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Relation d'un voyage à la côte du Nord-ouest de l'Amérique Septentrionale, dans les années 1810,… Franchère, Gabriel, 1786-1863 1820

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Array           RELATION
o*xm
VOYAGE
A LA COTE DU
NORD-OUEST
DE
PAmerique Septentrional^
DANS LES ANNEES
1810, 11, 12, 13, et14u
#
I»AB G. l^ANCHEBJEt FILSt
MONTREAL t
DE L1MPBIMERIE DE C. B. PASTEUB J^^miSSISSWi^^^^^^^MffiHifflBTOM^raBBi
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r d/7 G'^
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Up*
y 1
PREFACE.
' Quakd j'ecrivais mon journal sur le vaisseau
qui m*a porte a la c6te dti Nord-Ouest de
V Amerique Septentrionale, ou dans les contrees
sauvages de ce continent, j'etais loin cfe penset
qu*il pourrait £tre mis #i jour sous les jeu^
du public! Je n'avais d'autfe but en 1'ecrivant
ftie de procurer a ma famille et a mes amis*
un detail plus exact et plus suivi de ce que
j'aurais vu ou appris dans le cours %e mon voyage, qu'il ne m'eut et^ possible de le faire par
un narre de^ivjt vc&x.    Depuis que je suis de
-777- -~^.-^8By! ^    *#  —*—"
retour d&ns mavle natale, tnon Manuscrit a
passg dans differentes mains, et a ete lu par
dijflEerentes personnes: plulieurs de mes amis
m*ont d'abord conseille de le faire imprimer;
mais ce n'est que dernierement que je me suis
enfin laisse persuader que, sans etre savant na*
turaliste, habile geographe, ou moraliste pro- ■■■■■BSSMBH^HHI
MyJ
i
w
Iv\m  i
I   1
i
A
fond, un voyageur pouvait encore inteieSSe?
par Texpose fidele et succinct des situations
ou il s'est trouv&, des aventures qui lui sont
arrivees, et des incidens dont il a etc temoin ;
eue si une narration simple et ingenue^ denuee
du m^rite de la sconce et des graces de la die**
tion, devait etre moins gdutee de 1-homme de
lettres et du savant, elle avait en recompense
l'avantage d'etre a la portee d'un plus grand
Bombre de lecteurs ; qu'enfin le desir de procurer de I'amusement a ses compatriotes^tseloa
sa capacite, et sans aucun melange d'amour*
propre d'auteur, ou d'interet pecuniaire, devait £tre un titre bien fonde a leur indulgence*
Si j'ai bien ou mal fait de me rendre a ces sug*
gestions, que je crqjs devcjjfi/ regarder jcomme
eelles de l'amitie, ou de la bienveillance, e'est
au lecteur impartial et desi&teresse qu'il ap-
partient d*en decider*|; || §r}.;. /§ ; ;  v
i
&
i AVANT-PBOPOS
•*
Depuis Plndependanceldes Etats-Unist
d'Amerique, les commer9afiri;s decette nation
industrieuse et entreprenante, out fait sur la
cote du nord-ouest de ce^ continent, un trafic
extremement avantageux. | lis ont fait dans le
cours de leurs voyages un grand nombre de
d^cauvertes dont ils n*out pas juge a pyopos
de faiae pa£t au (ptiblic; sans doute ^anagla
crainte de se d#iriertdes concurrents, et de
-voir diminuer leurs profits. En 1792, le Ca-
pitaine Gray, commandaBtt le navire Columbia,
de Boston,||d^couvrit Peiitree- d'une grande
baie, par les 46 deg.«19 min, de latitude Sep**
tentrionale.    Ilyentra; et ayantreconnu que
c'etait-une grande rivi&re, par Peau douce qu'il
trouva a peu de distance de sdir embouchure,
£1 la remonta Pespace de dix-huit milles, et
jetta Panere sur sa rive gauche, a Pen tree
4*une baie assez profonde. II dressa la une
carte de ce qu'il avait vu de cette riviere, et
du pays circonvoisin j et apres avoir fait son
commerce d'^change avec les naturels, (Pobjet
pour lequel il etait alle dans ces parages,) il
V rega&m la mer, et rencontra bientot le Capi*
taine Vancouver, qui naviguait aldrs par ordre
du gouvernement Britannique, pour tenter de
nouvelles decouvertes^ Mr. Gray lui fit part
de celle qu'il venait de faire, et lui communis
quajmeme la carte qu'ii eh avait||dressee,
Vancouver e.nvoya son premier lieutenant*
JJroughton, qui remonta la riviere Pespace d'en*.
viron cent viqgt milles, en prit possession aa
nom de sa Majeste Britaniiiquej lui donfeaJe
Bom de Riviere Columbi^, et a cetfebaie oii
te eapitaine Amerieain s'^iait arrete, o$m de
foray's Baifa ou Baie |fcr6foqy*j|| B^u&iefcttl»
^jioque, le pays a etelfoi)tiife6(ji^ent^ sur&ufc
paries AnxerieainSn^^^^^pi v^^^^^^^^^P
ifes&e Chevalier-M^eAzie, dansc\soi secoticl
voyage* tenta de se xglfdfe a l&>Mer*de P^iesl
par la Riviere ColumbM: il s'y cf0^aiti effect
tivement parYenu,; te'squ'il deb$uchaj£ six d6£
gres plus au nord, daris le fond^dflMijS&a?i^
nommee. Pugef s Sound, ou Bai& de Pugetii^
En 1805, le gouv§#nement AmfoicaiB yrbnk
voya les Capitaines Lewis et Clarke, le'iqtitls^
avec une trentaine de soldats du Kentucky**
remonterent le Missouri, traverserent les mbn-
tagnes a la source de cefleuve, et se rent$ire$l
par la Riviere Columbia sur les bordsde^POce^i*
^acifique,  ou ils fur&nt  obliges d'hiifei^i^ JLe rapport qu'ils iirent de leur voyage intd-
*essa vivement. €. .,
Mr, John Jacob Astor, negotiant de New-
5Tork> qui faisait presque seul la traite des pelle-
teries &u sutl des grands lacs Huron et Superi-
eur, et qui av&it acquis par ce commerce une
fortune prodigieuse, crut pouvoir augnienter
encore cette fortune, en formant sur les bords
de la Riviere Columbia un etatHissement dont
Pentrepot serait a son embouchure* II com*
muniqua ses vues aux agens de la Compagnie
du Nord-Ouest: il voulut meme former cet
etablissement de concert avec eux; mais apres
quelques negotiations, les proprietaires hiver^
nants ayaat rejette ses propositions, Mr* Astor ae ddtermina a faire seul la tentative. II
lu^iallait pour reussir des gens habitues de
longue-main au commerce avec les Sauvages,
et il ne tarda pas a en trouver. Mr. Alexander M'Kay, (le meme qui avait accompagne
le Chevalier M'Kenzie dans ses voyages,)
homme hardi et entreprenant, se joignit a lui;
et bientot apres, MM. Duncan M'Dougall,
Donald M'Kenzie, (ci-devant an service de la
Compagnie du Nord-Ouest,) David Stuart, et
jjRobert Stuart, tous du Canada, en firent de
meme, |Enftn, dar*s Phiver de 1810, un Mr, # i
B
si\i
nvn
IM*
i MM
Wilson Price Hunt* de St. Louis,.sur le Mississippi, s'etant Ailssi joint a eux, ils determinereni
•que Pexpedition aiiraitlieu le prfntems suivant*
• Ce fut dans te tours deceit hiver qtPun d§
mes amis m'instfuisii eh confidence du dessera
de ces messieurs, avec defense dele communis
tjuer a qui que ce flit* L'envie de voir du pays,
vjointe au desir de faire fortune* me determina
a solliciter de Pemploi aiipres de; la nouvelle
association: le 29 Mai je me presentai die?
Mr. A. M'Xay, avec qui je m/arrangeai d'a-
bord; et le S4 du meme mois* je signai un engagement pour cmq anneesv :r::--:,-^::/^::^,:.,
* Lorsque les associes eurent fengage un assez
&on nombre de Canadians voyageurs, ils equipment un canot d'ecorce sous la conduite de
Mrs. Hunt et M'Kenzie, avec un Mr. Perrault*
commis, et quatorze homHftes* Jpf M. Hunt et
M'Kenzie devaient se rendre a Miehilimaki*
BaCj par la Grailde^ Riviere j engager a ce
poste autant d'hommes cju'ils pourraient j se
iendre ensiiite a St. Louis* pour de'la remon-
ter le Missouri jusqu'a sa source ; et, suivant
ia route des Capitaittes Lewis et Clarke, se
Rendre a Pembouchure de lafpliviere Columbia. J'aurai occasion de parler dans le couui
4e Pouvrage du succes de cette expeditioa*f|f RELATION1
&UN
VOYAGE
A LA COTEl DU
^Jpopd Oue$$ de V Amerique Septmtriomfa
CHAPITRE i
\
*«K=S
$Spart de Montreah^Arnvie d New- York-*
description de ce§e vil§e-^No^ des gens da
% expedition*  ^    - •
Nous demmi?ltoes h Mfontreai le reste da
printems et une partie de Pete. Enfin tous
les arrangemens pour le voyage etant faits,
$dus recjumes Pordre de nous preparer a par-
tir, et le 26 Juillet jjfe me rendis, accolipagne
de ma famille et de quelques amis, a Pembar-
^ation, qui etait M|i|an(^ d'ecorce conduit par
fieuf hommes. Les seKftimens que j'eprouvai
en ce momeat me seraient aussi difficiles a de-
crire qu'ils me furent penibles k supporter %
pojir la premiere ibis de ma vie je m'doignais 12
/
■N
w
\
s\\
du lieu de ma naissance* et roe separais de p&*
rens ch^ris et d'amis intimes, n'ayant pour
toute consolation que le faible espoir le les re~
voir un jpur. Nous embarquames||vers lea
cinq heures du soir, et arrivlmes h Lapra|ri#
de la Madeleine sur les hurt heuresJI Nous
couchames dans ce village, et le lendemain de
grand matin, ayaiK place nbtre canot sur une
charette, nous nous mimes en route, et arrivames a St. Jean, sur la riviere de Richelieu*
un peu avant midi. Nous remimes la notre
canot a Peau, traversames le Lac Champlain,
et arrivames a Whitehall le SO. L& nous fuiaea
joints par un Mr. Ovide Montigny, et un Mr.
P. D. Jeremie, qui devaient etre de^otre "ex*
P^dition. -p.
Ayant de rechef place notre canot sur une
charette ou wago?i, nous continuames notre
route, et arrivames le ler Aout, a Lansing-
burgh, petite ville situee sur le bord de la ri*
viere d* Hudson. Nous remimes notre canot
a Peau, passames par Troy, et par Albany, ou
nous fumes bien accueillis, les Americains nous
prenant pour une canotee de Sauvage% et ar^
rivames a New-York le irois, all heures du
soir* Il
t V
19
. Nous etions debarques a Pextr^mite sepifen*
frionale de New*l£ork, et le lendem#n, qfj|
^tait un Dimanche, noil nous remb#quamesf
^fumes obliges de fatfe le tpur Se la ville, polljf
nous rendre a noti^ logis sur lJ$ng-Islcmd.
Nous chantions en voguant, ce qui, joint a la
vue d'in canot d'ef orce, at^ra une foule de
mof de sur les quais. Nous trouva^fe's sur Long-
Island les jetoes messieurs, eiiigages au service
de la Compagni|| qui etaient partis du Canada
avant nous.      ^.- j If,   •: ^ -''■ ^ / ..••■
- Le vaisseau sur leqi01 nols devious notll
embarquer n'etant pas prct, je me seraf$ltrouv£
tout-a-fait isole et stranger d$ns la grande ville
delNew-York, sans tine lettre de recommanda-
tion pour Mr. G ^ que madame sa soeur
in'avait remise a moj| depart J'avaSl acquis
la connaissance de ce Monsieur pendaaft l#s£-
jour qu'il avait fait a Montreal en 1801 ; mais
comme j'etais alors fort jeune, il aurait proba-
blement eu d^a peine a me reconnoitre sans
la lettre <Je sa soe#. Ce monsieir m'introdi^
sit chez plusieurs de ses amis, e| je passai agre-
ablementles eteq seriiaines qui s'ecoule^it en-
tre mon arriv£#a New-York et le depart du
vaisseau. .yipC'W*5
1   Uvmll
1 \
■WTO !
lUfff''
lftll\\\ T1
iwHI
II Je rPentreprendrai pas de faire la description
^j|e New York: je dirai seulenlent, que Pele#
gance des ec^Sces publics et^particulien^i^
pi$^re|;e des rugs, Pombrage des peupliers qui
les bojrfent, les promenades puhliques, les marft
dies %ujours abondamment pourvus de toutes
sortes de de^rees^acti^te du commerce, alors
flor^ant,^le g$and nombre de yaisi^u^^^
toutes nati#is qui bordaient les quajs; tout*
en un j^igt, coi|ppira||fjg; a 4|e fai^e sentit la
difference entre cette grande ville np^itjirie et
ma ville natale, dfo§ je n'etais pour-a^l^^e.
jamais sor^, et qui n'etait pas a bejfucoup, p$e%
a cette epoque ce qu'elle est aujou^huL
New-Yor^ii'dtait pas alors, et n'est pas eztj|f
core aujourd'hui, uqe ville de guerre; oni||t;
VQyait pq^rtant plusieurs batteries de canons,,
etjflifFerenls ouvrag^s de formication, dont lea
plus considerables etai#t sur le Narrows, oii
detroit q\% forme Pembouchure de la riviere
d'Hudson.    Les ties appelleesilGa^m^r's Is-
land et Gibbet Island, etaient aussi bien forti-'j
fiees.. ..On avait construit. sur la premiere, sU
tuee a Pouest de la v|le, el^a ^nproa un miile
de distance, des casernes capables de contenir
plusieurs millers de soldats, et un chateau a
trois range'es de canons, le tout ji Pepreuve d© k bombe.^f Ces^p)rtificatioi^ bftt 4te augttieite
tees durant la deri|iere gue^e. # S0 ^
Les plaefes de maBifae sont au nombre#Ncl<e
huit: la plusconside|able se nomme Fijfe
market ■:■/■:- ■ •^'■•;^ :^p • -^—- <v *$£' -Jl-
, Le Pare, la Batter% et le Jaritei de Vauifr
hall, s#it les prinelpales promenades publiques*
II yava% en 1810,^2 £glises,#eux desquelles
et^ttt dCstinees au^ulte catholique pet la po*
pulalfon etait evaluee Wf)0,000 habitans, doafc
$0,000 etia%»t Fra^ais: on pense que cette
populati^lils'esS accrue depnis de pres de
30,000 ames. -^»:-^| -#<#^8 -&$&
Pendant mon sejour a New Yo#, je logdPfei k
Brooklyn, sur Long-Island | cette ile n'est se*
paree de la ville que par un sound, ou bras d&
iner assez etroit 5 on y voit u#^oli village, a
peu de distance diquel se trouve un b^ssin en*
clos, ou les chaloupes cano^eres etaient tireeS
presque a|isec. $On p avait o^strufe des casernes, et on y entretenait une^rde. 'Id^HV'
Aiant de laisser New-York, il est bon de
dire que durant notre s^>ur dais ^cette ville^
Mr. Jtf'Kayicrut qu'il e*talt dp la prudib&e <fe
voir leministre plenipotentia|le de Sa Majestl
Jlritannique, Mr. Jackson, afin de Pinfwmer
de Pobjet pour le<$M il all-ait s'embarquer, et 16
mm
de lui demander avis gar ce cgi'il purait a faire
dans le cas d' une rupture entre lespeux piis*
sancesp Ii|| inj|||ant que nop e||ons tous su-
jets Britanniques, et que^ous aliens Com mercer sousje pavilion Americain. Apres quel-
ques tnomeris |te reflexion^Mr. Jackson luij|it,
| que nous alliens former ^n etafelissement m@||
cantile aurisque de notre vie j que tout§equ||
pouvaii nous promettre, e'etait que, dans le
cas d^pie gjperre entre les deux puissances,
nous serifpns respectes comme #ojets|et com-
mersants Anglais/' Cette reponse parut sa-
tisfaifante, et Mr. M'Kay crut i^avoirplus rien
a apprehendei^le ce c6te|^^ p
Le vaissefii dans lequel nous dev|pns nous
en#arquer j£0t |p Tonquin> navire du port,
de deux cent quatre~ving1|dix togneaux, com*
mande par.le Capljaine Thorn, qui avait Jingt-
un hommes d'^uipage* L^nombre des passages |0tait de trente-trois. V^ici le$noms des
uns' et des auire% '■&^4W^^- ■=.-■
^      pass Alp rrs*| -M-"
x^0 ■■■'-*&&'   4 BROPRIETAIRES|^... ^ ^ 'v-:
Alexa]fder M'Kay, "■H^^ft, Robert|Stuart>
Duncan M^Dougallj^^w:     J^nes Lewis.
David Stuart, 17
COMMIS.
Jatties Lewis, , -0$^: -^0
Rutsel Farnham,      ^
Alexander Ross, $$%$$
?.B. Fillet,        "
Donald M'Gillis,    v
Ovide Moniigny,    ^ r :
*     ....    ...    .    -.\-..:   VOYAUEURS.   ^ .-  '  ^^.
Olivier Roj|pLapensee,      Jo^ph Lapierre^
Ignace Lapensee,       ij
Donald M'Lellar^
W^W.« Matthews^
W. Wallace f§
Thomas M'lfay,
G. ^anchere.
Joseph Nadeau,
J. Bte. Bflleau,
Louis BJruIe, fL
Ant^e Belleai^
P. D. JeremigiJig
Basile L^jpnsee,
Jacques Lafantaisie,
$0p§pmin JLoussel,     ;;
Michel Laframboise,
Giles Leclerc,   ,||;     \      .,.,,,•       ,,..;^,.
Johann Koaster, charpentier, Russe.
George Bell, tonnelier, ill
Aug. Roussil, forgeron,
Job Ail^n, maitre caboteur, . Afc
Guillaume Perrault, petit gar$oiv
Tous gens destines a former Petablissement
:. -||  EQUIPAGE.    -     ■■.-'
J. Thorj|, capitaine,      .
E. D. Fox, ler. contre-maitre, Ji
J. D. Mun^rd, 2d. contre-maitre,
John Anderson, bosseman,
Egbert Vanderhufli tailleur, \ yj§Jg
1 3 ' T i A'
^
wm
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1
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\\
I
John Weeks, charpentier,    'fi        ft
:§3Stephen Weeks, forgeron*   •f|£*     ^^!
Join Coles, voilier, ;■■■ ."^WPP^F Ipl^
Join  White,  matelo Vlp; -1^^
AdamFicher,     do* -W^» -ftfe
Peter Vershel,    do*   ;;fF^ ^ :; ^^^^^l;
Edward Aymes, do.    ^^^^^; #: ;W
Robert Hill,      do» 1
-   Jos. Johnson,     do* '^SI&^^K^ :^^^m:'
Charles Robert, do*    ^ffiiMR^ ;^^: m:
John Martin,     do#    ^^^^^^^rrW$
i     7tJn!mulatre, cuisinier, '^|||^ ■<- ~ - -^
* Et tiois ou quatre autres hommes,|jbnt j'&i
oubiie les noms» 19
f       In   CHAPITRE IL
Depart de New* York-~Refle#ion$ de Vauteur***
NI&igaMon,  rencontres, et incidens divers^
jusqu'd la vue des lies Falkland.
Tout llant pre^pour notre depart, ii&us nous
rendimes a bord du navire, et levames ^ancre
le 6 Septembre, au matin. Le vent tomba
bien&dt, et le premier jour se passa a louvoyer
et deriver jusiji'a Stated-Island, ou nous pas-
sames la nuit. Le lendemain nous levames
Pancre de nouveau ; mais il survint encore un
calme plat, et m»as fumes oontraintsiPancrer
pres du phare a Sandy1Hook. Nous levames
Pancre pour la troisieme fois le 8, et a Paide
d'un vent frais du Sud-Quest, nous parvfnmes
a passer la barre : notre pilote nous quitta sur
les onze bapres, et bientot apres nous perdimes
les cdtes de vue. ^Kfl^S^■: --?pr■*■. -~ --   '%*    '
II faut Paifoir ^prouve par soi-meme pour
concevoir la melaneolie <|ui s*empare de Pame
d'un homme sensible, a Kfnstant ou il lafese son
pays et le monde dviMId, pour aller habiter
avec des #rau^er$ fjes tenses sauvages et in- .   .     . ,■ ,        . . ■ ■
1
ill I
in
f
m
i
i\WSi
V
fcl
coniiues.   J'entreprendtais inutllement 4e don*
ner a mes lecteurs une idee taut spit peu car-
recte du penible serrement de coeur que §||
prouvai subitement, et du sombre coup-d'oeil
que je jettai involontairement dans un aveipr
cPautant plus efffrjyant pour mei, qu'ilne fi'ok
frait rien que de tres-coMus et de ires-incer-
tain.    Uwe scene nouvelle se d^ployait devaiffe,
moi; mais qu'elle ^iait monotone, et peu propre
a diminuer la tristesse dont mon esprit etait
accahlfe!   Pour la premiere Ibis de ma vie, je
me voy#s voguant enlpleine mer, et n'ayant
pour attacher mes regards, et arreter mon attention que la fbele machine qui me portaii
entre  Pabime des   eaux et Pimiiensite des
deux.    Je demeurai longtems les yeux fixes
du cote de cette teirre que je ne voyail plus,
et que je d#esperais presque de revoir jamais 1
je fis de serieuses reflexion§ sur la nature et
les consequences de Pentreprise daniMaqudle
je m'etais si temerairement tmbarque °7 et j?a-
voue que, si dans ce moment on me Pellet propose, j'y aurais renonce de tout mon ctjbr*
II est vrai aussi que Pencombrement du vai&*
seau; le grand nombre de gens etrangers ou
incoiinus avec lesquels je me trouvais; la manure brutale dont le capitaine et seslsubal^
V 21
ternes en usstient k Pegard de nos jeunes C$*
nadiens; tout, en un mot, conspirait a me fairf*
augpitef un voyage facheux et desagreabllt
On verra par la-t[uit£ que je ne nil trompais
pas. '•:*v :' '"W1" ^V''':€B^ ' :'"'"':"'--' 'r$k:
Nous apper§umes bientot au S. O. ifn vaisseau qui venait dlfc>it a nous $ il fit uil signljp
que notre ca^taine fbrnpiit; nous serrames
nos huiiers, et amenafeite par son traverse II
se trouva qui e'etait la fregate Americaine la
Constitution*^ Noife envoyamesl&otre chaloupe
a son bord, et f imes route de compagnie jusque
^rs les cinq heures, que nos papiers nous ayant
^te renvoyls, nous nou# separates.
Le vent etant devenu plus grand, Pagitation
dufpaisseau n#s dausa le mal de mer; je veux
dire, a eeux d'entre nous quitse trouvaient
pour la premiere fois sur Pdeean<-: Le terns
fut beau; le vaisseau, qui etait a notre depart
encombre de telle manidfe que nous ne pdpiP
^l^entrer dans nos hamacs, ni & pfeine faire
la manoeuvre, #arrangea petit a petit, et nous
ilous trouvames bilntot plus k Patse.ftr ^ ■■■
Le 14, nous commentities a prendre des
poissons-volants. # Le^40 nous vfiaes une
grande quantite dpiauphins: nous pr^paramea
des lignesjet nous en primes ddfex, que nous B
I
l\
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11   "!
1
■M
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fimes cuire.   La^fair de ce polsson me p
rut excellente, Jig^.. ..-.-   ;-:> rjjJSJjk--?* ■■;-■■■ rv\ •-
Denuis^otge 4^Part de Newark jusq^'au
4Qctobre* nous portames le cap au Sud-Est*
Nous atteignimes ce jour la les vents alis^s, et
dij$geames notre cours^jgu S. S. E. ^jppt, d'a-
pres les observations, par les 17 deg. 43 min.
de latitude, et 22 deg. 39 niin. de longitude*^
Le 5, au mafcii^nous passames a la vueides
ilei du Cap*Vert, portant %PO. N. O. frcincj
au s$pc lieues de distance, et || cote d!||Lfrj||ue
gisant a PE. S. E. Nous aurions bien desire
toucher a ces xles pour faire de Peau; Apis
comme notre vaisseau 4^it Amdricain, et qu'il
y avait a bcpl un nombre de supts Brita^
niques, notre capitaine ne jugea pas a Hopes
de s'eipose|k a la rencontre des va%eau^de
guerre Anglais qui fr6#iei|^eii^ces parages,
et qui n'auraient pas manque de faire une
stricte recherche, et de nous enleve^ la meil-
leure partie de notre equipage j ce qui nous
aurait infailliblement mis dans Mmpossibilite
de poursuivre l^dessein pour lequ^nous nous
4tion| esfbarques, ,   ;,^;:, v:i..-M^-:     -, ■■■?■' •:.
Tftnt que nous f^m§p pres des pfttes d<Afriqu%
nous eumes des vents variables, et un terns ex«
tjemement chapd j le 8„ nous eiiiges u® calp& \
r*ll
plat, #vlmes piuffeurs requins aijtour du fkfe*
seau: nous en primes un quefiious mangeames*
Je lui trfuvl^ peu pres le gout de l'eturgeon*
Nous ^proiiiSmes 0 jour laf^ une claleur e#-
€es£ife, le mercure etant au 94em§* dfegr^ dit
thermometr^de Farenheit. Bipuls le 8 jus-
qul$|| 1% nous e#nes sur le vaisseau Un oijfeau
des Canffeis, dont ritus preniorii un gr8i*d sotb,
mais qui nous quitta neanmoins, probablement
pour aller a u^mort cer|kine. '-y°§£'- ';'ip-- %^
|j|:Plus nous appr<#hions de ttEquileUr, plus
nous sentions la chal^ar s'augmeiter: elle fut
le 16, de 108 d^| par ;f|f|6eme. degplfPe lati*
tude, et le 22eme. de long. O. du meridien de
Greenwich. | Nous decouvrimes ce jour-l£ une
voii#au ven^p<|itantisur noiip ^fo m£m6
voile reparut le Iendernaiill matin, et nous ap*
procha a portee de^anon. §Nous reconnumes
que c^tait pn gros brigantin, portant en art-
palfencfe vmgt pieces de canon: nous cou-
rumesile iompagnie-|MNbi lton^ferf|elitouteS
nos voiles dehorsy mais ver^^io^ iM$Mk
laifesames derriere, eiil dirigea sailroute au
&• b. hi.        Bill IP
Le !#> des Paurore* tes geHI du quirt noug
alartfierent In nibs annon§aHt que le mem*
brigantin qui nous avait suivis la veille* parais- I   *
i
1 \iw "AW
1
;i|l|
V
feait souspe vent, a la distance #ine enfabluit*
et semblait d4^|er savoir qui nous etiofrs, sans
cependant montrer de pa|pon. ^Jotre capi«
taine parut alarme; et croyant qu^^^t mei^v.
leur voilier ||ue notre navire^il fit moxj|er tous *
les passagers et les gens de||Pequip|ge sur^
pont; et nous feignimes de faire des pl|lpa$|~
tifs de^|ml|^t. II e&bon d'obsffver que notre vaisseau montait dixf pieces de danom et
<tait percc pour vingt; lesg|||Jbords &'a0jfa£
^tant garnif de faux canons. ^Sur l^|f§9ix
heures le vept fraichit, et noupfous ^loignan^ls
du brigantin, q^^p/ait change sapoute*ii^
II ne ^ousar^arien de^remar^iable^iSk
qu'au 22, que $ious pa^mes PEquateur, par
les 25 d<fg. 9 n|§n. d%longitude.    Suivan^^e
a^ienne e^atume, lessens de|Peqtiipageb§P"
tiserent ceux d'entr'^px qui n'apiient pa^en*
cor^pa^pd la ligne ; ce jour fu^pour eUx un
jour de-fSte*    Sur les deux h^ups, d^gjl^pre^i
-ttiidi, n$us-#pggr§#^cie|| un^oile^au S.^S. Q^
Nous ne ffome§|pas peu alarme^||pys^t que
c^tait |e me0e brigantin ague nogs avians vj|
quelques jours  auparavant j   car il  et|it  en
ganpe, et paraissait nous a||endi;e.    N^us |£ap~
prochafies bientot, et a notr^rande sa|isfa<||
tio%§qa^reepnnumes gu^c'etait ug vaisseat*
'.;'! &5
jPortugafe: fiouf le helames, et nous apprimes
qu'il venait du sud de P Am6rique Meridionale,
et se rendait a Perftambuco, sur les cotes di|
MriMh Nous commen^mes bientot a voir ce
l|ue les n&Vig$Leurs appellent les Nueesde Ma*
gellaW® ce sont trois petites taches planches
que PoU appergoitkuligl, presqu'aussitofrqu'on
a passe PEquat&urf elles sont fixts et situees
auS.S. O. "   *'■■-;■■■ .••>•.>'•--   -,.;■•■,;-.*
Le lef. Novembrtt* nous commen^ames a
Vdllim grand nombre d'oiseaux aquatiquea
^Ters les trois helfres de Papr6s-midi, nous de-
couvrimes un batiment a stribord; mais nous
lie Papprochames pas d'assez pres pour lui pan*
leHltLe 3, riSUs vimet encore deux voiles au
Vent, faisant route au S. E.    Nous passames le
tropique du Cafrricorne le 4, par un bon vent,
et par les 33 deg. 27 min. de long.    Nous per*
dimes leslvent& alis6s, et a tnerfure que noili
%vancioiis au sud, te terns devint froid et plu-
tfeUX* fLe 11, nous e$m$& caline, quoique la
fcoule Jut grdsse*    Nous vitaes plusieurs tor-
fees, et le capitaifte ayant fait mettre le canot
a Peafi^fi6ug en primes deux*    Dans la nuit du
11 au IS, le vent se fifea au«lSf. E* il s'dleva
%ne telnpete furieuse, dafcs lftquelle le vent, la
$luie,  les eclairs e#le tofi&erie, sei&blaieiit
N   x /   % 4 1 MlJlJJPIillNiiiii i I
m 11
a i!
avoir conjure ttotre perte: la mer paraissait
toute en feu, tandis que notre vaisseau eta|| le
jouet des vents et des flots| Nous tirifnes les
ecoutilles fermees j ce qui ne nous empecha
pas de passer de fort tristes n#ts, tantque la
tourmente dura ; car les graildes chaleurs||ue
nous avions eproufees entre les deux tropiques,
avaient telleiiient dessechir notretpont* qjiji
toutes les fois que les vagues passaient par des-
sus, Peau coulait abindamment sur nos ha-
macs. Jje 14, le vent changea* e#se fixa gji
S. S. O. cl qui nous obligea a louvoyer. j^egft
dant la ftiit, nous eumes un coup de m|r terrible : notre gouvernail pej|sa £|re §mport^
Phomme qui tenait la§ari| fut jette d'upbc^
a Pautre du vaisseau, et tellement ^oi^^qu'il
fut contraint de garder le lit pepdant plusieurs
jours.    —':      :■;   JK'- . :^:-|    «■-
Par les 35 deg. 19 tnin. dj£lat. et 40 deg||de
long, la mer nous parut coUverte de plants
marines |>et % changement que nous remar-
quames dans la couieur de Peau, ffcinsi que le
grand tombre de mouettes et clautres oiseaux
aquatiques que nous apperguoies, nous prou-
v&rent que noiis nations pas ;fort eloignes 4p
Pembouchure de IHo de la^Pla|a.#Le verit
continua a soufiler avec force juscp'ailS^qiii s
ee calma un peu, et que le terns s'eclaircit.
Le 25, etant au 46eqae. deg. 30 min« de lat*
nous vimes un pingeuim* v ^fill Nous commendonsj| sentir vivement le besom d'eau gtdepuis que nous avions passe le
tropiqu||du Capricorne, la ration avait toujours
ete en diminuant, et nous etions reduits a trois
.4emiards par jour chacun pee qui el ait peu de
chose, attendu que i$)us mfavions que des
viandes salves. Nous avions a la verite un
aiambic, doKgt nous#ious servions pour ren-
dre Peau de la m# potable; mais nous n'en
distillions qu'autant qu'il en failait pour Pusage
journalier de la cuisine j parceque pour en dqjl
saler davantage il aurait fallu une grande quantity de bois ou de charbon de terre. Comme
nous n*iitions p|is qupi cent vingt lieues environ des iles Falkland, ou Malouines, nous re-
solumes d'Jr mouiller pour tenter d'y faire de
I'eau ; et le #pitaine fit preparer les ancres*
|£ Nous etimes des vents contiaires depuis le
27 Novemhre jusqu'auj* Decembre* Sur le soir
d£ cefour, nous entendimes \xn des officiers qui
4tait au haut da m^* crier, Terre! Terre!
Cependant la nuit nous empecha bientot de
d^aguelle^rochers que nous, avions devant
nous* et nous t$!mes en pann^. - .
g CHAPITRE III.
«:
n I
T
ArrivSe aux Iks falMmd—J^escente dam ce$
" ties—Situation pirilleuse deWauteur et de
quelques tins de ses compagnons—P or trait du
Capitaine Thorn—he Cap de Hmrn—Nm:^
ga$on jusqifam IJ&s Sandwich. .^ -:..-■■■■■■',.
Le 4, $u matin, je mfe^tijgpn^ de iponteff
$ur le pont, aim de %assassier| mes yeux de la
vue de la terre; car i&n'y a guere que ceu^
qui out ete trois ip quatre mois sur S^|taute
IJpier, qui sacheut appreeier le plaisir que Poa
ressent meme a regardei§des terresfuissi ste-
riles et aussi heris^ees de ro|hers que le sont
les iles Falkland. Nous appro|hame$ bjtentot
de ces§ochers, et entrames entre deu^||^|ou
nous mouill&mes sur unfhon fond. |§Le second
ayant $t6 envoye a terre, pour tacher de decou«
%ir de Peau, plusieutt de no^lfpessieurs Pac*
compagnerent. Ills revirasnt sur le soir, ave$
la triste itouvelle quils n'avaient pu trouvet
^Peau douce. lis nous apporterent neanmoins
en d^dommagement, un boa nombre d'oies*
sauvages, et deux loups-marins* .      ^ i| Le terns paraissad| menacer, nous levame?
Pancre, et gjpimes le large. La nuit fut ora-
geuse, et le 5 au matin, nous avions perdu leai
premieres iles de vue^t Le vent soufflant de
terre, il noqs fallut louvoyer toute cette J|pN
%6e: nous noiis trouvames lofJlpir assez pres
de terie, et nous minxes en paUine pe|ir la nuit.
Le 6 nous amena un del clair, et a Paide d'uQ
vent fraab, nous parvinmes a gagner un bon
xnouiltege, que^ous primes pour le Port Eg-
tmftnt, et ou poos trouvames de bonne eau.
|| Le lunous nous euifjjessames d'envi^er nos
futailles a ierr#ainsi quelle tepneKer, et les
forgerons, qui furent occupes a§quelques reparations qu'il fallait au navire. Pour nous,
ayant porte une tenteijpr&s de Paiguade, nous
passames toutfle terns que fPon mit & faire df
Peau, a parcourir les iles : nous ^tions munis
d'une chaloupe, et nous tuions tons les jours
un grand nombre d'oies et de canards savages.
Ces oiseaux different quant au plumage de ceux
que Pon voit en Canada. Nous tuames aussi
un grand nombre de loqps-marins. Ces animaux
se tiennent ordinairemenfl dans les rochersr
NouS^vimespaussi plusieurs renards de Pespace
qu'on appelle renards de ^irginie: ils nous
parurent mediants, aboyant comme des chiens* Les pingouinspiiseaux aquatiques, sont aussl
en grand nombre sur les iles Falkland. Ces
oiseaux ont un beau plumage, et ressemblent
par leur forme au huard ; mais ils ne volent pas,,
n'ayant que defyaetits bouts d'ailes dont^ls
s'aident pour marches Lorsqu'ils sont sur
leurs pieds "#OKBBR8il^ih ont. Pair de petits
nains ; ils son^^^ftrouches, et peu|timidp j
loin de nous fuir, ils eherchgtent a nous piquer
avec leur bee, qi|i est tres poij|iu* L& chair
du plpgouin est noire et cori^e j et fli faui
etre bi€n affam£ pour se r^sgudre a en ganger*
C'etait alors le terns de la ponte, et nous trou*
vames une grande|quantite d'oeufs.      Y
Comme les Frangais, e^l^s Anglais ensuite*
avalent tente de former us|;.^tal$|pement|^^
ces rochers, nous nous mimes h les parcourir,
pour voir si nous en trouverio|is quelque vestige:
les sentiers bien traces que nous rencon^ions
presque partout, nous faisaient esperen de trou-
ver aussi des ch#res;  mais toutes nos re*
cherches furent infructueuses: tout ce  qi|j|
nous trouvames fut une vieille cabane de p|#
cheur, construite d'os de balelhe, e||des chaus-
sons de peau de lo|p-marin ; car ces rochers
n'offrent pas un seul arbuste a la vue, e||fie
«mt fr^quentes que,par les vaisseaux qui font SI
la p^lfce de la baleine dans Ie|; mers du Sad,
Nous trouvames deux inscrip|||ns en langue
Anglaise, marquant Ifendroi|| ou Pon| avait
enterre deux hommes ^| comme dies vMpllis*
saient, nous les renouvellames. Cette attention pour deux homme§|morti, pensa etre fa-
ta|e a un plus gragd nombre d'hommes vivants ;
car toutq| les futailles ayant ete remplip et
mises a bord, le capitaine donna Pordre de se
remban|uer, et sans s'informer si cet ordre
avait 6t6 execute ou non„ il fit lever Pancye le
ml au Hipatin, tandis que moi et quelques un||
de mes compagnonjf, nous erigions les Inscriptions dont je viens de parler, que d'au-
||res coupaiej^ de Pherbe pour les cochons, et
que MM. MgD#igall et D. Stuart etaient passes
au sud de Pile, pouigtuer quelque|gibier. Ces
der||ers n'ayant pas entendu nos signaux pou||
le remba^uement, ne nous rejoignirent|que
tard, etporsqiie le faisseau avait d*|ja gagj|e 1&
jbleine mer. Cependant nous ne perdimes pas
de terns, et nous embarquames au nombre de
hui^sur notre canot, qiiin'avait guereqiie \ingt
pieds de lo||gueur ; et apres avoir cipturu quel*
q$e danger, et rame a outrance pendant pres
de trois heures et demie, nous parvttimes a re-
gagner notre vaisseau, quegious rejoignimes sufc
%. Mm
JP'l
\\ m.
les trois heures de rapr&s-diner. Apr£i?ivoit
£acont£ ce trait de m^chancete de notre capi-
taine, on me permettra de faire quelques re-
mar ques sur son caractere.W Jonathan Thorn
avait ete eleve au service de sa patrie, et s'^tait
distingue dans Une bataille que les Am^iieairip
avaient livr£e auxTurcs a Tripoli, il y avail qilll*
jfueS alin6eJ| il avait le grade de ter. Untenant
de vaisseau. C^tai#un homrrie exact et
figidej d'un caractire Vif et etoporfe, habitutl
a se faire obdr au moindre signe ;^he consid^l
fant que le devoir, et S mettant fort peu el*
peine des itturmttfes de son Equipage; ne pra|
W&dt consei^de qui qliS ce fut, et suivant a la
lettre les instructions de Mr. Astor. Tel etait
a peu pres Phomme qui avait &6 nomme ptlbr
*f ommander iiotre vaisseau. Ses manttlts hau*
tfainesfWi humeUr brusqUe et altiere,lui avlieni
fait perdre Pestime d'une griifode partie de Pe-
ijuipage et de tousles passagers: il le savait*
Ct cfterchaitf^toujours etfcons6quence Poccasion
de ticus mortifier. II est vrai que les passagers
avaient quelques torts a se reprodher a soil
cgard; mais il avait 4te Paggresseuf; et rien
ne pouvait Pexcuser de Pacte de '|ruaut£ et
de barbarie dofli il se rendaiticoupable, en nouB
falsant sur les fbchers steriles des ile$ Falfe-
£
'W
m sf|nc!, ou nous Sterions infaiHibleifteit perls*
Ce sort nous ^tait reserve, sans la resolution
hardie de Mr. R. Stuart, dont Poncle £tait avec
tious, et qui voyalit que le capllaine, loin de
Vouloir nous attendre, continuait a s*eloigner,
fe mena$a de lui bruler la cervelle, s'il ne faisait
*irer de bord pour nous recevoir.
Nous poursuivimes notre route, portant au
§. S. O. et le 14, paries 54 dig. 1 min. delat.
ct les 64 deg. 13 min. de long, nous eAmes
fond par 65 brasses, et apper$un^es une voile
iu Sud* Le 15 au matin, nous d^eouvritiies
£ notre avant, les hautes mofttagnes de la Terre
4e feu, que/nous vimes jusqu'au soir: le tern*
tfobscurcit alors, et nous les perdimes de vue.
Nous essuyames une furieiftp tempete, qui nous
porta par les 56 deg. 18 min. de lat* Le 18,
fious n'etions ^loign^s du fameux Cap de Horn
"que de quinze lieues. II survint bientot un
talme plat, et le courant nous porta a la vue
du Cap, a la distance de cinq a six lieues. Ce
Cap, qui forme Pextr^mite mdridiijnale de la
Terre de Feu, ou plutot du continent de PA-
m^rique du Sud, a toujours ete un sujet de
ttetreur pour les navigateurs qui ont a passer
d'une mer dans Pautre; plusieurs desquel^
pour n'avoir pas a le doubler, s'exposent au
If 5 seat tS/SiunJUs
:
-':
b i
It   II I*
long et dangereux passage du Detroit de Ma*
gellan*& surtout lorjqu'il s'agit d'entre^dans
POcean Pacifique. jpLorsque nous nous vimes
pour ainsi dire sous le Cap^nous ne sentimes
d'autre desir que cdui de nous en eloigner
promptement; tant ces rochers sont peu agre-
ables & la vue, meme pour des gens qui sont
sur mer depuis plusieurs mois! et a Paide d'une
fcrise de terre, not|$ parvinmes a gagner le large*
Le vent changea bientot, et il survintgune
tempete: nous passames a la vue des iles de
Diego Ramirez, et apper§umes une goelettei
La distance que nous avions parcourue depuis
potre depart de New-York, etait, d'ajjjes le
calcul que je fis de la <jpurse du vaisseau, de
3,055 lieues. Nous, eumes des terns affreux
jusqu'au 24, que nous nous trouvames pa| les
58 deg. 16 min. de latitude meridionals Quoi-
que nous fussions alors au coeur de Pete, et
que les jours fussent beaucoup plus longs qu'ils
ne le sont ajQuebec le 21 Juin,* le froid etait
neanmoins fort grand, et Pair ties humide : le
mercure fut pendant .plusieurs jours a 4 deg*'
* Durant les nuits, qui 6taient extremement courtes, fl
ne faisait pas plus obscur qu'en Canada, lorsque lalune est
eur Thorison, et que le terns est m^diocrement couvertir 85
audessous de z#f8, dans le thermometre de Fa*,
rellfeit^ Si^tel est le femldansces latitudes
& la fin de D&embre, que doit-iPetre* a la fin
de Julh, c'est a dire dan#les plus courts jours
de Pannde ; et ou doivent se refugier alors les
Patagons, et les habitans de PArchipelj si im-
proprement nommee Terre de Feu K       w ml.
Le vent qui jusqu*au 24 avait etd contfaire,
se jetta a#Sud, et nous fimes route a POuestl^
Le lendemalh, jour de Noel, nous eumesla satisfaction d'appreipdre que nous etions a POuest
du Cap. Jusqu5a ce jour nous n-'avions eu
qu*un seuPde nos hommes attaque du scorbutj
pkaladie a laquelle sltot sujifte ceux qui font des
voyages de long cours* et qui est oceasionnee
£ar Pusage const^^de vivres sales, par* Phu«
midfiN^ du vaisseau, et par Pinaction. ;       p? ~S|
Depuis le 25 Dec. jusqu'au ler. Janvier,
nous fumes, fayorisds d'un bon vent, et nouS
parcourumes dans ceqourt espace de terns dix-
huit d£gres§ de latitude^ Quojqu'encQre froid,
le terns etait neanmoins assez> agreable. Le
17, par la lat. lO deg. 50 min. S. nous primes
quelques bonites, poisson excellent. Nous
passames PEquateur le 23, par les 128 deg. 14
min. de longitude occidentale. Les marsouins
^ntouraieut le vaisseau en grand nombre.   Le
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25, il s'eleva une tempete qui dura jusqufatl
28. Le vent se mit a PE* S. E. nous cinglames
au Nord, et f&nes 74* lieues dans les premieres
24 heures. Nous eumes ensuite pendant plu*
sieurs jours le vent contrail^ il se mit a$ S*>
E* le 8 F^vrier, et le 11 nous apper§ui?ies ia
cime d'une montagne couverte de neige, qu§
potiie second, qui avait d^ja frequente ces mers*
me dit etre le sommet du Mona+Rpah, hauiQ
montagne de Pile A'Ohehy, une de eelles* qu*
le navigateur Cook appelia Sandwich, et ou il
trouva la mort en 1779* Nous portages le
cap sur terre toute la jourude, et quoique nou§
fissions de six & sept noeuds par heu*% ce uq
fut que sur le soir, que nous nous trouvames
asse? prets de terre, pour distinguer les masons
des insuiaires: circonstanee qui prouve couan
$ien le Mona-Boah est elev£ audessus du niveau de la meae CHAPITRE IV,
Occident— Vue de la Cote«*+Abord des Insuft
hires, leur Industrie-*~Baie de Karakakoua*
Descente dans VHo—John Young* Gouver*
* neurdfOhehyo .  • ;■ _ jjji\J^:' '';     '   , :i0
% Nous rangions la c6te, a Paide d'un boa
vent, quand Perrauit, mpusse, qui etait monte
dans les haubans, afin de mieux distinguer le$
obje|s que Pile offrait a la vue, tomba malheu-
feusement a la mer, ^f Nous nous aippe^fimesr
aussitot de sa chuSe, et lui jettames de suite
des hauls et des futailles: puis le capitaine^
ayant fait f$$e la manoeuvre pour mettre ea>
panne, nous descendimes notre ofeaioupe; le
bosseman et quatre autres s*y embarquerent, et
ils parvinrent a rattrapper l$je,une limine, un
quart d'heure environ apres qp'il fut tpmbe k
l'eau# Us le rameperent sur le navire sana
connaissance et saua mouvement: nous r^us*
simes pourtant assez vite a le faire revenir h
lui; et au bout de quelques heures, £1 efcjtit en
€tat de courir sur le #oat* v  in
r ■
ti
Les cotes de Pile, vues de la mer, offrent
Coup d'oeil le plus pittoresque, et la scene 1$
plus riante : depuis le rivage jusqu'aux mon«
tagnes, la terre s'eleve graduellement en forme
d*aifephitheatre: tort! le long r£gne une lisi&r^
de terre basse, couverte de cocotiers et de ba«
naniers, k travers lesquels vous apperceves
les maisons des insulaires : les val&ms qui en-
trecoupent les collines plus reculees, nous pa-
rurent bien eultiv^es; et les montagnes memes^
xpioiqu'extremement hautes, sont touted cou*
vertes de bois.
- Tandis que nous^etions en trovers, quelqudf
pirogues se detachere#t de la cote, et vinrgnt
assez pres du vaisseau, avec des Legumes et des
n<ix de coco j mais comme nous voulions pro-
fiter de la brise, ppur gagner le mouHlage,liou&
ne jugeames pas a pffcpos de nous arr&ter*
Nous longeames la cote une partie deia nuit j
mais il survint un calme qui dura jusqu'au
lendemain^l C&gflme nous etiofis vis-a-vis de la
baie de Karakakoua, les insUlaires rfevinrent
encore, et en plus grand nombre, dans leur#
pirogues, • ftous   apportant   des   choux^' des
ignames, des bananes, du taro, ou racine de
pied-de-veau, des melons tPeau, de -'da vokilie*/
&c. et les ^changes se firent alors,   Suf le soir» a Paide d'unfe bfise qui s'eleva de Iafnei*,nou3
gagnames le fond de la baie* oti iious jett&mes
Pancre. par 14 brasses d'eau* sur un fond de
ctfrail. p> A'-:""-'' ' \ "*■' Iff--"^ ^'- ■ ■ "•' /*
: Le lendemain, durant tout le cours de la
journee, les insulaires vinrent en grand nombre
autour du vaisseau, nous apportant comme la
veille, des fruits, desSlegumes, et quelques
£ochonsj en echange de quoi nous leur doiu
names des grains de verre, des bouts de cercles
de fer, des aiguilles, de la toile de coton, &c»
Quelques uns de nos gens descendirent a terre*
et furent fort.etonnes de trouver un insulaire
travaillant a la construction d'un petit batiment
du port d'envirctn 30 tonneaux : les outils doni
il se servait consistaient en une hache presque
usee, une mechante herminette large tout au
plus de deux pouces, et une tariere, qui n'etait
autre chose quf un bout de baguette de fer qu'il
faisait rougir. II fallait avoir beaucoup de patience et de dexterite pour faire quelque chose
ipec de tels instrumens: cei qualites ne lui
manquaient pas en apparence, car son ouvrage
f»tait deja fort avance. ||N"os gens amenerent
cet homme a bord, et nous lui donnames des
outils convenables j ce qui parut lui faire beau-
coup de plaisir. .';,.'-■•■ ■.--"•■",'•."' J|'--"   & c int
il
iw  ,m
iiii-
il ;.:■••
it:
■
M. Le 14 au matia, tandis que le charpentier du
navife travaiilait a remplacer un dels bossoirs,
deux grandes roues de poulie tomberent a B
mer: comme nous n'en avictas pas d'autres
pour les remplacer, le capitaine proposa aux
insulaires, qui sont d'excellents nageurs, deles
plonger, moyennant tme recompense, s'ils les
trouvaient; et sur le champ deux d'entr'euX
s'offrirent & le faire. lis plong&rent & plu#
sieurs reprises, et apporterent a chaque fois des
coquillages, pour preuve qu'ils avaient €t€ au
fond de i'eau. Nous eumes la curiosite de re*
garder a nos montres, pendant qu'ils plon*
geaient; et nous fumes surpris de voir qu'ils
restaient quatre minutes sous Peau. Cet ex*
ercice me parut pourtant les fatiguer beaucoup*
au point que le sang leur coulait abondamment
du nez et des oreilles. Enfin, Pun d'eux ap»
porta les deux /oues, et re$ut la recompense
promise, qui consistait en quatre verges de
•toile de coton,     t     h ■■' > ■      ;;j
La baie de Karakakouaj ou nous ^tioos
xnouilles, peut avoir un quart de lieue de pro-
fondeur, et une demUieue de largeur a soa
entree: cette entree est fermde par deux
pointes basses de rocher qui ont tout Pair d'etre
deppulees des montagnes en forme de lave, & h
\mWlm
li 41
Suite de quelque Eruption volcanique. Suf
chacune de ces pointes est un village de me-
Tliiicre grandeur. La baie se termine en pro-
fondeur par un rocher escarpe d'envyon deux
Jtents pieds de Hauteur, et sur Iequel on apper*
foit un cocotier isole* ^
W fmr le soir, je fus a terre avec quelques au-
tres passagers, et nous debarquames au village
situf sur la pointe oScidlntale de la baie que
je viens de decrire. L'on nous y regala d'une
danse executee par dix-neuf femmes et un
Itomme, tons chantant ensemble et en mesure.
Un vieilljld nous fit voir PendrorTou le Capi-
taini Cook fut massacre * le 14 Fevrier, 1779*
et les cocotiers perces par les boulets qui furerii
tires d'abord des vaisseaux que eommandait
ce (^pitaine. Ce vieillard, soit feinte, soit sen-
sibilite reelle, me parut fort affect e, et meme
veiser desPJarmes, en nous montrant ces objet&J
%janifa moi* jtftae piii me defllidife de trouvef
un peu singulier de me voir, par le sell effet
du hazapd, sur ces lieux, le 14 Fevrier, 1811 $
e'es&a-dire 32 ans, jour pour jour, apres la ca-
taffcrophe qui les a rendus a jamais celebres.
Je n'en augurai pourtant rietfde sinistre$ et je
rentrai dans le vaisseau, avec mes compagnons,
aussi gai que j'en ctais sorti.    Quand je dis
6
■dtaHliK' Ii!
avec mes compagnons, je dois en exceptef Iff
bosseman, John Anderson, qui ayant eu plu*
sieurs demeles avec le capitaine, durant la tra-
versee, deserta du navire $ aimant mieux vivr||
avec des sauvages, que d'obeir plus longtems
& un superieur si peu cofrtois. Un matelot
deserta aussi; mais les insulaires le ramenerent,
a la sollicitation du capitaine: ils offrirent de
ramenef aussi le bosseman, mais le capitaine
les en dispensa.   ;;.. S.M:   ''■'xSm!''r--':-  ' ■"■ :' W
Nious ne trCuvames pas d'eau douce dans les
environs de la baie de Karakakoua; celle que£
les natur^ nous apporterent, dans des calql
basses, etait saumafcre.    Nous avions aussi uu
grand besoiji de viandes fraiches 5 mais nous
Be pumes pas non plus nous en procurer j le
roi de ces iles ayant defendu expressemen3|a
ses  sujets, d'en fournir aux vaisseaux qui y
toucheraient.     Cependant pn des clefs d(||
pecha une pirogue vers la baie de Toeaye, pour
tdcher d'Jbtenir du gouverneur de Pile, qui
fait la sa residence, la permission de nous vetdre
quelques cochons.    Let; messagers revinrentle
lendemain, et nous apporterent une lettre, datiK
laquelle le gouverneur nous mandait de nodi
rendre sans delai a Pile d'Ohahou, ou le roi
reside j nous assurasjat que nous trouverions &
IflRi'l! 43
de bonne eau, et tout ce dont nous avions 'bp^
spin. ■ ... ■;..■■ >:.• ."q !',;":■, .;-; - ■. r '■'■', C';v^
Nous appareillames le 16, et a Paide d*une
faible brise, nous cotoyames Pile jusqu'a la
baie de Toeaye. Le vent etant tombe tout-a-
fait, le capitaine, accompagne de MM. M'Kay
et M'Dougall, alia 3 terr^ rendre visite au
gouverneur de Pile. Ce gouverneur n'eiait pas
un insulaire, mais un Eeossais du nom de
John Young, qui resta sur ces iles, quelques
annees apres la mort du Capitaine Cook- Cet
homme avait epouse une femme du pays, et
avait su igagner Pamitie et la confiance du roi,
&u point d'etre eleve au rang de chef, et fait
gou^rngur d'Ohehy, la plus considerable des
iles Sandwich, par son etendue et sa popular
tion, S§n excellence expliqua a nos messieurs
la raisou pour laquelle le roi avait interdit a ses
£ujet§ Pechange des cochons j cette raisou
etait que sa majeste se reservait le raonopole
depette branche de commerce, pour en recueii-
lir seule tout le profit. Le gouverneur leur
apprit aussi qu'il n'etaife pas tombe de pluie
sur la partie mefidionalejd'Ohehy, depuis trois
ans j ce qui expliqupit pourquoLnous y avio^
trouve si peu d'eau douce: il ajouta, dans le
Cours de la conversation, que Pile etait pluj ill
\
\
.   44f:
ik I i  ill
fertile au nord qu*au sud, q^ nous ettf*ns; m^»
qu'il n'y avait pas de bon mouillage, la c6te y
4tant garnie de rochers a fleur|d*eau, qui
Jbrment des brisans considerables. Enfin, son
excellence renvoya nos messieurs avec quatre
beaux cochons gras; et nous lui envoyames
en retour, du the, du cafe^du chocolat, et quel*
^ues gallons de vin. :M
Nous eumes calme presque toute la nuit, et
le 17 nous nous trouvames vis-avis de Mono*
Ouhororayey montagne alors couverte de neige,
ainsi que Mona-Roah, mais qui me parut mains
elevee que cette derniere. Un certaia nombre
d'insulaires nous vinrent encoref#rouver, avec
des objets de curiosite, et qufelques petits p#s-
sons. Le vent s'etant eleve le|18, nous depas*
sames Pextremite occidentaie d'Ohehy, et pa&*
s&mes k peu de distance de Mohy, et de Ta*
hourafia, deux autres iles de ce groupe, qu'ou
dit etre aussi fort peuplees. La premiere offre
un coup d'ceii tres pittoaresque, etant reixipUe
de collines qui s*elevent en forme de pains de
lucre, et qui sont partout couvertes de coco*
tiers et d'arhre^ a pain. Enfin, le 21 nous ap*
prochames d'Ohafrou, et jettames Pancre vis-ib
vis de la baie dyOhetityf a la distance de pre*
de deux milles de terre. 43
, .|.■-.:..    CPAPITRE V.   :--i%v:
Baie d'0hettiy-<4£rameamea, Roi des Iks Sand*
xvich—Sa Visite au Vaisseau—Sa Capitate—*
Sa Marine—Son Autopite—Productions du
Pays—*Mceur$ et  Usages des  Habit^m-**
-, Reflexions* -glire- lill'v
, L'on ne trouve pas un seul bonlfnouillage
dans la baie d'Qhetity, en dehors du redf; ce-
pendant notre capitaine aima mieux resier en
tade, que d'expoaer le favire a la tentftion des
insulaires, en se mettant en dedans du recif,
d'ou Pon ne §eut sortir que difficilement.
Au reste, les environs de cette baie sont ei&
core plus riants que ceux de Karakakoua ; les
montagnes s'elevent a une moindre hauteur
gur lepderrieres, et||e terroir parait plus fertile.
Tameamea, a qui toutes les iles Sandwtrh
jpbeissaient, lorsque nous y passan^s en 1811,
n'etait ni le fils, ni le parent de Tierrobou, qui
regnait a Ohehy en 1779* lorsque le Capitaffte
Cook|et i|uelq|^s uds de ses gens y ffcient
massaci^ il n'&ait alors qu'un chef medi-
ocrement puissant j mais habile, intriguant, et iii!
it
y
plein d'ambiti^p, il r^ussit bientot S se faire ua
parti nombreux, et parvint enfin a s'emparer
de la puissance souveraine, Lorscppil se vit
maitre d'Ohehy, sa patrie, U songea a s'assu*
jettir aussi les iles voisine^sous le vent; et en
peu d'annees, il en vint a bout, II passa m£me
jusqu'a Atouy, la plus eloignee de toutes, en
defit le chef, mais se cantenta pourtant de lui
ixnppser un tribut annuel. II avait %e sji residence a Ohahou, parceque c'est de toutes les
iles Sandwich, Ja plus riante,fia jilus pitto-
resque, en un rngt, la plus digne deifi presence
du souverain. .-..>■.jfe
Des notre arriv^e, nous fuq§es visites pa£
une pirogue conduite par trois blancs, Da^
et Wadsworth, |Americains, et Manini, Es*
pagnol. Ce dernier s'offiitla nous servir d'in-
terprete, durant notre sejour a |ph6tity ; ce
qui fut accepte. ; Tameamea nous envoya bientot son premier ministre, Craiwocot^ a qpi les
Americains ont donne le nom de Pitt, a cause
de son habilete dans les affaires. Notre c§pi*
taine, accompagnd de quelques uns de nos mes-*
sieurs, se rendit ensuite a terre, pour se p;r£*
senter a Tameamea-:| Vers quatre heures de
Papres-midi, nous les vimes revenir a bord, ac-
compagnes du roi et de sa suite, dans une dew. ble pirogue* Noushksames notre pavilloo^et
saluames sa majeste de quatre coups de canaik
.; Tameamea etait d'une taille audessus da
la pediocre, bien fait de sa personne, robuste,
et enclin a la corpulence, et avait le port assez
majqgtueux. II me parut age de 50 a 60 ans.
II etait v$tu a Peuropeenne, et portait une epee
a son cote. II se promena longtifms sur le
pont, se faisant expliquer Pusage des choses
qu*ii n'avait pas vues sur les autres vaisseaux,
et qui se trouvaient sur le notre. Une chose
qui parut le surprendre, ce fut de voir que nous
pussionsi|endre Peau de la mer douce, au moy-
en d'un alambic place derriere notre cambuse j
il ne pouvait s'imaginer que cela se put faire.
Nous le fimes descendre dans la chambre, et
apres Pa^oir regale de quelques verres de vin,
lious c^me%$ames a fai parler d'affaires : nous
lui offrimes des marchandises en echange pour
des cochons; mais nous ne pumes conclure de
marche ce jour la. Sa majeste se rembarqua
sur sa double pirogue, vers les six heures du
soir.|| Cette pirogue etait conduite par vingt-
quatre hommesj un grand coffre contenant
des armes a feu, etait lie dessus j et ce fut la
que Tameamea s'assit, acq^jnpagne de son premier rainistre.        ,    1  1    B : JB   % iff
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48
* 22i au matin, nous envoy&mes nos fuR
tallies a terre, et les remplimes de bonne eatll
Sur le haut du jo#r, sa noire Inajeste nous ren-
dit encore une visite, accompagnee de sesArois
femmes et de son favori.    Ces femmes etMent
d'une corpulence extraordinaire, et d'une talpe
deraesuree.    Elles etaient habiliees I la fa$on
du pays, n'ayanlr guere qu'une piece d'ifefSii
INdlrce d'atlfre, d'environ six pieds de longueur sur une demi-aune de lirgeur, passee au-
tour desTreiUs.    Nous reprimes les negotiations
de la veille, et f&mes plusttieureux.    Je remar-
quai que pendant que le marche se concluait*
p insistait a ce qu'une partie du paiement lui
fut faite en piastres d'Espagne.    On lui eifde-
manda la raison; et il repondit, qu'il feulait
acheter une fregate de son frere, King George,
designant sous ce nom  le roi d'Angleterre.
Le marche conclu, nous pri&mes sa maj#tef||
et sa suite, de vouloir biei nousfairef'honneur
de diner avec nous: ils y consentirent; et vers
le soir, ils se retirerent tres satisfaits, en appa*
rence, de leur visite et de rrotre accueil.
Cependant les naturels entourraient en grand
ftombre le vaisseau, nous offrant leurs effets ea
^change pour des marchandised; mais comme
ils avaiept aussi apporte de Peau de vie, dans J5es eaiebasses, plusieurs hommes desPequipage
s'enniti&ent* et le capitaine se vit oblige d'em-
pecher les echange#defendant a qui que ce
|ftt de trafiquer avec las insulaires, excepte le
eecond, qui fut seul charge de cette besogne.
§ Jfe debarquai le «£, avec MM. Pillet et
M<?illislf nous passames la nuit a terre ; et le
lendemain matSi^f|kis nous mimes a parcourir
les environs ide la baie, suivis d'une foule
cPhommes, de femmes et d'enfans. vii
y*Ohetity, ou Tameamea faisait sa |residencet
et qu'on  pouvait   par  consequent   regarder
comme la capitale de son roya&me, est, ou du
fnoins, etait alors une viUe mediocre, ou phi?
tot un grand village.   Ouifere ies maisons dejs
yarticuliers, qui pouvaient etre au nombre de
<deux cents, on y remarquait le palais royal, qui
iPavait rien de magnifique ; le jhangard du roi,
featiment a deux etages, Pun en pierre et Pau-
tre en Uois; deux morals, et un petit quai,
Nous ^trouvimes paies de ce quai un vieux na?
mre, le LS^y-Bird^ue des navigateurs Ame*
«cains avaient ^change centre une goelette ?
c*£tait le seul gros Vaisseau que posse d^l^Ta?
d^amea; encore ne valahaal rien.   Quant aux
gpglettes, il en avait une quarantaine, du port
de 20 a 30 tonneaux: ces batimens lui ser* i|!
B
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11
R #>
II
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«f
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f 50
Vaient a transporter les ^efiets .que lui ^hnaient
-ses vassaux des autres iles* Avant Pa$trodU|&-
tion des Europeens^iarmi ces sauvages/iils n'a
vaient pour communi<juer d*une ile ifcSPautre,
que leurs pirogues: ce moyen de communica*
lion n'etait pas tres-sur, ces iles n'etant point
a vue d'feomtne Pine de Pautre# Noiis trouvames pr&s du palais du roi, uift Indien dfe Bom*
bay, occupe a faire un cable de douze pouces*
pour Pusage du n#ire dont je viens de parl^|
>: Tameamea entretenait continuellement au-
tour de sa demeure, une gdide composee de
24 hommes t ces soldats portiient pour uni*
jiferme, une iongue casaque bleue a revers jaunes*
<et avaient chacun un mousquet* Vis^vis de
cette demeure, on avait laisse un quarre en es*
planade, ou etaient rangees 14 pieceslde c&*
no^de 4, montees sur de petits affits*
>-'-' Le roi exe^ait une autorit6 absolue* et ju*
geait lui m£me les differents qui s'elevaient
entre ses sujets* Nous eumes occasion d'eti
voir la preuve^e lendemain de notre debar^ue*
ment dans Pile. Un Portugais ayant eu que**
relle avec un insulaire a peu pres ivre, s'empor*
ta au point de le frapper: aussitot les compa-
triotes de Poffense, qui avait pourtant #e Pag*
gresseur, accoururent en foule pour assommer le pauvre etranger h coups d#pierres : 4?Hlif%i
s*enfuit de toutes ses forces virs la demeure
duror,3ttivis d'une troupe de furieux, qui%'aiP
reterent pourtant a q&elque distance, tandis
que le Portugais, hors d'haleidfe, se taprssait
dans un com. Nous etions sir Pespianade, vis-
a-vis du pal^is i&yak Nou#nous rendffties aus-
sito#aupres de sa majestiPqui apres srfletre fait
expliquer l#£nature de la querelle, et 'kiijkr en-
tendu les temoins de part et d*autre, eondamna
I'insulaire a travailler quatre jours dans le jar«
din du Portugais, et a lui donner un cochon.
Un jeune Fran$ais de Bordeaux, precepteur
des fils di#roi, auxquels % en^igrfeit a i lire, ep
qui entendaitl bieu la lafigue du piays, servit
d'interjJiete au Pirti%ais, It nous instruisit
de la senteitee qui aviit ete rendue. Je ne
saur&is dire siibotre presence irfftuasur ce juge^
inent; et s$$ dans une autre circonstance, hf
Portugais e&0ete.traite moins favorablemenff
On nous donna a entendre que Tameamea etait
bien aise que des blancs s'etafflissent %ans ses
domaines, maisqu'il n'estimait que les gens de
metier, et regardait avec mepris les fainea&ts,
#t sttrtout les ivrogfies. Nous vimes a Ohahou
une fctentain#de ce#individu^plle toutes nations j la plupart gens sans aveu et sajis carao^ II
>t!
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©re, et qui i^taient restes dat*gj|es fleffe||u€f
par paresse, par ivrogner^, ou pa9^i|ter]tiniage,
lis avaient trouve mpyen de$pe propuc^^i
petit alambic, et ils %urni$saient de Peau-d§t
vie aux naturels* :••-,■;■ < :■■■';■ ^'. -   -   : .■'■•'■||Sfe-; -v-'-;
Les premiers nay igateiu's Europe ens ne trou^
Veren1|su^p $§$* Sandwich|que quttre^sortei
de quadrupedes: des chiens, des cpchpns, des
lezards^t des rfts. II y & 6^6 pp|te dejiiisi
des mpfntgns, des chevres et des yac^es, ^t ces
animaux y ont multiplier   g; -:ife#l#5i$J
Les principaies productions vegetales de Qe$
iles sont la canne a sucre, le bananier, Parbrfe
& pain, le melif|i d'eau^a citroui%* le $&r0t
Papa* le murier a papier, le pandanm, &c*
L'arbre & ppin e§t ^e |p||^sseur d5!|p IIP*1®
pommier; son fruit resemble aussi a une
pomme,et peut avoir dp#2 ^ 14 «»puc§& de
circsnfer^pce; Penveloppe ^^|^Ud^ con^p^
celle, du melon ^ erxfle coupant transversale-
me^ty; on le trouve rempli d'yeu^, a peupr£$
cpmme le dedans d'une orange ; la chair a a
peu pres la consistence du melon d'eau, et ne
se mange que ro^e. Nous vJfcnes des espies
de vergers d'arbres £|pain et die bananiers*
et des champs de Cannes a sucre, deiriec%
Ohetity*. . -     .    wm$*r . * ■■?Sim, :**•§§ 53
H Le taro croit dans des terrains bag, et de*
inande beaucgfup de soiw^tfette. racine sedi$e,
broyee, e^^uite en faitne, fait avecile fiwit
a pain, la principale nourriture des i|isulaires.
Quelquefoi^iis font bouillir les raeines du &Pfg|
fct les red#S$Nt en une espd# de^yree, qu'iig
4aissent surir, et qu'ils mettent ensuite dans des
vases, pour s'en servir au besoin^ La dexte-
rite de ces insulaires a prepare! k manger, $sfc
extraordinaire ^piiatlrapp^ent en notre presence, unjeune cochon,qu'ils tu&rent, et firenft
Tptir, <ifea$||le cqurtl^space d'unefheure eft
demi^<-^^^^^ r:,^^--0^.0:^: .-. ii§S^:- 4§|
i L^|>est w0 plaice plu^pteiis^fle qu^rtila
iux habitans de ces $es; puisqu'elletne leu||
sert qu'a compas^ une i)pisso*i|^nnivrante et
dangereu^ qia'ils appellenttlau^si atvq. Voici
coUtoent^ fait cette boissQMp i|s ^aachen^Ia
raeine de Pava, et e§*crachent^^u^dj|^5 uii
vase; ce jus,|ainsi expri|tte, est3expate^au;}|o-'
leil pour fepiiintei|p^rd$ q&oi pni^ Jaitdecou-
ler dans un autre vase; Pava est fait alors, et ils
en hoi went dans Poopasira Jsiscju'a^eiMivrei^
L'usage top frequent de dipe M^ii^ur d^gou*
-tantoie&r fait perdre la^vue, et leur donne une
espece de lfepr% don* Ss me se gusirisse&t qu#
f>ar la sobriete, et en se jplongeant frequent- f   m
!
il
W.
1 •
i i-
Hi!
I
SSL
ment dans Peau de la mer. Cette I&pre leur
•fait paraitre la peau plus blanche: nous vimes?
plusieurs de ces lepreux, qui etaient :aussi avemf
gles, ou peu ^en fallait. lis aime(|t aussi a
fumer: kyfcbac croit sur ces iles; mais je
pen|p qu*il y a ete naturalise. L'ecorce du
murier leur foprnit ,|a plus commune de leurs
£toffe|$p§et les feuiiles, du pandamsMnz sex vent
4 faire des nattes. ■..•._    :% .,*m$$$$m >■ ■ M
|r Les hommfs sont en general bi# faits et de
haute stature : ils portent $our tout vetemenfe
ce qu'ib^appellent un maro; c*est une piece
ou lisiere d'etoffe, d'environ deux verges de
longueur et d'un pied du largeur, qu'ils se
passent entre les curses, et dont ils attache®^
les deux bouts sur les handles. Au premier
||bord, je $rus qu'ils avaieni le corps peint en
rouge j mais je nPappergus bienl&t que^etait
la couleur naturelle de leur peau. Les femmes
portent une espece de^upe faite de la meme
^toffe <j£e le maro, mais plus large et plua
longue, sans neaumoins jamais depasser. les
genoux. ^EUes ont les traits assez reguliers, et
a 1& couleur pres, dies peuvent, genSralement
parlant, passer pour de belles femmes. Quelques*
unes, pour relever leurs charmes, se teignent les
cheveux, fownant autour de leuj; tete une Usierq £3$
iriailcfte dftun pouce de largeur, et ressemblant
de loin, & une fontange. Elles sont au reste fort
Jascives, et forfpeu retenues, sur tout avec les
^trangets. Quant aux on|ens|iis de pure pa-
<rure, on dit qu'ils ne sont pas les m6mes dins
toutes les iles. Je ne les ai pas vus non plus
revetus de leurs haibits de guerre ou de ce^e*
mionie. Mais j'eus occasion de leur voir p^n-
dre leur tappa, ou etoffe d'ecorce ; occupation
oil ils mettent beaucoup de soin et de patience^
|Leurs peintures sont composees de sues d'ar-
fcres, prepares avec de Phuile qu'ils iirent de
la noix de coco. Leurs pinceaux consistent
en de petites cannes de, bambou, au bout des;
quelles ils d6coupent ingenieu^ement diverses
sortes de fleurs. lis enduisent d'abord la toile
qu'iis veulent peindre, de couleur jaune, vertjp|
ou autre quelconque; ce qui forme le fond s
ils tirent ensuite des lignes fort droites, sans se
servir d'aucun instrument, Poe$l seul leur servant de guide: puis ils appliquent entre ces
|)arres, lep bouts de cannes dont je viens de
parler, trempis dans des sues de couleur diffe-
re»te du fond. Ces etoffes ressemblent assez
bien a nos indiennes et a nos toiles de cotof|
•pehgtes: Phuile dont elles sont impregnees
les rend impen&rables a Peau.   Oa dit que mm
les insiltairfesM'Atouy surpasseht tois tes ati*
tres, datis Part de peihdre les et&ffes. >
It Les Insulaires de Sandwlfeh habitant d&hs des
villages ou bourgades de cent a deux cents
tnaison^ distribue# sans symei§ie, ou plutot
groupies dans un deSPrdre complet. Ces malk
tsons sont construites de pbteaux planted
«n terre et lies par le bout*#et couvertes
d^herbes; ce qui tfcw donne quelque ressem*
blance avec nos granges Canadiennes. La
longueur de chaque ri&ison varie, selon le besoiu
de la famille qui Ppccupe : $les ne sont point
ienfum6es, comme les elbafies dessauvages du
eontinent, le feu se fafeant toujours en pleia
air. -;" '/■■■■ r--:.:;■:  '#- $$f- ■./•'    "   -^ ;-''"1§^ :
Leurs pirogues, ou canots, •sent tres bie&
feites j le bois en est leger et fort mince: celled
qui sont simples ont unbalancier, qui n'est autre chose que deux barres de bois recourbee*
^t liees fortement, a environ un tiers du bord,
d# man&re a ce qu'eflles retombent a fleur
d'eau: une autre barre arrondie et lice aux
deux premieres, traine h Peau, et par son poidg
tieiit la pirogue en equilibre: sans cela, elle^
fihavirerait infailfiblement. Leurs pagaies, on
avirons, sont longues, et^fbrt larges. Touted
tees pirogues portent une voile latine, qui e^fe 57
une natte d'herbeawou de feuilles, extremement
bien travaillee. .. ,,, * .ffl
Je ne suis pas demeure assez longtems chez
ces peuples, pour acquerir des notions bien eten-
dues et bien exactes sur leur religion: je sais
qu'ils reconnaissent un Etre Supreme, qu'ils
appellent Eatoua, et un nombre de divinites
subalternes. Chaque village a un ou plusieurs
ijmrdis ; ces morai's sont des espaces enclos qui
servent de cimetieres: dans le milieu est un
batiment ou temple, ou les pretres seuls ont
droit d'entrer: on y voit plusieurs idoles, ou
statues en bois, assez grossierement sculptees.
C'esf.au pied de ces idoles que se deposent, et
que pourissent, les offrandes du peuple, qui
^pnsistent en chiens, cochons, oiseaux domes-
tiques, legumes, &c. Le respect que ces sau-
vages ont pour leurs pretres, va presque jus-
qu'a Padoration : ils regardent leurs personnes
comme sacrees, et ils se feraient le plus grand
scrupule de toucher aux choses, ou d'approcher
des lieux sur lesquels ils ont pose le iabou, ou
interdit. Ce tabou a sou vent ete utile aux
navigateurs Europeens, en les debarassarit des
importunites de la fbule.      ;-.      , * ■ .$
*"' En parcourant Ohetity, nous vimes plusieurs
Mroupes d'insulaires s'amusant a differents jeux»
^ ■: I Lit!
I I-
I
mm
j$elui de dames me parut £tre le plus commuif*
La terre carellee avec un baton pointu, leuf
sert de damier ; les dames sont de petits cail-
loux. Comme ces jeux different de ceux qui
se jouent dans les pays civilises, nous n'y pumes
rien comprendre.
Bien que la natui|f ait presque tout fait pouf
le bonheur des habitans des iles Sandwich j
qu'ils jouissent d*un ciel serein* et d*un air sa-
lubre, et que la terre ne demande presque au*
cun soin pour prPduire toutes les choses neces-
^aires a la vie, il s'en faut neanmoins qull$
puissent £tre regardes comme generalement
heureux i les artisans et les cultivateurs, qu'on
appelle Toutous, sont a peu pres ce qu'etai^jpt
les Ilotes chez les Lacedemoniens, condamnes
£ travailler presque ccmtinuellemefii pour leurs
seigneurs, ou Eris, sans espoir de recompense,
et genes jusque dans le choix de leurs alimens.*
Comment est-il arrive que chez un peuple en*
core sauvage, ou les lumieres des uns sont|il
pen pres celles des autfes, la classe qui est sans
* Les Toutous, e% les femmes, celles du roi except^es*
sont eternellement condamnes a ne se nourrif que de fruits
et de legumes, les chiens et les cOchons itm% uni%uemen%
reserves pour la bouche des Eris,
j? 59
eomparaison la plus nombreuse, se Soit volon*
tatiement soumise a un joug si humiliant et si
oppressif? Les Tartares, quoiqu'infiniment
moins nombreulfc ont asservi les^Chinois, par
la raison que eeu^-la etaient guerriers, et que
ceux-ci ne lletaietjt pas* La m£me chose est
sans d&ute arrivjee, a des epoques plus reculees,
dans la Sarmatie, et daiis d'au^fs ^egiflps- Eu-
ropeenn§s et Asiatiquesb; $i aux. causes physiques se j^ignent des causes morales, la sape-
JtOTite d'une cast^ et Pinfe$iorite de P&utre,
ser&nt encore plus marquees | pn sait que 1^|
naturals de Pile d'H&ftyi voyant-ies Esp^agnols
arriver su£ teurs cdtes^ dans des{tajs$eaux d?une
grandeur pour eux etonpante, et iuiiter 1% fpu-
dre et le tonnerre avee leii^canons, les prirent
pour des etres d?une nature bien superieurelp
la leyr* Eu supposant que cette ile eut: ete
extremement eloignee de toute^autre terre, et
que les Espagnols, apres se Petre assujetie^
^eussent^u^^omnxunique avec aueun pays
^yilise^^i Ipflb d^jn siecle ou deux, le lang^ge
l^pSft^rsauraienfete a peu presles memes 5
mais il y aurait eu deux castes, Pane de sei*
gneurs, jouissant de tous les a vantages, et Pau*
tre de serfs, charges de tous les fardeaux,
Cette tfeeorie parait s'etre realisee angienng*
& il"]
m
ment dans PIridostan ; mais s*il faut s'en rap*
porter a la traditiou des insulaires de Sandwic^
leur pays a ete peupielbriginairement par un
homme et une femme, qui aborderent a Oh^hys
dans une pirogue^ Si done ils ne sous-entendent
pas que cet homme et cette femme vinrent
avec leurs esclaves, et qul les Eris sont issus
des premiers, et les Toutous dfes d^fafers, ils
doivent se croire la meme origine, et se re*
garder comme egaux, et meme cfuime^frereSj
selon la maniere de penser des sauvages. fLa
cause de Pesclavage des femmes, chez la plu-
part des peuples barbares, s'expHquA plus fa*
cilement: les hommes se les sont assujeties
par le droit du plus fort, quand Pignprance ou
la superstition ne les leur avait pas deja fait re-
garder comme etant d'une nature inferieure a
la leur,* et faitespour £tre leurs servantes, plu-
tot que leurs compagnes.    ,;--ft f^]' ^
§ Quelques trihus sauvages de rAmerique penseni quo
les femmes, n'ont pas d'ames, et meurent enti^reo^nt,
comme les betes: d'autres leur asfcignent un paradis dip?*?
rent de ceiui des homiXLos* 61
CHAPITRE VI.
Depart d?QhahQu-r?Coup de Vent—Arrivie d
VEmbouchure de la Riviere Columbia—Ordr&
: Imprudent du  Capitqi0g~Difficidte de V A*
. hord—Situation Perilleuse du Navire—Sort
I Malheuareux d?une partie des Gens de lJ&$-
jpeditioTi^       ^   '■ ..... '"%■■■ ; :-
Ayant regu une centaine de cochons, quelques chevres, deux moutons, une quantite de
volatile, deux chaloupees de cannes a sucre,
poui|servir de nouiriture au^ cpphons; deux
chaloupees d'ignames, taro, et autres legumes*
et tout es nos futailles etant a bord, nous levames, Pancre le 28 Fevrier, 16 jours apres notre arrivee a Karakakoua. Tandis que nous
appardlliqfts, Mr. ]^|tay Qt observer au capitaine qu'ii. y avait encore une futaiile de vide ;
et proposa de Penvoyer a Paiguade, afin de la
remplir j le grand nombre d'animaux vivants
que nous avions a bord, exigeant beaucoup
d'eau douce* Le papitaine* <||i craignait que
quelques uns de ses. geus ne desertassent, s'||
les renvoyait a terre* en fit Pobservation a Mr* if
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M'Kay, qui proposa de m'envoyer sur une p||
rogue, qui se trouvait le Ion* du vaisseau, meg
la futaille en question ; la chose fut agreee de
Ja part du capitaine, et je me rendis a Pai-
gua€e.    Apres  avoir rempli la futaille,  noS
sans peine, les insulai#es eberchan# a me rete-
nir, et m'etant appergu qu'ils nPavaient mis
quelques calebasses  d'eau salee, je demandai
une pirogue double, pour UPen retourner a beid,
le vaisseau ayant fait voile, et s'etant deja e\@&6
considerablement au large,    Comme on ne se
pressait pas d'acquilscer a ma demande, ie crus*
devoir me rendre, ete,p6 rendis en effet,#upr^
du roi.    De ffhumeur dont je connaissais le
capitaine, je commengais a craindre qu'il n'eiHt
forme le dessein de me laisser sur Pile.    Ma
crainte etait neanmoins mal fondee:III ' vai$|f
seau se rapprocha de terre, a ma grande joiet
et Pon me fournit alors une double pirogue*
pour m'en retourner a bord avec ma futaille*
H Notre pont se trouvait aussif encombre qu\i
Etotre depart d|§ New-York j. car nous avions
ete ofliges de placer nos animaux vivants sup
les paise-avants, que nous avions reconverts £
et il nousflfellait passer sur ces abris po|W: fair$
la manoeuvre.    Le nombre des "homines etai#
$ussi augmeute j car nous avfens engage douze
#.
><rv
'111! m
fesufaires comme hommes pour le service de
Petablissement: le terme de leur engagement
etait de trois annees, pendantpesquelles nous
Hous obligions a les nourrir et a les vetir | et
a Pexpiration de leur engagement, ils devaient
tecevoir cent piastres en marchandises. 1 e
capitaine en engagea de meme douze, pour le
Service du vaisseau. Ces gens, qui font d'as-
isez bons mat dots, par u rent fort empresses &
VofFrir £ nous, et nous aurions pu en emmener
tin bien plus^grand nombre.
Nous eftmes des vents contraires jusqu'au
^2 de Mars, qu'ayaiit double Pextremite occi-
4*.
dentale de Pile, nous nous elevames au Nord,
et perdimes de vue ces contrees riantes et tern*
perees, pour entrer bientot dans une region
plusfroide, et moins digne d'etre habitee. I es
Tents furent variables, et il ne nous arriva rien
d'extraordinaire jusqu'au 16, qu'etant a ia hauteur de 35 deg. 11 min. Nord, et par les 138
deg. 16 min. de long* occidentals, le vent santa
tout a coup au S. S. O. et soiffla avec une telle
violence, qu'il nous fallut descendreperroquets
et huniers, et courir sur notre voile de fortune,
qui avait a peine six pieds au vent. Le roulis
du vaisseau fut plus considerable que durant
tous les coups de vent que nous avions essuyes V
Jfll ! II
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precedemment. Neanmoins, (|mme i|pus fai*
sions bonne route^ et que nous approchions du
Continent, le capitaine, par precaution, fit met*
tre en panne pendant deux nuits successive*
xnen& Enfin, le 22, au matin, nous apper*
gumes la terre. Quoique nous n'eussions pas
pu prendreJl d'observations depuis plusieurs
jours, nous reconnumes neanmoins, a Pappa-
rence de la cote, que nous etions pres de Pem-
bouchure de la Riviere Columbia, et que nous
n'etions doignes de terre que d'environ trois
milles. Les brisans que forme la barre a Pen*
tree de la riviere, et que nous distinguions du,
navire, ne nous laissaient aucun lieu de douter
que nous ne fussions enfin arrives au terme de
notre voyage. If/
Le vent soufflait par grosses bouffees, et la
mer etait fort agitee : malgre cela* le capitaine
fit mettre une chaloupe a la mer, et Mr.J|Foxf
(le second,) Bazile Lapensee;, Ignace Lapens^i
Jos. Nadeau, et John Martin, s'y embarquerent,
munis de vivres et d'armes a feu, avec ordre
de sonder le chenaii ou entree de la riviere*
Cette chaloupe n'etait pas meme munie d'une
bonne voile, un de nos messieurs ayant em
oblige de prater un drap de lit pour en tenir
lieu.   MM* M'Kay et M'Dougall ne purent s*emp£cher de faire remarquer au capitaine
Pimprudence qu'il y avait a envoyer la chaloupe a terre, par le terns qu'il faisait: mais ils
ne purent vaincre son opiniatrete. La cha*
loupe s'eloigna du navire; helas! nous ne de-
vions plus la revoir; et nous en avions deja le
pressentiment. Le lendemain, le vent parut
moderer, et nous approchames la cote d'assez
pres. L'entree de la riviere, que nous distin-
guatnes, ne nous parut qu'une mer confuse et
agitee: les vagues, poussees par un vent du
large, se brisaient sur la barre, et ne laissaient
appercevoir aucun passage. Nous n'eumes au-
cune nouvelle de nos gens; et sur le soir, nous
regagnames le large, ayant tous des visages assez tristes, sans excepter le capitaine, qui me
parut afflige comme les autres, et qui avait su-
jet de Petre* Durant la nuit, le vent .tomba, les
images se disperserent, et le ciel devint serein*
Le 24 au matin, nous trouvames que les cou-
rants nous avaient portes pres de la cote, et
ttous mouillames par 14 brasses d'eau, au nord
du Cap Disappointment Le coup d'oeil n'est
pas a beaucoup pres aussi riant en cet endroit
qu'aux iles Sandwich, la cote n'ofifrant guere
a la vue qu'une continuite de hautes mon?.
tagnes couvertes de neige. W '. 11
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Quoiqu*il fit calme, la mer continuait a bri*
ger avec violence sur le recif, entre le Cap Dis*
appointment et la Pointe Adams. Nous envoy-
|tues Mr. Mumfbrd, (le contfe-inaitre,) pot*?
sonder 5 mais ayant trouve les btisans trop
forts, il revint a bord vers midi. MM. M'Kay
et D. Stuart s'offrirent a aller a terre, pour
faire la recherche de nos gens, partis du 22 %
inais ils ne purent trouver aucun endroit pour
debarquer. Ils virent des sauvages, qui leur
firent signe de faire le tour du cap j mais ils
jugerent plus prudent de retourner au vaisse&tu
Le vent s'etant eleve du N. O. apr&s leur re-
tour* nous levames Pari^re, et approfehames d§
Pentree de la riviere* Mr. Aikin s'embarqu^
dans la pinasse, accorapagne de John Coles, de
Stephen Weeks, et de deux insulaires de Sand*
tvich; et nous les suivimesf a petites voiles*
Une autre chaloupe avait ete envoyee avan|
celle-pi; mais le capitaine jugeairt qu'elle se
portait trop au sud, lui fit le signal de revenir%
Mr. Aikin ne trouvant pas moins de quatre
grasses d'eau * nous avangames entre les brigans,
ayant le vent favorable, et approchames de la
chaloupe a portee de pistolet. Nous lui fiuies
signe de revenir ; mais die ne le put faire 5 la
rapidite du courant Pemportant avec une vitesse gi grande, qu'en quelques instans nous la per*
dimes de vue, II s'ea all^t nui|, le vent corn*
lUengait a tomber, et Peau etait si basse, que
nous touchihues six pu sept fois: les brisans
fondaient sur notre navire, et menagaient de le
fcubmerger. Enfin, nous passames de deux
passes et trois quarts a 7 brasses d'eau, oti
pous fumes obliges de m^uiller^ le yent nous
ayant maf|que tottt?irfai1ff II s'eix fallait pouit
tant qpe no|is fussions hqrs de 4anger*|et Pobs*
fiurite vint ajouter encore $. Phorreur de nptrd
situation : f notre vaisseau, qucsiqu^ I'ancr^l
etait ntenace d'etre eipporte ik; tp^mpment
par |a rrjaree; et nou§ tt;avgulla|otjes pendant une
|>artie dp la Unit, & preparftr unf. afl|ire d'af-
fourche. Cependant la providence vint a no|
tre seeders | le flux suededant au reflux, et l&
vent s'eievant du J&i'ge, nous levames Pancre,
lUalgre PphBcurite de la nuit, et parv$pmyes &
gagtier une pet|le baig, formee a Pen tree de 1&
riviere, pat le Cap Disappomtrnent, et appellee
Baker's Bag, p& nous, trouvames un bon mouil*
lage* 3d etait pres de minpit, et chacua se re*
lira pour prendre un, peu de repos; les genfc
j|e Pequipage sul^ftftt en avaieUt utx extfemg b^i
ioitt* Ndus etions heurJfcix de nops tfouver
$n lieu de surete j car le vent souffia de plus I
!!i;
Siiiilifi'
en plus fort, le reste de la nuit, et le 25 au mfr--
tin nous fit voir que cette mer u'est pa§ tou*
jours pacifique. ;. ^        r
; Quelques naturels nous vinrent trouver ce
jour la, avec des peaux j mais Pinquietude
que nous causait la pgrte de nos gens, dont
nous voulions faire la recherche, ne nous per*
xnit pas de|npus occuper de commerce. Nous
tachames de faire comprendre par sigues a ces
sauvages, que nous avions envoye une eha-
Jfjupe, il y avail deja trois jours ; et que nous
n'en avions point de nouvelles; mais ils ne pa-
rurent^pas nous entendre. Le capi^ine et
nos messieurs debarquerent, et se ipireft ety
quete de nos gens, dans les bois et le longgide
la mer. Bientot, nous vimes revenir le capitaine avec Weeks, Pun de ceux de la derniere
chaloupe, lequel nous racpnta la maniere presque miraculeuse dont il avait echappe aux flot%
la nuit precedente, a peu pres dans les termes
suivants: 1 Apres que vous eutes depasse notre chaloupe," nous dit-il, | les bjpans caus|g|
par la rencontre du flux et du reflux, devinrei|$
beaucpup plus considerables que lorsque nous
entrames dans la riviere. La chaloupe, faut%
de gpuvernail, devint extremement difficile a
conduire; et uous nous laissions all.er au :gt§. des flats, lajsqu^apres avoir echappe a plusieufs
vagues, il en survint une qui submergea notre
nacelle. Je perdi£ de vue Mr. Aikin et John
Coles; mais les deux insulaires se trouverent
pres de moi: je les vis se depouiller de leur
*?4tement: j'en Sf de meme^et vpyant la cha*
loupe a i^portee, je la saisis: les deux insulaires vinrent a mon aide: nfus reussimes & Ifc
rej|iettre sur quijle; et la poussant par der-
riere, nous en fimes sortir assez d'eau pour
qu'elle put porter un homme : un des insulaires
sauta dedai% et avec se%deux maifts^parvint
en peu de terns a la vider. L'autre iosulaire
4ut chereher les rames, ou avirons, et nous era-
barquames pousj trois. La maree nous ayant
fait deriver au de|a des briefs, je tachai d'en*
gager mes deux cpmpagiion^d'infbgtune a f a-
tner; mais ils etaient si engourdis par le frpid*
qu'ils s'y reftiserent absolument? Je savais
bien que sans vetement, expose a la rigueur 4|t
climat, j'avais besoin de me tenir en exercice.
Pi
Voyant d^ailleurs que la nuit s'avangait, et
n'ayant de ressource que dans le peu de force
qui me restait* je me mis a goudiller, et m'e-
loignai de la barre, sans neanmoins trop m'e-
lever en mer. Vers minuit, un de mes com-
paguons mourut: Pautre se jetta suf le corps A li
de son camarad4Hi | me ^ut impossible de
Pen arracher. Le jour parut enfin, et me voy*
?mt assez pre§ dptprres je dirigeai ma nacelle
vers la plage, ou j-arriyai^ grace a D;eu, sain
f|i sauf, parmi les brisanSj sur up fond de sable,
IPaidai a Pinsulaire, qui $pni|ait picore quel
que signe de vie, a sdrtirgjje k c|(^|&upe, et je
m*ad|en^nai vers les bois avec lui | fnais ilpy*
ant qu'il ne pouvait me suivra^ je le -la$£fti |
sa mauvaise fortune; et suiyant Wt. seutief
feattu, qui s'oflftit a ma vue, je me trpii vai, %
mon graud etonnemeut, en peu d*heuresf pre$
hi vaisseau,!
r'" Les messiei#s qui avaient et^t^re ^liMiiiy.
capitaine, se different en troi#partis, pouf
^ller a la recherche de Pinsulaiff q^e Weekg
venait de laisser a Pentree dubois^ malsapr&5
avoir parcpuru la pointe du cap, toute la jour*
nee, ils revinrent a bord le soir* sans Pavpij
froufe* CHAPITRE VIL       *■/■■...
Mtgrels de V Auteur sur la Perk de ses Com*
W pagnon$-~-Qbseques d'tm Insulaire de Sand*
mch—-Premieres Demarches pour VEtablisse*
|f went .:■ titan   Comptoir—Nouvelle   Alarme*
H CampemenL .- ' Hi •' -? t .: ^
J§ Le redt de Weeks nous instruisait de la
mort de trois de nos compagnons, et nous ne
pouvions plus douter que les cinq autres n'eus-
sent eu un sort sembtable. Cette perte de
huit d*ent*e nous, en deux jours, ^t avant que
fcous eussions mis pied a terre, etait d'un man*
vais augure, et nous fut tres-sensible. Dans le>
qours d'une aussi longue traversee, Phabitudfe
de nolis voir tous les jours, habitant le m£me
lieu, occupes des memes soins, et partageant
les mimes dangers, avait forme entre tous le§
passagers, une liaison qui nepouvait serompr^
surtout d'une maniere si triste et si inopinee*
sans nous faire sentir un vide a peu pres sena-
blable a celui qu'eprouve une famille bien unie,
lorsqu'elle se voit privee tout-a coup, par la
mort, de la presence d'un de ses membres* &
IN
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ft?
till
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i-S mi'
m '•
fehlfi
72
Nous etions partis de New-York, etrangerJ |
pour la plupart les uns aux autres ; mais arrives a la Riviere Columbia, nous etions tous |
amis, et nous nous regardions presque comme 1
fteres. Nous regrettames surtout les deux 1
Lapensee et Jos. Nadeau : ces jeunes gens |
avaient ete commis aux soins particulierft de j
Mr. M'Kay, a leur depart de Montreal, par |
leurs parens; et ils s'etaient acquis, par leur A
bonne conduite, Pestime du capitaine, de.Pe-
quipage, et de tous les passagers. Les freres 1
Lapensee ne le cedaient a pas un de leurs com* 1
pagnons, en activite, en courage, et en bonn^; J
volonte. MM. Fox et Aikin etaient deux |
hommes recommandables 21 tous egards: la J
perte de Mr. Fox surtout, eut ete regrettee en f
tout terns, mais die devait Petre doublement |
dans les presentes conjonctures: ce monsieur, 1
qui avait dlja fait un voyage a la cote du Nord- |
Ouest, aurait pu rendre de grands services an, I
Capitaine, et a la Compagnie* Les jours prece*
dents avaient ete des jours de crainte et d'in- 1
quietude j celuici fut un jour de tristesse et 1
de deuil.                                                            ft
Le lendemain au matin, les memes messieurs
qui avaient cherche inutilement Pinsulaire de
Sandwich, se remirent en route* et nous appear
I ill 4fhmes bientdt un grand feu vis-^-vis du navire.-
On me fit partir dans une chaloupe, et j'arlivai
aapres du feu en question. C'etaiint nos messieurs qui Pavaient aUume, pour rechauffe*
Kinsulaire, qu'ils avaient enfin trouve sous deli
rochers, a demi mort de froid et de lassitude,
Ifes jambes fort enfle'es, et les pieds tout ensai#
glantes. Nous n@us empressames de le vetir,
et le ramenSmes de suite sur le vaisseau, o&
avec des soins, nous parvinmes a le rendre &
la vie.    -f-:- '■■   ■#,'■■•■ ; 1|- .-■■'■■ -
i Vers le soir, un nombre d'insulaires de Sandwich, munis des instramens necessairifes, et d'of-
j8randes%€0©sistant en biscuit, lard, et tabac,
alleren! a terre, pour rendre les derniers devoirs
£ leitr ctompatriote, mort dans^la chaloupe de
Mr. Aikin, durii&t la nuit du 24. Nous le*
suivimes, Mr. Pillet et moi, et fllmes temohill
des obs&qlies, qui se fireril a peu pres de la ma-
si^re suivante*^—Arrives dans Pendroit oft
etai#4e corps, <jue nous trouvames pendu a uar
arfere, les insulaires se mirent a creuser dans ie
sable, une fosse de grandeur convenable: puis,
detachant k* corps de Panbre, ils placerent 1$
biscuit sous Pun des bras, 4e lard sous le men-
ton, et le tafeac sous les parties genitales.* Le
i&osfr aiugi poux*li your le voyage de fautre
JLO 1\  Jill I
IV
I
II I
i Hi
t&. .Mil I
pi!
WW-
mM\
11
lisp
74;     .
monde, fut depose dans la fosse, et ccftWert de
liable et de cailloux.    Les compatriotes du de»
funt s'agenouillerent ensuite le long de la fosse,
en une haie double, et le visage tourne du c6t6
de POrient j a Pexception de Pun d'entr'eux
qui officiait comme pr£tre ; celui»ci alia cher*
cher de Peau dans son chapeau, en aspe|sa les
deux ratigees d'insulaires, et redta une espece*
de priere, a laquelle les autres iepondiren^ &
peu pres comme on repond chez l|ous £ des
litanies.    Cette priere finie, ils se leverent, et.
regagnerent le vaisseau, sans regarder derriere
eux.    Comme chacun d'eux me f arut au fa|ff
du role qu'il jo^tait, il est plus que probable,
qu'ils observerent,  autant que le permettaient
les circonstances, les  ceremonies usitees dan%
leur pays, en pareille occasion. Nous rentrames
a bord sufia brune.      :^ /;K ; "<:■ •:
Le lendemain, 27> nous debarquames les
animaux vivants qui nous restaient, et les com-
mimes a la garde d'un des homipes. Le SO,
on arma la grande chaloupe, et Jie capitaigj£,
MM. M'Kay et D. Stuart, et quelques uns^p^
commis, s'y embarqu&rent, pour remonter la
riviere, et choisir un endroit corrfenable pour
Petablissement d'un comptoir* *§MM. Ros^et
Pillet partirent en meme terns, pour parcouria
H* \5\
.1!||l|'
MM ■ *\
.-Mi. 'ulfltiii 1
1   ' tl'i|:,j 1
I\\\f\ ^ /
la cote au sud, afin de s'assurer si quelqu'utj
du parti de Mr. Fox n'aurait pas echappe au
naufrage. Nous nous oceupames pendant ce
tems-la, a trafiquer avec les sauvages, qui ve-
naient tous les jours au vaisseau, avec des peaux
de castor, de loutres, de loutres de mer, he.
MM, Fox et Fillet revinrent a bord le ler.
Avril, sans avoir rien appris concernant Mr,
Fox: et son parti* lis n%ppergurent m£me, le
long du rivage, aucun vestige de la chaloupe.
Les sauvages qui occupent la Pointe Adams*
et qu'on appelle Claisoppes, accueillirent ceS
jeunes messieurs dkme maniere fort amicale, et
fort hospitaliere. Le capitaine et ses compa-
gnons revinrent aussi le 4, sans avoir decide
oil nous etablirions le comptoir, n'ayant pas
trouve d'endroit qui leur eut parupropice pour
cet etablissement. On resolut ea consequence,
de reconnaitre la rive du sud, et MMy M-'Dour
gall et IX Stuart parti rent a cet eflfet, le fendei?
main, avec promesse d?etre de retour le 7*
- Le 7 arriva, et nos messieurs ne revinrent
point. II phit presque toute la journee. Le
lendemain, it vint a bord quelques naturels,
qui nous donnerent a entendre que MMv
^l'Dougall et Stuart avaient chavire la veille,
§n-.voulant traverser la baie. .Cette nouvelfe 1
1 ill
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ImII
la
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Mi't
ft :        ;/"*'" '-'11191' * '$>'■"-
S©us alarma jl'abord; at si elle s^tait v£rMxee%
die aurait pu achever de nous decourager*
Cependant, comme le terns etait extremement
mauvais, et que nous n'ajoutions pas une foi
entiere a ce que nous avaient dit les naturels,
que nous avions jpu d'ailleurs ne pas bien com*
prendre, . nous demeurames en suspens Jus-
qu'au 10. Nous nous disposions ce jour-la,
3 envoyer quelques uns de nos gens a la recherche de nos deux messiprs, lorsque nous
appergumes deux pirogues qui venaient vers 1$
vaisseau: c'etaient des sauvages de la tribu des*
Chinouques, situee au nord, qui aous rameiiaient
MM| JVf'Dougall et Stuart. Nous fimes part
& ces messieurs du $apport qui nous avait ete
fait par les naturekj st ils nous apprkent,
que ce rapport etait en effet bien fbnde ; que
^e 7> desirant se reu^tre au vaisseau, seion leur
prome,sse, ils avaient quitte la Pointe Chinou*
, que, malgre les remonfrances du chef, Com*
comtt, qui cherchait a les retenir, en les avei*
tissant du darker auquel ils s'exposeraieut en
traversant la baie, par le grand vent qu'il fai-
salt; alors ; quHls n'ayaient pas fait plus d'unfi
demi-lieue, qu'un bri&ant ^taitwnu fondre sur
leur petite chai&upe, et Pavait renversee j qp*|
les sauvages, qui counaissaient le peril auqu^
111
#>" ||s s*exposaient* les avaient suivig, et q|*e jsant
eux Mr. M'DougalI,qui ne savait pas uagfer, s£
serait infailliblement noye j ^'ayaot allume ua
grand feu, et fait secher leurs habits, ils et&igflt
retournes au village des Chinouques, ou l#
principal chef les avait regus avec t£J#e PJhos
pitalite possible, les regalant de <Jg qu'il avait
de mieux a leur offrir; qu'enfin, s'ils se -js*
trquvaient §ains etsaufs sur le vaisseau, c'etaif
aux seGCiurs oppoituus et aux sqiu§ hienveiljantg
des sauvages que nous voyious devant nou^
§u'ils en etaient redevables. 1 Npus meomgeu-
games liberaleruent #es gertereu^ jejnfaqs de h*
nature, et ils s'en retournerent tres satisfait^r
Ce dernier voyage fut encore iufructueu^ |
MM. M'Dougallet Stuart n'ayant pas tivuvS
de site $vantageux pour 1 •etablisg.etnent.. Nean*
inoins, comme le capitaine voulait propter de
la belle saison, pour faire lecptomerce avec le$
Haturels. le long de la cote 5 il fut resohi dg
mite, qu'on s'etablirait sur la Point e George*
gituee a 4 ou 5 lieues du Cap Disappointment*
En consequence, nous nous ^mbarquauies I©
12, dans la gr^nde chaloupe, au flombre h
seize, munis d'outils et de viyres pour une se*
«naine» Nous mimes pied a terre daus le fond
4'une petite baie, ou nous fo^mimes pue .$$» iffl
mam
I
m;
'
!
Mil!
SI™
il
hi
j amy i
78   ■
pile de campement.   Le printems, ordmaird*
•
tnent tardif sous ce degre de latitude, etait de#
ja fort avance : les feuilles eommengaient 3
paraitre, et la terre se couvrait de verdure 1
le terns etait superbe, et la nature toute riante*
Nous nous imaginions £tre dans un paradis ter#
restre ; les forets nous semblaient de delicieux
bosquets, et les feuillesf des fleurs brill antes*
Sans doute, le plaisir de nous voir enfin parvenus ai} terme de notre voyage, et ddivres du
vaisseau, npus faisaient paraitre les choses beau*
coup plus belles qu'elles n'etaient en effet*
Quoiqu'il en soit, nous mimes la main a Poeuyre
avec ardeur, et defrichames, dans Pespace de
quelques jours, une pointe de terre couverte
de brossailles et de grqs troncs d^arbres a demi-
bruies. Le navire vint bientot mouiller preS
de notre campement, et les echanges conti*
nuerent.    Les naturels nous entourraient coip
3
stamment et en grand nombre $ les uns pour
trafiquer, les autres par pure curiosite, ou g&ut
nous derober quelques petits efFets, quandils
en troUvaient Poccasion. Nous debarquames
le bois de construction que nous avions apport£
tout taille dans le vaisseau, et a la fin du mois,
nous posames la quille d'une godltte du port
^environ 00 tonneaux* 1    ^p i       . CHAPITRE VIIL       f
Voyage vers le Haut de to Riviere—Descrip*
,   tipns—Rencontres, 8$c. w.i r
1||Les sauvages nous ayant donne a entendre
qu'audessus des rapides, il y avait un etablisse-
meht de blancs, nous ne doutames pas que ce-
ne fut quelque poste de commerce de la Compagnie du Nord-Ouest; et afin de nous en assurer, nous nous procurames une grande pirogue et un guide, et partimes, le 2 de Mai,.
MM. M'Kay, R. Stuart, Montigny, et moi,
avec un nombre suffisant d'hommes. Nous
depassames d'abord une pointe delterre que
nous appdlames Tongue Point, ou Langue de
terre. La riviere a en cet endroit de trois a.
quatre lieues de largeur. La rive gauche, ou
nous etions, se trouvant couverte de petites iles
basses, nous campames d*assez bonne heure, au
village d9Ouakekum, qui etait celui de notre
guide. :t
.    Nous continuames notre route le 3 :   la
riviere se retredt considerablement, a environ
dix lieues de sou embouchure, et esfeparseiuee R\
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d*iles couvertes de saules, de peupliers, d9atine$p
et de frenes. Ces iles sont, sans exception, in*
habitees etinh&hitabled, etant toutes mareca*
geuses et inondees, dans les mois de Juin et
de'.JiuiBet; au lire de Coalpo, notre guide,
qui paraissait etre un homme intelligent. .A
mesure que nous avancions, nous voyions les
hautes montagnes, qui offrent un aspect peu
agreable, a Peritree de la riviere, s'eloigner, et
faire ,place a un terrain bas et uni, de chaque-
cote* Noils passames un grand village, nommd.
Chreluit, et allames camper pour la nuit, suf
une pointe basse, au pied d'un rocher isole^
d'environ 150 pieds de hauteur. Ce rocher
ipe parut remarquable par sa situation, repo*
sant par sa base sur un terrain bas et mareca*
geux, etparaissant ne communiquer On aucune*
maniere ayec les montagnes voisines. C'est
sur ce rocher que la plupart des naturels des
villages drconvoisins viennent deposer leur&
molts; et c'est le m^me auqud le Lieutenant
Broughton donna le nom de Mount Cqffin9
Mdnt des TEbmbeaux, ou des Cercueils. ||> §pl
Le 4 au matin, nous vinmes a un grand village de nidme nom que celui que nousi&vions
depasse la veilie, et ou nous arretames, pou*
abtenir quelques renseignemens sur une petite
■Au M*
li' riviere qui se dediarge aupres, dans la Colum*
bia. Cette riviere vient du nord, et est appellee Kowilitzk par les naturels. Mr. M'Kay
s'embarqua avec Mr. Montigny et deux sau*
vages, pour examiner le cours de cette riviere,
jusqu'a une certaine distance. Ils virent a son
entree, un grand nombre d'oiseaux qu'ils prirent
d'abord pour des poqs d'Inde, tant ils en avaient
Papparence, mais qui n'etaient qu'une espece
d'aigles, vulgairement nommes Oiseaux Puants.
Nous fumes surpris de voir Mr. Montigny re»
venir seul et a pied: il nous apprit qu'ayant
remonte le Kowilitzk Pespace d'une demi-lieue,
et double une pointe de terre, ils avaient de-
couvert une vingtaine de pirogues remplies de
sauvages, qui avaient fondu sur eux, en pous-
sant des cris etudes hurlemens horribles ; que
les deux naturels, qui conduisaient leur petit
canot, s'etaient eloignes d'eux, aussi vite que
possible; mais que voyant qu'ils allaient £tre
atteints,ils s'etaient arr£tes tout court* et avaient
prie Mr. M'Kay de tirer son fusil vers ces sau»
vages ; ce qu'il n'avait pas voulu faire ; mais
s'etant fait mettre a terre, il avait invite par
signes ces sauvages a deseendre; ce qu'ils
avaient fait aussitot. Mr. M'Kay avait en*
voye Mr. Montigny chercher du tabac et wi9
' II.
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pipe, afin de faire la paix avec ces^barbaref*
Mr. Montigny retourna done vers Mr. M'Kay,
avec les effets necessaires; et ils revinrent le
soir au camp, que nous avions fixe centre les
deux villages. Nous apprimes que les sau*
vages qui avaient ete rencontres par Mr%
M'Kay, etaient en guerre avec ceux des villages pres desquels nous etions campes. II
nous fut impossible de fermer Poeil de toute la
nuit; les naturels passant et repassant conti-
nuellement d'un village a Pautre, en poussant
des ens affreux, et venant a tout moment nous
solliciter a tirer quelques coups de fusil ; le
tout pour effrayer leurs ennemis, et leur faire
voir qu'ils etaient sur leurs gardes.
Le 5, au matin, nous allames voir le camp
ennemi: ces sauvages, qui n'avaient jamais v$fc
d'hommes blancs, nous regardaient ay ece tonne-
ment et curiosite, relevant nos culottes, et ou«
vrant nos chemises, pour voir si la peau du
corps ressemblait a celle du visage et des mains.
Nous restames quelque terns avec eux, pour
faire des propositions de paix; et nous etant
assures qu'ils etaient disposes a s'arrang;er a
Pamiable, nous les quittames, apres leur avoir
donne des miroirs, des couteaux, du tabac, et
autres bagatelles, et nous poursuivimes notre route. Ayant depasse un village abandbnne.
et ensuite plusieurs iles, nous decouvrimes au
nord une haute montagne, couverte de neige,
et 'probahleme&t la meme qui fut vue par
Broughton, et nominee-'par lui Mont Ste, Helena. Notre guide nous fit entrer dans une petite riviere, au bord de fequelle nous trouvames
un bon campement, sous des chenes, et au milieu de fleurs odoriferantes, et ou nous passames une nuit plus tranquilie que celle qui
Pavait prec£de?e.. ; ,?-    > .tW:
Le 6 au matin, nous remontames cette pe»
tite riviere, et arrivames bientot a un grand village appeile" Thlacalama, et dont le chef, qui
<etait unjeune homme, se nommait Keasseno,
et etait parent de notre guide* La situation
de ce village est, on ne peut phis charmante,
etant bati sur la petite riviere que nous avions
remontee, et qui n'est ici qu*tm ruisseau tor-
tueux et limjmle, dans une pfeine veiSfoyante*
emaillee de fleurs odorantes de toutes les coif?
leurs, et entour£e de superbes bosquets de
^heites. La fraicheur el k beaute dece sejbuij
que la nature semblait s'etre*jplu a orner et &
enricher de ses donH les plus precieux, con-
trastaieiit, d'une manidre frappante, avec Pin-
4^rile et la mal-proprete de-ses habkans j et wl
\\[
J
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r!ii lijif
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je regrettais qu'il ne fut pas echu en partagfc
a des hommes civilises. J'avais tort sans doute 1
il est juste que ceux la soient plus favorises de
leur mere commune qui sont moins portes
a pervertir ses presens, ou a leur preferer des
biens factices et souvent tres fnvoles.| Nous
nous eloignames a regret de ces lieux char*
inants, et parvinmes a un grand village, que
notre guide nous dit s'appeller Katlapoutle, et
qui est situe a Pentree d'une petite riviere,
qui nous parut descendre de la montagne cou-
verte de neige que nous avions vu$ le jour pre-
cedent: cette riviere se nomme Comltk. Noua
cotoyames une jolie ile bien boisee, et assez
haute pour n'etre pas innondee dans les grandes
eaux, et arrivames a deux villages appellee
Maltnaba. Nous depassames Pentree de la
Riviere Wolqmat, audessus de laquelle le re«
flux cesse de se faire sentir.
nous apprit qu'a une j^urnee de marche, en
reipontant cette riviere, on renqontrait una
chute considerable, au dela de laquelle il y
avait une grande abundance de castors, loutres,
chevreuils, et autres bete? fauves. Ici, les
rangees de chines et depeupliers qui bordent
les deux rives du fieuve, les prairies vertes et
fleuries qu'on appergoit a travers les arbres. c|
Notre guide s%
85
les montagnes qu'on decouvre dans le lointain*
offrent a Poeil du conternplateur ami des beautes
de la simple nature, la perspective la plus
riante, et la plus enchanteresse. Nous cam*
pames pour la nuit, sur les bords d'une de ces
belles prairies, ^    y
. Le 7> nous depassames plusieurs iles basses*
et decouvrimes bientot Mount Hood, haute
montagne couverte de neige, ainsi nommee
par le Lieutenant Broughton. La perspective
qu'il avait sous les yeux, lui parut si diamante*
que s'etant arrete sur une pointe, pour prendre
possession du pays, il la nomma Pointe Belle*
vue. S|r les d%ux heures, nous depassames la
Pointe Vancouver, terme du voyage de Broughton. La largeur de la riviere diminue consi-
derablement en cet endrq^t, et nous commen-
$ames bientot a appercevoip des battures qui
nous annono&rent que nous ne devions pas etre
bien eioignds des rapides. Nous campames
le soir, sous des rochers escarpes. ;"■« s
. Le fc|ndemain, 8, nous ne fumes pas bien
loin sans rencontrer un courant fort rapide*
Nous vimes bientot apres une cabane de pe-
cheurs ou nous nous arr£tames pour dejeuner,
Iffous trouvames la un vieillard aveugle, qui
tjous fit beaucoup d'accueiL   Notre guide nou^
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dit que c'etait un blanc, et qu'il se nomm&rt
Soto. Nous apprimes de la bo*§che de ce vie$-
lard, qu'il etait fils d'un Espagnol qui avait fait
naufrage a Pentree de la riviere ; qu'une par tie'
des gens de Pequipage s'etaient sauves el terre,
mais qu'ils avaient tous ete massacres par les
Clatsoppes, a Pexception de quatre, qui avaient
ete%pargnes, et s'etaient maries a des femmes*
du pays ; que ces quatre Espagnols, du nombre1
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desquels etait son pere, degoutes de la* vie
sauvage, avaient tente de se rendre par terre a
quelque etablissement defrblancs, mais qu'oir
n'avait jamais entendu parler d'eux depuis §
que lorsque son pere partit avec ses eompa-
gnons, il etait encore toutjeune.* Ces bonnes
gens nous ayant regale de saumon frai&* nous
les quittames, et arrivames bientdt au pipd d'tuv
rapide, vis-a-vis d'une lie noiiimee Strawberry*
Island, He aux Fraises, par..-les Capitaines;
Lewis et Clarke, en 1806.    Nous -laisslmes n.of
* Ces faits, s'ils etaient bien averts, prouveraient que
les Espagnols sont les premiers qui aient decouvert Pen**|
bouchure de la Rkiere Columbia.    Ce qu'il y a de certain^.
c'est que longtems avant les voyages du Capitaine Gray e%
de Vancouver, ils connaissaient une partie au moins du
cours de  cette riviere,  qu'ils appellaient ^Oregon, qta gens pr£s d'un grand village, pour avoir solft
du bagage; et suivant notre guide, apres avoir
marche Pespace de deux heures, dans un sentier
bien battu, nous arrivames au pied de la chute,
pu nous nous amusames pendant quelque terns
a tirer sur les loups marins, qui s'y trouvaient
en abondance* Les sauvages etaient occupes
a puiser le saumon au pied du rapide* Uu
chef, jeune homme bien fait et de bonne mine*
vint a nous, suivi d'une vingtaine d'autres, et
»ous invita a nous rendre a sa maison: nousy
allames, y soupames, et y passames la nuit.
Le lendemain matin, nous etant assures qu'il
*i'y avait pas de poste de commerce pres des
chutes, et Coalpo refusant absolument d'aller
plus loin, en nous" disant que les naturels des
villages plus eloignes etaient ses ennemis, et
qu'ils ne manqueraient pas de le tuer s'its
Pavaient en leur pouvoir, nous nous decidames
a retourner a notre Etablissement. Ayant done
distribue quelques presens a notre hote, je
veux dire au chef chez qui nous avions soupe
et couche, et a quelques uns de ses compatriotes,
nous nous rembarquames,1|et arrivames au
camp le 14, sans accidens ni iacidens reciar*
quabieg* m
li  I
HI
l
■ill
in
,        f     CHAPITRE IX.
depart du   Navire—Messagers Sauvages—**
Projet (Tune Expedition dans VlnUrieur*-*
■M   Mr.   D. Thompson—Depart de VEocpedi-
-M   tion—Dessein des Naturels—Rumeur de la
Destruction du Tonquin—* RareU des Vivres-**
Jt Relation d9un Sauvage Etranger—Ruse d&
Comcomle. ',
Ayant leve un hangard, pour mettre a coij|
' vert ce que nous avions a recevoir du vaisseau,
nous fumes occup'es, depuis le 16 jusqu'au 30,
a y serrer toutes les marchandises et autrea
cffets destines pour PEtablissement.
i Le  navire, qui  avait  ete detenulpar les
circonstances, beaucoup plus longtems qu'oa
ne s'y etait attendu, quitta enfin son mouillage
le ler. de Juin, et descendit jusqu*a la baie de
Baker, afin d'attendre la un vent favorable pour
sortir de la riviere*    Comme il devait longer
|j& cote au nord, et entrer dans tous les havres*
afin de se procurer autant de pelleteries qu&
possible, et toucher a PEtablissement a son
tetour, il fut unanimement resolu que M&
;l| If'Ka^fcerait du voyage, tant pour assister le
capitaine, que pour prendre des informations
correctes sur la nature du commerce avec les
naturels de/ cette cote. Mr. M'Kay choisit
pour Paccompagner MM. J. Lewis et O. Modi
tigny; mais ce dernier ayant represente que
lamer le rendait malade, fut laisse a PEtablissement j et Mr. M'Kay emmena un jeunfc
homme du nom de Brule, pour lui servir de do«
mestique. JPeus la bonne fortune de n*etre
pas choisi pour ce malheureux voyage, grcica
k ce que je m'etais rendu utile a PEtablisse-
ment. Mr. Mumford, (le contre-maitre,) dut
le m£me bonheur aTincompatibilite de son ha~
Jneur avec celle du capitaine : il obtint la permission de rester a terre, et s'engagea a la Compagnie, comme caboteur. Le navire sortit de
la riviere le 5 au matin, par un bon vent. Nous
continuames cependant a travailler sans re-
tache a Pachevement du hangard, et a Perec-
tion d'une maison et d'un magazin a ppudre*
Le hangard, qui etait de bois d'ecarissage, fut
couvert d'ecorces de cedre, faute de planches*
Xes naturels, hommes et femmes, nous visi*
terent plus souvent, et ils se forma un camp
assez considerable pres  de  PEtablissement* II
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Le 15, des naturels du haut de lax£ivierS
aous amenerent deux sauvages etrangers, un
homme et une femme.    Ces sauvages n'etaient
pas habilies comme ceux qui nous avoisinaient |
ils portaient de longues casaques de peaux de
chevreuil, garnies a la fa$on des tribus situees
a PEst des montagnes. Nous leur fimes plusieurs questions en differentes langues ; mais
ils ne nous comprirent pas. Ils noui|imon#
trerent une lettre adressee a " Mr. John Stuart,
Fort Estekatademe^ New Caledonia.** Mr. Pil*
let leur ayant adresse la parole en Kinistineaux*
ils repondirent, bien qu'ils ne parussent pas en«
tendre parfaitement cette langue. Nous ap-
primes pourtant d'eux, qu'ils avaient ete en-
voyes par un Mr. Finnan M'Donald* com mis
au service de la Compagnie du N. O. et qui
avait un etablissement sur une riviere qu'ils
nommerent Spokan, ou Spokane; qu'ayant
perdu leur route, ils avaient suivi le cours du
Tacoutche-Tesse, (nom que les naturels du pays
donnent a la Riviere Columbia;) qu'arrives
pres des chutes, les naturels leur avaient fait
comprendre qu'il y avait des blancs a Pembou-
chure de la riviere; que ne doutant point que
la personne a qui la lettre etait adressee ne
a'y trouvat, ils etaient venus nous la rein$ttrq$ |r Nous retimes quelque terns ces messages,
et ayant tire d'eux des eclaircisstemens impor-
tants sur Pinterieur du pays, nous nous ded<
dames a y envoyer une expedition, sous la con.
duite de Mr. D. Stuart; et le 1*5 Juiiiet fut
jBxe pour le jour du deparfe ^ ■
i Tout futpret en effet, au jour marque j et
||ous nous disposions a charger les pirogues^
lorsque, versPheure de midi* nous apperijumes
ui^grand fanot, portant pavilion* qui doublait-
la pointe que nous avions appellee Tongue^
Point. | Nous ignorions qui se pouvait etre ;v
car nous n'attendions pas sitot nos gens, qui
(comma le lecteur se le rappellera) devaienfer
traverser le continent* par la route qu'avaient
suivie les Capitaines Lewis et Clarke, en 1J805,
et hiverner, pour cet effet, sur les bordsdu Missouri,   ^fous fumes.bientot tires d'incertitudgl
par ■ Parriv.ee- du canot, qui attera pres d'un peg
tit quaijS§ue nous avions constroit pour faciliter
le debarquement des effets du vaisseau .]# Le
pavilion que portait ce canot etait le pavilion
Britannique;  et son equipage se   montait ar
neuf personnes en tout     Un  homme asseZ;
bien mis, et qui paraissait commander, sauta.
\e premier a terre, et nous abordant sans fa«
icon, nojjs dit qufii se norumait David Thomp* Ill
JM
son, et etait un des proprietaire^de la C$?&»
pagnie du N. O. Nous Pinvitames a monter
au logis, qui etait dans Pune des extremites
du hangard, notre maison n'etant pas encore
achevee. Apres les. civilites ordinaires, Mr*
Thompson nous dit qipil avait traverse le cofg|
tineiit dansifle cours de Phiver precedent;
mais que la desertion d'une partie de ses gens
1'avait contraint d'hiverner au pied des mq$|jj|
tagnes, pres de la source de la Riviejre Cd^m-
feia; <}if &u p^ntems il avait constrtiiti ui^|ca*
x^ot, et sMtait rendu a notre Et^bjtesement,
II ^jouta que les proprietaires hi vpraants avaient
resolu cpafeandoriner tous les poster qu'ils
avaient a POuest des montagnes, plutot que
d'entrer en concurrence avec nous^ moyennant
que nous leur promissions de ne les point trou-
bler dans leur commerce a PEst; efepour ap-$
puyer ce qu'il disait, il nous fit voir cine lettre
adressee a Mr. Wm. M'Gillivray, au mime
Mr. Thompson tenait, a ce que je crusfvoirt
un journal regulier, et voyageait plntotjeq
geographe, qu'en commer^ant de pelleteries :
il etait muni d'un toon quart de norjante ; |j§
pendant un sejour de huit jours qu'il fit a notr$
^tabiissement, il eut occasion de faire plu&i^uf| 93
qb^epvations astronomigjues. II reconnut leg
deux sauvages qui nous avaient apporfe la JeU
tre adressee a Mr. J. Stuart, et nous dit qu$
c'etaiept deux femmes, Tune d'ellef ^jgfttant
habilieergen hotline, pour voyager ave^plus de
surete. La de^ript^n que ce monsieur nous
fit de Pinterieur du pays, n^tait pas propre a
nous en donner une idee biap avantageuse, et
ue s*accof§£it pas parfaitement avec ce que
nous en avaient 4|t nos dgyp hotes sauvages.—-
Nous n'e^fpers^yerames pa§ moips dans la resolution que nous avions piise d'y envoyer une
expedition. Mr. D, Stuart partit effecttivement
le 23, accompagne de MM. Piilet, Ross,
M'Lellan et Montigny, de quatre vbyageurs
Canadiens, et des deux sau#ag#ses, en la
compagnie ?$e Mr. Thoixips^n % de ses gens*
Le vent etait favorable, et ils furent bientot
faors de notre vue. ^
Les nature^, qui jusqu'alors nous avaient en*
tourres e# grand nombre, commencerent &
l^loigner, et bientot ncftts n'en vimes* plus*
Nous attribuames d'ahord leur retraite au maur
que de fourrures pour eommgreer ; mais nous
sumes bientot qu'ils en agissMent de la ^sorte
par un autre motif: d'apres les avis que nou§
donna Pun d'entr'eqx, ^ui avait pris Mil K»
•
i Kill
!rilUtJL'!'ii!
1%    Ml
Ill
'•.'■:. W -
Stuart en amitie, nous deeouvrtmeS, que nouf
voyant reduits a un petit nombre, ils avaient
forme le dessein de nous surptendre.    Nous^
nous hat&mes en consequence^ de nous mettre
dans le ifteilleur etat de defense possible : notre maison fut  levee, parallelement au han*
gards nous coupames une gr$nde quantite de£
piquets, et formames un quarre en palissades,*
d*environ 90 pieds, et flanque de deux petits'
bastions sur lesquels furent places quatre petits
canons.    Le tout avait un aspect assez formidable pour faire peur a des sauvages ; et pour-
plus de stirete, nous faisions la garde toutes les
liuits.    ;■'■■"•'■ ■■ " '   '•■;' ■ '•''   .'■'■'-. ■■■;.-:^- ■■-:'   .,■•       -^
W Vers la fin du mois, un gfand nombre de
sauvages etrangers, des environs du ©etroit
de Juan de Fuca et de Gray's Harbour, vin-
rent former un grand campement dans la baie
de Baker, pour faire la peche de Peturgeon.
Le bruit courait parmi ces sauvages, que le
Tonquin avait ete detruit sur la cote, et que
Mr. M'Kay et tout Pequipage avaient ete massacres par les naturels. Nous n'ajoutamesspas
foi a cette rumeur. Quelques jours apres d'au-
tres sauvages de Gray's Harbour, oil Tcfiike^
Us, nous confirmferent ce* qu'avaient dit les
premiers, et nous donnereiit m6me, autant cjuq 95
pous en pumes juger par le peu que nous sa*
f ions de leur langue, un detail tres circonstam-
cie de Paffaire. Ce second rapport, sans nous
fonvaincre entierement, ne laissa pas de nous
inquieter. Nous redoublames d'effbrts et de
vigilance, et firnes meme Pexercice, de terns
en terns, pour nous accoutumer au maniment
idles armes. v
i Au soin de nous mettre a Pabri de toute in-
gulte de la part des naturels du pays, se joi-
gnait celui de nous pourvoir de provisions pour
Phiver; celles que nous avions re§ues du vaisseau furent bien vite epuisees; et des le mois
de Juillet, il fallut nous accoutumer a vivre de
poisson. N'ayant pas amene de chasseurs avec
nous, nous etions obliges de compter, pour
avoir de la venaison, sur la chasse prdcaire
d'un des naturels du pays, qui ne nous avait
pas abandonnes, lorsque tous les autres s'etaient retires. .h Cet homme nous apportait, de
terns en terns, de la biche fort maigre et fort
seche, qu'il nous falait neanmoins payer bien
cher. Le prix ordinaire d'un cerf etait une
couverture de f| points, un couteau, du tabae,
un peu de poudre a tirer, et quelques balles*
En un mot, nos repas n'etaient point des re-
,gals*   Ceux qui s'accomwodaieiit le inieux de I
m
■;Wt'i-
Bi§
m
Ml
*
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iiotre fiOurnture, etaient les naturels des i\e§
»
Sandwich : le saumon etla biche etaient pout
pes insulaires des mets exquis.     ff
Le 11 Aout, des Chinouques en grand
nombre nous ameneirent un sauvage eUangetv
qui avait, nous dirent ils* des chafes interest
Mantes a nous raconter; Ce sauvage nous dit
en effet, qu'il avait ete emmene avec dix dfc
ses compatrioteSj par un capitaine Ayres, pouf
faire la chasse aux loups-ifcarins, sur le#!leS de
la baie de JSir Francis Drake, ou eels anini§u3i
sont tres nombreux, avec promesse tPetre ra*
inenes chez eux, et payes de leurs services J
que Ce capitaine les avait laisses sur le? ilii|
pour ailer, a ce qu'il disait, faire des provisions sur les cotes de la Californie ; mais qu'il
ii'etait pas revenu ; et que croyatit que le vaisseau avait fait naufrage, ils s'etaient embar-
ques dans un canot quHeur avait ete laisse, dt
avaient gagne le continent, dont ils n'etaient
pas fort eloigner ; que leur nacelle s'etait fc-
see en pieces, comme ils #rivaient sur le riva-
ge, et qu'ils s'etaient sauv^s a la nage ; qufe
Se voyant a peu de distance de la Riviere Columbia, ils avaient suivi la greve, et sf£taient
nourris, le long de leur route, de coSguillage*
et de grenouilles j qu'ils etaient arrives chefc
\
Ri 97
dei sauvages Strangers, qui, loin de les bien
accueillir, avaient tue huit d'entr'eux, et
avaient fait les autres prisonniers ; mais que
les Kelemoux, tribu voisine des Clatsoppes,
entendant dire que ces homme^etaient captifs*
avaient ete les rScheter*f\
Ces faits daivent avoir eu lieu en Mars ou
Avril, 1811 Le sauvage qui nous en fit le
recit, paraissait etre doue de beaucoup d'intel-
ligence, et savait quelques mots de Ia#angue
Anglaise. II nous dit aussi qu'il avait ete aux
£tablissemens Russes a Chitka, sur les cdtesde
la California, aux iles Sandwich, et aux Indes
Orieriftales.   if,   ;  "":'■ '" ■■ ■   .' ; ':
Sur ces entrefaites, Comcori|le nous fit de*
mander, Mr. Stuart et ttibi, pour le guerir d'un
mal de gorge, qui le faisait, disait il, beaucoup
souffrir. Comme il etait un peu tard, nous re-
mimes au lendemain a aller guerir le chef den
Chinoijques; e% bien nous en prit: car le
m£me soir, la soeur du sauvage qui nous avait
accompagnes dans notre voyage aux cli6tesf
nous avgptit que Comcomle se portait tres bien„
et qu^il ne nous avait fait demander que pour
se saisir de nous* Cet avis rompit entierement
lapartie* ; ill
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Occupations d tEtablissement—Retour ^%m
Par tie des Gens de FExpedition de Iflnti*
rieur—Nowvelle Expedition-^ Voy age m la
WRecherche de trois Deserteurs.   ^  W    - '''lm
.lie 2& Septembre, ndtre malon se tlbuva
achevee, et nous nous y logeanfls. Le mR
$onnage notis avait ll'abolli caulfcquelque fjHp
barras; mais enfin, nlppouvantreusslr atfaiM
de la chaux, faute de pierres calcaires^ nous
employames de la terre gttfise en guise de mdr-
tier* Cette maison etait assez spacieuse pout
nous contenir tous ; et nous l%vions distilbuefc
leplus commodement qu'il nous avait ete possible. Nous achevames aussMm attifier pour
le forgeron, qui jusqu'alors avait travaille ea
plein air.       -:m '-w^y     v    :" "*'■■- :=:
m:La godette, dont la construction avail n4*
cessairement langui, en consequence de ceque
le charpentier n'avait ete aide que par le ton*
nelier, fut enfin lancee le 2 d'Octobref, et nom<
mee la Dolly t avec les ceremonies ordinaire! \
1 99 i
en pareil caf* Je fbs ce jour-la £ la baie
d'Kowflg*, ou je vis les ruines des maisons que
les Capitaines Lewis et Clarke y avaient fait
batir^dansPautomne de 1805. ip .■:. *
% Le5*au soir, MM. Pillet et M'Lellan arri-
v^rent dans un canot de Mr. P. Stuart, con-
duit par deux de ses hpmmes* lis amenaient
agomme passagers Mr. Regis Bruguier, que
j-'avais bien connu dans ce pays, et une far
mille^^oquoise, Mr. Bruguier venait pour
faire la chasse au castor, et etait muni de
pieges et autres ustensiles ijecessaires. Lp
rapport que ces messieurs nous firenkde Pinte-
rieur du pays etait des plus satisfai sants : il?
avaient trouve le^plimat salubret et avaient
ete bien, re9us par les naturels. Ces sauvages
possedaient un grand nombre de chevaux, e£
Mr. Stuart Cetait procure plusieurs de ces ani-
maux a bpn marche^g En remontant 1$ fleuve,
ils etaien^gparvenus h une jolie riyiere* que leg
naturels n(mimen^Dkeinakane*§ Mr* Stuart
s'ctait determiqgf a etablir soni|gpnp^)ir sur le
hord de cette riviere -% et apfes avpxr fait batjr
jpte maison, il avait juge convenable de ren*
voyer h PEtablissement les personnes sus-nom.
gases, se contentant de garder pres de lui. pout
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Thiver, MM. Ross et Moatigpy, avec deux
lhommes.*||s ■■>   *   ---;   ■;     £|||,.' rjjp  ^^^tt^-
|p Cependant, la saison etant venue ou laftsa|£
vages quittent les herds de la mer, pour se re»
tirer dans les bois, et ^tablir leurs^quartiefs.
driver, le long des ruisseaux et |||s petites
rivieres, nous commen^amef a ne presque plus
H§fen reeevoifld'eux, et a nous trouver courts
de vivres.    Ii fut done res^tu que|Mr.#Ra
ipiuart par||rait dans lagoelette avec Mr. MSim-
ford, pour le triple objet d'obtenir^autant de
provisions que possible; de eouper du bois de
chene, potir Pusage dfn 6|§pelier$ et de fi|ire
la traite avec les K^urels. ||§ts parlftpnt a cet
effet le 12§- Au bout de tynqgpuflg, Mr. Mum-
ford  revint   dans  un  canot   sauvage. § Cet
homme ayant |?oulu s'emparer du comjppnde-
aStefct, et menej|(a pjfestar du Capjfeaine Thcpi^
celui qui Pavaif engage pour serv|?, a§ait eM
H^voye en consequence a PEtablissement.  ■«.'.'■
>    Le   10  Novembre, nous d^eouvrimes que
trdis de nos gen|(P. D. Jeremie et les deux
vjBelleau) avaient deserte.   Nous etmt procure
41
*
* Un de ces homines lui avait etc" laiss£ pa%Mr,
Thompson, a la place d'un insulaire de Sandwich, que ce
monsieur se proposait d'emmener en Canada.
I
On 101
JSwhi
de si*§|e ggti gratfd canq^i nous nous embar-
quames, Mr, Mathews et moi, pour coupr
apfces eux, grec ordre d'al|er||usqu'aux rap§des^
s'il etail^nefessaire. Le|ll,>ayant re^onte la
||ivier^ jusqu'a une poin|k appellee la Pointe
aux ^Ihenes, noi||tireno|intrame& la goe%tte,
que Mr. Stuart y Hiisa$lfc charge^ d§ ce b^s.
$Mr. Farni<&n||se |oignit a nous, ainsi qu'un des
honarae|i et nous poursuiviu^ noire r^ute*
jaarchant j^ar et nuit.^ Nous etant||£ndip au
terme d^k>tre voyage, s#is pouvo|r obtenir de
no^peilesifa^isfaisantes concejipant nos deseiJ.
||eurs, et manquantljle Jivres^npua retournames
sur nos passpij Noiis arrivames |e 1-6 a la Pointe
aux Chenes, ou nous retrouvames Mr. Stuart.
pret a partiiv^   W^0r ■■:/i-^^:'"i^^^^^^M:
p: Cependant, les naturels du lieu nous dirent
qu'ilsig^aient #u desftrac^l de ^ouliers^pt*
preint^s su$^| sable, dan| le voisinag#i  Nous
etant done procure de petits canots, nous pa||
cou^imes les environs, pendilnt un4% partie de
Jb journe#du 17 > et ayant refute une*petite
|pivi#re, nous fumes jusqu'aupres des montignes
qu'on appergfit de |a Ibinte aux  Chenes, #
qui en sont eloignees d'environ deux f ieues.
L'espacelqui se trouve entre Je fleuve et ces
montagnes, est un terrain bas et mare cage ux .la ml
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gntreeoupl d'une infinite de petife canau^
Sur le soir, nous rebroussames chemin, pou*
regagner la g^lette ; mais le jojft etant tombe,
nous nous egarames.    Notre situation devini
on #e ffiiut pl^de salable : faute de troufeer
un endroit ou nous pussions debarquer, *lj|u8
fumes contraints de lontinuer a vog#r, oa
plutot a tournoyer, dans cette espece de laby-
rinthe, constamment agenouities dans nos pe»
tites pirogifes, que le moiridre balancement pi*
rait infailliblementpfait chavirer.    II plepvait
a verse, et il laisait tres obscur.^ Enfin, apes
avoir erre pendant une parti© de la nuit, nous
parvinmes a gagner lebord d'une £oxM% |$lyant
laisse la nos pirogues, nous teversamesie bafef
dans l'obscurite, dechires par les ronces, et ai^
Mvames 4Jv la goelette, ^ers^deux heure^
m$tin, tranfis de froid et epuises dei$atigue
IP Le 18 & passa a ^chever de^harger le vais
seau ; et le 19 au matin, nous levames Pancfl^
Comme nous descendions la rivi^e, des san*
vages du village de Chrduit nous vinrent trou*
ver, etVofFrirent a nous aider dans lit recherche
de tios deserteurs.    Mr. Stuart me fit metlfe £
tgrre a ce village, et m'associa Mr. Farnham*
Nous passames la jouniee a faire secher nos
habits* Le iendemain, nous embarquames aveg,
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iii'ii
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.' :i deux hommes et une femme de Pialroil, et re*
montames le fleuve. Nous rencontrames bieill
tot dti canot: life sauvages qui le conduii&ient
lious apprirent que nos deserteurs avaient ete
faits pMsonniers par le chef d'une tribu quiha-
bite sillies bords du Wblamat|!et qu'ils nom*
xnerent Cathlanaminim. fNous poursuivimes
notre route, et campames surlfcme plage de sa*
ble, vis-a-vfe de Pile aux Chevreuils. Nous passames la un#nuit a pfu pres aussi desagreable
que ielldu $7 au 18. #fous avions a||um£
un feu, et nous nous etiins fait un abri de
nattes; mais if survint bientot un coup de#ent,
sccompagrie d'i#e grosse pluie : notrelfeii^ut
feteint, nos nattes furent emportees, et il nous;
fut impossible de rallumer Pun, ni de retrouver
les autre#; deisorte qu'il nous fallut deniiurer
toute M nuit expoies Mte fureur de la tempetHI
Des qu'il fit jour, nout nous reiibarquames; et
nous mimes a ramer de toutes nos forces, pour
nous reciaufFer. Nous arrivimes le soir, pres
pb village ou etaient nos deserteiirs, et nofts en
vimes un sur la cote* Nodi n!us rendimes a
la maison du chef, ou nous les trouvames tous
trois, plus enclins a nous suivre qu'a demeurer
esclaves chez ces barbares. Nous y passames
la nuit> non pas sans quelque crainte, et sans
Wk lit!
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III
ii § 111
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quelque precaution ; le chef ayan# la r£puta*
tion d'#re mechatH et capable de vi&lel le
droit? designs. C'etait u§ homme de haut&f
tattle et de lionne mine, et fieria propaplion,
comme ndfes nous en appercjiimes/ii la maniere
froide et hautaine dontiil nous^ccHllllit. JlLes'
Haturels ekanterent et fireni la^iiedecine presque fooie % libit durably auprji '^d'un mori-
#onfe J'eus occasion de voir faire au mslade
son testament :|&'etant fail apporter ce qu'il
avail de plus precieux, sis braljbleiiijie lifvre,
se§ grains de verre, son arc et sis fleches avtfH
leur carquois, ses hamegons, sesHgnes, sapip^
&j& il distribua le ton! a ses plus intfcies amis,
avec promesse de leur part de les tii ren(MI|
s'il revenait a la vie. • MlM^'"■ '"'''fP^.
JM 22, apres beaucoup de difficulte#et dtf
contestations de la part du chef, nous con*
vinmes avec iuide la rangon de nos gens. Lui
liyant donedonne Ibutes les couvertures que nous
avions, une chaudiere de&iiivre, une hache, un
mechant pistolet, une corne a poudre, et des
balles, il nous remit ses prisonniers, avic llurs
armes, qu'il leur avait otees, et llur canot, qu'il
avait fait transporter dans les bois. ^ Notfl nous
embarquamves, et allames camper pres du Co*
wililssk*! Le lendemain, le vent s'etant elev^ 105
$pr£s notre depart, nous separames une natte
'Me jonc double, et ayant coupe une branchy
/d'arbre, nous en f inftes un m&t, et mimes a la
voile.    Nous arrivames bientot a la vue de la
baie de Gray, a 15 ou 16 milkj§ de notre comp«
toir.    Nous avions pourtant une longue traver-
see a faire, la riviere formant en cet endroit
une espece de lac; mais le vent etait favorable.    Nous nous mimes done en devoir de traverser, et quittames, au coucher du soleil, une
petite ile, ou nous nous etions amuses a chas*
ser.    Nous ne fumes pas longtems a nous re*«
pentir de notre temerite ; car bientot le ciel
s'obscurcit, le  vent souffia  avec violence et
contre manfe; les vagues s'eleverent  a une
hauteur prodigiedse, et entrerent dans notre
chetif canot:   nous  Pallegeames autant  que
nous pumes, en jettant a Peau le peu de ba-
gage qui nous restait.    Enfin, apres avoir etet
pendant trois heurqs, le jouet des flots irrit^s,
et menaces a chaque instant d'etre engloutis,
nous eumes le bonheur inattendu d'abord^r en
lieu de surete.    Notre premier soin fut de re-
xnercier PEtre Supreme de nous avoir delivres
d'un danger si imminent.    Nous nous fimes,
avec des branches d'arbtes, un abri contre le
vent, qui continuait a souffler avec violence j
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et nous allumantes un grand feu, pour nous t'g*
chauffer et faire seeher nos habits. Tout cela
ne nous empecha pas de grelotter, le reste de
ia nuit, tout en nous entretenant du bonheur
que nous avions eu de mettre pied a teire, au
moment ou nous commencions a desesperer
tout-a-fait de pouvoir nous sauver*
Le matin du 24 amena un ciel sereim Quoi*
que le vent fut encore fort, nous nous rembar*
quames, et arrivames avec nos deserteurs h
PEtablissement, ou Pon ne s'attendait plus $
nous revoir. Des sauvages qui notis avaient
suivis dans une pirogue, jusqu'au moment eu
nous avions pris la traverse, la veille, etaient
heureusement parvenus a PEtablissement, en
suivant les bords de la riviere. Ces sauvages*
qui ne doutaient pas que nous ne fussions peris, en avaient prevenu Mr. M'Dougall; aussi
ee monsieur futil au comble de la joie et d#
la surprise, en nous revoyant* ■ %, CHAPITRE XL
Dipart de Mr. R. Stuart pom PInterieur-**>
Occupations d V EtabUssement-r^Arrizfle de
■MAfa Donald M'Kenzie, R. M^ellan, 8$c.
Relation de leu$: ¥Q&age--"Arriv6e de Mn
, W, Pf Himt* ;   ,  ,. .. ■ J|
^LEsnatjpds »o«s ayant donne a: entendre
que le castor etait tres abondant dans le pays
arrose par le WalajnSt, Mr. R. Stygul se pro-
#&ra un guidp, et partit le 5 Decembre,. aq^
compagne de M;M*t Fillet et M'Gillis, et de
quelques homines, pour remonter cette riviere,
et s'assur^sCil serait avantageux d|etabj|r sur
ses bordg. un poste de commerce* M$* R»>
JBrugq^er les suivit comme chasseur
La% saigpn ou nous attendions^ reteur du^
Tonquin etait pas&ee, et nous commencions
a regarder comme tres probable le rappost des
sauvages de Grayfs, Harlmur^ Nous nous
flattens pourtant encore dje Pespoir que peut-
etre ce vaisseau aurait fait voile pour leslndes
Orientales, sans toucher a P Etablissement >
qiais c'etaient-ia tout au plus des. conjectures* Riil
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Le 25, jour de Noel, se passa fort agreable*
ment j nous regalames, ce jour la, noshommes
ce qu'il y avait de meilleur a PEtablissement. Quoique ce fut peu de chose, ils en
parui entipourtant tr£s satisfaits ;   car depute
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pres de deux mois,i!s faisaient assez Itnaigjre
ehaire, ne vivant, pour ainsi dire, que de pois-
son sech^ au feu. '"   '■■-*■'
Le 27, la goelette etant de retour d'un second voyage, nous la desemparames, et la
mimes a Pentree d'un petit r^sseau, pour
Phiver.      ' ' -A; ;,^:■'■■■''■■ ■>   ■ W^'r °"-"'Y''■■"'   fW
Le terns, qui avait ete pluvieux, presque
sans interruption, depuis le commencement
d'Octobre, s'eclaircit sur le soir du 31, et Id
ler. Janvier, 1812, amena un ciet serein.
Nous annoncjames la nouvelle annee par une
de charge d'artillerie. , Une petite ration de 111
queurs fortes fut distribuee aux hommes, et la
journee se passa dans la gaite, chacun s'amu-
sant du mieux qu'il lui etait possible. jP ^|
||| La fete passee, nos gens reprirent leurs occupations ordinaires : lapdife que les uns dflP
paient du bois de charpente, et que les auties
faisaient du charbon pour le for^eron, lb char-
pentier constfuisait une barge, et le tonhelier
||is^it des baSJ^s pour Pusage des postes que
d
• nous nous propoitons d'etabtii* dans 1 interieur,
Le 18 au soir, deux canots remplis de blancs
aniverent a PEtablissement. Mr. M'Douga%
qui cpmmandait, etant retenu dans sa chambre
par maladie, je f&s recevoir ces etrangers. Mon
|§tonne*nent ne fut pas petit, quand je recon-
nus paimi eux Mr. Donald M'Kenzie, le meme qpi etait parti de Montreal, avec Mr. W.
P. Hunt, dansJe moisde Juillet, 1810. 11 etait
jaccompagne d'un Mr. M^Lellan, proprietaire,
d'un Mr. Reed, commis, et de huit engages.
Apres s'etre un peu remis de leurs fatigues, ces
messieurs nous raconterent Phistoire de leur
Voyage, dont voici a peu pres#a substance.
MM. Hunt et M'Kenzie se rendirent dans
Pautomne de 1810, sur le Missouri, et hiver-
nerent en un lieu nomme Nadaoi, sur les bords
de ce fleuve. La ilsijbrent jjiints par Mr. 8|
M'Lellan, par un Mr. Crooks et un Mr. Miller, traiteurs du Sud, qui avaient des relations
de commerce avec Mr. Astor. Dans le prin-
tems de 1811, s'etant procure deux grandes
barges ou pirogues, ils'remonterent le Missouri, jusque chez une nation nominee Arikaras,
ou Ris, ou ils se defirent de leurs barges, et
d'une grande partie de leurs effects, en faveur
de Mr. Manuel Lisa, cowmer^nt Esp^gnol^ 1
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Ayant achetet -chez les Ris, 130 chevaux, il*
ge remirent   en  route,   au    commencemenf
d'Aout, au nombre de soixante et quelques
personnes, pour se rendre, par les montagnes,
sur la Riviere Columbia.    Voulant eviter 1$
rencontre des Pkds-Noim, nation helliqueuse
et feroce, qui met a mort tous Ie§ etranger$
qui tombent entre ses mairts, il$ dirigerept leur
fnarche au sudjusqu'a ce qu'ils ftissent arrived
au 40e. dtgre de latitude,    De la, ils se repor-
terent vers le nord-ouest, et arrivererif ^ uj|
vieux fort ou poste de commerce, sur le bord
d'une petite ifviere. Ce poste, qui et$it; alor$
abandonne, avait etc etabli, comme ils P^ppri*
rent ensuite, par un traiteur Americain pom*
me Mr. Henry.  Nos gens ne doutant pas qu#
cette riviere ne les conduisit sur la Columbia^
construisirent des canots pour la descendre*
Ayant iaisse quelques chasseurs, pres du vieux
fort, avec  Mr. Miller* qui m'^content de sod
association, s'en reiournait aux Etats-Unis, nos
frens s'embarquerent sur'fc riviere; |nais bientot la trou«ant trop rapide, et ayant perdu|£n0
partie de leur bagage et un homn^ ils resolu*
lent d'abandonner leurs canots, et de faire le
trajet a pied.    L'entreprise etait diffteile, vu le
peu de provisions qui leur restaient.   Nean* inoins, pom me ii n'y avait pas de teri$ a perdrfc
en deliberations, apres avoir mis en cache le
supepfiu (te ce qui leur restait de bagage, ils
se partagereni en quatre troupes, sous la con-
duitede MM, M'Kenzie, Hunt, M'Lellan et
Crooks, et se mirent a suivre les bords de la
riviere * qu'ils nom merent* a cause des difficultes
iasurmontables qu'elle leur pr£sentait, Mad
River, la Riviere Enrag^e; MM* M'Kenzie et
M'Lellan sflavirent la rive dfoite, et MM. Hunt
et Crooks* la rive gauche. lis s'attendaient a,
ftrriver bien vite a la Columbia J mais ils co-
t^erent vingt jours la Riviere Enragee, ne
trouvant lien du tout a manger, et souffrant
horsjblement de la soif. Les rochers entre |§s*
quels coule cette riviere etant trop esearpef
pour qu'il leur fut possible d'y descendre, afin
de se desalterer, ils souffraient a peu pres le
ipurment de Tantale 5 avec cette difference
que celui-ci avait Peau qu'il ne pouvait attein-
dre, audessus de sa lite, t#ndis que nos^oya^
geurs Pavaient aude^ous de leurs pieds. P|uf
$ieurs, pour ne pas perir de soif, burent leur
urine I tous, pour appaiser la fipim qui les tour-
mentak, mangerent des peaux de castors
griilees au feu* lis en viflrent meme au point
d'etre obliges de mangerius^u'a leurs soakers* i
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Ceux qui eotoyaient la rive gauche souffiirtnt
pourtant moins que les autres. par^e qu'ils ren-
contrerent de terns #n terns des sauvases, qui
pourtant s'enfuyaient a leur approche, et m£*
me d'aussi loin qu'ils les appercevaient, em-
menant avec eux leurs chevaux. Selon toutes
les apparences ces sauvages n'avaient jamais
vu d'hommes blancs. Nos voyageurs parvenus
a la vue du camp d'une delfces hordes^frranteSj
s'en approch rent avec autant de precautions,
que s*ils se fussent approches d'une tfbupe de
betes farouches. Ayant tire sur leurs chevaux*
ils en tuerent/ quelques unf| et eurent soin d#
laisser quelques effets, pour dedommager les
proprietaires de ce qu'ils leur enlevaient ainsi
a la derobee. Ce secours les empechaile mou«
rir de faim. ■;:,"<     >   Ml
|| Mr. M<Kenzie ayant rejoint Mr. M'Lellan*
qui avait pris les devants, leurs deux bandes
firent route'de compagnie. Bientot ils eurent
occasion de s'approcher assez de Mr. Hunt qui^
commeje viensdele dire, cotoyait 1'autre rive,
pour lui parler et lui annoncer la detresse ou
ils se trouvaient. Mr. Hunt fit faire un canot
avec la peau d'un cheval. Ce canot, comme
on peut croire, n'etait pas bien grand. On
parvint pourtant a fa$e frarvenir,   par sop
/
■ *119
moyen, un peu de chair de cheval aux gens de
la rive du nord. On se rait meme en devoir de
les faire tous passer, un a un, (car on ne l&
pouvait autrement,) sur la rive du sud. Mai-
lieureusement, la riviere etait trop impetueuse :
le canot chavira, un homme se noya, et les
deux partis perdirpnt l'esperance de pouvoirse
Joindre. Ils continuerent done leur route, cha-
cun de leur c6te. Bientot ceux du nord rencon-
tr£rent une riviere considerable dont ils co-
toyerent les bords. lis rencontrerent aussi fort
A propos des sauvages qui leur vendlrent quel*
ques ch^m^^iis virent dans ces quartiers
un jeune Americain qui avait Pesprit egar&#
mais qui retrouvait parfbis sa raison.Jf Ce jeuint
homme leur dit, dans un de ses bons inter-
valles, qu'il etait de Connecticut, et se nom*
mait Archibald Pelton ; qu'il etait monte par
le Missouri, avec Mr. Henry ; que les gens du
poste de ce traiteur avaient ete massacres ;
que luiiseul s'etait echappe ; et qu'il errait>
depuis trois ans, parmi les sauvages. Nos uoy-
ageurs emmenerent ce jeune homme avec eux*
Parvenus au confluent de la riviere qu'ils co-
toyaient etde la Columbia, ils reconnurent que
e'etait celle qui avait et6 nominee Lewis, par
le capitaine Americain de ce nomf eu 1805*
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Ayant done echange les chevaux qui leur t£m
taient, pour des pin&gues, ils arriverent a PE4
t&blissement, sains et saufs a la verite, ins&t
dans un etat pitoyable ; n'ayant plus piour ha*
bits que des lambeaux IPetoffe. t
Le recit de ces messfeurs nous interessa
beaucoup* lis ajoUterent que depute leur separation d'avec MM. Hunt et Crooks, lis ne
les avaient pas revus, et (ju'ils ne crioyafeiai
pas qii'il leur $k possible de se rendre k PEta*
blissemetit* avant le printems* lis se trom*
paient pourtant | Mr. Hunt airiva le 15 Fe*
vrief, avecttente hortimes, unefemume et deuiS
enfans, ayant laisse Mr. Crooks avec cinq
fcommes, chm les Serpens.4 lis auraient pu
arriver presqu'atissit&t q&e Mr* M*K«we |
mais ils avaient passe fault a dix jours, au milieii
d'une plaine, chez des sauvages hospitaliers*
tant pour se delasser de leurs fatigues, qu$
pour faire la recherche d'un de leurs hommes*
qui s'etait £gare dans les bois Ne le trouvant
point, ils avaient pOursuivi leur route, et etaient
arrives sur les bonis de la Columbia, un pea
plus bas que Pentree de la Riviere Lewis, g>&
Mr. M'Kenzie avait dtbouche.    H
* Tribu sauvage qui habite i Touest des Montagnes
Roches, entre lea 43—44 deg. de latitude*
•
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1 §§. |/arriveed*un s| grand nombre de person*
lies, nous aurait embarrasses, si die eut eu
lieu un mois plutot^ ^eureusement, les naturels nous apportaient alors, du poissoa frais en
Hbondance. J,usqu'au$ '$& Murs, nous fumes
occupes a preparer des teipjisata de lettres, et
autres papiers i*eceskaires*, pour envoyer h
New York, la nouvelle-denc^e arrivee, etde
la reunion des deux partis*. Jtr.. Reed fut
^harg£ du message, et il quittat^4>ri^, (c'est
$insi que nous avions nomme ftotrft. Et^bhsse^
Ba£nt,)en la compagnie de Mr* MfLdlan, qui
s'en retournait, et de Mr.R. Stuart^ qui por-
tait ui^assoitiment d'effets a^ Petablissement de
son onci% sur POkenakane^ MM, Farphai^
tt M'Gillis;S*en|barquerent enjtieme terns, ac-
tonipagnes d'qji guide, pour aller chercherles,
effets que Mr* Hunt avait mis en cache, prefi.
du yieux fort de H^nry, sur les bards de la R|*
<iere Enragee. Je profitai de cette occasioife
•our ecrire a ma famille^ MM. M'Kenzie et
Matthews partirent deux jours^apres, avec cinq
a six homines, pour remonter la Rji^iere Wo*
j^mat^ N
l\\ II
■|li:l!    I
B ISI'!
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110
> .        chapitre xil . -..;■; -Jj
idrrfflie du Navire le Beaver—Retour inatten*
du de MM. D. Stuart, R. Stuart, MsLellan,
Ipl—Cause de ce Retour~*Decharge du Na+
vire—!< ouvelles Expeditions*—Desseins ho$~
jj^ tile's des Naturels—-Depart du Beaver-**
m Voyages de V'Autpw—~Ses occupations a FEr
tablissemente
Depuis le depart de Mr. M'Kenzie, il ne s^
passa rien de remarquable a Astoria, jusqulait
9 de Mai. Nous apper^umes ce jour la, a no*
tre grande surprise et a notre grande joie, une
voile en mer, vis-a-vis de Pembouchure da
fleuve. Aussitot Mr. <M&Dougall s'embarqua
dans une chaloupe, et se rendit au cap, pour y
faire des signaux. Le 10 au matin, le terns so
trouvant beau, et la mer caime, la chaloupe s*e
irendit a bord sans accident. Le vent s'etant
^leve, peu apres, le vaisseau fit voile et entra
dans la riviere, ou il jetta Pancre, sur le& dhu&
lieures de l'apr&s-midi. Vers le soir* la cha»
loupe revint au Fort, avec les passagers sui«
Wants 2 MM* John Clarke, (proprietaire^ Ah\ 117
fred Seton, et George Ehnainger, neveu de
Mr. Astor, (commis,) et deux hommes. SNous
apprimes de ces messieurs que le navire se
Hommait le Beaver, et nous etait consigne;
que le capitaine se nommait Cornelius Sowles j
qu'il etait parti de New York le 10 Octobre*
1811, et avait touche dans la traversee, a Massa
Fuero, et aux iles Sandwich. Mr. Clarke me
remit des lettres de mon pere et de plusieurs
de mes anus: j'appris par cette voie que la
mort m'avait prive d'une soeur cherie.
Le 11 au matin, nous fumes etrangemer^t
$urpris de voir arriver MM. D. Stuart, R.
Stuart, R. M'Lellan, R. Crooks, Reed et Earn*
*ban% Ce reto^ur, aussi prompt qu'inopine,
etait du a une aventure malencoutreuse qui
4eur etait arrivee* en, remontant la riviere.
Comme ils faisaieut le portage de$ chutes, qui
est fort long, quelques paturels vinrent avec
leurs chevaux, s'offrir d'aider a transporter des
effets au haut bout du portage^ Mr. R. Stuart*
He se defiant pas d'eux, leur qonfia quelques
Jmllots de merchandises qu'ils mirent sur leura
chevaux: mais, en faisant route, ils monterent
par un sentier etroit dans les rochers, et s'en-
fuirent a bride abattue, sans qu'il fut possible
de les rattrapper*   Mr* Stuart fit tirer quelques
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€oups de fusil audessus de leurs t&tes, pourle#
jntimider, mais ils reussirent a s'eloigner avec
les marchandises. Nos gens eontiniierent &
transporter le reste des effets. Comme il 3*
avait aupres d'eux un gfand nombre de naturels, que la reussite et Pimpunite des voleurst
avaient enhardis, Mr, Stuart crut prudent d&
prendre soin du bagage, au feaut da portage*,
tandisque MM. M'Lellan et Reed ^upient
Parriere-garde, Ce dernier, qui portait sur;sgft|
dos une boite de fer blan§, contenant les p$f
piers qui lui avaient ete re mis, pour New Yorkfe
$e trouvant a quelque distance du premier, lea-
sauvages cruren^ le moment favorable pour
I'attaquer, et lui enlever la botte, dont le Usjfa
Sant les avait sans doute tentes* lis fondirent
&ur lui si precipitamment, qu'il n'eut pas le iem^
desemettre en defense* Apr#s quelques mo*.
mens de resistance, il regut k la tete un coup,
de b&ton, qui Petendit par terre 5 ^tles sausages s'emparerent de ses eflfets. Mr. M'Lel*
Ian, s'etant apper$u de la chose, lachauncoup
de sa carabine sur Pun des vpleurs, et lui %
mordre la poussiere : les autres piffeQt la fuite,
fnais emporttrent poultant ce quite avaient
vole. Mr. M'Lellan courut aussitot vers Mr*
$fceed I mais le trouvant sans f|ouvement» et Itelgnant dans son sang, il le crnt mort, et a%
&u plus vite rejoiodre Mr. Stuart, le pressanf
de s'eloigner de ces meurtriers. Mr. Stuart
tie votriut pas poursuivre sa route, sans s'assurck'
pi Mr. Reed £tait vraiment mort; et s'ache*
minant, malgre les instances de Mr. M'Lell^n,
Vers Pendroit ou celui-ci l'avait laisae, il eut k
peine fait deux cents pas, qu'il le rencontre
4$ui iwenaiit vers eux, se tenant la tete de ses
deux mains.*
H L'objet du voyage de M#. Reed se trouvant
detruit par la perte de ses papiers, il sYtait
rendu, avec les autres messieurs, chez Mr. D<
Stuart, d'o& ils etaient repartis au commencement de Mai, pour se rendre a Astoria. En
cedeacendant,ikrencontrerent Mr. R. Crooks,
avec un nomme Day. On a vu dans le,cba*
pitre precedent, que Mr. Crocks etait reste
avec cinq hommes chez des sauvages soi-disa$$
hospitallers: ce monsieur e£ son compagnon
furent les seuls de ce parti qui se rendirect 4
PEtablissement; eecore arri vefent-ilsdans Petat
ie plus pitoyable, les sauvages les ayant de-
* La nouvelle de cette rencontre facheuse nous avait
*5t£ annonc^e par des naturels du haut de 'a riviere, vers if
15 d'Avril; mais nous n'y avions pas ajoutt* fo'u ^
1
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I. iii'iliiilS!!
ii
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"fl)uiflesde toutes leurs hardes, et ne leur ayant
laisse que des morceaux de peaux de chevreuil*
pour couvrir leurs nudites. k        W     %
fit Le 12, la godette, que nous avions envoyee
au vaisseau, revint avec une eargaison, et le$
passagers suivants: MM. B. Clapp, J. C. Hal-
sey, |§ A, Nichols, et R. Cox, commis, cinq
Canadiens, sept Ame#cains, tous gens de me*
tier, et douze insulaires de Sandwich, pour le
service de PEtablissement. '*
' Le capitaine fit sonder le chenail, pendant
plusieurs jours; mais ne trouvant pas assez
d'eau, ils ne voulut pas faire remorquer le navire jusqu'a Astoria. II fallut consequent
ment le faire decharger par la godette. C#tte
operation nous occupa pendant la plus grande
partie du mois de Juin. ^
Le Capitaine Sowles et Mr. Clarke nous con-
firmerent la nouvelle de la destruction du navire
le Tonquin: ils Pavaient apprise a Pile d'Oha*
hou, par une lettre qu'un capitaine Ebbetts, employe par Mr. Astor, y avait laissee. II fut neanmoins resolu unanimement que Mr. Hunt
s'embarquerait sur le Beaver, pour prendre une
connaissance exacte du commerce de la cote, et
toucher aux etablissemens Russes de Chilka*
Les papiers necessaires ayant ete prepares d#
;     i:J§ !!i!iif
mm Bouveau, ils furent confies h Mr. R. Stuart, qui
devait traverser le continent, en la compagnie
de MM. Crooks et R. M'Lellan, proprietaires
mecontents, qui s'en retournaient aux Etats-
Unis. Mr* Clarke se prepara1, en m£me terns,
a partir, avec un assortiment considerable de
marchandises, et accompagne de MM. Pillet,
M'Lellan, Farnham, et Cox, pour aller former
un nouvel etablissement sur la Riviere Spokane.! Mr. M'Kenzie se prepara de son cot6
a aller parcourir, avec Mr. Seton, les bords de
la Riviere Lewis ; tandis que Mr. D. Stuart
reconnaitrait, avec M M. Matthews et M'GiU
J|s, la partie du nord. Ces messieurs nous
quitterent, le 31 Juin au soir, au nombre de
62 personnes. La suite fera voir le resultat
de leurs diffe rentes entreprises.    'W
Durant tout le mois de Juillet, les naturels
manifesterent si ouvertement leurs intentions
hostiles, que nous fumes obliges d'etre con-
stamment sur nos gardes. Nous construisimes
des gaieries en dedans de nos palissades, et ex-
haussames nos bastions d'un second etage*
X.'alarme devint si serieuse vers la fin du mois,
que nous tinmes continuellement des senti*
Belles aux portes, et une vigie jour et nuit, dang
les bauts bastions,. w
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if* imR'<T\
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ft Le Beaver s?.e-tait trouve pret a partir
son voyage de la c6te, a la fin de Juin, et Mr*
Hunt s'etait rendu a son bord, le ler Juillett
mais les vents d'Ouest ayant regne pendant
tout le mois, ce ne fut que le 4 Aofit qu'il mit
ir la voile, et sortit de la riviere, devant etre
de retour a la fin d'Octobre. ->
Les mois d'Aout et de Septembre furent
employes a Pachevement d'une maison de 45
pieds sur 80. Ce batitnent, qui fut convert
en bardeaux, devait servir d*hopital pour les
gens de PEtablissement, et de logis pour les
ouvriers.   ' :" m--lW: Wy'W:]"- ;:Wr'^r'■"'''■
L'experience ayant appris que, depuis le
commencement d'Octobre jusqu'a la fin de Jam*
vier, les vivres nVtaient apportes a PEtablisse*
ment qu'en tres petite quantite, il fut resol#
fjue je paJHiiais dans la godette, accbmpagn£
de Mr.t)lapp^ pour aller che^cher une carga^
son de poisson sec* Nous laissames Astoi^jS^Je
ler Octobre, avec tin petit assortment de mar*
chandises* Le voyage fut fort heureux : nous
trouvames le gibier tres abondant, et tuamefc
une grande quantite de cygnes, outardes, ca^
liards, &c. Nous revinmes le 3§|# Astoria,
avec une partie de notre venaison, outre 7<50
$aumons fumes, et 450 peaux de castc§> &c* %
km-,
il i
mWm 11
Hi!;!
# Je repartis seul, quelques jours apr&s, pout
le meme objet. Ce second voyage ne me
flit rien moins qu'agreabie ;| j'essuyai une
pluie continuelle, et le gibier se trouva aussi
beaucoup moins abondant. Je parvins nead*
fiioins a ^changer mes eftets pdur des fourrures
et du poisson seche ; etje revins, le l^.Novem-
bre, a Astoria, ou le besoin de viandes fraiches
commen9ait a se faire vivement sentir ; jusque
la que plusieurs de nos homines avaient ete
$ttaques du scorbut.        ||, ;%• -|fe'
MM. Halsey et Wallace etant partis le 23,
&vec 14 homines, pouf aller hiverner sur le
Wolamat, et Mr. M'Dougall etant constant*
tnent detenu dans sa chambre par la malady
Hous restates,, Mr. Clapp et moi, seuls charges
des affaires dp PEtablissement, et les seuls qui
pussions Her soeiete : heureusement, Mr. Clapfi
etait #homme d'un caractere aimable, d'ufi#
humeur gaie, et d'un commerce agreable»
Entre nos devoirs joujnaliers, nous nous occu-
pions de mu$k]ue ou de lecture ; ayaHf quel*
ques instrumens et une bonne bibliotheque*
Sans cda nous aufions pass& tristement notre
terns, dans cette saison pluvieuse, au milieu de
la boue epaisse q&i nous entourrait, et nous in*.
terdkait le piaisif de la promenade* A lit
Riil'ill it
111
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rat
III
124
CHAPITRE XXIX.       i|
inquietude sur le sort du Beaver—-Nouvelle i&
la Guerre entre la Grande*Bretpgrie et le$
Etatp- Unis—rCons ;quences de cette Nouvelle-—
Occurrences diperses—Arrivee de deux Ca-
;M-MOts du N. O.—Preparatifs pour le Departs
Remise du Depart-—Arrangement avec Mrt$
J. G. M'Tavish.
Les mois d'Octobre, de Novembre, et de
Decembre etaient passes, sans que nous cushions eu aucune nouvelle du Beaver; et nous
Craignions qu'il ne lui fut arrive, comme au
Tonquin, quelque accident desastreux. Oq
verra, dans le chapitre suivant, pourquoi ce
vaisseau ne re vint pas a Astepa, dans 1'au-
tomnede 1812. W& * ":|   ''§■;:#  ||§§,, Jj|
Le 15 Janvier, 1813, Mr. M'Kenzie arriva
de son etablissement qu'il avait abandonne,
apres avoir mis en cache une partie de ses effets.
H venait nous annoncer que la guerre avait
4te dedaree entre la Grande Bretagne et les
IJtats-Unis. Cette nouvelle avait ete apporte^
4 son poste, par quelques messieurs de la Com*
iil pagnie du N. O. qui lui avaient rernis un^lettm
nontenant la proclamation du President a cet
^ffet.
En apprenant cette nouvelle, nous aurions
fortement desire, tous tant que nous etions a
Astoria d'Anglais et de Canadiens, de nous
voir en Canada; mais il ne nous etait pas meme
permis de penser a qous y transporter, au moins
incontinent: nous etioqs separes de notre pays
par un espace immense, et les difficultes du
voyage etaient insunijontables d^ns cette sai-*
son^ Nous tinmes done une espece de conseil
de^guerre ; et, apres avoir murement pese la
situation ou nous nous trouvions ; apres avoir
serieusement considere qu'etant presque tous
sujets Britanniques, nous commefcions cepen-
dant sous le pavilion Americain ; £t que nous
ne pouvions pas nous attendre a jecevoir de
«ecours, les poyts des Etats-Unis devant tres
probablement etre tous bloque$, pous con-
flumes a abandonney PEtablissement, des le
printems suivaqt, ou ap plus tard, au, commencement de Pete, is Nous ne fimes point
part de ces resolutions a nos engages, de peur
qu'ils n'abandonnassent de suite le travail j
mais nous cessfimes, des ce moment, de traii-
quer avec les naturels j tant parceque nou&
Illff BlurS E
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w ..ill!
11!
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n'etions pas pourvus d'une grande quantite d#
marchandises, que parceque nous avions plus de
pelleteries que nous ne pouvions en emporter*
Tant que nous avions attendu le retour du
vaisseau, nous avions fait servir une ration de
farine aux engages: nous nous trouvames en
consequence tres courts de vivres, a Parrivee
de Mr. M'Kenzie et de ses gens. Cette augmentation du nombre des bouches, nous con-
traignit de reduire la ration de chaque homme
a 4 onces de farine et a 1J livre de poisson
sec, par jour j et meme d'envoyer une partie
de nos gens passer le reste de Phiver a Peta*
blissement de MM. Wallace et Halsey.
Cependant, Peturgeon ayant commence a
entrer dans la riviere, je partis, le 13 Fevrier,
pour en aller cherqher; et j'en envoyai, le 15,
une charge de canot a PEtablissement. Cei
fut un secours bien opportun pour les engages,
qui, depuis plusieurs jours, avaient cesse de
travailler, faute d'une nourriture sufflsante.
Je formai un grand campement, pres de la
Pointe aux Chenes, et Mr. M'Dougall y en-
Voya tous les hommes malades du scorbut*
pour le retablissement de leur sante.
Le 20 Mars, MM. Reed et Seton, sous lai
conduite de qui nous avions envoye une partie 127
de nos gens a PEtablissement du Wolamat, poui4
subs^ter, revinrent a Astoria. Ces messieurs
nous parlerent des bords du Wolamat qomme
6tant charmans, et abondants en castors et en
chevreuils, et nous apprirent que MM. Wallace
et Halsey avaient construit une maison, dans
une grande prairie, a 50 lieues de 1 embouchure
de cette riviire; Mr. M'Kenzie et son parti,
dous quitterent de nouveau, le 81, pour aller
faire part des resolutions prises a Astoria, aux
messieurs qui hivernaient dans Pinteiieur.
Le 11 Avril, deux canots d'ecorce, portant
le pavilion Bjfitannique, arriverent a Astoria,
dies canots 6taient commandes par MM. J. G*
M'Tavish et.Joseph Laroque, qui avaient sous
eux dix-neuf voyageurs Canadiens. Ils fclf
merent leur camp, sur une pointe de terre, a
la portee du canon de notre Fort. Nous invi-
tames ces messieuis a montcir au logis, et nous
stpptftthes d'eux le sujet de leur voyage. lis
Etaient deseendus pour attendre Parrivee du
navire ¥ Isaac Todd, qui etait parti du Capada,
en Octobre, 1811, et d'Angleterre, en Mars,
1812, charge de marchandises pour la Com"
pagnie du N. O. Ils avaient ordre de rester
a Pentree de la riviere, jusqu'au mois de Juil.
let, et de s'en retourner alors, si le vaisseau ne
h 12S
i
-se montrait pas. lis noils apprirent aussi quo
les naturels leur avaient presente, sur la route,
des pierres a fusil, du plomb, et de la poudre
a tirer; et qu'ils en avaient pr£venu Mr.
M'Kenzie, presumant que ces sauvages avaient
decouvert et pille des effets mis en cache: ce
qui se trouva etre effectivement le cas.
Le mois de Mai fut employe en preparatifs
pour notre depart. Le 25, M M. Wallace et
Halsey revinrent de leur hivernement, avec 17
paquets de pelleteries, et 32 ballots de viandest
seches. Ce dernier article fut re<ju avec beaucoup de plaisir; car il nous fallait des vivres
pour le voyage que nous nous disposions a
entreprendre. MM. Clarke, D. Stuart, et
M'Kenzie arriverent aussi, au commencement
de Juin, avec 140 paquets de fourrures, fruit de
deux annees de Petablissement d'Okenakane*
et d'une de celui de Spokane.*
Messieurs les proprietaires hivernants n'etant
pas d'avis d'abandonner le pays, aussi prompte-
ment que nous avions decide de le faire, a As-*
* Les profits de ce dernier poste ne Furent pas consid£«
fables; parceque ceux qui l'avaient en soin furent con*
traints de se notirrir de la chair de leurs chevaux ; et ilp
en mang^rent quatre-vingt dix, durant 1'hiver* toria, la chose devenant impraticable, a cause
du manque de provisions pour le voyage, et
de chevaux pour transporter les effets, le pro-
jet fut remis au mois d'Avril suivant. Ces
messieurs ayant re<ju un nouvel assortment de
marchandises, repartirent pour leurs differents
postes, le 7 Juillet. Mr. M*Kenzie, dont tes
effets avaient ete pilles par les naturels, de*
meura a Astoria j et s'occupa du soin d'amas*
ser la plus grande quantite possible de saumon
seche au soleil. II fit, a cet effet, sept a huit
voyages, dans le haut de la riviere, tandis que
igpus nous occupions au Fort, a emballer le
■kstor, et les autres pelleteries.
Notre objet, etant de nous munir, avant de
quitter le pays, des vivres et des chevaux ne*
qessaires pour le voyage ; afin d'eviter toute op*
position de la part de la Compagnie du N. O.
nous entrames en arrangement avec Mr. M'Ta-
vish. Ce monsieur nous ayant represente qu'il
manquait absolument des effets necessaires,
pour se procurer des vivres, en remontant la
riviere, nous lui e« fournimes de nos magazihs ;
avec promesse de sa part, que ces effets nous
seraient payes, le printems suivant, ou en four-
rures, ou en lettres de change sur la Qompagnie
duN. O. a Montreal §
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CHAPITRE XIV.
J:
irrivie du Navire F Alhatrost*--Raison$ poiifc
lesquelles le Beaver h*etait pas revenu d As*
toria— Imitative infructueuse du Capitaine
Smitk—Etonnement et Regret de Mr* Hunt—*
Son Departs—Relation de la Destruction du
Tonquin-—^Causes de ce Dcsastre^-Rejleocions^
.,: Le 4 Aout, nous vimes^ Contre toiite attente*
tine voile a Pentree de la riviere. Un de nos
messieurs s'embarqua aussitot dans la barge*
pour Paller reconnaitre j mais avant qu'il exit
traverse la riviere, ce vaisseau entra en dedans
de la barre* et dirigea sa course vers Astoria*.
J'etaisreste au Fort, avec Mr. Clapp et quatre
hommes. Aussit6t que nous eumes reconnu
le pavilion Americain, lie doutant pas que ce
ne fut un vaisseau destine pour PEtablisse*
ment* nous le saluames de trois coups de ca*
Eton. Le vaisseau vint mouiller vis-a-vis du
Fort, mais de Pautre cote de la riviere, et nous
rendit notre salut. Peu apres, nous vimes une
chaloupe, ou   plutot nous entendimes (car il
etait dtja nuit) les rames d'une chaloupe qui X
131
venait vers, nous?. Nous en attendions Pabord
#vec impatience, pour savoir ce qu'etait ce
vaisseau, et ce qu'il nous apportait. Nous
fumes bientot tires d'incertitude par Parrivee
if® Mr. I|unt, qui nou&apprit que le navire se
nommait YAlbytross, et etait qommande par le
Capitaing Smith.
s Oji se rappellera que Mr* Ifunt etait parti a
|>prd du Beaver, le 4 Aout de I'annee prece-
dente, et deyait etre de retour, aypc ce vaisseau,
dans le mois d'Octpbre de 1% m^me annee.
Nous lui tempignames notre, surprise de ce
qu'il n'etait pas revenu au terns, dit, et lui ex-
primames, les craintes que nous> avions eu sur
son sort, ainsi que sur celui du Beaver; et il
nous exposa ainsi les raisous pour lesquelles ni
lui ni le Capitaine Socles, n'avaient pu rem*
plir la prorr*esse qu'ils nouf avaient faite i—
Apres avoir quitte la Riviere Columbia, ils
avaient cingle au nord, et s'etaient rend us a
Petablissement Russe de Chitka, ou iU avpient
echange une partie de leurs marchandises.con*
ire des fourrures^ Ils avaient fait avec le gou*
verneur de cet dahjissement, qui se nommait
Mr. Barnofft des arrangemens par lesquels ils
Si*engagaient a le pourvoir regulierement d#
(pus les effets dont il pourrait avoir besoin* et. ^JMf                  10—~~™ ~~
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a lui envoyer tous les ans un vaisseau, pouf C€J§
effet, ainsi que pour transporter les fourrures
de son dablissement aux Indes Orientates*
Ils s etaient ensuite avances vers le nord, ei
avaient touche aux iles de St. Pierre et St. Paul,
pres du Kumtchatka, ou ils s'etaient procures
pres de 80,000 peaux de loups-marins a fbur-
rures, Ces operations leyr avaient pris beau*
coup de terns; la saison etait fort avancee;
ils commen9aient a se trouver entourres de
glaces, et ce ne fut past, §ans avoir couru de
grands dangers, qu'ils parvi§rent enfin a sortir
de ces parages. Debarassds des glaces du
nord, ils avaient dirige leur course vers les iles
Sandwich, ou ils etaient arrives, apres avoif
essuye plusieurs tempetes* Mr. Hunt etait
debarque sur ces iles, avec les gens qui Pavaient
accompagne, et qui ne faisaient pas partie d$
I'equipage; et le vaisseau, apres avoir subi les
yadoubs necessaires, avait fait voile pour Canton.
Mr. Hunt avait passe pres de. six mois aux
iles Sandwich, dans P-attente d'un vaisseau de
New-York, n'imaginant pas que la guerre eut
ete deqlaree. Mais enfin, las d'^ttendre inu*
tilement, il avait achete une petite barque d'uD
des chefs de Pile d'Ohahou, et ii la faisait preparer pour se rendre dedans a la iijlviere Qom lumbia, lorsqu'il apper$uten mer quatre voiles^
qui vinrent bientot mouiller dans la baie d'O-
hetity. II se rendit de suite a bord d'un de
ces vaisseaux, et apprit qu'ils venaient des
Indes, d'ou ils etaient partis en toute hate*
pour eviter les croiseurs Anglais. II apprit
aussi du Capitaine Smith, que le Beaver etait
arrive a Canton, quelques jours avant la nou*
velle de la declaration de la guerre, f Le Ca*
pitaine Smith apportait quelques effets que
Pagent de Mr. Astor envdyait pour PEtablissement. Mr. Hunt avait frete P Albatross pour
le transporter, avec ses effets a la Riviere Co*
lumbi^. Ce monsieur n^avait pas ete oisif pendant le terns qu'il etait reste aux iles Sandwich : il nous apportait 85 quarts de lard ou
boeuf sale, neuf tiercjons de ris, une grande
quantite de taro seche, et une bonne provision
de sel. -. • ' W
Comme je connaissais le chenail de la riviere,
je me rendis a bord du navire, et le pilotai au
mouillage du Tonquin, sous les canons du Ifort,
pour faciliter le debarquement des effets.
|Le Capitaine Smith nous informa qu'en:
1810, un an avant la formation de notre Eta-
felissement, il etait entre, avec le meme flavir%
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dans la riviere, et Pavait remontee jusqu*a I&
Pointe aux Che^es; qu'il avait tente de for*
jner la un etablissement, mais que Pemplace*
ment qu'il avait choisi pour hatir, et oii il avait
meme commence un jardig, ayant ete submerge
par les hautes eau:$ dp mpis de Quillet, il avait
ete contraint de rerioucer a son entreprise, et
de se rembarquer. Npus avions vu en effet, 3
la Pointe aux Chenes, quelquesvestiges, de ce
prcjet d'etablissement»i|     ,   :.'   "§:, ;f|: ..   ' :J|
L^ Capitaine Smith a,vait engage son vara*
§eau a tin Fran§ais du nom de~ P. Demestres
qui etait alors passager a son bord, pour alleir
prendre une cargaison de bois de sandal aux
iles Marquises, ou ce monsieur ayait l^isse
quelques hommes, Pannee precedente* II ne
put, par consequent, acquiescer a la demande
que nous lui fimes, de passer Pete avec nous,
pour transporter ensuite nos effets et nos gena
aux iles Sandwich.   / i
Mr. Hunt fut dans le dernier etonnement*
lorsque nous Pinstruisimes de la resolution que
nous avions prise de laisser; le pays: il nous
blama fort d'avoir agi si predpitamment; en,'
^lous faisant observer que le sujcces du voyage
|ur la cote, $t les arrangemens qu'il avait faitg
^
Hffiil
I avef| les ftusseis, promettaient un commence
des plus avantageux. Neanmoins, voyant que
nous etions decides a nous en tenir a notre premier avis, et ne pouvant de lui meme remplir
Ses engagemens en vers le Gouverneur Barnofl^
ii consentit a se remettre en mer, afin de cher-
cher un vaisseau pour transporter ceux d'entre
nous qui voudraient s'en retourner par cette
voie. II s^embarqua en effet sur PAlbatross^
a la fin du mois. Mon, ami Mr. Clapp s'em-
barqua avec lui: ils devaient d'ahord ranger
les c6tes de la Californie, dans Pespoir d'y ren*
contrer quelques vaisseaux Americains ; ces
vaisseaux freqiientant assez souvent ces parages*
pour obteriir des provisions des Espagnols.
Quelques jours apres le depart de Mr. Hunt,
le vieux chef Comcomle vint nous annoncer
qu'un sauvage de Gray's Harbour, qui s'#ait
embarque sur le Tonquin, en 1811, et qui
avait seiil echappe au massacre des gens de
ce vaisseau, etait revenu che^g sa nation,
Comme la distance de la Riviere Columbia a
4,
fife
Gray's Harbour n'etait pas bien grande, nous
envoyames chercher ce sauvage. II fit d'abord
beaucoup de difficulte de suivre nos gens;
mais a la fin il se laissa persuader. 11 arriva a
Astoria, et nous relata le$ circonstances de
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cette  malhetireri&e  catastrophe, | peu pr£j|
comme suit:*
"Apres," nous dit il, "que je me fus era*
barque sur le Tonquin, ce vaisseau fit voile
pour Noutka.i Arrives vis~£-vis d'un grand
village, appelle Noufuty, nous jettames Pancre*.
Les naturels ayant invite Mr. M4Kay a aller
a terre, il y alia, et fut re<ju de la maniere la
plus cordiale: on le retint meme plusieurs
jours au village, et on le fit coucher, chaque
nuit, sur des peaux de loutres de mer. Pen*
dant ce terns-la, le capitaine s'occupait a faire
les edianges avec ceux des naturels qui fre-*
quentaient le navire ; mais ayant eu quelques
difficultes avec un des principaux chefs, sur le
prix de certaines marchandises, il finit par le
snettre hors du vaisseau, et lui frotta le visage,
en le repoussant, avec les peaux que celui-ci
avait apportees pour Pechange.    La chose fut*
If Bien entendu que je francise un. peu le langage de
ce barbare, et que je rends par des mots et des phrases
les choses qu'il ne pouvait nous faire entendre que par
gestes ou par signes.
•J* Grande peupltfde de sauvages, parmi lesquels les Espagnols avaient envoye des miseionnaires, sous la conduite
du Stgnor Quadra; mais d'ou ils furent chasses par l&
(Japitaine Vancouver, en 1795?,* t^egafdee par ce chef, et par ses gens, commi
une insulte des plus graves, et ils resolurent
d'en tirer vengeance. Pour venir plus sure-
ment a bout de leur dessein, ils dissimulerent
leur ressentimenl;, et vinrent, comme a Pordi-
naire^ a bord du vaisseau. Un jour* de tres
bo||^atin, une grande pirogue, contenant une
vingtaine d'hommes, vint le long du navire *
les sauvages qui etaient dedans tenaient cha*
cun, a la main, un paquet de fourrures, et il»
dirent qu'ils venaient pour trafiquer. Les gens
qui faisaient alors le quart, les laisseretit mon-
ter* Peu apres, il arriva une seconde pirogue,
fcrtant a peu pres autant d'hommes que la
premiere* Les matelots crurent que ceux-ci
venaient aussi pour echanger des fourrures, et
les laisserent monter comme les premiers*
Bientot, les pirogues se succedant ainsi Pune
a Pautre, Pequipage se vit entourre d'une multitude de sauvages, qui montaient sur le navire, de tous cotes. Alarmes de la ehos,e, ils
furent en prevenir le capitaine et Mr. M'Kay,
qui s'empresserent de monter sur le tillac. % J'y
montai aussi; et craignant, parle grand nombre de sauvages que je vis sur le pont, et par
les mouvemens de ceux qui etaient a terre, e
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-qui s'empressaient d'embarquer dans leurs pi-
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rogues, pour venir au vaissgau j craignattt* aim
je, qu'il ne se tratoat quelque mauvais desseiir*
je fis part de mes souptjons a Mr* M'Kay, qui
lui-meme en parla au capitaine. Celui-ci af-
fecta un grand air de security, et dit, qu'avetf
fes armes a feu qu'il y avait a bord, on ne de-
vait pas craindre m£me un plus grand nombre
de sauvages. Cependaint, ces messieurs etaient
montes sans armes, et n'avaient pas mdme sur
eux leurs poignards. Je les pressai de mettre
en mer j et voyant le nombre des sauvages aug*
menter a chaque instant, le e&pitaine se laissa
enfin persuader: il ordonna a ui^ partie deS
gens de Pequipage de lever Pancre* et aux au-*
tresde sauter sur le® vergues* pour deierler Jbs
toiles. II avertit, en meme tems> les naturels
de se retirer, parceque le vaisseau all ait gagnet-
la pleine mer. Aussitdt eeux-ei se levdrent, en
poussant un grand eri, tirerent les 6outeau*
qu'ils avaient caches sous leurs paguchons de
fourrures, et fondirent sur les gens du vaisseau*
Mr. M'Kay fut la premiere victime qu'ils im-
molerent a leur fureur* ||Deux sauvages, qu#
j'avais vuSJ du couronil^ment du tiilae* ouj'etais
assis, suivre pas k pas ce monsieur, se jetterent
sur lui, et lui ayant donn6 un grand coup de
P®tumagane (espeee de sabre dont il sera parl^ V
plus bas) &ur le derriere de la t£te ; ils le i#n-
vers&rent %ux le potrt* le pnrent ensuite, et le
Jetterent a Ja flppr4 Q\|l les femmes, qui etaient
jestees dans les pirogues, Pacheverenfcl Une
autre troupe se jetta sur le capitaine^ qui se.de- *
fendit longtema avec soli couteau; mais qui
f*erit aussi sous les #opps % c^meurtriers, actable par le nombre^ Je vipi ensuite, et #est
fa demiece chose dont je fus temoinf ,ayant de
iquitter le navire, je vis les, gens, qui etaient au
liaut du mat, se glider pa£ les cordage dans
les ecoutilles.§ |/un d'eux re9ut, e% dgscai^
-dant, un coup de qoutean danB le dos. Je^saa*
tai alors a ia mer, pour eviter un sort pareiHa
celui du capitaine et de Mr. M€K,ay: les,femimes
m^ttr^pperent, et me dirent^de me c^ier y/.
lyitesientspus des nattqs qu'il y a\pit dans les
pirogues $ ce que je fi$. Bientot apres, j'enten.
dis le bruit desi^nes a feu : les sauvages s'en-.
fuirent du vaisseay, et regagnerent le rivage.
Le lendemain, arrant vu quatre hommes s'eiok
gner du navire, dans.u&e ohaioupe, its eiivoy-
%ent quelques pirogues,a leur pajarsuite; et j'ai
tout lieu de croire que ces quatre hommes ^
furent rattrappes et massacres ; ear je rtfai vu
&uetm d'eux ensuite. Les sauvages se voyapt
Kpaitres absottis du lEonquin, se rendirent en
Iff I
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foule a son bord, pour le pillar.# Mais bientot;
lorsqu'il y en avait entre quatre et cinq cents,
tant dessus qu'alentour, le navire sauta avec un,
fracas horrible, J'etais sur lifgreve, quand l'ex-
plosion eut lieu, et je vis des bras, des jambes*
et des tetes, voler en Pair et de tous cotes. Cette
tribu perdit pr&s de 200 de ses gens, en cette
rencontre. Quanta moi, jedemeurai leur prison-
nier, et j'ai ete leur esclave pendant deux ans.^
Notre sauvage ayant fini son discours, nous
lui fimes des presens proportionnes au plaisil'
qu'U nous avait fait, et a la peine qu'il s'etait
donnee ; et il s'en retourna satisfait en appa-
rence de notre libiralite.      ,        =.*■■ 4||
n D'apres le recit de ce sauvage, le Capitaine
Thorn fut, par son humeur brusque et son ca*
ractere emporte, la cause premiere de sa propre
mort et; de celle de tous les gens du vaisseau*
Ce qui parait du mo&is certain, c'est qu'il se
rendit coupable d'une negligence et d'une imprudence impardonijiables, en ne bastinguant
'pas ses haubans, comme font tous les naviga*
teurs qui frequentent cette cote, et en laissani
monter a la f ois sur son vaisseau, up trop grand
nombre de sauvages. j
Le Capitaine Smith, de PAlbatross, qui avait
15U le$ debris du Tonquin, et qui nous parla
i\
ro aussi de ce malheureux eveneriifent, en attrl
buait la cause au Capitaine Ayresjf de Boston,
Ce navigateur avait emmene, comme on Pa vu
plus hautjtdix ou douze des naturels de Nou«
pity, comme chasseurs, avec pfromesse de les
rameoer chez eux, et les affeit inhumainement
abandonnes sur des iles desertes. pLes compa-
trmtes de ces malheureux, indignes de la con-
dqite ddfeapitaine Americain, ayaient forme le
dessein de s'en venger sur les premiers hommes
blancs qui se montreraient chez eux. lie ha*
zard voulut que notre vaisseau entrat le premier dans cette baie; et les naturels execu-
terent sur nos gens leur projet de vengeance*
Quoiqu'il en soit de la cause premiere et
principale de ce desastre, (car on doit sans
doute ettfpipposer plus d'uhe,'J£dix-sept plr-
s<ISItes, c'est-a-dire, tous les blancs qu'il y avait
€ur^fe vaisseau, furent {fiassacrees: pas urfbeul
n'echappa a la boucherie, pour nous eifivenir
apporter la nouvelle, si ce n'est le sauvage de
Gray's Harbour. Le massacre de nos gens
fut venge, a la verite, par la destruction d'uflk
sombre dix fois plus grand de leurs meurtriers $
mais cette circonstance, qui pourrait peut-etre
rejouir le cceur d'un sauvage, etait une bieo
faibtle consolation (si e'en etait une) pour de$
ttff
ill
i
mm a
/
i4&
fiommes civilises. La mort de Mr. M'Ray
fut une perte irreparable pour la Societe, qui
^urait probablement etp dissoute plutot qu'elle
ne le fut, sans parrivJe d<e Mr Hunt. Tout in-
teressant que nous parut fe redt du sauvage
de Gray's H$rbourt q#n4 il #n ^int a la fi&
malheureuse de cet hffmme yraimetit estitnahie,
les marques du regret se peignirfir^t viable-
ment s^r la physiquqipie d^ tous ^eux4 qu^
lcecoutaient.   ; -* > ■ ■■V'-wV''' :    -   m
Au commencement de Septemb*^ Ml^
M'Kenfje partit, aecompagne de MM. WaJ^
lace et Setop, poutr aller porter unpai^ortifla^^
Se marchandises aux messieurs de Pinterieuftr
ainsi que pour les instruife des arraogeiien^
que Pon avait faits avec Mr. Huc^ et leiir en-
joindre d'envoyer tqutest^es pelte^ries, et d$
iaire deseeiiBlre en meme teias les insulai#egv
de Sand^ch, afin qu'ilgjFi^
leur pay*
Mi
J
X)
' 6HAPITKEXV.
lifrivid (fun nombre de Canots du N. Cfc**#
*■ Vente de FEtablissetnent d' Astoria a cette
Compagnie—Nouvetles du Canada—Arritee
de^a Corvette Racoon — A$$ident avenu d
so^bord—^Pr^ de possession d' Astoria pop
te Capitame—Surprise et mecontentemeni de
^^^Equipage—Depart du Vaisseau^
f Qu£1<5Ues jours apres le depart de Mr*
M'Kenzie, nous apper^mes, a notre grands
surprise, au bout de Tongue-Point, j#eux ca*
ftots pot tant le|pavitlon Britannique, et an an
*ail|eu d'eux portant le patillon Americain*
Cet^t Mr. M'Kensie hit-m6me qui reve*
nait avec MM. J. G. M'Tavish et Angus Be«*
thune, de la Compagnie du N. O. II avait
rencontre ces messieurs pres des rapides, et
s'etait determine a retourner avec eux a PEta*
bliteement, en consequence des renseignemen$
qu'ils lui avaient donnes. lis etaient sur des
ca&ots alleges, ayant laiss6 derriere eux MM.
John Stuart et McMillan, avec une brigade d&
iLuit canots charges de fourrures *     | '%$#
ii - 'M il,
I
14$
Mr. M lavish monta a notre logis, et noi&t
fit voir.utie lettre qui lui avait ete adressee par
Mr, A. ShaW, un des agens de la Compagnie
du N. O.    Ce monsieur lui annon$ait dans sa
lett% que le navire PIsaac Todd, avait fait
voile de Londres, dans le mois de Mars, con-
jointement avec la Hegate la Phcebe, qui v|||pt
par ordre du gouvernement s'em$|H?er de notre
Etablissement, cet Etablissement ayant ete re-
presente aux Lords de JfAmiraute, comme une
colonic importante, fondid|ipa^||rgou^Brnement
Americain.    Les huit canots, qni avaient ete
laisses derriere, s'etant joints aux premiers* il
se forma dans le fond d'une petite baie, pres de
notre Etablissement, un  camp d'eijiviron 75
horn rites.    Comme ils etaient sans vivres, nojjjSL
leur en fourni$ies*    Nous nous tinmes cepen-
<&mt sur nos gardes, de crai^te de quelque surprise de|§eur part; car nous leur etions infe-
rieurs du cote du nombr#      v,
^La saison avangant, et leur navire n'arrivan*
point, ils se trouvertnt dans une sitqatior^tout-
£-fait desagreable, sans vivres, ni marchandises
pour s'en procurer des naturels, qui meme ne
les voyaient pas d'un bon ceil,  ayant de bona
chasseurs, mais manquant de munitions.    Las
de recourir -sans cesse a ppusJ|)oi|f avoir des
X) 145
provisions, ife nous proposerent de leur vendre
notre Etablissement et son contenu. Place's
comme nous Petions, dans Pattente de voir
paraitre, d'un Jour a Pautre, un vaisseau de
guerre Anglais, pour nous enlever ce que nous
possedions, nous ecoutames leurs propositions*
II y eut plusieurs consultations; les negotiations trainerent en longueur; enfin Pon con-
vint du prix des pelleteries et des marchandises,
et legtraite fut signe, de part et d'autre, le 23
Octobre. Les messieurs du N O. prirent possession d'Astoria, etant convenus de payer a
chacun des serviteurs de la ci-devant Pacific
Fur Company (nom qui avait ete choisi par
Mr. Astor) le montant de leurs gages, en deduction du prix des effets que nous leur livrions*
de les nourrir, et de fournir un passage gratis^
a ceux d'entr'eux qui voudraient s'en retourner
en Canada, fe .::.-, |j§^:.      .■■-.■       .im
r Ce fut ainsi, qu'apres avoir franchi les mers*
et endure toutes sortes de fatigues et de privations, je perdis, en un instant, toutes mes es-
perances de fortune. Je ne pus m'empecher
de remarquer que nous ne devions pas nous
attfndre a un pareil traitf ment de la part du
gouvernement Britannique, apres les assuranc||
igue nous |vions revues du ministre de Sa Ma*
A §
1
nil'
•■ 1     ^ ./    146 j ■      /
jes#, a^knt notfiilepart de New-York. Mai^
comme je viens &i le dire, on avait ex'agere
aux yeux des mims^es^importance de notre
c6nh*ptoir; car s'ils l'eussent connu, il ne leui*
''eut p&s surement porte oiribrage, ou du moins
ils ne l'eussent pas juge digne d'une expedition maritime. La plus grande partie des
serviteurs de la P. F. C. s'erfgagerent a la Com-
p%nie du N. Oldest: les autres aimerent mieux
s'en retourfter dans leur pays, et je fus du
ntabre de c§s derniers. Neanmoins, fpMr*
M'Tavishm'ayant intixne - que Pon aurait be-
sdln de mes services a PEtablissement, je m'en-
%ageai pour Pespace de cinq moisjte'est a dire,
jtisqu'au depart du parti qtj| devait remonter
le feive au printems, pour se rendre ill Canada, par la voie des Montagnes de Riches, et
lies rivieres de PiSftterieur. MM. John Stuart
et M'Kenzie partirent vers la fin du mois, le
deriier pour faire remetifi'e au premier les
comptbirs qi|f avalettt ete etabl^ dans Pinte*
rieur par la ci-devant sodllte. .Ifl
§ Leif 15 Novembre, MM. Alex. Stualt et
Alex. Henry, tons detfe pfdfSietaires dans la
Compagnie du N. O. arriverent a PEtablissement, dans deux Canots d'ecorce conduits par
j|eize hommes.   Ces messieurs etaifnt part& du Fort William sur le Lac Supjprieur, dans le
mois de jfaillet. j|Ils nous commpniquerent
quelques gazettes*|du Canada, par lesquelles
xpusJ^pprimes que les armes Britanniques
avaient en jusqu'al#rs le dessus. Jls nous ^n-
firmereot aussi la pouvelle qn'une freg^ftAn-
gla|se devait vepir s'emparer de notre cifdevrant
^Etablissement%$% lij$|Pt meme fort surpris de
gie pas v^r Vl^mo Todd en rade.j§% # A:
jl^Le SO au rpgtin, j|ous apper$ume$: un bafi?
pient qui doublait* 1$ Cap Disapp^ii/ngnt, et
jqui mQ^lta biep$pt apres dans §g||)aie d$ B||
Jter. Ipgnor^it si <#etait;un v&ipeap ami|pa
lennemi, nous|p$umes prudent d'y^nyoyer
^IrgM'Dopgall daps pn canot, a$ec c$$% d^
|i90mes qui avai^t ete au SQgvijce de la ci-
•diilPt; P. F. C. aigec ^'injonctiop dp se t%e
Am6i>cains, si le vaJiliau. etait AiSericain, et
Anglais, dans le|eas contraire.j| T^ftdis qp$ilg
4taient ep route, Mr. M'Tavigfe fit embarquejr
taptes les peljeteries .qui efedent marquees ant
#m|ie la Compagpie du|N. - 04Miq)b deux
purges > qui se trouvaie^litu F&rt^ >ifc ifefn^t^
|a riviere JlisquSb Tbngue Point, ou ^[-dtevaii
attendre un s%sM cdiivenu. Versiminuit, M9|L
JHaisey, qui avait accompagne Mr. M'QflfjgaH
au vaisseau, revint sai&Fort, et not^s mmomp
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pr:;'i   ;, ,  : 148
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M
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Hill
que c'etait la corvette Britannique Racoon, de
26 pi ces de canon, et de 120 hommes d*6-
quipage, commariiee par le Capitaine Bla<$|t
Mr, John M'Donald, proprietaire dans la Compagnie du N. O. etait venu passager dans le
Racoon, accompagne  de cinq engages.    C#
monsieur etait par# d'Angleterre dans la fre<?
gate la Phoebe, qui avait fait voile avec YJkac^
Todd jusqu'a Rio-Janeiro; a^anirejoint la ilfee
esiadre Anglaise, Panliraft leur avjjit  donne
pour convoi les corvettes Racoon et Ckerufc$
ces quaere bafimihs avaient fait voM| di com-
pagiie jusqu'au CaplBe Horafllii ils s'etaient
separes, apres s'£tre doofee reftdez-vousi^ ftpfe
de JicM F^nandeZiW Les trois vaisseaux de
guerre s'y etaient effectivement rendus; mais
apres avoir attendu longteiats en vain VIsaae
Todd, le ©Smmodore Hillier, qui commaitdait
cette pitite escadre, ayant apprii que le Com-
modore Americain Poster feissw^uniort consi-
dlrabl^au coiamerce Anglais, surtout partni
les balefeuers qui frequentenfiees mers, il reso-
lut de Paller chercher, et de lit livrer coifpbat*
et chargea le Capitain# Black d'aller d&truire
t'Etablissement Americain d#la Riviere Co-
lumbit.    Mr. McDonald s'etait en ccftisefuence
embarque, alec ses gens, a bord du Racoon*
u § ^     U9 '        ''
Ci monsieur nous apprit qu'ils avaient essuye
un terns affreux en doubllftl le Cap Horn. It
pAsait que si VIsaac Todd n'avait pas#elabh£
ePSquelque endroit, il arriviraif dans la riviere
sous upie quinzaine de fours. Au signal con-
venu,lln M'Taiiish revint a Astoria ave| ses
pelleteries, et apprit avec beaucoup de plaisir
parrivee de Mr. MiDonald. ^    ^
w lie l#r Decembre, la barge^lde la corvette
vint au I%t avec Mr. M*Donald et le ler lieu-
tenaripfeomm^Mr. Sheriff. Ces deux messieurs etaient convalescents, a la suite d'un accident qui leur etait arrive, dans la traversee
Me Wuan Fernandez a lafRivi^re Colur^bia#
Le capifeine voulant faire nettfyer les canons,
avait ordonne quails fussem tous tires a pou-
tire: pendant cet exerciee, #ie des pieces de
stribord avail fait long feu j la flafaime s'etait
communiquee a des cartouches qui etaientlsus-
pendues aiidessus |te ce canon, et de la a des
Horlfes remplies de poudre qui etaient accroches
a Pun des soliveaux. fill s'en etait suivi une
explosion, dont une vingtaine d'individus
aiaieilt ete atteints: huit etaient morts a la
siite de leurs bruiures j et MM. M'Donald et
Sheriff avaient eu beaucoup de mal: on avait
eu bien de la peine a leur oter leurs. habits, e%
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i i'Wtm
MM
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lorsque le lieutenant d^barqua il ne pouyait pas
encore se servir de ses main|^taj^t elles etaient
brulees. P^|pl ceux qui avaient ete le||$|e-
times de cet a|£ident, se trouvait un Americain diiiPom de J. Flatt, engag^au servir de
la Compagnie du N. O. et que ces. messieurs
pgrur^nt regretter ^eaucoup. jL* -,, jjj- jjJMliP
Comme il y ava|t sur le R^coon^des effets
destine^ pour la Compagnie^ip^nvoya la goo*
Jette a If'baie de Brakej^£n defies appo*f|ef
<$u Fort; mais le ter^s fut ||llement pauvai^
jet le vent si violent qu'elle ne§evi^|pe 1$ 1%
a$p| ces effetg* et le Capitaine Bi^ek, fi gard^r
marine^quatre soldifts de marine, et qjfatre
jpiatelots. Nou^^^|mes nos hotes le plus
j^plendidement qu'il nous fut possible. .Aptef
le di^r, le csjfitaipe fit donner des armes J|-
feu au$$&erviteurs de la Compagnie ; et nous
nop|ren<J$mes aiiffi armes $pr une pla||eforme,
op Pon avait erige un m|t de pavilion. La le
capitaine fgrit un pavilion |iritapniqpe, qu'il
avait apporte a dessseift, et le fit feisseras haut du
ma|; puis, ayant pris une beuteillepleine dltfipi
de Madere, il la cassa sur le mat, en declarant
a haute voix, qpy^prenait possession %e l'E^a-
blissemegt et du pays, au nom de Sa Majest$
jpritanniq^e j e£M qbangea le nom d'Astorll
i\ en eelui de Fort-George. Les chefs sauvaget
avaient ete assembles pour etre temoins de la
ceremonie, et je leur expliquai dans leur
iangue ce dont il s'agissaii. Cfe tira trois de-
charges d'artillerie et de mousqueterie, et Ppn
hut a la sante du Roi, selon Pusage re§u en
pareilles occasions. "■%■
|ff Le vaisseau se trdlvant retdnu par les vents
Contrafees, le capjtaini fit faire un releve exact de Pentree de la riviere, ainsi que du che-
iiail, entre la baie de Baker et le Fort George*
Les officiers nous vinrent voir tour a tour, et
lis me paturent generalement tres mecontents
de leuf voyage: ils s'etaient attendus a ren-
contrer plusieurs vaifseaux Amerif aiiii charges
4e riches peljeteries, et avaient calcule d'avance
leur part de la prise d'Astoria. Us n'avaient
rien rencontre, et leur etonnement fut a son
comble quand ils virent que notre jptablisse-
mesat avait ete transporter la Compagnie d&
1ST. O. et etait sous le pavilion Britannique*
II meipuffira de citer les expressions dm Capitaine ^Black, pour faire voircombien ils s'etaient
mepris sur notre compte. Ce capiiaine vint a
terre de nuit: lorsque nous lui fimes voir, le
tfenBeti|feiin mattfn, les palissades de PEtablissement, il i&manda s'ihi'y avait pas d'autre Fort j
HI.
n 152
Un
a#
i
o
'in ;i|
P|'>|
II
ayant appris que iion* il s'ecria, avec Pair du
plus grand etonnements " Quoi! c'est la ce
fort que Pon m'avait represente comme formidable ! eh! bon Dieu, je le renve^erais ea
deux heures, avec une piece de quatre !"*
II y avait sur le Racoon deux jeunes hommeS
du Canada, qui avaient ete presses lorsque ce
vaisseau s'etait trouve a Quebec, quelques an-
nees avant son voyage a la Riviere Columbi^
Pun se nommait Parent, et etait de Quebec ;
Pautre etait du Haut-Canada, et se nommait
M4 Donald* Ces jeunes gens nous temoignerent
qui Is auraient desire de rester au Fort George 5
et comme il y avait parmi nous des genstqui
11'auraient pas demande mieux que de s'embar*
quer sur la corvette; nous proposames au capitaine de faire un echange, mais il n'y voulut
jamais consentir. Un Americain, nomme John,
Little, qui etait malade depuis bien du terns,
fut embarque et com mis aux soins du chirur-
gien, Mr. O'Brien, devant etre mis a terre auX
lies Sandwich. P. D. Jeremie s'embarqua
aussi sur la corvette. Ce vaisseau mit a la voile
et sortit de la riviere, le 31 Mars.
*i
*  What! is this the Fort I have heard so much of! Oredt
Qo&i I could batter it down with a four-pounder in two hour*?
V, Mnvoi dans FInterieur—Retour de MM. &
Stuart et M'Kcnzie—- Vol commis par les JV#-
zg&iurels— Expeditions guerrteres contre les Vo-
£eum
Le 3 Janvier, 1814, on expediadeux canots
charges 4jle marchandises pour Pinteriaur, sous
la ^>nc|aite de MM. A. Stewart et J. Keith,
avec 15 hommes d'equipage. Deux de ces
hommes etaient charges de porter des lettres a
I9 Est des montagnes, afin de faire preparer les
canots et les vivres necessaires pourle voyage
du printems suivant, Je profitai de Pocca-
sion pour ecrire a Montreal. Ce fut la troi-
gi£me fois que je tentaiiinutilement de faire par-
Vfenir de pies nouvelles a ma famille et a mes
amis, depuis mon arrivee a la Riviere Columbia*
III MM. J. Stuart et M'Ken&ie, qu^commeoa
Pa vu plus haut, avaient ete envoyil pour ins-
truire let messieurs de Pinterieur de ce qui
s'etait pass6 au FortlGeorge, furent de retour
le 6 au matin* lis nous dirent qu'ils avaient
passe derriere, MM. D. Stuart et Clarke, avec lesi
ifr ■.■■.■'#■   y ;   .<   • m :  ;tti'
:/ lit
y
fli'l
pi   1
<*|nots chafes,    lis nous apprirent augsi ^[u ill
avaient ete attaqiie^ j|ar les tj&turels pres de$
tapides.    Comme il& descendaient vers le soir,
entre le premier et le Secopd portage, Ife* avaieni
vu Pn grand nombre de sauvages assembles a
p$e cettaine dis|ance ; jpfe qui leur avait cause
quelque inquie'tude*    En effet, quelque temsi
apres qu'ils eurent eu campe, ei lorsque tout
1# monde dormaife e^cepte Mr. Stuart, qui
4tait de g^rde, ces sapvpges s'etwfent apprpdie#
du camp, et avaient decoche plusieufs fleches*
une degqpgljes avait p§nHx& la eottfcfsiture d'uit
de$ hommes qui etait eouche prefcs du bagage*
§t lui avai^pe|^|l'or^ille : la douleur lulavaifc
fait pousser un cri aigu qui avait alarme tout
le camp, et y avait cause un remuemepi gene*
fal.   Les naturels^i'etfnt appercjus de l&difose*;
^taie^y^ipi^es^ en poussa$jt des cri$ et de$
ljurlemeijs affreux.    An jour, nos gens avaient
ramasse Irak fleches, autoup du cammi ils -oft*
Mr
tandaient encore les sauvages crier et fert&lef
dans les bois j mais ils s'etaient pourtant rendus
Jusqu'au bps 6$. pofljSpge, saps etre moiest^s. tS
.■ % La hardig§se dont ces baj^fjes avaigat &&$
preuv^, en ^ta^papt pn patti d$ 4B a 45 per-
spnnes, nous fit pre'sumer qu'ils attaqueraieni
a bien plus forte raison celui de Mr. Steward
v 4p&ne dmsistait' qu'en 1$ nommes. En ttJta
gequepce, je refus oflre de preparer Mcontfi
skit un tm$k et des, $fees a feu. Le toqt
Sift prefc dans le court e^pace de deui$ heures,
et je tli'eipbaiijuai de ^tute avec up guitfe et
six SjfcmmeS. Mas instruction^ etallnt defease
toute la diligence posisiM^prour tacber <$$ re-
joindre MM. Stewart et Keith,, et les convoyer
enspite j^qu*#ti hafffdp (tenief>^$$g&^. ou
$e i%desc#Pdre a(fec les <$b8fysi n^j^touvfispis
trop dm re^fstancfe. Noui§v vogufilpes. done
toute la joui^^e et toute I4 i$ttjte d,u 6, et le f
jusqu'au soir. Mous rifl|ayant ^^k-: p Jgflf; de
distance des rapide^ je fis faire |i$ft0> ]$$rtfc
lettre les amines 3 ##u en ordure, §t Ms$er
prendre #ux blames dn pep de f#p*&v ^P*s,
fembafrqtfejr vers ipinu^ et j%dSPi^fc $P£
hoPimefc de chanter en ramant, aUn qfre les.
Wte^Sttifef que nouS Voptfons rejoiftdr^ pu&fetlll
^apperee^tr' que nous passions, si par hi^ar^
lis ^taiant carapes sur quelqu trtiwr%s itfesflpmt
taftftvi&tt est remplie en cef enlroit. lBfelit6t|
ett%ffe*, nous nous entendinftes hder. wNous
'#tant attr^tesi nous furnes jointS^J&rPo^eB^
gui desSfencMent tous datts un canot. MM hbus
diren£ qu'ils avaient ete attaqa^ 18 veille|
«£ que Mr, $t$fyart avait et^felesse.    Jfooi
a 1
Wttfil
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•!   J
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ttlll      >|
*tfMmes, et dirigeames potre route de cdMpa-
^nie du cote du Fort. Au jour, nous arretame^
|)our dejeuner, et Mr. Keith m^nstruisit des
particularites de Paffaire de la veille. Etant
arrives au has de$ rapides, ils avaient commence a faire le portage, du cote nord de m
riviere, qui est par^eme de rochjfrs, pardessu$
lesquels il leur fallait passer avec les effets*
Apres qu'ils eurent eu transporte %$ deux canots, et une partie des mardbandises, les naturels s'approcherent en grand nombre, cherchapt
& enlever quelque chose a la derobee. Mr*
^etfftrt se trouvait §eui au haut bout du por*
tage, qui pent avoir six cents pas de longueur,
et Mr. .Keith etait au centre,. Ufi sauvage se
saisit d'un sac qui contenait quelques effets d$
pen de valeur, et s'enfuit: Mr. Stewart, qui
s'en appelant, courpt apres le \foleppr, poui; lui
enlever le sac, et apres quelque resistance d§
§a payt, il parvint a lui faire lacher prise. Bientot ilfifij yen|r vers lui pn norpbre de;isauvage$
#rmes4 de leurs arcs et de leurs fleches : I'uiJ
d'eux hq^a son arc, et le visa; Mr. Stewart
couclia ce gauftege en joue, en lui criant de ne
pas tii$r ; au pieme$nsta$t il re^ut une fl|ch%
qui lui p$r$a Pepaule gauche. II voulut alors
fjire feuj m$U qpmipe il avait pip toute i$
Bl'i!*1 157
[jourhee, son fusil rata, et avant qu'il Pent rate
mis en etat de partir, une autre fleche, mieux
dirigee que la premiere, le frappa au #ote
gauche, et penetra entre deux cotes, vis-a-vis
du coeur: au meme moment, son coup partit*
et le sauvage tomba mort* Plusieurs antrea
s'avancerent alors, pour venger la mort de
leur compatriote ; mais deux des hommes arri*
Cerent avec leurs charges, et leurs fusils, (car
ipn ne faisait ces portages que les armes a la
main,) et^oyant ce qui se passait, Pun d'eu^;
jetta son paquet a terre, lacha sou coup sur un.
des sauvages, et le renversa. II se releva
pourtant, et cherchait a ramasser ses armes j
maip Pautre homme courut a lui, teii arrach^
line dague et iPacheva, en lui en frappanttla
taifea coups redoubles. Les autres sauvage
voyant le gros de nos gens s'apprpcher de la
scene du combat, ^'eloignerent, et traverserent
la riviere. Cependant, Mr. Sttwarl^rrach^
les fleches de son corps, avec Paide d'||n de&
hommes: le sang sortit en aboiidance de ses
bles|ures, et ilvil qu'il lui sefait^mpossible do
continuer sa route: il ordoonf* done qu'op
t^P3port4i^ljps canqj| et les eflfe$s a Jfautr#
bout du portage. Bientot on appj?rj|ij|| p$
|jrand nombre de pirogues remplies de gue^
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jtgra qui Venaient de Ija riv^opposee de la r§«
viere. Nos gens cmrep$ qu'il n'y avait rie&
de mieux a faire que de s'eloigner %tt plus vite %
ils s'embarquerept tons dans Pun des canots
et abandonperent Pautre, ainsi que les ma
chandises, au pou^edr des naturels*   Tandis
que4es barfeares piliaiept pes effets^ plus pre-
- n
cieux pour eux que les pommes d'or du jardiu
des Hesperides^ nos gens s'eloigneyent, et se
niii ent - hors de leur vue. La retriite avait
pourtant ete si precipite^ qp*^ anient Mfes4
a terre un sauvage dp Lac de§ Deux Montagnes, engage a la Compagnie comme chas*
seur. Ce sauvage §'etait cache derriil# de$
rochers, voulant, a ce qu'il di$&it, tuer quel*
{pi9un des voleiirs, et n*etait pas revenu fors dp
jemfetrquemeiit* Mr. I|eith 1 e regrett m t beau*
coup, craignant a juste titre q$$& ne fut^^i
fcouvert, et massacre par les naturels. Nona
f oguames toute la jourpee et une partie de la
nuit du 8, et arrivames ap Fort le 9, au soldi
levapfe. Notre premier so**, $pr &s avoir an-
nonfce le desastre de nos gef% fut de pantet
les blessures de Mr. Stewart, qui n'efiaitent en*
veloppees que d*up ipechant ttiorceau d$ t^i|^
de cotozu
!    . ipl
£§$*»
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!  i ;  h< if t
11 V
W& Ii
IpXes'efiefe/qu^on avait €t6 cohti^nt d^sMM
donner, etaient de consequence pour la Compagnie, eri autant qu'elle se trouvait hors d'etat
de les remplacer. II etait d'ailleurs dangereuil
de Iaisser les naturels en possession d'une cin-
quamtaine de fusils et d'une quantite considerable de munitions, dont ils pouvaient se seiv
vir contre nous. Les proprietaires deciderent
done qu'on se rembarquerait sur le champ*
pour aller punir les vdleurs, ou du mains tachet
de recOuvrer les effets perdus. J'allai irouver*
par leur ordre, les prmci|)aux chefs du voisi-
hagej pour leur expliquer ce qui s'etait pass^
et les inviter a se joiPdre a nous; ce a quoi 2fa
ebnsentirent tres volontiers. Puis^ ayant fait
preparer six canots, nous nous rembarquames
le K)$ aii nombre de 62 homines, armes de
|>ied en feap, e£ miinis d'une petite pie£e d#
fcampagPe. ^,
Nfus Pouk rendime§ en pep de tem^au bait
du prerPier rapide: mais Pe&sentiel manquait
a notre petite armee^ elle etait sans vivres j
irotre premier soin devait done itite de chercher
k ndPs en procurer. Etant arrives vis-a-vis
d'un village, nous apper^umes sur la rive*
nne trent&ine de sauvages armes^qui parais-
feSienS nous attendre de pied ferme.   Nous n
■ B
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m 169
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fimes point mine de les vou!oM*uerroyer^i
mais ayant mis a terre, sur la rive opposee a
leur village je traversal ^riviere, avec cinq I
six hommes, pour entrer en pourparler wee
eux, et tacher d'en obtenir des vivres. Je,
m'jyppe^us bientot que le village etait aban-
dopne, les femmes et les enfans ayant gagnfe
les bois, et emporte avec eux toutes les provisions de boucfe. Ils nous offrirent pourtant
des chiens, et nous en achetames une vingtaine*
Nous passames ensuite au second village, ou
Pon J|tait dejagfnstruit de^otre venue*|j Nous
y achetames encore quelques ^hiens et un c|e*
val; apres quoi nous passames le portage, et
allames camper sur une tie, nous$£tant encd^|
procure des chiens et quelques chevaux.
, Nous voyant pourvus de nourriture pour
quelques jours, nou| instruisimes les naturels
des motifs qui nous amenaient, et leur annpn-
^ames que nous etions determines a les mettre
a mort e| a bruler leurs villages, s'ils ne noua
rapportaient sous deux jours les effets voles le 7*
Nous nous rendimes a un grand village de la
jive meridionale que nous trouvames desert*
Nous fimes des perquisitions concernantle sau*
vage Nipissingue qui avait ete laisse au poiv tege; mais les naturels nous assttrerent qu'Hs
ne Pavaient pas vu.* |fev~
N'ayant pu reussir & nous faire remettre, au
haut des rapides, aucPrie partie des effets per*
dus, les habitans nous protestant que ce n'e-
tkient pas eux, mais ceux des villages d'en bas,
qui avaient fait le pillage, nous redescePdimes.,
et allatPes camper sur Pile kiix Fraises. L'in-
tehtion des proprietaires etant d'intimider les
naturels, sans repahdre $e sang, s'il St&it possible, nous faisions parade de notre Pombre, et
tirions de terns en terns notre petite piece, pour
|gtir faire entendre que nous pouviori§ les at-
tfeindre d'un bord de la riviere a 1'autre* Un
sauvage et sa femme, qui nous avaient accom-
f&gnes', nbiis con&eillerent de faire tin des chefs
* Ce sauvage rev^int quelques terns apres a VEtablissement,
Uaais dans unetat pitoyable. Apres le depart des canots, il s'6»
tait tapi derriere nn rocher, et avait ainsi passe la nuit. Au jour,
craignant d'etre decouvert par les naturels, il avait gagiie les bois^
jg&dirige ses pas vers le Fort, & travers un pays montueux. II
Itait arrive sur les bords d'une petite riviere qu'il lui avait d'a-»
bord ete impossible ae traverser. La faim cependant commen9ait
a le presser; il eut pu l'assouvir, ayant rencontr$ plusieurs betes
fauves ; mais malheureusement il avait perdu la pierre de eon
ffisil* Enfin il avait traverse" la riviere et ^tait parvenu a une
bonrga.de dont les habitans l'avaient desarme et fait prisonnier.
Nos gens ayant appris oh il etait, 1'envoyfcrent chercher, et don*
f&rent quelques couvertures pour sa ran£on9 w
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prisonnief.   $fous y parvinmes biefttot,  &$g$
courir de dangers.   Ayant invite un des natu*
ids a venib| fugaer avec nous* il ylivinjy peu
apresj il en vint up autre j enfin un des chefs^
et des plus consideres parmi eux, y vint aussi*
Aussitot. nous le saisimes, le garoMmes sous*
unetepte* et pla§ames devapt lui deux garde%
le sabre nu a la main.    Nous renvoyames leak
autres sauvages porter a leurs gens la nouvelle
de la captivite du chef* en leur disant qu|is'il&
he nous rapportaient pas incessaniment les effelsb
qu'ils nous, avaient pris* nous le mettrions &
jjl^rt.    Notre stratageme reussit 2 ils nous ap*
porterent bientot une partie des fusils, et des
chaudieres de cuivre* et quelques auttes petits
effets, nous protestant que c'£tait3£Ou$ce qu'ils^
avaient eu pour leur part du pillage.    Nous
passames aux autres villages, et reussimes a
recouvrer tous les fusils* et environ uu tiers des4
autres effets*. #■    #,-    '•     ;\ • -_ -   :%   .... . ]
Quoiqu'ils eussent ete les agresfceurs, comme
lis avaient eP deux, homme^, de tues, et que^
nous n'en avions perdu  aucun d& notre cote*
nous crumes devoir nous conformer a 1'usage**
du pays, et leur abandonnames le reste des.
effets,  pour payer, ou selon leur expressions,
pour couvrir Jes corps de leurs deux compa*1
■1 m
tiftS
fHotes.   Nous coftimenci^ns d^Mleurs a nom
trouver courts de vivres, et il i# nous eut pas
ete facile d^ttMndre les enliemis, s'ils se fusseri^
Ifefllife diift les febis, sefbn Jlur coutume, lorHf
qu'ils gfe seltent les f|§Ii faihles.    Noui relachff
mes notrfe ^risof nier, et lui donnames tin p0
viHdft, ih lui disiPt que l^sau'il nSu$ % pvW&
septiKKt di^Ioye, nous jfe regar^||ins comme
tin isifjne de fla$£ e^d'amitie j i^^^ie^^brs*
(|ue * iSfotil feriopl les |)oria|*eSi,q®§iqu*un del
natuifeB avait IS malheur de #&%roche^tt#.
B'^|^i%^-ld#uerions sbr le c^tpp^ Nf^l
%*0$ rembarquameSi le 10^$iu uiati| ^t iffl<
Vaifies 1#2£ a PEtM^^iement, ou p$psllmll
P^ripp^de notre expedition gperriere*, Noiiit
#<iSvames Mr. Stewlft fort mal de sefe-ffi8P
feres, et surtout de celle du cote, qui etait,
Jfellement enflee, que nous eumes tout lieu de,
£roire que la fleche avait ete empoisonnee.
Si nous ne f imes pas aux sauv%es autant de
mal c|ue nous aurions flu leur en faire, ce ne
fut pas pMi timidite, mais par humanite, et pour
ne pas repandre le sang humain iputilement*
Car apres tout, que nous serait-il revepu d'avoir
massacre quelques uns de ces barbares, dont
|e crime u'etaft pas i'eifet de la depravation §fc
rb'
[•*<
/
A
JI I M,
mm
ill mm
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vmwA
&e la sce'leratesse, mais d'un desir ardent; ^
irresistible d'ameliorer leur sort ? II faut con-
venir aussi que 1'interet bien entendu des* pro-
prietaires s'opposait a des actes d'hostilit|i
trop marques de |eur part: il leur importait*
beaucoup de ne se pas faire des emnemis igre-
conciliables de toutes les peuplades qui avoi-
■sinent les portages, puisqu'ils devaient avoir $
les passer et repasser si souvent par la suite*
JI est d'ailleurs assez provable que les autres
naturels des bords du $eu\|e et de la mer, n'a|g|
||ient pas vu avec indifference, des etrangers
punir leurs compatriotes avef trop $'eclat et
de rigueur; et qu'ils auraient fait cause com*
piune avec ces derniers, pour resister aux pre*
tpiers, etpeut etre meme les chasser du payst
Ii 165
CHAPITRE XVIL
mm
ft Mir
m
m
9
description de Tongue Point—Voyage au Wo-
jmjamat—Retour de My. Hunt, dans le Brig le>>
IjmJPedlar—Relation du Naujrage du Navire fa
J£jark—Preparatifs pour le   Voyage conti*
>  pentab M
; Les nouveaux proprietaires de notre Et|j|.
fclissement n'etant pas satisfaits du site que
nous avions choisi, se determinerent a changer
|e Fort de place ; et apres avoir fait parcourir
0t examiner les bords* de la riviere, ils i|e trou-
verent pas d'endroit plus propice que l^angue
pu pointe de terre appellee Tongue Point. Cet*.
te pointe, ou pour mieux dire peut-etre, ce
'^ap, s'avapce d'enyiron dix ou douze arpens
<Jans la riviere, et est termine par un,rocher
^oupe a pic, dont le sommet pent avoir °250
pieds d'elevation audessus du niveau de Peau.
£e sommet etait cquvert de bois de construction, et l'op y trouvait plusieurs fontaines : on
y montait par un chemin forme en pente douce
sur le derri^re, ou il y a moins d^^vatioD, et
jnoins de largeur, y ayant une petite Jiaie de
yue cote, et vis-a-vis I'ujps Ml'mtee# e%
f
i'L
. ■ ■ • i UUnijj
iJM&fi
mmiM
m-,
III;,
oorte que cette presqu'ile a veritablemerit 1%
forme d'une langue, et parait d^ loin comme
une ile. Lorsque le vent est fort, les naturels
fjjraignent de doubler le cap, et font ordinaire*
inent portage. Astoria etait plus proche de
I'eltr£e de la riviere qpe ne VesfWonguBPomt f
ftiais cet avantage etait poippinse par des avan»
tages plus grands et ep plus grand n^tefe I
outre que le sol de ce dernier site deyait etre
fnltns boueux datis la saisop pleuyieuse ^ op
pouva%s'y mettre bien fSlu$ faciiement* #I*abr|
des hostilites deg naturels, et Von P'y avail
in#ps i %ppreRender l)ft attai|ues des epnemiS
civilises, par mer, en terns d#guerrlf jf||
i^P^es personnes qui etaient dans l'intef$E»tt?
S'etant reuniesau Fort, les provisMfcde WHI
che, qu'il y avait dans les hangards,- ilreiSf
bien vite consomm&es. JIfallut done1 que 0
plupart songeas^ept a ?41er subsisfl^ ailleursf
jfe partis le 7" Fevrier, pour all# cffefluire illif
nombre ^'engages a l'et#lissement du Wola-
ftiat, ou il y avait plusietirs £hasseurf| sous laf
conduite de Mr. W&. Jieiiify. |En Slm^ntanf
cette riviere, je la ifouvai superbe ; #8?$- eii
effet ulte des plus belles efrtre cdfes qrifsejei^
tent dans la CoMimbiair rDepuis soi° conftuerijl
#vee fette dsmiere, jusqu'a one chtte'^jsse# cbrtiiderable, le^f ays est, a la verite, bas e4f*
marecageux ; mais en arrivant a cette chute,
les rives comm^tcent k s'elever de chaque cote ;
et audessus, elles offrent une perspective tresjf
riante, ou §u moins tres-pittoresque, etant de-
pouillees  d'arbres,  en  plusieurs  endroits, et
s'elevant graduellement en forme d'amphi* hea-
tre.    Le chevreuil et la biche s'y trouvent en
ft&grande quantite : aussi avait-on forme l'e«
tablissement dans 1'intention d'y tenir constam-
ment un nombre de chasseurs pour nous pour-
Voir de venaison.   Car des notre arrivee a la.
Riviere Columbia, nous nous etions attendus
que 1'hiver serait & peu  pres aussi rigoureu:^
qu'il a coutume de 1'etre sous legrmemes lati-**
tudes ; mais nous fumes bientot detrompes : la
douceur du climat ne nous permit jamais d&<
feire parvenir des viandes fraiches du Wolamat^
ac Astoria.   Le sel manquait j et les tentatives
qua l'on fit pbur secher ou fumer la venaison.,
fferent toujours infructueuses. /   ^
.-MA^ant confie mes conipagnons aux soins cte^
Mr. Henry, je pris conge de ce monsieur, e&
ra'en retournaL   Je trouvai MM. Keith et
Billet campes, a la Pointe aux Chines, pour y
passer la ^aisoa de la peche iU^tjurgeon* Ces
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jftessieurs me previnrent que je clevais demeit-^
rer avec eux.
Le 28 Fevrier, on appenjut une voile a l'em*
bouchure du fleuve. Nos messieurs 6s&rent ua
moment se flatter que c'etait le vaisseau qu'ils
attendaient depuis si longtemsi Ils furent bien*
tot de'trompes par line lettre de Mr. Hunt, qu£
les sauvages apport£rent au Fort. C6 monsieut
avait achete* dans son voyage, un brig appelle
le Pedlar : il arrivait sur ce vaisseau, et avait
pour pilote le Capitaine Ndrthrop, ci devant
patron du navire le Larh. Ce navire avait etfil
frete' par Mr. Astor, et etait parti de New-
York, avec des provisions pour notre ci-devanft
Compagnie 5 mais malhePreusement^il avait ete
assailli par une tempete furieuse,vet avait vir£
Sous voiles, vers le l6eme. deg. de lai n#rd, et
£ environ 100 lieues des iles Sandwich. Le
second, qui etait malade, fut noye d&Ps \%
chambre, et quatre hommes de P6quipage pe«
rirent eh meme terns . Le capitaine fit aussito^S
couper les mats et les cordages; ce qui remit le
vaisseau sur quille; mais plein d'eau. L'un dei
homnies plongea dans la chrimbre du voMier et
apporta une petite voile, qu'ils attachment ail
mat de beaupre ; il plongea une secdnde fois,
et apporta une caisse contenant   quelques dou Staines 'de bduieilies de vin. Pendant trdza
jours, ils eurent pour toute nburriture un mor*
ceau de la chair d'up ^quin, qu'ils avaient eu
le bonhe^te: de prendre, et qu'ils mangeaient
fru^et pou^toute bplsson une roquille de vim
par jour chacun. Enfin, les vents alises les
firent ahorder a Tile de Tahouraha, ou le navire
se brissa sur |gs roehersi|| Les insulaires sau«
Verep^ I'equmage, et pillerent tous les effets
qui flottaient sur 1'eaii, pMr. Hunt etait alors
a Ghahou. Des insulaires qui venaient de title
de Mbrotoy lui apprirerit qu'il y avait des Ame-
ri#in& naufrages sur cefte de Tahouraha. Mr»
Hunt alia aiissitot les prendre, et donna le pi»
lotage de son vaisseau au Capitaine Nbrthrop.
On peut iP|agi#er qpeile fut la surprise de ce
monsieur, lorsqu'il Vit Astoria sous le pavilloa
Britannique* et passe eri des mains etrangeres,
Mais le mal efeit pour lui sans remede^ et iMaU
Idt flti'3 se eonpntat de premlre a son bord>
tous les Americains qui etaient a l'Etablisse*
ment# et qui ne s'etaient pas engages a la Compagnie du N. O. M M. Halsey, Seton, et Farn*
iiam furent du nombre de ceux qui s'embar«r
querent. J'aurai occasion d'instruire le lee*
leur du resultat de leur voyage.   .- jfr ; fjp
*dfei
T\Jti
A
I
A
I 17
ifii
^ je p&ssai le reste'de l'hi#r a faire de§ pfgtyj
visions pour nourrir les gensdu Fort. ||Ce £b|
pendant cet Shtervalle que je rafe dec idai tout-
a-fsit a revfcnir en Canada^ Sacnan&4onc 4u&
les'cdnotfe de&aknt partir au cotnmencfeipent
d'Avril* je tevai le camp^ et arrival au Wort*
©eorge* le S. de ce thbisi. j| Le ibrigp^e^ai4 sot&
tit le meme jour 3k la riv&fere; ;a|br£s pfei8feu££
teiii&tives inutiles,,dansrilPe desqui^le^ il avait
iailli Se briber iur.le recifc. M "■ ■' • ■•■&"-- • • ^Sl' ">*
^''Aptnpf^aniiviej) je* tirfcuvai toutes chisel
jAetes fBOPt leidepart des canots, lequel etail
feeau .4fi Je fis preparer le peu d'effets que
je poSsedjaidy et malgre les oftres tres avsMM
geuses des niessieurs de la Compagfiie, et leurs
instances feiterees, pour m'engager a rester
dkns le pay% au moins ena6re unfe annee, je^
demeurai ferine dans ma premifer^resolutiton,
Le voyage que j'altais entrepmndJrte 6lait laiig^
il devadt£tre aceontpagneiitef^i^ides Btigu^
et de griandes privations^ et t^feme de quel(jues$
d&ngei&: mais j'etais Mt aux privations et apx:
fatigues }t j'avsfis affronte cfes perils de plus &mw
genre i et quaftd P#me il n'en eftfc pa& s&tdi
ainii, le d£sir de re voir mon pays* mes^afen^
et mes amis j Tespi&rance de me retrouver, dans*
Quelques mois, au milieu d'eux, m'auraient fait
/ m
passer pgr dessqs toute autre consideration*
Je vais done kisser les bards de la Riviere Columbia, et aM^^^le ledeur a travers les
montagnes, les pjaines, les forets, et les lacs de
I'Amerique ^epte^fcriap^le: mais je dpis aupa-
tavant lui donner aii moins une idee des mqeurs
et des usages des habitant, ainsi que des prin-
cipales productions, du pays que je quitte, apres
un sejour de trois annees. C?est ce que je tfais
tacher de faire dans leschapitres stuvaptfe ^'-|
7
* Plusieurs de mes lecteurs d-eairey^iejjJL san3 douie, ici quel*
qiies Retails scientifiques sur la, botanrc^ue^e^1'histoire iiaturelle
die ce pays. C'est en effet ce qu'on devrait^tteEdre d'unJiomme
qui aurait voy&g&pour son plaisir, ou pourt faire des decouvertess
mais le but de mon voyage n'etail point tel | no^s occupations
ifi'^avaieiii aucun tappQrt avec. la science ; et, c.ojpme je 1'ai dit
dans ma preface, je n'etais, et us euis en.cpre? M j^tu^aiiste *u
WSSm
U
A
ffS
•*& 1,
W
178
CHAHTRE XVIII.
I [^ It'
Situation de la Riviere Columbia—Qualites dit
^Qlimat et du $ol-~*Productions  Vegetates e$
Animates, du Fays.
Ill I   I-
I
L'embouchure de la Riviere Columbia est
Bituee par les 46 deg, 19 ou 20 min, de iat*
septentrionale, et entre les 25 et 26 deg. de
long, pccidentale, du meridjen de Greenwidn
La maree s'eleve de neuf pieds a pic, a Pien-
tree de la riviere, et se fait sentir a 25 ou 30
lieues de cette entree, --.^p'- # - # > ■•  ; -    i§
Pendant les trois annees que j'ai passees a la
Riviere Columbia, le froid n*a presque jamais
depasse le point de congelation ; et je ne crois
pas que la chaleur se soit elevee a plus de 75
ou 76 degres. Le vent d'ouest est le plus fv6*
quent au prjptems, et pendant une partie de
l'ete; ce vent s'deve ordinairement avec la
maree, et tempere la chaleur du jour. Le vent
de nord-ouest regne presque continuellement
pendant le reste de l'ete, et une partie de Pau«
tomne. A ce dernier succede le vent de sud-
mL gui souffle presque sans relache depuis 1§:
i commencement d'Octobre jusqu'a la fin de
Decembre, ou au commencement de Janvier*
Cet intervalle est la saison des pluies, la plus
pesagreable de Pannee.
j:"• La surface dp sol, dans les vallons, consiste
en une couche de terre noire et vegetale de
cinq a six pouces d'epaisseur au plus: cette
couche en couyre une autre de terre grise ex-
tremement froide : audessous de cette seconde
couche est un lit de gros sable ou gravois, qui
couvre des cailioux,§ Sur les hauteurs, une
couche de terre noire, fort mince, couvre des
rochers ou carrieres de pierres a batir. Nous
trouvames le long du rivage de la mer, au sud
de la Pointe d'Adams, un banc de terre blanche
llbmme de la craie. Les sauvages nous appor-
terent aussi, pour la montre, mais d'assez loin
au sud, a ce^ qu'ils nous dirent, de la terre
rouge, de la terre verte, et de la terre jaiine, et
une espece de terre luisante, ressemblapt a de
la mine de plomb. Nous ne trouvames point
de pierres calcaires, et construisimes inutile-
jnent plusieurs fourneaux a chaux. .i.    .»
m Nous avions eu soin d'apporter avec nous
our le Tonquin, des graines de legumes de
toute espece j et nous les semames dans le
moi$ de Mai.   Le jardin avait une belle appa*
tiflffl
m
m i
*a
™.i ,
xence en  A out;  mais qtioique ces legiuneg
eussent ete laisses en terre jpsqu'a la fin de De-
pembre, pas un nevput parvenir a niatiirijte, sj
ce n'est les raves/ les nayets, et les patate^
Les uavets etaient d'une grqssepr prpdigieusej
un des plus gros. que nous eumes" la curiositi
de peser et de mesurer, avait S3 ponces decir*
.conference, et pesait  I5J livres^l lis ^taiept
encore en fleur a la fin de Decembre, et ils
furept laisses en terre en consequence; maif
les graines en furent toutes detruites par de|
$ouris qui se tenaient cachees sou$ des souches
que nous n'avfons pas arraphees, et infestaient
notre jardip.Jf De doruze patates, qui etaient
les seules que nous eussiops pp conserver saines,
Rous en eumes quatre-vingt-dix | nous les con-
servames  soigneus^ment   pour   Igf femer  1§
printems suivant; mais ce fut peinje psutilg 5
£ar cette seconds annee, 1$ terre se trouya he§&*
coup plus froide qpe la premiere j et il ne vi$4
absolument rien* f|§|;,,.;Jp •;%*   . -^   ■_   :.:-4|l||R
..; II semblerait resplter de §$5 faitg, q$$ le s<j$
est peu propre a la culture, M iQng 4$ la  Hj^
yiere Colupibia, ou du moins que la vegetatiop
y est exti^qnement lente gt tan^prg,    II pe$$
se faire pourtant que le terroir ne soit pas pag#
tout leujpeiPe, et qu'il y ait dps epdfojts plj»
i\ T'rrfit
i /O
jlropres'au jardinage que celui que nous aviorif
choisii cette j supposition devient meme tres
probable,".'quand on  considere que les productions v^getales du p&ys sont clifferentes dans
fe haut et le bas da la riviere
-es arbres les plus communs vers Pentrei
de la riviere, et pres du site de notre Etablisse-
aariePt, sont le cedre, la pruche, 1'epinette
blanche, l'aune, &c. Les cedres y ont de
quatre a cinq brasses de tour: les amies y sont
aussi prodigieusement gros> ayant de 12 a 20
Jieuces de diametre* Mais J'arbre le plus ex-
trabrdi'nairemeht gros que j*£ie vu dans le pays,
est une epmette.blanche : cet arbre, qui avail
ete etete et ebranche par on coup de foudre,
n'etait plus qu'un tronc droit, de 80 I 100
pieds de hauteur, ressemblaiJt a one grosse co-
lonne. Cet arbre se trouvait dans le penchant
d'une colline, derriere notre Etablissement:
nous nous mimes sept autour de son iron~, et
ire pumes 1'embrasser, eft etenxlaot les bras, et
nous touchant settlement dir bout des doigts I
nous le tfiesurames ensuite plus regulierement*
et lui trouvames 42 pieds de circonference.*
Totifes les Ms que j1ai-racontd ce"fait dans ce pays, j'al
trouve des iner^dules: mais il y a prcsentement ici des per*
sonncs dlgaeM de^toi qui peuveni I'attegte] 17$
Noiis avions projette de construire autout uh
escalier, et de former une platte-forme ait
sommet, pour <en faire Pne esp&ce jd'observa-
toire, ou point d'observation ; mais des occupations plus pressantes nous firent abindonner
ce projet. A quelques lifeues iaudessus du site
de notre Etablissement; le fr£ne et le chen^
sont assefc communs: ce dernier arbre n'est
ni fort grand hi fort majestueux* f|
Depuis la mi-juin jusqu'& la mi dctobre,
nous eiiriies constamment des fruits sauvages
en abondance : d'abofd des fraises blanches,
petites, mais d'un tres bon gout; ensuite des
framboises rouges et orahgees: fces framboises
croissent sur un arbrisseau de 12 a 15 pieds d&
hauteur, dans des terrains humides et otnb'ra*
ges: elles sont plus sures que celles de ce
pays-ci; •        >.    < ■"_ ■       : .... %:.     a a !  *
Les mois de Quillet et d'Aoiit fournissent un
fruit d'un afcide fort agreable : ce fruit est de
Couleur blede, et uri peu moini^ gros qu'une
cerise: la plante qui le parte est Pn arbrisseau
de mqyePne grosseur^ a petites feuilles a peu
ptes rondes. II y en a aussi de couleur rouge,
mais ils sont plus petits.
Le mois d'Aout fournit un autre fruit, qui
croit en grappes ou en groupes, sur un arbris- *7?
seau de la grosseur d'un gadelier ou grosetierf
des jardins: les feuilles de cet arbrisseau res*
semblent pour la forme a celles du laurier;
dies sont tres epaisses et toujours Vertes. Le
fruit est oblong et dispose en deux rangs sur
la grappe: Pextremite superieure est ouverte
en quatre, et laisse appercevoir le dedans du
fruit. Ce fruit n'a pas le gout tres fin, mais il
est sain, et l'on en peut manger en quantite
«ans etre incommode, Les naturels du pays
en font un grand usage ; ils le preparent pour
Fhiver, en l'ecrasant, et le fa$onnant en petits
pains, qu'ils font secher ap feu, sur des claies*
ilNous trouvames aussi des bluets, des cerises
I graPPes»Jes groseilles, et des poires sauvages,
du cacis, et de petites pommes sauvages, de
l'espece appellee en Anglais Crab-Apples: elles
croissent en groupes> ou bouquets, et sont trop
aigres pour etre mangees autrement que bouiU
lies. Le haut de la riviere fournit des mure^
sauvages, des noisettes, et des.glands en abon-
danceJ| II croit aussi dans le pays une grande
yariete de racines nutritives : les naturels font
surtout un grand usage de celles qui ont la
vertu de guerir ou de preserver du scorbut*
Nous en mangeames beaucoup nous^memes*
dans la meme intention, et avec le mem&guQ*
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G&&    Une de ces racines, qui ressemble beait-
"iCoup a uu jeune oignon, leurtient, en quelque
Hgorte, lieu de froment.   Ayant cueilli une quan*
tite suffisante de ces racines, ils les font cuire
sur des pierres rougies au feu ; apres quoi, ils
ftes petrissent jusqu'a ce qu'elles soient reduites
en pate, et en forment des pains de cinq a six
livres pedant, qu'ils serrent pour s'en servir au
besoin : ce pain a un gout appmchant de celui
We la reglisse*    Lors'de notre premier voyage
ftux chutes, les naturels du haut de la riviere
lions ^resenterent des biscuits tres bien tra-
vailles, de forme quarree, et empreints de di~
verses figures.    lis font ces biscuits avec une
racine blanche qu'ils petrissent et reduisent en
pate^et font secher, ainsi td§onnee et confix
gureie, sur des claies, a l'jardeur du soleih   *'W.'.
y Mais la principale nourriture des naturels
de la Rivi&re Columbia, c'est le poisson.    La
peche du saumon commence en Juillet: ce
poisson est ici d'un  gout exquis; mais il est
extremement gras et huileux ; ce qui le rend
malsain pour ceux qui n'y sont pas  accofjtu-
mesj- et qui en mangent une grande quantify
&Pssi plusieurs de nos gens furent ils attaques
de la^iar^Bce, quelques jours apres que nous
e&ifies &ti£ de ce poison notre nourriture oxM
m&mm:
mm * 179
4jiflaire; mais ils trouverent un.remede efficace?
a ce mal dans les framboises dp pays, qui ont
la propriete de fess^rrer.    - ■- ^^fft;:
Les mois d'Aout et de Septembrp fdurnissent
d'excellent eturgeon. Ce poisson varie beaucoup quant a la grosseur; il y en a qui ont
jusqu'a 11 pieds de longueur, et nous en
primes un qui pesait 390 livres, apres que le§
cepfs et les intestins en eurent ete otes. L'c?
turgeon p'en^re pas dans la riviere en aussi
grande quantite que le saumon.   '# 11
Dans les mois d'Octobre et de Novembre,
nous eumes encore du saumon ; mais d'une
espece differente de celui de Juiilet, Ce der-
irier est tres maigre et tres sec: il a la chair
de couleur blanchatre, et est insipide au goutj;
il differe aussi de l'autre pour la forme, ayant
les dents fort longues, et le nez recourbe comme
le bee d'un perroquet; Nos gens lui donnerent,
par derision, le nom de poisson d sept ecorces9
p'y trouvant presque point de substance."
Le mois de Fevrier fournit un petit poisson
fie la longueur et grosseur d'une sardine, et
que nous primes d'abord pqur de 1'eparlan, Ce,
petit poisson a un gout exquis: la peche ep
pst abondantej mais die dure peu de tems.#
Les principaux quadrupedes sont le cerf, le
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daim, ou chevreuil a queue noire, le chevreuil
roux ; quatre especes d'ours, distinguees prin-v
cipalement par la couleur du poif, savoir, Pours
noir, 1'ours brpn, Tours gris et l'ours blanc j
Pours gris est extremement feroce et carnacier y
Fours blanc se tient sur les herds de la mer, au
nord ; le \oup, la panthere, le chat-tigre, le
chat sapvage, le siffleur, espece de marmotte,
le chien de prairec, le rat de bois, le vison, le
p£can, le castor, la loutre de terre, et la loutre
de mer. * La loutre de mer fpurnit la plus beU^
fourrure que 1'on connaisse: la peau de cet
animal I'emporte de beaucoup sur celle da
castor par la grandeur, et par la beaute du
poil : elle est recherche.e partout, et principal
lem^nt a la Chine, ou die se vend tres cher.
& Les oiseapx les plus remarquables sont l*ai*
igle-nonne, ainsi nomme par les voyageurs, a
cause de la couleur de sa tete qui est blanche*
tandis que le reste du plumage est d'un noir
sale ; l'aigle noir, 1'oiseau puant, autre esp&ce
d'aigle ; J'epervier, le pelican, le cormoran, le
£ygne> *e he^on, lagrue, i'outarde, plusieurs es«
peces d'oies, plusieurs especes de canards, &c*
• Les chevaux sont tres abondants au haut de la riviere; mais
ces aniraaux ne gout pas: originairce du jpaye ; ii en sera par|$
§4us tea* P CHAPITRE XHfc
$[(2urs, Usages, Occupations, S$c. des Naturefc
de la Riviere Columbia. ■ $w
Xjejs naturels de Columbia, depuis I'embou*
chure de la riviere jusqu'aux chutes, c'est-a*
dire, dans un espace de 80 lieues environ de
FOuest a I'Est, sont generalement parlant de
tres petite stature, les plus grands ayant a peine
cinq pieds fran$ais, et plusieurs n'en ayant
guere plus de quatre. Ils s'arrachent presque
tous la barbe, a la maniere des autres sauvages
de l'Amerique: quelques vieillards seulement
ge la laissent croxtre. En arrivant chez eux„
nous fumes fort surpris de voir qu'ils avaient
presque tous la tete applatie. Cette configura-
tion n'est point chez eux une difformite natu-
relle, mais un effet de 1'art. Aussitot qu'up
enfant est ne, on le place dans un ber£eau, qui
n'est autie chose qu'une auge, ou une planche
oblongue: un des bouts de cette planche est
plus eleve que I'autre, et Ton y a menage de
petits trous de chaque cote : la tete de i'epp
iant repose sur ce bout eleve j on met sur bqj^
llf Iff
•3:-;U
4*
it
t
ffont des coussins d'ecorce de cedre ; et au
moyen d'une corde passee dans les trous, op
presse ces coussins sur sa tete, et avec le temsr
on parvient a lui donner cette forme applatie
qffli choque extremement les etrangers, surtout
au premier abord. Cependant c'est chez ces
barbares un ornement indispensable; et quand
nous leur temoignions combien cette manie de
s'dfpplatir le front nous paraissait choquer la
nature et le bon gout, ils nous repondaient
qu'il n'y avait que le§ esclaves qui n'eussent
pas la $ete applatie. Les esclaves qnt en effet
chez eux la tete ronde, et ils ne leur permet*
terft jamais de I'applatir a leurs enfans, desti*
nes a porter les chines de leurs peres^ Ils se
procurent ces esclaves des tri^us vojsines et de
1'interieur, auxquelleef il$ donnent en echange
des" rassades, des peaux de castor, &c. lis traL,
tent ces esclaves avec assez d'humanite, tant
qu'ils en attendent des services; mais d6s qu'ils
les voient vieux et incapables de travailler, ils
les negligent et les laissent perir de misere,
Lorsqu'ils sont morts, ils les jettept sans cere*
monie slkis un tronc d'arbre, ou a l'entree de$
bois.
Les sauvages de Columbia sont actifs et sur«
tout bons nageursc lis sont adwincs au vol, ou Ifi*?
o
pliitdt, jlsne.se afcnt pas scrupule de^erober
aux etrangers ce quails croient leur convenir,
quand ils en peuvent trouver 1'occasion. fLes
ibarchandises jet effets, de; fabrique europeenne*
sont souv^pt d'un si grand prix aux yeux dje
ces bar-bares, .qu'ils.resistentrarement a la ten-
tation de s'en emparer^n gg|
Ces sauvages ne sont ntillement adonnes aux
liqueurs fortes,et different en cela de la plupart
cjes autres natu||[p de I'Ameriquej si ce n'est
des Patagons, qui cornme eux, regardent les
boissons ennivrantes comme des poisons,   et
I'ivrgs^^comme une taqhe deshonor&nte. Je
rapporterai un trait,a ce sujet f un des fils dii
chef Comcomlese trouvant un jour a HIEtablis*
sement, quelques uns de nos messieurs s'amu^
serenta lui faire prendre du vin; et il se trou-
va bientot ivre. 11 en fut malade, et resta danst
un e tat dp stupeur pePdantlfdeux jours.    Le
vieux chef vint nous en faire des reproches, em
nous disantf? que nous avions degrade son fils.
BSPMf      PHI
en iV^flpsapt a la risee de ses esclaves, et nousft
pria de ne< plus lui faire .prendre de liqueurs
fortes a 1'avenir. ,,_   . " <y--\  , _.|f/'- If,; a. \ i
Les hommes vont tout nus, ne cachant au-
cune partie de leur corps, pas piepie les organe©
*% m generation,   £n hiveMseplementf iisfe
WML-
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Ik
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ia ii) ff
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I
HI
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Ifl
ii
1:
"II
tilt
jettenl gut leurs e$feules une peau de panther^*
..on une esp&ce de Pianteau fait de peaux derats
cd4 bois coilues ensemble. Outre ce manteau,
>les femmes portent Pne espece de jupon on
cotillon fait d'ecorce def cedre, iqu'elles s'at-
tachent dtitour della ceinture, et qui leur descend jusqu'au milieu de la cuisse. Ce cotillon
est unifpeu plus Idng derri&re que devant S
voici comP$eftt elles le fabrriqufentff ayant ar-
rarhela fine e'corce du cedre,elles larouissent,
comme on rouit le dhanvre, et la disposeht eii
franges; prenant ensuite une forte corde de
tPeme matiere, elles repartisseht les franges a
I'entour, et les y lient. fortement; -ipKVec un
aussi mech&nt vetement, dies parviennent a
cacher les parties honteuses. "      ?
La proprete n'est pas une VertP chez ce3
femmes; et en cela dies ressemblent aux au-
tres sauvagesses de 1'Ameriqtie Septentrionale i
elles s'oigPent le corps et les cheveU£ d'une
huile de poisson qui ne repand pas un parfum
fort agreable. Q&elquefois aussi, & PiMtation
des hommes, dies se-peignent le corps de terr^
rouge, melee d'huile. Leurs ornemehs con*l|
fna&ent rfi bracelets delculvrejaunei qu*elk&
pwt0Pt indifferemment au pbignet ou audessus
sfeula cheviile d& pied > en rhssades ou grainfi
ii T85
£te verre; les bleiies sont celles auxquelles
elles donnent la preference ; et en coquiilages
blancs, hommes Hdiqua, dans la langue du
pays, et qui font un grand objet de commerce
fchez ces sauvages. J Ces coquiilages se trouvent
&u dela du detroit de JiMri de Fuca, et ont
d'un a quatre pouces de longueur, et une ligtie
fenviroh de diametre I ils sont un peu recourses
WL Paturellement perfores; les plus longs sont
les plus estimate. " Le prix de leiirs effets &e
iregle sur ces coquiilages: une brasse des
plus longs vaut ordinairemeht dix peaux de
||astors»   'Jl
Quoiqu'uri peii moins esclaves, a ce que je
cms voir, que chez la plupart des autres sau«
images de l'Amerique, les femmes de Columbia
sorit pdiirtant chargees des ouvrages les plus
penibles: elles vont chercher 1'eau et le boisj,
et portent le& effets, quarid il s'agit de changer
de demeure j elles rietoient le poisson et le
Coupeht en tranches - minces, pour le faire
Secher; dies pfeparent a manger; dies cueillent
les fruits dans la saison, Entre ces premiers
JSins, dies forit des riattes de jonc, des paniers
jx>ur y mettre des racines, et des chapeaux
d'ua travail fort ingertieux.^ Comme il leur
faut peu de v£temens<i elles ne consent presqse
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point, et les hoftwnes 0nt ,pIp&souyent qu'etlosi
i'aiguille ou l'halaine a la main* :W # ^|
Les hommes ne sont pas oisifs, surtout dan$
le terns de la p£phe : n'etant point chasseurs,
qt mangeant p^r conseq^ntjlpeu de yiandj||
l^ien qu'ils en aiment le gout, le poissep faifk
comme je I'ai deja djv leur principal nourriture : ils profitent done des salons, ou il donpe^
ipur en prendre le plus qu'ils pepvent, s§p^ap|
que les intervalles entre ces saisons seraien|
pour eux un terns de disette et de jeune, s'iJf
Be s'en pourvoyaient pas suffisainment. Voici
de quelle maniere ils tont la peche des cWferen*
tes sortes de poissons qui entrent pModigpe*
ment dans leur ?iyiere. Ja M 'M\-
JI Us prennent le sfumom avgc de$ saing? ou,
au dard* Leurs saines sont fakes de fils d'oifi
tie, et out de quatrevipgt a cent bras^a de
longueur. Leurs dards, ou harpons, §e co^po-
sent de deux petits morceaux d'(^ reqourbes^
au milieu desquels ils placent im§ petite pointe
de ter longpe d environ un dejgi% pouce : ce%
deux morceaux dfos sont lie? fortement em
semble et se separent par le haut, pouif adip<%
tie le manche, qui est une longpe perche %
^eux fpu^ches* Quand ils frappent up ppissoiu
les deu& dards s'enfaiiee&t dans, sa chaii * el
iJilt
K-
rii I ffe peuf tjile Ik #ePWse qu'il donnfc, lorsqu*il
se sent attaint, nfc Mffipe le tnanche, qpi est
tfes faible, & cause d6 spn extrenie longueiii|
its le retirent, et I&issefrt nager le p&isS§n jus«
tffita G& que ses forces sofent epuiseefi &Vfc£ le§
tfilrdtf retenlis ail mandtee pair la ikft&ii
Lfeturg^lh se pfend a I'hamecjofi ou Su fil'efc
Les hamecjons stfdt ingt6flieusemdlt fflits de fer|
fet entctftilles d'une foite cotde d%rtie, pdti?
toifoppcher qu'ite ne &e tpmpent: ils gOPt plSitSi
fctfr uPfe coirde d'ecorcd d'M*re* a deux bv$sie%
de distance I'uP d§ 1'autfg. Ayant attache Pfti
^Sflloux de la peSSPtePf' de 15 on 18 livfles, a
¥&h des bout& de feettte cPrde, ils la jette'A* fed!
£ravfe&' dSPs la rifi&re* ayant soift dfe pp$£r UP0
tjf#fie<§ a i'autrfe borft* SPour appat, ils £fe ser-
tettt de p£tits poi&orii $fe Pe^pece SppeileeiPu-
ISfe'i lMr ^a§sdPt l'lfat&e§ori par les opfes, et
fe^ouvrSnl pour Alttiettre en longueurla cordg
qui le retient a la ligfne* Le petit ppfesotf ayant
fappai'dtf^ d'etre viv&nt, et la cPrde et&ftjt au
jj^u##t, l'eturggp'n mqu a vale 1'appat, H sg
tt6u^d pri& ' Qu6$que ce pois#OP s&it fert grds$
il ne fait presque point de resistance. Ils preni
fienf de eett§ manure jft$qp*£ 10 ou 12 etHftl
g&brfsf efi une s6Ule nuitl   Ltfs filets dont life sif
SJrfe&t ^ftir Jftiandte ce p^tsfcti® idni au&i fiftg
Hi
I I
ill'l
Ii
18?
4e fils d'ortie, et en forme d*e$|i>nnoir, ayant
pinq a six pieds de diametre a l'entree, et de
JO a 12 pieds de longueur. A l'extrepiite qui se
termine en pqinte, ils attachept un pe#t pior?
Ceau d'ecprce blanqhe. L'entree de l^ntpnnoir
s'ouvre et se ferme a volonte, au nioyen d'une
corde au bout de laquelle est attachee upe pier-
re de la pesanteur de sept a huit livres. Ubq
$utre corde e§t \\6e a un mprceau de bois ; de
piapiere que quand on tire la corde a laquell§
est attachee 1$ pie£i$, le sac se ferme, et qu'aij
|&ntraire il s'ouvre, quand on 1$ lac^e.
. Le filet et^nt ainsi prepare, deu:$ hopime$
9*epibarquept dans up petit capot, et tenant
chacun un bout de la corde, ils le laissept aller
au fond, et se laissent deriyer. L'eturgeoQ
cherchant sa proie, yoit l'objet blanc au fon4
du sac ; ii y penetre, et se heurtant contre lesj
parois, il s'agite j ce qui <*yer$it les p£cheurs4
qui ferment aussi.tdt le filet.    || %
Le petit poisson que nou§ primes pour de l'e-
perlan, et qpe les natprels (ippellent ouiheleka-
ne, se pedie a la puise ou au rateau : ce ra-
teau n'est autre chose qu'une lpngue jwerche, \
une des extremites de laquelle sont fixees dq
petites chevilles pointpes. En passant et re*
passant cette perche a Peau* Ton accroche^fe 189
poisson sur les chevilles, et |>on en a bientot
$£mpl|un canot. Les femmes le font secher,
£t lorsqu'il est sec, qjles l'etendent sur des
cordes a double rang, et d'une brasse de long.
Ce poisson est la pourriture principale des indi*
genes, pendant les mois d'Avril, de Mai et de
Juin || ceux du haut de la riviere 1'achetent des
autres; car la peche ne s'en etend pas plus
haut que chez les Chreluits5 a 15 lieues environ des bords de la mer. ^Ipl || :M
i Leurs canots, ou pirogues, sont tous faits de
£edre, et d'une seule piece: nous en vimes
qui avaient pres de cinq pieds de largeur et 30
pieds de longueur: ce sont les plus grands, et
lis peuyent porter 25 qu 30 hqmmes : les plus
petits n'en portent que|deux* Le devant se
termine en une pointe fort alongee, de maniere
flue de la solei ou fond du canot, a l'extremit^
de cette pointe, il n'y a pas moins de quatre oii
cinq pieds. t Ce devant ainsi fait sert agjfendre
la vague, qui autrement#ntrerait dans la pirogue, lorsque le fleuve est agite. Leurs avirons^,
pu pagaies, sont de frene, et ont environ cinq
piedsi||| longueur : le haut bout a une poignee
faite a pep pres comme le haut d'une bequilfgji*
la pale est decoupeefn demilune, ayantdeq^
gointes aigiie^ .^ yjtfe     „ ji ...,#• : $
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Leurs matsons, eonstruites de bois de cedre*
$ont remarquafcles par leur forme, et sftrtout.
par leur grandeur: il y en a gpi ont jusqu'i
£00 pieds de longueur, ejtpO ou 40 de largeun.
I^oici comment ils les batissent : ils enfpp&ehi
en terre des pieux de sept a huit pieds de Ion?
gueur, entre lesquels ils passent des pfenche^
et qu'ils lient par le haut avec de fortes copies %
a chaque bout du batiment, Us enfoncent ui|
poteau de 15 a 20 pieds de hauteur1 ces po*
teaux ont PPe entaillure a 1'extremite su|)e«
rieure, pour recevoir le faite : les che?rong$
attaches deux a deux,; passent par dessi^^t
faite,et reto^pfoent sur le bord des plaPches, qti|
iMlevent a environ cinq pieds de terre : le toit
est fait de planches posees en travers et atta*
ebees aui chevrops0 ■ Le feu se fait au milieil
4e la roaison, et la fumee sVchappe par un trSii
pratique audessus* Plusieurs families ftabite|||
ces gr|$nd;s Mtimens, se parses les uries del
autres par des clpisons. Les partes sont ovale^
par le hautj et fort ba&ses* J ;
La batterie:#e cuisine coniiste en plateaux
de frene, et en chaudieres de cedre de fo|ftier
quarree j avec ces seuls usteffsile^|#te J-epSsisi
sent a cuire leur 4|^issdtt £t leur viaPde, e*$
fioip§ d§ tepis qpe nous ne le fw&QM avecnoaf chaudrePs et nos marmites. Void comment
ils s'y prennent : ayant fait rougir un certain
nombre de caiUoux, ils les jettent tour | tour*
dans le vase qui doit contenir les alimens s
aussitot que 1'eau est bouijlante, ils y p-longen&
le poisson ou la yiande, et recouvrent le vase
avec de petites nattes de jonc, pour retenir la
vapeur; et la laissent ainsi, jusqu'a ce que le
met soit siiffisainmeet cuifc
RrjQn se demandera. sans doute dp quels iiistjruJ
mens se fervent ces sauvages dans la construe*-
iion de leurs pirogues et de leurs ipaisons?
Pour faire admirer leur patience etrleur Indus-*-
trie autant qu'elies pieritent de Vitre$ il iw
suffira pent etfe de dire, que nous oe trouvames
pas une seule hache parmi eux : les seuls oiitil]
mt ils se servaient consistaient en un cise;
de deux pouces^ ordinaireinept fabrique avec
une vieille lime, et en un marteau, qui n'etait
autre chose (ju'une pierre oblongue.    Avec ces
mediants instrumens,etcies coins faits de ncepds
cje pruche huiles et durcis au feu, ils entrepre«
naient d'abattre des cedres de quatre a cina
brasses de tour; les creusaient et les faconnaient
pour en faire des canots j les fendaient et les r«
duisaient en poutros et en pianda.es, pour hair
des maisam
life's
1 !
j||
li!
i\
J92T
CHAHTRE X3C
piiite des Moeiirs des Naturels de Columbia
Leurs Guerres-^L'eurs Epousailles-— Leur
Midecine—-Leitrs Funerailks—-Leurs notion!*
religieuses—Leur L'dnguK
La politique aes naturels de Columbia se re-
duit I peu de chose: chaque village a son chef f
mais ce chef ne parait pas exercer uhe grand^
autPrite sur $e$ concitoyerisi Cepdntlant, a si
mort on lui fend de grands honneurs; oil
prend une espece de deuil; on chante pendant plusieurs mois son oraisofl funebre* Ces
chefs ne sont considered (Jp'efi proportion de
leurs richesses : un tel a-t il beaucoup de
femmes, d'esclaves, de rassadeS, &c. c'est un
grand chef. Ces saiivage& se r&pprochePt par
la de certains peiiples civilises, chez qui le prht
d'un horn trie g'estime pat la quantite de l'or
qu'il possede.
Comme tous les villages forrtient autant de
petites Souverainetes indepehdantfcs les unes
des autres,- il s'eieVe soutfePt des differens, soit
<Hitre les chefs, soient entre les ttibusf* Ces Mm  -
-diiferens se terminent, pour l'ordinaire, p$f de$
compensations  equivalentes  a l'injure.     Ce-
pen dant, quand I'offense estgraye, comme un as?
.sassinat, (ce qui est assez rare,) ou l'enl&ve*
merit d'une femme, (ce qui est pssez corpmun,)
Jes parties s'etant assure d'up norpbre (le jeunes
gens qa'elles payent pour les aider, on se prepare a la guerre. JjMais avant d'en venir aux
mains, on donne avis du jour oil l'on ira at?
taquer le village ennemi j ne suivant pas en
xela 1'usage de presque tous les autres Ameri?
cains naturels, qui fondept sur leurs ennemis %
l'improviste,et mas^acrept pu epleyenthqmmes^
femmes, et enfans; ceux-ci, au cpntraire, s'em«
barquent dans leurs pirogues, qui, dans ces occasions sont  cpnduit.es  par les femmes, <  s$
rendept pres cfu village ennemi, entrent en
pourparler, et font tout ce qui depend d'eux
pour terminer le different, a I'^miable: quel,
quefojs une tierce partie se fait ipediatri<?e ep*
tre les deux premieres: celle-la garde un$ ex-
acte peutralite.    Si ceiix qui demandent justice ne l'obtiennent pas a leur gre, alors ils se
yetirent a quelque distance^ et le combat com-
rneuce, et se continue pendant quelque terns,
avec acharnement de part et d'autre j mais
s^ussitpt qu'un homipe ou deux tombent^ ceu;$.
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fli.l.
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<   . in ■■.
i® les percl&nt i'avouent vaincus, et le combat
fcesse. Si ce sont les gens du village attaqu6
qui ont le dessous, lib autres ne se retttent qu*a*
pres av^lr re9ii des present Lorsque le csom*
tat est difi&re au lendemain, car ils ne com*
fcattent guere qu'a la clarte <fu jqur, co#me
pour rendre la nature.temoin c|e leurs exploits,
lis poussent testate la nuit des cris affreux, et se
"Kefient les unl les autres, par des menaces, des
railleries, et des sarcasmes, a peu pres comme
les iMros d'H[omere et de Virgile, lprsqu'ils
cont assez pr£s pour s'entendre. Les femrties
et les enfans ont toujours lmsse le village avan^
tjue le combat commence.
Leurs copibats sont presque tous maritimes 5
car ils se battent ordinairement de dessus leurs>
pirogues, qu'ils ont soin de tenir penchees, pour
en presenter le flanc a 1'ennemi; et ou ils se
tiennent a demi couches: par ce moyen, ill
^vitent la plupart des traits lances contre eux#
p. Leurs armes offensives sont Tare et la flechef
et une esp£ce de sabre dont la lame a deux
Iranchans, et environ deux pieds et demi de
longueur et six pouces de Iarge&r: ils com*
battent rarement d'assez pr&s pour s'en s&vir.
lis portent pour armes defensives ufle casaque
de peau de cerf double, a laquelle ils font des 9$
* -r>? * ■> »-
feus pour passer les bras, et qu'ils jettent sur
leurs epaulep. Cette casaque |Ieur descend
jusqu'a la cheville du pied: die est impenetrable aux Heches, qui ne peuvent traverser lef
deux doubfes de cuir; et comme leur tete est
aussi couverte d'une esp&ce de casque* le c6i$
£st presque la seule partie du tbrps par ou ils?
puissent etre blesses, lis ont une autre es-
pece de cuirasse, qui est un corset fait de la*
jnines (Tun bois foft dur, entrdacees de fils
d'ortiel Le gufrribf qui revet ee corset ne pdtte
point la casaque de peSts 4e eerf f il est iin peg,
inoins a convert* mais beaucbup plus libre J cett$
derniere irniuf e etant fort pesante et fort roide.
i|' Nous les trduvariies en possession de quejques
armes a feu, triati n'ayant pas de poiidre, ils ne
J)ouvaient en faire auciih usage : et jpbur bierjt
dire, un tres petit iionibre d'entr'fePx avaient
&ppris a s'eri servir. ,-,, j_ .-, ■'-'«'■■■ %■■' II
11 est preique inutile de dire que dans leurs
expeditions guerriei*es, ils ont le corps et le
visage barbbuilles de diverses peintures, et sou«
l^ent de la Mahiere la plus bisarre. Je me sou*
tietis d'avoir vu le chef des Cathlanaminimin^
Vetiu au iecdurs des Thlacatama* contre le$
Kelemoux, une exacte moitie du visage peiaft
nrx blanc, et I'autre moitie ea noir*
till &■
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r Leurs 6pausailles se font avefc assez^fde sc#«
lemnite. Des qu'un jeune homme recherche
une fille en mariage* les parens de l'amant font
des propositions a ceux de l'amante, et lors^
qu'on est convenu des presens que doit donneil
le futur epoux aux parens de sa future epousef
les parties se rendent au logis de cette derw
jiiere, ou tous les pfoches sdnt invites a se
trouver. Les presens, qui consistent en esclaves, rassades* bracelets de cuivre, hdiqucfy
tuc. sont distribues par le jeune homme, qui^
de son c6te, en re$oit autant, et quelquefois
davantage, selon les facultes ou la munificence
des parens de la fiancee* Celle-ci est alors
amenee par les vieilles matrones et presentee
au jeune homme, qui la prend pour sa femmejr
apres quoi chacun se retire.      ;|8r        lp
Les hommes ne sont pas fort scrupuleux suf
leur choix, et ne s'informent guere de la con-
$luite qu'atenueune jeune fille avant sesnoeesf
et il faut avouer qu'il se ferait peu de mariages,
si les gar$ons ne voulaient epouser que des
lilies sans reproches du cote de la chastete j
*car dies ne sont nullement scrupuleuses sur
eet article, et les parens leur donnei|t a peu pres
4a 4essus liberte franche. Mais des que jfe
aura age est oontracte, les epoux se gardens 1S»7
Pun a 1'autre une fidelite inviolable : r'adul*
tere est presque inconnu parmi eux, et la femme
qui  s'en  rendrait  coupable  serait  punie de
mort.    Cependant* le mari peut repudrer sa;
femme, et celle-ci peut se Her par le manage k
un autre homme*    La polygamie est en usage
chez ces sauvages ; il y en a qui ont jusqu'a
quatre et cinq femmes : et quoique souvent ii
arrive que le mari en aime une plus que les
autres, elles ne montrent jamais de jalousie, et
vivent entr'elles dans le plus parfait accord.
,:  II y a des charlatans partout, mais ils sont
plus nombreux chez les sauvages qu'ailleurs*
I parceque chez ces peuples ignorans et super-
stitieux, le metier est plus profitable et moins
dangereux.    Des qu'un nature! de Columbia
se sent indispose, n'importe de quelle maladie^
on fait venir le medecin, qui commence ses
operations comme suit I le malade est etendu
sur le dos | ses parens et ses amis sont ranges
autour de lui* tenant chacfflt un loim baton
d'une main* et un plus court de 1'autre: le
medecin entonne un air lugubre, et les per*
sonnes presentes chantent le meme air, en bat-
tant la mesure avec leurs batons,    Quelque-
fois on fait monter un esclave sur le toit de la
maison, ou il frappe a coups redoubles sur le£
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pp. I
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: . "ri!J!i
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flatsche^ cliantant comme ceux qui sont dani
'interieuh Pendant ce terns \a, le mededti
;availle I guerir le malade, se mettant pouf
cela a genoux devant lui, et liii appuyant, de
toutes ses forces, ses deux poings dans l'est-6*
iliac. La douletir que cause au malade cette
operation violente lui fait jetter des cris per-*
§ants | mail le dbcteur chantarit alors bea.ui
fcoup plus fortj et les assistants a son eiemple^
a voix du pauvre malade se irouve etouffee
at celles del autres, A la fin de chaque
Stance oil couplet, le medecin, joignaht les
deux liiaiiis, les approche de ses (evres e|
souffle dessus: cette operation ie repete jus*
iju'a ce qu'il ait fait soitif de Sa bouche un#
petite pierre blanche qu'il yavait mise d'atvanc&l
II va ensuite mbntrer cette pierre d'un air de
iriomphe a ceui qui s*interessent a la sliite dii
inalade^ leur disant que le mal est arrache, et
que le malade ne peut mafiquer de gtieriri J'ent
ai vu qui ehveloppaient precieusemeht la sourci
flu mal, dans un morceau d'ecorce, et la jettaient
6u feu en soufflant dessus. C'est ainsi que cei
jongleurs en imposent a ces simples et credules
enfansdj^la nature, Deiii il arrive souvent
qu'un malade qui aurait ete sauve par une
aignee, ou par urn simple purgatif, est e&lev£
V |>ar tine mort prompte* Au reste, que le ma-
fade meure ou se retabiis.se, le charlatan est
foujouiSj comme chez nous, egalement bien
recompense. f^Queiques uns des plus avises
s'appercjoivent sans doute de 1'imposture de
ces jongleurs; mais la crainte de deplaire a
la multitude superstitieuse, les emp6che d'ou-
%rir la bouche.
p lis deposent leurs marts dans des canots, sur
des rochers assez eleves pour que les eaux du
printems ne les haignent pas. On met a cote
dudefunt son arc** ses flep|iesf et quelques uns
Hie ses ustensiles : ses |emmes,ses parens, etses
esclaves se coupent les cheveux, en signe de
deuil, et vont pendant plusieurs jours, au lever
et au coucher du soleil,a quelque distance du
Village, chanter une chanson funebre.
Ces peuples n'ont point* a proprement par-
ler, de culte public* Je ne pus jamais, durant
tnon sijour parmi eux, m'appercevoir qu'ils
adorassent aucune idole. lis avaiefipt pourtant
Me petites figulfes sculptees, mais ils ne parais-
saient pasfen faire grand I cas, offrant de
fious les edianger contre des bagatelles.
Ayant voyage avec un des fils du chef des
Chinouques, (Comcomle,) jeune homme intel*
Jpjgent et eommunicatif, je lui fis plusieurs ques*
Iff
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lions concernant leur crqyance religieuse, e£
voici en substance ce qu'il m'en dit §  Les
hommes, suivant eux, furerit crees par une di*
vinite  qu'ils  nomment  Etalapasse;  mais ilg
etaient imparfaits, ayant une bouche qui n'etait
point fendue, des yeux qui n'etaient points ou-
verts, des mains et des pieds qui n'etaient
points mobiles ; en un mot, c'staient plutot
des statues de chair que de veritables hommes.
Une seconde divinite, qu'ils appellent Ecan?
num, moins puissante, mais plus benigne que
la premiere, ayant vu les hommes dans leur
etat d'imperfection, prit une pierre aigiie, et
leur ouvrit la bouch-e et les yeux : die donna
Pagilite & leurs pieds et a leurs mains,    Cette
divinite compatissante ne se contenta pas decea
premiers bienfaits; die enseigna aux hommea
a faire des  pirogues,  des  pagaies, des  filets^
en un mot, tous les ustengiies dont ils se seiv
vent.   Elle fit plus encore j  elle renversa des
rochers dans le fieuve, pour l'obstruer et faire
rassembler le poisson, afin qu'ils en pusser;t
prendre autant qu'il l?ur en faudrait
Les naturels de Columbia croient que \e$
hommes qui auront ete bon§ ^itoyens, bons.
peres, bons maris, et bons pecheurs, qui n'au#
sont pas tue, &cy seront parfaitetneijt ^ejjre^* £01
1
igtpfes leitr mort, qu'ils iront dans un pays oh
ils trouveront du poisson, des fruits, &c. en
abondance; et qu'aii contraire|eeux qui auront
mal vecu, habiteront un pays de jeune, ou
ils ne mangeront que des racines ameres, et ne
boiront que die 1'eau salee; |?   ^ §!
Si ces notions sur 1'origine et la destination
future de Phomme, ne sont pas exactement
conformed a la saine raison, on conviendra du
moins qu'o3| n9y remarque pas ces absurdite&
dont fourmillent les mythologies de presque
tous les anciens peuples de l'Asie et de l'Eu-
rope.   L'article qui fait de i'habilete a prendre
du poisson ube-vertu digne d'etre recompensee
dans 1'autre monde, ne defigure pas t&ntfle
dogme salutaire et conselant de 1'immortalite
de Famei et des peines et des recompenses futures, qu'on serait tente de le croire d'abord 5
car si 1'on y reflechit un peu, on concevra que
le boo pecheur, en travaillant pour lui-meme,
travaille aussi pour la societe : c'est un citoyeu
utile qui contribue, autant qu'il est en lui, a eloigner de ses semblables, le fieau de la*?amine |
e'estun homme religieux, qui honore la divinite*
en faisant usage de ses bienfaits* .....
On ne doit pas s'attendre que des hommes
parfaitement igiaorants soient exempts de su-»
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j)erstEions : une des plus ridicules a rappopE$#
la maniere d'appreter et de manger le poisson*
Dans le mois de Juiliet, 1811, ils ne nous ap»
porterent d'abord Ifu'un petit nombre de sail*
mons a la fofsi dans la crainte que nous ne les
coupassions en travers; persuade que si nous
le faisions, le fieave serait obstrue, et 1# peche
infructueuse. Ayant fait des reproches aui
chefs k ce sujet, ils nous en apporterent une
assez grande quantite, mais tout r&tis, et qu'il
nous fallut manger, pour ne pas leur deplaire,
avant le cbucher du soleil. Ilassures enfin>
par les pf^messes sofemnelles que nous leur
fimes de ne pas cooper- le saumon en travers,
lis nous en fournirent abondamment, pendant
tout le tems de la peehe.
* Malgre les vices que I'on petit reprocher au&
iiaturels de Columbia, je les crois plus proches
tie l'e'tat de civilisation qu'aucune des tribus
qui habitent a PEst des Montagnes de Roches,*
lis ne m'ont pas paru tellement attaches MeurS
habitudes qu'ils ne puissent adopter facilement: I
celles des peuples civilises: ils s'Mbilleraie|||
volontiers a PEuropeenne* s'iis avaient les moy»
ens de se procurer des etoffes. fPour encoifl
rager ce gout parmi eux, nous pretions des culottes aux chefs, toutes les fois qu'ils voulaieiSI
w C-/. V£L*  .fv.'lr^CtZ    v^^^J^^L^Jj ^     J^Q f
80$     %
©ntrer dans nos maisons, ne leuf permettant
jamais de le faire pus. Ils possedent, en un
degre eminent, les qualites opposees a la pa-
resse, a 1'imprevayance, et 3 1& stupidite : les
ehefs surtout se distipgu^pt par leur bon sens
et leur intelligence, Geperalepient parlant,
ils ont tous 1'intellect prompt, et la memoire
tenace: j'eus occasion de reoi§rquer particu-
lierement cette derniere qualite d$ps Comcom-
le: ce vieux chef apant ete surlf>mvire 1'Albatross, il reconnut d'abord le Capit%ipe Smitfe,
qu'il avait vu en 1810 ; il reconnut de merpe
son second, quoiqui'il y e\j| seize ans; que ce
dernier ne fut venu a la Riviere Columbia.
L'ayant apper^u, ii s'approcha de Jpi, e%. lui
dit, en $pn langage, Ship Bowles; voulant lu|
faire entendre qu'il l'avait vu autrefois, sur ua *
navire que commandait le Capitaine Bowles\
ce que le second nous dit £tre vrai. ^
II ne me reste plus qu'a dire tin. mot de }a
langue Chinouque, ou Tchinouke, qui est celle
que parlent tous les indigenes depuis i'embou-
chur^ de la Riviere Columbia jusqu'aux chutes,
Cette langue est dure, et d'upe prononciation
difficile pour les etrangers, etant remplie d'as-
pirations gutturales, comme celle des monti-
gnards d'Ucosse^  Les Tchinoukes ne cpnnai&-
ii
k
i\
v~/
rv
**
,7.
mm
mm
fa a,
m il
llll
Oil!!
|ent point les consonnes F, V, &c. Us n*on|
pas non plus notre R, mais une forte articula*
tion gutturale qui approche un peu du son 3$
cette lettre prononcee en grassayant, comme
dans Cfireluit, ou mieux peut-etre Hreluit*
Les combinaisons thl ou // et It sont frequentes
dans le Tchinouke, comme dans le Mexicain.
Je mettrai, pour me conformer a 1'usage re$u«
quelques mots de cette langue sous les yeux
du lecteur, bien que je sente la presque inutility
d'une telle nomenclature**       %      i|       ■"'ffffl
s Quelgues mots de la langue Chinouque ou
m        ' ..  Tchinouke. §     --^Rr- "
IZtalapasse, Dieu,  ou    Elaighte, esclave*
1'Etre Supreme.
JEkannum, le bon Es
prit des Eaux.
Tilikum, les hommes*
Chouttilikum, des horn
mes.
Tanasse, enfant*
Olikl fille. j|   fjP:v ;
Ibikats, le nez.
Tlaolth, du sang*
Outlah, le soldi.
Ocoutlamaine, la luna
Papische aiyonJcs? Eu»    Ilekai, la terre.
ropeens.
K outane, cheval.
JCatnoux, chien.Jp
MoulaJc, chevreuil
J&quannet, saumon,
Icanneve, pirogue*
/$&'&, pagaie.p -^
Thlipaight, corde*
Olo, la faim.       *
Pattatch, un present Passischqua, couverte.    Takut, six.
Passische, drap. Sinebakust, sept*
jfaienoulk, tabacu
Pousk, navire*
SakquaUal, fusiU
Oudpto, patates
Chalaks, fache, ee*
JSIdika, mon, ma*
Icht, un, une.
JMtakust, deuXt
Thloun, trois%
Lakut, quatre.
Stouktekane, huift
Quaiust, neuf.
ItalUlum^ dix.
Ekoun-icht, onze.
Ekoun-makust, douze*
et ainsi de suite.
Makust Thlalt, vingts,
«A^ ou A7«r4 non, ne*
pas,
Kantchick, quand?
Ouinapi, biciitoi*
Quannum, cinq*
iSfe J&fcA, je t'aime*      *
Kakhpah emoreya I ou vas-tir?
Kantchik alachoya ? quand pars-tu ?
KantcMk euskoya % quand reviendras-tu %
JSIixt enethlitkal, tu ne comprends pas,
Mitiaight o kok, assieds-toi-la.
Tane tse koulama, montre-moi ta pipe*
Patlatch nain maika ? veux-tu me la donner?
Jkta mika makoumak? Que veux-tu manger?
Thlounasse oliU, peut etre des fruits.
Nix, quatiasse moulah thlouskf Non, donne*
Iftpi de la viand^
J
il
Hill II
I
WW.
, CHAPITRE
epart du Fort-G^rge-~~Accident—Passage
des Dalles, des Plaines de Columbia, <§r.—
Aspect du pays---Les Rivieres Walwwala et
(jhahaptin—Serpens a Sonnettes, $c.—Quelques details sur les Naturels du Haut de la
Riviere Columbia^
Nous quittances le Port-George, le Lundi
matin, 4 Ayril, sur 10 canots, dont dnq etaiept
cPecorce, et cinq de bois de cedre, portant
chacun sept hommes d'equipage et deux gas-
sagers, tous biep armes* MM. J. G. M'Ta-
viah, D. Stuart, J. Clarke, R. Fillet, W. Wal-
|ace, P. M'Gillis, D. M'Kenzie, &c* etaient du
voyage. II ne nous arriva rien de remarquable
jusqu'au premier rapide. ou nous arrivames le
10. Le portage se fit aussitot, et nous cam-
pames sur une ile pour la nuit. Notre grand
nombre avait fait prendre la fuifce | la plupart
des naturels, et ceux qui etaient restes dans les
villages montrerent des dispositions tres paq|-
fiques. lis nous vendirent quatre chevaux et
tme trentaine de chiena. •■■Ill
E ifNous nous remimes en route le 11, de grand.
matin. Le vent etait favorable, mais soufflait
avec violence. Sur le soir, le canot dans le-
quel etait Mr. M'Tavish s'emplit, en 4oubIant
une pointe de rocher, et coula bas. IHeureuBe*
tnent la riviere n'etait pas profonde en cet eiii
droit j personne ne se noya, et Von parvlni k
sauver tout le bagage* Cet accident nous
obligea a camper de bonne heure.
v Le 12, nous arrivames a un rapide appeft!
les Dalies .* c'est uii canal creuse par la nature dans des rochers qui sont presque partout
coupes perpendiculairementJ ce canal a Jraif
ou quatre cents pieds delargeur, et environ deux
milles de longueur. ; Le portage nous fjccup^
jusqu'a la brune* Quoique nous n'eussions pa$
vu un seul sauvage, dans le cours de la journ^e4
nous fimes sentinelle toute la nuit 5 care'etaS
la que MM. Stuart et Reed avaient eteattaques
par les naturels. *
»• Le IS, nous fxmes deux portages, et rencoiii
frames des sauvages, de qui nous achetames
des chevaux, et du .bois. Nous camples jl
bonne heure, sur une plaine sablonneuse, oi\
nous passames une mauvaise nuit: le vent,
qui soufflait avec impetuosite, elevait de£ tou$
Dillons de poussiere qui nous incommodaiei$ n
SOS
■ =' il
m
•I
II
6J
iii
1!
kaucoup,  et   souillaient   nog   provisions d&
bouche. • ...       :
* Le 14 et le 15; nous passames ce qu'on ap*
pelle les Plaines de Columbia. Depuis le haut
du premier rapide jusqu'ici, l'aspect du pay*
devient de plus en plus triste et desagreablef
on ne rencontre d'abord que des c6tes pelees
qui offrent a peine a la vue quelques pins isoles^
et a uiie grande distance Pun de 1'autre : eP*
suite le terrain, depouille de verdure, ne laisse
pas meme appercevoir un seul arbuste : le peii
d'herbe qui croit sur ce sol aride paraitybrul£
par J'aprete du climat. Les naturels qui fre*
quentent les bords de la riviere, pour la peche
du saumon, n'ont d'autre bois que celui qu'ils
attrappent a la derive. Nous passames plusieurs rapides, et arrivames a une petite riviere
appellee   T tala.    Cette riviere vient du S» E#
Le 16, nous trouvames la riviere plus etroiter
les cotes s'elevaient de chaque c6te* sans nean-
ttioins presenter un seul arbre a la vue. Nous
parvirmes a la riviere Wakmala, qui se jettft
dans la Columbia au S. E. Cette riviere a pea
de largeur a son confluent^ et n'est pas navigable a une grande distance; On appercpoit an
S. E. une rangee de montagnes* a la distance
d'a peu pres 15 ou 20 lieues,    Derriere cep IfrioPtitgnes, le jf>ays devient encore plat et §0
||>lbftneux, et est habite par les sauvages appei-
ies  Serpens.     Nous  trouvames,   sur  la  rive
gauchef|du  Walawala, un campement de sauvages, consistant en une vingtame de loges ou
Itabanes.    Ils nous vendirent six chiens et huit
chevaux, la  plupart <fort maigres*    Nous en
Jluames deux : je montai sur un des six qui res-
taient; Mr, Ross en fit autant; et nous con-
duisimes les quatre autres devant nous.    Sur
le declin^du jour, nous passames la riviere
Lewis, appellee Chahaptin, dans la langue du
pays-    Cette riviere vient du S. E. et est la
meme quefelescendirent Lewis et Clarke, en
§1805.    Le Chahaptin me parut avoir peu de
profondeur, et environ 200 toises de largeur, a
son entree*
Le pays par lequel nous venions de passer
est un compose de eoteaux, de rochers escar-
pes, et de vallons converts d'absynthe, dont les
tiges ont pres de six pouces de diametre, mk
pourraient servir a faire du feu, Nous tuames
six serpens a sonnettes le 15, et le 16 nous en
vimes encore plusieurs parmi les rochers. Ces
reptiles dangereux p&raissent £tre en grand
nombre dans cette partie du pays. Les plaines
Ippnt aussi habitees par un petit quadrupede de
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Mit a neuf pouces de longueur seulement, c$
d'une forme approc&ante de celle du chien.
Ces animaux ont le poil (run roux terne, les
pattes de devant fortes et munies de longues
'griffes, qui leur servent a creuser leur demeure
sous terre. Ils sont tres curieux : aussitot
qu'ils entendent du bruit, ils sortent de leurs
trous, et se mettent a aboyer* lis ne sont pas
mediants, et s'apprivoisent facilement.
Les naturels du haut de la Riviere Columbia, a partir des rapides, different essentielle-
ment par le langage, les moeurs, et les habitudes, tie ceux dont il a ete parle dans les cha-
pitres precedents.    Ceux-ci n'habitent  point
dans des villages, mats sont errants, comme les
Tartares et les Arabes du desert: leurs femmes
sont plus industrieuses, et leurs filled plus j^e-
tenues que celles des peuplades du bas de la
riviere.    Ils ne vont point nus, mais portent
des habits faits de peaux de daim, qu'ils ont
soin de frotter avec de la terre blanche, pour
les tenir propres.    On les voit presque toujours
a cheval : ils sont en general bons cavaliers :
ifa poursuivent le daim, et penetrent jusqtyfeu
Missouri, pour tuer le boeuf Illinois, dont ils
font secher la chair, et qu'ils apportent sur
leurs cxivaux, pour en faire leur principals m
liourriture, durantrhiver Ces voyages ne sont
pas pour eux sans dangers ;, car ils, ont beaucoup a apprehender de la part des Pieds-Noir s,
leurs ennemis.    Gommq cetje tribu   est, puis»
sante et feroce, les Serpens* les Nez-Perces, ou
Chaliaptins, les  Teies»Plattes, &c.  font c^use
commune, et se liguent, contre die, lorsqu'il
s'agit d'alier faire la chasse a l'Est des Montagues    Us partent avec leurs families, et sou-
vent la cavalcade se monte-a 2000 chevaux.
Quand ils out le bonheur d# ne pas rencontrer
Pennemi,, la chasse est ordinairement bonne |
ilschargent upe partie de leurs chevaux de la
venaison, et s'en retournent che£§eux, pour
passer tranquillemept I'hiver^Quelquefcis, au
contraire, ils sont&tellement harasses par les
Pieds-Noirs, qui fpndent.sur eux de nuit, et
leur enlevent leurs, chevaux, qu'ils sont con?
faints d^ s'en revepir sans avoir fait de chasse,
et alors ils n'ont que des racines. pour nouni*
tare, durapt tout I'hiveii
,.   Ces sauvages sont passionnespourdes courses
de chevaux: les pans qu'ils font en ces occasions vont quelquefpis jusqu?a;les depotsiller de
tout ce qu'ils possedent.    Les femmes vpnt a
chevai comrpe les hommes.    Itin guise de bride,
ils.se servent d'une corde j|S£e de cMf&de chq-
K qu'ils attacbent a la bouche de l'aaurft*
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La selle est un coussin tres propre a l*usag^
auquel il est destine, bl.essant rarement le che?*t
val, et ne fatigudnt pas le cavalier autant que
nos selles Europeenes. ftLes etriers sont des
morceauxde bois fort.ingenieusement travailles*
replies, et de meme forme que ceux dorit on
$e sert dans les pays civilises* Ces morceaux
de bois sont reconverts d'une piece de peau de
-chevreu.il posee humide, et qui en sechant,. se
roidit, et devient dureet ferme, ^S
Ilis  se procurent leurs, chevaux parn$| les
troupeaux de ces animauxftnarons qui se vexm
contrent  quelquefoisr au nombre de^plle a
quinze cents.,    Ces chevaux viennent du Nou*
veau  Mexique,  etsopt de  race  Espagnole*
Nous en #$mes pieipe qui avaient ete etempes
par des Espagnols*/ Quelques una de nos, gens,
qui avaient penetre  au sud, me ^jirent qu'ils
avaient vu.& des brides dont les piords  leur
avaientflparu d'argeft^    La forme des selles
dont les femmes se servent prouve qu'ils ont
pris modele sur le§§selles Espagnoles destinees
au meme usage    Un des assoeies du Nord-
Ouest, (Mr. J. G. MpTavish,} pons assuraavoif
vu, chez la nation des Spokanes|une vieille
femme qui lui flit qu'elle avait vu des hommeSs
blancs occupes au labourage : elle lui dit qu'llle
avait&u aus&i des eglises, ce qu'eile faisait en*
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tendre, en imitant le son d'une cloche tiree
par une corde : et pour confirmer encore da-
rtantage ce qu'elle disait, elle fit devant hji le
signe de la croix. Ce monsieur en conclut
qu'elle avait ete faite prisonmere, et vendue
aux Espagnols qui habitent les rives superieures
de la riviere Del Norte^ laquelle doit prendre
<$a source au sud d'une chaine de montagnes
qui fut appercjue distinctement par MM, Hunt
et M'Kenzie, lorsqu'ils traverserent le continent, pour se rendre a la Riviere Columbia.
Comme la maniere de prendre les chevaux
marons ne doit pas etre generalement connue
de mes lecteuzs, je la rapporterai ici en peu de
mots,    Le sauvage qui veut prendre des die*
vaux, monte sur un de ses meiileurs coursiers,
muni d'une longue corde faite de crip de cheval, et dont un des bouts est en noeud coulant j
arrive pres d'un troupeau, ii sejette.au milieut
et lan9ant sa corde, il la passe adroitement sufr-
la tete du cheval qu?|l  veut  prendre ; puis?
tournant promptemeilt sop ceursier, il tire la
corde apres lui: le cheval, se sentant etrangle%
fait peu de resistance; le sauvage s'approche
alors, lui attache les deux pieds de devant, et
le laisse, jusqu'a ce qu'il en ait pris ainsi le nombre qu'il veut emmenenj II les conduit en«
suite devant lui, et les dompte au besoia.
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CHAPITRE XXII.
Rencontre de la Veuve d9un Chasseur—Son R4*
mfcit—Reflexion de I'Auteur-—Rapide du Pre*
tre<—Rhiere   Okenakane—*Saut   des   Chau~
dieres—Mousse de Pin—Rarete de Vivres
^Rivieres, Lacs, §c.—-Accide7ii^**Rencontre
Vue des Montagnes de Roche
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Le 1§|, la fatigue que j'avais eprouvee .1
cheval, la veille, m'obligea a rembarquer dana
mon canot.    Vers huit heures, nous passames
tine petite riviere venant du N. O.    Nous ap«*
percentiles bientot apres, des canots qui faisaient
force de rames pour nous atteindre.    Comme
nous poursuivions toujours notre route, nous
entendimes une voix d'enfant nous crier en
Fra^ais, | arretez done, arrete? done."    Nous
mimes a terre, et les canots pous ayant joints,
nous reconnftmes, dans 1'un d'eux, la femme et
les enfans d'un nommepPierre Dorion, chasseur, qui avait ete envoye avec un parti de
liuit hommes, sous la conduite de Mr. J; Reed*
pour faire des vivres chez la nation des Sei>
pens.   Cetteifenime nous apprit la fin mak
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M heureuse de tous ceux qui composaient ce parfeu
Elle nous dit que, dans le cours du mois de
Janvier, les chaSvSieurs s'etant disperses 9a et la,
afin de tendre leurs pieges pour prendre le castor, les nommes, Jacob Peznor, Gilles Leclerc,
et Pierre Dorion, son mari, avaient ete attaques
par les naturels; que Leclerc, qui n'etait que
blesse, s'etait rendu a sa tente, ou il etait mort,
au bout de quelques instans, apres lui avoir eu
annonce que son mari avait ete tue; qu'elle
avait aussitot pris deux chevaux qui etaient
restes pres de sa loge, avait tait monter dessus
ses deux enfans, et avait gagne en toute hate
le poste de Mr. Reed, qui etait eloigne d'envi*
ron cinq jours de marche de l^ndroit ou son
mari avait ete tue ; que son etonnement et son
inquietude avaient  etefextremes, lorsqu'elle
avait trouve la maison deserte, et apper^u quelques traces de sang ; que ne doutant pas que
Mr. Reed n'eut ete massacre, elle s'etait en-
fuie, sans perdre de terns, vers les montagnes,
au sud de la riviere Walawala, ou elle avait
passe 1'hiver, ayant tue les deux chevaux, pour
se nourrir, elle et ses enfans ; quSenfin, se voy-
ant sans vivres, elle avait pris le parti de redes-
cendre les montagnes, et de gagner les bords
du Tacoutche Tesse, dans 1'esperance de rei||
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l^ntref d^^uwges plus h|Piains, qui la lais*
llraierit subsister parmi eux, jusqu'a I'arrivel
des canots, qu'elle savait devMr remontdf
riviere, au printems* Les sauvages du Wz
wala avaiShi en effet accfdlli cette femme
avec beaucolip d^hppitalite, et c'etaient eux
qui nous l'amenaient, ffN'ous leur fime^qud-
ques presens, pour les dedomi|l§jer"^d^^Pli
soins el de leurs peines, et ils s'en retournerent
satisfaits. W-','"' '"'"'"■]. '"^—y : *■ y:]":^-' ''vlf|
Les personPes qui perirent dans ce ffialleu-
Teux hivernement, etaientyM^^Johi^Rfed,
fe)mnis,) Jacob Peznor, Johiip Hobhough,
Pierre Dor ion, (chasseurs,)flGilIiI Leelerc^
Francois LandrJ|* J. Bte> Turcot,$^ndre La-
chapSlle, et Pierre Delaunay. jfNous ne dou-
tames pas tjije citte boucherie ne futtune ven-
^ance exfrcee contre nous par les i^tufels,
poj^pa'pnort d'un lies leuf^|^i%^les gfens cfjl
parti de Mr, Clarke avaient {Pplu pour vol,
le printems i'auparavariSr Ce fait, leltPassacre
de l'equipage du To^pin, la fin lAlheureuse
dulCapitaine Cook, et beaucoup d'autres ex-
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* Landry mourut dans le mois de Novembre, des ecrouelles.
Delaunay avait laisse Mr. Reed, des( Pautomne, et n'a^aj^pil
6te vu depuis. C'etait un|metif d'une humour acariatre, qui
s'etait marie | une femme du pays. ettiples semblable^ proi^|pt |bmbien les Eu«
rope^hs qui ont des relations avec des peuples
barbares, doivent se garder d'eh agir a leup
£gard sur le pj$d d'une ineg||ite ||bp mar-
<|Liee> ou de les gpiiir de leurs tc|ts, d'apres
de§ Usages, et des codes, ou souvent il y a une
disproportion |norme entre les delits et les
peines.    Sfc eel punitfens, prei^ndues exem-
• •■• ^MW^W^Wg*'        •< - 81k.-  ■ 'fW
plaires, paribssent avoir d'abordun bdn effet, elles
en ont presque toujours de terribles par la su|te»
; ;$<e 18, nous pass&mes le Rapide du Pr6ti|j§j
ainsi nomme par Mr. Stuart et ses gens, qiiiyirent
aupres, en 1811, uri nombre deifauvages, ip^
desqgj|ds faisai des asper&ens, et autres ci&e-
monies; qui avaient l'ait d'etre des imitMio^
grossiere&   de|celles    dtf: culte    cathblique*
Nous rexiconiraraeS des sauvagj^ de qui x|wir:
achetames deux chevauXo    Les bords de la riU
viere sont en cet endroit assez deves* mais 1'ih|,
terieur du pays est plat et uni.      :
H§L'e 20, nous ari#ames a un endrbit oii le lit
de la riviere se resserre extremement, £t ou il
nous fallut faire portage.    MM. L Stuart et
Jtoss nous quitterent, p^ir se rendre a cheval,
a retablissement de Spokane, afin d'y faire
preparer les vivres qui nous seraient necessaires
pour continuer notre voyage*   ?      ,:<
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ML^pl^oilfegrea trois canots leg%s, suf lep
quels ceux qui devaiefjlt traverser le continent
6'embarquerent, pour faire plus H^diligence.
Nous passames plusieurs rapides, et commen*
£ames a voir des montagnes c^uvertes de neige.
Le 22, nous commengames a ^oiigquelqu^
pins fur la cime des coteaux vpisins ; et le soiiy
nous campanles sous des arbrei^ ce qui ne nous
etaitipas arrive depuis le 12. ^ ^^^
Le 23, vers rie'lif hlbres du mating nous ar*
rivames at! pds|e que Mr; D. Stuart ajpit etabli
a l'entre||de la flfviere Okenakape. L'endroit
nous paruticharmaftt, en comparaison dt||pays
jj|r lequel nous voyagions depiais 12 jours : le&
deux rivieres* et d'immehses prairies couvertes
d'tpe belle verdure, frappent agreablement lqs
yeux de 1'Jbservateur ; Aiais il n'y a^ni arbre
ni arbuste potlr diversifier la scene, e|Ja rendre
un peugmoins^iue et moins monotone% No|||
trouvames a ce poste, MM. JosgM'Gillivray
et K^ss. Mr. O. Montigny, qui s'etait engag£
a l^||lornp|gnie du N. O. y depaeura aussi, et
me chargea d'une lettreipour son frere.    #
Nous nous rembarquames vers midi, pout
conUnuer notre route. Apres avoir passe sans
accident plusieurs|fapides dangereux, toujours
par un pays entrecoupe de rochers escarpes* de
( '!l .1 ml
(Sollines, et de paries verdoyan^s, nous Jm-
y3i^s,§le 29, at|J portage de^iCha^die|tes.
C$p$t une chutego^l'eau se precipite d'ui*
Ittpher de mari|r^,^pq, veine de rouge et de
&ert, aui traverse la riviere dtt NsQ. au S. Ii
pPl|fP&~ >r "■ -111*
Noiis finies ^ussitot I9 portage, et l||i& cam*
pames sur le bord d'une pr^iriejjharmante,
|| Nops trouvames jHwiendrqit d^ sauvage?
gui jeunaient, a ce qu'ils nous dirent, de^iis
plusieurs jours. OTs^araissaien|^effect^emerit
red|Sts^^Jetat le plug deplorable, n'a^tnt plus
que la peau,|^ lesWm et pouvant a|peine se
trainer. C'egt ce qyi arrive soufent a cea
||auvres gejjs* quand leur chasse n'a pas et£
productive;. leur principale nourriture ne consist an triors; qu'en mousse de pint qu'ils font
cuii^, et qu'ils reduisent en une esp^ce #e
colle, ou pate noire* a^sez epaisse pour prendre
la forme de pains ou de biscuits. J'eus la cu-
riosite de gouter de ce pain^ et je crus avoir
mis dans ma^bouche un morceau d^savon*
Gependant des gens qui avaient mange de^ette
colle, me dirent que lorsqu'elle est faite depuis
peu, elle a un assez bon gout avec layiande. JI
Le 30, lorsque nous etions encore canptpes
audessus des Chaudieres, MM<f J. Stuart et
£larke, arriverent du poste de Spokane*| J^e
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<3ftip mon tilt If cheval de la plus hautPtailll;
et de^plus belli efi|blure, que j'eusse fbcore
Wtdans dife quarters : lSlSr. Stuaft etait %>mb£
piu sien, en ifeulant le passer, et s'etlit faif|
bea|feoup||de  mal.    Ces  mfssi||irs   ne  nils
ayant j^s appdfte les v^ps qtll dp& atten-
jftiofpi, pai^^®^^cl^ssep^^u^^aie|^ etl|
envoyes e||pre.s§hez les Tetes- Plattes, #avaieri||
pt^^q;procllter, il'loitref^ que MM. M'Do-
W*&f 5* Stuart, et MSKelzie preidr&ient le de-
van§> afin de^^^^^d^^^'etai>lispment situe
% l'Est^ps Monf&gne$ lie Rochel| podf nfus
llnvc^r &b la dps cheviux et def; vivres, *Ces;
messi^ip^ous quitterentfe |§r Mai.    Aplfes
lefh: depart, nous tuames deiip chePpx, dont
jioui fiiies slcher la clair; ce qui ndu|^ccil|
:pf lelllitelfe ceff|^ouri|ee$ et tJpBb du lenle-
feiain.    Sur le soir, Mr. A. Ste^rt arr^^
not^^ptnpement.   II ||ait cher<p^ sa ^ffiille,
S 1'Est des montagnef| pour la ramener aveq
lui & Pfiueil.  ;   :}^^^m/r" ~ '"': >:- ; "r'": ^i-
Nb|s nous retypes en route, le 3 au matin*
et alMmef camper, le sqi%f|u halrtd'un rapide,
c$bu Y$n commence a ftippercevoir del mofi|
tagndt cbllveftes (de fords, et ou les %ords de
la riviere sont un terrain bas et couvert d'arbres
'3ssez (Hair-semes* ■■■H
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If'Le 4, |pr^ avoir §ass§ plusieurs rapids coi^
pSeiffbl^ not|s parvinmes a I'entree de la
yivie^^es T6tes-Plattes. Cette riviere vient
du Sud§ et tqfeibe dans la Columbia, en fbfee
de lascade: elle peut avoir, A sajonction avec
cette derniere, 150 pas de largeur*
1 Le 5 au matut, nous passainep I'entree de
la riviere des Coutonois. :^ette^vieYe yie^lt
aussi du siid, et a la meme largeur, a peu|pres?
que cdte des fFdepPlattes. Noqs arrivames
peu apres, a un la|£ que nous tr|iffsame$, po|$:
pamper au haut bout, Ce lac pefrt av<fir if*
lieues de longueur, et pne lieue et demfe environ dans sa plu§ grands largeftr i il est envi-
pfenf.de hauteis collines, qui ont||i plupart
leur base au bord de 1'eau, s'elevent par couches
ou terrasses graduellesa et offrent une assez
jolie perspective, •   / ■ f|;: /■' \' -V/.,  ■'';;-/.
lM 6, apres avoir, parcouru un detroit de.
quatre ou cinq lieues de longueur, nous eq«
trames dans un autre lac plus petit que le precedent. Lorsque nous etions a peu pres a la
^poitie de ce lac, il nous arriva un accident
assefc singulier, sinon ffes facheux. Un des
hommes, qui etai malade depuis quelquesjours,
demanda a etre mis a terre, pour un instant,
N'eflbit pas eloignes du rivagggde plus d'une
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^emUleue, Jfpus jteqi||^cames^a sa demande j
mais lorsque nous n'etio|s qu'a^S o% 10 ar-
pens de terre, notre canot |||nna avec force
contre un tronc d'arbje qui se trouvait plantfi
au fond du lac, et.donfeje bout ne se mocgjrait
qu'a fleurd'eau. |1 n'en fallaiy^pas d'avantage
pou|. briser un apusbi frele vaisseau ; il fu&iperqS
et s'emplit; et malgre togs nos efforts, |iou$
ne pumeg l'arracher de 1'arbr^, qui avait pene*
tre dedans de deux ou trois pieds: peute|re
fut-ce un bonheiir pour nous; car 1'ouverture
n'etait pas de moins d'uqe demi brasse.    Nam9
w   "If?     PS     ■" w^ ^11581 Ipr
fimes des signaux. de detresse, et l'autrej&apofei
qui avait continue sa route, au milieu du lac,
. iint a notre secouVs.    On nous transporta a
terre, ou il  fallut camper aussitot, tant pot^r
nous faire secher que pour raccommoder le
canot.   " . /■'[; .-. .. '■■;%■•-■  '$& • -
Le % Mr, A. Stewart, que nous avions laiss£
aux Chaudieres, nous ayant rejoints, nous f imqs
route de compagnie. Sur le soir? n^us ren-
contrames des sauvages campes §ur le$ bords
de la riviere : ils nous remirent une lettre, par
laquelle nous apprimes que Mr. M'Don^tldet
ses compagnons avaient passe la le 4. Ayant
achete de ces sauvages quelques morceaux <\e
chair d'orignal sechee -f nous poursuivjmes xjo- tre roate.    Le pays devenait montii|fux; H
riviere etait tres rapide* et nous fioie^ ce jour
la peu de progres.    ^'';-:■■'''*•■■ -:"'W^ ;
Le 8, nous commen$ames a voir de la neige
sur les battures: 1'atmosphere se refrbidit bead:*
coup. Les bords de la riviere ne presentaient
que des collines elevees dont le sonjfttiet etait
couvert de forets impenetrables. Tandis que
les canots rembntaient ur^rapide considerable*
je grimpai sur les collines, avec Mr. M'Gillis*
et nous marchames, en suivant le cours de la
riviere, l'espace de deux ou trdis lieues. La
ndge etait fort eppsse dans les ravines ou bas-
fonds qui se trouvent Ifitre les coupes de ces
montagnes. Les arbres les plus communs sont
le pin de Norwege et le cedre : ce dernier arbre est ici, comme pi^s des bords de la mer
d'une grosseur prodigieuse* ._ r
Le 9 et le 10, le pays nous presenta le meme
aspect que le 8. | Vers le soir, nous appei^iimes
une chaise de hautes montagnes entierement
couvertes de neige. La riviere n'avait guere
plus dcun arpent de largeur, et etait parsemee
de battures composes de gravois et de petits
cailloux.
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CHAPITRE XXIII. i
CourS de la Riviere Columbia-—Riviere au Ca«
■*' not—Marclie d^ied vers les Montagnes de
■*   Roches-^-Passage de ces Montqghes.
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Le 11, c*est-a-dire* uri tnois, joiir pbfir jour,
apres notre depart des chutes, nous laiss&mes
lefleuve Columbia, pour entrerdans une petite
riviere a laqtielle Mr. Thompton avait donne le
nom de Riviere au Canot, en 1811; Le cours
Se la Riviere Columbia, qui* depuis lfes chutes,
est (abstraction faite *de quelques sinuosite&lo-
fcales) dans la dire^tibii N. N; ISp fait ici un detour, et parait venir du S. E. Dis voyageiirs*
et surtout Mr. Regis Bruguier, qui avait re-
tnonfre cette riviere jusqu'a sa source, tne dirent
qu'elle sortait de deux petits laes, Hon loin de
la chaine de& Montagnes de Rochegg qui, ell
cet endroit, divergent considerablement a l'Est.
D'apres la carte ll'Arrow&mith, le sours dt#
Tacoutche Tesse, depuis son embouchi||e dans
POcean Pacifique, jusqu'a sa source datls les
Montagnes de Roches, serait d'a peu pres
1,200 milles Anglais, ou 400 lieues communer §
tie France de 25 au degre; savtiir, de 80 S
$0 lieues environ de 1'Oufst a ft'EsV depuis
i'embouchure jusqu'au premier rapide ; de 250
lieues frivh'on du S; H O. au N. N. B.fdepuis
ce premier rapide jusqu'au dltour a Pelpree de
la Riviere au Cifet, St difeo ol 60 lieues enw
virori, du N. O. au p E. d||)uis 1'efttree die la
Riviere au Canot jusqu'a la source. Nou$
n'etions pas munf des instruii^ns meq^2$re&
pour determiner ia latitude, et encore moiris la
longitude), de nos diflferen testations > mais il
nom fallait quatpre ou dnq jours poiir^iious
rendre de notre Sablissenlent aux§chutfes, et
nous ne jlbuvions guere faille moins de 20 lieues
par jour; et, comme je viens de le dire, i^us
mimes un mii^fentier a nGulSrendre K des chutes
a l'entree de M Riviere auJBanot t|ei*idedui-
sant qiatre olftlfeinq jours* o& nous ne mar*
chames pa^ilreste encore 25 joui^fde marcheij
et il n'eslllpas possible que ^loilplaybns fait
moins de 10 lieues pai^jottr^ Pun portanl
1'autre* '|f||i§H • W■'■■' "■-■■•■ efiR ?
HllNous remontames la Ipviere aii Canot jus«
qu'ou elle eesse d'etre navigable* et campamels
dans le lieu meme ou M# Thompson avait
passe l'hiver de §810 a 1811. Nous not)? oc-
cupames immediatement a mettre nos canots
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$h suref^, et |repartimes le bagage |hire le*
cliommesj donnant a chacUn 50 livres a porter^
y^ompris se^^^vres. Un sac de pemiean, 1||1
fffjande pilee^p^ t^us trouva^es^ fut poul|
lious^i §rand reconlllrt JI car nos provisior^
de bouche etaient presque toubefeonsomipeeSa
|f|.;<Le if| nol# commencjames a nous atifeeminer
vers les ^Jentagties^ au nombre de 24 personnel. |^^A Stewart e<|§se#hommes res-
ierent au portage, ^0ur mettre e% lieu de
feurete leaflets que nou#ie pouvions p|& <f£i|
;porter,f§&omme casfcette^tbarils, grandtf chau-
jdrons, 8^ .jwous traversame^p'abordNes ma-
xais, ensuite un petit boifhtoiiffu, # puis eotoy-
Ames la pe&e Riviere au Canot, marchant sur
ides gravois. La fatigueiiDi^ ohligea # camp^l
deJIfanne heure.^p:-:' •>■ i;";:v^^^W
J| Le 1% ifous ^pursuivimes notre routejfet
jentrames dans fes vallons entire les montagnes*
c§E il nfy afaitfpasmoins de qliatre ou <#iq
pieds de neige. Nous te&mes ||pas$Sr li'p#
tite riviere a gue dix ou douze foiSj dans le
cours de la jourriee^ ayant quelquefois de Peau
lusifu'au cou. Ces frequetks trajets etaBint
occasionnrs pat des rochers escapes, qu'il
tious etaii presque impbssibll de franc&ir, sans
sous enfonc$Sr dans lei boisifa une grande di^
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tance. La §viere ^nitres rapine, etpoujfent
sur u%fbnd de ^axllou^ un des hommea torn-
ba, et laissa ediapper un sa^contenant quel*
qu##morceaux de lard, que, nous conse^ioiig;
grecieusement, jomme |ine der^iere:^ss^arc^
Les circonstances.^u nous nous&ouvioiis, nous
firent ^egarder ce petit incidgpt i|0:mme^||
contretems facheux. Noils campaMes au pied
jjtune montagnf| escarpee, et envoy&me^ devant Mr. Piilet|fet notre guide, M'Kay,|pour
nous procurer des vivres.       ,    ,    ; J|§:.\,::/
Le 14 a% matin, nousj^mencames a gravif
hk montagne que^npu^^ions dev^t 0ous«
Nous etions obliges de nous arreter ap(^ut|bo*
men% pour pjendre h^teine, tant l||^oiJtee
etait roide. Heureusej^ignt il avaJ| fai1jjj|'la<
veille, une forte gelee, efpa neige etaitgassefc
dure pour|aous pgyrteiv Apres dpux Jp troi&
heures de pe^Les et de fatigue^incroyables^
nousfearrivames au||fommet, et, suivirnesfles;
traces de ceux qui n<gjj|j^ ayaiej^ppr^gf des;^
Cette montagne^p; situee entre deux ^tre^
montagnes b^auf^pp ■ $$$ devees* aupresdes-
quelles e§e ne peut passer que p|||§>-'^e cm
line, et dont eilei^'est, poit^ ains^^^que j^
vallee* La marche devint bier^lt^tiguant^
£ cai^e de Pepafeseur de la n^ge^ qui, aiBollie
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% par le^ayons |§u soleil, ne pouvait plu|^nou$|
porter, comm^^|natin.    Nous etions oblig|h\
de ^iiv|toexactemeE| les traces ~de|eeux qui!
nous avaient precedes, e^dejiousenfoncerjus^
qu*a||i: genoux dans les H&us -fju'ils avaientS
faits 5 de maniere que c'etait comme si nou^l
eussiofis mis et ote, a chaque pas, une j^rg|pair#|
de bd|tes.    Enfin nous arrivan^s a un bo^j
fond, que notre guide r^us dit etre un petit,
lac, et nous n§p& y ^^tames pour la ni||t.v
Ce ^ac, ou plutot ces lac^^ar il y en a deuxJj
so||t sit^s ||i milieu de la^allee ou coupe de||
ix^ntag^»t  No|s avions.^ea df§ nous, "un"
roche|jooupe |iussi perpendieulaireuient que|eS;
murs d'une fbrteresse, qui Jreleve majestueusegment de 15 au l,80(|||§eds audessuf| $es "acs
et df^it la c|rg& paraiss^it couverte de glace
r» J, Iffnrg; avait do|m^ ce rocl&r extraor-
c|inai|e li^pm de M'Gj^Mtray's- Rock, Roch^l
de M^Gill^ra^, Les pet^ts lacs, m nous etions
n'ont guero^plus de deux ou trois arpen|$de
circqit, et ne sont eloigns purjkle 1'autre qip|
de quelques tois^f.    l^a Riviere au Canot, qt|j
con^me og^ vi^ prec^demment, coule a POuest
■^ se je^ dans la CdumHa, pre^ypia source
dans Pun cje ces lacs, tan$is que Jlautre donn&
paissjjpce & une des bj&$dies de % Riv^ero
>
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m Athabasca, qui coule d'abord a PEst, et ensul|e
au Nord, et qui, apres sa jonction avec VUnjiga%
au nord du Lac des Montagne^ prend le nom
$e Riviere des Esclaves, jusqu'au lac de meme
nom, et ensuite celui da Riviere M'Kenzie,
jusqu'a rOcean Glacial. |£ Ayant puise de
Peau, et alfume du feu;, nous arrangeames notre camp, et passames une assez bonne nuit,
bienque le terns fiit extremement ffoid. Le
bois.le plus cominun etait le cedre et Pepi-
nette,   . .,•; * -,      > - ■■' ^^M':1   ■ '^ -.:. ■•■-: ■
Lp 15, nous continuames notre route, et
commencjames bientot a descenpre la montagne.
Au bout de trois heures^nous arrivames au
bord d'un ruisseau que noti trouvames d'abord
couvert de glace, mais qu'il nous fallut bientot passer a gue, Apres une marche fatiguante,
par un chenpn extremement ardu, au milieu
des bois, nous campames le soir, sous des cypres. Je m'etais frappe le genou droit contre
une branche d'arbre, des le premier jour de
notre marche, etfje CQmmen§ais. a ressentir de
grandes douleurs. = -.-. >
< Le 16, nous cheminames par des marecages
et d'epaisses forets ; nous retraversames la petite riviere, apres quoi notre guide nous con-
duisit sur les bords de la Riviere Athab^sc%
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tjie nous gueames.    Comme ce traj^ etait le
dernier, nous nous sechames, et continuames
notre route, par un pays plus^greable que les
jours precedents,    Nous campames le soir, sum
I§p>ord  d'une plaine verdoyante  qde^nopre
guide nous dit s'appeller la Prairie de la Vache.,
Nous avions rencontre dans le  pours de la.
journee plusieurs larcasses de buffles ou boeufs
Illinois.    Notre viande etant tout-a-fait ep^i-
$ee, notre souper ne consista qu'en quelques
poignees de mais, que nous fiiiies griller dans
une pode. -■;:-\/;- -.   - :^-^|p;'"■*■■ ---.:,::;. -.
Nous nous rerqimes en route fe grand matin, le \% et apres avfir passe un petit hois de
trembles, nous revinmes sur les bords de la
riviere, que nous avions lessee, la veilie*| Etant
arrives a una pqinte deferre fort elevee, notre
guid^nous fit retpurner en arriere, pour passes!
ce promontoire a sa moindre hauteur.    Apre^j
Pavoir franchi, nous trouvames des pistes de^
chevaux assez fraiches pour nous faire presu-||
mer qu'il y en sf^ait non lo|p de nous.    Au
sortir des bois, chacun prit le chemin qu'i|§
croyait devoir le conduire plus promptement|
a quelque |:ampemen(^||Nous parvinmes toi^p
a une vieille maison que la Compagnie  #1
N. CX  avait fait  construire autrefois, mai&
" ji* ^ne avait abandonnee depuis quatre oii
cinq ank. Le site de cette maison est on ne
peut plus charmant: il suffit de dire qu'elle
est batie sur une des rives de la jolie riviere
Athabasca, et est entourree de riantes et vertes
prairies et de bosquets superbes. C'estfbien
dommage qu'il n'y aitSla personne pour jouir
de ces beautesphampetres,if&i louei|en les ad«
mirant, Pauteur de la nature. Nous y trouvames Mr. Pillet et lin des hommes de Mr*
McDonald, qui avaifeu la jambe cassee d'uri
coup de pied de cheval. Apres nous etre re*
gales de pemican et de viande fraifhe, nous
partimes, laissant deux hommes pour avo|rsoin
de celui qui etait estropieget allames camper
a deux ou trois lieues de la.
Le 18, nous eumes Un terns pltifieux. |
pris le devant, et apres avoir marcheftl'espace
de trois lieues, s^le penchant d'une montagne
pelee, j'apperps de la fumee, dans le fond
d'une vallee. Je descendis aussitot, et j'arrivai
a un petit camp, ou je trouvai deux hommes
0i venaient audevant de nous* avec quatre
ehevauxf Je leur fis tirer quelques coups de
fusil, pour aveilir le gros de nos gens, qui
venaient derriere, et bientot nous entendimeB
le signal se repe ter sur la riviere9 dont nous
I
ii! ®M
tl^tkms paS l)ien  eloignes.    Nous y allaitiS%
et nous trouvames que c'etaient deux hommes
qui avaient e|6 laisses au4dernier portage, et
qui, ayant un cahot d'ecorce, descendaient la
riviere Athabasca,    J'en fis debarquer uUj pour
prendre sa place, mon genou me faisant Souft
frir de maniere a ne pouvoir presque plus mafr
chen    Nos geiis arriverent sur ces entrefaites t
ils chargcrent les chevaux, et confinuerent leur
route*    Durant le cours de la journee^ mon
compagnon  (qui  etait uri   Iroquois) et moi*
nous tuames sept pieces de gibierJf Nous dou*
blames tin £ap qui se nom me le Rocher a Mieite*
Ayant sonde la riviere au pied de ce rocher^
iious la trouvailles gu^able.    MM, Clarke et
Stuart, qui etaient a cheval, et:|qui n'avaient
pas silivi la route ofdinaire^ par Pinterieiir, des-
cendirent le long du cap, et passerent a gue;
£vitant par la on chemin long et fatigtiant, a
6ause des coteaux qii'il faut sans cesse montef
et desceridre.    Nouscampames a Pentree d'un
petit bois, ou nous nous trouvames au nombre
de sept.    Nous iioies un assez bon repas avetf
notre venaisonj tandis que ceux qui etaient
testes derriere n'avaient rien a manger* B
ii
*   vf -;   ; CHAPITRE XXIV*    ;^| "•-:•
{$rrivee au Fort des Moftia^s^Descriptidk
de ce P$8te-^Quelques delMs sur les Mon*
iagnes de Roches-*-Lie Mouton Mane, <§v|—<*
Continuation du Votyagem* AccidgM rnmheu*
F reux~~Reflexion—Noiwetks du Canada-**
*'.■ Hunters* Lodge—Rivieres au Pimhina et &
'la Biche. m
1
v Le 19, au matin, nous cotoyame^ un petit
lacv sur une plige de sable^ ayant abandonn^
iiotre petit canot, tant al|use qu'il et^ pfl&que
hors de service, qu'a cause que htous rious sa-
vidns prochesfpdu Fort des Montagnes de
Roefiil    En effet, nous n'e&mes paiffait bealffe
c6^ de fhemin, que fiou£ apper$&mes de la
fbmee, de^fPaiitre c$le dl! lac. Nous traver*
sames tussitot a pied, et arrivames a lamaisdtt
1-ili nous trouvames MM. M<Donald| Stuart, et
M'Kenzie, qui ne nous avaiefai precedes que
de deux jours.      :;r"''|f-''/'''"'"":" '"  v ^fl
Le poste des Montagnes deJRochel| en An*
glais, Rocky Mountains House, est situe snt
le bord du petitiae cfenfge vfens de parley ail
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tftilieu d'un bois, et est presque partoqt envf*
tonne de tochers escapes, qui ne sont frequen-
tes que pair Pibex et le mouton blanc. On 1
apper^oit k POuest la chaine des Montagnes*
de Roches, dont les cimes sont couvertes dfe
fleiges perpetuelies. Du lac, le Rocher a Miett%
dont j'ai parie plus haut, et quigfest tres eleve»
?epresente le portail d'une eglise, vu de cote*
Cet etablissement etait sdus la conduite d'uxi
Mr. Decoigne, jjli n|§ procure pas beaucoup
de fourrures a la Compagnie, qui nell'a guere
forme que dans la vue de faciliter le passage
des Montagnes, at ceux.de ses serviteurs^ui
se rendent a la Riviere Columbia, ou qui en
reviennentv '^m . ;. ..«&• 'vj|; v'.,..,^: ,;*■..;.;■; -.-.'^IH
On parle si sop vent des montagnes ife Ro*
ches, et Pon parait les conn^tre si peujfquele
lecteur/doit naturellement desirer que j'en dise
ici un mot* S'll faut s'en rapporter au dire des
voyageurs, et aux cartes les p|us recgptes, ce$
montagnes s'etendent, a peu pres en ligne
droite, du 35 ou 36eme deg. de lat. septentrio-
Kiale, jusqu'a P|?mbouchure del'Unjiga, ou Riviere M'Keftzie, dans POcean Antique, par les
65 ou 66 degres. Cette etendue de 30 deg. de
Mjt. ou$£0 lieues communes, n'est que le moyen
fated,untriang%re^tenglef dont e petit cot^ *E 'ftf 2l
IJia
II
est de 26, deg. de long, par les 35 ou 36 deg?
de lat. c'est a dire^ d'environ 5°Z5 lieue^ et dont
ia chaine ete montagnes forme 1'hypothenuse,
Pextremite meridionale de cette chaine etant
par les Hi degres, et i'extremit6 septentrional©
par les 140 d g« de long^ occidental;
en sorte que la longueur reell&et diagonale de
cette chaine de montagnes cfoit etre d'a pea
ftres 900 lieues, du S. E. au, N. (A Dans;lne
aussi grande etendue, la hauteur perpendicu-
taire, et la largeqr de la base, deivent etre ne.
cessairement fort inegales. Nous mimes a pea
pres quatre jours a les traverser ^ d'ou je con-
clus, par le chemin que nous dumes faire*
qu'elles peuvent avoir,, en cet endroit, c*est-a-
dire, yers le 54e degre deglatitude, une qua-
rantair^e de lieues de largeur. Le geographe
Pinkertou se trompe assurement, quand il ne
donne a ce§. i^ontagnes que 3,000 pieds d'ele.
vation audessc^ du niyeau de la mer: d'apres
mes propres observations, je n'hesiterais pas #
leur en donner 6*000 2. $ous nous elevamel
tres probablemertf a 1,5QQ pips audessusdu rift
veau des vallees, et nous nations peu|*etre pas
a la moitie de la hauteur tota.%;.. etiles vallees
doivent etre ellesmemes cons|derablement ai%
jiessus dufhiveau de POcean Pacifi^ie, vu Itf
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fiombre prodigieu^ de rapides que 1'on yencorv
tre dans la Columbia, depuis les chfttes jusqu'a la Riviere ail Canot. Quoiquj^l en soitt
si ces montagnes le cedent aux Andes, en hau-
|gmr et en etendue, elles surpassent de beaucoup, sous ces deux rapports, Iqs ApalacJieSj,
regardees, jusqu'a ces derniers terns, comme
Jes principales montagnes de l'Anperique Sep-
tentrionale: aussi donnent-elles naissance a
ifne infinite de rivieres, et aux plus grands
fleuves de pe continent Ces montagnes pifrenf.
pi champ vaste et neuf a l'histoire naiurdle |
nul botaniste, nu] 4nineralogiste, ne les a encore examinees, Les premiers voyageurs les
ont appellees Montagnes Luisantes, a cause d'uil
nombre infini cle cristaux de rpche, qui en cou-
vrent, dit on, la surface, et qui, lorqu'efles ne
sont pas couverte$ de neige, ou dans les en-
droits ou dies n'en sont pas couyertes, refle-
chissent au loin les rayons du soleil. Le nom
de Montagnes de Roches, ou Rocheuses par
excellence, leur a probablement et£ donne pa$
ceux qui les ont traversees ensuite, a cause des
^normes rochers qu'elles offraient 5a et la a
Ifeur vue. Effectivement, le Rocher a Miette,
et celui de M'Gillivray surtout, m'ont presque
parades merveilles de 1& nature*   Quelques
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imp pensent qufelle§ renferment 4p§ jrtetauic e|
jles pierres precieuses.
A l'exception du mouton b|anc et $e Tibex^
les animaux de§ Montagnes de Roches, sLces
montagnes en nouyrissent de particvdiers, ne
sont pas plus connus que leurs productions mi-
perales et vegetales.f Le motitpn blanc se
tient ordinairement sur des rochers escarpes,
pu il est presque impossible aux hommes, et
jneme aux lqups, tie 1'aller chercher: pous en
Vimes plusieurs sur ceux qui entourrent le Fort
$es Montagnes. Cet animal a les cornes
grosses et toprnees circulairemept, cdmme*
pelles du bdier domestique: il a la laine lpnguef
IStais grossiere ; £elie du ventre est la plus fine
et la pluiblanche* Les sauvages qui l|abitent
pres {les montagnes, font avec cette laptae de^
couvertures a peu pres semblables aux notres*
qu'ils ediangent ^vec ceux des bords de la Columbia, pour du poison, de la rassade, &cQ
Ju'ibex est une e^pece de cheyre, qui frequente,
comrne le mouton, le sommet et les fenfes de^
rochers : ii differe de ce dernier, en ce qu'il 2|
du poil, au lieu de laine, et n'a pas les #rne§
circmkires, mais settlement rejettets en arriere*
La couleur n'est pas nou plys la meme. Le$
indigenes &nt beupk les cornes de ce& ani-
•
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jpaux, et en fabriquent ensuite assez artiste?
ijient des cuilleres, de petits plats, &c.
',, Mr. Decoigne se trouya n'avoir pas assez de
vivres pour nous tous, ne s'etant pas attendu
a voir arriver tant de mpnde a la fois. Lea
chasseurs du poste etaient alprs absents, par-
courant les bords de la riviere a la Boucane.*
Jtfous tuarnes pour subsister un cheval et uq
fhien. On ne trouva pas non plus assez deforce dp botileau, pour construire deux canots^
et nous Qccupames nps hommes a en construire de bois. Faute de mieux, on fut con-
tra|nt d'employer du Hard, bois faifyle etjpesanfcj;
Le 22, les trois hommes que nous avions laissfe
a la vieille maison, arriverent, sur un petit canot
|ait deJleux peaux de cerf cousues ensemble,
el tendues avec des courroies, comme un tarn,*
bour, sur une carcasse de branches d'arbre.
Le 24, quatre canots se trouvant prets, nous
les attachamespeux a deux, et nous pipbarqua*
|nes, pour descendre la rivieref jusqu'a un vieit
etablissement, appelle Hunters Lodge, ou Mrt
Decoigne, qui descendait avec nous en Canada,
nous dit qu'il y ayait des canots d'eqorce mis
* Ain§i n<#nmee par deg Voj&geurfc qui yjrAeni aupre* u$|
l&outague volcaui^ue vooaiwant uue ftuufi? epaisse? tfi cache, pour Pusage des persotines qu^3es^
cendent la riviere.    L'eau etait peu pr<|fcndej
et le courant rapide j    nous glissames, poi|||
ainsi dire, i'espace de dix ou douze lieues, et
campames, ayant perdu les montagnes de vu§§{
A mesure que nous avancions, les bords de la
riviere s'abaissaient, et le pays devenait pl^Sk
agr^able.    ' :'J§^,'\ :/ -v■.■■"■;/. ■..-! ■' v vy':, ;..-■;',
Le 25, n'ayant plusqu'un peu de pemican,
que nous voulions conserver, npusfimes prendre le devant a un chasseur, dans le p^tit can^jj|
de pea& pour nous procurer de la venaison.
VerspO heures, nous le rejoignimes qui no*$|
attendant avec deux biches qu'il venait de tu£g£
II avait suspendu les |oeurs de ces animaux a
une branche, comme signal. # Nous limes de-
barquer quelques hommes pour lui aider a trans-
porter son gibier. Nous continuames a^ogu^
sans accident* glials sur les deux heures dp
i'apres-midi, apres avoir double une pointe,
nous tombames dans un rapide considerable,
ou, par la maladresse de ceu|: qui conduisaiej^
les canots ou j'dtais, ainsi que MM. Pillet,
Wallace et M*Gilli^s, l'un d'eux donna contre
des pointes de rochers, et fut biise; 1'autre
t$iavira, et nous nous trouvames tp|| a la nage.
Deux de nos engages, Oliver Roy Lapensee
lil'Vil
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'$8 Attire Belanger, se no^tentf feipp life nil i
pas sails beati^)Up de peines qil'ptf p^^pt a
Sauver MM^pPillet %i:V^\^^ ainii qu*pi
ihomriie ■>$. Hdfteau t le premier avait deja des-
eendu lelrapide, pjf all^f emrer d^hsS^: aillrei
Ityant perdu touiii &es fortes^ et nfe pPuvaS
plus faire autre pho§e queSllontrer cfi|'t'epi'eii
terns le bout de se& bra$. Les engages perdi-
Plnt tous|feuif| effets ; les autres tie retrouve-
re^p|gu'une^>iirtie des lifii^fl !l^Kle soi|§ eii
remontant lal^ivierpf qife Jfevais desceriftu^
poufallerpa ^pie^hfe|tesartieles quiflottaiftt
isur 1'eatijfje rdrouvaifle'porps^e Xapense^l
Nous Pehterrimes aussi dePeim^SI que Sous
pi^S% Pt pfafrtame& | uiJ^broii'^pfe je |ff|pi^
avec la poirii^de moi^Piui^U, s#n nom, Id
genp et la1 date de sa mdxllr Le corpfd^B^
la%er ne fut pas retirbti^te1-' --IPP ''^^mrW ll
^ Si qtidque cho!| jwiivait donOTer|feftii]d^ |
ides (lefhnts d'fiplfih tiialh^preu^e etprematu*
ree, eplerait sanfto^^^^ saybir qu'on a ^endup l^rs cor^Pfe^pevoirs furtebres, et qu'ils
iipdoftrie leurs iioms aux Iffix qui les orit vu
perir if^esrainsi que l'aifie (^W'alfeure^e re-
jouit, dans les efifers, en apprenant de la boll
che^e If Siwlle,^[u#le promontoire pres du#
quel Jf^'est ftoye, ffera desota&f^appdie do mn nom: gaudet cognomim terra. Le ifapicfe
et la poiiite de terre ou l'aecidei§t que je viens
de decrire est arriv% portero||t et portentgdeji
probablement, le nom de Lapensee.    '     ;:Jp
Le 26, une partie de nos gens s'embarquereht
dans les trois canots qui restaient, et l$js autres
suivirent a pied les bords dejla riviere* |JNou$
vimes, en plusieurs endroite, des seines dilchar*
bon de terre* danfe les cdtes, entre la surfelbe
de 1'eau et celle de la||)laine*||:,Nous nous ar-
retames> le soir, aupreS d'une petite riviere, oui
nous construisimes des radeaux, pour porter
tous nos gensi "^ ';. :;- ?^^^-'-|^V-':^/:'-:v-?B
|fi| Le 27> je pris le devant avec les chasseur^
dans le petit eariotfpe peaux. Nous tuames
bient6t une biche, que nous ecorcljamesj et
dont nous accrochames la peau, encore toute
sanglante* a une branche d'arbre, a l'extremit6
d'une pointe*, pour que nos gens qiii venaient
derriere, s'apper$ussefct de notre chaste. Apres
nous etre munis d'un peu de provisions, nous
continuames a voguer, et allames camper pres
d'un bois fort, ou nos chasseurs ivaiint quelque
espoir de rencontrer des ours* Cet espoir ne
se realisa pas. /      f
Le 28, peu apres notre depart, nous tuames
un cygne.   Tandis que j'etais occupe a le tair©
31 '"-
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cmife le&Jlikssllirs 4k&s\t entr^flansies fcoi%;<
Jfentendis un Coup d^flirilpqui me gput venir
c^n,ۤdirecti^i- oppos^^tecell^]u$ils ||yai^at
prise.JJ Ils revini#it bienlot, e|iu^^ftt $|rt sur*
|i|^^|papprena«te[ue. M nijfiait. pas ^§|i qui.
avait tire; #Ne^nffeins, les canots et \$$KJll&
deaip nppi ayant joints, nous ^^inul,mes a
deseendre i^S^ier^^;Bfeit^ n.o^ "tencon-
feimeS^p^i^yhommes et une ||mme, qui mon*
taierrilfais^^ canot d'ecoree, e$ portaient d<||
lettre|l|tlt quelquese effets a|| Fort de^Mon^
tagn%    Nous^^kfmes par une defies Iettresr
a I'adresse de Mr. Decoigne, plusie^ps ipr^j^p
^tauce^^;il:^^i^rre|- et entr*aut^§i|$ la definite
d^liapitaine. Barda||si|j|le Lac -fErie. ||]Sous
arrivaoi^pile^i^a Hi^er9s^I,odg^jou nous
trou\jhne& qua|fce Jmnots d'ecoree*    Nous en
fifties app^r^ler deux, et nous nous remim^
en route, le 3h r||Mr* Fillet part||||egran^ma»
tin, avee les chasseurs.    Ill tuerentgtme biche*
qu'ils lait|erent sur i^^pointe, et que nous
embarquames. ^ Le pays par |pquel nous pak-
sames, ce jour IS, est oiMiepput plus charmant 4
la riviere est large, bell^§et bordee de pointes
basses^ couvertes de bouleaux et ||e peuplier^,
|||Lqper Jiiin au soir, npus eampames ^ l%n«
tree dettRiviere au Pimbina*   Cette riviere
i^-i—^-^___^L^_j 1^.	 r>^&t^<a»4^i^ihS|^v)^t>i*tje^..v.j«a?K^K»^
,-■       :"/■,■'*    ",#48 '"'      ■ v-v~ \K-
pviere vient du %d: en la remontant deu^
^ursfeet tipversant ensuite une langue ||e terre
d'envi^^^^ieues, on arrive au Fort August^
:{ife l^Biviei^^u Par^ ou k Saskaichiwine.
J^.J^ftM^Do^alcfet MvKenzie avaient pris cette
roufcJI et avaien0laiss^pou^nous, un demi sac
de pemican^ i^ntiee de la llivi re i^^i^jbi-
fea. |Apr£$ ptre flebarques, pons Jpous imu*
$£mes a pecher a I'hamecjon, Mr^pD. Stuart efc
xnoi, mais nous ne purnes prendr^que cinq ou
lix petits' poissons.. ^tyM,,:j: '^,,J»'^ - :■: ijjm
IflfLe ^jjjous passames 1'^ptree de ^ riviere j^
Petit Lac de$ Esclaves. Singles ||uit heures
du matifiL nousfrencontrames gm^&rjfflte dfei
sauvages. ||Ils ^u^di^^^qu'ila.^pnaieofcde
tuer un buff|§. Nous^aehetames^ ^^||to^ petite chaudiere^e |guiyre. Noub ne pouvions
fairefpune rengpntre plus opportune^ gfj nos
vivres etaient eotierement consommes^ J||
Le 3, nous arrivames a la J^etite Riviere a
it Biche^que nous commen5ames a pemonteiv
Cette riviere est fort etroite et remplie dg cail»
loux : nous fumes obliges de debarquer, et de
la cotoyer, tanjtfis que quelques uns des engages
trainaien| le^gpanots^ Cette marche n'otait
lien moins q|||tgfeable ; car il nous fallaj§ tra*
terser iles pc^esgle bois^ule^^^ttpasi||,
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et qui etaient remplies d'arfres renverses, de
souches, et de ronces. Nous etant arr£tesf
Mr. Wallace et moi, pour etancher notre soi£
les autres nous devancerent; et comme il nous
^ta^topossibl^ de suivre leurs vestiges, nous
^ious egarames, et errames trois heures entieres,
ayant de pouvoir rejoindre nos gens, qui cpm-
xnen$aient a craindre qu'il ne nous fut arrive*
quelque malheur. Comme la riviere s^|trouvai|
iin peu plus profonde, nous rembarqu&mes tous*
a l'ej&eptioii des chasseurs. Ceux-d tu£i3fi||
v&rk le soir, une biche et ses deux fafcnsu
Nous continuames notre route, le 4, tantot
assis dans n$s carets, taijfBt marcha$$ lepong
f|ie la riviere, et campames lelttoirv extreme*
meat f$tigue& - ;:^^^^^^^H^;■■■§m";:^"M £jdc la Biche^-Ant Dijarlais—Riviere au%
/ Ca$tors~N. Nadeau-v-Riviere d^OrignaU
<. JBfoc du Pont—Rhiere $askatchminer~.I?$rt
m Vem0on—M^ Hallet-—Posies deCommefi
H ce—Passage eJmrmant-^Reflexions. v
I ■ Le 5, nous passames le lac la Biche, qui
peut avoir 15 lieues defbng, silr 8 ou 10 de
large. Nous rencontrames sur ce lac, qn petit
canot conduit par deux jeunes femmes. Ces
femmes cherch^ent des oeufs, jstifE les iles da
lac, cette saison etant celle de la J^onte des
piseaux. Elles nous dirent que leur pere n'etait
pas fort eloigne du lieu ou nous etions. En
effet, nous le vimes bientot paraitre au detour
d'une petite ile, Nous le joigni&es, et il nous
apprit qu'il se nommait Ant. Dejarlais; qu'il
avait ete guide au service de la Compagnie
du N. Q. mais qu'il etait devenu libre, depuis
180^ Lui ayant expose le besoin que pous
avions de provisions de louche, il nous offrifc
une grande quantite d'oeufs, et ft embarquer
ua de nos hommes avep ses filles, daos son petit
11
II ii lii
' l^not, plter .alI^|;chercWr'des 'fivres, a sa ca«
baoe, de 1'autre cote du fc. II nous accom-
pagna lui meme jusqi|p un po|lage d'environ
£5 pas, forme par: un(^^iaus#e-^e castors,,
Ayant fait le portage, et^ass^ no jjjptit etan||
ftous- campames^pqu^^tendre le^retoui^de
notre homme^ll reviri| le l^idemain matin,
livec Dejarlais, nous apjprtant envir<^^0 lbs*
| de viande ||iipe et:^||oup'2 lbs. de libif N|fU$
lovitames notre hole a dejeuner avec nous j
€*etaj|;bien; ■ le moins "que^laous pussioiis flfre
poiM lui, apres les bites offices qu'ils i|i>us avait
fendus, Cet homme ^vait de sa chasse, aveq
ja familie, et paraissait-a peu pr6sf|ontent da
son sort. - ^'Personne au mains ne len|boul||||j|
dai^la^ossession d^i^pac ^^Biche^ dont.il s*e«*
tail pour ainsi dire|f'empare«--r' 11 me pria de lu|
Sire deux lettres qu il avait eflfsa pos^ssion, def
puis'deux aijfe, et^dontpil ne co4|^issai^pa$
ei|eore le contenu. Ettes^taient df§i:ne de se%
soeurs, et datees de Vfrcheres;, Je crus m6gbe
y reconaaitre§'^criture§de Mr, L. G. Ilabadi^
Instituteur de cette paroisse^-lilfin ayaef te
sooigne a cefaon homme>potre reconnaissance
lies services ^fi'i^^us av^^rendu^noi^le
qiAl^mes, et con^feuames notre: route^Ap$§§
IpfQij fait Jfeux poit^ges! nous nous trouvames
*
«*
■•■*& i§fj
te ./les bords de la  Riviere|1aiix (^tstorSi-^^
n'etait alors qu%n#uisseau.    0'est par cette
Voie que les canots qui de^ndent^de l'Atfea*
basca* o§ du petit La^des Esclaves, passen%
ordinaireriient pour se rendre^a Cu/mbe^i  id*
House, .sur la Riviere-^es Anglais. Nous fumes
constraints de . traftpj$| nos canots $tii|la Riv^re
aux Casto^pmarchant st^une plage de saM|fc
oii nous commencjames a sentir I'importuuite
des mari^oui^.    Un chasseur parcourait lesr
bois, mais sar^succe^pSTous parvirimes|| une
Iplbane, ou nous trouvames  unfvieux chas|gur
=^anadieA du&om Mle Nadeau*    Cet homme
plait reduit a la derniere faiblesse, n'ayant ri«
eu ^paanger depuis deux jours.    Cependant
un jeune hopme |pui etait marie i^une de se
filles| afeiva peu apres, avec la bonne nouve
qu'd^vaittufl un buffle ; celqui nous determi|ii
a camper*    Nous envoyames quelques uns de
ftos gens che#her une partie de la chair de
Iraniinal||  Nadeau nous en donoa ^ moitie |
et nous dit que nous trouverions,  10 lieues plus
bas, ^n^eache ou il avail depose ^0 peaux de
cygnes, quelques peaux de martres, et un fil|
nous priant d'emporter ces articles avec nou&
H|>us quittances ce brave homme, le Iej}demaixi
.#aa.$p9 et poursuivi mes notreJroute4   Arrivea Iff
1
Is! I-
Hi.'
it.
il
"If:
t Mi.
tWPff
BSwif i
flH;
Siff
au Ifeu^ftdiqu^; nous trouvames la cache, &t
eqiportimes le filet;    Nous arlfvames; bienlj§jl
apves, a la Rftiere d$Origto0l, qu^ff nouffall^i
reinonter, pour tomber dans le lliftde meme
nom.    L'eau etait si ba$se|dans ee||e riviere^
que|pous fumes obliges de decharger entiere-
znent nos canots.    Nous ipachames des p|r-
ic^^aux banf|s, afin que ceux dfp hommes qui
restaient dedans;|les pussent poller* loipqufls
'Me trouve^ieift pas assez d'eau pour les faire
flott$||   Ayant distritp^ le^bagage aureste||e$
engages* n<|us noimacheminames par les j|oi%
guides pa^Mr. Decoigne^ Ce monsieur^ qui rt|^
vait pas passe par cet^n droit depuis 19 ans>
se^fburvoya bientot, ^t nous nous s^arames
les-^ns|§fdes auJIres, dans le efurs de I'api^gt
^linen   Neanmoins* comm^|>us avion^devan*
'jgPes hommes qu^portaient le,«bagage et le
pei^lfc  provisions que nous avait donne^e
vieux Nadeau,   nous jugeames prudent*  Mijj|
Wallace et moi> de jptourner sur nc|s pas, au
devant d'eux. Nous rej|contrames bientjljp^fr,
Pillet et un des chasseurs.    Ce dernier trc^va*
presqi|g aussitot apres, un  segti^; as^^ bien
battu.    Les hommes;§qui portaient le^agag$|
gfous ayant rej^ints,   nous enfilan$fes tous ce
Rentier, qui nous conduisit au bor<| di^Jac^ en tr&s pett de terns*   Ii s'en allait ftuit t les c$»
jiots arriverent bientot apres, a notre grand ft
Satisfaction; iar nous commencions a traindrdt
gu'ils n^fNfussent passes avanttaotiae arrivee*    #
p. Le 8 de gra^liBatin, je partis, aeco$)pagf|^
^|n chass^fir, pour aljer i^la.^cher^e d||
MM. Clarke* Stuart, e| Decoigne* djjjti nou$
^aient^varifeesli veille*   ||e trouvai bientot
fe preMer, campe sux: ^ ferret |^Jac%    Les ca^_
jiots afriverei^ peg $$|es, ||f njpeme eifdroit*
MM* Stuart et Decoigne arrivfcf^nt; <|f*suite, e$
nous direct qu'ils ^Viient cduch£ sur les bojrdj
4u L#$ Pfyant, s&utf a pres de quatre f|eues £
j|PE. N. E« deffcelfki Q& Eofl*. mions, ^Nou%
trouvar^taus ijepniSa nous travertines le lac*
||ui pent a^vair six lieue|de circuit, et dont les
ftords soq| tres: riants.   Nous, campames de
|ronn#lieuret pour tendre notre filet   J$ 1'allai
^oiif le soir, et je raj^rtai deux carpes et ut|
^apard.^ Ijtfous l||lais$ame$ wjidu toute la nuit,,
4t le #endemaini matin, nous y* trouvames 2Q
poissoipis ^acs.   W$^ qtjpames Hie de bonn^
|ieuret et gagnajnies I'enS&ee d'une petite riviere,
qui descen^entre #es ^olline^ oik nous arr£«
fames pou^dejeuner.   Je, to^pM. le poissoii
fclanc beaucoup j&lus delideuii augout qu^l^i
^amon memeff Nous eumes encore a c?Qtdy?|
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iftte petite ilviere. Ce nous flit €fee;|^ie^a^
|fz penible, ayant a nous otikrir un ihemiit
dans dMpaisses brossaiUes,|Ppar un tlbis de
pluie qui dura toute la journie. Deux honAea
r&stes dans chacurilde^canot^les j^monterent
1'espace dfi 10 lieues||usqpau Lae^n Iongp
au bord duquel ^Wcampames. ,^ ^(
Le 10, nodi traveSames le li|| f Jmesf tm
portage de pres d'une dfemi lieu^et entram^
dans une petite riviere, qu^ nous falkit co*
toyer, conttfl la pr^cedente, elfqui |i!nfs con
duisit au %ac du Pont%- 0| lac resbitlbn nil
ll'une elp^ce de pont ou chAisse^form^e na-
turellement d'arbres renverses par le vent, et
ffecouverts de terres et de feuilles accumule'es
par lMhalites eaux. jlyant sellcontr#au bord
de ce lac, life jeune homme et (feuxpfemmes
1|ui avaieillbn sdfn des chevau^^ppart^lfet
a la Compagiife de lalpiie d'Hudson, nous
Iqur e^j| empruntames 'une *§emi Ifouzaine, et
xioiB passa m^fla chausaee*pApres avoir friihehi
une hauteur considerablepnous parviifmes £
tine prairie, qui nous conduisit, en deux heures
de marche, l|ppar un cM|l|fen'#upfsfee, a uii
ancien poste dH commerce^ sur leptefds d||§a
pRiviere  Saskatchilfrine,     Mbu#sa|fte$nt  pr$s
4'uu etablissement^ nous nous decrassame^ »
•^
ivpt de nous y reiidre^ Vers soleil couchat^
Bous arrivames^ cej|: etablissement, appell£
$j$ort Werniil^pn, ^| sife|e sur le bord de la ri«
i||er^| au pied d'un superbe coteau. Nous
|§fouvames||a ce po|te environ 90 persd|||es^
tant hommes que fepmes et enfan§: ces gens
ne coraptent, pour 0bsistei| que sur la cfo|§|§|
et la pe^e du brdchet, qui est assez piecaire.
Mr. Haliej^i^^mmis en charge, etait|abs|nti
et|§ous ei|pes lejdepliisir de^JtaoUs entendre
Hire qi|f||n'y avait pas de vivres a i'etablisse-
ment ipiouvelle bi^ftd^sagreable pour des gen$
aff^mes comme n||us 1'etions. Mr. Hallet ne
>tarda pourtant 'PfBjla arriver: il ||fiapporteir
deux quarters de boeuf qu'il avait fait mettre
dans une glac^re, et n(^s fit prepare^a sou-
Hr, Ce Mr. Hal^^tait un homme pqli, &&L
liable, aimant passablement ses |ises, et vo|&
&)t vivre^ dans cef c|nt|§es|^&uv^e^ autant
J^ie possible^ comme on f^gians les pays ciyS
fce^^^Lu^ayant temoign^iotre prprise, en
feyant dans le fond d'un grand batim^Jit, une
£a||ple semb||p|i; a celles du Canada, il notij|
^l^u'ayajgt des chevaux, il avait fait faire cette
cariole, poi% voyager commodement; mais
qu§ les ^uvrip^ ayant <Sblij| de „|rep|e- la
mesure des ouyertiles du b^Mment, avaiit de
liiil
mi lit I
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(joristriiire la voiture, elle Sfetait trduvee, Ibrlp
qu'elle fut ac|^|^e, beaucoup* plus grande, e$
i&'a^siit jamais pu etre sortie de la chapbre oil
elle etait j et qu'il y 4va|| apparency qu'elle f
testerait encore longtems, n'etarit pas d'hu#
loeur a ddmblir la maison, pour le plaisir d$
he promener en cariole^,- -.,;...•■•■, #:- •■^^^s4
|| A cot^ du cbmptoir de la Compagnie dia
|f. O^I y en i ugt autre a la Compagnie de la
Baie d'Hpdson. Eh general, on cori^l^or^
dinairetii#^ ainsi ces eomptoii|^ui^
jtoitrei les ej|tourrant d'une palissdde com*
feiune, et lal&sant Une porte de communication
dans 1'interieur du fort, pour se preter secours^
in cas d'att aque de la part des sauvages du S*0«
£e^$f|uvages, et partieulierement les Pieds»
Koirsi l|S Gros* ^ntre^ les Geni du S^ig, e%
ceufc |fe la Roche-laune^^m tre#itiechants |
i|s vivent de chasse^ mais ils apportent peu de
fourrures aux traiteurs; et les cdmpagnies nrf
paintiefrienl guere *f$ pbstes que pour se prdi
feurer des vivres* ■/ >, * ■,>■■-. •• .nm^r ~., : ■„ &
*m&& 11, apr<M avc§r dejeuner au Fort Ve&nil«
tori, rious nous remimes en route* avec six oil
sep% livres de suif pour toutes provisions de
feoueheo    Ces provisions pous menereat jus*
aat 25S
1fu*a& surlendemain au sd§r, que nous e&mell
pour soaker deux onces de suif chacun.       |j
H Le 14 au mating noffs t^mes une outage 5
et vers midi, nouf^arrachames des racines de
roseaux et des choux grds que nous f tmes bouil-
lir avec notr^ftgibfer ||nous n'dubliames pas de
inettre au pot '%|jfeil de suif qui nous jfestiit*
et nous flgies uti fepas deli^ei^;    SurDte d6-
elm du jou||pdus e^mes le bonheur de tue§
bn buffle,      ;-U^     j - . ^; i:r^:': :-- ■" :M
§| Le 15, MM. Clarfee et Decoigne ayant m^
oarque siir la route, pour passer, il#revimi|^
pient^; nous app(|^|r 1'agi^able nouvelle qu§i$
Evaienlftues trois boeufs.     Nous campames
aussitdt, et envoyames la plus grande partie d<f
i?os gens pour dep#er^chair de c^animaux^
et la faire seqiier.    Cette operation nous oc-
cupa jtip|pa'au s<# du lendemain.    Nous nous
yembpqiflmes, le 17, avec environ 600 livres
de viande a^iemi sechee^ Le si§|| nousap*
per|umes de notre camp quelques troupe#3i:
de buffles % mais nous ne leur f|mes pas 1$
ehasse, croyant aifcir ass§z de viande pouf
irons conduire au prochain poste. P        "   4m
£j§jp(<a Rivier#Saskatfchiwi|e coule sur un lit
impose disable et d'ai^le j ce qui ne contri*
feue pas peu a diminuer la purete et la trans*.
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paretice de ses eiux, 0$$ comi|fe tfelles in
Missouri^orit ^paisses ejgblanch&tres.    Acela
pres, c'est une <§es plus jolies rivieres du monde*
Les bdrds de la Saskatchiwine sont toi|^a~fai|
charmadts, et off'rent en pusfeurs ettdroits la
':^ene^}Au0}eUe,ia plus -^ar^^ et la mieux
diversifiee que l^ri puisse voir oq imagifuer |
des collines* de ffbrmes  diverses^^uronr^^
de superbes toiifFe^ df-peupliers^des valloi^
agreablement reml||unis||e soir et le nfliiln, par
1'ombre prolongee des coteapi et des bosqufil|
qui les decorent | des troupeaux de -Ij^HH ca-
hris, et delourds boeufs Illinois^-ceux-lalboi^
dissant sur le penchant des collines^ ceux-ci
fciularlt de leurs pieds pesants la verdiife des
pres f t§ute& ces brutes cha^^etres rei^hieS
et doubleesj pour ainsi dire| par les oridfsdt*
fleule 5 le chanf linelodiei^ e^varie de mille
oiseaux divers |^rchi§pir la cime de|§aibres^|
l'haleine rafraichissante des zephirglj la sdr#j|
tiite du ciel; la purete et la salubrite del'air$r
tout, en un mot, porte le contentement et la
joie daris I'ameltu spectateur enehante, JfC'est
surtout le matin, qlfanii le soleil se leve$ et le
Soir* quSfcd il§§e couche; que |§ spectacle es|'
y raiment ravissant.f Je ne pusHetacher mes
regards de ce supe|be tableau, que quand robs* #urite naii^ante I'eut un peu rerobrut|t|  AIotji
j$b doux-plaisir qu^j'av^is goute succ^da une
triste, ||our ne pas dire une sombre, mel.anco-
llflp- CommeSt se fait-il, dis-je erfmoi m£me
qu'un sflbeau pays ne soit point habite par des
features humaines? Les chansons, les hymnes,
les prieres, du laboureur et de ^'artisan, lieu.
Teux et pai|foli§ ne seront-ik jamais en*
tendus   dana   ces  belles campag.nes f   Four-
| ijuoi, fanEis qu'en Europe, et en Angleterrp
surtout, tanttte^miliiers d'hommes ne pos||
sedent pas en propre un pouce de terre, ef
I eoltivent le sol de leur patrie, pour dlfs pro-
prietaires qui leur  laissent#a peine de quox
sub#ster ^pourquoi tant de millions d'arpens
de   terres, en apparenee grasses   et   fertiles,
restent»i!s  incultj|s  et   atttolipnent   inutilesfl
ci^du moins, pourquoi ne nourrissent-elle^que
des troupeau^fde betes fauves Z Les hommes
aimerontllls toujours mieux vegeter toute leuii
vie sur un sol ingrat, que d'aller chercher au
loin des regions fertiles, pour couler dans la
paix et   l'abondance, au   moins   li derniere
partie de leurs jours?   Mais je me trompe:
il est moins aise qu'on ne pense a l'homme
louvre  d'anflliorer  sa condition :  il n'a pas
Jes wpyens d§ ss  transporter dans desfcpiw
MA
ihim Wm*
rtl!
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•:;''!:)!
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It<?eiftoint^n£S, ou il n'a jp$ ceu|| d'y ac%
<juerir%ne proprjite.5 caries terres inculte||
deseiles, Ipbandonnees, ndjfsont|| pas a qtH$
conque veut s'y etablir et le£ cultiver j ellei
ont des possesseurs, et il faut achetex d'eux
le privilege de les rendr^ fertiles, et produo*
lives I Qn ne doit pas, d'ailleurs, se mm
illusion: ce^c^ntrees, parft^psi de&eieuses,,
|p jouissenJI pas d'un printem§ perpetual
elles^ont; leurShiver, et un hiver rigour^Si
^$ft froid* perpnt estil^p^iu dan^l 1'atmos*
pherej un^ n.^ge; Ipaisse ^ouvre l^^rfece du
W& \ les fjeuyes glacq&ile <ppuler|t p||s que pout;
les poissons 1 les $rbres, i|O.Rt depoi^tf e^||e leur§
feuiiles, e% couflerts d^verglas 5 la verdure de%
:|^es|^:disparu j. les collines et les val|ms
*!dfirent phj| qu'und l*riij|rme, bpnc||ieur ; 1^
^liturea perdll toute si| beaute; et 0'homme
I assez m faire de^se i?jet|le 4 I'atjri des i
i§u terns* Port de la Montee—Fcirt Cumberland—Ldc
Bourbon—Rapide Ouenipic*—Lac Ouenu
pic—Fort Ouenipic—Colonic de la Riviere
Rouge—Lac des Bois—Fort du Lac la
pluie—Continuation de la Route.
Le 18 au matin, nous nous rembarquames ;
et le vent s'etant eleven nous mimes a la voile,
ce qiie nous n'avions pas fait depuis que noud
etions sort:s de la Riviere Columbia. Nou&
essuyames un brage accompagne de grele^
mais de^peu de duree* Sur le soir, nous arri-
fMmes au Fort de la Montee, ainsi nomme, de
ce que ceux qui remontent la riviere laissent
Ik leurs canots* pour prendre des chevaux*
Nous trouvames a la Montee, comme a Vermilion, deux comptoirs, joints ensemble, pousr
faire cause commune contre les sauvages, 1'uri
appartenant a la Compagnie de la Baie d'Hud
&on, et 1'autre a celle du Nord Ouest : le pre*
inier etait sous la conduite d'un Mr. Prudent*
et le dernier, sous celle d'un Mr. M'Leam
Mr, de Kocheblave, c^ui avait hiverne a ce pos*
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M. en ^tait parti, il y avait quelque tem§.
y avait des champs cultives autour de la mai-
son j* l'orge "et les pois paraissaient promettre
une recolte abondante. Mr. M'Clean nous
^feigiit aussi bieti qie les eirconstahces le per-
fffettaient; mais ce Monsieur n'ay^nt pas de
Vivres a nous donner, et hotte boeuf comman*
^ant a se gater; nous partimes/ le lendemaiti
matin, pour gagiier au plus vite, Foi t Cumber-
land. Dans le cours de la journee, nous de-
passdme^ deux vieiil forts, un desquels avait
fl& bati par les Fran^ais, avant la conquete dd
Canada. C'etait, au dire de notre guide, le
§>o$te le plus recule a 1'Ouest, que les com mer-
$&hts Frah^ais eus&enf jamais eu dans les Pays*
Hauts. Sur le soir, nous tiiaities un orignal;
La perspective change considerablementple
puis la Montee ; les bords de la riviere s'dc
Vent* et le pays se couvre de forets,
Le 20, nous appfer$umes quelques ormes
espece d'arbreS que je n'avais pas vue, depuis'
mon depart du Canada. Nous arrivames aii
FoBt Cumberland, tin pen avant le coucher dtl
ibleil.Ce fbrt, appefle en Anglais, Cumber*
land House, est situ 6 a la decharge de la igp
tiere Saskatchiwine dans le Lac des Angla^
€fttte te 53e fet le 34e deg; de lat. septentriP
.«>
e»
jf &?§-
Dale. |,C'est un entrepot poiip ceux qui vont
au Lac des Esclaves, ou Athabasca, ou qui en
faennent, pour se rendre au Fort William. Ce
poste etait sous les ordres de Mr. J. D. Camp*
Jiell, qui etant descendu au Fort Wpliaip, l'a*
yait laissea la charge ^'un Mr. Harrison. II
y a deux compt(^r§, comme a Verinillpp et a
|a Montee. MM Clarke et Stuart, qui etaient
testes derriere, arriyerent le 22, et le soir, nous,
eumes bah On nous donna quatre sacs de p&
piican, et nous partimes, le 23, vers huitheure|
jlu mafia, Apres avoir traverse §ne anse du
lac, nous .entr&ii)es dans une petite §|yiere, qu|
jcoule dans un terrain extremement bas|| npu§
fimes 25 ou 30 lieues, et cam pi mes sur une
plage basse^ ou les maringouins nous tourmei&
terent horriblement durant toute la nuit.
» Le 24, nous-pas§ame§ le Lac Vaseux, et en*
trames dans le Lac Bourbon, ou nous rei\CQn«
trames un Mr. Kennedy, commis de la Baie
d'Hudson. Nous ramassames quelques dou-
zaines d'q^ufs de mau\^ sur les iles du lac: e>t
le soir, ayant encore un peu de farine, nou?
flous amusameSi Mr. Decoigpg et moi, a faire
des gateaux ; ce qui nous mena pyesque a$
jour; la nuit^ne durant que qudques 1peure&
4<*$s cette saison, sous ce degre de tetitwd^
'
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Nous nous rembarquames de grand raatii^ll
le 25, passames le Lac de Travers, iescendimea m
quelques cascades, et arrivames vers inidi,   aai
grand Rapide Ouenipic* qui peut avoir una
lieue et demie de longueur.    Nous debarqua-
mes, et les engages   descendirent les canots*
Nous trouvames, au bas de ce rapide, un vieui*
Canadien qui ne vivait que de pecbe, et se
disait Roi du Lac.    II pouvait au moins sedire
roi dji poisson, qui est abcridant, et qu'il pe-
chait seul.    Apres avoir fait chaudiere, et nou$ v.
etre regales d'excellent  Sturgeon, nous nous
doignames de ce vieillard, et entrames bientot
dans le grandflLac Oueuipic,   qui   me  parut
^omme une mer d'eau douce.    Ce lac est au-
jourd'hui trop connu pour qu'il soit necessairejl
que j'en fasse une description particuliere: jell
me contenterai de dire qu'il ne le cede visible-
ment en grandeur qu'au LacfSuperieur et au
grand Lac des Esclaves |  il re^oit plusieurs
rivieres considerables, et entr'autres la Saskat-
chiwine au N. O. la Riviere Rouge, au Sud j
et la Riviere Oue nipic a 1'E. ,N. K. et il se d&-
||charge  dans la Baie d'Hudson, par la Riviere
&elson, au N. N. E. et par la Saveme, a l'E.
JJ, E<    Les cotes que baigne ce lac sont gencf-
lament fort feasses y il paj;ait avoir partoat »VW«<WKS»t.,p.s,v»w,,1* j XVS.
261
■je.u   de profondeur,   et il est parsemfi d'ui^
grand nombre d'iles, pres de terre..   Nous nous
rendimes a Vile aux GEttfs, ^1 -ou il fallait traverser au sud, pour arrive^^ terre ; mais le
vent etait si violent, que ce lie fut qu'au jour
baissant  que nous  prunes faire la traversee*
Nous profitames du calme,   pour  longer la
cote, toute la journee et une partie de la nuit
du   26 j   mais |en   revanche,   nous   demeu-
tames   campus, le 27 jusqu'au soir ; le vent
ne nous permettant pas de faire route.    Le vent
ayant paru tomber un  peu, apres ie coucher
du soleil, nous nous embarquames ; mais nous
fumes bientot obliges d'atterrir*    Le 28, nous
passames les entrees de plusieurs baies proibn-
des, et les lies St. Martin, et campames dan$
le fdnd d'une petite baie, ou les maringouins
ne nous permirent pas de fermer I'oeil.    L'aa-
rore parut enfin, et nous n'eumes rien de plus
presse que d?embarquer, pour nous delivrerde
ces hotes incommodes.    Nous eumes un calme
qui nous permit de faire bonne route ; et nous
campames  sur  le   Detroit du Bceuf.     Nous
Vime4'  ce jour-la deux loges ou cabanes de
$auvages. / .       :   \ ■■\-. V;|fe ..   •■■■ 'T.\V- '-V .'
- *Le 30, nous commencjames a remonter la
|t|vi£re Outnipkt et amv&mes; vers midi, $u
k
c 8
y. v
,2
13
m S6i2
■mi!f
at.
tg&i.
art.do Bas de la Riviere. .•' Cet etablissement
await, phitot Fair d'une metairie que d^un poste
§le commerce : une maison propre etel gante,
situee sur one coiiirie de moyenne elevation,
Ct entourr^e de granges, d'etables, de hangards,.
.$&» des champs, d'orge, de ppis,d'aveine, de
"- '-Sap?, "*i.'"w?3S >^*^xf& S^Fyg ^j, j&;
palates, &c. nous rappellaient les pays civilises^
que nous avions iaissest depuis."'si longtems*
|r|M.. Crebassa et Kennedy, qui avaient ce
poste en sain, nous re^urent avec toute I'hos-
pitafite possible, et s'empresserent de nous
communiquer toutes les nouyelles politique^
gjiilB avaieiit apprises par Parrivee-des canots}
$& Canada* / _    • :    ;     /  #-    - l^ffi
."/lisnous apprirent aussi queMlVf. M'Donahl
et Rocheblaye etaient passes, peu de jour|
avant notre arrivee, ayant e|e obliges de re*
pionter la Riviere Rouge, pour arreter PeiFu*
$ion de sang, qui aurait probablement eu lieuv
$ans leur intervention, a la Coionie fondle suf
<pette riviere, par le Comie de Selkirk. - Mr,
lilies M'Donel!, gouyerneur de cette Coloni©,
it® plutot du district d' Assmijhoya, ay git eman$
tine proclamation defendant a toute personne
gueteonque, de faire sortir des provisions du
$>ays.» Les traiteurs de la Baie d-'Hudson s'e*
likiit coniormes. a cette proclamation 4 mail ,%eux de la Compagnie du N. O. n'en avai^nf
tenu compte, la croyant iliegale, et avaiesix
envoye, comme de coutume, leurs serviteur^
faire des provisions; daris le haut de la riviere
Mr. M'Donell ayarit su qu'il y avait plusieurs centainelde sacs de pe'rriican* d'amasse
dans uii hangard aux soins d'un Mr. Pritchard^
les envoya demander: Pritchard refusa de lei
livrer; sur quoi Mr. M'Donell les £t eilleve^
de vive force. Les hivernants du petit Lac
ties Esclaves, de la Riviere des Anglais, de
VAthabasca, &c. apprenant cela, et sachant
qu'ils ne trouveraient pas de vivres, comme H
1'ordinaire, au has de la iviere, se-determinerent
a les aller reprendre de force, si on ne voulait pad
les leur rendre debon gre. Leschoses en etaien
la quand MM* Kocheblatfe et McDonald arrj
"• lie Pemicim, dont il a deja ete parll plusieurs fois. se fait M
' la maniere suivante : ayant prepare un grand vaisseau fait d^u-a
Ironc d'arbre, on y jette une certaine  quantite de viande pil©6*
&0 lbs. par exempie ; on fait fbndre une egale quantite de .srM|
. tf ue i;en verse bouillant sur la viande * puis on brass*   le tout
jusqu'a ee que la viande et le suif sclent bien meles ; apres quoi
on le itset dans 4es sacs de peau de bee of lion passee, le poil eu
dehors, que l4on ferme hermetique*ment.    Cette,  viande ainsi
impregnee 3e suif, se dnrcit, et peut se conserver des aiioees<es*
litres.    Quelquefois, on y ajoate des pokes sauvages, pour Its
lEevsr le -eofct,' 26'4
I
^rent: ils trouverent les Canadiens armes, ;dl
prets a iivrer combat aux gens de la Colonies
qui s'obstinaient a leur refuser les sacs de pd-
liiican.   Mr; M'Donald alia trouver Mr. M'Do-
nell, et lui'ayant expose la situation ou se trou«
vaient les tralteurs de la Compagnie du N. O.
par le manque de vivres neeessaires pour transporter leurs pelleteries jusqu'&o Fort William}
et la fureur des engages^ quf ne voyaient pour
eux d'aiitre. alternative que de s'emparer de
ces provisions, ou de perir de faim, il le sornma
de les lui remettre sans d£la% ff Mr. M'Doneli
eiposa, de son cote^ a  Mr. M'Don aid la mi*
sere ou se trouveraient les colons* par le manque
de vivres*    En  consequence de ces represent
tations mutuelles, on convint que la moitie des
provisions  resterait a   la Colonies  et que 1'au*
ire moitie serait remise apa Compagnie dii
N# O.    Ce fut ainsi que s'arrangea, sans effusion de sang, ce premier different-entre les
deux Compagnie^  rivales  du   N.CXet   dela
Baie   dv Hudson.   .'..'.' '"' ;$r    ' ■'■    /
S Ayant employe le ler Juillet a reparer nos*
canots, nous rembarquames, le % et continu-
Imes a remonter la Riviere Ouenipic* appellee
aussi Riviere Blanche, a cause d'uti grand nom*
fere de cascades, qui etant fort proches l^s liiieg 3e§ autres, ofireiii a la vue une £cume et
bouillons presque continuels.    Nous f imes ce
jour la,  27 portages, tous assez  courts.    Le
3 et le 4, nous en fimes encore neuf, et arrivames, le 5, au Lac des 5S6/s.    Ce lac tire sort
n6m d'un grand rionibre d'iles bien boisees
Bout il est.par^me,,    Notre guide me montra
une de ces iles, eri nfp disant qu'uii Pere Je
suite y avait dit Ia|fness#) et que e Vtaitflle
peu le plus elbighe ou ces missionn|ires eussent
jamais penetrec    Nous campames Sur une de
testes. pLe lendemaiii, le vient ne nous per*
tnit.pas desire beaucoup de progres.    Nous
entrames, le 7* dans la riviere du Lav la Pluie*
Je ne iiie rappelle pas devoir vu tiulle part au«
tant de maringouins que sur les bords de cette
rivier^fe etant debarque^ pres d'un petit rapidefl
pour alieger les canots, nous eumes le malheur
de d^loger, en niarcliantj ces insectes, de des«
sous les feuilles ou la pluie de la veille les avait
cbntraints de se refugier; ils s'attacherent k
nous, nous suivirent dans les canots, et nous
tourme*iterent tout le reste de la journee.
te Le 8*|au soleil coucHant, nous arrivames an
ForfEdu Lac la Pluie.    Ce fort est situe a un
fnille environ d'un rapide considerable.    Nois
vimes aupre|| des champs cultiv6s5 et des ani*
;«
II
jil-
0
UP ttl&aux domestiques, iels que chevaux,. bMif^f
Vaches, &c»| Ce poste sert d'entrepot aux hi*
vernants de P Athabasca; et des autres parties
eloigners, qui y appprteiit leurs pelleteries* el
fen retournent avec Ifeur&pacotilles. i^VIr. John
Pease* a la charge de qui ce pq^fe etait confie^
ftous re^iit le plus amicalement du mondes
apres avoir fait un souper excellent, nous dan*
amines, upe partie de la soiree, .llfti
Nous primes. coi)getfde|JMr. Dease, le lOi
Apre^ avoir traverse lejirapide et le Lac la
Pluie, qui a enviroi^!4 lieues de long$ nous
campames ii Pentree d'une petite riviere. Le
Iend&main,|jious eontinuames notre route, tan«
tdfetraversant un petit lac, tantdt un detroit*
ou nous trouvions. a peine assez d'eau pouj?
faire flatter!nos canots. Le 13, nous cam.?
panies pres du Portage des Chiens, ou, faute
d'avoir suivi Pavis de Mr^iDease, qui npu§
avait conseiliftd'emporter un sap4e pemican^
Jfcous nous trouvames absolument sans vi$re|| :**'-VC-y''..'..VJ.?vJ '-VVPfrSv'^-VvW.". -.-A-Wi; .•.!«■*
v .; .     ? ";, CHAPITRE XXVIL    ..|-: >
^irrivee  au   Fort William--* Description de c$
Fort—Nouvelles de la Riviere Columbia.
1 'i *i
Le 14, nous embarqnames avant le jour, et
arrivam^ au Portage d[es Chiens, qui est long
et montueux. Nfeus trouvames au bas de ce
portage, une espece de cabaret tenu par un
p§omme Boucher. Nous regalames nos gen^
d'un peu d'eau-de-vie, et mangeames des sau-
cissons detestables, tant ils etaient sates, Apres
ce mauA^is repas, ^ous nous remimes en, route^ f
et passames, vers midi, \p Portage de la Mon*
tagne.^ha Riviere Kaministiquia passe ici par*
llessus un rocher eleve, et forme une chute qui
p'est gu re moins <*urieuse a voir que celle de
Niagara. Enfin, apres avoir fai^encore 8&
portages, nous arrivames, vers near heures dm j
$oir,'au Fort William.     ... , ;:   ■.;...•••: y    ji
Le Fort William est situe pre£ de Pembou*
chure de la Riviere Kaministjquia, dan|;le Lad
Superieur* a 15 lieues environ au nord de 1 an*
eien poste appplle Grand Portage. Ce Fort a
4ik featit en 1805* lore de la* reunion de^ de^
OS
r fl
Socicte's, etnomme Fort William, en Phonneut
de Monsieur (maintenant PHonorable) Willian^
M'Gillivray, principal agent de la Compagnie
du Nord-Ouest. Les proprietaires s'etant ap-
percjus que le fort du Grand Portage se trouvait
sur le territoire reclame par le gouvernement;
Americain, se determfnerent a le demolir, et a,
en batir un autre sur le territoire Britannique.
Nul site ne leur parut plus favorable a leur
dessein que Pentree de la Riviere Kaministi*
quia, qui offre un havre sur et profond. A
la verite, ils avaient £ vaincre toutes les difficulty q^ie peut presenter un sol bas et mare-
cageux : mais a force de soins et de travail, ik
yinrent a bout de dessecher les marais environ-
Hants, et de former un terrain solide.
pLe Fort William a reellement Papparence
d'un fort, par son palis de 15 pieds de hauteur,
et celle d'un joli village, par lenombre des edifices qu'il renferme. Au milieu d'un quarrd
spacieiix s'el&ve un grand batiment elegam-
ment construit, quoiqu'en bois, dont la porte
niitoyenne est elevee d'environ cinq pieds au«
dessiis du sol, et audevant duquel regne une
longue galerie. Au milieu de ce batirtient e$f|
tin salon d'une soixantaine de pieds de long
$ur une trentaine de large3 decore de plusieplf 269
inorceaux de peinture, et des portraits en pa$*
tel d'un grand nombre des associes. C'est
dans ce salon que les agens, les comtnis, les in-
terpr£tes, &c. de la Societe prennent leurs re-
pas, a difierentes tables. A chaque extremite
de ce salon, se trouvent deux petites chambres
pour les associe^. Le derriere est occupe par
la cuisine et des chambres a Voucher pour les
domestiques. "De chaque cote de cette wji,
il y en a une autre de meme largeur, mais plus
basse : celles-ci sont divisees en longueur par
un corridor, et contiennent chacune douze jo-
lies chambres a coucher. JJne de ces maison^
est destinee aux associes, et i-autre aux corn-
mis. Du cote Est du Fort, il y a une autre
maison, construite <||peu pres comme ies deux
precedentes, et destinee au meme usage; et
tin grand hangard, ou se fait Pinspection des
pelleteries, et ou elles sont raises en paquets
gerres, au moyen d'une presse. Par derriere,
et toujours du meme cote, se/trouveni le logis
des guides, un-autre hangard a fourrures, et
une poudriere. Ce dernier batiment est fait
de pierres grises, et couvert en fer-blanc. Au
coin, se trouve une espece de bastion, ou point
d'observatjon. Au cote Quest, on voit une
fangee de batimens, dont les uns servent de
■
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C&
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ffi
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ipagazins et les autres de boutiques: il y en
un pour Pequippement des engages, un pour
Pequippement des canots, un ou Pon detailie
des marchandises, un autre ou Pon vend des
liqueurs fortes, du pain, du lard, du beurre, &c«
et oil Pon distribue le res;al aux vova^eurs afe
rivants : ce regal consiste en un pain blanc^
line demi livre de beurre, et une chopine de
rum. Les voyageurs donneotSa pette.espece
de taverqe le nom de Can fine sabpe. Derri^re^
se trouve one autre rangee de batimens, dont
1'un sert de bureau ou comptoir; c'est un; joli;
f>atioient quarre, et bien eclaire 5 un autre ser|
de magazin, et un troisieme de prison les
voyageurs donnent  a ce dernier, le  nom  de
^oi-au- Reurre*    Au coin   sud-.auest,  est   i||
bangard de pierres, convert en fer-bl'anc.    Derriere sont les atteliers des menuisiers, des fer*
blantiers, des fbrgerons, &c. puis des cours spa*l
cieuses, et des hangar dss pour mettrele^ca*,
nots a Pabri, les reparer, ou en construire de
peufs. Pres de la porte du Fort, qui se trouve
au Sud, sont la maisqu du chirurgien, et celle
du eomrais residant. On a const ruit audessu%
de la porte une espece de corps-de-garde. /
:. Commq la riviere est profbnde|| sonf entree4
|| Compagnie a fak construire  des qoais,1 U'-'-a "•: ;  .fjgp     ;'      - ..
I |||| ,      |^jU
Jong du Fort, pour Patterage des goelettel'
qu'elle eritretient sur leJpLac Superieur, soit
pour transporter sefcj>elleteries du Fort William
au SaittStt. Marie, ou des marchandises et
iles vivres du Saut fete. Marie au Fort William.
3Les terres sotit .defric.he.es .derriere le Fort et
des deux cotes. Nous y vimes de 1'orge, des
pois, et de Paveine, qui avaient une tres belle
apparence. Le cumtiere se trouve a I'lextre-
tiiifee duWfHchementi /SI y a aussi, de 1'autre
cote de la riviere, un certain nombrede mai-
sons toutes habitees par de vieux Jpova^eurs
Canadieris, uses au service de la Compagnie;
sans en etre deveous plus fiches.ft Ces hommes;
inaries. a des femmes du pays, et charges de
families nombreuses, aitnent mieux cultiver'uri
peu de • bled-cPIn.de et de palates, et faire la
peche, pour subsister; que de retourner dans
fair pays natal, donner alleurs parens eta leurs
anciemies connaissances, des pr^uves certaines
de leur inconduite, ou de leur imprudence;
Le Fort William est Pentrepot principal de
la Compagnie du N* O. dans les Pays-Hauls;
et le rendez vous general des associes. Lei
agens de Montreal, et les proprietaifes hiver-
iiants, s'y rcunissent presque tous, chaque ete;
jK>Ujfoeeevoir les r&toursj £oimex les expedi4
h
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1/ 1
if!
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iJI       MWt-\
tioiis, et discutef les interets de leur commere^
La plupart Hi trouvaient lois de notre amvee^
Les engages hivernants. qui descendent, passent
aussi une partie de Pete au Fort William : ils
torment ml grand campement a POuest, en
dehors des palissades. Ceux qui ne s'engagent
a Montreal que pour aller au Fort William ou
au Lac la Pluie, et qui rfhivernent pas, occu-
pent un autre espace, ati cott' Est. Les premiers
donnenta ces derniefs le noiii-de Mdngeurs de
lard^ On remarque entre les deuxtfcamps, qui
se composent quelquefois de 8 et 400 hommes
chacun;/une difference etonnahte: celui des
xnangeurs de lard est toujou'rs fort sale, et celui
des hivernants, propre et decent.   . M:,      -   \
Pour defricher ses terres et ameli&rer $e&
proorietes, Ja Compagnie asoiri-d'obliffer tous
:ier«
lui donner chacun un certain nombre de jour-
nees de corvee. C'est ainsi qu'elle a fait defricher et consolider les environs du Fort William;
Mais quand un engage a travail lev ce nombre de
journees, il en est pour toujours exempt, quand
meme il resterait 20 et 30 ans dans les pays
Sauvages, et descendrait au Fort, tous les etes;
On nous recjut ties bien au Fort William, et
je m'apper§us a Paceueil qii'on me fit en parti*
I ceux qui s engagent aene; comme canotiers,
/ feulier, que grace a Pidiome Tchinouque, qu&
je possedais assez bien, on n'auraititas demande
mie^ que de me donner de Pemploi, a des
conditioni avantageuses. Mais j'avais plus
hate d'arriv|r a Montreal, qu'envie deretourner
a la Riviere Columbia.    ;Wm
Pej| .de jofrs apresinotre arrivee au Fort
William, Mr. Keith arriva du Fort .-George*
Sur la Rivier&|iplumb^, apportant la nouvelle
de ParriveeSlu nav§te VIsaac Todd, dans cette
rivii^^S Ce vaisseai|| qujletait mauvais |pilieiy
avait ete detenu longtems* par les vents con*
traips, en doublant le Cap de Horn, et n'avait
J3|pais pu reJMidre les vaisseaux de guerre dont
il s'^tait s^pare. Arrives a Pile de Juan Fernandez, et apprenant que les trois vaisseaux en
Etaient repartis, le capitaine et les passaged
qui se voyaient courts de vivres, se determine**
rent a ranger la cote. S'etant arrltes a Monterrey, * sur les cotes de la Califbrnie, pour y
fgfjre des provisions* ils appr|rent qu'il y avait
un vaisseaii^de guerre Anglais en detresse, a
San Francisco. I    lis s'y rendirent, et trouve
• Mission, ou Presidie Espagnole, vers le 36e degre de latitude,
$ Autre Presidll Espagnole, vers le 38e deg. de lat. et le pre*
mier Etablissement Europeen que Ton rencontre au sudde la
Eiviere Columbia.
m
t Ml
w
tent, & leur grande surprise#que t|itait !&
Corvette Racoon. Cepvais^au^avait tofch^
sur la barre* avec une telle violeilce, en sortant
de la Riviere Columbia, qu'une partie de sa
flusse quill e avait ete emportee, et qu'il avait
eu de la peine a se rendre a San Francisco^! y
ayantflept pieds d'eau dans la cale, bien quf|
Pequip%e fut ^onstarlment employe & la
pompe*^ LelBapfcain^Blackne voyant a^pn
rhoyen de r€§krMsell v^peau, s^|m|j§' decide
& Pabandonner, et a se^ndr^par lelBon talent,
sur le Golfe du| Mexifue, pourlde l^pss^ a
quelqu'une des ilelJAnglaises* Cependalt, k
P^pvee de PIsaac Todd, Wi vnmSk bout de
virer la corvette, et d'etancher la Iteie d'eau*,
I/Isaac Ibdd poursui^|$on vepagfl et entra
dins la Riviere Columbia, le 17 Avril. II y
avait 13 mois qu^l e^it parti (l|Angleterre.
J'ai appris pli^ tard Parriveela bon port d\l
brig le Pedlar. Plus heureux que Mr|*M*KaJ|
Mr. Hunt a reciieilli les fruits def|§l indusfiie
et de son activite. Ce Monsieur est mainte*
nant membre de la Legislative fu Missourif el
jouit de Pestime generate de se| cois|itoyen^ CHAPITRE XXVTIL
rpart du> Fott Wiltiam*~«Navigation sur le
Lac Superieur~~±Baie de Micftipieoton—Ren*
€Qntre-~~Ratchawaimn-^Arrivee au Saut Ste.
Marie-^Occurrences^^Rivkre des Fran$ais-~*
Lac Nipi$singue-~~Entree dans la Riviere des
Qutawas—JSaut des Chaudieres-^Riviere au
:; RideaA4^Long^aMp^%Arrhe% dj Montreal—
r<  (inclusion
KLe#G au soir, Mr. T>i Stuart me pre vint
qu'il s'embarquerait le lendemain pour Montreal, sur un canot l^ger. J'ecrivis aussitdt a
mes parens jf mais le leijdemain matin, Mr.
Stuart me dit que je serais moi-meme le ported
de mes lettresidevant m'embarauer avec liii*
Je pr&parai m^; effets, et sur le soir, nous par.
times da Fort William* sur un- grant^ canot,
<;o$anit par l^homiaes&au n#mbre desix pas-
^sagers, savoir* MMc^ Stuar% D. M'Kensie,
J. JV^D<pald,^ (parke* moi-n^ine* et une petite demoiselle de huit a neuf ans, qui venait
de Kiidonan, su|||a? Riviere Rouge. Nous en-
trames dans le Lac Superieur, et allames cam*
>
H
r i
1 #0
Hr-
per pms de Ylle du Tonnerre, ainsi nomw
a cause des frequents orages, acco^apagnes de
tonnerre, qui y eclatent, dans certaines saisons
de Pannee.    Le 22 et le 23, nous continuames
~M& t     a i fcli   a   :^Mi    i      ■ -r    §& •   Swill
a ranger la cote septentrionale.    La naKirg^tion
de ce superbe lac serait fort agr^able^ans les
brumes  ^paisses  qui  regneit une partie du
four, et ne permettell pas d'avanjfer.    Le 24,
nous dinames a un petit etaSlissement appelle
Le Pic. ■;■"■■''■.'      /     !'""''      .'.'      J
"■ Le 26, nous travers&mes la baie de Mkhipi-
colon, qui peut avoir trois lieues de largeur, a
son entree*    Comme nous arrivions a PEst,
libus rencontrames un petit canot siipfiequel
Etaient le Cajfttaine  M'Gctrgo et  Pequipage
d'une des goelettes de la CompagrillJ   M#
M'Cargo nous dit |li*il s'etait echappe du Saut
Sle. Marie, ou les Americains avaient envoye
un detachement de  15#hommes; et que*fse
voyant force  d'abandlWlierfsa goelette, il y
avait rials le feu.    En consequence de ces avis*
il fut resolu que le canot sur leqftel nous Etions
retiifeierait au Fort William.   Je m^fembarquai
avec Mr. D. Stuart et deux homnifes, |ians le
canot du Capitaine M'Cargo, qui prenait Ijiotre
place.    Dans la hate et la confusion de f 6-
qhange qui se fit sur Peau, on nous donna uq nbonfkun peu de the et de sucre, et un sac;
eontenant envirSn 25 livres de farine, mais on
eubfit entieremen^chaudron, couteaux, four-
€hettes,|lfcc. toutes choses que Mr. M'Cargo
n'avait pas eu le terns d'embarquer dans son
canot. Nous vecumes?|bisefablement pendant
deux jours et demi que nous continuames a
longe|§ les bords du lac, avant d'arriver a un
etablissement; nous detrempions dans le sac un
peu de far A, et apres Pa voir petrie, nous ea
faisions de jfetits pains, que nofts cuisions sur
des pierres plattes.
;    Le 29j|pous arrivames a Ratchawainon, oH
Iflous trouvames des femmes qui nous appre-
terenfla manger, et nous recjurent bien.    Bat-
ehawainon est un pauvre petit poste situe au
fond dftme baie sablonneuse qui  n'offre rien
dflgreable a la vue ; Mr. Frederic Goedike,
qiS residait a ce petit Etablissement, etait alld
vljjlce qui se passait au Sauf Ste. Marie.    Ce
moiisieurtreviut le Ifndemain, et nous dit que
les Americains etaient venus, au nombre de
150 hommes, sous le commandement d'un major Holofe jigqu'apres avoir pille ce qui leur
avait paru de quelque valeur, applrtenant a la
Societe du N. O. et a un Mr. Johnston, ils
:{|j&ient fl|is le feu aux maisons, hangards, &Co
f!
I
't ut
f-78
#ppartenant a ^ette Societe et a ce Mo^sieuf|
et s'etaienf| retires* sans fairelde tort a aucua
^utre individiv Suifje soir, notre|§angjt arrive
du Fort William avec celui de M|| M'Gillivray*
JLe lendemain, nous nous pndlmes |tous aa
§aut Ste. Marie, ou nous vj£tnes le (||gat <$u'a*
vait fait Pennem^;■■. Les maisQusgles bpn^rd%
les moulins a scie, &;c* de la Compagnie du
N. O. et$|ent encore furqa^|ts, La geelette
etait au bas d||,i;apide sites Am^ricaini&en vou*
lant :|j| desc^Hre, Pavaient ec^puee j et ne
pouvant Pemmener, Pavaient hnde^ia filttt'
d'eau. W ; J|*. J|| ■.||; • ■■ •., , iM ■ ||||. ■;; -.
,   Le S$|it Ste, Maip est un rapide q$t peu§i
avoir & o06aQ^erges de largeur* elllQ ou 1£|
$rpens de} l^jkgt^pm^. ; Le| bas. de c^^apide
Iqpfe deux baies* sur les bords desqueUes il j
a un certain nombre de maisq^s*    jMirive diJt
nord appartieni a§l:a Grande^ Br^^^^ celle
;||u sud aux; Eta,ts~Unis,   C'^^ur-cette dfer*
liiere que M*V Jofon.sto)^.|ysait s% r||idtlr^^
Ce monsieur etait* avant la guen;§» collector
dn port, pour le gpuvernement AmeMcain.
Sm le meme e<l|e ^esidait urf Mr* JNolin, ave<^
sa ftpiill^|consistant en trois gar^ons^l trois
filles, dont unejetait pa^abie^ent jolie* tfaCe
monsieur apit §te gros trait^pr, efcl'on vo$|it **#bre, dans fa mitson et ses §0^0Aet^if0:
des ttlarques de soiifancienne prosperite. ffDu
dot^ldu nord, nous trouvames Mr. Jofe Er-
matMger, qui poss^dait un joli etablissement:
il demeurait poiijf lors dans une maitdn appar-
tenant a Mr, Nolin ; mais il en faisait batir une
en pierres, tres elegante, et il venait de faire
acheverllp irilulin a farl^ Mr* Ermatinger
pensait que ce moulin porterait les habitans dii
peu a semer plus de graittS qu'ils ne faisaient*
Ces habitans sont la plupart cle vieux voyageur&
Canadiens maries k des femmes du pays* Le
poisson les fait vivre pendant la plus grande
partie de Panneef et pourvu qu'ils recueillent
assez file patates j|l>ur passer le reste, ils sont
contents*! II est bien a regretter que ces gen&
tie soient pas plus industrieux et plus travail-
lants j car la terre esfgbn ne peut guere plus
fertile, surtbut du cdt£ du nord f Mr. Erma*
linger noulffit voir du bled qui s'en allait mfir,
et dont les tiges avaient de trois a quatre pied*
dW|auteur. Les autres grains etaient egale-
ineni beaux.
^IlLe ler Aout, on ibvoya un expres a MkJm
timakinac^ pdur instruire le commandant de ce
qui s'etait passe au Saut 8t|§ Marie. En all
tfei^ant son retour, nous^nous occupames da £80
^oin de nous mettre en etat de nous defefcdre*
si par hasard les Americains faisaient une nouvelle imiptiolu& La chose n'eta&it&s improba-
ole; car d'apres les expressions de quelq^s uns
d'entr'eux, qui parlaientie Fran9ais, leur des-
sein etait de s'emparer des pelleteries de la
Compagnie^du  N. O.    Nojp invitam^| quelques sauvages qui etaient campes sur la Pointe
au Pin, a quelque distance du  Saut, a nous
aider, en cas de besom; ce qu'ils promirent
de faire*    Le courier revint le 4, sans avoir
rempli l*objet de sa mission : ^avait trouve
Pile si completemerit  bloguee par Pennemi,
qu'il lui eut ete impossible d'y aborder, sank
courir le plus grand risque dMtrjj^yit prisonnier.
m Le  12, nous entendimes distinctement les
decharges d'artillerie que faisaient nos gens, h.
Michilimakinac, bien que la distance fut d'a
peu pres 30 lieues.    Nous crfimes que c'^tait
une tentative de l'ennemi pour reprendre ce
poste ;  mais nous sumes  bientot apres, quel
ce n'etait qu'une salve royale,Jpour Panniver-
saire de la naissance du Prince Regent*    Nou%
apprimes pourtant, pendant no|re sejour au
Saut Ste.jMarie, que les Americains avaient
fait une descente sur Pile, mais qu'ils avaient ■881
€t^^pitra|^ts de se retirer, apres avoir essuy6
une|perte considerable. ||: ,   ?
Le 19, MM. M'Gillivray et M'Leod arri*
Vere^|du Fort William, ayant prec#le le*s ca-
iiQts qui descendaient charges de pelleteries*
Il^'firent partir Mr. Decoigne sur un canot le-
ger, avfp des lettres^ pour Montreal*    v
,    Jm^lf le canot sur lequel j'etais passager,
fut"jj$nvoye a Pentree de la Riviere des Fran*
$ais, pour Observer de la les mouvemens de
Jpennemi.    Le^5, les canots^ au nombre de
||7, arriverent a Pentree de cette riviere.    La
valeur dej§pelleteries (jftie portaient ces canots,
toe pouvait pas etre estimee a moins de ,§£200,
DOG?  prise importance pour les  Americains,
l^ils eusseifit pu mettre la main dessus.    Nous
sious trouvames au nombre de 325 hommes,
t(#s biepi armes: nous campames, et fimes sen-
tinelle toute la nuit.    Le lendemain  matin,
nous co|bmen9ames a remonter la Riviere des
Irancais.    Cette riviere vient du N. E. et se
||ette dans le Lac Hu|on, ou 40 lieues environ
du Saut Ste. Marie.    Nous campames le soir,
sur les bords du Lac Nipissingue.    Nous tra«
Ijlers^mes ce lac, le 27* fimes ensuite plusieurs
jortagesj et campames, non lo»n de Jhataouan,
"k
t*\
% ■ft
-    28£< •':■."■ V
Le 28, nous enframes, de bonne heure, dans
la Riviere des Outawas, et campames, le soir,
au Portage des deux Joachims. Nous passames,
ie 29, le Fort Coulonge, ou residait uniMr. God*
din ; et apres avoir fait plusieurs portages, oc-
casionnes par les rapides et les chutes qui obstruent la navigation de cette riviere, nous arrivames, le 31, au Portage des Ckaudieres, (autre*
snent HulL) Le rocher qui arrete ici le cours
de la Riviere des Outawas, est coupe perpen-
diculairement, et peut avoir SO pieds d'eleva-
tion, d'un niveau de Peau a Pautre. L'eau est
retenue au haut de ce rocher, et au lieu de se
precipiter pardessus, passe par des cajiaux sou-
terrains, ctrvhjntnsnrtir aw has. pjft^$k>uiilonant,
par sept ou huit ouvertures differentes. Mr. P;
Wright faisait sa residence en cet endroit, ou
il avait un bel etablissement, et un grand nom*
bre d'engag^s, occup^s a cultiver la terre, et 4
couper du bois d'ecarissage.    / 'M
Nous laissames l^s Chaudieres, un peu avant
le coucher du soleil, et passames bientot Pentree
de la Riviere au Rideau. Cette riviere, qui se
jette dans celle des Outawas, pardessus un rocher de 25 ou 30 pieds de hauteur, est separeeg*
dans le milieu de sa chftte, par une petite ile4
et reprdsente \m rideau double ouvert pai aIj milieu, et s'elargissant par le bas. Le coup*
d'oeil est vrainSent pittoresque : les rayons du
soleil couchant, qtli frappaient obliquemeni
PeSu, quand nous passames, en relevaient beaucoup la beauts, et le rendaient digne d'un pin-
ceau plus habile que le mien. Nous voguames*
jusqu'a minuit, que nous arretames pour laisser
prendre aux tommes un peu de repos. Ce re
pos ne fut que de deux heures. Nous arrik
vames, le ler Septembre, au lever du soleil, ait
JLong-Saut, ou nous etant procure des guides,
nous passames ce rapide dangereux, et mimes
pied a terre, pres de Phabitation d'un Mr,
^M'Donell, qui nous envoya du lait et des fruits
pour   BOtre^dejeuxufi- l^fera   midr,   IWUS   pas
jsames le Lac des deux Montagnes, d'ou je
commensal a appercevoir la montagne de mon
lie natale. Vers deux heures, nous passames
le rapide de Ste. Anne. Nous arrivames biea«
tot apres vis-a-vis du Saut St. Louis, passame9
ce dernier rapide, et debarquames a Montreal*
un peu apres le coucher du soleil.
Je m'acheminai aussitot vers la demeure pa«
ternelle, ou Pon ne fut pas moins surpris que
joyeux de me revoir. Ma famille, qui n'avait
pas eu de mes nouvelles, depuis mon depart de
$Iew-York, avait cru, d'apres la co/nmune jre«
f
St
. V
|3omm<£f, que j'avais ete massacre par les saua
vages, avec Mr. M'Kay et^'equipage du Ton*
quin: et certes, c'etaift bien par un effet du
hazard, ou plutot de la Providence, que je me
retrouvais ainsi s^n et||sau£ au milieu de mes
parens et de mes amis, a la suite d^n voyage
aecompagne de tant de perils, et ou un si grand
nombre de|nes compagnons avaien| trouve 1$
inert* H
7j
3^
riNtSc
' "■    Errata. *   . . ■'*  :; ''•=-.
Page 16, ligne 25, effacez § James Lewis"
Page 30, lignes 6 et 7> pour "lorsquils sont sip leus#
pieds,"—lisez, lorsqu'ils sont droits sur 'eurs pieds,
Page 73, ligne 20, pour | pendu %—-lisez, suspends
Page 75, ligne 7, pour | MM. Fox et Fillet," lisez, MMT*
StohS et Pi 1 let.
Page 167> ligne 12, pour 1 de venaison," lisez, de^jl ve*
liaison.
Page 172, ligne 7, " pour les 25 ou 26 d^g." lisez, left
125 ou 126 deg. ||
Page 217, ligne 9, pour | pariossent," lisez, paraissent*
Page 260, pour I Ouenipic," lisez, Ouenipic.
Page 263, pour " mere/' lisea, riviere.
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