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Dernier voyage du capitaine Cook autour du monde, ou se trouvent les circonstances de sa mort, publie… Zimmermann, Heinrich, of Wiesloch, active 18th century 1783

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Array     rÊ :8 G
C|4^TAINE COOK
^1 trouvent* cireonfiances de fa
mon
PVBL|i   EN   ALLEMAN
p^ttENRÏ ZIMMEI#^NN
t f   TÉMOIN  OCOLAIR^
Çg^ || | afr^ U vkde ce mvigatmt
; célèbre s & Jgs notes.
''■«r&.-*i
Chez la^ouvELtE Société typographic^.
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FISCHER de Belleriyê*
CONSEILLÉE. D'ÉTAT DE LÀ VILLE
ET RÉPUBLIQUE DÉ BERNE j &e<
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A   MONSlEt/R
FISCHER d'Oberrieïj
MEMBRE DIT CONSEIL SOUVERAIN'
DE LA VILLE ET RÉPUBLIQUE
DE BERNE.
;
ssm V
II M E S S 1 E U^R Si
jCh-AT voyant la foible offrande que fofc
ici vous préfenter comme un témoignage
de ma reconnoijfance pour la protection
dont vous bi'honore\, il n*eJlpcffonneqai
ne faite auffi bien que moi que loin de
m*acquitter , je ne fais qu'augmenter ma
dette. Mais en rougiffant moi-mime du
peu de valeur de mon travail, mon cœur
m*a dit que r hommage vous en et oit dû: Ô^s*ii en refaite une nouvelle preuve de
votre générofité j il n*en va que plus di~
rectement au but de mes defirs , puif
que tout,Jf effet de la plus vive reçonnoif
fance a votre égard fe borne nécejfairc-
ment a publier vos bontés, Heureux fi
vous daigne^ me les continuer t ô voir
dans mes foibles ejjfcrts le defir ardent de
ies mériter avec lequel fofe me dire ^
.
m'
MESSIEURS.
Vottt Wgtfiumbtc & très-oie ijfant «=
T=sm%$>ÊSti
■«■MM
*s*
JP IK. J£  jF -A fc* -S.
DE   L'AUTEUR.
««i
«*■
J
'AI héfité long-tems de publier lei
remarques dont j'avois tenu note dans
mon voyage, dans la crainte que cène
fût une chofe illicite, fâchant que tous
les gens d'un équipage font obligés de
livrer leurs papiers , ou penfant qu'ils
dévoient l'être , & que l'Angleterre
payant chèrement des navigateurs pour
faire de nouvelles découvertes, acquérais
i—;—; I
(ans doute un droit fur le fruit de leur?
recherches j pour les publier, ii elle le
trouvoit bon f en un mot | que puifque
nous prenons Mon argent % nous ne devions obférver que pour elle. Mais je
crois avoir trouvé fquelques réponfes à
mes fcrupules | & je.vais dire ce qui m'a
engagé à n'y point avoir éga/d.
Iflf- Comment^éft * ce qu'une relation
■fcufli Imparfaite que celle-ci, & /ortie de
la plume d'un fïrnple matelot, pourroit
jamais entrer en concurrence avec celle
qui fe publiera en Angleterre, & lui
pure quelque tort ? N'eft-ce pas plutôt
B \ Èr 1 "M
'* moi de craindre ^pae l'attente de celle* A
il D'ailleurs pourquoi priver le public
d'une autre chofe toute nouvelle, Se que
de imuTMUR.    n
ti ne ùSTe méprifer la mienne, 8c que
préférant d'attendre pour jouir des travaux I
de gens qui ont dû voir & plus & mieux        - 1
a.
que moi, on n'acheté point mon livre ? |
iAinfî c'eft donc moi qui cours ici feul &
tous les rifquesJÎDira-t-on que le mérite
de la  nouveauté  ne fe   trouvera plus
dans la relation angloife ? Mais qu'il S'en
faut que j'aie tout dit ! & je ne crois
encore pas être   bien modefte en me
-perfuadant que  les chofes  même dont
"j'ai parlé y feront répétées d'une maniera
jjui leur rendra bien tout ce mérite*     ? IV» ne petit point attendre de l'ouvragé
anglois ? Cette nouveauté, c'eft la façon
de voir d9un matelot , fa manière de
réfléchir & d'obfërver. Dans cette route,1
on ne doutera point qu'il ne fuive un
autre air de vent que des obfervateurs
la vans , & on ne craindra point qu'il
aille croifer dans leurs eaux. Etf puis }
eftce que j'aurois donc aufli vendu ma
mémoire ? Et û je puis y retrouver des
traces de ce que j'ai vu , pourquoi n'àu-'
fois-je pas la liberté dfen entretenir à ma
façon mes amis, mes connoifTances, tout
le monde, & de les écrire enfin , ou de
les $«rer à l'impreflïon ? De plus , ce
que je dis peut avoir* lié oublié par un
• DE  L' AUTEUR.
-rx    ^     i
x}
autre, & refter par conféquent inconnu*
D'après toutes ces réflexions , appuyées
idu coftfeil de mes amis, je n'ai plus balancé de traiter avec l'Imprimeur , & je
tae flatte qu'elles fufîïront pour m'excu-
fer aux yeux des perfbnnes fenfées &
des Anglois même, dont la bienveillance
me fera toujours trop précieufe, pour
lifquer de la perdre à ii bon marché* w
Encore un mot par rapport aux
fautes qui peuvent fe trouver ici dans
l'orthographe des noms peu connus &
étrangers. Je diluai fans détour qu'elles ne
viennent que du défaut de mon éducation, par laquelle je ne me  fuis pas 9dj   PRÈF^EDE £'AUTEUR:
trouva en état d'y mettre toute VexzQî*
tude que j'auroi#défîrée , ou même de
confulter les livres. Il eft vrai que cela
ne fuflïroit pas pour m'excufer d'avoir
donné mon livre au public f^uis y faire
plus de façons , fi le fond des. chofes
IÉ
n'étoit pas de nature à   captiver| fèul
toute l'attention du le&eur -, mais leur
importance me fera aifément obtenir de
Tindulgence, & je me repofe là-deflus.
* 4 sas
JL  V X S
DU  TRADUCTEUR
«m*
JljLEnri Zîmmcrmann, a raifon de croire que
fa petite relation ne peut point nuire au
débit de la grande qui doit fe publier en
Angleterre ; il y a plus , c'efi qu'il doit
avoir contribué k la aire déûrer davantage : fon journal fommaire & § incomplet
nous annonce tant § de choies intéreflantes ,
qu'on eft réellement impatient, après ravoir
lu, d'en voir une defcription plus ample &
plus détaillée. Oh peut conclure aufli de-là
avec raifon , que fon petit livre ne laiffe pas
d'être |intéreflant ; mais pour (avoir s'il a
fait mention de|pÊJque chofe qui fera omife XIV
^ \r t M
dans les journaux de Cook, il faut aitetidfô
que ceu* * ci ibif|| publiés ; cependant il
n'eft pas improbable que cela ..puiffe être*
Du refte on fent par-tout dans le ftyle de ce
brave matelot allemand un ton de droiture
& de Simplicité qui ^doit faîreT^âugurer très-
favorablement de fa véracité* a
*   L'abrégé de la vie de Cook ï qui fuit fa
relation f de  Zlmmermaan \- eft   tirée   d'une
feuille allemande dont l'auteur n'avoit puifé
que  dans   les  récits Jrrerbauxlfou  dans   des
fettresSparticitlieres ;   de fofrte qu'il  n'y * ai
rien eu de publié encore  là-deffus. Il s'y
trouvoit  un  fommairef de  ce   troiiieme  &
dernier  voyage   du   célèbre   capitaine   An*
glois i prefqu'entiérementconforme à   celui
de   Zimmermann ,   qui  effe&ivement l'avoîf "
fourni en   très-grande  partie  conjointement
avec fon camarade Lohmann , il étoit inutile
fans doute d'y laiffer ces repetitions. Quant a-tf ^C^TRADUÇTEUR.     x%
fr^s* petit nombre de circonftances qui ne
fe trouvoient pas rapportées dans le livre du
premier , on tes a tout uniment jointes au
texte ; & quand il s'eft trouvé quelque différence dans les rapports , on en a fait mention dans les notes. H-,
«
I
Ces notes , au refte ; auroient pu être
beaucoup plus nombre ufes & plus étendues;
rien n*y fournit tant matière que tes non-:
veilles découvertes » & en général les relations des voyageurs ! mais il auroit été ridicule de leur donner un volume égal à celui
du   livre   même.   Il  ne  faut pas   s'étonner      I	
que l'on s'y foît permis des. réflexions gêné- I II 1
raies fur diverfes matières felon loccafion ;
ces réflexions rentrent dans le genre de celles
qui fe trouvent en grand nombre inférées
dans les précéderas voyages de Cook, d'après
les journaux des favans qui l'avoient accompagné. Elles n'y ont pas paru déplacées, èç i'l
!%■:
ri.
mfj Ans vu TRAircmim
on fe flâttéfque celled cK nèfle feront fteS
plus, Se d'autant feoins; qiile TiMa eu l'at*
tention de les rejetter à là fin du litre. On
« lieu de douter que la relation promife ^dtt
dernier ftoyagejfen foit enrichie comme les
précédentes , attendu que dans celui-ci Cook
ja'avoit fur ' fou* bord aucun favant de pro*
feffion : on fent que celles-ci ne font point
faites pour y fuppléer ; il fuflit qu'elles ne
fbient pas tout-à-fait ^dénuées d'intérêt pouç
un certain nombre de le&eurs»    ■:%■-   éè AUTOUR DU MONDgf  |j
««jd W*W ' "   ' ft   | > '
LEf€ÀPITAINE|coq^
H E N RI   ZI M ME RM A N Mi «#i
: sa
JL^bs l'anBée 1770 je *m'étois mis à
voyager, fuivant Fùfage des compagÉ&tts
de métier ; mais coftiiïïe je nejftrou*
vois pasfà exercer ^par - tout ma pro- ■
feflïon de ceinturier, tantôtf jpar*le défaut
de maîtres , ou de place chez les maîtres , tantôt par le peu dé connoiflance
que j'avois^alors des langues étrangères ,
il m'a fallu fouvent chercher d'au*
très reflburces pour gagner ma vie ; &
A entr'autares 3 Vef^pnii qu'à Genève j'ai
travaillé che| pn'^n.deur &" chez"-un doreur j à Lyè l-chez un fondeur, de clo«*
chef , à Paris ^hez un foutbiffeur , & à
Londresdans UQelFaffînerie.
Là , en vrai Palatin, en homme de
mon pays , il me prit envied e voir audi
ce que l'on fait fur mer ? Ï.&. lorfqu'en
î776 l'Angleterre équipa^deux Sloops
de guerre pour aller faire des découvertes, fàvoir, la Réfôlntion y vieux bâti-
/îifntj & la Décou verte i&ifcovvery^ je
m'engageai fur la dernière , comme matelot 9 le 11 mars.-'La Refolution mon-
toit ùàze canons avec 112 hommes d'équipage, & la Découverte 7* hommes
avec 12 canons j fur la premiere étoit le
éélébre marin-, capitaine James Cook , en
qualité de comniodore , & fur la féconde
le capitaine Cqrl Clerke.    j| :
Le^z mai les deux bâtinjens mirent
à là voue de Leptford 3 & après avoir
pris à Wollwitch des munitions de guerre,
& des viâuailles à Plimoutli, nous commençâmes fout de bon le grqpd voyage*
La Refolution cingla fur le champ vers
le cap de Bonne- Efpérance $ mais nous
& ne pûmes la fiiivre que le ie^ août. Le
principal objet de f^ntreprife étoit de
chercher un paflage entre FÀ fie & l'Amérique , fbit au nord-^efl:, fbit au nord-
oueft j on nous av-çlt promis i oooo 1b.
flerling de récompenfe , fit 500c, en fus ®
fi nous nows approchions à cinq degrés
du Pole ajïfcique 1 ) : chemin faifant nous
devions XOTiettre lTndien O-mai daps fon
pays 2).    '   +
Se me propofai en partant d'obferver j	
tout ^vec la plus grande attention , foit |j|
par rapport aux découvertes , foit par j
rapportait toyte autre circonftance , autant que mon intelligence pourroit y fuf-
•nre; & comme je n'ignorois pas qu'on eft. ,
réduit ou. à livrer tous les papiers qui fe
trouvent fous la main, ou à les détruire ,  /
(comme, cela eft réellement arrivé,) je S
pris la précaution d'avoir un petit journal fecret, où j'écrirois en abréviations
& en allemand tout ce qui me paroîtroit
le plus eftentiel. Ce petit journal heureu-
femeirt échappé à tous les accidens ,|&
ma mémoire , font donc les feules & uniques lburces d'où je tirerai ma relation du j
A 2 11
••
-r as
quatriemesêc dernier voyage du capitaine
Cook autour du monde. ; jp   f''.
i De PtymS^ nous fîmes route au cap
de Bonne-EfpéranceJI portanf prlèfque de
bout au fud , fur les îleïCanaties & les
. côtes du royaume dWMarod^naisnousnbus
tinmes toujour^iid-oueft^^^ toucher à
. 'aucune de%es îles.#L^i3"^ptembre un
caporal de mariné tomba cfaris la mer par
pure mal-adi^fle^n
on mït||e cai^ èif mer avecicihq hommes j mais la nuit qui tomboit &4a brife
fraîché|qui s'éleva en même tems , ôte-
^rent toute pofïïbilité de If fativer j f>eu
s'enfè fallut même que nos cinq hommes
0nf&&fl&£ élfcore enlevés pÉL 1^ violence *
f^AvL.venM qui çroifîbit*   U W' ,''ÎPlpfpP|
Le   âix   tiovjfjplhte   nous - ^rrivâiiies
fâheûreufèment mi cap de Bonne-E^érance,
^pnze jours plus taré que le capitaine Cook.
^ous|^^épa^me^^osfvdilures 8c|nos
manoeuvres J& nous y prîmes quantité de
.provifions, de forfte qu'avec ce q^p nous
en ayion%^>porté, nous étions avftailléi
pourvvin^pdeux mois. Outr# unlbon
*  nombre de chèvres & de brebis quejnovs
avions pris «1 Angleterre, nous embarqua-
■m -*^
mes encore deux paons, deux étalons &
deux jùmens, deux taureaux & deux genif
fes; puis nos deux bâtimentfe remirent en
meRflevier, décembre. Noust portâmes
au cap déqpuvert^pairdes François quelques années auparavant, dans un continent du fuji# &# le 11 décembre nous
trouvâmes ;j|fr les 42 degrés de latitude
méridionaleaëux^petites îlesiituées exactement nord 8t fiid 3 ) l'une par rapporta
&jfeu^e ,* toutes deux d'un terrein *élevé
& monfueux. Nous paflames outre fans
nous y arrêter ,' &4e 24 du même mois
ayant atteint environ le 49e. degré de la-
titude méridionale & le 70e. de latitude
orientale (à compter de Greeniriâ) nous j
| nous trouvâmes fur une côte conudérable*
Nous jetçljnes l'ancre fjjyj un fond de roches , Seules la nuit fuivante celle de la
Découverte fe rçmpit iptaais dès que nous
apperçûmes le bâtiment chKftcr, nous en
jettâmes xhxe   autre , qui heureufement
mordit le fond; car le  matin au point
du jour nous nous vîmes à vingt pies
d'une grolfe pointe de rocher y & par
conféquent dans  le  plus   grand danger
d'êtçé brifés. Pour nous tirer de là , nous
a3
#
;
T~
aswssssssa ss* '*
M-
lûmes obligés de longer la côté en allant
contre le vent^ 6c avec toutes les peines
imaginables îfcs gagnâmes .une petite
baie otSles  deux   bâtiisens  pcÀrvbiënt
mouiller commodément*  *   :''êÊ^& ^^mn
Le 26 nous vîme^ur^amaf; cie pierres fait de main d'hommçs ,&&. il fè trouva dedans une bouteille cac^^ée qui ren-
fermoit une lettre écrit* en jfançois. Le*
capitaine Cook n'ertC c6ml||^^
le contenu, & fe mit à tourner la dÔte
du hd %4'eft j d'où ayant Me$iôt ^%connu
c^elte n'c^oit qu'une île de médiocre
grandeur,  il déclara que les Frar^ôis
s'étoient trompés en la priant pour^un
î^ontin^t^& en lui dînant le nom oe
cap de laCircencifion. L'fte éft déferte &
très-ftérile , cêti|§rte de rochei^ 6c n'offrant à fbeil ni àïSrês, ni broùflplles ||ni
même aucune plaÉie : ce pe font que des
monticules, 1|ui fkirniflent JÉlalyérité
pktfieurs fources d'eau douce; Nous y
trq^ivâmes une fi grande multitude de
pingouins^ que nous étions obligés de
les chaffer pour avancer, 6%on aUroit
dit qu'ils vouloieiit défendre l'abbrd de
cette ile. Nous tuâmes «ufli quantity de>
•«MU i
«liens & de lions marins , dont nous
fondîmeslà graifïë pour Fufage des lampes:
Dans cette île , & en général dans
tous ces parages, on fentoit un froid vif,
quoique la faifon approchât de l'été pour
le climat ; le thermomètre de Fahrenheit
y montoit au 31e. degré , 6c c'eft encore
une preuve évidente qu'il fait beaucoup
plus froid dans la partie méridionale de
la terre que vers la partie du nord. Après
quatre joursr de ftation , nous remîmes
en mer le 27 par un bon veitt. quoique un peu fort, & nous .gbiïvfhiâmes
nord-eft.
Le 26 Janvier , nous nous- prouvâmes à la partie méridionale de la Nouvelle-Hollande , autrementappellée pays
de van Diernen, & M$£S mouillâmes
dans un p§rt commdcie pP^ës 42 degrés I
de latitude méridionale 6? les 150 de
4ongpude orientale. Comm^le pays abqji-
ae en fourcesf& en nois | on fe difpofk
fut* le champ a en faire provifion. Bientôt ^arrivèrent fept fauvages , qui commencèrent à s'amufer avec leS bondons
des tonneaux, puis fe mirent à faire rouff
1er le§ pieces même, & à le$ jetter çà 6c
A 4 &*là , fans cependant nous troubler le
moins du monde dans notre travailjLes
éclats de rire & les cris même que cet
amufement leur fàifbit faire \ étant venus
frapper nos oreilles dans les broufîàilles
où étoient nos fburces.,, nous eûmes
peur, nous courûmes à nos" canots où
étoient reftées nos armés, % le fous-lieu-
tenant , M. Hume, écofïcfôs ,|lâcha un
coup de fiifil par-defïùs les têtes de ces
fauvages, qui jufque-là , & même quand
ils nous avoient vu fortir des broufîàilles
en coûtant, nWoient témoigné* aucune
crainte , ^& p'avoietft point difcontinué.
leur jçu j. mais à cette explofïon ils pouffèrent un cri lamentable , portèrent les
deux mains à plat fur fà têt*} & s'enfuirent précipitamment dans les terres. Le
capitaine Cook^xt très-fâché de cette
étourderie , & doutant plus qui dans ton
précédent<vo|a|*è il n'arôrçt pu, malgré
tout fes foins , parvenir à faire aucune
connoiffance avec les natilrels fur toutes
le§ côtes de la Nouvelle-Hollande t ni
nième découvrir aucun habitant fur la
I côte van Diémen^ où nous nous trouvions
pour lprs.   y » Dès le  même jour il prit  avec lui
quelques perfbnnes 6c s'avança afïez loin
dans le pays, d'où il eut le bonheur d'a-
Bmener à fon retour huit ou neuffauvages j
JEU- leur donna dès miroirs | des chemifès
Éblanches, des colliers de verroterie, £c
quelques médaillons repréfëntant le roi
d'Angleterre , Georges III ; ce qui fit
un fi bon effe^, que le lendemain il nous
en vint quarante-neuf, tant hommes que
femmes , dont une partie reçut les mêmes cadeaux que les premiers , mais qui,
commeiceux-là auffi , ne youlurent jamais confentir à entter dans nos vaiffeaux.
Il Ces fauvages font dfune couleur brune
très-fbritée , ils ont des cheveux ou plutôt une laine courteNk frifee , & notre
commandant les trouva tout-à-fait fem-
blables aux naturels deafifeôtes de la Nouvelle-Hollande. Ils vontabfblument nuds,
% ^ couvrept jamais les parties fexuel-
idies-^EeS femmes portoient leurs petits en-
|§ fans danf un fac de peau fur leurs épau-
*les , & alloieht par-tout avec ce fardeau.
Leur accent paroît très^lélicat 4 ), mais
«  aucun de nous, ni O-mai lui-même ne put
comprendre un mot de  leur langage.
m ÎO
.
Leur taille nfeft pas extrêmement bçlle,
w nous vîmes au milieu d'eux une figure
d'Ijomme boffu & rabougri i qui, outre fa
difformité , fe diftinguoit encore des au-
fres par une chevelure laineufe couleur
de feu; 6c néanmoins, aux égard^, aux
refpeôs que tout le monde avoir poi^r
lui , il parut que c'étoit lui qui avoit
l'autorité. Nous ne leur w&nes aucune
arme, & nous en conclûmes que c'étoit un
peuple ;traiocent% êc bon ; le capitaine
Cook nejtoôuvoit affez s'étonner d'une
fi prodijpeuie différence entr'eux 6c les
peuples intraitables qu'il avoit vues
fur les côtes de la" Nouvelle*- Hollande.
Quanta leur nourriture , autant que je
pus m'en inftruire^ la hâte , elle confifte
en moules de i^&, en huitres, 6c en
poiflbns f comtnëmxiTi en racine|de toute
efpece. On ne vqj^ok dans le pays aiicune
trace d'agriculture , aucun arbre Jfcui*
tier, & pas la moindre cabar^. Nous
leur préférâmes du pain , qu'ils prirent
d'abord r mais qu'ils jettereftt enfuite par
terre, il y a toute apparence que ces fau*
vagès changent d'habitation ou de ftation,
à-peU-près comme les Tartares , aux ap-
■■■ipp XI
proches de la mauvaife faifon , qui arrive aux mois de juin , juillet, & août ,
6c qu'ils gagnent au nord : 6c cela eft
d'autant plus vraifemblable, que le commodore n*avoit précédemment rencontré
perfbnne fur cette côte. Je ne pus me
procurer aucune connoifïance relativement à leur religion 8c à léijrs ufages ,
parce que dès le quatrième jour nous fîmes voile pour la Nouvelle- Zéelande.
Le quatre février nous perdîmes encore un foldat de marine , qui, dans une
bourrafque fut jette hors du bord 6c ne
put être fauVé. Le i z nous arrivâmes à
la nouvelle Zfelande, dont le capitaine
Cook avoit déjà levé ci-devant une carte
éxa&e , 6c nous "entrâmes dans le détroit
découvert par lui-même, lequel divifè
le. pays en deux granles parties. Nous
jettâtpes l'ancre dans ce détroit, 6c dans
le canal de la reine Charlotte, ^mt
If* Là|le capitaine Cook fit des perquifi-
tions fur la caufe du meurtre de neuf hommes de l'équipage du capitaine Fourneaux,
féparé de lui dans une tempête , lefquels
avoient été mafïacrés par les habitans de
la nouvelle Zéelande. Ceux-ci racontèrent fans difficulté au commodore, qui en ten*
dolt bien leur langage, deinême que
O-mai, la manière dont cela s'étoit pafîe,
* . & qu'ils avoient terminé la fcènë par man-
* ger les vaincus. Or, la caufe du maffacre
avoit été que l'un des gens de l'équipage
piyant dérobé quelque chofe dans une cabane de ces fauvages, 6c ceux-ci en ayant
|| demandé la reftitution , on en avoit au
contraire encore maltraité un d'entr'eux.
% Nous allâmesjvoir l'endroit où les neuf
hommes §yoient été furpris 6c mafîacrés,
I $P    J| & nou|*y  trouvâmes encore quantité
j! ' d'ofleriiens.   Cependant le  fauvage qui
Wm ' avoit tué le premier de nos lg*n&9 6c qui
avoit même le plus contribué à cette expédition ,r venoit fou vent, nous voir fur
* * nos vaifîeaux. !|L^étoit^ d'une fbrce%6c
d'upe taille^ exliaordin aire , extrêmement alertaj^ 6c fe nommoit Pmtro,
nom ^mprunté fans doute ou des '£sfpar
gnolsf qui avoient auparavant vifîté jpette
|dle ,fou de  quelqu'autre nation feuro-
yéenne. IV* Cook^ufa ave^ces dangereux
antropophages de ,1a plus grande circon-
fpeétion} mais,Cela n'empêcha pas qu'une
#^ nuit nous ne, fiifppns attaqués par une]
y ESS
*3
trentaine d'hommes dans nos tentes. Cependant dès qu'ils virent que nous étions
fur nos gardes £ 6c que nous fàififlions déjà
nos armes^ ils prirent la fuite , emportant pour tout butin tmetcuiller de fer
dont nous nous étions fer vis pour prépa*
ref de l'huile de poifïbm       tt: ; *|
L'île ifeft pas fort peuplée , 6c la
caufe que fâizCook en avoit fbupçonnée
lui fut confirmée par deux enfans d'environ neuf 6c douze ans, que nous emmenâmes avec nous lej;;^ février, 6c
qui nous dirent qu'une peuplade étoic
continuellement en guerrepavée l'autre^
& que Von mangeoit tous ceux qui étoient
tués. Ces deutf jeunes fàuvages avoient
été continuellement auprès de nous à bord
pendant notre fejour dans l'île, 6c s'é-
toient tellement accoutiirhés avec nous ,
qu'à i^otre départ ils nous fui virent de la
meilleure volonté. Le jour précédât M.
Cook les avoit encore menés avecPîui à
terre ; mais ils n'y voulurent point refter,
& préférèrent de revenir auprès de nous.
Ht II eft inutile de faire ici la defcription
de la nouvelle Zée lande, puifqu'on en trouve déjà une ibrt étendue dans la relation
jr
m i
\S
-du précédent voyage du capitaine Cook
Nous fîmes route au nord-eft^ vers les
î\e&de ta&dciétém appellees auffi•.■défcla
compagnie : ce font celles de Tçkiùe ; mais
ibus le 26«. degré de latitude méridionale,
ou environ^jnous fûmes arrêtéspar ifn vent
alifé qui nous força de prendre: à; l'ouefb s
& Le 2£ inars^ enviroft-par les ziide-
grés de latitude fud, 6c ies 200 de Ion*
gitude eft , nous découvrîmes une Ile inl
connue i mais jf %'ai pas fu lejiom que Jai
donna A4. Cook 5 ). La côte étoit bordée
d'un jpéuple nombreux ||xjui paroiffbit
tout rormé^nbeaux hommes y tous a&
tséspie piques de boisf 6c d'arcs^Deus
d'entr'eux, s'appçocherent dé nous dans
une pirogue|d?un|airitrès-réfolu* Aloiir
Aîi Coo^ leur* apn^^
fit tout ce qu'il fkit pour les attirer ; mais
tout fut inutile. Le capitaine Clerke /de
fon qfeé | chercha à leur couper la retraite
âc irces mettre entre les deux vaifïeaux j
mais ils s'en apperçurent; 4k fe hâtèrent
de regagner le rivages Mr Cook envoya
à terre* trois ^canots avec du monde 6c des
préfens , 6c nous cherchâmes* tour les
moyens imaginables de faire connoiffance ~T
«
■
i
avec eu*j mais ils fe tinrent toujours en I
défiance , 6c ne daignèrent pas jetter un H
regard ^ni fur nous ni fiir nçs dons. Il i
n'y avoit point là de place commode pour J
le mouillage , 6c comme tout le long de f I
la côte il régnoit une chaîne de refïifs 6c I
de roches de corail, nous ne pouvions,
même avec nos canots, fans le plus grand         \   _-
danger, nous approcher allez pour pren- |j j
dre terre. ./> -.-■ .J* <- rw$>" *
..., Le 31 mars, à-pei|-près fous la même latitude, mais par les 198 de longitude, nous découvrîmes encore une île
inconnue , dont je n'ai pas non plus appris le nom. I^ous courûmes à droke 6c
à gauche fans pouvoir mouiller, 6c nous j	
trouvâmes ipar-tout autant de difficulté 11
qu'à la précédente pour débarquer avec il
nos canots. Dès qu'on nous avoit apper- Il
çus, un grand nombre de fauvages étoient    %       Il
accourus à la mer j tous les %ne|, qu'ils 1 I
nous firent paroifîbient être amicaut, 6c ml
trois fe détachèrent dans une piroguefi   |     11
pour venir à nous.  On leur offrit des II
préfens, qu'ils acceptèrent après quelques       ^     I |
petites difficultés ; puis enfin ils monte- "■
jrent for notre vaiffeau ^ 6c nous donûe- i 16
rent clairement à entendre que*nous devions aller à terre , 6c qu'ils nous feroient
très-bon accueil. O-mai entendoit paffa-
blement leur jargon , 6c nos deux lieu-
tenans, MM. Gore jBc Burney flayant
choifi les matelots les plus adroits , voulurent encore tenter avec les canots s'ils
ne pourraient pas venir à bout d'appro^
cher; mais nous trouvâmes f comme la
premiere fois, que ce feroit trop s'expofer.
-» Quelques-uns des fauvages viftfat bientôt qu|ndus n'ofions pas nous hafarder
avec nos canots à travers la hoôîe -8c les
refîïfs ; à l'iîrfiant ils fautèrent dans -les
leurs , 6c vinrent fnous offrir de nous
prendre pour nous mettre à terre! Nous
avions en effet déjà eu lieu d'obferver
que ces fauvage&attendoient la marée, 8c
merioient alors fins crainte leurs pirogues
fur lés rochers , en quoi ils ont §ffùré-
men^'avântage fur nous. Nos deux officiers fe^ déterminèrent à accepter l'offre
bavec O-mai y fur-tout lorfque nous vîmes
tout le peuple afîemblé fur la côte , portant un rameau verd à la main , figne évident qu'il recherchoit notre amitiéïpsTos
yjMtefîieurs arrivèrent à l'île effectivement
fans
«■ AT
ri        s f ty
fans la moindre difficulté vers les deu*
ou trois heures fous la conduite de leiîrs
fauvages pilotes. Ils n'eurent pas plutôt
touché à terre , que de joie quelques-uns
des naturels fautèrent dans l'eau, prirent
le canot fur leurs épaules avec fa charge,
6c le portèrent à terre , comme Fon dit,
tout brandi ; 6c comme nous étions reftés
à attendre nos lieutenans 6c O-mai derrière les refîïfs, plufieurs autres fe jette-
rent à la nage pour nous apportée des
noix de coco , des planteins 3 des bana- i
nés 6c des fchedyx, efpeces de fruits fort y*/
reffemblans aux oranges douces, à leur
grofîeur près. Vers lés fix heures du fbir,
nous commencions prefque à prendre de
l'inquiétude fur le retard de nos officiers,        "   111
lorfque nous les vîmes revenir dans une pi- ||
rogue aux acclamations de tous les infulai- ■   <        i
res. Ils nous rapportèrent que c'étoit un .fIj j
peuple très - fbciable ,  6c comme ils fe I i f
ïouoient furtout de l'agréable liberté 6c de i (81
la facilité des femmes, nous nous doutâmes Y 18 r
bien qu'elles avoient principalement con- ( I
* tribué à les retenir fi long-tems. Kit
Une chofe qui nous fiirprit, c'eft que^ „;; I |j
%0-mai trouva dans cette île cinq de fes 11
* •?;        .-        I"    B ".      I I
11
I
«y
compatriotes qui dirent y avoir été jettes
dans une tempête avec*leurs miférables
pirogues, 6c cependant Féloignement des
îles p Tahiti n'étoit pas moindre que de
jyto milles d'Allemagne. Il y a toute apparence que c'eft à la préfence de ces
cinq compatriotes de O-mai, & au bon
compte qu'ils avoient rendu de nous , que
nous fûmes redevables du bon accueil
que nous firent ces feuls infulaires de
tous^ceux qfie nous rencontrâmes. L'île
eft un.peu balle, très^ahondante en fruits,
&. reflfemble de loin au verger le plus
agréable. Elle peut avoir de circuit environ neuf milles d'Allemagne. La couleur des habitans eft la même que celle
des O-tahitiens, 8c ils fe couvrent le fexe
avec des efpeces de petites nattes d'herbe
très-artiftement treflées 6c entrelacées ;
du refte nous ne leur vîmes aucun autre
vêtement. ,
.Lejk avril, par les i9§degrés de
latitude méridionale 6c les 197 de longitude orientale, nous trouvâmes une autre île inconnue, 6c dont j'ignore de mê-w
|ne le nom , baflè comme la dernière,
& couverte d'arbres fruitiers > mais d'un%
■   I HIT—Wl étendue peu confiderable. Nous ne fûmes
pas plus heureux pour le mouillage ; mais
nous pûmes prendre terre avec nos canots. Nous n'y découvrîmes ni fource
d'eau, ni habitafts, mais bien quelques
vieux reftes de pirogues 8c de cabanes ,
ce qui prouve qu'elle avoit été ci-devant
habitée. ,. m
Le 7 avril, fous la même latitude 8c
par les|i96 de longitude | nous découvrîmes encore une petite île.'j|Plufieurs
habitans vinrent nous obferver aufïi-tôt
avec des pirogues f 6c tous étoient armés
d'arcs 8c de piques de bois. Ils ne voulurent point de nos préfèns ,|furent ab-
fblument intraitables , 8c nous firent entendre par leurs figues , que fi nous approchions de terre , ils vouloient nous
maffacrer tous. D'ailleurs , il n'y avoit
point d'endroit propre à jetter Fancre,
6c d'après tout cela M. Cook /ie fit pas
de grands efforts pour lier connoiffance
avec eux ; ainfi nous pafîames outre fans
plus de façons.
Le 14 avril nous abordâmes à l'île
de P a/mer/ion, découverte par M. Cook
[dans fon précédent voyage , mais iriha-
.  B 2        1" *e
K -te
bitée, fous les 18 degrés de latitude fud,
6c les 19$ de longitude. Nous y abattîmes beaucoup de cocotiers , dont les
fruits furent pour nous un rafraîchifïè-
ment qui ne pouvoit arriver plus à propos, puifque dès le 6 on avoit diminué
la ration d'un tiers aux deux équipages,
6c que Fon n'avoit par perfonne qu'un
demi-pot d'eau par jour. Après trois
jours de ftation, nous remîmes à la voile
le|ï7 , 6c le 24 nous pafsâmes auprès de
l'île fauvage , que le capitaine Cook, avoit
découverte ci-devant fous le 20e, degré
de latitude fud 6c le i9i|de longitude,
& qu'il avoit nommée ainfî par rapport
au naturel intraitable des habitans. Puis
le 28 nous abordâmes à l'île de Roter-
dam ou Anamoka , connue 6c décrite depuis long-tems.
Nous y fûmes reçus très-amicalement
par le chef de la peuplade , nommé Fi-
nau, homme de moyen âge , d'une belle
taille, 6c dont la figure annonçoit beaucoup d'efprit naturel. Le commodore
lui fit préfeftt d'une hache, 8c lui paffa au
cou un collier de verroterie ou rafîàde ,
6c fur h champ Finau donna ordre que. 2t
l'on nous fournît des vivres. Bientôt on
nous apporta des cochons , des poules 9jk.
des rima ou fruits-à-pain , des planteins W
des pi fangs ) des noix de cocos, des raci#,    f
nés d'y am 6 ), 6c tout cçla en abondance.      ^      j
M. Cook en retour leur donna des cldlis, !
des couteaux, des miroirs, des cifeaux, f
des grains de rafîade ,   8c défendit #ux    C     *j
gens des  équipages de  donner^aelque ||| 3
chofe de plus que ce qu'il avoif^tonné *|
lui-même , ou de traiter d'échange pour*    /      ]
quelques autres raretés, jufqu'à ce que les j
deux vaifîeaux fuflent fiiffifamment pour-       #   ]
vus de vivres 7).
• M.   Cook  conduifit   aufli   Finau  fur
fon bord, 6c fit devant lui jouer les cors
8t les fifres 6c battre la caifïe ; ce chef
fauvage  écoutaftout avec   fatisfa&ion ,
mais d'un air ferieux 8c fort différent des
autres, qui d'admiration 8c d'étonnement
frappoient des mains par-deffus leurs tê-      f
tes 8 ). O-mai , dont le jargon appro-
choit beaucoup du leur , nous fut là d'une        fe
grjnde utilité.   M.   Cook s'informa   de
Finau s'il n'y avoit point dans ces parages d'autres îles qui nous fulient incon-
► nues , ôc  celui-ci   en indiqua   plufieurs     I
m 1 b 3
1 22
t$
'
ipuées vers l^midi. Le 8 mai, lorfque
nous quittâmes fon île, il fe mit dans fa
pirogue y 6c commença à lamaner devant
|jou£, en nous montrant le chemin fans
»ouffble 6c fans carte , ce que le capitaine «e pouvoit affez admirer , 6c même
nou^ indiquant la hauteur de l'eau par
brafUes , c'eft-à-dire , ea étendant fes
btal uncertain nombre de fois, de forte
que mflF pouvions le fuivre en toute fureté avec nbs gros bâtimens. Le même
fob* nous arrivâmes à la plus grande de
ces fies, fituée fous le 22 degré de latitude fud 6c le 186 de longitude. Le
chef, nommé Fetefi, 6c qui nous fit
aufîi très-bon accueil, étoit un homme
déjà fort âgé, de haute ftature 6c fur-tout
extraordinairement gros 8c gras. Les ha-
bitans ne nous traitèrent pas moins amicalement , & M. Cook nomma l'île, île
de Vamitié, les trois ^oifines ayant déjà
reçu auparavant les noms de Roterdam ,
Amfterdam 6c Mittelbourg. Du refte ,
nous ne voulûmes point aller voir les
autres îles que nous avoit indiquées ïùnâu,
d'autant que fur fon rapport elles doivent
être fort petites.
np i   '. ■ ■ ■' «s 23
Le 10 nous tirâirfes dans cette nouvelle île un feu d'artifice. Finau ayant
defiré de faire partir lui-même une fufée,
on ne s'y oppofa point, 6c aufîi-tôt il y
mit le feu 6c la tira aufïi hardiment &
aufïi adroitement qu'un de nous. Le 11
M. Cook fit prendre les armes aux fol-
dats de marine , au nombre de 3 2 hommes environ , 6c étant fortis , drapeau
volant, tambour battant, mèche allumée,
il leur fit exécuter toutes fortes de manœuvres 6c d'évolutions, pour montrer
à ces fauvages » comment on faifoit la
guerre en Europe ; nous tirâmes aufïi
quelques coups dans des troncs d'arbres,
pour leur faire voir la force de la poudre. Ce fpeéfcacle étonna beaucoup ces
infulaires, 8c Finau s'inftruifoit de tout
avec tout le bon fens imaginable.
Le lendemain ce chef fauvage fit aufïi
mettre en parade tous les combattans de
fon île , pour nous rendre la pareille , 8c
montrer ce qu'ils favoient faire. La troupe fut divifée en deux partis ; chaque
combattant portoit une efpece de vêtement fait d'écorce d'arbre artiftement en- •*«
1
i
"W
p
treïâcée , qui prenoit depuis les hanches
jufqu'aux^genoux , 6c s'attachoit ferme
avec une ceinture d'herbe aufïî entrelacée
& teinte eft rouge. Ils avoient pour arme une efpece de maffue de bois 3 d'en-
vironfiin pied 6c demi de long, arrondie par un bout pouË fervir de poignée,
6c par le gros bout équarrie à quatre angles tranchans , 6c du refte fort joliment
cifolé^ Ordinairement elle eft faite de
bois-tps-dur. ; mais§pour cette fois on
M'y avoit employé que du jeune bois verd
8i|tendre , afin d'éviter les coups dangereux.     ; >' %.   *     | '    %
Finau ayant donné le fignal, chaque
Combattant s'avança l'un après l'autre
pour défier quelqu'un du parti oppofé. Ce
ne fut pas fans via plus grande admiration
que nous fûmes témoins de l'adrefïe extraordinaire , de la fbuplefïe de corps,
ges mouvemens d*anty?s qu'ils employ oient
•tous, fbit pour porter des coups, foit
pour les parer 9). Le vaincu , en fe retirant , laiflbit fes armes , 8c n'ofoit point
rentrer dans fa troupe, tandis que le
parti du vainqueur entcnnoit un cnant
| de joie très-harmonieux 6c très-agréable
c - à l'oreille, fur les articulations fiiivantes,
ou à-peu-près : ho-a-ma-to-to 10).
Après cet afïàut, Finau ayant donné
un nouveau fignal, fa troupe nous donna le fpe&acle d'une autre efpece de lutte.
Tous fe lièrent les quatre doigts de chaque main très-ferrés avec des cordons de
paille rouge , de façoncque les pouces
fèuls reftoient libres j puis ils fe provoquèrent comme la premiere fois. Alors
chacun plaçoit fos pouces dans la ceinture
de fon adverfaire, 8c ils cherchoient à fe
renverfer l'un l'autre } ce qui étoit fait
dans Finftant, pour peu qu'il y eût d'un
côté ou de Fautre quelque fupériorité de
t vigueur 6c de nerfs. Quelques-uns des
nôtres voulurent efîayer de ce genre d'af
faut, 6c voir s'ils pourroient renverfer
quelques fauvages ; mais ceux-ci eurent
conftamment une fupériorité décidée.
Enfin, après avoir tiré de cette île des
* provifions femblables à celles #que nous
avoit fournies celle de Roierdam, nous
la quittâmes le 25 mai. Il me refte à
remarquer qu'elle eft bafïe, 8c abondante
en fources d'eau, mais qui n'eft pas des
plus excellentes, 8c avec cela fort éloi- s
gnée de la côte. Sa largeur fait à peine
une lieue d'Allemagne ; mais elle en a
huit ou neuf de long. Il y a beaucoup
de fruits } on y cultive paffablement les
pommes de terre 6c la racine de yam,
6c qui plus eft , on y trouve les arbres
fhjitiers rangés en allées pour la plupart.
Le 28 nous abordâmes à l'île d'Amf-
terdam ouJTongatabou §| dans la baie de
Marie fmkv la côte nord-eft, où nous
étions couverts dfun côté par des refïifs,
6c He l'autre par quelques petits îlots.
L'abord étoit très-périlleux , 6c tous les
marins l'avoient même regardé j comme
impraticable jufqu'alors : mais comme on
eft très-trial dans la rade de Tafman, qui
eft au nord-oueft, M. Cook , d'après la
refolution 6c l'intrépidité qu'on lui con-
noît, voulut abfolument tenter l'autre
côte , en dépit de tous les dangers les
plus évidens. A l'aide de la marée , qui
monte en cet endroit de huit pieds, nous
franchîmes la chaîne de refîïfs, ayant toujours devant nous trois canots qui jettoient
la fonde fans difcontinuer ; la hauteur
varioit beaucoup , 8c nous fuivions toujours celui des trois qui nous montroit
mm le plus de fond. Cependant la Refolution toucha trois fois, mais heureufement
fans accident.
Trois jours après notre arrivée à l'île
d'A m (ter dam , Fetefi 8c Finau nous y
joignirent felon leur promefïe. M. Cook
alors fit préfènt au premier d'un taureau,
d'une vache , de trois chèvres 8c d'une
paire de canards ; l'autre eut un étalon
6c une jument \ 8c nous lui apprîmes à
les monter, ce qui nous divertit beaucoup ; d'ailleurs il étoit tellement transporté de ce cadeau , qu'il ne pouvoit parler d'autre chofe que de fes deux chevaux. Cependant ces deux chefs longèrent à nous faire aufïi quelque préfent
de leur côté , 6c voici ce qu'ils imaginèrent : ils avoient fait deux pyramides
quarrées de racines de yam , qui pou-
voient avoir quatre pieds de chaque face
8c vingt de hauteur , 8c d'ailleurs fort
joliment arrangées ; au fommet ils avoient
mis un cochon rôti fur chacune, 8c au
bas un grand nombre de cochons vivans
avec les pies liés, étoient couchéj tout
autour. Quand cela fut prêt, Finau vint
nous chercher à bord pour le recevoir.
I *
m
Nous trouvâmes en arrivant le peuple
partagé en trois groupes , 6c chaque
groupe formant un grand cercle ; quelques-uns de la troupe étoient parés de
guirlandes de fleurs fur la tête 6c autour
auT corps. Alors ils fe mirent à danfer 6t
à fauter , 6c de tems en tems l'une des
bandes efttonnoit un chant , ce qui fe
faifoit tour-à-tour î quelquefois aufïi les
trois cllpurs chantoient à la fois. Je ne
puis §|Uis me rappeller les fyllabes que
je crus leur entendre prononcer en chantant; mais le chant lui-même étoit, comme l'air militaire dont j'ai parlé plus haut,
très-harmonieux 6c très-agréable.
Nous avions aufïi trouvé fur cette
île un autre chef fauvage , grand , maigre , 6c de moyen âge , mais dont j'ai
oublié le nom. Il ne nous fit pas moins
d'amitiés que les deux autres. Au refte,
comme dans la fêtç dont je parle, les fauvages étoient formés en trois divifions ,
^Je préfume quegphaque chef avoit la fien-
ne. Fe%fi 8c Finau montrèrent beaucoup
de curiefît&par rapport à notre culte,
nos mœurs""&l notre gouvernement poli-
#que-ii ). mTCopk chercha à les fatisfaire *9
autant que fa connoifïance de leur langage le lui permettoit ; 6c lorfqu'à fon
tour il leur demanda à voir leurs cérémonies religieufes , Fetefi lui fit entendre
qu'il n'avoit qu'à venir dans trois jours Jf-
de l'autre côté de l'île, où il avoit fon
habitation fixe. Nous y allâmes effectivement, 6c nous vîmes en arrivant des §
préparatifs qui annonçoient un<^grande
fête religieufe , 6c de plus , que B§ yand-
prêtre de ces idolâtres étoit Fetefi lui- %
même. f
Le temple   étoit  un  édifice   quafré
tout en bois , de 40 pies de long fur HII
30 de large 8c vingt de hauteur , environ , dont les interftices étoient remplis   -^
mmmm>
de feuilles d'arbres 6c d'herbes , au lieu
de maçonnerie, 6c dont les folives étoient
ornées de bandes nattées de paille de dif
férentes couleurs , contournées de mille
façons fingulieres , mais toujours dans un
certain goût architedionique : pour le toît,
il étoit couvert en entier de feuilles de
cocotier. J'avois obferveLtoute H>rdon-
nance intérieure 6c extérieure du temple. j|
dès avant que l'on commençât les cé'ré- |p
monies i mais quant à cel|ui conftitue m
m
3° i      >'       "^
proprement l'idolâtrie 12 ) de ce peuple
iauvage , je ne faurois en rendre compte,
parce que nous fûmes obligés de nous éloigner , dès que l'on voulut procéder à l'exercice du culte, 6c que nous n'en fûmes
fpe&ateurs que de loin. Le peuple même
de l'île fe tint comme nous dans l'éloi-
gnement, du moins ce jour là , 6c il n'y
etlt quev M. Cook 6c O-mai qui eurent
la pe^p^Gon de fiiivre Fetefi dans Je temple. Finau 6c les autres fupérieurs de l'île,
après s'être afïemblés à l'écart, marchèrent auffi vers le temple dans un bel ordre , portant de deux en deux une perche à laquelle étoient fufpendues leurs
offrandes , Iqui  confiftoient en porcs ,
poifïbns 6c fruits ; arrivés à la porte^ ils
les poferent à terre, fans ofer mettre le
pïé dedans , fe  profternerent  pendant
quelque tems en foifant une prière à leur
façon j puis laiffant ce qu'ils a voient apporté , ils fe retirèrent dans le même ordre
à la même plafe d'où ils étoient partis.
Ces offrandes fefterent là tant que nous
fûmes préfens. Au retour de M. Cook,
avec O^rzaz   il nous dit que tout ce qu'il
aflfbit vu darir le temple étoit digne de remarque ; mais il ne s'expliqua pas davantage : feulement il nous raconta que
Fetefi avoit voulu exiger d'eux, qu'avant
d'entrer dans le temple, ils fe mifïent nuds
comme lui, en fe couvrant feulement les
parties naturelles ; fque O-mai , comme j'idolâtre , en étoit tombé d'accord fur le
champ ,  mais que lui,  M. Cook , s'en
étant défendu, Fetefi s'étoit enfin contenté
de lui faire laifler fon chapeau dehors 8c
mettre fes cheveux flottans fur les épaules.
Pendant notre féjour dans l'île , nous
fîmes   une  bonne   provifion   de bois à
brûler , 6c pour l'eau , nous en tirâmes
aifément de l'une des petites îles voifines        1
de l'endroit de notre débarquement. Le |H
12 juillet nous remîmes à la voile \ mais        f
comme   nos  bâtimens ,   beaucoup   plus        IB!
chargés de provifions , tiroient plus d'eau fl
qu'à notre arrivée, il nous fut impoli!ble .11J
de reprendre la même route. Cependant H
M. Cook , par les pilotes qu'il avoit en- j *-Il j
voyés à la découverte, avoit eu connoif || I
fance d'un autre paffage fur entre'Tîle 8c il 1
les îlots au fud-oueft, qui, dès l'entrée, j&l \
ou au débouquement du baffin , avoit l|
une quarantaine de pies de large 8c don-        il I IF*
?2
noit fept brafTes de fond, puis bientôt
s'élargifïbit eonfîdérablement, de forte
qu'il peut être très-utile à d'autres navi-
|" gateurs. L'ayant donc enfilée ', nous abordâmes heureufement à l'île de Mittelbourgy
vle 15 juillet.,.
Nous^ne nous y ^arrêtâmes quei trois
jours ^p'eft^à-dire â jufqu'au f 171 Nous
trouvâmes les habitans auffi*traitables que
ceux étoile de VAmitié. Le pays n'y eft
pas fi,'. uni, mais fertile cependant. Le
dernierfjourf|que nous ' yfpafllmes , le
valet de Mê Cook s'avança à une bonne
' 4iftançe • dans le pays avec des femmes
|- ÛùM il étoit devenu amoureux | maiç il*
Éjfrit rèricontré avec elles par des hommes
&qu%leiîépouillerent de tous fes habite,
llpe forte qu'il fut obligé de revenir à bord
;?Jaud comme la main 13). M. Cookie fit
I   pas  grande attention à fon efcapade j
•mais il Faccabla d'injures par rapport à
fon imbécillité, &. nous le reçûmes de
•  Jtotre côté avec des railleries ameres.
Darifl toutes^ ces îles où nous avions
trouvé des neuples fi fbciables , nous re-
marquât^      e tous les habi^ns, hommes l£ fefol    I $ m^jquoieot du petit
' fH      'Hf , doigt
M doigt à la main droite ,    6c nous apprît
mes qu'on le coupoit aux enfans à l'âge
de fept à huit ans ;    or comme je n'en
aï jamais pa découvrir la raifon, j'ai cru
devoir regarder cela comme une loi re~
ligieufe*parmi eux. Une chofe diftingue
encore ceux des habitans qui vont à la
guerre j c'eft qu'ils fe teignent en jaune
les cheveux du côtéfgauche , laifîant à
ceux du côté droit la couleur naturelle ;
Finau ^lui-même 8c l'autre chef de l'île
d'Amfierdam les portaient de cette façon*
Je ne doute pas qu'il n'y eût auflS uu
chef particulier dans l'île de Mittelbourg\
quoique pendant notre court féjour je
n'aye pas pu le découvrir ; il eft vrai encore que ¥ été fi étoitj en même tems le
chef fbprême 6c le grand-prêtre de toutes ces îles j mais les autres chefs participent aufïi à l'autorité , 6c fur-tout ont le
commandement militaire i 6c c'eft pourquoi le préfent qu'on  avoit fait S Finau
de deux chevaux, s'étoit trouvé tout>à-
fait bien placé. §r
Il eft fort extraordinaire que, les idolâtres puriiflent de mort F adultère 14 ). Nous
en vîmes un exempte à Tongatabou^ au*
' *■:- C
s * $4
M
! tremêM Amfierdam , où un fauvage coupable de ce crime fut rais à mort par les'
chefs-ou fupérieurs, qu'ils nomment Ek-
■fis^ avec des mafïues comme, celles dont
ils fe 'fervent: :à;l^. guerre. Dans tout notre voyage nous;n'avons p$s trouvé.un
homme qui pour les qualités naturelles,
telles que l'intelligence,  la 'refolution,
la -grandeur d'ame ,. & la bonté du caractère , pût être mis en parallèle avec Finau.
Wen donna des preuves dans toutes les
4^c^iâfianf,.6c il mobtr a fur-tout une adrefïe
iurprenante pour tout  ce   qui concerne
la guerre 6c tous les exercices- du corps.
Vn jour que noire bâtiment voguoit à
pleines voile$«lâ - fo précipita, du bord
dans la mer, Sca^rès mille tours fingu-
liêrs -, à notre grand v*étonnement , il s'é-
•îàiïça fiibitemeht dans & pirogue.
En quittant^ Ffië déyMittelbourg ,
comme la. mouflon d'oue^:, qui régnoit
alors, '■■'nous favonfoit-, nous fîmes voile
• pour les.Mes• de. ■ laxompàgmie^ Nous ef-
iuyâlies en route un ouragan extraordinaire : le 29 juillet, un de nos mâts fè
feriià fur les 7 à 8 heures du foit j il fit
•uaême -un%ond fiu^fa bafe,;6c la plus grande partie des voiles forent déchirées ;
ce qui nous mit dans le plus grand danger; Nqus y remédiâmes comme nous
pûmes , 6c entr'autres en liant avec des
cordes le bout du mât rompu, 6c en entant deffus un autre petit met auquel nous
ajuftâmes une petite voile ; enfin le i z
août nous atteignîmes la partie de File
O-tahiti nommée Beekr, 6c nous mouillâmes dans le bafïin d'Aitexika.
Tous les habitans reconnurent O-mai,
& le reçurent avec de grandes démonf-
trations de joie ; fur-toutf ils écoutèrent
avec la plus grande admiration ce qu'il
leur raconta de F Angleterre f de ce qu'il
y avoït éprouvé, 6c dés préfens qu'on
lui avoit feits. |Le Capitaine Cook ne fut
pas reçu avec moms d'empreflement j jeunes 6c vieuxf tous accoururent au devant
de lui en criant, Ehri no te Tutifmaz
toi y ce qui fignine le cher commandant
Coôk foit le bien venu !
Nous trouvâmes dans Filé une mai-
fon conftruitefen bots de chêne par les
Efpâgnoîs deux ans auparavant lorfqu'ils
vifiîerent cette île pour la premiere fois j
nous le reconnûmes é une croix de bois
c z T
m 3<é p| fB^sÊflâsammWÊÊSs
for laquelle étoient gravés le nom du roi
d'Efpagne 6c celui d'util capitaine Efpa-
^nof;:qui> avoit été enterré au pied de la
croijgllde même qu'alun écrit efpagnol
& u» habit de cette nation qui s'ywowfet
veren*iôa»s un baril. Mr. Cook fit arra4>
^lerljia croix f 6c pour prou ver que cetteu
pe^joit été décoirvertamar k capitaine
Walli$3vant que lés Efpagnols y abordaf-
^É^yâBit gravet|de4r autre côté le nom
piulfoi d'Angleterre , avec la date de cette
Piééouverté § favoiiî^l 767 $ puis il la fit
Replanter à la mime place. Wm <■   -   %>4
Le î 6 aoûe*nous abordâmes à l'autre
Ibartie de l'île 0-tâhiti\ nous jettâmes
ï'ançre dafts la bauÉÉe Motavdi, 6c nous
Ipreflâmes nos tentes» for la pointe de Vé-
WuËÈï d'où MM. £<?#£ , Green1 8c Solan-
i&r^avoienffobfervé en 1769 le pafïàge
^de:Vénus fiir le difque du fbleil.     w   m
Le toi de cette moitié d'île, nommé
0-totPè fit au capitaine Cook l'accueil le
plus amicaîf il s'étonna du retour drO~maif
6c encore plus des richefïès qu'il fappor-
toit d'Angleterre. Celui ci lui fit prefent
de plufieurs pieces de ferronnerie, 6c le
&jroi lui donna, en «tour 16 hommee^t tote double pirogue i$)#Al°rs Omai fe
voyant propriétaire d'une pirogue fort
bien travaillée à leur maiiierf^ 6c dira
nombre fuflSfant de rameurs r oufpa-
jpyeursr|i6c parfponféqûent en état d'aller d'une île à l'autre ^commodément 6c
à fa volonté, commença à fe croire un
perfonnage important. M' W:-
E^tre plufieurs préfens que MxkCook
fit au roi O-tou § il lui donna .une robe
de chambre de foie & une paire de pa%
toufles , deux pieces très-aifées à vêtiî?^
6c par conféquent les plus convenables à
un Otahitien , qui n'eft pas accoutumé
à une toilette fort compliquée. Mr. Cook
Vén revêtit lui-même, 6c O-*0tf,faprès
en avoiiitémoigné une joie extraordinaire ^is'écarta de nous à l'improvifte; puis
quand il crut être aflez loin pour n'être
plus apperçu, il fe dépouilla prorapte-
ment, prit la robe fous fon bras fies pantoufles à fa main.§6c courut à toutes jambes pour montrer cela à fa famille. Au
relie'Mr., Cook , pour conferver ôifferre^
tout ce qu'il avoit dqnné à ce roiffau-
vage, lui fit faire un coffre de bois^de
mène avec une fernir^ 1 r.oE
*c!?r
' • •
.MMMMW»
(il
1 L^ommodore fit aulïjfeplufieurs pré^
l^ii s ce n fuJ ^ reb 1 e s à uTfieune^hrfaoxt^
mélD- iijffi-qui dans fon précédenttpoyaif
g§ Favoit accompagné dan sHai ^grande
mÉ#:du fud , &. à fiirfœur $-'jeune per#
fonnaêifune grande beauté^entr'autres1
chofesk> il y eut pour êlleêunfïrobe trafp
nânte d^ fbie, 8$ pour O-titi: un<j|robe
de chaii&re^   mais celui*dfavoitf bien
raièiJK$8&ii':- fervir que lé roi O-tôt/t^Dte*
même ||pour lenapeiSde tems qu'ifc^volp
étèMxr le v&ififeau de Mr, €mk dans life:
precHenr%oyage* il écorchoit tout aplfi*
biedïFanglois que O mat^qai avoit^aflé
deux ans en Angleterre. # Un voyage en
Europe Jui feroit faire infiniment plus de
progrès qu'à celui-ci ^parce^u'à la plus
belli fiatùre le jeune O-titi' joint tout
ce que la nature feule peut donner de
raifoali fit d^itteUigence^lfous avions
apporté là-terre le îrorîc du mât qui s*é-i
toit ; rompu fur li^p^^p^ pouir le
néfbreir;>--& tandis que WSûs ymmm^-
H*pé*| quelques habitans qui âVcdent^té-
a è^piÉche en mer, vinrent noiîsrcfamtfar
ask tqu'ils avpieat  apperçu • deuir gros
bâtimens Efpagrçols. L$$ circonftaaces de- leur récit nous parurent vraifenïblabks.v
& noas condûtties «fué^'-étoit deaJe fré-»
gâtes de guerre. En ftonfëquence fanant
que les Espagnols n^veulent pas fouffrir
les Anglais dans la Mer du fud, & «rai*
gnariÊ. d'être• attaqués j> ttou« nous tîWmèi
jprêts à tout ;îïafatçl j fe-kâf &**&(§£&»
encore achevéY nousf• kBf^oi&ies Iff ma*
nœuvre^de laSD(/coi>Vi?^ de manière à lai
pouvoir turner & Aîm dë'terf felon
le befoiny àa défaut "'^ '- yÔil«s ■■.*-; «nâit
nous ne vîmes point dé vaiffeau Efpagnol
& noù* ete^ lieu dé ■ iéttter que l'avis
que nous àvîèâs reçufôi fondé. ■   • '"•¥ ■•
1 Le 18 août nous   donnâmes/ au ' ' t&i
0-iou le fpe&aele d'un feu d'artifice ,. Sa
le 20 les habitans nous ^donnèrent celui
d'un tombât naval- jf O-ètot  commandait
Un parti & 0~mai Vmîte ; celui-ci s'étoit
couvert dé FaMurë'complète en  acier
poli, qu'il avoit apportée1 d'Angleterre -,
& tenoit fon grand ftibrfe'l la:méift» - Le
combat commença ;pai?-'l«s---deu£: canots
[où fe tfbiivoient les:co1tttoindans > & les
autres s'attaquèrent enfuite  réciproque
ment/;il cônfiftoità 'lancer les uns contre
lerautiesft'des éfpeces d"e javelots de bois ? I
 '. .        M Ça * •   '   H
m >
►-
'
Cut! pôiir - Cette; efpisfci ils. - ne, lançoiettt
*$u« dans• l'egu, Um$ les occafions férieu-
fo§ ils. fe-jettent auffi des pierrfs. Ils ac-
cbmpagnoient cela de mille gefles & grimaces terribJf s ? mais rifibles pour nous 9 |
JScr.tfcf fol i^itev, vraie panî&nmne pluyés
qu'un colribat, Q-mai fit lancer tout de
bon cofitre|kii> Jfes^avelots ^paiyDomme^
il étoit tout couvert de fer* ils ne lia
faifoieii!#ucuft ipal.^6%les^combattans
#ikCroient fort étonnés,, Mr. Cook $'étoit
tnis danf la pirogue du roi O-tou, 6c com-
tde^Jlèr fut, culottée dans la mêlée $ les
||nfolairesi^
ftu0it^ti|e3vÇg^^od^     & de le porter
' Jt terre* ' Apxè^^ip^tii^guerre ^ O^mai
toU^arméjf^^ au
peuple for fonderai ji^yr^fu|f en core
plus foifi d'admiration* S*. jà.^ «**
m Les Efpagnolsr>Jiqrs de Aete^ premiere
vifîte dans cette Ile «£$ avoienjt laifTé un
taureau & une geniflee? ^mmaic^le-ci
étoit morte bientôt{après # &;^rmi€ook}
leur en donna unch autre pour^fn : avoir>
r de la race* ;      ; vv ,/.;: -:;•;:/., ,, : -. J
*    Ee .30 août nous  abordâmes à l'une
(tes Iles  Tahiiiinnes $  appellee Morea $
*u¥f   f T" qui n'avoir été reconnue ni par le capi$
taine Cook ni par^^JVallis , ni par qui
que ceJ*foit que nous fiifîîons , & nous
y mouillâmes dans  un bafïïn • très-beau
8c très-commode. Nous y trouvâmes une
telle % abondance defbois à brûler, que
nous i|'en  avions pas encore vu autant
dans tout le refte des îles Tahitiennes ;
au f^^i^fîmes-nou^bonnc^pro vifion/JÈn-
ivite   ayant   vu JîesSt c^roits couverts
d'unç^herbe belle & grande > nous y mîmes paître tout notre bétail; mais bientôt après   les habitans nou soulevèrent
une chevre^M. Cook alla aufîî-t&t à terrey
6c demanda otlyétoit le roii ils répondirent qu'ils n'eiil favoientl rien*   Il demanda, enfoite où étoit la chèvre volée :
ils firen^la^nême^réponfe ^ÎSe moquèrent de lui !j|6t s'enfuirent dans le bois*
Ontpeut juger d'après le * cara&ere du
commodore combien ii^t|irrité de|ce
Sjrocédé ;  il envoya les foidats par-tout
 \>: pays avec ordre de brûler les cabanes,
& for la côte il employa les matelots à
une pareille exécution | comme auffî à
détruire toutes les pirogues que l'on pour*
roit trouver $ il y ' eiffavoit de très-gran-J
m m     WBhmM
11 ill
w «*■
«saWCMNMN
, âm ? 8f'■$& général elles étoient. ' touter
lakes avec le plus grand foin ? ornées fit
travaillées à ;lair'manière- avec une 'forte
- de tttâgnifîcencë ? Se il &uàri certainement plus d^m fleele à:.ces'pauvres-; fauvages pour réparer tout le dé^lt^pe nous
leur fîmes. Jx)ans le fond , ' je ne puis
mftempêçher de défàpprouvèr; en quelque'
.manière le procédé violent dé'M/Boot y
mais une choïe -: qui nous -çtoitihaV c'éff
"que 0-/n^lui-mêito<S atf#mpagnè de
*#i ^%^ës^t^rrs q^'il avoit" ;OTienés -y fit
|J|^ la plus grande partie du ragl; & ymon^
ira beaucoup plus d?ardeiir * quirnoùs' autres Eùropéènse Lee fécond' "-|6tir de%ef
dégât ■ j étant revenus à bord 5les haBItans
reportèrent tout de "foite la chevrë au refte
du bétail que "nous" -avièâspettCère Mffif
•  for le pâturage* •   ^^^  W$'[
Le € z octobre nousv Cordâmes pl'ïle^
Tâkiàenne nommée Huaheine ^'t^i étoit''
la patrie d*&mm,Il Fapperçutle premier^
âdus'ay ant"devancés:Wec!m pirogue 5 &
11 JlZ        que M avoit donné'' M. pùok ' ? & tira
| S ' un 'coup de'fofil aqgûet, fxapis1 Répondîmes les habitans qui avoient appris par d'autres le retour de leur compatriote O ai ^
s'étoient aflemblés for le rivage , 8c le reçurent avec beaucoup de )oie 8c d'amitié ;
mais il ne parut point* qui! 'fût• beaucoup
admiré ni envié, d'avoir vu des pays lointains 3c d^en%voir rapporté bien f des
chcfes i du moins ne s'en apperçut-on
point pendant le féjour de Mr, Cook dans
Tile. Le f*i lui fit don en arrivant de
jfttoute la partie de l'île aux environs de
ÉgFendrottoù nous avions mouillé , ce qi#
pouvoit faire une bonne lieue de tetrain^
où les arbres* fruitiers étoient en abondance i 6). O-mai en reconnoïfïance fît pré-
font au roi de plufieurs foies , haches J
É6c autres chofès Semblables; :Mrî Cook fie
Ie bâtir-;à O-maiùne maifoii en bois , pour
làtpéife yti&Qs employâmes beaucoup tSf
celui provéiiu des débris des pirogues que]
nous avions - détruites k Morea $ on lui
fit- aufïi un jardin auprès , où Fon fem'aj
dés graines d^Europe. Pfendant notre fé-1
jour , le èapkaine Cook 6t MM. -King'A
lieutenanty "fit- Bay ley , altronome f ayant |
voulu foire des obfervations aftronomi- H: .IH
ques j le quadrant de Mr ^Xingfé trouva
y
"r dérobé de deflus Je gazon Àù^il l'avoit^
mis*à fes piedç Iky ,avoit alors avec-* eux
quelques-uns des principaux d^l'île^ outs?
Ehris J6c on  foupçonna quelle volenti
etoitfund^entr'eux^Surle champ Omat^
fejleva^avec quelques-uns de fes gensi*
& juftifia epotre foupçonpn^fiécouvrant
ïieureufement^le Jquadrant^Bc le voleur*
Jtër. Caokjat garder à bord VEhrijjkcop
curieux ^ 8cJle lendemain lëjpt fouetter
fur le dos jufqu'à^ui déchirer la peau^|
Il ne cefla de murmurer par pure maii-$;
ce ï 7) ? fans vouloir demander grace 8c
&ns pouffer «| feu|cr% Enfi&le commo^
dore le fiigdé tacher § mais en continuant
de Je fîappej$|ttf<^
&$ %^d-i^|itéfit^f qffil fit en effet, tou*
jours en murmurant 5 8c la même nuit i!
alJ^,dévafter.;;le jardin que nousMvion^
foit à O^piat^ 8c arracher tous les plants.
de~yignïlque nous gavions apportés du
cap de Bonne - Efpérance. Celui-ci fo
mit à fa pourfuite avec fett iponde, If
ramena fy r notre bord , & Mr. Cook
voyant que le fouet ne l'avoit point
I corrigé $ lui fit couper les deux$&reilles
par*n matelot i puis on le chaffa hors du
«IT '     J ''  ' '
• e ■■' 4$
vaiffeau. Il gagna bientôt lâ| terre | 6c
pour cette fois il fe tint enfin tranquille.
Du refte on replanta la vigne 8c on rétablît le jardin d*0-mai.
Mr. Çook lui lrifïà enfbutre un éta-
*
Ion 8c une jument, quatre bêtes à laine,
June paire de canards l6c une paire de
ipaons ^ 8c y   ajouta pour domeftiques
ifles deux jeunes fauvages que nous avions
amenés de la Nouvelle-Zée lande. Enfin
fNlans un magafin qu'on lui avoit pratiqué au ba^de la maifon f il luifitmeci
tre une bonne provifion de poudre à tirer
Sd de plomb , après lui avoir appris les
précautions néceffaires pour conferver la
! % i poudre & en écarter le feu. Mais O-mai
.   -Atémoigna n'être pas content de la maifbrï
Ique nous lui avions conftruite ,    difant
que fa majefîé le roi d'Angleterre lui en'
%      avoit promis une où if pourroitfmonter
dans les ^appartemens d'en-haut, tandis
.  ^que celle-ci n'avoit que le rez de chauf-
4   fée 8c reffembloit aux étables-à-cochons
wAngleterre. Là-deffus Mn Cookie mit
attire, & lui répondit qu'elle étoit bonne
pour luif ce quirn'empêcha pas que lors
de notre départpei novembre %Q^pùiè
: m :■   ■ •* il;' gt
mmhWHm.
ilC
pi mît à pleurer amèrement en nous
Sp^ âdï^|^ . dédaran| f&^fe^teet-
Le:, | nous jpoti|i^me$^yant. l'île
^i0a^.-^^ie |§>i Qèrm^- an#e» ami
ÉÉ Mh^Om^^nt^xr |#..c^mp à bor<£,
'^^^^^PP°^I^^^^ la pirogue îles
Mâts ^|^^Éi|d^|s pouâpréfent* Aufïi -
^StSv^^t^ îl^^P^nim^dans^s^utres
TaMtiennes %nous mime s beaucoup
^çodbonaiiie en falaifon,;    nous y ^
^^e:f *^^e provifion d^u douce 8c de
^^^^^^^^î^eéCpfnmeii«»s étions
jj|Ëj§e pop1* de jremettçe àj^roil^ deus||
îte-mal'trfte | ^^^fyùk^,. .&.. un a|de-ca- j
minier nommé Thomas Skavv. Les fem-, j
QMS leur a voient fait tourner la tête g6c
quelque j|e* Mr., Cook pour les $ravoçr ^
invita le soitt-rea £ avec font^fils, fa fille
f^yi^auàr & fon gendre *■ à veair îe g
voirpbo^^rils^vinrentrfans défiance:
lpais dès qij|^M forent^ Mr| CW£ fit
mettre aux |ijap$£s ks^prpis derniers :%:
€oaH^V»P^L po^lM roMflP* étoit
JR
aïn^e #
demeuréilibre j il lui déclara qu'il ne
pouvoir leur rendre la liberté jufqu'à ce
que epos deui^hommes foffent revenus»
O-rea* donna ordre for,fb champ pour
< faire des ^recherches, 6c quoiqu'il fie fût
' pas aifé d%|découvrir leur retraite 1 parce
qu'ils avaient tenu la choie très-fecrete , :
ne s'étant confiés qu'à un,feul des habi-
.tans ^e^ndant les%£utres qui s'étoient
sais en que te avec des?* pirogues les déterrèrent tous les deux dans une île inha-
^bitée y les furprirent de nuit dans le fom-
meii^8séles ramenèrent à bord pieds &
poings lié^le^inquieme jour. Cette pe-
jfil^îlew étôk éloigné^de nous^de^plus
d^huiÊ^illes d*Allemagne|. 8c fifmr.
f Çook^È^ s*yJ^t, pas pris d^fçette faço%>
jamais Ifious   n'aurions revu   ces   deux
' M^i^eft impofIiJ^le|de décrire la
trifte0Î|j§c 1% deuil général qui régna dans
£$le pendant la détention de la famille
^royale for nos vaifïeaux : rien de plus
touchant for-tout que celle des femmes j
elles venoient chaque jour en foule 6c à
la nage ,1'pleuroient 8c fe lamentoient
amèrement. > 6c fe déchiquetciept même le corps ayfc 'des dents de goulue-mer l
.tellementque lamererfétoie^elquefoig
Éoute jpouge pe fon^autourd^feufTeau.
Aufïi la joie du peuple /fDrf^i'iWevit fes
chefif en liberté , fot-eile fans mefuretÉS)).
Les peux premiers jours fie fa détention^
la fan$tlle royale fût prefque ihconfolable;
mais iorfqtf^>n leur euïrbien afîiiré que
W$b fi*avoit point delïéi^^omme ilfPle
craignoient ^fde 1É^ forcer à nousfiiivre ,
6c||u^ls feroient^libres du moment que
l'cÉ^|#us remettroitÉos deux hommes,
lorf^pùrenfi^n  chercha à les amufei¥6ç^(
à J^ÉW
to|pp«grinÉlifparut. Ilsl^'^ommode-
re||ft|iès4)idi derf|provifions que le peti- ^
pie leur apporto it e n très-grande qu^ri tité^. v
&Pridepbn propre mouvement. Une nuit
be J*étois chargé à mon tour de lâ^garde^
h gendre du roi,    il me demanda la ■'}
perraiffion de remplir le devoir conjugale
6c^'a|ranà obtenue J il $fcn acquitta fans
façonfievanf$ mot^Œnfin quand Mr. Cook
leulgrendit la libertéf il leur fit plufieurs
préfens confîdérabies> 6c pour hxrs ils '
perdirent jufqu'au fouvenir même dateur
diiaracg. Quant aujffdeux ^coupables y .
' f , f 1 Wm>
ï
à %
tifiîâmestL|ioi|i nous : eh éloignâmes le
même jour;, gouvernant au nord pouf
nous appliquer à notre bu||)riilcipâl, qui
ïtoit l9'jrecherc&.e |e§^elquepaffage en-»
tre F Afie. 8c l'Amérique.     J  " f ' II;
"   Le 2 k décembre fr étant fbuS la ligrté
environ fous le fécond degré de latitude
M      ■    I        1 D
f1211 &*-*&-%fàe' I Ie contremaître * fjjt
càffè de fon emploi pendait quelque tenoR
1   6c condamné à, f^Mcomme fimple ma*
"   telotj|l*autrç reçutrvingt coups ,de fouet
for lés éwra^iiues* É^^^^.        -.. a
Le 7 décembre noujtétnîmes eh ttieiS
8c dès le lendemain i|ôu$ étions devant
l'île de Bolebol(ûj^o\^^Ja\làtne$ à terre^.    àÉÊ^ I
<ïu,avecî trpis, .çsuxots v 8c MfâlCo o'it acquit "*
des naturels , p^échalièe contre fix haches *une#^^C^^ jPe^0^ ^ quintaux,
perdue jadis par les Éfpa^nols \ 8c que
ces fauvages avoient trouvé le moyen dé
lirer de denbus fept à huit braffes d'eau* à
* notre grand étonfiement z o)* Les habitans
*m de cette île fe peignent <pu tatouent le
BËlps jlîus que les autres Tahi tiens fils
î*Bjk. it aufîi très-belliqueux 6tfe font beau-
■fgKs' tfpilredouter de leurs voifins. Ce fut la
Tterniere êëê îles Tâhitienries que iioùs ■
11
îjord j 8c ^^^^^fâ^,I^B^^î n0ug
. |ïf couvrîmes line* île Inhabitée de médiocre g|^^ cette Ion-
gptuaegiBft îlesjvoifines f
)&me fersy^ci^ attende^gue^e ne m'en
fo^ens plus av^préçinoiI^de celle
wb-toJiiti'^mA fl^pffifflf^n fait^
au'x^ft'd. f$> *de latitudëdud 8<? adf 208
de longitude jj|| épmpte*' du* méridilh de
^ree^^ick^^^ d*ou nPÏis ïMttes^outè
vers la côte ^M0taîé4df^itéûqne fbui
le 44e. degrél^^^.- /-".JÉ^'- m
m Nous allâmes'à tergfcavec trois ca%
potspbpjP^ baffe^
couverte d'uii fable blanc IL 8c tout-à-fait
dénuée d'arbres -, fi on" m " ëxcej^ë qt|
ques buiffoiîs^ail'oay
grande^quant^ d'oifeauxiUitoute éfj
&;pe toutf j)eaMté| ce qui pe font jp
du tèut fouva$|es , "; outre  çeïbçoup 5||
tortues 6c de poifïbnsJ BfesIpHotsTe fe-
parèrent pour aller à la découverte > mais
oit ne * trouva poirif-|d'eau d^ce^^^-1*
iuÉÉ lequel $è Jrc^
matelot aveci deux officiers ,1Jrï)UVa une
ouverture qui coftduifoit dans Jmteriei||
#
ditLpays. . Nous remontâmes jûfqu'à la
_^ Jed
p* .iMtirffiWWiijHjl
*
diftance de douze milks d'Angleterre j
nous mîmes pied à terre i 6c à l'entrée de
la nuit * lorfqu# les tortues fortent de
Feau>jious eûmes occafion d'en prendre
une grandi quantité * dont la plupart pe*
foient jufqù'à deux quintaux,    Nous les
rafTemblâmes dans le même endroit * 6c
les laiffâmes renverfées fur le dos pour
qu'elles ne pufîènt pas  nous échapper *
8c le lendemain matin nous en portâmes
Une cargaifon à nos vaiffeaux. On nous
donna de Feau 6c des vivres * 6c oïl nous
Renvoya pour en prendf^; encore la nuit
foi vante le plus   que   ùàùê  pourrions*
D'ailleurs comme nous avions trouvé tous
If s canots déjà partis pouifa pêche ; noua
es ordre  de   prendre  avec nous
que nous rencontrerions | 5c de lf
^larger des autres tortues tjue nôusâvîonL
aifpes déjà pçifes , pour les apportai* à
porcL Notts trouvâmes en chemin JfleîM
été ces canots ; qui avoient déjà cônfu?
■se tous leurs?vivres* Nous les  prîmes
ddfic avec rtbuS j ils partagèrent nos provifions f 8c nous mirent prefqué fans eaii i
ce qui étoit le principal & nous mit dan*
la néëêflité de retourner à hofd avec: eu% $
m     m -     À H m 13 i
lt*1 i   ï
^*4e
fans attendre la nuit pour ^prendre des
t#rtueSrJls partirent 1«premiers avec
une caffaifon de tortues   & comme nous
n'avions pas encore toute embarquée lafl|
nôtrej^nous nousJd^fpofions I lesfoivre
peutftaprès. ,£Mais il arriva que deux detÉj
iiçs gens*» l'un nommé Barthciemi Loh-
llwiJCi/f Cajfetà 8% un Anglois appelle
$tritcher^ quj^devoient apporter à borA%
les dernières tortues • attendu que nouai!
avions été|obligés de lesJtraîner toutes
jufqu'à une lieu§ dans les terres , manquèrent le cherrim au retour, 6c au lieu *
de venir de notre côté s'enfoncèrent dansai
fe#^s de plus en plus* Malgré la cha-
leujfcektraordi^ire du climat jjpù kpeinj^i
Domff
"peut-on refier un quartd'heure fans boir<
t'épies attendîmes long-tern* en v^ai
_J l^péâdant mm  ne   voulions  poin|'
pa^^ facts   eut*    Brûlés % gjourmentésfP
\ ààin% foif .infupportable J* ' nous imagijjj
fiâmes de créufer, en terre pour cherchée
L^-l'eau ; nous en. trouvâmes effe&i ve
ment à laprofondeur.de cinq eu fix pieÉsy I
mais elle étoit plus falée encore que celle
de la mer, 6c il n'y avoit pas moyen d'en
avaler une goutte. A la fin nous prîmes e
ïl
*t #M
ûe$ oifeaux, &/après left avoir coupé
le cou nous leur fucions le fang tout
chaud , cela neLnousfoulagea%ue pour
un inftant de bitntÔt le mal fut pire que
devant. Quelques-uns tarifèrent ^boire
de l'eau de mer, mais cela réuflit enebre^
plus mal 'f    puîfqù'ils fe trouvèrent ma- |
lades uà moment après. La nuit devint «fiiHI
noire, nous fîmes des fcwc e» différens
endroits , nous tirâmes des coups de fu-
» file, mais rien ne ièrvit, nous n'eûmes
aucune nouvelle de nos deux camarades.
De foif*& d'abattement à peine avions-
ncps^la fofce de renjdaferfdans le canot f nous nous étendîmes fur le fable.
-Gomme la nuit avoit untf>eu tempéré la
chaleur , nos deux officlm fe levèrent ^
A voulurent aller voi| s'il n'y. aurog
L&tquelque autre de riSs canots furi
i » rivage,   de qui nous pfflîojw avolrl
l'efu. Nous reftâmes  cinq*  couettes £>at
) terre. Au point du jour nous d4lîb#âmes
•  fur le parti que nous prendrions | no^s
Intknes celui de retourner à bord plutôt
que de  périr fur la place ,   & chacun
fe traîna jufqu%dans le canot.    Lorf- *
que noils fûmes environ à moitié chemin^ ♦
nous apperçûmes#e|loin deux hommes
Bi^av^int attaché&leurs mouchoirs au
i ^bout-lpiie perche t l^qui le% faifoient i
voitigeitNous allâmes for euxt 8fcen appro*
chant nous vîmefcque c'étoknt nosîdeux
officier^ k peinai s voient-Us la force de
tf prononcer uadf parole ; nousipes mîmes
dan«pe canot **& nous pourfoivîmes no*
Enfin nous appcrçûmes un autre fea* «
pot à terre ; nous approchâmes ; c'étoierit
4e nos gens jqui. venoient tout fraîche-
ment des vaj0ie|^pÀ#ls nous donnèrent
♦ d» pairtfpk du brandevin mêlé avec de
reâtt|j|pe qui fi usôrendit la yie* Arrives   g
* pu mcwiUage ^fe^jlpprîmes à Mt|û4^ %
l| îa pertelWe nos Jeux camarades ; à Fini
% feit il fit p^fe^ous les canots des
v CT^A «veoncbi tfMide 6c des vivres , pour, ^ |
^vife#wll% D&ete foir du même jour on
^mreVotiy^n^ mais quî^i»"|nit,|9on* *
jier aucune nouvelle de<Fautre^ le lenl|"
demain celui-ciforetmuva auffi, Le p^#
mier nousiiit qu'il s^toiÉibiilfcnu en niTe
Çant lç^fang deslfortues 8&de quelques* J|
oîfcaw*gu%il avoit pris j Fawtre* avoit bu H pfon urine j -aufïi quand on le trouva étoit-
g4 plus mort que vi£&. .*&... ^
/^Nous donnâmes à cette île le nom
de Vile de fable f 6c nous en partîmes le
2 janvier 1778 , avec une fi grande abondance de tortues gut quatre ou cinq fe-
maines durant,    y compris le tems de
| notre féjour | nous ne mangeâmes rien
autre chofe, 6c pour les tenir en vie peq^
* dant tout ce tems-là , nous les arrouons
fttous les jours\ en leur lavant les yeux.
ipPeu aprèsjnotre départ f notre eau fe
éprouva fi diminuée que J*ous commençâmes à diftilier de Feau de mer $ for notre bâtiment, qui étoit le plus petit, on
j   enfaifoit tousles jours vinjtf-quatre pofe.,
» 8c emigre la chaleur du^Hmat on n'en
dfpnoit à cliaque homme qu'un %de.mi-
$®t f*ar jour,, peureufe^rit ïe 20 0^^
vier environ le 22e. de^té îiefUtliludP'
nord 6c 2 2 $ de longitude * no^is
L vrîmes ufte île élevé#| où nou§ fiqpivare|  i
mes da trouver de Feau. NoAhre..d'naLi;-  |l;
tans en fortirent dans des pirogues.', |e  J
viidtrenta nous | c'étoient les plus -beâu>'/
^hommes que nous euffionsr encore., vu-    •
dans les nations fauvages* Nous cherchHl ~
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III
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mes à les attirer à nous en les Invitant
i f arjdes lignes amicaux? & leur montrant
I ^ivers préfens. Ils firent d'abord des dif.
w^cés, Se à rétonhement extraordinaire
jjF^fe témoignoient en voyant: nos vai&
féaux ^^uf^efefe^^i^s d'en avoient
point  encore vuei/iih d'eux fi^afltféa
^îfin|,!ifPSlSJ?c ^>riq»e j|ous lui
pcûnjès- jtttée une piece 3ïftef¥&TOuge*|
P^^^a^^^ivirÉ^qUi reçurent
auffi des cadeaux. Nous leur fîmesremar-
quer des coclter vivans, de çëùx que
nous avion^ppités fc^Ta Aflftlauffi-jêt
nslfe mirent^ |rier $6ooa ! A eette ex*
!*tiort|& au. refte.de  leurfangagel
différent de &M%ue j» parîf$ÏÉtto,
■   *ÎL ^^ *&* j Ps; nouspSjjèié^ghten^
|8B^|J^^vV^ir auflîf à Jerre *$*&%
^fcWjptwf dfffuite $îh#t'ils not*
^Jf0,îHe|îl» SfWes i|cevnon? avec
Wf '$? É^-oeflùs quelques-uri^fetd^a-,
e^erit #o«r en aller chercher * qUrils
nous donnèrent fans exiger rfcnWnj***
tour- Infenfiblement ils f« %milî^ife*nt ;
|veenous , ils montrent daris nos vah^
leaux, oA nou$   apprfmêfft^e l'île if
*H»1 J*
p
«
♦
S 7
fiommoit Niham , 6c que non loin 4? là
nous pouvions faire de Feau. Mrà Cook
fit mettre en mer trois|canots pour en|
aller percher,    & dans cet^intervalle
un dé ces fauvages prit fur la Refolution
le couteau de la cuifin#où on les avoit
laiffés entrer § puis il s'élança dans la mef
6c fe hâta de gagner la terje avec fa pi*jjpl
rogue.    Nous le pourfoivîmes avec, nor
canots que l'on Benoit de mettre à Yem 9 i
mais il fe jetta dans tin fort impénétrable
où nous ne pûmes le fuivre1| nous|tirâ- jj
mes   quelques   coups   après  lui ij^ qui ^
heureufement n'attrafferent rien ;i d'aile J
leurs tous les autres s'emprefïb^t de ™
lettre e» fureté le r^eur avec fon tym^
ttn, de foute que notasne pûmes avoir Jj
fifl'un ni Fautre. Mife W'^liamfon^ lie»H
tenant 6c Irlandois , e^t ordfe de coi$dhiïfam
te les tiêis canots à la recherdjÈ 4e iFlai
douce: nous partîmes , 8c lajl %JËotâ&
Un endroit commode pour dérorqulff
nous approchâmes ; alors %ne crnquan-||
[^aine de tauvagesa dont un grand nom-
fer§M§toientjacequrus au rivage, fauterei^w
dans l'eau ' T eçéeverent le canot du ïieu»   i
tenant avfp les * gens qui Épient dedansi
Wj
■' m
Se pploienfc^de porter à terrfefefur leurs
^paûîes, Nos: gens ne fâchant d'abord
^^devoient jfeendre cela bien ou mal,
____|fffljitirudement avec leurs âmes
folies mains de ces infolpres pouf f leur
foire lâcher pçïfc, 6c comperc^la ne 1$$
^mpéchoit pas de pourfuivre leuÇ.poli»
telle équivoqul, Jufque-là mêmfcllqu'un
fiuvage voulut arracher un foliées, mains
d^ M^WHliamfimy ot lieutenant tira
for lui 6c le tua fur la place*. Aâ'inflant
tes autres lâchèrent le canot, *8c§empor-
feerént idfeadavrevdans le boi||en pouf*
Vfmt de grands crisf e^* *     ■ ~\";
WÊÊ$ 1^°^ canots retournèrent f 6c
nous rendîmes c^npte de|&aventure à
1^^CW£} -; il eèSt des repfockes très-
V^É^iâiteirflnte<li^8c le lendemain il alla
s* »*» *
CSk
[Sçle^anots Sarcle lieu«|p
tt^f trouva uneliflemblée
Sus, nombreufe que la veille.
jéfeudit abfolum^lt «P^P^
fâbnnéii»ît pild a&erre Â&Ëayant donné
F'Jik-'lufil à un> matelot i* il fhrti^ feul^
#^yec;:un. 'couteau de echaflè-pourt«uœ
armeiÈ Dè^p'll parut à*|erice. toujee
^euf>lejife p^pjkerna devaafliir fur le vi«
Wm
m
%$%% 4Èk"'
0
m
■•«■pi Xe commodore en regardant autour
te lui fe mit à rire de tout fon cœur *
ayant relevé quelques-uns desplus âgés
& deyg^ncipaux , autant qu'on pouvoit
le difœ^guer à leurs vêtemens , il les em*
brafla Scieur fit des préfens. Tous les
autres %meurei^iprofternés É à l'exception de quatre qui allèrent chercher leur
jfei 8c l'amenèrent, ayant chacun à la
main une poignéef de cannes àf focre
qu'ils élevoient fur fa tête en guife de
parafol.Le roi s'approcha 8c s'incunàpro-
fondement devant Mr* Cook 21) , «pi lut
mit au cou un collier I det raflade , ce Iqi
donna jm miroir : enfoite s'étantpéi^gi^
pour ^chercher de Feau^douce, çenéfitt
ru'alors que le refte du peuple fo kÉ%
lientôt ils nous apportèrent tant deficits
6c de porcs que nos troiscanots en étèleïit
tout pleins. Dès que Mr. Cook fu^pnt^^
nous retournâmes à nos vaifle^^poi^
les amener yisrà-viafd'un endroit oùv4t
avoit découvert jun petit ruifleau , 6c nous
nous mîmes e» devoir d'en remplir nos
pieces. Un^mrtie 3e l'équipage defeen-
|dit encore «perre ,.6c avecMes%lous^
4es miroirs P des .couteauxJSc de la ver*
**»
1
iiy
ii
*
ILfi
lÉJk T%,
roterie ,* fe procura encore .quantité cftr
comeftible^confiftant principllement^eà^
cochons ^racines d*yunt%* noix|dê«fcocô||
& plantains, chofes^upfontfrd: || FîuF
en abondance.  ; -"   -   *>■.    ' "    l *      1$
pILes fëmmésy ïbnt belles 8c*tîès-com-
plaifantes,-au point qu'àices deu£ égards
elles, furpaffent |toute sicelle sÉde s autres
ftes de*la mer Hu fud ornais MrÂCoêk
pou^ cetteÉfois^avoit Sàéfenduffous des
peines très-féveres d'avoir aucun commerJ
C^^^wès belles y. 8c néanmoins il fit M
vîfîtar tous $lem> hommes  de l'équipage  r
pour ne Maiffërjl aller à terre#que ceux .-
doc *b|4antéiferoitibien afliirée^   ''*!■/
^ÊPurM Cook, foupçonnoit ^ès-lon^qu'il   ,
âe^bît V avoil^autres îles aux environs #
omn#laiaifbn nous preflbit pour
ienord qt travailler à notre grand
ps{nè voulûmes point nou£ arrê-
burir ces mers, 8c nous remî-,
P notre retour^ Cependant nous
allâmes^nôore voir une^petite He qui eft
h quèlquealtrois lieue^un peu à l'oueft
deMlihau • parcc^^uef le^habitaus  de
Lpèllé-ei «OTs donnèrent à phtendre qu%
*nouit y trouverions une grande quantité
■lie '
■*p #
âmracineSf dyam i 6c en effet nous en
Requîmes beaucoup des habitans qui sfy
Couver |t ; 6c la plupart pefoient 15 8c
jzo îi^^,'tellement que nous n'en avions
encore vu de pareilles nulle part. Auffi
Mr|<^£^om|tia-t-il ces îles îles de
Yam l îk il fit préfent de deux chèvres
jfti roi. %   ' -f <'É i ■■"*'     '"'■■ |||§p' ' -;       -
p. Le 2 février nous pourfoivîmes notre
route vers les côtes fodoueft de F Amérique , 6c fans nous arrêter nous longeâmes à remplir notre deftination. Xcâ^f
mars par les 44 degrés de latitudérnord
nous vîmes pne côte, mais il s'élem une
violate bourrafque qui nous en éefita $
8fcjdura fi long-tems que nous ne pûmes
Revoir cette terre que le 2% Le lendé§
main| étant à-peu-prèsipar les^^
de latitude nord , nous entrâqoti
port très-beau 8c très-commqj
Mr.  €00 fc; nomma Baye de ^^^eâ[i
Delà jufqifau 72e. degré nous- foivimel
les côtes de cette partie de l'Amérique y
qui jne font^point exa&es i à beaucoup »
près,for legpartes deFocanÇi elles courent tantôt à Feft, tantôt à Foueft • 6c
tantôt €%rjjbrouflànt, 8^B|En fous le
■
*
*
m
i
m 5 6e. degré noue* avons trouvé, â^Teft m
câplkonfidéràble* é IV
. JPans cette courfe Éoùsljettâte ts^anl
cre en diflférens endréits , JBê qu'au
4$e. ldNgré%ous trouvâmes toujours des
habitans iiir ks^côtesd^ls reïlenibioient
zuxjp-tahiticns pcmrila^ooaiîeumtucorps
du vifage , mais nonpar la grandeur^
8c#^eurs ieslj^ai^ multiplia 8c croW
féfmeïhoir| de rouge JPd#fa$toe, dont
il^feItouvrent le vifage prieur donnent
u|^4&e^terribie. LeuiÉjargon n'a^rien
d#ce r|fcun^vec& celui des infoïaires j
lews^rêtemens if - qu^couvrent^touéle
ç^^ f06nt^sàts dejpeau^delchiens de
me^ de martresp&elines ^Bc de caftorsV
quelques-UE# font auffi  faits |detfbande$
| ils ontMe^rands bonnets
5 faits d'éçorce* ''^lik''
^ '4l   To»   fort   empreffés  d*échangea
leur marchandifes ^^qui confident prihcïl
palementlScn^pelleteries mes efpeces que
iî'arnommées-, 6tijfouventik febattqient
^entr'euiipow avoir Favant ge de cam*
mercer avec nous | l'ifiîie de ces querelles
étoit que $e$  fûnqueurs fertilaroicnt dei ♦
marchandées #es vaincus j 8c même du
prix Iles échanges qu'il! avoient faites
auparavant! En faifant leurs marchés ils
le f^0$ent très-fréquemment de ces ter-
mefWmakouk^^fchiboks i 8ctchik.imli\
makouf^veùt dire acheter% tfchiboks bonÉi
St^^t^hikin^Ê ils vouloient faire entendre qu'ilP demândoient   en * échange
urir grand clou| On profita de l'occafion ;
chaque matfelot fe remplit une caiffe de
peauiide càflors 8c d'autres belles pelle-
teriesY on~eii*fit de bonnes camifoles fort
utiles ^otn* le climat où nous allions, 8c
il n'y eut perfbnne^ui n'en vendît après
notréi^tour en Angleterre pour qufelques
centaines de livresj$erling||        * -émf
§§* Leurs habitations ne fbgt que de mi-
fërâblés hutçes de boisf entiérenieiit fermées^ 8f|rouvertes dKherbes poLtf garantir l'intérieur de' la pluie. Ils j^&urrif^j
font de poifîbn 6c de gibier ,-'^pïs ogt
j en grande abondance^ Nous trouâmes
aufïi chez eu^de la chairJhumaine bot*-
canée y fous les en vîmes même -manger
avec appégt % 8c ils, noi%n  offrirent?.]
Nous en achetâmes quelques morceaux
pour apporter en Anglete^^Ils ont pour
**ii
i
:# 1
il ft €4     ■
ggrmes des arcs qui font très-forts &trés*
bieÀcouVerts dîfcboyaux defbaleine def-
||féchés en manière dé fcordes-à-Royaux.
Leurs flèches ^1^ fâifee^de jolfc %MÂ 6c
|als y mettent pour  p#intt|un^( xeau
^d'agate ou d'autreipierre dureg arès-ligu
*J8c très^foUdement«feità^eÉfleches font
#d'un très-bon ufage f^ils font extrême^
l|ment adroit^ s'en fervir % /% \enf généS!
fâpml ce»euple efl très-belliqueux | aufïî,
comme nous#et#pâme? juger ^ font-jls
perpétuellement euâffuerre les uns avec
.L p^éTf #<^6 V«*j-«. tue eft
- defliné à être mangé*      &       -lÉL'
Wt Les peuplades voifines des pofifefïïonS
Efpajgnole^ quirne s'étendent pas au-delà du 42 de||ré:de ^Étude ^ont des fie-
^e^|m#s*f^jric de;CMi^e^ métaux
qifils tkent probablement d s Espagnols.
aLeurs     iogues font aufïi confinâtes à
Euit ieenne I aflez joliment, 6c la plu-
|*#afîez grofles/   Mais à mefure que
nous avançâmes le long de la pôte 6c
quand nous eûmes atteint le £ 8 e. ou 59e*
degré , iîou:^rouvâmes de| janots d'une
icoiïjlruôion toute, différentéTlls font entièrement M i de peaux tendues for une r éfpece de cârcaffe de bâtons minces , &l
il n'y a qu'une petite ouverture dans le
ÊË. Haut f telle qi/il la faut pour qu'un hom*
me y erigjte ? 6c bordée d'une piece de
veflie dé baleine bien, coufue 8c affun /
.   jéttie 5 le fauvage s'y fourre eouvert d'une
efpece de camifole^àuffi de vefïie de ba* .Éf-
leine* paffeblementv taillée , 6c s'attacha
fermé autour du corps la bordure de fo$f*
^   canot | alors il peut être impunément
V   rëï^tfèJk fubmergé > tant qu'il tient fa
È ramell ne rifque rien, 8c peut toujours
^'& remettre:6c fe tirer affaire..
"THw A cette latitude les habitans font fîri*! à
* JpT  *•
guîiéremen%diftingué$ des autres Américains , en ce qu'ils f^fendent en travers?
la lèvre inférieure, c^^zi leur fait comme
une féconde bouche, 8c ils la" garniflènt {g
mêmede dents tirées des cadavres, qu'ils
lavent y ajufter folidement. Ge fotpour
nous un afpé& fort extraordinaireifque'
ces barbares à deux bouches | & fur-toutl
de leur voir tirer la langue alternativement!
par l'une It pai Fautre \ 8c ce qui l«g
reçoit encorf plus horribles f c'eft une*
lame d'os de cinq | fix pouces de lông^
m
-fi q^'itopdrten^fous le ne^ pailé^a travers
Jpfc àitiïag^ou M, psp^oi ! , *.. m
É/  Ci>#W:à la fefigicwJ
je^^^^|fctes;;;^^^:^e l^ite^c    ei%artie
ne cqnîïoiiïafece j|attenduÉle^peu de
^^^É|^^|^^^^|^^ en chaque èaïf*,
j^^^inak en igénéral leé faiwaget^qui
Éraafc||^ groflier s 8&le%
e^^^bllés dPtout le nouve a^|rion<-
lisp leu^|argon mêmfr a|f accent &e plus
Jbarbare$ 6c ilsj^ parîen^qu'avec des cris
ja^i^rdîiiairei^^îi joi^^oijs#vîmet^e|g
3p* à nous une cinquantaine de pirogues
divifées en deux ondes J|j'i nouslap-
procherent j en vannèrent le vaiffeau > 6c
^oumereq» trpis Wk tout autour. Graï-
giiant que^çe jte>fûslle prélude d'utie at-
NNP% ?" noél forgeâmes nos* canons j
mai$T?out à coup ill entonnèrent un trè&r
beaUchant f en marquant la mefureavec
^uafe pagayes |8C avec une  exactitude
qfUK jointe à la beauté g &fagrément même ^tïfMiant , nonobftant la rudeffe de
leurs voixjjjious jetta d^ns un étonne*
inent fingulie#i W% Dans chaque divifion
on voy okl'un d'eux vêtu en efpeçe d'ar-
Jâdfl
■
t limmimdÀ&KmmLèîf
M
fecfuin dé pieces de différentes couleurs^
\   Qu'ils  changeoientlfouvent ,  de mêmef
que^certains mafqijes qu'ils avoient def
vaig|lé|^^ joignoient $ cela
vw^ous les Américains font trés-^tjSflir
j| dus à la pêche ^jufque4à même qu'jl^
^^réuffifîeiil: à celle defî* baleine. Ils ont
«Ie$ h^rpcpis faks j^FofTem en $ armés con*-
ffcne leurSfMéches dé pierres tranchantes ^
p  avec upe efpece de cpochet qui 1$ retiens
pfens le gorpç de Fantt* , qu^jqtd Piî IV
pa fak entrer^fe le ppfc ivent fans rel&-
||jChe Se lui lancent toujours des harpons ^
|ufqu'à'J|e qu'il perde tout fon fan^ Le
pays produit aufïi pi %urs efpeces d'ar?*
fcres fruitiers qui for rès-beaûx £c pro*
digieufement gros f ils abonderit le long
de lar^^e. Nous y apperçumes encore
nombre de Volcans. life préfèntoîfe foulent à nous des pcTrté 8c des détroits^
entr'autres nous découvrîmes ^ envirotf
, fous le 59e. degré , une grande embouchure qpui coriduifok dans les t&rf%Êé
jftousy entrâmes» &ilfe préfenta auffitét
4éux routes^ Fune au; fod^oueft mjfc l'être k l'eft : nous; foivîmep la premiç
3: m      - W .# » 1
lin
II
1UU
I *
4
BhW—É—MtrtW
Inais au >bout de deux jours ettfayant
trouvé la fin, nousHevînmes for nos pas |
pour fonder l'autre fituée à-peu-près au
iéoe. degré de longitude | ii£fas pénétrâmes jufqu'à zoo lieues d'Allemagne
dans l'intérieur du pays du côté de Feft,
& nous comptions déjà avoir titouvé le «$
-paffage qui fépare l'Afie de l'Amérique |
& gagné nos 2 0000 livres fterling. Nous
n'étions f plus qu'à une foixantaine fde
lieues de la baie défHudfon \ lorfque
nous$nous trc âmes à l'embouchure
d'un fleuve fi « fidérable x que je n'en
connois |point dans toute l'Europe qui
puiffe entrer en cçmparaifbn | 8c qui fe
divifoit en plufkgrs grands bras. M.
C00X: voyant qué^Plau en étoit douce 8c
fraîche, conclut qu'il ne pouvoit y avoir
là dejSpafîage, 6c fe détermina à rebrouf-
fer chemin , ce que nous fîmes. Cependant on lui fieila propofition de laiffer
les vaiflfcaux à l'ancre, 6c d'envoyer les
■canots^ la découverte. M. Gore, lieutenant |- le preffo de foire mettre à Fèati
la chaloupe que nous avions en fagot, rÊ
6? de lui donner vingt hommes avec des
^rhîès pour trois' mois ,f fe flattant de wr—n i   •. a e*p
trouver le paffage avec cela, 8c d'être en
Angleterre au bout de ce terme. M* Cook,
ne 'goûta point ces propofitions ,  fans
doute parce qu'il n'aimoit point à diminuer  fesJéquipages i ou  plutôt encore
parce que fon plan étoit de s'avancer avant
la fin de l'année f 8c même, s'il pouvoit,.
avant cçlle de Fêlé v vers le pôle arâdque,||
pour faire la même recherche de ce côté-
tlà. Enfin id folloit qu'il e$t encore quelrp
crue raifon puiffante, attendu que la foi-
fon favorable étoit paffée, 8c au'ii nepqf^
voit plus efpérer de J|toprocher du pôle
cette même année JJai eu lieu de juget||
auflî qu'ilj^ltoit bien promis de faire
quelqujj^chefche l^t^d'après for le fleuve dont j'ai parlé § mais une mort imP
prévue anéantit ce projet,
^Koqt^obfervâmes. m retour  que la j
côte, jufqji'au 56e. degré de latitude, cou.
roit au fud-oue ft en faifant des 2ig-zags*
"Enfu^te pous rangeâmejjrencore celle qufi
court au nord depuis cette latitude, 6ç
quand nous eûmes atteint le 60e. degré
environ f nous trouvâmes le x 2 juin une
Sutrç large embouchure au fud. Nous y
^entrâmes aufïi * 6c après nous être avan-
3    B       Ej;I
•
*
*
•*. »
w>
ééàjpéndant deïm|jours:,(j^C^>r^i T
vre^âiw      We^ê^^^Çoèé: ^ani^m
fï)(ettre eh peine de pénétrer jufquyaii fond
llPîa baie £?lifêdé^jbord fodffi''ch4!__
éflf^Bifànt qu'il n'yf avoit point là de paft
ftgfé^hais que cette embouchure appar-
ienoifjiu itiêmeftfleuvcque abus avions
^éj^fferr^fous lêi^^^égîié^^é^il
folîbit itohclurdkju'rçlbrmoit une fief donf
Je; cap fqfmerttiohné faifoit partie||!y   %
*fD$s> que^ious eûme^lébouqué FaftfeM
fH^rCook "^Joàgeà^^^urÛ^ & $?>f ta
le capter ries cl    "H'Afie, Lé 29 juin
rioûfetidliè trouvâmes prè%d^ne île J d'où'
fortireht deux hommes dam|une pjrdgue,
habillés étb peaux d^xhienè de mer , 8c
«jui forçant de ràntf*    s'approchèrent de
& T Dijçowery.  Ifbustéfii^
fcorde + }ls la faifirentf nous falûerent ou
nous firent figne trois fois avec leurs bon*
nets, 6(5%omme nops n'entendions point
le langage les uiïs desf|aitres^ils^QOUs
firent entendre de lever l'ancré 8c de les
jWvr|?A^e|À Mais^tomme eus nfi
;:?fi4#àîes jriëri:' faire | ils nous donnèrent
ïip#pëtitç bôëte quarrée, 6ç s'en retoutfji
wî^i^Pl^'çuvçrt^ U sy mv?i m 4L
petit morceau de papier où étoient cinq     m
lignes écritesfen lettres grecques ,|jque
". nous ne^|)ûmes pas lire ,fmais au bas
defquelles nous reconnûmes lep chiffres
*776 8c 1778 , ce qui nous fit conjecturer que des Ruffes pouvoient bien avoir
foit naufrage fur cette c6te. Lelcommo-
*' dor&ijt trouvant un peu en avant ^M&
Clerk* lui fit un fignal, 8c fe rendit à fon
bord; mâis%M. Cook?ne voulut point
que Fon s'arrêtât, ni que Fon allât voir
ce que toiit cela fignifioit. Nous crûmes
cependant qu'il n'avo^^oint lu non phis|
te billet grec x 8c onwouva fort mauvais qu'il ne \ftmlût point en apprendre
v    davantage* -$R . :^ <£> .
' Le   14   juin  nogs   eûmes! une   nuit   %
extraoirdinairement^roire 8c nébuleufe*   ..
pendant laquelle nous  gouvernions, ait
hafard , 6c nous arrivâmes fans le favoir
for l'île Unalafca. Cependant les gens de
la Refolution apperçurent tout à coup
- un gros cocher à quelque diftance | ce
qui fit foupçonner qu'il y avoit des bri-
fans   6c des  récifs à l'entour de nous.
M. Gore\ lieutenant, qui étoit de quart
pour lors, fit jetter la fonde fur le champ ^ :
&
'M/OJ jk ne trouva que j a ' braffès de fond}
pfors. il fit jetter l'ancre *J& cria avec le
portevoix à notre officier de quart d'en
faire autgpt. Dès qu'il fit clair, nous vl-
mes avec frayeur que la Refolution n'étoit
qqrà 20 pas au plus d'un gros roc efça%..
.pé-vqui étoit fur la côte de File .5 8c que
tout autour de nous le fond étoit telle-* w
ment parfemé de hrifansf qu'il étoit iticon.
€fvaj>le comment nous avions pu;, venir
jirfque-là fans accident. Dans un danger
fi émin en tales deux équipages témoigne-.
4rent ouvértemofftteur mécontentement
-4e:;Finhuraanité le M- Cook-k Fégard
des dey x, hommes dont;|pai parlé, que
jious jugions avec yraifemblance être vefc
pis pour nous jjfcf    ider^iu fecoursjf 6c
l ci   c
un
lui attribuait Unbonféquence le mal
heur qui nous nienafbit d'en avoir ber
foin|l notre touri Cependan^nous nous
#a tirâmes,-- & nous donnâmes à ce lieu
ffangereux le, nom de baie de la Provi*
dence^Le lendemai^ nous gagnâmes l'au*
fr# côté-,de Fîle^.^où nous mouillâmes
dans u A beau havre f que M, Cook nom*»
fïsa le havre de Ree ( Reeshafen ). Nous
S ftiqes feonnelprovifiçn $ew douce > 64
i» dans Hntervalle nous apperçûmes quel||
ques habitans j mais fans vouloir nous
arrêter plus que ne le derdandoit notre
opération, nous pourfuivîmes notre route
vers* les côtes d'Afie^  || .**■■ Jt
Le 9 août nous y abordâmes par les
65 degrés de latitude ribrd. Les habitans
que nous y trouvâmes étojent tout-à-fait
femblables aux Américains que j'ai déjà
décrits > fi ce n'ej| que la couleur du vi-
fage eft un peu plus foncée. Ils s'affem-
blerent fur, la côte ei| grand nombre à
notre arrivée, armés frarcs 8c de flèches,
ce qui n'empêcha pas M.^fook d'aller
foui à terre, où il leur porta des préfens
6c lia amitié avec ejp:. Ils fe nourriffent
de poiffon x 6c for-^Ét de veaux marins,
dont JU^giavent préparer la peau aufîï
&en ^u^e &roit un tanneur. Le commodore nomma de forçâiom ui\ cap qui
s'y trouvait > Cooks-Tovvn ( la ville de
Q>ok^^ iÉInàf;. • *' . IllÉr * ■%" *
Nous ^remontâmes la côte au nord
I jufqu'au 66^ degré de latitude i 8c nous
entrâmes dans un détroit qui fe trouve
entre YAifô 8c l'Amérique , 6c du milieu
duquel nous pouvions, par un beau ten»* éttfée Tout» W^^^^f^
Ifièë par leiWSPittteif «^^^
dflftnifles feuleifcentftl Ê^gF"^1"
pd% faire notildlcouverte «p|F* Wë^îiïL Véulut voir ftf tfy avoit r&ar|r
foire du côté d$P Afie erii^dfe fcëhdan^i j ff
Nous courûfËél^dorfé for%éttfc|tôte juC
qt**au 60% dè^ré ,%nais forts aii^flrfoccis^
ét^omm^^konlàffcétff^^teu^f^e
nous avforiyqt&t^ , fkdïf
Favoir%îfittfefBepuis ll^jufquW êf où
nous l'avions %ejointe ^^.lp?<?%y ntf
pèrteifdroit ^btiPfefit^l suffi cette partie,
où àéô^lhè ^â|btiVr&i|K^d^ofi plusî*
que Jè^^n^
détritéi^Çt^tiÉ dôii âvoiferféto Lafb$?
Ù¥ f%d$nf^ problH
#%pttv^ derai
caftèls Ig1 î^^^él^tttr "htrft;^ours:;
il ré^nf apr^a^it^ foit^W tori?pécfapi
pOrta^HiS^ifli'étoit qu^mf-prèfï^'île qui
tëno^iil^iphtipÉnt p^jautre #5tel def
forte qu'il l^^ofevoflry %vôir le|paflage
que j^^^l&èËlÉttS* y *f ; j^ • ^ff
I ''Lé vf 5 lej^fewbre nous abahdohnlt-j
ïttéf fil %Stes <FAmérique f & ilSef^iàf
çbferver que depuis le 60 degré erïltirant.
1 ..L-^.,U,,
ES
■ifcefi
rienie nou
^^^^ J^PaJÉ^ montif-plus la memdp|
Bfedb 7 c^p^ce à être bafle : & fans |
^wéitagnes , auli^y g^^F^^^ene .çpn^ |
ifL4||4 c^^^reil^i^its ^N^^^^É|^^?tour
gjpl l^m^eà. jious lie r; avec i
§%f|| tr&r|    JIm ti&f' pons
t^;ces «i^^(fti^^^gims ^ger]
q^ cette lie av ok
îSropée^ ^ *& que g^P^^fÉ^^1^^^1^
éncore|§p^^
eA étant ilifo nous 15uropeehs*|lans une autre partie de l'îlô*
Alor^twi laiffiÉ^le%aVec deÉLnaturéls
titt! capdïa^r^iprouva trente Ruflesi
dont troiseirbirént arbora■ wrefc: lui f ils
nous applin^
pour foire^Jfe Cofiïmercè rfic qu'on les ré*
le voit toil les troiseans.iV/e commerce
confiftegprincipâlement éa pelleteries de
x»uw%fjte<^ ^^^É"
butaire, dé^la Ruffief* Nousftfimes jf&ites
fortea^«f^àîfitefïé^ià ces RuffefiSrc la
quittait l'île   le  2 5 o&obre , M^Cpûi
ra^aifll^l^
^f Notre^tÉi^
f|*en * faire îè 76o^ ^ Bâaîs îî x^é^j^tme
":j|empête dessus Semblés, qui nous foti-
(Sfpendmti&rclfe fours. Q ttoh£j0tà&
I M .il oc?^^ porté le ca^rfar NïkWiÈ
nous aurion^éu un vent favorabïejf%û
lieu que liS^ts f&mes obligés ddflouvoïer
& droite &$w gauche lelong dé la côte.
:Au milieu^d^la troifieme nuit, onffit
inori^^l^it IejmQrijfe foi*le pont. Le
Boffeman avec%uatre matelots ô^mo^L
nous nous mîmes en devoir? de retenir
lés gardes-corps f dont les épontilîes fe
détachoientlBc entraînoient une partie du mMH
m   ;e 1 en fou
j^jntuijeo
.
i
mt i via**
^pft^^^ préqipTTy3 jtfft
ftftftftftftftftftftffi ftj^r   *i?* nSE* *^< *--fe •.'
^S^^HsHB SiJnepçunoit pjkfcfe
w
Jp| nous fîîifltes route ft$£ffft3gsftjj|||
i&^PlÉÉi NeutJi^Uifc n?unes jfpa ite--
pip des ^:^m    ^Jl11!!^
^^rec^tw* an^rf'
fe^^ri^lix*hu%
labres r COU1
ns
W^WUe^ P*r*^yw** degré
noiJiOëiisrei^^
- n
à**ftiàau£i des il*$ fufmg|tionnées >
ime^fj^aa ^pitr^ples^ès-^oifiiMiB les
unef^^s^çu^pea.^u^oovbre de^quinie
petites &jO[ande$JÊc toutes très-peuplées-
Dan» 4'e&^e^dfl| Juà ièraaines #nous les
4Ç$me%< toute? ripnais nous nettrouvâroes
fiulW J>?^&8|eudrojt^propre au défrir-
3^4PW9f^t ^i^e^iou^ eipp^fa^py
■ commercer,?* aucoup avec Jes naturels
Mii Ip'iiiiiej>||"iiiiiMi"wirT^foui 4m^
leurs pirogues ,g& noujjBppqrtoieut d»
vivres eX/03oudai^.,|U de/xier%Sfe|a
plus grande 4e cea^les fe nommoit <A-
^voiA/V^fiovs. y trovvâiof^w mouillage,;
où ayan^> jétté Fanere.^ nous ^mep l»
réparations néceffoirés à nos bâtiment &
i nofpijançpuyires f|8{!|nou$ ajournâmes
ji^qu'^vi y0évjfmf $ dçpi^s Jje* ^ janvief
i77<jtë Mfj^P^ teur donna le- noraàfo
lord ^a^vvic4à( elles font au nombre de
dix-feptjffeion l'auteur delà vie de Cook.)
lue langage de| habitans eft, comme celui de Nihau J0ott approchant de celui
4e Tahiti ; ç'éft awifi la même ftature *,
Itftnême couleur brunâtre, & les mêmes
traits. Mais ils font plias beaux 6c mieux
faits de beaucoup, plus fociables, plus i
i
adroits, 6c plus policés* tes femmes y
portent les cheveux coupés^cn rend par
plerriere 6c par devant, précifément combine l€s, enfons en AngleterrefLès hommes
ype wferitla barbe avec deux coquilles de
Isioulés ■/ en fguife d^fcifeaux» JLes deux
folies fe| pratiquent fur tout%e corpdl»,
jfeomme les fahitiens | des^pointillages
âve^yunç couleur noirâtre , -6cjfleui$ha-
bilkmen^^pouiPla plupart^ fe borne à
JÊtn petit^vantietfqui couvre les parties^
pMh d'unefcertaine écorcef ôc fur lequel
ohlfroiÈ|des defteins artiftement pemt$y
<&l fi propr^ai^fefte, qu'on le prendront
&ouwde  la foie  ou  du coton^ Outre
&ela^#femmes s'ornent la^tête*&>le
ccte de guirlandea^iHi^de colliers faits
0fec des pfomeÉd'oifeaax de différentes
Hoilîeurs £eé qumleiir va fort bien*-      m
1p- Leurs cabanes font entièrement clofe$,
avec|tme porte paffablement bien foke%
6c plufieurs trous pour la lumière j elles
fon t#lu haut en bas couvertes de treffes
d'herbes 8c de feuilles d'arbres J très-jolîf-
ptnent entrelacées^8c fi ferrées ^quelffe
<#>luie ne Ib pénètre jamais ïfftiais dans
Fûltérieup ^ * n?y|$i awcu n ef c&vffion ou
'"'flSP^S^ • '  . apar* ffri
JÉi^eme édiichent fi* des dattes
deTtreffes pareilles , mair d'une force 6c
d'uhé beauté dôntVapprochent pas celles
dç^TakitM   En foit de meubles 6c ufteii^
files, je n'y vis qilê des plats 6c des vafes
de boiirfbrt bien tournés^ Tous leurs
outils^confiften#uniquement en%ierres
aiguës ^jTune efpece très-dur#5çjetrès-
belle #8c% eft réeIlement^konnan#que
ceh|leuiiRiffife pour foire touejffcefiçu'il*
fontj^Leurs pirogues font très-bie#eon£
truites ,    très-jolies , #8c ordinairement
peintespar dehors d# deux Itouieur^que
l'eau n'endooimageRf aucune façon, d'un
roujyfoncé dans le bas^, SËfaokef*dais
le haut. Mu refte cesjanrogues font faites commexcelles des0Tahitiens , qui rtten
énflpourtant point^d'aufHllbrtesfcf Pour
anses , ils fe fettrent *Ée lances delbois
df la longueur d% à fi$ pieds, 8c de fron-
désiCes lances font kFun mois trésllur,
nokâtre^ poli 8feïùifan| comme ^il étoit
verfi j il y a à-^bi plupai^Kilfcrochet
f$W partie poftérieur# de la pointe j|ce
qui la rend très difficile attirer de la plaie.
l Les frondes %e font qu'une corde plate
*& largei Outre cela ils onrêencore
I ;-   ■ A I F-'l
*jÉfe    - *
fHBOl
■Mt
'   i»i.     S i
i
efpeçe ^ÉÉ|«%nard;iwu d'^^^^^^^sâ
^fa qiM^l^nc piés'',^$^n . ^à"do#le
t^nchajif ^ IJ^^en^ist
d*|iu#%!a agi Mm^M
d ils fe battent ils pÉ^fipe^^
fe boudier la même natte qui lewr
^oudpR; *' -'   *
[gSL    J9 JjL? •   s ,**£rfv «v*     ^ £ù&  t        *
5jpicmïm,ç^,JHx^oon i t
I qlÉÉI appellent H^BB
^^^^^^^Bi    l?avmtagepo{Ii]
1|^^Éé^^| H^^p^ um jgpfnde
td41eurs
1
ï
É
i
1
la ilte
nez m
iltessÊ _-_^;^3 HE
vëcsyeux de nacre J^c^de groflfes 4ent&
^tfi cochons* Puis ilues couvrent fi exab£
tement avec de petites plumeM^rouge^
îp'opt né voit pas là moiildre partie di|î
boi% Ce^a buftes 6c toutes i leurs parties
font dHteie gi^fîeu^monftrueufe^A quefe
tjues^jngàls mettent dés cj§|ye§k par dei^
riere Utls  e%coiflfenl^d'autreà^avec dès
bonnets Je 1& même matière ôcgpouverts
aufliyde primes itmais Me Eplufiemrs cou^
leurs bieil^uaneées ^6c cel%reffèmblé
beaucoup^aU^Jcafqué à Ja J^aijgânei^ils
'^PjM^ppo'rtè^nt pœfiéurff.d^ ces buftes
àféchangeiy & not&eiyprîmes quelques^
,lins pour leJ^jippdrt^An AngJ^terri^X^
habitans de (^v^i^firenl^Mn^w^
ie^fconneurs dpi'appthéofe I leuiyfaçon %
c'eft-à^ré|L qu'ils lui confaçrerant aufïi
^M^i^^^q^HQls donneçëiiifon nom k
^^mouti^o té Toiiti ^mP^ÊÊ^w^0^ <&?&,
^i/lfU 0E#Uti k Cook 2Â ). Il étçotfait ^gt
|£omme Jes autre vUà l'exception <Q$œ
^^^jivoieii^^mp^^ que |deS plûmejj^
blanches i fans doiit^y^aufe^ue ^§J||fe
p:opé e^yn ' o nfcpas l^êÉïjteoul^
ufe*;   Juetrokfort^
/ m bong^Wihll^
 1HJW	
M^fep  que p
ppt att||céiiit|fe
K^ÏQ«^^nclare|f^?
liante l^nbn^elecîw^
iÉeiwfm^é * $N P ■
oient une
Htfp£     fïll- mk
Hèrs|ce#occafions, Je^c^paroîflq^
Épien8|avec cé| manteau rouge^c'^a
boi^iet^de même quelles Ehris^gfce qui
^aro^prouve| que î^g^eiieftaréfervé
ÇgCTpWnf ^ifteaïfÉî^i^
briquéspl'intérieur éft une nat^^j^r^
chées^rès-farM 6^ mêlée^|^^ies^l^
mantdes^
Œ^^W*#' ,i|PBft là ce qui^e fobûque
chevies peuples ^atfrages de plus beau
6c deâplit^ lesli^n^É^ir
c^^ied^fc^Ç^npus en apporta beaucoup
è|bord dont a#^s traitâmes pour les-ap-1
P^p&^y^^^g^^p oifeau^5u^j%jr-»
niffenj; ces plumeJ$|nt ^$ g^nd#jqifl|n-
tité dfflis|itette^le^|ue je n'ei^pt Jamais
Ppoti^
d&fé pu 1 tur e|co u v e^|id[^gpra^^|p^eaux,
d^^iecres, 6c ils nous;- direi^^Ngpf^
cadavres étoient dépôts defïbus ; au relie
n#s ne l^aes témoins d'auc^n^^^^çj
If? W'i   !Bê. SSSê^
4
1 Ê^^tre^x^
PPT '■* l|HFn80ÏS •
trésor and e
p s p8«feitèm«*beau #*^^llîiett#e0bu^
ce il ncms|iût|lté impoffible d^faire^tani
<l|^lblni*    Let bijbitans «naplBfiM
auffi|jcetta«na^
déik fic^fuôtout ilSçVen&rvent pour»
poiffon^ç|^
riiWÉ#i^:fo^îé #' ''$£P ,   - #     If %
A^o^^Aépm^e |Piie (W-vva?k££
:.   le 4 févrierj^mmgi
vou^^^ntreprendrwla^chercnede tpu||
te$gte&îles idËeJjet ^chipelk 6c s'iiiftruîre
^le^tous jPbursinoms |g^pretj|fc original*
re^Mais nousmïmes pri? en^rout^ d'une
.   Jitiolen^^
Jolutiontyerdïmfom^ïÈ
qu$ nous obligea deèftvenir à O-vvaihil
Nous y trouvâmes bien du changement
4    àlnotre  égard,    6|^iême a%mt^iotre
départ nous avions déjà remarqué quel*
^sppéc^ntenteineÉt ^ 6c une diminution
IptifcremierK^
i| d'abord témoig^y^Cela pôu^oit s'attrijjr
Jbuer à deiif; cjmïes:ii^|a première ^*que
^^/fs^^oJ^voil^ faié^rrachef 8c débiter
envois à b^e^cMÉe^l^^eichesrquï
fc éjfcienlplantées #u^^i ametiei^^poui^
K nou^évite^^^îne|d'ei^ aile^ouper
■ ■   • mm   f- SRI * SB
I i! I
RRWMj
■
chef
 ■ qtf apref en
^;$fy^t0m
        Hi Hp^éfent §p fix
Nation ^^^^^©rr^Siin
(«artk^maît^s^
»^i^ Iftour doniier aux3|J^>itaiMI 1®
péemie.^ Ito le pren»^pr&lë ^ le peuple
^^^^^^^^^^^^j^e^toe^t^/6t
É$$po§Ê^ i *»d^
to..:%-.rm |o#,:avoit donnée »
j^^^He îii^^ir-lcs- ïli^^s.
Inad, il n'en fidludbas davan-
ir |teiit ôta^^opiiiioii' où  ïf$
^^^iliÉ^pPpi, 8c ea&ême-
qu0sqitp!
ànlpiroie
refaire à
HE
J**'!!»
1.1. .11, IP110115 1HFUP<I
pnreliotre g^; de mizaine,[
nous firent ^pèifieurs larcins. ;
avions des ®|lettrès-exprès
àt  ÉreF • ffir ' eux :> cependant
 pÉcha Quelquefois de? coups à
Î>6udri#> mais f'aqpj^erçevant/.que cela. n#
^ùH^^f^icuri ma|pilspl*en devinrent
hhhhh jpff*
. jar
^pie plusJiardis. Le ^y£ février l^n d'eux
fut l'audace^'enley afeïine grpfl<itenaille
à forger^^ve^laqi^l<tl fauta^ors^u
bord. Nous|ipuspâîme$ cjnq à Jfot&rouf-
fes dans^q^canqé^^inais les autres/au-
IPge^fo^prirent |tans,iine piroguë| 6c il
fut àJterre avantjr queinou^ eufliotis pu
patterndre^ Nous^e pourfùivîmes à terre i
mais riovm filmes enveloppèyfune raulti-
tude dliabitansj qui niïMwra* pe?
#*« qiie le valeur s'échappoit CeBjf
donna lieu^à quelques violences de part 8c
d^aptpef 6t fi Mr* Cook^ qui fe trouvoit
auffi à^n^pourte momentiLne fû&*pa$
forvenj^nous étions p^abîeni en t tous
maflacré& jiDans l%nuit|jnême du £j au
Ml 4 g*|fs nou^ détachèrent de la Difcowe*
0^^€ano^ll*nous l'emmoieœn^ ré-
toi^le^ineilleur que^nous eufliojas.*^Au
pojuit|du joup^ie trogyant de quarf^è je
m'apperçus du#pup, |jk for le champ
Mr&Çook J^§ypt inftruit.^^fifau même
inftant*aj^nax canots remplis de monde
armés de toutes pieces, & fe mit lui*
inême dan^un.^Q|uatre de ces canots
devfâent barrer le port 6c ne laifîèr forti*
aucun infWairéj,avec les deuxvùtSÊA
I
n
jr ftlaffe à boni
■Hn £§19    --lilÉRj    IhH
■ ii iiilMIIPIlif^1^- ^;ép^éuîf|
ai iibffëbieiËfr ééâfflftr il
et |ar^BK_i
|i:pirt tin&eiw pj^BLeur*%oups
É|^pë^^ vou-i
couoa
onfeifla%u#bi^e *à
fce pas fuivre norfîgens /& il s'en défed^
dit effectivement,^UnëViefille/emme s'4k
vança, 6c|étendant ui^morceaulfl'étoffe
entre le Toi 6ç|Mi^ Cùob% luilfignifia de
n#pas pafie^utre 28 ). Mit Co0& -vou~
Jfflwi'achet/le %oi aveéf violence } mais
fl^peup^li^lança quelques petites*pier^
res : à cette attaque le^fcapitaine , qui ji^
que-là «'étoit vu vénére^cç meuridleu
s'émporta^out-à-fait^ 8c lfl< m Ifc-tra^
TOrfllhargt de dragée de foufofil à deuxl.'
pou ps ^ puis il^aifit^ncore lèTO^par la
fhain**A l'inftant ^|n%folair^qui fe trou-
voît derrière %a§ 6c qui^noîtlbnl|>oi-§j
gnard dlNSI^ de ceux fmêmes que Mta?
Cook leur avoit feiwfeire à leui*Caçon*fe
lui plongeaPpaàf* derrière^ dans le c6te-^
4roit, 6c par-devanf dans le cœui&Mr*
Coo^Jomba   mort, *f*k  les gensr|qU^i
avoilf avec lui firent? feu^for le peuple ,
qui fe précipita en Joule for eux, feu
tua qttâta#€c;: en bleM trois. yÊ$\
^MrMf^illiam/dn refta dans fés candis
fimpléffpeftateur dé cette fcene -, fes gens
youloient   débarquer. 8c venir   au fe-*
Itotf ri£xle leurs cam&rades , oit'-venger lft|
TOorip*jcur comou>dor#for lr place %*
f^HÊji
an rr.
fcfces fine
t^'de
tBmEùre
mais il menaça^de *JUe«r de IS^snaî^pl#
©ramier qw fi^U^u. Je trouve ce procéda trèsJlonnant à 6c je n^ fai^^fâpfé-
*<M$ poltronnerie ou mauvaife îrolonté**
lejwbri^r ,^|e ne fourois le croire après
felfo^N^^ fauvage
^m^^^^Mik4^ " lo^fq^ :^^-,.. # ' *«-
pc^Bteffe  équivoque, luette
É» ^eilus^ J?//^rio^ oh»
pi Npf li^a^ lunette $e quiffe paflbi-t
à |ierr^l^for le|phamp tirer à boulet
lin- ttfoulil^ & empêch||ainfi laipou#
liu^fedu refte de no^ ge^yg^ui {^étoient?
jettes %la mertpouf gagner leéfcanots,
& qu&fens cela^euiTertt %is doute auiîi
iaifll Ifcvie. MqLPkilipps Ijjui avoit reçu
zu0té un coup i^nej^^^boi^
00j&*mn folda^bleff4^'oqil|tomber ide
foibkifc* dba|h^ner , ^ oublU^ui-méme
fa pif fibre 6^Te pi écipitsy^o^ leefauver|Jt
cc^^'plera d^umai)it# :,'.
'^jO'équipag^è^
C&rke
fàjB^jlllgp^
£k
V
o
&£ pouf fcanonûer l#trille où le ro?lavoît
f^jpétmeme vfjv mais le capitaine Clerkt
n'y confentit pas, 6c préféra d'aller prendre notre mât qui étoit à terre pour l'achever fur le pont. Les habitant cherchèrent à nous en empêcher, & nous lancèrent des pierres 6c des*javelots ; mais
nous noas fortifiâmes dans leur mdrpy
ou cimetière, qui eft une pla    C£è§élevéet
d'où nous en tuâmes bon Mïmbre *|8c
vinmesgà bout de notre befognejÈt Dans
moins de deu|Éheure^^otr^^âj|ii^ à
bord*! parce que iipus étions allés à |pre
ai$ nombre de 9^ environ.? Débarrafle
de ce|foirrâeffeiitiel Jj^drMClcrke, jeine
fois pas pourquoi^ ne voulut encore pas
tirer vengeance  deif habitans ;    mais il
penfoiilà ^«approcher d'eux pour ra-
voir lencorps de M. £$ok, 6c tâcher idle
raccommoder lesIÉhofes^epIndant nous
a^|k>ns>ru^ les habitans traîner|déj^le
^rp#di| commodot* for la hauteuî% 8c
nouslpréfomâmes'que^ll'un III l'autre
ne iréuftiroit. 'Soute J^^uititts j^firent
de grands^tn^^^on entendoit^oÉtfe.
nueilement des cris le joie, .e .#       'WyE
W Dès lé: matin du 15- Mr » - Ckrke
% iËÉM
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<f^iiyi]î|^ bftrd^ A
peiiiejËtiom^ qu'uai des $E£- *
^%*É^^wous ^^ audacieufemem;
*^sty**É&ë^% %^approcha portant
le çSipeau de Jfar. £00* fiirdune «oreille
fi^anj approcher la Refolution commanda
^^pp^)^^l^l|le i£les ha itanf eq^for-
jtf£|p|f ai S^P^^^I^^^C jgfii||^i%Cla mon*
^|agfl|0| toutes jpcibes s'éfoigncfetjoxa
1|eau#e#^ préj|d\ine
*^t|^
14)^sXaasjto^ttentioîJ^^ canonn&de
>#ont no^^Ê^c^^tgaSp leurs- voifins
gés 4^^N%Ans rlen &i*ffc Alors noua
i^^^es^^^^^ Cleri^^tpé nous ai^
JéguQi|^^E^C|^
^K>U»p^nm|î enfin^ quqiqwavec^n ^eu
j^e ^répugnancç^^ fei% à
^iJli^ ôc.dç Jtuer J^W^^e^[Vlt s\>pf^ofer
I
•   i'-SL t|pvoiï ' i^^i^^^pli^lpÉ^P^M
|^eîqfi^a^^>n le s dif|H^^a»|;
^| s'étoxta^
fëitïf^ue meîitlfe rious'lie
e am4§§|;8c 'noia»toies de
aife. H<||||^^
îpêçhés de fu|£j nous
^duifîfiît^bN^maà
jien^t ^N^fibetté| &
Éce^boi^homm^nous
P nuits dans fa pirogue
«ochons f tout le tems
çdan$ cet endroit. Se-
pus avons appris^, depuis & d
* y eutldanÇ cette occafion deux ou irois
cens lfabitans|d# tués ,   ôcrentr'autres
♦ trente Ekri0%Leri & nous continuions
deremplir noS pieces, lorfque nous vîmes
defcendré dÉla^nontagne undf trentaine
^Ehriâ venant^à nous fur^ine file, 6c
^îiijpMt à la main chacun un rameau Verd.
jfeiÉ^mes figne de ne pas avancer,
nop lei couchâmes en joue y ils fe ca-
■r Sk* «i   m • âshereitt
îejlcânpiï
plbchee
vîm^É
tefcreutfavoient
les prîmes 8c le
■|ikTeç&nnoii1à
"àp#ptaÉon^s
riie^RiâËs 6t d
%ueSbui^|eftâj
Ion ce crf
#
_nt_ w   .   I  flpf
tbetei|||:derri6re le$ rochers. Mij^/iril
wyanç cela du vaifîèau en voy a à terre
ÏAïJÇiitg ^u^civenir trois de ce^infu^
laire^ïls propofoient de fair^Ia^aix^'
6c Mê$JCing les conduifît à bord JpfeM*
Çfefk& leu^prc^aitiquéiles hofti%és|cef-
^^ef*l<^aarv'^M^ ^PPor^ént^e
corp& éjftcommodorj& ce qifils^romi-
tettàmffjfo *#pfof l$^en cfem ainjes trois
|jgjteesi^pp^p^ent u^morc^i^leya
*£*& -*&ÊQW 0*l^ut|?ongés, 8^3fcjnaif*
droite * laquelle «ousy^econndme|^r|a
blélfure quil <avojç|^çH€. au pouce 4ans
nn^hafTe f. lors 4e 11 prife de po^e&pn
de$ jcêtes nouvelles par lui découverte^
Cômnia Ton fait. Ils nous firent entendre
qip ces;pieçes é^igntclès poisons à eux
éclates ^iifeHf^^i^i^^.; 4p^^& <^ ^^^^Éfe^^É^P^
taine Clerke leur fit des préfefas 8c leur
[eBtpï&OMt de plus grands, s'il$ egxappor*
[toient davantage ; un jour après ils rap*
portèrent encore quelques membres dé*
figpés * avec le fufil à deux coups qu'ils
avoient entièrement applati f:. & nous ap-
[ prirent qu'ils avoien traiïëmblé cela parmi
leur parenté. Nous vîmes bieiiqu'ifeferoit
impoflible^ie ravoicjle corps entiei oi*
*w
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m ?«â>b#îe»eî^^^»#ftf:^» «2gÇ-.
ftf^l^iâi*tg ^à0târ effif iÉP^^^P^1 '"
:taillp^^^iW^|^g9"
_KTo<M«At«K eKHiv^m^ Hiiv^dîK-etfté
é$ jiÊÊiÊÊÊéx - 4Éue » moniore
npofte ffipv H1^ JÇ_
v ''^BitiaiiTi^ iifltiHil tî ÉËËilÉïËii
mit ilïinrÉU^ entiell^|ar ■ÊfkA
Jamais âUciin d'eux n'a eu le fronfjpde
lui réfiften|Il paflbit quelquefois tout le
tems des repas fafts dire un mot à fès o£
^c*m li^ en général 11 étoit peu com-
municatif Dans des chofes raifonnables ,
Il prenoit plutôt le parti des inférieurs
queues officiers, 6c par fois il étoit très-
familier avec les gens de Féquipageà En
certaines occafions il iïous a|tenu de
trés-beaux^|Iifcours , $Éje me fou viens
tntr'autres qu'à Nihau s ii nous fit fend**
d'une panière très - touchante combien
nous aurions eu tort d'infe&er ces nationg
innocentes! des ipialadies impures donc
nous pouvions être atteints* J& jk S ;
jamais il ne parloit de religion | nef
fe«ii^i# fouitir :aucun prêtre furffba
bord ^8c«||rès-rarement  obfer voit-tfIle
dimanche jitnais il étoit d'ime probité 8e
^n^^kuma^ae dans tous fes pfif;
cédéi|8c j armais il n e jurait | roê m e d anÉJg
plus grande colère |o). U aimoit beaw|pup
la|proprét^| 6ç§tout Féquipage étoit
©bligé de foivre fon exemple} chaque di*
«anche fur-tout ifpatlok nécessairement
que tout le monde changeât de#êtemen?k
£a tempérance étgit i fes irâKi une vertif f«
^ntieile$W'^^f^ÊÊÊÊÊ  -
faii$ave#lM# jaajap»«ft#4««    .
de ii^:JJ^ir;|i^P«W|^^S
leurs étions de "^artde^»^:-^^»
îourt^p^P^ÉR^11^^^! •
laird' que quel#*im fV^^^m,
■:#y;fôt hors d'état de rfia|»^»Pf
Stops, l^^niNlPHo^^lf^^^
%^^ca^.e plus a^efcl^J^S6**' *
|gyb«i«w^o^, av|c u^piorfJa^W
vlfeliàlée & qJ§Èpies Mgmàe^e forai
qui rfayoit janiaii pftw de 4eux ou troie
pfetsA^manche au foir ifgiHfgS
coBSMrfHNrjpitttà ^/^ d5
fce^xepfe on n'eût a fon «jpfg
le plus lég^foupçou /"^BgflfSïS
at^c le^feioui»^ & dam K&*Sle*f*CJ-
;fifedorina : à - Fâttr^t$a #t*'»: j|^£
''%Nb$k&& &^i^nent l%t%ard. m*
W ft^^^PgtfSté% C^lan^eaf fcc*
;,*ons^>il^*#^^i^fïf P*£
pgagéol'les cl|pfes entre%i|mateiots ||
IU rot
les officierai par égales portions 8c fànspj
^fiinâioas*   r  %*^|.      ^:-- '  ^^ÉL*
:   jÇ'eft Fintrépidit^ qui faifbit le fond
||le fop cara&ere^ur les côtes inconnues
##e$Amérique, il cingloit à pleines voile^
ly^lélnuits les plus nébuleufesè 8c dorJl
||poift|là-deiîus le plus tranquillement du
| monde»jBouve.ut^ au contraire , lorfque
totitele pto^de étoit dans une fécurité
parfaite* il ;montoit for le pont, chan*
geoit la.manœuvre , affuroit que nous
| étions pç% de terre , 8c on auroit cru
m volontiers qifil avo%u^géni^| familier
qui lui annonçoit le danger. Je puis^dtft
moins eafiurer avoir été témoin plufieurs
fois dé cas femblables Mpù lui feul , Ècon^
tre toute apparence ^préfumoit le voifk
nage des terres||pc où fes préfbmptions
étoient • toujours juftifiées. Je  neàcrois
pas qu^FAngleterre ait &%#n plus brave
officiey que M. C$f|* Jamais il n*é toit
plus gai, plus fereîa, plus réfolir, que
dans Finftant du plus grand danger, 8c
alors fa principale attentioi étoit de maia|
r   $eniç-~|a paix 6c la préfenoë d'efpritj 8c
|à de prévenir toute confufion fur fon bord^
àjguoi il réuffifloi^f bien, qu'o^iiiîG|ire* "ment tout le monde moït lesfyeux for
lui* Il^fembloit né pour traiter avec les
nations fauvages j avec elles on le voyoit
plus content que par-tout ailleurs** Il let
aimoit, entendoit le langage de plufieurs
infolaires , 8c avoit un talent particulier
pour les gagner; C'eft ce qui liqgfettiroit
de leur part un refoeflk fingulier f 8c qui
alloili quelquefois jufqu'à le mettre au
nombre de $eurs divinités : maiffàuflï |
accoutumé qu'il étoit à cette vénération,
quand il la voyoit décliner^ ou lorfqu'il
venoit k efîiiyer d'eiix quelque moquerie i
il boiâllonnoit de colère, 6c fe vengeoit
fans modération || quoique jamais il n9en
ait-fait mourir aucun pour cet fujet. Il
fofceit fur-tout fe faire entendre à eux par
fos geftes} e'étoit le finit de la grande
habitude qu'il avoit de les fréquenter, 6c
cela feul les lui attachoit finguliérement*
D'ailleurs, il n*épargnoit rien pour leur
fmre plaifir j préfens | détails 0c repréfen-
tations de nos mœurs, de nos diverttfle-
tnens, de notre ta&ique en Europe ,|6cc.
il cherche!t tous les moyens pofïibles de
les amufer #c de gagner leur amitié, f
Uaaatre point for lequel on ne peut **»
trop le louer , c'eft la police intérieure
d'm? équipage , for-tout en ce qui regard^
lapante. Il regardait la pareffe comme
la plus mortelle ennemie de celle-ci, 8c
en confequence il cherchoit à occuper
continuellement fon monde, jufque là
même qi|e quand il afy avoit rien préci-
fément de bien nécefïaire , il faifoit dé*
faire quelque chofe pour le refaire mieux,
ou travailler à des manœuvres, afin qu'on
ne fût jamais fan? travail Ii faifoit toujours foire les chofes d'avance, 8c chacuqt
dans fa profeflïon étoit obligé d'avoir une
certaine quantité d'&uvrage prêt. Aufïï
eft-ce à ççtte perpétuelle activité , jointe
à la tempérance, que j'attribue particulièrement la fonte confiante de fes équipages. Une fois chaque fojfppe 7 il fa|-
loit nettoyer entièrement*le vaiffeau & Je
fome||en brûlant de la poudreg tous îçs
jours , excepté dans le .mauvais tems , il
falloit porter fur le pont tous les banals,
& on ne lès rentroit qu'au coucher dji
ibleiL Souvent il nous avertifïbit de ne
pas manger beaucoup de viandes, 8c il
étoit toujours prêt à faire diftribuer de
la farine au lieu de Viandes pour apprêter
■T      f '    G4     T If!
i
1<^/ atrtres metsU Tlois fois ]par femainé
e^donnoit du /aod^raou^^que^hs An-
gloîs aimentÉ>eaucoup^depuis qu'ilsffent
appris deif Allemands^ manière ^defcie
préparer^ 8c deiik foièd'uneljfoupe foite
avec de la gelée de viande 8ffdéÉ pois*!*
Dès Igjie .nous abordions uni?Pîfe;:j;il
faifoit partir■ for ; l^champ*<$p monde
pour iamaffe#llel^h#bages, qufïe jnnan-
geoienfldans la^bupé^Ç'il n^feÉ£rbu-
voi^piointl1 on jettôjj|le filetSPpour avoir
dlgpoiflbn frais 8tf «attgerid'autan t moins
d0fviande$ L'occafion fe préfentoijlelle
Wacbeter des viftuailles fraîches V^l ^Jy
naanquoit jamais ^etimnÊmot^ illportoit
fifîoinèl'attention^r toutes ces fages
précautions J;8c elles lui réufîireitf fi bien,
queP^mais il ne fe déclara for fon bord la
moindre tracecfe foorbut 31). Sur les c^tes
^e ^Amérique 8c dans la Nouvc/ÉÈœJp*-
lande nou&fiïAes de la bière en coupant les
'fommités de certains arbrifïeaux pour les
^iifc^ans d^l'eau |*for un demi muid de
laquelle nous jettion#un pot d'une liqueur
drèet§00nalt ou dréch20kvee cinqlfeu fix
^^ci^^igicr^Cela faifoit une boifîbn
frés-agréable & très-feinef que nous près y
I" Éonsi la place de branéarfn, & quoï-f
||ue plufieurs accufaflent M. Cook d'avoir
* en Cela quelque vue d'intérêt ,% crois,
pour moi, que cette bière a beaucoup
contribué É entretenir la bonne fan té fi»
no| bords. Dès qu'un homme tomboit
malade, il en défignoit un autre pour
avbir foin de lui ; il s'informmt exa&e-
|   npnt dé l'état de tous les malades , ne
fèufitok pas que les médecins négligeai
fent rien , 8c rempliObit en un mot tous
leg Jevoirs d'un bon père. Si on pou voit
avoir quelque chofe deprais J^X l& &à«
foit réferver fur.tout pour les malades §il
leur faifoit donner tous les jours de ceite
foupe de g^iée2dont j'ai^parlé, aufïi bien
que du vin 8c§riu thé, deux chofes qu'il
n'a voit que pour ce fèul mfàgte Nos^né-
decins 6c nos chirurgiens étoient de très-
, habiles gens, 8c je dois leur rendre témoignage qu'ils ont guéri 6c rétabli par-
, fakement en huit femaines deux hommes,
Woo la field 8c ffîàckèr, Fun d'une rupture
, du bras 6c Fâu we de la jambe,cure qui en
.mer eft une chofë très^remar<pable.      ^
f   Le plus bel éloge de Ma Cook , c'eft
ie deuil général que fa mort jetta dajis
f'H lés équipages. Sur les deux bbrds, c'était
i        tm filence morne $ un abbattement, une
m     coofternatioiî , qui prouvoit bien que
chacun croyait avoir perdu un père ; 8c
ds%refte la r el a tioîljtnêm e*quç je donne
id^fentune preuve que cet événement
ilf     fonefie fiî^ perdre  tout courage > toute
refolution jptout efprifc de r e cherch e. Le
Jou& quep'on enfeveli#dans la mer Igs
F triftes reftes que nous avions pu obtenir
I de notre commodore, il n'y eut perfbn-
I Be à qpi de cruels fouvenirs né fiffent
il verfer des larmes^ maisi|'oferaifedire en*
éoreune chofe : c *eft que fi le fort eût
voulu que fout autre officier eût perdu
la vie dans une pareille occafion, on au-
I 11 fmt Jbién vu comment ce digne  com^
i mandant eût  fo venger la: " mort  d'un
| brave Européen j 2 )w   :    -4r :,    â *w
If*       '   Malgré la méûntelHgence que ces évé-
I || neinens avoientfjette entre nous 8c les
infiilaires , nous ne fûmes pas moins
^trifités toutes les nuits^par les femmes!
qui venoientfCoucher à bord jT feulement
en moindre quantité qu'auparavant, où
- le plus fouvent il y en avoit beaucoup
qui étoient obligées de retourner à terre fans trouver de coucheur. La défenfe de
fréquenter ces belles, faite ci-devant dès
filtre premiere vifite à l'île de Nihau ,
n'avoitfpas été, fi Fon veut, levée ex*
prefféroent ; mais comme des rechercher
faites à deffein nous a voient appris que
dès avant notre arrivée ce peuple avoit
déjà été infe&é du mal vénérien , on fer-
moi t les yeux force commerce galant 3 3 )*
Enfin le 22 février, après que le capitaine Clerke eut monté la Refolution en
qualité de commodore , 8c cédé le com*
mandement de la Difcovvery à M. G0M4
nom prîmes congé de l'île d'O-vvaihifj^M
M. Chrke vouloit bien foivre le plais
de M. Cook ,t& continuer la recherche
de tout cet archipel j il prit même terre
dans une île Jamais le peuple s'y étant
affemblé auffi-tôt en foule| 8c le commodore s'en méfiant, nous remîmes à la
voile, prenant notre route par Nihau
6c Yîle des Yams, où nous étions déjà
connus. Nous| y Séjournâmes depuis le
2 8 févrierf jufqu'au 14 mars , pendant
laquel tems nous ftme s diverfes provifions*
Les habitans nous apprirent que les deux
chèvres dont Ml Cook avoit foit préfent
I *M
L    #    tu roi de Y île'des Yams * Relent été le
[■; fojet d'une guerre entre les deux,îles., où?
I L le roi de Nihau avoit perdu la vie 8c les
t : deux pauvres bêtes avôient été mifes en
I %        ^pieces 34 )• De-là, comme M* Clerke avoit
i deffeùi de chercher plus exactement s'il
S# '" '      n'y avoit point de paffagejde ces• côtés*
JJ & là, 6c d'ailleurs penfoit que la faifbn fe-
roit plus favorable cette année pour srap-
procher du pôle arâique , nous einglâm^t
vers les côtes d'Afie. Le 2 7 avril nous
les découvrîmes par le 50e* degré de latitude ; tout étoit encore couvert de neige , & le froid y étoit très-vif. Le pre*
finer mai nous abordâmes au Kamtfchatka,
*       -$| nous mouillâmes dans le port de St.
Pierre & de St£Paul9 encore à moitié
rempli- de glace. M&King, liejiteiiant,
avec dix hotnmes f s'avança for la glace
à travers un épais brouillard, jufqu'à une
demi-lieue , 8c il eut le bonheur de rencontrer une efpece   de redoute .où le
trouvoit une garde Ruffe, qui fe montra
fort forprife de cette apparition. Not/e
officier n'entendant point le ruffe leur
fit des fignes de paix, 8c obtint que Fon
fît partir un traîneau attelé de chiens pour donner ayis au  gouverneur, M;
Boàm Wm Farrivéefderdéux bâtiment
étrangers. Ce digne j homme à Finftant
nous envoya deux de fes gens > dont
*Èun étoit Pruffîen & l'autre Ruffe, mais
3ié de parens Allemands, avec un marchand Ruffe, 6c une lettré en allemand ,
par laquelle il nous témoignoît le plaifir
que lui faifoit notre arrivée, 6c nous bf-
froit tous les fervices qui pou voient dépendre de lui! Je ne faurois exprimer le
plaifir que nous reffentîmes aufïi bien que
les deux hommes f du gouverneur , en
nous trouvant compatriotes j 6c comme
à la feule phyfionomié de l'un d'eux , je
Favois fork champ jugé Allemand J|8c
que depuis dix-fept ans il n'avoit vu personne de ce pays-là , fa joie 6c la mienne
en particulier fut au-defius de toute defcription. ':    •      f. '-&y'
j      Le capitaine Gore avec MMWtbber^
deflinateur de notre bord, qui entendoit
bien l'allemand, partirent fur le champ
en traîneau pour fe rendre auprès du gouverneur , à Balgaïa-rteka ,  8c au bout
de neuf jours ils vinrent apprendre à Ml
Clerke qu'il pou voit fe préparer à le re*
t
7 ceyok* Il v»$ effc&ivement à bord, & fof
Mm de ai coups de canon ; le premier
§W%il fot traité for la Réfoludon^ le
Hcond for la Di/bovvery * jk à fon départ pn tira encore if i coups de : canon s
mm9mp^mé& de trois acclamations de
Moutra^m^$ous rendit en effet tous les
^^€ts:'p^ffibksf' & entr^upes nous fit
jpÉlg de | a- bœufs gras de fes propres
pux , qui nous feentÉnn très-grand
plaiSfe eEn ■ un mot 9 il nous traita avec
tmelaaœitili.particuliere , Ôignous lut du
giu$ grand fecours dans tes fôçheufes cir-
conftanccs où nous nous- tr^p%4ons. pour
lors .; nous lui devons la plus grandi recon-
jnoifîànc^^l avoit envoyé des marchands,
avejj§lefquels, nous traitâmes pour dm
fîiâ»me;df çaftors & de libeliiiei , qu'ils
échangent|||bon mardié for le^l^tes
feptentrionaîes de FAmérique|Enfin pendant notrci^jour M* Bohm fut rappelle f
* »^m**> p» m ?« *■
inftances pe la motlldu capitaine Cae^fe
qu'ipéca portaÈà PétersbourÉ^K^emmel^
l'impératrice de Ruffief & M eut la bonté
dm mMW promettre l|u'^ferok  paffer «cotre rapport en Angleterre. À la fin
de mai, quelque tems après fon départ,
nous pourfuivîmes notreèroute  vers le
nord, le long des côtes de FAfie. §1 nft
e--4Vers la mi-juin , nous fatteignîmes
le 71e. degré de latitude, 8c nous y rencontrâmes encore pli» de glaces que la
.premiere fois* Nous y tuâmes, comme
l'année précédente, fur les i|gx côtes op-
pofées , nombre de chevau#marins , de
vaches marines, 8c quelques ours marins,
dont nous tirâmes beaucoup d'huile. Nous
§§P3Sw&mes à droite 8c à gauche, 6c quanti
tiious trouvions quelque ouverture , nous
Térabouquions' courageufement. Mai#il
•nous fut impollible de -paffer le 71 *. de-
WêF& > *a Difc0 wèty s'étant trouvée lé t*.
août tout-à-fait renfermée dans les glaces.
pilous reliâmes douze heures fans mouve-
liment, après quoi k Refolution trouva
moyen de s'en tirer heureufement -, puis il
s'éleva un vent de fud-oueft qui divifa la
lace, 8c nous ouvrit un chemin pour la
uifvre : mais ce ne fiit pas fans avoir reçu
beaucoup de dommage, teUetoenttque
f nous fûmes obligés-de-pomper1-jour et
nuit, jufqu'à la mi-feptembre #que nous
«I
I
il
Jft» fmuè   retrouvâmes   ait j port - du   Kam*
*        . tfihû^ka, (k mp &*p-, h -e ïA .
Trois-î©urs avant notre ^arrivée f mm
.  s    maladie 4éconfomption nou^avok «ïie*|
vé M. CJnrke$<;que( nous: enterrâmes dans S
. le lieu même fixé par le-Fop& pour bâtir
jùnefiéglifo • 15 }. Aàifî M^ Gore for re*
: connu en qualité de commodore for |a
, RéJfeJktêoj^M M* King pmr capitaiab
IpPC la:Mi^m^very* Nous prîmes au Kamtchatka les cables 8c< les voileriez que
M* Bohmî avcrit commandés pour nous
avant fon départ, 8c dont nous avions
grand béfoin. • i  6c fo»fuccefleur nous
donna encore dix-fepfc bœufs gras;* Kî
travaiîkat au radoùbement de la Difea-
vvery , nous trouvâmes fous le bouge une
; planche de 5 pieds de long fur deux de
.large , tellement détachée^. «que le charpentier l'enfonça dfunecoup;.de poing:;
ainfi ce lut visiblement la pro vktenée?
11 divine qui nous conferva tout Isrïpngjde .
il ..ce vpyagé* Ma, ^M^ ■-'     .e.:ep;
j!  , Lorfque nous voulûmes remettre à &
J i voile j les vents contraires nous forcèrent
1 de féjourner dans une baie, d'où nous
^îmes tout à coup trois volcans % m la     *:|
%  . î "*   aftancoJX' îiftance d?environ vingfdeux milles 0^
glqis , commencer à jetter des flammesîl
6c avec plus de violence qp'à l'ordinale,
felon le rapport des habitans. Une pluye
de petits HCaUloux , de la forme 8ckie ta
groffeur d'une fève ,|vint; tomber fur If
pont avec une telle abondance que personne n'y put refter.    Le ciel en étoit
obfçurci, 8c du-foin de cette jfefwrîté
on voyoit fbrtir des éclairs terribles ; l'eu*-
plofion dura dix heures ; après quoi le vent
ayant changé nous quittâmes la place.     *
? A, la mi-o&obre nous reprîmes tout
de bon la route di Angleterre:i  en gouvernant vers   les Indes orientales pour
gagner de4à le cap de Bo^ne-Efpérance,
felon les obfervations que Mr,   Clerke
avoit laiffées par écrit. Nous longeâmes
la côte méridionale du Japon ,  en che^
chanta nous approcher des jonques^»
ponoifes qui s'étoienf avancées 3.8c à nîp&is
îier|avec les habitaiss j* mais dès|qif|ls
s*en^K>perçurent, ils regagnèrent lejj*
vage&De-là nous gouvernâmes versjes
Ilotes de la Chine. Dès auparavant Mr,
k Uore^oixlut chercher les île£ ^affesj* ap^
pellées^ç Truer, pour voir* les Efpa-
^ : -      ^ • i h - - - m
,(-■- 3P4 1
ÉNPI» avoient Honné juftil§oftiofl.
§oûs y fômës fouflls dàiis «ne nmt très^
éragëufe entre minait 8t une heure, SE
nos deux vaîffeitfs faillirent à être inib
;en pieces : nous notts ' tirâmes ffltfanger
déveines eittraottlinaiw»^» lehad&aim
la boni ifque étant tombée » irions % w
tournât 1s#§t nous trouvâmes que les
^Çpaknols s'étoient trompés   ^le trois
[-%'% Chirie, nous abordâmes! Mr-
âlé'^ 'e'e &£ là que nous reçûmes îa
premiere no#elle«e « gtiriw W«miè
fetre^rance UrÀnglet#wMif%oïé
dit à ïà vérité que la cour IfcmFrance
ï^oitlU^ÉÉffles ordres ffottr nëus garantir v mais ne nous f fiant pas trop, nmtt
échangeâmes «ne ahcrè^iptrej^îanolw
ivec un dgutaine Pottu^^^ftroJ.
^||ffi^,àio^é.^|WWno«^mef des
garde-corps fur les deux battis avec de
vieux cordages,    & nous nous, tînmes
frets â tout hafatd.   Dans mie etitjtt-
[te | ïl arriva à Mac4o deux petits Widens Efpagnols venant de Manille, très-
marges dïrgeilfl^ais a^ânt Efdwl i lit
eu avli de nôtre fïrefèàaé^ ife fe tittrëHt
quatie jours hors du port ,"& à la fia
fis y entrëf ent de nuit & aHërènt fè inetttè
folié le canon dé là placé Ç*Yoà ihpfci*
rent à téire toute leiit e*flgai&rt d'èf]>eees j
éonfiftant en ^ friilliohs depiaftres, com;
me nous l'apprîmes. Nous fûmes choqués
de ée procédé j riiali rtoiis n£ jSbiivions
pas enéore en deviner la eàtli
Les Chinois ne voulurent pômt noué
fourMr de vi&uailles fraîches; mais not#
en eûmes cependant^ abondance j|p#
lefmoyen d'un a.utr«% capitaines Pôrtu*
gms y lriandois de nation |. qui s'eiil foi*
foii%k>nnef tous les jofcrs trdis fois pluà
qu'il ne lui en falloit j 6t netff en faîifôil
part. Celi oblige* Mr. /7^ dé profiter
du dépfart étuii bâtiitténÉ Portugais ^ potïf
fe rendre à Konton , 6é| obtenir deâ mari-
darifrà ttrt ordre exprès dé iScntf fournir
les vivres dont nous afuriààs bèfom. Puis
continuant ftotre voyagé *f ndus paHfïliffês
|>ar lé dêif oit dé là Sonde, & nous p&i*
IkMëi devant Batavia à deux |Ébtës Hol-
iiflddïs que iious rencontrait , 8c qui
p6us apjpfrirenft que FEfpagne étoit aufïi
H 2
#
■ Ik-
ti6
m Impliquée dans laguerre , qu'elle ne nous
avoit point garantis , mais qu'il étoit for
: que- k France f avoit foit.    Ce fot alors
|[ que nous comprîmes- enfin ce que figni*
• fioît-ïe procédé des deux vaifleaux.;Ê^%
a gnols" qui nous  avoit   tant  choqués   §
y ', - $facaq* :> . J|; •" '  ^     i; ;     ^    ■•
|J * ' . Au "cap de Bonne - Efpérance nous
K '..w fîmes déf pro vifions fraîches,, 6c de-là|
K pppr éviter tout accident % -nous prîmes
|î ,     la route d?Ecoffepour rentrer chinons-;
| - • fe a 2 aotk de l'année précédente^£.1779^
m »ou$e abordâmes;, dans Fune des fles,'©r*l
j ! ''     .       eade^L oCïfeus fûmes pris des writs con-
I Ife" trairesJl   de fortejfque ce ne fut qu'à la
j fin de foptembre que. nous arrivâmes à1
- j o Deptford ,Joù nous terminâmes enfin uni
ti ï°ya'ge û pénible qui avoit duré près de
SI* ^ǧtt£$ ***$ & dem^■ i     Jk - ||     . "   •?
|||/ En comptant le capitaine Clerke^ il
eft mort fur la Refolution . de mort naturelle^ fixfhommes feulement|gpk for
la I)ifcovvery il n'eft mort perfonne. Du
premier équipage , il y eut à 0~vva*â£,
outre 1§ capitaine Capl, quatre hommes
de tués}   dtt fécond, dépende gojés.» I1 j
comme je l'ai dit ,   & un quî fut je tté
dans une tempête contre un mât. C'eft
en tout quatorze hommes de Iperdus ,
& dans tout le voyage jamais il n'a
régné fur nos norâs de maladie épidé-
mique; : ^   _     ■   . .£■    , ;>g
KWS-''"i'i ■JfSSfr*»=
aMré g é
DE   LA   VIE
DU   CAPITAINE  COOK.
=S3
X L eft fons doute peu de perfonnes qui
ne connoiffent ce célèbre marin , ne fût-
ce que par les gazettes , & Fon ne peut
connoître un homme aufïi intéreflànt ,
fans prendre part à la cataftrophe qui
termina fa carrière d'une manière ii déplorable. Quel lefteur ne l'a pas fuivi
avec plaifir dans les deux hémifpheres ?
jk en voyant fo confiance inébranlable
dans les entreprifes les plus périlleufès ,
fon intrépidité dans les inftans les plus
terribles , fes lumières dans toutes les
parties néceffaires pour les découvertes
de ce genre, fo profonde connoiflance
8c du monde & des hommes , qui a pu
fe défendre d'une jufte admiration ? qui
peut enfin n'être pas touché de fa mort
^tragique ? ug
Un homme qui a attiré fur lui les
yeux de toutes les nations , mérite bien
qu'on le leur fofTe connoître plus particulièrement j car ce n'eft point affez pour
cela, ni à beaucoup près, que d'avoir
lu fes voyages autour du monde. Ce
font à la vérité ces courfes hardies qui
ont étendu fa réputation ; mais ii la méritait déjà auparavant. J Voici donc un
détail fidèle de tout ce que Fon fait for
le compte de cet hornme extraordinaire ;
nous ne parlerons point de fes grandes
qualités avec une emphafe dont elles
n'ont pas befoin , & nous ne nous tourmenterons point pour couvrir fes défauts
par des excufes forcées. Quant à ce qui
mérite le nom de Vice , aucune perfonne
qui l'ait connu ou perfbnnellement ou
par fes relations, n'a témoigné d'en,
avoir vu en lui quelque trace.
Nous donnons pour garans de l'authenticité de tout ce que nous allons
rapporter, Mr. Lichtenberg, céleBrepro-
feffeur à Gœttingue, & Mr- Forfter ,
aufti profeffeur à Caffel , qui a été du
fécond voyage , & par conféquent témoin oculaire d'une partie des actions du
l H 4
I ixe
capitaine Cook. Nous y ajoutons deux
matelots allemands qui Font fuivi dans
fon troifieme voyage , & qui| viennent
de^rentrer dans leur patrie (en 1781).
Ils ont mis Mr. Forfier en état tie donner une relation affez étendue de cette
troifieme courfe ,8c cette relation fe
trouve trop liée avec la vie de' notre
héros a( qui peut refufor ce nom à font
cœur 8c à fes travaux?) pour que nous
n'ayons pas dû en faire ufage , for-tout
pour les circonftances de fa mort. L'un
le nomme Henri Zimmermann, natif de
Spire i 8c l'autre Barthetemi Lohmann , de
Caffel i on fe figure aifément quel plaifir
eut Mr. Forfier del$*entretenir avec eux
for un voyage dans des lieux dont il
avoit vu | lui-même une grande partie :
or c'eft le réfoltat de ces entretiens qui
nous fournit une bonne partie de cet
abrégé. " ;>: :*.        fe;-'-
|S Mai% avant que de parler def Mr.
Cook y nos le&eurs nous permettront bien
de dire un mot en général for fon dernier voyage. Ce n'eft pas feulement par
la mort de ce grand navigateur qu'il fera
célèbre ; mais le pea que Fon en a connu I
II*
par le canal de Mr. le profeffeur Pallas
à Pétersbourg , 6c de Mr. le confeiller
Bufching à Berlin, ne nous laiffe pas lieu
de douter qu'il n'offre des chofes.bien
plus importantes que les précédens, &
le rapport des deux matelots que j'ai
nommés , nous confirme pleinement dans
cette idée. On doit y trouver des notions
exaftes for la pofition des côtes occidentales de l'Amérique, 8c fur le paffage
tant cherché , tant defiré, aux Indes orientales par un détroit entre FAfie 8c l'Ame-
rique. La longue durée de ces dernières
courfos 6c le vafte circuit qu'elles ont
embraifé , en s'étendant également des
deux côtés de l'équateur prefque jufque
fous Fun 6c l'autre pole , nous promettent des fcenes toutes nouvelles , 8c fur-
tout de nouvelles îles , de nouveaux peuples , de nouveaux ufages civils 8c reli- Iftl
gieux. Le célèbre Mr. Banks y avoit
envoyé à fes frais le do&eur Nelfon pour
lui foire une colle&ion d'hiftoire naturelle j ce favant étoit accompagné de Mr. .
Webber, habile artifte Suiflfe , pour de£
finer les fîtes , les payfages, 8cc. Mr.
Faftronome Bailey, aidé du favant capU
iii 1th
1
taint King, a déterminé avec toute
Fexaétitude poffible la pofition des îles,
des ports, des côtes, 8cc. En un mot,
on n'a rien oublié dans cette occafion
favorable , de ce qui pouvoit contribuer
k la perfe&ion des fciences 6c des arts.
James Cook ( Jaques Couk ) naquit
en 17*8 dans le comté d.Yorck. Son
père étoit un (impie laboureur tenant
quelques fermes à bail d'un foigneur, 8c
qui avoit plufieurs autres enfans dont il
ne refte plus qu'une fœurf mariée de
même à un fermier. Le jeune Cook ,
comme l'on voit , n'étoit pf s deftiné à
recevoir une éducation brUlantç -, aufïi
fot-il envoyé tout bonnement à l'école
du village, où il apprit un peu à lire,
écrire , chiffrer , 8c par-deffus tout cela,
le catéchifme. Quand ii eut atteint Fâge
dffitreize ans , fon père le donna à un
patron de Whitby , qui voityroit de la
houille de Nevvcafile à Londres, pour un
apprentiffage de fept ans, lefquels fe
pafferent fans qu'il y eût rien de particulier , 6c après lefquels le jeune apprentif
fervit encore quelque temps dans la même
partie comme matelot.    Enfin il arriva Ifc—mmmmmmmmmm 1\\
dans un de ces voyages que le bâtiment
for lequel il forvoit fut vendu , 8c pour
retourner à Nevykafile , il offfit fes fer-*
vices alun autre patron pour fo feule
nourriture ; mais celui-ci n'ayant pas befoul de matelot, lui propofa l'emploi de
cuifinier for fon bord, s'il pouvoit le
remplir. Cook l'accepta , 8c une fois dans
fo vie eut à double titre le nom qu'H
portoit , c'eft-à-dire , par fo naiflancet
6c par fo place 36). peu de tems après ii f%
trouvât employé for un autre bâtiment $%
qualité de contremaître , 8c cç fot dan%
cet emploi que fes talens commencèrent
à fe déployer. Ce dont mille auçres ne f%
doutent même pas dans de femblables
petits voyagesv, ; 6c ce que Ceak fenû\
d'abord, c'eft que fans connoiflànces ma«*
thématiques on ne peut jamais être qu'une
pauvre pilote. Or c'étoit un des principaux trsûts de fon cara&ere , de ne
jamais fo défifter d'un projet qu'il s'étoit
une fois mis dans la tête , 8c il commença
d'en donner des preuves à cette ocçafion.
Tout Forgent que fon père lui donnoit |
tout ce|qu'il en avoit pu épargner ju£
que-là ,  il le confacra en entier pour
1
1
li prendre des leçons de mathématiques & J
d%>ilotage. Après s'être pfocuré ces uriJgj
les «onnoiflances , il trouva que les voyaf|
ges de houille 6c le cabotage des côtes
étoient quelque chofe de fort monotone ;
îl|réfblut gdonc de fortir de ce cercle
étroit ,f 8c fit un voyage dans la mer des
Indes , un autre SffîPetersbourg 6c à Wi%
bourg |f ira autre en Norwcge.    Ce fut
dans une de ces campagnes qu'il obferva
uàe grande quantité droifoaux qui dans
une tempête s'abattirent for les cordages
du vaifîeau , & dont les plus gros ,* ef-
peces de faucons , commencèrent quelques join's après à manger les plus petits.
ÉHBientôt la guerre fo déclara entre la
France 6c l'Angleterre, 6c les bons marins fo virent très-recherchés y car dans
la marine^Angloife aucun officier au-def-
fousfilu rang de lieutenant ne tire de
folde en- tems de paix. Atnfi dès qu'il eft
queftion de guerre , on cherche de preference des gens que l'on puiffe employer
Hftn qualité de maîtres , de contre-maîtres,
8cc. c'eft-à-dire, qui aient déjà bccupé
ces emplois for des vaifleaux de guerre,
ou du moins fur des vaifleaux marchands.
ilLà mmssmm*=* 115
Cook fut foit contre-maître 8t fervit à la
prife de  Louisbourg 8c du cap Bretor^
Quoiqu'il ne fût pas encorç là fur la
route qui mena aux grandes places * au
moins fon mérite trouva?t-il de meilleur*
obfervateurs , 8c on ne tarda pas à s'ap-
percevoir que fes connoiffances  étpient
fort au-deffus de celles   de.fes pareils.
Aufïi employ oit-il tout fon loifir à lféU]|fJ§
8c à la le&ure, des meilleurs ouvrage^
for la navigation ,    même de ceux .qui
expliquent   par  l'analyfe   infinitéfioiale
toute laméchanique des voiles 8c du gouvernail ;| ç£3& d'auleurs 8cànfotigwïe
dans fes fonftions , ^c'étoient autant.dç
qualités trop rares dans le$} jeunes marins dont l'éducation; n'eft ordinairement
rien moins* âque diltinguée | \ pour qu'elles
ne frappaffent pas tous les yeux. g2
§1 En 1759a l'Angleterre s'étant dét^j
minée à faire le fiege de Quebec , Caok^
alors âgé de 31 ans, fervit, en qualité
de maître fur Fefcadre de l'Amiral Smin*
dcf ,| 8c fo trouva de la divifion qiÀ
.aborda à l'île d'Orléans, où il courut rif-
que d'être pris. Mais dans l'expédition
même de Quebec y ii fo fignala pari une
7 FV
*
116 ' ' ■ i
a&ion qui n'a pas été fort connue, 6t
qui fans être aUfîi éclatante que fes cour-
fes aux deux poles, n'eft pas moins
propre à Filhiftrer , for-Ééut par la manière dont il l'é*écuta. L'amiral, de concert avec le commandant des troupes dé
débanjuémeàt, Wolf y l'idole de la nation Anglbifë , fe ptopôfâifc de dorinét
fohe feùne attt$re au* affiégés. Oêmk
du côté dé la rivière de St. Charles que
l*jbh âéVbit bféit fi&ieufoifiheht ; fnais potiît
foire croire aux ennemis que Fort voulait pafïfer devâht la ville pour gagne t li
flëtrve St. LaUrettt cl là ptèfcdre' dans lé
haut, Cook étoit obligé d'aller tbiites lëà
nuits dans tirt carfot fous la prote&ion dé
cjuelques foldats , remonleff^la rivière
pdàr|rfatervîies bouées ou balifes; comme deftinées à guider Fefcadre, à ifeuflk
des ^îndrûits dangereux. L'ennemi ne
manqua pas de s'en appercevoif bientôt,
6c l'on fit fou for lui de la place ; mais
il ne continua pas moins fo manœuvré
tvec la conftâhce & l'exa&itùde qui lîil
étoietit particulières. Tous lés matins les
balifos étoient enlevées , 6c ibus les fôfcf
Côok revenait tn mettre d'autre malgré 127
le feu des François , 8c le tout pour attirer leur attention de ce côté-là. Enfin
on attaqua du côté de la riviere de St.
Charles ; mais la vigour eu fe ré fi (tance
des afflégés, jointe à la force de la fituation 6c des ouvrages de ce côté-là, obligea le général Wolfik changer fon pian.
Cook ne difcontinuoit pas d'aller remplacer régulièrement fes bouées chaque
nuit ! 6c l'on fut enfin réduit à faire tout
de bon ce que Fon ne vouloit que laif-
for croire aux ennemis , de forte que
ttotre brave pilote^ dans une feule Irak
conduisît heûreufèménc toutes les forces
Britanniques >d an s le haut de la riviere.
Oh monta là colline d'Abraham, derrière
le dos du général Montcalm qui atten-
doit toujôurs-fles Anglois du côté de
St. Chartes r 64 dans un inftant on fit la
conquête0 du Canada avec fo capitale ,
quoique les deux généraux , Montcalm
& Wolf y y pfcrdiffont 1* vie, §>'
M Après cette heureufo expédition, Cook
avec le vaiffeau fur lequel il fervoit, refta
jufqu'&4a paix fur les côtés de l'Amérique fepteiitrionale. Le traité conclu , le
gouvernement defira avoir une connoif
T-
m
11
il
il
►
H
u i
M«*w»^»^Ml
fonce exafte des côtes de l'île , aufïi étett*
dm que précieufe pour la pêche , | de
Terre*neuve y 8c Cook fut encore.chargé
de cette commifïïon i f parce qu'on lui
conn oifïbit des | lumières très-^fuflEifantes ,
IS|. jointe à un zèle infatigable,  àSquoi il
fout ajouter qu'il avoit aufïi grandifoin
de faire fa cour 8c de faire reffouvenir
|||_ les Apériteurs de, lui ,  8c jen^cela  tout
jbotome quLjjsôÉf^ tort
n'en eft pas à celui qui fevoitf réduit à
s'avilir, ainfi d'un côté pendant qu'ily ani-
'      jh^>litMcl,un autres jQù lift le fopérieur
«qui pardonne  au f érfee   de^ltWp^
• courtifan ? On lui donna donc U^petit
bâtiment avec une douzaine d'hommes |
il fë pourvut de bons inftrumeaà, 8c en*-
,       nr'atttres d'un très-beau quart de cercle
de bois delà main de Bird y„d'un bon
ïélefcope à réflexion, & d'une excellente
P      montre. |Ainfi muni il partit en 1764 ,
I II        ^ employa quatre ans de travail afïidu
il pour lever   toute  la  côte méridionale
ill &. prefque toute  la feptentrionale   de
f Terre-neuve g donnant par intervalles des
cartes partielles, fur lefquelles il ne fout
1 que jetter les^yeux pour admirer fon
I        ■ t ■ ? ^l^xaÉtitudé
essai ;
J*9
ex^dlitude 8c fon habileté. On y trouve
une quantité extraordinaire de golfes ,
d'anfes , de baies , de bancs de fable ^
d'écueils , 8c une notice perpétuelle des
déclinaifons de l'aiguille ; or combien de
coins 8c de recoins ne lui a-t-il pas fallu
mefurer, outre Fattention d'avoir toujours le plomb à la  main ? 8c ce qui
augmentait la peine de ce travail, c'eft
qu'il lui falloir revenir chaque année en
Angleterre au mois de décembre , 8c repartir en mars fuivant, à caufe des glaces qui dans les   baies   profondes   de
cette île reftent quelqtiinbis jufqu'en juin,
jufque-là même que dans le détroit de
Belleifle il vit des amas de glaces venues
du nord , qui ne fe fondent pas de tout
un été , quelquefois de deux. Outre cela,
cette île eft un trifte féjour vers la côte ,
où Fon ne voit que des pêcheurs 8c des
bûcherons , fans aucun bétail 8c fans la
moindre trace d'agriculture : les naturels
fe font retirés dans l'intérieur des terres,
6c c'eft vn peuple abfolument fouvage
8c intraitable ; enfin dans la partie nord
8c nord-oueft de l'île on trouve les traîtres 8c indomptables Efquimaux.   Pour
<MV
ifJ'Vi aJ*
31
avoir des vivres frais, on n'a donc#que
la reffource de la chaffe 6c de la pêche}
Cook laiflbit à fes matelots, le foin de
celle-ci, & fe réfervoit la premiere, d'où
Ë il ne revenoit jamais que chargé d'oies,
.     %    de canards , 8c d'autres oifeaux, dont
fies côtes 6c les rochers font prefque tou-
$    Jtjours couverts. Il a même rapporté qu'un
f     jour il y tua un ours blanc , mais qu'il
|     l'abandonna âttx Efquimaux , qui le man-
jo      gèrent 8c eà tirerait beaucoup de graiffe.
* 1  Dans une de ces chaffes il eut le mal-
| heur de mettre k^feu à fon pulvérin dans
l'inftant où il Faroit à la main, de forte
• if       qu'il perdit le pouce xlroit 6c fq bleffa
*       d'autres doigts. Un chirurgien des vaif-
^!f féaux de guerre qui protègent toujours
HP» ^a P^c^e » guérit bientôt fa bleflure \ mais
ÏW H        depuis ce tems4à il  s'accoutuma pour
écrire à tenir la plume entre Y index 6c
le médius.   '•- '■>'"■ '^^.     ■-■..^.
Qn jugera par tout ce détail que la
-f        filiation  de Cook n'étoit pas infiniment
Hill agréable , S du moins par rapport aux
commodités de la vie; car du refte , outre fes^appointemens de maître , il avoit
par jour une demi - guinée en  qualité d'ingénieur , 8c jouiflbit de plufieurs autres avantages : mais ce n'eft pas cPaprès
ce foui point de vue qu'il fout juger de
fon fort dans ces contrées. Jufqu'à quel
point il y fontoit la privation de la fo-
ciété , c'eft ce que l'on ne peut guère
eftimer ; mais pour les autrçs incommodités , il y a apparence qu'elles étoient
peu affligeantes pour lui. Il étoit avare,
6c il profitoit des circonftances pour fe
livrer fans contrainte à ce penchant ,
qu'il pouffoit quelquefois trop loin, 8c
même jufqu'à fe refufor les chofes les
plus communes. Pour fon thé, Jpar
exemple, il n'ufoit point du fucre que
l'on donne pour cela fur lgs vaifleaux,
mais de grofïiere caflonnade : au lieu de
la chandelle que lui fourniffoit, le gouvernement , il fo fervoit d'huile de chien
marin, 6cc. Il faut fons doute attribuer
cette léfinerie en grande partie à la mau~
vaife éducation de fes premieres années ,
6c aux habitudes qu'il devoit à fo baffe
extraction ; mais on doit préfumer aufïi
que c'étoit en lui un vice de cara&ere ,
lorfqu'on le voit demander 6c recevoir
Une penfion ou récompenfe \ annuelle de
lî f
•
A
mi ft
qpiatte livres fterling pour la perte de
[fon pouce f* comme ayant été Meffé au
fervice du roi i 6c cela fur la caiflfe particulière qui fo forme d'une contribution
de fix pennées par mois, fournie par chaque matelot tanf^le la marine royale que
de la marine marchande, pouf l'entretien de leurs camarade^ malades ou eftro-
Wtés.Quant au manque de Jipnnelfociété,
s'il ne Fa pas fenti bien vivem^ ,jlou-
|ours eft - il fur que fon humeu^ en a
éprouvé quelques effets; fcar je crois
qu'oif n'a pas to^ d'attribuer, auftnoins
en partie, là fon long féjour dans ces
folitudesTauvages J|fon air fepouffant 6c
couvert, fer manières peu liantes, 8cla
j^fèrv^xcefifive qu'il montra* depuis.
Wans cet intervalle Cooh avoit foit
Facquifition d'une petite maifon 8c,cFun
petit jardin à Mile-end^ a Feft 6c' dans
le voifinage le Londres , où il venoit
paffer fes hivers, comptant probablement
y finir fes jours avec le titre de maître
8c de géomètre de l'amirauté fcar de
ce grade à celui de lieutenant ou de capitaine^ le fout eft très-rare 8c très-diffi*
cile; 8c tout ce que cette clafle d'offi- MM
*33
cïers peut fe promettre après de longs
fervices, c'eft toufc au plus une des vingt
foldes fondées pour ceux qui vieillïffent
dans ce pofte , ou d'être faits infpe&eurs
dans les chantiers du roi,    où ils font
chargés de la partie des agrès , des^ ma*
nœuvres 8c des voilures, pour tous les
vaifleaux que l'on équipe.    Néanmoins
Kïook étoit deftiné ^ foire ce faut extraordinaire , & cela arriva de la manière
foivante. La fociété royale des fciences
jugeant qu'il feroit utile pour tes progrès
de Faftronomie d'obforver dans une île
de la mer pacifique fe paffage de Vénus
fur le difque du foleil, qui devoit arriver pendant l'été de 1769 ,    avoit dès
l'année précédente préfenté un mémoire
au roi for ce fujet. Le roi ne fe contenta
pas. d'approuver ce projet y mais il donna
fur le champ ordre à l'amirauté de tenir
un vaiffeau prêt pour cette campagne ,
8c fit préfent d'une fomme confiderable
à l'académie afin de pourvoir à tout ce
qu'elle jugeroit néceffaire à fon deflein.
On choiut d'abord l'une des Marquift
pour le lieu du débarquement ;   mais 1
capitaine Wallis qui venoit de termine
1?
■
i
1
n,
A* 4F
t*
fon voyage autour du monde^ marqua
dans une lettre au préfident de la fociété
royale, qu'il ne connoiffbit point d'île
jphis commode pour cette obfervation
que l'une de celles qu'il avoit nouyelle-
ment découvertes 8c à laquelle il avoit
donné le pom du roi George , mais que
Fon connoît fous celui SïÔta hid. Après
s>être bien inftruk de la^iofition de cette
île, 8c|tout mûrement examiné, on fo
décida à fuivre l'avis du capitaine Wallis \
on travailla fur le champ 8c fons relâche
fcœifpréparatifs , fti^conduite du tout
fat donnée au maître 8c géomètre Coofa
par le célèbre amiral Haw fee , qui à cet
effet l'éleva au grade def lieutenant de
vaiffeau, 8c|le^lbomma commodore du
bâtiment deftiné % cette entreprife. C'eft
ainfi que Cook fe vit enfin dans une place
où d'un côté ilpouvoit tirer parti de fes
grands talens pourfl'utilité publique, 8c
où de l'autre il|étoit afïiiré d'obtenir
toutes les récompenfes qui leur étoient
dues»   > JP:    •   r: '       "   '^1; "
Mr, Jofeph Banks s a&uèllement pré-
fident1 de la fociété royale, s'offrit pa^r
pur zèle à être du voyage pour travailler
/ IJS
à l'hiftoke nuturelle en général 8c à la
botanique en particulier. Il engagea Mr.
le do&eur Solander, 8c plufieurs peintres
ou defïinateurs diftingués, à l'accompagner ,   8c fes richeffes confidérables le
mirent en état de mettre à bord les meilleurs inftrumens 8c les meilleurs livres,
en un mot de pourvoir à tout ce qui devoit
contribuer à rendre ce voyage avantageux pour toutes les fciences. C'eft l'u-
lage fur les vaifleaux de roi, que le capi- f|
taine à qui Famirauté en confie le com- È
mandement, défraie toutes les perfonnes
qu'elle  nomme pour l'accompagner v8t§|
iqui ne font pas précifément partie   de
l'équipage ; mais Mr. Banks fe chargea
de l'entretien de toute fa fuite , de Faf-
tronome Green ,    8c de Mr. Cook lui-
même , à qui il paya en fus une fomme
très-confidérable pour les chambres du
vaiffeau 8c les autres commodités dont il
avoit befoin , tant pour lui que pour fes
compagnons. Enfin l'on partit pour O-
tahiti y 8c on connoît la relation de ce
voyage donnée par Mr. Havvkesvvorthm
d'après les manufcrits de MM. Cqpk 8c
Banks.   '        '**È'   ■ „ . :&&
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û Ceè voyages for de petits i>âtimens
font toujours en Angleterre très-avantageux pour le commodore, parce qu'on
lui donne en même tems l'emploi lucratif de tréforier. C'eft lui qtii eft chargé
de faire hors du royaume les dépenfes
qu'exigent les befoins du bâtiment, 8c
de les porter en compte à l'amirauté; il
nfy a pas jufqu'au tabac 8c aux nippes à
Fufoge des matelots dont l'achat ne liji
offre un profit confiderable ; 6c Cook fut
fi bien tirer parti de tout, que ce voyage
lui valut au moins trois à quatre mille
"#^res fterling net. La fréquentation qu'il
avoit faite des fauvages du Canada, , de
'Terre-neuve 6c de Labrador , lui fervit
beaucoup avec les habitans plus policés
dfO-tahiti, dont il fot s'attirer le refpeft
& la confiance. Aufïi fous fon commandement ne fo commit- il aucun de ces
traits de cruauté auxquels ce peuple pacifique 6c foible étoit expofé avec les armes 6c la politeffe des Européens, 6c la
«conduite amicale des Anglois avec  les
a naturels fit fur ceux-ci une vive imprefîion.
. O^tre ^l'objet principal du voyage ,
qui étoit l'obforvation <|u paffage de Vé- ■S  ^     ii
nus 6c la   détermination  précife de la
hauteur de l'île d'O-tahiti,  le capitaine
Cook en fit le tour en entier 8c en leva
une carte exaâe ,    dans laquelle il fit
aufïi entrer les îles du voifinage. Au retour il découvrit que la Nofivelle-Zée-
lande étoit compofée de deux^îles con-
fidérables très-voifines , 8ç le détroit qui I
les fépare fut nommé le détroit de Cook,   %
lequel il ne faut pas confondre avec up
autre beaucoup jplus  grand qui fépare
l'Afie de l'Amérique y & qui porte le même  nom. Ml vifita aufïi toute la côte
orientale de la ^Nouvelle-Hollande dah9g| t jj*
un efpace de trente degrés de latitude ,    ' w*
8c en donna des cartes plus exa&es que
nous n'en avions même, il y a très-peu
de tems, de certaines côtes d'Europe. Ce
fut dans ce voyage que fon bâtiment refta
vingt-quatre heures fofpendu for desro-        ■*
chers de corail, fituation pour l'équipage
l'une  des  plus   terribles  auxquelles la
.mer puifïe expofer.    Il feroît trop long   1
d'entrer dans le détail de ce quisy pafla \
il fuffira de dire 'que durant ces momens
effrayans . on, n'entendit fur le bord au-
cun cri | on ne vit pas le moindre gefle
\
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==/ Iff
de défefpoir. f Chacun fembloit plein de
l'âme intrépide du chef, 6c on travailloit
à for tir du danger avec la préfence d'ef-
prit 6c la réfignation la plus héroïque.
La traverfée depuis la Nouvelle-Hollandey
dans des mers où jamais n'avoit  paru
vaiffeau   Européen ,    6c    oui perfbnne
, n'aurait ofé fe Hafarder fans la fagacité
ï   prodigieufe de Cook ,    fa confiance opiniâtre 6c fon ardeur extrême de fo figna-
ler , cette traverfée, dis-je , eft fons contredit l'une des plus glorieufes circonf-
U.  tances de fo vie.f trois mois durant il
pui^bligé d'avoir la fonde à la main,
; au milieu des chaînes fons fin de roches
de corail qui à chaque inftant menaçoient
de brifèr le vaiffeau, & entr'autres pendant un efpace de zzo milles d'Allemagne on jetta la fonde exa&ement chaque
minute fons difoontinuer} fou vent même
tandis qu'elle donnoit ioo à izo braffes
de fond , on fo voyoit à quelques pas
di^brif^pt^e plus dangereux. Il faut felon toute apparence queflees roches de
éorail s'élevént comm^ des efpeces d'obé~f|
lifques ou d?aiguilles du fond de la mer ,
ll&pmme des tours ou des murs i fi Fon
!_
ML, ea
*39
veut, puifque dans Finftant même où
l'on vogue avec fécurité for une mer
fons fond , on n'eft pas moins expofé à
fo voir brifor en pieces à chaque clin
d'œil. Souvent on ne fortoit d'un dan.
ger que pour tomber dans un plus grand,
8c on fe croyoit trop heureux de revenir à une place que l'on s'étoit hâté de
quitter comme périlleufe. Le vaiffeau
faifoit tant d'eau que pour y refter fans
inquiétude il falloit être, comme cet in*
trépide équipage, affèz accoutumé aux
dangers imminens pour devenir infenfible
à ceux qui femblent tant foit peu éloignés. Enfin on fe tira de Éant de difficultés, 6c Cook découvrit le détroit entre la Nouvelle-Hollande 6c la Nouvelle-
Guinée y dont l'ignorance avoit prefque
caufé la perte de Mr. de Bougainville
dans un tems où il manquoit de vivres.
Cependant malgré l'heureux foccès qui
fembloit devoir bientôt terminer cette
expédition, le long fëjour que Fon.fot
obligé de foire à Batavia faillit à devenir
fatal à l'équipage de Cook , aux favans
qui l'accompagnoieut , 8c à lui-même.
Au milieu de ces marais infefts, prefque
■•*#
it *4*
—     ■     ——»<■■»■        '    * afo
tous furent attaqués de fièvres putrides
8c de diarrhées qui emportèrent plufieurt
perfonnes. §
Un   matelot,  Irlandois* de   nation ,
déferta d'un,bord Hollandois 6c vint fe
rendre for celui de Cook y on aura lieu ,
par ce qui en arriva, de connoître dans
ce fameux marin un autre trait cara&é-
riftique , celui même qui contribua plus
ou moins à   fa f mort.  Nous venons *de
voir que prefqiie tout  l'équipage étoit
hors de fervice y Cook employa donc ce
déferteur un"jour à ramer dans une pi-
naffe qui le portoit à terre , où il avoit
lipides- empiétera foire pour le refte du
llpvoyage. Dans l'intervalle la pinafle étoit
reftée^près du Quay , 8c on y reconnut
le malheureux matelot. Un caporal Hollandois s'avance aufïi tôt avec une efcouade
pour le faifir ; un autre matelot qui étoit
avec lui court à toutes jambes chercher
le capitaine Cook qui ne pou voit pas être
encore bien loin \ Cook revint à la hâte
* for fes pas , 8c arrive précifément comme
. les  fbldats Hollandois après un  pourparler très-vif, mais très-inutile, fe dif-
| pofoient à en venir aux voies de fait. U
m
& k IL  ^
m± P i   isai 141
demande au caporal ce qu'il avoit à démêler avec fes gens. Pai ordre , répondit
celui-ci, de prendre ce déferteur. Prens
fi tu l'ofes, reprit Cook \ 8c comme le
caporal s'avançoit, le capitaine met l'épée j
à la main en foi criant qu'un pas de plus j
il la lui paffe dans le ventre. Le caporal
fe retourne 6c veut faire quelques  pas
pour lui parler^ c'en fut affez pour le
capitaine ,  qui s'élance for lui en fureur,
le chaffe hors de fon canot 8c les foldats
avec lui i  8ç les pour fuit encore à une       9
bonne diftance de-là. Toutes ces circonf-      m
tances ayant été rapportées au gouver-    g
neur, il envoya ordre délivrer lema-    ^
telot ; mais Cook déclara que cet hom-     Jp
mé  étoit né fojet de fon fbuverain ôc   f „
qu'il ne le rendroit.point* 6c en effet,      |||
quoiqu'il eût laiffe prefque tous fes ca-      m
nons fur les rochers de corail de la Nouvelle-Hollande 8c que toute fon artillerie |
confiftât prefque en deux ou trois petites
pieces pour les faluts , on jugea à Batavia qu'il n'y avoit rien à foire avec une
tête comme celle-là, 8c qu'il valoit mieux
terminer à l'amiable.   Au fond ,j| il y
avoit de la témérité de fo part}    cars'4
■ *4*
m m '■
•*#
I   Ii
eût trouvé fon pareil  dansfle capôfî«f
jfpeutêtre eût-il avancé de neuf ans la ca-
taflrophe qui lui coûta la vie dans l'île
d*0-&vaihi pour une affaire affez analogue.
^ Peu de tems après fon retour r Cook
fotprefonte par le lo#d Sandwich à Sa
Majefté qui lui fit un accueil très-gracieux.
Enfoite il fot nommé maître - commun*
dont > grade qui en Angleterre tient le
milieu entre celui de lieutenant 6c celui
de capitaine 37). Bientôt on apprit que les
^François avoient aufïi fait quelques découvertes , 8c en examinant les cartes on
vifj§qu'il   y avoit au fud une mer im-
*menfe que F^| ne ccnnoifîbit point, 6c
où il devoit^ avoir ou de grandes îles
ou un continent. Le roi réfolut d'y faire
faire des recherches, 8c on jetta encore
let yeux for Cook pour cette entreprife y
mais  au   Heu d'un  vaiffeau  on lui en
fd4ia|deux. Celui qu'il devoit monter
avoit d'abord été deftiné au commerce
de la houille , puis envoyé en Ruflie
pour fervir|contre les i Turcs j mais on
pie s'en étoit point accommodé à Peten-
bourg% 8c à fon retour l'amirauté l'acheta
Ipour le voyage de la mer du fod.   Il étoit du port de 480 tonneaux, .de formé arrondie 8c fortement membre , plus
propre par conféquent à la fatigue que
ceux dont la coupe imite la frégate 8c
s'aiguifo vers la quille, outre qu'il étoit
plus fpacieux. On<le nomma la Réfolu-
tiony 6c on y pratiqua for l'arriére un
appartement pour le capitaine , vu que
Mr. Banks, quife propofoit de retourner en mer avec Mr. So lander 6c une
nombreufe fuite d'artiftes , devoit occuper tout ce qu'il y avoit de chambres.      m
L'autre bâtiment nommé Y Aventure n€
portoit que 340 tonneaux, 6c Mr. Tç^  M
bie  Fourneaux le monta en qualité  de       ■
maître - commandant.    Cependant   Mr.
Banks 6c fes  amis ne furent point du
voyage , parce qu'il vouloit un bâtiment
encore plus fpacieux ,  ce  qui entraîna
tant de difficultés qu'à la fin il abandonna
tout-à-fait fon projet.   On choifit pour
le remplacer Mr. le dofteur F or fier, à
qui l'on   fit des  conditions très-avanta-
geufes , 6c qui emmena fon fils en qualité d'aide 6c dé deflinateur; après quoi
on mit à la voile en juillet 1772.
à On s'étpit muni contre  le foorbut M- m
v#
qui de toutes les maladies de la mer eft la
plus terrible, de tous les remèdes imaginables 1 dont plufieurs même n'avoient
jamais été employés ; mais une caufe
qui l'eût rendu inévitable fut détruite par
Mr. Forfter. Dès les commencemens de
la navigation il s'apperçut d'une odeur
infe&e, comme d'oeufs pourris, qui ve-
noit du bas du vaiffeau. N'étant point
comme les marins accoutumé à tonte
forte d'odeurs p il demanda à un matelot
d'où cela venoit. De l'égout de Cale 9
répondit celui-ci, comme parlant d'une
chofo connue depuis long-tems 6c à laquelle il n'y avoit point de remède. M.
forfter propofo de raréfier l'air par le
feu à fond de Cale , pour y attirer de
Fair frais , 6c chaffer cette odeur dange-
reufe. On fuivit cet avis, 8c de tout le
voyage on ne s'apperçut plus de rien.
On avoit embarqué foixaiite tonneaux
de faour kraout y dont on diftribuoit à
chaque homme 12 à 15 livres par fe-
maine , 8t comme on en fervoit tous les
jours for la table du capitaine , les matelots ne firent point difficultéfd'en mas*
er aufïi, comme d'un aliment qui par
ï 'ï ' fon
1 ,î..* I
*4S
fon acidité étcfit très-propre à prévenir
la putréfaction 8c à préfetver du fcdrbutf
Aufïi par cette précaution, jointe à nom?
bre d'autres  qui contribuent   beaucoup
à rendre ce voyage   remarquable , dé"
ito hommes qui le firent il n*en mourut qu'un foui  de maladie.    Mais tout
cela eft affez connu   par la relation de
Mr. Forfter y 8c quand tout le fruit de
ce fécond voyage fotoit réduit à la feule
découverte de ce* prefervatif aufïi fïmple
qu'efficace contre le foorbut en mer | l'humanité y gagneroit affez pour ne fair*
regretter ni   l'argent ni la peine qu'il
a coûté. C'eft dans cet efprit que la fociété
royale des fcrences dérogea pour cette
fois à fa règle de ne donner la médaille
d'or fondée par le chevalier Copley qu'k
Fauteur du   meilleur traité  fur quelque1
matière philofophique , ou d^expériences
nouvelles 8c  importantes f ou de grandes 8c utiles découvertes y elle la décerna
à  Mr. Cook , quoique tout fon mérite
fo bornât, en cette occafion , à ne point
empêcher Fufage dece que l'on propofoit.-
Mais fi Mon fait attention que les nouV
veiles découvertes portent toujours aveë
ii! y
rt#
P4&
;*&eéleur ré«|f»penfe , en argent on e»
<gloiit ou de tous les deux à la fois ,
tandis qu'au contraire la vi&oire remportée fur certains préjugés foçés avec| le
lait4 vi&oire qui coûte tant à Famour-
^roprelà plufieurs égards , obtient rate-
«i«it|une récompense, une du moins
qui plaife à c^id qui a eu le courage
de lapmériter ^on fbufcrira fans| peine
au, jugement de la fociété royale, 6c on
conviendra que cç. mérite de Mr. Cook
n'étoit pas trop payé par une médaille
'd'or.      * '
Cook dans ce voyage parcourut fe
grand Océan auftral depuis le 6oe. degré
de latitude fud julqu'auf cercle polaire ,
navigation u remplie de dangers que
peut-être ne réuflira-t-elle jamais à un
autre^ Les brouillards éternels qui obf
curciffent l'atmofphere à cette latitude ,
8c les neiges prefque continuelles qvày
tombent, font que l'on ne peut jamais
"bien diftinguer un objet à plus de quelque centaine de verges du vaiffeau , ce
qui met dans un danger perpétuel de
heurterf contre les glaces énormes qui
s'accumulent par tout dans ces mers, de 1
l^forte que fouveht, lorfqu'on lei apper;
coitj à peine refte-t-il le tems dëFfoirç
la manœuvre néceffkire pour les éviter.
Mais le croiroit-on ? on trou voit à faire
quelque ufage de ces glaçons. On avoit
bien déjà dit auparavant que fur la cime
de ces îles flottantes de aryftal il fe trouf
voit des réfervoirs d'eau douce, d'où
l'on voyoit defcendre dans la mer des
torrens 8c des ruilfeaux en cafoades t
mais on ne lit point que jamais navigateur ait fait provif^pn de ces glaces pour
les fondre 8c en tirer de l'eau potable,
Comme on le fit dans ce voyage. Au
f efte on rie trouva point au-delà du cercle polaire , ni dans le voifinage Ê ce
Continent ou cette terre quelconque que
Mr. For/îer fbupçonnoit être caufe du
grand froid de ces contres 38). Iln'eft
pas horà de propos de remarquer ici que
Cook p été quelquefois jufqu'à quatre
mois fana voir terre , 8c fans éprouver le£
. ravages du foorbùt, ni des autres maladies funeftes aux gens de mer , quoiqu'il
paflat quelquefois dans Fefpace de quelques femaines d'un froid de 27 degrés
de Fahrenheié§zu-deQ\iS de la glace , àr
K. 2
1 *4*
tinte
que
dialeur dr70 degrés, ce qui prouve
i4w^fè féjour de la mer  n'eft jamais
plus mal-fain que celui de la terre. C'eft
ainfiqu'à Archange I&l à To^o//îtlatempé-
rature  change   fouventJÉ dans un court
efpace du degré de la congélation à la
chaleur la plus%violente ,   de forte que
trois ou quatre femaines après la fonte l
dis neiges Fherbe eft déjà crue jufqtt'au
ventre du gros bétail, 8c encore ces deux
contrées*font-elles folubres 6c à peu près
aufïi bien peuplées que peuvent l'être
des pays fi Septentrionaux.
^PCependant Cook qui jufqu'alors avoit
joui de la* meilleure fan té ,    tomba danger eufement malade ,    6c par une caufe
qui ne jette pas fou vent les commodores
dans cet état. Pour aucune raifon quelconque il ne vawloit vivre phisf délicatement que   fes matelots, & en confequence il n'avoit point embarqué de volailles , ou fi peu que cela ne vaut pas là
Ppeine d'en parler. Il mangeoit continuellement des viandes falées , aliment dur
8c coriace que fon eftomac rebuta enfin ,
& illfot attaqué   d'une fièvre bilieufo
9veç une conftipation opiniâtre. Il foui- fi*
frit long-tems fons en parler 6c cherchant
à repoufler le mal par Fabftinenc#$ mais
au contraire le mal augmenta, 6c le capitaine fut réduit à garder le lit. C'étoit
un fpe&acle touchant que de .voir la trif
teffe qui régnoit for le bord du moment
où l'on ne vit plus paroltre ce brave
homme,    qui par fon expérience 6c fo
fogacité unique, aufïï-bien que par fon
attention continuelle aux befbins de tout
le monde 6c l'égalité de fon humeur *
s'étoit acquis la confiance & l'affection de
tout le monde, 6c à qui l'équipage ohéiC-
foit comme à un père.  La caufè même
de fo maladie augmentoit  encore l'intérêt , & tout le tems qu'il fut en danger
on vit la douleur 8c Fiiiquiétude peinte
fur tous les vifoges. Il fouffroit cruellement , les forces étoient perdues, 8c il
ne faifoit plus de fondions ; enfin il fur-
vint un hoquet très-dangereux qui dura
vingt-quatre heures, jufqu'à ce que Fon
vint à bout de   l'arrêter par   les bains
chauds. Mais lorfqu'on l'eut tiré de danger 8c qu'il commençoit à fe rétablir,
ou n'avoit  rien à   lui donner   qui   fût
^propre* à - lui rendre des forces 8c  qui
K, iStev&jt à fôn eftomac i alors Mr. Forfter
fit tu w un chien d*0-tahiti qui lui étoit
fort attaché, 6c le facrifia pour foire de
bons bouillons au capitaine , avectlefc
quels-cm le foutint en' effet jufqu'à ce
que l'on eût atteint quelque île où Fon
trouvât de la volaille , des fruits , 8c tous
les rafraîchiffemens néceffaires. Aihfi il
fallut qu'un foui chien fe fût heureufe-
lÉent confervé for^e hftrd , que fonf
maître ne craignît pas de le facrifier , 8c
p|ue le capitaine eût appris dans fon précédent voyage ^ue cette viande eft faine ,
nourriflfante , êc de bon go#t, il fallut %
dis-je , la réunion de ces circonftances
pour conforver à l'équipage un cïÉëf qui
fen étoit adoré-     • * M     *" v   W
En s'approchant ppur la féconde fois
di#tçopique du Capricorne , il trouva
|*îlel^e Ptyque$déeàuverte par Famiral
^ Rogeyvei^m §c vifitée en 17*70 par les
vaifleaux Efpagnols le S an-Lorenzo 8c la
flofalig fous les ordres du capitaine Don
f^lippe^^on^a^s.On n'y trouva que de
inauvaife eau 8*P|)Sçu ou point de rafraî*
çhîflemensW ainfi on fe hâta de gagni
$éï$ tf£f|| pins heureufes Jlqui firent le Nktrquifcs, ainfi nommées par FEfpagnol
dVkndcma, 8c parmi lefquelles on découvrit encore une petite île non mentionnée par les Efpagnols. Après quelques jours de ftation , Cook retourna
une féconde fois à O-tahitiy 8c vit dans
la traverfée deux petites îles fort baffes
qui n'avoient pas encore été fbuvent re-f
connues. A celle de O-reyadea on lui §
dit que deux bâtimens étoient arrivés a
Huaheine. Il crut d^abord que c'étoit
une foble inventée à plaifir, mais au cap
il fut depuis que c'étoit deux bâtimens
Efpagnols. § t|
H En allant aux îles de Y Amitié y il vi$ ||
deux petits îlots peu confidérables. Il
s'arrêta quelque tems à Amfterdam ou
Anamokûy & peu après il reconnut les
îles découvertes par Quiviras, 8c vues depuis par Mr. de Bougainville. Au fud-
oueft il j en trouva encore quelques autres , 6c il les. comprit. toutes fous le
nom des Nouvelles-Hébrides* Plus loin
il découvrit la Nouvelle-Calédonie y Ion-
gue de 240 lieues marines d'Angleterre y
p gouvernant vers la Nouvelle-Zélande y
vit! une autre petite île déferte qu'il
'    'W •• " K4       f    0    •
!
• w
■M
^fjl I    I    I II— |||
noqjpa lie de Norfolk en honneur de la
feue ducheffe de ce nom. *De la Nouvelle-Zélande il s'engagea dans une mer
jufque - l^ipnconnue en gouvernait au
-cap ae Horn^t^ enmx femaines H fit
«ne^traverfée^ de 1500 lieues marines.
U trouva au cap^ le plus beau tems, 6c
un calme auquel il ne s'attendoit pas.
A la terre^de feu le capitaine avec fos
favans commenfaux , les deux MM. Forf
ter 8c le do HeurSparrmanA , trouva le
moyen de fajire enèore une chafle très-
pénlleufe qài fonrnit^quelques viandes
fraîches à tout l'équipage, 8c ce fut pour
eux une fatisfadtion vraiment touchante
de pouvoir régaler à la fois 120 hom-*
mes très-ennuyés de ne voir depuisf tant
de fiçms que des viandes folées de près
de trois ans.| Il faut même rendre à ces
MM. la juftice*' de, dire que dans^out le
voyage ils partageoient avec beaucoup
de plaifir leur volaille avec le refte de
l'équipage , &;; for-tout avec les malades i
6c cette attention du capitaine fufïit,
pialgré fa févérité inflexible 8c fon aie
yepouflant, pour le rendre fi cher à Q|y|
les inférieurs4, que tous le fuivoiç&t at If
refolution à travers les plus grands dangers , 6c fe livroient gaiementfaux plus
rudes travaux malgré le froid, la pluie ,
la neige , 8c la difette de bons ahxnens.
Quant aux autres officiers du bord, ils
n'étoient pas fi généreux 8c ils gardoient
fons façon leurs provifions pour euxj^ ,
En quittant ces triftes contrées dont
Faf|ea fombre 8c effrayant frappât
finguliérement des yeux non accoutumés y
on vit les îles de la Géorgie du;fud 6c de
Sandwich 39 ), auprès defquelles la terre
des états 8c la terre de feu peuvent paA
fer encore pour un paradis. Des monts
de neige & de glace à perte de vue ,
quelques rocs plus bas entre lefquels une
efpece d'herbe 8c une autre feule plante
du fod végétçient péniblement, quelques
lourds pingouins 8c lions de mer qui £y
traînoient lentement ^ voilà tout ce que
FœiPy découvrait.
% Il reftoit bien prouvé dès-lors que
dans l'Océan auftrai, outre ces deu*
petites îles fons confequence , il n'exiftoit
aucune autre terre ; car on en avoit fait
le tour, 8c les glaces empêchoient abfo-
lument de pénétrer plus avant au fod.
ml
i igj *§Çf
Mais comme quelques officiers croyoient
qu'il pouvoit fe trouver fqùelque terre
dans les mêmes parages où Cook avoit
vu îa premiere glace en 1772 Jtun peu
pîtis à Feft que le continent prétendu de
Bou\tef%IqjTcapitaine , pour éloigner juf-
qu*ail|fi)upçon de négligence, fo détermina à^rifiter les mers où Bouitet avoit
vorde la glace qu'il prit pont de la terre.
I^eSj^y trouva J&W^ cett#fok||nî de
Fane ni de l'autre^Mau même endroit
où en 1772 ort^kvow trouvatm nom-%
bre infini de mafles flottantes ,|on ne vit
pas le moindre glaçon.        ^      '^m
Arrivé au j&bi| il y trouva des Me£
fieurs délia Compagnie des Indes , qui
ayantScoutume de fe foire firivre partout
cFune ménagerie de cailles grafïès de la
ChiÉir, d'oyes, de poulets, 8c d'autres
volailles en cage ,fpour en faire des pâtés |
se pouvoient comprendre qu'un vaiffeau
eût pu tenir la mer pendant „vingt4iuit
mois fons avoir touché à aucun des ports
où il yrà des Européens habitués : cette
hiftoire leur fembloît un romand, £c quand
on leur difbit que dans l'intervalle en
avoit Vécu d'aibatroffes , de pingouins >
a^Mi A
i»
me corbeaux de mer, de pétérels,    <kÈÊ
lions de mer, d'ours marins , 8c mêmelk
. une fois  de chien ,    ils    s'imaginoient
qu'on abufoit de la liberté ordinaire que
prennent les gens qui reviennent de loin.
•. ils ne purent fo perfoader qu'on leur dx-
foit vrai, qu'en voyant tous ces vifages
alongés fbrtir du bord , 8c la bonne foi
avec laquelle ils trouvoient|excellenC#
tout ce qu'on leva: préfentoit. Quant aux
lefteurs f comme ils feront probablement
plus judicieux que ces Meffieurs , il ne
fout pas les priver cFune petite anecdote
qui leur apprendra de quelle friandife on
ne laiflbit pas de jouir en partie fur les
vaifleaux du clpitaine CooÊMÈ êc quelle
chafle l'on y faifoit foute d'antre. B s'y
trouvoitf un vieux quartier-maître ( le
refpe&acle barbon mérite bien qu'on le
nomme ) appelle Jon Etvvel, qui étoit
intimement lié avec un chat, 8c ce fidèle
compagnon ne manquoit pas tous les
matins de lui apporter un rat qu'il alloit
prendre dans le bas du Vaiffeau. Mais il
falloit partager ce morceau friand , 6c
voici comment s'arrangeoient ces bons
S, amis. Jçn Elvvel çommençoit par Fécor4§§
% 1
. «
cher 8t le wfider, ce qui {jjwfbit cFabord
^tinte curée pour fon^ affbcié ^puispl foi-*
foit rôtir le corps de la bête|, regaloit
fon cha^dea abbatis 8c|d'un petit morgan du tronc , 6c enfin prenoit pour lui
le refte. . # ,  •. ,     &'•■ xÉÊïÊ* •" •% "
^û»i trouva au cap le capitaine Cro-
^e%> homme d'un caractère vif À qui com*
inandoit YAja&y vaiffeau de la compagnie
françoife des Indes , 8c avoit été à la
Nouvelle-Zélande avec le capitaine Marion y où ce dernier avoit eu le malheur
d'êtreftué É8c| mangé par les naturels
avec 28 autres perfonnes. Les manières
féduifantes de Cro\ety Jes^ouanges méritées qu'iLdpnna au navigateur Anglois ,
la politeflfqu'iî eut de le prévenir par
une vifite amicale, tout cela i dis-je, lui
gagna l'amitié de Cook ,f qui l'invita à
dîner avec tous fes officiers. Tout au
contraire le capitaine Efpagnol Don Juan
Arraas , qui commahdoit la Junon , frégate , fe montrant bien moins prévenant,
jbeaucoup plus réfervé 8c plus froid , fe*
Ion le cara&ere de cette nation , ne plut
point du tout au capitaine Anglois. Outre cela il -fe   trouva encore que. Don
P -*
'Arraas fortoit d'une groflfe maladie , c*&
qui l'obligeoit à  éviter un   cérémonial^
qui l'eût gêne, mais ne l'empêchoit cependant pas d'employer des manières très -
amicales. Mais au départ de Cooky YW-
pagnol lui lit une politefle à laquelle le
premier s'attendoit d'autant moins que
fon grade   8c   fa conduite même avec
^Arraas ne lui  en donnoient  pas  lieu.
Celui-ci, capitaine d'une frégate de 30
canons, fahia-de neuf coups le maître-
commandant d'une chaloupe arméef en
guerre 6c ne portant que 20 pieces. * A
ce folut Cook flit pénétré de regret 8c fe
^reprocha beaucoup , mais trop tard, de
n'avoir pas^fait   connoiflanqp   avec   ce
Ignoble Efoagnol ,    qui de Ion côté en
avoit laiffé voir le defer, non pas bftn
jjtexpreffément, mais cependant aflèz clai-
ih?emerit. "%
W Peu de tems aprèsf fon retour Cook
fut enfin nommé capitaine en pied , 6c
obtint une place k Fhôtel de Greenwich
où il pouvoit couler en repos le refte de
fes jours. Pendant fa longue abfence on
avoit aufïi fait une entreprise pour pénétrer vers l'autre pole dans les mers fep-
I- é        !.. Jt
T f
mit 1 	
fktentrionales, où, comme l'on foit Jle ea-
*  ||pitaine Phippsg aujourd'hui lord . Af**/-*
|[ grave $ n'eut pas un grand foccès. Mn
|1|:    ^Daines Barrington , frère dit lord 8c ami-
]L     ^fal difcmême nom | avoit fait un petit
i|       ^némoireoù il prou voit par plufieujrsté-
lî    ^^^Pn°ignages 9    qu'avant   lord  Mulgravé
\m\   %dfautres vaifleaux avoient déjà pénétré   1
1      I ^eaucouP plu$ avant  que|lui  dans * le
III i Borc* I & avoient même atteint le pole.
i I  .     .Ce mémoire ^par xu^efprit de parti ^
I ;      n'ayant point été inféré dans les tranfac-o
r     .   tions philofbphiques,  Barrington le fit
II imprimer à part aVec des additions^Eii^
11 *   « fin animé par la vengeance il fit tant qu'ii||
II * obtint ufj a&e du parlement, qui propo*
I 11      &i& unefiiwûmpenfe de 20,000 flb. fofcè-#
ILr/    Hng à celui qui découvriroit dans le non!
t 11      Un paffage de la mer du fod dans la mer#
I Si m   -^^ant^ue I & c*ncI mille livres* en f^f
■!> € fi on s'avanççit jufque fous le pole aftf-lf
I mw-'   t^(lue à un degré près.  j En même teins*
III % Barrington propofa^pour cette ef|pédv
tion le capitaine Cook , dont Fambition §;
la confiance opiniâtre 8c |l'avarice   lui-%*
étoient trop connues poù4 n'ent pas efpé- 4f
re*g tout le f uccèsfpoffible poutre! qu'il % jouoit dans cette affaire le rôle brillant,
puifqu'en fe vengeant de fes adverfaires,
il avoit là gloire d*être Fauteur 6c le fauteur de l'une des plus mémorables £a-
treprifes de notre fiecle. Tout réufïit : on
équipa deux bâtimens , la vieille Réfolu*
tion y àyue monta   encore   le capitaine
Cook t <<§c la Difëowery â vaiffeau. neuf ^
qui fut confié au capitaine Clerke dont
ce voyage alloit être le quatrième autour
hx monde.    Us mirent à la voile en
1776 j|6c le 9 novembre de la même
année ils quittèrent! le cap de TVwe
Efpérance, pour aj^er découvrir le pa£*
fage çntre FAfie 8c* l'Amérique, 8c chemin  foifoitf||rémettre|l'Indiœ   O-mai*?
affez i connu , dans fa patrie* l'une des
îles O'tahuiennes. \t       p ■      ■ % ^§
^^^Avai^i^^artir , Cook avoit laiflé fes
jauniaux du précédent voyage au dofteur
Douglas chanoine de St Paul de Londres , 8^ chargé de l'édition Mr. Straham |
imprimeur d» roi^ 8c MffJames Smart |
qui la firent paraître en if ?7* Ce fo?
le dernier voyage de ce brave capitaine,
qui n'eutilpas même la fatisfa&ion de
Facile ver, puifqu'il fot tué par les habi-
* tdfe
, iàns de Ole d*0-\fcaih(, #dela manière
que Fon a vue dans la relation de Henri
- Zimmermann. )  * jj| *     .<   fi
pfAînfi donc périt l'un des plus grands
navigateurs qui aient exifté, le# premier
qui ait paffé les deux cercles polaires^
le prenuer* qui ait trois fois pénétré au-
delà du cercleJter&ique dans dés mers
^jiif^'alor^inconnues , 44le premier qui
^ak foie le tour du monde d'Occident en
IfOrient, 8c même une fois fous une la-
Cptitude que l'on avoit cru tout-à-fait im-
ifpraticable | le premier qui ait reconnu
^rtout ce qu'il y a de icerre dans la partie
l^ionLk du globT,    celurenfiSqui
^non-feulement a  enrichi la géographie
d'une foule de découvertes importantes ,
mais qui l'a prefque complétée, en nous
^appi^enant enfin^èu'il ne^iibus refte plus
de grands continens à découvrir nulle
Mgpart. AuffiPpeut-on dir||que de tousles
hommes célèbres de ces derniers   tems
Ira     i ^ n*en e^ mlcun dont les ei^$reprifesp&
I 11 les expéditions aient excité plus d'inté-
I m: xèt dans toute l'Europe.    Sans étre#ru
111 prince, n^conquérant ,|ni rebeÔe , iMt
||| frappé tousj^fefprks cFa
d'étonnement.
P «»*>^a>A_.
f$é
d'étonnement.! Tout ce qu'il a foit, a
été utile à fo patrie, à l'univers , au progrès général des lumières; mais fes exploits
n'ont point été fouillis de fang, le fer
8c le feu n'y ont eu aucune part. Ainff
danS le fond, tel l'égale en renommée
qui lui eft peut-être bien inférieur en véritable gloire ; 8c il ri'eft peut-être aucun
de Ces héros dont la mort fot plus généralement regrettée que celle de Cook.
Donnons actuellement aux le&eurs quel-
queldétaîlfparticulier for le perfonnel
de cet homme célébré; ce fera fam
doute terminer cet abrégé imparfait de fo
yie i d'une manière qui leur fera plaifir;
Cook étoit un grand homme, fee *
maigre 1 de large quarrùre néanmoins j
fort 8c bien membre , de la taille de près
de fix pieds , ce qiii l'obligeoit à fe cour-
herff beaucoup dans le vaiifeau, j d'où il
avoit contra&é l'habitude de marcher
fort voûté ,.comme tous les marins d'une
grande taille. On reconnoifîbit à fa démarche , & fur-tout quand il vouloit aller vite, un air commun.qui fentoit fori
premier état. Il éto& jbèjuicoup fendu/
de forte qu'il faifoit de plus grands pàé
m
i %6t J. ■■   ,»—.ggs
tque fa taille même ne le comport oit ;
% C'eût été probablement pour un phyfio-
nomifle une circonftance qui lui eût
fait deviner l'homme né pour mefurer
tout le globe. Il avoit les fourcils épais
& fort faillans, le nez gros 6c long, les
Il yeux gris , non vifs 6c petillans ,  mais
il* petits 6c penetrans. La forme des os zygo-
\m matiques 8c celle qu'ils faifoient prendre
I 1 '     À fes jolies p lut donnoit un air écoffbis ;
II mais en général il régnoit dans fe phyw
fionoroie quelque chofe de fombre I de
dur, de repouffant,  dont l'exprefïion
^jëtoit augmentée encore par la forme très-
faiilante de fa lèvre fupérieure. Dans les
différentes altérations de fon vifage , on
xeconnoiflbit clairement un homme de
travail, d'expérience, qui avoit de bonne
heure vu, obfervé , éprouvé des embarras *|cffuyé de la mifere, Fartifan de
, fon propre fort à travers mille obftacles
Ce mille fatigues ; tout cela peint dans
fes traits ,jrfo$combinoit avec ceux du
cara&ere defpotique fie entier^ d'un capitaine d© vaiffeau ..:j| qui à la moindre
|g- fonte d'un matelot frappoit du pied avec
foreur J§8c faifoit :retentir iufqu'au fond
X MMMMMMMW*MMMj
CmV
ï
de la famte - barbe le tonnerre cle  fes        {
imprecations.   %        ■ Jj-
Il avoit les cheveux forts 6c d'un
chatain-clair \ il devoit les avoir eu rou- ■
geS dans fa jeuneffe j mais il n'en reftoit
plus de traces. Il n'avoit pas le teint
aufïi bafanê à aufïî hâlé , qu'on aurofc!
dû l'attendre de la vie qu'il avoit tou-f
jours menée, 8c il étoit naturellement
blême. '%' i III
'  Servviri eri   a donné y    d'après   uri
portrait dé Dance ,    une gravure très- j
ïeffemblante. Cook n'avoit point les manières Agréables dans la fociété ; il man-
quoit abfolument de cette aménité, dé
cette politeffe , de cet enjouement fpiri-§
tliél, de cet ufage du monde, riéceffai-
tes pour s'y rendre aimable.    Prefque?
toujours il étoit comme enfeveli dans un
humeur fourrioife 8c rechignée , au point
que durant tout le tems d'un voyage de
trois ans on ne l'a entendu qu'une feule
fois fredonner à part foi,   8c tmte  afit-    Ja
tiré fois fiffler. Il paflbît les joufs entiers    j|
âVec quatre   perfbnnes à rôder fur lé
bord, à prendre tous fes repas , à boire'
ïteême le foit du punch | fans dire auttftf
La
!
• .
Vf
J?
I*
as
chofe que bonjour 8c bonfoir, 3c pçrtetf
fes fontes ordinaires, du Roi, ou lord
* Sandwich, de la marine , de Mr. Palli
Jer r 8c de tous les bons amis en général.  Seulement les famedis au foir, après
*t    n'avoir pas  ouvert la bouche de toute
1§ femaine , il fe déridoit un peu au premier verre de punch , 8c ne le vuidoit
" jamais fans dire à haute voix, faturday
||ïacré parmi les matelots Anglois, qui
leur rappelle leur femme ou leurs maî-
trefles , à la fonte defquelles , depuis le
moufle jufqu'au capitaine , perfonne ne
manque de boire \m coup , que Fon foit
earner ou ilans le port. Cetufoge vient
peut-être de ce que dans la mari/ie royale c'eft ordinairement le dimanche que
les flottes ou efcadreS mettent à la voile
ou que Fon s'embarque pogf les grandes expéditions , de forte que là ïi[iut du
femedi fe trouve toujours 8c comme de
fondation la nuit d'adieu , mémorable
W par conféquent, dont le fouyenir eft recommandé vivement,    fk, que^Fon fe
fiàppeÛe aii^i   fidèlement^ Atti^^tjenf
lisant pour J^ife voir c^«it;toO
&-*-£* une claffè d'hommes grofïîers on foit
mettregà profit les plaifirs de l'imagination polir fépandre for une vie également
monotone 8c dure quelque agrément 8c
quelque variété. Souvent dans ces in£
tans de liberté le bon Cook étoit tout
différent de lui-même 3 giî, affable ,
ouvert, il contoit des hiftoriettes, il
avoit iç mot pour rire, 8c par fois quelque chofe de phis., fans que l'on pût
attribuer cette licence ni à l'excès di?
punch ,?nîa un goût particulier^ On
n*en cherchera fans doute la caufe que
dans le genre de fociété' parmi laquelle
il avoit paffé tant d'anges. Et en effet
il étoit d'une continence 8c d\me tempérance finguliere , 8c l'on peut dire de
lui dans le fens le plus ftri&e qu'il n'ai-
xnoit ni les femmes ni le vin. Dans jfbn'
fécond voyage de trois ans , on ne le
foupçonna qu'une feule fois ( c*étoit aux
îles de la Compagnie ^ d*avoir reçu ,de
jour dans fa chambre une vifite d'un,
certain genre, 8c de nuit jamais. jSàtf^
vent folTicité^pa? fes camarades , qtfàfcdïi
étoit dans les fonctions inférieures f de feu *
Hvrer à la débauche à? ç'avoii ttâfèfÊl
♦
mus
I été en vain # Ces vertus qu'on admirée
roit dans toute açtre conditio ape un
aufïi bon tempérament r| font çrautant^
plus remarquables  ici   d'ailleurs,    que
Cook n'en rougiffbit pas dans un état où
files déshonorent prefque leur homme.
« Quant à la religion, il paroît avoiçlj
été infiniment éloigné de toute fuperftU
tion. Les expreflSons hardies qu'on lui en*.
tendoit fouvent employer forgplufïeurs
joints importans de la révélation , por«
téroient à croire que s'il ne la rejettoit
J f lllli      Pas i ^u moins il n'y étoit pas fort atta*
çhé. Mais qui le çonnoîtra bien | at tri*
lmera|plutôt cettg témérité à un,,efprit^
de contradiélion qu'il|pouflbit quelque-*!?
ffaà à l'excès, 6c en même tems au dé-*
faut de bonnes inftruftions à cet égard 1
«ipquelles il avoit :très-mal fupplée pat^f
une Je&ure fans choix, fons opdre , 8*tÊ
fins principes^ fbit des livres à la mode t-
foit même de ceux qui les réfutent.. Car
oq lui a fouvent aufïi entendu |défendre
la^religion 6c les mœurs d'une manierep
que l'on p'auroit pas attendre.!
,£• C'efl| encore à un  pareil   défaut dep|
Jmnkres JMfteç fur d^utreç matières <$u'Uj|
#
m faut attribuer la   manie qu'il   avoit dofe
s'égayer aux dépens de la fociété royale^l
des fctéfeces à Londres. |ll avoit lu l%f|
revuede Ja fociété royale , du charlatan
Hill y & il fe plaifoit à en prendre le>.
ton ironique ;    mais dès qu'il fot qu'ont
vouloit lui donner la médaille d'or du:
chevalier Copley § il fot du moment même un membre zélé de la même cornai
pagnie qu'il venoit de railler. En général on remarquoit que le fèntiment inti-^
me  qu'il  avoit de fon  bon-fens  fupé-,
rieur 8c de fa force de tête , lui donnoit.
un certain mépris pour tout ce qui s'ap-i
pelle^ fcience , fi on eu excepte peut-être
les mathématiques.    Aufïi  lorfque Mr.
King y fécond lieutenant, en lui témoin
gnant avant le   départ qu'il s'eftiniqit
heureux de faire un pareil voyage fou»
un fi célèbre commodore ,. fit voir en
même tems quelque chagrin de ce qu'ils
n'étoient accompagnés d'aucun   favant %
( c'étoit au dernier voyage, )  Çook répondit :a U diable emporte la fdence &
» tous les favans avec I » 8c Je bon homme ne fe doutoit pas que les mathémar»
tiques> étoient   aufïi de  la   compagnie*
f      *   f 1 L 4        t' "#
Cependant fi ne faut pas, nous mitres
continentaux , prendre4 tout-à-Jpît ces
mots comme ils fonnenh à nos oreilles.
W V^êfî|font doijiteltine phrafe d«* la langue des cours flottantes , qui traduite en
fonguep»des cours dé terre-ferme, ne
fignifieroit que h permette^ - nous Jits'il
y bus plaît , de croire que nous pourrons
a toute force nous en pê/fèrM, Ô* même
florfqu'én voulut lui foire|lire quelques
||.   fjpvfes for la partie de l'Amérique qui eft
au nord de la Californie,  6c examiner
»       les cartes qu'on en a tirées, il le refufa
tout net, en difant qu'il s'en éclairviroifi
iàin par lui-même Jhns tout ce fatras^
-f Dans les dangers il joignoif^lfev pré-
4 fencet d'efprit   atî courage , ffeulement
>n veut qu'il n'ait pas toujours montré
un courage affez froid 6c affez réfléchi.
:fe: Il/s'etopôrtoit, il frappoit du pied-, 6c
*"  fou vent contre fon avis s'en rapportoit
aux* confeils- que lui donnoient fes officiers foi* forme de queftion 8c de doute.
Souvent^aufli il fortoit des gonds. Nous
fn avons déjà deux exemples ,|celui du
#     ^léferteur. de Batavia} f8c celui dO* vvaihê*
H     gui |ut le dernier j en voici un troiiiI*3<*
î • ;. *
i qui eft peut-être encore plus excufàble.
A Batavia Fufage s'eft introduit, d'après
les mœws orientales , de rendre au gouverneur-général des honneurs extraordk
naires 8C|fek>n le coftume du pays, hony
neurs auxquels leslmembres du confeil
fbuverain participent en proportion. Slr
vous paffez *en voiture dans une rue, 8c
qu'il forvienne un Eedle %Heer ( noble
feigneur ) du confeil, il fout vous ran*
ger vîte for le bord 6c vous arrêter tout
court j fi c'éft  le gouverneur - général >J|-
il fout defoendre. Les cochers 6c les gens
de fervice du pays font fi bien ftylés à
cela ^qu'il ne faudroit pas moins qu#l#
préfence- même de la mort pour les en
foire démordre,'   8c ils veulent que ma*
étranger ne foit exemptâtes céréttK>nie$r
auxquelles font aftreints les habitans dÉf*
lieu. Le cocher qui menoicCook voyant
donc venir la voiture d'un feigneur ceri^
feiller ,    voulut lui faire place 8cs'ardki
ter ;   Cook lui dit d'avancer ; l'autre répond que etla riefl pas /ufteJfy Cook n'a*
pas plutôt entendu cette réponfe   qu'il
«ire fon épée, 8c le menace en fureur
de le tuer for fon fiege s'il n'avance paik
W '** m
m
*
Le pauvre Niable fut bien obligé dm
pouffer fes chevaux , 6c le capitaine eut
encore le plaifir de maintenir m entier
fol droits de Breton 6c d'officier du roi
d'Angleterre,! ^f%f ^^f^Sl^^ ; ï
'^Ê^°ok étoit le plus laborieux des
hommes , 6c portoit jufqu'à l'opiniâtreté
tapltff outrée la confiance ^dans une en-
tréprife quelconque. L'amour dé la gloire)
Bt celui des richefTes forent fans douter
Jes principaux mobiles de fes actions y
(car je ne veux pas nommer avarice cette
paflion pour la fortune qui accompagnoit
eu lui des fentiraens plus nobles ; ) mai»
forcé de s'avancer par fon feul mérite
5c par une carrière étroite où il avoit be-
«^ferné-ger, S comme impof,
finie qu'il n'en contrariât pas l'habitude
d'eftimer un peu trop l'argent. Enfin ii
laiffe à fy veuve près de 70000 Daler ,
& elle en a obtenu en fus 1200 de
penfiom    ?$fc\ o
4En qualité de marin,. on|ne peut
nier que Codk ne fût comme formé à
deffein pâma nature pour les découvertes, & celui qui|le propofa le premier.
an lord.Havvke dut être un homme de TG5>
2222! I ■■; ,Bf t.
*#♦
/*
Mérite, d'autant que , felon toute apparente , ce fot une profonde connoiflance
destalens 6c du cara&ere de Cook ,  qui
l'y détermina. Ses ^voyages feuls feront
à l'Angleterre une gloire immortelle dans
la poftérifr^ Bc c'eft à* ce premier choix
qu'elle en fera redevable : car  quant à
Byron , WaUis, Carteret 6c Fourneaux %.
ils n'ont point  ou prefque point  aug-
mente nos   connoiffances   fer | les par->
ties du globe à découvrir. Peut être en4
tendoient-ils aufïi bien que Cook le fervice:
de mer $ mais ils n'a voient pas fon talent »
particulier pour les découvertes ; ils. neUM
favoient ni ce qu'ils dévoient chercher,:
ni où/ ni comment j fils n'étoientépas
hommes à céder le commandement d'une
frégate pour celui d'un miférable bâti«>
ment charbonnier^ leurs attentions pour
un équipage ne defcendoient pas dans:
le détail ; ils n'étoient pas aiifïi propres
que Cook à traiter avec les fouvage$ j ils*:
n'avoient ni fes connoiffances mathém*q
tiques , ni fa grande habileté à lever des|     ^^
cartes, 8c bien moins encore la patien*     0^
ce de refter comme lui des trois 8c qua»
tre  ans   à pourfuivre des découvertes* '4$
f"m
p
.*
La fociéiËlproyalë de#Londres' Jbt frap-
per àfifa gloire une médaille dfeJa grandeur d'une crône d'Ai^l^ qui
ne Hera diffribuéeéq^âul^^eitflbres de
cette compagnie^!* cYexqai^fi^de fix
en or idont une.-fera prâfeiî^ au roi,
une à la reine ï§j§'une à l'impératrice de
Ruflie en reconnoiflkice|d^ fçcours que
les^vaifleau x *dulacap i tainé^ont ^ t r oti vé s
dansleséportsâde Havvatfcha & dé$t.
.Pierre & St. Paul§une au roi de France
i«iufe désordres générei^^i'illavoit
donnés pouir^ranter CooMœï0mm^ ow
le rencontrait durant *$a guerre ; une au-
irtfpénfin ferai&pour le duc de^O#y qui
lerpremiei fît cette propofition à Sa Ma-;
|efté très-chrétienne, 8c^a dernière eft
deftinée à|ia veuve de l'infortuné Cook*
Quant aux membres de la fociété |ils au*
roncila médaillé en cuivre , J^àl moins'
qu'ils ne feffentla foumifïion de 20 gui*?
nées^pour mietd'or^ou d'une guiaéç
p©ffl^l'avoii^ en argent.^ .-»'.:' -
•JNr
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rr^r»^ imt *"iPÇ
Qcvfssss
:«fi8ft»i
IM.
**S3
N O TIE S*
#^fix millf livre» fterîing pour un voyigt
de quatre ans: fi c*eft par chaque Homme, on né
peut ptre plus magnifique : fi c'eft à divifer entre
P$4 hommes | c'eit bien mefquin $ c'eft un dividende de cinquante loots chacun , environ , J? à&
bien moins fi l'on y comprend les officiers.,..*..»
avec quoi l'on fait courir les hommes au bout 4»
monde î    ^#^ .- r!*&m
^_ a) 11 faut dire un mot de cet O-mai, en faveur
de ceux qui n'ont pas lu les précédens voyages da
Cook. Voici «a gros ce qu'il eft dit, de cet Indies
dans le voyage où les MM. forfter accompagna**
rent le capitaine.
Dans le tems quits étoient aux îles de ta
Compagnie oufde Tahiti , Mr. Fourneaux reçut
à bora un jeune homme du pays f nommé Q-maù
Comme il ne paroiffoit ni d'un âge ni d'une clafle
à le fuppofer capable de donner fur (a patrie let
lumières que l'on auroit^u defirer, Ms. Cook e»
fut furpris ; car les O-tahitiens de la premiere clafle
.ibnt j dit-on i plus beaux *&. plus iatelligens qua
ceux des claffes inférieures . et &*n&i * quoique
d'une grande taille • n'avoit ni b grace ni le maintien des Ehris. Cependant il fe déclara dans là
fuite Ho a \ c'eft-à-dire , officier du roi : de plus on
lui reconnut un grand fens « & fur-tout un excellent
naturel, tel même qu'Urne put fe corrompre ait
milieu de tous Us exemples dangereux qu'il vit e»
TT
•
m*
w |gr?4     5L_^_ -'S !" .l/1^
W^'~    It . JEurope. Ma» auflï n'avoit-11 pas le génie arfez vafW
iotfaUet formé pour faifir de grands objets , de forté
qu'il ne s'occÉpa qua de bagatelles en Europe , di
n'en emporta guère autre chofe. Du refte il avoit
toujours fongé a fan réunir & n'avoit peint perdu
fa patrie de vue* Tel eft l'Indien dont il eft queftion ici.
■ep )) Ces deui Mat font probablement Dina Si
mhiarfeeven ; cependant on ne les trouve pas mar-
m quées exaôement fud & nord» tnais Dina R. TN^Cfc
W l'autre S. S. E. Quant an cap découvert par lea
I F*i<-foisyU j t apparence que l'auteur veut parier du *a/> de la Cireoncifion 9 reconnu enfuîtes
poor la pointe d'une île«i tnafs cotnment* fe fait-rf
epi'illc place par 49 lar. & ^o long, tandis que
las cartes le donnent par il long. Ôé*J54^ hit. I
f'imagine que ce fera plutôt la terre de Boïpie-
ntve . qui fe trouvera à-peu-près au point indiqué
par l'auteur, lequel peut a voir confondu les noms ou
tnal obfervé les4pofitions.
*>4j* Cette détitateffe d'accent 9 quand même 1 au-
G     M taucauroit voulu   dira foihltffe ,   douétnrW doit
P \ paroîtrfc  farprenante dans une peuplade faûvage »
m   S èriJÉia % fans i aucune trace de civilîfatîon ; & de
fila dans m pays inculte, oîi elle ne vit que de
pèche, ou de chaffe : bien différente en un mot
«es habitant  du voluptueux climat de Tahiti, de
M JhHhdu .  &c.|Car enfin ce font prédférhefrr ces
eirconftancés -^défavorables   que les   obfervatêurs
- EL donnent pour* lé^-caufet qui rendent l'accent d'uflf
|p*^fl$ peuole greffier^/ r u de j* fap v age § rauqWr& forcé.
,    vÉfr^ 5) Lorfqu*o% rencontre  de ces   traits qur rap*-*
fifa ;vS& prochènt de nous jes peuples  fauvages* dans diet
Aofes 'qui femblent être de pure convention ,Ë if
jp^jpg  aft difficile de ne-pas fe livrer à quelques réfle-
•1!^un$^/[' iJoaf#^La  rameau vtrdj^ttè^éê tout  tetAi vatf
V*W     <y mbole de paix. La branche d'olivier eft fameufe'
dans tous las htftoriens de  l'antiquité % & -^étok^
#
*mW':      9'->. • $?       4
~   t
[M «a de fes ufages dès avast que la fable en eut feit
naître un  fubitement  de   la terre  aux ord.es de
Pallas dans fa dit pute | avec Neptune,   par quelle
connexion , par quel rapport fondé dans la nature
des cho(as, le rameau ver d fe trouve- t-ii aufii en
crédit au. milieu d'un Océan, inconnu, fur ét$ îles
jettées loin de notre continent. 8c ignorées jufqo*à
nos jours i il eft fort aifé (ans doute de dire que
la veidure eft l'expreffion de la vit, de l'abondance ,    de la fertilité,    &c fruits  de la paix ;   os
donner oit même à cette vieille Idée toute Testes*
fion que l'on. voudroit :: mais cela fuffira-t-i! bien
pour   expliquer   comment ,    féparés   par tant de
.faecles & tant de degrés , deux peuples de moeurs
fc différentes doivent s'accorder à tirer de la tnè-
.me branche d'arbre un figne  de paix ôt un inftrument de guerre 1 Cependant on lie le trouve es
sifage que dans les tems reculés, oh ta civilifattos
peu avancée encore laifloit bien des rapports entre les peuples d'alors Ôt ceux que nous trouvons
aujourdhui, aaft ûmples & aufla bons , épars fur
les débris des continens primitif!.    Divifés es petites peuplades   Couvent en guerre'%   précifément
comme nos fauvages ,   ce n'étbit pas moins que
chaque nation  çntieK  avec fon   (ou ver ai n   qui Sa
trouvoit fur le chatnp de bataille |    & qui y déri-
doit de la paix joiiJdU combat*.    Dans le premier
Cas» d Éallott. un» figne pour * l'annoncer, de loin à
éa nation que l'qn avoit en/face. 4e#ft «Ten venir
aux  pourparlers & de pouv^i^rapprocher d'une
maniera nan hoftile.    QfPrTe n de a|i»softenfible%
diftance , rien de plutôt trouvé | quw des branche»
d'arbres feuillues, & rien de plus (impie à imaginer.
-Les poètes ont embelli entuite tout  cela d'emblèmes t de fymboies ,   d'allufioas magnifiques fana
doute »    ôc nous ne (avons pas encore bien fi hi
* poètes fauvages n'ont rien d'auffi beau en ce genre^
*|y&u fi quelque Hornsrep'y débite  pas de village
m K
s
£a village demRhapfodUs qui feront fortune dani
les fiecles à venir. Mais enfin, fi cette explication
paroit trop .finipie pour être admiflîble, fi l'on
vest en çnercher une plus fa vante dans les traces
équivoques de la tradition, jelaiffe tonte liberté
aux éruditsde (aire quelque chofe de rien. .    j
^ 6) Il y a beaucoup d'apparence aue c'eft Yigna-
me que mon auteur appelle en ^allemand racine
à*y am £ car le nom d'y am ne fe trouve point dans
les relations françoifes des précédens voyages à cet
îles^âc d'ailleurs l'igname eft aufli une efpece de
«racine bulbeufe qui & tire de la terre, no!
^k 7) Voici la raifon de cette défenfe f% que l'on
se devinerait peut-être pas tout de fuite ; car Mr.
Ca^lus-même n'y aurait pas fongé fans les expériences qu'il avoit faites précédemment à cet égard.
JEn effet, on lit dans d'autres voyages ,. ne pou-
rJ|Snt prévoir les mauvais effets de la liberté for ce
point, • le commerce ou Tapprovifionnement foui*
iroit beaucoup & les mefures étaient toutes dérangées , parcç que les fauvages engoués du premier
objet qu'an leur faifoit voir n'y mettoient l'enchère
que jufqufi ce qu'ils  en euflfent va u ri% autre oui
&ùr faifoit oubli&Je premier.i^Lors donc que les
gtm de l'équipage^pe s'entendorent pas , il arrivok
qua quelqu'un leur montroiCna objet  nouveau Se
ijuelquefoix^dont on n'avoit à bord qu'une petite
Îiuantité,    avant que le premier   fût épuifé : dès>-
iijrs lea^fauvages  rebutoient  celui-ci  &^ne vou-
Joient pins que de*l'autre, de forte que Jes affaires
^allaient fort ffîal.\        %; -        .M'   -^Sp ÉÉ
€X 8) U n'eftfHbbien fur que ce fut,là un figne
d'étonnement {^o.'admiration , & §n effet le cor
Çt^lc fifre, font $es ijiftrurnens dont ils ponvoient
avoir déjà ridée. w4Âinfi d'après-ce que l'on trouve
rapporté de ieurS geftes dans d'autres occafions t_
te prendroi|feplutôt celui-ci pour nn.geftc de joie,,"
.  I V*^  • fe*rt     ■       . ft*   :-4^   r***'***   U  m
a
■a
V*  #
# Mmk
W>
'm
gt
Be leuts battemens de main pour an  mouvement
faggéfé par la cadence de la mufique qu'ils emeu*
dotant, & fur-tout du tambour,    on voit en effet
qu'ils font très-portés à la danfe, dont ce mouvement fait partie , ôc il n'en fallcit pas tant pour lei
mettre en train*
(9) On voit  ailleurs que Mr. Cook obferva  la
même adreffe chez d'autres   fauvages ,    mais qui
aptes avoir paré , ne favoient point profiter de l'a» I
vantage pour ripofter.    Je fuis furpris qu'on n'sifM^-y        J
jamais eu l'idée de leur conduire quelques maîtres
d'armes ,gOu de faire efcnmer devant eux ceux des I
foldats ou des officiers qui s'enténdoient à l'efcrime.
Il eft fur que lès fauvages', d'après tant de  difpo*
fitions naturelles, auroient pris beaucoup de goût
& ce fpeâacte , & que bientôt l'art fe fut répandit 11
dans toutes leurs îles.   Je ne crois pas du moins
que Ton ait fait fcrupule de leur vendre des fleurets 4
plutôt que des poignards : nous n'avons pas coutu-*
me d'y regarder de fi près.
^- "| 10) C'eft bien dommage que pas un des tnufn 1
clans que Mr. Cook avoit à bord , n'ait eu l'efprit
de  faire auifi des obfervations relatives à fon art*
Combien de queftions ne font pas les théoriciens *
à la folution defquelles un habile obfervateur ed
ce genre eût pu être infiniment utile,    en cher**
chant tes traces de la nature chez des peuples encore fi peu dénaturés pair Ta civilifation ? A la vé.
rite, de ce qu'un homme non expert s'eft trouvé
l'oreille fi flattée de leur charit , on peut conjecturer aue les intervalles qu'ils pratiquenrïîe font M* *
irréductibles  à notre échelle : mais celajlm* nous
v    avanceras beaucoup. N'ont-ils qu'une -fimplemé-*!
lodie ? font-ils du contrepoint ? d'où leur mufique
tire-t-elle fon charme pour eux ? démêîe-t-on erflf
eux quelque  trace d'un fentiment obfcur de l'es*!/
preffion f   &c. &c......   Les amateurs, feront deaÉI'
ygeux avecf moi pour que Ton nous donne unioaÉtf
» M
*g|lut&res li-deffus. Il parolt que l'atnbHîoii
européenneiraffafiée de ces conquête» lointaine» ,
Vifite aajourd'hui le» peuples nouveaux d'une ma*
niere plus pacifique que for» des premieres décou-
Wrt» detSSinque : d eft à croire que celle» aut
f» *fâ*îf aôuefiement ferontJmom» înfruttueufes
Doutées arts,   tea.. Sïj      | ..
' *Cr» n'eft point du tout hors de prdoos de
«marquer combien rexercice naiurel des fiteulté*
SnteUiaaellè. tel que Efange le gottjeroement
arunlnation fauvage ,jfe& tel que le procure une
Éducation 6»*age .peut étendre le» idées , ou «a
inoins perfectionner Je jugement, A yoiFl imhBe-
rence de «Éàt de f#nces dans les anciens contmens
fur tb* objets dont il eft queftion, qui s attendrait
f trouver dans des ihefs fauvages cette cuftofité
crave & kdicieufe qUje new Wfardons avec rarfon
tot^tâm^^^mF™' cetw1
MfincèM <** Wéef d'avanceaiief cette tendance
^|iix progrès #H»'£'*&$*** eu cependant ni pré-
ce&eurs,  niMôl*»ettrs, fit ikya'avoient pou*
de^Mft^.Q«îeUepiftérence 1 «ra-t-on.   Oui
f^oiÉfP eMeft g««idfM»ffiig8a,.dIe-t-0I,
«wefquf^mnf*w> phénomène «explicable que
ouelques^ril^rTacheiSi Jfn Eetfpe Je pa&wde
quelques-unes de ces ebofe^. llaljfouvent cependant %ie vérité à ajouter k «eUejiftin» ditemhom-
me de eénie Aque Hn ne fait Jamais bit» que ce
que 1*<* a appris (S-même : c'eft quelle même
?on ne fait*ien que ce que l'on fait f£mtme_.
& que l'on peut faire foi-même plus qu il ne «ni*
bleroit d'abord. Finau & Fitifi feront peut-être
)es F«r«-Me létifsîlesj. & préparero» la naif-
ùoei^un monde nouveau | fi les efprits inquiets
de l'ancien ne les troublent pas. Qui (ait ce que
—   .m*. 'a 1^ -   J. m*-.t ^ **à£L  «A»Aa.l«a«    j^t «t n   «n s\ t s a    avi%nt
W1*
Sk &
%..   i     ■!■■   * ^ .-   , ryjf
ti) Idolatry eft bientôt dit ; mais rien  de ce
que dit ici   Mr.  Zimmermann , quoiqu'homrae^de?
fens ,    ne paroit prouver bien dénionftfativement
que  ces infulaires foient proprement idolâtres, oi
même   ce qu'il raconte plus bas d'une autre He.
Ceux qui examinent les chofes avec fcrupuleAyd
connoilTent la valeur des termes, ne fe hât^t.» ja- *
mats de prodiguer des dénominations , fur-tout défavorables. L'auteur a vu ici un temple quarré ., là
il vit des buftes  d'ofier  couverts de  plui&s ;\ cf J
temple eft fait pour les buftes , &  les bu Un pouf*
le temple, a la bonne heure ; mais il convient lui-
même que c'étoient ceux  de leurs chefs ou Ehris
décédés, 8t que l'on ne pouvoit s'yjméprendr^
puifqu'iis mirent le bufte  de  Mr. CpJt. lui-même
au nombre des premiers. La queftion eft de favoir
s'ils en fa i foient des dieux : or on i conviendra que
cela n'eft  pas vraifemblable^Les Romains A, parvenus par les derniers degrés;, de fila' .fortune « de la
Culture au dernier degré, de^ayikflemeni^ purent
faire un dieu d'un «nspe^eur^^M^feême qu'il ne
méritoit pas le noipn a1i^î||^*|^al^cauies en
font connues , au (^bjenqee^^J^I'ile' Culte qu'ils
rendoient dangf. leur cceur J^^es^Qieux   factices.
Comment imaginer que des eau fes fi opposes pro*
duifent le même effet «^èi #ue les deux extrêmes
fe  touchent en ce poSnt"! Ces peuples paroifienc
très-attachéf à leurs rois ;   mais il règne dim cet
attachement k quoique rçfpeâueux m une certaine
familiarité  qui fent encore trop l'égalité pour s'accorder avec l'idée fuperftitj^^. que ces rois foient
des dieux r & t rop- d e fimplTç|Lé pour la baffe Gâterie * de; l'apothéofe. ^'auteur jne vit pas un affex
grand nombre de buftes pour qu'on  doive croire
qu'ils en confacrent à tousles chefs qui meurent ;
il  femble plus raisonnable de penfer que cye!l \ une
diftindipn accordée à ceux qui fe font le plus aimer
de la nation. Or, dans cette fuppofuion il faut bien I
tin lieu deftiai I cet ufage» & qodqu» «tes 3
quelques cérémonies , &c>n un mot rien ne
prouve encore ndolâtrie.f&n n'a point diftingué
chex en an ordre facerdotal, (ans lequel èdle-ci
Ntee peut gueres fe concevoir^ Un des rois préfide
auaHifrémotties de ca iculte qui femble plus politi-
*jque quéreligieux : cet ufagejpft auffi (impie que
!|dpoble fit naturel f fie oo le trouve dans les premiers
tems dont nous ayons connoiffance.   Quant ans
| profternemens , inclinations, encenfemens même t
toutes ces démonftrations extérieures ne difent tien
|fjjde pins. U n'y a qu'a s"imaginerce que dirort un
fauvage. Mon cette logique , en voyant certaines
leâes chrétiennes aux pieds des feints  de bois    t
tàMe* t d'ajrgent^oaf de couleurs plaquées fur une
toile, fitjetter en cérémonie de la tumée au nex
de perfonnages qu'elles (bat bien loin de prendre
pour dejfcdicuf. Au refte Ii les cérémonies exté-
rieures fente |fi >rt l'idolâtrie, fans en être toute-
Ibis» c^'^^^ltffeï^^jtoite pour approuver les
fe&es qutLoï» renonc$*plus ou moins à un fefte
fi mai ptap fi puéril & fi fufpeô.    Enfin une
grande preuff^l mon avis , au e ces profternations
m (ont point adMgda J^dolâtrte^ c'eft que les
lois de ces rles-là fe faltient entr'eux de cette manière d'égal 1 égal. L'auteur prétend dans on au*
tre endroit que ces infulaires regardoient dans le
commencementSle capitaine & tous les gens de
f équipage comme immortels , fie U y a grande
^apparence qu'il a eu raifon : mais fi cela peut jetter
îelque embarras dans nos idées fur leur compte .
lu moins n'y a-t^il rien d'évident a en conclure
contre eux , comm| Ton Verra plus bas. On demandera peut-être : mairquel eft donc leur cette ? car
nous ne pouvons pas refter dans cette incertitude.
Je répons qu'il faut pourtant bien  fe  refondre à
'à
tut
r
«r«>  "1*~r*ras  *!*" •*   *•*••   pvuiiaiu   wiçd    ic    icicuurc
ignorer èe qu'on ne fait pas, tout au moins jufqu'
c« qu'on lait appris ; or c'eft* ce qu'il ne «
4*,
# Siijfe    aj     *s
attendre que d'une plus intime fréquentation da
ces peuples , qui en nous inftruifant de leur lan-
gage nous fera pénétrer dans leurs idées.
^ i 3) Les naturels regardoient-ili auflî celui - ci
comme un des immortals ! on pourroit le croira
comme des autres : mais du moins paroit-il qu'ils
trouvèrent fon procédé mauvais , fie qu'ils s'en te-
noient offenfés ; or en ce cas il faut convenir qu'ils
uferent d'une grande modération , fi on la compara
avec ce qu'eût fait la jaloufie européenne ou afia-
tique«|Au refte , quelque modéré que fût leur procédé , il eft cependant difficile à concilier avec
leutSjindifférence pour le commerce très-familier de
leurs femmes avec les équipages Européens.
14) Si l'on peut trouver cette punition extraor«v
dinaire, c'eft feulement parce que fur la liberté que
ces fauvages femblent accorder à leurs femmes d'avoir commerce avec les Européens ,   nous avons
conclu qu'ils étoient peu. (crapuleux fur cat article
des mœurs.   Il eft.vrai que  u c'eft une loi parmi
eux, cette conformité avec les nôtres eft un nouveau rapport, du genre da ceux que pS déjà fait
remarque*,   qui ouvre un champ immenfe aux recherches,    aux conjectures fit aux réflexions.    Si
l'auteur s'eft étonné  de  cette contrainte impofée
aux perfonnes mariées ; parce que nos loix font peu
féveres ou pea Sévèrement exécutées à cet égard ,
il a eu tort. On fait que chez une infinité da pen*
pies les filles jouiffent d'une liberté beaucoup plus
étendue que les femmes mariées ; ce qui n'eft point
déraifonnable ,    quoiqu'en dtfe   notre jaloufie .ou
notre délicatefte. C'eft une propriété ; on la perd
en m cédant. Chez nous, U eft vrai * ces écarts font
accompagnés de trop d'autres vices pour que noua
n'ayons pas au(E raifon d'exiger des filles plus de
retenue : mais chez des peuples (impies, il en doit
être tout autrement. D'ailleurs U arrive aufli chez
nous tous les jours qu'un homme en époufant une
■' '    . ' .  " ^     M |  J  .   Ay;\
*-•# K
■ ■»>      B
■«ÉJH
a
femme oublie toutes les aventures qu'elle peut
avoir eues auparavant, fit feroit au défefpoir qu'elle
en eût de fembi abies après. Le ftibuftier recevant
aux Indes la coureufe qu'on lui envoy oit d'Europe ,
d'une main prenoit la fienne, fie de l'autre tenant
ion fufil, lut difoit : je ne m'informe pas de -ce
que tu as fait jufqu'à ce moment ; mais fi tu me
manques quelque jour, voilà qui m'en fera raifon.
J'obierve qu'en général cette diftribution de la liberté fit de la retenueàp fans étendre celle-là cependant jufqu'au concubinage , eft affez dans les
idées d'un peuple (impie oui a des moeurs, du bas
peuple des provinces 8c des campagnes en diffé-
|rens lieux de l'Europe. Là certes , une fille, en fe
^mariant, croit bien perdre fa liberté ; dans les hautes claffes c'eft tout le contraire. Chez certains
Fay fans on pouffe l'innocence jufqu'à permettre %
ufage, k une fille de recevoir toute la nuit ,
feule J couchée, fil fans lumière |" dix ou douze veilleurs dans fa chambre , fans qu'il réfulte de cet
ufage beaucoup d'inconvéniens ; mais on n'y,permettait jfes di# amans k&Une femme oui a tant
foit peu d'art, comuÉÉ cher nous parmi les belles
«lames de la Mlle, i %h, l|p^^
Enfin ||pour revenir îrnos fauvages , fi Téton-*
nément tombe , comme je le croîs for cette efjpe»
ce de contradiction avec les moeurs que nous leur
fuppofons f nous pourrions en tirer de quoi fortifier la conjecture de certains voyageurs , qui pen»
fent, d'après le petit nombre de femmes qu?ils ont
laiffé voir aux Européens , qu'ils cachent les autres % j&L que , de plus , ce petit nombre j pourroit
bien être une élajle de femmes deftinées-è l'état de
courttfanes. Et en effet, fans cet arrangement il
fferoit difficile de concevoir pourquoi , permettant
tant d'adultères avec des étrangers , ils en puni*
soient un commis entre naturels. Quoique l'auteur
tM cite mjfctd'exeiàple de femme punie pour adub»
a *
3,1
Jf
tere, on impunie , ce qui rend les conjectures
fort hafardées , cependant d'après l'ufage d'avoir
une claffe de courtifanes , dont il leroit libre
aux hommes d'ufer fie dont l'entrée feroit de même
libre pour les-filles qui ne voudroient pas fe marier,
on peut expliquer pourquoi, les hommes feroient
encore plutôt punis que les femmes ; car dès-lors
les femmes qui ont préféré le mariage ne font plus
tentées d'être courtifanes ; mais les hommes mariés ou non feroient inexcusables de féduire des
femmes en puiffance d'un autre. Peut-être auflî,
font-ce leurs filles qui ont la liberté de fe profti-
tuer ainfi, d'autant plus qu'on n'entend parler que
des jeunes fie qu'on ne voit pas qu'il s'en foit pré- ^.
fente d'âgées : s'il en étoit ainfi, dès-lors l'ufage \
changerait un peu de nature, fie paroîtroit plus
contraire aux moeurs Se à la population ; mais il
rendrait l'adultère dans les hommes encore plus
inexcufables* Et après tout, rout cela n'offriroit
point la contradiction qui parmi nous choque tous
les efprits fenfés fie/réfléchis : on ferme les yeux
fur l'adultère , fie cm flétrit, on outrage.* on fait
pis encore à une fille infortunée pour une foibleffe
qu'elle n'eût pu cacher que par un, crime , ou p*» *^
venir qu'à travers faille entraves impofées au mariage | foibleffe, par conféquent, dans laquelle il
n'eft peut-être que trop vrai que les loix elles-mêmes 1 ont précipitée , en la plaçant entre la nature , la mifere, Se le crime, fie la forçant de faite
un choix. Or de-là je ne vois pas que nous publions tirer grande matière à nous enorgueillir avçc
ces bons infulaires, ni grands fujets de reproches
à leur faire.
15) Un roi fauvage donner dès Hommes comme
un (Gitan f comme un. ,.]D prôneurs de la liberté fie du bonheur des nations non civilifées LO
détracteurs de nos gouvernemens , régens qui gour-
snandez  nos maîtres par des exemples fijaatnéti-
Vré
f. .
Ift Gtifal\ez-vous devenir Jfvous vous confëKez
•Jèuelquajfaçon de nos maux en fongeant qua
quelque coin ddt$a tare en étoit exempt r il faut
renoncer à votre chimère. Vous n'avez plus que
^Sraifon feule $ taire parler aux demi-dieux d# la
terre. Les^races|bférieures fubiffent par-toutfle
même joug. Mais ces trîftai queftions ne font point
de mon r effort f^ôt je an tire de ceci qu'unç petite obfervation qui peut avoir quelque poids pour
la décifion d*uh£ autre queftion qui a déjà enfanté
bien des volumes : c'eft qu'à voir comment tous
Jes animaux perpendiculaires à deux pieds fans
plumes fe reffemklent , je ne pois plus douter
qu'il» ne faffent tous qu'une foule fie même famille
iffiie de la même fouche.
Ou 'a obfervé que dans les îles les moins fertiles « les moins favoriféesPde la nature^ les fau-
Ifages paroiffoient avoir confervé plus d'égalité en-
tr'eux, fie on a trouvé cala fout naturel, on n'a
pas été embarraffé le moins du monde à expliquer
ce phénomène moral. Si les chofes s'étoient trou-
véesgNHlt oppofées | on eût dit avec tout auffi peu
d'embarras qu'elfes dévoient être ainfi « attendu
me fouaNun climat doux fie fur un fol qui offre
Jpontanémenr^l* chaque individu une fobfiftance
abondante,. les hommes pouvaient fe paffer lea
suis des autres » ïfic par conféquent refter plus
égaux £ plus indépendans entr'eux | que fous des
itones où les rigueurs de la nature les obligent à
réunir leurs efforts , fie par conféquent à fe donner des chefe , &c... Spéculateurs fublimes ! laiffe-
tez-vous une fois ces matières, ou nous les éclair-
cirez-vous enfin f |jj|
SPW) Encore «n aâe de defpotifme, de fouve-
raineté fi l'on vcutjyjnais il y a Men d? la différence entre donner un terrain fie donner des hommes*,comme ci-devant. Cependant l'un ne luit-il
pas cHjiure, ne le fuppofe-fil pas en un certain
% m ■
» %
S
rtens ? À quoi fervira à ce fauvage un terrain plus %
fpacieux oue celui de fes compatriotes , par con-
faouent plus grand que ce qu'il  peut cultiver lui*  -
même ,   s'il n'a pas des efciaves pour fuppléer à
fes bras fit l'exploiter fous fes ordres ? il tait done
les moyens d'en avoiT;    ils exiftem donc là-bas ,
ces moyens.   Je le répète : dans quel coin de ce
globe  gît donc la liberté .* Les uns l'exilent dans
«ne tie a triple couronne, les autres dans des montagnes , d'autres dans des marais , d'autres ailleurs :
je demande toujours, ou eft-elîe ? An refte peut-être
fe lamente i»on #de fon abfence plus qu'on ne feroit
Ii on avoit bien réfléchi fur ce qu'elle peut être :
nous fentons bien  les maux qui fuivent fa privation ; mais connoic-on ceux qui l'accompagneroient
elle-même ?
17] Par malice,   cela fe peut : mais comment
le (avons-nous i....... nous avons un fingulier pen»
chant à interpréter en mauvaife part ce que nous
voyons des autres hommes : fie s'il eft vrai que
ce (oit toujours une fecrete analogie qui nous diôe
ces jugemens , c'eft trahir mal-adroitement notre
fecret. Ben eft de cette accufation comme de celle
d'idolâtrie. A l'égard des peuples que nous connoif-
foas fi peu, cette légèreté eft d'autant plus impardonnable , que tous fes jours il nous arrive dénoua
tromper en voûtent juger nos voifins. Eft-il bien
fur que ces infulaires ont du vol les mêmes idées
que nous ! La propriété, dira-t-on , eft connue par»
mi eux , comme on Ta vu ; le vol en eft une fuite
naturelle ; donc ils connoiffent celui-ci. Cela
peut être.; mais nous ne pourrions pas encore décider de-là s'ils attachent à cette aftion l'efpece de
moralité que nous y attachons. D'abord nous ignorons comment ils entendent leur «oit de propriété.
Nous avons vu donner des terres , mais comment I
mais pourquoi ? Depuis la -roi jufqu'au dernier des
natural* 9 tous paroiffent vivra de la giême façon 9
HH i
vt
ioatr de fa même abondance ; chacun fo fait luP
même 6c. fe procure if vêtement fie le logement;
les manteaux ' fie les bonnets de différentes grandeurs ne fervent qu'à des diftinôions de rangs ; ainfi
rien ne paroît exciter la convoittfe chez eux , ta
f tre propre à devenir matière de vol. - D'ailleurs
leurs befoins étant fi bornés à l'étroit néceffaire fie
la terre fe fourni (Tant abondamment, chaque individu a droit réellement de jouir do ce qu'il lui
fout, fie nul autre n'a intérêt de l'en priver. Od
auroient-ils pris des idées de. crime «antre la propriété avant que nous enflions éveillé leur convoi-
tife 1 6c même après  leur avoir donné ce  vice »
Îkput-être n'envifagent-ils encore dans ie vol que
pmbarras d'éviter nos. pourfuites g^, 8l ce fera-là la
caufe pourquoi ils fe cachent fie montrent de la
jeraimeoà Que lfaa?fo rappelle un des réglemens de
Lycurgue , fie que l'on compare* En un mot, dans
un climat où la: naturf^donne tout t il a été au
moins uni* tems où l'on n'a paa dû connoître la
propriététp fuppofé qu'on l'y connoiffe aujourd'hui
Selon notre feos&il y a de plus lieu de juger, an
point où font encore ces peu pies-\k% qu'ils ne font
pas bien éloigncs^ncore;de ci tems lie,ureux ;
parriÊonféquent il doit 4^%r*ftfctfcde fortes idéea
de cette communauté primitive. U «eft donc très-
probable que ce ^pauvre Ehri pou voit trouver très-
an juft e le traitement qu'on lui faifoi^our la petite
réminifeence de communauté qu'il avoit eue. Au
bout du compte j il fe. pourra que la vue, d'objets
nouveaux les frappe au point de leur faire ; oublier
leurs principes valors^ je dirai qu'il (aut donc encore reconnoitre là If race d'Adam. Mais puisqu'il
nous eft impoffible de favoir leurs idées là-deffus /
c'eft trop te hâter que de leur imprimer dès ce
moment une note d'infamie à notre mode.
'^àl8] Peut-être étoit-ce une perte pour les équi-»
Y\
pages que
HQrtion de  ces deux hommes
,é
• mats étoifV elle fi irréparable qu'il fallût arraches
violemment ces deux infortunés au bonheur innocent qui leur tendoit  les bras , fie après lequel ils
foupiroient ? & s'il eft une claffe «hommes à qui
il foit interdit d'y parvenir t    même par des votas
fi (impies & fi innocentes ,    quelle caufe l'a donc
réduite à ce point de détreffé ? Ils s'étoient engagés fans doute , je le crois , Se ils auroient pu s'y
«prendre autrement pour obtenir leur congé.   Supposé que le capitaine l'eût accordé à leurs prières,
étoit-ce donc le défout   de cette   petite formalisé
qui devoit le porter à tant de cruauté } fie s'il a
craint la contagion de l'exemple , danger affez chimérique ,    ne pou voit-il pas faire des recherches
moins efficaces ?    Il me fembie que je me ferois
applaudi de prendre ce parti.   Nous ne pouvons
guère    imaginer   que   le   capitaine   eût l'idée de
préferver  ces heureux fie innocens   infulaires  des
vices que lés deux Européens  n'auroient peut-erre
que "trop réuffi à leur donner en   demeurant tout-
à-fait parmi eux;    Mais enfin § s'il a eu le deffein
vraiment fublime de ne point  leut^laiffer un germe cent fois plus dangereux que celui de la vérole dont fon humanité  l'a porté plufieurs fois à
empêcher lé propagation  dans ces îles , il mérite
mutant d'admiration  de notre part que de recon-
noiffance de la   part de ces peuples.    Il ne nous
reliera plus qu'à nous étonner des moyens qu'il
prit enfuira pour regagner le cœur^Be ces deux
hommes innocens fie opprimés? pour les empêcher
de regretter le bonheur dont il les p ri voit, fie leur
faire aimer un état dont le dégoût les avoit portés
à tout faire pour s'y fouftraire. Remarquer que tout
cela fe parte entre Anglois, ce "ne feroit rien a jouxter ;  on ne croit plus depuis long-tems aux préro*»
gatives d'une nation qui a  inventé \w**-prejjc9    fie
qui d'ailleurs paye j comme les autres 'Jfes tyrans;
Mats ce qui n'eft pas indigne de remarque, ce qui
t n\
v«
^n
ts#
^W^feyp6 A1 tnotm dans fe langage du matelot
en racontant la tf&te aventure de (es camarades ,
c'eft te profond aviliffement d'ame oui l'empêchoit p
lui, fie fes autres témoins ou miniftres de l'exécution, de fentir l'outrage foit k eux-mêmes dans la
perfoene des deux ou us femblent condamner auffi
far teu| filence fie leur   docilité auffi   baffe   que
cruelle.   L'habitude de fe vendra, fie de fe regarder
personnellement comme partie de la propriété d'un
aebnew ,   n'avait pas laiffé à ce matelot dans lea
veines Jlne goûte de fang libre fie non corrompu 9
qui pût s'émouvoir lorfqu'il fo retraçoit toutes ces
ckconftances pour les écrire ,   fil lui arracher un
taotjpun foui mot d'indignation : tant on peut dise
déboutes les nations ce qu'un auteur célèbre n'a
disque d'une feule, qu'elles fa vent à un toi. près
ce^fue vaut leur fang il leur liberté. jfiJT
W}9) ** me femble que l'on  pourroit faire id 4
cattamet gens une queftion embarraflante : où  eft
le peuple civilifé qui en fit autant pour fes rois, ?
fie wée* fauvages If font i   eft-ce un haut degré
de ctvilifadon fie de perfection politique qui eft fo
fource de ces fentimens ? Au refte, un fentiment
qui produit de tels effets , |fie qui paroit agir avec
plus deforce for les femmes À paroit devoir s'attri-
Ihmst à  quelque fable religieufe accréditée dans ta
nation.   C'étoit , felon toute apparence, un fenti-
rneat aveugle qui ne tenoit en  rien aux qualités
perfonuelles du prince.   Las nattons d'Europe aiment leurs fouveraios (Tune manière plus éclairée ;
«tais auffi cet amour, qui coûte plus aux fouve-
rains, leur fait infiniment plus dlionnear.W
:   *oJ Cas infulaires nagent fie plongent comme des
pmffons;   l'un dlux aura trouvé cettç ancre en
plongeant ; il fera venu le dire aux autres ; ils fo»
3rent foire des cotées ; ils en auront foit une plus
longue fie plue forte qu'à l'ordinaire ;   le plongeur
-■.^a*^<Aii&.h _"iz D i.  y
MHBSSS %$$
Ce puis tous fe feront mis à tirer jufou'à ce qu'elle
fût hors de l'eau : je ne vois pas là de quoi ouvrir
défi grands yeux. |p
ai J L'auteur de l'abrégé de la vie de Cook
ajoute à ceci ; que le roi de l'île en arrivant à la
vue du capitaine fe profterna audi tout-à-fait devant lui à une ^certaine diftance. Je ne dûs paa
pourquoi Zimmermann auroit oublié cette circonf-
tance , lui cependant dont les entretiens , avec
• -v,       les nouvelles de Bùfchmg , ont fourni à notre bie-
Îlràphe tout fon" fonds. Enfuit e celui-ci foit les ob-
ervations fui vante s ; a relativement à nos moeurs
m cet accueil doit paroître fort extraordinaire .
s» mais je ne crois pas pour cela que ces peuplée
s» aient voulu rendre à Mr. Cook de plus grande
s» honneurs qu'ils n'en croient devoir à tous lea
st rois étrangers. Il eft connu que cet ufage avoir
m déjà été remarqué dans les îles de la mer ûm
n fud. Le capitaine hollandois , Cornelius Schou-
» un, avec fon compagnon de voyage Jaques Le-
m maire , fot préfeot dans l'île de Hoorn à la
ss rencontre de deux rois qui fe vtfitoient de deux
st îles voifines, fit les vit fe profterner l'un devant
si l'autre en même tems à plate terre. Cette céré-*
i» monie fe voit dans une gravure qui accompa-
» gne la relation de ce voyage.    Ainfi ce feroit
f w juger bien légèrement  les peuples de ces d*»
m mats lointains que de fe figurer là-dedans une
'■# t» efpece d'adoration   reffemblante. au culte de la
ssx divinité, n
Je fuis entièrement de l'avis de cet auteur 8c
j'adopte fa modération circonfpeâe. Cependant»
fans m'en rapporter à mon auteur, je ne faurois
douter que ces infulaires n'aient eu de Mr. Cook
fie de fes gens des idées extravagantes. Je ne vé-
tillerai point fur le mot adoration 9 que l'on fait
être équivoque, qui a été expliqué ptes d'une fois ^
gui oc fignifie autre chofe que fo proj-terner le vi»
ii É^ggcontfeferre i* fie qui 1fi l'on voulait, figmfie*
rôs$ t#ut aufRbien un bai fer futpfc bouche , manière de faluer que nous avons vuegjong-tems ea
ufage. Mais en pefant les circonfiances , on ne
|rj&fvOM poLÀ invraisemblable qu'ils aiem cru avoir
^^c^a la yifite d'uni raqfcr d'immortel s , ou d'une n%
turc fupérbura à îaJeur. Qu'on foggnette à leur
plaçait aq^milie^i^e leursrjtmpreffemens, qu'il^ ne
Çavoienf poi jt être fufpeâa*^iU^oient I éclaiV| ils
eotendentjl^ioraerre , Iça foudre captive dansldes
tpnina jn nmftr i ap fbrf^veç -fracas, un deik leurs
■t%eft^teint^ iLs le^^roient faut-vie^ fie le trait
rapide quLJ'a frappé échappe à leurs yeux.%|ion t
Ce ne pu^r êujf dans leur idée qu'unevrace de
dieu%ou d^k dem's^dieux ipii. avoif, ppérf cetref-
ft^y9M%^fi6&ge^ fie ^lendemain quand, ils virent
le Jupiter de cejuolympe flottant s avancer feul h
ïeuV^retlcontre avec^majeflif leur premier mouve-
men|&Jus^t;r^celui de fe profterner, fie »de refter
avçc^gpn tremblement religieux dansjcette,; pollute
de fuppliane Cette dernière citconfiance fur-tout
eft frappante Meat on ne voit point tf p porté qp'ils
refient ainfi||pr offer nés fans oferi, levef;: iejr ^yeux
dans las occafions ordinaires. Voyez J ancien./#/?/-
rtrâjpeim avec fes foudres à la maia r qu'avoir cette
idée au-deffus de l'effet de nos armes à fou qui
étonne ces^auvages ? Que l'on fo fouvienne auffi
de la feble des Centaures M fie qu'on juge Afil eft
bien extraordinaire.-;que ce peuple prit nos fofil-
leurs pour des immortels I On voit d'ailleurs bieji
clairement par tout ,ce qui fe^ pafia k^Ç-waM
qnll n'A a quece foui moyen de rexplique% Mais
Ace là de:l'idqîât#ïé ? non fans doute ; c'fft de
îêïcmtme-, .de Mooumme9 une confufion d'idées
inexplicable danfides hommes auffi peu éclairés. ||f
||||lpa,l Autant qu*$h en peut juger pairie, jrappro*
for^/chemeiu: dé^elatfojis. dWerfes , ces" peuples, ne
lf|  fout de ces fortes j d$ choeurs fofomnels que * dans
jytfrç -'#■*■   .4^ Va grandes occafions, dans les fêtes religîeofes o*
militaires: or je fuis encore  très-porté à prendra -*Â
id cette cérémonie pour une de la premiere efpe-
ce ,    toute idolâtrie à part.    A l'apparition fubite
d'une chofe  auffi   extraordinaire ,■ ♦ auffi frappante
que dut l'être pour dis pauvres fauvages un vaiffeau européen, un palais flottant plus gros fie plus
beau qu'ils n'en favent foire fur la {terre , fie dune
ftrufture dont ils n'avoient aucune idée,   il eft h  •
croire que leur étonnement fe fora changé en une
Vénération religieufe ,    felon le penchant inné,   fi
«n peut le dire ,    chez toutes les nations ,    chez
cous les hommes;,   d'expliquer tout de fuite ce
que l'on ne comprend pas, par quelque caufe for-
naturelle tout auffi inconnue ,   en un mot ,   par
l'opération de quelque être d'une nature fupérieir-
re : ce qui prouve en paffant# combien il faut
^de lumières fie de courage d'efprit pour fa voir douter fie ignorer quand il le faut.   Ils auront donc
cru qu'une lace d'êtres extraordinaires ,    de dieux
fi l'on veut |f venoit les vifiter, comme l'on trouve
«Jans la mythologie des traces d'une pareille erreur
parmi les peuples de l'antiquité ,   dont probablement le degré de civiiifation  n'étoit   pas fort f«-
périeur pour lors à celui de nos fauvages.    Rien      v%
d'étonnant donc   qu'ils   fe   foient  hâtés   de venir
rendre hommage aux nouvelles divinités errantes ,
fie de les rendre  propices par des prières publi- *
«mes. En effetHjp ce chant folemne!, cette proceffion
navale ,   ces coryphées en habit de cérémonie v
lout cela , d»*)^ rofemble , on ne peut pas plus ,
i un fervice religieux , même felon nos mages; fie .
Vil y a quelque chofe d'étonnant,   ce feroit,   dà **-
moins pour mot,- cette conformité, finguliere en
tant de chofes avec ce qui s'eft pratiqué de toute
antiquité fit ce qui fo pratique encore fur notre
«ÉiirinertfâS©'oU vient cet a^prd' général *ntrè '
des peuples qui fo  voient jpojp la premiere fois !
*
%\ it
*i«
dans des chafes que non* favonsêrre ekes   noud
d'tnftitutton#fi^ de convention  ! eft-ca l'extrêmitét
d'un fil traditionnel nui peut conduire le philofophe
a travers la nuit des âges révolus jufqu'aux époquea^
des antiques révolutions du globe fie aux tems qui
les ont précédées i ou fout-il y faire influer la ftruc-
ture phyfique de l'homme,   qui par-tout la même
le porte à des mouvemens femblables ,   fo nature
intelle&uelle , fie autres chofes de ce genre î |§gjjwl
î&*j] Void ce que dit l'auteur de Pabrégé delà
via de Cook, « On fait par las lettres du profeffeur
ss Pallas au confeil 1er Bufching que Cook a enfin)
st trouvé le paffage tant  contefté, tant débattu »
.as entre l'Aile fie l'Amérique. Il doit en un endroit
st n'avoir que trente lieues de large fie %$ braffes de
st fond ; mais ce fot-là que le navigateur fo trouva
I" -    » arrêté; par las glaces.   Or on voit par la rela-
I r tion de Zimmermann que Cook ne  dit point à fea
équipages qu'il croyoit avoir trouvé le paffage. Ainfi
voilà de petites obfcurités qui, fi elles ne font point
érlatlritu par la relation angloife, ne pourront
l'être,que par de nouvelles tentatives dans ces mers*
%a\ Qui avoit donc appris encore à ces peuplée
inconnus à obferver le fabbath ? car void fon obfervation bien caraâérifée dans le Matau. Au refte »
I i 1PI* , fi ce rite judaïque nous étonne au milieu des mers
H -'M*        des antipodes, il n'eft peut-être guère moins fingu-
lier de 4a retrouver dans tous les cultes , dans toux
les tems « parmi les peuples de -noire ancien
monde/? La fable d'Alcythoè eft célèbre ; mais
B fout encore moins la citer pour fixer une épo^
que certaine k cet ufage religieux, que pour
en condore l'origine bien plus reculée qu'elle
lui fuppofe. Quoi qu'il en foit, U n'eft pas improbable que plus nous ferons connoiffance avec ce*
nouveaux peuples fie avec ceux qui attendent encore
no^*navigateurs Ifyplus nous nous rapprocherons
M;^ ^:       d'une •'une origine commune ,   plus nous déterrons de
titres de famille.
25] On fait qu'il y a des peuples qui ne peuvent
pas prononcer quelques unes de nos lettres, même
de celles qui nous paroiffent les plus coulantes ; c'eft
ainfi que notre R eft impraticable pour les Chinois
qui y fobftituent le L. (Jela peut iervir à expliquer
comment ces infulaires rendoient le nom de   Cook
par un mot qui nous en paroit fi différent. Nous en
conclurons qu'ils ne pou voient articuler C dur on
K ,  puifqu'ils étoient obligés de lui fubftituer le F»
comme font auffi chez nous les entans en bas âge ,
qui difent fouvent tajfer pour cacher, touffcr pour
coucher, &c. & encore les bégu?s. Cook qui fe prononce Couk , pour eux feroit auffi Toutt ; quant à cet
i final  [Touti\ , il vient fans doute ou de l'efpece
d'afpiration dont les Anglois Se les Allemands accompagnent fouvent le fon du K . ou de Ye muet qui accompagne néceffairement l'articulation de toute con-
fenne finale 8e qui n'a point de voyelle fubféquente i
choies que ces fauvages rendoient comme ils pou-
.voient par un i léger.
Il paroit d'ailleurs par le vocabulaire qui a été
publié de la langue de ces infulaires dans de précédentes relations, qu'ils ont une langue auffi fonorë
que coulante ,• quoique peu riche fans doute m, ils ne
connoiffent, autant que l'on en peut juger , ni les e
muets ni les affemblages de conformes , deux avantages que nous ne remarquons guère tjue dans la
langue italienne parmi les nôtres.
L'auteur de la vie de Cook dit que le mot
O-Touna ou O^rouni ne fignifie que le grand feigneur , le grand maître 9 Sec. Se que d'ailleurs au
débarquement du capitaine tous ks O-waihiens fe
profternerent devant lui. Ceci eft très-croyable, quoique Zimmermann dt oublié d'en parler : mais quant
il l'explication du mot O-rouni , que celui-ci send
par Dieu, je crois qu'il pourrait bien en effet fignàc
HH .ft-'Jà 55-
fidr quelque chofe de phis que feigneur on prince %
car ils appellent leurs princes Ehris , fie on ne lit
point qu'ils aient donné à leur rot le titre tiO-rouni.
D'ailleurs ta forte de Ce oui fe paffa dans cette île
doit aider à dédder la queftion autant qu'il eft poffible. Cet auteur répagne à l'interprétation de Dieu
ou immortel, dans la crainte qu'elle n'emporte Avne
lot une imputation mal fondée d'idolâtrie ; mais j'ai
déjà dit que cela ne s'enfuivoh point. Et en effet
qu'entendons-nous par idolâtrie i l'aâion de rendre
à la créature ce qui n'eft dû qu'au créateur. Maia
qu'eft-ce qui n'eft dû qu'au créateur? font-ce lea
profternemens , les encenfemens , ou quelque autre
pôfture ou cérémonie } eft ce même l'attribution
exclufive de l'immortalité % Je ni crois pas que per-
fonne le penfe ; ainfi c'eft donc autre chofe que
tout cela , fie ce quelque chofe , je ne crois pas non
plus que perfonne attende que je le fui apprenne.
<a6] Nous éprouvons toujours une efpece d'étorv-
nement de retrouver au milieu des plages inconnues
de l'Océan des animaux de notre* efpece : pour moi
je fuis encore bien plus furpris d'y retrouver les espèces de nos quadrupèdes, 8c fur-tout deux foules
& uniques &fans efpeces différentes. Explique qui
voudra comment il y a là nos cochons fie nos chiens 9
tandis qoftl n'y a point d'éléphans, ni de lions, ni
de chevaux , ni de moutons , fiée, tl fera , je crois ,
difficiîe de prouver que le climat y faffequelque chofe*
^?] Qu'eft-ce donc encore que cette pauvre race
d'Adam ? car je crois que pour le coup onne peut
s'empêcher de reconnoitre ici la poftérké de notre
père. Il paroît que fi ces peuples s'étoient abftenus
dans la  premiere   fréquentation de nuire à leurs
hôtes , il nfe faut l'attribuer qu'à la crainte que leur
donnoit   l'opinion de   l'immortalité  des nouveaux
venus. Eft-clle diffipée , ils volent , ils font pis, "
ils trompent, ils tuent, fiediOu eft donc la bonté
-fijitiKelle ! Cependant il pourrait bien n'y avoir pa<|
y
jlù *~\ & one malice bien profonde ,   du moins quant au
vol.   Et- pour le refte » il y a auffi quelque chofe à
dire : toute idée de fupériorité afflige , humilie , peine , fur-tout quand elle a été donnée par la terreur*
Mais n'eût-elle point affligé, [car on ne peut guère
l'être de ne pouvoir fe donner une autre nature, j
elle ne peut manquer d'être fuivie du dépit lé plus
vif fit d'un profond mépris quand on vient à découvrir que fon s'étoit lai lié faire illufion.  Tout en ref-
pedant leurs hôtes au premier féjour, ces fauvages
fentoient que c'étoient des hôtes incommodes. Ont-
ils perdu enfin leurs fauffes idées , alors plus ils s'en
font laiffé groffiérement impofer , plus ils font avides de reprendre leurs avantages.    Affranchis d'un
joug qui les fdt rougir ,   ils ne croient pouvoir fe
dédommager de la honte de l'avoir porté, qu'en al-   «
tant à l'extrême tout oppofé du refpect fit des égards.
On doit reconnoitre là la marche ordindre de l^ef-
prit humain.    Il loi fout du tems pour revenir aux
idées (impies fie raisonnables , an jufte milieu , à la
fraternité , à la modération. C'eft auffi là un défaut
fans douta , mais où , • pour des fauvages fie (fons fe
cas dont il s'agit, on ne. peut pas dire qu'à y ait
beaucoup de malice. C'eft ignorance, précipitation ,
dépit.
v a8] C'étoit fons doute one forciere du pays : oit '
n'y en a-t-il pas depuis que nous les avons chaffées
de cheat nous ? Se il y a apparence que ce n'étoît
point une déftnfe qu'elle fit à Mr. Cook , car cela
ne s'accorderoit point avec l'âge fie fo fexe, mais
nn défi, ou plutôt encore une affurance qu'elle
donna au peuple que le cSmmodore ne pourroit
vaincre les charmes qu'elle avoit mis en œijvre
fur fa guenille rouge. Il feroit curieux d'avoir
des éclairciffemens fur tout cela : car les érudirs
auront fans doute remarqué que rien n'offre plus de
traces fie plus de reftes chez un peuple de ce qm
tient à fon andenne origine , à fes anciennes opt?
N z jjriaar ft fon ancien .culte,   que les termes fie In)
principes bifarres de fo magie. Au refte , les vieilles
femmes chez nous , pour être quelque chofe, fe
font dévotes ou entremetteufes ; chez ces peuples*»
là , comme chez les Lappons , ellef fe font magiciennes ; il y a partout des reffources.  v ||g
29] Je trouve dans cette réponfo ironique Une prendre trèsrclaire du dépit que ces pauvres infulaires
nvoient de s'en être laiffé impofor jufqu'au point de
jprenfrg des hommes femblabies à eux pour des êtres
immortels, fie une preuve auffi par conféquent qu'ils
Croient été très-réellement dans cette illuuon aupara-
\È0L II y a même plus ; car les paroles de ces fauva-
SjH me femblent. exprimer positivement cette idée
'immortalité : autrement il n'y auroit çu ni moquerie ni ironie à dise qu'un Homme dort au lieu de dire
qu'il eft mort. Ils femblent même reprocher aux at*»
très Anglois de les avoir laifTés dans cette erreur fur
leur compte , comme ayant deffein de s'en prévaloir
fur eux fie de les intimider par cette fufe,„ Une chofe
Énguliere , c'eft que tous les fauvages que Mr. Cook
0 vifitçs dans différentes îles, n'ont pas été portés à
pirendre cette faufic idée de lui fie de fes gens. 11 en
adroit trouvé de bien plus raifonnables dans un autre
.Toyage , lorfque l'un d'eux, qui s'étoit (inguliérement
{►ri* d attachement pour lui, défolé de le voir partir 9
m demanda le nom du lieu où il devoit recevoir un
jour la fépulture. A quoi le capitaine ayant répondu
en nommant fa paroifîe k Londres, le fauvage en ré-
£étoît le nom joint à celui de Cook , avec affeâion
L compldfonce. On fit la même demande à un autre officier , qui répandit-qu'un marin ne fa voit guère
FjLl* terre ou  la mer lui feryiroit de tombeau. Il
Sp long-tems que l'on a. allégué le foin du tombeau
Ses funérailles comme l'effet d'un fontiment confus
$e notre immortalité* Qd fe feroit attendu à le voir
©orté à un fi haut point chez un peuple fauvage?
%KM P3r°ît qu'ils (e font une très,-grande affair* du h
(éty
-—s* » **#
Sen de leur fépulture , qu'ils ont l'ufage d'en joindre le nom aux leurs comme un furnom de famille,
fie qu'ils ypenfent comme q. leur dernière partie*
C'eft leur dernière habitation , fie une habitation
qui ne peut plus changer. La terre ne s'en va point,
ne difparok point ; une fois dépofitaire de leurs amis,
une fois confondue Se identifiée pour ainfi dire avec
fours dépouilles , il leur eft doux d'y penfer , de la
vifiter, d'y élever des monumens , d'y célébrer des
fêtes ; ils femblent la mettre à la place même des
objets de leur attachement ; quelles idées (impies
& attendriffantes ! U faudroit voir comment leurs
poètes expriment cela dans leurs chants folemnels.
30] Cette diftinéfion, dont tant de gens font encore incapables aujourd'hui, entre la probité , l'humanité , la régularité, la vertu en un mot, & l'ob-
fervation du dimanche ou des autres pratiques de
feéle, même les plus louables ou les plus indifpen-
fabies, cette diftinâion , dis-je , faite par un matelot ,
avec tant de (implicite Se fi peu de prétention , doit
foire plaifir aux gens qui penfent. Ceux qui fe rappelleront l'aventure d'un général efpagnol qui n'eft
pas bien vieille , Se qui la compareront avec ce que
l'on dit ici du capitaine Anglois , y trouveront auffi »
je penfe , matière à réflexions.
31] L'auteur ne parle ici que du voyage dont il
avoit été lui-même ; car Mr. Cook dans les précède ns voyages avoit vu cette maladie fur fon bord,
& et n'eft que par cette occafion qu'il avoit été
porté à effayer fie à connoître enfin des moyens (impies Se aifés d'en préferver les marins.
3a] Id notre auteur redevient matelot, car c'en
eft là un vrai propos. Une vengeance auffi inutile
que celle-là fut pouffée affez loin : Se fi ce brave
garçon devoit fe mettre en colère contre quelqu'un f
c'étoit plutôt contre le lieutenant WîUiamfon , qui
vit tuer Cook Se arriver ce moment fatal fans foire
aucun mouvement pour le prévenir, fans vouloir
m
I
I
0
»■-. ■ *
*
i inêmc fo rendre aux inftances de fes foldafs. îîy I
apparence que ce lieutenant n'aimoit point le commodore , fie fe reffbuvenoit trop de fa réprimande
^eju'il lai fit pour avoit tué un fauvage dans une autre
«-%" Ce fou venir, joint peut-être à quelque autre
mécontentement, lui fufnt pour voir tranquillement
le premier marin de notre fiecle tué à la voix d'une
vidlle forciere O-waikienne. Exemple ajouté à mit
dé millions d'autres , de ce One peuvent les intérêts
fecretejl les averfions irraifonnées , lea imbécillités
de l'amour-propre mal-entendu.
î 3 3 Voici ce que Zimmermann avoit déjà raconté
a l'auteur de la vie de Cook ci-deffus, fie qu'il a
oublié après cela de mettre dans fon livre. i°. Que
*iÈ* ^°ttP£^ ******* 'ttcPa^e tou$ <fc* éloges oue daa
jnanns affamés p«r de longs jeunes, on échauffés
& rendus amoureux par de bons aîimens, ont pu
faire ci-devant dé leurs ^découvertes  à ces deux
égards : que les femmes fur-tout y font très-blanches»
fie en général de la phis grande beauté , quoiqu'en-
:SÉSDrè plus complaifantes t fie mie nulle pert les ma-
;^jelotsite fo livrèrent fi hardiment à ce genre de
débauche,   a*. Que ce peuple aime beaucoup la
danfo * 8e que leur^danfo a du rapport avec celle
*£%ttO~iahiti, tu r- tout quand aux pantomimes , fit aux
guirlandes dont ils s'ornent la tête fie le cou; mais
£jt ta muftque reftemble plus à cette de Tongata-
JpJrOn ce qu'ils oiitgtomme là , une efpece de
JlAalumeau à harptuyaut , [ inftrument connu an
Europe | entr'autres en Italie. ] /\ L'auteur obfer-
|§re que ces peuples doivent avoir la même origine
^cue ceux des îles des torrons, ,desMarquife*, des
lies» de^Amitié $ fit de telles eU U Compagnie Û
plutôt même que ceux de la NouveUe-Zélande : les
train,   le langage ,   la forme de gouvernement ,
^É'induftrie, les mœuretf tout fo rapporte | tout décelé un efprit aôHF fit gai fnm penchant inné à la
Volupté, fie au milieu des mœurs les plus douces f '   I ! 1O0
Quelques traces vifibles d'un état de barbarie antérieur de pf u de tems.
Quant au mal-vénérien, on lit dans un autre
voyage que Mr» Cook fie fes compagnons » le trouvant déjà répandu dans une île qui n'avoit été que
très-peu vifitée avant eux , la Nouvelle-Ho nde ^
crurent qu'il y était indigene , ou du moins en eurent de violent foupçons ; ce qui exerça la fagacité
de ces MM.
*tj A Poccafion de cett? guerre , Fauteur de
l'abrégé ci-deffus comparoit les habitans de ces îles
aux anciens Troyens , fie leur donnait l'avantage :
ceux-ci, dit-il , fe battoient pour doua chèvres, fie
les Troyens avac les Grecs pour une femme coquette ; op ne fera point tenté de chercher quel fat
le plus fou des deux peuples 4 ou le plus raifonnable t
mais ce que las Troyens n'eurent pas l'efprit de
foire, les fauvages de Nihau le rirent; ce fut de
venger te -fang répandu par la deftruâion da ce qui
l'avoit foit répandre , 8c de foire fa P9k^ Du refte ,
ajoute-t-il, on (ait combien font fréquentes fie fan-
glantes les guerres que fo font fes habitans des deux
prefqulies- de, O-tahiti. fie quand on fe rappelle
l'accueil hofttle qu'y reçut le capitaine Wallis 9
on peut croire que la timidité qu'ils montrèrent
depuis fot uniquement l'effet de la terreur que leur
avoit infpirée le canon fie fes ravages » 8e fans doute
que les habitans d'O-wiiéi/fo fojpriendront auffi de
la manière dont la mort du capitaine Cook fot vengée*
35] Pope 9 ,eft le nom des prêtres Ruffes de la
communion grecque. Quant à l'églife dont il eft
queftion, on pourra être furpris qu'un gouvernement auffi éclairé ne fonge pas à planter des hommes dans ces âpres climats f Se à leur conftruire des
habitations, avant d'y fonger à un befoin qui n'eft
jamais de premiere néceffite. |
36] On pourroit croire que fai oublié de dire
fie .quel côté eft l'erreur; mais c'eft fur le compte
■W
tm
m
t*
ag*** 31
-
deV/Mr.  Zimfhermann qu'il faut illettré cet oublia
ff\ Les ieâeurs françois n'entendront pas ce jeii
dt mots , fi je ne les avertis pas que le nom de Cook
jtgnifieen anglois cuifinier, comme l'allemand Koch
|       il paroit être dérivée . $fe
^8] Grade qui correfpond a celai de capitaine
de navire dans la manière frsnpoife. pis
1% 39] Ce n'tft point du froid que ces Meffiears
croyoient trouver la caufe dans ta préfence d'un
continent qu'ils foupçonnoient être fous le pole $
mais ils s'imaginoient feulement que rentaflement
des glaces ne pou voit fe foire fans ce point d'ap- j
gui : tuên l'on reconnut que quelque banc élevé
dans la mer fuffifouj pour les arrêter fie les faire accumuler. C'tft ce que l'on voit dans les précéden»
voyages de Cook. . ^^^^Sw^é^..       ^m
^ 40J 11 faut donc qu'il y dt deux groupées dlles
nommées Sandwich, fi celles-ci font fi horribles r&
même dans des climats fort éloignés g puifque l'on
voit par la relation du derder voyage que les iy
lies de ce nom dina la mer du fud,m qui corn-*
prennent celle d'O-waihi , font une efpece de para-*
dis terreftreÇqui l'emporte mémo for  Sa fdueufe
m ji*mm
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