{"http:\/\/dx.doi.org\/10.14288\/1.0427290":{"http:\/\/www.europeana.eu\/schemas\/edm\/dataProvider":[{"value":"CONTENTdm","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/isReferencedBy":[{"value":"http:\/\/resolve.library.ubc.ca\/cgi-bin\/catsearch?bid=9505449","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/isPartOf":[{"value":"French Revolution Collection","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/creator":[{"value":"[unknown]","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/issued":[{"value":"2023-01-30","type":"literal","lang":"en"},{"value":"[1787?]","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/description":[{"value":"A pamphlet bound in a paper cover, about the \"Conf\u00e9rence entre un ministre d\u2019\u00e9tat et un conseiller au Parlement.\"","type":"literal","lang":"en"},{"value":"","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/www.europeana.eu\/schemas\/edm\/aggregatedCHO":[{"value":"https:\/\/open.library.ubc.ca\/collections\/frenchrevo\/items\/1.0427290\/source.json","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/extent":[{"value":"47 pages ;  22 cm","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/elements\/1.1\/format":[{"value":"application\/pdf","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/www.w3.org\/2009\/08\/skos-reference\/skos.html#note":[{"value":"  THE LIBRARY\nTHE UNIVERSITY OF\nBRITISH COLUMBIA\n CONF\u00c9RENCE\nENTRE\nUN MINISTRE D'\u00c9TAT\nE T\nUN  CONSEILLEE^\nAU PARLEMENT.\nLe MiK, Je vous fa\u00ee\u00e0 in\u00e8i\u00effment de grS, Mon*\nifieur, de vous \u00eatre rendu chez moi pour cotif\u00eajPf\nun moment fur la i\u00eftuation a&uelle des affaires,\nd'autant-pk$ spp je fais votre a verfion%act\u00efrell!e\nde n\u00e9g\u00e9afeer avec les Mini\u00e8res, quattdr\u00f4i V a des\n^4k^*u>Batlement. Jemefouviensm\u00eamfe\u00eeiW\u00f4tt\nentendu dire m premier Pr\u00e9fident Mole >'^s W\nd\u00e9cade^^.d^ Parlement avoit corruTrerar\u00e9:is<jotir\no\u00f9 il fc\u00e9tojt ipr\u00eat\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier aveela Cour.\nLe Cons. Vous avez bien raifon, Monfieur :\njai en 1\u00e8?i\/t l'\u00e0mip\u00e0u\u00e0\u00een\u00e2 plus forte pour voir\n -1\n1\nles gens de votre \u00e9tat, fur-tout quand les\nEdits font au Parlement; cependant, comme le\nMiniftere n'a jamais -\u00e9t\u00e9 fi compl\u00e8tement com-\npof\u00e9 de gens honn\u00eates & bien intentionn\u00e9s, je\nn'ai point \u00e9prouv\u00e9 de r\u00e9pugnance au rendez-\nvous ,que vous m'avez demand\u00e93 & je viens fa-\nrvoir ce que vous defkez de moi.\nIe Min. Je veux vous parler naturellement\nde votre arr\u00eat\u00e9 de luri\u00e2i dernier. Je ne fais quelle\nid\u00e9e vous avez eu de rejetter toute efpece d'imp\u00f4t avant la convocation'des Etats-G\u00e9n\u00e9raux;\nc'eften v\u00e9rit\u00e9 fonner le tocfin, pour perdre en\nm\u00eame temps le plus beau de vos droits.\nLe CONs. Le Parlement., Monfieur, n'a eu\ncertainement pas l'id\u00e9e de fonner le tocfin, &,\nquanta ce que vous appeliez le plus beau de fes\ndroits qu'il abandonne, dites que le plus grand\nmalheur qui foit jamais arriv\u00e9 \u00e0 la Nation & au\nParlement, c'eft quand par une efpece de gloriole il a voulu fe fubftituer aux repr\u00e9fentanscLe\nla Nation pour accorder l'Imp\u00f4t au Roi. Permettez-moi, \u00e0 cefujet, de vous faire deux ou trois\nqueftions & r\u00e9pondez-moi avec cette franchife&\ncette loyaut\u00e9 qui eft l'appanagede tout bon Fran\u00e7ois : fommes nous ferfs, ou une Nation libre t\nLb Min. Nous fomraes certainement, Mon-\n f\u00efeur, une Nation libre, & s'il exi{Fois|\u00c9'.homme\na\u00eeTez ignorant ou d'affez mauvafe'foi pour dire\nle contraire, on n'aurok befoin qul^e le rap-r\npeller \u00e0 la d\u00e9nomination de Francs.\nLe Cons. Eh bien, Monfieur, fi nous f\u00f4min\u00e8$\nFrancs , fi notre Nation eft une Nation libre, le\nSouverain de cette Nation peut-il l'impofer \u00e0\nvolont\u00e9 comme des ferfs? R\u00e9pondez-moi.\nLe Min. Monfieur., la Conftitution Fran\u00e7oife\na fouvent vari\u00e9 fur cet article ; Philippe-le-Bela\nfait percevoir le 5 oe. denier fans l'Af\u00eeembl\u00e9e des\nEtats.\nLe Cons. Savez-vous ce qui eu arriv\u00e9 :<Js\ncet abus de puifiance?\n* Le Min. Ma foi., je l'ai oubli\u00e9.\nLe Cons. Eh bien, je vais vous le rap-\npeller. Les bourgeois des bonnes villes du\nRoyaume, telles que Paris 9 Rouen, Orl\u00e9ans Se\n& Rheims, prononc\u00e8rent entre eux un Arr\u00eac\nde. mort contre les pr\u00e9pof\u00e9s a la lev\u00e9e de l'Imp\u00f4t , & le mirent en ex\u00e9cution en les maiIa->[\ncrant. Je puis vous en donner la preuve fur\nle champ; car j'ai apport\u00e9 Savaron, dont je\nvous pri\u00ab de me permettre de lire quelques pa?\nges. Vous favez que ce livre cft imprim\u00e9 fous\nle r\u00e8gne de Louis XIII, avec privil\u00e8ge ; ainfi\n\u00a9n ne peut le r\u00e9eufer.\nAi\n^\u25a0^r^rr\n (4)\nVxms y verrez ques depuis l'origine de \u00eea_\nM\u00f4^aeje\u00e2i\u00ee\u00e9i jusqu'\u00e0 l'\u00e9poque ou l'Auteur s'arr\u00eate, l'ann\u00e9e 1615 j les Etafts - G\u00e9n\u00e9raux ont\u00bb\n\u00e9t\u00e9 en poiT^bn de concourir aux loix g\u00e9n\u00e9rales que les Rois ne publioient que dans leur\n'Aflembf\u00e9s:, de d\u00e9cider du droit de fucceflion\n\u00e0 la Couronne, & de confentir \u00e0 l'imp\u00f4t qui\nl\u00a9*r \u00e9tmt toujours demand\u00e9: d'apr\u00e8s l'expofi-\ntion. pr\u00e9alable des befoins de l'Etat; comm.fr\nauf\u00eei exiger un compte fid\u00e8le de remploi des deniers per\u00e7us , ou la punition de ceux qui le*\na$*oient dt'tdutn^aPa^autfes ufages.\nEtats de Salifibn , en 42.2-\u00bb fous le r\u00e8gne de\nPharamond, pour drefier la Loi Salique.\nEtats d'Attigny, fous Childebert, en 5*34,\npour donner des Loix & des Ordonnances.\nEtats de Troye, fous Clotaire II, en \u00a319;\nUs reconn\u00e8ir\u00ee\u00e8nt n'avbic d'aiitte.. fup\u00e9ri\u00e7ur que\nDieu & le Roi.\nEtats tenus \u00e0 Aix, par CHarlemagne, en\n777. Il efi y ordonn\u00e9 par le Roi & fes Barons\nque le peuple (c'eft-\u00e0-dire, le tiers-\u00e9tat) fera\ninterrog\u00e9 fur les nouveaux capitulaires, &que\nrien de ce qui ei\u00ef ajout\u00e9, n'aura force de loi\\\ns'il n'eft confen\u00f9 par tous, & fi tous rions\n \"\"\"^\nti)\ndonn\u00e9 par f\u00eegnature la preuve de ieur confen-\ntement au bas de l'Ordonnance.\nJ'en omets ici plufieurs, o\u00f9 on retrouve\nles m\u00eames chofes.\nEtats tenus \u00e0 Paris dans la grande fal\u00eee du\nPalais, fous Philippe-le-Bel, en 132-4. Nous\nen avons parl\u00e9 plus haut.\nM\u00eame ann\u00e9e ou la fuiVante, fameufe Charte\nde Louis-Hutin, publi\u00e9e dans une nouvelle\nAffembl\u00e9e d'Etats, dont vous lirez le contenu\ndans l'extrait de l'AITembl\u00e9e de 1338.\nEn 1337, arr\u00eat des Etats-G\u00e9n\u00e9raux , par lequel la couronne de France e\u00eet adjug\u00e9e \u00e0 Philippe de Valois, en vertu de la loi Sa\u00eeique.\nEn 1338 on 39, en fuivant le privil\u00e8ge de\nLouis Hptin, Roi de France & de Navarre, fut\nconclu par les Gens des Etats de France, pr\u00e9-\nlent ledit Roi Philippe de Valois, qui s'y accorda y que l'on ne pourroit impofer, ni lever taille\nen France fur le peuple , fi urgente n\u00e9\u00e7eflit\u00e9, ou\n\u00e9vidente utilit\u00e9 ne le requ\u00e9roit, & de l'octroi 4e$\nGens des Etats.\nEn 13 5 <y 9 le Roi jea,n jtira de ne faire employer \u00e0 autre ufage fes deniers, que pour le\nfait de la guerre ; comme aufli les D\u00e9put\u00e9s-G\u00e9n\u00e9raux jug\u00e8rent fur les faints Evangiles qu'ils ne\nA.3\nfewa.\nMte^di\n PI\nles convert\u00efrojent ailleurs,nonobftant quelqnes\nmandemens qu'ils euffent *du Roi : & s'il adve-\nnoit, que fous ombre de quelque imp\u00e9tration,\nles Officiers du Roi les vouluflent contraindre\n4'intervertir en autres ufages ces deniers , permis aux D\u00e9put\u00e9s-G\u00e9n\u00e9raux de s'y oppofer par'\nvoie de fait, voie d'implorer tout confort & aid\u00e9\ndes bonnes villes circonvoifines \u00e0 cet effet. Le\nferment du Roi \u00e9toit fait en pr\u00e9fence de la Nation ou de ces D\u00e9put\u00e9s, afTembl\u00e9s l\u00e9gitimement\n\u00e0 Paris au Palais ; & il avoit \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par lef-,\ndits Etats, qu'au cas de conteftat\u00eeons au fujet\nde l'imp\u00f4t s on s'adrefleroit aux Commiffaires\nparticuliers., \u00e9lus neuf en chaque Province,\ntrois de chaque Ordre, pour le jugement de\nces proc\u00e8s, & deux par appel aux D\u00e9put\u00e9s-\nG\u00e9n\u00e9raux des Aides, qui jugeroient en dernier\nreflbrt, lefque\u00ees, au fait de leur charge & ad\u00ab-\nminiftration, ne pourroient rien , s'ils n'\u00e9toient\ntous d'accord enfemble. Et n\u00e9anmoins au cas\nde difcord, la Cour de Parlement pourroit les\naccorder.\nEn 13^7, fous le m\u00eame r\u00e8gne, pendant la\nprifon du Roi, les ordonn\u00e9s pour les trois Etats,\ntant du Grand-Confeil des G\u00e9n\u00e9raux fur le f\u00e0ic\ndu Subfide, comme les r\u00e9formateurs , comment\n (7)\ncent \u00e0 d\u00e9cliner, & leur puiflance a appetheri-\nCar la finance ne fut pas fi grande qu'ils avoient\npromis , de plus de dix parts, & les laiflerent\nles Nobles, & ne voulurent pas payer, ni les\nGens des Eglifes ; ni auffi. les Gens des bonnes\nvilles, qui connurent & apper\u00e7urent l'iniquit\u00e9\ndes Gouverneurs principaux des finances.\nEn 1369, fous le r\u00e8gne du Roi Charles V,\nles Etats - G\u00e9n\u00e9raux ,. affembl\u00e9s \u00e0 Paris, commentent \u00e0 l'impofition d'un fol pour livre fur le fel,\nde quatre livres fur chaque feu dans les villes,\n& de trente fols dans la campagne, & de quel*;\nques autres droits d'entr\u00e9es fur marchandifes ou\nobjets, de confommation. Ils y confentirent\ngaiement, dit Mezerai, parce qu'ils favoient\nbien que ces lev\u00e9es feroient m\u00e9nag\u00e9es & ceflfe-\nf oient avec la guerre.\nCharles VII eft le premier de nosRois qui ait\nmis des imp\u00f4ts fans le confentement de fes peuples ; mais dans quelles circonftances r Lorfque\nla moiti\u00e9 de la France \u00e9toit au pouvoir des An-\nglois, & que l'Aifembl\u00e9e des Etats \u00e9toit impof-\nfible. Encore, dit Philippe de Comines , de-\nmanda-t-il l'avis de p\u00eeufieurs fages & bons Chevaliers. Ces imp\u00f4ts toutefois ne confiftoient que\ndans l'augmentation des tailles, & naturelle-.\nA 4\nmmm\n raent- cet objet \"^tigeoit moins la eofevcfetion des\nEtats, parce que ce dro\u00eet-ej\u00e9voit cro\u00eetre en progressons du revenu \u00e0es terres & de l'argent au\nmarc la livre.\nEtats tenus \u00e0 Tours en 1483, fous le r\u00e8gne de\nCharles VIL II y eft ordonn\u00e9 que toutes tailles\n& autres \u00e9quipolens de taille extraordinaire, &\nqui par ci-devant ont eu cours, foient tollues\n& aboMes, & que d\u00e9formais, en fuivant la naturelle franchife de France, & la doctrine de S.\nLouis, qui commanda a fon fils de ne prendre\nni lever taille fur fon peuple 8 fans grand befoin\n& n\u00e9ceffit\u00e9 , ne foient impof\u00e9es ni exig\u00e9es lef-\nd\u00eetes tarlles ni aides & \u00e9quipolens a la taille,\nfans premi\u00e8rement aflfembler lefdits trois Etats,\n6? d\u00e9clarer les caufes & n\u00e9ceflk\u00e9s du Royaume\npour ce faire, & que les gens defdits Etats la\ncc\u00e9fentent, en gardant les privil\u00e8ges dechacun\npays.\nNouvelle preuve de l'autorit\u00e9 des Etats dans\nl'Affembl\u00e9e de Cognac en i$?6 , o\u00f9 ils d\u00e9clar\u00e8rent nul le trait\u00e9 de Madrid, fait par Fran\u00e7ois I, pendant fa prifon, comme OBtre-paf-\nfarit le pouvoir que les Rois ont fur les provinces de leur Royaume, dont il \u00eeenr eft loifible\nde difpofer.\n\u25a0%^.:i\n (95\nEn 15^8. Demande du Roi Henri IFart^.\nEtats - afiembl\u00e9s \u00e0 Paris , de c\u00c9ai\u00eetre Tes #*\u2022*'\nnanccs.\n: Etats de France, fous (parles .IX, tenus \u00e0\nOrl\u00e9ans  & continu\u00e9s \u00e0 Pontoife, pour prendre garde aux dettes du Roi, & que les Ec-\ncl\u00e9fiaftiques foulageaf\u00ef\u00eant le Roi d'une charge'\nfi excei\u00eeive.\nJe ne vous en ai dit qu'un root, 8c commer\nen pafiant, pour en venir aux Etats de Blois,\nfous Henri III, en 1570\"* defqaels il eft important de vous donner un plus grand d\u00e9taih\nLifez enfuite , mon ami, dans les M\u00e9moires du Duc de Nevers les diff\u00e9rens avis donn\u00e9s!\n\u00e0\" Henri III par fes Confeillers d'Etat qui \u00e9toient\njurement plus au fait des droits du Roi & de\nceux de la Nation, que ne le font nos plus habiles Miniftres ; entr'autres , l'avis de M. de Mor-\nvilliers, p. 164.\nCelui de M.l'Ev\u00eaque de Limoges, p. 275.\nCelui de M. de Be\u00eelievre, p. 2.87.\nLe Roi les confultoit fur les re\u00efTources qu'il\ndevoit employer pour la nouvelle guerre qu'il\nprojettoit contre les fujets de la religion pr\u00e9tend\ndue r\u00e9form\u00e9e.\nIl femble, dit M. de Morvilliers, qua Votre\n (la)\nMajeft\u00e9 doit induire PAfTemb\u00ee\u00e9e d\u00e8s Etats a\nconfencir \u00e0 quelques contributions g\u00e9n\u00e9rales\npar tout votre Royaume pour vous fecourir en\nune fi urgente n\u00e9\u00e7eflit\u00e9. Car fi tous vos bons\nfujets, de quelque qualit\u00e9 qu'ils foient, ne fe\ndifpofent pas volontairement \u00e0 vous fecourir\nchacun f\u00e9lon fes facult\u00e9s, je ne puis imaginer\naucun autre moyen. Mais il faut que lefdits\nD\u00e9put\u00e9s qui voyent maintenant \u00e0 l'\u0153il l'\u00e9tat de\nvos affaires , l'approuvent & y confentent ; car\nnul n'y pourra contredire ; & d'ailleurs s'il\nfalloit contre quelques-uns mal affectionn\u00e9s,\nufer de contrainte, cette action feroit juftifi\u00e9e\npar l'approbation des Etats. Autrement il feroit\n\u00e0 craindre que les contraintes, qui ont toujours \u00e9t\u00e9 fort odieufes, n'apportaffent trop de\nm\u00e9contentement & fort peu de fruit.\nCe point-ci, dit M. de Limoges, c'eft Par-,\ngent dont il parle) eft le nerfdelaguerre.il\neft auffi plus preff\u00e9 \u00e0 d\u00e9battre entre les D\u00e9put\u00e9s\ndes Etats, que les autres articles, qui, \u00e9tant\nde moindre importance, d\u00e9pendent aufli davantage de votre volont\u00e9 & de votre ordonnance.\nIl rien eft pas de m\u00eame de celui-ci, Sire ; mais\nil d\u00e9pend des facult\u00e9s, des biens & des lib\u00e9-\n ralit\u00e9s d'autrui, & plus Votre Majeft\u00e9 aura n\u00e9-?\nceffit\u00e9 de finances, d'autant plus elle aura befoin\nde l'af\u00efiftance des Etats, dtfquelsfeuls d\u00e9pend,\nce rem\u00e8de*\nNous nefavons que trop, dit M. deBellie-\nvre, les moyens d'\u00e9lever fur vos peuples; mais\nil eft queftion d'avifer \u00e0 ce qui fe pourra, & \u00e0\nce que volontairement on peut faire ; les moyens\nne peuvent bonnement venir que de leur franche\nvolont\u00e9. C'eft pourquoi il femble n\u00e9ceflaire,\navant que cette notable Compagnie fe defparte,\nque tous enfemble difent \u00e0 Votre Majeft\u00e9,\ncombien ils pr\u00e9tendent que leurs provinces lui\ndonneront de fecours en un fi grand befoin*\nVous trouverez encore un paf\u00efage qui vous\nfera plaif\u00eer dans ces m\u00eames M\u00e9moires, p. 361.\nII s'agit de ParticJe 79 de la n\u00e9gociation au\nfujet de l'Edit de pacification. Les D\u00e9put\u00e9s de\nceux de la religion avoient demand\u00e9 une nouvelle convocation des Etats. Le fleur Bellievre\ndit de bouche, que le Roi feroit ce qu'il verroit\nbon \u00eatre. Le fieur Darennes r\u00e9pondit ce que\ntout boncit oyen diroit aujourd'hui avec plus de\nraifon encore , que la n\u00e9ceffit\u00e9 des affaires de\nFrance ne fut depuis long-temps fi grande, qac\nc'\u00e9toit Je vrai &le feul moyen pour y pourvoir,\ni. mi Wirlt\n ( M 5\nque leRoi, pour en fort\u00efr,ne fanrojf p*\u00a31\u00ef.dt3 elfe?\nmin plus propre au bien de fon fervice , ni plus\nagr\u00e9able \u00e0 tous ceux de fon Royaume. Car, par\nh\u00e0ite convocation, fesfujets m\u00eamesaviferoient\naux moyensplus commodes &aif\u00e9s pour eux pout\nfortir d'jfjaire, remettre ce Royaume en fa premi\u00e8re dignit\u00e9 & fpletideur,acqu?|ter les dettes de\nSj\u00efl$&jeft\u00e9,& racheter fon domaine,que les Etats\nloht\u00eetoujours utiles, & formidables feulement\n$ceux qui, abufant du nom des Rois, ont \u00e9t\u00e9\nplus curieux d*employer leurs bourfes, que de\nvendre fid\u00e8lement le fervice par eux d\u00fb \u00e0 Leurs\nMajeft\u00e9s.\nVous trouveriez encore dans les d\u00e9tails que>\nje pourrois recueillir fur les Etats de Blois en\n11-588 ,de preuves inconteftables de cette m\u00eame\n$ft\u00a3kine que les Confeillers des Rois & leurs\nMiniftres riavoient pas of\u00e9 m\u00e9conno\u00eetr\u00e9.\n-.Cinq ans apr\u00e8s, Henri le Grand faifoitd\u00e9cider par la Nation , que les Papes riavoient\naucun pouvoir fur le temporel du Royaume.\nPermettez - moi encore quelques lignes de\nPhilippe de Com\u00eenes , Miniftre de Louis XI > le\nErirtce le plus abfolu qui aitexift\u00e9. Ia-fol. p. 189.\nt. \u00ab Doncques pour continuer mon propos, y\nsta-t'-il,Roi ne Seigneur Xur la terre, qui ait.\n '( \u00ab3')\n\u00bb pouvoir outre fon domaine , de mettre un\n>> denier fur fes fujets, fans octroi & confen-\n\u00bb tement de ceux qui le doivent payer, finon par\n\u00abtyrannie ou violence j On ponrroit r\u00e9pondre\n\u00bb qu'il y a des faifons qu'il ne faut pas attendre\n\u00bb l'aflembl\u00e9e, & que la cfiofe fero\u00eft trop longue\n\u00bb \u00e0 commencer la guerre & \u00e0 l'entce|jrendrew\n\u00bb Ne fe faut point tant hafter, & l'on a \u00e2Skt\n\u00bb de temps ; & fi vous dy que les Rois en\n\u00bb font plus forts , quand ils l'entreprennent da*\n\u00bb confentement de leurs fujets , & en font plus\n\u00bb craints de leurs ennemis. Et quand?fe *.vJe#er^\n\u00bb fe d\u00e9fendre , on voit venir cette nu\u00e9e de loin,\n\u00bb &fp\u00e9cialement.quand c'eft d'\u00e0?angers, & cela\n* ne doivent les bons fujets rien plaindre , ne\n\u00e0 refufer.... Mlis fi notre Roi, ou ceux qui Id\n\u00bb veulent louer & aggr\u00e2n\u00e9\u00ef\u00ee\u00eb, difoient : J'ai fub*\na jects fi bons & fi loyaux, qu'ils ne me refu-*\n$ lent chofe que je leur f\u00e2che demander , &\n\u00bb fuis craint, ob\u00e9i & fervi de mes fubjecrs^\n* que nul autre Prince qui vive fur la terre , &\n* qui plus' patiemment endurent tous maux! &\n\u00bb toutes rudefles , & \u00e0 qui moto\u00f4 if \u20acdijvient de\n\u00bb leurs dommages pafles , il me^i\u00f4mble que cela\n\u00bb lui feroit1 plus gtand los ( & en dy la v\u00e9rit\u00e9*}\n\u00bb que non pas dire : Je prends ce qud-*je. veax^\n\u00bb& ai privil\u00e8ge, il me le faut bien garder \u00bb\u00bb\n (i4 )\nQu'avez-v\u00f4us \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cela, Monfieur t\nLe Min. Je conviens de tous ces faits, Monfieur ; mais vous devez convenir que poft\u00e9rieu-\nrement les Rois ont fait des emprunts, lev\u00e9\ndes deniers, \u00e9tabli des imp\u00f4ts indirects; par\nexemple , la vente exclufive du tabac, les ports\nde lettres, les droits de contr\u00f4le, fans l'intervention des Etats-G\u00e9n\u00e9raux.\nLe Conts. Permettez-moi, Monfieur, de vous\narr\u00eater. D'abord, plufieurs de ces imp\u00f4ts in*\ndire\u00e2s ne portent que fur ceux qui veulent les;\npayer : par exemple , on ne,force perfonne\nd'acheter du tabac. Quant aux droits de contr\u00f4le \u00bb\nil n'a dans le principe , \u00e9t\u00e9 deftin\u00e9 qu'\u00e0 payer\ndes Greniers qui \u00e9toient charg\u00e9s de donner une\nformule l\u00e9gale & authentique aux actes. Les\nGreffiers ont \u00e9t\u00e9 fupprim\u00e9s , & les Gens de Finances fe font empar\u00e9s du droit, en ont faitl'im^\npot le plus odieux , qui devroit \u00eatre le premier\nfupprim\u00e9 ; & je fuis \u00e9tonn\u00e9 que les Notables rien\naient pas fait l'obfervation dans leurs Affembl\u00e9es.\nEn Angleterre le timbre a lieu, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9,\nmais le droit de contr\u00f4le n'y a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli:\n& fi le timbre \u00e9toit un jour admis par les\nEtats-G\u00e9n\u00e9raux, il faudroit au moins fupprimer\nle droit de contr\u00f4le.\ny\n *( r\u00e7 )\n|F I^E Min. Il ne s'agit pas, Monfieur, d en*\ntrer dans la difcuf\u00efion des droits du Roi; je\ndemande pourquoi le Parlement ne fent pas\nqu'il renonce \u00e0 fon plus' beau droit, qui eft\ncelai d'accorder l'imp\u00f4t au Souverain.\nLe Cons. i\u00b0. C'eft que nous n'avons pas ce\ndroit, & que fi la Nation aftembl\u00e9e en 1579\n\u00e0 Blois, nous l'accorde implicitement, cela\nne peut \u00abtre tout au plus que dans le cas\nd'une n\u00e9cef\u00eeit\u00e9 urgente, comme d'une guerre\nmalheureufe , d'une invafion , o\u00f9 il n'y aifr-\nroit ni le temps ni la pof\u00eeibilit\u00e9 d'aflembles\nles Etats-G\u00e9n\u00e9raux. Voici, Monfieur, ma pro-\nfeflion de foi ; le Parlement de Paris v^eO: que\nla Cour de juftice du Roi, d\u00e9pofitaire des loix\ndu Royaume ; nous ne fommes point les re-\npr\u00e9fentans de la Nation , & nous ne voulons\npoint l'\u00eatre. Et comment le ferions-nous ? nous\ntenons nos provifions du Roi, & non pas de la\nNation. Le Roi ne veut nous permettre qu'une\nou deux remontrances; enfuite il tient un lit de\nJuftice ; & fuivant Sa Majeft\u00e9, nous n'avons plus\nrien \u00e0 faire. Eft- ce l\u00e0 le r\u00f4le que doivent jouer les\nrepr\u00e9fentans de la Nation ? Le Roi feroit abfolu-\nment defpote, & il lui feroit libre de prendre\njufqu'\u00e0 dix-n^uf Vingti\u00e8mes ; alors il ne r\u00e9gne-\n1\nmgm\nwmm\n44&*~Z\n fc\nt m\n\u2022f\u00e7ft plus fur un peuple libre & propri\u00e9taire,\nmais fur des efclaves qui fer\u00f4ient moins que f\u00e9s\ni^ferrrf\u00efers. ^\u00ebpll\n2 >\u00c2#pnt \u00efp\u00ee\u00eb il rieft jamais venu daWT\u00e8fr>rfc\nd'aucun \u00abMlniftre , d'imaginer que le Roi p\u00fbt\nain\u00d4Ten\u00e7g&ir la propri\u00e9t\u00e9 de-fes fuj\u00a3t>; II s'eft\nadrelf\u00f4, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, au Parlement, conform\u00e9-\nahght au defir des Etats de Blois ; mais \u00e8'efb\n<que les \u00ea*n\u00efiemis \u00e9taient dans l\u00e0 Champagfre.\n*6>t\u00a5 *&ft$ahdoit \u00e0 Douis XIV de fournir des\nt\u00a5atf\u00a7es pour d\u00e9tr\u00f4ner fon petit-fils ; le Parle-\ntS\u00ebfft d'alors \u00e9toit excufable, la n\u00e9cel\u00eeit\u00e9 \u00e9toit\nti\u00a3gtrite. Mais dejjtrisy leur cW\u00eeitfcendance vis-\n\u00d4-'f\u00e0s le minift\u00e9r\u00e8, a eu les fuites les plus fu-\nrie\u00fbes p\u00eaf\u00f9r la nation; infenfifer\u00e8rnJerit on s'eft\na\u00ea\u00eaoultum\u00e9 \u00e0 regarder l^oB\u00e9ffine\u00e9 $\u00eb\u00eb *ff\u00eek$r-\ntrats comme un devoir, au poirft que la voracit\u00e9\ndes Miniftres leur \u00e0 fait, un crime aupr\u00e8s du Roi *\nde leur r\u00e9fiftance ; comme fi c'\u00e9toit un devoir,\n& iDoii un Crime, de donner le bien d'autrui ; d\u00e9\nl\u00e0 , les r\u00e9ponfes humiliantes , l\u00e9s injonctions,\ntefc Jextls de cfu\u00eblques Membres, & m\u00eame d\u00e8s\nCorps entiers de Magiftr\u00e0tur\u00e9. Voil\u00e0 ce que\nnous a valu notre r\u00e9f^t\u00e0nce; & quand, parccvi-\n\u00e2tfcendance, nous avons cru devoir nous pr\u00eater\naux vues <Je FjVfen\u00eed\u00eeStation, les \u00ef^a^es nous\n ont rej\u00e0prcl\u00e9* avec grin^jraifon, comme H\u00fb\n\u00ab.inftrumens du defpotifme\u00bb\nAinfi la pofition des Corps de Magiftratufe\ntft telle qu'ils faut qu'il foient ou difgraei\u00e9s $:\nexil\u00e9s par le .Souverain, ou honnis par le peuple,\ncomme tra\u00eetres \u00e0 la patrie, pofition fans doute\ndigne d'envie.\nLe Min* Ce que vous dites^-l\u00e0 eft fort b\u00eeeft *\nmais cela fie rem\u00e9die point au mal, ctla ne.pStfe\npas le d\u00e9ficit de 140 millions. Que vq\u00fbiez*vojiS\ndonc qu'on faffe ?\nLe Cons. Je n'en fais rien 2 je nev^uis pas\n\u00bb dans l'Adminiftration, je ne connois pas les \u00e9tats\nde recette & de d\u00e9penfe ?\nLe Min\u00bb Vous n'avez donc pas de confiance\ndans l'Adminiftration f\nLe Cons. Je ne d s pas cela j au contraire,\njamais le Co.n-fe.il - Royal des Finances n'a \u00e9t\u00e9\nmieux compof\u00e9 : & fi l'Archev\u00eaque de Touloufe\nriavoit pas des deffeins bonln\u00eate\u00e2 & vraiment\npatriotiques , il n'auroit jamais::attir\u00e9,\u00e0 cfe Con-\nfeil Mgft Ici-Duc de Nivernais , M. \u00e0& Maleshta*\nbes; il rij& \u00e2turoit pas rappelle le vertueux M.\nd'Ormef\u00eebn. Nous eflimaiw tous M. Lambert\nfi le Co\u00eeB\u00eefeil du Roi avait (toujours \u00e9s\u00e9 au\/fi bieb\ncompof\u00e9, la patrie': n'aurait pas \u00e9t\u00e9 fi eru^-\nlement d\u00e9vor\u00e9e. B\n t:\nI.\u00e8 Min. Que craignez-vous donc r\nLe Cons. Ce que je crains ! Un Miniftere\n\u00eeionn\u00eate peut-il durer? M. Turgot at-t-il pu\nrefter; M. Necker, M. d'Ormef\u00eebn, riont-ils\npas \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s? Ne font-ce pas l\u00e0 d'honn\u00eates\ngens? M. de Fleury m\u00eame ria-t-il pas fuc-\ncomb\u00e9 fous le poids d'une cabale infernale &\n& pourquoi ? pour avoir \u00e9tabli un comit\u00e9 des\nFinances, qui p\u00fbt fervir de rempart contre\ntoutes les rapines de ces vampires de cour,\nqui jour & nuit r\u00eavent aux moyens de fucer le\nle fang des peuples. Un honn\u00eate homme dans\nle miniftere \/ Il lui eft impoflible d'y refter un\nan. Le P\u00e8re \u00e9ternel enverroit fon Efprit faiht\ndans le Confeil pour feuver la France , les\ncourtifanslui trouveroient des d\u00e9faut, & lefe-\nroient cong\u00e9dier. Ces gens-l\u00e0 font comme des\nenrag\u00e9s , d\u00e8s qu'un Contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral cefle\nvde leur donner de l'argent pour fatisfaire \u00e0\nfleurs plaifirs & \u00e0 leurs profufions. Us fe donnent le mot tous d'abord pour le perfimer,\n-enfuite pour le d\u00e9chirer dans l'efprit du ma\u00eetre.\nI s prennent ordinairement pour cela le jour\nd'une chaffe, & le moment o\u00f9 ils accompagnent\nle Roi dans fon carroffe. Voil\u00e0 comme ils ont\neu l'art de faire renvoyer trois eVce\u00eflens Mi-\n\u00e9^-^\n IB?\n.... \u00e9fjf\u00e8 {*?)\nniftf\u00e9s, pour y fubftituer \u00ee\u00e8 plus abominable\ncoquin ; & Cela parce qu'il leur promettait fans\ncefTe de partager avec eux le Tr\u00e9for royal,\ns'il \u00e9toit un jour \u00e0, fa difpofition. ( C'eft une\njuftice \u00e0 lui rendre , il leur a bien tenu parole. ) Eh bien, ces inf\u00e2mes courtifans necef-\n\u00efbient de dire au Roi, que c'\u00e9tait le plus lia*\nbile Calculateur, le plus grand Econome de fon\nRoyaume. Ils v\u00e0ntoient fur-tout le cr\u00e9dit\u00bb\ntandis que l'argent coutoit ving & trente pour\ncent, & que l'agiotage feul co\u00fbte \u00e0 l'Etat plus\nde 3$ millions. Par Ce beau man\u00e8ge, ces\nfnonftres ont eu l'art, avec ce Calqnne, de\nd\u00e9vorer, en trois ans & quatre mois, le fonds\nde plus de trois milliards, outre les revenir*\nOrdinaires, fi le d\u00e9ficit d\u00e9nonc\u00e9 eft vrai.\nLe Min. Ma foi, Mon\u00eeieur, c'\u00e8ft trop fort;\nQui prouve trop , h\u00ea prouve rien. On ne c\u00f4n*\nno\u00eet d'emprunt fait par M. de Calonne, que\n900 ou 9^0 millions. Encore ne faut*il pas le\nfaire plus coupable qu'il l'eft.\nLe Cons, Ah! Monfieur* j'exag\u00e8re, dites\u00bb\nvous, Eh bien, jettefc feulement les yeux, cinq\nminutes fur le tableau qu'un de Meflieurs a fait des\nFinances, depuis tyjo, & qui eft parfaitement\njufte, parC\u00e9 qu'il eft fait fur des donn\u00e9es in-\nConteftables. ?^.\n1\nt\u00c8\u00ca\u00c9\u00ca\u00c8m\n I\n11g\n- l'irai pied^a-.pie.d avec vous, & s'jt,exifte uts\nf\u00eau\u00ee mot qui pttji\u00efe vous laifler lemoindre 4\u00b0#f\u00a7|\nje vous permets de m'arr\u00eater.\nLe Min. Tr\u00e8s-volontiers.\nLe Cons. Le Roi confia , au commencement\nde 1770, l'adminiftration de fes Finances \u00e0\nl'Abb\u00e9 Terray, notre ancien confr\u00e8re. Elles\n\u00e9talent dans une f\u00eetuation pas tout-\u00e0rfait fi al\u00eear?\nmante. Le d\u00e9ficit de. k recette ordinaire n'\u00e9toit\nIjue de 8b .m,i\u00eel\u00efons ; les peuples ne pouvoient,\nlavoir ,aucun mauvais gr\u00e9 .\u00e0 l'Abb\u00e9 Terray de\nce d\u00e9ficit, fer oC'Iu\u00ef en attnbjaer la eaufe ; mais\nce qu'ils lui ont reproch\u00e9s , & ce Qu'ils lui\nreplr\u00e7clierit. encore, c'eft de^riavoir employ\u00e9\nque des moyens v\u00eeoieiis, iniques , pour \u00e9galer\nla recette \u00e0 la d\u00e9penje. Ce ri\u00e9toit pass\u00e9e qu'il\nfalloit faire , c'\u00e9tait JU d\u00e9penfe qu'il 'jj^ratmet-\ntre de niveau ji la recette. Le_Gouyern\u00a3tn\u00e9&f\nfenttt bien .alprs^ que,le Parlement nefeprete-\nteroit jamais auxcmoyens odieux que propo-\nfoit l'Abb\u00e9 Terray ; auffilui chercha-t-U querelle\nd'Allemand, pour avoir ^pr\u00e9texte de nous\nvextJer k 4e nous fupprjmer^& enfuite fubfti-\ntuer JL notre \u00abRia2p $ne rtroupe .de Magiftrats \u00a3\ngages i&^ux ordres de FAbb\u00e9 Terrai. Combien\nles. peuwes\/ont ibuflett,' (Ju\u00e7-ide citoyens r\u00e9duits au d\u00e9fefpoir, ont termine par Jtfuicide\n^\u00cbrfrbfri^\n Mm\nune vie qu'il  \u00e9tait impoflible de cdnjTerver \u00ee\nL'Abb\u00e9 Terray lui-m\u00eame eft mort de honte^&T\nde douleur.\nAu furplus, quels que foient les* moyens qu'il\naient employ\u00e9s , il eft certain qu'il a eu l'art de\nfaire parvenir en 1772 la recette \u00e0 la d\u00e9penfe.\nfW Min. Mais, Monfieur, ce n'ejft oas l\u00e0\nce qu'a dit M. de Calonne \u00e0 l'Affembl\u00e9e.des\nNotables : M. de Calonne avance avec la plus\ngrande confiance, que le d\u00e9ficit \u00e9toit bien\nant\u00e9rieur \u00e0 l'Abb\u00e9 Terray , & qu'il avoit toujours exift\u00e9 : avez-vous la preuve contraire ?\nLe Cons. AfTur\u00e9ment : encore un coup je\n\u00e2\u00e9Vdus parle qu'apr\u00e8s des donn\u00e9es incontefta-\nbks, & les voici. Ce font les Comptes pr\u00e9-,\nfentes au feu Roi par l'Abb\u00e9 Terray eO\u00ee?77o &\n1772. Quand il eft arriv\u00e9 aux Finances., il n'a-\nV\u00f4itMnul int\u00e9r\u00eat vis-\u00e0-vis du Roi & vis-\u00e0-vis\nde la Nation , de pallier le mal ; il avoit m\u00eame\nint\u00e9r\u00eat de l'augmenter pour tacher de juftjfier le\nparti violent qu'il avoit fait adopter.\nLe compte de 1772 eft au Bureau du Contr\u00f4le\ng\u00e9n\u00e9ral ; il y a plus , c'eft que le Compte de\nce Miniftre au Roi pour l'ann\u00e9e 177$ eft im-\nprfro\u00e9 , il eft dans les ma^ns, de tout le monde*\nApr\u00e8s avoir expof\u00e9 au Roi la fituation des fi~\n1\na\u00ca\u00ca\u00catm\n nances en 1772; c'eft-\u00e0-dire, que la recette fn^\npafibit la d\u00e9penfe de cinq millions, il lui dit\navec v\u00e9rit\u00e9 , qu'elle n'eft plus auf\u00ef\u00ef brillante ; que\nl'exc\u00e9dant de d\u00e9penfe eft de 15 millions 800,000\nlivres, & il lui en donne les caufes que voici. La\nguerre avoit augment\u00e9 fes d\u00e9penfes de fix millions , la marine d'un million 5 00,000 livres, les\naffaires \u00e9trang\u00e8res de 2,800,000 livres ; les mai-\nfons des Fr\u00e8res du Roi de 7,000,000 livres , les\nliquidations des Offices de 5,5*00,000 livres , &\nles frais de banque & de quartiers de j,ooo,ooo\nlivres.\nMais il affuroit en m\u00eame temps, que la recette\npour 1776\" s'\u00e9leveroit \u00e0 dix millions de plus,\n\u00e0 caufe du bon prix du nouveau bail des Fermes ,\n& de l'augmentation des recettes g\u00e9n\u00e9rales. H\nfaut rendre juftice cependant \u00e0 l'Abb\u00e9 Terray .\u2022\nce compte rendu de 1775* eft fimple & parfaitement bien fait. Il repr\u00e9fente au Roi, qu'il ne\nconnojt plus d'autre reflburce que l'\u00e9conomie,\nparce que, dit-il, vos malheureux peuples fuc-\ncombent fous le poids des imp\u00f4ts, & qu'il eft\nimpofl\u00eeble d'en augmenter la mafTe.\nLe Compte rendu de M. Tprgot ne pr\u00e9fen-*\ntoit en 1772 qu'un d\u00e9ficit de 16 millions ,6e\nencore portoit-il les d\u00e9penfes impr\u00e9vues \u00e0. dix\n millions. Il eft imprim\u00e9 dans fes M\u00e9moires,\nr\u00e9dig\u00e9s par M. Dupont. Il y a, Monfieur , un\u00a9\nremarque \u00e0 faire fur ce fujet , qui prouve la\nv\u00e9rit\u00e9 des comptes de ces deux Miniftres ,\nc'eft qu'ils fe rapportent tous les uns avec les\natees. D'ailleurs il eft impof\u00efible de fuppofiefc\nqu'un homme auffi vertueux que M. Turbot >\ne\u00fbt commenc\u00e9 \"fon miniftere par en impofer a\n\u00f9m Roi, en lui pr\u00e9fentant une fhuarion faufle\n& infidelle de fes finances. H\u00e9las ! ce grand\nhomme a \u00e9t\u00e9ht vi&ime de la cabale, de l'intrigue., ^-le Parlement m\u00eame a quelques reproches \u00e0 fe faire \u00e8<c\u00eb fejet. D\u00e8s ce temps-l\u00e0 M. de\n^\u00e0ljanne vouloir \u00eatre Contr\u00f4leur - g\u00e9n\u00e9ral, &\nC%oit lui qui -\u00e9ebit \u00e0 la t\u00eat\u00a9 de la cabale.\nM. de Clugny lui a fucc\u00e9d\u00e9, & n'a fait\nque paroltre ; bien des gens ont cru avec rak\n\/on que c'\u00e9toit??mi4>ien\u00a3a\u00eet de la Providence.\nM. Necker l'a remplac\u00e9 & a pr\u00e9fent\u00e9 au Roi\nfon compte au mots de D\u00e9cembre 1780. La\nrecette ordinaire furpafela d\u00e9penfe ordinaire,\nde dix millions!\nLe Min. Permettez-moi de vous arr\u00eater. Je\ntrouve une contradidion manifefte dans le\nCompte'de M. Necker & ceux de M. l'Abb\u00e9\n\u00abferray & M, Turgot,\n1\n Il avance que, quand le RoHui confia fes \u25a0\nfm\u00e0hces, le d\u00e9ficit*\u00eaieth-de z^-roi\u00ee'\u00eeions.\n&,UW CoNs. H ne dit pas cela^Monfieuf y\"^1*\ndit que M. de Clugny   l'avoit   avari\u00e9e!} mais\nmpn|ieur  de Clugny fe  trompoit ou vouloit\ntfompe\u00e7i Sji vous voulez vous 49?ner la peine\n<}e v\u00e9rifier tous les  articles de re\u00e7^\u00a7fo$v;d$i\n4\u00e9p\u00e9nfe, & la  d\u00e9duction du Compte   dej!^\nNecker, vous verrez, clair comme le jour,\nque ces diff\u00e9rens \u00c7f\u00a3m$tj\u00a7& rendus cadrent tous\nles uns avec les autres; & que ce qff'^ dit M.\ndg \u00c7ajl\u00a7\u00a7\u00a70 aux No^afeles , fur ce pf \u00e9j\u00a3i\\du d\u00e9-\n^^!f|uIM ^Y^jl ^^uy\u00e9 en  arrj^at en  place,\n\u00e9tait un menfonge & une impofture femblable\n\u00e0 toutes celles dont iia \u00e9t^nv^a\u00e2ncu depuis,\nj\u00ee JvQ\/\u00c7ompte de M. Ne\u00e7ke^\u00ee4?*|\u00e9|entoit une\nrecette de 427 millions  530 mille livres, &c\ncejui 4\u00e9\u00bb:M\u00ab Terrs$ ^r$f4f\u00ae\u00bbtoJt un dfy^ftA;\nmillions 87P ^Biye^i^res. Il en r\u00e9fute une v\u00e9rit\u00e9 ari\u00e7hm\u00e9tiquement prouv\u00e9e, c'eft que* 3e^\npuis i7?s j\u00ab%t'\u00e8n\u00c8li^8o 9 leuRc\u00e2i^kpiijr\u00e9\u00e9j\u00e0\nfoixante millions  de  plus de (es fJ\u00eb\u00f9jples qu'\u00e0\nfon av\u00e8nement   \u00e0L\u00ceaj;eouronne; &, on ne doit\npas oublier que (*) \u00e9epuis 1770 jufqB\u00ceen 177$\u00bb\nl'Abb\u00e9 Terray y. ajjK)itCi ejfc\u00e7pjre tir\u00e9 des peupl\u00e9*\n'\" \"\"'     \" I\"\"  \u25a0   '   \u25a0\u25a0\"'\u25a0M      \"\u25a0    m'VlV><*?'!    V-   \",\u00bbl iiilima-m,     1 taBifc\n( 1 ) Ainfi , en dix uns ! s Rois ont rire des peuples \u00e0iviUd\u00ee\u00c7\"\u00bb\npvcot 949 \u00abaillions de plus, Cel\u00bb eft effroyable.\n quatre - vingt millions de.fhi* ^annuellementM\nfoit en augmentation d'imp\u00f4ts ^ foit \u00e7r 2fiip$rg\u00a3*T\nlion de rerice\u00bb, charges, privil\u00e8ges, &$5\u00e7J\nLe MfH. *petmettez-mi\u00e2\u00ef .de vQjJsaafcr\u00eateffi\nencore* IGommdnt. peut-il fe faire que M\u00abqNe*t\ncker ai ^augment\u00e9 fi c\u00f4i*fid\u00e9rabfem\u00e9ntifo$ftre>&\nvenus du Roi, fans nouvel imp\u00f4t? f\u00ee cela n'eft\npas impof\u00ee\u00efble, c'eftau moins invraifejublab\u00ee\u00e9.3\n. Le CoNs.;Miais, Monfieur, fe ne varis \u00e8i\u00e0\npas que M. Necker ait augment\u00e9 le recette du\nRoi de foixante millions , je vous dis que lai\nrecette du Roi eft augment\u00e9e, depuis 177\u00c7\nji^qu'-en 1780 , de foixante raillions. M.Tbrgo\u00f4\nl'avoit augment\u00e9e par des bonifications de deux\n\u00e0 trois millions; M. de Clugny de fept \u00e0 huit,\npar fon\u00eenf\u00eame Loterie. Vous Toyea les recet*\ntes g\u00e9n\u00e9rales pour les pays d'Elections dans\nle Comjf\u00e0eide 'FAbb\u00e9 Terray \u00e0 133 miUio\u00e2is\n500,000 livres; ce m\u00eameebjet eft port\u00e9 dans\nle Compte de M. Necker \u00e0 148 nUllions 500,000\nliv. Voil\u00e0 donc d\u00e9j\u00e0 vingt-cinq millions de trouv\u00e9s \u00e0 compte de foixante.\nMais, demandez-vous : comment M. $\u00efe*\ncker a *-##3 il pu en outre bonifier la recette\nde trente - citf\u00e9f'm*lf\u00ea$ns ? Monfieur, c'a\u00e2P\u00c7SH\n'boffifiant tous les objets de Fermes, de R\u00e9gies\n& l'Adminiflrations quelconques. C'eft en annuU\n (i6)\nlant toutes les croupes^ dons, penf\u00eeons & autres fur les Fermes, les R\u00e9gies, les Poftet^\nles Loteries, &c. & en reftreignant les -b\u00e9n\u00e9^l\nfites des Gens de Finance & de toutes les parties prennantes. Cela ne vaat*& pas mieux qu\u00bb>\nd\u00e9mettre des Imp\u00f4ts? Les peuples n'en font-\nils pas plus foulages f n'eft-ce pas l\u00e0 une hj^po-\ntheque . encore plus s\u00fbre aux emprunts qu'il a\n\u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de faire pour le foutien de la guerre ?\nEt \u00e0 ce fujet permettez-moi de vous dire que;\nle reproche qu'on a\u00abfait \u00e0 ce Miniftre, d'avo\u00e2r.\n\u00e7mpcunt\u00e9 fans avoir mis d'imp\u00f4t, n'eft pas rai-\nfonnable ; puifqn'il n'en a jamais fait aucun\nqu'apr\u00e8s en avoir affur\u00e9 l'hypoth\u00e8que par une'\nbonification ou une augmentation de r\u00eave-,\nnu ; & cette hypoth\u00e8que eft bien piu&sureaj\u00e8a'uit\nimp\u00f4t. Il a emprunt\u00e9 5 30 millions, & les fecw\nnif\u00eecations montent \u00e0 trente-cinq millions de\nrente. Je fuis cependant bien perfuad\u00e9 , Monfieur , <}ue fi M. Necker e\u00e0t r\u00e9fl\u00e9chi davantage\nil n'auroit point divif\u00e9 la Ferme - g\u00e9n\u00e9rale en\ntrois ; il auroit fenti qu'il, fa\u00eeloit payer par-l\u00e0\ntrois Etats - majors : il n'auroitispot\u00eat Jspar\u00e9 la\npartie des Contr\u00f4les , de *\u00ee#e des confomma-\ntions. Il auroit vu que les Contr\u00f4les \u00e9tant l'objet de Finance le plus fufceptible d'extenf\u00eeon\n 1\n(17)\n& d'interpr\u00e9tation, le R\u00e9gifleur, n*3$ant plut\n\u00e0 m\u00e9nager le confommateur, n'avoit d'autr\u00e7\nbut que de tirer le dernier \u00e9cu du redevable,\nil auroit permis l'exportation des grains : aufli\nne fuis je poin| aflez enthoufiafte de fon m\u00e9-.\nrite pour n'\u00eatre pas perfuad\u00e9 qu'il a fait de grandes fautes dans fon adminiftration ; mais qu'il\ns'eft bien rectifi\u00e9, quand , livr\u00e9 \u00e0 lui - m\u00eame \u00bb\nne voyant plus dans fes anti - chambres de\nflatteurs ni de fripons pour le tromper, ni\nde courtifans pour. le d\u00e9vorer , feul avec\nfes lumi\u00e8res & fon amour pour la gloire ,\nil s'eft occup\u00e9 de fon admirable livre qui, \u00e0\nl'exception du feul chapitre du cr\u00e9dit, eft un\nchef- d'ceuvre, & devroit \u00eatre le Cat\u00e9chUhi^\nde tous ceux qrj font deftin\u00e9s \u00e0 l'Adminiftration\u00bb\nE$i h\u00e2en ! cet excellent Miniftre a it\u00e9 facrifi\u00e9*\n\u00e0 l'intrigue & \u00e0 la cabale ; & M. de Calonne\n\u00e9toit encore \u00e0 la t\u00eate, fe flattant de lui fucc\u00e9-\n'der, & promettant fans cefTe \u00e0 tous fes pro-\u00bb\ntecteurs & amis de Cour, de partager le Tr\u00e9-\nfor royal, d\u00e8s qu'il feroit \u00e0 fa difpofition. M.\nde Maurepas le \u00e7onnoifibit bien, 8c quoiqu'il\nf\u00eet la partie de Madame de Maurepas, ce Miniftre ne ceftbit d'en parler comme d'un kri\u00ab%\n\u00c7and, Quand il vit M. de Fleury arriv\u00e9 au\nminiftere, il fentit parfaitement que, tant ; qpe\n M. de Maurepas exifteirofr ,'i?9rr*irrH?\u00ea?6$f *}a\u00bb\njmlrrs^^orront ; il fe retit\u00e2^OTnl* Tors dans fon\nintendance. Mais M. de Maurepas mort, il\nvint tou^\u00eere^fSrre \u00e0 Paris form\u00e9f^\u00ef\u00efe nouvelles\nintrigU\u00ebs ff\u00f4ur d\u00e9btff\u00eafuer M. |de Fleury , &\nfoule ver toute la Cour, fur-tout Ch\u00e2tre la CbTr\u00e2t\u00eb\u00ee\ndes Finaces djjtfil avoit cr\u00e8H.r\u00ee0\nJe reviens actuellem\u00ebm\u00eejaa Comjjjte^ireTwtf\nNecker. Vous devez, MdrW\u00ef\u00ebur, je crois ^tre\nConvaincu de fa r\u00e9alit\u00e9, ^^r-tout, que la recette, au mois de Janvier ^7^81 ? exc\u00e9d\u00f4it la\nd\u00e9penfe de dix millions.\nLe Min. Wfis favez \u00e9eperraarYt, Monfieur.\n<jti*il s*eft \u00e9lev\u00e9 dans le temj^queTqueS nuages\njnir la V\u00e9rit\u00e9 de ce comble. Ta\u00ee entendu dire,\njar \"exemple, que M. N\u00eak\u00e9r \u00e2voit Vort\u00e9 en\n^\u00ebC\u00ebrt\u00e8le domaine d'Occident jjoTsf cette ann\u00e9e,\n& Cette recette \u00e9fdif nulle \u00e0 caufe de la guerre*\nSSbS que' \u00ef\u00e8 don du Clerg\u00e9\", qui avoit \u00e9t\u00e9\nmang\u00e9 larthee pr\u00e9c\u00e9dente. Cela feroit cependant\n-f\u00f4pfa huit m\u00efmqris d'erreur.\n\" Le Cons, EnTuppofaht qu'il y ait erreur^pour\ncesfi\u00eaukarticles, elle efthi\u00e8ricompenf\u00e9epar l'article des b\u00e9n\u00e9fices de^^enso^\u00efnpahce, que M.\nNeS\u00e7r ne p\u00f4rtqit qu'\u00e0 1,200,000 livres tandis\nque, cEaq\u00ef\u00ef\u00e8\\nn\u00ebe, le Roiretiroit plus defept\n ( *9 \u00ef\nmillions; ckiljie pprtoit pour 1781 la Loterie\nqu'\u00e0 fept millions ; & le produit de la Loterie\nde la m\u00eame ann\u00e9e , a \u00e9t\u00e9 \u00e0 huit millions 500\nmille liv.\nLe Min. Celam\u00e8paro\u00eet fans r\u00e9plique.\nLe Cons. Sur-tout d'apr\u00e8s l\u00e9 t\u00e9moignage\nde M. de Fje\u00bb|y & M. d'Qrmeffon, qui affirment, la v\u00e9rit\u00e9 du \u00c7otmpte ; ainfi que Mrs. da\ninefiae, Gojard, & leur t\u00e9moignage a certainement plus de valeur que celui d'un homme\ndont la vie enti\u00e8re eft un tiffu de menfonges,\nA l'en croire, le d\u00e9ficit remonte jufqu'\u00e0 Pha-\nramond., fans, jamais avoir \u00e9t\u00e9 couvert.\nLe Min. Il n'y a pas d'exemple; \u00f4^une pa-\nrmUe impudence., \u00e7\nLe \u00c7qj^^Vous voil\u00e0 donO-.Jbien perfuad\u00e9\nque M. Necker, de 1775 \u00e0 1781, a augn^ept\u00e9\nla recette de foixante millions*.&: que la recette ordigaire\u00bb \u00e0 cette, \u00e9poque, exc\u00e9doit la d\u00e9-,\npejofe ordinaire de dix millions.\nLje, MiN. Tr\u00e8s-certainement.\nLe Cons. Je pafle actuellement au miniftere\n^\u00e7J^. de Fleujw* Vous favez, & on me.peut le\nnier, qu'il a \u00e9tabli deux fous pour livre fur les\njcp^g^mjpatipns & le 3e. Ymzimm\u00e8, qui ont rendu 3 ehaquejmn\u00e9e, 51 \u00e0 $z millions. Ainfrla te,-\ni J ^\n cette ordinaire s'eft trouv\u00e9e monter & plus d\u00e9\nToixante millions. Par les intrigues de Calonne\nqui cornoit fans ceffc aux oreilles des Gens d\u00e9\nCour, qu'ils nepourroient jamais fucer le Tr\u00e9for\nroyal, tant que le Comit\u00e9 des Finances fubfif\u00bb\nt\u00earoit, l'auteur \u00e0 \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9. Arrive M. d'Or-\nme\u00effon, dont le choix \u00e0 \u00e9t\u00e9 fait par le Roi feul\u00bb\nLeminiftere de Ce vertueux Magifirat a \u00e9t\u00e9 trop\ncourt, gr\u00e2ces \u00e0 l'intrigue de Calonne & de fon\noncle Bourgade, qui pour lors \u00e9toit charg\u00e9 du\nTr\u00e9for royal. Perfonne n'ignore que c'eft Bour*\ng\u00e2de qui a foment\u00e9 tout le train de la Caiife d'Ef-\ncompte. Il eft bien vrai que M. de VergenneS\n\u00e9toit piqu\u00e9 de Ce que M. d*Otmeflbn refufoit de\nfigner l'\u00e9change du comte de Laleye, dans le3-:\nquel le Roi a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9 comme dans un bois ; &, k\nce fujet, permettez-moi une petite difgreflion\npour vous faire conno\u00eetre l'honn\u00eatet\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre\n1&. de Vergennes. CeMiniftre, comme Pr\u00e9f\u00ee-\ndent du Confeil des Finances, avoit demand\u00e9 a\nl\u00e0 Ferme g\u00e9n\u00e9rale fon confentement pour dif-\ntrair\u00e8la partie des Traites, du Bail, fous pr\u00e9texte qu'il ne pouvoit, fans cela, faire la paix\navec les Am\u00e9ricains. La Ferme y avoit confenti\u00bb\nCe Miniftre , dans la vue de culbuter M. d'Or*\nmeffon, lui cacha ce confentement, & l'engagea \u00e0f\n\\\n 1\n<3')\ncafter le Bail, pour foulever la Finance & les\nGens \u00e0 argent contre lui. D\u00e8s que le Bail fut\ncafte, Mrs. d'Harvelay & le Noir, les affid\u00e9s de\nCalonne, ne ceflbient d'\u00e9crire que tout \u00e9toit perdu \u00e0 Paris, que la banqueroute \u00e9toit certaine le\nio Novembre. Toutes ces lettres \u00e9toient cota*\nbin\u00e9es pour tromper le Roi. H\u00e9las ! leur machination ne r\u00e9uflit que trop 5 & la vertu \u00efut\nencore \u00e9loign\u00e9e de la Cour.\nLe Min. Je fais tous .ces. faits, dans les plus\ngrands d\u00e9tails ; & ce que vous dites, eft de la\nplus exacte v\u00e9rit\u00e9. Mais le Roi ne fera plus\ntromp\u00e9. Le miniftere actuel eft trop bien corn\u00bb\npof\u00e9. Si je m'apperceyois du moindre change-*\nment dans fa loyaut\u00e9, je n'y ferois pas le lendemain. | W!\u00e2h**di*t***'*%k\nLe Cons. Avant de pafler au miniftere abominable, qui, en trois ans & quatre mois, a\nr\u00e9duit la France aux derniers abois, il faut que\nje vous fafle un tableau fuccin\u00e9t de la fituatioa\ndes finances au premier Octobre 1783.\nJe vous ai dit plus haut, que la recette ordinaire depuis le ic, Janvier 1781, exc\u00e9doic\nla d\u00e9penfe ordinaire de foixante millions, \u00e0\nraifon des nouveaux imp\u00f4ts de M. de Fleury.\nLe miniftere de M. d'Ormeflbn a \u00e9t\u00e9 trop court\n ^mpi\n(.3\\)\npour l\u00fbr\u00e9Ctm\u00ebttr\u00e8\" ^augmenter la recette du\n*Wr\u00a3f\u00f4r royal ; mais il-eu a \u00e9t\u00e9 fi'ficel\u00e9 gardien,\nqu'il   n'en a pas \u00e9t\u00e9 \u00eeli\u00efftp\u00e9 un \u00e9cu.\n*! OQ #&\u00ee&&ia\u00abt'ueilement fouftF\u00e0ipedecette^ecfet^e cle fixante millions,  les ini\u00e9r\u00eats des emprunts, faits depuis\nle   Compte  rendu jufqu'au 1 Novembre  1783.\nPniifci^r\u00ee\u00ef      Int\u00e9r\u00eats*\nM.   Necker.    Viager   de\nl\u00e9vrier et Mars 1781.   ...     90 mil.      9,5oo,ooo 1.\nM. de Bieusy. ' \u00c7mjprft^   \u2022\ndel\u00e0 ville de.  ......  .    20 1,000,000\n.1781,.   Emprunt, de  Hol-\nS\u00eftenjd\u00ea\u00bb   .  . .  . \u25a0'\u2022'.'\u25a0'\u25a0*--.t?'!.l. .      9 45\u00b05\u00b000\n.? jkt8a.. Viager. . . .. 3{fn\u00ab*o\n(  Bouffi    depuis    de    85\n\u2666^{\u00c7i\u00e0os-par Mi de GaloAne.  100 10,000,000\n\u00ae . Perp\u00e9tuel. aop 4telUaij^j -y\ndout il n'y a eu que 70 mil-\n\u2022J^^T^i^fisi*1?\"? \u00ee .  .  .  .    70 n \"^jffbojooo\np_-.^^3>^to|4rie d'Avril.   .   .     34     \\    i'2\u00eeK?f?0}000\n*M.   cr\u00d4rmesson. ' Loterie\nd'Octobre     24 1,200,000\nTotal.  .  .  . .  ..^^\u00a7vA \u2022 | 26j$5o;,aoo L\nCes 'ivfyfe\u00eaf\u00e0s \u00e7^ogffifit au plus \u00e0 %i millions,,\nqu'il faut d\u00e9duire de la recette ordinaire. Il en re'-\nfulte clairement, qu'\u00e0 l'arriv\u00e9e de M. ds\u00bbCalonne,\nla recette ordinaire furpaf\u00efbit la d\u00e9penfe ordinaire\nde 33 millions, & ce, fans compter les charges\n\u00e9teintes depuis le t$*Sbxm<\u00e9k 17S1, foie en rentes viag\u00e8res y^j\u00e9Teriptions'^bSrer^Hfes fermes &\n..actions des In<&es rembourses , &c q\u00f4\u00e9^ j\u00e0-ce*te\n\u00e9poque ^i|iQ5toi\u00ab.ot \u00e0\u00eftjpdas de douas* miUioas\u00abJ^\nreviendrai tout -\u00e0-l'heure, parce, que, pour marcher\n \u00ab33 )\nc$jj$\u00e7;avec m\u00e9thode, il faut commencer 'par vous\nfaire le d\u00e9tail des objets dont il a augment\u00e9 la\nrecette.\nLa Ferme-g\u00e9n\u00e9Vale & les R\u00e9gies.  .  .    n millions.\n-R^P\u00e7\u00ef&\u00eeiies , les Capitati\u00e9&fc '&  les\nVingti\u00e8mes '....-..'        7 millfefUsJ\nLes Poftes, l\u00e9s Meffageries, les Loteries , Poiffy , &c       ,4 millions.\nTotM.\";'\u2122 ......     22 millions.\nQuant aux charges \u00e9teintes , .voyez, la, page jjh de la\nr\u00ebfutatian du BifeefUBs 4e? Calonne \\ pat M. Necker.\nEn yoici le d\u00e9tail.\n' %\". Diffraction des rembourfemens^p^gt\u00e9g^.urGompta\nrendu     17,300,000 iiv.\n5. Diftfr\u00e0ction d'un artirle\n,   17,300,000 liv.:\nd'int\u00e9r\u00eats fur les Loteries     3,ooo,ooo\n6. ExlStncTions viag\u00e8res 7,600,000   \u25a0\n7. Int\u00e9r\u00eats des re\u00efcriptions rent-\u00bb\nf>.o]^$q\u00cb>b \u2022!.\u2022 \u2022 i \u2022'\u2022'*3$&**     3^n\u00e8o,ooo\n8. Idem,   des  billets  des  fermes\nrembourses  tfoOj\u00fbOd\n9-. Idem des actions des Indes rembours\u00e9es 200,000\n'   f\u00f4\u00e9Ai \u00bb.    3o,800,000 fiv.'\nOr,, Monfieur, je .'vous demande actuellement,\n\u00e0 quoi monte le d\u00e9ficit, vous qui avez lu les Etats,\nLe Min. Mais environ j* 149 millions.\nLe Cons.   En \u00eates - vous bien s\u00fbr ?.\nLe  Min. A  peu-pr\u00e8s.\nLe Cons. Eh bien, Monfieur , calculons ej*.\nfemble. M. de Calo$ge avoit d'abord mange' le\nfonds de 33 millions  de rente qu'il avoit trouv\u00e9\nC\n f\nw\n(34)'\nd'exc\u00e9dant. Il a enfuite -\u00abrang\u00e9 (es augmentations\nde recette, montant \u00e0 1% millions , plus il a mang\u00e9'\nl'extinction des charges, montant \u00e0 30 millions,\ncela fait bien 8 5 millions de rente. Outre cela,\nvous dites qu'il y a un d\u00e9ficit annuel de 140 mi\u00ef-\nHons.ri Eh bien, Monfieur, ai-je exag\u00e9r\u00e9, quand\nje vous ai dit que M. de Calonne aura mang\u00e9 le\nfonds de plus de trois milliards , fi ce d\u00e9ficit eft\nreU'\nLe Min. Cela eft vrai, mais c'eft inconce*\nvable, car fes emprunts ne montent qu'\u00e0 950\nmillions ou un milliard au plus.\nLe Cons. Entendez - vous donc avec volts-\nm\u00eame ? Il y a , dites - vous, un d\u00e9ficit de 140\nmillions : je vous prouve & vous en coj^|nez,\nqu'il a mang\u00e9 le fonds de 85 millions de rente,\n\u00e0 laquelle fomme monte l'augmentation des reve^\nnus de l'Etat, depuis le ict. Janvier ij$i. J'a\u00ee\ndonc raifon d'affirmer qu'il a mang\u00e9 plus de trois\nmilliards , .ou le d\u00e9ficit n'eft pas de 140 millions z\nalors pourquoi demand\u00e7-t-on un imp\u00f4t pour couvrir ce pr\u00e9tendu d\u00e9ficit , & pourquoi refufe - t -\non la communication des \u00e9tats de recette & d\u00e9penfe? ill\u00e0* -'j\nLe Min. Ma foi, je n'en fais rien, tout cela\na l'air d'une fable. Je prierai le Duc de Niver-\nnois de me l'expliquer. Quant aux emprunts de\nCalonne, il ne faut pas croire qu'il les ait tous\nmang\u00e9s, la guerre en a abforb\u00e9 une partie.\nLe Cons. La guerre , vous vous moquez. M. de\n \u00abt (35)\n\"Calonne eft arriv\u00e9 le z Novembre 1783 \u00bb' \u00eea pa\u00eeje\n\u25a0\u00e9toit faite en 17^1 ; & |fi elle n'a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e qu'en\nNovembre 1783, c'eft qu'on a voulu gagner une\nann\u00e9e de  #   Vingti\u00e8me. C'eft M.  Necker qui \u00e0\nfepport\u00eb' l\u00e9 poids de l\u00e0 guerre A'g voil\u00e0 pourquoi^\nil a emprunt\u00e9 530 millions, M. de Fleury a emprunt\u00e9 233 millions, & M. d'Ormeffona^ millions\npour payer le reftant de cette guerre. Il fe peut\nfaire, quand M. de Calonne eft venu au miniftere,\nqu'il p\u00fbt \u00eatre d\u00fb encore quelque chofe : fuppofon\u00bb\n%j$p. millions. Qu'a-t-il fait des 800 autres ? Si M*.'\nde Calonne e\u00fbt d\u00e9penfe 950 millions \u00e0 la guerre, ent\ny joignant les emprunts de MM. Necker , Fleury &\nd'\u00d4rmeffon , elle auroit co\u00fbt\u00e9 1737 millions. Dieu\npr\u00e9ferve la France d'une f\u00e9conde guerre r quand\nm\u00eame elle feroit encore plus honorable , que lai\npremi\u00e8re !\nLe Min. Cela eft r\u00e9ellement inconcevable , & j\u00f4\ncommence \u00e0 croire que vous avez raifon.\nLe Cons. Vous fentez bien, \u00c2\u00efonfieur , qu'il\nfalloit\u00e0 Calonne un pr\u00e9texte pour fes emprunts : loti\npremier eft de 100 millions, il n'y en pas eu 10 d'employ\u00e9s aux dettes de l'Etat, le refte a \u00e9t\u00e9 la proie\nde tous ces vampires de Cour , ils \u00e9toieht autour d\u00fb\nlui comme des \u00eeoups affam\u00e9s & enrag\u00e9s , qui ct\u00e8s*\nmandoient le prix de leurs fervices. Cet emprunt n\u00f4\nfuffilbit pas \u00e0 leur dent creufe ; fi Calo\u00fbne avoit\nceffede leur donner, ils auroient commenc\u00e9 \u00e0 aboyer\ncontre lui, & \u00e0 le d\u00e9chirer comme les autres. Auffl\n\u00e0 cet emprunt en fuce\u00e9da-t-il tout de fuite un autre\nCi\n de \u00ee?o millions. Mais ce dernier n'aflbuvifToit p?s\nleurwracif\u00e9, il en paroifloit. tous les mois, fous\ntOTr\u00e7s'fes^'duleurs, fous toutes les formes pofhbles.\n\u00efyaiff\u00e8urs, ce n'\u00e9ft pas encore tant les profitons,\n& les d\u00e9pr\u00e9dations qui ruihoient le Tr\u00e9for royal,\ndtflftef fauffes combinaifons. Ce dr\u00f4le-l\u00e0, pour faire\naccroire au Roi que l'\u00e8''cr\u00e9dit alloit bien, arrofoit\njournellement la bourfe, & ce petit man\u00e8ge feul\ndu jeu des effets royaux , a co\u00fbt\u00e9 35 millions, fans\ncfjteV\u00e8r les arrolemens qu'il a fallu frire aux agioteurs , tels que l'Abb\u00e9 d'\u00c8fpagnac , Senef, Vaynie-\nranges & autres pareils bandits. Aucun march\u00e9 ,\naucune fentreprrfe de finance , n'a \u00e9t\u00e9 , fafls donn\u00e9e\ndes pots de vin \u00e9normes, -aucune place n'a \u00e9t\u00e9\ndonn\u00e9e f\u00e8ns des penfions , fans des croupes. Il en\nirtluffi <$ae t\u00f4Jus*f\u00eas\" fottrfti\u00cf\u00cftes \u00e9toient oblig\u00e9s de\nvendre au Roi plus cher que dans les autres temps,\nM 1?e<t- l\u00e0 en partie la caufe de l'augment\u00e9e\u00a9!* des\ntbjpenfes dfe la guerre, & des autres d\u00e9partement.\nLe ^Trefor royal, \u00e9toit la proie de tousfl&^ipetas\nde Paris.\nLe Min. Voili taie faites trembler..\nLe Cons. Il a augment\u00e9JeV charges du Con-\nfeil de plus de 900,006 liv. pour s'attacher les\nMa\u00eetres des Requ\u00eates. Aufii difoient-ihs tous , que\nc'\u00e9toit le plus grand Miniftre des finances qui ait\njamais exift\u00e9; & les Commis des Buf%ib%lfaifoient\n\u00ebcho , parce qui\u00eei \u00e2voientde bonnes ordonnanc\u00e9s\n^comptant: c'\u00e9toit \u00e0 qui Voleroit & pil\u00eeeroit le\njMits ; mais ce quiTle plt\u00eeS^^O\u00dbt\u00ea* \u00e2tr ftoi, ce font\n 1\nfes fautes combinaifons & fes inqp^S-qui font^-\ncalculables. Il me faudroit un volume pour vous\n'Us d\u00e9crire. Par exemple, il fait la refonte des\nlouis, & \u00e0 rai\u00efon de cette affaire, je cannois uns perfoune qui a eu ia cent mille livres\npour boire. M. de Calonne rogne un feizi\u00e8me fur^\nchaque louis, & dit au Roi ; Nous ferons accroire\n\u00e0 vos peuples que vos louis ont la m\u00eame valeur,\nnous les donnerons toujours pour 3.4 livres , nous\nles rognerons d'un feizi\u00e8me, nous gagnerons 3$\nmillions , ne trouvez - vous pas mon i(j\u00e9\u00a7 f>iea\nfublime, bien loyale fur - tout, & digne d'an;\naufli grand Roi que vous ? Les courtifans difoient :\nAmen; & f\u00e9licitoient Sa Majeft\u00e9, d'avoir trouv\u00e9*\nun pareil tr\u00e9for dans un Miniftre qui avoit des\nformes auffi agr\u00e9ables & aufli raviffantes. Poun\nraviffantes, cela eft bien vrai, h\u00e9las , le pauvre\npeuple a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de recevoir les louis comme\non les lui donnoit. Mais qu'en eft-jl r\u00e9fult\u00e9 ? C'eft\nque, comme le Roi eft le plus grand confomma-\nteur de fon Royaume, cette friponnerie eft tomb\u00e9e fur le compte de Sa Majeft\u00e9. parce que toufc\nUs fourniffeurs quelconques en tout genre, oqe\naugment\u00e9 d'autant leurs marchandifes, qu'aujo^\u00e7*\nd'hui ce rench\u00e9rif\u00eeemenf \" eft\u00ee; annuel : & fi l'on\nvouloit fe donner la peine de faire un relev\u00e9 bien;\nexact de toutes les d\u00e9penfes, foit \u00e0 la guerre *&&\n\u00e0 la marine, foit dans les autres d\u00e9partemens, on\ny conftateroit qu'elles ont, \u00abdepuis cette belle ope-\nratio ; augment\u00e9 de plus ^ 18 \"m'iBio.as, & \u00e7'e&\nL\/r^*^<L^- ^fe\n SKSSJIM^JflHi\u00ef\u00ef*\n(38)\nte qui eft une des eau (es principales du d\u00e9ficit.\n\u25a0 Auffi de-la refonte des louis, je ne vois gu\u00e8re qu^\ncelui qui a re\u00e7u les 1.200 mille livres de pot de\nvin qui y ait gagn\u00e9.\nLe Min. Vorre r\u00e9flexion, Monteur , eft, on\nne peut pas plus j.udicieule; mais qui vous a donc\n\u00fb bien inftrui.t ?\n\"Xe Cons. Le bon fens 5c les Chapitres 5 &\n\u00a3 du Livre de  M. Necker.\nLe Min. Je ne me \u00eeaffe pas de vous \u00e9couter.\nLe Cons. Si je ne craignois de vous ennuyer,\nje1 vous dilf\u00e9querois toutes les op\u00e9rations de Colonne; il n'y eaa pas nne feule qui ne porte avec\n\u00e7lle l'empreinte de la d\u00e9mence & de la friponnerie..\nJe me contenterai feulement de vous parler de l'on,\nemprunt de la. ville . de 30 mipl\u00fbfls \u00bb.,qui no^\na \u00e9t\u00e9 adrefT\u00e9 au Palais le % Septembre dernier ; ea\nnous mena\u00e7ant comme, des e'\u00e7oliers, de nous faire\nperdre nos, vacances, fi nous ne Fenregiftrions-\npas.\nLe Roi dit \u00e0 la ville : Pr\u00eatez-moi 30 millions \u00e0\nconftitution, vous ne m'en donnerez que 17 l'ann\u00e7'e\nprochaine, je vous rendrai f\u00eapt millions. 500 milite,\nlivres ; mon. engagement visr\u00e0-vis de vous fera\ntoujours de 30 millions,. & je vous ferai iaoo\nmille livres de rente. Si mon fils, Monfieur , faifoit\nde pareilles affaires de finances, je le ferois enfer-\nmer \u00e0 Saint-Lazard.,\nLe Min. Cette op\u00e9ration , Monfieur , eft mau-\nva\u00effe, je ne ue veux pas eu prendre le parti \\r mais\n (39)\ncependnat comme c'eft \u00e0 titre de conftitution , oi|\npouvoit dire \u00e0 cela que le \u00a3Roi a fait quelques ia-\ncrifices, pour n'\u00eatre jamais oblig\u00e9 au rembourfe.\nment de cette fbmme. Il eft bien vrai que faifant\niaoo mille livres d'int\u00e9r\u00eat, & n'ayant touch\u00e9\nque 19 millions 500 mille livres, cet int\u00e9r\u00eat eft un\npeu cher.\nLe Cons. Mais vous igaorez donc que trois mois\napr\u00e8s, M. de Calonne, par un arr\u00eat du Confeil,\na fait changer cette conftitution en une obligation\n\u00e0 terme ?\nLe Min. Mais c'eft trop fou.\nLe Cqns. Pas fi fou, il y a eu un bon pour\nboire de donn\u00e9 \u00e0 quelqu'un, & j'ai lieu de croire\nque ce cher homme en a eu fa bonne part. Cet\nargent-l\u00e0 reviendra au Roi \u00e0 plus de 30 pour\ncent.\nLe Min. Si cela eft vrai, Monfieur, comme\nje n*en doute pas, vous n'\u00eates pas vous autres\nParlemens fans quelques reproches \u00e0 vous faire,\nvous auriez d\u00fb, au lien de prendre vos vacances , employer ce temps \u00e0 \u00e9clairer la religion du\nRoi.\nLe Cqns, Eclairer la- religion du 'Roi ! parbleu,\nnous aurions \u00e9t\u00e9 bien re\u00e7us. Vous ignorez donc\nce. qui nous eft arriv\u00e9 dans toutes les occafions,\n& comme on nous traitoit. Dans l'affaire des\nQuinze-vingts , le Roi nous r\u00e9pondoit de nous\ntaire,'& que nous avions-le' don de l'ennuyer\nDans l'affaire de la refonte des louis, le Roi nous\nr\u00e9pSandoit que cela ne nous regardoit pas. Je veux\n (4o)\ndifoit-il r que l'on f\u00e2che que je fois tf^s-eonremr k\nde mon Contr\u00f4leur-g\u00e9n\u00e9ral; & on \u00f4te en m\u00eame\ntemps \u00e0 mon confr\u00e8re d'Amecourt,   la   place de\nRapporteur de la Cour, on exile un Con.Ceilf\u00f4r I\nd'JEtat , qui avoit eu pr\u00e9c\u00e9demment le d\u00e9partement\nd\u00e8s Monnoies , parce qu'il remet au Pr\u00e9f\u00eedent du-\nCbnfeil des Finances, \u00e0  lui feul,   un  m\u00e9moise :\nqu'il avoit  fait pr\u00e9c\u00e9defumeht fur cette partie de\ncette adminiftration qui lai a\u00aboh> \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e.\nOn diffame, & oaflut diffamer par les efpions\nde la Police , dans les Caf\u00e9s & dans les Clubs notre\npremier Pt\u00e9fident ; & cela pour le forcer de quitter , \u00e0 lftifiet d'y fubft'&uer un homme plus affide\n\u00e0 Calonne. Pendant ce temps-l\u00e0 on nous envoyoit\nd\u00eafa Edits au Parlement remplis d'abfurdit\u00e9s, de\nmti.fonges , & qui auroient d\u00e9shonor\u00e9 le Roi dans\nl'efprit de fes peuples , fi on avoit pu cre\u00c9re un\nijifiai\u00eet que Sa Majeft\u00e9 pouvoit y avoir la moindre\npart. Nous favions qu'il \u00e9toit journellement tromp\u00e9\n&\u2022 que les avenues du tr\u00f4ne \u00e9toieat. totalement\nferm\u00e9es \u00e0 tout-ce qu'il avoit d'honn\u00eate \u00e0 la Cour,\n\u00e0 l'a ville , & dans, l'admimftration. Je ne veux\n\\qus donner que l'extrait de deux ou trois \u00cbcSt\u00ee.\nPar l'Arr\u00eat du Cofrfeil du 4 Mars 1784, il eft\nditH\u00c7jfie Sa Majeft\u00e9 \u00ab veut maimeair les difpofitions\n\u00ab ordonn\u00e9es pour fes fiances , en facrifiant toute\n\u00bb d\u00e9penfe d'agr\u00e9ment, en diff\u00e9rant tqums celles qui\n7> peuvent fe remettre, en fufpendant des confiras-\u00bb\n?? tions  fiu' les fonds   de .fes b\u00e2timens....\nEt ptuJint ce temp-l\u00e0 , le Roi acqu\u00e9roit l'ib\n%\n r\n( 4\u00ab *\nAdam , Rambouillet, faifoit de grandes d\u00e9penfes\ndans cet endroit. On renverfoit les maifons \u00e0es\nponts, on choififfoit, comme vous voyez , un moment #\u00e8s importun ; mais il f\u00e0lloit capte* M.^A\u00e0-\ngivilliers qui avoit l'oreille du Rx\u00eev& par confeV r\n\u00abment devoit \u00eatre un des foutiens de Calonne.\nL'Edit d'Ao\u00fbt 1784 , portant \u00e9tabUflferaent d'une\nCaiffe d'amortiffement'ty n'eft-ii pas le comble du\ndejj\u00fbie & de Vfflfi^\u00f9dence ? \u00e9tablir une Caiffe d'amortiffement dans le temps qu'il y a un drfiiit& con-\nfid\u00e9rable dans les finances, il faut \u00eatre plus que\nfou pour croire qu'une nation-au^i \u00e9clair\u00e9e donnera\ndans un pareil pi\u00e8ge.\nMais l'Editde D\u00e9cembre 1785, eft encore plus\nplaifant. En voici les termes mWts pour mots :\n\"Tous nos engagemens ont \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9s.. . tels\n& font les fruits, telles doivent \u00eatre tes b\u00e2fe\u00e8 a\u00eflt\nyy-\u00ef\u00efbus avons adopt\u00e9es. L'^\u00e8ier acquit doit \u00eatre\n\u00bb confomm\u00e9 dans le- courant de l'ann\u00e9e 1786*, &\n?i nous.avons la fatisUction d'\u00eatre affur\u00e9s, qu'avec\n\u00ab le fecours du nouvel emprunt, nous pourrons\n?j effectuer cet appurement total, fans lequel Paraf\u00e9\n\u00ab\u2022que nous travaillons \u00e0 mettre dans nos finan-\n\u00bb ces ,   fer\u00f4\u00eetf tt&polfible \u00bb.\nEt c'eft dans ce-me ann\u00e9e 1786*, que M. de Ca* !\nlonne afffemble les Notables, pour leur dire que*\nl'imp\u00f4t del\u00e0 gabelle eft un imp\u00f4t d\u00e9faftreux, qu'il\nfaut fupprimer les droits de -traite de l'int\u00e9rieur, les\nAides. D'apr\u00e8s ce beau pr\u00e9ambule, & l'Editde 1785 ,\nqui diable pouvoit s'attendre \u00e0 la conclufion . & qui\n1\nA-J:^ '\n ( H j\npourroit ajouter foi \u00e0 un irf\u00eafyit qui eft tant\u00f4t de\n80 millions, tant\u00f4t de 100 millions \\ un autre jour\nde 114, & aujourd'hui de  140?\n\\   Le Min. Avec vivacit\u00e9 :\nVous avez r\u00e8jfon, cent fois raifon;  c'eft  un\nhomme \u00e0 pendre , fur-tout depuis fon eVafion en  I\nAngleterre ; il eft osroinel de haute tr\u00e2hifon au- '\npremier chef , pour avoir quitt\u00e9 le lieu ou le Roi\nl'avoit epj\u00c9py\u00e9, & fur-tout (j'apr\u00e8s le rtfus que Sa *\nMajeft\u00e9 lui avoit fait d'aller en Flandre, ou aux\neaux. Mais ceci ne rem\u00e9die pas au mal, allons au\nfait; en un mot, pourquoi ces [Etats-G\u00e9n\u00e9raux <j\nLe Co'N^l^ai\u00e7quoi ? c'eft que nous n'avons point\nle droit d'accorder un imp\u00f4t,. c'eft un droit que\nuqus avons ufurp\u00e9 fur la nation, en interpr\u00e9tant\n\u25a0Se en donnant trop d'extenfton. au pr\u00e9tendu'pouvoir\ndes Etatss de Blois $\u00a3 j\u00e7.588 ; que depuis 172.5., le\nRoi tire de fes peuples plus de s,8o millions annuels , dont plus de Q.00, au moyen de nos enre-\ngiftremens ; qu'il- faut un terme \u00e0 tout ; & qu?\u00e0\\\n\u00ee\u00e2. fin nous courons rifique d'\u00eatre affomm\u00e9s par la\nnation , ou d'en devenir les bourreaux. Mais d'ailleurs le miniftere nous dit fans, \u00e7ef\u00efe que nous ne\ndejJ$^pojijQt nous si\u00ealer des affaires d'adminiC-\ntration, que nous ne fommes qu'une. Cour de Juf--.\ntice ; & enfin comment pouvons-nous juger de la\nn\u00e9cef\u00efit\u00e9 d'un imp\u00f4t, quand on nous refufe la com^-\nmuncation des \u00e9tats, & qu'on nous dit que ribja&M\ndemande eft a^ysaswiW'shique \u00f4SMJi-conftitution^.;\nnelle ? mais il bien plus a.nt$^vJ&<&3oanel \u00e2ttojau&j^\n ( 43 ) 1\nd'accorder un imp\u00f4t, & au Roi de le lever uns&w\nconfentement de fes peuples ; & il feroit encore\nbien plus anti-conftitutjonnel \u00e0 lui, s'il pr\u00e9tendait\nen faire la lev\u00e9e \u00e0 main arm\u00e9e, par des troupes\npay\u00e9es par la nation,\nLe Min. Eh bien, Monfieur, vous deviendrez\n\" des \u00c7oqfeillers au Ch\u00e2telet, cela ne laiffera pas que\nd'\u00eatre fort honorable \u00e0 Meftieurs vos Pr\u00e9fidens.\nLe. Cons. Je n\u00e7 fais pas fi l'honneur de Meilleurs les Pr\u00e9fidens en fouftrira, tout ce que je\n(ais, c'eft que nous ne pouvions jamais faire u.\u00e0\narr\u00eat\u00e9 plus honn\u00eate pour la nation , & en m\u00eame\ntemps plus l\u00e9gal que celui du \\6 de ce mois.\nLe Min, Puifque vous le voulez, cela finiua\n-'-Bar un lit de juftic\u00e7.\nLe Cons, LJn lit de jnftice; le Roi n'en fera\npas plus avanc\u00e9. Ignorez-vous, Monfieur , qu'il y\na des loix que le Roi eft dans l'heureufe impui\u00c7-\nf n\u00e7e de changer ? Croyez-vous qu'un lit de juftice\nfufhfe pour renverfer la fuccef\u00ef\u00efon de la Couronne\nchanger la religion des peuples , & envahir leurs\n\u2022 propri\u00e9t\u00e9s ?\nLe Min. Vous rendrez donc un arr\u00eat\u00e9 de d\u00e9fenfe ?\nLe Cons. Je ne fais pas ce que le Parlement fera ,\nmais ce ne fera jamais ma penf\u00e9e. En effet, outre\nqu'il, feroit du dernier ridicule qu'une Cour qui\nintitule fes Arr\u00eats , Louis , par la gr\u00e2ce de Dieu 9\nSec. d\u00e9fendit \u00e0 Louis par la gr\u00e2ce de Dieu, &c.\nde faire ex\u00e9cuter fes volont\u00e9s ; une pareille d\u00e9marche pourroit s'appe\u00efler \u00e9lever\u00bb Autorit\u00e9 contr\u00e9 auto-\n ( 44 )\nth\u00e9,  & Rome  contre  Rome; ce feroit d\u00e9ployer\nl'\u00e9tendard, de la d\u00e9fob\u00e9iffance trop ordinairement\nfiiivie de la r\u00e9bellion. Mais mon avis fera de faire\ndes proteftations , & d'arr\u00eater , qu'attendu que jamais aucun Roi de France , ni d'aucun autre pays ,\n.defpote ou non , n'a le droit, de lever un denier fans\nle confentement de fes peuples ; qu'attendu que la\nCour n'a pas le droit dele v\u00e9rifier ; qu'attendu qu'elle\nveut concilier le refpect pour le Souverain,  avec\nce qu'elle doit \u00e0 la juftice & \u00e0 la nation, elle pro-\ntefte contre la tranfcription ill\u00e9gale duditEditfur\n\/es regiftres , comme nul de fait & de \u00e0mli\u00bb\nd\u00e9clarant qu'e^if ne concourra nullement a fqn\nex\u00e9cution ; & ledit Arr\u00eat ordonnera en m\u00eame-\ntemps a tous les Officiers dans l'\u00e9tendue du renfort de tenir la m\u00eame conduite : payera pour\nlors qui voudra.  Si le traitant \u00e9toit forc\u00e9 de^\nrecourir \u00e0 la Juftice , la Cour qui fe trouve-\nroit li\u00e9e par fon arr\u00eat\u00e9, le d\u00e9bouteroit de fa\n\u00abJemande & le condamneroit aux frais. Voila,,\nMonfieur, l'avis que j'ouvrirai apr\u00e8s le lit de\n|uftice. Je n'ai pas, moi  particulier, le droit\n.d'oppofer une r\u00e9fiftance .a\u00a3kiv& -au- Souverain ,\ns'il lui pla\u00eet d'\u00f4ter la vie, l'honneur ou les biens\n\u00e0 un de fes fujets quelconques contre les formes prefcrites par les loix; mais tout citoyen\naune injufti\u00e7e manjfefte; & tout bon Magif-\n^ajj^oitau Roi, par^defTus le fimple citov^,\n (4f)\nde pr\u00e9fent\u00e7r, \u00e0 &?s yeux la v\u00e9ritM Jufqu'\u00e0 ce qu'il\nl'-ait reconnue, & de r\u00e9clamer \u00e9te\u0153nellemenfc\ncontre l'abus de fon pouvoir , abus auffi fu&f$ty\nau v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat du .Prince, qu'\u00e0 fa nation,\nnaeme^ dont fes Miniftres roadroient le \"ftigfc\ndevenir le tyran. Par ce moyen, au lieu de*\nm'attirer le m\u00e9pris des nobles, la haine des peu'*j\nptev\u00e0u lieu ^m'expofei?\u00eb\u00eek'ili%race de mon\nSouverain, je conciljerajj^foolnneur de-ma Corn-\np\u00f4gnicavee mon devoir. Je refteraj Meig|ir$ 4\u00d4\nla Cour des Paifl$b:dek premi\u00e8re Cotlr^ Juftic^\n4b-Roy^frtei^|^psoiltaife'des anciennes loix &\ndes anciens ufages; charg\u00e9 par l'efptil de fon\ninftitution & par une foule d'Ordonnances, d'ouvrir lesjpfcux du R<5^fur l'utilis\u00e9 xou les incon-\n^\u00e9nifns du pouvoir l\u00e9giflatif & de fes effets |\nqui r\u00e9fid\u00eb en lui concurremment avec les Etats\u2022-\nG\u00e9n\u00e9raux du Royan^\u00caT\u00e9&aEg^^'enr\u00e9giftrer lesr\ntrait\u00e9s de paix & dalliant, & de la garanti^\n(fes emprunts rdu Souverain avec les autres na-A\ntions ; confervatrice de la foi & de la confiance\npublique ; charg\u00e9e d'enregiftret les appanages\ndes Princes ,:dfe v\u00e9rifier les Duch\u00e9s - Pairies j\n!h?ge o& Ja \u00a3|ojbl^f]fe <, jles grands Officiers de la,\nCouronne \u20act des Peuples de fon immenfe ref-;\nfort; confervatfke du domaine ; adminiftrasrigj\n (4*>\n\u00e2b la grande Police du Royaume ; protectrice\ndes bonnes moeurs; objet du refpect des Mi*\nniftres & de l'amour des Peuples; inamovible*\ndans l'univerfalit\u00e9, comme dans la perfonnalit\u00e9\nde fes Membres. Content de ces hautes pr\u00e9\u00bb\njtogatives, mon c\u0153ur n'en ambitionnera point\nd'autres. ;(*M*^'\nLe Min. St^c'enVla votre avis & Part \u00e9t\u00e9 du\nparlement, garre la banqueroute.\nLe Cons. Voila vingt ans qu'on nous menace k\nChaque imp\u00f4t & a chaque emprunt de la banque*\nroute. Au furplus y la ^nation ne pourra'\u00efeprocher\n\u00e0 aucun de nos Membres , d'avoir particip\u00e9 en la\nmoindre chofe \u00e0 la fpoliation du Tr\u00e9for public.\nMais plus vous craignez , Monfieur > la banqueroute pour l'affembl\u00e9e des Etats - G\u00e9n\u00e9raux eft\"\nn\u00e9ceffaire. Les Mintftres d'aujourd'hui font trop\nhonn\u00eates gens pour avoir rien a redouter d'une\npareille Affembl\u00e9e ^ & la nation eft trop g\u00ean\u00e9*\nteufe pour qu'elle n'oftre pas au Roi avec aftf'\nplus grand pSaif\u00eer^ les fecours les plus effic\u00e2-\nces. La nation b\u00e9nira fon Monarque, & fon\nMonarque r\u00e9gnera en p\u00e8re fur des peuples flo-\nrlf\u00eeans , libres & fournis. Le cr\u00e9dit de la France\nfera immenfe & d\u00e9cuplera celui de l'Angleterre'\nLe Monarque des fe\u00e0n\u00e7ois^   d'un feul de fes\n regards ^ fera trembler les ennemis de fon.\nEtat; PjEurope enti\u00e8re fera remplie de fon\nnom, \u00e9blouie de l'\u00e9clat de Sa Majeft\u00e9. L*Uni-\nvers deviendra le th\u00e9\u00e2tre de fa gloire & de fa\nmagnificence ; les bouches de tous les hommes\nferont les trompettes, les H\u00e9raults de fa f\u00e9licit\u00e9, & de celle dont il nous fera jouir, &\nfon c\u0153ur le centre o\u00f9 fe r\u00e9uniront notre\namour, nos refpects & nos efp\u00e9rances.\nLe Min. Je fuis p\u00e9n\u00e9tr\u00e9, Monfieur, de tout\nce que vous me dites, & fi j'ai quelque chofe\n\u00e0 regretter de cette conf\u00e9rence avec vous ; c'eft\nqu'elle n'ait pas \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale avec les autres\nMiniftres du Roi ; mais je vous promets de voue\njen faire part.\n l&\n  rm\n!0m\n","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/www.europeana.eu\/schemas\/edm\/hasType":[{"value":"Pamphlets","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/spatial":[{"value":"France","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/identifier":[{"value":"DC141 .N53 no. 1","type":"literal","lang":"en"},{"value":"DC141_N53_no_001","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/www.europeana.eu\/schemas\/edm\/isShownAt":[{"value":"10.14288\/1.0427290","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/language":[{"value":"French","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/subject":[{"value":"Louis XVI, King of France, 1754-1793","type":"literal","lang":"en"},{"value":"Necker, Jacques, 1732-1804","type":"literal","lang":"en"},{"value":"French Revolution","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/www.europeana.eu\/schemas\/edm\/provider":[{"value":"Vancouver : University of British Columbia Library","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/publisher":[{"value":"[Paris?] : [publisher not identified]","type":"literal","lang":"en"}],"http:\/\/purl.org\/dc\/terms\/rights":[{"value":"Images provided for research and reference use only. 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