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Voyage de découvertes dans la partie septentrionale de l'océan Pacifique, fair par le capitaine W.… Broughton, William Robert, 1762-1821 1807

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V \r •
VOYAGE
DE  DECOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE L'OCEAN PACIFIQUE.
ï. Deux exemplaires de cet ouvrage ont ete déposes h la.
Bibliothèque impériale. Tous ceux qui ne seront pas
signes par moi, seront saisis.
Paris , ao Juin 1807.
On trouve chez le même Libraire :
Voyages d'Alexandre Mackenzie, dans l'intérieur de
l'Amérique septentrionale, faits en 1789, 1792 et 1796;
le premier, de Montréal au fort Chipiouyap et-à la mer
Glaciale ; le second , du fort Chipiouyan jusqu'aux
bords de l'Océan Pacifique. Pre'ce'de's d'un Tableau historique et politique sur le commerce des pelleteries
dans le Canada, depuis y608 jusqu'à nos jours. Traduits
de l'anglais, par J. Castéra, avec des notes et un.
itine'raire tires en partie des papiers du vice - amiral
Bougainville ; 3 forts vol. in-8.° sur carre' fin, orne's du
portrait de l'auteur, et de trois grandes cartes grave'es
par B. Tardieu, revues et corrigées par M. Buache,
16 fr.
Idem, papier ve'lin d'Annonay, 52 fr.
&sammmBmMggŒfm VOYAGE
DE  DÉCOUVERTES
BANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE
L'OCEAN PACIFIQUE,
FAIT PAR LE CAPITAINE W. R. BROUGHTON,
Commandant la coirette de S. M. B. la Providence et sa conserve,
PENDANT LES ANNEES   1795, I 796 , 1797  ET   I 798 j
Dans lequel il a parcouru et visite' la côte d'Asie, depuis
le 55.e degré nord > jusqu'au 52."; l'ile d'Insu, ordinairement appelée Jesso ; les côtes Nord, Est et Sud du
Japon ; les îles de Likeujo et autres îles voisines, ainsi
que la côte de Corée.
TRADUIT   PAR   ORDRE   DE   S.   E. LE MlNISTRE DE LA MARINS
ET DES COLONIES ,
PAR   J. B. B. E * * * *.
TOME    PREMIER.
PARIS,
DENTU, Imprim.-Lib.", rue du Pont-de-Lody, n.» 5*
M.  D. CCC."VII.
ùr /si i¥%
. m%'. \
m A SON EXCELLENCE
MONSEIGNEUR LE VICE-AMIRAL DEGRES,
MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES,
Grand Officier de l'Empire, Inspecteur-Général
des côtes de la Me'diterranée, Grand Cordon
et Chef de la dixième Cohorte de la Légion
• -d'honneur, Grand' Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de Charles RI. #*&
Monseigneur,
La protection éclairée que
Votre Excellence accorde à toutes les entreprises utiles 7 est
connue par trop d'exemples } pour
que je croye avoir besoin de la
rappeler en vous dédiant la tra- duction du Voyage de Broughton.
Mais j'ose espérer que vous me
permettrez de vous en offrir l'hommage ; et en publiant que vous
m'avez encouragé à l'entreprendre j de vous exprimer à-la-fois
le sentiment de reconnaissance
que je.vous dois, et le profond
respect avec lequel je suis^
MONSEIGNEUR,
de Votre Excellence,.
Le très-humble et très-
obéissant serviteur,
J. B. B, E***. PREFACE
DU   TRADUCTEUR
Ver. s la fin du dix-huitième
siècle, le zèle des Voyages de
Découvertes se réveilla avec une
ardeur nouvelle chez les nations
européennes. DifFérens navigateurs découvrirent des pays inconnus , ou firent mieux connaît
tre ceux dont on n'avait que des
notions imparfaites. Leurs travaux sonttropgénéralement connus pour que je me permette d'en
faire la plus simple analyse. Je
me contenterai de rappeler au
lecteur que La Pérouse, après ii(  •
avoir suivi la côte nord-est de
l'Asie jusqu'au Ô2.e degré de latitude boréale, aperçut la mer au
nord entre la côte de Tartarie
et celle d'une rie, connue sous le
nom de Ségcrtien, et à laquelle
ses habitans donnaient le nom de
Tùhoka.
Le détroit qui sépare ces terres, est obstrué par des bas-fonds
qui, en cet endroit, n'étaient couverts que de six brasses d'eau, et
qui se prolongeaient dans le nord.
Cet obstacle empêcha La Pérouse
"de traverser le détroit qu'il avait
devant lui pour arriver à la mer
d'Ochotsk, et le força de retourner
sur ses pas, et défaire route au sud.
-Arrivé au ^5° 5o' N., il découvrit à l'extrémité méridionale de p
Pile de Tchoka un détroit auquel
on a donné son nom, et qui sépare
cette île de celle de Jesso ou Chi-
cha. Il passa par ce détroit, fit
voilé vers les îles Kuriles, et ne
revînt plus dans ces parages.
Sa navigation dans la manche
de Tartarie, et la découverte d'un
détroit au sud de l'île de Ségalien
ou Tchoka, aVaït jeté un grand
jour sur un des points les plus
obscurs de la géographie. En effet, depuis le voyage des deux
navires hollandais dans ces parages vers le milieu du dix-septième siècle, et celui du capitaine
Spanberg en 17^9, aucun bâtiment européen ne les avait visités.
Quelques cartes donnaient une
étendue démesurée à la terre de
11 IV
Jesso j et la représentaient comme
une île immense qui se prolongeait
depuis l'embouchure du fleuve,
Amur sur la côte de Tartarie, jusqu'au Japon ; d'autres la figuraient unie avec l'île de Niphon 3
d'autres lui donnaient une extension considérable dans l'ouest,
d'autres enfin la faisaient beaucoup trop petite , et aucune ne la
mettait à sa véritable place \ Les
découvertes de La Pérouse firent
cesser ces incertitudes, et firent
1 Si l'on veut connaître les incertitudes des
géographes sur ce point, on peut consulter l'ouvrage de M. Buache, intitulé : Considérations
géographiques et physiques sur les nouvelles de-
couvertes au nord de la grande mer, appelée vulgairement la mer du Sud. Paris, 1755. Ce savant
a proposé des conjectures assez heureuses, et
dont quelques-unes ont été confirmées par les
découvertes de La Pérouse et de Broughton. connaître d'une manière positive
que ce qu'on appelait la terre de
Jesso était composé de deux
grandes îles dont la plus septentrionale s'appelait Ségalien ou
Tchoka, et l'a plus méridionale,
Chicha ou Jesso, et que celle-ci
était séparée du Japon par le détroit de Sangaar. La Pérouse traça
avec exactitude les côtes qu'il
avait prolongées, et les géographes mirent ses découvertes à
profit.
Mais il restait encore une lacune à remplir, et une grande
incertitude à lever. Le navigateur français n'ayant pas vu la
partie méridionale de Chicha ou
Jesso, n'avait pu en tracer les contours et l'étendue que par aperçu et d'après les auteurs qui l'avaient
précédé. Il avait dppné dans ses
cartes une très - grande largeur
au détroit qui sépare l'île de Jesso
de celle de Niphon. Arrowsmith,
dans sa carte de la mer du Sud,
publiée en i8o3, avait suivi La
Pérouse. Leurs travaux dans cette
partie n'avaient pas pour base des
journaux de navigation, ni des re-
lôvemens exacts. Les géographes
et les maring attendaient donc
avec impatience que tous les doigtes sur ce point important fussent
levés. C'est ce que le çapifeâîje/
Broughton a fait dans le voyagé
dont je publie la traduction»
Le capitaine Broughton aidait
accompagné Vancouver dans son
voyage à. la côte nord-ouest de VI)
l'Amérique, et commandait dans
cette expédition le bâtiment le
Chatam. Il prit une part très -active à tous les travaux de l'expédition , et fut chargé de faSre plusieurs reconnaissances-Importantes. Il est souvent mentionné avëêf
éloge dans1 la relationdé Vancouver, pour le zèle et le soin avec lequel il remplit les missions qu'on
lui confia \ et son nom fut donné
è un Archipel situé le long de lai
côte nord-ouest de l'Amérique^
Au mois de janvier 179^, il fui
dépêché par Vancouver pour aller
porter en Angleterre les papiers
et documens relatifs à ses découvertes. A peine était-fl-de retour
dans sa patrie, qu'il reçut la commission de faire une" expédition vin
qui   est   le    sujet   du  présent
voyage.
Broughton s'est acquitté de sa
mission avec un zèle exemplaire
et une persévérance incroyable.
Les contrariétés que les élémens
lui ont fait éprouver, la fracture
d'un bras, la perte de son bâtiment, n'ont pu l'empêcher d'arriver à son but. C'est dans un
frêle vaisseau, qu'il a le premier traversé le détroit de San-
gaar, puis prolongé les côtes de
l'île de Jesso, de l'île de Sé-
galien et de la Tartarie , et qu'il
s'est engagé dans des mers peu
connues et couvertes d'une brume
perpétuelle. La conduite qu#l a
tenue dans son naufrage où il n'a
quitté son bâtiment que le der- ix
nier, fait le plus grand honneur
à son cœur, comme l'intrépidité
avec laquelle il a affronté tous
les dangers, et la manière dont
il a rempli sa mission font honneur à son courage et à ses talens.
Il a eu le bonheur de revoir son
pays et de ne pas succomber aux
suites de ses fatigues. Au mois
d'octobre 18oÔ, il commandait la
frégate la Pénélope en station
dans la Manche.
En traversant le détroit de San-
gaar, il a fait connaître que l'île
de Jesso ou Insu, ainsi qu'il l'appelle , n'était séparée de l'île de
Niphon que par un bras de mer
de cinq lieues dans sa plus grande
largeur. Ainsi, ce point est définitivement éclairci. La naviga-
E^HHHÉHUii tion de Broughton dans la manche
de Tartarie ayant eu lieu à une époque de l'année très-avancée, il n'a
pas vu d'habitans. Sans doute que
la relation qu'il en aurait donnée
s'il en eût rencontré, eût été d'accord avec celle de La Pérouse;
car il règne une conformité frappante entre ce que dit le navigateur anglais des habitans dTnsu,
et ce que notre compatriote rapporte de ceux de Ségalien. Tous
deux ont éprouvé des Insulaires
le refus de pénétrer dans l'intérieur de leur pays, et c'est ce qtii
est arrivé à Broughton dans tous
les endroits soumis à la domination des Chinois et des Japonais ;
il n'a pu par conséquent compléter 1@&'notions insuffisantes que nous avons sur ces différens pays,
dont la connaissance nous est interdite pour long-tems encore. Le
capitaine Krusenstern, qui a parcouru une' partie des mêmes parages depuis Broughton, n'a pas
été plus heureux.
Broughton a pénétré quinze
milles plus au nord que La Pérouse , dans la manche de Tar-
tarie. Il nes'est décidé à retourner
au sud, que lorsqu'il s'est trouvé
par moins de deux brasses d'eau.
Son opinion diffère de celle de
la Pérouse , sur un polst intéressant , car il regarde comm®
un golfe ce que notre coinpa-
triote appelle une manche. Cependant il rapporte que l'officier
marinier qu'il avait envoyé à la xu
découverte, pensait qu'il y avait
dans le nord un passage libre pour
gagner la mer. La saison avancée
l'empêcha d'éclaircir les doutes
qu'il pouvait avoir à cet égard.
En outre le peu de moyens qu'il
avait à sa disposition, ne lui permettait pas de faire la moindre
tentative tant soit peu hasardée.
Il fut donc obligé de retourner
au sud, et de laisser ce point indécis.
Quoiqu'il ait vu beaucoup d'endroits où aucun européen n'était
allé avant lui, les obstacles qu'il
a rencontrés sont cause qu'il n'a
pu en donner la description , ni
répandre dans le journal de son
voyage une variété qui aurait
ajouté beaucoup d'agrément à sa X11J
relation. Malgré cela son ouvrage
est d'un grand intérêt pour la géographie.
Son Excellence le Ministre de
la marine et des colonies, ayant
jugé que les connaissances nautiques recueillies par le capitaine
Broughton pendant son voyage,
pouvaient être utiles à la navigation en général, a ordonné d'en
publier la traduction ; et nous
avons fait tous nos efforts pour
remplir les intentions éclairées
de S. E., en apportant à notre travail les soins et l'exactitude dont
nous sommes capables.
Les cartes ont été copiées avec
fidélité. On y a même ajouté quelques noms d'après celles de La
Pérouse, dont on a souvent suivi
WÊÊ
mÈËm XIV
l'orthographe. Ces cartes ont été
revues par M. Buache, et sont
extrêmement importantes poux
rectifier et compléter ce que nous
savions sur les parages qu'elles
représentent.
L'on s'est attaché dans la traduction à.rendre fidèlement le
sens de l'original, et ce n'est pas
tcmjoiitg sans diffièu!î& qu'on y
est parvenu. Le style de Fauteur
est quelquefois si obscur, qu'on a
la plus-grande peine à le comprendre , et ses idées ne sont pas tort*
jemrs  rangées  convenablement.
On s'est perméa de rétablir l'ordre,
rorsqufon l'a jugé indispensable
pour donner plus de clarté au sens
des phrases, et quelquefois on a
développé la pensée de l'auteur, XV
maïs sans y rien ajouter. On n'a
usé de ce moyen qu'avec les plus
grands ménagemens, et lorsqu'on
y a été forcé pour donner plus de
liaison aux idées. D*an autre côté,
on a abrégé les détails nautiques,
lorsqu'ils n'avaient rapport qu'à
la manœuvre du bâtiment et aux
variations du tems. Mais on n'a
: rien omis de ce qui concerne les
relèvemems des terres, ou la marche des courans.
On a eu occasion de remarquer , dans le cours de cet ouvrage , un grand nombre de fautes typographiques, dont quelques-unes sont très-graves. Elles
ont été rectifiées toutes les fois
que le sens du texte ne pouvait
pas laisser subsister la plus légère xvj
incertitude ; mais il est possible
que , malgré toute l'attention
qu'on y a apportée, il en soit
échappé quelques-unes.
Je m'estime heureux de pouvoir donner ici un témoignage
public de ma reconnaissance à
M. deRossel, ancien capitaine de
vaisseau, et le seul des officiers
supérieurs de l'expédition de
d'Entrecasteaux, qui soit encore
existant. Il a bien voulu rqvoir
ma traduction ; et si elle obtient
quelque indulgence , c'est à lui
que j'en aurai l'obligation. PREFACE
DE    1/AUTEUR   ANGLAIS.
Les Voyages de Découvertes méritent
à juste titre l'attention du public ; car
ils, ouvrent de nouvelles sources à l'instruction et au commerce, et offrent par
conséquent un grand intérêt à un peuple savant et commerçant. Il serait inutile de discourir longuement pour prouver l'utilité de pareilles expéditions.
C'est ce qui a déjà été fait d'une manière aussi ingénieuse que convaincante,
dans l'introduction au troisième Voyage
de Cook.
La Grande-Bretagne qui tient un
rang si distingué en Europe, non-seu-?
i.
** xvuj
lement par son caractère militaire, mais
aussi par sa célébrité dans les arts de la
paix, conserve depuis long-tems parmi
les autres nations une supériorité enviée, due toute entière aux encourage-
mens qu'elle a donnés à de pareilles entreprises , et à la foule de navigateurs illustres qu'elle a produits. Lesrecbercnes
persévérantes, et l'activité infatigable
de notre immortel Cook, ont étendu
sa< renommée bien au - delà de tout ce
qu'avaient fait les devanciers de ce navigateur. Si une mort funeste n'eût privé
le monde de ses lalens, ou si la saison
déjà avancée  n*eût  été au   capitaine
Ring, l'un de ses successeurs dans le
commandement, la possibilité de poursuivre ses découvertes, le présent voyage , et la partie la plus intéressante de celui de La Pérouse seraient peut-être de- XIX
venus inutiles. On doit se rappeler que,
dans le troisième volume du demie»
voyage de Gdok, le capitaine King observe que la navigation des mers situéeé
entre le Japon et la Chine offre un vaste
champ aux découvertes, et que laréeon-
naissance de cette portion inconnue de la
partie septentrionale de l'océan PaGifï*
que a été recommandée par M. Daines
Barrington, dans ses Mélanges. « On devrait , dit-il, explorer la côte de Corée, là
partie Septentrionale du Japon, et les îles
de Likeujo ». Le capitaine VanOôuVe*
remarque que la côte d'Asie du S'&m*
jau 5a*œe degré de latitude bo.éale «st-
lÈnCore tfès-mal figurée, et que la dêtê
de l'Amérique méridionale depuis environ le 44,me degîé de  latitude australe jusqu'à l'extrémité la plus sdd de
la terre dé feu, est très-peu connue. XX
Des indications et des observations de
ce genre devaient naturellement avoir
tin grand poids sur l'esprit d'un navigateur, jaloux d'étendre les connaissances
géographiques, et qui était assuré d'ail- .
leurs qu'il y avait très-peu à faire dans
les autres parties de l'océan Pacifique ,
si ce n'est d'y déterminer la position
d'un petit nombre d'îles très-peu importantes. Il eût hésité sans .doute entre
l'examen de la côte nord-est de l'Asie
du 35.me   au 52.me degré  de latitude
boréale, et celui de la côte S. O. de l'Amérique méridionale, depuis le 44-"^
degré de latitude australe, jusqu'à la
terre de feu, s'il n'eût été convaincu
que le capitaine Vancouver devait avoir,
achevé  cette dernière reconnaissance ,
avant de doubler le cap Horn pour re-
tourniBr en Angleterre. Les lecteurs su- xxj
perficiels et avides de nouveautés observeront peut-être que, quelque louable que soit le projet de ce voyage, son
auteur ne peut prétendre au mérite de
la nouveauté des découvertes, puisque
La Pérouse l'a devancé. En accordant
un peu d'attention à cette relation, on
reconnaîtra facilement que cette objection est mal fondée, et on se convaincra que, si les deux navigateurs ont
exploré les mêmes mers, cependant les
découvertes et les recherches de chacun mettent entre leurs voyages une
différence marquée et caractéristique.
Ils auraient tous deux suivi absolument
la même roule, qu'il en résulterait encore un grand avantage pour l'intérêt
des sciences et de la géographie. Les erreurs du premier, s'il en a commisT
peuvent être corrigées par le second, XXI]
et Je mérite des découvertes de Fan est
mis hors de doute par les observations
de l'autre, qui enconfirrae l'authenticité.
Ce double avantage résulte du voyage
que nous publions- Le navigateur anglais ayant été dans l'impossibilité d'avoir connaissance des instructions données par le Gouvernement français à La
Pérouse , il est parfaitement à l'abri du
reproche de n'avoir été que son imitateur. Cependant, si l'on tenait trop fortement à l'i'dée que le voyage de La
Pérouse a rendu inutile la publication
de celui-ci, un court résumé des découvertes et des reconnaissances faites par
les deux navigateurs, dans les mêmes
mers, servira à écarter cette prévention
mal fondée, et établira le degré de mérite de chacun de ce& deux Voyages.
L'éditeur français  remarque que la XXU}
reconnaissance de la côte orientale de
Tartarie, et même on pourrait dire la
découverte d'une des plus grandes îles
de notre globe, séparée du continent
par un détroit qui a été traversé dans
tous les sens, donne au voyage de
La Pérouse un degré d'importance, et
un genre d'intérêt qui lui est particulier ; mais on peut, sans un excès de présomption , observer ici que le navigateur
anglais a aussi exploré la côte orientale de Tartarie ; et qu'à la découverte
de la grande île de Tchoka ou Ségalien,
il peut opposer sous le point de vue
d'intérêt général celle de l'île de Jesso,
Insu ou Chicha, situées au sud de la
première, moins étendue à la vérité,
mais plus digne de l'attention des Européens. La géographie, sous le rapport
de ces parties du globe encore si mal XXlV
représentées, semble avoir été également bien servie par les deux navigateurs 5 car leurs observations séparées
corrigent mutuellement les erreurs relatives à ces deux iles, tracées jusqu'ici
sur les cartes avec si peu de soin et
d'exactitude.
La Pérouse, en passaïrt par le détroit
qui porte son -nom , a prouvé que
Tchoka était une île ; et le bâtiment
la Providence, en traversant le détroit
de Sangaar, a établi le même fait pour
Chicha ou Insu. La Providence a. reconnu la côte occidentale d'Insu , ce que
La Pérouse n'a pu faire en passant par
le détroit qui a reçu son nom. Dans le
voyage que ces deux navigateurs ont
fait jusqu'au 02e degré de latitude boréale , le canot de l'anglais s'est avancé
de quinze milles plus au nord que ceux
il XXV
de La Pérouse, et l'équipage ne cessa
sa reconnaissance que lorsqu'il se trouva
par deux brasses d'eau ; et que les
iiafs-fonds, ainsi que le rapprochement
des côtes environnantes, l'empêchèrent
d'aller plus avant. Quant à la reconnaissance que chacun a faite des îles
Rurales, il paraît qu'aucun des deux
n'est allé au-delà de Marikan.
Nous ne pousserons pas plus loin ce
court résumé. La reconnaissance des
côtes septentrionales , méridionales et
orientales du Japon, celle des îles Li-
teujo et des îles Madjicosernah qui en
sont -vtoisines, et celle de la côte de
Corée , appartiennent exclusivement à
ce voyage ; car La Pérouse, en quittant le Kamschatka, abandonna l'idée
■d'explorer davantage le golfe de Tar-
tarie ou les mers du Japon, et conti-
m* WOS5WBSSSK-
XXT]
nua son voyage en faisant route pour
Maouna , une des îles des Navigateurs.
La perte de La Pérouse sera une
source éternelle de regrets. Ses décou>-
vertes assurent à sa mémoire l'admiration de tontes les nations civilisées. Le
respect qu'il témoigne pour notre immortel Cook et pour les autres navigateurs qui l'ont précédé dans son
honorable mission, prouve qu'il avait
le caractère franc et l'esprit supérieur
à toutes les préventions nationales. Pendant que nous payons ce juste tribut
d'hommages à - ses sentimens élevés,
nous ne devons pas, en qualité d'Anglais , oublier l'intérêt que le Gouvernement français prit au succès du voyage
de Cook. Les hommes sensibles se souviendront toujours avec plaisir  qu'an xxvij
milieu des horreurs de la guerre, ce
Gouvernement voulut qu'on en préservât une entreprise destinée à étendre
la connaissance du globe, à adoucir la
férocité de la portion la moins éclairée
de notre espèce, à agrandir les rapports
que les hommes ont entr'eux, et à unir
les nations les plus éloignées par les
liens du commerce. L'extrême défiance
des Japonais et leur obstination inflexible à interdire à tous les étrangers ,
hors les Hollandais, l'abord de leur
territoire , excusent suffisamment dans
les deux voyages, le défaut de rensei~
gnemens sur cet Empire. Si La Pérouse
a craint d'aborder sur les côtes du Japon , quoiqu'il commandât deux frégates
fournies de tous les moyens de défense,
et montées par des équipages nombreux,
les appréhensions qu'a pu concevoir le xxviij
navigateur anglais sont encore plus raisonnables ; puisqu'après le nanfrage de
la corvette la Providence , sa conserve
n'avait que trente-cinq hommes d'équipage , et aurait pu , d'après sa petitesse,
être prise par les Japonais pour le navire d'un pirate. La même défiance des
étrangers semble avoir pénétré dans
toutes les parties de ces parages où la
Providence a touché. A la vérité , on
fournissait avec empressement à l'équipage l'eau et le bois qu'i! demandait j
mais on refusait constamment et avec
opiniâtreté de laisser personne visiter
l'intérieur du pays , et recueillir des
renseignemens sur la forme de son gouvernement , sur ses productions et ses
usages.
Kœmpfer, dans sa description du
Japon, parle souvent des mers qui en- XXIX;
tourent cet Empire, comme étant extrêmement orageuses ; et elles ont été
citées en proverbe comme les plus dangereuses du globe. La Pérouse, quoiqu'il ait fait ce voyage au milieu de
l'été , avec deux frégates munies d'un
grand nombre d'embarcations et de tout
ce qui était nécessaire pour de pareilles
expéditions, se plaint néanmoins beaucoup des brumes épaisses, du mauvais
tems, et du danger d'être sans cesse
affalé sur la côte , sans pouvoir se relever. Après la perte de la corvette la
Providence, le navigateur anglais n'avait pour affronter ces dangers, qu'une
goélette de 80 tonneaux avec un petit
canot ; et ce n'était pas en été, mais
au milieu des coups de veut de l'équi-
noxe, et dans la saison la plus défavorable de l'année. XXX
Après ce court sommaire de ce qu'a
fait le navigateur anglais, pour l'avancement de la géographie et de la navigation , on soumet la relation de son
voyage au jugement du public. Elle
n'est qu'un simple récit d'événemens
qui ont eu lieu à la mer. On n'y en a
inséré aucun qui ne fût pas réellement
arrivé, et on a eu le plus Scrupuleux
respect pour la vérité. Le lecteur sera
déçu s'il ne cherche que l'amusement j
mais on présume qu'il pourra V acquérir quelques connaissances nautiques*
Des Voyages tels, pat exemple, que
ceux de la collection de l'abbé Prévôt , sont défectueux, parce qu*on y a
omis les observations nautiques et astronomiques. Ces sortes d'observations,
quoique détaillées sèchement et avec
une exactitude minutieuse,  sonf des XXX)
sources certaines d'instruction pour le
navigateur et le savant.
La corvette la Providence avait n5
hommes d'équipage, était du port de
4oo tonneaux, et montée de 16 canons.
Lorsqu'elle quitta l'Angleterre, on lui
donna pour deux ans, des vivres et tous
les autres objets nécessaires. L'amirauté
accorda généreusement tout ce qui est
regardé comme utile dans de pareils
voyages, tant pour faire des échanges
que pour conserver la santé des équipages. Il est bien malheureux que, par
le déplorable naufrage de la Providence , la perte irréparable de tant
d'objets essentiels l'ait rendu jusqu'à
un certain point incomplet. L'équipage
était entièrement composé d'hommes
jeunes, sobres, dociles et qui se conduisaient bien. Mais qu'il est triste de XXXI]
le dire ! il en est bien peu qui aient
revu leur pays. Tous ceux qui avaient
été embarqués à bord du Swift, au
nombre de quarante-deux, périrent en
mer avec ce bâtiment ; sept furent tués
par différens accidens , et quatre furent
enlevés par des maladies.   VOYAGE
DE DÉCOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
DE L'OCÉAN PACIFIQUE.
LIVRE   PREMIER.
Contenant ce qui sepassa depuis le commencement du voyage jusqu'à noire
première arrivée à Macao en Chine,
CHAPITRE PREMIER.
Préparatifs du voyage.—Traversée d'Angleterre
. aux îles Canaries, — Départ pour Rio-Jîuïe'iro.
j— Séjour en cet endroit. — Ile de Gough j
■— Arrivée au port Ste'phens sur la côte de la
Nouvelle-Hollande. —; Observations astroaft*.
iniques. — Port Jackson. —Remarques sur ses
productions ,, ses animaux , etc. — Obser-
"dations astronomiques*.
L'Amirauté avait  désigné le bâti- ——
nient du roi la Providence pour le *79 ■ÉF5?
(a)
 " voyage auquel je devais être employé,
*79 * Ce bâtiment avait été commandé par
le capitaine Bligh, et venait d'arriver
des   Indes  occidentales ,  où. il   avait
porté l'arbre à, pain de Taïti. Il avait,
dans l'origine, été destiné poUr le commerce des Antilles ; mais le Gouvernement l'avait acheté sur le chantier , exprès pour l'envoyer chercher l'arbre à
pain dans la mer du sud, et il avait
passé deux ans à ce voyage. C'était un
navire de rivière , du  port   d'environ
420 tonneaux, et doublé seulement en
cuivro : mais  je  pense que  tous les
navires destinés à de longs voyages devraient d'abord être doublés en bois,
• puis  en cràVre par-dessus. La Providence fut mise dans le bassin de Dept-
ford , où elle ne resta qu'une marée ;
ensuite elle fut conduite à Woolwich,
où on donna ordre de l'armer. Le 3 octobre 1793, je reçus celui d'en pren-i
dre le commandement, et le même
|dur je la mis en armement. Son équi-?
^mitmmmmma^ (3)
pement nous retint à Woolwich le reste
de l'année.
Au commencement de 1794 , le na- 1704
vire étant  près ,  nous descendîmes à
Gravesend, endroit beaucoup plus commode pour faire notre équipage. Nous
y   restâmes   jusqu'à   la   fin de   mars.
Alors nous nous  rendîmes  à la rade
du Nore _, et  saluâmes le  vice-amiral
©alrymple , dont le pavillon flottait à
bord du Sandwich. Pendant le   mois
d'avril, nous complétâmes notre équipage avec des hommes de bonne  volonté du Sandwich, et ayant reçu ordre
d'aller à Spithead, nous mîmes à la
voile avec un convoi de navires marchands. Pendant la nuit, lorsque noufe
étions dans la passe de GisU*Stream 9
le pilote mît le navire sur le Brizke-
Sand. Nous ne pûmes le relever avant
la marée du matin, et peu après nous
mouillâmes aux Dunes. Le navire ne
parut pas avoir souffert. Le vice-amiral
Peyton avait  son pavillon à bord du | 4 )
-*—— Léopard ; nous le saluâmes. L'après-*
J' midi , notre bâtiment et sou convoi
/louvoyèrent ddns les dunes pour s'élever à l'ouest, le vent venant faiblement de cette partie. Dans la nuit, le
vent passa à l'est, et au point du jour
nous mîmes toutes voiles dehors , et
fîmes signal au convoi de faire de
même. Nous passâmes au milieu de la
grande flotte , qui était à l'ancre dans la
baie de Sand-Down , sous le commandement de lord Howe. Nous mouillâmes
à Spithead après avoir salué l'amiral sir
Peter Pai-ker, qui avait son pavillon à
* bord du royal J^illiam. Pendant le mois
de mai, on fit entrer la Providence dans
le bassin ; mais elle n'avait nullement
souffert en se rendant aux dunes, et
était parfaitement en état de prendre la
mer. On paya la solde aux officiers et
aux matelots jusqu'à la fin de juillet..
Ce fut durant ce mois que le roi vint
à Portsmouth pour voir la grande flotte
après le combat du i.e_rjuin. Tous les (5)
capitaines eurent l'honneur de lui être
présentés.
Je reçus le 2 mes instructions cache-
tées , et l'ordre de me ranger sous lé
commandement du capitaine Dcury ,
commandant le vaisseau de Sa Majesté
le Trusty, et de mettre en mer avec
son convoi , destiné pour la Méditerranée. Je ne devais pas m'en
séparer tant que notre route serait la
même.
Nous partîmes le ar de la rade de
Sainte-Hélène avec un bon vent d'est.
Après être sorti de la Manche , le vent
ayant passé au N. O., le- Trusty^nous
ordonna de faire route pour Falmoutb.
Dans la nuit nous nous séparâmes des
vaisseaux de guerre, et atteignîmes
Falmouth. Mais ne voyant pas le Trusty ,
nous fîmes voile pour la rade de Ply-
mouth, où nous le trouvâmes à l'ancre
ainsi que son convoi. Le vice-amiral
Macbride avait son pavillon à bord du
Minataure, et le contre-amiral Cotton
1794-
Octob.
2.
21. B$
s794-
*Nov.
a3.
g&
l7
Janv.
29.
(6)
avait le sien à bord du Cambridge dans
le port.
Pendant ce mois les vents furent
très-violens, et le tems variable. Comme j
nous étions mouilles dans, la baie de
Cawsand , nous n'aurions pu joindre
le convoi s'il avait appareillé de la
rade avec un vent d'est. Nous tâchâmes
donc de nous rendre à la rade en louvoyant ; mais le navire ayant manqué
à virer à Red-Point, nous mouillâmes
nos deux ancres de bossoir dans un
mauvais fond, à moins de deux encablures de la côte. Le vent qui soufflait
avec force de l'est, nous empêcha de
sortir de cette situation désagréable %
jusqu'à ce que M. Hemmings, capitaine de port, porta une ancre à jet
au vent à nous , et que nous ayant
envoyé à bord le bout du cable, nous
pûmes lever nos ancres en sûreté, et nous
mettre entre Dukes-Island et la terre;
Nous restâmes dans cette position jusqu'au mois suivant, queoious entrâmes.
tmmsqm' (7)
dans la rade. Pendant le mois de janvier 1795 , le tems fut très-froid, et les
coups de vent fréquens. Le contré-
amiral Parker, commandant le vaisseau
du roi le Raisonnable , fit le signal de
partir.
' Dans la nuit du 5, nous eûmes un
violent coup de vent de l'O. N. O.,
qui nous cassa notre second cable ,
•nous j>eta sur un transport , brisa le
bossoir et endommagea les grands portè-
haubans. Le lendemain, le beau teïris
nous mit en état de 'retrouver nôtre
ancre et d'épisser notî* cable. Nous
affourchâmes de nouveau le navire j
car il n'y avait pas de* probabtli*é d'appareiller avant que le vent vînt au N.:fi»
Cependant on fit le signal de désaffour-
cher , et l'on donna ordre à tous les Officiers de se rendre à bord.
Le i5, toute la flotte était sous
Voile. Le vent du nord qui soufflait,
était le plus favorable que nous puissions avoir, puisqu'il mit tous les na-
1795.
■3anv-
Févr.
5*
i5« (8)
vires qui étaient à Hamoaze et à Catwar-
ter en état de prendre la mer. La flotte
-était composée de plus.de 4°o voiles,,,
qui, ainsi que nous, étaient retenues là
depuis le mois d'octobre. Lorsque nous
fûmes en mer , nous aperçûmes la
grande flotte sous le commandement
du lord Howe, qui attendait le convoi.
Le 16, beau tems et bon vent. A midi
le cap Lézard nous restait à l'O. f S. O.
La latitude observée fut de 5o° i3' 3o" N.
Le convoi de Falmouth nous rejoignit.
Le 19 au soir, la grande flotte, composée de 34 vaisseaux de ligne et de
7 frégates, se sépara de nous. Le lendemain matin, le convoi pour le Portugal nous qnitta aussi, avec le Trusty
et la corvette la Mouche. Nous continuâmes notre route avec le convoi des.
Antilles, consistant en 200 navires marchands , escortées par le Raisonnable,
la Méduse , l'Iris , le Cormoran et la
flûte le Dromadaire.
Le 21 , un grand frais,du S. O. nous
wMflmwpeîSSISiSSBBjjP"»"""» (9)
força de diminuer de voiles, et dispersa
les navires marchands..
Le 22 , le vent augmenta , et tourna
au N. O.
Le 24, les vents furent forts et varia*-
blés du S. O. à l'O. Le lendemain il fit
calme 5 mais le surlendemain le vent
souffla de nouveau avec force de l'O. et
du N. O. Ce mauvais tems sépara la moitié du convoi,
Le i.er, nous quittâmes la flotte  de
l'amiral Parker, et  fîmes route avec
la frégate VIris , le Reliance et le Sup-»
\ply. Nous trouvâmes  que  notre  cor-
[vette marchait aussi bien que les na-
I vires marchands.
Le 2 , nous continuâmes notre route
au sud avec une jolie brise de l'est.
Le 5., dans la matinée , nous  aper-
[ eûmes les îles Canaries. A midi, le pic
de Ténériffe nous restait au N. 88° So' O.
Des vents légers et variables, que les
I marins   appellent risées folles _,  nous
I e*npêchçrent de mouiller avant le. 6 au
i795.
Févr..
22.
2i,
Mars,.
m 1795.
Mars*
C  -o)
malin, que nous jetâmes Pancre devant
Sainte-Croix par 35 brasses.  L'église
nous restait à l'O., et la pointe de Nago
à l'E. f N. E. Comme il  était probable
que notre  séjour ne serait pas long v|
nous   n'affourohâmes   points   Lorsque
nous allâmes saluer le gouverneur , il
nous fit des excuses assez frivoles  de
ce qu'il ne nous invitait pas à dîner j
ma\s nous reçûmes cette  marque   de
politesse, et beaucoup d'autres, encore ,
de M. Rooney, un irlandais établi dans
cette île depuis quelques années. M. Cal-.
logan, le fournisseur de la marine, nous
procura de très-bon vin, et nous envoya tous les jours de la viande frai-,
che. Nous prîmes aussi des bestiaux à
bord.  Les légumes étaient très-abon-j
dans. Les oignons et les pommes dej
terre furent   notre provision de rneri
la plus saine et la plus utile. Le sol du
pays, autant que je le pus  voir , estj
presque entièrement composé de rochers  recouverts d'un peu   de  terrei ( " )
mêlée de pierres. Cependant la végétation y est belle et vigoureuse ; ce
qui provient sur-tout de la qualité fertile de la terre volcanique. L'«au y
est très-bonne , et on peut en prendre
une grande quantité. Il est souvent
difficile d'aborder à^ terre, à cause du
ressac le long de la côte. Quelques jours
avant de voir cette île , nous aperçûmes pour la première fois des poissons volans. Le fort ressac nous empêcha de beaucoup communiquer aveo
la terre.
Le 8 , l'Iris et son convoi partirent.
Le 15 , nous quittâmes Ténériffe
avec de légères brises du S. O., qui,
de tems en tems, variaient dans toutes
les directions. Nous ne perdîmes le pie
de vue que le 16. Ce jour-là, à midi,
le vent tourna au nord , et continua à
souffler en brise réglée. Le Reliance
et le Supply restèrent nos compagnons
inséparables. L'île de Gomera s'étendait
i795.
Mars.
8.
iS.
t6. ( «)
du N. 20° E. au N. 6o° E. L'île de
Fer nous restait au N. 5o° O., à la dis*
tance de 10 à 12 lieues.
Le 21 , dans la matinée , nous eûmes
(Connaissance de Saint-Antoine, une des
îles du cap Vert. A midi, la pointe-
Si O. nous restait au S. 8° E., à 5 ou 6
lieues de distance. Sa latitude est de
i7<V46"N.;sa]ongitudede25°i6'26"0..
Un vent alise assez frais ne tarda pas-
à nous faire perdre cette île de vue r
et nous continuâmes notre route au
S.  S. E.
Samuel Redriff mourut : c'était un
jeune homme de 18 ans , très - bon»
sujet. Une fièvre continue l'enleva en
trois jours.
Du 29 mars au 8 avril, tems étouffant,.
vent variable du N. au N. O. Des calmes
fréquensnous empêchaient d'avancer ; de
tems en tems de forts grains, avec des
éclairs, du tonnerre et de la pluie.
Le 8, nous passâmes la ligne avec de
jolies brises du S. E, ( i5)
Du il au 2? les vents fraîchirent, devinrent plus réguliers, et au sud de
io deg. de latitude australe, ils tournèrent plus à l'est.
• Le 22, nous aperçûmes l'île de la
Trinité. A midi, elle nous restait au
S. 4*° E. Sa latitude observée fut
2i° 2i' 4I"S., sa longitude 2Q° 29' E.
Le 23, dans l'après-midi, nous perdîmes la terre de vue. Le lendemain,
petit vent du N. E., qui tourna bientôt
à l'E. et s'y fixa. Comme nous avions
le dessein de toucher à Rio-Janeiro ,
nous gouvernâmes plus à l'O- ; et à a3°
de latitude S., nous fîmes roule directement à l'O. pour chercher une île
qu'on ditse trouver sous ce parallèle.
Le 1 .er, vents variables - de tous les
points. Au jour, nous découvrîmes cinq
bàtimens étrangers. Citait des navires
marchands venant du Brésil et allant à
Lisbonne. Us avaient quitté Rio-Janeiro
depuis cinq jours.
Le a, de grand matin , nous vîmes C *4)
la terre. À midi, le Cap Frio nous res*
ij95' tait au N. i N. O. à 8 ou 9 lieues de distance. En même tems nous jetâmes la
sonde par 70 brasses fond de sable fin.J
D'après nos observations, nous plaçons I
ce cap à 220 5gr 41" de latitude S., et i
41 ° 53' 12" de longitude E.
Le vent variable nous avait empêché   jusqu'au   5   d'atteindre   l'entrée
du  havre  de   Rio-Janeiro.  Nous   mt
mouillâmes le 5 par   28 brasses fondç
de sable. Round-Island nous restait au
S. 88°. O. La montagne de Sagar-Loaf
au N. 55° O., et les extrémités  de la.f
côte du Brésil s'étendaient du N. 640 E.
au S. 640 O. Le tems é|àt calmé.
Le 6, dans l'apres-jpidi , un pilote
vint à bord, et nous levâmes l'ancre
mais le calme nous obligea de mouiller
à l'entrée du port. Le lendemain nous
fûmes plus heureux, efcnous mouillâmes en-dedans de l'île de Cobras pair
5 brasses et demie. Nous y trouvâmes!
une frégate portugaise et des navires
m (i5)
[marchands de différentes nations. Le
\Reliance, capitaine Hunter, nous salua
en entrant, et nous lui rendîmes son
Salut coup pour coup.
Nous  restâmes  à Rio-Janeiro jusqu'au 24. Durant cet  intervalle nous
visitâmes le grèment, nous calfatâmes,
le navire, et fîmes toutes nos dispositions pour mettre en mer. L'équipage
[eut toujours des provisions fraîches ,
et  nous   achetâmes  à un prix raisonnable du vin, du rum et du sucre. On
nous donna toutes les facilités que nous
pouvions désirer pour nous procurée-
ces objets; j mais nous eûmes le désagrément d'être surveillés nuit et jour
ipar des canots de ronde, et aucun officier  ne  put aller  à terre, à moins
d'être accompagné par un officier por-
| tugais d'un  grade égal. Ces mesures,
| dictées par une défiance déraisonnable r
firent que je n'allai qu'une fois seuLJb
terre, et une autre foisavec le gouver-
neur Hunter, pou» rendre nos devoirs au (j6)
vice-roi. Le sol, aux environs dé Rio*'
Janeiro, est généralement bon , et produit beaucoup d'oranges , d'ananas, de
melons, de cannes à sucre et autres plan-,
tes de la zone torride. Il y a une grande i
variété d'oiseaux , tels que des perroquets , des kakatoès et différens oiseaux
demer, despaille-en*cul et des frégates.i;
On y voit plusieurs espèces de singes ,.
dont une, nommée  Ouistiti 3 est extrêmement petite, ayant à peine 7 pouces^
de  long.  Les   bâtimens  du  capitaine;
Hunter n'étant pas prêts, je partis seukii
après avoir pris ses ordres , pour Port-
Jackson ; car la saison étant-très-avancée , j'avais   dessein de me  rendre à-,
la mer du Sud en passant par> la terre;-
de Van-Diemen.   Rio-Janeiro  est   par
les 220 55' 17" S. et 420 5i' 16" E.
Le 25, la brise s'étant élevée duN. E.,
nous fit bientôt perdre de vue la côte
du Brésil.
Le 26, un vent frais nous porta rapidement au sud ; et quand nous fiâmes pi
à 5i° de latitude S. , le vent tourna
au N. et au N. O. Nous dirigeâmes notre route au S. E., en diminuant de
voiles à mesure que le vent forçait.
Le 2 , Les lames étaient longues ; le
vent augmenta et souffla avec force
du S. O.
Le 5, bon frais du N. O., avec une
pluie continuelle. Par la latitude de
4o° S., nous portâmes à l'E. dans le dessein de trouver l'île de Gough, et de
déterminer sa position. Un fort coup
de vent du N. N. O., nous força, dans
la matinée,- à mettre à la cape, où
nous restâmes pendant quatre heures
avec un ris dans notre artimon. Alors
|e vent ayant diminué, nous mîmes en
route.
Comme le vent d'O. revint avec plus
j de violence, et que le navire ne s'élevait pas assez sur la lame, nous mîmes de nouveau à la cape sous le foc
d'artimon* Dans la soirée, le tems se
calma, et nous mîmes en route,
i. a
1795
Mai.
Juin.
-2. (i8)
Le 10 , à une heure et demie après
midi, nous aperçûmes l'île de Gough ,
qui nous restait à l'E. à 5 ou 6 milles de
distance. Noire observation à midi nous
donna 4o° 16/ latitude S. ; mais elle n'était pas très-sûre. Le vent augmenta.
Mais comme  je voulais faire des observations plus précises sur cette île ,
nous mîmes à la cape, sous le vent à
elle, à trois heures et demie : elle nous
restait alors au N. N. 0.  Les lames
s'eutre-cboquaient en tous sens. Pendant
la nuit  le vent  diminua. Nos  sondes
nous donnèrent i55 brasses. A midi,
point d'observation.
Le lendemain 11, nous fûmes aussi.
malheureux. Le tems fut pluvieux et*
brumeux. Comme il n'y avait guères de-;
probabilité qu'il s^éclaircît , nous reprîmes notre route à l'E. Les vents soufflaient bon frais du N. N. O., et la pluie
ne discontinuait pas. L'île de Gough est
haute et très-hachée. Elle n'a pas plus
de 2 à 3 milles de circuit. Nous n'yi I *9 1
aperçûmes pas le moindre signe de végétation. Mais comme le tems nous empêcha d'y aborder , nous ne pûmes faire
les observations que nous désirions ; et
ce que nous disons de son étendue
est même peu certain. D'après nos montres marines , nous la plaçons à 4o° 19'
de latitude S. et à 90 27' de longitude O.
Cependant, le tems embrumé peut nous
avoir fait commettre une erreur de
3 à 4 milles.
Le 12, bon frais du N. N. O. Nous
fîmes route à l'E. , nous maintenant
toujours à-peu-près sous le parallèle
de 4l0 3o' S., quoiqu'il ne nous fût possible de prendre hauteur que tous les
trois jours. Le vent diminua et varia
au S. O., depuis que nous fûmes parvenus à l'E. du méridien de Greenwich.
Le 16 , le vent revint au N. N. O. en
augmentant de violence. Hugues Mac-
donald tomba de la vergue sur le pont,
en prenant un ris au grand hunier ,
et fut tué du coup. Vers ce tems nous (20)
• vîmes pour la première fois des albatros
et le bel oiseau appelé damier, ainsi
que beaucoup de mouettes et des becs
en ciseaux.
Le i .er, vent variable de l'E. et du
S. E., et tems brumeux. Nous vîmes
un grand nombre de phoques nager autour du navire, et nous passâmes au
travers de quelques.goémons. Nous reçûmes un fort coup de vent du N. et
du N. O. Dans la matinée, afin de moins
fatiguer , nous serrâmes la misaine , et
mîmes à la cape sous la pouillouse , car
le vent soufflait avec la plus grande
violence du N. O. , et il pleuvait à
torrens. Pendant la nuit notre barre de
gouvernail rompit.
Le 14, le vent tourna à l'O. j tems
par grains, et froid.
Le 19, de petôts vents et un tems
couvert n©5H£ engagèrent à guinder
nos mâts et nos vergues de perroquet i
Nous mîmes dehors toutes nos voile»
légères , qui ne nous avaient guères (21   )
servi durant cette traversée orageuse.
Le 28, le vent du S. S. E. devint très-
fort. Le bâtiment était sous ses voiles de
cape j tems par grains , mêlé de pluie.
Le 2 , vent frais , tems couvert ;
latitude , 44° &' S. A une heure et
demie après midi, nous vîmes la terre
de Van - Diemen presque entièrement
couverte de neige. Elle nous restait
au N. | N. E., le vent N. N. E.
Le lendemain , les deux extrémités
restaient à midi au N. 5° O. et au
N. 620 O. ; latitude , 44° 5' S.
Dans la soirée du 4 > la terre s'étendait du N. 54° O. au N. 71 ° O. Le vent
continuant à souffler au N., nous ne
pûmes pas en apercevoir davantage ,
parce que nous étions obligés de tenir
le plus près en faisant route à l'est.
Le 6, nous fîmes ensuite le N. N. O.,
dans le dessein d'apercevoir l'île de
Furneaux , et de visiter l'espace inconnu entre cette île et le cap Howe,
si le tems le permettait.
1795.
Juillet.
28.
Août.
2.
6. (22)
Nous continuâmes notre route au N.
jusqu'au 12, sans avoir pu apercevoir
l'île Furneaux. Les vents étaient passés
à TE., grand frais*. Au coucher du soleil nous, vîmes la terre , et en conséquence nous fîmes porter au N. N. E.
Le lendemain matin , nous trouvant
par 34° 5o' S., c'est-à-dire quelques
minutes plus au S. que le Port-Jackson,
le tems.étant très-clair ,nous eûmes le
désagrément de ne plus voir la terre,
et celui de croire que nous nous étions
trompés.
Le 13 , le vent du N. O. venait droit
de terre. Nous étions au N. de Port-
Jackson. .
Le i4, au point du jour, nous vîmes la terre au N. O. A midi, beau
tems clair. Le cap Hàwke nous restait
au N. 88° O., et les deux extrémités
de la côte s'étendaient du S. 220 3o' O.
auN. 20 E. ; latitude observée, 32° u' S.
Le i5, nous louvoyâmes pour nous
élever au vent. A midi, le cap Hawkc (25)
nous restait au N. 25° O. et les îles au
large de Port-Slephens au S. 710 O. ;
latitude, 32° 38' S.
Le 18 , le vent continuant à souffler
du S. O., je vis qu'il n'y avait pas
moyen de gagner le S. pour aller au
Port-Jackson : c'est ce qui me détermina à faire route pour le Port-Ste-
phens , où nous entrâmes , et nous y
mouillâmes par 5 brasses et demie fond
de sable. Les pointes de l'entrée étaient
ouveites du S. 120 E. au S. 85° E-
Pour plus de sûreté , je fis mouiller
en outre une ancre à jet ; ensuite
j'envoyai nos canots pour chercher de
l'eau. Nous restâmes là huit jours , et
,y fîmes notre eau avec beaucoup de
facilité, à un lac situé sur la côte septentrionale. Pendant notre séjour, nous
eûmes de fréquens rapports avec les
naturels. Ils sont de la même race que
ceux qui habitent Port - Jackson et la
terre Van-Diemen. Ce sont des hommes
simples , paisibles  et   doux.  Lorsque if
(=4)
nous nous approchions d'eux, ils faisaient retirer  leurs femmes   et  leurs
enfans. Nous trouvâmes quatre anglais
qui, s'étant enfuis du Port-Jackson dans
un canot, vivaient avec eux depuis cinq!
ans. Ils étaient au nombre de cinq lors|
de leur  arrivée , mais il en était mort
un. Ceux  qui restaient    étaient   dans
l'état le plus misérable, et ressemblaient
à des spectres. Pour leur subsistance m
ils dépendaient  des sauvages. Ceux-ci»
leur donnaient de tems en tems quelques provisions, dont eux-mêmes n'étaient pas abondamment pourvus. Malgré leur situation déplorable , celui qui
les avait engagé à déserter refusa de
venir à bord. Nous réunîmes quelques-"
objets  que nous voulions  lui laisser r
afin   de  rendre  son existence   moinsi
malheureuse. Cependant, l'ayant assuré
qu'on le traiterait bien , et que  probablement on ne le punirait pas de sai
conduite passée , il consentit à se joindre aux autres et à venir avec  nous-
m (25)
Un ou deux de ces geôs étaient mariés.
Us abandonnèrent leuffi femmes et leurs
enfans, sans témoigner beaucoup, de regrets. Le sol, autour de Port-Stephens ,
est principalement composé de sable et
de débris de végétaux. Cependant il
est un peu meilleur dans les endroits
bas et humides. En général le pays est
stérile , et n'est pas susceptible d'up
haut degré de culture. La côte offre
une grande variété de poissons , tels
que des mulets , des grosses - têtes ,
une espèce de torpille , des fiez. On
voyait dans les bois plusieurs belles
espèces de perruches, et un petit oiseau d'un plumage brun, qui ressemblait un peu au moineau de Java. Quant
aux quadrupèdes , nous aperçûmes des
kanguroos, des chiens , etc. Nous trouvâmes sur le rivage une grande quantité de coquilles différentes , très-agréa*
blement diaprées , telles que des buccins ou murex, des moules, des huîtres ,   des lepas   et de superbes in-
i795.
Août. •*-_,*_-.
■<sm
(26)
- dividus de la conque de Vénus. Les
2 k ' naturels se nourrissent principalement
de poissons, de racine de fougère et
de la chair de chien. S'il arrive qu'une !
baleine morte soit jetée sur le rivage,
c'est pour eux un mets délicieux. L'as-|
tronome fit les observations suivantes
à l'aiguade , qui était par le travers du
navire :
.1
Latit. par le milieu de 4 hauteurs méridiennes du soleil 52° 41'33" S.
Longit. par le milieu de 4 garde-tems.    . i5i° 44' 44' &
Longit. par le milieu de 12 séries de distances lunaires i52° 4'4pfl|
Différence en longit. entre
Port-Jackson et Port-Stéphens ,
par le milieu pris entre la différence en long, de 4 garde-tems. 53' 46"
Longit. de Port-Jackson, par
■un milieu pris entre les déter- > i5i°43f 49" ^
minations de M." Malespîna et
Crosley i5ï° 10'  l
Longit. de Port - Jackson ,
conclue de ces diverses données.     ...-*....
-V     î^fft?*=»23!l (27)
Le 20 à midi, nous embarquâmes nos •
canots, et fîmes route pour le sud avec
un vent d'E. Le Port-Stephens nous restait au N. 760 O, et les extrémités de la
terre s'étendaient du N. 240 E.,au S.
75°. O. lat. 32° 5i' S. A minuit nous
prîmes la bordée du N., et au jour celle
du S. et S. S. O., suivant que le vent le
permit. Nous avions 70 brasses d'eau :
la matinée fut brumeuse, le tems pluvieux , le vent augmenta , et nous fûmes menacés d'un coup de vent du S. Ëi
qui nous aurait affalé sur la côte. Nous
■ fîmes force de voiles pour nous réfugier
dans le Port-Jackson avant la nuit. A
midi, la tour des signaux de la pointe
S. nous restait au S. 32° O., et nous
doublâmes la pointe N. à un demi-mille
de distance , avec toutes voiles dehors.
A midi et demi, nous nous trouvâmes
à l'entrée du port 5 et à une heure, comme
■nous entrions, un pilote vint à bord.
Dans l'après-midi, nous affourchâmes
avec nos deux ancres de bossoir dans
1795.
Août.
20.
' (28)
l'anse de Sydney, et nous amenâmes
179 " nos vergues et nos mâts de hune. Dans
la nuit, le coup de vent devint une tempête , ainsi que nous l'avions prévu. Elle
continua le lendemain avec la plus
grande furie, et il nous fut impossible
d'envoyer un canot à terre. Nous ne
pouvions assez nous féliciter de nous
trouver à l'abri j car si nous eussions
resté en mer, il est probable que le bâtiment n'eût jamais pu se relever dd
côte. En effet, depuis que nous la longions, nous n'en avions jamais été à
plus de deux lieues. Nous trouvâmes le
major Paterson, commandant le corps*
de New-South-Wales, qui remplissait
les fonctions de gouverneur. Il nous
reçut avec la plus grande affabilité, et
nous prodigua toutes les politesses et
les marques d'attention qui étaient enf
son pouvoir. En mon particulier, je ne
puis assez hautement exprimer ma reconnaissance de la manière amicale dont
je fus traité par le major et sa femme,
m"*,m* (29)
durant notre long séjour ici. Nous nous
mîmes sans délai à réparer le bâtiment,
à le calfater en^dedans et en-dehors, et
à visiter le grèment. Nous établîmes
des tentes à Cattle-Point, afin que l'astronome pût vérifier les garde-tems. On
jetait tous les jours la seine pour se procurer du poisson ; et en envoyant un
Canot à Garden-Island, on nous fournissait tous les jours, d'après les ordres
de M. Paterson, une bonne provision
de légumes pour notre équipage.
Le 8, le gouverneur Hunter arriva
avec ses bâtimens, ayant mis 97 jours à
venir de Rio-Janeiro.
Le 12, nous saluâmes son Excellence
de i3 coups de canon,lorsqu'on fit lecture des lettres-patentes qui le nommaient capitaine général de New-South-
.Wales.
Le 6, le navire étant prêt, nous dé-
saffourchâmes, et vînmes nous mettre à
la passe. En quittant l'anse , nous saluâmes le Reliance de la voix. % (3o)'
Le i3 au matin nous quittâmes définitivement le Port-Jackson. A midi, la
pointe S. de Broken-Bay nous restait
au N. 34° O.; lat. 53° 5o' S., et la pointe
N. de Port-Jackson,au S. 88° 0.Durant .
notre séjour, nous prîmes à bord des
navires marchands, et à terre plusieurs
bons matelots pour compléter notre
équipage, dont la santé était parfaite.
Nous nous gardâmes bien de suivre
l'exemple de quelques navires qui, ayant
abordé à cette colonie , en avaient emmené des condamnés. Cette coutume,
malheureusement générale dans les navires marchands, a contribué à corrompre les mœurs des insulaires de la mer
du Sud. Car dans les traversées à la côte
N. O. de l'Amérique, ces hommes désertent presque toujours, soit aux îles
de la Société, soit à celles de Sandwich.
Le sol aux environs de Port-Jackson,
est généralement léger et sablonneux.
Dans l'intérieur du pays il est beaucoup
meilleur et produit abondamment du (3i)
blé et toutes sortes de végétaux. L'hiver "'"     ■
„   ., ,      . ,   1795.
y est trop froid pour que les plantes de Q "f,
la zone torride y puissent bien pousser ;
mais celles du cap de Bonne-Espérance
y sont de la plus grande beauté. L'arbre
à pain, et le cocotier qu'on y a apporté
depuis peu, n'ont pas réussi. Les bananiers et la canne à sucre ont mieux fait j
il parait cependant que ces deux végétaux n'y acquerront jamais un grand
degré de perfection. H y a plusieurs espèces de plantes et de fruits que l'on
pourrait essayer de naturaliser ici ,
comme les groseilliers avec et sans épines, et les différentes variétés de pom-.
mes, poires , prunes , citrons, pêches ,
ainsi que le gouet-manioc(arum escu-
lentum ), les ignames et les patates. Les
fleurs y sont encore chose inconnue. On
y voit des oiseaux de plusieurs espèces,
tels que les kakatoès blancs et noirs,
divers perroquets , des corneilles, des
mouettes et des nigauds. L'émeu appartient au genre  du casoar; il devient Octob.
(32)
■ j '- très-gros tet ne peut voler non plus que
nJi^ les oiseaux de cette famille. Les principaux quadrupèdes sont les kanguroos
de deux espèces, les opossum, les écureuils voïans, les souris, les rats-kan-
guroos, et une espèoe de furet. Les
reptiles sont les serperis * dont quelques-
uns d'une grandeur démesurée , des
ïgnanes, des lézaïds', des grenouilles.
On trouve en abondance dans les baies,
des saumons, des anguilles, des mulets J
des perroquets, des fiez, etc.;et sur les
rivages, des huîtres , des moules, des
tonnes et autres coquillages. On y prend
quelquefois de très - gros requins, et
c'est le seul moyen qu'on ait de se procurer de l'huile.
Voici les observations astronomiques
qâé l'on fit à terre, à Cattlê-Point, qui
forme un des côtés de l'anse de Sydney»
c'est où les Espagnols avaient établi leur
observatoire.
«wwswefflssfasasjjc'*'*! I ( 33 )
Latit. par un milieu de plusieurs hauteurs méridiennes
-du soleil 33"5i'47"}S.
Longit. par le milieu de go
séries de distance de la lune,
dont45àl'E. et45àl'0. . . i5i°  9'48"  E.
Variation du compas. . .   n° 9' N. E.
Le mât de pavillon de la pointe S.
restant au N. 730 45'E. du compas, à h
distance de 7 milles.
!
*. (54)
CHAPITRE   II.
Traversée du Port-Jackson à Taïta. — Observa-
. tions. — Arfiiyée à Mowee ; situation déplorable de cette île. —Arrivée à Wohahoo.
Visite de Tamaah-Maah ; guerres et ambition
de ce chef. — Nous mouillons dans là baie de
Yam. — He d'Onehow.
Le i4 octobre nous fîmes route pour
le N. de la Nouvelle - Zélande ; notre
intention était de toucher à Taiti en-
nous rendant à Nootka-Sound. A trois
heures après midi, la côte de la Non-
velle-Hollande s'étendait du N. O. \ O.
à l'O., et peu après nous la perdîmes
de vue.
Le 19, étant par les 33° 10' de lat. S.
et 1690 de long. E., le vent du S. O.
sauta au N. E. en bourasque ; mais cela
ne dura pas : car le lendemain il tourna
auN. O., et nous reprîmes notre route
à l'est. (35)
Du 24 octobre au i3 novembre , nous
i7g5
»cto
24
i5.
teûmes généralement les vents du N. O.
b, . Octot
au N. E.j souvent grand frâïS. Nous
fûmes une fois obligés de mettre à là
cape.
Le 13 novembre nous étions par 3o°
33' de lat. S., et 1970 53' de longit. E. ;
nous faisions le S. E. Nous n'avions pas'
pu observer la latitude dep"uis le 9. Nous
nous trouvâmes i° 3o' au nord de notre
estime ; c'était la seule direction dans
laquelle nous eussions éprouvé lin courant. Dans, la nuit nous portâmes au
nord.
è
Le 18 le vent nous devint plus favo- 18.
rabie, et à midi étant, d'après les montres , par les 280 33' de lat. S., et les
201 ° 27' E. de long. E., nous observâmes
les distances du soleil à la lune; ce qui
nous donna, à peu de chose près, la
même longitude que la montre.
...Le z5,à 2 heures 40 minutes après
minuit, nous eûmes connaissance de
Hle d^Ohetorea ,   qui nous restait au !&
Nov.
28.
( 36 ) .
-—'W1- N. E. 6° N. Comme elle se trouvait sur
y9 ' notre route, nous prîmes la bordée du
large pendant deux heures, puis nous
virâmes de bord et portâmes le cap dessus. A midi elle s'étendait du S. 3° E. aU
S. 3° O. Notre observation ne fut pas
très-sûre ; elle nous donna 220 o' 54'^
S., et 2080 32' 48" long. E.
Le 28, des vents frais de l'E. nous
portèrent en vue de Taïti, qui nous restait au N. N. E. Ai i heures du matin,
nous virâmes vent devant. La pointe E.
de l'île nous restait au N. N. E. La
pointe basse dans le centre de l'île au
N. 5° O. au large , et la pointe E. de
Tiaraboo au N. 740 10'; lat. observée,
Î70 47' 32" S. long, obs., 2100 42' 2o'î
E. ; longitude estimée, 2080 53' E. 1
1 Nous croyotis qu'il s'est glissé quelque erreur
dans ces relèvemens. Il nous a été impossible de
les faire cadrer avec la latitude observée à midi,
que nous avons diminuée de quelques minutes ,
pour tenir compte du chemin fait probablement
Au S. de il heures à midi. Il nous a été égale-
«r (37)
Le 29, peu après midi, le vent nous        -'
devint plus favorable et nous forçâmes   ^
de voiles. En passant devant la baie   2C,
d'Ohitepehah,nous fûmes entourés de
pirogues. A 5 heures du soir nous mouillâmes dans la baie de Matavai par cinq
brasses. Le lendemainmatin, nous nous
louâmes dans un- meilleur mouillage.
En faisant cette opération, nous draguâmes une ancre dont le jat était en
fer. Elle avait appartenu au Bounty, qui
la laissa dans cette baie lorsqu'il coupa:
ses cables-, et qu'il partit, monté par les
révoltés qui étaient restés. Dans la journée, nous dressâmes nos tentes sur la
pointe de Vénus , afin de vérifier la
ment impossible de pouvoir distinguerta pointe-
E. de la terre qui était en vue, de la pointe de
Tiaraboo, qui est effectivement la pointe la plus
E. de l'île. Nous n'avona-donc pu suppléer à la
faute d'impression-qui a été commise sur le rumb
de vent du dernier relèvement, dans lequel on a
émis de marquer s'il avait été fait à l'E. on à l'Ot
•tu nord. ( Note du traducteur.^.
mimi £38)
marche des garde-tems, et de compléter notre provision d'eau. Les habitans,
nous aidèrent de tout leur pouvoir dans
nos différentes opérations, et nous fournirent en ahondance des végétaux el{
des provisions.
Le 11 décembre nous quittâmes Taïti
avec un joli vent et très-beau tems. A
midi la pointe de Vénus restait à l'E.5° N.
à 3 à 4 milles de distance. Nous mîmes
en travers afin d'embarquer nos canots**
et de prendre congé de nos bons amis.
A mon départ, je les saluai de quatre
coups de canon, sachant que cela leur
ferait plaisir. Il n'y avait pas un homme
malade dans tout l'équipage. Les ponts!
étaient couverts de végétaux et de cochons , dont plusieurs pesaient plus de
200 livres. Les voyageurs qui ont visité|
Tàîti avant moi, ont donné des descriptions si détaillées du pays et de ses ha-.
bitans, que tout ce que je pourraisajou-,
ter serait superflu. C'est pourquoi je me
bornerai à, un très-petit nombre d'ob-
S8S»1* ( 59 )
servations. Le sol de cette île *st excel»
lent. Il consiste en une terre argileuse
rougeâtre, quelquefois sablonneuse et
d'une couleur noire. La partie intérieure du pays étant montueuse, est
moins bonne que celle qui est plus près
de la mer. On y trouve différentes espèces d'arbres. Toute l'île est abondai»*»
ment pourvue de sources et de ruisseaux. 11 y a une grande quantité de
crustacées et de coquillages, et beau>-
coup de sortes d'oiseaux de terre et de
mer. Les oies y sont naturalisées^ Mais
suivant ce que j'ai pu apprendre, les
chèvres sont la seule espèce de béta$
d'Europe qui s'y soit multipliée. ,L^s
naturels mangent les chienS et les
chats.
A 4 heures apresimidi, la pointe de
Vénus nous restait au S. 53° E., à la distance de 12 milles. A 5 heures du matin nous vîmes l'île de Tethowroa, qui
s'étendait du S. 74° E. au S. 6o° E.,à 4
ou 5 lieues de distance. Nous relevâmes (4o)
Taïtï au S. 200 E., et Eimeo au S. 4° E.
Nous avions toujours un petit vent de
N. E. Le 12 à midi nous ne vîmes plus£
la terre.
A 4 heures et demie après midi, la
montre n.° 1 donnait 2100 12' ï5#E.,
lorsque la pointe de Vénus5 nous restait
au S. 53° E., à 12 ou 13 milles de distance; ce qui établirait sa longitude à
2100 32' E., qui est celle trouvée par
Coôr Le 28, le même n.° 1 était d'accord , à 3 minutes près , avec la longit
tude dé la baie d'Ohkepeha, et le lende*.
main nous avions vu cette baie; Depuis
lors il ne s'était passé que 12 jours ; nous
n'avions donc pas sujet de penser qu'il
eût varié dans sa marche depuis nôtre
départ du Port-Jackson. Cela nous fit
d'autant mains regretter l'impossibilité^ ©ù s'était trouvé l'astronome de
faire des observations à la pointe de
.Vénus.' Le baromètre y aérait eu des
mouvemens très - ircégiàliers, occasio-
nés par la violence du ressac qui ve- (4i )
nait frapper l'endroit où sa tente était
dressée.
Le 16, tems assez doux , avec des
grains par intervalle. A 9 heures et demie, nous aperçûmes une île par notre
travers au vent. Elle nous restait au N.
780 E. A 11 heures et demie., nous
louvoyâmes pour nous en approcher.
A midi elle fut relevée à l'E. 190 S. Elle
ne pouvait être vue que du haut de la
grande hune. J'estimai sa distance à 5 ou
6 lieues. Son extrémité S. était la plus
élevée, et couverte d'arbres qui ressemblaient à des cocotiers , par la manière
donteils étaient disposés en groupes détachés le long du rivage. Nos relève-
mens placent cette île à 90 57' lat. S., et
2090 55' E. Mais il faut faire attention
qu'ils ont été pris du haut du mât avec
une petite boussole portative, et la distance angulaire des deux extrémités a
été observée avec un.octant.
Le 17, l'île s'étendait de l'E. 5° S. au
S. E. f E. à environ 5 lieues de distance ; °°cf^-yw»
nm
i795.
Dec,
ïS.
19.
?4<
(40
et si je ne me trompe pas dans l'estime
de sa distance, elle doit avoir environ
5 milles de longueur, et s'étendre du
N. au S. Je la nommai île Caroline, en
l'honneur de la fille de sir P. Stephens,
membre de l'amirauté.
Le 18,nous eûmes une boule du N.E,
que nous n'avions pas encore éprouvée;
je l'attribuai à ce que nous étions sur le
parallèle des Marquesas, et que nous
n'avions plus' de terres à l'E. Le grand
océan Pacifique est couvert depuis'«l
20e jusqu'au 10e deg.de latit. australe,
d'îles basses; et lorsque le vent vient de
ces îles, la mer est tranquille dans ^
partie où nous avions passé.
Le 19, nous vîmes beaucoup d'oii
seaux, sur-tout des fous. L'étourderie
de mon domestique mit mon baromètre
hors d'état de me servir ; il en avait cassé
le tube de verre, accident que nous ne
pouvions réparer.
Le 24, vent alise très-fort, qui dura
jusqu'au premier janvier 1796, que nous.
Aj---;
BgreiagasgBKijp (45)
nous trouvâmes à la hauteur des îles •*■»»■■-■ ^
Sandwich. Çp
Premier janvier, vent très-fort et Janv,
tems par grains, avec une houle de l'E,
A 2 heures après midi, nous aperçûmes
distinctement la terre. En approchant
de l'extrémité O. d'Owyhee, les vents
furent variables de tous les points,
Le 2, tems calme et couvert, qui con- su
tinua dans l'après-midi, et permit à plusieurs pirogues de venir nous apporte?
des cochons et des végétaux. A i o heures
du soir, nous eûmes une petite brise de
terre; nous longeâmes la côte jusqu'au
jour, et nous éprouvâmes un fort couvrant qui portait au N. O. A 7 heures *
nous aperçûmes une voile dans le N. O,
Les habitans nous dirent que c'était un 1
brick anglais qui avait quitté la baie
dans la nuit.
Le 3, les vents faibles et variables    5,
nous empêchèrent d'entre? dans la baie.
C'est pourquoi j'envoyai un officier dans
le grand canot, pour prendre des ren-
1   1 (44)
seignemens sur le capitaine Vancouver;
J79 • ayant appris que j'en pouvais savoir des
nouvelles d'un navire américain qui se
trouvait là. Le canot, à son retour, confirma ce que nous avions déjà entendu
dire ; c'est que le capitaine Vancouver
avait fait voile pour l'Angleterre avec
le Chatam et le Discovery. Cette nouvelle venait du brick anglais. Il avaiM
rapporté qu'ils étaient partis de Valpa-
ra'iso en juin ou août 1795, pour retourner en Angleterre par le cap Horn.
Nous fîmes le S. S. O. pendant toute la
nuit, et à 7 heures du matin nous portâmes au N. O?
Le 4 ? d'après l'estime , nous avions
couru 5 lieues sur la terre , et cependant nous ne paraissions pas nous en
être approchés. Notre grand éloigne-
ment nous empêcha d'y avoir aucune
communication. Nous ne pûmes atteindre la côte avant la nuit, à cause des
petits vents et du calme qui se succédaient.
BBKM (45)
Le 8, les vents furent variables de
la partie du N. A l'aide de nos embarcations, nous mouillâmes dans la baie de
iKarakakoa, où le brick américain lady
I Washington nous salua de 7 coups de
canon : nous lui en rendîmes 5. Dans un
[instant notre bâtiment fut entouré de pi-*
[rogues remplies de femmes, de fruits
[et de légumes. Dans l'après-midi, nous
|mouillâmes par   18 brasses ,  en nous
affourchant avec notre ancre à jet. Les
pointes formant la baie nous restaient au
S. 5° O. et à l'O. 3° N.
Le 11, nous plaçâmes, dans un champ
près du Moraï, la tente de l'astronome,
pour vérifier la marche des garde-tems.
M. Young , lieutenant des troupes de
la marine , accompagné d'un caporal
jet de sept fusiliers, formaient un détachement pour protéger les opérations
astronomiques. Le terrain que nous
avions choisi étant regardé comme sacré , il n'était permis qu'aux prêtres
du Moraï d'en franchir les limites : il
1796.
Janv.
8.
11. (46)
eât éié difficile de trouver un lieu plus
Î7QO. ...
1J     tranquille^
Janv.
Depuis que nous avions passé fa li*
gfie , le bâtiment avait fait 2 à 4 pouces
d'eau, par heure. Nous profitâmes de
l'occasion qui se présentait d'en trouver
la cause en désarrimant la cale , et
donnant une barfde au navire. Mais
toutes nos recherches furent vaines. On
vida aussi la soute au pain , afin de
détruire les' insectes par le feu. Nous
eûmes le chagrin de voir que nous n'ar
vions atteint notre but que très-impaïa|
failement.
Nous tirâmes ttae salve à l'honneur
du jour de la naissance de la reine. Le
tems devint plus favoYable pour les ol>
servations de Pasïrofflome , et le 20 il
eut pour la première fois des hauteurs
correspondantes. Depuis le 26 jusqu'au j
3i , le tems ne'permit pas de faire des i
observations ; mais»le 3i dans l'après- i
midi, on en obtint de correspondantes.
Aussitôt on abattàt les tentes ; et comn^-'j
MMll (47 )
nos embarcations ne pouvaient pas ap-       T"
procher du rivage , nous transportâmes   ,
i nos effets sur les doubles pirogues des
| habitans. A 4 heures du matin , nous
quittâmes la baie avec une brise de
terre. Durant les trois   semaines  que
nous restâmes mouillés dans cette baie,
Inous eûmes  constamment pendant la
nuit des brises de terre qui allaient en
diminuant, jusqu'à huit heures du matin  qu'elles  cessaient. Dans le  jour ,
nous avions de petits vents et des brises
du large. Le ressac permit rarement
à nos canots d'aborder j ce qui ne nous
gêna pas beaucoup ; car  les insulaires
nous offraient de bon cœur leurs pirogues , qui étaient des embarcations plus
! sûres. J'eus tout lieu d'être satisfait de la
manière dont les naturels nous reeurent*
et de leur conduite envers nous. Aucun
vol de conséquence ne fut commis, et
nos opérations ne furent pas interrom-»
pues. Tout l'équipage descendit à terre
en différentes fois ; personne  ne §ai (48)
insulté , et nous éprouvâmes beaucoup
de bonne volonté et de douceur de
la part des insulaires. Tamaah-Maah nous
envoya d'abondantes provisions de cochons pour notre consommation journalière. Nous étions redevables de cette
marque de générosité à l'influence qu'un
matelotanglais avait sur lui. Cet homme,
appelé John Young , demeurait dans
l'île depuis 6 ans. Tamaah - Maah,
accompagné de tous ses chefs et de
16,000 hommes , était parti pour aller
faire la conquête des îles sous le vent.
U les avait toutes soumises, à l'exception
d'Atooï. Cela nous empêcha d'acheter
des cochons, parce que tous les chefs
avaient consacré leurs propriétés par le
Tabou. Un chef aveugle nommé Mahoa,
exerçait le pouvoir exécutif de l'Etat,
sous la direction de Young. Il se montra
très-empressé à pourvoir à nos besoins.
Les prêtres du Moraï furent aussi très-
honnêtes envers les personnes qui étaient
postées auprès d'eux. Tous les habitan» (49)
parlaient du capitaine Vancouver avec
les plus grands éloges. L'impression
favorable que sa bonne conduite a produite sur eux, et les sentimens de bienveillance que leur ont inspirés les Européens qui vivent ou ont vécu parmi eux,
me donnent lieu de penser que les navires peuvent aborder ici en toute sûreté , et y trouver ample provision de
rafraichissemens. Toutes les marchandises d'Europe ont beaucoup perdu de
leur valeur. Le bétail que le capitaine
Vancouver y a laissé , s'y est multiplié.
Il était en très-bon état, et il est probable
qu'il ne tardera pas à garnir l'île, car
il est consacré parle Tabou pour 10 ans.
Les chèvres s'y propagent d'une manière surprenante. Je leur en donnai
encore une , ainsi qu'un bouc , et une
couple d'oies et de canards. Je confiai
tout cela aux soins d'Young. Le premier lieutenant leur donna aussi ses
pigeons. Durant notre séjour, on planta
des vignes apportées de Port-Jackson,
1 4
Ir- (5o)
et on sema d'autres plantes. Il n'y avait
pas dans l'île beaucoup de melons ni
de potirons ; mais on nous apportait
des chous excellens , qui pesaient près
de deux livres. Ils étaient cultivés à
quelque distance de la baie, "et on
nous en faisait présent.
A bord du navire, le thermomètre
varia de 74 à 780 ; à terre , près de nos.
tentes , il se soutenait de 79 à 86°.
Le 20 janvier, la montre n.° 1 marqua la longitude de la baie de Karakakoa
à 203° 46' 45" E. ; ce qui ne diffère que
de 11' de la véritable, telle qu'elle a
été fixée par le capitaine Ring et
M. Bayley. Cette erreur de n' porte
sur 108 jours, tems écoulé depuis
que la montre avait été réglée à Port-
Jackson par M. Crosley.
Le 5i janvier à midi, le retard absolu de la montre n.° 1 sur le tems
moyen, était à la baie de Karakakoa de
14 h. 3i' 20" 19, et son retard journalier sur le tems moyen de 6" 594. 5-3
MO d
n     - O
P «o
u <D ta
wm
Variation à bord du navire, milieu »« ■■■■«
de trois compas.    »   \    .    .    .    . 8°i5'N. Ë. 1796.
Variation à terre, sous les tentes , Janv.
d'après un grand compas d'Adams. g 12 N. E.
N.» 1.     .    .    .    .    .) 2o3°47' 4"
Montre de poche n." 2. f 2o5 48 19
Boîte A. . . 56. . . • . f 199 36 42 •
Boîte E. . . 48 J204 44 56 . J |||||
Le relevé qui précède fait voir la longitude de la baie, indiquée par les différentes montres , d'après leur marche
réglée à Port-Jackson. Le garde-tems
d'Arnold a une marche si peu sûre ,
qu'il n'est d'aucune utilité.
Longitude de la baie , suivant King et Bayley.    .    .     . 2o5° 5y' 45" E.
Latitude , milieu de 6 hauteurs du soleil à midi.    .    .    m 28    o 5 N.
Milieu de  i5   distances
d'Aldebaran à l'O. de la
lune 204 27 5o   E.
Le i.er, nous sortîmes de la baie avec  $&&
un petit vent de terre, laissant le na-    I#«
vire américain à l'ancre. A 8 heures du
matin il fit calme, et nous éprouvâmes lit
i
3.
6.
un courant qui nous portait au N. 0.
A midi , nous eûmes la latitude de
190 3i' N. La pointe N. de Karakakoa
nous restait au S. 720 E., à 5 ou 6 milles
de distance.
Le 3 , les vents alises nous empêchèrent d'atteindre la partie S. O. de
Mowee avant le coucher du soleil. Nous
mouillâmes alors vis-à-vis le village de
Rahina par 29 brasses fond de sable , à
environ 1 mille de la côte.
Comme nous jugeâmes qu'il nous serait facile de nous procurer des fruits et
des légumes dans cet endroit, nous y
restâmes jusqu'au 6. Nous eûmes des
vents doux et légers, et nous éprouva-4
mes un courant très-fort qui portait au
N. O. Le village  s'étend l'espace  de
2 milles le long du rivage. Au large de
la pointe E., dans la direction du village , il y a un petit ressif, eu - dedans
duquel les chaloupes et les canots peu-,
vent aborder. A chaque extrémité est
un ruisseau dont l'eau est excellente: (53)
mais celui de l'O. est le plus commode
pour les navires ; car à une petite distance à l'O. de celui - ci, ils peuvent
mouiller dans une jolie baie d'un fond
clair, par 5 brasses , tout contre terre.
Nous allions souvent à terre, et les insulaires se comportaient très-honnêtement. La culture était bien entendue
et très-soignée. L'espace de terre qui y
était employé, nous rappela le souvenir
de notre patrie. On y voyait du gouet-
manioc, des patates, des melons, des
cannes à sucre, des calebasses, des girau-
mons. Tout cela se trouvait au milieu de
bosquets d'arbres à pain et de cocotiers,
qui nous procuraient toujours une promenade ombragée. Mais ce village, qui
était la résidence du chef mort depuis,
fut entièrement détruit à l'arrivée de
Tamaah-Maah. Il ne présenta plus que
le spectacle de quelques méchantes cabanes où les habitans se mettaient à
l'abri lorsque le hasard les y conduisait;
jusqu'à ce que le conquérant eût par-
mm (54)
tagé l'île entre ses compagnons. On n'y
voyait pas de cochons, et nous fûmes
bien loin d'y trouver les provisions sur
lesquelles nous avions compté. On
mouille dans la baie vis-à-vis la rivière,
et on y trouve de 7 à 10 brasses fond de
sable. Les navires peuvent y faire de
l'eau avec la plus grande facilité. Le
fond s'aperçoit à 25 brasses de profondeur. En-dedans des ressifs, se trouvent
plusieurs endroits très-commodes pour
seiner. Ces avantages particuliers me
feraient préférer cette baie à toutes
celles des îles Sandwich,
•Le 6, au point du jour, nous appa-
reillâmes avec un,;petit vent de terre,
A 10 heures du matin, nous nous trouvions dans le passage entre Morotoi et
Mowee. A 10 heures et demie il s'éleva
un fort vent d'E. A midi, bon frais et
beau tems. La pointe O. de Morotoi
nous restait au N. 740 10' O. à 10 ou
•12 milles de distance.
Le 7, à 2 heures après midi, nous (55)
doublâmes la pointe O. de Morotoi, et
fîmes l'O. î N. O. pour nous rendre à
Wohahoo. A 5 heures, nous étions par
le travers de la pointe E. de cette île ,
et à 6 heures et demie,nous mouillâmes
dans la baie de Whytetee.Tamaah-Maah
m'envoya un messager pour savoir s'il
tirerait ses grandes pièces d'artillerie
en honneur de notre arrivée; mais je
lui conseillai d'épargner sa poudre. Le
lendemain malin, il vint me rendre visite, suivi de tous les chefs,qui, à cette
occasion, avaient leurs bonnets en casques et leurs manteaux. Lui, était vêtu
à l'européenne, avec un superbe manteau en plumes jaunes, qui le couvrait
presque entièrement. U me fit présent
d'un de ses habillemens, et m'offrit généreusement de me fournir mes provisions et mon eau. Il ne voulut pas que
nous prissions la peine d'envoyer nos
embarcations pour les prendre; il * employa ses canots. Il nous donna vingt
cochons et quelques cocos. Nous ne (56)
pûmes nous procurer ni végétaux ni
racines.
Le 11, dans la matinée, nous appareillâmes et allâmes mouiller à l'ouvert
d'un petit port appelé Fair-Haven
( beau port ), par 16 brasses d'eau fond
de sable. Mon seul but, en venant y
mouiller, était de faire le plan de
ce port. J'employai mes embarcations
à celte opération pendant trois jours.
Ce port fut découvert en 1794» Par
M. Brown, capitaine du Buttesworth,
navire du commerce. Le premier janvier 1796, il y était mouillé avec les navires le Jackall et le Prince* Lee-Roo ,
qui étaient sous sa direction. Le ButtesM
worth avait été renvoyé en Angleterre.
Les deux autres navires avaient été
laissés sans défense, tandis que l'équipage était à terre occupé à saler des co-»
chons. M. Brown avait dans les insulaires une confiance entière, fondée sur
la reconnaissance qu'ils lui devaieniï
pour les avoir secouru dans leurs guer-
«WSSSSJP <57)
res. Mais eux, qui connaissaient bien
l'état de faiblesse des navires, vinrent I79"'
les attaquer avec un grand nombre Fevr*
de pirogues. Ils tuèrent les capitaines
Brown et Gordon, blessèrent plusieurs
personnes , et s'emparèrent des bâti-
mens. Ils les firent sortir du port et les
conduisirent dans la baie de Whytetee,
où le reste de l'équipage , qui était à
terre, vint les surprendre, les jeta pardessus le bord, et reprit possession des
navires, qu'il mena en Chine. On a attribué ce triste événement à plusieurs causes ; mois les principaux personnages
qui s'y trouvaient présens, ayant depuis
perdu la vie, il est très-difficile de pouvoir connaître la vérité. Le port, quoique peu vaste, est sûr et commode ; il a
5 brasses d'eau fond de sable en-dedans
des pointes. Il est formé par une ouverture au milieu des ressifs, avec un canal sans aucun écueil, dans la direction
du N. N. E. Le vent venant ordinairement du fond du port, et étant assea (58)
 „ frais, on est obligé de se touer pour y
1796- entrer, parce qu'il n'y a pas assez d'es-
Fevr-   pace pour louvoyer. Au fond du port
est un ruisseau de fort belle eau. Ce
port gît à 5 ou 6 milles dans le S. 570 E,
-de la montagne de Whytetee.
Le 14, ayant fini de faire notre eau,
nous partîmes, laissant là le grand nombre de personnes qui étaient venues de
Whytetee pour nous rendre visite, le
lendemain du jour où le tabou avait
cessé. Rien ne pouvait nous engager à
rester, car nous ne pouvions nous» procurer des vivrfes. L'état de ces gens était
réellement déplorable. Ils mouraient
presque de faim, et pour comble de
misère, ils étaient presque tous infectés
de la gale. On ne voyait pas la moindre
trace de culture près du rivage, et par
^conséquent leur subsistance pour l'ave-
^<A°" nir n'était rien moins qu'assurée. Tous
les soins et l'attention de Tarnaah-Maah
j?  [f       jetaient dirigés vers le navire que les
j charpentiers anglais lui construisaient.
■J (59)
Jl était du port d'environ 4o tonneaux, j	
et dans ce moment on était occupé dans 179"«
le port à le doubler. Le projet de Ta-   Fevr*
maah-Maah était de monter ce navire ,
et accompagné de ses pirogues, d'aller
attaquer Atooi, et terminer ses conquêtes par celle de cette île. Ce fut dans
la vallée au-dessus du port, que se livra
la bataille qui assura à Tamaah-Maah la
possession de Wohaboc>. Tianna fut tué
dans la mêlée avec trois cents des siens.
Ceux - ci étaient venus avec Tamaah-
Maah; mais ils se joignirent aux habi-
tans de Wohahoo pour la défense de
leur pays. Tryloboony et Rorokranee,
son frère, étaient les principaux chefs
de Wohahoo  qui  s'étaient  réfugiés à
Atooi. Ce Trytoboony était le même
chef qui, avec le secours de l'équipage
de M. Brown, avait vaincu Tayo, chef
principal d'Atooi, et frère du précédent chef de Wohahoo. Titeree,. mort
quelque tems après, était chefdeMowee,
et avait  eu pour successeur, son fils (6o)
  Korokranee. J'essayai de détourner Ta-
I79"- maah-Maah de cette expédition ; mais
evr" ce fut en vain. Ses sujets verseront des
larmes bien amères sur son ambition ;
car il leur est absolument impossible de
retourner à leurs îles, qui sont au vent.
Ils porteront la famine et les maladies
dans les pays qu'ils subjugueront, et
d'où ils ne pourront sortir. Les navires
européens ont fourni à ce chef une très-
grande quantité de fusils et de munitions de guerre. Cela joint à quelques
canons de 5 à 4 livres de balle pour ses
pirogues, lui fait croire qu'il n'y a aucune entreprise au-dessus de ses forces,
d'autant plus qu'il a 16 Européens avec
lui. Son dessein, après avoir réduit
Atooi, était d'aller à Bola-Bola, une des
îles de la Société. Un navire américain
lui avait laissé trois habitans de cette île,
et c'est probablement d'après leurs suggestions qu'il a conçu cette entreprise.
Durant tout notre séjour il resta à bord,
excepté les jours de tabou. Ses demain ( 61 )
des étaient outrées. Il voulait que son	
navire fût gréé, et qu'on le mît entière- * 79D*
ment en état de prendre la mer. Je l'aidai autant qu'il fut en mon pouvoir ;
mais je crains bien que ce n'ait été inutilement. D'après les meilleurs rensei-
gnemens que j'ai pu obtenir, il me parut que Tamaah-Maah montrait le plus
grand attachement pour les anglais, et
qu'il parlait avec horreur des différens
assassinats qui avaient été commis à son
inscu. Il fit connaître l'intention où il
était de les empêcher à l'avenir, ou d'en
punir les auteurs. Il dit aussi qu'un de
ceux qui avaient participé à l'assassinat
de M. Gooch et du lieutenant Hergest,
avait été mis à mort par ses gens, et
qu'un autre s'était enfui à Mowee. Il
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y
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j
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ajouta que les individus qui avaient été    ,\^r\\ ^ *%
exécutés le long du bord du Discovery, j    i \J^   ' -,
it> '  -s.^»
\.-
n étaient pas ceux qui avaient commis
ces assassinats, mais étaient des malheureux que le chef avait pris pour
donner satisfaction au capitaine Van-
"î>
fc*V (62)
couver. Nous refusâmes constamment
I79D« l'entrée de notre bâtiment à Tamah-
moto, qui,peu de tems auparavant,s'était emparé d'un navire américain. Cet
homme déclare hautement qu'il s'emparera du premier navire qu'il pourra.
On lui a conseillé de se défier des américains , dont il doit redouter la vengeance. Les autres chefs venaient souvent à bord, et achetaient des verroteries et d'autres bagatelles, soit en
personne, soit par leurs agens. Nous
leur en vendîmes beaucoup, mais peu
d'un prix élevé. Les gens de la suite de '
Tamaah-Maah firent de même. Ils semblaient tous n'avoir qu'un but unique
en vue, celui de se procurer des" objets
utiles. Les sentimens généreux de tous
ces chefs dont le capitaine Vancouver a
fait un si bel éloge, paraissent avoir fait
place à la soif des conquêtes et de la domination. ( 65,)
L'entrée du port est par   21 • 18'      lat.N.
Longit. suivant la montre.
30
n.°. 1 202  o
Variation du compas. Milieu de trois g 4° 4°   N. E.
La mer est pleine aux nouvelles et
pleines lunes à 3 heures. La mer monte
de 4 pieds et demi.
Baie de TVhytetee.
Latit. observée à midi.    .    210 16' 45"     N.
Latit. Milieu de 2 hauteurs
du soleil	
E.   Févr.
Longit. suivant le n.° 1. . 202    3 3o
N.
E.
Lorsque Tamaah-Maah nous quitta,
je le saluai de quatre coups de canon.
Nous fîmes route à l'O. avec un joli
vent du N. E. Il est singulier que nous
n'eussions pas découvert ce port de
Fair-Haven lorsque nous mouillâmes
dans cet endroit en 1792, avec le Cha-
tam et le Discovery, sous le commandement du capitaine Vancouver. A la
vérité nous ne fîmes pas de recherches
pour trouver un port; mais je me souviens que nous remarquâmes une in- (64)
  terruption entre les ressifs, quand nous
I790, traversâmes la baie de Whytetee.
A 6 heures du soir, la pointe E. de
Wohahoo nous restait au N. 90 E. à 3 ou
4 milles de distance, et nous fîmes le
N. O. f O. 5° O. pour gagner Atooi.
Après avoir couru 58 milles dans cette
direction, nous aperçûmes cette île qui
s'étendait du N. 0.\ O. à l'O. à 3 à 4
lieues de distance. Nous tînmes le vent
au N. jusqu'à 7 heures du soir, que les
deux extrémités de l'île restaient au
N. 270 O., et au S. 3o° O. à 3 milles.
Après avoir passé devant une côte élevée et bordée de rochers, nous gouvernâmes plus à l'O. Précisément au:
N. E. de cette côte, nous aperçûmes
une petite ouverture qui semblait offrir
un bon mouillage ; mais l'entrée était
exposée au vent d'E. Nous trouvâmes
i3 brasses après avoir arrondi la pointe
E., dont les bas-fonds se prolongent )viM
qu'à trois quarts de mille du rivage. Peu
après nous mouillâmes par 29 brasses, (65)
tond de sable et de vase. Malheureusement pour nous, l'île était déchirée par
la guerre. Un chef de Wohahoo, nommé
Taava, avait pris les armes contre Ta-
moerrie, fils de Tayo, et était en possession du district voisin de Wymoa. Les
Européens attachés à son parti vinrent
nous trouver; et avec leur aide et celle
des insulaires, nous complétâmes notre
eau, ce que nous n'avions pu faire
à Wohahoo. Taava nous envoya une
grande quantité de légumes et quarante
cochons. Il nous fit aussi une visite, et je
le récompensai bien de ses bons procédés. Cependant nous aperçûmes plusieurs pirogues à la voile, qui doublaient
la pointe de la baie. Nous apprîmes
qu'elles étaient montées par le parti ennemi , qui avait aussi l'intention de nous
faire une visite» Dès que Taava les eut
vues , il nous quitta à l'instant avec tous
ses adhéréns. J'envoyai le premier lieutenant au - devant de Tamoerrie , qui
vint à bord dans le grand canot, et fut
i. 5 (66)
■ suivi de sa flotte. Il y avait un pierrier
I79°- monté dans une de ses embarcations.
evr'   Ce jeune chef me fit cadeau d'un petit
manteau en plumes ; il resta à bord
toute la nuit, ce qui fut cause que nous
ne reçûmes plus de visite de ceux de
Wymoa.
Nous partîmes avec une petite brisa
de terre, à laquelle en succéda une du
large, ce qui nous fit aller au plus près.'
L'après-midi,le vent ayant passé au N.,'
nous fîmes route pour l'île d'Onehow.
Le jeune chef Tamoerrie et sa suite
nous quittèrent alors , et parurent très-
satisfaits de notre réception et de nos
présens. Il aurait bien voulu avoir un
peu de poudre, mais je refusai toutes
les demandes qu'on m'en fit, tant que je
restai dans ces îles. J'employai mes
efforts pour réconcilier les deux partis ;
mais j'échouai.
Latit. dumouillage ; milieu de
a hauteurs du soleil à midi. . .    2i°56'i8"Fw|
Longit. dun.° i. 201  48        E. Févri
(67)
ÎNous doublâmes la pointe S. E. d'One-
how par 35 brasses. Latit. observée, I79Dè
2i° 45' 5" N. La pointe S. nous restant
au N. 770 3o' E. à 2 ou 3 milles de distance, et les extrémités au N. io°0.,
nous fîmes route le long de la côte, et
vînmes mouiller dans la baie d'Yam à
2 heures après midi, par 29 brasses fond
de gros sable. Le lendemain, quelques
pirogues vinrent nous trouver pour
échanger des ignames, des pommes de
terre, des melons d'eau et desgiraumong»,
Dans la soirée, notre canot revint charaé
de racines. Le vent du sud produisait
une forte houle dans la baie, et nous
empêcha de recevoir tous les vivres
qu'on nous avait promis. Néanmoins le
canot alla à terre chercher des ignames
et emmena l'européen qui nous avait
accompagné depuis Atooi. Mais rien
n'étant prêt , nous partîmes; le vent
augmenta ; nous eûmes de la pluie et
des raffales violentes qui déchirèrent le
grand hunier. Après avoir pris nos em- (68)
barcations à bord et entraversé notre
I79"- ancre, nous gouvernâmes vers la terre
et enverguâmes un autre grand hunier.
L'européen revint à bord et nous dit
que tout était prêt ; mais la houle était
si forte, que les pirogues ne pouvaient
venir nous joindre sans risque. Cela me
fit renoncer à l'idée de mouiller ; car il
n'y avait pas de probabilité de le pouvoir faire tant que le vent ne changerait pas, ce qui ne paraissait pas devoir
arriver bientôt. L'européen partit dans
sa pirogue, et nous lui fîmes quelques
présens pour reconnaître ses services.
Cet homme était un déporté de Botany-
Bay. Il s'en était enfui à bord d'un navire américain appelé le Mercure f d'où
il avait déserté pour rester dans cette
île. Il est très-bien traité par Taava,
dont il a épousé la cause contre le jeune
chef Tamoerrie. (69)
Latit. au mouillage de la
baie d'Yam , milieu de a
sextans 21° 5ir 2&"    N.
Longit. suivant le n.° I. 199 27 34        E.
Variation du compas ; milieu de celui d'Adams et du
q.° 3 10 54 29  N. E.
Le mouvement du navire empêchait
le compas de Walker d'être fixe. (7»)
CHAPITRE   III..
Départ pour aller à4&>olàa-Sound. — Re<&e*daM
de 18te Dofc&-MaBia-»Lajarft. ■*- Arrivée à
Nootka. — Visite de Maquinna. — Nouvelles.
du capitaine Vancouver. —; Radeau construit
à terre pour radouber te navire. — Excursion*
à Ship-Cove. — Nous mouillons à Feutrée du
détroit de Jean de Fuca. — Lieu où était
sir Francis Drake en 1579. — Arrivée à Mon^
terey. — Plan adopté pour la continuation du
Voyage v
,. JLie 22   février, nous  partîmes pour
179D' Nootka-Sound. L'équipage était en gé-
Fevr.. néral en bonne santé, à l'exception de
ceux qui avaient été infectés de la maladie vénérienne aux îles Sandwich,.
Mais les symptômes de cette maladie
n'étaient pas très-violens.
Le 25, nous fîmes route à l'ouest*
pour chercher une île appelée Dona-
Maria-Lajara , qu'on dit avoir été dé-
22.
25. <70
couverte en 1781 par le bâtiment espa- —-
gnol \Hercule, et qui, d'après M. Dal- ^p6-
rymple, a été placée dans la carte d'Ar-
rowsmith. Le centre de cette île est par
les 280 3o' de lat. N., et les 202° 3o' de
long. E. Suivant les cartes,elle est d'une
étendue considérable, et dans la direction du nord au sud. Le 26 à midi, les
montres donnèrent la longitude de 2040
if 3o" E., d'après les observations du
soir. Nous pouvions découvrir à dix
lieues. Nous éprouvâmes une forte houle
de l'est, mais rien qui pût nous faire
penser qu'il se trouvât une terre de ce
cote.
Nous avons parcouru et examiné à-
peu-près 5 degrés en longitude, depuis
le 2000 jusqu'au 206 C., sur le parallèle de 280 3o' N., dans l'espérance de
rencontrer l'île de Dona-Maria-Lajara;
mais nous n'avons eu connaissance d'aucune terre. Le capitaine Cook, en revenant aux îles Sandwich, avait coupé
le même parallèle du 20 au 21 novem- (7^)
bre 1778, par 206° de longitude orientale. D'autres navigateurs avaient coupé
le même parallèle plus à l'ouest que lui.
En conséquence, j'ai cru inutile de continuer de gouverner à l'E., et je me
suis décidé à abandonner la recherche
de cette île. Je fis gouverner au N. avec
des vents d'E. S. E.
Le 27 , nous fîmes le N. E. | N. Le
vent était au sud. Une forte boule du
S. E. nous fit faire de l'eau, ce qui nous
força de pomper de deux en deux heures. A minuit le vent passa au N. O.,
puis il diminua par degrés ,. et nous
amena du beau tems.
Depuis le 26 février, le tems avait
été très'- variable, et en dernier lieu
très-humide. Le i5 mars, nous jetâmes
la sonde avec une ligne de cent brasses
sans trouver fond. A 8 heures du matin,
nous vîmes les terres qui sont dans le
voisinage deNootka. Elles nous restaient
au N. N. E. ; latit. observée, 490 9' 42"
N. ; lat. estimée, 499 22' N. ; longitude <c-
■estimée, 253° i
1796,
Mars.
(75)
7' E. Nous relevâmes la
Ipointe Rreakers auN. 8° 1 o' E. à 4 lieues
[de distance ; les extrémités de la terre ,
[au N. 280 O,, et au N. 58° E., et le port
Saint-Raphael au N. 35° E.
Le vent se fixa au N. N. E., et nous
I mouillâmes par 34 brasses. Tout le pays
Iétait couvert de neige, ce qui en ren-
Idait l'aspect extrêmement triste. J'envoyai un officier à l'ange où se tiennent £1
les bâtimens qui viennent à Nootka,
I pour avoir quelques nouvelles. Il revint
E à midi et me rapporta qu'il ne s'y trou-
[ vait pas de navire, et que l'endroit où
l'on voyait auparavant l'établissement I
I espagnol, était actuellement occupé par '
[ un village indien.
Le 17, le vent ayant passé à l'ouest,
I nous   partîmes,   et   allâmes mouiller
dans le  détroit par   5o brasses.  Ma_-
I quinna, le chef de Nootka, vint nous
[ rendre visite avec Clupanutch, un autre
chef. Ils m'apportèrent plusieurs lettres
datées du mois de mars 1795. Elles m'ap-
f
/
/
7 V^K
17,
v \
7
/
flV
\T\
/.S
S ( 74 )
—— prenaient que le capitaine Vancouver
I79t>* était parti de Monterey le premier dé-
cembre 1794? pour retourner en Angleterre , et que les Espagnols, d'après
le mode de restitution Convenu aveo
l'Angleterre, avaient remis le port de
Nootka à M. Pierce , lieutenant des
troupes de la marine. Je reçus aussi
une lettre du brigadier espagnol Alava,
qui m'apprenait que le capitaine Vancouver en était parti en mars 1795.
L'après-midi, le tems calme nous permit de nous mettre à l'abri entre un
îlot et la côte de Nootka, et nous amarrâmes le bâtiment avec des haussières
par 7 brasses d'eau. En examinant le
port, nous trouvâmes un endroit très*
commode pour acosler la terre. Je fis
changer notre position , et nous nous
louâmes dans le port de Mawinee. A la
mer basse, nous y avions 3 brasses et
demie d'eau, et nous y étions à l'abri de
tous les vents.
32.       Le 22, nous dressâmes nos tentes vis-
,%«»- 3 ■H
à-vîs le bâtiment | et noms y envoyâmes
des provisions avec une garde. Dans le
couraatxde la semaine, nous débarquâmes aussi nos ancres} nos cables et ï4 canons , à i'aîde d'an radeau que les char*
pentiers1 avaient construit,
Lé ta, nous visitâmes la partie E, du
détroit. J'envoyai u» détachement à,
Nootka, où il trouva le brick Lady
ff^ash&tgton* Ce navire avait quitté les
Iles de SandVspicb. depuis Si jours. Il
était venu dans cet endroit pour bon-»
cher ses* voies d'eau. Nous fûmes très-
co&tens de le voir | parce ^ue nous pou-*
tions nous aider mutuellement*
Le i4* ^6 beau tems nous permit de
|èe w préparatifs pour abattre le
bâtiment. Il nous était impossible de
découvrir d^une &utre manière la cause
de la voie d'eau qui nous avait inquiété
si ïorig-tems*
Lb 16", le brick Làé^y Washington
vînt se placer le -long de nous. Nous
mîmes à son bord nos liqueurs sniri»
;:■';
«il <?6)
tueuses, notre houblon, ainsi que tous
nos objets casuels, et nous y installâmes notre cabestan.
Le 18, les charpentiers achevèrent
un quai en bois qui avait quatre-vingt-
dix pieds de long et douze de haut,.
Nous y établîmes un pont volant de
quarante pieds de long pour recharger
le bâtiment.
Le 20, nous profitâmes du beau tçms.
pour enlever le charbon de terre et le
lest en pierre.
Nous abattîmes sur bâbord ; nousi
trouvâmes 14 pieds de la fausse quille
enlevée , et nous bouchâmes dans un
des bordages un trou de cheville qui se
trouvait vide, et d'où l'on supposait que
venait notre voie d'eau. Les charpentiers pensaient qu'on avait oublié d'enfoncer la cheville ; car dans le trou qui
avait été percé il n'y avait aucune trace
de fer détruit par la rouille. Le doublage en cuivre s'était rompu autour du
trou, à l'endroit que les charpentiers (77)
[avaient désigné lorsqu'ils examinèrent
d'où provenait la voie d'eau. Aucune
autre partie du fond du navire ne parut
endommagée. Le cuivre était en bon
état, quoique très-usé en quelques endroits. Au-dessous des chaînes des porte-
haubanS de misaine, une cheville avait
été rongée ; ce qui en restait faisait voir
| que c'était l'effet du contact du cuivre.
Le navire fut relevé ; quatre pompe§
travaillèrent continuellement pendant
trois heures, pour vider l'eau qui était
entrée par les hauts pendant qu'il était
abattu. Nous prîmes le bout du pont
volant à bord; nous nettoyâmes le bâtiment par-tout, et nous séchâmes les
soutes. Nos opérations furent dérangées par le vent et la pluie, qui durèrent plusieurs jours ; cependant nous
prîmes notre fer et notre lest ; puis nous
enlevâmes ce que nous avions mis à
bord du navire américain, et il se retira
n'à-côté de nous.
Le premier, nous fîmes une excursion ( 7»)
— à Ship-Cove, où le capitaine Cook. s*âtv
I79t>' rêta quelque tems pendant le mois d'avril, lorsqu'il vint pour la première fois
à Nootka. Nous nous y trouvions dans
la même saison, et il semblait que ie
tems y fût aussi mauvais, ou même qu'il
le fût davantage que lors de son séjour.
Nous ne pûmes découvrir aucun indice
qui nous prouvât que quelque navire y
fût venu après lui.
Depuis le premier mai jusqu'au 21,
le tems a été par intervalles pluvieux
et assez beau. Nous profitâmes du beau
tems pour recharger notre bâtiment et
finir notre eau.
Le 21, nous quittâmes Nootka. Nous
avions visité le navire, bouché ses voies
d'eau, et il était en état de continuer le
voyage.
Le sol des environs de Nootka est
généralement assez léger. Il consiste
principalement en une couche de gros
gravier recouvert de terreau. Le pays
est garni de grands arbres, au pied des*
21. (79)
[quels croissent une espèce de framboi-
bïers sauvages et beaucoup d'autres ar-    79 •
f 1   °        .      , t    \      . Mauï
pustes. Les quadrupèdes les plus com-
muns sont les loutres de terre et de mer,
Des renards gris, les ours, les daims, les
[lynx, les ratons et les écureuils. Le gi-
[bier y est très-abondant. On y rencontre
[aussi le corvus cristatus ( corbeau à
[aigrette ) qui, je crois, ne se trouve que
[dans l'Amérique septentrionale. Les
[saumons, les morues, les fiez sont assez
[communs le long des côtes; on y voit
[même des baleines. Les habitans se
nourrissent principalement de poissons
et de végétaux.
Le 21, la latitude a été de 49° 19' N.,
par un milieu pris entre deux observations. Point-Breakers nous restait au
I N. 33° E. à 3 ou 4 milles de distance.
La pointe de Nootka, vue par une autre
pointe couverte de bois et située dans
le N. O. de Point-Breakers , nous restait au N. 280 O. à la distance de 5 lieues.
Ce relèvement place Point' Breakers (8o)
par 49° 21'35" de lat. N. L'astronome
a déterminé la latitude de l'observatoire à 490 39' 37" 7. N. La longitude
de l'observatoire , d'après 90 distances
orientales et occidentales de la lune, est
de 233° 25' n"E.
Le 23, nous fîmes route pour aller
mouiller dans la baie de Nunez-Gaona,
située à l'entrée du détroit de Jean-de-
Fuca. Le bâtiment fut bientôt entouré
de canots chargés de morues et de flétans , qu'on pêche sur un banc situé à
3 ou 4 lieues dans le N. f N. O. de l'île
Tatouche. Comme la houle fut moins
forte au moment où ces canots abordèrent , je supposai  que nous  avions J
passé sur l'extrémité sud du banc, en- \
dedans duquel nous nous trouvions alors. •
Car lorsque nous y étions, nous vîmes i
dans le nord plusieurs canots occupés à j
pêcher. Après  nous être  avancés de
3 milles, nous mîmes le canot à la mer,
et nous prîmes la bordée du sud. Le
courant, qui entrait avec violence, pro* («t )
duîsait des  ras de marée très - forts.
J'envoyai le canot  sonder près de la I79°
roche Duncan, qui, lorsqu'elle est vue
par le milieu de l'île Tatouche, se trouve
dans  l'alignement de cette île et des
terres du cap Classet. Ces trois objets
sont sur une ligne N. 36° O. ,et S. 36 E.
La roche est environ à un demi-mille
de la pointe N. O* de l'île Tatouche, et
se trouve à un peu plus de 6 milles dans
le S. 8o° E. de l'île de Nunez-Gaona\
On a trouvé i3 brasses d'eau environ à
6o pieds de la roche; mais à une plus
grande distance on ne trouvait pas de
fond à 3o  brasses. Nous  passâmes à
moins d'un mille de la côte N. du cap
Classet ; et à 4 heures après midi, nous
mouillâmes à l'entrée   de la baie  de
1 La distance s'accorde parfaitement avec la
carte de l'atlas de Vancouver ; mais pour que
îe gisement die la roche Duncan par rapport
à l'île Nunes-Gaona fut conforme à la même
carte , il faudrait lire an S. 8o° O. du compas.
( Note du traducteur. )
i. 6 (8a)
Nunèz-Gaona,par 12 brasses, à envi roa
un mille de terre. La pointe occidentale
de l'entrée nous restait au S. 8o° O., et
la pointe N. de l'île Nunez-Gaona, qui
ferme la baie, au N. 760 E. En 1792, un
navire espagnol resta quatre mois dans
cette baie. Le mouillage y est bon ; il y
a de l'eau et du bois, et la plage où l'on
peut jeter la seine est très-étendue. Au
large de la côte occidentale de l'île, il y
a des bancs de rochers couverts d'herbes
marines. Entre ces roches et la terre,on
trouve une bonne passe dans laquelle il
y a 5 brasses et demie d'eau.
Latitude de la partie N. O.
de l'île 48» 22'45"      N.
Longitude 235   i5 45        E-
Variation par amplitude.    22 34 N. E.
Si l'on conserve la roche Duncan dans
l'alignemeSt de la partie N. du cap
Classet, de manière à ce que l'île Tatouche soit cachée derrière ce cap, on
arrivera à l'entrée de la passe dont nous
avons parlé, et l'on pourra choisir le inWWWITfMH—"—ogcwoott
I7û6i
Mî
I (83)
.mouillage qui conviendra le mieux. La
mer est pleine aux nouvelles et pleines
îunes à i heure 3o'. La mer monte de
îo pieds. Le courant ne se fait presque
pas sentir da&s la baie ; mais en-dehors
il est très-fort, et produit du clapûtage
dans la passe, lorsque le vent est frais et
qu'il est opposé au courant»
Le 24, dans la matinée ,nous partîmes    24»
avec le jusant. A midi, PjJe Tatouche
nous restait au S. 3o° E., à 3 ou 3 lieues
de distance.
Le 25, à 5 heures et deqfrie après midi,
nous gouvernâmes sur l'ile, qui, à6 fa.
et demie, nous restait au S. 5° O.;à
8 heures, au S. 70 îo' '.Nous nous trouvions alors à 3 ou 4 milles de la partie
N. du cap Classet. Près de \%e, nous
ne trouvâmes pas de fonda 100 brasses.
A 4 heures du matin , l'île Tatouche
nous restait au S. 25° E., à 5 lieues de
■ily a dans l'original une faute d'impression.
On a oublié de marquer si l'île a été relevée du
côté de l'E. ou de l'O. {Note du traducteur),
25» Mai.
26.
fc»4)
 distance. Nous eûmes d'abord 65 bras-
1790, ses, puis 56, 53, 37, et toujours en diminuant jusqu'à 8. Alors le cap Classet
nous restait au S. 4^° E., et l'extrémité
des terres qu'on voyait dans le nord,
auN. 58° O. A midi, le tems se couvrit , et il fit calme. Nous étions à 3 ou
4 milles de la côte.
Le 26, une petite brise du S. O. nous
porta au S. E. à 9 milles. L'île de Nunez-
Gaona nous restait au S. 85° E. ; le cap
Classet au S. 65° O., et l'île Tatouche
au S. 770 E., à la distance de 3 milles |
Nous n'eûmes pas de fond lorsque le.
Classet nous restait au S. S. E. 5° E. On
voyait au large de la partie S. du cap,
une roche très-remarquable. A 8 heures,
nous virâmes vent devant ; et après avoir
couru 4 milles et demi au N. O. j N.,
nous eûmes 43 brasses fond de gros gravier et de gros sable. Nous continuâmes
1 Pour que ce relèvement pût convenir à l'île
Tatouche , il faudrait qu'il y eût : S. on" O.
^ Note du traducteur). cette route ; mais à mesure que la pro- —7
fondeur diminuait, le sable devenait 179 '
Mai.
plus un.
Le 27, les sondes donnèrent 34 bras- ij.
ses, environ à 5 milles de la côte nord.
A 8 heures du soir, le cap Classet nous
restait au S. 460 E., et rextrémité N. ou
la pointe orientale de la baie de Berkeley au N. 640 O. A 8 heures du matin,
le cap Classet nous restait au S. 56° E.,
et l'extrémité N. au N.65°0. A 9heures
et demie, nous étions à 5 ou 6 milles de
la côte. Le fond augmenta de 34 à 55 et
48 brasses, et ensuite diminua jusqu'à
42. Pendant que le brassiage augmentait , le fond était de petits cailloux J et
quand il diminuait, il était de coquilles
mêlées de cailloux. Latitude observée à
midi, 480 32' 10" N. Nous relevâmes le
cap Classet au S. 700 E., à la distance
d'environ 4 lieues ; l'île de NunezGaona»
au S. 820 E., et l'extrémité de la terre
du côté de la baie Berkeley, au N. 620 O.
En tenant l'île ouverte avec la côte (86)
Classet, on est sûr de rencontrer le
banc ; et du moment où on aura atteint
le fond, on sera sûr de ne pas le perdre
en allant jusqu'à la côte qui est au nord^
Le 4î nous fîmes roule au S. E. | E. >
et à l'E. S. E. A 9 heures et demie, nous
aperçûmes Puuto de Los Reyes, de l'a*
vant. Nous en passâmes à moins d'un
mille, et nous eûmes des sondes très-
régulières. A 7 heures trois quarts, noua
mouillâmes par i5 brasses ; la pointe de
Los Reyes étant fermée par la pointé
S. E. de la baie de sir Francis Drake, et
restant au S. 8i° O. ; l'entrée de la rivière , au N. f N. O, , et l'extrémité
de la terre , vue du côté du port San-
Francisco , au S. 8i° E. Nous étions à
un mille et demi de la pointe de la baie
de Drake. Latitude observée à midi,i
7° 58' 46" N. J'allai visiter la côte avec
deux canots, à l'endroit où je supposais
que sit Francis Drake avait mouillé en
1579. Nous poussâmes notre recherche
jusqu'à une tache de sable très-remar-. («7)
quable qui restait au N. 6o° E. du bâtiment , à la distance de 4 ou 5 milles.
Nous ne trouvâmes pas d'autre ouverture que l'entrée de la rivière, qui était
traversée par une barre. Nous n'eûmes
que 9 pieds d'eau près de la barre, et il
ne me parut pas sûr d'y risquer même
un canot. Nous aperçûmes des troupeaux de chevreuils qui paissaient sur
les montagnes et dans les vallées. Nous
commençâmes à communiquer avec les
naturels du pays qui marchaient le long
du rivage , où la lame nous empêcha
d'aborder : mais un de nos matelots se
jeta à la nage et alla à terrle. Il offrit aux habitans des couteaux et des
bagatelles qui leur firent grand plaisir.
C'étaient des hommes forts et bien
faits , d'une couleur foncée , et entièrement nuds. Les femmes parurent en
quelque sorte être vêtues.
La baie de Drake offre un bon abri,
excepté contre les vents d'est : mais la
mer ne peut être bien  forte ,  même
1796.
Juin; (88)
lorsqu'ils soufflent ; car ils viennent
par - dessus les terres du port San-
Francisco. On y peut mouiller lorsque
la pointe S. reste au S. 5o° E.
Le 5 , à une heure après midi , nous
partîmes , et fîmes route au S. E. A
6 heures noua étions a moins de 2 lieues
des terres qui sont au S. du port San-
Francisco ; mais la brume nous empêcha de voir l'entrée du port, ainsi
que les rochers appelés Farillones,
qui devaient être dans l'ouest.
A 7 heures et demie, les extrémités
de la terre -nous restaient au N. 210 E.
et au S. 760 E,, environ à 9 milles de
distance.
Vers 9 heures , nous eûmes le malheur de perdre Patrick Sherry , matelot. Il tomba de la hune d'artimon
sur le pont, et "fut tué. C'était le second accident de ce genre que nous
éprouvions depuis notre départ d'Angleterre. Cet homme était le seul individu qui ne se fût pas embarqué de (§9)
bonne volonté. L'autorité civile l'avait ~~~T
envoyé à Plvmouth à bord du vais-   _'"
. Juin.
seau amiral, d'où il était venu  avec
nous.
A une heure et demie après minuit, le
vent devint très-fort, et la mer fut très-
houleuse. A 4 heures et demie du matin
nous virâmes vent arrière et gouvernâmes à l'E, N- E. sur la côte. A 6 heures
nous vîmes la terre , qui nous restait au
N. 48° E., à 5 ou 6 lieues de distance.
A 9 heures , il ventait très - frais du
N, Q. Nous ne pouvions pas distinguer
la pointe de Pinos. En conséquence ,
je ne crus pas devoir faire route pour
aller au mouillage de Monterey , avant
d'avoir observé la latitude. Je fis prendre la bordée du S. O., et je m'éloignai de terre. A midi , l'observation
nous plaça par 36° 45' 32" ait. 750 38' 40".
Nous fîmes route pour nous rendre
dans la baie de Monterey, et bientôt
nous aperçûmes la pointe de Pinos,
qui nous restait au S. 750 E., à 4 ou 5
11l (90)
lieues de distance. A 3 heure&^après
midi, nous mouillâmes par n brasses
à un demi-mille de la côte, et nous nous
affourchâmes après avoir salué le fort
de 11 coups de canon , qu'il nous rendit
coup pour ciuip. Le Presidio nous restait au S. i5° E., et le mât de pavillon
du fort au S. 3oô O.
' Nous restâmes quinze jours dans cet
endroit. On nous y fouT*rlît en abondance
du bœuf excellent, du mouton, des légumes et du lait. On donna à l'équi-.
page de la bière d'épinette blanche |
Lorsque nous arrivâmes , le gouverneur don Diego Borica , colonel de
cavalerie dans l'armée espagnole , était
absent ; mais il revint deux jours aprèi
Je lui demandai la permission de faire
1 On sait que cette bière est préparée avec
les sommités des branches d'une espèce de
sapin connu sous le nom de sapinette. Les ha-
bitans du Canada font usage de cette boisson ,
et lui donnent le nom de bière d'épinette blanche. J1ai conservé ce nom. {Note du traducteur.) ( 9l )
[dresser une tente   pour  l'astronome,
|afin  de pouvoir régler  les montres ;
[il me refusa , sous le prétexte que ses
|Ordres étaient de pourvoir à nos be-
ïsoins les plus pressans , mais qu'il ne
[lui   était pas permis de nous rendre
[d'autres services. Il nous fut défendu
[de nous promener dans l'intérieur du
[pays; et aucun officier ne nous fit la
plus légère  honnêteté. Nous communiquions à peine ensemble. Ils nâ vinrent pas nous rendre visite à bord, et
; nous ne  nous   présentâmes pas  dans
leur société. Leur conduite fût si peu
polie, que je me crus en droit de ne
; pas saluer le fort à mon départ. Cependant il est sûr qu'ils s'y attendaient,
d'après les préparatifs qu'ils'faisaient.
Je   ne   trouvai  aucun   changement à
j Monterey   depuis  que j'y   étais  venu
en 1793 , à  l'exception   du  fort , qui
n'est pas encore achevé , puisqu'il n'y
a que onze canons de douze livres de
I balle, montés sur une batterie en bar- Juin.
(90
H  bette. On se plaignait beaucoup de la
' " ' grande sécheresse de la  saison, dont
I">™       o
l'extrême aridité du pays était la preuve.
Nous étions obligés de rouler nos barriques à la dislance d'un demi-mille
pour aller chercher de l'eau ; ce qui
était très-pénible. Nous achetâmes quelques boisseaux de maïs ; mais nous ne
trouvâmes pas du tout de farine. Excepté le gros bétail et le mouton , tout
ce que nous nous procurâmes était très-
cher. Nous payâmes 4° piastres pour
les légumes qui nous furent nécessaires
seulement pendant notre séjour. Le
tems fut continuellement brumeux ;
le vent était à l'O , mais ordinairement
il tombait pendant la nuit.
Quoique nous fussions au milieu de
l'été, l'air était généralement frais. Le
ciel était beau le .matin et le soir ; mais,j
dans la journée , le soleil venait rare-j
ment animer le beau tableau qu'offrait
le pàisage des environs.
Les PP. de  la   mission de  Saint-I (95)
Carmelo me firent présent d'un bœuf et	
de légumes. Mais la conduite rigide du    ■ "
gouverneur les empêcha de rien m envoyer davantage. Cesbonsprêtresétaient
les mêmes que j'avais vus en 1792.
On trouve ici en abondance plusieurs
espèces de fruits , tels que des pêches ,
des brugnons, des prunes, des pommes
et des raisins. Le, païsage est très-agréablement varié. Cependant, à l'exception
des vallées , où se trouvent les jardins , le sol est sec et sablonneux. Les
habitans sont robustes et bien faits ,
d'une couleur foncée comme ceux de
la Nouvelle-Hollande : ils ont le regard
stupide. Ils tirent très-bien de l'arc.
Leurs ouvrages en osier tressé décèlent
beaucoup d'adresse.
Les montres indiquèrent la longitude
de Monterey, ainsi qu'il suit :
ïongi-
N.° 1. . 238° 49'   6") La véritable
. 258 3o 36   I:    tude déterminée par
le capitaine Vancou-
56. . 237 26 16
2A
23t
25 27
ver est 258° 25'E. (94)
Le retard absolu de, la montre n.6 f
sur le tems moyen , était à Monterey ,
le 17 juin à midi, de 16 h. 3o' 33" 78, et,
en 5 jours, il avançait de 6" 582 par
jour sur le tems moyen. Le retard
absolu de la montre n.° 248 , était
de i° 3g' 4" 73 î et elle avançait en
5 jours de 14" 625 par jour sur le
tems moyen.
J'appris à Monterey la mort de mon
ami don Juan de la Bodeg.a y Quadra.
Je remis au gouverneur les deux montres n.os 2 et 56, avec quelques ins-
trumens nautiques que je lui avais
destinés. Je pleurai la mort de cet
.homme estimable, dont l'amitié m'était
précieuse ; et ce fut un vif chagrin
pour moi d'être obligé de remettre à ]
son exécuteur testamentaire ce que
j'avais espéré lui présenter à lui-même.
Il devenait nécessaire que je prisse]
un parti relatif au  plan de campagne!
que je devais  suivre.  Les ordres de
l'amirauté me prescrivaient de visiter! é—
(95)
la partie S. de la côte S. O. de l'Amérique méridionale , parce qu'on avait
pensé que le capitaine Vancouver, qui
avait reçu les mêmes ordres , ne pour-
j rait pas les exécuter. Mais comme je
[ savais qu'il élait parti de Monterey
18 mois auparavant, et qu'il était allé
j à Valparaiso ,  situé sous le 33.e deg.
I de latitude australe , dans le dessein de
se rendre à la partie S. de la côte S. O.
de l'Amérique méridionale, je ne dou-
! tai pas que le Chatam et le Dïscovery „
qu'il avait sous ses ordres , étant en bon
état, il eût pu remplir cette partie de
| ses instructions. Dans la circonstance
actuelle, mes opérations futures dépendaient entièrement de mon choix. Je
désirais employer la corvette du roi,
que je commandais , de la manière la
plus avantageuse, et celle qui pourrait le plus contribuer aux progrès de
la géographie et de la navigation. Je
demandai à mes officiers leur avis par
écrit, sur ce que nous pouvions faire/ (96)
de. plus utile. Je vis avec plaisir que
leurs opinions s'accordaient avec la
mienne , qui était de visiter l'île de
Sagalien, située par les 52° de latitude
boréale , et qui se trouve à la partie
méridionale de la terre d'Ochotsk. Mon
intention était aussi d'achever la reconnaissance des îles voisines, c'est-à-
dire des îles Kurdes , de l'île de Jeso,
et des îles du Japon , que Cook n'avait
pu terminer dans son dernier voyage.
Cette reconnaissance ne pouvait qu'être
bien reçue des géographes; car.les extrémités septentrionales de l'Asie et
de l'Amérique étant connues aussi bien
que la mer peut être navigable , la
connaissance de la partie nord de l'océan
Pacifique se trouverait alors complétée.
Nous avions suivi jusqu'à présent la
route du capitaine Vancouver : l'astronome n'avait pas eu l'occasion de rem- ■
plir les instructions que lui avait données
le bureau des longitudes , et n'avait pas ;
pu  déterminer  par  des  observations ; (9'7)
astronomiques la position d'endroits in-       '„"■'
connus. Nous ne pouvions pas espérer   J.
A      1   • 1 •    J       Jum"
de lui en procurer les moyens, ni de
faire  des  découvertes près des côtes
orientales de la partie nord de l'océan
Pacifique qui avait été visitée par Cook,
à moins de déterminer la position de
quelques  îles   peu importantes. Nous
n'avions donc d'autre parti à prendre
que  celui  de faire  la reconnaissance
'de la côte N. E. de l'Asie et des îles
adjacentes.   Comme   cette   reconnaissance ne  pouvait être  achevée avant
le milieu de l'année 1798, je me proposai de la faire  à  plusieurs reprises.
Je devais y employer le reste de l'année 1796, me rendre aux environs de
Noël à Canton, pour y renouveler mes
vivres , et reprendre mes recherches
dans le courant de l'année suivante.
i» Juin.
20.
Juillet.
6.
(98)
CHAPITRE   IV.
Traversée de Monterey à Owyhee. — Arrivée à
Wohahoo. — Baie de Wymoa. —; lies d'Atooi
et d'Onehow. — Assassinat de deux soldats
de la marine par les habitans de cette dernière
île. —Départ pour le Japon. — Nous recevons
la visite des habitans d'Insu. —^Nous mouillons
dans la baie des Volcans.
L e 30 juin nous quittâmes la baie de,
Monterey, après avoir remis au commandant un paquet adressé à M. Evan
Nepean, secrétaire de l'amirauté, et où
était contenue la relation de nos opérations depuis notre départ du Port-
Jackson. Dans notre route aux îles de
Sandwich, nous cherchâmes en vain les
iles'de Paxarôs ou de l'Oiseau, et celle
de Dona-Maria-Lajara. Le 6 juillet,
nous mouillâmes dans la baie de Karakakoa, après une traversée très-heureuse. Juillet
! 99 )
Mon but, en m'arrêtant dans cette
baie , était de vérifier la marche  des * 79°
garde-tems, et de compléter notre eau
avant notre départ  pour  la côte du
Japon.
Lors de notre arrivée, le tabou durait depuis quatre jours, et il continua
jusqu'au îo, que nous dressâmes nos
tentes près du Moraï, dans l'endroit où
elles étaient auparavant. Nous nous occupâmes alors à finir notre eau et à vérifier nos garde-tems. Le bâtiment fut
bientôt entouré par un grand nombre
d'insulaires qui témoignèrent beaucoup
de joie de notre retour. Comme c'était
Un dimanche, après que le service divin
fut terminé , notre équipage eut la permission d'aller se divertir à terre. Le
lendemain, nous commençâmes à prendre notre eau , que les naturels allaient
chercher dans des calebasses à 4 à 5 nulles. On leur donnait cent clous pour
remplir une pièce à eau. Cette manière
de nous en procurer, ne tarda pas à de- ( ioo )
. r venir trop coûteuse, et nous ne pûmes
y£* pas achever notre provision. L'atmos-
Juillet. r, ,       ,    .      .     t .,
phere était si chargée, que 1 astronome
pe put voir le soleil que très-rarement;
mais comme nous avions fait auparavant de bonnes .observations, nous ne
voulûmes pas %u*e un plus long séjour,
et nous levâmes nos tentes.
Le 22, notre bâtiment étant en état de
partir, le soir même nous quittâmes la
baie. Durant le séjour que nous y fîmes,
les habitans eurent pour nous d'aussi
bons procédés que la première fois, et
nous fournirent abondamment des cochons et des légumes. En échange, nous
leur donnâmes des feuilles de cuivre,
des cercles de fer et des clous. Les canards que nous leur avions laissés, et les
bestiaux du capitaine Vancouver, s'étaient beaucoup irfultipliés. Les graines
des légumes avaient péri-, probablement fajite de soins. Quelques racines
de raifort poussaient très-bien, et oi
nous dit que les choux et quelques au ( loi )
très plantes prospéraient dans l'intérieur du'pays. Mais nous ne poussâmes
pas nos promenades assez loin pour
pouvoir les voir. Les chèvres étaient
très - nombreuses , et plusieurs brebis
avaient mis bas,
John Young, le matelot anglais qui,
florsque j'étais parti de celte île m'avait
accompagné à Wohahoo, était de retour; mais Tamaah-Maah et les autres
chefs étaient toujours aux;îles sous le
vent, Leur.absence avait beaucoup con~
ribué  à augmenter  le   pouvoir d'un
chef nommé   Naametehaw , frère   de
[Tianna. Il s'était révolté, et s'emparait
peu à peu de toute Vile.  Il possédait
lors quatre des six districts dont elle
bt composée, et s'approchait de Rara-
[akoa, où il n'était guère possible de
li opposer de la résistance. Le peuple
Irait de la répugnance à combattre,
arce qu'il lui manquait un chef en qui
eût assez de confiance pour le mettre
sa tête. La seule personne de distinc- (   Ï02 I
tion qui fût alors parmi eux, était Ma^
hooa, qui avait perdu la vue. Il avait 1©
plus grand désir de nous accompagner-
à Wohahoo, afin de pouvoir instruire
Tamaah-Maah de ce qui s'était passé ;
mais le peuple, qui n'avait pas d'autre
chef, ne voulait pas le laisser aller.
Un européen avait été tué dans un©
escarmouche contre les rebelles. Leur
chef avait voué une vengeance implacable aux quatre autres européens qui
étaient du parti de Mahooa. 11 me pa-.
raissait extraordinaire que Tamaab.--
JMaah négligeât à ce point Owyhee, et
la laissât à la merci d'un usurpateur;
mais il était encore plus singulier que,
tandis qu'un chef d'Atooï prenait pos-. ;
session d'Owyhee, ce même Tamaah-
Maah se préparât de son côté à envahir l'île d'où l'usurpateur et son frère
Tianna étaient venus. Telle était l'absurdité de la conduite de Tamaabr
Maah. Son ambition causait sa ruine et
celle de ses amis; et cependant il n'osait ( io3 )
en envoyer aucun à Owyhee, de crainte
de le voir se ranger du côté des révoltés. Une jalousie mutuelle du pouvoir
semble être générale et constante parmi
les chefs des îles de lamerduSud.Un'était
pas venu de navires dans la baie depuis
que nous l'avions quittée. Tout y était
en abondance. Presque tous les habi--
tans avaient la gale ; mais il n'y en avait
qu'un petit nombre attaqués de la maladie vénérienne.
Nous arrivâmes à Wohahoo le 25 juillet dans la matinée , et nous attendîmes
dans la baie de Wytetee que Tamaah-
Maah vînt à bord. A midi il s'y rendit
accompagné de plusieurs chefs. U arriva du port de Faiii-Havea dans un
canot large qui allait à la voile , et construit par les européens demeurant dans,
cette île. On l'avait destiné pour l'attaque d'Atooi; mais ce projet était abandonné pour le moment, et les chefs
avaient formé celui de retourner à
Owyhee.   Ils avaient bien tâché d'au Ir i
Juillet.
( io4 |
——- teindre Atooi ; mais le tems était trop
*7.9 / mauvais pour leurs pirogues, et la révolte d'Owyhee apporta pour le moment du changement dans leurs plans.
L'île était plus mal que jamais pourvue
de provisions. Les habitans avaient détruit tous les cochons lorsqu'ils l'abandonnèrent pour aller à Atooi, et il nous
fut impossible de nous.procurer des légumes , qui avaient tous péri faute de
culture. Cette disette avait occasioné la
destruction d'un grand nombre des infortunés habitans. Le manque absolu de
toutes choses les avait porté à prendre
tout ce qui se trouvait sous leurs mains;
les chefs les avaient punis de ces vols
de la manière la plus cruelle, et en
avaient fait brûler plusieurs tout vifs.
On comptait que Tamaah-Maah avait
perdu six mille hommes de son peuple,
par la conquête de celle île et les calamités qui en avaient été la suite. Comme
le navire qui avait été construit dans le
port par les européens n'était pas en- ( io5 )
fièrement prêt, Tamaah-Maah désirait       7^
r 1796-.
ardemment que je lui donnasse tous les Juinet
objets*i$éçessaires pour l'équiper, et
même dèsreanons et de la poudre. Je
lui fis préséif$;de plusieurs articles beaucoup plus utiles I et nous nous sépara*
mes de la manière la plus amicale ; car
il m'accorda la permission de faire un
établissement dans la partie de l'île que
je choisirais,
Wohahoo paramètreTfendroïtle plus
convenable pour un premier établissement , à cause du port. Dans la baie de
Whytetee, à l'ouest de Fair-Haven , il
y en a un autre qui parait avoir la forme
d'un grand bassin, lorsque l'on a .passé
les ressifs. On trouve dans ce bassin
des[ perles assez grosses et de bonne
qualité. L'île d'Owyhee a aussi"deux ou
trois ports; mais il n'y peut entrer"que
de pésits bâtime>$6. Le meilleur estdanS
le district d'Ahudo, sur la-côte orientale de l'île. Son entrée est formée par
un ressif sur lequel Cook a touché, et ( xo6>
qu'il rapporte avoir un peu endommagéi
son bâtiment.
Le 25 dans Paprès midi noua quittâmes les naturels, et fîmes route pour
l'île d'Atooi, où je me proposais de finir
notre eau. Le lendemain, nous mouil-?
lames dans la baie de Wymoa, par a3
brasses, à un mille et demi de la côte,
Les extrémités de la terre nous restaient
au S. 6o° E. et au N. ?2° O,
Le 26, nous commençâmes de grand:
matin'à faire notre eau. Mais les natur
rels soutinrent fortement qu'elle était
leur propriété, et que nous n'en prendrions pas une goutte à moins de la
payer avec de la poudre. Lorsqu'on vint
me faire part de leur résolution, j'envoyai un détachement armé, pour protéger oeux qui faisaient l'eau, et paufr
convaincre les naturels que j.'étais déterminé à prendre ce qu'ils ue voulaient
pas m'ac carder- de bonne grâce. La
suite de cette mesure fut qu'on ne nous
opposa aucun obstacle. Quelques hahjr» assanuotuawift
1796.
( 107 )
tans nons ayant aidé à emplir et à rou-»
1er nos pièces , nous les payâmes  de , ...
1 • /   n  •    1        Juillet,
leurs peines, et notre eau tut unie dans
34 heures.
Depuis la dernière fois que nous
étions venus à cette île, elle avait été entièrement conquise par un chef nommé
Teavee, petit-fils de Perorannee. Timorée, le roi déposé, vivait aveo lui dépouillé de toute espèce de pouvoir.
Nous ne vîmes aucun de oes personnages. Ils étaient dans l'autre partie de
l'île, gênés par quelques cérémonies
du Taboo. Mais nous apprîmes qu'ils
avaient envoyé des ordres pour empêcher qu'on nous vendît rien , à moins
de payer chaque chose avec de la poudre
ou des fusils. Cela fut cause que nous
n'achetâmes rien. Un navire dé Btostol,
appelé le Rubi 3 avait acheté des co- f
chons à cette condition. C'était le seul
navire qui eût touché à cet endroit de-*
puis notre départ, excepté le Brick
Lady ffashingtou..
— Juillet
^7
28.
( 108)
•—"■■■■— Dans la soirée du 27 , un européen
179 " vint a bord. Il nous dit que le lendemain il arriverait quelqu'un de la part
du chef, avec la commission de nous
procurer des provisions ; car dès qu'il
avait su que c'était nous qui étions
mouillés , il avait consenti à nous en
faire donner. Comme je n'ajoutais pas
foi au rapport de cet homme, je jugeai inutile d'attendre ; mais je le priai
de nous suivre à Onehow avec toutes
les provisions qu'il pourrait se procurer.
Le matin du 28 nous partîmes , et
fîmes route pour Onehow , où noua
mouillâmes l'après - midi dans la baie
d'Yam.-par i5 brasses fond de sable, à
i mille et demi de la côte. Les extrémités
nous restaient auN. 290 E. et au S. 1 o° E,
Ayant le dessein de n'y rester que
48 heures pour m'y procurer^des ignames, j'envoyai après déjeûner le canot à terre, avec une petite tente et
trois soldats de marine armés , pour
protéger le marché. Je pensais que les ( 109)
vivres y seraient en grande abondance ;
car nous n'en avions acheté que peu
à bord. Le soir j'allai à terre , et je vis
avec chagrin que la quantité achetée
était très-petite. Comme   je souhaitais
la  rendre   plus   considérable , je me
rendis à des plantations voisines ;  mais
j'appris que   la   disette   était générale
dans l'île. A mon retour, je trouvai une
troupe d'insulaires  qui  venaient d'arriver d'Atooi, et avec eux Tupararo,
celui qui avait la commission de nous
suivre et de   nous apporter des provisions. Je demandai des nouvelles de
Hugues l'européen. Tupararo m'assura
qu'il viendrait nous rejoindre dans la
matinée, et que nous aurions en abondance  des  pommes  de terre   et des
ignames. Il me pria de  venir alors à
terre, et d'apporter du drap écarlatle
pour   lui en faire présent.  Je lui répondis que le can'ot irait à terre pour
emporter la tente , et qu'il pourrait profiter de son retour pour venir recevoir ( no )
 son présent.  Les midshipmen retour*
179t>- nèrent à bord au coucher du soleil ,
Juillet.        . ..,     •   i i       -,     '.
et je suivis a pied le rivage, pour gagner le grand canot qui m'attendait à
environ un mille de distance dans le sud*
Je marchais fort tranquillement, accompagné par un seul insulaire , et j'en
rencontrai plusieurs avant d'arriver
au canot , qui était plus loin que je
ne l'avais cru. Comme j'étais déjà venu
deux fois dans cette île , et que plusieurs officiers avaient fait des parties de
chasse dans l'intérieur sans être aucune*
ment inquiétés, je n'avais pas la moindre crainte pour ma sûreté. Mais le
malheureux événement qui arriva le
lendemain, fit voir que j'avais eu le
bonheur d'échapper à un danger réel.
Dans la matinée du 5o, je reçus quelques ignames d'un vieillard qui, me
dit-on, était le père de Teawee. Tupararo m'apporta aussi des provisions, et
quitta le bâtiment en me disant qu'il
allait m'en envoyer davantage. Alors je C m)
Konnai ordre à un canot d'apporter fout
,., .   s •  • 1796.
Ipe qu il aurait a envoyer; puis ]e com- _ '.^
I . „     , Juillet,
■mandai au maître d'aller a terre avec
deux soldats de marine armés, et de
■prendre aussi avec lui un homme pour
faire les échanges, tandis que l'équipage
nu canot, avec un midshipmen , reste-
fait mouillé sur un grapin. Je les avais
pisposés ainsi, afin qu'ils pussent s'aider
fin cas de besoin, et fussent sur leurs
tardes. Us devaient faire un signal s'il
irrivait quelque chose. II n'y avait pas
■me heure qu'ils étaient partis, que l'officier qui était de garde sur le pont vint
■n'avertir que la plupart des pirogues
fies naturels étaient retournées à terre.
■ e donnai ordre en conséquence qu'on
it signal à nos canots de revenir: Il était
llors 11 heures. Nous vîmes nos gens
Ibattre les tentes, et peu après nous
Intendîmes faire feu du canot. Comme
In ne nous fit aucun signal, je crus
Bu'ils avaient tiré pour rappeler ceux
lui étaient absens. Mais peu après on ( i*2 )
fit signal pour demander le grand ca*
not, et j'envoyai un officier avec des
soldats pour aller porter du secours.
Au retour d'une des embarcations, j'appris avec beaucoup de chagrin que les
deux soldats de la marine avaient été
tués, et que le maître et le botaniste qui
avaient été à terre pour faire les échanges , s'étaient échappés avec la plus
grande difficulté. Le grand canot resta
le long du rivage pour empêcher les
naturels d'enîev'èsles deux corps morts;
car ils paraissaient; désirer vivement de
les avoir en leur possession, quoiqu'ils
fussent tombés dans l'eau. Comme ce
malheureux événement était arrivé sans
que nous y eussions donné le moindre
sujet, je délibérai avec mes officiers surjj
les mesures que nous devions prendre.
Leur avis fut qu'il fallait empêcher les
nature^ de s'emparer des cadavres,puis
nous rendre à Atooi, y saisir quelques-'
uns,des chefs, et les obliger à nous livre^ Tupararo et*fes principaux auteur.'
'■;m:^0£$*&
im:*- (n3)
de ce meurtre.  Nous pensâmes aussi
qu'il fallait faire un exemple sur le lieu
même. Nous mîmes du monde dans nos
embarcations , et les soldats recurent
l'ordre de mettre le feu aux pirogues,
aux maisons et aux plantations, jusqu'à
la distance d'un mille de l'endroit du
rivage où étaient nos embarcations, et
de revenir avant le coucher du soleil.
Lorsqu'ils étaient en route, nous entendîmes quelques coups de fusil partir
du grand canot, ce qui fit que les autres
embarcations purent aborder sans obsta-
I cle. Les naturels eurent soin de se tenir
| au-delà de la portée du fusil; ceux qui
n'étaient pas assez éloignés se jetaient à
plat ventre en voyant la lumière des
■amorces, puis ils se relevaient et s'en-
Ifuyaient à toutes jambes. Les maisons
■ne tardèrent pas à être en feu, et on
brûla ou détruisit seize pirogues le long
du rivage. Sur ces entrefaites, les natu-
Irels se réunirent en grand nombre, ar-
més de lances. Deux d'entr'eux avaient
i. 8 ( n4)
les habits et les fusils des deux infortu-
79 ' nés soldats. Us s'enfuirent à l'approche
Juillet.  , A , ,
de nos gens , et empêchèrent par la
qu'on les punît de leur perfidie. Cependant on trouva les cadavres à 9 pieds
au-dessous de l'eau. A 3 heures après
midi, M. Mudge revint ; alors le s naturels
Se précipitèrent dans l'eau pour chercher
les cadavres; ils trouvèrent le grapin que
nos gens y avaient perdu dans l'attaque.
De tous les meurtres qui ont été commis dans ces îles, celui-ci semble avoir
été aussi peu provoqué que les autres.
Je ne puis concevoir ce qui l'a occa-
sioné ; raaiësvôici comme M. Gowley,
le maître, et M. Alexandre, le bouv- 1
niste, m'ont raconté qu'il avait eu lieu.
Le maître , en apercevant notre signal,
avait donné ordre au canot de s'approcher , et s'était mis à abattre la tente.,
Les soldats défirent leurs baïonnettes,
et un d'eux donna son fusil au botaniste,
afin de pouvoir ployer la tente. Dans \
ce mônïènt, tandis qu'ils ne soupçon-} ( n5)
naient aucun danger, le botaniste fut        _
renverse par un coup qnion lui donna  i^mJ^
par-derrière, et Tupararo s'enfuit avec
le fusil  que   le botaniste avait laissé
tomber. Les deux soldats furent traités
de même. LorsqtfffiT'tfiarènt revenus à
eux, il n'y avait plus moyen de tirer le
'fusil qui restait, car les naturels les serraient de très-près tandis ^èftlsiaisaient
leur retraite vers le bord de  la mer.
Le maître atteignit heureusement le canot , e! le beJJïnistesesauvà-feri poignardant tin bomme qùâ s'était avajttce dans
l'eau pour le saisir. MâSs'4es itoïbrtunés
soldats, embarrassés par feurs équipe-
..mens, furent massacrés ^ans l'eata;par
les sauvages/Enfcsâmfeanft leurs corps,
l-'ttso pa*rftt -avO$r::i<éeu pl-ùsiëUrs coups
de sa propre baïonnette; l'âèftre , qui
ne savait pas nager, avaïtuift forte con-
-fuTsion à là *ê*e, et semWàit avoir été
noyé.-On lesrckr^ouva ■entièrement nus,
à l'excièftëion de quelques lambeaux de
leurs culwtes longues. (n6)
Pendant le massacre, le canot, suivant le rapport du midshipmen , était à
moins de 25 toises du rivage , dont on
tâchait de se rapprocher à force de rames , tandis qu'une partie de l'équipage
faisait un feu continuel avec deux fusils. Malheureusement on ne put pas
sauver ces infortunés de. la rage des
naturels, et on ne blessa qu'un homme
parmi une vingtaine qui les poursuivaient dans l'eau. Je crains qu'on n'ait
agi avec confusion, et qu'on n'ait pas
été assez près du rivage pour, donner
les secours nécessaires dans cette circonstance malheureuse. Si le canot avait
été placé, comme je l'avais ordonné,
environ à 5o toises de la tente qui était
dressée sur une éminence, il eût présenté une ressource assurée ; car alors
si les naturels s'étaient précipités du
haut de l'éminence, ils auraient été entièrement exposés au feu. U est donc
très-probable que le canot était à une
distance plus considérable. Le maître, i 117 )
qui nageait très-bien, cria que si l'on
ne s approchait pas davantage , il se '*
noierait infailliblement ; et lorsqu'il atteignit le canot, le grelin du grapin
avait été coupé ayant 2.5 brasses dehors; le vent venait de terre. Il trouva
nos- gens dans un grand désordre, et
leur dit de faire signal au bâtiment, ce
que le midshipmen avait négligé. Les
naturels tirèrent quelques coups de fusil au grand canot, qui fut percé par
les balles; mais il riposta par deux ou
trois coups de pierrier,qui dispersèrent
la foule, et tout fut tranquille. U était
singulier que Rahinna et Timarroe,
deux femmes amenées de la côte N. O.
de l'Amérique par le capitaine Vancouver , fussent venues avec nous depuis Atooi y car Tupararo était le mari
de la première, et on avait envoyé son
enfant à bord pour que nous le vissions.
Ces femmes étaient dans de grandes
| alarmes, et prièrent qu'on les renvoyât
à terre. Je leur accordai leur demande ( "S)
et leur donnai à chacune une lettre pour
qu'elles les remissent au premier bâtiment qui arriverait; mais je leur recommandai de ne pas les montrer, sous
aucun prétexte , aux européens qui
étaient à Atooi.
Le 3i, nous désirions beaucoup arriver à cette île avant que la nouvelle du
triste événement qui venait de se passer
y parvînt; mais le vent, qui venait de
l'est, était directement contraire à notre
route. C'était réellement malheureux j
car nous ne pouvions pas supposer que
les habitans   d'Atooi, qui trempaient
dans cette affaire, se rendissent à notre
bord.  Nous pensions que le complot
avait été formé dans cette île, et que
l'européen Hugues en avait eu connaissance , puisqu'il n'était pas venu avec
Tupararo. J'abandonnai donc mon projet pour le moment, me proposant de
profiter du vent,s'il devenait favorable,
dans peu de jours; et en attendant, de
déterminer la situation des îles Bird et ( H9 )
Montagne. Nous partîmes donc dans ce
dessein, et fîmes route au S. f S. O.
L'île d'Orehoua est par 220 02' lat. N.,
et 1990 5o' E.
Le i.er, à 6heures après midi, nous
vîmes une petite île qui nous restait au
S. 65° O., environ à 12 lieues de distance. A 10 heures, nous serrâmes le
vent et continuâmes à tenir au plus près
sous les huniers, jusqu'au jour, que l'île
nous restait au S. 620 O., à 7 ou 8 lieues
de distance. Nous fîmes route dans cette
direction; à midi, nous en passâmes à
moins de deux milles, et elle s'étendai
du S. 23° E. au S. 41 ° E. Nous trouvâmes
25 brasses fond de sable. Cette île n'a
pas plus d'un mille d'étendue dans toutes
les directions, Les deux extrémités sont
escarpées et d'une hauteur considérable,
et elle est basse dans le milieu. Il nous
parut que les canots n'y pouvaient pas
aborder , et qu'elle n'était habitée que
par des oiseaux de mer qui faisaient leurs
I nids dans le creux de ses roch e r s c scarpés. Août.
( I20 )
Cette île fut vue en 1789 par le capi-
*79 " taine Douglas, qui l'a décrite et en a
déterminé la position. On voit sur les
cartes deux îles voisines l'une de l'autre
et fort bien placées, à-peu-près sous le
même parallèle. Nous ne pûmes en voir
qu'une avec un horizon très - serein.
Nous plaçons l'île Bird à 25° 3' 5o" de lat.
N., et à 1970 54' E. de longit. E.#d'après
len°.i.
A 6 heures après midi, l'île nous restait au S. 32° E., à9 ou 10 lieues. Nous
aperçûmes beaucoup d'oiseaux.
Le vent restant toujours fixe à l'est,
je vis qu'il n'y avait pas d'espoir de retourner à Atooi, à moins d'y mettre
trop de tems. J'abandonnai donc cette
idée et fis route à l'ouest, dans l'intention de me maintenir sur le parallèle
de 28° 3o' N., que nous n'avions aucune
raison de supposer avoir été parcouru
avant, et sur lequel nous pouvions faire
de nouvelles découvertes. Comme nous
n'avions   pu  trouver l'île de Donna-
•^P-— ( m )
Maria-Legaraàl'est, je crus qu'il serait r
[possible   de la rencontrer  sur  notre I79°*
broute. Aujourd'hui nouç ne vîmes pas
d'oiseaux ni aucun autre indice de terre.
Dans la matinée du 8, nous aperçûmes    8.
une tortue, et toute la journée le bâtiment fut entouré de paille-en-culs.
A 20 h. 45', je fixai la longi-
I tude par milieu de 5 se'ries de
[ distances du soleil à l'ouest de
[la lune iqo°5o'3o"E*
M. Chapman, par milieu de
|5 se'ries igi    5 36 E.
M. Crosley , par milieu de
I 4 se'ries.     .......
N.° i, en même tems.    .    .  190 52 3o   E.
Le 14, ayant consommé les provi- W.
sions fraîches que nous avions prises à
Owyhee, nous donnâmes des salaisons
à notre équipage, avec de la choucrout
et des tablettes de bouillon,qu'on faisait
cuire avec des pois. En ouvrant notre
barrique de graine de moutarde, nous la
trouvâmes entièrement gâtée, parce que
l'air s'y était introduit Il
22.
23.
(   122   )
Le 17, nous vîmes plusieurs requins
à l'entour du bâtiment. Nous mîmes un
canot dehors pour découvrir s'il n'y
avait pas de courant ; mais nous n'en
trouvâmes pas.
Le 22 , à 2 heures après midi, nous
gouvernâmes plus au N., faisant route
environ à 3o lieues au N. de celle du
Capitaine Clerke dans ces parages. Dans
la matinée, nous vîmes un oiseau qui
ressemblait à un pluvier, ainsi que des
poissons volans et des paille-en-culs.
Le 23 , nous trouvant sous le parallèle d'un île appelée Rio de la
Plata 3 mais 2P à l'E. de sa position
supposée, nous prîmes l'O. 2 S. O. afin
de la rencontrer. Le tems était plus frais
que nous ne l'avions trouvé depuis quelque tems. Cependant la chaleur ne nous
avait jamais paru incommode , et la
beauté de la mer nous permettait de
tenir nos sabords ouverts nuit et jour.
Si cette île eût été bien placée dans
la carte de Cook, nous eussions dû la (   125 )
voir à midi, quoiqu'un courant nous        |
eût placé à 16' au S. de notre estime.    Août.
Le   29,  ayant  couru 70 à l'E.  de    29.
l'endroit où est placé Rio de la Plata y
sans apercevoir le moindre indice du
voisinage de la terre , à 7 heures du
soir nous fîmes route à l'ouest. Il nous
• sembla que durant ces 24 heures, un courant nous avait fortement portés au N. E.
Le 2, en visitant les soutes , nous  Sept
trouvâmes beaucoup de bardes de mate-    2.
lots et quelques-unes de nos voiles neuves en mauvais état. L'humidité s'était
introduite   dans toutes  les  parties du
navire , -et  la chaleur que nous n'a^
vions cessé d'éprouver, avait occasioné
une grande fermentation. Après avoir
fait du feu dans le poste aux malades ,
nous nous purgeâmes du mauvais air
avec le ventilateur. Le thermomètre ,
dans le poste aux malades,   se tenait
ordinairement à 85 et 87 degrés. Aujourd'hui nous éprouvâmes un courant
qui portait au N. O, 1796.
Sept.
5.
6.
( "4)
Le 5, nous tînmes le plus près , en
faisant route à l'ouçst, afin de pouvoir
prendre connaissance de la côte nord
du Japon.
Le 6 , nous vîmes plusieurs arbres
flottans, et des cachalots d'une taille
énorme.
Nous continuâmes à tenir le  vent,
1 en faisant route à l'ouest, dans l'espoir
de voir la terre , dans le cas où la brume
se serait dissipée. Le baromètre ayant
baissé tout-à-coup, nous annonça un
changement de tems. A 5 heures , le
vent augmenta ; nous prîmes trois ris
dans  les huniers, et nous amenâmes
nos vergues de perroquet. A 6 heures,
le vent tourna au S. grand frais ; nous >
prîmes les bas ris , et cargâmes la grande ■
voile pour sonder. Avant d'avoir jeté j
le plomb, la misaine et le foc furent j
déchirés ; la violence des raffales aug1-
menta , et  pendant   qu'on serrait la
grande voile, le petit hunier fut  dé- j
ralingue. Le vent ayant  sauté du S. ( 125 )
au N. O. , emporta aussi le grand hunier. Le bâtiment donnait tellement à
la bande, et le vent était si impétueux ,
que nous   craignîmes   de perdre nos
mâts. Ne pouvant établir aucune voile,
nous étions entièrement livrés à la fureur des vents et de la mer. Les lames
qui nous couvraient, frappaient le bâtiment avec tant de force , que nous
ne pouvions  soutenir leur effort. Cependant nous n'éprouvâmes pas d'autre accident que celui de la_perte de
nos voiles; mais c'en  était  une bien
grande dans notre situation. Cette bou-
rasque, qui ne dura qu'une heure , est
la seule de ce genre que j'aie éprouvée ;
car elle  ne fut accompagnée ni d'éclairs , ni  de tonnerre, ni de pluie.
A 8 heures du soir, le vent s'appaisa
peu à peu , et souffla bon frais du N. O.
Pendant la nuit le tems fut beau. Au
point du jour nous aperçûmes les côtes
du Japon, qui s'étendaient de l'O. | N. O.
au S, O., à la distance de 7 à 8 lieues. 1796.
Sept,
(126)
D'après la hauteur méridienne ~, nous
étions par 390 55' de latitude boréale.
Les extrémités de la terre qui étaient
,en vue , nous restent au N. 690 0.
et au S.  460 O.   Nous  voyions  dans
le S. 52° O., à 5 ou 6 lieues de distance , Une passe à-'ï'entrée de laquelle
il y  aviâît une île.   Nous supposâmes
que ce devait <ê¥re l'enstrée de Namhu.
D'après la   carte  du capitaine King,
ce relèvement et la latitude nous plaçaient par les  1420 5o' de longitude
orientale , ce qui est à-peu-près la longitude moyenne de nos monfêres. Nous
étions trop éloignés de terre pour pou-
fVÔflrlfèt'ifle d'autres remaries. Mais nos
observations , et le changement de 110-
tre position par rapporta la côte, nous i
indiquèrent un courant qui nous  pe%J
tait fortement au sud.
Le 8, nous nè&s occupantes à mettre!
le gréement en élaï, et à réparer less
dommages océSfcSonés  par le dernier
ouragan. A   6 kèrn^es, nous étions à
X:
je-  îiw». w :        i-^jf ( ï27 )
[5 ou 6 lieues de terre, dont les ex->
Krémilés nous restaient au N. 4°° W1 et
[au S. 4o° O. Nous sondâmes plusieurs
fois dans la nuit sans trouver fond, avec
|une ligne de 120 brasses. A midi, les
[extrémités  de  la côte   nous restaient
an N. 420 O. et au S. 160 O. L'entrée du
port de Nambu fut relevée au S. 35° O.,
à la distance de 3 à 4 lieues. Le coupant portait  avec  force  au   S. O. en
suivant la   côte ; car au lieûrtde nous
trouver à 3o  milles  au N.,_QiL O. de
Nambu, comme nous le croyions d'après notrç esthnè , les relèjfrefcnens nous
placèrent plus au S. O. de ce port que
ceux de la veille.
Le 9, à 4 heures, le veàtayant passé
[au S. E. , nous fîmes routé au nord.
Nous eûmes peine à refouler le courant ; Car le port de Nambu fut relevé pendant long-tems au même rumb
de vent, environ à 7 ou 8 milles de
| distance. Le t§ms était si sombre que
nous ne pûmes rien voir distinctement ; tiMllH'i
B
1796.
Sept.
10.
( 128)
cependant il nous fut possible de reconnaître que ce port était assez étendu.
Le baromètre ayant beaucoup baissé,
nous donna lieu de craindre du mauvais tems. A 6 heures et demie, les
extrémités nord du Japon nous restaient
au N. 5o° O., à 6 ou 8 lieues de distance. Le vent changea tout-à-coup et
souffla grand frais ; le tems se refroidit.
A 5 h. 3o'du mat., à peine pouvions-nous
apercevoir la côte du Japon, qui nous
restait au S. 5o° O., à 10 ou 12 lieues
de distance.
La carte du capitaine Ring place le
port de Nambu par 390 47' de latitude
boréale , et 142 ° 5o' de longitude orientale. D'après cette position, je pris un
.nouveau point de départ. Dans la journée , le courant nous porta environ
de i5 milles au S. O. La longitude du
port Nambu , obtenue par la montre n.° 1 , est plus occidentale que celle
du capitaine King, de 58' de degré.
Le 10, à 5 h. du mat., nous avions là t i*9 )
terre au N., et au point du jour elle
nous restait au   N. 4°° O., à la distancé d'environ 5 lieues. La pointe N.
était très-basse, mais celle du S. était
très-élevée. La  côte était  formée par
des rochers escarpés. A midi, elle s'étendait du N. i2° O. au N. 4o° O., environ à 6 lieues dé distance. Le courant   nous  portait   au S. O., et nous
I éloignait insensiblement   de  la   terre.
Dans l'après - midi, nous  avions mesuré  la  vitesse   du courant, et  nous
[avions trouvé qu'il portait au S. environ
| 5 milles par heure. Nous sondâmes toute
; la journée, sans trouver fond, avec une
ligne de ioo brasses.
Le ii ^ dans la soirée' ty un petit
vent d'E. nous porta vers la côte. A minuit il sauta au N. N. E. Au point du
[ jour nous étions près de la pointe S. E.
de la terre. A 8 h. du mat., lès extrémités
nous restaient au N. 25°E.et auN. 43° O.
Une pointe fut relevée au N. 3o° E. ,
à 2 ou 3 milles de distance. La sonde
i- 9 (. i3o )
   donna 22 brasses fond de petits cail- i
i79(j- loux et de  sable. Après  avoir doublé
P*'   cette pointe , nous fîmes le N. 5o° O.
En suivaut la côte , plusieurs rochers
découverts   s'étendaient   au  large  de
cette poiçte, qui était basse et plate.
Il y en avait deux, qui ressemblaient
à des oreilles d'âne. Us sont N. i5° E.,
ou S. i5° O. avec la pointe N. E. de:
la terre. La côte qui est au N. de <w
rochers forme une petite baie, et est
très-basse jusqu'à une plage de sable
située à 3  ou  4  lieues de la pointe
dont nous venons de parler. A cet en-«
droit on cp&hmence à voir  de hautes
montagnes dans l'intérieur du pays; Le
terrain s'élève en pente douce, depuis;
le rivage jusqu'au sommet de ces mon",
tagnes, qui forment plusieurs chaînes!
de différentes, hauteursr, couverles~dji
bois ,  et qui offrent un  aspect trésB
agréable. Nous vîmes plusieurs maisons;
éparses le long du rivage , et des bateaux sur la plage. A midi, la pointe dV v g )
rochers nous restait au S. 78° E., environ à 3 lieues de distance. La sonde
donna 3o brasses.
Le 12 , dans l'après-midi, nous fûmes
accostés par trois bateaux pêcheurs. Les
hommes qui les conduisaient étaient
d'une couleur cuivrée claire. Leurs
cheveux étaient noirs et très-épais, et
ils les avaient coupés derrière la tête.
Tous portaient de longues barbes. Leur
physionomie était expressive et remplie
de douceur. Us étaient de taille moyenne,
et vêtus de robes tîssues d'écorce d'arbre. Le collet et les poignets étaient
bordés de toile bleue. Leur corps était
ceint d'un morceau d'étoffe semblable
au maros d'Owyhee-. Us portaient dés
anneaux d'argent aux oreilles. Tous
avaient un couteau dans une gaîne attachée à leur ceinture. Avant de mon»'
ter à bord de la corvette -, ils nous sa»-
luèrent de la manière la plus respectueuse , suivant la coutume des Orientaux. Nous leur offrîmes des verroteries i796'
Sept.
(  l3*>
et différentes bagatelles qui parurent
leur faire grand plaisir. Nous leur parlâmes ; mais nous ne pouvions nous
comprendre les uns les autres. Je suis
porté à croire , d'après leur conduite ,
qu'ils n'avaient jamais vu de navire européen; car en arrivant ils avaient l'air
inquiet, et en mettant le pied sur les
passes-avant, où ils s'assirent, ils restèrent quelque tems sans proférer une
parole. Lorsqu'ils furent revenus de
leur étonnement , nous leur demandâmes si l'île s'appelait Matsmai. Mais
à ce nom, ils indiquèrent tous qu'elle
était à l'est. Nous pûmes conclure de
leur manière de prononcer, qu'ils nomment leur île Insu % Après être restés
1 Insu est le fameux pays de Jeso. Avant.ce
voyage et celui de La Peyrouse, il n'e'tait connu
des Etirope'ens que par les*}ournaux du Castri"
com et du Breskes. Voici-un extrait de l'ouvrage
de Forster, sur les découvertes faites dans le
nord ( page 261 du tome 2 de la traduction
française. ) « En 1643, la compagnie hollandaise ( PI
une heure avec nous, ils se retirèrent, 	
et nous saluèrent, en partant, de la même J 79t)*
Sept.
des Grandes-Indes donna ordre d'envoyer deux
vaisseaux de l'Inde au nord, afin d'examiner la
route du Japon au nord, et même d'aller aussi
loin que possible vers l'Amérique septentrionale,
et de chercher un passage dans cette partie.
Pour remplir cet objet, deux bâtimens partirent
ensemble du havre de l'île de Ternate, le 5
fe'vrier i644- Ces deux bâtimeps e'taient le Cas-
tricorn, commande par le capitaine Martin He-
rizoon Van Yriez-, et le Breçkes, sous le commandement du capitaine Hendriet Cornelis
Sbaep. Le 14 mai.,, les deux bâjimens furent
se'pare's par une tempête % à la distance de 5$
lieues de Jeddo, capitale du Japon..Ils aperçurent
la terre de Jeso. Le Breskes traversa le de'troit
de Sangaar, au 41" 5o' de latitude nord, et au
164° 18' de longitude à l'est de Tç'ne'riffe > ( 148*
E. de Greenwich. ) Us virent encore la.terre au
43° 4' ^e latitude nord. Lorsqu'ils e'taient au
44° 4' > quelques canots vinrent du rivage vers le
bâtiment. Ils découvrirent encore la terre au
45" 45', ainsi qu'au 44" 12'> et à la longitude de
1670 21' E. Sous le 45° 12' de latitude nord, et
le 169° 5& de longitude E. , la terre parut dans
l'éloignement comme un grand nombre d'îles; i796-
Sept.
(  P )
manière qu'ils nous avaient salué à leur
arrivée : ils   continuèrent les mêmes.
mais en approchant, ces £les leur parurent ne-
former qu'une vseule terre. Ils aperçurent, par
le 460 i5' N. et le 1720 16' E., ainsi qu'au
172° 53' E., quelques, hautes montagnes. Ils.
virent encore terre au 470 8' N.. et 173° 55' E..
Nous voyons par cette relation,, ainsi que parcelle du Castricom, que ce qu'on.appelle la terre
de Jeso consiste en effet en une grande quantité'
d'îles connues aujourd'hui par les Russes sous le-
nom de Kouriles. Les Hollandais s'imaginèrent
avoir de'couvert dans Jeso un pays très-e'tendu.
Dans la dernière relation que nous avons des,
Russes , on donne la même description de la
terre de Matzmai, dans laquelle les Hollandais,
parlent d'un heu nommé Acquis, que les Russes
appellent Àikis. Le détroit entre Matzmai et le
Japon , a environ 60 verstes ou 34 milles ge'o-.
graphiques de largeur. Le courant y est très-fort, 1
comme dans tous les de'troits qui séparent les îles
Kùriles. Ce pays semble avoir pris son nom de
Jeso ou Yeso , de ce que les habitans sont très-
Velus ; eso ajant en. hollandais la même signifi-J
cation qaEsaù. »
Il re'sulte de ce passage, qu'il ne paraît pas!
prouve' que le Breskes ait jamais passe' par le|
!
m (( i.35 )
salutations, jusqu'à ce qu'ils fussent à	
une certaine distance. Pendant la nuit x796.
Sept.
«détroit, de Sangaar j car il fut -jeté sur la côîte
septentrionale "du Japon, en essayant de le faire.
Jeso ou .Insu , au lieu d/êtte tfi'mé''en plusieurs
ale's!yi n'énibrme qWù-në seule ''séparée du Japon
pande détrait de Sangjèâr', et de T$fe>vd,e Sàjgàk
! Jien au nord , par>(*êl6?<lerLa Peyrouse. !
Les Kouriles , aisplièiï'de''former une partie de
Jeso, sont dés îles différentes,  qui s'étendèxrt
•dspiiis la":feattie NiTEl de Jeso, jusqTratr&am-
| chatkàV" : 'W*j@>
A Dans ^histoire dès déconvert'eV'feùt'êWpÈîï'rei ?
Russes, par Muller, toïne i , ^Sge 362,   où
trouve le journal du Breskes, pù$$ë*'parWitzer.
•Ony 'trouve>unB-'BëSSemblàïïc&- fifeppstnte entre-
la description qu'ifcfaït de Jeso -, et celle qui se
trpùve dans ce voyâge-ci.  KT$.
« Le vaisseau le Breskes avait été ' envoyé
l'an 1645 avec le Castricom, à la découverte de
la Tartarie. Près de la côte'orientale du "Japon ,
ils furent séparés par la tempête, et le Breskes
découvrit de son côté aussi'la terre de Jeso. Ce>
fut au mois de juin qrrtl'^Sf'Voile par le détroit
quiise'pare la terre de Jeso du Japon, à 41 ° 5o'
de latitude,. et à 164° 48'de longitude. La pointe
qu'on décoovritla première, se faisait remarquer- ( *36 I
nous louvoyâmes pour gagner l'ouest..
A midi , la pointSM.S.*. E. d'Insu nous.
par 8 à i o roch«*s semblables^ des voilïJs ,î«*-dè là.
s'étendait une chaîne d'écueils, jusqu'à' un mille
en mer. On vit là des petits! bâtimens. lues ra-
Xneurs avaienÇttne rame a*t$\aquemaim, qu'ils
tiraient tour-à-tour ; ils allaient extrêmenfênf-
vite. Ce peuple paraissait avoir de l'intelligence.
Leurs barbes e'taient longues, noires et fortes..
Ils avaient le teint brun et la tète rasée, à là.
réserve d'une touffe de cheveux de dettxrdoigts
de large qui restaijfc.snr le devant de la tête. On
remarque qu'ils joignaient, les mains sur. la
tête, en signe de reconnaissance. Ils, étaient
vêtus de peaux d'ours et armés d'arcs et de,
flèches. De 1$ le vaisseau cingla assez- avant à
l'est. Les matelots prirent beaucoup de cabeliaux..
•A la hauteur de 45° 4%."* virent terre ; à 44° 4'».
ils furent abordés par des barques. Ceux qui les
montaient étaient d'une bonne taille , robustes r
et montraient dej£p-tejy|igençe. Les femmes qui
les accompagnaient avaient le teint brun, les
lèvres et le$ mains peintes en bleu, les cheveux
coupes tout-h-Vetxtour de la tête, a trois doigts
environ au-dessous, de l'oreille. On les aurait
pris pour des jeunes hommes. L'eau-;de-vie était
fort de leur goût à tous. Quelques-uns avaient ( l57 )
restait au N. 65a E., et l'extrémité des s !
terrés dans le nord,auN.28°iÔ., à S ou i796-
ko lieues de distance. eP '
aussi des habits à la japonnaise; d'autres avaient
[des croix sur le dos. Outre l'arc et la flèche,, ils
lavaient encore des sabres faits comme ceux du
Wapon , dont la poignée était incrustée, d'or, la
garde entourée d'un bord d'argent, et le fourreau
ouvragé à ramage. Leurs baudriers étaient brodés
[en argent. Ils portaient aux oreilles des anneaux
fet des pendans d^e verroterie de Nuremberg. Us
lavaient avec eux des peaux de chiens de mer et
[de castors , et quelques étoffes des Indes. Leurs
bateaux étaient de.s troncs d'arbres creusés et sans
[ailes. A 43° 4» de latitude, on vit encore terre,
• mais on n'y descendit point. Cette île est située
] 12on plus à l'es* que la pointe orientale du Japon,
[qui est à 38° 4- Différence en latitude, g0 38' }
direction nord-est, quart-d'est, et sud-oues.t-«
Iquart-d'ouest. »
Spanberg, navigateur russe,  rapporte qu'il
■aborda dans une grande île qui s'étend depuis
De 4°< jusqu'au 5o° de latitude, fl ajoute que les
habitans  étaient extraordinairement velus , et
qu'ils portaient des anneaux d'argent aux oreilles;
[Dans les instructions données à La Pevrouse, on ""™"
BrT
il
SI-     K-
Ifp
Sept.
m
( x58 )       ■'
^A-jM Le 13, nous fîmes route ea Suivant
*790, la côte à moins de deux miles. Nous
virâmes de bord par ^2 brasses.IlLes
extrémités des terres nous restaient au
N. 61 ° O., et au S. 6b° E. IJfous %mes
deux grands canots à l'ancre. Us avaient
chacun un mât placé au milieu de leur
longueur, et leur vojle était SfEfrée i
fa^te cj'étoffe ou <|e toile. Ils reg$em^
blaient, pouf la forme , k une jpeti^
jonque de la Chkie ; mais nou^'étlpns
trop éloignés pour tes bien ol&CTter.
Au point du jour, ricftis vîmes encore la
terre ,qui s'étendait du N. i5° O.au N.
5o° O. Un cap très.- remarquable., qui
semblait détaché, nous estait au S. 70°
O. Nous ne trouvâmes pas de fond aprèa
K- a^oir filé pot^e ligne dans toute sa Ion-*
gueur.
ivf.   f Lë%4> I 6 HÉiçesi^clemie, ^>us■ Vi-.
Fengage à consulter les èhfFeVenie¥ Relations du
pays de Jeso , recHèillies^ar^Buache, dans sea
Considérations géographiques et phj-sfàxies »
page#7. ( Noie de l'auteur$f& ( **9 )
râmeè de bord par 43 brades, à moiiM |p
de 4 à 5 milles de la terre , qui $'<|ten- J7Çfa
dait du N. 22? O. au N. 70° Çh; ensuite  SeVu
on voyait une interruption : elle reprep    f
nait au N. 55° O., et s'étendait jusqu'au
N. 75° O. D'après le peu d'élévation de
la cçte dont nous nous sprpmgs appro-
chés-^j^ paraît que les terres qui sem-»,
blaient  détachées , doivent  être   liées
avec d'autres terres basses. Il est égale-*
ment Jp$$$àMe   qu'eUe&^e prcdongçnt   ■'$%$
dans le nord. Pendant la nuitg#ous iou-*   9flB
voyâmes sous peu de voiles , et ftpus   §Ép|
trouvâmes fond depuis 48 jyp^V5ê      l||
brasses.   Au  point du jour , la  tjerre   |||||
d'Insu s'étendait du N. 70 O, au S. 780 E. ;   Wm
et la côte occidentale,, du N. 2£° O., au   BB
N.87°0. On voyait une pointe élevée,   j fl|
\ dans le S. 58° O. Nous étions alors près-      I§1
que dans le centre $e la baie que \ &f
ixovç^&ljV^Qlcano- fyay (^baie dç§ Volcans ) > dont les cgtes se trouy^ijept à la
distance de 5?|ieue§f JDu haut des jpâls    ||
ou distinguait% mais avec peine, les,    11®
m
F
f
"^mM ( 4o)
—*— terres qui forment la partie septentrîo-
179°- nale de celte baie. Nous gouvernâmes à
eP ' l'ouest; et à midi,une pointe de terre
qui ressemblait à une île, nous restait
au S. 8o° O. La pointe élevée que nous
avons relevée plusieurs, fois , nous
restait au S. i8° O., à 7 ou 8 lieues
de distance; un volcan et l'extrémité
orientale de la terre d'Insu, nous restait
au S. 63° O.
i5. Le i5, à 6heures après midi, nous,
doublâmes la terre. A midi, nous la relevâmes au S. 8° O. A 9,heures du soir,
nous étions dans une bonne position
par rapport au volcan. Le matin , nous
nous trouvâmes dans une baie spacieuse.
Le volcan fut relevé au S. io° E.; et ce
qui la veille nous avait paru être un&
île au N. 64° E., à 5 lieues de distance,
Les extrémités du côté de la pointe éle
vée, nous restaient au S. 480 E. Il sortait
beaucoup de fumée du côté septentrional du volcan, dont nous étions éloignés;
de 3 à 4 milles. A l'ouest, on  voyait
J r
( 141 )
plusieurs maisons éparses le long  du É
rivage. Avant midi, quelques habitans i79°'
du pays vinrent nous faire visite. Ils e^ '
ressemblaient en tout à ceux que nous
avions déjà vus j mais il y en avait quelques-uns qui auraient ressemblé à des
Chinois, si leurs cheveux n'avaient pas
été frottés d'huile, et n'avaient pas été
longs sur les côtés et noués par-derrière j
le devant et le milieu de la tête étaient
rasés. Us avaient tous une pipe et une
boîte pour mettre leur tabac. Ils parurent prendre beaucoup de plaisir en
voyaftt l'intérieur de notre bâtiment,
j Un. vent frais s'étant élevé, ils nous
quittèrent, et nous fîmes route pour
;aller vers la partie N. de la baie, avec
'une jolie brise du large. A midi, ce
que nous avions pris pour une île, nous
restait au N. 870 E., et l'extrémité de la
terre vue du côté de la pointe élevée,
au S. 5o° E. Nous étions à 4 lieues du
volcan. Aujourd'hui, les longitudes don-*
nées par nos montres, différèrent en- ( i42 )
«~— tr'eîles, &tt point que nous ne pûmes leur
1'79"-' accorder aucune confiance. Après-avoir
P*- couru 14 milles au N. E.-, nous arrivâmes vis-à-vis un village près duquel
nous vîmes une jonque mouillée à l'entrée d'une petite anse. Une chaîne de
rochers s'étendait dans le N. O. Nous
virâmes vent devant, étant par to brasses, pour les éviter. Ensuite j'envoyai
un canot sonder en avant, et nous fîmes
route à l'ouest, vers une baie qui semblait nous promettre un bon mouil*
lage. A 4 heures , nous mouillâmes
par 7 brasses fond de vase, environ à
trois qdàrts de mille du rivage ,' et
vis-à-vis un village considérable. L'extrémité de la dhaîne de rochers nous
restait au sud, et le volcan était de
6-° plus-kl'ouest, à la distance d'environ
îo- lieues.
- N>dtis rS^uffies plusieurs visites des
b&mfâtns du village près duquel nous
étions-mouillés; mais un Japonais qui
vint peu après les renvoya. Nous es- ( Il )
sayâmes de lier conversation avec ce 	
nouveau venu; mais ce fut en vain. Il    79
.       . Sept,
nous quitta avant la nuit, sans que nous
eussions pu en tirer aucun renseignement. CM4)
CHAPITRE   V.
Remarques sur le pays et les habitans des
environs de la baie des Volcans. — Politesse
•des Japonais. — Description du port d'En-
dermo. — Observation sur les naturels ; leur
habillement, leur parure , leurs habitations,
leur nourriture , leurs embarcations. — Remarques sur les objets de commerce , l'agri»
culture , les plantes et les animaux. — Obser*
Varions astronomiques. — Navigation le long
de la côte d'Insu. — Ile de Spanberg.
  JLjE i6,au lever du soleil, nos embar-
1 " ' cations partirent pour aller chercher de
l'eau.   Elles  en découvrirent vis-à-visj
16.
l'endroit où. nous étions mouillés.   Le
Japonais qui s'y trouvait, leur fit signe j
qu'elle était très-bonne. Plusieurs naturels nous accompagnèrent; mais le Japonais ne voulut jamais les laisser ap*|
procher qu'à une certaine distance, ma
étendirent des nattes près du rivage,! (i45)
s'assirent pour fumer avec de petites  *
pipes, et lièrent conversation avec nous, 179"*
tandis que nous emplissions nos pièces eP '
à eau. Il nous parut qu'ils nous faisaient
des questions sur notre départ, et nous
témoignèrent le désir qu'ils avaient de
nous voir partir. Nous voulûmes aller
au village ; ils s'y opposèrent fortement j
et pour éviter tout différend, nous y renonçâmes*
Nous longeâmes en canot la côte qui
était à l'ouest, jusqu'à la distance d'environ 2 milles. Le terrain s'élevait en
pente douce, et formait des coteaux
couverts de verdure, et sur lesquels on
voyait quelques groupes d'arbres. Nous
arrivâmes à un joli ruisseau où il y avait
quelques maisons. Lorsque nous mîmes »
pied à terre, les naturels nous apportèrent des nattes pour nous asseoir, en
nous donnant des marques du plus profond respect. Heureusement qu'il n'y
avait pas à cet endroit de Japonais pour
s'opposer à leur civilité.  Comme cette
li îo k!
c 146 )
i É partie de la côte était plus commode
J79^' pour y faire l'eau et le bois, je résolus
Sept, jj'y venir faire ma provision. Après
avoir observé la hauteur méridienne du
soleil, nous retournâmes à bord. Pendant mon absence, plusieurs Japonais
étaient arrivés au village vis-à-vis duquel nous étions mouillés. Ils avaient
amené avec eux des chevaux chargés
de marchandises. L'après-midi ils vinrent à bord avec les cérémonies qu'ils
ont coutume de faire, pour nous rendre
une visite. Us étaient vêtus en toile de
coton de couleur foncée, et avaient autour de la taille des ceintures d'un tissu
d'argent. Chacun d'eux avait deux sabres richement ornés d'or et d'argent,
et dont le fourreau était de beau laque.
Us portaient des sandales de bois gar-
>tmy nies en paille , et chacun avait sa pipe
et son éventail. Ils s'informèrent avec
beaucoup de soin de quelle nation nous
étions, et du dessein qui nous avait
attiré chez eux. A mesure qu'ils avaient
jr**"»
"sK ( m )
l'air de comprendre nos réponses, ils
les notaient ; car de même que les Chinois, ils portent de l'encre avec eux.
Après avoir fumé leurs pipes et pris
quelques rafraîchissemens, ils retournèrent à terre. Dans la soirée, une jon-
<jue vint mouiller près de nous ; elle
était chargée d'une espèce de varec*
(jucus saccharinus ) et partit dans la
nuit.
Le 17 dans la mâtinée , nous jetâmes
îa seine, et nous prîmes peu de poisson-
Nous continuâmes à faire notre bois et
notre eau. Je visitai la petite anse que
nous avions aperçue en arrivant, et je
trouvai que c'était un petit port où il y
avait 3 brasses d'eau. On y entrait en
passant au milieu de quelques rochers
qui s'élevaient au-dessus de l'eau. Ce
port est très-commode pour les petits
navires. Il est entouré de maisons. Une
des plus grandes était habitée par des
Japonais, et avait un jardin où on cultivait des haricots et des navets. En re- 1796.
Sept.
18.
20.
(   US)
venant de là, nous abordâmes au grand
village où nous rencontrâmes le Japonais de notre connaissance. U paraissait
très-inquiet de nous voir aussi près des
habitations, et nous pressa fortement de
retourner à bord de notre bâtiment.
Nous marchâmes jusqu'à l'endroit dé
l'aïguade, où nous nous embarquâmes,
ce qui leur fit grand plaisir.
Le 18, nous nous affourchâmes plus
près de l'aiguade. Pour la première fois
nous vîmes des femmes. Elles étaient
occupées à pêcher avec les hommes et
les aidaient à ramer. Leurs cheveux
étaient coupés très-courts. Leurs lèvres
étaient tatouées, et leur habillement \
ressemblait entièrement à celui des
hommes.
Le 20 dans la matinée, nous allâmes
examiner la partie N. O. de la baie.*
Après avoir ramé 5 milles, nous arrivâmes à un petit village placé à l'embouchure d'un ruisseau dont nous sui-i
vîmes les bords pendant quelque tems. ( i49 )
Le cours de ce ruisseau paraissait venir  	
du nord, et nous supposâmes  que sa !79°'
source devait être à une distance consi-      P "
dérable, d'après sa profondeur et sa rapidité. Le pays qu'il traversait présentait un coup-d'œil très-agréable et semblable à celui que nos campagnes offrent
en automne. Les collines étaient tapissées de verdure et parsemées d'arbres
qui paraissaient avoir été placés avec
autant d'art que ceux qui ornent les parcs
anglais ; mais nous n'aperçûmes aucune
trace de  culture.  Les habitans de ce
petit village nous, reçurent très - poliment.
Nous retournâmes à bord dans l'après-
midi, avec un vent contraire très-fort,
qui venait du S. E.,, et produisait une
forte houle. Il augmenta dans la nuit.
Le 21, continuation du même tems.   21.
Le ressac le long du rivage était si fort,
que nous ne pûmes emporter notre bois
ni notre eau.
Le 22, la lame fut encore si forte j   22. ËÈ
! Vf
( i5o )
--—• que nous ne pûmes aller à terre que le.
179"' 25. Alors les brises de terre comment
P * cèrent à succéder aux vents du large ,,
tpi devinrent plus modérés. Nous en.
profitâmes pour finir notre bois et notre
eau.-Ëes naturels se trouvaient toujours,
-sur le rivage en même tems que nos
gens, et donnaient des raisins pour des
boutons. Quelquefois, lorsque les pê-*
cheurs passaient le long de notre bâti-,
ment, nous parvenions à les faire con-.'
sentir à nous vendre du poisson; mais;
cela n'arrivait pas souvent.
Le 25, j'envoyai le master pourexa-^
miner la partie de la côte située entre le
mouillage et ce qui nous paraissait être
une île. Dans la matinée , nous reçûmes
la visite d'une nouvelle compagnie de
Japonais, supérieurs par leurs habille-
mens et leurs manières, à ceux que nous
avions déjà vus. Leur société fut non-
seulement   agréable, mais  aussi  très-
instructive.   Us nous  montrèrent  une
mappemonde  qui paraissait avoir été
25. ( p )
dessinée en Russie. Us avaient un livre
où étaient représentées les armoiries'de
différens pays, et ils nous indiquèrent
sur-le-champ celles de la Grande-Bretagne , parce   qu'ils  supposèrent que
c'était notre patrie. Us avaient encore
un alphabet russe; et suivant ce que je
pus comprendre, un d'eux avait été à
Saint-Pétersbourg. Un de nos matelots,
qui était russe, leur parla la langue de
son pays. Us me permirent de prendre
copie d'une grande carte des îles situées
au nord du Japon, et me promirent de
m'en apporter le lendemain une autre
qu'ils avaient construite.. Après  nous
être fait des honnêtetés réciproques, les
Japonais retournèrent à terre.
Le master revint dans la soirée; il
avait trouvé dans la partie N. E. de la
baie un très-bon port appelé par les habitans du pays Endermo > et formé par
ce qui nous paraissait une île, qui n'était
en effet qu'une presqu'île.
Le 26, le beau tems nous permit d'en-
1796.
Sept.
/
26. ( i5* )
lever tout ce que nous avions à terre%
et nous nous préparâmes à partir. Nos
amis les Japonais vinrent dîner avec
nous. Us me donnèrent la carte qu'ils
m'avaient promise. Je leur fis présent
de la carie du globe construite pour le
voyage de Cook. Elle leur donna la
plus grande satisfaction. Us remarquaient avec attention tout ce qu'ils
voyaient, et ils dessinaient à l'instant
avec de l'encre de la Chine les objets
qu'ils croyaient pouvoir s'effacer promp*
tement de leur mémoire.
Le 27., les dernières observations
faites pour régler les garde-tems furent
terminées, et le bâtiment fut entière-»
ment prêt à partir.
Le 28 au point du jour, nous mîmes
à la voile et fîmes route au S. E., en
allant au plus près avec un vent du
large. A midi, la latitude fut de 420 18'
20" N.; l'extrémité formant l'entrée sud
du port d'Endermo nous restait au N.
8§a E., à 4 Heues de distance •„ le volcan woaawHNUMNMKxn
C i55 )
du sud au S. 20 O., et le volcan du nord
au N. 5o° E. Avant la nuit, nous mouillâmes par 11 brasses fond de vase, environ à 2 milles au large de l'entrée du
port. Nous étions entourés de terres, et
l'on ne pouvait voir la mer au large que
par une ouverture très-étroite qui nous
restait au S. 220 E. Le volcan du sud
nous restait au S. a5° O. j un village si*
tué sur une petite île au S. 370 E. ; la
pointe du port à l'E. S. E. Nous étions
à un mille de la côte nord. Pendant
toute la nuit les vents furent violens de
la partie du S. E.
Le 29, je visitai le port découvert le
25 par le master. Je trouvai qu'on y
était à l'abri de tous les vents, en mouillant à l'endroit où le gros cap reste au
N. O., et se trouve dans l'alignement de
l'extrémité de l'isthme qui forme la
pointe de tribord de l'entrée. Dans cette
position, nous y avons trouvé 4 à5 brasses d'eau. Lorsqu'on veut entrer dans
le port, il faut tenir l'île détachée de la ( i54 )
-■  pointe de bâbord de  l'entrée, jusqu'à
179°- ce qu'on soit à moins d'un quart de mille
^ ' d'une roche qui ne découvre <ju'à demi'
marée. Alors on peut gouverner au
S. O. Le fond y est bon ; et à mesure
qu'on avance, il diminue depuis îo jusqu'à 2 brasses, et on peut se placer partout où on le juge à propos. H y a quelques maisons éparses sur la côte sud de
ce port; et au fond, le rivage est bas et
plat ; de sorte que les embarcations ne
peuvent en approcher à plus de 5o toises.
Dans toutes les autres parties on peut
débarquer commodément pour faire du
bois et de l'eau.
Le 3o dans la matinée, un matelot
nommé Haus Odson mourut. U était
Danois. Sa mort fut occasionée par la
chute d'un arbre qui le blessa grièvement. Après avoir langui et souffert
quelques jours, la gangrène se mit à ses
plaies, et nous eûmes à regretter un
homme laborieux et d'une bonne conduite. Il fut enterré dans la petite île  flggWSWfiflgBomaoftmng
m
tVTDE CHO!
.4
EU. côte S.fiJLe COI
Bi
II
?«.---"-*
I^Kl IDS
)
à qui, en conséquence , je donnai son
pom.;
Latitude de l'entrée du port
d'Endermo. ,    42° l9' 29" N,
7 36   E.
Longitude.' i4*
La mer est pleine à 5 heures 3o' ,les
jours de nouvelle et de pleine lune. La
mer monte de 6 pieds.
Le port d'Endermo est à la pointe nord
d'une vaste baie que j'ai appelée Vol-
cano-Bay ( baie des Volcans). La pointe
sud que les habitans nomment Esarme _,
est à environ i \ lieues dans le S. 170 E.
de cette pointe nord- Les trois volcans
qui se trouvent sur les côtes de cette
seule baie, m'ont engagé à lui donner le
nom que j'ai adopté. On trouve 5o brasses au.milieu de la baie, et le fond diminue à mesure qu'on approche des côtes.
La carte que j'ai fait dessiner, donnera
une idée plus claire de cette baie, que
tout ce que je pourrais en dire. Cependant je ne prétends pas qu'elle soit d'une
grande exactitude* ( i56 )
       Nous étions dans Volcana- Bay à
79°- l'époque des équinoxes ; le tems fut ce-
' pendant généralement très-beau, et les
brises de terre qui venaient du N. O.
succédèrent périodiquement aux brises
du large qui venaient du S. E. Nous n'y
éprouvâmes pas de houle, et nous y sommes restés aussi en sûreté que nous au*
rions pu être dans le port d'Endermo %\
qui est à l'abri de tous les vents.
J'ai vu peu de pays dont l'aspect soit
plus beau que celui de la partie nord
de Volçano-Bay. Le terrain s'élève en-'|
coteaux de formes et de hauteurs très- i
variées, et couverts d'arbres qui corn- j
mençaient à perdre leurs feuilles.
Ce que nous avons vu des mœurs et
du caractère des habilans de Volcano-
Bay} ressemble assez à ce que le naviv
gateur russe Spanberg a dit des habitans d'une île qu'il avait visitée, et qui
est située par les 43° 5o' de latitude boréale. Les hommes sont en général-;^
petite taille. Leurs jambes sont plus ou  *»BHBK»gsotBEBr- ( i57)
moins arquées en-dehors. Us ont les
bras courts en proportion de leur corps.
Une barbe longue, épaisse , et ayant * '
de la disposition à friser, leur couvrait
presque tout le visage. Leurs cheveux
touffus étaient coupés très-courts sur le
front et derrière les oreilles, et coupés
droits par-derrière. Ils avaient le corps
presque tout couvert de poils longs et
noirs; et nous observâmes la même
chose dans les enfans. Les femmes ont
aussi les cheveux coupés autour de la
tête, mais pas si courts que les hommes.
Elles avaient le dessus de la main tatoué, ainsi que le front et le tour de la
bouche. Elles portaient autour du cou
des cordons garnis de verroteries, et
d'autres ornemens. L'habillement des
hommes consiste en une robe lâche dont
l'étoffe est faite avec l'écorce intérieur
du tilleul ; elle leur descend jusqu'aux
genoux, et est serrée autour du corps
par une ceinture à laquelle ils attachent
leur boîte de tabac, leur pipe et leur
(SB* ( «58 )
—— oouteau. Quelques - uns avaient auM
!79D' oreilles des anneaux d'où pendaient des
pt' espèces de grains. Us ne portent leur
vêtement que lorsqu'il fait froid, et ils
l'ôtent ou le mettent suivant qu'il leur
convient. Dans la belle saison, ils n'ont
qu'une pièce de toile qui leur sert de
ceinture. L'habillement des femmes dif|
fère peu de celui des hommes ; mais
leurs robes descendent jusqu'au milieu
de la jambe. Quelques-unes en avaient
en peau de veau marin ou de chevreuil,
ornées de morceau de toile bleue. Les
femmes avaient le visage agréable ; mais
la manière dont elles coupent leurs cheveux les défigure. Leur conduite était
modeste, était réservée , telle qu'elle
convient à leur sexe. Les enfans étaient
entièrement nus. Les hommes nous saluaient de la manière la plus humble -,
en s'asseyant les jambes croisées, puis
ils avançaient leurs mains, se frappaient
la barbe, et s'inclinaient presque jusque
terre. ( i5g)
Leurs maisons sont en bois. Les murs	
et les toits sont de roseaux. Au milieu 179°*
de la maison est le foyer, et à chaque eP '
extrémité du toit il y a un petit trou
pour donner issue à la fumée. Au-dessus
du foyer sont suspendus des chaudrons
de cuivre pour les usages de la cuisine,
et un petit échafaudage pour faire sécher le poisson et les grains. Leur lit est
une plate-forme élevée au-dessus du sol,
couverte de nattes et de peaux. Leurs
habitations sont en général de forme
oblongue.
Us se nourrissent principalement de
poisson séché qu'ils font cuire avec du
varec, et qu'ils assaisonnent d'un peu
d'huile extraite du foie du poisson saint-
pierre \ Us mangent aussi différentes
espèces de fruits , tels que des raisins ,
des framboises et d'autres baies, ainsi
que de la graine de millet. Nous vîmes
dans leurs villages des ours et des aigles
qoûls tenaient  en cage, apparemment
' Zeus-Faber. L. h
( 160)
 pour les manger, car nous ne pûmes
179t>> pas les engager à nous en céder. Us sonfc|
ePt- si pauvres, qu'ils -avaient peu d'objet».
à échanger, et nous ne pouvions nous
procurer du poisson que très-rarement,
quoiqu'ils fussent continuellement occupés à la pêche. Les raisins étaient
très-abondans, ainsi qu'une espèce d'ail
ou de petit oignon. Ils construisent prin*
cipalement leurs canots en bois de sapin ; ils en recouvrent les flancs de bor-
dages qui augmentent leur largeur, et
qui, se prolongeant de l'avant et de l'arrière, en rendent les deux extrémités
■farès-fines. Us les cousent avec de l'osier,
et bouchent les coutures avec de la
mousse. Us rament avec deux avirons;
mais au lieu de les faire mouvoir ensemble , ils ne les remuent que l'un-
après l'autre, ce qui les empêche d'aller
en droite ligne, et cependant ils marchent très-vîte. Leurs filets sont d'é-1
corce de tilleul, teints avec l'écorce de
chêne. Les Japonais leur fournissent des
?%.--« hameçons et des harpons. Lorsqu'ils ne ■■ ■ ; ■■■■■
sont pas occupés à la pêche,ils radou- 179"'
bent leurs canots, ramassent et font se-    e** *
cher des plantes marines dont ils expédient une grande quantité au Japon, où
l'on en fait  grand cas sur les tables.
L'écorce de bouleau est aussi un des
objetjSf/de commerce de ce pays.
Les femmes s'occupent aux travaux
domestiques, et à la fabrication des
étoffes pour les vêtemêns. Elles prennent , ainsi que les hommes, beaucoup
de plaisir à fumer.
Les habitans d'Insu sont des tributaires  extrêmement soumis des Japonais, qui les empêchaient le pkiS qu'ils
pouvaient d'avoir aucune relation avec
nous, et les faisaient retirer dès qu'ils
cherchaient à nous approcher. Ces habitans cKÏpsu paraissent être un peuple
bon et très - doux. Nous fûmes fâchés
que la jalousie des Japonais nous ait
empêehé de   communiquer plus souvent avec eux, et de nous instruire de
i.
ii 1796.
Sept.
(16a )
■ leurs usages et de leurs mœurs. Us parlent lentement et avec timidité; leur
langage contient beaucoup de mots japonais» Nous aperçûmes des champs de
peu d'étendue, semés en maïs et en millet; mais nous ne vîmes guère d'autre
espèce de culture. Nous en fûmes d'autant plus, étonnéslfque les objets dont
ils se. ^nourrissent nous ont paru peu
abbndans et très-précaires, quoique le
sol soit fertile et produise une grande
quantité de végétaux dans les jardins
des Japonais.
Nous ne vîmes dans ce pays que des
chevaux, des chiens, des  daims, îles)
©tins, des reriards et des  lapins; mais
d'après les différentes espèces de four-
rnres dont les naturels étaient couverts^-
il est probable qu'il doit y avoir plusieurs autres espèces d'animaux dans
celle île, eé'*cfu?elle peut fournir une
grande variété de pelleteries.
Le sol est excellent et très-productif.
On trouve-dans les bois des ©rwies , des
*■ --ar
p*^ ( i63 )
chênes,  des frênes, des érables, des ——-.
bouleaux, des hêtres, des tilleuls, des x79"*
ifs, des pins argentés, des peupliers,    eP ' <
des charmes et des sassafras, ainsi qu'une
grande variété d'arbustes. La plupart
des plantes qui croissent en Angleterre,
sont naturelles à ce pays.
Les oiseaux n'y sont pas nombreux,
quoiqu'il y en ait de plusieurs espèces.
On y voit des aigles, des corneilles, un
oiseau jaune de la famille des linotes,
des pigeons, des oies sauvages, des canards, des nigauds, des vaneaux, des
mouettes. On y trouve beaucoup d'espèces de poissons, tels que des baleines,
des marsouins, des tortues, des espadons , des lunes , des poissons saint-
pierre et plusieurs crustacées *.
' Il y a une conformité' frappante entre les de'*
tails que donne le capitaine Brougbton sur les
habitans de l'île d'Insu , et ceux qu'on trouve
dans le Voyage de La Pejrouse, sur les naturels
de I'ile Tchoka ou Se'galien , tandis que ceux-ci
I diffèrent à tant d'e'gards de leurs voisins les habitans de la côte de Tartarie. ( Note du traducteur. ) (i64)
      Voici le résultat des observations que
« 79"- l'astronome a faites à terre vis-à-vis notre
S^1-   mouillage:
'Milieu des latitudes observées 42» 55' n"      N.
Octob.
Longitude   déduite   de
E.
plusieurs observations.    .140   5o  52
Variation de-trois compas à,terre  16  5o   N. O.
Variation à bord d'après
tous les compas.    ...      i   27   20    N. E.
La mer est pleine aux nouvelles et aux
pleines lunes, à 4 h. 3o'. La mer monte
de 4 à 5 pieds. Au mouillage nous n'éprouvâmes pas de courant.
Dans l'après-niidi du i.er octobre , le
vent s'étant fixé, et soufflant très-fort;
et par grains, nous partîmes après avoir
pris deux ris dans nos huniers, et nous
dirigeâmes la route sur la pointe d'E-
sarme. A 5 h. 7'., la pointe méridionale du port d'Endermo nous restait à
l'E., à 3 milles de distance. A 6 h. 3o*
nous la relevâmes au N. N. O., et le (i65)
volcan au S. 780 O. Nous ne pûmes nous
approcher assez de la pointe d'Esarme I79t)*
, .      ,.   . ,    Octob.
pour   la   voir  distinctement  avant la
nuit. A 8 heures nous changeâmes de
route , et je la fis diriger sur la partie
de la côte d'Insu qui était au nord, dans
le dessein de la visiter.
Le lendemain matin, à 18 heures
nous aperçûmes la terre 1 qui s'étendait
du N. au N. 7 5° E. , à la distance de
6 ou 7 lieues.
Le 2 , vent fort et tems .couvert.
A 2 h. 3o' nous rangeâmes les rochers
qui étaient au large de la pointe que
nous commencions à doubler , et nous
dirigeâmes notre route pour puoloDger
la côte à 2 ou 3 milles de distance:
A 6 heures, une pointe de la partie S. E»
dJInsu nous restait au S. a5° 0., à 5 ou 6
1 Ici le capitaine Rjrôughton se sert, pour la
première fois , du tems astronomique , dont les
jours commencent à midi, et finissent à midi du
jour suivant, et il compte vingt-quatre heure*
^uû midi à l'autre. (Notedu traducteur).
BBtMC»WBMHBMBfimg«ggSgg 1796.
Octob.
3.
n
( 166 )
lieues de distance. L'extrémité nord de-
la terre qui était en vue , s'étendait à-
peu-près du N. 25° E. au N. 3o° E,.
Dans  cette  position  nous   trouvâmes
20 brasses. Pendant la nuit le tems fut
assez beau ; nous louvoyâmes à petites
Voiles, et la sonde rapporta toujours^
depuis 20 jusqu'à 4& brasses. Au point
du jour nous étions à-peu-près où nous
étions la veille. Les terres vues au sud-,
ressemblaient à des masses de rochersv,
très-élevés. Elles  s'abaissaient dans le
N. O., et la côte   était très-escarpée
dans cette partie. Au - dessus de cette
terre basse , nous   apercevions, dans
un grand éloignement, deux montagnes,
entièrement couvertes de neige. Cette
côte n'est pas très-boisée. Nous étions
à environ 3 lieues de distance  du rivage ,  et  les  extrémités de la terre
s'étendaient du S. 37° O. au N. 3o° E.
Le 3, le vent vint du large. Nous
continuâmes de suivre la côte , qui était
par - tout de la même hauteur. Nous.
HP- ( HD
aperçûmes au N. 0. l'entrée d'une baie
profonde , ou plutôt d'une rivière fermée par une terre basse. Au coucher
du soleil le vent était faible. Les extrémités de la terre s'étendaient -du
N.620 E. au S. 36° O., et nous voyions
une ouverture au N. 3o° E. Nous étions
alors à 3 ou 4 lieues de la côte.
A 7 heures nous fûmes coëffés parle
vent qui Venait de terre. Au point du
jour les extrémités de la côte s'étendaient du N. 4o° E. au N. 620 O., à 7 ou
8 lieues de distance , et à midi, du
N. 700 E. au S. 760 O. La pointe de
tribord de l'ouverture que nous avions
remarquée dans, les terres , nous restait
au N. 2i° O. , à 4 ou 5 lieues de distance. Peaked->ffîill était au N. 90. O.
Le 4 -, à 2 heures , la même ouverture paraissait être fermée par une
terre basse. Elle nous restait au N. N. O.,
et se trouvait dans l'éloignement ainsi
que Peaked-JKU. Après cette ouverture , la terre courait E. j  elle   était
1796.
Octob.
4- ( x68)
d'une élévation uniforme i  et on la
voyait terminée par une côte d'argile
très-escarpée. A 7 heures , nous vîmes
par  notre  travers  une ouverture qu*
semblait nous promettre ub bon abri.
Au milieu de  cette' ouverture, il y
avait une île terminée à sa partie orientale par une petite montagne ; à l'ex*
trémité occidentale on voyait un ilofc.
sur lequel la mer brisait. Au coucher
du soleil,. l'extrémité nord de la terre?,
nous restait au N. 5o°E., l'île au N. 35° E.^
et l'extrémité sud au N. 8o° O. A 8 heu*,
res , nous vînmes au vent pour louvoyer-,
pendant   la nuit. Le matin nous gouvernâmes  au N* E. L'île nous restait
au N. 840 O., à 5 lieues, de distance ,
çt l'extrémité de la terre au N. 3o° E».
Nous aperçûmes, entre les  terres  et
jg^s , quelques îles basses, que nous ne
pûmes distinguer à cause de la brume,.
La côte était aride ; on n'y voyait que
quelques arbres épars et peu élevés..
A midi, les extrémités, de la terre C i69)
nous restaient au N. 400 E. et au S. 7 4Ô O., ——
à 3 lieues de distance. 179"*
Le 5 , nous profitâmes de petits vents     *° '
et du beau tems pour longer la terre.
A midi nous avions dépassé deux îles
qui s'étendaient àe l'O. au N. 4i° O.
!Nous relevâmes les extrémités de la côte
duN. 55° E.auS.64°0., à la distance de
5 ou 6 lieues. A 7 h. nous tînmes le vent
avec peu de voiles, et en sondant, nous
trouvâmes 25. brasses fond de sable. A 18
heures, les extrémités de la terre , qui
ressemblaient à des îles , s'étendaient
du N. 11° E. au N. 34° O. A 20 heures ;
nous en étions à une distance raisonnable. Nous apercevions à l'ouest des terres
basses, que nous supposions être la continuation  de   la côte  d'Insu.  Les îles
étaient arides et entourées de roches.
Les unes étaient hors de l'eau, la mer
brisait sur les autres ; ce&roches s'étendaient à une distance considérable des
deux extrémités des îles, et étaient eou-^
vertes d'oiseaux de mer. Nous rencon*
fëg^^^BœtBSSSammmiBSSS&l&SSœSSBgm&Sœmi&m 1796
Octob
( i?» )
trames dans cette journée beaucoup de
baleines. A 21 heures, nous aperçûmes
une terre élevée au N. E. A midi, nous
avions par le travers quelques roches
détachées de terre ,   mais qui  parais^,
saient réunies entre elles par des res»
sifs. Elles s'étendaient du N. au N. 34° O.,
à 3 ou 4 milles de distance. Nous trouvâmes 45 brasses. Nous apercevions ausa|
une terre élevée dans le nord, et une île
qui s'étendait du N. i5° E» au N. 400 E,
Le 6, à 3 heures, nous avions par
le travers l'extrémité de la terre  que
nous avions  relevée   comme une île»
Alors nous  cessâmes de   voir la continuation de la côte ; mais bientôt après,
nous pûmes nous apercevoir qu'elle se-
dirigeait au N. O. A 5 heures , le vent
passa au N. E, et le tems devint brumeux. A 6 heures, l'île s'étendait du
N. a5° E. au N. 6o° O., à 4 ou 5 milles
de distance , et les roches relevées la
veille dans le N., restaient au S. 700 O.
Pendant la nuit nous fîmes route au S„ EÊ ( i7i )
Jusque vers midi , la brume nous era-  -
pécha de voir distinctement l'île ; alors    '"
elle s'étendait du N. 120 O. auN. 420 E., °Ct°b
à 4 ou 5 milles de distance. Les roches
furent relevées du S. 670 O. au S. 8o° O. ;
ce qui fait voir   que nous  avions été
portés à l'O. S. O.
Le 7 , nous gouvernâmes pour passer
à l'ouest des îles. La côte n'offrait que
le roc vif, mais nous aperçûmes, quelques arbres dans les vallées de l'intérieur. En doublant la pointe sud , nous
vîmes un petit village. Au coucher du
soleil, l'île s'étendait du S. 5° E. au
N. 740 E., à 4 ou 5 milles de distance.
Nous trouvâmes 37 brasses bon fond
de sable. Pendant la nuit nous avons
louvoyé à petites voiles pour conserver
notre position. Au jour , l'île s'étendait
du S. 220 E. au S. 42° O., à 5 ou 6
failles de distance. Les vents au S. O.
nous tînmes le plus près, bâbord amurres.
Nous vîmes, à cette route , la terre au
N. N. E. et au N. O A 2.0. heures,nous 1796.
Octob.
(  0 )
doublâmes Fa  pointe nord  des   îles r
et avant  midi j'envoyai un   canot   à
terre. L'équipage du canot me dit au
retour qu'ils avaient trouvé des sources
de bonne   eau : ils avaient  remarqué
que la   terre était couverte d'une espèce d'herbe très - grossière, quoique -
le terrain leur  eût paru composé de
débris de yégétaux, et qu'il dût être
fertile. Us trouvèrent une grande quantité d'airelles et d'autres petits fruits ,
ainsi que beaucoup de saviniers. A midii
l'extrémité N. O.nous restait au N.8o°0.,
à 3 ou 4 milles de distance» et l'autre
extrémité au S. 23° O.
Le 8 , on trouva sur l'île une espèce de genévrier , quelques ifs , et le
pin argenté. On vit sur le rivage une
multitude d'oiseaux , et l'on découvrit
des traces de quadrupèdes.
Cette île est probablement celle qui
a été visilée par Spanberg f. Après midi,
je fis gouverner au N. N. E., vers la
1 Voyages et découvertes, parMuller, p. 210,. ( 173)
terre qui nous  restait dans cette di-
rection. Au coucher du soleil , nous la  i/y
,    A _T       „ _ . Octob.
relevâmes au N. 10 E. ; et une montagne remarquable , terminée en pointe,
couverte de neige, et appelée le pic
Antoine , au N. 65° O. L'île Spanberg
s'étendait du S. 5o° O. au S. 5o° O.,
à environ 5 lieues de distance. Au point
du jour nous étions à - peu - près dans
la même position , et nous fîmes route
au N. N. O., vers un passage qui paraissait séparer la terre sur laquelle se trouvait le pic Antoine, de celle qui était
au N. E. Nous sondâmes dans le passage
sans trouver fond, et nous traversâmes
des endroits où la mer était très-clapo-
teuse. A 21 heures, le pic Antoine
nous restait à l'ouest. A midi, nous
avions passé le détroit, qui a 4 ou
5 lieues de largeur, et nous mîmes en
panne par 45 brasses , pour observer
la latitude. L'île Spanberg fut relevée
au S. 170 E., à 4T milles de distance;
une pointe de rochers qui forme l'en- 1
!'
C 174)
.  trée O.  du passage , et d'où  un res-
i79D- sif s'étend à quelque distance au large ,
Octob" nous restait au S. 200 O., à la distance
de 5 ou 6 milles ; le pic Antoine 3 au
S. 5a° O., l'extrémité de la terre où il
est situé, au S. 820 O. La terre haute,
qui ressemblait à une île, s'étendait
duN.48°E. auN. 6i°E.
9. Le 9, je jugeai que la terre sur laquelle on voyait le pic Antoine , était
la partie N. E. de l'îïë d'Insu, parce
qu'elle se prolongent vers l'O. Je profitai du vent de S. O. pour m'avan-*
cer vers le N.-, E., et chercher les îles
que je croyais renéèntrer dans cetle direction. La côte fdrirtait une baie bordée*
par une plage de sable que nous apercevions dans la direction du pic. Cette
mdntaene avait alors la forme d'une
selle , et offrait an aspect imposant par
sa grande hauteur et l'étendue de sa
base.
Nous faisions route vers l'île, dont
les terres hàcîiféfes étaient assez élevées j ( 175)
nous avions par notre travers une montagne située près du bord de la mer , et
qui s'élevait en forme de cône à une hauteur considérable. Cette montagne était
évidemment volcanique. Nous en passâmes à moins de deux milles, et nous là
vîmes distinctement couverte de pierres
et de cendres , depuis le sommet jusqu'à sa base. U semblait qu'une éruption venait d'avoir lieu. Le cratère paraissait dentelé par des crevasses informes. Quelques petits arbustes croissaient sur le flanc du volcan qui était
taurné au S. O. Ce volcan escarpé était
jointà l'île par une langue de terre basse,
qui formait de chaque côté un enfoncement semblable aune baie circulaire.:
La terre continuait à être très-basse jusqu'à une certaine distance. Au coucher
du soleil, une extrémité de la terre en
vue nous restait au N. 55° E., et l'autre
extrémité , formée par le volcan, au
S. 240 O., à 2 lieues de distance.
Le 10, pendant toute la nuit, le
1796.
Octob.
IO. 1796.
Octob
(  I76 )
tems fut par grains, et à t6 heures
nous mîmes le cap sur l'île que nous
avons aperçue au point du jour a l'E.
N. E., mais peu distinctement. Le tems
était pluvieux et si couvert, que nous
ne pûmes pas prendre la hauteur mérâ*1-
dienne. A midi, les extrémités furent
relevées du N. 8° E. au S. 5° E , à la
distance de 3 ou 4 lieues.
Nous fûmes menacés d'un  coup de
vent. A 4 heures nous eûmes une bou-
rasque avec une pluie très-forie. L'île
nous restait alors au S. E. à 2, ou 3 lieues
de distance. Nous étions près de l'extrémité N. de cette île, lorsque nousf*
avons serré les huniers, et nous avons
trouvé 95 brasses d'eau. A minuit  le?
vent s'appaisa ; et au point du jour, nous-
fîïmes de la voile. Dans la matinée le
vent passa au N. O., et nous vîmes la
terre au S. 6i° E., et au S. 270 E. Une
pointe basse nous restait au S. 8° O., à
4 ou 5 lieues de distance. Le tems ne tarda
pas à se couvrir et à se charger, et nous (i77)
perdîmes la terre de vue peu de tems 	
après l'avoir aperçue. Le vent augmenta 179°-
successivement, et nous fûmes encore Octob*
obligés de serrer nos  huniers, et de
mettre le cap au N. N. E. avec un tems
sombre, brumeux et très-mauvais.
Le tems ne s'éclaircit que le 12. Au    12.
point du jour nous vîmes la terre, qui
s'étendait du S. 5° O. au S. 220 E., à 8 ou
10 lieues dé distance. Mais le gros tems
continuant,nous virâmes vent arrière,
et nous fîmes route au N. E. Nous ne
pûmes voir l'île bien distinctement. Vers
minuit le vent s'appaisa un peu, et à
11 "heures nous virâmes vent arrière.
Au point du jour, nous aperçûmes une
autre partie de terre qui s'étendait du
S. 8o° E. jusqu'à une pointe basse qui
fut relevée au S. 3o° E. Au même instant , l'île aperçue la veille s'étendait du
S. 200 O. au S. 370 O. Peu après, nous
en vîmes une troisième que nous conjecturâmes être celle que nous avions
doublée le 9. Je fis gouverner sur cette
1. - 12 1796.
Octob,
5   IL
IO.
( 178)
■ île jusqu'à 8 heures du matin, afin de
vérifier si elle n'était pas jointe à la première ; et alors l'ayant vu détachée ,nous
fîmes le N. E. avec un joli vent qui
nous permit de guinder nos mâts de perroquet et d'augmenter de voile. A midi, :
nous étions à 12 milles au sud de notre
estime. Les extrémités de l'île la plus
au nord, nous restaient au N. 700 E. et au
S. à 3 ou 4 lieues de distance. Cette île
est très-élevée; les terres en sont hachées et parsemées de rochers saillans.
Elle est en général très - aride. Nous
vîmes de la neige dans le creux des
montagnes. L'autre île était également
très-élevée et très-aride. Elle est petite
et s'étendait du S. 32° O. au S. 460 O.,
à la distance de 7 ou 8 lieues. La troisième île n'était pas en vue.
Le 13, la houle nous avait empêché
d'avancer, et les relèvemens nous plaçaient au même point. Au jour, nous
vîmes encore la terre au N. E. ; mais une
bande de brouillard épais nous empêcha ( i79 |
Se distinguer si elle était jointe avec ———
celle qui, à midi, s'étendait du S. 200 O. I790,
au S. 4o° O., à 6 ou 8 lieues de distance.
Une terre vue au large de la côte qui
formait une île, restait au N. 63° E.
D'après une observation peu certaine,
nous nous trouvâmes à 15 milles au N.
de [notre estime. Nous ne trouvâmes
point de fond à n5 brasses.
çmmmsmwBimimmmiMiimmf ( i8o)
CHAPITRE   VI.
Traversée pour se fendre à Marikaa, une des île*
Kuriles. — Passage par le détroit de de Vries.
— Terre de la Compagnie. — slle des Etats.
— Le vent contraire nous empêche de passer
par le détroit de Sangaar. — Nous longeons
la côte orientale du Japon. — Baie de Jeddo.
— Embarcations japonaises. —Iles de Fatsisio.
• I tv. 14, à 4 heures et demie de l'après-
179"* midi, le vent passa au S. E. bon frais, et
' nous fîmes route vers la terre la plus à
l'est. A 5 heures, elle nous restait au N.
6y° E. Nous sondâmes souvent sans
trouver fond. A g heures et demie, nous
jugeant assez près de terre, nous virâmes de bord, et continuâmes à louvoyer
à petites voiles. A minuit nous essuyâmes de fortes raffales, et à 14 heures,
nous fîmes route à l'E., avec nos perroquets serrés. Au point du jour, nous
reconnûmes que la terre qui s'avançait
14.
—fc 1796.
Octob.
( 181 )
le plus au large était une petite île ronde
et assez hante. Elle nous restait à l'E.
Le tems était si brumeux, que nous ne
pûmes distinguer aucune autre terre.
A 22 heures et demie, nous avions presque perdu de vue l'île Ronde, qui nous
restait au S. 6° O., à la distance de 4 ou
5 lieues. A midi, nous n'apercevions plus
la terre. Nous virâmes de bord pour
prendre la bordée du S. O. La brume
nous empêcha de faire des observations
astronomiques.
Le i5, à 3 heures, je fis diriger la i5
route pour aller reconnaître l'île Ronde :
après nous en être approchés , nous
avons repris la bordée de l'est, et nous
avons louvoyé à petites voiles pour attendre un éclairci qui pût nous permettre de prendre une connaissance
plus exacte des îles que nous n'avions
jusqu'alors vues que très - imparfaitement. Dans la soirée le vent s'appaisa,
et nous eûmes de fortes ondées de pluie.
Au lever du soleil, l'île Ronde nous res- 1796-
Octob.
(182)
tait au S. 4 S. O., à 4 ou 5 lieues de distance. Nous découvrîmes une nouvelle
terre à l'E. Nous tînmes le plus près,
en gouvernant au S. E. A midi, l'île
Ronde nous restait au S. 6o° 0.,à la distance de 5 ou 6 lieues. On voyait une
autre île dans le S. 240 O., et la terre
découverte le matin s'étendait du S.
34° E. au N. 56° E. Nous sondâmes sans
trouver fond.
Le 16, le vent ne nous permettant pas
de passer au sud de l'île qui nous restait
au N. E., je me décidai à passer au nord,
et je fis mettre le cap sur l'île. La partie
sud en était très-élevée, et offrait à la vue
l'aspect d'une montagne qui s'abaissait
insensiblement jusqu'à sa base, qui, de
près, paraissait hachée. Cette montagne,
vue de loin, semblait former une île
séparée de la première; mais en l'approchant, nous avons remarqué qu'elle
y tenait par une langue de terre fort
basse. Au coucher du soleil, cettcile
s'étendait du S. 36° E. au N. 5o° E., et i796-
Octob.
(i83)
l'île Ronde restait au S. 63° O. Pendant
la nuit, nous eûmes un beau clair de
lune, et nous longeâmes la côte jusqu'à
îo heures. Alors, suivant notre usage ,
nous tînmes le vent pour louvoyer, et
nous ne trouvâmes pas de fond avec
une ligne de ioo brasses. Au point du
jour,l'île fut vue du S. 90 E. au N. 750 E.,
à 4 ou 5 lieues de distance ; et une moii-
tagne de forme circulaire, située presque au milieu de l'île,restait au S.770 E.
Dans la matinée, le tems fut par grains
et très - variable. A midi, nous avions
doublé l'extrémité nord de l'île, et nous
serrâmes le vent  afin  d'atteindre  un
passage qui la séparait d'une île située
plus au nord. Nous ne pûmes pas faire
d'observation ni déterminer la position
de la grande île la plus au sud, que je
suppose cependant ne pouvoir être que
l'île de Marikan. Elle s'étendait du S.
25° O. au S. 5g° E., l'île la plus au nord
du N. 470 E. auN. 670 E., à 3 ou4lieues
de distance. Nous étions éloignés de f:
C iô4 )
3 milles d'une petite ouverture qu'on
voyait au S. 480 E.
Le §§É| une heure et demie, la petite
ouverture nous restant au S. S. O. à la
distance de 2 milles, nous trouvâmes
55 brasses. Comme je supposais que
cette ouverture était l'entrée du port
situé sur la côte N. E. de File de Mari-
kan,par 47° 3o' de latitude boréale,
dont Cook fait mention, et où l'on dit
que les Russes ont un établissement,
nous virâmes de bord, et j'envoyai un
canot à terre. Au coucher du soleil |
l'ouverture nous restait au S. 5° O., à
5 milles de dislance. Nous vîmes la
pointe S» O. de Marikan se détacher de
la pointe N. O. de la même île. Ces deux
pointes, vues l'une par l'autre, gisent
entr'elles N. 400 E. j et S. 400 O. La
pointe N. O. était très-escarpée, et l'on
apercevait plusieurs rochers au large.
La pointe N. E. nous restait au S. 3o° B^
à 4 ou 5 milles de distance. L'île la plus
sud s'étendait du S* 36° E. au S. 66° E. f
SSÊÊÈËSSm ■;■-     (i85-)
à la distance de 5 ou 4 lieues. La pointe —tr
de l'est est très-basse à son extrémité ; n    /
mais celle de l'ouest   formait un cap
élevé. D'après toutes les apparences, le
passage entre les îles doit être très-sain j ■ armais nous ne pûmes y entrer à cause de ||
l'absence de notre canot, qui ne revint      -§|
qu'à 7 heures et demie. Alors nous tînmes le plus près en faisant route au N. O.
Pendant la nuit le tems fut calme. Le
matin, le yent était au S. S. E., le tems
couvert, brumeux et très-menaçant, ce
qui m'engagea à faire route au S. O.
A 21 heures et demie, la poïjate sud de
Marikan nous restait au S. 260 E. î 5
§f§-Le 18, le coup de vent que nous
avions craint se déclara. A 5 heures et
demie nous vîmes l'île Ronde, qui nous
restait au S. io° O. Le vent augmenta
de force. A 5 heures et demie ,nous doublâmes cette île à l'E., en laissant aussi
à l'E. une autre petite île qui est dans le
S. 45° E. de l'île Ronde, et sur laquej^
on voft deux petites montagnes ; je la
8. I
8i ISï
Vm
( 186 )
. —— nommerai île Hummock. A 7 heures et
'" ' demie, ces îles étant dépassées, nous
Octob.       i        ... .       , .
serrâmes la misaine et mîmes a la cape
sous la pouillouse. Le vent était très-
impétueux et la pluie continuelle. A 9 h.
le mouvement violent du bâtiment me
fit tomber sur le pont, et dans cette
chute je me cassai le bras droit au-dessus du coude. A i5 heures, le vent commença à s'appaiser, une heure après il
tourna à l'O. N. O. ; mais les lames s'entre-choquaient en tout sens. Au point du
jour nous vîmes l'île Ronde, et nous fîmes
roule au N. A 20 heures, elle nous restait au S. 700 E. ; et l'île Hummock, au
S. 36° E. A midi, nous eûmes de petits
vents et une forte houle de l'est. L'île
Ronde s'étendait du S. 400 O. au S- 640
O., à 3 ou 4 milles de distance.
L'hiver commençait à s'approcher; je
résolus de quitter ces parages, et je fis
diriger la roule au sud, dans l'intention
de reconnaître, si le tems le permettait,
les côtes orientales des îles Kuriles.
<%' . ( i«7 |
L'officier qui était allé à terre dans le
mm
canot, me dit que le port de l'île de Ma- 0    b
rikan ne pouvait recevoir que les petits
navires, parce que l'entrée en était fermée aux grands par une barre où l'on
ne trouve que deux brasses d'eau. En-
dedans de la barre, il avait découvert
un bassin spacieux dans lequel la sonde
lui avait régulièrement rapporté de 5 à
7 brasses d'eau.  L'établissement russe
était abandonné ; mais il y avait encore
en différens endroits des croix avec les
armes de Russie. Les naturels ressemblaient à ceux que nous avions vus dans -
Volcano-Bay ; cependant ils paraissaient différer de langage.  Ils étaient
I vêtus de peaux d'ours, et portaient des
j bottes de fabrique russe. Ils avaient au-
itour de la tête des mouchoirs de coton.
Ils paraissent avoir le caractère aussi
i doux que les habitans d'Insu. Leur manière de vivre et leurs maisons annonçaient qu'ils étaient aussi pauvres. Le
î sol était couvert de mousse et d'herbes i796«
Octob.
(188)
fort longues. On y remarqua entr'autres
arbres, des pins de l'espèce appelée
nains, et des aulnes. Il y avait sur le rivage beaucoup de veaux marins.
Nous avons tracé sur notre carte une
partie de la eôte S. E. de l'île d'Insu,
depuis Volcano-Bay jusqu'à une pointe
que nous avons jugé être la pointe N.E.
de cette île. L'étendue de cette côte,
qui est de ioo lieues, se trouve comprise entre les parallèles du 4*° 49' » et
du 44° 3o' de latitude boréale, et entre
les méridiens du i4o° 3o', et du 1460 2^!
de longitude orientale. Cette étendue
paraît s'accorder assez bien avec celle
que de Vries donne à cette même partie
de côte," en supposant toutefois qu'il a
commencé sa reconnaissance à la même
pointe que nous. Le capitaine Ring remarque dans les notes qui accompagnent la suite du troisième voyage de
Cook f, que le capitaine Spanberg place
les îles de Matimai, de Kunashir et de
1 Page 577 dum.e vol. de l'édition anglaise. ( i89)
Zellany, près de la pointe que nous ——''
avons regardée comme devant former 179t)*
l'extrémité N. E. de l'île d'Insu. Il pense
que l'erreur de de Vries, qui a cru que
les terres qu'il a découvertes au nord
ne formaient qu'une île, était due au
tems sombre et à la brume qui sont si
ordinaires dans ces parages. Je suis
d'une opinion différente ; car nous n'aperçûmes point d'île grande ou petite ,
avant d'être arrivés au 43° 5o' de latit.
boréale, et au 1460 5o' de longit. orientale , où nous en découvrîmes une. Je
suppose que c'est celle où Spanberg
fit de l'eau, et que Cook appelle Né"
deegsda.
Le 12 octobre , nous étions par le 12.
46° | de latit. boréale, et le 1480 45' de
longit. orientale ; ce qui nous plaçait à-
peu-<près à la position où doit se trouver le détroit de de Vries. Je pensai que
la terre vue au nord , était l'île que de
Vries appelle la terre de la Compagnie.
et celle vue au sud, l'île des Etats, qui &s
( i9°)
•——— porte le nom de Nadeegsda dans le
'^' vovaffe de Cook, et les cartes qui l'ac-
Octob.     J ° , .    .       -..
compagnent  Le capitaine Jvmg sup-?
pose que la terre de la Compagnie est
VOoroop et le Nadeegsda des Russes*
Nous avons fait le tour de cette île, et
je crois qu'il est plus probable qu'elle
est la même que l'île Oçroop, où l'on
dit qu'il y a un bon port j alors l'île des
Etats doit être la même que l'île Nadeegsda des Russes. Lès forts coups de
vent que nous éprouvâmes en quittant
Marikan, nous empêchèrent d'explorer
la partie E. de ces îles, et de passer,
comme je me le proposais,par le détroit
qui sépare la terre d'Insu de la côte de
Niphou ou du Japon. Le capitaine King
pense aussi que l'île des Etats, vue par
le Castricon, est celle des Trois-Sœurs£.
et il les a placées sur la carte générale
du troisième voyage, d'après cette opinion , comme il le dit lui-même '.
1 Troisième Voyage de Cook, tom. m, p. 3qi>
édition anglaise. 1796-
Octob.
19-
(  191  )
Le 19 à minuit, la partie ouest de l'île
de Marikan nous restait à l'E. 5° N., et
l'île Ronde à l'O. A 20 heures , cette
dernière s'étendait du S. 65° O. à l'O.
L'île Hummock nous restait au S. 5° E.
A midi, la pointe de l'île Hummock fut
relevée au S. 140 O. L'île Ronde, de l'O.
au N. 8o° O.; et la grande île au sud,
du S. 34°|0.auS.4i°0.
Le 20, petits vents et tems serein.
Tout nous indiquait un fort courant
qui portait au sud. A 15 heures, nous
doublâmes l'île Hummock^ et nous aperçûmes qu'elle se partageait en deux îles
qui s'étendaient du S. 750 O. au N. 850O.,
à 5 lieues de distance. Le centre de la
partie sud de Marikan nous restait au
N. 38° E., et l'île Ronde au N- 400 O.
3Nbus sondâmes toute la nuit sans pouvoir trouver fond. A 18 heures, l'île
Hummock nous restait au N. O. \ O.
Le 21, au coucher du soleil, l'île la
plus sud s'étendait du S. 66° O., au N.
à 8 ou 10 lieues de distance. —
wË
1796.
Octob.
22.
(   192  )
L'île Hummock nous restait au N. 0.5*
N., et l'extrémité sud de Marikan, au
N. 270 O., à la distance de 7 lieues.
A l'entrée de la nuit, le vent sauta tout
d'un coup à l'ouest. Il devint très-fort,
et le tems fut serein.
Du 22 au 3i, le tems fut presque toujours couvert, embrumé et pluvieux.
Nous avons été obligés de lutter contre
des vents forcés généralement de la partie de l'O. et du N. O. ; mais voyant
qu'ils redoublaient de violence , et la
saisonétant fort avancée, nous perdîmes
l'espoir de pouvoir passer dans le détroit qui sépare Insu du Japon. Je regrettai d'autant moins d'être obligé d'abandonner ce projet pour cette année ,
qu'étant obligé de garder la chambre,
je n'aurais pas pu voir par moi-même,
et faire les observations qui auraient
contribué à rendre cette navigation intéressante. Je fis donc diriger notre
route vers le sud parallèlement à la
côte du Japon,avec le dessein d'attérir
't* (i93)
près de JVhite-Points et de suivre la -——
cote méridionale. '"
\ '- Du i .er" novembre au 9, tems bru- jyov>
meux, orageux et par grains, vents d'O.
.et du N. O. très-violens, mer houleuse:
le baromètre descendit quelquefois très-
bas. Nous vîmes beaucoup d'oiseaux de
terre et de mer, même des papillons et
autres insectes. Nous traversâmes des
espaces de mer couverts de varec.
Le 9, le tems fut plus beau, et le vent
assez modéré de l'O. N. O. A 2 heures,
nous vîmes, du haut du mât, à l'ouest,
la côte de Niphon ou du Japon. Lès
lextrémités de la terre s'étendaient du
S. 8o° O. au N. 4o° O., à 4 ou 5 lieues
de distance. Nous aperçûmes aussi dans
l'ouest une voile que nous supposâmes
être une jonque. Jeifis diriger la route
au sud. A 12 heures,-le tems «se cou-
Iivrit A 17 heures, la terre fut relevée
, du N. 420 O. au N. 8o° O., à 5 ou 6 lieues
;de distance. Peu après nous eûmes de la
pluie.
1. i3 I796'
Nov.
IO.
( 194)
Le io,le tems fut variable et couvert ; il plut continuellement jusqu'à
6 heures, qu'il fit calme. A 8 heures, il
s'éleva un petit vent du N. O., et je fis
gouverner sur la côte. A 6 h. et demie,
du matin, la terre s'étendait du N. 47°
O. au N. 85° O. Une montagne très-
remarquable nous restait au N. 820 O.
A 21 heures 20', la pointe S. E. du Japon , vue dans l'alignement d'une montagne éloignée, fut relevée au N. 3° E.
Quelques jours auparavant, on avait
oublié de monter la montre n.° 1. Nous
la mimes en mouvement aujourd'hui^
La longitude que Cook assigne à la
pointe que nous avions en vue, et qui
est de 1400 4°' E., nous servit, avec la
variation diurne qu'elle awit avant cet
accident, à trouver les longitudes des
jours -subséquens. - !^1$|
Dépuis White.- Point, la côte court
au S. E. Elle est nàédlbcrement élevséb
et composée de hauts rochers calcaires,
jusqu'à une ouverture d'où nous vîiûef ( i&5 )
sprtir beaucoup de bateaux pêcheurs.
Depuis cet endroit, la côte est absolument dépouillée de verdure ; nous la
suivîmes en nous en tenant à la distance
de deux lieues. A 2 heures, nous avions
par le travers une ville considérable.
Le pays qui l'environne annonçait une
grande culture. Le flanc des montagnes
était cultivé en terrasses jusqu'au sommet, qui était escarpé et crevassé. Dans
les vallées qui les séparaient, nous aperçûmes des! arbres, mais en petite quantité. Au N. E. de la ville, la côte était
dentelée. Nous relevâmes l'extrémité
des terres au sud de la ville, au S. 790 10'
O.; l'ouverture, quLressemblait à l'em-
bouchjire d'une rivièref^u^N. 90 O. ; la-
côte près de JYhite-Point faisant l'ex-
trémité nord au N. 34° E., etjujae montagne ronde au N. 58° O., à 4 ou 5 lieues
de distance. &&
?yfe«0. 11, vents modérés et très-beau
tems. Nous vîmes plusieurs îles entre
le S. et l'O. A 5 heures, nous$yk>ns par ( 196)
 7 ^e travers la pointe sud de White-VobitK
*'f ' qdînous restait au N. 3o° O., à 6 milles
de distance. Cette partie forme la pointé
orientale de l'entrée de la baie de Jeddo. I
E'île située au large de l'entrée, nous>
restait au Sv^iio0 O., à la distance de îo à
12 lieues. Dans l'après-midi, nous fûmes
visités par un grand nombre  de pêcheurs. Leurs bateaux aVëient 36 pieds
de long^ur 8 et demi de large, et 2 et',
demi de profondeur. Ils nous ont paru*
ingénieusement construits. Ils sont en
bois de chêne, d^bitaie et de sapin, et
tifes-finis de l'avant. L'arriére formé par»
la prolongation des bordages, s'élève et
se prolonge bien au-delà de l'etâmbord.*
Hs ont da^aoùble fond où l'on mettait
le poisson. On les gouverne à la manière des Chiliens. Chaque bateau a un-
mât'-^Lvec une voile carrée en toile de
coton. Ces pêcheurs nous fournirent du
poîsSdn avec l'air le plus désintéresse.
De notre ccSe*', nous nous enrfpressâmes
de satisfaire leur curiosité, et nous nous  «fia
C 198)
r • vers le canal qui sépare l'île du Volcaa
1790' de celle qui est plus au large. Il y a
' quelques roches noires à 3 ou 3 milles,
de distance de la pointe O, de l'île du
Volcan. Nous aperçûmes une autre île
li 1 o ou 12 lieues dans le S. f S. E. de
l?Ûe du Large, et un petit groupe de ro-.
ches à 5 ou 6 lieues au S. O. de l'île du
Large. Après être sortis du canal, nous
tînmes le vent e t fini es route à l'O. N. O^
afin d'examiner les fies que nous voyions
au nord. Pendant la nuit, qui fut assez
tranquille, nous sondâmes sans trouver
fond. A 18 heures, les îles du nord s'étendaient du N. E. au S. 790 E., et nous
nous dirigeâmes au N. O. pour nous,
approcher de la côte. Plusieurs de ces
liés étaient très-petites, et ressemblaient
à de petites montagnes*rondes. Celles,
du centre étaient longues et étroites, et
leurs côtes escarpées et blanches. Plusieurs d'entr'elles, qui de loin avaient
Fair d'être séparées, vues de plus^rès ,
se trouvaient réunies par des isthmes ( 199 )
•|ortbas.LîleduVolcan est la plus grande,
et offre un point de vue très-agréable.
Elle est cultivée et tapissée de verdure
jusqu'au sommet de la montagne, qui
est très-élevée. Nous n'aperçûmes point
de fumée sortir du cratère, qui parais-
isait trèsrdécoupé.
A midi, l'extrémité de la terre que je
croyais former la pointe ouest de l'entrée de la baie de Jeddo,nous restait au
N. 57° E., et la côte s'étendait de là
jusqu^ l'O.i N. O. Toute cette côte, qui
était à 5 ou 6 lieues de distance, nous a
paru être peu élevée.
Le. 13,vents modérés. Le tems brumeux nous empêcha de voir distinctement la terre. Elle paraissait basse et
par-tout d'égale hauteur. On apercevait
au N. O. une autre terre très-haute. Au
nord, la côte très - hachée et dentelée
semblait former une ouverture. A 5 h.
20' la pointe la plus proche, qui était
très-basse , nous restait au N. 5° E., à
fi lieues de distance. Le tems était som^
1796.
Nov..
13» 1
No*.
( 300 )
bre, couvert et menaçant. Le baromètre
descendit beaucoup. A i a heures, le vent
augmenta; A 16 heures, nous étions sous
nos basses voiles et nos huniers. A 19 h.
nous eûmes des rafla 1 es, beaucoup de
pluie et une grosse mer. Peu après, nous
aperçâmes les roches qui sont nu S. O.
de l'île du Large. Elles eurent d'abord
l'apparence d'un navire qui aurait été
SOttS ses basses vo'les ; mais dès que nous
eûmes aperçu les lies, nous reconnûmes notre erreur. A 20 heures et demie,
les roches nous restaient au S. 5o° E., à
5 lieues de*distance. Nous virâmes vent
arrière. A 21 heures 10', le vent sauta
t oui-à-coup à l'O. N. O., et le tems s'éi-
claiici (. Noos gouvernâmes pour passer"
entre l'île du Volcan et une antre He
qui paraissait être très - hachée et de
forme irréguHère. A midi, les lies situées
à l'est de Tîle du Volcan, nous restaient
au N. 700 E., à 2 ou 3 milles de distance.
Broken-Iland ( l'île Hachée ) s'étendait
du N. i5° O. au N. 290 O., à la distance ( 2°1 )
de îo milles. Le mont Fusi',qui est très-
élevé, nous restait au N. 220 O.
1796.
Nov.
Le 14, beau tems, les vents grand- xfo
frais soufflaient par raffales. Le canal
qui est au nord de l'île du Volcan, a 5
ou 6 lieues de largeur, et nous n'y avons
trouvé aucun danger. La pointe nord
de l'île que nous avons laissée à bâbord,
est assez élevée, et se termine par une
côte escarpée qui# nous a paru d'une
couleur blanchâtre. Sa plus grande étendue est du"N. E. au S. O., de 4 à 5 milles.
Nous avons vu au large de la partie
S. O. de cette île, un grand rocher entouré de plusieurs petites roches. II y a
en outre au N. E. de la même île, deux
autres îles, dont la plus sud est très-
basse ; mais la plus nord est assez élevée
« A Josiwara nous étions très-près dut mont
Fusi. Les Japonais disent qu'il y a 6 lieues de-
ïagis sa base jusqu'à son sommet. Cette montagne
a la forme d'un pain de sucre , et on'peutFaper-
cevoir à plusieurs lieues de distance. — Thun-
berg, Voyage au Japon. (202)
  dans certaines parties, et plus grande^
2r  ' Le terrain en est inégal, et lespartiea
Nov. , b . . ,
les plus élevées sont jointes par des
terres fort basses , qui de loin étant
noyées, font paraître cette seule île
comme si elle était divisée en plusieurs autres. Nous avons vu sur la mon-.
tagne la plus sud , une tache blanche
très-remarquahle, er*une roche au large
et dans l'oues!. Les deux îles qui offrent
l'aspect de deux petites montagnes rondes, et dont j'ai parlé plus haut, sont à;
4 ou 5 milles, de distance au N. de cette
dernière île. Dans l'après - midi, nous.
vîmes fort bien le mont Fusi qui s'élevait au-dessus des terres les plus.hautes,
et flui était couvert de neige. A 5 h.
3,o il nous restait au N. 48° O., et une
grande île s'étendait du N. 38° O. au N^
5o°0.,à 4 ou 5 lieues de distance. On.
voyait très-distinetement la terre dans
l'O. N. O. Le vent, qui soufflait avec
force de la partie de l'ouest, nous em-,
pécha d'entrer dans la baie de Jeddo*. ( 205 )
Je fis gouverner au Si pour visiter les  1
îles qui sont au S. de .l'île la plus au J79"^
large. A 18 heures et demie, nous en        j
eûmes cpnnaissance ; et à midi, elles s'étendaient du N. 2o° E. au S, 8o° E,, à la
distance de 4 ou 5 milles.
Le i5 ,les vents grand-frais. Le tems i5,
couvert nous empêoha de prendre la
hauteur méridienne du soleil. Le mau-r
vais tems ne nous ayant pas permis
d'aborder à ces îles, nous n'en avons
qu'une connaissance imparfaite. Nous
pûmes cependant distinguer qu'elles
étaient habitées. Je supposai que c'étaient celles qui, sur les cartes, portent
le nom de Fatsisio% La plus grande de
ces îles est à i3 ou 14 lieues de distance
dans le S. f S. E. d'une île que j'ai dis-t
tinguée par le nom d'île la plus au large.
La plus occidentale des îles Fatsisio ne
paraît que comme un pic élevé qui n'a
pas plus d'une lieue de circonférence j
et s'il n'avait été habité, je l'aurais cru
inaccessible. Sur le flanc s.eptentriQuaJ M
1796.
Nov.
16.
( M I
de ce pic, les maisons étaient entourées
de terrains cultivés formant des terrasses qui s'élevaient en amphithéâtres
les unes au-dessus des autres % comme
je l'ai déjà remarqué en parlant des
montagnes cultivées de Niphon. Ce pic
est à 2 ou 3 milles au S. O. de la plus
grande île. Le canal qui les sépare paraissait entièrement libre. Après avoir
passé à l'ouest de l'île du Pic , nous
tînmes le vent pour visiter la plus
grande ; mais le vent ayant tourné à
l'est, nous ne pûmes l'approcher qu'à
5 ou 4 lieues de distance. Elle s'étend
duN. O. au S. E.,et a environ 3 à4lieues
de long, et nous a paru très-fertile. Les
sommets des montagnes étaient cachés
dans la brume. Sa latitude est de 33° 6'
N., et sa longitude de 1400 E. Le vent
impétueux et le tems pluvieux paraissant ne devoir pas changer, nous fîmes
roule à l'ouest.
Le 16 et le 17,1e tems continua à être
très-mauvais. Le vent souffla de la par-
-:-—
I ( 205  )
lie du N. O , et nous allâmes au plus   —r*
près bâbord amurres, dans l'espoir de   /
voir la terre. A 3 heures et demie, nous
la découvrîmes à l'ouest, à 3 ou 4 lieues
de distance. Aussitôt nous avons changé
d'amurres, et nous avons  sondé sans
trouver fond.  Un grain menaçant de
l'ouest nous fit serrer nos basses voiles
pour l'attendre ; mais le vent ne fut pas
aussi fort que nous l'avions craint ; il
tourna à l'O. N. O., et dissipa la brume ;
de sorte qu'au coucher du soleil,nous
aperçûmes distinctement la terre. Elle
s'étendait du N. N. E. à l'O., où elle se
terminait en une pointe très-basse. Pen-  .
dant la nuit le vent augmenta et le tems
fut très-clair. Vers minuit, la terre s'étendait du N. i N. E. au N. N. O. ; mais
au point du jour, nous fûmes très-sur- %
pris de ne plus l'apercevoir, quoique
nous pussions distinguer les objets à une
très-grande distance. Je crois que la
dernière terre que nous avions vue est
la pointe méridionale du Japon. £i       m.é
(   306)
1796.
Kov.
18.
22.
CHAPITRE   VIL
Route pour les îles de Likenjo et de Formose.
— Arrive'e à la rade du  Typa et à Macao;
— Achat d'une goélette. — Pre'paratifs pour
la continuation du voyage. — Observations
nautiques faites à la rade du Typa.
Le 18, nous larguâmes tous nos ris,
et fîmes route à l'ouest. au plus près*^
vent modéré , tems couvert. Dans les
24 heures, le courant nous avait portés
de 3i milles au S. 180 E. Du 19 au 22 ,
le tems fut variable ; le ventpassa au N. E.
Du 19. au 20, les couraus nous portèrent de 27 milles au S. 18° E., et du 3o
au 21, de 25 milles au S. 83° O. Nous eût*
mes un orage très-fort, et nous sondâmes sans trouver fond à 100 brasses.
Le 2a, vent modéré, tems par grains,
pluie abondante.-A quatre heures et
demie , nous vîmes la terre , qui nous
restait à l'O, N. O., et à 5 heures et demie .(^07 )
|es extrémités s'étendaient du S. 6i°0. —
au N. 55° O., à 5 ou 6 lieues de dis- ' '
tance- Li obscurité du tems nous empêcha de voir la terre distinctement ;
cependant elle nous parut peu élevée.
A 8 heures nous sommes venus au vent
et nous avons sondé sans trouver fond
à 115 brasses. La nuit a été passée en
courant des bords. A i3 heures, au point
du jour, calme et tems couvert. La terre
nous restait à l'O. S. O., à îo ou 12 lieues
de distance. Pendant la nuit le courant
nous avait entraînés à l'est. Vers midi,
aine brise nous permit de porter sur
la terre. Nous avons eu de bonnes observations de longitude et de la lit ude,
d'où nous avons conclu très - exactement notre position à midi. Nous avons
relevé une montagne au N. 240 E., et
les extrémités de la terre au N. 400 E.
et à l'O. ? N. O. Ayant vu entre ces
deux extrémités des sommets de montagnes de distance en distance, j'ai
supposé que toutes  ces terres étaient 1796.
Bovv
(208)
jointes ensemble, et ne formaient qu'une
même côte. Nous n'aperçûmes point
de terre dans l'O. S. O.
Le 23 , vent frais, tems couvert. Je
fis gouverner sur la terre. A 5 heures
nous virâmes vent devant, à 2 ou 5 lieues'
au large d'une pointe renflée qui nous
restait au N. 120 O. En vi' ant, nous ne
pûmes trouver fond à 80 brasses. La
terre paraissait rentrer considérablement au N. E. de la pointe, et former
une ouverture. Le mauvais tems nous
empêcha de la reconnaître ei de faire
des obseryatibns -sûres ponp déterminer
sa position. Toute la nuit nous eûmes
le vent grand-frais et une grosse mer
de l'avant. Au jour, le vent souffla
du N. O., et le tems fut beau et clair.
A 7 heures et demie du matin , nous vîmes , de dessus le pont , la terre ,
^û&. s'étendait d-fPN.* 400 O au N. 65° O.
A u heures du matin , les courans
nous- avaient portés de 3o milles au
JN. 76°E. La tertre nous restait alors au ( 309 )
N. 6o° O., à 12 ou 13 lieues de distance. 	
Le 24, à peine pouvions-nous aper- *79 •
cevoir la terre de dessus le pont. Ses
24*
extrémités nous restaient au N. 55° O»
et à l'O. Nous jugeâmes que c'était la
continuation de la côte que nous avions
vue. Mais la force du vent de N. O.
nous empêcha de nous en approcher.
Cette terre paraissait très-hachée dans
certaines parties Nous sondâmes toute
•la nuit sans trouver fond. Le veut se
calma. A 7 heures et demie du matin ,
l'extrémité S. de la terre que nous avions
vue la veille , nous restait au S. 8o° O.,
et l'extrémité N., au N. 120 O. Nous
aperçûmes au S. O., dans Téloigne-
ment, une terre qui paraissait ne pas
être jointe à la précédente. Nous fîmes
route vers une baie très - profonde.
A midi, nous étions à 5 ou 4 lieues
:de la côte, qui paraissait formée par
des montagnes de hauteurs très - inégales , et présentant en général une
masse de rochers dépouillés de verdure j
1. 14 1796
Nov
25.
(   210 )
7 mais quelques-unes étaient couvertes
d'arbres jusqu'au sommet. Les extrémités furent relevées du N. 7 5° O.
au N. i° O. ; la pointe de la baie à
bâbord en entrant, nous restait au N,
53° O., à 2 ou 3 lieues de distance ,
un volcan au N. 65° O. , et la terre
élevée la plus éloignée au S., à la distance de 10 a 13 lieues.
Le 25, petits vents et tems variable.
On voyait sortir une immense quantité de fumée du .volcan situé à la côte
sur laquelle nous nous étions dirigés.
Nous vîmes plusieurs canots occupés à
^pêcher te tehg de la côte, et une jonque
mouillée dans la baie. A 5 heures, les
feïltrémités de la terre s'étendaient du
N. ï8° E. au S. 75° O. Le milieu de
la baie (restait au N. 400 O., à 5 ou
6 milles de'cfistance. Une terre basse ,
qu'on apercevait à peine de dessus le
pont, fut relevée au&.68° O.; une autre
terre basse, qui paraissait unie avec
cette dernière, restait au S. 25° O. , ( «I )
et la terre la plus éloignée, au S. 4aQ O. ■***—>•
;Au  point du jour,  nous   vîmes une *79 ■•
terre basse au  S. 670  O. Les autres
.terres qui avaient été relevées la veille ,
restaient au S. 270 O., les extrémités
de la terre vue dans le N. de la baie ,
au N. 270 O. Nous gouvernâmes sur la
terre basse , qui était éloignée de 5 ou
6 lieues.   Le vent  était-modéré et le
ftems couvert. A midi, l'extrémité de
•la terre vue dans le N. de la baie nous
^restait au N. i5° O., et était dans l'alignement   de   la terre   basse que l'on
apercevait à 5 ou 6 lieuest$le distance.
IL'extEémité des terres aperçues au S. de
la baie, restait au N. 720 O., et la terne
ubrplus éloignée , au S. 58° O- La baie
du Volcan nous parut d'une vaste étendue , et pouvoir offrir un abri sûr ; car
nous avons remarqué qutelle commence
à se diriger auN.po.urformer:ensuite un
coude à l'E. Le courant portait au N. à
25 milles. Vents modérés et variables
du S. E. Nous nettpouvâmes pas de fond. (   212  )
       Le 26, à mesure que nous appro-
179 ' chions de la  côte, nous apercevions
s     de nouvelles terres basses. A 5 heures ,
20.
nous étions à-peu-près à 4 ou 5 milles
de la côte, qui s'étendait du S. 200 O."
au N. 75° O. Elle était peu élevée et
sablonneuse , et l'on y voyait quelques
arbres épars. On apercevait par-dessus
cette côte , dans la direction du S.
5o° O., et à une distance considérable,
des terres très-hautes. Les extrémités
de la côte vue au N. de la terre basse ;
près de la pointe N. de la baie, restaient au N. 68° O. et au N. 170 E.
Nous trouvâmes fond à 4^ brasses. Il
nous était impossible , dans la position
où nous nous trouvions, de déterminer
si la terre basse était réunie à la terre
élevée vue dans l'éloignement ; mais
je pense qu'on peut le supposer. Nous
croyions apercevoir une ouverture dans
le nord; mais elle était si resserrée, et
les pointés qui paraissaient la former [
étaient si basses,  que je crois plutôt
J»-! ( 2i3)
que toutes ces terres sont jointes ensemble , et qu'elles peuvent former dans
cette partie un enfoncement qui pourrait servir de port. Il nous fut impossible de nous en assurer , parce que
le vent tourna au S. O., et que nous
fûmes obligés de nous en éloigner.
A 5 heures après midi, nous gouvernâmes à l'est, latitude estimée 21 ° N.
Le 27 , le tems fut très-mauvais. Vers
midi, il devint plus beau, et le vent
s'appaisa. On trouve sur la carie d'Ar-
rowsmitt, qui a été publiée en 1791 ,.
plusieurs îles qu'il dit avoir été découvertes par les Espagnols , et qu'il place
à Tendroit où nous nous trouvons j mais
nous n'en avons pas eu connaissance. Depuis les derniers courans que nous avons
éprouvés, il s'est passé trois jours ; et
les montres marines nous ont indiqué
que nous avons été portés pendant ce
tems de 58 milles au N.  68° E.
Le  29 , le tems   fut très-menaçant
du côté du N. O. : le vent changea,
i796-
Ne
27.
2Q. 1796
Kov»
Dec.
. et
(314   )
et nous gôtfvernâmes à l'est ; latitude 280 10' N., longifede i35 i50' E.
Dans la iluit, nous sondâmes sans trouver fond. NouS:ftines route à l'O. pour
remonlerla grande Likejo. Nous vîmes
un petit oiseau déterre et uaépervierv
Le i.er, dans la nuit; nous sondâmes
d'heure en heure sans trouver fond. Le
tems était très-obscur. A 10 heures 3o'
du matin, nous vîmes l'flfef de Likejoi
A midi, le tems était par grains avec
de la pluie. Nous trouvant à 5 ou 6 lieues"
de la côte, nous prîmes la bordée duS.O.
Le tems était si mauvais, que nous ne.
pouvions pas distinguer les objets. La
côte qui s'étendait du S. 760 O. à l'O.
nous parut basse et unie ; cependant
la pointe ouest était très-escarpée. Nous
ne trouvâmes pas fond à io5 brasses.
Le 2, la terre fut cachée de tetns en
téms par des grains s*ét|uens aecoûftp*1
pagnes de pluie. Elle nous parut IfS-'■
cfiée. La partie sud paraissait bien !
tivée, et l'aspect de la campagne t i796-
Dec.
(2l5)
varié par  des  bouquets   d'arbres. Le
rivage était très-escarpé, et nous parut
formé dans quelques endroits par une
argile  d'un jaune   éclatant ,  et dans
d'autres par du sable. Nous fîmes le
plus près au S. O. , et à 5 h. i5', les
extrémités de la terre s'étendaient du
S. 8o° O. au N. 240 O., à la distance
de 4 ou 5  lieues. La terre paraissait
toujours très - basse.. A minuit, nous
avions 260 de latit. N., et je supposai
que nous étions près de la partie sud
de l'île Likejo. Nous louvoyâmes sous
petites  voiles  jusqu'au  jour. Pendant
la nuit, le tems fut assez beau, et nous
eûmes un peu de pluie. A 4 heures
du matin , le vent sauta tout-à-coup au
N. O. ,  et   nous,  amena  des  grains.
A 7 heures, la  terre la plus proche
nous restait au N. 3o° O., à 3 lieues de
distance, et les extrémités s'étendaient
du N. io° E. au N. 670 O. Nous ne
vîmes pas d'autre terre , quoique les
cartes placent quelques îles dans cet ( 2i6 )
endroit. A 8 heures , nous aperçûmes
I79"- quelques îles à l'O. N. O. La plus au
large de la grande avait la forme d'un
coin de mire ; et à 9 heures, elle nous
restait à l'O. f N. O.
A midiT la partie S. de l'île de Likejo
s'étendait du N. 460 E. au N. 68° E. ,
à 6 ou 7 lieues de distance. Une île
basse était à 8 lieues dans le nord ,
entre cette île et celle qui avait la
forme d'un coin de mire, et qui alors
nous restait au N. 34° O. On voyait cinq
autres îles que je supposai devoir être
les îles de Matchi.
Le 3, le mauvais tems me fit craindre
de n'avoir qu'une connaissance très-
imparfaite de la grande île de Likejo et
des îles Madjieosemâh, et je pris le parti
de diriger la route après les avoir dépassées , pour rencontrer d'autres îles
qui se trouvent entre ces dernières et
Vue de Formose. A 21 heures, nous
aperçûmes une île basse à l'ouest ; et à
23 heures 40', nous trouvâmes un banc (  217  )
de roches dont quelques-unes étaient à
fleur d'eau et d'autres découvertes. Ce
banc s'étend au large de la pointe S. E.
de cette île. Nous sondâmes près de ce
banc, et nous eûmes 60 brasses fond de
corail. On crut voir du haut du mât,
une terre dans le nord du banc de roche , et presque au même instant on en
découvrit une autre dans le N. O. On
vit aussi une petite montagne qui restait au N.370 O., et qui se trouvait dans
l'alignement de la pointe S. E. de la première île que nous avions découverte.
J'ai jugé que cette montagne était unie
par des terrains bas à la terre qu'on
voyait du haut des mâts. En-dedans et à
l'ouest de la pointe près de laquelle
nous nous trouvions, il y a une baie de
sable, et un peu au-dessus nous aperçûmes , à travers les arbres, les maisons
d'un village qui étaient éparses dans les
bois. Près de ces maisons on voyait plusieurs endroits cultivés. A midi, nous
trouvâmes 45 brasses, fond de corail,
1796.
Dec.
* ( ai8 )
■ j* La même pointe S. E. nous-restait au
'° ' N. 9* O., à 3 on 3 milles de distance, et
l'au i r e extrémité de l'île, qui était très-
basse , au N. 85° O. Le banc de roches
nous restait au N. 32° E.
4* Le 4, grand vent, le tems assez beau,
mais par grains qui venaient de terre,
et qui nous empêchèrent d'y envoyer
un canot. Nous nous contentâmes d'en
prolonger la partie sud à la distance de
3 ou 3 milles. Cette île est en général
très-basse. Sur le sommet des endroits
, les plus élevés, nous aperçûmes des
groupés d'arbres ; mais le pays.était couvert en général de bruyère on d'herbes
grossières. Le long de la côte on voyait
des habitations éparses, et nous aperçûmes aussi de la fumée qui s'élevait de
différons endroits. A 3 heures , nous
étions arrivés vis-à-vis l'autre extrémité
de l'île, et nous avions par le travers
un îlot situé au large de la pointe ouest.
Entre oet Mot et la terre, on vit un petit
ressif. Nous eûmes connaissance d'une (219)
autre terre qui s'étendait du N. au N.
2&° O. Je jugeai qu'il y avait des ressifs
entre toutes les terres qui étaient eu
vue; car nous apercevions souvent la
mer briser. Nous trouvâmes 18 brasses , fond de corail. A 5 heures i5', nous
étions à-peu-près à 5 ou 6 milles d'une
petite île qui s'étendait du N. 65° O. au
N. 85° O. On relevait au même instant
une autre terre très-élevée à l'O. S. O.
A 18 heures 45', la petite île nous restait au N. 66° O., à 4 ou 5 lieues de dis-»
tance. Une autre île s'étendait du N. N.
E. à l'E. S. E., et la terre élevée, du S.
700 O. au N. 870 O. Nous gouvernâmes
vers la terre élevée; et à 22 heures,
nous perdîmes de vue la petite île. A
midi, nous en étions éloignés de 3 ou
4 milles, et elle parut en général boisée
et très-découpée ; les montagnes étaient
jointes entr'elles par des langues de sa-*
ble, La pointe du S. E. était très-basse.
Le 5, le beau tems nous permit de
longer la côte à uns petite distance f
1796.
Dec.
s. 1796.
Dec.
( 220 )
elle s'étend du N. N.E. au S. S. 0. Nous
aperçûmes un grand village près de
l'extrémité S. E. Au large de cette extrémité, il y a un petit ressif ; en le doublant , nous découvrîmes une autre île
très-escarpée, qui était au S. 75 O. du
ressif. A 2 heures 5o', la même extrémité nous restait au S. 88° 0.,la pointe
la plus proche du village au N. E. et
une ouverture aperçue entre les îles au
N. 70 E. Nous distinguâmes, à 3 ou 4
milles de distance , deux roches qui
étaient au milieu des brisans, et qui
nous restaient au N. 86° O., et S. 750 O.
Nous ne trouvâmes pas fond à 100 brasses Nous arrivâmes vent arrière, et
passâmes en-dehors de tous ces écueils.
Peu après, nous aperçûmes plusieurs
îles basses et plates qui s'étendaient au-
delà des plus grandes îles, et qui étaient
jointes par des ressifs, de manière à nous
faire croire qu'ils bouchaient les passages. A 5 heures 5of, nous nous approchâmes d'une île très-peu élevée qui ^»v
(   221   )
s'étendait du S. 5o° au S. 56° O., à 2 ou
3 lieues de distance. Une pointe escar-
ipée nous restait au N. 65° O., et un passage aperçu entre deux petites montagnes , restait au N. 85° O. Nous relevâmes les îles basses du N. 6° O. au N.
4o° 0.,à 3 ou 4 milles de distance; et
la côte près de la pointe où était le village, s'étendait du N. i8°E.au N. 4o°E.
A 18 heures 3o', l'île qui, la nuit dernière, avait été relevée au S. O., nous
restait alors au N. N. O. 5° O. Mais le
tems brumeux et par grains nous empêcha d'apercevoir la terre élevée avant
19 heures 45'. Alors nous vîmes la pointe
de cette terre au N. à la distance d'environ 5 lieues, et elle s'étendait jusqu'au
N. 34° E. Une petite ouverture nous
restait au N. i5° E. L'île basse s'étendait du N. 45° E. au N. 6° E., à 5 ou 6
milles de distance, et les deux petites
montagnes furent relevées au N. 27 O.
A 20 heures 3or,elles nous restaient auN.,
et peu après nous perdîmes la terre de vue.
1796.
Dec. 1796
Dec
6.
I
(  Û4-2   )
Lé 6,1e vent grand^frais ; le tems
sombre et couvert, et la pluie continuelle ne nous permettaient pas de voir
à plus de 5 à 4 lieues de distance, et
nous eûmes un coup de vent. A i5 h.
nous serrâmes nos huniers et mîmes à la
cape sous la misaine et le foc d'artimon
jusqu'au jour; alors nous fîmes de la
voile. Le tems continua à être très%
mauvais et l'horizon très-couvert. A 9 h.
3o' du matin, nous aperçûmes à travers
la brume, à la distance de 2 à 3 lieues ,
l'île de Formose, dont les montagnes
escarpées «'élevaient depuis le bord de
la mer jusqu'à une hauteur prodigieuse.
Une énorme cascade, dont i'eau se précipitait du haut ides montagnes, nous
annonça l'approche de la terre avant
que nous l'eussions aperçue.
Le 7, nous fîmes route le long de la
'Cote; et dans les éclaircis, nous voyions
de tems en tems le sommet des montagnes. A 4 heures Ser*, l'extrémité S. de
l'île nous restait au^.«@5° O.,à£ou6 1796.
(   223   )
lieues de distance. La partie nord était
entièrement cachée dans la brume; le
vent continuait à être très-violent. A 8 h. Dec-
5o', nous étant trouvé, d'après notre
'estime, par 220 45f de latit. N., nous
mîmes à la cape sous nos basses voiles
pour le reste de la nuit. A 12 heures,
nous virâmes vent arrière. A 6 h. 3o'
du matin, les extrémités de Formose
s'étendaient du N. N. O. à l'O. Une île
d'une élévation médiocre nous restait
au S. 8o° O., à la distance de 4 lieues;
et l'île de Botol-Tobago-Xima, au S. 6°
O., à 10 ou 12 Meues de distance. Le
vent s'étant appaisé, nous fîmes de la
voile, et gouvernâmes pour passer entre
Botol-Tobago-Xima et la côte de Formose , que nous pouvions à peine distinguer à cause de la brume. A 9 h. du
matin, l'île d'une élévation médiocre
nous restait au N. 5o° O., à 4 lieues de
distance , et les extrémités de Botol-
Tobago-Xima s'étendaient du S. 23° O.,
au S. 27° O. Ces dernières îles gisent
i (  224  )
 entr'elles N. | N. O., et S. I S. E.l A midi ;
I79"# les  extrémités de Botol-Tobago-Xima
ec'   nous restaient au S. et au S. 23° E., à 8
ou îo milles de distance. L'île de médiocre élévation nous restait au N., et'
se trouvait entre la côle de Formose et
nous. L'extrémité la plus basse de la
côte de Formose restait au S. 700 O.
Peu après, nous vîmes la petite île de
Botol-Tobago-Xima. Elle est dans le S.
260 E. de la pointe E. de la grande île,
et a à-peu-près la direction de la partie
N. de la grande île.
8.        Le 8, à 1 heure i5' , la petite île
Botol-Tobago-Xima parut détachée de
l'extrémité S. de la grande île, et nous
restait  au  S. 4l0  E. A 3 heures i5',
l'extrémité N. de la grande île Bolol-
Tobago - Xima. nous restait à l'E., et
l'autre extrémité au S. 8o° E. La cote de
In
1 On lit dans 1 ouvraee anglais  : N.
N. E.
et S. -j S. E. ; mais d'après la carte dû Voyage,
on doit lire : N. -f N. O. et S. J S. E. ( Noie du
traducteur). ( 225 )
Formose s'étendait du N. au S. 6o° O. 	
A 5 heures 3o', le milieu de la grande 1796-
île Botol - Tobago - Xima, nous restait   Dec'
au N. 75° E.; et l'extrémité S. de Formose , au S. 780 O., à 2 ou 3 milles de
distance. A 5 heures 45', cette même
extrémité restait au N. 8o° O., et dans-
la même direction qu'une pointe vue
dans Péloigneînent. A 6 hemses, elle nous
restait à l'O. N. O. î O., à la distance de
2 ou 5 milles. Il faisait; un beau clair dé
lune. Comme nous n'avions pas aperçu
les roches de Vele-Rete avant la nuit,
nous dirigeâmes notre route pour pask
ser entre ces roches et la pointe S. de
Formose, après avoir pris deux ris dans
nos huniers. Nous sondâmes de tems en
tems. A 7 heures 3o', nous trouvâmes
35 brasses fond de gravier. Les extrémités de Formose nous restaient alors à
l'E. N. E., et au N. * N. O., à 3 ou 4
milles de distante] A 8 heures, laftfêrre
s'étendait duN/5° E. à l'E.jN.E. Nous
prîmes la bordée du N. O., et louvoyâ-
1. i5 Dec
( 226 )
< jj mes avec petites voiles pendant le resté
l790, delà nuit. Au jour, les extrémités de
Formose s'étendaient du N. io° E., au
N. 6o° E., et une montagne ronde et
très-élevée nous restait au N. io° E., à
3 ou 4 lieues de distance. Le vent augmenta etfut accompagné de forts grains.
Nous gouvernâmes au S. E. pour allei*
prendre connaissance des roches de
Vele-Rete; mais à 8 h. du matin, la violence du vent nous avait obligé à ne garder que nos basses voiles et notre grand
hunier. Nousprîmes la bordée du N. O.
A midi, les extrémités de la terre nous
restaient au N. 200 E., et au N. 700 E.,
environ à 6 ou .8 heues de distance.
Le^, à 3 heures, le vent s'appaisa un
peu. A 4 heures 3o', les extréufités de
Formose nous restaient au N. 5o° E., et
au N. 75° E. Le tems fut si obscur, que
nous neuV,ÎJÔes la tTSrre que cette fois.
3$Ous ne trouvâmes pas de fond à 100
brassés!, M JtOùs éprouvâmes une forte
hjùJule du noràj.
9- 1   227   )
Le îo, pendant la nuit", nous passâmes à côté de plusieurs bateaux de pêche
chinois, et nous fîmes petites voiles jusqu'au jour, dans la crainte de les couler
a fond. Nous mîmes aussi un fanal à
notre beaupré. A îo h. 3o' du matin,
nous vîmes Pedro-Blanco, qui nous restait au N. 63° O. ; et à midi, nous le relevâmes au N. 23° E., à 3 ou 4 milles de
distance.
Le 11, à 4 heures, nous vîmes les îles
de Lima à l'ouest. A 5 heures, tems par
grains et très-sombre. Nous prîmes deux
ris dans nos huniers, et nous nous préparâmes- à jeter l'ancre. A 7 heures,
pcus mouillâmes par 20 brasses fond
d'argile, entre l'île de Poo-Tory et le
grand Lima, qui fut relevé du.N. E. au
S. E. Nous étions à un mille et demi de
Poo - Tory, et nous voyions le canal
ouvert. A minuit, le vent augmenta
par degrés, et fut très - violent ; mais
nous filâmes tout notre cable dehors, et
notre ancre ne chassa pas.
1796;
Dec.
10.
ïl& (  228  )
      Après avoir fait la revue de l'équi-
I79t)- page, je prévins les officiers et les matelots qu'ils devaient me remettre leurs
journaux, ainsi que les dessins des terres que nous avions vues, et tout ce qui
avait rapport aux opérations que nous
avions faites depuis le premier septembre, et je leur recommandai le plus
profond secret sur ce qui s'était passé.
Nous vîmes plusieurs canots chinois
qui,malgré le coup de vent,naviguaient
au milieu des îles ; ce qui nous engagea à faire signal pour demander un
pilote.
13. Le 12, un canot chinois vint à bord,'
et nous convînmes avec le pnote qu'il
nous conduirait à Macao pour 40 piastres. A une heure, nous appareillâmes ,
et fîmes route à l'ouest. A 6 heures, nous
trouvant dans la passe qui est entre l'île
de Lantoe et Laf-Safrnmu, nous mouillâmes par i3 brasses fond de vase. La
nuit fut belle ; au point du jour, le vent
souffla du nord grand-frais, et nous (  229  )
eûmes beaucoup de peine à louvoyer
dans le canal.
La violence du vent nous fit manquer deux fois de virer vent devant, et
nous fûmes obligés de virer vent arrière. Dans ces circonstances, notre pilote ne nous fut pas d'un grand secours ;
car il ne connaissait pas du tout nos
manœuvres, et il se contentait de nous
engager à jeter l'ancre sur-le-champ. Ce
canal est très-fréquenté durant la mousson du N. E. Il est très-sain, et l'on peut
y mouiller par - tout par moins de 20
brasses.
Après avoir doublé Laf-Sammu, qui
est à-peu-près à l'est de M*acao, nous
fîmes route directement sur cette ville ;
et à 10 h. du matin, nous mouillâmes à
l'entrée de la rade du Typa, par 4 brasses fond de vase molle. Le fort nous
restait au N. 65° O., et la pointe de Ca-
brita au S. 200 O., à 2 ou 3 milles de
distance. Nous y trouvâmes le Crescent,
paquebot de la compagnie des Indes,
1796.
Dec. ( 23o )
_  qui venait d'arriver d'Angleterre avec
179°- des dépêches.. Il nous apprit les principaux évéuemens qui avaient eu lieu,
depuis notre départ d'Europe, que nous
avions quitté depuis 22 mois. Notre
éqnipage était en très-bonne santé; et
depuis notre départ de Plymouth , nous
n'avions perdu qu'un homme par cause
de maladie.
J'envoyai un officier au gouverneur-
de Macao, qui me fît faire les offres de
services les plus obligeantes. Le lendemain , le capitaine de port vint de sa
part pour conduire le bâtiment dans la>
rade du Typa. Nous saluâmes le fort de
11 coups de canons. Il nous rendit le
salut coup pour coup. Au coucher du,
soleil, nous entrâmes dans le port, et le
lendemain matin , nous; affourchâmes
le bâtiment E. et O., avec son ancre à
jet, par 4brasses et demie. La ville de
Macao paraissait au large de la pointe
occidentale de l'île située- au nord de
notre mouiH&ge, et l'entrée du port de i796*
De'c.
§P )
Macao nous restait au N. 25e O., à la
distance de 2 ou 5 milles.
Ma blessure ne me permit pas de
descendre à terre avant la fin du mois.
. Ayant appris qu'il y avait un petit navire à vendre dans la baie de Lark, je
pensai qu'il pourrait m'être très-utile
pour la. suite de notre voyage, et j'allai
l'examiner dans le dessein d'en faire
Pachat. Après l'avoir examiné, je trou-
.vai qu'il était très-propre à l'usage auquel je le destinais; en conséquence, je
conclus le marché sur-le-champ, et le
payai x5oo liv. sterling. Il était gréé en
goélette, et du port de 87 tonneaux.
Le 3o on le conduisit dans la rade du
Typa. Ce jour-là nous vîmes arriver le
vaisseau de Sa Majesté, le Suffolk f.
commandé par le contre-amiral Rainer,
et la corvette le Swift3 qui venait d'Am-
boine, et qui devait se rendre à Madras.
Quatre bâtimens de la compagnie des
Indes, qui retournaient en Angleterre,
vinrent de Canton rejoindre les vais* 1796»
Dec.
,797-
Janv.
1 I *
30.
(   202  )
seaux.du roi mouillés à la rade de Macao, et ils en partirent sous leur convoi, le 7 janvier *797-
.   Durant tout le mois dernier, le tems
fut froid et beau ; les vents étaient variables dans la nuit, au nord et au nord-
est dans le jour. Us étaient très-forts
depuis le lever du soleil jusqu'à son
coucher; alors ils faiblissaient. Les charpentiers lurent occupés à caâfater le
bâtiment et à le réparer. Je fistiussi radouber la goélette,«changer la carlingue
de son grand mât, on lui fit des voiles
neuves, et on en fit aussi pour notre
corvette.
Le 18, je lirai 21 coups de canon en
honneur du jour de l& naissance de la
rôine. Le 20 et 21, le tems'fut par grains,
brumeux dans quelques instans et accompagné-de ptaie. Le brick anglais,
VExpér&tàîtèP)h8iïA'%& se perdre dans
le dernier, coup de vent; ildut son salut
au secours qui ^hui fut 'donné par nos
embarcations. Les; vents furent généra-
.%--? ( 233 )
lement du N. E., et nous eûmes presque
toujours un tems sec et frais.
Après avoir calfaté les oeuvres mortes , les charpentiers réparèrent le doublage en cuivre. Des Chinois travaillèrent à peindre le bâtiment et les canots ; l'équipage fut occupé à garnir le
gréement et à embarquer le biscuit, le
riz,le rack et les autres provisions qu'on
nous envoyait de Macao. Les voiliers
travaillaient à terre vis-à vis du bâtiment, dans des tentes qui furent dressées à coté de celle de l'astronome.
Le tems et les veajts furent en février,
à-peu-près les mêmes qu'ils avaient été
pendant le mois dernier. Lorsque le
vent variait, nous avions presque toujours de la pluie.
Au commencement du mois de mars,
le tems fut variable et par grains, et
très-pluvieux.
Le 8, la goélette se rendit à la
gueule du Tigre , pour y prendre
des munitions et des salaisons qu'un
Mars.
8. *79?
Mais.
i8.
26.
( 234)
champan devait aller chereher à bord
des bâtimens de la compagnie des Indes,
mouillés dans le Tigre, et ensuite les lui
apporter en cet endroit. Nous avions
défendu à la goélette d'aller, sous quelque prétexte que ce fût, en-dedans de
celte passe qui forme une des entrées
de la rivière, afin de ne donner aucun
sujet de plainte au gouvernement chinois. Plusieurs de mes officiers profitèrent de cette occasion pour- aller passer
quelques jours à Canton.
Le 13, un brick espagnol arriva dé
Manille, et entra dans le port de Macao. Lorsque le tems le permit, nous
continuâmes à faire notre eau et à nous
mettre en état de tenir la mer.
Le 18, dans la matinée, la goélette
revint de la gueule du Tigre, et nous
apporta des cordages, de la toile à voile,
du brai, du goudron , des salaisons, et
20 caisses de thé. Depuis le i5 , nous,
eûmes des vents de S. E. et de la pluie.
Le 26, un petit cutter appelé le TXra^ ( 255 >
son, partit pour la côte N. O. de l'Ar „
mérique. Lés jours suivans, le tems fut x797'
très-mauvais j nous eûmes des vents S. Mars.
et du S. S. O., et des orages. Le grelin
de notre ancre à jet rompit.
Le bâtiment et la goélette étaient Avril,
entièrement prêts ; nous n'attendîmes
plus qu*un vent favorable pour sortir
de la rade du Typa. Cependant je fus
obligé d*envoyer une seconde fois la
goélette à la gueule du Tigre , pour
Recevoir d'autres munitions navales que
les bâtimens de la compagnie des Indes, arrivés les derniers, devaient nous
donner.
Nous eûmes beau tems pendant plusieurs jours, et vent-de N. E.
Le îo, nous sortîmes à la touée de la lOt
rade du Typa, et vînmes mouiller à l'entrée par 5 brasses. Le fort de Macao r
situé sur une éminence, nous restait au
N. 45° O., et la pointe de Cabrita, au
S. io° O. ,à la distance de 2 milles. Le
fort était dans l'alignement de la pointe 1797'
Avril.
(236)
qu'on laisse à tribord en entrant dans la
rade dn Typa. Ce mouillage me parut
très-commode, par la facilité qu'il me
donnait de communiquer avec la ville,
et de pouvoir entrer dans la rade dans
un cas forcé. A 2 milles plus à l'est, il
n'y a pas un plus grand brassiage. On
peut aussi, lorsque l'on est à ce mouillage , faire de l'eau très-aisément à l'une
des deux lies qui forment l'entrée de la
rade, pourvu qu'on fasse attention à la
marée.
Nous avions à bord de nos bâti mens
pour i5 mois de vivres; notre équipage
était en très-bonne santé, et nous étions
en eut de continuer notre voyage. Pendant notre long séjour ,nous-avionsîou-
jours eu de la viande fraîche et des légumes. On faisait tous les jours cuire
du pain dans un four de cuivre que nous
.avionsà bord, et que nous avions établi
à terre auprès des tentes. Les Chinois
qui demeuraient dans'IUle nous rendirent un grand service en nous permet-
Jk ( 237 )
tant de faire usage de leurs çorderies. 	
Ils travaillaient à nos cordages à un prix !797#
très-raisonnable.
Durant les trois derniers mois, je restai presque toujours à terre, où je m'occupai de faire une carte générale des
îles Ruriles. J'envoyai la copie de cette
carte à l'amirauté, avec la relation de
mon voyage, et le compte des opérations que je me proposais de faire.
Ce serait de ma1 part un oubli impardonnable, si je ne parlais point de tous
les témoignages d'attention et de politesse que me prodiguèrent MM. Arthur
et Drummond, membres de la factorerie anglaise. Je ne dois pas non plus
passer sous silence la conduite pleine
d'égards, ainsi que les bons procédés de
don de Ponto, gouverneur de Macao.
M. Crosley fit des observations astronomiques. Sa tente était placée dans une
petite baie du Typa, derrière le village
situé près d'une pointe de rochers. (208)
Latitude d'après les hauteurs*-
797"  me'ridiennes.   .....    i    22°   9' 40" Ni
Longitude , mibeu des distances observe'es.     .    .    .    .   ii5  52    8   E;
D'après les hauteurs du soleil prises
par M. Crosley , le retard absolu du
n.° 45, qui était une montre d'Arnold j
était sur le tems moyen de 7 h. 32' 42"
11, le 8 d'avril à midi 5 cette montre gagnait o" 419 par jour, sur le tems moyen»
La mer est pleine les jours de nouvelles et de pleines lunes, entre 9 et 11 lu
Le moment précis variait tellement $
qu'il m'a été impossible de pouvoir l'ob-1
server»
Le 11, beau tems et joli frais du nordî
Nous partîmes dans la matinée, et saluâmes le fort'de 11 coups, qu'il nous
rendit coup pour coup. Nous fîmes
route à l'est pour aller à la passe de
Lantoe. Mais la force du jusant nous
empêcha de doubler la petite île de
Chang-Cheou, et nous fûmes obligés de
mouiller par 4 brasses et demie, envi- 9)
l'on à un demi-mille de la pointe nord  1
de cette petite île. Macao nous restait à *797*
l'O., et l'île Linting au N. i5° E. Le  Avril'
soir, il s'éleva un petit vent du sud. Nous
levâmes l'ancre ; mais peu de tems après,
il fallut la laisser tomber de nouveau,
par 5 brasses.
Le 12, au point du jour, l'île Linting 12»
nous restait au N. 270 E., et la pointe
S. de Lantoe, au S. 6o° E. Nous attendîmes le retour de la goélette. Le vent
était S. E., et le tems variable, avec des
grains très-forts.
Le 14, la goélette arriva. Nous appa-    14*
reillâmes avec elle dans la matinée ;
mais le vent était si faible, que nous
fûmes forcés de mouiller bientôt après.
Le i5, petits vents du S. E. Nous x5.
I mîmes sous voiles dans l'après-midi avec
le jusant, et nous louvoyâmes dans la
passe de Lantoe. Nous mouillâmes à
l'entrée de la nuit ; et le lendemain matin en appareillant, nous cassâmes le jat
de notre ancre, qui était en fer. A 8 h. Avril
16.
(240)
nous mouillâmes par 10  brasses.   La
'797' pointe de Lantoe nous restait au N. 460
O., à 3 ou 4 lieues de distance.
Le 16, vent d'est frais, tems brumeux. Nous mîmes à la voile dans l'après-
midi avec la marée montante, et noua
tînmes le vent. A la nuit, nous laissâmes
tomber l'ancre. 11 survint une si forte
boule de l'est dans la matinée, que le
cable de la goélette rompit, et nous
fûmes obligés de rester au mouillage
jusqu'à ce qu'elle eut retrouvé son ancre.
I
VIN   PU   PREMIEK   VOLUME.
J*»* (240
TABLE
DES     MATIÈRES
Contenues dans ce volume.
Jt réface du traducteur,
Préface de l'auteur anglais,
page      j
xvij
LIVRE PREMIER. Contenant ce qui se passa
depuis le commencement du voyage, jusqu'à
notre première arrive'e à Macao en Chine.
Chapitre premier^ Préparatifs, du voyage. —
Traverse'e d'Angleterre aux îles Canaries. —j
Départ pour Rio-Janéiro. —Séjour en cet endroit. — Ile de Gough. — Arrive'e au port
Ste'phens sur la cote de la Nouvelle-Hollande..
— Observations astronomiques. —Port Jackson. — Remarques sur ses productions , ses
animaux, etc.. — Observations astronomiques , ï
Çhap. H. Traverse'e du. Port,-Jackson à Taïti.—
V 16 (Ma)
Observations. — Arrive'e à Mowee} situation
déplorable deWffetîe.—Arrivée âWohahoo.
Visite de Tamaah-Maah : guerres et ambition
de ce chef. — Nous mouillons dans la baie de
Yani.—Ile d'Onehow, Pa§e -*4
C»ap. NI. Départ pour aller à Nootka-Sound.—
Recherche de l'Ile Dona-Maria-Lajara.—Arrivée à Nootka.—Visite de Maquinna. — Non-
Telles du capitaine Vancouver.— Radeau construit à terre pour radouber le navire .—Excursion à Slii|i-(ïove. —Nons mouillons à l'entrée
du détroit de Jean de Fuca. —Lien où était
sir Francis Drake en 15-q.—Arrivée à "Monterey* —r Plan adopté pour la continuation du
Vçyage, 70
Chap. IV. Traversée de Monterey à Owyhee. »-
Arrivée 4 ^Vohahoo. — Baie de Wymoa. —
lies d Atooi et d'Onehow.— Assassinat de deux
habitans de la marine par les habitans de cette
dertrière'île. —Départ pour le Japon. —Nons
recevons la «site des habitans d'Insu. -— Nous
mouillons dans la baie desVolcans, 08
Chap. V. Remarques sur le pays «t les habitans
des environs de la baie des Volcans.—Politesse
des Japonais. — Description du port d'En—
•derme. — Observation tùr tes'naturels } leur (243)
habillement, leur partir© , leurs habitations ,
leur nourriture, leurs embarcations. -— Remarques sur les objets de commerce , l'agriculture, les plantes et les animaux. ~- Observations astronomiques.—«Navigation le long de
la côte d'Insu. —Ile de Spanberg, page i44'
Chap. VI. Traversée pour se rendre à Marikan ,
line des îles Kurdes. — Passage par le de'troit
de de Vrifes. — Terife «de la Compagnie. —
Ile des Etats. — Le vent contraire nous empêche de passer par le de'troit de Sangaar. —-
"Nous longeons la côte orientale du Japon. —
Baie de JeJdo. — Embarcations japonaises.
;— Iles de Fatfisio , 180
Chap. VII. Route pour les îles de Likeujo et de
Formose. — Acri^ée à 3a rade .du Typa et
à Macao. —Achat d'une goélette. —Préparatifs pour la ctfnTinuaïîôn" du voyage- —
Observations nautiques faites à la rade du
Typa, 206
Fin de la Table du premier volume. If. «
AVIS  AU RELIEUR.
TOME     PREMIEH.
N.M I. Carte générale de la côte Nord-
Est, etc., page   *
IL Vne du port et du cap Nambu,
etc.,
UT. Plan du port d'Endermo, etc. ,
IV.JHomme et femme th^a baie desv
Volcans,  .
V. Vue deNiphon, de la baie de»
Volcans, d'Endermo , etc.,
126
i55
ïqS
TOME    DEUXIÈME.
VI. Carte des îles Likeujo et Madji-
cosemah,
VU. Vue   de llle Komesang et du
port Chosan,
245
IM ERRATA.
TOME   PREMIER.
Page
3,
16,
56,
4o,
66,
67,
69,
80,
94 >
m,
116,
117»
119,
Id.
122 >
Id.
125,
i58,
i85,
206,
ligne   4» Prèsï Zise*, prêt;
19, E.;Zisez, O. i
17, /p.'-.Usez, 44''
I   i5"^ez,5".
34,201° 48'J to«,aoo»ia
48".
5,5"; foez, 5o"^
5, 54"; Zwez, |%l
5 , 57" ; foez, 39 •
4, il; Usez, elle.
7>)Midshipmen} M ^
3>f    hipman-
?, Montagne} |p§i , Monta-:
eue- „ ^.
a,S.|s.0.jZisez,0.tS.O.
14, Rio; Zs5ez,Rica.
16, après O., a/owfez , i-
4, Rio; Ksez, Rica.
17, était; Usez , et.
o, 34° ; Usez, 84#- .
3,Likenjo}Z«ez,Likeu)0.
P«ér»
TOME   SECOND.
5 , ligne   3 , renv
' versement
versement; lisez, re-
11 >
18,
54,
24, 48; Z«e*,4°-
8, restaient; lisez, restait.
!4, Corumah; Usez, Karu-
mah. ligne
92>
98>
ïo5,
*96>
222 ,
286,
5*3,,
Id.
2, 55° O.; lisez, 5° o.
9, Madji; lisez, Matchi.
îo., suivaient j lisez, sm'virent.
18, 26 à 27; lisez , 26' 27".
H*> ' i5,nS;lisez,58.
■inn _      /~k 7. _
 7  ——— , ^u
7,0.; Zwez, E.
6, railles ; lisez,, n'eues,
so, sableyH&ez, vase.
« /a marge dilpremiex'aiine'a,
j lisez, le 10.
2, ils ne nous ont; ajoutez,
paru.
15, 80 j /i'^ez , 5o.
19, l'avions vue} lisez,.avions
vu.
10 et 2i, Lema; usez, Lima..
la., canaux ; Usez, canots.
13, on a oublie', ay , la flèche.
12, Kokobitfc-Lepish } lisez,
Yea tz - To opisbx
a3x Yeatz ; lisez, Kokonitz-
Lepish. •manuauiaste snpl «jmod au uojib a:ruouadn»
v îuo lfU9D9j assed up aouapadxaj ap uoSa^
t sud .ixto.u mb xnao anb srpirej ' saATssaoons
p qa sueid sjiiaT suep aua smolnoq que ' ajvp
[p aouauadxa aun .red sapmS quos as inb sanb
k ' ajjan§ aqqao qtrepuad ' anb •bjoutbauoo as uo
M uaiq qnaA uo is * anb aoxed tfU3opj qip uq (^)
%.
p trospj aures v\ ap sapa-i ss\ saino*
irejas -jtI apiuauçuioo anBtinod tb^ ap
a\ anod anpaad sreuref isa^u (+) zudopj.
cti(p aouaEi^dxa awao anb mq(p.mo[ue
>uiajii aiiao ap uoïtbSiisutj "^ qnoijns ia
iiouaaasa^s a.i.ian§ v\ anb mq4p.mo[ny
•japxB§ ^
§BTiaTxi ap suospai sap jtoab saop ituk»
n nad ruiauiajnss^ubtonb  ' ajTO^oajtp
j* anbruneiTjq lautqeo np aSmredB utt
xoft np jnaos aun ' sajdiî pxoqe/p itriAap
atuuioo ' anuaAap SBd ïre:tatu xnoo awao
jsj oaAB xred ua ajcooua irçi^ uo f apquias
:iad -^ ireia ïpKtse"jj ap saiSuoo aj steut
$v,\ apa^po .red aidiSg;sp ia aap]/\[ ap uot*
:a4T japrqaad irej sed jtoA'bji ap ' sixed b
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DUPORTBE CHOSAN,
Situe ala cote $&.** COHBE .
Trace*/>«r WR.Brouglitoil.
Zaâ'/mde
Zonçttude
 Jâ'ï   N.
 ■ .... an ?'?'&•
MAREES
J*m Mer &»J<n»> * ~~* «f***1"" ?A*°
ta Mer mtcn/e dméf**
,1
«a
2â
9
1>E LA RADE BE RAPACHAff,
Située àla partie N.de IBe de UKEVfO.
Trace* fmwr WJJLBwwAtOU,
L797'
Zattfude JO'35. jV.
Zaryn'âude - - - JJS'j3 '. M.
MAREES
J'ieike Mer le*jour* de nottvelte et piétine Zune 3 h .
la Mer monte de y à, B pieetf.
3e
Zat.rtïu-SâZlT.
Eckelle    de    lieues ^SLserres ///// Qs/w  i/e /a    <L/ô///e //e<)   t />/<?//J, //e/////à ai    </'{?&//A
warmf  ///,u/// ni/ yir//u/   l/otean.—// e feu/ au #/<///>
'ne   r/e<)   nJerre*
>*) y///   /er/iie/if   /e     &>rt</'&///w//> eft/t <<//.> y/,/ <>eit/ <r  /7 ,//.— //  (   /e/i/
fin /li/irin

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