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Si et même si concessifs Redknap, David Owen 1994

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SI ET MEME SI CONCESSIFS BY DAVID OWEN REDKNAP B. A. Hon., University of British Columbia, 1991 A THESIS SUBMITTED IN PARTIAL FULFILMENT OF THE REQUIREMENTS FOR THE DEGREE OF MASTER OF ARTS in THE FACULTY OF GRADUATE STUDIES (Department of French) We accept this thesis as conforming to the required standard THE UNIVERSITY OF BRITISH COLUMBIA April 1994 © David Owen Redknap, 1994 In presenting this thesis in partial fulfilment of the requirements for an advanced degree at the University of British Columbia, I agree that the Library shall make it freely available for reference and study. I further agree that permission for extensive copying of this thesis for scholarly purposes may be granted by the head of my department or by his or her representatives. It is understood that copying or publication of this thesis for financial gain shall not be allowed without my written permission. Department of / / ^ t ^ i OsL— The University of British Columbia Vancouver, Canada Date ApC) DE-6 (2/88) Abstract Nous avons etudie les deux structures concessives en francais moderne sip, q et mime sip, q. Dans le premier chapitre, nous avons resume certaines etudes anterieures sur divers sujets. La section sur la concession montre qu'il y a sous-entendue a une phrase telle que mime si Jacques est Id, je vaispartir un rapport du genre si Jacques est Id, je ne vaispas partir; autrement dit, mime sip, q implique sip,~ q (Moeschler & de Spengler, Martin, Ducrot). Par contre, une phrase telle que s'il est intelligent, il est brouillon se glose mieux par la paraphrase de Nguyen certesp, mais q: certes il est intelligent, mais il est brouillon. Dans la section sur la valeur de base des phrases en sip, q (concessives ou non concessives), on voit que si est le marqueur d'une supposition, et cette supposition sert comme cadre pour l'enonciation de q qui suit. La section sur mime montre que ce mot est le marqueur d'une echelle argumentative (Ducrot), et qu'il est limite par le contexte et« ce a quoi on s'attendrait» (Lycan). Dans le deuxieme chapitre, nous avons decrit notre corpus, et nous avons determine si les diverses structures proposees au chapitre precedent etaient presentes dans les exemples du corpus. La section sur si concessit" montre que la paraphrase certesp, mais q peut toujours paraphraser les phrases concessives de la structure sip, q. Cependant, la structure sip,~ q est aussi presente, mais indirectemenL Finalement, nous avons fait certaines observations sur le temps des verbes dans les deux propositions/? et q, et nous avons etudie les combinaisons present/present, imparfait/imparfait, passe compose/present, et plus-que-parfait/imparfait. Les deux premieres combinaisons montrent une opposition—par rapport aux si non concessifs— au niveau des temps verbaux, les deux dernieres au niveau de 1'aspect. La section sur les cas de mime si revele d'une part que toutes les phrases de cette structure possedent la structure sous-entendue sip, ~ q, et d'autre part que certains exemples acceptent aussi la paraphrase de Nguyen. Ceci correspond a la distinction qu'Eriksson fait des phrases en mime si portant sur des faits reels et non reels (virtuels). ii Dans notre conclusion, nous disons qu'il y a une parente entre les phrases en mime si a valeur reelle, et les phrases concessives de la structure sip, q, et que ces deux genres de phrases portent facultativement mime, tandis que les phrases de la forme mime sip, q dont la proposition principale porte sur un fait non reel commencent obligatoirement par mime. Nous signalons egalement que la paraphrase de Lycan semble douteuse dans son interet. in TABLE DES MATffiRES Abstract ii Table des matieres iv Liste des tableaux v Remerciements vi Introduction 1 Chapitre premier: Les etudes anterieures La concession 2 La valeur de base dcsip, q 14 La valeur de mime 18 Hypotheses a verifier 23 Chapitre deux: Analyse du corpus Description du corpus 24 Discussion des si concessifs 24 Discussion des cas de meme si 35 Chapitre trois: Resume des resultats et conclusions 49 Bibliographie principale 54 Bibliographie II: Oeuvres a consulter 55 Bibliographie HI: Corpus 58 Explication de l'appendice 59 Appendice I: 35 si concessifs (corpus UBC) 61 Appendice II: 24 meme si fait reel (corpus UBC + ARTFL) 66 Appendice HI: 64 mime si fait non-reel (corpus UBC + ARTFL) 70 iv LISTE DES TABLEAUX Occurences de si et mime si a valeur reelle (Eriksson) 13 Position de la subordonnee du si concessif et non concessif 25 Distribution des temps dans les propositions/? et q dans si concessif et non concessif 30 Distribution des combinaisons de temps dans si concessif 32 Position de la proposition subordonnee dans mime si concessif 41 Distribution des temps dans les propositions/? et q dans mime sip, q et si non concessif 42 Distribution des combinaisons de temps dans mime si concessif 43 Distribution des temps simples selon Lapierre 44 Comparaison des frequences dans/? et q 45 Comparaison des frequences des temps (valeur confondue) 47 Valeurs reelle et non-reelle de mime si 50 Comparaison des structures a valeur reelle—si et mime si 50 v Remerciements J'aimerais remercier le professeur Herve Curat, dont l'assistance indispensable a depasse de loin ses obligations, et sans qui ce memoire de maitrise n'aurait pas ete possible. Monsieur Curat m'a inspire pendant les cinq dernieres annees de choisir et de continuer la poursuite de mes connaissances dans le domaine de la linguistique. vi Introduction La concession apparait dans plusieurs structures en francais moderne. Deux de ces structures, qui se ressemblent mais qui se rencontrent dans des situations d'emploi differentes, sont les deux sortes de si concessif: avec et sans mime. L'addition de mime change-t-elle la valeur des phrases concessives de structure sip, q? Quel est le rapport general entre le mot mime et la structure sip, q, et plus specifiquement, comment le mecanisme de la concession opere-t-il dans les deux structures « concessives » concurrentielles mime sip, q et sip, ql Dans cette etude, nous utiliserons le terme « si concessif » pour designer les constructions sans mime, et« mime si concessif » pour les phrases avec mime. 1 Chapitre premier: Les etudes anterieures La concession On trouve chez Letoublon une description de la concession qui est plutot metaphorique, mais qui semble repondre a une intuition assez claire, c'est-a-dire qu'il s'agit d' « ...accorder a l'adversaire potentiel qu'est l'interlocuteur des arguments allant en sens inverse de votre conclusion, et done a lui "ceder" une partie du terrain en allant partiellement dans son sens... » (Letoublon: 87) Moeschler et de Spengler repartissent les recherches sur la concession en trois approches. Tout d'abord, l'approche morphologique comprend les conjonctions de subordination (bien que, meme si, etc.) et de coordination (mais), et les « adverbes de phrase » (cependant, neanmoins, etc.) (Moeschler & de Spengler: 9). Deuxiemement, l'approche lexicale, veut« definir la notion de concession a partir des proprietes semantico-pragmatiques du verbe performatif conceder » (Moeschler & de Spengler: 9); pour tvx,je concede quep pose la verite de la proposition/? pour le locuteur, et en meme temps presuppose la verite de cette proposition pour l'interlocuteur. Dans leur terminologies concede quep « pose ...la L-verite de/? et presuppose...la ON-verite de/?», ce qui revele une composante interactionnelle dans la concession (Moeschler & de Spengler: 9). Les auteurs signalent (Moeschler & de Spengler: 9) que les phrases du type meme si concessif resistent a cette paraphrase; notons par contre quant a nous que les phrases du type si concessif, elles, acceptent cette paraphrase sans probleme. II est a ce propos surprenant que Moeschler et de Spengler ne parlent jamais du si concessif. La derniere approche de Moeschler et de Spengler, l'approche enonciative, voit la concession comme un « mouvement argumentatif complexe visant a presenter un argument...pour une certaine conclusion, et conjointement a presenter un autre argument plus fort pour une conclusion inverse » (Moeschler & de Spengler: 10). Ces trois approches mettent en relief quatre composantes dans la concession: elle est interactionnelle, argumentative, semantique « specifiant la nature du lien inferentiel 2 entre/? et r », et fonctionnelle « specifiant le type de rapport hierarchique entre les constituants du mouvement concessif» (Moeschler & de Spengler: 11). lis decrivent la concession comme ayant deux mouvements principaux: «la reconnaissance de la verite d'un contenu/?», et l'invalidation de «la valeur d'argument suffisant de/? pour une certaine conclusion [...r] » (Moeschler & de Spengler: 12). Partant de la forme generate/? mais q, les auteurs illustrent ces relations dans la concession. Dans la phrase: 1. [// est intelligent]^ [mais brouillon]^ le premier mouvement est de poser la verite de/?, qui suggere qu'on est en droit de tirer une conclusion r, telle par exemple que ilfaut I'engager. Cependant, un argument plus fort, q, [mais brouillon], nous mene a la conclusion inverse ~ r, [ilnefautpas I'engager] (Moeschler & de Spengler: 12). Les auteurs constatent deux relations: d'une part, il y a une relation d'inference de/? a r, et de q a ~ r, puisque seuls/? et q sont enonces; les conclusions doivent etre tirees a partir du cotexte et du contexte. D'autre part, il y a une relation de contradiction entre r et ~ r. Moeschler et de Spengler remarquent finalement que la « position syntagmatique » des arguments dans/?, mais q « decide leur force argumentative » (Moeschler & de Spengler: 13), ce qui veut dire que q est l'argument le plus fort. Remarquons que la structure en si concessif se prete tout a fait a cette analyse; dans: 2. [S'il est intelligent]p, [il est brouillori]q p permet une conclusion r, par exemple ilfaut I 'engager, mais q mene a la conclusion inverse ~ r, et q est l'argument le plus fort. Pour illustrer cette concession argumentative, ils proposent un carre argumentatif: p < q (Moeschler & de Spengler: 14) 'Les crochets et les lettres ini&rieures sont de moi 3 ou les fleches verticales represented« etre un argument pour », et« © » veut dire « etre contradictoire a ». Us considerent ce carre typique de la concession, qu'il decrit en termes d'argumentation: la defense d'une certaine these r, opposee a une these contradictoire ~ r. A la concession argumentative, Moeschler et de Spengler opposent la concession logique, qui differe de la premiere sur deux points: 1) la relation d'inference n'est pas basee sur une argumentation; 2) les propositions reliees ont un statut semantique different car leurs inferences sont differentes (Moeschler & de Spengler: 15). Considerons leur exemple: 3. [Bien que la riviere fut en crue]p, [lepont ne s 'estpas effondre\q II y a l'inference/? implique ~ q {lepont s 'est effondre). En plus, il y a une contradiction entre qet~q. II n'y a done que trois elements/propositions dans la concession logique (p, q, ~ q), par opposition a quatre dans la concession argumentative (p, q, r, ~ r) (Moeschler & de Spengler: 16). L'opposition q/~ q est directe pour la concession logique, car un de ses termes est explicite. Dans la concession argumentative par contre, les deux termes de l'opposition—r et ~ r—sont implicites. La relation entre/? et q n'est pas argumentative, parce que les deux contenus et done leur rapport sont factuels: « etre en crue, ne pas s'effondrer ». Cette relation s'explique en termes de ce qu'ils appellent un « predicat CAUSE » (Moeschler & de Spengler: 16), ce qui veut dire que/? est normalement la cause de ~ q, ou, une riviere en crue peut faire effondre un pont. Les auteurs suggerent ainsi un triangle de la concession logique: p MC q CAUSE non-a (Moeschler & de Spengler: 16) ou « MC » veut dire marqueur concessif, la place de MC ne respecte pas l'ordre de meme si p, q, mais ce sigle sert simplement a indiquer la presence d'un marqeuer concessif dans l'enonce en question. On peut adapter cette structure aux phrases en meme si concessif (bien que les auteurs ne le mentionnent pas); en effet, il n'y a pas en (4) un carre de deux arguments visant deux conclusions opposees, mais une relation sous-entendue de cause entre sip et~q: / & ) 4 4. Meme si Jacques est la, je vaispartir Remarquons que le caractere factuel de/> et q note pour (3) par Moeschler et de Spengler, quoiqu'il soit possible dans les structures en meme si concessif comme le remarquait Eriksson, y est tout de meme peu frequent. Moeschler et de Spengler trouvent que la concession argumentative s'associe en general a un discours qui« se donne comme argumentatif (fonde par l'argument) » (Moeschler & de Spengler: 17). La concession logique par contre s'associe a un discours qui « se donne comme demonstratif (fonde par la preuve) » (Moeschler & de Spengler: 17). Neanmoins, ils attirent notre attention sur ce qui est commun entre les deux types de concession: «la suspension d'une relation (d'argumentation ou de cause) reconnue comme pertinente dans d'autres circonstances que celles presentees par l'enonciation. Ainsi se degage dans les deux cas, l'idee de "compromis": la relation en question n'est ni definitivement niee, ni definitivement acceptee. » (Moeschler & de Spengler: 17) Nguyen2 definit l'acte de concession comme « un acte de presupposition argumentatif mais dont la fonction serait strategique » (Nguyen: 81), en ce sens qu'il« vise a transformer les possibilites de parole de I'interlocuteur » (Nguyen: 81), c'est-a-dire que cet acte a pour fonction « de justifier l'obligation qu'aurait I'interlocuteur d'accepter... [~ r]3 » (Nguyen: 102). La presupposition, selon Ducrot, est«l'acceptation...[d'un]...contenu comme la condition du dialogue ulterieur ». L'acte de concession reprend done un contenu deja accepte par I'interlocuteur, et assure la cohesion du texte (Ducrot 1972: 87-91). Plus specifiquement, et 2L'auteur ne fait aucune reference a si concessif, et ne refere a mime si que de facon indirecte. Cependant sa description de la concession est tres utile. 3Nguyen utilise un formalisme different de Moeschler et de Spengler. Pour favoriser la lisibilite, nous avons tout ramene" au formalisme de ces derniers, parce qu'il est aussi celui que nous adoptons. Comme symbole de la contradiction cependant, nous adopterons ~ (apres Martin) plutot que « non » (Moeschler & de Spengler) ou - (Nguyen). 5 se basant sur la forme Certesp, mais q4, Nguyen dit que l'acte de concession est la reprise de p qui devrait mener l'interlocuteur a une conclusion r. L'acte d'argumentation est l'enonciation de q que le locuteur donne pour la conclusion ~r. Considerons la phrase suivante: 5. [C'est idiot de vouloirpartir]p, [maisy'e suis desespere]g (Nguyen: 83) ou «l'intention strategique se realise a travers la reprise concessive de [/?]; cet acte, en efFet, fabrique une justification pour l'acceptation de [~r] par l'interlocuteur dans la mesure ou il instaure chez ce dernier une obligation de reciprocite en construisant une representation de relations contextuelles, en l'occurence l'image de l'adhesion du locuteur au systeme de reference de l'interlocuteur » (Nguyen: 83) Autrement dit, en se montrant pret a considerer ou a accepter les croyances de l'interlocuteur c'est-a-dire le lien argumentatif entreplr (Nguyen: 84) le locuteur l'oblige a accepter la conclusion inverse, ~ r. Nguyen parle ensuite d'une opposition entre engagement argumentatif« non-effectif» et effectif. IS engagement argumentatif est la reconnaissance du lien argumentatifentre p et r. II est non-effectif dans le cas ou le locuteur ne prend pas d'engagement empirique envers r, c'est-a-dire 1) ne cherche pas a imposer r a son interlocuteur, et 2) ne s'engage pas « a accomplir un acte empirique decrit en r » (Nguyen: 84); a titre d'exemple, dans: 6. Je vais rester mais la situation est intenable (Nguyen: 84) la situation est intenable est un argument/? pour la conclusion r « depart du locuteur » (: 84). M&isje vais rester est une conclusion ~ r qui s'oppose a r. le locuteur n'impose pas son depart, et done l'engagement argumentatif de/? est non-effectif. L'engagement argumentatif devient effectif quand le locuteur essaie d'imposer a l'interlocuteur ou d'accomplir lui-meme la conclusion r (cf. 7): 4I1 nous semble que cette formule glose parfaitement les phrases en s/'-concessif, ou Certesp est l'acceptation du faitp comme indiscutable; par contre, pour ce qui est des phrases en mime si, la paraphrase n'est pas toujours possible. 6 l.Ily a eu quelques ameliorations, mais, la situation dans Vensemble reste intenable (Nguyen: 85) Ici, la situation dans Vensemble reste intenable exprime encore une fois un argument/? en faveur de r, le depart du locuteur, mais ilyaeu quelques ameliorations est maintenant« un argument [q] de l'interlocuteur en faveur de la conclusion inverse [~ r] » (Nguyen: 85). L'engagement est effectif, puisqu'on sent que le resultat sera le depart du locuteur, et que ce dernier cherche a imposer cette conclusion a l'interlocuteur. La difference entre les deux types d'engagement s'explique par le systeme de r6ference du locuteur. Dans un engagement « non-effectif», c'est son propre systeme subjectif; mais un engagement effectif fait appel a un systeme commun, qui prend alors un statut de norme. II est interessant de noter en (6) que Ton peut substituer mime si a mais (8), mais qu'il est difficile de lui substituer le simple si concessif (9-10): 8. Je vais rester, mime si la situation est intenable. 9. ?Si la situation est intenable, je vais rester. 10. Ue vais rester si la situation est intenable. II nous semble que dans une telle transformation, sip, q impose une interpretation de plein rapport condition/consequence, et que la valeur de « cause inefficace » (Martin 1982: 28) de la concession se perd. C'est ce qui rend (9-10) problematique. Les deux substitutions sont par contre possibles dans (7) comme le montrent (11-12): 11. Mime s'ily a eu quelques ameliorations, la situation dans Vensemble reste intenable. Yl. S'ily a eu quelques ameliorations, la situation dans Vensemble reste intenable. Dans (6), la situation est intenable representait un argument en faveur d'une certaine conclusion, tandis que ye vais rester etait 1'expression explicite d'une conclusion opposee, et non pas un argument n y a done un parallele entre Yengagement argumentatif « non-effectif)* et la concession logique chez Moeschler et de Spengler, ou 1'opposition des deux conclusions est directe. Par contre, dans (7) les deux propositions servent simplement a representer deux arguments. C'est pour cette raison que (12) est acceptable: les deux propositions sont des arguments aboutissant a deux conclusions opposees, et la deuxieme 7 proposition n'est pas, comme dans (6), une conclusion explicite. Ces relations ressemblent encore une fois a celles que livre le carre argumentatif de Moeschler et de Spengler (cf. :3), ce qui plaide en faveur d'un autre parallele, cette fois entre ce carre et Vengagement argumentatifeffectifdc Nguyen. Nguyen affirme que Certesp mats q montre « une seule intention discursive », c'est-a-ire que « cette expression est sous-tendue par un seul mouvement argumentatif tendant vers [~ r]; 1'enonciation de [q] serait prevue au moment de celle de [/?], et \p] serait maintenu apres l'enonciation de [q] » (Nguyen: 88). Pour lui, l'engagement argumentatif se place seulement dans q. Une autre interpretation qu'il rejette est qu'il s'agit de « deux intentions discursives successives, a la fois distinctes et opposees », ou « deux mouvements argumentatifs » separes, ou le premier est oriente- vers r, le deuxieme vers ~ r; l'engagement argumentatif du second mouvement annule le premier puisque l'acceptation de r est incompatible avec celle de ~ r. L'interpretation qu'il critique est au fond celle de Moeschler et de Spengler, oup implique r et q implique ~ r. Pour Nguyen la relation argumentative entrep et ~ r est carrement vue du point de vue de I'interlocuteur: considerer cette relation ne veut pas dire « s'engager argumentativement» (et c'est la ce que Nguyen reproche a l'hypothese de deux mouvements argumentatifs). Apres avoir envisage la relation p/r, le locuteur la rejette en faveur de la relation ql~ r qui est I'implication pertinente, bien quep/r ne soit jamais perdue de vue. Meme si Nguyen ne voit pas dans la reprise de/? un engagement argumentatif, il s'agit quand meme pour lui d'un engagement partiel: en reprenant/?, le locuteur accomplit deux actes, 1) un engagement partiel (admission de/?), et 2) une negation partielle (deni de la pertinence de/?). L'admission de/? releve de l'intention strategique du locuteur, et c'est selon Nguyen celui des deux actes qui importe5. Le locuteur montre qu'il« prend en charge cet 5Toutefois, 6tant donnl que le resultat de (mime) sip, q est la relation q/~ r, il nous semble que la partie essentielle de (mime) sip n'est pas l'admission de/? (laquelle conduirait a la relation/?//-),- mais la negation de la pertinence dep, qui permet la disqualification de la relation p/r. 8 enonce" » (Nguyen: 91), ce qui constitue I'acte de concession. Ensuite, il dit que «la prise en charge du contenu semantique de [p] et du lien argumentatif p/r constitue Padhesion du locuteur au cadre argumentatif de l'interlocuteur » (Nguyen: 94); autrement dit, le locuteur reconnait le point de vue de l'interlocuteur. Nguyen resume sa position ainsi: «...la concession peut etre concue comme un acte de presupposition argumentatif dans la mesure ou elle marque un engagement du locuteur envers un contenu argumentatif de l'interlocuteur, a savoir le statut d'argument de a qui fonctionne comme cadre argumentatif » (Nguyen: 97) Martin (1982,1983) se sert de deux notions pour decrire la concession: le monde possible et Yunivers de croyance. II voit dans toute concession une « relation hypothetique sous-jacente », c'est-a-dire sip, ~q (Martin 1983: 5), ce qui revient au triangle de la concession logique de Moeschler et de Spengler (cf. supra :4 et infra :51). Cette relation hypothetique sous-jacente se voit dans: 13. II estsorti, bien qu'ilpleuve6 ou il y a deux assertions: le fait de sortir, et le fait qu'il pleuve. Mais il y a, fourni par bien que, 1'idee que « s'il pleut, il ne sortira pas », ou sip, ~ q. Autrement dit, la phrase sous-jacente est une « autre possibilite » de ce a quoi on s'attendrait dans la phrase concessive, qui appartient au monde possible, ou meme au « monde » de l'interlocuteur. Martin appelle sip, ~q« une relation causale d'empechement», c'est-a-dire quep aurait pu empecher q. Citant Ayer7, Martin rappelle que: « La proposition concessive, qui tient de trispris a la proposition conditionnelle, exprime une circonstance qui, tout en mettant obstacle a une action, ne l'empeche pas d'avoir lieu. » (Martin 1982: 28) 6Martin (1983) avait abordd trois structures concessives: q, bien quep; q, encore quep; et un type complexe ou quep, q. D traite mime si dans un travail precedent (Martin: 1982), dans le mfime optique. 7Ayer, C. 1882. Grammaire comparee de la langue francaise. 9 H releve plusieurs termes recemment utilises pour decrire ce mecanisme: « obstacle », « cause niee », « cause inefficace », « cause contrariee », « cause brisee », « cause qui n'empeche rien ». Le fait que toute concession contient une «idee adversative (< il aurait pu se faire... mais... >) » conduit Martin a considerer que le concept de concession peut s'expliquer au moyen de l'anti-univers. C'est-a-dire, dans: 14. Pierre est parti „ malgre le retour de Sophie/bien que Sophie soit revenue* on admet dans V, l'univers de croyance, la verite de/? comme presuppose et de q comme pose, et on envisage dans l'anti-univers 0, que sip, ~ q (Martin 1982: 30). Done, il s'agit de la conjonction des deux propositions q etp, et le rejet dans l'anti-univers de sip, ~ q. Martin considere equivalentes des formulations telles que « cause niee », cause « que Ton a pu envisager comme agissante mais qui n'a pas agi en fait» (1982: 31). Ce rejet de sip, ~ q dans l'anti-univers explique aussi le « caractere polemique » frequent de la concession, « procede rhetorique qui consiste a abandonner a son adversaire un point de discussion8», par exemple: 15. S 77 est peu sociable, il a un coeur d 'or (Vairel, 1982: 8) Martin considere que le mot meme introduit ce qui etait« le moins probable » (Martin 1982: 33)9, et done ce qui est«le plus significatif et...[dont la]...valeur argumentative est la plus forte. » (Martin 1982: 38). Ce « contenu probabiliste » se situe dans l'anti-univers; plus specifiquement, pour la proposition Meme Pierre est venu: 8« Robert, s.v. concession. » 9Ce classement« scalaire » apparait chez d'autres auteurs. II est parfois contest^  a cause de sa nature trop simple (cf. Lycan). 10 « La probability de ce qui est est un fait d'anti-univers, de meme que la forte probability complementaire de ~p qui laissait prevoir que Pierre ne viendrait pas: V. p 0: TPROB p = la plus faible 1 (dans la classe des LPROB [~]p10 = la plus fortej faits dont releve celui que decrit/?) » (Martin 1982: 33) Quand meme introduit une proposition hypothetique, il indique que «la relation (si p, q), quoique verifiee » (Martin 1982: 33), etait la moins probable pour pj, dans une classe d'hypotheses P « dont tous les elements sont tels que, si p e P, alors q » (Martin 1982: 33). Puisque q se verifie dans le cas le moins favorable, on peut dire qu'il Test pour tout/?11: V: (si pj, q) => [ V p e P , ( . » p , q ) ] V: 3 pj TPROB (si p\, q) = la plus faible 1 (dans la classe LPROB (si pi, [~]q) = la plus fortej des hypothese dont releve p) (Martin 1982: 34) La relation hypothetique se trouve dans Funivers de croyance V. Pour Martin, le fait qu'il existe dans Panti-univers une suggestion de la « forte probability du contraire » (Martin 1982: 34) suffit pour dire qu'on pourrait toujours trouver sip,~ q sous-jacent a meme sip, q. Martin termine sa discussion en definissant la concession comme la verite de/?, de q, et de l'appartenance de sip, ~qi l'anti-univers. II ajoute qu'il peut aussi s'agir de la verite de p, de q, et de «la possibility12 de « si p, ~ q », soit dans U, soit dans V ». Dans son article de 1983, il remarque que pour le type q, bien quep (comme pour toutes les autres structures concessives), sip, ~qse trouve non dans m0, le monde de ce qui est, mais dans « au moins un monde contrefactuel» (Martin 1983: 8), m. 10I1 est a noter que dans Martin, 1982, une faute d'orthographx omet la negation dep. Cf. (:11), infra pour une autre correction. "Cependant, Lycan conteste l'idee que Even ifp, q affirme toujours simplement q. 12Ceci suggere que c'est la « possibility » qui permet l'appartenance de « si p, ~ q » a D ainsi qu'a U. 11 Eriksson remarque une division dans les propositions concessives. Certains emplois, introduits par les conjonctions bien que, quoique, encore que, malgre que, portent« sur un fait qui est presente comme reel»; d'autres, introduits par meme si, quand (bien) meme, portent« sur un fait dont la realisation reste a l'etat virtuel» (Eriksson: 69). Cependant, Togeby dit que Ton peut trouver des exemples de mime si a « valeur reelle »: 16. « Cette histoire touchapeu, meme si Vony trouvait« unpeu le testament de GerardPhilipe » (dans Eriksson: 69) Eriksson pose alors la question suivante: y a-t-il dans meme si un « affaiblissement du sens conditionnel» (Eriksson: 69), tel qu'il existe une concurrence entre cette conjonction et le si « non precede de meme (Sije cours mal,je cours vite;...) » (Eriksson: 69)? Pour son etude, Eriksson a utilise quatre textes: deux en francais, et deux traductions en francais (l'un de l'anglais, l'autre du suedois). II a releve seulement les 50 premieres occurrences d'une proposition concessive a valeur reelle13 dans les textes francais. Par contre, il a releve toutes les occurrences dans les traductions. Nous rassemblons ses donnees dans le tableau I: 13I1 faut noter qu'il a pris toute structure de cette nature, c'est-a-dire les exemples de bien que, encore que, sans que, alors que, etc, et pas seulement mime si et si concessif. Cependant, nous ne tenons compte que des deux dernieres structures. 12 Tableau I: Occurrences a valeur reelle Texte anglais14 Texte suedois15 Textes francais I16 Texte francais II17 98 occurrences de concessives a valeur reelle au total, dont 16 meme si (16.3%) 4 «'concessif (4.1%) 39 occurrences au total, dont 14 meme si (35.9%) 50 occurrences au total, dont 31 meme si (62%) 50 occurrences au total, dont 18 meme si (36%) 24 si concessif (48%) Nous avons repris de ces donnees les proportions des si et meme si concessifs, pour pouvoir les comparer a celles de notre corpus. II remarque une difference syntaxique entre les conjonctions si et (meme) si: la proposition qui commence par meme si est beaucoup plus souvent postposee. Dans un texte qu'il etudie, 14 des 18 exemples en meme si montrent la postposition de la proposition subordonnee. Par contre, la proposition subordonnee du si concessif est normalement anteposee (Eriksson: 75). Eriksson oppose si a valeur concessive a meme si et bien que: si tout seul peut avoir une valeur concessive, mais il faut souvent ajouter a la proposition principale un adverbe de phrase comme neanmoins ou cependant pour renforcer cette valeur: 17. « Si le que de ces exemples ne peut pas etre un que exclamatif, il nous semble neanmoins possible d'y voir avec Dauzat < la conjonction que >,...» (Eriksson: 75). II est a remarquer que Eriksson n'a considere que les phrases « proprement concessives », c'est-a-dire qu'il n'a pas accepte les phrases qui montrent entre la principale et la subordonne, respectivement, un rapport de conformite (18), et de cause (19): 14Rene" Welleck et Austin Warren, Theory of literature, 3e id. London, Penguin Books. 1970. — La thiorie litt&raire. Paris, Seuil, 1971. (Traduit par Jean-Pierre Audigier et Jean Gatt£gno). 15Bertil Malmberg. 1969. Nya v&gar inom sprdkforskningen, 4e id. Stockholm, LaromedelsfSrlagen. —Les nouvelles tendances de la linguistique, 3e id. Paris, Presses Universitaires de France, 1972. (Traduit par Jacques Gengoux). 16Lucien Bodard. 1979. La Duchesse. Paris, Grasset. 17Christian Touratier. 1980. La relative. Essai de thiorie syntaxique. Paris: Klincksieck. 13 18. « 57 le latin possede ainsi deux sortes de relative a antecedent incorpore, il faut observer qu'il en est apparemment de meme en fran9ais, en anglais ou en allemend. » (Eriksson: 75) 19. « Et si Tesniere ne parle pas du deplacement de cet anaphorique et de sa fusion avec le transfereme, c'est probablement parce qu'il y voit une de ces inevitables deformations qui sont entrainees par la presentation lineaire de l'ordre structural... » (Eriksson: 75) Pour notre etude done, Pargument sip, ~ q sous-entendu, et la paraphrase certesp, mais q seront essentiels. La valeur de base de sip, q Ducrot discute certains emplois de si au chapitre 6, « Supposition et presupposition », dans Dire et ne pas dire. Principes de semantique linguistique (1972). Sa definition de si tient compte de ces emplois en disant que si est avant tout l'indicateur d'un acte: « Cet acte, que nous appellerons < supposition >, consiste a demander1* a l'auditeur d'accepter pour un temps une certaine proposition < p > qui devient, provisoirement, le cadre du discours, et notamment de la proposition principale, < q > » (Ducrot, 1972: 167) II remarque que pour assurer la poursuite du dialogue Finterlocuteur est oblige d'accepter les contenus de la presupposition—mais pas ceux de la supposition. Apres la sollicitation de l'hypothese, la supposition est utilisee comme un presuppose, qui devient«la situation intellectuelle, qui servira de toile de fond au dialogue » (Ducrot, 1972: 168). Selon lui, la definition precedente repose dans le « composant linguistique » (sa terminologie); cela veut dire qu'il met la definition au niveau de la langue, et non pas dans le « composant rhetorique », ou le niveau du discours et des effets de sens. C'est a ce dernier niveau qu'il met les diverses significations attributes aux enonces de type sip, q telles que « p est cause de q » ou « p est condition de q » (Ducrot, 1972: 171). Pour nous, cette distinction met I'emploi du si concessif aussi au niveau des effets de sens. 18Les italiques sont de moi. 14 Ducrot cite quatre types d'emplois « marginaux ». Seul le premier nous interesse, le si « oppositif», par exemple: 20. « S'il a de l'esprit, il n'a (en revanche) guere de coeur » (Ducrot, 1972: 175) Selon lui, (20) n'est en effet pas concessive. Pour lui, l'opposition n'est pas entre les deux qualites, mais: « ...se situe seulement au niveau des consequences qu'on en tire quant a la valeur du personnage » (Ducrot, 1972: 175) Neanmoins, cette interpretation est presque identique a la concession argumentative de Moeschler et de Spengler. H nous semble egalement que Ton peut transformer (20) en certes p, mais q, comme le ferait Nguyen: 21. Certes Hade I 'esprit, mais il n 'a (en revanche) guere de coeur II justifie la distinction de ce cas « oppositif» en disant que: « ...l'utilite d'affirmer < q >...tient, partiellement au moins, a la reconnaissance de < p >. Ce que la supposition conditionne, ici, ce n'est pas le contenu affirme, mais Pimportance qu'il y a a l'affirmer (< s'il est bon d'enoncer < q >, c'est parce que < p > est vrai, et que Ton pourrait tirer de < p > des conclusions trompeuses quant a la valeur du personnago) » (Ducrot, 1972: 177) Le fait que/? est« vrai» n'est pas l'important: en utilisant si on accomplit un acte specifique, celui de supposer/?. On se distancie de/?, le reformule comme supposition au lieu de position; c'est dans le cadre de cette supposition qu'on determine si I'enonciation de q est justifiee. On voit difficilement un rapport condition/consequence dans (20), ainsi que dans les trois autres exemples qu'il donne (22-24). Le deuxieme emploi marginal de Ducrot est le si« contrastif»: 22. « Si la Cite est le coeur de Paris, le quartier latin en est l'ame » (Ducrot, 1972: 176) Selon lui, il n'y a opposition ni dans leur contenu ni dans leurs consequences. Cette phrase n'accepte ni la transformation en certesp, mais q, ni 1'interpretation de la concession argumentative. Troisiemement, on a le si« presuppositionnel»: 23. « Si Pierre est a Paris, il y restera certainement» (Ducrot, 1972: 176) 15 ou la proposition subordonnee introduit les presupposes de la principale, qui sont annules par la supposition de si. Finalement, on trouve des phrase du type: 24. « Si tu as soif, il y a de la biere au frigidaire » (Ducrot, 1972: 176) qui n'acceptent pas non plus une interpretation concessive. Dans son traitement de sip, q, Vairel (1982) constate aussi que le si« non-hypothetique » semble poser un probleme dans les phrases ou il: • introduit« une proposition qui s'oppose a la proposition principale (s 'il estpeu sociable, il a un coeur d'or) » • introduit« une proposition exprimant un fait explique par la principale (s 'il estpeu sociable, c 'est qu 'il a eu une enfance malheureuse) » • a une valeur temporelle telle que chaquefois que « s 'ilpleuvait, il ne sortaitpas » (Vairel: 8) Des trois cas, c'est surtout le premier, exemple canonique du si concessif, qui nous interesse. Le deuxieme nous semble etre une variante du premier (cf. la discussion d'Eriksson, supra :13, et au chapitre deux, infra :27 et :33). Le troisieme n'est pas pertinent pour notre etude. Vairel distingue deux valeurs dans toute phrase de la structure sip, q: la valeur hypothetique se trouve seulement dans sip, alors que la valeur conditionnelle se trouve dans Pensemble si p, q. La premiere valeur se voit dans les phrases en si concessif. Dans: 25.5'/'/ estpeu sociable, il a un coeur d'or la valeur hypothetique ou de supposition de si reste intacte, mais la situation decrite doit etre interpretee comme etant la juxtaposition de deux verites. Vairel voit toujours dans cette phrase « la supposition de la realite de [p] » (Vairel: 8). Le locuteur, en utilisant sip, evite de poser le contenu de/?, et le suppose simplement. II aurait pu dire «/'/ estpeu sociable, mais... », mais le choix de la valeur hypothetique intrinseque a si lui permet de s'en distancier (Vairel: 9). Par contre, la deuxieme valeur, celle de condition, est difficile a extraire d'un enonce tel que (25), ou q « est donne comme realise, sans que sa realisation soit aucunement liee a la realisation eventuelle de...\p]. » (Vairel: 10). Neanmoins, Vairel finit par suggerer 16 que la valeur condition/consequence de sip, q—de n'importe quelle phrase de cette structure, y compris les « non-hypothetiques »—est toujours presente: « Le rapport conditionnel ne s 'etablitpas entre le contenu de \p\ et celui de [q]19, c'est-a-dire entre les situations denotees respectivement par la subordonnee et par la principale. II s 'etablit entre Vacte de supposer [q], c'est-a-dire supposer la realite de la situation [p], et celui d'enoncer [q], c'est-a-dire affirmer telle chose, poser telle question, dormer tel ordre, etc. La difference avec la definition traditionnelle peut se resumer de la facon suivante: les phrases de structure si [p], [q] ne marquent pas que la realisation (supposee) de la situation [p] est condition de la realisation de la situation [q]; elles marquent que la supposition de la realite de la situation [p] est condition de l'enonciation de [q] » (Vairel: 10) Done, e'est la supposition qui conditionne l'acte enonciatif de q, « ...en tant qu'elle est soit legitime, soit necessaire, soit interessante pour Pinterlocuteur, etc. » (Vairel: 10). Finalement, « ...e'est seulement sur la base de la supposition que cette enonciation apparait pertinente, fondee, pourvue de sens: e'est la supposition de [p] ( = supposition de la realite de [p]) qui determine, autrement dit, la possibilite et la validite de l'enonciation de [q] » (Vairel: 10) BenoTt de Cornulier prefere considerer la « condition suffisante » comme la definition principale de si. Autrement dit, « Dans le ou les cas ou [p], [q] » (De Cornulier: 58). Son emploi du terme est presque identique a celui de Ducrot pour qui« condition suffisante » veut dire que l'implication reciproque de sip, q—c'est-a-dire si ~p, ~q—n'est pas presente, ce qui releve de la « condition necessaire ». De Cornulier enumere neuf interpretations de si, dont l'une est concessive, « eventuellement precise par meme (Q meme si P) » (De Cornulier: 62). II ne parle pas des phrases du type si concessif, la structure la plus proche etant celle du si« bi-affirmatif, non-conditionnel», tel que « Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de 19Les italiques sont d'elle. 17 Jesus sont d'un Dieu » (De Comulier: 61), mais nous ne voyons pas en quoi il y a concession. Selon lui, pour les structures en meme si, «II suffit done de reconnaitre a si sa valeur bien attestee de condition suffisante et a meme sa valeur bien attestee de hierarchie des possibilites, pour expliquer l'apparence particuliere—et non conditionnelle—du si < concessif > » (De Comulier: 77). Nous allons prendre comme interpretation de base de sip, q celle de Ducrot, e'est-a-dire une simple supposition dep, qui sert comme cadre pour l'enonciation subsequente de q; cette structure peut avoir divers effets de sens. La valeur de mime Dans son chapitre intitule « Les echelles argumentatives », Ducrot (1973) etudie deux phenomenes syntactico-semantiques—la negation et l'implication. C'est dans la deuxieme section qu'il discute meme. II represente ainsi l'echelle argumentative: P' p (Ducrot, 1973: 229) La description de meme a l'aide de ce schema se glose: « Enoncer.../? ou (et) memep', c'est toujours presupposer qu'il existe un certain r, determinant une echelle argumentative oup' est superieur kp » (Ducrot, 1973: 229) Done, il dit que dans: 26. « // a le doctoral de 3e cycle, et meme le doctor at d'Etat» il y a une presupposition r liee aux deux faits /'/ a le doctorat de 3e cycle, p, et [il a] le doctorat d'Etat,p \ telle que /'/ est competent/il est conformiste. Les deux faits sont consideres des arguments pour la presupposition, mais le deuxieme est superieur au premier fait, a cause de meme (Ducrot, 1973: 228-229). 18 Dans sa section sur Fimplication, Ducrot rappelle que sip, q, dans F affirmation, a normalement une interpretation implicative. Cependant, comme nous I'avons deja dit, cette interpretation est au niveau du composant rhetorique de si (Ducrot, 1973: 260). Ducrot illustre cette relation ainsi au moyen de Fechelle argumentative20: (Ducrot, 1973: 262) L'interpretation concessive, par contre, exige meme si. II ajoute: « A l'inverse, dans le cas de l'enonce concessif [q] meme si \p], on a le presuppose que [p] est un obstacle a [q], ou, dans notre terminologie, un argument en faveur de [~ q\. ~q » (Ducrot, 1973: 262) Selon Ducrot un meme locuteur ne pourrait jamais dire « Pierre viendra si Jacques vient» puis « Pierre viendra meme si Jacques vient» successivement (Ducrot: 262). L'incompatibility pour lui est« au niveau des connaissances prealables », et pour avoir la concessive, il doit y avoir « une opposition prealable » (Ducrot: 262). Encore une fois, on voit une ressemblance avec la theorie de Moeschler et de Spengler et de Martin, ou/? dans meme sip, q implique ~ q. Une deuxieme justification de sa representation de Fimplication est basee sur une enquete menee par J.C. Anscombre au sujet de la negation de Fimplication. Elle a montre que: « ...la facon la plus naturelle de nier [q] si \p], ou de repondre negativement a la question Est-ce que [q] si \p\? (avec si implicatif) consiste a dire Meme si [p], [~q]. Par exemple: 20Nous avons mcxiifie ses sche"mas pour respecter notre choix de convention: p et q au lieu deA et B. 19 • Est-ce que Pierre prendra sa voiture si la route est bonne? — Non, meme si la route est bonne, il viendra en train. • Pierre viendra si Jacques vient. — Non, meme si Jacques vient, Pierre ne viendra pas. » (Ducrot, 1973: 263) Malheureusement, nous n'avons pas trouve ce rapport dans notre corpus, mais il nous semble que ce genre de rapport est avant tout dialogique. Lycan donne une analyse logique des phrases en sip, q21: (e G R) (In(e, p) 3 In(e, qf2 (Lycan: 125). . Selon lui, si forme une proposition adverbiale qui contient un quantificateur universel (Lycan: 124). Cette analyse logique est glosee par: Dans tout evenement pertinent a cette situation qui est une possibilite reelle [(e e R)] et dans laquelle p est vrai [In(e, p)], alors [3] q est vrai [In(e, q)] La restriction (e e R) est importante, car elle indique que les evenements e appartiennent a ceux qui sont des possibilites pertinentes et reelles (Lycan: 125). Pour une phrase en meme si, il propose: (e e R)((ln(e, q)) & (e e R)(ln(e,p) 3 Intf q)) dont la glose serait: Dans tout evenement pertinent a cette situation qui est une possibilite reelle, etje compte specifiquement I 'evenement p comme un tel evenement, alors q est vrai Lycan appelle ces formules une theorie d'« evenement». La formule souligne que q (je partirai) dans n'importe quel cas raisonnable e [(e e R)((In(e, Q))], et aussi [&] specifiquement l'evenement/? [(e e R)ln(e,p)] pour la relation sip alors q entre q tip dans n'importe quel cas raisonnable/[r> ln(f, q)]. L'opposition e//"montre simplement qu'il y a deux ensembles de rapports consideres, vrais en meme temps. 21 Son travail est sur even if, mais nous l'avons traduit en francais. 22I1 faut noter que sa convention en ce qui concerne les parentheses et en gdneral les formules est parfois peu normalisee. 20 Lycan discute le probleme de l'imposition de la consequence (« consequent-entailment») que la structure meme sip, q peut evoquer. Ce phenomene se voit dans une phrase comme (27), qui est sentie etre equivalente a (28), c'est-a-dire la consequence tout court: 27. Meme si Jacques fais cela,je vaispartir 28. Je vaispartir Pour lui sa formule (cf. :20) resout ce probleme de quatre manieres. Premierement, elle contient la proposition (e e R)In(e, q), qui est vraie dans tout evenement envisage (Lycan: 127); ceci explique l'impression d'une consequence q qui est imposee. Deuxiemement, 1'autre proposition—(e e R)(In(e, p) ZD ln(f, q))—possede une relation de condition/consequence, a cause du symbole « z>». Troisiemement, meme sip donne l'impression d'etre superflu a cause du fait que le resultat de la deuxieme proposition, q, est deja entraine par la premiere23. Autrement dit, ces trois points veulent dire que Ton admet q dans n'importe quelle situation possible et raisonnable, et aussi le rapport conditionnel, sip, q. Neanmoins, Lycan signale que meme sip a quand meme un role. Un locuteur pourrait simplement enoncer (e e R)(In(e, Q)), comme dans (28), mais dans ce cas l'interlocuteur serait tenu d'interpreter l'enonce au moyen de regies pragmatiques presque incomprehensibles (Lycan: 128). Cela veut dire que l'interlocuteur est oblige de decider pourquoi exactement le locuteur prononce son discours. De crainte de confondre son interlocuteur, le locuteur rend explicite ce qui est superflu, en ajoutant meme sip (Lycan: 128). La redondance est le prix de la clarte. Meme semble ajouter: 1) une reference implicite a une classe plus etendue qui est specifiee contextuellement, et 2) une quantification universelle qui porte sur les membres de cette classe (Lycan: 130). Lycan justifie le fait de considerer meme comme un quantificateur universel par analogie a settlement, qui est d'apres lui accepte « sans controverse » comme tel. 230n voit un rapprochement entre l'analyse syntaxique de la rection contrassoci^ . 21 Les deux mots—en anglais il faut le souligner, car la similarity n'est peut-etre pas aussi evidente en francais—peuvent se trouver dans presque toute position (Lycan: 134). Un contre-exemple mene Lycan a modifier sa theorie une derniere fois. Le contexte de (29) est la suivante: un groupe de personnes a ete invite a une soiree, mais avant la soiree, tout le monde tombe malade. Dans ce groupe, il y a deux personnes qui sont considerees etre les invites les plus enthousiastes, mais eux aussi sont atteints par la maladie. Bluto n'y va pas, mais Gonzo reussit a y aller a la longue. Selon Lycan, si meme donne une valeur de quantification universelle tout court, (29) serait fausse: 29. Meme Bluto est reste a la maison (Lycan: 141) car cette interpretation analyse la phrase comme signifiant « Tout le monde est reste a la maison, y compris Bluto », ce qui est falsifie a cause de la presence de Gonzo; cependant, il est clair que (29) est tout a fait acceptable, malgre sa presence. II ajoute que de tels exemples sont souvent utilises pour contredire l'idee que meme marque la limite de Pechelle (Lycan: 141). Cela conduit Lycan a dire que meme veut dire non pas «tout...y compris... », mais «tout...plus... » (Lycan: 147). Selon lui, une valeur d'« attentes » est ajoutee par cette paraphrase. Done, (30) est glose plus specifiquement par (31): 30. Meme grand-mere etait ivre24 31. Toutes les personnes que vouspourriez imaginer dans cette situation etaient ivres, et grand-mere I"etait aussi. Selon Lycan, la nouvelle formule permet maintenant que quelqu'un d'autre soit ivre, alors qu'on ne s'y attendait pas (Lycan: 147). Comme exemple de la structure meme sip, q, il donne (32), glose par (33): 32. J'irai a la soiree meme si Hudy va 33. J'irai a la soiree dans toutes les circonstances que vouspourriez imaginer dans cette situation, et aussi toutes les circonstances dans lesquelles Hudy va 24Nous voulons souligner le fait que les exemples sont traduits de Lycan, avec une modification necessaire pour cet exemple.... 22 A notre avis ce qu'il dit est que meme est la limite d'une echelle contrainte contextuellement par ce a quoi on s'attendrait. Sa formule est a la fois universelle et limitee. Cependant, elle differe peu de l'echelle argumentative de Ducrot. Hypotheses a verifier Des diverses hypotheses precedentes, certaines nous semblent plus pertinentes que d'autres, pour rendre compte de la concession dans les structures sip, q et meme sip, q. Nous allons done nous borner a leur eUide, dans 1'espoir de decouvrir le rapport entre ces deux structures. En plus, la suggestion d'Eriksson que meme si peut porter sur « un fait qui est presente comme reel» (Eriksson: 69) semble aussi etre liee avant tout a la question de la concession. Enfin, comme la paraphrase de Lycan est tentante dans sa simplicity {meme -«tout X que Ton prevoirait, plus Y »), nous avons essaye de Fappliquer a nos exemples. Cependant, il faut dire que sa theorie n'est pas centrale pour notre etude, car le mecanisme de la concession nous semble plus interessant. Nous allons done l'etudier seulement en nous basant sur le corpus de UBC (cf. le chapitre deux pour une description du corpus, infra :24). 23 Chapitre deux: Analyse du corpus Description du corpus Nous avons depouille deux sources pour etablir notre corpus. Premierement, nous avons releve de cinq textes electroniques25 qui datent de 1985 a 1993 584 occurrences de si circonstanciel, et 44 occurrences de meme si. 35 des 584 si circonstanciels sont concessifs (nous avons utilise les si non concessifs pour faire certaines observations et pour montrer des contrastes avec les si concessifs). Les 35 exemples de si concessif et les 44 exemples de meme si concessif forment notre corpus principal (designe par « UBC »), un corpus ferme. Nous avons aussi compile un corpus secondaire en relevant les 44 premiers exemples de meme si qui avaient un contexte suffisant que nous avons trouve dans un sondage de ARTFL26, dont les textes datent de 1943 a 1957. Les textes fournis par ce service contiennent parfois des fautes d'orthographe: nous avons done cherche des occurrences telles que meme, meme, etc., mais nous n'en avons pas trouvees, alors le service semble assez fiable pour nos besoins. Ce deuxieme corpus est designe par « ARTFL ». Discussion des si concessifs Les si concessifs representent 6% (35 des 584) des si circonstanciels. Notre corpus reflete parfaitement Pobservation d'Eriksson que la position normale de la proposition subordonnee du si concessif est Panteposition: 25Le corpus dlectronique du projet de recherche sur l'absence du determinant en francais (Curat, Rouget) subventionne" par SSHRC. Nous remercions le professeur Hervd Curat de nous avoir permis d'utiliser son corpus. 26 American and French Research on the Treasury of the French Language, University of Chicago, Department of Romance Languages and Literatures. 24 Tableau II: Position de la subordonnee du si concessif et non concessif Postposition Anteposition TOTAL si concessif 3%(1) 97% (34) 100% (35) si non concessif 28.8% (158) 71.2% (391) 100% (549) Le seul exemple ou il y a une postposition de la subordonnee est meme discutable: 34. Le jogging aurait du fournir au president l'occasion de montrer son eternelle jeunesse. On avait invite les cameramen a cette fin, et ce n'est pas leur faute s'ils durent nous faire voir, a la place d'un athlete debordant de sante, un homme vieillissant et qui avait la guigne. L 'Immortalite :30 Dans (34), la structure ce n 'estpas leurfaute si est plutot idiomatique: il s'agit d'une sorte de double marquage, ou le sujet ce renvoie au postfixe s 'Us durent nous faire voir..., ce qui affaiblit la valeur concessive de la phrase. Mais il nous semble que Ton peut neanmoins imposer Interpretation certes Us durent nous faire voir...mais ce n 'est pas leurfaute; pour cette raison nous avons garde Pexemple. II est utile de noter que Blanche-Benveniste fait une distinction parmi les phrases en si p, q. Selon elle: « on trouve regulierement en prefixes les sequences en si qui n'equivoquent pas Phypothese, mais la pose d'une premisse, du type si tu as soifily a de la biere au frigidaire; ce sont les sequences non regies: (?c'est si tu as soif qu'il y a de la biere...) ...En revanche, les sequences en si d'hypothese, regies, se trouvent aussi bien en prefixes qu'en suffixes: -s'il recidive la il risque d'y passer pour de bon (c'est s'il recidive qu'il risque d'y passer) -on en parlera—apres—peut-etre s'il y a encore de la place sur la bande » (Blanche-Benveniste: 131) Ce terme « si d'hypothese » semble plutot designer si« de condition », car, si Ton s'en tient a 1'interpretation que Ducrot donne de si, il y a une mise en hypothese dans les trois exemples 25 cites ci-dessus, mais la valeur de condition n'est presente que dans le deuxieme et le troisieme. Une phrase en « si hypothetique » (35) accepte les tests de rection de Blanche-Benveniste (36-37): 35. Sije gagne la loterie, je vais en Europe 36. c 'est sije gagne la loterie queje vais en Europe 37. je ne vais en Europe que sije gagne la loterie Ducrot donne aussi« la loi logique de contraposition («p=>q est equivalent a [~ q] => [~p] ») » (Ducrot: 176); (35) accepte ce test semantico-logique (38): 38. Sije ne vais pas en Europe, c 'est queje n 'aipas gagne la loterie. Cela veut dire qu'il y a un rapport de condition a consequence. Ces tests nous semblent egalement utilisables pour identifier les phrases en si concessif, car on voit le meme genre de probleme que Ton a en les appliquant aux « si de premisse »; considerons (39) et les resultats des tests de Blanche-Benveniste (40-41): 39. S'il est brouillon, il est intelligent 40. *c 'est s 'il est brouillon qu 'il est intelligent 41. *il n 'est intelligent que s 'il est brouillon (40-41) sont agrammaticaux, ce qui montre que la subordonnee n'est pas regie par la principale. En plus, le test semantico-logique de Ducrot montre dans (42)Tabsence d'un rapport de condition/consequence, et meme de la condition necessaire a la situation que Ton trouve en/>; cette phrase est asemantique: 42. *s 'il n 'est pas intelligent, c 'est qu 'il n 'est pas brouillon Pour cette raison, nous avons utilise ces tests dans notre corpus. Nous avons trouve que tous les exemples en si concessif etaient non-regis27. Seulement un exemple a montre de facon claire la structure de la concession argumentative de Moeschler et de Spengler: 43. Notre siecle d'optimisme et de massacres est parvenu a transformer cette horrible formule en une joyeuse chansonnette. Peut-etre direz-vous que s'il est horrible, 27La repartion des si non concessifs dtait: 411/549 (74.9%) regis, 101/549 (18.4%) non-regis, et 37/549 (6.7%) ambigus. 26 parfois, de lutter contre quelqu'un, hitter pour quelque chose est noble et beau. L'Immortalite :91 Pour (43), on peut facilement envisager r (nepas lutter), et ~ r (lutter). Cependant, le fait qu'il n'y ait qu'un seul exemple ne nous conduit pas a rejeter leur theorie. La structure de la concession argumentative semble simplement etre un cas particulier de la paraphrase certesp, mais q de Nguyen, et elle se verrait sans doute plus souvent dans des situations de dialogue ou il y a une argumentation clairement entre deux locuteurs. Par contre, dans une situation de monologue d'un ecrivain face a ses lecteurs, ces rapports (p/r, q/~r) sont moins facilement discernes. Nous avons utilise la paraphrase de Nguyen pour isoler les si concessifs des autres si. Les 35 exemples de notre corpus principal l'acceptaient; ainsi (44) peut facilement se transformer en (45): 44. Bernard n'avait pas la moindre envie de faire Pamour. Mais s'il avait ose refuser la discussion, il ne savait pas refuser l'appel erotique. En quoi il ressemblait, d'ailleurs, a tous les hommes de tous les temps. L 'Immortalite .9 45. Certes il avait ose refuser la discussion, mais il ne savait pas refuser I 'appel erotique. Ceux qui refusent la paraphrase sont surtout des phrases conditionnelles: 46. Si vous ne nous le donnez pas, nous vous empecherons de vous lever jusqu'a ce que vous soyez mort de froid. Cahier :59 47. *Certes vous ne nous le donnez pas, mais nous vous empecherons de vous lever jusqu 'a ce que vous soyez mort de froid ou la valeur presuppositionnelle de certes dans (47) contredit la valeur simplement suppositionnelle de la subordonnee. Comme nous l'avons deja mentionne, Eriksson a utilise une definition etroite des phrases concessives (cf. :13); nous avons adopte sa demarche, et rejete tous les exemples ou la valeur de cause se trouve plutot dans la principale, comme: 48. Dans le cas considere, il denote un animal qui apporte le sommeil aux enfants et conduit les ames des morts vers l'au-dela. S'il fait l'admiration des Indiens, c'est que, dit-on, il est un des rares animaux sachant descendre des arbres la tete en bas. Potiere :142. 27 ainsi que les phrases a valeur simplement oppositionnelle: 49. Mais si la recherche de l'harmonie dans la langue presuppose une demarche d'ordre intellectuel, c'est l'inverse en musique: on travaille d'abord pour l'oreille, rimitation qui vise a contenter l'esprit vient apres. Chabanon voit a cette opposition des racines tres profondes. Regard: 104 Bref, tous les exemples qui n'acceptaient pas clairement la paraphrase de Nguyen ont ete rejetes. Tous les exemples de si concessifs acceptent 1'addition de cependant ou neanmoins, nous avons utilise ce test conjointement avec la paraphrase de Nguyen pour confirmer quels exemples etaient bel et bien concessifs. 6 des 35 exemples (17%)28 portaient deja un adverbe de phrase tel que cependant ou neanmoins (50-51), ou une expression concessive comme pourtant, tout de meme, etc. (52-55), qui renforcent la valeur concessive de si: 50. Tout cela est vrai; mais si les Tupi n'ont fait une place / au dualisme ni dans leur organisation sociale, ni dans leur pantheon, le dualisme ordonne cependant leur mythologie. Lynx 3X6 51. J'y montrais que si, chez les Bororo, les moities sont liees par tout un reseau de droits et d'obligations reciproques, elles se trouvent neanmoins en desequilibre dynamique 1 'une par rapport a 1' autre. Lynx : 314 52. Si elle ne rendit pas la luthiste plus absente qu'elle ne l'etait, cette mort, pourtant, changea tout. L 'Immortalite : 190 53. Si, chez les Salish, ce dernier mythe semble eclipse par l'autre, il est present tout de meme, mais sous une forme particuliere qu'il convient d'examiner. Lynx :215 54. On peut done dire que, si la version shuswap n'inverse pas completement les autres versions relevant de la meme serie mythique, elle presente a tout le moins une courbure qui inflechit cette serie jusqu'a la faire presque coincider avec l'autre.Zj'wx :238 55. Ce n'est pas tout; car si 1'art de la poterie diminue a l'extreme l'ecart entre la matiere et la forme, c'est en revanche un art aux resultats incertains et plein de risques qui retentissent sur le psychisme de celles (ou ceux) qui le pratiquent. Potiere :236 28Eriksson n'en a pas donn£ de donnees statistiques. 28 L'addition de meme aux si concessifs semblent toujours possible, mais on trouve alors une valeur « rencherissante » (Martin, 1975) et/ou une valeur de la prevision contrariee (« expectation contravention ») (Lycan, 1991) qui s'ajoute a la valeur concessive (57): 56. II se trouvera ainsi dans la situation classique du lyceen interroge au tableau, et aura recours a un vieux true: feignant de repondre a la question, il ressortira en realite les phrases preparees chez lui pour remission. Mais si ce true a pu autrefois abuser le professeur, il n'abusera pas Bernstein qui le houspillera sans pitie: « Vous n'avez pas repondu a ma question! » L 'Immortalite :66 57. Mais meme si ce true apu autrefois abuser le professeur, il n 'abuserapas Bernstein Finalement, les phrases en si concessif possedent aussi la structure sous-entendue sip, non-q, par exemple: 58. S'il est horrible, parfois, de lutter contre quelqu'un, lutter pour quelque chose est noble et beau. L 'Immortalite :91 Pourtant le rapport ne semble etre ni de cause a efFet, ni de condition a consequence, mais plutot un simple paralleled —> non-q: il est horrible de lutter contre quelqu 'un veut dire ou implique normalement lutter est (parfois) horrible. La distribution des temps verbaux dans les deux propositions montre des repartitions interessantes: 29 Tableau III: Distribution des temps dans les propositions p et q dans si concessif et non concessif | si concessif (35 au total) | si non concessif (549 au total) | present passe compose imparfait passe simple plus-que-parfait futur simple conditionnel simple subjonctif plus-que-parfait subjonctif imparfait conditionnel passe imperatif infinitif29 pas de verbe TOTAL P 45.7% (16) 22.9% (8) 11.4% (4) 11.4% (4) 8.6% (3) — — — — — — — -100% (35) « 60% (21) 5.7% (2) 20% (7) 5.7% (2) — 5.7% (2) 2.9% (1) — — — — — • -100% (35) P 60.8% (334) 3.8% (21) 22.4% (124) .5% (3) 10.2% (56) — — .5% (3) — — — 1.2% (6) .4% (2) 100% (549) 4 41.2% (226) .8% (4) 5.8% (34) .7% (4) 13.3% (73) 17.2% (94) .4% (2) .2% (1) 7.4% (40) 2.6% (14) 1.2% (6) 9.3% (51) 100% (549) sujet deictique | 37% (13/35) I 4.6% (25/549) | 7.8% (43/549) Le present est plus commun dans la proposition q avec si concessif (60%) qu'avec si non concessif (41.2%): nous sommes tentes de dire que ceci est du au fait que le present s'emploie ici pour marquer que 1'argumentation du locuteur est ancree dans la realite. Par contre, la proportion des formes au present dans la proposition subordonnee/? des si non concessifs (60.8%) est plus grande que celle des si concessifs (45.7%). Ceci peut s'expliquer cependant par le fait que les phrases non concessives ont plus de possibilites combinatoires avec le present que les phrases concessives. Le nombre eleve de formes a 1' imparfait dans la proposition/? et le nombre reduit dans la proposition q des si non concessifs se justifient de la 29La presence curieuse de 1'infinitif dans la structure si p, q est attribute au fait que le personnage qui parle est etranger et ne possede pas une bonne maitrise du francais. 30 meme facon: il s'agit toujours des possibilites combinatoires. Par contre la proportion des formes a l'imparfait dans la proposition q des si concessifs est tres elevee par rapport aux si non concessifs pour la meme raison: la structure concessive sip, q est restreinte a 7 formes verbales, tandis que les si non concessifs ont 13 formes a leur disposition. Le nombre de cas ou le sujet de la proposition q est un demonstratif est presque cinq fois plus eleve quand si est concessif (37%) que quand il ne Test pas (7.8%). La proposition q des phrases comportant un si concessif est un acte d'argumentation (mais q), done il n'est pas etonnant qu'on utilise une demonstration pour etayer cet acte. En plus, q est le terme essentiel;/? n'est qu'une digression sans issue envisagee seulement pour des raisons strategiques. Finalement, le tableau III montre que le conditionnel present et passe et le fiitur sont plus frequents avec les si non concessifs (17.2%, 7.4%, et 13.3%; au total 38%) qu'avec les si concessifs (2.9%, 0%, et 5.7%; au total 8.6%). Ceci s'explique par le fait que si concessif decrit, par definition, un fait reel, tandis que ces temps-la denotent des mondes possibles. Une etude des combinaisons de temps dans les structures sip, q concessives fait ressortir d'autres observations interessantes, surtout quand elles sont contrastees avec les donnees des si non concessifs30: 30Nous avons choisi d'&udier seulement les paires present/present, passe" composeVpr&ent, imparfait/imparfait, et plus-que-parfait/imparfait dans les si non concessifs. 31 Tableau IV: Distribution des combinaisons de temps dans si concessif sip q present present passe compose present imparfait imparfait plus-que-parfait imparfait passe simple present passe simple passe simple present futur simple passe compose futur simple present conditionnel passe compose passe compose present passe compose TOTAL nombre d'occurrences 37% (13) 17.1% (6) 11.4% (4) 8.6% (3) 5.7% (2) 5.7% (2) 2.9% (1) 2.9% (1) 2.9% (1) 2.9% (1) 2.9% (1) occurrences avec deictique dans q 15.4% (2) 38.5% (5) 15.4% (2) 15.4% (2) 7.7% (1) 7.7% (1) — — — — -100% (35) | 100% (13) La combinaison present/present est la plus frequente (37%). Ce pourcentage est tout a fait comparable avec la proportion dans les phrases en si non concessifs, 36% (199/549). La combinaison passe compose/present (17.1%) est la seconde en importance numerique, mais a notre avis elle est la plus remarquable. La majorite des 13 formes deictiques que nous avons decernees dans la proposition q des si concessifs se trouvaient dans cette combinaison, a savoir38.5%. Dans (59): 59. Si Lynx (ici nomme Chat-Sauvage), vieillard hideux et couvert de plaies, a engrosse la fille du chef avec sa salive, c'est involontairement et par megarde. Lynx :33 on voit les trois elements dont nous venons de parler: le verbe de la proposition/? est au passe compose, le verbe de la proposition q est au present, et ce dernier a une deictique comme sujet. Revenons maintenant a la proportion de la combinaison passe compose/present, 17.1%: ce chiffre, deja eleve par rapport aux autres possibility combinatoires, devient encore plus surprenant quand on le compare aux donnees fournies par une analyse des si non concessifs. Seulement 2.7% (15/549) des exemples en si non concessifs ont cette combinaison. Cela veut dire que la combinaison est plus de 6 fois plus frequente dans les si concessifs. Mais en fait, la plupart de ces exemples—7/15—sont de structure sip, c 'est que/parce que. Nous avions 32 rejetee les phrases de cette structure apres avoir pris la decision de suivre etroitement la demarche d'Eriksson, qui ne les considere pas concessives. Pourtant, un exemple comme (60) peut, quant a nous, accepter la paraphrase certesp, mais q (61): 60. Avenarius repondit de son air le plus autoritaire: « Si Bernard Bertrand a ete promu ane integral, c'est parce qu'il est un ane integral. Le hasard n'a rien a voir en Poccurrence. L 'Immortalite : 133 61. Certes Bernard Bertrand a ete promu ane integral, mais c 'est parce qu 'il est un ane integral Le fait que (61) semble acceptable et que tous les 7 exemples avaient un deictique comme sujet dans la proposition q—alors qu'un seul exemple carrement non concessif en avait un—ne fait que renforcer notre impression que les phrases comme (60) sont concessives. Done, si nous admettons de tels exemples comme concessifs et modifions les proportions des si concessifs et non concessifs, il se trouve qu'il n'y a maintenant que 8 des 542 exemples (1.5%) des si non concessif avec la combinaison passe compose/present, et le chiffre pour les si concessifs devient 31% (13/42). Une autre combinaison interessante qui est clairement reliee a la precedente est celle du plus-que-parfait/imparfait. Bien que sa proportion de 8.6% ne soit pas tellement elevee relativement aux autres combinaisons des si concessifs, elle est plus de dix-sept fois plus frequente dans les si concessifs que dans les si non concessifs, car il n'y avait que 3 des 549 exemples avec cette combinaison (.5%). Ces combinaisons s'expliquent facilement: la presupposition ou l'acceptance comme fait accompli de la proposition/? se fait tres bien au moyen d'un temps compose. Selon Curat, l'aspect compose souligne le rapport entre R, «instant de reference du proces au temps », et F, «instant de fin du proces » (Curat: 14). Le passe compose (present compose dans sa terminologie) a comme formule de langue R = F; en schema: F=R=L (Curat: 247) 33 Autrement dit, le point de reference que le locuteur utilise pour decrire la proposition/?—la proposition qu'il concede—est a la fin du proces (L = « instant de l'enonciation »; Curat: 14). Quand le locuteur enonce la proposition principale q, en se servant du present pour son argumentation, il se met au sein du proces decrit en q, car la formule de langue du present est C<R = L<F(C = « instant de commencement du proces »; Curat: 14): C ^ R = L F (Curat: 147) Le plus-que-parfait, lui, est represente par la formule F < R < L; en schema: F R L (Curat: 248) Cette fois, la fin du proces est repoussee avant le moment de reference du locuteur, ce qui cree un ecart entre F et R. Cet ecart cree l'impression de l'insufrlsance dep, qu'elle n'est plus pertinente par rapport a q. Pour decrire q, le locuteur revient a l'imparfait pour son argumentation, dont le point de reference tombe maintenant entre C et L, c'est-a-dire au milieu du proces: (F) • * ' • • (F) (Curat: 171-172) Dans les deux combinaisons done—passe compose/present et plus-que-parfait/imparfait—il y a une opposition d' aspect qui aide le mecanisme concessif. La combinaison imparfait/imparfait est deux fois et demie plus frequente dans les si concessifs (11.4%) que dans les si non concessifs (4.4%). Ce phenomene peut s'expliquer ainsi: les structures concessives sip, q, puisqu'elles ne possedent normalement pas la valeur de condition a consequence, n'ont plus besoin de souligner le fait que/? precede q, qu'il y a 34 une succession entre les deux propositions; ce rapport est en revanche inevitable dans les phrases proprement conditionnelles et depend surtout d'une opposition de temps, a la difference des combinaisons precedentes (forme composee/forme non compose), qui dependent d'une opposition d'aspect. Done, les phrases concessives montrent plus facilement le parallele entre/? et q. L'image est tout a fait logique: quand on concede un point dans/?, on veut le faire suivre immediatement par le vrai but de I'enonce, autrement dit l'argument q pour ~r. En fait, selon Nguyen: « ...Penonciation de [q] serait prevue au moment de celle de [/?], et [p] serait maintenu apres l'enonciation de [q] » (Nguyen: 88) Ceci souligne le fait qu'il y a un parallele entre/? et q, et non pas une succession. Pour ce qui est de la combinaison present/present, malgre le fait qu'elle n'est guere plus commune dans les si concessifs (37%) que dans les si non concessifs (36%), on voit neanmoins le meme genre de parallelisme entre/? et q. Discussion des cas de meme si Dans nos deux corpus, nous avons separe les occurrences de meme si a valeur reelle de celles a valeur non-reelle au moyen de la paraphrase de Nguyen, certesp, mais q, corroboree par le sens du cotexte et du contexte. Par exemple (62): 62. [«] Tu crois peut-etre que je lui ai revele mon secret? » II ajouta: « Meme si je lui avais dit la verite, il ne m'aurait pas cru. [»] L 'Immortalite :410 a ete juge non-reelle puisque le temps du verbe dans la subordonnee indique que lui dire la verite ne s'est pas actualise. En plus, la phrase qui suit: 63. Je ne puis d'aucune facon me figurer l'inconnu occupe de moi (j'ai dit a supposer: meme si e'est vrai, e'est absurde, mais enfin: je ne sais rien), il est a mon sens impie d'y songer. De meme, en presence de l'inconnu... BtllExInt :209 a ete jugee non-reelle, a cause de « a supposer » et de « mais enfin, je ne sais rien ». (62-63) acceptent en outre mal la paraphrase de Nguyen, car la valeur irreelle bloque la valeur concrete de certes. 35 64. ICertesje lui avais dit la verite, mais il ne m 'auraitpas cru 65. ICertes c 'est vrai, mais c 'est absurde31 Par contre, les memes criteres ont aide a isoler les meme si a valeur reelle, par exemple dans: 66. Ce sourire et ce geste etaient pleins de charme, tandis que le visage et le corps n'en avaient plus. C'etait le charme d'un geste noye dans le non-charme du corps. Mais la femme, meme si elle devait savoir qu'elle n'etait plus belle, l'oublia en cet instant. L 'Immortalite : 14 le temps ponctuei du preterit oublia, ancre la situation dans la realite. D'ailleurs, cet exemple ressemble beaucoup a celui d'Eriksson (Cette histoire touchapeu, meme si I'on y trouvait « unpeu le testament de Gerard Philipe »), ou Fimparfait sert a decrire un etat asserte. On peut aussi substituer a (66) la paraphrase de Nguyen: 67. Certes elle devait savoir qu 'elle n 'etaitplus belle, mais elle I 'oublia en cet instant Finalement, dans: 68. Mais peut-on dire que de ces mythes, le Fournier soit veritablement absent? Meme s'il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'ou proviennent la plupart des mythes ou il figure, on le rencontre partout en Amerique du Sud et au-dela. Potiere .11 le fait que le fournier habite telle ou telle zone est un fait incontestable. Ces phrases peuvent aussi se transformer en bien que sans perdre une signification perceptible, car bien que marque toujours un fait reel: 69. Bien qu 'il habite principalement une vaste zone..., on le rencontre partout... Comme nous l'avons deja dit, certains linguistes veulent attacher un rapport sous-entendu aux structures concessives en meme si—c'est-a-dire sip, ~q. Nous avons trouve que tous les exemples a valeur non-reelle possedaient ce rapport; par exemple dans: 70. Tu nous entretiendras, c'est tout. Mais meme si tu n'acceptes pas, je resterai ici, dit-il en retrouvant le ton determine des plus beaux jours. Dans un mois, deux au plus, je compte me mettre a voyager pas mal... AbllHeuPa :313 31(65) semble accepter la paraphrase de Nguyen mieux que (64). Ceci est peut-etre a attribuer au temps des deux verbes et aux deictiques dans les deux propositions; neanmoins, lorsqu'on tient compte du cotexte de tres pres, une lecture « non-rtelle » s'impose. 36 le locuteur suggere que si tu n 'acceptespas est normalement une cause pour 1'inverse de la principaley'e resterai id. Autrement dit, le rapport de condition a consequence—selon I'interlocuteur et ses croyances—est sije n'acceptespas, Une resterapas. Parfois cette opposition q/-q est moins claire. La consequence sous-entendue ~ q n'est pas toujours simplement une negation de q; dans: 71. Venez, meme si ce n' est que pour un petit moment; Bvr Manda : 13 sip etait simplement une condition qui dans le monde de I'interlocuteur bloque normalement q. Un locuteur qui enonce (71) indique que le rapport condition/consequence selon I'interlocuteur est plutot: 72. Si ce n 'est que pour un petit moment, inutile de venir (ou a la rigueurye ne viendraipas) Le rapport est moins direct32 car ~q n'est pas ne venezpas. Une phrase comme (73), dont la proposition principale est une interrogation, montre aussi la presence de sip, ~q sous-entendu, mais le rapport« attendu » de I'interlocuteur serait ce qu'on voit dans Pexemple (74) 73. Meme sije reussis a neutraliser leur passe, quel avenir ai-je a leur offrir? Bvr Manda* :30 74. Sije reussis a neutraliser leur passe, j 'ai un avenir a leur offrir Autrement dit, selon I'interlocuteur, si le locuteur reussit a neutraliser leur passe, il aura bien un avenir a leur offrir. Nous avons trouve des exemples tels que 75. Ecoutez, meme si vous aviez etejusqu'au bout, je vous assure que c' etait peu de chose. Am Clera* :149 Le rapport p/~q est entre si vous aviez etejusqu 'au bout et c 'etait peu de chose plutot qu'entre si vous aviez ete... etje vous assure. Je vous assure peut du reste etre supprime ou extrapose vers la fin de la phrase sans que la signification ne change, comme tous les verbes declaratifs. 32Dans l'appendice, nous avons indiqud ce phenomene par un asterisque (*). 37 Les phrases en meme si a valeur reelle montrent aussi la structure sous-entendue sip, ~q, mais le rapport entre les deux propositions est plutot associatif ou implicatif—autrement dit indirect—et non pas conditionnel a proprement parler, dans plus de la moitie des exemples (14 des 24 exemples). Dans (76): 76. Mais la femme, meme si elle devait savoir qu'elle n'etait plus belle, l'oublia en cet instant. Par une certaine partie de nous-memes, nous vivons tous au-dela du temps. L 'Immortalite : 14 le lien est simplement une implication directe et non pas conditionnelle—devoir savoir lefait de neplus etre belle —>nepas agir de cette maniere—et illustre F« affaiblissement du sens conditionnel» dont parle Eriksson. La majorite des phrases en meme si a valeur reelle peuvent subir la suppression de meme; toutefois, comme le suggere Eriksson, on doit souvent ajouter neanmoins ou cependant (77-80): 77. Comme il ne se trouvera jamais en contradiction avec le parlement de la verite, le pouvoir des imagologues vivra toujours dans le vrai, et meme si je sais que toute chose humaine est perissable, je saurais imaginer quelle force pourrait briser ce pouvoir. L'Immortalite :142 78. Sije sais que toute chose humaine est perissable, je saurais (neanmoins) imaginer quelle force pourrait briser ce pouvoir. 79. Mais peut-on dire que de ces mythes, le Fournier soit veritablement absent? Meme s'il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'ou proviennent la plupart des mythes ou il figure, on le rencontre partout en Amerique du Sud et au-dela. Potiere :77 80. S'il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'ou proviennent la plupart des mythes ou il figure, on le rencontre neanmoins partout en Amerique du Sudet au-dela. Les phrases a valeur reelle qui acceptent mal la suppression de meme sont celles dont la subordonnee est postposee (81). Ce qui en resulte, c'est une interpretation de condition (82): 81. Le mythe des Chevres des montagnes nous retiendra par un dernier aspect. II a pour fonction ostensible d'expliquer Forigine des rites dont depend le succes du chasseur. Le mythe suppose done une theorie du rituel, meme s'il laisse celle-ci a l'etat implicite. Peut-on la formuler? Lynx : 113 38 82. Le mythe suppose done une theorie du rituel, s 'il laisse celle-ci a I 'etat implicite. Cependant, si on inverse l'ordre des propositions pour que la phrase ressemble a la structure canonique de si concessif et que Ton ajoute neanmoins, le sens concessif est restitue. En (83), le pronom celle-ci devient cataphorique, alors qu'il etait anaphorique en (82): 83. iS"/7 laisse celle-ci a I'etat implicite, le mythe suppose (neanmoins) une theorie du rituel. II y a pourtant une perte de signification: il ne s'agit en effet plus de la « prevision contrariee » (Lycan: 116). Par contre, la suppression de meme dans les cas ou la valeur est non-reelle n'est pas possible. La suppression en (84) aboutit a suggerer un rapport de cause a efFet (85): 84. Ton manuscrit est deja tres epais, tu arriveras bientot a la fin de ton livre, je suppose. Apres, il faudra le taper a la machine. Tu avais pris des cours de dactylographie a l'ecole de commerce, et meme si tu as un peu oublie, faute de pratique, tu t'y remettras facilement. Preuve :291 85. ...si tu as unpeu oublie...tu t 'y mettras facilement Ce rapport est indeniable si on utilise un test de rection: 86. ?c 'est si tu as unpeu oublie que tut'y mettras facilement La lecture de « condition necessaire », qui est selon Ducrot Interpretation par defaut (1973: 66), reapparait. Or (86) est en complete contradiction avec la phrase originale, ou oublier un peu fait obstacle a se remettre facilement. La paraphrase de Lycan («tout X que vous prevoiriez, plus Y ») est normalement possible avec les phrases en meme si a valeur non-reelle (25 des 28 exemples) quand l'implication sip, non-q est fortement sentie. (87) et (88) se glosent respectivement par (89) et (90): 87. Apres, il faudra le taper a la machine. Tu avais pris des cours de dactylographie a l'ecole de commerce, et meme si tu as un peu oublie, faute de pratique, tu t'y remettras facilement. Preuve :291 88. Mais il ne peut mettre fin a son immortalite. Une fois qu'elle vous a pris a bord, vous ne pouvez plus jamais redescendre, et meme si vous vous brulez la cervelle, 39 comme moi, vous restez a bord avec votre suicide, et c'est Phorreur, Johann, c'est l'horreur. L'Immortalite :104 89. Tut'y mettras dans toutes les circonstances que tupourrais imaginer dans cette situation, plus celles dans lesquelles tu as unpeu oublie 90. Vous restez a bord avec votre suicide dans toutes les circonstance que vous pourriez imaginer dans cette situation, plus celles dans lesquelles vous vous brulez la cervelle meme si les paraphrases ne semblent pas parfaitement naturelles. Nous avons toutefois trouve 3 exemples—toujours a valeur non-reelle—qui ne semblaient pas du tout accepter cette paraphrase (qui deja n'est pas tres naturelle): 91. Par consequent, meme s'il est possible de faconner l'immortalite, de la modeler a l'avance, de la manipuler, elle ne se realisera jamais telle qu'elle a ete planifiee. Le chapeau de Beethoven est devenu immortel. A cet egard, le plan a reussi. Mais le sens que prendrait l'immortel chapeau, nul ne pouvait le prevoir. L'Immortalite :102 92. lElle ne se realisera jamais telle qu 'elle a ete planifiee dans toutes les circonstances que vouspouvez imaginer dans cette situaiton, plus celles dans lesquelles il est possible de lafagonner, de la modeler a l'avance, de la manipuler 93. Meme s'il a des ennuis physiques, il n'en parle jamais, non par modestie mais plutot par un vaniteux desir d'elegance, parce qu'une maladie n'est qu'une imperfection dont il a honte. L 'Immortalite : 120 94. Ill ne parle jamais des ennuis physiques dans toutes les circonstances que vous pourriez imaginer dans cette situation, plus celles dans lesquelles il en a 95. Meme si ce scheme deja forme n'avait pas rencontre le Paresseux dans les forets de l'Amerique tropicale et n'avait accueilli la chance ainsi offerte de passer de l'abstrait au figuratif, il eut emprunte d'autres images ou bien il s'en serait passe. Potiere :209 96. ?Ce scheme eut emprunte d'autres images ou bien il s'en serait passe dans toutes les circonstance que vous pourriez imaginer dans cette situation, plus celles dans lesquelles ce scheme deja forme n 'avaitpas rencontre le Paresseux dans les forets de l'Amerique tropicale et n 'avait accueilli la chance ainsi offerte de passer de I 'abstrait au figuratif 40 (91) est particulierement choquant, car la circonstance defagonner (etc.) I'immortalite est necessaire a la realisation, alors que la paraphrase (92) suggere le contraire. (95-96) sont peut-etre possibles a la rigueur. La paraphrase de Lycan est egalement peu naturelle quand on essaie de l'imposer aux exemples a valeur reelle. La majorite des phrases I'acceptent, mais une au moins semble impossible: 97. Mais peut-on dire que de ces mythes, le Fournier soit veritablement absent? meme s'il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'ou proviennent la plupart des mythes ou il figure, on le rencontre partout en Amerique du Sud et au-dela. Potiere :77 98. lOrt rencontre le Fournier partout en Amerique du Sud et au-dela dans toutes les circonstances que vouspourriez imaginer dans cette situation, plus eel les dans lesquelles il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'oii proviennent la plupart des mythes ou il figure Nos resultats ne refletent pas parfaitement les donnees d'Eriksson quant a la position des subordonnees en meme si: Tableau V: Position de la proposition subordonnee dans meme si concessif meme si (corpus UBC + ARTFL) si non concessif Postposition Anteposition TOTAL valeur reelle 50% (12) 50% (12) 100% (24) valeur non-reelle 39% (25) 61% (39) 100% (64) valeur reelle + non-reelle 42% (37) 58% (51) 100% (88) — 28.8% (158) 71.2% (391) 100% (549) 41 Selon Eriksson, la subordonnee de 14 des 18 (77.8%) exemples dans un texte, et 19 des 31 (61.3%) exemples dans un autre a valeur reelle etaient postposes. Pour nous ce chiffre n'a atteint que 50% (valeur reelle), et 39% (valeur non-reelle). Cependant, il faut noter que compare a si concessif (3%) et non concessif (28.8%), les subordonnees en meme si ont quand meme une plus forte tendance a la postposition, ce qui est peut-etre la constation la plus importante. Tableau VI: Distribution des temps dans les propositions p et q dans meme sip, q et si non concessif meme si concessif si non concessif present imparfait passe compose plus-que-parfait passe simple pas de verbe conditionnel simple inflnitif futur simple imperatif conditionnel passe subj. plus-que-parfait subj. imparfait TOTAL P 61% (59) 20.5% (18) 4.5% (4) 6.8% (6) 1.1% (1) — — — — — — — -100% (88) ? 53.4% (47) 12.5% (11) 3.4% (3) 1.1% (1) 1.1% (1) 5.7% (5) 11.4% (10) 3.4% (3) 4.5% (4) 2.3% (2) 1.1% (1) — -100% (88) P 60.8% (334) 22.6% (124) 3.8% (21) 10.2% (56) .5% (3) .4% (2) — 1.2% (6) — — — .5% (3) -100% (549) <J 41.2% (226) 5.8% (34) .8% (4) — .7% (4) 9.3% (51) 17.2% (94) 1.1% (6) 13.3% (73) 2.6% (14) 7.4% (40) .4% (2) .2%(1) 100% (549) sujet deictique 2.3% (2/88) 2.3% (2/88) 4.6% (25/549) 7.8% (43/549) Le tableau VI montre qu'il y a bien plus de ressemblances entre les phrases en meme si concessif et si non concessif qu'entre si concessif et si non concessif. Cependant, il y a des differences, la plus frappante etant liee a la preponderance du present dans la proposition q; ce phenomene s'explique encore une fois par le fait que l'acte d'argumentation appartient au moment de parole du locuteur. 42 Une analyse des combinaisons que nous avons trouvees dans les phrases en meme si concessifs ne donne pas autant d'observations que le tableau IV (cf. supra): Tableau VH: Distribution des combinaisons de temps dans meme si concessif ' meme si concessif I corpus UBC + ARTFL present present imparfait imparfait present passe compose plus-que-parfait plus-que-parfait imparfait passe simple passe simple passe compose present conditionnel simple present imparfait infinitif plus-que-parfait imparfait present imperatif present imparfait present infinitif passe compose futur simple plus-que-parfait conditionnel simple present futur simple imparfait conditionnel simple plus-que-parfait conditionnel passe imparfait present TOTAL valeur reelle 58.3% (14) 12.5% (3) 8.3% (2) 4.2% (1) 4.2% (1) 4.2% (1) 4.2% (1) 4.2% (1) — — — — — — -— — — -100% (24) valeur non reelle 50% (32) 7.8% (5) — — — — — 6.3% (4) 1.6% (1) 3.1% (2) 3.1% (2) 1.6% (1) 3.1% (2) 1.6% (1) 3.1% (2) 4.7% (3) 7.3% (7) 1.6% (1) 1.6% (1) 100% (64) Ce qui ressort le plus est que la combinaison present/present represente 58.3% des phrases a valeur reelle, et 50% des phrases a valeur non-reelle; compares a la proportion de 36% de cette combinaison pour les si non concessifs, ces deux chiffres sont tres eleves. La difference entre les structures concessives et non concessives s'explique encore une fois par le fait qu'une structure concessive sera plus souvent liee au moment de parole du locuteur. 43 Lapierre etudie la proportion des temps verbaux dans le francais moderne, a partir de 25890 occurrences verbales dans le dictionnaire de frequences de Juilland33. Le corpus de Juilland rassemble des pieces de theatre, des romans, des essais, des nouvelles, des journaux, et de la litterature scientifique, qui couvrent une periode de 1920 a 1940. II nous a semble fructueux d'utiliser ses resultats comme norme, et de les comparer aux notres. Le tableau VIII reunit les donnees de Lapierre: Tableau VIII: Distribution des temps simples selon Lapierre present 56.7% (14644) imparfait 20% (5159) futur simple 5.7% (1468) passe simple 10.7% (2760) conditionnel present 3.7% (969) subjonctif present 2.7% (696) subjonctif imparfait .75% (194) TOTAL 100% (25890) Cependant, comme le montre le tableau VIII, les donnees de Lapierre comprennent seulement les temps simples34. Done, nous avons modifie nos donnees pour ecarter les temps composes; de plus, nous avons seulement considere les temps de l'indicatif—present, imparfait, futur simple, passe simple, et conditionnel present: nous avons trouve des exemples qui contiennent 1'imparfait du subjonctif, mais pas le present; il nous semble done preferable de ne considerer que l'indicatif. Puisque les donnees de Lapierre ne tiennent pas compte de Fenvironnement des occurrences, nous avons compare ses donnees a: 1) la frequence que nous avons trouve des cinq temps dans les propositions/? et q prises separement (tableau IX), et 2) une valeur confondue de ces memes frequences (cf. tableau X, infra). 33Juilland, A., D. Brodin, et C. Davidovitch. 1970. Dictionary of French Words. La Haye: Mouton. 34Lapierre signale qu'il s'agit d'une lacune du dictionnaire de Juilland. 44 Tableau IX: Comparaison des frequences dans/? et q CORPUS Lapierre present 58.6% (14644) imparfait 20.6% (5159) futur simple 5.9% (1468) passe simple 11% (2760) conditionnel present 3.9% (969) TOTAL 100% (25000) UBC (si concessif) UBC + ARTFL (meme si concessif a valeur reelle) UBC + ARTFL (meme si concessif a valeur non-reelle) UBC + ARTFL (meme si concessif a valeur reelle + non-reelle) P 66.7% (16) 78.3% (18) 76% (41) 75.6% (59) q 63.6% (21) 73.7% (14) 61.1% (33) 64.4% (47) P 16.7% (4) 17.4% (4) 25.5% (14) 23.1% (18) q 21.2% (7) 15.8% (3) 14.9% (8) 15.1% (11) P — — q 6.1% (2) 7.4% (4) 5.5% (4) P 16.7% (4) 4.3% (1) 1.3% (1) q 6.1% (2) 5.3% (1) 1.4% (1) P — — q 3% 5.3% (1) 16.7% (9) 13.7% (10) TOTAL p q 100% (24) 100% (23) 100% (55) 100% (78) 100% ( 3 3 ) 100% (19) 100% (54) 100% (73) Trois observations nous semblent pertinentes, mais il faut avouer qu'elles sont basees sur trop peu d'occurrences pour tirer des conclusions concretes. Premierement, le nombre de verbes au present est plus eleve dans les propositions/? et q des deux structures concessives—si (p: 66.7% et q. 63.6%) et meme si (valeur reelle/?: 78.3% et q: 73.7%; valeur non-reelle/>: 76% et q: 61.1%)—que dans la norme. La proportion est particulierement elevee dans la proposition principale/? des phrases eri meme si a valeur reelle. Ce phenomene s'explique par le fait que conceder quelque chose est un precede qui est avant tout interactionnel (cf. Moeschler & de Spengler, supra :2) et actif, qui serait done lie en particulier au moment du locuteur, e'est-a-dire le present; les phrases a valeur reelle auront d'autant plus ce caractere «locutoire ». Deuxiemement, les verbes au passe simple dans la subordonnee de la structure concessive sip, q sont plus nombreux que dans la norme de Lapierre. Ce fait peut s'expliquer par la tendance du preterit de decrire « des evenements entiers, integraux, determines » (Curat: 176). Selon Curat, le point de reference du preterit est le debut de Taction decrite par le verbe, et la fin est toujours avant le moment du locuteur; cette relation s'illustre ainsi sur la ligne du temps: C=R F L (Curat: 174) Cette image de Tevenement convient tres bien a accomplir Tacte de la concession, car en mettant le point de repere au debut de Taction dans/?, on accepte sans question le contenu de p. Par contre, la formule F < L indique que malgre le fait que Taction soit consideree, elle n'est pas en realite pertinente. Revenons au tableau LX avant de passer a notre derniere observation. Le nombre de preterits dans les structures en meme si est reduit, mais il faut noter que les deux formes apparaissent seulement dans une structure a valeur reelle, ce qui va de paire avec Temploi du passe simple que nous venons d'esquisser. 46 Troisiemement, il y a trois fois et demie plus de verbes au conditionnel dans les phrases en meme si concessif que dans la norme. Ce chiffre est curieux, parce que si une argumentation est avant tout lie au moment du locuteur, on s'attendrait a ne pas trouver autant occurrences du conditionnel, temps qui exprime le mpnde hypothetique. Cependant, la disproportion s'explique par deux faits. D'une part, 9 des 10 exemples qui component une forme conditionnelle sont a valeur non-reelle. Dans ce genre d'exemple, c'est la possibility d'un rapport de condition/consequence auquel tient l'interlocuteur qui est concedee par le locuteur; autrement dit, c'est le rapport sip, ~qfe l'interlocuteur, qui est concede et qui appartient au monde hypothetique (cf. la section sur la concession supra :2). L'apparition du conditionnel n'est done pas surprenante dans les phrases a valeur non-reelle. D'autre part, (99) est le seul exemple a valeur reelle qui contienne un verbe au conditionnel, mais dans ce cas le verbe illustre en realite un emploi plutot stylistique du conditionnel: 99. ...et meme si je sais que toute chose humaine est perissable, je saurais imaginer quelle force pourrait briser ce pouvoir. L 'Immortalite : 142 Le tableau X rassemble les valeurs confondues du tableau IX. Tableau X: Comparaison des frequences des temps (valeur confondue) Lapierre UBC + ARTFL (si concessif) UBC + ARTFL (meme si concessif) present 58.6% (14644) 65% (37) 70.2% (106) imparfait 20.6% (5159) 19.3% 01) 19.2% (29) futur simple 5.9% (1468) 3.5% (2) 2.6% (4) passe simple 11% (2760) 10.5% (6) 1.3% (2) conditionnel present 3.9% (969) 1.8% 0) 6.6% (10) TOTAL 100% (25000) 100% (57) 100% (151) La premiere colonne montre la tendance des structures concessives a se situer dans le present, qui est le moment du locuteur. Par contre, la tendance du futur et du conditionnel de decrire 47 le monde possible se prete mal a la nature concrete de la concession (nous avons deja tenu compte du chiffre eleve dans les phrases en meme si concessif; cf. supra :47). 48 Chapitre trois: Resum£ des resultats et conclusions Faisons tout de suite un sort a la paraphrase de Lycan. Sa theorie dit que meme n'est pas simplement le marqueur d'une quantification universelle glose par «tout X...y compris Y... ». Rappelons l'exemple de Lycan que cette interpretation rend faux: 100. Meme Bluto est reste a la maison La glose par la quantification universelle donnerait (101): 101. Tout le monde est reste a la maison, y compris Bluto Cependant, si Gonzo reussit apres tout a aller a la soiree, (101) est fausse selon Lycan. Sa solution est de dire que meme est bien universel, mais seulement dans le cadre limite de ce a quoi on s 'attendrait. Done, (100) est proprement glose par (102): 102. Tout le monde que vouspourriez imaginer dans cette situation est reste a la maison, plus Bluto L'arrivee de Gonzo a la soiree ne falsifie plus (100), car sa presence n'etait pas non plus attendue. Cette idee de limiter la classe de reference de meme a ce qu 'onpourrait imaginer ou ce a quoi on s 'attendrait n'est pas en soi genante, mais si on applique sa paraphrase aux phrases en meme si, on trouve—a notre avis—qu'elle est souvent superflue. Par exemple, nous voyons mal comment (104) aide a expliquer (103): 103. Elle ne peut repondre cela en sa presence, ni lui devant elle, meme s'il est probable que lui aussi aimerait vivre son autre vie differemment, et, par consequent, sans Agnes. L 'Immortalite :58 104. Ill ne peut pas repondre cela en sa presence dans toutes les circonstances que vouspourriez imaginer dans cette situation, plus celles dans lesquelles il est probable que lui aussi aimerait vivre son autre vie differemment De plus, le fait que ces paraphrases sont souvent peu naturelles et qu'il y a des exceptions qui n'acceptent pas cette glose nous mene a dire qu'elle est d'un interet douteux. 35Nous avons modify la phrase pour donner une structure plus analysable. 49 L' etude du mecanisme de la concession a donne des resultats beaucoup plus interessants. Voici une comparaison des nombres de valeurs reelles et non-reelles dans les propositions subordonnees en meme si: Tableau XI: Valeurs reelle et non-reelle de meme si reelle non-reelle TOTAL corpus UBC + ARTFL 27.3% (24) 72.7% (64) 100% (88) Les donnees montrent la possibilite d'utiliser meme si dans une proposition qui contient un fait reel, comme l'indique Eriksson. Nous avons aussi compare la proportion dans notre corpus de meme si et si concessifs a valeur reelle avec celle que donne Eriksson. Ses chifrres, adaptes pour les besoins de la comparaison, sont: Tableau XII: Comparaison des structures a valeur reelle—si et meme si SOURCE Texte anglais Texte suedois Texte francais I Texte francais II Corpus combine de Eriksson Corpus UBC + ARTFL meme si 80% (16) 100% (14) 100% (31) 42.9% (18) 73.8% (79) 40.7% (24) si concessif 20% (4) — — 57.1% (24) 26.2% (28) 59.3% (35) TOTAL 100% (20) 100% (14) 100% (31) 100% (42) 100% (107) 100% (59) Le tableau XII montre clairement une disparite parmi les donnees d'Eriksson. Cependant, Eriksson fait deux remarques au sujet de son corpus. Premierement, il note que la proportion pour le texte francais I—un texte litteraire (cf. la reference bibliographique supra :13)—est probablement« au-dessus de la moyenne en ce qui concerne les textes litteraires » (Eriksson: 76). Deuxiemement, il remarque que la langue scientifique se sert tres souvent de 50 si pour exprimer un fait. A notre avis, les textes de notre corpus principal (UBC) ressemblent plus au texte francais II d'Eriksson, car la majorite des occurrences a valeur reelle viennent des textes de Levi-Strauss (26 des 51) et de Kundera (23 des 51), qui ont tous les quatre un ton « argumentatif» ou « pedagogique », surtout Levi-Strauss. Done, nous pouvons dire que nos donnees statistiques pour le nombre de structures a valeur reelle refletent les donnees d'Eriksson. L'opposition entre si et meme si concessifs semble etre cernee surtout par la paraphrase certesp, mais q (Nguyen) et par 1'idee que meme sip sous-entend une conclusion qui est le contraire de celle qui est enoncee, ~ q (Martin, Moeschler et de Spengler, Ducrot). Nous avons utilise ces structures pour isoler les si concessifs, et les meme si a valeur reelle. Nous avons done pu faire deux observations generates au niveau descriptif. 1) Certaines phrases portent meme obligatoirement {Meme si Jacques est la, je vais partir). Ce sont les phrases ou le rapport principal, qui en est un de cause a efFet, est d'une certaine facon bloque, et ou la conjonction (meme) si porte sur un fait non-reel. Ce qui est interessant, e'est que le rapport de cause a efFet est plus net dans la structure sous-entendue, sip, ~q. De plus, les phrases qui acceptent certesp, mais q, mais dont la proposition subordonnee est en postposition, exigent meme, dont la suppression entrainerait toujours une interpretation causale. 2) Meme est facultatif quand une phrase qui presente la structure de la concession logique: p MC q CAUSE y/~, u S (Q) non-q accepte en outre la paraphrase de Nguyen, e'est-a-dire quand la subordonnee a une valeur reelle. Dans ces cas le rapport de cause a efFet est moins nettement senti. Cependant, nous pouvons envisager des exemples en meme si a valeur non-reelle qui 51 pourraient se trouver sans meme. Mais a la difference du si concessit", qui a toujours une valeur reelle, la phrase r&ultante porterait obligatoirement un autre indice de la concession; (106) semble peu naturel et serait plus acceptable si au lieu de neanmoins on utilisait quandmeme*6 (107): 105. Mais meme si tu n'acceptes pas, je resterai ici, dit-il en retrouvant le ton determine des plus beaux jours. Abll HeuPa :313 106. ?Si tu n 'acceptespas, je resterai neanmoins 107. Si tu n 'acceptes pas, je resterai quandmeme Pour cette raison, nous voyons une parente entre les phrases concessives en meme si a valeur reelle et les phrases concessives qui ont la structure sip, q. L'addition de meme aux phrases conditionnelles ne change pas leur valeur a proprement parler. Le rapport condition/consequence est bien la, mais il est axe sur l'opposition de deux conclusions opposees qz\~q, liees toutes les deux a la meme condition p; la deuxieme conclusion, ~q, est sous-entendue et le rapport sip, ~q appartient aux croyances de Pinterlocuteur. Le locuteur signale le fait qu'il impose son propre rapport sip, q au moyen du morpheme meme. Autrement dit, le locuteur presuppose et« concede »le rapport sip, ~q auquel tient l'interlocuteur. Pour ce qui est des si concessifs, il s'agit surtout de la supposition d'un fait incontestable dans/? au moyen de si—done d'une presupposition; ce fait est« concede ». La supposition du fait sert comme cadre a 1'argumentation suivante qui est opposee a ce fait, et cet acte l'annule, pour communiquer le resultat que/? n'est plus pertinent. Nous envisageons des possibilites d'etudes ulterieures: 1) un corpus beaucoup plus vaste permettrait des conclusions plus sures, car 1000 pages de textes ont fourni 584 occurrences de si circonstanciels, dont nous n'avons extrait que 35 exemples de si concessifs (42 si on compte les exemples de la structure si...c 'estparce que...), et 44 exemples de meme si concessifs; nous avons pu remarquer certaines tendances, mais il faudrait plus d'exemples 36Le rapport entre quandmeme et mime si d£passe la portee de cette £tude. 52 pour determiner la portee exacte de ces tendances; 2) une comparaison detaillee de toutes les combinaisons verbales possibles dans les deux structures concessives sip, q et meme sip, q, et dans les structures non concessives en sip, q foumirait sans doute des donnees importantes a ce domaine d'etude, car nous avons limite notre comparaison a 4 combinaisons dans les si non concessifs, a savoir present/present, imparfait/imparfait, passe compose/present, et plus-que-parfait/imparfait. 53 Bibliographie principale Blanche-Benveniste, Claire, et alii. 1990. 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Histoire de lynx. Paris: Plon. —. 1985. Lapotierejalouse. Paris: Plon. Kristoff, Agota. 1991. Le grand cahier. Lapreuve. Le troisieme mensonge. Paris: Seuil. Kundera, Milan. 1991. L'immortalite. Paris: Galimard. Oeuvres incompletes de ARTFL (Sondage de 1940-1993, qui a fourni 1943-1957; 13/116 textes utilises) Abellio R. Heureux les Pacifiques 1946. Paris, le Portulan, 1947. [HeuPa] Audiberti J. Theatre, T. 1 1948 Paris, Gallimard, 1948. [Theal] AymeM. Clerambard 1950. Paris, Grasset, 1950. [Clera] Ambriere F. Les Grandes Vacances 1946. Paris, Ed. de la Nouvelle France, 1946. [GrVac] Anouilh J. La Repetition ou L 'Amour Puni 1950. Ed. G. Lerminier. Paris, Larousse, 1957. [RepAP] Anouilh J. Antigone 1946. In Nouvelles Pieces Noires. Paris, la Table Ronde, 1946. [Antig] Bachelard G. La Poetique de L 'Espace 1957. Paris, P. U. F., 1961. [PoEsp] Benda J. La France Byzantine 1945. Paris, Gallimard, 1945. [FrByz] Bemanos G. Monsieur Ouine 1943. In Oeuvres Romanesques, Ed. A. Beguin. Paris, Gallimard, 1961. [MOuin] Bemanos G Dialogues des Carmelites 1948. In Oeuvres Romanesques, Ed. A. Beguin. Paris, Gallimard, 1961. [DiCar] BoscoH. LeMas Theotime 1945. Paris, Chariot, 1946. [MaThe] Bataille G. L 'Experience Interieure 1943. Paris, Gallimard, 1943. [Exlnt] Beauvoir S. He Les Mandarins 1954. Paris, Gallimard, 1954. [MandaJ 37Le corpus des oeuvres completes contient des exemples de si ainsi que de mime si; le corpus des oeuvres incompletes ne contient que des exemples de mime si. 58 Explication de l'usage de l'appendice I: EXEMPLE 1 A / P 2 R e g i 3 tmp P 4 tmp q 5 N g u y e n 6 M & S I 7 M & S II 8 + m e m e 9 +cep enda nt/ne anmo ins 1. Anteposition ou postposition de la subordonnee 2. Rection de la subordonnee a la principale: + / -3. Temps du veibe dans la proposition subordonne^/?: CS=conditionnel (simple), CP=conditionnel passe, FS=futur (simple), FA=futur anterieur, IMP=imparfait, INF=infinitif, IT=imperatif, PC=passe compose, PP=plus-que-parfait, PR=present, PS=passe simple, Q=question, SC2=plus-que-parfait du subjonctif, SI=imparfait du subjonctif, *=ce. 4. Temps du verbe dans la proposition principale q: (cf. supra) 5. Possibility de la paraphrase de Nguyen certesp, mais q:+1 -6. Presence de la concession argumentative (Moeschler et de Spengler), par exemple s 'il est intelligent, il est brouillon (cf. :3): + / -7. Presence de la concession logique (Moeschler et de Spengler, Martin, Ducrot), par exemple bien que la riviere Jut en crue, le pont ne s 'est pas effondre (cf. :4): + / -8. Possibility de l'addition de meme: +1 -9. Possibility de l'addition de cependant/neanmoins: +/-ON O Explication de 1' usage des appendices II et m: 1 2 3 4 5 7 10 11 1-5, et 7 sont expliques supra 10. Possibility de la suppression de meme: +/-11. Presence de la paraphrase de Lycan, tout X qu 'on prevoirait, plus Y:+/-12. Proposition subordonnee portant sur un fait reel: + / -12 EXEMPLE A / P R e g l t m P P t m P o N g u ye n M & S II -m e m e Lycan (tout X qu'on prevoirait plusY) Eriks son (fait reel) Appendice I 35 si concessifs (corpus UBC) EXEMPLE A/ P R 6 g i tmp P tmp q Ng u y e n M &S I M &S II +m em e +cepe ndant / nean moins Notre siecle d'optimisme et de massacres est parvenu a transformer cette horrible formule en une joyeuse chansonnette. Peut-etre direz-vous que S'il est horrible, parfois, de lutter contre quelqu'un, lutter pour quelque chose est noble et beau. L 'Immortality 91 Bernard n'avait pas la moindre envie de faire l'amour. Mais S'il avait ose- refuser la discussion, il ne savait pas refuser l'appel Pratique. En quoi il ressemblait, d'ailleurs, a tous les hommes de tous les temps. L 'Immortality 90 Velasquez, Vermeer, Rembrandt n'ont-ils pas 6t6 marchands de tableaux, eux aussi? Rubens le sait, bien sur. Mais S'il est pret a se comparer au Rimbaud marchand d'esclaves, il ne se comparera jamais aux grands peintres marchands de tableaux. Jamais Rubens ne doutera de la totale inutility de son travail. L 'Immortality 169 elle se%% tint debout entre eux deux, les paumes sur les seins et se regarda, fascinee. Rubens constata que SIM et lui ne regardaient qu'elle (son visage, ses mains couvrant sa poitrine), elle ne les voyait pas, regardant comme hypnotisee sa propre image. L 'Immortality 176 Elle arrondit tous les angles. SI Lynx (ici nomm6 Chat-Sauvage), vieillard hideux et couvert de plaies, a engross^ la fille du chef avec sa salive, c'est involontairement et par megarde. Lynx 33 Tout cela est vrai; mais SI les Tupi n'ont fait une place / au dualisme ni dans leur organisation sociale, ni dans leur pantheon, le dualisme ordonne cependant leur mythologie. Je 1'ai montre* dans le chapitre IV et a la fin du chapitre V (supra: 88-92). Lynx 316 Le jogging aurait du fournir au president l'occasion de montrer son &ernelle jeunesse. On avait invite les cameramen a cette fin, et ce n'est pas leur faute S'ils durent nous faire voir, a la place d'un athlete d&ordant de santg, un homme vieillissant et qui avait la guigne. L 'Immortality 30 A A A A A A P " PR PP PR IMP PC PR PS PR IMP FS IMP PR* PR PR* + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + Apres son divorce, Laura passait dans le manage d' Agnes tous ses moments de liberty. Elle s'occupait de Brigitte comme de sa propre fille, et SI die avait achet6 un piano a sa soeur c'etait pour que sa niece apprenne a en jouer.. L 'Immortality 60 Car le tresor de l'amour et le tresor%% du lit apparaissaient comme deux choses incompatibles. SI les ecrivains du XIXe siecle aimaient conclure leurs romans par des manages, ce n'etait pas pour proteger l'histoire d'amour d'un ennui matrimonial. L 'Immortality 118 J'y montrais que SI, chez les Bororo, les moities sont liees par tout un reseau de droits et d'obligations reciproques, elles se trouvent neanmoins en desequilibre dynamique Tune par rapport a l'autre. Je soulignais aussi que les moities sud-ameiicaines ne sont «en rien comparables aux systemes australiens puisque dans le premier cas jamais plus d'une paire de moities ne joue le role de classes matrimomales »(p. 268). Lynx 314 11 se trouvera ainsi dans la situation classique du lyceen interroge au tableau, et aura recours a un vieux true: feignant de repondre a la question, il ressortira en reality les phrases preparers chez lui pour remission. Mais SI ce true a pu autrefois abuser le professeur, il n'abusera pas Bernstein qui le houspillera sans pitil: «Vous n'avez pas repondu a ma question! » L 'Immortality 66 En Amerique meme il fleurit chez les Eskimo de pair avec le mythe sur l'inceste des germains. SI, chez les Salish, ce dernier mythe semble eclipse' par l'autre, il est present tout de meme, mais sous une forme particuliere qu'il convient d'examiner. Lynx 215 Un parallelisme plus net encore apparait entre le vieillard vetu d'une tunique et couvert de suie d'une part, et d'autre part le vieillard dont le heros revet la peau sanieuse pour dissimuler son apparence-dissimulation que le vainqueur du vent pratique aussi en se faisant passer pour un mis£reux. On peut done dire que, SI la version shuswap n'inverse pas completement les autres versions relevant de la meme sene mythique, elle prdsente a tout le moins une courbure qui inflechit cette serie jusqu'a la faire presque comcider avec l'autre. / Lynx 238 11 va sans dire que, SI toute oeuvre d'art peut etre consideree / sous Tangle du document, la reciproque ne pourrait aucunement se soutenir. Regard 143 Les caracteres respectifs du monde naturel et du monde social se refletent mutuellement, car SI les groupes humains presentent des traits animaux, ces traits correspondent moins a des proprietes objectives qu'a des valeurs, pourrait-on dire, philosophiques et morales. Les Tukano classent les animaux d'apres le type d'habitat, le mode de locomotion, la couleur, l'odeur. Potiire 15 A A A A A A A A -PP IMP PR PC PR PR PR PR IMP * IMP * PR FS PR PR CS PR + + + + + + + • + -+ + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + Entre les deux Stages coulait le Lelhe\ le fleuve de la mort et de l'oubli. Rubens se dit alors que S'il avait fini par renoncer a la peinture, c'etait pour une raison plus profonde, peut-elre, que le simple manque de talent ou de perseverance: sur le cadran de la peinture europeenne, les aiguilles marquaient minuit. L 'Immortality 168 Ce n'est pas tout; car SI l'art de la poterie diminue a 1'extreme l'ecart entre la matiere et la forme, c'est en revanche un art aux resultats incertains et plein de risques qui retentissent sur le psychisme de celles (ou ceux) qui le pratiquent. Potiere 236 SI Paul, dans sa discussion avec Grizzly, s'est donne* l'air d'un brillant partisan de la frivolity, comment se fait-il qu'avec deux soeurs sur les genoux il ait &6 si peu frivole? L'Immortaliti 103 En conunentant ce mythe, Mme Casevitz-Renard a vu avec beaucoup de perspicacite' que «SI Lune s'est montrg bon epoux en dormant quatre enfants a sa femme, il a manque* de moderation en la faisant concevoir chaque annee [...] et non tous les trois ou quatre ans». Potiere 199 Envers Rameau, Chabanon eprouve des sentiments melanges, lis semblent avoir 6t6 en bons termes, mais SI Chabanon prononca l'eloge funebre de Rameau, ce fut avec des reserves qui se retrouvent dans Farticle «Sur la musique de l'Opera de Castor» et dans ses livres. En fait, il se tient distance de Rameau comme de Rousseau. Regard 98 Ainsi les / deux deluges qu'Ehrenreich et Melraux a sa suite proposaient de confondre en un seul, ont des natures bien distinctes : eau celeste reparatrice (mettant un terme au feu celeste destructeur) pour Tun; eau terrestre destructrice pour I'autre (supra : 66-67). Et SI le premier feu destructeur dont parle le mythe a une origine celeste, le second (bucher sur lequel meurt le demiurge) est d'origine terrestre. On peut done inscrire dans l'ordre de succession du recit:[...] Lynx 75 Pour lui, les sons affectent agreablement la sensibility comme les couleurs ou les odeurs. La comparaison ne tient pas, car S'il existe des couleurs et des odeurs dans la nature, il n'y a pas de sons musicaux: seulement des bruits. L'art des sons releve entierement de la culture. Regard 106 et que SI plusieurs versions du mythe prelendent expliquer pourquoi on ne pourra d£sormais ressusciter les morts (M554, M55S ; ibid. p. 115,119-121), il a fallu faire une place, dans le present livre, a un mythe thompson sur un inceste entre frere et soeur d'ou resulta ('impossibility de ressusciter les morts (supra : 218). Lynx 275 S/elle ne rendit pas la luthiste plus absente qu'elle ne l'elait, cette mort, pourtant, changea tout. L 'Immortality 190 A A A A A A A A A -PP PR PC PC PS PR PR PR PS IMP * PR* PRQ PC PS* PR PR PC PS + + + + + + + + + -+ + +* +* +* + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + Pourquoi te plains-tu que les nouvelles ressemblent aux cigarettes? dit Paul en riant. SI les cigarettes sont nocives, les nouvelles sont sans danger et te procurent un agreable divertissement avant une journee de labeur. L 'Immortality 71 Mais SI ces auteurs recouraient surtout a des faits provenant du Nord-Ouest am£ricain pour mettre en evidence le lien entre jumeaux et phinomenes m&eorologiques, ils se bomaient a consigner ces faits sans s'interroger sur les causes et la nature de leur liaison. Lynx 162 C'est peut-etre parce qu'elle le trahissait mentalement, tout en reconnaissant qu'il l'aimait, qu'un vague sentiment de justice 1'incita a lui venir en aide, a lui rendre espoir, a le d61ivrer de sa gene puerile. S'il ne trouvait pas le courage, c'&ait a elle de le trouver. L 'Immortaliti 22 SI, en presence de sa tres jeune epouse, Rubens est redevenu un athlete lyrique de 1'amour, cela ne veut pas dire qu'il avait renonce" une fois pour toutes aux jeux lubriques, mais qu'il voulait mettre la lubricity elle-meme au service de 1'amour. L 'Immortaliti 166 Cependant, le rapport existant, selon lui, entre l'oeuvre d'art et le document n'est pas parfaitement clair. S'\\ est evident que toute oeuvre d'art est un document, peut-on admettre, comme l'impliquerait une interpretation radicale de sa these, que tout document soit, par la meme, une oeuvre d'art? Regard 139 Aux yeux de Chabanon, l'opdra pose un double probleme. Le genre, absurde en droit, est un succes de fait. Et SI I'opera a marque des progres (au point, dit-il, que les ouvrages de son siecle ne permettent plus de revoir ceux d'avant), ce n'est pas grace au poeme, comme l'esp6rait La Bruyere: le grand / spectacle, settlement ebauche, n'est pas ni; la musique seule s'est perfectionnee. Regard 119 Lucas viendra demain. Je sais que c'est lui. Des la premiere sonnerie du telephone j'ai su que c'etait lui. Mon telephone ne sonne presque jamais. 57je l'ai fait installer, c'est pour Mere, en cas d'urgence, pour faire des commandes les jours ou je n'ai pas la force d'aller jusqu'au supermarche ou bien les jours ou l'etat de Mere ne me permet pas de sortir. Mensonge 416 Nous mangeons dans la cuisine en silence quand, brusquement, Mere dit: -Je ne regrette pas du tout d'avoir rue" ton pere. Si je connaissais la femme pour qui il voulait nous quitter, je la tuerais, elle aussi. SI j'ai bless^ Lucas, c'est de sa faute, tout est de sa faute k elle, pas la mienne. Mensonge 461 A A A A A A A A PR IMP IMP PC PR PC PC PC PR IMP IMP * PR* PRQ PR* PR* PR* + + + + + + + + + + + + + + + +* +* + + + + + + + + + + + + + + + + Puisque les animaux se derobent, il faut interroger les hommes. SZceux-ci penetrerent par la terre ferme qui joignait I'Asie et I'Amerique a l'emplacement actuel du detroit de Bering, rien n'oblige a croire qu'au cours des millenaires, les mouvements de population se sont toujours faits du Nord vers le Sud. Des mouvements en retour ont pu se produire comme ceux, bien attestes, de l'Amazonie aux Antilles et jusque dans la partie sud-est des Etats-Unis. Potiere 204 Elle brille dans le repos [...]. D'autre part, SI «le ton est a la couleur, comme le grave aigu est au clair-obscur», celui-ci existe independamment de la couleur (on peut representer une scene en noir et blanc), tandis «que les deux differences sont reunies dans le son, n'etant pas possible de faire des sons graves et aigus qui ne soient pas des tons». Regard 127 Un accord de deux sons a la tierce aurait signifie «du pain». Mais la musique ignore le dictionnaire. D'ou une consequence: SI la langue parlee peut exprimer la meme idee en changeant l'ordre des mots ou avec des mots differents, cela est impossible en musique. «Les tours et les mots ne sont que les signes conventionnels des choses: ces mots, ces tours, ayant des synonymes, des equivalents, se laissent remplacer par eux.» Regard 96 A A A PS PR PR PR PR PR* + + + +* + + + + + + + + Appendice II 24 mime si faits reels (corpus UBC + ARTFL) EXEMPLE A/ P Re g» tm P P tm P q N gu ye n M & S II . m e m e Lycan (every X you'd expect, plusY) Erikss on (fait reel) Pour Agnes, le corps n'&ait pas sexuel. 11 ne le devenait%% qu'en de rares moments, quand l'excitation projetait sur lui une lumiere irreelle, artificielle, qui le rendait beau et desirable. Voila pourquoi, M^ME SI presque personne ne s'en doutait, Agnes etait hantee par F amour physique et attached a lui, parce que sans lui la misere du corps n'aurait eu aucune issue de secours et tout aurait 6t6 perdu. L 'Immortaliti 121 Agnes ne fait done plus ce signe a personne? Non. MEME SI cela peut paraitre curieux, il me semble qu'il y a longtemps qu'elle ne le fait plus. Jadis, quand elle etait tres jeune, oui, elle le faisait. L 'Immortaliti 50 Comme si, par jeu, elle avait lance a son amant un ballon multicolore. Ce sourire et%% ce geste etaient pleins de charme, tandis que le visage et le corps n'en avaient plus. C'etait le channe d'un geste noy£ dans le non-charme du corps. Mais la femme, MiME SI elle devait savoir qu'elle n'etait plus belle, l'oublia en cet instant. Par une certaine partie de nous-memes, nous vivons tous au-dela du temps. L 'Immortaliti 14 Gardes armes devant la maison du chef, chevaux de selle ont une saveur europeenne. Et MEME SI le concept de stsuq appartient a la tradition indigene, nous avons vu qu'il a &e £largi pour inclure le papier et l'ecriture des Blancs. Dans le present mythe il fonctionne moins, pourrait-on dire, «a l'indienne » que comme un poncif abondamment represent^ dans le folklore de l'Ancien Monde. Lynx 233 Mais peut-on dire que de ces mythes, le Fournier soit veritablement absent? MfiMES'il habite principalement une vaste zone meridionale incluant le Chaco d'ou proviennent la plupart des mythes ou il figure, on le rencontre paitout en Amenque du Sud et au-dela. Le mythe cashinawa n'est qu'un exemple du caractere sacre qu'on attribue au Fournier dans 1'ensemble du Bresil. Potiere 77 A A A A A I M P P R I M P P R P R I M P P R P S P C P R + + + + + +* +* +* +* + + + + + + +? +? +? +? -? + + + + + MEME SI elle n'aspire qu'a la petite immortality, Laura veut la meme chose: se depasser elle-meme et depasser le moment malheureux qu'elle traverse, faire «quelque chose » pour rester dans la memoire de tous ceux qui Font connue. L 'Immortality 200 MEME S'ils se rangent du cdt6 de Bettina, Rilke et Rolland parlent de Goethe avec respect. L 'Immortality 229 Par consequent, MEME SI les Indo-Europeens se firent de la gemellus une conception archaique, proche de celle des Am^rindiens, ils l'ont progressivement ecartee. A la difference des Indiens et comme eut dit Dumezil, ils n'en ont« pas tir6 une explication du monde ». Lynx 307 Comme il ne se trouvera jamais en contradiction avec le parlement de la veiite\ le pouvoir des imagologues vivra toujours dans le vrai, et MEME Slje sais que toute chose humaine est perissable, je saurais imaginer quelle force pourrait briser ce pouvoir. L 'Immortaliti 142 Le mythe des Chevres des montagnes nous retiendra par un dernier aspect. 11 a pour fonction ostensible / d'expliquer l'origine des rites dont depend le succes du chasseur. Le mythe suppose done une theorie du rituel, MEMES'il laisse celle-ci a l'etat implicite. Peut-on la formuler ? Lynx 113 11 / n'est plus question de savoir ce que les mythes disent, mais de comprendre comment ils disent, MEME SI, saisis a ce niveau, ils disent de moins en moins. On attendra alors de Fanalyse structurale qu'elle eclaire le fonctionnement-a l'eteit pur, pourrait-on dire-d'un esprit qui, en emettant un discours vide et parce qu'il n'a rien d'autre a offrir, devoile et met a nu le mecamsme de ses operations. Lynx 255 Goethe I'afflige, MEME S'il ne nie pas sa grandeur: la prudence, tant esth&ique que politique, sied mal aux genies. Et Christiane? Ah, mieux vaut ne pas parler d'elle, c'est une « nullity d'esprit». L 'Immortality 228 Toute ma vie, j'ai 6t6 pret a suivre leur voix, MEME SI c'est une voix folle, alors que je suis tout sauf un fou. Mais pour qui n'est pas fou, rien n'est plus beau que de se laisser conduire dans l'inconnu par une voix qui est folle! »11 repeta alors avec solennite les mots allemands: «Das Ewigweibliche zieht uns hinan! L'eternel fdminin nous entraine vers le haut! » L 'Immortality 408 Bernard ne repondit rien. Oui, il avait honte d'elle. 11 avait honte d'elle, M/ZMES'il etait heureux en sa compagnie. Mais il n'dtait heureux en sa compagnie que dans les moments ou il oubliait qu'il avait honte d'elle.%% L 'Immortality Yll A A A A P P P P P -P R P R P S P R P R P R P R P R * I M P P R P R P C C S P R P R P R P C I M P + + + '+ + + + + + + + +* +* + +* +* +* +* + + + + +? +? +? +? +? +? +? +? +? + + + + + + + + + 50. 51. On verra cependant que cette sequence s'articule sur celles qui la precedent ou qui la suivent, de sorte que le recit forme un tout MEME SI Thevet reconnait n'avoir retenu que certains incidents et onus d'autres qui lui furent pourtant racontes. Lynx 66 Meme dans ce cas, on ne trouve rien qui soit de l'ordre du mot. Ces unite's sont en fait des «mini-phrases» comparables aux formules qu'utilisent les bardes et autres chanteurs populaires, et que les specialistes deTinissent comme des groupes de mots «re'guli£rement employes dans les mimes conditions m&triques pour exprimer une idie donnie et essentielle»; de l'ordre de la phrase done, MEME SI ces phrases sont stdreotypees. Regard 90 P P P R P R P R + + + + +? +? + + ...mais vraiment, MEMES'il m'&ait arrivd de serrer la crosse d'un revolver avec une sorte de plaisir, je ne m'&ais jamais pris au seneux... Abll HeuPa* 29 Mande\ ou Saint-Maur, dit-il. 11 a mis la main sur son telephone qu'il bloque. -D'ailleurs, MEME SI on veut avertir Vincent, ce n'est pas a nous de le faire, dit-il rudement. Que M. Balimont s'en charge. Nous, nous sommes Strangers a cette histoire. Abll HeuPa* 245 La France et l'Allemagne sont toujours en 6tat de guerre, disions-nous aux hesitants pour les amener a nous rejoindre; car MEME SI vous tenez rarmistice pour valable, rarmistice n'est pas la paix. 11 n'y a pas a sortir de la. Ambrr GrVac*21l L'homme n'a qu'une route. Je rentrai dans ce port parce qu'il 6tait le mien ce jour-la, MEMES'il 6tait mal abrite\ Et peut-etre parce qu'il e^ tait mal abrite\ mais les agitations de 1'amour sont de celles qu'on sait calmer... Abll HeuPa* 75 Alors il faut decider de ne voir que sa v6rit6 globale, integrante, son pli deTmitif... Cet homme est responsable, MEMES'il est maboul; il est comptable du moindre pas qu'il fait dans la rue, de la moindre de ses paroles qui tombe dans une oreille d'homme... Abll HeuPa* 34 ...comMe, la satire, le moralisme, pour ne rien dire du roman d'analyse et de 1'essai, ne vient que longtemps plus tard. En ce sens, on peut soutenir que le litterateur, dans son principe, MEMES'il est un poete epique, est un lyrique. BndFrByz* 153 ...j'entends de votre absence juridique dans le de*bat qui nous occupe, vos scrupules doivent disparaitre. Us le doivent. Amedee. -Le capitaine a raison, MEME SI le capitaine lui donne tort. Peut-etre, apres tout, y a-t-il deux capitaines, avec les memes favoris,... Adbrt Thedl * 11 A A A P P P P -P P P R P R I M P P R P R P R P P P R * P R I M P P R P R P R + + + +d •m + -M +* +* +* +* + + + + + + +? +? +? +? +? +? +? + + + + + + + Je veux pouvoir dire que la guerre est ignoble; cela aussi, c'est un destin apres tout. Qu'elle est ignoble, MEME SI on veut la faire passer pour revolutionnaire. Meme si, pour quelques esthetes, elle sert d'occasion benie pour prendre des attitudes poetiques et se fouetter le sang... Abll HeuPa* 174 P P R P R +d + +? + ON Appendice i n 64 mime si faits non-reels (corpus UBC + ARTFL) EXEMPLE A/ P R6 gi tm P P tm P q N gu ye n M & S II -m 6 m e Lycan (every X you'd expect, plusY) Erikss on (fait reel) —Ton manuscrit est deja tres epais, tu arriveras bientot a la fin de ton livre, je suppose. Apres, il faudra le taper a la machine. Tu avais pris des cours de dactylographie a 1'ecole de commerce, et MEME SI tu as un peu oublie\ faute de pratique, tu t'y remettras facilement. Preuve 291 -Tu crois peut-Stre que je lui ai rev&e" mon secret? » 11 ajouta: « MEME Slje lui avais dit la vent£, il ne m'aurait pas cm. Et s'il avait fini par me croire, il se serait imm&liatement dessaisi de mon cas. C'est en tant que violeur que je l'int&essais. 11 s'est pris pour moi de cet amour myst£rieux que les grands avocats vouent aux grands criminels. L 'Immortality 410 Agnes enviait Paul de pouvoir vivre sans etre perpetuellement conscient de son corps. 11 inspire, il expire, son poumon travaille comme un grand soufflet automatise' et c'est ainsi qu'il percoit son corps: en l'oubliant joyeusement. MEME S'il a des ennuis physiques, il n'en parle jamais, non par modestie mais plutot par un vaniteux desir d'£legance, parce qu'une maladie n'est qu'une imperfection dont il a honte. L 'Immortality 120 Ce sac, le hdros n'y devait pas toucher avant son retour, MEME SI la corde se distendait et que le sac qu'il portait sur les epaules glissait jusqu'au bas de son dos. Lynx 197 L'humanisation manquee de la fillette qui devient chienne appartient au cycle de la / femme au chien ou, de tous les enfants, la fille seule conserve la nature animale MEME Sice n'est parfois qu'en partie (supra : 210,213). Dans ('episode de 1'arbre qui grandit et entraine le h^ros jusqu'au ciel on reconnait, bien sur, le mythe du denicheur d'oiseaux. Lynx 267 Mais il ne peut mettre fin a son immortality. Une fois qu'elle vous a pris a bord, vous ne pouvez plus jamais redescendre, et MEME SI vous vous brulez la cervelle, comme moi, vous restez a bord avec votre suicide, et c'est l'horreur, Johann, c'est l'horreur. L 'Immortality 104 A A A P P A P C P P P R I M P P R P R F S C s p R I M P P R P R + + + + + + + + -? + + + on dit qu'il se livrait en Afrique au trafic d'armes, voire a la traite des negres. MEMESI la seconde affirmation n'est qu'une calomnieuse legende, elle exprime bien, par hyperbole, la violence autodestructrice, la passion, la rage avec lesquelles Rimbaud s'est coupe de son pass£ de poete. Si Rubens a &6 de plus en plus attirl par le monde des speculateurs et des financiers, c'est peut-etre aussi parce qu'il%% voyait dans cette actlvitd (a tort ou a raison) le contraire meme de ses reves d'artiste. L 'Immortality 345 Conune l'eut bien compris Castel, le sonnet repose sur des homologies percues entre des differences. MEME SI Ton n'exclut pas que Rimbaud put avoir une / sensibility au noir proche de celle de Castel, ses vers n'affirment pas que a est comme le noir (on a vu que la perception du rouge est latente), e conune le blanc, mais-et c'est tout autre chose-que a, phoneme le plus plein, et e, phoneme le plus vide, s'opposent en francais de facon aussi radicale que le noir et le blanc; et si Rimbaud voit / rouge et u vert, c'est parce que, dans le repertoire vocalique restreint qui est le sien, / s'oppose a u comme une couleur primaire a son antagonist Regard 135 Par consequent, MEMES'il est possible de faconner l'immortalitg, de la modeler a 1'avance, de la manipuler, elle ne se realisera jamais telle qu'elle a et6 planifiee. Le chapeau de Beethoven est devenu immortel. A cet egard, le plan a reiissi. Mais le sens que prendrait 1'immortel chapeau, nul ne pouvait le pT6voiT.%%L'Immortalitd 102 Les ouvrages que lit 1'amateur aujourd'hui se reduisent en general a des biographies de musiciens et a de la litterature sur la musique. Combien eprouveraient-ils le besoin et seraient-ils capables, pour aller en connaissance de cause a I'opera ou au concert, de s'instruire sur 1'art musical dans des traites que nous jugerions trop difficiles, MEME S'ils ne l'etaient pas davantage que les Elements de musique de d'Alembert (1752), plusieurs fois rdeclites a l'epoque et qu'on discutait dans les salons? Regard 45 -Non, je ne suis plus une enfant. Je suis une femme. Vous ne seriez pas le premier a venir dans ma chambre. Mes parents ne sont pas la. lis travaillent. Et MEME S'ils ftaient la... J'ai ma chambre a moi et j'y fais ce que je veux. Preuve 308 A A A P A P R P R P R I M P I M P P R P R F S c s Q p R + + + + +* +? +? -? +? + D'un reseau theoriquement concevable, dont toutes les aretes se joignent et qui n'aurait plus de redondance, chaque culture ou groupe de cultures ne trace jamais qu'une portion : un sous-reseau, produit d'une strategic inconsciente ou s'affirme 1'originality de chacune et aussi ses limitations. Les significations ressortent des ecarts entre ces sous-reseaux, MtME S'il leur arrive de se recouvrir partiellement. Lynx 253 Tout document n'est pas necessairement une oeuvre d'art, et tout ce qui constitue une rupture peut etre egalement valable pour le psychologue ou pour le militant, mais pas pour le poete, MtME SI le poete est aussi un militant. Regard 142 —C'est deja l'automne ! La petite fille rit: -Vous ne le saviez pas ? Depuis deux jours, c'est l'automne, MtME SI on croit que c'est l'&e" parce qu'il fait chaud. -Tu en sais, des choses ! Preuve 180 Un tel amour (l'amour-sentiment) ne connait pas l'infidglite\ car MEME SI l'objet change, 1'amour reste la meme flamme, allumee par la meme main cdeste.%% L Immortality 232 Bettina pense comme saint Augustin lorsqu'elle ecrit a Arnim: « J'ai trouv6 un beau proverbe: le veritable amour a toujours raison, MtMES'iX a tort. L 'Immortality 234 Agnes s'attendait a cette question. C'est pourquoi elle aurait voulu etre seule avec le visiteur. Elle se sait incapable, devant Paul, de repondre: « Je ne veux plus vivre avec lui. » Elle ne peut repondre cela en sa presence, ni lui devant elle, MtME S'\\ est probable que lui aussi aimerait vivre son autre vie difleremment, et, par consequent, sans Agnes. L 'Immortality 58 Agnes dit: « Peut-etre faut-il que la moit soit. Mais n'aurait-on pu l'inventer dirKremment? Est-il necessaire de laisser derriere soi une depouille qu'il faut mettre en terre ou jeter au feu? Tout cela est abominable! —11 est bien connu que la Terre n'est qu'une abomination, repond le visiteur. —Autre chose, reprend Agnes, MtME SI ma question vous parait stupide. Ceux qui vivent la-bas, chez vous, ont-ils des visages?%% L 'Immortality 57 P P P A P P P _ P R P R P R P R P R P R P R P R P R * P R P R + + +* + + + +* + + +? + + +? -? Les honunes, c'est bien connu, ont une facheuse tendance a fuir leurs obligations paternelles, a ne pas payer les pensions alimentaires, a nier la paternity. lis refusent de comprendre que l'enfant est 1'essence de tout amour, MEME 5"il n'est pas reellement concu et mis au monde. L 'Immortality 11 De meme Le Jugement de Salomon du Louvre. Rien dans l'histoire ne justifie (et certainement pas le recit biblique I Rois III 16-27) que l'enfant mort soit produit devant le roi: il est mort, tout le monde est d'accord la-dessus, c'est une affaire rgglee. Mais il importe a Poussin que tous les dements de la situation soient simultanement presents, MiMES'ils ne coincident pas dans le temps. Regard 73 Ensuite, il nous dit encore: -Revenez me voir de temps en temps, MEMESIvous n'avez besoin de rien. Cahier 131 « Pourquoi vas-tu te plaindre a des Strangers? -A des Strangers? De qui parles-tu? —De Grizzly. —Je le croyais ton ami! —MEMES'il dtait mon ami, pourquoi lui raconter notre vie intime? » L 'Immortality 111 Dans l'algebre amoureuse, l'enfant est le signe d'une addition%% magique de deux etres. MEMES'il aime une femme sans la toucher l'homme doit compter avec la possibility que son amour soit fecond et que le fruit ne voie le jour que treize ans apres la derniere rencontre des amoureux. Voila plus ou moins ce que Bettina devait se dire avant d'oser se rendre chez Goethe aWeimar. L 'Immortality 11 -Crois-tu vraiment qu'on puisse comparer Beethoven a Staline ? demanda Grizzly avec une ironie appuyee.%% -Bien sur, MEME SI cela te choque. La guerre et la culture sont les deux poles de 1'Europe, son ciel et son enfer sa gloire et sa honte, mais on ne peut les dissocier. L 'Immortality 149 P P P A A P P C P R P R I M P P R P R P R P R IT IN F Q P R + +• + +* + + + + + +? +? +? 84. 85. 86. 87. Les considerations qui precedent retentissent directement sur un probleme que j'avais posi dans I'Homme nu (p. 329) mais en me contentant de prendre date. MEME SI Ton tient pour acquis que les Indiens ont adopts bon nombre de contes franco-canadiens, qu'ils en ont meme integrg plusieurs a leur mythologie, comment comprendre que des recits d'inspiration si dissemblable, provenant de regions du monde eloigners, se soient spontanement ajustes ? Eussions-nous pris pour argent comptant le mythe thompson sur la capture du vent~je veux dire sans mettre en doute son origine indigene-, nous n'aurions pas tesM a y voir une inversion pure et simple du mythe panam&icain du d&ucheur d'oiseaux:[...] Lynx 257 Je l'ai toutefois remarqud: la puissance des algorithmes fractals ne leur permet d'engendrer, tant en peinture qu'en musique, que ces genres mineurs que j'ai appetes decoratifs, MEME SI, au moins pour la peinture, ils depassent souvent en raffinement et en complexity tout ce que les decorateurs ont effectivement invents. Un fosse' separe pourtant ces s&luisants objets d'un tableau ou d'une oeuvre musicale authentiques. Regard 85 En Amdrique du Sud comme en Am£rique Nord les mythes pourraient dormer une expression concrete a un scheme refl&ant des contraintes mentales, sufflsamment abstrait pour avoir 6t€ concu n'importe ou sans rien devoir a l'expenence ni a 1'observation. MEME SI ce scheme deja form6 n'avait pas rencontr^ le Paresseux dans les forets de 1'Amenque tropicale et n'avait accueilli la chance ainsi offerte de passer de I'abstrait au figuratif, il eut empruntg d'autres images ou bien il s'en serait passe\ Potiere 209 Ce n'est pas tout: producteur de vacarme, gacheur de nourriture, le Singe hurleur connote aussi l'incontinence orale. MEME SI le mythe de Poronominare' ne I'enoncait express&nent, on pourrait d^duire par voie transcendantale que le Paresseux, condamne' a n'^ mettre qu'un leger sifflement, en plus de ses autres fonctions doit connoter la retention orale. Potiere 166 A P A A P R P R P P I M P IN F Q P R C P C s +* + + + +? + -? + 88. 89. Elle en avait surement desire' un [un enfant], parfois, mais quel genre de passion y avait-elle mis? Elle etoit capable de ces passions profondes qui vont au dela de la douleur, MEME SI elles s'appliquent a des details inattendus et puenls. Mais un enfant? Abll HeuPa* 161 Je suis socialiste, mais je ne suis pas uniquement socialiste... MEME SI je meurs comme vous, ce n'est pas pour vous que je mouirai". Mais pourquoi toujours Denser a mourir? " Pour echapper, dit la voix, [...] Abll HeuPa* 66 P A P R P R I M P P R * +* + ? ? MEME SI nous sommes conscients de notre etre ch&if-par Taction meme d'une brutale dialectique-nous prenons conscience de la grandeur. Bchlrd PoEsp* 169 Je l'ai commis en esprit. Ah! Miserable chair! Je suis un satyre, un cochon incestueux! La Langouste. -Mais non, mais non. Ecoutez, MEME SI vous aviez et6 jusqu'au bout, je vous assure que c'etoit peu de chose. Am Clera* 149 -Vous avez une indiscretion d'honune jeune. A supposer que je l'aie trouvee, croyez-vous que ce soit communicable? MEME SI je vous disais cela, ca ne servirait a rien. Ce sont des mots qu'on ne retient pas...-J'ai beaucoup de memoire, dis-je en riant. Abll HeuPa* 49 Pour lors, je rentre comine un bonhomme sans passer par Naussargues. Celui qui passe par Naussargues, vous le savez, il n'est pas veuf, MEMES'il Vest. Mais il m'en est arrive" une, ah! Celle-la! (11 jette sa casquette par terre. Adbrt Theal * 97 11 s'y est pris avec brio, eh! Eh! Du nerf, du... chrnt! 11 a su toucher le coeur d'une reine. MEME SI ca lui coute un membre, il gagne encore. Alarica. -Le coeur d'une reine? Le Marechal. -Ah! Ca!... Le vdtre. Adbrt Theal* 146 Les impressions que nous allons envisager dans ce chapitre n'ont pas besoin de transposition. On peut en faire une psychologie directe, MEME SI un esprit positif les prend pour de vaines songeries. Voici le point de depart de nos reflexions: tout coin dans une maison, toute encoignure [...] Bchlrd PoEsp* 130 ...je ne suis pas un homme politique. •Mais il pense comme moi qu'il ne faut plus abandonner la politique aux politiciens, dit Dubreuilh. Venez, MEME SI ce n'est que pour un petit moment; il a un groupe interessant derriere lui, Samazelle, des types jeunes, [...] Bvr Manda* 13 ...mais le charme agissait, j'ai souri moi aussi. -Aux echecs, quand j'assiste du dehors a une partie, je vois les coups bien plus lucidement que les joueurs, MEME SI je ne suis pas plus fort qu'eux. Eh bien! Ici c'est pareil: j'arrive du dehors; alors, je vois. Bvr Manda* 34 A A A P A P P P P R P P I M P P R P R P R P R * P R P R I M P C s p R P R P R IT P R + +* + + + + +* + ' +? +? ? ? +? +? + + " 98. 99. ON 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. ...nous sonunes disposes a passer Facte d'achat a ton nom. Tu nous entretiendras, c'est tout. Mais MEME SI tu n'acceptes pas, je resterai ici, dit-il en retrouvant le ton determine des plus beaux jours. Dans un mois, deux au plus, je compte me mettre a voyager pas mal, [...] Abll HeuPa* 313 [...] et c'est meme genant quand on veut se payer sur eux. lis ne souffrent pas pour de bon. Jamais ils ne crient, MEME SI tu les depouilles. Le Begue. -Leur bee, il est colle. Le Grognard. -Vous me degoutez, les hommes. Le Frise\ -Ta gueule, vendu! Adbrt Theal*%l Creon. [-]Tu irais refaire ce geste absurde? 11 y a une autre garde autour du corps de Polynice et, MEME SI tu parviens a le recouvrir encore, on d£gagera son cadavre, tu le sais bien. Que peux-tu done, sinon t'ensanglanter encore les ongles et te faire prendref...] Anlh Antig* 111 C'est facile de dire non, MEME SI on doit mourir. 11 n'y a qu'a ne pas bouger et attendre. Attendre pour vivre, attendre meme pour qu'on vous tue. C'est trop ISche. C'est Une invention des hommes. AnlhAntig* 185 En mettant la clef dans la serrure, au haut du minuscule perron, sa main tremblait. -Allons! Allons! MEME SI notre homme a pris la poudre d'escampette, dit le m&lecin de Fenouille, le mal n'est pas grand, nous le rattraperons vite. BrnnsMOuin* 1527 [...] elle se glisse souraoisement a travers les brutaux effluves de l'eau de #cologne dont il s'inonde, apres son tub. Et pourtant, M£MES'il plonge alors sa figure dans les plis de l'6toffe, il ne sent rien. On croirait que l'odeur dort au creux de la laine, [...] Brnns MOuin* 1544 11 faut qu'on puisse les [les limites] tracer sur la terre, d'un sillon creus^ au cordeau. 11 a horreur des empi&ements, MEMES'ils tournent a son avantage; et il n'est point, pour lui, de culture possible si Ton ne sait au juste ou doit [...] Bsc MaThe* 53 En verite' je suis « agi. » MEME SI rien, absolument, ne repondait a l'idee que j'ai d'interlocuteurs (ou de lecteurs) necessaires, l'idee seule agirait en moi. Btll Exlnt*9% [...] mais on ne peut subir d'exigence plus grande. Je ne puis d'aucune facon me figurer 1'inconnu occupe* de moi (j'ai dit a supposer: MEME SI c'est vrai, c'est absurde, mais enfin: je ne sais rien), il est a mon sens impie d'y songer. De meme, en presence de 1'inconnu [...] Btll Exlnt* 209 A P A P A A P A A P R P R P R P R P C P R P R I M P P R * F S P R F S P R * P R P R P R C S P R * + + + + + + + + + + +? +? +? +? +? + + +? ^J ^J 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. [...] qu'ils ont trouvd: la synchronisation! Comme si ca prouvait quelque chose; comme si ca pouvait tenir lieu d'entente. MEME SI nous jouissions ensemble, en serions-nous moins separes? Je sais bien que mon plaisir n'a pas d'echo dans son coeur, et si j'attends le sien avec impatience [...] BvrManda* 75 11 savait bien que c'etait sa propre vie qui etait en question, plus encore que celle de Paule. -MEME SI tu ne touches pas le grand public, ca vaut la peine, dit-il. Tu as ta voix, tes dons a toi. Ca serait interessant d'essayer d'en tirer tout [...] BvrManda* 119 MEME SI le s.r.l. marche la main dans la main du p.c, ca n'y change rien: «l'espoir » deviendra suspect desqu'il se seracolte une Etiquette." BvrManda* 130 [...] mon pere les mettait bien au-dessus des savants, des eiudits, des professeurs. J'etais convaincue moi aussi de leur suprematie; MEME SI son nom etait largement connu, I'oeuvre d'un specialiste ne s'ouvrait qu'a un petit nombre; les livres tout le monde les lisait: BvrMemJF* 142 [...] quelques individus, ici ou la, emergeaient de la masse; mais je n'avais guere de chance d'en rencontrer aucun; MiEMESIje nouais une ou deux amities, elles ne me consoleraient pas de l'exil dont deja je souffrais; j'avais toujours €ti choyee, entouree, [...] BvrMemJF* 188 Je pris cette nuit-la des resolutions d'une extreme Anergic Je perds ma vie comme un jobard, pensai-je. MEME SI tout est ecrit, quelle verity plus haute que de se saisir de chaque instant et d'en jouir a fond? AMI HeuPa* 216 Un fiancg tout trou£, tout mouilld Moi, cocagne! Je n'ai pas de fiance\ 11 faut dire que, dans les hommes, la jeunesse me decoit. MJtMES'ils sont savants, les jeunes, que savent-ils. Regardez celui-la! Je pr&ere les joues grises, les mains culottees. Adbrt Theal * 62 Le Cure\ -Monsieur le comte! Vous n'aviez pas le droit! Vous saviez que ce chien 6tait a moi et, MEME SI vous l'aviez ignore, rien ne vous autorisait a le tuer. Je vous repete que vous n'en aviez pas le droit! Clerambard- J'en avais parfaitement [...] Am Clera* 36 [...] et si nous protestions: "M l'ambassadeur Scapini est d'accord. Vous devez oWir." MEME SI c'etait faux que m l'ambassadeur fut d'accord, ou settlement au courant de ce qu'on exigeait de nous, que pouvions-nous repondre? Ambrr GrVac* 151 A A A A A A A A A I M P P R P R I M P I M P P R P R P P I M P C S Q p R P R I M P C s IN F Q P R Q I M P I M P + + + + + +* +* +* +* + + +? + + ? ? +? ? 00 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. Nos litterateurs repondront qu'une idee unanimement admise est par definition une idee banale, MEME SI elle n'a pas encore ete" formulae; qu'elle est de la banalitd « en puissance »; BndFrByz* 248 [...] mais je ne ressusciterai pas Rosa, ni les douze miliciens que Vincent a acheves de sa main. Et MEME SI je reussis a neutraliser leur passe\ quel avenir ai-je a leur offrir? J'estompe les peurs, je lime les reves, [...] BvrManda* 30 [...] cela aussi, c'est un destin apres tout. Qu'elle est ignoble, meme si on veut la faire passer pour revolutionnaire. MEME SI, pour quelques esthetes, elle sert d'occasion benie pour prendre des attitudes podtiques et se fouetter le sang... -C'est pour moi que tu dis cela, [...] AMI HeuPa* 174 « Dans la mesure oil... » 11 commencait souvent ainsi. Cela lui permettait de gagner du temps, et de mouler, de rythmer l'expression, MEME SI le mot n'y collait pas juste (mais le rythme est plus evocateur que le sens). Abll HeuPa* 155 [...] les trois semaines qui prec&erent l'agregation, il vint chaque jour a la bibliotheque; MEMES'il n'y travaillait pas, il passait me prendre avant la fermeture et nous buvions un verre, ici ou la. Bvr MemJF* 321 [...] ce n'&ait plus une abdication, une torpeur: mon bonheur ne dependait plus de Jacques. Je pris une decision. L'an prochain, MEME SI j'6tais recalee je ne resterais pas a la maison, et si j'dtais recue, je ne prendrais pas de poste, je ne quitterais pas [...] Bvr MemJF* 325 11 travailla pendant quelques mois dans l'affaire de son confrere mais il se fit bientot congddier. MEMES'il avait proc&te avec prudence et reussi son coup, il y aurait lieu de se demander pourquoi Jacques voulut liquider la maison; Bvr MemJF* 346 [...] c'est le sens meme de notre mouvement. Voila le cas ou jamais de tenter le coup. MtMESl nous n'avons qu'une faible chance d'aboutir, il faut la courir." Dubreuilh haussa les epaules:" Si nous declenchions cette campagne, [...] Bvr Mcmda* 375 P A P P A A A A -P C P R P R I M P I M P I M P P P P R P R P R Q P R I M P I M P C s C s P R " +* +* + +* + + + + + +? ? +? +? +? +? ' 

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