosphère était chargée et nous empêchait de distinguer les objets à 4 ou
5 lieues de distance. A 6 heures, une
haute montagne qui formait l'extrémité
sud de la côte, restait au S. 700 O., à 6
ou 8 lieues de distance. Pendant la nuit
le tems fut par grains et pluvieux ; il fit
des éclairs, et le vent tourna au sud.
A 14 heures, nous fîmes route à l'est.
Nous éprouvâmes des grains violens,
et notre foc fut déchiré. A midi il y eut
un éclairci, et nous vîmes distinctement la terre qui s'étendait de l'O. au
N. 35° 0.,à 10 ou 12 lieues de distance.
Le 24, nous eûmes de petits vents de
terre qui soufflèrent par grains. Je fis
gouverner au plus près pour nous rapprocher de la côte. Vers midi, le vent
tourna au N. O., et nous fumes obligés
de rester à plus de 5 lieues au large. La
terre était élevée en différens endroits. 797-
( 205 )
Les montagnes étaient entièrement dé-
pouiliées de verdure. A midi, les extré- V
mités de la côte s'étendaient du N. 14°
O., au S. 8o° O. La montagne ronde relevée la veille à midi, nous restait au
N. 35° 0.
Nous nous trouvions le 24 par 46° de
latitude boréale, et par conséquent au
sud du parallèle de la pointe située à la
côte de l'est, qui nous a paru être l'extrémité d'un détroit qui doit être au
nord de l'île d'Insu. Je commençai à
penser que le capitaine King avait eu
raison de croire que les bâtimens hollandais , le Castricom et le Breskes t
avaient suivi,sans le savoirja côte orien-i
taie de Tartarie, depuis le 4$° de latitude boréale, jusqu'au 49°. Je regrettai
de n'avoir pas eu la carte de leurs découvertes , qui a été publiée par Janssen.
Le pays auquel le navigateur hollandais a donné le nom d'Eso , qui par sa
conformité avec celui d'Esaù, doit signifier pays des hommes velus, est ap- (  206)
„ pelé Insu par ses habitans et par les
-797" Japonais. Je suis convaincu que ce doit
pt' être une île très-grande, qui s'étend en
latitude entre le parallèle de 4i° ^4' ^e
latitude boréale, et celui du 45° ou 45°
25'; et en longitude, entre le méridien
de i4o° de longitude orientale, et celui
de 1460 22'. Cette île doit avoir 70 lieues
de large sous le parallèle de 44° ^°'> T1'
n'est pas celui de sa plus grande largeur. A la vérité nous n'avons pas vu
l'extrémité septentrionale de celte île;
mais corflûûMe nous n'avons pas aperçu
de terre entre les parallèles du 45° 25'
et du 46®, je puis penser qu'A y a dans
eet intervalle un détroit très-large qui
' sépare.l'île d'Insu des terres situées au
nord, etqui doivent appartenir à la côte
de Tartarie ; mais si la côte se continue
dans l'espace que nous venons de citer,
le détroit peut se trouver au sud du cap
situé par 45° 25' de latitude boréale,que
je crois appartenir à une île; et il pourrait encore y. avoir, dans cette supposi-» J797«
(  207 )
jdox4s.ua.passage entre la côte d'Insu et
celle de Tartarie, comme la carie japonaise qu'on m'avait donnée semblait Pin-    ep '
diquer.
Il me paraît évident que de Vries
s'est trompé lorsqu'il a cru que les terres
dont il a eu connaissance par 45° de latitude boréale , se continuaient sans interruption. Je pense que le tems qu'il
éprouvait alors peut avoir été la cause
de cette erreur. En effet, les marins sont
souvent trompés par les apparences, et
croient qu'une côte doit se continuer
sans interruption, tandis qu'il s'y trouve
Réellement une ouverture ou un passage. Nous aurions pu commettre une
pareille erreur, si nous n'étions pas entrés dans le détroit de Sangaar, qui sépare
l'île d'Insu de l'île de Niphon ; car ce
détroit, qui n'a pas 5 lieues de largeur,
forme le coude, la pointe nord de Niph*^
croise la pointe sud d'Insu ; et lorsqu'on
entre dansée détroit en venant dél'Quest,
le passage paraît entièrement fermé.
1
1       1
fil
•i|||
Ë--M (   208)
      Je crois donc qu'il doit se trouver un
-797* détroit par le 45° ou le 460 de latitude
eV boréale, et que les côtes septentrionales
de ce détroit appartiennent à une presqu'île formée par la côte. de Tartarie.
Ainsi la pointe de la côte de l'est, au sud
de laquelle nous n'avons pas vu la continuation des terres, est à l'entrée d'un
golfe. Ce golfe a environ 60 lieues de
largeur à l'entrée, et 120 lieues de longueur du nord au sud. Je lui donnai le
nom de golfe de Tartarie. Il est possible que dans une aussi grande étendue de côtes, il se trouve quelques ouvertures qui nous aient échappé. Je crois
que s'il en existe, ce ne peut être que
sur la côte de l'ouest, que le mauvais
tems nous empêcha d'approcher pendant plusieurs jours, et dont les vents
contraires nous ont éloigné lorsqu'il faisait beau. Nous ne vîmes'd'habitations
que sur la pointe orientale du golfe, et
rien n'a pu nous faire croire que les
côtes en fussent habitées. En général sur (   209 )
toutes les côtes habitées que j'ai par- -_*«->
courues, et principalement sur celles des -797*
pays éloignés, j'ai toujours aperçu la     ept'
fumée des feux que les habitans allument lorsqu'ils voient paraître des navires étrangers, dans l'intention de s'a-
verlir  mutuellement  de se   tenir sur
leurs gardes, ou bien dans l'intention
•d'exciter la curiosité des navigateurs et
de les attirer  vers eux.  N'ayant rien
aperçu sur celle-ci, j'ai tout lieu de penser que jamais aucun bâtiment européen
n'est venu dans ces mers exciter l'admiration des habitans.
La saison était trop avancée pour que
nous pussions traverser le détroit qui
sépare l'île d'Insu de la Tartarie, nous
rendre ensuite à l'île de Sagalien, de là
aller visiter les îles Kouriles, et enfin
terminer notre campagne par la reconnaissance des côtes de Corée jusqu'à la
mer Jaune. Ce plan ne pouvait plus être
exécuté après la perle de la corvette la
Providence. Le peu de vivres que j'avais
li.
*4 ( 210  )
dans la goélette m'engagea à me borner
-797* à suivre la reconnaissance de la côte
pt* que j'avais à l'ouest, et à visiter ensuite
les côtes de Corée. Car , en supposant
que mes recherches dans le nord pussent avoir un heureux succès, je devais
croire que les venls d'O. m'empêcheraient de repasser par le détroit dont
je viens de parler., et de faire route à-
l'O. pour reconnaître la côte de Corée;
Je continuai donc ma route au sud.
Le 25, nous prîmes la bordée de
terre avec une très-forte mer qui venait de l'avant. A 5 h. 5o' , le vent
ayant tourné à l'ouest, nous fîmes route
au S. O. La terre s'étendait du N. % N. 0.
5e O. à PO. ? S. O. Le vent fut très-frais
pendant la nuit ; la mer , qui était assez forte, nous fit beaucoup dériver.
Cependant nous nous conservâmes à
la même distance de la côte ; mais le
vent et la mer nous empêchèrent d'en
approcher. A midi, elle s'étendait du
N.   35°   O. au N. 75° O. Une côte (  2IÏ   )
élevée et hachée nous restait au N. O.,
à 7 ou 8 lieues de  distance.
Le 26 , la terre s'étendait du N. 25° O.
au S. 8o° O. Le lems fut couvert et pluvieux. Nous fîmes route pour prolonger
la côte , qui , à midi, s'étendait du N. au
N. 85° O. Une ouverture- ou baie nous
restait au N. 66° O., à 6 lieues de distance. L'extrémité N. était élevée et
hachée.
Le 27 , nous nous approchâmes de la
terre , qui était presque entièrement
cachée par les nuages. A 6 heures, l'extrémité sud, formée par deux mamelons , nous restait au S. 85° O. Arrivés
à la pointe qui formait cette extrémité , nous avons vu une côte très-basse,
faisant un enfoncement jusqu'à une
autre pointe terminée par une montagne , et qui fut relevée au N. 83° O.
L'ouverture que nous avions relevée à
midi avait disparu , et nous voyions
la côte se continuer sans interruption.
Cette côte ofFrait l'aspect le plus triste.
*797-
Sept.
26.
.! &
*797
Sept.
28.
( 212 )
- Les montagnes que nous avons aper-
| eues, étaient séparées par des vallées
assez rapprochées les unes des autres.
Nous étions à 4 ou 5 lieues de terre.
A 11 heures, nous sommés venus au
plus près , et nous y sommes restés
sous peu de voiles. Au jour, la terre
s'étendait   du N. 5° E. au  S. 790 0.
Nous eûmes beau tems dans la  matinée ,   et nous   vîmes  beaucoup  de
plantes  marines  sur la surface de la
mer. A midi , une haute montagne située  à l'extrémité S. de la terre qui
était en vue , nous restait au S. 840 E.,
à 5 ou 6 lieues de distance. La côte nous
parut plus basse au S. de cette extrémité ; une côte élevée   et  hachée  au
N. O. | O., à 4 lieues, et l'extrémité
septentrionale au N- 5° E. Depuis les
dernières observations, le courant nous
avait porté de 26 milles dans le S. 200: E.
Le 28, le vent de S. O- nous permit
de nous approcher de terre. Au coucher du  soleil , nous en étions très- (2î3)
près, et nous sondâmes sans trouver	
fond à 90 brasses. Nous n'aperçûmes x797
aucune ouverture le long de la côte ,
et nous ne remarquâmes aucun indice
qui pût nous faire croire que le pays
fût habité. Cette côte est bordée par
des roches. On voyait quelques arbres
épars sur le sommet des montagnes,
qui sont escarpées et peu élevées près
du bord de la mer ; mais celles de l'intérieur du pays sont très-hautes. Lorsque nous virâmes de bord, les extrémités de la côte s'étendaient du N. N. E. flj|>
à l'O. S. O. La nuit fut assez belle. Le
vent s'étant fixé au S. O. et à l'O. S. O.,
nous fûmes forcés de nous éloigner de
terre , qui fut aperçue très - distinctement le lendemain dans le N. O.
Le 29, nous ne vîmes pas la terre." 29.
Elle ne fut découverte que le 3o, à
4 heures après-midi , dans le N. O., par
un temsérès Sombre. A 7 heures, l'extrémité de plusieurs montagnes détachées s'étendait du N. 1 o° O. au N. 8o° O. -797-
Sept.
Octob.
i.er
(   2T4)
Le tems était très-beau au coucher du
soleil, et nous vîmes très-distinctement
la terre , dont nous étions à environ
7 à 8 lieues.
Dans la matinée du i.er octobre ,
nousvîmes de petits oiseaux de terre
et des mouettes. Le même jour à
midi, nous n'apercevions plus la terre.
Le i." octobre , à 18 heures, nous
vîmes la terre au N. î N. O. A midi,
elle s'étendait du N. îo* E. au N. 220 0.,
à 8 lieues de distance.
Le 2 , de petits vents et une belle
mer nous permirent d'approcher de la
côte, que nous vîmes se prolonger
dans l'ouest. La côte s'étendait du N.
35° E. au Né23° O., environ à 6 lieues
de distance. Pendant la nuit, le tems
fut calme et brumeux. A 18 heures,
nous eûmes de petits vents d'est. Au
jour, nous vîmes la terre du N. 420 E.
au N. 45° O. Elle était tfes-basse près
de la mer, et dans l'intérieur on apercevait de hautes montagnes bien hoi- (  3X5)
sées. Nous continuâmes à suivre la
côte, qui , à midi, s'étendait du N.
420 E. au N. ï N. O., à 6 ou 7 lieues
de distance. On croyait voir d'autres
terres au N. O. ; mais le tems était si
brumeux et si couvert de ce côté >
que nous ne pouvions pas bien distinguer les objets.
Le 5 , nous continuâmes notre route
à l'ouest le long de la côte, que nous
ne voyions qu'à travers la brume. A
6 heures, nous n'en aperçûmes qu'une
petite partie , qui nous restait au N.
N. E., à 6 ou 7 lieues de distance. Le
vent tourna au nord, et souffla par
grains ; le tems fut pluvieux , et la mer
était très-grosse. Dans la matinée, nous
vîmes beaucoup de plantes marines ;
des oiseaux de terre vinrent à bord ,
et des bandes d'oies sauvages, venant
du N., passèrent au - dessus du bâtiment , et se dirigèrent au S. A midi,
le tems était si brumeux , que nous
n'apercevions la terre   qu'avec  peine
-797-
Octob.
3. x797'
Octob.
(3l6)
dans le N. O. D'après la latitude observée , nous avions été portés de
24 milles au S. de notre estime ; et,
à en juger par le courant-que nous'
avions éprouvé , et les plantes marines
que nous avions vues sur la surface de
la mer, je suppose qu'il doit y avoir
une rivière dans celte partie de la
côte. Le vent, qui soufflait avec force
du nord, nous empêcha de nous approcher de terre.
Le 4 ? le tems très-beau et les vents
faibles. L'horizon était obscurci par
une brume très-épaisse , qui s'élevait
jusqu'à près de i5 deg., et nous ne pûmes distinguer aucun objet à terre.
Comme nous continuions à suivre la
côte, le vent devint contraire ; il tourna
au S. E. et un instant après au S. 0.
Nous vîmes des rochers blancs de différentes grandeurs qui faisaient un seul
groupe» A 6 heures , une pointe de rochers restait au N. 3o° E., l'extrémité
sud  de la côte ,   au  S.  750. O., une • (2I7)
ouverture au N. x5°- 0. On voyait, à 	
4 ou 5 lieues de distance , la pointe *797*
sud d'une terre aperçue derrière une ct0 *
autre terre qui était plus proche de
nous. Au coucher du soleil, nous aperçûmes , le long de la côte, des montagnes
élevées. Dans la nuit, le tems fut beau
et serein; mais le vent nous éloigna
de terre , qui, à midi, fut relevée au
S. 0. au travers de la brume , à la dislance de i2 à i3 lieues.
Le 5, nous aperçûmes à l'ouest des 5.
montagnes très-hautes. Les extrémités
de la côte s'étendaient du S. 3o° O.
au N. io° E. Entre les deux pointes
élevées qui restaient au N. 55° O. et
au S. 58° O., la terre formait un enfoncement assez profond ; en - dedans
de la pointe relevée au S. 58° 0., on
croyait voir une petite ouverture au
milieu des terres basses. Toutes les
montagnes de l'intérieur étaient très-
hautes. Nous avons prolongé la côte
par un beau clair de lune. Au point î*.:_
ruinas
(   220   )
 midi étaient jointes entr'elles, et qu'il y
^97' avait une baie immense entre les deux
Octob.        . . i        t i   -i
pointes aperçues. Au coucher du soleil,
nous fîmes route pour cette baie; les
extrémités nous restaient au S. et au N»
22° E. Nous ne trouvâmes pas fonda
5o brasses. Les hautes montagnes que
nous avions aperçues auparavant, semblaient se terminer à la partie septentrionale de la baie. La côte formait
un enfoncement dans la direction de
l'O. N. O., et on y voyait une petite baie
qui, d'après ce que nous avons pu juger,
doit offrir un bon abri. On voit deux
montagnes assez élevées à la partie sud
de la terre. Le tems fut beau pendant la
nuit. Au point du jour, le vent tourna à
l'ouest. A midi, la terre s'étendait du S.
12° O., au N. 820 O. Une montagne fut
relevée au S. 670 O., à 5 ou 6 lieues de
distance. Cette montafïhe est à Pextré-
mité sud de la grande baie que nous
avions vue, et dans laquelle nous avons
aperçu une grande quantité de baleines.
—^ -797-
Octob.
(   221   )
Nous ne pûmes pas trouver fond avec
toute notre ligne. A 18 heures, notre
position était à-peu-près la même que la
veille. Une montagne terminée par un
pic nous restait au S. 270 O.; l'extrémité
des terres, au S. 120 O. ; la montagne
que nous avions relevée à midi, au S.
670 O. Nous en étions à - peu - près à
5 lieues.
Le 9; une montagne terminée par un 9
pic fut relevée au S. 480 O., à la distance de 6 à 7 lieues. Un peu plus tard,
nous la relevâmes au N. 710 O., et l'extrémité de la côte au S, i2°0.,à41ieues
de distance. Pendant la matinée, nous
fîmes route le long de la côte, à la distance de 2 à 3 lieues. Le vent soufflait
grand-frais, et le tems était beau. A midi,
la terre s'étendait du S. i5°0., au N.
38° O. L'extrémité relevée à 6 heures
du matin, restait au N. 5i° O. Nous
étions à 5 ou 6 milles de terre/ La côte
était très-aride; les sommets des montagnes étaient hachés du côté de lafmer ; SSffi
-797-
Octob.
il,
( 222 )
On voyait dans leurs flancs d'énormes
crevasses. Nous n'aperçûmes aucune
ouverture sur la côte.
Nous suivîmes encore la côte à la
même distance, pendant 4 à 5 milles. Les
terres étaient toujours d'une hauteur!
médiocre, et un peu escarpées du côté
de la mer. Au coucher du soleil, les extrémités de cette côte nous restaient au
S. 180 O., et au N. 38° O. Dans la nufl
nous éprouvâmes une forte houle. Le
matin, nous relevâmes les terres au
même rumb de vent que celui dans lequel elles nous restaient la veille ; mais
les vents ayant tourné à PO. S. 0. vers
midi, nous empêchèrent de nous en
approcher à plus de deux lieues. Elle
était terminée au sud par une pointe
basse.
Le 11, la côte que ndUs avons parcourue pendarit l'après-midi, était aussi
aride que celle que nous avions vue le
matin; cependant les montagnes étaient
couvertes par une terre jaunâtre  pu 797*
(  223 )
croissaient des bruyères et des herbes
grossières. A 5 heures 5o', la côte s'éten- ., ,
dait du S. 53° O., au N. 3o° O., et la
pointe basse qui terminait à midi la côte
vers le sud, restait au S. 45° O. Aunord
de cette pointe basse, nous avons cru
voir une baie profonde ou une ouverture; mais le vent contraire nous empêcha de la reconnaître. Elle fut relevée
au S. 6i° O., à 7 lieues de distance. Le
vent resta fixé à l'ouest et soufflait par
grains. A 18 heures,nous vîmes la terre
s'étendre du N. 65° O., au S. 65° O. ; et
à midi, du N. 470 O., au S. 65° O. Nous
aperçûmes quelques rochers blanchâtres à 7 ou 8 lieues de distance.
Le 12, les extrémités de la côte de 12.
Corée nous restaient au N. 47° O., et au
N. 85° O., à la distance de 8 à 10 lieues.
Le vent tourna au N. O. Avant le crépuscule , nous aperçûmes la terre au
S. O. ; et quand le jour fut fait, nous
reconnûmes que c'était l'île de Tzima,
située entre la côte de Corée et l'île de -797-
Octob.
(  224  )
Niphon. La côte de Corée s'étendait du
N. 33° O., au N. 5o° O. ,à 9 lieues de
distance. Nous voyions l'île de Tzima
s'étendre du S. 440 O. à PO., à 4 ou 5
lieues. Une autre petite île assez élevée,
qu'on ne découvrait que du haut des
mais, nous restait au S. 240 E., à environ
10 ou 12 lieues de distance. A 21 heures
et demie, nous virâmes de bord tout
près de l'île Tzima, dont la pointe septentrionale nous restait au N. 68° 0., à
3 ou 4 milles de distance.   Nous avons
vu quelques roches au large de cette
pointe. Les feux qu'on alluma de tous
côtés dans la matinée, nous firent reconnaître que l'île était habitée. Ce fut
un coup-d'œil bien agréable pour nous,
qui, dans notre navigation le long de la
côte de Tartarie, n'avions aperçu aucune trace d'habitans. Nous vîmes des
jonques japonaises qui faisaient voile au
plus près pour s'élever à l'ouest. L'île
était d'une élévation médiocre, et la partie du milieu était plus haute. Les val-
r^ mmm?
mm
(  225 )
lées étaient cultivées, et il y avait quel- 	
ques arbres sur les collines. La côte occi- */ 97 •
,        ... , ,      , ,     Octob.
dentale était presqu entièrement bordée
de rochers sur lesquels la lame venait
briser avec beaucoup de force. A midi,
nous relevâmes la pointe septentrionale
de l'île au N. 88° O., à 3 ou 4 milles de
distance ; des rochers élevés entourés
d'un ressif fort étendu, au N. 75° O. ,à
5 milles ; l'extrémité de Pîle,au S* 200 O. ;
une pointe située à l'entrée d'une petite
baie, au S. 3o° O., à 2 milles et demi. La
côte de Corée s'étendait du N. i5° 0.,au
N. 83° O., à 9 ou 10 lieues de distance.
Nous trouvâmes 22 brasses , fond de
corail.
Le 13, nous eûmes desyents du N. O., 15,
et le tems fut beau. La houle vint du
nord: Nous nous éloignâmes de l'île, à
la faveur du courant qui était violent et
dont la direction était opposée à celle
du vent et de la marée. L'île se prolonge depuis la partie septentrionale
jusqu'à une distance deCà8 lieues dan*
n. l5 ( 226)
——— le S. 6o° O., ensuite elle se dirige au
1797 • S. S. O. Près de la pointe septentrionale,
' on voyait quelques petites îles ; entre
ces îles et le ressif, il y avait une passe
dans laquelle les jonques faisaient route.
A x heure, le ressif nous restait au S.
56° O., à deux milles de distance. Nous
eûmes dans cette position des sondes
inégales, et une grosse mer occasionée
par le remoux de la marée. Après avoir
fait 22 milles au N. 4x° O., nous nous
trouvâmes assez près de la côte de Corée , dont les extrémités s'étendaient du !
N. 20° E., au S. 670 O. Une ouverture
nous restait au N. O., à la distance de
3 milles, et l'île de Tzima s'étendait du
S. au S. 23° E., à la distance de 8 à 9
lieues. Au point du jour, nous nous (
aperçûmes que le courant nous avait
porté considérablement à l'E. N. E. Je
fis gouverner à l'ouest. Nous vîmes, en j
nous approchant de terre, plusieurs villages près du rivage.  La côte formait j
plusieurs enfoncemens dans lesquels il SSPTOÉ
( Sa7 )
nous parut qu'on pouvait se mclirc à ..
l'abri ; mais d'après son aspect, il ne pa- x797*
raissait pas qu'on dût y trouver beau- ° *
coup de ressources. A midi, le tems fut
sombre. Nous étions dans la même position que la veillé. Nous voyions deux
baies devant nous, dont l'une restait au
N. 25° O., et l'autre au N. 65° O. Une
roche fut relevée au S. 700 O*
Le 14, un peu après midi, nous aper-    iX.»
jçûmes quelques bateaux pêcheurs. Nous
parvînmes à engager l'un d'eux à s'ap- •
procher de nous.  Les hommes qui le
conduisaient montèrent*, bord, et nous
firent entendre par signes que la baie
qui restait au N. O. était la plus sûre
des deux qui étaient en vue. Nous fîmes
route dans cette baie près de la pointe
septentrionale de l'entpée. Nous vîmes
I de très - grands rochers noirs situés à
quelque distance au large de la côte.
j Nous en passâmes à moins d'une demif-
I encablure par 3o brasses, fond de vase ;
j ensuite notre brassiage diminua par de- ( 228 )
_  grés de i5à îo, et à 5 brasses. Nous
1797 • avons vu près de la côte sud de l'entrée,
Octob. une *je formée par des rochers très-
élevés, au nord de laquelle il y a une
baie de sable où nous aperçûmes  un
grand village entouré de terrains cultivés. Nous vîmes dans l'ouest, à travers
la pluie et le brouillard, des rochers isolés qui nous obligèrent de tenir le vent
et à faire route pour entrer dans la baie
de sable dont je viens de parler. Nous
. y mouillâmes avant la nuit à un demi-
mille de la côte, par 4 brasses d'eau,
fond de sable. La pluie tomba toute la
nuit sans discontinuer. Le matin, le vent
passa au N. O., et le tems devint beau.
La baie était ouverte du S. au S. 23° E.;
et par l'ouverture , nous apercevions
l'île de Tzima qui était à îo lieues de
distance.
Dès le matin, nous fûmes entourés
par des canots remplis d'hommes, de
femmes et d'enfans qui avaient été attirés par la curiosité de v.oir un bâtiment WMmmÊmmmmmm
( 229 )
étranger. Tous ces individus étaient
vêtus de jaquettes et de culottes longues 1797 •
très - amples, faites en toile doublée et
ouatée. Quelques-uns portaient des robes; les femmes avaient un petit jupon
par-dessus leurs culottes longues; tous
avaient des bottes faîtes en toile, et des
sandales de paille de riz. Les cheveux
des hommes étaient noués sur le milieu
de la tête, ceux des femmes étaient tressés et appliqués autour de là tête. Ces
gens avaient les traits et le teint des Chinois, et comme eux les yeux très-petita.
Tous ceux qui vinrent nous visiter
étaient de la basse classe, et ils n'amenèrent avec eux que des vieilles femmes
et des filles qui n'étaient pas encore
sorties de l'enfance.
Le matin, nous mîmes pied à terre au
village, afin d'aller chercher de Peau :
un des habitans nous conduisit à une
belle source très-commodément située.
Nous avions également besoin de bois ;
mais le pays en paraissait mal pourvu. ( a3o )
- Après avoir pris les hauteurs du soleil
I797* pour avoir la longitude par la montre „
G ° * et après avoir observé les distances de
la lune au soleil, nous allâmes nous pr0>i
mener accompagnés d'un grand nombres
d'habitans. Nous parvînmes à un endroit
d'où nous apercevions le port à l'entrée
duquel nous étions mouillés. Il s'étendait à quelque distance dans l'ouest des
rochers que nous avions aperçus en entrant ; le fond du port s'étendait aussi
au N. E. et au S. O. de ces rochers, et se
terminait par de petites anses où l'on
pouvait se mettre à l'abri de tous les
vents. On voyait plusieurs villages sur
la côte, et nous remarquâmes dans le
N. O. une grande ville enceinte d'une
muraille avec des créneaux. Dans un has»
smprès de cette ville, il y avait plusieurs
jonques mouillées à l'abri d'une jetée.
Au S. O. de ce bassin , on en découvrait.
un autre près de plusieurs maisons blanches environnées d'un bois épais, et
qui paraissaient construites avec soin»
_J (23l   )
Ces villages semblaient être très-peu-
7.
Octob.
plés; le port était rempli. On voyait "y y
continuellement des bâtimens y entrer
et en sortir. Ils ressemblaient, pour la
forme, à ceux des Chinois ; mais la construction n'en était pas aussi soignée.
Leurs gouvernails avaient la même
forme, et leurs voiles étaient faites avec
des nattes.
Nous nous approchions d'un autre
village ; mais les Coréens nous arrêtèrent et nous prièrent de ne pas avancer
davantage. Nous y consentîmes. A notre
retour, les Coréens nous firent remarquer plusieurs tombeaux qui consistaient en une espèce de tertre élevé et
garni d'ouvrages en maçonnerie. Le sens
de leur longueur était dirigé de l'orient
à l'occident. La plupart de ces tombeaux
étaient entourés d'arbres plantés en
demi-cercle.
Nous retournâmes à bord pour dîner.
Dans l'après-midi, nous reçûmes la visite de plusieurs Coréens que nous ju- Octob.
( aSa )
——— geâmes devoir être d'un rang distingué j
-797* les autres individus leur témoignaient
les plus grands égards. Ils étaient vêtus
de longues robes très-amples, et portaient de très - grands chapeaux noirs
avec des formes très-hautes. Ces châa
peaux, de trois pieds de diamètre, pouvaient servir de parapluie et se nouaient
au-dessous du menton. Ils étaient d'un
tissu très - serré, dont les fils ressem-.
blaient assez à du erin. Tous ces Coréens avaient un couteau richement
monté, pendu à la ceinture, et un éventail auquel était attaché une petite boîte
en filigrane , contenant des parfums.
Ils étaient suivis d'un enfant qui avait
soin de leurs pipes, et dont l'occupation était d'empêcher leurs habits de
rester chiffonnés. La plupart portaient
de longues barbes.
Ils semblaient nous demander quel
était le motif qui nous avait attiré dans
leur pays, et je crains bien que nous
n'ayons pas pu satisfaire leur curiosité ; ( 233 )
car nous avions de la peine à nous faire   »   -..
comprendre. Ils nous parurent contens x 797 •
de la manière dont ils avaient été reçus ;
cependant ils nêftardèrent pas à prendre
congé de nous.
Nous descendîmes à terre, dans l'intention de nous rendre sur un terrain
élevé qui était assez près dans le sud de
notre mouillage, afin d'y prendre des
relèvemens. Lorsque nous fûmes parvenus à la partie la plus haute, nous pouvions distinguer le port dans toute son
étendue, et relever un grand nombre
d'objets. Mais nous avons été obligés de
ne faire aucun usage des relèvemens
que nous avons observés ; car au milieu
de nos opérations, nous nous sommes
aperçus que l'aiguille aimantée se dirigeait vers l'est, au lieu de se diriger
vers le nord. Il est probable qu'elle était
attirée par l'action d'une force magnétique qui résidait dans le sol sur lequel
la boussole était posée, et qui ne lui a
jamais permis de prendre sa véritable ( 234  )
 direction dans aucun dés endroits où
797- nous avons essavé de la placer.
Octob.     T .    , 5 ,   ,   ,
JLe terrain au sommet de la hauteur
sur laquelle nous avons pris les relève-
mens, était mêlé de roches. Des bestiauxl
paissaient sur les pentes qui étaient couvertes d'herbes grossières.  On voyait
au pied des champs de riz.
De retour à bord, nous trouvâmes
le bâtiment rempli de Coréens. Nous
eûmes beaucoup de peine à les en faire
sortir avant la nuit, et nous fûmes presque obligés d'employer la force pour
les faire embarquer dans leurs canots.
Un moment après la nuit close, nous
fûmes très-surpris de les voir revenir.
Ils témoignèrent le plus vif desir.de
monter à bord. Voyant que je ne voulais pas y consentir, ils mouillèrent près
de nous. Comme j'ignorais leurs intentions, cette conduite me parut suspecte;
et m'attendant à ce qui pouvait m'arn-
ver de pire, je fis mettre chacun à son
poste, et je les veillai avec soin. Peu de ( 235 )
tems après, un bateau vint leur distri	
buer des flambeaux ; ils se consultèrent  Jj"^
Octob.
pendant quelque tems , et ensuite ils
levèrent leurs ancres et retournèrent à
terre.
Le i5, le tems fut beau, et le vent frais 15.
de la partie du N. O. Pendant notre
séjour les nuits furent très-fraîches. Pendant le jour, le soleil se montrait, et il
faisait chaud. Il vint deux canots dans
la matinée du 19, avec des personnages
beaucoup mieux mis que tous ceux que
nous avions vus précédemment. Il y
avait dans chaque canot des soldats dont
les chapeaux étaient ornés de plumes
de paon, et qui portaient de petites lances où étaient attachés des drapeaux de
satin bleu, avec des caractères jaunes
tracés dans le milieu. Les Coréens qui
étaient venus me rendre visite, paraissaient être des chefs du canton. Ils me
firent présent de poissons salés, de riz
et de varec. Après nous avoir fait beaucoup de questions pour savoir qui nous 17«7-
Octob.
(236)
étions, nous reconnûmes, à ne pouvoir
en douter, qu'ils témoignaient le plus
grand désir de nous voir partir. Je tâchai
de leur faire comprendre que nous^
avions le plus pressant besoin d'eau, de
bois et de vivres. Ils m'offrirent aussitôt
de m'envoyer de l'eau et du bois ; mais
il me fut impossible de les déterminer à
"nous envoyer quelques-uns des bœufs
et des moutons que nous voyions paître
sur les coteaux, et que je leur'montrais
avec la main pour me faire mieux comprendre. Notre monnaie ne me parut
avoir aucune valeur à lei rs yeux; et
comme nous n'avions pas autre chose à
leur offrir pour les faire consentir à nous
donner ce que nous demandions, nous
fûmes réduits à la cruelle nécessité d'avoir continuellement sous les yeux l'objet de nos désirs sans pouvoir nous le
procurer. Les habillemens de ces Coréens avaient la même forme que ceux
de leurs compatriotes que nous avions
déjà vus ; mais les étoffes en étaient beau- ( *1 )
coup plus fines. L'espèce de robe qu'ils ——
portaient par-dessus leurs autres vête-  -797*
mens, était une espèce de gaze d'un
bleu clair.
Un cordon garni de gros grains d'agate, d'ambre ou d'un bois noir, paraissait destiné à nouer leur grand chapeau
noir sous le menton. Le bout de ce cordon était relevé, et formait une boucle
pendante au-dessus de l'oreille droite.
Quelques-uns avaient la partie supérieure de la forme de leurs chapeaux
garnie en argent. Le& gens de leur suite
leur donnaient les marques de la soumission la plus respectueuse ; car ils ne
leur adressaient la parole qu'en se courbant et en tenant les yeux fixés sur le
pont du bâtiment.
Il me vint alors dans l'idée que cesf
personnages étaient les mêmes qui
l'étaient arrivés la vieille à la nuit close %
1 et que je n'avais pas voulu laisser mon-
I ter à bord, parce que la défiance me
faisait croire que leur motif, en venant
<4*— (238)
fj  si tard, ne fût tout autre qiie celui dç
-797* satisfaire leur curiosité. Leur arrivée
nous fit grand plaisir; car elle nous délivra de Pimportunilé de beaucoup d'autres visites. Nous ne pûmes pas faire
lever la défense de nous promener à
terre ; cependant nous obtînmes la per-l
mission d'y aller chercher de Peau, et
d'y faire des observations astronomiques. Mais le peuple se rassemblait en
si grand nombre autour de nous, que
nos opérations en souffrirent beaucoup,
quoiqu'il y eût des soldats placés pour
écarter la foule, et qui la forçaient de
s'éloigner en frappant avec des bambous.
Dans l'après-midi, on nous envoya de
l'eau dans des jarres et des barrique»
mais ensuite on pensa qu'il serait beaucoup plus prompt d'emporter nos pièces
à eau pour les remplir, ce qui s'effectua
avec beaucoup d'ordre. Il y avait dans
chaque canot un soldat qui paraissait y
commander.
16.       Le i6,le vent frais du N. E. et par. ( a5g )
grains , et le tems sombre nous empê- —
chèrent d'aller observer à terre; mais I797*
malgré le mauvais tems, les naturels ^t0"*
nous envoyèrent du bois et de l'eau.
Le 17, le vent fut moins fort. Dans 17.
l'après-midi, nous reçûmes une députa-
tion envoyée par les chefs du canton ,
qui nous faisaient demander si notre
provision d'eau et de bois était suffisante pour nous permettre de partir. Je
leur répondis que mon intention était
de quitter le port dans trois jours. Alors
on me pria de hâter mon départ d'un
jour; mais je n'y voulus pas consentir.
Les députés, après avoir pris quelques
rafraîchissemens, retournèrent à terre
porter ma réponse. Ils étaient vêtus très-
élégamment. Leurs robes de dessus
étaient très-luisantes, de couleur bleue-
pâle , vert-d'eau et gris de lin ; mais l'étoffe de coton dont elles étaient faites
[ ne me parut pas très-fine. Ils avaient de
très-jolies pantoufles en cuir ornées de
paillettes d'or et  d'argent. Ils étaient {  240)
——— très affables et me parurent communi-
I797- catifs.
' Nous allâmes à terre vis,-à-vis de la
goélette, pour observer la latitude. A
peine y étions-nous arrivés, qu'un déta-
; chement de soldats vinl du village pour
surveiller tous nos mouvemens. Ils res-
terent près de nous jusqua ce que nous
fussions rembarques.
18. Le 18, on continua à nous envoyer
de l'eau ; notre provision de bois était
complète. Elle n'était composée que de
l'espèce de pin appelée queue de renard. Comme les morceaux de bois
qu'on nous avait envoyés étaient aussi
longs et aussi gros que des pièces de
charpente, nous eûmes beaucoup de
peine à les fendre et à les couper. Dans
l'après-midi, aussitôt que le bateau qui
devait compléter notre eau fut arrivé,
nous vîmes venir une seconde députa-
tion envoyée pour nous faire hâter notre
départ. Je fis entendre aux députés que
je resterais deux jours de plus, afin de
_> (a4x )
faire des observations  astronomiques. 	
Après-midi, le vent s'appaisa, et il - 797 •
tomba beaucoup de pluie pendant la
soirée et toute la nuit.
Le 19, petits vents du N. E. et pluie    jg.
continuelle. Nous reçûmes encore une
ai
députation qui vint nous parler de notre
départ; mais elle n'obtint rien de plus
que les autres , car le mauvais tems
m'empêchait de prendre des hauteurs
pour vérifier le mouvement de notre
montre marine.
Ces derniers députés avaient couvert
leurs chapeaux de coiffes en parchemin , pour les garantir de la pluie. Ils
avaient aussi des parapluies de parchemin 1. Comme la pluie continuait à tom-
1 Je crois que ces coiffes et ces parapluies, que
le capitaine anglais a cru être en parchemin ,
étaient faits avec du papier qui avait subi une
préparation particulière. Tous les auteurs qui
ont e'crit sur la Chine et les pays voisins , par-
j lent de parapluies et même de robes de papier.
On en voit en Europe dans les cabinets des curieux. ( Note du traducteur).
n. 16
<H
^ V797-
Octob.
20.
(242)
ber sans relâche, je crus que je pourrais visiter le port sans être aperçu et
par conséquent sans être inquiété ; mais
les Coréens, qui veillaient tous nos mou-
vemens , ne tardèrent pas à envoyer
deux canots à notre poursuite. Ces embarcations ne purent nous joindre qu'au
moment où je faisais route pour reveair*
à bord. Le tems qui devenait de plus en
pjus mauvais1 s m'avait décidé à prendre
ce parti ; car je n'avais tenu aucun
compte de leurs sollicitations.
Le 20, la pluie cessa ; mais le tems
était toujours couvert. Les Coréens vinrent nous trouver dans la matinée, et
insistèrent vivement sur notre départ;
mais comme le soleil ne s'était pas encore montré, je me trouvai dans l'impossibilité de partir. Le tems était très-
incertain ; la mer, qui était très-grosse
en-dehors, produisait une forte houle à
l'entrée du port.
Les Coréens parlèrent de notre excursion de la veille, en donnant des ( àfi )
marques de désapprobation ; ils nous
firent comprendre que si nous mettions
pied à terre près des maisons blanches
qui étaient au fond du port, nous serions
très-maltraités, et peut-être même mis à
mort; enfin ils nous prièrent de ne plus
nous écarter du bâtiment dans notre
canot. Il paraît qu'ils ont suspecté nos
intentions ; car peu de tems après qu'ils
furent arrivés à terre, ils expédièrent
quatre canots mec pavillon flottant et
un soldat dans chacun d'eUx, pour nous
surveiller de plus près. Je ne voulus pae
les laisser se placer le long de notre
bord, et ils furent obligés de se tenir
mouillés au large. Deux de ces canots
se portèrent en avant de nos bossoirs1^
et les deux autres de Perrière du bâti4*
ment. Vers le soir iW ge retirèrent. Nous
descendîmes ' à terpe pour y faire de
l'eau, et nous n'éprouvâmes aucune opposition. La nuit fut belle et le vent àssesi
doux ;les\fluagessé dissipèrent insensiblement, cl vers le matfttfle ciel était lêrein, Le 21, avant le jour, je quittai le
bâtiment sans avoir été aperçu par nos
gardes, et je me rendis au port pour en
terminer l'esquisse. Au point du jour,
je vis des feux allumés près du village ',
et je crus que ce pouvait être des signaux qui avaient été faits relativement
au départ de notre canot. Malgré cela
je débarquai à la partie méridionale du
port, je l'examinai avec attention sans
être aperçu. Je revins abord de bonne
heure dans la matinée. Notre absence
avait jeté l'alarme dans le village; car
on avait expédié des canots de tous
côtés pour aller à notre rencontre ; mais
nous leur avions échappé. La matinée
étant très - favorable , nous prîmes nos
dernières hauteurs. Un instant après,
nous reçûmes la visite d'un des chefs,
qui nous parut très-content de voir que
nous faisions des préparatifs pour partir. Je lui fis présent d'une lunette d'approche et d'un pistolet qu'il eut l'air de
désirer, et nous nous séparâmes très- m c*t*_
1/
-M<v ( 245)
contens l'un de l'autre. Ensuite nous,
sortîmes .du port, à la grande satisfaction des Coréens, -qui s'étaient rassemblés en grand nombre sur les coteaux
voisins, afin de nous voir partir. Quoiqu'ils nous eussent contraints de rester
à notre bord pendant tout notre séjour ,
nous ne leur avions pas moins obligation de nous avoir fourni du bois et de
l'eau sans rien demander en paiement.
Le port que nous quittions est appelé Chosan ou Thosan par les Coréens.
Il est situé dans la partie S. E. de la
presqu'île de Corée, sous le parallèle
de 35° 2' de latitude boréale, et 1290 7'
de longitude orientale. La partie sep-
tentrionale^dçl'île de Tzima en est éloignée de 10 lieues dans le S. S.E. L'entrée de ce port est facile et les côtes en
sont très-saines. A 2 milles dans l'ouest
des rochers noirs situés à la partie nord
de l'entrée, il y a un cap très-escarpé
que j'ai nommé le cap Magnétique 3 à
cause des perturbations que l'aiguille
-797-
Octob. (246)
- aimantée y a éprouvées lorsque noui
I7Q7« i*
ri f,   avons voulu v observer des relèvemens.
La baie de sable dans laquelle nous sommes restés au mouillage, est au nord de
ce cap. L'esqûîssé que j'ai donnée de cm
port, en donnera une idée plus exacte
que t ont ce que je pourrais dire. Je nel
prétends pas que les côtes y soient par-1
«alternent tracées ; mais J'espère qu'elle
pourra être de quelque secours aux na-1
vigaleurs qui voudraient entrer à Chol
san. Je me trouvais tellement restreint
pendant mon séjour, que je ne pus faire'
ce croquis-' qu^a la hâte , et en me déro-*
banl pour-quelques inslans à la surveillance des habitans du lieu.
D'après le soin que les Coréens ont
pris pour éviter toute communieatiotf-
avec nous, on doit s'attendre qu'il noua
a été   impossible  de  connaître   leur%;
mœurs et  leurs iasagés.   Ils nous ont
paru , ainsi que les habitans d'Insu et
de Likeujo, ne pas désirer d'avoir des
relations  avec des étrangers ;   car ils (Mi)'
nous ont vu avec une grande indiffé- -1LI    -
rence. Peut-être notre bâtiment était-il -797-
si petit, qu'il -n'a pas fixé' leur atten-    c °
tion ; peut-être aussi que , ne pouvant
connaître la nation à laquelle nous appartenions, et ne pouvant comprendre ce que
nous venions chercher, ils nous ont considérés comme des pirates, et ont témoigné un grand désir de nous voir partir.
Le port est entouré de hautes montagnes , dont la plupart sont dépouillées
d'arbres et de verdure. Cependant on
voyait dans quelques endroits des pins
isolés. La côte sud, qui est une presqu'île , était mieux boisée que le reste.
On y apercevait parmi les pins d'autres arbres qui perdenjt leurs feuilles j
mais nous ne pûmes savoir de quelle
espèce ils étaient, car la défiance des
Coréens nous empêoha d'acquérir  la
moindre connaissance sur les productions de leur pays ; et ils ne voulurent
jamais nous permettre de faire la moindre recherche. 1
■J--:
£.-
( 48 )
      Les villages bâtis sur la  côte, sont
-797* pour la plupart dans des sites très-
agréables; et les maisons, entremêlées!
d'arbres , sont couvertes en paille. Le
pays est cultivé comme au Japon. Le
penchant des montagnes est disposé
en terrasses^sur lesquelles on peut semer
du riz, et faire séjourner l'eau que ce
genre de culture oblige d'y conduire.
Nous vîmes à terre des chevaux , des
cochons , des bœufs , des poules ; mais
il nous fut impossible de nous en ?
procurer, parce que nos monnaies n'avaient pas de cours dans le pays. Ces
peuples , qui n'ont aucune connaissance de l'argent monnoyé , au moins
de celui fabriqué en Europe , nous
ont paru connaître l'usage de l'or et
de l'argent ; car leurs couteaux étaient
ornés avec ces métaux.
Ils connaissaient l'usage • des canons
et des armes à feu ; mais nous n'aVons
*     remarqué  parmi   eux  aucune   espèce ;
d'armes offensives , et ils n'avaient pas iSSS
(M9)
l'air de beaucoup redouter les nôtres. 	
Ils ne nous ont occupé que de notre -797"
départ. Cependant , différens produits
des manufactures européennes-ont excité leur curiosité, et nos habillemerrs
en drap ont particulièrement fixé leur
attention.
Ils étaient au fait du commerce ; mais
ils ne nous semblèrent pas avoir le
• moindre désir de faire aucun échange
avec nous ; ce qui venait peut-être de
ce qu'ils n'attachaient pas une grande
valeur aux objets que nous pouvions
leur offrir.
Voici les observations qui ont été
faites pour obtenir la longitude de
Chosan :
Latitude de la pointe sud
de l'entrée , résultant de plusieurs  observations.
Longitude par un milieu
pris entre les re'sultats de 5j
séries de distances observées
avant notre arrive'e.    .    .    .
55°'
N.
129   24   18   E. si
II
:j  la
129  18  x5   E,
( 25o)
_.. D.° Milieu pris entre 42 sé-
1797 *  ries de distances observées ait
Octob. mouillage, à l'orient et à l'occident de la lune 128" 4^' 49" E
D.° Milieu pris entre les résultats de 20 se'ries , après
avoir quitte le port.
Le milieu pris entre les résultats de 99 séries rapportées
par la montre à Cb^osan ,
donne pour la longitude de ce
Port 129     7     7
D'après les hauteurs absolues prises à terre du i5 au
21 octobre , la montre n.° 4^
retardait en 24 heures de
9" 80 sur le tems moyen ;
et les observations du dernier
' jour nous ont fait connaître
que le 21 octobre à midi, son
retard absolu sur le tems
moyen , était de 12' 52" 2.
Le i5 , la longitude au
mouillage , par la montre ,
d'après la variation diurne
d'Endermo ,   était   de.    .    .  i3o   26  21    E.
Et d'après la variation diurne
deMacao,de 128 4°   35    E.
H* (  201   )
Il paraît que  le mouvement de la ——
montre a été  très-irrégulier,   ou que -797*
f\   f   L,
la variation diurne obtfguig par les observations faites à Endermo est défectueuse. C'est pourquoi j'ai calculé tous
les jours la longitude de la montre
avec la variation diurne qui avait été
trouvée à Macao , en corrigeant cependant la longitude d'Endermo par
les observations de l'année précédente.
Ces corrections ont réîabli un aceord .
assez satisfaisant entre les résultats des
observations qui ont été faites depuis
notre départ de Volcano-Bay.
Variation pour les azimuths
avec deux compas. ,   a0    8'   N. O.
Hautfg.r au thermomètre de
Fahrenheit-  ...... 6a   à   yo». (   252   )
CHAPITRE   VIII et dernier.
'Départ de Cliosan. — Nous nous trouvons a«t
milieu d'un groupe d'îles. —■ Les naturels
viennent nous visiter. — Nous passons devant
l'île de Quelpaert. — Arrivée à Macao —
Retour en Angleterre.
Lie 22, à 2 heures et demie, ayant aperçJ
de Pavant quelques îlots et des ressifs,
je fis diriger la route au sud pour en passer au large. A 3 heures, l'extrémité de
la côte de Corée nous restait à l'ouest,
et il nous était impossible de distinguerJ
le reste de la côte, à cause d'un groupe!
d'îles et de rochers qui se trouvait entre|
la terre et le bâtiment. Quelques-uns de
ces rochers étaient à fleur d'eau. A 5 h.;
un rocher élevé restait au N. 49° O. T
dans l'alignement  des   îles relevées à*
midi près de l'extrémité de la Corée.
Après avoir doublé ce rocher de très-;!
près, nous fîmes route à l'ouest et au (253 )
plus près du vent. L'île de Tzima s'é	
tendait du S. 4o° E., au S. 6oQ E. Au -797-
coucher du soleil, l'extrémité nord de
la Corée restait au N. i6° E., et l'extrémité des îlots et des rochers,au N. 760
0., à 3 lieues de distance. A 6 heures
3o', nous serrâmes le vent, et nous louvoyâmes toute la nuit sous petites voiles.
Le vent était fort, et la mer assez grosse.
Au point du jour, le rocher élevé de la
veille restait au N. E., à 4 ou 5 milles de
distance. Le tems était si embrumé, que
nous ne pouvions pas voir à plus de
deux lieues de distance. Nous courûmes
la bordée de l'O. N. O., en nous diri-
- géant sur les îlots et les rochers que
nous avions rencontrés. A 8 heures 3o',
nous les aperçûmes au N. 0. Un instant
après, nous vîmes à l'ouest un rocher
isolé très-élevé et percé à jour, dont
nous passâmes au sud à moins d'un mille
de distance. Avant de perdre de vue
celui-ci, nous en découvrîmes un autre
qui avait la figure d'une meule de foin j
l ■"S
•i"   }
( 254 )
——— ensuite nous eûmes connaissance de
-797* plusieurs îles dans l'ouest. A midi, le
rocher en forme de meule de foin nous
restait au N. 760 0.,à 2 milles de disH
tance, et les îles à l'ouest s'étendaieni
du N. 440 O., au N. 88° O. M
s3.       Le 25, à 1 heure, nous vîmes au sud
une autre île j peu après, nous reconnûmes que nous dtions entourés d'îlei
de toutes parts, et notre navigation" dé«
vint très* difficile et tfès-'périlleuse. Je
pensai que le meilleur parti que j'avais £
prendre était de serrer le vent et àè|
chercher un abri parmi les rochers §ffl
tués au N. O. A mesure que nous noua
approchions de ces rochers, le fond diminuait; et après avoir doublé la pointjj
orientale du groupe, nous trouvâmes lrf
mer très«--belle. Bientôt-après, il nous fut
facile de voir que ces îleé étaient habi»*
tées et bien cultivées. Nous vîmes aussi
un grand nombre de bateaux occupés
à la pêche» Ces îles sont assez, élevées et
bien boisées»; elles s®'àt séparées îêS unel* «assxsg-
(  255 )
des autres par des canaux très - étroits.
A 4 heures, noUs étions tout près de
terre. L'extrémité de la côte vue à midi
nous restait au S. 32° O. Nous fîmes
route à l'O. S. O. sur une île bien boisée,
près de laquelle on voyait plusieurs?
chaînes de roches écartées les unes dés
autres. Au coucher du soleil, l'extrémité relevée à midi au N. 88° O., restait
au S. E. ; une terre élevée au S. 5o° O.,
et l'île boisée au N. 5o° E., à 2 milles de
distance. Nous louvoyâmes pendant la
nuit, afin de ne pas nous écarter de l'île
boisée. A 18 heures, elle fut relevée au
N. 260 O., à la distance de 2 à 5 milles.
A 19 heures 3o',nous nous trouvâmes
embarrassés au milieu d'un grand nombre d'îles et de rochers, et nous fie pûmes continuer à gouverner au N. O. En
conséquence, je fis diriger la route pour
passer au large d'une terre très-élevée.
Nous passâmes très-près de deux roches
à fleur d'eau, pendant que nous gouver-
[ nions au S. O. pour éviter les dailgers.
-797-
Octob, ( 256 )
_____ Nous distinguions avec assez de peine
1797. et au travers de la brume, que nous
Octob. étions entourés de petites îles et de rochers. Après avoir passé entre deux îles
placées dans le sud de la terre élevée
dont j'ai parlé, nous sommes revenus au ;
plus près du vent, et nous avons gouverné au N. O. A 21 heures, nous perdîmes de vue la terre élevée, qui pour
lors restait au N. 700 E., à la distance def
2 lieues. A midi, nous relevâmes deux
$les l'une par l'autre, au S. 290 E., et
deux autres îles vues aussi l'une par l'autre , au N. 480 E. Une île longue s'étendait du S. au S: O. f O.
34.        Le 24, nous tînmes le vent pour donner dans le seul passage qui nous paris
ouvert au milieu de ces îles; mais à 3 h.
le courant étant très-fort et contraire,
nous fumes obligés de mouiller par dix
brasses d'eau, fond de vase. Les pointes
qui formaient le canal aperçu à midi,
restaient au S. 5° E. et au S. 6o° E. La
pointe du S. 6o° E. se trouvait dans l'ali- ( 257 )
gnement de deux îles qui étaient à 2 ou  -—|j
5 milles de distance. Nous ne pouvions *797*
voir que tres-impartaitement et a une
petite distance. Cependant nous distinguions que  nous étions   entourés   de
terres.
Nous aperçûmes sur ces îles des villages et des marques de culture, et nous
vîmes des canots qui naviguaient au milieu de cet archipel ; mais aucun ne s'approcha de nous. Nous trouvâmes que le
courant venait du N. O., et qu'il faisait
un mille et demi par heure.
Pendant la nuit le tems fut couvert.
Dans la matinée, nous eûmes un vent
fiais du N. N. O,, et le courant favorable. Nous mîmes sous voile à 7 heures
du matin, et fîmes route au N. O., en
passant près de la terre escarpée qui
était dans  le nord à  une très - petite
distance.   Après   avoir   doublé quelques petites îles ,'ïïbùs découvrîmes à
l'ouest un passage d'environ deux milles1
de large, au milieu duquel on voyait
.11. 17 ( 258 )
beaucoup de rochers. Les côtes de ce
canal forment plusieurs baies, et les rochers du milieu ne sont pas dangereux.
Le fond diminue par degrés, à mesure
qu'on approche l'une ou l'autre des
côtes, depuis i5 jusqu'à 7 et 5 brasses.
La mer couverte de canots, le pays bien
cultivé et parsemé de villages, noua
offraient un spectacle très-agréable. Un
peu avant midi, nous laissâmes tomber
l'ancre par 10 brasses d'eau, fond de
vase. Nous relevâmes de ce mouillage
au S. 740 E., à 2 ou 3, lieues de distance,
les îles qui, de notre dernier mouillage,
avaient été relevées au N. O. | N. Nous
étions tellement environnés d'îles, quel
nous n'apercevions aucun passage pour
gagner le large. Le master se rendit à
l'île la plus proche, afin d'observer la
latitude et voir s'il y avait lin passage ;
mais lorsqu'il y fut arrivé, la brume qui
couvrait les îles, l'empêcha de rien distinguer. Le tem|S; ft'ç'ôlaircit un peu dans
.Ja.SjQîfée, et le vent resta tonjours au ( *5g )
N. O. Un canot venant d'une grande  -■■»■•
ville qui restait au N. i6° O., à 2 milles *797*
de distance, arriva à bord. Les insulaires
qui étaient dans ce canot, nous présentèrent un papier écrit en caractères chinois , qu'aucun de nous ne put lire. Environ une heure après, nous vîmes arriver
plusieurs bateaux. Dans l'un d'eux, qui
était richement décoré, il y avait des
soldats portant des drapeaux de soie ; à
l'avant on voyait flotter un grand pavillon de soie rouge et violet. Les rameurs
faisaient mouvoir leurs avirons au son
des trompettes ; les soldats étaient armés
de sabres. Un personnage qui paraissait
être de la plus grande importance, placé
sous un dais et assis sur une peau de
léopard avec des coussins autour de lui
pour s'appuyer,était entouré d'une suite
nombreuse habillée comme les habitans
de Ghosan.
Ces insulaires montèrent à bord sans
cérémonie, et y portèrent les nattes et
les coussins de celui qui paraissait être (  2Ô0  )
  ùn chef. Un d'eux tenait son parasol ; le
I797* reste de sa suite restait à une distance
' respectueuse.  Entre les  questions qui
nous furent faites par le chef, je ne pus
comprendre que celles qui avaient rap-*
port à notre arrivée, etc. Il désirait sa--;
voir combien nous étions, et ne se con-^
tenta pas de ma réponse. Il voulait que
mon équipage fût compté en sa présence , et il donna ordre à ses gens d'en
faire le dénombrement ; mais je ne vou-.
lus pas le permettre, ce qui parut lui
déplaire beaucoup. Il me sembla désirer
vivement que nous fissions quelque séjour, et me pria d'envoyer notre canot
à terre. En nous quittant, il répétarffia
même demande, et eut Pair très-surpris
de ce que je ne voulais pas y consentir.
Cet homtkre avait les manières très-hautaines , et toute sa conduite nous a persuadé qu'il avait pour nous le plus souverain mépris. Il n'est resté qu'environ I
une demi-heure à bord; en partant, il
expédia deux canots qui prirent une
_■ C-6i )
route différente de la sienne, et il en 	
laissa deux autres qui mouillèrent le long ] 797 ♦
de notre bord, probablement pour épier cl°
notre conduite. Quant à lui, au lieu de
retourner à la ville d'où il était venu, il
se dirigea vers la pointe d'une île près
de laquelle il s'arrêta. Le tems s'étant
beaucoup éclairci dans l'après-midi,
nous mîmes à la voile vers 3 heures avec
un vent frais du nord, et nous fîmes
route pour passer entre les îles qui nous
restaient à l'ouest. Au moment de notre
appareillage, le canot qui ne s'était pas
éloigné de l'île où nous Pavions vu s'ar-
rêter, nous suivit, et nous entendîmes
les insulaires jeter de grands cris.et sonner de la trompette, sans doute pour
nous engager à nous arrêter; mais nous
continuâmes notre route. Peu de tems
après, ce canot qui ne pouvait pas nous
joindre , aborda l'autre extrémité de
l'île opposée à celle près de laquelle il
avait mouillé précédemment. Il me fut
impossible d'imaginer le projet que pou-»
lu- (  2Ô2 )
  vait avoir le chef qui était venu nous
I797- visiter ; mais je conviens que ses inten-
c ° ' lions me parurent suspectes, et qu'en
conséquence je jugeai à propos de pro-?
filer du vent favorable qui venait de
s'élever. D'après ce que je pus com--)
prendre de ce qui nous avait été dit, je
crois que les habitans que nous avons
vus, appellent ces îles Chosan-Go.
.A 4 heures, nous passâmes par un
canal qui se dirige au large, et qui est:
entre des roches et des îles situées àç
l'extrémité  occidentale d'une île très-
élevée. Au coucher du soleil,nous avions
fait près de 12 milles à PO. S. O. Les-
terres vues au N. N. E. nous parurent
élevées, très - hachées, et tenir à plusieurs chaînes de montagnes que l'on
voit derrière elles. A 6 heures , nous'
trouvant vis-à-vis un autre canal qui se
dirigeait au large ainsi que le premier,
nous mouillâmes par 7 brasses d'eau , -
fond de vase. .L'île sur laquelle nous"
observâmes la latitude» nous restait aur. ( 263 )
N. 670 E., et un grand enfoncement vu 	
dans les terres élevées, et qui élait pro-   1'97*
,   ,, 1,     1       1 1 •  • v        Octob.
bablement I embouchure d une rivière ,
fut relevé au N. N. E. Dans l'après-midi,
les sondes varièrent de 17 à 7 brasses ,
suivant que nous étions plus loin ou
plus près de terre. Depuis l'île où nous
avions observé la latitude jusqu'à ce
mouillage, nous avons navigué dans une
passe large et qui nous a paru très-saine.
La marée montait de 9 pieds. Le flot
venait du S. O. et était beaucoup plus
fort que le jusant. Dans la matinée, le
tems fut assez doux et brumeux ; cependant nous pouvions voir à 2 ou 3 lieues
de distance. Nous fîmes route au S. S. O.,
en laissant des roches à tribord et à bâbord. Nous aperçûmes Sur la terre élevée qui doit tenir au continent, plusieurs villages, dont un situé à l'ouest de
notre mouillage était assez considérable.
A 21 heures 3o', nous nous trouvâmes
vis-à-vis d'une pointe après laquelle la
côte se prolonge dans l'ouest. On voyait ( 264)
 k une multitude  de petites îles dans la
1797* même direction. Le vent n'était pas assez
Octob. j£ort p0ur nous permettre de prolonger
la côte.
A midi, nous relevâmes l'extrémité
de la côte en vue au N. 270 E., à environ-,
6 ou 7 milles de distance, et une île
très-élevée au S. O., à un mille de dis-,
tance. Nous apercevions la mer au milieu d'un canal ouvert du S. S. E. au
S, S. O. De tous les autres côtés nous
étions entourés d'Iles, dont quelques-
unes se trouvaient presque enveloppées
de brouillard. Je pus en compter trente
de toutes grandeurs. On apercevait sur
les îles les plus considérables, des villages bâtis près des plages,  situés au
fond de petites baies bien boisées; toutes
les parties accessibles de ces îles paraissaient cultivées. Un grand nombre de .
canots était occupé à la pêche dans une
Amer unie comme une glace, au milieu
de laquelle nous étions retenus par le
calme. Avant de sortir du canal qui nous ( 265 )
conduisait en-dehors de ces îles, notre ■ •   • —■
brassiage augmenta jusqu'à 12 et 15 bras- I797*
..... • »\ 1 Octob.'
ses, ensuite il diminua jusqua 10 brasses, fond de vase.
Le 26 , petits vents et calme. Le cou- 26.
rant nous porta au S. O. Nous passâmes
à moins de i5 brasses d'une île élevée
qui nous parut inabordable. Nous y
vîmes cependant des hommes que je
crois devoir être des pêcheurs. L'après-
midi , le vent étant à l'O., nous avons
louvoyé dans la passe, en couranl la bordée du S. S. O. A 8 heures, nous mouil-
{lames par i5 brasses très-près des îles
qui bordent le canal à l'ouest. Le courant faisait environ un mille par heure ,
et portait au N. E. Dans la matinée, le
tems fut plus serein qu'il n'avait été
depuis que nous nous trouvions au
milieu de cet archipel. Nous découvrîmes un grand nombre d'îles et de
rochers dans le S. O. Nous avons relevé
au S. 6° O. et au S. 260 O. les extrémités d'une île considérable, au mi- ( 266 )
 lieu de laquelle s'élevait une haute mon-
-797- tagne. Les îles qui nous entouraient
étaient assez grandes et bien cultivées ; cependant nous ne vîmes d'arbres qu'auprès des habitations. Beaucoup de canots étaient occupés à la
pêche ; mais nous ne pûmes en engager
aucun à s'approcher de nous. Les canaux qui séparent ces îles, peuvent
avoir 4 à 5 milles de largeur. A 19 h. £
nous appareillâmes, et nous fîmes route
au S. O. Je croyais que la grande île que
nous voyions était celle de Quelpaert,
et je désirais beaucoup de la visiter.
A midi, cette île s'étendait du S. 180 E.
au S. 25° O. L'autre île élevée, dont
nous nous étions éloignés , et que nous
distinguions à peine , nous restait au
N. 4o° E, à 8 lieues de distance. Ou
voyait un groupe d'îles s'étendre du
N. 71° O. au S. 780 O. Une île isolée
nous restait au S. O. , une autre petite
île très-basse au S. 35° E., à 2 milles
de distance, et une troisième à l'est. (267   )
Le 27, nous passâmes très-près du
rocher qui avait été relevé à midi au
S. O. Un peu après nous en vîmes un
autre dans la  même   direction , à   2
ou 3 milles de distance. La brume cachait  entièrement  l'île de  Quelpaert.
Au coucher du soleil, ces rochers nous
restaient dans l'est, à 5 ou 6 milles de
distance. Nous distinguions avec peine
un autre groupe qui restait au N. N. E.,
et qui ne devait pas être plus éloigné
que les   précédens.  Nous louvoyâmes
pendant   toute   la nuit.  Au jour ,   la
brume s'étant dissipée , nous aperçûmes
l'île de  Quelpaert ,   qui s'étendait du
■ S. 5° O. au S. 7 20 E., à la distance de
' 4 ou 5 lieues.  Des rochers que nous
[j avions doublés  la veille , s'étendaient
du N. 700 E. au N.400 E., à 3 ou 4milles
Ide distance , et le groupe qui avait été
■relevé , restait au N. i N. E. Ces relè-
vemens nous indiquèrent que pendant
■lia nuit nous avions été portés de 5 à
6 milles vers les rochers. Je fis gou-
-797*
Octob.
27.
k__ H 1
i
fptl
( 268 )
  verner vers  l'île  de Quelpaert, dont
I797* l'extrémité ouest est basse , et terminée
Octob. 1 i ivr /        i
par des rochers. JN ous avons passe près
d'une petite île verte , située   à une;;
petite distance de la côte, et nous avons
vu au large de la pointe la plus avancée
de Quelpaert, une autre île de roche. Les
montagnes de l'intérieur de l'île étaient;
cultivées jusqu'à leur sommet ; cepen-1
dant nous y avons vu plusieurs taches,
de sable blanc. A midi ,  nous avons*;
relevé au S. 85° E. un rocher très-haut
et arrondi. On peut le distinguer de très-
loin. L'île Verte nous restait au N. 36° E. y
l'île de Roches , près   de l'extrémité]
occidentale, au N.27°E.,à 2 ou5miile&|
de distance ; une pointe élevée qui formait l'autre extrémité, au S. 68° E., et
la montagne située au milieu de l'île, au
N. 7 20 E. Nous apercevions de la fumée
dans toutes les parties de l'île.
a8.       Le 28 , à une heure , l'extrémité sudl
de Quelpaert nous restait à l'est. Je fisî
venir au plus près du vent, pour passer
II
1 mm
au  sud de  cette pointe. Après avoir  É
, I7Q7»
fait 4 mules a cette route , nous aper- 0 "f,
eûmes deux îles basses au large de cette
même pointe. Elles étaient entourées
de ressifs, et paraissaient réunies avee
la terre par des bas-fonds. Nous découvrîmes aussi des brisans à très-peu de
distance au sud de ces îles. Je fus obligé
de changer d'amures, et de courir à Pau-
tre   bord pour   me   dégager  de   ces
| écueils , et me diriger ensuite au S. E.
Toutes   les   plaines  étaient   couvertes
[d'habitations ; mais nous ne vîmes ni
[canots , ni jonques, le long de la côte.
liA. 6 heures , l'île basse qui était la plus
au large  de  la pointe de Quelpaert ,
1 nous restait au N. E. Nous passâmes
la nuit à louvoyer à petites voiles pour
■nous élever dans l'ouest. A 20 heures,
mous trouvant ,  par les relèvemens ,
à-peu-près dans la même position que
la veille , nous fîmes roule pour passer
I à moins de 2 milles de l'île qui est la plus
au large, que nous avons doublée par
|^a ( 270 )
-——— 5o brasses d'eau. A midi, la pointe sud
-797- de l'île Quelpaert restait au N. 55° 0.;
0 " l'île   basse la plus  au   large de celte
pointe, au N. 8i°0., à  îo lieues de
distance ; la montagne située   dans le
milieu de Quelpaert, au N. 12° E., et
l'extrémité N. de cette île, au N. 55° E.,
à la distance de 4^5 milles. La plus
grande étendue de l'île  de Quelpaert.
est de l'E.N. E. à l'O. S. 0. Elle anà
12 lieues de longueur. Sa pointe sud'
est par 33° xi' de latitude boréale , et
126° 20' de longitude orientale.
Le 29, l'extrémité orientale de Quelpaert nous restait au N. 8o° E., à 5 ou
6 .lieues de distance. Ne voyant plus
d'autre terre, quoique le tems fût assej
clair, je fis mettre le cap à l'ouest pour
aller de nouveau àlaicôte de Corée. Le
lendemain matin, le lems fut si em*
brume, que nous ne pouvions plus voir
.Quelpaert. Nous avons vu sur la par lie
de la côte que nous avions parcourue,
des rochers et ducorail d'un brun. très-
29.
Jj ( 27- )
foncé.  On voyait dans les plaines de '  ■ " ' ■*•
l'intérieur, des rochers d'une grandeur Q W 7"
énorme et de formes singulières, qui semblent annoncer que cette île a éprouvé
de grandes révolutions, et qui me font
croire qu'elle est volcanique. Nous n'avons aperçu sur la côte aucun port, et
nous n'y avons vu aucuns canots ; mais
on peut mouiller près de la pointe sud
qui s'étend au large. L'île de Quelpaert
est si élevée, qu'elle peut être aperçue
de 25 lieues de distance, et même de
plus loin.
Du 3o octobre au 3 novembre, le    3o.
tems fut assez beau et le vent faible.
D'après le compte que je me fis rendre
de la quantité de vivres qui nous restaient, je vis qu'avant la fin du mois
i nous devions manquer de tout, excepté
[ de salaisons, même en réduisant de moi-
[ fié la ration de rhum et d'eau-de-vie.
Le 3, notre longitude nous plaçait   Nov.
e près des côtes de la Chine. Le vent res-     *■
s tant fixé au S. O-, je donnai ordre de
ïi
"<4«— '797
Nov.
(272)
serrer le vent et de faire route pour approcher la terre, en sondant toutes les
heures.   Notre brassiage diminua  par
degrés. A minuit, la sonde n'ayant rapporté que 11 brasses, fond de sable dur,
je fis virer de bord et porter au large
sous petites voiles. Quoique nous dus-]
sions faire, en nous éloignant de la terre,1
la même route que nous avions suivie]
pour nous en approcher, nous trouvâmes moins d'eau pendant 3 ou 3 lieues à J
cette nouvelle route, que nous en avions!
eu à la précédente. J'attribuai cette dif-|
férence au courant, qui nous avait porté]
au nord de notre estime. Au point du
jour, je fis diriger la route sur la tertei
Le vent était violent et le terns^trè&H
brumeux. La mer agitée semblait indiquer un fort courant. L'eau était bourbeuse et *jaùnâtre, et j'en conclus que
nous ne devions pas être éloignés de la
•înfiSère de Nàmcui.-v
Dans la matinée, nous vîmes plusiéùrij
jonques, dont lès '"uxreé- étaient H^rancré (   2?3   )
et les autres à la voile. A 22 heures 45',
nous eûmes connaissance.de la terre;
mais lorsque nous nous en fûmes approchés, nous reconnûmes que c'était une
chaîne de rochers qui se prolongeaient
dafis l'ouest. A 23 heures 3o', la sonde
ne rapporta que 5 brasses d'eau. Nous
virâmes de<bord par moins de 4 brasses.
Cette chaîne de rochers nous restait au
S. 780 O., à 4 ou 5 milles de distance,
Le courant nous entraîna au nord et
nous porta au milieu des jonques qui
étaient à l'ancre. Nous aperçûmes des
terres basses dans le nord et dans l'ouest
des rochers que nous avions découvejgfs
à 22 heures. A midi, ces rochers restaient au S. 780 O., à 6 ou 7 milles de
distance, et nous pouvions à peine les
I apercevoir de dessus le pont. Ils doivent
[se trouver, d'après notre estime, par
5i° 56'31" de latitude boréale, et 122°
|4' 32"*de longitude orientale.
Le 4, à 1 heure, notre brassiage avait
augmenté. Nous fîmes route au N. E.,
11. 18
-797*
Nov.
4- H
*797
NôvJ
(274)
~ daus le dessein de ranger la côte de
Chine, qui devait être dans le nord.
Après avoiitfeit route pendant une demi-
heure , le fond diminua de nouveau jus-
. qVà 5 brasses. Nous tînmes le vent, et
je fis reprendre la route à l'E. N. E.,
lorsque nous eûmes trouvé i3 brasses.
Je crois que le courant nous avait entraîné sur un banc ; car nous aperçûmes
une bouée à l'endroit où nous trouvâmes le moins de profondeur ; mais la
brume était si épaisse,que nous ne pouvions voir distinctement aucun objet.
Dans la matinée , nous vîmes passer
plusieurs jonques qui faisaient différentes roùtes.KTo!UteStles jonques que nous
avions vues jusqu'alors avaient trois
mâts; mais une de celles qui étaient en
vue, en avait un quatrième de l'avant et
en-dehors du bâtiment. Toutes ces jonques5 étaient peintes d'une manière différente de celles que nous avions vues à-
Canton. La mer n'était plus jaunâtre ni
aussi trouble qu'elle nous l'avait paru y L
i 275 )
mais on voyait çà et là des taches de différentes couleurs, qui pouvaient faire -797
croire que la vase était agitée par les      v*
vagues.
Le 5, nous passâmes sous le vent
d'une grande jonque dont les voiles de
l'arrière étaient en toile de coton, au
lieu d'être en nattes. Elle n'était peinte
qu'à Pavant et à l'arrière, et on distinguait des caractères tracés en noir sur
la hanche de bâbord et sur celle de tribord. Elle marchait très-mal ; et quoiqu'elle eût des dérives, elle ne pouvait
pas tenir le vent. Je crois qu'il y avait
environ vingt hommes d'équipage à bord
de cette jonque.
Dans la matinée, le tems fut beau et
serein. Notre brassiage augmenta, et la
mer reprit sa couleur naturelle.
Le 6, à 18 heures, nous vîmes une
île au N. E. ,à 10 ou 12 lieues de distance. A midi, nous en étions éloignés
de 7 à 8 lieues, et elle s'étendait du N.
48° E. au N. 53° E. (276)
- j Le 7, dans l'après-midi, elle s'étèn-
-797- dait du N. 620 E., au N. 690 E. A i3h,,
v' nous la vîmes à l'est ; et à midi, elle fut.
relevée du N. 3i° E., au N. 52° E., à la
distance de 4 à 5 milles. En examinant
cette île de plus près, nous nous aper-^
eûmes qu'elle était beaucoup plus élevée que nous ne l'avions d'abord supposé ;
elle ne nous parut formée que de rochers arides. Près de l'extrémité nord,
qui est la partie la plus élevée de cette{
île, on voit plusieurs roches isolées et
peu éloignées les unes des autres. Une
d'entr'elles est beaucoup plus grande
que les autres. Cette île, qui n'est pas;;
considérable, est située par 34° 2' de^
latitude boréale, et i25° 5' de longitude
orientale.
Le 8, le vent fut frais et par grains.
Nous eûmes une grosse mer venant du
nord. Le tems était assez clair de ce côté;
mais nous ne voyions pas d'autre terre
que l'île dont nous venons de parler. Le
vent du nord nous empêchait de nous No%
( 277 )
approcher de la côte de Corée, à moins
que nous eussions voulu suivre la route -797'
que nous avions abandonnée. Je pensai
qu'il était inutile de tenir plus long-tems
la mer dans ces parages; car nous n'avions plus que pour un mois de vivres ,
même en nous réduisant à- la demi-ration. En conséquence, je fis diriger la
route au S. E. Au coucher du soleil,
nous vîmes l'île de Quelpaert au S. 55^
E. ; et l'île dont nous nous étions éloignés, au N. 240 O., à 12 lieues de distance. Au point du jour, le pic de l'île
de Quelpaert nous restait au N. 43° E.,
-à 8 ou 10 lieues de distance. A midi, ce
pic fut relevé au N. i5-Q E., à-la distance
de 2i lieues-.
Le 9, au coueher du soleil, nous le
voyions au nord. Nous en étions alors
éloignés de 24 lieues.
Le 10, à 4 heures après midi, nous
vîmes la terre du haut des mâts, et des
îles au S. 65° O., à la distance de 7 à
8 lieues. A 9heures et demie ^ elles nous
10.
L
— -j-otfxSI JE
à
( 278 )
—■■ ■ '- restaient au N. E. -f N.,à trois lieues de
l797* distance. A  i5 heures et demie, elles.
Nw*  s'étendaient du N. 170 O., au N. 33° <X
Elles étaient au nombre de cinq.  Les.
plus grandes îles se trouvaient aux extrémités nord et sud du groupe. L'île située à l'extrémité sud était élevée et
avait la forme d'un pic. Tout le groupe;)
avait peu d'étendue. A 22 heures 55',
nous les perdîmes de vue, et un mo- j
ment auparavant nous en avions relevé*
les extrémités au N. 750 O. et au N. 80*
O., à 8 ou  10 lieues de distance. En
même tems nous aperçûmes des terres
élevées dans l'E. S. E. A midi, ces terres^
s'étendaient du S. 590 E., au S.6gf* E.i
Nous vîmes encore à l'est des terres
plus éloignées, qui n'étaient pas jointes
avec les premières.
31.       Le 11, le tems fut très-sombre. A 3 b.
3o', nous vîmes au S. f S. E.,un rocher
élevé ayant la forme d'un pic. Nous dirigeâmes notre route pour passer au
large de ce rocher. Le vent soufflait du ( 279 )
nord par grains violens. A 5 heures 3of,
l'île du Pic nous restait au S. 25° E., à
4 lieues de distance. La terre relevée à
midi s'étendait du N. 6o° E., au N. 700
E. Nous ne vîmes plus la terre qui nous
avait paru la plus éloignée.
Le tems fut très-mauvais pendant la
nuit. Au point du jour, l'île formant un
pic nous restait au N. 88° E. N'apercevant plus de terre , je laissai arriver vent
arrière. Nous n'avions à bord que la
carte de Van-Keulen , sur laquelle l'île
de Meaxema est placée sous le parallèle de 32° de latitude boréale. La terre
que nous avions vue la veille dans l'E.
S. E. et au N. E., appartient probablement à cette île. Lors de ce relèvement,
elle nous avait paru très-haute, et nous
l'avions vue sur la partie orientale des
montagnes qui se terminaient en pointe ;
mais dans la soirée, le tems fut si sombre qu'il nous cacha presque entièrement les objets, et je ne pus pas vérifier la position de l'île formant un pic.
-797-
Nov. -797-
Nor.
12.
( 280 )
Le 12, nous tînmes le vent avec une
grosse mer. À 2 heures et demie, nous,
vîmes de l'avant à nons une 'île très-
élevée , et dont le sommet était arrondi.
A 5 heures, nous découvrîmes quatre
autres îles dans différentes directions',
et qui s'étendaient du S. 3o° E., au N.
Go" E. Nous étions environ à 10 lieues
de file la plus proche. Une demi-heure
après, nous sondâmes sans trouver fond.
Au point du jour, ces îles s'étendaient
du S. 15° E., au N. 45° E. Elles étaient
au nombre de huit. À21 heures, la plu»,
occidentale, près de laquelle est une roche très-élevée,bous r e si ai t au S.5° O.,
à 2 lieues de distance. À midi, nous
comptâmes dix îles de grandeurs différentes, qui s'étendaient du S. io° E., au
N. 45° E. Nous vîmes dans la matinée,
de la fumée sur les trois plus grandes
îles, qui étaient très - élevées et très-
arides. La plus haute de toutes, qui était
'Celle que nous avions aperçue la première, nous restait à l'heure du relève-
iiVa ( *8* )
ment, au S. 58° E. Elle avait la forme i „
d'une montagne haute et arrondie, et -797*
sa partie nord est très- escarpée. On peut v*
l'apercevoir à une grande distance; c'est
la même île que nous avions aperçue le
i5 juillet 1797, lorsque nous passâmes
à l'est de ce groupe en faisant route
pour aller au nord du Japon. Nous
éprouvâmes aujourd'hui, pour la pre-
iêéère fois depuis notre départ de Cho-
san, un fort courant qui nous porta de
59 milles au S. 38e*E. Ce courant, joint
au vent contraire, nous empêcha de reconnaître la partie méridionale des îles
du Japon.
Le i3, nous vîmes une autre île au i3»
S. ioa O. Le groupe d'âes vues précédemment , s'étendait du S. 49° E., au N.
5o° E. L'île la plus proche était à 5 lieues
de distance. A midi, toutes ces îles s'étendaient du S. 290 E., au N. 66° E., à
la distance de 10 à 12 lieues. Depuis la
veille, le courant nous avait porté de
20nulles à lest. -797
Nov.
4*
i5.
10.
*7-
18.
*9-
( 282 )
Le 14, au coucher du soleil, nous
aperçûmes encore une autre île au S,
io° E. La plus méridionale de celles qui
avaient été relevées à midi, nous restait
au S. 37°E., à 10 ou 12 lieues de distance. Les îles vues les dernières étaient
petites et composées de rochers élevésjj
A 19 heures, nous eûmes connaissance
d'une petite île au S. 32° E. Depuis la
veille, le courant nous avait porté de
28 milles au N. 5o° E., quoique nous
eussions un vent de N. O. très-fort.
Le i5, à 2 heures et demie, la petite
île vue à iq heures, nous restait au N.
88° E, Après l'avoir relevée au N. 83*
E., nous la perdîmes de vue.
Le 16 , depuis le 14 à midi jusqu'au
16, le courant noua avait porté de 43
milles au N. 5o° E.
Le 17, il nous avait entraîné de 16.
milles au N. 39° E.
Le 18, nous n'eûmes que 8 milles de
différence à l'est de notre estime.
Le 19, notre latitude estimée était de (283)
s60 22' nord. Depuis la veille, le courant
nous avait porté de 39 milles à l'est.
Le 20 à midi, nous aperçûmes de dessus le pont des terres au S. 2° O. Nous
reconnûmes qu'elles appartenaient à
l'une des îles Likeujo, au milieu desquelles nous avions passé le 7 juillet
dernier. A 5 heures, avant de les perdre
de vue, elles furent relevées au S. 15°
E. ,à 14 ou i5 lieues de distance. Le
courant nous avait porté de 10 milles
dans le nord.
Le 21 , vent grand-frais , mer très-
grosse y tems couvert. A 22 h. et demie,
nous découvrîmes la partie septentrionale de Formose, au S. 5o° E. A midi,
nous distinguions à peine cette île au»
travers de la brume. Elle s'étendait du
S. 65° E., au S. 7 5° E., à 5 ou 61ieues de
distance.
Le 23, le tems continua à être mauvais. Notre brassiage diminuait à me-*
sure que nous nous approchions des
côtes de la Chine. Le vent ayant un peu
-797-
Nov.
20,
21,
23. (284)
 faibli, je fis diriger la route sur la terre^
I797* que nous vîmes à 18 heures et demie au?
N. 240 O., à 3 ou 4 lieues de distance.
Peu après,nous aperçûmes au S. 6i° O..
l'île Chappel, située au sud du port*
d'Amoy. Nous en passâmes à 2 ou 3 milles de distance. Le beau tems avait fait
sortir du port une quantité innombrable!
de bateaux pêcheurs. Ils étaient petits ,^
et généralement peints de différentes
couleurs. A tous on voyait des ronds-,
dessinés sur le fond de la couleur principale. A 22 heures et demie, avant de
perdre de vue l'île Chappel, nous la re-|
levâmes au N. 33° E. A midi, la mon-|
tagne  arrondie qui est située  au sucfc*
d'Amoy, nous restait au N. i3° E., etp
l'extrémité de la terre vue au sud, au
S. 68° O. On voyait le long de la côté^
quelques petites îles qui s'étendaient dw
N. 52° O., au N. 6.8° O., à 2 ou 3 lieues
de distance. Des terres élevées et arides§
nous restaient au N. N. O.
Le 24, à 2 heures, nous découvrîmes. _S8*£
mm
( 285 )
deux roches de l'avant. Je fis gouverner
plus au sud pour les éviter. Après avoir
fait 13 milles, nous les doublâmes à 2 ou
3 milles de distance, et nous reprîmes
notre première route. A 6 heures, nous
aperçûmes de dessus le pont les îles
Larnoch au S. 70° O. NoUs distinguions
à peine les roches que nous avions vues
auparavant. Les extrémités de la côte
de Chine s'étendaient du N. 5° E., au
N. 88° 0.,à6ou 7 lieues de distance.
A midi, notre latitude estimée fut 220
57' N. Nous serrâmes le vent pour nous
avancer à l'ouest. Au point du jour, la
côte de Chine s'étendait du N. N. E. au
N. N. O., à 3 ou 4 lieues de distance. On
voyait au loin la mer couverte de bateaux pêcheurs. Pendant les 24 heures,
le courant nous avait porté de 22 milles
à l'O. S. O. A midi, nous nous trouvâmes à moins de 3 milles de la pointe E.
de ce qu'on appelle la baie de Reyor-
son, près de laquelle l'eau nous paru$
avoir changé de couleur. Nous avions
-797*
Nov. ( 286 )
avant midi gouverné au sud. A midi,
l'ouverture de la baie de Reyorson s'étendait du N. 390 E., au N. 700 O. Nous
étions à 2 ou 3 lieues de quelques îles
situées à l'entrée de cette baie.
Le 25, nous vîntes Pedro - Blanco.
A 4 heures et demie, il nous restait
au S. O. A 6 heures, nous en étions
au N., à 4 ou 5 milles de distance.
A 18 heures, nous vîmes le grand Leraa
à l'ouest, à la distance d'environ 4 lieues.
Nous dirigeâmes la route pour, passer.,
au nord. A 20 heures, il nous restait
au S., à 2 ou 3 milles de distance.
A midi, nous le relevâmes au S. 75° E.,
l'Ile de Pootory au N. 88° E., le pic de
Lantoe au N. 2a0 O. Le couranjt nous
avait porté depuis la veille de 22 milles
au S. 61 ° O.
Par des observations faites' lorsque
Pedro-Blanco et le grand Lema nous 1
restaient au sud, nous avons déterminé
la position de ces deux points de la ]
manière suivante : (28?   )
4'N. -
114   14  L>
22   18  N.
n5    6   E.
1191-
Nov.
#»     j r   _     Ç Latit.    .    •    •
Grand Lema. J
) Longit.      .    .
n   1      ni \ Latit.    . .
Pedro-iJIanco. 5
/ Longit.
Les longitudes obtenues par la montre , sont corrigées d'après le mouvement trouvé dans la rade du Typa.
Pedro-Blanco est à 5o milles dans le
N. 7 6° E. de l'île appelée le grand
Lema.
Le 26, nous eûmes du calme dans   26.
l'après-midi ; mais le courant nous étant
jjfavorable , nous nous laissâmes dériver
dans le canal formé par plusieurs îles
et la pointe de Lantoe. Notre brassiage
augmenta par degrés de 10 à i5 et à
a5 brasses, lorsque la  pointe Lantoe
nous restait à l'E. à 5 ou 4 milles. Nous
mouillâmes par 12 brasses fond de vase.
A ce mouillage , le pic de Lintin nous
restait au N. 6° E., celui de Lantoe au
N. 7&°.E., et la ville de Macao au
S.8B° O. Le matin , je fis rassembler 27.
( 288 )
l'équipage, et après le service divin , je
*797- recommandai à tous ceux qui le com-
*^ov- posaient, de garder le plus grand secret sur ce qui avait rapport à notre
voyage ; ensuite je me fis remettre tous
les journaux qui avaient été faits pendant la campagne.
Le 27 , nous eûmes de petits vents
du nord. A 2 heures, le courant, qui
s'était fait sentir pendant 12 heures ,'
ayant diminué , nous levâmes l'ancre ,
et nous nous mîmes en route pour
Macao. En nous y rendant , nous parlâmes à un bâtiment appelé Britannia ,
qui arrivait du Port - Jackson, et qui
allait à Canton. Nous arrivâmes à la
Huit sur la rade de Macao, et nous y--
mouillâmes par 3 brasses. Le lendemain
matin, le vent soufflant bon frais du
N. E., je fis lever l'ancre, et nous nous
rendîmes sur la rade de Typa, où nous
reprîmes notre ancien mouillage. Nousl
y trouvâmes à l'ancre le JDuff, navire
marchand, arrivé  de la mer du Sud. (   289  )
D'après les observations faites à terre, ■■   '■ ■■
la longitude, de Macao par le n.° 45,        - 797 ■
Etait de n5° 45' 38" E.       °V'
La vcntable longitude est
de u5   32    8
. Différence  11' 3o"
D'où? je conclus qrie le mouvement
de celte montre avait été assez régulier depuis que nous avions relâché à
Chosan.
REMARQUES
Sur les bâtimens du Japon et de la
Corée,
Les jonquesjaponaises que nous avons
eu occasion de voir, pouvaient porter
depuis  5o jusqu'à  5oo tonneaux ,   et
elles étaient  toutes  construites de la
même  manière.  Elles n'avaient qu'un
màt et une seule voile carrée de toile-
de coton. Nous en avons trouvé qui
nous gagnaient le vent ; mais en gé-
aérai nous marchions mieux qu'elles.
it 19
U —<
( 29° )
Elles ne pouvaient pas virer "vent de»
vant ; mais elles viraient très-prompte-
ment vent arrière. Leurs ancres ont
4 ou 5 becs , et ressemblent à des
grapïns de fer. Le gouvernail est construit comme celui des jonques chinoises. On lève pancre par le moyen
d'un appareil qui leur est particulier.
L'extrémité des bordages et l'arrière
du bâtiment étaient recouverts en cuivre , afin qu'ils pussent se conserver..
L'arrière de ces jonques ressemble à
la poupe des bâtimens d'une très-ancienne construction , qui n'était pas arrondie , mais coupée verticalement. Au
Meu d'être plate , et de se trouver sur
un même plan , elle est formée par
deux plans inclinés, dont la partie la
plus saillante est en arrière. Dans le
milieu, qui est la partie rentrante de
la poupe , on a pratiqué une rainure
dans laquelle  passe le  gouvernail.
Ces jonques ne sont pas pontées. On
y a disposé dçs réservoirs ou des ci-
V. ( 29* )
ternes pour conserver l'eau. Le mâjt
est composé de plusieurs pièces de hmq '
grossièrement travfdlliSS^Éf.et mainte*
nues par des cercles, de fer. Le fond»!
la. membrure , les baux et la pièce prinw
cipale du gouvernail sont en boisr'djl
chêne ; le reste est en bois de pin. Noms
n'en vîmes aucune qui fût peinte.
Les jonques, de la Q@fée sopt grandes , et n'ont, comme eeïfeês) du Japon i,
qu'un, mât; mais nous n'en avons vu
aucune à. la voile. Les canaux dont les
Coréens se servent dans l'archipel qui
lest vis-à-vis Pentrée du port de Cho-
san, ressemblent assez à eeux des Chinois , sur-tout pour la manière, dont
on les fait naviguer. Lemjsrancres sont
en bois. Ces. canots ont deux mâts, ejt
des voiles de  nattes ;   mais   elles».£*ié
sont pas soutenues, par des  bambous
placés en croix, comme les voiles, des
bateaux chinoisw;-Au milieu de l'embarcation ., il y a un foyer de forme car-
Jtée.construit enterre glaise, dans^fep;
-797 •
Nov.
If (  292 )
— quel ild entretiennent toujours du fett
797» pour allumer leurs pipes. Les Coréen*
ne se servent pas de tendelets comme
les Chinois ; mais chaque individu porte
un manteau dune étoffe très-grossière:
lies canots des CoréètW^Stàiènt consul
traits en bois de sapin. Les avirons
étaient en chêne ou en frêne. Il me
parut: 'qu'ils les' manœuvraient avec
beaucoup d'adresse. Quelques - uns de
ces canots pouvaient porter 5o à 6$
hommes, et marchaient très-vite.
Je regarde comme iflftftile d'entrer
dans aucun détail sur le reste de noire
▼oyage. Nous nous rendrrnes à- Madras
par le détroit de ' Malacca, et de Ma%
dras nou& allâmes^ à Tritaqtférn'àre. Dô
•TrinquëmaM?, }êfpattls pour me rendre
en Angleterre , où j?asrtrivai au mois
de février H^99 , après une absence
île quatre ans. Je me regarderai cofrnuel
pleinement récompensé de mes travaux, (295)
si lés savàns  et les géographes trou- ■	
vent dans le Journal de mon voyage I797<
i ,• •       • • Nov»
quelques  notions qui puissent ajouter
aux connaissances que nous avons du
globe.  hLES de la Toute de la Providence, et du petit
mment sur lequel le capitaine Broughton a continué
[ campagne ; contenant la position du vaisseau
Igaiï/i? 3i juillet 1796, jusqu^au 27 novembre 1797,
I hauteur du mercure dans le baromètre et dans
whemomètre , ainsi que la déclinaison de U aiguille
\mtée. ■mmi'ii uujj!--
-À
(296)
1,796.
Ther.
Barom.
Route.
Chemin
Haut, i
mer.
Lat. oL
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N.   8
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N. 14
O.
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79
3o 24
N. 10
O.
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N. 85
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S. 88
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N. 64
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N. 75
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N. 78
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VOCABULAIRE
De l'île d'Insu.
'Nota. Il faut observer que les mots des trois vocabu
l.aires sont écrits selon l'orthographe anglaise.
Ark.ee,
Appeass,
Tambene,
Penzy,
Erracoosh,
Koo,
Kooka,
Eckyoop,
Yewknema,
Atoosh,
Askippi,
Creak,
Meemack,
II.
venez-ici.
marcher,
demander   le   nom   d'une
chose,
un navire,
morue sèche.
un arc.
la corde d'un arc.
un carquois,
peau de daim,
grenouille,
le doigt,
la barbe,
les dents. ( 3o8 )
Shoo,'
Massacaree |
Oikyo,
Meanako,
Haat,
Soom,
Hipparee,
Chucaup,
Sarraneep,
Ya,
Magiddee,
Tsheeree,
Seecham,
Kanzee,
Wakha,
Sherima,
Horopsee.
Kadanna.
Wagasassa.
Ka,
Shoomotza,
Yewbee,
Oyewbee,
Sinnee,
•Momo,
Ooudee,
Nagayewbee,
pot de fer ou de cuivre,
une hache,
un homme,
une femme,
des raisins,
huile de poisson,
un ours.
Un aigle,
un panier.
filet pour prendre du poisson,
couteau,
pipe.
un Japonais,
un aviron,
de l'eau,
dépêchez-vous,
boire,
épée à deux mains,
épée.
un fusil,
un livre,
le doigt,
le pouce,
la jambe,
la cuisse,
le bras,
le doigt du milieu. ( 3o9)
Gedah,
des sandales
Tenoogambe,
le poing.
Kame,
du papier.
Enoo,
un chien.
Necko ,
Un chat.
Vasasso,
un enfant
Koodge,
les lèvres.
Assee,
le pied.
Olongyse,
le menton.
Meemee ,
l'oreille.
o,
oui.
m
non.
Karnu,
cheveu.
Foonil,
navire.
Timma,
canot.
Tcha,
thé.
Sado ;
sucre.
-Tabacco,
tabac.
Vocabulaire des îles de Likeujo.
Mizee,
eau.
Ing,
un chien.
Shirée ,
une pipe.
Ching,
grenouille
Mee,
l'œil.
Myo,
sourcil.
Hanna,
nez. J
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(3io)
Haa,
les dents.
Karatzee,
les cheveux. .
Timma,
un bateau.
Mecmee,
l'oreille.
Yecobee,
le doigt.
Coya,
un concombre.
Mo,
des patates.
Tloonee ,
un navire.
Oosse,
le soleil.
Kante,
du cuivre.
Koodgec f
la bouche.
Orra,
main.
Kapa,
chapeau.
S lice ,
pied.
Vocabulaire de la langue coréenne, en usage
h Cho s un.
Hannah,
Toool,
Soe,
Doe,
Tas s ah,
Yessah ,
Yerogo,
Yaltai,
Aho,
Ysel,
I.
2.
3.
4-
5.
6.
7-
8.
9-
IO.  1
Noms de nombre en usage au Japon et dans
les (les voisines.
Japon.
Hikrîtjo.
I'ISTC.
I»
Stozee,
stlitz,
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a>
Statze,
statz,
too.
5,
Mitzee,
mitz ,
liep.
4,
Yeatze,
yeatze ,
eenep.
6,
Idotzee,
'   itseitzy ,
asheak.
6,
Nitzee,
nitz ,
ewan.
7»
Nauatzee,
nanatzy,
arrawan.
8,
Josée,
kokonitz ,
lepish.
9*
Kokonitz .
yralz ,
toopish.
10,
Toc,
toc,
wauna.
Notice de euélaues'vlantès de Tfle a Insu.
( On a marqué fane * celles qui sont cultivées. )
Betula aluns. -
Betula alba.
Punis, abies.
Quercus, espèce à feuilles de noyer-
Fraxi n us nigra.
Taxus baccala.
Taxus nucifera.
Ulmus campestris.
Populus balsamea.
Magnolia acumiuata.
Hydrangea arborea. - ( Si3 g
Hydrangea scandens j espèce nouvelle dont il y
a deux variétés.
Rubus • trois espèces. L'une a un fruit bleu;
la seconde a un calice garni de poils glanduleux • la troisième est peut - être le Rubus
incanus de Thunberg-.
Rosa pomifera • c'est probablement l'espèce
appelée Rugosa par Thunberg.
Iris •   une espèce.
Morus papyrifera • à petit fruit.
Impatiens noli me tangere.
Vitis Japonica.
Vitis vulpina.
Artemisia maritima.
Artemisia vulgaris.
Polygonum viviparum.
* Polygonum multiflorum.
Polygonum • une autre espèce^.
Triticum maritimum.
* Ocymum crispum.
Mentha aquatica.
Polypodium vulgàre.
Polypodium villbsum»
Acrostichum trifoliatumv
Trichomanes; une espèce.
* Allium.
Fagus castaneav
^agus sylvestre 1
(M)
Chœropyllanv sylvestre.
Lamium album.
Ie Phaseolus.   ,
* Zea mays.
Raphanns.
Cerinthe • à fleurs bleues.
Lichen.
Bryum.
Orchis • une espèce.
Juniperus sabina.
Equisetum hyemale.
Equisetum arvense.
Juucus sylvestris.
Cy tisus ) a fleurs blanches, semblables h celles
du Laburnum.
Notice de quelques plantes des îles Likeujo.
Canna indica.
Curcuma longa.
Crinum Asialicum.
Amaryllis.
Buxus semper virens.
Ixia j deux espèces.
* Citrus limonica.
Corypha umbraculifera.
* Chamaerops excelsa.
* Azalea Indica.
■H» (3i5>
* Camellia sasanqua.
* Convallaria Japonica.
* Mimum sativum.
Pinus.
Quercus.
* Amygdalus pumila.
* Nicotiana tabacum.
Draccena •  à fleurs bleues,   pendantes ; c'est
la même espèce qu'on trouve à la. Nouvelle
Hollande.
Cucumis ; deux variéie's.
* Solanum.
Malva.
Ulmus.
Tussilago • les habitans en mangent la racine.
Notice de quelques plantes de Corée.
Azalea Japonica.
Pinus tœda.
Rubus j une espèce.
Campanula ; trois espèces.
Allium ; une espèce.
Hyacinthus.
Polypodium.
Acrostichum trifoliatum.
Vitis vulpina.
* Raphanus. '( 5i6 )
■* Cucurbita : plusieurs variétés.
Rosa ; une espèce : c'est te rosier nain rampant.
Bryonuu
Atriplex.
Salix* une espèce.
Dia n t h u s arvensis.
Galium.
Serrai u la.
Planlago major.
(Ion vol vu lu s.
Polygonum: trois espèces.
Artemisia: trois espèces»
Juuiperus sabinc.
Lichen.
I.VMiii.trhia.
Farnassia paiustris. ( 5l7 )
VOYAGE
DE LAXMANN
A    MATMAÏ    ( I k s « )
i E s découvertes de La Pérouse et de Broughton nous ont enfin donné les moyens, ainsi qu'on
l'a remarqué dans l'a Préface , de mettre l'île de
Jesso ou Insu à sa véritable place ; mais d'ailleurs
nos connaissances sur cette île sont encore bien
peu étendues. Le capitaine anglais n'ayant
abordé qu'à un seul endroit, et n'ayant pu pénétrer dans l'intérieur, nous ne connaissons que
le contour d'une partie des côtes , et nous attendons que les travaux d'un navigateur plus heureux nous procurent les lumières qui nous manquent sur le reste. Ce défaut de renseignemens
m'a fait penser que le public verrait avec plaisir
la relation d'une expédition faite par les Russes
à l'île de Jesso en I7g2. Cette relation est tirée
des Ephérnérides géographiques de Weymar,
cahier de juin i8o5. Les rédacteurs l'ont fait pré- (3i8)
céder d'un Avant-propos dont je me borne à
extraire ce qu'il y a d'essentiel. Dans le cours de
la relation, on a noté les points de conformité
qu'elle présente avec celle de Broughton.
C'est dans le courant du dix-huitième
siècle, que les Russes ont commencé à
expédier, des ports de Sibérie et de
Jvamischaïka, des navires pour commercer avec les îles voisines , ainsi
qu'avec la côte nord-ouest de l'Améri--
que située vis-à-vis de ces ports.
Les Russes connaissent les.îles Ruri-
les depuis i 711 ; mais ce ne fut qu'en
1738 que le capitaine Spanberg et le
lieutenant Waltan les examinèrent avec
plus d'attention, et en donnèrent une
connaissance plus étendue. Ces deux
navigateurs abordèrent aussi au Japon.
11 se passa quarante ans sans que le
pavillon russe parût de nouveau sur les
côtes du Japon. Cependant le gouvernement russe avait établi à Irkutsk. en (3i9)
Sibérie, une école d'hydrographie où
l'on enseignait aussi le japonais.
En 17 77, la maison Schelecow et compagnie , d'Ochotsk, expédia pour les
îles Kuriles et celles du Japon, un navire qui visita l'île de Matmaï ( Insu ).
Peu de tems après, ce bâtiment fît le
même voyage sous le commandement
du négociant Schebalim, qui, en 177g,
retourna à Matraaï ( Insu ), où il essaya
de faire le commerce avec les habitans;
mais le commandant japonais éluda très-
poliment ses demandes.
En 1792, le gouvernement russe'fit
équiper à Ochotsk, un navire pour reconduire au Japon un négociant de ce
pays,nommé Kodoju,et les gens de son
équipage. Ce négociant, qui montait un
navire chargé de blé, avait été jeté par
le mauvais tems sur l'île d'Onalaschka.
Les Japonais parurent tellement satisfaits du bon accueil qu'ils avaient reçu
des Russes, qu'on espéra pouvoir, par
leur entremise, établir des relations de (  320   )
commerce avec le Japon. On donna le
commandement du bâtiment au lieutenant Laxmann. Catherine II aurait craint
de compromettre sa dignité en confiant
celte mission à quelqu'un d'un rang
élevé, ou en l'appuyant d'une dépêche
écrite de sa main, et adressée à l'empereur du Japon. Elle se contenta de char*
ger la régence d'IrkuLsk d'é rire au
gouvernement japonais. Cette faute fut
probablement une des principales causes du peu de succès de l'expédition.
Extrait du voyage du lieutenant
Laxmann.
Le lieutenant Laxmann partit d'O-
chotsk le i3 septembre 1792. Le 17 ,il
arriva à l'île de Jonas, une des Kurdes.
Le 7 octobre, il laissa tomber l'ancre
dans la baie de Nimuro, située dans
l'île de Matmaï ( Insu ). Il y fut reçu
par un grand nombre de Kuriles ! et
» On Yoit par cette expression, que l'auteur de ( 5a i )
de Japonais ■ mais l'empressement de
ces derniers, et l'on s'en aperçut bientôt, était celui de la vigilance et de la
défiance. Le négociant Schebalim, qui
était de l'expédition, remplit les fonctions d'interprète. Les Russes passèrent
l'hiver dans la baie de Nimuro, surveillés par un Japonais qui y avait une jolie
maison avec un magasin.
M. Laxmann avait envoyé le 13 octobre , par un messager Japonais, une
lettre au gouverneur de Matmaï. Il lui
annonçait son arrivée et le motif de son
voyage ; il lui faisait part du dessein
qu'il avait de passer l'hiver à Nimuro ,
et le priait d'en informer le gouvernement du Japon. Le gouverneur répon-
la relation partage l'opinion de La Pérouse, et
comme ce célèbre navigateur, pense que les habitans des Kuriles, ceux de Jesso et de Ségalien,
ont une origine commune, et qu'ils diffèrent entièrement des peuples de la partie du continent
de l'Asie la plus voisine, ainsi que des Japonais. ( Voyage, tome 3, page U4-) ( 332 )
dît qu^il avait fait passer à Jeddo la lettre du commandant russe.
Quelques employés japonais vinrent
de Mat mai à Nimuro, le 29 décembre.
Le prétexte de satisfaire leur curiosité
cachait un autre motif. Ils dessinèrent
les cartes, les plans et les instrutnens
qu'ils trouvèrent chez les Russes ', et
prirent., avec une adresse singulière,des
modèles do plusieurs outils et de diverses machines. -C'est aux cartes de géographie qu'ils attachaient la plus grande
importance.
Les environs de Nimuro abondent
en plantes de toute espèce. On y voit
des pins, des sapins, des vignes, des
châtaigniers, des pruniers et d'autres
végétaux naturels à un climat tempéré.
L'île de Matmaï a trois volcans ". On
1 Les Japonais qui vinrent visiter Broughton
à son bord, lorsqu il était mouille' dans la baie
des Volcans, dessinèrent aussi tous les objets qui
frappèrent leur curiosité.
a Broughton a vu ces volcans, et c'est ce qui ( 525 )
trouve au pied d'un de ces volcans, des
sources d'eau chaude très-estimées des
Japonais.
Les Russes ne purent former aucune
liaison particulière avec lesKuriles,qui
sont les habitans originaires de l'île. Les
Japonais surveillaient ceux-ci comme
des esclaves, et leur interdisaient tout
commerce avec les étrangers \ Les
Ruriles n'osèrent pas même accepter
les présens que les Russes voulurent
leur faire pour les payer des services
qu'ils..-leur avaient rendus par l'ordre
des Japonais.
La nourriture principale des Ruriles,
outre le froment et le riz que leur apportent les Japonais, consiste en poisson, champignons et racines sauvages.
l'a déterminé a appeler baie des Volcans, celle
«m il aborda, et autour de laquelle ils sont situés.
1 La conduite des Japonais a été la même en-
Vers Broughton , qu'ils ont empêché , tant qu'ils
l'ont pu, de communiquer avec les naturels du
|>ays.
il. à
m
IL (M)
Ils mangentaussi une espèce de gazelle
qui se trouve dans leur fie, et des chiens
qu'ils engraissent et dont ils estiment
beaucoup la chair. lis vendent aux Japonais des poissons secs de toute espèce,
de la graissa de chien de mer, de l'huilé
de cheval marin et de poisson, des peaux
de castor, de loutre, de zibeline, de
renard et d'ours, ainsi que du fiel de
ces derniers animaux, que les Japonais
paient fort cher.
Le 39 avril 1793, on vit arriver à
Nimuro une déptrëatlon nombreuse qui
venait de Jeddo et de Matmaï. Elle était
composée de soixante Japonais et de
cenf^haquante KurHes. Ces dernfeWT
remplissaient les fonctions de gardes et
de porteurs. Le lendemain, les Russes
reçurent unetinvitation de se rendre au
lieu où se trouyajjt la dépulation. On les
fit entrer dans une Y,ajS$e. salle qui fut
.agrandie en un instant, parce qu'on enleva lesuparavent* «jui la partageaient
en plusieurs appartemens.   On régala ( "325 )
les Russes de thé et d'autres rafraîchis-
Semens ; après quoi, on leur lut la dépêche de l'empereur du Japon, qui contenait la réponse à la demande qu'ils lui
avaient adressée. L'empereur leur refusait la liberté d'aborder, <à un autre port
•du Japon- mais leur accordait la permission d'aller par terre, avec une escorte , à Matmaï, pour y remettre au
gouverneur les Japonais qu'ils avaient
iimenés. Comme la permission de l'em-
-pereur ne satisfaisait pas les désirs des
Russes, M. Laxmann ne voulut pas
l'accepter. Les Japonais mirent tout en
usage pour détourner les Russes d'aller
fplus loin par mer, et continuèrent ce
manège jusqu'à la fin de mai. Alors
M. Laxmann, ennuyé d'avoir attendu
si long - tems, déclara fermement aux
-Japonais qu'il ferait sans eux, et quoi
qu'il pût lui en arriver, le voyage par
•mer jusqu'à Chakodasche, qui était le
port le plus près de Matmaï. Les Japo-
jiais voyant que sa résolution était iné-
I à
( 5s6 )
branlable, consentirent à  l'accompa^.
gner. Le bâtiment quitta  Nimuro let
4 juin , «escorté par deux jonques japonaises.
Le 24» les Russes mouillèrent vis-à-
vis d'Aktis. Ce port est profond, Vaste
et commode. 11 est entouré de montagnes couvertes de bois qui le mettent à
l'abri des vents. Un inspecteur japonais
y réside.
Le 4 juillet, les Russes mouillèrent
dans la rade de Chakodasche. Le daig-
wan ou commandant de la ville vint
aussitôt les y trouver, et leur offrit ses
services de la manière la plus polie. Il
donna un détachement de soldats qu'on
lui avait demandé, pour écarter la foule
importune des curieux, et il envoya
trente canots montés en partie par des
K u 1 ilcs, qui remorquèrent le bâtiment
jusque dans le port, où il lui était impossible d'entrer faute de vejît. L'après-
midi , les Russes furent invités de descendre k terre pour aller faire usage des (327)
bains du daigwan.Lorsque M.Laxmann;
et sa suite mirent pied à terre ,ils furent
reçus avec de grandes cérémonies par'
le commandant et les principaux, de la
ville. On les conduisit à un édifice, au-
dessus de la porte duquel on lisait l'inscription suivante , écrite sur une planche : « Maison des Russes. » La maison
était joliment meublée-, et attenante à
un beau jardin. Après le bain, on régala les Russes d'une collation, et on
les reconduisit en cérémonie.
M. Laxmann alla le 9 visiter le côté
septentrional du port, vis-à-vis de la
ville. Il vit des deux côtés de la route
des champs cultivés avec le plus grand
soin, et où l'on avait semé du froment i
des lentilles , des pois, du chanvre et
du tabac. Les jardins étaient remplis.de
navets, de raves, de, carottes,de betteraves , de fèves, et d'une espèce de hari-
Qût. Il n'aperçut pas de bestiaux, et ne
rencontra, pas d'autres oiseaux domestiques que des poules*. On lui refusa la (338)
permission de se promener dans la ville.
L,e i3 avait été le jour fixé pour quitter Cbakodasche et se mettre en route
pour Matmaï. La veille on vint prendre
M. Laxmann en grande cérémonie, et
il passa la nuit, dans la maison dont on
a déjà parlé. Le lendemain on lui annonça que tout était prêt pour le départ. On avait amené peur lui et pour*1
le premier slurmnnn deux norîmons '
portés - chacun par quatre hommes, que'
d'autres   relevaient   toutes   les   demi-^
heures, sans relarder en rien la marche.
On donna aux autres personnes de la*
suite, des chevaux conduits chacun par
deux hommes. Tout Je cortège comprenait quatre cent cinquante person-'
ries. Voici les noms des villes et des?
bourgs qu'on traversa r Mojaisehi, Ni-'
kona,   Schirduschi , Fuguschina , Jus-
' On sait que ce sont ôSest espèces de ebaises-âi
p*ri9»fî' èti Usage au Japon. Kœmpfer «tThunt-
berg eu font meutionv choga, Refige et Ossamarussa1, qui était
la dernière station avant d'arriver à
Matmaï. On avait préparé dans chaque
endroit une maison pour les Russes, et
on y avait placé la même inscription
qu'à Chakodasche.
Lorsque l'on quitta Ossamarussa, une
garde de six cents hommes se joignit au
cortège, et ce fut au milieu de cette
troupe que les Russes firent leur entrée
dans la ville de Matmaï. Toutes les maisons étaient ornées de tapis ' et remplies de curieux. On ne voyait dans les
rues que des préposés de la police, qui
se tenaient à chaque carrefour avec
leurs hallebardes croisées. On avait placé
une garde de cent vingt hommes devant
la maison où les Russes devaient loger.
> Il est fâcheux que la relation ne dise pas dans-
quelle direction ces endroits sont situes, ni
quelle est la distance de l'un à l'antre.
» Lorsque Broughton a passé devant Matma'i,
il a vu les maisons, ornées de tapis et de pièce»
d'étoffe. '( 53o )
Cette maison était bien pourvue de. tables , de chaises, et de toutes sortes de
meubles neufs et dans le goût européen.
Derrière la maison, il y avait un jardin
dont la haie d'enceinte avait été considérablement haussée, afin d'empêcher
les Russes de voir au-dehors. Dans la
soirée, des maîtres de cérémonie vinrent conférer avec M. Laxmann, sur le
cérémonial à observer dans les audiences et les conférences. Ils lui proposèrent de paraître à leur manière, c'est-
à-dire les pieds nusj de semettre ensuite
à plat ventre, puis de se coucher sur le
eôté droit, ou de présenter ses lettres à
genoux. M. Laxmann refusa de faire
toutes ces démonstrations d'abaissement, et fit voir aux Japonais que les
manières européennes étaient beaucoup,
plus commodes. Ils consentirent à ce
qu'il s'y conformât. En conséquence,le
lendemain on vint prendre les Russes ,
et on les conduisit à la maison destinée
aux négociations. Elle était située sur C 35* )
«ne.colline escarpée, et on n'y prouvait
arriver que par un escalier. Les plénipotentiaires japonais étaient assis en
demi-cercle dans une grande salle. Dès
que les Russes se furent assis, le plus
âgé des plénipotentiaires japonais lut à
haute voix un écrit qui déclarait que
la traduction japonaise de la dépêelft*
russe étant inintelligible, on n'en pouvait tirer aucune lumière, et il la rendit
à M. Laxmann. Ensuite, pour faire en
quelque sorte excuser cette manière
d'agir , qui semblait une défaite, il
donna ordre d'enlever les paravents qui
étaient du côté du jardin , et il fit voir
un présent de cent sacs de riz- destinés
aux Russes. Enfin on remit à M. Laxmann un écrit; et dans le reçu qu'on lui
en demanda, se trouvait contenue la
promesse de le faire parvenir à son gouvernement. On passa ensuite dans un
appartement voisin où l'on avail ap»
porlé toutes sortes de rafraîchissemens
après quoi on retourna dans l'apparte» ( 33a )
ment des conférences. On permit à
M. Laxmann de faire ses propositions
de vive voix:: il les exposa avec quelques détails. Il témoigna le désir le plus,
vif d'être présenté à l'empereur dû Japon , et assura quô l'impérétrice de Russie était disposée à s'unir d'une étroite
amitié avec g6 souverain» On lui répondit que, d'après les lois de l'Empire, il
n'était pas permis aux étrangers de se
rendre à Jeddo, et que d'ailleurs , puisqu'il avait parlé aux plénipotentiaires de
l'empereur, c'était absolument comme
s'il eût parlé à ce prince en personne.
On ajouta qu'on le priait instamment de
faire toutesises dispositions pour quitter
au plutôt le port de Chakodasehe et re-,
tourner en Russie , ou bien aller à Je-
dbmo, port qui lui était désigné pour y
aborder. Ce discours fini, les plénipotentiaires se retirèrent, et les conférences furent terminées, t
On reconduisit les Russes à leur logement, où ils trouvèrent beaucoup de (3f3)
présens qui leur -.étaient donnés tant
au nom de l'empereur du Japon, que
de la part du gouverneur de Matmaï^
M» Laxmann ayant fait connaître qu'il
désirait parler à ce gouverneur, et lui
témoigner sa reconnaissance en lui offrant aussi des présens, on lui répondit
qu'il était impossible de consentir au
premier point ; mais on accepta les
présens.
Le 'lendemain, deux JaponaîS*Vflirent
trouver les interprètes russes * et s'ofiipv*
rent pour les aider dans la traduction
de la dépêche russe que les plénipotentiaires avaient rendue, et dans celle
de l'écrit quSfe avaient remis. Les Rus-*
ses acceptèrent cette offPêj mais"'lors-*
que la traduction de la missive écrite
en leur langue eut été-aênévée, les plé^
nipotentîàires refusèrent de la recevoir, parce que, dirent-ils, elle, ne leur
était pas adressée. Après bien des diffi*
cultes, i)»consentirent à ce que Rater-1
prête leur en fît la lecture. Ensuite ils (334)
montrèrent un blanc-seing de l'empereur, qu'ils avaient apporté avec eux, et
y écrivirent la permission donnée aux
Russes d'entrer librement dans le port
de Nangasaçki, soit pour le présent,
soit pour l'avenir, et ils leur remirent
cette pièce. M. Laxmann fit encore une
tentative pour que deux négocians embarqués sur son navire, et qui avaient
apporté des marchandises, eussent la
faculté de les échanger; mais il ne put
rien obtenir.
Voici le contenu de l'écrit remis aux
Russes. « Nous permettons à un navire-
russe d'entrer dans le port de Nan-
« gasacki ; et à cette occasion, nous re-
« n (nivelons la défense de laisser abor-
« der les bâtimens étrangers dans aucun
« port de notre Empire, et de souffrir*
« l'exercice de la religion chrétienne ou
« le moindre de ses signes. Au reste, si
« quelque exception a lieu, elle ne con-
« tiendra rien de contraire aux lois de
« notre Empire, et on se conformera (335 )
■« exactement àtous nos réglemens. C'est
« pourquoi le.présent écrit sera remis
« à Adam Laxmann. Donné dans la ville
« de Matmaï, etc. »
Le 23 juillet, M. Laxmann eut son
audience de congé , dans laquelle il
remit aux Japonais leurs compatriotes
squ'il avait amenés, et on lui en donna
un reçu. Le 35, les Russes se mirent en
route pour retourner à Ghakodasche. En
chemin, les employés japonais prièrent
les interprètes russes de leur remettre
en secret et à l'inscu de M. Laxmann ,
nne copie de la lettre qu'ils avaient re-
fusé de recevoir à Matmaï. On leur accorda leur demande.
Le ii août, les Russes quittèrent la
rade de Chakodasche. Ils furent escortés
jusqu'à une certaine distance par deux
-navires japonais, qui sans doute étaient
chargés d'observer s'ils ne feraient pas
quelques tentatives pour descendre à
terre.
Le bâtiment arriva dans la rade d'O- . À
( 556 )
chotsk le 8 septembre, et le g il entra
dans le port, après un voyage de vmgt-
h u 11 jours depuis son départ de l'île de
MatmaL
M; Laxmann et ses compagnons de
Voyage furent récompensés -par Catherine II, quoi qu'as n'eussent pas atteint
e but qu'un s'était proposé par cette
expédition.
Ont sait que dans ces derniers tems
le gouvernement russe s encore essayé
de se ménager des relations amicales
avec le Japon. U a, dans ce dessein, fait
expédier de Pétersbourg deux vaisseaux qui sont arrivés à Nangasacki.
Cette tentative n'a pas eu plus de succès que la précédente. Les Japonais,
fidèles à leur système d'exclure absolu nient les étrangers de leur territoire »
n'ont pas accordé aux Russes plus de
liberté qu'aux Hollandais, et n'ont pas
même voulu leur permettre de coin- (357)
muniquer avec ceux de ces derniers
qui se trouvaient alors à Nangasacki.
Les vaisseaux russes ont ensuite abordé
à l'île de Jesso, où les Japonais ne leur
ont pas fait-ùn meilleur accueil.
Quelques écrivains ont blâmé cette
conduiteJdu gouvernement japonais, et
ont avancé qu'elle était dictée par une
défiance outrée, et qu'elle était nuisible
aux véritables intérêts du pays. Ne peut-
on pas dire, au contraire, qu'elle est
l'effet de la profonde sagesse de ce gouvernement. Une. fatale expérience lui
avait fait connaître quels maux affreux
l'admission des étrangers et leur fréquentation avaient attiré sur le Japon. Il
ne tarda pas à s'apercevoir que ceux qui
s'y étaient présentés comme amis et
comme de paisibles commerçans, avaient
essayé d'y opérer des changemens dangereux et tenté de le subjuguer ; ce qui
avait rempli l'Empire de troubles, et y
avait répandu la désolation. Il a donc
pensé que,pour y maintenir la tranquil- (338)
H lé intérieure et le préserver de l'envahissement, il en devait fermer l'entrée
aux étrangers. Il ne peut que s'applaudir aujourd'hui d'avoir pris ce parti, et
de ne s'en être jamais écarté. Les Japonais sont encore indépendans, et ils
yoient que des Empires beaucoup plus
vastes que le leur ont été subjugués et
dévastés par les Européens.
FIN. (359)
TABLE |E'.
DES   MATIÈRES
Contenues dans ce volume.
JLjivre second.   Contenant  le   de'tail  de
■   notre second voyage au nord, en passant par
le de'troit de Sangaar, et de notre retour à
Madras, en passant le long de la côte de Corée , et devanîia mer Jaune.
Chapitre premier. Notre navigation est retar-
de'e par la continuité' des vents d'est. — Ile
de Lamay. -— Nous passons devant Formose.
— Nous abordons à l'île de Pachusan. — Le
bâtiment fait naufrage sur un banc de corail
près de File de Typinsan. page      i
Chap. IL Humanité des habitans de Typinsan à
notre e'gard, dans notre malheur. — Description de cette île. —Groupe des lies de Madjico-
semah, tributaires de celles de Likeujo.—Arrive'e à Typa. —Une partie de l'équipage s'em-
II. c (34o)
barque sur le vaisseau le Swift.—Départ de là
Chine , pour aller reconnaître les cotes de
la Tartane et de la Core'e , page 38
Chap. m. Iles de Pescadores. — Nous entrons
dans le port de Napachan, de la grande île de
Likeujo. — Détails sur les habitans. •— Départ
de ce port pour aller au Japon, 76
Chap. IV. Navigation le long des côtes méridionales et occidentales du Japon.—Nons prenons
connaissance de White-Point.—Nous arrivons
pottt* la seconde fois au port d'Endermo ,
situé dans .l'Ile d'Insu. — Conduite défiante
des Japonais établis dans cet endroit,        117
Chap. V. Nons passons devant la ville de Matsmai. — Passage dans le détroit de Sangaar.
—- Navigation le long de la côte occidentale
d'Insu. — De du Pic ou Thimo - Shee. —
Nous avançons jusqu'au 52 .me degré de lati
tude boréale,
itw
Chap. VI. Il est impossible d'arriver à la pleine-
mer en faisant route au nord. —■ On prend le
parti de retourner au sud. —Brumes extraor-
diuairenient épaisses , 187
Chap VII. Nous passons devant l'île de Tzima ,
située entre la Corée et le Japon. — Arrivée'à (54« )
'Chosan sur la côte de la Corée. ||| Description
de cet endroit, 'page 219
Chap. VIII et dernier. Départ de Chosan.
Nous nous trouvons au milieu d'un groupe
d'il es. — Les naturels viennent nous visiter. — Nous passons devant l'île de Quelpaert. — Arrivée à Macao. — Retour en
Angleterre, 25a
Tables de la route de la Providence, et du
petit bâtiment sur lequel le capitaine Broughton a terminé sa campagne, 296
Vocabulaire de l'île d'Insu, 507
Vocabulaire des îles de Likeujo. . 309
Vocabulaire de la langue coréenne, en usage à
Chosan, 5io
Noms de nombre en usage au Japon et dans les
îles voisines, 3 ia
Notice de quelques plantes de l'île d'Insu, ib'id.
Notice de quelques plantes des lies de Likeujo , 31.4
Notice de quelques plantes de Corée, 3i5
Voyage de Laxmann, à Matmaï ( Insu. )     317
Fin de la Table du deuxième et dernier
volume. Extrait du Catalogue des Livres qui se trouvent chez
D EN T U, Impr-Libr., rue du Pont-de-Lody, n "
>.
GEOGRAPHIE MODERNE , rédigée sur un nouveau plan ,
ou description historique, civile, politique et naturelle des
Empires , Royaurnes , Etats et leurs Colonies ; avec celle de*
Mers etdet ilcs de toutes les parties dn inonde: renfermant la
concordance des principaux points de la Géographie ancienne et du moyen âge . avec la Géographie moderne , par
J. PINKERTON. Tradui te d e l'anglais, avec des notes et
augmentations considérables , .par C. ^4.. Vf^alokenaer. Précédée d'une Introduction à la Géographie mathématique et
critique, par S- F. Lacroix. Avec un Atlas in-4.0 de 42
Cartes , dressées par Arrowsmith , revues par J. K. Buache.
Ouvrage a'.topté pour le» Bibliothèques des £ jnili
Pr i t : les o vol. in-8.°, avec l'Atlas en noir, cartonné .        43 f.
J.1. avec les car tes enluminées  5o
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On a inséré dans cette édition tous les changemens arrivés en.
Europe. 9   £
— Le même , avec les cartes coloriées , Io
Ouvrage adopté pat la Comrnïwîon liât Iiifn 1 classitfues pour l'usage des Lycée*
LEÇONS ELEMENTAIRES DE CHIMIE, à l'usage des
Lycées, ouvrage rédigé par ordre du gouvernement ; par
P. A. Adet. Un gros vol. in-8.° 6 £
RECHERCHES sur l'origine et les progrès des Scythes ou
Gotlis, servant d'introduction à l'Histoire ancienne et moderne de l'Europe; traduit de l'anglais de J. Piskektos ;
un vol. in-8., orné d'une Carte du monde connu des anciens , et gravée par A". Tardicu_, * Prix-, 6   f.
Idem, vélin satiné , carte coloriée, 15
ŒUfTRJES COMPLÈTES DE P. J. bIT^LTJbÊ,q ». in-8°
L'ILIADE ET L'ODYSSÉE D'HOMÈRE, 4.» édit., revue,
corrigée avec le plus grand soin , et augmentée de plusieurs
remarques; ornée du portrait d'Homère, gravé par Saint-
Aubin; âo bourlier d'Achille, et de la Carte homérique, pour
-servir a l'intelligence du texte (1).
JOSEPH , 7.* édition , revue et corrigée , I vol.
LES BAT AVE S , nouvelle édi lion entièrement refondue.
HERMAN et DOROTHEE , traduit de l'allemand de Goethe;
suivi de plusieurs Mémoires sur la littérature des anciens. •
Prix des 9 vol.  brochés et étiquetés 431.
Pap. grand raisin , brochés et étiquetés .   ...     07
Pap. carré véLd'Annonay, brochesetétiquetés .    90
Pap. gr. raisin vélin superrin, dont il n'a été tiré
que très-peu d'exemplaires^ brochés et étiquetés. 135
11 y a quelques exemplaires,- avec les eaux-fortes
etle portrait avant la lettre, prix brochés   .   .   i5o
C1 ) Costa carte .qui n'a point, encore para, sera ausaidounée aux personne» qui «
otnptrdlcsiiUcgis derniers Tolirmcj, pont complettec les ;i miennesédit. d'Homrit. ° „n,3ir ••/'f*      3PU°>r
*.0UU0333 3U S331Q S3l    . ^^^gé^A
Le -uatouuop ^fîôV^po-* •°°t' 3P
«e.* ua •^5dA?f3quoio?,-AoA;^/
• --.nn non sauiti
l   -..IL»'1"''»'?   KiHMOKOV'"'••' w
F      y    //////e/  trrar , 2  Âeared <r/n>r<) j/u//r

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