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Voyage de découvertes dans la partie septentrionale de l'océan Pacifique, fair par le capitaine W.… Broughton, William Robert, 1762-1821 1807

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      z y
'•sajuBpuadopm jruajtii'Bii
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i a-irepa apais nn^p uu bj ^ sgauSiop saaaq
saa strep xti-etxi ap asneo 1110 aqxptdno b
oot.ibabj uaiquioa mauiuioo rip sajdnad
•iajiuoui ap ' anm/tuHonb aq.si.ii auogi By 9
snou gpqBq snjd gunqd ann is aniatu xngj
£ SBd itrarejaotreAap snou gu axj§ - ingd
-Byd xnaiui sati.iios.iad saxniB^p no sbo aj s
anof un jaiuasajd ap suosodcid snou s
anb nBajqei un xns SBd ouop '.suodpiiuB4
•inauioi
ua,nb sajqxssaooB snjd lucias srtAp ia sdxvei
sua^B sgs 19 iuauiaujaAno§ aj xed iauis i
-sis np   UOIlBlSajTOBUI B|   ^ S9JTBSS909U X
-aiBtu S9j no ^9 f 9uqB0 snjd suiai un{p a!
-noj BJcas 9[p : pi asudajjua 9.119 %vexwe
9[ptnb 'saaqdppiuiis suoiiBAjgsqo S9p 19 xi
-ttlOU  IS   SJIBJ   S9p   ip3J9SSBjqUia   9XI9n§ i
£ •aajsyri"ai xa samoioa
  Deux exemplaires de cet ouvrage ont ete deposes a la
Bibliotheque impe'riale. Tous ceux qui ne seront pas
signe's par moi, seront saisis.
Paris , ao Juin 1807.
On trouve chez le meme Libraire :
Voyages d'Alexandre Mackenzie, dans 1'inte'rieur de
1'Ame'rique septentrionale, faits en 1789, 1792 et 1796;
le premier, de Montreal au fort Chipiouyap et-4 la mer
Glaciale • le second , du fort Chipiouyan jusqu'aux
bords de 1'Oce'an Pacifique. Pre'ce'de's d'un Tableau his-
torique et politique sur le commerce des pelleteries
dans le Canada, depuis ■ 608 jusqu'a nos jours. Traduits
de l'anglais, par J. Castkra, avec des notes et un
itine'raire tires en partie des papiers du vice - amiral
Bougainville ; 3 forts vol. in-8.° sur carre' fin, orne's du
portrait de l'auteur, et de trois grarides cartes grave'es
par B. Tardieu, revues et corrige'es par M. Buache,
16 fr.
Idem, papier ve'lin d'Annonaj, 52 fr.
&sammmBmMgg@fm
 VOYAGE
DE  DECOUVERTES
BANS LA PARTIE SEPTENTRIONALE
BE
L'OGEAN PACIFIQUE,
FAIT PAR LE CAPITAINE W. R. BROUGHTON,
Commandant la coirette de S. M. B. Ia Providence et sa ronseire,
PENDANT LES ANNEES   1795, I 796 , 1797  ET   I 798 j
Dans lequel il a parcouru et visite la cote d'Asie, depuis
le 55.e degre nord, jusqu'au 52.e *, l'ile d'Insu, ordinai-
rement appele'e Jesso ; les cotes Nord, Est et Sud du
Japon; les iles de Likeujo et autres iles voisines, ainsi
que la cote de Core'e.
TRADUIT   PAR   ORDRE   DE   S.   E. LE MlNISTRE Dfi LA MARINB
ET DES COLONIES ,
PAR   J. B. B. E * * * *.
TOME    PREMIER.
PARIS,
I
DENTU, Imprim.-Lib.re, rue du Pont-de-Lo«"y, n.» 5*
M.  D. CCC.^II.
dr
  A SON EXCELLENCE
MONSEIGNEUR LE VICE-AMIRAL DECRES,
MTNISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES,
Grand Officier de PEmpire, Inspecteur-Gene'ral
des cotes de la Me'diterrane'e, Grand Cordon
et Chef de la dixieme Cohorte de la Le'gion
• -d'honneur, Grand' Croix de l'Ordre Royal ei
Militaire de Charles III. #*&
MONSEIGNEUR,
La protection e'clairee que
Votre Excellence accorde a toutes les entreprises utiles 7 est
connuepar trop d'exemples } pour
que je croye avoir besoin de Ice
rappeler en vous dediantla tra-
 duction 'Jw Voyage de Brougbion.
Mais j'ose esperer que vous me
permettrez de vous en qffrir Vhom-
mage ; et en publiant que vous
m'apez encourage a Ventrepren-
dre, de vous exprimer a-la-fois
le sentiment de reconnaissance
que je.vous dois, et le prqfond
respect avec lequel je suis^
MONSEIGNEUR,
be Yotre Excellence,
Le tres-humble el tres-
obeissant ser'vlteur,
J. B. B. E**\
 PREFACE
DU   TRADUCTEUR
Vers la fin du dix-huiti£me
siecle, le zele des Voyages de
Decouvertes se reveilla avec une
ardeur nouvelle chez les nations
europeennes. Differens navigateurs ddcouvrirent des pays in-
connus, ou iirent mieux connai-r
tre ceux dont on n'avait que des
notions imparfaites. Leurs tra-
vauxsonttropgen£ralement con-
nus pour que je me permette d'en
faire la plus simple analyse. Je
me contenterai de rappeler au
lecteur que La Perouse, apres
 1 .
I
avoir suivi la cote nord-est de
l'Asie jusqu'au 52.e degre" de latitude boreale, apercut la mer au
nord entre la cote de Tartarie
et celle d'une rle, connue sous le
nom de Segplien, et a laquelle
ses habitans donnaient le nom de
T&hoka.
Le detroit qui separe ces ter-
res, est obstru£ par desbas-fonds
qui j en cet endroit \ n'eteient cou-
verts que de six brasses d'eau \ et
qui se prolongeaient dans le nord.
Cet obstacle empecha La Perouse
"de traverser le d£troit qu'il avait
devant lui pour arriver a la mer
d'Ocbotsk, et le forca de retourner
sur ses pas \ etdefaire route au sud.
"Arrive au ^5° 5o' N., il decouvrit a 1'extremite meridionale de
 p
Pile de Tchoka un d&roit auquel
on a donne" son nom, et qui separe
cette ile de celle de Jesso ou Chi-
cha. II passa par ce detroit, fit
voile vers les iles Kuriles, et ne
revint plus dans ces parages.
Sa navigation dans la manche
de Tartarie, etla d6couverte d'un
detroit au sud de Pile de S£galien
ou Tchoka, avait jet& un grand
jour sur un des points les plus
obscurs de la geographies En ef-
fet, depuis le voyage des deux
navires hollandais dans ces parages vers le milieu du dix-sep-
tieme siecle, et celui du capitaine
Spanberg en 1759, aucun batiment eurojpeenne les avait visile's.
Quelques cartes donnaient une
etendue demesuree a la terre de
I
 IV
Jesso, etla representaient comme
une ile immense qui se prolongeait
depuis 1'embouchure du neuve:
Amur sur la cote de Tartarie, jusqu'au Japon\ d'autres la figu-
raient unie avec Pile de Niphon,
d'autres lui donnaient une extension considerable dans l'ouest,
d'autres enfin la faisaient beaucoup trop petite , et aucune ne la
mettait a sa veritable place '. Les
decouvertes de La Perouse firent
cesser ces incertitudes, et firent
1 Si Ton veut connaitre les incertitudes des
ge'ographes sur ce point, on peut consulter l'ou-
vrage de M. Buache, intitule' : Considerations
ge'ographiques etphysiques sur les nouvelles decouvertes au nordde la grande mer, appele'e vul-
gairement la mer du Sud. Paris, i 7 55. Ce savant
a propose' des conjectures assez heureuses, et
dont quelques-unes ont e'te confirmees par les
de'couYertes de La Pe'rouse et de Broughton.
 connaitre d'une maniere positive
que ce qu'On appelait la terre de
Jesso £tait compost de deux
grandes iles dont la plus septen-
trionale s'appelait Segalien ou
Tchoka, et la plus meridioriale,
Chicha ou Jesso, et que eelle-ci
etait s^paree du Japon par le detroit de Sangaar. La Perouse traca
avec exactitude les cotes qu'il
avait prolonged, et les g^ogra-
phes mirent ses decouvertes &
profit.
Mais il restait encore une la-
cune a remplir, et Line grande
incertitude a lever. Le naviga-
teur francais n'ayant pas vu la
partie meridionale de Chicha ou
Jesso, n'avait pu en tracer les contours et l'etendue que par apercu
 et d'apresles auteurs qui l'avaient
pr£c£de\ II avait dppne" dans ses
cartes une tres - grande largeur
au detroit qui separe Pile de Jesso
de celle de Niphon. Arrowsmith,
dans sa carte de la mer du Sud,
publiee en i8o3, avait suivi La
Perouse. Leurs travaux dans cette
partie n'avaientpas pour base des
journaux de navigation, ni des re-
levemens exacts. Les g£ographes
et les marins) attendaient done
avec impatience que tous les dou--*
tes sur ce point important fussent
levels. C'est ce que le capita©
Broughton a fait dans le voyage
dont je publie la traduction*
Le capitaine Broughton malt
accompagne Vancouver dans son
voyage a la cote nord-ouest de
 VI)
l'Amerique, et commandait dans
cette expedition le batiment le
Chatam. II prit une part tres -active a tous les iravaux de l'expe-
dition, et fut charg6 de fE&re plusieurs reconnaissances-importan-
tes. Ilestiouvent mentioning avfe'd
eloge dansla relationde Vancouver, pourle zeleetle soin avec le-
quel il remplit les missions qu'on
lui confia \ et son nom fut donne
a un Afchipel situe le long de la
cote nord-ouest de l'Amerique^
Au mois de Janvier ifo.o', il fui
depech& par Vancouver pour aller
porter en Angleterre les papiers
et documens relatifs a ses d£cou-
vertes. A peine 6tait-fl*de retour
dans sa patrie, qu'il recut la commission de faire une" expeditib'ii
 vin
qui   est   le    sujet   du  present
voyage.
Broughton s'est acquitte de sa
mission avec un z&Le exemplaire
et une perseverance incroyable.
Les contrarietes que les el^mens
lui ont fait eprouver, la fracture
d'un bras, la perte de son batiment, n'ont pu l'empecher d'ar-
river a son but. C'est dans un
frele vaisseau, qu'il a le premier traverse le detroit de Sangaar , puis prolonge les cotes de
Pile de Jesso, de Pile de Se-
galien et de la Tartarie , et qu'il
s'est engage dans des mers peu
connues et couvertes d'une brume
perpetuelle. La conduite qu#l a
tenue dans son naufrage ou il n'a
quitte son batiment que le der-
 ix
nier, fait le plus grand honneur
a son cceur, comme Pintr6pidite
avec laquelle il a affronte tous
les dangers, et la maniere dont
il a rempli sa mission font honneur a son courage et a ses talens.
II a eu le bonheur de revoir son
pays et de ne pas succomber aux
suites de ses fatigues. Au mois
d'octobre 18o5, il commandait la
fregate la Penelope en station
dans la Manche.
En traversant le detroit de Sangaar, il a fait connaitre que Pile
de Jesso ou Insu, ainsi qu'il Pap-
pelle, n'etait separee de Pile de
Niphon que par un bras de mer
de cinq lieues dans saplus grande
largeur. Ainsi, ce point est de-
finitivement edairci. La naviga-
EfiHiHHillliili
 tion de Broughton dans la manche
de Tartarie ayant eulieu a une epoque de Pannee tres-avancee, il n'a
pas vu d'habitans. Sans doute que
la relation qu'il en aurait donne©
s;il en eut rencontre, eut ete d'ac-
cord avec celle de La Perouse;
car il regne une conformite frap-
pante entre'ce que dit le navigate ur anglais des habitans dTnsu,
et ce que notre compatriote rap-
porte de ceux de Segalien. Tous
deux ont eprouve des Insulaires
le refus de penetrer dans Pinte-
rieur de leur pays, et c'est ce qtii
est arrive a Broughton dans tous
les endroits soumis a la domination des Chinois et des Japonais ;
il n'a pu par consequent completer terjsotioas instiSisantes que
 nous avons sur ces differens pays,
dont la connaissance nous est in-
terdite pour long-tems encore. Le
capitaine Krusenstern, qui a par-
couru une# partie des memes parages depuis Broughton, n'a pas
ete plus heureux.
Broughton a penetre quinze
milles plus au nord que La Perouse , dans la raanche de Tar-
tarie. II nes'est decide a rejourner
au sud, que lorsqu'il s'est trouv4
par moins de deux brasses d'eau.
Son opinion differe de celle de
la Perouse , sur un poist inte*-
ressant, car il regarde comm®
im golfe ce que notre compa-
triote appelle une manche. Ce-
pendant il rapporte que l'offieiec
marinier qu'il avait envoye a la
 xu
decouverte, pensait qu'il y avait
dans le nord un passage lihre pour
gagner la mer. La saison avancee
Pempecha d'edaircir les doutes
qu'il pouvait avoir a cet egard.
En outre le peu de moyens qu'il
avait a sa disposition, ne lui per-
mettait pas de faire la moindre
tentative tant soit peu hasardee.
II fut done oblige de retourner
au sud, et de laisser ce point in-
decis.
Quoiqu'il ait vu beaucoup d'en-
droits ou aucun europeen n'etait
alie avant lui, les obstacles qu'il
a rencontres sont cause qu'il n'a
pu en donner la descripfion , ni
repandre dans le journal de son
voyage une variete qui aurait
ajoute beaucoup d'agrement a sa
 X11J
relation. Malgre cela sonouvrage
est d'un grand interet pour la geographic
Son Excellence le Ministre de
la marine et des colonies, ayant
juge que les connaissances nauti-
ques recueillies par le capitaine
Broughton pendant son voyage,
pouvaient etre utiles a la navigation en general f a ordonne d'en
publier la traduction; et nous
avons fait tous nos efforts pour
remplir les intentions edahees
de S. E., en apportant a notre travail les soins et l'exactitude dont
nous sommes capables.
Les cartes ont ete copiees avec
fideiite. On y a meme ajoute quelques noms d'apres celles de La
Perouse, dont on a souvent suivi
ni
mmm
 XIV
Porthographe. Ces cartes ont £t§
revues par M. Buache, et sont
extremement importantes poux
rectifier et completer ce que nous
savions sur les parages qu'elles
representent.
L'on s'est attache dans la traduction a.rendre fidelement le
sens de Pdrlginal, et ce n'esf pas
ionjoftps* sans diflreait& qu'on y
est parvenu. Le style de Pauteur
est quelquefois si obscur, qu'on a
la pktsgrande peine a le compren-
dre, et ses idees ne sont pas ton*
jowos  rangees  convenablement.
On s'est perm-is de retablir Pordre,
torsqufon Pa juge indispensable
pour donner plus de darte au sens
des phrases, et quelqiiefois on a
developpe la pensee de Pauteur i
 XV
mais sans y rien ajouter. On n'a
Use de ce moyen qu'avec les plus
grands menagemens, etlorsqu'on
y a ete force pour donner plus de
liaison aux idees. D*an autre cote,
on a abrege les details nautiques,
lorsqu'ils n'avaient rapport qu'a
la manoeuvre du batiment et aux
variations du tems. Mais on n'a
: rien omis de ce qui concerne les
relevemems des terres, ou la mar-
ehe des courans.
On a eu occasion de remar-
quer , dans le cours de cet ou-
vrage, un grand nombre de fau-
tes typographiques , dont quelques-unes sont tres-graves. Elles
ont ete reciinees toutes les fois
que le sens du texte ne pouvait
pas laisser subsister la plus legere
 xvj
incertitude; mais il est possible
que , malgre toute Pattention
qu'on y a apportee, il en soit
echappe quelques-unes.
Je m'estime heureux de pou-
voir donner ici un temoignage
public de ma reconnaissance a
M. deRossel, ancien capitaine de
vaisseau, et le seul des officiers
superieurs de l'expedition de
d'Entrecasteaux, qui soit encore
existant. II a bien voulu rqvoir
ma traduction \ et si elle obtient
quelque indulgence , c'est a lui
que j'en aurai l'obligation.
 PREFACE
DE    I/AUTETTR   ANGLAIS.
Les Voyages de Decouvertes meritent
a juste titre rattention du public; car
ils, ouvrent de nouvelles sources a l'ins-
truction et au commerce, et offrent par
consequent un grand interet a un peuple savant et commercant. II serait inutile de discourir longuement pour prou-
ver l'utilite de pareilles expeditions.
C'est ce qui a deja ete fait d'une maniere aussi ingenieuse que convaincante,
dans l'introduction au troisieme Voyage
de Cook.
La Grande - Bretagne qui tient un
rang si distingue en Europe, non-seu--
i.
**
 xvnj
lement parson caractere militaire, mais
aussi par sa celebrite dans les arts de la
paix, conserve depuis long-tems parmi
les autres nations une superiorite en-
viee, due toute entiere aux encourage-
mens qu'elle a donnes a de pareilles en-
treprises, et a la foule de navigateurs il-
lustres qu'elle aproduits. Lesrecbercnes
perseverantes, et I'activite mfatigable
de notre immortel Cook, ont etendu
sa* renommee bien au - dela de taut ce
qu'avaient fait les devanciers de ce na-
vigateur. Si une mortfuneste n'eut prive
le monde de ses lalens, ou si la saison
deja avancee  n*eut  ote au   capitaine
King, Pun de ses successeurs dans le
commandement, la possibilite de pour-
suivre ses decouvertes, le present voyage , et la partie la plus interessante de celui de La Perouse seraient peut-etre de-
 XIX
venus inutiles. On doit se fap^eler que,
dans le troisieme volume du dernie»
voyage de Gdok, le capitaine King observe que la navigation des mers sitadeS
entre le Japon et la Chine offre un vaste
champ aux decouvertes, et que lareeon-
naissance de cette portion inconnue de la
partie septentrionale de l'ocean Padfi**
que a ete recommandee par M. Daines
Barrington, dans ses Melanges. « On de-
vrait, dit-il, explorer la cote de Coree, la
partie Septentrionale du Japon, et les iles
de Likeujo ». Le capitaine VariOQttVe*
remarime que la cote dAsie &tt S'&m*
lau 5a*me degre de latitude bo.eale #st
€neore tfes-mal figuree, et que la dote
de PAmerique meridionale depuis environ le 44,me degre" de  latitude at«-
trale jusqu'a 1'extremite la plus Slid de
la terre de feu, est tres-peu connue.
 XX
Des indications et des observations de
ce genre devaient naturellement avoir
tin grand poids sur 1'esprit d'un naviga-
teur, jaloux d'etendre les connaissanees
geographiques, et qui etait assure d'ail- .
leurs qu'il y avait tres-peu a faire dans
les autres parties de l'ocean Pacifique ,
si ce n'est d'y determiner la position
d'un petit nombre d'iles tres-peu im-
portantes. II eut hesite sans .doute entre
l'examen de la cote nord-est de l'Asie
du 35.me   au 52.me degre  de latitude
boreale, et celui de la cote S. O. de l'A-
ifierique meridionale, depuis le 44*""^
degre de latitude australe , jusqu'a la
terre de feu, s'il n'eut ete convaincu
que le capitaine Vancouver devait avoir.
acheve  cette derniere reconnaissance ,
avant de doubler le cap Horn pour re-
tournier en Angleterre. Les lecte«rs su-
 xxj
perficiels et avides de nouveautes ob-
serveront peut-etre que, quelque loua-
ble que soit le projet de ce voyage, son
auteur ne peut pretendre au merite de
la nouveaute des decouvertes, puisque
La Perouse Pa devance. En accordant
un peu d'attention a cette relation, on
reconnaftra facilement que cette objection est mal fondee, et on se convain-
cra que, si les deux navigateurs ont
explore les memes mers, cependant les
decouvertes et les recherches de cha-
cun mettent entre leurs voyages une
difference marquee et caracteristique.
lis auraient tous deux suivi absolurnent
la meme route, qu'il en resulterait encore un grand avantage pour Pinterefe
des sciences et de la geographie. Les er-
reurs du premier, s'il en a commisT
peuvent etre corrigees par le second,
 XXI]
et Je merite des decouvertes de Pun est
mis hors de doute par les observations
de l'autre, qui enconfirme Panlbenticite.
Ce double avanlage resulte du voyage
que nous puhJiqpg. Le nawigateur anglais ayant ete dans Piaapossibilite d'a-
voir connaissance des instructions don-
nees par le Geuvernement franeais a La
Perouse , il est parfaitement a l'abri du
reproche de n'avoir ete que son imita-
teur. Cependant, si Pon tenait trop fpr-
tement a Pi'dee que le voyage de La
Perouse a rendu inutile la publication
de celui-ci, un court resume des decouvertes et des reconnaissances faites par
les deux navigateurs, dans les memes
mers, servira a ecarter cette prevention
mal fondee, et etablira le degre de me-
rite de chacun de ce& deux Voyages.
L'editeur frangais  remarque que la
 XXU}
reconnaissance de la c6te orientale de
Tartarie, et meme on pourrait dire la
decouverte d'une des plus grandes iles
de notre globe, separee du continent
par un detroit qui a ete traverse dans
tous les sens, donne au voyage de
La Perouse un degre d'importance, et
un genre d'interet qui lui est partie u-
lier; mais on peut, sans un exces de pre-
somption, observer ici que le navigateur
anglais a aussi explore la cote orientale de Tartarie j et qu'a la decouverte
de la grande ile de Tchoka ou Segalien,
il peut opposer sous le point de vue
d'interet general celle de Pile de Jesso,
Insu ou Chicha, situees au sud de la
premiere, moins etendue a la verite,
mais plus digne de l'attention des Europeans. La geographie, sous le rapport
de ces parties du globe encore si mal
 XXlV
representees, semble avoir ete egale-
ment bien servie par les deux navigateurs j car leurs observations separees
corrigent mutuellement les erreurs relatives a ces deux iles, tracees jusqu'ici
sur les cartes avec si peu de soin et
d'exactitude.
La Perouse, en passairt par le detroit
qui porte son -nom , a prouve que
Tchoka etait une ile; et le batiment
la Providence j en traversant le detroit
de Sangaar, a elabli le meme fait pour
Chicha ou Insu. La Providence a. re-
connu la cote occidentale d'Insu , ce que
La Perouse n'a pu faire en passant par
le detroit qui a recu son nom. Dans le
voyage que ces deux navigateurs ont
fait jusqu'au 5se degre de latitude bo-
reale , le canot de Panglais s'est avance
de quinze milles plus au nord que ceux
ii
 XXV
de La Perouse, et l'equipage ne cessa
sa reconnaissance que lorsqu'il se trouva
par deux brasses d'eau", et que les
iiafs-fonds, ainsi que le rapprochement
des cotes environnantes, Pempecherent
d'aller plus avant. Quant a la reconnaissance que chacun a faite des iles
Kuriles, il parait qu'aucun des deux
n'est alle au-dela de Marikan.
Nous ne pousserons pas plus loin ce
court resume. La reconnaissance des
cotes septentrionales , meridionales et
orientales du Japon, celle des iles Li-
teujo et des iles Madjicosenjah qui en
sont -vtoisines, et celle de la cote de
Coree , appartiennent exclusivement a
ce voyage ; car La Perouse, en quit-
lant le Kamschatka, abandonna Pidee
■d'explorer davantage le golfe de Tartaric ou les mers du Japon, et conti-
fttfii
 WOS5WBSSSK-
XXT]
nua son voyage en faisant route pour
Maouna , une des iles des Navigateurs.
La perte de La Perouse sera une
source eternellc de regrets. Ses decou*-
vertes assurent a sa memoire 1 "admiration de loutes les nations civilisees. Le
respect qu'il temoigne pour notre im-
mortel Cook et pour les autres navigateurs qui Pont precede dans son
honorable mission, prouve qu'il avait
le caractere franc et Pesprit superieur
a toutes les preventions na tionales. Pen*
dant que nous payons ce juste tribut
d'hommages a - ses sentimens sieves ,
nous ne devons pas, en qualite d'Anglais , oublier Pinteret que le Gouverne-
ment francais prit au succes da voyage
de Cook. Les hommes sensibles se sou-
viendront toujours avec plaisir  qu'an
 xxvij
milieu des horreurs de la guerre, ce
Gouvernement voulut qu'on en preser-
vat une entreprise destinee a etendre
la connaissance du globe, a adoucir la
ferocite de la portion la moins eclairee
de notre espece, a agrandir les rapports
que les hommes ont entr'eux, et a unir
les nations les plus eloignees par les
liens du commerce. L'extreme defiance
des Japonais et leur obstination inflexible a interdire a tous les etrangers ,
hors les Hollandais, l'abord de leur
territoire , excusent suffisamment dans
les deux voyages, le defaut de rensei**
gnemens sur cet Empire. Si La Perouse
a craint d'aborder sur les cotes du Japon , quoiqu'il commandat deux fregates
fournies de tous les moyens de defense,
et montees par des equipages nombreux,
les apprehensions qua pu concevoir le
 xxviij
navigateur anglais sont encore plus rai-
sonnables; puisqu'apres le nanfrage de
la corvette la Providence , sa conserve
n'avait que trente-cinq hommes d'equi-
page, et aurait pu , d'apres sa petitesse,
etre prise par les Japonais pour le navire d'un pirate. La meme defiance des
etrangers semble avoir penetre dans
toutes les parties de ces parages oil la
Providence a touche. A la verite , on
fournissait avec empressement a Pequi-
page Peau et le bois qu'i! demandait j
mais on refusait constamment et avec
opiniatrete de laisser personne visiter
l'interieur du pays , et recueillir des
renseignemens sur la forme de son gou-
vernement, sur ses productions et ses
usages.
Kcempfer, dans sa description du
Japon, parle souvent des mers qui en-
 XXIX;
tourent cet Empire, comme etant extremement orageuses ; et elles ont ete
citees en proverbe comme les plus dan-
gereuses du globe. La Perouse, quoi-
qu'il ait fait ce voyage au milieu de
l'ete , avec deux fregates munies d'un
grand nombre d'embarcations et de tout
ce qui etait necessaire pour de pareilles
expeditions, se plaint neanmoins beaucoup des brumes epaisses, du mauvais
tems, et du danger d'etre sans cesse
affale sur la cote , sans pouvoir se re-
lever. Apres la perte de la corvette la
Providence, le navigateur anglais n'a-
vait pour affronter ces dangers, qu'une
goeletle de 80 tonneaux avec un petit
canot; et ce n'etait pas en ete, mais
au milieu des coups de vent de Pe'qui-
noxe, et dans la saison la plus defavo-
rable de P annee.
 XXX
Apres ce court sommaire de ce qu'a
fait le navigateuf anglais, pour Pavan-
cement de la geographic et de la navigation , on soumet la relation de son
voyage au jugement du public. Elle
n'est qu'un simple reeit d'evenemens
qui ont eu lieu k la mer. On n'y en a
insere aucun qui ne f&t pas reellement
arrive, et on a eu le plus ScrUpuleux
respect pour la verite. Le lecteur sera
decu s'il ne cherebe que Pamusement j
mais on presume qu'il potrrra V acque-
rir quelques connaissances nautkpies*
Des Voyages tels i par exempie, que
ceux de la collection de Pabbe" Pre-
vot, sont d^feCttteux, parce qu*on y a
omis les observations nautiques 6t as-
tronomiques. Ces scJttes d'observations,
quoique detaillees sechement et avec
une exactitude minutieuse.  so&f des
 XXX)
sources certaines d'instruction pour le
navigateur et le savant.
La corvette la Providence avait n5
hommes d'equipage, etait du port de
4oo tonneaux, et montee de iG canons.
Lorsqu'elle quitta l'Angleterre, on lui
donna pour deux ans, des vivres et tous
les autres objets necessaires. L'amiraute
accorda genereusement tout ce qui est
regarde comme utile dans de pareils
voyages, tant pour faire des echanges
que pour conserver la sante des equipages. Il est bien malheureux que, par
le deplorable naufrage de la Providence , la perte irreparable de tant
d'objets essentiels Pait rendu jusqu'a
un certain point incomplet. L'equipage
etait entierement compose d'hommes
jeunes, sobres, dociles et qui se con-
duisaient bien. Mais qu'il est triste de
 XXXI]
le dire! il en est bien pen qui aient
revu leur pays. Tous ceux qui avaient
ete embarques a bord Ou Swift, au
nombre de quarante-deux, perirent en
mer avec ce bdtiment j sept furent tues
par differens accidens , et quatre furent
enleves par des maladies.
   VOYAGE
DE DECOUVERTES
DANS LA PARTIE SEPTENTRIONAL^
DE L'OCEAN PACIFIQUE.
LIVRE   PREMIER.
Contenanice qui sepassa depuis le commencement du voyage jusqu'a noire
premiere arrivee a Macao en Chine.
CHAPITRE PREMIER.
Pre'paratifs du voyage.—Traversee d'Angleterre
. dux iles Canaries, — Depart pour Rio-Jlane'iro.
j— Se'jour en cet endroit. — Ile de Gough;
■— Arrive'e au port Stephens sur la cote de la
Nouvelle-Hollande. —; Observations astroaft*.
iniques. — Port Jackson. —Rema^ques sur ses
productions ,, ses animaux , etc. — Obser-
"■^sktions as-tronomiijues*.
L'Amirattte avait  designe le bati- ——
nient du r©i la Providence pour le J79
 MiFS?
(a)
 " voyage auqUel je devais etre employe,
J79 * Ce batiment avait ete commande par
le capitaine Bligh, et venait d'arriver
des   Indes  occidentales ,  oil il   avait
porte Parbre a, pain de Ta'iti. II avait,
dans Porigine , ete destine poUr le commerce des Antilles; mais le Gouverne-
ment Pavait achete sur le chantjer , ex-
pres pour Penvoyer chercher Parbre a
pain dans la mer du sud, et il avait
passe deux ans a ce voyage. C'etait un
navire de riviere , du  port   d'environ
420 tonneaux, et double seulement en
cuivro : mais  je  peuse que  tous les
navires destines a de longs voyages de-
vraient d'abord etre doubles en bois,
• paiis  en cu?vre par-dessus. La Providence fut mise dans le bassin de Deptford , ou elle ne resta qu'une maree;
ensuite elle fut conduite a Woolwich,
oil on donna ordre de Parmer. Le 3 octobre 1793, je recus celui d'en pren-i
dre le commandement, et le meme
|dur jelamjs en armement. Son equi*?
^uwmmtmwmgf*
 (3)
pement nous retint a Woolwich le reste
de Pannee.
Au commencement de 1794 , le na- 1704
vire etant  pres ,  nous descendimes a
Gravesend, endroit beaucoup plus commode pour faire notre equipage. Nous
y   restames   jusqu'a   la   fin de   mars.
Alors nous nous  rendimes  a la rade
du No re _, et   saluames le  vice-amiral
IDalrymple , dont le pavilion flottait a
bord du Sandwich. Pendant le   mois
d'avril, nous completames notre equipage avec des hommes de bonne  vo-
lonte du Sandwich, et ayant recft ordre
d'aller a Spithead, nous mimes a la
voile avec un convoi de navJres^mar-
chands. Pendant la nuit, lorsque noute
etions dans la passe de Gzslb-Stream,
le pilote mit le navire sur le Brtzke-
Sand. Nous ne prames le relever avant
la maree du matin, et peu apres nous
mouillames aux Danes. Le navire ne
parut pas avoir souffert. Le vice-amiral
Peyton avait  son pavilion a bord du
 I 4)
-*—— Le"opard; nous le saluames. L'apr&S*
J' midi , notre batiment et sou convoi
jj louvoyerent ddns les dunes pour s'e-
lever a l'ouest, le vent venant faible-
ment de cette partie. Dans la nnil, le
vent passa a Pest, et au point du jour
nous mimes toutes voiles dehors , et
fimes signal au convoi de faire de
meme. Nous passames au milieu de la
grande flotte , qui etait a Pancre dans la
baie de Sand-Down , sous le comman-
dement de lord Howe. Nous mouillames
a Spithead apres avoir salue Pamiral sir
Peter Parker, qui avait son pavilion a
m bord du royal William. Pendant le mois
de mai, on fit entrer la Providence dans
le bassin ; mais elle n'avait nullement
souffert en se rendant aux dunes, et
etait parfaitement en etat de prendre la
mer. On paya la solde aux officiers et
aux matelots jusqu'a la fin de juillet.>
Ce fut durant ce mois que le roi vint
a Portsmouth pour voir la grande flotte
apres le combat du i."juin. Tousles
 (5)
capitaines eurent Phonneur de lui etre
presentes.
Je recus le 2 mes instructions cache-
tees , et 1'ordre de me ranger sous le
commandement du capitaine Dcury ,
commandant le vaisseau de Sa Majeste
le Trusty, et de mettre en mer avec
son convoi , destine pour la Me-
diterranee. Je ne devais pas m'en
separer tant que notre route serait la
meme.
NoUs partimes le 21 de la rade de
Sainte-Helene avec un bon vent d'est.
Apres etre sorti de la Manche , le vent
ayant passe au N. O., le- Trusty^nous
ordonna de faire route pour Falmouth*.
Dans la nuit nous nous separames des
vaisseaux de guerre, et atteignimes
Falmouth. Mais ne voyant pas le Trusty,
nous fimes voile pour la rade de Plymouth , oil nous le trouvames a Pancre
ainsi que son convoi. Le vice-amiral
Macbride avait son pavilion a bord du
Minataure, et le contre-amiral Cotton
1794-
Octob.
2.
21.
 bss
J794-
*Noy.
a3.
g&
l7
Janv.
29.
(6)
avait le sien a bord du Cambridge dans
le port.
Pendant ce mois les vents furent
tres-violens, et le tems variable. Comme j
nous etions mouilles dans, la baie de
Cawsand , nous naurions pu joindre
le convoi s'il avait appareille de la
rade avec un vent d'est. Nous tachjunes
done de nous rendre a la rade en lou-
voyant ; mais le navire ayant manque
a virer a Red-Point, nous mouillames
nos deux ancres de bossoir dans un
mauvais fond, a moins de deux enca-
blures de la cote. Le vent qui soufflait
avec force de Pest, nous empecha de
sortir de cette situation desagreable %
jusqu'a ce que -M. Hemmings, capitaine de port, porta une ancre a jet
au vent a nous , et que nous ayant
envoye a bord le bout du cable, nous
pumes lever nos ancres en surete, et nous
mettre entre Dukes-Island et la terre;
Nousrestames dans cette position jusqu'au mois suivant, queoious entrames.
<#mmop
 (7)
dans la rade. Pendant le mois de Janvier 1795 , le tems fut tres-froid, et les
coups de vent frequens. Le contre-
amiral Parker, commandant le vaisseau
du roi le Haisonnable , fit le signal de
partir.
' Dans la nuit du 5, nous eumes un
violent coup de vent de PO. N. O.,
•qui nous cassa notre second cable ,
•nous jeta sur un transport , brisa le
bossoir et endommagea les grands porti-
haubans. Le lendemain, le beau t&eds
nous mit en etat de 'tfetrouver notre
ancre et d'episser not** cable. Nous
affourchames de nouveau le navire ;
car il n'y avait pas de* probabihte* d'ap-
pareiller avant que le vent vint au N.'E*.
Cependant on fit le signal de desaffour-
cher , et Pon donna ordre a tous les <j$-
ficiers de se rendre a bord.
Le 15, toute la flotte etait sous
voile. Le vent du nord qui souffrait,
etait le plus favorable que nous puis--
sions avoir, puisqu'il mit tous les na-
i795.
■3 any-
Fe'vr.
1
i5«
 (8)
vires qui etaient a Hamoaze et a Catwar-
ter en etat de prendre la mer. La flotte
-etait composee de plus.de 400, voiles,*,
qui, ainsi que nous, etaient retenues la
depuis le mois d'octobre. Lorsque nous
fumes en mer , nous apercurnes la
grande flotte sous le coinmandement
du lord Howe, qui attendait le convoi.
Le 16, beau tems et bon vent. A midi
le cap Lezard nous restart a PO. f S. O.
La latitude observeefutde 5o° i3' 3o" N.
Le convoi de Falmouth nous rejoignit.
Le 19 au soir, la grande flotte, conv
posee de 34 vaisseaux de ligne et de
7 fregates, se separa de nous. Le lenr
demain matin, le convoi pour le Portugal nous qnitta aussi, avec le Trusty
et la corvette la Mouche. Nous continuances notre route avec le convoi des.
Antilles, consis taut en 200 navires mar-
chands , escort^ par le B-aiso/inable ,
la fVLeduse , I'Iris , le Cormoran et la
flute le JDromadaire.
Le 2i , un grand frais,du S. 0. nous
<wiiuiii«uug|JUlMJlijjjgp >'«»■»
 (9)
forca de diminuer de voiles, et dis^ersa
les navires marchands..
Le 22 , le vent augmenta , et tourna
au N. O.
Le 24, les vents furent forts et vana**
bles du S. O. a l'O. Le lendemain il fit
calme 5 mais le surlendemain le vent
soufila dc nouveau avec force de l'O. et
du N. O. Ce mauvais tems separa la moi*-
tie du convoi,
Le i.er, nous quittances la flotte  de
Pamiral Parker, et  fimes route avec
la fregate VIris , le Reliance et le Sup-'
\ply. Nous trouvames  que  notre  cor-
[vette marcbait aussi bien que les na-
I vires marchands.
Le 2 , nous continuances notre route
au sud avec une jolie brise de Pest.
Le 5., dans la matinee , nous  aper-
[ eumes les iles Canaries. A midi, le pic
de Teneriffe nous restait au N. 88° So' O.
Des vents legers et variables, que les
Imarins   appellent rise'es folles_,  nous
I em.pecherent de mouiller avant le. 6 au
i795.
Fe'vr..
22.
2i,
Mars,.
m
 179*5-
Mare*
C »o)
matin, que nous jetames Pancre devan*
Sainte-Croix par 35 brasses. L'eglise
nous restait a l'O., et la pointe de Nago
a PE. | N. E. Comme il etait probable
que notre sejour ne serait pas long v|
nous n'affourohames point. Lorsque
nous allames saluer le gouverneur , il
nous fit des excuses assez frivoles de
ce qu'il ne nous invitait pas a diner ;
mais nous recumes cette marque de
politesse, et beaucoup d'autres encore ,
de M. Rooney, un irlandais etabli dans
cette ile depuis quelques annees. M. Cal-.
logan, le fournisseur de la marine, nous
procura de tres-bon vin, et nous envoya tous les jours de la viande frai-,
che. Nous primes aussi des bestiaux a
bord. Les legumes etaient tres-abon-j
dans. Les oignons et !es pommes dej
terre furent notre provision de mer*i
la plus saine et la plus utile. Le sol du
pays, autant que je le pus voir , estj
presque entierement compose de rochers  recouverts d'un peu   de  terrei
 ( " )
melee de pierres. Cependant la vegetation y est belle et vigoureuse ; ce
qui provient sur-tout de la qualite fertile de la terre volcanique. L'«au y
est tres-bonne , et on peut en prendre
une grande quantite. II est souvent
difficile d'aborder a^terre, a cause du
ressac le longde la cote. Quelques jours
avant de voir cette ile , nous aper-
cumes pour la premiere fois des poissons volans. Le fort ressac nous em-
pecha de beaucoup communiquer aveo
la terre.
Le 8, I'Iris et son convoi par-
tirent.
Le 15 , nous qaittames Teneriffe
avec de legeres brises du S. O., qui,
de tems en tems, variaient dans toutes
les directions. Nous ne perdirnes le pie
de vue que le 16. Ce jour-la, a midi,
le vent touma au nord , et continua a
soufiler en brise reglee. Le Reliance
el le Supply resterent nos compagnons
inseparables. L'ile de Gomera s'etendait
i795.
Mars*
8.
iS.
t6.
 («)
du N. 20° E. au N. 6o° E. L'ile de
Fer nous restait au N. 5o° O., a la dis*
tanee de 10 a 12 lieues.
Le 21 , dans la matinee , nous eumes
eonnaissance de Saint-Antoine, une des
iles du cap Vert. A midi, la pointe-
Si O. nous restait au S. 8° E., a 5 ou 6
lieues de distance. Sa latitude est de
17°o'46aN.; salongitude de 25° i6'2&"0..
Un vent alise assez frais ne tarda pa&-
a nous faire perdre cette ile de vue,
et nous continuances notre route au
S.  S. E.
Samuel Redriff mourut : c'etait un
jeune homme de 18 ans , tres - bon>
sujet. Une fievre continue Penleva en
trois jours.
Du 29 mars au 8 avril, tems etouffant,.
vent variable du N. au N. O. Des calmes
frequensnous empechaientd'avancer; de
tems en tems de forts grains, avec des
eclairs, du tonnerre et de la pluie.
Le 8, nous passames la ligne avec de
jolies brises du S. E,
 ( i5)
Du ii au 2? les vents fraichirent, de-
Vinrent plus reguliers, et au sud de
io deg. de latitude australe, ils tour-
nerent plus a Pest.
• Le 22, nous apercumes -Pile de la
Trinite. A midi, elle nous restait au
S. 4"*° E. Sa latitude observee fut
2i° 2i' 4I"S., sa longitude 2Q° 29' E.
Le 23, dans Papres-midi, nous per-
dimes la terre de vue. Le lendemain,
petit vent du N. E., qui tourna bientdt
a l'E. et s'y fixa. Comme nous avions
le dessein de toucher a Rio-Janeiro ,
nous gouvernames plus a l'O-; et a a3°
de latitude S., nous fimes route dinec-
tement a l'O. pour chercher une ile
qu'on dit-se trouver sous ce parallele.
Le 1 .er, vents variables - de tous les
points. Au jour, nous decouvrimes cinq
batimens etrangers. C^etait des navires
marchands venant du Bresil ct allant a
"Lisbonne. Ils avaient quitte Rio-Janeiro
depuis cinq jours.
Le a, de grand matin , nous vimes
 C *4)
la terre. A midi, le Cap Frio nous res*-
1J95' tait au N. i N. O. a 8 ou 9 lieues de distance. En meme tems nous jetames la
sonde par 70 brasses fond de sable -fin.,.-.]
D'apres nos observations, nous plaeons I
ce cap a 220 5gr 41" de latitude S., et I
41 ° 53' 12" de longitude E.
Le vent variable nous avak empe-
che   jusqu'au   5   d'atteindre   Pentree
du  havre  de   Rio - Janeiro.  Nous   mt
mouillames le 5 par   28 brasses fond?'
de sable. Round-Island nous restait au
S. 88°. O. La montagne de Sagar-Loaf
au N. 55° O., et les extremites  de la.f
cote du Bresil s'etendaient du N. 640 E.
au S..64° O. Le tems eta-it calme.
Le 6, dans Papres-jpidi , un pilote
vint a bord, et nous Levames 1'ancre
mais le calme nous obligea de mouiller
a Pentree du port. Le lendencain nous
fjknces plus herareux, efcnous mouillames en-dedans de Pile de Cobras pair
5 brasses et demie. Nous y trouvama«a|
une fregate petrtugaise et des navires
m
 (i5)
[marchands de differentes nations. Le
\Reliance, capitaine Hunter, nous salua
en entrant, et nous lui rendimes son
salut coup pour coup.
Nous  restames  a Rio-Janeiro jusqu'au 24. Durant cet  intervalle nous
visitances le grement, nous calfatames.
le navire, et fimes toutes nos dispositions pour mettre en mer. L'equipage
[eut toujours des provisions fraiehes ,
et  nous   achetames  a un prix raison-
[nable du vin, du rum et du sucre. On
nous donna toutes les facilites que nous
pouvions desirer pour nous procure!?-
ces objei&j mais nous eumes le de'sa-
igrement d'etre surveilles nuit et jour
ipar des canots de ronde, et aucun of-
jficier  ne  put  aller  a terre, a moins
d'etre aecompagne par un otficier por-
| tugais d'un  grade egal. Ces mesures ,
I die tees par une defiance derai sonnable ,.
firent que je n'allai qu'une fois seul.-Jb
terre, et une autre fois-avec le gouver-
neur Hunter, pons rendre nos devoirs au
 (j6)
vice-roi. Le sol, aux environs de Rio*-'
Janeiro, est geneValement bon , et produit beaucoup d'oranges , d'ananas, de
melons, de Cannes a sucre et autres plan-,
tes de la zone torride. 11 y a une grandeI
variete d'oiseaux, tels que des perro-
quets , des kakatoeS et differens oiseaux
demer, despaille-en**cul et des fregates.i;
On y voit plusieurs especes de singes ,.
dont une, nominee  Ouistiii 3 est extremement petite, ayant a peine 7 pouces^
de  long.  Les   batimens  du  capitaine;
Hunter n'etant pas prets , je partis seul >
apres avoir pris ses ordres , pour Port-
Jackson ; car la saison etanttTes-avan-
cee, j'avais   dessein de me  rendre a-.
la mer du -Sud en passant par* la terref
de Van-Diemen.   Rio-Janeiro  est   par
les 220 55' 17" S. et 420 5i' 16" E.
Le 25, la brise s'etant eleyee duN. E.,
nous fit bientot perdre de vue la cote
du Bresil.
Le 26, un vent frais nous porta ra-
pidement au sud 5 et quand nous ffimes
 pi
a 5i° de latitude S. , le vent tourUa
au N. et au N. 0. Nous dirigeames notre route au S. E., en dincinuant de
voiles a mesure que le vent forcait.
Le 2 , Les lames etaient longues; le
vent augmenta et souflla avec force
du S. O.
Le 5, bon frais du N. O., avec une
pluie continuelle. Par la latitude de
4o° S., nous portames a PE. dans le dessein de trouver Pile de Gough, et de
de'terminer sa position. Un fort coup
de vent du N. N. O., nous forca, dans
la matinee,- a metlre a la cape, oil
nous restames pendant quatre heures
avec un ris dans notre artimon. Alors
Je vent ayant diminue, nous mimes en
route.
Comme le vent d'O. revint avec plus
j de violence, et que le navire ne s'e-
levait pas assez sur la lame, nous mimes de nouveau a la cape sous le foe
d'artimon* Dans la soiree, le tems se
calma, et nous mimes en route,
i. a
1795
Mai.
Juin.
-2.
 (i8)
Le 10 , 'a une heure et demie apres
midi, nous apercfimes Pile de Gough ,
qui nous restait a PE. a 5 ou 6 milles de
distance. Noire observation a midi nous
donna 4o° ic/ latitude S.; mais elle n'e-
tait pas tres-sure. Le vent  augmenta.
Mais comme  je voulais faire des observations plus precises sur cette ile ,
nous mimes a la cape, sous le vent a
elle, a trois heures et demie : elle nous
restait alors au N. N. 0.  Les lames
s'eutre-cboquaient en tous sens. Pendant
la nuit  le vent  diminua. Nos  sondes
nous donnerent i55 brasses. A midi,
point d'observation.
Le lendemain 11, nous fumes aussi.
malheureux. Le tems fut pluvieux et'
brumeux. Comme il n'y avait gueres de-;
probability qu'il s"eclaircit , nous re-
primes notre route a PE. Les vents souf-
flaient bon frais du N. N. O., et la pluie
ne discontinuait pas. L'ile de Gough est
haute et tres-hachee. Elle n'a pas plus
de 2 a 3 milles de circuit. Nous n'yi
 I *9 1
apercumes pas le moindre signe de vegetation. Mais comme le tems nous em-
peck d'y aborder , nous ne pumes faire
les observations que nous desirions j et
ce que nous disons de son etendue
est meme peu certain. D'apres nos mon-
tres marines , nous la placons a 4o° 19'
de latitude S. et a 90 27' de longitude O.
Cependant, le tems embrume peut nous
avoir fait commettre une erreur de
5 it 4 milles.
Le 12, bon frais du N. N. O. Nous
fimes route a PE. , nous maintenant
toujours a-peu-pres sous le parallele
de 4*° 3o' S., quoiqu'il ne nous fut possible de prendre hauteur que tous les
trois jours. Le vent diminuaet varia
au S. O., depuis que nous fumes parvenus a PE. du meridien de Greenwich.
Le 16 , le vent revint au N. N. O. en
augmentant de violence. Hugues Mac-
donald tomba de la vergue sur le pont,
en prenant un ris au grand hunier ,
et fut tue du coup. Vers ce tems nous
 (ao)
• vfmes pour la premiere fois des albatros
et le bel oiseau appele damier, ainsi
que beaucoup de mouettes et des bees
en ciseaux.
Le i .er, vent variable de PE. et du
S. E., et tems brumeux. Nous vimes
un grand nombre de phoques Uager au-
tour du navire, et nous passames au
travers de quelques.go'emons. Nous reclames un fort coup de vent du N. et
du N. O. Dans la matinee, afin de moins
fatiguer , nous serrames la misaine , et
minces a la cape sous la pouillouse , car
le vent soufflait avec la plus grande
violence du N. O. , et il pleuvait a
torrens. Pendant la nuit notre barre de
gouvernail rompit.
Le 14, le vent tourna a l'O. ; tems
par grains, et froid.
Le 19, de pesiats vents et un tems
convert n©^ engagerent a guinder
nos mats et nos vergues de perroquet;
Nous minces dehors toutes nos voiles
legeres , qui ne nous avaient gueres
 (21   )
servi durant cette traversee orageuse.
Le 28, le vent du S. S. E. devint tres-
fort. Le batiment etait sous ses voiles de
cape j tems par grains , mele de pluie.
Le 2 , vent frais , tems couvert ;
latitude , 44° &' S. A une heure et
demie apres midi, nous vimes la terre
de Van - Diemen presque entierement
couverte de neige. Elle nous restait
au N. I N. E., le vent N. N. E.
Le lendemain , leS deux extremites
restaient a midi au N. 5° O. et au
N. 620 O. ; latitude , 44° 5' S.
DaUs la soiree du 4 > la terre s'eten-
dait du N. 54° O. au N. 71 ° O. Le vent
continuant a soufller au N., nous ne
pumes pas en apercevoir davantage ,
parce que nous etions obliges de tenir
le plus pres en faisant route a Pest.
Le 6, nous fimes ensuite le N. N. O.,
dans le dessein d'apercevoir Pile de
Furneaux , et de visiter l'espace in-
connu entre cette ile et le cap Howe,
si le tems le permettait.
1795.
Juillet.
28.
Aout.
2.
6.
 (22)
Nous continuances notre route au N.
jusqu'au 12, sans avoir pu apercevoir
Pile Furneaux. Les vents etaient passes
a TE., grand frais". Au coucher du soleil nous, vimes la terre , et en consequence nous fiiUes porter au N. N. E,
Le iendemain matin , nous trouvant
par 34° 5o' S., c'est-a-dire quelques
minutes plus au S. que le Port-Jackson,
le tems.etant tres-clair ,nous eumes le
desagremgnt de ne plus voir la terre,
et celui de croire que nous nous etions
trompes.
Le 13 , le vent du N. O. venait droit
de terre. Nous etions au N. de Port-
Jackson. .
Le i4, au point du jour, nous vimes la terre au N. O. A midi, beau
tems clair. Le cap Hawke nous restait
au N. 88° O., et les deux extremites
de la cote s'etendaient du S. 220 3o' O.
auN. 20 E.; latitude observee, 32° 1.1' S.
Le i5, nous louvoyames pour nous
elever au vent. A midi, le cap Hawke
 (25)
nous restait au N. 25° 0. et les iles au
large de Port-Stephens au S. 710 O.;
latitude, 32° 38' S.
Le 18 , le vent continuant a soufller
du S. O., je vis qu'il n'y avait pas
moyen de gagner le S. pour aller au
Port-Jackson : c'est ce qui me deter-
mina a faire route pour le Port-Stephens , oil nous entrances , et nous y
mouillames par 5 brasses et demie fond
de sable. Les pointes de Pentree etaient
ouveites du S. 120 E. au S. 85° E-
Pour plus de surete , je fis mouiller
en outre une ancre a jet • ensuite
j'envoyai nos canots pour chercher de
Peau. Nous restames la huit jours , et
,y fimes notre eau avec beaucoup de
facilite, a un lac situe sur la cote sep-
tentrionale. Pendant notre sejour, nous
eumes de frequens rapports avec les
naturels. lis sont de la meme race que
ceux qui habitent Port - Jackson et la
terre Van-Diemen. Ce sont deshommes-
simples , paisibles  et   doux.  Lorsque
 if
(=4)
nous nous approchions d'eux, ils fai-
saient retirer  leurs femmes   et  leurs
enfans. Nous trouvames quatre anglais
qui, s'etant enfuis du Port-Jackson dans
un canot, vivaient avec eux depuis cinew
ans. Ils etaient au nombre de cinq lorsj
de leur  arrivee , mais il en etait mort
nn. Ceux  qui restaient    etaient   dans
l'etat le plus miserable, et ressemblaient
a des spectres. Pour leur subsistance m
ils dependaient  des sauvages. Ceux-ci'
leur donnaient de tems en tems quelques provisions, dont eux-memes n'e-
taient pas abondamment pourvus. Mal-
gre leur situation deplorable , celui qui
les avait engage a deserter refusa de,
venir a bord. Nous reunimes quelques**
objets  que nous voulions  lui laisser r
afin   de  rendre  son existence   moinsi
malheureuse. Cependant, l'ayant assure
qu'on le traiterait bien , et que  pro-
bablement on ne le punirait pas de sai
conduite passee , il consentit a se join-
dre aux autres et a venir avec   nous.
*
 (25)
Un ou deux de ces gens etaient maries.
Ils abandonnerent leuffi femmes et leurs
enfans, sans temoigiSfir beauqgnp. de regrets. Le sol, autour de Port-Stephens ,
est prineipalement compose de sable et
de debris de vegetaux. Cependant il
est un peu meilleur dans les endroits
bas et humides. En general le pays eSl
sterile , et n'est pas susceptible d'up
haut degre de culture. La cote offre
une grande variete de poissons , tels
que des mulels , des grosses - tetes ,
une espece de torpille , des flez. On
voyait dans les bois plusieurs belles
especes de perruches, et un petit oiseau d'un plumage brun, qui ressem-
blait un peu au moineau de Java. Quant
aux quadrupedes , nous apercumes des
kanguroos, des chiens , etc. Nous trouvames sur le rivage une grande quantite de coquilles differentes , tres-agrea*
blement diaprees , telles que des buc-
cins ou murex, des moules, des hut-
tres ,   des lepas   et de superbes in-
i795.
Aout.
 -~-_J*_„
■<sm
(26)
- dividus de la conque de Venus. Les
2 k ' naturels se nourrissent prineipalement
de poissons, de racine de fougere et
de la chair de chien. S'il arrive qu'une !
baleine morte soit jetee sur le rivage,
c'est pour eux un mets delicieux. L'as-|
tronome fit les observations suivantes
a Paiguade , qui etait par le travers du
navire:
I
Latit. par le milieu de 4 hauteurs meri-
diennes du soleil 52° 4*'33" S.
Longit. par le milieu de 4 garde-tems.    . i5i° 44' 44' &
Longit. par le milieu de 12 se'ries de distances lunaires i52° 4'4pfl|
Difference en longit. entre
Port-Jackson et Port-Ste'phens ,
par le milieu pris entre la diffe'-
r^nce en long, de 4 garde-tems. 53' 46"
Longit. de Port-Jackson, par
un milieu pris entre les de'ter- > i5i°43' 49"E-
minations de M." Malespina et
Crosley i5x° 10'  I
Longit. de Port - Jackson ,
conclue de ces diverses don-
ne'es.     ...-*....
p\    <^fS?*="=23!l
 (27)
Le 20 a midi, nous embarquames nos •
canots, et fimes route pour le sud avec
un vent d'E. Le Port-Stephens nous restait au N. 760 O, et les extremites de la
terre s'etendaient du N. 240 E.,au S.
75°. O. lat. 32° 5i' S. A minuit nous
primes la bordee du N., et au jour celle
du S. et S. S. O., suivant que le vent le
permit. Nous avions 70 brasses d'eau :
la matinee fut brumeuse, le tems plu-
vieux , le vent augmenta , et nous fumes menaces d'un coup de vent du S. %.
qui nous aurait affale sur la cote. Nous
■ fimes force de voiles pour nous refugier
dans le Port-Jackson avant la nuit. A
midi, la tour des signaux de la pointe
S. nous restait au S. 32° O., et nous
doublames la pointe N. a un demi-mille
de distance , avec toutes voiles dehors.
A midi et demi, nous nous trouvames
a Pentree du port 5 et a une heure, comme
■nous entrions, un pilote vint a bord.
Dans Papres - midi, nous affourchames
avec nos deux ancres de bossoir dans
1795.
Aout.
20.
'
 (28)
l'anse de Sydney, et nous amenames
179 " nos vergues et nos mats de hune. Dans
la nuit, le coup de vent devint une tem-
pete, ainsi que nous Pavions prevu. Elle
continua le lendemain avec la plus
grande furie, et il nous fut impossible
d'envoyer un canot a terre. Nous ne
pouvions assez nous feliciter de nous
trouver a Pabri*; car si nous eussions
reste en mer, il est probable que le batiment n'exit jamais pu se relever def
cote. En effet, depuis que nous la lon-
gions, nous n'en avions jamais ete a
plus de deux lieues. Nous trouv&mes le
major Paterson, commandant le corps"
de New-South-Wales, qui remplissait
les fonclions de gouverneur. Il nous
recut avec la plus grande affabilite, et
nous prodigua toutes lea politesses et
les marques d'attention qui etaient enf
son pouvoir. En mon particulier, je ne
puis assez hautement exprimer ma reconnaissance de la maniere amicale dont
je fus traite par le major et sa femme,
m"*,m*
 (29)
durant notre long sejour ici. Nous nous
mimes sans delai a reparer le batiment,
a le calfater en*-dedans et en-dehors, et
a visiter le grement. Nous etablimes
des tentes a Cattle-Point, afin que Pas-
tronome put verifier les garde-tems. On
jetait tous les jours la seine pour se procurer du poisson; et en envoyant un
Canot a Garden-Island, on nous four-
nissait tous les jours, d'apres les ordres
de M. Paterson, une bonne provision
de legumes pour notre equipage.
Le 8, le gouverneur Hunter arriva
avec ses batimens, ayant mis 97 jours a
venir de Rio-Janeiro.
Le 12, nous saluames son Excellence
de 13 coups de canon,lorsqu'on fit lecture des lettres-patentes qui le nom-
maient capitaine general de New-South-
Wales.
Le 6, le navire etant pret, nous de-
saffourchames, et vinnces nous mettre a
la passe. En quittant Panse , nous saluames le Reliance de la voix. %
 (3o)
Le 13 au matin nous quittames defi-
nitivement le Port-Jackson. A midi, la
pointe S. de Broken-Bay nous restait
au N. 34° O.; lat. 53° 5o' S., et la pointe
N. de Port-Jackson,au S. 88°O.Durant .
notre sejour, nous primes a bord des
navires marchands, et a terre plusieurs
bons matelots pour completer notre
equipage, dont la sante etait parfaite.
Nous nous gardames bien de suivre
l'exemple de quelques navires qui, ayant
aborde a cette colonie , en avaient em-
mene des condamnes. Cette coutume,
malheureusement generale dans les navires marchands, a contribue a corrom-
pre les mceurs des insulaires de la mer
du Sud. Car dans les traversers a la cote
N. O. de PAmerique, ces homines de-
sertent presque toujours, soit aux iles
de la Societe, soit a celles de Sandwich.
Le sol aux environs de Port-Jackson,
est generalement leger et sablonneux.
Dans Pinterieur du pays il est beaucoup
meilleur et produit abondamment du
 (3i)
We et toutes sortes de vegetaux. L'hiver "'"     ■
„   ., .      , .   1795.
y est trop froid pour que les plantes de -3 *a
la zone torride y puissent bien pousser;
mais celles du cap de Bonne-Esperance
y sont de la plus grande beaute. L'arbre
a pain, et le cocolier qu'on y a apporte
depuis peu, n'ont pas reussi. Les bana-
niers et la canne a sucre ont mieux fait j
il parait cependant que ces deux vegetaux n'y acquerront jamais un grand
degre de perfection. II y a plusieurs es-
peces de plantes et de fruits que Pon
pourrait essayer de naturaliser ici,
comme les groseilliers avec et sans epi-
nes,etles differentes varietes de pom-.
mes, poires , prunes , citrons, peches ,
ainsi que le gouet-manioc(arum escu-
lentum), les ignames et les patates. Les
fleurs y sont encore chose inconnue. On
y voit des oiseaux de plusieurs especes,
tels que les kakatoes blancs et noirs,
divers perroquets , des corneilles, des
mouettes et des nigauds. L'emeu appar-
tient au genre  du casoar; il devient
 Octob.
(32)
■ j '- tres-gros tet ne peut voler non pits que
r-wi/ les oiseaux de cette famille. Les prin-
cipaux quadrUpedes sont les kanguroos
de deux especes, les* opossum, les ecu-
reuils volans, les souris, les rats-kan-
guroos, et une espeoe de fitret. Les
reptiles sont les serpens * dont quelques-
tUis d'une grandeur demesur£e , des
ignanes, des leza«?ds', des grenouilles.
On trouve en abondance dans lesbaies,
des saumons, des anguilles, des muletsj
des perroquets, des flez, etc.; et sur lea
rivages, des huitres , des moules, des
tonnes et autres coquillages. On y prend
quelquefois de tres - gros requins, ell
c'est le seul moyen qu'on ait de se procurer de l'huile.
Voici les observations astronomiques
que Pon fit a terre, a Cattle-Point, qui
forme un des cotes de Panse de Sydney ;
c'est oil les Espagnols avaient etabli leur
observatoire.
^wwswiwwsasasjjc'*'*! I
 ( 33 )
Latit. par un milieu de plusieurs hauteurs me'ridiennes
du soleil 33"5i'47"}S.
Longit. par le milieu de go
se'ries de distance de la lune,
dont45al'E. et 45 a l'O. . . i5i°  9' 48" E.
Variation du compas. . .   n° cf N. E.
Le mat de pavilion de la pointe S.
restant au N. 730 45'"E. du compas, a h
distance de 7 milles.
il
*.
 (54)
CHAPITRE   II.
Traverse'e du Port-Jackson a Tajti. — Observa-
. tions. — Arfiiye'e a Mowee ; situation deplorable de cette ile. —Arrive'ea Wohahoo.
Visite de Tamaah-Maah • guerres et ambition
de ce chef. — Nous monitions dansla baie de
Yam. — He d'Onehow.
Le i 4 octobre nous fimes route pour
le N. de la Nouvelle - Zelande ; notre
intention etait de toucher a Tahiti en-
nous rendant a Nootka-Sound. A trois
heures apres midi, la cote de la Nou-
velle-Hollande s'etendait du N. O. I O.
a l'O., et peu apres nous la perdimes
de vue.
Le 19, etant par les 33° 10' de lat. S.
et 1690 de long. E., le vent du S. O.
sauta au N. E. en bourasque 5 mais cela
ne dura pas : car le lendemain il tourna
auN. 0.,etnous reprimes notre route
a Pest.
 (35)
Du 24 octobre au i3 novembre , nous
fjgd
•etc
24
13.
teiimes generalement les vents du N. O.
b, . Octol
au N. E.j souvent grand frats. Nous
fumes une fois obliges de mettre a la
cape.
Le 13 novembre nous etions par 3o°
33' de lat. S., et 1970 53' de longit. E. j
nous faisions le S. E. Nous n'avions pas'
puobserver la latitude dep"uis leg. Nous
nous trouvames i° 3o' au nord de notre
estime; e'etait la seule direction dans
laquelle nous eussions eprotfve* un courant. Dans, la nuit nous porlames au
nord.
Le 18 le vent nous devint plus favo- 18.
rabie, et a midi etant, d'apres les mon-
tres, par les 280 33' de lat. S., et les
201 ° 27' E. de long. E., nous observances
les distances du soleil a la lune • ce qui
nous donna, a peu de chose pres, la
meme longitude que la montre.
.♦.Le 25,it 2 heures 4.0 minutes apres
minuit, nous eumes connaissance de
Pile d^Ohetorea ,   qua nous restait au
 !&
Nor.
28.
( 36 ) .
-—'W1- N. E. 6° N. Comme elle se trouvait sur
'9 ' notre route, nous primes la bordee du
large pendant deux heures, puis nous
virames de bord et portames le cap des-
sus. A midi elle s'etendait du S. 3° E. aU
S. 3° O. Notre observation ne fut pas
tres-sure; elle nous donna 220 o' 54'^
S., et 2080 32' 48" long. E.
Le 28, des vents frais de PE. nous
porterent en vue de Taiti, qui nous restait au N. N. E. A.i 1 heures du matin,
nous virames vent devant. La pointe E.
de Pile nous restait au N. N. E. La
pointe basse dans le centre de Pile au
N. 5° O. au large , et la pointe E. de
Tiaraboo au N. 740 10'; lat. observee,
17° 47' 32" S. long, obs., 2100 4af 2o'5
E. j longitude estimee, 2080 53' E. 1
1 Nous croyotis qu'il s'est glisse quelque erreur
dans ces relevemens. II nous a e'te impossible de
les faire cadrer avec la latitude observe'e a midi,
que nous avons diminuee de quelques minutes ,
pour tenir compte du chemin fait probablement
Au S. de II heures a midi. II nous a ete e'gale-
wr
 (57)
Le 29, peu apres midi, le vent nous        -'
devint plus favorable et nous forcames   ^
■r » INov.
de voiles. En passant devant la baie 2C,
d'Ohitepehah,nous fumes entoures de
pirogues. A 5 heures du soir nous mouillames dans la baie de Matavai par cinq
brasses. Le Iendemain?matin, nous nous
touames dans un meilleur mouillage.
En faisant cette operation, nous dra-
guames une ancre dont le j'at etait en
fer. Elle avail appartenu au Bounty, qui
la laissa dans cette baie lorsqu'il coupa
ses cables-, et qu'il partit, nconte par les
revokes qui etaient restes. Dans la journee, nous dressames nos tentes sur la
pointe de Yen us , afin de verifier lament impossible de pouvoir distinguerla pointe*
E. de la terre qui e'tait en vue, de la pointe de
Tiaraboo, qui est efFecti.vem.ent la pointe la plus
E. de 1'ile. Nous n'avona-donc pu supple'er a la
faute d'impression-qui a e'te' commise sur le rumb
de vent du dernier relevement, dans lequel on a
©mis de marquer s'il avait e'te' fait a l'E. on a l'Ot
du nord. (Note du traducteur.y.
wmmi
 £38)
marche des garde-tems, et de completer notre provision d'eau. Les habitans,
nous aiderent de tout leur pouvoir dans,
nos differentes operations, et nous four-
nirent en ahondance des vegetaux el{
des provisipns.
Le 11 decembre nous quit lames Ta'itl
avec un joli vent et tres-beau tems. A
midi la pointe de Venus restait a PE.5° N.
a 5 a 4 milles de distance. Nous mimes
en travers afin d'embarquer nos canots-.**
et de prendre conge de nos bons amis.
A mon depart, je les saluai de quatre
coups de canon, sachant que cela lean
ferait plaisir. 11 n'y avait pas un homme
malade dans tout Pequipage. Les pontsi
etaient couverts de vegetaux et de co-
chons, dont plusieurs pesaient plus de
200 livres. Les voyageurs qui ont visited
Taiti avant moi, ont donne des descriptions si detaillees du pays et de ses ha-.
bitans, que tout ce que je pourraisajou-.
ter serait superflu. C'est pourquoi je me
bornerai a un tres-petit nombre d'ob-
«»•
 ( 59 )
servations. Le sol de cette ile *st excel*
lent. II consiste en une terre argileuse
rougeatre, quelquefois sablonneuse et
d'une couleur noire. La partie inte*
rieure du pays etant montueuse, est
moins bonne que celle qui est plus pres
de la mer. On y trouve differentes es-
peces d'arbres. Toute Pile est abondam»»
ment pourvue de sources et de ruis-
seaux. 11 y a une grande quantite de
crustacees et de coquillages, et beau*-
coup de sortes d'oiseaox de terre et de
mer. Les oies y sont naturalisees\ Mais
suivant ce que j'ai pu apprendre, les
chevres sont la seule espece de betajijt
d*Europe qui s'y soit muhipliee. L^
naturels raangent les chiens. el les
chats.
A 4 heures apresiaaaidi, la pointe de
Venus nous restait au S. 53° E., a la distance de 12 milles. A 5 heures du matin nous vimes Pile de Tethowroa, qui
s'etendait du S. 74° E. au S. 6o° E.,a 4
ou 5 lieues de distance. Nous relevances
 (4o)
Taiti au S. 200 E., et Eimeo an S. 4° E.
Nous avions toujours un petit vent de
N. E. Le 12 a midi nous ne vimes pluai
la terre.
A 4 heures et demie aprfcs midi, la
montre n.° 1 donnait 2100 12' iSKE.,
lorsque la pointe de Venus' nous restait
au S. 53° E., a 12 ou 13 milles de distance; ce qui etablirait sa longitude a
2100 32' E., qui est celle trouvee par
Coor Le 28, le meme n.° 1 etait d'ac-
cord, a 3 minutes pres , avec la longia
tude de la baie d'Ohkepeha, etle lende*.
main nous avions vu cette baie; Depuis
lors u ne s'etait passe que 12 jours; nous
n'avions done pas sujet de penser qu'il
eut varie dans sa marche depuis notre
depart du Port-Jackson. Cela nous fit
d'autant moins regretter Pimpossibi-
lite- ©u s'elait trouve Pastronome de
faire des observations a la pointe de
.Vennsv' Le barometre y acrait eu des
mouvemens tres - irBegiiliers, occasio-
nes par la violence du ressac qui ve-
 (4i )
nait frapper Pendroit ou sa tente etait
dressee.
Le 16, tems assez doux , avec des
grains par intervalle. A 9 heures et demie, nous apercumes une ile par notre
travers au vent. Elle nous reslait au N.
780 E. A 11 heures et demie., nous
louvoyames pour nous en approcher.
A midi elle fut relevee a PE. 190 S. Elle
ne pouvait etre vue que du haut de la
grande hune. J'estimai sa distance a 5 ou
6 lieues. Son extremite S. etait ia plus
elevee, et couverte d'arbres qui ressem-
blaient a des cocotiers , par la maniere
donteils etaient disposes en groupes detaches le long du rivage. Nos releve-
mens plaeent cette ile a 90 57' lat. S., et
2090 55' E. Mais il faut faire attention
qu'ils ont ete pris du haut du mat avec
une petite boussole portative, et la distance angulaire des deux exlremites a
ete observee avec un.octant.
Le 17, Pile s'etendait de PE. 5° S. au
S. E. £ E. a environ 5 lieues de distance *,
 ""•^■yw
nm
i795.
Pec,
*&.
19.
?4<
(40
et si je ne me trompe pas dans Peslime
de sa distance, elle doit avoir environ
5 milles de longueur, et s'etendre du
N. au S. Je la nommai ile Caroline, en
l'honneur de la fille de sir P. Stephens,
membre de Pamifaute.
Le 18,nous eumes une houle du N.E,
que nous n'avions pas encore eprouveej
je Pattribuai a ce que nous etions sur le
parallele des Marquesas, et que nous
n'avions plus' de terres a PE. Le grand
ocean Pacifique est couvert depuis'HI
20e jusqu'au ioe deg.de latit. australe,
d'iles basses j et lorsque le vent vient de
ces iles, la mer est tranquille dans '1|§
partie oil nous avions passe.
Le 19, nous vimes beaucoup d'oi-.
seaux, sur-tout des fous. L'etourderie
de mon domestique mit mon barometre
hors d'etat de me servir; il en avait casse
le tube de verre, accident que nous ne
pouvions reparer.
Le 24, vent alise Ires-fort, qui dura
jusqu'au premier Janvier 1796, que nous.
A>_—;
wmamtmisniSdlr'
 (43)
pous trouvames a la hauteur des iles i'§#*|
Sandwich. ^P
Premier Janvier, vent tres-fort et  Jam*-,
tems par grains, avec une houle del'E»     *
A 2 heures apres midi, nous apercumes
distinctencent la terre. En approchant
de Pextremile O. d'Owyhee, les vent§
furent variables de tous les points*
Le 2, tems calme et couvert, qui con- su
tinua dans Papres-midi, et permit a plusieurs pirogues de venir nous apportej?
des cochons et des vegetaux. A i o heures
du soir, nous eumes une petite brise de
terre; nous longeimes la cole jusqu'au
jour, et nous eprouvames un fort cou**
rant qui portait au N. O. A 7 heures,
nous apercumes upe voile dans le N. O,
Les habitans nous dirent que c'etait un 1
brick anglais qui avait quiUe la baie
dans la nuit.
Le 3, les vents faibles, et variables    5,
nous encpecherent d'entrey dans la baie.
C'est pourquoi j'envoyai un officier dans,
le grand canot, pour prendre des yen-
"HI
 (44)
seignemens sur le capitaine Vancouver;
J79 • ayant appri&que j'en pouvais savoir des
nouvelles d'un navire americain qui se
trouvait la. Le canot, a son retour, con-
firma ce que nous avions deja entendu
dire; c'est que le capitaine Vancouver
avait fait voile pour PAngleterre avec
le Chatam et le Discovery. Cette nou-
velle venait du brick anglais. II avaiM
rapporte qu'ils etaient partis de Valparaiso en juin ou aout 1795, pour retour-
ner en Angleterre par le cap Horn.
Nous fimes le S. S. O. pendant toute la
nuit, et a 7 heures du matin nous por-
tames au N. Oi
Le 4 5 d'apres Pestime , nous avions
couru 5 lieues sur la terre , et cepen-
dant nous ne paraissions pas nous en
etre approches. Notre grand eloigne-
ment nous empecha d'y avoir aucune
communication. Nous ne pumes attein-
dre la cote avant la nuit, a cause des
petits vents et du calme qui se suc-
eedaient.
mo
 (45)
Le 8, les vents furent variables de
la partie du N. A Paide de nos encbar-
cations, nous mouillames dans la baie de
iKarakakoa, oil le brick americain lady
I Washington nous salua de 7 coups de
canon : nous lui en rendimes 5. Dans un
[instant notre batiment fut entoure de pi-*
[rogues remplies de femmes, de fruits
let de legumes. Dans Papres-midi, nous
|mouillames par   18 brasses ,  en nous
affourchant avec notre ancre a jet. Les
pointes formant la baie nous restaient au
S. 5° O. et a l'O. 3° N.
Le 11, nous placames, dans un champ
pres du Morai, la tente de Pastranome,
pour verifier la marche des garde-tems.
M. Young , lieutenant des troupes de
la marine , accompagne d'un caporal
jet de sept fusiliers, formaient un de-
tachement pour proteger les operations
astronomiques. Le terrain que nous
avions choisi etant regarde comme sa-
cre, il n'etait permis qu'aux pretres
du Morai d'en franchir les limites : il
1796.
Janv.
8.
11.
 (46)
e&t ete difficile de trouver un lieu plus
1706. ...
' **"     tranqmlie«
Janv.
Depuis que nous avions pass<l fa K*
gfie , le batiment avait fait 2 a 4 pouces
d'eau. par heure. Nous profitameS de
1'occasion qui se prlsentait d'en trouver
la cause en desarrimant la cale , et
donaant une barfde au navire. Mais
toutes nos *echerches furent vaines. On
vida aussi la soute au pain , afin de
detruire les' mseetes par le feu. Nous
eumes le chagrin de voir que nous n'ar
vions atteint notre but que tres-impara|
fakement.
Nous tirames tftce salve a Phonneur
du jour de la naissance de la reine. Le
tems devint plus favorable pour les observations de Pas*r<$nome , et le 20 il
eut pour la premiere fois des; hauteurs
csarrespondajates. Depuis le 26 jusqu'au j
31 , le tems ne'permit pstf de faire des ■
observations ; isais>le 5i dans 1 'apres- i
midi, on en obtint de correspOndantes.
Aussitot on abattat les tentes • et comnfl-'i
MMll
 (47 )
nos emba?*eations ne pouva^ent pas ap-       7"
procher du rivage , nous transportames   ,
I nos effets sur les doubles pirogues des
| habitans. A. 4 heures du matin , nous
quittances la baie avec une brise de
terre. Durant les trois   semaines  que
nous restames mouilles dans cette baie,
I nous eumes  constamrnent pendant la
nuit des brises de terre qui allaient en
diminUant, jusqu'a huit heures du matin  qu'elles  cessaient. Dans le  jour ,
nous avions de petils vents et des brises
du large. Le ressac periapt rarement
a nos canots d'aborder jee qui ne nous
gena pas beaucoup; car  les insulaires
nous offraient de bon eoeur leurs pirogues , qui etaient des embarcations plus
! ^«(res. J'eustout Heu d'etre satisfaitde la
maniere dont les naturels nous reeurent*
et de leur conduce envers nous. Aucun
vol de consequence ne fut eommis, et
nos operations ne furenl pas interrom-»
pues. Tout Pequipage descendit a terre
en differentes fois ; personne  ne foil
 (48)
insulte , et nous eprouvames beaucoup"
de bonne volonte et de douceur de
la part des insulaires. Tamaah-Maah nous
envoya d'abondantes provisions de co-
chons pour notre consommation jour-
naliere. Nous etions redevables de cette
marque de generosite a Pinfluence qu'un
matelotanglais avait sur lui. Cethomme,
appele John Young , demeurait dans
Pile depuis 6 ans. Tamaah - Maah,
accompagne de tous ses chefs et de
16,000 hommes , etait parti pour aller
faire la conquete des iles sous le vent.
II les avait toutes soumises,al'exception
d'Atooi. Cela nous empecha d'acheter
des cochons, parce que tous les" chefs
avaient consacre leurs proprietes par le
Tabou. Un chef aveugle nomme Mahoa,
exercait le pouvoir executif de PEtat,
sous la direction de Young. II semontra
tres-empresse a pourvoir a nos besoins.
Les pretres du Morai furent aussi tres-
honnetes envers les personnes qui etaient
postees aupres d'eux. Tous les habitan*
 (49)
pariaient du capitaine Vancouver avec
les plus grands eloges. L'impression
favorable que sa bonne conduite a pro-
duite sur eux, et les sentimens de bien-
veillance que leur ont inspires les Europeans qui vivent ou ont vecu parmi eux,
me donnent lieu de penser que les navires peuvent aborder ici en toute su.-
rete, et y trouver ample provision de
rafraichissemens. Toutes les marcban-
dises d'Europe ont beaucoup perdu de
leur valeur. Le betail que le capitaine
Vancouver y a laisse , s'yest multiplie.
II etait en tres-bon etat, et il est probable
qu'il ne tardera pas a garnir Pile, car
il est consacre parle Tabou pour 10 ans.
Les chevres s'y propagent d'une maniere surprenante. Je leur en donnai
encore une , ainsi qu'un bouc , et une
couple d'oies et de canards. Je confiai
tout cela aux soins d'Young. Le premier lieutenant leur donna aussi ses
pigeons. Durant notre sejour, on planta
des vignes apportees de Port-Jackson,
1 4
\r~
 (5o)
et on sema d'autres plantes. II n'y avait
pas dans Pile beaucoup de melons ni
de potirons ; mais on nous apportait
des chous excellens , qui pesaient pres
de deux livres. Ils etaient cultives a
quelque distance de la baie, "et on
nous en faisait present.
A bord du navire, le thermometre
varia de 74 a 780 ; a terre , pres de nos.
tentes , il se soutenait de 79 a 86°.
Le 20 Janvier, la montre n.° 1 mar-
qua la longitude de la baie de Karakakoa
a 203° 46' 45" E.; ce qui ne differe que
de 11' de la veritable, telle qu'elle a
ete fixee par le capitaine Ring et
M. Bay ley. Cette erreur de n' porte
sur 108 jours, tems ecoule depuis
que la montre avait ete reglee a Port-
Jackson par M. Crosley.
Le 51 Janvier a midi, le retard ah-
solu de la montre n.° 1 sur le tems
moyen, etait a la baie de Karakakoa de
14 h. 3i' 20" 19, et son retard journa-
lier sur le tems moyen de 6" 594.
 mO a
oi    ■   O
f-t  <L>   cd
(SO
Variation a bord du navire, milieu »« .-..■«■
de trois compas.    |   |    .    .    .    . 8°i5'N. E.   1796.
Variation a terre, sous les tentes , Janv.
d'apres un grand compas d'Adams. g 12 N. E.
N.° 1.     .    .    .    .    .) 2o3°4*7' 4"
Montre depochen." 2. f 2o5 48 19
Boite A. . . 56. . . • . C 199 36 42 •
Boite E. . . 48 J204 44 56 .J §iSjj
Le releve qui precede fait voir la longitude de la baie, indiquee par les diffe-*
rentes montres , d'apres leur marche
reglee a Port-Jackson. Le garde-tems
d'Arnold a une marche si peu sure ,
qu'il n'est d'aucune ulilite.
Longitude de la baie , sui-
Vant King et Bayley.    .    .     . 2o5° 5f 45" E.
Latitude , milieu de 6 hauteurs du soleil a midi.    .    .    19 28    9 5 N.
Milieu de  i5   distances
d'Aldebaran a l'O. de la
lune 204 27 5o   E.
Le i.er, nous sortimes de la baie avec  $gvti
Un petit vent de terre, laissant le na-    I#«
vire americain a Pancre. A 8 heures du
matin il fit calme, et nous eprouvames
 f
1*1 T
•
3.
6.
un courant qui nous portait au N. 0.
A midi , nous eumes la latitude de
19° 3i' N. La pointe N. de Karakakoa
nous restait au S. 7 2° E., a 5 ou 6 milles
de distance.
Le 3 , les vents alises nous empe-
cherent d'atteindre la partie S. O. de
Mowee avant le coucher du soleil. Nous
mouillames alors vis-a-vis le village de
Rahina par 29 brasses fond de sable , a
environ 1 mille de la cote.
Comme nous jugeames qu'il nousse-
rait facile de nous procurer des fruits et
des legumes dans cet endroit, nous y
restames jusqu'au 6. Nous eumes des
vents doux et legers, et nous eprouva-
mes un courant tres-fort qui portait au
N. O. Le village  s'etend l'espace  de
2 milles le long du rivage. Au large de
la pointe E., dans la direction du village , il y a un petit ressif, eu - dedans
duquel les chaloupes et les canots peu-.
vent aborder. A chaque extremite est
un ruisseau dont Peau est excellente:
 (53)
mais celui de l'O. est le plus commode
pour les navires; car a une petite distance a l'O. de celui - ci, ils peuvent
mouiller dans une jolie baie d'un fond
clair, par 5 brasses , tout contre terre.
Nous aliions souvent a terre, et les in-
sulaires se comportaient tres-honnete-
ment. La culture etait bien entendue
et tres-soignee. L'espace de terre qui y
etait employe, nous rappela le souvenir
de notre patrie. On y.voyait du gouet-
manioc, des patates, des melons, des
Cannes a sucre, des calebasses, des girau-
mons. Tout cela se trouvai t au milieu de
bosquets d'arbres a pain etdecocotiers,
qui nous procuraient toujours une promenade ombragee. Mais ce village, qui
etait la residence du chef mort depuis,
fut entierement delruit a Parrivee de
Tamaah-Maah. II ne presenta plus que
le spectacle de quelques mechantes ca-
banes oil les habitans se mettaient a
l'abri lorsque le hasardles y conduisait;
jusqu'a ce que le conquerant eut par-
mm
 (54)
tage Pile entre ses compagnons. On n'y
voyait pas de cochons, et nous fumes
bien loin d'y troxiver les provisions sur
lesquelles nous avions compte. On
mouille dans la baie vis-a-vis la riviere,
et on y trouve de 7 a 10 brasses fond de
sable. Les navires peuvent y faire de
Peau avec la plus grande facilite. Le
fond s'apercoit a 25 brasses de profon-
deur. En-dedans des ressifs, se trouvent
plusieurs endroits tres-concmodes pour
seiner. Ces avant.ages particuliers me
feraient preferer cette baie a toutes
celles des iles Sandwich,
•Le 6, au point du jour, nous appareillames avec up,-petit vent de terre,
A 10 heures du matin, nous nous trouvions dans le passage entre Morotoi et
Mowee. A 10 heures et demie il s'eleva
un fort vent d'E. A midi, bon frais et
beau tems. La pointe O. de Morotoi
nous restait au N. 740 10' O. a 10 ou
•12 milles de distance.
Le 7, a 2 heures apres midi, nous
 (55)
doublames la pointe O. de Morotoi, et
fimes l'O. IN. O. pour nous rendre a
Wohahoo. A 5 heures, nous etions par
le travers de la pointe E. de cette ile ,
eta 6 heures et demie,nous mouillames
dans la baie de Whytetee. Tamaah-Maah
m'envoya un messager pour savoir s'ii
tirerait ses grandes pieces d'artillerie
en honneur de notre arrivee; mais je
lui conseillai d'epargner sa poudre. Le
lendemain matin, il vint me rendre visite, suivi de tous les chefs,qui, a cette
occasion, avaient leurs bonnets en casques et leurs mantcaux. Lui, etait ve tu
a Peuropeenne, avec un supcrbe man-
teau en plumes jaunes, qui le couvrait
presque entierement. II me fit present
d'un de ses habillemens, et nc'oflVit ge-
nereusement de me fournir mes provisions et mon eau. II ne voulut pas que
nous prissions la peine d'envoyer nos
embarcations pour les prendre; il * employ a ses canots. II nous donna vingt
cochons et quelques cocos. Nous ne
 (56)
pumes nous procurer ni vegetaux ni
racines.
Le 11, dans la matinee, nous appareillames et aHames mouiller a l'ouvert
d'un petit port appele Fair-Haven,
( beau port), par 16 brasses d'eau fond
de sable. Mon seal but, en venant y
■mouiller, etait de faire le plan de
ce port. J'employai mes embarcations
a celte operation pendant trois jours.
Ce port fut decouvert en 1794 > par
M.Brown, capitaine fax Buttesworth,
navire du commerce. Le premier Janvier 1796, il y etait mouille avec les navires le Jaclcall et le Prince- Lee-Boo ,
qui etaient sous sa direction. Le ButtesM
worth avait ete renvoye en Anglpterre.
Les deux autres navires avaient ete
laisses sans defense, tandis que l'equi-
page etait a terre occupe a saler des co-r
chons. M. Brown avait dans les insu-
laires une confiance entiere, fondee sur
la reconnaissance qu'ils lui devaienil
pour les avoir secouru dans leurs guer-
(BBaissp
 <57)
res. Mais eux, qui connaissaient bien
Petat de faiblesse des navires, vinrent ""79"
les attaquer avec un grand nombre Fevr*
de pirogues, lis tuerent les capitaines
Brown et Gordon, blesserent plusieurs
personnes , et s'emparerent des b&ti-
mens. lis les firent sortir du port et les
conduisirent dans la baie de Whytetee,
oil le reste de l'eqnipage , qui etait a
terre, vint les surprendrc, les j eta par-
dessus le bord, et reprit possession des
navires, qu'il mena en Chine. On a altri-
bue ce triste evenement a plusieurs causes ; mois les principaux personnages
qui s'y trouvaient presens, ayant depuis
perdu la vie, il est tres-di flicilc de pou-
voir connaitre la verite. Le port, quoique peu vaste, est sur et commode; il a
5 brasses d'eau fond de sable en-dedans
des pointes. II est forme par une ouver-
•ture au milieu des ressifs, avec un canal sans aucun ccueil, dans la direction
du N. N. E. Le vent venant ordinaire-
rucnt du fond du port, et etant assea
 (58)
 „ frais, on est oblige de se touer pour y
1796- entrer, parce qu'il n'y a pas assez d'es-
Fevr-   pace pour louvoyer. Au fond du port
est un ruisseau de fort belle eau. Ce
port git a 5 ou 6 milles dans le S. 570 E,
-de la montagne de Whytetee.
Le 14, ayant fini de faire noire eau,
pous partimes, laissant la le grand nombre de personnes qui etaient venues de
Whytetee pour nous rendre visite, le
lendemain du jour ou le tabou avait
cesse. Rien ne pouvait nous engager a
rester, car nous ne pouvions nous* procurer des vivrfes. L'etat de ces gens etait
reellement deplorable. Ils mouraient
presque de faim, et pour comble de
misere., ils etaient presque tous infectes
de la gale. On ne voyait pas la moindre
trace de culture pres du rivage, et par
^consequent leur subsistance pour Pave-
^A0" nir n'etait rien moins qu'assuree. Tous
les soins et Pattention de Tamaah-Maah
j?  [f       j etaient diriges vers le navire que les
j charpentiers anglais lui construisaient,
■J
 (59)
II etait du port d'environ 4o tonneaux, j	
et dans ce moment on etait occupe dans i79"-
le port a le doubler. Le projet de Ta-   Fevr*
ncaah-Maah elait de monter ce navire ,
et accompagne de ses pirogues, d'aller
attaquer Atooi, et terminer aes con-
quetes par celle de cette ile. Ce-fut dans
la vallee au-dessus du port, que selivra
la bataille qui assura a Tamaah-Maah la
possession de WohahjOO, Tianna fut tue
dans la ncelee ayec trois cents des siens.
Ceux - ci etaient vepus avec Tamaah-
Maah; mais ils se joignirent aux habitans de Wohahoo pour la defense de
leur pays. Tryloboony et Korokranee,
son frere, etaient les pjrancipaux chefs
de Wohahoo  qui  s'etajient  refugies a
Atooi. Ce Trytobpopy etait le meme
chef qui, avec le secours de l'equipage
de M. Brown, avait vajncu Tayo, chef
principal d'Atooi, et frere du precedent chef de Wohahoo. Titeree,. mort
quelque tems apres, etak chef de Mowee,
et avait  eu pour successeur, son fils
 (6o)
  Korokranee. J'essayai de detouroer Ta-
x79"# maah-Maah de cette expedition; mais
evr" ce fut en vain. Ses sujets verseront des
larmes bien ameres sur son ambition ;
car il leur est absolument impossible de
retourner a leurs iles, qui sont au vent.
Ils porteront la famine et les maladies
dans les pays qu'ils subjugueront, et
d'oii ils ne pourront sortir. Les navires
europeens ont fourni a ce chef une tres-
graude quantite de fusils et de munitions de guerre. Cela joint a quelques
canons de 5 a 4 livres de balle pour ses
pirogues, lui fait croire qu'il n'y a aucune entreprise au-dessus de ses forces,
d'autant plus qu'il a 16 Europeens avec
lui. Son dessein, apres avoir reduit
Atooi, etait d'aller a Bola-Bola, une des
iles de la Societe. Un navire americain
lui avait laisse trois habitans de cette ile,
et c'est probablement d'apres leurs suggestions qu'il a concu cette entreprise.
Durant lout notre sejour il resta a bord,
excepte les jours de tabou. Ses demand
 ( 61 )
des etaient outrees. II voulait que son	
navire fut gree, et qu'on le mit entiere- * 79"•
ment en etat de prendre lamer. Je Pai-
dai autant qu'il fut en mon pouvoir;
mais je crains bien que ce n'ait ete inu-
tilement. D'apres les meilleurs rensei-
gnemens que j'ai pu obtenir, il me pa-
rut que Tamaah-Maah montrait le plus
grand atlachement pour les anglais, et
qu'il parlait avec horretir des differens
assassinats qui avaient ete commis a son
inscu. II fit connaitre Pintention oil il
etait de les empecher a Pavenir, ou d'en
punir les auteurs. II dit aussi qu'un de
ceux qui avaient participe a Passassinat
de M. Gooch et du lieutenant Hergest,
avait ete mis a mort par ses gens, et
qu'un autre s'etait enfui a Mowee. II
4+\
•x
J
.V
ajoula que les individus qui avaient ete    ,\v^f\ ** j^
executes le long du bord du Discovery, j    i \J^   ' \
(t> '   ^<4'«
\.-
n etaient pas ceux qui avaient commis
ces assassinats, mais etaient des ncal-
heureux que le chef avait pris pour
donner satisfaction au capitaine Van-
T>
*,"V
 (62)
couver. Nous refusames constamment
I79"« Pentree de notre batiment a Tancah-
moto, qui,peu de tems auparavant,s't>
tait empare d'un navire americain. Cet
homme declare hautement qu'il s'em-
parera du premier navire qu'il pourra.
On lui a conseille de se defier des ame*
ricains, dont il doit redouter la vengeance. Les autres chefs venaient souvent a bord, et achetaient des verro-
teries et d'autres bagatelles, soit en
personne, soit par leurs agens. Nous
leur en vendimes beaucoup, mais peu
d'un prix eleve. Les gens de la suite de '
Tamaah-Maah firent de meme. Ils sem-
blaient tous n'avoir qu'un but unique
en vue, celui de se procurer des" objets
utiles. Les sentimens genereux de tous
ces chefs dont le capitaine Vancouver a
fait un si bel eloge, paraissent avoir fait
place a la soif des conquetes et de la domination.
 ( 65,)
L'entre'e du port est par   21° i8*      lat.N.
Longit. suivant la montre.
DO
n.°. i 202  o
Variation du compas. Milieu de trois g 4° 4°   N. E.
La mer est pleine aux nouvelles et
pleines lunes a 3 heures. La mer nconte
de 4 pieds et denci.
Baie de TVhytetee.
Latit. observe'e a midi.    .    210 16' 45"     N.
Latit. Milieu de 2 hauteurs
du soleil	
E.   Fe'vr.
Longit. suivant le n.° i. . 202    5 3o
N.
E.
Lorsque Tamaah-Maah nous quitla,
je le saluai de quatre coups de canon.
Nous fimes route a l'O. avec un joli
vent du N. E. II est singulier que nous
n'eussions pas decouvert ce port de
Fair-Haven lorsque nous mouillames
dans cet endroit en 1792, avec le Cha-
tam et le Discovery, sous le comman-
dement du capitaine Vancouver. A la
verite nous ne fimes pas de recherches
pour trouver un port; mais je me sou-
viens que nous remarquames une in-
 (64)
  terruption entre les ressifs, quand nous
I79"* traversames la baie de Whytetee.
A 6 heures du soir, la pointe E. de
Wohahoo nous restait au N. 90 E. a 3 on
4 milles de distance, et nous fimes le
N. O. f O. 5° O. pour gagner Atooi.
Apres avoir couru 58 milles dans cette
direction, nous apercumes cette ile qui
s'etendait du N. O. £ 0. a l'O. a 3 a 4
lieues de distance. Nous tinmes le vent
au N. jusqu'a 7 heures du soir, que les
deux extremites de Pile restaient au
N. 270 O., et au S. 3o° O. a 3 milles.
Apres avoir passe devant une cote ele-
vee et bordee de rochers, nous gou-
vernames plus a l'O. Precisement au:
N. E. de cette cote, nous apercumes
une petite ouverture qui semblait offrir
un bon mouillage; mais Pentree elait
exposee au vent d'E. Nous trouvames
13 brasses apres avoir arrondi la pointe
E., dont les bas-fonds se prolongent juiffl
qu'a trois quarts de mille du rivage. Peu
apres nous mouillames par 29 brasses,
 (65)
fond de sable et de vase. Malheuf-eUse*-
ment pour nous, Pile etait dechiree par
la guerre. Un chef de Wohahoo, nomme'
Taava, avait pris les armes contre Tamoerrie , fils de Tayo, et etait en possession du district voisin de Wymoa. Les
Europeens attaches a son parti vinrent
nous trouver; et avec leur aide et celle
des insulaires, nous completames notre
eau, ce que nous n'avions pu faire
a Wohahoo. Taava nous envoya une
grande quantite de legumes et quarante
cochons. II nous fit aussi une visite, et je
le recompensai bien de ses bons precedes. Cependant nous apercumes plusieurs pirogues a la voile,qui doublaient
la pointe de la baie. Nous apprimes
qu'elles etaient montees par le parti en*
nemi, qui avait aussi Pintention de nous
faire une visite* Des que Taava les eut
vues , il nous quitla a Pinstant avec tous
ses adherens. J'envoyai le premier lien-
tenant au - devant de Tamoerrie , qui
vint a bord dans Je grand canot, et fut
i. 5
 (66)
—— suivi de sa flotte. II y avait un pierrier
I79b* nconte dans une de ses embarcations.
evr' Ce jeune chef me fit cadeau d'un petit
manteau en plumes ; il resla a bord
toute la nuit, ce qui fut cause que nous
ne recumes plus de visite de ceux de
Wyncoa.
Nous partimes avec une petite brisa
de terre, a laquelle en succeda une du
large, ce qui nous fit aller au plus pres.'
L'apres-midi,le vent ayant passe au N.,'
nous fimes route pour Pile d'Onehow.
Le jeune chef Tamoerrie et sa suite
nous quitterent alors , et parurent tres-*-
satisfaits de notre reception et de nos
presens. II aurait bien voulu avoir un
peu de poudre, mais je refusai toutes
les demandes qu'on nc'en fit, tant que je
restai dans ces iles. J'employai mes
efforts pour reconcilier les deux partis j
mais j'echouai.
Latit. dumouillage *. milieu de
a hauteurs du soleil a midi. . .    2i°56'i8"r«|
Longit. dan.0 i. 201  48        E.
 Fe'vri
t67)
I^ousdoublapces la pointe S. E. d'One-
how par 35 brasses. Latit. observee, I79<:)'
2i° 45' 5" N. La pointe S. nous restant
au N. 770 30' E. a 2 ou 3 milles de distance, etles extrernites au N. io°0.,
nous fimes route le long de la cote, et
vinnces mouiller dans la baie d'Yam a
2 heures apres midi, par 29 brasses fond
de gros sable. Le lendemajn, quelques
pirogues vinrent nous trouver pour
echanger des ignames, des pomaces de
terre, des melons d'eau et desgiraumong*
Dans la soiree .notre canotrevint chara^
de racines. Le vent du sud produisait
une forte houle dans la baie, et nous
empecha de recevoir Iqujb les vivres
qu'on nous avait proncis. Neanmoins le
canot alia a terre chercher des ignames
et emmena Peuropeen qui nous avait
accompagne depuis Atooi. Mais rien
n'etant pret , nous partimesj le vent
augmenta; nous eumes de la pluie et
des raffales violentes qui dechirerent le
grand hunier. Apres avoir pris nos em-
 (68)
barcations a bord et entraverse notre
I79"- ancre, nous gouvernames vers la terre
et enverguames un autre grand hunier.
L'europeen revint a bord et nous dit
que tout etait pret; mais la houle etait
si forte, que les pirogues ne pouvaient
venir nous joindre sans risque. Cela me
fit renoncer a Pidee de mouiller; car il
n'y avait pas de probability de le pou-
voir faire tant que le vent ne change-
rait pas, ce qui ne paraissait pas devoir
arriver bientot. L'europeen partit dans
sa pirogue, et nous lui fimes quelques
presens pour reconnaitre ses services.
Cet homme etait un deporte de Botany-
Bay. II s'en etait enfui a bord d'un navire americain appele le Mercure f d'oii
il avait deserte pour rester dans cette
ile. II est tres-bien traite par Taava,
dont il a epouse la cause contre le jeune
chef Tamoerrie.
 (69)
Latit. au mouillage de Ia
baie d*Yam , milieu de a
sextans 21° 5ir 2&"    N.
Longit. suivant le n.° I. 199 27 34        E.
Variation du compas} milieu de celui d'Adams et du
q.° 5 10 54 29  N. E.
Le mouvement du navire empechait
Je compas de Walker d'etre fixe.
 (7»)
CHAP IT RE   III..
"Depart pour aller altfootka-Sound. — Rec&fcrdaM
de llMte Dofc&-Mania-.Lajara. ■*- Arrive'e a
Nootka. — Visite de Maquinna. — Nouvelles.
du capitaine Vaoflouver. —j Radeau construit
a terre pour radouber le navire. — Excursion
&. Ship-Cave. — Nous mouillons a. Fentre'e du
de'troit de Jean de Fuca. — Lieu ou e'taifc.
sir Francis Drake en iSyg. — Arrive'e a Mon^
terey. — Plan adopte' pour la continuation du
Voyage v
,. JLie 22   fevrier, nous  partimes pour*
J796* Nootka-Sound. L'equipage etait en ge-
Fevr.. nerai eiJ bonne sante, a l'exception de
ceux qui avaient ete infectes de la ma-
ladie venerienne aux iles Sandwich,.
Mais les symptomes de cette maladie
n'etaient pas tres-violens.
Le 25, nous fimes route a Pouest,,
pour chercherune ile appelee Dona-
Maria-Lajara , qu'on dit avoir ele de-
22.
25.
 <70
couverte en 1781 par le batiment espa-   —-
gnol YHercule, et qui, d'apres M. Dal- ^p6*
rymple, a ete placee dans la carte d'Ar-
rowsmith. Le centre de cette ile est par
les 280 3o' de lat. N., et les 2020 3o' de
long. E. Suivant les cartes,elle est d'une
etendue considerable, et dans la direction du nord au sud. Le 26 a midi, les
sri*pntres donnerent la longitude de 2040
if 3o" E., d'apres les observations du
soir.   Nous  pouvions  dectfuvrir a dix
lieues. Nous eprofevamesune forte houle
de  Pest, mais rien qui put nous faire
penser qu'il se trouvat une terre de ce
a ,   r
cote.
Nous avons parcouru el fcxamin^ a-
peu-pres 5 degres en longitude, depuis
le 2000 jusqu'au 2o5 C., sax le paral-
lele de 280 3o' N., dans Pesperance de
rencontrer Pile de Dona-Maria-Lajara*,
mais nous n'avons eu connaissance d'au-
cune terre. Le capitaine Cook, en re*
venant aux iles Sandwich, avait coupe
le meme parallele du 20 au 21 novem-
 (7^)
bre 1778, par 206° de longitude orien-
tale. D'autres navigateurs avaient coupe
le meme parallele plus a Pouest que lui.
En consequence, j'ai cm inutile de con-
tinuer de gouverner a PE., et je me
suis decide a abandonner la recherche
de cetle ile. Je fis gouverner au N. avee
des vents d'E. S. E.
Le 27 , nous fimes le N. E. | N. Le
vent etait au sud. Une forte boule du
S. E. nous fit faire de Peau, ce qui nous
forca de pomper de deux en deux heures. A minuit le vent passa au N. O.,
puis il diminua par degres ,. et nous
amena du beau tems.
Depuis le 26 fevrier, le tems avait
ete tres - variable, et en dernier lieu
tres-humide. Le i5 mars, nous jetames
la sonde avec une ligne de cent brasses
sans trouver fond. A 8 heures du matin,
nous vimes les terres qui sont dans le
voisinage de Nootka. Elles nous restaient
au N. N. E.; latit. observee, 490 9' 42"
N. j lat. estimee, 499 22' N. ; longitude
 <•—
lestimee, 253° i
1796.
Mars.
(?5)
7' E. Nous relevances la
Ipointe Breakers auN. 8° 1 o' E. a 4 lieues
[de distance; les extrencites de la terre ,
[au N. 280 O., et au N. 58° E., et le port
Saint-Raphael au N. 35° E.
Le vent se fixa au N. N. E., et nous
I mouillames par 34 brasses. Tout le pays
I etait couvert de neige, ce qui en ren-
Idait Paspect extremement triste. J'en-
voyai un ofncieral'anee ou. se tiennent    £1
les batimens qui viennent a Nootka,
I pour avoir quelques nouvelles. II revint
[ a midi et me rapporta qu'il ne s'y trou-
[ vait pas de navire, et que l'endroit oil
Pon voyait auparavant Petablissement I
I espagnol, etait actuellement occupe par
[ un village indien.
Le 17, le vent ayant passe a Pouest,
I nous   partimes,   et   allames mouiller
dans le detroit par 5o brasses. Ma_-
I quinna, le chef de Nootka, vint nous
[ rendre visite avec Clupanutch, un autre
chef. Ils m'apporterent plusieurs lettres
datees du mois de mars 1795. Elles m'ap-
if
/
/
'J- /
17,
7
/
?&•
\r\
AS
%
 ( 74 )
—— prenaient que le capitaine Vancouver
I79t>* etait parti de Monterey le premier de-
Ma1*5* *L / \ A
cembre 1794? pour retourner en An-
gleterre, et que les Espagnols, d'apres
le mode de restitution convenu aveo
PAngleterre, avaient remis le port de
Nootka a M. Pierce , lieutenant des
troupes de la marine. Je recus aussi
une lettre du brigadier espagnol Alava,
qui m'apprenait que le capitaine Vancouver en etait parti en mars 1795.
L'apres-midi, le tems calme nous permit de nous mettre a Pabri entre un
Hot et la cote de Nootka, et nous amar-
fames le batiment avec des haussieres
par 7 brasses d'eau. En examinant le
port, nous trouvames un endroit tres**
commode pour acosler la terre. Je fis
changer notre position , et nous nous
tommies dans le port de Mawinee. A la
mer basse, nous y avions 3 brasses et
demie d'eau, et nous y etions a Pabri de
tous les vents.
32.        Le 22, nous dressames nos tentes vis,-
,%«»- 3
 &*vls le b&timent | et nous y ©nvoy&m&S
des provisions avec une garde. Dans le
couraatxde la som-aine* nous debarqud-
mes aussi nos ancres} nos cables et 14 canons } a Paide d'an radean que les char*
pentiers avaient construit,
Le to, nous visitltoes la partie E. du
detroit. Penvoyai un dtftachement l\
Nootka, ou il trouva le brick Lady
ffash-ingtofi. Ce navire avail quitte les
fi&s de Sand-wieh dfpuis Si jours. II
etait venu dans cet endroit pour bou*«
cher se§! *?oies d'eau. Nous f&nies ires-
co&tens de le voir | parce t|ue nous pou**
tions nous aider mutuellement*
Le 14* ^6 beau tems nous permit de
Iklfe nos preparatifs pour abattre le
bitimeiit. II nous €tait impossible de
dtfcouvrir &%ne autre maniere la cause
de la vole d'eau qui nous avail inquiduS
si long-terns*
Lb 16", le brick LJUd^yWashington
vint se placer le lo&g de nous. Nous
mimes & son bord nois liqueurs s&iri«
Mil
 <76)
tueuses, notre houblon, ainsi que tous
nos objets casuels, et nous y installa-
mes notre cabestan.
Le 18, les charpentiers acheverent
un quai en bois qui avait quatre-vingt-
dix pieds de long et douze de haut,.
Nous y etablimes un pont volant de
quarante pieds de long pour recharger
le batiment.
Le 20, nous profitames du beau tems
pour enlever le charbon de terre et le
lest en pierre.
Nous abattimes sur babord j nou&
trouvames 14 pieds de la fausse quille
enlevee , et nous bouchames dans un
des bordages un trou de cheville qui se
trouvait vide, et d'oii Pon supposait que
venait notre voie d'eau. Les charpentiers pensaient qu'on avait oublie d'en-
foncer la cheville; car dans le trou qui
avait ete perce il n'y avait aucune trace
de fer detruit par la rouille. Le dou-
blage en cuivre s'etait rompu autour da
trou, a l'endroit que les charpentiers
 (77)
javaient designe lorsqu'ils examinerent
d'oii provenait la voie d'eau. Aucune
autre partie du fond du navire ne parut
endommagee. Le cuivre etait en bon
elat, quoique tres-use en quelques en-
droits. Au-dessous deschaines des porte-
haubanS de misaine, une cheville avait
ete rongee; ce qui en restait faisait voir
| que c'etait l'effet du contact du cuivre.
Le navire fut releve; quatre pompe§
travaillerent continuellement pendant
trois heures, pour vider Peau qui etait
entree par les hauts pendant qu'il etait
abattu. Nous primes le bout du pont
volant a bord j nous nettoyames le batiment par-tout, et nous sechames les
soutes. Nos operations furent deran-
gees par le vent et la pluie, qui dure-
rent plusieurs jours; cependant nous
primes notre fer et notre lest *, puis nous
enlevames ce que nous avions mis a
bord du navire americain, et il se retira
<l'a-cdte de nous.
Le premier, nous fimes une excursion
 ( 7»)
—- a Ship-Cove, ou le capitaine Cook. s*atv
I79t>' reta quelque tems pendant le mois d'a-
vril, lorsqu'il vint pour la premiere fois
a Nootka. Nous nous y trouvions dans
la meme saison, et il semblait que le
tems y fut aussi mauvais, ou meme qu'il
le fut davantage que lors de son sejour.
Nous ne pumes decouvrir aucun indice
qui nous prouvat que quelque navire y
fut venu apres lui.
Depuis le premier mai jusqu'au 21,
le tems a ete par intervalles pluvieux
et assez beau. Nous profitumes du beau
tems pour re charger notre batiment et
finir notre eau.
Le 21, nous quittances Nootka. Nous
avions visite le navire, bouche ses voies
d'eau, et il etait en etat de continuer le
voyage.
Le sol des environs de Nootka est
generalemenl assez leger. II consiste
prineipalement en une couche de gros
gravier recouvert de terreau. Le pays
est garni de grands arbres, au pied des*
21.
 (79)
[quels croissent une espece de framboi-
biers sauvages et beaucoup d'autres ar-    79 •
f 1   °        .      , I    \      . Maci
pustes. Les quadrupedes les plus conc-
rauns sont les loutres de terre et de mer,
pes renards gris, les ours, les daims, les
[lynx, les ratons et les ecureuils. Le gi-
Ibier y est tres-abondant. On y rencontre
jaussi le corvus cristatus ( corbeau a
[aigrette ) qui, je crois, ne se trouve que
Idans PAmerique septentrionale. Les
[saumons, les morues, les flez sont assez
Icommuns le long des cotes; on y voit
jmence des baleines. Les habitans se
nourrissent prineipalement de poissons
et de vegetaux.
Le 21, la latitude a etc" de 49° 19' N.,
par un milieu pris entre deux observations. Point-Breakers nous restait au
IN. 33° E. a 3 ou 4 milles de distance.
La pointe de Nootka, vue par une autre
pointe couverte de bois et situee dans
le N. O. de Point-Breakers, nous restait au N. 280 O. a la distance de 5 lieues.
Ce relevement place Point'Breakers
 (8o)
par 49° 2i'35"de lat. N. L'astronome
a determine la latitude de l'observa-
toire a 490 39' 37" 7. N. La longitude
de l'observatoire , d'apres 90 distances
orientales et occidentales de la lune, est
de233°25' n"E.
Le 23, nous fimes route pour aller
mouiller dans la baie de Nunez-Gaona,
situee a Pentree du detroit de Jean-de*
Fuca. Le batiment fut bientot entouve
de canots charges de morues et de fle-
tans, qu'on peche sur un banc situe a
3 ou 4 lieues dans le N. | N. O. de Pile
Tatouche. Comme la houle fut moins
forte au moment ou ces canots abor-
derent, je supposai  que nous  avions J
passe sur 1'extremite sud du banc, en-1
dedans duquel nous nous trouvions alors.•
Car lorsque nous y etions, nous vimes g
dans le nord plusieurs canots occupes a j
pecher. Apres  nous etre  avances de
3 milles, nous mimes le canot a la mer,
et nous primes la bordee du sud. Le
courant, qui entrait avec violence, pro*
 tot)
duisait des  ras de maree Ires - forts.
J'envoyai le canot  sonder pres de la I/9"
roche Duncan, qui, lorsqu'elle est vue
par le milieu de Pile Tatouche, se trouve
dans  Palignement de cette ile et des
terres du cap Classet. Ces trois objets
sont sur une ligne N. 36° O. ,et S. 36 E.
La roche est environ a un demi-mille
de la pointe N. O^del'ile Tatouche > et
se trouve a un peu plus de 6 milles dans
le S. 8o° E. de Pile de Nunez-Gaona\
On a trouve i3 brasses d'eau environ a
5o pieds de la roche; mais a une plus
grande distance on ne trouvait pas de
fond a 3o   brasses.  Nous  passames a
moins d'un mille de la cote N. du cap
Classet; et a 4 heures apres midi, nous
mouillames a Pentree   de la baie  de
1 La distance s'accorde parfaitement avec la
carte de l'attas de Vancouver j mais pour que
le gisement d*e la roche Duncan par rapport
a 1'ile Nunes-Gaona fut conforme a la meme
carte , il faudrait lire au S. 8o° O. du compas.
(Note du traducteur. )
i. 6
 (8a)
Nunez-Gaona,par 12 brasses, aenvirou
un mille de terre. La pointe occidentale
de Pentree nous restait au S. 8o° O., et
la pointe N. de Pile Nunez-Gaona, qui
ferme la baie, au N. 760 E. En 1792, un
navire espagnol resta quatre mois dans
cette baie. Le mouillage y est bon; il y
a de Peau et du bois, et la plage oil Pon
peut jeter la seine est. tres-etendue. Au
large de la cote occidentale de Pile, il y
a des bancs de rochers couverts d'herbes
marines. Entre ces roches et la terre,on
trouve une bonne passe dans laquelle il
y a 5 brasses et demie d'eau.
Latitude de la partie N. O.
del'ile 48° 22'45"      N.
Longitude 235   i5 45        E-
Variation par amplitude.    22 34 N. E.
Si Pon conserve la roche Duncan dans
1'alignement de la partie N. du cap
Classet, de maniere a ce que Pile Tatouche soit cachee derriere ce cap, on
arrivera a Pentree de la passe dont nous
avons parle, et Pon pourra choisir le
 inwwwirmH**""—ogcwoott
17061
Ms
I (83)
.mouillage qui conviendra le mieux. La
mer est pleine aux nouvelles et pleines
lunes a i heure 3o'. La peer monte de
ro pieds. Le courant ne sefait presque
pas senlir d&BS la baie; mais en-dehors
il est tres-fort, et produit du clapotage
dans la passe, lorsque le vettj; est frais et
qu'il est oppose au pouranL
Le 24, dans la matinee ,nous parlimes    24.
avec le jusant. A midi, Pfje Tatouche
nous restait au S. 3o° E., a 3 ou 3 lieues
de distance.
Le 25, a 5 heures et dearie apre6 midi,
nous gouvernipaes sur Pile, qui, a6 fa.
et demie, nous restait au S. 5° O.;a
8 heures, au S. 70 io''.Nous nous trouvions alors a 3 ou 4 milles de la partie
N. du cap Classet. Pres de \%e, nous
ne trouvames pas de fond a 100 brasses.
A 4 heures du matin , Pile Tatouche
nous restait au S. 25° E., a 5 lieues de
'Hy a dans I'originat une faute d'impressCon.
On a out lie' de marquer si File a e'te releve'e du
c6te' de 1'E. ou de TO. (Note du traducteur).
25*
 Mai.
26.
!c84)
 distance. Nous eumes d'abord 65 bras-
179^* ses, puis 56, 53, 37, et toujours en di-
minuant jusqu'a 8. Alors le cap Classet
nous restait au S. 4^° E., et 1'extremite
des terres qu'on voyait dans le nord,
auN. 58° O. A midi, le tems se cou-
vrit, et il fit calme. Nous etions a 3 on
4 milles de la cote.
Le 26, une petite brise du S. O. nous
porta au S. E. a 9 milles. L'ile de Nunez-
Gaona nous restait au S. 85° E.; le cap
Classet au S. 65° O., et l'ile Tatouche
au S. 770 E., a la distance de 3 milles |
Nous n'eumes pas de fond lorsque le.
Classet nous restait au S. S. E. 5° E. On
voyait au large de la partie S. du cap,
une roche tres-remarquable. A 8 heures,
nous virames vent devant; et apres avoir
couru 4 milles et demi au N. O. -j N.,
nous eumes 43 brasses fond de gros gra-
vier et de gros sable. Nous continuances
1 Pour que ce relevement put convenir a l'ile
Tatouche , il faudrait qu'il y eut : S. on" O.
^ Note du traducteur).
 fl      (85)
cette route; mais a mesure que la pro- —7
fondeur diminuait, le sable devenait 179 1
Mai.
plus un.
Le 27, les sondes donnerent 34 bras- 2j.
ses, environ a 5 milles de la cote nord.
A 8 heures du soir, le cap Classet nous
restait au S. 460 E., et Pextremite N. ou
la pointe orientale de la baie de Berkeley au N. 640 O. A 8 heures du matin,
le cap Classet nous restait au S. 56° E.,
et Pextremite N. au N.65°0. A 9heures
et demie, nous etions a 5 ou 6 milles de
Ia cole. Le fond augmenta de 34 a 55 el
48 brasses, et ensuite diminua jusqu'a
42. Pendant que le brassiage augmen-
tait, le fond etait de petits caillouxj et
quand il diminuait, il etait de coquilles
melees de cailloux. Latitude observee a
midi, 480 32' 10" N. Nous relevames le
cap Classet au S. 700 E., a la distance
d'environ 4 lieues; Pile de NunezGaona»
au S. 820 E., et Pextremite de la terre
du cote de la baie Berkeley, au N. 620 O.
En tenant l'ile ouverte avec la cote
 (86)
Classet, on est sur de rencontre? le
banc' et du moment oil on aura atteint
le fond, on sera sur de ne pas le perdre
en allant jusqu'a la cote qui est au nord^
Le 4 ? nous fimes route au S. E. | E.,
et a PE. S. E. A 9 heures et demie, nous
apercumes Punto de Los Reyes, de Pa-
vant. Nous en passances a moins d'un
mille, et nous eumes des sondes tres-
regulieres. A 7 heures trois quarts, nous
mouitlskmes par i5 brasses ; la pointe de-
Los Reyes etant fermee par la pointe
S. E. de la baie de sir Erancis Drake, et
restant au S. 8i° O.; Pentree de la riviere , au N. f N. O, , et Pextremite
de la terre , vue du cote du port San-
Francisco, au S. 8i° E. Nous etions a
un mille et demi de la pointe de la baie
de Drake. Latitude observee a ncidi,i
7° 58' 46" N. J'allai visiter la cote avec
deux canots, a Peridroit oil je supposais
que sit Erancis Drake avait moullle en
1579. Nous poussances notre recherche
jusqu'a une tache de sable tres-remar-.
 (87)
quable qui restait au N. 6o° E. du bailment , a la distance de 4 ou 5 milles.
Nous ne trouvames pas d'autre ouver-
ture que Pentree de la riviere, qui etait
traversee par une barre. Nous n'eumes
que 9 pieds d'eau pres de la barre, et il
ne me parut pas sur d'y risquer meme
un canot. Nous apercumes des trou-
peaux de chevreuib qui paissaient sur
les montagnes et dans les vallees. Nous
commencames a communiquer avec les
naturels du pays qui marchaient le long
du rivage , ou la lame nous empecha
d'aborder : mais un de nos matelots se
jeta a la nage et alia a terrlfe. II of-
frit aux habitans des couteapx et des
bagatelles qui leur firent grand plaisir.
C'etaient des hommes forts et bien
faits , d'une couleur foncee , et entierement nuds. Les femmes parurent en
quelque sorte etre vetues.
La baie de Drake offre un bon abri,
excepte contre les vents d'est : mais la
mer ne peut etre bien  forte ,  meme
1796.
Juin;
 (88)
lorsqu'ils souftlent ; car ils viennent
par - d ess us les terres du port San-v
Francisco. On y peut mouiller lorsque
la pointe S. reste'au S. 5o° E.
Le 5 , a une heure apres midi , nous
partimes , et fimes route au S. E. A
6 heures nous etions a moins de 2 lieues
des terres qui sont au S. du port San-
Francisco ; mais la brume nous em-
pecha de voir Pentree du port, ainsi
que les rochers appeles Farillones,
qui dcvaicnt etre dans Pouest.
A 7 heures et demie, les extremites
de la terre -nous restaient au N. 210 E.
et au S. 760 E,, environ a 9 milles de
distance.
Vers 9 heures , nous eumes le mal-
beur de perdre Patrick Sherry , ma-
telot. II tomba de la hune d'artimon
$u.r le pont, et lut tue. C'etait le second accident de ce genre que nous
eprouvions depuis notre depart d'An-
gleterre. Cet homme etait le seul in-
dividu qui ne se fut pas embarquerda
 (§9)
bonne volonte. L'autorite civile Pavait    ■ ■-
envove a Plvmouth a bord du vais-   79
. JuiD.
seau amiral, d'oii il etait venu  avec
nous.
A une heure et demie apres minuit, le
vent devint tres-fort, et la mer fut tres-
houleuse. A 4 heures et demie du matin
nous virames vent arriere et gouverna-
mes a PE, N- E. sur la cote. A 6 heures
nous vimes la terre , qui nous restait au
N. 480 E., a 5 ou 6 lieues de distance.
A 9 heures , il ventait tres -- frais du
N, Q. Nous ne pouvions pas distinguer
la pointe de Pinos. En consequence ,
je ne crus pas devoir faire route pour
aller au mouillage de Monterey , avant
d'avoir observe la latitude. Je fis prendre la bordee du S. O., et je m'eloi-
gnai de terre. A midi , l'observation
nous placa par 36° 45' 32" alt. 750 38' 40".
Nous fimes route pour nous rendre
dans la baie de Monterey, et bientot
nous apercumes la pointe de Pinos,
qui nous restait au S. 750 E., a 4 ou 5
11I
 (90)
lieues de distance. A 5 heure&^apres
midi, nous mouillames par n brasses
a un demi-mille de la cote, et nOusnous
affourchames apres avoir salue le fort
de 11 coups de canon , qu'il nous rendit
coup pour ci>up. Le Presidio nous restait au S. i5° E., et le mat de pavilion
du fort au S. 3o° O.
' Nous restames quinze jours dans cet
endroit. On nous y fourmt en abondance
du boeuf excellent, du mouton, des legumes et du lait. On donna a l'equi-
page de la biere d'epinette blanche |
Lorsque nous arrivames , le gouverneur don* Diego Borica , coloPel de
cavalerie dans Parmee espagnole , etait
absent; mais il revint deux jours aprej
Je lui demandai la permission de faire
1 On sait que cette biere est pre'pare'e avec
les sommite's des branches d'une espece de
sapin connu sous le nom de sapinette, Les habitans du Canada font usage de cette hoisson ,
et lui donnent le nom de biere d'epinette blanche. J'ai conserve' ce nom. (Note dutraducteur.)
 ( 91 )
[dresser une tente   pour  l'astronome,
|afin  de pouvoir regler  les montres ;
[il me refusa , sous le pretexte que ses
|ordres etaient de pourvoir a nos be-
isoins les plus pressans , mais qu'il ne
llui   e"tait pas permis de nous rendre
[d'autres services. II nous fut defendu
jde nous promener dans Pinterieur du
J pays; et aucun ofncier ne nous fit la
plus legere  honnetete. Nous concmu-
niquions a peine ensemble. Ils nS vin-
rent pas nous rendre visite a bord, et
; nous ne  nous   pre%entames  pas  dans
leur societe. Leur conduite fut si peu
polie, que je me crus en droit de ne
; pas saluer le fort a mon depart. Ce-
pendant il est sur qu'ils s'y attenab'ient,
d'apres les preparaiifs qu'ils'faisaient.
Je   ne   trouvai  aucun   changemenl a
j Monterey   depuis  que j'y   etais  venu
en 1793 , a  l'excfeption   du  fort , qui
n'est pas encore aeheve , puls^u'il n'y
a que onze canons de douze livres de
I balle, raontes sur une batterie en bar-
 Juin.
(90
H  bette. On se plaignait beaucoup de la
7" ' grande secheresse de la saison, dont
Pextreme aridite du pays etait la preuve.
Nous etions obliges de rouier nos bar-
riques a la distance d'un demi-mille
pour aller chercher de Peau; ce qui
etait tres-penible. Nous achelames quelques boisseaux de mais ; mais nous ne
trouvames pas du tout de farine. Ex-
cepte le gros be tail et le mouton , tout
ce que nous nous procurames etait tres-
cher. Nous payames 4° piastres pour
les legumes qui nous furent necessaires
seulement pendant notre sejour. Le
tems fut continuellement brumeux ;
le vent etait a l'O , mais ordinairemeiit
il tombait pendant la nuit,
Quoique nous fusstons au milieu da
Pete, Pair etait generalement frais. Le
ciel etait beau le .matin et le soir; mais,j
dans la journee , le soleil venait rare-j
ment animer le beau tableau qu'offrait
le pa'isage des environs.
Les PP. de  la   mission de   Saint*]
 (95)
Carmelo me firent present d'un boeuf et	
de legumes. Mais la conduite rigide du    ■"
gouverneur les empecha de rien m en-
voyer davantage. Cesbonspretresetaient
les memes que j'avais vus en 1792.
On trouve ici en abondance plusieurs
especes de fruits, tels que des peches ,
des brugnons, des prunes, des pommes
et des raisins. Le, paisage est tres-agrea-
blement varie. Cependant, a Pexception
des vallees , ou se trouvent les jar-
dins , le sol est sec et sablonneux. Les
habitans sont robustes et bien fails ,
d'une couleur foncee comme ceux de
la Nouvelle-Hollande : ils ont le regard
stupide. Ils tirent tres-bien de Pare.
Leurs ouvrages en osier tresse decelent
beaucoup d'adresse.
Les montres indiquerent la longitude
de Monterey, ainsi qu'il suit :
longi-
N.° 1. . 238° 49'   6") La  veritable
. 238 3o 36   I:    tude de'termine'epar
le capitaine Vancou-
56. . 237 26 16
2A
23v
25 27
verest 258°25/E.
 (94)
Le retard absolu de, la montre n.6 f
sur le tems moyen , elait a Monterey ,
le 17 juin a midi,de i6h. 3o' 33"78, et,
en 5 jours, il avancait de 6" 582 par
jour sur le tems moyen. Le retard
absolu de la montre n.° 248 , etait
de i° 3g' 4" 7 ^ 5 et e^e avancait en
5 joUrs de 14" 625 par jour sur le
tems moyen.
J'appris a Monterey la mort de mon
ami don Juan de la Bodega y Quadra.
Je remis au gouverneur les deux mon-
tres n.os 2 et 56, avec quelques ins-
trumens nautiques que je lui avais
destines. Je pleurai la mort de cet
Jcomnce estimable, dont Pamitie m'etait
precieuse ; et ce fut un vif chagrin
pour moi d'etre oblige de remellre a ]
son executeur testamenteire ce que
j'avais espere lui presenter a lui-meme.
Il devenait necessaire que je prisse]
un parti relatif au  plan de campagnej
que je devais  spivre.  Les ordres de
Pamiraute me prescrivaient de visiter!
 4—
(95)
la partie S. de la cote S. O. de PAme-
rique meridionale , parce qu'on avait
pense que le capitaine Vancouver, qui
avait recu les memes ordres , ne pour-
j rait pas les executer. Mais comme je
[ savais qu'il etait parti de Monterey
18 mois auparavant, et qu'il etait alle
I a Valparaiso ,  situe sous le 33.e deg.
I de latitude australe , dans le dessein de
se rendre a la partie S. de la cote S. O.
de PAmerique meridionale, je ne dou-
I tai pas que le Chatam et le Discovery „
qu'il avait sous ses ordres , etant en bon
etat, il eut pu remplir cette partie de
| ses instructions. Dans la circonstance
actuelle, mes operations futures depen-
daient entierement de mon choix. Je
desirais employer la corvette du roi,
que je commandais , de la maniere la
plus avantageuse, et celle qui pour-
rait le plus contribuer aux progres de
la geographie et de la navigation. Je
demandai a mes officiers leur avis par
ecrit,sur ce que nous pouvions fa#e
 (96)
de. plus utile. Je vis avec plaisir que
leurs opinions s'accordaient avec la
mienne , qui etait de visiter l'ile de
Sagalien, situee par les 52° de latitude
boreale , et qui se trouve a la partie
meridionale de la terre d'Ochotsk. Mon
intention etait aussi d'achever la reconnaissance des iles voisines, c'est-a-
dire des iles Kuriles , de Pile de Jeso,
et des iles du Japon , que Cook n'avait
pu terminer dans son dernier voyage.
Cette reconnaissance ne pouvait qu'elre
bien recue des geographes; car. les ex-
tremites septentrionales de PAsie et
de PAmerique etant connues aussi bien
que la mer peut etre navigable , la
connaissance de la partie nord de Pocean
Pacifique se trouverait alors completer
Nous avions suivi jusqu'a present la
route du capitaine Vancouver *. Pastro-
nome n'avait pas eu l'occasion de rem- ■
plir les instructions que lui avait donnees
le bureau des longitudes , et n'avait pas ;
pu  determiner  par  des  observations i
 astronomiques la position d'endroils in-       '„"■'
connus. Nous ne pouvions pas esperer   J.
A      1   * 1 -J       Jum"
de lui en procurer les moyens, ni de
faire  des  decouvertes pres des cotes
orientales de la partie nord de l'ocean
Pacifique qui avait ete visitee par Cook,
a moins de determiner la position de
quelques  iles   peu importantes. Nous
n'avions done d'autre parti a prendre
que  celui  de faire  la reconnaissance
'de la cote N. E. de PAsie et des iles
adjacentes.   Comme   cette   reconnaissance ne  pouvait etre  achevee avant
le milieu de Pannee 1798, je me proposal de la faire  a  plusieurs reprises.
Je devais y employer le reste de Pannee 1796, me rendre aux environs de
Noel a Canton, pour y renouveler mes
vivres , et reprendre mes recherches
dans le courant de Pannee suivante.
i»
 Juin.
20.
Juillet.
6.
(98)
CHAPITRE   IV.
Traverse'e de Monterey a Owyhee. — Arrive'e a
Wohahoo. — Baie de Wymoa. —; lies d'Atooi
et d'Onehow. — Assassinat de deux soldats
de la marine par les habitans de cette derniere
ile. —Depart pour le Japon. — Nous recevons
la visite des habitans d'Insu. —^Nbus mouillons
dans la baie des Volcans.
L e 30 juin nous quittances la baie de,
Monterey, apres avoir remis au commandant un paquet adresse a M. Evan
Nepean, secretaire de l'amiraute, et oil
etait contenue la relation de nos operations depuis notre depart du Port-
Jackson. Dans notre route aux iles de
Sandwich, nous cherchames en vain les
lies'de Paxaros ou de POiseau, et celle
de Dona-Maria-Lajara. Le 6 juillet,
nous mouillames dans la baie de Karakakoa, apres une traversee tres-heu-
reuse.
 Juillet
I 99 )
Mon but, en m'arretant daps cette
baie , etait de verifier la marche  des * 79°
garde-tems, etde completer notre eau
avant noire depart  pour  la cdte du
Japon.
Lors de notre arrivee, le tabou du*-
rait depuis quatre jours, et il continua
jusqu'au 10, que nous dressames nos
tentes pres du Morai, dans Pendroit ou
elles etaient auparavant. Nous nous oc-
cupames alors a finir notre eau et a verifier nos garde-tems. Le batiment fut
bientot entoure par un grand nombre
d'insulaires qui temoignerent beaucoup
de joie de notre retour. Comme c'etait
Un dimanche,apreBque le service divin
fut termine , notre equipage eut la permission d'aller se divertir a terre. Le
lendemain, nous commencames a prendre notre eau , que les naturels allaient
chercher dans des calebasses a 4 a 5 m3>-
les. On leur donnait cent clous pour
reniplir une piece a eau. Cette mani&fe
de nous en procurer, ne tarda pas a de-
 (  100 )
. r venir trop couleuse, et nous ne pumes
(&* pas achever notre provision. L'atmos-
Juillet. r, ,       ,    .      .     t .,
phere etait si chargee, que 1 aslronome
pe put voir le soleil que tres-rarement;
mais comme nous avions fait aupara-
vant de bonnes.observations, nous ne
voulumes pas laire un plus long sejour,
et nous lcvames nos tentes.
Le 22, notre batiment etant en etatde
parlir, le soir meme nous quittances la
baie. Durant le sejopr que nous-y fimes,
les habitans edrent pour nous d'aussi
bons procedes que la premiere fois, et
nous fournirent abondahcment des co-
chons e.t des legumes. En echange, nous
leur donnames des feuilles de cuivre,
des cercles de fer et des clous. Les canards que nous leur avions laisses, et les
bestiaux du capitaine Vancouver, s'e-
taient beaucoup irfultiplies. Les grained
des legnrpes avaient peri-, probable*
ment fajite de soins. Quelques racines
de raiforl poussaient tres-bien, et oi
nous dit que les chouss et quelques au
 ( ioi )
tres plantes prosperaient dans Pinle-
fieur du'pays. Mais nous ne poussames
pas nos promenades assez loin pour
pouvoir les voir. Les chevres etaient
tres - nombreuses , et plusieurs brebis
avaient mis bas,
John Young, le matelot anglais qui,
florsque j'etais parti de cette ile m'avait
pccompagne a Wohahoo, etait de re-
kour; mais Tamaah-Maah et les autres
phefs etaient toujours aux-iles sous le
vent, Leur.absence avait beaucoup con~
ribue  a augmenter  le   pouvoir d'un
chef nomme   Naametehaw , frere   de
tianna, II s'etait revolte,et s'emparait
peu a peu de toute I^Ie.  II possedait
lors quatre des six districts dont elle
bt composee, et s'approchait de Rara-
akoa, oil il n'etait guere possible de
ii opposer de la resistance. Le peuple
fcait de la repugnance a combattre,
arce qu'il lui manquait un chef en qui
eut assez de confiance pour le mettre
sa tete. La seule personne de distinc-
 (   502 I
lion qui fut alors parmi eux, etait Ma^
hooa, qui avait perdu la vue. II avait 1©
plus grand desir de nous accompagnes-
a Wohahoo, afin de pouvoir instruire
Tamaah-Maah de ce qui s'etait passe;
mais le peuple, qui n'avait pas d'autre
chef, ne voulait pas le laisser aller.
Un europeen avait ete tue dans une
escarmouche contre les rebelles. Leur
chef avait voue une vengeance implacable aux quatre autres europeens qui
etaient du parti de Mahooa. II me pa-.
raissait extraordinaire que Tamaaa--
JMaah negligeat a ce point Owyhee, et
la laissat a la merci d'un usurpateur;
mais il etait encore phis singulier que,
tandis qu'un chef d'Atooi prenait pes-. ;
session d'Owyhee, ce meme Tamaah-
Maah se preparat de son cote a enva-
hir l'ile d'oii Pusurpateur et son frere
Tianna etaient venus. Telle etait Pab-
surdite de la conduite de Tamaah-
Maah. Son ambition causait sa ruine et
eellede ses amis; et cependant il n'osait
 ( io3 )
en envoyer aucun a Owyhee, de crainte
de le voir se ranger du cote des re-
voltes. Une jalousie mutuelle du pouvoir
semble etre generale et constante parmi
les chefs des iles de lamer duSud.Un'etait
pas venu de navires dans la baie depuis
que nous Pavions quittee. Tout y etait
en abondance. Presque tous les habitans avaient la gale; mais il n'y en aivait
qu'un petit nombre attaques de la mala-
die venerienne.
Nous arrivames a Wohahoo le 25 juillet dans la matinee , et nous attendances
dans la baie de Wytetee que Tamaah-
Maah vint a bord. A midi il s'y rendit
accompagne de plusieurs chefs. II arriva du port de Faixi-Havezt dans un
canot large qui allait a la voile , et cons-
truit par les europeens demeurant dans,
cette ile. On Pavait destine pour Patta-
que d'Atooi; mais ce projet etait aban-
donne pour le moment, et les chefs
avaient forme celui de retourner a
Owyhee.   Ils avaient bien lache d'aU
 Ir i
Juillet.
( 104 |
—— teitidre Atooi; mais le tems etait trop
*79"' mauvais pour leurs pirogues, et la re-
volte d'Owyhee apporla pour le moment du changement dans leurs plans.
L'ile etait plus mal que jamais pourvue
de provisions. Les habitans avaienl de-
truit tous les cochons lorsqu'ils l'aban-f
donnerent pour aller a Atooi, et il nous
fut impossible de nous-procurer des legumes , qui avaient tous peri faute de
culture. Cette disette avait occasione la
destruction d'un grand nombre des in-
fortunes habitans. Le manque absolu de
toutes choses les avait porte a prendre
tout ce qui se trouvait sous leurs mains;
les chefs les avaient punis de ces vols
de la maniere la plus cruelle, et en
avaient fait bruler plusieurs tout vifs.
On comptait que Tamaah-Maah avait
perdu six mille hommes de son peuple,
par la conquete de celle ile et les catamites qui en avaient ete la suite. Comme
le navire qui avait ete construil dans le
port par les europeens n'etait pas en-
 ( io5 )
tierement pret, Tamaah-Maah desirait       7^
r J796*.
ardemment que je lui donnasse tous les Juinet
objets-^cessaires pour Pequiper, et
meme desrcanons et de la poudre. Je
lui fis prese~if$;de plusieurs articles beaucoup plus utiles I et nous nous separa*
mes de la manijere la plus amicale; car
il m'accorda la permission de faire un
etablissement dans la partie de Pile qua
je choisirais,
Wohahoo paraft etre Tfendroitle plus
convenable pour un premier etablissement , a cause du port, Dans la baie de
Whytetee, a Pouest de Fair-Haven , il
y en a un autre qui parait avoir la forme
d'un grand bassin, lorsque Pon a .passe
les ressifs. On trouve dans ee bassin
des[ perles assez grosses et de bonne
qualite. L'ile d'Owyhee a aussi deux ou
trois ports; mais il n'y peut entrerque
de peSits batimeps. Le meilleur estdans.
le district d'Ahudo, sur la-c6te orien-
tale de l'ile. Son entree est formee par
un ressif sur lequel Caok a touche, et
 ( io6>
qu'il rapporte avoir un peu endommagd
son batiment.
Le 25 dans Papres midi nous quitta-
mes les naturels, et fimes route pour
l'ile d'Atooi, oil je me proposals de fipip
notre eau. Le lendemain, nous mouiL
lames dans la baie de Wymoa, par a3
brasses, a un mille et demi de la cote,
Les extremites de la terre nous restaient
au S. 6o° E. et au N. ?2° O,
Le 26, nous commencames de grand
matin a faire notre eau. Mais les natur
rels soutinrent fortement qu'elle etait
leur propriete, et que nous n'en pren**
<b?ions pas upe goutte a moins de la
payer avec de la poudre. Lorsqu'on vint
me faire part de leur resolution, j.'en-
voyai un detaehement armepour pro.-
teger ceux qui faisaient l'eau, et paw
convsaincre les naturels que j'etais determine a prendre ce qu'ils ue voukie&t
pas m'accorder- de bonne grace. La
suite de cette mesure fut qu'on ne nousi
opposa aucun obstacle. Quelques habjr«
 assanuotuawift
1796.
( 107 )
tans nous ayant aide a emplir et a rou-
ler nos pieces , nous les payames  de .  ...
leurs peines, et notre eau tut nnie dans
34 heures.
Depuis la derniere fois que nous
etions venus a cette ile, elle avait ete en**
tierement conquise par un chef nomme
Teavee, petit-fils de Perorannee. Timo-
ree,le roi depose, vivait aveo lui de-
pouille de toute espece de pouvoir.
Nous ne vimes aucun de oes person-
nages. Ils etaient dans Pautre partie de
l'ile, genes par quelques ceremonies
du Taboo. Mais nous apprimes qu'ils
avaient envoye des ordres pour empe-
cher qu'on nous vendit rien , a moins
de payer chaque chose" avec de la poudre
ou des fusils. Cela fut cause que nous
n'achetames rien. Un navire de Bristol,
appele le Rubi 3 avait achete des co-1
chons a cette condition. C'etait le seul
navire qui eut louche a cet endroit de-*
puis notre depart, excepte le Brick
Lady Washington..
—
 Juillet
^7
28.
( 108)
•—"■■■■— Dans la soiree du 27 , un europeen
17-9 ' yint a bord. II nous dit que le lende-.
main il arriverait quelqu'un de la part
du chef, avec la commission de nous
procurer des provisions ; car des qu'il
avait su que c'etait nous qui etions
mouilles , il avait consenti a nous ep
faire donner. Comme je n'ajoutais pas
foi au rapport de cet homnce, je ju-
geai inutile d'attendre ; mais je le priai
de nous suivre a Onehow avec toutes
les provisions qu'il pourrait se procurer.
Le matin du 28 nous parlimes , et
fimes route pour Onehow , ou nous
mouillames Papres - midi dans la baie
&'Yam,-par i5 brasses fond de sable, a
I mille et demi de la cdte. Les extr^mites
nousrestaient auN. 290E. et au S. 1 o° E,
Ayant le dessein de n'y rester que
48 heures pour m'y procurer^des ignames, j'ehvoyai apres dejeuner le ca->
not a terre, avec une petite tente et
trois soldats de marine armes , pour
proteger le marche. Je pensais que lea
 ( io9)
vivres y seraiant en grande abondance ;
car nous n'en avions achete que peu
a bord. Le soir j'allai a terre , et je vis
avec chagrin que la quantite achetee
etait tres-petite. Comme   je souhaitais
la  rendre   plus   considerable , je me
rendis a des plantations voisines ;  mais
j'appris que   la   disette   etait generate
dans Pile. A mon retour, je trouvai une
troupe d'insulaires  qui  venaient d'ar-
river d'Atooi, et avec eux Tupararo,
celui qui avait la commission de nous
suivre et de   nous apporter des provisions. Je demandai des nouvelles de
Hugues l'europeen. Tupararo m'assura
qu'il viendrait nous rejoindre dans la
matinee, et que nous aurions en abondance  des  pommes  de terre   et des
ignames. II me pria de  venir alors a
terre, et d'apporter du drap ecarlatte
pour   lui ep faire present.  Je lui re-
pondis que le can'ot irait a terre pour
emporter la tente , et qu'il pourrait pro-
fiter de son retour pour venir recevoir
 ( no )
 son present.  Les midshipmen retour-'
179t>- nerent a bord au coucher du soleil ,
Juillet.        . ...     •   j i     . •   .     '.
et je suivis a pied le rivage, pour gagner le grand canot qui m'attendait a
environ un mille de distance dans lesud.
Je marchais fort tranquillement,accom-
pagne par un seul insulaire , et j'en
rencontrai plusieurs avant d'arriver
au canot , qui etait plus loin que je
ne Pavais cru. Comme j'etais deja venu
deux fois dans cette ile , et que plusieurs officiers avaient fait des parties de
chasse dans Pinterieur sans etre aucune*
ment inquietes, je n'avais pas lamoin-
dre crainte pour ma surete. Mais le
malheureux evenement qui arriva Ia
Iendemain, fit voir que j'avais eu le
bonheur d'echapper a un danger reel.
Dans la matinee du 5o, je recus quelques ignames d'un vieillard qui, me
dit-on, etait le pere de Teawee. Tupararo m'apporta aussi des provisions, et
quitta le batiment en me disant qu'il
allait m'en envoyer davantage. Alors je
 Konnai ordre a un canot d'apporter tout
,., .   , .  . 1796.
Ice qu il aurait a envoyer; puis ie com- _ ">;
I . „     , Juillet.
Imandai au maitre d'aller a terre avec
deux soldats de marine armes, et de
■prendre aussi avec lui un honcme pour
faire les echanges,tandis que Pequipage
nu canot, avec un midshipmen _, reste-
jait mouille sur un grapin. Je les avais
lisposes ainsi, afin qu'ils pussent s'aider
fcn cas de besoin, et fussent sur leurs
Eardes. Ils devaient faire un signal s'il
irrivait quelque chose. II n'y avait pas
line heure qu'ils etaient partis, que l'of-
Ecier qui etait de garde sur le pont vint
In'avertir que la plupart des pirogues
Bes naturels etaient retoumees a terre.
■ e donnai ordre en consequence qu'on
it signal a nos canots de revenin II etait
llors 11 heures. Nous vimes nos gens
Ibattre les tentes, et peu apres nous
Intendimes faire feu du canot. Comme
In ne nous fit aucun signal, je crus
Bu'ils avaient tire pour rappeler ceux
Ini etaient absens. Mais peu apres on
 ( 5I2)
fit signal pour demander le grand ca*
not, et j'envoyai un officier avec des
soldats pour aller porter du secours.
Au retour d'une des embarcations, j'ap.
pris avec beaucoup de chagrin que les
deux soldats de la marine avaient ete
tues, et que le maitre et le botaniste qui
avaient ete a terre pour faire les ("changes , s'etaient echappes avec la plus
grande difficulte. Le grand canot resta
le long du rivage pour empecher les
naturels d'enleve«les deux corpsmorts;
car ils paraissaieajfc; desirer vivementde
les avoir en leur possession, quoiqu'ils
fussent tombes dans Peau. Comme ce
malheureux evenement etait arrive sans
que nous y Cussions donne le moindre
sujet, je detiberai avec mes ofiiciers surlj
les mesu.rgs que Pcpl devions prendre.
Leur avis fut qu'il fallait empecher les
nature^ de s'emparer des cadavres,puis
nous rendre a Atooi, y saisir quelques-'
uns,des chefs, etles obliger a nous li-
vre£ Tupararo efrfes principaux auteurc
!JH
.v*.'   i*'
 (n3)
de ce meurlre.  Nous pensames aussi
qu'il fallait faire un exemple sur le lieu
meme. Nous mimes du monde dans nos
embarcations , et les soldats recurent
l'ordre de mettre le feu aux pirogues,
aux maisons et aux plantations, jusqu'a
la distance d'un mille de Pendroit du
rivage ou etaient nos embarcations, et
de revenir avant le coucher du soleil.
Lorsqu'ils etaient en route, nous en-
tendimes quelques coups de fusil partir
du grand canot, ce qui fit que les autres
embarcations purent aborder sans obsta-
I cle. Les naturels eurent soin de se tenir
I au-dela de la portee du fusil; ceux qui
n'etaient pas assez eloignes se jetaient a
plat ventre en voyant la lumiere des
■amorces, puis ils se relevaient et s'en-
fuyaient a toutes jambes. Les maisons
■ne tarderent pas a etre en feu, et on
Ibrula ou detruisit seize pirogues le long
du rivage. Sur ces entrefaites, les natu-
Irels se reunirent en grand nombre, ar-
mes de lances. Deux d'entr'eux avaient
i. 8
 ( "4)
les habits et les fusils des deux inform-
79 * nes soldats. Us s'enfuirent a Papproche
Juillet.  , A ,<
de nos gens , et empecnerent par la
qu'on les punit de leur perfidie. Cepen-
dant on trouya les cadavres a 9 pieds
au-dessous de Peau. A 3 heures apres
midi ,M. Mudge revint; alors les naturels
se precipiterent dans Peau pour chercher
les cadavres; ilstrouverentlegrapinque
nos gens y avaient perdu dans Pattaque.
De tous les meurtres qui ont ete coin-
mis dans ces iles, celui-ci semble avoir
ete aussi peu provoque que les autres.
Je ne puis concevoir ce qui Pa occa-
sione; raai&svoici comme M. Cowley,
le maitre, et M. Alexandre, le bota- 1
niste, m'ont raconte qu'il avait eu lieu.
Le maitre , en apercevant notre signal,
avait donne ordre au canot de s'appro-
cher, et s'etait mis a abattre la tente.,
Les soldats defirent leurs baionnettes,
et un d'eux donna son fusil au botaniste,
afin de pouvoir ployer la tente. Dans \
ce moment, tandisqu'ils ne soupcon-J
 ( n5)
naient aucun danger, le bolaniste fut        _
renverse par un coup qnion lui donna  i^y*
par-derriere, et ""Tupararo s'enfuk; avec
le fusil  que   le botaniste avait laisse
tomber. Les deux soldats furent traitSs
de mence. Lorsqtfffif'tfHrent revenus a
eux, il n'y avait plus moyen de tirer le
fusil qui restait, car les naturels les ser-
raient de tres-pres tan-dis ^U^fefaisaient
leur retraite vers le bord de  la mer.
Le maifre atteignit heureusement le canot , e! le beJjaniSte sesauva-eri poigPar-
<lant tin feomme qui s'etait avan-ee dans
Peau pour le saisir. Mafe'4es -m-fortunes
soldats, embarrasses par feurs equipe-
vZKePs, farent massacres "dans l'eaiu;pa*r
les sauvages/Bn-fesaftH-narit leurs corps,
J-'ttstt pa-rftt •av'©tr::i<e!eu prusfeaivs coups
de sa propre Mi&Bn-ette; P-a#tre , qui
ne savait pas nager, avaJtun-e forte con-
-fhlsion a Ik -t-e-i-e, et semMait avoir ete
noye. On les re-tr-o-viva entierement nus,
a PexcepH'ion de quelques flambeaux de
leurs culwtes longues.
 (n6)
Pendant le massacre, le canot, suivant le rapport du midshipmen , etait a
moins de 25 toises du rivage , dont on
tachait de se rapprocher a force de ra-
mes, tandis qu'une partie de 1'equipage
faisait un feu continuel avec deux fusils. Malheureusement on ne put pas
sauver ces infortunes de.la rage des
naturels, et on ne blessa qu'un hornme
parmi une vingtaine qui les poursui-
vaient dans Peau. Je crains qu'on n'ait
agi avec confusion, et qu'on n'ait pas
ete assez pres du rivage pour, donner
les secours necessaires dans cette cir-
constance malheureuse. Si le canot avait
ete place, comme je Pavais ordonne,
environ a 5o toises de la tente qui etait
dressee sur une eminence, il eut pre-
sente une ressource assuree; car alors
si les naturels s'etaient precipites du
haut de l'eminence, ils aurajent ete entierement exposes au feu. II est done
tres-probable que le canot etait a une
distance plus considerable. Le maitre,
 i »7)
qui nageait tres-bien, cria que si Pon
ne sapprochait pas davantage , il se '•j
noierait infailliblement; et lorsqu'il at-
teignit le canot, le grelin du grapin
avait ete coupe ayant a5 brasses dehors; le vent venait de terre. 11 trouva
nos- gens dans un grand desordre, et
leur dit de faire signal au batiment, ce
que le midshipmen avait neglige. Les
naturels tirerent quelques coups de fusil au grand canot, qui fut peree par
les balles; mais il riposta par deux on
trois coups de pierrier,qui disperse rent
la foule, et tout fut tranquille. II etait
singulier que Rahinna et Timarroe,
deux femmes amenees de la cote N. O.
de PAmerique par le capitaine Vancouver , fussent venues avec nous depuis Atooi y car Tupararo etait le mari
de la premiere, et on avait envoye son
enfant a bord pour que nous le vissions.
Ces femmes etaient dans de grandes
I alarmes, et prierent qu'on les renveyat
a terre. Je leur accordai leur dcmandc
 ( "8)
et leur donnai a chacune une lettre pour
qu'elles les remissent au premier batiment qui arriverait; mais je leur re-
commandai de ne pas les montrer,sous
aucun pretextc , aux europeens qui
etaient a Atooi.
Le 31, nous desirions beaucoup arri-
ver a cette ile avant que la nouvelle du
triste evenement qui venait de se passer
y parvint; mais le vent, qui venait de
Pest, etait directement contrstire a notre
route. C'etait reeHement malheureux j
car nous ne pouvions pas supposer que
les habitans   d'Atooi, qui trempaient
dans cette affaire, se rendissent a notre
bord.  Nous pensions que le complot
avait ete forme dans cette ile, et que
l'europeen Hugues en avait eu connais-
sance, puisqu'il n*etait pas venu avec
Tupararo. J'abandonnai done mon projet pour le moment, me proposant de
profiter du vent,s'il devenait favorable,
dans peu de jours; et en attendant, de
determiner la situation des iles Bird et
 ( I1[9 )
Montagne. Nous partimes done dans ce
dessein, et fimes route au S. f S. O.
L'ile d'Orehoua est par 220 02'lat. N.,
et 1990 5o' E.
Le i.er, a 6heures apres midi, nous
vimes une petite ile qui nous restait au
S. 65° O., environ a 12 lieues de distance. A 10 heures, nous serrames le
vent et continuances a tenir au plus pres
sous les huniers, jusqu'au jour, que Pile
nous restait au S. 620 O., a 7 ou 8 lieues
de distance. Nous fimes route dans cette
direction; a midi, nous en passames a
moins de deux milles, et elle s'etendai
du S. 23° E. au S. 41 ° E. Nous trouvames
25 brasses fond de sable. Cette ile n'a
pas plus d'un mille d'etendue dans toutes-
les directions, Les deux extremites sont
escarpees et d'une hauteur considerable,
et elle est basse dans le milieu. II nous
parut que les canots n'y pouvaient pas
aborder , et qu'elle n'etait habitee que
par des oiseaux de mer qui faisaien t leurs
I irids dans le cr eux de ses roch c r s c scarpes.
 Aout.
( I20 )
Cette tie fut vue en 1789 par le capi-
J79 ' taine Douglas, qui Pa decrite et en a
determine la position. On voit sur les
cartes deux iles voisines Pune de Pautre
et fort bien placees, a-peu-pres sous le
meme parallele. Nous ne pumes en voir
qu'une avec un horizon tres - serein.
Nous placous Pile Bird a 25° 3' So" de lat.
N., et a 1970 54' E. de longit. E.#d'apres
len°.i.
A 6 heures apres midi, Pile nous restait au S. 32° E., a9 ou 10 lieues. Nous
apercumes beaucoup d'oiseaux.
Le vent restant toujours fixe a Pest,
je vis qu'il n'y avait pas d'espoir de re-
tourner a Atooi, a moins d'y mettre
trop de tems. J'abandonnai done cette
idee et fis route a Pouest, dans Pinten-
tion de me maintenir sur le parallele
de 28° 3o' N., que nous n'avions aucune
raison de supposer avoir ete parcouru
avant, et sur lequel nous pouvions faire
de nouvelles decouvertes. Comme nous
n'avions   pu  trouver Pile de Donna-
•^p-—
 ( m )
Maria-Legaraal'est, je crus qu'il serait 1
[possible   de la rencontrer  sur  notre I79°*
[route. Aujourd'hui nous ne vimes pas
d'oiseaux ni aucun autre indice de terre.
Dans la matinee du 8, nous apercumes    8.
une tortue, et toute la journee le batiment fut entoure de paille-en-culs.
A 20 h. 45', je fixai la longi-
I tude par miheu de 5 se'ries de
[ distances du soleil a Fouest de
[la lune iqo°5o'3o"E*
M. Chapman, par milieu de
15 se'ries igi    5 36 E.
M. Crosley , par milieu de
I 4 se'ries.     .......
N.° 1, en meme tems.    .    .  190 52 3o   E.
Le 14, ayant consomme les provi- jA.
sions fraiches que nous avions prises a
Owyhee, nous donnames des salaisons
a notre equipage, avec de la choucrout
et des tablettes de bouillon,qu'on faisait
cuire avec des pois. En ouvrant notre
barrique de graine de moutarde, nous la
trouvames entierement gatee, parce que
Pair s'y etait introduit.
 tl
22.
23.
(   I22   )
Le 17, nous vimes plusieurs requins
a Pentour du batiment. Nous mimes un
canot dehors pour decouvrir s'il n'y
avait pas de courant; mais nous n'en
trouvames pas.
Le 22 , a 2 heures apres midi, nous
gouvernames plus au N., faisant route
environ a 3o lieues au N. de celle du
Capitaine Clerke dans ces parages. Dans
la matinee, nous vimes un oiseau qui
ressemblait a un pluvier, ainsi que des
poissons volans et des paille-en-culs.
Le 23 , nous trouvaut sous le parallele d'un lie appelee Rio de la
Plata 3 mais 2P a PE. de sa position
supposee, nous primes PO. 2 S. O. afin
de la rencontrer. Le tepcs etait plus frais
que nous ne Pavions trouve depuis quelque tems. Cependant la chaleur ne nous
avait jamais paru incommode , et la
beaute de la mer nous permettait de
tenir nos sabords ouverts nuit et jour.
Si cette ile eut ete bien placee dans
la carte de Cook, nous eussions du la
 ( 125)
voir a midi, quoiqu'un courant nous        |
eut place a 16' au S. de notre estime.    ^oat.
Le   29, ayant couru 70 a PE. de    29.
Pendroit 011 est place Rio de la Plata y
sans apercevoir le moindre indice du
voisinage de la terre , a 7 heures du
soir nous fimes route a Pouest. II nous
• sembla que durant ces 24 heures, un courant nous avait fortementportesau N. E.
Le 2, en visitant les soutes , nous  Sept
trouvames beaucoup de bardes de mate-    2.
lots et quelques-unes de nos voiles neu-
ves en mauvais etat. L'humidite s'etait
introduite   dans toutes  les  parties du
navire , -et  la chaleur que nous n'a-r
vions cesse d'eprouver, avait occasione
une grande fermentation. Apres avoir
fait du feu dans le poste aux malades ,
nous nous purgeames du mauvais air
avec le ventilateur. Le thermometre ,
dans le poste aux malades,   se tenait
ordinairement a 85 et 87 degres. Au-
jourd'hui nous eprouyames un courant
qui portait au N. O,
 1796.
Sept.
5.
6.
( "4)
Le 5, nous tlnmes le plus pres , en
faisant route a Pougst, afin de pouvoir
prendre connaissance de la cote nord
du Japon.
Le 6 , nous vimes plusieurs arbres
flottans, et des cachalots d'une taille
enorme.
Nous continuances a tenir le  vent,
1 en faisant route a Pouest, dans Pespoir
de voir la terre , dans le cas ou la brunie
se serait dissipee. Le barQmetre ayant
baisse tout-a-coup, nous annonca un
changement de tems. A 5 heures , le
vent augmenta ; nous primes trois ris
dans  les huniers, et nous amenames
nos vergues de perroquet. A 6 heures,
le vent tourna au S. grand frais ; nous >
primes les bas ris , et cargames la grande ■
voile pour sonder. Avant d'avoir jefe j
le plomb, la misaine et le foe furent j
dechires; la violence des raffales aug1-
menta , et  pendant   qu'on serrait la
grande voile, le petit hunier fut  de- j
ralingue. Le vent ayant  saute du Sj
 (   X25 )
au N. O. , emporta aussi le grand hunier. Le batiment donnait tellement a
la bande, et le vent etait si impetueux ,
que nous   craignimes   de perdre nos
mats. Ne pouvant etablir aucune voile,
nous etions entierement livres a la fu-
reur des vents et de la mer. Les lames
qui nous couvraient, frappaient le batiment avec tant de force , que nous
ne pouvions soutenir leur effort. Ce-
pendant nous n'eprouvames pas d'au-
tre accident que celui de la_perte de
nos voiles; mais e'en  etait  une bien
grande dans notre situation. Cette bou-
rasque, qui ne dura qu'une heure , est
la seule de ce genre que j'aie eprouvee ;
car elle  ne fut accompagnee ni d'e-
clairs, ni  de  tonnerre,  ni  de pluie.
A 8 heures du soir, le vent s'appaisa
peu a peu , et souffla bon frais du N. O.
Pendant la nuit le tems fut beau. Au
point du jour nous apercumes les cotes
du Japon, qui s'etendaientde l'O. | N. O.
au S, O., a la distance de 7 a 8 lieues.
 *796-
Sept.
(126)
D'apres la hauteur meridienne ~, nous
elions par 390 55' de latitude boreale.
Les ext^e^nites de la terre qui etaient
,en vue , nous restfatent au N. 690 0.
et au S.  460 O.   Nous  voyions  dans
le S. 52° O., a 5 ou 6 lieues de distance , Une passe ar'^'entree de laquelle
il y  av^t une ile.   Nous supposames
que ce devail "ewe Pen-ti^ee de Nambu.
D'apres  la   carte   du capitaine  King,
ce relevem^flt et la latitude nous pla-
-caiettt par les  1420 5o' de longitude
orientale , ce qui est a-peu-pres la longitude meyefiPe de nos mon-fires. Nous
etions trop eloignes de terre pour pou-
fVOflP-faifle d'autres remait^steS. Mais nos
observations , et le changement de no-
tre position par rapporta la cote, nous i
indiquerent un courant qui nous  pe%J
tait fortement au sud.
Le 8, nous nous occupaUSes a mettrel
le greement en elat, et a reparer les
dommages ocelfcSones  par le dernier
ouragan. A   6 -heures, nous etions a
X:
  IIW», 'i!f : #OT
 ( I27 )
[5 ou 6 lieues de terre, dont les ex**
Eremites nous restaient au N. 4o° O. et
[au S. 4o° O. Nous sondames plusieurs
fois dans la nuit sans trouver fond, avec
nine ligne de 120 brasses. A midi, les
lextremites  de  la cote   nous restaient
an N. 420 O. et au S. 160 O. L'entree du
port de Nambu fut relevee au S. 35° O.,
a la distance de 3 a 4 lieues. Le courant portait  avec  force  au   S. O. en
suivant la   cote ; car au lieurtde nous
trouver a 3o  milles  au N.,_QiL O. de
Nambu, comme nous le croyions dapres notre. estime , les relejfretattens nous
placerent plus au S. O. de ce port que
ceux de la veille.
Le 9, a 4 heures, le veatayant passe
j au S. E. , nous femes route au nord.
Nous eumes peine a refbuler le courant ; Car le port de Nambu fut re-
leve pendant long-tems au meme rumb
de vent, environ a 7 ou 8 milles de
I distance. Le tems etait si sombre que
nous ne pumes rien voir dis tine lenient;
 tiMllH'i
it
1796.
Sept.
10.
( 128)
cependant il nous fut possible de re-
connaitre que ce port etait assez etendu.
Le barometre ayant beaucoup baisse,
nous donna lieu de craindre du mauvais tems. A 6 heures et demie, les
extremites nord du Japon nous restaient
au N. 5o° O., a 6 ou 8 lieues de distance. Le vent changea tout-a-coup et
souffla grand frais; le tems se refroidit.
A5h. 3o'du mat., a peine pouvions-nous
apercevoir la cote du Japon, qui nous
restait au S. 3o° O., a 10 ou 12 lieues
de distance.
La carte du capitaine King place le
port de Nambu par 390 47' de latitude
boreale , et 1 £2° 5o' de longitude orien-
tale. D'apres cette position, je pris un
.nouveau point de depart. Dans la journee , le courant nous porta environ
de 15 milles au S. O. La longitude da
port Nambu , obtenue par la montre n.° 1 , est plus occidentale que celle
du capitaine King, de 58' de degre.
Le 10, a 5 h. du mat., nous avions Ii
 t ^'9 )
terre au N., et au point da jour elle
nous restait au   N. 4°° O., a la distance d'environ 5 lieues. La pointe N.
etait tres-basse, mais celle du S. etait
tres-elevee. La  cote etait  formee par
des rochers escarpes. A midi, elle s'e-
tendait du N. 12"0 O. au N. 4o° O., environ a 6 lieues de distance. Le courant   nous  portait   au S. O., et nous
I eloignait insensiblement   de  la   terre.
Dans 1'apres - midi, nous  avions me-
snre  la  vitesse   du courant, et  nous
[avions trouve qu'il portait au S. environ
| 5 milles par heure. Nous sondames toute
; la journee, sans trouver fond, avec une
ligne de ioo brasses.
Le ii >, dans la soiree'ty-im petit
vent d'E. nous porta vers la cote. A mi-
nuit il sauta au N. N. E. Au point du
| jour nous etions pres de la pointe S. E.
de la terre. A 8 h. du mat., les extremites
nous restaient au N* 23°E.et auN. 43° Oi
Une pointe fut relevee au N. 3o° E. ,
a 2 ou 3 milles de distance. La sonde
1 9
 (. i3o )
   donna 22 brasses fond de pelits cail- j
I79(j* loux et de  sable. Apres  avoir double
P*'   cette pointe , nous fimes le N. 5o° O.
En suivant la cote , plusieurs rochers
decouverts   s'etendaient   au  large  de
cette poipte, qui etait basse et plate.
II y en avait deux, qui resserhblaient
a des oreilles d'arie. Ils sont N. i5° E.,
ou S. 15° O. avec la pointe N. E. de;
la terre. La cote qui est au N. de am!
rochers forme une petite baie, et est
tres-basse jusqu'a une plage de sable
situee a 3  ou  4  lieues de la pointe
dont nous venons de parler. A cet en-«
droit on cp&hmence a voir  de hautes
montagnes dans Pinterieur du pays; Le
terrain s'eleve en pente douce, depuisi
le rivage jusqu'au sommet de ces mon*.
tagnes, qui forment plusieurs chainesi
de differentes. hauteursr, couverles~d|i
bois ,  et qui offrent un  aspect tresH
agreable. Nous vimes plusieurs maisons;
eparses le long du rivage , et des bateaux sur la plage. A midi, la pointe dV
 i n)
vochers nous restait au S. -j3° E., environ a 3 lieues de distance. La sonde
donna 3o brasses.
Le 12 , dans Papres-midi, nous fumes
•accostes par trois bateaux pecheurs. Les
hommes qui les conduisaient etaient
d'une couleur cuivree claire. Leurs
cheveux etaient noirs et tres-epais, et
ils les avaient coupes derriere la tete.
Tous porlaient de longues barbes. Leur
physionomie etait expressive et remplie
de douceur. Ils etaient de taille moyenne,
et vetus de robes tissues d'ecorce d'ar-
bre. Le collet et les poignets etaient
horde's de toile bleue. Leur corps etait
ceint d'un morceau d'etoffe semblable
au maros d'Owyhee-. Ils portaient des
anneaux d'argent aux oreilles. Tous
avaient un couteau dans une gaine at-
tachee a leur ceinture. Avant de mon»'
ter a bord de la corvette -, ils nous sa»«
luerent de la maniere la plus respec-
tueuse, suivant la coutume des Orien-
taux. Nous leur offrimes des verroteries
 T796'
Sept.
( i5« J
et differentes bagatelles qui parurent
leur faire grand plaisir. Nous leur par-
lames ; mais nous ne pouvions nous
comprendre les uns les autres. Je suis
porte a croire , d'apres leur conduite ,
qu'ils n'avaient jamais vu de navire eu-
ropeen; car en arrivant ils avaient Pair
inquiet, et en mettant le pied sur les
passes-avant, oil ils s'assirent, ils res-
terent quelque tems sans proferer une
parole. Lorsqu'ils furent revenus de
leur etonnement , nous leur deman-
dames si l'ile s'appelait Matsmai. Mais
a ce nom, ils indiquerent tous qu'elle
etait a Pest. Nous pumes conclure de
leur maniere de prononcer, qu'ils nom-
ment leur ile Insu ". Apres etre restes
1 Insu est le fameux pays de Jeso. Avant.ce
voyage et celui de La Peyrouse, il n'e'tait conmi
des Europe'ens que par les*"ournaux du Castri-
com et du Breskes. Vcdciun extfait de l'ouvrage
de Forster, sur les de'couvertes faites dans le
nord (page 261 du tome 2 de la traduction
francaise. ) « En j G40, la compagnie hollandaise
 (PI
une heure avec nous, ils se retirerent, 	
et nous saluerent, en partant, de la meme J 79t)*
Sept.
des Grandes-Indes donna ordre d'envoyer deux
vaisseaux de 1'Inde au nord, afin d'examiner la
route du Japon au nord, et meme d'aller aussi
loin que possible vers 1'Ame'rique septentrionale,
et de chercher un passage dans cette partie.
Pour remplir cet objet, deux batimens partirent
ensemble du h&vre de l'ile  de  Ternate, le 5
fe'vrier- i644- Ces deux batimeps e'taient le Cas-
tricorn, commande par le capitaine Martin He-
rizoon Van Yj*iez-, et le Bre$kes, sous le com-
mandement  du   capitaine   Hendriet   Cornells
Shaep. Le 14 mai. x les deux batimens furent
se'pare's par une tempete % a la distance de 5$
lieues de Jeddo, capitale du Japon..Ils apercurenfc
la terre de Jeso. Le Breikes trave.rsa le de'troit
de Sangaar, au 41s 5o' de latitude nord, et au
164° 18' de longitude a l'est de Te'ne'riffe > (148°*
E. de Greenwich. ) Us virent encore la.terre au
43° 4' ^e latitude nord. Lorsqu'ils e'taient au*.
44° 4' > quelques canc-ts vinrent du rivage vers le
batiment. lis de'couvrirent encore la terre au
45" 45', ainsi qu'au 44" 12'- e* * la longitude de
1670 21' E. Sous le 45° 12' de latitude nord, et
le 169° 5& de longitude E. , la terre parut dans
1'eloignement comme un grand nombre d'iles;
 1796.
Sept.
( i34 >
ncaniere qu'ils nous avaient salue a leur
arrivee : ils   continuerent les memes.
mais en approchant, ces £les leur parureut ne-
former qu'une^seule terre. lis apergurent, par
le 460 i5' N. et le 1720 16' E., ainsi qu'au
172° 55' E., quelques. hautes montagnes. lis.
virent encore terre au 470 8' N.. et 173° 55' E..
Nous voyons par cette relation,, ainsi que par-
celle du Castricom, que ce qu'on.appelle la terre
de Jeso consiste en effet en une grande quantite'
d'iles connues aujourd'hui par les Russes sous le-
nom de Kouriles. Les Hollandais s'imaginerent
avoir de'couvert dans Jeso un pays tres-e'tendu.
Dans la derniere relation que nous a,vons des,
Russes , on donne la meme description de la
terre de Matzmai, dans laquelle les Hollandais,
parlent d'un lieu nomme Acquis, que les Russes
appellent Atkis. Le detroit entre Matzmai et le
Japon , a environ 60 verstes ou 34 milles ge'o-J
graphiques de largeur. Le couranty est tres-fort, 1
comme dans tous les de'troits qui se'parent les iles
Kuriles. Ce pays semble avoir pris son nom de
Jeso ou Yeso , de ce.que les habitans sont tres-
Vejus; eso ajant en. tolland^is la meme signifi-l
cation qaEsaii. »
II re'sulte de ce passage, qu'il ne parait pasl
prouve' que le Breskes ait jaji^ais passe' par lei
!
m
 ((ggf)
salutations, jusqu'a ce qu'ils fussent a	
une' certaine distance. Penfaapt la null lrJC)6.
Sept.
^detroit. de Sangaar j car il fut -jete sur la c&fe
scplentribnale "du Japon, en essaya'iit de le faire.
Jeso ou Insu , au lieu ct'e'fare fflfe'en plusieurs
al'e's!yi n'-enibrme qWiine seule ''se'paree du Japon
•panda de'troit de Sangj&r', et de l'»9e>vde Sajg(*&
! Jb'en au nord , par>(*el6?<lerLa Peyrouse.!
Les Rouriles , atf'lieu:'■de'1 former une partie de
Jeso, sont des iles dil^reutes,  qui s'Aenderft
•dspiiis la":*battie r-ftTfL de Jeso, jusvpxatr'K.am-
| chatkaV" j [jtwS
A Dans Sbistoire des de'coiiv«rt'e^'^^'3'i,pEt¥,rei ?
Russes, par Muller, toftie i , -^Sge 362,   on
trouve le journal du Breskes, pu$$e*parWitzer.
•Ony 'trouve>iinB-'SgSSfimbl'SHc&- flfeppitnte entre-
la description qu'jfcfait' de Je,so > et celle qui se
tipuve dans ce voyaige-ci.  KT$.
« Le vaisseau le Breskes avait ete' envoye'
1'an 1645 avec le Castricom, a la de'couvcrte de
la Tartaric Pres de la cote 'oneutale du "Japon ,
ils furent se'pare's par la tenipete, et le Breskes
decouvrit de son cote'aussi'la terre de Jeso. Ce>
fut au mois de juin qu-"fl"^6£'Voile par le de'troit
quiisepare la terre de Jeso du Japon, a 41 ° 5o'
de latitude,. et a i64°48'de longitude. La pointe
qu'on de'cooyritla premiere, se faisait remarquer
 ( *3G |
nous louvoyames pour* gagner Pouest..
A midi , la pointsfiS^.E. d'lnsu nous.
par 8 a* i o roch«*s semblables:a des voilBs ,ttf&-de la.
s'e'tendait une chaine d'e'cueils, jusqu'a' un mille
en mer. On vit la des petjtsl batimens. Jbes ra-
Xneurs avaient^ttne rame <}*t$\aquemaim, qu'ils
tiraient tour-a-lour; ils allaient extr&nenf&ty
vite. Ce peuple paraissait avoir de llintelligencey
Leurs barbes e'taient tongues, noires et fortes..
lis avaient le teint brun et la tsetfe rase'e, a la.
re'serve d'une touffe de cheveux de deBxrdoigts
de large qui restaijfc.snr le devant de la telfee. On
remarque qu'ils joignaieng. les mains sur. la
tete, en signe de reconnaissance, ils, etaient
vetus de peaux d'ours et armes d'arcs et de,
fteches. De 1$ le vaisseau cingla assez- avant a
1'est. Les matelots prirent beaucoup de cabeliaux..
A la hauteur de 45° 4 ,j&s viren.t terre; a 44° 4'>.
ils. furent aborde's par des barques. Ceux qui les
inontaient e'taient d'une bonne taille , robustes ,
et montraient de^p-tgttigfiuce. Les femmes qui
les accompagnaienfc avaient le teint brun, Us
levres et les, mains peintes en bleu, les cheveux
coupe's tout-a-Tentow de la tSte, a trois doigts
environ au-dessous de Voreille. On les aurait
pris pour des jeunes hommes. L'eau-;de-vie e'tait
fort de leur gout a tous. Quelques-juns avaient
 ( l57 )
restait au N. 65a E., et Pextremite des s \
terres dansle nord,auN.28°sO., a Sou T796-
\jQ lieues de distance. eP '
aussi des habits a la japonnaise; d'autres avaient
[des croix sur le dos. Outre l'arc et la Heche,, ils
"avaient encore des sabres faits comme ceux du
Wapon , dont la poigne'e e'tait incrustee. d'or, la
garde entoure'e d'un bord d'argent, et le fourreau
ouvrage' a ramage. Leurs baudriers e'taient brode's
[en argent. lis portaient aux oreilles des anneausc
fet des pendans <*Le verroterie de Nuremberg. Us
[avaient avec eux des peaux de chiens de mer et
[de castors , et quelques e'toffes des Indes. Leurs
bateaux e'taient de.s troncs d'arbres creuse's et sans
[ailes. A 43° 4-j de latitude, on vit encore terre,
'mais on n'y descendit point. Cette ile est situe'e
] i2on plus a 1'es* que la pointe orientate du Japon,
[qui est a 38° If. Difference en latitude , g° 38' }
direction nord-est, quart-d'est, et sud-ouest-.
Iquart-d'ouest. »
Spanberg, navigateur russe,  rapporte qu'il
laborda dans une grande ile qui s'e'tend depuis
Be 4°* jusqu'au 5o° de latitude. H ajoute que les
habitans  etaient extraordinairement yelus , et
qu'ils portaient des anneaux d'argent aux oreilles;
Dans les instructions donne'es a La Peyrouse, on
 ""™"
BPT
p
SI-     K-
Ifp
Sept.
m
( *38 )       -
^A-jM     Le 13, nous ftmes route en ^suivan!
*790, la c6le a moins de deux mUes. Nous
virames de bord par 43 brasses.IlLes
extremites des terres nous restaient au
N. 6i° O., et au S. 6b° E. If ous %mes
deux grands canots a Fancre. Us avaient
chacun un mat place au milieu de leur
longueur, et leur vojle etait fifEfree i
fajlte cj'etoffe ou <|e toile. lis reg$em^
blaient, pouf la forme , k une jpeU^
Jonque de la Chine; mais nou#'£t|pns
trop eloignes pour tes bien oBs^lter.
Au point du jour, ricftis vimes encore la
terre ,qui s'etendait du N. i5° O.au N.
5o° O. Un cap tres ~ remarquable, qui
semblait detaehe, nous i-estait au S. 70°
O. Nous ne trouvames pas de fond aprea
K-    a^oir file not^e ligne dans toute M Ion-*
gueur.
ivf.   f Le%4? I 6 b^ffesi^lclemie, i|bus vi-
Fen gage a consulter les ©iffeFeniel? delations dix
pays de Jeso , recHeillies^ar^Buache, dans sea
Consideratidns gebgrapftiques et physifoxies *
page#7. ( Nole de Tauteur.^
 ( **9 ")
r
yarned de bord par 43 brakes, a mains ip
de 4 a 5 milles de la terre , qui $'<|ten- *79^
dait du N. 22? 0. au N. 70° Ch; en&uiter  Se¥u
on voyait une interruption j elle reprep    §
nait au N. 55° O., et s'etend^it jusqu'au
N. 7 5° O. D'apres le peu d'elevatian de
la cQte dont nous nous sprnmgs appro-
ches^j^ parait que les terres qui sem-*,
blaient  detachees , doivent  etre   liees
avec d'autres terres basses. Il est egale-*
ment JPf|S^)le   qu'eUe&^e prcdong^nt   ■'$%$
dans le nord. Pendant la nuitg<nous lou-*   9flB
voyames sous peu de voiles , et ftpus   §ip|
trouvames fond depuis 48 j^fJ1'^ *5§      ll|
brasses.   Au  point du jour , la  tjerre   |||||1
d'Insu s'etendait du N. 70 (X au S. 780 E.*   WBs
et la cote occidentale,, du N. 2a0 (X, au   BB
N.87°0. On voyait une pointe eleyee,   j fl|
• dans le S. 58° O. Nous etions alors pres-      ^
que dans le centre $e la baie que \ &f
lionrniaiyFb/^a/za- fyay (^baie d$§ Vol-
cans ) > dont les cgtes se trouy^ijept a la
distance de 5?iieue§. JDu haut des ipals    ||
on distinguait «> mais avec peine , le$   ^^S
L
-^M
 ( *4o)
—-.— terres qui forment la partie septentrio-
J79"* nale de cette baie. Nous gouvernames a
eP ' 1'ouest; et a midi,une pointe de terre
qui ressemblait a une ile, nous restait
au S. 8o° O. La pointe elevee que nous
avons relevee plusieurs. fois , nous
restait au S. i8° O., h. 7 ou 8 ljeues
de distance* un volcan et 1'extremite
orientale de la terre d'Insu, nous restait
au S. 63° O.
i5. Le i5, a Gheures apres midi, nous,
doublames la terre. A midi, nous la re-
levames au S. 8° 0. A c^heures du soir,
nous etions dans une bonne position
par rapport au volcan. Le matin , nous
nous trouvames dans une baie spacieuse,
Le volcan fut releve au S. io° E.; et ce
qui la veille nous avait paru etre une
lie au N. 64° E., a 5 lieues de distance,
Les extremites du cote de la pointe ele
vee, nous restaient au S. 480 E. II sortait
beaucoup de fumee du cote septentrional du volcan, dont nous etions eloignes;
de 3 a 4 milles. A 1'ouest, on  voyait
J
 r
(||)
plusieurs maisons eparses le long  du 1
rivage. Avant midi, quelques habitans I79t)o
du pays vinrent nous faire visite. Ils e^ '
ressemblaient en tout a ceux que nous
avions deja vus; mais il y en avait quel-
ques-uns qui auraient ressemble a des
Chinois, si leurs cheveux n'avaient pas
ete frottes d'huile, et n'avaient pas ete
longs sur les cotes et noues par-derriere j
le devant et le milieu de la tete etaient
rases. Ils avaient tous une pipe et une
boite pour mettre leur tabac. Ils paru-
rent prendre beaucoup de plaisir en
voyaftt l'interieur de notre batiment.
jUn.vent frais s'etant eleve , ils nous
quitterent, et nous fimes route pour
;aller vers la partie N. de la baie, avec
June jolie brise du large. A midi, ce
que nous avions pris pour une ile, nous
restait au N. 870 E., et Pextremite de la
terre vue du cote de la pointe elevee,
au S. 5o° E. Nous etions a 4 lieues du
volcan. Aujourd'hui, les longitudes don-
nees par nos montres, differerent en-
 ( *42 )
«~— tr'elles, &tt £oint que nous ne primes leur
1'79"*' accorder aucune confiance. Apres-avoir
Pt# couru 14 milles au N. E., nous arriva-
mes vis-a-vis un village pres duquel
nous vimes une jonque mouillee a Ten-
tree d'une petite anse. Une chaine de
rochers s'etendait dans le N. O. Nous
virames vent devant, etant par to brasses, pour les eviter. Ensuite j'envoyai
un canot sonder en avant, et nous fimes
routte a 1'ouest, vers une baie qui sem-
blait nous promettre un bon mouil*
lage. A 4 heures , nous mouillames
par 7 brasses fond de vase, environ a
trois qdarts de mille du rivage ,' et
vis-a-vis un village considerable. L'ex-
trem-he de la dhaine de rochers nous
rSStait au s*ud, et le volcan etait de
6*° plus-k 1'ouest, a la distance d'environ
io- lieues.
- ]?5>dtis rE^uffies plusieurs visites des
b&m1"&ns du village pres duquel nous
etiotiS'mouilles; mais un Japonais qui
vint peu apres les renYOya. Nous es-
 (II)
sayames de lier conversation avec ce 	
nouveau venu; mais ce fut en vain. II   J9
,       . Sept.
nous quitta avant la nuit, sans que nous
eussions pu en tirer aucun renseigne-
ment.
 CM4)
CHAPITRE   V.
Remarques sur le pays et les habitans des
environs de la baie des Volcans. — Politesse
•des Japonais. — Description du port d'En-
dermo. — Observation sur les naturels ) leur
habillement, leur parure , leurs habitations,
leur nourriture , leurs embarcations. — Re*
marques sur les objets de commerce , l'agii»
culture , les plantes et les animaux. — Obser*
Vations astronomiques. — Navigation le long
de la cote d'Insu. — Ile de Spanberg.
  JLjE i6,au lever du soleil, nos embar-
1" ' cations partirent pour aller chercher de
l'eau.   Elles  en decouvrirent vis-a-visj
16.
l'endroit oil nous etions mouilles.   Le
Japonais qui s'y trouvait, leur fit signej
qu'elle etait tres-bonne. Plusieurs naturels nous accompagnerent; mais le Japonais ne voulut jamais les laisser ap-J
procher qu'a une certaine distance. lis'
etendirent des nattes pres du rivage,!
 (*45)
s'assirent pour fumer avec de petites  *
pipes, et lierent conversation avec nous, 179"*
tandis que nous emplissions nos pieces e^ *
a eau. II nous parut qu'ils nous faisaient
des questions sur notre depart, et nous
temoignerent le desir qu'ils avaient de
nous voir partir. Nous voulumres aller
au village; ils s'y opposerent fortement j
et pour eviter tout differend, nous y re-
noncames.
Nous longeames en canot la cote qui
etait a 1'ouest, jusqu'a la distance d'environ 2 milles. Le terrain s'elevait en
penle douce, et foi'mait des coteaux
couverts de verdure, et sur lesquels on
voyait quelques grOupes d'arbres. Nous
arrivames a un joli ruisseau oil il y avait
quelques maisons. Lorsque nous mimes »
pied a terre, les naturels nous appor-
terent des nattes pour nous asseoir, en
nous donnant des marques du plus pro-
fond respect. Heureusement qu'il n'y
avait pas a cet endroit de Japonais pour
s'opposer a leur civilite.  Comme cette
Ii 10
 k!
I i partie de la cote etait plus commode
179^* pour y faire l'eau et le bcris, je resolus
Sept. jj'y venir faire ma provision. Apres
avoir observe la hauteur meridienne du
soleil, nous retournames a bord. Pendant mon absence, plusieurs Japonais
etaient arrives au village vis-a-vis duquel nous etions mouilles. Ils avaient
amene avec eux des chevaux charges
de marchandises. L'apres-midi ils vin*
rent a bord avec les cerenfbnies qu'ils
ont coutume de faire, pour nous rendre
une visite. Ils etaient vetus en toile de
coton. de couleur foncee, et avaient au-
tour de la taille des ceintures d'un tissu
d'argent. Chacun d'eux avait deux sabres richement ornes d'or et d'argent,
et dont le fourreau etait de beau laque.
Ils portaient des sandales de bois gar-
.y^jj nies en paille , et chacun avait sa pipe
et son eventail. lis s'informerent avec
beaucoup de soin de quelle nation nous
etions, et du dessein qui nous avait
attire chez eux. A mesure qu'ils avaient
J*****
*nK
 (m)
l'air de comprendre nos reponses, ils
les notaient; car de meme que les Chi-
nois, ils portent de l'encre avec eux.
Apres avoir fume leurs pipes et pris
quelques rafraichissemens, ils retour-
nerent a terre. Dans la soiree, une jon-
"que vint mouiller pres de nous; elle
etait chargee d'une espece de varec*
(jucus saccharinus ) et partit dans la
nuit.
Le 17 dans la matinee , nous jetames
la seine, et nous primes peu de poisson*
Nous continuames a faire notre bois et
notre eau. Je visitai la petite anse que
nous avions apercue en arrivant, et je
trouvai que c'etait un petit port oil il y
avait 3 brasses d'eau. On y entrait en
passant au milieu de quelques rochers
qui s'elevaient au-dessus de l'eau. Ce
port est tres-commode pour les petils
navires. Il est entoure de maisons. Une
des plus grandes etait habitee par des
Japonais, et avait un jardin oil on cul-
tivait des haricots et des navels. En re-
 1796.
Sept.
18.
20.
( U8)
venant de la, nous abordames au grand
village oix nous rencontrames le Japonais de notre connaissance. 11 paraissait
tres-inquiet de nous voir aussi pres des
habitations, et nous pressa fortement de
retourner a bord de notre batiment.
Nous marcbames jusqu'a l'endroit de
l'aiguade, ou nous nous embarqudnies,
ce qui leur fit grand plaisir.
Le 18, nous nous affourchames plus
pres de l'aiguade. Pour la premiere fois
nous vimes des femmes. Elles etaient
occupees a pecher avec les hommes et
les aidaient a ramer. Leurs cheveux
etaient coupes tres-courts. Leurs levres
etaient tatouees, et leur habillement
ressemblait entierement a celui des
hommes.
Le 20 dans la matinee, nous allames
examiner la partie N. O. de la baie.i
Apres avoir rame 5 milles, nous arri-
vames a un petit village place a l'em-
bouchure d'un ruisseau dont nous sui-i
vimes les bords pendant quelque tems.
 (n)
Le cours de ce ruisseau paraissait venir  	
du nord, et nous supposames  que sa I79"*
source devait etre a une distance consi-      ^ "
derable, d'apres sa profondeur et sa ra-
pidite. Le pays qu'il traversait presen-
tait un coup-d'ceil tres-agreable et sem-
blable a celui que nos campagnes offrent
en automne. Les collines etaient tapis-
sees de verdure et parsemees d'arbres
qui paraissaient avoir ete places avec
autant d'art que ceux qui ornent les pares
anglais; mais nous n'apercumes aucune
trace de  culture.  Les habitans de cje
petit village nous, recurent tres - poli-
ment.,
Nous retournames a bord dans Papres-
midi, avec un vent contraire tres-fort,
qui venait du S. E.,, et produisait una
forte houle. II augmenla dan& la nuit.
Le 21, continuation du meme tems.   2x.
Le ressac le long du rivage etait si fort,
que nous ne pumes emporter notre bois
ni notre eau.
Le 22, la lame fut encore si forte ',   22.
 Eii
I /•
( »5o )
—t—• que nous ne pumes aller a terre que Te
179"* a5. Alors les brises de terre comment
^ *   cerent a succeder aux vents du large ,,
tpi devixlrent plus moderes. Nous en.
profitames pour finir notre bois et notre
eau.-fees naturels se trouvaient tosttjours.
-sur le rivage en meme tems que nos
gens, et donnaient des raisins pour des
boutons. Quelquefois, lorsque les pe-
cheurs passaient le long de notre bati-.
ment, nous parvenions a les faire con-.'
sentir a nous vendre du poisson; maiss
cela n'arrivait pas souvent.
Le 25, j'envoyai le master pourexa*
miner la partie de la cote situee entre le
mouillage et ce qui nous paraissait etre
une ile. Dans la matinee , nous recumes
la visite d'une nouvelle compagnie de
Japonais, superieurs par leurs habille-
mens et leurs manieres, a ceux que nous
avions deja vus. Leur societe fut non-
seulement   agreable, mais  aussi tres-
instructive.   Ils nous  montrerent  une
mappemonde  qui piaraissait avoir ete
25.
 (p)
dessinee en Russie. Ils avaient un livre
ou etaient representees les armoiries'de
differens pays,et ils nous indiquerent
sur-le-champ celles de la Grande-Bre-
tagne , parce   qu'ils  supposerent que
c'etait notre patrie. Ils avaient encore
un alphabet russe; et suivant ce que je
pus comprendre, un d'eux avait ete a
Saint-Petersbourg. Un de nos matelots,
qui etait russe, leur parla la langue de
son pays, Ils me permirent de prendre
copie d'une grande carte des iles situees
au nord du Japon, et me promirent de
m'en apporter le lendemam, une autre
qu'ils avaient construite.. Apres  nous
etre fait des honnetetes reciproques,les
Japonais retournerent a terre.
Le master revint dans la soiree; il
avait trouve dans la partie N. E. de la
baie un tres-bon port appele par les habitans du pays Endermo > et forme par
ce qui nous paraissait une ile, qui n'etait
en effet qu'une presqulle.
Le 26, le beau tems nous permit d'en-
1796.
Sept.
/
26.
 (   *52  )
lever tout ce que nous avions a terre,
et nous nous preparames a partir. Nos
amis les Japonais vinrent diner aveo
nous. Ils me donnerent la carte qu'ils
m'avaient promise. Je leur fis present
de la carle du globe eonstruite pour le
voyage de Cook. Elle leur donna la
plus grande satisfaction. Ils remar-
quaient avec attention tout ce qu'ils
voyaient, et ils dessinaient a l'instant
avec de l'encre de la Chine les objets
qu'ils croyaient pouvoir s'effacer promp*
tement de leur memoire.
Le 27., les dernieres observations
faites pour regler les garde-tems farent
terminqes, et le batiment fut entiere-»
ment pret a partir.
Le 28 au point du jour, nous mimes
a la voile et fimes route au S-..E,, en
allant au plus pres avec un vent du
large. A midi, la latitude fut de 420 18'
20" N.j 1'extremiteformant I'enfree sud
du port d'Endermo nous restait au N.
8cf E., a 4 Heues de distance; le volcan
 woaawHNUMNMKxn
| 155 )
du sud au S. 20 O., et le volcan du nord
au N. 5o° E. Avant la nuit, nous mouillames par 11 brasses fond de vase, environ a 2 milles au large de 1'entree du
port. Nous etions entoures de terres, et
I'on ne pouvait voir la mer au large que
par une buverture tres-etroite qui nous
restait au S. 220 E. Le volcan du sud
nous restait au S. a5° O. j un village si**
tue sur une petite ile au S. 370 E.; la
pointe du port a l'E. S. E. Nous etions
a un mille de la cote nord. Pendant
toute la nuit les vents furent violens de
la partie du S. E.
Le 29, je visitaile port decouvert le
25 par le master. Je trouvai qu'on y
etait a l'abri de tous les vents, en mouil-
lant a 1'endroit oil le gros cap reste au
N. O., et se trouve dans Palignement de
1'extremite de l"isthme qui forme la
pointe de tribord de l'entree. Dans cette
position, nous y avons trouve 4 a5 brasses d'eau. Lorsqu'on veut entrer dans
le port, il faut tenir l'ile detachee de la
 ( '54 )
-■  pointe de babord de  Pentree, jusqu'a
179^* ce qu'on Soit a moins d'un quart de mille
** ' d'une roche quine decouvre <ju'a demi-
maree. Alors on -peut gouverner au
S. O. Le fond y est bon ; et a me sure
qu'on avance, il diminue depuis 10 jusqu'a 2 brasses, et on peut se placer par-
tout ou on le juge a propos. II y a quelques maisons eparses sur la cote sud de
ce port; etau fond, le rivage est bas et
plat; de sorte que les embarcations ne
peuvent en approcher a plus de 5o toises.
Dans toutes les autres parties on peut
de'barquer commodement pour (aire du
bois et de l'eau.
Le 3o dans la matinee, un matelot
nomme Haus Odson mourut. II etait
Danois. Sa mort fut occasionee par la
chute d'un arbre qui le blessa grieve-
ment. Apres avoir langui et souffert
quelques jours, la gangrene se mit a ses
plaies, et nous eumes a regretter un
homme laborieux et d'une bonne conduite. II fut enterre dans la petite ile
  *W5P»rt*SroOK3»£5iBatrip
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tVTDE CHO!
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tla cote S.fi. ie COl
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 IDS
)
a qui, en consequence , je donnai son
pom.;
Latitude de Fentree du port
d'Endermo. ,    42° 19' 29" N,
7 36   E.
Longitude.' i4i
La mer est pleine a 5 heures 3o' ,les
jours de nouvelle et de pleine lune. La
mer monte de 6 pieds.
Le port d'Endermo est a la pointe nord
d'une vaste baie que j'ai appelee Volcano-Bay ( baie des Volcans). La pointe
sud que les habitans nommeht Esarme _,
est a environ 11 lieues dans le S. 170 E.
de cette pointe nord- Les trois volcans
qui se trouvent sur les cotes de cette
seule baie, m'ont engage a lui donner le
nom que j'ai adopte. On trouve 5o brasses au.milieu de la baie, et le fond dimi-
mie a mesure qu'on approche des cotes.
La carte que j'ai fait dessiner, donnera
une idee plus claire de cette baie, que
tout ce que je pourrais en dire. Cepen-
dant je ne pretends pas qu'elle soit d'une
grande exactitude*
 (fpf)
       Nous etions dans Volcano-Bay a
79"- l'epoque des equinoxes; le tems fut ce-
' pendant generalement tres-beau, et les
brises de terre qui venaient du N. O.
succederent periodiquement aux brises
du large qui venaient du S. E. Nous n'y
eprouvames pas de houle, et nous y sommes restes aussi en surete que nous au*
rions pu etre dans le port d'Endermo%\
qui est a l'abri de tous les vents.
J'ai vu peu de pays dont l'aspect soit
plus beau que celui de la partie nord
de Volcano-Bay. Le terrain s'eleve en'-'l
coteaux de formes et de hauteurs tres- i
variees, et couverts d'arbres qui com- j
mencaient a perdre leurs feuilles.
Ce.que nous avons vu des moeurs et
du caractere des habitans de Volcano-
Ray_, ressemble assez a ce que le navi**
gateur russe Spanberg a dit des habitans d'une ile qu'il avait visitee, et qui
est siluee par les 43° 5o' de latitude bo*
reale. Les hommes sont en general-^
petite taille. Leurs ja,mbes sont plus on
  flgffWBHBgSOtBEBU*-
 ( i57)
moins arquees en-dehors. Ils ont les
bras courts en proportion de leur corps.
Une barbe longue, epaisse , et ayant * '
de la disposition a friser, leur couvrait
presque tout le visage. Leurs cheveux
touffus etaient coupes tres-courts sur le
front et derriere les oreilles, et coupes
droits par-derriere, Ils avaient le corps
presque tout couvert de poils longs et
noirs; et nous observames la meme
chose dans les enfans. Les femmes ont
aussi les cheveux coupes autour de la
tete, mais pas si courts que les hommes.
Elles avaient le dessus de la main ta-
toue, ainsi que le front et le tour de la
bouche. Elles portaient autour du cou
des cordons garnis de verroteries, et
d'autres ornemens. L'habillement des
hommes consiste en une robe lache dont
l'etoffe est faite avec l'ecorce interieur<
du tilleul; elle leur descend jusqu'aux
genoux,et est serree autour du corps
par une ceinture a laquelle ils attachent
leur boite de tabac, leur pipe et leur
ERK
 ( *58 )
—— oouteau. Quelques - uns avaient auM
179"' oreilles des anneaux d'oii pendaient des
pt' especes de grains. Ils ne portent leur
vetement que lorsqu'il fait froid, et ils
l'otent ou le mettent suivant qu'il leur
convient. Dans la belle saison, ils n'ont
qu'une piece de toile qui leur sert de
ceinture. L'habillement des femmes dif|
fere peu de celui des hommes; mais
leurs robes descendent jusqu'au milieu
de la jambe. Quelques-unes en avaient
en peau de veau marin ou de chevreuil^
ornees de morceau de toile bleue. Les
femmes avaient le visage agreable; mais
la maniere dont elles coupent leurs cheveux les defigure. Leur conduite etait
modeste, etait reservee , telle qu'elle
convient a leur sexe. Les enfans etaient
entierement nus. Les hommes nous sa-
luaient de la maniere la plus humble ■,
en s'asseyant les jambes croisees, puis
ils avancaient leurs mains, se frappaient
la barbe ,et s'inclinaient presque jusqu'ii
terre.
 ( i5g)
Leurs maisons sont en bois. Les murs	
et les toits sont de roseaux. Au milieu 179°*
de la maison est le foyer, et k chaque e^ '
extremite du toit il y a uu petit trou
pour donner issue a la fumee. Au-dessus
du foyer sont suspendus des chaudrons
de cuivre pour les usages de la cuisine,
et un petit echafaudage pour faire se*-
cher le poisson et les grains. Leur lit est
une plate-forme elevee au-dessus du sol,
couverle de nattes et de peaux. Leurs
habitations sont en general de forme
oblongue.
Ils se nourrissent prineipalement de
poisson seche qu'ils font cuire avec du
varec, et qu'ils assaisonnent d'un peu
d'huile extraite du foie du poisson saint-
pierre \ Ils mangent aussi differentes
especes de fruits , tels que des raisins ,
des framboises et d'autres baies, ainsi
que de la graine de millet. Nous vimes
dans leurs villages des ours et des aigles
qofils tenaient  en cage, apparemment
' Zeus-Faber. L.
 h
( «6o)
 pour les manger, car nous ne pumes
179°* pas les engager a nous en ceder. Us sont|
e^,t' si pauvres, qu'ils avaient peu d'objelg.
a echanger, et nous ne pouvions nous
procurer du poisson que tres-rarement,
quoiqu'ils fussent continuellement oc-
cupes a la peche. Les raisins etaient
tres-abondans, ainsi qu'une espece d'ail
ou de petit oignon. Ils construisent prin*
cipalement leurs canots en bois de sa-
pin; ils en recouvrenl les flancs de bor-
dages qui augmentent leur largeur, et
qui, se prolongeant de l'avant et de Par*
riere, en rendent les deux exlremites
lares-fines. Ils les consent avec de Posier,
et bouchent les coutures avec de la<
mousse. Us rament avec deux avirons;
mais au lieu de les faire mouvoir ensemble , ils ne les remuent que Pun-
apres l'autre, ce qui les empeche d'aller
en droite ligne, et cependant ils mar-
chent tres-vite. Leurs filets sont d'e-1
corce de tilleul, teints avec Pecorce de
chene. Les Japonais leur fournissent des
?%.--•*
 hamecons et des harpons. Lorsqu'ils ne ——>
sont pas occupes a lapeche,ils radou- I79t)'
bent leurs canots, ramassent et font se-    e*" *
cher des plantes marines dont ils expedient une grande quantite au Japon, ou
Pon en fait  grand cas sur les tables.
L'e'corce de bouleau est aussi un des
objetjSBde commerce de ce pays.
Les femmes s'occupent aux travaux
domestiques, et a la fabrication des
etoffes pour les vetemens. Elles pren-
nent, ainsi que les hommes, beaucoup
de plaisir a fumer.
Les habitans d'Insu sont des tribu-
^taii-es  extremeibaent soumis des Japo-
aais, qui les empechaient le pkiS qu'ils
pouvaient d'avoir aucune relation avec
nous, et les faisaient retirer des qu'ils
cherchaieat a nous approcher. Ces habitans cKIpsu pataissent etre tin peuple
bon et Ires - doux. Nous fumes faches
que la jalousie des Japonais nous ait
empeche de   communiquer plus souvent avec eux, et de nous instruire de
i.
ii
 1796'
Sept.
(16a )
■ leprs usages et de leurs mceurs. Us par-
lent lentement et avec timid ile; leur
langage contienl beaucoup de mots japonais.. Nous apercumes des champs de
peu d'e ten due, semes en mais et en millet; mais nous ne vimes guere d'autre
espece de culture. Nous en fumes d'au-
tant plus, etonneslfque les objets dont
ils se. jaourrissent nous ont paru peu
abbndans et tres-drecaires, quca"que le
sol soit fertile et ptfaduise une grande
quantite de vegetaux dans les jar dins
des Japonais.
Nous ne vimes dans ce pays que des
chevaux, des chicns, des daims, des
Qtojrvs, des reriards et des lapins; mais
d'apres les differentes especes de four-
rures dont les naturels etaient couverts^-
il est pfobable qu'il doit y avoir plu-
sieurs autres esjteces d'abimaux dans
celle ile, eA'icpdelle peut fournir une
grande variete de pelleteries.
Le sol est excellent et tres-productif.
On "a-cruve-'d'ans les bois des ©rwies , de-s
1%*"*
-I"^K.
 ( i63 )
chenes,  des  frenes, des erables, des —-*—.
bouleaux, des hetres,des tilleuls, des I79"*
ifs, des pins argentes, des peupliers,    eP ' <
des charmes et des sassafras, ainsi qu'une
grande variete  d'arbusles. La plupart
des plantes qui croissent en Angleterre,
sont naturelies a ce pays.
Les oiseaux n'y sont pas nombreux,
quoiqu'il y en ait de plusieurs especes.
On y voit des aigles, des comedies, un
oiseau jaune de la famille des linotes,
des pigeons, des oies sauvages, des canards, des nigauds, des vaneaux, des
mouettes. On y trouve beaucoup d'es-
peces de poissons, tels que des baleines,
des marsouins, des tortues, des espa-
dons , des lunes , des poissons saint-
pierre et plusieurs crustacees *.
' II y a une conformite' frappa-rite entre les de'*
tails que donne le capitaine Brougbton sur les
habitans de File d'msu , et ceux qu'on trouve
dans le Voyage de La Pejrouse, sur les naturels
de File Tch<?ka ou Se'galien , tandis que ceux-ci
[ different a tant d'e'gards de leurs voisins. les habitans de la cote de Tartarie. (Note du traducteur.)
 (i64)
      Voici le resultat des observations que
179"- Pastronome a faites a terre vis-a-vis notre
S^1-   mouillage:
'"Milieu des latitudes observers 42° 55' n"      N.
Octob.
Longitude   de'duite   de
E.
plusieurs observations.    .140   5o  52
Variation de-trois compas a, terre  16  5o   N. O.
Variation a bord d'apres
tous les compas.    ...      i   27   20    N. E.
La merest pleine aux nouvelles etaux
pleines lunes, a 4 h. 3o'. La mer monte
de 4 a 5 pieds. Au mouillage nous n'e-
prouv&mes pas de courant.
Dans l'apres-niidi du i.er octobre , le
vent s'etant fixe, et soufllant tres-fort1
et par grains, nous partimes apres avoir
pris deux ris dans nos huniers, et nous
dirigeames la route sur la pointe d'E-
sarme. A 5 h. 7'., la pointe meridionale du port d'Endermo nous restait a
PE., a 3 milles de distance. A 6 h. 3o*
nous la relevames au N. N. O., et le
 (i65)
volcan au S. 780 O. Nous ne pumes nous
approcher assez de la pointe d'Esarme 179t)*
, .      -,.   . ,    Octob.
pour   la   voir  distmctement  avant la
nuit. A 8 heures nous changeamesde
route , et je la fis diriger sur la partie
de la cote d'Insu qui etait au nord, dans
le dessein de la visiter.
Le lendemain matin, a 18 heures
nous apercumes la terre 1 qui s'etendait
du N. au N. 7 5° E. , a la distance de
6 ou 7 lieues.
Le 2 , vent fort et tems .couvert.
A 2 h. 3o' nous rangeames les rochers
qui etaient au large de la pointe que
nous commencions a doubler , et nous
dirige&mes notre route pour pr-olonger
la cote a 2 ou 3 milles de distance.'
A 6 heures, une pointe de la partie S. E»
dJInsu nous restait au S. a5° 0., a 5 ou 6
1 Ici le eapitaine Rjraughton se sert, pour la.
premiere fois , du tems astronomique , dont les
jours comrnencent a midi, et finissent a midi du
jour suivant, et il compte vingt-quatre heureff
^un Hudi a Fautre. (Notedii traducteur).
SfaMf*ffiW8»WW*WWffflBWS'«SgSgg
 1796.
Octob.
3.
n
( 166 )
lieues de distance. L*extremite nord de
la terre qui etait en vue , s'elendait a-
peu-pres du N. 25° E. au N. 3o° E,.
Dans  cette  position  nous   trouvames
20 brasses. Pendant la nuit le tems fut
assez beau ; nous louvoyames a petites
Voiles, et la sonde rapporta toujours*',
depuis 20 jusqu'a 4& brasses. Au point
du jour nous etions a-peu-pres ou. nous
etions la veille. Les terres vues au sud-.
ressemblaient a des masses de rochers,
tres-eleves. Elles  s'abaissaient dans le
N. O., et la cote   etait tres-escarpee
dans cette partie. Au - dessus de cette
terre basse , nous   apercevions, dans
un grand eloignement, deux montagnes.
entierement couvertes de neige. Cette
cote n'est pas tres-boisee. Nous etiona
a environ 3 lieues de distance  du rivage ,  et  les  extremites de la terre
s'etendaient du S. 37 ° O. au N. 3o° E.
Le 3, le vent vint du large. Nous
continuames de suivre la cote , qui etait
par - tout de la meme hauteur. Nous.
HP-
 ( MS
apercutmes au N. 0. Pentree d'une baie
profonde , ou plutot d'une riviere fer-
mee par une terre basse. Au coucher
du soleil le vent e'tait faible. Les ex-
tremites de la terre s'e'tendaient-du
N.620 E. au S. 36° O., et nous voyions
une ouyerture au N. 3o° E. Nous etions
alors a 5 ou 4 lieues de la cote.
A 7 heures nous fumes coeffes parle
vent qui Venait de terre. Au point du
jour les extremites de la cote s'eten-
^aient du N. 4o° E. au N. 620 O., a 7 ou
8 lieues de distance , et a midi, du
N. 700 E. au S. 760 O. La pointe de
tribord de Pouverture que nous avions
remarquee dans les terres , nous restait
au N. 210 O. , a 4 ou 5 lieues de distance. Peaked-tffill eteit au N. 90. O.
Le 4 ? a 2 heures , la meme ouver-
ture paraissait etre fermee par une
terre basse. Elle nous restait au N. N. O.,
et se trouvait dans 1'eloignement ainsi
que Peaked-Hill. Apres cette ouver-
ture, la terre courait E. j  elle   etait
1796.
Octob.
4*
 ( '68)
d'une elevation unlforme ',  et on la
voyait terminee par une cote d'argile
tres-escarpee. A 7 heures , nous vimes
par  notre  travers  une ouverture qu*
semblait nous promettre ub bon abri.
Au milieu de  cetfe' ouverture, il y
avait une ile terminee a sa partie orien-
tale par une petite montagne ; a Pex**
tremite occidentale on voyait un Ho*,
sur lequel la mer brisait. Au coucher
du soleil, Pextremite nord de la terres.
nous restait au N. 5o°E., Pile auN. 35° E.^
et Pextremite sud au N. 8o° Q. A 8 hen**,
res , nous vlnm.es au vent pour louvoyer-.
pendant   la nuit. Le matin nous gou-
vernames au N* E. L'ile nous restait
au N. 840 O., a 5 lieues. de distance ,
et Pextremite de la terre au N. 3o° E<
Nous aperejames, entre les  terres  et
nflfcs , quelques iles basses, que nous ne
pumes distinguer a cause de la brume,.
La cote etait aride; on n'y voyait que
quelques arbres epars et peu eleves..
A midi, les extremites. de la tercet
 { *69)
nous restaient au N. 400 E. et au S. 7 4* O., ——
a 3 lieues de distance. J79"*
Le 5 , nous profitames de petits vents     *° '
et du beau tems pour longer la terre.
A midi nous avions depasse deux iles
qui s'etendaient de l'O. au N. 4i° O.
Nous relevames les extremites de la cote
duN. 55° E.auS.64°0., a la distance de
5 ou 6 lieues. A 7 h. nous tinmes le vent
avec peu de voiles, et en sondant, nous
trouvames 2S. brasses fond de sable. A 18
heures, les extremites de la terre , qui
ressemblaient a des iles , s'etendaient
du N. 11° E. au N. 34° O. A 20 heures;
nous en etions a une distance raisonna-
ble. Nous apercevions a Pouestdes terres
basses, que nous supposions etre la continuation  de   la cote  d'Insu.  Les iles
etaient arides et entourees de roches.
Les unes etaient hors de Peau, la mer
brisait sur les autres; ce&roches s'etendaient a une distance considerable des
deux extremites des iles, et etaient cou-*
vertes d'oiseaux de mer. Nous rencon*
&B^^^mBBSSSSimmmiBSSS&l&SSMSS8gtt&&&mi&m
 1796
Octoh
( 170 )
trames dans cette journee beaucoup de
baleines. A 21 heures, nous apergumes
une terre elevee au N. E. A midi, nous
avions par le travers quelques roches
detachees de terre ,   mais qui  paraisfe
saient retimes entre elles par des res*
sifs. Elles s'etendaient du N. au N. 34° O.,
a 3 ou 4 milles de distance. Nous trouvames 45 brasses. Nous apercevions ausa|
une terre elevee dans le nord, et une ile
qui s'etendait du N. i5° E* au N. 400 E,
Le 6, a 3 heures, nous avions par
le travers Pextremite de la terre  que
nous avions  relevee   comme une ile,
Alors nous  cessa-mes de   voir la continuation de la cdle; mais bientot apres,
nous pumes nous apercevoir qu'elle se-
dirigeait au N. O. A 5 heures , le vent
passa au N. E, et le tems devint brumeux. A 6 heures, l'ile s'etendait du
N. a5° E. au N. 6o° O., a 4 ou 5 milles
de distance , et les roches relevees la
veille dans le N., restaient au S. 700 O.
Pendant la nuit nous fimes route au S„ B£
 ( *7* )
Jusque vers midi , la brume nous em-  -
pecha de voir distinctement l'ile ; alors    '"
elle s'etendait du N. 120 O. auN. 420 E., °Ct°b
a 4 ou 5 milles de distance. Les roches
furent relevees du S. 670 O. au S. 8o° O.;
ce qui fait voir   que nous  avions ete
portes a l'O. S. O.
Le 7 , nous gouvernames pour passer
a 1'ouest des iles. La cote n'offrait que
le roc vif, mais nous apercumes. quelques arbres dans les vallees de Pinte-
rieur. En doublant la pointe sud , nous;
vimes tin petit village. Au coucher du
soleil, Pile s'etendait du S. 5° E. au
N. 740 E., a 4 ou 5 milles de distance.
Nous trouvames 37 brasses bon fond
de sable. Pendant la nuit nous avons
louvoye* a petites voiles pour conserver
notre position. Au jour , Pile s'etendait
du S. 220 E. au S. 42° O., a 5 ou 6
failles de distance. Les vents au S. O.
nous tinmesle plus pres, babord amurres.
Nous vimes, a cette route , la terre au
N. N. E. et au N. O A 20. heures,nous
 i796-
Octob.
(  0 )
doublames Fa  pointe nord  des   lies,
et avant  midi j'envoyai un   canot   a
terre. L'eqiiipage du canot me dit au
retour qu'ils avaient trouve des sources
de bonne   eau : ils avaient  remarque
que la   terre etait couverte d'une espece d'herbe tres - grossiere, quoique -
le terrain leur  eut paru compose de
debris de ydgetaux, et qu'il du\t etre
fertile. Ils trouverent une grande quan-
tile d'airelles et d'autres petits fruits f
ainsi que beaucoup de saviniers. A midi,
Pextremite N. O.nous restait au N.8o°0.,
a 3 ou 4 milles de distance, et Pautre
extremite au S. 23° O.
Le 8 , on trouva sur Pile une espece de genevrier , quelques ifs , et le
pin argente. On vit sur le rivage une
multitude d'oiseaux , et l*on decouvrit
des traces de quadrupedes.
Cette ile est probablement celle qui
a ete visilee par Spanberg f. Apres midi,
je lis gouverner au N. N. E., vers la
1 Voyages et decouvertes, parMuller, p. 210,.
 ( 173)
terre qui nous  restait dans cette di-
rection. Au coucher du soleil , nous la  i/y
,    A _T       „ _ - Octob.
relevames au N. 10 E.; et une montagne remarquable , terminee en pointe,
couverte de neige, et appelee le pic
Antoine , au N. 65° O. L'ile Spanberg
s'etendait du S. 5o° O. au S. 5o° O.,
a environ 5 lieues de distance. Au point
du jour nous etions a - peu - pres dans
la meme position , et nous fimes route
au N. N. O., vers un passage quiparais-
sait separer la terre sur laquelle se trou-
vait le pic Antoine, de celle qui etait
au N. E. Nous sondames dans le passage
sans trouver fond, et nous traversames
des endroits oil la mer etait tres-clapo-
teuse. A 21 heures, le pic Antoine
nous restait a 1'ouest. A midi, nous
avions passe le detroit, qui a 4 ou
5 lieues de largeur, et nous mimes en
panne par 45 brasses , pour observer
la latitude. L'ile Spanberg fut relevee
au S. 170 E., a 4* milles de distance;
une pointe de rochers qui forme Pen-
 1
!'
C ^74 )
.  tree O.  du passage , et d'oii  un res-
S7$P- sifs'etend a quelque distance au large ,
Octob" nous restait au S. 200 O., a la distance
de 5 ou 6 milles ; le pic Antoine , au
S. 5a° O., Pextremite de la terre oil il
estsitue, au S. 820 O. La terre haute,
qui ressemblait a une ile, s'etendait-
duN.48°E. auN. 6i°E.
g. Le g, je jugeai que la terre sur laquelle on voyait le pic Antoine , etait
la partie N. E. de Pife d'Insu, parce
qu'elle se prolonged vers l'O. Je pro-
fltai du vent de S. O. pour na'avan-**
cer'Vers le N.-, E., et chercher les iles
que je croyais reneontrer dans cette direction. La cote fdrmait une baie bordeV
par une plage de sable que nous aper-
cevions dans la direction du pic. Cette
montaene avait alors la forme d'une
selle, et offrait an aspect imposant par
sa grande hauteur et Pefcendue de sa
base.
Nous fa-felons route vers Pile, dont
les terres haclflies etaient assez elevees j
 ( i?$)
nous avions par notre travers une montagne situee pres du bord de la mer , et
qui s'elevait en forme de cone a une hauteur considerable. Cette montagne etait
evidemment volcanique. Nous en passa-
mes a moins de deux milles , et nous la
vimes distinctement couvertede pierres
et de cendres , depuis le sommet jusqu'a sa base. II semblait qu'une eruption venait d'avoir lieu. Le cratere pa-
raissait  dentele  par des   crevasses in-
formes. Quelques petits arbustes crois-
saient sur le flanc du volcan qui etait
taurne au S. O. Ce volcan escarpe etait
jointa Pile par une langue de terre basse,
qui formait de chaque cote un enfon-
cement semBlable a une baie circulaire.:
La terre continuait a etre tres-basse jusqu'a une certaine distance. Au coucher
du soleil, une extremite de la terre en
vue nous restait au N. 55° E., et Pautre
extremite , formee par le volcan, au
S. 240 O., a 2 lieues de distance.
Le 10, pendant toute la nuit, le
1796.
Octob.
10.
 1796.
Octob
(  I76 )
tems fut par grains, et a t6 heures
nous mimes le cap sur l'ile que nous
avons apercue au point du jour a PE.
N. E., mais peu distinctement. Le tems
etait pluvieux et si couvert, que nous
ne pumes pas prendre la hauteur me»f
dienne. A midi, les extremites furent
relevees du N. 8° E. au S. 5° E , a la
distance de 3 ou 4 lieues.
Nous fumes menaces d'un  coup de
vent. A 4 heures noiis eumes une bou-
rasque avec une pluie tres-forie. L'ile
nous restait alors au S. E. a 2, ou 3 lieues
de distance. Nous etions pres de Pextremite N. de cette ile, lorsque nousf*
avons serre les huniers, et nous avons
trouve 95 brasses d'eau. A minuit  le?
vent s'appaisa; et au point du jour, nous
fiimes de la voile. Dans la matinee le
vent passa au N. O., et nous vimes la
terre au S. 6i° E., et au S. 270 E. Une
pointe basse nous restait au S. 8° 0., a
4 ou 5 lieues de distance. Le tems ne tarda
pas a se couvrir et a se charger, et nous
 (*77)
perdimes la terre de vue peu de tems 	
apres Pavoir apercue. Le vent augmenta 179"*
successivement, et nous fumes encore Octob*
obliges de serrer nos  huniers, et de
mettre le cap au N. N. E. avec un tems
sombre, brumeux et tres-mauvais.
Le tems ne s'eclaircit que le 12. Au    12.
point du jour nous vimes la terre, qui
s'etendait du S. 5° O. au S. 220 E., a 8 ou
10 lieues de distance. Mais le gros tems
continuant, nous virames vent arriere,
et nous fimes route au N. E. Nous ne
pumes voir Pile bien distinctement. Vers
minuit le vent s'appaisa un peu, et a
11 "heures nous virames vent arriere.
Au point du jour, nous apercumes une
autre partie de terre qui s'etendait du
S. 8o° E. jusqu'a une pointe basse qui
fut relevee au S. 3o° E. Au meme instant , Pile apercue la veille s'etendait du
S. 200 O. au S. 370 O. Peu apres, nous
en vimes une troisienie que nous con-
jecturames etre celle que nous avions
doublee le 9. Je fis gouverner sur cette
1. - 12
 1796.
Octob,
If U
16.
( 178)
• ile jusqu'a 8 heures du matin, afin de
verifier si elle n'etait pas jointe a la premiere ; et alors Payant vu detachee ,nous
fimes le N. E. avec un joli vent qui
nous permit de guinder nos mats de per-
roquet et d'augmenter de voile. A midi,
nous etions a 12 milles au sud de notre
estime. Les extremites de l'ile la plus
aunord, nous restaient au N. 700 E. et au
S. a 3 ou 4 lieues de distance. Cette ile
est tres-elevee; les terres en sont ha-
chees et parsemees de rochers saillans.
Elle est en general tres - aride. Nous
vimes de la neige dans le creux des
montagnes. L'autre ile etait egalement
tres-elevee et tres-aride. Elle est petite
et s'etendait du S. 32° O. au S. 460 O.,
a la distance de 7 ou 8 lieues. La troisieme ile n'etait pas en vue.
Le i3, la houle nous avait empeche
d'avancer, etles relevemens nous pla-
caient au meme point. Au jour, nous
vimes encore la terre au N. E.; mais une
bande de brouillard epais nous empecha
 (IP I
Se distinguer si elle etait joints avec ■—
celle qui, a midi, s'etendait du S. 200 0. '79"*
au S. 4o° 0., a 6 ou 8 lieues de distance.
Une terre vue au large de la cote qui
formait une ile, restait au N. 63° E.
D'apres une observation peu certaine,
nous nous trouvames a 15 milles au N.
de [notre estime. Nous ne trouvames
point de fond a n5 brasses.
ommmsmMBiMimmmiMiimmi
 ( i8oJ
CHAPITRE   VI.
TratfWSee pour se rendre a Marikatt, une des ties
Kuriles. — Passage par le detroit de de Vries.
— Terre de la Compagnie. — *Ile des Etats.
— Le vent contraire nous empeche de passer
par le detroit de Sangaar. — Nous longeons
la cote oriedtale du Japon. — Baie de Jeddo.
— Embarcations japonaises. —lies de Fatsisio.
■ I tv. 14, a 4 heures et demie de Papres-
179"* midi, le vent passa au S. E. bon frais, et
' nous fimes route vers la terre la plus a
Pest. A 5 heures, elle nous restait au N.
6y° E. Nous sondames souvent sans
trouver fond. A g heures et demie, nous
iugeant assez pres de terre, nous virames de bord, et continuames a louvoyer
a petites voiles. A minuit nous essuya-
mes de fortes raffales, et a 14 heures,
nous fimes route a PE., avec nos per-
roquets serres. Au point du jour, nous
reconnumes que la terre qui s'avancak
14.
—fc
 1796.
Octob.
( 181 )
le plus au large etait une petite ile ronde
et assez haute. Elle nous restait a PE.
Le tems etait si brumeux, que nous ne
pumes distinguer aucune autre terre.
A 22 heures et demie, nous avions presque perdu de vue Pile Ronde, qui nous
restait au S. 6° O., a la distance de 4 ou
5 lieues. A midi, nousn'apercevions plus
la terre. Nous virames de bord pottr
prendre la bordee du S. 0. La brume
nous empecha de faire des observations
astronomiques.
Le 15, a 3 heures, je fis diriger la i5
route pour aller reconnaltre l'ile Ronde:
apres nous en etre approches , nous
avons repris la bordee de Pest, et nous
avons louvoye a petites voiles pour at-
tendre un eclairci qui put nous per-
mettre de prendre une connaissance
plus exacte des iles que nous n'avions
jjusqu'alors vues que tres - imparfaite-
ment. Dans la soiree le vent s'appaisa,
etnous eumes de fortes ondees de pluie.
Au lever du soleil, l'ile Ronde nous res-
 1796.
Octob.
(182)
tait au S. 4 S. O., a 4 ou 5 lieues de distance. Nous decouvrlmes une nouvelle
terre a PE. Nous tinmes le plus pres,
en gouvernant au S. E. A midi, Pile
Ronde nous restait au S. 6o° 0.,a la distance de 5 ou 6 lieues On voyait une
autre ile dans le S. 240 O., et la terre
decouverte le matin s'etendait du S.
34° E. au N. 56° E. Nous sondames sans
trouver fond.
Le 16, le vent ne nous permetlant pas
de passer au sud de Pile qui nous restait
au N. E., je me decidai a passer au nord,
et je lis mettre le cap sur Pile. La partie
sud en etait tres-elevee, et oflrait a la vue
l'aspect d'une montagne qui s'abaissait
insensiblement jusqu'a sa base, qui, de
pres,paraissait hachee. Cette montagne,
vue de loin, semblait former une ile
separee de la premiere; mais en Pap-
prochant, nous avons remarque qu'elle
y tenait par une langue de terre fort
basse. Au coucher du soleil, cette*ne
s'etendait du S. 36° E. au N. 5o° E., et
 i796-
Octob.
(i83)
Pile Ronde restait au S. 63° O. Pendant
la nuit, nous eumes un beau clair de
lune, et nous longeames la cote jusqu'a
10 heures. Alors, suivant notre usage ,
nous tinmes le vent pour louvoyer, et
nous ne trouvames pas de fond avec
une ligne de ioo brasses. Au point du
jour,Pile fut vue du S. 90 E. au N. 750 E.,
a 4 ou 5 lieues de distance; et une moii-
tagne de forme circulaire, situee presque au milieu de l'ile,restait au S.770 E.
Dans la matinee, le tems fut par grains
et tres - variable. A midi, nous avions
double Pextremite nord de l'ile, et nous
serrames le vent  afin  d'atteindre  un
passage qui la separait d'une ile situee
plus au nord. Nous ne pumes pas faire
d'observation ni determiner la position
de la grande ile la plus au sud, que je
suppose cependant ne pouvoir etre que
Pile de Marikan. Elle s'etendait du S.
25° O. au S. 59° E., l'ile la plus an nord
du N. 470 E. auN. 6f E., a 3 ou4lieues
de distance. Nous etions eloignes de
 f:
C i*4 )
3 milles d'une petite ouverture qu'on
voyait au S. 480 E.
Le 1 f , a une heure et demie, la petite
ouverture nous restant au S. S. O. a la
distance de 2 milles, nous trouvames
55 brasses. Comme je supposais que
cette ouverture etait Pentree du port
situe sur la cote N. E. de Pile de Mari-
kan,par 47° 3o' de latitude boreale,
dont Cook fait mention, et oil Pon dit
que les Russes ont un etablissement,
nous virames de bord, et j'envoyai un
canot a terre. Au coucher du soleil |
Pouverture nous restait au S. 5° O., a
5 milles de distance. Nous vimes la
pointe S* O. de Marikan se detacher de
la pointe N. O. de la meme ile. Ces deux
pointes, vues Pune par Pautre, gisent
entr'elles N. 400 E. j et S. 400 O. La
pointe N. O. etait tres-e$carpee, et Pon
apercevait plusieurs rochers au large.
La pointe N. E. nous restait au S. 3o° B^
a 4 ou 5 milles de distance. L'ile la plus
sud s'etendait du S* 36° E. au S. 66° E, f
SiSI
 ■;■-     (i85-)
a la distance de 5 ou 4 lieues. La pointe —tr
de Pest est tres-basse a son extremite ; n    /
mais celle de Pouest   formait un cap
eleve. D'apres toutes les apparences, le
passage entre les iles doit etre tres-sain j |
mais nous ne pumes y entrer a cause de |:<
Pabsence de notre canot, qui ne revint      -§|
qu'a 7 heures et demie. Alors nous tin-
mes le plus pres en faisant route au N. O.
Pendant la nuit le tems fut calme. Le
matin, le yent etait au S. S. E., le tems
convert, brumeux et tres-menacant, ce
qui m'engagea a faire route au S. O.
A 21 heures et demie, la poijate sud de
Marikan nous restait au S. 260 E. 5 a
» Le 18, le coup de vent que nous
avions craint se declara. A 5 heures et
demie nous vimes Pile Ronde, qui nous
restait au S. io° O. Le vent augmenta
de force. A 5 heures et demie ,nous dou-
blames cette ile a PE., en laissant aussi
a PE. une autre petite ile qui est dans le
S. 45° E. de Pile Ronde, et sur laquej^
on voft deux petites montagnes; je la
8.
 I
81 15$
Vm
( *86 )
. —— nommerai ile Hummock. A 7 heures et
'" ' demie, ces iles etant depassees, nous
Octob. I ... . , ,
serrames la misaine et mimes a la cape
sous la pouillouse. Le vent etait tres-
impetu'eux et la pluie continuelle. A 9 n.
le mouvement violent du batiment me
fit tomber sur le pont, et dans cette
chute je me cassai le bras droit au-dessus du coude. A i5 heures, le vent com-
menca a s'appaiser, une heure apres il
tourna a l'O. N. O.; mais les lames s'en-
tre-choquaient en tout sens. Au point da
jour nous vimes Pile Ronde, et nous fimes
route au N. A 20 heures, elle nous restait au S. 700 E.; et Pile Hummock, au
S. 36° E. A midi, nous eumes de petits
vents et une forte houle de Pest. L'ile
Ronde s'etendait du S. 400 O. au S- 640
O., a 3 ou 4 milles de distance.
L'hiver commencait a s'approcher; je
resolus de quitter ces parages, et je fis
diriger la route au sud, dans Pintention
de reconnaitre, si le tems le permettait,
les cotes orientales des iles Kuriles.
<%'
 . ( i«7 |
L'officier qui etait alle a terre dans le
t796.
canot, me dit que le port de Pile de Ma- 0    b
rikan ne pouvait recevoir que les petits
navires, parce que Pentree en etait fer-
mee aux grands par une barre oil Pon
ne trouve que deux brasses d'eau. En-
dedans de la barre, il avait decouvert
un bassin spacieux dans lequel la sonde
lui avait tfegulierement rapporte de 5 a
7 brasses d'eau.  L'etablissement russe
etait abandonne; mais il y avjiit encore
en differens endroits des croix avec les
armes de Russie. Les naturels ressem-
blaient a ceux que nous avions vus dans ■
Volcano - Bay ; cependant ils parais-
saient diflerer de langage.  Ils etaient
I vetus de peaux d'ours, et portaient des
jboltes de fabrique russe. Ils avaient au-
itour de la tete des mouchoirs de coton.
Ils paraissent avoir le caractere aussi
i doux que les habitans d'Insu. Leur maniere de vivre et leurs maisons annon-
icaient qu'ils etaient aussi pauvres. Le
i sol etait couvert de mousse et d'herbes
 1796.
Octob.
(188)
fort longues. On y remarqua entr'autres
arbres, des pins de Pespece appelee
nains, et des aulnes. II y avait sur le rivage beaucoup de veaux marins.
Notis avons trace sur notre carte une
partie de la eote S. E. de l'ile d'Insu,
depuis Volcano-Bay jusqu'a une pointe
que nous avons juge etre la pointe N.E.
de cette ile. L'etendue de cette cote,
qui est de 100 lieues, se trouve comprise entre les paralleles du 4*° 49' *> et
du 44° 3o' de latitude boreale, et entre
les meridiens du 1400 3o', et du 1.460 2^
de longitude orientale. Cette etendue
parait s'accorder assez bien avec celle
que de Vries donne a cette meme partie
de cote," en supposant toutefois qu'il a
commence sa reconnaissance a la meme
pointe que nous. Le capitaine Ring re-
marque dans les notes qui accompa-
gnent la suite du troisieme voyage de
Cook f, que le capitaine Spanberg place
les iles de Matimai, de Kunashir et de
1 Page 577 dum.e vol. de locution anglaise.
 ( *89)
Zellany, pres de la pointe que nous —If'
avons regardee comme devant former 179t)*
Pextremite N. E. de Pile d'Insu. Il pense
que Perreur de de Vries, qui a cru que
les terres qu'il a decouvertes au nord
ne formaient qu'une ile, etait due au
tems sombre et a la brume qui sont si
ordinaires dans ces parages. Je suis
d'une opinion differente; car nous n'a-
perciimes point d'ile grande ou petite ,
avant d'etre arrives au 43° 5o' de latit.
boreale, et au 1460 5o' de longit. orien-
tale, oil nous en decouvrimes une. Je
suppose que c'est celle oil Spanberg
fit de Peau, et que Cook appelle Ne-
deegsda.
Le 12 octobre , nous etions par le 12.
46° I de latit. boreale, et le 1480 45' de
longit. orientale; ce qui nous placait a-
peu-*pres a la position oil doit se trouver le detroit de de Vries. Je pensai que
la terre vue au nord , etait Pile que de
Vries appelle la terre de la Compagnie.
et celle vue au sud, l'ile des Etats, qui
 &s
( 19°)
——— porte le nom de Nadeegsda dans le
'^' voyage de Cook, et les cartes qui Pac-
Octob.     J ° , .   .      -..
compagnent  Le capitaine Jvmg sup-?
pose que la terre de la Compagnie est
VOoroop et le Nadeegsda des Russes".
Nous avons fait le tour de cette ile, et
je crois qu'il est plus probable qu'elle
est la meme que Pile Ooroop, ou Pon
dit qu'il y a un bon port j alors l'ile des
Etats doit etre la meme que l'ile Nadeegsda des Russes. Les forts coups de
vent que nous eprouvames en qmttant
Marikan, nous empecherent d'explorer
la partie E. de ces iles, et de passer,
comme je me le proposals,par le detroit
qui separe la terre d'Insu de la cote de
Niphou ou du Japon. Le capitaine King
pense aussi que l'ile des Etats, vue par
le Castricon, est celle des Trois-Sceursj;.
et il les a placees sur la carte generale
du troisieme voyage, d'apres cette opinion , comme il le dit lui-meme '.
1 Troisieme Voyage de Cook, torn, in, p. 3<}i>
e'dition anglaise.
 *796*
Octob.
H
(191)
Le 19 a minuit, Ia partie ouest de Pile
de Marikan nous restaij; a PE. 5° N., et
l'ile Ronde a l'O. A 20 heures , cette
derniere s'etendait du S. 65° O. a l'O.
L'ile Hummock nous restait au S. 5° E.
A midi, la pointe de Pile Hummock fut
releve'e au S. 140 O. L'ile Ronde, de l'O.
au N. 8o° O.; et la grande ile au sud,
duS. 34° I0.au S.4i°0.
Le 20, petits vents et tems serein.
Tout nous indiquait un fort courant
qui portait au sud. A 15 heures, nous
doublames l'ile Hummock, et nous apercumes qu'elle se partageait en deux iles
qui s'etendaient du S. 750 O. au N. 850O.,
a 5 lieues de distance. Le centre de la
partie sud de Marikan nous restait au
N. 38° E., et Pile Ronde au N- 400 O.
3Vous sondames toute la nuit sans pouvoir trouver fond. A 18 heures, l'ile
Hummock nous restait au N. 0. \ O.
Le 21, au coucher du soleil, Pile la
plus sud s'etendait du S. 66° O., au N.
a 8 ou 10 lieues de distance.
 —
WM
1796.
Octob.
22.
( J92 )
Ltle Hummock nous restait au N. 0.5*
N., et Pextremite sud de Marikan, au
N. 270 O., a la distance de 7 lieues.
A Pentree de la nuit, le vent sauta tout
d'un coup a 1'ouest. II devint tres-fort,
et le tems fut serein.
Du 22 au 31, le tems fut presque toujours couvert, embrume et pluvieux.
Nous avons ete obliges de lutter contre
des vents forces generalement de la par-
tie de l'O. et du N. O.; mais voyant
qu'ils redoublaient de violence , et la
saisonetant fort avancee, nous perdimes
Pespoir de pouvoir passer dans le detroit qui separe Insu du Japon. Je re-
grettai d'autant moins d'etre oblige d'a-
bandonner ce projet pour cette annee ,
qu'etant oblige de garder la chambre,
je n'aurais pas pu voir par moi-meme,
et faire les observations qui auraient
contribue a rendre cette navigation ifl-
teressante. Je fis done diriger notre
route vers le sud parallelement a Ia
c6te du Japon,avec le dessein d'atterir
*'
 c 193)
pres de White-Point, et de suivre la -——
cote meridionale. '"
\'- Du 1 .er" novembre au 9, tems bru- jyov>
meux, orageux et par grains, vents d'O.
.et du N. O. tres-violens, mer houleuse:
le barometre descendit quelquefois tres-
bas. Nous vimes beaucoup d'oiseaux de
terre et de mer, meme des papillons et
autres insectes. Nous traversames des
espaces de mer couverts de varec.
Le 9, le tems fut plus beau, et le vent
assez mode're del'O. N. O. A 2 heures.
nous vimes, du haut du mat, a 1'ouest,
la cote de Niphon ou du Japon. Les
lextremites de la terre s'etendaient du
S. 8o° O. au N. 4o° O., a 4 ou 5 lieues
de distance. Nous apercumes aussi dans
1'ouest une voile que nous supposames
etre une jonque. Jeifis dinger la route
au sud. A 12 heures,-le tems ^se cou-
Iivrit A 17 heures, la terre fut relevee
, du N. 420 O. au N. 8o° O., a 5 ou 6 lieues
;de distance. Peu apres nous eumes de la
Iphiie.
I i3
 1796*
Nov.
10.
(   ^94)
Le io,le tems fut variable et convert ; il plut continuellement jusqu'a
6 heures, qu'il fit calme. A 8 heures, il
s'eleva un petit vent du N. O., et je fis
gouverner sur la cote. A 6 h. et demie.
du matin, la terre s'etendait du N. 47°
O. au N. 85° O. Une montagne tres-
remarquable nous restait au N. 820 0.
A 21 heures 20', la pointe S. E. du Japon , vue dans Palignement d'une montagne eloignee, fut relevee au N. 3° E.
Quelques jours auparavant, on avait
oublie de monter la montre n.° 1. Nous'
la mimes en mouvement aujourd'hui$
La longitude que Cook assigne a la
pointe que nous avions en vue, et qui
est de 1400 4°' E., nous servit,avec la
variation diurne qu'elle awit avant cet
accident, a trcfaver les longitudes des
jours -subsequens. - !^1$|
Ddpuis White - Point, la cote court
au S. E. Elle est n4e"dlbcrement ele'vsee
etcomposee dehauts rochers calcaires,
■jusqu'a une ouverture d'oii nous vim%
 ( 19* )
sprtir beaucoup de bateaux pecheurs.
Depuis cet endroit, la cote est absolu-
ment depouillee de verdure ; nous la
suivimes en nous en tenant a la distance
de deux lieues. A 2 heures, nous avions
par le travers une ville considerable.
Le pays qui Penvironne annoncait une
grande culture. Le flanc des montagnes
etait cultive en terrasses jusqu'au sommet, qui etait escarpe et crevasse. Dans
les vallees qui les separaient, nous apercumes de*s! arbres, mais en petite quantite. Au N. E. de la ville, la cofce etait
dentelee. Nous releyames Pextremite
des terres au sud de la ville, au S. 790 10'
O.; Pouverture, quLressemblait a Pem-
bouG-feure d'une rivieref^jjtjN. 90 O.; la
cote pres de fVhite-Point faisant Pex-
tre'mite nord au N. 34° E., etji^ne montagne ronde au N. 58° O., a 4 ou 5 lieues
de distance. *&«
?yfe«0. 11, vents moderes et tres-beau.
tems. Nous vimes plusieurs iles entre
le S. et l'O. A 5 heures, nous^yions par
 ( *96)
 7 le travers la pointe sud de White-Pointy
*'f ' qdinous rest&fit au N. 3o° O., a 6 milles
de distance. Cette partie forme la pointe
orientale de Pentree de la baie de Jeddo. I
Elle situee am large de Pentree, nous •
restait au Sv^iiO0 O., a la distance de 10 a
12 lieues. Dans Papres-midi, nous fumes
visites par un grand nombre  de pe-
cheufs. Leurs bateaux av*#ient 36 pieds
de long-$ur 8 et demi de large, et 2 et-.
demi de profondeur. Ils nous ont parti$
ingenieusement constrtiits. Ik sont en
bois de chene, d^ntaie et de sapin, et
tfe^fins de Pavant. L'arriere forme par*
la prolongation des bordages, s'el'eve et
se prolonge bien au-dela de PeXambord.*
Hs bnt dnjJaoiible fond ou Pon mettait
le poisson. On les gouverne a la ma-
n?ire des Gfeincns. Cheque bateau a un*
mM'-^LVpc une voile ctfrree en toOe de
coton. Ces pecheurs nous fotirnirent du
poissdn avec Pair le plus desinter^sie.
De notre c$te*', nous nous enrfpressames
de s&.tisfaire leur curiosite, et nous nous
  jEJ
C 198)
r - vers le canal qui separe Pile du Volcan
179"> de celle qui est plus au large. II y a
' quelques roches noires a 3 ou 3 milles.
de distance de la pointe O, de l'ile du
Volcan. Nous apercumes une autre ile
a 1 o on 12 lieues dans le S. f S. E. de
^We du Large, et un petit groupe de ro-.
ches ii 5 ou 6 lieues au S. O. de l'ile du
Large. Apres ewe sortis du canal, nous,
tin mes le vent e t flmes route a l'O. N. O^
afin d'examiner les fles que nous voyions,
au nord. Pendant la nuit, qui fut assez
tranquil le, nous sondames sans trouver
fond. A 18 heures, les iles du nord s'etendaient du N. E. au S. 790 E., et nous
nous dirigeames au N. O. pour nous,
approcher de la cote. Plusieurs de ces
lies etaient tres-petites, et ressemblaient
a de petites montagnes*rondes. Celles.
du centre etaient longmes et ewoites, et
leurs cotes escarpees et blanches. Plusieurs d'entr'elles, qui de loin avaient
"fair d'etre separe*es, vues de plus'-pres ,
se trouvaient reunies par des isthmes
 ( *99 )
'lortbas.LileduVolcan est la plus grande,
et offre un point de vue tres-agreable.
Elle est cultivee et tapissee de verdure
jusqu'au sommet de la montagne, qui
est tres-elevee. Nous n'apercumes point
de fumee sortir du cratere, qui parais-
sait tresrdecoupe.
A midi, 1'extremite de la terre que je
croyais former la pointe ouest de Pen-
tree de la baie de Jeddo,nous restait au
N. 570 E., et la cote s'etendait de la
jusqu^ l'O.5 N. O. Toute cette cole, qui
etait a 5 ou 6 lieues de distance, nous a
paru etre peu elevee.
Le. 13,vents moderes. Le tems brumeux nous empecha de voir distincte-
ment la terre. Elle paraissait basse et
par-tout d'egale hauteur. On apercsvait
au N. O. une autre terre tres-haute. Au
nord, la cole tres - hachee et dentelee
semblait former une ouverture. A 5 h.
20' la pointe la plus proche, qui etait
tres-basse, nous restait au N. 5° E., a
5lieues de distance. Le tems etait som-
17 96-.
Nov..
I3»
 I
No*.
( 300 )
bre, convert et men a ran t. Le barometre
descendit beaucoup. A ia heures,le vent
augments; A 16 heures, nous etions sous
nos basses voiles et nos huniers. A 19 h.
nous eumes des r alia les, beaucoup de
pluie et une grosse men Peu apres, nous
apcrruiiies les roches qm sont un S. O.
de l'ile du Large. Elles eurent d'abord
1'apparence d'un navire qui auratt ete
SOUS ses basses vo'les ■ mais des que nous
eumes apercu les lies, nous reconnu-
mes notre erreur. A 20 heures et demie,
les roches nous restaient au S. .5o" E., a
5 lieues de*distance. Nous virames vent
arriere. A 21 heures 10', le vent sauta
totil-a-coup a PO. N. O., et le tems s'eV
claircit. Nous g1 mvernames pour passer
entre l'ile du Volcan et une autre He
qui  paraissait etre tres - hachee et  de
forme irregtiHere. A midi, les ties situees
a Pest del'ile du Volcan, nous restaient
au N. 700 E., a 2 ou 3 milles de distance.
Broken-Hand ( Pile Hachee ) s'etendait
du N. i5° O. au N. 290 O., a la distance
 ( 201 )
de 10 milles. Le mont Fusi^qui est tres-
eleve, nous restait au N. 220 O.
1796.
Nov.
Le 14, beau tems, les vents grand- xfo
frais soufflaient par raffales. Le canal
qui est au nord de Pile du Volcan, a 5
ou 6 lieues de largeur, et nous n'y avons
trouve aucun danger. La pointe nord
de Pile que nous avons laissee a babord,
est assez elevee, et se termine par une
cote 'escarpee qui# nous a paru d'une
couleur blanchatre. Sa plus grande eten-
due est duN. E. au S. O., de 4 a 5 milles.
Nous avons vu au large de la partie
S. O. de cette ile, un grand rocher en-
toure de plusieurs petites roches. II y a
en outre au N. E. de la meme ile, deux
autres iles, dont la plus sud est U-es-
basse; mais la plus nord est assez elevee
« A Josiwara nous e'tioiis tres-pres du mont
Fusi. Les Japonais disent qu'il y a 6 lieues de-
"aKs s'a base jusqu'a son sommet. Cette montagne
a la forme d'un pain de sucre , et onpeutFaper-
cevoir a plusieurs lieues de distance. — Thun-
berg, Voyage au Japon.
 (202)
  dans certaines parties, et plus grande%
2r  ' Le terrain en est inegal, et les parties
Nov. , ° . . ,
les plus elevees sont join tes par des
terres fort basses , qui de loin etant
noyees, font parailre cette seule ile
comme si elle etait divisee en plusieurs autres. Nous avons vu sur la mon-.
tagne la plus sud , une tache blanche
tres-remarquahle, effune roche au large
et dans l'oues!. Les deux iles qui offrent
Paspect de deux petites montagnes ron-
des, et dont j'ai parle plus haut, sont a;
4 ou 5 milles. de distance au N. de cette
derniere ile. Dans P apres - midi, nous.
vimes fort bien le mont Fusi qui s'ele-
vait au-dessus des terres les plus.bautes,
et ijui etait couvert de neige. A 5 h.
5.0 il nous restait au N. 48° Q., et une
grande ile s'etendait du N. 38° O. au N^
5o°0.,a 4 ou 5 lieues de distance. On.
voyait tres-distinetement la terre dans
PO. N. O. Le vent, qui soufilait avec
force de la partie de 1'ouest, nous em-.
pecha d'entrer dans la baie de Jeddcv.
 ( 205 )
Je lis gouverner au Si pour visiter les  1
iles qui sont au S. de .Pile la plus au J79"^
large. A 18 heures et demie, nous en        j
eumes cpnnaissance; et a midi, elles s'etendaient du N. 200 E. au I 8o° E,, a la
distance de 4 ou 5 milles,
Le 15 ,les vents grand-frais. Le tems i5,
eouvert nous empeoha de prendre la
hauteur meridienne du soleil. Le mau-;
vais tems ne nous ayant pas permis
d'aborder a ces iles, nous n'en avons
qu'une cOnnaissance imparfaite. Nous
pumes cependant distinguer qu'elles
etaient habitees. Je supposai que c'e-
laient celles qui, sur les cartes, portent
le nom de Fatsisio>.. La plus grande de
ces iles est a i3 ou 14 lieues de distance
dans le S. f S. E. d'une ile que j'ai dis-t
tinguee par le nom d'lle la plus au large.
La plus occidentale des iles Fatsisio ne
parait que comme un pic eleve qui n'a
pas plus d'une lieue de circonference j
et s'il n'avait ete habite, je Paurais cm
inaccessible. Sur le flanc s.eptentriQaal
 Ma
1796.
Nov.
16.
( M I
de ce pic, les maisons etaient entourees
de terrains cultives formant des ter-
rasses qui s'elevaient en amphitheatres
les unes au-dessus des autres % comme
je Pai deja remarque en parlant des
montagnes cultivees de Niphon. Ce pic
est a 2 ou 3 milles au S. O. de la plus
grande ile. Le canpl qui les separe pa-
raissait entierement libre. Apres avoir
passe a 1'ouest de Pile du Pic , nous
tinmes le vent pour visiter la plus
grande; mais le vent ayant tourne a
Pest, nous ne pumes Papprocher qu'a
5 ou 4 lieues de distance. Elle s'etend
duN. O. au S. E.,et a environ 3 a4lieues
de long, et nous a paru tres-fertile. Les
sommets des montagnes etaient caches
dans la brume. Sa latitude est de 33° 6'
N., et sa longitude de 1400 E. Le vent
impetueux et le tems pluvieux parais-
sant ne devoir pas changer, nous fimes
route a 1'ouest.
Le 16 etle i7,le tems continuaa etre
tres-mauvais. Le vent souffla de la par-
P*—
I
 ( 205  )
tie du N. O , et nous allames au plus   —r*
pres babord amurres, dans Pespoir de   /
. .      - JSov.
voir la terre. A 3 heures et demie, nous
la decouvrlmes a Pouest, a 3 ou 4 lieues
de distance. Aussitot nous avons change
d'amurres, et nous avons  sonde sans
trpuver fond.  Un grain menacant de
Pouest nous fit serrer nos basses voiles
pour l'^ttendre; mais le vent ne fut pas
aussi fort que nous Pavions craint; il
tburna a l'O. N. O., et dissipa la brume;
de sorte qu'au coucher du soleil,nous
apercumes distinctement la terre. Elle
s'etendait du N. N. E. a l'O., oil elle se
terminait en une pointe tres-basse. Pen-  .
dant la nuit le vent augmenta et le tems
fut tres-clair. Vers minuit, la terre s'etendait du N. | N. E. au N. N. O. \ mais
au point du jour, nous fumes tres-sur- %
pris de ne plus Papercevoir, quoique
nous pussions distinguer lesobjets a une
tres-grande distance. Je crois que la,
derniere terre que nous avions vue, est
la pointe meridionale du Japon.
 ifi!
£i       mm
(   306)
1796.
Nov.
18.
22.
CHAPITRE   VII.
Route pour les iles de Likenjo et de Formose.
— Arrive'e a la rade du  Typa et a Macao;
— Achat d'une goelette. — Pre'paratifs pour
la continuation du voyage. — Observations
ujuitiques faites a la rade du Typa.
L.E 18, nous larguames tous nos ris,
et fimes route a Pouest. au plus presV
vent modere , tems couvert. Dans les
24 heures, le courant nous avait portes
de 3i milles au S. 180 E. Du 19 au 22 ,
le tems fut variable; le ventpassa au N. E.
Du 19.au 20, les couraus nous porte-
rent de 27 milles au S. 18° E., et du 3o
au2i, de.25milles au S. 83° O. NousesW
mes un orage tres-fort, et nous son-
dames sans trouver fond ii 100 brasses.
Le 2a, vent modere, tems par grains,
pluie abondante.-A quatre heures et
demie , nous vimes la terre , qui nous
restait a l'O, N. 0., et a 5 heures et denni
 rso7)
|es fextnemites s'etendaient du S. 6i°0. —
gu N. 55° O., a 5 ou 6 lieues de dis-  ' '
i        •  * N*
tance- Li obscunte da tems nous   em-
jtgcba de voir la terre distinctement;
(Dependant elle nous paput peu elevee.
A 8 heures nous sommes venus au vent
et nous avons sonde sans trouver fond
a 115 brasses. La nuit a ete passee en
courant des bords. A i3 heures, au point
du jour, calme et tems couvert. La terre
nous restait a l'O. S. O., a io ou 12 lieues
de distance. Pendant la nuit le courant
nous avait entraines a Pest. Vers midi,
•une brise nous permit de porter sur
la terre. Nous avons eu de bonnes observations de longitude et de latitude ,
d'oii nous avons conclu tres - exacte-
naent notre position a midi. Nous avons
releve une montagne au N. 240 E., et
les extremites de la terre au N. 400 E.
et a. l'O. IN. O. Ayant vu entre ces
deux extremites des sommels de montagnes de distance en distance, j'ai
suppose que toutes  ces terres etaient
 1796.
Bow
(208)
jointes ensemble, et ne formaient qu'une
meme cote. Nous n'apercumes point
de terre dans l'O. S. O.
Le 23 , vent frais, tems convert. Je
fis gouverner sur la terre. A 5 hetires
nous virames vent devant, a 2 ou 5 lieues'
au large d'une pointe renflee qui nous
restait au N. 120 O. En vi' ant, nous ne
pumes trouver fond a 80 brasses. La
terre paraissait rentrer considerable-
ment au N. E. de la pointe, et former
une ouverture. Le mauvais tems nous
empecha de la reconnailre ei de faire
des obseryatibns-sures pouP determiner
sa position. Toute la nuit nous eumes
le vent grand-frais et une grosse mer
de Pavant. Au jour, le vent souffla
du N. O., et le tems fut beau et clair.
A 7 heures el demie du matin , nous vimes , de deSsus le pont , la terre ,
%Ju"i s'etendait dlPN.* 400 O au N. 65° O.
A 11 heures du matin , les courans
nous- avaient portes de 3o milles au
.N. 76°E. La ter^e nous restail alors au
 ( 309 )
N. 6o° 0., a 12 ou 13 lieues de distance. 	
Le 24, a peine pouvions-nous aper- x79 •
cevoir la terre de dessus le pont. Ses
24*
extremites nous restaient au N. 55° O.
et a l'O. Nous jug.ea.mes que c'etait la
continuation de la cote que nous avions
vue. Mais la force du vent de N. O.
nous empecha de nous en approcher.
Cette terre paraissait tres-hachee dans
certaines parties. Nous sondames toute
•la nuit sans trouver fond. Le vent se
calma. A 7 heures et demie du matin ,
Pextremite S. de la terre que nous avions
vue la veille , nous restait au S. 8o° O.,
et Pextremite N., au N. 120 O. Nous
apercumes  au   S.  O., dans Peloigne-
ment, une terre qui paraissait ne pas
etre jointe a la precedente. Nous fimes
route  vers  une baie   tres - profonde.
A midi, nous etions a 5 ou 4 lieues
:de la cote, qui paraissait formee par
des montagnes de hauteurs tres - ine-
gales, et presentant  en   general  une
masse de rochers depouilles de verdure;
1. 14
 1790
Nov
25.
(   210 )
7 mais quelques-unes etaient convenes
d'arbres jusqu'au sommet. Les extremites furent relevees du N. 75° O.
au N. i° O.; la pointe de la baie a
babord en entrant, nous restait au N,
53° O., a 2 ou 3 lieues de distance ,
un volcan au N. 65° O. , et la terre
elevee la pins eloignee au S., a la distance de 10 a 13 lieues.
Le 25, petits vents et tems variable.
On voyait sortir une immense quantite de fumee du ^volcan situe a la cote
sur laquelle nous nous etions diriges.
Nous vimes plusieurs canots occupes a
p^cher he tehg de la cote, et une jotique
mouillee dans la baie. A 5 heures, les
"e:$3tremites de la terre s'etendaient du
N. 18° E. aU S. 75° O. Le milieu de
la baie Restait au N. 400 O., a 5 ou
6 milles de'dsstance. Une terre basse ,
qu'on apercevait a peine de dessiis le
pont, fut relevee aus&68° O.; une autre
terre baisfe, qui paraissait unie avec
cette derniere, restart au S. 25° O. ,
 (311)
et Ia terre la plus eloignee, au S. 4aQ O. •*'■'•■'™
;Au  point du jour,  nous   vimes une J79 ■•
terre basse au  S. 670  O. Les autres
.terres qui avaient ete relevees la veille ,
restaient au S. 270 O., les extremites
de la terre vue dans le N. de la baie ,
au N. 270 O. Nous gouvernam.es sur la
terre basse , qui etait eloignee de 5 ou
6 lieues.   Le vent  etait-modere et le
f terns convert. A midi, Pextremite de
ila terre vue dans le N. de la baie nous
^restart au N. i5° O., et etait dans Pali-
gnement   de   la terre  basse que Pon
apercevait a 5 ou 6 lieuest*$le distance.
IL'extisemite des terres apercues au S. Ae
la baie, restait au N. 720 O., et la terne
'jferplus eloignee , au S. 58° O- La baie
du Volcan nous parut d'une vaste eten-
due , et pouvoir offrir un abri sur; ear
nous avons remarque qutelle commence
a se dinger auN.pourformer-eiasuite un
coude a PE. Le couraiit portait au N. a
25 milles. Vents modexes et variables
du S. E. Nous nertpouvimes pas de fond.
 (   212  )
       Le 26, a mesure que nous appro-
179 • chions de la  cote, nous apercevions
a     de nouvelles terres basses. A 5 heures ,
2D.
nous etions a-peu-pres a 4 ou 5 milles
de la cdte, qui s'etendait du S. 200 O."
au N. 75° O. Elle etait peu elevee et
sablonneuse , et Pon y voyait quelques
arbres e'pars. On apercevait par-dessus
cette cote , dans la direction du S.
5o° O., et a line distance considerable,
des terres tres-hautes. Les extremites
de la cote vue au N. de la terre basse ;
pres de la pointe N. de la baie, restaient au N. 68° O. et au N. 170 E.
Nous trouvames fond a 4^ brasses. II
nous etait impossible , dans la position
ou nous nous trouvions, de determiner
si la terre basse etait reunie a la terre
elevee vue dans Peloignement; mais
je pense qu'on peut le supposer. Nous
croyions apercevoir une ouverture danS
le nord; mais elle etait si resserree, et
les pointes qui paraissaicnt la former [
etaient si basses,  que je crois plutot
J*-!
 ( 2i3)
que toutes ces terres sont jointes ensemble , et qu'elles peuvent former dans
cette partie un enfoncement qui pour-
rait servir de port. II nous fut impossible de nous en assurer , parce que
le vent tourna au S. O., et que nous
fumes obliges de nous en eloigner.
A 5 heures apres midi, nous gouver-
names a Pest, latitude estimee 21 ° N.
Le 27 , le tems fut tres-mauvais. Vers
midi, il devint plus beau, et le vent
s'appaisa. On trouve sur la carle d'Ar-
rowsmitt, qui a ete publiee en 1791 ,.
plusieurs iles qu'il dit avoir ete decouvertes par les Espagnols , et qu'il place
a Pendroit oil nous nous trouvons ; mais
nous n'en avons pas eu connaissance. Depuis les derniers courans que nous avons
eprouves, il s'est passe trois jours; et
les montres marines nous ont indique
que nous avons ete portes pendant ce
tems de 58 milles au N.  68° E.
Le  29 , le tems   fut tres-menacant
du cote du N. O. : le vent changea,
i796-
Nc
27.
2Q.
 179D
Nov,
Dec.
(*4 )
et nous goriVernSmes a Pest ; latitude 280 10' N., loagifede i35 i50' E.
Darts la iluit, nous sondames sans trouver fond. Noud:ftines route a l'O. pour-
remonlerla grande Likejo. Nous vimes
un petit oiseau de terre et tta^pervier/v
Le i.er, dans la nuit; nous sondames
d'heure en heure sans trouver fond. Le
tems etait tres-obscur. A 10 heures 3o'
du matin, nous vlrnes Pfltef de Likejoi
A midi, le tems etait par grains aveo
de la pluie. Nous trouv-ant a 5 ou 6 lieues"
de la cote, nous primes la bordee duS.O.
Le tems etait si mauvais, que nous ne.
pouvions pas distinguer les objets. La
cote qui s'etendait du S. 760 O. a l'O.
nous parut basse et unie ; cependant
la pointe ouest etait tres-escarpee. Nous
ne trouvames pas fond a io5 brasses.
Le 2, la terre fut cacbee de teflas en
tems par des grains srelEfuetis accofiftf*-?i
pagnes de pluie. Elle nous parut h$-'■
cfiee. La partie sud paraissait bien i
tivee, et Paspect de la campagne <
 1796.
Dec.
(2l5)
varie par  des  bouquets   d'arbres. Le
rivage etait tres-escarpe*, et nous parut
forme dans quelques endroits par une
argile  d'un jaune   eclalant ,  et dans
d'autres par du sable. Nous fimes le
plus pres au S. O. , et a 5 h. i5', les
extremites de la terre s'etendaient du
S. 8o° O. au N. 240 O., a la distance
de 4 ou 5  lieues. La terre paraissait
toujours tres - basse.. A minuit, nous
avions 260 de latit. N., et je supposai
que nous etions pres de la partie sud
de Pile Likejo. Nous louvoyames sous
petites  voiles  jusqu'au  jour. Pendant
la nuit, le tems fut assez beau, et nous
eumes un peu de pluie. A 4 heures
du matin , le vent sauta tout-a-coup au
N. O. ,  et   nous,  amena  des  grains.
A 7 heures, la  terre la plus proche
nous restait au N. 3o° O., a 3 lieues de
distance, et les extremites s'etendaient
du N. io° E. au N. 670 O. Nous ne
vimes pas d'autre terre , quoique les
cartes placent quelques iles dans cet
 ( J"6 )
endroit. A 8 heures , nous apercumes
179"' quelques iles a l'O N. O. La plus au
large de la grande avait la forme d'un
coin de mire ; et a 9 heures, elle nous
restait a l'O. f N. O.
A midi, la partie S. de l'ile de Likejo
s'etendait du N. 460 E. au N. 68° E. ,
a 6 ou 7 lieues de distance. Une ile
basse etait a 8 lieues dans le nord ,
entre cette ile et celle qui avait la
forme d'un coin de mire, et qui alors
nous restait au N. 34° O. On voyait cinq
autres iles que je supposai devoir etre
les iles de Matchi.
Le 3, le mauvais tems me fit craindre
de n'avoir qu'une connaissance tres-
imparfaite de la grande ile de Likejo et
des iles Madjieosemah, et je pris le parti
de diriger la route apres les avoir de-
passees, pour rencontrer d'autres iles
qui se trouvent entre ces dernieres et
Pile de Formose. A 21 heures, nous
apercumes une ile basse a Pouest; et a
23 heures 40', nous trouvames un banc
 (  217  )
de roches dont quelques-unes etaient a
fleur d'eau et d'autres decouvertes. Ce
banc s'etend au large de la pointe S. E.
de cette ile. Nous sondames pres de ce
banc, et nous eumes 60 brasses fond de
corail. On crut voir du haut du mat,
une terre dans le nord du banc de roche , et presque au meme instant on en
decouvrit une autre dans le N. O. On
vit aussi une petite montagne qui restait au N.370 O., et qui se trouvait dans
Palignement de la pointe S. E. de la premiere ile que nous avions decouverte.
J'ai juge que cette montagne etait unie
par des terrains bas a la terre qu'on
voyait du haut des mats. En-dedans et a
Pouest de la pointe pres de laquelle
nous nous trouvions, il y a une baie de
sable, et un peu au-dessus nous apercumes , a. travers les arbres, les maisons
d'un village qui etaient eparses dans les
bois. Pres de ces maisons on voyait plusieurs endroits cullives. A midi, nous
trouvames 45 brasses, fond de coraii,
1796.
Dec.
Jr
 ( ai8 )
■ ""* La meme pointe S. E. nous restait au
'° ' N. 9* 0., a a ou 3 milles de distance, et
1 'aul re extremite de Pile, qui etait tres-
basse, au N. 85° O. Le banc de roches
nous restait au N. 22° E.
4* Le 4,grand vent, Je tems assez beau,
mais par grains qui venaient de terre,
et qui nous empecher en I d'y envoy er
un canot. Nous nous contentimes d'en
prolongcr la par tic sud a la distance de
a ou 3 milles. Cette ile est en general
tres-basse. Sur le sommet des endroits
, les plus e leves, nous apercumes des
groupes d'arbres; mais le pays.etait convert en general de brujere ou d'herbes
grossiercs. Le long de la cote on voyait
des habitations eparses, et nous apercumes aussi de la fumee qui s'elevait de
difftirens endroits. A 2 heures , nous
etions arrives vis-a-vis Pautre extremite
de Pile, et nous avions par le travers
un ilot situe au large de la pointe ouest.
Entre oet Mot et la terre, on vit un petit
ressif. Nous eumes connaissance d'une
 <2ig)
autre terre qui s'etendait du N. au N.
28® O. Je jugeai qu'il y avait des ressifs
entre toutes les terres qui etaient eu
vue; car nous apercevions souvept la
mer briser. Nous irouvatmes 18 brasses , fond de corail. A 5 heures i5', nous
etions a-peu-pres a 5 ou 6 milles d'une
petite ile qui s'etendait du N. 65° O. au
N. 85° O. On relevait au meme instant
une autre terre tres-elevee a PO. S. O.
A 18 heures45A, la petite ile nous restait au N. 66° O., a 4 ou 5 lieues de dis-
tance. Une autre ile s'etendait du N. N.
E. a PE. S. E., et la terre elevee, du S.
700 O. au N. 870 O. Nous gouvernames
vers la terre elevee; et a 22 heures,
nous perdimes de vue la petite ile. A
midi, nous en etions eloignes de 3 ou
4 milles, et elle parut en general boisee
et tres-decoupee; les montagnes etaient
jointes entr'elles par des langues de sa--
ble, La pointe du S. E. etait tres-basse.
Le 5, le beau tems nous permit de
longer la cote a unt petite distance f
1796.
Dec.
s.
 1796.
Dec.
( 220 )
elle s'e'tend du N. N.E. au S. S. 0. Nous
apercumes un grand village pres de
Pextremite S. E. Au large de cette extremite, il y a un petit ressif; en le dou-
blant, nous decouvrimes une autre ile
tres-escarpee, qui etait au S. 75 O. du
ressif. A 2 heures 5o', la meme extremite nous restait au S. 88° 0.,la pointe
la plus proche du village au N. E. et
une ouverture apercue entre les iles au
N. 70 E. Nous distinguames, a 3 ou4
milles de distance , deux roches qui
etaient au milieu des brisans, et qui
nous restaient au N. 86° O., et S. 750 O.
Nous ne trouvames pas fond a 100 brasses. Nous arrivames vent arriere, et
passames en-dehors de tous ces ecueils.
Peu apres, nous apercumes plusieurs.
iles basses et plates qui s'etendaient au-
dela des plus grandes iles, et qui etaient
jointes par des ressifs, de maniere a nous
faire croire qu'ils bouchaient les passages. A 5 heures 5of, nous nous appro-
chames d'une ile tres-peu elevee qui
 ^»v
(   221   )
s'e'tendait du S. 5o° au S. 56° O., a 2 ou
3 lieues de distance. Une pointe escar-
ipee nous restait au N. 65° O., et un passage apercu entre deux petites montagnes , restait au N. 85° O. Nous rele-
vames les iles basses du N. 6° O. au N.
4o° 0.,a 3 ou 4 milles de distance; et
la cote pres de la pointe oil etait le village, s'etendait du N. i8°E.au N. 4o°E.
A 18 heures 3o', Pile qui, la nuit derniere, avait ete relevee au S. 0.,nous
restait alors au N. N. O. 5° O. Mais le
tems brumeux et par grains nous em-
•pech^. d'apercevoir la terre elevee avant
19 heures 45'. Alors nous vimes la pointe
de cette terre au N. a la distance d'environ 5 lieues, et elle s'etendait jusqu'au
N. 34° E. Une petite ouverture nous
restait au N. i5° E. L'ile basse s'e'tendait du N. 45° E. au N. 6° E., a 5 ou 6
milles de distance, et les deux petites
montagnes furent relevees au N. 27 O.
A 20 heures 3or,elles nous nestaient auN.,
et peu apres nous perdimes la terre de vue.
1796.
Dec.
 1796
Dec
6.
I
( aa-2 )
Le 6, le vent grand^frais ; le tems
sombre et couvert, et la pluie conti-
nuellc ne nous permettaient pas de voir
a plus de 5 a 4 lieues de distance, et
nous eumes un coup de vent. A i5 h.
nous seiTamcs nos huniers et mimes a la
cape sous la misainc el le foe d'artimon
j.isqu'au jour; alors nous fimes de la
voile. Le tems continua a etre tres§;
mauvais et l'horizon tres-couvert. A 9 h.
3o' du matin, nous apercumes a travers
la brume , a la distance de 2 a 5 lieues ,
Pile de Formose, dont les montagnes
escarpees s'elevaieut depuis le bord de
la mer jusqu'a une hauteur prodigieuse.
Une cnorme cascade, dont Peau se pre-
cipitait du haut -des montagnes, nous
annonca Papproche de la terre avant
que nous Penssions apercue.
Le 7, nous firiMes route le long de la
*cdte; et dans les eclaircis, nous voyions
de tems en tems le sommet des montagnes. A 4 heures ■3©', PextirtJiaaild S. de
Pile nous restait au^.*#5° O.,a£ou6
 1796.
(   223   )
lieues de distance. La partie nord etait
entierement cachee dans la brums; le
vent conlinuait a etre tres-violent. A 8h. Dec*
5o', nous etant trouve, d'apres notre
'estime, par 220 45f de latit. N., nous
mimes a la cape sous nos basses voiles
pour le reste de la nuit. A 12 heures,
nous virames vent arriere. A 6 h. 3o'
du matin, les extremites de Formose
s'etendaient du N. N. O. a l'O. Une ile
d'une elevation mediocre nous restait
au S. 8o° O., a la distance de 4 lieues;
et l'ile de Botol-Tobago-Xima, au S. 6°
O., a 10 ou 12 Meues de distance. Le
vent s'etant appaise, nous fimes de la
voile, et gouvernames pour passer entre
Botol-Tobago-Xima et la cote de Formose , que nous pouvions a peine distinguer a cause de la brume. A 9 h. du
matin, Pile d'une elevation mediocre
nous restait au N. 5o° O., a 4 lieues de
distance , et les extremites de Botol-
Tobago-Xima s'e'tendaient du S. 25° O.,
au S. 27° O. Ces dernieres iles gisent
i
 (  224  )
 entr'elles N. | N. O., et S. IS. E.l A inidi ;
x790' les  extremites de Botol-Tobago-Xima
ec'   nous restaient au S. et au S. 23° E., a 8
ou io milles de distance. L'ile de mediocre elevation nous restait au N., et'
se trouvait entre la cote de Formose et
nous. L'extremite la plus basse de la
cote de Formose restait au S. 700 O.
Peu apres, nous vimes la petite ile de
Botol-Tobago-Xima. Elle est dans le S.
260 E. de la pointe E. de la grande ile,
et a a-peu-pres la direction de la partie
N. de la grande ile.
8.        Le 8, a 1 heure i5' , la petite ile
Botol-Tobago-Xima parut detachee de
l'extremite S. de la grande ile, et nous
restait  au  S. 4l0  E. A 3 heures i5',
l'extremite N. de la grande ile Bolol-
Tobago - Xima. nous restait a PE., et
1'autre extremite au S. 8o° E. La cote de
In
1 On lit dans 1 ouvraee anglais : N.
N. E.
et S. •j S. E. ; mais d'apres la carte du Voyage,
on doit lire : N. -f N. O. et S. J S. E. ( Note du
traducteur).
 ( 225 )
Formose s'etendait du N. au S. 6o° O. 	
A 5 heures 3o', le milieu de la grande 1796-
ile Botol - Tobago - Xima, nous restait   Dec'
au N. 75°E.; et l'extre'mite S. de Formose , au S. 780 O., a 2 ou 3 milles de
distance. A 5 heures 45', cette meme
extremite restait au N. 8o° O., et dansla meme direction qu'une pointe vue
dans Peloignement. A 6 hemses, elle nous
restait a l'O. N. O. i O., a la distance de
2 ou 5 milles. II faisaafeun beau clair de
lune. Comme nous n'avions pas apercii
les roches de Vele-Rete avant la nuit,
nous dirigeames notre route pour pask
ser entre ces roches et la pointe S. de
Formose, apres avoir pris deux ris dans
nos huniers. Nous sondanies de tems en
tems. A 7 heures 3o', nous trouvames
35 brasses fond de grtfvier. Les extremites de Formose nous restaient alors a
PE. N. E., et au N. -J N. O., a 3 ou 4
milles de distance] A 8 heures, Ia?tf£pre
s'etendait du .N/5° E. a PE.-| N. E. Nous
primes la bordee du N. O., et louvoya-
1. i5
 Dec
( 226 )
• ■ mes avec petites voiles pendant le reste
!79"* de la nuit. Aujour, les extremites de
Formose s'etendaient du N. io° E., au
N. 6o° E., et une montagne ronde et
tres-elevee nous restait au N. io° E., a
3 ou 4 lieues de distance. Le vent aug-
mentaetfut accompagne de forts grains.
Nous gouvernames au S. E. pour allei*
prendre corinaissance des roches de
Vele-Rete; mais a 8 h. du matin, la violence du vent nous avait oblige a ne gar-
der que nos basses voiles et notre grand
hunier. Nousprimes la bordee du N. O.
A midi, les extremites de la terre nous
restaient au N. 200 E., et an N. 700 E.,
environ a. 6 ou .8 fienes de distance.
Le^, a 3 heures, le vent s'appaisa un
peu. A 4 heures 3o', les extrenAtes de
Formose nous restaient au N. 5o° E., et
au N. 7 5° E. Le tems fut si obscur, que
nous neuv,ij0es la tfefrre que cette fois.
"D"J"ous ne trouvames pas de fond a 100
brasses], el JiOiis epjtduvSin^s une forte
hjonle du non&.
9-
 I 227 )
Le 10, pendant la nuit", nous passa-
mes a cole de plusieurs bateaux de peche
chinois, et nous fimes petites voiles jusqu'au jour, dans la crainte de les couler
a fond. Nous mimes aussi un fanal a
notre beaupre. A 10 h. 3o' du matin,
nous vimes Pedro-Bianco, qui nous restait au N. 63° O.; et a midi, nous le re-
levames au N. 23° E., a 3 ou 4 milles de
distance.
Le 11, a 4 heures, nous vimes les iles
de Lima a Pouest. A 5 heures, tems par
grains et tres-sombre. Nous primes deux
ris dans nos huniers, et nous nous pre-
parames- a jeter Pancre. A 7 heures,
pous mouillames par 20 brasses fond
d'argile, entre l'ile de Poo-Tory et le
grand Lima, qui fut releve du.N. E. au
S. E. Nous etions a un mille et demi de
Poo - Tory, et nous voyions le canal
ouvert. A minuit, le vent augmenta
par degres, et fut tres - violent; mais
nous filames tout notre cable dehors, et
iiotre ancre ne chassa pas.
1796;
Dec.
10.
II-.
 (  228  )
      Apres avoir fait la revue de l'equi-
I79t>- page,je previns les ofiiciers et les matelots qu'ils devaient me remettre leurs
journaux, ainsi que les dessins des terres que nous avions vues, et tout ce qui
avait rapport aux operations que nous
avions faites depuis le premier septembre, et je leur recommandai le plus
profond secret sur ce qui s'etait passe.
Nous vimes plusieurs canots chi'nois
qui,malgre le coupde vent,naviguaient
au milieu des iles ; ce qui nous en-
gagea a faire signal pour demander un
pilote.
12. Le 12, un canot chinois vinta bord,'
et nous convlnmes avec le pnote qu'il
nous conduirait a Macao pour 40 piastres. A une heure, nous appareillames ,
et fifties route a Pouest. A 6 heures, nous
trotivatit dans la passe qui est entre l'ile
de Lantoe et Laf-Sa-mmu, nous mouillames par 13 brasses fond de vase. La
nuit fut belle; au point du jour, le vent
souffla du nord grand-frais, et nous
 (  229  )
eumes beaucoup de peine a louvoyer
dans le canal.
La violence du vent nous fit man-
quer deux fois de virer vent devant, et
nous fumes obliges de virer vent arriere. Dans ces circonstances, notre pi-
lote ne nous fut pas d'un grand secours;
car il ne connaissait pas du tout nos
manoeuvres, et il se contentait de nous
engager a jeter Pancre sur-le-champ. Ce
canal est tres-frequente durantla mous-
son du N. E. II est tres-sain, et Pon peut
y mouiller par - tout par moins de 20
brasses.
Apres avoir double Laf-Sammu, qui
est a-peu-pres a Pest de M^acao, nous
fimes route directement sur cette ville;
et a 10 h. du matin, nous mouillames a
Pentree de la rade du Typa, par 4 brasses fond de vase molle. Le fort nous
restait au N. 65° O., et la pointe de Ca-
brita au S. 200 O., a 2 ou 3 milles de
distance. Nousy trouvames le Crescent,
paquebot de la compagnie des Indes,
1796.
Dec.
 ( 23o )
_  qui venait d'arrivcr d'Angleterre avee
179"* des depeches.. II nous apprit les princi-
paux evenemens qui avaient eu lieu
depuis notre depart d'Europe, que nous
avions quitte depuis 22 mois. Notre
eqnipage etait en tres-bonne sante; et
depuis notre depart de Plymouth , nous
n'avions perdu qu'un honun.e par cause
de maladie.
J'envoyai un ofiicler au gouverneur-
de Macao, qui me fit faire les offres de
services les plus obhgeantes. Le lende-
snain, le capitaine de port vmt de sa
part pour conduire le batiment dans la,
rade du Typa. Nous saluames le fort de
11 coups de canons. II nous rendit le
salut coup pour coup. Au coucher du
soleil, nous entrames dans le port, etle
lendemain matin , nous.; affourchames
le batiment E. et O., avec son ancre a
jet, par 4brasses et demie. La ville de
Macao paraissait au large de la pointe
occidentale de Pile situee- au nord de
notre mouiHa'ge, et Pentree du port de
 *796*
De'c.
|P )
Macao nous restait au N. 25* O., a la
distance de 2 ou 5 milles.
Ma blessure ne me permit pas de
descendre a terre avant la fin du mois.
. Ayant appris qu'il y avait un petit navire a vendre dans la baie de Lark, je
pensai qu'il pourrait m'etre tres-utile
pour la. suite de notre voyage, et j'allai
Pexaminer dans le dessein d'en faire
Pachat. Apres Pavoir examine, je trou-
yai qu'il etait tres-propre a Pusage au-
quel je le destinais; en consequence, je
conclus le marche sur-le-champ, et le
payai x5oo liv. sterling. Il etait gree en
go'elette, et du port de 87 tonneaux.
Le 3o on le conduisit dans la rade du
Typa. Ce jour-la nous vimes arriver le
vaisseau de Sa Majeste, le Suffolk f.
commande par le contve-amiral Rainer-,.
et la corvette le Swift3 qui venait d'Am-
boine, et qui devait se rendre a Madras.
Quatre batimens de la compagnie des
Indes, qui retournaient en Angleterre,
vinrent de Canton rejoindre les vais*
 1796.
Dec.
,797-
Janv.
¥*T-
11 •
30.
(   202  )
seaux.du roi mouillcs a la rade de Macao, et ils en parlirent sous leur convoi, le 7 Janvier *797*
.   Du ran I tout le mois dernier, le tems
fat froid et beau; \es vents etaient variables dans la m 1 it, au nord et au nord-
est dans le jour, lis etaient tres-forts
depuis le lever da soleil jusqu'a son
couchcr; alors ils faiblissaient. Les-charpentiers Parent oocnpes a calfater le
batiment et a le reparer. Je fisaussi ra-
douber la gfl&lette, ion anger la carlmgue
de son grand mat, on lni fit des voiles*
ncuvcs, et on en fit aussi pour notre
corvette.
Le 18, je lirai 21 coups de canon en
honneur du jonr de l& naissance de la
reine. Le 20 et 21, le tems'fUt par grains,
brumeux dans quelques instans et ac-
cotnpagn&de pluie. Le brick anglais,
VExp&rtinVM^!hS8A'%& se perdre dans
le dettbier. coup de vent; ildtit son salut
«u secours qui ^lui fat 'donne par nos
embarcations. -Les* ven'tsfurent genera-
,%-sf
 ( 233 )
lement du N. E., et nous eumes presque
toujours un tems sec et frais.
Apres avoir calfate les ceuvres mor-
tes, les charpentiers reparerent le dou-
blage en cuivre. Des Chinois travail-
lerent a peindre le batiment et les canots ; l'equipage fut occupe a garnir le
greement et a embarquer le biscuit, le
riz,le rack et les autres provisions qu'on
nous envoyait de Macao. Les voiliers
travaillaient a terre vis-a vis du batiment, dans des tentes qui furent dres-
sees a cote de celle de Pastronome.
Le tems et les vents furent en fevrier,
a-peu-pres les memes qu'ils avaient ete
pendant le mois dernier. Lorsque le
vent variait, nous avions presque toujours de la pluie.
Au commencement du mois de mars,
le tems fut variable et par grains, et
tres-pluvieux.
Le 8, la goelette se rendit a la
gueule du Tigre , pour y prendre
des munitions et des salaisons qu'un
Mars.
8.
 *79?
Mars.
l8.
26.
( 234)
champan devait aller chercher a bord
des batimens de la compagnie des bides,
mouilles dans le Tigre, et ensuite les lui
apporter en cet endroit. Nous avions
defendu a la goelette d'aller, sous quelque pretexle que ce fat, en-dedans de
cette passe qui forme une des entrees
de la riviere, afin de ne donner aucun
sujet de plainte au gouvernement chi-
nois. Plusieurs de mes officiers profile-
rent de cette occasion pour- aller passer
quelques jours a Canton.
Le 13, un brick espagnol arriva de
Manille, et entra dans le port de Macao. Lorsque le tems le permit, nous
continuames a faire notre eau et a nous,
mettre en etat de tenir la mer.
Le 18, dans la matinee, la goelette
revint de la gueule du Tigre, et nous
apporta des cordages, de la toile a voile,
du brai, du goudron , des salaisons, et
20 caisses de the. Depuis le i5 , nous,
eumes des vents de S. E. et de la pluie.
Le 26, un petit cutter appele le Dra->.
 ( 255 >
son, partit pour la cote N. 0. de PAr „
merique. Les jours suivans, le tems fut x797'
tres-mauvais; nous eumes des vents S. Mars.
et du S. S. O., et des orages. Le grelin
de notre ancre a jet rompit.
Le batiment et la goelette etaient Avril,
entierement prets ; nous n'attendimes
plus qu*un vent favorable pour- sortir
de la rade du Typa. Cependant je fus
oblige d*envoyer une seconde fois la
goelette a la gueule du Tigre , pour
• treccvoir d'autres munitions navales que
les batimens de la eompagnie des In-
des, arrives les derniers,devaient nous
donner.
Nous eumes beau tems pendant plusieurs jours, et vent-de N. E.
Le 10, nous sortimes a la toude de la 10,,
rade du Typa, et vinmes mouiller a Pen-
tree par 5 brasses. Le fort de Macao,
situe sur une eminence, nous restait au
N. 45° O., et la pointe de Cabrita, au
S. io° O. ,a la distance de 2 milles. Le
fort etait dans Palignement de la pointe
 I797'
Avril.
(236)
qu'on laisse a tribord en entrant dans la
rade dn Typa. Ce mouillage me parut
tres-commode, par la facilite qu'il me
donnait de communiquer avec la ville ,
et de pouvoir entrer dans la rade dans
un caS force. A 2 milles plus a Pest, il
n'y a pas un pins grand brassiage. On
pent aussi, lorsque Pon est a ce mouillage , faire de Peau ires-aisement a Pune
des deux lies qui forment Pentree de la
rade, pourvu qu'on fasse attention a la
maree.
Nous avions a bord de nos batimens
pour 15 mois de vivres; noire equipage
etait en tres-bonne sante, et nous etions
-eU elat de continuer notre voyage. Pendant notre long sejour ,nous*avionsiou-
jours eu de la viande fraiche et des legumes. On faisait tous les jours e.uire
du pain dans un four de cuivre que nous
avions a bord, et que nous avions etabli
a terre aupres des tentes. Les Chinois
qui demeuraient dana'File nous rendi-
rent un grand service en nous permet-
m
 ( 237 )
tant de faire usage de leurs corderies. 	
Ils travaillaient a nos cordages a un prix J797#
tres-raisonnable.
Durant les trois derniers mois, je res-
tai presque toujours a terre, ou je m'oc-
cupai de faire une carte generale des
iles Kuriles. J'envoyai la copie de cette
carte a Pamiraute, avec la relation de
mon voyage, et le compte des operations que je me proposals de faire.
Ce serait de ma" part un oubli impar-
donnable, si je ne parlaxs point de tons
les temioignages d'attention et de poli-
tesse que me prodiguerent MM. Arthur
et Drummond, membres de la factore-
rie anglaise. Je ne doifc pas non plus
passer sous silence la conduite pleine
d'egards, ainsi que res bons procedesde
don de Ponto, gouverneur de Macao.
M. Crosley fit des observations a&ro-
nomiques. Sa tente etait placee dans une
petite baie du Typa, derriere le village
situe pres d'une pointe de rochers.
 (238)
Latitude d'apres les hauteurs-5-
797"  me'ridiennes.   ....,■    22°   9' 4°"N-
Longitude , milieu des distances observe'es.     .    .    .    .   n3  52    8   E;
D'apres les hauteurs du soleil prises
par M. Crosley , le retard absolu du
n.° 45, qui etait une montre d'Arnold \
etait sur le tems moyen de 7 h. 32' 42"
11, le 8 d'avril a midi 5 cette montre ga-
gnait o" 419 par jour, sur le tems moy en-
La mer est pleine les jours de nou-
velles et de pleines lunes, entre 9 et 11 hi
Le moment precis variait tellemfent $
qu'il m'a ete impossible de pouvoir 1'ob-1
serven
Le 11, beau tems et joli frais du nordi
Nous partimes dans la matinee, et saluames le fort de 11 coups, qu'il nous
rendit coup pour coup. Nous fimes
route a Pest pour aller a la passe de
Lantoe. Mais la force du jusant nous
empecba de doubler la petite ile de
Chang-Cheou, et nous fumes obliges de
mouiller par 4 brasses et demie, envi-
 -a .J
9)
ron a un demi-mille de la pointe nord  1
de cette petite ile. Macao nous restait a x797'
l'O., et Pile Linting au N. i5° E. Le  Avril'
soir,ils'elevaunpetit vent du sud. Nous
levamesl'ancre ;mais peude tems apreSj
il fallut la laisser tomber de nouveau,
par 5 brasses.
Le 12, au point du jour, Pile Linting I2-.
nous restait au N. 270 E., et la pointe
S. de Lantoe, au S. 6o° E. Nous atten-
4imes le retour de la goelette. Le vent
etait S. E., et le tems variable, avec des
grains tres-forts.
Le 14, la goelette arriva. Nous appa-    14*
reillames avec elle dans la matinee;
mais le vent etait si faible,que nous
fumes forces de mouiller bient6t apres.
Le i5, petits vents du S. E. Nous x5.
I mimes sous voiles dans Papres-midi avec
le jusant, et nous louvoyames dans la
passe de Lantoe. Nous mouillames a
Pentree de la nuit; et le lendemain matin en appareillant, nous cassames le jat
de notre ancre, qui etait en fer. A 8 h.
 Avril
16.
(240)
nous mouillames par 10 brasses.   La
I797* pointe de Lantoe nous reslait au N. 460
O., a 3 ou 4 lieues de distance.
Le 16, vent d'est frais, tems brumeux. Nous mimes a la voile dans 1 'apres-
midi avec la maree montante, et nous
tinmes le vent. A la nuit, nous laissames
tomber Pancre. 11 survint une si forte
houle de Pest dans la matinee, que le
cable de la goelette1 rompit, et nous
fumes obliges de rester an mouillage
jusqu'a ce qu'elle eut retrouve son ancre.
I
FIN   DU   PREMIEK   VOLUMK.
J*8*!
 (240
TABLE
DES    MATlUES
Contenues dans ce volume.
JTreeace du traducteur,
Preface de l'auteur anglais,
page      j
XVlj
LI VRE PREMIER. Contenant ce qui se passa
depuis le commencement du voyage, jusqu'a
notre premiere arrive'e a Macao en Chine.
Chapitre premier^ Pre'paratifs. du voyage. —
Traverse'e d'Angleterre aux iles Canaries. —j
Depart pour Rio-Janeiro. —Sejour en cet endroit. — lie de Gough. — Arrive'e au port
Stephens sur la cote de la Nouvelle-Hollande..
— Observations astronomiques. —Port Jackson. — Remarques sur ses productions , ses
animaux, etc — Observations astronomiques , *
Chap. U. Traverse'e du. Pact,-Jackson a Ta'iti.—
it *6
 Observations. — Arrive'e A Mowee} situation
deprorabte deWtfette.—Xrrive*e aWohahoo.
Visite de TamaaWMaah : guerres et ambition
de ce chef. — Nous mow' 11 ons dans Ia baie de
Yam. — He d'Onehow, PaSe ~*4-
Chat. III. Depart pour aller a Nootka-Sound.—
Recherche de l'ile Dona-Maria-Lajara.—Arri-
vee a Nootka.—Visite de Maquinna. — Nou-
▼elles da capitaine Vancouver.— Radean cons-
trait a terre pour radouber le navire .—Excursion a 'Ship-Cove. —Nnus mon ill ons a l'entree
da detroit de Jean de Fuca. —Lien ou etait
sir Francis Drake en 15-q.—Arrive'e a "Monterey, —r Plan ad op te pour la continuation dtt
Voyage, 70
Chap. IV. Traversee de Monterey a Owyhee. ■»-
Arrive'e 4 ^Vohahoo. — Baie de Wymoa. —
iles d Atooi et d'Onehow.— Assassinat de deux
habitans de Ia marine par les habitans de cette
dertriere'He. —Depart pour le Japon. —Nous
recevons la wsite des habitans d'Insu. -— Nons
mouillons dans la bate desVolcans, 08
Chap. V. Remarques sur le pays et les habitans
des environs de la baie des Volcans.—Politessc
des Japonais. — Description du port d'En—
•dermo. — Observatitta tbr les naturels } leur
 (24S)
habillement, leur parare , leurs habitations ,
leur nourriture , leurs embarcations. — Re-
marques sur les objets de commerce , l'agri-
culture, les plantes et les animaux. ~- Observations astronomiques.—.Navigation le long de
la c6te d'Insu. —Ile de Spanberg, page i44'
Chap. VI. Traverse'e pour se rendre a. Marikan ,
Tine des iles Kuriles. — Passage par le de'troit
de de Vijfes. — Terife <de la Compagnie. —
Ile des Etats. — Le vent contraire nous em-
peche de passer par le de'troit de Sangaar. —-
"Nous longeons la cote orientale du Japon. —
Baie de Jeddo. — EmbartiStioiis japbnaises.
*— Res de Fatfisio , 180
Chap. VII. Route pour les rles de Likeujo et de
Eormose. — Acri^e a 9a rade .tlu Typa et
a Macao. —Achat d'une goelette. —Pre'pa-
ratifs pour la ClnYlinuaSon du voyage. —
Observations nautiques faites a la rade du
Typa, 206
Fin de la Table du premier volume.
 If.«
AVIS  AU RELIEUR.
TOME     PREMIEJ*.
N.M I. Carte generale de la c6te Nord-
Est, etc., pegs   1
IL Vu e da port et da cap Nambu,
etc.,
III. Plan du port d'Endermo, etc. ,
IVrJHomme et femme de-la baie dear
Volcans,  •
V. Vue deNiphon, de la bafe dee
Volcans, d'Endermo , ete.,
126
19S
TOME    DEUXIEME.
VI. Carte des ties Likeujo et Madii—
cosemah,
VII. Vue   de Hie Komesang et du
port Chosan,
245
IM
 ERRATA.
TOME   PREMIER.
Page
3,
16,
56,
4o,
66,
67,
69,
80,
94 >
in,
116,
H7»
119,
Id.
122 >
ia.
125,
i58,
i85,
206,
ligne   4, P«*s i Bse^prftt'
19, E.;Zisez, O. |
17, to! \ lisez, 44'*
L,5"^ez,5".
24,201° 48'j to«,aoo»ia
48".
5,5"; foez, 5o".^
5, 54"; Zwez, |%l
5 , 57"; foez, 39 •
4, il* Zisas, elle.
7 0 Midshipmen) lisez ^Mids-
3>f    hipman-
?, Montagnej lisez , Monta-:
a,S.|s.0.jZisez,0.tS.O.
14, Rio; E«w,Rica.
16, apres O., a;ow'ez , *•
4, Rio; Ks-ez, Rica.
17, etait; Zwez , et.
o, 34°; B*«, 84#- .
5,Likenjo;Z«ez,Likeu)0.
Peg's
TOME   SECOND.
5 , ligne   3 , renv
' versement
rersement; lisez, re-
11 >
18,
54,
24, 48; Z«e*,4°-
8, restaient; tee*, restait.
!4, Corumah; Zs*e*,  R-aru-
mah.
  ananudtUdSte sn*[d -ejinod an uojib aivuouadns*
*e quo lfU9D9j fs&ei up aouopadxaj ap uo3a*£
t sud .juo.u xnb xnao onb stpirej ' saAtssaoons
p qa sueid sanaT suep 9.11a smolnoq quo ' ajvp
[p aouaii^dxa aun .red sapinS quos as tub sahb
k ' ojjan§ a;iao quepuad ' anb -BjoureAuoo as uo
M uaiq ma a uo is * anb aoxed tiU3opu qip uq (jf)
%.
a trospj atrres T3j ap sapaj: sa^ saino*
irejas |iI api-aaTrq.iioo anbtrtjod tb^ ap
a\ mod anpaad STeuref isajx (*) zusopj.
tn(p aouau^dxa awao anb mt[(pjra.o[uB
)ui^ta aiiao ap ttoTTeSiisinj -^ qn.oi.ms ia
ivotiaaqsa^s ajjanS v\ anb mq4p.mo[ri.y
•japxB§ ^
S^uara ap siiostbi sap jtoab saop qtua
ri nad itiatnajrissB^btOTib  ' ajro^oajtp
j* anbnitreiTjq qaxrKreo tip aSmredB xrtt
xoft rip jnaos aun f s^jdi3 pxoq^p qtrtAap
auiuioo ' anuaAap SBd qpqa^ti xuoo aqqao
jsj oaAB xred ua ajcooua qxeqa no f ajquias
:iad i? qreqa ip^SB"jj ap saiSuoo aj svem
$v\ apanao .red aidA§g;sp ia aqp]/\[ ap nori
:a4T japrqaad irej sed jtoabji ap ' sixe^ b
t ptrejS srr[d aj qna uoj g6Zi ua "^(aQ
•qttatnan.
ii s-ed quareaajoiA au saisafetn sxad\ anb
•noiioas aH|ixmn       gl^x.
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