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L’enfant dans la litterature francaise du xixe et du xxe siecle McConnell, Hazel Erma 1923

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D —r Jittrot iUs & Jj.t4iei*4w*« Ike?**.* ** ! VENFANT DANS LA LITTERATURE FEUNCAISE DU XlXe ET DU XXe SIECLS. par Hazel Erma JlcConnell. le TiVre These presentee pour l  Titre de Maitre des Arts. L'UNIVEHSITE DE LA C0L0MBI3 BHITANNItiUE AVRIL, 1923. L*ENFANT DANS LA LITERATURE FRANCAISE DU XIXe ET DU XXe SIECLE. INTRODUCTION. L'Histoire de 1'enfant dans la litttrature francaise et celle, d'abord, d'une Emancipation d'une contrainte qui eut ses racines dans I1ignorance de la petite ame de 1'en fant, et apres, d'une puissance qui allait s'accroftre jus-qu'a ce que 1'enfant fut la chose la nluo imnortante dans la pense'e du public. II y a eu un mouvement social dans la litte-rature a son egard autant qu'il y a eu un mouverwant feminiete. Si 1'enfant est l'objet, maintenant, de trop d'attention- c est une question que 1'on oourrait discuter. ..lais il y a quelques sifecles il n'y avait pas d'enfant dans la litterature fran caise et m§me dans la vie les enfants ne furent que de petits homines et de petites femmes. Aujourd'hui on peut stivre l'his-toire de l' enfant de ce commencement jusqu'?- present quand les auteurs ecrivent des livres comolets racontant la. vie de quel-que enfant ou donnant 1'etude de ses pense"es intimes, de ses es-poirs et de ses sentiments a des ages differents ou sous quel ques conditions,et m§me vont jusqu'a ecrire plusieurs centaines (2) de pages sur les incidents ordinaires dans la vie d'un pe tit enfant. II est etrange, certaimement, que nous ne trouvions pas d'intergt pour 1'enfant comae un fitre humain digne d'gtre considere dans le monde ou dans les livres jusqu'au dix~ neuvieme siecle. Et c'est cette fagoh de les comprendre au dix-neuvieme Blade que nous allons etudier. D'abord il faut regarder ce que fut l'etat de 1'enfant dans la litterature avant cette epoque. On n'a qu'a voir les portraits des enfants du dix-septieme et du dix-huitieme siecle pour remarquer que leurs costumes ressemblaient exactement a ceux de leurs parents. Les fillettes portaient le mgme type de robe que leurs meres, le meme corsage etroit, la meme jujbe longue jusqu'aux pieds et avaient la mgme taille pincee. Les garcons etaient vgtus absolument comme leurs peres. On ne peut pas se figurer ces gamins gambadant et jouant ainsi habilles, lespetites filles ggnees par leurs robes, les petite garcons dans dee vetements 8.ussi pleins de dignitp. Quant b, leur esprit, on attendait d'eux la meme con-trainte et la mgme gravite que de grandes personnes et on voulait qu'ils comprissent les mgmes regies de morale. (3) CHAPITRE PREMIER. L'enfant au XVIIe siecle. Les premiers livres oft il est fait mention de !'•»• faat dans la litte"rature sont eeux qui traitent de leur Education. Dans ses rtE3saisrt Montaigne a eonsacre un chapitre a l'enseignement de 1'enfant et les livres du 17« siecle de cette classe sont "Le Tradite de 1'Education des Filles" de Fenelon et les wLettres et Entretiens sur l1Education de Mme. de Maintenon et de la Princesse des Ursins"2 Dans tous ces livres on ne s'interesse pas au sujet de 1'enfant comme en fant, maia plutOt a la question de 1'Education. Le livre de Fdnelon, n^anmolns, marque la fin de l'epoque on le monde ne pensait pas m8me a 1'instruction des Jeunes filles. C'est sa tftche de montrer qu'il faut les enseigner, non pas pour leur propre bien-ttre, mals 1. Fenelon- "Dl 1'Education des Filles", "Oeuvres de Fenelon"-Tome CI- -, p.472. Paris, Firmin Didot Freres. 1845. 2. Mme. de Maintenon:- "Lettres et Entretiens sur L'iducation des filles de Mme. de Maintenon et de la Princesse des Urolns" recuaillis et publics pour la premiere fois par M.Th. Lavalde, deuxleme Edition. Paris, Chart>©ntler.( 1861) simplement parce qu'elles gourernent le manage, et„de leur capacity dans ee trarall depend le bonheur de la famllle. Unjautre llvre de Fenelon, "Te'lemaque"* fut e*er|t pour le f lis du grand dauphin de Prance dont -±i fut le pre"-eepteur, pour lui dormer sea eonaellB sur toutea les question soclales dont Vapplication le rendra un souverain Bftje et Juate. Mais, aprea tout, ces livres ne tdmoignenint paa d'une lacllnatlon a dtudier l'ftme dea enfanta, et Fenelon consideralt son petit dleve moina comme un enfant a eompren-dre et a enaeigner que comme un futur rol qui devrait se servir de ses iddes sur l'e"conomie politique et sociale. Son livre sui 1'Education des filles fut inspire ausai par son lntertt pour un probleme social. Madame de Maintenon a e"tabli l'e"cole de Saint-Cyr pour 1'enaeignement des lilies des offieiers on elles furent e'leve'es sans la H-gueur de„discipline et sans lea punitlona advores des couvents. Elle ne comprlt pas tree blen le caractere des enfants de eette classe et leur donna dea lddes trop au*dessus de leur e"tat, ce qui a contrlbue" a l'insucces final de l'dcole, mala 11 faut dire qu ' elle avalt pour ellea une vrale aympathle et si 1'education qu' elle leur a donnde ne fut paa convenable, aa faute prlnel-1.Fenelon: "Te'lemaque". Nouvelle Edition, Paris, Gamier Prerea, 6 RU» des Sainta-PereB. in-18. (5 ) pal e"tait 4'$trc trop complete. Mais est-ce la comprehension et l'amour d®s enfants qu'elle ©ut? Elle dcrit dans une de ses lettres; WC®3 pau-yres enfants, j'aime Jusqu'k leur poussiere" et Brunetiere a dit en parlant d'elles wSi jamais elle a aime qualqiie chose ou quelqu'un, c'est l'enfance et c'esfc 1'enseignemeat."* Mais il est Svident qu'elle s'inte"r©ssa d'abord h l'®n-••ignement et ««*v'«t«. aux enfants et que lea recusils de ses lettres fornurnt des livres plutQt sur ce su$et, car, si ce n'est pas l© c^S, pour quo i n'£crivait-elle quelques lettres sur ses nieces, Mile, de Mursay «t Mile. d'Aubigny, dont elle ne parla jamais? Si elle n'ecrivait que pour 1'amour des enfants on peut croire qu'elles lui fournlraient de sujet. II ne s'agissaitj des jeunes filles elles-mSmes dans cesJLivres mais J>ouj^Jours des eleves en masse et Mme. de Maintenon ne s'int^r^ssait pas du tout a leur psychologie. Toutes les regies qu'elle donnait I. ses institute!ces or*-donnaient les mSmes punitions'" chaque fille sana faire a aucun effort pour distinguer entre les esprits et les sen timents fiLif f erente. Le regime e*tait assez dur pour les petites filles 1.Brunetiere- dans l*ttRevue des deux Mondeb* * 1887. Vol. 1.,p.687. (6) •t 11 est clair qu'il leur fallalt devenlr grandes aussi%8t pas que possible parce qu'on ne fitnle moindre effort pour com-prendre leur ame enfantine. Elles devalent avoir 1'esprit £lev<5 Jusqu'a celui des hommes et des feinmes. Volci ce que Mme. de Maintenon dit de cette discipline froide et severe: WI1 faut entrer dans les divertissements des enfants mais il ne faut Jamais s'accommoder aeux par un langage en-fantin, nl par des maniferes pudriles; on doit au contraire les Clever asoi en leur parlant tou/jours raisonnablement; en un mot, comme^ne peut 'fetre ni trop, hi trop tdt raison-nable, il faudroit aceaatumer les enfants a la ralson des qu'ils peuvent entendre et fcarler, et d'autant plus qu'elle ne s1oppose pas auK plaisjrs honnfctes qu'on doit leur per-mettre.*' • Leur discipline, si elles n'arriverent pas a la mo rality dea hommes, devait subir des regies <5galement froides et peu sympathiques et aur ce sujet ellejdit: "ileat bon de lea 'acco\itumsr a ne voir Jamais rlen accorder kleur importunito. II faut 8tre implacable sur les vices, et les punir ou pas la honte ou par flea chftti-ments qu'il gaut faire tree rigoureux et le plus rarement que 1'on peut."2 t. lime, de ilaintenon: "Lettres et Entretiens sur l'Educa-tlon dee Filles"- p.22. 2. Lettres et Entretiens sur 1'Education des Fllles*-p.20. CI La "La Brineesae do CifeYoo" oat un bon oxoaplo do I* maturity k laquollo loo enfanta arrivalent on ooa tenpe-la. C'dtait lo ddalr do aa mere do la aarier Joino, ot eo ddalr so rdalisa avant qu'ollo ettt dix-aept ana rerolua. Ello auralt pu Itre eneore presque enfant oar elle^e'to" dlerde loin do la oour ot olio no oompronalt rlon du tout a l'aaour Mala quellea roaponaabilltda olle a euea dana le aondol iS-le doralt supporter lee intrigues d'uno dee coure loo plus in* triguantaa de—touioa loo ocvura do l'Rurono dana n'laporto quel 9ge. Ello dovalt caahor aaa aaoura aux yaux du aondo ot carder trts rlgoureusement sea inclinations. C'Atait uno lutto digne doa plus fofitee natures des Spartiatea. En dlerant lours enfanta los Francals do eotto dpoque n'ftvaioHt pas lea probloaes paychologiquea do nos Joura. La discipline <Halt ce'ile do la repression ot 11 a'aglasalt toujoui's de lea rondro eoaaatir-fallalt aana penaer Jaaals aleur eaprlt enfantln ni a l'lndiraalitd do ehaquo oaraotore Lea parents no frdquentalent paa baaasoup la aoaadto' da lours enfanta. Dans les families d«a meilleurs classes los enfanta dtalont confida aux nourriceaj aux bonnee ot aux prdoopteurs, ou envoyeo au college ou au couvent. Bt aim* s lis otalent a l'dcole ou dans leur fanllle ot confida a un gouverneur, lis lour fallait toujouro so eondulre d'uno aaniere bien rdgl4o ot plelno do dinlv'. 1. Sao, da la Payetta: "LA Princoaae de Cloves",-Paris, Llbralrlo Perroyole,_ln.l8. 1914. (1678) (8) On doit se souvenli? qu on supprimw alors ses jbenseea intimes. On ne parlait pas de soi-mSme et il est probable que les parents ne parlalemt jamais de leufts enfants d'une maniere intime pour les m&nes raisons. Palrler ainsi man-quait de goQt et on auralt eu l'air de se vanter de ses en fants. Madame de Sevigne eut un giiand amour pour sa fille, Madame de G-rignftn, ct lui Scrivs.it de nombreuses lettres ou elle parlait de sa grand* affection, mais elle ne parlait pas d'elle aux autre3 d'une maniere intime.' Elle av'ait dfil ressentir une plus grande affection pour sa petite fille, la fille de Madame de G-rigiKin, mais elle ne le faisait voir, que dans la consideration de son bien-Stre.2 La litterature du dix-sfeptieme siecle refleta natu-rellement cctte attitude et si on parla des enfants dans les livres ce fut eoame de personnages muries qui n'avaient que les annees des jeunes hommes ou des jeunes filles, ou dans des traitea et dans des lettres sur leur education dont le but principal fut de les rendra utiles comm© citoyens aussi-t.fit que possible. 1. "Lettres de I£ae. de Sevigne, de sa famille et de ses amis", recueillies et annotees oar ll.Llon.'aerque. nouvelle edition, Paris, L.Hachette et Cie"., 1362, 26 cm. 2. "Lettres de Mine, de Sevigne'". (9) CHAPITRE DEUX. L*Influence de Rousseau et de Bernardln de Saint-Pierre. Au common cement du dix-hultieme Diesel© UB grand change-ment dans la manler® de parler des pensdes intimes et, en con sequence, des enfants a eu lieu et ce changement est du | Rousseau. Rousseau a traite les enfants a deux points de vue: premlerement, il a raconte ce qu'il appsla sa propre histoire d dans ses ^Confessions"' et seconderaent7, il a de'erit ce qui doivent ttre un homme et une jeune fillee et ce qu© dolt •tre leur Education dans rtEmlle"? Personne n'a Bcrit jusque la ses mSmoires si intlme-ment lids avec sa pensde ni avec son caractore, mais on a suivi la coutume de raeonter toujours ce qu'on a fait de Jour en jour, ses actions, ou ses voyages,_tous, des chosos exterieures k ooi. Rousseau dprouvafct un plaislr bizarre ft '• "'• I Conf ee onsM{1782) w< ( >iaplet®i < 'JT, .ROU M u, P»ris,Alexandre Hbuss^aux",, c>uvel] \..* V o , :, -LC. 1852 .tone 1. 7.-HEmlleM It mSmc , tome 2. [ntf) (10) parlor do toutos s«s inclinations, ou bonnes ou mauvalses. II m dlt au commencement dos "Confessions" quo, quand la trompette du Jugement derni*» sonnora, il pa»lera I Diou ainsi: "Voila co quo j'al fait, eo quo j'al pons<3, c© quo Jo fus. J'ai dlt lo bion ot lo mal avoo la mSm® franehis© ... J'ai ddvoile men int^rieur tol quo tu 1'as vu toi^mtme, Etro £tornel."l Si eo qu'il dtt ne^pas tout a fait la vdrlt^, eotto faoon d-*-aferai parler do soi ost cortainomont quelque-choso do nouvoau dans lo roman du tomps. II a mis k la mode, aussi, 1© d^sir d'analyser son esprit ot d'en fairo un sujet pour un roman. En r^sumant son earactere d* enfant il a dtudi^ si soigneusement ses traits qu'il pouvait dire: rtj'avals les ddfauts do mon age: j'etalt babillard, gourmand, quelquefois mentsur. J'aurais vole" des fruits, des bonbons, do la mangeaille; main jamais Jo n'ai pris plaislr it fairo du mal, du d^gftt, k charger les autres, k tourmenter do pauvres animaux."2 Oette maniere do pauler fut une innovation dans la literature du siocle m8m» si olio montro l'Eypocrislo do 1 auteur lui-mime. ."I'l'on ajoute ft ses r£v£lati;ns intiraes, le manquo (10 d* contraint* dans "La Nouv*ll* H<51O1B**'*n parlant dt l'amour et de 1'Influence de la Nature BUT 1'esprit, on peut reaarquer -eeaae lea restrictions et un peu de la dig nity de l'6poque dernlore avaient dlsparu, et comme 11 €tait alors possible aux (Scrlvalns dt parler de n'Import* quelle chose qui s« passait dans leurs ftmes. En mime temps Rousstau tourna les pens^es de s#s lee-teurs vers It sujet des enfants, en d^crivant tout l'enselgn*-m*nt d'Emil* dfcs le b*rc*au. C* livr* a *u un* si grand* influence qu'il > avait des disciples qui suivalent fes pr^ceptBB, et une foule de femmes lui ont dcrit, quelquefl-unes poor lul dire qu'elles avaient nourri leurs enfants elles-mtnies, comme 11 I'avait suggdrd, quelques-unes pour lul Taeonter d'autres enselgnements qu'elles avaient pratique's. On commenca h e*tudier l'enseignement et l'esprit §M enfants et 11 devint possible de parler d'eux aussi librement que Rousseau a parle" de lui-mime, d'Ealle et de l'amour. L'influence dlrecte de Rousseau apparut dans "Paul et Virglnle"* et plus tard dans "Rene^et rt Atala"^de Chateaubriand. \."lt Kouvelle He'loi'sV'(1760) "Oeuvree completes de J~J._ Ronss«au", Paris, Hov£siaux,nouvell« Edition, ln-26, 1C52, torn* t. £. "Paul et Vir£im**(178tJ) i-.ouv.wll* eel . »:?09, ?.~r'.*••, Prb" '. -'8. 3.4. "R*n<f"(l862)*Atala"(l801) ,rt0«uvres completes de Chateau briand, Lome 18,Paris, Bourrft Prer«s. 1ao6. (12) "Paul et Virglnie" a comme personnages un h^ros et les une heroine dont on fait connaltre teuM meres aux lecteurs avant la nalssance des infanta. Sulrant la croyance de Rousseau, Bernardln de Saint-Pierre les ml* aupres de la nature, dans un <5tat de la Tie tres simple et considers le dorelopnament de leurs caractbres sous ces conditions. II y a un peu de psychologic e"ldmentaire, oar Saint" Pierre a tftoh<5 de suivre le cours de l'amour de Paul et de Vifcginie l'un pour l'autre et d'.expliquer la tendresse de leurs sentiments qui e*tait plus forte que celle de "fils et de fille, de frere et de soeur"^ & cause du fait qu'lls aval en t eu co-ime Mme. de la Tour l'a dlt, deux meres, que chacune de leurs mbredQ.es a nourrls et ensoigne's, et qu'lls avalent e"te" mis dans le mime bain et couches dans le mime hereeau. Le livre esu,alnsi,une *tude des enfa&te, mais c4est plutftt une these sur les relations humaines, et l'auteur s'intdresse plus aulrdeultat d'un tel experience qu* a Paul et Virginie. On peut dire qu'lls ne sent pas de vrais en-fants, mais des ttres incomplets formes par l'esprit d» l'auteur pour demontrer sa these. Atala at Rene, bienqu'llo fussent des enfafats au commencement de leurs deux affaires d'amour- car Rene" n'avait que seize ans quand 11 dtait en Prance chez sa soeur, 1. MPr il - Vireinie", n.19. (13) Amelie, et Atala avalt le m»me ftge quand elle gut aiae"e de Chactas« lis eprouvalent les sentiments, d® personnes plus mures et Chateaubriand youlalt exposed ses propres souvenirs et agiasait avec une me'lancolie particuliere. Chateaubriand partagealt les sentiaenta)Caur_la nature de Rousseau'et son inclination h, Staler 3on wmol", aais non pas ses intentions de de'crir© des ©nfants verltables. crrirrrej nous, allant 4&<~n*nt'i"G,'~ L'©cole d® Rousseau^etait un petit aouvament dans la littdrature, une partis de la question de l'enseigaeaent des enfants, aais l'ecole qui nous donne des livres main-tenant au vingti&me si©sl® aur le sujet de I'enfance n'a pas eu sea fMlI1M diresteaent dans lea livres du dix-hui-tieae aiecle; et il est evident que, si les auteurs de no3 Jours n'avaient Jamais lu de livres de Rousseau ni de §alnt-Plerre, lis auront e*crit les ataea livres qu'ils ont faits au dix-neuvieae aiecle et au vingtieme aiecle. L'ecole de Rousseau a'^talt accrue et a'etait eteinte plua de cinquante ann^es avant les livres de Daudet. Nous allons voir que les livres aodernes qui traitent de 1'enseigneaent ont d'autre raisons d'ttre et que les autobiographies ne tirent pas leur origine des "Confessions'1 melancoliques de Rousseau, lui-a$a®, ni de ceux qui l'ont suivi. Car entre Rousseau et iMcole aoderne il y a eu fta genre de livres reactionnaires coaae les coa^dies de Marivaan qui avaient des personnages lagers et frivoles comae sea Jeunes filies. C'est une autre source (H) qui est parvenue a la surface pour nous donner nos livrec modern©fl. (15) CHAPITRE TROIS Quelques Causes de l'inter«t pour 1*8 Enfants au XIXo Siecle. Juequ'au milieu du XIXe si&cle 11 n'y a pas un seul llvre qui trait&t dea enfanta pour eux-mfcaes dana la litteYa-ture francalse. Chaque mention de l'ehfance dans c<33 livres des aiecles precedents fut pour demontrer un systeme d'on-selgn»iaent ou quolque these et dans tous cea livres il y avait toujoura un manque de paychologie. Quelles furent lea influencea qui nous ont donnd 1'enfant d'aujourd'hui dana lea romana? Pour lea trouver il est neceasaire de suivre le coura de tout un aibcle de penaee nationale. Pendant le dix-neuviea® siecle la conscience publique en Prance a 6t4 eh train d'apprendre son devoir onvera lea opprime*es, lea pauvrea et^Les enfants:, non paa seulement fe, cause de la pitie, mai3 auaai c6mme eonacquence d'un gdand dosir de voir la aocie'te' plua parfaite, de l'ameliorer; et de l'ameliorer au moyen d'un grand mouvement social et pay-choligique. Comme en Angleterre, ce mouvwaent eommenga pafi la pitie vera les enfants qui devaient travailler de longues heurea dana lea fabriques, et des loia 3uivirent 06) cherehant & rdgler la durEe de leur travail quotidien, Les hommes de la revolution voyaient la ne'eessite de fonder une instruction publique et pendant le 3i6cle une serie de lois sur ce sujet sen- Comme ncus allons voir, cette question soclologique du bien-e'tre les enfants fut pousse*e Jusqu'a supprimer la puissance dee parents sur leurs propres enfants si cette influence aglseait a leur prejudice. Et o'est cette question, aussi, Joint* a un grand intdrtt pour la psycholo-gie qui est la cause de 1'Etude de 1'enfant de toutes les classes au XXe sifcele pour le rendre au33l parfait que pos sible ot pour fairs da lui le citoyen le plus utile possible a la soclEte*. La question de I'ensolgnement d»s enfants a dtE la ralson d'une. serie de changements h. cette Enoque ijusqu'au commencement du dix-neuvi'eme sl^cle; et lea agi^tions qui se suivaitnt ont donnd k penser aux gens d'esorit et leur ont fait eonsidErer ce dont lea enfants ont besoin comme Educa tion, ce qui devalent ttre les conditions parml lesquelles 1'enseignament est donnd, ce que furent des conditions qui existaient et quel est 1'esprit particuller dos enfants qui leur rend necessaire certains cours dan3 leur Education. Au commencement du XIXe sioclfe l'dtat de 1'enseigne-raent public etait ddplorahlos;'* La frdquentatlon des ecoles n'etait pas obligatoire et presque toute l'Education Btait 1. voir Coap.--re, ".IK ,uir r le ^Edegogie"„tradult en unc ials par W.H.Payne'Jftlstor* of PedagOG"" , chap.XXI .Foeton, Heath & Go.,1885. (17) entre les mains des Jesultes qui avaient pour le^r but pres«Luc unique 1'enseignoaent du latin et de la religion. Si les anfants du peuple £e»aient k l'dcole publiqu® I'lnstitu&teur qui n'ctait paa sous le contrQle du governeaent dtait tr&s souvent mal Instruit. Coapayro", dans son llvre "L'Histoire * de la P^degogie" cite un resume" de I'onqu&to fait* par G-uizot on 1333 et qui trouva quo 1'ignorance des insti^teurs e*tait si g^nerale que tous ne saraient pas ^crire et que beaucoup d'entre eux ©"talent des artisans qui enseign&ient a cOte" de suivre leur metisr. Pour ces raisona et sous l'influence de G-uizot l'otat a recormu en 1333 l'enseignoment prlmalre. En 1850 11 y eut d'autres ohangements resultant des agitations et l'e"tat a repris I, la religion un© partle d® son pouvoir autocratique. Mais ce fut dans la seconds partie du siecle que naquit 1'interft public pour cette question. La connaissance plus general* des sciences et 1'inter!t psyehologique ont provoque* un do" sir d* refondre le aystuiae d'onseigeaent en conform!te avec leurs pr^coptes. Le monde est arrivd k considerer l'educat ion coma© nocessaire ot avantageuse, et ce mouvemcnt du siecle prit fin en eveillant 1'idoe que 1'education est un probleme social et une affaire qui concern® la societe «t l'8tat. (18) C#tto naniore do penaer a 4t4 la cause d'une s6rie do llvrea qui traitaient dos enfants done IOB Voiles ot qui avalent pour but l'enseigneiaent do cos ld£es BUT 1 * Education. Co gtnre do literature fotoa. une^partie do i'agitation qui preoeda la l#i du 28 aara, U38a7qui a rendu obligatolre l'en-selgnomont primalre pour loa enfaats do elx h. treizo ana, solt dans loa e" soles prirdes, aoit dans los £ool«s ^r^tuitoe fend<$ea patt l'Stat on lC3t, ou aoit dans la famllle, ot qui lour a onjoint do paaser dos examine dostints a prouror quo l'onaoignoiaont primalre lour arait 6t6 donn<5. DOB livros qui ont pre'odde' eette lol nous allono parlor dans un autra chapitre, aais 11 faut remarquer l'in-fluonco sur la llttorature do touto la consideration dos beaoina ot dos ponohants do 1*enfant qui dovaiOnt Roeompagner oos reTormea. Ello a 4X4 uno dos eausos dos livros sociaux qui traitaiont dos onfants ot olio a ouvort la voio aux dtudos psychologlquos sur los ^collars. La grande fauto do 1'enselgnement soeondairo on Prance a tou^oura 6t$ 1'intornat qui a uno tendance a rondro sor-Yilos ot doulourouses autant d'ames senslbles. Ello Oxiste toujoura ot a sorvl do aujet a quolques llvres modornoa. 0 0 0 0 Uno autre oauao dos Etudes psychologlquos do 1'enfant dans eertalnes conditions ot doa tralt£a aoeiologlquoa doa (19) enfants qui subissent quelques etats penlblee dans le monde e"tait l«s drames sociaux d'Alexandre Dumas, fil3. Son but en ecrivamt £ut d'attendrir la peHsoe pub-lique »n faveur des droits de 1* enfant dans quelqu'<Hat social qu'il sftit no. Fils naturel, lui-adme, il a mis devant le public le cas des innocents mifanta naturels ou adulterins, ce qui donna une autre direction aux livres qfti traltaient deo enfanta et au sujet de l'inteiit soeiolo^ique pour aux. Son premier chef-d'oeuvre, "La Dame aux Came.lias , traite d'une courtisane,. Marguerite, qui apr?ss sa vie dans D le demi-monde arrive a aimer Armand Duval, un hQmme de bonne famille. Son amour pour lui la oransforma en lui dormant encore quelqueehos* de pur dans sa vie, de sorte qu'/elle a l'ide*e qu^elle est deux femntes, la premiere, cell* qu'eile a 6$e, la seconde, celle qu'eile eat, at dont la 3econde "3e souvient a peine de la premiere"? Mais elle ast oontralnte a decider a la fin qu'eile ne peut pas se raarier avec Armand a cause de son pass£ et des droits de la famille. Ce denou-aent a dtabli l'ascendent de l'enfant dont la supr&aatie allait s'acorottre de plu« en plus dans la vie et dans les livres. 1. "La Dame aux Camelias"- A. Dumas file, Paris, Calmann-Levy, (1899, nouvelle edition) 19 cm. 2. "La Dame aux Camelias"- p. (20) Les drames d'Alexandre Dumas, fils, comme wLe file Naturel" et des autres, traitent de cet enfant qui non pas par se... propre fault est inalheureux sans ttre eoupahl*. II oeut ttre tres dou6 comae Jacques Vignot, male la soeie'te' le fait souffrir,- car au temps de Dumas, 11 n'avait pas de parents et paa de droits cisila. Alexandre Dumas a montre" cette parti* dt la psyehologi* des enfants et par consequence H. Carlos M. Noel a £erit de lui;'"0n peut dire qu'll a con-tribue- mieux que p«raonne h mettre en circulation certainea iddes dana la socle" te"rt de 1352&.& 1885. II a 6%6 un propaga-teur d'idues dans !• mouvem«mt de l'amelioration des con ditions de 1'enfant, • • • • Une autre source des llvres aodernes fut 1'inte're't intense pour les etudes psyehologiques du XIXe allele que nous allons traiter plus tard dans les livres du XX# allele. La question des e*eoles s'est atl^e un peu k ce sujet dana les problemes des enfants, comma au3Si, la question de la aoclologie. Le eourant principal de la philosophle sulvait l'enseigneiaent d'un groupe d'hommes dont B«rgson e"tait le plus important. II tourna les ldees du temps vers l'introa spection et sunfcout vers 1'etude de 1'instinct * On ne con-sideralt pas seuleaent, l'esprit, maAs la maniere et 1*influence \. Carlos M.Noel,- "Les ldees sociales dans le Theatre de A. Dumas fils. Paris, Albert Messein. 1912. bscr*, t>.10 (21) de tous les sens. II est tree natural qu'anrea avoir (Studee" lour eBprit l«s hommes aient considerd log ftmea do lours en-fants qui Staient en train do derenlr toujours plus inportants •oiame uno parti• do la eociet£. Toutoo cos influences ont contribu£ ensemble au bien-•tro do 1*enfant et, avoc l'augmentation do la conscience publique, l'onfant deyenait uno si grande partie do l'e't.at qu'il y arait des enqueues sur lea eonditions des onfants pauvres, et des lols pour restreindre les droits i»lr»* des peres sur les onfants si cos droits lour devenaient nuisibles. Void comment M. Delzous decrit ce nouvel etat:' "Puis dans les vingt derni^rec rnnees du Xi:Ce cifecl^ , tout a coup les lois B'accuaulent. Des notions nouvelles se font jour: -oar extmole, la puissaajae oubllque intervienj delibdrement dans la- vie de la famille eu prcnd en mains, contxc les parents incapables ou indignes, la cause de l'on fant. Les grands pnenoaea*. s norayx, economiques et sociaux du XIXe ne*puisent leurs consequences: ils avaient fortement agi sur la cellule familiiale depuis cent ans; ils devaient agir aussi sur les lois qu'elle v«ut toujours adapters b. sa •vie c NLU'£«\L> ). KM.Delzo.u&, "La Famille Francaisc1*, ?<.riSj Aruuxl Culin, *•; 29. M913) i7cni. (22) CHAPITRE IV. HUGO et DAUDET — L'lnterit pour les Conditions Sociales des Enfant*• Hugo et Daudet furent les premiers dcrlvafcis qui aient deerit des enfants modernes et reels ®t ils furent, aussi, les premiers qui aient eu pour eux un vrai amour mSle" de sympathie. L1 influence sur les lecteurs de Victor Hugo fut d'abord par le moyen de sa poesie, et malgre que ce genre de la lltterature ne rentre pas dans les limites de cette these, il faut parler de son effet sur l'©sprit du peuple et sur leur faoon d'envi&ager Us ©nfants. Hugo, lui-me*me, airraut beaucoup les jeunes, en parti-culifere les be*bes, ©t il avait deux fils et une fille it lui qu'il aimait tendrement d'un amour qui e*tait le sentiment le plus sincere de sa vie. Par consequent il e>ronvfc. -jxim dou-leur terrible quand sa El lie, fut noyee k Villequier en 1843, 1 anne"® mSm© de sen marl age; et ce qui augmenta 1© choc de eett© nouvelle fut qu'il n*en etait pas prevenu, mais l'a lue (23) dans un Journal pendant on voyage. Aprbs le prenler cjn 11 dtala son aae, peut-8tre pour la soulager, dans sea vera et ea vrale tristesse leur a donne" quelquechose de alncJ're et d'attendrl, qui a eu une si graile Influence our sea lecteurs que Victor Hugo est reat^ Jusqu'a jaintenant pour aes adni-rateurs litt^ralres le poete des enfants. II dt'crivit dans ses noe.aea une vie heureuse de faaille et des soirees pass^es a Jouer et a lire parmi aes enfants. La contribution directs de Victor Hugo au roaian des enfants fut Cosette dan3 "Lea Illse'rablea" 1 Slle 'talt une petite fille presque abandonee des couches lea nlus baaaes de la aocie'te', que l'auteur a pelnte avec une telle v^rlte" et avec une telle aympathie touchante qu'il rend le lecteur ou fache contre lea cruaut^s de sa gardienne >u atteidri a la description de ses espolrs a Nofe*l. Daudet e"tait un caractere tres digne d'etre le pr6-curaeur des ^crivalns qui ont contribie" a ce aouveaent g^ne"-ral dana la littcrature pour c^norendre 1'esorit des enfants, qui a fini par leur donner toua lea droits dea Stres huaaihs. Daudet, lui-mSme, avait le coeur pleln d'araour et d'une vrale 1. "Lea Miserables"- II., Cosette, "Oeuvres de Victor Hugo", VI., Paris, J.Hetzel et Cie., 1881. (34) •t noble sympathle qui a donne a ees livres le pouvoir d'eveiller eh®z ses lecteurs le sentiment do quslqueehise de personnel entre lui-mfcrne, les personnages de l'histolre et l'auteur. Ce sent!bment vlent dans le prlncipe de son amour pour l'humanlte; comme a dit son flls, Leon,^1il a toujours sfiivi son penchant d'aimer son semblablc, et ce petit reeit de ses habitudes pourra montrer le caraetere touchant et tendre de ce trait: il nous dit que quand ** une cruelle maladle restreignlt son existence, dans des proportions taoindres d'ailleurs qu'on ne l'a affirme, il ouvrlt sa port® grand®. II aceuelllit toutes les miseres. II ccoutait patieminent le reeit de toutee lea de*tresses. Jamais on n© 1'entendattse plaindr® d**avoir Inter-rompu son travail pour soulager une douleur vral®.H2 Si l'on ajoute. h cette sympathie son enfance de tristesse, son caraetere et ses dosavantages physiques, vous pourrez voir pourquoi il avait l'taft tres profonde et vaste pour e"tudieiJ et traduir® pour nous 1® livre de la vie. Le fait qu'il n avait jamais un eorps robuste et - a'il fut si &-? lslbic f3 ^mit doner un^ tour.iw oonslvc ~-t triste & sa aaniere de voir. II a'avait Jamaia dfl %X,r* tree acuif physiquement »t, par consequent, 11 pr£fe*rait £.?a de tails minutueux de le vie et il. avait dO devenlr one ftme soigneuse et ae*thodique et il ne pouvait Jamais peindre avec 1.Leon Daudet, HAlphonse Daudet"-Paris, Bibliotheque-Char-pentler. 18 cm. ,109.8. 2. Leon Daudet, Alphonse Daudet",-o.24. (25) lea grands coup* insouciants et llbres d©s hoaaes qui travaill©nt yit« et fo»t*aent. II avait l'esprit philosophiqu© qui eon-aider© ©t rumine. D'ailleurs il etait tres myope et pardcju® tous les myopes voient les ehoses de la vie de tout prfes, ils deriennent plus metieulaux. lis peuvent regarder les details qui echappent aux gens ordlnaires et s'ils sont 1m-pressionnablea, pleins de sympathie etjtres pensifs, comas Jiaudet le fut, il leur est tres naturel dr penser aux tris-tesses de la vie etiaux infortunes du systeme social. S'll avait eu une enfanee plus protegee, peut-ttre n'aurait-il pas eu une sympathie si unniverselle; mais il a souffert a cause de sa faiblesse, et a cause de sa myopis, et ses anndas de jeunesse dtaient pleines de chagrin-. Et ces douleurs ajoute"©s a la noblesse de son esprit firent naltre •hez lui un grand amour pour les opprimegs Parcequ'il "Halt timide et iapressionnable, son thea© favori fut de decrire des grandes ftmes du monde qui donnent touJours de leur mieux en s'dlevant pleines d© dignite, de vertu et de calae, au-dessus de leurs seablablos, ©t qui sont oppria©es par des gens egoi'stes ©t suparficiels, trop insouciants et trop stupides ®ux-m4mes pour comprendre le mal dont ils ont ^td cause, et mime pour savoir leur crime. RIsler' ©stda© eette sorte d'homm* et e'est un type d« realism© trop 1. Daudet, "Froment jeun© et Risler alne", Paris, Librairl© E.Flammarion, Iff CJ».} 1874. (26) arual qui dolt avoir aas raeines dans la Tie da l'auteur lul-mime pour la lalsaar pouasar un hoaae Jusqu'a la mortal aausa da la eruaute d'una fan ie sans qu'alla aaoha axaatamant aa qu'alla A fait. Un autaur a dtl aouffrlr baauaoup par sas senslbllites, 11 a du eprourer las tralBeaentsdures das gans nonchalanta at a du santlr la aalaa da la resignation pour aa pas montrer plus da vangaanca dans son llvra. Eat-il surprenant, done, qua Daudat qui a tant souffert dans son anfanee a deerit la Tie d'un anfant Jusqu'a la aatu -rite sous das aonditlons adrerses, qu'll a souffle dans son aae sa propre noblassa, qu'll nous a donne* una etude da l'es-prit da cat anfant a ehaque point da rue, pour arrirar a donnd & la litterature la portrait d*un anfant huaain at rrai-saablabla at la premiere etude psychologique d'une tme d'an fant danB son "Jaek . Au commence da llrre on sent Is desarantage da Jack qui arrive au moia de ddcembre de 1858 dans una eeole eie'gante arec sa mere qui est Jolie, gale eomme un olseau, egofste at tres stupids, et qui veut touJours bararder. Elle reut qua eette <5col© reaoiye Jack eomme dleve. C'est un erise dans •a Tie. La soel£t<5, l'aceeptera-t-elle ou non? Ella healte, mala enfin, en voulant le detoumer, elle decide de I'aaaaptar sans sa afere. Mala sa acre ne paut pas ranonaer a. lul at lis I. Daudat, "Jaak*, Parla, Librairle B» Plaaaarloa, |fcm. 1865. 137o Alltlon. (27) repartent. C'est le commencement de eette deseenie qui va le eonduir© toujours plus loin du bonheur et d'un© position parmi les honnfctes gens du monde et e'est eette mime inter vention n£faste de sa mere qui se aettra toujours en travers de see projets et a la fin eausera sa perte. Chaque fois qu'il est sur le point de s'^'tabllr dans le monde, elle l'en ©aptche insouci ancient, soit ©hex les Rival, soit dans son travail, soit dans 1'amour. Et ndanmoins c'dfait un ©nfant noble et plus sensible qu'un autre. ' Phjusiquement il ressemblait a son mere avec quelquechose de plus fin, de plus distingue, ©t tout® la transformation d'un© physionomle de jolle femme a eelle d'un nomine intelligent, C'etait le m$ae regard, plus profond, le atae front mais e"largl, la atae boueh® resserree par une expression plus serieuse."'* Sa mere avait l'air de ne pas •oneenirsr ses lddes sur un seul suj©t,aals, "ehez 1'enfant, au contrairo, on sentaili que la pensee etait a demeure et mtae son air un peu trop *efleehi edt inquiete, s'il n'avait pas ete Joint a une cer-taine paress© d*attitude, un alangulssement de tout ee petit •tre, les aouvements e&lins et tiaides du garcon e'leve' dans les jupons de sa mere.*2, 1. Daudet, "jaek", p.5. 2. Daudet, "jack", v»5» (28) Et •• netlt •nfant stnaibl* d« huit ans allalt subir l«s rud«s opr«UT«s d'un* Tl« dans un* <5«ol« dout»UB«,d»s Mla dics, tout*s 1*8 bass«ss«8 d'un* vi« d'ouvritr, tout* la rigu«ur du sort d'un •hauff«ur dans un tranaatlantiqu* Ju»-qu'a c* qi « la aort l'«ut d^liyr^ sans d«x«nir lul-ata« gro*-sl«r, rtstant «n*or» nobl* Jusqu'au boutr Voiei 1* pfc»oi«r portrait paytholociqu* rdrltabl* d'un enfant qui eoaacna* «n 1862 1* mouveaent qu* ««tt« thee* ra tralt.r. (29) CHAPITRE V. Daudet at la Question des Ecoiea. Yoioi comment son fils, Leon Daudet, parlant de son pere apres sa mort a decrit son oaractbre:-1• "Or, de tous les livres grand ouverts, oelul qu'll feuilleta dairantage, ce futt le llvre de la vie. Impression* liable comme nous le comnaissftons, ses annees de jeunesse avait dfl 8tre pour lui un accumulat inoui' de sensations, d'enerve-ments de tout genre qu'il sut classer dans son ftge mur. Mais la maturite, et o'est la une de ses oaracteristiques les plus surprenantes, ne fm> pour lui ni un desseVneiaent ni un arrSt. II consenra intaotepusqu'au tout, elargie seulement par la souffranee, la faculte de s'emouvoir." Dans oes paroles de son fils nous avons la olef de son livre autobiographique, HLe Petit Chose"?• Parcequ'il avait feuillete le livre de|la vie il reasentit dans son Sme l*dtat du petit e*colier vers l'anne'e 1868. Comme nous l'avons re» t. Leon Daudet, "Alphonse Daudet",-p.21. 2. Alphonse Daudet, wLe Petit Chose",Paris, Bibliotheque-charpentier, IV «**«:> (1868) edition de 1^13. (30) marque\, c'^tait un siecle d'agitations ettie ohangements dans le systeme d'enseignement. II y avait beauooup de traites et beaucoup dWticles de revue sur le sujet, mais Daudet avait e*prouvc oette vie et a voulu en mettre lea desavantages dans un roman. II a 6k6 le premier qui a traite* l1 enfant lui-m§me avec 1'esprit d'un enfant et avee ses sensations et sea pensees et non pas oomme au$et k th&se sur unequestion de me'thodes d'enseignement, Le livre etait un rdsultat de 1'accumulation de sell* sations et d'enervements de sa jeunesse. Lui-m§me, esprit doux et timide, a subl les dpreuves de la vie d'un petit pfcon dans un college, trop petit et ttfoo pathetique pour §tre ca pable de dlsclpliner les grands rudes et forts. Cette qua-li5e de quelquechose d'intlme rend le roman tr&s attendrissant et fait dm livre, outre une langue qui nous enseigne les pen-se*es et les mouvement3 de cette e'poque, un vrai defehseur des opprime*s. II y aura d'autres llvres qui parleront des con« ditions des ecoliers et des ecolleres et qui suivront les mSmes methodes d'en ecrire la vie, dont nous allons parler aprSs avoir conside're' quelques autres influences que les llv res des do.cades suivantes devront 3ubir. mais le livre de Daudet est le commencement. Daudet ecriit l'hlstolre d'un oetit gosse tree neturel comae un enfant d'aujourd'hui qui, au commencement du livre (31) joue a Robinson Crusoe" dans la fabrique: "Tout h coup je vis venir de mon c8td un groupe de trois ou quatre personnes qui parlaient a voix trea haute ©t gesticulaient viveaent. Just© Dieul des homraes dans mon tie J Je n'eus que le temps de me Jeter derri^re un bouquet de lauriers-roses, et h plat ventre, a'11 vous plait."*• II y avait quelquechose de tros e"mouvant aussi dans la figure d'un enfant assis a la pointe entr§ae du navire pres dB 1'ancre avec la cage de son perroquet posee entre ses ge» noux. Nou3 sentons une sumpathie entre nous et le petit Daniel qui allait desrenir d'abord l'dcolier, pul3 un plon de-3ole, le petit poote qui arrive a la fin, en assayant d'etouf-fer ses r§ves pour devenir honrae, a ©tre un membre de la mal-son d'Eyssette et Pierrotte, vendeurs de porcelaines et cri-staux. 1. "Le Petit Chose",-p.11. CHAPITRE VI. Anatole Prance et Pierre Loti. En face de 1*agitation morale et civile a cause des enfants dont nous avons parle*, et de la position de^l'enfant regarde presque com.ie 1'eapolr le la famllle qu'£l faut for mer et elever com at le sauveur de la soci^to* future, c'e'taiii la chose la plus naturelle de le traiter dans les Ijivres de toutes sortes et h cause de l'intdrgt general public, per-sonne ne voulait se fatiguer avec les contes de son petit train de vie. II y avait deux 6coles de ces ecrivains qui ont pu- • ?lie des livres ayant po«r—3-^-parsonnage principal un enfant. De ces ecoles, l'une siiivlt exaotement 1'^tat des enfants pauvres ou des enfants opprlme's. Ces livres avaient gene-ralement une thise h soutenir ou une conditi n morale ou so-ciale a exposer et leurs auteurs appartiennent au genre de Daudet dans ses "jack" et "Le Petit Chose". lis aimaient a etudler 1'enfant comae 3ujet d'e"tude psychologlque ou socio-(32) (33) lo-.lque, comme nous I'avons vu( mals 1*autre e"cole partagealt oetto affeotftion dv 1'enfant sans aimer la psychologic at sans voir la d^treese de l'humanite', etvtraltait oette ques tion aulvant son penchant qui dtait de mantrer 1'enfant oomme par-tie, unppetit 8tre heureux. De ce tte. . furent Anatole Kranoe et Pierre Lotlaqul re'pre'aentent lea auteura dee lmvres autoblo-graphlquea, et Lichtenberger et lea frerea liargueritte qui appartlennent a oe groupe qui d^crivait aimplement lea en-fanto et qui aera dlecuti* dana le chapitre aulvant. Depula le commencement du mouvement romantlque et mime avant, 11 y a eu beaucoup d'e'orivalna qui ont e"crit ''eura auto-blographea. Des "Lea Mdmolrea d'Outre tombe" et "Reae*" de Chateaubriand, "Volupte"* de Sainte-Beuve, Juaqu'u "Dominique* de Promentln et apruo, on a parl<$ de sa vie. Hale ce n'e'tafct paa leB penae'ea de eon Age enfaatin qu'on d^crivalt. Lea au-teurs voulalent mettre devant leara lecteurs leura douleurs et leura deaappointomenta h. cause des problemes de leur vie plus mure. lis ne s'int^ressaient pas aux pens^es vraiment de leura enfances, mala mime s'lls parl&lent de oet fige,; lis de'crivalmt lea ide'es plus pre'oooea de leur'adoleaconoe et d'une adoleaoenoe qui partiueait dea enviee et de l'e'Sat maladlf de 1'amour romantlque. On ne trouve pas trace de oet 6tat norbide dans les livres autoblographlques dort ceux d'Anatole France et de Pierre Ix>tl ©"talent les principrux. Leurs auteura parlent (34) de leurs pensoes enfantines et nous donnent un tableau ve ritable de leur caractere comme de vrais petits bourgeois. On a dit d'Anatole Prance qu'il manque d'imagination ou plutSto qu'il est si regl?' par son "moi" qu'il ecrit tou-jours ce qu'il a eprouve dans sa vip. II est vrai qu'il 6tait, d«s sa premiere enfance, tr&s introspectif et c'est peut*8tre pour cetto raison qu'il o'est arr8to tant de fois dans sa carriere pour ocrire ses menoires. La premiere fois c'etait en 1885 quand il avalt quarante et un ans et a^crit le "Livre de mon Ami";1#la seconde, quand il a ecrit "Pierre NoziPre"aen 1899; la troisieme, quand, o"tant vieux, •* lv&ge soixante-dix ans il a redonne" le (Jujet du "Livre de mon Ami" dans "Le Petit Pierre"'ent9t4, et son dernier livre sur le sujet de son enfance fut "La Vie en Fleur"*en 1920 quand il avait solxante-seize ans. Dans son " avis h nos lecteurs^ qui precede "La Vie en Fleur'!, Anatole Prance dlt en paylant du "Petit Pierre" et de "La Vie en Fleur":"Ces deux tomes auxquelles on peut joindre le "livre de Mon Ami" et "Pierre Nosiore" contien" nent sous des noms empruntes et avec quelques circonstances feintes, les souvenirs de mes premieres annoes,"3, II est vrai qu'il a re'ltla^e' plusfcenrs fois que ce sont les me'moires I.A.France, "Livre.de Mon Ami", Paris, Galmann-L5vy, 18 cnu', 1885. 2.A.Prance, |'.rierre Nozi«re" .Paris, Calmann-L-'vy, 18 cm. 1899. 3.A.Prance, "Le Petit Pierre ,,Paris, Calmann-Levy. 18 cm.1914. ft.A.France, "La Vie en Fleur" , Paris, Calmann-Lew. 18 cm.. 1922, 103e idition. J' ' 5."La Vie enFleur"- p^e^ace . (35) de aa vie, maiis pourquol tint-il a les dcrire? Est-ce comme l'a suggiire Lucien Maury <3ans un article intitule,"Deux En fances celebres: Anatole Prance et Pierre Loti',*' que * les innocents jhlaisirs d'une vanite* retrospective sont precieux a ceux qui ne savent plus deiaandBB au present un surcrott d'illusion", et qu'il y est mSle", aussi, une eniouvante am- ; bition de survivre "en conservant pour un temps a posteri ty les souvenirs de leur vie"? La seconde est une accusation sans fondements, raais il y a quelque verite* dans la premiere. Elle est peut-6tre la raison d'6tre du "Petit Pierre".- Mais comment expliquer son premier livre? J'attribue ces livres d'Anatole ffrance a son caractere toujours sensible et intro-spectif. "Enfant unique, comme il a dlt, habitue* a Jouer seul et toujours enfonce" dans quelque rSverie, vlvant beaucoup en-fin dans le monde des songesyail avait la facultd de ruminer, de considerer, de raisonner trop sur les incidents de sa vie. Et c'est un hasaftd bien heureux pour le monde des lettres qu'un homme comme lui a pu vivre dans un Sge oti il stait per-mis de parler de soi et des enfantes oti la tendance mSne de la pensee generale etait tournee vers ce but. Void comment Anatole Prance de"crit dans quelLe-y CAV— Constances il composa le premier de ses livrees^ "jQ aula au 1. Lucien Maury, "Deux Enfances Celebres:" La Reaue Politique et Litteraire- 1919, p.764. 2a"Le Petit Pierre'*- p.57. 3. Le Livre de Mon Ami"-p.5. (36) milieu du chemin de la vie ", a supposBr ce ohemin egal pour tous et menant a la vieillesse.' "Hon Bleu', je savais, 11 y a vingt ans, qu'il faud-rait en arriver la: J8 le savais, mais je ne le sentais pas. Je me souciais alors du milieu du chemin de la vie corone la routV de Chicagfc. Maintenant que j'ai gravi la c6te, Je re-tourne la t§te pour embrasser d'un regard tout l'espace que j'ai traverse si vite, et le vers du poete florentin me rem-plit d'une telle reverie, que je passerais volontiers la nuit devant mon fau a soulever des fantQmes. Les morts sont si lagers, htflafl* "il est doux de se souvenir. Le silence de la nuit y invite." II sera InteVessant de comparer la fagon dont il parle de 1*enfant dans ce lfcvre ocrlt "au milieu de la vie" avec celle dont il en parle dans 1© "Petit Pierre" ecrit quand il avail soixante-dix one, et, alors,de constderer son dernier livre, la suite dji "Petit Pierre". Il est aussi sin" gulier de noter qu'Anatole Prance a ecrit un livre avec sa suite quand 11 avait entre quarante et soixante ans et un autre avec sa suite quand i3 etait vieux. Les objets qui 1'entourafcent sont les m§mes dans chaque livre, male l"attitude de l'auteur a subi un leger t. Nel mezzo del camniin di. nostra vita... (Au milieu du chemin de la vie...) Dante. (37) changcment. Dans le "Petit Pierre" il ne ae souvient pas seulement comme dans 1'autre. Dans son premier livre 11 nous parle des petit incidents de son enfance,tels que l'ef-fet sur sa sensibilite" de l'histoire des Enfants d'Edouard, et comment il a eu peur du chlen qui abojta apr^s lul imme" diatement apres,parceque san mere lui avait pa.rle d'un petit chlen qui avait abo£e pour avertir quand 1'oncle tualt ses neveux. C'etait pour lui le chlen des enfants d'Edouard. Anapole Prance fait le portrait dun enfant tout na-turel. Cependant 11 y a de pe'tites reflexions J sur aom caractere narceque i eit sa methode d'-'crire. II philosophe et tire de3 conclusions, mals pas autant que dans le livre de sa vieillesse. Ce liivre est traite a un autre point de vue, II de"crit le petit Incident et alors un precepte ou une pense"e sur la vie. Par exemple, ay ant environ quaire ana il deaande a sa mere: "Maaan, dans lea magasins, est-ce celui qui vend ou celul qui achote, qui donne de 1'argent?"\ d'oti sa mere conclut qu'il na safera Jamais le prix de l'argent. II decide que sa mere avait raison et discute la valeur de 1'argent oppos^e a celle de l'amour. Puis il commence to chapitre "Vivre c'est desirer"2 et r.ous raconte l'histoire d'un tambour qu'il a d©sire et qu'il a recu pour trouver enfln que la mausaise consequence de ce cadeau ce fut le depart de sa m<?-re pour quelques jours 1. "Le Petit Pierre"- p.59. 2. "Le Petit Pierre"- p.62. (38) et 11 nous montre que d'aoquerlr ce qu© nous voullons ne nous donne pas touJOURS la Joie que nous attendlons. C'est 1© point de vfce d'un vleux penseur et pas exactemnt una description d'un petit garcon. Le petit Pierre nous semble un enfant tres pre"coo©, mais ne*anmoins c'est unenfant avew l'alr de l'fitre. 8a prd-oocltd et aussi cette quality aimable qu'll possede vlennent du fait que le vieillard alme a se rappfcler son petit "mol", 11 lui est cher, ce petit bonhomme qui marche dans les ruas du paBodj mais il y ajoute quelqueciiose de ses armies plus mftree. II ne peut pas se reporter exaoteinent a l'flge da qu quatre ans. M. Lucien Maury a ddcrit sa difficulty en citant la formule que Goethe a donne'e sur le sujet de podsie at rdalitd. II dit: "L'homme n'dcrit Jamais un recit tout a fait voridlque de son enfance at de sa Jeunesse; il en compose un pofeme; et vous entendez bien qu'll ne coaniet pas de'llbe're'-ment unefaux; mais la podsle transfigure les e'vdnements, lae persormages, les sentiments, aocentue leur relief, leur prite un sens des proportions, des rapports que 1'enfant ne soup-gonna jamais..."'• rtLa Vie en Fleur" montre pluB que Jamais sa tendance vers la philosophic, les prdceptes et les sentences; 11 oublie presque tous les incidents de sanjeunesse. Void sa manlar© dejoarler dans ce llvre: \. la revue politique ©t Litteralre- 1919, p.765. (39) "Observant d'abord la difference dee caracteres, je ot'apergus que les passions de mes camarades etaient vlolentes, tandls que les miennes etaient douces et qu'il souffraienfc de leurs; tandis que je jouissaiti .des miennes. lis etaient ja-loux, haineux, ambltieux. J'e*taifc indulgent et paisiblo; j'ignorais 1'ambition. Prenez garde que je ne m'estime pas pour eela meilleur qu'ils n'etaient. II y a de ces passions violentes qui font les grundeshommes et dont je n'avals pas 1'etoffej naif cela n'est pas en question. Je-Eue borne ft montrer par quelle voie je cormus que mes passions, fort d differentes de celles de la plupart des hommes me faisaient gouter une paix et une sorte de bonheur. Je fus Men plus longtemps & decouvrir que ma condition, dont lee inconve-niemts etaient fort apparentSj offrait des avantages qui compenaaient ces inconvenients."'• Mais, d'ailleurs, dans ce l&vre il n'etait pas en core enfant. L'enfant que decrit*Anatole Prance n'est pas un en fant moderne, il est celui de 1344, qui etalt eleve* quand la famllle etait une unite dont le pere etait le chef et les fils et les i'illes etaient simplement des enfant a. C etait avant les tempos modernes quand il y a un problerne de leur psychologie et de leur position comme Stres sociaux. Anatole I. "La Vie en Fleur"- P. . (40) France ne do'crivait pas un enfant da la fin du siocle. consequence 11 n'analyse pas 1'esprit du petit, nl lea dou-leurs d'un gargon mal comprls pa»r see parents. Lea s^uls penchants qu'il attrlbue au oetit Pierre sont ceux que lui-mSme a toujours eus ou des comparaisons entre son petit "mol* et lul, comme "Par malheur J'avais dcSja le pll du bureau,"* • ou, "j'al Men ohange" depuis lors ; je ne me refuse plua a placer des points d'interrogation a tous lea endroits ou o'est l'usage d'en mettre. Je aerai mfime tente* d'en tracer de tr«a glands au bout de tout ce que j'^crls, de taut ce qae Je dla et de tout ce que je pense. Ida r>auvre more, si elle vivalt, me dirait peut-6tre que maintenant j'en mets trop."2« A la fin du "Livre de Lion Ami" Anatole Prance a mis le"lAvre de SuaanneX qui pelnt le portrait des actions et dea incidents dans la vie d'uh enfant. Ce livre ressenJble plus a ceux des ^orlvains conme les frkres Nargueritte et Lich-tenberger. L'auteur aontre son amour pour les engants et 11 y a aussl cet etonnemebt devant l'irmocence de l'enfance qui oontient un doux regret. II dlt d'eux^; "lis habitent un autre monde,"et "lis font de friaeons en frissons La de"couverte de la vie." 1."Le Llvrc Ce Hon, Ami"- p.47. 2."Le Petit Pierre' . -p.*j. 5."Le Livre de Suaanne"J "Le Livre de lion Ami"- p.205. (41) ou "Laura yeux pur ai laure yeux grands ouvarta S'empliscent de rSves etrangey." C'est la m8mo pathetique qu'ii a faib voir dans le "Petit Pierre" et qu'll a expri.di3 en pax^I^t au petit ohien, ititzi, qui est mortrl. "ohl si ta chore petite ombre pouvait m'entendre, Je lui dirais; blentdt rnes yeux au3si se fermeront poor leternitc?, sans que j'en aie appris oeaucoup plus que toi sur la vie et la mort. Quant «t ce :ionde incoanu que je cnerchais, j1 avals blen raison, quand J'°tais enfant de le croire Dres de raoi. Le monde inconnu nous envelope, c'est tout ce qui est hors de nous. Et puisque nous na pouvons sortir de nous-jiSmes, nous l'attendrons Jamais," Oui, c'est avec una vraie symr>athie qu'Anatole Trance parle des enfants, de lui-m#ne et de M fille, parcequeil y a maints sentiments trbo in time a dQ&a sea souvenirs, c'est pour lui un c^3-^ adieu aux douceurs d'une enfance dont il sent bien les beaut^s:-"ilais le soir -GO/ADS sur les plantanes du Luxembourg, dit-il, et le petit fantOme que j'avair. f'vnquc' se perd dans 1'ombre. Adieu, oetit inol que j'ai perdu at que je regrette-rais i>, Jamais, si je ne tp rotrouvais embell.1 dans mon filaj"2 t, "Le Petit i'ierre"- n.H8. 2. ' Le Livre de MonAni"- p.167. (42) Pierre Lot!. II y a bien dea points commune entre Pierre Loti et Anatole Brance. Ha ont to us ies deux ecrlt un llvre vex^s le milieu, de leur ike qui devait contenir ieurs souvenirs et un autre dans lour vieilleaae aur le mfcme sujet: Pierre Lotl,qui est ne* en 1350, a ecrlt "Le Roman d'un Enfant"'en 1890 quand H avalt quarante ana et ''Prime Jeune3se"*quand 11 en avalt plus de aAixante-clnq. Son style eat aussi celui de quelqu'un qui se souvient et 11 volt lea petite inoldent8 en pensant & eon attitude pre'sente et 11 lea suit chacun avao quelques mots eonuae "liSme aprea tant dtann^ea, je ne puis penser de sang froid a mon fou rlre d'alora."* II resaent «omme Anatole France le doux regret du passe* et de son enfance qui !«• \?o<sss*k. f, dcrire oe qu'll appelle le livre *le plud intiiae que j'al Jamais Qorit."* II donno un caraotore ideal 4 ees jours ooome h oette promenade avec sa famllle vers la fin de maij "Quand Je repenae u. ce aoment-la, a cea pres d'amourettes, & oea plantanea roses, il se mfile a mon regret one espece d'anxi^td lnd^fihissable, co.ujie du reete chaque foisjque Je ite retrouve en pi^aence de choaea qui m'ont frappe* et charmd par des dessous mystdrieux, avec une intensitd que Je ne m'explique pas."5 \ .Pierre lotl, "Le Roman d'un Enfant'.'Par lis. Oalmaan-Levy- lYc*" 2. Pierre Lotl. "Prime Jeunjsse", Paria, Calmann-Levy-it «**.191 3. ||Le Roman d'un Enfant"-p.263. 4. Ut Roman djun Enfant"- p.26. 5. -Le Roman d-un Enfant"- p.247. (43) Loti etr*it,comme Anatole France, trop lntrospectlf« II avait la mime sensibility et e*tait un enfant trop ehetif •t trop faible. D'ailleurs, 11 fut, alev^ parol tout un monde de tantes, de grand tantes, afc de grand'm^rss qui le gataiant et, seul enfant au milieu d'elles, comme il 1 avait lui-mSme, il poussa "oomme un r>etit arbuste trop soigni ea serre, trop garanti,trop lnjnofca-it des halliers et des ronoes..;" MrLe Roman d'uii Enfant** nous donne 1'^tude des nensees d un enfant, 11 nous raconte lea ooa-aencements de queiqi es sentiments dans sa vie, par exemole, une oonoer>tion m^lanofolique du repoa d'un diaanohe et I'effet, qae fit un rayon de lumiure qui (?clai'.rait ce Jour 1'eaoalier noir et dont 11 se souvfeaait toute sa vie. G est le d^sir de Loti de nous doianer la suite de bes impres sions au lieu d'une hlstoire exaote de sa vie, et son livr© est pleln d*expressions coma<? "Et Je crols que l'impression suivante fut celle-oi/'^ou "Ce jour dont je vais parler <Hait certalnement le premier on j'p venais oomme petit Stre capable de pensoe, de trieteaae et de r§ve,"3 Le Jour fut oelui oti il avait vu le vleux Jardin de la Limoise, Lui, aucal, il a voulu donner un vrai t?v"Leau de son engance et de sa Jeunesse, mala ce aSae d^sir JJa fait analyser sa vie trop fine et il y a des souaenir de sea rSverled, de petlta incidents qui n'ont paa d'autre excuse, comme il a dit en parlant d'un chapitre, que "d*avoir e'te' ecrits aves un 1. "I* Roman d'un Enfant"- p.32. 2. *'Le Roman d'un EnfantJ- p.41. 3. "Le Roman d'un Enfant'- p.t2. (44) grant effort de sinceritd, d'etre absolument vrai,"' Peut-8tre, pour cette raison exa^lire^t'-il les tendances At son earact^re d1 enfant en les rapprAchant de trop T)r®s de ceux de son ^d'homme. II est evident, ceoendant, qu'il decrit trfcfl bien oette espkce de caractere, celui d'un enfant sensible. II met ce petit enfant au milieu d una nature riche et splendide. II y ne-!©, il est vrai, beaucoup des incidents de sa vie de mat*lot et de yoyageur et des souvenirs de la nature- qu'iT a vue. On sent 1' his to ire de Loti, ^crivair), dans la facon dont il nous t-evtla,.ses impressions la premier© i fois qu'il apergut la mm', et aussl dans son amour de la nature et de sea grandee perspectives dans sa description du coucher du soleil dana le "Roman d'un Enfant". Le manque d'intimite entre lfti et sea parents est plus renarquable que choz Anatole France. II parls sou-vent de toutee sea tantes et preaque jamais de sea -oropres parents, surtout de son p-'re, et e'est : k son frere qu'il confia ses espoirs d'etre matelot et cVtait son frtoa qui comprenait sa faiblesse et ses besolns des sports nlus con-venables pour lespetits gargoras. Ce n'^tait oas qu'il n'aimat: p.a sea parents, et il nvia aucun froideur entre lui et eux. II t^moigha un tr©s grand soin de ne paa biesser le coeur de sa mt=re en lui pari ant de aes espoirs dont 11 a-wait qu'elle '*• Le Roman d'un Enfant"- p.25. (45) avait peur. Simplement il de"crivait les oirconstances d'un enfant du milieu du siecle avant qu'il y eut le pfcoMeme moderne dont j'ai parle. C'est cette attitude des vieux ecrivalns modernes qui les distingue des jeunes de 1- fin du siecle, qui ont et€ sieves artres que le premier devoir de 1*enfant & ete I'oTaeissance et une certaine deference •ri vers son pere. (46) CHAPITRE VII. Lichtenberger et les freres Margueritte. II est interessant de remarquer que dans ce genre de livres qui traitent des enfants heureux dont les livres autoblographiques forment une partie les enfants appartiennent aux gamllles bourgeoises et sont ou de3 enfants uniques ou eleves seuls entouros des soins de la famille. Une dizaine d'ann®es apr^s les premiers livres de l'enfance d'Anatole France et de Pierre Loti parurent les livres des freres Margueritte et d'Andre Lichtenberger qui allaient traiter atsscdtaaeat des petits bourgeois ou des pe-tites bourgeoises assez egoi'stes eux-me'mes pour occuper $out un livre de leurs petits aventures. Chacun est enfant uni que ou seul enfant Jusqu'a environ ses six ans quand il ar rive un petit frere ou une petite soeur. Ces enfants n'ont pas de grands soucis, presque pas de soucis du tout, mals lis occupent une place tres importante dans le regime de la famille. De ces livres les freres Margueritte, Paul et Victor, . , • • (47) ont dcrit "Poum et "Zette"2, qui est ausst l'ami de Poum, et Lichtenberger a dcrit HHon Petit Trott"3, et apr©s, pour ddpeindre une petite fille, il a dcrit MLa Petite Soeur de rrott"* et wLinert.^ Tous oes livres sont ohacun un recueil des petits dvdnements qui peuvent arriver pendant un Jour ordinaire dans la vie d'un enfant queloonque. Bxceptd "Line" et rtMon Petit Trott", les trois autres livres comaencent le Jour de la naissance du petit et par une description de l'en fant et une conjecture des pensdes du nouveau«nd. Dans les romana sur l'enfanoe de Trott 11 y a l'hlstoire des parents de Trot$, d'abord, l'absehoe de son pere, le froid apres son retour, les anndes de bonheur et son depart sur son navire francals qui donne de la oontinuitd ft l'oeuvrej Mais dans les autres les contes ne se suivent pas et l'auteur les a recueillis de sources nombreuses. Le resultat nous donne l'lnf>ression qu'il a oonservd toutes les aneodotes qu'il a entendues sur les enfanfcs, tout evdnement qu'il a vu ,des en-A fants, les siens comae les autres, et les a atles en leur attribuant a quelque petit personnage de son livre. L'enfant 1. Paul et Victor Margueritte- "Poum (Aventures d'un petit G-arcon) "Paris, plon-Nourrlt et Cie.,189', I? <=*,„ 2. Paul et Vlotir Margueritte, "Zette(Histoire d*une petite fllle)" Paris, Plon-IIourrit et Cle., 1903, 1* <*», . 3. Andrd Lichtenberger, "liMl Petit Trott , Paris, Plon-Nourrit et Cie.,1G3K, J? d*., 78* 4. Andrd Lichtenberger, "La Petite Soeur de Trott", Paris, Plon-Nourrlt et Cte., 1898. (?cm, rfe. 5. Andrd Lichtenberger, "Line", Paris, Plon-Nourrit et Cle, 190§.20e. i?c^. (43) a presque le mini* ftge qu'au commencement et 11 n'y a pas de developpement dans son caractore. Les Incidents sont de la mime esp©ce dans ohaque lfcvre: 11 y a les leoons avec une institutrice, gendralement un» Anglais*, qui arrive k la maison pour les lul dormer, la naissanoe d'un petit frfcre ou d'une petite soeur, 11 y a des rdcits de quelques pe'ehe's en-fantins ou des chosee qui lui font peur, ou d'une dent qui remue ftu des petites tristesses qu'un enfant peut causer $. un autre du commencement Jusqu'a la fin des livres. On peut noter ce style dans ce recit de la naissance du petit frer« que Poum attend: "Poum, stupefa'it, reste immobile. Est-ce v»ai?.,. Voila plusieurs mois qu'on\Lattend, la petite soeur. Poum a Men entendu dire, I'anne'e derni&re, qu'on l'avait nommandde en Chine, mais elle n'arrivalt pas. En vain Poum a fait de longues stations k 1'endroit du Jardln d'oft. l'on ciecouvre ia mer. Son coefcr a battu k chaoun des bateaux qu'il apercevait, fum£e lointaine, d'abord, sur le oiel bleu, puis navire Jouet dont on distiingue peue&, peu les mftts fins,les minuscules chemi-ne"es. Mais chaque fois le navire grandissait, grandissait, et voiles deployees, il entra dans le port sens apporter de petite soeur. G'dtait desespeVant &|la fin'. Poum avait Te noned a l'espoir de voir venir par mer la petite soeur pro mise."' 1 . "PO-LUI" - p.53. (49) Snfin 1*enfant est arrive*, mala c'est un petit frfer® •t Poum va 1« visiter: "Poum Is ch®rch®. Ah. il y a un b®rc®au d® 1'autre c8te du lit: Poum 1« r®conna£t c® berceau, c'est 1® sienl On 1® spoil® dejS.. Pas d® bolt®...on a du 1 ®nl*ver... M. Rupert scart® av®c precaution 1® sildeau leger. Poua ap©r_ ooit, dans la blaneheur d®s draps, un paquet rougeaud. C'est e»la, 1® petit frere? Mon Dieul qu'il est vilaini... "Un autre Poum? Ah? non, vralment. St Ppura, rasse-rine, consider® «n sll@nc®, av®c un p«u d'orcuefcl ®t d® plti§> cette chair sndormie, c® petit tas vivant et mysterieux."I Ces llvr®s montrsnt d@\L'amour pour l®s enfants et de l'intertt pour lours petites affalros. Chaquc lsctaur en faisant appel n s©s souvenirs, pourralt se rappeler d® pareils 5ven«m®nts dans sa propre vfc®. Lea auteurs ont bien observe l®s ®nfants, mais lis i&aiten* des actions de I'enfant, dee peripitles dans sa vie,,plut8t que d® sa psychologie, ©t l'en* fant ®st considere du point d® vue d'un homm® qui s amuse d® lui ®t non pas d® celui qui veui penetrer son esprit. Car il y a d®e aut®urs qui d^criv®nt la vi® d®s ®nfants «n ch®r-chant d'espliquer leftns p©ns^@s et leurs aet&ons, mais ch®z l«s freres Hargueritte et chez Lichtenborger on n'explique on ri®n,. mais raconte sianlement ces anecdotes choisies. Ces I. L®s freres Marguerifcte, "Poum"- p.64. (50) livrea tdmoignent h, quel point I'intlrSt pour les enfanta •at awrive «t marquent l'apogee de ctt interSt. II est etonnant que les auteurs a»««t f^A e'crire autant d© livres selon le mfcrne plan et que le public fti%K«n vouloir. Mais il est possible qu'ils aient epulsd cetbo source parce-qu» d'autres lirvres r^peteront lea mimes choses et on peut se fatiguer des mfmes r^cits dans un voluae qui n'a pas d action ni de auite et de cette atmosphere de bien-ftre i>u" la famille est toujours rich®, on 1'enfant a un© foule de domoatiques qui pourraient a'amuser de lui et OQ il n'y a pas de probleme ni de difficulte h reaoudre. Cea romana sont trop faiblea pour rester lomgtemps oomme oeuvres d'art. (51) CHAPITRE VIII. La Jeume Fills dans la LitteVatur© du siecle. II y avait toujours des livres dans la literature francaise qui traltalent des jounes filles depuis ceux du 1?e siecle qui conoernaient seulement leur education. Mais jusqu'k aujourd'hui l«s annees de leur jeunesse dtaient tres court*s. Celles du 17* siecle, comiae nous avons vu, on les ma»iait quand elles n'avaient que l'ftge presqua des enfants. les demoiselles du I8e siecle avaient generaleiaent environ seize ans dans les romans, mais elles etaient d'un type le-ger et spirituel et avaient tant d esprit quelles avaient l'air tres precoce. Telles etaient les jeines filles de Marl vaux. Elles manqualent toujours deun certain seriaux et n'e"taient pas de vrals caract&res complets. De m8m© les Jeunes fillas du dix-neuvi-^me siecle subissant 1'influence du romant^iisme n'etaientlpas reelles. L'Atala^de Chateau-brland et Graziella d€ Lamar tine furent comae les autres 1."Atalart,(18Q<) "Oeuvres completes de Chateaubriand,tome 18, Paris, Pourrat Freres. 18Q6. 2."G-razlell'a",Lamartine , Paris, Haehette et Cie., 18 cm., (1913) (52) personnages ne"s dans les imaginations des auteurs 4>mpregn<£s des id®es melancoliques ©t introspectives. Elles furent simplement des fantaisies wt ne refl^terent qu® le malaise de l'^crivain. Elles avaient de son oaractere et de son raal du siecle. Ce fut vers la fin du dix~neuvierae siecle que la qu> J ©une fille a pris sa propre personnalite" ©t on a commence a l'e"tudier. Elle avait pris un© importance dans le monde qflii I1avait rendue plus digne d'un® consideration serieuse dans les romans. Une des causes de ce nouveau rang fut le changement dans soneeducationj 1'autre, le mouvement general feminist©. Dans les etudes qui la concernaient jusqu'k la fin du 19e siecle il n'y avait pas d'autres sujets pour de"-velopper son esprit que des sujets superficiels,et puisqu'il lui fallait roster dans la maison oti elle n' avait pas d1 im portance, si on ne l'envoyait pas dafas un couvent pour re" cevoir une education peu pratique, elle ne montrait pas g$« neralement la mSme force d'intelligence que son frere. LlaJs h. cette epoque, la fin du 19e siecle, on commenga I enseigner k la jeune fille presque les m8mes sujets qu'p. son frere, et a cette epoque*!'Education devimt obligatoire, ce qui lui donna l^occasion de savoir autant que les jeunes homaes et de developper son ©sprit en dehors des choaes qui appartiennaAt 1. L'education devint obligatoire en 1381. (58) au menage. En m§me temps 1» mouvement fcainin 39 dessina et rendit la position de la jeune fill* non seulement plus Im portant® aux y®ux du monde, mais presenta la question d« s®s p«ns£«e et d® sa psychologic. Zl y avait un gran* chang®m®Efc dans 1'etat d® la J®un« fill®; 1'autorite de son per® s® r®-l&cha graduellement ®t ®11® d®vint de plus en plus indep®n-dant® jusqu'Si ce qu'slle pdt avoir un® carrier® coram® son f r-er®. \ C«tt® agitation feminine «st c® qui a inspire Marcel Prevost ®t il L'a prise pour sujet de son roman rtVi®rges Fortes".' L1importance d® 1'esprit d® la jeune fill© modern® trouble pas l®s idees div®rs®s d® c®tt® revolt® l'am®na a eorire lea "Lsttres a Prancolse"2 qui la conseillarent 3ur les choses qu'iil lui fallalt savoir pour aller dans la societe" au commencement du vingtiem* siecle apres Str® sorti© de son couvent. A caus® d® c®tt® agitation, aussi, l®s j®unes fill®B plus averties commencerent a para£tr® dans les ramans coram® cell® d® nRos® ®t Ninette" de Deudet.3 L®s llvr®s qui traitaient de lavjeune fille elle»m$me e" talent presque tous ecrits par des femmos. II semblait que cell«s-ci sentant cette inquietude, furent pousse'es k l'ex-\, "VIerges Fortes;tome I,Prdderique; tom©2, Lea)wMaro®l Pre*-vost,ln-l2,,Paris, Alphonse Lenerre, t90Q. fif. Marcel Prevost, "Lettres & Francoise*',Paris, Alphons® Leraerr©, in-Oo,t £fp. 3. Alphons a Daud@t-j "Ros© et Ninette", Paris, Bibliothe-que-Charpontisr, ?8cm«, \£>92, (54) primer dans ces livres, et peut-ltre par son importance ide"a-llsaient-elles le caractere de la Jeune fill* en lui dormant une force d'&ae et une volonte to***, au- dela de son ftge. On lui J>eimt un temperament si complique et des ide'es si mftrles sur 1* sujet de 1'amour qu'on se demande toujours, coma© a dit ZEules Bertaut, T'Ott cess* l'enfant ? et oti commence la Jeune fille?*et on paut ajouter "oh c*ss* la J*un* fillt? 9t oti comm*nc* la femm*?* L*s livr*s les plug importaats d* ce g*nr* sont ".'ion Gncl* et mon Cur4M,2 "j«un* Fill*rt3»t l'Histoir* d* Janin**4 qui perut plus tard. Dans tous !•• trois et,plus particullere-m«nt, dans les deux premiers, l'heroine avait une Jeuneste tree court*. Rein*5 et Juliett*5, n'ayant qu* dix-s*pt ans/et •t e"tant e'leve'esflans l'ignorance^le la vie, prists quelquefois At 1'abandon #t cetto ldgerete* d'esprit des petits enfants., •t quelquefois se demandant ce que a'est que la vie *t 1*amour, aiment aoudainement et aveo intensity et , pareequJ les hommes qu'elles aimentApre"f erent un© autre, elle deviennent des f*>mmes muries et fortes. 1. Jules Bertaut,MLa Jeune Fille dans la Litterature Frangalse," Paris, Lotois Liichaud, 18 ra. 2.Jean de la Brete (Mile. A.Charbonnel), *Mon Oncle et mon Cure'*, Paris, Nelson, 15,5 cm., 1889. 2. Gerard d'Houville ( lime, de R^gnier),"Jeune Fille", Paris, Artheme Fayadd et CieT, U} cm., 1875. (1916) 4. Angel Elory, "L'Histoir© de Janine", Paris,,Renaissance du Livro, 13 cm. 5. Reine- l'heroi'ne de Ion Oncle et mon Cure . 6. Juliette- I'h^rotn* de HJeune Fille". (55) rtMon Oncle st mon Cure" est le produit de la vie de son auteur, Jean de la Brete (Mil*. de Charbonnel), une jeua© qui, fill* d* la Noraandie qui Stait triate ©t en deull,^coma® nous a dit Lladaa* Fdlix-Faure Goyau dans I1introduction d« c» livre, dem*urait dans I'ataosphfer© r*cueillic d'un«? maison provincial*. Ell* y mlt see p*nse*a *t s*s rtv*a d* J«un* fill* solitaire, c* qui donna au caract&re d* la petit* Rein* sa ve*rite. Ell* montrc un courage indomptable sous 1'oppression de sa tante qui e"tait un* femm* sdvere et cruelle,et d* eft complice, la cuiolniore. Son s*ul ami fat 1* cure qui lui enseignait l'histoire, la ge"ographi*, l'arithaetlque «t la graaaaire. Ell* n'avalt pas lu d« r«aiEjis *t sa s*ul* con-naissanc* de 1'amour ne lui vint qu* d*s suggestions qu'elle a^tirdes du cure", tout embarrass^, que c'est un danger ayS-tdriejuc et non pas desirable. Mais ces conseils du cure" ne pouvai^pas la de"tourn*r d* r*"v*r *t de transformer en hdros l*s personnages de ses llvres historiques & la grandw confusion de son precepteur, pas plus que see dlooours sur la vanltd ne l"emp^chaient de se trouver jolie malgre' sa petite taille, et de lui d*aander la confirnation de cett© id^e. Mais elle ne fut^longtemps a savolfc la vie aprfes $tre partie pour demeurer chez son oncle M. de Pavol, et le (56) comble de sa tristesse arriva quand elle retourna chez le curt? pour lui dire quo "la vie est une loqu®, mon cure, une miserable loque."^ Elle aima d© toute son 4me impetueuse le premier homme qu'elle avait vu et il e'tait^epris d® sa cousin®, Junon. Mais cetto doulour ne pouvait pas l'aceabier ex. elle 'e lui laissa avec un vrai courage at av-»® une abnegation herel'-que. Et quand Junon s'cst marie© h, un autre et que Paul est parti pour revenir acres qu-slquea mois elle l'epousa avac une dlgnite calme at fibre. wJaune Fill®" a pour hdroi'ne un® porsonne du rafime oaractere indoaptable et noble. L© aa$ln oti ell® avait dix* sept ans, elles'eveilla au lever du sol®il ®t e"chappa k sa bell* petite aaaan, trss jeune, veuve pendant toute la vie de Juliette et toujour3 plus enfantlne que sa fille. Julieete resBentit un grand ddsir de se montrer lndependante et libre maintenant qu'elle n'dtait plus infant. Elle rencontra inno-cemment un Jeune homme h. qui ©lie allait ttre presen&ee plu3 taSd at qui allait fair® apr^s des declarations d'amour qu'elle r®ndrait de tout son coeur. Les episodes qui la rendlrent feaae suivirent rapid®-m®nt, D'abord, 11 lui fallalt oprouver un® grand* tristesse et connaftra la vie quand sa ch&re petite ami®, Jaiine, mourut sublteaent. Elle sentit son enfance s'dooulcr la nuit oh. elle v®illa la mort® ®t elle s'est adres3®*® 1 elleI "janine, mon *• wMon Oncle et mon Curd"- p.227. (57) enfant"' d'un ton presque maternel. Apres oette douleur et la responsabilite qu'elle a soutenue dans la maison en deuil elle retounna ohez aa mbre I Pails pour apprendre I la fin que oelui aveo qui elle avait e"te seor&tement fiano^e aimalt sa mere. Sa mfcre avait toujours £te une enfant qu'il fallait proteger et Juliette est devenue la mfere de sa mere en aban~ dormant le Jeune honnie h, celle qui ne soupconnait rlen. Gerard d'Houville qui cache le nom de Mme. de Regnier, fllle de Her^dia, a mis dans 1*esprit de Juliette beauooup d© son dm© sensible qui pouvait analyser le coeur d'une Jeune fllle dont elle a peint fcoute la beauts. Ou Jean de la Bret© a de*couvert la tristesse et l'envie de la jeunesse solitaire, Lime, de Regnier traite les mfmes desirs en se souvenant de son prppre passe, ce qui donne & son heroi'n© plus d© pathe'tiqu© en mtae temps qu'un caractsre aussi fort que celui d'une femme. Au commencement du roman Juliette est une Jeune fille insouciante et gaie p»esqu© encore enfant. Elle a la aSme nal'vete" que Reine et elle s'inte"resse aussi P 1'amour et se demande si llle est belle. Elle se dit:2 "jolie.. .Ah', quel mot doux, brillant, pimpant, soyeuxl Jolie? j'almerais tout l'ltre." Elle avait envie de s'adresser au vi it Hard qui 1'avd.t 1. "Jeune Fill©*- p.207. 2. "Jeune Fill©)"- a. 11. (58) suivie presque les mtmes mots que Reine au bon cure": "Alors? vrai? vous me trouvez jolie? quelle chance mon vieux papal" Cependaat elle se r«prlt: "Mais 11 faut toujours reprimer les dlans de son natural expansif et de sa damnable fantaisie."' Elle croit aussi que la vie est un peu plus serieuse qu'elle ne 1'a trouve'e jusqu'k present et elle commence a ressentir de doux d^sirs qu'elle ne comprend pas et que lime. de R^gnier decrit en lui faisant dire le soir au olair de lune quand il y avait du monde chez elle et chez sa mhvH "Mais l'air se fait plus grais; l'on part, et Je sens que j'attendals quelque ohose ou quelqu'un qui h'est pas venu. Pourquoi?" Mais elle a la franchise et la vivaoite dsvant la vie des demoiselles modernes dont les ld^es ne peuvent pas 8tre supprim^Bs. Voici comment elle parle de son attitude le jour de ses dix»sept ana:-* "Maintenant, je suis grande, heladl 'bientdt vielllel et je sais qu'avoir des enfants c'eet bien ennuyfcwx, $a f^to tres mal, ca vous rend laide pendant quelques mois. Toutes choses qu'on aurait bien dfl me cacher encore plus longteraps, 1. "jeune Pille"- p.11. 2. '-'Jeune Pille"- p. 105. 3. "Jeune Pille-- p.8. (59) car j'aimais beaucoup l'ld®® que j'dtals ne'e dans una ros© et que ma bonne habitait un choux.' Cette mani^re do parler represent* quelquechos* de nouveau. dans la literature & causa d© son manque de pudeur et aussl h cause de la presentation des pensees confuses d'une tree Jeune fil^e. L'auteur depetnt et analyse cet ^spect de la pense© de l'adolesnente, mais quand Juliette pari* de ses sentiments en mat!ere d'amour, bienqu'll y alt de la veritc, le leoteur sent qu'il s y mile quefcquechose de la douce tristesse tt du savoir intime d uue femme murie qui alme 5. les ©sprimer. Juliette, apros avoir fait une oromenade avec quatre de ses jeunes amies oh elles s'e*tdient toutes demand^ ce que c'est que 1'amour, se dits ' rt...maintenant que laair pur n'emporte plus nos folles paroles, nous abandonnons tacitement ce sujet qui nous inte" resse si fort. Mais Je n'ai pas dit tout c© que je pense. Je crois que nous oonnalssona d'instinct presque tout I1amour. Je crois que le silence autour des Jeunes fllles, garde" sur 1'amour, est necessalre et beau, car ainsii, comme un© fleur cache"e, ce sentiment de 1*amour grandit lenjement jusqu'au jour otl il sera prtt a vivre, & eclater comm© c«s corolles mysterieuses qui ne s'e"panouiBsent que tous l©s vingt ans. \. *Jeune Pill©"- p.94. (60) Les paroles 1« detruirai»nt. Car, d£jk, toutes petites, nous avons ^notre vie d'aniour«*I Et elle fait voir l'idealisme nai'f de la jeune fille quand elle a appris l'hlstolre des tristes amours d'Angolise:1 "Cette folie d'Angelfcse me fait songer que 1'amour est chose Men myst^rieuse et si, dans cett,e vie prdsente, nous ne rencontrons Jamais l'homme que nous demons aimer, que nous sommes faites pour aimer, qu'advient-il de nous? Devons-nous aller d'espolr en espoir, d'erreur en erreur, de tristesse en tristease?" "J'ai dit a Janine: <»Je voudrais n1 avoir dans ma vie qu'un seul sentiment, qu'un seul amour et qui sans fin, se renouvellerait et re-naftralt de lui-mlme comme un tr^s vieux rosier qui porte toujours de jeunes roses.«" Qit* ce rut ce sujet de l'&me de Jeune filli qui in-t<?resaait lea auteurs de ces deux livres est bien d^m mtre par le fait que les deux homines que Reine et Juliette almaient d&aient des caractfcres tree faibles. Ils^ie valent ni l'un nl 1'autre l<Jamour de 1'heroine. lis ont etd chacun lnfideles h leur nrernier amour bienqu'il fussent assez hommes du nonde pour savoir de quoi il <5&ait question. Cette action n'est pas I. "Jeune Fille"- p.105, (61) explique'e dans les romans et leurs auteurs n'ont ©ssaye* d'ana lyser ni leurs pense'es ni leurs caracteres masculine, lis ont tous les deux les raoyens de iaontrer los coeurs dignes et nobles d©s Jeunes filles. Une livre mAderne qui a £our -s©a- heroin© un© Jeune fille est "L'Histoire, de Jaainert d'Angel Flory' ou*le carao-tere d'une Jeune fille tat tres Men peint. C'est un© vraie descriptioh de ses premiers rives d1amour, mais fc cause de son ignorance ,,elle a'est marine tres Jeune fe un homrae qu'elle ne pouvait vfcaiment aimer, et presque tout le roman traits de sa vie de femme marine qui rencontre trop tard l'homme qu'elle avait admire" etant enfant et qu'elle aurait pu aimer. Le livre n'ajoute rien de nouveau au caractere de la Jeune fille qui a e"te" de*crit k la fin du dlx-neuvi^me sibcle. Avant ces livres il y en avait un autre, "iliss Rovel"2 qui traita de la Jeune fille angjaise. II est intoressant de voir ce qu-'on peut penser d'une jeune demoiselle surtout d'une Jeune 4trangere» C'^tait une enfant terrible, une vrai® "torn-boy" an— ^laisej qui volalt des pJohes Ik son voisin pour les Jeter aux paasants; qui se promenait fc cheval dans les jardins des autres, qui ,ayant encore dix-sept ans, est enferme'e dans une armoire par sa mere et qui hurla pour se Eaire entendre jus-t. Angel Flory, "L'Hi3toire de Janine", Paris, Renaissance du Livre, 18 cm., 2, "-Iiss Rovel"- Victor Cherbullez, ?rric, Nelson, 16cm.,1875. (62) qu& sur la rout* d*vant aa maison^ »t qui parlait a un dtran-g*r dans un bois sans la moindr* timidite*. C'*st un melang* qui n* pourrait ttr* COIIQU qu* dans un •Sprit ma3oulln. L'au* t«ur y m«t sans disc«rn«m«nt l*s oaracterlstlqu«s d'une J*un* fill* b*auooup plus J*un* *t mtm* plus aal el*ve"*. Rein*, Juli*tt* *t Janln* n dtaivnt^plus 8ge*s qu #11*, mais *ll*s etai*nt b*auooup plus muri«s. Nat«r*ll*m*nt *11* d*vrait avoir o« manqu* d* t*nu* i* d* reserve des jeunes Anglaises mAses en oontraste aveo Ima Jeunes Francaises, et elle pourrait montrer, aussi, un manque d* finesse dans ses ooquetteries, mais non pas Jusqu'au point on, apres avoir fait semblant de se noyer pour savoir si un homme maussade l'aime et apres qu'il a plonge dans l'eau aveo une}nihe effarde, elle s'e'cria:' "Quel plongeur et quel nageurl en allongeant son bee d'oiseau." It apr&s, voioi ses explications: *Excusez"mol, monsieur, lui dtt*elle roup;e d'emotion. J'Stale vurleuse de savoir quelle figure vous feriez, s'il •ous arrivait de me crolre morte." Le llvre n'eet pas e"crit pour ipontrer le oaractere d'une Jeune fille. C'est simplement une petite aventure et 11 n'y a pas de psycholo&ie. Un autre roman traitant d'une Jeune fille;ce fut *Marie"clairert, peut-6tre mieux cannu que lee autres, et I. "Miss Rovel*- p.«*«#.. (63) comae tous les romans qui decrivalent de vdritables Jeunes fllles ce llvre fut e"crlt par une fernme*. Mais pfalsque oette histoire a subl d'autres Influences, nous allons en parler dans un autre chanltre. 1. .'larguerite Andoux- "Marie-Claire", Paris, Bibliotheque-Charpentier, ( trente cihquieffle mille, 1911) (64) CHABITRE IX. Un Houvel InterSt Soolal pour lea Enfante. Apr^B la grande Elevation des sentiments et dea ar-leure personels consequence du culte de Rouaaeau et de Bon Idealisation de l'enfant, 11 arriva vera le milieu du I9e allele un int^rSt pour la paycholo&ie. 11 y avait l'influenoe Bsne'rale de Bergson et sa glorification de l'instinct, de la sensibilite" et des intuitions. On aimalt analyser ses propres BxpeVlences er leur r^sultat sur l'ftme. Naturellement ce ie"sir de s'^tudler, ajout®" it l'int^rfit pour 1' enfant^, tourna lea iddes du sieole vers la psychologie de ce$ui-ci. Cette nouvelle vague de ferveur a'epanoult vers 1885 dans une grande etude de l'engant lui-mSmejet l'influesoe des plilosophes comme Bergaon <Hait encore reaarque*e plus tal»d pendant le vlnftieme siecle dans tout un genre de romana qui traitaient de l'adolescence en analysant tres fineaent lea instincts et les envies de cet age. Cette consideration du bien'ltre de 1 enfant fut cause de la plupart des agitations pour dea reforaea dans (65) L e"tat de l'enfant et de beaucoup de changementa. Cet inter$t ae dlrigea vera la puissance des parents sur lies enfants, le Iroit des pares, la question de l'interaat dans les ecoles 3econdaires, les conditions sociales des families pauvres. Un commenoa a penser a l^enfant comme l'espoir de la race lumalne, sur lequel tout effort de la reforme doit 8tre com-aenoe" pourque les generations suivantes en puissent be*ne"fi-jier. II s'agissalt a la fin d'un problem© social base sur La psychologie. La question de la puissance paternelle et de 1*in fluence des parents sur 1*enfant etait plus importante na-turellement chez les pauSres et chez les ouvrlers, car c'Btait lans ces classes que 1'enfant pouvait §tre abandonne, neglige", mttu et m§me pouss^ vers la crime. Mais la puissance da jere ©tait relftchee dans toutes les classes. II y avait eu in age ou un homme Juaqu'u trente ans ne pouvait pas se marier jans le consentement de son pare ou dans dee cas speciaux Jans des actes respectueux. La Hamille etait un groupe social lont le pere etait le chef; il y avait m§me une puissance L'alSul paternel sur la ramllle, sans puissance de 1'aiSuI aaternel. Mais me certain© pi tie" et mi souci social diri-jerent les agitations vers les pauvres; et il y eut une suite Le lois qui ©"talent des atteintes de plus en plus profondes t l'autorite" de ces parents, la 161 de 1£89 permit que les (66) snfants puissent ©tre arraches I leurs ascebdants qui pas? ie mauval3 traits de caraotore, ou par une ivrognerie habi-tuelle, oti par une grande inconduite coraproaettaient soit la sante, soit la raoralite de leurs enfants. Une autre loi en 1898 decida que, si lea parents etaient incapables d'lslever leurs enfants et les ndgligeaient en les laAssant oommettre des crimes &omrr'conse'quence, le juge avait le pouvoir de les confier I l'Assistance pubiique?ou & une personne>ou fe une socie'te' charitable. Jules VallJ^s^ exposa ces conditions dans une famiille, les Vingtras. ou les parents etaient brutaux envers leur fils. Le pbre, is3u de paysans, dtait devenu profeasour dana un lycde, et avait Spouse une paysanne sans raffinement; tous les deux avaient une certaJine grossiereta, surtout la mere. Ni l'un ni l'autre ne comprenaient du ftoufc I'flme sensible de leur enfant qui semblalt ressentir un amour de la nature, &$r doo choseo plua flnoo-. Les prem iers souvenirs de l1enfant furent d'avoir etd battu par sa mere;ce a quoi^arrlva graduellement k s'ac-coutumer, mals sans perdre sa sehsibillte et une certains droiture de caractere. Mdis lorsqu'il allait a 1'ecole ou son pare e"tait opprimd par les superleurs, taquine et apprise par sea dlbves, Jacques oommenca a avoir honte pour lui. Et 1. Jules Valles- "L'Snfant", Paris, Bibliotheque- Charnentier. 18cm., 1885. (ddition de \92\) (67) quelques annees plus tard quand son pere le laissa maltralter par un des professeurs, 11 remarqua que s6n pere n'e"talt pas comme d'autres et obsenra "qu'll pense avec ralson que quelques coups de plus ou de molns ne feront pas grand'choae sur ma caboohe et 11 ajouta " Non, mais, 11 font marque dans mon coeur."' II constata qu'll a eu un mouvement de c61ere contre son pere. Ce fut le commencement d'une colore qui devint de plus en plus forte jusqu'au4 e*tai t Jeune homme, 11 3e battit avec son pere, un crime qui auralt pu le faire jeter en prison. Ce roman defnonce soverement cette puissance qui pou-vait faire tant souffrir les enfants, et m§me les tuer. II cite l'hietolre de la petite Louisette, enfant de dix aha qui est rentr^e dans le mSme batiaent qu'habitalent les Vlnftras pour demeurer chea sa famillfe dont elle a dt^ se*-pare"e jusqu'alors et qui mourut de la brutalitd de son pere. L'auteur blame avec amertume le coupahle:^ "Et on ne l'a pas guillotine, ce pere-lat on ne lui a pas applique* la peine du telion a cet assassin de son enfant, on ne l'a jkas sup^li-cie" ce lftche, on ne l'a pas enterre vlvAr\+" & co^te" de la petite mortel" De son propre ©as Jacques dlt:3 1. Jules Valles- "L'Snfant", p.'4S-2. Jules Vallfes- "l/Enfant'', p.28K 3. Jules Valloe- "L'ENfant*, p. 169. (68) wMon pere peut me faire pleurer et ealgner pendant oute ma Jeunesea: Je lui dois 1'oMisaance et le respect. "Lea regies de la vie de famllle lui donnent droit ,e vie et de mort sur mol." Enfin se sentant Jeur.e homme et fort, toua lea liana ,'affection rompus entre lui et sa famille, 11 annonoe le ut JSquel 11 va travailler:' "Eh Men', je £erai aon temps ^el, et J'lrai a Paris •pros, et quand Je serai la, Je ne cacherai $aa que J*al e"te* npprison, Je le crieraii Je ddfendrai le DROIT DE L'ENFANT, iomme d'afctrea les DROITS DE L'HOMLEE. rtJe demanderai si les pares ont libertd de vie et de ort aur le corps et l'Ame de leur fils; si M. Vingtraa a le roit de me martyriser parce que j'al eu peur d un metier ,e miaere, et ai M..Bersougnard peut encore crever la poltrlne ,'une Louisette." La maniere d'envisager et de traiter ce sujet n'est ias oelle des livres du XXe slecle. II H'y a paa oette mS-node d1 staler les sentiments de 1' enfant tourmente", ni de lontrer les douleura et les pena^es qui sulvaient chaque tor-. 'Ure. En depit de la tristesae du sujet et de la cruaute" vac laqqalle le £etit Jacquea <Halt e'lev** l'auteur nous onne plua souvent le recit des tncidenta exterieura aana . Julea Vallea- "L'Engant", p.388. (69) aire olus que de sugge'rer les sentiments . i lee suivire it.. 1 porle Ce la vie de l'enga t, det parents b 1c ca:ap; , e ses amis, des aventures :^ai la:l t. on:, irir-lvees chez lu3 et 1'ecole, et tous ces incidents depeignent a lecteur 1' e son Sine. Co i'e8t pr.s •ncore I'd >que de l1? lalyse ? ,/-hologique dee e*criv iis co 3 Jules Renard et C ." ett de 'oisins. (70) CHAPITRE X. Les Ecoles- une Question Sociale, Les romans qui ont montro" les de"fauts du systeme de L1Education secondalre sont plus modernes que *L*ENfant"dont iuelques-uns les plus importants sont "L'Ame d'un Enfant",' 'L'lnquiete Adolescence"2 et "Marie-Claire"^ qui ont paru pendant les ann^es de 1998 k 1920. Dans ces livres on peut suivre un dlvelftppement de la psychologie et un int£r§t de plus en plus fort pour les instincts malmene's et pour les Benslbilit^s bless^es. Ces romans sont autobiograph!ques at cette analyse intime est tres systematique quand on la compare avec I'intlrSt pour l'ftme et pour les sentiments d'll f a une cinquantaine d'annees. Une autre influence sur ce genre, comme nous l'asons fait remarquer dans le dernier chapltre, est I'inte're't general 1. "L*Ame d'un Enfant"- Jean Aipard, Paris, Ernest Plammarion, (nouvelle edition) 18 cm., 1598. 2. "L'lnquiete Adolescence"- Louis Chardourae, Paris, Albin Michel, 13ca., 1990. 3. "Marie-Claire"- Marguerite Mdoux, Paris, Bibliotheque-Gharpentier (1911- trente cinquieme mille) (71) Dour la sociologie qui a pousse beaucoup de gens & e'er ire et lui a etdccause de cette observation d'Aicard:' "c'est un fetara. immenae dans le progrka general de la marche humaine iue cette insouciance a former les Smes des petits" et 11 site de Spenser nSl nous nous emparions vraiment de l'ftme les petits nous transformerinns le monds." On exprlme souvent dans ce3 llvres que 1*enfant a onngrand desfcr d'aimer et de se sentir alatfj qu'il a besoin ies sympathies et des tendresses humaines pour a'dpanouir st pour devenir un homme heureux et naturel. Pour cette rai-eon 11 lui faut grandir aupres du foyer paternal P.U sein de 3a famille, il faut que toutes Ies facultes de s!T&me se dd-veloppent dans uae atmosphere propice pourque son caractere le devienne nl chdtif ni fldtrl. Et l'intdr§t social pour Les problemes de 1'dpoque exige qu'il dprouve toutes lee Influences qui le rendront le meilleur homme et le citoyen La plus capable possible. C'est pour cette cause autant que par pltld que !>a plupart des auteurs attaquent le systeme le 1'internat && le petit garcon doit demeurer dans l'ecole sans beaucoup sortii at sans visiter sa famille sauf pendant les grandes vacances. II y a des auteurs aussi qui ont dprou ve* cea conditions de l'dcole et qui dorisrent l'amertume de leura coeurs. t. Aioard- "i/Ame d'un Enfant0- p.3t. (72) Anatole EPrance qui compose des romand d'une enfance ntouree de soins et heureuse dit de ce syst«me;' HSi j'avais 6%A pensionnaire dans un lyce*e, le sou-enir de mes Etudes me serait cruel et je le chasserais. [ais mes parents ne me mifcent point a ce bagne. j'e*tais ixterne dans un vleux college un t>eu monacal et cache; Je 'oyais chaque Jour la rue et la maison et n'c'tais point re-.ranche*; comme les pensionnajcres,de la vie publique et de .a vie privee. Ausai, mes sentiments n'^talent point d'un >sclave; ils se dc'veloppaient avec cette douceur et cette 'orce que la liberte" donne k tout se qufc crait en elle. [1 nays'y mSleit pas de haine. La curiosite y etait bonne 3t c'est pour aimer que je voulais connaftre/ Ce contraste avec la vie d'interne de la plume d'un iomme qui a regarde* cette faeon de vivre seulement da dehors It qui b'est pas influence* par de 1'amertume, faiit remarquer IU monde ce dont lfinternet manque pour l'ecolier sensible au pour 1*adolescent. I'1811 * cette accusation du systome il y a un sen- -timent que les parents sont coupables et qu'ile veulent e*vi-ter leurs responsabllit^s en se d^barrassant de leurs enfants. Ernest Renan a exprimd cette id®*e:2 * Les parents n'avaient qu'un seul d^sirt trouver t. Anatole Prance- "Le L*.vre de mon Ami"- p.136. 2. Ernest Renan- cite* par Alcard, L Ame d'un Enfant"- p.2. (73) me Donne maison a laqj.elle il pussent confier leurs enfants ;n ooute sup^te de conscience, afin de n'avoir plus a j oen-kr. Eh bien, cela est tres Immoral* Aicard a fait un recueil de citations de Victor de japrade qui donne un bon resume des qjeetlons don^ il s'agit:' "Les droits de la soci^te, si eixe en a, ne viennent lu'apr&s les droits de A'enfant." _"L'enfance a un droit d'exlger une b ndresse de pere i iexia part de tous ceux qui onx, xa protection de s occujber 1'elle." "La premiere faculte qu'il faut cultiver chez les snfants, c'esi) la faculte d1aimer. Les auteurs de NL*Ame d'un Enfant" et de "l'lnquiete 11 Adolescence" parlent tous les deux de la repression de eha-}ue facult® de l'&ne qui ne peut pas se developper najurelle-nent a l'ecole et du resultat serieux du manque d'indepen-iance. Chaque enfant dans ces livres est tres sensible. Aicard montre cette caracteristiquw enfaisant dire au petit tlartel:2 "Toute la nature etait pour mol une grande personne que je sentaie b&enveillante tant que brillait la grande lumiere. Je me rappelle fort bien avoir entourer de mes bras, tr®s tendrement, le trnnc rugueux des jeunes amandiers en fleur. Je 4ftur parlais. Q,uelques-unes de leurs fleurettes 1. cite par,111 card- "L'Ame d'un Enfant", p.2. 2. "L'Ame d un Enfant"- p.12. (74) Ji doucement teinte"es de rose, si subtilement odorantes tom-)aient sur ma petite t§te aux longs cheveux noirs. C'e'tait La r^ponse des arbres. Et un peu plus tard, & quinze ans, luand lis souffl^rent sur moi les premiers pensees de con-'us desir, le ne fus pas surpris, parceque dejs. lis avaient ippris la tendresse a ma petite ame solitaire." Paul', aussi, est a peu pres du m§me capactere: un mfant qui a besoin de sortir, de vivre aupres de la nature it qu'il faut elever par la douceur. Chacun, a.pres que son ame a e'te blesse de tous les ;Stes, commence a devenir endurci pap la severite de la dis cipline. Paul dit:2 "Et h'ayant pas pleure, je me mettais i ha£r" et dans "L'Ame d'un Enfant", Aicard sMt plus gra-Luellement la destruction de chaque iideal qu'un enfa-nt peut ivoir de la vie. "L'Ame d'un Enfant" commence pap une etude des sentia lenta d'un enfant. L auteur croit que 1'enfant tire ses .dees des influences au dehors de lui et il lui faut quelque $rande personne pour le garder contre la tristesse,- comme .1 l'a expliquc,3 ±± ]_ui faut des rideaux blancs autour de son lit pour lui Cter ses peurs enfantines. Martel eprouva t1abord cette protection de l'amour et de la tendresse de sa lere qui la lui temoigna en mettant sur son lit des perven-('•. P,aul_ "L'Inquiete Adolescence". >. L Inquiefce Adolescence - p.12. 5. "L'Ame d'un Enfant' - p.8. (75) hes. Plus t6t il commenga ft recevolr des impressions de a vie. Sa premiere impression de la tristesse, ce furent .es etrennes de pauvres que lui et sa mere ont reSues. >pres la mort de sa mere il apprit trojb jeune les douleurs .e ce monde. Comme il a dit:< "il semble aux enfants que .oute grande personne leur doive protection", et on l'a .aisse seul. Etant encore enfant, il a connu la haine uand un parent brutal " a battu, sans cause, son petit chien it quand sa belle-mere lui a donne un soufflet qu'il ne me-•itait pas, et il ajouta * cette haine "une douleur d'homme tvec, en plus, le sentiment de son impuissance, et il per-Lit le reste de sa confiance dans les gfandes personnes quand in professeur l'a battu en le tralnant par la classa pour ivoir chante faux. II dit de cet incidents "Quand ce mise-•able fou me lacha, je demeurai sans force, aneanti, brise", lur les ruines de mes rSves d'enfant- rSves de douce protec tion, de bont© caline, de tendre ajncbur ra,ssurant." II apprit [u'on peut mentir dans le monde ce jour oti sa belle-mere n'a >as voulu le croire malade quanift il ne pouvait se lever pour iller all'eole. "On pouvait done mentir h, ce point? dit-il5- faire iemblant d'etre malade? Bt il arrivalt aux grandes personnes l'§tre a ce point injustes par erreur ou par mechancete'. I. "L'Ame d'un Enfant"- p.39. >. "L'Ame d'un Enfant"- p.37. 5. "L'Ame d'un Enfant"- p.4). \, L'Ame d'un Enfant"- p.47. r (76) Ulle ide"es confuses se heurtaient en moi... Une terreur me rint: si j'allais garden*toute la vie« mes deux genoux plies »t douloureux, et toute la vie, Stre accuse de faire semblant 1'avoir mail... Et il supplie: "Oh meres, vivantes ou mortes, Dleu jarde vos petits enfante de souffrir par vous, ou loin de rous, ce supplice de deviner toute la malice humaine, parce-lu'on les accusera de la porter deja toute dans leurs pauvres ;oeurs innocents'." Quand il entra au lycee; la discipline lui arracha L'independance; il devint plus cikaintif et plus humble. De 3e trait d'humilite Aicard dit: "Elle est sur tous ceux sans exceplion qui furent ©lenes par l'internat, dans notre )ays libre de France.' A l'ecole, les punitions non meritees des mattres lui mseignerent l'injustice. Et enfin;le petit Paul apprit ce rae c'est que la mort sans personne pour le reconforter quand in petit camarade mouimt soudainement. II ne pouvait pas 3ortir pour chercher une consolation aupres de la nature et Les conseils imprudents des pr§tres lui Staient la confiamce Lans la religion. On le parla de J ', hostie sanglante da Juif, :e qui l'a rempli de terreur et il devenait necessaire par consequent de lui dire que ce n'est f£as- qu'un conte. De ses I. "L Ame d'un Enfant"- p.165. (77) Loutes qui suivirent cette relation il dit: "On venait de m'arracher a la superstition, oui, mais, ipres cela, que croire? ou commen^ait la verite? oh finissait-llle dans leurs paroles? Je fermai douloureusement les yeux le ma conscience, afin de ne pas m'examiner, afin de pauvoir iroire encore.. ." Enfin tout soutien etait brise pour lui et il h'avait -ien a attendre de la vie quand il visita son grand-pere; et 4 '«st ; la noblesse et la simplicite de cette ame qui l'a sau~ re, qui lui a donne de la confiance dans la vie, et du couUage. )es ses premieres paaioles, son grand-p&re, qus,nd il arriva, Lui dit:2 "Profitez de la lumiere" en lui conselllant de rester lehors ce soir, parceque le temps de la lumiere est si court. 3es paroles le mirent encore en rapport avec la nature et il fprouva un sentiment de calme. Le lenderna&n son grand-pere lui de"clara:^ "n faut de-Tendre le droit," ce qui lui causa de la surprise, et le 4 jrand-pere expliqua "Que deviendraient des enfants comme toi si les hommes, c'est-a-dire les forts, ne les defendaient pas, le s'occupaient d'eux?" C'cfct, son ancienne foi de 1'enfant iue son grand-pere lui a redonne*e. Et le resultat fut que 1. "L|Ame d'un Enfant"- p.22l. 2. (|LtAme d'un Enfant"- p. 174. 5. „L Ame d'un Enfant,.- p. 17$. y, "L'Ame d'un Enfant - §.17°. (73) L1amour l'a completement remis: "Enfin je me sentals aime par quelqu'un, par les §tres, 3t par les choses. Je cessais d'Stre une petite machine a recitation; je devenais un enfant, un vrai, un fils des homines.M Le ronan de Chardourne "£/Inquiete Adolescence" traite 3omme le titpel'indique la periode de 1'adolescence dans la vie i'un gargon et montre comment le systeme rigoureux qu'Aicard a decrit peut Saire du mal k ces nouveaux sentiments qui iriennent de naJtre. c'est un enfant un peu plus age, aji com-nencement de l'Mstoire^que le petit Martel, mais la vie de L'internfcta supprime les m§mes caracte"ristiques ehez lui. 3oiame 1'autre il veut vivre aupres de la nature, et il est, sn effet, plus naturel qu'un petit animal lui~m§me. II aime i jouir par les sens, la vue, 1 odorat- les odeurs de la ferine, des fleurs, jucqu'aux odeurs degofltantes, car tout somme un gargon de son age, il n'est pas encore arriv© k Itre raffine dans ses sensibilites comm© il le sera bientSt. II est pr§t a vivre, il sent lesjdesirs d'agir et 1'aimer. II s'increase beaucoup aux femmes. Mais il etouffe lans l'ecolei il ne peut pas comprendre ces sentiments ni n§me en papier. II n'a pas 1'influence de sa familie, de ses parents et de sa soeur pour l'accoutumer a/agir dans le monde. II a seulement la contrainte et la fa,ussete de la vie au 1. "L'Ame d'un Enfant"- p.t?4. (79) 3ollege Qti" il n y a que des garcons avec qui se lier et oti Les professeurs ne lui pa.rlent pas ni ne lui permettent pas ie parler des choses qu'il veut demanifter. Mais il n'ignore pas)le monde et ce systeme l'empSche ie le regarder d'une maniere naturelle, et comrae ill avait ies sentiments forts, cette facon d'envisager la vie colora tout toute son imagination veh^mente. II se fi.it aprfee avoir ren-contre Nourmahal qu il va l'entourer de ses ardeurs naissantes: "Elle ne verrait pas que, sous le vernis du college, je ca-chais un esprit mur pour la beaute" et un coaur passionement 9,vide d aimer. Elle ne divinait pas que je savais par coeur le Lac" de Lamartine, et "les Nuits de Husset, et que j'avais lu Manon Lescaut". Ce sont lea fautes de ce s/steae d' e*ducatl on que X'au-teur blame, et qu'il cherche a exposer devant le monde. Ajoute k cette atmosphere fausse et malsaine qui exagere et detourne les envies du jeune homme, iljy avait l'enseignement de la re ligion d'une maniere mal avisee, Les pretres du college essa-yaient de profiter de ce temperament nerveux pour tourner les pensees des eleves vers la religion, ce qui a simplement aug ments leurs douleurs. Voici comment Paul decrit cfette methode d'enseigner la religion:2 1. L'Inquifete Adolescence"- p.31 • 2. "L'lnquiete Adolescence"- p.39. (80) Lorsque je me souviens de ces heures et de ces vi sages, je songe aux plantes que les jardiniers forcent dans Les serres, a des lis trop blancs, a des fleurs maladlvea, I ces tlssus ' clatants et fragiles qu'un coup de soleil trop ,rif ou qu'une brise trop apre friperai" Comae 1'enfant dans le livre d'Aicard, Paul a ete 3auve de la tragedie ou cette vie le pftrtait et par une in fluence en dehors de la routine du college• C'otr.it Lortal, t qui l'auteur de*die son livre en reconnaissance. Ce garSon lonchalant lui a enseigne 1'independance et lui a servi de confident sans lui faire le mal qui pouvait suivre une amitie irop demonstrative. Paul lui a ouvert son &me dans de mots eoiniae les sui-rants: 1 "itoi, je cherche... je cherche... - Quoi done? - Quelque chose a aimer, a aimer d'une facon terrible ... ne faire plus qu'un avec cette chose... tout oublier pour *lle... s'oublier soi-m§me." Lortal outre qu'il est son confident, lui a nontre m peu la vie qu'il allait mener et a de'tourne ses pensees lu regime de 1'Internat en 16t. delivrant d'une partie des re-mltats de cette pporesaion, de sorte qu'il dlts* I. "L'Ame d'un Enfant"- p.52. I. "T.'Ame d'un Enfant"- p.71 , i ...» _ r (81) "Toutes les contraintes que j'avais acceptdes ju3-qu'ici, toutes les vertus d'obeissance et d'huailite que I'on nous prSchait sans repit, me devenaiiient de plus en plus od odieuses." MMoi qui m'etais jadis si doucement plie a ce petit monde, souffrant, il est vrai, de ma solitude, mais applique" a. mes besognes, engourdi par le rhythiae regulier des jours, depuis que Lortal etait la, l'apoareil coutumier de l1exis tence m'ecoeurait."1 Aicard et Chardourne avaient tous les deux l1intention de faire un expose des conditions dans les ^ooles ni Miques et de leur influence nuisible. Leur these est que la rigueur et 1'oppression de l'internat dan3 ces ecoles Stent aujf eleves une certaine independance et que cette faiblees< se fait voir dans l'humilite du caractere des bourfeeoie de France. Ce train de vie, aussi, les fi^pare de touue affection et ,Ie tout '~A a >igii.ajo de l'aiaour et en c ,<nse'qut._c e cette oxic L.ence contre nature leur ffait regarder la vie de travers et ex^ere une imagination aorbide. Los deux livres : jnt deB autol logr-anhies ce qui doune de la rea.lite aux persoimages des ibetits garcons, mala Chardourne oarceque son lllfre a, paru beavcoup plus tard consacre plus de jcemps &• l'analyse du caractere et se borne a presenter tres finement 1'adolescence plutQt que toute la 1. "L'Ame d'un Enfant"- D.72. (32) vie de 1'enfant. Aicard pafcle de set douleurs cause'es par les differerts evenements et de 1'influence de ces evenements sur son ame; mais Chardourne, d apres 1 inter§t philosop&ique du temps^traite des instincts na.Lssants d'une maniere tres exacte. Le seul llvre qui veuille exposer les conditions par-mijles jeunes filles dans une e"cole, c'est MMarie-claire", ecrit par une petite couturlere, Marguerite Andoux, qui, se sentant devenir aveugle, essaya la carriere des lettres, Elle n'etait plus tres jeune et la tristesre de sa vie donne Cv pathetique k son livre qui est en principe une autobio^raphie, Elle ava.it un autre but ea ecrivant ce roman outre celui de de-peindre sa vie, c'e'tait Oe condamner le systeme des defies catholiques. Le roman est ecrit dans un style tres simple et lim-pide et on y sent une deuce r/is ron^eante tristesse. II rfe — peint veritablement 1'ame de ces jeunes filles dans une ecole ies leursoreniere enfa~-ce. Mar^ueri ,c .JIC.J'.U. 'tf.it m dis ciple de Charles-Louis Philippe et elle prend de lui,aussi, one certaine fatallt^ et m Mr roallsae e.i de'crlvaat les pauvres, ce qui est augment®, naturellement, parceque sa propre vie etait celle d une pauvre orpheline. A cause de ce milieu ota ; e on: se ce ro'n ,n p^r li les pauvres, "Marie-Claire" n'est pas comme les autres de cette ulasse de roman qui traite des jeunes filles. II ressemble (83) >lus aux livres de Frapie dont nous allons parler, (84) CHAPITRE XL Frapie" et lee Pauvres. Le roman qui traite le mieux du caractere et de la ie d'un enfant, et sans prejug^, ni de sea c6ndltlonB ni 'une e"tude paychologique, ce fut MJean-ChrlBtophe. Comme me. Duclaux2l'a dit, il aurait pu Stre un he"roB francalB 1il n'etait paa allemand. II tire ce caractere, a la folB '/Ulemand et de Francais, du fait qu'il r^pre"aente l1 enfant niversel dont lea caracterlatlquea eaaentiellea sont lea .©mes dans chaquejpays. L'auteur avait raiaon quand il de-,ia son livre "Aux ftmes librea de toutea les nationa, qui ouffrent, qui luttent et qui vaincront." La tendance de beaucoup de romana avant Jean-Chris--ophe et de presque tous lea romana aprea ce livre,fut de -raiter un probleme ou une condition aociale de la vie star? . "Jean-Christophe"- Romaib Rolland- Paris, Libralrie Paul, Jllendorff ( 10 volumea, 18 ca.) tomes I. II. III., 1905. >5e. Edition. I. Mme. Duclaux- "Twentieth Ceno-irJ *Venoh Writers"- New fork, Scribner « Son, 1920, p.45, (85) ^sg- des enfants et l'etat ou Ldon Frapie s'inbdresse etait a vie des pauvres dont il veut famre on expose sociologiqae. 'ean-Christophe, lui~m§me3 fut un humble et Jacques Vingtras tabitaiiit parmi les oersonnes dans un milieu ni tres riohe ii tres raffine. Mais il n'^tait -oas question de leur pau-'rete, elle-mSme, dans ces livres. Chez Prapie. nous entrons ibsolument dans la vie des tres pauvres et nous trouvons ine tendresese, une syapathie et une connaissance du milieu Le la part de 1'auteur. II a ecrit "L'Ecoliere et autres jontes"', les "Contes de la Maternelle"^ et "Nouveaux Gontes le la Maiiernelle"3 dont les deux derniers ont pmur sujet L'e'cole de la Maternelle du quartier des Platriers qui donne me unite aux contes et I1air d'un roman. Frapie ne masque aucun fait de cetoe vie et les d£~ 3rit avec une realite affreuse, de sorte que les conditions terribles de la. pauvretp nous frappent coame elles ont touche ills. Raphae"le de Voilaiue, la nouvelle institutrice, quand slle donna comme sujet de composition en redaction:^ "Dites luel a ete le plus beau jour de votre vie" et decouvrit ' la letresse huma,ine" , Une enfant raconta le jour ou elle s'e'tait casse la jambe en glissant dans la neige, car on 1'avalt con-iuite a 1'hSpital. Quel paradis"! un vrai lib, avec des draps, 1. Leon Prapie- "L'Ecoliere et autres contes*'- Paris, Nelson, 16 cm., 19*5. „ 2. Leon Frapie- "Les Contes de la Maternelle - Paris, Cal-mann-Levy, 19 cm., 1915. 3. Leon Frapie- "Nouveaux Contes"- Paeis, Ernest Flammarion, 19 cm., 1919. 4. "Les Contes de la Maternelle"- p.103. I -•••• : _i^_.__ (86) tvec un oreilier, avec une couvertur-8. si bien que l'on n'e"-,ait pas reveille la nuit par le froidl 211e se aouvenait L Jamais de ce prodige incroyable: tout le temps qu'el^e It alt restee la-bas elle n'avait £te battue par personnel i§me — tant pis si cela paraissait impossible— m6me quand die demandait a manger I "Plusieurs autres compositions decrivaient aussi des )ienheureux jours de maladie. II y avait une joarne"e d'en-,errement oa toute une famille attendrie par l'ivresse errait (oyeusement le long des ffortifications. Quelques autres sujets furent:^ " les defaites de volw.'i sins ennemis culbutea dans l'escalier, les mdcomptes de la >olice, les accidents qui delivrent d'une naissance redouteV'; >t le devoir qu'il eut fallu classer le premier commenca Linsi:^ "Le plus beau jour de ma vie a e"te quand on a mis >apa en prison, car vraiment c'e'tait pour son bien. Prapie oelnt £ous les petits incidents, les pathe-<iques, comme celui du garcort. de cinq ans qui a desire" se )as3er de diner pour acheter une orange qu'il voulait aopor-,er a sa maman ii 1'hSpital; les tragiques — Marie Coeuret iui s'est tue"e p^rcequ'elle sentait qu'elle ^tait devenue in embarras pour Rose, et le petit poete que ses parents I. "Les Contes de la Uaternelle"- p.106. \, '-Les Contes de la Maternelle" - p.106. [. "Les Contes de la Maternelle"- p.106. (87) int laisse arrSter pour vagabondage et ont refuse de recla-ter. II peint aussi les qualites aima.bles de ce monde. Ses enfants sont toujours les enfanta tres pauvres, -res maigres et tr®s pales, vieillls par la souffrance et >ar une connaissance prematuree de la vie. Voici le por trait de la malheureuse Marie Coeuret:' "C'est une gamine de six ans, aux yeux extrSmecaent )rillants et a la figure pale n<£vrosee. Brune, les cheveux i la chien sur le front, un ruban grenat au cou, elle ofire ixactement 1'aspect en petit, d'une creature des boulevards 5xterieurs." It de G-eorges Me lie. "C'est un blondin de cinq ans et demi, palot et de-^uenille; sa figure triste et timide exprime une sorte d'en-t,e*tement doux; il fait penser a un malade qui ne veut pas aourir." Tous les enfants de la Maternelle que Frapie decrit ant ces 3ie*mes caracteristiques de quelquechose de saisissant st d'indefinissable. lis sont muets et deplorables et leur nisere attendrit le coeur." 1. "Les Contos de la Maternelle "- p.3. 2. "Les Contes de la Maternelle"- P.78, (88) CHAPITRE XIT. L1Inter8t du Livre ilodeme au point de vue de la Psychologie.. Les livres modernes ont pris pour sujet lea questions le la famille, des incompatibilites entre les parents, la question du divorce, ou des enfants malcompris. L'Interfit pour ce sujet montre d'abord un d©sir d'analyser, c'est-a-dire, un penchant vers la psychologie. Paul Bourget a ete un des premiers a suivre ce plan dont la m£thode a ete decrite par M. Lardeur ainsi:' "L'Auteur du » Disciple" s'est propose, des le debut, une double tache: analyser 1'ame humaine, tirer de cette analyse des conslusions morales.11 La direction de ce courant psychologique vers le sujet des enfants dans la litterature a 6t$ de refondre ce genre du roman dans des 11" vres d'une analyse tres minutieuse des enfants sous quelques-unes de ces conditions familiales. Deux romans qui montrent une partie de cette tendance, 1 .. M. Lardeur- "La Verite" Psychologique et Morale dans les romans de M. Paul Bourget"- Paris, Fontemofcng et Cie,, 19 cm., ( 1912- Ve.;edition) -p.5. (89) 'est-a-dire, qui ont pour sujet un enfant qui regarde et iarle des conditions malheureuses dans sa famille, mais qui .e traitent d'aucune influence sur l1enfant de ces douleurs, iont "La Becquee" et " L'Erifant a la Balustrade" de Rene loyleave. Le petit Riquet raconte l'histoire d'une per_^.iode .ans la vie de sa famille apres que son pere s'eta,it fait in ennemi de 1'hoarae le plus puissant de la vllle en achetant .a maison de la vieille Madaae Colivaut. Comme consequence .e monde qui frequentait les Plancoulaine suivit leur exemple ;t ignora les Naudaud qui se sont trouves presque seuls n'a-rant plus que 1'amitie du Docteur Troufleau. L'enfant decrit .'e*tat de cette famille isolee jusqu'a ce qu'elle fut resue ie nouveau par ses anciens amis. L'auteur n'essaye pas du tout de faire voir les pen-sees de l1enfant et il n'y a pas de point de vue enfantin. liquet nous dit tout et remarque des choses, comme l'expres sion de son pere et de ses voisins et les causes qui font igir les ennemis de la famille, qui auraient echappe aux yeux 1'un enfant. Le sujet de ce livre ri'sst oas en consequence L'enfance. Les autres livres de ce genre psyichologique ont les tendances dont j'ai parle, d'analyser l'ame enfantine sous 1. Rene Boyleave- "La Becquee"- Paris, Calmann-fedvy, 19 cm., 1901. _ L Enfant a la Balustrade"- Paris, Calmann-Levy, 19 cm-r, 1903. (edition de 19*3- Vie.) (90i Les conditions adverses, et les livres qui marquent l'apogee ie cette etude Bont "L'Enfant Inquiet"', et "L'Enfant qui )rit Peur"2 dont un pre"curseur de quelques vingt ans fut 'Foil de Carotte",3 Ces livres representent 1'etude la plus ioigneuse et la plus complete de 1 enfant et montrentnla tendance dans cette litterature a devenir de plus en plus ainutteux et exacte avec un inte"r§t psychologique toujours DIUS profond et plus raisonne'. Les roraans sur le sujet de 1'enfant se sont developoes ie I'epoque oh il n'y avait pas de l'interSt pour eux, a tra cers les decades de la derniere partie du %IXe siecle oh on nontrait le gout pour les autobiographies et pour les ihci-ients externes de sa vie, et a travers les problemes qui 3nt trouble le monde; la sociologie, 1'education, jusqu'au < c probleme social present du mariage et l'importance de 1'en fant. "Poll de Carotte" ressemble un peu aux contes de Leon ^rapie. L'auteur a le mSme amour pour les tres pauvres et leurtemoigne une sympathie aussi vive. Mais il ne de-crit pas tout un quartier, ni le train de vie d'une certaine classe. Bom sujet est 1'Itude psychologique d'un petit gar-1. "L'Enfant Inquiet"- Andre Obey- Paris, Librairie des Let-tres, 18 cm., 1920. 2. "L'Enfant qui prit Peur"- Gilbert de Voisins- Paris, G-. Ores et Cie.(Ve edition) 19 cm., 1912. 3. "Boil de Carotte"- Jules Renard- Paris, Ernest Flammarion, 18 cm., 1894. (91) on tres sensible parmi une famille grossiere qui ne compremd •as du tout son esprit, Jules Renard peint la vie de cette iamille avec le realisms de Frapie en parlant des families .emeurant pr@s de la Maternelle. II veut que le lecteur oie toutes les influences revoltantes qui agissaiient sur \ame de Poil de Carotte pour arriver a la fin a le changer i completement, Madame Lepic, la mere de cette famille e"tait ume emme dure et severe, et see deux atnes, Felix et Ernestine, iont rudes et desobelssants, allant leur traih sans falre .ttention a leur mere, sauf quand il etait question de s'a" [user de la g§ne de Poil de Carotte. Tous les membres de la amille lui dannaient a faire le travail dont ils ne voulaient .as eux-mgmes. Le premier chapltre peint en tous ses details la onditioa de Poll de Carotte dans cette famille. Mme. Lepic, e souvient qu'on n'a pas ferme les poules:' "Felix, si tu allais les fermer? dit Mme. Lepic a ' atne" de ses trois enfants." "je ne suis pas ici pour m'occuper des poules, dit 'elix, garcon p&le, indolent et poltron. "Et toi, Ernestine?" "OH! moi, maman, j'aurais trop peur'. . "Poll de Carotte"- p. 1. (92) Tous les deux montrent qu'lls n'ont oas l'Intention 'aller le falre et la mere se souvient de son plus Jeune lis et lul ordonne de le falre, mals pas de la mime manlere u'elle vlent d'employer avec les autres. "Dieu, que Je suis bSte. dlfc Madame Leplc. Je n'y 'ensais plus. Poll de Carotte, va ferincr les poulesl" "Mais, maman, j al peur aussi; mol. "Comment? repond madame Leplc, un grand gars comme .oil c'est pour rire. D^p§chez-vous, s'll te plaitl" "On le connalt; 11 est hardl comme un bouc, dlt sa loeur Ernestine." "II ne craint rien de pcrsonne, dlt Fe"llx, sob grand 'rare. Sa mere lui promit un gifle et 11 fallait qu'll le "It. II voulalt Stre e'clalre', ce que sa soeur commenca a 'aire et l'attendait au bout du corridor. "Mais elle s'enfuit tput de suite, terriflie, parce-[u'un fort coup de vent fait vaciller la lumiere et l'e'teint. Poll de Carotte se met a trembler parmi les te"nebres 5paisses et parmi les rafales qui l'enveloppent pour l'emporter. Des renards, des lamps m8me, ne lui soufflent-ils pas dans 3es doigts, dur la joue? Le mleux est de se pr^ciplter, au juger, vers les poules, la tSte en avant, afin de trouer L1ombre. Tatonnant, 11 saisit le crocnet de la porte. Au (93) ruit de ses pas, les poules effarees, s agitent en gloussant ur leur perchoir. Poil de Carotte leur crie: "Taisez-vous done, e'est moil ferrae la porte et se auve, les jambes, les bras comme ailes. Voici le portrait au commencement du livre de Poil e Caroile absolument plein de terreur, male fore© de faire e que les autres ne veulent pas faire. Quand il retourne ans la maison cherchant une trace d'inquietude sur ~k visage e ses parents, madame Lepic lui dit de sa voix naturelleJ "Poil de Carotte, tu iras les fermer tous les soirs." Quand M. Lepic etait revenu de la chassa, chacun vait sa fonction,et celle de Poil deeCarotte, en depit de uelques plaintes de sa part, c1etait toujours de torde le ou aux blesses pour les tuer. D'abord il essaie de les uer deux a la fois derri©re son dos, pour aller plus vite. adame Lepic 1' exhorte '*' "Ne fais done pas ta sensitive; en dedans, tujsavoures a joie. Les perdrix ne veulent pas mourir. "II les met entre es deux genoux, pour les contenir, et, tantSt rouge, tant8t lane, en sueur, la t§te haute afin de ne rien voir, il serre las fort." Elles s'obstincnt u, et, enfin, "pris de rage d'en inir, il les saisit par les pattes et leur cogne la t§te . "Poil de Carotte"- p.7. (94) ur le bout de son Soulier" de sorte que sa famille le traite e ' bourreau et son pere est ecoeure. Chaque fois il y avait la mime maniere d'agir. Sa amille le pousse a faire une chose revoltante pour lui, beau-oup plus sensible qu'eux, et pour la faire il lui faut un i grand effort pour agir qu'il va a la fin se tirer d'em-arras par des m©thodes qui choquent ses parents. Les membres de sa famille et particulierement sa ere blessent chacune de ses sensibilit^s, l'une apres 1'autre, t en arrivant a les detruire. Le chien des Lepic avait pris l'habitude d aboyer et e serrer les dents chaque soir que la famille etait assise nsemble. Enfin Poil de Carott© se rappelant d'autres soirs t les poules fit semblant d'aller an soir voir ce qu'il y vait, mals il resta derri^re la porte pendant quelques mln utes pour revenir annoncer: "c'est le chien qui rfvait. ' oici comment il apprit a mentir. Enfin sa famille endurcit tous ses sens, physique^ ent contre les souffrances et contre des conditions persona elles tres malpropres, et un jour parcequ'elle ne voulait as partager un melon avec lui^il en arriva a. la fin a ra ;-er les tranches au milieu des lapins> et moralement elle ui ensoigna par ses actions un manque de consideration pour . "Poil de Carotte - p.12. (95) es autres et un manque de verite/s'il faut un mensonge pour e tirer d'affaire. Jules Renard a suivi exactement le cours de ce change-lent dans l'esprit de l'enfant et il nous le peint au moyen Lea petits incidents qu'il decrit. Par exemple; apres que . enfant, lui-m§me, a connu la souffrance physique quand la >ioche lui a coupe le front et apres qu'il a"est accoutume l tout par la cruaute, il devint naturel pour lui de vouloir •egarder le cours de la souffrance chez un animal plus faible iue lui, et nous avon3 1'incident de la taujbe ou le garcon lui avait eu tant de mal a faire mourir les perdrix tue gra-Luellement une taujbe en la lancant en air afin qu'elle plit ••etoaber sur une pierre. La durete commence a s accroltre jhez lui. A force de s'abstenir de boire, Poll de Carotte apprend ju'avec "un entgtement regulier" on peut faire ce qu'on veut. St il commence a. s1 accoutumer aux g§nes physiques. II voit des cruautes de sa mere envers Honorine et en ters l'aveugle, et sa mere lui aoprend dans toutes les cir-constances de la vie a devenir dur. Enfin comme il grandis-sait, la famille refusa d'ecouter ses idees personnelles et il prit l'habitude de me'diter seul de sorte que tout & coup il se revoltat contre sa mere et, refusat d'obeir a elle. 1. "Poil de Carotte"- p.58. (96) 'etait la premiere fois de sa vie. Le roman est une histoire du changenient dans l'esprit 'un enfant dont tous les sentiments finissent par §tre bles-es. c'est une etude psychologique tres complete, qui met e livre quelques ann^es en avance des autres romans sur l'en~ ant et il est, bien probable que la grande influence que Poi][de Carotte" a eue sur la pensee publique en France a et© ne des inspirations des livres modernes qui traitent si oigneusement l'ame d'un enfant mal compris. Un des romans modernes qui s occujbent des conditions lalheureuses, "L*Enfant qui prit Peur" de Gilbert de Voisins luit le cours de la reaction dans l'ame de l'enfant contre .a mesintelligence entre ses parents. La question est traitee ivec cette attention des petits details psychologiques de3 'omans modernes et & cet egard ressemble a "Poil de Garotte* . !haque incident suit le cours du r^cit et contribue au re-mltat final. L'auteur manifeste de la sympathie pour l'en-'ant et 11 veut chercher ses motifs d'agir. II exprime sen mtention alnsi:* " Je voudrals dire, ici, la vie d'un enfant. Je l'ai sntendu rire et pleurer, J'ai vu ses jeux et se courtes pei-les, rien que ses courtee peines; je croyais bien le connaitre, nais de ce qu'il souffrit en secret, je ne sus me rendre I. "L'Enfant qui prit Peur"- p.1. • (97) ompte et de cela je garde le plus cuisant remords." 1 Si J'ecris ces lignes, c est pour que l'on sache ien[}ue cette histoire est vraie, d'un enfant qui souffrit, ui prit peur et courut aufdevant de la mort parceque la ie l'epouvantait." CetLe fin triste est tres bien preparee dans le ro an. Des le premier chapitre, les rapports entre son pere et .a mere nous sont presentes dans une scene ou 1'enfant est iveille de ses r§ves par le bruit de ses parents qui se que-'ellent: ' "11 oUTiic ses yeux encore tout ravis par le Bonge >t vit, au-dessus de son lit, deux visages qu'il connaissait )ien, aux sourcils fronce"s, aux lfevres fremissantes des pa roles qu'ils n'avaient pu retenir, deux visages qui se regar-iaient cruellement; le visage de 1 homme fit une^de mepris; Ane colere froide contracta le visage de la femme. Alors L'en£ant sentit, tout £• coup, de gros sanglots qui nontaient ians saapoitrine, qui nontaient vers sa bouche et, saisiasant Bon drap, de ses deux petites mains convulsees, Jacquot plein i'une atroce epouvante, se mit a pleurer." Les parents sont chacun peu scrupuleux en matlere de fide"lite conjugale et les querelles qui ont lieu devant lui et les bribes de conversotion qu'il entend parmi les domes-1. "L'Enfant qui prit Peur"- p.3. (98) .ques qu il ne peut comorendre 1'inquietent. C'etait un enfant de onze ans, "nince, lea yeux noire, 38 cheveux claims, le teint hale"', mais il avait l'air 'etre encore plus jeune, coinrae un bebe, compare aux enfants a.ns la plupart des autres romans. Lui aussi, conune ceux e tous les livres modernes, eta.it prop sensible et il ne ouvait point e'habituer aux petits differends entre son pere t sa mere. II ecoutait, mais le sens des paroles I'occupait ort peu; le bruit, le bruit seul le troublaitI il d^testait e bruit.... II commengait a avoir peur."2 Mais la seule remarque de ses parents fut: Cet enfant est ridicule: il pleure tout le temps'.' II ne pouvait pas comprendre et il se demandant tou-|ours qu'est-ce que c'est que l'amour et toutes ces choses Lont tout le monde chuchote. Son prdcepteur fut la seule )ersonne qui le comprtt et il essayait tou.jours de lui ex-?liquer ce qu'il vculait savoir, parceque c'etait un enfant iul aurait pu se rendre rnals.de a force de se poser des ques tions. Sous 1'enseignement patient de s&n pr^cepteur, il apprenait beaucoup, m§me & sauter au-dessus d un banc quand il en avait peur. Mais 1 enfant airait appris de tout le monde et des conversations entendues par hasard que 1*amour 1. "L1 Enfant qui prit Peur"- p.K. 8. "L'Enfant qui prit Peur"- p.* 6. (99) tait quelquechose de mechant, a quii son p^re, sa mere et 58 voisins avaient part et qui fut a la fin la cause du aicide de son ami soldat, Leduc. II n'avait confiance qu'en on precepteur; et un jour a table son p&re dit que M. Salvert tait amoureux aussi. L'enfant sentit son seul soutlen s'e--rouler, il sortit, il voulut mourir. II se souvint des fa-aises au bout du jardin ou on ne lui avait pas permis d aller arcequ'il pourrait s'y tuer. Enfin il y arriva et en rap-elant la lecon de M. Salvert, il ramassa toutes ses forces t sauta dans 1'abime. Voici le point auquel le roman de l'enfant est ar-ive. On ne regarde plus l' enfant comnie un Stre qui ne peut voir que de petites douleurs qui le font bouder un peu. n l'a etudie et on a decid© que ses chagrins peuvent 6tre, ucsi, tr©s grande et tr©s impofctants jusqu'au point oti "ayant onnu trop t6t la douleur humaine"', il pourrait attenter e es jours. LTimportance de l'enfant s est accrue des le •emps ou*"il n'ptait qu'un petit Stre qu'on regardait sans La ieaucoup Nconsiderer, jusqu'au temps ou on analyse sa molndre iction. La trame de ces romans aussi est devenue de plus en ilus compliquee. II y a une grande distance entre les romans jomme ceux des freres Margueritte qui ne traitent que de la rie des enfants insouciants et cee etudes psycnologiques it tres compliquees. . "L'Enfabt qui prit Peur"- p.266. 4 (100) CHAPITRE XIIr. Quelques Romans recents, Apres qu'on a remarque que l'enfant peut avoir de grands chagrins qui sont capables de laisser des impreintes perma» lentes sur sa vie, peut-6tre est-il naturel que 1'enfant ians les romans modernes semblenjs un peu plus mUlr pour son ige. Si la guerre n'avait pas interrompu ces romans ils auraient pu petit-§tre, devenir plus idealises en reaction contre tous ces romans realistes qui venaient de parler de 1'enfant sensible et tplste. MLe Grand Meaulnes" d1Alain Fournier public quelques mois avant la guerre a pour per-sonnages deux garcons, dont l'un ayant fait l'e'cole bMsson-nlere, arrive fe. un chateau isole oh on prepare une fgte pour les noces du Jeune mattre. Le jeune homme y rencontre une jeune fille qu'il aime, mais il n'y a rien de reel dans ces scenes, Tout se passa comme un rSve et on pourrait croire la Alain Fournier- HLe Grand Meaulnes"- Paris, Emlle-Paul Freres, 18 cm.,1913. (toi) lu'on se trouve dans un pays feerique. Apres, 1'histoire rentre dans le vrai monde et la vie devient ordinaire, II n'y a pas eu de livre comme celui de ce jeune auteur qui est tombe si jeune pendant les premiers mois fie la guerre: nul roman francais avant celui-citi'a cette legere trace de fan-taisie. Est-ce qu'on aurait pu voir un chanbement dans 1'es prit des romans francais s'il avait ve"cu? II montra.it l'ima-ginationjplus celtique que francaise. Cependant, la tendance de ces romans continue a §tre Dessimiste encore et psychologique, et nous avons les enfants ie la, guerre qui ont souffert et qui ont perdu des parents. La petite fille dans "Simon"' est de ce type. Elle a l'air i'une petite mere pour les autres enfants et est plus agee ju'eux parcequ'elle a cannu la tristesse. Voici comment on La decrit:2 "Une petite fille em deuil vient de penetrer sur la ierrasse. Elle ne rit point; elle ne r§ve point, celle-lal iucune curiosite ne la touimenLe! A peine si elle est plus Igee que mon fils et deja elle affecte vis-a-vis de lui des aanieres protedtrices, quasi maternelles. Une sorte de ma" jurite precoce est repandue sur son visage. Ses gestee sont graves et prudents. Sa tridtesse mSme est moderee. Elle I. MSimon"" Marguerite d'Escola, Pafcis, Delalain, 17,5 cm., 1920. 2. "Simon"- p.4. (102) at sage. Elle moralise. El&e parle raison. (Dn croirait x elle sort — toute vivante — d'une comedie de Berquin. Sa rudence et son sang-froid contrastent abec la spontaneite s Hon fils. Elle doraine de toute sa sagesse, de tout son aagrin, de toute la digmite que lui confere son deuil en-are si recent; et cette dignite, elle la revendique avec le fierte puerile et touchante: Moi, 1'entendais-je dire 'autre jour, moi, vois-tu mon petit, je ne puis plus sourir L jouer comme toi; je suis une orpheline de la guerre." Voici ses explications d'une angoisse:^ "Une angoisse, dit-elle, c est quand on a du chagrin." "L angoisse c est quand il n'y a plus de lumiere du Dut, qu'on est tout seul dans la chambre et qu'on a peur a'il arrive des choses. "Une angoisse, dit-elle enfin, c'est cuand on attend." Peut-§tre cette tendance de mettre en scene des enfanfcs ae la tristesse a rendus trop murs a-t-elle cte ion peu la ause de "L*Enfant Inquiet" d'Andre 0bey2 . Car dand ce roman s petit Arnaud comprend bien la tristesse de sa mere devenue suve quand il etait en bas age. C'es± un enfant tres precoce, ui, a quinze ans, voulait serieusement se fiancer s Henriette ui en avait quatorze. Et neamnoins, pour cette petite Ame snsible, ce desir semblait tout naturel. . "Simon"- p.9(1 . Andre" Obey- L'Enfant Inquiet"- Paris, Librairie des Let-res, 18 cm., 1920. (103) II est remarquable de noter que ce roinan, aussi, fait oir un interSt pour le monde de la fantaisie, pour les choses ui semblent §tre des r§ves. Est-ce que 1'esprit francais rrive a ce point de comprendre un peu les fees de sir James .Barrie? Le petit Arnaud etait un enfant tres re*veur qui entait de la sympathie pour la nature, "il etait reste des ours entiers comae la pierre, l'etang ou la touffe d'herbe, nerte et vibrant sous le choc des saiaons, et, peu a peu, il vait entendu, aux coeurs des solitudes, surpris d'abord, puis, nxieux, le murmure de som ame parml 1. ample et sourd gronde-ent de la vie des cnoses."' Voici comment il rencontra une fois l'Hiver lui-mSme ans les champs:^ "L'Hiver1 II le vit une fois, en plein octobre. II 'etait endormi ce soir-la contre le mur de la chapelle. II aisait bon. Une brise de velours bercait les pla^tanes. Le roid l'eveilla. Miracle! Pendant son sommeil, la douce ampagne s'etait herisse. Le vent rS.lait. Entre les nuages alopants la lune fuyait, folle de peur. Arnaud se leva, tran-i, sous une averse de feuilles mortes. Mais il ne fit qu'un as. Quelqu'un etait la, dans la plaine, quelqu'un immense, e blanc et noir: l'hiver, et qui parlait. Herbe bruissante, ±anche geignardes, etang luisant derriere les saules, tout ce . "L'Enfant Inquiet"- p.27. . "L*Enfant Inquiet"- p.26. • (104) ui chantalt au crdpuscSile. la mort tranquille du jour sonnait aintenant la rude fanfare du frold... Le lendemain, Arnaud it au fermier qu'il avait rencontre 1'hiver clans les champs t que le gel serait precoce cette annee. Et le fermier se it a rire. Mais a la Toussaint on alia visiter les morts ous la neige et quand maman rappela Arnaud a la ville le ermier le regarda longuement en lui disant adieu." Pour Arnaud toute la nature avait de la vie. II >arlait au vent, il parlait a une feullle morte; quand il 'aisait triste, il voulait sangloter; quand il faisait "beau, .1 se trouvait heureux. Petite ame sensible 11 fre"quentait [uelquefois le mdmde de rSves, et pour lui ce monde etait ioujours trop rude. Le style du roman marque une reaction, c'est le style iu drame. Les actions et les descriptions sont quelquejois Scrites comme dee Indications dans une piece. Et le sujet et le style de ce roman sont plus libres :ju'autrefois,, mais la psychologie est bien raisonne"e et pro-fonde, ce qui sugfe&re deux courants pour les ronians a venir: ou lis continueront a gtre tres exacts i et tres psychologiques; ou l'iltude des choses de l1 esprit dlrigeront les pensces vers les idees fantastiques et irreelles. (105) BIBLIOGRAPHIE. Aicard, Jean- "L'Ame d'un Enfant", Paris, Ernest Flammarion, nouvelle Edition, 18cm., 1898. Andoux, MarguerlteT "Marie-Claire", Paris, Bibliotheque-Charpentier, (trente-cinquieme mille) 18 cm., (1911) Boylesve, Rend- "La Becque"e", Paris, Calmann- Levy, 19 cm., 1901. "L1Enfant a la Balustrade", Paris, Calmann-L<*vy, 19 cm., 1903. (edition de 1913- Vie) de la Brlte, Jean- "lion Oncle et mon Cure"'- Paris, Nelson, "Mile. AvCharbonnel) 15,5 cm., 1889. Chatkdourne, Louie- "L'lnquiete Adolescence", Paris, Albin Michel, 18cm., 1920. 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Prevost, Marcel- "Vierges Fortes" (tome 1, Frederique; tomeS, Lea.) 18 cm., Paris, Alphonse Lemerre, 1900, MLettres a Framgoise", Paris, Alphonse Lemerr®, 18 cm., 1916. Renard, Jules-"Poil de Carotte", Paris, Egnest Flammarion, 18 cm., 1894. Rolland, Romain- "Jean-Christophe", Paris, Librairie ?aml Ollendorff (10 volumes, 18 cm.) tomes 1» 11, 111,, 1905. 55e edition^ Rousseau, Jean-Jacques- " La Nouvelle Heloi'se" (($,760) "Oeu vres Completes de J-J. Rousseau", Paris, Hou-ssiaux, nouvelle edition, 26 cm., tome 2, 1852. "Emile" (1760) "Oeuvres Completes de J-J. Rousseau", Paris, Houssiaux, nouvelle edition, tome 2, 26 cm., 1852. "Les Confessions" (1782) "Oeuvres Completes de J-J. Rousseau", Paris, Houssiaux, nouvelle edition, tome 1, 26 cm,, 1852. r ^ " (109) lalnt-Plerre, Bernardln de- "Paul et Vlrgtnle", (1788) nou-velle e\iltlon, Parle, Lanier ProreB, 13 cm., 1909. >e"vlgn4, Mine, de- "Lettres de line de S«*vlsn<5, de ea familie et de see amis", recuelllles et annot^ee par U. 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I, II, London, McMillan & Co,, (edition de 1917) (in j TABLE DES IATIERE3. nages. introduction 1 'hapitre I— L1Enfant au XVIIe sieole 3 lhapitre II — L' Influence de Rousseau et de Rernar-din de Saint-Pierre 9 Jhapltre III - Quelques Causes de l'Iiter6t pour lea Enf ants a i XIXe siecle 15 3hapitre IV — Hugo et Daudet- 1'lnt'rSt oour les Condltio4s Sociales les Snfants 22 Chapitre V - Daudet et la Question Jes Ecoles 29 Chapitre VI — Anatole Prance et Pierre Loti 32 Cnapitre VII — Llchtehberger et les freres Uargue-pitte 46 Chapitre VIII - La Jeune Fllle dans la Literature du sitcle 51 Chapitre IX - Un Nouvel Interest pour les Enfants .. 64 Chapitre X — Les Ecoles- Une Question Sociale 70 Chapltre XI — Frapie" et les Pauvres 84 Chapitre XII - L'lnteYSt du Livre ioderne au point de vue de la Psychologie 38 Chapitre XIII - Quelques Romans recents 100 Bibliographie 105 Tahle des Maiieres 111 ^^Se 

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