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Centenaire de la mort de Lapérouse, célébré le 20 avril 1888 en séance solennelle à la Sorbonne Société de géographie (France) 1888

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 La Soci^te ne prend sous sa responsabilite
aucune des opiaions emises par les auteurs des articles inseres dans son Bulletin
BULLETIN
DE  LA
SOCIETE IE GEOGRAPHIE
REDIGE
AVEClLE CONCOURS DEfLA SECTION DE PUBLICATION
BE '
PAR
LES SECRETAIRES DE LA COMMISSION CENTRALE
M
SOMMAIRE
Centenaire de la mort de Laperouse celebre le 20 avril 1888... |||  .^J&153
PORTRAITS ET CARTE.
Portrait de Barthelemy de Lesseps.
Portrait de Jean-Francois de Galaup, comte de Laperouse.
Voyages de Laperouse, 1785-1788.
SEPTIEME   SERIE.    —    TOME    IX
29 TRIMESTRE 1888
I If
1
PARIS
SOCIETE DE§GEOGRAPHIE
484, BOULEVARD SAINT-GERMAIN,   184
1888
If
W9M\ PUBLICATIONS DE LA SOCIETE DE GEOGRAPHIE
RECUEIL DE VOYAGES ET DE MEMOIRES, in-4<>.
Tome Ier, contenantles voyages de Marco Polo. 1 vol. in-4°, 1824 (epuise). Premiere
edition francaise, d'apres le manuscrit le plus ancien et le plus complet connu,
suivie d'un texte latin inedit. Ce volume est compose comme suit :Avant-propos,
par M. Malte-Brun, secretaire general de la Societe de Geographie; —Introduction aux voyages de Marco Polo, par M. Roux de Rochelle; — Voyage de Marco
Polo, le texte frangais de Rusticien de Pise, d'apres le n° 10270 de la Bibliotheque royale; — Peregrinatio Marci Pauli, texte latin, d'apres le n° 3195 de
la Bibliotheque royale; — Glossaire des mots aujourd'hui hors d'usage; —
Variantes pour les noms propres d'hommes et de lieux, d'apres onze manus-
crits.
Tome II, avec 18 planches. Prix: 18 francs*
II contient : Une relation de Ghanat et des coutumes de ses habitants. — Des
relations inedites de la Cyr^na'ique. — Une notice sur la mesure geom6trique
de quelques sommites des Alpes. — Resultats des questions adressees a un
Maure de Tischit et a un negre de Wallet. — Reponses aux questions de la
Soci6t6 sur l'Afrique septentrionale. — Un itineraire de Constantinople a la
Mecque. — Une description des mines decouvertes pres de Palenque, suivie
de Recherches sur l'ancienne population de l'Amerique. — Une notice sur la
carte generate des pachalicks de Hhaleb, Orfa et Bagdad. — Un memoire sur
la geographie de la Perse. — Des recherches sur les antiquites des Etats-Unis
de l'Amerique septentrionale.
Tome III, contenant l'Orographie de l'Europe, par M. L. Bruguiere, ouvrage cou-
ronn6 par la SocieH6 dans sa seance generate du 31 mars 1826; avec une carte
orographique, 12 tableaux synoptiques et trois vues et coupes des chaines de
montagnes (epuise).
Tome IV, avec une carte et plusieurs facsimiles. Prix : 30 francs.
II contient: Description des merveilles d'une partie de l'Asie, par le P. Jordan de
Severac. — Relacion del Viage hecho a la isla de Amat, etc. (Relation d'un
Voyage a l'ile d'Amat), d'apres les manuscrits communiques par M. Henri Ter-
naux. —Vocabulaires de plusieurs contrees de l'Afrique, recueillispar M. Koenig,
avec des observations preliminaires. — Voyages en Orient : Relation de Guil-
laume de Rubruck. — Notice sur les anciens voyages de Tartarie en general,
et sur celui de Jean du Plan de Garpin en particulier; avec une carte, par
M. d'Avezac. — Relation de la Tartarie, de Jean du Plan deCarpin; Voyage de
Bernard et de ses compagnons en Egypte et en Terre-Sainte. — Relation des
voyages de Saevulf a Jerusalem et en Terre-Sainte.
Tomes V et VI, contenant la Geographie d'Edrisi, traduite de Tarabe en francais,
d'apres deux manuscrits de la Bibliotheque du roi, et accompagn^e de notes,
par P. Am6d£e Jaubert, .membre de l'lnstitut, etc., avec 3 cartes, Prix:
24 francs chaque volume.
Tome VII, contenant la Grammaire et le Dictionnaire de la langue berbere, en ca-
racteres arabes, composes par feu Venture de Paradis, revus par P. Amed£e
Jaubert, membre de l'lnstitut; suivis de plusieurs itineraires de l'Afrique septentrionale recueillis par, l'auteur, et precedes d'une Notice biographique sur la
partie meridionale de l'Asie centrale, avec une carte et deux plans, par M. Nicolas
de Khanikof. — Recherches sur Tyr et Palaetyr, et essais de restitution et
d'interpretation d'un passage de Scylax, avec deux cartes, par M. Poulain de
Bossay. Prix : 24 francs*
M6moire sur PEthnographie de la Perse, par M. Nicolas de Khanikof. Prix : 6 francs. 
CENTENAIRE
DE  LA
MORT.DE LAPEROUSE
JL  _   JL _ r
CELEBRE LE 20 AVRIL 1888
EN SEANCE SOLENNELLE A LA SORBONNE
I
1-:
r r
BULLETIN DE LA SOCIETE DE GEOGRAPHIE
3e  Tiiinestre  1888. Joseph Bertrand, Secretaire perpetuel de PAcademie des
Sciences.
Xavier Charmes, membre de l'lnstitut, Directeur au Minis-
tere de l'lnstruction publique.
De Quatrefages,   membre de  l'lnstitut, President hono-
raire de la Societe de Geographie.
Milne-Edwards, membre de l'lnstitut, President honoraire
de la Societe de Geographie.
Soulages, maire d'AIbi.
Jules Rolland, membre de PAcademie des Jeux floraux.
Margry, ancien conservateur des archives au Ministere de
la Marine.
GOMITE D'ORGANISATION        '
President :
M. le docteur Hamy, President de la Commission centrale de la Societe de Geographic
Membres :
MM, Barbie du Bocage, membre de la Commission centrale.
De Barthes de Laperouse, ancien Commissaire de la Marine.
Bouquet de la Grye, de l'lnstitut, ingenieur hydrographe
en chef de la Marine.
Castonnet des Fosses.
Georges de Courcel, ancien lieutenant de vaisseau.
Comte Jean d'Estampes.
Le contre-amiral vicomte Fleuriot de Langl&
Jules Garnier, ingenieur civil des mines, membre de la
Commission centrale.
Charles Gauthiot, membre de la Commission centrale, secretaire general de la Societe de Geographie commerciale.
Gabriel Marcel, bibliothecaire a la section geographique de
la Bibliotheque nationale.
Paul Mirabaud, President de la section de comptabilite de la
Societe de Geographie.
Vice-amiral Paris, membre de l'lnstitut, conservateur du
Musee de la Marine au Louvre.
Commissaire :
M. le comte de Bizemont, capitaine defregate en retraite, vice-
president de la Commission centrale.
:  JEAN FRANCOIS E
DE OAEAUP
Gomte de Laperouse,Ckef d'Escadre   gentenaire
DE
LA MORT BE LAPEROUSE
I
M
Le vendredi 20 avril 1888, a 8 heures et demie du soir, dans le
grand amphitheatre de la Sorbonne, la Societe de Geographie,
sous la presidence de M. F. deLesseps, de l'lnstitut, President de la
Societe, s'est reunie en seance solennelle pour celebrer le cente-
naire de la mort de Laperouse.
Aux cotes du President prennent place : l'amiral Krantz, Mi-
nistre de la Marine et des Colonies; M. Lockroy, Ministre de Pln-
struction publique et des Beaux-Arts ; M. de Barthes de Laperouse,
Commissaire de la Marine en retraite etpelit-neveudel'illustrena-
vigateur donton celebre aujourd'hni le centenaire; Pamiral Paris,
membre de l'lnstitut.
Sur Pestrade on remarque encore: le prince George de Leuch-
temberg; le prince hereditaire de Monaco ; le prince Roland Bonaparte; MM. l'amiral Jaures, senateur; Barbey, ancien Ministre de
la Marine; de Courcel, ancien lieutenant de vaisseau ; Cavalie,
depute, ancien maire d'Albi; baron Reille, Compayre, deputes ; le
contre-amiral vicomte Fleuriot de Langle; de Quatrefages, Daubree,
amiral Mouchez, Himly, Levasseur, membres de l'lnstitut; Dr Hamy,
president de la Commission centrale; Meurand, President de la
Societe de Geographie commerciale de Paris; Bonvalot, Chaffanjon,
explorateurs; colonel Lambert; Barbie du Bocage; Larroumet, chef
de cabinet du Ministre de PInstruction publique.
Les personnes chargees de l'organisation du centenaire, MM. le
comte de Bizemont, Commissaire du centenaire, Vice-President de
la Commission centrale ; le comte J. d'Estampes ; Gabriel Marcel,
Bibliothecaire a. la Section geographique de la Bibliotheque na-
tionale,  ainsi que les representants des difFerentes Societes de
i
-A8~
•^^^      7sS!MMHRmMB|HHHSML 154
centenaire de la mort de laperouse
Geographie s'y trouvaient egalement. On trouvera plus loin les
noms de ces representants des Societes de Geographie, a qui
M. de Bizemont a souhaite la bienvenue.
Le President ouvre la seance par Pallocution suivante:
« Le p fevrier 1879, la Societe de Geographie de Paris, impar-
tiale envers ceux qui servent la science, celebrait le centenaire de
la mort du capitaine Cook.
» Mon eminent predecesseur a, la presidence de la Societe,
Pamiral de La Ronciere, dans Pallocution par laquelle il terminait
la stance du centenaire de Cook, s'exprimait ainsi: « ... Un nou-
» veau devoir, un devoir patriotique, s'imposera bientot a votre
» sollicitude. Vous voudrez esalement celebrerle centenaire de la
» mort d'un autre navigateur, un Frangais celui-la, dont la fin
» tragique a inlerrompu les entreprises, Laperouse, qui disait,
» en quittant la cote de France: « Les exploits de Cook vivront
^ d'age en age dans la memoire des hommes. 5> Dans neuf ans,
» Messieurs, ce ne sera peut-etre plus votre President actuel qui
» aura l'honneur de vous convoquer. Les Presidents passent, la
»  Societe reste. Dans neuf ans, vous serez appeles a entendre le
> recit du voyage de Laperouse, les details si saisissants que Pon
> a pu recueillir sur safin malheureuse. »
» La Societe accomplit aujourd'hui le | devoir patriotique »
auquel son regrette President de 1879 attachait tant d'importance,
comme Francais et comme marin.
2) Elle vient rendre hommage a Pun des plus illustres parmi les
navigateurs qui honorent notre marine.
2> Les voyages de Laperouse forment Pun des premiers anneaux
de cette chaine ininterrompue de circumnavigations qui, continuee
par Bougainville, puis par Baudin sous le Directoire, ont, depuis
la fin du siecle dernier jusque vers 184-0, porte sur tous les oceans
le pavilion scientifique de la France.
3> Nous sommes ici dans des regions sereines, ou rien ne nous
divise, ou nos pensees, en evoquant de glorieux souvenirs, evo-
quent aussi de ferventes esperances. Les secousses qui troublent
la vie de tous les peuples n'ont point detourne notre pays des
hautes aspirations, des genereux efforts par lesquels il a conquis
sa place dans l'histoire du progres. d
) LA VIE PRIVEE DE LAPEROUSE
r -a r
M. NOHBERT DE BARTHES DE LAPEROUSE
Ancien Commissaire de la Marine.
Mesdames et Messieurs,
On connait la vie publique de Laperouse, sa gloire, ses
inforlunes, le doute qui a longtemps plane sur le drame
lugubre dans lequel il disparut, et qui ont fait de Pillustre
navigateur un de ces types glorieux et sympathiques dont
la legende reste a jamais dans les traditions despeuples.
Gependant, il manque quelque chose a cette histoire,
d6ja si palpitante d'int6ret, car la vie priveo du celebre
marin, les mysteres de son cceur, sont geneialement peu
connus, et pourtant ce coeur palpitadu plus violent amour,
€t cet amour fit vibrer en-lui les plus beaux sentiments de
g6n6rosit£, de loyaut£ et de tendresse.
Pour combler en partie cette lacune, on a rassembl6, a
l'occasion du centenaire, quelques lettres intimes, et des
notes de famille qui, malgr6 le cours d'un siecle, ont pu
e'chapper a la dispersion.
Le 23 aout 1741, naissait au Guo2 pres d'Albi, d'une
famille noble et distingu6e, le heros glorieux qui devait
occuper le monde entier des aventures dramatiques de ses
voyages, et du long mystere de sa disparition.
Son pere, Victor-Joseph de Galaup, etaitun gentilhomme
II
«;
\%
1. Petit-neveu de Laperouse.
21 Le Gud ou Go, situe a trois kilometres d'Albi, etait la maison de
campagne de la famille dc Galaup. Par suite d'he>itages successifs, cette
propriete appartient actuellement a un parent de la famille des de Bar-
thes de Laperouse.
-—	 156
centenaire de la mort de laperouse.
de vieille race; sa mere, Marguerite de Ress6guier, femme
d'une haute raison et de sentiments exquis, transmit a son
fils la delicatesse, la bonte, et cette heureuse 6galite de ca-
ractere qu'engendrent la douceur et la fermete\
Chevaleresque et loyal comme son pere, Laperouse fut
bienveillant, sensible et distingu6 comme sa mere; et toutes
ces heureuses qualites firent de lui Pun des officiers les plus
6minents, Pun des chefs les plus adores, et Pun des naviga-
teurs les plus humains dont s'honore la marine franchise.
Par leurs qualites particulieres et leurs grandes alliances,
les de Galaup ont toujours joui dans PAlbigeois de la
consideration Iaplus61ev6e etla mieux aequise, sur laquelle
Fh6roi'sme et le sort de leur dernier repr^sentant ont fait re-
jaillir une eclatante notorize.
II est aussi a remarquer que dans cette famille, d'ailleurs
tres ancienne, aucun autre membre que le navigateur n'a
port6 le nom de Laperouse; lui-meme, pendant ses premieres ann6es, ne s'appela que de Galaup. Mais, a son
entree dans la marine, ses parents, pour lui permettre de
tenir un rang convenable, lui ayant donne le dornaine de
Laperouse, il ajouta ce nom au sien, et ne signa plus que
de ce seul nom, qu'il orthographiait invariablement Laperouse, d'un seul mot et sans y. Les listes officielles de la
marine qui ont contenu son nom portent: le comte de
Laperouse.
Le navigateur fut marie et n'eut pas d'enfant. II n'avait
pas non plus de frere; mais ii laissait deux soeurs marines,
Pune a un Dalmas, Pautre a un de Barthes, et qui eurent
chacune plusieurs enfants. Quand Pespoir du retour de Laperouse eut absolument disparu, les deux families Dalmas
^t de Barthes demanderent au gouvernement Pautorisa-
tion de joindre a leur nom celui de Laperouse, et cette
autorisation leur fut accordee par une ordonnance royale
du 21 f£vrier 1815, laquelle fut rectified, quant a Portho-
graphe, par une autre ordonnance du 11 aout 1839.
s
\ centenaire de la mort de laperouse. 157
II ressort en outre, de ce qui precede, que, en dehors des
Dalmas et des de Barthes, toutes les personnes qui peuvent
s'appeler Laperouse sont absolument 6trangeres a la famille du celebre marin1.
Les premieres annees de Laperouse s'ecoulerent au sein
de sa famille, et, des Page de neuf ans, il fut mis au college
des je*suites a Albi. Le directeur de cet 6tablissement ne
tarda pas a decouvrir la grande intelligence, Pimagination
ardente, et la fermetS de caractere de son nouvel eleve;
aiissi ne crut-il pas devoir contrarier une vocation qui avait
pris naissance dans le cercle brillant des relations de la
famille du jeune de Galaup, et qui Pentrainait vers les
lointaines et perilleuses aventures.
Laperouse etait n£, d'ailleurs, a. une 6poque ou la marine
se cduvrait de gloire : les decouvertes r£centes, les voyages
e'mouvants d'Anson, de Byron, de Carteret, de Wallis, de
Bougainville, et surtout du capitaine Cook, avaient rempli
sa jeune imagination des plus beaux reves. Brulant de marcher sur leurs traces, et anime, d'ailleurs, du bouillant desir
de combattre sur mer Pennemi de la France, ii embrassa
avec enthousiasme la carriere maritime.
En 1756, a peine age" de quinze ans, il est nomm6 garde
de la marine; bientot apres (1759), monte sur le Formidable de Pescadre du mar6chal de Conflans, il est blesse et
fait prisonnier.
A peine libre, et promu au grade d'enseigne (ler oclobre
1764), il soupire apres denouveaux combats; mais la guerre
cesse; alors, au lieu de passer dans le repos le temps de
paix que donna a la France le traite de 1763, il s'embarque,
et pendant quatorze annees, parcourant plusieurs fois le
monde, il se prepare a devenir digne de la noble mission
qui doit lui etre un jour confiee. C'est dans ces voyages
qu'il acquiert les connaissances variees et la haute expe-
1. Voir page 86.
v
v.'.M
M
—SCMESa t
158 centenaire de la mort de laperouse.
rience qui le plagaient deja aux premiers rangs des officiers
frangais, etqu'il commence, quoique jeune encore, a donner
des preuves de sa vaieur :
Commandant la flute la Seine, il disperse, pres de Bombay, une flotte marhatte composed de trois pales de 40 canons et d'une vingtaine de calvettes de 8 a 10 canons, et
repousse une attaque du prince indien Chirique sur
Mahe\       ,     :%. ftp-
Le 4 avril 1777, il est promu au grade de lieutenant de
vaisseau, et le 24 mai suivant, nomm6 chevalier de Saint-
Louis, avec pension de BOOlivressurle Tr^sor royal, en consideration de ses services dans 1'Inde, et surtout de la part
qu'il a prise a la defense de Mahe.
En Europe, les hostility sont reprises; de navigateur,
Laperouse redevient guerrier. Dans l'escadre du comte
d'Estaing, il commande YAmazone, et, apres un combat
meurtrier, s'empare de la frigate anglaise PAriel (10 sep-
tembre 1779), et bientot apres du corsaire le Tigre. Ces
brillants faits d'armes le designent pour le grade de capi-
taine de vaisseau, qu'il obtient le 4 avril 1780.
Quelques moisplus tard, commandant la fregate YAstree,
et de concert avec YHermione, mont6e par Latouehe-
Treviile, il soutient (21 juillet 1781) un brillant combat
contre une frigate et quatre corvettes anglaises, dont deux,
le Charlestown et le Jack, sont prises.
Des lors, son courage et son m6rite le designaient pour
un commandement plus important: il fut charge d'aller
d6truire les etablissements anglais dans la baie d'Hudson ;
et, malgr6 les obstacles que lui opposaient les brumes et les
glaces, il r^duisit en cendres les forts d'York et du Prince
of Walles (24 aout 1782). A ce moment, il commandait le
Sceptre, et avait sous ses ordres une division composed
de YEngageante, commandant de Lajaille, et' de YAstree,
mont6e par son ami de Langle, qui plus tard devait
&tre massacr<§ presque sous ses yeux.
-S"BH!S> ■ 'W»S ^mmmrnmm
centenaire de la mort de laperouse. 1591
Apr&s avoir ainsi inflig6 a Pennemi une perte de plus de
douze millions de livres, il lui laissa un souvenir de son
grand coeur, qui savait concilier Fhumanit6 avec l'ob&s-
sance aux ordres de son gouvernement. Avant de quitter ces
parages, ii avait eu le soin d'y respecter un magasin dans
lequel il fit placer des vivres, des armes et des munitions,
assurant ainsi l'existence des Anglais refugi6s dans les bois
apres leur 6chec.
Noble et touchante g6n6rosit6, bien rare, helas! dans les
-annates des guerres qui ont ensanglant6 le monde!
Une pension de 800 livres, sur Pordre de Saint-Louis, lui
fut accordee a cette occasion (14 novembre 1782).
C'est au retour de cette glorieuse expedition que va se
denouer Pepisode touchant de son amour.
Dans le cours d'une longue campagne qu'il fit dans 1'Indo-
Chine de 1772 a 1777, Laperouse avait plusieurs fois rela-
•che' a Pile de France; il yavait rencontre* la fille d'un fonc-
tionnaire colonial, Louise-Eleonore Broudou, sensible et
s^duisante comme lesont les belles Creoles de ces heureuses
t-ontr6es, qui ont servi de type a la touchante Yirginie.
Mile Broudou 6tait mieux que belie: elle etait modeste et
distingu£e; le coeur meridional de Laperouse admira cette
nature d'elite ets'enflamma du plus vif amour. II fut aim£,
et il promit a El^onore qu'il n'aurait jamais d'aulre femmc
qu'elle.
En meme temps, ii s'empressait d'en faire la confidence a
sa soeur ainee.
i.
U
A Mme Dalmas de Labessiere, a Villefranche en Rouergue.
I
lie de France, le ler aoftt 17751.
« Je n'ai regu qu'une lettre de toi, ma chere soeur, depuis
1* L'original de cette lettre est entre les mains de Mms M. Pesche-
loche, petite-nie.ce du navigateur.
I
—
i/
■Tff —j.- ■ 160 centenaire de la mort de laperouse.
trois ans que je suis dans PInde. Je viens de faire encore un
voyage sur la cote de Malabar; j'ai 6te attaque* par des
pirates que j'ai bien ross6s, et suis arriv6 heureusement a
Pile de France. J'ai assez bien conduit ma petite fortune, et
je possede au moment ou je t'6cris 90000 livres de part de
prises. Tu penses bien que je ne t'ai pas oubli6e et que je
t'apporterai des toiles peintes de PInde, etc.
» Je suis un peu amoureux d'une jeunopersonne de cette
ile, et cette affaire pourrait bien se terminer par un mariage,
mais rien n'est encore d6eid£. Je ne pr6vois rentrer en
France qu'en 1777 avec le general, qui me comble toujours
de ses bont£s, et au sort duquel je suis lie* pour la vie. II a
demande la croix de Saint-Louis pour moi, je ne sais s'il
Pobtiendra.
» Bien des choses a ton mari, et a tes enfants, je t'em-
brasse mille fois.
» Laperouse. »
A son retour de PInde, il fit part de son projet a sa
famille, mais son pere d£ja malade au point de ne pouvoir
signer, s'opposa a ce mariage, et lui signifia son refus dans
une lettre1 des plus s6veres:
A AT. de Laperouse, lieutenant de vaisseau a Brest.
Albi, ce 20 octobre 1777.
« Yous me faites fremir, mon his; quoi, vous envisagez
de sang-froid les consequences d'un mariage qui vous met
dans la disgrace du ministre, vous fait perdre la protection
des amis puissants ! vous m6prisez les suffrages de vos
camarades; vous allez perdre, avec le fruit de vos travaux
1. Communique^ par M. P. Margry, qui Favait reeue de Mi de Mon-
merqu6, membre de l'lnstitut.
v centenaire de la mqrt de laperouse. 161
de vingt annees. la .consideration que vous vous 6tiez
aequise, et qu'il semblait que vous aviez m£ril6e par Fel6-
vation de vos sentiments. Nous en 6tions flatted, mais en
vous avilissant vous humiliez toute votre famille et votre
parents. Vous ne vous preparez que des remords; vous
sacrifiez votre fortune et Phonneur de votre 6tat a une
beaute" frivole et a de pretendus charmes qui n'existent peut-
6tre que dans votre imagination. Peut-on se perdre ainsi de
propos d6Ube>6? Les lois de Phonneur ni de la probite* ne
vous obligent pas a tenir les engagements inconside>es que
vous pouvez avoir pris avec cette personne ou avec ses
parents. Ignorez-vous, ou ignorent-ils que vous 6tes sous
ma puissance, que vous n'eles pas libre, que tout ce que
vous avez pu promettre demeure sans effet?
» Quand meme vous vous proposeriez de faire un mariage
convenable a votre 6tat par la fortune et par la naissance,
et au gre de la famille, serait-il a propos de Paccomplir
que vous n'eussiez mis vos affaires en regie? Je vous vois
depuis six mois incertain des fonds que vous avez, tantot
vous voulez acheter des terres en justice, tantot vous voulez
des contrats en constitution de rentes. Vous n'avez pas
d'habitation bien certaine dans la ville. Votre maison de
campagne est-elle en etatpour recevoir une femme?est-ce
un sejour propre pour l'hiver? irait-elle trotter les boues
pour chercher une messe ? aurez-vous une fortune pour lui
f6urnir une voiture? mille considerations se presentent a
ma memoire, qui me font voir le ridicule de votre projet.
Vous dites qu'il y a cinquante offic'iers dans le corps de
la marine qui ont fait des manages pareils a celui que
vous vous proposez de faire; qu'en a-t-on pens6? se sonl-
ils acquis par la Pestime et la consideration dans leur
corps?
» En tout cas vous aviez de meilleurs modeles a suivre :
M. de La Jonqujere et tant d'autres ontepouse des Creoles,
mais ce qui pouvait manquer du c6te de la naissance 6tait
Si
1
1-■
1
i
I 162
CENTENAiRE de la mort de laperouse.
eompense' par les biens de la fortune. Sans cet Squilibre ils
n'eussent pas eu la bassesse de les Spouser.
» Pour mon pere:
» De Galaup. »
)) ViCTOIRE hi »
Ces remontrances lui causerent un vif chagrin, ainsi
qu'en temoigne la lettre ci-apres adress6e a sa soeur :
A Mme Dalmas de Labessiere, a Villefranche en Rouergue*
Paris, le 3 Janvier 1778.
(( J'ai bien des excuses a te faire, ma chere petite soeur,
d'avoir ete si longtemps k t'^crire; mais j'ai eu beaucoup de
chagrin depuis pres de trois mois, et je ne voulais pas t'en
entretenir; je suis en ce moment plus tranquille. Je compte
rester Phiver a Paris si la guerre ne se declare pas, mais on
en parle moins en ce moment. Je ne ferai de voyage en
Languedoc qu'apres une campagne, et je me flatte qu'elle
ne sera pas de cinq ans, comme la derniere.
y> Adieu, ma chere petite soeur, je Pembrasse et je t'aime
de tout mon coeur.
» Laperouse. »
Cependant, ne voulant pas contrarier ses parents et sur-
tout son pere, malade, ii partit et navigua encore, le coeur
toujours rempli de Pimage de celle qu'il aimait; et, dans le
cours de cette navigation, il se couvrit de gloire sur YAma~
zone, YAstree, le Sceptre, qu'il commanda successivement,
ainsi qu'on Pa vu plus haut.
Malgr6 ces succes, son vieux pere2 lui tenait toujours
rigueur.
Sa mere elle-m^me s'effraya de  cette  passion   roma-
r
nesque;   elle ne   connaissait pas   Eleonore,  et   elle ne
1. Fille de M. de Galaup; qui devint plus tard Mnie de Barthes.
2. Decede le 29 avril 1784 a l'age de soixante-quinze ans. ■SW^"
centenaire de la mort de laperouse.
163
voyait dans cet amour exalte" qu'une aventure dangereuse.
Elle avait d'ailleurs re*v£ pour son fils un mariage tres
brillant : la fille d'une de ses amies 6tait celle qu'elle
destinait a devenir sa fille, et jamais choix plus parfait ne
fut fait parle coeur d'une mere. Mile de V6sian etait riche,
noble et belle; comme Mile Broudou, elle 6tait s6duisante
et distingu£e, et, de plus qu'elle, elle avait la preference
d'une mere ador6e, dont les desirs avaient toujours 6te
pour Laperouse des ordres sacr6s.
Aussi, quels combats durent se livrer dans son coeur d6~
chir£, que de larmes il repandit, quelle douloureuse victoire
il lui fallut remporter sur lui-meme, lorsque, c6dant enfin
a la volonte de sa famille, il 6crivit a Mme et a, M. de V6sian
les lettres suivantes dat6es du Sceptre qu'il commandait en
rade de Cadix.
#<
A Mme de Vesian, a AIM en Languedoc.
« Si, depuis que j'ai Phonneur de vous connaitre, madame,
vous aviez pu lire dans mon coeur, vous y auriez trouve tous
les sentiments que vous pouvez desirer dans votre gendre ;
c'est toujours sur votre modele que je me suis forme Pid6e
de celle qui doit faire mon bonheur; votre fille elev6e par
vous, formee par vos legons, doit vous ressembler ; je ne la
connais que pour Pavoir vue enfant, et je vous jure que si
j'6tais l'homme le plus parfait de la terre, je la pref^rerais
a toutes les femmes ; Pidee que je me suis faite du bonheur
ne peut exister qu'avec les vertus dont vous avez donne
l'exemple dans votre famille.
» Ne" extr^mement sensible, je serais Petre le plus mal-
heureux si je n'^tais pas aime de ma femme ; si je n'avais
pas sa confiance intime comme son meilleur ami; si son
existence dans ma famille et la sienne, au milieu de ses
enfants, ne la rendait pas parfaitement heureuse ; si,
enhn, lesplaisirs pursde la nature et de Phonnetete n'etaient
1
ft
m
4 164 centenaire de la mort de laperouse.
pas les seuls qui fissent impression sur son ame ; je d6sire
un jour vous regarder comme ma mere, et, des aujourd'hui,
comme ma meilleure amie, je vous ouvre mon coeur; con-
sultez votre iille ; c'est a vous de voir si nous nous con-
venons. Aimez-nous assez Pun et Pautre pour nous dire non,
si c'est votre opinion, et permettez-moi, des a present, de
vous regarder comme la meilleure amie que j'ai au monde.
Je vous dois ma confiance intime; aussi j'autorise ma mere
a vous faire Phistoire de mes anciennes amours. Je n'avais
alors que trente ans : mon coeur a toujours 6t6 un roman;
plus je sacrifiais de convenances a celle que j'aimais, plus
j'&tais heureux ; mais je n'ai jamais oubli6 le respect que je
devais a mes parents et a leur volonte : c'est eux qui m'ont
arr&te, et je sens aujourd'hui que c'est un de leurs plus
grands bienfaits; j'espere que, dans peu de temps, je serai
libre; si alors j'ai votre r6ponse, et plus encore, si je puis
faire e bonheur de votre fille et que mon caractere lui con-
vienne, je vole h Albi, je vous embrasse mille fois, je ne
vous distingue plus de ma mere et de mes soeurs, je suis
votre enfant, votre meilleur ami, et je benis le ciel de
m'avoir ramene au seul genre de vie qui peut me rendre
heureux,
» Je suis, madame, avec tous les sentimentsd'altachement
et de respect que je vous ai vou6s, votre
» Laperouse. »
» Hasardez une r6ponse a Cadix. »
Et a M. de Vesian :
« Ma mere ne vous a pas laiss6 ignorer, monsieur, le desir
ardent que j'aurais d'etre votre gendre ; mes titresaupres de
vous sont les sentiments que je sens dans mon coeur ; j'ose
croire qu'ils vous conviendraient s'ils pouvaient 6tre aussi
bien exprim6s que sentis; Pattachement le plus vrai et le
plus sincere pour votre fille, le plus respectueux denouement centenaire de la mort de laperouse. 165
pour votre famille, que je ne distingueraiplus dela mienne,
une continuelle attention & ce qui pourra augmenter son
bonheur, voila, monsieur, les engagements que je prends
avec vous; mais je vous a vane que ma delicateSse souffrirait
de ne devoir la main de votre fille qu'au choix que vous
auriez fait de moi, et a son ob6issance pour la volont6 de
ses parents.
» Je vous supplie done, monsieur, de ne g&ner en rien
Pinclination de Mile de V6sian, et de songer que, pour que
nous soyons Pun et Pautre heureux, il faut qu'il n'y ait
point de repugnance a vaincre; je dois vous informer, monsieur, que si mon empressement ne m'a pas permis de
differer plus longtemps a vous 6crire, j'ai cependant une
affaire a terminer qui ne me permet pas de disposer encore
entierement de moi : ma mere vous en fera les details. J'es-
pere etre libre dans six semaines ou deux mois; mon
bonheur sera inexprimable si j'obtiens alors votre agre-
ment, celui de Mme de Vesian, avec la certitude de n'avoir
pas contrarie les voeux de mademoiselle votre fille.
y> J'ai Phonneur d'etre, avec le plus respectueux attache-
ment, monsieur, votre tres humble et tres ob£issant ser-
viteur. » Laperouse. y>
A bord du Sceptre, rade de Cadix, ce 10 fevrier 1783.
Dans ces deux lettres le beau caractere de Laperouse se
d6voile; sa haute loyaute, son affection et son respect pour
ses parents se melent aux sentiments elev^s de la plus pure
delicatesse. II croit avoir vaincu son coeur; ce douloureux
sacrifice il Pa fait a sa mere ador6e, h la volont6 de sa
famille. II veut oublier Mile Broudou; mais, avec sa franchise habituelle, il veut aussi que sa nouvelle famille con-
naisse son amour passe, et c'est sa tendre mere, qui ira
dire a Mme et a M. de Vesian combien son fils sait aimer.
Sur ces entrefaites il se rend a Paris, ou il est appele par
le ministre, et c'est de Paris qu'il 6crit les lettres suivantes :
S0C. DE GfcOGR.  — 2e TRIMESTRE 1888. IX.  — 12
-^- ~^=-
 ~— fm
166
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
A Mme de Vesian
le' mai 1783.
« Mon trop prompt depart de Cadix m'a empe'chi, ma-
dame, de recevoir votre reponse et celle de M. de Vesian;
mais votre billet m'a combl6 de joie. Je ne perdrai pas un
instant pour me rendre a Albi, ou mon imagination me
peint un genre de bonheur que j'ai toujours ardemment
d6sir6. Votre fille, 61evee par vous, vous ressemblera, et
j'ose vous assurer qu'un homme de mon caractere, uni a
une femme douce et honn&te, ne s'occupera jamais que
d'augmenter son bonheur et le votre; je n'ose encore pro-
noncer le nom de votre fille, ignorant si je lui conviendrai.
» Vous etes trop bonne mere pour contraindre ses gouts et
je suis trop delicat pour chercher a epouser une jeune per-
sorine malgre" eJle; quant a moi tout ce que je me rappelle
de Mile de V6sian me convient infiniment; ce qu'on me
marque de son caractere, de ses gouts, de l'6ducation que
vous lui avez donn6e, est pr6cisement ce que j'ai toujours
recherche^ monprojet est de vivre dans ma famille et dans
la v6tre; il me faut consSquemment une femme qui puisse
aimer ma mere et ma soeur, comme je sens que je vous
aimerai, ainsi que tous les v6tres; vous voyez que tous ces
avantages ne peuvent se trouver que dans une demoiselle
de la ville, et que j'aurais ete au supplice si, ayant 6pouse
une demoiselle de Paris ou de quelqu'autre grande ville, notre
bonhomie et nos manieres albigeoises lui avaient paru ridicules ; je veux aimer ma femme comme un paysan, avoir en
elle une si parfaite confiance, qu'elle soit charg6e, avec ma
mere et vous, de toutes mes affaires. Voila mon plan: puisse-
t-il s'effectuer. Toute autre maniere d'exister m'est affreuse,
et j'ai assez connaissance de moi-meme et du monde pour
savoir que je ne puis &tre heureux qu'en vivant ainsi.
» Je suis avec le plus respectueux attachement et sans autre
compliment, » Laperouse. » —
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
« Les lettres que j'6cris h ma mere sont communes h
mon pere, et celle-ci a M. de V6sian. »
AMme de Vesian. ' »   .
= 21 raai 1783.
« Je devance le moment ou je vous appellerai ma chere
maman; mon coeur en 6prouve d&ja, tous les sentiments, et
le danger que vous venez de courir a d^chire* mon ame,
comme si ma propre mere eiit 6t6 a votre place. Je vois
avec douleur qu'en devenant mille fois plus heureux que je
ne Petais, je multiplie infiniment mes chagrins; je partage-
rai vivement toutes vos peines, tous vos plaisirs, et si e'en
est un pour vous d'etre adore" du fils que vous avez adopte,
je vous assure que, de tous les sentiments de mon coeur,
celui r6serv6 a la mere de Mile de Vesian est le plus doux.
» Je suis avec respect, etc.
» Laperouse. |
Dans une autre lettre adressee a M. de Vesian, il
donnel'espoir qu'il pourra quitter Paris dans le courant du
mois de juin.
A M. de Vesian a AIM.
« Votre lettre, monsieur, m'aurait jete dans les plus vives
inquietudes sans Passurance que vous me donnez que Mme
de Vesian esthors de danger. Avec quelle impatience je vais
attendre les nouvelles d'Albi ! ma mere ne me hissera pas
ignorer ce qui, dans ce moment, int6resse le plus mon coeur.
Mon imagination, une fois troublee, se rassure difficilement.
Si je n'etais retenu a Paris encore quelques semaines par
les ordres sup6rieurs du ministre, il n'est aucune aflaire personnels qui m'yretintuneheure. De tous les sacrifices que
je fais au service, celui-ci est le plus couteux.
» Je suis fache que ma mere vous ait parle de la lettre
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168     CENTENAIRE .DE LA MORT DE LAPEROUSE.
anonyme que j'ai regae : c'est Pouvrage de mes ennemiset
non des votres; car, d'apres tout.le bien que j'entends dire
de Mile de V6sian, je suis bien certain que je ne ia vaudrai
jamais; mais je m'acquitterai en vers elle par le plus inviolable attachement pour tous ses parents, et mon coeur ren-
ferme deja tous les sentiments que je vais leur devoir. Le
style de Patroce betise qui m'a 6te adress6e a Brest est
celui d'une femme de chambre mal 61evee. Je ferai tous
mes efforts pour que ma femme et moi ne mentions jamais
d'avoir des ennemis ; mais je connais trop les hommes pour
ne pas 6tre trop certain que nous en aurons.
)> J'ai vu M. de Tains a Courcels ; j'en ai reQu la r6ponse
la plus flatteuse et la plus honnele; mais je ne me console
pas d'avoir manqu6 a Paris Poccasion de voir son frere,
qui n'y est reste" qu'un seul jour. Je partirai pour Courcels
la semaine prochaine. J'ai eu un cours d'affaires avec M. le
marquis de Castries, qui m'a assujetti a passer cinq jours
de la semaine aupres de lui; mais j'ai lieu de croire que
j'aurai bientot fini.
» Parlez de moi a Mile de Vesian ; s'il ne faut que Paimer
de tout mon coeur pour la rendre heureuse, je suis certain
qu'elle n'aura rien ad6sirer.
)> Je suis avec respect, etc.
» Laperouse. »
» P.-S. — Je ne saurai que dans dix ou douze jours
Pepoque precise ou je pourrai partir de Paris : ce sera cer-
tainement dans le courant du mois prochain; vous en serez
le premier informe; mon coeur me battra bien fort lorsque
j'approcherai de votre maison. »
L'homme honn&te et delicat continue a se montrer dans
cette correspondance; on y remarque cependant com-
bien il a hate d'en finir, comme s'il voulait se pr£munir
contre iui-m6me. Et ce n'est pas sans raison, helas! car La-
nmhwhkmmhbH! CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      169
perouse avait trop presume de ses forces. Au moment de
remporter la victoire la plus complete sur son coeur, il revolt E16onore,il est touch6 par ses larmes,il se rappelle ses
promesses, et alors il se decide a faire connaitre a sa famille
sa resolution in6branlable de tenir ses premiers engagements.
C'est avec la m&me fermet6que nous le verrons, deux ans
plus tard, sacrifier ses affections les plus cheres au service
du Roi et de la France.
La magnifique lettre par laquelle il apprend cette r£solu
tion a sa mere est un chef-d'oeuvre de sentiment et de deli-
catesse, et sa belle ame s'y revele toute entiere.
Laperouse a sa mere a AIM en Languedoc.
Paris, 25 mai 1783,
« Mme de Vesian Pavait prevu, ma chere mere : elle
connaissait mieux mon coeur que moi-mSme.... J'ai vuEleo-
nore.... Je n'ai pu resister aux remords dont j'etais d6vor£.
Mon excessif attachement pour vous me faisait violer tout
ce qu'il y a deplus sacre parmi les homines : j'oubliais mes
serments, les voaux de mon coeur, les cris de ma conscience.
» J'6tais a Paris depuis vingt jours ; fidele aux promesses
que je vous avais faites, je n'avais point 6t6 la voir... Je
regois une lettre baignee de larmes... Nul reproche; mais
le sentiment profond de la douleur y etait exprime... Le
voile se deehire a Pinstant... Ma situation me fait hor-
reur... Je vois tous mes crimes... Je ne suis plus a mes
yeux qu'un parjure, indigne de Mile de V6sian, a laquelle
j'apporterais un coeur d6vor6 de remords et us6 par une
passion que rien ne peut 6teindre,... indigne de Mile
Broudou, que j'ai eula faiblesse de vouloir delaisser; mon
excuse, ma chere mere, est dans le d£sir extreme que
j'ai toujours eu de vousplaire: c'est pour vous seule etpour
mon pere que j'ai voulu me marier. D6sirant vivre avec
ii 170 CENTENAIRE DE LA MORT DE  LAPEROUSE.
vous, je vous aiprie de me chercher une femme avec laquelle
vous puissiez compatir. Le choix de Mile de V6sian m'avait
combl6, parce que sa mere est la femme de la ville pour laquelle j'ai le plus veritable attachement, et le ciel m'est
temoin aujourd'hui que j'aurais prefer^ sa fille au parti le
plus brillant de Punivers. II n'y a pas quatre jours que je lui
ai 6crit a ce sujet : comment concilier ma lettre avec ma
situation presente? J'e'touffais mes remords; je croyais &tre
sur de moi; je violais les lois divines ethumaines ; lavertu,
Pinnocence, la douceur etaient sacrifices au systeme de d£-
vouement que je m'etais fait pour toutes vos volontes; mais,
ma chere mere, ce motif, si pur en lui-m&me, serait une
faiblesse si j'allais plus avant. J'aiete un imprudent de contractor un engagement sans votre consentement: je serais
un monstre si je violais mes serments et portals a Mile de
Vesian un coeur fietri et une conscience dechiree de remords.
Je ne doute pas, ma chere mere, que vous ne sentiez ma
situation, et que vous ne fremissiez peut-etre de Pabimeou
j'ai pense tomber. Je ne puis 6tre qu'a Eieonore. J'es-
pere que vous y donnerez votre consentement; ma fortune
suffira a nos besoins et nous vivrons egalement avec vous;
mais je ne viendrai a Albi que lorsque Mile de Vesian sera
mariee, et que je serai assure qu'un autre, mille fois plus
digne d'elle que moi, lui aura jure un attachement plus pur
que celui qu'il etait en mon pouvoir de lui ofifrir.
?) Je n'e'cris point a Mme ni a M. de Vesian. Joignez a vos
bontes celle de vous charger de cette affreuse et penible
commission.
y> Laperouse. »
Mais, il restait a Laperouse un devoir a remplir aupres
d'une famille qu'il honorait, dont il allait devenir le fils, et
qu'il venait peut-§tre d'offenser. Sa fiancee va epouser le
baron de Senegas, et il s'empresse d'offrir ses excuses et
ses compliments &M. de vesian. CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
A M. de Vesian a AIM1.
« J'ai voulu, monsieur, me faire preceder chez vous par
une lettre qui vous fasse bien connaitre toute ma sen-
sibilite et ma vive reconnaissance de vos bons procedes.
Vous avez droit de me taxer de legerete : je devais mieux
a mon age, connaitre Petat de mon coeur; mais le ciel m'est
temoin qu'en vous trompant j'etais moi-meme dans Per-
reur, et que si j'avais etc* libre avec cent mille ecus de rentes, je les aurais offerts a Mile de vesian. N'ayant jamais eu
Phonneur de la voir, mes sentiments ne pouvaient avoir
pour objet que le desir extreme de vous appartenir, ainsi
qu'a Mme de Vesian, et il me sera impossible de vous
exprimer combien les affections que je vous aurais dues
etaient cheres a mon coeur. Je serais au desespoir et mal-
heureux a#jamais, si mon etourderie avait mis obstacle au
bonheur de mademoiselle votre fille; mais vous avez heu-
reusement a vous applaudir de ma legerete; inferieur a
M. de Senegas2 a tous egards, je n'aurais pul'egaler que dans
mon extreme attachement pour vous et pour les votres.
» J'ai Phonneur d'etre, etc.
» Laperouse. »
Ayant ainsi recouvre toute sa liberte, Laperouse epousa
Eieonores, qu'il conduisit a Albi quelque temps apres. La
famille de Laperouse tint a honneur de consacrer cette
union par une pompeuse ceremonie religieuse, a laquelle
s'associa la population entiere de la ville.
Cependant le mariage avait et6 contracte a Pinsu du
ministre; il fallait faire l'aveu de cette infraction auxregle-
1. Les originaux de ces sept lettres sont entre les mains de M. de
Barthes de Laperouse, commissaire de la Marine en retraite.
2. M. de Senegas epousa Mile de Vesian le 5 aout 1783.
3. Nee a Nantes le 15 mai 1755, fille de M. Abraham Broudou, chef
du bureau des armements et classes a Pile de France, et de dame
Francoise Cailliard,son epouse. Le mariage eut lieu a Paris le 17 juin 1783.
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I
IM
*mM 172 CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEftOUSE.
ments. Laperouse s'en excuse avec la rare franchise qui le
caracterise.
A M. le marechal de Castriesy Ministre de la Marine.
« Monseigneur,
» Les bontes extremes dont vous m'avez honore exigent
de moi un aveu que je fais a, M. le marechal de Castries et
non au ministre du roi; je suis marie et j'ai conduit ma
femme de Paris en Languedoc. Mon histoire est un roman
que je vous supplie d'avoir la bonte de lire. Madame la
princesse de Bouillon en est instruite, peut-etre vous en
a-t-elle deja parie.
» II y a huit ans que je devins eperdument amoureux a
Pile de France d'une demoiselle extremement jolie et
aimable; je voulus Pepouser; elle n'avait point de fortune;
le chevalier de Ternay * s'y opposa. Mes parents lui avaient
donne toute leur autorite sur moi par un acte en forme.
Jl joignit leur pouvoir a celui dont il etait lui-meme rev£tu,
et fut inebranlable, me disant que Pamourpassait, et qu'on
ne se consolait pas d'etre pauvre lorsqu'on etait marie.
y> Nous partimes peu apres de Pile de France, j'etais toujours aussi amoureux, je dis a la demoiselle de passer en
France et que je l'epouserais. Sa mere etait precisement a
Nantes et son pere, qui desirait beaucoup que je fusse son
gendre, fit partir sa fille pour PEurope sur un vaisseau qui
mit a la voile quinze jours apres le mien. Dans la traversee
cette jeune personne fut tres incommodee, et, pour comble
de malheur, en debarquant a Lorient, elle tomba a la mer,
d'ou a resulte une maladie qui a dure trois ans. Cepen-
dant les raisons du chevalier de Ternay, celles de mes
parents qui voyaient une grande possibilite de me faire
faire un grand mariage avaient fort diminue mon amour.
1. Le chevalier de Ternay commandait la station de Pile de France et
de Bourbon, dont la Seiike, commandee par Laperouse, faisait partie. CENTENAIR# DE LA MORT DE LAPEROUSE.     173
La guerre se declara, j'ecrivis que j'etais decide a la faire
avec une assiduite telle qu'il etait impossible que j'eusse le
temps de me marier; on me repondit avec douceur qu'on
attendrait la paix. La demoiselle resta au convent a Paris,
mon amour s'eteignit. Je fis demander ma parole, j'offris
jusqu'a quatre-vingt mille livres, ce qui etait immense re-
lativement a ma fortune; mais je pouvais epouser en Lan-
guedoc ou une demoiselle ayantvingt mille livres de rentes,
ou une autre jeune personne de grande maison dont les
rapports etaient infiniment flatteurs et pouvaient devenir
fort utiles a ma fortune. Je fis encore des demarches pour
obtenir ma liberie; j'appris alors que la demoiselle etait en
pleurs depuis la conclusion de la paix et qu'elle allait se
faire religieuse. Je fus la voir, je n'y tins pas; aucun re-
proche, une douleur qui est contre moi Parme la plus
victorieuse. Je me rappelai que j'avais trente ans lorsque
j'avais promis et la demoiselle quinze; je sentis qu'il etait
d'un devoir rigoureux pour moi de tenir des engagements
sacres, contractes dans Page ou la legerete ne peut etre
excusee. La demoiselle etait extremement honnete, vertueuse
et douce; elle n'avait employe aucun moyen violent; Pam-
bition seule avait etoufle des sentiments qui etaient cepen-
dant restes au fond de mon coeur, quoique moins vifs
qu'autrefois. Je rompis alors des engagements que mes
parents avaient pris pour un mariage au dela detoutes mes
esperances, et je lui dis que j'avais a peu pres douze mille
livres de rente, que si elle voulait vivre dans nos terres
avec mes parents, ne s'occuper de moi que lorsque je serais
present, et me laisser suivre les gouts que j'avais pour le
service, songer surtout qu'il etait possible que je fusse se-
pare d'elle pendant cinq ou six ans, qu'a ces conditions,
j'allais Pepouser, sans bruit, sans en faire part a personne,
et la conduire tout de suite en Languedoc. Mes propositions furent acceptees; la demoiselle etait au couvent de
Saint-Antoine ; je me mariai a la paroisse  Sainte-Mar-
m
j':
wmmm
mtiM 174     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAP&ROWSE.
guerite sans autres temoins que ceux qui etaient neces-
saires a la formalite. Je Pai conduitea Albi, ou j'ai ete regu
d'une maniere aussi jolie que si j'avais gagn6 des batailles.
J'ai remis ma femme a ma vieille mere. Je suis tr£s decide
a ne jamais penser que, quoique je ne fusse plus amoureux,
je lui ai sacrifie les avantages les plus flatteurs, parce que
j'ai cru que c'etait d'un devoir rigoureux, et qu'elle n'a
employe d'autres armes que les pleurs avec une grande
honnetete; mais je suis convenu avec elle de chercher
dans le service des compensations, et je suis pr§t, monsei-
gneur, a faire le tour du monde pendant dix ans si vous
Pordonnez. Je vous donne ma parole d'honneur, monsei-
gneur, que voilk Paveu vrai de ma conduite et de mes sentiments, soyez mon juge. Je n'aurais pas cru £tre digne de
votre estime en me conduisant autrement, et je supplie
monseigneur le marechal de Castries de m'excuser aupres
du ministre de la marine auquel je n'ai pas demande la
permission de me marier.
» Si vous ne repondez pas une demi-ligne a cette lettre,
je serai dans les plus vives inquietudes. Je serai a Paris
lorsque vos ordres m'y appelleront.
» Laperouse, |
AIM, le 12 aoutl783.
Le marechal de Castries, qui avait une grande estime
pour Laperouse, lui repondit aussitot:
« Je congois parfaitement, monsieur, tous les mouvements
differents que vous avez eprouves, ainsi que le sentiment
qui vous a determine; puisque les engagements que vous
avez pris ne doivent pas vous distraire du service, vous
pouvez compter sur l'agrement du Roi.
» Si la demoiselle que vous avez prise pour votre femme a
des sentiments honnetes et qu'elle justifie la preference que
vous lui accordez, vous avez fait un bon mariage; les convenances les plus reelles doivent se Irouver dans nos senti-*- CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     175
mentset je serai toujours plus dispose a ce genre de rapprochement qu'a celui que Pinter&t autorise dans nos
moeurs.
y> Jouissez du plaisir de rendre quelqu'un heureux, et des
marques honorables et distinguees que vous avez regues de
vos concitoyens; vous les avez meritees, et comme ancien
habitant d'Albi, je m'y joins de tout mon coeur.
» J'ai, etc.
)> Marechal de Castries. »
.
Versailles, le 25 aout 17831.
Ce bonheur tant souhaite eut une bien courte duree, car
pendant les deux annees que Laperouse passa en France
apres son mariage, il fut souvent absent de PAlbigeois,
ainsi que le prouve sa correspondance, datee tantot de Lo-
rient, 9 novembre 1783, tantot de Paris 1784, fevrier, avril,
juin 1785.
Cependant, etant a Paris, ou il attendail les ordres du
ministre, Laperouse adressa a sa femme les lettres ci-
apres qui montrent qu'au moment de son depart, il etait
toujours aussi epris d'Eieonore.
Paris, le 8 fevrier 1785.
MAme de Laperouse a AIM en Languedoc.
« Je suis toujours dans la meme incertitude, ma chere
amie, sur mon sort a venir; rien ne se decide. M. de Castries me comble d'amities et de caresses, mais il ne ter-
mine rien, et je consomme loin de ce que j'aime mon
temps et mon argent. En v6rite, mon plus cruel ennemi ne
m'a jamais tant fait de mal.
» M. de Cossigny repart pour Gaillac jeudi; je veux le
1. Les originaux de ces deux lettres sont conserves aux archives du
Ministere de la Marine.
'-M 176     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
charger d'une robe pour mon EPeonore; je crains bien que
ce soit un hasard si elle va parfaitement a ta taille, mais tu
sauras la raccommoder, et auras une idee de la mode.
> Adieu, mon Eleonore, ma tendre amie, je t'aime et je
t'adore de toute mon ame. » Laperouse. »
» Paris, le 8 avril 1785.
» Encore une fois, ma chere amie, ne me fais point de
nouvelles observations sur ma campagne, car tu me mettrais
au desespoir, et tout est decide.
> Je prends avec moi ton frere: je lui fais obtenir un
brevet de lieutenant de fregate; je le surveillerai pendant
deux ou trois ans, et s'il est bon sujet, le voila dans le chemin
d'un etathonn&te.
i> Adieu, mon ange, je t'adore de toute mon ame.
» Laperouse. »
n
Une autre lettre1, interessanie par son texte, et parce que
c'est une des dernieres que Laperouse ait ecrites avant de
quitter la France, merite aussi d'etre connue.
Elle est adressee a Mme de Saint-Gery, femme de M. de
Rey, marquis de Saint-Gery, conseiller au parlement de
Toulouse.
« Votre amitie, madame, est essentielle a mon bonheur;
je le croyais a Albi, et j'osais, dans mes chateaux en Es-
pagne, passer tous les ans deux mois chez vous avec ma
femme. Je me flattais de vous recevoir chez moi; mon
amour-propre allait jusqu'a l'espoir de vous rendre le se-
jour d'une aussi petite ville supportable.
» Combien ma situation est diflerente aujourd'hui! Je
pars pour faire le tour du monde.
1. Communiquee par M. J. Rolland, membre de PAcademie des Jeux
(loraux a Toulouse. L'original de cette lettre est entre les mains de
Pheritier de la famille de Saint-Gery, M. Edward O'Byrne au chateau
de Saint-Gery (Tarn).
. "~   -«iVi CENTENAIRE  DE LA MORT  DE  LAPEROUSE. 177
)> Si les sacrifices du coeur pouvaient 6tre compenses par
d'autres avantages, je n'aurais rien a desirer. Mfis un grade
de plus, quelque c616brit6 m§me, tout cela n'est rien pour
le bonheur.
» Je pars avec des principes que vous m'auriez inspires
si nous avions eu le temps de nous entretenir ensemble de
ce voyage. Je ferai tous mes efforts pour que les habitants
des lies que nous pourrons rencontrer, n'aient jamais a se
repentir de nous avoir regus. Votre ami (car j'ose prendre
ce titre) ne sera pas vraisemblablement un grand homme,
mais il sera bon, modere, et vous n'aurez en lisant sa relation aucune injustice a excuser.
» Vous recevrez par le m&me courrier une medaille qui
marque l'epoque de mon depart; je ne sais si a monretour,
j'aurai merite qu'il en soit frappe une moins modeste. Je
crains, en verite, que ce voyage ne soit beaucoup au-des-
sous de Popinion qu'on en a congue.
» Menagez votre sante; elle est si necessaire a votre
famille et a vos amis ! Si vous avez la bonte de m'adresser
encore une lettre a Brest, j'en conserverai la plus vive reconnaissance.
» Je suis, Madame, avec les sentiments que je vous ai
voues pour ma vie, et sans autre compliment, votre
» Laperouse. 1
» Mille choses, je vous prie, aux demoiselles de Puyol;
leur neveu est un excellent sujet dont la bonne conduite a
rendu tres faciles les demandes que j'ai faites pour lui.
)> Permettez que Mesdames de St-Gery, trouvent ici les
assurances de mon inviolable attachement. »
Paris, le 11 juin 1785.
Mais l'heure de la vraie gloire de Laperouse allait sonner;
son merite, son courage, l'eievation de son caractere Pavaient
designe a Louis XVI comme le chef digne de commander
ua
tamm m
f
178 CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
l'expedition qu'il meditait. La France voulait avoir, comme
PAngleterre, ses decouvertes, et Laperouse, brillant succes-
seur de Bougainville, etait l'officier frangais que leRoi avait
choisi pour remplir cette mission difficile.
Laperouse se rendit a Brest ou Pon armait les deux bailments places sous son commandement.
Jamais expedition ne fut aussi bien prepare, aussi intelli-
gemment dirigee; les officiers les plus distingues et les savants les plus illustres briguerent Phonneur d'en faire partie.
Ce fut le ler aoiit 1785 que Laperouse, promu au grade
de brigadier des armees navales (lOjuillet 1785),arbora
son pavilion sur la. Boussole,eU suivipar Y Astrolabe ,montee
par son fidele ami de Langle, il partit aux applaudisse-
ments de toute la France.
De Brest au Kamtchatka, sa navigation est une marche
triomphale. A Madere, a la Trinite, a Sainte-Catherine, a la
Conception, il est accueilli avec admiration, et salue par
les voeux les plus ardents. II laisse partout un souvenir inef-
fagable de son beau caractere et de Purbanite frangaise.
II entre bientot apres dans la mer du Sud, si peu connue
encore, et si fertile en naufrages; et un de ses premiers
actes est d'y decouvrir un havre auquel il s'empresse de
donner le nom de « Port des Frangais ». Ce n'est pas le nom
d'un prince, d'un protecteur, d'un ami, qu'il donne a cette
premiere decouverte, c'est le nom de la patrie...
Mais, heias! que sa joie estde courte duree! Deux de ses
officiers les plus distingues, les deux freres de Labor de, que
n'avaient pu separer les dangers d'une lointaine navigation,
perissent sous ses yeux avec les vingt et un matelots qui
montaient les canots envoyes pour sonder une passe.
Bient6t, par une navigation rapide et brillante, l'expedition touche a Monterey. Le journal de Laperouse est rempli
de details sur cette premiere partie de son voyage; tout est
etudie, medite, resolu, et on retrouve a chaque page son
esprit eieve et son coeur philanthropique.
mmMtSsssmmm CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
En quittant Monterey, Laperouse traverse Pocean Pacifi-
que, passe au milieu des iles Mariannes, toucheaMacao,et arrive a Manille dont il donne une description savante et utile.
II entre enfin dans cette mer du Japon, si obscure encore;
et dans une course hardie, il rectifie des erreurs et fait des
decouvertes. N'ecoulant plus alors que son coeur, il donne
a ces nouvelles terres les noms de ceux qu'il aime, c'est la
baie de Langle, celle de Castries, celle de Ternay, etc.
Dans cette navigation difficile, ou il est en contact avec des
parages et des peuples nouveaux, il est assailli, pille, trahi
par des insulaires feroces; jamais il n'emploie la force pour
repousser ces sauvages agressions. II deploie, au contraire,la
plus infatigable patience pour faire comprendre a ces hordes
cruelles qu'il est Penvoye pacifique d'un peuple humain et
civilisateur, et non un conquerant avide et sanguinaire.
Apres bien des fatigues, bien des dangers, apres avoir
encore ciecouvert un detrpit qui porte son nom, il arrive
(7 septembre 1787) a ce Kamtchatka nebuieux et solitaire
ou il est regu comme un frered par les autorites russes qui
le connaissaient et l'admiraient deja. C'est la que, pour la
premiere fois depuis deux ans qu'il etait parti de France, il
regoit des nouvelles de la patrie; la aussi, qu'en ouvrant
respectueusement le pli de son souverain, il trouve sa nomination au grade de chef d'escadre, et les recompenses qu'il
avait demandees pour ses officiers et ses equipages. C'est
avec reconnaissance qu'il regoit, sous ces climats lointains,
ces temoignages de satisfaction qu'il avait si bien merites.
Laperouse s'arrache aux charmes qu'il atrouves sur cette
terre amie, et continue, dans des parages a peine connus,
sa perilleuse navigation. Heias! cette navigation qui devait
etre si courte et si fatale, commence sous de funestes auspices : en abordant Pile Tutuila,  de Langle, le comman-
1. D'apres une communication faite a la Societe de Geographie par
M. le vice-amiral Likhatchof, un monument a ete eleve par les Russes de
Petropawlosk a la memoire de Laperouse. \
** If
I
180 CENTENAIRE  DE  LA  MORT DE  LA££rOU:SE.
dant de YAstrolabe, Lamanon, le savant illustre, et dix
autres marins sont horriblement massacres. Laperouse est
Pami de de Langle, il est le chef de ceux qui viennent de
perir, et ce lugubre evenement lui fait repandre des larmes
ameres.
II repart, et si sonardeur, si son courage sont les monies,
son ame est attristee, son journal s'assombrit :il subitpeut-
£tre Pinfluence mysterieuse d'un affreux pressentiment.
II traverse rapidement les iles d'Oyolava, de Pola, des
Cocos, des Traitres, des Navigateurs, des Amis, et apres
plus de trente mois d'une navigation des plus penibles,
n'ayant plus ni chaloupes ni canots, il arrive enfin a Botany-
Bay (26 Janvier 1788).
Dans la relation de l'illustre navigateur heureusement
rapportee en France par M. de Lesseps, Poncle de votre
honore President, on retrouve, a c6te du chef eminent,
Phomme bon et humain que ses aimables lettres nous ont
fait connaitre.
Apres s'etre completement ravitailie, il appareille denou-
veau le 15 mars 1788, il y adecela un siecle, pour accomplir
la seconde partie des instructions qu'il avait recues.
A partir de ce jour, commence le long mystere qui, pendant tant d'annees, a plane sur le sort de l'illustre navigateur et de ses compagnons; et, quarante ans seulement
apres ce drame, quelques debris informes, quelques epaves,
indiquerent l'ecueil obscur sur lequel avait peri celui qui
est la gloire de PAibigeois.
Quelques annees apres ce douloureux evenement, Mme de
Laperouse se retira dans sa propre famille a Nantes, ou elle
etait encore en 1793, etse rendit plus tard a Paris, ou Pabsence
de toutenouvelle vint mettre le comble a ses vives inquietudes.
Quand son malheur fut certain, elle ferma son coeur au
monde; toute entiere au souvenir de celui qui Pavait tant
aimee, elle couvrit pour toujours son seduisant visage d'un
voile de deuil, et succombant aux alternatives d'esperance CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      181
et de douleur que lui avait causes le sort de son epoux,
elle s'eteignit dans la solitude la plus profonde*.
Interprete des sentiments de gratitude de tous les mem-
bres de la famille de Laperouse, je remercie la Societe de
Geographie, et particulierement son illustre et honorable
president, et MM. les membres du comite d'organisation, de
Phonneur qu'ils ont rendu a la memoire de leur ancetre en
celebrant le centenaire de sa mort.
Je dois aussi un hommage de reconnaissance au regrette
et eminent amiral baron de La Ronciere-Le Noury, qui a
eu la premiere pensee de cette solennite, dont la famille
conservera un eternel souvenir.
U
i. Elle est dece'd^e le3 avril 1807 eta ete inhumee dans une propriete
particuliere de Louvecienne, pres Paris, ou Ton voyait encore son torn-
beau il y a quelques annees.
SOC. DE GE0GR. — 2e TRIMESTRE 1888.
IX. — 13
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\J\ LE  VOYAGE   DE  LAPEROUSE
Par M.   G.  DE   COURCEL
Ancien lieutenant de vaisseau.
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I
Mesdames et Messieurs,
Aujourd'hui des milliers de navires sillonnent les oceans
en tous sens, guides par des cartes marines ou les moindres
details des mers sont figures avec une precision admirable;
des paquebots rapides, prolongeant les voies ferrees a travers
1'etendue des eaux, relient entre elles, avec une regularite
mathematique, les villes florissantes qui s'eievent sur des
rivages naguere inexplores. Deja une moitie du globe est,
pour ainsi dire, resserree par la jonction de la Mediterranee
avec la mer Rouge; et le moment approche ou un bienfait
semblable, et non moins immense, s'etendra sur l'autre hemisphere, grace au genie perseverant de l'illustre president
de notre Societe, dont la main puissante separe les continents pour les mieux unir.
En contemplant ce spectacle merveilleux de Pactivite hu-
maine, il faut un veritable effort d'esprit pour se representer
qu'il y a cent ans a peine, les oceans etaient deserts et abso-
luraentinconnusdanslestrois quarts de leurdeveloppement.
Aussi combien devons-nous admirer ces navigateurs in-
trepides, ces bienfaiteurs de Phumanite, qui, au milieu des
plus grands perils, ont sacrifie leur existence pour edairer
ces tenebres.
Laperouse fut un de ces grands hommes, et son nom
merite de passer avechonneur alaposterite la plus reculee.
Cook, dans ses trois voyages autour du monde, avait
deja porte la lumiere sur une grande partie du globe, lors-
qu'une fin deplorable vint eteindre le flambeau que Pim-
mortel navigateur anglais promenait d'une main si hardie
a travers les mers. ■   ■■
i.JI»MiiMejul.ii!t.&jM
CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE LAPEROUSE. 183
Ce fut Phonneur du gouvernement frangais de reprendre,
pour la completer, Poeuvre restee inachevee de Cook: son
choix, dansce dessein, se porta sur le comte de Laperouse,
capitaine de vaisseau, dont les hautes qualites s'etaient
deployees dans la guerre d'Amerique.
Deux fregates, qui recurent les noms caracteristiques
de la Boussole et YAstrolabe, furent armees avec le plus
grand soin dans le port de Brest. Laperouse s'embarqua sur
la Boussole; YAstrolabe eut pour commandant le vicomte
de Langle, capitaine de vaisseau, un des plus savants officiers
de la marine ; les etats-majors, choisis par Laperouse,
etaient composes d'officiers tous distingues par leur merite;
enfin plusieurs savants et artistes s'adjoignirent a Pexpedi-
tion. Le roi Louis XVI, passionne pour la geographie, re-
digea lui-meme, en grande partie, le plan de la campagne
ainsi que les instructions a suivre; les diverses corporations
savantes du royaume dresserent des memoires sur les diffe-
rentes branches des connaissances qu'il y avait particulie-
rement lieu d'approfondir.
La Boussole et YAstrolabe quitterent la rade de Brest le
ler aout 1785. Des vents constamment favorables leur firent
atteindre, le 13 aout, Pile de Madere. Apres trois jours de
relache, les fregates remirent a la voile et mouillerent,
le 19 aout, aTeneriffe, oul'expedition embarqua une ample
provision de vin,tandis que plusieurs officiers et savants
visitaient le pic fameux de cette ile hospitaliere.
Parties de Teneriffe le 30 aout, les fregates couperent
Pequateur le 29 septembre, et furent, le 16 octobre au matin,
en vue des trois ilots de Martin Vaz; puis, le soir, dans le
voisinage de Pile de la Trinite. Le lendemain, au jour, on
apergut le pavilion portugais flottant sur un fortin entoure de
quelques maisons de bois; Laperouse, ayant envoye un
officier a terre, apprit que le gouverneur de Rio Janeiro avait
fait prendre possession de la Trinite depuis une ann6e environ.
Les fregates dirigerent ensuite leur route vers Pile de
:>.
SEE !—-—-—-
lit
184 CENTENAIRE DE  LA  MORT DE LAPEROUSE.'
Sainte-Gatherine, afin de s'y procurer de Peau et du bois.
Chemin faisant, Laperouse chercha vainement Pile de PAs-
cension, dont la position etait alors loutjifait douteuse;
apres avoir ainsi parcouru une centaine de lieues^vers Pouest,
il abandonna cette recherche et mit le cap directement sur
Sainte-Catherine. Les fregates essuyerent alory un orage
tres violent: elles etaient comme au milieu-d'un cercle de
feu; d'incessants eclairs illuminaient tout le tour de Phori-
zon, tandis que les feux Saint-fElme dansaient au sommet
des mats. Le temps ne cessa d'etre mauvais a Papproche
de Sainte-Catherine, ou les batiments mouillerent le6no-
vembre entre Pile et le continent.
Depuis quatre-vingt-seize jours l'expedition etait partie
de France; malgre cette tongue navigation, la sante des
equipages demeurait excellente, grace a Pabondance et a
la bonne qualite des vivres. Laperouse raconte qu'il avait
soin d'entretenir la gaiete des hommes en les faisant danser
tous les soirs.
L'arrivee de deux fregates frangaises a Sainte-Gatherine
jeta tout d'abord une grande alarme dans le pays; mais
bientot, lorsque Pon eut communique avec les autorites
locales, toute defiance s'evanouit,et nos navigateurs rencon-
trerent les plus grandes facilites pour s'approvisionnerselon
leurs besoins.
L'expedition remit sous voiles le 19 novembre, par un
tres beau temps; quelques jours apres, une violente tem-
pete assaillit les fregates et la mer devint furieuse. « Je vis
avec plaisir, dit alors Laperouse, que si nos batiments
marchaieni mal, ilsse comportaienttres bien dans les mauvais temps et qu'ils pouvaient resister aux grosses mers que
nous avions a parcourir. »
Jusque vers la fin de decembre, et au milieu de coups de
vent incessants, Laperouse chercha vainement Pile Grande.
«Enfin, dit-ii, le mois de Janvier 1786 fut apeu pres aussi
beau que le mois de juillet en Europe. » Quelques jours de JJU1,IU....JP.!J!M,JLP*
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     185
calme et de tres belle mer permirent aux officiers de faire
des parties de chasse en canot et de tuer quantite d'oiseaux
autour des navires, ce qui procura aux equipages une
abondante nourriture fraiche.
Le 21 Janvier, on reconnut la cote de Patagonie; les fregates franchirent le detroit de Lemaire en prolongeant a,
une demie-lieue de distance la Terre de Feu; les sauvages
habitants de ces contrees allumerent de grands feux, selon
leurs usages, pour engager les navires a mouiller. Nombre
de baleines sans defiance jouaient autour des batiments.
Le 8 fevrier, le cap Horn fut double sans difficulte, et Laperouse put s'assurer de la non-existence de la pretendue
Terre de Drake. Remontant alors vers le nord, il mouilla
le 23 fevrier a la Conception, dont les habitants lui firent le
plus gracieux accueil.
Le 17 mars, Laperouse remit a la voile, dirigeant sa route
sur Pile de Paques ou ii aborda le 9 avril, dans la baie de
Cook. Apres avoir examine les curieux monuments de cette
ile, et avoir constate Pextreme propension de ses miserables
habitants pour le vol, il quitta, apres un seul jour de relache,
cette terre isoiee au milieu de Pocean, et se dirigea vers Par-
chipel des Sandwich ensuivant une routeapeupres parallele
a celle de Cook en 1777, mais portee d'environ huit cents
lieues plus a Pest, a travers une mer tout a fait inconnue.
Le 29 mai, les fregates mouillerent dans une baie de Pile
de Mowee. ii
En toutes occasions, Laperouse a rendu hommage au
genie de Cook; mais il convient particulierement de citer
ici Peioge qu'il lui a consacre dans son journal de bord :
<c Plein d'admiration et de respect pour la memoire de ce
grand homme, ecrit Laperouse, il sera toujours a mes
yeux le premier des navigateurs; et celui qui a determine
la position precise de ces iles, qui en a explore les cotes, qui
a fait connaitre les moeurs, les usages, la religion des habitants, et qui a paye de son sang toutes les Jumieres que nous
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186
CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
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II
avons aujourd'hui sur ces peuples, celui-la, dis-je, est le
Christophe Colomb de cette contree, de la cote d'Alaska et
de presque toutes les iles de la mer du Sud.
» Le hasard fait decouvrir des iles aux plus ignorants; mais
il n'appartient qu'aux grand§^t5rh^ei%omme lui de ne rien
laisser a desirer sur les pays qu'ils ont vus\Les marins, les
\
philosophes, les physiciens, chacun trouve dans ses voyages
ce qui fait Pobjet de son occupation; tous leshommes peut-
etre, du moins tous les navigateurs, doiver/t un tribut d'e-
loges a sa memoire; comment m'y refuser au moment
d'aborder le groupe d'iles ou il a fini si malheureusement
sa carriere ? »
Ces lignes eioquentes honorent le noble caractere du grand
et infortune navigateur frangais.
Apres un jour de relache aux iles Sandwich, Laperouse,
presse par la saison, se dirigea droit vers la cote nord-ouest
d'Amerique, afin de reconnaitre la partie comprise entre
le mont Saint-Eiie et Monterey qui n'avait et6 qu'apergue
par Cook.
Le 23 juin on fut en vue du mont Saint-Elie, a partir duquel
se prolongeait vers le sud une chaine de hautes montagnes
couvertes de neige, dominant une terre sterile et sans arbres.
De ce point, Laperouse suivit exactement la cote du nord
au sud, jusqu'a Monterey, ou il arrivale 15 septembre. Cette
periode d'environ trois mois, consacree a la reconnaissance
de cette partie inconnue de l'Amerique, est une des plus pe-
nibles de son voyage; poursuivie avec la perseverance la plus
opiniatre au milieu des plus grandes difficultes, augmentees
encore par des brumes presque continuelles, cette phase de
son expedition montre toute la perseverance et toute la
sagacite de son genie.
Apres avoir reconnu la baie de Monti, Pembouchure de
la riviere de Behring et le mont Beautemps, Laperouse
apergut une tres belle baie ou la mer etait parfaitement calme,
derriereune chaussee de roches; cette chausseelaissait entre .CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     187
elle et le continent une entree assez large. Ayant envoye des
canots la reconnaitre, il se dedda a y penetrer avec ses fregates; elles donnaient dans la passe avec une brise favorable,
lorsqu'une brusque saute de vent les mit en grand danger, au
milieu des roches; heureusement le courant leur fit franchir
ce passage perilleux.
La Boussole et Y Astrolabe tronvbrent dans cette belle baie
toute facilite pour s'approvisionner de bois et d'eau, et y
firent des peches abondantes.
Mais ce port si commode allait etre le theatre d'une catastrophe affreuse. Apres avoir releve le plan de la baie, il
ne restait plus qu'a y marquer quelques sondes; trois era-
harcations furent disposees a cet effet; Laperouse leur donna
les instructions les plus precises pour se tenir a Pabri des
brisants de la passe; mais, entrainees par la force des cou-
rants, deux d'entre elles furent englouties avec six officiers et
quinze hommes, etlatroisieme n'echappa qu'a grand'peine.
Laperouse fit dresser un cenotaphe a la memoire de ces
malheureuses victimes sur un ilot situeau milieu de la baie,
a laquelle il donna le nom de Port des Frangais.
Quittant alors ceslieux desoles, Laperouse reconnut sue-
cessivement Cross Sund, point a partir duquel, aux hautes
montagnes couvertes de neige, succederent des terres elevees
garnies d'arbres jusqu'a leur sommet; puis les divers details de la c6te jusqu'a la baie de Monterey, ou il jeta Pancre
le 15 septembre.
Apres avoir pris a Monterey quelques jours d'un repos
bien necessaire, l'expedition mit a la voile le 24 septembre,
a la destination de Macao, ayant ainsi a traverser tout
l'ocean de Pest a Pouest,
Le 4 novembre, on decouvrit un rocher aride, auquel Laperouse donna le nom d'ile Necker; le lendemain, les fregates faillirent se perdre au milieu de la nuit, sur un ecueii
presque a fleur d'eau, qui regutle nom.de Basse des fregates
frangaises.
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188     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Le 14 decembre on eut connaissance des iles Mariannes,
et le 28, des iles Bashees; enfin le 3 Janvier 1787, l'expedition
mouilla en rade de Macao, ou elle eut4a satisfaction de
rencontrer, apres dix-huit mois d'absence dexFrance, des
compatriotes sur une flute frangaise qui s'y trouyait en relache.
Macao ne lui offrant pas les ressources dont il avait besoin,
Laperouse se rendit a Manille, ou il arriva le 28/fevrier.
Les autorites espagnoles mirent avec empressement tous
les moyens de Parsenalala disposition des fregates, quipurent
s'y reparer dans les meilleures conditions possibles, tandis
que les equipages se remettaient de leurs longues fatigues.
Le 9 avril 1787, l'expedition reprit la mer dans le but de
reconnaitre les iles du Japon et les c6tes de Tartarie. Cette
seconde periode du voyage de Laperouse est en quelque gorte
le glorieux pendant de celle oil il explora la c6te nord-
ouestdel'Amerique, et les difficultes qu'il eut a y surmonter
n'y furent pas moins grandes.
Le 21 avril, Laperouse reconnut Pile de Formose, puis, passant a l'est-de cette ile et se dirigeant vers le nord, il entra
dans la mer du Japon par le detroit de Coree, en longeant
une partie de la cote sud-est de cette contree.
Le 27 mai, on decouvrit une ile qui fut appeiee Dagelet, du
nom du savant astronome embarque sur la Boussole. Le
6 juin, les fregates furent en vue du cap Noto dans Pile de
Niphon; traversant alors lamer du Japon,elles atterrirentle
11 juin sur la c6te de Tartarie, que Cookn'avait pu visiter.
Laperouse, rangeant des lors la c6te de la Tartarie chi-
noise et penetrant dans le canal qui la separedel'iledeSega-
lien, decouvrit successivement la baie de Ternay ou une
p£che abondante vint rafraichir les equipages, la baie de
Suffren, la baie de Castries et la baie de Langle dans Pile
de Segalien et determina la position de plusieurs autres
points remarquables.
II se proposait de debouquer par le nord de la Manche de 1
CENTENAIRE DE LA MORT DE  LAPEROUSE. 189
Tartarie, mais il en reconnut Pimpossibilite a cause du peu de
profondeur des eaux. Redescendant alors vers le Sud, il de-    i
couvrit, entre la pointe meridionnale de Segalien et Pile de
Jesso, lo^&J^tjyjuji^ le de-
troit de Laperouse; puis traversantpar le canal de la Boussole le chapelet d'iles qui prolonge Parchipel du Japon
jusqu'au Kamtschatka, il parvint, le 7 septembre, au mouil-
lage de la baie d'Avatscha. Dans cette relache, Laperouse fut
de la part des Russes Pobjet des prevenances les plus ami-
cales.
De ce mouilJage, Laperouse envoya en Europe, a travers
la Siberie, M. de Lesseps, avec ses dep^ches; et c'est ainsi
que Poncle duceiebre president actuel de la Societe de Geographie echappa au sort funeste qui etait reserve a Laperouse et a ses compagnons.
A Avatscha, les membres de l'expedition regurent enfin,
pour la premiere fois depuis leur depart de France, des
nouvelles de leurs families, et Laperouse trouva dans son
courrier sa nomination au grade de chef d'escadre.
Laperouse reprit la mer le 29 septembre; il se proposait
de reconnaitre et de relever les iles Kouriles, mais la violence i|
des vents d'Ouest le forga d'abandonner ce projet; il fit alors
route vers le Sud a la recherche d'une grande ile pretendue
decouverte par les Espagnols en 1620, mais ayant reconnu
que cette ile n'existait pas, il se dirigea vers Phemisphere
sud, coupa, le 5 novembre, la route qu'il avait suivie de
Monterey a Macao, traversa l'equateur pour la troisieme
fois le 21 novembre, et mouilla le 9 decembre sous Pile
Maouna *, dans Parchipel des Navigateurs decouvert par
Bougainville.
Dans cette relache, une deuxieme et terrible catastrophe
attendait nos mfortun6s explorateurs.
1. Le vrai nom de cette ile est Tutuila. Maouna etait un nom de chef
que Laperouse prit pour celui de Pile. •'''\W&
190
CENTENAIRE  DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
I
1
M. de Langle, ayant reconnu une baie qui lui paraissait favorable pour s'approvisionner d'eau et-de bois, s'y rendit
avec quatre embarcations bien armees. Entourebientot par
une nuee d'indigenes feroces, il ne tarda pas a y etbe massacre, ainsi que le naturaliste Lamanon et dix homines; les
autres personnes, toutes plus ou moins grievement blessees,
regagnerent avec les plus grandes difficultes les fregates qui
eiaient fort eioignees du lieu de cette scene de carriage.
A la nouvelle de ce massacre, la fureur des equipages fut
a son comble; les matelots, sautautsur les canons, deman-
daient a grands cris qu'on detruisitpparrepresailles, les
pirogues qui entouraient les fregates, auxquelles elles appor-
taient paisiblement des vivres. Mais Laperouse, faisant taire
son juste ressentiment, etnevoulantpaspunir des innocents
pour leurs compatriotes coupables, sut contenir ses equipages ; ses moyens d'action etaient d'ailleurs insuffisantspour
tenter avec succes une expedition dans Pile. II se hata done
de s'eioigner de ces rivages funestes.
Apres avoir reconnu les iles des Amis, puis Pile Norfolk,
les fregates mouillerent le 26 Janvier 1788 a Botany-Bay au
milieu d'une escadre anglaise arrivee dans ces parages pour
y fonder une colonie qui est devenue aujourd'hui un grand
et florissant Etat.
C'est de Botany-Bay que parvint en France la derniere
lettre de Laperouse en date du 7 fevrier 1788; ii y annongait
au Ministre de la Marine son intention de remonter aux
iles des Amis et de visiter la partie meridionale de la Nou-
velle-Caiedonie, laLouisiade, de chercher un nouveaucanal
entre la Nouvelle-Guinee et la Nouvelle-Hollande, enfin
d'arriver en decembre a Pile de France.
Mais, heias! Laperouse ni aucun de ses compagnons ne
devaient revoir la France. 1
Nous allons maintenant entendre l'amiral Paris exposer,
avec une autorite toute particuliere, comment on a retrouve
les restes de l'expedition de Laperouse.
—
'mm COMMENT ON A RETROUVfi
LES
RESTES DE  L'EXPEDITION  DE   LAPEROUSE
A   VANIKORO
Par M. le vice-amiral PARIS
Membre de l'lnstitut
Mesdames et Messieurs,
C'est comme dernier survivant de la celebre expedition
qui, sous les ordres de Dumont d'Urville, retrouva les tristes
debris de Pun des navires de Laperouse que je suis appele
a prendre la parole devant vous.
Avant de raconter comment se fit cette interessante
decouverte qui, apres quarante ans d'incertitudes, fixa la
France et le monde savant sur le sort de l'illustre navigateur
frangais, permettez-moi de vous presenter le navire que
nous montions et les homines d'elite qui servaient sous les
ordres de Dumont d'Urville.
VAstrolabe, decode du nom de corvette, etait un navire
qui, sous le nom de gabarre-ecurie, avait ete destine, sous
Napoleon Ifir, a transporter des chevaux. Nommee d'abord
Coquille, elle avait ete defonceeparlafoudresur laradede
Naples, et s'etait jetee a la cote: puis elle avait fait un
voyage de decouvertes autour du monde sous les ordres
de M. Duperrey, dont M. d'Urville etait le second. Enfin,
comme les expeditions portent le nom de leur navire, on
changea le sien pour sa nouvelle campagne d'exploration.
d'etait un petit navire de 31m,50, bien assorti aux voyages
dangereux, en ce qu'il se comportait bien a la mer, ne tirait
pas trop d'eau et avait la chance de pouvoir sauver son
n
ill
1
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192     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
equipage dans ses chaloupes, en cas de naufrage. II etait
un de nos premiers navires pourvus de caissea^aeau en t61e,
ce qui contribua beaucoup a la sante de l'equipage^jusqu'a
Vanikoro. Miseal'eau en 1811, YAstrolabe a existejusqVen
1846, apres avoir eprouve plusieurs refontes. Samembrure
pleine et calfatee en dehors et en dedans lui a evite de col
ler et a permis de continuer apres cinq echouages. Plus tard
elle eprouva les etreintes dans les glaces, pres du pole sud,
et elle resta a sec dans le detroit de Torres. Peu de uavires
ont v6cu aussi longtemps et ont eprouvexde pareiUes aven-
tures.
Mais, s'il est naturel de se souvenir du navire sur Iequel on
a parcouru des mers alors inconnues, il Pest plus encore de
se rappeler de ceux qui Pont dirige. Ainsi le commandant
avait ete second de la Coquille pendant la campagne autour
du monde du commandant Duperrey. Anterieurement, il
avait ete embarque avec M. Gauthier, et il se trouvait aMilo
lors de la decouverte de la Venus. II fit un rapport qui decida
Pambassadeur, M. de Riviere, a en ordonner l'acquisition
immediate. II etait tres lettre, et il publia un livre de bota-
nique sur la flore du Levant. Trois de nos officiers avaient
navigue longtemps avec ce M. Gauthier, dit YHorloge, qui,
par une hauteur de la polaire fit passer le detroit de Gibraltar, pendant la nuit, a l'escadre de l'amiral Lallemand pour-
suivie par Pennemi. II avait ensuite travailie cinq ans a faire
des cartes dans la Mediterranee et la premiere de la mer
Noire. Ses observations etaient d'une exactitude remar-
quable. Notre lieutenant, depuis l'amiral Jacquinot, avait
passe des annees avec lui, et il etait l'observateur habile qui,
charge des montres, avait fixe les positions geographiques
des terres reconnues. M. Gressien avait ete cinq ans avec
M. Gauthier, M. Lottin, presque autant. Celui-ci est reste
pour moi specialement un objet de respect, tant il etait bon
marin et modeste : il a depuis passe un ou deux hivers au
cap Nord pour y faire des observations. II a ete retraite
"ttcbt-
mm CENTENAIRE  DE LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 193
capitaine de fregate. Venait ensuite M. Gilbert, le seulnou-
veau dans la partie, mais qui, tres marin, fut bientdt au fait,
puis Faraguet, qui venait de sortir de PEcole polytechnique.
Je lui dois de la reconnaissance, parce qu'il me fit revoir le
cours et m'apprit la geometrie descriptive, qui m'a ete si
utile. Sur le retour, il resta professeur de mathematiques
speciales a Maurice et y fonda une tres bonne pension.
Enfin moi, qui conserve un respect et surtout une pro-
fonde reconnaissance pour ces officiers, auxquels j'ai du mon
instruction. Le pere d'Urville m'avait pris pour avoir une
chambre d'officier de moins, a cause de la presence du
naturaliste et du dessinateur, et pour faire cependant un
quart d'officier de plus, avec un aspirant auquel il manquait
peu de mois pour devenir enseigne de vaisseau.
Le docteur etait Gaimard, le vrai voyageur, aussi auda-
cieux que le commandant; le second chirurgien etait Lesson,
frere de celui qui avait ete naturaliste de la Coquille. Enfin
M. Quoy, qui avait deja fait le voyage de YUranie avec Gaimard et qui etait l'observateur naturel le plus zeie et le
plus soigneux, dont les collections surprirent par leur abon-
dance et leurs perfections. II en etait venu a bien dessiner
Panatomie. Quant au dessinateur, M. Samson, il avait le talent assorti aux voyages par Pexactitude de son crayon et
surtout la ressemblance parfaite des portraits des naturels.
Dans l'equipage il faut citer le maitre Colinet, auquel un
quart fut con fie; Canac, depuis capitaine au long cours,
et surtout le matelot infirmier Berr qui rendirent de grands
services. Gelui-ci etait bon a tout, a faire la tisane comme
a empailler ou preparer les objets d'histoire naturelle :
mais le gros de l'equipage etait assez mediocre; il n'en fut
pas moins devoue.
Partie le 25 avril 1826 de Toulon, YAstrolabe avait explore
la Nouvelle-Zeiande, Tongatabou, les Yiti, alors inconnues,
la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Guinee, .lorsqu'apres
une relache a Amboine, elle vint faire des vivres a Hobart-
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,..'!, I 194     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Town en decembre 1827. Elle y apprit les nouvelles decou-
vertes du capitaine Dillon, parti depuis quelques semaines
apres des demeies avec un docteur embarque a son bord.
Les autorites et le public d'Hobard-Town croyaient tres pen
aux dires du capitaine Dillon et Pon peut assurer qu'alors
M. d'Urville fut bien hardi de modifier radicalement le plan
de sa eampagne et d'affronter les chances de n'avoir rien
vu ni trouve. Gependant le commandant se decida et on
Leta deux ancres a jet et une petite chaine qui man-
quaient depuis pres d'un an. Avant le depart on apprit
d'abord\que Dillon renongait a son voyage et se plaignait
de tout.\Apres avoir expedie les cartes, les dessins et les
principaux travaux de notre expedition pour les assurer
centre leur perte, on sut au dernier moment que Dillon
etait retourne a la baie des iles de la Nouvelle-Zelande,
apres avoir visite Vanikoro et y avoir recueilli de nombreux
objets. On ne pouvait encore croire a la r6alit6 de ces faits.
On partit done d'Hobart-Town le 3 Janvier 1828, en con-
servant le docteur Gaimard encore tres malade et laissant a
terre le Tasmanien Harry degoute de la navigation, mais en
embarquant deux Anglais,ce qui portait l'equipage a soixante-
dix hommes tout compris. La traversee n'eut rien dereniar-
quable et, arrives en vue de Tukopia le 9 fevrier, nous y trou-
vames le Prussien Bushart, que Dillon avait laisse a Tukopia,
ainsi qu'un lascar. On sut que Dillon avait eu beaucoup de
peine a trouver un mouillage, que le dernier Frangais etait
mort unan avant etque l'equipage de Dillon avait beaucoup
souffert de la fievre, malgre le peu de duree de son sejour.
Bushart consentait a embarquer, si on le laissait emmener
sa femme, qui etait une Nouvelle-Zelandaise, et nous primes
trois deserteurs anglais fixes depuis neuf ans a Tukopia,
qu'ils quittaient, parce qu'il n'y avait aucune viande, les
naturels ayant tue les cochons, qui nuisaient a leurs petites
plantations. Nous apprimes que Dillon avait failli avoir son
navire enieve a Tongatabou, ou nous avions deja. couru les CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
195
memes chances, qu'il y avait vu nos deux deserteurs de
l'epoque oil les naturels nous avaient enleve notre canot et
qu'il avait achet61e fusil et la gibeciere de M. de Dudemaine,
qui avait ete quelque temps prisonnier des gens de Tonga-
tabou1. On montraune lettre de Dillon, donnee au lascar Joe,
qui avait vendu a, Dillon la poignee d'epeequi figure au musee.
Ce lascar etait alle a Yanikoro il y avait quelques annees,
alors qu'il y avait encore deux blancs ages, mais il ne les
avait pas vus. Joe etait tatoue comme les Polynesiens et,
de raeme que tous les autres, il disait qu'a Vanikoro la terre
tue et que nous y succomberions tous. Bushart vint a bord
avec sa femme, qui ne voulait point partir et fit des cris de
joie lorsqu'il se decida a rester. II y avait de nombreux
naturels a bord, le navire allait en derive; il en resta cinq,
qui voulaient se jeter a Peau, mais finirent par prendre leur
parti de rester. On paHit de Tukopia sur le dire que tous les
Papalanguis avaient quitte Yanikoro et qu'il y avait eu une
rixe dans laquelle quatre Arikis et quinze naturels avaient ete
tues.
Le 12 fevrier on apercut les montagnes de Vanikoro et on
passa les journees suivantes a roder sur les eaux inconnues
des environs de cette ile. On envoya des canots pour tacher
de trouver un mouillage, ce qui fut tres penible a cause des
grains violents, qui se succedaient et compromet.taient leur
retour. Gene fut que le 15, en revenant tard a bord, que
M. Lottin put annoncer qu'il avait trouve un assez mauvais
mouillage.
La pluie et les grains generent beaucoup de nouvelles
explorations, et ce nefut que le 22, dix jours apres avoir vu
Yanikoro, qu'il fut possible d'amarrer YAstrolabe dans un
espace tres retreci, entre trois recifs eioignes seulement de
quatre-vingt brasses, et ces recifs etaient des murailles sous-
marines verticales de 30 a 40 pieds de hauteur au-dessus
1. II s'agit ici d'un passage anterieur de V Astrolabe aTongatabou. ;e
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196 CENTENAIRE  DE LA MORT DE LAPEROUSE.
du fond de la mer. On se mit aussitot a faire des recherches, et le grand canot, bien arme, partit le 23 avec
M. Gressien, Gaimard et un Anglais, nomme Hambilton,
amenede Tukopia. II etait deretour le24 dans la nuit, apres
avoir, fait le tour de Pile et-'n'avoir eu que des renseignements
vagues, tels que le depart des Europeens sur des planches.
Presque partout les naturels s'enfuyaient. Au village de
Pa'iou, on vit un certificat de Dillon arrive le 13 septembre,
larti le 7 octobre;ily etait mentionne qu'on avait trouve
cinq^canons de bronze, un mortierde cuivre etqu'au village
de Yanou ily avait les cranes de deux Frangais enterrespres
des cases. Le 26, le grand canot repartit avec le second du
navire, M. Jacquinot, le dessinateur Sainson et le docteur
Gaimard, qui avait tant insisteaupres du commandant pour
etre laisse au village de Pai'ou qu'il Pavait obtenu, et PAn-
glais Hambilton voulut bien Taccoinpaigner. Le but de
M. Gaimard etait d'avoir les deux cranes d'Europeens et
des pieces de monnaie. Je fus alors charge de sonder la
baie de Tevai.
Le 27 le grand canot Sfeit arrive devant Yanou; les naturels
avaient avoue avoir vu des cranes de Maras1, mais ils dirent
les avoir jetes a la mer. Heureusement un morceau de drap
rouge decida Pun d'eux a conduire au lieu du naufrage,
qu'on aurait cherche en vain, tant la vue est bornee, pour
chercher au fond de la mer, lorsque' Poeil n'est qu'a cinq,
ou six pieds au dessus de Peau et surtout lorsque celle-ci
est depolie par les gouttes de pluie. Le sauvage arreta le
canot dans une coupee du brisant et fit signe de regarder.
On vit en effet des ancres, des canons et de nombreuses
plaques de:plomb.
Suivant ce qu'on sut des naufrages, c'etait le navire dont
l'equipage s'etait refugie a Paiou et s'etait sauve sur un
petit navire. Les indigenes faisaient des signes pour mon-
1. Nom que les indigenes donnent aux Europeens. niBWJgJ.
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S0C DE GEOGR. — § TRIMESTRE 18S8.
IX. — 11 .
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198     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
trer qu'on avait scie, perce, frappe, puis ils soufflaient vers
Pouest en y dirigeant leur main. Ils dirent aussi que Pautre
navire avait peri en dehors du recif, sur la partie est.
M. Jacquinot chercha en vain a lever une ancre, puis il
laissa M. Gaimard, deja tres souffrant, et Hambilton au
village de Nama, et il rentra de nuit a bord, apres avoir
touche plusieurs fois sur les coraux et avoir fait une station
tour retrouver le lieu.
Leltnouillage de Tevai etait si mauvais qu'on voyait presque
constamtnent la mer briser a 70 ou 80 brasses et que le navire
pouvait sly perdre; on avait done sonde la baie interieure
et reconnu la passe pour y entrer: elle etait si etroite et
si obstruee de trois pates de corail, que des courants s'y
produisaient. Un passage a la voile, ou avec les avirons de
galere, etait impossible. On se toua done avec des ancres
et il en fallut jusqu'a trois a la fois pour maintenir le navire.
Dans une jounce on leva ou mouilla quinze ancres grosses
ou petites, par de grands fonds avec deux ou trois grelins
et une petite mer creuse, qui entrait dans la baie. Le 2 mars,
apres trois jours, on parvint a passer, apres avoir manoeuvre
vingt-deux ancres dans la journee. C'etait miracle de n'avoir
pas touche sur les recifs, ou perdu une ancre. II fallut
encore changer de mouillage avec les avirons de galere et
les embarcations, et Pon se trouva auJond d'un cratere, avec
une chaleur etouffee et entretenue humide par les pluies
abondantes, alternees avec les chaleurs d'un soleil vertical.
Le 3 mars, a trois heures et demie du matin, la chaloupe
partit avec M. Guilbert et Sainson; je m'y trouvais ega-
lement : elle etait accompagnee de la baleiniere, avec
M. Gressien charge de lever la carte de Pile. On emporta plus
de deux jours de vivres et des objets d'ecbange pour les
naturels. Le commandant obtint de nouveaux renseigne-
ments d'un bon indigene, nomme Moembe : il apprit
que les sauvages, qui se dirigerent vers le navire echoue,
furent regus h. Goups de fusil, que vingt naturels et trois CENTENAIRE DE LA MORT DE  LAPEROUSE. 199
Arikis furent tues, mais qu'ensuite les Maras furent tues a
coups de fieche, quand ils voulurent descendre a terre.
Deux hommes vecurent trois lunes a Pa'iou; Patoua des
Papalanguis envoya une maladie, qui tua beaucoup de
naturels; ceux-ci ne virent plus de navire jusqu'a Parrivee
de Dillon, qu'ils nommaient Pita, de Peter, comme dans
les autres iles. Le 5 mars, a cinq heures et demie du matin,
la chaloupe revint, apres avoir craque sous les efforts faits
pour arracher Pancre. Elle avait repris Gaimard avec une
fievre violente et des furoncles; il iui fallut rester au milieu
des palans et des debris de corail, que l'on cassait pour y
trouver les objets qu'ils recouvraient. La chaloupe rappor-
tait une ancre de 1,800 livres et avait laisse une ancre de
bossoirarrachee. L'ancre etait tres oxydee et couverte d'une
couche de corail. Le canon en fonte avait ete tres difficile
a arracher, son metal decompose cedait sous le marteau.
On avait trouve aussi un pierrier en bronze et une espin-
gole. L'un portait sur un tourillon le numero 542 et le
poidsl44; Pautre, numero 286 et 94 depoids. Onrecueillit
un saumon et une grande plaque de plomb, ainsi que des
morceaux de porcelaine et un debris de bouilloire. La chaloupe laissa au fond de l'eau cinq ancres, deux pierriers et
des canons couverts de corail. C'est ce que j'ai cherche a
reproduire fidelement par le petit plan en relief presente
k la Societe de Geographie (fig. 2).
Notre brave docteur n'avait rien appris et il est etonnant
qu'il aitpu resister a ses souffrances chez les naturels qui
le menagaient de leurs fieches, puis dans le fond d'une chaloupe en travail, encombree de saletes et inondee de temps
en temps par la pluie. Ce fut alors que, pour la seconde fois
dans toute la campagne,le commandant nous consulta sur
la certitude du lieu du naufrage de Laperouse. L'avis una-
nime fut qu'il n'y avait plus de doute et que les numeros des
canons indiqueraient en France l'identite du navire. Le
commandant dit alors qu'il voulait eiever, avec nos res- I
200 CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
sources, un monument a la memoire de nos malheureux
compatriotes. Quoi que ce fut un prolongement de sejour
et par suite de fievre, on s'y pr£ta avec joie et, ne pouvant
l'eiever pres du lieu du sinistre, a cause de la distance et
des vagues, on se decida pour le groupe de mangliers de
Pile Manevai, en ayant soin de n'y mettre ni clous, ni fer,
pour ne pas tenter les naturels. Le commandant eut denou-
centretiens avec les chefs et on put etablir que Pun des
navires fut d'abord englouti devant Temoua. Les uns dirent
que les Maras avaient peri, et un nomme Yaliko montrait
\
un gargon de douze ans pour faire savoir qu'il avait alors
cet age. Un d'eux raconta qu'il s'etait echappe une trentaine
d'hommes du premier navire, lesquels sereunirentaquarante
ou cinquante du second, constrnisirent un petit navire des
debris du grand, dontle corps dura longtemps, et qu'ils par-
tirent aubout de septlunes. Cette version moins cachottiere
et conforme a plusieurs autres est la plus probable, et elle
Concorde a peu pres avec celle du capitaine Dillon, qui ne
nous fut connue qu'au retour en France, et par consequent
bien apres le depart de tous les rapports sur Yanikoro. Ils
avaient vu passer trois navires, sans doute Carteret, puis
d'Entrecasteaux qui decouvrit leur ile et lui donna le nom
de son navire la Rechercke, mais ne s'en approcha pas
suffisamment pour reconnaitre les traces du naufrage. Les
articles europeens vus par Dillon entre les mains des naturels des iles voisinesde Santa-Cruz, decouvertespar Mendana,
pouvaient provenir d'une ancienne colonie espagnole.
Une fois dans le port de Manevai, il fallait trouver une
issue, car les difficultes pour y entrer et la Constance des
vents d'est rendaient impossible un retour sur nos pas. Le
2 mars M. Gressien reconnut dans Pest et sous la pluie une
passe praticable, mais encombree de coraux et il ne les avait
pas tous vus. Le 9 au matin, les cinq Tukopiens nous firent
leurs adieux; ils n'avaient qu'une petite pirogue a balancier
pour parcourir quarante lieues, quelques cocos et du taro. HWWW^HI
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CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
L'un d'eux avait deja la fievre, quoiqu'ils n'eussent jamais
sejonrne a terre, et ils faisaient signe qu'ils mourraient tous
s'ils restaient. Malgre le temps sombre et les grains, ils etaient
presses de partir de peur des vents d'est. On leur donna des
hacheset du biscuit. Le 10 on travaillaau mausoiee. M. Quoy
crut en vain obtenir des cranes d'Europeens, et M. Gressien
chercha toujours une passe sous lapluie. Les naturels disaient
que Dillon etait sorti par le nord, ou Pon n'avait encore vu
L§s brisants.Ils devenaientinsolentset demandaient des
dons pour le monument. Le 14, M. Lottin etait alie placer
sur le maWf en bois et en pierres la pyramide en bois
sur laquel!e\ on cloua une plaque de plomb portant : A la
memoire de La Perouse et de ses compagnons, PAstrolabe,
14 mars 1828\(fig. 4). ' „".
Le commandant et plusieurs hommes avaient la fievre
depuis quelques jours et ce fut le lieutenant qui, avec dix
hommes valides, fut inaugurer le monument par trois de-
charges de mousqueterie, pendant que la corvette faisaitune
salve de vingt et un coups de canon bruyamment repetes
par les echos, qui quarante ans avant avaient entendu les
cris de detresse de nos compatriotes. Le bruit effraya les
naturels qui s'enfuirent, et ensuite deux Arikis, dont
Moembe, oserent venir a bord et on profita de leur frayeur
pour tacher de leur faire respecter notre monument; on
leur donna aussi des herminettes et du drap rouge. Le 15
nous avions vingt-cinq hommes tout a fait alites, sans
compter les officiers, et il fallut en faire lever pour dera-
per la grosse ancre, mais la maree forga de la mouiller de
nouveau. M. Gressien rentra a six heures et demie du soir;
malgre la pluie, il avait decouvert une petite passe dans le
nord; c'etait sans doute celle de Dillon. Les naturels deve-
naient plus insolents, ils montraient nos malades a ceux
aveclesquels nous les avioni'vus en guerre. Nous avions
alors quarante hommes malades et a minuit une rafale fut
tres inquietante a cause de la proximite d'un des recifs. Le
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17 on travailla a lever les ancres et, lorsque le commandant dit aux naturels de s'embarquer, ils le regarderent
d'un air fier et resisterent jusqu'a ce qu'on leur eut montre
la salle d'armes; comme de coutume ils avaient leurs fleches,
qu'ils ne quittent jamais. Enfin les malades se leverent pour
virer au cabestan, une ancre a jet fut eiongee, et, profitant
d'un moment de brise, YAstrolabe deploya ses voiles a
11 h. 15 minutes; mais, dans la passe, un grain vint borner
lavuelKune centaine de metres. Heureusement M. Gressien
pilota bien et on franchit la passe pendant qu'on voyait
derriere de\nombreuses pirogues sortir de dessous les man-
gliers, pour\nous suivre et reproduire ce qui avait eu lieu
quarante ans\avant, si nous nous etions echoues.
Une fois en dehors du dernier brisant, on eprouva une
sorte de soulagement; mais aussi on apprecia mieux Petat
de l'equipage : de tout l'etat-major ilne restait valides pour
le moment que MM. Gressien et Guilbert. II fallait l'energie
du pere d'Urville pour ne pas rester dans son lit; jamais il ne
remit le commandement de son navire. Des trois docteurs,
le savant et modeste M. Quoy restait seul. On donna un
quart a commander a notre bon maitre d'equipage Golinet.
Le matelot Berr, designe comme infirmier, suffit a tout: il
etait le faiseur de tisane, le preparateur des naturalistes,
mettait dans Pesprit-de-vin, empaillait, soignait les betes
vivantes.
Une fois dehors, notre brave lieutenant devint tres malade
aussi. On se mit a faire le service le jour oil Pon n'avait pas
la fievre et on disait que ce n'etait plus le lieutenant qui
faisait les rdles de manoeuvre, mais bien le docteur qui
restait debout. Get etat empecha d'aller dans des iles voi-
sines chercher des renseignements sur le sort du petit navire
qui avait quitte Pile. Aller guerir les malades a Sydney et
continuer les explorations fut reconnu impossible; on n'avait
plus assez de bras pour faire de la toile et s'eiever au vent.
Le commandant se decida done a laisser arriver pour gagner -. ■. u'.*■*.- !tmmwyv.mmmw.
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206     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Guam, oil Pon savait devoir trouver un pays salubre, mais
pas de ressources europeennes. En route on traversa pendant deux jours une mer couverte de pierres ponces, mais
sans avoir vu aucune terre pendant le jour, ni touche sur
aucun recif pendant la nuit. Gependant on utilisa le trajet en
faisant le lever sous voiles des archipels et des iles rencontres sur la route. La dyssenterie nous eprouva plus encore
que la fievre et une cause secondaire aggrava le mal: impos-
te~de^persuaderNaux matelots que la diete etait necessaire.
On trouva uu lard cru et du biscuit dans le hamac d'un
homme mort\ la veille. Aussi, quand on arriva dans les
Moluques, fut-on oblige de mouiller a Gayeli de Bourrou
avant d'atteindre Amboine, ou Pon nous fit la reception la
plus amicale. Mais le gouverneur, M. Mercus, ayant promis
une paire de babiroussas I encore inconnus en Europe, le
commandant se decidaa aller mouiller a Manado, dans Pile
Celebes, ou le gouverneur fit faire une excursion au lac
Toudano et procura surtout les babiroussas et une quantite
considerable d'objets d'histoire naturelle. Cela ne guerissait,
ni n'empirait, il est vrai, les maladies, et c'etait un sacrifice
au succes de l'expedition. UAstrolabe toucha ensuite a
Batavia, mouilla dans le detroit de la Sonde et arriva le
29 septembre a Port-Louis, pour envoyer aussitot les malades a Phopital de la Grande-Riviere, ou ils n'eprouverent
pas une amelioration en rapport avec la salubrite du lieu et
les soins qu'ils y trouverent. Nous rencontrames a Pile de
France, la corvette la Bayonnaise, commandee par M. Le
Goarant de Tromelin, que Pignorance de ce que devenait
YAstrolabe avait fait detacher de la station de la mer du Sud,
pour qu'un navire frangais visitat les lieux dont Dillon avait
donne des renseignements. La Bayonnaise trouva notre petit
monument intact et ne mouilla pas a, Yanikoro, ce qui lui
evita les maladies eprouvees par Dillon et YAstrolabe. Enfin
1. Mammifere pachyderme, appele aussi vulgairement cochon-cerf. »f!W«MJ.W3^
CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 207
YAstrolabe partit de Pile de France le 12 novembre avec
des santes tres deiabrees, surtout celles du commandant
et du docteur, et elle effectua son retour en touchant a
Bourbon, au Cap, a Sainte-Heiene et a PAscension, pour
mouiller d'abord a Marseille, puis a Toulon le 25 mars et y
desarmer aussit6t. Sur trois ans d'absence elle avait eu plus
de vingt-six mois sous voiles, et, sauf le sejour k Pile de
France, peu de jours avaient ete passes dans des pays
civilises. Elle devait repartir avec son commandant et son
second, pour aller courir de nouvelles chances dans les
glaces et rester quelque temps k sec dans le detroit de
Torres, avec sa conserve la Zelee.
Apres ces communications le president termine la seance
par Pallocution suivante:
« Nous venons de vivre quelques instants dans un passe dont un
siecle nous separe. Nous avons revu cette figure de Laperouse
qu'a rendue legendaire un drame lointain et mysterieux.
» M. de Barthes de Laperouse nous a montre l'illustre navigateur
dans sa vie privee; il nous a fait connaitre Phomme.
» Un marin, M. de Courcel, a suivi, jusqu'au moment oil il s'ef-
face dans Pinconnu, le sillage de la Boussole et de YAstrolabe.
)) Enfin, un doyen des officiers generaux de notre marine, mon
savant ami et confrere de l'lnstitut, le vice-amiraPParis, avec sa
vivacite toute juvenile, nous a retrace les recherches accomplies
par la premiere expedition de Dumont d'Urville pour retrouver les
restes de Laperouse et de ses equipages.
» Yous savez qu'a quelques annees en arriere de nous, des
epaves nouvelles du desastre dont Vanikoro fut le theatre, ont ete
recueillies par M. Benier, officier de marine, sur Pordre du contre-
amiral Pallu de la Barriere, alors gouverneur de la Nouvelle-
Caledonie.
2> Par une coincidence vraimentremarquable, cette anneememe,
M. Benier retrouvait les restes du second de Laperouse, du commandant de Langle.
d Plus heureux que son chef, de Langle reposera done sur la
terre de France, oil ses depouilles, actuellement en route, seront
accueillies avec les honneurs militaires.
J
AL
=
 _
mt 208
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
» La Societe de Geographie voudra, ici meme, exprimer le voeu
qu'elles recoivent aussi les honneurs d'une sepulture nationale.
3> C'est un hommage bien du aux heros de ce voyage sans
retour qui ont succombe en accomplissant noblement leur devoir
envers notre science, envers notre pays.
» Je ne terminerai pas sans remercier tous ceux qui ont bien
voulu preter a la Societe de Geographie leur concours pour Fac-
complissement d'un acte de pieuse commemoration pour de grands
souvenirs legues par la vieille France a la France nouvelle. 3>
Avannque la cldture de la seance soit prononcee, M. le comte
de Bizemont donne la liste des diverses Societes geographiques
de Paris et ae la province qui se sont fait representer a cette
solennite : la\Societe de Geographie commerciale de Paris, par
M. Meurand, son President; la Societe de Topographie de France,
par M. L. Drapeyron; le Club Alpin francais, par M. Abel Lemer-
cier, Vice-President; la Societe de Geographie commerciale de
Nantes, par M. Gauthiot; la Societe de Geographie de Montpellier,
par M. le colonel Fulcrand; la Societe de Geographie de Lyon, par
M. Bonvalot; la Societe de Geographie de Tours, par M. Levasseur,
membre de l'lnstitut; la Societe de Geographie de Reims, par
M. Pabbe Trihidez; la Societe de Geographie de Bordeaux, par
M. Franz Schrader. Enfin la Societe bretonne de Geographie de
Lorient a envoye un telegramme signe de son President, M. Le
Predour de Kerambriec, pour dire qu'elle s'assoCie a la solennelle
manifestation en Phonneur de Laperouse, l'illustre navigateur
dont la memoire est restee chere a la France, NOTES  ANNEXES
I
RELATION DU CAPITAINE DILLON
TOUCHANT LE NAUFRAGE DE LAPEROUSE
Le 13 mai 1826, commandant le navire le Saint-Patrick,
parti de Valparaiso pour Pondichery, je vins en vue de Pile
Tucopia; pousse par la curiosite etpar egard pour un vieux
compagnon en danger, je dirigeai mon batiment vers Tucopia dans Pespoir de m'assurer si les personnes laissees sur
cette ile en 1813 etaient encore en vie. Une pirogue ne tarda
pas a venir s'amarrer le long du bord. Le Lascar s'y
trouvait. Immediatement apres se trouvait Martin Buschart,
le Prussien. Ils etaient tous les deux en bonne sante et contents de me voir. Ils me dirent que les natifs les avaient tres
bien traites et qu'ils vivaient tres bien entre eux ; qu'aucun
navire n'avait touche a Pile depuis mon arrivee; qu'un balei-
nier anglais avait visite Pile pendant un court espace de
temps et que, peu apres, un autre baieinier Pavait suivi. Le
Lascar avait une vieille garde d'epee en argent, qui fut
vendue aux gens de mon equipage pour quelques hamecons.
Je m'informai du Prussien d'ou elle pouvait provenir; il me
repondit qu'a son arrivee dans Pile, il trouva entre les
mains des naturels la garde d'epee, plusieurs chaines prove-
nant d'un navire, un certain nombre de morceaux de fer,
1. Cette relation servit a Dumont d'Urville pour diriger ses recherches
des debris de l'expedition. Nous en devons la communication a M. le
vice-amiral .Paris.
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I    ■
210 CENTENAIRE DE LA MORT DE  LAPEROUSE.
cinq fusils, la poignee d'une fourchette d'argent, quelques
couteaux, des tasses \ the, des grains de verroterie, des
bouteilies, une cuiller d'argent avec un cimier et une epee,
le tout de manufacture francaise.
II dit ensuite qu'aussitot qu'il eut acquis une connaissance
suffisante de la langue, i! demanda auxnatifs de quelle ma-
niere ils avaient obtenu ces articles. Us direntque le Hunter
etait le premier navire avec lequel ils avaient eu quelques
TTOTMnunications; mais que, dans deux des traversees de
leurs pirogues, sur le c6te de dessous le vent, etait un grand
groupe d'iles portant le nom de Malicolo1, ou ils ont Phabi-
tude de faire de frequents voyages, et ou ils obtinrent ces
articles des indigenes, qui en ont un certain nombre en
leur possession. En examinant minutieusement la garde de
l'epee, je crus decouvrir Pinitiale de Laperouse, ce qui, excitant ma curiosite, me fit faire des recherches plus exactes.
Au moyen de Buschart et du Lascar, je m'informai de
quelques insulaires comment ils s'etaient procure ces articles
de fer et d'argent; ils me dirent que les natifs de Malicolo
rapportaient les faits suivants:
« 11 y a plusieurs annees, deux grands batiments arri-
verent sur leurs iles: Pun mouilla devant celle de Whanoo et
Pautre a Pile de Paiou, a une petite distance Pun de Pautre.
Quelque temps apres avoir mouille, et avant d'avoir eu des
communications avec les naturels, un coup de vent survint
et les deux vaisseaux deriverent sur les rochers. Les naturels
vinrent en foule sur le rivage, armes de massues, de lances,
d'arcs et de fleches. Ils en lancerenj quelques-unes dans le
batiment; l'equipage, en retour, tira quelques coups de fusil
et tua plusieurs habitants. Le vaisseau continuant a battre
contre les roches tomba en pieces ; quelques personnes de
l'equipage se jeterent dans la chaloupe, mais elles deriverent sur les recifs et furent massacres par les naturels
1. fividemment Dillon confondait Vanikoro ayec File de Malicolo, du
groupe des Nouvelles-Hebrides, situde beaucoup plus au sud* CENTENAIRE  DE  LA   MORT  DE  LAPEROUSE. 211
en furfur. Les autres se jeterenta la mer ; mais ils n'arri-
vaient au rivage que pour partager le malheureux sort de
leurs infortunescompagnons,de sorte qu'il n'echappa aucun
homme de ce vaisseau. Le navire qui avait mouilie a Pa'iou
avait derive sur unbanc de sable. Les naturels s'avancerent
et jeterent de nouveau leurs fleches dans le batiment; par
prudence, l'equipage ne repoussa pas leur agression, mais
offrit des chapelets et autres bagatelles, en signe de paix;
les assaillants renoncerent alors k tout acte hostile. Aussitot
que le vent se fut calme, un chef age s'avanga pres du batiment oil il fut regu avec caresses et on lui offrit des presents,
qui furent acceptes. II retourna au rivage et pacifia les gens
du pays, les assurant que lepeuple du batiment etait bon et ami.
Sur cela, plusieurs des naturels vinrent a bord; on leur offrit
quelques menus presents et ils ne tarderent point a revenir
avec des ignames, des poules, des bananes, des cocos, des
cochons et la confiance fut etablie.
» Cependant l'equipage du batiment se vit oblige de
Pabandonner et vint sur le rivage emportant une grande
quantite de munitions. Ils y demeurerent quelque temps et
construisirent un petit navire des debris du grand. Aussitot
qu'il fut pret, les naturels fournirent autant de vivres qu'ils
purent en embarquer; plusieurs marins furent laisses sur
Pile, et le commandant promit de revenir promptement avec
des presents pour les naturels dans le but de prendre le
reste de l'equipage.
» Mais les insulaires n'en entendirent plus parler. Ceux
qui resterent furent distribues entre les differents chefs avec
lesquels ils vecurent jusqu'k leur mort. On leur avait laisse
plusieurs fusils et de la poudre qui ont ete tres utiles a leurs
amis indigenes pour lutter contre les insulaires leurs voi-
sins. »
Les Tucopiens assurent qu'un grand nombre de ces articles
se trouvent sur Pile de Malicolo, tels qu'ils ont ete tires du
batiment. Environ sept mois avant mon arrivee a Tucopia, 212
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
une pirogue etait venue de Whanoo et apportait deux grosses
chaines et un verrou de fer, d'environ quatre pieds de long.
Je parlai moi-m6me avec quelques personnes qui avaient
fait le voyage de Malicolo; ils dirent qu'il y restait encore
une grande quantite de fer provenant du naufrage. Les
objets que Martin Buschart a vus stmt vieux et tres oxydes.
Quant a la cuiller d'argent, j'ai un extreme regret qu'elle
ait eie convertie en bagues pour les femmes de Pile. J'ai
TulmTtBnaiit en ma possession la garde d'epee, une des bagues
faites avecla cuiller et quelques grains de verre, le tout
provenant du\naufrage.
Le Prussien\n'a jamais entrepris de faire le voyage a Malicolo avec les Tucopiens; mais le Lascar en a fait un ou
plus. II a positivement assure avoir vu des Europeens a
Paiou, et qu'ils parlaient le langage des insulaires. Ils sont
vieux; ils racontent qu'ils ont naufrage depuis plusieurs
annees sur leurs batiments. Ils disent qu'aucun navire n'a
touche a leur ile depuis qu'ils y sont, qu'un grand nombre
de leurs camarades sont morts et qu'ils ont ete conduits dans
deslieux si differents, qu'ils ne pourraient dire precisement
eombien il en restait encore a cette epoque. Je me rappelle
plusieurs autres particularites de la conversation que j'ai
eue avec le Lascar et les insulaires qui affirment energique-
ment la verite de ces recits.
En reunissant toutes les circonstances qui tendaient a
confirmer les soupgons que j'avais concus en trouvant la
garde d'epee, je me determinai k m'avancer autant qu'il
serait possible dans les iles Malicolo, pour examiner moi-
meme les debris et, s'il etait possible, emmener les deux
hommes auxquels le Lascar avait parieet qu'il disaitetre des
Frangais.Danscedesseinjelui demandaide m'accompagner.
Mais, comme je le craignais, il refusa. Ii me dit qu'il etait
marie sur Pile et decide a y demeurer toute sa vie. Ni menaces, ni prieres, ni promesses ne purent le faire changer
de resolution. Je lui promis ensuite de le ramener a Tuco- CENTENAIRE  DE  LA  MORT DE  LAPEROUSE. 213
pia, mais il ne voulut point m'ecouter. Le Prussien, au con-
traire, etait las dela viesauvage qu'il menait depuis quatorze
ans. J'accordai le passage a sa femme et aun Tucopienavec
lui. Buschart est actuellenent sur mon navire.
Nous partimes de Tucopia au mois de mai et arrivames
bientot en vue de Malicolo. Malheureusement, sur le point
d'arriver, nous Mmes en calme plat durant sept jours. Ma
provision de vivres,etait alors presque epuisee et Pon ne
pouvait s'en procurer. Nous vecumes principalement de
patates et de bananes. Mon navire aussi faisait de Peau, par
suite d'un trop long sejoor a la mer; une personne du bord,
interessee au chargement, avait ete, durant mon sdjour a
ces iles, particulierement mecontente et m'avait vivement
reprochecetterel&checommeinutile. Pour toutes ces raisons,
je me determinai,quoiqueavec la plus grande repugnance,a
profiler d'une brise qui me poussait pour continuer mon
voyage. Avec Paide du Tout-Puissant, je suis arrive a ce
port avec beaucoup de peine, si Pon considere le piteuxetat
du batiment que je commandais.
SOC. DE GEOGR. — Be TRIMESTRE 1888.
IX. — 15 DERNIERES  DECOUVERTES
RELATIVES AU NAUFRAGE DE LAPEROUSE
Par le comte H. de BIZEMONT
La memorable campagne de Dumont d'Urville avait defi-
nitivement fixe les idees sur le sort de Laperouse. II ne
restait plus qu\arecueillir ga et la lesepaves du naufrage et
a perpetuer par\ des monuments durables le souvenir de
l'expedition.
Le 27 juillet 1883, M* le capitaine de vaisseau Pallu de la
Barriere1, gouverneur de la Nouvelle-Caledonie, expedia le
Bruat, commande parM. le lieutenant de vaisseau Benier8,
pour continuer les recherches si bien commencees par
Dumont d'Urville et retirer du fond de la mer de nouveaux
debris de la fregate YAstrolabe. Yoici le r^cit que fit a
M. Yedel, offlcier du Bruat, un certain Malwoch, Ariki (ou
chef) du village de Paiou :
« II y a quatre generations, un navire (les indigenes n'ont
souvenir que d'un seul) aurait touche un matin sur le recif
exterieur de Yanikoro et serait vcnu donner ensuite dans la
fausse passe de Paiou, ou il s'est detruit sur un pate de
corail; l'equipage a pu gagner la terre et s'est etabli a Paiou,
dans un endroit qu'on nous a montre, et qui presente, en
effet, une eclaircie au milieu d'un grand bois. Les blancs
ont construit la une embarcation qu'ils ont lancee dans la
riviere de Paiou (on nous a aussi indique Pemplacement du
chanticr), et tous sont partis au bout de dix lunes avec leur
1. Aujourd'hui contre-amiral et major general de la marine a Cherbourg.
2. Acluellement capitaine de frigate, commandant le Fabert, dans les
mers du Sud. CENTENAIRE  DE LA MORT DE  LAPEROUSE. 215
grand chef, dont les indigenes ont retenu le nom defigure
Pilo. »
M. Yedel a ensuite retrouve assez facilement les debris du
naufrage, ou du moins ce qu'en a laisse YAstrolabe de Dumont
d'Urville. II a d'abord apergu un paquet de trois grosses
ancres, dont deux enchevetrees Pune dans Pautre, et, tout
aupres, un pate de corail recouvert de quatre metres d'eau
environ, d'ou sortaient des canons, des tuyaux de pompe et
d'autres objets. M. Benier entreprit de faire degager ces
debris, au moyen de plongeurs munis de scaphandres et
de torpilles dont les explosions desagregerent les empate-
ments de corail. On put ainsi retirer du fond de la mer et
embarquer sur le Bruat trois ancres de bossoir, deux canons
en fonte du calibre de neuf centimetres environ, un pierrier
en bronze du calibre de quatre centimetres, trois manchops
en bronze de 0m, 16 de diametre, et quinze feuilles de fer-
blanc.
Le Bruat rentra le 13 aout a Noumea et le gouverneur
fit rendre les honneurs militaires aux glorieux debris de
l'expedition de Laperouse. En meme temps, il demandait
au ministere de la marine Pautorisation de faire relever le
monument construita Vanikoro par Dumont d'Urville. Cette
autorisation futaccordee, mais a la condition que le budget
de la Nouvelle-Caiedonie supporterait les frais de cette reparation. Sur les entrefaites, M. Pallu de la Barriere fut rap-
peieen France etson projet futabandonne.
Les ancres et les canons rapportes par le Bruat ont ete
donnes a la ville d'Albi, ou est ne Laperouse, etviennent
d'etre deposes en trophee au pied du monument eleve en
1848.   '■ • '.   e§
D'apres les r^cits tres concordants faits au capitaine Dillon,
a Dumont d'Urville et au commandant Benier par les naturels de Vanikoro, il parait certain que les survivants du naufrage des deux navires de Laperouse se sont reunis dans le
village de Paiou et y ont construit une embarcation avec
II
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216     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
laquelle ils auraient repris la mer. Que sont-ils devenus?
C'est la un point tres interessant qui n'a pu encore etre eiu-
cide. Nous voyons bien1 que deux capitainesanglais, Bowen
en 1791, et James Holbs en 1811, declarent avoir vu sur la
c6te de laNouvelle-Georgie des debris d'un batiment, grand
ou petit, tels qu'un mat plante droit dans un chenal « avec
quelque chose qui paraissait etre le greement pour le sou-
tejur_».
En outre>James Holbs affirme que les naturels de Pile
avaient en leur, possession des morceaux de fer, des barres
de ce metal et des etoffes rouges dont ils semblaient faire
grand cas. Ce n^ sont pas la des preuves absolues, mais seu-
lement des preemptions tendant a indiquer que les survivals du naufrage de laBoussole et de YAstrolabe ont ete se
perdre definitivement sur la c6te de laNouvelle-Georgie.
S'il a ete impossible, jusqu'& ce jour, de determiner avec
precision le point ou est mort Laperouse, nous n'avons pas
les memes incertitudes en ce qui concerne le commandant de
Langle, son second et son ami. On sait qu'il a ete massacre,
ainsi que le naturaliste de Lamanon et dix hommes de son
equipage, par les indigenes de la baie d'Asu, dans Pile de
Tutuila, archipel de Samoa. Un missionnaire, le R. P. Vidal,
aujourd'hui vicaire apostolique de Parchipel de Fidji, a ete
assez heureux pour retrouver l'emplacement exact ou furent
inhumes les restes de ces douze victimes. Yoici en quels
termes il raconteson interessante decouverte dans une lettre
datee du 5 octobre 1882 au Pere procureur des Missions.
« Yous savez que Pile de Tutuila est cette fameuse Maouna,
tristement ceiebre par le massacre du commandant de
Langle et de ses onze compagnons qui furent frappes, le
11 decenibre 1787, paries habitants de la baie d'Asu, depuis
connue sous le nom de baie du Massacre. A cette epoque,
Pile entiere etait paienne, et les  scenes  de cannibalisme
1. E. Glaumont, Bulletin de la Societe de Geographie commerciale,
1885-188G. CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     217
etaient pour eux de veritables jeux. Depuis une douzaine
d'annees, les petits-fils de ces massacreurs sont devenus
Chretiens. Le chef du village, Leasiolagi (Trombe du del),
n'a plus de terrible que le nom; c'est un de nos meilleurs et
plus zeies catholiques. Comme tout le village est converti,
nous avons resolu d'y eiever une chapelle en pierres et en
corail.
« Durant les nombreuses visites que j'avais faites dans
cette baie, pendant six annees entieres, j'avais plusieurs fois
essaye d'obtenir quelques renseignements sur le massacre
de nos illustres marins frangais; mais c'etait en vain, on
ignorait tout, ou du moins on faisait semblant de tout
ignorer. « Les ancetres, me disait-on, ont emporte leur
secret avec eux dans la tombe. » Mes recherches, ainsi
que celles du P. Didier, furent toujours infructueuses. Un
vieillard, au moins octogenaire, qui est mort l'annce der-
niere, m'avait cependant raconte qu'il tenait de source
certaine que les etrangers n'avaient pas ete manges, mais
qu'ils avaient ete enterres aulieu meme du massacre. Depuis,
j'avais toujours espere qu'un jour je pourrais retrouver ces
restes precieux. La divine Providence a realise mes desirs.
J'ai fait creuser a dessein des fours a chaux a Pendroit
meme du massacre, presdu ruisseau d'Asu, et, avant meme
que nouseussions creuse le quatrieme four, un vieillard est
venu me trouver et m'a dit : « |Pere, c'est sous ce talie
« (chene rouge) que les etrangers furent enterres : nous ne
« te le cacherons plus; car nous savons maintenant que tu es
« un homme de Dieu, et que tu ne recherches pas les restes
« de tescompatriotes dans un but de vengeance, mais seule-
« ment avec Pintention de les asperger d'eau benite et de
« leur eriger un monument funeraire. »
« Je remerciai vivement ce vieux Samoan, et je demandai
au chef d'eiever une croix a la place du chene rouge, d'ailleurs desseche. Le chef m'autorisa a faire tout ce que je
desirais. Apres nous etre assures par des fouilles que c'etait --w*nfrv i ^msssnif-"    "'eJ-"ii'5x!?
218
CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
reellement bien a cet endroit que se trouvait le tombeau si
longtemps ignore de nos illustres marins, nous erigeames
un petit monument en magonnerie, et une croix de bois
incorruptible fut placee sur ce monument, bien modeste, il
est vrai, mais aussi beau que nos mains ont pu le faire.
« La ceremonie de la benediction du tombeau et de la
croix se fit solennellement le 2 octobre, fete des Saints Anges.
Gardiens. Ce jour-la, je ceiebraila sainte messe pourle repos
dViios chers cdmpatriotesau milieu de mes neophytes vive-
rcient impressionn&s et profondement recueillis... »
Informe de ces evenements, le gouvernement frangais
donna mission a M. Benier, capitaine de fregate, commandant le Fabert en station dansl'ocean Pacifique, de porter
aria baie d'Asu une grille en fer forge, expediee de France:
et destinee a entourer le monument erige par MgrVidal;
en meme temps, le commandant Benier devait remettre des;
cadeauxau chef du village voisin.
Apres avoir embarque a Leone le Pere Jaboulay, mission-
naire apostolique, de qui reieve la baie d'Asu, dont tous les:
habitants sont catholiques, le Fabert parvint a sa destination
le 4 no^embre 1784.
Les diflerenles pieces de la grille furent embarquees dans
une chaloupe avec seize hommes en armes pour rendre les
honneurs aux restes desmalheureuses victimes du massacre,
puis le convoi se dirigea vers la terre. Le fond de Panse est
embarrasse par un recif de corail, ou un petit chenal tor-
tueux laisse un etroit passage aux embarcations que Pon
echoue sur la plage; la est Pembouchure du ruisseau dont le
debit abondant determina M. de Langle k insister aupres de
Laperouse pour completer Papprovisionnement des corvettes.
A la maison commune, ou etaient reunis le chef et les
principaux du village, on deballa les cadeaux qui leur etaient
destines : un habit de senateur, un chapeau a plumes
blanches, une epee a poignee de nacre, et un beau fusil
— CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     2116
Lefaucheux, k garnitures dorees, accompagne d'une ample
provision de cartouches.
L'idee vint au commandant Benier de profiter de la satisfaction causee par ces cadeaux pour obtenir du chef la restitution des ossements inhumes dans la baie. A cette
demande imprevue, le visage du chef exprima la crainte la
plus vive; mais, sur les instances du Pere Jaboulay, ilpro-
mit de faire des fouilles des lelendemain.
Le lendemain,lecommandant et le missionnaire revin^ent
a la charge. Alors le chef entraiua le Pere Jaboulay pres
d'une caisse au fond de laquelle reposait un crane fracssse,
des fragments de tibia et de femur; il s'en exhalait une odeur
terreuse attestant leur recente exhumation et ils avaien ete
frottes d'huile dans une pieuse intention. Presse de qnes-;
tions, le chef affirma que les Frangais massacres n'avaient
pas tous ete enterres a Asu, mais seulement le commandant;
qu'on avait emporte les autres corps a titre de trophees de
victoire dans les villages voisins et jusqu'a Opolu, la grande
ile voisine.
— Les ossements reunis dans la caisse sont-ils bien ceux
du grand chef des Frangais? demanda le commandant.
— Oui.   '#-,,,:di|- :fe#'-'-#^-;
— Pourquoi ne sont-ils pas au complet? A-t-on fouilie
sous lemausoiee?
Le chef repondit que la il n'y avait plus rien, que le corps
deM. de Langle avait ete d'abord depose au pied des arbres
ou se trouvait le mausoiee, qu'apres y etre reste plusieurs
annees, il avait ete exhume pour etre transporte en lieu
sur, connu du chef seul; on avait reuni dans la caisse tous
les os et fragments ayant quelque consistance; le reste s'etait
perdu ou effrite en terre. Le commandant Benier demanda
s'il n'y avait pas des armes ou objets d'une nature quel-
conque ayant appartenu au grand chef ou aux autres Fran-i
gais. Le chef repondit qu'il n'avait connaissance de rien de
semblable; la poignee d'un sabre avait ete trouvee sur le;
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220      CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
territoire d'Asu et remise au Pere Yidal qui Pavait deposed
a Leone. ff| ^
Le^commandantpria alors le Pere Jaboulay de faire attes-
ter par mchef que les ossements trouves etaient bien ceux
du grand chef des blancs; apres en avoir renouveie Passu-
rance avec energie, le chef les fit oindre d'une huile odori-
ferante etyenvelopper de la natle la plus fine qu'il put trou-
ver. Le«precieux. restes furent ensuite embarques a bord
^jTrabert qui les salua de trois coups de canon, et rapportes
k Noumea ou ils furent transportes a bord du Magellan qui
e;st parti le 3 avril pour Brest, ou il arrivera probablement en
juillet.1888. .   s    ; ,#  J: M
Ce recit, emprunte au rapport du commandant Benier,
gracieusement communique par le Ministere de la Marine,
semble, sur certains points, en desaccord avec la lettre de
Mgr Yidal. Ce preiat affirmequ'avant de faire eiever le mau-
soiee d'Asu, il s'assura, par des fouilles, que les corps des
douze victimes du massacre y avaient ete inhumes; cepen-
dant le chef indigene declare qu'on n'y a jamais enterre
que le grand chef blanc et que ses restes y sont demeures
seulement quelques annees. Ces contradictions s'expliquent
facilement par les craintes de represailles qui empechent
les naturels de faire connaitre laverite; en outre, il faut
tenir compte de ce prejuge que le fait de retirer du territoire d'une tribu les ossements d'un individu etranger a
cette tribu, et s'y trouvant enterre, equivaut a une declaration de guerre en regie. Le chef d'Asu a done fait une
grande concession en laissant emporter les restes du commandant de Langle; mais il yeut attendre les effets de cette
condescendance avant de livrer les autres.
Quoi qu'il en soit, nous pqujyons compter que la depouiile
mortelle de Pinfortune commandant de PAstrolabe reposera
bientdt dans la terre natale. Le Ministre de la Marine a
donne Pordre de leur rendre les honneurs militaires lors de
leur debarquement a Brest. pBfe
CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE   LAPEROUSE. 221
Ii nous reste a dire quelques mots des divers monuments
qui, sur plusieurs points du globe, perpetuentle souvenir
de Pexpedition de Laperouse et de sa fin tragique.
On connait la pyramide eievee dans une salle du Musee
du Louvre et ornee de divers debris de YAstrolabe rapportes
parDumont d'Urville. Nous donnonsplus loin quelquesdetails
sur le monument inaugure a Albi en 1848, et recemment
augmente des ancres et canons debarques a Toulon par le
commandant Benier. Enfin, nous avions a notre recente
exposition des objets se rapportant a l'expedition de Laperouse plusieurs photographies et une aquarelle representant
la colonne erigee a Botany-Bay (Australie) en 1825 par les
soinsdeMM. de Bougainville et du Campier, commandant la
fregate la Thetis et la corvette YEsperance. Nous parlerons
pour memoire d'un autre monument dont il a ete question
dans le Bulletin de la Societe de Geographie commercialei
etdansY Independant dela Nouvelle-Caledo?iie du§diO\i{1881.
M. Glaumontaffirmait qu'un marin anglais, M. Dick Clifton,
se trouvant a Yanikoro, en dehors des recifs, par le travers
du village de Paiou, avait vu dans Pinterieur, au milieu
d'un defriche ancien, une pyramide triangulaire qui ne pou-
vait avoir ete construite que par des mains humaines. L'aviso
le Bruat, envoye par le gouverneur de la Nouvelle-Caiedonie.
ne put retrouver le monument signaie par M. Clifton. Le
capitaine Gaspard ne fut pas plus heureux acet egard, mais
il recueiliit dans le village de Yanou, voisin de Paiou, un
vase de cuivre qui avait sejourne longtemps sur les recifs
de corail et qui parait provenir du naufrage de Laperouse.
Le meme marin visita le lieu ou Dumont d'Urville avait
eieve un mausoiee et n'y trouva qu'un amas de coraux epars,
parmi lesquels il crut reconnaitre Pemplacement. II releva
ces debris et plaga au centre une croix peinte en noir avec
cette inscription :
%
1. Annee 1885-86, p. 488 et suivantes. WBPW
I
!
Sir
CENTENAIRE Dtf  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
Lieu oil Dumont d'Urville eleva un mausolee
a Laperouse en 1828.
Un autre monument existe a Petropavlosk (Kamtchatka),
ou s'est arrete Laperouse et d'ou il a renvoye a travers la
Siberie Barthelemy de Lesseps; c'est un temoignage de tou-
cMntajsympathie de la part des Russes et nous nous repro-
cherions deNie pas le signaler ici. Void en quels termes
enxp^rle le Messager de Kronstadt dans son numero du
8/20 avrlT^1888 qu'a bien voulu nous communiquer
M. l'amiral Likhatchof, ancien attache naval a Pambassad
de Russie a Paris :
« Le monument erige a Laperouse a Petropavlosk est du
au docteur Dybovski, qui Pa fait elerer a ses frais sur une
eminence tres pittoresque, la montagne Nikolsk. D'un cote,
la vue donne sur le port de Petropavlosk, de Pautre cote
sur la baie d'Avatchine, derriere laquelle s'etendent au loin
les chaines de montagnes denudees que domine Penorme
volcan blanc de Yilutchine.
« Ce monument est simple; il consiste en une croix de
boisplantee dans le gazon avec cette inscription en frangais:
A la memoire de Laperouse; mais Pendroit choisi fait bien
mieuxressortir ce souvenir que beaucoup d'autres monuments plus pretentieux.
« En 1883, le docteur Dybovski quitta le Kamtchatka pour
PAutriche ou il occupe une chaire a Puniversite de Cracovie;
depuis cette epoque, le monument est entretenu par les
navires de guerre russes qui mouillent tous les ans dans ces
parages d.
« Si je ne me trompe, un riche negociant et fabricant de
Nertchinsk, M. Boutine, aurait, sur la demande du meme
Dybovski, fait fondre, a ses frais, un monument en metal,
1. C'est ainsi que l'amiral Likhatchof, de passage en Siberie, setrouva
charge de reparer ce monument.
wsamss CENTENAIRE  DE  LA  MORT LE LAPEROUSE. 223
destine a Laperouse; mais il n'a pu encore sortir del'atelier;
depuis le depart de M. Dybovski, il n'y eut personne pour
s'occuper du transport a destination; d'autre part, a la suite
de circonstances facheuses, les affaires de M. Boutine se
trouvent actuellement entre les mams d'un syndic, en sorte
qu'on ne peut savoir si ce monument sera jamais mis en
place.
« La section d'Irkoutsk de la Societe imperiale russe de
Geographie etant trop eioignee de cet endroit, il me semble
que la Societe pour les etudes du district de VAmour, de
Yladivostock, pourrait se charger du soin de ce monument. »
i E
LA STATUE DE LAPEROUSE A ALBI
I'Sri
HOMMAGE  DU  POETE  JASMIN
1
En 18482, la ville d'Albi a eieve, entre une vaste place
(aujourd'hui place Laperouse) et les promenades, une belle
stajuejt la memoire du ceiebre navigateur a qui elle est si
k^donne le jour. Cette statue de bronze, du poids
grammes, a 3m,50 de hauteur: elle represente
costume de conlre-amiral. Sur le premier
s Penceinte forraee par une balustrade doree,
est une ancre rapportee de Yanikoro par le ceiebre et trop
malheureux Dumont d'Urville.
Outre cette statue que lui devait sa ville natale, la pyramide eievee a sa memoire par l'equipage de YAstrolabe3 dans
Pile de Yanikoro, et la colonne de deuil dressee en son
honneur dans Pimmense reliquaire du Louvre avec les pre-
cieuses epaves provenant de son naufrage, Laperouse a
regu du ceiebre poele Jasmin4 une couronne plus durable
que le bronze; la voici tressee dans les vers suivants que
tout le monde connait:
LAPEYROUSO. — A LA BILO D'ALBI.      1 ■•
Nou plus tourna !!...    ,
Poulido bilo al gran renoum,
Lou Pelerin que te bizito,
Sen boulegua soun amo; et jamay nou te quito
Sans abe saludat che tu may d'un grand noum;
Et s'estre amourouzat d'aquelo catedralo,
1. Communique par M* Salinier, professeur au college de Charolles,
ancien eleve de l'ecole d'Albi.
2. Extrait de la Geographie du departement du Tarn, par J.-P. Carrie.
3. L'auteur veut sans doute parler du monument eleve par Dumont
d'Urville en I828.
4. Jasmin (Jacques) (1798-1864), perruquier-poete d'Agen, a laisse de
remarquables poesies en dialecte patois et couronnees par PAcademie
francaise. CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      225
Oun un siecle a pintrat las celestos amous;
Oun l'incre^dule sen que loii boun Diou debalo,
Oun lou trdbo tan fort, tan bel, tan amistous
Que soun co parlo... crey... et toumbo a ginouillous.
Mais, as une autro caouzo et grando, et forto enquero,
Acos un noum famus et d'estelos floucat :
Toun marin Lapeyrouso a l'amo forto et fiero
Que,boulguet tout couneche... et que n'es plus tournat!
Sans douto le ra&ou per tout plantet sa borno;
Et s'arresta n'es pas recula pes famus;
Mais, se la glorio atten lou Christopho que torno,
Triplo glorio diben en bas, amay lassus,
Al qui franchis la borno... et que nou torno plus! !
Nou tourna plus! et fa tres cots lou tour del mounde!
S'en ana len, pla len, dins la ney, a tastous,
Esclayra de sa luts lous pais negrillous;
Parca dinquos a tan que digun plus respounde...
Et penden que la Franco a Pel braquat sur bous...
Quan on sat presque tout... que Ton bol tout couneche.,.
Coumo un House alucat, tout d'un cot dispareche...
Oh! plus tourna, jamay, aco es may glourious
Que lou retour marchan sus laoures et las flous!
Tabe des biels marins, la famillo fierouzo,
Quan entend sous grans noums, fa biste lugri Pel;
Mais an aquel de Lapeyrouso
S'aluco, et tiro lou copel;
Et jou tiri lou meou daban soun estatuyo,
Car lou puple m'appren sa glorio tout a fet,
Et l'entendi que fay brounzina dins la ruyo :
S'en enguet len, tan len que pel fret ou pel fet,
Fusguet camblat en broumo... et brounw nous tournet*
Traduction litterale :
LAPEROUSE.
A LA VILLE D'ALBI.
Ne plus revenir !!.
Jolie ville au grand renom,
Le pelerin qui te visile
Sent remuer son ame; et jamais ne te quitte
Sans avoir salue chez toi plus d'un grand nom;
Et s'etre amourache de cette cathedrale
Ou un siecle a peint les celestes amours;
Ou l'incredule sent que le bon Dieu descend,
Ou il le trouve si fort, si beau, si aimable
Que son coeur parle... croit... et tombe a genoux,
a Watfifnhiriifi
226
/
CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
Mais tu as une autre chose, et grande et forte encore,
C'est un nom fameux et d'etoiles orne :
Ton marin Laperouse a I'ame forte et fiere
Qui voulut tout connaitre... et qui n'est plus revenu!
Sans doule la raison partout planta sa borne,
Et s'arreter n'est pas reculer pour les fameux1,
Mais, si la gloire attend le Christophe qui revient2,
Triple gloire nous devons en bas, et la-haut3,
A celui qui franchit la borne... et qui ne revient plus!!
Ne revenir plus? et faire trois fois le tour du monde!
S'en aller loin, bien loin, dans la nuit, a tatons, |||
EclMrer de sa lumiere les pays de negres;
PercerXiusqu'a ce que personne plus ne reponde5 ...
Et pendant que la France a Poeil braque6 sur vous...
Quand on\sait presque tout... que Ton veut tout connaitre...
Comme un feu7 allume, tout d'un coup disparaitre...
Oh! ne plus revenir, jamais, cela est plus glorieux
Que le retour en marchant sur les lauriers et les fleurs!
Aussi des vieux marins, la famille fiere8,
Quand elle entend ses grands noms, fait vite luire9 Poeil;
Mais a celui de Laperouse
Elle10 s'allume et tire le chapeau!
Et moi je tire le mien devant sa statue,
Gar le peuple m'apprend sa gloire tout a fait;
Et je l'entends qui fait bourdonner dans la rue :
II s'en alia loin, si loin que, par le froid oupar le chaud «,
II fut change en bronze... et bronze nous revint 12.
1. Les fameux, les grands, les braves.
2. Le navigateur assez heureux pour revenir dans sa patrie.
3. Lassus, mot inconnu dans le patois tarnais, mais qui certainement
veut dire la-haut, en haut ou dessus.
4. Parca, encore un mot inconnu dans le Tarn et que j'ai traduit par
percer; le sens serait plutdt penetrer.
5. Le poete fait sans doute allusion ici aux difficultes, a Pimpossibilite
meme du navigateur a se faire comprendre des peuples qu'il visitait et
qui, ne comprenant pas sa langue, ne pouvaient pas lui repondre.
6. Braque sur vous, tourne vers vous, s'int^ressant a votre expedition.
7. Comme un flambeau.
8. Fierouzo, fiere avec exces, orgueilleuse.
9. Briller, etinceler.
10. Syllepse C'est l'oeil qui s'allume, s'enflamme,brille d'un plus vif eclat,
et c'est la famille qui tire le chapeau, pour die le chapeau, se decouvre.
11. Fet encore uri mot inconnu dans le Tarn, mais qui doit bien si-
gnifier chaud.
12. Allusion pittoresque et pleine de charme a la transformation de
l'illustre navigateur en statue.
i
■3
J CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
227
Extrait d'un journal anglais.
Dans les annees qui suivirent la disparition de l'expedition
de Laperouse, les bruits les plus contradictoires circuierent
en Europe, et Pon voulut longtemps esperer que quelqnes
survivants avaient pu echapper au desastre et se refugier
sur divers points du globe. Comme specimen de ces rumeurs,
malheureusement denuees de fondement, nous donnons
ici la traduction d'un extrait d'un journal anglais de 1804,
que nous devons a Pobligeance de M. J. Frost, dela Carlyle
Society a Londres :
<( On a regu de Pile de France la nouvelle qu'un navire
portugais a sauve un des infortunes qui accompagnait La
Peyrouse (sic) dans son voyage. Cette personne fut trouvee
sur une ile inhabitee et declara que son nom etait Dagelet,
astronome de l'expedition. II raconta que de Pescadre, la
fregate YAstrolabe s'etait echouee; que la Boussole avait
pris feu accidentellement, mais qu'on P avait empechee de
sauter et que Pepave avait porte M. La Peyrouse et la plupart
de ses officiers et matelots en Nouvelle-Zelande, ou ils etaient
restes pres de neuf ans, dans Pespoir que quelque navire
viendrait et les prendrait a bord. Apres cette longue et
vaine attente, ils se determinerent a construire eux-m£mes
un batiment, mais ayant deja coupe quelques bois, ils
furent surpris par les indigenes, et tous les Frangais furent
massacres, excepte M. Dagelet, qui s'echappa sur une petite
barque et se refugia sur une ile deserte ou les Portugais
Pont trouve. II etait si epuise par les privations et par la
misere qu'il mourut le sixieme jour apres avoir ete recueilli
k bord. II put cependant avant de mourir remettre un pa-
quet de papiers scelie a Padresse da « Ministre de Sa Tres
Chretienne Majeste pour le Departement de la Marine et des
Colonies ». Maigre ce que les Portugais lui disaient, Dagelet
ne voulait pas croire que Louis XYI avait ete assassine et
que la France etait en republique. »
■Ml ETAT   GENERAL  ET  NOMINATIF
DES OFFICIERS,  SAVANTS,  ARTISTES ET MARINS
EMBARQDES   SUR   LES   FREGATES   ((   LA   ROUSSOLE  »   ET   ((  L'ASTROLABE   ))
AUX    ORDRES    DE    DE    LAPEROUSE    (jCILLET    1785)
LA  BOUSSOLE
ETAT-MAJOR^
De Laperouse, capitaine deAvaisseau, com-
. mandant en chef, employe comme chef de division, fait chef d'escadre le 2 nqvembre 17b6
Lieutenants.
DE CLONARD,  charge  du  detail, fjait  capitaine de
vaisseau.
D'ESC U RES.
Enseignes .-
BOUTIN, fait lieutenant de vaisseau le ler mai 1786,
et major le H avril 1788.
DE Pi EH REVERT.
COLINET, lieutenant de fregate, fait sous-lieutenant
de vaisseau le lormai 1786.
Gardes de la marine.
MEL DE SAINT-CERAN, debarque a Manille le 16 avril
1787.
DE MONTARNAL.
DE ROUX  DARRAUD,  \olontaire, fait eleve do  I.)
marine le ler janvier 17d6 et lieutenant de vaisseau
le 1-4 avril 1786.
Frederic BiiQLDOU, volontaire, fait lieutenant de
vaisseau le ler aout 1786.
Ingenieurs, Savants et Artistes.
DE MONNERON, capitaine an corps du genie.
BERN1ZET, ingenieur-gengraphe.
ROLLIN, chirurgien-inajor entretenu.
LEPAU1E DAGELET, de l'Acadende des sciences..
professeur a l'ecole militaire, astronomu.
DE LAMANON, phxsicieu, minerali«giste, nieteoro-
logiste.
L'abbe MONGES, chano'ne regulier de la congregation de France, physicien, et faisant les fonctions
d'aumdnier.
DUCHE DE VANCY, d<ssinateur de figures ct
paysages.
PREVOST le jeune, dessinat' ur pour la botanique.
COLLIGNON, jardtnier-bolanistc.
GUERV, horloger.
Officiers mariniers.
Jacques Darris, premier maitre d'equipage.
Etienne Lormieb, premier maitre d'equipage.
Vincent Le Fur, maitre d'equipage.
Jerome Laprise Mouton, fait sous-lieutenant de vaisseau.
FranQ >is Tayer, contremaitre.
Francois Ropars, contremaitre.
Jean-Michel Le Bec, quartier-maitre.
Jean-Baptiste Le Maitre, second pilote.
Eulrope Faure, aide-pilote.
Canonniers et Fusiliers.
Pierre Talin, fourrier de la marine, premier maitre
canonnier.
Edme-FranQois-Mathieu 1 ivierre, sergent-canonnier.
Antoine Flhire, caporal.
Francois I»iege, fusilier.
Georges Fleury, fusilier.
Jean Bolet, fusilier.
Pierre Lieutot, fusilier.
Etienne Dutertre, tambour.
Charpejiliers, Calfats et Voiliers.
Pierre Charron, maitre cliarpentier.
Jean-Baptiste-Frangois Soude, aide-charpenlier.
Andre Chauve, aide-charpentier.
Pierre Meschin, maitre calfat.
Claude Nevin, aide-call'at.
Jean Faudil, aide-calfat.
Alexandre  Moreau, aide-calfat.
Jacques Franchfteau, maitre voilier.
Andre Verrier, aidc-voilier.
Laurent Pointel,  aidc-voilier.
Gabiers, Ti
Guillaume Durand.
Jean JVJasson.
Jacques Pochic.
Julien Hellec.
Francois GORIN.
Pierre Bretaud.
Jean Frichoux.
Guillaume Stechan.
Pierre-Marie Lastenn
Jean Gohonnec.
Yves Le Bihan.
Corentin Jers.
Jean Luco.
Louis Plemer.
Francois Gloahec.
Jo eph Le Bas.
Joseph I'levin.
Jean Daran.
Jean Donety.
moniers et Matelots.
Frangois Lhostis.
Jean -Marie Dreau.
Alain Marzin.
Pierre Bonny.
Charles Le Due.
Paul-Joseph Bertele.
Jean Magneur.
Jean-Frahgois Duquesne
Andre-Marie Le BRICE.
Bertrand Daniel.
Jean Garnier.
Louis Le Bot.
Alain Abgbal.
Ch.-Ant. Chauvry.
Pierre Achard.
Guillaune Pichard.
Milarion-Marie NORET.
Jean-Pierre Chevreuil-
Julien Robert. CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Canonniers servants.
Ces.-August. De Rosier.
Michel Berrin.
Francois-Joseph Vautron.
Andre Roth.
Joan Blondeau.
Michel   NlTERHOFFER.
Pierre Prieur.
Marens Chaub.
Jean-Pierre FBAICHOT.
Pierre Guillemin.
Jean Gillet.
Joseph Rayes.
Sur numeraires.
Jean Querenneur, pilote cotier.
Jacques Le Car, second chirurgien.
Jean Louvigni, premier commis.
Simon Rolland, lonuelier.
Joseph Vanneau, boulanger.
Jean-Pierre Durand, maitre armurier.
Jean-Marie Bleas, forgeron.
L'ASTROLABE
etat-major
De Langle, capitaine de vaisseau, commandant.
Lieutenant.
DE MONTI, fait capitaine de vaisseau.
Enseignes.
FRETON DE VAUJUAS.
DAIGREMONT.
J)E LA BORDE MXRCHAINVILLE, surnumeraire.
BLONDELA, lieutenant de fregate.
Gardes de la marine.
DE LA BORDE BOUTERVILLIERS, fait lieutenant
de vaisseau le ler mai 1786.
LAW DE LAURISTON,   fait lieutenant de vaisseau
le ler mai 1786.
RAXl DE FLASSAN, surnumdraire, fait lieutenant de
vaisseau le ler mai 1786.
Savants et Artistes.
MONGE, professeur a l'ecole militaire, astronome>'
debarque a Teneriffe le 29 aout 1785.
DE LA MARTIN lERE, docteur en medecine; botaniste.
DUFRE.SNE, naturaliste.
Le pere RECEVEUR, religieux cordelier, naturaliste
et faisant les fonctions d'aumdnier.
PREVOST oncle, dessinateur pour la botanique,
LAVAUX, chirurgien ordinaire de la marine.
DE LESSEP5,vice-consul de Russie, interprete; debarque au Kamtschatka, et charge de porter a Paris
les depeches de M. DE LAPEROUSE.
Officiers mariniers.
Francois Lamare, maitre d'equipage.
Frangois-Marie Audignon, maitre d'equipage, surnumeraire.
Sebastien Rolland, contremaitre.
Guillaume-Marie Gaudebert, contremaitre.
Mathurin Leon, premier pilote.
Adrien de Mavel, second pilote.
Pierre Brossabd, aide-piloto, fait sous-lieutenant de
vaisseau.
Jean L'Aine, aidc-pilotc.
SOC.  DE GEOGR. — 2° TRIMESTR
Rene-Marie Cosquet, maitre charpentier.
Jacques Quinion, coq.
Pierre Cazaurant.
Jean-Frangois Bisalion.
Francois BRETEL.
Michel Siron.
Supplement.
Guyet de La Villeneuve,  embarque'  a
7 avril 1787.
Jean-Charles Massepin, fusilier.
Dominique Champion, fusilier.
Pierre Lebis, fusilier.
Jean Jugon, fusilier.
Pierre Motte, fusilier.
Six matelots chinois.
Canonniers.
Jean Gaulin, sergcnt de la marine, maitre canonnier^
Leonard Soulas, caporal, second cauonnier.
Jacques Morel, aide-canonnier.
Pierre Chauvin, aide-canonnier.
Pierre Philiby, aide-canonnier.
Francois Saulot, aide-canonnier.
Christ >phe Gilbert, caporal, aide-canonnier.
Jean-Pierre Huguet, tambour, aide-canonnier.
Gharpentiers, Calfats et Voiliers.
Robert-Marie Le Gal, maitre charpentier.
Jean Berny, second charpentier.
Francois Bizieu, second charpentier.
Jean Le Cam, second charpentier.
Jean-Frangois Paul, mailre calfat.
Louis Mevel, maitre calfat.
Jean Grosset, maitre voilier.
Olivier Creachadec, aide-voilier.
Yves Quenelec, maitre calfat.
Frangois Leboucher, aide-calfat.
Bastien Taniou, bosseman.
Yves Bourhis, aide-voilier.
Gabiers, Timonie
Louis Alles.
Pierre-Marie RlO.
Jean Moal.
Joseph Le Quellec.
Bertrand Lesseigue.
Julien Ruelland.
Jean Le Bris.
Denis Le Cors.
Jean I e Guyader.
Pierre Banniou.
Joseph Richebecq.
Frangois-Marie Vautigny.
Yves Hamon.
Jean Hamon.
Gilles Henry.
Goulven Tarreau.
Jean-Marie Basset, debarque a Macao, en
Chine, le 19 janvier
1787.
rs et Matelots.
Pierre-Mar.-Fid. Paugam.
Jean-Louis Bellec.
Joseph Le BloIs.
Jean-Marie Letanaff.
Guillaume Duquesne.
Charles-Jacques-Antoine
Riou.
Frangois Le Locat.
Yves-Louis Garandel.
Guil-Lambert Nicole.
Jean Monens.
Louis Mezon.
Guillaume Quedec.
Pierre FOUAGHE.
Jean Redellec.
Guillaume Autret.
Claude Lorgi.
Jean GOURMELON.
Jean Bernard.
Alain Cree, desertd a a
e 1888.
IX.
16 ■•■  t>!
WW
230
Conception du Chili, le
14 mars 1786.
Frangois FERET.
Mathurin Causiau.
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Guillaume RICHARD.
Laurent Robin.
Julien Masse.
Jean-Thomas Andrieux.
Canonniers servants.
Pierre Guimard.
Louis David.
Joseph Fretch.
L. SPAN,deserte a la Conception le 14 mars 1786.
Chretien Thomas.
Jean-Raptiste Pliner.
Coderant Lendebert.
Jean-Gautier Plumeur.
Juliens Le Penn.
Frangois Bignon.
Pierre Rabier.
Sur numeraires.
Frangois^UERRE, piloJ:e_co]ier.
Jean GuiLLOtJTnclTiTTIr^i^nT-
Jean-Marie Kermel, commis aux vivreXmort le 7 septembre 1787, de la suite d'une blessure d'une arme
a feu.
Pierre Canevet, tonnelicr.
Rene Richard, boucher.
Nicolas Boucher, boulanger.
Jacques Le Rand, armurier
Frangois-Marie Omnes, forgeron.
Frangois Mordelle, mousse.
Domestiques.
Yves Riou, debarque a Teneriffe le 30 atiiit 1785.
Simon-Georges Deveau.
Jean Geraud.
Jean Sol, mort le 11 aout 1786.
Jean-Louis Droux, debarque a Macao le ler fevr* 1787.
Frangois Potorelle.
Joseph Hereau.
Supplement.
Dupac de Bellegarde, garde de la marine, fait lieutenant de vaisseau le 4 aout 1786; provenant de la
flute le Marechal de Castries; embarque a Macao
le ler janvier 1787.
Le Gobien, garde de la marine, fait lieutenant~de
vaisseau le 5 mars 17S8; piovenant de la Subtile;
embarque a Manille le8 avril 1787. \
Pierre Deslughes, fusilier.
Michel-Etienne Philippe, fusilier.
Frangois Marin, fusilier.
Six matelols chinois, einbarques a Macao.
; a
e     '■ '---•- -*--
NOTES SUR GALAUP DE LAPEROUSE1
Jean-Frangois de Galaup de Laperouse, n61e 23 aout 474-1,
au Guo (ou au G6), consulat d'Albi, sortait d'une famille
albigeoise dont on retrouve le nom dans les registres consulages des le commencement du xvie siecle.
Comme la plupart des families nobles albigeoises, la famille de l'illustre navigateur s'etait enrichie dans le negoce
et s'etait elev6e peu a peu de la bourgeoisie a la noblesse.
Deux hommes paraissent avoir surtout contribu6 a cette
elevation, qu'une grande fortune et l'exercice du consulat
rendaient assez facile pendant les derniers siecles de la
monarchic, au moins dans le Languedoc.
Le premier est Pierre Galaup, marchand, capitaine de
sante a Albi pendant les pestes de 1507 et de 1517. Par
une coincidence qui se renouvelle assez frequemment dans
1'histoire des families illustres, c'est un homme de coeur et
de denouement qui ouvre la lign6e des Galaup, comme plus
de deux cents ans apres ce sera un homme de coeur qui la
fermera.
Les services rendus par Pierre Galaup ne furent pas ou-
bli6s de ses concitoyeris, car nous le voyons arriver au
consulat en 1527. Peu de temps apres, son fils Ramon
Galaup est appele a cet honneur (1532). Toutefois, ce n'est
qu'a la fin du xvie siecle que les Galaup s'elevent a la noblesse avec Claude de Galaup, qui a achet6, non seulement
la seigneurie d'Grban, mais encore la terre du Guo, ou nai-
trale dernier et leplus illustredeses descendants. 11 est consul en 1585, en 1590 et en 1599. En 1616 il occupe la charge
1. Extrait d'une communication de M. Jules Rolland, membre de
l'Academie de Jeux floraux a Toulouse, membre du comite d'honneur
du Centenaire de Laperouse.
MlTT-il 232     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
imporlante de syndic du diocese. Son fils Jean la garde
pendant quelque temps et est elu deux fois consul en 1627
et 1642. '•• .-- -•- -ft     •?$■ ^
On peut voir dans nos regislres commerciaux les armes
parlantes qui furent peintes a l'occasion de la nomination
de Claude de Galaup au consulat en 1642. L'ecusson porte
un cheval lanc6 au galop.
Le nom des Galaup revient encore dans les listes consu-
Tanfe5~aueOj[ne£t^Tiiic siecles, et rien ne marque mieux la
consideration dont lk etait entoure. Du resle, les ancetres
de Laperouse semblentXavoir eu un gout assez vif pour les
affaires publiques, et c'est son pere qui se plaignait en 1770
de ce que, contrairement\aux anciens usages, on s'efforQait
d'61oigner la noblesse alblgeoise du premier chaperon consul aire.
Au xviiie siecle, la famille de Galaup possedait une assez
grande fortune. Pendant le xvie siecle, elle figure parmi les
plus imposees de la ville d'Albi. Au moment de la naissance
du ceiebre navigateur, elle possedait, outre la terre du Guo,
celle de Laperouse et un hotel considerable a la ville. Get
hotel, qui existe encore dans la rue de l'Ecole-Mage et qui
parait avoir 6te bati a la fin du xvne siecle ou au commencement du xvnr, est actuellement la propri6te de M. le
baron de Gouttes. On y remarque un vieux et grand ma-
ronnier qui, d'apres la tradition, aurait£te plante par Laperouse pendant un de ses s6jours a Albi.
La terre de Lap6rouse, qui a donn6 son nom a notre
compatriote, avait appartenu aux Ciron. Les Galaup devaient
l'avoir achet6e depuis peu, car Jean-Frangois a 6t6 le premier a en prendre le nom. C'est, du moins, ce qui r6sulte
de l'examen de tous les actes anterieurs asa naissance dans
lesquels ses ancetres signent 1 de Galaup.
A part les deux soeurs qui survecurent a Jean-FranQois,
Tune Mrae de Barthes de Lap6rouse, et l'autre Mffie Dalmas de Lap6rouse, le navigateur eut deux autres soeurs : CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE. 233
Marie-Anne-Charlotte, qui mourut a Albi le 12 janvier 1762,
a 1'age de dix-huit ans. Elle 6tait novice aux dames hospi-
talieres sous le nom de soeur Sainte-Pelagie. L'autre soeur,
Francoise-Marie-The>ese, mourut le 15 avril 1766 a l'age
de onze ans.
Tout a 6te dit sur Laperouse, homme de guerre, navigateur et patriote.
L'homme intime est peut-etre moins connu et merite
tout autant de l'etre. C'etait une ame ardente et g£n6reuse,
et debordant de tendresse. C'est ainsi qu'on rencontre
parfois dans les he'ros des coeurs d'enfant.
Sur son dernier sejour a Albi, avant son depart pour les
iles du Sud, j'ai recueilli un souvenir qui merite peut-Mre
d'etre fix£. Je le tiens de M. Theodore de Resseguier, collateral du navigateur, par la mere de ce dernier, Marguerite
de Resseguier.
En quiltant Albi, Laperouse se fit porter dans sa voiture
jusqu'a Gaillac. 11 etait accompagne de son cousin M. de Resseguier, grand-pere de celui qui m'a transmis ce r6cit. En
route il fut plusieurs fois question de la grande expedition
qui allait etre entreprise et des dangers qu'elle offrait. Laperouse en parla d'abord sur un ton vif et enjoue, comme il
convenait a un homme que les aventures avaient le don de
seduire. Puis, au souvenir de sa femme, de ses parents, de
ses amis, son visage s'assombrit et des larmes lui vinrent
aux yeux. Ce ne fut du reste qu'une Amotion passagere, car
Laperouse se ressaisit bientot et embrassa son cousin en lui
disant avec un profond accent de resolution : « Que voulez-
vous? c'est pour le service du Roi et de la France. »
Ce fut en ces termes si nobles et si frangais que Laperouse prit conge des siens, avant de disparaitre a. jamais el
de franchir le seuil de l'immortalite.
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EXTRAIT DU BULLETIN DES LOIS
Ordonnance du roi, du 21 fevrier 1815, qui autorise les
sieurs Philippe-Francois Dalmas, Francois-Marie-Leon
Dalmas, Pierre-Antoine-Victor Dalmas, petit-fils de
Majrtianne-Glaire-Jacquette de Galaup, nee le 8 avril
1742 et mariee a\Pierre-Jean-Antoine Dalmas; et le sieur
Jean-Fran cois-Charles Salvy de Barthes, petit-fils de
Victoire-Marguerhe-Henriette-Claire de Galaup, nee le
6 aout 1759 et mariee a Bernard-Louis de Barthes; a
ajouter a leur norm celui du chef d'escadre Lapeyrouse,
leur oncle maternell.
Le nom de Lapeyrouse porte ci-dessus a et6 rectifie en
celui de Laperouse, en vertu de l'ordonnarjce du roi du
11 aout 1839.
v.
II n'est pas sans interet d'indiquer ici les repr6sentants
actuels de la famille de Laperouse, qui ont tous porte le
nom avec honneur, et meme quelques-uns avec un certain
eclat. Ce sont:
A. — Dans la branche des Dalmas.
1° Leon Dalmas de Laperouse, contre-amiral, comman-
deur de la Legion d'honneur, decede sans posterite, marie
a Mlle Gaudin de Saint-Brice;
2° Theobald Dalmas de Laperouse, general de cavalerie
en retraite, grand officier de la Legion d'honneur;
Tous deux sont fils de Leon Dalmas de Laperouse, commissaire de la marine et petit-fils de Martianne-Glaire-
Jacquette de Galaup, soeur du navigateur, mariee a Pierre-
Jean-Antoine Dalmas, de Villefranche;
Du mariage du general avecM110 de Saint-John sont n6s : CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     235
1* Leon Dalmas de Laperouse, actuellement chef d'esca-
dron de cavalerie, chevalier de la Legion d'honneur;
2° Henri Dalmas de Laperouse, lieutenant de vaisseau,
chevalier de la Legion d'honneur, decede, veuf de Pauline
Vico, egalement decedee; a laisse trois enfants encore en
bas age, Leon, Jean et Pauline.
3° Jules Dalmas de Laperouse, fits de Ferdinand, petit-
fils de Victor Dalmas de Laperouse, arriere-petit-fils de la
soeur du navigateur.
B. — Dans labranche des de Barthes.
1° Leopold de Barthes de Laperouse, proprietaire;
2° Edmond de Barthes de Laperouse, proprietaire, actuellement maire de la ville de Realmont. Apres sa sortie de Saint-
Cyr, il servit pendant quelques annees comme sous-lieutenant et donna sa demission a la suite de son mariage avec
Mlle Josephine de Marliave; Paule, sa fille unique, a epouse
M. H. de Gentil-Baichis, capitaine de l'armee territorial;
d'oii trois enfants, Jeanne, Lucienne, Pierre;
3° Norbert de Barthes de Laperouse; a parcouru une
longue et honorable carriere dans l'administration de la
marine; aujourd'hui commissaire de la marine en retraite,
chevalier de la Legion d'honneur et d'lsabelie la Catholique;
a epouse Mlle Lucienne Frangois, fille d'un ancien conseiller
d'Etat et petite-fille du baron Fain, secretaire particulier
de Napoleon Ier et de Louis-Philippe,,
Tous les trois sont fils de Jean-Francois-Charles-Salvy
de Barthes de Laperouse et petit-fils de Victoire-Marguerite-
Henriette-Claire de Galaup, seconde soeur du navigateur,
mariee a Bernard-Louis de Barthes, avocat a Albi.
II y a encore d'autres families qui peu vent reclamer des
liens de parente avec Laperouse, bien que ne portant pas
son nom, ce sont:
Dans la branche des Dalmas. 236
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Famille Louvain-Pescheloche.
Theophile Louvain-Pescheloche, architecte decede, marie
a sa cousine germaine Martianne Dalmas de Laperouse,
petite-fille de la soeur du navigateur; de ce mariage est
nee Juliette Louvain-Pescheloche, veuve de Ferdinand He-
rold, senateur, fils du ceiebre compositeur ; de ce mariage
sont nes trois enfants: Ferdinand, Gabrielle et Alphonse;
Leon Louvain Pescheloche, decede; percepteur a Mon-
~4autenyiijaiie^^ugusta Dubreuil decedee; de ce mariage
sont nes deux enfant^. Martial, lieutenant de vaisseau, chevalier de la Legion diionneur, decede; Claire, mariee a
M. de Benaze, a Paris; de ce mariage trois enfants : Leon,
Sophie, Eiise, cette derniere mariee a Toussaint Legrain,
ingenieur des ponts et cjaaussees; de ce mariage une fille,
Yvonne;
Tous fils ou petits-fils, filles ou petites-filles de Jeanne-
Marguerite-Julie Dalmas de Laperouse, fille de la soeur du
navigateur et femme de Louvain-Pescheloche, ingenieur en
chef des ponts et chaussees.
Dans la branche des de Barthes.
Famille Prunet.
Louise Prunet, veuve de M. de Lahondes-Lafigere; de ce
mariage est ne Jules, membre de 1'academie des jeux
floraux, marie a Mathilde Laperrine d'Hautpoul; de ce
mariage sont issus deux enfants, Joseph, avocat, et Marie,
mariee a Francois de Geiis, actuellement capitaine d'infan-
terie ; d'ou une fille, Alix;
Caroline Roques, veuve de Auguste Prunet;
Anna Prunet;
Thasie de Farguettes, veuve de Paul Prunet; de ce mariage, trois enfants sont nes : Cecile; Henri, pretre;
Louis, proprietaire actuel du Gu6, marie a Jeanne Icher;
de ce mariage, une fille, Madeleine;
Tous fils ou petits-fils, filles ou petites-filles de Margue- w
centenaire de la mort de laperouse. 237
rite-Petronille-Eieonore de Barthes de Laperouse, epouse de
M. Augustin Prunet, proprietaire, et fille de la seconde
soeur du navigateur;
Famille Peyronnet.
Auguste Peyronnet, ancien notaire, marie a Louise
Bermond;
Henri Peyronnet, chef de bataillon d'infanterie en re-
traite, officier de la Legion d'honneur, marie a Louise
Foissac; de ce mariage deux enfants: Jean et Henri;
Fils ou petits-fils de Victoire-Cecile de Barthes de Laperouse, epouse de M. Louis Peyronnet, juge au tribunal de
Castres, et fille de la seconde soeur du navigateur;
Famille de Laportaliere.
Elise de Laportaliere, fille de Hermance de Barthes de
Laperouse, et de Scipion de Laportaliere, petite-fille de
J.-F.-Charles Salvy de Barthes de Laperouse, et arriere-
petite-fille de la seconde soeur du navigateur, veuve de
G. Alberge Sermet, docteur-medecin; deux fils sont nes
de ce mariage: Gustave, actuellement capitaine de cavale-
rie, Fernand, avocat.
D'autres families encore peuvent revendiquer la parente
eioignee avec le navigateur, telles que les de Resseguier,
les de Gorsse, les Sere de Riviere, les de Rozieres. les de
La Jonquiere, les de Rey de Saint-Gery.
La famille Broudou se trouve actuellement representee
par :
1» M. Poujade, ancien diplomate, commandeur de la
Legion d'honneur et de plusieurs ordres etrangers, petit-
neveu, par sa mere, d'Eie™nre Broudou, femme du navigateur;
2° Eugene Poujade de Maizeroy, homme de lettres distingue, arriere-petit-neveu de la femme du navigateur.
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EXTRAIT DU JOURNAL DE LAPEROUSE
commandant la fregate HAmazone
dans l'armee navale du comte d'estaing1
Du 30 juin 1779.
Vers une heijire nous avons apergu l'ile de Saint-Vincent.
Du ler juillet.
Nous avons continue notre route pour File de la Grenade.
J'ai fait route pour\aller parler a M. le comte d'Estaing, qui
paraissait m'avoir destine d'abord a aller faire une descente
a deux heures du matin dans l'anse de la Mariniere. M. le
vicomte de Nouailles paraissait avoir ete embarque avec moi
pour commander les troupes de debarquement. II avait fait
toutes les dispositions pour l'attaque de deux batteries qui
dominent la ville .  .  .
 peu apres nous   avons  debarque   nos
troupes sans nul obstacle.
Du 2 juillet au 3 juillet.
J'ai vu commencer l'attaque des montagnes... le feu a
ete tres vif, tous les forts tiraient du canon, et la mousque-
terie ne cessait pas un instant... Enfin le jour que j'atten-
dais avec tant d'impatience s'est fait, et j'ai apergu le pavilion blanc sur les batteries et sur le fort. Nous avons tous
crie vive le roi pendant un quart d'heure.
1. L'original dece document et celui du memoire qui le suit sont entre
les mains de M. N, de Barthes de Laperouse, petit-neveu de Laperouse. centenaire de la mort de laperouse.
239
Du dimanche i juillet au lundi 5 juillet 1779.
J'ai louvoye toute l'apres-midi dans la baie du Fort-Royal,
a demi-portee de canon du fort qui s'est rendu au coucher
du soleil a discretion.
Nos troupes se sont comportees avec la plus grande bra-
voure et ont emporte, l'epee a la main, un poste presque
inaccessible. II y avait dans le port au moins quarante-
cinq batiments dont quinze carres, et les autres goelettes
ou cutters. Nos canots et chaloupes ont ete employes toute
la nuit k empecher le desordre et Invasion des prisonniers
marins. ||f
Au matin le general a fait signal de se disposer au combat, ce qui m'a confirme l'approche de Byron.
J'ai louvoye devant le port en attendant le moment oil
toute 1'armee mettrait sous voiles. Je n'ai vu que cinq ou
six vaisseaux appareiller et louvoyer comme moi. On a
envoye des fregates croiser au vent afin d'etre informe de
bonne heure de l'approche de l'ennemi; et demain a la
pointe du jour nous nous proposons de mettre sous voiles.
3
Du mardi 6 juillet.
A la petite pointe du jour nous avons apergu l'amiral
Byron qui venait grand largue sur nous, serrant la terre de
tres pres. Nos fregates avaient donne l'alarme avant le jour,
en sorte que le general avait fait usage des signaux de nuit
pour nous ordonner d'appareiller. Mais plusieurs vaisseaux
avaient encore a terre une partie de leurs canots et chaloupes, ce qui fit qu'au jour cinq ou six batiments seule-
ment etaient sous voiles. L'approche de Byron a decide le
general a ordonner de couper les cables, ce qui a ete execute
jiar les vaisseaux qui n'avaient pas encore leve leurs ancres.
Notre general a ete a la rencontre, l'amure a tribord, et
it>us etions si pres des ennemis qu'il a ete impossible, cou-
Ei
II
=—= i —t~ 240 centenaire de la mort de laperouse.
rant ainsi sur eux, de se former en ordre de bataille regu-
lier.
Mais l'audace de notre manoeuvre a augmente la con-
fiance de nos equipages et ralenti, sans doute, celle des
ennemis.
Cependantils se sont avances, laissant les quatre premiers
vaisseaux de l'avant sans combattre, mais s'approchant a
portee de fusil du corps de bataille, et de notre arriere-
vaient avec eux une flotte d'environ cinquante
voiles, qu'ils tefraient a deux lieues au vent, gardees par deux
fregates et deux vaisseaux de guerre, que 1'amiral Byron a
bientdt appeies a son secours, lorsqu'il a mieux connu nos
forces, confiant le destin de sa flotte a ses fregates, et plus
encore a l'avantage qu'elle avait d'etre a quatre grandes lieues
au vent a nous.      '
Le feu de notre corps de bataille et de notre arriere-
garde a ete extremement vif, au point que trois vaisseaux
anglais ont ete entierement desempares. Cependant Byron
longeant la terre de la Grenade l'amure a babord, pendant
que nous prolongions sa ligne l'amure a tribord, s'est
trouve au centre de Ja baie du Fort-Royal, ou il n'a pas ete
peu surpris de voir le pavilion frangais arbore sur le fort,
qui lui a meme tire quelques coups de canon. II a pris sur-
le-champ le parti de revirer et de mettre au mGme bord
que nous, ce qui lui procurait l'avantage d'attaquer en
queue notre arriere-garde, qui avait deja beaucoup souffert
et dont deux vaisseaux, YAmphion et le Fier Bodrigue,
avaient plie. La position n'etait pas avantageuse ; la manoeuvre de virer de bord paraissait indiquee a notre general,
mais le desordre etait dans notre ligne qui n'etait pas encore
formee, et qu'un grand mouvement avait entierement
derangee. En sorte que le comte d'Estaing continua triborc-
amure, ayant soin seulement de serrer son arriere-garde
afin qu'elle ne put jamais avoir a combattre qu'un nombre
de vaisseaux pareil aux notres, a moins que les Anglais le mmm
centenaire de la mort de laperouse. 241
prissent le parti de prolonger notre ligne, qui, pendant ce
temps-la, commengait a se former tres bien. C'est ce qui
arriva; les Anglais prolongerent faisant un feu tres vif, auquel on riposta superieurement. Cependant trois vaisseaux
ennemis desempares n'avaient pu suivre la ligne de Byron;
ils resterent en arriere pour se regreer, de maniere que cette
seconde fois nous n'eumes que dix-huit vaisseaux anglais a
combattre. Nous en mimes encore trois en tres mauvais etat,
ce qui determina l'ennemi a serrer le vent et a s'eloigner de
nous.
L'avantage qu'il avait d'etre au vent le rendait maitre des
distances, et cette seconde fois il n'approcha qu'avec beaucoup de prudence, et a une heure il etait hors de portee,
serrant le vent autant qu'il etait possible, et mieux, je crois,
que nos meilleurs vaisseaux n'auraient pu faire.
Vers deux heures, M. le comte d'Estaing m'ordonna
d'aller dire a tous les vaisseaux qui etaient en arriere de lui
qu'il allaitvirer de bord tous ensemble, vent devant; Ylphi-
genie fut chargee de la meme commission pour tous les
vaisseaux qui etaient en avant du Languedoc.
A deux heures et demie, le signal fut fait et tres bien
execute; c'etait tres dangereux pour les ennemis dont nous
allions couper les trois vaisseaux desempares qui etaient
restes de Farriere; et pour peu que les vents nous eussent
adonne, nous aurions atteint la queue du convoi de Byron
qui sentit bien, je crois, tout le danger de sa position. II
n'avait plus alors que quinze vaisseaux en etat de le suivre;
trois des dix-huit qui formaient dans ce moment sa ligne
etaient en tres mauvais etat. II prit pourtant le parti de virer
de bord vent devant; ceux qui ne purent pas executer ce
mouvement virerent vent arriere, et prirent la queue de la
ligne. L'amiral anglais serrait toujours le vent, et se tenait
hors de la portee de notre canon. Mais les trois vaisseaux
que nous nous flattions d'enlever aux ennemis avaient eu le
temps de se Sparer un peu pendant trois heures; deux
Ii mn
■
«wmpiwpwpii
242 centenaire de la mort de laperouse.
avaient gree des vergues de perroquet qui leur servaient de
huniers, et ils couraient ainsi vers leur ligne, l'amure k
tribord^ malheureusementles vents nousrefuserent un peu,
et ils passerent au vent a nous, quoique sous le vent de la
ligne de Byron, qui ne s'approeha pas pour les couvrir. Nos
vaisseaux serraient le vent autant qu'il etait possible pour
joindre ces malheureux abandonnes, qui furent assez
heureux pour ne passer qu'a la grande portee de canon de
trois_im_gTiatre vaisseaux qui firent un tres grand feu sur
eux; mais la^djstanee les sauva, et ils se rallierent a. leur
arriere-garde. Mais le troisieme vaisseau anglais qui n'avait
pu passer au vent a nous arriva sous le ventde notre ligne,
n'ayant pour toutes voiles que sa misaine et une grande voile
a moilie dechiree, et sa civadiere. M. le comte d'Estaing
negligea de le prendre, sans doute pour ne pas se separer
d'aucundes vaisseaux de son.armee, qui, obligee de donner
chasse a cet ennemi vent arriere, se serait peut-etre'assez
degradee de la terre .pour ne pouvoir pas regagner.la Gre-^
nade, ou notre general victorieux avait envie dialler #e-v
mouiller afin d!assurer sa conquete, et de faire la de nouvelles dispositions pour l'attaque d'une autre colonie
anglaise.
Nous continuames done notre bordee vers la terre,,
Famine-a babord, ayant toujours la ligne anglaise au vent,
eioignee de nous a Fentree de la nuit d& deux lieues. §
Je vis bien des lors que l'amiral anglais ne songeait plus
qu'a sauver son convoi et a s'echapper.
Nous primes au matin quelques trainards du convoi, qui,
n'ayant pas bien apergu les signaux de Byron, n'avaientpas
revire avec lui. lis etaient charges de troupes destinees a
reprendre la Grenade ou a la defendre, objet qu'elles ont
bien mai rempli. A une heure apres-midi nous mouillanues
dans la baie du Fort-Royal de la Grenade, ou les Anglais
ne furent pas peu surpris de la fuite de leur amiral, sur
lequel ils comptaient si fort.
!=&^q centenaire de la mort de laperouse.
243
Du 7 au 8 juillet.
Mouilie dans la rade de Fort-Roval, en terre de tous nos
vaisseaux, je fus tout de suite a bord du general pour
apprendre les pertes que nous avions essuyees. Nos vaisseaux
n'avaient presque point souffert dans leurs agres ni matures,
mais on avait perdu considerablement de monde. M. de
Ghompaercin, commandant, etait tue, M. de Comredon en
second sur le Sagittaire, aussi les deux MM. de Gotto,
MM. de Marguery, de Jaquelot, j'iguore encore le nom des
autres. Le comte Edouart Dilon avait eu le bras casse. Les
vaisseaux n'ayant pas encore envoye a bord du general Fetat
des morts et des blesses, j'en ignore le nombre. Demain
nous serons mieux informes.
Du jeudi 9 septembre au vendredi 10.
J'ai fait route toute la nuit vers la barre de Charleston,
dont je voyais la tour, lorsque le jour a paru.
J'ai eu connaissance en meme temps d'un batiment qui
etait a une si grande distance que je ne pouvais pas juger de
sa force; mais voyant que les vaisseaux que j'escortais
n'avaient plus aucun risque a courirpour entrera. Charleston,
j'ai donne chasse au vaisseau que j'apercevais, qui, de son
cote, faisait route sur moi, en sorte que j'ai ete bientot
certain que c'etait une fregate. J'ai continue a porter sur
elle. A huit heures nous n'etions plus q\i'k une demi-lieue.
Alors ellft a arbore pavilion anglais et Fa assure d'un coup
de canon. J'ai mis de mon cote pavilion anglais sans l'assurer,
et cette fregate a tout de suite fui vent arriere, se couvrant
de voiles. J'ai laisse arriver comme elle, mettant aussi toutes
voiles dehors. Je me suis bientot apercu que je la gagnais, ce
qui m'a empeche de lui tirer des coups de canon de chasse,
voulant, avant de tirer, l'approcher a portee de pistolet.
A dix heures, j'etais a cette distance; j'ai mis pavilion fran-
— H?4
244
centenaire de la mort de laperouse.
I
gais et tire un coup de canon a boulet. Ce batiment qui n'avait
que vingt canons de neuf et six canons de quatre s'est defendu
avec une bravoure dont on ne saurait trop faire Feioge.
Enfin a onze heures cinq minutes, il a amene apres avoir eu
son matd'artimon coupe, ainsi que son grand mat, et bientot
apres le mat de misaine a suivi les deux autres. Ce brave
capitaine s'appelait Thomas Makonsay, fils de l'amiral de
ce nom. La fregate eslYAriel, doubiee en cuivre; lancee a
depuis quinze mois, elle avait fait quatre-vingt-dix
prises sur cette c6te et etait sortie de Savana depuis douze
jours, ignonmtentierement FarriveedeM. le comte d'Estaing.
La resistance\de M. Makonsay m'a ete funeste; j'ai eu
douze hommes tues raides, et environ treize blesses grave-
ment. La perte in hommes a ete egale de part et d'autre,
mais la fregate ^nglaise a ete rasee comme un ponton. II
ne lui est reste que trois trongonsde mats avec son beaupre.
A midi, je n'ai point observe la hauteur; je me suis occupe
du soin de mettre un canot a la mer pour amariner ce
batiment, ce qui etait tres difficile, tous mes palans ayant
ete coupes.
Du vendredi 10 ausamedill septembre.
J'ai passe une partie de Fapres-midi pour deblayer ma
prise et tacher de sauver quelque partie de sa mature qui
etait a la mer. A trois heures j'ai donne une remorque a
YAriel, et laisse arriver au sud-ouest pour rallier Farmee.
Du samedi 11 au dimanche 12.
Les vents au nord-est, assez beau temps. Je suis reste au
mouillage, occupe a Sparer les avaries du combat qui sont
considerables, tous mes haubans ayant ete coupes ainsi que
toutes mes manoeuvres courantes; mes voiles hachees, et
mon grand mat perce de part en part; je suis oblige de le
jumeler; mon beaupre est aussi perce et mes liures eou- centenaire de la mort de laperouse. 245
pees; il y a un coup de canon dans le mat de misaine, et
un autre dans Fartimon. Quant a la prise, elle est toujours
mouiliee a cdte de moi, et j'ai demande a M. de Groves
de vouloir bien nommer un officier pour la commander et
un equipage pour enter des mats de hune sur ses mats
coupes.
L'etat deplorable ou je suis ne me permet pas d'y laisser
un seul homme, ayant surtout ordre de me Sparer vite pour
continuer ma croisiere.
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SOC.  DE GtfOGR. — 2° TRIMESTRE 1888.
IX.
17 ■f MfiMOIRE INfiDIT
SUR LA REORGANISATION DE LA MARINE
Par LAPEROUSE
La meilleure constitution d'une marine militaire serait
celle qui reunirait k la plus grande economie, l'avantage
d'avoir des eapitainesjeunes et eclairs, dont une ambition
satisfaite elevat Farne, et qui, devenus officiers generaux a
quarante-cinq ans apres quinze ans de commandement,
fussent encore d'age a pouvoir etre mis pendant vingt ans a
la tete des escadres ou des armees navales.
L'ordonnance sur la regie des ports ne laisse presque rien
a desirer sur le premier objet, et la constitution ancienne
de la marine se pretait parfaitement aux nouveaux regle-
ments qui ont etefaits... plusieurs officiers avaient sur les
constructions toutes les connaissances necessaires pour
entrer dans les plus petits details... le service du port qui
comprend la garniture, la voilerie, la corderie, la tonneil-
lerie, les differents mouvements des vaisseaux dans le port,
tous ces objets sont les memes que ceux sur lesquels les officiers etaient precedemment obliges de s'instruire; enfin,
Fartillerie avait toujours ete dirigee par le corps militaire,
et on paraissait ne lui avoir adjoint Fadministration, que
parce que le systeme etait que son influence fut generale
quoique son inutility (au moins dans cette partie) fut sentie.
Tout est rentre dans Fordre; le plan le plus sage a suc-
c6de a la confusion... l'officier fait construire les vaisseaux
qu'il doit commander, est charge de leur conservation,
dirige les ateliers de tous les objets necessaires k Farme-
ment et equipement gen6ral des vaisseaux, etc. L'adminis- centenaire de la mort de laperouse. 247
tration regoit les matieres premieres que les officiers doivent faire mettre en oeuvre; le corps militaire assiste aux
recettes et juge de la qualite de ces matieres... Toute comp-
tabilite est devolue a Fintendant; il fait tenir registre des
consommations ainsi que de la quantite d'ouvriers qui tra-
vaillent dans le port, passe en revue tous les officiers et
autres entretenus, ordonne les paiements, etc... II resulte
de la combinaison de ces deux puissances Faccord le plus
parfait, et j'ose assurer que les petits abus inseparables des
etablissements humains ne porteront jamais qu'un leger
prejudice a un edifice eleve avec autant de sagesse.
Mais Fobjet important d'une marine militaire etant de
combattre avec avantage les ennemis du roi, il ne suffit pas
au gouvernement que le meilleur ordre soit etabli dans les
ports, si les causes de nos malheurs passes subsistent toujours. Ces causes ont leur racine dans la constitution de la
marine actuelle. On n'y parvient au grade de capitaine qu'a
Fage de quarante-cinq ans. Presque tous les officiers qui
sont independants du service par leur fortune ont quitte
avant d'avoir atteint ce grade; je pourrais citer plusieurs
lieutenants de la plus grande esperance, qui ont ete rebutes
par 1'impossibilite morale ou ils se trouvaient de pouvoir
parvenir aux grades superieurs, a l'epoque ou ils auraient
ete utiles... Ceux auxqueis le service est necessaire le font
avec degotit, sans zele, et n'aspirent enfin au brevet de capitaine de vaisseau que pour que Faugmentation de leurs
appointements leur procure plus d'aisance... Voilale tableau
vrai et fidele de Finertie dans laquelle a langui la marine...
Je sais qu'on doit distinguer quelques capitaines dont Fame
ayant beaucoup de ressort a. resiste aux vices de la constitution... Quelques avantages particuliers, la confiance du
ministre, le choix frequent qu'on a fait d'eux dans les diffe-
rentes occasions, tous ces motifs les ont exaltes et rendus
propres au service; mais le plus grand nombre est nul, et
le mai est pour eux sans remede.
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Ii
1
I
	 centenaire de la mort de laperouse.
Comment d'ailleurs etablir dans un vaisseau ce gouver-
nement severe et despotique exerce avec tant de raison
par legations les plus libres? Tous les officiers, depuis le
capitaine juscju'au dernier enseigne, sontdu memeordre; le
second et le trpisieme ont souvent ete gardes de la marine
avec celui qui/commande, ont contracte cette familiarite
que Fage et Fegalite de naissance donnent, et qu'une com-
jnissionr-^assagere pour commander un vaisseau ne peut
aneantir. Les juges de ce capitaine en arrivant au depar-
tement seront ces memes officiers, dont il aura peut-etre
eu a reprimer Finsubordination. II peut lui-meme rentrer
dans la classe des subalternes et etre employe sur un vaisseau, dont le chef, recherchant le suffrage du plus grand
nombre, lui donnera des desagrements toujours approuves
par ceux que sa severite aura indisposes... Enfin, Fusage
de faire du capitaine le munitionnaire de ses officiers ne
peut etre aneanti qu'en leur substituant une classe d'hommes
accoutumesalanourriture grossiere desmatelots1. Des lors,
Fair des entreponts sera plus salubre, parce qu'il ne sera plus
corrompu par le sejour des bestiaux; on aura plus d'espace
pour le combat; des canons prendront la place des chambres,
les batiments seront distribues a Fanglaise, et auront des
sabords dans la chambre du conseil; enfin le capitaine,
n'etant plus retenu par des considerations nuisibles au bien
du service, pourra etablir les reglements les plus rigoureux
et les faire executer avec fermete.
Je connais les raisons qu'on opposera a ce que je propose : « Quelle confiance, dira-t-on, le capitaine pourra-t-il
prendre en des hommes inconnus, auxquels cependant il
sera oblige de confier le soin des batteries d'ou depend le
succes du combat? Pourquoi ne pas continuer a leur prefe-
rer des gentilshommes guides par Fhonneur, et auxquels
le gouvernement est en quelque sorte oblige de procurer
1. lei, il semble y avoir une lacune dans le texte. CENTENAIRE DE LA. MORT DE LAPEROUSE.      249
du service, puisque leur naissance ne leur permet pas d'em-
brasser un autre etat? Le matelot aura-t-il la meme consideration pour un officier marchand que pour un homme de
condition, souvent proche parent du capitaine? Le corps
de la marine, enfin, ne verra qu'avec douleur ce nouvel eta-
blissement qui ferme la porte de la marine aux enfants et
aux neveux des plus anciens officiers ? »
Si cette marine est edairee sur ses vrais interets, elle doit
voir que tout ce qui peut contribuer a ses succes est a son
avantage; qu'une guerre aussi malheureuse que la derniere
entrainerait vraisemblablement sa destruction entiere; que
si la nouvelle constitution qu'on propose diminue le nombre
des officiers et des gardes de la marine, ceux qui seront
conserves, ou admis a Favenir, parviendront aux grades
dans la vigueurde Fage, et auront commande des vaisseaux
a 1'epoque ou, suivant l'ancienne constitution, ils auraient a
peine commande un quart.
On ne peut pas de plus se dissimuler que les grands
talents sont inutiles aux subalternes... II suffit a ces derniers
d'etre bons marins. Le capitaine et son second qui peut lui
succceder ont seuls besoin de posseder les connaissances de
Fofficier; ainsi leur education doit etre diflerente. Les premiers, formes.de bonne heure pour le commandement,
seront pris dans la classe de la noblesse; ils subiront un
examen severe avant d'etre admis dans la compagnie des
gardes de la marine, et ne parviendront au grade de lieutenant qu'apres six ans complets de navigation. Les autres,
choisis parmi les capitaines marchands et corsaires, auront
contracte depuis longtemps l'habitude de commander aux
matelots; les brevets du roi dont ils seront honors, et les
egards que les capitaines auront pour eux rendront nulle la
vaine objection du peu de consideration de l'equipage pour
cette derniere classe d'officiers. Quant au danger de leur
confier le commandement des batteries pendant le combat^
j'ose assurer que parmi les hommes que je propose, le tres
m/mmm smm$S0meaMxtamsm*mmm
250
CENTENAIRE  DE LA MORT  DE LAPEROUSE.
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grand nombre est plein d'honneur et de courage; et ce courage sera encore augmente par Femulation qui regnera entre
la marine commandante et la marine auxiliaire, a laquelle
il ne faut pas entierement fermer la porte de Favancement;
mais il convient d'y apporter la plus grande attention, et de
ne^rien accorder a la faveur.
L'avantage qui resulte de ce nouvel ordre de service est
d'avoir un corps d'officiers subalternes par leur constitu-
Hj-^four lesquels un brevet de capitaine de briilot, et la
croix de Saint-Louis apres vingt-cinq ans de services seront
une tres grande fortune; qui, enleves au commerce pendant la guerre, lui seront rendus a la paix; auxquels ilne
sera accorde des retraites tres modiques que lorsque Fim-
possibilite de servir encore aura ete bien demontree; et qui
enfin seront pour le roi d'une tres petite depense, puisqu'ils
ne jouiront que de la demi-solde lorsqu'ils ne seront pas
employes. Mais je crois qu'il convient de leur accorder beaucoup de privileges dans la marine marchande, et d'etablir
des reglements qui obligent, en quelque sorte, les nego-
ciants a les preferer.
La marine commandante resterait composee de trois
vice-amiraux, douze lieutenants generaux, vingt-quatre
chefs d'escadre, deux cents capitaines, deux cents lieutenants, et soixante gardes de la marine.
Les vaisseaux et fregates ne pourraient etre comman-
des que par des capitaines ayant des lieutenants en second. Ces lieutenants seraient charges du detail, et Fim-
portance de leur service les formerait de bonne heure au
commandement auquel ils parviendr&ient vers Fage de
trente ans, apres quinze ans de navigation.
Les corvettes seraient confines a des lieutenants; les flutes,
gabares, etc., aux officiers auxiliaires.
Par ce nouvel ordre de service, le capitaine qui aurait
deja commande ne se trouverait plus subalterne. La distance de lui a tous les autres officiers serait tres grande, et $>
CENTfeNAIRE  DE LA MORT DE  LAPEROUSE. 251
consequemment la subordination tres exacte; toutes les
dees qu'il aurait sur son metier seraient vastes, parce qu'il
n'aurait jamais ignore qu'il etait destind a commander de
tres bonne heure, et que, n'etant dans son vaisseau regal de
personne, il serait trop humiliant pour lui d'avoir besoin
des lumieres des autres; enfin le feu de Fage, et la perspective certaine d'une grande fortune militaire, le porteraient
vraisemblablement ci faire des manoeuvres hardies et bril-
lantes, qu'un homme qui n'est pas prodigieusement exalte
n'entreprend jamais.
Ce nombre de 400 officiers suffirait aux deux services de
la mer et du port, dont les directeurs et sous-directeurs
seraient toujours capitaines de vaisseau. Mais on pourrait
attacher fixement aux ateliers les officiers de port, ce qui ne
changerait absolument rien a la nouvelle forme. Toutes les
'■!
il
parties du service aboutiraient egalement au directeur general, et de celui-ci au commandant. Les lieutenants de
vaisseau qui ne seraient pas k la mer ou en conge conti-
nueraient ct faire les appels des ouvriers, et seraient a meme
de prendre les connaissances qui pourraient leur etre necessaires, s'ils parvenaient aux places de directeurs; enfin
lorsque pendant la guerre ils seraient tous employes k la
mer, le service du port se ferait egalement, parce qu'ils n'y
sont pas absolument necessaires, quoique tres utiles.
Les officiers de port, fixes aux details, et jamais detournes
par le service de la mer, auraient un esprit d'ordre et de
methode peut-etre superieur k celui qui regne aujourd'hui,
quoique je sois infiniment persuade que dans ce moment
aucune plainte ne peut etre justement formee k cet egard;
mais il est vraisemblable qu'ils atteindraient le point de
perfection dans cette partie a laquelle ils seraient toujours
attaches. II naitrait de cet arrangement une resistance utile
aux interets du roi, parce que les officiers de port seraient
moins complaisants pour les capitaines qui feraient des de-
mandes indiscretes, et que reciproquement les capitaines
'i
MOTH   in" CENTENAIRE DE LA  MORT DE  LAPEROUSE.
auraient recours aux directeurs lorsque les refus seraient
injustes.
Les troupes de la marine conserveraient la meme formation. Les compagnies seraient egalement donnees aux lieutenants de vaisseau, mais les lieutenants de ces compagnies
seraient choisis parmi les fourriers dont le plus grand
ombrexresteraient a terre, et coopereraient avec le major
a la meiljjeure tenue de cette troupe.
Trenje gardes de la marine a Brest, et trente a Toulon,
seraient commandes dans chacun de ces deux ports par un
capitaine de vaisseau et trois lieutenants, et ces quatre officiers suffiraient au petit nombre de jeunes gens qu'il serait
impossible d'employer sur les vaisseaux; et si la dignite de
la place d'amiral exige une compagnie de gardes du pavilion,
celle des gardes de la marine demeurerait supprimee et les
soixante gardes resteraient attaches a l'amiral. II est inutile
de demontrer la rapidite de Favancement dans un corps ou
200 lieutenants recrutent 200 capitaines; on en peut juger
par la marine actuelle, oil il n'y a que 150 capitaines pour
environ 700 lieutenants ou enseignes. Cette nouvelle constitution est preferable, suivant moi, a celle de 1689. En dimi-
nuant le nombre des officiers de la marine, elle prometdes
avantages considerables & ceux qui sont conserves, met tous
les marins du royaume a portee de faire connaitre leurs
talents, et de les employer au service de leur patrie, et je
n'y connais aucun inconvenient.
Si on ne hate point l'execution de ce projet, et si les cir-
constances permettent d'y penser, celles d'une guerre pro-
chaine la rendentimpraticable, et Fon ne doit a cette epoque
s'occuper d'aucun grand changement, mais faire un regle-
ment qui mette dans le plus grand jour la bonne ou la mau-
vaise conduite des capitaines. J'ai deja parie dans un autre
memoire d'un conseil de marine ou tous les capitaines seraient juges au retour de leurs campagnes; je le crois indispensable pour le bien du service, et Fhonneur du Ministre
7-j ' CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 253
qui ne sera plus ni trompe, ni seduit. La forme a donnerk ce
conseil est presque indifferente, il importe seulement de faire
choix d'hommes fermes et irreprochables, de les commis-
sionner pour un ou deux ans seulement, et d'adjoindre a
ces juges des officiers du meme grade que le capitaine qui
doit etre examine.
Ce reglement est au moins tres bon pour un moment de
guerre; un certain enthousiasme de gloire qui regne, et
qu'on doit aux nouvelles operations du ministere, le fera
d'abord executer avec vigueur; on se relachera sans doute
de cette severite, on exigera moins des capitaines, et ce
conseil enfin ne sera peut-etre, dans la suite, qu'une assemble inutile de marins, portes a tout excuser, parce que
les juges auront eux-memes besoin d'indulgence. C'est la
graduation naturelle de beaucoup d'etablissements humains,
mais le bien momentane qu'aura produit le reglement est
de la plus grande importance, et nous lui devrons peut-etre
le succes de la premiere guerre.
On ne peut aussi dissimuler au Ministre que le nombre
des officiers de la marine ne suffit pas aux besoins du service de mer pendant la guerre; que si Fetat-major d'un
vaisseau peut etre diminue de moitie a la paix, il ne saurait
etre trop considerable un jour de combat, et que c'est pour
ce seul jour que tous les frais des armements sont faits.
C'est inutilement qu'on proposerait d'augmenter le corps
par une nouvelle promotion; le peu de gardes de la marine
qui nous restent sont extremement jeunes et n'ont point
navigue. C'est tout perdre que d'en porter le nombre a cinq
ou six cents, le dernier serait du meme age que le premier,
et parviendrait au grade de capitaine de vaisseau vingt ans
plus tard.
Ainsi Fon est evidemment force a recourir a la marine
marchande dans laquelle on peut trouver des hommes tres
braves, bons marins, ettres propres enfin a completer Fetat-
major des vaisseaux. II serait tres agreable ci la marine qu'il
;
-*
— mmmnmm
l,|l,IWH,
254
CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
ne fut accorde que des brevets de lieutenants de fregate a
ces nouveaux officiers. Les enseignes sont commandes par
des capitaines de brulot, et il n'est que trop connu que plusieurs enseignes ont vingt ans de service; les lieutenants de
fregate, au contrair.e, ne commanderaient qu'aux gardes de
la marine, qui par leur age et leur grade ne doivent avoir
aucune pretention. L'ordonnance de 1764, relative aux lieutenants (ie fregate, serait suivie sans aucun changement, et
si les cipconstances permettaient d'executer un jour le nou-
veau plan que j'ai propose au commencement de ce memoire, le Ministre auraitun fonds d'officiers auxiliaires pour
commencer le grand ouvrage. On pourrait dans ce moment
accorder des prerogatives un peu considerables dans la
marine marchande a ces nouveaux officiers, afin que les
meilleurs capitaines marchands, ainsi que les marins de la
compagnie des Indes, ne dedaignassent point une grace du
roi dont ils doivent etre flattes.
Pour remplir cet objet, il serait necessaire d'envoyer dans
les differents ports des personnes eclairees, auxquelles il
serait donne des commissions pour inspecter les commis-
saires aux classes, afin de cacher leur mission, et de les
mettre a portee de connaitre les marins dignes par leurs
talents et leur courage d'etre fails officiers. Ces personnes
proposeraient des sujets au Ministre. Un sejour de quelques
mois leur ferait connaitre les talents, la conduite, les bonnes
moeurs des differents officiers marchands de leur departe-
ment, et si ces commissaires etaient dignes de la confiance
du ministre, ils ne seraient guides dans leur choixpar aucun
interet humain. II importe si fort d'etre juste, qu'un choix
indigne d'un homme deshonore ou d'une trop vile naissance
priverait le service des meilleurs marins qui refuseraient un
emploi qu'un mauvais sujet aurait obtenu. ARCHIVES DU MINISTERE DE LA MARINE
DOCUMENTS KELEVES
Par M. GABRIEL MARCEL
Biblioth(5caire a la section g^ographique de la Bibliotheque nationale
Monseigneur,
Apres ma campagne de la cote malabare dont j'ai eu
Fhonneur de vous rendre compte, vous aves eu la bonte de
me marquer que mon brevet de lieutenant de vaisseau me
seroit expedie incessamment; j'ai ete compris quinze mois
apres dans une promotion de cent lieutenants dont j'estois
le quarantiesme. La maniere flatteuse dont vous m'aves
accorde la croix de Saint-Louis est d'un prix inestimable
pour moi, mais si j'estois reste en Europe, j'avois des litres
pour Fobtenir trois ans plus tost.
Trois officiers de mon vaisseau, qui se sont distingues, ont
obtenu les graces du Roi; le capitaine doit-il en etreexclu?
Enfin, je suis a Paris par vos ordres depuis pres de deux
mois et j'ai fait mes efforts pour remplir les vues que vous
av6s eu sur moi.
J'ai Fhonneur d'etre, Monseigneur, avec le plus profond
respect, votre tr6s humble et tres obeissant serviteur.
Laperouse.
A Versailles, le 5 juillet 1777.
DOSSIER LAPEROUSE
Archives de la marine.
Monseigneur,
J'ai couru nuit et jour pour me rendre a Brest; parti de
Paris le jeudy au soir, je suis arrive le dimanche. J'ai appris
men 256
CENTENAIRE  DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
a six lieues de Brest que M. Hector1 etoit a sa campagne,
j'y ai passe pour lui remettre vos paquets; il les a expedies
le soir mesme, mais M. d'Albert avoit mis a la voile depuis
quelques heures. J'ai trouve a mon arrivee Farmement tres
avance et surtout soigne avec une perfection qui ne peut me
laisser rijen a desirer; mais je suis oblige de laisser k terre
une partie des moyens qu'on avoit accumuies par vos ordres
parce (me nos vaisseaux ne peuvent suffire a tout contenir*
Qib\\§eAe choisir entre les effets de traite et des farines, j'ai
cru qu'il me seroit plus aise de remplacer les vivres que
tout autre article, et, apres avoir bien refiechi sur le projet
de ma navigation, je me suis convaincu qu'au bout de deux
ans, apres avoir passe le detroit de YEndeavour, je trou-
verois a Timor ou a File du Prince le riz qui me seroit
necessaire, et qu'a cette epoque mes farines seroient entierement deteriorees. Ainsi je laisse a Brest cent quarts de
farine avec quelques caisses de biscuit.
Je n'ai peu egalement embarquer la choucrout d'Hollande;
elle etait entierement pourrie, voila la seule chose qui nous
manque, en partie seulement, parce nous en auons trouue
une petite quantite dans les magasinsde Brest.
A mon arriuee, je fus a bord des deux batiments, j'y fus
receu aux cris de viue le Roi. La joye etait peinte sur tous
les visages, il me fut represente bientost apres qu'un arme-
ment ordinaire ne duroit que dix a douze jours, mais que
le notre avoit exige huit oudix semaines, et que pendant ce
temps les equipages n'avoient que la demi-solde. J'osai
promettre, Monseigneur, de vous solliciter de leur accorder
la solde entiere depuis le moment ou la chaudiere a ete
etablie ct bord. C'est un tres petit objet, parce qu'il n'y a
jamais eu que quarante ou cinquante personnes par batiment, et cette faveur ne peut etre d'aucune consequence
1
1. Francois ou Charles Hector, comte d'Albert de Rions, ne' a Avignon
le 19 fevrier 1728, chef d'escadre en 1784, contre-amiral le ler janvier 1792
mort le 3 octobre 1802.
ij ni.;
fe II
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     257
cette campagne ne pouvant etre compare a aucune autre.
M. le comte Hector a Fhonneur de vous supplier par le
mesme courier de nous accorder cette grace.
Je crois pouvoir vous assurer, Monseigneur, que nous
mettrons en rade positivement le 11. Nous y serons trois
jours pour acheuer nos arrangements et completer les
hardes des matelots et le 15 nous mettrons a la voile. II eut
ete, a la rigueur, possible de gagner deux ou trois jours,
mais nous n'aurions pas ete parfaitement arranges et je vous
assure que nous regagnerons bien certainement ce temps-la
dans les autres relaches.
J'ai Fhonneur d'etre, avec le plusprofond respect, Monseigneur, votre tres humble et tres obeissant serviteur,
Laperouse.
A Rrest, le 5 juillet 1785.
Lettre autographe de la collection
de M. Charavay {Eugene), expert en autographes.
Monseigneur,
J'ai Fhonneur de vous representer que M. de Clonard a
servi en second sur mon vaisseau Fespace de trois ans, que
ses connaissances dans son metier sont au-dessus de son
age et sonzele au-dessus de tout eioge; il a recti deux bles- *
sures au siege de Mahe, vous avez eu la bonte de lui accorder une pension de 300 livres. Je vous demande pour lui,
Monseigneur, de retirer cette grace du Roi et de luidonner
la croix de Saint-Louis, c'est la ramener k sa premiere institution. Nous avons combattu les seuls ennemis que le Roi
eut alors sur la terre. Cette faveur exaltera Fame de tous
les jeunes gens : j'ose assurer que Fespoir d'une pareille
grace lui fera faire des prodiges a la premiere guerre; ceux
qui sont ses anciens au service n'auront point a seplaindre,
puisque le nombre des chevaliers de Saint-Louis n'est point i
258 CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
limite, et que dans tous les tems cette croix a ete le prix
des faits militaires.
Quant a moi, Monseigneur, la maniereflatteuse dont vous
m'avkz accorde les graces du Roi ne me laisse a desirer que
des nouVelles occasions detemoigner mon zeie. J'ai cherche
a acquerjir les connoissances les plus detaillees sur FInde
surtout/relativement k mon metier, et j'ose vous assurer
qu'enjtfems de guerre je puis y etre utile.
defaut de batiments a combattre, il est cent petits
comptoirs qu'une seule fregate peut attaquer avec succes, et
si pendant la paix vous vouliez chatier les Marattes, je
m'offre a servir dans cette expedition, ou dans telle autre
occasion oil il vous plaira me donner un commandement.
J'ai aussi Fhonneur de vous representer qu'ayant fait le
voyage de Paris pour vous rendre compte de ma campagne
de Madagascar, je crois qu'il seroit juste que j'eusse voyage
aux frais du Roi. Je ne sollicite point, Monseigneur, cet
argent a titre de grace, et si ma demande nevous paroit pas
fondee, elle ne paroitra plus sous vos yeux.
Je dois aussi ne pas vous laisser ignorer que depuis votre
lettre du 3 mars 1776 k M. de Ternay, j'ai commande
YJphigenie, et mon ordre portoit M. de La Perouse, lieutenant de vaisseau; cependant M. Maillard n'a voulu me payer
que comme enseigne; vous saves, Monseigneur, quelles
etoient vos intentions a cet egard.
Si je ne puis avoir un commandement dans ce moment,
j'ai Fhonneur de vous demander un conge. Je vous sollici-
rai, a mon retour, un departement pour ne pas perdre mes
apointements; mes titres seront que depuis vingt et un ans,
je n'ai pas ete quatre mois absent du service du Roi.
J'ai Fhonneur d'etre avec respect, Monseigneur, votre
tres humble et tres ob£issant serviteur.
Laperouse. CENTENAIRE DE  LA MORT  DE LAPfiROUSE. 259
CO PIE  D'UNE  LETTRE ADRESSEE
PAR M.   DE   LAPEROUSE A MADAME   LA BARONNE  DE   RIVIERES
A  ALBY, EN  LANGUEDOC1
Cette lettre n'est pas datee, mais il resulte de son contenu
qu'elle est adressee de Brest, posterieurement a la guerre
dAmerique.
Je suis p£netre de reconnoissance ma chere cousine des
marques d'amitie que nous recevons sans cesse de vous, je
nai jamais eu plus grand besoin de consolation, et quoique
mon pere fut accabie d'infirmites, j'aimois a croire que la
providance le laisserait sur la terre pour y doner lexemple
de toutes les vertus.
Jespere quenfin cette eternelle affaire de lorient me per-
metra de revoir incessament, ce peyis cette famille, ces
parents que jairne de toute mon ame, et avec lesquels mon
plus doux bonheur serait de passer le reste de ma vie je ne
sgais plus ce que le sort me reserve, parcequayant mis un
peu de chaleur dans ma deffensse contre M. de Grasse qui
est aujourd'hui generalement meprise de tout le monde
il est possible que M. de Castries men ait sceu mauvais gre,
parceque ce general etoit de son choix. Ce n'est qun
simple soubson, et la haute opinion que jai du caractere de
notre ministre, ne me permet encorre guerre de my arreter.
j'imagine que Rivieres est de retour de Carcassone, dites lui
mille choses de ma part et rapeles lui cet apologue dun
voiyageur qui courant apres le bonheur dans tout lunivers
1. Cette lettre a ete communique^ par M. le general de division en
retraite Sere de Rivieres qui en possede Poriginal.
I
II
M CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
le trouva a son retour dormant a sa porte; je scais que cette
legon me convient encore mieux qua lui.
Adieu ma chere cousine, je suis sans autre compliment
votr^
De Laperouse.
Jai velu votre beau pere ici, malheureusement il na fait
que passer.
Piece de la collection d'autographes
De M. Lucien Jeny, conseiller a la Cour d'Appel deBourges.
Albi, 18 septembre 1712. — Quittance ecrite et signee
Galaup de la main du pere ou grand-pere de Laperouse pour
une somme de 285 livres regue d'un sieur de Mesye en a
compted'une dette del200 livres surl'heritage d'un chanoine
de La Rochelle.
«—■ ETAT OFFICIEL
DES SERVICES DE LAPEROUSE
De Galaup, comte de Laperouse (Jean-Frangois), fils de
noble Victor-Joseph de Galaup, ecuyer, et de dame Marguerite de Resseguier, ne le 23 aout 1741, au chateau du
Guo, a Albi (province du Languedoc).
Baptise le 3 octobre 1741, dans laparoisse de Saint-Julien
de la ville d'Albi.
Garde de la marine le 19 novembre 1756.
Enseigne de vaisseau le ler octobre 1764.
Lieutenant de vaisseau le 4 avril 1777.
Chevalier de Saint-Louis le 24 mai 1777.
Une pension de 300 livres sur le tresor royal lui a ete ac-
cordeele 27 juillet 1777 en consideration de ses services dans
FInde, et surtout pour la part qu'il a eue a la defense de
Mahe.
Capitaine de vaisseau a prendre rang le 4 avril 1780.
Pris rang le 9 mai 1781.
Une pension de 800 livres sur Fordre de Saint-Louis lui
a ete accordee, en recompense de ses services lors de l'expedition dans la baie d'Hudson, le 14 novembre 1782.
Brigadier des armies navales le 10 juillet 1785.
Chef d'escadre le 2 novembre 1786.
W Presume avoir peri, commandant la fregate la Boussole
(voyage autour du monde), naufragee a File de Vanikoro
le ... 1788.
S0C. DE GEOG   . — 2e TRIMESTRE 1888. IX. — 18 n.
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
L'Assembiee constituante, voulant consacrer par un
temoignage de satisfaction le devourment de M. de Laperouse, rendit une loi le 4 mai 1791, portant que sa femme,
nee Louise-Eieonore Broudou, « conserverait la jouissance
des appointements de son mari jusqu'au retour des batiments envoyes a sa recherche ».
Une pension de 2400 livres sur les fonds de la caisse
des Invalides a ete accordee & Mrae veuve de Laperouse,
par|decret du ler novembre 1804.
CAMPAGNES  DE LAPEROUSE
Embarque sur le vaisseau le Ceiebre, commandant de la
Jonquiere Cabanac (escadre du comte du Bois de la Motte),
a la mer en guerre, Amerique, du 22 mars 1757 au 12 novembre 1757.
Embarque sur la fregate la Pomone, commandant de Ternay, a la mer en guerre, du 7 decembre 1757 au 24 janvier
1758. |       '    'J     "V ,     e|
Embarque sur le vaisseau le Zephir, commandant de
Ternay (escadre de du Chaffault), Amerique, k la mer en
guerre, du 22 fevrier 1758 au 21 juillet 1758.
Embarque sur la negate le Cerf, commandant Bereul de-
la Malaine, k la mer en guerre, du 15 aout 1758 au 16 novembre 1758.
Embarque sur le vaisseau le Formidable, commandant
de Saint-Andre du Verger (escadre du marechal de Con-
flans), sortie le 14 novembre 1759, rencontree, battue et
dispersee le 20 dudit par Fescadre anglaise commanded
par l'amiral Hawke; a la mer en guerre, du 16 mai 1756 au
20 novembre 1759.
Blesse d'une contusion au ventre et au bras.
Embarque sur le vaisseau le Bobuste, commandant de
	
—u	 CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 263
Ternay, a la mer en guerre, Amerique,  du ... 1761 au
12 janvier 1762. V
Embarque sur [le Bobuste, commandant de Ternay (expedition de Saint-Jean^de Terre-Neuve), a la mer en guerre,
du ler mai 1762 au 28 janvier 1763.
Embarque sur le vaisseau le Six-Corps, commandant de
Chesac, a la mer en paix, du ler septembre 1763 au ler oc-
tobre!763.
Embarque sur la flute YAdour, commandant de Clugny
(cotes de France), a la mer en paix, du 20 aoiit 1765 au
31 janvier 1766.
Embarque sur la flute le Gave, commandant Le Saige de la
Mettrie, a la mer en paix, du 10 juillet 1766 au ler mai 1767*
Commandant la flute YAdour, a la mer en paix, du
15 novembre 1767 au 18 mai 1768.
Commandant la gabare la DoroMe, a la mer en paix, du
15 novembre 1768 au ler mai 1769.
Embarque sur la corvette la Turquoise, commandant de Ternay (reconnaissance des cotes avoisinant
la rade de Brest), du 14 juillet 1769 au 14 septembre 1769. |r.  j|j|> "I^ ■ •• M   lp
Commandant le Bugalet, de dixtonneaux, charge d'etablir
des signaux sur la cote entre Ouessant et Brest, et d'obser-
ver deux fregates anglaises, a la mer en paix, d'octobre
1770 au 30 decembre 1770.     §: ''• 'ef '■■'
Embarque sur la fregate la Belle-Poule, commandant
Thomas d'Orve (Saint-Dominique), k la mer en paix, du
11 avril 1771 au 14 octobre 1771.
Embarque sur la fregate la Belle-Poule, commandant de
Ternay, puis Cillart de Surviile (Ile de France), a la mer en
paix, du 22 janvier 1772 au 14 avril 1773.
Commandant la flute la Seine, campagnes au Bengale, en
Chine et dans Flnde, a la mer en guerre. De concert avec le
senant les Deux-Amis, il disperse a huit lieues au sud de
Bombay une flotte mahratte composee de trois pales de qua- 264     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
rante canons, et d'une vingtaine de calvates de huit a dax canons; repousse une attaque du prince indien Chirique sur
Mahe, du 21 avril 1773 au ... 1775.
Embarque sur la fregate la Belle-Poule, commandant
Cillart de Surville (Ile de France), a la mer en paix, du
30 novembre 1776 au 7 mai 1777.
Commandant la flute le Serin (croisiere entre Ouessant
et Falmouth), k la mer en paix, du 24 fevrier 1778 au
15 mai 1778. •      f|a ■: ■ • t   ,   %   .   M
Commandant la fregate YAmazone (armee navale du
comte d'Estaing), a la mer en guerre. Prend part a l'attaque
de Savannah, a la prise de File Saint-Vincent le 16 juin
1779, a celle de File de la Grenade le 4 juillet 1779, au
combat livre le 6 juillet 1779 devant la Grenade a Farm.ee
navale anglaise de l'amiral Byron. Capture le 10 septembre
1779 la Wgate anglaise YAriel, et le 8 decembre 1779
le corsaire anglais le Tigre, du 26 juin 1778 au 31 mars
Commandant la fregate YAstree, a la mer en guerre,
il soutient le 21 juillet 1781, avec Latouche-Treville, commandant YHermione, un brillant combat dans les parages
du cap Breton contre une fregate et quatre corvettes
anglaises, et s'empare des vaisseaux le Charlestown et le
Jack; bataille de la Dominique, le 12 avril 1782; le 15 du-
dit, apres un combat de deux heures, YAstree echappe a la
poursuite de l'amiral Hood, du 18 decembre 1780 au 14 mai
1782- -   I 1 jil • 4  * -:' *■ ■ -<;
Commandant le vaisseau le Sceptre et une division compo-
see dudit vaisseau et des fregates YAslree, commandant de
Langle, et YEngageante, commandant de Lajaille, a la mer
en guerre. Expedition dans la baie d'Hudson, detruit le
24aoiit 1782 les etablissements anglais a la baie d'Hudson,
du 14 mai 1782 au 16 avril 1783.        , .a.      .&;
Commandant la fregate la Boussole (voyage autour du
monde avec la fregate YAstrolabe), du 11 juillet 1785 au
h
mm tmsmmm.
CENTENAIRE  DE LA MORT DE  LAPEROUSE. 265
... 1788, jour presume du naufrage de ce batiment a File
Vanikoro (Oceanie).
Pour extrait :
Fabre d'Eglantine.
Verifie : Le Conservateur adjoint
Octave de Branges.
Le Conservateur, chef de bureau
A. Gallet de Kulture,
Le Conseiller d'£tat directeur de la comptabilit^ generale
Delarbre.
COMMUNE D ALBI
Extrait du registre des actes de bapteme
de la paroisse de Veglise de Saint-Julien de la ville dAlbi.
L'an mil sept cent quarante un, et le vingt troisieme
aout, a ete ondoye par permission de Monseigneur Farche-
veque accordee a cause du danger de mort au fils de
M. Galaup, et ce par nous vicaire de Saint-Julien. Present
Laurent Poulhies qui a signe avec moi.
Signe : PouLHifes, Boyer, vicaire.
L'an mil sept cent quarante un et le troisieme jour du
mois d'octobre apres-midi,lesceremoniesdubap[emeont ete
suppiees a noble Jean-Frangois de Galau, fils de noble Victor-
Joseph de Galaup, escuyer habitant d'Albi, et de dame
Marguerite de Resseguie, maries, lequel est ne le vingt et
troisieme d'aout dernier, environ a sept heures du matin
dans la maison de campagne de son dit pere, situee au lieu
du Gud, dans la presente paroisse et a ete ondoye le vingt et
troisieme meme jour de sa naissance par M. Boyer, notre
vicaire, dans ladite maison de campagne.
Parrain, M. Jean-Antoine de Galau, ayeul paternel, a
present prestre et chanoine de FEglise coliegiale Saint-
Salvi, et mareine dame Frangoise de Moli, son ayeule mater-
eJi 266
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
nelle. Presents ledit noble Victor-Joseph de Galau, pere,
la dame Marguerite de Resseguie, mere, M. Jacques Salvi
de Druilhet, pretre chanoine de Saint-Salvi et autres signes/:
Galaup pere, Resseguier de Galaup, F. de Moly, Druillet
Galaup, Gorsse, tresorier, Valat Dales, cure.
g£ Pour extrait conforme,
Albi, le 4 novembre 1887.
Le maire d'Albi,
Signe : Soulages.
Vu par nous, Veyriac, juge president devolutaire au tribunal
de premiere instance d'Albi (Tarn), pour le president empes-
che* pour legalisation de la signature de M. Soulages, maire
a Albi.
Albi, le 4 novembre 1887.
Ici est appose le
timbre du tribunal.
Le president,
Signe : Veyriac.
Extrait des registres des actes de naissance de la paroisse
de Saint-Salvi d'Albi, deposes dans les archives de la com-
.mune d'Albi, chef-lieu du departement du Tarn.
L'an mil sept cent quatre-vingt-six, et le sept de mars, a
ete baptise dans cette eglise en presence du consentement
de nous, cure, soussigne, par messire Tristan de Jougla,
cure de la paroisse de Rouffiac, au present diocese, Jean-
Frangois-Charles Salvy de Barthes, ne la veille a cinq heures
du matin ; fils de noble Bernard-Louis de Barthes, et de dame
Victoire-Henriette-Marguerite-Claire de Galaup, maries de
cette paroisse. Le parrain a ete messire Jean-Frangois de
Galaup-Lapeyrouse, oncle maternel, chevalier de Fordre
royal et militaire de Saint-Louis, et de Fordre de Cincin-
natus, dans les provinces unies de FAmerique, capitaine des
vaisseaux du Roi, commandant a present les fregates la
Boussole et YAstrolabe, destinees par le Roi a faire le tour
ittii IH.LI m ii amm
mm
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     267
du monde. — Represent par messire Armand-Eustache de
Druiilet, pretre, prevot du chapitre de cette eglise, cousin
maternel. — La marraine Dame-Marie-Blanche-Charlotte-
Adeiaidede Barthes, tante paternelle; presents, lepere signe
avec ledit messire de Druiilet, la marraine, ledit messire de
Jougla, plusieurs autres parents, et nous cure. En foi de quoi:
Druiilet, prevot de Saint-Salvi, Barthes, Boismon, Barthes
fils, Genton de Villefranche, Dalmas de Labessiere, L.-E.
Broudou de Laperouse, Clayrac de Villefranche, Galaup de
Dalmas, Jougla de Poulan, Fabbe Jougla de Poulan, cure,
Chipoulet, cure, signes.
En marge de Facte est ecrit: le nom de Lapeyrouse porte
dans Facte ci-contre, a ete rectifie en celui de Laperouse,
en vertu de Fordonnance du Roi du 11 aout 1839.
Albi, le 14 Janvier 1840.
Pour extrait conforme,
Albi le 19 fevrier 1863,
Le maire,
Paul Prunet, adjoint.
Le maire,
Signe : Defos.
Vu par nous, president du tribunal de premiere instance seant
a Albi, chef-lieu du departement du Tarn, pour legalisation
de la signature de M. Prunet, adjoint au maire de la commune d'Albi.
A Albi, le 21 fevrier 1863.
Le president,
Signature illisible.
Ici est appose le
timbre du tribunal. Brssnc
EXPEDITION DE LA BAIE D'HUDSON
(1782)
EXTRAIT DU JOURNAL DE PIERRE-BRUNO-JEAN DE LA MONNERAYE,
GARDE  DE  LA  MARINE  EN  1787,
CAPITAINE DE VAISSEAU
ET CHEVALIER DE  L'ORDRE ROYAL ET  MILITAIRE DE  SAINT-LOUIS EN  1815,
MIS EN RETRAITE LE ler NOVEMBRE 1817,
PUIS  NOMME  CONTRE-AMIRAL HONORAIRE,
COMMUNIQUE PAR   SON   FILS, M, CH.  DE LA MONNERAYE,
SENATEUR.
9
15 mai 1782. — De Langle regoit du marquis de Vau-
dreuil Fordre de quitter le vaisseau YExperiment pour
prendre le commandement de la fregate I'Astree de 36 canons
de 12, M. de Laperouse qui la commandait ayant ete
nomme a celui du vaisseau le Sceptre de 74.
Je passai comme second avec de Langle.
Une division composee du Sceptre, de YAstree et de YEn-
gageante regut ordre de se tenir prete a partir pour une
expedition secrete. Nous ne devions qu'a une certaine
latitude ouvrir nos instructions.
On embarqua sur notre fregate un fort detachement du
regiment d'Auxerrois; le Sceptre et YEngageante regurent
aussi des troupes et quelques pieces d'artillerie de campagne.
31 mai 1782. — Nos vivres et notre eau completes, nous
appareillames de la rade du Gap-Frangais, manoeuvrant
au nord pour sortir par les debouquements de Saint-Do-
mingue. Notre course journaliere au nord, soutenue par
des vents favorables, nous faisait remonter rapidement les
degres du nord. Habitues, depuis longtemps, a la chaleur
des iles, nous trouvions, pendant les nuits surtout, la temperature bien froide; ignorant le lieu de notre destination, centenaire de la mort de laperouse. 269
nous n'avions eu garde de nous precautionner de vetements
chauds, dont alors nous sentions Fextreme besoin.
20 juin 1782. — Nous arrivames, le 20 juin, sur le banc de
Terre-Neuve que nous coupames. Le temps et Fetat de la
mer nous permirent d'y pecher, et nous y primes quelques
belles morues, dont nous nous regalarnes. La, nous apprimes
que notre expedition etait pour la baie d'Hudson afin d'y
detruire, s'il etait possible, les etablissements des Anglais,
dans cette partie du nouveau monde.
Courant toujours au nord, le temps souvent tres brumeux,
nous nous engageames, par le travers de la baie des Esquimaux, dans une banquise de glace fort considerable dont
nous eprouvames beaucoup de difficultes a nous retirer
(3 juillet 1782). Notre route nous eievant de plus en plus au
nord, nous rencontrames les brumes les plus epaisses,
conservant, autant que nous le pouvions, la vue du Sceptre
qui, lorsque nous nous perdions dans la brume, faisait
sonner sa cloche, battre la caisse, et tirer des coups de
canon. Ce fut des lors que notre navigation commenga a
devenir dangereuse: la brume la plus epaisse ne nous
donnait qu'un horizon extremement retreci; nous courions
le risque d'aller nous jeter sur des montagnes de glace d'une
hauteur prodigieuse, flottant sur la mer, dans toutes les
directions que leur imprimaient les vents ou les courants;
elles ont souvent des eperons semblables a des recifs, sur
lesquels on se briseraitcomme sur des rochers; des matelots
veillaient a chaque bossoir pour les signaler promptement.
Un jour que j'etais de quart, sous les deux huniers, le
perroquet de fougue sur le mat, nos vigies crient: « Montague de glace a babord! » fitant amure a tribord, je n'ai
que le temps de Fapercevoir; nous n'en etions eioignes
que d'une portee de pistolet; ayant peu d'aire, y-a-t-il
assez d'espace pour virer? J'envoie vent devant, a tout
risque, en faisant servirle perroquet de fougue et Fartimon;
YAstree, gouvernant bien, vire, la brigantine venant araser 270
CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE LAPEROUSE.
la glace, et nous parous; Findecision nous eut [perdus. Le
metier de la merexigeun coup d'oeil juste et la plusprompte
execution; j'ai connu d'excellents officiers auxquels man-
quaient ces qualites.
Lorsque ces brumes epaisses se dissipaient, et que le
soleil paraissait sur Fhorizon, nous jouissions souvent du
spectacle le plus nouveau et le plus interessant. Nous ran-
gions des montagnes de glace d'une incroyable elevation;
dans les crevasses qu'elles formaient, si le soleil y exergait
son influence, de grands reservoirs d'eau degeiee, s'y for-
mant, s'epanchaient en cascades et en nappes d'eau, avec un
grand fracas, dans la mer; le soleil, en dardant ses
rayons sur ces volumineuses chutes d'eau, en variait inde-
finiment les couleurs et en rendait le tableau complet*
Quelquefois ces montagnes de glace bornaient, a une
certaine distance, notre horizon; leur hauteur variee, leurs
formes toutes difierentes, semblaientnous presenter Faspect
d'une ville forte avec ses tours, ses clochers, ses palais de
cristal de roche. D'autres fois, c'etait une formidable armee
de vaisseaux a trois ponts, ranges en ligne de bataille, qui
semblait nous apparaitre; dans le champ des illusions, les
scenes variaient a Finfini. Apres une brume tres epaisse,
lorsque le soleil du soir venait la dissiper, c'etait alors qu'un
nouveau spectacle, plus brillant encore, se preparait pour
nous : Fastre du jour avait termine sa carriere a Fouest et
n'y laissait plus apercevoir que le crepuscule du soir, alors
qu'au meme moment, au point oppose de l'horizon, appa-
raissait le crepuscule du matin qui, agrandissant peu a peu
sa lumiere, envahissait, sur nos tetes, la voute du ciel, et
y etendait bientot partoutun manteau brillant et neanmoins
tres doux a nos yeux. Ces aurores boreales des latitudes
eievees ne peuvent etre comparees a aucune de celles que
nous voyons en Europe; celles-ci n'embrassent qu'une
petite partie de l'horizon, tandis que les autres occupent
toute la voute du ciel. Pendant leur duree, k toute heure de CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     271
la nuit, je pouvais lire dans les formats de Fimpression la
plus fine.
Les brumes presque continuelles ne nous permettaient
que rarement de prendre la hauteur du soleil; nous etions
done forces de naviguer plus d'apres Festime que d'apres
nos observations.
Nous etions rendus par la latitude du detroit d'Hudson,
quand un matin la brume se dissipe tout a coup, le soleil
se leve majestueusement, nous apercevons distinctement
Fouverture du canal d'Hudson, les terres qui le bordent des
deux cotes, et nous y donnons a pleines voiles le 18 juillet 1782. -    JL ^||     §    .>|g| • i
Des c6tes peiees, depourvues de toute verdure, ne
nous offraient qu'un tableau fort triste, sans aucune appa-
rence de vegetation. La mer etait belle, le vent bon, nous
avancions rapidement, relevant les points les plus en saillie
h notre vue. Nous rangeames quelques montagnes de glace
aupres desquelles le Sceptre de 74 canons n'avait Fair que
d'une coquille de noix. La mer devant nous semblait ouvrir
un passage facile, et nous en profitions pour faire bonne
route, lorsque quelques glagons passerent pres de nous;
bient6t nos vigies nous annoncent qu'une enorme banquise,
drossee par le courant, s'avance rapidement sur nous.
Courant a sa rencontre, peu de temps apres nous en
sommes cernes (19 juillet).
Essayer de la refouler etait chose inutile; nous serrons
nos voiles et attendons que la debacle s'opere. Le vent qui
passait sur cette vaste etendue de glace rendait Fatmo-
sphere extremement froide. Nous descendions du bord, sur
ces glaces de formes irregulieres, et communiquions ainsi,
sans embarcations, avec nos camarades du Sceptre et de
YEngageante; pour se rechauffer, Fon faisait, comme les
enfants, des pelottes de neige, et on se livrait des combats.
Si nous apercevions, ce qui souvent arrivait, des loups
marins sur les glaces, on leur donnait la chasse, mais sans
>m+,»f*r'* "•&**&&■' ■■ Kft-toWHy*^**^ 272
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
succes, par la difficulte de courir sur une surface non plane
et au contraire herissee de toutes sortes d'asperites.
Resserres comme nous Fetions par les glaces, le vent
fraichit beaucoup et finit par souffler en coup de vent
violent, que nous etalames sans ancres ni voiles. Nous
restames ainsi durant trois jours, au bout desquels le courant et le vent ayant drosse les glaces derriere nous, nous
n'etions plus serres par elles, ce qui rendait notre position
fort mauvaise. Le poids des glaces qui nous avaient cernes
avait empeche la mer de s'eiever; ici, au contraire, elle les
soulevait et les j etait viol eminent contre nos batiments au
risque d'y causer des avaries considerables, surtout k nos
doublages en cuivre, qui en souffrirent, en effet, beaucoup.
Le mai devint plus grand encore lorsque nous arrivames a
Faccore de la banquise, ou la mer etait demontee. Apres
mainte et mainte difficulte, nous en sortimes cependant.
Dans cette periileuse navigation, que de quarts de nuit
j'ai passes sur le gaillard d'avant, faisant lofer ou arriver pour
eviter les glaces, geie sous le vent de la ralinguedu petit foe,
et dans l'impossibilite de me rechauffer lorsque, releve de
quart, j'allais me coucher.
21 juillet 1782. — En longeant la cote de tribord du canal, nous apergumes un jour une grande quantite de pirogues d'Esquimaux qui se dirigeaient vers nos vaisseaux
(il en existe une au musee de Rennes). La charpente inte-
rieure se compose de petits bois fort legers, unis ensemble
avec des nerfs d'animaux; leur forme est longue et pointue
aux deux extremites; elles sont revetues en entier de peaux
de loups marins dont le poil a ete enleve, et artistement
cousues ensemble. Au milieu de la pirogue est adapte un
cercle en bois, reservant un trou, dans lequel s'assied
l'homme qui la conduit, tenant dans les mains un aviron a
deux pelles, qu'il trempe alternativement dans Feau k tribord
et a Mbord.
En avant du sauvage sont places ses instruments de peche
aa^.Tfssffi CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     273
consistant dans une espece de harpon dont les pointes sont
en os et dentelees. Un autre instrument semble destine a la
peche de la baleine; la pointe est aussi garnie en os pointus
et denteies: au manche est attachee une longue courroie
et une vessie qui semble lui servir de bouee. Je pense que,
lorsque la baleine a ete blessee et qu'elle se debat, le sau-
vage n'essaie pas de la retenir, et qu'il la laisse se debattre
et mourir; la bouee lui indiquant toujours le lieu ou elle est,
il la tire alors, etla depece sur le rivage. Ces peuples, pour
leur nourriture, paraissent faire un grand usage de Fhuile
de baleine; aussi le sauvage porte-t-ilj sur l'arriere de la pirogue, une outre qui en est remplie; ce sont Ik toutes ses
provisions. Ces pirogues, conduitespar un seul homme, ont
une grande vitesse a cause de leur extreme legerete; pour
peu que la mer soit un peu grosse, elles doivent facilement
chavirer, mais le sauvage, nageant tres bien, peut facilement
les relever et y reprendre place. Hors de la peche, ces pirogues sont transportees au lieu d'habitation du sauvage.
Bientot nos vaisseaux en furent entoures; dans le nombre,
il y en avait quelques-unes plus grandes, revetues egalement
de peaux de loups marins, mais ouvertes sur le dessus,
comme nos canots, et contenant des families entieres,
hommes, femmes et enfants. Tous sont vetusd'habillements
en peaux de loups marins; ils consistent dans une espece
de gilet non ouvert par devant, qui se passe par-dessus la
tete, et ou les bras s'introduisent dans des manches;les
hommes y ont fixe un petit capuchon qui peut, quand ils
le veulent, se rabattre sur la tete; ce gilet se prolonge par
derriere et y forme une petite queue arrondie. Le tour et
cette queue sont garnis de peaux de couleurs differentes,
formant bordure; un pantalon long et a pieds, aussi en
peaux de loups marins, habille la partie inferieure de
Fhomme; de larges poches y sont pratiques des deux cotes
pour recevoir leurs provisions. Le costume des femmes est
absolument le meme a cela pres que le capuchon du gilet
a
1
■imwr'im
«■■ **•
274
«NTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
est beaucoup plus grand, ainsi que les poehes des culottes,
parce qu'elles y placent leurs enfants-encore petits; la
queue du gilet est aussi plus longue que celle des hommes.
Un commerce d'echanges s'etablit entre les sauvages et
nous ; ils n'avaient a nous offrir que des barbes de baleine,
que nos matelots acqueraient pour des epingles, des aiguilles et quelques petits clous. Tout ce qui etait en fer avait
un grand appas pour ces sauvages, mais surtout les sabres
et les epees qu'on se gardait de leur donner, vu le mauvais
usage qu'ils en auraient pu faire. Nos matelots, fort mai ve-
tus pour le climat rigoureux que nous habitions, acquirent
beaucoup d'habillements de ces sauvages, et ce fut un spectacle fort drole de les voir, ainsi vetus, monter dans les
hunes et sur les vergues, semblables k des ours ou a des
loups marins. Plusieurs de ces sauvages des deux sexes,
attires par nos manieres amicales, se hasarderent a monter
a bord : Kaiba, kaibaf disaient-ils, en se frappant la poi-
trine de la main, ce qui, sans doute, etait un signe] d'ami-
tie. On leur fit voir une chevre, des moutons, des volailles,
qui ne parurent pas exciter leur attention; on les fit se regarder dans un miroir sans plus de succes. On leur presenta
de la soupe de l'equipage, qu'ils goute-rent en faisant la grimace: le vin, Feau-de-vie qu'on leur donna ne les sedui-
sirent pas davantage. On proposa aux femmes de nous ceder
quelques-uns de leurs enfants, en  leur offrant  tout ce
qu'elles pouvaient desirer le plus ardemment;  elles re-
pousserent notre demande avec indignation, tant est for-
tement grave par FAuteur de toutes choses, meme chez les
peuples les plus sauvages, Famour des meres ponr leurs
enfants. Nous traitames avec les sauvages pour quelques-uns
de leurs chiens qui ressemblent un peu a Fespece qu'en
France nous appelons loups.
Parlons maintenant de la taille et de la figure de ces sauvages : leur teint est olivatre, leur figure talouee; peu
d'entre eux ont de la barbe, leurs yeux sont petits, leurs
i ■—^*> CENTENAIRE  DE  LA  MORT DE  LAPEROUSE. 275
cheveux herisses semblent huiies; leur figure qui, en general, n'est ni belle ni expressive, ne presente aucun caractere de ferocite. Plusieurs portaient des cicatrices apparentes
de blessures regues apparemment dans des combats. Leur
taille est fort mediocre, peu d'entreeux m'ontparu depasser
cinq pieds; ils ont beaucoup d'embonpoint. Une chose qui
m'a semble tres extraordinaire, c'est que chez tous le sang
sort par le nez; est-ce a leur regime, a leur nourriture
d'huile de baleine qu'ils le doivent? c'est ce dont je n'ai pul
m'assurer.
J'avais traite avec eux pour les pieces composant un ha-
billement d'enfant; je possedais aussi un modele en petit de
leur pirogue, leurs instruments de peche, les masques dont
ils se couvrent le visage pour se defendre de la neige, ainsi
que les raquettes qu'ils mettent a leurs pieds pour ne pas
enfoncer dans la neige. Tous ces objets, auxquels j'attachais
quelque prix, m'ont ete enleves a Brest pendant la Revolution.
Le soir venu et la brise fraichissant, nos sauvages nous
quitterent pour retourner a la cote. Je m'etais amuse pendant tres longtemps a me faire suivre par un sauvage, dans
Fespoir qu'il avait d'obtenir le sabre que je lui montrais.
Toujours dans le detroit d'Hudson, notre route se dirigeait
vers Fentree de la baie a laquelle on pourraitbien donnerle
nom de mer.
De Langle, par un temps clair, fit une tres bonne observation de longitude a Faide de laquelle et des relevements
que nous avions faits des principaux caps, nous dressames
une carte, celle de M. Belien pour la cote de Labrador et
de ces mers etant tres defectueuse. Nous nous servions, avec
plus de confiance, d'unroutier fait par un capitaine anglais
dont j'ai oublie le nom.
Un jour que le calme nous avait surpris, et que nous
craignions que le courant nous drossatensens contraire de
notre route, on laissa tomber Fancre (23 juillet 1782). De M
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276     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Langle me donna un canot pour aller k terre faire, si je le
pouvais, del'eau et du bois dont nous manquions; j'armai,
a tout evenement, le canot en guerre, et nous nous diri-
geames, avec nos fusils, sur la cote. Quelques officiers
m'accompagnaient dans cette course, et c'etait la premiere
fois que nos pieds louchaient terre, depuis notre depart de
Saint-Domingue. Aussit6t debarques nous nous mettons a
parcourir le pays qui, dans quelques coulees abritees seulement, nous offrait un peu de verdure; le reste du terrain
estpierreux, sec etaride; pas un arbre ne s'offrait a notre
vue. Je rapportai a bord le seul petit arbrisseau que j'eusse
rencontre. Nous ne trouvames ni riviere, ni ruisseau; dans
quelques crevasses de rochers, nous aperctimes de Feau
provenant de pluies, je pense, ou de la fonte des neiges,
mais elle etait saumatre et absolument impotable.
En poursuivant nos recherches, nous rencontrames des
pierres rangees dans la forme circulaire; une pierre au
centre etait bruiee et noircie par le feu; quelques debris
d'animaux que nous ne connaissions pas, jet6s ga et la, nous
indiquaient que les sauvages avaient campe dans ce lieu.
Ces memes indices se repetaient assez souvent, a mesure
que nous avancions. Notre desir etait de rencontrer l'eta-
blissement de quelques sauvages, et, apres bien des fatigues,
nous y reussimes enfin. Deux tentes et plusieurs sauvages
se presentent k notre vue; nous nations, nous, que cinq ou
six armes, ayant laisse plusieurs hommes dans notre canot
pour le garder. Nous marchons sans crainte vers les sauvages que notre approche ne faisait point fuir. lis s'avancent
meme vers nous, en se frappant la poitrine et en criant :
Kaiba, kaiba ! nous repondons de la] meme [maniere, en
signe d'amitie. lis considerent beaucoup nos fusils; etait-ce
par crainte ou par curiosite ? je ne sais, mais pour leur
donner une idee de ce que c'etait, un oiseau passant sur nos
tetes, un de mes compagnons maladroit le tire et ne le tue
pas. Nous approchons de leurs tentes pour les examiner;
■■ CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE. 277
dans leur langage, ils nous debitent beaucoup de choses
que nous ne pouvons comprendre, a ga pres du Kaiba que,
de part et d'autre, nous repetons souvent. Je me presente
a la porte d'entree d'une de leurs tentes, oh je n'apergois
que quelques peaux d'animaux etendues sur la terre, plusieurs pierres, au milieu, noircies par le feu. Je me retire,
et aussitot que j'ai quitte la porte, haute tout au plus de
2 pieds 1/2 a 3 pieds, un des sauvages prend ma place, et,
comme si j'eusse souilie sa demeure par ma presence, il se
met a defiler une kyrielle de paroles semblables a une priere.
Etait-ce son bon ou son mauvais genie qu'il invoquait ? je ne
le sais pas. Mon indiscrete curiosite ne rompitpas du moins
la bonne intelligence qui regnait entre nous. Ces tentes sont
en peau de loup marin grossierement tannee; leur forme
est circulaire et d'environ 8 a 9 pieds de diametre; elles
sont soutenues par des pieux lies de maniere a laisser un
trou au milieu pour faire echapper la fumee.
Pres des tentes, etaient reunis les femmes et les enfants
des sauvages auxquels nous limes des amities et quelques
cadeaux de boutons en cuivre, qui sembierent leur faire
plaisir. Les femmes etaient tatouees, et sentant Fhuile de
baleine. « Eh bien, dis-je a Beaujeu, jeune officier au regiment du Cap, que dites-vous de cette moitie de Fespece
sauvage ? — Qu'elles feraient fuir le diable, » me repondit-il.
Pres des sauvages etaient toutes leurs richesses consistant
en pirogues et en instruments de peche que deja j'ai decrits.
Je ne leur ai pas vu d'arcs ni de fleches, et cependant ils
vont a la chasse des animaux, puisque les abords de leurs
tentes   nous   en   presentaient  les debris.   Comment   les
prennent-ils? c'est ce que je n'ai pu savoir, dans Fimpossi-
bilite de me faire comprendre d'eux. Je m'en retournais
vers notre canot, reflechissant sur Fexistence de ces sauvages qui me semblait si malheureuse, obliges qu'ils sonl
de passer la moitie de Fannee dans des trous en terre  pendant que le soleil eclaire Fautre hemisphere et que celui-ci
SOC. DE GEOGR. — 2- TRIMESTRE 1888. IX.   19
■ If!
278
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
dans cette partie, se trouve depourvu de lumiere. Ce n'est
qu'en ete qu'ils se portent sur la c6te pour y faire la peche;
cela fait, ils s'en eioignent pour se retirer dans Finterieur.
Mais les terres qu'ils habitent, medisais-je, sont-clles aussi
seches, aussi arides, aussi disgraciees dela nature que celles
que nous avons sous les yeux? Que Fhomme aux paradoxes,
Rousseau, vante, tant qu'il voudra, la liberte et Findepen-
dance de Fhomme sauvage; pour moi, je preferais de beaucoup Falienation d'une part de cette liberte que les societes
civilisees redament pour assurer le bonheur de chacun et la
securite de tous. Nos philosophes tant renommes n'ont
puise leurs principes et leurs systemes que dans leur imagination delirante; ici c'est la realit6, et, si j'avais ete en presence du patriarche de Ferney, ou du citoyen de Geneve,
j'aurais pu, j'en suis certain, raisonner facilement avec eux,
et les mettre en contradiction avec eux-memes.
Nous revinmes le soir a bord rendre compte de notre
excursion. On appareilla pendant la nuit dirigeant la route
vers Fentree de la baie. Notre navigation ne presenta aucun
evenement majeur jusqu'a notre arrivee devant le fort du
Prince de Galies, ou la division mouilla le soir du 9 aout,.
par un beau temps. La nuit fut employee k preparer le
debarquement des troupes et de Fartillerie, et le lendemain,,
a deux heures du matin, elles mirent a terre. Le pavilion frangais fut arbore k bord de nos vaisseaux; le fort arbora celui
d'Angleterre; un officier fut envoye aussitot au commandant pour le sommer de se rendre.
Le 10 aout 17.82, ce resultat fut obtenu; M. de Laperouse
traita de la capitulation avec le gouverneur, et bientot elle
fut conclue : les Anglais se rendaient prisonniers de guerre;
leurs effets particuiiers leur etaient conserves; .tous les
objets appartenant a la compagnie d'Hudson durent nous
etre remis.
J'avais debarque le matin avec les troupes; j'entrai dans
le fort avec M. de Lapdrouse et quelques autres officiers.
—^ - CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.     279
Nous fumes fort surpris de voir qu'il etait bati de belles
pierres de faille, casemate, arme de quarante pieces de gros
calibre, susceptible par consequent d'une defense longue
et vigoureuse. Nous dinames dans le fort avec le gouverneur M. Samuel Heme, homme de belle figure, d'une education soignee et de beaucoup d'instruction. Toutes les
pelleteries, traitees pour la compagnie, furent embarquees
sur notre fregate; elles consistaient principalement en peaux
de martres, d'ours, de loups cerviers, de renards bleus et
noirs (ces derniers sont forts rares), etc. Dans le fort se
trouvait une espece de dogues anglais, d'une taille prodi-
gieuse et d'une force etonnante; les Anglais nous dirent que
quand les rivieres etaient glacees, ils attelaient deux de ces
chiens a un traineau, et qu'en portant cent pesant, ils leur
faisaient faire seize lieues par jour. Je m'emparai d^un de
ces chiens nomme Wolf (ioup), que je fis conduire a notre
chaloupe, pour Femmener en France.
Hors de Fenceinte du fort etaient etablies des baraques
et quelques tentes habitees par des families de sauvages que
les Anglais s'etaient attachees pour les aider dans leurs
travaux de commerce, de chasse et de peche. Le fort etait
bad sur une pointe a Fentree de la riviere de Churchill,
navigable pour des bateaux pontes, a une tres grande distance dans les terres. Elle etait abondante en poissons,
surtout en saumons, que les Anglais salaient et conservaient
ainsi. Nous en trouvames dans le fort une grande provision,
qui fut repartie a bord de nos batiments, ce qui fut pour
nous un grand regal, non moins qu'un grand plaisir. Une
trouvaille qui ne nous fut pas moins agreable, ce fut du
beurre d'Irlandeparfaitement conserve en double-barreau :
le premier contient le beurre, est hermetiquement ferme et
flotte dans le second, dont le vide est rempli de saumure.
Les Anglais possedaient aussi une espece de pore particu-
liere, au poiiepais, long et herisse. On lesembarqua a hdrd,
ou  toutes nos provisions fraiches etaient epuisees. Dans
9 280
CENTENAIRE  DE LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
cette mine de richesses que tres legitimement nous exploi-
tions, nous trouvames encore une quantite considerable de
draps, de ratines de toute espece, dont nous fimes des
vetements pour nous et nos equipages, qui manquaient de
tout, dans ce rigoureux pays. Celui-ci cependant ne res-
semblait en rien a cette cote du detroit si seche et si aride,
dont j'ai parie. lei, les terres etaient basses, couvertes
d'herbes et d'arbres de differentes especes que je n'ai pu
Irouver le temps de reconnaitre. La figure etla tournure des
sauvages de cette partie de la baie differaient aussi de celles
des Esquimaux que nous avions vus precedemment; ceux-ci I
etaient plus grands, plus forts et n'avaient pas le saignement
de nez des autres. Leurs vetements de drap anglais avaient
garde quelque chose de sauvage dans leur forme. Ce pays,
nous ont dit les Anglais, etait peuple d'une telle quantite de
perdrix qu'ils en prenaient ou en tuaient bien une vingtaine
de mille dans une annee.
12 aout 1782. — Le fort etant evacue de tout ce qu'il
eontenait, les canons en furent encloues; les 4 bastions
mines, on les fit sauter. Lescinquante Anglais qui Favaient
habite n'etaient point des militaires, mais des gens de mer
et de toutes especes de metiers, necessaires en effet dans ce
pays perdu si loin de toutes ressources. Tous furent embar-
ques sur nos vaisseaux, ou on les traita avec la meme bonte
que les gens denos equipages; e'etaient des hommes excel-
lents s'employant aux manoeuvres comme nos matelots.
Deux chevaux que possedaient les Anglais furent tues et
depeces; nous en eumes deux quartiers dont on fit la soupe
k l'equipage; j'en goutai, elle n'etait pas bonne. De Langle
en fit mettre a la daube; nos Anglais prisonniers s'en r6ga-
lerent jusqu'au dernier morceau, croyant manger du boeuf
et s'ecriant sans cesse : Good beef. II est certain que ce
mets n'etait pas sans merite, surtout pour des affames,
comme nous etions.
La veille de notre depart, je fus t6moin 6mu de la sepa-
"•■-• **m*w~.
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      281
ration des sauvages d'avec leurs amis les Anglais; ces
pauvres gens seretiraient je ne sais ou, emportant avec eux
leurs richesses. telles quelles. A ce moment un de nos
matelots se permit de leur derober quelque chose, mais je
Favais apergu et je le punis de sa mauvaise action dont
j'etais indigne. jM|j
Presses de nous rendre aux autres etablissements anglais,
nous appareillames, emmenant avec nous un bateau ponte
anglais et quelques petites embarcations. Nous nous diri-
geames au sud. Arrives dans une espece de rade foraine,
nous mouillames a une longue encablure, affourchant sud-
est etnord-ouest. Les embarcations sont mises a la mer, les
troupes se rendent a terre avec une partie de nos equipages.
De Langle les y accompagne et me laissele commandement
de sa fregate. Aussitot apres le debarquement, le ciel s'em-
brume, le vent commence a souffler violemment. Le fond sur
lequel nous etions n'etait pasbon, un denos cables est rague
et nous perdons une de nos ancres. Je fais filer du cable de
Fancre qui etait au mouillage, tandis que je fais tirer de la
cale Fancre de miserieorde que Fon remet au bossoir. J'eus
peur de ne pas tenir sur nos ancres et d'etre force de mettre
sous voiles, par un coup de vent, a une c6te pour ainsi dire
inconnue, tant nos cartes etaient mauvaises.
Durant cet affreux temps, des ours, derades apparemment
par le courant violent des rivieres, qu'ils voulaient traverser,
se montraient a nous sur la mer; fatigues de nager, souvent,
pour se reposer, ils montaient sur nos cables. J'avais fait
greer un pierrier, sur Favant du batiment; lorsqu'ils pa-
rurent, un de nos officiers (Dore) en tua un d'un coup de
fusil a balle. On le depega pour en manger; la chair en etait
dure, huileuse, nullement appetissante.
Le temps etant devenu serein, le Sceptre fit le signal
d'appareiller pour nous rapprocher de Fembouchure de la
riviere, et nous mettre plus facilement en communication
avec nos troupes a terre. Arrives au mouillage, nous aper-
——- 1
282      CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
gumes, a Faide de nos lunettes, un bailment anglais, mouilie
dans la riviere, pres du fort.
Le lendemain, de grand matin, M. de Laperouse
m'envoya, par ecrit, Fordre d'entrer dans la riviere et
d'altaquer ce batiment. Quelle nouvelle ce fut pour moi,
alors age de vingt etun ans! quelle perspective se presentait
I a mon esprit! Jelecombattrai vigoureusement, me disais-je,
et j'enauraile commandement. J'appareille en toute diligence,
j'arme des canots qui vont devant moi, me signalent le
. brassiage et dirigent ma marche. Une brume blanche et
claire couvrait la mer; en approchant j'apergois des bouees
qui marquent le chenal a suivre dans la riviere; je m'y
dirige rapidement, mais quel est mon eionnement et ma
deception lorsque, la brume se dissipani, je n'apergois
plus le navire, que j'avais si bien distingue laveille au soir!
II avait profile de la nuit et de la brume pour s'echapper,
emportant avec lui la provision de pelleteries du fort.
24 aout 1782. — Ce fort, moins redoutable que Fautre,
n'etait construit qu'en bois. Apres qu'il eut capituie, les
Anglais prisonniers furent embarques sur nos vaisseaux et
on Fincendia. La saison commengait a avancer, M. de Laperouse renonga a chercher a aller detruire quelques
autres petits etablissements anglais plus enfonces dans la
baie, et s'occupa de son retour en Europe. UEngageants
remplaga Fancre que nous avions perdue, et nous times
route pour sortir de la baie et repasser le detroit. Notre
navigation, quoique p£nible, fut fort heureuse. Nous ne
revimes pas, sur les bords du canal, nos amis le^ sauvages
qui, deja sans doute, s'etaient retires des bords de la mer,
dans Finterieur des terres.
A la sortie du detroit, M. de Laperouse donna Fordre
a de Langle de se rendre a Brest avec la fregate. M. Heme,
le gouverneur du premier fort, sollicila et obtint de M. de
Laperouse permission de se rendre en Angleterre sur le
petit bateau de 40 a 50 tonneaux que nous lui avions pris.
V*
—
—
m •"'—«
mmtm i.- m.WW. mil i nimsJUOi*"*1   ^ijupim.",'
11
CENTENAIRE  DE  LA MORT DE  LAPEROUSE. 283
Malgre toutes les representations qui lui furent faites sur
les dangers qu'il encourrait dans cette longue navigation,
vu la saison ou nous etions, il persista obstinement dans sa
resolution. On lui donna en hommes, en vivres, en instruments, tout ce qui lui etait necessaire, et il prit conge de
nous. A notre retour en France, nous apprimes, avecplaisir,
qu'il etait fort heureusement arrive en Angleterre.
Les vents nous ayant contraries, nous poussames quelques
bordees presqu'en vue du cap Farewell, a la c6te du
Groenland. La nous nous separames de M. de Laperouse
et Times seuls route pour France avec toute la ceierite que
les vents permirent. Notre traversee n'offrit ni mauvaise
rencontre, ni aucun evenement remarquable; nous mouil-
lames dans la rade de Brest; la fregate entra dans le port;
j'en fis le desarmement k cause des reparations qu'elle
exigeait, surtout a son doublage en cuivre.
De Langle partit pour Paris, allant rendre  compte au
ministre de notre expedition.
9 NOTES TROUVEES
DANS
LES PAPIERS DE BARTHELEMY DE LESSEPS
DERNIER   SURVIVANT   DE   L'EXPEDITION
Et communiquees par M.  BRIDIER
1785
Le comte de Segur, notre ambassadeur en Russie a
cette epoque, etait constamment en rapport avec Martin
de Lesseps * et le tenait en haute estime. II avait pris en
affection le jeune Bartheiemy; aussi etait-il de toutes les
soirees de Fambassade ou son titre de Frangais et son esprit naturel le faisaient rechercher.
En 1785, le comte de Segur, pour etre agreable au pere,
et dans Fespoir d'etre utile au fils, chargea ce dernier de
porter a Versailles des depeches importantes relatives aux
approvisionnements de la marine. Bartheiemy remplit heu-
reusement cette mission et se trouva a Veisailles en rapport avec le comte de Laperouse qui, a cette epoque,
organisait son voyage de circumnavigation. Frappe de la
vive intelligence du jeune de Lesseps, et surtout desireux
de s'attacher un collaborateur parlantcourammentlerusse,
il le fit designer par le ministre pour Faccompagner.
La vie aventureuse et les p/ripeties d'un voyage lointain
dans des pays inconnus enflammerent la jeune imagination
de Bartheiemy, qui accepla avec enthousiasme la place
qu'on lui assignait dans Fexpedition. Mais il n'enfutpas
de meme de son pere, et surtout de sa mere, qui tous deux
avaient reve pour leur aine la carriere diplomatique que
Martin de lesseps et ses freres avaient constamment suivie.
1. Alors consul g£n£ral a Saint-P&ersbourg. ■ 4W '« J."W"
CENTENAIRE  DE  LA   MORT  DE  LAPEROUSE.
285
Aussi, pour vaincre leur resistance a ce depart, ne fallut-il
pas moins que les instances reiterees de leur frere Michel,
dont le second de Laperouse, le vicomte de Langle, etait
Fami; c'est sur le vaisseau de ce dernier que Bartheiemy
devait s'embarquer..
Le voyage de decouvertes, du reste, ne devait durer que
quatre ans, et Bartheiemy, a cette epoque, n'avait pas encore vingt ans. En outre, Laperouse s'engageait formelle-
Portrait de Rarthelemy de Lesseps.
ment a renvoyer le jeune engage a son frere aussitot le
retour de l'expedition, et son grade de vice-consul lui etait
conserve. (Durant le cours de l'expedition, Laperouse le
nomma enseigne, puis lieutenant de vaisseau.)
« Gentilhomme accompli, d'une urbanite parfaite et rempli
d'esprit, de cet esprit charmant du xvur* siecle, doux et
agreable dans ses rapports avec ses egaux et ses inferieurs, Jill
286     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Laperouse etait en outre tres instruit. Aussi, quand Louis XVI
lui confia la direction de l'expedition, il avait la reputation
d'etre Fhomme de mer le plus habile del'epoque. y>
1787    '
| Chaque batiment avoit environ deux cents volailles
vivantes, tant en canards que dindons, oies et poules,
trente ou quarante moutons, a peu pres autant de cochons,
dont plusieurs truies portaient et produisirent dans le
batiment. Jamais plus de cinq boeufs ou vaches, souvent
moins.
« Un simple commis sous les ordres du lieutenant charge
du detail, et un cambusier, faisoient les distributions jour-
nalieres. Tous les deux avoient le metier de tonnelier.
«II est a remarquer que presque tous les soldats ou mate-
lots pouvoient servir a un double emploi. Ils etoient ou
massons, ou charpentiers, ou tailleurs, ou cordonniers, ou
chaudronniers, ou bouchers, ou perruquiers; et dans une
pareille expedition, on se persuade aisement de Futilite de
ces metiers, et plusieurs cas se rencontrent ou Fon en a le
plus grand besoin.
« La distribution se faisoit selon Fordonnance et en prati-
quant les memes usages que dans les autres vaisseaux.
Neanmoins on procuroit a l'equipage les adoucissements
que nos moyens nous permettoient de lui donner.
« Les capitaines dejeunoient en particulier et leurs repas se
faisoient a la meme heure que les officiers. M. le vicomte
de Langle donnoit tous les jours a diner a deux personnes.
Ce repas etait compose de: la soupe au boeuf, au cochon
et k la volaille, le bouilli, une entree, un r6ti ou un autre
plat, ou de la patisserie qu'on faisoit avec de la graisse de
cochon, lorsqu'on en tuait. Qrdinairement il y avoit quatre
ou cinq mets en comptant le potage, et Fon peut se faire
iune idee en oomparant ces diners ci un bon ordinaire bourgeois.
mi CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      287
« Tous les jours le capitaine donnoit du cafe et des liqueurs ou des vins etrangers.
« Lorsqu'on faisoit quelque relache ou les provisions etoient
abondantes, les tables s'en ressentoient, et on ne mena-
geoitrien pour les rendre deiicates; alors le dejeuner etoit
de fruits ou de choses peu nourrissantes, on dinoit a deux
heures copieusement, et Fon soupoit de meme a neuf
heures du soir. Le capitaine alors donnoit a diner et a
souper toujours au meme nombre de personnes qu'en mer.
«L'etat-major a dejeuner avoit quelquefois du chocolatou
bien une soupe aux herbes ou aux legumes farineux, ou
une bouillre au bl6 noir, quelquefois des crepes (mets
breton), un morceau de viande froide de cochon ou volaille,
deux autres plats^ soit en farineux, en salade ou fricassee,
soit enfin ce qu'on pouvoit servir en pareille circonstance.
« Chaque personne qui prenoit oudu chocolat, ou du the,
ou de lalimonade en particulier toutefois auxappartements,
en etoient les maitres et pouvoient dejeuner ou non a table
si bon leur sembloit. La gamelle fournissoit aux besoins
des officiers indisposes, et avoit embarque a cet effet du
the, etc., etc.
« Le diner etoit servi plus copieusement et plus deiicate-
ment. Voici a peu pres ce qu'on avoit en mer, car dans les
relaches, je repeterai qu'on nous servoit splendidement :
la soupe au bouilli, ainsi que je Fai rapporte au sujet dc
la table du capitaine, environ quatre entrees ou autres
mets semblables, un roti ou autre chose qui le rempla-
goit, un plat de legumes, haricots ou lentilles, un plat de
friture ou entremets. Nous avions quelquefois du dessert,
toujours du cafe, et deux fois par semaine des liqueurs ou
vins etrangers. Quatre ou cinq bouteilles de vin suffisoient
au dela pour quatorze ou quinze que nous etions a table.
L'eau etoit aussi a discretion et Fon n'a pas trouve d'in-
convenient a ne pas nous mettre a la ration pour les repas.
« Ainsi que dans les autres batiments, Fofficier charge de 288
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
la gamelle tenoit un registre exact de la depense et le faisoit signer a un autre officier tous les huit jours, et tous les
mois au capitaine1. »
Copie de la lettre de M. le comte de Lap&rouse
au Ministre de la Marine, datie du port Saint-Pierre
et Saint-Paul du Kamtchatka, le 26 septembre 1787.
Monseigneur,
M. de Lesseps que j'ai charge d'avoir Fhonneur de vous
remettre mes paquets> est un jeune homme dont la con-
duite a ete parfaite pendant toute la campagne, et j'ai fait
un vrai sacrifice a Famitie que j'ai pour lui en Fenvoyant
en France, mais comme il est vraisemblablement destine a
occuper un jour la place de son pere en Russie, j'ai cru
qu'un voyage au travers de ce vaste empire lui procureroit
des connaissances utiles a notre commerce et propres a
augmenter nos liaisons avec cette puissance dont les productions sont si utiles a notre marine.
11 m'a paru que M. de Lesseps parle le russe avec la meme
facilite que le frangais. II nous a rendu au Kamtchatka les
plus grands services, et si la survivance de la place de son
pere etoit le prix de son voyage autour du monde par terre
etpar mer, jeregarderois cette faveur, monseigneur, comme
une marque de la satisfaction que vous avez de notre con-
duite.
J'ai Fhonneur d'etre, etc., etc.
1. C'est grace a une mission pour le roi Louis XVI que Laperouse,
arrive aux cdtes de la presqu'ile de Kamtchatka, confia au jeune Bartheiemy de Lesseps (il avait vingt-deux ans), que celui-ci dut de ne pas
partager le sort des malheureux navigateurs de la Boussole et de VAstrolabe. Cet extrait a ete copie textuellement sur les notes que nous
avons retrouv^es ecrites de sa main. Bartheiemy de Lesseps est l'oncle
de M. Ferdinand de Lesseps.
L. Bridier. •■ss
CENTENAIRE DE LA MORT DE L&PEROUSE.      289
Copie d'une lettre du mime
a madame de Lesseps, du mime port,
le 25 septembre 1787.
Votre fils, madame, a parfaitement repondu a la bonne
education que vous lui avez donnee. C'est un charmant
jeune homme, et j'ai fait a Famitie que j'ai pour lui un
vrai sacrifice en Fenvoyant en France, mais j'ai cru que ce
voyage seroit utile a son instruction et a son avancement,
et des lors, j?ai oublie mes interets pour ne m'occuper que
des siens.
Je demande avec la plus vive instance au ministre la
survivance de la place de son pere et j 'imagine qu'un voyage
autour du monde par terre et par mer, une conduite par-
faite, des talents et toutes les qualites aimables, lui don-
nent des droits qui ne peuvent etre meconnus.
Sa sante qui est tres bonne ne me laisse aucune crainte
pour les suites des fatigues de son voyage et j'ai eu soin de
le pourvoir de tout ce qui lui etoit necessaire en le recom-
mandant comme mon propre enfant a toutes les personnes
dont il peut avoir besoin sur la route.
J'ai Fhonneur d'etre, etc., etc.
Copie de la lettre de M. le vicomte de Langle
a M. de Lesseps, consul general,
datee a bord de « L'Astrolabe », baie d'Aivatska,
• te 28 septembre 1787| %
Si j'ai le regret, monsieur, de perdre un compagnon de
Voyage auquel je suis bien attache, j'ai la satisfaction de
1. Nous avons trouve* ces trois lettres copiees de la main de Martin
de Lesseps dans les papiers de son fils Bartheiemy.  Martin de Lesseps
etait alors consul general de France a Saint-Petersbourg,  poste   que
Bartheiemy occupa plus tard sous le premier empire.
L. Bridier. JI;>1
L
290
CENTENAIRE  DE  LA   MORT  DE  LAPEROUSE.
vous rendre un fils qui a eu le talent de se faire aimer de
tous les habitans de YAstrolabe et qui merite toute la ten-
dresse que vous avez pour lui. II jouit d'une assez bonne
sante pour entreprendre un voyage qui contribuera, j'es-
pere, a son avancement;je fais des voeux bien sinceres pour
qu'il soit heureux, et vous prie d'etre convaincu, etc., etc.
1796
L'annee meme de son mariage, Bartheiemy de Lesseps
ne pouvant aller prendre possession de son poste pres du
gouvernement russe, avec lequel nous etions en guerre,
s'embarqua avec son beau-pere, M. Ruffin, qui venait
d'etre nomme premier interprete de Fambassade'frangaise
k Constantinople.
Deux ans apres, le Capitan-pacha demandait a notre am-
bassadeur,M. deVerninac, de lui designer, dans le personnel
de Fambassade, une personne qui, a desconnaissancesnau-
tiques, joignit Fintelligence necessaire pour remplir une
mission diplomatique de son gouvernement aupres de la
Republique frangaise; le comte de Verninac jeta les yeux
sur Bartheiemy qui, grace a la reputation qu'il s'etait
acquise par ses voyages, fut accepte sur-le-champ par le
Capitan-pacha.
Le 15 janvier 1796, Bartheiemy partit done pour Constantinople, monte sur un kirlanguitsch (espece de goeiette
turque), que le Capitan-pacha avait confie a son zeie. 11
laissa aupres de M. et MMe Ruffin sa jeune femme et sa
fille ainee, a peine agee d'un an. II etait accompagne du
drogman de la mission et d'un capitaine grec, commandant le navire, sous ses ordres, d'un pilote francaiset d'une
vingtaine de matelots formant l'equipage, la plupart Grecs
au Italiens.
Bartheiemy de Lesseps a ecrit jour par jour la relation de
■■i i i CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 291
ce voyage.Ce n'est, a vrai dire, qu'un journal de bord,©nre-
gistrant chaque jour l'etat du temps, la route parcourue et
le detail des manoeuvres executees.
II rend compte cependant d'un commencement d'emeute
qui eut lieu a bord du batiment, apres avoir double le cap
Matapan, mais qui, grace k sa fermete, n'eut pas de suite,
puis d'un incident d'un autre genre arrive un mois apres, le
2 mars.
« La nuit, dit Bartheiemy, avait ete orageuse ettres sombre
et le vent fraichissait de plus en plus.La crainte du mauvais
temps avait engage l'equipage a diminuer de voiles. Mon but
etait au contraire d'en profiterjet de me tirer des parages de
la Sardaigne et de la Corse, ou les Anglais abondaient, et la
brume m'aurait aide a fuir leur appsroche.
€ Mais, a sept heures du matin, on cria, duhaut des mats,
que deux batiments etaient en vue dapas la partie de Fouest;
a huit heures, Fun se separa de Fautre et nous donna la
chasse. Quelque temps apres, nous decouvrimes que c'etait
une fregate anglaise. II fallait done se decider a souffrir une
visite que nous aurions pu eviter.
€ La fregate nous ayant rallie de plus pres, tira deux
coups de canon ; nous diminuames de voile graduellement,
enfin nous mimes en panne pour Fattendre.Au bout d'une
heure et demie de manoeuvres, elle passa pres de notre
arriere et nous envoya son canot. Elle portait vingt-six canons
en batterie. L'officier qui commandait le canot, sans monter
a bord, s'informa d'ou nous venions, ou nous allions et de
quoi nous etions charges. J'avais endoctrine le capitaine
grec et. d'apres mes conseils, ii repondit que nous etions
parlis de Constantinople pour aller a Livourne et a Genes,
qu'un coup de vent d'est Fayant empeche de longer la c6te
dltalie, il s'etait vu force de passer sous le vent de la Sardaigne et de suivre la c6te d'Afrique, que, coulant bas d'eau,
il allait chercher un port ou il pourrait Sparer ses avaries,
et que son chargement,de peu de valeur, neconsistait qu'en
i
i
•■ij| 292     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
charbon de pierre et quelques barriques de suif. Les pompes
jouaient pendant cet interrogatoire.
« Demande. —Y avait-il la peste k Constantinople?
« Beponse. — Beaucoup.
« Demande. —Avez-vous perdu quelques hommes de votre
equipage de cette maladie?
id Beponse. — Un seul est mort du jour au lendemain,
mais nous n'en connaissons pas la cause.
(( Demande. — Y a-t-ii des malades a bord?
« Biponse. — Non. Cependant hier un matelot fut atteint
d'un violent mai de tete, deux autres ce matin, que vous
voyez entortilies de leurs ceintures, ont eprouve les memes
douieurs avec de forts vomissements.
« Ces reponses astucieuses firent le plus grand effet et
FAnglais, effraye de notre position, partit brusquement pour
rendre compte au commandant de la fregate qui nous heia
aussitot et nous signifia de nous eloigner immediatement,
ce que je fis executer sans retard, me feiicitant de mon
stratageme qui avait si heureusement reussi. »
Dix jours apres cet incident, Bartheiemy de Lesseps en-
trait dans le port de Marseille. II avait mis deux mois a faire
ce premier voyage; il en mit trois pour le retour qui fut des
plus penibleset au cours duquel il faillit faire naufrage aux
environs de Gallipoli.
IMF NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
SUR LE PAUTE DAGELET
MEMBRE   DE   L'ACADEMIE   DES   SCIENCES1
ASTRONOME   DE   L'BXP^DITION   DE   LAPEROUSE
Joseph Le Paute, n6 a Thogne-la-Long dans les Ardennes
le 25 novembre 1751, vint a Paris le 25 fevrier 1768, appeie
par des oncles qui occupaientune situationimportante dans
Fart de l'horlogerie.
Ses oncles lui firent etudier Fastronomie sous le ceiebre
de Lalande, il acquit de grandes connaissauces dans cette
science et fut eiu membre de FAcademie rovale des
sciences en 1785.
Cette meme annee, il fut choisi par le roi pour faire
partie, en quality d'astronome, du ceiebre voyage que fit
Laperouse autour du monde, sur les fregates la Boussole et
YAstrolabe, la premiere sous les ordres de M. de Laperouse, et la deuxieme sous ceux de M. de Langle : il p6rit
avec ses compagnons dans cette malheureuse expedition
dont il sera parie plus loin.
M. de Lalande dit a son sujet :
« Toutes les sciences ont eu des martyrs, qui par leur zeie
et leur courage ont ete portes a braver les dangers et la
mort. L'astronomie en fournit plusieurs* exemples, mais
Dagelet est le plus recent, le pluspropreaexciter des regrets,
les miens surtout, parce que c'est moi qui l'avais appeie a
1. Cette notice est ecrite par M. Le Paute, inspecteur general des promenades et plantations de Paris. C'est aussi a son obligeance et a celle de
M. Henry Lepaute, chef de l'importante maisoo d'horlogerieLepaute que
nous devons la communication des lettres qui suivent.
SOC. DE GiSOGR. — 2e TRIMESTRE 1888. IX. —  20 I
294
CENTENAIRE  DE  LA  MORT DE  LAPEROUSE.
l'astronomie et qui Fai laisse se devouer a des dangers que
je pouvais lui eviter.
« Dagelet Le Paute avait de la raison et de Fesprit, il fut
bientM en etat de me seconder. L'observatoire du college
Mazarin, que j'occupais depuis la mort du ceiebre La Caille,
fut le premier endroitoii il exergason zele pendant plusieurs
annees : au bout de deux mois, il commengait a observer
tres-bien car le 4 mai 1768 il avait pris des hauteurs
correspondantes du soleil qui etaient tres-bien d'accord.
« II travaiilait depuis cinq ans, lorsqu'au mois de
mars 1773 on eut besoin d'un astronome pour le voyage
aux terres australes, commande par Kerguelen, et qui etait
destine a enrichir la geographie et la physique. Le Paute-
Dagelet y observa assidtiment les longitudes, les marees,
les variations de Faiguille, etc., et il rapporta meme des
pi antes rares de ce voyage.
« Une place de professeur de mathematiques a FEcole
militaire fut, en 1778, la recompense de son voyage.
« On sera etonne quand on apprendra que ce jeune astronome, apres avoir passe six ou sept heures de la journee
avec ses eieves a FEcole militaire, en passait encor sept ou
huit pendant la nuit a sa lunette, oh il determinait quelquefois plus de cent etoiles.
« Dans un de ses memoires, Dagelet-Le Paute avertissait
les astronomes des variations que les horloges peuvent
eprouver par les oscillations du poids quand il passe pres de
la lentille, variations qu'il avait observees avec soin et dont
il indiquait le remede.
« En 1785, Louis XVI ayant forme le projet d'un voyage
autour du monde, qui put suppleer a ceux du ceiebre Cook
et donner a la France une nouvelle part aux progres de la
geographie, de Fhistoire naturelle et de la physique, Feiite
des equipages de la marine avait ete destinee a cette entre-
fjrise; il fallait un astronome; Dagelet etait le plus jeune de
1'Academie, on connaissait son zele et son intelligence, il
i irr-^-nr* •RWS
CENfiESfAiRE DE  LA  MORT DE  LAPEROUSE.
295
avait deja navigue, on ne put jeter les yeux que sur lui pour
la nouvelle expedition, commandee par Laperouse; et quoi-
qu'il eut grande envie de continuer ses travaux sur les
etoiles, et que le voyage aux terres australes Feut fort
degoiite de ces grandes navigations, quoiqu'il fut sur le
powitde contracter un mariage avec sa cousine Henriette Le
Paute, il ne resista point au desirque les ministres et FAca-
demie lui temoignerent de le voir s'embarquer de nouveau.
II demanda seulement pour son p£re et sa mere une
pension de 750 livres dans le cas ou il ne reviendrait point.
La Convention nationale la leur assura sur le rapport du
citoyen Jard-Panvillers, qui prit a cette affaire Finteret
qaf&nspire a un ci$oyen eclaire tout ce qui a rapport aux
sciences, quoique Fesprit de justice dont il etait animen'eut
pas besoin de ce nouveau motif.
<l Jamais vaisseau, ecrivait Dagelet-Le Paute a M. de
Lalande, le 22 septembre 1786, n'a passe autant de temps
en mer; la France pourra se glorifier d'avoir fait le plus
grand voyage dont Fhistoire fasse mention, sans faire de
mai a un seul etre, eten repandant partout des subsistances,
des instruments et des secours.
<r Au Kamtschatka, en septembre 1787, Dagelet eut la
satisfaction d'eiever une espece de monument et de graver
lui-meme une epitaphe sur le bronze, a Fhonneur de Louis
de Flsle de la Groyere, astronome de FAcademie, qui,
en 1742, y etait mort a la suite d'une expedition sur les cotes
d'Amerique. Le caractere de Dagelet etait aussi estimable
que son application et son talent; le soin qu'on avait pris de
sa jeunesse et de son instruction etait pour lui Fobjet d'une
reconnaissance qui ne s'est jamais dementie. » zmm
*mmm
.1   AH.
296
CENTENAIRE  DE LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
Lettre de Le Paute-Dagelet,
a M. Sully-Le Paute, horloger, place du Palais-royal.
\m
A la mer, ce ler janvier 1787
Je vous la souhaite bonne, mon cher Sully, des barrieres
de la Chine ou nous esperons mouiller demain, nous sommes
deja environes de bateaux de cette nation et nous sommes
dans les isles qui avoisine Macao, au reste qu'importe les
lieux d'ou je vous ecris, je serai bien loin de tout cela quand
mon epitre vous parviendra. Nous venons de faire une
traversee de plus de cent jours, cela en a paru mille a tout
le monde, et j'avais besoin d'arriver ainsi qu'une tres grande
partie de personnes du bord. Mais tout cela fini jevais
ni'installer a terre au milieu des Chinois et la, retablir
j'espere en peu de jours. Je ne sais si vous aures regu la
lettre que je vous adressai de notre courte relache de Mon-
terai sur la cote d'Amerique, je vais encore vous retracer ce
dont je vous chargeois et que j'attends de votre amitie. C'est
de vouloir bien avoir soin de faire passer a ma mere ou k
mon pere une somme annuelle comme vous le jugeres k
propos, pour qu'ils puissent n'avoir besoin d'aucunes de
douceurs qui peuvent soullager et alieger les maux de la
vieillesse. J'avais prie M. Monge de vous en parler avec
detail, mais heias je suis toujours dans le doute sur une
chose bien importante a mon bonheur; vous savez bien,
mon cher cousin, que 4ou 51ouis par an ajoutel'aisance au
necessaire. Je ne vous parlerai point des circonstances de
nos travaux, je sais que cela vous interesse assez peu, et ci
votre place je penserais de meme, aussi ne vous parlerais-je
que de nos amis. Je vous prie d'aller voir Mile Desnos et de
lui parler de mon attachement, M. Prevost, le Marie, Plu-
quet, etc.
Adieu, cher cousin, je ne vous parle point de notre ami
de Thonne, je n'imagine point qu'il puisse doutter de mes
— ■ f iii i ■ wrr^erf*?™
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.      297
sentiments? Je vais trener mes jours sur les mers pendant
un temps que jeignore.
Signti: Le Paute-Dagelet,
de l'Acaderaie royale des sciences.
Lettre de Le Paute-Dagelet a M. Prevost,
professeur de mathimatiques a I'icole royale militaire,
a Paris.
A lisle de Lucon, Manille, ce 5 avril 1787.
(Recue le 19 novembre 1787).
Me voici depuis pres d'un mois sur le riche sol d'une des
plus belles isles de la terre, mon cher ami, je la quitte a
regrets dans trois jours, pour retourner entre quatre
planches, souflrir et vegeter a travers des mers inconnues.
Nous allons remonter dans le Nord et chercher a explorer
les c6tes de la Tartarie, etc., nous relacherons ace que Fon
croit au Kamschatka versle mois d'aoust; apres cela, Dieu
sait ou nous nous trainerons dans les mers du Sud et quand
enfin nous naviguerons sur le fleuve de la Seine, seul point
qui soit veritablement interessant pour le plus grand nombre.
Nous avons eu une tres vilaine traversee de Macao a Manille,
et comme de coutume, on prend sur les relaches le temps
que nos mauvais sabots de batimens nous font pejdre k la
mer. Je partirais pourtant tres bien portant de Manille, si
Fon pouvait me guerir de Fennui que me cause une campagne dont on ne voit le lerme que dans un eioignement
infini, et surtout si Fon pouvait 6ter de ma tete toutes les
reflexions penibles qui renaissent etqui s'accroissentchaque
jour sur tout ce qui touche ma famille et mes amis. Heias !
par des voeux impuissants nous fatigons les Dieux, mais je
n'ignore pas que le tems seul divulgue 'eurs oracles. Nous
sommes dans le saint tems de Careme et peu s'en faut que
je ne vous convinque que je viens de courir les eglises et
que mes idees sont de veritables geremiades. Tel est la tour- V
I      II
I
II
298 CENTENAIRE  DE LA MORT  DE  LAPERfOUSE.
nure de tete que Fon contra&te dans notre metier* de mari®,
onchante, on jure, on fume, on boit et Fon parle de filles
dans la meme demi-heure; pour moi vousle saves, mon cher
ami, je ne connais Famour que lorsqu'il se cache sous le
voile de la pudeur, je souffre sans cesse de ces sortes de
conversations ou Fon respecte bien peu Fhonneur et la deii-
catesse des milliers de saintes qui rempliss&nt toutes les
eglises de Manille.
Je vous dis a regret que je viens encore de perdre un ami
dans cette relache, c'est un jeune lieutenant de vaisseau,
remplide merite, un deuxieme officier debarque pour cause
de sante et repasse dans Flnde; Lamanon est malade. Et
voil& nosetats major, affaibli de moitie depuis notre depart
d'Europe, toutes ces choses sont bien penibles a supporter
lorsque Fon est temoin ; a present je vais vous renouvelIe*f
mes corvees de compliments, pour tous mes amis deFecole,'
je compte ecrire k M. le marquis de Timbrune deux mots
avec Darbaud, mais je vous prie de remplir tous ceux qui
tiennent a nos confreres, a Fobservatoire quand vous passers
d&ns les environs, exdises-moi si je ne leur ecris pas direc-
temerit, iriais c'est que le tems est toujours ce qui nous
manque dans les relaches et que d'aillieur je desesperais de1
trouver ici de possibilite d'efcrire dans Finde afant le depart
du Gaillon.
Je vous prie de faire mes amines a madame Prevdt et de me
rappeler a son souvenir; j'ecils a ma tanle, veuilies remettre
Ii la petite poste les lettres cftte vous trouver6s dans votre
paquet, nous n'avons pas une seule nouvelie d'Europe et
n^us sommes dans la plus parfaite ignorance sur tout ce qui
s'y passe. Adieu, mon cher ami, songes quelquefois a moi,
et dites le pauvre diable aimerait  mieux etre dans   son
observatoire que dans un vaisseau, fut-il le plus beau du
monde.
Signe: Le Paute. ^
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
299
Lettre de Le Paute-Dagelet a M. Prevost,
professeur de mathimatiques a I'icole royale militaire,
a Paris.
A la mer, ce 21 juin 1787, long. 135° est, 44<> 47* lat. N.
Je vous souhaite, mon cher Prev6t, un aussi beau solstiea,
que nous en avons un abominable le long des tristes \c6tes
de la Tartarie et je vous prie d'etre persuade que si\ mes
voeux sont remplis, jamais vous n'aurez eu soleil plus radieos;
et un ciel si constamment beau. Nous commengons a perdre
Fespoir de jouir d'un jour plus clair: nous sommes accou-
tumes a souffrir toutes contrarietes avec une sorte de con-
stance et de resignation depuis deux ans, cependant nous
n'avions point encore ete a une pareille epreuve a travers des
mers absolument inconnues et sur la quelle on ne sait rien
encore. Iraagines-vous que nous sommes des sept et huit jours
de suite sans appercevoir un horizon de deux lieues d'eten-
due et les 3/4 du temps nous sommes obliges de sonnerdes
cloches, tirer des coups de canon pour nous conse^yer,
YAstrolabe et nous, quoi que tres communement nous
soyons a porte de pistolet et meme souvent au moment de
nous aborder et de nousbriser mutuellement; voilci pres de
80 jours que nous sommes a la mer depuis notre depart de
Manille, etDieu sais quand nous arriveronsauKamschatska.
Nous voulions relacher sur la cote de la Tartarie, mais
jusqu'ici lors que nous avons pu nous approcher de la terre
dans les eclairci pour chercher un mouillage, il a toujours
fallu virer de bord et nous sauver en voyant la bourne
venlr nous envelloper sur une cote ou Fon ne trouve pas de
fond a 2 lieues par 200 brasses. C'est un grand malheur
pour nous de perdre un temps precieux, et que nous etions
si disposes a remplir d'une maniere interessante, par la
navigation d'une partie de c6te absolument deffectueuse ou
inconnue.
w »f
300     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Nous esperons trouver des nouvelles d'Europe dans notre
relache russe, et le commendant renvera je crois nos paquets
par Finterprete ou consul, qui doit nous quitter ici et re-
passer a Saint-Petersbourg par terre.
Je ne sais point si je trouverai des lettres de ma famille,
ou de mes amis? je brise la dessus dans la crainte de me
tromper encore dans mes esperances. Ma sante se soutient
assez bien depuis mon retablissementaMacao, je ne voudrais
pourtant pas repondre que nous soyons tous bien abimes
avant d'etre dans le nord, car enfin je ne supporle pas im-
pune*ment des navigations de cent et cent-vingt jours, pri-
ves de nourriture en quelque sorte, ou n'en ayant que de
mediocres pour ne pas dire detestable et auxquelles je ne
m'accoutume point, malgre la necessite.
Vous verrez a notre retour que malgre bien des contra-
rietes nous avons fait de fort bonnes choses dans les mers
de Chine et du Japon. Je vous apprend que je possede, sans
cependant vouloir resider, une petite terre que Fon nomme
IHsle Dagelet.  Certainement, si je pouvais faire exploiter
les beaux bois qui la couvre dans toutes ses  parties, ce
serait un fond inepuisable de richesse; probablement aussi
qu'il y a des mines d'or, que les circonstances ne nous ont
pas permis de reconnaitre. L'industrie y est pousse a un
assez haut point de perfection, c'est la que Fon construit les
vaisseaux corriens et nous en vimes plusieurs sur les chancers dont les formes nous parurent tres etudies et loin de
Fenfance d'un art aussi sublime.
Voila, mon cher,toutes les nouvelles de notre republique;
je n'ai pas besoin d'assurer, que personne ici ne desire rien
tant que la fin de nos travaux. Des navigations de ce genre,
font naitre bien des cheveux blanc sur les tetes les plus
legeres, et le maiheur d'avoir eu des bailments qui ne
marche pas, a mis le comble a la durte de cette campagne
et nous a prives partout de pouvoir jouir de quelques moments de relache, si utile a la sante de tous les navigateurs.
i »>
mam CENTENAIRE DE  LA MORT DE  LAPEROUSE. 301
Je finis cette epitre en me reservant d'y ajouter un mot
lors deson depart si les evenements ne changent rien a nos
futurs projets. ADieu, mon cher, bien des amities a tout ce
qui vous touche de la part de notre vieil ami.
Signti: Dagelet.
Je n'ai pas le tems de vous ecrire du Kamtschaika, mon
cher Prevot, je quitte demain cette terre, je vous gronde de
nepas m'avoir ecrit et c'est a juste titre comme vous voyes.
Nous voila en route pour chercher des latitudes moins rigou-
reuses, et nous allons a present gagner quelques lieues vers
la France.
Lettre de Le Paute-Dagelet a M. Privost,
professeur de mathemathiques,
ti VEcole royale militaire, a Paris.
A  la  baye  de   Botanique (Nouvelle-Hollande). Lat. 34°,
ce 5 fevrier 1788 (Recue le 17 juin 1789)
Ilfaudrait que j'aye bien peude tems a moi mon cher monsieur Prevost pour ne pas vous donner de mes nouvelles, je
suis plus capable de vous fatiguer que de garder le silence.
Songes-vous que le terme oh doit finir nos voyages s'ap-
proche et qu'il est possible que nous soyons ensemble
vers la fin de cette annee? c'est alors seulement que nous
parlerons de voyages, c'est une matiere tres agreable a dis-
cuter au coin du feu. Nous avons fait des choses asses
saillantes dans les mers du Sud, mais nous y avons eprou-
v6s un grand evenement, qui nous a ravi M. de Langle et
Lamanon. Vous savez que les Anglais forment ici un graud
etablissement et c'est par eux que nous esperons vousadres-
ser nos lettres.
Je me suis bien porte dans cette traversee quoi qu'elle
ait ete fatiguante pour un grand nombre de nos messieurs mmmmmmmmmm
302
CENTENAIRE DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
etj'espere que jo continurai, du moins je fais mon possible.
Veuilles presenter mes civilites a Mme Prevost et faire
mes compliments a nos messieurs, Quand vous veres nos
astronomes de l'observatoire dites leur, je vous prie, mille
choses obligeantes pour moi.
J'ai ecrit quelques mots a ma famille et a quelques amis,
mais je suis si presse pour finir mes depeches que j'ai a peine
le tems de dire bonjour et a Dieu. Je vousembrasse de tout
mon coeur.
Signe : Dagelet.
Plaisante epigramme de Le Brun sur le fameux voyage
autour du monde de M. de Laperouse, intituiee: Propos
de J ou ernes.
J'^tais hier pr&s d'une table ronde,
Ou, se lassant de gronder Quinola,
De Laperouse, un moment on parla.
II va, dit-on, faire le tour du monde.
« Le tour du monde? eh ! que fera-t-il la?
S'ecrie Egle ; sottise que cela;
l*e temps est cher ; mais il faut que j'ecarte.
L'indigne jeu ! » Puis d'un air affaire,
Orphise ajoute, en regardant sa carte:
« Ce Laperouse est done bien desoeuvre? »
Le Brun, 1. Ier. A LAPEROUSE*
toSsJ'J
Ces lauriers que la France a pleines mains moissonne,
Pour venir aujourd'hui t'offrir une couronne
A laquelle chacun apporte son rameau,
Nul ne les vit jamais fleurir sur ton tombeau.
La Fortune, maitresse inconstante et profane,
Te vendit son amour, amour de courtisane.
Puis, elle te trahit; T6clat de ta grandeur
Offensait ses regards, blessaft son impudeur.
La Boussole appareille, et, tendant ses cordages,
Vent en poupe a cingle vers de nouveaux rivages,
Au milieu des bra vos, des cris et des adieux
Qui se melent aux chants des matelots joyeux.
L'Astrolabe bientdt, deployant sa voilure.
A l'horizon blanchi profile sa mature,
Et son rostre coupant le vaste sein des mers„
Ouvre de longs sillons parmi les flots amers.
Allez, nobles vaisseaux, deTier la tempete,
La banquise et le morse au fond de sa retraite.
Et toi, hardi marin, qui conduis leurs destins
Par la plaine perfide et les deserts lointains,
Va porter le flambeau de ton genie au monde,
Comme un phare, la nuit, promene a travers l'onde
Ses feux 6tincelants pour montrer le chemin
Au nautonnier qui court sur le recif prochain.
Et voila que, jaloux d'une gloire si chere,
L'Ocean s'est venge dans un jour de colere,
II brise en ses fureurs ta nef contre un ecueil,
Et donne a ta puissance un gouffre pour cercueil.
1. Cette piece a 6te composed a l'occasion du centenaire, par
M. E. Poujade de Maizeroy, petit-neveu d'Eleonore Broudou. femme de
Laperouse.
&y£>
 : - 304
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Point de char triomphal, point de ces funerailles
Que Ton vote aux heros vainqueurs de cent batailles;
Ni foule, ni clameurs, ni larmes, ni discours,
Tribut des nations et cortege des cours.
Rien que la majeste des funebres silences
Repondant a la voix des abimesimmenses;
Pas m6me un compagnon, oublie par le sort,
Qui dise ton dernier combat avec la mort.
Quelques debris epars que la lame souleve
Dans un mugissement et ramene a la greve.
Mais si la vague a pris ton corps, ah! ne crois pas
Qu'elle ait ose garder ton souvenir, la-bas.
Avec Jean-Bart, Duquesne et Duguay-Trouin, l'Histoire,
La grande justiciere, a grav6 ta memoire
Au coeur de la patrie, immortel Pantheon
Ou ton ombre vivra d'un eternel renom.
L'honneur fut ton seul maitre etle devoir ton guide,
Illustre descendant d'une race intrepide.
Et toujours l'ennemi, superbe ou malheureux,
Trouva ton ame haute et ton bras ge'nereux.
Un jour, ayant appris que les Anglais en fuite
Se cachaient dans un bois, redoutant ta poursuite,
Tu laissas sur la plage aux soldats affames,
Par la peur affoles, en haillons, desarmes,
Des vivres abondants, des habits et des armes;
Tu t'eloignas apres, pour calmer leurs alarmes,
Et quand on s'etonnait : « Sachez qu'un ennemi
Vaincu n'a rien a craindre et devient un ami. »
Le ciel m'a fait FranQais ; mon orgueil est de l'^tre,
Puisque le meme sol nous a tous deux vus naitre,
Et fier de la splendeur de ta celebrite,
Je te salue au nom de la posterite.
Eugene Poujade. ANALYSE
DE
PIECES MOINS IMPORTANTES CONGERNANT LAPEROUSE
OU   SE
RAPPORTANT A  SON EXPEDITION
Archives du  Ministere  de la   Marine1
10 septembre 4779. Copie de la lettre de Laperouse au
comte d'Estaing.
3 janvier 1780. Autographe de Laperouse. Compte rendu
du combat de la fregate YAmazone, qu'il commande,
contre YAriel, dont il s'empare.
24 janvier 1780. Etat des blesses.
14 decembre 1779. Autre lettre relative a la meme affaire.
20 aout 1781. Combat de YAstree, commandant Laperouse, et fde YHermione, commandant La Touche. Prise de
deux corvettes de 14 canons, les autres batiments qui
s'etaient rendus n'ayant pu etre amarines en raison de
Tobscurite.
1782. Expedition de la baie d'Hudson. L'Engageante,
commandant de La Jaille, YAstree, commandant de Langle.
Etat des officiers et des prisonniers nourris a la table des
capitaines. Le Sceptre, commandant Laperouse. Passagers
nourris a la table du commandant
1791. Les sieurs Gamier Torkler, Piron etDussault, nego-
ciants a Lorient, demandent par une lettre du22 fevrier 1791
un passeport pour une expedition qu'ils destinent au com-
!• Le releve de ces documents est du a M. Gabriel Marcel. if
tu
1
)'
306 CENTENAIRE  DE LA MORT DE LAPEROUSE.
merce des pelleteries au Kamtschatka et a la recherche de
Laperouse.
(Archives de la marine. — R4 315).
28 mai 1785. Lettre du ministre au chevalier de Lamanon,
lui annoncant qu'il fera partie de l'expedition.
28 mai 1785. Lettres du ministre aux sieurs de Monneron,
Monge, Dagelet, de La Martiniere, Bernizet, Duche de
Vancy, dessinateur, Prevost oncle, dessinateur, Prevost le
jeune, dessinateur, l'abbe Mongez, chanoine de Sainte-
Genevieve, le P. Receveur, cordelier, leur annoncant qu'ils
feront partie de l'expedition.
Ordre a Jean Nicolas Collignon, jardinier, de s'embarquer.
Lettre a l'abbe Georges Sommazi, a Lugano, lui refusant
de prendre part a l'expedition.
Lettre a M. le baron de Servieres, a Mende, lui refusant
de prendre part a l'expedition.
Lettre du ministre au naturaliste Dufresne, luiannoncant
qu'il s'embarquera.
Lettre du ministre a Berthoud, lui ordonnant de remettre
a Laperouse quatre des montres marines qu'il a en depdt.
Lettre du ministre a Dagelet, lui annongant que si le sort
lui etait contraire pendant l'expedition, il serait fait k ses
pere et mere une pension de 750 livres.
Lettre du ministre au marquis de Chabert lui ordonnant
d'envoyer douze exemplaires du dernier voyage de Cook et
trois de chacun des precedents.
(Archives de la marine. — fi* 138).
Ordre du roi pour servir d'instruction au sieur comte de
Laperouse, capitaine de F-aisseaw,, le 26 juin 1785 (relafcif a
la police des deux fregatep sous ses ordres, aux vivres et
aux saints).
26 juin 1785. A M. Prevost de Langristin. Lettre du mi- CENTENAIRE  DE   LA MORT  DE  LAPEROUSE. 307
nistre lui enjoignant de faire payer 800 livres au sieur Rollin,
chirurgien major, a titre de dedommagement pour les
depenses qu'il va faire pendant la campagne, et 300 livres de
gratification au sieur Flassan, embarque sur YAstrolabe
comme garde de la marine.
A Laperouse. Lettre du ministre lui annongant que le sieur
de Roux d'Arbaud, volontaire, embarque sur la Boussole,
prendra rang comme garde-marine le 4€P janvier 1786 et
Finvitant a ne lui en remettre le certificat, a cette epoque,
que s'il a merite cette grace par sa bonne conduite.
i
A Versailles, le 26 juin 1785.
Ordre qui donne le grade de brigadier des armees navales
a M. de Laperouse, capitaine de vaisseau, k compter du
10 juillet 1785.
Commission de capitaine de vaisseau a prendre rang du
ler janvier 1787 a M. le chevalier de Clonard, lieutenant de
vaisseau.
Brevet de lieutenant de vaisseau a prendre lerang qui lui
sera fixe pour le sieur Boutin, enseigne.
Autre du meme grade, a prendre rang du ler juillet 1786
pour le sieur chevalier dePierrevert, enseigne.
Brevet d'enseigne de vaisseau a prendre rang du ler juillet 1786 du sieur Ceran, garde dela marine.
Autre du meme grade a prendre rang du ler juillet 1787,
pour le sieur Montarnal, garde de la marine.
Autre du meme grade a prendre rang du lei janvier 1786,
pour le sieur de Flassan, garde de la marine.
Lettre de chevalier de Saint-Louis pour le sieur Charles-
Marie-Faustin Boutin, enseigne de vaisseau, en consideration deses services dans ce grade et dans celui de garde de
la marine pendant la derniere guerre et la longue campagne
qu'il fait stir la fregate la Boussole.
Lettre de chevalier de Saint-Louis pour le sieur Jerome"
a ' (ft
li
308 CENTENAIRE  DE LA  MORT DE LAPEROUSE.
Frangois Treton de Yaujuas, enseigne de vaisseau, en consideration de ses services dans ce grade et celui de garde de
la marine pendant la guerre derniere et la campagne qu'il
fait sur la fregale YAstrolabe.
Lettre de chevalier de Saint-Louis pour le sieur Laborde
Marchainville, enseigne de vaisseau, en consideration de
ses services dans ce grade et celui de garde de la marine
pendant la derniere guerre et la campagne qu'il fait sur la
fregate YAstrolabe.
Brevet de lieutenant de vaisseau, a prendre le rang qui lui
sera fixe, pour le sieur Treton de Yaujuas, enseigne de vaisseau.
Autre du meme grade et k prendre le rang qui lui sera
fixe pour le sieur Laborde Marchainville, enseigne.
Autre du meme grade et ci prendre le rang qui lui sera
fixe pour le sieur d'Aigremont, enseigne de vaisseau.
Brevet d'enseigne de vaisseau a prendre rang du ler jan-
vier 1786, pour le sieur La Borde Boutervillier, garde de la
marine.
(Arch, de la marine, B. 318).
Brevet du meme grade et a prendre rang du ler juillet 1787,
pour le sieur Law de Lauriston, garde de la marine.
Deux brevets en blanc de lieutenant de fregate a prendre
le rang qui sera fixe.
21 aout 1785. Lettre du ministre a l'archeveque de Nar-
bonne I'informant qu'une pension de 600 livres sur le tresor
royal sera accordee a la soeur du P. Mongez, si ce religieux
vient a mourir au cours de l'expedition. Note du marechal de Castries a cet egard.
(Expedition autour du monde).
On met sous IesyeuxdeMonseigneurdifferentesdemandes
faites par MM. de Laperouse et de Langle en faveur de leurs
etats-majors et maitres, et sur lesquelles ils desirent que CENTENAIRE  DE  LA  BIORT  DE   LAPEROUSE. 309
Monseigneur veuille bien leur faire connaitre la deeision.du
roi, a leur arriv6e a Tile de France.
Al'occasion du naufrage de plusieurs canots de l'expedition sur la c6te de la Californie, dans lequel six officiers ont
peri, M. de Laperouse recommande leurs families aux bontes
de Monseigneur :
M. d'Escures, Tun d'eux, a une soeur a Alengon, qui n'a
rien etqui vivoit des epargnes de son frere.
M. Montarnal, parent de M. de Laperouse, a un oncle,
major du regiment de Hainault, et des freres au service, dont
on ne sait pas le nombre.
Mme la marquise Le Camus, sollicite aussi en faveur de
la famille de M. de Flassan, famille pauvre et nombreuse qui
consiste en un frere, abbe, pour lequel Monseigneur & ecrit
avec beaucoup d'interet aMgr l'evequfe d'Autun, en demandant pour lui une pension sur un benefice, un second frere,
dans le regiment de Monsieur, un troisieme au college de
La Fieche, et une soeur a l'Enfant Jesus.
Dans une lettre datee de Macao du 18 janvier dernier,
M. de Laperouse parle en ces termes de M. le vicomte de
Langle :
« M. le vicomte de Langle est un excellent officier, qui
joint au plus grand talent pour son metier un caractere
ferme et inebranlable. Son exactitude a me suivre a ete si
grande, que nous n'avons peut-etre jamais ete hors de la
portee de la voix que lorsque je lui ai ordonne de s'eioigner
et de chasser en avant. »
Depuis le depart de l'expedition, il n'a obteau que la
pension de 1000 livres, dont il ne devait jouir qu'a la fin de
la campagne, commengant a compter du jour de la sortie.
M. de Laperouse ajoute que Tavancement particulier de
M. de Langle serait pour lui une faveur inappreciable, que
cet officier sera age de quarante-sept ans a son retour, et
qne si, a cette 6poque, il n'est pas brigadier, il n'est pas possible qu'il parvienne au grade superieur au moment ou
SOC. DE  GEOGR. — 2° TRIMESTRE  1888. IX.   — 21
yf .1
310 CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
ses talents tres distingues le rendroient infmiment utile.
M. de Laperouse represente que, par la perte que la division a faite de six officiers, les graces dont ils avaient l'ex-
pectative restent saus realite.
M- d'Escures avait la promesse d'une pension de 800 livres.
M. de Pierrevert avait la promesse d'une pension de
500 livres.
M. Marchainville, la croix de Saint-Louis.
MM. de Boutervilliers, Flassan et Montarnal des brevets
d'enseignes.
M. de Monti1, lieutenant de vaisseau (actuellement le cin-
quante-deuxieme), en second avec M. de Langle, a la promesse du grade de capitaine de vaisseau a la fin de la campagne.
DOSSIER LAPEROUSE
Etat des services.
Journal de la flute du roi, la Seine, commandee par M. de
Laperouse, enseigne des vaisseaux du roi, partie de l'ile de
France, le 18 mai 1773 pour se rendre par Bourbon et les
les Seychelles et Prashn aux Indes orientales.
Lettre de Yergennes, au ministre de la marine (de Castries),
5 juin 1783, au sujet de l'expedition de la baie d'Hudson et
Fimpossibilite d'etablir une analogie entre la conduite sage
et moderee qu'y a tenue Laperouse et les actes de violence
de l'amiral Rodney a Saint-Eustache.
Leitre de Fleurieu a Mme de Laperouse, par laquelle, en
raison de retat de sa sante, il la prie de demander au ministre de vouloir bien charger un officier de la publication
des manuscrits de son mari (24 decembre 1792).
Lettre de Mme de Laperouse, datee de Nantes, le 8 fevrier 1793, au ministre, le priant de vouloir bien charger
1. Note de M. de Langle sur M. de Monti: « Excellent homme de mer,
modele de Constance, de sagesee, de prevoyance et de fermete. * CENTENAIRE DE LA. MORT DE LAPEROUSE.     311
Milet Mureau de la publication de la relation du voyage de
son mari.
Reclamations de Mme de Laperouse, datees du 23 messi-
dor et du 25 vendemiaire an IY, au sujet des sommes qui lui
sont dues sur les appointements de son mari.
Lettre du vicomte Decazes, le 2 juillet 1843, au sujet dela
statue de Laperouse qui doit etre eievee a Albi.
Memoire au sujet d'un etablissement a creer a Hie du Roi,
sur la cote malabare, auquel Laperouse se montre opposfL
Lettre de l'administration des monnaies envoyant le pro-
ces-verbal de verification de la garde d'epee que Dillon a re-
trouvee a Tucopia; elle est de fabrique francaise et a ete
etablie en 1777 ou 1778 par un sieur Fouasse, fourbisseur,
demeurant k cette epoque rue de la Pelleterie.
Archives dii Depot des cartes et plans de la Marine1.
' •       .        '     (Vol. 105; 1 a 4.)
Copie d'un memoire, sans date et sans signature, adress6
au roi et faisant ressortir, a l'occasion de l'expedition de
Laperouse, l'importance d'un voyage de circumnavigation
(4 pages).
Copie d'un memoire, sans date et sans signature, adresse
aM. de Laperouse, lui conseillant quelques modifications a
son projet d'itineraire (11 pages).
Fevrier 1785. — Note sans signature relative au commerce
de pelleteries qui pourrait etre fait sur la cdte dlAmerique.
Deux notes sans date et sans signature traitant de l'im-
portance de l'expedition de Laperouse.
Copie d'un memoire, sans date et sans signature, presente
au roi et relatif a l'itineraire de l'expedition de Laperouse.
1. Cet ensemble de documents, dont plusieurs ont une grande vateur
scientiiique, a eH6 largemeut utilise pour la relation officielle de r«e*;pe-
dition redig^e par Milet Mureau et editee par l'lmprimerie nationale;
quelques-uns sont cependant inedits. (
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312 CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE.
Note non signee du 29 juin 1785, datee de Francfort, an-
nongant Touverture de negociations avec la cour de Dane-
mark en vue de la cession d'une des iles Nicobar.
Lettre sans date et sans signature adressee au chevalier
de Fleurieu faisant ressortir l'interet de l'expedition de Laperouse.
Plusieurs notes d6taill6es sur le radoub des navires.
Note sans date et sans signature faisant ressortir l'interet
de l'expedition de Laperouse.
15 fevrier 1785. — Memoire sans signature exposant le
plan d'une campagne de decouvertes, avec copies de notes du
roi modifiant l'itineraire propose.
ler mai 1785. — Minute d'une lettre du marechal de Castries a M. le marquis de Condorcet, lui demandant que TAca-
demie des sciences redige un memoire sur les diverses observations physiques, astronomiques, geographiques et
autres a faire dans le cours de l'expedition de Laperouse.
Versailles, mai 1785. — Minute d'une lettre sans signature a M. Joseph Banks, president de la Societe royale de
Londres, lui recomrnandant M. de Monneron, charge de se
procurer k Londres divers instruments d'astronomie pour
l'expedition de Laperouse.
23 juin 1785. — Note sur un petit changement propose
dans le projet de navigation de Laperouse.
Versailles, 26 juin 1785. — Minute de la lettre d'envoi
des instructions a Laperouse pour son expedition.
Aranjuez, 19 mai 1785. — Copie de la lettre de Don Joseph Galvez, ministre d'Espagne, aux gouverneurs generaux
du Perou, de la Nouvelle-Espagne, et aux capitaines generaux du Perou et des Philippines pour leur recommander
l'expedition de Laperouse.
Versailles, 26 juin 1785. — Envoi de factures k Laperouse.
Prulay, 7 juillet 1785. — Lettre de M. Poissonnier a -.-jjwg.tx ■>■■■«■■',■■ i, i isnagra
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CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
313
M. le marechal de Castries, lui adressant le memoire de la
Societe de medecine pour l'expedition de Laperouse,
Brest, 17 juillet 1785. — Lettre de Laperouse au ministre
se plaignant de l'imperfection de ses boussoles d'inclinaison.
Brest, 7 juillet 1785. — Notes de MM. de Laperouse et
Dagelet sur des experiences comparatives dediverses boussoles d'inclinaison.
ler aoiit 1785. — Memoire historique relatif a la partie
d'agriculture de l'expedition de M. de Laperouse, fait au
jardin du roi et signe Thouin.
Memoire pour diriger les jardiniers de l'expedition dans
les travaux d'un voyage autour du monde, par M. Thouin,
premier jardinier du Jardin des plantes.
Madere, 16 aout 1785. — Lettre de Laperouse au ministre
sur sa navigation de Brest a Madere.
Madere, 16 aoiit 1785. — Lettre de M. de Langle au ministre sur le meme sujet.
Madere, 16 aoiit 1785. — Lettre de Laperouse a M. de
Fleurieu au sujet du vin de cette ile.
Sainte-Croix de Teneriffe, 26 aoiit 1785. — Lettre de La-
peTouse au ministre au sujet du debarquement de M. Monge
ponr cause de sante.
Lettre sans date de M. le chevalier de Lamanon, racon-
tant son ascension au pic de Teneriffe et envoyant des
graines qu'il y a recueillies.
Lettre sans date du chevalier de Langle au ministre, au
sujet du debarquement de Monge.
28 aoiit 1785.—Lettre de Laperouse au ministre, rendant
compte des observations astronomiques faites a Teneriffe.
Teneriffe, 28 aout 1785. — Lettre de Laperouse au ministre, au sujet de l'etat de son equipage et de Tembarque-
ment de vin de Teneriffe.
Teneriffe, 28 aout 1785. — Lettre de Laperouse au ministre, au sujet de la provision de vin faite a.Teneriffe et an-
nongant Tenvoi d'un compte rendu de son voyage. iipw.ii]   ly.j
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314     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
La Trinite, sous voiles, 17 octobre 1785. — Copie d'un
memoire de M. de Monneron, ingenieur en chef de l'expedition, decrivant File de la Trinite au point de vue des eta-
blissements des Portugais (4 pages).
lie Sainte-Catherine, du 6 au 19 novembre 1785. — Copie
d'un memoire de M. de Monneron, donnant la description
*de cette ile (8 pages).
Bade de la Conception; du 24 fevrier au 17 mars 1786. —
Copie d'un memoire deM. de Monneron sur la situation des
Espagnols au Chili (6 pages).
Ile de Paques, 9 avril 1786. — Copie d'une note de M. de
Monneron sur File de Paques (1 page).
Groupe des iles Sandwich. Ile de Mowee, 29 mai 1786.
— Trescourte note de M. de Monneron sur les iles Sandwich.
Baie et Port-des-Frangais, c6tes nord-ouest d'Amerique,
du 2 juillet au ler aoiit 1786. — Note de M. de Monneron
sur le pays (2 pages).
Port de Monterey, du 15 au 24 septembre 1786. — Note
de M. de Monneron sur les etablissements espagnols de la
c6te de Californie (2 pages).
Sainte-Catherine, 5 novembre 1785. — Longue lettre du
chevalier de Lamanon au marquis de Condorcet sur les observations magnetiques et meteorologiques qu'il fait a bord
de la Boussole.
Sainte-Catherine, 6 novembre 1785. —Lettre du chevalier de Lamanon, sans adresse.
Sainte-Catherine, 5 novembre 1785. — Note du chevalier
de Lamanon pour M. le marquis de Condorcet, donnant les
observations meteorologiques faites depuis 1° latitude nord
usqu'a 1° de latitude sud pour decouvrir le flux et le reflux de Vatmosphere (12 pages).
Ile Sainte-Catherine, 16 novembre 1785. — Copie d'une
ettre de Laperouse au marechal de Castries sur sa navigation depuis Teneriffe avec une carte-croquis sur laquelle son K535385335
CENTENAIRE  DE   LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 315
itineraire est trace (9 pages). — Est joint un billet a M. de
Fleurieu.
Ile Sainte-Catherine, 16 novembre 1785. — Minute et
original de la copie ci-dessus.
La Conception, 14 mars 1786. — Lettre de M. de Langle
au ministre, donnant des details sur les officiers embarques
a bord de YAstrolabe.
24 mars 1786. — Notes sur les depenses occasionneespar
l'armement des fregates Boussole et Astrolabe.
Ile de Paques, 8 avril 1786. — Memoire geographique de
M. Bernizet, ingenieur geographe de l'expedition, decrivant
File de Paques et les monuments qu'on y trouve (16 pages).
La Conception, 14 mars 1786. — Lettre de Laperouse k
M. de Fleurieu, donnant des details sur sa navigation et se
plaignant de la marche de son navire.
Copie non datee d'un rapport adresse au ministre sur la
navigation entre Sainte-Catherine et la Conception, suivi
d'un nouveau plan de campagne ne modifiant que les dates
des instructions (11 pages).
La Conception, 14 mars 1786. —Lettre de Laperouse, au
sujet des vivres pris a la Conception pour le ravitaillement
des fregates.
La Conception, 14 mars 1786. —Trois copies d'une lettre
de Laperouse au ministre, au sujet de l'accueil qui lui est
feit ci la Conception par les autorites espagnoles.
Paris, 10 mai 1786. —Deux lettres de M. Thouin, remer-4
ciant de Fenvoi de semences recoltees par M. de la Marti-
niere et indiquant Femploi qui en a ete fait.
Monterey, 19 septembre 1786. — Lettre de Laperouse au
ministre, faisant connaitre diverses promotions qu'ilafaites
dans Fetat-major de ses fregates et rendant compte de l'accueil qui lui est fait par les autorites espagnoles de Monterey.
Monterey, 19 septembre 1786. —Lettre de Laperouse au
ministre, rendant compte de sa navigation depuis la Conception. — Copie de la meme.
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CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Copie non datee d'une note de Laperouse sur le eommeree
des peaux de loutre a la c6te occidentale d'Amerique.
Monterey, 22 septembre 1786. — Lettre de M. de Langle
au ministre, faisant l'eioge des divers officiers de son etat-
major et donnant quelques details sur les incidents de la
navigation.
Versailles, 15 decembre 1786. — Minutes des lettres du
ministre en reponse a celles de Laperouse et du chevalier de
Langle envoyees de Madere, de Teneriffe et de la Conception. Ces minutes sont en double expedition.
Mers de Chine, lcr janvier 1787. — Lettre du chevalier de
Lamanon au ministre, au sujet de ses travaux sur Fhistoire
naturelle; on y trouve un bel eioge du caractere de Laperouse.
Rade de Macao, 3 janvier 1787. — Copie et lettre de Laperouse au ministre, annongant Fenvoi de plans dresses par
M. Bernizet, et d'aulres plans dus aux Espagnols.
Macao, 3 janvier 1787. —Lettre de Laperouse au ministre,
annongant Fenvoi des observations militaires de M. de Monneron sur les relaches de l'expedition.
Macao, 3 janvier 1787. — Trois copies d'une lettre de
Laperouse au ministre (5 pages), sur sa navigation de Monterey a Macao.
Macao, 18 janvier 1787. — Lettre de M. de Langle au
ministre, lui rendant compte de la conduite et des aptitudes
des officiers de YAstrolabe (deux copies).
Macao, 18 janvier 1787. — Lettre de Laperouse au ministre, sollicitant unavancementpourle chevalier de Langle
et faisant Feioge des divers autres officiers deson etat-major
(deux copies),
I Macao, 26 janvier 1787. — Lettre de Laperouse au ministre, annongant Fenvoi, pour la reine, d'un paquet contenant quatre peaux de loutre et deux tissus travailies par
les Indiens de Port-des-Frangais.
Macao, 26 janvier 1787. — Lettre de Laperouse au mi-
i ! CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 317
nistre, au sujet du commerce des pelleteries sur la c6te
d'Amerique. II rend compte de la vente faite a Macao, au
benefice des equipages et en acompte sur leur solde, des
peaux recueillies a Port-des-Frangais.
Macao, 2 fevrier 1787. — Lettre de Laperouse au ministre
au sujet de la vente des pelleteries au benefice des equipages;
il signale que la nation francaise n'a en Chine aucun repre-
sentant inspirant assez de confiance pour qu'il put lui con-
fier cette affaire.
Manille, 7 avril 1787. — Lettre de Laperouse au ministre,
envoyant l'etat des vivres embarques pour le ravitaillement
des fregates.
Manille, 7 avril 1787.—Lettre de Laperouse au ministre,
au sujet des peaux de loutre embarquees en Amerique et
vendues en Chine (7 pages).
Macao, 7 mars 1787. — Lettre de M. Stockenstrom a Laperouse, au sujet de la vente des peaux de loutre a Macao,
pour le compte des equipages des fregates.
Manille, 7 avril 1787.— Lettre de Laperouse au ministre,
au sujet de sa navigation de Macao k Manille et de son sejour
dans cette ville. Details sur la revolte qui vient d'eclater a
Formose contre le gouvernement chinois (7 pages).
Manille, 7 avril 1787. — Lettre de Laperouse au ministre,
au sujet de sa rencontre avec M. de la Croix de Castries et
les renforts donnes par cet officier a l'expedition.
24 juin 1787. — Copie d'une lettre de Lap6rouse a M. le
contrdleur general, au sujet du sieur du Fresne, embarque
comme naturaliste.
Macao, 30 janvier 1787. — Lettre de Laperouse au ministre, au sujet des pelleteries vendues a Macao etdes mate-
lots chinois embarques en remplacement des hommes morts
a Port-des-Frangais.
26 janvier 1787. —Lettre de M. Vieillard a Laperouse, au
sujet de la vente des pelleteries a Macao.
Havre de Saint-Pierre et Saint-Paul, 10 septembre 1787.
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318     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
— Memoire au ministre sur la situation des Espagnols dans
File de Lugon et les chances d'une conquete (6 pages).
Havre de Saint-Pierre et Saint-Paul, 10 septembre 1787.
— Lettre de Laperouse au ministre sur la navigation des
fregates de Manille au Kamtschatka (5 pages, 2 copies).
Baie d'Avatska, 21 septembre 1787. —Lettre de Laperouse, exposant le plan de sa navigation apres son depart du
Kamtschatka.
Havre de Saint-Pierre et Saint-Paul, 10 septembre 1787.
— Memoire de Laperouse au ministre, sur Formose, au sujet des difficultes d'une conquete de cette grande ile. II con-
seille, en vue de cette eventualite, Foccupation prealable des
lies des Pecheurs (Pescadores) (7 pages).
Avatska, 21 septembre 1787. — Lettre de Laperouse au
ministre, au sujet des changements qu'il croit devoir appor-
ter au plan primitivement arrete pour sa navigation ulte-
rieure. Renseignements sur Fetablissement des Espagnols
aux iles Carolines (7 pages).
21 avril 1790. — Memoire extrait des lettres ecrites par
de Laperouse, du Kamtschatka, au sujet de ses projets de
navigation ulterieure, en vue de guider les recherches a faire
des debris des deux fregates.
Avatska, 21 septembre 1787. — Lettre de Laperouse au
ministre, envoyant la relation historique de son voyage depuis Macao, avec tables de latitude et de longitude.
Avatska, 25 septembre 1787. —- Lettre de Laperouse au
ministre, appuyant des propositions faites parM. de Langle
en faveur de ses officiers.
Avatska, 25 septembre 1787. — Lettre de M. de Langle
au ministre, au sujet des officiers de YAstrolabe.
Avatska, 25 septembre 1787. — Lettre de Laperouse au
ministre, envoyant un travail de M. de Monneron.
Avatska, 27 septembre 1787. — Lettre de M. de Monneron au ministre, au sujet du travail qu'il envoie en France.
Kamtschatka, 27 septembre 1787. —Lettre de Laperouse --^*mm
CENTENAIRE  DE  LA MORT DE LAPEROUSE. 319
au ministre, au sujet de M. de Lesseps qu'il renvoie en
France.
Avatska, 28 septembre 1787. — Lettre de Laperouse au
ministre, au sujet de ses projets de navigation ulterieure et
de sa nomination au grade de chef d'escadre, qu'il vient de
recevoir.
Avatska, 29 septembre 1787. — Lettre de M. de Langle
au ministre, remerciant de la pension de mille livres, accordee par le roi, dont il vient de recevoir Favis.
Kamtschatka, 29 septembre 1787. — Lettre de Laperouse
au ministre, au sujet d'une tentative de commerce des pelleteries faite par les Anglais a la cote d'Amerique et de la
reception faite a l'expedition par les autorites russes
d'Okhotsk et du Kamtschatka.
Avatska, septembre 1787. — Lettre de Laperouse au ministre, annongant Fenvoi de deux memoires sur Formose et
sur Manille.
Baie de la Botanique (Botany-Bay), 5 fevrier 1788. —• Lettre
de Laperouse au ministre, rendant compte des mesures qu'il
a cru devoir prendre a la suite du massacre de MM. de
Langle, Lamanon et de dix matelots dans Farchipel des Navi-
gateurs, et de la rencontre de Fescadre anglaise de l'amiral
Philip, a Botany-Bay.
Versailles, 7 aoiit 1788. — Minute d'une lettre de M. le
marquis de la Porte-Vezin a M. Thevenard, lui envoyant
diverses depeches destinees a Laperouse en reponse a ses
lettres.
Versailles, 4 aout 1788. — Minute d'une lettre du ministre
& Laperouse, en reponse & ses diverses lettres etapprouvant
toutes les mesures qu'il a prises (18 pages).
Versailles, 31 octobre 1788. —Lettre de M. de Lesseps a
M. le comte de la Luzerne, ministre et secretaire d'Etat, au
sujet d'une expedition secrete prepare a Okhotsk et mise
sous les ordres de M. Billings, ancien aide-astronome de
l'expedition de Cook; son but parait etre de chercher une
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320
CENTENAIRE  DE LA MORT, DE  LAPEROUSE.
route conduisant de cette ville au Kamtschatka, par Focean
Glacial et le detroit de Behring. M. de Lesseps rend compte
egalement de diverses campagnes d'exploration des Russes
et insiste pour que le gouvernement frangais recompense le
gouverneur d'Okhotsk de Faccueil fait a l'expedition de Laperouse (12 pages).
Lettre non datee de Laperouse a M. de Fleurieu, insistant
sur un avancement qu'il a demande pour le chevalier de
Langle.
Lettre non datee de Laperouse a M. de Fleurieu, lui faisant Feioge de M. de Monneron.
Paris, 21 avril 1785. — Lettre de Laperouse a M. de
Fleurieu, au sujet d'un aum6nier qui lui est recommande et
d'un M. Forster qu'il desire embarquer comme interprete.
Note non datee ni signee a M. de Fleurieu, au sujet de
Farmement des fregates.
Paris, 27 fevrier 1785. — Lettre de Laperouse au ministre,
au sujet des inconvenients qu'il y aurait a faire entreprendre
par des vaisseaux du roi le commerce des pelleteries k la
c6te nord-ouest d'Amerique.
Paris, 16 mars 1785. — Note de Laperouse a M. de Fleurieu, au sujet des savants a embarquer sur les fregates, des
objets d'armement et des instructions pour les relaches en
cours de campagne.
Note non signee ni datee k M. de Fleurieu, au sujet des
vivres et divers objets d'armement a embarquer sur les
fregates.
29 mars 1785. — Lettre de Laperouse a M. de Fleurieu,
au sujet de Farmement des fregates et des instructions a
lui donner pour sa navigation.
Paris, 9 fevrier 1785. —. Lettre de Laperouse au ministre,
acceptant la proposition qui lui est faite de prendre le commandement de la campagne de circumnavigation projetee,
mais posant certaines conditions, notamment que le commandement de la seconde fregate soit donne ct M. de Langle. q* IjilJUJ^
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
321
Notede Laperouse aM. de Fleurieu, repoussant Fidoe de
separer les deux fregates pour la campagne a entreprendre
et annongant que M. de Langle accepte de l'accom-
pagner.
Paris, 1785. — Note de Lap6rouse a M. de Fleurieu, au
sujet d'un entretien qu'il eut avec M. le comte d'Artois qui
cherchait k savoir de lui le secret de la campagne projetee.
1785. — Divers etats d'objets d'armement pour les deux
fregates.
— Memoire sur les T&ribratulites ou poulettes et description d'une espece trouvee dans les mers de Tartarie orien-
tale, par M. le chevalier de Lamanon, membre correspon-
dant de FAcademie des sciences (12 pages).
— Memoire sur les Comes d'Ammon et description d'une
espece trouvee entre les tropiques, dans la mer du Sud, par
le chevalier de Lamanon (4 pages).
— Memoire sur les loutres de mer (9 pages).
(Vol. 105. —5 all).
Table des longitudes et latitudes des fregates la Boussole
et YAstrolabe, depuis le depart du Kamtschatka jusqu'a la
Nouvelle-Hollande (2 copies, 4 pages).
— Table des routes de la Boussole (60 pages).
— Table des routes de la Boussole et de YAstrolabe depuis
le depart de Macao jusqu'au Kamtschatka (30 pages).
— Table des latitudes et des longitudes des diflerentes
iles reconnues dans le grand Ocean equatorial, par M. le
comte de Laperouse, obtenues par la combinaison des operations trigonometriques faites a bord de la frigate du roi
la Boussole, assujetties aux points journaliers du vaisseau
determines astronomiquement (3 pages).
— Memoire physiologique et pathologique sur les Am6ri-
cains, par M. Rollin, docteur en medecine, ehirurgien-major
de la Boussole, sous le commandement de M. le comte de
Laperouse, pendant son voyage autourdu monde (30 pages).
— Dissertation sur les habitants de File de Choka et sur
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CENTENAIRE UE LA MORT DE LAPEROUSE.
lesTartares orientaux, par M. Rollin, docteur en medecine,
chirurgien major de la Boussole (17 pages).
— Memoire ou dissertation sur les habitants des iles de
Paques et de Mowee, par M. Rollin, docteur en medecine,
chirurgien-major de la Boussole (17 pages).
— Memoire sur Manille, par Laperouse (6 pages).
— Memoire sur Formose, par Laperouse (7 pages).
— Premier projet de campagne pour M. de Laperouse,
en marge duquel se trouvent des notes du roi Louis XVI,
avec une note contenant quelques changements proposes
dans le premier projet, au bas duquel le roi Louis XVI a
6®rit : Approuve (32 pages).
— Journal du voyage de circumnavigation de Laperouse,
fragment comprenant la traversee de Brest a Madere
(16 pages).
— Extrait du journal de Laperouse relatant la perte de
deux canots avec leurs equipages a Port-des-Frangais
(11 pages).
— Manuscrit du journal de voyage de Laperouse depuis
son depart de Brest jusqu'a Farrivee au mouillage de Macao
(janvier 1787). Bien que l'illustre navigateur s'en defende,
cetle relation n'est pas sans valeur litteraire (286 pages).
— Manuscrit du journal de voyage de Laperouse, pour le
troisieme volume de sa relation officielle, depuis Farrivee a
Manille (fevrier 1787) jusqu'ii Farrivee k Avatska (Kamtschatka), en septembre 1787 (132 pages).
— Manuscrit du journal de voyage de Laperouse, depuis
le sejour a Avatska (Kamtschatka), jusqu'a Farrivee a Botany-
Bay, Australie (janvier 1788) — (164 pages).
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It
I8HS
Pieces de la collection de M. Charavay {Eugene),
expert en autographes.
Lettre de Laperouse a sa mere, datee de Boston, 20 oc-
tobue 1781, donnant des details sur la guerre de Findepen-
dance americaine* CENTENAIRE   DE   LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 323
Lettre de Laperouse k M. Gesnes, chef du bureau des
interpretes au ministere des affaires etrangeres a Versailles,
reclamant pour Fembarquer sur la Boussole une cuisine
nouveau modele sur laquelle ce personnage est charge de
faire un rapport.
Billet de Laperouse a M. Le Dru annongant son depart
tres prochain et le priant de lui envoyer k bord son instrument, ses aimants, et un memoire sur les experiences k faire,
les precautions k prendre, etc.
Lettre de Laperouse a sa soeur, datee de Lorient, 9 novembre 1783, ou il est question d'un proces qu'il est presse
de terminer pour revenir k Paris.
Proces-verbal de perte d'un pistolet tombe a la mer pendant un exercice a bo,rd, signe par le chevalier de La Jon-
quiere, enseigne de vaisseau a bord de YAmazone et con-
tresigne par Laperouse, lieutenant de vaisseau, commandant.
Saint-Malo, 4 aout 1778.     ^'^^p ...
Dossier de M* Etienne Charavay,
Archiviste-paleographe, expert en autographes.
En mer, aborddu vaisseau leLanguedoc, 17 juillet 1779.
— Ordre du comte d'Estaing, vice-amiral de France, au
chevalier de Laperouse, lieutenant des vaisseaux du roi,
commandant la fregate YAmazone, de se rendre a Port-
Royal de la Martinique.
Divers billets de demande de materiel relatifs k Farmement de YAstrolabe et de la Boussole, signes par MM. de
Laborde Marchainville, de Clonard, d'Escures, de Monti,
officiers a bord des fregates.
28 septembre 1784. — Lettre de M. Lamanon, mineralo-
giste, ecrite de Mont-Dauphin a M. Dantic, au sujet d'ex-
plorations qu'il a faites dans le Haut-Dauphine.
Paris, le 8 avril... — Lettre de Laperouse a sa femme,
la suppliant de ne plus lui faire d'observations au sujet de :  ,
324     CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
la campagne projetee, lui annongant qu'il emmene son
frere avec le titre de lieutenant de fregate, et lui contant
Farrestation d'une dame de Saint-Heiin, pour tentative
d'empoisonnement.
Brest, 12 avril 1787. — Note de Laperouse sur M. de La
Silvestrie, qu'il a eu sous ses ordres comme garde de la
marine pendant l'expedition de la baie d'Hudson.
Billet de demande pour objets d'armement de la Boussole, signe Laperouse.
A bord de YAstree, Boston, 30 septembre 1781. — Etat
des depenses, fournitures et approvisionnements fails par
MM. Breck et Green, pour la fregate du roi YAstrie, revetu
des signatures du chevalier de Roquefeuil, de Laperouse et
de M. de Valnais, consul de France a Boston.
Extrait du catalogue de la collection d'autographes
de M. Alfred Bovet.
Baie d'Avatcha (Kamtschatka), 25 septembre 1787. Lettre
de Laperouse au comte... M. de Lesseps, qu'il envoie en
France lui apprendra leur arrivee au Kamtschatka apres une
longue navigation pendant laquelle ils ont encore trouve a
glaner apres les abondantes moissons du capitaine Cook. Ii ra-
conte Faccueil fraternel regu du gouverneur d'Okhotsk et le
prie de temoigner toute sa reconnaissance a l'imperatrice
d@ Russie, Catherine II, pour les ordres qu'elle a donn6s a
cet effet.
Extrait du catalogue de la collection d'autographes
provenant des cabinets de MM. B. Fillon, L. Potier, etc.
A bord de la Boussole, 28 juillet 1785. — Visa sur une
demande ecrite et signee par le chevalier de Clonard. BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES SE RAPPORTANT A LAPEROUSE
OU A SON EXPEDITION, PARUS JUSQU'A CE JOUR,
RELEVES PAR M. GABRIEL MARCEL
1. — Phillip. The voyage of governor Phillip to Botany-bay, with
an account of the establishment of the colonies of port Jackson
and Norfolk island compiled from authentic papers which have
been obtained from the several departments... — London, J.
-   Stockdale, 1789, in-4. |e    ||§a   .
2. — Third edition. — London, for J. Stockdale, 1790, in-8.
3. — Tench. A narrative of the expedition to Botany-bay with an
account of New South Wales... Second edition by captain Wat-
kin Tench of the marine. — London, for J. Debrett, 1789, in-8.
i. — London, for J. Debrett, 1789, in-8.
5. — Tench. Voyage a la baie Botanique avec une description du
nouveau Pays de Galles meridional, de ses habitants, de ses productions et quelques details relatifs a M. de la Peyrouse pendant
son sejour a la baie Botanique par le capitaine Watkin Tench...
— Paris, Letellier, 1789, in-8.
6. — Tench. Belation d'une expedition a la baye Botanique situee
dans la Nouvelle-Hollande, traduit. de Fanglais du capitaine
Watkin Tinch par G. P. (Charles Pougens). — Paris, Knapen,
1789,in-8.
7. — Tench. Nachricht von der Expedition nach Botany bay
nebst Bemerkungen iiber Neu-Sud-Wallis und einem Verzei-
clmiss des civil und militar Staats des neuen Colonie von Port-
Jackson... — Frankfurt am Main, Fleischer, 1789, in-8.
8. — Tench. Reise nach der Botany-bay mit einer Karte.
Yle vol. de : Neue Geschichte der See und Landreisen. — Hamburg, A. Campe, 1789-1808, 19 vol. in-8.. m
9. — E»ortiocu. (Captain Nathaniel). A voyage round the world,
but most particularly to the south west coast of America, performed in the years 1785, 6, 7, in the King George and Queen
Charlotte, captains Portlock and Dixon. — London, 1789,
in-4.. ^- :
SOC.  DE GEOGR.  — 2e TRIMESTRE 1888. IX. — 22
J Ma
lr<i
t
526
CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE
10. — Portiock und Dixon. Reise um die Welt besonders nach den
nordwestlichen Kiiste von Amerika in den Jahren 1785-1788, in
den Schiffen King George und Queen Charlotte. Aus dem Englis-
chen mit Anmerkungen von J. R. Forster. — Berlin, Voss, 1789,
in-8. § '  • :   ■' |
11. — Berlin, Voss, 1789, gr. in-4 (avec gravures et une carte).
12. —Dixon (George). A voyage round the world, but more particularly to the north west coast of America performed in the years,
1785, 6, 7, 8. — London, 1789, gr. in-4. f!
13.—Traduit en frangais par Lebas. — Paris, 1'789, 1 vol. in-4, ou
2 vol. in-8.
14.   -^r Phillip. Philipp's...  Reise nach Neu-Siid-Wallis  nebst
M&ehrichten von einigen neuen Entdeckungen in der Siidsee...
aus dem Englischen (von J oh Balbach).
Porme le tome XVI de : Bibliothek der neuesten Reiesbeschrei-
bung.— Nurnberg, Schneider und Weigel,  1782-1797, 21 vol.
gr. in-8.
■15. — white. Journal of a voyage to New South Wales... by John
Withe esquire,... — London, for J. Debrett, 1790, in-4.
16. — Fiewrieu. Decouvertes des Francais en 1768 et 1769 dans le
sud-estde la NouveUe-Guinee, reconnaissances poslerieures des
memes terres par des navigateurs anglais qui leur ont impose de
fiQipreaux noms, precedees de l'abrege historique des navigations
et des decouvertes des Espagnols dans les memes parages par
M***, ancien capitaine de vaisseau (de Fleurieu). — Paris, Impr.
royale, 1790, in-4.
17. — i/nbotfne (de). Memoire sur la prelendue decouverte faite
en 1788 par des Anglois, d'un continent qui n'est autre chose
que U terre des Arsacides, decouverte en 1768 par M. de Bougainville... et en 1769 par M. de Surville... suivi d'un projet de
sou&cription pourun armement destine a la recherche de M. de
La Per<swise qu^ncroit avoir fait naufrage sur quelque cotede la
mer du Sud. On propose que cet armement soit commande, ou,
au moins, dirige par M. de Bougainville, par M. de Laborde,
ancien premier valet de chambre du roi et gjuverneurdu Louvre,
Fun desfermiers generaux de Sa Majeste. — (S.l.n.d.), in-8 de
16 pages avec carte.
i8. — Phillip. Voyage du gouverneur Phillip a Botany-bay avec
une description de Petablissement des colonies du port Jackson
et de i'iie Norfolk, faite sur des papiers authentiques obtenus des
divers departements... Traduit de l'anglais. — Paris, Buisson,
1791, in-8. CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
19. — Passage de La Perouse a Manille. —- Moniteur du 30 janvier 1790..
20. — Passage presume de La Perouse a Batavia. — Moniteur du
26 fevrier 1790.     |',. %.      rft.
pll — Dupctit-Thonars. Prospectus d'un armement partieulier
pour la recherche de M. de La Perouse (par A. Dupetit-Thouars).
— (S.l.n.d.), in-8. Piece.
22. —Dupetit-Thonars. Supplement au prospectus de M. Dupe-
tithouars... pour la recherche de M. deLa Perouse. — (S.l.n.d.),
in-8. Piece.
23.— Confirmation du passage de La Perouse a Batavia. — Moniteur du 24 mars 1790.
24. — chenier (Andre). Poesies... Edition critique... par L, Becq
de Fouquieres... —Paris, Charpentier, 1882, in-8°.
P. 370. Poeme sur FAmerique :
J'accuserai les vents, et cette mer jalouso
Qui retient, qui, peut-etre, a ravi La Perouse.
9^
(Nous ne citons que cette edition).
- Lessees (Bartheiemy de). Journal historique du voyage de
M. de Lesseps, consul de France, employe dans l'expedition de
M. le comte de la Perouse en qualite d'interprete du Roi; depuis
Finstantoii il a quitteles fregates Francoises au port Saint-Pierre
et Saint-Paul du Kamtschatka jusqu'a son arrivee en France le
17 octobre 1788. —Paris, Impr. royale, 1790, 2 vol. in-8.
26. — Paris, Impr. royale, 1790, 3 vol. in-8.
27. — Meares (John). An authentic copy of his memorial containing
every particular respecting the capture of the vessels in Noot-
ka sound. — London, 1790, in-8.
. — meares(John). Voyages made in the years 1788 and 1789
from China to the north west coast of America, to which are prefixed an introductory narrative of a voyage performed in 178&,
from Bengal, in the ship Nootka, observations on the probable
existence of a north west passage and some account of the trade
between the north west coast of America and China and the latter
country and Great-Britain. —London, 1790, in-4.
- London, 1791, 2 vol. in-8. <     Me ;   e e   *
30. —Paris, an III, 1795, 3 vol. in-8 (traduit par Billecoq).
31. — Berlin, 1796, in-4  (traduit par G. Forster).
32. — Torino, 1798,4 vol. in-8 (traduction italienne).
33. — Dixon. Remarks on the voyage of John Meares in a letter
to that gentleman. — London, 1790, in-4. ^^mtmms&mmssmh^i
m&GMKBsmmm
328
CENTENAIRE DE LA MORT  DE   LAPEROUSE.
34. — London, 1791, in-4.
35. — Meares (Lieutenant John). An answer to Mr. Dixon, late
commander of the Queen Charlotte. — London, 1791, in-4.
36. — lesseps (J.-B.-B. de). Travels in Kamtschatka 1787-1788,
translated from the french. — London, 1790, 2 vol. in-8.
37. — Geschichte der Reisen die seit Cook an der nordwest
und nordost Kuste von Amerika und in der Nordlichen Amerika
selbst von Meares, Dixon, Portlock, Coxe, Long und andere un-
ternommen worden sind... aus dem Englischen ausgearbeitet
von Georg Forster. — Berlin, Voss, 1791, 3 vol. gr. iri-4.
Tiragesapart des parties suivantes : Mearesund Douglas Reisen...
in den Jahren 1786-89. — Berlin, Voss, 1790, in-4.
38. — Berlin, Voss, 1791, 3 vol. gr. in-8.
39. — Laborde (de). Histoire abregee de la mer du Sud... par
M. de Laborde... — Paris, P. Didot 1'aine, 1791, 3 vol. in-8
et atlas in-4.
40. — Forster (Georges). x\nsichten vom Niederrhein von Brabant,
Flandern... (Excursions dans les pays du Rhin inferieur, le Brabant, la Flandre, la Hollande, l'Angleterre et la France...) —
.   „erlin, 1791-1794,3 vol. in-8. "fP^     f
41. — Berlin, 1800-1804, 2 vol. in-8.
42. — 1868, publie par Guillaume Buchner, 2 vol. in-8.
Vol. XIII et XIV de : « Bibliothejj national literatur des achtzehnten
und neunzehnten Jahrhunderts. »
(L'auteur y critique les motifs de l'expedition de La Perouse).
43. — Decret invilant le roi a faire armer deux fregates pour aller
a la recherche de La Perouse. — Moniteur du 10 fevrier
1791.  I '|a ■!
44. — t,esseps (B. de). Reise von Kamtschatka nach Frankreich.
Aus dem Franz, von Prof. Villaume — Riga und Leipzig, 1791,
2 vol. in-8.
45.— Berlin, 1791, in-8. ***•        If J
46. — Demandes de 1'envoi d'une expedition a la recherche de La
Perouse. — Moniteur des 24 janvier, 3 et 29 fevrier 1791.
4/7. — Decret relatif a l'impression des relations envoyees par La
Perouse et decision portant qu'il figurera sur Fetat de la marine
jusqu'au retour des vaisseaux envoyes a sa recherche. — Moniteur du 24 avril 1791.
48. — N° 864. — Loi relative a M. de La Peyrouse et a l'impression
des cartes par lui envoyees. Donnee a Paris le 4 mai 1791. —
Paris, Impr. royale, 1791, in-4. Piece.
49. — Vote d'un million par FAssemblee pour Farmement de deux CENTENAIRE   DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE. 329  B
gabares expedites a la recherche de La Perouse. — Moniteur
du 12 juin 1791. 8
50. — DuPetit-Thouars. Lettre de M. Aristide Dupetit-Thouars a
ses souscripteurs (20 aout 1791) — (S.l.n.d.), in-8. Piece.
51. — Du Petit-Thonars. Etatdes actions et demi-actions remises
a M. de Laborde par les actionnaires ci-apres : — Supplement et
correction du compte provisoire que M. Dupetit-Thouars a rendu
a ses souscripteurs le 20 de septembre (1791). — Paris, impr. de
Rainville (s. d.), in-8. Piece.
52. — Annonce du depart de d'Entrecasteaux. — Moniteur du
28 octobre 1791. ft &   % ~' '     • 1
53. — Projet de decret d'une allocation de 10 000 livres a M. Dupetit-Thouars qui arme deux navires de commerce pour la
recherche   de La   Perouse.   —   Moniteur   du   24   decembre
1791. :| , ■ ■.  • v.-isr
54. — Annonce du naufrage de La Perouse aux iles de PAmiraute
et rejet d'une nouvelle demande de fonds en faveur de Dupetit-
Thouars. — Moniteur du 10 avril 1792.
55. — Decret accordant a Dupetit-Thouars une somme equivalant
a deux annees de ses appointements. — Moniteur du 29 mai
1792. .'..-... I ^ If-        '   - , ■ — ■
56. — iiesseps (J.-B.-B. de). Historisch dagverhaal zijner reize,
zeder thet verlaten van de Laperouse in de haven van Sl Pieter
naarhetfr. — Utrecht, 1792, 2 vol. in-8. ff
57. — Declaration d'un capitaine anglais qui aurait decouvert
sur la cdte de New-Georgia (mer orientale) un batiment naufrage
qui doit etre un de ceux de Laperouse. — Moniteur du 28 juin
1793. § ''   "
58. — Tench. A complete account of the settlement at port Jackson
in New-South-Wales including an accurate description of the
situation of the colony, of the natives, and of its natural productions, taken on the spot by captain Watkin Tench of the marines.
— London, G. Nicol and J. Sewell, 1793, in-4.
5©. — Secours accordes aux femmes des marins embarques avec
La Perouse. — Moniteur du 13 octobre 1793.
60. — Hunter. Historical journal of the transactions at Port
Jackson by Hunter. — London, 1793, in-4.
61. —Hunter. Tagebuch von Port Jackson., Forme les tomes XIX
et XX de : Bibliothek der neuesten Reisebeschreibungen. —
Niirnberg, 1782-97, Schneider und Weigel gr. in-8.
62. — Decouvertes dans la mer du Sud, nouvelles de M. de La
Perouse jusqu'en 1794.  Traces de son passage  trouvees en
1 "'■m'ijilj   ■*    i iit »>ii.wh.umii'ii '  i "    e*w
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PI
B
330
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
diverses isles et terres de Focean Pacifique, grand isle peuplee
d'emigres francais (ouvrage cite par Charton). — Paris (s.d.),
in-8 (ouvrage apocryphe).
63. — €ampe. Sammlung interessanter und durchgangig zwek-
massig abgefasster Reisebeschreibungen fur die Jugend von
J. H. Campe. — Reutlingen, J. Grdzinger, 1794-1803, 12 vol.
in-8. f|      A.     •        ■ - ! ■ ■ jjg-
64. — Details donnes par Willaumez sur la fin de l'expedition de
d'Entrecasteaux. —Moniteur Aw. 7 mars 1795,
65. — Details donnes par Lalande sur l'expedition de d'Entrecasteaux. — Moniteur du 13 juin 1795.
€6. — Forster (Joh. Reinold). Voyage philosophique et pilto-
resque sur les rives du Rhin, a Liege, dans la Flandre, le Rra-
bant, la Hollande, et fait en 1790, traduit de l'allemand avec des
notes par Charles Pougens. — Paris, F. Buisson, an III (1795),
2 vol. in-8.
67. — Annonce de l'impression des observations geographiques
faites par Dagelet (296 suite des Notices de VAlmanack sous verre
des associes contenant les decouvertes, inventions... 1768-1810,
in-4, an IV, colonne 783, parag. 99).
68. — Miiet-Mureau. Voyage de La Perouse autour du monde,
public conformement au decret du 22 avril 1791 et redige par
M. L.-A. Milet-Mureau,... — Paris, impr. de la Republique,
an V (1797), 4 vol. in-4 et atlas gr. in-fol.
69. — Entdeckungsreise in den Jahren 1785-88. Herausgegeben
von Mar. L. Ant Milet-Mureau. Aus dem Franz iibers. u. mil
Anmerkungenbegleitetvon J. Rhld. Forster u. Mthi. Ch. SprengeL
— Berlin, 1790, in-8. 'w^^'   -ff
70.—Berlin, 1800, in-8. ■»• \     ..§/
71. — Dupetit-Thouars. Memoire adresse par la famille Dupetit-
Thouars aux actionnaires et a l'equipage du « Diligent» expedie
au mois d'aotit 1792, pour aller a la recherche de La Perouse...
sous les ordres d'Aristide-Aubert Dupetit-Thouars. — Paris, impr.
de Gueffier (s. d.), in-4. Piece.
72. — Fragments du dernier voyage de La Perouse.   — Quimper,
|i 1797, in-8. f     .flfl •   a||"     .
73. — Kotzebue. La P«eyrouse ein Schauspiel in zwei Aufziigen.
— (Theater, 7e vol. — Leipzig, Rummer, 1840-1841, 40 vol.
P'in-12.)f, .-       s;ip & ••■' ■■■ '    '•'     'if
74^ — Collins. An account of the english colony in New-South
eWales with remarks on the dispositions, customs, manners, etc. of
the native... compiled by permission from theMss. of lieutenant-
■■ CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
331
governor King by David Collins... — London for J. fiadell fun
and W. Dawies, 1798, in-4.
75. — London, for T. Cadell and W. Dawies, 1804, in-4.
76. — white. Voyage a la Nouvelle-Galles du Sud, a Botanyb&f r
au port Jackson en 1787,1788, 1789, par John White... traduit
de Fanglais... par Ch. Pougens... —- Paris, GuillaSmej an Vlr
(1798), in-8. :i     -       X% ■ ^ ||f
77. — orasset Saint-Sauveur. Tableau des decouvertes du capi*
taine Cook et de la Perouse, par Jacques Grasset St-»SauYeu**«..
— Paris, Bance le jeune, an VII, 1 flle in-fol. oblong (gravure-
representant les types des naturels visites par ces navigateurtjt
78. — Milet-Mureau. A voyage round the world perfoitlid in the^
years 1786, 1787 and 1788 by the Boussole and Astrolabe, under
the command of J. F. G. de La Perouse, published by Oftfef M
the national Assembly under the super-intendance of L. A. Milet
Mureau,.. Translated from the french. — London for M^blflson^
Edwards and Payne, 1799, 2 vol. in-4 et 1 vol. in-fol.
79. — London, 1799, 2 vol. in-4, atlas.
80. — London, 1799, 3 vol. in-8. -     ^ ,
81. — London, 1807, 3 vol. in-8 et atlas fol.
82. — Trad. sued, par Samcedham. — Stockholm, 1799, in-8.
83. — Milet-Mureau. Lapeyrouse's Entdeckungsreisen herafts-
gegeben von M. C. A. Milet-Mureau. Aus dem franzosMien mit~
Anmerkungen von Joh. R. Forster, — Berlin, 1799, 1 vol. gr.
in-8.   - -■;•.,.•.:■,.
84. — Kleines Magazin der Reisen... von Chr. Schulz. — Berlin,
1799-1805, 4 vol. gr. in-8 (le tome 111 renferme la relation du
voyage de Laperouse).
85. — Magazin von merkwurdigen neuen Reisebeschreibung#n aus
fremdenSprachen iibers. undmit Anmerk. begleitet von J.R. Forster und anderen Gelehrten. — Berlin, Voss, 1790-1839, 39 Vol.
gr. in-8.
Renferme vol. IV. le partie: Lesseps : Reise durch Kantts^fealka.
1791. vol XVI et XVII. La Peyrouse's Entdeckungsreisen heraus-
gegeben von M. G. A. Milet-Mureau. Aus dem franzosischen von
Jh. Reinhold Forster, 1799. iff •     <§f    ft
86. — Lapeyrouse's Entdeckungsreise in den Jahren 1785-1788
aus dem franzosischen... — Leipzig, Hinrichs, 1799, 2 vol. gr.
in-8. •-■ "'-•--- -i • <■■'■§    f|| ■• m
87. — i^a Biiiardiere. Relation du voyage a la recherche de La
Perouse, fait par ordre de FAssemblee constituante pendant les
annees 1791, 1792 et pendant la premiere et la deuxiem-e annee ifif!
CENTENAIRE DE  LA MORT DE  LAPEROUSE,
de la Republique franchise, par le citoyen Labillardiere... —I
Paris, H. Jansen, an VIU, 2 vol. in-4 et atlas gr. in-fol.
87 bis. — Paris, H.-J. Jansen, an VIII, 2 vol. in-8 et atlas in-fol.
88. — iiahiiiardiere. Voyage in search of La Perouse, performed
by order of the Constituant Assembly, during the years 1791.
1792,1793 and 1794, and drawn by M. Labillardiere... translated
from the french. —London, for J. Stockdale, 1800, 2 vol. in-8.
89. — London, 1800, in-4. |r §
90. — iia Biiiardiere. Reise in d. Sudmeer zur Aufsuchung des
Lapeyrouse, aus dem franzos. — Hamburg, 1801, 2 vol. gr. in-8.
91. — BibliothekderneuestenundwichtigstenReisebeschreibungen
und geographischen Nachrichten zur Erweiterung der Erdkunde.
— Weimar, 1800-1814, 50 vol, gr. in-8.
Renferme : Wilson's Beshreibung einer Missionsreise nach den
stillen Ocean in den Jahren 1796-98, nebst Labillardiere Reise in
den Sudsee* Auszeichnet ausdemenglischenvon M. C. Sprengel,
1800. 3 vol. gr. in-8.    'Jjjf ||
92. — Milet-Mureau. Voyage de La Perouse dans Focean Paei-
fique septentrional et meridional pendant les annees 1785-1788,
traduit... par MM. Golenitscheff, Kutusofif. — Saint-Petersbourg
1800-1802, 2 vol. in-8 (en russe). |j§|v .
93. — A voyage round the world perfomed in the years 1793 (sic)
6-7 and 8 by M. de la Perouse, abridged from the original french
journal... — Boston, 180i,in-12. Piece.
94. — zach (F. de). Allgemeine geographische Ephemeriden ver-
fasset von einer Gesellschaft gelehrten und herausgegeben von
F. von Zach,... — Weimar, im Verlage des Industrie-Comptoirs
1798-1829, 79 vol. in-8.!| 'Mm    i><*    #lfeK
(T. VIII, 1801, p. 194, IX. 1802,p.487,497,500. T. XIII, 1804, p. 489.
T. XIV, 1804, p. 117, 511 et passim; a la fin de chaque volume
se trouve une table alphabetique).
95. — Ki in user ma mi (Eberh. Aug. Wilh. von). Taschenbuch der
Reisen, oder unterhaltende Darstellung der Entdeckungen des
XVIIIten Jahrhunderts in Ruecksicht der Lander, Menschen, und
Produkten-Kundefur jede Klasse von Lesern. — Leipzig, E. Fleischer, 1&02-1819, 18 vol. in-16.
96. — Barney. J. Burney's history of the discoveries in the south
sea.— London, 1804-1817, 5 vol.in-8.
97. — Laperouse. Reize naar de Zuider Zee in 1785-88 naar het
franschde M. J. van der Linden. — Groningen, 1805,3 vol.in-8.
98. — Esmenard. La Navigation, poeme par J. Esmenard. —
Paris, Giguet et Michaud, 1806, 2 vol. in-8. CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
3
Le chant VI, page 357 et suivantes, contient un passage relatit a
l'expedition de La Perouse.
99. — cavendish Peiham. The world or the present state of
the universe. — London, J. Stratford, 1806, in-4.
Renferme vol. II, pp. 146-194 :
De Lesseps, travels in Kamtschatka, during the years 1787 and
1788. 1 ■ e|f|f    :        |lf§ ||f'
100. — Avrigni (C. I. L. d'). Le depart de La Perouse ou les
navigateurs modernes; poeme par C. I. L. d'Avrigni....— Paris,
L. Collin, 1807, in-8. H §
101. — Sur le banc du naufrage et sur le sort de M. de La Perouse
par Meu. Flinders (Lettre adressee par Flinders au President et
aux membres de la societe d'emulation de File de France ou il
etait prisonnier de guerre, le 17 janvier 1807). —Annales des
voyages de la geographie et de Vhistoire. Tome X, p. 88.
102. — Cainpe. Bibliotheque geographique et instructive des
jeunes gens ou recueil de voyages interessants dans toutes les
parties du monde pour l'instruction et Famusement de la jeu-
nesse; traduit de l'allemand et de Fanglais par M. Breton. —
Amsterdam, J. G. Dufour, 1807, 2 vol. in-12 (sixieme annee :
Voyage de Portlock et Dixon).
103. — La deuxieme edition a pour titre: Bibliotheque geographique, recueil de voyages dans les quatre parties du monde;
traduit de Fallemand et de Fanglais par M. de B..., en 6 series de
12 vol. Dufour, 1818, 72 vol. in-18.
104. — Rapport du Ministre de la marine au Directoire, en lui pre-
sentant 25 exemplaires du voyage de La Perouse par Milet-
Mureau. — Moniteur du 20 germinal an VI.
105. — Entrecasteaux. Voyage de Dentrecasteaux envoye a la
recherche deLa Perouse, publiepar ordre de SaMajestel'Empe-
reur et roi, sous le ministere de S. E. le vice-amiral Decres,
comte de FEmpire. Redige par M. de Rossel, ancien capitaine de
vaisseau. —Paris, Impr. imperiale, 1807-1808, 2 vol. in-4 avec
un atlas in-fol. de 40 pi.
106. — vanderbourg. Compte rendu du voyage de d'Entrecas»
teaux. — Mer cure de France, Paris, 1809, in-4.
107. — La Perouse ou le voyage autour du monde, tableau histo-
rique, avec un prologue en vaudeville, intitule : le Marin pEO-
vencal. — 1810 (cite par Charton).
108. — Compte rendu et extraits de la relation du voyage de La
Perouse par Milet-Mureau. — Moniteur des 21 et 24 nivdse,
3 et 6 pluvidse an VIII. - VJi'iJiiiiXr
Vfe.
ml
m
334
CENTENAIRE   DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
109. — Carte de PAmerique septentrionale et meridionale ou se
trouvent les trois voyages de Cook et ceux de Mackenzie, Vancouver et Laperouse dressee par Herisson... — (S. 1.), 1810,
1 file 1,17 x 0?86.
110. B Paris, Hocquart, 1839, 1,17 x 0,86.        .   ,
111. — Paris, Hocquart, 1841, 1,17 x 0,86.
112. — Paris, Hocquart, 1842, 1,17 x 0,86. ^
113. — chaudonet Deiandine. Dictionnaire universe!, historique
et bibliographique... D'apres la huitieme edition publiee par
MM. Chaudon et Deiandine. Neuvieme edition... — Paris, impr.
de Mame freres, 1810-1812, 20 vol. in-8.       #   r||
114. —h. (Augustin). Laperouse ou le voyageur autour du monde.
Tableaux historiques a grand spectacle en trois actions representees pour la premiere fois a Paris sur le Theatre de la salle
des Jeuxgymniques le 13 juin 1810, par Augustin H***... Musique
de Foignet fils. — Paris, Barba, in-8, piece (Fauteur est
Augustin Hapde).
115. — Louis xvi. Memoire pour servir d'instructions au Sr de
La Perouse. — Annates de la marine, 1816, 2e partie, p. 11.
116. — Les marins frangais depuis le commencement dela monar-
chie jusqu'a nos jours ou recueil de traits de bravoure, de beaux
faits d'armes, de reponses ingenieuses, de mots piquants de tous
les marins francais et contenant en outre des details sur le
voyage de M. de La Peyrouse, un extrait des instructions qu'il
avait regues et une notice sur les officiers qui ont ete envoyes a
sa recherche. —Paris, Ledentu, 1816, in-12.
117.—Paris, Ledentu, 1827, in-12. §2   #
118. — Notice necrologique sur Aristide-Aubert Du Petit-Thouars.
§| Annales maritimes, 1817, 2e partie, p. 242.
119. — Burney. A memoir on the voyage of d'Entrecasteaux in
search of La Perouse by James Burney... — London, Printed by
Luke Hansard, 1820, in-8 de 22 p.
120. — Analyse du memoire sur le voyage de d'Entrecasteaux a la
recherche de Laperouse par M. le capitaine Burney. — Nouvelles
Annales des voyages, 1820, p. 417.
121. — vinaty. Eloge de La Perouse, ouvrage qui a obtenu Feglan-
tine d'or decernee par FAcademie des jeux floraux de Toulouse
au concours de 1823, par J.-A. Vinaty,... — Paris, Didot pere et
fik, 1823, in-8. Piece. #; '    '#
122. — caiiiot. Nouvelle histoire des naufrages anciens et
modernes... par Ant G*** t... — Paris, Corbet aine, 1824, in-12.
123. — Gerard. Vies et campagnes des plus celebres marins fran-
L%i wmwm.
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
335
gais, depuis Francois lcr jusqu'a nos jours, contenant un expose
succinct et rapide des faits glorieux, des actions eclatantes et des
exemples admirables de bravoure, de courage et d'intrepidite
qui ontillustre nos marins... par Gerard (Cousin d'Avallon). —
Paris, Corbet aine, 1825, in-12. #
124. — Nouvelles donnees par l'amiral Manby qu'on aurait decou-
vert dans une ile entre la Nouvelle-Calodonie et la Nouvelle-
Guinee une croix de Saint-Louis et des medailles de Louis XVI.
Nouvelles Annales des voyages, 1825, p. 425.
125. — Memes nouvelles. — Bull. Soc. geogr. de Paris, aout 1825.
126. — La Peyrouse, poeme precede d'une notice biographique de
La Peyrouse, de la liste de tous les officiers, savants et autres,
attaches a l'expedition commandee par La Peyrouse, ainsi que
des nouvelles parvenues en 1827 sur le sort de cette expedition,
par ***. — Paris, Delaunay, Mme Huzard et Bachelier, 1827, in-8.
127. — Decouverte que le capitaine Dillon croit avoir faite du lieu
du naufrage de La Perouse. Envoi du jeune Chaigneau pour
Faccompagner. — Annales maritimes, 1827, deuxieme partie,
||t.Ier, p.497. '■■ ■■- #i|v- -
128. HI Nouveau renseignementsur le lieu ou l'pn suppose que La
Perouse a naufrage. — Bull. Soc. geogr. de Paris, aout 1827.
129. — Nouvelles de YAstrolabe commandee par Dumont d'Urville.
— Annates maritimes, 1827, deuxieme partie, t. ler, p. 545.
130. Nouvelles de l'expedition de Laperouse. — Moniteur du
30 avril 1827, <||p^ fl §     f§'
131. — Recherches sur les traces de l'expedition de Laperouse. —
London and Paris Observ., 22 juillet 1827.
132. — Critique des objets rapportes de Mallicolo par Dillon. —
Gazette de Vile Maurice, 27 octobre 1827.
133. — Sur la mort de Laperouse a File Manicolo, Fune des iles
de Parchipel duSaint-Esprit. Lettre de M. J. Russel... 7 novembre
1827. — Bull. Soc. geogr. de Paris, mars 1828.
134. — L'expedition du capitaine Dillon. — Journal des voyages,
1827, p. 234. W-    jf|| ^JM    '"^^
135. — La premiere expedition de Dillon. — Nouvelles Annates
des voyages, 1827, p. 134.
136. — La Perouse. — Sydney Gazette, 25 janvier 1828.
137. — Dumont d'Urville. Rapport au ministre de la marine. —
Nouvelles Annales des voyages* fevr. 1828, p. 244.
138. — Dumont d'Urville. Rapport au ministre de la marine. —
Journal des voyages, fevr. 1828, p. 252.
139. — Nouvelles de la corvette YAstrolabe. Lettre de MM. Cordier
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336
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
et Chaigneau. L'expedition Dillon. —Annales maritimes, janvier
et fevrier 1828, p. 209, 229, etc., 567.   |||| |
140. Nouveaux renseignements sur le naufrage de Laperouse. —
Bulletin des sciences geographiques... publie sous la direction
de M. le baron de Ferussac, t. XIII, 1828, p. 236; t. XIV, p. 301.
141. — Sur la mort de Laperouse a File Manicolo. — Bull. Soc.
geogr. de Paris, mars 1828, p. 161.
142. — Expedition ayant pour objet de decouvrir le sort de
Laperouse. —London and Paris Observ., 23 mars 1828,
p. 187. |
143. — Decouverte des reliques de l'expedition de Laperouse, —
Calcutta Government Gazette, may 1828.
144.— Sur La Perouse. — London liter. Gaz., 6 septembre 1828.
145. — Expedition de Dillon et decouvertes faites a Mallicolo. —
Bull. Soc. geogr. de Paris, sept. 1828.
146. — Premieres nouvelles donnees par l'expedition de Dumont
d'Urville de la decouverte faite a Mallicolo par Dillon. — Bull'
Soc. geogr. de Paris, oct. 1828.
147. — Plan de campagne pour la recherche des debris de l'expedition de Laperouse. —Le Globe, 4 oct. 1828, p. 737.
148. — Dernieres nouvelles sur Laperouse, extraites dela Gazette
de Calcutta. — Moniteur du 4 oct. 1828.
149. — Nouvelles de PInde sur La Perouse.—Journal des Debats,
■   5 oct. 1828, p. 3. -:.SS^ if
150. — Nouvelles des decouvertes du capitaine Dillon. — Nouvelles
Annales des voyages, 1828, p. 235.
151. — Voyage du capitaine Dillon, entrepris pour constater le sort
de La Perouse. — Orient Heralds, oct. 1828, p. 145.
152. — Arrivee de M. Chaigneau en France. — Moniteur du
13 oct. 1828, p. 1698.
153. — L'expedition du capitaine Dillon. — Journal des voyages^
1828, p. 254. .|
154. — Routes de La Perouse, etc. — Annales maritimes, 1828,
deuxieme partie, t. Ier, p. 209, 313, 701; t. II, p. 321.
155. — Dumont d'Urville. Rapport a S. E. le ministre de la
marine sur les operations de la corvette VAstrolabe (renseignements sur le passage de La Perouse a Annamouka.) —
Annales maritimes, 1828, deuxieme partie, p. 663.
156. — DiUon. Lettre. — Morning Chronicle, 21 janvier 1829.
.157. — Dernieres nouvelles sur La Perouse. — Moniteur des 24
et 27 fevrier 1829.   . f '    %   '
158.— Quoy et Gaimard.  Lettre de MM. Quoy et Gaimard,
: i imi.imj^wwBP^wi<" !«m:* i»w
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
337
medecins embarques sur YAstrolabe, a M. Louis de Freycinet,
en date du Port-Louis de File de France le 18 octobre 1828. —
Bull. Soc. geogr. de Paris, avril 1829.
159. — Monument a elever a la memoire de La Perouse par la
ville d'Alby. — Journal de Paris, 30 avril 1829.
160. — Recherches sur les traces de l'expedition de La Perouse.
Arrivee de M. Chaigneau en France. — Bulletin des sciences
geographiques ... publie ... par M. le baron de Ferussac, t. XVII
1829, p. 220. 1 I
161. — Voeux emis pour une nouvelle expedition de La Perouse.
— Annales maritimes, 1829, t. Ier, p. 119.
162. — Biographie de La Perouse dans le Navigateur, journal
des naufrages et des autres evenements nautiques, par une societe de marins. — Havre, Hue, 1828-1835, 8 vol. in-8; 1829,
p. 352.
163. — Notice de l'exposition faite au foyer du theatre de la
Porte-Saint-Martin de tous les debris en nature provenant du
naufrage de La Perouse. — Paris, bureau de location, 1829,
in-8. Piece.
164. — Dernieres nouvelles sur le lieu du naufrage de La Perouse.
— Journal des voyages, 1829, p. 112.
165. — Relation du voyage autour du monde de la corvette du
Roi la Bayonnaise, commandee par M. Legoarant de Tromelin.
— Annales de la marine, 1829, t. II, p. 288.
166. — Monument a elever a la memoire de La Perouse. — Journal
de Paris, 30 avril 1829. '%' *^P^
167. — Notice sur l'expedition de La Perouse et les voyages de
Dillon et de Dumont d'Urville. — Bull. Soc. geogr. de Paris,
mars-mai et juin 1829.
168. — Autran. Discours sur le retour de YAstrolabe en France,
prononce dans la seance publique de PAcademie de Marseille
par M. Paul Autran, ... le 10 mai 1829. — Marseille, impr. de
Feissat, 1829, in-8. '     :f0l&, ^   ^
169. —Bajot. Abrege historiqueet chronologique des principaux
voyages et decouvertes par mer depuis Fan 2000 avant Jesus-
Christ, jusqu'au commencement du xixe siecle. — Extrait des
Annales maritimes et coloniales, publiees par M. Bajot ...
— Paris, Impr. royale, 1829, in-8.
170. — Hapde. Expedition et naufrage de La Perouse, recueil
historique des faits, evenements, decouvertes, etc., appuyes de
documents officiels, par A. Hapde... — Paris, Delaunay, 1829,
in-8. MM
338
CENTENAIRE  DE   LA  MORT  DE   LAPEROUSE.
171. — Deuxieme edition. Paris, Delaunay, 1829, in-8.
172. — Dillon (Peter). Narrative and successful results of a voyage
in the .south seas performed by order of the government of
british India, to ascertain the actual fate of La Perouse's expedition... — London, 1829, 2 vol. gr. in-8.
173. — Dumont d'crviiie. Rapport sur les operations de la corvette YAstrolabe (recherches a Vanikoro.) — Annales maritimes, 1829, deuxieme partie, t. ler, p. 86.
174. — Bossei (Ch. de). Rapport sur la navigation de YAstrolabe,
lu a PAcademie des sciences le 17 aout 1729. — Annales maritimes, 1829, deuxieme partie, t. II.
175. — Bossei. Rapport sur la navigation de YAstrolabe, commande par M. Dumont d'Urville, lu a PAcademie royale des
sciences dans la seance du 17 aout 1829, par M. le chevalier de
Rossel. — Paris, impr. de Tastu, 1829, in-8.
176. — Dumont d'urviiie. Rapport sur le voyage de YAstrolabe,
lu a PAcademie royale des sciences (Institut de France) dans la
seance du 11 mai 1829, par M. Dumont d'Urville. — Paris, impr.
de Coniam, 1829, in-8.
177. — Monument a elever a la memoire de Laperouse. — Bulletin des sciences geographiques ... publie ... par M. le baron de
Ferussac. — T. XX, 1829, p. 437. .|      |;, l      ||
178. — Dumont d'tirviiie. lu Astrolabe a Vanikoro. — Bull.
Soc. geogr. de Paris, decembre 1829.
179. — NoUvelle bibliotheque des voyages ou choix de voyages
les plus interessants. — Paris, Lecointe, 1829-1833, 92 vol. in-12,
t. LXXVI1-LXX1X. |
180. — De La Perouse Reise naar de eilanden den zuidzee, gedu-
rende 1827 en 1828. — Amsterdam, 1830, 2 vol. in-8.
181. — Dillon. Voyage aux iles de la mer du Sud, en 1827 et 1828,
et relation de la decouverte du sort de La Perouse, dedie au
Roi par le capitaine Peter Dillon. — Paris, Pillet aine, 1830,
2 vol. in-8. H   .  "" e§ | 1 ^
182. — Resultats du voyage de Laperouse. — Bull. Soc. geogr,
de Paris, oct. 1830, p. 159.
- Extrait du journal de James Hobbs, premier officier de
YUnion de Calcultta, capitaine John Nichols... 14 avril 1811.
— Bull. Soc. de geogr. de Paris, octobre 1830.
(Cet officier rapporte avoir vu un espars plante sur une des iles
Salomon situee par 8°18' lat. Sud et 156°30' long Est, mais
n'avoir pu debarquer par suite de la crainte que ses compagnons
avaient d'etre manges.)
183.
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mtsam —« wiwiih
CENTENAIRE  DE   LA  MORT  DE   LAPEROUSE.
339
184. — Lesson (R.-P.). Journal d'un voyage pittoresque autour
du monde execute sur la corvette la Coquille, commandee par
M. L.-J. Duperrey pendant les annees 1822, 1823, 1824, 1825,
par R.-P. Lesson. — Paris, A. Gobin, 1830, in-8. Le t. Iel seul
a paru.
185. — Analyse du voyage de la corvette YAstrolabe autour du
monde. — Nouvelles Annates des voyages, 1830, p. 317.
186. — Freycinet (de). Institut de France. Academie royale des
sciences. Rapport sur la relation du voyage du capitaine Dillon
et la decouverte faite par ce marin des debris de l'expedition
de Laperouse. — Annates maritimes, 1830, deuxieme partie.
.    t. ler, p. 422. ;    '   ••-• :■■'■ ■       -. ■''-- -•; - S
187. — Dumont d'Urville. Voyage de la corvette YAstrolabe
execute par ordre du Roi pendant les annees 1826, 1827, 1828,
1829 sous le commandement de M. J. Dumont d'Urville (histoire
du voyage). — Paris, J. Tastu, 1830, 5 vol. in-8.
188. — Cooiey (Desborough). History of maritime and inland
discovery. — London, 1830-1831, 3 vol. in-12.
189. — Deuxieme edition. London, Longmans, 1846, 3 vol. in-12.
190. — Voyage de La Perouse, redige d'apres ses manuscrits ori-
ginaux, suivi d'un appendice renfermant tout ce que Fon a
decouvert depuis le naufrage jusqu'a nos jours, et enrichi de
notes de M. de Lesseps, consul general de France a Lisbonne
et seul debris vivant de l'expedition dont ii etait l'interprele. —
Paris, Arthus Bertrand, 1831, in-8.
191. — Dumont d'urviiie. Notice sur les iles du Grand Ocean lue
a la Societe de geographie de Paris dans la seance du 5 Janvier 1831. — Paris, impr. de Dupuy, 1831, in-8.
192. — Woiiiez. Vies et aventures des voyageurs, extraites des
relations les plus curieuses et faisant suite au Nouveau Voya-
geur de la jeunesse dans les cinq parties du monde, par Mme
Woillez. — Paris, J. Langlume et Peltier, 1832, in-12. (L'au-
teur croit que Laperouse a du perir en se rendant de Botany-
bay aux iles des Amis et semble ignorer les decouvertes de
Dillon et de Dumont d'Urville.)
193. — Deuxieme edition. Paris, Langlume et Peltier, 1833,
in-12.    ' . ;    4 e^^|f Jfr       .   - ■;•
194. — Nouvelle Bibliotheque des voyages, ou Choix des voyages
les plus interessants. Laperouse. — Paris, Lecointe, 1832, vol.
in-12. (Forme les tomes 77 a 81 de la collection.)
195. — Voyages de decouvertes. Laperouse. — Magasin pittoresque, 1833, pp. 397-398.
:ss
-^ ;
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8L
340
CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
196. — Dumont d'urviiie. Voyage de decouverte autour du
monde et a la recherche de Laperouse, sur la corvette VAstrolabe. —■ Paris, 1832-1834, 6 vol. in-8 de texte et atlas.
197. — Albert niontemont. Bibliotheque universelle des voyages
eflectues par mer oupar terre dans les parties diverses du monde
depuis les premieres decouvertes jusqu'a nos jours... revus ou
traduits par M. Albert Montemont... — Paris, Armand Aubrie,
1833-1836, 46 vol. in-8. |
198. — boux de Bocheiie. Notice sur les voyages de M. de
Lesseps lue a la Societe de Geographie dans la seance du 4 juillet 1834. — Bull. Soc. geogr. de Paris, juillet 1834.
199. —Dumont d'urviiie. Voyage pittoresque autour du monde.
Resume general des voyages de decouvertes de Magellan, Tas-
man, Dampier, Anson, Ryron, Wallis, Carteret, Bougainville,
Cook, Laperouse, sous la direction de M. Dumont d'Urville.
— Paris, L. Tenre, 1834-1835, 2 vol. in-4. I      lp||f §|
200. — Dumont d'urviiie. Malerische Reise um die Welt. Eine
geordnete Zusammenstellung des wissenswerthesten von den
Entdeckungsreisen eines Byron, Wallis, Carteret, Bougainville,... verfasst von einer Gesellschaft Reisender und Gelehrter
unter der Leitung des Herrn Dumont d'Urville. In's Deutsche
uebertr. und mit einigen Anmerkungen und Zusastzen versehen
von A. Dietmann. — Leipzig, Baumgartner, 1835-1839, 2 vol.
gr. in-4.
201.—iiennequin. Biographie maritime ou notices historiques
sur la vie etles campagnes des marins celebres francais et etrangers par M. Hennequin,... — Paris, Regnault, 1835,3 vol. in-8.
202. — Domeny de Bienzi. Oceanic — Dans YUnivers pittoresque, Revue geographique et ethnographique de la Malaisie,
de la Micronesie, de la Polynesie et de la Melanesie. — Paris,
1836, 3 vol. in-8. ' jj|, |      %
203. oamier (E.). Nouvel abrege de tous les voyages autour
du monde depuis Magellan jusqu'a Durville et Laplace, 1519-
1832, par E. Gamier. — Paris, Lavigne, 1836, 2 vol. in-12 (la
couverture porte : Bibliotheque des families).
204. — Deuxieme edition. — Paris, Lavigne, 1838, 2 vol. in-12.
205. — Septieme edition. — Tours, Maine, 1852, in-12. (Bibliotheque de lajeunesse chretienne; le nom de Fauteur a disparu.)
206. — Chantai. Vies et aventures remarquables de"s plus celebres voyageurs modernes ou recit anecdotique de leurs courses
marines ou terrestres, de leurs dangers, de leurs succes et de
leurs rencontres les plus curieuses et d'une foule de particula- JlikkuJi, !ipJJpilU!!ll'
CENTENAIRE  DE  LA MORT DE LAPEROUSE.
341
rites surprenantes par J.-B. de Chantal. — Paris, Fruger et
Brunet, 1836, 2 vol. in-12.
207. — Lelzte Schicksale und Entdeckungen des franzosischen
Schiffscapitains Grafen de La Perouse und der Mannschaft
der Fregatte la Boussole jenseits des 85ste Grade nordlicher
Breite. Nach den von Reiddiff im Jahre 1835 auf der Bcerri
lnsel aufgefundenen Schieffstagebuchern und Manuscripten. Aus
dem Enpflischen. — Hanau, Konig, 1837, gr. in-8. (Relation
imaginaire.)
208. — Dumont d'Urville. Analyse du voyage de decouvertes
autour du monde et a la recherche de Laperouse par Dumont
d'Urville. — Nouvelles Annales des voyages, 1838, p. 95, 231.
209. — Freminviiie (le Chrde). Nouvelle relation du voyage a la
recherche de Laperouse, execute en 1791, 92,93 et 94 par d'Entrecasteaux. — Brest, 1838, in-8.
210. — Bougainville (Y.-H.-P. de). Journal de la navigation
autour du globe de la fregate la Thetis et de la corvette VEs-
perance executee pendant les annees 1824, 1825 et 1826. —
Paris, A. Bertrand, 1838, 2 vol. gr. in-4 et atlas gr. in-fol.
211. — Musee de la marine au Louvre. Pyramide Laperouse. —
Magasin pittoresque, 1838, p. 271, 272, 399, 400.
212. — Lesson. Voyage autour du monde, entrepris... sur la corvette la Coquille.—Paris,P.Pourrat freres, 1838-1839,2 vol. in-8.
213. — La Science populaire de Claudius. Simples discours sur
toutes choses. Voyage de Laperouse autour du monde. — Paris,
- J. Renouard, 1839, in-24. f     f
214. — Carte de l'Amerique septentrionale, ou se trouvent les
voyages de Cook, de Mackenzie, Vancouver, Laperouse, Parry et
Franklin, ainsi que les decouvertes les plus recentes, dressee
par Herisson... revue, corrigee et augmentee en 1839. -—
Paris, Hocquart (s. d.), 1 feuille 1,18 x 0,86.
215. — Nouvel abrege de tous les voyages autour du monde depuis
Magellan jusqu'a d'Urville et Laplace. Nouvelle edition, revue
et corrigee par une Societe d'ecclesiastiques. — Tours, A Mame,
1839, 2 vol. in-12.
(Bibliotheque de lajeunesse chretienne.)
216. — Sixieme edition. — Tours, Mame 1850, 2 vol. in-12.
217. — Septieme edition.       —        —
218. — Huitieme edition.       —        —
219. — Neuvieme edition.      —        —
220. — Dixieme edition. —        —
SOC.  DE  GEQGR.  — 2e TRIMESTRE 1888. IX.
1856,
1859,
1862,
n
i
i w ni«i*ini an imiMiii un sm
CENTENAIRE DE  LA MORT DE  LAPEROUSE*
221. — Onzieme edition. —Tours, Mame 1865, 2 vol. in#2.
222. — Douzieme edition.      —        —ei4867, $*—      *—       jp
223. — Treizitoe edition.      —      ! —   1870, fa- »tj —  ■■■■•-• jjp
224. — Quatorfci&me edition.  —        —   1875,    zmt    —
225. — Valentin. Voyages et aventures^de Laperouse pa^f. Vfa-
lentin. — Tours, Mame, 1839, in-12.
(Bibliotheque de la jeunesse chretienne.)
226. — Troisieme edition. — Tours, Mame, 1842, in-12. ^J."?
227. — Sixieme,edition, • t:i.   ,—     |—    1852.   — wLW' "'.
-Septieme edition. — —
- Huitieme edition. — —
- Neuvieme edition.       ijK        —■
231. — Dixieme edition. — —
232. — Onzieme edition. — —
233. — Douzieme edition. — —?
234. — Treizieme edition. — . .^~
235. — Quajtorzieme edition. — -—
230.
1856,
1859,
1862,
1864,
1866,
1869,
1872,
1875,
236. — Dietzniann. Merkwiirdige Reisen und Seefahrten aus
dem Englischen ubersetzt von A.Bietzmann und Jon. SporschB.-
— Pesth, Rartlemen, 1840, 6 vol. in-8.
237. — cooiey. Histoire generale des voyages de d&eouverle¥
maritimes et^continentales traduite par Ad. Joanne%t OldStek
(Forgues). — Paris, Paulin, 1840, 3 vol. in-18.
208. — Joarizti. Viage dramatico al rededor del n&ffldta.?-A Venturas de los mas afamados viajeros Colon, Vasdelde Gama, Ves-
pucio, Cortereal, Acunha, Cortes, Magallanes, Elcano, Pizarro,
Alma^h),Villoughby, Drake, Barentz, Bering, Hudsb#£l$otzebue,
Bougainville, Mungo Park, Cook, Wilson, Lemaire, Lapeyrouse
{sic), Ross, Dumont d'Urville... y naufragios ceiebre.-..t&specto
y naturaleza de los paises menos conocidos... arregfkdo por
"'■ftdolfo Joarizti. — Barcelona y Madrid (s. d.), 2 vol. gr. in*8.
239.lSouvelle bibliotheque des voyages ancienset modernesiconte-
nant larelatron complete ou analysee des voyages de Chritetophe
Golomb, Fernand Cortez, Pizarre, Anson, Byron,- Bougainville,
Cook, Laperouse. — Paris, P. Dumenil, 1841-1842,12 vol. in-8.
240. — L'amiral Dumont d'Urville. — Magasin pittofksque, 1841,
p. 177, et 242 & 244.
241. — Cooiey. Allgdmeine Geschichte der Reisen unit Ent-
deckungen zu Washer und zu Land seit dem Anfang der-Welt
bis auf urisere Tage. Nach dem Englischen von Heintfteh Eisner.
-- Stuttgart, fiallberg, 1841-1842, 2 vol. in-16.
1
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V-\
El CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE LAJWOUftl,
343
242.— Diatiii. Histoire pittoresque des voyages dans les cinq
parties du monde, recueil de descriptions pittnresques, #es .-ggcpts
curieux, des scenes variees, des decouvertes scientificpigs, des
mceurs et coutumes qui offrent un interet universel. Extrait des
voyages de Cferiatophe Colemb, Pizarre, ha. Condamin,e» — Basis,
Ardant, 1843, 5 vol. in-8.
243. — Extrait de Magellan, Byron* Wallis, BougainvjJte^urviHe,,
Marion, Cook, Laperouse, d'Entreca«stjaiaux,fPe;ler Dillon, jDumput
d'Urville. — Limoges, Paris, Ardant, 1847, 2 vol. gr. in-8.
244. -r- ouerin (Leon). Histoire maoi^me de la France depuis ies
temps anciens jusqu'a no$#@iirs,— Paris, A. Ledoux,, 1842-184&
2 vol. in-8.
245. — Deuxien&e edilkm. Paris, Andrieux, 1843, 2 mpl. in-i$; '
246*—  Troisieme   edition.   Paris,  Belin,  Leprieuo? ,et .MlWftjot,
i8&6~I£48, 3 ml.^r. m$. f|i-   rfij «
247. — Barms. Vie, voyages et aventoresde l^tfmir^l Bumojat
dW^wile, comtenantt ia relation des voyages ^aifctaMir^ja jsaondie
de cet illustre marin, par M. de Barins,— Paris, Le Bailly, 1.84$,
m-m. ^. i      .'§£•,..   . r^   -^^.   zktmi
248. — Paris, Le^aillf, 1851, in-18.|r
249. — Paris, Le Bailly, 1863, in-18. ,^1
250. — Paris, Le Bailly, 1867, in-18. ;;. ... |p
251. — iicmercier. Les ^narins acelebres lie-la France pm\Adriep
Lemercier. — Tours, A. Mame, 1844, in-i$.
(Bibliotheque des e coles .chretiewi()ke<s.)
25&.— Tows, Mame,1849rin-1& f     ,||
ssl .   —   -m- 1850,— I ';;i,
WB: : —       : —        1857       -r , ... /
256. —        —   1860   —
257. ■.       —    e^   1865   —       ,-.... ■.,-,,'■,..., .
258. fe.    . -.%   iW>   —     ;       ;. a
259. —       —   l&70ii**8.   ,
260. -.    —     :   —   1872 in-12.    .'   ^..■$§;."',. ;        .  ' ,./|r'.
%U.    '..   — .     —  4:879in-8-   e   :e,'j$i»  ,.    ' ,|^   , ;
262. :  ^    .->™   4878 || . :§, , ^
263. —     e|™   H.88.2   — .    tj„    a  e      \    "•". M
264. —        —   1884   —
265. — Allgemeine EneyGlopatlie.der WJssenscha#e.n.und Kuns,te in
alphabetischenlFolge von genannten Sphriftstellern bearbeitet
und.iuerauSige^eb.enW(On J. S. Ersch und J^CL Gruber. -»-,DriUe «
344
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
Section O-Z. herausgegeben von M. H. E. Maier. Neuenzehnten
Theil (1844). — Leipzig, F. A. Brockhaus, 1818-1868, 73 (?)
vol in-4.
266. —Histoire universelle des voyages, relation succincte et pitto-
resque des navigations et des decouvertes les plus interessantes.
— Paris, B. Renault, 1845, gr. in-8.
267. — Paris, B. Renault, 1853, gr. in-8.
268. — Paris, R. Ruel aine, 1855, gr. in-8.
269. — Paris, B. Renault, 1856, gr. in-8. ^-
270. — Paris, B. Benault, 1857, gr. in-8.
271. __. pariSj R. Renault, 1860, gr. in-8. J«        np-
272. — capus. Laperouse, poeme par Pierre Capus dit Albigeois,
Fami des arts, ouvrier bottier, eleve de la nature. — Albi, chez
Fauteur, 1845, in-8. ^i
273. — Histoire des navigations et des. voyages les plus ceiebre s
depuis les expeditions des Pheniciens et des Egyptiens jusqu'a
la decouverte des deux Ameriques. — Paris, B. Renault (1846),
ft2 vol in-12.   |.:     j§- ' a   ' "   • .    ,. e  ■/.. .
Le second volume a pour titre : Les derniers voyages autour du
monde, histoire des navigations et des decouvertes les plus
interessantes.
274. — Paris, B. Renault, 1847, 2 vol. in-12.
275. — Paris, B. Renault (s. d.), 2 vol. in-12. .%?'..
276. — Paris, B. Renault, 1860, 2 vol. in-12.
277. — Paris, B. Renault, 1864, 2 vol. in-12. j.
278. — Die Weltkunde, in einer planmaassig geordnet in Rundschau der wichtigsten neuern Land-und Seereisen fur das Jun-
glingsalter und die Gebildeten aller Stande auf Grund des R-ei-
severkes von Wilhelm Harnisch dargestellt und herausgegeben
von Fr. Heinzelmann.  Leipzig, Fleischer, 16 vol. grand in-8>
1^1847-1855. Ij£ -     |
Renfermant, tome VI: /. Dumont d'Urville, Reise nach demSudpol
und Oceanien, nebst Reisen auf Nicholland und Tasmanien.
Herausgegeben von Friedrich Heinzelmann. Mit einem Stahlstich
und einer Karte, 1851. HH
279. — van Tenac Histoire generate de la marine. — Paris, rue
du Faubourg-Montmartre, 10, (1847-1848), 4 vol. in-4.
280. — Paris, E. et V. Penaud, (s. d.,) 4 vol. in-4.
281. — victor Biancnard. Voyages de la Perouse- autour An-
monde. — Limoges, Ardant, 1848, in-12.
282. — Jounanneaud (abbe Paul). Beautes de Fbistoire des
voyages anciens etmodernes.—Paris, Limoges, Ardant, 1848, in-8. -    ..imrn
-"=*?*"
CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE   LAPEROUSE.
345,
283. — Paris, Limoges, Ardant, 1851, in-8.
284. — Paris, Limoges, Ardant, 1852, in-8.
285. — Paris, Limoges, Ardant, 1854, in-12.
286. — Paris, Limoges, Ardant, 1864, in-8.
Bibliotheque religieuse, morale, litteraire de Venfance et de la
jeune sse.
287. — smith. Voyages autour du monde et dans les contreesles
plus curieuses du globe depuis Christophe Colomb jusqu'a nos
jours... mis en ordre par William Smith. — Paris, societe bibliophile (1849), 12 vol. in-8. Jf:   , .
288. — Paris, societe bibliophile, 1850, 12 vol. in-8.
289. — Paris, societe bibliophile, 1852, 12 vol. in-8.
290. — Paris, librairie de FEncyclopedie du xixe siecle, 1877,
12 vol. in-8. .   .J|    a
291. — Graves (J. de). Voyages et aventures des marins et des
navigateurs les plus celebres, ou Resume de leurs expeditions,
de leurs naufrages et de leurs combats. — Paris, Limoges,
Ardant, 1851, in-12. Bibliotheque religieuse, morale, litteraire
pour Venfance et la jeunesse. |||
292. — Paris, Limoges, Ardant, 1856, in-12. ,       /|g|| ;
293. — Paris, Limoges, Ardant, 1857, in-12.
294. — Paris, Limoges, Ardant, 1859, in-12.
295. — Paris, Limoges, Ardant, 1862, in-12.
296. — Paris, Limoges, Ardant, 1863, in-12.
297. — Paris, Limoges, Ardant, 1864, in-12.
298. — Limoges, E. Ardant et C. Thihaut, 1867, in-12.
299. — Limoges, E. Ardant et C. Thibaut, 1869, in-12.
300. — Limoges, E. Ardant, 1874, in-12.
301. — Corsse.Discours prononceparle general baron Gorsse,...
a Finauguration de la statue de Laperouse a Albi, le 23 janvier
1853. — Albi, impr. de M. Papailhau (s. d.), in-4. Piece.
302. — Papailhau. Notice historique par M. Papailhau. — Albi,
impr. de M. Papailhau (1853), in-8.
303. — Laperouse. — Albi, imp. de M. Papailhau (1853), in-4. Piece.
304. — Jasmin. Lapeyrouso. A la bilo d'Albi. — Albi, 1853, in-4.
Piece.
305. — Dumont d'urviiie. Voyage autour du monde publie sous
la direction du contre-amiral Dumont d'Urville. Nouvelle edition
revue et corrigee. — Paris, Furne, 1853, 2 vol. in-4.
306. — jurien de la Graviere. Voyage en Chine pendant les
annees 1847, 1848, 1849, 1850, par le vice-amiral Jurien de la
Graviere. — Paris, Hachette, 1854, 2 vol. in-18.
-—-
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WM
CENTENAIRE DE LA  MORT  DE LAPEROUSE.
307. — Deuxieme edition. Paris, Hachette, 1864,2 vol. in-18. P. 287
du deuxieme volume il donne des renseignemenls sur le lieu du
naufrage des survivals de FexpedHion de la Perouse.
308. — jouhanneaud (abbe). Album des voyages anciens et
modemes par M. l'abbe Paul Jouhanneaud. — Limoges et Paris,
M. Ardant, 1854, in-12. Bibliotheque religieuse, morale, liite-
raire de Venfance et de la jeunesse.
309. —- Limoges, Ardant, 1861, gr. in-8.
310. — Limoges, Paris, Aidant, 1869, gr. Ib-8.
311. — cbarton. Voyageurs anciens et modernes oui choix de
relations de voyages les plus interessants et les plus instruetife
depuis le ve siecle avant Jesus*-€hrist, jusqu'au xtxe siecle par
Bd. Charton. —Paris, Magasin pittoresqwe, 1854-1857. 4 vol.
gr. in-8.
312. — Trad, en danoisf par H. Scedring. — Kjobenhavn, Eibe,
1856-1859. 4 vol. in-8. <  .^
313. — Albert Montemont. Voyages aukwr du monde et en
Oc^anie par BougafoviMe, Coo&^Lapertoise, revus et) traduflts par
M. Albert Montemont. — Paris, J. Bry aine, 1855, in-4.
314. — Drohojowska. A travers POceanie par Madame la com-
tesse Drohojowska. — lille, Lefort, 1857, in^fr
315. — jouhanneaud. Album de los viajes antiquos <el modernos
— Paris, Rosa y Bouret, 1857, in-8. (Biblioteca de la faventutfrf*
316. — g. b. Eyries. Viaggio pittoresco in Asia ed in Africa.
Riassunto generale dei Viaggiantiehie moderni, secundo Erman,
Lesseps, G, I. temelin ece. Prima Traduzione italiana di Silt.
Bandarini. —^Venezia, Antonel^ 1857-1858, 2 vol. in*-4.
317. — Neumann. Zeitschrift far allgemeine Erdkunde mit
Unterstutznng der Gesellschafi fur Erdkunde 2U^Berlin und unter
besonderer Mitwirkung von H. W. Dove, herausgegeben von
Dr D. Neumann. —I Berlin, D. Reimer, 1888, vol. in-8. 5e s&ne,
1-858, renferme p. 377-414 : « Wanikeito und der Sehiffbuch Ms
La Perouse von Director Meinicke in Prenzlau. »
318. — nyenne. Bibliotheque pour tous. La Perouse, avenfcares
et naufrages par Robert Hyenne. — Pari9,G.> Havard, 1859, gr.
in-8. Piece.
319. —Paris, Havard, 1861, gr. in-8. Pi&ee.
320. — Histoire des plus ce^fires marins francai$ ameiens et mo-
dernes, ou valeur, intrepidite et courage des grands hommes de
notre marine. — Paris, Le BaiWy, 1859, kl-18.
321. — Denncry, de jaiiais et Thi«ry. Le naufrage de Laperouse, drame en cinq acttes et neuf tableaux... -— Paris, M. L£vy, ©ENTENAIRE DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE.
m
1859, in-4. (Theatre de la Borte-Saint-Maiitin, lre represeiBation,
|   7 mai 1839.) |ll »i.> a- ^•■"^S^--:
322. — Dumont d'urviiie. Hisifeoire genen&le des voyages par
Dumont d'Urville, d'Orbigny, Kyniies et\?k. Jacobs. — Paris,
Fume, 1899-1860, 2 voh in-4.
323. — charton (Ed.). Bos viajerosanmdernos o Reladones M los
viajes mas interessantes e instruclivos que se hicieron en los
siglos xv y xvi con bid^ttflas, notas y indicaciones.iconograficas
por Eduardo Charton,,.. Obra... traducida al castellado y arre-
glada en la parte relativa a Cristobal Colon y Hernan Cortes
bajo la direccion dj£k«dton Mariano Urrobieta- j— Paris, 1860, gr.
in-8.      # fliil        -|-        %
324. — Laperouse. Lettre a madame Necker, 19 mai 1785. Dans:
Lescure (de). Les autographes en France et a Petranger...—
Paris, J. Gay, 1865, in-8, p. 245.      ft Jf
325. — p. Levot et a. Doneaud. Les gloires maritilnes de la
France. Notices biographiques sur les plus, celebres marfeis,
decouvreurs, astronomes, ingenieurs, bydrographes, medecins,
administrateurs, etc. — Paris, A. Bertrand, 1866, in-18.    .
326.— comnetes de Laboureiie. Legendies aibigeoises. —.Toulouse, impr. de A. Qltauvin, 1867, in-8.
327. — Daffy. Lectures geographiques par C. Raffy. Amerique et
Oceanic — Paris, Durand et Pedone-Lauriel, E. Thorin, Toulouse, P. Privat, 1867, in-12. |gr , $[^4        if'
328. — Deuxieme edition revue et augmentee. —Paris, Durand et
Pedone-Lauriel, 1879, in-12.
329. — Bounioi. Les marins francais (suite et complement de la
France heroique). Vies et recits dramatiques d'apr&s les documents originaux par M* Bathild Bounioi. — Paris, Bray, 1868,
. 2 vol. in-18. |f|
330. — Paris, Bray et Retaux, 1876, 2 vol. in-18. jjjuj.-.-.
331. — Garnier. Extrait du Bulletin de la Societe de geographie
(novembre 1869). Traces du passage de La Perouse- a la
Nouvelle-Caledonie, par Jules Garnier. — Paris-, impr. de
Martinet (s. d.), in-8. Piece.
332U— Foiieviiie (Ch. de). Les plus celebres voyageurs destenaps
modernes, voyages les plus interessants, aventures de ter^e et
de mer dans les six parties du monde, par Charle^de Follefille.
— Limoges, Ardant, 18&9, gr. in-8.
333. — Limoges, Ardant, iSW, gr. in-8.
334. — Limoges, Ardant, 1875, in-4.
335. — Jurien. Souvenirs d'un amira% Memoires du vice-amii?al
1 e'~e^
ywaHMMR-^B
v*f
348
CENTENAIRE DE LA MORT DE  LAPEROUSE.
Jurien de la Graviere. — Paris, Hachette, 1872, 2 vol. in^-16.
(Le vice-amiral P.-R. Jurien a fait partie de l'expedition de d'Entrecasteaux a la recherche de La Perouse; il etait embarque comme
volontaire sur YEsperance).
136. — Devic. Histoire generate du Languedoc avec des notes et
les pieces justificatives, par dom Ch. Devic etdom J. Vaissette...
— Toulouse, Privat, 1872-1887, 15 vol. in-4.     ||
(Le tome Mil, additions des nouveaux editeurs, p. 1331-1332,
annonce le voyage de La Perouse.)
337. — Group. Les grands hommes de la France. Navigateurs,
par Ed. Gcepp... et E. L. Cordie : Bougainville, La Perouse,
d'Entrecasteaux, Dumont d'Urville. — Paris, P. Ducroq, 1873,
in-8. •§,:  . || Jj     .      .    ,|. •    .
338. — Paris, P. Ducrocq, 1873, in-18. ^
339. — Paris, P. Ducrocq, 1874, in-8, 2° edition.
340. —Paris, P. Ducrocq, 1878, in-8, 3e edition.
341. —Paris, P. Ducrocq, 1878, in-18.      ..... 0
342. — Paris, P. Ducrocq, 1882, in-18.
343. — Paris, P. Ducrocq, 1882, in-8. 4e edition.
344. — Paris, P. Ducrocq, 1887, in 18, 5e edition.
345. — La baronnie de Brens. — Revue du departement du Tarn,
t. I p. 29 et288. ^|s
346. —Baptistaire de Laperouse. — Revue du departement du
Tarn, 1.11, p. 212. |     ^ftf- . % jfiffc;
347. — Rehoui. — Laperouse; conference faite au cercle catho-
lique d'Albi le 3 aout 1875, par E.-H. Reboul... — Albi, imp. de
E. Desrue, 1875, in-8. Piece.
348. — Thomas (Frederic). Eloge de Laperouse. — Revue du
departement du Tarn, t. II, p. 291.
349. — Lesaint (L). Illustrations de ta marine francaise, par
L. Lesaint... — Tours, A. Mame, 1879, in-8. (Bibliotheque de la
jeunesse chretienne.)
350. — Tours, Mame, 1880, in-8.
351.— Tours, Mame, 1884, in-8. #
352. — Tours, Mame, 1886, in-8.   ;   ||
153. — iiUdovic Laianne, Lettre inedite de Le Paute d'Agelet,
astronome attache a l'expedition de La Perouse. — Bull. Soc.
geogr., sept. 1879, p. 295-298.   -....   j^ .   .   ||.
354. — Laperouse. Rapport officiel de l'expedition de 1782 a la
baie d'Hudson. — Revue du Dauphine et du Vivarais, 1879,
p. 507 et suiv.
355. — Lesseps.  Voyage de M. de Lesseps du Kamtschatka en CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE.
France, avec une preface par Ferdinand de Lesseps. — Paris,
M. Dreyfous, 1880, in-18. |1
356. — Mantoux. Bibliotheque d'aventures et de voyages. Voyage
de La Perouse, capitaine de vaisseau, autour du monde (annees
1785, 1786,1787 et 1788),raconte parlui-meme, reduitetannote
par George Mantoux. — Paris, M. Dreyfous (s. d.), in-12.
(L'auteur ignore tout ce qui asuivile depart de Botany-bay et ne se
doute pas que Fon ait retrouvelelieu etles debris du naufrage.)
357. — Tattemare (H). Bibliotheque des ecoles et des families.
Vie et voyages de La Perouse, par H. Vattemare. — Paris,
Hachette, 1887, in-18. Piece. |
358. — j. verne et G. Marcel. Histoire generate des grands
voyages et des grands voyageurs. Les grands navigateurs du
xviir2 siecle, par J. Verne. — Paris, Hetzel, gr. in-8. (L'avertis-
sement indique toute la part que M. Marcel a prise a cet ouvrage.)
359. — Paris, Hetzel, 2 vol. in-18.
360. — Les reliques du naufrage recueillies par le lieutenant de
vaisseau Benier. — Revue du departement du Tarn, t. IV,
p. 346, t. V, p. 31, 92 a 100. f        jjg|
361. — Denier (lieutenant de vaisseau). Decouverte et sauve-
tage des debris provenant de l'expedition de La Perouse. —•
Revue maritime et co/om'a/^,anneel883, janvier, p. 175-181.
362. — Decouverte des restes de Fleuriot de Langle, le compagnon
de La Perouse. Lettre du R. P. Vidal, superieur de la mission
apostolique de Tutuila a fjj le contre-amiral Fleuriot de Langle.
— 288-291, Comptes rendus, Soc. geogr. de Paris, 1883, seance
du 18 mai 1883.     .    ^      J|^ ifefcfcV $      l0*t
363. — Don fait a la Societe dubuste de La Perouse. — Comptes
rendus Soc. gjogr. de Paris, 1884, p. 117, 4""9.
364. — Honneurs rendus aux restes de de Langle a Tutuila. —j
Comptes rendus, Soc. geogr. de Paris, 1885, p. 187, 188.
365. — Le monument de La Perouse a Vanikoro. — Revue d'eth-
nographie publiee parle Dr Hamy, 1885, p. 185.
366. — Monument commemoratif eleve a Botany-bay. — Revue du
departement du Tarn, t. V, p. 176.
367. — Excursion au monument eleve a la memoire de Laperouse.
— Monde illustre, janvier 1885, p. 71 et 72.
368. — Honneurs rendus par le Kerguelen aux restes des compa-
gnons de La Perouse a Tutuila (Maouna), Samoa, le Massacre, le
11 decembre 1787. — Comptes rendus, Soc. geogr.,20 mars 1885,
"   p.   187.   ;      _ §_        I 4 '!"'   ./^
369. — Inauguration du monument eleve a la memoire du capitaine 350
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROBSE.
de vaisseau de Langle et deplusi-eurs marins, compagnons de La
Perouse, assassines dans la baie d'Aasu (ate de Tutufll^'iarGhipel
des Samoa), le 11 decenibre<H$$1W— Revue maritime et colo-
niale, 1885?, 3esemestre, p. 468 et s#v. (compte rendu qui avait
ele deja publie dans les Archives de\mede&ine navale).
370. — B«r»©wv)Les grands marins deFr^Ce. Hlstwe populaire
de la marine franchise depuis lefe' teri#jj$sles plus recules jusqu'a
no$ jours. — Paris, A. Duquesne, 1885, in46i
371. — Bayly (G.) — Sea Mflp§i3% years £%o. A Record of adventures which lep up to thje discovery of the relics of the long-
missing expedition commanded by the- oofiffte of La Perouse by
captain George Bayly. — London, Kegan Paul, Trench and Co,
1885, in-8. | ■ r|
372. Fete projetee du centenaire. — Comptes rendus, Soc. geogr.
de Paris, 1886, p. 194, 396. $
373. —Giaumont. Les restes ded'expedition dte La Perouse, p. 94,
198, 200, 726. — Bull. Soc. geogr. commercialese Paris, IX,
-    1886-1887, n° 2.   '       f        m     ^>-\S";
374. — Documents relatifs a La Perouse envoyes par le maire
d'Albi, — Comptes renSfas, Soc. geogr. de Paris, 1888 (6janv.).
375. — Marcel (GabiiieP). Le centenaire de La Mrouse. — La
N'c&ure. Revue des sciences illustree^feVrier 1887.
376. —vieuies. Centenaire de La Perouse. Notice sur la famille
et la vie privee du ceiebre marin par P.-MIVieules. — Albi, Fau-
teur, fevrier 1888, in-8.
377. — Marcel (G). La Perouse, recit de son voyage, expedition
envoyee a sa recherche. Le capitaine Dillon-, Dumont d'Urville.
Reliques de l'expedition. Edition du centenaire publiee par
Gabriel Marcel... — Paris, Librairie illustree, 1888, in-18.
! 378. — Lafargue (Ed.). A Laperouse. — Albi, impr. de E. Pezons,
19 avril 1888, in-8. Piece.   | |p|| "%   %
379. — Centenafre de Laperouse, c&#alogue de ^exposition. —
Paris, Societe de geographic, 1«888, in-8. Pf$ce.
380. — Bizemont(comte H. de).— Le Centenaire de Laperouse.
Samedi-Revue, avril 1888.
381. — Fleuriot de tangle. — Lelftre de l'am#al Fleuriot de
Langle annongant le transport en France des restes de son
aieul. — Comptes rendti$$ Soc. geogr. de Parik, n09 7 et 8,
1888.  '"     m !$*   W^
382. — Marcel (Gabriel). — Le CWteniire de Lapei*euse\ Expeditions envoyees a la recherche de Laperouse. — Journal des
Debats&esW et 22j' avril 1888.
illi mmm
CENTENAIRE DE LA MORT DE LAPEROUSE.
351
383. — Riviere (E.). Un souvenir du voyage de Laperouse. Revue
scientifiquel^i avril 1888.
384. — Seance solennelle pour le centenaire de la mort de Laperouse, 20 avril 1888. Comptes rendus, Soc. geogr. de Paris,
p. 265. I*
385. — Wouet(L.). Lettre de M.Nouet, gouverneur de la Nouvelle-
Caledonie, annongant Fenvoi de debris du naufrage de Laperouse et de fragments du journal debord du capitaine Gaspard.
Comptes rendus, Soc. geogr. de Paris, 1888, p. 293.
386* — Le Centenaire de Laperouse. Revue maritime et colondale,
mai 1888, p. 563.
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DESCRIPTIF ET  METH0D1QUE
DE L'EXPOSITION 0RGAN1SEE PAR LA SOGlM DE GfiOGRAPHIE    $fc
A  L'OCGASION
DU CENTENAIRE DE LA MORT
DE
J.-F. DE GALAUP, COMTE DE LAPEROUSE
Par le comte JEAN d'ESTAMPES
Membre de la Societe
Le centenaire de la mort de Lap6rouse nous interesse
doublement, comme Frangais d'abord, comme savants en-
suite. La commission chargee d'en organiser la celebration
a done voulu tenter de reunir en plus grand nombre possible les objets qui peuvent rappeler le souvenir du ceiebre
marin et de ses compagnons. A cet effet, une exposition a
6t6 d6cid6e par les membres de la Commission.
Un appel a 6t6 fait aux personnes poss6dant quelque
souvenir de lui ou des membres de l'expedition ;*nous avons
essaye* d'en dresser un catalogue aussi complet que possible.
Nous n'avons guere pu reunir ici que des manuscrits,
portraits, gravures et ouvrages ayant trail a Laperouse
ou a ses compagnons : chacun sait que les debris du naufrage, ramen£s en petit nombre de File de Vanikoro, se
trouvent en partie a Paris au mus6e de la marine ou. ils
forment un monument a la m6moire de Lap6rouse, et en
partie a Albi, patrie du navigateur : quelques-uns se trouvent
aussi a Caen, qui les reQut de Dumont d'Urville : le plan en
relief de Vanikoro, et celui, plus d6taille, du lieu du naufrage montrent sur quel point de File et dans quelle situation ces debris, ancres, canons, etc., ont 6t6 trouves. Ces
plans sont dus k M. le vice-amiral Paris. Quelques objets, CENTENAIRE  DE  LA  MORT  DE   LAPEROUSE.
provenant des iles que Laperouse et d'Entrecasteaux ont
yisitees, completent cette matiere; nous les devons a Fa-
mabilite de M. le Dr Hamy, president de la Commission
centrale, de M. Gauthiot, secretaire general de la Society
de geographie commerciale, et de M. le maire du Havre.
La Commission adresse ici ses remerciements a toutes les
personnes qui ont bien voulu envoyer quelque piece a
Fexposition et prendre ainsi part d'une fagon effective a la
celebration du centenaire de Laperouse, qui fut Fhonneur
tout a la fois de son pays, du corps de la marine et de la
science geographique. *
I. EXPEDITION DE LAPEROUSE
SI.  — LAPEROUSE
Documents personnels.
N° 1. Acte de naissance de Jean-Frangois de Galaup de
Laperouse.
Copie de Facte. L'original se trouve dans les archives de la ville
d'Albi.  .   ■ . • •• |
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 1.)
N° 2. Etat officiel des services de Laperouse.
Laperouse entra dans la marine le 19 novembre 1756; il fut fait
chevalier de Fordre de Saint-Louis le 24 mai 1777; capitaine
de vaisseau le i avril 1781, et chef d'escadre le 2 novembre 1786.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 30.)
N° 3. Brevet  original de la  nomination du comte de
Laperouse au grade de chef d'escadre.
Cette piece, signee par Louis XVI, porte au dos la signature de
L.-J.-M. de Bourbon, due de Penthievre, alors grand-amiral de
France, et celle du marechal de Castries, ministre de la marine.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 17.)
"N0 4. M6daille commemorative du voyage de Laperouse
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 72.)
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centenaire de la mort de laperouse^
Lettres aiitographes et travaux divers.
N° 5. Lettre de Laperouse a sa meise.
11 donne des details sur la guerre de Findependance americaine.
— Boston, 20 octobre 1781. '      ^     '
(M. Eugene Charavay.)
N°6. Letee de Laperouse a sa sceur, Mme de Labessiere.
Mme Dalmas de Labessiere, etait Fune des dieux soeurs de Laperouse.
En 1815, cette famille o&tiftt du roi Fautorisaltion de joindre
au nom de Dalmas celui de Laperouse*
Dans cette lettre, autographe fort bien conserve et repare, il parte
de chagrins de famille qu'il a e^nouves: son intention est de
rester a Paris pendantFhiver, si la guerre n'eclate pas. II nomme
quelques personnes: « M. de Lajonquiere est a Paris.... il solli-
cite de Femploy; mais on n'aime guerre les vieilles gens dans
ce pays-cy et les anciens services sont comptes pour peu de
chose. »
Cette lettre est datee du 3 janvier 1778. Voir la lettre qui est publiee a la page 14 de cette brochure.
(Faisait partie 'de la collection de M. Alfred$Bov£t; a ete achetee a
sa vente par M. Barbie bu Bocage, qui Fa offerte a la Societe de
Geographie.)
N° 7. Lettre de Laperouse a sa soeur.
II y est question d'un proces qu'il est presse de terminer avant de
revenir a Paris. — Lorient, 9 novembre 1783.
(M. Eugene Charavay.)
N° 8. Sept lettres de Laperouse relatives a son mariage.
(Collection de Bar^ez de Laperouse, nos 21 a 27.)
No 9. Lettres de Lap6roase au ministre de la marine, et
r6ponse.
II s'excuse d'avoir contracte mariage sans en avoir prealablement
demande Fautorisation necessaire.
Le ministre lui repond en te felicitant. II ajoute, faisant allusion
aux diftcultes qu'avait pu causer pour le mariage la difference
II w
fc.
t centenaire de la mort de laperouse.
355
de fortune entre les deux epoux, que « les convenances tes plus
reelles doivent se trouver dans nos sentiments, et je ^serai tou-
. jours plus dispose a»eeig«ure de rapprochement qu'a celui que
l'interet autorise dans nos moeurs ».
Signe : Matechal de Castries.
Les originaux de ces pieces sont aux archives de la marine.
(Collection de Barthez de Laperouse, n08 28 et 29.)
N° 10. Lettre de Laperouse a sa femme.
II la supplie de ne plus lui faire d'observations au sujet de la campagne projetee, et lui annonce qu'il emmene son frere en qualite
de lieutenant de fregate; il lui raconte aussi Farrestation d'une
dame de Saint-Helin pour tertfaHive d'empoisflnnement. —
8 avril 1785. f *' #**' !^        ^
(M.Etienne* Charavay, arclffWfc paleographe,
expert en autographes.)
N° 11. Fac-simiie d*une lettre de Laperouse a sa femme.
II est incertain de ce qui va se decider au niiiiistere. II luienvoie
une robe par un de ses amis, M. P. de Cossigny. — Paris
8 fevrier 1785. Jil;   "    %J :
(Collection tfiar Barthez de^Laperouse, n° 18.)
N° 12. Lettre de Laperouse au ministre de la marine.
II lui fait Feloge de M. de Clonard pour lequel il demande la croix
de Saint-Louis, en raison de ses brillants services; il offre ses
services pour chatter les Marattes, et, s'il ne  peut avoir de
commandement en ce moment, il demande un conge; il repre-
sente que depuis vingt etun ans, il n'a pas ete quatre mois absent
du service du roi.
(M. Eugene Charavay.)
N° 13. Lettre de Laperousse a M. Gesnes, chef du bureau
des interpretes au ministere des affadres^toangeres, & Versailles.
11 reclame pour la Boussole un nouveau modele de cuisine sur
laquelle ce personnage a ete charge de faire un rapport.
(M. Eugene Charavay.)
M
«
F=d I
11
356 centenaire de la mort de laperouse.
N° 14 Lettre de Laperouse.
11 recommande un officier auquel s'interesse Mme de Lowendal.
— Paris, 27 avril 1784.
(M. Lacaille, ancien magistrat.)
N° 15. Lettre de Laperouse.
11 reclame au sujet d'un compte qui, suivantlui, a ete inexactement
etabli. — 3 juillet 1783.
(M. Lacaille.)
N° 16. Billet de Laperouse a M. Le Dru.
II annonce son prochain depart et le prie de lui envoyer a bord
son instrument, ses aimants, et un memoire sur les experiences a
faire, les precautions a prendre, etc. — 28 juin 1785.
(M. Eugene Charavay.)
N° 17. Plans d'arrimage du vaisseau du roi le Palmier, 1761.
Ces plans ont ete executes par Laperouse lui-meme, en 1761; il
etait alors age de vingt ans, et commencait sa carriere. lis com-
prennent 4 feuilles.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 1 bis.)
Nc 18. Signaux pour la cotte (sic).
Ces instructions furent remises a Laperouse en 1769 : il etait
charge d'installer des signaux a Fentree du port de Brest : ii les
a longuement annotes. II a ajoute a. partir do la page 6 des re-
glements pour les points suivants : Molene, Saint-Mathieu, Le
Porzic, La batterie royale, etc. Ce manuscrit contient 10 pages.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 2.)
N° 19. Signaux pour la cdte. — Isle d'Ouessant.
Une feuille double in-folio,3 pages annoteespar Laperouse (?). On
y retrouve les m£mes indications que dans le cahier ci-dessus,
n° 18, mais Fordre des articles ne parait pas Strc le m&m).
(M. Lacailse.)
N°20.,Instruction sur les signaux a faire en cas de brume.
Cette instruction fut dressee pourservir a une escadre de six bati-
W ' centenaire de la mort de laperouse. 35T
ments; elle a ete, comme la precedente, annotee par Laperouse.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 12.)
N°21. Proces-verbal d'embarquement sur la. Seine dedeux
barils.
Cette piece porte la signature autographede Laperouse, commandant de la Seine.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 4.)
N°22. Fragment d'un journal de bord. sP
Ces fragments vont du 30 juin au 21 septembre, 96 pages en
48 feuillets. Laperouse, commandant YAmazone, relate dans cette
partie de son journal de bord la prise de la Grenade par le
comte d'Estaing, et le combat livre a Fescadre de Byron; il
raconte aussi comment il a capture la fregate anglaise YAriel.
Cette relation se trouve a la page 84 du manuscrit.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 11.)
N° 23. Fragment de journal de bord.       £|
Journal d'une partie de la campagne du vaisseau le Sceptre, parli
de Cadix le 28 fevrier 1783. Ce manuscrit contient 17 pages et
va du 28 fevrier 1783 au 18 avril suivant. On n'y voit rien
de remarquable.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 16.)
N° 24. Rapport de Laperouse au marquis de Castries, marechal de France, ministre de la marine, sur l'expedition
contre les forts d'York, dans la baie d'Hudson.
II raconte l'expedition ordonnee contre les forts d'York. Un deta-
chement de 500 hommes etait sous les ordres du comte de Ros-
taing. Lap6rouse, commandant le Sceptre, avait avec lui YAstree
etYEngageante. On y voit que M. de Langle Faccompagnait deja
a cette epoque. 11 estime la perte causee a la compagnie de la
baie d'Hudson a 11 ou 12 millions, et termine en demandant de
Favancement pour quelques-uns de ses officiers. — A bord du
Sceptre dans le detroit d'Hudson, le 6 septembre 1782.
SOC. DE G^OGR. — 2e TRIMESTRE 1888. IX. — 24
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GENHECIAIREI DE LA MORT  DE  LAPEROUSHi
Ce rapport est publie in eMtenso dans la Revue du Daupkine,
numero de novembre-decembre 1879.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 15 bis.)
N° 25. Projet de reorganisation du corps de la marine.
Ce travail, comprenant six grandes pages d'une ecriture serree,
est en entier de la main de Laperouse : il est publie in extenso
dans la notice biographique.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 18.)
N° 26.  Extrait des reglements de service   a bord  des
vaisseaux de guerre.
Une fejuilte in-folio, autographe de Laperouse.
(M. Lacaille.);
N°27|. Instructions pour naviguer dans le detroit d'Hudson.
Traduites An Pilote anglais, par Laperouse et ecrites de sa main.
(M. Lacaille.)
N° 28. Proces-verbal de perte d'un pistolet tombe1 a la mer
pendant un exercice a bord.
Piece signee par le chevalier de Lajonquiere, enseigne de vaisseau a bord de YAmazone, et contresignee par Laperouse,
lieutenant de vaisseau, commandant. — Saint-Malo, 4 aout 1778.
(M. Eocene Charavay.)
N*29. Note de Laperouse sur M. de la Sflvestrie.
II y parte de cet officer egu'il a eu sous ses ordres con>Bfte garde de
la marine pendant l'expedition de la baie d'Hudson. — Brest,
12 avril 1783* $%:; • • :r?y$^l is'' •     '
(M.. tinsssmR GjiaravAvV.)
N* 30; Billet die demande pour objets (JParmemenfc de la
Boussole.
Cetle p<iece es  signee: Laperouse,
(M. EriEKtfg (Maravay.) CENTENAIRE DE  LA  MORT  DE  LAPEROUSE. 359
Ns 31. Etat des depenses, fouraitures et approvisionne-
mdnts faits par MM. Breck et Green, pour la fregate du roi
YAstree.    <-•-;;""'■"* ■ :'r v ''■• '":
Cet etat est revetu des signatures de Roquefeuil, de Laperouse, et
de M. de Valnais, consul de France a Boston. — A bord de
YAstree, Boston, 30 septemlwe 1781.
(M. Etienne Charavay.)
Pieces de service concernant Laperouse.
N° 32. Instructions a M. de Laperouse commandant la
flute la Seine.
(Collection de Barthez de Laperouse; n° 3.)
N° 33. Ordre donne & Laperouse en station a Mahe, d'avoir
a debarquer quaranle-six hommes de l'equipage de la Seine.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 5.)
N° 34. Ordre h Laperotise de se rendre a Madagascar en
mission temporaire. fiipll
II doit rapporter les depeches que MM. de Bellecombe et Chevreau,
commissaires du roi a Madagascar, ont a remettre.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 6.)
N° 35. Ordre k Laperouse de rejoindre le port de Brest
apres un conge.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 7.)
N° 36. Lettre du ministfti de la marine a Laperouse.
On y voit que le chevalier de Clonard devait servir sous ses ordres
sur la corvette le Serin. Cette lettre est signee : de Sartines.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 8.)
N° 37. Lettre du ministre de la marine a Laperouse.
Ce ministre repond a la lettre par laquelle Laperouse fait Feloge
de son batiment VAmazone et de ses officiers. Signe : de Sartines.
^e     (Collection de Barthez de Laperouse, n° 10.)
/.:..; •I!
if 1
360 centenaire de la mort de laperouse.
N° 38. Texte anglais de la capitulation du gouverneur des
forts d'York, dans la baie d'Hudson.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 15.)
N° 39. Ordre du comte d'Estaing, vice-amiral de France,
au chevalier de Laperouse, lieutenant de vaisseau du roi,
commandant la fregate VAmazone.
II lui ordonne de se rendre a. Fort-Royal de la Martinique.
(M. Etienne Charavay.)
Pieces diverses.
N° 40. Lettre adressee a Laperouse par un ami.
La signature manque : on y voit seulement que cet officier etait
major de Fescadre de Toulon, commandee par M. de Fabry. Laperouse etait a cette epoque lieutenant de vaisseau.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 9.)
N° 41. Lettre a Laperouse de son camarade et ami Cor-
tcbelle.
Fevrier 1782,
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 14.)
N° 42. Autographe du sieur de Galaup, pere ou a'ieul
de Laperouse (1712).
11 y est question d'une somme de 284 livres recue par M. de Galaup
en a-compte sur un heritage a partager avec M. de Melze. 11
parait vraisemblable que cet autographe est du grand-pere de
Laperouse, qui signa Facte de naissance de ce dernier.
(Collection de M. Jeny, a Bourges.)
Objets lui ayant appartenu.
N° 43. Tromblons rapportes de la baie d'Hudson par Laperouse.
Ces deux armes, dont le canon en cuivre est conique, appar- uwuu.uin
l*».«ri»
centenaire de la mort de laperouse.
361
tiennent Fune a M. le general Dalmas de Laperouse, Fautre a
M. de Barthez de Laperouse.
(Collection de Barthez de Laperouse, nos 68 et 69.)
N° 44. Epees de Laperouse.
On distingue sur la poignee de Fune d'elles une ancre.
(Collection de Barthez de Laperouse, nos 70 et 71.)
N° 45. Statuette indo-chinoise.
Cette statue, en bois, assez finementsculptee, represente un pretre
chinois ou bonze, comme la suivante.
Elle fut rapportee par Laperouse de sa campagne d'Indo-Chine.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 73.)
N° 46. Bonze chinois.
Ivoire finement travaille, meme provenance que la precedente : elle
paraitetre toutefois beaucoup plus ancienne : Fivoire est nohv
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 74.)
N° 47. Voltaire et Rousseau.
Bronzes; ont appartenu a Laperouse.
(Mme C. de Benaze, arriere-petite-niece du navigateur.
Nos 75 et 76 de la collection.)
N°48. Bronze.
Chien caniche couche surun blocde marbre blanc, ovale et entoure
d'une garniture cuivre Louis XVI.
A servi de presse-papier a Laperouse.
(Mme Herold, arriere-petite-niece de Laperousei
N° 79 de la collection.)   .
N° 49. Tasse a cafe aux armes de la famille de Galaup.
La tasse et sasoucoupe sont aux armes de Galaup : lepeintre a fait
erreur pour le champ de Fecu, qui doit etre de gueules et non
d'azur : une guirlande de fleurs court tout autour des deux
pieces. \
(Mme Herold, n° 78 de la collection.)
~    -" ZH9
I
i
362. centenaire de la mort de laperouse.
N° 50. Fleur de Botany-Bay n
Cette fleur d'eucalyptus a ete cueillie dans le jardin de la maison
que Laperouse a habitee a Botany-Bay: c'est le dernier point
d'ou il ait fait parvenir de ses nouvelles.
(Mme Herold, n° 77 de la collection.)
N° 51. Boussole et cadran solaire en cuivre.
Cette petite piece, d'environ 6 a 7 centimetres de diametre, a appar-
tenu a Laperouse.
(Colleafgwi d$ Barthez de Laperouse, o°- 80 bis.)
Portraits et gravures.
N° 52. Armoiries de la famille de Galaup.
De Galaup porte : de gueules, au cheval au galop d'argent.
» fExtraJt du cartulaire de la ttffie d'Alby, xvie si£#le.)
(M. le maire d'Alri.)
N° 53. Armoiries relevees sur la chaise a porteurs de
Mme de Galaup, mere du navigateur, qui etait nee Resseguier.
(B|. le maire d'Alri.)
N° 54. Portrait de Laperouse.
Tableau a Fhuile execute par Mile Anna Prunet, petite-niece de
Laperouse, d'apres una, miniature.
(Collection de Barthez de Laperouse, n°37.)
N° 55. Laperouse a vingt ans.
Ce pastel, fort bien conserve, est, d'apres les traditions de la famille,
le seul qui represente bien Laperouse : on en ignore Fauteur, isl
appartient a M. le general Dalmas de Laperouse.
(S° 38 de la collection.)
N°- 56. Laperouse.
Miniature.
(Mlle II k ho Li i, ii° 40 de la collection.)
If
J =s«ffW
centenaire de la tout be lapebousbu 863
N° 57. Laperouse.
Miniature sur un couvercle de tabatiere. Cette peinture, fort jolie,
est Fceuvre de Mme de Mirbel.
Elle appartient a Mme Dalmas de Laperouse, veuve du contre-amiral
de ce nom. i
^Collection; m Barthes de Laperouse, n°41.)
N° 58. Lap6rouse.
Miniature ovale, entouree d'un cercle d'or et montee en broche.
Elle est utie reproduction de celle inscrite sous te n° 54.
Ces deux portraits furent  envoyes par Laperouse a ses  soeurs,
apres sa nomination de chevalier de Saint-Louis en 1777. L'une
devint Mme de Barthez, l'autre Mme Dalmas.
(M. Henri Peyronnet, chef de bataillon, petit-neveu de
Laperouse; »• 43 de la collection,)
N° 59. Laperouse*.
Autre miniature non signee; cadre noir et or, carre : dimensions
4 centimetres et demi sur 5 centimetres. II porte Funiforme de
capitaine de vaiss&au. Cette miaiature a servi de modele a
Mme de Mirbel pour copier celle inscrite sous te ,u° 54, et £holet
Fa reproduite en plus gipnd pour la gravure qui se trou ve au
commencement du volume.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 51.)
N° 60. Mme de Laperouse.
Mile Eleonore Broudou; elle epousa, en 1783, Laperouse, qui etait
a cette epoque capitaine de vaisseau. — Portrait a Fhuiie nun
signe. Dimensions: 60 centimetres sur 40.
(Mme Dalmas de Laperotse, n° 42 de ia/collection.)
,   <
N° 61. Laperouse, from a miniature in the possession of
the Laperou&e's niece at Albi.
Gravure anglaise, ainsi que les inscriptions suivantes en temoi-
gnent: « Engraved by T. Woolnoth. — Unter the superintendance
of the Society for the diffusion of useful knowledge. — London,
published by Charles Knight, Ludgate street. Pall Mall East. *
Dimensions 10 centimetres sur 13.
'(Collection de Barthez de Laperouse, n° 45.)
,v3ft
4
.** qpppPMftpf
¥-M
364 centenaire de la mort de laperouse.
N° 62. Laperouse.
Gravure avant la lettre, signee: Bertonnier.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 48.)
N° 63. Laperouse.
Meme gravure que la precedente, mais elle figure en tete d'une
notice biographique en trois colonnes, qui a du faire partie d'une
collection entreprise sur les grands hommes de Fhistoire mo-
derne. II semble, d'apres une phrase, que cette publication a du
se faire vers 1830. Elle est de l'imprimerie d'Auguste Mie, rue
Joquelet, 9.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 49.)
N° 64. Laperouse.
Gravure signee « Pigeot sc. » et au-dessous « Laperouse » en
lettres blanches. — 8 centimetres sur 8.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 47.)
N° 65. Laperouse.
Dessin par Maurin; lithographie par Delpech. Cette gravure porte
un fac-simile de la signature de Laperouse, et plus has Findi-
cation suivante : Ne a Alby, 1741, perdu sur les cotes de la
Nouvelle-Zelande (sic), 1788. if
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 44.)
N° 66. Laperouse.
Lithographie de 10 centimetres sur 10, signee a droite : « A. Maurin, 1837.» Imp. Lemercier.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 46.)
N° 67. Laperouse.
Lithographie faite a Toulouse en 1858. Au-dessous Fecusson de
la famille de Galaup de Laperouse, et Finscription suivante :
« Jean-Francois de Galaup, comte de Laperouse, chef d'escadre. »
Ce dessin a ete execute pour etre place dans Fouvrage intitule
Archeologie Pyreneenne... par Alexandre du Mege (dela Haye),
qui se compose de plusieurs volumes in-8.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 50.)
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rimmm SKSS
centenaire de la mort de laperouse. 365
N° 68. Jean-Frangois Galaup de Laperouse, chef d'escadre
des armees navates, ne a Albi en 1741.
Au-dessous : « Grave d'apres une miniature, par Alexandre Tardieu,
1793. » —Cette gravure est placee en tete de Fouvrage de Milet
Mureau sur Laperouse.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 62.)
■• T
N° 69. Laperouse et l'amiral Caracciolo.
Ce numero double presente ici un exemple de ce que Fon appelle
une supercherie iconographique; le portrait de Laperouse
grave par Mague a ete demarque et on y a substitue le nom de
l'amiral italien Carracciolo. Cette gravure faisait partie de la
collection de pieces fausses recueillies par Soliman Lieutot, qui
appartient actuellement a M. Roblin, marchand de gravures an-
ciennes, 63, rue Saint-Lazare, lequel a offert a la Societe de
geographie la gravure de Laperouse et sa contrefacon.
N° 70. La Perousen's Entdeckungs Reise, in dem Jah-
ren, 1785, 1786, 1787, und 1788, aus dem Franz mit anmert
von Forster und Springel. Berlin und Hamburg, 1800.
JEn-tete d'un ouvrage allemand sur Laperouse. Autour du medail-
lon, on lit : J. F. G. de la Perousse (sic).
(Collection de Barthez de La Perouse, n° 58.)
N° 71. Laperouse. Gravure par Branche.
Cette gravure, par Branche, porte trois fac-similes : le premier en
haut est celui de Laperouse; le second, a gauche, du marechal
de Castries, et le troisieme, a droite, du chevalier de Fleurieu.
— A Paris, imprimerie Chardou jeune et fils, rue Racine 3.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 61.)
N° 72. John Francis Galaup de la Perouse, commodore
in the French Navy, at Alby, 1741. Heath sc. — Published
as the Act directs, november 1st 1798, by G. G. et J. Robinson. Paternoster Row.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 59.) • I
'ret
1
i
366 ^PfflFEjKAIRE  »B LA  MORT DE LAPEROUSE-
N* 73. Laperouse. r    \   •
Dessin assez fin sans nom d'auteur.
(M« Louis. Bihn, rue de Richelieu.)
N° 74. Plusieurs gravures ou dessins de Laperouse.
1° Gravure sans nom d'auteur; c Jean^Francjois Galaup de Laperouse, chef des armees navales de France, ne a Alby, 1741. »
2° Dessin au trait : « Laperouse », pas de nom d'auteur.
3* Lithographie, sans nom d'auteur.
.4° Gravure editee pour les Voyages Pittoresques* « Jean-JFrangoU
.Galaup deia Perouse, ne en 1741, » Non signee.
|>° Petit portrait dans un^adre de tropWesede marine; ai*-dessus
un Mer cure passant,
6* ChromolithQgraphjer On y.voitun medaillon de dkapertouse avec
cette inscription ; « Galaup de La Penonse, 1741-1785. » Centre
le medaillon un Eskimau ou un Lapon est assis, tenant un har-
pon dans sa main gauche; a droite un navire dans les glaces.
(Collection de Barthez de Laperouse, nos 81 a 85.)
N°75. Cinq gravures: de Bertaumier, avec differents orne-
ments; d'Hopirood et de Mague, avec l'inscription suivante :
« Perouse (Jean-Francois Galaup de la), ceiebre navigateur
frangais, ne a Alby, 1741, mort 1788. —Public parBl^asot.w
(Collection de Barthez de Laperouse, nos*65 a 67, 60 et 63).
N° 76. Laperouse (Portrait presume de).
Terre cuite reportee sur platre.
(M. Tarut jeune, antiquaire, l?quai Malaquais.)
N° 77. Mme de Laperouse, nee Eieonore Broudou.
Photographic d'une charmante miniature, signee Gallas (?) 1793.
(Envoi de M. te maire d'Albi.)
N° 78. Laperouse et sa femme.
Deux miaiatures ovales encadrees ensemble. Celle de Mme de Laperouse est signee Leroy (?) 1793, au has et a gauche. Appar-
tiennent aM. Poujade de Maizeroy, arrtere-petit-neveu de Mme de
Laperouse.
(CdHectioh de Barthez de Laperouse, n° 80.) centenaire de la mort Uf r laperouse.
N° 79. Le chateau d« Gd,
367
Photographie : 3® centim6tres sur 40,
C'est dans ce chateau, situe a. trois kilometres de la ville d'Albi,
que naquit, le 23 aout 1741, Jean-Francois de Galaup, qui prit,
a son entree dans la marine, le nom de comte de Laperouse.
Aupres du chateau, a quelque distance, coule le Tarn.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° &6.)
N° 80. Le chateau du G6. ||
(Collection de Barthez de Laperouse, n°57.)
N° 81. See Tressen des Herren von Gonflans, mit den
AdmiralHawke, aiifd@nH6h# v. Belle fele den 20 nav* 1759.
Cette gravure allemande rappelle le fait suivant inscrit a la main
au-dessous.
Le 20 novembre 1759, l'armee navale francaise commandee par
le marechal de Conflans, et forte de vingt-quatre batiments, livre
bataille a l'arpee ^n^laise forte de ti$nte-4rois vaisseaux. Laperouse alors age de dix-huit a$$, embarque^ur le Formidgkb^e, en
i^palite^ garde do la marine, est blesse -QtfaiJ prijsonnteiP.
On voit k gauche l'jndication en allemand et en frangais des
diverses positions des batiments indiipes, sur la gravure par des
tottpes et les naj$feg46 ceux, tant anglais que fc$ngai$, qui furent
coule^jou brules. L'ijascri|^ip»n se ter$ajne jajjasi *
i La ba^Uf. a commence le 2,0 novembre apres«mi$L k trois heures,
< jet a durele 25 (#p) novembre touti la journee. La flotte anglaise
de Fadmjral Haue;fe§ 4tait de 33 vaa&sgajux, les Frangais aviaient
seulement 24 nayires,. »
.  N° §2. Combat ^av^Iltore ie 21 juilM HM par M. de
Laperouse, eapitaiaejie ^ai$s©au. D6di& am roi.
Grande gravure de 0m,56 sur 0m,73. Au ba% les insertions sui-
vantes : « Ce combat fut livre a la hauteur de Louisbourg, par
deux fregates du roi, VAstree, de vingt-six canons, commandee
Bar M. de la Perouse, capitaine <^e vaisseau, et VBermione, de
meme force, par M. le comte de la Touche, egalement commandant, contre six batiments de guerre anglais, dont un ftuv pris.
Le cqsunandant angiais, apres avoir ete ternay et atvoir amen% se
j&auva a la favour de la mait et le convofeennemilut mis en fuite.» centenaire de la mort de laperouse.
<r Grave d'apres le tableau original, de 5 pieds de long sur 3 pieds 1/2
de hauteur, appartenant au roi, et faisant partie de la collection
des dix-huit combats de mer de la derniere guerre, peint par ordre
de Sa Majeste par M. de Rossel, ancien capitaine de vaisseau,
chevalier de Fordre royal et militaire de Saint-Louis. » — Au-
dessous: « A. P. D. R.... Se trouve a Paris, chez Marigot jeune,
libraire, quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Pavee,
n° 38. Imprime par Robbe. » A gauche de la gravure : « Rossel
pinxit, 1788. » A droite : « Dequevauvillers, sculpt., 1790. >
N° 83. Louis XVI donne des instructions a M. de Laperouse,
pour son voyage autour du monde.
Tableau de la galerie historique de Versailles, peint par Mansiau.
grave par Pigeot jeune. —Diagraphe et panthographe Gavard;
dimensions : 0m,22 sur 0m,32.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 53.)
N° 84. Naufrage de YAstrolabe sur les recifs de Vanikoro.
Dessin en couleur de 0m,30 sur 0m,42 et lithographie de Lebreton.
« Appartient a la galerie des Vaisseaux celebres. » Au-dessous
du dessin Finscription ci-dessus, et plus bas te resume suivant
du voyage de Laperouse : « L'illustre Laperouse fut charge par
Louis XVI en 1785 de faire un voyage autour du monde : il par-
tit de Brest avec les deux fregates la Boussole et VAstrolabe.
Apres avoir navigue pendant pres de deux ans, sans trop d'acci-
dents, dans differents parages, tels que le Japon, FInde etl'Ocea-
nie, il reconnut une grande partie des cotes de la Nouvelle-
Hollande. C'est de Botany-Bay qu'il ecrivit la derniere lettre
qu'on recut de lui: elle est datee du 22 janvier 1788. Depuis ce
moment on n'entendit plus parler de lui ni de ses deux vaisseaux. Ce fut le ceiebre et infortune Dumont d'Urville, en 1826,
qui le premier retrouva les restes de YAstrolabe immerges sur
les recifs de Vanikoro. » —A Paris chez Morier^Vue Saint-Andre-
des-Arts, n° 52. Imp. Becquet.
(Collection de Barthez de Laperouse, h° 54.)
N° 85. Colonne eievee a Botany-Bay sur le point d'oii Laperouse ecrivit la derniere lettre que Fon ait recue de lui.
D'apres le dessin d'un officier de marine, au crayon. La reproduction de ce monument se voit au musee de la marine, au Louvre.
■- centenaire de la mort de laperouse. 369
Le monument porte les inscriptions suivantes :
a la memoire
de m. de la perouse
Cette terre, qu'il visita en 1788, est la derniere d'ou il ait fait
parvenir de ses nouvelles.
Et au-dessous :
Erige au nom de la France par les soins de MM. de Bougainville
et du Campier, commandant la fregate la Thetis et la corvette FEsperance, en 1825.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 33.)
N° 86. Monument eleve a Laperouse a Botany-Bay.
On voit dans le fond la baie de Botany-Bay. Cette aquarelle, non
signee, deOm,21 sur 0m,10, a ete apportee par M. Margry.
• " "'H ;   (M. P. Margry.)
N° 87. Deux photographies encadr^es ensemble represen-
tantle monument ci-dessus et le tombeau du P. Receveur.
Dans Fetat actuel, les deux monuments sont entoures d'une grille
en fer. Quelques arbres ont ete plantes dans l'enceinte du monument de Laperouse. Quand au tombeau du P. Receveur, il est
encore ombrage par un rejet d'eucalypus aupres duquel il fut
enterre, et qui portait son epitaphe. Nous en disons quelques
mots au n° 152 du present catalogue.
(M.  EUG.  POTRON.)
N° 88. Monument eleve par la ville d'Albi a la memoire
de Laperouse.
Au-dessous du desssinune cantate chantee le jour de Finauguration
de ce monument, te 23 janvier 1853. Paroles de M. Marchet, mu-
sique de M. de Bonnefoy. Dedie a M. Hippolyte Crozes, maire
d'Albi, par Corbiere, lithographe. Dimensions : 0m,35 sur 0m,20.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 55.)
Ouvrages de Laperouse.
N# 89. Journal historique du voyage de M. de Lesseps.
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|H milium
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370
CENTENAIRg  DE LA  MORT Df? LAPEftOtfge."
consul de France, employe dans l'expedition de M. le comte
de La Perouse en qualite d'interprete du roy. — A Paris,
Imprimerie royale, 1790;
Ces volumes ont appartenu a la Bibliotheque de Mme Adelaide,
tante de Louis XVI. Ils font maintenantpartie de celle de M. Alfred
Piat, membre de la Societe de geographie. Sur la premiere
feuille de garde du premier volume, on trouve quelques lignes
tracees par M. Ferdinand de Lesseps, president actuel de la
Societe de geographic. II y est ditque c'est grace au capitMne
de vaisseau Fleuriot de Langle, compagfton de Laperooise, que
l'auteur de Fouvrage precite obtint le grade d'enseigne. II y est
dit encore que, en 1827, lors du retour de Dumont d'Urville,
M. F. de Lesseps accompagna son oncle au musee de marine,
pour reconnaitre les debris de l'expedition que ce marin avait
rapportetfl'1
(M. Alfred Piat.)
JN° 90. Historich dagverhall der reize van de herr de Lesseps
zedert bet verlaaten van de herr Graaf de Laperouse, en
zijne logtgenooten in de haven van St-Pieterel Paulus of
Kamstchatka tot op zijifekoifrst iti Frankrick den 17 oct. 1788.
Naar het Fransch. te tMMehf 4iy B. Wild en J. Altheer 1791,
2 vol in-8.      ,, :.    :Mj&/..   ....    •■ •        ;1|,   ■
Cet ouvrage est la traduction hollandaise du voyag$tde M. de Lesseps ci-dessus relate. On voit au commencement du premier
volume une « carte de la route de M. de Lesseps, consul de
France danfs la presqu'fiie de Kamstchatka et le loag du g$lfe de
Pengina, depuis le port de Saint-Pierre et Saint-Paul jusqu'a
Yamsk ». Toute cette indication est en frangais. On y voit egale-
ment la derniere gravure<ierf FAtlas des voyages de Laperouse,
representant une < caravan e kamschadale arrivant dans'Him ostrog
ou village j>. Cete gralmre e&f d'Ozanne* Le second* noisome
renierme la e#rte du voyage totaL
(S. A. lb pbi&c& Roland Bonaparte.)
N°91. Memoire sur la pi?etendu&desouverte faite en 1788,
par des Anglais, d'un continent qui n'est autre chose que la
terre des Arsacldes decouverte en 176$ par M. de Bougain- CENfENAlRE DE EA MORT DE LAPEROUSE
371
ville, chef d'escadre des armees navales, et en 1769 par
M. de Surville, capitaine de vaisseau de la Compagnie des
Indes, suivie d'un projet de sousoription pour un armement
destine a la recherche de M. de Laperouse qu'on croit avoir
fait iraufrag6 sur quelque c6te de la Mer o?u Sud. On propose
que cet armement soit commande, ou tout au moins dirige
parM. de Laborde, ancien premier valet de chambre du Roy
et gouverneur du Louvre, Fun des fermiers gen6raux de
Sa Majeste.
II semble que cette piece qui ne porte ni date, ni nom d'auteur,
soit de la fin du siecle dernier. Peut-etre, d'apres les qualifications
donnees a M. de Laborde, serait-elle anterieure a 1792,
(M. Garriel Marcel.)
N° 92. Decouvertes dans les mers du $rd.
Nouvelles de M. de Laperouse jusqu'en 1794.Traces de son passage
trouvees en diverses iles et terres de I'ocean Pacifique. Grande
ile peuptee d'emigres frangais. Chez Everat, rue Motttorgueil,
ne 3, Pari&«
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 105.)
N* 93. Reize van de la Perouse, in de jaaren 1785,1786,
1787, 1788, met plaaten en kaarten, waar bet Fransch door
Jdan v. der Linden advocaat te Amsterdam. — Te Amsterdam, Johannes Allart, 1801; 3 vol. in-8.
€et ouvrage est Une traduction holfafldaise d*e Fouvrage francafe de
MileteMureau. En t$te une gravure de L$pArouse qui parte Inscription « J. F. G. de Laperouse », et au-de&sous c R. Virtkeles,
sculp. ». Cet ouvrage renferme aussi plusieurs gravures copiees
sur cellesdu grand Atlas des voyages de LapeVouse.
(S. A. le prince Roland Bonaparte.)
N° 91. Voyage de Laperouse, redige d'apres des manuscrits ofiginaux,, suivi d'un appendice renfermant tout ce
que Fon a decouvert depuis le naufrage jusqu'a nos jours;
enriehide notes par M. de Lesseps, consul general de France
a Lisbonne, et seul survivant de l'exp6ditison dont ii etait
7 CENTENAIRE   DE  LA  MORT  DE   LAPEROUSE.
Finterprete; accompagne d'une carte generate du voyage et
orne du portrait et d'un fac-simiie de Laperouse. — Arthur
Bertrand, rue Hautefeuille, 28; Delaunay, libraire au Palais-
Royal, 1831; 1 vol. in-8. a   '.'. ,.    |j        -$j^
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 96.)
N° 95. Voyage de Laperouse autour du monde pendant
les annees 1785,1786, 1787, 1788.1 f     |     "
2 vol. in-12 de la Nouvelle Bibliotheque des voyages, ou Choix des
voyages les plus interessants, t. LXXVII et LXXVII1. — Chez
Lecointe, 1832.
(Collection de Barthez de Laperouse, nos 106 etl07.)
N° 96. Letzte Schicksale und Entdekungen des franz.
Shiffscapitains Grafen de La Perouse, und der Mannschaffst
der Fregatte la Boussole jenseist des funf und achtzigsten
Grades nordl Breite. Mach den von Dr Reidcliff in Jahre
1835 auf der Pricer Insel aufgefundenen Schiffstagebuchern
und Manuscripten. Aus dem Englischen mit einer Entdec-
kungskarte. Hanau, 1837. Verlag von Friedrich Konig ;
1 vol. in-8.
La traduction exacte est celle-ci: « Dernieres aventures et decouvertes du capitaine de vaisseau frangais, comte de Laperouse,
et des marins de la fregate la Boussole au dela du 85e degre de
latitude nord. »
L'auteur pretend Favoir traduit de Fanglais, et on a meme ajoute
une carte ou Fon voit Findication suivante : c Kartedes worn
Kapitains Jean Francois Galoup de Laperouse neuenbdeken Nord-
polar Continentes. > La route de la Boussole y est tracee comme
partant d'un point de FAmerique du Nord situe a peu pres par
71° et arrivant jusqu'au 83e degre. II n'y a pas de route de retour!
Ainsi nous avons l'expedition de Laperouse transformee en expedition polaire!!!
(S. A. le prince Roland Bonaparte.)
N° 97. La science populaire de Claudius; simples discours
sur toutes choses.—Voyage de Laperouse autour du monde.
— A Paris, chez Jules Renouard et Cie; 1 vol. in-16,1839.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 92.)
m
1 '""■ centenaire de la mortJde laperouse. 373
N° 98. Voyages et aventures de Laperouse, par F. Valentin,
auleur de YHistoire des croisades.
1 vol. in-8. A. Mame, 184-1, avec gravures.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 90.)
N° 99. Laperouse, poeme, par Pierre Capus, dit Albi-
geois-Fami-des-arts,  ouvrier bottier, eieve de la nature.
— A Albi, chez Fauteur, 1845.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 100.)
N° 100. Cinq brochures sur Laperouse en 1 volume in-8.
I6 Eloge de Laperouse, ouvrage qui a obtenu l'eglantine d'or
decernee par les Jeux floraux de Toulouse au concours de 1823,
par J. Vinaty, de Verdun. — Didot, 1823, brochure de 46
pages.
2° Expedition et naufrage de Laperouse, recueil historique des
faits, decouvertes, evenements, avec un etat nominatif des officiers, savants, artistes, marins embarques sur la Boussole et
YAstrolabe, et Fenumeration authentique de tous les debris du
naufrage, par A. Hapde, chevalier de la Legion d'honneur,
membre de la Societe de geographie de Paris. — Paris, Delau-
nay, libraire, Palais-Boyal, 1829. Brochure de 87 pages in-8.
3° Prologue de Laperouse ou le Voyageur autour du monde, par
M. Martinville : a Paris, chez Barba. libraire, Palais-Royal,
n° 51, derriere te Theatre-Francais, 1810.
4° Laperouse ou le Voyageur autour du monde; tableaux histo-
riques a grand spectacle en trois actions, representes pour la
premiere fois a Paris, sur le theatre des Jeux Gymniques, ci-devant
Porte-Saint-Martin, par Augustin ***, auteur de YUnion de
Mars, du Passage du mont Saint-Bernard. Ces tableaux ont ete
mis en scene par Fauteur. Musique de M. Foignet, fils. —
A Paris, de l'imprimerie F. Breton, place Maubert, n° 17.
5° Discours du general baron Gorsse, depute du Tarn, a Inauguration dela statue de Laperouse a Albi, le 23 janvier 1853.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 94.)
N° 401. Le naufrage de Laperouse, drame encinqacteset
neuf tableaux,  represente pour la premiere fois  s"ur le
theatre de la Porte-Saint-Martin le 7 mai 1859, par Den-
nery, Jallais etThiery. *4?
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 103.)
soc. DE G^OGR. — 2e TRIMESTRE 1888. IX. — 25
y^ hi
i
1
1
.il
374 CENTENAtRE  DE LA MORT DE  LAPEROtlSE.
N° 102, Les grands hommes de la France : Navigateurs.
Par Edouard Gcepp et Emile Cordier. Edite chez Ducrocq, rue de
Seine, 55, a Paris, 1873.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 104.)
N° 103. Voyage du capitaine La Perouse autour du monde
sur la Boussole eiYAstrolabe, 1785-1788, raconte par hri-
meme, reduit et annote par Georges Mantoux. — Paris,
Dreyfus, editeur.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 91.)
N° 104. Laperouse, par Vattemare.
Bibliotheque des ecoles et des families. — Hachettc; petite brochure in-18.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 93).
N°. 105. Laperouse, conference faite au cercle catholique
d'Albi le 3 aout 1875, par E.-ll. Reboul, professeur d'his-
toire,officier d'Academie. —Albi, imp.Ernest Desrue, 1875.
(M. Reboul, k Albi.)
N° 106. Laperouse,  notice historique par M.   Maurice
Papailhau, d'Albi.
En-tete : gravure representant la statue de Laperouse a Albi.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 101.)
N° 107. Laperouse, notice historique par Vieulle. In-8,
fevrier 1888.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 102.)
N°108. Copie d'une epigramme de Lebrun sur le depart de
Laperouse*
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 32.)
N° 109. Sea life sixty years agOj a record of adventures
wich lead up to the discovery of the relics of the long-missing
TTTr'-wrT ■■ centenaire de la mort de laperouse. 375
expedition commanded by the comte de la Perouse, by
captain George Bayly. — London, Kegan Paul Trench and
C°, \, Paternoster square, 1885.
(M. Gabriel Marcel.)
N° 110. Journal des Debats, 20 et 22 avril 1888.
Deux articles resumant la vie et l'expedition de Laperouse et la
celebration du centenaire, par Gabriel Marcel.
(Offerts par Fauteur.)
N° 111. Laperouse, par Gabriel Marcel, bibliothecaire a
la section geographique de la Bibliotheque nationale. Edition du centenaire.
Recit de son voyage. Expeditions envoyees a sa recherche. Le
capitaine Dillon. Dumont d'Urville. Reliques de Fexpedition.
Edition illustree de gravures et de cartes. Paris, a la Librairie
illustree, 7, rue du Croissant.
(L'auteur.)
N° 142. Le Messager de Kromtadt.
Dans son numero 4-3, du 8/20 avril 1888, ce journal russe, consa-
s crant deux colonnes a rappeler Foeuvre de Laperouse et la celebration de son Centenaire, nous fait connaitre qu'un monument
lui a ete eleve a Petropawlosk, dans le Kamstchatka, au point ou
Fexpedition debarqua M. Bartheiemy de Lesseps. M. le vice-
amiral J. Likhatchof, de la marine russe, a bien voulu nous com-
muniquer ce numero, et nous dire que lui-meme avait autrefois
travaille a la restauration de ce monument commemoralif qui
consistait alors en une grande croix de bois. On devait la rem-
placer par un bronze qui serait, a-t-on ajoute, fondu presen-
tement. Mais certaines circonstances, provenant de la triste
situation fmanciere du fondeur, qui serait tombe en faillite,
empecheraient, parait-il, le transport du monument a la place
qu'il doit occuper.
(Vice-amiral Likhatchof*)
N° 113. Notice sur le Centenaire de Laperouse publiee en
volaptik*
E giL.pin   ■■
HP-W.
■;
\
I
ii
376
centenaire de la mort de laperouse.
Cette notice est celle qui a paru au Journal offtciel, elle a ete publiee dans plusieurs journaux etrangers au moyen de la langue
vol ap iik.
(M. Champ-Rigot, a Saint-Maurice (Seine.)
5 2.
collaborateurs de laperouse.
Autogr aphes.
Nc114. Billets de demande du chevalier de Langle pour
Farmement de YAigrette.
Ces trois pieces sont des ler septembre, 5 decembre 1780 et 4 fevrier 1781. Deux d'entre elles sont entierement de sa main, la
troisieme nous semble simplement signee de lui.
(M. Lacaille.)
N° 115. Lettre autographe du chevalier de Langle.
Cette note est adressee au ministre de la marine, le marechal de
Castries, et concernela vente des objets pris lors de la reddition
des forts d'York. Elle est du 4 novembre 1782. Le ministre Fa
annotee de sa main. Le chevalier de Langle etait deja alors sous
les ordres de Laperouse pour cette expedition.
'.. Lacaille.)
N° 116. Billet autographe du chevalier de Langle.
II se preparait alors a partir avec Laperouse sur YAstrolabe, et
s'occupait de Farmement des fregates. Par ce billet il demande
un barometre en fer. Le billet est date de Brest, 18 juin 1785.
(M. Lacaille.)
N° 117. Billet de demande de deux mille briques pour
lest; autographe du chevalier de Clonard, lieutenant charge
du detail k bord de la Boussole.
Ce billet est date a bord du Portefaix, a Brest, 28 mai 1785.
On voit que le Portefaix et la Boussole etaient un seul et meme
batiment, puisque tous les billets suivants signes du meme
officier ont trait a Farmement de l'expedition et sont a des
dates tres rapprochees. II est vraisemblable que c'est a cette
epoque que le premier nom du Portefaix a ete echange contre
celui de la Boussole.
(M. Lacaille.) CENTENAIRE de la mort de laperouse.
S77
N° 448. Deux billets de demande pour Farmement de la
Boussole, des 44 et 46 juin 4785.
(M. Lacaille.)
N° 419. Quatre billets de demande pour le charpentier, le
cordonnier et l'armurier dela Boussole (6, 8, 11 et 12 juillet 1785), autographes de M. de Clonard.
N° 120. Billet de demande pour le jardinier botaniste de
la Boussole.
II demande differents ustensiles, de la cire et des pains a cacheter
pour fermer les paquets de graines. Signe : De Clonard; contre-
signe : Laperouse.
(M. Eug. Charavay.)
N° 121. Billet de demande pour Faumonier de Fexpedition.
« A bord de la Boussole, 8 juillet 1787. La chapelle avec les
articles necessaires pour quatre ans de campagne. » Signe:chevalier de Clonard.
L'aum6nier etait le P. Receveur, qui mourut a Botany-Bay en
mars 1788. Les photographies et le tableau rappetes sous les
numeros 85 et 152 du present catalogue represented son tombeau, autrefois et a l'epoque actaelle.
(M. Eug. Charavay.)
N° 122. Billet de demande de M. de Laborde a bord de
Y Aigrette.
Autographe de M. de Laborde, enseigne a bord de YAstrolabe,
24 janvier 1780. Signe : Laborde-Marchainville.
Cet officier perit ainsi que son frere au Port des Frangais. La gravure representant ce naufrage se trouve mentionnee au n° 133.
(M. Eug. Charavay.)
N° 123. Billet de demande de M. de Laborde pour la Best olue.
Autographe du second des freres de Laborde. 27 avril 1781. —
Signe : Laborde.
M. de Laborde-Boutervilliers, dont il est ici question, etait garde de
la marine a bord de YAstrolabe, et fut fait lieutenant de vaisseau te ler mai 1786.
(M. Eug. Charavay.)
:
mwM 378
centenaire de la mort de laperouse,
No 124. Billet de demande de M. de Monti pour YAstro*
labe. - •     e|. .    • -tr" •       ■'■ *$W'   '*''
€ Un mat de misaine et sa vergue en chasse-maree; un mat de tape-
cul et sa vergue pour la yole.»—A bord de YAstrolabe, 22 juin
1785. Signe.: De Monti. j Jig |;
M. de Monti etait lieutenant a bord de YAstrolabe.
(M. Eug. Charavay.)
N° 125. Billet de demande de M. Boutin pour Farmement
de la Ceres.
Du 49 mars 1782. Hf1
Autographe de M. Boutin, qui etait sur la Boussole comme enseigne, et fut fait lieutenant de vaisseau le ler mai 1786 et
ensuite major.
(M. Eug. Charavay.)
N° 126. Billet autographe du chevalier d'Escures.
A bord de YAmphion, 16 fevrier 1779. Signe: le chevalier d'Escures. M. d'Escures etait lieutenant a bord de la Boussole.
N° 127. Billet de demande de M. de Vaujuas pour Farmement de YAstrolabe.
Du 8 juin 1785. Signe: Vaujuas. — M. Freton de Vaujuas avait le
grade d'enseigne; il montait FAstrolabe.
(M. Eug. Charavay.)
Tous les noms de ces officiers ont ete donnes par Laperouse a
differents points des cotes de la Manche de Tartarie (voir la
carte 46 de l'Atlas des voyages de Laperouse.)
N° 128. Lettre de M. de Lamanon, mincralogiste.
Cette lettre est adrcssec a M. Dautic au sujet d'explorations qu'il a
faites dans le haut Dauphine : il faisait partie de Fexpedition
comme naturaliste, et son nom fut donne par Laperouse a un
pic eleve situe dans la Manche de Tartaric. II fut massacre a File
Tutuila, qui fait partie de Parchipel des Navigateurs, le meme
jour que le capitaine Fleuriot de Langle.
La gravure qui represente le massacre se trouve dans le grand
Atlas des Voyages de Laperouse. File forme la planche 66, des-
sinee par Ozanne, gravee par Dcquevauvillers. Elle mesure 0m,40
sur 0^25, et au-dessous se trouve Finscription : Massacre de CENTENAIRE  DE LA MORT DE LAPEROUSE.
379
MM. de Langle, Lamanon et dix autres hommes des deux
equipages.
'.. Etienne Charavay.)
N° 129. Dessin original de Duche de Vancy.
Duche de Vancy etait le peintre dessinateur de l'expedition. On
lui doit plusieurs des gravures qui ornent FAtlas des voyages
de Laperouse. Le dessin que nous avons place ici a la suite
des autographes est un dessin a la plume, representant une tete
de femme. Les dimensions sont 0*,19 sur 0m,09« 11 est signe et
date : Duche de Vancy del. 1782. — Sur la gauche le dessin a
ete timbre 0. C. D.
Appartenant aujourd'hui sous le n° 354 a la collection de M. Margry.
.'■„■' (M. Margry.)
Portraits et gravures.
N° 130. Le vicomte Fleuriot de Langle, capitaine de vaisseau, commandant YAstrolabe.
Photographie d'une miniature tres-fine.
(Contre-amiral vicomte Fleuriot de Langle.)
N° 131. Photographie (verso et recto)  de la medaille
frappee a Foccasion du voyage de Laperouse.
L'original de cette photographie est une medaille en argent frappee
par ordre du roi Louis XVI, et envoyee par lui a la vicomtesse
Fleuriot de Langle apres le depart de son mari.
(Contre-amiral Fleuriot de Langle.)
ii/.V^'JS
N° 132. Mort du vicomte de Langle a File Tutuila, Fune
des Samoa, le 11 decembre 1787.
Gravure executee d'apres celle que Fon trouve dans FAtlas des
voyages de Laperouse.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 35.)
En 1883, le R. P. Vidol, de la Societe des maristes, retrouva, dans
File Maouna ou Tutuila, le tombeau de Lamanon et des hommes
massacres en 1777; il y avait bien onze corps deposes, disait la
tradition, mais de Langle, leur chef, n'y etait pas; les mission-
■ ■ •■■■■I ■
Eggr— ■■■ I
380
centenaire de la mort de laperouse.
naires firent elever une chapelle expiatoire sur le lieu du
massacre, et le gouvernement envoyait, en juillet 1884, le commandant Fournier avec le Kerguelen pour transporter dans
File une plaque commomerative, sur laquelle sont graves les
noms des hommes massacres. Un service religieux fut ceiebre,
et la paix fut faite avec les petits-fils des assassins. Nous avons
appris dernierement que le R. P. Vidal avail fini par obtenir la
restitution des restes du capitaine de Langle, qui n'avait pas ete
enterre avec ses compagnons. On le ramene en France, et des
ordres ont ete donnes pour que ses depouilies soient recues a
Brest avec tous les honneurs militaires.
N° 133. Lepaute-Dagelet.
Miniature signee Guilliez (?), diametreOm,05,montee sur une taba-
tiere ronde en ecaille. Le nom de cet officier fut donne par Laperouse a une ile decouverte le 27 mai 1787, sur les cdtes de
la Mandchourie, par 37° 22' 18" de lat. N., et 128° 36' 18" de
long. E.
M. Alvar Lepaute, a Saint-Quentin.)
N° 134. Portrait de M. Bartheiemy de Lesseps.
Dessin de 0m,06 de diametre, entouTe d'un cercle dore, et cadre de
bois noir. Le nom de Lesseps a ete donne a un cap de la Tartarie chinoise place dans la Manche de Tartarie, par 54° de^at. N.,*
et 138° 10' de long. E. S$&( |>
M. de Lesseps fit partie de l'expedition de Brest jusqu'au Kams-
tchatka, en qualite d'interprete. II montait YAstrolabe. Cf. te
n° 87 du present catalogue.
(M. Ferdinand de Lesseps.)
N° 135. Naufrage de MM. de Laborde sur les canots de
Lapeyrouse au port des Francais, dans la Californie. — Dedie
a M. Alexandre Delaborde, leur frere, par son tr£s humble
serviteur Osterwald Fame, ed.-imp. — Grepin pinxit, Prot et
Dissart sculpserunt.
Ce dessin, de dimensions 0m,70 sur 0m,48, est aecompagne de la
Notice suivante : c M. de la Peyrouse avait envoye plusieurs
chaloupes placer des sondes dans le port des Francais, dont il i
centenaire de la mort de laperouse.
381
avail fait lever le plan. — M. de Lescure, qui commandait cette
petite expedition, s'etant avance trop loin, fut entraine par le
courant, et son canot brise sur les rochers. MM. de Laborde, qui
suivaient, se precipiterent alors pour le sauver et eurent le meme
sort. M. de la Peyrouse, dans son rapport au roi, rend ains
compte de cet evenement. : «MM. de Laborde etaient a un grand
c quart de lieue du danger, c'est-a-dire dans une mer aussi calme
«que celle du port le mieux ferme. Mais ces jeunes officiers,
tpoussespar une generosite sans doute imprudente, puisquetout
« secours etait impossible dans cette circonstance, ayant Fame
c trop eievee, le courage trop grand pour faire cette reflexion
c lorsque leurs amis etaient dans un si grand danger, volerent a
« leur secours et se jeterent dans les memes brisants, et victimes
c de leur generosite et de la desobeissance formelle de leur chef,
c perirent comme lui. » Voyage de Laperouse, t. II. — Depose
a la Bibliotheque nationale.
L'original de ce tableau se trouve chez M. le marquis de Laborde.
Nous ferons remarquer aussi en passant que ce n'est pas M. de Les-
cures qui commandait l'expedition, mais bien M. le chevalier
d'Escures.
(General Dalmas de Laperouse, n° 39 dela collection.)
N° 136. Le tombeau du P. Receveur a Botany-Bay.
Aquarelle representant a Botany-Bay Femplacement du tombeau
.du P. Receveur, a cote de Farbre dont il est parte ci-dessus.
n° 123, avant qu'il ne fut coupe ; dimensions 0m,60 sur 0m,40.
(Musee de marine.)
IL — EXPEDITIONS A LA RECHERCHE DE LAPEROUSE
Gravures.
N° 137. VAstrolabe; navire du commandant d'Urville de
1811 a 1841.
Cette gravure fait partie de la collection des souvenirs de marine
conserves, n° 199, edites par la phototypie Berthaud, 9, ru^ Cadet
a Paris. (Dimensions 0m,38 X 0m,25.)
Ce batiment s'appelait primitivement la Coquille, et l'amiral
Dumont d'Urville raconte, dans ses recits de voyage, que le nom
HI
'jSiNMM^ a
ix
382
.CENTENAIRE DE LA MORT  DE  LAPEROUSE.
de YAstrolabe lui fut donne en souvenir de Fexpedition de
Laperouse a la recherche duquel il allait se lancer en 1826.
« Comme j'en avais indique le desir, on me donna la corvette la
Coquille, qui prit le nom de YAstrolabe, en memoire de M.^le
Laperouse. » — Voyage de YAstrolabe execute par ordre du roi
pendant les annees 1826, 1827, 1828, 1829, sous le commandement de M. J. Dumont d'Urville, capitaine de vaisseau. — Paris,
Tastu, imp. edit., 1830, t. Ier, p. 7.
N° 138. Inauguration du monument de Laperouse a Vanikoro.
Ce dessin fut execute par M. de Sainson, dessinateur de l'expedition Dumont d'Urville. II fait partie de tout un album ou sont
consignes les details les plus interessants du voyage.
f, Maurice Petre.)
No 139. La chaloupes de YAstrolabe repechant une des
ancres des vaisseaux de Laperouse (1827).
Le grand canot de YAstrolabe avait deja tente de la sortir des
fonds; mais il dut y renoncer, son arriere s'etant presque
defonce : la chaloupe fut envoyee, sous le commandement de
M. Paris, alors aspirant, et aujourd'hui vice-amiral et conservateur du Mus^e de marine, et c'est elle qui parvint a relever
completement cette ancre.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 36.)
No 140. Demonstration de l'equipage du Bruat et de la
colonie francaise de Sydney au monument de Laperouse
a Botany-Bay, pres Sydney.
Ce dessin a paru dans le Monde illustre en janvier 1885, d'apres
le croquis de M. Froger. L'aviso le Bruat qui avait opere le
sauvetage, se trouvant'de passage a Sydney, son commandant
et son equipage ne crurent pas devoir moins faire que d'aller
visiter le monument eleve comme hommage a la memoire du
grand navigateur, a Fendroit d'ou, pour la derniere fois, il fit,
avant son malheureux naufrage, parvenir de ses nouvelles. La
colonie francaise de Svdnev voulut s'associer a Fheureuse idee
du commandant du Bruat et y apporter son concours, en faisant
de cette excursion une fete qu'elle offrit au commandant et a
•i™*    "' Il
CENTENAIRE  BE LA MORT  DE  LAPEROUSE. 383
l'equipage du Bruat. Plusieurs membres du gouvernement et
du parlement du Sydney y furent invites. Apres la visite au
monument, ou Fon posa des couronnes et devant lequel le commandant du Bruat et M. le consul de France prononcerent des
discours, il y eut diner et bal et la fete fut charmante. (Extrait
du Monde illustre, janvier 1884.)
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 34.)
Oirvrages.
N° 141. Relation du voyage a la recherche de Laperouse,
fait par ordre de i'Assemblee constituante pendant les
annees 1791 et 1792 et pendant la premiere et la deuxieme
annee de la Republique franchise, par le citoyen Labillardiere, correspondant a FAcademie des sciences de Paris,
membre de la Societe d'histoire naturelle, et Fun des
naturalistes de l'expedition. Chez J. Jansen, imp. libraire,
rue des Peres, 1195, an VIII de la Republique franchise.
2 vol. in-8.     .  ' - ■>.'"
(Collection de Barthez de Laperouse, n°s 97 et 98.)
N° 142. Voyage aux iles de la mer du Sud en 1827 et 1828,
et relation de la decouverte du sort de Laperouse, d6die
au roi, par le capitaine Peter Dillon, chevalier de Fordre
royal de la Legion d'honneur, membre de la Societe asia-
tique du Bengale et de la Societe de geographic de Paris,
ex-commandant du vaisseau de la Compagnie anglaise des
Indes orientates le Besearch. — Pilletaine, rue des Grands-
Augustins, n° 7, 1830, 2 vol. in-8, reunis en un seul; on y
voit deux gravures et un plan detaiile de Vanikoro, qu'il
appelle Manicolo.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 99.)
N° 143. Vie, voyages et avenlures de Dumont d'Urville,
suivi de renseignements sur le naufrage de Laperouse, et
decouverte d'un grand nombre de debris de toute nature
provenant de ce naufrage qui ont 6te recueillis par lui, par
; ill
384 centenaire de la mort de laperouse.
M. de Barins. Paris, Le Bailly, libraire, rue Cardinal, n° 6,
faubourg Saint* Germain.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 99.)
N° 144. Decouverte et sauvetage de debris de Fexpedition
de Laperouse.
Ces recherches furent entreprises sur les ordres de M. le contre-
amiral Pallu de la Barriere, alors gouverneur de la Nouvelle-
Caledonie, par M. le capitaine de vaisseau Benier, commandant
le Bruat. Le recit en est consigne sous le titre ci-dessus dans
la Revue maritime et coloniale,   livraison de janvier 1884,
n. 175.
*
(Collection de Barthez de Laperouse, n9 31.)
N° 145. Memoire  et lettres relatifs   k l'expedition de
Laperouse, par M. Glaumont.
Extraits Au Bulletin de la Societe de geographie commerciale de
Paris.
M. Glaumont, qui habite la Nouvelle-Caledonie, apres avoir resume
les expeditions a la recherche de Laperouse jusqu'en 1883,
ajoute quelques details nouveaux et interessants sur des indications que Fon pourrait suivre pour retrouver d'autres souvenirs du naufrage. On a ajoute un extrait du journal de bord du
capitaine Gaspard, du 19 avril au 4 aout 1887, article qui aparu
dans YIndependant de la Nouvelle-Caledonie du 6 aout 1887.
M. Gaspard aurait decouvert un vase en cuivre provenant du
naufrage de Laperouse.
(M. Gauthiot.)
N° 146. Reception a Noumea des  restes   du naufrage
de Laperouse recueillis par M. Benier, sur le Bruat, 1883.
Cette relation a paru dans le Moniteur de la Nouvelle-Caledonie, et
le Journal officiel de la Republique francaise Fa reproduite dans
son numero du 27 octobre 1883, 294e de la quinzieme annee. On
y lit aussi le discours du contre-amiral Pallu de la Barriere, qui
etait a cette epoque capitaine de vaisseau et gouverneur de la
Nouvelle-Catedonie.
ntlil
fflintv^ centenaire de-la mort de laperouse.
385
IIL-DOCUMENTS GEOGRAPHIQUES
N° 147. Grande carte des voyages de Laperouse, dressee
par M. Girard.
N° 148. Atlas des voyages de Laperouse.
En outre des cartes qui s'y trouvent, donnant les details de toutes
les operations, on y voit des gravures concernant les pays
traverses par Laperouse. Ces gravures sont signees Blondela,
Duche de Vancy et Prevot, tous trois dessinateurs de l'expedition.
Seuls les dessins representant le naufrage des freres de Laborde
et le massacre de M. de Langle sont d'Ozanne. L'exemplaire
inscrit sous ce numero est remarquable en ce qu'il contient deux
exemplaires de chaque gravure, Fun avant la lettre et Fautre
apres la lettre. Cet atlas a ete execute pour accompagnerl'ouvrage
de Milet-Mureau.
(Comte Jean d'Estampes.)
N° 149. Atlas des voyages de Laperouse.
Le meme que ci-dessus, sauf pour les gravures qui sont toutes
apres la lettre.
(Collection de Barthez de Laperouse, n° 89.)
N° 150. Plan en relief de File de Vanikoro, ou perirent les
batiments.
Ce plan a ete execute par M. l'amiral Paris, conservateur du musee
de marine. On y voit l'endroit ou fut eieve le monument comme-
moratif du naufrage.
(Le vice-amiral Paris.)
N° 151. Plan en relief desfonds de la mer et dela situation
des debris de YAstrolabe qui ont pu etre releves.
Ce plan represente la situation dans laquelle les objets, canons,
plaques de plomb, ancres, etc., furent apercus en 1827, lors de
l'expedition de Dumont d'Urville. Par temps calme, tous les
debris se voyaient parfaitement bien, puisqu'il n'y avait guere
que 3m,50 a 4 metres de profondeur. C'est a cette epoque que
J .-
386
centenaire de la mort de laperouse.
M. le vice-amiral Paris a releve la position de toutes les pieces,
dont quelques lines seulement furent ramenees par Fexpedition.
une partie des autres fut recueillie par M. le commandant
Benier, du Bruat; la relation en est mentionnee au n° 139 du
present catalogue.
(Le vice-amiral Paris.)
N° 152. Le globe geographique de FObservatoire de Paris.
Ce globe, comme nous Favons dit plus haut, passe pour avoir servi
a Louis XVI a tracer te voyage de Laperouse. Dans la brochure
placee a c6te de la photographie cette legende est contestee.
Ce globe, dont la construction fut decidee en 1784, et qui fut
termine seulement en 1788, n'a done pu servir a cet usage,
puisque Laperouse est parti en 1785.
N° 153. Le globe geographique de FObservatoire de Paris,
par Ernest Maindron.
Extrait de la Revue scientifique du 7 mai 1887. Paris, bureau des
deux Revues, boulevard Saint-Germain, 111, 1887. Brochure de
16 pages, traitant la question du globe dont il est parte ci-
dessus.
IV.   - DOCUMENTS ETHNOGRAPHIQUES
SUR LES
PAYS PARCOURUS PAR LAPEROUSE EN DERNIER LIEU
N° 154. Fac-simile d'un dessin de Diego de Prado, qui
accompagnait Torres en 1606.
Dimensions 0m,40 x O™^. '     j|
Ce dessin est le plus ancien qui represente les insulaires des
Nouvelles-Hebrides.
On y voit quatre d'entre eux qui causent ensemble. Deux sont
armes de massues recourbees, un troisieme porte un arc et des
fleches, le qualrieme tient un javelot aussi haut que lui. Les
types de ces armes sont bien les memes que celles qui ont ete
exposees dans les panoplies : a gauche nous voyons deux arbres
qui semblent etre des cocotiers. Au-dessous du dessin on lit cette
legende encadree au crayon rouge : CENTENAIRE  DE  LA MORT  DE  LAPEROUSE.
387
« Esta xente es desta baia san Felipe y san Tiago donde se nos fue
la capitana son negros de cuerpos hordinarios sus armos, con
flechas, dardos y macanas es tiena fertil y sana tapan las ver-
guencas con ojas de arboles. »
A gauche du dessin on lit ces mots : « Archivogral, de Sinancas
= sua de Estado = Legajo n° 209. »
(Collection de M. le docteur Hamy, n° 4-.)
N° 155. Bambou grave.
Nous sommes ici, croyons-nous, en presence d'un document historique tel que peuvent en presenter les peuples primitifs, auxquels Fusage de Fecriture est inconnu: les tribus de la Nouvelle-
Caledonie et des iles environnantes emploient ce moyen pour
conserver  le souvenir  des grands faits qui les ont  frappes.
M. Emile Riviere nous a adresse une note que nous nousfaisons
un plaisir de reproduire avec le dessin qui Faccompagne.
« Ce bambou, ecrit M.  Riviere, long de 85 centimetres, lege-
rement incurve a Fune de ses extremites et creuse dans presque
toute sa longueur, a ete rapporte de File des  Pins,  en 1875, a
Arthur Forgeais, — un  antiquaire bien connu, — qui nous Fa
donne,  par  un   officier d'infanterie   de   marine  de   ses   amis,
M. Paul Tirat, qui venait de rentrer en France apres trois annees
de sejour dans la Nouvelle-Caledonie.
« D'apres les dires de Fun des plus vieux chefs kanaques de File
des Pins, a qui ce bambou appartenait et qui n'avait consenti a
s'en dessaisir en faveur de M. Tirat qu'a grand'peine et seulement
peu d'instants avant de mourir, les dessins dont il est orne dans
toute son etendue, separes en cinq groupes differents, soit par des
lignes transversales circulaires, soit par les nceuds memes du
bambou, ainsi que le montre la figure ci-contre (fig. 1), etaient
destines a rappeler Fepisode de Fun des premiers debarquements
d'Europeens dans File des Pins et la lutte qui s'en etait suivie.
« En effet, les lignes en zigzags qui entourent Fune des extremites ets'etendent de B en C figureraient Fagitation des indigenes
a la vue des Europeens descendus a terre : les losanges qui viennent
ensuite, graves de G en D, dont le plus grand diametre est transversal, et qui sont disposes en colonnes separees par des lignes
verticales, indiqueraient le groupement des tribus s'elangant au
combat pour chasser de leur ile les nouveaux debarques.
% Du cote oppose,c'est-a-dire deA en E,sont gravees deux series 388 CENTENAIRE DE LA  MORT DE LAPEROUSE.
de losanges inegaux, plus petits que les precedents cle A en F, plus
grands, au contraire, de F en
E, mais tous ayant leur grand
diametre dirige dans le sens
de la longueur du bambou et
formant egalement des co-
lonnes separees les unes des
autres par des lignes verti-
cales. Ces losanges represen-
teraient les Europeens masses et s'avaneant contre les
Kanaques, conduits par trois
chefs figures par les dessins de
la figure 2 et situes en F.
I Enfin, on apercoit sur la
partie mediane, soit de E en D,
une serie de vingt-six fusils
disposes parallelementtout autour du bambou et facilement
reconnaissables quoique tres
grossierement graves au trait,
lis indiqueraient par la direction meme des armes, — le
canon de chaque fusil etant
tourne contre les losanges qui
representent les groupes d'in-
digcnes soule\es, — la lutte
des Europeens contre les tribus sauvages.
« Telle est, en quelques
mots, Fexplication qui nous
a ete donnee de ces dessins et que nous reproduisons,,
bien entendu, sous toutes reserves.
« Ces dessins, qui semblent
ainsi faire allusion au debar-
quemem\.de quelque navigateur
dans File des Pins, se rappor-
teraient-ils a Farrivee de Cook,
ou mieux a l'expedition de La-
p:„ure 5 Perouse, ainsi qu'on nous 1% CENTENAIRE   DE   LA   MORT  DE   LAPEROUSE.
! 389
dit aussi ? M. Jules Garnier1 rapporte dans son Voyage autour
du monde, Fentretien suivant qu'il eut, a ce sujet, dans Fun des
principaux villages de cette ile, —j le village de Gadji, — avec un
vieil indigene qui lui confirma le passage de Laperouse dans ces
parages.
« Lesperes les plus vieux d'entre nous, disait te vieux Kanaque,
Figure 6.
virent, un jour, venir de la haute mer une enorme pirogue; cette
masse effrayante s'arreta quelque temps aupres de Pilot Amere,
puis se remit en marche vers le nord et disparut, nous laissant
etonnes et pleins d'effroi. Neanmoins, nous allames examiner les
lieux ou elle avait sejourne et nous trouvames des traces evidentes
du passage des hommes : des pins etaient abattus, des feux
fumaient encore. L'ilot Amere, c'est Botany-Island de Cook; ce
navire etait le sien.
« Deja l'impression produite par xette [inexplicable apparition
commencait a s'effacer dans Fesprit des insulaires, lorsque deux
navires apparurent. Ils s'avancerent lentement vers File des Pins,
puis, arrives devant Gadji, jeterent Fancre et amenerent leurs
voiles. Les indigenes furent pris alors d'une frayeur extreme et se
sauverent presque tous sur les hauteurs, surtout lorsqu'ils virent
les etrangers s'approcher de terre dans les canots. Peu a peu,
cependant, la cOnfiance revint et quelques Kanaques oserent s'a-
vancer et fraterniser avec ces visiteurs extraordinaires. Les nom-
breuses richesses, les ustensiles etranges de ces hommes blancs
excitaient leur envie; aussi pousserent-ils bientot Faudace jusqu'a
essaye'r de s'en emparer : au moment ou ils virent que les
etrangers allaient se rembarquer,ilsles attaquerent. Mais ils eurent
bientot lieu de s'en repentir; car, frappes par les balles des Europeens, qu'ils avaient mis dans la necessite de faire feu, trois d'entre
eux tombaient morts, plusieurs autres etaient blesses. Avant que
ces sauvages eussent eu le temps de revenir de leur panique, les
deux navires s'eloignaient, se dirigeant vers la Nouvelle-Caledonie.
i
1,  Jules Garnier, Voyage autour du monde; Oceanic, lie des Pins,
Loyalty et Tahiti, p. 95 et suivantes. — Paris, Plon, 1871.
SOC.   DE  GEOGR.   — 2°  TRIMESTRE   1888. IX.   — 26
-—- 390
CENTENAIRE   DE   LA MORT  DE  LAPEROUSE.
a*
pendant qu'un coup de toonerre s'echappait des flancs de ces
monstrueuses pirogues.
<l En quittant File des Pins, Laperouse se dirigeait le long de la
cote occidentate de la grande terre... »
« Notre bambou grave remonterait-il done au siecle dernier et
ses dessins auraient-ils eu pour but de perpetuer l'episode de ce
debarquement? Nous ne pouvons que poser ici un point d'interro-
gation sans oser nous permettre d'aller au dela.
« Cependant,l'etude que nous avons faite ily a douze ans, en 1876,
d'une interessante collection ethnographique rapportee, a cette
epoque, de la Nouvelle-Caledonie par un ancien instituteur, qui y
avait passe plusieurs annees, M. Serph, et placee provisoirement
alors dans une des sailes du palais de l'lndustrie consacree a Fox-
position-permanente des produits de l'Alg6rie etdes colonies, cette
etude, disons-nous, nous a permis de constater, dans ladite collection, la presence, entre autres objets, d'une quarantaine de bam-
bous graves, tous neo-caiedoniens. Or, parmi eux, cinq ou six of-
fraient, comme dessin, une grande ressemblance avec celui que
nous possedons.
€ En effet, ces bambous, qui rappellent tous des faits de guerre,
presentaient egalement et les losanges que nous avons decrits plus
haut et des fusils aussi grossierement dessines au trait. Du reste,
tous aussi, generalement graves avec des valves de coquilles appar-
tenant au genre Meleagrina, dont les Kanaques se servent comme
d'un burin ou d'un couteau, sont, pour ainsi dire, des bambous his-
toriques, sortes de parehemins sur lesquels les indigenes se plaisent
a relaler le plus petit evenement survenu dans File. »
(M. E. RIVIERE.)
N° 156. Tronc d'eucalyptus provenant de Botany-Bay.
Ce fragment porte l'epitaphe du P. Receveur, oratorien, aunifV
nier et naturaliste, embarque sur YAstrolabe, et decede a Botany-Bay en fevrier 1788, pendant le sejour de l'expedition de
Laperouse.
Cette piece fut obtenue par M. de Bougainville, qui la rapporta
et Foffrit au musee de marine. Dimensions : hauteur 0m,70, dia-
metre 0m,50. (Musee de marine.)
N*0157. Debris de coraux detachees de Tune des ancres de
Y Astrolabe.
Ces coraux alheraient a Fune des pattcs (rune ancrerelevee parte centenaire de la mort de laperouse.
391
commandant Benier; ilsse sont detaches de cette ancre, par suite
des travaux que Fon a ete oblige de faire pour la fixer au pied
du monument de Laperouse, a Albi, etM. le maire d'Albi les a en-
voyes a la Societe pour l'exposition. A ces debris est encore adhe-
rente une petite partie du fer oxyde, de sorte que Fon peut
constater l'epaisseur de cette couche madreporique, qui est par
endroits de 4 ou 5 centimetres.
(M. le Maire d'Albi.)
N° 158. Boite d'insectes de la baie de Botany-Bay.
Dans cette collection curieuse se trouvent des papillons, scarabees,
mouches, sauterelles, etc., que Fon rencontre tout autour de
Botany-Bay. C'est au cours d'un voyage execute en janvier 1882
que M. Potron a reuni ces divers specimens des insectes de ce
point.
(M. Potron.) &§$
N° 159. Fleches. ■;•:  %■-       \.'     '  • " '♦''■ • '
21 fleches en bambou,. pointe de bois barbelee et bariolee de
noir, de rouge et de blanc, extremite recouverte d'un mastic brun
rouge; longueur lm,20 environ. (Iles Salomon.)
20 fleches en bambou, a pointe de bois ou d'os empoisonnee, longueur de 0m,90 a lm,25. (lies Sandwich, Nouvelles-Hebrides.)
(Collection de M. Gauthiot, secretaire general de la Societe de
geographie commerciale.)
N° 160. Cinq arcs de■ lm,25 a  lin,80.  (lies   Sandwich,
Nouvelles-Hebrides.)
(Collection de M GautiiiOt.)
N°161. Lances armees de six rangees d'ossements hu-
mains appointis ct terminees par trois radius humains egalement appointis et empoisonnes. (Iles Spiritu Santo, Nouvelles-Hebrides.)
(Collection de M. Gauthiot.)
N° 162. Massues en forme de feuilles coudees.
Ces quatre massues proviennent de File San-Cristoval, qui appar-
tient a Farchipel Salomon. L'une d'elles est remarquable par
le personnage assis sculpte sur la base du manche. hm
(Collection de M. G.iarmoT.) 392
centenaire de la mort de laperouse.
1 I
\1
N° 163. Un bol a kawa.
Le kawa est la liqueur fermentee que preparent les femmes dans
ces contrees. Cet ustensile est en bois dur, supporte par un pied
tres bas et orne de dessins a ses deux extremites.
(Collection de M. Gauthiot.) j
N° 164. Un casse-tete en bois dur en forme de Seiacien,
long. lm,20. (Nouvelles-Hebrides.) '
(Collection deM. Gauthiot.)
N° 165. Autre casse-tete de 0m,90. (Nouvelles-Hebrides.)
N° 166. Lances.
Trois lances en bois dur, barbetees plus#ou moins finenlent a leurs
extrpmites. (Nouvelles-Hebrides.)
Deux lances en bambou, pointes en bois, barbetees,. (Nouvelles-
Hebrides.)
(Collection de M. Gauthiot.)
N° 167. Bambou orne de decors au feu, termine par
trois pointes. (Nouvelles-Hebrides.)
(Collection de M. Gauthiot.)
N° 168. Collection d'objets provenant de Fexpedition de
d'Entrecasteaux.
Ces objets font partie de la collection Delessert, qui est deposee au
musee archeologique et ethnographique du Havre.
M. le maire du Havre a bien voulu les preter a la Societe de geographic
N° 169. Deux casse-tetes en bois sculpte, ornes de decors
en bois et en feuilles.
(M. William Martin.)
N° 170. Collection de gravures de FAtlas des'voyages de
d'Entrecasteaux. Edition francaise.
(M. le docteur Hamy.)
r«i centenaire de la mort de laperouse.
N° 171. La meme collection. Edition anglaise.
tl est curieux de voir comment toutes les gravures de Fedition anglaise ont ete reduites d'abord et retournees : de telle sorte que
ce qui est a droite dans Fedition francaise, se trouve a gauche
dans Fedition anglaise.
(M. le docteur Hamy.)
N° 172. Un casse-tete en bois de santal blanc, long
de 0m,70 et termine a Fune de ses extremites par une tete
d'oiseau, le ka-hou de la Nouvelle-Caledonie.
(Collection de M. E. Riviere.)
N° 173. Deux Ovula oviformis, Lam., coquillages de la
mer des Moluques servant de monnaie aux habitants de la
Nouvelle-Caledonie.
(Collection de M. E. Riviere.)
Le Gerant responsable,
Ch. Maunoir,
Secretaire general de la Commission centrale.
Motteroz. — Imprimeries reunies, B, rue Mignon, 2, ^ssps:
.jaatmi GEOGRAPHIE
k le centenaire de
il 1888
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BULLETIN DE LA SOCIETE, in-&°.
l'e serie (1821 a 1833), 20 vol. — (vol. 1 et 2 epuises).
2e serie (1834 a 1843), 20 vol.
3e serie (1844 a 1850), 14 vol.
4* serie (1851 a 1860),20vol. —(vol. 1 a 10, 15 epuises).
5e serie (1861 a 1870), 20 vol. — (vol. 1 a 6, 9, 11, 12, 13 et 16 epuises).
6e serie (1871 a 1880), 20 vol. — (vol. 7 epuise).
7* serie (1881 a 1886), 7 vol.
Ce Bulletin, a partir del882, est divise en deux parties. La premiere qui com-
prend le compte rendu des seances, les principales lettres de la cqrrespondance,
la liste des ouvrages offerts a la Societe et les faits geographiques les plus impor-
tants est publiee dix jours apres la seance.
La seconde qui renferme les memoires, notices, rapports ou documents de
quelque etendue avec cartes, parait tous les trois mois. Prix: pour Paris, 20 francs;
pour les departements, 22 francs; et pour Tetranger, 25 francs.
Tables generates et analytiques des lre, 2% 3e et 4° series. 2 vol. in-8°. Prix :
6 francs chaque volume*
Notices annuelles des travaux de la SociSte" et du progres des sciences geographiques, par les secretaires generaux. Prix : 1 franc chaque notice.
Programme d'instructions aux navigateurs pour l'&ude de la geographie physique
de lamer. Broch. in-89, Prix : 1 franc.
Instructions generates aux voyageurs. 1 vol. in-16. Prix : 3 francs.
Gompte rendu   du  Congres international des  sciences geographiques de 1875.
Tome ler, in-8°. Prix : 20 francs. — Tome II, in-8\ Prix: 15 francs.
Guide hygi6nique et medical des voyageurs dans l'Afrique intertropicale, par
le* Dre Ad. Nicolas, H. Lacaze et Signol* public par la Societe de Geographie
et la Socr&& de medecine pratique de Paris* avec le concours des SocieHSs
franchises de Geographic Brochure in-8°. Prix * 2 francs. — Cet ouvrage eHant
epuise, la librairie Challamel vient d'en publier une nouvelle edition notablement
augmentee. Paris, 1885,1 vol. in-8°. Prix : 7 francs.
Liste provisoire de bibliographies geographiques speciales, par M. James Jackson, archiviste-bibliothecaire de la Societe de Geographie.
Cette liste comprend 1177 articles se rapportant a la bibliographie des diverses
regions de la terre. 1 vol. in-8°. Prix : 12 francs.
Exploration du Sahara. Les deux missions du lieutenant-colonel Flatters, par
le lieutenant-colonel Derrecagaix. 1 vol. in-8° avec carte. Prix : 3 francs.
Fleuves de TAmerique du Sud, 1877-1879, par le Dr Jules Crevatjx, midecin
de la Marine franchise. 1 vol. in-i° de 39 cartes avec tableau d'assemblage. Un^
notice biographique et une bibliographie des travaux de Crevaux accompagnent
cet atlas. Prix: 25 francs.
La Confrerie musulmane de Sidi Mohammed ben Ali es-Senousi et son domaine
geographique en l'annee 1300 de Fh6gire=4883 de notre ere, par Henri Duvey-
rier.Paris, 1884. Brochure in-8° de 84 pages accompagn£e d'une carte. Prix: 3 fr.
Liste de positions geographiques en ^frique (continent et iles), par Henri Du-
veyrier. Premier fascicule A-G. Paris, 1884. In-f° de 140 pages. Prix : 12 fr.
Voyage dans l'Arabie centrale, 1878-1882, par Charles Huber. Paris, 1885.
1 vol. in-8° avec carte. Prix: 4 francs.
Inscriptions recueillies dans l'Arabie centrale, 1878-1882, par Charles Ruber.
Paris, 1884. Brochurein-8°. Prix: 1 franc. y
EXTRAIT DU RfiGLEMENT DE LA SOCIfiTfi
Art. I. La Societe est institute pour concourir aux progres de la geographie;
•elle fait entreprendre des voyages dans des contrees inconnues; elle propose et
decerne des prix; etablit une correspondance avec les Societes savantes, les
voyageurs et les geographes; publie des relations inedites, ainsi que des ouvrages
•et fait graver des cartes.
Art. IV. Les etrangers sont admis au m£me titre que les Francais.
Art. V. Pour etre admis dans la Societe, il. faudra etre presente par deux
membres et recu par la Commission centrale.
Art. VI. Chaque membre de la Societe souscrit pour une contribution annuelle
de 36 francs au moins par annee, et donne en outre 25 francs une fois payes, lors
de la remise du dipldme.
EXTRAIT DU RfiGLEMENT INTfiRIEUR
Art. XXXI. La Commission centrale a la faculte de nommer, hors du territoire
frangais, des membres correspondants etrangers qui se seraient acquis un nom
par leurs travaux geographiques. Un diplome peut lenr etre deiivre.
Art. XXXII. La Societe admet, sous le titre de Membres donateurs, les etrangers et les Francais qui s'engagent a payer&lors de leur admission et une fois
pour toutes, une somme dont le minimum est fixe a 300 francs.
La bibliotheque, boulevard Saint-Germain, 184, est ouverte aux membres de la
Societe, de 11 a 4 heures, les dimanches et jours de fete exceptes.
Les envois faits a la Societe doivent etre adresses, francs de port a M. le President de la Commission centrale, boulevard Saint-Germain, 184.
S'adresser, pour les renseignements et les reclamations, a M. C. Aubry, agent de
la Societe, boulevard Saint-Germain, 184.
MM. les membres de la Societe de Geographie peuvent faire executer a leurs
frais des tirages a part de leurs articles, aux conditions du tarif ci-apres.
Une P5 (16 pages)..^..
Remise en pages, gla$age, papier, piqure, enveloppe de
couleur..... „ *W%
3/4 de flle (12 pages!, .
1/2 flle (8 pages)	
1/4 de fIe (4 pages).....
Couvertures, composition, tirade, papier, glagage.. "$&$,
50
eiempl.
12 65
10 75
7 80
4 40
9   ».
100
eiempl.
15 55
1260
9 60
6 30
10 »
150
eiempl.
18 95
16 70
12 05
885
1180
200
eiempl.
2310
14 20
1010
13   »
250
eiempl.
27 »
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1675
12  »
1515
300
eiempl.
3090
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19 30
1340
16 45
350
eiempl.
34 80
31 »
2185
15 30
18 70
400
eiempl.
38 95
34 75
2440
16 95
19 75
m
eiempl.
45 90
4090
29 95
20 50
2315
*KD*
Composition d'un titre d'entree de 1/4 de page ,Si..'
Composition d'un grand titre, avec page blanche au verso. ':'.:'.
Composition de quatre pages de titres (sans annonces pour les travaux
du meme auteur)  mM * iM.	
Les corrections seront comptees 1 franc Pheure.
Le tirage de chaque gravure sera compte 3 francs.
2 »»
4 50
6 50
Motteroz. — Imprimeries r^unies, B. rue Mijjnon, 2. 

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