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Les femmes dans l’oeuvre de Claire Martin Thibaudeau, Huguette

Abstract

La littérature canadienne-française est en pleine période de transformation, de croissance et de libération. Pendant les années soixante, celles de la révolution tranquille au Québec, le monde des lettres a vu surgir une pléiade de jeunes écrivains talentueux, les événements culturels et sociaux ayant leur impact sur l'expression artistique. Vers la?- même époque, partout dans le monde occidental, la conscience féminine s'est éveillée et les voix se sont élevées de plus en plus pour faire valoir les droits égaux des femmes, trop longtemps ignores, sinon méprisés. Claire Martin, sans revendiquer ni défendre quoi que ce soit, a su réserver a la femme une place spéciale. Dans son recueil de nouvelles, Avec ou sans amour, de même que dans ses trois romans, Doux-Amer. Quand j'aurai paye ton visage et Les Morts, elle libère la femme de sa sujétion ancestrale et la rend maitresse de sa destinée. Le personnage de la femme a travers les oeuvres sera envisage sous quatre aspects: le portrait physique, le portrait moral et intellectuel, la femme et le monde (société, amitiés, travail), la femme et l'homme, ''amour, le sexe. La première oeuvre, Avec ou sans amour, présente a. travers quelques nouvelles des portraits de femmes varies mais complémentaires. Elles ont plusieurs traits en commun: leur âge, leur tempérament, leurs préoccupations et leur statut civil. L'accent est surtout mis sur l'apparence extérieure et les soins qu'elles lui apportent. En y regardant de plus prés toutefois, on s'aperçoit que cette indication, toute superficielle, est révélatrice d'une philosophie plus profonde. A travers ce que la femme voudrait être l'amour de l'autre, c'est l'amour de soi qu'elle recherche. Doux-Amer, qui y fait suite, s'engage un peu plus avant. Le roman met en scène un seul personnage féminin d'importance, Gabrielle. Elle sera constamment décrite par son amant, l'éditeur. Presque tout élément physique, cette fois-ci, est laisse de cote au profit du travail. La carrière littéraire occupe Gabrielle à un point tel qu'elle lui consacre tout son temps et ses énergies. Aux dépens même de ''amour qui n'est qu'au deuxième rang. Lorsque, pendant un bref épisode, l'amour exigera sa part, il se révélera vine catastrophe. Gabrielle en sortira brisée, se retournera vers elle-même et cherchera la paix intérieure dans ses travaux d'écrivain. C'est la femme qui exploite ses ressources intérieures et qui se réalise comme personne humaine indépendante. Dans la troisième étape que représente Quand j'aurai paye ton visage, il y a deux visages de femmes: d'abord la femme d'âge mur, Jeanne, et la toute jeune femme, Catherine. Toutes deux, par l'entremise de leur journal, se livrent a des commentaires et des interrogations dans le but de se découvrir, de s'ajuster au monde ou elles évoluent et de s'ouvrir a l'autre, a l'amour. Jeanne, ayant reçu une éducation puritaine et ayant vécu dans un monde d'artifices et d'hypocrisie, a bloque toute expression de sentiment et, plus encore, tout sentiment véritable. Catherine, pour sa part, est beaucoup plus "évoluée" sur ce plan mais une trop grande liberté produit des effets identiques: l'amour est passager, volage et se restreint au niveau des sens. De sentiment véritable, il n'en existe pas jusqu'a l'arrivée de Robert. II initiera, consciemment ou non, les deux femmes au monde de l'amour. Les Morts est une oeuvre de la dernière heure. C'est un roman presqu'essentiellement a la première personne du singulier ou la narratrice-écrivain raconte ses souvenirs d'enfance et d'amour et, a. travers eux, sa recherche de la vérité et de la liberté. C'est une conclusion à une longue démarche intérieure qui aboutit à la connaissance, à la libération et à la paix. C'est une synthèse à la fois des personnages féminins qui ont précédé et de l'auteur. "Claire Martin, en langage sobre et en actes peu excessifs, délie la femme de sa sujétion ancestrale et la laisse conduire âprement sa destinée. Elle lui offre la stérilité comme une délivrance, une liberté qui en font l'égale de l'homme." (1) 1. Suzanne Paradis, Femme fictive, femme réelle (Ottawa: Garneau, 1966), p. 202.

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